Grievance studies: Quelle folie identitaire ? (As it leaks into other fields like education, social work, media, psychology and sociology, corrupt scholarship undermines the legitimacy and reputations of universities, skews politics, drowns out needed conversations and pushes the culture war to ever more toxic and existential polarization, US researchers warn)

6 octobre, 2018
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. René Girard
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme ans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Obama (2008)
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
J’entends des voix apeurées qui nous appellent à construire des murs. Plutôt que des murs, nous voulons aider les gens à construire des ponts. Mark Zuckerberg
Il n’y a pas longtemps, l’apartheid régnait en Afrique du sud. Reposant sur la ségrégation des Noirs, il voulait se disculper en créant des bantoustans où une autonomie factice leur était concédée. Un tel système a heureusement disparu. Et voici qu’aujourd’hui, c’est un apartheid d’un nouveau genre qui est proposé à la France, une ségrégation à l’envers grâce à laquelle les « dominés » préserveraient leur dignité en se mettant à l’abri des « dominants ». Mais alors, cela veut dire qu’une femme qui ôte le voile et sort dans la rue deviendrait une proie normale ? Cela veut dire qu’une « race » qui côtoie les autres serait humiliée ? Cela veut dire qu’une religion qui accepte de n’être qu’une parmi d’autres perdrait la face ? (…) À quoi peut donc servir ce ségrégationnisme nouvelle manière ? Doit-il seulement permettre aux soi-disant « dominés » de sauvegarder leur pureté en vivant entre eux ? N’a-t-il pas surtout pour but d’affirmer la sécession avec la communauté nationale, avec ses lois et ses mœurs ? N’est-il pas l’expression de la haine la plus caractérisée à l’égard de notre pays et de la démocratie ? Que chacun vive dans la loi de sa communauté ou de sa caste et dans le mépris de celle des autres, que chacun ne soit jugé que par les siens, cela est contraire à l’esprit de la République. Celle-ci a été fondée sur le refus de droits privés s’appliquant à des catégories spécifiques et exclusives, autrement dit sur l’abolition des privilèges. Les mêmes lois pour chacun de nous, voilà ce que nous garantit au contraire la République. C’est ce qu’on appelle tout simplement la Justice. Le nouveau séparatisme avance masqué. Il veut paraître bénin, mais il est en réalité l’arme de la conquête politique et culturelle de l’islamisme. L’islamisme veut être à part car il rejette les autres, y compris les musulmans qui ne partagent pas ses vues. L’islamisme déteste la souveraineté démocratique car elle lui refuse toute légitimité. L’islamisme se sent humilié lorsqu’il ne domine pas. Manifeste contre le séparatisme islamique
Récapitulons : Donald Trump est la vulgarité incarnée. Viktor Orban menace la démocratie. Le premier entache les États-Unis de ses comportements grossiers. Le second viole, en Hongrie, l’indépendance de la justice et la liberté de la presse. Ce tableau est brossé, en France, par la Macronie et ses médias. Pourtant, c’est le chef de l’État qui a longtemps fait obstacle à la nomination du nouveau procureur de Paris : trois candidats à la succession de François Molins, proposés par la Chancellerie, ont d’abord été retoqués par l’Élysée en dépit des usages. Le Parquet national financier, qui a sonné l’hallali contre François Fillon en 2017, a toujours ses liens avec l’exécutif. Quant à la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, elle a assigné à l’audiovisuel public la mission de « changer les mentalités sur le terrain » et de « devenir le miroir de nos différences  ». France Culture vient d’ailleurs de remercier l’impertinent Michel Onfray. Le gouvernement rêve aussi de mettre l’Internet, refuge des dissidents, sous surveillance… Bref, Emmanuel Macron reproche à Orban ce qu’il pratique. La pensée dominante en rajoute dans l’obligation de bêler en chœur, lorsqu’elle dénonce les récalcitrants comme des ennemis du Bien. Quant à ceux qui accablent Trump, ils ne voient rien de la métamorphose de Macron. Il a été salué pour avoir su se glisser, avec talent et élégance, dans les habits de président. Or, depuis, un Dorian Gray s’ébauche derrière le personnage fiévreux et transgressif. « Alexandre Benalla n’est pas mon amant  », croit utile de préciser, en juillet, le chef de l’État pour démentir un ragot sur son garde du corps. Imaginer le général de Gaulle se prêter à une telle confidence donne la mesure de l’effondrement de la politique. Pour avoir abandonné sa posture « jupitérienne », voilà le président prêt à tout pour faire peuple. À côté, Nicolas Sarkozy et François Hollande incarneraient presque la sophistication. Et c’est Trump qui, par contraste, se montre respectable. « Le pouvoir ressemble au Titanic, dont le ministre de l’Intérieur vient de s’échapper mardi. Le naufrage sera difficile à éviter. Les premiers effets du revirement dans la communication élyséenne viennent d’ailleurs de produire une image désastreuse, samedi, à Saint-Martin, aux Antilles. Une photo, prise dans la moiteur d’une HLM, montre le président en bras de chemise entouré, amusé, de deux jeunes Antillais. Celui qui est à sa droite, contre qui le président colle son épaule, est torse nu. Son pantalon largement baissé laisse voir son caleçon. Le petit voyou fait un doigt d’honneur. Celui qui est à sa gauche, casquette à l’envers, vêtu d’un débardeur blanc, s’est présenté comme braqueur tout juste sorti de prison. Tout est vulgaire: la désinvolture des deux cousins, la complicité ambiguë du président. L’image en rappelle une autre, prise à l’Élysée, en juin, lors de la Fête de la musique: le couple Macron pose, entouré du groupe techno Kiddy Smile. Les artistes se revendiquent «fils d’immigrés, noirs et pédés». Ils portent des shorts et des maillots en résille. La Macronie perd pied, en voulant voir du racisme dans les critiques portées contre ces attitudes présidentielles. Lundi, la secrétaire d’État, Marlène Schiappa, a qualifié Marine Le Pen de «leader d’un grand parti raciste, d’extrême droite» au prétexte que la présidente du RN avait jugé la photo antillaise «impardonnable». Le député LaREM, Aurélien Taché, estime que «tous ceux qui polémiquent ne supportent tout simplement pas que la France, à tous les niveaux, change de visage». En fait, le racolage ethnique auquel se prête le chef de l’État ressemble à une ode au grand remplacement racialiste. Il est loisible de voir un deux poids deux mesures dans la réaction de Macron quand, le 18 juin dernier à Paris, il rabroue un Gavroche qui venait de l’appeler «Manu»: «Tu te comportes comme il faut. Il faut que tu m’appelles Monsieur le président de la République, ou Monsieur, d’accord?» Faut-il comprendre que le Noir serait dispensé des codes exigés du Blanc? Le sommet de l’État ne tourne plus rond. (…) Du prophète exalté qui disait incarner le nouveau monde, il ne reste qu’un masque tombé à terre. Le contraste est saisissant entre la machine de guerre savamment élaborée par Macron et les siens pour accéder au pouvoir, et l’état d’impréparation que révèle la démission de Collomb. Le vide est tel, au cœur du pouvoir, que l’intérim a dû être confié au premier ministre. Il est vrai que les dossiers de l’Intérieur – immigration, islam, violence, terrorisme – ont été de ceux que le macronisme a abandonnés aux populistes, pour leur plus grand profit. Mercredi, lors de la passation de pouvoir avec Édouard Philippe, Collomb a évoqué la situation «très dégradée» des quartiers difficiles: «On vit côte à côte, je crains que demain on ne vive face à face.» Mais cela fait longtemps que l’affrontement s’enracine entre deux France, deux peuples, deux civilisations que tout sépare. Le braqueur Redoine Faïd, interpellé mercredi à Creil (Oise), passait inaperçu sous une burqa, en dépit de la loi interdisant ce voile intégral ; il est devenu banal dans les cités. Macron perpétue la démission de l’État. Shahnourh Varinag Aznavourian s’était fait appeler Charles Aznavour, en hommage à la France qui avait accueilli ses parents arméniens. «J’ai abandonné une grande partie de mon arménité pour être français. Il faut le faire, ou il faut partir», avait-il expliqué en 2013. La mort du chanteur, lundi, devrait être un hommage à l’assimilation. Ivan Rioufol
A la fin, Gérard Collomb a réalisé qu’il n’y arriverait pas ; que la situation sécuritaire de la France était telle que lui, le ministre, n’aurait pas la force de conduire ses troupes à cette dure bataille. En prime, à Lyon, une amorce de fronde à l’idée de son retour… Mais voici l’essentiel : chez les hauts cadres du ministère de l’Intérieur, chez les patrons et chefs syndicalistes de la police, chez les officiers supérieurs de la gendarmerie, la nuit-cauchemar de la victoire française en coupe du monde de foot, le 16 juillet passé, a servi de brutal révélateur ; a ouvert les yeux des plus naïfs partisans du vivre-ensemble. Oh bien sûr, le bon peuple est resté dans l’ignorance de ce que fut cette nuit chaotique. Au nom de la « diversité » et de l' »inclusion », les médias des milliardaires et les radios du « service public » ont, tant qu’ils l’ont pu, préservé le « sacre de l’équipe de France ». « Quelques incidents à déplorer…des débordements et dégradations… La fête a mal tourné… Des gestes festifs ont parfois dérivé…  » : ce soir là, euphémismes et propos édulcorants ont inondé ces médias. Mais sur le terrain, une « ambiance bon enfant », vraiment ? A Lyon, Paris, Caen, Marseille, Rouen, Grenoble, Chambéry, Aix-Les-Bains, Nice Vallauris, Menton, Toulouse, Caen, Honfleur, Mulhouse, Strasbourg, Saint-Louis, Nantes, Lille, etc., des bandes déchainées brûlent des voitures par dizaines, « sèment la désolation », transforment les centres de vingt villes en « zones de guerres ». Les racailles assaillent les policiers, agressent des filles et frappent celles qui résistent, incendient des boutiques et des commissariats au Cocktail-Molotov. Un magistrat lyonnais dénonce une « véritable guérilla urbaine ». Des fêtards sont dévalisés ou lynchés dans les rues, des boutiques pillées, du mobilier urbain détruit. Les Champs-Elysées semblent avoir subi un tsunami. En plein tumulte criminel, les pompiers et les Samu passent une nuit d’enfer, leurs véhicules de secours aux victimes parfois hors d’usage. Des journalistes filmant l’émeute sont roués de coup et finissent aux urgences. Et le football là dedans ? Les émeutiers s’en balancent, bien sûr : ce sont pour l’essentiel les mêmes qui, au stade, sifflent l’équipe de France et le drapeau français. Pour eux, le plaisir est dans l’émeute, la force de la bande – montrer qui domine le territoire ; d’ineptes sociologues osant encore parler de « violences gratuites », quand la plupart des interpellés sont  » déjà connus de la justice pour vols, violences sur dépositaires de l’ordre public, dégradations de véhicules, etc. » Cette nuit là, tous les responsables de la sécurité publique de France – ministre en tête – réalisent que les réformettes genre « police de proximité » vont à l’échec. Regardons la liste des « quartiers de reconquête républicaine de 2018-2019 » : en région parisienne, c’est une litanie des pires coupe-gorge défrayant la chronique criminelle depuis des décennies : Sarcelles-Lochères… La Dame-Blanche à Garges-les-Gonesse… Le Luth à Gennevilliers… Les Hauts d’Asnières… Le Gros-Saule à Aulnay… Les Beaudottes à Sevran… La ZSP-Torcy… Le Cours du Luzard à Noisiel… les Merisiers à Trappes… Le Bois-L’Abbé et les Mordacs à Champigny… Les Tarterêts à Corbeil… Paris-La Chapelle… Des sites-cauchemar de la « Politique de la Ville », mi-Cours des miracles, mi-Pistes Ho-chi-Minh, d’où l’ordre républicain s’est évanoui depuis parfois un demi-siècle ; où notoirement, des gangs criminels font la loi ; où des policiers et pompiers, attirés dans des embuscades, sont lynchés plus souvent qu’à leur tour. Or sans moyens massifs, la « police de sécurité du quotidien » du ministère de l’intérieur n’est qu’un risible cache-misère : saupoudrage de policiers, effilochés dans le temps… constant usage du « déshabiller Pierre pour habiller Paul »… Des gadgets high-tech (des tablettes) pour abolir un enracinement criminel de parfois cinquante ans…. Ce, quand un récent rapport sénatorial dénonce le profond malaise de forces de sécurité intérieure, démotivées et découragées. Déclassement, dénuement matériel, véhicules et parc immobilier « en état critique » : voilà l’armée de l’Intérieur censée – sans rire – « construire une société rassemblée et apaisée ». Mais le quotidien des flics du terrain, c’est plutôt « une policière tabassée devant sa fille de trois ans par un dealer et son frère » – et une préoccupante vague de suicides. Coup de grâce : Le 30 septembre, le président Macron donne un entretien d’une page et demie au Journal du Dimanche. « Face à la tempête »… mais pas une seule fois, un seul mot sur la sécurité ou quoi que ce soit d’approchant. Vous êtes ministre de l’Intérieur et votre président oblitère totalement la sécurité comme problème national majeur. Alors vous lâchez la rampe. Et laissez votre successeur – et le président – devant les décombres. Xavier Raufer
Les déclarations fracassantes de Gérard Collomb, ex-ministre de l’Intérieur, au matin de sa passation de pouvoir à Edouard Philippe, Premier ministre, montrent que la juxtaposition de ces deux nations aujourd’hui en France engendre un risque d’affrontement. Nous sommes aujourd’hui «côte à côte» (sous-entendu musulmans et non-musulmans) a dit Gérard Collomb, mais rien ne garantit que demain nous ne serons pas «face à face». Cet avis de guerre civile en bonne et due forme a été proféré par l’homme qui, pendant un an et demi, Place Beauvau, a eu sous les yeux, au quotidien, tous les rapports de police et de gendarmerie. Gérard Collomb est partie prenante de l’élite politique française. Il abandonne son poste en informant que la guerre civile est à nos portes. Une fuite qui à elle seule justifie mon titre «Le Grand Abandon». L’avertissement aurait eu plus de force s’il avait été proféré par un ministre en exercice. L’avoir prononcé sur le pas de la porte a fait que certains médias ne l’ont même pas repris. (…)  Mais en France, la nation islamique a été fabriquée de toutes pièces. Elle est le résultat d’une politique. Les élites françaises, c’est-à-dire les grands corps de l’État, les partis politiques, les experts, les magistrats, les médias, les élites culturelles… ont, pour de multiples raisons, plusieurs décennies durant – et encore aujourd’hui – encouragé et légitimé l’immigration musulmane. Cette préférence des élites pour l’islam a produit un fossé abyssal entre la France d’en haut et la France d’en bas. Le Baromètre de la Confiance que le Cevipof, le centre de recherches de Sciences Po, publie année après année, illustre parfaitement le phénomène: la majorité de la population française témoigne à l’égard de sa classe politique d’une gamme de sentiments qui va de l’écœurement au dégoût, en passant par le rejet et l’indifférence. Et sur quoi se cristallise cette rupture entre le haut et le bas de la société? Sur l’islam jugé trop invasif et l’immigration jugée excessive. Curieusement, ce baromètre du Cevipof sauve la mise de deux institutions, l’armée et la police qui jouissent d’un taux de confiance de près de 80 %. (…) L’immigration a été voulue et organisée, mais l’islamisation de cette immigration n’était sans doute pas inscrite au menu. Si l’immigration se poursuit malgré l’islamisation, c’est sans doute que nos élites la jugent insignifiante. Ou bien qu’elle leur est indifférente. (…) La constance avec laquelle le Conseil d’État a aidé à la constitution d’une nation islamique en France est sidérante. Je liste dans mon livre tous les arrêts du Conseil d’État favorables à l’immigration musulmane, favorables au voile, favorables au burkini, favorables à la burqa, favorables aux familles polygames et j’en passe. Idem pour le Conseil constitutionnel qui trouve conforme à l’intérêt général de laisser les écoles salafistes proliférer ou de supprimer, au nom de la «solidarité», les peines qui frappaient autrefois les délinquants qui facilitaient l’immigration clandestine. Mon livre passe également au crible l’étrange aveuglement de l’Observatoire de la laïcité quand il est question d’islam et l’étrange sensibilité du Conseil supérieur de l’audiovisuel aux récriminations des téléspectateurs musulmans. (…)  L’ordonnancement et la mise en relation de ces faits étayés et vérifiés entre eux mettent en lumière une évidence: il existe bel et bien une préférence des élites françaises pour l’islam. (…) Ce n’est pas seulement l’islam qui empêche aujourd’hui de faire nation. Les élites aussi ne veulent plus faire nation. (…) Je n’ai pas remarqué de mobilisation des organisations antiracistes contre le rappeur Nick Conrad qui a chanté le meurtre des Blancs et des enfants blancs dans les crèches. Ni contre les Indigènes de la République ou le syndicat SUD Éducation qui ont organisé des séminaires «racisés» fermés aux «Blancs», ni contre Médine qui rêve de crucifier les laïcards au Golgotha, ni contre Mmes Ernotte (France Télévisions) et Nyssen (ministère de la culture) qui souhaitaient voir moins de «Blancs» à la télévision. En revanche, quand Éric Zemmour a affirmé que les immigrés étaient surreprésentés dans les prisons, ou quand Georges Bensoussan a tenté d’expliquer que l’antisémitisme sévissait dans une large frange de la population musulmane en France, les associations antiracistes se sont unies pour les traîner devant un tribunal. Au nom de la lutte antiraciste! Ces quelques exemples permettent de situer la zone d’action de l’antiracisme: faire taire tout critique de la «diversité». La «diversité» n’est pas un slogan antiraciste un peu creux. Je démontre dans mon livre que la «diversité» est en réalité une politique. Et cette politique passe par les organisations antiracistes subventionnées par l’État, par l’école où l’apprentissage de l’arabe est proposé aujourd’hui dès le primaire, par une politique du ministère de la Culture qui subventionne la «diversité» au cinéma et au théâtre, par l’Afnor qui labellise les entreprises pour plus de «diversité», par le Conseil supérieur de l’audiovisuel qui, avec son Baromètre de la «diversité» rêve d’imposer des quasi quotas ethniques sur le petit écran, et par divers lobbys comme le Club XXI d’Hakim el Karoui ou l’association Coexister… (…) l’antiracisme politique et le discours diversitaire n’ont pas pour but de combattre le racisme. Ce sont des outils au service d’une réinitialisation des consciences. Ils servent à marteler que les immigrés de couleur sont par essence des victimes. Les services du Premier ministre diffusent actuellement des clips contre les violences sexistes. L’un de ces clips montre un «Blanc» qui agresse sexuellement une jeune fille d’origine maghrébine laquelle est défendue par une «Blanche» en couple avec un homme noir. Ce clip d’État d’une grande pureté idéologique assigne la violence sexuelle aux hommes Blancs et refuse d’évoquer celle qui peut aussi exister chez les «victimes» de couleur. J’affirme que cette victimisation forcenée des Français de couleur participe à la fabrication de la violence d’aujourd’hui. (…) les partis politiques, le ministère de la justice, les associations antiracistes, l’université, l’école, les experts, les intellectuels, le monde du cinéma et du théâtre et de quelques autres encore… Chacun de ces groupes ou institutions œuvre, dans le champ qui est le sien, à la promotion de la «diversité» et de son corollaire le «vivre-ensemble». J’ai déjà évoqué le cas du Conseil d’État, du Conseil constitutionnel et du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Mais je liste également le cas des intellectuels qui pétitionnent et lynchent médiatiquement toute personnalité publique qui émet des opinions non conformes aux leurs. L’écrivain algérien Kamel Daoud en a ainsi fait les frais quand il a expliqué que les viols de masse de Cologne en 2015 étaient dus à l’importation en Allemagne d’une culture patriarcale des relations entre les sexes. Les experts justifient et encouragent l’immigration au nom de supposés bienfaits économiques. Le ministère de la justice met à mal la liberté d’expression des Zemmour et Bensoussan… etc. (…) En trente ans, la société française a quitté un modèle laïque républicain pour être projetée dans un modèle multiculturaliste, communautariste et anti-laïque. Il s’agit d’une authentique révolution qui se poursuit encore aujourd’hui sous nos yeux. Les élites politiques, économiques et institutionnelles ont balayé le vieux modèle laïque et républicain sans demander l’avis du reste de la population. Les élites françaises ont été à l’origine du plus grand casse du siècle, lequel s’avère être aussi un casse de la démocratie et de la laïcité. Pour quel profit? Je crains que seul l’islamisme soit à même de tirer les marrons du feu. (…) La gauche clientéliste flatte le communautarisme islamique: baux emphytéotiques pour la construction de mosquées, heures de piscine réservées aux femmes, etc., cela dans le but de recueillir les voix des musulmans. L’islamo-gauchisme accompagne la violence islamiste pour conquérir le pouvoir. Ce sont deux démarches différentes, mais les deux instrumentalisent les musulmans comme outil de conquête du pouvoir. (…) Le rôle des journalistes n’est pas de prendre les apparences pour le réel. Quand Macron va au Collèges des Bernardins et déclare aux plus hautes personnalités du catholicisme français qu’il faut «réparer» le lien abîmé entre l’Église et l’État, que croyez-vous qu’il fasse? Une bonne action? Non, il fait de la politique. Il s’adresse à une Église catholique blessée par cent ans de laïcité et qui souffre d’une hémorragie de fidèles. Il lui dit: oublions la laïcité, revenez dans le jeu politique. Pourquoi Macron fait-il cela? Pour se constituer des alliés dans son grand projet de bâtir ce qu’il appelle l’ «Islam de France». Macron a besoin d’alliés pour se débarrasser de la laïcité. Quel meilleur allié que l’Église? Quant à la compassion de l’Église pour les migrants musulmans, il est bon de rappeler que cette compassion est sélective. L’Église ne défend pas les Coptes quand ils sont massacrés en Égypte, elle proteste à peine contre l’authentique épuration ethnique qui frappe les chrétiens d’Orient, et elle n’a guère eu de mot charitable pour les Yazidis massacrés par l’État islamique. C’est cette sélectivité compassionnelle qui interroge. (…) la charité affichée de l’Église envers les musulmans est aussi une politique. (…) Il y a quelques jours, le Journal télévisé de France 2 a diffusé un reportage sur l’épidémie d’attaques au couteau qui sévit à Londres. Mais la même épidémie sévit en France et aucun média ne dresse un tableau de la situation. Il faut feuilleter la presse de province, journal par journal, pour se rendre compte de l’ampleur des violences gratuites, souvent mortelles, commises au quotidien. Quand un journal évoque une attaque au couteau, on ignore le nom de l’agresseur et ses motivations. Comme s’il y avait une volonté d’anonymiser le «déséquilibré»! Les médias, dans leur grande majorité, participent au casse du siècle. Ils n’informent plus sur les problèmes, ils prêchent la «diversité» et le «vivre ensemble». Yves Mamou
On brode beaucoup sur la non intégration des jeunes de banlieue. En réalité, ils sont totalement intégrés culturellement. Leur culture, comme le rap, sert de référence à toute la jeunesse. Ils sont bien sûr confrontés à de nombreux problèmes mais sont dans une logique d’intégration culturelle à la société monde. Les jeunes ruraux, dont les loisirs se résument souvent à la bagnole, le foot et l’alcool, vivent dans une marginalité culturelle. En feignant de croire que l’immigration ne participe pas à la déstructuration des plus modestes (Français ou immigrés), la gauche accentue la fracture qui la sépare des catégories populaires. Fracture d’autant plus forte qu’une partie de la gauche continue d’associer cette France précarisée qui demande à être protégée de la mondialisation et de l’immigration à la « France raciste ». Dans le même temps, presque malgré elle, la gauche est de plus en plus plébiscitée par une « autre France », celle des grands centres urbains les plus actifs, les plus riches et les mieux intégrés à l’économie-monde ; sur ces territoires où se retrouvent les extrêmes de l’éventail social (du bobo à l’immigré), la mondialisation est une bénédiction. Christophe Guilluy
Nous sommes dans un processus de sortie lente – mais dans un processus de sortie quand même – de la classe moyenne de la part des différentes catégories qui la composent, les unes après les autres. C’est ce que j’ai voulu identifier. La notion de classe moyenne est déjà morte mais on utilise encore cette catégorie comme si elle existait encore. Mais en réalité, en parlant des classes moyennes aujourd’hui, on parle des catégories supérieures. Finalement, quand on regarde les élections, toutes les vagues populistes reposent sur deux éléments. D’une part, une sociologie, c’est-à-dire le socle de l’ancienne classe moyenne que sont les catégories populaires, ouvriers, employés, petits paysans, petits indépendants, etc…et on retrouve ces mêmes catégories partout. Et d’autre part des territoires. C’est la géographie des périphéries avec à chaque fois les mêmes logiques quel que soit le pays occidental que l’on considère. (…) Les classes ouvrières britannique et américaine ont été fracassées beaucoup plus rapidement que la classe populaire française. Il y a les effets de l’État providence en France qui sont réels, et qui a fait que nous avons encore des catégories protégées dans notre pays. (…) Emmanuel Macron a fait des scores de dirigeant soviétique dans les grandes métropoles, avec des pourcentages incroyables à Paris, Bordeaux, Toulouse etc…Emmanuel Macron se sauve avec les deux gros bataillons que sont les retraités et les fonctionnaires – la majorité des fonctionnaires ont voté Macron – qui sont les deux catégories qui sont en train d’être tondues par ce président. Nous sommes donc effectivement à la limite d’un système qui se raccroche à des catégories encore protégées mais le vent tourne. (…) Aujourd’hui, 30% des 53-69 ans vivent sous le seuil de pauvreté, nous voyons les choses se transformer en douceur pour des catégories que l’on pensait préservées. Cela est le contexte français, mais en Grande Bretagne par exemple, les retraités ont été fracassés tout de suite et n’ont pas hésité à voter en faveur du Brexit. L’idée que les retraités vont continuer à protéger le système est à mon avis un leurre. C’est la même chose pour les fonctionnaires, les catégories B et C qui s’en prennent plein la figure ne vont pas éternellement protéger un système dont elles ne bénéficient pas. Cela est vraiment intéressant de constater que tout évolue partout mais toujours en fonction des contextes. (…) Les catégories modestes ont été relativement mieux protégées en France qu’elles ne l’ont été aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne. On a bien un contexte français très particulier avec une fonction publique très importante etc…c’est là-dessus que nous faisons la différence. Mais une fois encore, cela n’est qu’une question de temps. Et le temps joue effectivement vers la disparition de cette classe moyenne. C’est donc bien la structuration sociale de l’ensemble des pays développés qui est en train de se modifier avec ces 20-30% de gens « en haut » qui vont s’en sortir et une immense classe populaire qui n’est plus dans l’espoir d’une amélioration de ses conditions de vie. (…) ces gens ont vraiment joué le jeu de la mondialisation et de l’Europe. Il n’y a jamais eu d’opposition de principe, ils ont joué le jeu et après 20 ou 30 ans ils font le diagnostic pour eux-mêmes et pour leurs enfants que finalement cela n’a pas marché. Il s’agit simplement d’un constat rationnel de leur part. Ce qui est frappant, c’est que tous les modèles sont affectés, du modèle américain au britannique, au modèle français républicain, jusqu’au modèle scandinave. (…) Mais (…) la disparition de la classe moyenne a commencé par les ouvriers, les paysans, les employés, les professions intermédiaires et demain, ce sera une fraction des catégories supérieures qui sera emportée. On voit déjà que les jeunes diplômés du supérieur n’arrivent plus à s’intégrer. Le processus est enclenché et il va détruire aussi des catégories qui pensent encore être protégées. (…) A partir du moment ou la gauche a abandonné la question sociale, elle a abandonné les catégories populaires et c’est la dessus que le divorce s’est réalisé. Ce mouvement s’est accompagné d’une forme d’ostracisation des plus modestes qui était très forte dans certains milieux de gauche, et aujourd’hui la rupture est totale. On a en plus un processus de sécession , que Christopher Lash avait vu très tôt, qui est celle des bourgeoisies, qui s’ajoute au phénomène de citadellisation des élites, qui fait qu’il n’y a pas plus de connexion entre ces catégories. (…) Il faut arrêter le discours du magistère des prétentieux. Cette idée de rééducation du peuple, en lui montrant la voie, n’est pas possible. Une société c’est une majorité de catégories modestes et l’objectif d’une démocratie, c’est de servir prioritairement ces catégories. C’est dans ce sens là qu’il faut aller. Il faut prendre ces gens au sérieux, il faut prendre en compte les diagnostics des classes populaires sur leurs souhaits d’être protégés, ce qui ne veut pas dire être assistés. Ces catégories veulent du travail, elles veulent qu’on les respectent culturellement, et ne pas se faire traiter de « déplorables » ou de sans dents » – ce qui fait partie intégrante du problème identitaire que nous avons aujourd’hui qui est le produit de ces attaques là -. (…) Les gens veulent de la protection, du travail, de la régulation économique mais aussi une régulation des flux migratoires. Je parle ici de tout le monde d’en bas, parce que la demande de régulation des flux migratoires vient de toutes les catégories modestes quelles que soient les origines. Tout le monde veut la même chose alors que lorsque les gens parlent de la question migratoire, on les place sur la question raciale, non. C’est anthropologiquement vrai pour toutes les catégories modestes, et cela est vrai partout. Dans tous les pays, les catégories modestes veulent vivre tranquillement, ce qui ne veut pas dire vivre derrière des murs, mais vivre dans un environnement que l’on connaît avec des valeurs communes. (…) Ce qui est amusant aujourd’hui, c’est qu’il y a une ethnicisation des classes moyennes – on pense blanc – cela montre bien la fin du concept qui était censé être intégrateur pour le plus grand nombre. (…) Les autoritaires ne sont pas ceux que l’on croit. Sauver les démocraties occidentales, c’est faire entendre le plus grand nombre. (…) Soit le monde d’en haut refuse d’entendre la majorité et on basculera dans une forme d’autoritarisme soft, ce qui pourrait faire durer le système un peu plus longtemps, mais avec le risque que cela se termine très mal. Soit  on essaye de faire baisser la tension en disant : « maintenant on essaye d’intégrer économiquement et culturellement le plus grand nombre ». Cette réflexion existe, il n’y a pas encore de parti politique qui représente tout cela, qui fait cette connexion, mais cela est en gestation. Il n’y a pas 50 sorties possibles de cette impasse, il n’y en a qu’une. Inclure les catégories populaires parce qu’elles sont la société elle-même. C’est pour cela que le discours sur les marges a été destructeur. Les ouvriers, les ruraux etc…ce ne sont pas des marges, c’est un tout, et ce tout est la société. Maintenant tout est sur la table, les diagnostics sont faits. Alors il faut se retrousser les manches et aller dans le dur en essayant de réellement inventer quelque chose de plus efficace, et en oubliant ce truc absurde du premier de cordée. Mais là, il faut bien remarquer le problème que nous avons concernant le personnel en place. Ils pensent tous la même chose. Il faut une révolution culturelle du monde d’en haut, ce qui devrait être à la portée des nations occidentales…cela ne coûte pas cher. La question pour eux est donc de protéger ou disparaître. Christophe Guilluy
Les catégories populaires – qui comprennent aussi les petits agriculteurs, ainsi que les jeunes et les retraités issus de ces catégories – n’ont donc nullement disparu. Leur part dans la population française est restée à peu près stable depuis un demi-siècle. La nouveauté, c’est uniquement que «le peuple» est désormais moins visible, car il vit loin des grands centres urbains. Le marché foncier crée les conditions d’accueil des populations dont les métropoles ont besoin. En se désindustrialisant, les grandes villes nécessitent beaucoup moins d’employés et d’ouvriers. Face à la flambée des prix dans le parc privé, les catégories populaires cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. Le problème crucial politique et social de la France, c’est donc que la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Nulle volonté de «chasser les pauvres», pas de complot, simplement la loi du marché. Le projet économique de la France, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte. C’est une situation sans précédent depuis la révolution industrielle. (…)  Dans tous les pays développés, on vérifie le phénomène déjà constaté en France: la majorité des catégories populaires vit désormais à l’écart des territoires les plus dynamiques, ceux qui créent de l’emploi. Ces évolutions dessinent les contours d’une Amérique périphérique et d’une Angleterre périphérique tout autant que d’une France périphérique. De la Rust Belt américaine au Yorkshire britannique, des bassins industriels de l’est de l’Allemagne au Mezzogiorno italien, villes petites et moyennes, régions désindustrialisées et espaces ruraux décrochent. (…)  La dimension sociale et économique du vote populiste se complète par une dynamique culturelle. Les catégories les plus fragiles socialement (celles qui ne peuvent mettre en œuvre des stratégies d’évitements résidentiels et scolaires) sont aujourd’hui les plus sensibles à la question migratoire. Les mêmes demandent à être protégés d’un modèle économique et sociétal qui les fragilise. Dans des sociétés multiculturelles, l’assimilation ne fonctionne plus. L’autre ne devient plus soi, ce qui suscite de l’inquiétude. Le nombre de l’autre importe. Personne n’a envie de devenir minoritaire dans les catégories populaires. En France, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires des métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine européenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent consentir des sacrifices pour déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales afin d’accéder à la propriété et d’acquérir un pavillon. Dans chacun des grands pays industrialisés, les catégories populaires « autochtones » éprouvent une insécurité culturelle. (…) ce sont bien les territoires populaires les plus éloignés des grandes métropoles qui portent la dynamique populiste. La Rust Belt et les régions désindustrialisées de Grande-Bretagne pèsent respectivement plus dans le vote Trump ou dans le Brexit que New York ou le Grand Londres. Dans les zones périurbaines de Rotterdam, ce sont bien aussi les catégories modestes (qui ne se confondent pas avec les pauvres) qui voient leur statut de référent culturel remis en question par la dynamique migratoire et qui votent pour Geert Wilders. Ainsi, si la situation de l’ouvrier allemand n’est pas celle du paysan français, de l’employé néerlandais ou d’un petit tra- vailleur indépendant italien, il existe un point commun : tous, quel que soit leur niveau de vie, font le constat d’être fragilisés par un modèle économique qui les a relégués socialement et culturellement. (…) On ne s’intègre pas à un modèle ou à un système de valeur mais à une population à qui on désire ressembler. On se marie, on tisse des liens d’amitié, de voisinage avec des gens qui sont proches. Or cette intégration ne se réalise pas dans n’importe quelle catégorie sociale, mais d’abord dans des milieux populaires. Et ce qui a changé depuis les années 1970 et surtout 1980, c’est précisément le changement de statut de ces catégories populaires. Les ouvriers, les employés, les « petites gens » sont désormais perçus en grande partie comme les perdants de la mondialisation. Quel nouveau venu dans un pays peut avoir envie de ressembler à des « autochtones » qui ne sont pas en phase d’ascension sociale et que, de surcroît, leurs propres élites méprisent en raison de l’attachement des intéressés à certaines valeurs traditionnelles ? Souvenons-nous de la phrase de Hillary Clinton présentant les électeurs de Donald Trump comme des « déplorables » pendant la campagne présidentielle de 2016 aux États-Unis. C’est pourquoi, alors que la France, les États-Unis, la Grande-Bretagne ou la Scandinavie se sont construits sur des modèles culturels très différents, tous ces pays connaissent la même dynamique populiste, la même crise sociale et identitaire et le même questionnement sur la pertinence de leurs modèles d’intégration. (…) la rupture entre le haut et le bas (…) nous conduit à un modèle qui ne fait plus société. La disparition de la classe moyenne n’en est qu’une conséquence. Le monde d’en haut refuse d’écouter celui d’en bas qui le lui rend bien notamment en grossissant les camps de l’abstention ou du vote populiste. Cette rupture du lien, y compris conflictuel, entre le haut et le bas, porte en germe l’abandon du bien commun et nous fait basculer dans l’asociété. Trump vient de l’élite américaine, c’est un des points communs qu’il partage avec Macron. Tous les deux se sont affranchis de leur propre camp pour se faire élire : Macron de la gauche, Trump du camp républicain. Ils ont enterré le vieux clivage gauche-droite. Les deux ont compris que nous étions entrés dans le temps de la disparition de la classe moyenne occidentale. L’un et l’autre ont saisi que, pour la première fois dans l’histoire, les classes populaires, celles qui constituaient hier le socle de la classe moyenne, vivent désormais sur les territoires qui créent le moins d’emplois : dans l’Amérique périphérique et dans la France périphérique. Mais la comparaison s’arrête là. Si Trump a été élu par l’Amérique périphérique, Macron a au contrai- re construit sa dynamique électorale à partir des métropoles mondialisées. Si le président français est conscient de la fragilisation sociale de la France périphérique, il pense que la solution passe par une accélération de l’adaptation de l’économie française aux normes de l’économie mondialisée. À l’opposé, le président américain fait le constat des limites d’un modèle qu’il convient de réguler (protectionnisme, remise en cause des traités de libre-échange, volonté de réguler l’immigration, politique de grands travaux) afin de créer de l’emploi sur ces territoires de la désindustrialisation américaine. Il existe un autre point de divergence fondamental, c’est le refus chez Trump d’un argumentaire moral qui sert depuis des décennies à disqualifier les classes populaires. Christophe Guilluy
We spent 10 months writing the papers, averaging one new paper roughly every thirteen days. (Seven papers published over seven years is frequently claimed to be the number sufficient to earn tenure at most major universities although, in reality, requirements vary by institution.) As for our performance, 80% of our papers overall went to full peer review, which keeps with the standard 10-20% of papers that are “desk rejected” without review at major journals across the field. We improved this ratio from 0% at first to 94.4% after a few months of experimenting with much more hoaxish papers. Because we were forced to go public before we could complete our study, we cannot be sure how many papers would have been accepted if we had had time to see them through—papers typically take 3-6 months or more to complete the entire process and one of ours was under review from December 2017 to August 2018—but an estimate of at least 10, probably 12, eventual acceptances seems warranted at the time of having to call a halt. (…) Our papers also present very shoddy methodologies including incredibly implausible statistics (“Dog Park”), making claims not warranted by the data (“CisNorm,” “Hooters,” “Dildos”), and ideologically-motivated qualitative analyses (“CisNorm,” “Porn”). Questionable qualitative methodologies such as poetic inquiry and autoethnography (sometimes rightly and pejoratively called “mesearch”) were incorporated (especially in “Moon Meetings”). (…) Many papers advocated highly dubious ethics including training men like dogs (“Dog Park”), punishing white male college students for historical slavery by asking them to sit in silence in the floor in chains during class and to be expected to learn from the discomfort (“Progressive Stack”), celebrating morbid obesity as a healthy life-choice (“Fat Bodybuilding”), treating privately conducted masturbation as a form of sexual violence against women (“Masturbation”), and programming superintelligent AI with irrational and ideological nonsense before letting it rule the world (“Feminist AI”). There was also considerable silliness including claiming to have tactfully inspected the genitals of slightly fewer than 10,000 dogs whilst interrogating owners as to their sexuality (“Dog Park”), becoming seemingly mystified about why heterosexual men are attracted to women (“Hooters”), insisting there is something to be learned about feminism by having four guys watch thousands of hours of hardcore pornography over the course of a year while repeatedly taking the Gender and Science Implicit Associations Test (“Porn”), expressing confusion over why people are more concerned about the genitalia others have when considering having sex with them (“CisNorm”), and recommending men anally self-penetrate in order to become less transphobic, more feminist, and more concerned about the horrors of rape culture (“Dildos”). None of this, except that Helen Wilson recorded one “dog rape per hour” at urban dog parks in Portland, Oregon, raised so much as a single reviewer eyebrow, so far as their reports show. (…) Our data indicate that grievance studies is a serious academic problem … with knowledge production within fields that have been corrupted by grievance studies arising from critical constructivism and radical skepticism. Among the problems are how topics like race, gender, sexuality, society, and culture are researched. Perhaps most concerning is how the current highly ideological disciplines undermine the value of more rigorous work being done on these topics and erodes confidence in the university system. Research into these areas is crucial, and it must be rigorously conducted and minimize ideological influences. The further results on these topics diverge from reality, the greater chance they will hurt those their scholarship is intended to help. Worse, the problem of corrupt scholarship has already leaked heavily into other fields like education, social work, media, psychology, and sociology, among others—and it openly aims to continue spreading. This makes the problem a grave concern that’s rapidly undermining the legitimacy and reputations of universities, skewing politics, drowning out needed conversations, and pushing the culture war to ever more toxic and existential polarization. Further, it is affecting activism on behalf of women and racial and sexual minorities in a way which is counterproductive to equality aims by feeding into right-wing reactionary opposition to those equality objectives … Our recommendation begins by calling upon all major universities to begin a thorough review of these areas of study (gender studies, critical race theory, postcolonial theory, and other “theory”-based fields in the humanities and reaching into the social sciences, especially including sociology and anthropology), in order to separate knowledge-producing disciplines and scholars from those generating constructivist sophistry. We hope the latter can be redeemed, not destroyed, as the topics they study—gender, race, sexuality, culture—are of enormous importance to society and thus demand considerable attention and the highest levels of academic rigor. Further, many of their insights are worthy and deserve more careful consideration than they currently receive. This will require them to adhere more honestly and rigorously to the production of knowledge and to place scholarship ahead of any conflicting interest rather than following from it … As for us, we intend to use the knowledge we’ve gained from grievance studies to continue to critique them and push for universities to fix this problem and reaffirm their commitment to rigorous, non-partisan knowledge production. We do this because we believe in the university, in rigorous scholarship, in the pursuit of scientific knowledge, and in the importance of social justice. Helen Pluckrose, James Lindsay and Peter Boghossian
Le savoir basé de moins en moins sur le fait de trouver la vérité et de plus en plus sur le fait de s’occuper de certaines ‘complaintes’ est devenu établi, presque totalement dominant, au sein de [certains champs des sciences sociales] et les chercheurs brutalisent de plus en plus les étudiants, les administrateurs et les autres départements qui n’adhèrent pas à leur vision du monde. (…) Nous ne devrions pas avoir été capables de publier n’importe lequel de ces papers si calamiteux dans des journaux réputés. Encore moins sept d’entre eux. (…) Il y a un problème de production du savoir au sein de champs qui ont été corrompus par les ‘grievance studies’ nées du socio-constructivisme et du scepticisme radical. Parmi les problèmes, il y a la manière dont des sujets comme la race, le genre, la sexualité, la société et la culture sont traités par la recherche. (…) Nous espérons que ceci donnera aux gens – spécialement à ceux qui croient au libéralisme, au progrès, à la modernité et à la justice sociale – une raison claire de regarder la folie identitaire qui vient de la gauche universitaire et militante, et de dire : ‘Non, je n’irai pas dans ce sens là. Vous ne parlez pas en mon nom. Helen Pluckrose, James Lindsay et Peter Boghossian
Des chercheurs ont réussi à faire publier dans plusieurs revues de référence aux Etats-Unis des essais aux thèses absolument délirantes, prônant par exemple le développement de l’usage anal de sex-toys chez les hommes pour lutter contre la transphobie et faire progresser le féminisme. Quand un homme se masturbe en pensant à une femme sans lui avoir demandé son consentement, c’est une agression sexuelle. Il existe une culture systémique du viol chez les chiens. L’astronomie est une science sexiste et pro-occidentale qui doit être remplacée par une astrologie indigène et queer. Ces thèses vous semblent loufoques, invraisemblables ? Elles le sont. Elles ont néanmoins été considérées avec le plus grand sérieux, et parfois même publiées, par des revues académiques de premier plan aux Etats-Unis, victimes de l’un des canulars universitaires les plus ambitieux jamais mis en œuvre… Helen Pluckrose, James Lindsay et Peter Boghossian sont trois chercheurs américains, persuadés que quelque chose cloche dans certains secteurs du monde académique outre-Atlantique. (…) Se désolant de ce tournant idéologique en cours dans les facs américaines, notre trio d’universitaires établit une liste des disciplines les plus gravement touchées : il s’agit des matières communément regroupées dans l’enseignement supérieur américain sous le terme de « cultural studies » ou « identity studies », « enracinées dans la branche ‘postmoderne’ de la théorie qui a émergé à la fin des années soixante ». On y trouve donc les fameuses « gender studies », les « queer studies » mais également la « critical race theory », les « fat studies » (sic) ou des pans entiers de la sociologie critique. Le point commun de ces branches universitaires, requalifiées en « grievance studies » (qu’on pourrait traduire par « études plaintives ») ? D’après les trois chercheurs, elles produisent des travaux très souvent « corrompus » par l’idéologie, qui renoncent à toute honnêteté intellectuelle dès lors qu’il s’agit de dénoncer les oppressions de toutes sortes : sexistes, raciales, post-coloniales, homophobes, transphobes, grossophobes… Pour prouver leur diagnostic, Pluckrose, Lindsay et Boghossian ont fait un pari simple… et drôle : pousser, dans des articles fantaisistes, la doxa qu’ils pointent dans ses retranchements les plus absurdes et voir si ces papiers seraient acceptés pour publication dans de très sérieuses revues scientifiques. Ils ont donc passé dix mois à écrire de faux « papers », un format universitaire anglo-saxon qu’on peut comparer au mémoire français. Recette commune de ces essais : « Des statistiques totalement invraisemblables, des assomptions non prouvées par les données, des analyses qualitatives idéologiquement biaisées, une éthique suspecte (…), une bêtise considérable ». Les chercheurs ont ensuite systématiquement envoyé leurs travaux bidons aux « journaux de référence dans les champs universitaires concernés ». Après quasiment un an de bombardement de canulars, les trois audacieux ont été forcés d’arrêter leur expérience car un de leurs textes commençait à connaître un important écho dans la presse. Mais les 20 papers écrits ont suffi à valider la pertinence de leur thèse : pas moins de sept d’entre eux ont en effet été validés par les revues universitaires, dont quatre publiés. Sept autres sont encore en cours d’examen et seulement six ont été refusés sans ambiguïté par les universitaires chargés de les évaluer. Par quatre fois, les facétieux compères ont même été invités à eux-mêmes examiner le travail de « pairs » en récompense… de leur « savoir exemplaire ». (…) Au bout du compte, la leçon que tirent les trois auteurs de leur plongée en absurdie sociologique est partagée entre amusement et réelle inquiétude. Rejetant l’idée simpliste que « le monde universitaire est corrompu » ou que « tous les universitaires et évaluateurs dans le champ des humanités qui étudient le genre, la race, la sexualité ou le poids sont corrompus », ils alarment : « Nous ne devrions pas avoir été capables de publier n’importe lequel de ces papers si calamiteux dans des journaux réputés. Encore moins sept d’entre eux ». Produisant un « savoir » considérablement orienté, ils constatent aussi avec effarement que les chercheurs relisant leurs textes ne leur réclamaient souvent « pas d’être moins biaisé politiquement et moins négligent dans le travail, mais de l’être davantage ». (…) C’est donc bien un nouvel obscurantisme que les chercheurs décrivent, une idéologie qui « rejette l’idée d’universalité scientifique et d’objectivité et insiste, pour des raisons morales, sur la nécessité d’accepter la notion de vérités multiples basées sur l’identité ». Or selon eux, ce relativisme mortifère serait devenu « autoritaire » dans les facs américaines. Marianne

Attention: une folie identitaire peut en cacher une autre !

A l’heure où après avoir si longtemps nié et caché les conséquences de leurs propres décisions dont ils ont seuls – leurs clients compris – les moyens de se préserver …

Nos bien-pensants premiers de cordée et sansfrontiéristes échevelés n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer

Pour leur attachement d’un autre âge à leur propre identité entre religion, armes à feu et frontières, les laissés pour compte de la mondialisation

Et où peuvent se publier entre les prétendus « zoos humains » et les dérives victimaires de nos systèmes éducatifs des articles de recherche aussi loufoques que …

Le « remplacement de l’astronomie sexiste et pro-occidentale par une astrologie indigène et queer »…

Le « développement de l’usage anal de sex-toys chez les hommes pour lutter contre la transphobie et faire progresser le féminisme  » …

Ou la « culture systémique du viol chez les chiens » …

Comment ne pas voir avec trois chercheurs américains qui viennent d’en faire la démonstration dans des revues académique de premier plan …

Cette véritable folie identitaire qui s’insinue jusque dans l’éducation, le travail social, les médias, la psychologie ou la sociologie …

D’une « recherche universitaire corrompue » qui « sape la légitimité et la réputation des universités, fausse le discours politique, noie une bien nécessaire conversation et pousse la guerre culturelle vers une polarisation toujours plus toxique » ?

CQFD

« De la culture du viol chez les chiens » : l’incroyable canular qui a piégé la sociologie américaine

Des chercheurs ont réussi à faire publier dans plusieurs revues de référence aux Etats-Unis des essais aux thèses absolument délirantes, prônant par exemple le développement de l’usage anal de sex-toys chez les hommes pour lutter contre la transphobie et faire progresser le féminisme.

Quand un homme se masturbe en pensant à une femme sans lui avoir demandé son consentement, c’est une agression sexuelle. Il existe une culture systémique du viol chez les chiens. L’astronomie est une science sexiste et pro-occidentale qui doit être remplacée par une astrologie indigène et queer. Ces thèses vous semblent loufoques, invraisemblables ? Elles le sont. Elles ont néanmoins été considérées avec le plus grand sérieux, et parfois même publiées, par des revues académiques de premier plan aux Etats-Unis, victimes de l’un des canulars universitaires les plus ambitieux jamais mis en œuvre…

Helen Pluckrose, James Lindsay et Peter Boghossian sont trois chercheurs américains, persuadés que quelque chose cloche dans certains secteurs du monde académique outre-Atlantique. « Le savoir basé de moins en moins sur le fait de trouver la vérité et de plus en plus sur le fait de s’occuper de certaines ‘complaintes’ est devenu établi, presque totalement dominant, au sein de [certains champs des sciences sociales]« , écrivent-ils dans le magazine Areo, et les chercheurs brutalisent de plus en plus les étudiants, les administrateurs et les autres départements qui n’adhèrent pas à leur vision du monde ». Se désolant de ce tournant idéologique en cours dans les facs américaines, notre trio d’universitaires établit une liste des disciplines les plus gravement touchées : il s’agit des matières communément regroupées dans l’enseignement supérieur américain sous le terme de « cultural studies » ou « identity studies« , « enracinées dans la branche ‘postmoderne’ de la théorie qui a émergé à la fin des années soixante« . On y trouve donc les fameuses « gender studies« , les « queer studies » mais également la « critical race theory« , les « fat studies » (sic) ou des pans entiers de la sociologie critique. Le point commun de ces branches universitaires, requalifiées en « grievance studies » (qu’on pourrait traduire par « études plaintives ») ? D’après les trois chercheurs, elles produisent des travaux très souvent « corrompus » par l’idéologie, qui renoncent à toute honnêteté intellectuelle dès lors qu’il s’agit de dénoncer les oppressions de toutes sortes : sexistes, raciales, post-coloniales, homophobes, transphobes, grossophobes…

Recette des faux articles : « une bêtise considérable »

Pour prouver leur diagnostic, Pluckrose, Lindsay et Boghossian ont fait un pari simple… et drôle : pousser, dans des articles fantaisistes, la doxa qu’ils pointent dans ses retranchements les plus absurdes et voir si ces papiers seraient acceptés pour publication dans de très sérieuses revues scientifiques. Ils ont donc passé dix mois à écrire de faux « papers« , un format universitaire anglo-saxon qu’on peut comparer au mémoire français. Recette commune de ces essais : « Des statistiques totalement invraisemblables, des assomptions non prouvées par les données, des analyses qualitatives idéologiquement biaisées, une éthique suspecte (…), une bêtise considérable« .

Les chercheurs ont ensuite systématiquement envoyé leurs travaux bidons aux « journaux de référence dans les champs universitaires concernés« . Après quasiment un an de bombardement de canulars, les trois audacieux ont été forcés d’arrêter leur expérience car un de leurs textes commençait à connaître un important écho dans la presse. Mais les 20 papers écrits ont suffi à valider la pertinence de leur thèse : pas moins de sept d’entre eux ont en effet été validés par les revues universitaires, dont quatre publiés. Sept autres sont encore en cours d’examen et seulement six ont été refusés sans ambiguïté par les universitaires chargés de les évaluer. Par quatre fois, les facétieux compères ont même été invités à eux-mêmes examiner le travail de « pairs » en récompense… de leur « savoir exemplaire« .

Lorsqu’on examine le contenu de ces faux mémoires, on peine pourtant à croire que leur absurdité n’ait pas sauté à la figure des chercheurs chargés de les examiner. Dans un article intitulé « Passer par la porte de derrière : défier l’homo-hystérie masculine et la transphobie à travers l’usage de sex-toys pénétratifs« , les chercheurs expliquent que si les hommes utilisent rarement des sex-toys pour « s’auto-pénétrer par voie anale« , c’est parce qu’ils ont peur d’être pris pour des homosexuels ou par hostilité aux transsexuels. Conclusion : encourager cette pratique engendrerait, à coup sûr, une baisse de la transphobie et un progrès de valeurs féministes. Délirant ? Le texte a été publié dans la revue Sexuality and Culture, et qualifié de « contribution incroyablement riche et excitante à l’étude de la sexualité et de la culture » par un universitaire chargé de l’analyser.

Une de leurs inventions croquignolesques a même rencontré un réel triomphe académique : dans « Réactions humaines à la culture du viol et performativité queer au sein des parcs à chiens de Portland, Oregon« , nos chercheurs soutiennent qu’il existe « une rampante culture du viol canine » et qu’une « oppression systémique » frappe certaines races de chiens. Un mémoire qualifié « d’incroyablement innovant, riche en analyse, extrêmement bien écrit et organisé » par la revue Gender, Place, and Culture, qui lui a fait une place dans ses prestigieuses colonnes… et l’a même intégrée parmi ses 12 meilleures publications de l’année 2018 ! La chercheuse Helen Wilson, auteure de ce travail volontairement absurde, expliquant sa méthode de travail, y écrivait avoir « délicatement inspecté les parties génitales d’un peu moins de 10.000 chiens tout en interrogeant leurs propriétaires sur leur sexualité« , mais également avoir « constaté un viol de chien par heure au parc à chiens urbain de Portland » ! Pas de quoi faire lever un sourcil aux universitaires chargés de valider son article pour publication dans une revue « de référence »…

D’autres mémoires-hoax n’ont pas eu le temps d’être publiés avant que le canular soit finalement rendu public. Mais ils ont été quasiment intégralement validés par les revues auxquelles ils ont été présentés, avec des modifications mineures. On y trouve des thèses toujours aussi comiques : « L’Intelligence artificielle est intrinsèquement dangereuse car elle est programmée avec des données masculinistes, impérialistes et rationalistes« . Ou encore : « L’astronomie est et sera toujours intrinsèquement sexiste et occidentale, ce biais masculiniste et occidental peut être corrigé en incluant une astrologie féministe, queer et indigène (par exemple, des horoscopes) à la science astronomique« .

« Les éducateurs devraient discriminer selon l’identité et calculer le statut de leurs étudiants en fonction de leurs privilèges »

Et même : « Les éducateurs devraient discriminer selon l’identité et calculer le statut de leurs étudiants en fonction de leurs privilèges (…), pénalisant les plus privilégiés en refusant d’écouter leurs contributions, ridiculisant leurs efforts, en parlant plus fort qu’eux et en les forçant à s’asseoir enchaînés sur le sol » ! Toutes ces contributions n’ont reçu que des critiques de forme de la part des revues universitaires auxquelles ils ont été adressés. Celle proposant d’enchaîner des étudiants sur le sol a même été applaudie comme « une forte contribution à la littérature foisonnante s’attaquant à l’injustice épistémique dans la salle de classe« .

D’autres faux essais universitaires ont été finalement rejetés après examen par des universitaires. Mais cela ne les a pas toujours empêché de recevoir des commentaires chaleureux de la part de chercheurs chargés de les évaluer, qui ont parfois même poussé l’absurde encore plus loin. Ainsi, dans un mémoire consacré à la masturbation, les auteurs du canular écrivent que « quand un homme se masturbe en privé en fantasmant sur une femme sans qu’elle lui ait donné sa permission (…), il commet une violence métasexuelle contre elle« . Dans son évaluation, la première contributrice de Sociological Theory encourage nos chercheurs à aller plus loin encore dans cette théorie : « Je pense à d’autres scénarios où les hommes pourraient transformer en arme leur non-connaissance de manière très tangible. Par exemple, la déclaration ambiguë ‘Je pense à toi tout le temps’, dite de manière impromptue à une femme par un homme, est particulièrement insidieuse, étant donné le contexte structurel de violence métasexuelle dans le monde« .

« Juifs » remplacé par « Blancs » dans « Mein Kampf » : un chercheur applaudit

Le clou de cette fanfaronnade a été apporté par un essai présenté au magazine Sociology of Race and Ethnicity, où nos trublions prétendent « examiner de manière critique la blanchité (‘whiteness, ndlr) depuis la blanchité« . Pour cela, ils ont ni plus ni moins sélectionné – sans le dire – des extraits de Mein Kampf, l’infâme pamphlet antisémite d’Adolf Hitler, en y remplaçant le mot « Juifs » par « Blancs« . Le paper a été rejeté mais cela ne l’a pas empêché de recevoir au préalable les éloges de plusieurs pairs universitaires. « Cet article a le potentiel pour être une contribution puissante et particulière à la littérature traitant des mécanismes qui renforcent l’adhésion blanche à des perspectives suprémacistes blanches, et au processus par lequel des individus peuvent atteindre des niveaux plus profonds de conscience sociale et raciale« , écrit ainsi un chercheur enthousiaste, qui n’objecte que « des révisions concernant la précision, la clarté, l’expression d’assertions et des exemples concrets » et complimente ainsi sans le savoir une resucée de Mein Kampf.

« Nous espérons que ceci donnera aux gens une raison claire de regarder la folie identitaire qui vient de la gauche universitaire et militante, et de dire : Non »

Au bout du compte, la leçon que tirent les trois auteurs de leur plongée en absurdie sociologique est partagée entre amusement et réelle inquiétude. Rejetant l’idée simpliste que « le monde universitaire est corrompu » ou que « tous les universitaires et évaluateurs dans le champ des humanités qui étudient le genre, la race, la sexualité ou le poids sont corrompus« , ils alarment : « Nous ne devrions pas avoir été capables de publier n’importe lequel de ces papers si calamiteux dans des journaux réputés. Encore moins sept d’entre eux ». Produisant un « savoir » considérablement orienté, ils constatent aussi avec effarement que les chercheurs relisant leurs textes ne leur réclamaient souvent « pas d’être moins biaisé politiquement et moins négligent dans le travail, mais de l’être davantage ».

Le tableau final est implacable pour tout un pan du monde universitaire anglo-saxon : « Il y a un problème de production du savoir au sein de champs qui ont été corrompus par les ‘grievance studies’ nées du socio-constructivisme et du scepticisme radical. Parmi les problèmes, il y a la manière dont des sujets comme la race, le genre, la sexualité, la société et la culture sont traités par la recherche ». C’est donc bien un nouvel obscurantisme que les chercheurs décrivent, une idéologie qui « rejette l’idée d’universalité scientifique et d’objectivité et insiste, pour des raisons morales, sur la nécessité d’accepter la notion de vérités multiples basées sur l’identité« . Or selon eux, ce relativisme mortifère serait devenu « autoritaire » dans les facs américaines. Rappellent leur propre sympathie pour les mouvements des droits civiques, le féminisme et le mouvement LGBT, nos trois trublions émettent un souhait : « Nous espérons que ceci donnera aux gens – spécialement à ceux qui croient au libéralisme, au progrès, à la modernité et à la justice sociale – une raison claire de regarder la folie identitaire qui vient de la gauche universitaire et militante, et de dire : ‘Non, je n’irai pas dans ce sens là. Vous ne parlez pas en mon nom' ».

Voir aussi:

This essay, although hopefully accessible to everyone, is the most thorough breakdown of the study and written for those who are already somewhat familiar with the problems of ideologically-motivated scholarship, radical skepticism and cultural constructivism.


Part I: Introduction

Something has gone wrong in the university—especially in certain fields within the humanities. Scholarship based less upon finding truth and more upon attending to social grievances has become firmly established, if not fully dominant, within these fields, and their scholars increasingly bully students, administrators, and other departments into adhering to their worldview. This worldview is not scientific, and it is not rigorous. For many, this problem has been growing increasingly obvious, but strong evidence has been lacking. For this reason, the three of us just spent a year working inside the scholarship we see as an intrinsic part of this problem.

We spent that time writing academic papers and publishing them in respected peer-reviewed journals associated with fields of scholarship loosely known as “cultural studies” or “identity studies” (for example, gender studies) or “critical theory” because it is rooted in that postmodern brand of “theory” which arose in the late sixties. As a result of this work, we have come to call these fields “grievance studies” in shorthand because of their common goal of problematizing aspects of culture in minute detail in order to attempt diagnoses of power imbalances and oppression rooted in identity.

We undertook this project to study, understand, and expose the reality of grievance studies, which is corrupting academic research. Because open, good-faith conversation around topics of identity such as gender, race, and sexuality (and the scholarship that works with them) is nearly impossible, our aim has been to reboot these conversations. We hope this will give people—especially those who believe in liberalism, progress, modernity, open inquiry, and social justice—a clear reason to look at the identitarian madness coming out of the academic and activist left and say, “No, I will not go along with that. You do not speak for me.”

This document is a first look at our project and an initial attempt to grapple with what we’re learning and what it means. Because of its length and detail, it is organized as follows, putting the factual information up front and more detailed explanations thereafter.

  • Our methodology, which is central to contextualizing our claims;
  • A summary of this project from its beginning until we were eventually exposed and forced to go public before we could conclude our research;
  • An explanation of why we did this;
  • A summary of the problem and why it matters;
  • A clear explanation of how this project came to be;
  • The results of our study, including a full list of all of the papers we submitted, their final outcomes, and relevant reviewer comments to date;
  • A discussion of the significance of the results;
  • A summary of what may come next

Part II: Methods

Our approach is best understood as a kind of reflexive ethnography—that is, we conducted a study of a peculiar academic culture by immersing ourselves within it, reflecting its output and modifying our understanding until we became “outsiders within” it.

Our objective was to learn about this culture and establish that we had become fluent in its language and customs by publishing peer-reviewed papers in its top journals, which usually only experts in the field are capable of doing. Because we came to conceptualize this project as a kind of reflexive ethnographic study in which we sought to understand the field and how it works by participating in it, obtaining peer reviewers’ comments about what we were doing right and what needed to change to make absurd theses acceptable was central to the project. Indeed, the reviewers’ comments are in many ways more revealing about the state of these fields than the acceptances themselves.

While our papers are all outlandish or intentionally broken in significant ways, it is important to recognize that they blend in almost perfectly with others in the disciplines under our consideration. To demonstrate this, we needed to get papers accepted, especially by significant and influential journals. Merely blending in couldn’t generate the depth necessary for our study, however. We also needed to write papers that took risks to test certain hypotheses such that the fact of their acceptance itself makes a statement about the problem we’re studying (see the Papers section, below). Consequently, although this study does not qualify as being particularly controlled, we did control one important variable: the big-picture methodology we used to write every paper.

Our paper-writing methodology always followed a specific pattern: it started with an idea that spoke to our epistemological or ethical concerns with the field and then sought to bend the existing scholarship to support it. The goal was always to use what the existing literature offered to get some little bit of lunacy or depravity to be acceptable at the highest levels of intellectual respectability within the field. Therefore, each paper began with something absurd or deeply unethical (or both) that we wanted to forward or conclude. We then made the existing peer-reviewed literature do our bidding in the attempt to get published in the academic canon.

This is the primary point of the project: What we just described is not knowledge production; it’s sophistry. That is, it’s a forgery of knowledge that should not be mistaken for the real thing. The biggest difference between us and the scholarship we are studying by emulation is that we know we made things up.

This process is the one, single thread that ties all twenty of our papers together, even though we used a variety of methods to come up with the various ideas fed into their system to see how the editors and peer reviewers would respond. Sometimes we just thought a nutty or inhumane idea up and ran with it. What if we write a paper saying we should train men like we do dogs—to prevent rape culture? Hence came the “Dog Park” paper. What if we write a paper claiming that when a guy privately masturbates while thinking about a woman (without her consent—in fact, without her ever finding out about it) that he’s committing sexual violence against her? That gave us the “Masturbation” paper. What if we argue that the reason superintelligent AI is potentially dangerous is because it is being programmed to be masculinist and imperialist using Mary Shelley’s Frankenstein and Lacanian psychoanalysis? That’s our “Feminist AI” paper. What if we argued that “a fat body is a legitimately built body” as a foundation for introducing a category for fat bodybuilding into the sport of professional bodybuilding? You can read how that went in Fat Studies.

At other times, we scoured the existing grievance studies literature to see where it was already going awry and then tried to magnify those problems. Feminist glaciology? Okay, we’ll copy it and write a feminist astronomy paper that argues feminist and queer astrology should be considered part of the science of astronomy, which we’ll brand as intrinsically sexist. Reviewers were very enthusiastic about that idea. Using a method like thematic analysis to spin favored interpretations of data? Fine, we wrote a paper about trans people in the workplace that does just that. Men use “male preserves” to enact dying “macho” masculinities discourses in a way society at large won’t accept? No problem. We published a paper best summarized as, “A gender scholar goes to Hooters to try to figure out why it exists.” “Defamiliarizing,” common experiences, pretending to be mystified by them and then looking for social constructions to explain them? Sure, our “Dildos” paper did that to answer the questions, “Why don’t straight men tend to masturbate via anal penetration, and what might happen if they did?” Hint: according to our paper in Sexuality and Culture, a leading sexualities journal, they will be less transphobic and more feminist as a result.

We used other methods too, like, “I wonder if that ‘progressive stack’ in the news could be written into a paper that says white males in college shouldn’t be allowed to speak in class (or have their emails answered by the instructor), and, for good measure, be asked to sit in the floor in chains so they can ‘experience reparations.’” That was our “Progressive Stack” paper. The answer seems to be yes, and feminist philosophy titan Hypatia has been surprisingly warm to it. Another tough one for us was, “I wonder if they’d publish a feminist rewrite of a chapter from Adolf Hitler’s Mein Kampf.” The answer to that question also turns out to be “yes,” given that the feminist social work journal Affilia has just accepted it. As we progressed, we started to realize that just about anything can be made to work, so long as it falls within the moral orthodoxy and demonstrates understanding of the existing literature.

Put another way, we now have good reasons to believe that if we just appropriate the existing literature in the right ways—and there always seems to be a citation or vein of literature that makes it possible—we can say almost any politically fashionable thing we want. The underlying questions in every single case were the same: What do we need to write, and what do we need to cite (all of our citations are real, by the way) to get this academic madness published as high “scholarship”?

What Did We Do?

We wrote 20 papers and submitted them to the best journals in the relevant fields (more on this below) with considerable success, even though we had to take the project public prematurely, and thus stop the study, before it could be properly concluded. At the time of publishing this, we have:

  • 7 papers accepted.

4 of these have been published online.

3 more have been accepted without having had time to see publication through. (This can take months).

  • 7 papers still in play when we had to call a halt.

2 have been “revised and resubmitted,” and are awaiting a decision. (A judgment of “Revise and Resubmit” usually results in publication following the satisfactory completion of requested revisions. A judgment of “Reject and Resubmit” can result in publication following more substantial ones. It is very rare for papers to be accepted outright.)

1 is still under first review at its current journal

4 are left hanging with no time to submit them to journals after rejection (2), revise and resubmit (1) or reject and resubmit (1).

  • 6 retired as fatally flawed or beyond repair.
  • 4 invitations to peer-review other papers as a result of our own exemplary scholarship. (For ethical reasons, we declined all such invitations. Had we wished to fully participate in their culture in this way, however, it would have been an unrivaled opportunity to tinker with how far we could take the hypothesis that the canon of literature within these fields gets skewed in part because the peer-review process encourages the existing political and ideological biases.)
  • 1 paper (the one about rape culture in dog parks) gained special recognition for excellence from its journal, Gender, Place, and Culture, a highly ranked journal that leads the field of feminist geography. The journal honored it as one of twelve leading pieces in feminist geography as a part of the journal’s 25th anniversary celebration.

To summarize, we spent 10 months writing the papers, averaging one new paper roughly every thirteen days. (Seven papers published over seven years is frequently claimed to be the number sufficient to earn tenure at most major universities although, in reality, requirements vary by institution.) As for our performance, 80% of our papers overall went to full peer review, which keeps with the standard 10-20% of papers that are “desk rejected” without review at major journals across the field. We improved this ratio from 0% at first to 94.4% after a few months of experimenting with much more hoaxish papers. Because we were forced to go public before we could complete our study, we cannot be sure how many papers would have been accepted if we had had time to see them through—papers typically take 3-6 months or more to complete the entire process and one of ours was under review from December 2017 to August 2018—but an estimate of at least 10, probably 12, eventual acceptances seems warranted at the time of having to call a halt.

The final submitted drafts totaled just shy of 180,000 words and the entire project totaled between 300,000 and 350,000 words, including all notes, drafts, summaries, and replies to journal reviewers. The papers themselves span at least fifteen subdomains of thought in grievance studies, including (feminist) gender studies, masculinities studies, queer studies, sexuality studies, psychoanalysis, critical race theory, critical whiteness theory, fat studies, sociology, and educational philosophy. They featured radically skeptical and standpoint epistemologies rooted in postmodernism, feminist and critical race epistemology rooted in critical social constructivism as well as psychoanalysis. They all also endeavored to be humorous in at least some small way (and often, big ones). The project so far has generated more than 40 substantive editorial and expert reader reports, constituting a further 30,000 or so words of data that provide a unique insider’s look into the field and its operation.

Our papers also present very shoddy methodologies including incredibly implausible statistics (“Dog Park”), making claims not warranted by the data (“CisNorm,” “Hooters,” “Dildos”), and ideologically-motivated qualitative analyses (“CisNorm,” “Porn”). (NB: See Papers section below.) Questionable qualitative methodologies such as poetic inquiry and autoethnography (sometimes rightly and pejoratively called “mesearch”) were incorporated (especially in “Moon Meetings”).

Many papers advocated highly dubious ethics including training men like dogs (“Dog Park”), punishing white male college students for historical slavery by asking them to sit in silence in the floor in chains during class and to be expected to learn from the discomfort (“Progressive Stack”), celebrating morbid obesity as a healthy life-choice (“Fat Bodybuilding”), treating privately conducted masturbation as a form of sexual violence against women (“Masturbation”), and programming superintelligent AI with irrational and ideological nonsense before letting it rule the world (“Feminist AI”). There was also considerable silliness including claiming to have tactfully inspected the genitals of slightly fewer than 10,000 dogs whilst interrogating owners as to their sexuality (“Dog Park”), becoming seemingly mystified about why heterosexual men are attracted to women (“Hooters”), insisting there is something to be learned about feminism by having four guys watch thousands of hours of hardcore pornography over the course of a year while repeatedly taking the Gender and Science Implicit Associations Test (“Porn”), expressing confusion over why people are more concerned about the genitalia others have when considering having sex with them (“CisNorm”), and recommending men anally self-penetrate in order to become less transphobic, more feminist, and more concerned about the horrors of rape culture (“Dildos”). None of this, except that Helen Wilson recorded one “dog rape per hour” at urban dog parks in Portland, Oregon, raised so much as a single reviewer eyebrow, so far as their reports show.

Near the end of July 2018, a clear need arose to call the project to a premature end after our “dog park” paper attracted incredulous attention on social media generated by the Twitter account Real Peer Review, which is a platform dedicated to exposing shoddy scholarship. This deserved incredulity led to small and then larger journalistic publications investigating our fictitious author, Helen Wilson, and our non-existent institution, the Portland Ungendering Research Initiative (PURI) and finding no credible history of either. Under this pressure, the publishing journal, Gender, Place and Culture, asked our author to prove her identity and then released an expression of concern about the paper. This generated further attention that eventually got the Wall Street Journal involved, and far more importantly, it changed the ethics of utilizing deception within the project. With major journalistic outlets and (by then) two journals asking us to prove our authors’ identities, the ethics had shifted away from a defensible necessity of investigation and into outright lying. We did not feel right about this and decided the time had come to go public with the project. As a result, we came clean to the Wall Street Journal at the beginning of August and began preparing a summary as quickly as possible even though we still had several papers progressing encouragingly through the review process.

Part III: Why Did We Do This?

Because we’re racist, sexist, bigoted, misogynistic, homophobic, transphobic, transhysterical, anthropocentric, problematic, privileged, bullying, far right-wing, cishetero straight white males (and one white female who was demonstrating her internalized misogyny and overwhelming need for male approval) who wanted to enable bigotry, preserve our privilege, and take the side of hate?

No. None of those apply. Nevertheless, we’ll be accused of it, and we have some insights into why.

To many not involved in academia, particularly those who are skeptical of its worth generally, it may seem like we’re addressing yet another obscure academic squabble of little relevance to the real world. You are mistaken. The problem we’ve been studying is of the utmost relevance to the real world and everyone in it.

Alternatively, those who are positively inclined towards academia and ethically and/or politically in support of social science and humanities research that focuses on social justice issues may think the work researchers are doing on these topics is important and generally sound. You’d be right that it’s important but not that it is always sound—some of the work being produced is positively horrifying and surreal while exerting considerable influence on the field and beyond. You also might acknowledge that there are problems arising from the pressures of a publish-or-perish culture driven by broken university business models and taken advantage of by an opportunistic publishing industry, but be skeptical that there are any serious integral epistemological or ethical issues at work.

As liberals, we recognize that you might be resistant to acknowledging that our evidence points to an undeniable problem in academic research on important issues relevant to social justice. The work done in these fields claims to continue the vital work of the civil rights movements, liberal feminism, and Gay Pride. It seeks to address oppression of women and racial and sexual minorities. Surely, you might therefore believe, these bodies of literature must be essentially good and sound, even if you recognize some overreach and silliness.

After having spent a year immersed and becoming recognized experts within these fields, in addition to witnessing the divisive and destructive effects when activists and social media mobs put it to use, we can now state with confidence that it is neither essentially good nor sound. Further, these fields of study do not continue the important and noble liberal work of the civil rights movements; they corrupt it while trading upon their good names to keep pushing a kind of social snake oil onto a public that keeps getting sicker. For us to know anything about injustice in society and be able to show it to those who are unaware or in denial of it, scholarship into it must be rigorous. Currently, it is not, and this enables it, and social justice issues with it, to be dismissed. This is a serious problem of considerable concern, and we must address it.

What’s the Problem?

We have stated firmly that there is a problem in our universities, and that it’s spreading rapidly into culture. It is aided in this by being tricky to understand and by intentionally using emotionally powerful words—like “racist” and “sexist”—in technical ways that mean something different than their common usages. This project identifies aspects of this problem, tests them, and then exposes them.

The problem is epistemological, political, ideological, and ethical and it is profoundly corrupting scholarship in the social sciences and humanities. The center of the problem is formally termed “critical constructivism,” and its most egregious scholars are sometimes referred to as “radical constructivists.” Expressing this problem accurately is difficult, and many who’ve tried have studiously avoided doing so in any succinct and clear way. This reticence, while responsible given the complexity of the problem and its roots, has likely helped the problem perpetuate itself.

This problem is most easily summarized as an overarching (almost or fully sacralized) belief that many common features of experience and society are socially constructed. These constructions are seen as being nearly entirely dependent upon power dynamics between groups of people, often dictated by sex, race, or sexual or gender identification. All kinds of things accepted as having a basis in reality due to evidence are instead believed to have been created by the intentional and unintentional machinations of powerful groups in order to maintain power over marginalized ones. This worldview produces a moral imperative to dismantle these constructions.

Common “social constructions” viewed as intrinsically “problematic” and thus claimed to be in need of dismantling include:

  • the understanding that there are cognitive and psychological differences between men and women which could explain, at least partially, why they make different choices in relation to things like work, sex, and family life;
  • that so-called “Western medicine” (even though many eminent medical scientists are not Western) is superior to traditional or spiritual healing practices;
  • that Western liberal cultural norms which grant women and the LGBT equal rights are ethically superior in this regard to non-Western religious or cultural ones that do not; and
  • that being obese is a life-limiting heath condition rather than an unfairly stigmatized and equally healthy and beautiful body-choice.

Underlying these alleged “social constructions” is the most deeply concerning of them all. This is the belief that in urgent need of “disrupting” is the simple truth that science itself—along with our best methods of data-gathering, statistical analysis, hypothesis testing, falsifying, and replicating results—is generally a better way of determining information about the objective reality of any observable phenomenon than are non-scientific, traditional, cultural, religious, ideological, or magical approaches. That is, for grievance studies scholars, science itself and the scientific method are deeply problematic, if not outright racist and sexist, and need to be remade to forward grievance-based identitarian politics over the impartial pursuit of truth. These same issues are also extended to the “Western” philosophical tradition which they find problematic because it favors reason to emotion, rigor to solipsism, and logic to revelation.

As a result, radical constructivists tend to believe science and reason must be dismantled to let “other ways of knowing” have equal validation as knowledge-producing enterprises. These, depending on the branch of “theory” being invoked, are allegedly owned by women and racial, cultural, religious, and sexual minorities. Not only that, they are deemed inaccessible to more privileged castes of people, like white heterosexual men. They justify this regressive thinking by appealing to their alternative epistemology, called “standpoint theory.” This results in an epistemological and moral relativism which, for political reasons, promotes ways of knowing that are antithetical to science and ethics which are antithetical to universal liberalism.

Radical constructivism is thus a dangerous idea that has become authoritative. It forwards the idea that we must, on moral grounds, largely reject the belief that access to objective truth exists (scientific objectivity) and can be discovered, in principle, by any entity capable of doing the work, or more specifically by humans of any race, gender, or sexuality (scientific universality) via empirical testing (scientific empiricism). (This particular belief is sometimes referred to as “radical skepticism,” although philosophers also have other meanings for this term.) Although knowledge is always provisional and open to revision, there are better and worse ways to get closer to it, and the scientific method is the best we have found. By contrast, the means offered by critical theory are demonstrably and fatally flawed. Particularly, this approach rejects scientific universality and objectivity and insists, on moral grounds, that we must largely accept the notion of multiple, identity-based “truths,” such as a putative “feminist glaciology.” Under critical constructivism, this gains an explicitly radical political motivation.

Any scholarship that proceeds from radically skeptical assumptions about objective truth by definition does not and cannot find objective truth. Instead it promotes prejudices and opinions and calls them “truths.” For radical constructivists, these opinions are specifically rooted a political agenda of “Social Justice” (which we have intentionally made into a proper noun to distinguish it from the type of real social progress falling under the same name). Because of critical constructivism, which sees knowledge as a product of unjust power balances, and because of this brand of radical skepticism, which rejects objective truth, these scholars are like snake-oil salespeople who diagnose our society as being riddled with a disease only they can cure. That disease, as they see it, is endemic to any society that forwards the agency of the individual and the existence of objective (or scientifically knowable) truths.

Having spent a year doing this work ourselves, we understand why this fatally flawed research is attractive, how it is factually wrong in its foundations, and how it is conducive to being used for ethically dubious overreach. We’ve seen, studied, and participated in its culture through which it “proves” certain problems exist and then advocates often divisive, demeaning, and hurtful treatments we’d all do better without.

We also know that the peer-review system, which should filter out the biases that enable these problems to grow and gain influence, is inadequate within grievance studies. This isn’t so much a problem with peer review itself as a recognition that peer review can only be as unbiased as the aggregate body of peers being called upon to participate. The skeptical checks and balances that should characterize the scholarly process have been replaced with a steady breeze of confirmation bias that blows grievance studies scholarship ever further off course. This isn’t how research is supposed to work.

Though it doesn’t immediately seem obvious—because financial incentives for the researchers, for the most part, aren’t directly involved (although the publishing houses are definitely raking it in)—this is a kind of blatant corruption. In this way, politically biased research that rests on highly questionable premises gets legitimized as though it is verifiable knowledge. It then goes on to permeate our culture because professors, activists, and others cite and teach this ever-growing body of ideologically skewed and fallacious scholarship.

This matters because even though most people will never read a single scholarly paper in their lifetimes, peer-reviewed journals are the absolute gold standard of knowledge production. And these concepts leak into culture. A good example of this is Robin DiAngelo’s concept of “white fragility,” which posits that white people have become fragile because of their privilege and will act out like spoiled children if it is challenged. DiAngelo forwarded this concept in the International Journal of Critical Pedagogy in 2011. Seven years later, in 2018, she landed a major book deal on white fragility, even as activists pushed it into the common parlance and started putting it on billboards around Portland, Oregon.

As a society we should be able to rely upon research journals, scholars, and universities upholding academic, philosophical, and scientific rigor (because most academic journals do). We need to know that the hardline stand against corruptions of research taken in domains like financial and personal conflicts-of-interest will extend to political, moral, and ideological biases. Our project strongly suggests that at present we can neither rely upon nor know these things in fields that bow to or traffic in grievance studies. The reason is because grievance studies based in critical constructivism (a class of descendants of cynical postmodern philosophy and poststructuralism) have corrupted research journals. This needs to be repaired.

This is why this matters, but how did we get here, to this specific project? And what guiding principles did we adopt and why?

Part IV: The Plan—How this Came to Be

In May 2017, James and Peter published a paper in a poorly ranked peer-reviewed journal arguing, among other things, that penises conceptually cause climate change. Its impact was very limited, and much criticism of it was legitimate. The journal was poor, and its quality was by far the dominant factor in how it was published (in that it provides very lax review standards and charges authors a fee to have their papers published). This muddied the water so much that “The Conceptual Penis” could not prove much about the state of its intended primary target: academic gender studies (which relies heavily upon critical constructivism). To do that, a much larger and more rigorous study was needed.

We approached this new effort by asking two central questions: Are we correct in our claim that highly regarded peer-reviewed journals in gender studies and related fields will publish obvious hoaxes? (By “hoaxes,” we meant papers featuring at least one of the following: clearly ludicrous and/or outrageous theses, visibly amateurish construction, a transparent lack of rigor, and that clearly demonstrate little understanding of the field.) And, if not, what will they publish?

We set out with three basic rules: (1) we’ll focus almost exclusively upon ranked peer-reviewed journals in the field, the higher the better and at the top of their subdisciplines whenever possible; (2) we will not pay to publish any paper; and (3) if we are asked at any point by a journal editor or reviewer (but not a journalist!) if any paper we wrote is an attempted hoax, we will admit it. These rules were meant to ensure that any conclusions we derived from the field came from the field itself, not the unrelated but significant problem that also corrupts academic pursuits: the proliferation of predatory and quasi-predatory journals with extremely low standards. With these rules guiding us, we committed to transparently reporting the results, whether we succeeded or failed.

In the year that followed, and with the help of Helen, who joined us in September 2017, we wrote twenty academic papers for journals in fields we have come to identify as being particularly susceptible to grievance studies and critical constructivism. The results have gone a long way toward answering both of our central questions.

The first question has a clear answer. “Are we correct in our claim that highly regarded peer-reviewed journals in gender studies and related fields will publish obvious hoaxes?” was answered nearly unequivocally and in the negative by November. It only took us a few months and a few papers to learn that while it is possible that some journals in these fields may fall prey to an outright hoax so long as it plays upon their moral biases and preferred academic jargon, nothing like “The Conceptual Penis” would have been published in a highly regarded gender-studies journal. In believing that some might, and on having said so in the wake of that attempt, we were wrong.

In pursuing the second question (“What will they publish?”), we learned a great deal of useful information about academic grievance studies. First, by taking a reflexive ethnographic approach, seeking reviewer comments, complying with them, playing more strongly to biases we were explicitly told would help us be published, we became well-versed not only in the scholarship of the fields we are studying but also in the culture that favors it. Second, we amassed what appears to be significant evidence and sufficient expertise to state that we were correct in claiming there is a problem with bias in fields influenced by critical constructivist approaches and assumptions.

Part V: The Results (of all 20 papers)

(All the papers and reviews can be found here)

“Dog Park”

Title: Human Reactions to Rape Culture and Queer Performativity in Urban Dog Parks in Portland, Oregon

By

Helen Wilson, Ph.D., Portland Ungendering Research (PUR) Initiative (fictional)

 Gender, Place, and Culture

Status: Accepted & Published

Recognized for excellence. Expression of concern raised on it following journalistic interest leading us to have to conclude the project early.

Thesis: That dog parks are rape-condoning spaces and a place of rampant canine rape culture and systemic oppression against “the oppressed dog” through which human attitudes to both problems can be measured. This provides insight into training men out of the sexual violence and bigotry to which they are prone.

Purpose: To see if journals will accept arguments which should be clearly ludicrous and unethical if they provide (an unfalsifiable) way to perpetuate notions of toxic masculinity, heteronormativity, and implicit bias.

Selected Reviewer Comments:

“This is a wonderful paper – incredibly innovative, rich in analysis, and extremely well-written and organized given the incredibly diverse literature sets and theoretical questions brought into conversation. The author’s development of the focus and contributions of the paper is particularly impressive. The fieldwork executed contributes immensely to the paper’s contribution as an innovative and valuable piece of scholarship that will engage readers from a broad cross-section of disciplines and theoretical formations. I believe this intellectually and empirically exciting paper must be published and congratulate the author on the research done and the writing.” -Reviewer 1, Gender, Place, and Culture

“Thank you for the opportunity to review a really interesting paper. I think it will make an important contribution to feminist animal geography with some minor revisions, as described below.” -Reviewer 2, Gender, Place, and Culture

As you may know, GPC is in its 25th year of publication. And as part of honoring the occasion, GPC is going to publish 12 lead pieces over the 12 issues of 2018 (and some even into 2019). We would like to publish your piece, Human Reactions to Rape Culture and Queer Performativity at Urban Dog Parks in Portland, Oregon, in the seventh issue. It draws attention to so many themes from the past scholarship informing feminist geographies and also shows how some of the work going on now can contribute to enlivening the discipline. In this sense we think it is a good piece for the celebrations. I would like to have your permission to do so.” -Editor of Gender, Place, and Culture


“Fat Bodybuilding”

Title: Who Are They to Judge?: Overcoming Anthropometry and a Framework for Fat Bodybuilding

By

Richard Baldwin, Ph.D., Gulf Coast State College (a real person who gave us permission to use his scholarly identity for this project)

Fat Studies

Status: Accepted, Published

Thesis: That it is only oppressive cultural norms which make society regard the building of muscle rather than fat admirable and that bodybuilding and activism on behalf of the fat could be benefited by including fat bodies displayed in non-competitive ways.

Purpose: To see if journals will accept arguments which are ludicrous and positively dangerous to health if they support cultural constructivist arguments around body positivity and fatphobia.

Selected Reviewer Comments:

The topic of this essay is certainly novel and addresses an issue relevant to a disenfranchised demographic. The essay addresses bodybuilding as a stigmatizing activity toward the fat body and presents fat bodybuilding as a “way to disrupt the cultural space” of traditional bodybuilding” -Reviewer 1, Fat Studies

I thoroughly enjoyed reading this article and believe it has an important contribution to make to the field and this journal. For the most part, I wholeheartedly agree with its argument. It is well written and structured.” -Reviewer 3, Fat Studies

On p. 24, the author writes “a fat body is a legitimately built body”. Absolutely agreed.” -Reviewer 3, Fat Studies

“[T]he use of the term ‘final frontier’ is problematic in at least two ways. First – the term frontier implies colonial expansion and hostile takeover, and the genocidal erasure of indigenous peoples. Find another term.” -Reviewer 3, Fat Studies


“Dildos”

Title: Going in Through the Back Door: Challenging Straight Male Homohysteria and Transphobia through Receptive Penetrative Sex Toy Use

By

M Smith, M.A., PUR Initiative (fictional)

Sexuality & Culture

Status: Accepted, Published 

Thesis: That it is suspicious that men rarely anally self-penetrate using sex toys, and that this is probably due to fear of being thought homosexual (“homohysteria”) and bigotry against trans people (transphobia). (It combines these ideas into a novel concept “transhysteria,” which was suggested by one of the paper’s peer reviewers.) Encouraging them to engage in receptive penetrative anal eroticism will decrease transphobia and increase feminist values.

Purpose: To see if journals will accept ludicrous arguments if they support (unfalsifiable) claims that common (and harmless) sexual choices made by straight men are actually homophobic, transphobic, and anti-feminist.

Selected Reviewer Comments:

This article is an incredibly rich and exciting contribution to the study of sexuality and culture, and particularly the intersection between masculinity and anality. … This contribution, to be certain, is important, timely, and worthy of publication.” -Reviewer 1, Sexuality and Culture

Sorry for so many questions, but this paper is so rich and exciting, I’m just overwhelmed by so many new questions—which is a sign of a marvelous paper!” -Reviewer 1, Sexuality and Culture

Overall, this paper is a very interesting contribution to knowledge.” -Reviewer 1, Sexuality and Culture

Thank you for this exciting research. I enjoyed reading your paper, and I recommend publishing it after significant revisions.” -Reviewer 2, Sexuality and Culture


 “Hooters

Title: An Ethnography of Breastaurant Masculinity: Themes of Objectification, Sexual Conquest, Male Control, and Masculine Toughness in a Sexually Objectifying Restaurant

By

Richard Baldwin, Ph.D., Gulf Coast State College

Journal: Sex Roles

Status: Accepted, Published

Thesis: That men frequent “breasturants” like Hooters because they are nostalgic for patriarchal dominance and enjoy being able to order attractive women around. The environment that breastaurants provide for facilitating this encourages men to identify sexual objectification and sexual conquest, along with masculine toughness and male dominance, with “authentic masculinity.” The data are clearly nonsense and conclusions drawn from it are unwarranted by it. (NB. One reviewer did raise concerns about the rigor of the data)

Purpose: To see if journals will publish papers that seek to problematize heterosexual men’s attraction to women and will accept very shoddy qualitative methodology and ideologically-motivated interpretations which support this.

Selected Reviewer Comments:

The reviewers and I were positive about many aspects of the manuscript, and we believe that it could make an important contribution to the field.” -Editor, Sex Roles

I agree that the breastaurant is an important site for critical masculinities research that has been neglected in the extant literature and this study has the potential to make a significant contribution.” -Reviewer 2, Sex Roles

While the author clearly has a solid grasp of the relevant research and scholarly works related to breastaurants and male subcultures where traditional forms of masculinity are embraced and promoted, it is not presented in a way that is easy to follow and understand.” -Reviewer 2, Sex Roles

I thank the authors for addressing an important and interesting issue in gender research viewed through a masculine perspective.” -Reviewer 3, Sex Roles

Following external review of the manuscript, we have decided not to publish it. However, the material you write about is certainly interesting and will doubtless find a receptive audience in another publication.” -Editor, Men & Masculinities

This article is certainly interesting to read and to think about, and I can imagine this article being valuable in an undergraduate or graduate class on masculinities.” -Reviewer 1, Men & Masculinities

Overall, this article is an interesting contribution that provides much to think about and through.” -Reviewer 1, Men & Masculinities


“Hoax on Hoaxes 2” or “HoH2”

Title: When the Joke Is on You: A Feminist Perspective on How Positionality Influences Satire

By

Richard Baldwin, Ph.D., Gulf Coast State College

Hypatia

Status: Accepted

Thesis: That academic hoaxes or other forms of satirical or ironic critique of social justice scholarship are unethical, characterized by ignorance and rooted in a desire to preserve privilege.

Purpose: To see if journals will accept an argument that shuts down critiques of social justice scholarship as a lack of engagement and understanding, even if one engages fully and knowledgeably with the ideas to the extent of having a paper on them published in a leading academic journal. (This paper is also to anticipate and show understanding of the feminist epistemological arguments against our project and demonstrate their high estimation in the field by having them accepted in the leading academic journal of feminist philosophy. That is, to criticize our work that way, they have to cite us.)

Selected Reviewer Comments:

“This is a very promising essay and so revisions will be very helpful.” -Reviewer 1, Hypatia

“The paper is well written, accessible and clear, and engages in important scholarship in relevant ways. Given the emphasis on positionality, the argument clearly takes power structures into consideration and emphasizes the voice of marginalized groups, and in this sense can make a contribution to feminist philosophy especially around the topic of social justice pedagogy.” -Reviewer 2, Hypatia

The topic is an excellent one and would make an excellent contribution to feminist philosophy and be of interest to Hypatia readers.” -Reviewer 2, Hypatia

Excellent and very timely article! Especially nice connection with pedagogy and activism.” -Reviewer 1, Hypatia (second review)

I have a couple of personal, very minor comments that I’ll put in below the referee’s praise. I hasten to add that I like your paper very much as well!” -Editor of Hypatia, acceptance letter


“Moon Meetings

Title: Moon Meetings and the Meaning of Sisterhood: A Poetic Portrayal of Lived Feminist Spirituality

By

Carol Miller, Ph.D., PUR Initiative (fictional)

Journal: Journal of Poetry Therapy

Status: Accepted (without any requested revisions or comments) 

Thesis: No clear thesis. A rambling poetic monologue of a bitter, divorced feminist, much of which was produced by a teenage angst poetry generator before being edited into something slightly more “realistic” which is then interspersed with self-indulgent autoethnographical reflections on female sexuality and spirituality written entirely in slightly under six hours.

Purpose: To see if journals will accept rambling nonsense if it is sufficiently pro-woman, implicitly anti-male, and thoroughly anti-reason for the purpose of foregrounding alternative, female ways of knowing. (NB: It was written entirely by James, who is male.)


“Feminist Mein Kampf” or “FMK”

Title: Our Struggle is My Struggle: Solidarity Feminism as an Intersectional Reply to Neoliberal and Choice Feminism

By

Maria Gonzalez, Ph.D., and Lisa A. Jones, Ph.D., of the Feminist Activist Collective for Truth (FACT) (both fictional)

Affilia

Status: Accepted

Thesis: That feminism which foregrounds individual choice and responsibility and female agency and strength can be countered by a feminism which unifies in solidarity around the victimhood of the most marginalized women in society.

Purpose: To see if we could find “theory” to make anything grievance-related (in this case, part of Chapter 12 of Volume 1 of Mein Kampf with fashionable buzzwords switched in) acceptable to journals if we mixed and matched fashionable arguments.

Selected Reviewer Comments:

This is an interesting paper seeking to further the aims of inclusive feminism by attending to the issue of allyship/solidarity.” Reviewer 1, Affilia

As I read your manuscript, I found your framing and treatment of both neoliberal and choice feminisms well grounded.” -Reviewer 2, Affilia

I am very sympathetic to the core arguments of the paper, such as the need for solidarity and the problematic nature of neoliberal feminism.” -Reviewer 1, Feminist Theory

While I am extremely sympathetic to this article’s argument and its political positioning, I am afraid that I cannot recommend publication in its current form.” -Reviewer 2, Feminist Theory

 The reviewers are supportive of the work and noted its potential to generate important dialogue for social workers and feminist scholars.” -Co-Editor in Chief, Affilia (1st Review)

The reviewer(s) have been very favorable although there are a few minor outstanding issues to address.  Therefore, I invite you to respond to the editorial and reviewer(s)’ comments included at the bottom of this letter and revise your manuscript quickly so that we can move toward publication.” -Co-Editor in Chief, Affilia, second review


“Porn”

Title: Agency as an Elephant Test for Feminist Porn: Impacts on Male Explicit and Implicit Associations about Women in Society by Immersive Pornography Consumption

By

Richard Baldwin, Ph.D., Gulf Coast State College, and Brandon Williams, Ph.D., unaffiliated (fictional)

Porn Studies

Status: Revise and resubmit. 

Thesis: That “feminist” porn is good for improving explicit and implicit attitudes about women in society while other porn is bad for this. The paper seeks to upset the female-friendly/female-degrading dichotomy in favor of feminist/non-feminist as read according to perceptions of scene authenticity and female performer agency.

Purpose: The original hypotheses for this paper, were two, one of which survived an initial request to rewrite the paper. The first, which survives, is that taking the Harvard Implicit Association Test (on gender and science) immediately before and after two-hour blocks of immersive pornography consumption can serve as a reliable metric for whether that pornography improves or damages attitudes about women in society (in all, it posited that four men watched 2,328 hours of hardcore pornography over the course of a year and took the same number of Implicit Association Tests). The second, in addition to any commentary made by the thesis it forwards, is that it is acceptable to override ambiguous statistical results with ideologically interpreted qualitative results, but because the journal’s editor (Feona Attwood) seemed not to understand the statistics, the second draft largely abandoned this hypothesis in favor of a more clear “feminism good” position. As such, the paper under review still forwards the IAT hypothesis and attempts to position extremely female-degrading scenarios as being pro-women when they can be construed as “feminist.”

Selected Reviewer Comments:

I found this article to be weird, fascinating, fun and provocative. I would very much like to see it published in some form. It’s trying to do something genuinely new – and the fact that it doesn’t get it exactly right first time is to be expected given its experimental status. The authors should be supported in this project.” -Reviewer 1, Porn Studies 

My first piece of feedback on how to make this hybrid article work is that they should remove the quantitative data. As they note in the article, quantitative and qualitative approaches each have strengths and weaknesses. The strength of quantitative data is that it allows you to simplify as massive group of data to make it comprehensible, by ignoring complexity, subtlety, idiosyncrasy and meaning. It makes no sense to undertake quantitative analysis for four people – when you flatten the detail out of a sample of four you’re not left with anything interesting. Besides which, everything interesting in the article comes in the analysis of the qualitative data. My second recommendation is that this analysis should be more self-reflective.” -Reviewer 1, Porn Studies. 

“It’s vitally important that the story in this article is about the researchers own voyage of self-discovery otherwise it becomes mansplaining – ‘we’re four male scientists, we watched lots of porn, and you know, we’ve discovered that actually some women can really have agency in BDSM. No, really, we’re men, listen to us telling you about how women can have agency!’”- Reviewer 1, Porn Studies 

“I appreciate your dedication/contribution to the field.” – Reviewer 2, Porn Studies

 “Your work affirms several theorists’ claims that mediated sex positive sexual practice has a note-worthy impact on consumers and your methodological contribution helps unpack the facile, as you state, distinction between female-friendly and female-degrading” – Reviewer 2, Porn Studies


“Progressive Stack”

Title: The Progressive Stack: An Intersectional Feminist Approach to Pedagogy

By

Maria Gonzalez, Ph.D., FACT (fictional)

Hypatia

Status: 3 Reject and Resubmit decisions

Thesis: That educators should discriminate by identity and calculate their students’ status in terms of privilege, favor the least privileged with more time, attention and positive feedback and penalize the most privileged by declining to hear their contributions, deriding their input, intentionally speaking over them, and making them sit on the floor in chains—framed as educational opportunities we termed “experiential reparations.”

Purpose: To see if journals will accept arguments which advocate rating students by their identity, privileging the most marginalized and discriminating against the most privileged to the extent of having them sit on floor in chains and have their contributions discredited. (This was accepted. No requirement for revision took issue with that). 

Selected Reviewer Comments:

This is a solid essay that, with revision, will make a strong contribution to the growing literature on addressing epistemic injustice in the classroom. The focus on the Progressive Stack is interesting yet focused and it is great that the author is trying to suggest some specific approaches.” -Reviewer 1, first review, Hypatia

I like this project very much. I think the author’s insights are on target and I think that the literature on epistemic injustice has lots to offer classroom pedagogies, I encourage the author to continue working on this project.” -Reviewer 2, first review, Hypatia

This is a worthwhile and interesting project. The essay is just not ready yet.” -Reviewer 2, second review, Hypatia


“Feminist AI

Title: Super-Frankenstein and the Masculine Imaginary: Feminist Epistemology and Superintelligent Artificial Intelligence Safety Research

by

Stephanie Moore, Ph.D., unaffiliated (fictional)

Feminist Theory

Status: Revise and Resubmit 

(Minor revision to length and style)

Thesis: That AI is inherently dangerous because it is being programmed with masculinist, imperialistic, rationalist data. Straight, white men know this and fear that they will be subordinated as they have subordinated women and minorities. Therefore, AI needs to be programmed with plural and irrationalist knowledges and given control over humanity.

Purpose: To see if journals will publish dense and incoherent psychoanalytic and postmodern theory that problematizes whiteness, maleness, science, and reason as oppressive.

Selected Reviewer Comments:

None available. This is the extent provided: “Your article has now been peer-reviewed by two experts. Their comments are attached at the bottom of this letter. As you can see, the reviewers felt that this was a strong piece but suggested some minor revisions. We invite you to revise and re-submit your manuscript, responding to the reviewers’ comments and in accordance with the attached Style Guide.”

Those comments at the bottom read only this: “Please reduce word length and bring in line with journal requirements.”


“Feminist Astronomy”

Title: Stars, Planets, and Gender: A Framework for a Feminist Astronomy

by

Maria Gonzalez, Ph.D., FACT (fictional)

Women’s Studies International Forum

Status: Revise and Resubmit

(Out of time)

Thesis: The science of astronomy is and always has been intrinsically sexist and Western, and this masculinist and Western bias can best be corrected by including feminist, queer, and indigenous astrology (e.g., horoscopes) as part of astronomical science.

Purpose: To see if the same result put forth in the very successful and thoroughly non-scientific feminist glaciology paper can penetrate into feminist and postcolonial studies of astronomy.

Selected Reviewer Comments

This paper addresses feminist critiques of science, focusing specifically on astronomy. As such, it is an interesting topic, and would make a useful contribution to the journal” – Reviewer 1, Women’s Studies International Forum

For existing proponents of feminist science studies, this also makes sense as a next step—to cast a feminist eye on scientific disciplines beyond the “soft” sciences of biology and environmental studies, and to move increasingly towards critiques of and interventions into “hard” sciences, such as physics and astronomy. The main goal is relevant and interesting” – Reviewer 2, Women’s Studies International Forum

This manuscript holds much promise and is interesting. The goal of a feminist astronomy is very thought-provoking—one that I would be excited to read and learn more about….I wish them luck as they move forward on this interesting piece and hope to someday see it discussed in classrooms, labs, and plenary halls“- Reviewer 2, Women’s Studies International Forum

The originality of the author’s contention is a success. Its contention at the most basic level—that feminist astronomy is/should/could be a thing!—would be exciting to readers in feminist science studies, women’s and gender studies, science and technology studies, and maybe even, hopefully, astronomy” – Reviewer 2, Women’s Studies International Forum


“CisNorm

Title: Strategies for Dealing with Cisnormative Discursive Aggression in the Workplace: Disruption, Criticism, Self-Enforcement, and Collusion

By

Carol Miller, Ph.D., PUR Initiative (fictional)

 Gender, Work, and Organization

Status: Under review

(Rejected after mixed but mostly critical reviews by Gender & Society.)

Thesis: That trans people are all oppressed and constrained by cisnormative language in the workplace even if they don’t think they are, that trans activists who are avoided at work are proof of transphobia and trans men who are skeptical of trans activism are afraid of transphobia and/or taking advantage of male privilege.

Purpose: To see if journals will accept a methodologically shoddy study of a small sample of trans people and clearly ideologically-motivated interpretations of it which are not at all supported even by the recorded answers.

Selected Reviewer Comments:

Overall, I find this four-part framework to be helpful in advancing an understanding of cisnormativity, particularly through the agentic responses of trans and gender non-conforming people to systems of power.” -Reviewer B, Gender & Society

This paper offers an interesting and important empirical case for understanding how workplace inequalities persist even as many workplaces are at least formally more inclusive. A strength of this paper is its focus on trans and gender non-conforming persons’ first-hand experiences and interpretations of the aggressions they endure even in workplaces that may appear to be inclusive. It further highlights the enduring rigidity of the traditional gender order.” -Reviewer C, Gender & Society


“Masturbation

Rubbing One Out: Defining Metasexual Violence of Objectification Through Nonconsensual Masturbation

By

Lisa A. Jones, Ph.D., FACT (fictional)

 Sociological Theory

Status: Rejected after peer review

(Out of time)

Thesis: When a man privately masturbates while fantasizing about a woman who has not given him permission to do so, or while fantasizing about her in ways she hasn’t consented to, he has committed “metasexual” violence against her, even if she never finds out. “Metasexual” violence is described as a kind of nonphysical sexual violence that causes depersonalization of the woman by sexually objectifying her and making her a kind of mental prop used to facilitate male orgasm.

Purpose: To see if the definition of sexual violence can be expanded into thought crimes..

Selected Reviewer Comments:

One aspect I thought about was the extent to which metasexual violence, and non- consensual masturbation specifically, introduces uncertainty into all relationships. It is not possible for women to know if a man has masturbated while thinking about them, and I think it might be possible to get theoretical leverage out of this “unknowable” aspect of metasexual violence. I could also imagine scenarios where might men weaponize this unknowability in very tangible ways. For example, the ambiguous statement “I think about you all the time” said unprompted to a woman by a man is particularly insidious given the structural context of metasexual violence in the world. I am not sure if this a direction you want to go with the paper, but I can imagine a section discussing the ambiguity and anxiety metasexual violence introduces to interpersonal relationships and how metasexual violence exacerbates or compounds other tangible forms of violence.” -Reviewer 1, Sociological Theory

I was also trying to think through examples of how this theoretical argument has implications in romantic consensual relationships. Through the paper, I was thinking about the rise of sexting and consensual pornographic selfies between couples, and how to situate it in your argument. I think this is interesting because you could argue that even if these pictures are shared and contained within a consensual private relationship, the pictures themselves are a reaction to the idea that the man may be thinking about another woman while masturbating. The entire industry of boudoir photography, where women sometimes have erotic pictures taken for their significant other before deploying overseas in the military for example, is implicitly a way of saying, “if you’re going to masturbate, it might as well be to me.” Essentially, even in consensual monogamous relationships, masturbatory fantasies might create some level of coercion for women. You mention this theme on page 21 in terms of the consumption of non-consensual digital media as metasexual-rape, but I think it is interesting to think through these potentially more subtle consensual but coercive elements as well.” -Reviewer 1, Sociological Theory


“White Mein Kampf” or “WMK”

Title: My Struggle to Dismantle My Whiteness: A Critical-Race Examination of Whiteness from within Whiteness

By

Carol Miller, Ph.D., PUR Initiative (fictional)

 Sociology of Race and Ethnicity

Status: Rejected after peer review

(Out of time)

 Thesis: This paper is an autoethnography that tracks a white lesbian woman who becomes radicalized against “Whiteness” (intentionally capitalized) by engaging with critical race literature.

Purpose: To see if we could find “theory” to make anything (in this case, selected sections of Mein Kampf in which Hitler criticizes Jews, replacing Jews with white people and/or whiteness) acceptable to journals if we mixed and matched fashionable arguments.

Selected reviewer comments:

In “problematizing her own whiteness,” the author seeks to address a void within critical whiteness scholarship. Given that most reflexive commentary on whiteness is relegated to “methodological appendices” or “positionality statements,” I found the author’s effort to center this self-critical struggle refreshing. The author demonstrates a strong ability to link personal narration to theory, particularly by highlighting the work of several women of color writers.” -Reviewer 1, Sociology of Race and Ethnicity

This article “My Struggle to Dismantle My Whiteness: A Critical-Race Examination of Whiteness from Within Whiteness” focuses on extremely important subject matter with a significant and thoughtful methodology. With revision particularly for precision, clarity, explanation of assertions and adding concrete examples, the article has potential to be a powerful and particular contribution to literature related to the mechanisms that reinforce white adherence to white supremacist perspectives, and to the process by which individuals can come into deeper levels of social and racial consciousness.” -Reviewer 2, Sociology of Race and Ethnicity


“Queering Plato”

Title: Queering Plato: Plato’s Allegory of the Cave as a Queer-Theoretic Emancipatory Text on Sexuality and Gender

By

Carol Miller, Ph.D., PUR Initiative (fictional)

GLQ: A Journal of Gay and Lesbian Studies

Status: Desk rejected after several months and retired.

 Thesis: Plato’s allegory of the cave is best read as a queer-theoretic text that positions overcoming binaries of sexuality and gender as a kind of enlightened state and thus accepting those binaries as a kind of blindness.

Purpose: To see if it would be possible to foist a ridiculous and ideological reading of Plato’s Allegory of the Cave upon gender and sexualities studies if it sufficiently flattered the notion that “overcoming binaries” constitutes a kind of personal and societal enlightenment.


“Feminist Bodybuilding”

Title: “Pretty Good for a Girl”: Feminist Physicality and Women’s Bodybuilding

By

Richard Baldwin, Ph.D., Gulf Coast State College

Sociology of Sport Journal

Status: Retired.

(Last rejection: Sociology of Sport Journal, after peer review)

Thesis: The primary reasons women bodybuilders are smaller than their male counterparts isn’t biology; it’s sexism that exists explicitly and implicitly in gym environments, broader culture, and specifically bodybuilding judging criteria.

Purpose: To see if biological denialism could be published in favor of social constructivism if it sufficiently flattered certain moral orthodoxies.


“BJJ” or “BJ-Gay”

Title. Grappling with Hegemonic Masculinity: The Roles of Masculinity and Heteronormativity in Brazilian Jiu Jitsu

By

Richard Baldwin, Ph.D., Gulf Coast State College

International Review for the Sociology of Sport

Status: Retired.

(Last rejection:  International Review for the Sociology of Sport, after peer review)

Thesis: The primary reason men engage in “grappling-based martial arts” like Brazilian jiu jitsu and wrestling, is because hegemonic forms of masculinity prevent their access to homosexual (and homoerotic) male touch in general, which is exacerbated in specific through the focus on “submission” into a repressed need to do so via socially acceptable activities that amount to performative gay BDSM.

Purpose: To see if a truly ridiculous argument about men’s sports could be published by attempting to situate it in their literature and by accusing men of harboring unfalsifiable socially repressed urges.


“Hoax on Hoaxes (1)” or “HoH1”

Title: Hegemonic Academic Bullying: The Ethics of Sokal-style Hoax Papers on Gender Studies

By

Richard Baldwin, Ph.D., Gulf Coast State College

Journal of Gender Studies

Status: Retired.

(Last rejection: Journal of Gender Studies, never peer reviewed) 

Thesis: The ethics of attempting to perpetrate academic hoaxes depends entirely upon the position the relevant journal or field of inquiry takes with regard to social justice. Specifically, it is unethical to hoax journals that favor social justice scholarship, neutral to hoax journals like physics, and an ethical imperative to hoax journals (like evolutionary psychology) that obtain results used against social justice. “The Conceptual Penis as a Social Construct” and The Sokal Affair are given as examples of this form of “hegemonic academic bullying.”

Purpose: To see if journals will accept a blatant double standard where it comes to criticizing fields dedicated to social justice. (As Hoax on Hoaxes 2 demonstrates, this hypothesis wasn’t entirely wrong.) Also, that we could publish a paper criticizing “The Conceptual Penis” which actually cites us (again, not entirely wrong).


“The Autoethnography”/“SZE”

Title: Self-Reflections on Self-Reflections: An Autoethnographic Defense of Autoethnography

By

Richard Baldwin, Ph.D., Gulf Coast State College

Journal of Contemporary Ethnography

Status: Retired.

(Last rejection: Journal of Contemporary Ethnography, never peer reviewed)

Thesis: Autoethnography is best defended by using autoethnography. It’s not clear that this outright attempted hoax has a thesis beyond this, but it would generally be that a young man can discover the importance of feminism, the “situatedness of his perspective,” and a feminism-oriented masculinity by putting his masculinity to the test in keeping with other autoethnographies.

Purpose: To see if a truly ridiculous hoax paper could be perpetrated.

As SZE

Title: Masculinity and the Others Within: A Schizoethnographic Approach to Autoethnography

By

Brandon Williams, Ph.D., unaffiliated (fictional)

Qualitative Inquiry

Status: Retired.

(Only submission: Qualitative Inquiry, never peer reviewed)

Thesis: No clear thesis beyond that “schizoethnography” in which one considers the varying lines of thought in one’s mind to be different selves with different insights. A rambling autoethnography incorporating many ‘selves’ which interrogates the author’s masculinity as problematic.

Purpose: To see if journals will publish utter nonsense if it comes in the form of autoethnography and reflects fashionable negativity about masculinity.

NB: This paper was only rewritten as SZE specifically to test Qualitative Inquiry, and that we thought it might have a chance there by the end of our year in the project says a great deal about the need to critically examine that journal.


“Fem-Mein Kampf” or “FemMK”

Title: Rebraiding Masculinity: Redefining the Struggle of Women Under the Domination of the Masculinity Trinity

By

Helen Wilson, Ph.D., PUR Initiative (fictional)

Signs

Status: Retired.

(Only submission: Signs, never peer reviewed)

Thesis: Hegemonic masculinity, patriarchy, and male allyship form three braided strands of masculinity as the problem, following feminist scholar Lisa Wade’s insistence as such. It is just an adaptation to feminism of the first draft of “White Mein Kampf.”

Purpose: To see if we could find “theory” to make anything (in this case, sections of Mein Kampf in which Hitler criticizes Jews, replacing Jews with men or patriarchy) acceptable to journals if we mixed and matched fashionable arguments, in this case following popular pieces being written by feminist writers and scholars.


Part VI: Discussion

What does this experiment show exactly? We will let you make up your own minds about that, but put across the case that it shows that there are excellent reasons to doubt the rigor of some of the scholarship within the fields of identity studies that we have called “grievance studies.”

We managed to get seven shoddy, absurd, unethical and politically-biased papers into respectable journals in the fields of grievance studies. Does this show that academia is corrupt? Absolutely not. Does it show that all scholars and reviewers in humanities fields which study gender, race, sexuality and weight are corrupt? No. To claim either of those things would be to both overstate the significance of this project and miss its point. Some people will do this, and we would ask them not to. The majority of scholarship is sound and peer review is rigorous and it produces knowledge which benefits society.

Nevertheless, this does show that there is something to be concerned about within certain fields within the humanities which are encouraging of this kind of “scholarship.” We shouldn’t have been able to get any papers this terrible published in reputable journals, let alone seven. And these seven are the tip of the iceberg. We would urge people who think this a fluke (or seven flukes) which shows very little to look at how we were able to do that. Look at the hundreds of papers we cited to enable us to make these claims and to use these methods and interpretations and have reviewers consider them quite standard. Look at the reviewer comments and what they are steering academics who need to be published to succeed in their careers towards. See how frequently they required us not to be less politically biased and shoddy in our work but more so.

Consider the fact that we were asked to review other papers no less than four times even though we had produced such evidence-free, absurd and morally objectionable papers. It would have been entirely possible for us to take part in this process of directing the production of knowledge within these fields further away from rigorous, reasonable and evidenced scholarship. We did not do that because it would have been unethical but scholars writing very similar papers completely sincerely will do so to the same effect.

Consider that this was a short-term project and was cut even shorter by discovery when we were becoming highly successful, and that we could have published one or two papers a month indefinitely and totaled hundreds in our lifetimes and reviewed and directed hundreds more. Understand that this would all have the legitimacy of knowledge that peer-reviewed papers should have when the process of knowledge production and peer-review works. Ask yourself if it is working. If you think not, join us in asking universities to fix this. 

Part VIl: What Now?

What needs to happen as a result of this project? That will be decided by other people. Our project has been little more than an initial exploration into a problem that aims primarily to provide evidence for its existence, gather an insider’s look into the fields producing it, and to outline its nature. Our data indicate that grievance studies is a serious academic problem that is in need of immediate attention.

It is easy to identify some popular but wrong answers to the question of what should happen next. One potential outcome of this project could be that journals begin to ask those submitting papers for identification and proof of qualifications in order to prevent people like us from doing this again. This is a poor solution that attempts to maintain the status quo rather than fixing it. Scholarship should stand on its merits regardless of the qualifications or identities of its authors. Taking this approach would only reduce journals’ fear of embarrassment and their accountability for producing rigorous scholarship and do nothing to improve academic standards within those fields—it may even make the problem worse by amplifying echo-chambers. Our work was accepted on its merits, not because we wrote under aliases, and that problem, which is the one that matters, cannot be addressed merely by requiring proof of identity to submit papers.

Two other wrong answers are to attack the peer-review system or academia overall. Peer review may need reform to prevent it from being susceptible to political, ideological, and other biases, but it remains the best system we have for guaranteeing the quality of research—and in most fields it works extremely well. The same is true for the university, which is a center of knowledge production and a gem of modern culture. Fighting the university or the peer-review system would be like killing the patient to end the disease. We expect to see these attacks, especially from political conservatives, and they are wrongheaded.

Based on our data, there is a problem occurring with knowledge production within fields that have been corrupted by grievance studies arising from critical constructivism and radical skepticism. Among the problems are how topics like race, gender, sexuality, society, and culture are researched. Perhaps most concerning is how the current highly ideological disciplines undermine the value of more rigorous work being done on these topics and erodes confidence in the university system. Research into these areas is crucial, and it must be rigorously conducted and minimize ideological influences. The further results on these topics diverge from reality, the greater chance they will hurt those their scholarship is intended to help.

Worse, the problem of corrupt scholarship has already leaked heavily into other fields like education, social work, media, psychology, and sociology, among others—and it openly aims to continue spreading. This makes the problem a grave concern that’s rapidly undermining the legitimacy and reputations of universities, skewing politics, drowning out needed conversations, and pushing the culture war to ever more toxic and existential polarization. Further, it is affecting activism on behalf of women and racial and sexual minorities in a way which is counterproductive to equality aims by feeding into right-wing reactionary opposition to those equality objectives.

What do we hope will happen? Our recommendation begins by calling upon all major universities to begin a thorough review of these areas of study (gender studies, critical race theory, postcolonial theory, and other “theory”-based fields in the humanities and reaching into the social sciences, especially including sociology and anthropology), in order to separate knowledge-producing disciplines and scholars from those generating constructivist sophistry. We hope the latter can be redeemed, not destroyed, as the topics they study—gender, race, sexuality, culture—are of enormous importance to society and thus demand considerable attention and the highest levels of academic rigor. Further, many of their insights are worthy and deserve more careful consideration than they currently receive. This will require them to adhere more honestly and rigorously to the production of knowledge and to place scholarship ahead of any conflicting interest rather than following from it. This change is what we hope comes out of this project.

As for us, we intend to use the knowledge we’ve gained from grievance studies to continue to critique them and push for universities to fix this problem and reaffirm their commitment to rigorous, non-partisan knowledge production. We do this because we believe in the university, in rigorous scholarship, in the pursuit of scientific knowledge, and in the importance of social justice.

Voir encore:

Christophe Guilluy : « L’insécurité culturelle des classes moyennes traverse tout l’Occident »
Guillaume Perrault
Le Figaro
28/09/2018

GRAND ENTRETIEN – Après Fractures françaises (2010), La France périphérique (2014) et Le Crépuscule de la France d’en haut (2016), le géographe élargit sa réflexion à l’ensemble des sociétés d’Europe et d’Amérique du Nord avec No Society. La fin de la classe moyenne occidentale (Flammarion), en librairie mercredi.

LE FIGARO. – Vos travaux sur la France périphérique, ces dernières années, ont suscité un vif intérêt. Pourriez-vous résumer votre thèse de départ?

Christophe GUILLUY. – J’étudie depuis vingt ans les classes populaires, les catégories modestes, qui, je le crois, nous indiquent le mouvement réel des sociétés. C’est en examinant ces catégories que je suis arrivé à la France périphérique, pas l’inverse. On peut définir les catégories populaires par les catégories sociales mais aussi par le revenu médian. En 2015, 50 % des salariés gagnaient moins de 1650 euros net par mois. Il s’agit, en grande majorité, d’ouvriers et d’employés. La baisse de la proportion d’ouvriers a coïncidé avec une augmentation de la proportion d’employés. Les catégories populaires – qui comprennent aussi les petits agriculteurs, ainsi que les jeunes et les retraités issus de ces catégories – n’ont donc nullement disparu. Leur part dans la population française est restée à peu près stable depuis un demi-siècle. La nouveauté, c’est uniquement que «le peuple» est désormais moins visible, car il vit loin des grands centres urbains. Le marché foncier crée les conditions d’accueil des populations dont les métropoles ont besoin. En se désindustrialisant, les grandes villes nécessitent beaucoup moins d’employés et d’ouvriers. Face à la flambée des prix dans le parc privé , les catégories populaires cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. Le problème crucial politique et social de la France, c’est donc que la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Nulle volonté de «chasser les pauvres», pas de complot, simplement la loi du marché. Le projet économique de la France, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte. C’est une situation sans précédent depuis la révolution industrielle.

Dans ce nouvel ouvrage, vous appliquez la même grille d’analyse aux États-Unis, à la Grande-Bretagne, voire à la Suède, l’Allemagne ou l’Italie. Pourquoi ces comparaisons?

Dans tous les pays développés, on vérifie le phénomène déjà constaté en France: la majorité des catégories populaires vit désormais à l’écart des territoires les plus dynamiques, ceux qui créent de l’emploi. Ces évolutions dessinent les contours d’une Amérique périphérique et d’une Angleterre périphérique tout autant que d’une France périphérique. De la Rust Belt américaine au Yorkshire britannique, des bassins industriels de l’est de l’Allemagne au Mezzogiorno italien, villes petites et moyennes, régions désindustrialisées et espaces ruraux décrochent. Ce constat n’efface pas les contextes nationaux (l’économie allemande n’est en rien comparable avec l’économie française) mais permet de conclure à l’émergence d’un monde des périphéries, celle des catégories modestes. Si le modèle mondialisé n’annule pas les spécificités nationales – les niveaux de vie et de protection sociale, les contextes économiques ne sont jamais identiques – il porte aussi des dynamiques communes: polarisation de l’emploi, renforcement des inégalités sociales et territoriales, fragilisation des plus modestes, fatigue de l’État-providence et crise identitaire. Dans tous ces pays, ce sont en priorité ces catégories populaires, qui formaient hier le socle de la classe moyenne occidentale, qui sont les premières concernées par la crise qui traverse le monde occidental.

Précisément, vous soutenez que nous assistons à «la disparition de la classe moyenne occidentale». N’est-ce pas exagérément apocalyptique?

Même si les contextes nationaux diffèrent, les évolutions sociales et culturelles communes aux classes populaires des pays occidentaux remettent en question l’idée d’une classe moyenne majoritaire et intégrée. Pendant les Trente Glorieuses, la classe moyenne a représenté le groupe social majoritaire – les fameux «deux Français sur trois» qu’évoquait Giscard pendant son septennat. Ouvriers, employés, paysans ou cadres faisaient partie de cette classe moyenne. Intégrées économiquement, pour beaucoup dans une phase d’ascension sociale, et aussi référentes culturellement, la majorité de ces catégories sociales se reconnaissaient, alors, dans ce concept de classe moyenne et dans les partis de droite et de gauche qui la représentaient. Puis le modèle économique mondialisé a changé la donne. Une fraction de plus en plus importante des catégories modestes, qui constituaient le socle de la classe moyenne majoritaire, sont aujourd’hui fragilisées. Le processus a commencé par les ouvriers, puis a affecté employés et agriculteurs. La fragilisation se diffuse en touchant de nouvelles catégories, les jeunes diplômés, demain les retraités. Nous sommes entrés progressivement dans le temps de la sortie de la classe moyenne. L’idée d’une classe moyenne majoritaire et intégrée, qui vérifierait la pertinence de notre modèle économique mondialisé, ne correspond plus à la réalité. C’est si vrai qu’aujourd’hui ceux qu’on désigne sous le terme de classe moyenne appartiennent souvent aux catégories supérieures.

L’essor du vote populiste observé dans la plupart des pays occidentaux s’explique aussi, estimez-vous, par des facteurs identitaires. Lesquels?

La dimension sociale et économique du vote populiste se complète par une dynamique culturelle. Les catégories les plus fragiles socialement (celles qui ne peuvent mettre en œuvre des stratégies d’évitements résidentiels et scolaires) sont aujourd’hui les plus sensibles à la question migratoire. Les mêmes demandent à être protégés d’un modèle économique et sociétal qui les fragilise. Dans des sociétés multiculturelles, l’assimilation ne fonctionne plus. L’autre ne devient plus soi, ce qui suscite de l’inquiétude. Le nombre de l’autre importe. Personne n’a envie de devenir minoritaire dans les catégories populaires. En France, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires de des métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine euro- péenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent consentir des sacrifices pour déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales afin d’accéder à la propriété et d’acquérir un pavillon. Dans chacun des grands pays industrialisés, les catégories populaires « autochtones » éprouvent une insécurité culturelle. En Grande- Bretagne, en 2013, le se- crétaire d’État chargé des Universités et de la Science de l’époque, David Willetts (conservateur), se déclara favorable à une politique de discrimination positive en faveur des jeunes hommes blancs de la « working class » car leur taux d’accès à l’université s’était effondré et était désormais infé- rieur à celui des enfants d’immigrés.

Peut-on vraiment démontrer sans tordre les faits que votre modèle s’applique à toutes les nations occidentales ? N’y a-t-il pas des nuances entre le vote Trump dans l’État de New York, le vote en faveur du Brexit dans le nord de l’Angleterre, la force du FPÖ dans la région de Vienne ou l’implantation du parti de Geert Wilders autour de Rotterdam ?

Ces nuances existent, nous avons même eu en France un vote macroniste dans les zones rurales ! Mais en moyenne, ce sont bien les territoires populaires les plus éloignés des grandes métropoles qui portent la dynamique populiste. La Rust Belt et les régions désindustrialisées de Grande-Bretagne pèsent respectivement plus dans le vote Trump ou dans le Brexit que New York ou le Grand Londres. Dans les zones périurbaines de Rotterdam, ce sont bien aussi les catégories modestes (qui ne se confondent pas avec les pauvres) qui voient leur statut de référent culturel remis en question par la dynamique migratoire et qui votent pour Geert Wilders. Ainsi, si la situation de l’ouvrier allemand n’est pas celle du paysan français, de l’employé néerlandais ou d’un petit trvailleur indépendant italien, il existe un point commun : tous, quel que soit leur niveau de vie, font le constat d’être fragilisés par un modèle économique qui les a relégués socialement et culturellement.

L’ouvrier français a longtemps été un modèle à imiter pour les immigrés désireux de s’assimiler dans notre pays, avant d’être déprécié dans les années 1970, observez-vous. Ce changement catastrophique se constate-t-il dans d’autres pays occidentaux ?

On ne s’intègre pas à un modèle ou à un système de valeur mais à une population à qui on désire ressembler. On se marie, on tisse des liens d’amitié, de voisinage avec des gens qui sont proches. Or cette intégration ne se réalise pas dans n’importe quelle catégorie sociale, mais d’abord dans des milieux populaires. Et ce qui a changé depuis les années 1970 et surtout 1980, c’est précisément le changement de statut de ces catégories populaires. Les ouvriers, les employés, les « petites gens » sont désormais perçus en grande partie comme les perdants de la mondialisation. Quel nouveau venu dans un pays peut avoir envie de ressembler à des « autochtones » qui ne sont pas en phase d’ascension sociale et que, de sur- croît, leurs propres élites méprisent en raison de l’attachement des intéressés à certaines valeurs traditionnelles ? Souvenons-nous de la phrase de Hillary Clinton présentant les électeurs de Donald Trump comme des « dé- plorables » pendant la campagne présidentielle de 2016 aux États-Unis. C’est pourquoi, alors que la France, les États-Unis, la Grande-Bretagne ou la Scandinavie se sont construits sur des modèles culturels très différents, tous ces pays connaissent la même dynamique populiste, la même crise sociale et identitaire et le même questionnement sur la pertinence de leurs modèles d’intégration.

Pas de mouvement de masse sans alliance de classes, écrivez-vous. En quoi cette alliance de classes est-elle devenue très difficile dans les démocraties occidentales ? Trump et Macron représentent-ils deux expériences opposées pour renouveler cette alliance du haut et du bas ?

C’est effectivement le sujet central du livre : la rupture entre le haut et le bas qui nous conduit à un modèle qui ne fait plus société. La disparition de la classe moyenne n’en est qu’une conséquence. Le monde d’en haut refuse d’écouter ce- lui d’en bas qui le lui rend bien notam- ment en grossissant les camps de l’abs- tention ou du vote populiste. Cette rupture du lien, y compris conflictuel, entre le haut et le bas, porte en germe l’abandon du bien commun et nous fait basculer dans l’a-société. Trump vient de l’élite américaine, c’est un des points communs qu’il partage avec Macron. Tous les deux se sont affranchis de leur propre camp pour se faire élire : Macron de la gauche, Trump du camp républicain. Ils ont enterré le vieux clivage gauche-droite. Les deux ont compris que nous étions entrés dans le temps de la disparition de la classe moyenne occidentale. L’un et l’autre ont saisi que, pour la première fois dans l’histoire, les classes populaires, celles qui constituaient hier le socle de la classe moyenne, vivent désormais sur les territoires qui créent le moins d’emplois : dans l’Amérique périphérique et dans la France périphérique. Mais la comparaison s’arrête là. Si Trump a été élu par l’Amérique périphérique, Macron a au contraire construit sa dynamique électorale à partir des métropoles mondialisées. Si le président français est conscient de la fra- gilisation sociale de la France périphérique, il pense que la solution passe par une accélération de l’adaptation de l’économie française aux normes de l’économie mondialisée. À l’opposé, le président américain fait le constat des limites d’un modèle qu’il convient de réguler (protectionnisme, remise en cause des traités de libre-échange, volonté de réguler l’immigration, politique de grands travaux) afin de créer de l’emploi sur ces territoires de la désindustrialisation américaine. Il existe un autre point de divergence fondamental, c’est le refus chez Trump d’un argumentaire moral qui sert depuis des décennies à disqualifier les classes populaires.

Votre livre n’est-il pas exagérément sombre ?

C’est la réalité qui est sombre, pas ce livre. Pour éviter la catastrophe, et si elles ne veulent pas être balayées dans les urnes, les classes dirigeantes n’ont pas d’autre choix que celui de rejoindre le mouvement réel de la société, celui de la majorité, des plus modestes.

■ No Society La fin de la classe moyenne occidentale FLAMMARION, 242 P., 18 €, EN LIBRAIRIE LE 3 OCTOBRE.

Voir de plus:

Christophe Guilluy : « Seuls 20 à 30% de gens d’en haut peuvent encore espérer une amélioration de leurs conditions de vie dans les pays occidentaux. Et les autres l’ont bien compris »

Le géographe français auteur de la France périphérique publie un nouveau livre « No society. La fin de la classe moyenne occidentale » (Flammarion) dans lequel il détaille les conséquences politiques explosives de cette disparition alors même que les « gens d’en bas et du milieu » ont accepté de bonne grâce de jouer le jeu de la mondialisation pendant plusieurs décennies. Mais plus maintenant.
No Society
Atlantico

3 Octobre 2018

Atlantico : Dans votre dernier livre No Society, vous élargissez votre thème de la France périphérique à l’échelle internationale, pour décrire la disparition de la classe moyenne occidentale. N’est-on pas déjà entré dans l’étape suivante, depuis le Brexit, Trump, Salvini, la percée de l’AfD en Allemagne, ou la chute d’Emmanuel Macron dans les sondages en France ? Y voyez-vous la suite du modèle « néolibéral », ou sa fin programmée ?

Christophe Guilluy : Cela fait des années que l’on nous parle de la disparition de la classe ouvrière, des régions désindustrialisées, de la crise du rural, etc.. et après nous avons pu voir que d’autres pays avaient les mêmes signes de précarisation, comme les Etats-Unis, la Grèce, la Grande Bretagne etc…La Vague populiste est alors arrivée, et tout cela forme un tout qui s’appelle la disparition de la classe moyenne occidentale.

Cela permet d’identifier la puissance des mouvements politiques que l’on voit surgir un peu partout dans le monde occidental mais aussi l’état de ces sociétés au sens large. On peut débattre à l’infini sur le concept de classe moyenne, mais il s’agissait bien de parler d’une classe majoritaire dans laquelle tout le monde était intégré, de l’ouvrier au cadre, et c’est bien cela qui se détériore aujourd’hui. Nous sommes dans un processus de sortie lente – mais dans un processus de sortie quand même – de la classe moyenne de la part des différentes catégories qui la composent, les unes après les autres. C’est ce que j’ai voulu identifier. La notion de classe moyenne est déjà morte mais on utilise encore cette catégorie comme si elle existait encore. Mais en réalité, en parlant des classes moyennes aujourd’hui, on parle des catégories supérieures.

Finalement, quand on regarde les élections, toutes les vagues populistes reposent sur deux éléments. D’une part, une sociologie, c’est-à-dire le socle de l’ancienne classe moyenne que sont les catégories populaires, ouvriers, employés, petits paysans, petits indépendants, etc…et on retrouve ces mêmes catégories partout. Et d’autre part des territoires. C’est la géographie des périphéries avec à chaque fois les mêmes logiques quel que soit le pays occidental que l’on considère. Il y a des pays plus riches que d’autres – l’Allemagne n’est pas l’Italie – et les contextes nationaux restent pertinents. Il n’empêche que l’on voit bien que dans un pays très riche comme l’Allemagne, il y a bien un décrochage par le bas des catégories modestes, il y a une société qui se clive avec un phénomène de polarisation de l’emploi qui a des effets. On est toujours dans le mythe d’une mutation en douceur des sociétés, mais ce n’est pas le cas. Il y a des inégalités qui progressent à peu près partout, que le pays soit riche ou non, qu’il soit en excédent ou en déficit, cela attaque partout. Même si cela prend différemment selon les contextes. Les classes ouvrières britannique et américaine ont été fracassées beaucoup plus rapidement que la classe populaire française. Il y a les effets de l’État providence en France qui sont réels, et qui a fait que nous avons encore des catégories protégées dans notre pays.

Emmanuel Macron est donc paradoxalement le résultat électoral de cet État providence ?

Emmanuel Macron a fait des scores de dirigeant soviétique dans les grandes métropoles, avec des pourcentages incroyables à Paris, Bordeaux, Toulouse etc…Emmanuel Macron se sauve avec les deux gros bataillons que sont les retraités et les fonctionnaires – la majorité des fonctionnaires ont voté Macron – qui sont les deux catégories qui sont en train d’être tondues par ce président. Nous sommes donc effectivement à la limite d’un système qui se raccroche à des catégories encore protégées mais le vent tourne.

On a toujours dit que les retraités sauvaient le système. Mais jusqu’à quand ? Aujourd’hui, 30% des 53-69 ans vivent sous le seuil de pauvreté, nous voyons les choses se transformer en douceur pour des catégories que l’on pensait préservées. Cela est le contexte français, mais en Grande Bretagne par exemple, les retraités ont été fracassés tout de suite et n’ont pas hésité à voter en faveur du Brexit. L’idée que les retraités vont continuer à protéger le système est à mon avis un leurre. C’est la même chose pour les fonctionnaires, les catégories B et C qui s’en prennent plein la figure ne vont pas éternellement protéger un système dont elles ne bénéficient pas. Cela est vraiment intéressant de constater que tout évolue partout mais toujours en fonction des contextes. La classe moyenne italienne par exemple, qui a commencé sa chute dans les années 2000, ce qui a beaucoup été la conséquence des effets de l’euro, mais à la fin, nous avons bien ce qui représentait le modèle social et culturel de l’ensemble des pays développés qui est en train de s’effondrer. En 1981, les Français votaient François Mitterrand alors que Reagan et Thatcher prenaient le pouvoir dans le monde anglo-saxon, menant une politique qui fut imité par la France dès 1983. Percevez-vous également l’élection d’Emmanuel Macron comme un simple contre-temps, un anachronisme d’une tendance en cours ?

On peut dire cela, ce décalage est réel. Mais quand on regarde en détails, cela est assez logique notamment pour ce que je viens de dire. Nous avons quand même un État providence qui fonctionne encore en France et bien évidemment le décalage s’est fait à ce niveau-là. Les catégories modestes ont été relativement mieux protégées en France qu’elles ne l’ont été aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne. On a bien un contexte français très particulier avec une fonction publique très importante etc…c’est là-dessus que nous faisons la différence. Mais une fois encore, cela n’est qu’une question de temps. Et le temps joue effectivement vers la disparition de cette classe moyenne. C’est donc bien la structuration sociale de l’ensemble des pays développés qui est en train de se modifier avec ces 20-30% de gens « en haut » qui vont s’en sortir et une immense classe populaire qui n’est plus dans l’espoir d’une amélioration de ses conditions de vie.

Cela n’en fait pas des catégories qui seraient opposées de fait à la mondialisation ou à l’Europe…c’est une pirouette intellectuelle rassurante de dire cela. Parce qu’au contraire, ces gens ont vraiment joué le jeu de la mondialisation et de l’Europe. Il n’y a jamais eu d’opposition de principe, ils ont joué le jeu et après 20 ou 30 ans ils font le diagnostic pour eux-mêmes et pour leurs enfants que finalement cela n’a pas marché. Il s’agit simplement d’un constat rationnel de leur part.

Ce qui est frappant, c’est que tous les modèles sont affectés, du modèle américain au britannique, au modèle français républicain, jusqu’au modèle scandinave. A la fin, on a toujours le même résultat. Penser qu’il y a presque 20% des gens qui ont voté extrême-droite en Suède à l’air hallucinant, mais quand on regarde la géographie électorale des Démocrates Suédois, on voit les gros bastions de zones rurales et de petites villes désindustrialisées, une sociologie d’ouvriers ruraux, avec le nord et le sud du pays, mais évidemment pas du tout Stockholm.

On retrouve la polarisation de l’emploi et des territoires, cette dernière n’étant qu’une conséquence de la première. J’entends régulièrement que les gens voteraient pour un parti parce qu’il vivent sur un territoire, non, ils votent pour un parti parce qu’ils estiment que le modèle en place ne leur est pas favorable.

En se concentrant sur l’économie, en étant perçu par les Français comme le président des « riches », Emmanuel Macron n’est-il pas justement en train de réinstaller les bases d’une politique de classes en France ? 

De fait. Mais on lui fait porter un chapeau qui est un peut trop grand pour lui. Le phénomène Emmanuel Macron est microscopique dans ce processus. Je n’ai rien contre lui, je l’ai rencontré et il était plutôt d’accord sur le diagnostic, mais il est dans la lignée des anciens présidents. Nous avons trop tendance à surévaluer le « nouveau » néolibéral, le nouveau président des riches…parce que cela était également vrai pour ses prédécesseurs. Cette situation n’est et n’était que la conséquence de la structuration sociale et d’un modèle inégalitaire et qui s’est imposé à peu près partout. Les politiques français ne sont rien, pas grand-chose, dans ce mouvement mondialisé. Les présidents successifs n’ont fait qu’accompagner le mouvement même si l’on peut dire qu’avec Emmanuel Macron, cela s’accélère. Mais sa feuille de route était la même que celle de François Hollande ou de celle de Nicolas Sarkozy, en fait depuis le virage libéral de 1983 avec Fabius et Mitterrand. L’habillage est un peu plus social quand le président est à gauche, ou un peu plus identitaire s’il est à droite, mais globalement c’est la même tendance. L’élection d’Emmanuel Macron est le rassemblement des bourgeoisies, cela se voit avec le vote dans les métropoles. Ils ont voté en masse pour lui, parce que ce qui compte à la fin, c’est quand même le patrimoine. Il y a toujours une rationalité.

Vous décrivez « le repli d’une bourgeoisie asociale ». Ne peut-on pas voir une forme de déni, notamment chez les cadres, de se percevoir comme « les gagnants de la mondialisation » ?

Les gens voient toujours le court terme. Pour le moment cela va encore, ils « s’accrochent aux wagons ». Mais il y a une forme de déni sur ce qu’ils vont devenir. La disparition de la classe moyenne a commencé par les ouvriers, les paysans, les employés, les professions intermédiaires et demain, ce sera une fraction des catégories supérieures qui sera emportée. On voit déjà que les jeunes diplômés du supérieur n’arrivent plus à s’intégrer. Le processus est enclenché et il va détruire aussi des catégories qui pensent encore être protégées.

Trump, Brexit, on voit que ces mouvements sont nés au sein des partis. Le même schéma peut-il se répéter en France ? Comment expliquer vous que ce soient des partis de droite qui ont saisi cette thématique sociale plutôt que des partis de gauche ? 

A partir du moment ou la gauche a abandonné la question sociale, elle a abandonné les catégories populaires et c’est la dessus que le divorce s’est réalisé. Ce mouvement s’est accompagné d’une forme d’ostracisation des plus modestes qui était très forte dans certains milieux de gauche, et aujourd’hui la rupture est totale. On a en plus un processus de sécession , que Christopher Lash avait vu très tôt, qui est celle des bourgeoisies, qui s’ajoute au phénomène de citadellisation des élites, qui fait qu’il n’y a pas plus de connexion entre ces catégories. C’est le sens du « no society » de Margaret Thatcher. Elle pensait faire tomber l’État providence avec l’idée que nous étions avant tout des agents économiques et finalement, les bourgeoisies ont suivi ce mouvement. Cette rupture fait qu’aujourd’hui, nous n’avons plus de société. Une société est saine quand il y a un lien organique entre le haut et le bas, même si ce lien peut être conflictuel, comme cela était le cas avec le parti communiste. C’est un moment particulier ou il n’y a plus d’intérêt du tout pour le monde d’en bas, c’est frappant partout dans les démocraties occidentales, et cette rupture n’est même plus conflictuelle. « Vous n’existez plus, nous ne vivons plus ensemble, et votre destin ne nous intéresse plus ». Et la réponse des gens d’en bas est aussi une forme de désaffiliation et de défiance gigantesque avec le monde d’en haut au sens large. Mais cela n’est absolument pas un modèle durable. On le voit bien aujourd’hui avec les mouvements populistes, ou la contestation va aller forcément croissante.

Quelle réponse donner à cette contestation ?

Il faut arrêter le discours du magistère des prétentieux. Cette idée de rééducation du peuple, en lui montrant la voie, n’est pas possible. Une société c’est une majorité de catégories modestes et l’objectif d’une démocratie, c’est de servir prioritairement ces catégories. C’est dans ce sens là qu’il faut aller. Il faut prendre ces gens au sérieux, il faut prendre en compte les diagnostics des classes populaires sur leurs souhaits d’être protégés, ce qui ne veut pas dire être assistés. Ces catégories veulent du travail, elles veulent qu’on les respectent culturellement, et ne pas se faire traiter de « déplorables » ou de sans dents » – ce qui fait partie intégrante du problème identitaire que nous avons aujourd’hui qui est le produit de ces attaques là -.

On ne s’en sortira que si – je tends la main en disant cela- les gens d’en haut comprennent que s’ils ne veulent pas disparaître, ils vont devoir prendre les gens au sérieux.

Leur modèle économique est à bout de souffle alors que nous sommes soi-disant gouvernés par des gens sérieux. Nous sommes au bout du modèle. Les gens veulent de la protection, du travail, de la régulation économique mais aussi une régulation des flux migratoires. Je parle ici de tout le monde d’en bas, parce que la demande de régulation des flux migratoires vient de toutes les catégories modestes quelles que soient les origines. Tout le monde veut la même chose alors que lorsque les gens parlent de la question migratoire, on les place sur la question raciale, non. C’est anthropologiquement vrai pour toutes les catégories modestes, et cela est vrai partout. Dans tous les pays, les catégories modestes veulent vivre tranquillement, ce qui ne veut pas dire vivre derrière des murs, mais vivre dans un environnement que l’on connaît avec des valeurs communes. C’est d’ailleurs ce qu’était la classe moyenne historiquement. La classe moyenne était interclassiste, avec des ouvriers mais aussi des cadres, mais cela était aussi multiculturel. Ce qui est amusant aujourd’hui, c’est qu’il y a une ethnicisation des classes moyennes – on pense blanc – cela montre bien la fin du concept qui était censé être intégrateur pour le plus grand nombre.

Comment se processus peut-il se mettre en place en France ?

Je suis optimiste. Je crois que les classes populaires vivent une espèce d’épopée -difficile- avec une forme d’héroïsme. Elles sont seules – personne ne les représente – elles ont été plongées dans ce processus de mondialisation économique sans aucun mode d’emploi. On leur a dit « démerdez vous avec vos 1000 euros par mois », et elles n’ont pas disparu, elles maintiennent un minimum de solidarité entre elles – je parle d’un soft power des classes populaires – elles restent majoritaires partout dans l’ensemble des démocraties occidentales.

Les autoritaires ne sont pas ceux que l’on croit. Sauver les démocraties occidentales c’est faire entendre le plus grand nombre. Et quand on se promène en France, on voit des élus de gauche et de droite qui sont tous d’accord avec cela. Ils savent très bien qu’il faut réinventer un modèle économique, et il ne s’agit pas de faire la révolution. Cela est beaucoup plus puissant que les discours d’en haut, ou de tel ou tel intellectuel. Les gens n’attendent pas qu’on leur décrive ce qu’il se passe, ils le savent déjà.

Soit le monde d’en haut refuse d’entendre la majorité et on basculera dans une forme d’autoritarisme soft, ce qui pourrait faire durer le système un peu plus longtemps, mais avec le risque que cela se termine très mal. Soit  on essaye de faire baisser la tension en disant : « maintenant on essaye d’intégrer économiquement et culturellement le plus grand nombre ».

Cette réflexion existe, il n’y a pas encore de parti politique qui représente tout cela, qui fait cette connexion, mais cela est en gestation. Il n’y a pas 50 sorties possibles de cette impasse, il n’y en a qu’une. Inclure les catégories populaires parce qu’elles sont la société elle-même. C’est pour cela que le discours sur les marges a été destructeur. Les ouvriers, les ruraux etc…ce ne sont pas des marges, c’est un tout, et ce tout est la société. Maintenant tout est sur la table, les diagnostics sont faits. Alors il faut se retrousser les manches et aller dans le dur en essayant de réellement inventer quelque chose de plus efficace, et en oubliant ce truc absurde du premier cordée. Mais là, il faut bien remarquer le problème que nous avons concernant le personnel en place. Ils pensent tous la même chose. Il faut une révolution culturelle du monde d’en haut, ce qui devrait être à la portée des nations occidentales…cela ne coûte pas cher. La question pour eux est donc de protéger ou disparaître.

Voir enfin:

« Face à l’islamisme, nos élites ont trahi »

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Alors que l’existence de tensions communautaires a été reconnue par Gérard Collomb lui-même, le journaliste Yves Mamou accuse les élites françaises de s’être coupablement désintéressées de l’immigration, et d’avoir fermé les yeux sur l’islamisation du pays.


Yves Mamou est un ancien journaliste du Monde. Il a également collaboré au Canard Enchaîné, à Libération et à La Tribune. Collaborateur régulier du site américain The Gatestone Insitute, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Hezbollah, dernier acte (éd. Plein jour, 2013) et Le Grand abandon. Les élites françaises et l’islamisme (éd. L’Artilleur), paru le 25 septembre 2018.


FIGAROVOX.- Selon vous, l’immigration et l’islamisation auraient pour conséquence d’empêcher les Français de «faire nation»? Quel lien faites-vous entre la supposée émergence perturbatrice de l’islam et la supposée désagrégation de la nation française?

Yves MAMOU.- Le Grand Abandon est une tentative de reconstitution. J’ai essayé de savoir pourquoi et comment, à côté de la nation française, une nation islamique avait pu progressivement se constituer. Les déclarations fracassantes de Gérard Collomb, ex-ministre de l’Intérieur, au matin de sa passation de pouvoir à Edouard Philippe, Premier ministre, montrent que la juxtaposition de ces deux nations aujourd’hui en France engendre un risque d’affrontement. Nous sommes aujourd’hui «côte à côte» (sous-entendu musulmans et non-musulmans) a dit Gérard Collomb, mais rien ne garantit que demain nous ne serons pas «face à face». Cet avis de guerre civile en bonne et due forme a été proféré par l’homme qui, pendant un an et demi, Place Beauvau, a eu sous les yeux, au quotidien, tous les rapports de police et de gendarmerie.

Gérard Collomb est partie prenante de l’élite politique française. Il abandonne son poste en informant que la guerre civile est à nos portes. Une fuite qui à elle seule justifie mon titre «Le Grand Abandon». L’avertissement aurait eu plus de force s’il avait été proféré par un ministre en exercice. L’avoir prononcé sur le pas de la porte a fait que certains médias ne l’ont même pas repris.

La guerre civile se définit comme le déchirement d’une nation. Je ne sais pas si cette guerre aura lieu, mais il m’a semblé utile de m’interroger sur la présence de deux nations sur le même territoire national. Parfois, ce sont des frontières mal tracées qui créent les conditions d’un affrontement entre deux nations. Mais en France, la nation islamique a été fabriquée de toutes pièces. Elle est le résultat d’une politique. Les élites françaises, c’est-à-dire les grands corps de l’État, les partis politiques, les experts, les magistrats, les médias, les élites culturelles… ont, pour de multiples raisons, plusieurs décennies durant – et encore aujourd’hui – encouragé et légitimé l’immigration musulmane.

Cette préférence des élites pour l’islam a produit un fossé abyssal entre la France d’en haut et la France d’en bas. Le Baromètre de la Confiance que le Cevipof, le centre de recherches de Sciences Po, publie année après année, illustre parfaitement le phénomène: la majorité de la population française témoigne à l’égard de sa classe politique d’une gamme de sentiments qui va de l’écœurement au dégoût, en passant par le rejet et l’indifférence. Et sur quoi se cristallise cette rupture entre le haut et le bas de la société? Sur l’islam jugé trop invasif et l’immigration jugée excessive.

Curieusement, ce baromètre du Cevipof sauve la mise de deux institutions, l’armée et la police qui jouissent d’un taux de confiance de près de 80 %.

Peut-être, mais est-ce suffisant pour affirmer comme vous le faites que l’islamisme et l’immigrationnisme ont été voulus, théorisés, écrits et préparés à l’avance?

L’immigration a été voulue et organisée, mais l’islamisation de cette immigration n’était sans doute pas inscrite au menu. Si l’immigration se poursuit malgré l’islamisation, c’est sans doute que nos élites la jugent insignifiante. Ou bien qu’elle leur est indifférente. Et c’est cette indifférence au risque de guerre civile que j’ai voulu souligner.

La constance avec laquelle le Conseil d’État a aidé à la constitution d’une nation islamique en France est sidérante. Je liste dans mon livre tous les arrêts du Conseil d’État favorables à l’immigration musulmane, favorables au voile, favorables au burkini, favorables à la burqa, favorables aux familles polygames et j’en passe. Idem pour le Conseil constitutionnel qui trouve conforme à l’intérêt général de laisser les écoles salafistes proliférer ou de supprimer, au nom de la «solidarité», les peines qui frappaient autrefois les délinquants qui facilitaient l’immigration clandestine. Mon livre passe également au crible l’étrange aveuglement de l’Observatoire de la laïcité quand il est question d’islam et l’étrange sensibilité du Conseil supérieur de l’audiovisuel aux récriminations des téléspectateurs musulmans.

Tout ce que j’avance dans mon livre est sourcé. Le Grand Abandon est riche de plus de 700 notes et références. L’ordonnancement et la mise en relation de ces faits étayés et vérifiés entre eux mettent en lumière une évidence: il existe bel et bien une préférence des élites françaises pour l’islam.

Ce qui nous ramène à votre première question. Ce n’est pas seulement l’islam qui empêche aujourd’hui de faire nation. Les élites aussi ne veulent plus faire nation.

«L’antiracisme politique qui sévit aujourd’hui n’a jamais eu pour but de combattre le racisme.» Que voulez-vous dire?

Je n’ai pas remarqué de mobilisation des organisations antiracistes contre le rappeur Nick Conrad qui a chanté le meurtre des Blancs et des enfants blancs dans les crèches. Ni contre les Indigènes de la République ou le syndicat SUD Éducation qui ont organisé des séminaires «racisés» fermés aux «Blancs», ni contre Médine qui rêve de crucifier les laïcards au Golgotha, ni contre Mmes Ernotte (France Télévisions) et Nyssen (ministère de la culture) qui souhaitaient voir moins de «Blancs» à la télévision.

En revanche, quand Éric Zemmour a affirmé que les immigrés étaient surreprésentés dans les prisons, ou quand Georges Bensoussan a tenté d’expliquer que l’antisémitisme sévissait dans une large frange de la population musulmane en France, les associations antiracistes se sont unies pour les traîner devant un tribunal. Au nom de la lutte antiraciste!

Ces quelques exemples permettent de situer la zone d’action de l’antiracisme: faire taire tout critique de la «diversité». La «diversité» n’est pas un slogan antiraciste un peu creux. Je démontre dans mon livre que la «diversité» est en réalité une politique. Et cette politique passe par les organisations antiracistes subventionnées par l’État, par l’école où l’apprentissage de l’arabe est proposé aujourd’hui dès le primaire, par une politique du ministère de la Culture qui subventionne la «diversité» au cinéma et au théâtre, par l’Afnor qui labellise les entreprises pour plus de «diversité», par le Conseil supérieur de l’audiovisuel qui, avec son Baromètre de la «diversité» rêve d’imposer des quasi quotas ethniques sur le petit écran, et par divers lobbys comme le Club XXI d’Hakim el Karoui ou l’association Coexister…

Le Grand Abandon démontre que l’antiracisme politique et le discours diversitaire n’ont pas pour but de combattre le racisme. Ce sont des outils au service d’une réinitialisation des consciences. Ils servent à marteler que les immigrés de couleur sont par essence des victimes. Les services du Premier ministre diffusent actuellement des clips contre les violences sexistes. L’un de ces clips montre un «Blanc» qui agresse sexuellement une jeune fille d’origine maghrébine laquelle est défendue par une «Blanche» en couple avec un homme noir. Ce clip d’État d’une grande pureté idéologique assigne la violence sexuelle aux hommes Blancs et refuse d’évoquer celle qui peut aussi exister chez les «victimes» de couleur. J’affirme que cette victimisation forcenée des Français de couleur participe à la fabrication de la violence d’aujourd’hui.

Quand vous parlez des «élites», qui désignez-vous exactement? Peut-on mettre tous les responsables politiques, économiques, culturels, médiatiques… dans le même panier?

Mon livre passe en revue les partis politiques, le ministère de la justice, les associations antiracistes, l’université, l’école, les experts, les intellectuels, le monde du cinéma et du théâtre et de quelques autres encore… Chacun de ces groupes ou institutions œuvre, dans le champ qui est le sien, à la promotion de la «diversité» et de son corollaire le «vivre-ensemble». J’ai déjà évoqué le cas du Conseil d’État, du Conseil constitutionnel et du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Mais je liste également le cas des intellectuels qui pétitionnent et lynchent médiatiquement toute personnalité publique qui émet des opinions non conformes aux leurs. L’écrivain algérien Kamel Daoud en a ainsi fait les frais quand il a expliqué que les viols de masse de Cologne en 2015 étaient dus à l’importation en Allemagne d’une culture patriarcale des relations entre les sexes. Les experts justifient et encouragent l’immigration au nom de supposés bienfaits économiques. Le ministère de la justice met à mal la liberté d’expression des Zemmour et Bensoussan… etc. J’ai 600 pages d’exemples et de logiques qui s’emboîtent les unes dans les autres et qui tous ensemble concourent à une révolution, «par le haut».

En trente ans, la société française a quitté un modèle laïque républicain pour être projetée dans un modèle multiculturaliste, communautariste et anti-laïque. Il s’agit d’une authentique révolution qui se poursuit encore aujourd’hui sous nos yeux. Les élites politiques, économiques et institutionnelles ont balayé le vieux modèle laïque et républicain sans demander l’avis du reste de la population. Les élites françaises ont été à l’origine du plus grand casse du siècle, lequel s’avère être aussi un casse de la démocratie et de la laïcité. Pour quel profit? Je crains que seul l’islamisme soit à même de tirer les marrons du feu.

Les politiques ont selon vous une responsabilité toute particulière dans la diffusion de l’islamisme. Tous, y compris le Front national, pourquoi?

Le Front national a joué les repoussoirs. Par sa seule présence, le Front national a empêché l’émergence de tout débat sérieux sur l’islam et l’immigration. Les éructations de Jean-Marie Le Pen toujours à la limite du racisme et de l’antisémitisme ont contribué au caractère hégémonique du discours antiraciste. Marine Le Pen a bien tenté de redresser l’image de son parti, mais le mal était fait. Et il dure encore.

Quant aux gouvernements de gauche, ils portent une responsabilité historique que j’expose dans Le Grand Abandon.

Vous reprochez aux politiques, notamment de gauche («islamo-gauchistes») leur clientélisme, mais vous le reconnaissez vous-même en introduction, les musulmans deviennent une composante à part entière de la population: il faut bien que des politiques leur parlent à eux aussi?

La gauche clientéliste flatte le communautarisme islamique: baux emphytéotiques pour la construction de mosquées, heures de piscine réservées aux femmes, etc., cela dans le but de recueillir les voix des musulmans. L’islamo-gauchisme accompagne la violence islamiste pour conquérir le pouvoir. Ce sont deux démarches différentes, mais les deux instrumentalisent les musulmans comme outil de conquête du pouvoir.

En trente ans, la société française a quitté un modèle laïque républicain pour être projetée dans un modèle multiculturaliste, communautariste et anti-laïque.

Cette instrumentalisation de l’islam par la gauche a creusé la tombe de la laïcité. La laïcité non plus n’est pas un mot creux. C’est l’espace de la citoyenneté. Et la citoyenneté c’est l’espace du politique parce qu’il est débarrassé de tous les sujets qui ne prêtent pas à la discussion et à la négociation. Si la laïcité a cantonné la religion au domicile et aux lieux de culte, c’est précisément pour les sortir de l’espace politique. En réintroduisant la religion – et surtout la religion musulmane – dans l’espace de la politique, la gauche (mais aussi la droite) a disséminé les germes de la guerre civile.

Une République laïque ne doit reconnaître que des citoyens et non des communautés, et moins encore des communautés religieuses. Penser comme le font nos élus de droite et de gauche que la République doit des mosquées aux musulmans est une erreur et une trahison. Une erreur parce qu’elle conforte le communautarisme et le sécessionnisme musulman. Et une trahison parce que ce que la République doit aux Français, quelle que soit leur confession ou leur couleur de peau, ce sont des écoles, la liberté de pensée et d’expression.

Vous critiques beaucoup aussi l’Église. Mais n’est-elle pas dans son rôle lorsqu’elle exprime une compassion à l’égard des migrants? Faut-il toujours tout ramener à une vision politique?

Le rôle des journalistes n’est pas de prendre les apparences pour le réel. Quand Macron va au Collèges des Bernardins et déclare aux plus hautes personnalités du catholicisme français qu’il faut «réparer» le lien abîmé entre l’Église et l’État, que croyez-vous qu’il fasse? Une bonne action? Non, il fait de la politique. Il s’adresse à une Église catholique blessée par cent ans de laïcité et qui souffre d’une hémorragie de fidèles. Il lui dit: oublions la laïcité, revenez dans le jeu politique. Pourquoi Macron fait-il cela? Pour se constituer des alliés dans son grand projet de bâtir ce qu’il appelle l’ «Islam de France». Macron a besoin d’alliés pour se débarrasser de la laïcité. Quel meilleur allié que l’Église?

Quant à la compassion de l’Église pour les migrants musulmans, il est bon de rappeler que cette compassion est sélective. L’Église ne défend pas les Coptes quand ils sont massacrés en Égypte, elle proteste à peine contre l’authentique épuration ethnique qui frappe les chrétiens d’Orient, et elle n’a guère eu de mot charitable pour les Yazidis massacrés par l’État islamique. C’est cette sélectivité compassionnelle qui interroge. J’essaye de montrer dans mon livre que la charité affichée de l’Église envers les musulmans est aussi une politique.

Quant aux médias, pour finir, vous y voyez des «falsificateurs de la vérité»?

Il y a quelques jours, le Journal télévisé de France 2 a diffusé un reportage sur l’épidémie d’attaques au couteau qui sévit à Londres. Mais la même épidémie sévit en France et aucun média ne dresse un tableau de la situation. Il faut feuilleter la presse de province, journal par journal, pour se rendre compte de l’ampleur des violences gratuites, souvent mortelles, commises au quotidien. Quand un journal évoque une attaque au couteau, on ignore le nom de l’agresseur et ses motivations. Comme s’il y avait une volonté d’anonymiser le «déséquilibré»! Les médias, dans leur grande majorité, participent au casse du siècle. Ils n’informent plus sur les problèmes, ils prêchent la «diversité» et le «vivre ensemble».

Voir enfin:

Emmanuel Macron, le masque tombe
Ivan Rioufol
Le Figaro
le 4 octobre 2018

Récapitulons : Donald Trump est la vulgarité incarnée. Viktor Orban menace la démocratie. Le premier entache les États-Unis de ses comportements grossiers. Le second viole, en Hongrie, l’indépendance de la justice et la liberté de la presse. Ce tableau est brossé, en France, par la Macronie et ses médias. Pourtant, c’est le chef de l’État qui a longtemps fait obstacle à la nomination du nouveau procureur de Paris : trois candidats à la succession de François Molins, proposés par la Chancellerie, ont d’abord été retoqués par l’Élysée en dépit des usages. Le Parquet national financier, qui a sonné l’hallali contre François Fillon en 2017, a toujours ses liens avec l’exécutif. Quant à la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, elle a assigné à l’audiovisuel public la mission de « changer les mentalités sur le terrain » et de « devenir le miroir de nos différences  ». France Culture vient d’ailleurs de remercier l’impertinent Michel Onfray. Le gouvernement rêve aussi de mettre l’Internet, refuge des dissidents, sous surveillance…

Bref, Emmanuel Macron reproche à Orban ce qu’il pratique. La pensée dominante en rajoute dans l’obligation de bêler en chœur, lorsqu’elle dénonce les récalcitrants comme des ennemis du Bien. Quant à ceux qui accablent Trump, ils ne voient rien de la métamorphose de Macron. Il a été salué pour avoir su se glisser, avec talent et élégance, dans les habits de président. Or, depuis, un Dorian Gray s’ébauche derrière le personnage fiévreux et transgressif. « Alexandre Benalla n’est pas mon amant  », croit utile de préciser, en juillet, le chef de l’État pour démentir un ragot sur son garde du corps. Imaginer le général de Gaulle se prêter à une telle confidence donne la mesure de l’effondrement de la politique. Pour avoir abandonné sa posture « jupitérienne », voilà le président prêt à tout pour faire peuple. À côté, Nicolas Sarkozy et François Hollande incarneraient presque la sophistication. Et c’est Trump qui, par contraste, se montre respectable.

« Le pouvoir ressemble au Titanic, dont le ministre de l’Intérieur vient de s’échapper mardi. Le naufrage sera difficile à éviter. Les premiers effets du revirement dans la communication élyséenne viennent d’ailleurs de produire une image désastreuse, samedi, à Saint-Martin, aux Antilles. Une photo, prise dans la moiteur d’une HLM, montre le président en bras de chemise entouré, amusé, de deux jeunes Antillais. Celui qui est à sa droite, contre qui le président colle son épaule, est torse nu. Son pantalon largement baissé laisse voir son caleçon. Le petit voyou fait un doigt d’honneur. Celui qui est à sa gauche, casquette à l’envers, vêtu d’un débardeur blanc, s’est présenté comme braqueur tout juste sorti de prison. Tout est vulgaire: la désinvolture des deux cousins, la complicité ambiguë du président. L’image en rappelle une autre, prise à l’Élysée, en juin, lors de la Fête de la musique: le couple Macron pose, entouré du groupe techno Kiddy Smile. Les artistes se revendiquent «fils d’immigrés, noirs et pédés». Ils portent des shorts et des maillots en résille.

La Macronie perd pied, en voulant voir du racisme dans les critiques portées contre ces attitudes présidentielles. Lundi, la secrétaire d’État, Marlène Schiappa, a qualifié Marine Le Pen de «leader d’un grand parti raciste, d’extrême droite» au prétexte que la présidente du RN avait jugé la photo antillaise «impardonnable». Le député LaREM, Aurélien Taché, estime que «tous ceux qui polémiquent ne supportent tout simplement pas que la France, à tous les niveaux, change de visage». En fait, le racolage ethnique auquel se prête le chef de l’État ressemble à une ode au grand remplacement racialiste. Il est loisible de voir un deux poids deux mesures dans la réaction de Macron quand, le 18 juin dernier à Paris, il rabroue un Gavroche qui venait de l’appeler «Manu»: «Tu te comportes comme il faut. Il faut que tu m’appelles Monsieur le président de la République, ou Monsieur, d’accord?» Faut-il comprendre que le Noir serait dispensé des codes exigés du Blanc? Le sommet de l’État ne tourne plus rond.

L’insistance que Gérard Collomb a dû mettre pour imposer sa démission, refusée lundi par le président, n’est pas la moindre des rébellions contre la Macronie. Sa fuite est celle d’un vieux grognard qui a partagé l’intimité du clan. C’est le ministre de l’Intérieur qui avait déjà mis en garde contre le manque d’humilité du président et son repli sur lui-même. Le départ de Collomb fait comprendre qu’il ne croit plus en son protégé. L’alerte s’ajoute à celle lancée par Nicolas Hulot, exaspéré par la lourdeur technocratique. Toutefois, c’est le général Pierre de Villiers qui, le premier, avait pressenti les dérives du macronisme en démissionnant de ses fonctions de chef d’état-major des armées en juillet 2017. Peu avant, le militaire s’était fait rabrouer par le jeune élu: «Je suis votre chef.» Cet autoritarisme allait avec la panoplie de président vertical. Toutefois,ce déguisement est devenu incongru au vu des dérapages d’un chef d’État s’abandonnant à une proximité irréfléchie.

Du prophète exalté qui disait incarner le nouveau monde, il ne reste qu’un masque tombé à terre. Le contraste est saisissant entre la machine de guerre savamment élaborée par Macron et les siens pour accéder au pouvoir, et l’état d’impréparation que révèle la démission de Collomb. Le vide est tel, au cœur du pouvoir, que l’intérim a dû être confié au premier ministre. Il est vrai que les dossiers de l’Intérieur – immigration, islam, violence, terrorisme – ont été de ceux que le macronisme a abandonnés aux populistes, pour leur plus grand profit. Mercredi, lors de la passation de pouvoir avec Édouard Philippe, Collomb a évoqué la situation «très dégradée» des quartiers difficiles: «On vit côte à côte, je crains que demain on ne vive face à face.» Mais cela fait longtemps que l’affrontement s’enracine entre deux France, deux peuples, deux civilisations que tout sépare. Le braqueur Redoine Faïd, interpellé mercredi à Creil (Oise), passait inaperçu sous une burqa, en dépit de la loi interdisant ce voile intégral ; il est devenu banal dans les cités. Macron perpétue la démission de l’État.

Shahnourh Varinag Aznavourian s’était fait appeler Charles Aznavour, en hommage à la France qui avait accueilli ses parents arméniens. «J’ai abandonné une grande partie de mon arménité pour être français. Il faut le faire, ou il faut partir», avait-il expliqué en 2013. La mort du chanteur, lundi, devrait être un hommage à l’assimilation.  »

Ivan Rioufol

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« Zoos humains »: Arte invente la théorie du complot pour tous (It’s domination and racism, stupid ! – From commercial ethnological to colonial and missionary exhibitions, looking back at the very problematic indiscriminate use of the concept of the “human zoo”)

30 septembre, 2018

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Poster of an ethnological exposition in 1885 (picture-alliance/akg-images)

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Theodor Wonja Michael's parents (Familie Michael)

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes et ornez les sépulcres des justes, et que vous dites: Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour répandre le sang des prophètes. Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. Jésus (Matthieu 23: 29-31)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Je pense qu’il y a plus de barbarie à manger un homme vivant qu’à le manger mort, à déchirer par tourments et par géhennes un corps encore plein de sentiment, le faire rôtir par le menu, le faire mordre et meurtrir aux chiens et aux pourceaux (comme nous l’avons non seulement lu, mais vu de fraîche mémoire, non entre des ennemis anciens, mais entre des voisins et concitoyens, et, qui pis est, sous prétexte de piété et de religion), que de le rôtir et manger après qu’il est trépassé. Il ne faut pas juger à l’aune de nos critères. (…) Je trouve… qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage. (…) Leur guerre est toute noble et généreuse, et a autant d’excuse et de beauté que cette maladie humaine en peut recevoir ; elle n’a d’autre fondement parmi eux que la seule jalousie de la vertu… Ils ne demandent à leurs prisonniers autre rançon que la confession et reconnaissance d’être vaincus ; mais il ne s’en trouve pas un, en tout un siècle, qui n’aime mieux la mort que de relâcher, ni par contenance, ni de parole, un seul point d’une grandeur de courage invincible ; il ne s’en voit aucun qui n’aime mieux être tué et mangé, que de requérir seulement de ne l’être pas. Ils les traitent en toute liberté, afin que la vie leur soit d’autant plus chère ; et les entretiennent communément des menaces de leur mort future, des tourments qu’ils y auront à souffrir, des apprêts qu’on dresse pour cet effet, du détranchement de leurs membres et du festin qui se fera à leurs dépens. Tout cela se fait pour cette seule fin d’arracher de leur bouche parole molle ou rabaissée, ou de leur donner envie de s’enfuir, pour gagner cet avantage de les avoir épouvantés, et d’avoir fait force à leur constance. Car aussi, à le bien prendre, c’est en ce seul point que consiste la vraie victoire. Montaigne
Etrange destinée, étrange préférence que celle de l’ethnographe, sinon de l’anthropologue, qui s’intéresse aux hommes des antipodes plutôt qu’à ses compatriotes, aux superstitions et aux mœurs les plus déconcertantes plutôt qu’aux siennes, comme si je ne sais quelle pudeur ou prudence l’en dissuadait au départ. Si je n’étais pas convaincu que les lumières de la psychanalyse sont fort douteuses, je me demanderais quel ressentiment se trouve sublimé dans cette fascination du lointain, étant bien entendu que refoulement et sublimation, loin d’entraîner de ma part quelque condamnation ou condescendance, me paraissent dans la plupart des cas authentiquement créateurs. (…) Peut-être cette sympathie fondamentale, indispensable pour le sérieux même du travail de l’ethnographe, celui-ci n’a-t-il aucun mal à l’acquérir. Il souffre plutôt d’un défaut symétrique de l’hostilité vulgaire que je relevais il y a un instant. Dès le début, Hérodote n’est pas avare d’éloges pour les Scythes, ni Tacite pour les Germains, dont il oppose complaisamment les vertus à la corruption impériale. Quoique évoque du Chiapas, Las Casas me semble plus occupé à défendre les Indiens qu’à les convertir. Il compare leur civilisation avec celle de l’antiquité gréco-latine et lui donne l’avantage. Les idoles, selon lui, résultent de l’obligation de recourir à des symboles communs à tous les fidèles. Quant aux sacrifices humains, explique-t-il, il ne convient pas de s’y opposer par la force, car ils témoignent de la grande et sincère piété des Mexicains qui, dans l’ignorance où ils se trouvent de la crucifixion du Sauveur, sont bien obligés de lui inventer un équivalent qui n’en soit pas indigne. Je ne pense pas que l’esprit missionnaire explique entièrement un parti-pris de compréhension, que rien ne rebute. La croyance au bon sauvage est peut-être congénitale de l’ethnologie. (…) Nous avons eu les oreilles rebattues de la sagesse des Chinois, inventant la poudre sans s’en servir que pour les feux d’artifice. Certes. Mais, d’une part l’Occident a connu lui aussi la poudre sans longtemps l’employer pour la guerre. Au IXe siècle, le Livre des Feux, de Marcus Graecus en contient déjà la formule ; il faudra attendre plusieurs centaines d’années pour son utilisation militaire, très exactement jusqu’à l’invention de la bombarde, qui permet d’en exploiter la puissance de déflagration. Quant aux Chinois, dès qu’ils ont connu les canons, ils en ont été acheteurs très empressés, avant qu’ils n’en fabriquent eux-mêmes, d’abord avec l’aide d’ingénieurs européens. Dans l’Afrique contemporaine, seule la pauvreté ralentit le remplacement du pilon par les appareils ménagers fabriqués à Saint-Étienne ou à Milan. Mais la misère n’interdit pas l’invasion des récipients en plastique au détriment des poteries et des vanneries traditionnelles. Les plus élégantes des coquettes Foulbé se vêtent de cotonnades imprimées venues des Pays-Bas ou du Japon. Le même phénomène se produit d’ailleurs de façon encore plus accélérée dans la civilisation scientifique et industrielle, béate d’admiration devant toute mécanique nouvelle et ordinateur à clignotants. (…) Je déplore autant qu’un autre la disparition progressive d’un tel capital d’art, de finesse, d’harmonie. Mais je suis tout aussi impuissant contre les avantages du béton et de l’électricité. Je ne me sens d’ailleurs pas le courage d’expliquer leur privilège à ceux qui en manquent. (…) Les indigènes ne se résignent pas à demeurer objets d’études et de musées, parfois habitants de réserves où l’on s’ingénie à les protéger du progrès. Étudiants, boursiers, ouvriers transplantés, ils n’ajoutent guère foi à l’éloquence des tentateurs, car ils en savent peu qui abandonnent leur civilisation pour cet état sauvage qu’ils louent avec effusion. Ils n’ignorent pas que ces savants sont venus les étudier avec sympathie, compréhension, admiration, qu’ils ont partagé leur vie. Mais la rancune leur suggère que leurs hôtes passagers étaient là d’abord pour écrire une thèse, pour conquérir un diplôme, puisqu’ils sont retournés enseigner à leurs élèves les coutumes étranges, « primitives », qu’ils avaient observées, et qu’ils ont retrouvé là-bas du même coup auto, téléphone, chauffage central, réfrigérateur, les mille commodités que la technique traîne après soi. Dès lors, comment ne pas être exaspéré d’entendre ces bons apôtres vanter les conditions de félicité rustique, d’équilibre et de sagesse simple que garantit l’analphabétisme ? Éveillées à des ambitions neuves, les générations qui étudient et qui naguère étaient étudiées, n’écoutent pas sans sarcasme ces discours flatteurs où ils croient reconnaître l’accent attendri des riches, quand ils expliquent aux pauvres que l’argent ne fait pas le bonheur, – encore moins, sans doute, ne le font les ressources de la civilisation industrielle. À d’autres. Roger Caillois (1974)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. René Girard
Nous sommes encore proches de cette période des grandes expositions internationales qui regardait de façon utopique la mondialisation comme l’Exposition de Londres – la « Fameuse » dont parle Dostoievski, les expositions de Paris… Plus on s’approche de la vraie mondialisation plus on s’aperçoit que la non-différence ce n’est pas du tout la paix parmi les hommes mais ce peut être la rivalité mimétique la plus extravagante. On était encore dans cette idée selon laquelle on vivait dans le même monde: on n’est plus séparé par rien de ce qui séparait les hommes auparavant donc c’est forcément le paradis. Ce que voulait la Révolution française. Après la nuit du 4 août, plus de problème ! René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Malgré le titre général, en effet, dès l’article 1, seules la traite transatlantique et la traite qui, dans l’océan Indien, amena des Africains à l’île Maurice et à la Réunion sont considérées comme « crime contre l’humanité ». Ni la traite et l’esclavage arabes, ni la traite interafricaine, pourtant très importants et plus étalés dans le temps puisque certains ont duré jusque dans les années 1980 (au Mali et en Mauritanie par exemple), ne sont concernés. Le crime contre l’humanité qu’est l’esclavage est réduit, par la loi Taubira, à l’esclavage imposé par les Européens et à la traite transatlantique. (…) Faute d’avoir le droit de voter, comme les Parlements étrangers, des « résolutions », des voeux, bref des bonnes paroles, le Parlement français, lorsqu’il veut consoler ou faire plaisir, ne peut le faire que par la loi. (…) On a l’impression que la France se pose en gardienne de la mémoire universelle et qu’elle se repent, même à la place d’autrui, de tous les péchés du passé. Je ne sais si c’est la marque d’un orgueil excessif ou d’une excessive humilité mais, en tout cas, c’est excessif ! […] Ces lois, déjà votées ou proposées au Parlement, sont dangereuses parce qu’elles violent le droit et, parfois, l’histoire. La plupart d’entre elles, déjà, violent délibérément la Constitution, en particulier ses articles 34 et 37. (…) les parlementaires savent qu’ils violent la Constitution mais ils n’en ont cure. Pourquoi ? Parce que l’organe chargé de veiller au respect de la Constitution par le Parlement, c’est le Conseil constitutionnel. Or, qui peut le saisir ? Ni vous, ni moi : aucun citoyen, ni groupe de citoyens, aucun juge même, ne peut saisir le Conseil constitutionnel, et lui-même ne peut pas s’autosaisir. Il ne peut être saisi que par le président de la République, le Premier ministre, les présidents des Assemblées ou 60 députés. (…) La liberté d’expression, c’est fragile, récent, et ce n’est pas total : il est nécessaire de pouvoir punir, le cas échéant, la diffamation et les injures raciales, les incitations à la haine, l’atteinte à la mémoire des morts, etc. Tout cela, dans la loi sur la presse de 1881 modifiée, était poursuivi et puni bien avant les lois mémorielles. Françoise Chandernagor
La tendance à légiférer sur le passé (…) est née des procédures lancées, dans les années 1970, contre d’anciens nazis et collaborateurs ayant participé à l’extermination des juifs. Celles-ci utilisaient pour la première fois l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité, votée en 1964. Elles devaient aboutir aux procès Barbie, Touvier et Papon. (…) L’innovation juridique des « procès pour la mémoire » se justifiait, certes, par l’importance et la singularité du génocide des juifs, dont la signification n’est apparue que deux générations plus tard. Elle exprimait cependant un changement radical dans la place que nos sociétés assignent à l’histoire, dont on n’a pas fini de prendre la mesure. Ces procès ont soulevé la question de savoir si, un demi-siècle après, les juges étaient toujours « contemporains » des faits incriminés. Ils ont montré à quel point la culture de la mémoire avait pris le pas, non seulement sur les politiques de l’oubli qui émergent après une guerre ou une guerre civile, afin de permettre une reconstruction, mais aussi sur la connaissance historique elle-même. L’illusion est ici de croire que la « mémoire » fabrique de l’identité sociale, qu’elle donne accès à la connaissance. Comment peut-on se souvenir de ce que l’on ignore, les historiens ayant précisément pour fonction, non de « remémorer » des faits, des acteurs, des processus du passé, mais bien de les établir ? Dans le cas du génocide des juifs, dans celui des Arméniens ou dans le cas de la guerre d’Algérie, encore pouvons-nous avoir le sentiment que ces faits appartiennent toujours au temps présent — que l’on soit ou non favorable aux « repentances ». L’identification reste possible de victimes précises, directes ou indirectes, et de bourreaux singuliers, individus ou Etats, à qui l’on peut demander réparation. Mais comment peut-on prétendre agir de la même manière sur des faits vieux de plusieurs siècles ? Comment penser sérieusement que l’on peut « réparer » les dommages causés par la traite négrière « à partir du XVe siècle » de la même manière que les crimes nazis, dont certains bourreaux habitent encore au coin de la rue ? (…) Pourquoi (…) promulguer une loi à seule fin rétroactive s’il n’y a aucune possibilité d’identifier des bourreaux, encore moins de les traîner devant un tribunal ? Pourquoi devons-nous être à ce point tributaires d’un passé qui nous est aussi étranger ? Pourquoi cette volonté d’abolir la distance temporelle et de proclamer que les crimes d’il y a quatre siècles ont des effets encore opérants ? Pourquoi cette réduction de l’histoire à la seule dimension criminelle et mortifère ? Et comment croire que les valeurs de notre temps sont à ce point estimables qu’elles puissent ainsi s’appliquer à tout ce qui nous a précédés ? En réalité, la plupart de ces initiatives relèvent de la surenchère politique. Elles sont la conséquence de la place que la plupart des pays démocratiques ont accordée au souvenir de la Shoah, érigé en symbole universel de la lutte contre toutes les formes de racisme. A l’évidence, le caractère universel de la démarche échappe à beaucoup. La mémoire de la Shoah est ainsi devenue un modèle jalousé, donc, à la fois, récusé et imitable : d’où l’urgence de recourir à la notion anachronique de crime contre l’humanité pour des faits vieux de trois ou quatre cents ans. Le passé n’est ici qu’un substitut, une construction artificielle — et dangereuse —, puisque le groupe n’est plus défini par une filiation passée ou une condition sociale présente, mais par un lien « historique » élaboré après coup, pour isoler une nouvelle catégorie à offrir à la compassion publique. Enfin, cette faiblesse s’exprime, une fois de plus, par un recours paradoxal à l’Etat, voie habituelle, en France, pour donner consistance à une « communauté » au sein de la nation. Sommé d’assumer tous les méfaits du passé, l’Etat se retrouve en même temps source du crime et source de rédemption. Outre la contradiction, cette « continuité » semble dire que l’histoire ne serait qu’un bloc, la diversité et l’évolution des hommes et des idées, une simple vue de l’esprit, et l’Etat, le seul garant d’une nouvelle histoire officielle « vertueuse ». C’est là une conception pour le moins réactionnaire de la liberté et du progrès. Henry Rousso
La loi (…) « portant reconnaissance de la nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés » risque, surtout en ses articles 1 et 4, de relancer une polémique dans laquelle les historiens ne se reconnaîtront guère. En officialisant le point de vue de groupes de mémoire liés à la colonisation, elle risque de générer en retour des simplismes symétriques, émanant de groupes de mémoire antagonistes, dont l' »histoire officielle » , telle que l’envisage cette loi, fait des exclus de l’histoire. Car, si les injonctions « colonialophiles » de la loi ne sont pas recevables, le discours victimisant ordinaire ne l’est pas davantage, ne serait-ce que parce qu’il permet commodément de mettre le mouchoir sur tant d’autres ignominies, actuelles ou anciennes, et qui ne sont pas forcément du ressort originel de l’impérialisme ou de ses formes historiques passées comme le(s) colonialisme(s). L’étude scientifique du passé ne peut se faire sous la coupe d’une victimisation et d’un culpabilisme corollaire. De ce point de vue, les débordements émotionnels portés par les »indigènes de la République » ne sont pas de mise. Des êtres humains ne sont pas responsables des ignominies commises par leurs ancêtres ­ – ou alors il faudrait que les Allemands continuent éternellement à payer leur épisode nazi. C’est une chose d’analyser, par exemple, les « zoos humains » de la colonisation. C’en est une autre que de confondre dans la commisération culpabilisante le « divers historique », lequel ne se réduit pas à des clichés médiatiquement martelés. Si la colonisation fut ressentie par les colonisés dans le rejet et la douleur, elle fut aussi vécue par certains dans l’ouverture, pour le modèle de société qu’elle offrait pour sortir de l’étouffoir communautaire. (…)Les historiens doivent travailler à reconstruire les faits et à les porter à la connaissance du public. Or ces faits établissent que la traite des esclaves, dans laquelle des Européens ont été impliqués (et encore, pas eux seuls), a porté sur environ 11 millions de personnes (27,5 % des 40 millions d’esclaves déportés), et que les trafiquants arabes s’y sont taillé la part du lion : la »traite orientale » fut responsable de la déportation de 17 millions de personnes (42,5 % d’entre eux) et la traite « interne » effectuée à l’intérieur de l’Afrique, porta, elle, sur 12 millions (30 %). Cela, ni Dieudonné ni les « Indigènes » , dans leur texte victimisant à sens unique, ne le disent ­ – même si, à l’évidence, la traite européenne fut plus concentrée dans le temps et plus rentable en termes de nombre de déportés par an. (…) L’historien ne se reconnaît pas dans l’affrontement des mémoires. Pour lui, elles ne sont que des documents historiques, à traiter comme tels. Il ne se reconnaît pas dans l’anachronisme, qui veut tout arrimer au passé ; il ne se reconnaît pas dans le manichéisme, qu’il provienne de la »nostalgérie » électoraliste vulgaire qui a présidé à la loi du 23 février 2005, ou qu’il provienne des simplismes symétriques qui surfent sur les duretés du présent pour emboucher les trompettes agressives d’un ressentiment déconnecté de son objet réel. Gilbert Meynier
The enigmatic showman Martin Couney showcased premature babies in incubators to early 20th century crowds on the Coney Island and Atlantic City boardwalks, and at expositions across the United States. A Prussian-born immigrant based on the East coast, Couney had no medical degree but called himself a physician, and his self-promoting carnival-barking incubator display exhibits actually ended up saving the lives of about 7,000 premature babies. These tiny infants would have died without Couney’s theatrics, but instead they grew into adulthood, had children, grandchildren, great grandchildren and lived into their 70s, 80s, and 90s. This extraordinary story reveals a great deal about neonatology, and about life. (…) Drawing on extraordinary archival research as well as interviews, [Raffel’s] narrative is enhanced by her own reflections as she balanced her shock over how Couney saved these premature infants and also managed to make a living by displaying them like little freaks to the vast crowds who came to see them. Couney’s work with premature infants began in Europe as a carnival barker at an incubator exposition. It was there he fell in love with preemies and met his head nurse Louise Recht. Still, even allowing for his evident affection, making the preemies incubation a public show seems exploitative. But was it? In the 21st century, hospital incubators and NICUs are taken for granted, but over a hundred years ago, incubators were rarely used in hospitals, and sometimes they did far more harm than good.  Premature infants often went blind because of too much oxygen pumped into the incubators (Raffel notes that Stevie Wonder, himself a preemie, lost his sight this way). Yet the preemies Couney and his nurses — his wife Maye, his daughter Hildegard, and lead nurse Louise, known in the show as “Madame Recht” — cared for retained their vision. The reason? Couney was worried enough about this problem to use incubators developed by M. Alexandre Lion in France, which regulated oxygen flow. Today it is widely accept that every baby – premature or ones born to term – should be saved.  Not so in Couney’s time. Preemies were referred to as “weaklings,” and even some doctors believed their lives were not worth saving. While Raffel’s tale is inspiring, it is also horrific. She does not shy away from people like Dr. Harry Haiselden who, unlike Couney, was an actual M.D., but “denied lifesaving treatment to infants he deemed ‘defective,’ deliberately watching them die even when they could have lived.” (…) True, he was a showman, and during most of his career, he earned a good living from his incubator babies show, but Couney, an elegant man who fluently spoke German, French and English, didn’t exploit his preemies (Hildegard was a preemie too).  He gave them a chance at the lives they might not have been allowed to live. Couney used his showmanship to support all of this life-saving. He put on shows for boardwalk crowds, but he also, despite not having a medical degree, maintained his incubators according to high medical standards. In many ways, Couney’s practices were incredibly advanced. Babies were fed with breast milk exclusively, nurses provided loving touches frequently, and the babies were held, changed and bathed. (…) Yet the efforts of Dr. Couney’s his nurses went largely ignored by the medical profession and were only mentioned once in a medical journal. As Raffel writes in her book’s final page, “There is nothing at his  grave to indicate that [Martin Couney] did anything of note.” The same goes for Maye, Louise and Hildegard. Louise’s name was misspelled on her shared tombstone (Louise’s remains are interred in another family’s crypt), and Hildegard, whose remains are interred with Louise’s, did not even have her own name engraved on the shared tombstone. With the exception of Chicago’s Dr. Julius Hess, who is considered the father of neonatology, the majority of the medical establishment patronized and excluded Couney. Hess, though, respected Couney’s work and built on it with his own scientific approach and research; in the preface to his book Premature and Congenitally Diseased Infants, Hess acknowledges Couney “‘for his many helpful suggestions in the preparation of the material for this book.’” But Couney cared more about the babies than professional respect. His was a single-minded focus: even when it financially devastated him to do so, he persisted, so his preemies could live. National Book Review
Carl Hagenbeck had the idea to open zoos that weren’t only filled with animals, but also people. People were excited to discover humans from abroad: Before television and color photography were available, it was their only way to see them. Anne Dreesbach
The main feature of these multiform varieties of public show, which became widespread in late-nineteenth and early-twentieth century Europe and the United States, was the live presence of individuals who were considered “primitive”. Whilst these native peoples sometimes gave demonstrations of their skills or produced manufactures for the audience, more often their role was simply as exhibits, to display their bodies and gestures, their different and singular condition. In this article, the three main forms of modern ethnic show (commercial, colonial and missionary) will be presented, together with a warning about the inadequacy of categorising all such spectacles under the label of “human zoos”, a term which has become common in both academic and media circles in recent years. Luis A. Sánchez-Gómez
Between the 29th of November 2011 and the 3rd of June 2012, the Quai de Branly Museum in Paris displayed an extraordinary exhibition, with the eye-catching title Exhibitions. L’invention du sauvage, which had a considerable social and media impact. Its “scientific curators” were the historian Pascal Blanchard and the museum’s curator Nanette Jacomijn Snoep, with Guadalupe-born former footballer Lilian Thuram acting as “commissioner general”. A popular sportsman, Thuram is also known in France for his staunch social and political commitment. The exhibition was the culmination (although probably not the end point) of a successful project which had started in Marseille in 2001 with the conference entitled Mémoire colonial: zoos humains? Corps Exotiques, corps enfermés, corps mesurés. Over time, successive publications of the papers presented at that first meeting have given rise to a genuine publishing saga, thus far including three French editions, one in Italian, one in English and another in German. This remarkable repertoire is completed by the impressive catalogue of the exhibition. All of the book titles (with the exception of the catalogue) make reference to “human zoos” as their object of study, although in none of them are the words followed by a question mark, as was the case at the Marseille conference. This would seem to define “human zoos” as a well-documented phenomenon, the essence of which has been well-established. Most significantly, despite reiterating the concept, neither the catalogue of the exhibition, nor the texts drawn up by the exhibit’s editorial authorities, provide a precise definition of what a human zoo is understood to be. Nevertheless, the editors seem to accept the concept as being applicable to all of the various forms of public show featured in the exhibition, all of which seem to have been designed with a shared contempt for and exclusion of the “other”. Therefore, the label “human zoo” implicitly applies to a variety of shows whose common aim was the public display of human beings, with the sole purpose of showing their peculiar morphological or ethnic condition. Both the typology of the events and the condition of the individuals shown vary widely: ranging from the (generally individual) presentation of persons with crippling pathologies (exotic or more often domestic freaks or “human monsters”) to singular physical conditions (giants, dwarves or extremely obese individuals) or the display of individuals, families or groups of exotic peoples or savages, arrived or more usually brought, from distant colonies. The purpose of the 2001 conference had been to present the available information about such shows, to encourage their study from an academic perspective and, most importantly, to publicly denounce these material and symbolic contexts of domination and stigmatisation, which would have had a prominent role in the complex and dense animalisation mechanisms of the colonised peoples by the “civilized West”. A scientific and editorial project guided by such intentions could not fail to draw widespread support from academic, social and journalistic quarters. Reviews of the original 2002 text and successive editions have, for the most part, been very positive, and praise for what was certainly an extraordinary exhibition (the one of 2012) has been even more unanimous. However, most commentators have limited their remarks to praising the important anti-racist content and criticisms of the colonial legacy, which are common to both undertakings. Only a few authors have drawn attention to certain conceptual and interpretative problems with the presumed object of study, the “human zoos”, problems which would undermine the project’s solidity. (…) Although the public display of human beings can be traced far back in history in many different contexts (war, funerals and sacred contexts, prisons, fairs, etc…) the configuration and expansion of different varieties of ethnic shows are closely and directly linked to two historical phenomena which lie at the very basis of modernity: exhibitions and colonialism. The former began to appear at national contests and competitions (both industrial and agricultural). These were organised in some European countries in the second half of the eighteenth century, but it was only in the century that followed that they acquired new and shocking material and symbolic dimensions, in the shape of the international or universal exhibition.The key date was 1851, when the Great Exhibition of the Works of Industry of All Nations was held in London. The triumph of the London event, its rapid and continuing success in France and the increasing participation (which will be outlined) of indigenous peoples from the colonies, paved the way from the 1880s for a new exhibition model: the colonial exhibition (whether official or private, national or international) which almost always featured the presence of indigenous human beings. However, less spectacular exhibitions had already been organised on a smaller scale for many years, since about the mid-nineteenth century. Some of these were truly impressive events, which in some cases also featured native peoples. These were the early missionary (or ethnological-missionary) exhibitions, which initially were mainly British and Protestant, but later also Catholic. Finally, the unsophisticated ethnological exhibitions which had been typical in England (particularly in London) in the early-nineteenth century, underwent a gradual transformation from the middle of the century, which saw them develop into the most popular form of commercial ethnological exhibition. These changes were initially influenced by the famous US circus impresario P.T. Barnum’s human exhibitions. Later on, from 1874, Barnum’s displays were successfully reinterpreted (through the incorporation of wild animals and groups of exotic individuals) by Carl Hagenbeck.The second factor which was decisive in shaping the modern ethnic show was imperial colonialism, which gathered in momentum from the 1870s. The propagandising effect of imperialism was facilitated by two emerging scientific disciplines, physical anthropology and ethnology, which propagated colonial images and mystifications amid the metropolitan population. This, coupled with robust new levels of consumerism amongst the bourgeoisie and the upper strata of the working classes, had a greater impact upon our subject than the economic and geostrategic consequences of imperialism overseas. In fact, the new context of geopolitical, scientific and economic expansion turned the formerly “mysterious savages” into a relatively accessible object of study for certain sections of society. Regardless of how much was written about their exotic ways of life, or strange religious beliefs, the public always wanted more: seeking participation in more “intense” and “true” encounters and to feel part of that network of forces (political, economic, military, academic and religious) that ruled even the farthest corners of the world and its most primitive inhabitants.It was precisely the convergence of this web of interests and opportunities within the new exhibition universe that had already consolidated by the end of the 1870s, and which was to become the defining factor in the transition. From the older, popular model of human exhibitions which had dominated so far, we see a reduction in the numbers of exhibitions of isolated individuals classified as strange, monstrous or simply exotic, in favour of adequately-staged displays of families and groups of peoples considered savage or primitive, authentic living examples of humanity from a bygone age. Of course, this new interest, this new desire to see and feel the “other” was fostered not only by exhibition impresarios, but by industrialists and merchants who traded in the colonies, by colonial administrators and missionary societies. In turn, the process was driven forward by the strongly positive reaction of the public, who asked for more: more exoticism, more colonial products, more civilising missions, more conversions, more native populations submitted to the white man’s power; ultimately, more spectacle. Despite the differences that can be observed within the catalogue of exhibitions, their success hinged to a great extent upon a single factor: the representation or display of human beings labelled as exotic or savage, which today strikes us as unsettling and distasteful. It can therefore be of little surprise that most, if not all, of the visitors to the Quai de Branly Museum exhibiton of 2012 reacted to the ethnic shows with a fundamental question: how was it possible that such repulsive shows had been organised? Although many would simply respond with two words, domination and racism, the question is certainly more complex. In order to provide an answer, the content and meanings of the three main models or varieties of the modern ethnic show –commercial ethnological exhibitions, colonial exhibitions and missionary exhibitions– will be studied. (…) The opposition that missionary societies encountered at nineteenth-century international exhibitions encouraged them to organise events of their own. The first autonomous missionary events were Protestant and possibly took place prior to 1851. In any case, this has been confirmed as the year that the Methodist Wesleyan Missionary Society organised a missionary exhibition (which took place at the same time as the International Exhibition). Small in size and very simple in structure, it was held for only two days during the month of June, although it provided the extraordinary opportunity to see and acquire shells, corals and varied ethnographic materials (including idols) from Tonga and Fiji. The exhibition’s aim was very specific: to make a profit from ticket sales and the materials exhibited and to seek general support for the missionary enterprise.Whether or not they were directly influenced by the international event of 1851, the modest British missionary exhibitions of the mid-nineteenth century began to evolve rapidly from the 1870s, reaching truly spectacular proportions in the first third of the twentieth century. This enormous success was due to a particular set of circumstances which were not true for the Catholic sphere. Firstly, the exhibits were a fantastic source of propaganda, and furthermore, they generated a direct and immediate cash income. This is significant considering that Protestant church societies and committees neither depended upon, nor were linked to (at least not directly or officially) civil administration and almost all revenue came from the personal contributions of the faithful. Secondly, because Protestants organised their own events, there was no reason for them to participate in the official colonial exhibitions, with which the Catholic missions became repeatedly involved once the old prejudices of government had fallen away by the later years of the nineteenth century. In this way, evangelical communities were able to maintain their independence from the imperial enterprise, yet in a manner that did not preclude them from collaborating with it whenever it was in their interests to do so.However, whether Catholic or Protestant, the main characteristic of the missionary exhibitions in the timeframe of the late-nineteenth and early-twentieth century, was their ethnological intent. The ethnographic objects of converted peoples (and of those who had yet to be converted) were noteworthy for their exoticism and rarity, and became a true magnet for audiences. They were also supposedly irrefutable proof of the “backward” and even “depraved” nature of such peoples, who had to be liberated by the redemptive missions which all Christians were expected to support spiritually and financially. But as tastes changed and the public began to lose interest, the exhibitions started to grow in size and complexity, and increasingly began to feature new attractions, such as dioramas and sculptures of native groups. Finally, the most sophisticated of them began to include the natives themselves as part of the show. It must be said that, but for rare exceptions, these were not exhibitions in the style of the famous German Völkerschauen or British ethnological exhibitions, but mere performances; in fact, the “guests” had already been baptized, were Christians, and allegedly willing to collaborate with their benefactors.Whilst the Protestant churches (British and North American alike) produced representations of indigenous peoples with the greatest frequency and intensity, it was (as far as we know) the (Italian) Catholic Church that had the dubious honour of being the first to display natives at a missionary exhibition, and did so in a clearly savagist and rudimentary fashion, which could even be described as brutal. This occurred in the religious section of the Italian-American Exhibition of Genoa in 1892. As a shocking addition to the usual ethnographic and missionary collections, seven natives were exhibited in front of the audience: four Fuegians and three Mapuches of both sexes (children, young and fully-grown adults) brought from America by missionaries. The Fuegians, who were dressed only in skins and armed with bows and arrows, spent their time inside a hut made from branches which had been built in the garden of the pavilion housing the missionary exhibition. The Mapuches were two young girls and a man; the three of them lived inside another hut, where they made handicrafts under the watchful eye of their keepers.The exhibition appears to have been a great success, but it must have been evident that the model was too simple in concept, and inhumanitarian in its approach to the indigenous people present. In fact, whilst subsequent exhibitions also featured a native presence (always Christianised) at the invitation of the clergy, the Catholic Church never again fell into such a rough presentation and representation of the obsolete and savage way of life of its converted. To provide an illustration of those times, now happily overcome by the missionary enterprise, Catholic congregations resorted to dioramas and sculptures, some of which were of superb technical and artistic quality.Although the Catholic Church may have organised the first live missionary exhibition, it should not be forgotten that they joined the exhibitional sphere much later than the evangelical churches. Also, a considerable number of their displays were associated with colonial events, something that the Protestant churches avoided. (…) Whilst it was the reformed churches that most readily incorporated native participation, they seemed to do so in a more sensitive and less brutalised manner than the Genoese Catholic Exhibition of 1892. (…) The exhibition model at these early-twentieth century Protestant events was very similar to the colonial model. Native villages were reconstructed and ethnographic collections were presented, alongside examples of local flora and fauna, and of course, an abundance of information about missionary work, in which its evangelising, educational, medical and welfare aspects were presented. Some of these were equally as attractive to the audience (irrespective of their religious beliefs) as contemporary colonial or commercial exhibitions. However, it may be noted that the participation of Christianised natives took a radically different form from those of the colonial and commercial world. Those who were most capable and had a good command of English served as guides in the sections corresponding to their places of origin, a task that they tended to carry out in traditional clothing. More frequently these new Christians assumed roles with less responsibility, such as the manufacture of handicrafts, the sale of exotic objects or the recreation of certain aspects of their previous way of life. The organisers justified their presence by claiming that they were merely actors, representing their now-forgotten savage way of life. This may very well have been the case. At the Protestant exhibitions of the 1920s and 1930s, the presence of indigens became progressively less common until it eventually disappeared. This notwithstanding, the organisers came to benefit from a living resource which complemented displays of ethnographic materials whilst being more attractive to the audience than the usual dioramas. This was a theatrical representation of the native way of life (combined with scenes of missionary interaction) by white volunteers (both men and women) who were duly made up and in some cases appeared alongside real natives. Some of these performances were short, but others consisted of several acts and featured dozens of characters on stage. Regardless of their form, these spectacles were inherent to almost any British and North American exhibition, although much less frequent in continental Europe.Since the 1960s, the Christian missionary exhibition (both Protestant and Catholic) has been conducted along very different lines from those which have been discussed here. All direct or indirect associations with colonialism have been definitively given up; it has broken with racial or ethnological interpretations of converted peoples, and strongly defends its reputed autonomy from any political groups or interests, without forgetting that the essence of evangelisation is to maximize the visibility of its educational and charitable work among the most disadvantaged. (…)The three most important categories of modern ethnic show –commercial ethnological exhibitions, colonial exhibitions and missionary exhibitions– have been examined. All three resorted, to varying degrees, to the exhibition of exotic human beings in order to capture the attention of their audience, and, ultimately, to achieve certain goals: be they success in business and personal enrichment, social, political or financial backing for the colonial enterprise, or support for missionary work. Whilst on occasion they coincided at the same point in time and within the same context of representation, the uniqueness of each form of exhibition has been emphasised. However, this does not mean that they are completely separate phenomena, or that their representation of exotic “otherness” is homogeneous.Missionary exhibitions displayed perhaps the most singular traits due to their spiritual vision. However, it is clear that many made a determined effort to produce direct, visual and emotional spectacles and some, in so doing, resorted to representations of natives which were very similar to those of colonial exhibitions. Can we speak then, of a convergence of designs and interests? I honestly do not think so. At many colonial exhibitions, organisers showed a clear intention to portray natives as fearsome, savage individuals (sometimes even describing them as cannibals) who somehow needed to be subjugated. Peoples who were considered, to a lesser or greater extent, to be civilised were also displayed (as at the interwar exhibitions). However, the purpose of this was often to publicise the success of the colonial enterprise in its campaign for “the domestication of the savage”, rather than to present a message of humanitarianism or universal fraternity. Missionary exhibitions provided information and material examples of the former way of life of the converted, in which natives demonstrated that they had abandoned their savage condition and participated in the exhibition for the greater glory of the evangelising mission. Moreover, they also became living evidence that something much more transcendent than any civilising process was taking place: that once they had been baptised, anyone, no matter how wild they had once been, could become part of the same universal Christian family.It is certainly true that the shows that the audiences enjoyed at all of these exhibitions (whether missionary, colonial or even commercial) were very similar. Yet in the case of the former, the act of exhibition took place in a significantly more humanitarian context than in the others. And while it is evident that indigenous cultures and peoples were clearly manipulated in their representation at missionary exhibitions, this did not mean that the exhibited native was merely a passive element in the game. And there is something more. The dominating and spectacular qualities present in almost all missionary exhibitions should not let us forget one last factor which was essential to their conception, their development and even their longevity: Christian faith. Without Christian faith there would have been no missionary exhibitions, and had anything similar been organised, it would not have had the same meaning. It was essential that authentic Christian faith existed within the ecclesiastical hierarchy and within those responsible for congregations, missionary societies and committees. But the faith that really made the exhibitions possible was the faith of the missionaries, of others who were involved in their implementation and, of course, of those who visited. Although it was never recognised as such, this was perhaps an uncritical faith, complacent in its acceptance of the ways in which human diversity was represented and with ethical values that occasionally came close to the limits of Christian morality. But it was a faith nonetheless, a faith which intensified and grew with each exhibition, which surely fuelled both Christian religiosity (Catholic and Protestant alike) and at least several years of missionary enterprise, years crucial for the imperialist expansionism of the West. It is an objective fact that the display of human beings at commercial and colonial shows was always much more explicit and degrading than at any missionary exhibition. To state what has just been proposed more bluntly: missionary exhibitions were not “human zoos”. However, it is less clear whether the remaining categories: are commercial and colonial exhibitions worthy of this assertion (human zoos), or were they polymorphic ethnic shows of a much greater complexity?The principal analytical obstacle to the use of the term “human zoo” is that it makes an immediate and direct association between all of these acts and contexts and the idea of a nineteenth-century zoo. The images of caged animals, growling and howling, may cause admiration, but also disgust; they may sometimes inspire tenderness, but are mainly something to be avoided and feared due to their savage and bestial condition. This was definitely the case for the organisers of the scientific and editorial project cited at the beginning of this article, so it can be no surprise that Carl Hagenbeck’s joint exhibitions of exotic animals and peoples were chosen as the frame of reference for human zoos. Although the authors state in the first edition that “the human zoo is not the exhibition of savagery but its construction” [“le zoo humain n’est pas l’exhibition de la sauvagerie, mais la construction de celle-ci”], the problem, as Blanckaert (2002) points out, is that this alleged construction or exhibitional structure was not present at most of the exhibitions under scrutiny, nor (and this is an added of mine) at those shown at the Exhibitions. Indeed, the expression “human zoo” establishes a model which does not fit with the meagre number of exhibitions of exotic individuals from the sixteenth, seventeenth or eighteenth centuries, nor with that of Saartjie Baartmann (the Hottentot Venus) of the early nineteenth century, much less with the freak shows of the twentieth century. Furthermore, this model can neither be compared to most of the nineteenth-century British human ethnological exhibitions, nor to most of the native villages of the colonial exhibitions, nor to the Wild West show of Buffalo Bill, let alone to the ruralist-traditionalist villages which were set up at many national and international exhibitions until the interwar period. Ultimately, their connection with many wandering “black villages” or “native villages” exhibited by impresarios at the end of the nineteenth century could also be disputed. Moreover, many of the shows organised by Hagenbeck number amongst the most professional in the exhibitional universe. The fact that they were held in zoos should not automatically imply that the circumstances in which they took place were more brutal or exploitative than those of any of the other ethnic shows.It is evident from all the shows which have been discussed, that the differential racial condition of the persons exhibited not only formed the basis of their exhibition, but may also have fostered and even founded racist reactions and attitudes held by the public. However, there are many other factors (political, economic and even aesthetic) which come into play and have barely been considered, which could be seen as encouraging admiration of the displays of bodies, gestures, skills, creations and knowledge which were seen as both exotic and seductive.In fact, the indiscriminate use of the very successful concept of “human zoo” generates two fundamental problems. Firstly it impedes our “true” knowledge of the object of study itself, that is, of the very varied ethnic shows which it intends to catalogue, given the great diversity of contexts, formats, persons in charge, objectives and materialisations that such enterprises have to offer. Secondly, the image of the zoo inevitably recreates the idea of an exhibition which is purely animalistic, where the only relationship is that which exists between exhibitor and exhibited: the complete domination of the latter (irrational beasts) by the former (rational beings). If we accept that the exhibited are treated merely as as more-or-less worthy animals, the consequences are twofold: a logical rejection of such shows past, present and future, and the visualization of the exhibited as passive victims of racism and capitalism in the West. It is therefore of no surprise that the research barely considers the role that these individuals may have played, the extent to which their participation in the show was voluntary and the interests which may have moved some of them to take part in these shows. Ultimately, no evaluation has been made of how these shows may have provided “opportunity contexts” for the exhibited, whether as commercial, colonial or missionary exhibitis. Whilst it is true that the exhibited peoples’ own voice is the hardest to record in any of these shows, greater effort could have been made in identifying and mapping them, as, when this happens, the results obtained are truly interesting. Before we conclude, it must be said that the proposed analysis does not intend to soften or justify the phenomenon of the ethnic show. Even in the least dramatic and exploitative cases it is evident that the essence of these shows was a marked inequality, in which every supposed “context of interaction” established a dichotomous relationship between black and white, North and South, colonisers and colonised, and ultimately, between dominators and dominated. My intention has been to propose a more-or-less classifying and clarifying approach to this varied world of human exhibitions, to make a basic inventory of their forms of representation and to determine which are the essential traits that define them, without losing sight of the contingent factors which they rely upon. Luis A. Sánchez-Gómez
Une théorie du complot (on parle aussi de conspirationnisme ou de complotisme) est un récit pseudo-scientifique, interprétant des faits réels comme étant le résultat de l’action d’un groupe caché, qui agirait secrètement et illégalement pour modifier le cours des événements en sa faveur, et au détriment de l’intérêt public. Incapable de faire la démonstration rigoureuse de ce qu’elle avance, la théorie du complot accuse ceux qui la remettent en cause d’être les complices de ce groupe caché. Elle contribue à semer la confusion, la désinformation, et la haine contre les individus ou groupes d’individus qu’elle stigmatise. (…) Derrière chaque actualité ayant des causes accidentelles ou naturelles (mort ou suicide d’une personnalité, crash d’avion, catastrophe naturelle, crise économique…), la théorie du complot cherche un ou des organisateurs secrets (gouvernement, communauté juive, francs-maçons…) qui auraient manipulé les événements dans l’ombre pour servir leurs intérêts : l’explication rationnelle ne suffit jamais. Et même si les événements ont une cause intentionnelle et des acteurs évidents (attentat, assassinat, révolution, guerre, coup d’État…), la théorie du complot va chercher à démontrer que cela a en réalité profité à un AUTRE groupe caché. C’est la méthode du bouc émissaire. (…) La théorie du complot voit les indices de celui-ci partout où vous ne les voyez pas, comme si les comploteurs laissaient volontairement des traces, visibles des seuls « initiés ». Messages cachés sur des paquets de cigarettes, visage du diable aperçu dans la fumée du World Trade Center, parcours de la manifestation Charlie Hebdo qui dessinerait la carte d’Israël… Tout devient prétexte à interprétation, sans preuve autre que l’imagination de celui qui croit découvrir ces symboles cachés. Comme le disait une série célèbre : « I want to believe ! » (…) La théorie du complot a le doute sélectif : elle critique systématiquement l’information émanant des autorités publiques ou scientifiques, tout en s’appuyant sur des certitudes ou des paroles « d’experts » qu’elle refuse de questionner. De même, pour expliquer un événement, elle monte en épingle des éléments secondaires en leur conférant une importance qu’ils n’ont pas, tout en écartant les éléments susceptibles de contrarier la thèse du complot. Son doute est à géométrie variable. (…) La théorie du complot tend à mélanger des faits et des spéculations sans distinguer entre les deux. Dans les « explications » qu’elle apporte aux événements, des éléments parfaitement avérés sont noués avec des éléments inexacts ou non vérifiés, invérifiables, voire carrément mensongers. Mais le fait qu’une argumentation ait des parties exactes n’a jamais suffi à la rendre dans son ensemble exacte !   (…) C’est une technique rhétorique qui vise à intimider celui qui y est confronté : il s’agit de le submerger par une série d’arguments empruntés à des champs très diversifiés de la connaissance, pour remplacer la qualité de l’argumentation par la quantité des (fausses) preuves. Histoire, géopolitique, physique, biologie… toutes les sciences sont convoquées – bien entendu, jamais de façon rigoureuse. Il s’agit de créer l’impression que, parmi tous les arguments avancés, « tout ne peut pas être faux », qu’ »il n’y a pas de fumée sans feu » (…) Incapables (et pour cause !) d’apporter la preuve définitive de ce qu’elle avance, la théorie du complot renverse la situation, en exigeant de ceux qui ne la partagent pas de prouver qu’ils ont raison. Mais comment démontrer que quelque chose qui n’existe pas… n’existe pas ? Un peu comme si on vous demandait de prouver que le Père Noël n’est pas réel. (…) A force de multiplier les procédés expliqués ci-dessus, les théories du complot peuvent être totalement incohérentes, recourant à des arguments qui ne peuvent tenir ensemble dans un même cadre logique, qui s’excluent mutuellement. Au fond, une seule chose importe : répéter, faute de pouvoir le démontrer, qu’on nous ment, qu’on nous cache quelque chose. #OnTeManipule !
Hoax[es], rumeurs, photos ou vidéos truquées… les fausses informations abondent sur internet. Parfois la désinformation va plus loin, et prend la forme de pseudo-théories à l’apparence scientifique qui vous mettent en garde : « On te manipule ! » A en croire ces « théoriciens » du complot, États, institutions et médias déploieraient des efforts systématiques pour tromper et manipuler les citoyens. Il faudrait ne croire personne… sauf ceux qui portent ces thèses complotistes ! Étrange, non ? Et si ceux qui dénoncent la manipulation étaient eux-mêmes en train de nous manipuler ? Oui, #OnTeManipule quand on invente des complots, quand on désigne des boucs émissaires, et quand on demande d’y croire, sans aucune preuve. Découvrez les bons réflexes à avoir pour garder son sens critique et prendre du recul par rapport aux informations qui circulent. On te manipule
Peintures, sculptures, affiches, cartes postales, films, photographies, moulages, dioramas, maquettes et costumes donnent un aperçu de l’étendue de ce phénomène et du succès de cette industrie du spectacle exotique qui a fasciné plus d’un milliard de visiteurs de 1800 à 1958 et a concerné près de 35 000 figurants dans le monde. À travers un vaste panorama composé de près de 600 oeuvres et de nombreuses projections de films d’archives, l’exposition montre comment ces spectacles, à la fois outil de propagande, objet scientifique et source de divertissement, ont formé le regard de l’Occident et profondément influencé la manière dont est appréhendé l’Autre depuis près de cinq siècles. L’exposition explore les frontières parfois ténues entre exotiques et monstres, science et voyeurisme, exhibition et spectacle, et questionne le visiteur sur ses propres préjugés dans le monde d’aujourd’hui. Si ces exhibitions disparaissent progressivement dans les années 30, elles auront alors accompli leur oeuvre : créer une frontière entre les exhibés et les visiteurs. Une frontière dont on peut se demander si elle existe toujours ? Musée du quai Branly
Pendant plus d’un siècle, les grandes puissances colonisatrices ont exhibé comme des bêtes sauvages des êtres humains arrachés à leur terre natale. Retracée dans ce passionnant documentaire, cette « pratique » a servi bien des intérêts. Ils se nomment Petite Capeline, Tambo, Moliko, Ota Benga, Marius Kaloïe et Jean Thiam. Fuégienne de Patagonie, Aborigène d’Australie, Kali’na de Guyane, Pygmée du Congo, Kanak de Nouvelle-Calédonie, ces six-là, comme 35 000 autres entre 1810 et 1940, ont été arrachés à leur terre lointaine pour répondre à la curiosité d’un public en mal d’exotisme, dans les grandes métropoles occidentales. Présentés comme des monstres de foire, voire comme des cannibales, exhibés dans de véritables zoos humains, ils ont été source de distraction pour plus d’un milliard et demi d’Européens et d’Américains, venus les découvrir en famille au cirque ou dans des villages indigènes reconstitués, lors des grandes expositions universelles et coloniales. S’appuyant sur de riches archives (photos, films, journaux…) ainsi que sur le témoignage inédit des descendants de plusieurs de ces exhibés involontaires, Pascal Blanchard et Bruno Victor-Pujebet restituent le phénomène des exhibitions ethnographiques dans leur contexte historique, de l’émergence à l’essor des grands empires coloniaux. Ponctué d’éclairages de spécialistes et d’universitaires, parmi lesquels l’anthropologue Gilles Boëtsch (CNRS, Dakar) et les historiens Benjamin Stora, Sandrine Lemaire et Fanny Robles, leur passionnant récit permet d’appréhender la façon dont nos sociétés se sont construites en fabriquant, lors de grandes fêtes populaires, une représentation stéréotypée du « sauvage ». Et comment, succédant au racisme scientifique des débuts, a pu s’instituer un racisme populaire légitimant la domination des grandes puissances sur les autres peuples du monde. Arte
On assiste au passage progressif d’un racisme scientifique à un racisme populaire, un passage qui n’est ni lié à la littérature ni au cinéma, puisque celui-ci n’existe pas encore, mais à la culture populaire, avec des spectateurs qu vont au zoo pour se divertir, sans le sentiment d’être idéologisés, manipulés. Pascal Blanchard
On payait pour voir des êtres hors norme, le frisson de la dangerosité faisait partie du spectacle. (… ) Imaginez ici des pirogues, un décorum de village lacustre wolof. Tout était fait pour donner au public l’illusion de voir le sauvage dans son biotope. C’est d’ailleurs dans ce décor factice que les frères Lumière tourneront leur douzième film, Baignade de nègres, comme s’ils étaient en Afrique… Pour le visiteur, cette représentation caricaturale du monde et de l’autre était perçue comme la réalité. (…) Ces articles et ces photos contribuent alors à la propagation de clichés et d’idées reçues sur le “sauvage”. Autant de représentations qui légitiment l’ordre colonial, popularisent la théorie et la hiérarchie des races, le concept de peuples “inférieurs” qu’il convient de faire entrer dans la lumière de la civilisation. (…) Ici, vous aviez la grande esplanade des exhibitions humaines. Celle-là même où avaient été placés les Fuégiens de Patagonie en 1881. Sur les photos que nous avons pu retrouver, on voit qu’ils sont installés sur une planche, en hauteur, sans doute à cause du froid et de l’humidité. Ils étaient arrivés en plein mois d’octobre et n’étaient quasiment pas vêtus. Beaucoup avaient attrapé des maladies pulmonaires. (…) Ils étaient enterrés sur place, dans le cimetière du zoo, au même rang que les animaux. Dans certains cas, les corps étaient envoyés à l’Institut médico-légal ou à la Société d’anthropologie de Paris, où le public payait pour assister à leur dissection. (…) Même pour les spécialistes, ce pan de l’histoire coloniale était considéré com­me un élément secondaire. (…) Il a fallu six mois pour obtenir l’autorisation de réaliser quelques séquences à l’intérieur du jardin, et nous ne l’avons eue que parce que nous avons menacé de filmer à travers les grilles… Pascal Blanchard
Grâce à l’historien Pascal Blanchard, que j’ai rencontré lors d’un colloque, à l’époque où je jouais à Barcelone. Après notre rencontre, il m’a envoyé un livre sur le sujet, et c’est comme ça que j’ai appris à connaître un peu mieux cette histoire des « zoos humains ». Une histoire extrêmement violente, dont les enjeux m’intéressent car elle permet de comprendre d’où vient le racisme, de saisir qu’il est lié à un conditionnement historique. (…) Les zoos humains sont le reflet d’un rapport de domination, celui de l’Occident sur le reste du monde. La domination de celui qui détient le pouvoir économique et militaire, et qui l’utilise pour que d’autres personnes, dominées, venues d’Asie, d’Océanie, d’Afrique, soient montrées comme des animaux dans des espaces clos, au nom notamment de la couleur de leur peau. (…) Ces exhibitions ont attiré des millions de spectateurs et ont ancré dans leur tête l’idée d’une hiérarchie entre les personnes, entre les prétendues « races » – la race blanche étant considérée comme supérieure. Les mécanismes de domination qui existent dans nos sociétés se sont construits petit à petit. La plupart des gens sont devenus racistes sans le savoir, ils ont été éduqués dans ce sens-là. Après avoir visité ces zoos humains, les populations occidentales étaient confortées dans l’idée qu’elles étaient supérieures, qu’elles incarnaient la « civilisation » face à des «  sauvages ». Lorsque je préparais l’exposition au Quai Branly, en 2011, je me suis rendu à Hambourg. Là-bas, sur le portail d’entrée du zoo, une sculpture représente des animaux et des hommes, mis au même niveau. C’est d’une violence totale. Mais cela permet aussi de comprendre pourquoi certains sont aujourd’hui encore dans le rejet de l’autre. Il reste des séquelles de ce passé, les barrières existent toujours dans nos sociétés. Comment ne pas penser à ces enclos quand on voit les murs qui se construisent autour de l’Europe ou aux Etats-Unis ? Les zoos humains permettent de nous éclairer sur ce que nous vivons aujourd’hui. (…) Mais ce n’est pas seulement l’évocation des zoos humains qui pose problème, c’est le passé en général. Ce passé lié à de la violence, au fait de s’accaparer des biens d’autrui. Mais, ce passé-là, nous devons nous l’approprier car il raconte l’histoire du monde actuel. Le regarder en face doit nous permettre de nous éclairer sur ce que nous sommes en train de vivre, pour essayer de choisir un futur différent. Dans nos sociétés, la chose la plus importante est-elle le profit, le fait de s’octroyer le bien des autres pour s’enrichir ? C’est important de se poser ces questions-là aujourd’hui. (…) Ces manifestations racistes dont vous parlez viennent directement des zoos humains. De cette histoire. Les gens ont été éduqués ainsi. Les cultures dans lesquelles il y a eu des zoos humains gardent ce complexe de supériorité, conscient ou inconscient, sur les autres cultures. Pour progresser, il faut savoir faire preuve d’autocritique. Dans le sport de haut niveau, c’est essentiel. Cela vaut aussi pour la société. Mais nos sociétés, françaises, européennes, portent très peu de critiques sur elles-mêmes. Très souvent, les gens ne veulent pas critiquer leur propre culture. Il n’y a pas si longtemps encore, l’Europe était persuadée d’être le phare de l’univers. Les zoos humains sont liés à l’histoire coloniale. Les gens ont souvent tendance à croire qu’après la colonisation il y a eu l’égalité. Mais non, il y a une culture de la domination qui perdure. Notre système économique ne fait-il pas en sorte qu’une minorité, qui vit bien, exploite une majorité, qui vit mal ? (…) Avant toute chose, je pense qu’il faut connaître notre passé pour mieux comprendre ce que nous vivons aujourd’hui. Pourquoi certaines personnes ne veulent-elles pas connaître cette histoire, de quoi ont-elles peur ? Le plus beau cadeau que l’on puisse faire à une société, c’est de lui apprendre à connaître son histoire. Il n’y a que sur des bases solides que l’on peut construire un présent et un futur solides. Lilian Thuram
Entre 1877 et 1937, des millions de Parisiens se bousculèrent ici, à la lisière du bois de Boulogne, pour assister au spectacle exotique de Nubiens, Sénégalais, Kali’nas, Fuégiens, Lapons exposés devant le public parés de leurs attributs « authentiques » (lances, peaux de bêtes, pirogues, masques, bijoux…). On se pressait pour voir les « sauvages », des hommes, des femmes et des enfants souvent parqués derrière des grillages ou des barreaux, comme les animaux qui faisaient jusqu’alors la réputation du Jardin zoologique d’acclimatation. D’étranges étrangers, supposés non civilisés et potentiellement menaçants, à l’image de ces Kanaks présentés comme des cannibales et exhibés… dans la fosse aux ours. (…) Lorsque le directeur du Jardin d’acclimatation, le naturaliste Geoffroy Saint-Hilaire, organise les tout premiers « spectacles ethnologiques » en 1877 avec des Nubiens et des Esquimaux, il est en quête de nouvelles attractions pour remettre à flot son établissement. Quelques mois plus tôt, à Hambourg, un certain Carl Hagenbeck, marchand d’animaux sauvages, a connu un succès phénoménal en présentant une troupe de Lapons. Au bois de Boulogne, le premier ethnic show fait courir les foules. La fréquentation du jardin double, pour atteindre un million de visiteurs en un an. Certains dimanches, plus de soixante-dix mille personnes se pressent dans les allées. C’est le début d’une mode qui va gagner le monde entier, d’expositions coloniales en expositions universelles. Trente-cinq mille individus seront ainsi exhibés, attirant près d’un milliard et demi de curieux de l’Allemagne aux Etats-Unis, de la Grande-Bretagne au Japon. Pour le promeneur de 2018, impossible de deviner ce passé sinistre derrière les contours ripolinés du parc d’attractions. Les bâtiments de l’époque ont été démolis. Quant aux villages exotiques qui servaient de cadre aux « indigènes », ils étaient éphémères, un ailleurs succédant à un autre. Mais Pascal Blanchard, qui a compulsé des kilos d’images d’archives, n’a aucun mal à en faire ressurgir le souvenir face à ce paisible plan d’eau où patientent des barques (…) Une réalité dont on pouvait conserver le souvenir en s’offrant, après le show, ses produits dérivés, cartes postales, gravures ou coquillages samoans signés de la main des indigènes. Les exhibitions coloniales font le bonheur des anthropologues, qui se bousculent chaque matin avant l’arrivée du public et payent pour pouvoir observer et examiner les « spécimens », publiant ensuite des articles dans les revues les plus sérieuses. S’inspirant des clichés anthropométriques de la police, le photographe Roland Bonaparte constitue, lui, un catalogue de plusieurs milliers d’images « ethnographiques », dans lequel puiseront des générations de scientifiques. (…) Nombre d’exhibés sont ainsi morts dans les zoos humains. On estime entre trente-deux et trente-quatre le nombre de ceux qui auraient péri au Jardin d’acclimatation. » L’acte de décès était déposé à la mairie de Neuilly, mais les morts n’avaient le plus souvent pas de nom. C’est à la lettre « F » comme Fuégienne que les chercheurs ont retrouvé, sur les registres, la trace d’une fillette de 2 ans morte peu après son arrivée à Paris. Une des pièces du puzzle qu’il a fallu patiemment assembler pour reconstituer la mémoire des zoos humains, longtemps ignorée de tous. (…) Aujourd’hui encore, le sujet reste sensible, y compris pour la direction du Jardin d’acclimatation (géré par le groupe LVMH), comme l’a constaté Pascal Blanchard lors du tournage de son documentaire (…) En 2013, au terme d’un combat de cinq ans, les historiens, soutenus par Didier Daeninckx, Lilian Thuram et des élus du Conseil de Paris, ont obtenu que soit posée au Jardin d’acclimatation une plaque commémorative faisant état de ce qu’avaient été les « zoos humains », « symboles d’une autre époque où l’autre avait été regardé comme un “animal” en Occident ». Mais le visiteur doit avoir l’œil bien ouvert pour remarquer la discrète inscription un peu cachée dans les herbes, à l’extérieur de l’enceinte du jardin… Comme le signe d’un passé refoulé qui peine encore à atteindre la lumière. Télérama
Après l’antisémitismeArte invente le conspirationnisme pour tous !

« Grandes puissances colonisatrices »,  « exhibés comme des bêtes sauvages »,  « êtres humains arrachés à leur terre natale », « servi bien des intérêts », « curiosité d’un public en mal d’exotisme », « présentés comme des monstres de foire, voire comme des cannibales, « véritables zoos humains », « théâtre de cruauté », « exhibés involontaires », « représentation stéréotypée du ‘sauvage' », « racisme scientifique », « racisme populaire légitimant la domination des grandes puissances sur les autres peuples du monde », « voyages dans wagons à bestiaux », « histoire inventée de toutes pièces » et « mise en scène pour promouvoir la hiérarchisation des races et justifier la colonisation du monde », « page sombre de notre histoire », « séquelles toujours vivaces » …

Au lendemain, après l’exposition du Quai Branly de 2011, de la diffusion d’un nouveau documentaire sur les « zoos humains » …

Où, à grands coups d’anachronismes et de raccourcis entre le narrateur de couleur de rigueur (le joueur de football guadeloupéen Lilian Thuram sautant allégrement des « zoos humains » aux cris de singe des hooligans des stades de football ou aux actuelles barrières de sécurité contre l’immigration llégale « Comment ne pas penser à ces enclos quand on voit les murs qui se construisent autour de l’Europe ou aux Etats-Unis ? »), la musique angoissante et les appels incessants à l’indignation, l’on nous déploie tout l’arsenal juridico-victimaire de l’histoire à la sauce tribunal de l’histoire …

Où faisant fi de toutes causes accidentelles ou naturelles (maladies, mort ou suicide), plus aucun fait ne peut être que le « résultat de l’action d’un groupe caché » au détriment de l’intérêt de populations qui ne peuvent autres que victimes …

Où la mise en épingle de certains éléments (colonisation, suprémacisme blanc) éclipse systématiquement tout élément susceptible de contrarier la thèse présentée (comme, au-delà par exemple de l’incohérence d’hommes âpres au gain censés mettre inconsidérément en danger à l’instar des esclavagistes dont l’on tient tant à les rapprocher la vie d’exhibés ramenés à grand frais d’Afrique ou de Nouvelle-Calédonie, les « exhibitions » non commerciales à fins humanitaires comme par exemple celles des sociétés missionnaires chrétiennes, l’implication ou la volonté, sans compter ceux qui décidèrent de rester en Europe et y compris à s’y marier avec des Européennes, de membres du groupe « victime » eux-mêmes comme le riche recruteur sénégalais Jean Thiam ou la danseuse nue au tutu de bananes du Bal nègre et future tenancière du « zoo humain » de Milandes présentant à la planète entière sa tribu arc en ciel recomposée d’enfants de toutes les races et ethnies du monde devient comme par enchantement « déconstructrice » de la facticité du mythe du sauvage) …

Où, écartant toute possibilité de véritable curiosité autre que morbide ou raciste (quel racisme attribuer à l’exhibition préalable et même parallèle des « monstres » blancs des « freak shows », dont le cas certes singulier du Dr. autoproclamé Couney sauvant ainsi des milliers de bébés incubés ? ou qui des actuels parcs ethnographiques ou de tourisme industriel où des artisans blancs dument costumés rejouent pour les visiteurs les gestes de leurs aïeux supposés ?), l’on impute invariablement les pires motivations aux méchants colons ou public voués de ce fait à l’exécration publique …

Comment ne pas reconnaitre, dans cette énième tentative d’absolution du péché originel de collusion de l’ethnologie avec l’ordre colonial, nombre des ingrédients des théories du complot que dénonce le site gouvernemental « #On te manipule »

Sauf que bien sûr on n’est plus cette fois dans la vulgaire théorie du complot ….

Mais – c’est pour une bonne cause (« Plus jamais ça ! ») – la théorie du complot vertueuse ?

Dans ce jardin, il y avait un “zoo humain”
Virginie Félix
Télérama
29/09/2018

Au Jardin d’acclimatation, de 1877 à 1937, on a parqué et exhibé des êtres humains venus d’ailleurs. L’historien Pascal Blanchard cosigne pour Arte un documentaire remarquable sur ces “zoos humains”, théâtres de cruauté. Et revient sur les lieux où le racisme s’exprimait sans vergogne. A voir samedi 29 septembre, 20h50.

Neuilly ronronne sous le soleil de septembre. En ce mardi de fin d’été, on pénètre dans les allées du Jardin d’acclimatation comme dans une parenthèse enchantée. Des haut-parleurs crachotent une mélodie guillerette, les brumisateurs nimbent l’air d’un brouillard vaporeux et quelques bambins tournicotent devant les manèges. Mais, au milieu des voix d’enfants, celle de l’historien Pascal Blanchard vient jeter une ombre sur ce décor insouciant. Pour le chercheur, qui nous guide ce matin-là parmi les carrousels et les autos tamponneuses, la féerie du parc d’attractions cache une autre histoire, plus ancienne, aussi sombre que méconnue. Celle des zoos humains, ces « exhibitions ethnographiques » qui attirèrent les foules sur les pelouses du Jardin d’acclimatation à l’orée du XXe siècle, et auxquels il vient de consacrer, avec Bruno Victor-Pujebet, un magistral documentaire pour Arte.

On se pressait pour voir les “sauvages” 

Entre 1877 et 1937, des millions de Parisiens se bousculèrent ici, à la lisière du bois de Boulogne, pour assister au spectacle exotique de Nubiens, Sénégalais, Kali’nas, Fuégiens, Lapons exposés devant le public parés de leurs attributs « authentiques » (lances, peaux de bêtes, pirogues, masques, bijoux…). On se pressait pour voir les « sauvages », des hommes, des femmes et des enfants souvent parqués derrière des grillages ou des barreaux, comme les animaux qui faisaient jusqu’alors la réputation du Jardin zoologique d’acclimatation. D’étranges étrangers, supposés non civilisés et potentiellement menaçants, à l’image de ces Kanaks présentés comme des cannibales et exhibés… dans la fosse aux ours. « On payait pour voir des êtres hors norme, le frisson de la dangerosité faisait partie du spectacle », explique l’historien.

Une mode qui va gagner le monde entier

Lorsque le directeur du Jardin d’acclimatation, le naturaliste Geoffroy Saint-Hilaire, organise les tout premiers « spectacles ethnologiques » en 1877 avec des Nubiens et des Esquimaux, il est en quête de nouvelles attractions pour remettre à flot son établissement. Quelques mois plus tôt, à Hambourg, un certain Carl Hagenbeck, marchand d’animaux sauvages, a connu un succès phénoménal en présentant une troupe de Lapons. Au bois de Boulogne, le premier ethnic show fait courir les foules. La fréquentation du jardin double, pour atteindre un million de visiteurs en un an. Certains dimanches, plus de soixante-dix mille personnes se pressent dans les allées. C’est le début d’une mode qui va gagner le monde entier, d’expositions coloniales en expositions universelles. Trente-cinq mille individus seront ainsi exhibés, attirant près d’un milliard et demi de curieux de l’Allemagne aux Etats-Unis, de la Grande-Bretagne au Japon.

L’illusion de voir l’“indigène” dans son biotope

Pour le promeneur de 2018, impossible de deviner ce passé sinistre derrière les contours ripolinés du parc d’attractions. Les bâtiments de l’époque ont été démolis. Quant aux villages exotiques qui servaient de cadre aux « indigènes », ils étaient éphémères, un ailleurs succédant à un autre. Mais Pascal Blanchard, qui a compulsé des kilos d’images d’archives, n’a aucun mal à en faire ressurgir le souvenir face à ce paisible plan d’eau où patientent des barques : « Imaginez ici des pirogues, un décorum de village lacustre wolof. Tout était fait pour donner au public l’illusion de voir le sauvage dans son biotope. C’est d’ailleurs dans ce décor factice que les frères Lumière tourneront leur douzième film, Baignade de nègres, comme s’ils étaient en Afrique… Pour le visiteur, cette représentation caricaturale du monde et de l’autre était perçue comme la réalité. » Une réalité dont on pouvait conserver le souvenir en s’offrant, après le show, ses produits dérivés, cartes postales, gravures ou coquillages samoans signés de la main des indigènes.

La légitimation de l’ordre colonial 

Les exhibitions coloniales font le bonheur des anthropologues, qui se bousculent chaque matin avant l’arrivée du public et payent pour pouvoir observer et examiner les « spécimens », publiant ensuite des articles dans les revues les plus sérieuses. S’inspirant des clichés anthropométriques de la police, le photographe Roland Bonaparte constitue, lui, un catalogue de plusieurs milliers d’images « ethnographiques », dans lequel puiseront des générations de scientifiques. « Ces articles et ces photos contribuent alors à la propagation de clichés et d’idées reçues sur le “sauvage”. Autant de représentations qui légitiment l’ordre colonial, popularisent la théorie et la hiérarchie des races, le concept de peuples “inférieurs” qu’il convient de faire entrer dans la lumière de la civilisation. »

Au pied de la Fondation Vuitton, Pascal Blanchard désigne une large pelouse. « Ici, vous aviez la grande esplanade des exhibitions humaines. Celle-là même où avaient été placés les Fuégiens de Patagonie en 1881. Sur les photos que nous avons pu retrouver, on voit qu’ils sont installés sur une planche, en hauteur, sans doute à cause du froid et de l’humidité. Ils étaient arrivés en plein mois d’octobre et n’étaient quasiment pas vêtus. Beaucoup avaient attrapé des maladies pulmonaires. »

Les morts, enterrés sur place, n’avaient le plus souvent pas de nom

Nombre d’exhibés sont ainsi morts dans les zoos humains. On estime entre trente-deux et trente-quatre le nombre de ceux qui auraient péri au Jardin d’acclimatation. « Ils étaient enterrés sur place, dans le cimetière du zoo, au même rang que les animaux. Dans certains cas, les corps étaient envoyés à l’Institut médico-légal ou à la Société d’anthropologie de Paris, où le public payait pour assister à leur dissection. » L’acte de décès était déposé à la mairie de Neuilly, mais les morts n’avaient le plus souvent pas de nom. C’est à la lettre « F » comme Fuégienne que les chercheurs ont retrouvé, sur les registres, la trace d’une fillette de 2 ans morte peu après son arrivée à Paris. Une des pièces du puzzle qu’il a fallu patiemment assembler pour reconstituer la mémoire des zoos humains, longtemps ignorée de tous. « Même pour les spécialistes, ce pan de l’histoire coloniale était considéré com­me un élément secondaire. » Aujourd’hui encore, le sujet reste sensible, y compris pour la direction du Jardin d’acclimatation (géré par le groupe LVMH), comme l’a constaté Pascal Blanchard lors du tournage de son documentaire : « Il a fallu six mois pour obtenir l’autorisation de réaliser quelques séquences à l’intérieur du jardin, et nous ne l’avons eue que parce que nous avons menacé de filmer à travers les grilles… »

En 2013, au terme d’un combat de cinq ans, les historiens, soutenus par Didier Daeninckx, Lilian Thuram et des élus du Conseil de Paris, ont obtenu que soit posée au Jardin d’acclimatation une plaque commémorative faisant état de ce qu’avaient été les « zoos humains », « symboles d’une autre époque où l’autre avait été regardé comme un “animal” en Occident ». Mais le visiteur doit avoir l’œil bien ouvert pour remarquer la discrète inscription un peu cachée dans les herbes, à l’extérieur de l’enceinte du jardin… Comme le signe d’un passé refoulé qui peine encore à atteindre la lumière.


on aime passionnément Sauvages, au coeur des zoos humains, samedi 29 septembre, 20h50, Arte.

Voir aussi:

Lilian Thuram : “Les zoos humains permettent de comprendre d’où vient le racisme »
Virginie Félix
Télérama
29/09/2018

Engagé dans la lutte contre le racisme, l’ancien footballeur a été le commissaire d’une exposition consacrée aux zoos humains au musée du Quai Branly. Il évoque cette page sombre de notre histoire, et ses séquelles toujours vivaces, à l’occasion d’un documentaire coup de poing diffusé sur Arte.

Depuis qu’il a raccroché les crampons, l’ex-défenseur de l’équipe de France Lilian Thuram joue les attaquants sur le terrain de la lutte contre le racisme. En 2011, il fut le commissaire d’une exposition consacrée aux « zoos humains » organisée au musée du Quai Branly, mettant en lumière la violence de ces exhibitions de « sauvages » qui firent courir les foules dans le monde entier à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Alors qu’Arte consacre cette semaine un documentaire coup de poing à cette page d’histoire méconnue (Sauvages, au cœur des zoos humains), le footballeur devenu « passeur » explique pourquoi il est essentiel de mettre en lumière un passé qui dérange pour mieux en tirer les leçons.

Comment avez-vous découvert l’histoire des « zoos humains » ?
Grâce à l’historien Pascal Blanchard, que j’ai rencontré lors d’un colloque, à l’époque où je jouais à Barcelone. Après notre rencontre, il m’a envoyé un livre sur le sujet, et c’est comme ça que j’ai appris à connaître un peu mieux cette histoire des « zoos humains ». Une histoire extrêmement violente, dont les enjeux m’intéressent car elle permet de comprendre d’où vient le racisme, de saisir qu’il est lié à un conditionnement historique.

Qu’est-ce qui peut expliquer que certaines personnes se retrouvent ainsi exhibées dans des zoos, et que d’autres soient des visiteurs, de l’autre côté des barrières ?
Les zoos humains sont le reflet d’un rapport de domination, celui de l’Occident sur le reste du monde. La domination de celui qui détient le pouvoir économique et militaire, et qui l’utilise pour que d’autres personnes, dominées, venues d’Asie, d’Océanie, d’Afrique, soient montrées comme des animaux dans des espaces clos, au nom notamment de la couleur de leur peau.

“Les zoos humains permettent de nous éclairer sur ce que nous vivons aujourd’hui.”

Comment les zoos humains ont-ils participé à la fabrication d’un racisme populaire ?
Ces exhibitions ont attiré des millions de spectateurs et ont ancré dans leur tête l’idée d’une hiérarchie entre les personnes, entre les prétendues « races » – la race blanche étant considérée comme supérieure. Les mécanismes de domination qui existent dans nos sociétés se sont construits petit à petit. La plupart des gens sont devenus racistes sans le savoir, ils ont été éduqués dans ce sens-là. Après avoir visité ces zoos humains, les populations occidentales étaient confortées dans l’idée qu’elles étaient supérieures, qu’elles incarnaient la « civilisation » face à des «  sauvages ».

Lorsque je préparais l’exposition au Quai Branly, en 2011, je me suis rendu à Hambourg. Là-bas, sur le portail d’entrée du zoo, une sculpture représente des animaux et des hommes, mis au même niveau. C’est d’une violence totale. Mais cela permet aussi de comprendre pourquoi certains sont aujourd’hui encore dans le rejet de l’autre. Il reste des séquelles de ce passé, les barrières existent toujours dans nos sociétés. Comment ne pas penser à ces enclos quand on voit les murs qui se construisent autour de l’Europe ou aux Etats-Unis ? Les zoos humains permettent de nous éclairer sur ce que nous vivons aujourd’hui.

Avez-vous le sentiment que c’est aujourd’hui un sujet tabou, difficile à aborder ?Effectivement. Mais ce n’est pas seulement l’évocation des zoos humains qui pose problème, c’est le passé en général. Ce passé lié à de la violence, au fait de s’accaparer des biens d’autrui. Mais, ce passé-là, nous devons nous l’approprier car il raconte l’histoire du monde actuel. Le regarder en face doit nous permettre de nous éclairer sur ce que nous sommes en train de vivre, pour essayer de choisir un futur différent. Dans nos sociétés, la chose la plus importante est-elle le profit, le fait de s’octroyer le bien des autres pour s’enrichir ? C’est important de se poser ces questions-là aujourd’hui.

“Les gens ne veulent pas critiquer leur propre culture. Il n’y a pas si longtemps encore, l’Europe était persuadée d’être le phare de l’univers.”

Ce racisme populaire, en tant que footballeur, vous avez pu le voir s’exprimer dans les stades, par exemple à travers ces cris de singe des hooligans  ?
Ces manifestations racistes dont vous parlez viennent directement des zoos humains. De cette histoire. Les gens ont été éduqués ainsi. Les cultures dans lesquelles il y a eu des zoos humains gardent ce complexe de supériorité, conscient ou inconscient, sur les autres cultures.

Pour progresser, il faut savoir faire preuve d’autocritique. Dans le sport de haut niveau, c’est essentiel. Cela vaut aussi pour la société. Mais nos sociétés, françaises, européennes, portent très peu de critiques sur elles-mêmes. Très souvent, les gens ne veulent pas critiquer leur propre culture. Il n’y a pas si longtemps encore, l’Europe était persuadée d’être le phare de l’univers. Les zoos humains sont liés à l’histoire coloniale.

Les gens ont souvent tendance à croire qu’après la colonisation il y a eu l’égalité. Mais non, il y a une culture de la domination qui perdure. Notre système économique ne fait-il pas en sorte qu’une minorité, qui vit bien, exploite une majorité, qui vit mal ?

Le message que vous voulez faire passer est un message de réconciliation plutôt que de culpabilisation ?
Avant toute chose, je pense qu’il faut connaître notre passé pour mieux comprendre ce que nous vivons aujourd’hui. Pourquoi certaines personnes ne veulent-elles pas connaître cette histoire, de quoi ont-elles peur ? Le plus beau cadeau que l’on puisse faire à une société, c’est de lui apprendre à connaître son histoire. Il n’y a que sur des bases solides que l’on peut construire un présent et un futur solides.


on aime passionnément Sauvages, au cœur des zoos humains, samedi 29 septembre, à 20h50, sur Arte.

Voir de plus:

Exemple à suivre La fondation Lilian Thuram. Éducation contre le racisme

Lilian Thuram

D’origine guadeloupéenne, Lilian Thuram a mené une carrière prestigieuse de footballeur de haut niveau (Champion du monde 1998, Champion d’Europe 2000), il détient le record de sélections en équipe de France masculine. Il est membre du Haut conseil à l’intégration et du collectif antiraciste « Devoirs de mémoires ».

Si la Fondation Lilian Thuram-Education contre le racisme [1][1] Cf. site internet de la Fondation : www.thuram.org existe, c’est avant tout le fruit d’une rencontre à Barcelone, lorsque j’étais footballeur professionnel. Invité chez le Consul de France, je rencontrai un publicitaire espagnol qui me demanda ce que j’aimerais faire après le football. Je lui répondis : « changer le monde ». Il sourit et me dit : « vous le pensez parce que vous êtes jeune, c’est une tâche difficile, impossible ». Un débat s’ensuivit.

Il m’interroge sur ma vision des choses. Je lui explique que, pour moi, le racisme perdure parce qu’on n’a jamais pris le temps de déconstruire son mécanisme, que c’est avant tout une invention de l’homme. Toute forme de racisme est une construction sociale. Nous portons toutes et tous des lunettes culturelles : nous ne regardons jamais l’autre de façon innocente. Nous sommes marqués par l’éducation reçue, par nos religions, l’histoire racontée dans notre propre pays. Quelques jours après, cet homme me téléphone pour me dire que je l’ai convaincu, qu’il souhaite me rencontrer pour me faire part de son expérience professionnelle et m’aider dans cette tâche. Il me convainc de créer une fondation, ce que je fais en mars 2008, en Espagne, où je réside alors.

Du « boche » à l’« arabe »

Vous et moi, nous sommes conditionnés ; aujourd’hui, notre propre imaginaire est avant tout le fruit de notre éducation – parentale, scolaire, environnementale – et, pour toute analyse, nous faisons appel à notre connaissance et à nos croyances. Pour essayer de vous expliquer l’impact des croyances collectives, je vais vous raconter deux histoires. Un jour, parlant de « Mes étoiles noires »[2][2] Lilian Thuram, « Mes étoiles noires, de Lucy à Barack… à une pharmacienne, elle me dit que ses parents normands avaient vu pour la première fois un homme noir en 1944, durant le débarquement. Elle me dit aussi que pendant toute son enfance, son adolescence et sa vie d’adulte, elle avait été conditionnée à détester les « boches », et ce n’est que par la réflexion et la compréhension de cette histoire, qu’elle avait pu comprendre que tous les Allemands n’étaient pas méchants et, surtout, que les Allemands nés après cette guerre n’étaient pas responsables de ce qui s’était passé avant eux. Une autre histoire, celle de « Papy Dédé » : il a vingt ans quand on l’envoie faire la guerre en Algérie. Il explique qu’on l’a conditionné à détester l’« arabe ». Aujourd’hui il ne se dit pas Français, il se dit Homme du monde, car, selon lui, la France lui a menti.

« Les noirs sont forts en sport »

Le conditionnement se fait par la répétition. Répétée mille fois, une bêtise, quelle qu’elle soit, devient une vérité. Les scientifiques du XIXe siècle, les politiques, les intellectuels, les sociétés du spectacle, ont prétendu qu’il y avait plusieurs races ; aujourd’hui, tous les scientifiques sont d’accord pour affirmer qu’il n’y a qu’une espèce, l’Homo sapiens. Pourtant en 2010, les enfants, conditionnés par l’imaginaire collectif, disent qu’il existe une race noire, une jaune, une blanche, une rouge. A la question : « puisque vous pensez qu’il existe plusieurs races, quelles sont les qualités de chacune ? », ils répondent que « les Noirs sont plus forts en sport ». Est-ce anodin ? Sachant que dans notre imaginaire collectif, le corps est dissocié de l’esprit, si les noirs sont plus forts en sport, ils sont aussi moins intelligents. Mais n’est-ce pas compréhensible quand vous savez que c’est à l’école, par le biais de l’esclavage, de l’apartheid et de la colonisation que 80 % de la population française a entendu parler pour la première fois des Noirs ? Ne sommes-nous pas conditionnés de façon inconsciente à voir les personnes de couleur noire comme inférieures ?

Retour à Socrate

L’antisémitisme, par exemple, est d’abord une construction intellectuelle ; on a diabolisé les personnes de religion juive, on leur a attribué des caractéristiques précises à certaines époques de l’Histoire. Un autre exemple concerne les Amérindiens : les Espagnols débarquant aux Amériques avaient en tête tous les préjugés des Européens sur les autres peuples, ils les voyaient comme inférieurs, et c’est pour cela que toutes les entreprises de colonisation et d’esclavagisme ont été présentées comme autant d’œuvres civilisatrices. On prétend civiliser des personnes qui ne le sont pas ; dès lors, dans cette non-civilisation, se retrouve la construction d’une non-humanité de l’autre.

La Fondation veut expliquer avec insistance que le racisme n’est pas un phénomène naturel, c’est un phénomène intellectuel et culturel qui peut être éradiqué en profondeur. Mais cette éradication demande une vigilance car, dans toute société, il y a des tensions identitaires. Pourtant une idée simple pourrait nous aider dans cette éducation contre le racisme : « connais-toi toi-même », selon l’injonction de Socrate. Ce qui singularise notre espèce, c’est cette capacité exceptionnelle d’apprentissage : nous sommes programmés pour apprendre, ce qui explique l’origine de la diversité culturelle et pourquoi chaque être humain peut acquérir n’importe quelle culture. Cette idée doit être absolument développée dans tout discours sur la diversité humaine.

Ils sont ce qu’on leur a appris à être

La couleur de la peau d’une personne, son apparence physique n’ont rien à voir avec la langue qu’elle parle, la religion qu’elle pratique, les valeurs et les systèmes politiques qu’elle défend, ce qu’elle aime ou déteste.

C’est cette idée, pourtant simple, qu’un certain nombre de personnes ne comprend pas ou dont elles n’ont tout simplement pas conscience. Elles sont souvent essentialistes : elles croient, plus ou moins confusément, qu’une « nature physique » est reliée substantiellement à une « nature culturelle ». Elles naturalisent la culture. Un exemple de la version la plus radicale de cette croyance a été produit par l’idéologie nazie. Les racistes naturalisent la culture, comme le misogyne naturalise la femme (sa nature fait que sa place est déterminée), comme les homophobes naturalisent l’homosexualité (on naît homosexuel). C’est donc cette connexion « culture/nature » qu’il faut déconstruire.

Ce qu’il faut expliquer aux enfants, c’est qu’ils sont des constructions sociales et culturelles, qu’ils intègrent des modes de pensée, de façon consciente comme inconsciente, qu’ils sont bourrés de traits culturels qui n’ont rien à voir avec leurs patrimoines génétiques ni avec leur apparence physique. Ils sont ce qu’on leur a appris à être. Le problème fondamental du racisme est qu’il y a trop de personnes qui n’acceptent pas cette idée… Ils n’acceptent pas ou ne comprennent pas que les humains sont construits par d’autres humains.

Heureuse diversité

Nous devons apprendre vraiment à nous connaître nous-mêmes en tant qu’espèce, car nous sommes capables d’apprendre n’importe quoi, le pire comme le meilleur. Nous sommes très sensibles au conditionnement et avons, par nature, du mal à admettre que nous en sommes victimes et à accepter d’en changer. Nous sommes tous persuadés que nous détenons la Vérité. C’est ce qui explique que nous soyons parfois intolérants.

Fort heureusement, le côté positif de notre spécificité est de pouvoir « bricoler » ce qu’on apprend de nos semblables, d’où les changements culturels. Les femmes et les hommes d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec celles et ceux qui vivaient il y a quatre ou cinq générations ; nos ancêtres du Moyen Âge ne comprendraient rien au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. On voudrait nous faire croire que nous vivons une période de régression du vivre ensemble, mais heureusement c’est tout le contraire : dans l’inconscient collectif, la diversité n’a jamais été aussi présente.

Les enfants d’abord

Avant tout, j’aime aller régulièrement à la rencontre des enfants, dans les écoles principalement, pour les écouter et les interroger, m’inspirer de leurs expériences. La première grande action de la fondation a été la publication en janvier dernier de « Mes étoiles noires ». Nous avons préparé pour la mi-octobre un outil pédagogique multimédia pour les enseignants de CM1-CM2 et leurs élèves. Ce sera une proposition de contribution à l’éducation contre le racisme sous la forme de deux DVD et d’un livret. Il sera envoyé gratuitement à tous les enseignants qui en feront la demande, le moment venu. La troisième grande action est une exposition consacrée aux exhibitions, qui, entre 1880 et 1931, ont vu défiler près d’un milliard d’occidentaux devant 40 000 « indigènes » montrés dans des « zoos humains ». L’exposition aura lieu au musée du quai Branly, de fin novembre 2011 à mai 2012. Elle participera à la déconstruction du racisme dans nos imaginaires. Elle voyagera ensuite en Espagne, en Allemagne et en Suisse, puis, nous l’espérons, en Angleterre et aux Etats-Unis.

Notes

[1]

Cf. site internet de la Fondation : www.thuram.org

[2]

Lilian Thuram, « Mes étoiles noires, de Lucy à Barack Obama », Editions Philippe Rey, 2010.

[3]

Avec le soutien de la banque CASDEN, de la MGEN (Mutuelle Générale de l’Education Nationale) et la Fondation du FC Barcelone.

Voir encore:

Human Zoos or Ethnic Shows? Essence and contingency in Living Ethnological Exhibitons
Luis A. Sánchez-Gómez
Facultad de Geografía e Historia, Universidad Complutense, Madrid, Spain
Culture & History Digital Journal
Dec. 22, 2013

INTRODUCTION

Between the 29th of November 2011 and the 3rd of June 2012, the Quai de Branly Museum in Paris displayed an extraordinary exhibition, with the eye-catching title Exhibitions. L’invention du sauvage, which had a considerable social and media impact. Its “scientific curators” were the historian Pascal Blanchard and the museum’s curator Nanette Jacomijn Snoep, with Guadalupe-born former footballer Lilian Thuram acting as “commissioner general”. A popular sportsman, Thuram is also known in France for his staunch social and political commitment. The exhibition was the culmination (although probably not the end point) of a successful project which had started in Marseille in 2001 with the conference entitled Mémoire colonial: zoos humains? Corps Exotiques, corps enfermés, corps mesurés. Over time, successive publications of the papers presented at that first meeting have given rise to a genuine publishing saga, thus far including three French editions (Bancel et al., 2002, 2004; Blanchard et al., 2011), one in Italian (Lemaire et al., 2003), one in English (Blanchard et al., 2008) and another in German (Blanchard et al., 2012). This remarkable repertoire is completed by the impressive catalogue of the exhibition (Blanchard; Boëtsch y Snoep, 2011). All of the book titles (with the exception of the catalogue) make reference to “human zoos” as their object of study, although in none of them are the words followed by a question mark, as was the case at the Marseille conference. This would seem to define “human zoos” as a well-documented phenomenon, the essence of which has been well-established. Most significantly, despite reiterating the concept, neither the catalogue of the exhibition, nor the texts drawn up by the exhibit’s editorial authorities, provide a precise definition of what a human zoo is understood to be. Nevertheless, the editors seem to accept the concept as being applicable to all of the various forms of public show featured in the exhibition, all of which seem to have been designed with a shared contempt for and exclusion of the “other”. Therefore, the label “human zoo” implicitly applies to a variety of shows whose common aim was the public display of human beings, with the sole purpose of showing their peculiar morphological or ethnic condition. Both the typology of the events and the condition of the individuals shown vary widely: ranging from the (generally individual) presentation of persons with crippling pathologies (exotic or more often domestic freaks or “human monsters”) to singular physical conditions (giants, dwarves or extremely obese individuals) or the display of individuals, families or groups of exotic peoples or savages, arrived or more usually brought, from distant colonies.[1]The purpose of the 2001 conference had been to present the available information about such shows, to encourage their study from an academic perspective and, most importantly, to publicly denounce these material and symbolic contexts of domination and stigmatisation, which would have had a prominent role in the complex and dense animalisation mechanisms of the colonised peoples by the “civilized West”. A scientific and editorial project guided by such intentions could not fail to draw widespread support from academic, social and journalistic quarters. Reviews of the original 2002 text and successive editions have, for the most part, been very positive, and praise for what was certainly an extraordinary exhibition (the one of 2012) has been even more unanimous.[2] However, most commentators have limited their remarks to praising the important anti-racist content and criticisms of the colonial legacy, which are common to both undertakings. Only a few authors have drawn attention to certain conceptual and interpretative problems with the presumed object of study, the “human zoos”, problems which would undermine the project’s solidity (Blanckaert, 2002; Jennings, 2005; Liauzu, 2005: 10; Parsons, 2010; McLean, 2012). Problems which may arise from the indiscriminate use of the concept of the “human zoo” will be discussed in detail at the end of this article.Firstly, however, a revision of the complex historical process underlying the polymorphic phenomenon of the living exhibition and its configurations will provide the background for more detailed study. This will consist of an outline of three groups which, in my view, are the most relevant exhibition categories. Although the public display of human beings can be traced far back in history in many different contexts (war, funerals and sacred contexts, prisons, fairs, etc…) the configuration and expansion of different varieties of ethnic shows are closely and directly linked to two historical phenomena which lie at the very basis of modernity: exhibitions and colonialism. The former began to appear at national contests and competitions (both industrial and agricultural). These were organised in some European countries in the second half of the eighteenth century, but it was only in the century that followed that they acquired new and shocking material and symbolic dimensions, in the shape of the international or universal exhibition.The key date was 1851, when the Great Exhibition of the Works of Industry of All Nations was held in London. The triumph of the London event, its rapid and continuing success in France and the increasing participation (which will be outlined) of indigenous peoples from the colonies, paved the way from the 1880s for a new exhibition model: the colonial exhibition (whether official or private, national or international) which almost always featured the presence of indigenous human beings. However, less spectacular exhibitions had already been organised on a smaller scale for many years, since about the mid-nineteenth century. Some of these were truly impressive events, which in some cases also featured native peoples. These were the early missionary (or ethnological-missionary) exhibitions, which initially were mainly British and Protestant, but later also Catholic.[3] Finally, the unsophisticated ethnological exhibitions which had been typical in England (particularly in London) in the early-nineteenth century, underwent a gradual transformation from the middle of the century, which saw them develop into the most popular form of commercial ethnological exhibition. These changes were initially influenced by the famous US circus impresario P.T. Barnum’s human exhibitions. Later on, from 1874, Barnum’s displays were successfully reinterpreted (through the incorporation of wild animals and groups of exotic individuals) by Carl Hagenbeck.The second factor which was decisive in shaping the modern ethnic show was imperial colonialism, which gathered in momentum from the 1870s. The propagandising effect of imperialism was facilitated by two emerging scientific disciplines, physical anthropology and ethnology, which propagated colonial images and mystifications amid the metropolitan population. This, coupled with robust new levels of consumerism amongst the bourgeoisie and the upper strata of the working classes, had a greater impact upon our subject than the economic and geostrategic consequences of imperialism overseas. In fact, the new context of geopolitical, scientific and economic expansion turned the formerly “mysterious savages” into a relatively accessible object of study for certain sections of society. Regardless of how much was written about their exotic ways of life, or strange religious beliefs, the public always wanted more: seeking participation in more “intense” and “true” encounters and to feel part of that network of forces (political, economic, military, academic and religious) that ruled even the farthest corners of the world and its most primitive inhabitants.It was precisely the convergence of this web of interests and opportunities within the new exhibition universe that had already consolidated by the end of the 1870s, and which was to become the defining factor in the transition. From the older, popular model of human exhibitions which had dominated so far, we see a reduction in the numbers of exhibitions of isolated individuals classified as strange, monstrous or simply exotic, in favour of adequately-staged displays of families and groups of peoples considered savage or primitive, authentic living examples of humanity from a bygone age. Of course, this new interest, this new desire to see and feel the “other” was fostered not only by exhibition impresarios, but by industrialists and merchants who traded in the colonies, by colonial administrators and missionary societies. In turn, the process was driven forward by the strongly positive reaction of the public, who asked for more: more exoticism, more colonial products, more civilising missions, more conversions, more native populations submitted to the white man’s power; ultimately, more spectacle.Despite the differences that can be observed within the catalogue of exhibitions, their success hinged to a great extent upon a single factor: the representation or display of human beings labelled as exotic or savage, which today strikes us as unsettling and distasteful. It can therefore be of little surprise that most, if not all, of the visitors to the Quai de Branly Museum exhibiton of 2012 reacted to the ethnic shows with a fundamental question: how was it possible that such repulsive shows had been organised? Although many would simply respond with two words, domination and racism, the question is certainly more complex. In order to provide an answer, the content and meanings of the three main models or varieties of the modern ethnic show –commercial ethnological exhibitions, colonial exhibitions and missionary exhibitions– will be studied.

ETHNOLOGICAL COMMERCIAL EXHIBITIONS: LEISURE, BUSINESS AND ANTHROPOLOGICAL SCIENCE

Commercial ethnological exhibitions were managed by private entrepreneurs, who very often acted as de facto owners of the individuals they exhibited. With the seemingly-noble purpose of bringing the inhabitants of exotic and faraway lands closer to the public and placing them under the scrutiny of anthropologists and scholarly minds, these individuals organised events with a rather carnival-like air, whose sole purpose was very simple: to make money. Such exhibitions were held more frequently than their colonial equivalents, which they predated and for which they served as an inspiration. In fact, in some countries where (overseas) colonial expansion was delayed or minimal –such as Germany (Thode-Arora, 1989; Kosok y Jamin, 1992; Klös, 2000; Dreesbach, 2005; Nagel, 2010), Austria (Schwarz, 2001) or Switzerland (Staehelin, 1993; Minder, 2008)– and even in some former colonies –such as Brazil (Sánchez-Arteaga and El-Hani, 2010)– they were regular and popular events and could still be seen in some places as late as the 1950s. Even in the case of overseas superpowers, commercial exhibitions were held more regularly than the strictly-colonial variety, although it is true that they sometimes overlapped and can be difficult to distinguish from one another. This was the case in France (Bergougniou, Clignet and David, 2001; David, s.d.) and to an even greater extent in Great Britain, with London becoming a privileged place to experience them throughout the nineteenth century (Qureshi, 2011).Almost all of these exhibitions attracted their audiences with a clever combination of racial spectacle, erotism and a few drops of anthropological science, although there was no single recipe for a successful show. Dances, leaps, chants, shouts, and the blood of sacrificed animals were the fundamental components of these events, although they were also part of colonial exhibitions. All of these acts, these strange and unusual rituals, were as incomprehensible as they were exciting; as shocking as they were repulsive to the civilised citizens of “advanced” Europe. It is unsurprising that spectators were prepared to pay the price of admission, which was not cheap, in order to gain access to such extraordinary sights as these “authentic savages”. Over time, the need to attract increasingly demanding audiences, who quickly became used to seeing “blacks and savages” of all kinds in a variety of settings, challenged the entrepreneurs to provide ever more compelling spectacles.For decades the most admired shows on European soil were organised by Carl Hagenbeck (1844–1913), a businessman from Hamburg who was a seasoned wild animal showman (Ames, 2008). His greatest success was founded on a truly spectacular innovation: the simultaneous exhibition in one space (a zoo or other outdoor enclosure) of wild animals and a group of natives, both supposedly from the same territory, in a setting that recreated the environment of their place of origin. The first exhibition of this type, organised in 1874, was a great success, despite the relatively low level of exoticism of the individuals displayed: a group of Sami (Lap) men and women accompanied by some reindeer. Whilst not all of Hagenbeck’s highly successful shows (of which there were over 50 in total) relied upon the juxtaposition of humans and animals, all presented a racial spectacle of exotic peoples typically displayed against a backdrop of huts, plants and domestic ware, and included indigenous groups from the distant territories of Africa, the Arctic, India, Ceylon, and Southeast Asia. For many scholars Hagenbeck’s Völkerschauen or Völkerausstellungen constituted the paradigmatic example of a human zoo, which is also accepted by the French historians who organised the project under the same name. They tended to combine displays of people and animals and took place in zoos, so the analogy could not be clearer. Furthermore, the performances of the exhibited peoples were limited to songs, dances and rituals, and for the most part their activities consisted of little more than day-to-day tasks and activities. Therefore, little importance was attached to their knowledge or skills, but rather to the scrutiny of their gestures, their distinctive bodies and behaviours, which were invariably exotic but not always wild.However, despite their obvious racial and largely-racist components, Hagenbeck’s shows cannot be simply dismissed as human zoos. As an entrepreneur, the German’s objective was obviously to profit from the display of animals and people alike, and yet we cannot conclude that the humans were reduced to the status of animals. In fact, the natives were always employed and seem to have received fair treatment. Likewise, their display was based upon a premise of exoticism rather than savagery, in which key ideas of difference, faraway lands and adventure were ultimately exalted. Hagenbeck’s employees were apparently healthy; sometimes slender, as were the Ethiopians, or even athletic, like the Sudanese. In some instances (for example, with people from India and Ceylon) their greatest appeal was their almost-fantastic exoticism, with their rich costumes and ritual gestures being regarded as remarkable and sophisticated.Nevertheless, on many other occasions, people were displayed for their distinctiveness and supposed primitivism, as was the case on the dramatic tour of the Inuit Abraham Ulrikab and his family, from the Labrador Peninsula, all of whom fell ill and died on their journey due to a lack of appropriate vaccination. This is undoubtedly one of the best-documented commercial exhibitions, not because of an abundance of details concerning its organisation, but owing to the existence of several letters and a brief diary written by Ulrikab himself (Lutz, 2005). As can easily be imagined, it is absolutely exceptional to find information originating from one of the very individuals who featured in an ethnic show; not an alleged oral testimony collected by a third party, but their own actual voice. The vast majority of such people did not know the language of their exhibitors and, even if they knew enough to communicate, it is highly unlikely that they would have been able to write in it. All of this, coupled with the fact that the documents have been preserved and remain accessible, is almost a miracle.However, in spite the tragic fate of Ulrikab and his family, other contemporary ethnic shows were far more exploitative and brutal. This was the case with several exhibitions that toured Europe towards the end of the 1870s, whose victims included Fuegians, Inuits, primitive Africans (especially Bushmen and Pygmies) or Australian aboriginal peoples. Some were complex and relatively sophisticated and included the recreation of native villages; in others, the entrepreneur simply portrayed his workers with their traditional clothes and weapons, emphasising their supposedly primitive condition. Slightly less dramatic than these, but more racially stigmatising than Hagenbeck’s shows, were the exhibitions held at the Jardin d’Aclimatation in Paris, between 1877 and the First World War. A highly-lucrative business camouflaged beneath a halo of anthropological scientifism, the exhibitions were organised by the director of the Jardin himself, the naturalist Albert Geoffroy Saint-Hilaire (Coutancier and Barthe, 1995; Mason, 2001: 19–54; David, n.d.; Schneider, 2002; Báez y Mason, 2006). This purported scientific and educational institution enjoyed the attention of French anthropologists for a time; however, after 1886, the Anthropological Society in Paris distanced itself from something that was little more than it appeared to be: a spectacle for popular recreation which was hard to justify from an ethical point of view. In the case of many private enterprises from the 1870s and 1880s, in particular, shows can be described as moving away from notions of fantasy, adventure and exotism and towards the most brutal forms of exploitation. However, despite what has been said about France, Qureshi (2011: 278–279) highlights the role that ethnologists and anthropologists (and their study societies) played in Great Britain in approving commercial exhibitions of this sort. This enabled exhibitions to claim legitimacy as spaces for scientific research, visitor education and, of course, the advancement of the colonial enterprise.Leaving aside the displays of isolated individuals in theatres, exhibition halls, or fairgrounds (where the alleged “savage” sometimes proved to be a fraud), photographs and surviving information about the aforementioned commercial ethnological shows speak volumes about the relations which existed between the exhibitors and the exhibited. In nearly all cases the impresario was a European or North American, who wielded almost absolute control over the lives of their “workers”. Formal contracts did exist and legal control became increasingly widespread, especially in Great Britain, (Qureshi, 2011: 273) as the nineteenth century progressed. It is also evident, nevertheless, that this contractual relationship could not mask the dominating, exploitative and almost penitentiary conditions of the bonds created. Whether Inuit, Bushmen, Australians, Pygmies, Samoans or Fuegians, it is hard to accept that all contracted peoples were aware of the implications of this legal binding with their employer. Whilst most were not captured or kidnapped (although this was documented on more than one occasion) it is reasonable to be skeptical about the voluntary nature of the commercial relationship. Moreover, those very same contracts (which they were probably unable to understand in the first place) committed the natives to conditions of travel, work and accommodation which were not always satisfactory. Very often their lives could be described as confined, not only when performances were taking place, but also when they were over. Exhibited individuals were very rarely given leave to move freely around the towns that the exhibitions visited.The exploitative and inhuman aspects of some of these spectacles were particularly flagrant when they included children, who either formed part of the initial contingent of people, or swelled the ranks of the group when they were born on tour. On the one hand, the more primitive the peoples exhibited were, the more brutal their exhibition became and the circumstances in which it took place grew more painful. Conversely, conditions seemed to improve, albeit only to a limited extent, when individuals belonged to an ethnic group which was more “evolved”, “prouder”, held warrior status, or belonged to a local elite. This was true of certain African groups who were particularly resistant to colonial domination, with the Ashanti being a case in point. In spite of this, their subordinate position did not change.There was, however, a certain type of commercial show in which the relations between the employer and the employees went beyond the merely commercial. More professionalised shows often required natives to demonstrate skills and give performances that would appeal to the audience. This was the case in some (of the more serious and elaborate) circus contexts and dramatised spectacles, the most notable of which was the acclaimed Wild West show. Directed by William Frederick Cody (1846–1917), the famous Buffalo Bill, the show featured cowboys, Mexicans, and members of various Native American ethnic groups (Kasson, 2000). This attraction, and many others that followed in the wake of its success, could be considered the predecessors of present-day theme park shows. Many of the shows which continued to endure during the interwar period were in some measure similar to those of the nineteenth century, although they were unable to match the popularity of yesteryear. Whilst the stages were still set with reproduction native villages, as had been the case in the late-nineteenth and early-twentieth century, the exhibition and presentation of natives acquired a more fair-like and circus-like character, which harked back to the spectacles of the early-nineteenth century. Although it seems contradictory, colonial exhibitions at this time were in fact much larger and more numerous, as we shall see in the following section. It was precisely then, in the mid-1930s, that Nazi Germany, a very modern country with the most intensely-racist government, produced an ethnic show which illustrates the complexity of the human zoo phenomenon. The Deutsche Afrika-Schau (German African Show) provides an excellent example of the peculiar game which was played between owners, employees and public administrators, concerning the display of exotic human beings. The show, a striking and an incongruous fusion of variety spectacle and Völkerschau, toured several German towns between 1935 and 1940 (Lewerenz, 2006). Originally a private and strictly commercial business, it soon became a peculiar semi-official event in which African and Samoan men and women, resident in Germany, were legally employed to take part. Complicated and unstable after its Nazification, the show aimed to facilitate the racial control of its participants while serving as a mechanism of ideological indoctrination and colonial propaganda. Incapable of profiting from the show, the Nazi regime would eventually abolish it.After the Second World War, ethnic shows entered a phase of obvious decline. They were no longer of interest as a platform for the wild and exotic, mainly due to increasing competition from new and more accessible channels of entertainment, ranging from cinema to the beginnings of overseas tourism within Europe and beyond. While the occasional spectacle tried to profit from the ancient curiosity about the morbid and the unusual as late as the 1950s and even the 1960s, they were little more than crude and clumsy representations, which generated little interest among the public. Nowadays, as before, there are still contexts and spaces in which unique persons are portrayed, whether this is related to ethnicity or any other factor. These spectacles often fall into the category of artistic performances or take the banal form of reality TV.

COLONIAL EXHIBITIONS: LEISURE, BUSINESS AND INDOCTRINATION
This category of exhibition was organised by either public administrations or private institutions linked to colonial enterprise, and very often featured some degree of collaboration between the two. The main aim of these events was to exhibit official colonial projects and private initiatives managed by entrepreneurs and colonial settlers, which were supposedly intended to bring the wealth and well-being of the metropolis to the colonies. The presentation also carried an educational message, intended not only to reinforce the “national-colonial conscience” among its citizens, but also to project a powerful image of the metropolis to competing powers abroad. Faced with the likelihood that such content would prove rather unexciting and potentially boring for visitors, the organisers resorted to various additions which were considered more attractive and engaging. Firstly they devised a museum of sorts, in which ethnographic materials of the colonised peoples: their traditional dress, day-to-day objects, idols and weapons, were exhibited. These exotic and unusual pieces did draw the interest of the public, but, fearing that this would not be sufficient, the organisers knew that they could potentially sell thousands of tickets by offering the live display of indigenous peoples. If the exhibition was official, the natives constituted the ideal means by which to deliver the colonial message to the masses. In the case of private exhibitions, they were seen as the fastest and safest way to guarantee a show’s financial success.Raw materials and a variety of other objects (including ethnographic exhibitions) from the colonies were already placed on show at the Great Exhibition of 1851 in London. These items were accompanied by a number of individuals originating from the same territories, either as visitors or as participants in the relevant section of the exhibition. However, such people cannot be considered as exhibits themselves; neither can similar colonial visitors at the Paris (1855) or London (1862) exhibitions; nor the Paris (1867) and (1878) exhibitions, which featured important colonial sections. It was only at the start of the 1880s that Europeans were able to enjoy the first colonial exhibitions proper, whether autonomous or connected (albeit with an identity and an entity of their own) to a universal or international exhibition. It could be argued that the Amsterdam International Colonial and Export Exhibition of 1883 acted as a letter of introduction for this model of event (Bloembergen, 2006), and it was quickly followed by the London Colonial and Indian Exhibition of 1886 (Mathur, 2000) and, to a lesser though important extent, by the Madrid Philippines Exhibition of 1887 (Sánchez-Gómez, 2003). All three housed reproductions of native villages and exhibited dozens of individuals brought from the colonies. This was precisely what attracted the thousands of people who packed the venues. Such success would not have been possible by simply assembling a display of historical documents, photographs or ethnographic materials, no matter how exotic.Thereafter, colonial exhibitions (almost all of which featured the live presence of native peoples) multiplied, whether they were autonomous or connected with national or international exhibitions. In France many municipalities and chambers of commerce began to organise their own exhibits, some of which (such as the Lyon Exhibition of 1894) were theoretically international in scope, although some of the most impressive exhibits held in the country were the colonial sections of the Paris Universal Exhibition of 1889 (Palermo, 2003; Tran, 2007; Wyss, 2010) and 1900 (Wilson, 1991; Mabire, 2000; Geppert, 2010: 62–100). Equally successful were the colonial sections of the Belgian exhibitions of the last quarter of the nineteenth century, which displayed the products and peoples of what was called the Congo Independent State (later the Belgian Congo), which until 1908 was a personal possession of King Leopold II. The most remarkable was probably the 1897 Tervuren Exhibition, an annex of the Brussels International Exposition of the same year (Wynants, 1997; Küster, 2006). In Germany, one of the European capitals of commercial ethnological shows, several colonial exhibitions were orchestrated as the overseas empire was being built between 1884 and 1918. Among them, the Erste Deutsche Kolonialausstellung or First German Colonial Exhibition, which was organised as a complement to the great Berlin Gewerbeausstellung (Industrial Exhibition) of 1896, was particularly successful (Arnold, 1995; Richter, 1995; Heyden, 2002).As far as the United States was concerned, the country’s late but impetuous arrival as a world power was almost immediately heralded by the phenomenon of the World’s Fair, and the respective colonial sections (Rydell, 1984 y 1993; Rydell, Findling y Pelle, 2000). Whilst a stunning variety of ethnic performances were already on show at the 1893 Chicago World’s Fair, it was at Omaha, (1898) Buffalo, (1901) and above all at the 1904 Saint Louis Exhibition, that hundreds of natives were enthusiastically displayed with the purpose of publicising and gathering support for the complex and “heavy” civilising task (“The White Man’s Burden”) that the North American nation had to undertake in its new overseas possessions (Kramer, 1999; Parezo y Fowler, 2007).In principle, those natives who took part in the live section of a colonial exhibition did so of their own accord, whether they were allegedly savage or civilised individuals, and regardless of whether the show had been organised through concessions to private company owners or those who indirectly depended on public agencies. Although neither violence nor kidnapping has been recorded, it is highly unlikely that most of the natives who took up the invitation were fully aware of its implications: again, the great distances they had to travel, the discomforts they would endure and the situations in which they would be involved upon arrival in the metropolis.Until the early-twentieth century, the sole purpose of native exhibitions was to attract an audience and to show, with the exemplar of a “real” image, the inferior condition of the colonised peoples and the need to continue the civilising mission in the faraway lands from which they came. In all cases their living conditions in the metropolis were unlikely to differ greatly from those of the participants in purely commercial shows: usually residing inside the exhibition venue, they were rarely free to leave without the express permission of their supervisors. However, it must be said that conditions were considerably better for the individuals exhibited when the shows were organised by government agencies, who always ensured that formal contracts were signed, and were probably unlikely to house people in the truly gruesome conditions present in some domains of the private sector. In some cases, added circumstances can be inferred which reveal a clear interest in “doing things properly”, by developing an ethical and responsible show, no matter how impossible this was in practice. Perhaps the clearest example of this kind of event is the Philippines Exhibition which was organized in Madrid in 1887.The most striking feature of this exhibition was its stated educational purpose, to present a sample of the ethnic and social diversity of the archipelago. Other colonial exhibitions attempted to do the same, but in this case the intentions of the Spanish appeared to be more authentic and credible. Of course the aim was not to provide a lesson in island ethnography, but to prove the extent to which the Catholic Church had managed to convert the native population, and to show where savage tribes still existed. Representing the latter were, among others, several Tinguian and Bontoc persons (generically known as Igorots by the Spanish) and an Aeta person, referred to as a Negrito. Several Muslim men and women from Mindanao and the Joló (Sulu) archipelago (known to the Spanish as Moros or “Moors”) also took part in the exhibition, not because they were considered savages but on account of their pagan and unredeemed condition. Finally, as an example of the benefits of the colonial enterprise, Christian Filipinos (both men and women) were invited to demonstrate their artistic skill and craftsmanship and to sell their artisan products from various structures within the venue. All were legally employed and received regular payment until their return to the Philippines, which was very unusual for an exhibition at that time.However, despite the “good intentions” of the administration, an obvious hierarchy can be inferred from the spatial pattern through which the Filipino presence in Madrid was organised. Individuals considered savage lived inside the exhibit enclosure and were under permanent control; they could visit the city but always in a scheduled and closely-directed way. Muslims, however, did not live inside the park, but in boarding houses and inns. Their movements were also restricted, but this was justified on the basis of their limited knowledge of their surroundings. Christians also lodged at inns, and although they did enjoy a certain autonomy, their status as “special guests” imposed a number of official commitments and the compulsory attendance of events. Such differences became even more obvious, especially for the audience, not just because the savages lived inside the ranchería or native village, where they were exhibited, but also because their only purpose was to dance, gesture, eat and display their half-naked bodies. Muslims were not exhibited, nor did they have a clear or specific task to perform beyond merely “representing”. Christian men and women (cigar makers and artisans) simply performed their professional tasks in front of the audience, and were expected to complete a given timetable and workload as would any other worker.In the light of the above, it may be concluded that the Philippines Exhibition of 1887 (specifically the live exhibition section) was conducted in a manner which questions the simplistic concept of a human zoo that many historians apply to these spectacles. Although there were certain similarities with commercial shows, we must admit that the Spanish government made considerable efforts to ensure that the exhibition, and above all the participation of the Filipinos, was carried out in a relatively dignified fashion. It must be reiterated that this is not intended to project a benevolent image of nineteenth-century Spanish colonialism. The position of some of the exhibited, especially those considered savages, was not only subordinate but almost subhuman (almost being the key word), in spite of the fact that they received due payment and were relatively well fed. Moreover, we cannot forget that three of the participants (a Carolino man and woman, and a Muslim woman) died from diseases which were directly related to the conditions of their stay on the exhibition premises.As the twentieth century advanced, colonial shows changed their direction and content, although it was some time before these changes took effect. The years prior to the First World War saw several national colonial exhibitions (Marseille and Paris in 1906; London in 1911),[4] two binational exhibitions (London, 1908 and 1910)[5] and a trinational (London, 1909),[6] which became benchmarks for exhibition organisers during the interwar years. The early twentieth century also saw several national colonial sections, wich had varying degrees of impact, in three universal exhibitions organised in Belgium: Liège (1905), Brussels (1910) and Ghent (1913) and in several exhibitions organised in three different Italian cities, although none of these included a native section.[7] However, it was during the 1920s and 1930s that a true eclosion of national and international exhibitions, whose main focus was colonial or which included important colonial elements, occurred.[8] The time was not only ripe for ostentatious reasons, but also because the tension originated by certain European powers, especially Italy, encouraged a vindication of overseas colonies through the propaganda that was deployed at these events.For all these reasons, and in addition to many other minor events, national colonial exhibitions were staged in Marseille (1922), Wembley (1924–25),[9] Stuttgart (1928),[10] Koln (1934), Oporto (1934), Freiburg im Breisgau (1935), Como (1937),[11] Glasgow (1938),[12] Dresden (1939), Vienna (1940) and Naples (1940).[13] At an international colonial level, the most important was the 1931 Parisian Exposition Coloniale Internationale et des Pays d’Outre Mer. In addition, although they were not specialised international colonial exhibitions, outstanding and relevant colonial sections could be found at the Turin National Exhibition of 1928, the Iberian-American Exhibition of 1929, the Brussels Universal Exhibition of 1935, the Paris International Exhibition of 1937 and the Lisbon National Exhibition of 1940.At most of these events, a revised perspective of overseas territories was projected. Although, with some exceptions, metropolises continued to import indigenous peoples and persisted in presenting them as exotic, the focus was now shifted on to the results of the civilising process, as opposed to strident representations of savagery. This meant that it was no longer necessary for exhibited peoples to live at the exhibition venue. The aim was now to show the most attractive side of empire, and displays of the skills of its inhabitants, such as singing or dancing continued, albeit in a more serious, professional fashion. In principle, natives taking part in these exhibitions could move around more freely; in addition, they were all employed as any other professional or worker would be. However, once again the ethnic factor came into play, materialising under many different guises. For example, at the at the Paris Exhibition of 1931, people who belonged to “oriental civilisations” appeared at liberty to move around the venue, they were not put on display, and devoted their time to the activities for which they had been contracted (such as traditional songs and dances, handicrafts or sale of products). Once their working day was completed, they were free to visit the exhibition or travel around Paris. However, the same could not be said for the Guineans arriving at the Seville Ibero-American Exhibition of 1929, where they were clearly depicted in a savagist context, similar to the way in which Africans had been displayed in colonial and even commercial exhibitions in the nineteenth century (Sánchez-Gómez, 2006).Another interwar colonial exhibition which was unable to free itself from nineteenth-century stereotypes was the one held in Oporto in 1934, which included several living villages inhabited by natives, children included (Serén, 2001). Their presence in the city and the fact that they were displayed and lived within the same exhibition space was something that neither the press nor contemporary politicians saw fit to criticise. In fact it was the pretos (black African men) and especially pretas (black African women) who were the main attraction for thousands of visitors who thronged to the event, which was probably related to the fact that all the natives were bare-chested. Interestingly, the Catholic Church did not take offense, perhaps interpreting the women shown as being merely “black savages” who had little to do with chaste Portuguese women. Of course they had no objections to the exhibition of human beings either.Two interwar exhibitions (Seville and Oporto) have been cited as examples where the management of indigenous participants markedly resembled the practices of the nineteenth century. However, this should not imply that other events refrained from the (more or less) sophisticated manipulation of the native presence. The most significant example was the Parisian International Colonial Exhibition of 1931.[14] Some historians highlight the fact that the general organiser, Marshall Lyautey, managed to impose his criterion that the exhibition should not include displays of the traditional “black villages” or “indigenous villages” inhabited by natives. Although it is true that the official (French and International) sections did not include this feature,[15] there can be little doubt that this was a gigantic ethnic spectacle, where hundreds of native peoples (who were present in the city as artists, artisans or simply as guests) were exhibited and manipulated as a source of propaganda of the highest order for the colonial enterprise. This is just one more example, although a particularly significant one, of the multi-faceted character that ethnic shows acquired. It is difficult to define these simply on the basis of their brutality or “animal” characteristics, their closeness to Hagenbeck’s Völkerschauen or the anthropological exhibitions that were organised at the Jardin d’Acclimatation in late-nineteenth century Paris.The last major European colonial exhibition took place in the anachronistic Belgian Congo section of the Brussels Universal Exhibition of 1958, the first to be held after the Second World War.[16] In principle, its contents were organised around a discourse which defended the moral values of interracial fraternity and which set out to convince both Belgian society and the Congolese that Belgians were only in Congo to civilise, and not to exploit. In order to prove the authenticity of this discourse, the organisers went to great pains to avoid the jingoistic exoticism which had characterised most colonial exhibits thus far. In accordance with this, the event did not include the traditional, demeaning spectacle of natives living within the exhibition space. However, it did include an exotic section, where several dozen Congolese artisans demonstrated their skills to the audience and sold the products manufactured there in a context which was intended to be purely commercial. Unfortunately, the good will of the organisers was betrayed by an element of the public, who could not help confronting the Africans in a manner reminiscent of their grandparents back in 1897. This resulted in the artisans abruptly leaving the exhibition for Congo after being shocked by the insolence and bad manners of some of the visitors.The Congolese presence in Brussels was not limited to these artisans: almost seven hundred Africans arrived, two hundred of which were tourists who had been invited with the specific purpose of visiting the exhibition. Most of them were members of the “Association of African Middle Classes”, that is, they were part of the “evolved elite”. The remaining figures were made up of people who were carrying out some sort of task in the colonial section of the exhibition, whether as specialised workers, dancers, guides or as assistants in the various sections, perhaps including some members of the Public Force, made up of natives. The presence in Brussels of the tourists, in particular, was part of a policy of association, which, according to the organisers, was intended to prepare “the Congolese population for the complete realisation of their human destiny.” The Belgian population, in turn, would have the chance to become better acquainted with these people through a “direct, personal and free contact with the civilised Congolese” (Delhalle, 1985: 44). Neither this specific measure nor any others taken to bring blacks and whites closer seem to have had any practical effect whatsoever. In fact, although the Congolese visitors were cared for relatively well (although not without differences or setbacks), their movements during their stay in Brussels were under constant scrutiny, to prevent them from being “contaminated” by the “bad habits” of the metropolitan citizens.Despite everything mentioned thus far, or perhaps even because of it, the 1958 exhibition was an enormous public success, on a par with the colonial events of the past. This time, as before, it was predicated on a largely negative image of the Congolese population. Barely any critical voices were heard against the exhibiting model or the abuses of the colonial system, not even from the political left. Finally, as with earlier colonial exhibitions, it is obvious that what was shown in Brussels had little to do with the reality of life in Congo. In fact, as the exhibition closed down, in October 1958, Patrice Lumumba founded the Congolese National Movement. On the 11th of January of 1959, repression of the struggles for independence escalated into the bloody killings of Léopoldville, the colonial capital. Barely one year later, on the 30th of June 1960, Belgium formally acknowledged the independence of the new Democratic Republic of Congo; two years later Rwanda and Burundi followed.
MISSIONARY EXHIBITIONS: DOMINATION, FAITH AND SPECTACLE
The excitement that exhibitions generated in the second half of the nineteenth century provoked reactions from many quarters, including Christian churches. Of course, the event which shook Protestant propagandist sensibilities the hardest (as Protestants were the first to take part in the exhibition game) was the 1851 London Exhibition. However, the interest which both the Anglican Church and many evangelical denominations expressed in participating in this great event was initially met with hesitation and even rejection by the organisers (Cantor, 2011). Finally their participation was accepted, but only two missionary societies were authorised to officially become an integral part of the exhibition, and they could only do so as editors of printed religious works.The problems that were documented in London in 1851 continued to affect events organised throughout the rest of the century; in fact, the presence of the Christian churches was permitted on only two occasions, both in Paris, at the exhibitions of 1867 and 1900. At the first of these, it was only Protestant organisations that participated, as the Catholic Church did not yet recognise the importance of such an event as an exhibitional showcase. By the time of the second, which was the last great exhibition of the nineteenth century and one of the most grandiose of all time, the situation had changed dramatically; both Protestants and Catholics participated and the latter (the French Church, to be precise) did so with greater success than its Protestant counterpart.[18]The opposition that missionary societies encountered at nineteenth-century international exhibitions encouraged them to organise events of their own. The first autonomous missionary events were Protestant and possibly took place prior to 1851. In any case, this has been confirmed as the year that the Methodist Wesleyan Missionary Society organised a missionary exhibition (which took place at the same time as the International Exhibition). Small in size and very simple in structure, it was held for only two days during the month of June, although it provided the extraordinary opportunity to see and acquire shells, corals and varied ethnographic materials (including idols) from Tonga and Fiji.[19] The exhibition’s aim was very specific: to make a profit from ticket sales and the materials exhibited and to seek general support for the missionary enterprise.Whether or not they were directly influenced by the international event of 1851, the modest British missionary exhibitions of the mid-nineteenth century began to evolve rapidly from the 1870s, reaching truly spectacular proportions in the first third of the twentieth century. This enormous success was due to a particular set of circumstances which were not true for the Catholic sphere. Firstly, the exhibits were a fantastic source of propaganda, and furthermore, they generated a direct and immediate cash income. This is significant considering that Protestant church societies and committees neither depended upon, nor were linked to (at least not directly or officially) civil administration and almost all revenue came from the personal contributions of the faithful. Secondly, because Protestants organised their own events, there was no reason for them to participate in the official colonial exhibitions, with which the Catholic missions became repeatedly involved once the old prejudices of government had fallen away by the later years of the nineteenth century. In this way, evangelical communities were able to maintain their independence from the imperial enterprise, yet in a manner that did not preclude them from collaborating with it whenever it was in their interests to do so.However, whether Catholic or Protestant, the main characteristic of the missionary exhibitions in the timeframe of the late-nineteenth and early-twentieth century, was their ethnological intent (Sánchez-Gómez, 2013). The ethnographic objects of converted peoples (and of those who had yet to be converted) were noteworthy for their exoticism and rarity, and became a true magnet for audiences. They were also supposedly irrefutable proof of the “backward” and even “depraved” nature of such peoples, who had to be liberated by the redemptive missions which all Christians were expected to support spiritually and financially. But as tastes changed and the public began to lose interest, the exhibitions started to grow in size and complexity, and increasingly began to feature new attractions, such as dioramas and sculptures of native groups. Finally, the most sophisticated of them began to include the natives themselves as part of the show. It must be said that, but for rare exceptions, these were not exhibitions in the style of the famous German Völkerschauen or British ethnological exhibitions, but mere performances; in fact, the “guests” had already been baptized, were Christians, and allegedly willing to collaborate with their benefactors.Whilst the Protestant churches (British and North American alike) produced representations of indigenous peoples with the greatest frequency and intensity, it was (as far as we know) the (Italian) Catholic Church that had the dubious honour of being the first to display natives at a missionary exhibition, and did so in a clearly savagist and rudimentary fashion, which could even be described as brutal. This occurred in the religious section of the Italian-American Exhibition of Genoa in 1892 (Bottaro, 1984; Perrone, n.d.). As a shocking addition to the usual ethnographic and missionary collections, seven natives were exhibited in front of the audience: four Fuegians and three Mapuches of both sexes (children, young and fully-grown adults) brought from America by missionaries. The Fuegians, who were dressed only in skins and armed with bows and arrows, spent their time inside a hut made from branches which had been built in the garden of the pavilion housing the missionary exhibition. The Mapuches were two young girls and a man; the three of them lived inside another hut, where they made handicrafts under the watchful eye of their keepers.The exhibition appears to have been a great success, but it must have been evident that the model was too simple in concept, and inhumanitarian in its approach to the indigenous people present. In fact, whilst subsequent exhibitions also featured a native presence (always Christianised) at the invitation of the clergy, the Catholic Church never again fell into such a rough presentation and representation of the obsolete and savage way of life of its converted. To provide an illustration of those times, now happily overcome by the missionary enterprise, Catholic congregations resorted to dioramas and sculptures, some of which were of superb technical and artistic quality.Although the Catholic Church may have organised the first live missionary exhibition, it should not be forgotten that they joined the exhibitional sphere much later than the evangelical churches. Also, a considerable number of their displays were associated with colonial events, something that the Protestant churches avoided. This happened, for example, at the colonial exhibitions of Lyon (1894), Berlin 1896 (although this also involved Protestant churches) and Brussels-Tervuren (1897), as well as at the National Exhibition of 1898 in Turin. Years later, the great colonial (national and international) exhibitions of the interwar period continued to receive the enthusiastic and uncritical participation of Catholic missions (although some, as in 1931, included Protestant missions too). The most remarkable examples were the Iberian-American Exhibition of Seville in 1929, the International Exhibitions held at Amberes (1930) and Paris (1931), and the Oporto (1934) and Lisbon (1937 and 1940) National Exhibitions.[20] This colonial-missionary association did not prevent the Catholic Church from organising its own autonomous exhibitions, through which it tried to emulate and even surpass its more experienced Protestant counterpart. Their belated effort culminated in two of the most spectacular Christian missionary exhibitions of all time: the Vatican Missionary Exhibition of 1925 and the Barcelona Missionary Exhibition of 1929, which was associated with the great international show of that year (Sánchez-Gómez, 2007 and 2006). Although both events documented native nuns and priests as visitors, no humans were exhibited. Again, dioramas and groups of sculptures were featured, representing both religious figures and indigenous peoples. Let us return to the Protestant world. Whilst it was the reformed churches that most readily incorporated native participation, they seemed to do so in a more sensitive and less brutalised manner than the Genoese Catholic Exhibition of 1892. We know of their presence at the first North American exhibitions: one of which was held at the Ecumenical Conference on Foreign Missions, celebrated in New York in 1909 and, most significantly, at the great interdenominational The World in Boston Exhibition, in 1911 (Hasinoff, 2011). Native participation has also been recorded at the two most important British contemporary exhibitions: The Orient in London (held by the London Missionary Society in 1908) and Africa in the East (organised by the Church Missionary Society in 1909). Both exhibitions toured a number of British towns until the late 1920s, although for the most part without indigenous participation (Coombes, 1994; Cheang, 2006–2007).[21] However, the most spectacular Protestant exhibition, with hundreds of natives, dozens of stands, countless parades, theatrical performances, the latest thrill rides and exotic animals on display, was the gigantic Centenary Exhibition of American Methodist Missions, celebrated in Columbus in 1919 and popularly known as the Methodist’s World Fair (Anderson, 2006).The exhibition model at these early-twentieth century Protestant events was very similar to the colonial model. Native villages were reconstructed and ethnographic collections were presented, alongside examples of local flora and fauna, and of course, an abundance of information about missionary work, in which its evangelising, educational, medical and welfare aspects were presented. Some of these were equally as attractive to the audience (irrespective of their religious beliefs) as contemporary colonial or commercial exhibitions. However, it may be noted that the participation of Christianised natives took a radically different form from those of the colonial and commercial world. Those who were most capable and had a good command of English served as guides in the sections corresponding to their places of origin, a task that they tended to carry out in traditional clothing. More frequently these new Christians assumed roles with less responsibility, such as the manufacture of handicrafts, the sale of exotic objects or the recreation of certain aspects of their previous way of life. The organisers justified their presence by claiming that they were merely actors, representing their now-forgotten savage way of life. This may very well have been the case.At the Protestant exhibitions of the 1920s and 1930s, the presence of indigens became progressively less common until it eventually disappeared. This notwithstanding, the organisers came to benefit from a living resource which complemented displays of ethnographic materials whilst being more attractive to the audience than the usual dioramas. This was a theatrical representation of the native way of life (combined with scenes of missionary interaction) by white volunteers (both men and women) who were duly made up and in some cases appeared alongside real natives. Some of these performances were short, but others consisted of several acts and featured dozens of characters on stage. Regardless of their form, these spectacles were inherent to almost any British and North American exhibition, although much less frequent in continental Europe.Since the 1960s, the Christian missionary exhibition (both Protestant and Catholic) has been conducted along very different lines from those which have been discussed here. All direct or indirect associations with colonialism have been definitively given up; it has broken with racial or ethnological interpretations of converted peoples, and strongly defends its reputed autonomy from any political groups or interests, without forgetting that the essence of evangelisation is to maximize the visibility of its educational and charitable work among the most disadvantaged.
FINAL WORD
The three most important categories of modern ethnic show –commercial ethnological exhibitions, colonial exhibitions and missionary exhibitions– have been examined. All three resorted, to varying degrees, to the exhibition of exotic human beings in order to capture the attention of their audience, and, ultimately, to achieve certain goals: be they success in business and personal enrichment, social, political or financial backing for the colonial enterprise, or support for missionary work. Whilst on occasion they coincided at the same point in time and within the same context of representation, the uniqueness of each form of exhibition has been emphasised. However, this does not mean that they are completely separate phenomena, or that their representation of exotic “otherness” is homogeneous.Missionary exhibitions displayed perhaps the most singular traits due to their spiritual vision. However, it is clear that many made a determined effort to produce direct, visual and emotional spectacles and some, in so doing, resorted to representations of natives which were very similar to those of colonial exhibitions. Can we speak then, of a convergence of designs and interests? I honestly do not think so. At many colonial exhibitions, organisers showed a clear intention to portray natives as fearsome, savage individuals (sometimes even describing them as cannibals) who somehow needed to be subjugated. Peoples who were considered, to a lesser or greater extent, to be civilised were also displayed (as at the interwar exhibitions). However, the purpose of this was often to publicise the success of the colonial enterprise in its campaign for “the domestication of the savage”, rather than to present a message of humanitarianism or universal fraternity. Missionary exhibitions provided information and material examples of the former way of life of the converted, in which natives demonstrated that they had abandoned their savage condition and participated in the exhibition for the greater glory of the evangelising mission. Moreover, they also became living evidence that something much more transcendent than any civilising process was taking place: that once they had been baptised, anyone, no matter how wild they had once been, could become part of the same universal Christian family.It is certainly true that the shows that the audiences enjoyed at all of these exhibitions (whether missionary, colonial or even commercial) were very similar. Yet in the case of the former, the act of exhibition took place in a significantly more humanitarian context than in the others. And while it is evident that indigenous cultures and peoples were clearly manipulated in their representation at missionary exhibitions, this did not mean that the exhibited native was merely a passive element in the game. And there is something more. The dominating and spectacular qualities present in almost all missionary exhibitions should not let us forget one last factor which was essential to their conception, their development and even their longevity: Christian faith. Without Christian faith there would have been no missionary exhibitions, and had anything similar been organised, it would not have had the same meaning. It was essential that authentic Christian faith existed within the ecclesiastical hierarchy and within those responsible for congregations, missionary societies and committees. But the faith that really made the exhibitions possible was the faith of the missionaries, of others who were involved in their implementation and, of course, of those who visited. Although it was never recognised as such, this was perhaps an uncritical faith, complacent in its acceptance of the ways in which human diversity was represented and with ethical values that occasionally came close to the limits of Christian morality. But it was a faith nonetheless, a faith which intensified and grew with each exhibition, which surely fuelled both Christian religiosity (Catholic and Protestant alike) and at least several years of missionary enterprise, years crucial for the imperialist expansionism of the West. It is an objective fact that the display of human beings at commercial and colonial shows was always much more explicit and degrading than at any missionary exhibition. To state what has just been proposed more bluntly: missionary exhibitions were not “human zoos”. However, it is less clear whether the remaining categories: are commercial and colonial exhibitions worthy of this assertion (human zoos), or were they polymorphic ethnic shows of a much greater complexity?The principal analytical obstacle to the use of the term “human zoo” is that it makes an immediate and direct association between all of these acts and contexts and the idea of a nineteenth-century zoo. The images of caged animals, growling and howling, may cause admiration, but also disgust; they may sometimes inspire tenderness, but are mainly something to be avoided and feared due to their savage and bestial condition. This was definitely the case for the organisers of the scientific and editorial project cited at the beginning of this article, so it can be no surprise that Carl Hagenbeck’s joint exhibitions of exotic animals and peoples were chosen as the frame of reference for human zoos. Although the authors state in the first edition that “the human zoo is not the exhibition of savagery but its construction” [“le zoo humain n’est pas l’exhibition de la sauvagerie, mais la construction de celle-ci”] (Bancel et al., 2002: 17), the problem, as Blanckaert (2002) points out, is that this alleged construction or exhibitional structure was not present at most of the exhibitions under scrutiny, nor (and this is an added of mine) at those shown at the Exhibitions. L’invention du sauvage exhibit.Indeed, the expression “human zoo” establishes a model which does not fit with the meagre number of exhibitions of exotic individuals from the sixteenth, seventeenth or eighteenth centuries, nor with that of Saartjie Baartmann (the Hottentot Venus) of the early nineteenth century, much less with the freak shows of the twentieth century. Furthermore, this model can neither be compared to most of the nineteenth-century British human ethnological exhibitions, nor to most of the native villages of the colonial exhibitions, nor to the Wild West show of Buffalo Bill, let alone to the ruralist-traditionalist villages which were set up at many national and international exhibitions until the interwar period. Ultimately, their connection with many wandering “black villages” or “native villages” exhibited by impresarios at the end of the nineteenth century could also be disputed. Moreover, many of the shows organised by Hagenbeck number amongst the most professional in the exhibitional universe. The fact that they were held in zoos should not automatically imply that the circumstances in which they took place were more brutal or exploitative than those of any of the other ethnic shows.It is evident from all the shows which have been discussed, that the differential racial condition of the persons exhibited not only formed the basis of their exhibition, but may also have fostered and even founded racist reactions and attitudes held by the public. However, there are many other factors (political, economic and even aesthetic) which come into play and have barely been considered, which could be seen as encouraging admiration of the displays of bodies, gestures, skills, creations and knowledge which were seen as both exotic and seductive.In fact, the indiscriminate use of the very successful concept of “human zoo” generates two fundamental problems. Firstly it impedes our “true” knowledge of the object of study itself, that is, of the very varied ethnic shows which it intends to catalogue, given the great diversity of contexts, formats, persons in charge, objectives and materialisations that such enterprises have to offer. Secondly, the image of the zoo inevitably recreates the idea of an exhibition which is purely animalistic, where the only relationship is that which exists between exhibitor and exhibited: the complete domination of the latter (irrational beasts) by the former (rational beings). If we accept that the exhibited are treated merely as as more-or-less worthy animals, the consequences are twofold: a logical rejection of such shows past, present and future, and the visualization of the exhibited as passive victims of racism and capitalism in the West. It is therefore of no surprise that the research barely considers the role that these individuals may have played, the extent to which their participation in the show was voluntary and the interests which may have moved some of them to take part in these shows. Ultimately, no evaluation has been made of how these shows may have provided “opportunity contexts” for the exhibited, whether as commercial, colonial or missionary exhibitis. Whilst it is true that the exhibited peoples’ own voice is the hardest to record in any of these shows, greater effort could have been made in identifying and mapping them, as, when this happens, the results obtained are truly interesting (Dreesbach, 2005: 78).Before we conclude, it must be said that the proposed analysis does not intend to soften or justify the phenomenon of the ethnic show. Even in the least dramatic and exploitative cases it is evident that the essence of these shows was a marked inequality, in which every supposed “context of interaction” established a dichotomous relationship between black and white, North and South, colonisers and colonised, and ultimately, between dominators and dominated. My intention has been to propose a more-or-less classifying and clarifying approach to this varied world of human exhibitions, to make a basic inventory of their forms of representation and to determine which are the essential traits that define them, without losing sight of the contingent factors which they rely upon.

NOTES

ABSTRACT
The aim of this article is to study the living ethnological exhibitions. The main feature of these multiform varieties of public show, which became widespread in late-nineteenth and early-twentieth century Europe and the United States, was the live presence of individuals who were considered “primitive”. Whilst these native peoples sometimes gave demonstrations of their skills or produced manufactures for the audience, more often their role was simply as exhibits, to display their bodies and gestures, their different and singular condition. In this article, the three main forms of modern ethnic show (commercial, colonial and missionary) will be presented, together with a warning about the inadequacy of categorising all such spectacles under the label of “human zoos”, a term which has become common in both academic and media circles in recent years.Figure 8.   Postcard from the Deutsche Colonial-Ausstellung, Gewerbe Ausstellung (German Colonial Exhibition, Industrial Exhibition, Berlin 1896). Historische Bildpostkarten, Universität Osnabrück, Sammlung Prof. Dr. S. Giesbrecht (http://www.bildpostkarten.uni-osnabrueck.de).

[1]In order to avoid loading the text through the excessive use of punctuation marks, I have decided not to put words as blacks, savages or primitives in inverted commas; but by no means does this mean my acceptance of their contemporary racist connotations.

[2]Apart from its magnificent catalogue, the contents of the exhibition are also available online: http://www.quaibranly.fr/uploads/tx_gayafeespacepresse/MQB_DP_Exhibitions_01.pdf [accessed 13/November/2012].

[3]Missionary exhibitions are not an integral part of the repertoire of exhibitions studied as part of the French project on “Human zoos”, nor do they appear at the great Quai de Branly exhibition of 2012.

[4]The Marseille and Paris exhibitions competed with each other. The Festival of Empire was organised in London to celebrate the coronation of George V, thus also being known as the Coronation Exhibition. For more information about these and other British colonial exhibitions, or exhibitions which had important colonial sections, organised between 1890 and 1914, see Coombes (1994: 85–108) and Mackenzie (2008).

[5]These were the Franco-British exhibition (1908) and the Japan-British Exhibition (1910); although their contents were not exclusively colonial these do make up an important part of the exhibitions. They are both private and run by the successful show businessman Imre Kiralfy. For the former, see Coombes (1994: 187–213), Leymarie (2009) and Geppert (2010: 101–133); and for the latter, Mutsu (2001).
[6]This was the International Imperial Exhibition, where the Great Britain, France and Russia took part, although other countries also had a minor presence. It was organized by the businessman Imre Kiralfy.
[7]The exhibition fever of those years even hit Japan, where colonial and anthropological exhibitions were organized in Osaka (1903) and Tokyo (1913). These showed Ainu peoples and persons from the newly incorporated territories of the Japanese Empire (Siddle, 1996; Nanta, 2011).
[8]For a good summary of the extensive colonial propaganda movement which spread around Europe during the interwar period (with detailed references to the exhibitions) see Stanard (2009).
[9]British Empire Exhibition.
[10]After its defeat in the Great War, the 119 Versailles Treaty article specified that Germany should give up all its overseas territories. Therefore, whenever exhibitions were celebrated during the interwar period Germany lacked any possessions whatsoever. Thus, German competitions mentioned (including Vienna) were nothing but mere patriotic exhibitions of colonial revisionism, which were celebrated during the Weimar Republic and reached their heyday in the Nazi era.
[11]This was the Mostra Coloniale Celebrativa della Vittoria Imperiale, a propagandist national-colonial exhibition of a strong rationalist character.
[12]This was the British Empire Exhibition.
[13]This was the grandiose Prima (and unique) mostra triennale delle Terre Italiane d’Oltremare, which was to be celebrated between the 9 of May and the 15 of October 1940, and which was suspended after a month owing to Mussolini’s declaration of war on France and Great Britain. See Kivelitz (1999: 162–171), Abbattista and Labanca (2008), Vargaftig (2010) and, more specifically, Dore (1992).
[14]The available literature on the exhibition of 1931 is very abundant. A very brief selection of titles could include the following: Ageron (1984), Blévis et al. (2008), Exposition Coloniale (2006), Hodeir and Pierre (1991), L’ Estoile (2007), Lebovics (2008) and Morton (2000).
[15]However, the organization of two purely commercial ethnological exhibitions was authorized.
[16]On the Congolese section of the 1958 Brussels exhibition, the works of Cornelis (2005), Halen (1995), and Stanard (2005 and 2011) can be used as references.
[17]The territory of Rwanda-Urundi (former German colony of Rwanda and Burundi) was administered as a trusteeship by Belgium from 1924, on accepting a League of Nations mandate which was renewed through the UN after the end of the Second World War.
[18]For the encounters and disagreements between Christian exhibitions and Universal exhibitions during the nineteenth century, see Sánchez-Gómez (2011).
[19]The New-Zealander (Auckland), 22 October 1851. Available at http://paperspast.natlib.govt.nz/cgi-bin/paperspast [accessed 3/April/2009].
[20]This was the Historical Exhibition of Occupation (1937) and the Exhibition of the Portuguese World (1940); For the Catholic Church’s participation in these events, see Sánchez-Gómez (2009).
[21]The presence of natives has not been recorded at Protestant exhibitions celebrated in France, Sweden, Switzerland or Germany during those years.

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Voir aussi:

Human zoos: When people were the exhibits
Annika Zeitler
Dw.com
10.03.2017

From the German Empire through the 1930s, humans were locked up and exhibited in zoos. These racist « ethnological expositions » remain a traumatizing experience for Theodor Wonja Michael.

« We went throughout Europe with circuses, and I was always traveling – from Paris to Riga, from Berne to Bucharest via Warsaw, » remembers Theodor Wonja Michael. He is the youngest son of a Cameroonian who left the then German colony at the turn of the century to live in the German Empire.

« We danced and performed along with fire-eaters and fakirs. I began hating taking part in these human zoos very early on, » says the now 92-year-old. For several years, did stopped talking about that period in his life. Then in 2013, Theodor Wonja Michael wrote about his and his family’s story in the book « Deutsch sein und schwarz dazu » (Being German and also Black).

Traveling with a human zoo

Theodor Wonja Michael’s father moved with his family from Cameroon to Europe at the end of the 19th century. In Berlin, he quickly realized that he wouldn’t be allowed to do normal jobs. The only available way of making a living was through ethnological expositions, also called human zoos.

At the time, performers of a human zoo would tour through Europe just like rock bands today. They were scheduled to do several presentations a day while visitors would gawk at them.

« In some cases, the performers had contracts, but they didn’t know what it meant to be part of Europe’s ethnological expositions, » says historian Anne Dreesbach. Most of them were homesick; some died because they didn’t manage to get vaccinated. That’s how an Inuit family, which was part of an exhibition, died of smallpox after shows in Hamburg and Berlin in 1880. Another group of Sioux Indians died of vertigo, measles and pneumonia.

Carl Hagenbeck’s exposition of ‘exotics’

A 1927 photo of Carl Hagenbeck, surrounded by the Somalians he put in a Hamburg zoo

Up until the 1930s, there were some 400 human zoos in Germany.

The first big ethnological exposition was organized in 1874 by a wild animal merchant from Hamburg, Carl Hagenbeck. « He had the idea to open zoos that weren’t only filled with animals, but also people. People were excited to discover humans from abroad: Before television and color photography were available, it was their only way to see them, » explains Anne Dreesbach, who published a book on the history of human zoos in Germany a few year ago.

An illusion of travel

The concept already existed in the early modern age, when European explorers brought back people from the new areas they had traveled to. Carl Hagenbeck took this one step further, staging the exhibitions to make them more attractive: Laplanders would appear accompanied by reindeer, Egyptians would ride camels in front of cardboard pyramids, Fuegians would be living in huts and had bones as accessories in their hair. « Carl Hagenbeck sold visitors an illusion of world travel with his human zoos, » says historian Hilke Thode-Arora from Munich’s ethnological museum.

How Theodor Wonja Michael experienced racism in Germany

« In these ethnological expositions, we embodied Europeans perception of ‘Africans’ in the 1920s and 30s – uneducated savages wearing raffia skirts, » explains Theodor Wonja Michael. He still remembers how strangers would stroke his curled hair: « They would smell me to check if I was real and talked to me in broken German or with signs. »

Hordes of visitors

Theodor Wonja Michael’s family was torn apart after the death of his mother, who was a German seamstress from East Prussia. A court determined that the father couldn’t properly raise his four children, and operators of a human zoo officially became the young Theodor’s foster parents in the 1920s. « Their only interest in us was for our labor, » explains Michael.

All four children were taken on by different operators of ethnological expositions and had to present and sell « a typical African lifestyle » for a curious public, like their father had done previously. For Theodor Wonja Michael, it was torture.

Just like fans want to see stars up close today, visitors at the time wanted to see Fuegians, Eskimos or Samoans. When one group decided to stay hidden in their hut during the last presentation of a day in a Berlin zoo in November 1881, thousands of visitors protested by pushing down fences and walls and destroying banks. « This shows what these expositions subconsciously triggered in people, » says Dreesbach.

Theodor Wonja Michael was nine years old when his father died in 1934, aged 55. He only has very few memories of him left. From his siblings’ stories, he knows that his father worked as an extra on silent films at the beginning of the 1920s. The whole family was brought with him to the studio and also hired as extras because they were viewed as « typically African. »

Several human zoos stopped running after the end of World War I. Hagenbeck organized his last show of « exotic people » in 1931 – but that didn’t end discrimination.

Theodor Wonja Michael’s book is available in German under the title, « Deutsch sein und Schwarz dazu. Erinnerungen eines Afro-Deutschen » (Being German and also Black. Memoires of an Afro-German).

Voir de même:

REVIEW: The Strange Tale of a Coney Island ‘Doctor’ Who Saved 7,000 Babies

The Strange Case of Dr. Couney: How a Mysterious European Showman Saved Thousands of American Babies by Dawn Raffel (Blue Rider Press, 284 pp.)

By Laura Durnell

The National Book Review

8.15. 2018

With a couturier’s skill, Dawn Raffel’s The Strange Case of Dr. Couney: How a Mysterious European Showman Saved Thousands of American Babies threads facts and education into a dramatic and highly unusual narrative.  The enigmatic showman Martin Couney showcased premature babies in incubators to early 20th century crowds on the Coney Island and Atlantic City boardwalks, and at expositions across the United States. A Prussian-born immigrant based on the East coast, Couney had no medical degree but called himself a physician, and his self-promoting carnival-barking incubator display exhibits actually ended up saving the lives of about 7,000 premature babies. These tiny infants would have died without Couney’s theatrics, but instead they grew into adulthood, had children, grandchildren, great grandchildren and lived into their 70s, 80s, and 90s. This extraordinary story reveals a great deal about neonatology, and about life.

Raffel, a journalist, memoirist and short story writer, brings her literary sensibilities and great curiosity, to Couney’s fascinating tale. Drawing on extraordinary archival research as well as interviews, her narrative is enhanced by her own reflections as she balanced her shock over how Couney saved these premature infants and also managed to make a living by displaying them like little freaks to the vast crowds who came to see them. Couney’s work with premature infants began in Europe as a carnival barker at an incubator exposition. It was there he fell in love with preemies and met his head nurse Louise Recht. Still, even allowing for his evident affection, making the preemies incubation a public show seems exploitative.

But was it? In the 21st century, hospital incubators and NICUs are taken for granted, but over a hundred years ago, incubators were rarely used in hospitals, and sometimes they did far more harm than good.  Premature infants often went blind because of too much oxygen pumped into the incubators (Raffel notes that Stevie Wonder, himself a preemie, lost his sight this way). Yet the preemies Couney and his nurses — his wife Maye, his daughter Hildegard, and lead nurse Louise, known in the show as “Madame Recht” — cared for retained their vision. The reason? Couney was worried enough about this problem to use incubators developed by M. Alexandre Lion in France, which regulated oxygen flow.

Today it is widely accept that every baby – premature or ones born to term – should be saved.  Not so in Couney’s time. Preemies were referred to as “weaklings,” and even some doctors believed their lives were not worth saving. While Raffel’s tale is inspiring, it is also horrific. She does not shy away from people like Dr. Harry Haiselden who, unlike Couney, was an actual M.D., but “denied lifesaving treatment to infants he deemed ‘defective,’ deliberately watching them die even when they could have lived.”

Haiselden’s behavior and philosophy did not develop in a vacuum. Nazi Germany’s shadow looms large in Raffel’s book. Just as they did with America’s Jim Crow laws, Raffel acknowledges the Nazis took America’s late nineteenth and early twentieth century fascination with eugenics and applied it to monstrous ends in the T4 euthanasia program and the Holocaust. To better understand Haiselden’s attitude, Raffel explains the role eugenics played throughout Couney’s lifetime. She dispassionately explains the theory of eugenics, how its propaganda worked and how belief in eugenics manifested itself in 20th century America.

Ultimately, Couney’s compassion, advocacy, resilience, and careful maintenance of his self-created narrative to the public rose above this ignorant cruelty. True, he was a showman, and during most of his career, he earned a good living from his incubator babies show, but Couney, an elegant man who fluently spoke German, French and English, didn’t exploit his preemies (Hildegard was a preemie too).  He gave them a chance at the lives they might not have been allowed to live. Couney used his showmanship to support all of this life-saving. He put on shows for boardwalk crowds, but he also, despite not having a medical degree, maintained his incubators according to high medical standards.

In many ways, Couney’s practices were incredibly advanced. Babies were fed with breast milk exclusively, nurses provided loving touches frequently, and the babies were held, changed and bathed. “Every two hours, those who could suckle were carried upstairs on a tiny elevator and fed by breast by wet nurses who lived in the building,” Raffel writes.  “The rest got the funneled spoon.”

Yet the efforts of Dr. Couney’s his nurses went largely ignored by the medical profession and were only mentioned once in a medical journal. As Raffel writes in her book’s final page, “There is nothing at his  grave to indicate that [Martin Couney] did anything of note.” The same goes for Maye, Louise and Hildegard. Louise’s name was misspelled on her shared tombstone (Louise’s remains are interred in another family’s crypt), and Hildegard, whose remains are interred with Louise’s, did not even have her own name engraved on the shared tombstone.

With the exception of Chicago’s Dr. Julius Hess, who is considered the father of neonatology, the majority of the medical establishment patronized and excluded Couney. Hess, though, respected Couney’s work and built on it with his own scientific approach and research; in the preface to his book Premature and Congenitally Diseased Infants, Hess acknowledges Couney “‘for his many helpful suggestions in the preparation of the material for this book.’” But Couney cared more about the babies than professional respect. His was a single-minded focus: even when it financially devastated him to do so, he persisted, so his preemies could live.

A Talmud verse Raffel cites early in her book sums up Martin Couney: “If one saves a single life, it is as if one has saved the world.” The Strange Case of Dr. Couney gives Couney his due as a remarkable human being who used his promotional ability for the betterment of premature infants, and for, 7,000 times over, saving the world.


Laura Durnell’s work has appeared in The Huffington Post, Fifth Wednesday Journal, Room, The Antigonish Review, Women’s Media Center, Garnet News, others. She currently teaches at DePaul University, tutors at Wilbur Wright College, one of the City Colleges of Chicago, and is working on her first novel. Twitter handle:  @lauradurnell

Voir par ailleurs:

On te manipule

Une Théorie du complot, c’est quoi ?

Youtubeur cagoulé Une théorie du complot (on parle aussi de conspirationnisme ou de complotisme) est un récit pseudo-scientifique, interprétant des faits réels comme étant le résultat de l’action d’un groupe caché, qui agirait secrètement et illégalement pour modifier le cours des événements en sa faveur, et au détriment de l’intérêt public. Incapable de faire la démonstration rigoureuse de ce qu’elle avance, la théorie du complot accuse ceux qui la remettent en cause d’être les complices de ce groupe caché. Elle contribue à semer la confusion, la désinformation, et la haine contre les individus ou groupes d’individus qu’elle stigmatise.Les 7 commandements de la théorie du complot

1. Derrière chaque événement un organisateur caché tu inventeras

Bureau national des complotsDerrière chaque actualité ayant des causes accidentelles ou naturelles (mort ou suicide d’une personnalité, crash d’avion, catastrophe naturelle, crise économique…), la théorie du complot cherche un ou des organisateurs secrets (gouvernement, communauté juive, francs-maçons…) qui auraient manipulé les événements dans l’ombre pour servir leurs intérêts : l’explication rationnelle ne suffit jamais. Et même si les événements ont une cause intentionnelle et des acteurs évidents (attentat, assassinat, révolution, guerre, coup d’État…), la théorie du complot va chercher à démontrer que cela a en réalité profité à un AUTRE groupe caché. C’est la méthode du bouc émissaire.

2. Des signes du complot partout tu verras

Signe du complot La théorie du complot voit les indices de celui-ci partout où vous ne les voyez pas, comme si les comploteurs laissaient volontairement des traces, visibles des seuls « initiés ». Messages cachés sur des paquets de cigarettes, visage du diable aperçu dans la fumée du World Trade Center, parcours de la manifestation Charlie Hebdo qui dessinerait la carte d’Israël… Tout devient prétexte à interprétation, sans preuve autre que l’imagination de celui qui croit découvrir ces symboles cachés. Comme le disait une série célèbre : « I want to believe ! »

3. L’esprit critique tu auras… mais pas pour tout

La théorie du complot a le doute sélectif : elle critique systématiquement l’information émanant des autorités publiques ou scientifiques, tout en s’appuyant sur des certitudes ou des paroles « d’experts » qu’elle refuse de questionner. De même, pour expliquer un événement, elle monte en épingle des éléments secondaires en leur conférant une importance qu’ils n’ont pas, tout en écartant les éléments susceptibles de contrarier la thèse du complot. Son doute est à géométrie variable.

4. Le vrai et le faux tu mélangeras

Affiche "i want to believe"La théorie du complot tend à mélanger des faits et des spéculations sans distinguer entre les deux. Dans les « explications » qu’elle apporte aux événements, des éléments parfaitement avérés sont noués avec des éléments inexacts ou non vérifiés, invérifiables, voire carrément mensongers. Mais le fait qu’une argumentation ait des parties exactes n’a jamais suffi à la rendre dans son ensemble exacte !

5. Le « millefeuille argumentatif » tu pratiqueras

C’est une technique rhétorique qui vise à intimider celui qui y est confronté : il s’agit de le submerger par une série d’arguments empruntés à des champs très diversifiés de la connaissance, pour remplacer la qualité de l’argumentation par la quantité des (fausses) preuves. Histoire, géopolitique, physique, biologie… toutes les sciences sont convoquées – bien entendu, jamais de façon rigoureuse. Il s’agit de créer l’impression que, parmi tous les arguments avancés, « tout ne peut pas être faux », qu’ »il n’y a pas de fumée sans feu ».

6. La charge de la preuve tu inverseras

ILivre sur "la vérité"ncapables (et pour cause !) d’apporter la preuve définitive de ce qu’elle avance, la théorie du complot renverse la situation, en exigeant de ceux qui ne la partagent pas de prouver qu’ils ont raison. Mais comment démontrer que quelque chose qui n’existe pas… n’existe pas ? Un peu comme si on vous demandait de prouver que le Père Noël n’est pas réel.

7. La cohérence tu oublieras

A force de multiplier les procédés expliqués ci-dessus, les théories du complot peuvent être totalement incohérentes, recourant à des arguments qui ne peuvent tenir ensemble dans un même cadre logique, qui s’excluent mutuellement. Au fond, une seule chose importe : répéter, faute de pouvoir le démontrer, qu’on nous ment, qu’on nous cache quelque chose. #OnTeManipule !

Voir enfin:

« Le clip de Nick Conrad illustre la montée de la haine raciale en France »
Céline Pina
Le Figaro
28/09/2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Réagissant au clip du rappeur Nick Conrad appelant à massacrer des «Blancs», Céline Pina assure que cet épisode n’est que la partie visible d’une idéologie raciste de plus en plus violente, prenant les «Blancs» pour cible.

Ancienne élue locale, Céline Pina est essayiste et militante. Elle avait dénoncé en 2015 le salon de «la femme musulmane» de Pontoise et a récemment publié Silence Coupable (éd. Kero, 2016). Avec Fatiha Boutjalhat, elle est la fondatrice de Viv(r)e la République, mouvement citoyen laïque et républicain, appelant à lutter contre tous les totalitarismes et pour la promotion de l’indispensable universalité des valeurs républicaines.


«Je rentre dans des crèches, je tue des bébés blancs,

attrapez-les vite et pendez leurs parents

Écartelez-les pour passer le temps

Divertir les enfants noirs de tout âge, petits et grands.

Fouettez-les fort, faites-le franchement,

Que ça pue la mort, que ça pisse le sang»

Si vous pensez que l’État islamique donne maintenant ses ordres en rimes laborieuses ou que la nouvelle mode est de semer la haine et de lancer des appels au meurtre en chanson, c’est, d’après l’auteur de ce texte, que vous êtes plein de préjugés racistes. Certes tuer des enfants dans les écoles ou les crèches est bien un mot d’ordre que les terroristes islamistes ont lancé, certes le clip de ce rappeur appelle au meurtre de masse des Blancs, mais, selon ses défenseurs, il s’agit d’Art, de création, d’amour incompris. En fait, être choqués par ces paroles, témoignerait d’un refus collectif de prendre conscience de nos fautes et de celles de nos pères et serait un effet de notre racisme ontologique puisque le rappeur explique avoir voulu «inverser les rôles, (…) le système, de manière à ce que Blancs comme noirs puissent se rendre compte de la situation.». Son clip serait «une fiction qui montre des choses qui sont vraiment arrivées au peuple noir.». Rappelons qu’il s’agit ici de montrer des actes de torture, d’humiliation puis l’exécution d’un homme blanc, le tout filmé avec une jouissance sadique.

Au regard de la ligne de défense du rappeur on peut constater d’abord que s’il chante la haine, c’est qu’il la porte en lui. Il la légitime d’ailleurs par l’histoire. Dans son imaginaire et sa représentation du monde, tuer des «blancs» est une œuvre de justice pour un «noir» puisqu’il ne ferait que remettre les compteurs de l’histoire à zéro et venger les souffrances de son peuple, victime de l’esclavage. Sauf que pour raisonner ainsi il faut être profondément inculte et ne pas craindre la falsification historique. L’historien Olivier Petré-Grenouilleau a travaillé sur l’histoire des traites négrières. À l’époque il fut violemment attaqué car son travail déconstruisait un discours idéologique visant à réduire l’esclavage à la seule histoire de l’oppression de l’homme blanc sur l’homme noir. Or la réalité est bien plus diverse. Il y eut trois types de traite: la traite africaine, celle où des noirs capturaient et vendaient des esclaves noirs, on estime cette traite à 14 millions de personnes déportées. La traite arabo-musulmane où les marchands arabes capturaient et vendaient des esclaves noirs, celle-ci a concerné 17 millions d’individus et avait une particularité notable, la castration systématique de tous les hommes. Enfin la traite transatlantique, celle des «blancs», qui a concerné 11 millions d’individus.

Au vu de ce triste constat, nul ne peut pavoiser. Aucune couleur de peau ne peut revendiquer un quelconque avantage moral sur l’autre. En revanche, ce sont les Européens qui ont aboli les premiers l’esclavage, à l’issue d’un travail intellectuel et politique amorcé durant Les Lumières, qui changèrent la conception de l’homme et de la société. Grâce au concept d’égale dignité de l’être humain, il devenait impossible pour un homme d’en posséder un autre. Cette idée d’égalité est une construction, une représentation, une vision de l’homme et du monde qui rendit l’esclavage illégitime. En Europe, cette situation perdure car elle est liée à une perception du monde sur laquelle nous nous efforçons d’appuyer nos lois et nos mœurs. En Afrique et en Orient, l’esclavage existe encore (souvenez-vous des images du marché d’esclaves en Libye) et le combat pour l’abolir complètement est très discret, alors que la mémoire de l’esclavage, en Occident, finie par être instrumentalisée à des fins politiques douteuses. L’esclavage n’intéresse les idéologues gauchistes que pour faire le procès du blanc et justifier tous les passages à l’acte. Ce qui ne sert ni la connaissance historique, ni la lutte contre les discriminations.

Quant à l’excuse par l’art, mobilisée pour donner un boulevard à la haine et censurer ceux qui s’en indignent, elle a pour corollaire le droit de juger et de rejeter du spectateur. Elle a également pour limite l’appel au meurtre. Souvenez-vous de la radio Mille collines au Rwanda. Un bien joli nom pour une entreprise génocidaire. A coup d’appels enflammés et de texte haineux auquel celui-ci n’a rien à envier, elle sema sciemment la détestation et la mort. Et elle fut entendue. Largement.

C’est ce que fait à son niveau ce rappeur. Car son délire ne lui appartient pas en propre. Il relaie une logique, un discours de haine et un projet politique qui a été forgé d’abord aux États-Unis et qui revient ici porté par le PIR (Parti des Indigènes de la République), par l’extrême-gauche et par leurs alliés islamistes. Ce discours de haine raciale est légitimé et s’installe dans nos représentations car cette idéologie trouve des relais politiques et intellectuels. Elle se développe même au sein des universités à travers l’imposture du champ des études post-coloniales, où l’on préfère souvent former des activistes politiques, plutôt que s’astreindre à l’aride rigueur de la démarche scientifique. Ce discours est porté politiquement dans les banlieues où il construit les représentations des jeunes, il est accueilli dans les médias mainstream où les lectures raciales de la société se développent de plus en plus. Cette dérive violente est nourrie par un travail politique mené par des forces identifiables et il porte ses fruits: oui, il y a bien un racisme «anti-blancs» qui se développe dans les banlieues. Oui, on peut se faire agresser pour le seul crime d’être «blanc». Oui, la montée de la haine raciale aujourd’hui participe aux passages à l’acte et à l’explosion de la soi-disant violence gratuite.

Mais cela, une partie du système médiatique le nie, participant aussi à la légitimation de ceux qui font monter les tensions raciales. Imaginons juste qu’un chanteur ait chanté les mêmes horreurs à propos des noirs. Croyez-vous que la presse lui aurait ouvert ses colonnes pour qu’il se justifie? N’eût-il été immédiatement mis au ban par ses pairs? Quand les bien-pensants réclament qu’Eric Zemmour soit interdit d’antenne, alors que sa sortie ridicule n’a rien à voir de près ni de loin avec un appel au meurtre, ils sont curieusement muets quand il s’agit d’un rappeur pourtant indéfendable sur le fond et qui, lui, lance des appels à la haine.

Pire encore, pour ne pas avoir à se positionner sur des sujets épineux, ils vont jusqu’à nier la réalité. C’est Dominique Sopo, président de SOS Racisme, qui refuse de voir monter la haine raciale érigée en posture politique et estime que le racisme anti-blanc n’est qu’une invention de l’extrême-droite. Même son de cloche chez le député France insoumise Eric Cocquerel. En cela, la justification du rappeur qui prétend «inverser», mettre le blanc à la place du noir et évoque un clip copié sur le passage d’un film américain où deux membres du Klu Klux Klan font subir les mêmes atrocités à un homme noir, est calibrée pour fermer la bouche à ceux qui confondent gauche et repentance. Et cela marche. Pourtant le raisonnement sous-tendu par cette référence est stupide: les membres du KKK appartiennent à une idéologie particulière. Ils ne sont pas des références, ni des modèles, encore moins des exemples. Ils font honte à leurs concitoyens et leurs idées politiques sont combattues et rejetées. Ils ne représentent pas les «blancs». Leur donner une telle portée symbolique, c’est un peu comme confondre nazi et allemand ou islamistes et musulmans.

Quant à l’ultime provocation du rappeur, le fait que d’après lui, si on creuse un peu, derrière le couplet «pendez les blancs», c’est de l’amour que l’on entend, nous avons déjà eu droit à ce salmigondis stupide quand Houria Bouteldja a tenté de défendre son livre raciste: «les Blancs, les Juifs et nous». Et s’il fallait une preuve de ce que ce rappeur pense vraiment, la phrase de Malcom X qui clôt son clip nous le rappelle: «Le prix pour faire que les autres respectent vos droits humains est la mort.». Une phrase qui ne peut être entendue par les jeunes que comme un appel au meurtre dans le contexte du clip. Pire, même, qui voit dans le fait de donner la mort, la marque de ceux qui savent se faire respecter. Phrase toute aussi terrible et impressionnante que fausse: le prix pour faire que les autres respectent vos droits est la reconnaissance de l’égale dignité des êtres humains, la fraternité qui naît du partage de cette condition humaine et les devoirs qu’elle nous donne les uns envers les autres. Et la couleur de la peau n’a aucune importance dans cette histoire-là.


Yom Kippour/5779: Attention, un Grand Pardon peut en cacher un autre (Yokes and chains: How much more mass immigration will the West have to endure to atone for its historical wrongs ?)

19 septembre, 2018
Et le bouc sur lequel est tombé le sort pour Azazel sera placé vivant devant l’Éternel, afin qu’il serve à faire l’expiation et qu’il soit lâché dans le désert pour Azazel. (…) Car en ce jour on fera l’expiation pour vous, afin de vous purifier: vous serez purifiés de tous vos péchés devant l’Éternel. Ce sera pour vous un sabbat, un jour de repos, et vous humilierez vos âmes. C’est une loi perpétuelle. Lévitique 16:10-31
Parce qu’aujourd’hui, chez les juifs, c’est le Kippour. Aujourd’hui dans le monde entier, tous les juifs, ils pardonnent à ceux qui leur ont fait du mal. Tous les juifs, sauf un. Moi. Moi, je pardonne pas. Raymond Bettoun
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Aujourd’hui on repère les boucs émissaires dans l’Angleterre victorienne et on ne les repère plus dans les sociétés archaïques. C’est défendu. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Malgré le titre général, en effet, dès l’article 1, seules la traite transatlantique et la traite qui, dans l’océan Indien, amena des Africains à l’île Maurice et à la Réunion sont considérées comme « crime contre l’humanité ». Ni la traite et l’esclavage arabes, ni la traite interafricaine, pourtant très importants et plus étalés dans le temps puisque certains ont duré jusque dans les années 1980 (au Mali et en Mauritanie par exemple), ne sont concernés. Le crime contre l’humanité qu’est l’esclavage est réduit, par la loi Taubira, à l’esclavage imposé par les Européens et à la traite transatlantique. (…) Faute d’avoir le droit de voter, comme les Parlements étrangers, des « résolutions », des voeux, bref des bonnes paroles, le Parlement français, lorsqu’il veut consoler ou faire plaisir, ne peut le faire que par la loi. (…) On a l’impression que la France se pose en gardienne de la mémoire universelle et qu’elle se repent, même à la place d’autrui, de tous les péchés du passé. Je ne sais si c’est la marque d’un orgueil excessif ou d’une excessive humilité mais, en tout cas, c’est excessif ! […] Ces lois, déjà votées ou proposées au Parlement, sont dangereuses parce qu’elles violent le droit et, parfois, l’histoire. La plupart d’entre elles, déjà, violent délibérément la Constitution, en particulier ses articles 34 et 37. (…) les parlementaires savent qu’ils violent la Constitution mais ils n’en ont cure. Pourquoi ? Parce que l’organe chargé de veiller au respect de la Constitution par le Parlement, c’est le Conseil constitutionnel. Or, qui peut le saisir ? Ni vous, ni moi : aucun citoyen, ni groupe de citoyens, aucun juge même, ne peut saisir le Conseil constitutionnel, et lui-même ne peut pas s’autosaisir. Il ne peut être saisi que par le président de la République, le Premier ministre, les présidents des Assemblées ou 60 députés. (…) La liberté d’expression, c’est fragile, récent, et ce n’est pas total : il est nécessaire de pouvoir punir, le cas échéant, la diffamation et les injures raciales, les incitations à la haine, l’atteinte à la mémoire des morts, etc. Tout cela, dans la loi sur la presse de 1881 modifiée, était poursuivi et puni bien avant les lois mémorielles. Françoise Chandernagor
Les « traites d’exportation » des Noirs hors d’Afrique remontent au VIIe siècle de notre ère, avec la constitution d’un vaste empire musulman qui est esclavagiste, comme la plupart des sociétés de l’époque. Comme on ne peut réduire un musulman en servitude, on répond par l’importation d’esclaves venant d’Asie, d’Europe centrale et d’Afrique subsaharienne. Olivier Pétré-Grenouilleau
A la différence de l’islam, le christianisme n’a pas entériné l’esclavage. Mais, comme il ne comportait aucune règle d’organisation sociale, il ne l’a pas non plus interdit. Pourtant, l’idée d’une égalité de tous les hommes en Dieu dont était porteur le christianisme a joué contre l’esclavage, qui disparaît de France avant l’an mil. Cependant, il ressurgit au XVIIe siècle aux Antilles françaises, bien que la législation royale y prescrive l’emploi d’une main-d’oeuvre libre venue de France. L’importation des premiers esclaves noirs, achetés à des Hollandais, se fait illégalement. Jean-Louis Harouel
Jusqu’ici – mais la vulgate perdure – les synthèses à propos de l’Afrique se limitaient ordinairement à une seule traite: la traite européenne atlantique entre l’Afrique et les Amériques, du XVe siècle à la première partie du XIXe siècle. En fait, jusqu’à la seconde moitié du de ce siècle puisque l’abolition ne met pas fin à la traite qui se poursuit illégalement. Or, le trafic ne s’est borné ni à ces quatre siècles convenus ni à l’Atlantique. La traite des Africains noirs a été pratiquée dans l’Antiquité et au Moyen Age; elle s’est prolongée jusqu’au XXe siècle et se manifeste encore sous divers avatars en ce début de XXIe siècle; elle s’est étendue à l’océan indien et au-delà; elle a été le fait non seulement des Européens, mais des Arabes et des Africains eux-mêmes. Pourtant, le programme de « La Route de l’esclave », élaboré par l’UNESCO et qui visait à briser le silence historique et scientifique observé sur la traite, véhicule, pour des raisons idéologiques (sous la pression des représentants du monde et des états africains), les mêmes distorsions. En effet, l’emploi du singulier (« La Route ») exclut de la reconnaissance et de la construction mémorielle aussi bien la traite interne à l’Afrique, la plus occultée, que les routes transsaharienne et orientale et montre à quel point l’histoire des traites est aujourd’hui un enjeu politique, en raison principalement des réparations que seul le Nord, parmi les régions impliquées, se devrait de verser. Roger Botte
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
Le Parlement européen a approuvé, le 12 septembre 2018, par 448 contre 197 (avec 48 abstentions), le rapport de l’eurodéputée Sargentini constatant des « risques graves » de violation des « valeurs » de l’Union, selon les termes des articles 2 et 7 du Traité sur l’Union européenne. C’est le début d’une longue procédure qui pourrait, comme dans le cas de la Pologne le 20 décembre dernier, aboutir à l’adoption de sanctions (suspension des droits de vote) pour la Hongrie. (…) Toutefois (…) il est possible que les européistes aient remporté une victoire à la Pyrrhus. Au lendemain du vote, c’est toute l’Europe du groupe de Višegrad (V4) qui risque de se considérer comme mise à l’index. La Pologne, déjà visée en décembre dernier par la procédure de l’article 7, la Tchéquie et la Slovaquie ne peuvent que se solidariser avec la Hongrie au sein du V4. Et la coalition de gouvernement en Autriche ÖVP-FPÖ visée par l’article 7 en 1999 peut elle aussi, à terme, bloquer le processus. Mais surtout, ce revers au Parlement de Strasbourg consacre a contrario le leadership de la Hongrie en étendard d’un mouvement profond sur les échiquiers politiques nationaux qui dépasse le cadres de l’Europe centrale et orientale, comme en témoigne les convergences avec la Ligue de Salvini en Italie ou les Démocrates Suédois à Stockholm. (…) À Varsovie et à Rome, à Stockholm et à Athènes, la Hongrie peut maintenant fédérer tous ceux dénoncent les décisions de l’UE concernant la répartition obligatoire des réfugiés, tous ceux qui prétendent défendre l’identité de l’Europe contre l’islam et tous ceux qui promeuvent un retour des souverainetés nationales. Ce vote peut être le point de départ d’un nouvel élan pour la construction européenne. Il peut aussi devenir l’événement fondateur d’un leadership orbanien dans les opinions publiques des États membres. The Conversation
Dans ce livre, Douglas Murray analyse la situation actuelle de l’Europe dont son attitude à l’égard des migrations n’est que l’un des symptômes d’une fatigue d’être et d’un refus de persévérer dans son être. Advienne que pourra ! « Le Monde arrive en Europe précisément au moment où l’Europe a perdu de vue ce qu’elle est ». Ce qui aurait pu réussir dans une Europe sûre et fière d’elle-même, ne le peut pas dans une Europe blasée et finissante. L’Europe exalte aujourd’hui le respect, la tolérance et la diversité. Toutes les cultures sont les bienvenues sauf la sienne. « C’est comme si certains des fondements les plus indiscutables de la civilisation occidentale devenaient négociables… comme si le passé était à prendre », nous dit Douglas Murray. Seuls semblent échapper à celle langueur morbide et masochiste les anciens pays de la sphère soviétique. Peut-être que l’expérience totalitaire si proche les a vaccinés contre l’oubli de soi. Ils ont retrouvé leur identité et ne sont pas prêts à y renoncer. Peut-être gardent-ils le sens d’une cohésion nationale qui leur a permis d’émerger de la tutelle soviétique, dont les Européens de l’Ouest n’ont gardé qu’un vague souvenir. Peut-être ont-ils échappé au complexe de culpabilité dont l’Europe de l’Ouest se délecte et sont-ils trop contents d’avoir survécu au soviétisme pour se voir voler leur destin. Cette attitude classée à droite par l’Europe occidentale est vue, à l’Est, comme une attitude de survie, y compris à gauche comme en témoigne Robert Fico, le Premier ministre de gauche slovaque : «  j’ai le sentiment que, nous, en Europe, sommes en train de commettre un suicide rituel… L’islam n’a pas sa place en Slovaquie. Les migrants changent l’identité de notre pays. Nous ne voulons pas que l’identité de notre pays change. » (2016) Il y a un orgueil à se présenter comme les seuls vraiment méchants de la planète. Tout ce qui arrive, l’Europe en est responsable directement ou indirectement. Comme avant lui Pascal Bruckner, Douglas Murray brocarde l’auto-intoxication des Européens à la repentance. Les gens s’en imbibent, nous dit-il, parce qu’ils aiment ça. Ça leur procure élévation et exaltation. Ça leur donne de l’importance. Supportant tout le mal, la mission de rédemption de l’humanité leur revient. Ils s’autoproclament les représentants des vivants et des morts. Douglas Murray cite le cas d’Andrews Hawkins, un directeur de théâtre britannique qui, en 2006, au mi-temps de sa vie, se découvrit être le descendant d’un marchand d’esclaves du 16ème siècle. Pour se laver de la faute de son aïeul, il participa, avec d’autres dans le même cas originaires de divers pays, à une manifestation organisée dans le stade de Banjul en Gambie. Les participants enchainés, qui portaient des tee-shirts sur lesquels était inscrit « So Sorry », pleurèrent à genoux, s’excusèrent, avant d’être libérés de leurs chaines par  le Vice-Président  gambien. « Happy end », mais cette manie occidentale de l’auto-flagellation, si elle procure un sentiment pervers d’accomplissement, inspire du mépris à ceux qui n’en souffrent pas et les incitent à en jouer et à se dédouaner de leurs mauvaises actions. Pourquoi disputer aux Occidentaux ce mauvais rôle. Douglas Murray raconte une blague de Yasser Arafat qui fit bien rire l’assistance, alors qu’on lui annonçait l’arrivée d’une délégation américaine. Un journaliste présent lui demanda ce que venaient faire les Américains. Arafat lui répondit que la délégation américaine passait par là à l’occasion d’une tournée d’excuses à propos des croisades ! Cette attitude occidentale facilite le report sur les pays occidentaux de la responsabilité de crimes dont ils sont les victimes. Ce fut le cas avec le 11 septembre. Les thèses négationnistes fleurirent, alors qu’on se demandait aux États-Unis qu’est-ce qu’on avait bien pu faire pour mériter cela. Cette exclusivité dans le mal que les Occidentaux s’arrogent ruissèle jusques et y compris au niveau individuel. Après avoir été violé chez lui par un Somalien en avril 2016, un politicien norvégien, Karsten Nordal Hauken, exprima dans la presse la culpabilité qui était la sienne d’avoir privé ce pauvre Somalien, en le dénonçant, de sa vie en Norvège et renvoyé ainsi à un avenir incertain en Somalie. Comme l’explique Douglas Murray, si les masochistes ont toujours existé, célébrer une telle attitude comme une vertu est la recette pour fabriquer « une forte concentration de masochistes ». « Seuls les Européens sont contents de s’auto-dénigrer sur un marché international de sadiques ». Les dirigeants les moins fréquentables sont tellement habitués à notre autodénigrement qu’ils y voient un encouragement. En septembre 2015, le président Rouhani a eu le culot de faire la leçon aux Hongrois sur leur manque de générosité dans la crise des réfugiés. Que dire alors de la richissime Arabie saoudite qui a refusé de prêter les 100 000 tentes climatisées qui servent habituellement lors du pèlerinage et n’a accueilli aucun Syrien, alors qu’elle offrait de construire 200 mosquées en Allemagne ? La posture du salaud éternel, dans laquelle se complait l’Europe, la désarme complètement pour comprendre les assauts de violence dont elle fait l’objet et fonctionne comme une incitation. Beaucoup d’Européens, ce fut le cas d’Angela Merkel, ont cru voir, dans la crise migratoire de 2015, une mise au défi de laver le passé : « Le monde voit dans l’Allemagne une terre d’espoir et d’opportunités. Et ce ne fut pas toujours le cas » (A. Merkel, 31 août 2015). N’était-ce pas là l’occasion d’une rédemption de l’Allemagne qu’il ne fallait pas manquer ?  Douglas Murray décrit ces comités d’accueils enthousiastes qui ressemblaient à ceux que l’on réservait jusque là aux équipes de football victorieuses ou à des combattants rentrant de la guerre. Les analogies avec la période nazie fabriquent à peu de frais des héros. Lorsque la crise migratoire de 2015 survient il n’y a pas de frontière entre le Danemark et la Suède. Il suffisait donc de prendre le train pour passer d’un pays à l’autre. Pourtant, il s’est trouvé une jeune politicienne danoise de 24 ans – Annika Hom Nielsen – pour transporter à bord de son yacht, en écho à l’évacuation des juifs en 1943, des migrants qui préféraient la Suède au Danemark mais qui, pourtant, ne risquaient pas leur vie en restant au Danemark. Si beaucoup de pays expient l’expérience nazie, d’autres expient leur passé colonial. C’est ainsi que l’Australie a instauré le « National Sorry Day » en 1998. En 2008, les excuses du Premier ministre Kevin Rudd aux aborigènes furent suivies de celles du Premier ministre canadien aux peuples indigènes. Aux États-Unis, plusieurs villes américaines ont rebaptisé « Colombus Day » en « Indigenous People Day ». Comme l’écrit Douglas Murray, il n’y a rien de mal à faire des excuses, même si tous ceux à qui elles s’adressent sont morts. Mais, cette célébration de la culpabilité « transforme les sentiments patriotiques en honte ou à tout le moins, en sentiments profondément mitigés ». Si l’Europe doit expier ses crimes passés, pourquoi ne pas exiger de même de la Turquie ? Si la diversité est si extraordinaire, pourquoi la réserver à l’Europe et ne pas l’imposer à, disons, l’Arabie saoudite ? Où sont les démonstrations de culpabilité des Mongols pour la cruauté de leurs ascendants ? « il y a peu de crimes intellectuels en Europe pires que la généralisation et l’essentialisation d’un autre groupe dans le monde».  Mais le contraire n’est pas vrai. Il n’y a rien de mal à généraliser les pathologies européennes, et les Européens ne s’en privent pas eux-mêmes. Michèle Tribalat

Attention: un Grand Pardon peut en cacher un autre !

En cette journée pénitentielle de l’Expiation

Où pour s’assurer un bon nouveau départ dix jours après leur Nouvel An, nos amis juifs font en quelque sorte leur examen de conscience pour l’année précédente …

Comment ne pas repenser …

A cette institution qui donna au monde le terme et la théorie pour débusquer l’un des phénomènes les plus prégnants de notre modernité …

Mais aussi ne pas s’inquiéter …

De ces étranges perversions des vertus judéo-chrétiennes dont le monde moderne est décidément devenu si friand …

D’un Occcident et d’une Europe qui …

A l’image de ces processions de nouveaux flagellants

Qui des Etats-unis et du Royaume-Uni refont à l’envers le tristement fameux voyage de la seule traite atlantique

Pour, chaines aux pieds et jougs autour du cou, demander pardon – cherchez l’erreur ! – aux actuels descendants des esclavagistes africains

N’ont pas de mots assez durs pour fustiger les erreurs de leur propre passé …

Mais aussi, entre leurs classes populaires et les pays tout récemment délivrés du joug communiste, ces peuples …

Qui devant la véritable invasion migratoire qui leur est imposée, ne veulent tout simplement pas mourir ?

Film follows Camano Island family’s effort to atone
Krista J. Kapralos
Herald
February 19, 2008

“So sorry.”

Members of the Lienau family of Camano Island have walked hundreds of miles, over the course of four years and on four continents, to say those words.

Sometimes, there is more explanation:

“I want to apologize on behalf of the United States for the enslavement of African children,” Jacob Lienau said in 2006, when he was just 14 years old, in a stadium in Gambia.

“We’re apologizing for the legacy of the slave trade, particularly where Christians were involved,” Shari Lienau, mother of nine children, said at a Martin Luther King Jr. Day march in Everett that same year.

“I wanted to say I was sorry,” Anna Lienau said two years ago, when she was 12 years old and saving money to travel to Africa to apologize.

But most often, there are just the two simple words, and sometimes they’re not even spoken. When Michael and Shari Lienau and their children march, they wear black T-shirts with “So Sorry” emblazoned in white block letters.

It was in 2004 that filmmaker Michael Lienau and his family first joined Lifeline Expedition, an England-based organization dedicated, for the past seven years, to traveling the world and apologizing for the part of white Europeans and Americans in the African slave trade. The expedition has attracted a loyal group concerned with the long-term effects of slavery on relations among whites and blacks. In historic slave ports in the United States, South America, Caribbean islands, Great Britain and Africa, members of the group, including several Lienau children, allow themselves to be chained and yoked together in a jarring acknowledgment of the practice of human trade.

Michael Lienau documented many of the Lifeline Expedition’s trips and recently completed production on “Yokes and Chains: A Journey to Forgiveness and Freedom.”

The documentary will be shown Wednesday at Everett Community College as part of Black History Month.

Reporter Krista J. Kapralos: 425-339-3422 or kkapralos@heraldnet.com.

See the documentary

“Yokes and Chains: A Journey to Forgiveness and Freedom,” a documentary by Camano Island filmmaker Michael Lienau, is scheduled for 11 a.m. Wednesday at the Parks Building at Everett Community College, at 2000 Tower St., Everett.

To see a trailer for the documentary, go to http://www.yokesandchains.com. To read a 2006 Herald article on the Lienau family and the Lifeline Expedition and see photographs, go to http://www.heraldnet.com/article/20060521/NEWS01/605210777.

Voir aussi:

‘My ancestor traded in human misery’
Mario Cacciottolo
BBC News

Sorry is often said to be the hardest word but Andrew Hawkins felt compelled to apologise to a crowd of thousands of Africans.

His regret was not for his own actions but offered on behalf of his ancestor, who traded in African slaves 444 years ago.

Sir John Hawkins was a 16th Century English shipbuilder, merchant, pirate and slave trader.

He first captured natives of Sierra Leone in 1562 and sold them in the Caribbean. His cousin was Sir Francis Drake, who joined him on expeditions.

Hawkins is famed for reconstructing the design of English ships in the 1580s and commanded part of the fleet which repelled the Spanish Armada in 1588.

‘Family joke’

But it was his drive to acquire and sell African slaves which prompted Hawkins’s distant relation to take his own journey to that continent several centuries later.

Andrew Hawkins, of Liskeard, Cornwall, is a 37-year-old married father-of-three who runs a youth theatre company and claims to be the sailor’s descendant.

« It had always been part of the verbal history of our family, that we were related to Sir John Hawkins.

« It was a standing joke in the family that we had a pirate in the family.

« When I was a child I was quite pleased to learn of this family link and in Plymouth John Hawkins is a bit of a local hero.

« His picture used to be up in a subway there, along with Plymouth heroes. As a boy I used to be pleased to see it and to think I was related to him. »

‘Unjustifiable’

But in 2000 Andrew’s perspective was forever altered when he learned the truth about his ancestor.

« I heard David Pott, from the Lifeline Expedition, speak in 2000 and he mentioned how Hawkins was the first English slave trader.

« It was a bit of a shock and it really challenged me, particularly because Hawkins named his ships things like Jesus of Lubeck and the Grace of God.

SIR JOHN HAWKINS

Born Plymouth, 1535
Cousin of Sir Francis Drake
Famed for voyages to West Africa and South America
Trades slaves in the Caribbean in 1562, beginning England’s participation in slave trade
Helped fight the Spanish Armada in 1588 (Photo: National Maritime Museum)
« That really offended me, particularly the latter name. God’s grace has nothing to do with being chained up in the hold of a ship, lying in your own excrement for several months.

« So often things are done in the name of God that are horrific for mankind and I think God would consider what Sir John Hawkins did to be an abomination.

« It’s quite shocking that he could think it was justifiable. »

Andrew says slavery was never justifiable, even in the 16th Century, when people often say society « didn’t know any different ».

He says: « We don’t try to justify the Jewish Holocaust but this was an African Holocaust.

« We have to face our history and our own personal consequences. I went to show people that I didn’t think what happened was right and not everybody thought it was acceptable. »

Andrew and his fellow members from the Lifeline Expedition made their apology at The International Roots Festival, held in the Gambia in June.

This event, which runs for several weeks, encourages Africans to discover their ancestral identity.

Crowd hushed

The group of 27 spoke up at a football stadium in the capital Banjul, at the end of the festival’s opening ceremony.

They made their way to the stadium by walking through the streets laden in yokes and chains, before eventually speaking their words of atonement.

They included people from European nations such as England, France and Germany but there were also representatives from Jamaica, Barbados, Mali, the Ivory Coast and Sierra Leone.

The apologists walked to the stadium in chains and yokes
« Black people came to apologise because black people sold black people to Europeans, » Andrew said.

Andrew estimates the 25,000-capacity stadium was about two-thirds full, with delegates from African nations, Gambian vice-president, Isatou Njie-Saidy, and Rita Marley, widow of reggae legend Bob Marley, among the crowd.

He says: « The crowd died down to a hush. Some were looking at us, others were reading through their programmes to work out what we were doing.

« One lady at the front must have realised because she started applauding, then everyone did the same.

« That was a moving moment, because I wasn’t sure if they would be happy to see us. »

Multi-lingual apology

The group apologised in French, German and English – the languages of the nations responsible for much of the African slave trade.

It’s never too late to say you’re sorry

Andrew Hawkins
The apology had not been rehearsed. Andrew said: « It’s hard to remember what I said. I did say that as a member of the Hawkins family I did not accept what had happened was right.

« I said the slave trade was an abomination to God and I had come to ask the African people for their forgiveness. »

‘Emotional responses’

Vice-president Njie-Saidy joined them on stage and, in an impromptu speech, said she was « touched » by the apology before coming forward to help the group out of their chains.

Andrew says: « I was really overwhelmed with her generosity because she chose to forgive us, which is a very powerful thing.

« Afterwards people came on to the pitch to talk to us and there were some very emotional responses. »

But does Andrew really believe it was worth apologising for events that happened more than four centuries ago, on behalf of a relative who is so very distant?

« Yes. It’s never too late to say you’re sorry, » he said.

Voir également:

The March of the Abolitionists
Can reconciliation and forgiveness be achieved by wearing the yokes and chains of imprisonment? The abolition marchers believe their 250-mile walk will go at least some way toward promoting a greater understanding of our role in the slave trade.

Campaigners call it ‘an act of apology’ and as such, the March of the Abolitionists is being billed as the first major public event to mark the 200th anniversary of the Abolition of the Slave Trade Act.

Image: Lifeline Expedition website
Beginning in Hull on Friday 2nd March, hundreds of people will don yokes and chains and attempt the 250-mile journey from Humberside to London – the gruelling route taken by enslaved Africans during the period of the Atlantic Slave Trade.

Marching through the county
The abolition marchers’ route will link up sites throughout the country that played a significant role in the slave trade in the United Kingdom.

In Cambridgeshire, these include Wisbech, the birthplace of abolitionist Thomas Clarkson; Cambridge, where both Clarkson and William Wilberforce were educated; and Soham, where the African abolitionist Olaudah Equiano was married.

You’re welcome to walk with the marchers as they pass through your part of the county.

Route details
Monday 12th March – Holbeach to Wisbech
Tuesday 13th March – Wisbech to Wimblington
Wednesday 14th March – Wimblington to Sutton
Thursday 15th March – Sutton to Soham
Friday 16th March – Soham to Cambridge
Saturday 17th March – Cambridge to Royston
Sunday 18th March – Royston (rest day)
Monday 19th March – Royston to Buntingford
The march will culminate in an Anglican Apology event in Greenwich on Saturday 24th March.

Why and who?
The March of the Abolitionists is an initiative of the Lifeline Expedition in partnership with Anti-Slavery International, CARE, Church Mission Society, the Equiano Society, Northumbria Community, Peaceworks, USPG, Wilberforce 2007 (Hull) and Youth With A Mission. The march is also associated with the Set All Free and Stop the Traffik coalitions.

Image: Lifeline Expedition website
Marchers include a number of children aged between five and 15, two of whom will occasionally wear the yokes and chains.  The organisers stress that these children are aged 12 and 15 and have chosen to wear the yokes after seeing pictures of enslaved children.

The march of the Abolitionists aims to bring about an apology for the slave trade, and especially the role of the Church, and so help people deal with its legacy; to raise greater awareness of the true history of both slavery and abolition; remember and celebrate the work of both the black and white abolitionists; and promote greater understanding, reconciliation and forgiveness.


Education: L’école, c’est la guerre (As victimhood culture spreads from elite colleges to the middle classes, it is not only contaminating conservatives who resent being unfairly targeted as oppressors but could push us all towards a paternalistic, authoritarian state, sociologists warn)

17 septembre, 2018
 "Entre les murs", un film de Laurent Cantet, 2008.
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace. (…) Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . (…) Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendre. C.S. Lewis (L’abolition de l’homme, 1943)
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Te rends-tu compte que le passé a été aboli jusqu’à hier ? S’il survit quelque part, c’est dans quelques objets auxquels n’est attaché aucun mot, comme ce bloc de verre sur la table. Déjà, nous ne savons littéralement presque rien de la Révolution et des années qui la précédèrent. Tous les documents ont été détruits ou falsifiés, tous les livres récrits, tous les tableaux repeints. Toutes les statues, les rues, les édifices, ont changé de nom, toutes les dates ont été modifiées. Et le processus continue tous les jours, à chaque minute. L’histoire s’est arrêtée. Rien n’existe qu’un présent éternel dans lequel le Parti a toujours raison. Je sais naturellement que le passé est falsifié, mais il me serait impossible de le prouver, alors même que j’ai personnellement procédé à la falsification. La chose faite, aucune preuve ne subsiste. La seule preuve est à l’intérieur de mon cerveau et je n’ai aucune certitude qu’un autre être humain quelconque partage mes souvenirs. De toute ma vie, il ne m’est arrivé qu’une seule fois de tenir la preuve réelle et concrète. Des années après. Winston (1984, George Orwell)
Debout ! les damnés de la terre ! Debout ! les forçats de la faim ! La raison tonne en son cratère, C’est l’éruption de la fin. Du passé faisons table rase, Foule esclave, debout ! debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! C’est la lutte finale Groupons-nous, et demain, L’Internationale, Sera le genre humain. Eugène Pottier (1871)
Jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves et si, malgré la terreur ce peuple a su, sous les formes les plus diverses, montrer sa réprobation de voir la France enchaînée au char de l’impérialisme britannique, il saura signifier aussi à la bande actuellement au pouvoir, SA VOLONTÉ D’ÊTRE LIBRE. Peuple de France (dit « Appel du 10 juillet »)
Cette violence irrépressible il le montre parfaitement, n’est pas une absurde tempête ni la résurrection d’instincts sauvages ni même un effet du ressentiment : c’est l’homme lui-même se recomposant. Cette vérité, nous l’avons sue, je crois, et nous l’avons oubliée : les marques de la violence, nulle douceur ne les effacera : c’est la violence qui peut seule les détruire. Et le colonisé se guérit de la névrose coloniale en chassant le colon par les armes. Quand sa rage éclate, il retrouve sa transparence perdue, il se connaît dans la mesure même où il se fait ; de loin nous tenons sa guerre comme le triomphe de la barbarie ; mais elle procède par elle-même à l’émancipation progressive du combattant, elle liquide en lui et hors de lui, progressivement, les ténèbres coloniales. Dès qu’elle commence, elle est sans merci. Il faut rester terrifié ou devenir terrible ; cela veut dire : s’abandonner aux dissociations d’une vie truquée ou conquérir l’unité natale. Quand les paysans touchent des fusils, les vieux mythes pâlissent, les interdits sont un à un renversés : l’arme d’un combattant, c’est son humanité. Car, en ce premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds. Sartre (préface aux « Damnés de la terre », 1961)
Immense et grand plaisir d’avoir pu rencontrer Ahed Tamimi à la fête de l’Huma, figure la résistance palestinienne ! Eric Coquerel (député France insoumise)
Ahed Tamimi, la jeune militante devenue une icône mondiale de la résistance palestinienne, lance un appel aux jeunes de France à la Fête de l’Humanité. L’Humanité
Tant que les noms des écoles sont utilisés pour glorifier le terrorisme, la Belgique ne peut pas coopérer avec le ministère palestinien de l’Education et ne fournira plus d’aide financière pour la construction d’écoles. Ministère de l’Education belge
Fin septembre au Conseil de Paris, le groupe communiste qui y voyait un vestige de l’histoire coloniale avait fait adopter un vœu pour demander qu’elle ne soit pas raccrochée et exposée en pleine rue. Après plusieurs rencontres de concertation, le projet initié par le budget participatif sera finalement respecté. La plaque restaurée sera réinstallée sur la façade d’immeuble avec un texte explicatif. Le Parisien
Don’t Forget July 1, 2018 Starts SPAM… SPAM… Straight Pride American Month! Last Sunday ended LGBTQF-WTF month Yea! (*Don’t get me wrong I support the First Amendment, as much as the next person, and support the rights of grown men to wear skin tight short-shorts and go-go boots and don tinker bell wings with wand and prance down the streets of San Francisco) with tens of thousands of folks dancing and prancing all over American celebrating the fact they are different than most of the rest of us and showing their “pride” in being so. Now before anyone gets their pantyhose in a knot, this is not really legally anti anything; instead it’s pro-family; and proud to be a straight American, and me expressing a private opinion… So there! If you remember last week I proclaimed the Month of July as SPAM …(Straight Pride American Month)…(as Vice Mayor don’t know if I can, but what the heck). Now hundreds of millions of the rest of us can celebrate our month, peaking on July 4th, as healthy, heterosexual, fairly monogamous, keep our kinky stuff to ourselves, Americans… We do it with our parades in every state and county in this country with families celebrating together. We honor our country and our veterans who have made all of this possible (including for the tinker bells) and we can do it with actual real pride, not some put on show just to help our inferior complex “show we are different” type of crap. We ARE different from them…We work, have families, (and babies we make) enjoy and love the company (and marriage) of the opposite sex and don’t flaunt our differences dressing up like faries and prancing by the thousands in a parade in nearby San Francisco to be televised all over the world… Ted  Hickman
My point was, what’s the difference? They have their pride month, why can’t we have ours? … I support the First Amendment. Ted Hickman
Il n’y a pas longtemps, l’apartheid régnait en Afrique du sud. Reposant sur la ségrégation des Noirs, il voulait se disculper en créant des bantoustans où une autonomie factice leur était concédée. Un tel système a heureusement disparu. Et voici qu’aujourd’hui, c’est un apartheid d’un nouveau genre qui est proposé à la France, une ségrégation à l’envers grâce à laquelle les « dominés » préserveraient leur dignité en se mettant à l’abri des « dominants ». Mais alors, cela veut dire qu’une femme qui ôte le voile et sort dans la rue deviendrait une proie normale ? Cela veut dire qu’une « race » qui côtoie les autres serait humiliée ? Cela veut dire qu’une religion qui accepte de n’être qu’une parmi d’autres perdrait la face ? (…) À quoi peut donc servir ce ségrégationnisme nouvelle manière ? Doit-il seulement permettre aux soi-disant « dominés » de sauvegarder leur pureté en vivant entre eux ? N’a-t-il pas surtout pour but d’affirmer la sécession avec la communauté nationale, avec ses lois et ses mœurs ? N’est-il pas l’expression de la haine la plus caractérisée à l’égard de notre pays et de la démocratie ? Que chacun vive dans la loi de sa communauté ou de sa caste et dans le mépris de celle des autres, que chacun ne soit jugé que par les siens, cela est contraire à l’esprit de la République. Celle-ci a été fondée sur le refus de droits privés s’appliquant à des catégories spécifiques et exclusives, autrement dit sur l’abolition des privilèges. Les mêmes lois pour chacun de nous, voilà ce que nous garantit au contraire la République. C’est ce qu’on appelle tout simplement la Justice. Le nouveau séparatisme avance masqué. Il veut paraître bénin, mais il est en réalité l’arme de la conquête politique et culturelle de l’islamisme. L’islamisme veut être à part car il rejette les autres, y compris les musulmans qui ne partagent pas ses vues. L’islamisme déteste la souveraineté démocratique car elle lui refuse toute légitimité. L’islamisme se sent humilié lorsqu’il ne domine pas. Pétition contre le séparatisme islamique
Je crois que la séparation fondamentale entre peuple et élites – c’est une image, car c’est toujours plus compliqué – a pour point de départ la différenciation éducative produite par le développement du supérieur. Au lendemain de la guerre, dans les démocraties occidentales, tout le monde avait fait l’école primaire – aux États-Unis, ils avaient également fait l’école secondaire –, les sociétés étaient assez homogènes et très peu de gens pouvaient se vanter d’avoir fait des études supérieures. Nous sommes passés, ensuite, à des taux de 40 % de gens qui font des études supérieures par génération. Ils forment une masse sociale qui peut vivre dans un entre-soi. Il y a eu un phénomène d’implosion sur soi de ce groupe qui peut se raconter qu’il est supérieur, tout en prétendant qu’il est en démocratie. C’est un phénomène universel et pour moi, c’est la vraie raison. Il y a des décalages. L’arrivée à maturité de ce groupe social se réalise dès 1965 aux États-Unis. En France, nous avons trente ans de retard et ça s’effectue en 1995. Les gens des diverses strates éducatives ne se connaissent plus. Ceux d’en haut vivent sans le savoir dans un ghetto culturel. Dans le cas d’un pays comme la France, nous avons par exemple l’apparition d’un cinéma intimiste, avec des préoccupations bourgeoises déconnectées des cruautés de la globalisation économique. Il y a des choses très bien dans cette culture d’en haut. L’écologie, les festivals de musique classique ou branchée, les expositions de peinture impressionniste ou expressionniste, le mariage pour tous : toutes ces choses sont bonnes. Mais il y a des personnes avec des préoccupations autres, qui souhaitent juste survivre économiquement et qui n’ont pas fait d’études supérieures. (…) Par contre, je diverge de Lasch et de gens qui dénoncent les élites pour supposer des qualités spéciales au peuple. Je l’ai cru à une époque, mais je n’en suis plus là. Les élites trahissent le peuple, c’est certain. J’estime même de plus en plus qu’il y a au sein des élites des phénomènes de stupidité induits par le conformisme interne du groupe, une autodestruction intellectuelle collective. Mais je ne pense plus que le peuple soit intrinsèquement meilleur. L’idée selon laquelle, parce qu’il est moins éduqué ou moins bien loti, le peuple serait moralement supérieur est idiote, c’est une entorse subtile au principe d’égalité. Adhérer pleinement au principe d’égalité, c’est être capable de critiquer simultanément élites et peuple. Et c’est très important dans le contexte actuel. Cela permet d’échapper au piège d’une opposition facile entre un populo xénophobe qui vote Le Pen et les crétins diplômés qui nous ont fabriqué l’euro. C’est toute la société française qu’on doit condamner dans sa médiocrité intellectuelle et morale. (…) Je crois que c’est le symptôme d’un changement d’humeur de la société américaine dans son cœur, qui est un cœur blanc puisque la démocratie américaine est à l’origine blanche. Depuis longtemps, je suis convaincu que parce que les Anglo-Saxons ne sont au départ pas très à l’aise avec la notion d’égalité, le sentiment démocratique aux États-Unis est très associé à l’exclusion des Indiens et des Noirs. Il y a quand même 72 % du corps électoral qui est blanc. Obama a mené une politique de sauvetage de l’économie américaine tout à fait estimable dans la grande crise de 2007-2008, mais il n’a pas remis en question les fondamentaux du consensus de Washington : le libre-échange, la liberté de circulation du capital et donc les mécanismes qui ont assuré la dégradation des conditions de vie et la sécurité des classes moyennes et des milieux populaires américains. Dans les années 1950, la classe moyenne comprenait la classe ouvrière aux États-Unis. Les ouvriers ont été  “reprolétarisés” par la globalisation et les classes moyennes ont été mises en danger. Il y a eu, en 2016, une sorte de révolte. Le premier élément qui m’a intéressé – et c’était normal puisque dans L’illusion économique (1997) je dénonçais le libre-échange –, c’est la remise en question du libre-échange, qui était commune à Trump et Sanders. C’est parce que le protectionnisme est commun aux deux que nous pouvons affirmer être face à une évolution de fond de la société américaine. C’est vrai que le phénomène Trump est incroyable : le type fout en l’air le Parti républicain pendant la primaire et fout en l’air les Démocrates ensuite. Mais jusqu’au bout, et des vidéos le prouvent, j’ai cru que c’était possible, parce que j’étais tombé sur des études démographiques largement diffusées. Je ne sais plus si je les avais vues mentionnées dans le New York Times, dans le Washington Post, ou dans les deux. Elles révèlent que la mortalité des Blancs de 45-54 ans a augmenté aux États-Unis entre 1999 et 2013. Pour les Américains, le débat sur les merveilles du libre-échange est clos. Ils ont compris. Il faut partir de l’électorat et pas de Trump. L’électorat est en révolte et les États-Unis ont une tradition démocratique plus solide que la nôtre, à la réserve près qu’il s’agit d’une démocratie blanche. (…) Les Républicains ont inventé la technique du dog-whistle, c’est-à-dire du “sifflet à chien”, qui agit sans qu’on l’entende. Un langage codé permet de bien faire comprendre à l’électorat blanc qu’il faut détruire le welfare (les aides sociales), censé n’aller qu’aux Noirs. C’est ce qui a permis au Parti républicain de mener une politique économique absolument défavorable à son propre électorat, c’est-à-dire de diminuer les impôts des riches et de continuer à foutre en l’air la classe ouvrière blanche par le libre-échange. Trump est à l’opposé du dog-whistle. Il avait un double discours : d’un côté, un discours xénophobe tourné contre le Mexique – et pas contre les Noirs, qui sont sur le territoire américain – et de l’autre, des thématiques économiques quasi-marxistes. Pour moi, Trump est le contraire du racialisme républicain traditionnel. Il a mené le débat sur le terrain économique, face à des Démocrates qui activaient inlassablement, sur le mode de la bien-pensance, la question raciale, en se présentant comme les défenseurs des Noirs et en expliquant que si on appartenait à tel groupe, on devait voter de telle manière. Trump a donc foutu en l’air le Parti républicain racial avec ses thématiques économiques, pendant que le Parti démocrate est resté sur ses positions raciales banales. (…) En formalisant, nous pourrions dire qu’il y a deux forces qui s’opposent aux États-Unis : un parti national et un parti globaliste. Nous pourrions dire que le parti national se caractérise par une protection aux frontières – des biens, de la circulation des personnes, le tout avec une bonne base xénophobe – mais qui n’est pas hostile au marché et qui a pour seul but de relancer un capitalisme interne qui fabrique des biens. En gros, il explique que les entreprises peuvent se faire de l’argent autrement. En face, il y a le parti globaliste qui va laisser les frontières ouvertes, en expliquant que cela va fonctionner même si la théorie économique explique que cela va générer des dégâts et des inégalités, le tout devant être compensé par de la redistribution et du welfare. (…) Mais l’important, c’est la protection contre l’arrivée de marchandises fabriquées par des gens sous-payés. (…) La question, c’est de savoir s’il existe une technique qui permet que des gens s’enrichissent et que cela profite à tout le monde dans l’espace national. (…) Jusqu’à présent, j’étais résigné à l’enfermement de “l’anglosphère” dans son néo-libéralisme par son indifférence à l’égalité. Dans l’ensemble, mon modèle anthropologique ne fonctionne pas mal. L’idée d’un communisme fabriqué par une famille communautaire, égalitaire et autoritaire explique très bien l’histoire russe. La famille nucléaire absolue explique très bien le modèle libéral anglo-saxon, ainsi que le développement du capitalisme. Le fait que les gens ne sont pas très sensibles aux États-Unis ou en Angleterre à l’idéal d’égalité explique pourquoi le capitalisme y fonctionne de manière bien huilée et pourquoi les individus ne sont pas choqués quand certains font du profit. Mais entre 2000 et 2015, nous avons atteint la limite du modèle. Et bien sûr, les peuples peuvent transcender leur détermination anthropologique, mais à un certain niveau de souffrance seulement. C’est pour cela que la hausse de la mortalité a été un avertisseur qui m’a permis d’échapper à mon propre modèle. Quand j’ai pensé que Trump pouvait être élu, j’étais au fond en train d’admettre que mon modèle anthropologique était insuffisant. Mais c’est finalement la même chose qui s’est passée avec la chute du communisme. (…) Mon modèle anthropologique dit que les traditions communautaires russes expliquent très bien l’invention du communisme. Mais de même que le libéralisme a emmené la société américaine à un niveau de souffrance exagéré, qui a provoqué la révolte de 2016, le communisme avait atteint vers 1975 un niveau d’absurdité tel, avec une hausse de la mortalité infantile, qu’il s’est effondré en 1990. Par contre, ce que nous dit déjà l’existence ultérieure de la Russie, c’est que l’atteinte de ce point de rupture peut amener une modification du système économique, mais ne fait pas sortir définitivement la population de sa culture. Je pense qu’il y a une démocratie en Russie. Les Russes votent à 80 % pour Poutine. C’est une forme de démocratie autoritaire. Mais le fonctionnement de la société garde beaucoup des traditions communautaires d’autrefois. Le système américain tente de se réformer, mais il va garder ses traits libéraux et non égalitaires fondamentaux. D’ailleurs, quand je décrivais un protectionnisme qui laisse fonctionner le capitalisme en interne, c’est exactement cela que j’évoquais. (…) Les États-Unis ont traversé une phase d’instabilité et de crise culturelle à partir des années 1960 : montée du divorce, enfants hors mariage, etc. Ce sont quand même les Américains qui ont inventé la pilule. Cette phase de crise a entraîné une montée spectaculaire du taux d’homicide. Mais si nous reprenons tous ces paramètres – ce que je ne ferai pas maintenant – depuis 1995, il est clair qu’en termes de mœurs, les États-Unis sont dans une phase de restabilisation. Dans ses tréfonds, la société américaine opère un retour à l’équilibre. (…) C’est un pays en cours de stabilisation morale, malgré sa souffrance économique, qui vient d’élire Trump. (…) en réalité, le retour au national promu par Trump devrait s’accompagner d’une “désuniversalisation” des problèmes. Emmanuel Todd
Avec Trump, tous les coups sont permis. Les médias retrouvent d’instinct le langage orwellien qui inverse la paix en guerre et la liberté en servitude. Avec Trump, le traître devient héros, le président des Etats-Unis devient un tyran et un fou. La démocratie, c’est abattre l’homme élu par le peuple américain. Et cela dure depuis le premier jour de son élection. Une élection qui a pris par surprise toutes les élites de l’est et de l’ouest du pays – élites économiques, financières, médiatiques, judiciaires, administratives. Cet «Etat profond», comme l’appelle Trump, a décidé d’avoir la peau de ce Président et de le conduire vers la procédure d’impeachment, comme Louis XVI fut traîné à la guillotine. Chaque journaliste, chaque bureaucrate, même les plus haut gradés, chaque juge, rêve d’avoir la peau de Trump comme leurs glorieux aînés ont eu celle de Nixon en 1971. «Nixon le tricheur», lui aussi, avait été le candidat des classes populaires contre l’establishment sorti des campus universitaires des années 1960. Entre-temps, ces jeunes gens chevelus ont pris tous les pouvoirs à Washington. Et sont bien décidés à ne pas les perdre. Depuis des mois, ils s’efforcent de faire passer Trump pour un espion à la solde de Poutine. Et, comme cela ne marche pas, ils ajoutent désormais la folie. Cet affrontement, en vérité, dépasse le cas de Trump et même des Etats-Unis. C’est tout l’Occident qui en est le champ de bataille. La guerre inexpiable oppose des élites cosmopolites qui, au nom des valeurs universelles des droits de l’homme, veulent désagréger les peuples et les nations issus d’une histoire séculaire. En face, il y a les peuples occidentaux qui s’efforcent de sauvegarder leur mode de vie, leur identité, leur unité, leur histoire. Des peuples enracinés contre des élites déracinées. La loi de la majorité contre la dictature des minorités. La démocratie contre l’Etat de droit. Des élites qui se parent du titre de «progressistes» et qui, à Paris, Berlin, Bruxelles, Washington ou Los Angeles, traitent avec mépris les «populistes». Des élites qui ont juré d’avoir la peau des antiques nations et des peuples qui ne veulent pas mourir. Eric Zemmour
The University of Maryland (UMD) was forced to take down flyers and change the name of a counseling program that offered “safe space for white students” after sparking outrage on campus. At the beginning of the fall semester, UMD’s Counseling Center posted flyers for a new group called “White Awake,” which prompted the backlash. Early Friday, the university’s website changed the name to “Anti-Racism and Ally Building Group” and scrubbed any references to a “safe space” and “white students.” “This group offers a safe space for white students to explore their experiences, questions, reactions, and feelings,” the initial description read. “Members will support and share feedback with each other as they learn more about themselves and how they fit into a diverse world.” The flyer also asked if white people ever “feel uncomfortable and confused” in their “interactions with racial and ethnic minorities,” and if they “want to become a better ally.” Several students conveyed their outrage on social media and on campus. “The world is a space for white people to talk in,” one student told The Diamondback, a UMD student newspaper, expressing how unnecessary the new initiative is. (…) Noah Collins, who leads the group and specializes in group therapy for the Counseling Center with an interest in “racial and cultural awareness,” issued a statement Thursday night saying UMD will discontinue the flyer and consider changing the name, but that it stands by the group. He added the flyer was “not clear enough” in explaining that the group’s aim is “anti-racism and becoming a better ally.” Fox news
L’école, c’est la guerre. (…) Parents noirs, arabes et musulmans, parents habitant les quartiers populaires….nos enfants fréquentent des établissements où ils sont stigmatisés et humiliés par certains enseignants, prêts à partir en croisade contre une jupe longue ou un début de barbe suspecte… Nos enfants assistent aux humiliations que nous y subissons, notamment lorsque nous sommes voilées et qu’on nous interdit de les accompagner en sortie… Nos enfants apprennent très tôt la hiérarchisation raciale. Front de mères
The Rise of Victimhood Culture makes the case that incentives at the modern American university have created a new moral culture, one where victimhood is granted a special moral status. Awarding status to victims has in turn led to hoaxes, false accusations, and, in some extreme cases, moral panics. The diagnosis is put forward by sociologists Bradley Campbell and Jason Manning, and they make their case convincingly. The argument is that college campus is ground zero for this new culture, but its rules of conduct are starting to leak into mainstream institutions. (…) On a university campus, for example, victims are not shamed but are instead fiercely protected, and now awarded status. This dynamic could be observed as early as 2015, in the reception to Emma Sulkowicz’s protest against a sexual assault she alleged had taken place. It consisted of her carrying her mattress around the Columbia University campus, including to class, under the condition that her accused rapist needed to be expelled in order for her to stop. For this performance, she was widely criticized, but she was also heralded as a feminist hero. The New York Times art critic Roberta Smith called it “succinct and powerful” and added that Sulkowicz has “set a very high standard for any future work she’ll do as an artist.” Although Columbia University and the New York Police Department failed to establish any wrongdoing on the part of the student Sulkowicz had accused, for art critics such as Smith, the accused student’s guilt was a fait accompli. That such awards and accolades might incentivize vexatious or false complaints in a student body seemed not to matter to adults in charge. (…) Campell and Manning predict that victimhood culture will eventually spread from elite colleges into the mainstream. In making this prediction, they note the significance of the fact that victimhood culture has emerged among the wealthiest schools in America. Oberlin and Brown, for example, have led the microaggression movement, while Claremont has been a pioneer in safe-space demands, microaggression protests, and the banning of speakers. They point out that the median family income at Middlebury College—where Charles Murray was shouted down and where his sponsoring professor, Alison Stranger, was given whiplash injuries in a parking lot—was $240,000 per year. That income level is double that of Saint Louis University, where Murray spoke to an attentive audience. The book thus highlights a peculiar fact: The students most obsessed with their own oppression are some of the most pampered individuals in the world. (…) Campbell and Manning warn, victimhood culture will likely spread downwards from the social elites to the middle classes—as those wishing to be upwardly mobile will try to emulate upper-class moral norms. While the culture is likely to spread downwards, it is also likely to inspire resentment. Campbell and Manning warn that the narratives of privilege deployed by the culture, which target white men in particular, are just as likely to inspire hostility as deference, especially in those who feel that they are unfairly targeted as oppressors (…) Paradoxically, the backlash against political correctness is likely to make the situation worse. Conservatives are quickly learning to ape victimhood, too. The authors note that professional provocateur Milo Yiannopolous “thrives on causing offense and controversy,” neither of which promotes a culture of dignity. (…) The logic of victimhood culture, then, is escalating grievance and retaliatory aggression. When slights cannot be neutralized with a dignified turn of the cheek, the prognosis looks grim. What the purveyors of victimhood culture do not seem to grasp is that in weakening dignity, and in undermining the principles that deem all men and women to be moral equals, they unwittingly destroy the safeguards that prevent bad actors—such as hoaxers and narcissists—from climbing the social hierarchy through dishonesty and manipulation. In incentivizing weakness and reliance on third parties to intervene in disputes, students invite a paternalistic authoritarian apparatus to develop. While they seem comfortable with an authoritarian apparatus on their university campus today, we should not be surprised if they demand an authoritarian state to police the citizenry tomorrow. The logical endpoint of a victimhood culture will not be a progressive utopia. On the contrary: The further this culture radiates outward, the more likely it will make victims of us all. Commentary
We argue that victimhood culture, at least in its more extreme forms, is new. We see it in its purest form on contemporary college and university campuses. Manifestations of victimhood culture include complaining about and punishing microaggressions, demanding and creating safe spaces, requesting and requiring trigger warnings, and banning or disinviting speakers who might offend designated victim groups. (…) Making moral judgments elevates the reputation of some people and lowers the reputation of others, so morality is always a source of a kind of social status that we can think of broadly as respectability. Other kinds of status have other sources, so in any complex society not only are some people more respectable than others, but some are also wealthier, more socially integrated, or more culturally conventional. Your position on these and other social hierarchies affects how people treat you. If you testify in court, for example, people are more likely to believe you if you are wealthy, respectable, and so on. And if you’re the victim of a crime, it’s more likely the offender will be brought to justice. (…) Like honor cultures, victimhood cultures emphasize one set of vices and virtues over others. They are concerned with eradicating oppression and privilege, and this single-minded moral obsession can lead to the similar kinds of perversities that come from neglecting other virtues in honor cultures. But even in an honor culture your moral status usually has to do with your own behavior rather than someone else’s. In a victimhood culture it’s instead your identity as a victim that gives you status. It’s not your own virtue at all, but someone else’s treatment of you, that makes you virtuous. One problem with this is that you end up with a system of morality that doesn’t offer much incentive for good behavior. Honor cultures incentivize bravery while neglecting other virtues. But if you want esteem in a victimhood culture, what can you do? It’s not like you can become a victim. Or actually, you can — you can portray yourself as weak and in need of help, you can portray others’ behavior toward you as harmful and oppressive, and you can even lie about being the victim of violence and other offenses. Victimhood culture incentivizes bad behavior. The extreme form of victimhood culture we see among activists on college campuses leads to another problem in that one’s status as a victim comes not just from individual experiences of victimhood but also from one’s identity as part of a victim group. The idea is that all members of certain groups are victims, but that no one else is. Activists even argue that whites cannot be the victims of racism, or men the victims of sexism. Likewise, whether people can be victims of new offenses like cultural appropriation or microaggression, depends on their identity. A white person wearing a hairstyle associated with African Americans would be cultural appropriation, for instance, but an African American wearing a hairstyle associated with whites would not be. Likewise, those who have pioneered the concept of microaggression have made it clear that not all slights count. A white male elementary school teacher may experience stereotypes and put-downs, for example, but to call those microaggressions would be a “misapplication of the concept.” So the moral hierarchy of victimhood culture places entire groups of people at the top or bottom based on the whole group’s victimhood status. And while it’s not always clear which groups qualify, Jonathan Haidt identifies seven groups that are currently treated as sacred: people of colour, women, LGBTs, Latinos, Native Americans, people with disabilities, and Muslims. Under this schema even many minority groups, such as Evangelical Christians, fail to qualify, and any discrimination against them is ignored or celebrated. We have two problems with this. The first is a fundamental moral objection. We believe in the ideals of dignity culture — that all human beings have an inherent worth and should be treated accordingly — and we object to the new hierarchy of victimhood just as we would any racial and ethnic hierarchy. The second problem is the reactions it may produce. Whites, men, and others who do not have victimhood status are unlikely to accept a new morality and a new moral hierarchy in which they’re at the bottom. And they may end up embracing one in which they’re at the top. We find the recent prominence of alt-right white nationalists alarming, and we worry there will be more of it in reaction to the spread of victimhood culture. It’s a dangerous thing to undermine dignity culture and its ideals of equality. (…) In the book we talk about the movement against campus rape, and we point out that the movement has support from journalists, members of Congress, and others who are not part of the campus victimhood culture. And rape isn’t a new offense like microaggression or cultural appropriation. It’s also not a minor offense. So the movement as such isn’t a pure manifestation of victimhood culture. But what we do see is that an effort to honor victims leads to credulity even in cases like the rape hoaxes at Duke and at the University of Virginia where it should have been clear that the accusers were lying. It also leads to efforts to weaken the due process rights of the accused. And alongside the more mainstream elements of the movement are the campus activists and others enmeshed in victimhood culture who make more radical arguments — that accusers should always be believed, for example. But so far such ideas haven’t been widely adopted. The #MeToo movement may be similar. To some extent it may have facilitated the mainstreaming of victimhood culture, but it’s also a mainstream enough movement that efforts to radicalize it and to use the moral language and logic of campus activists seem mostly to have failed. The movement as a whole appears not to have relied on accusations of new victimhood offenses and has focused instead on things like rape, groping, and other kinds of sexual assault and sexual harassment. The accusations against Harvey Weinstein and against most of the other prominent targets of the #MeToo movement haven’t been about microaggressions and haven’t relied on creative ideological expansions of the concepts of assault and harassment. The accusations against Weinstein, for example, include 19 coerced sexual acts and many more instances of unwanted touching and sexual exhibitionism. Much of the #MeToo movement might be seen as an expression of dignity culture — an appeal to ideals already widely held in the culture but commonly violated in practice. Women demanding that they not be bullied, groped, fondled, demeaned, assaulted, or harassed by men the workplace, and that the men abusing their power in this way face consequences, aren’t relying on radical feminism or its notions of endemic patriarchal oppression — not usually, anyway. They seem to be trying to bring to light behavior that was already considered wrong but that many people weren’t aware was going on. But the #MeToo movement is large and has less mainstream elements as well, so some of the accusations have indeed drawn from victimhood culture in various ways. We might think of the most prominent accusations existing on a continuum from Harvey Weinstein to comedian Aziz Ansari. In January 2018 the online magazine Babe published an article by Katie Way about an anonymous woman’s date with Ansari. The article, “I Went on a Date with Aziz Ansari. It Turned into the Worst Night of My Life,” recounts in detail a date between “Grace” and Ansari. Ansari doesn’t come off as particularly gentlemanly in the account, but it’s clear that the story is not about rape, it’s not about sexual assault, and it’s not even about sexual harassment. After going to dinner, the two went to Ansari’s apartment, engaged in sexual acts with one another, and according to Grace, Ansari then kept wanting to engage in intercourse, she didn’t, and she eventually went home. Later in a text message she told Ansari that he had ignored “clear non-verbal cues” and said that he had to have noticed she was uncomfortable. The accusations against Weinstein, which deal with clear-cut cases of violence, coercion, and harassment, are understandable in terms of mainstream morality, while the accusation against Ansari is understandable only in terms of victimhood culture. The same perspective that leads to the labeling of uncomfortable conversations as a kind of aggression, or conservative political speech as violence, leads here to the labeling of boorish behavior on a date as sexual assault. To the extent that the #MeToo movement accords a special status to victims, to the extent that it establishes victimhood solely based on whether someone is a woman or man, and to the extent that it blurs the distinction between serious offenses like what Weinstein has been accused of and the kind of noncoercive sexual advances on a date that Ansari is accused of, it will indeed lead to the spread of victimhood culture. Another thing the Ansari case illustrates is something we have thought of as moral emaciation. Victimhood culture’s focus on oppression narrows the range of moral discourse, and activists seem to be losing the capacity to make moral judgments based on anything other than victimhood terms. It seems that anything activists find bad they define as harmful and oppressive, whether it’s an ugly statue on campus or a bad date. As Mona Charen points out, isn’t what Grace wanted — affection, kindness, attention — what many people want when they go on a date? “What does it say about dating in our time,” she asks, “that those are unrealistic expectations?” The problem is that Grace has no moral language to communicate this. She can’t describe Ansari’s behavior as caddish, lascivious, or any of the other old-fashioned terms that would more accurately capture her moral reaction. Instead, it has to be oppression, assault. This is probably not good for the #MeToo movement, and it may shift attention away from the kinds of offenses the movement was supposed to call attention to. It also doesn’t help anyone to think better about how people should behave on dates. Moral emaciation leads to moral confusion. (…) Complaints of cultural appropriation illustrate victimhood culture quite well. As with microaggression complaints, it’s a grievance about a nonviolent, probably unintentional slight that many observers wouldn’t even see as offensive. As with microaggressions, the offense is framed as a matter of collective oppression, of one social group harming another. And in practice, it’s usually an offense defined by identity, something only people in designated privileged groups can be guilty of. Victimhood culture’s high sensitivity to slight means it continually coins new types of offense. And this is certainly one of the most baffling of the new offenses. As we’ve discussed elsewhere, one particularly confusing aspect is that many of the things that get called cultural appropriation were, until very recently, virtues — signs that one was cosmopolitan and open-minded. If anything, we might expect social and cultural conservatives to be the ones most upset about Westerners practicing yoga or mindfulness meditation, or white kids adopting black fashions and hairstyles. In many cases they are, but these days so-called progressives are often vocal and visible critics. (…) Though the complaint is framed as a matter of someone dominating or exploiting the vulnerable — in a victimhood culture, virtually all complaints are — it might be more helpful to understand it as a matter of the offenders aping their betters. As sociologist Donald Black discusses in his book Moral Time, various societies throughout history have had rules — sumptuary laws — preventing people from adopting the styles, entertainments, and recreations of their social betters. The Han and Ming dynasties forbade commoners from wearing certain colors of clothing. Premodern Japan had laws forbidding peasants from wearing clothing distinctive of townspeople. In medieval England a law stated that no one under the rank of knight should wear any fur clothing (later amended to allow them to wear distinctive kinds of fur). And no one below the rank of lord was allowed to wear the period’s fashionable pointy shoes. The unwritten norms regarding cultural appropriation seem analogous to these sorts of restrictions. (…) thinking of it as a kind of moral pollution also might help us put it into a larger sociological context. As sociologist Murray Milner argued in his work on the Indian caste system, sacredness is but a special form of status. It corresponds to what we call moral status in our book, though like honor it might be a particular style of moral status. The sacred is that which is treated as special and worthy of reverence. It must be set apart from the profane, protected by rituals associated with cleanliness and purity. One might immediately think of Mosaic Law, but if we understand it abstractly we can see these sorts of purity rules everywhere, including regarding secular things like national flags and anthems. What is going on when a white Westerner practices yoga or paints in an indigenous style or quotes a lyric from a Beyoncé song? Perhaps it’s like having the unclean enter the temple and put on the vestments. The culture of vibrant, good, brave, people is being polluted by those who carry the moral stain of privilege. It also seems like there’s also a theme of moral pollution in some of the discourse surrounding “whiteness.” Sometimes the manner in which it’s discussed makes it seem like a curse, or something that spreads and infects places and things as well as people. Hence we see pieces where people complain about the prevalence of whiteness in LGBT spaces, or Taylor Swift exuding whiteness, or, to give a case we mention in our book, people accusing others of asking white questions and employing white research methods. (…) Victimhood culture is mainly a leftwing phenomenon, but it has a way of spreading. Conservatives and others who find themselves opposed to campus activists might uphold the values of the dignity culture the activists reject, but sometimes they end up departing from it themselves. One way they might do this is by embracing whatever victimhood culture opposes. This can mean being deliberately provocative and offensive in order to get a rise out of the activists, or at the extreme, it can mean embracing alt-right ideologies that reject equality and diversity. But another way conservatives might depart from dignity culture is by embracing the assumptions of victimhood culture and pointing to their own victimhood. In our first article on victimhood culture in 2014, we pointed to the case of Tal Fortgang, a Princeton student who wrote an article about checking his privilege, as campus activists had been urging that he and others do. The idea was that when he checked his privilege he found in his background a long history of hardship and persecution, including family members who had been persecuted and murdered in the Holocaust. Now in one sense, that’s perfectly reasonable. It points to the absurdities of the victimhood framework. The grandson of Holocaust survivors might legitimately wonder why he should have the burden of being labeled privileged while others at his elite university gain sympathy and status by labeling themselves victims. We ourselves sometimes wonder why in an academic environment where people constantly talk about disadvantage, inclusivity, diversity, and the like, our working class, small town, Southern backgrounds gain us no victimhood points. So the idea might be, if you’re going to denigrate the privileged and valorize the victimized, at least be more accurate — don’t base it all on skin color, sex, and a few other such traits. But this easily leads to competitive victimhood, where moral disputes become contests over who can claim the most disadvantage. Conservatives at colleges and universities might be especially prone to embracing victimhood since they can actually make very plausible claims of being one of the most victimized groups on campus. Conservatives are vastly underrepresented among the faculty, especially in the social sciences. Far more sociologists identify as Marxists than as conservatives, for example, and a survey of sociology professors found that nearly 30% of them acknowledged they would be less likely to support a job candidate who was a Republican. Conservatives on campus are also subject to what the activists would call microaggressions or worse if directed toward recognized victim groups. Many of them remain closeted. The claims of victimhood are understandable, then, but if conservatives end up adopting their adversaries’ assumptions about what constitutes victimhood and what the response to victimhood should be, they’ll become just another force undermining dignity culture. (…) We also see claims of victimhood becoming a key part of the campus conservative message. Conservatives should definitely complain about the suppression of free speech on campus. But sometimes this takes the form of engaging in intentionally offensive speech in order to get a reaction from the left that then becomes the basis of further complaints. This actually combines both of the dignity-rejecting strategies — the embrace of offensiveness and the embrace of victimhood. Conservative groups that have brought in the provocateur Milo Yiannopoulos, for example, seem more interested in stirring up controversy and angering the left than in advancing conservative ideas. They should have the right to do so, of course, and even when groups have brought in conservative intellectuals campus activists have sometimes reacted in the same way. Still, bringing in someone like Yiannopoulos hardly advances the ideals of dignity. (…) Another way that conservatives and other opponents of victimhood culture may end up adopting its assumptions, perhaps unwittingly, is by valorizing the victims of victimhood culture.  (…) According to Black’s theory, tolerance of diversity is greater in exactly those places that have more diversity to start with, while concern with cultural purity is greatest where culture is relatively homogeneous. Theoretically, increasing ideological diversity should reduce the degree of ideological intolerance on campus, and so undermine some of the more severe eruptions. It would also provide some more tolerance for those wishing to criticize victimhood culture as such. For many college students, socialization into extreme sensitivity and dependency began before they arrived. There are signs that children and youth — at least from the middle and upper classes — are more sheltered, supervised, and regulated than in decades past, and that they have correspondingly less practice in coping with difficulties and handling conflicts on their own. Supporters of so-called free-range parenting campaign against this, encouraging parents to allow their children unsupervised play and school districts to provide recess grounds with such dangerous equipment as jungle gyms and monkey bars. One might find ways to encourage these kinds of initiatives locally or nationally, such as by raising money for the legal defense of people charged with neglect and abuse for what many of us would consider a reasonable bit of autonomy or schools held responsible for accidental injuries. And finally, it’s important to combat victimhood culture and to deal with the problems it creates in the universities and elsewhere, but it’s also important to create alternatives to the universities and the mainstream media where serious ideas can be discussed and debated. Bradley Campbell and Jason Manning
Portée outre-Atlantique par l’extrême gauche, puis par des groupes et des individus s’estimant les porte-paroles exclusifs de «minorités» de couleurs, de genres, d’obédiences spirituelles, etc., l’idéologie racialiste mère de ce désastre culturel a été largement décrite, et depuis longtemps, par nombre d’intellectuels américains – hélas trop rarement traduits en français – d’Allan Bloom au milieu des années 1980 jusqu’à l’ouvrage récemment publié par deux sociologues, Bradley Campbell & Jason Manning, The Rise of Victimhood culture (Springer, 2018). Aux États-Unis est ainsi née l’inversion des modes ségrégatifs. Dans un pays qui vécut longtemps sur un système de discrimination légale, doit-on s’étonner? Les antiracistes-racistes actuels se prétendent héritiers de la lutte pour les droits civiques des années 1960, qui visait en effet à combattre des situations bien réelles et à abolir les lois de ségrégation raciale. Une fois l’égalité des droits acquise fut mise en œuvre la discrimination positive, source d’effets pervers qui ont justifié sa profonde remise en cause, y compris par le président Obama. Mais ce n’était pas assez: il fallait suivre les traces de Malcom X plutôt que la sagesse d’un Luther-King, il fallait que les WASP payent, et sur plusieurs générations. Seuls des «blancs» adeptes de l’autoflagellation pourraient désormais échapper à l’opprobre du racialement-correct. Ils furent légion, ils se comptèrent par millions, jusqu’au point où cette haine de soi apparut pour ce qu’elle était: une pathologie collective suicidaire Le concept «d’appropriation culturelle» étant une des gouttes qui a fait déborder le vase de la bêtise du «progressisme racialiste». Des Américains de toutes origines commencèrent alors à reprendre leurs esprits, à sortir la tête de l’eau croupie de l’autodénigrement. Ironie du sort, au même moment, en France, nous plongeons à notre tour dans ce marigot, l’adaptant à notre sauce, réécrivant notre histoire commune à partir de récits mêlant histoire, mémoire et mythologie sur des thèmes obsessionnels tels que l’esclavage, le colonialisme, le génocide, l’homophobie, la misogynie, l’immigration. Il en ressort que la société française – traduire par «blanche», «de souche», «gauloise» etc. – serait intrinsèquement raciste. Depuis une dizaine d’années, dans les départements universitaires français de Sciences humaines, nombre de chercheurs – inconnus du public éclairé, voire de leurs collègues universitaires renommés – reprennent les grandes théories des «gender studies» ou des «racial studies» élaborées aux États-Unis reprenant le vocabulaire abscons cher aux héritiers de Deleuze, Lacan, Foucault et Derrida, cette «French theory» influente sur les campus des années 1970-80. Certains sont docteurs en sociologie ou en sciences politiques. Beaucoup plus rares, mais plus inquiétants, d’autres sont normaliens. La plupart des fers de lance de cette idéologie sont des étudiants-doctorants qui voient leurs thèses validées par une poignée de professeurs d’université grenouillant dans la mouvance indigéniste. Tout ce petit monde, très sensible au discours des Indigènes de la République et du CCIF, publie des articles dans des revues secondaires voire anonymes et des livres chez des éditeurs militants plutôt qu’universitaires. Mais ce sont les petites rivières qui forment les grands fleuves. Ils nous expliquent que ce qui compte, ce n’est pas tant le réel que les représentations mentales et sociales, qui à les lire seraient gravées dans le marbre… Commence ainsi la police de la pensée dont toutes les idéologies totalitaires ont porté la marque: on vous assigne à une identité en vous prêtant une pensée (et donc des comportements) induite par votre groupe d’appartenance, supposé ou réel. Vous devenez raciste par vos ascendants, sexiste parce que vous êtes un homme blanc hétérosexuel. Parallèlement, si vos ascendants furent esclaves, colonisés, exterminés ou si vous êtes née femme, vous êtes à jamais victime. Et comme il s’agit de représentations sociales, il convient d’éclairer votre lanterne, car pauvre bougre que vous êtes, vous êtes parfois victime ou bourreau par héritage sans le savoir! Une poignée de maîtres-penseurs, Docteur-es PHD à l’appui, viennent ainsi révéler au grand jour vos tares et vos traumas. Trop d’impensés tueraient-ils la pensée? Par la magie d’un simple logiciel de statistiques, ces soi-disant penseurs «analysent» vos discours et vos textes et produisent un nuage de mots administrant la preuve sémantique de vos obsessions mentales, racistes, sexistes, homophobes, enfin dévoilées. L’avantage du concept d’«inconscient collectif» ou celui de «construction sociale» est qu’il permet d’attribuer toute pensée déviante à un tiers voire à un groupe social dans son entier. Ainsi les indigénistes recourent-ils systématiquement à l’essentialisation pour stigmatiser les «bourreaux». Essentialisation que, ne craignant pas la contradiction, ils dénoncent tout aussi systématiquement dès qu’il s’agit des «victimes». (…) La thèse dite «décoloniale», initiée et défendue par la mouvance indigéniste, postule l’existence d’un «racisme d’État», d’un racisme «systémique» qui maintiendrait délibérément les populations issues de l’immigration africaine dans un statut d’infériorité. Ce «racisme d’État» viserait du même coup spécifiquement l’islam, religion qui de ce fait se retrouve assimilée à une «race», celle des victimes, des humiliés par excellence. Cette «domination» racialiste serait instaurée par l’institution scolaire dès le plus jeune âge et à tous les niveaux ; les élèves, les étudiants seraient ainsi exposés à des enseignements biaisés visant à les rabaisser, les enseignants véhiculant inconsciemment pour la plupart des représentations sociales héritées de l’époque coloniale. Pour la mouvance décoloniale, l’École de la IIIème République est l’objet de toutes les détestations: odieusement raciste et islamophobe puisque laïque, affreusement colonialiste car elle croyait en un idéal universel d’instruction, la fameuse «mission civilisatrice». Il s’agit toujours chez les indigénistes de porter un regard anachronique sur cette époque passée pour mieux la décalquer sur le présent. L’anachronie, c’est leur fonds de commerce. (…) L’offensive universitaire de ces mouvements constitue un danger réel pour l’enseignement supérieur, plus généralement pour la crédibilité des universités françaises déjà mises à mal dans les classements internationaux. L’université française ne peut pas se permettre la gangrène qui a gagné certains campus américains, qui y a décrédibilisé des départements entiers et a conduit des enseignants réputés à quitter leurs postes. Car, ne nous y trompons pas: les indigénistes, comme les islamistes, suivant les théories de Gramsci, veulent précisément faire imploser l’institution scolaire et académique, qui sont les socles de la société à venir. Barbara Lefebvre et Anne-Sophie Nogaret

Quand l’école sert aussi à faire la guerre …

A l’heure où la Fête de l’huma et nos députés les plus prétendument progressistes déroulent le tapis rouge pour le jeune produit d’une éducation à la haine palestinenne qu’un certain nombre de pays européens se voient aujourd’hui après les Etats-Unis contraints de désavouer …

Et où notre jeune président apporte son extrême onction à un professeur de mathématique qui dans la longue tradition du défaitisme révolutionnaire du « parti des 75 000 fusillés » avait lui aussi pour nos ennemis d’alors porté les valises …

Quand notre Sartre et compagnon de route national appelait à rien de moins que l’assassinat d’Européens

Comment ne pas s’inquiéter avec les sociologues américains Bradley Campbell et Jason Manning …

De l’émergence, dans le véritable ghetto culturel des campus américains, d’une culture de la victimisation qui voit, derrière la défense des minorités et entre déboulonnages de statues et décrochages d’enseignes, le retour de la censure et des purges idéologiques …

Mais aussi, avec la contamination à la société entière – mâles blancs compris, comme en témoigne en partie l’élection d’un Trump – de cette compétition et hiérarchisation victimaires, de l’escalade vers une société toujours plus conflictuelle et divisée …

Et comment ne pas s’alarmer avec les professeures françaises Barbara Lefebvre et Anne-Sophie Nogaret …

A la veille d’un colloque à Paris VII réunissant des « chercheurs en indigénisme » …

De la manière avec laquelle le milieu universitaire français, après nombre des campus américains qui les inspirent, est progressivement noyauté par l’idéologie antirépublicaine et racialiste des groupuscules d’extrême-gauche ?

Comment le racialisme indigéniste gangrène l’Université
Barbara Lefebvre
Le Figaro
07/09/2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Barbara Lefebvre et Anne-Sophie Nogaret s’insurgent contre la tenue d’un colloque à Paris VII réunissant des «chercheurs en indigénisme» et dévoilent la manière avec laquelle le milieu universitaire français est saccagé par l’idéologie antirépublicaine des groupuscules d’extrême-gauche.


Barbara Lefebvre est professeur d’histoire-géographie. Elle est coauteur de Les Territoires perdus de la République (éd. Mille et une nuits, 2002). Anne-Sophie Nogaret est enseignante.


La dévastation intellectuelle conséquente à l’idéologie racialiste est apparue sur les campus américains au tournant des années 1970-1980. Pour notre malheur, elle arrive en Europe toute prête à l’emploi, dans des universités où le vide idéologique et politique a laissé le champ libre au militantisme identitariste des minorités. Un colloque organisé à l’université Paris VII fin septembre viendra encore une fois en administrer la preuve.

Portée outre-Atlantique par l’extrême gauche, puis par des groupes et des individus s’estimant les porte-paroles exclusifs de «minorités» de couleurs, de genres, d’obédiences spirituelles, etc., l’idéologie racialiste mère de ce désastre culturel a été largement décrite, et depuis longtemps, par nombre d’intellectuels américains – hélas trop rarement traduits en français – d’Allan Bloom au milieu des années 1980 jusqu’à l’ouvrage récemment publié par deux sociologues, Bradley Campbell & Jason Manning, The Rise of Victimhood culture (Springer, 2018).

Aux États-Unis est ainsi née l’inversion des modes ségrégatifs. Dans un pays qui vécut longtemps sur un système de discrimination légale, doit-on s’étonner? Les antiracistes-racistes actuels se prétendent héritiers de la lutte pour les droits civiques des années 1960, qui visait en effet à combattre des situations bien réelles et à abolir les lois de ségrégation raciale. Une fois l’égalité des droits acquise fut mise en œuvre la discrimination positive, source d’effets pervers qui ont justifié sa profonde remise en cause, y compris par le président Obama. Mais ce n’était pas assez: il fallait suivre les traces de Malcom X plutôt que la sagesse d’un Luther-King, il fallait que les WASP payent, et sur plusieurs générations. Seuls des «blancs» adeptes de l’autoflagellation pourraient désormais échapper à l’opprobre du racialement-correct. Ils furent légion, ils se comptèrent par millions, jusqu’au point où cette haine de soi apparut pour ce qu’elle était: une pathologie collective suicidaire.

Le concept «d’appropriation culturelle» étant une des gouttes qui a fait déborder le vase de la bêtise du «progressisme racialiste». Des Américains de toutes origines commencèrent alors à reprendre leurs esprits, à sortir la tête de l’eau croupie de l’autodénigrement. Ironie du sort, au même moment, en France, nous plongeons à notre tour dans ce marigot, l’adaptant à notre sauce, réécrivant notre histoire commune à partir de récits mêlant histoire, mémoire et mythologie sur des thèmes obsessionnels tels que l’esclavage, le colonialisme, le génocide, l’homophobie, la misogynie, l’immigration. Il en ressort que la société française – traduire par «blanche», «de souche», «gauloise» etc. – serait intrinsèquement raciste.

Depuis une dizaine d’années, dans les départements universitaires français de Sciences humaines, nombre de chercheurs – inconnus du public éclairé, voire de leurs collègues universitaires renommés – reprennent les grandes théories des «gender studies» ou des «racial studies» élaborées aux États-Unis reprenant le vocabulaire abscons cher aux héritiers de Deleuze, Lacan, Foucault et Derrida, cette «French theory» influente sur les campus des années 1970-80. Certains sont docteurs en sociologie ou en sciences politiques. Beaucoup plus rares, mais plus inquiétants, d’autres sont normaliens. La plupart des fers de lance de cette idéologie sont des étudiants-doctorants qui voient leurs thèses validées par une poignée de professeurs d’université grenouillant dans la mouvance indigéniste. Tout ce petit monde, très sensible au discours des Indigènes de la République et du CCIF, publie des articles dans des revues secondaires voire anonymes et des livres chez des éditeurs militants plutôt qu’universitaires. Mais ce sont les petites rivières qui forment les grands fleuves.

Ils nous expliquent que ce qui compte, ce n’est pas tant le réel que les représentations mentales et sociales, qui à les lire seraient gravées dans le marbre… Commence ainsi la police de la pensée dont toutes les idéologies totalitaires ont porté la marque: on vous assigne à une identité en vous prêtant une pensée (et donc des comportements) induite par votre groupe d’appartenance, supposé ou réel. Vous devenez raciste par vos ascendants, sexiste parce que vous êtes un homme blanc hétérosexuel. Parallèlement, si vos ascendants furent esclaves, colonisés, exterminés ou si vous êtes née femme, vous êtes à jamais victime. Et comme il s’agit de représentations sociales, il convient d’éclairer votre lanterne, car pauvre bougre que vous êtes, vous êtes parfois victime ou bourreau par héritage sans le savoir! Une poignée de maîtres-penseurs, Docteur-es PHD à l’appui, viennent ainsi révéler au grand jour vos tares et vos traumas. Trop d’impensés tueraient-ils la pensée? Par la magie d’un simple logiciel de statistiques, ces soi-disant penseurs «analysent» vos discours et vos textes et produisent un nuage de mots administrant la preuve sémantique de vos obsessions mentales, racistes, sexistes, homophobes, enfin dévoilées.

L’avantage du concept d’«inconscient collectif» ou celui de «construction sociale» est qu’il permet d’attribuer toute pensée déviante à un tiers voire à un groupe social dans son entier. Ainsi les indigénistes recourent-ils systématiquement à l’essentialisation pour stigmatiser les «bourreaux». Essentialisation que, ne craignant pas la contradiction, ils dénoncent tout aussi systématiquement dès qu’il s’agit des «victimes».

Ainsi donc, à l’université Paris 7 aura lieu du 27 au 29 septembre 2018 un colloque intitulé «Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université» et qui rassemblera la crème de ces chercheurs en indigénisme et quelques-uns de leurs serveurs de soupe habituels. L’articulation de la notion de «race», ici subtilement passée par le prisme «discriminatoire», au système scolaire et académique français, de ce fait implicitement défini comme raciste, porte la marque de l’indigénisme.

On l’avait déjà vu clairement exposée lors du stage «Sud Éducation 93» de décembre 2017 intitulé sobrement «Au croisement des oppressions. Où en est-on de l’antiracisme à l’école?». Lequel stage de formation syndicale prévoyait des sessions «décoloniales» interdites aux descendants d’esclavagistes et/ou de colons, autrement dit, interdites aux blancs non musulmans. Certains animateurs de ce stage interviendront au colloque de Paris 7, comme Wiam Berhouma, enseignante d’anglais en collège ou Lissel Quiroz, membre de l’association «le Front de mères».

La thèse dite «décoloniale», initiée et défendue par la mouvance indigéniste, postule l’existence d’un «racisme d’État», d’un racisme «systémique» qui maintiendrait délibérément les populations issues de l’immigration africaine dans un statut d’infériorité. Ce «racisme d’État» viserait du même coup spécifiquement l’islam, religion qui de ce fait se retrouve assimilée à une «race», celle des victimes, des humiliés par excellence. Cette «domination» racialiste serait instaurée par l’institution scolaire dès le plus jeune âge et à tous les niveaux ; les élèves, les étudiants seraient ainsi exposés à des enseignements biaisés visant à les rabaisser, les enseignants véhiculant inconsciemment pour la plupart des représentations sociales héritées de l’époque coloniale. Pour la mouvance décoloniale, l’École de la IIIème République est l’objet de toutes les détestations: odieusement raciste et islamophobe puisque laïque, affreusement colonialiste car elle croyait en un idéal universel d’instruction, la fameuse «mission civilisatrice». Il s’agit toujours chez les indigénistes de porter un regard anachronique sur cette époque passée pour mieux la décalquer sur le présent. L’anachronie, c’est leur fonds de commerce.

En cette fin septembre, trois jours durant, une université parisienne va donc débattre de son propre racisme, confirmant en cela non seulement qu’il existe, mais encore qu’il lui serait quasiment consubstantiel. Au sein même de l’institution académique, distiller la thèse selon laquelle celle-ci serait structurellement raciste constitue une des tactiques répertoriées de l’entrisme indigéniste. Les activistes «décoloniaux», fins stratèges mais peu nombreux en réalité, misent sur le principe d’économie: un investissement minimal (quelques intervenants, dont certains avancent masqués) qui par le truchement des instances universitaires permet de répandre les thèses indigénistes aux jeunes générations, et ce d’autant plus efficacement qu’elles se trouvent estampillées du label universitaire: si l’académie le dit, c’est que c’est vrai… Comme l’écrivait en 1987 Allan Bloom: «les étudiants sont, en général, gentils. C’est à dessein que j’emploie cet adjectif. Ils ne sont pas particulièrement moraux ou nobles. Dans les époques heureuses, la gentillesse est une facette du caractère démocratique».

De la gentillesse à la mollesse jusqu’à l’endoctrinement les yeux grands fermés, il n’y a que quelques degrés que la déculturation de masse produite par notre enseignement secondaire depuis vingt ans aura permis de dépasser. Et parmi ces étudiants seront (sont déjà?) formés nos futurs enseignants, qui à leur tour, apprendront (apprennent?) à leurs élèves à quel point ils sont opprimés par les «blancs», et ainsi de suite.

Un président d’université peut ne pas être au courant du détail des rencontres organisées au sein de la structure qu’il dirige, comme c’était sans doute le cas à Lyon, à Limoges et à Toulouse où de tels colloques ont été annulés ces dernières années après avoir été portés à la connaissance du public par les médias. Tel ne saurait être le cas du colloque «Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université», puisque le 27 septembre prochain Christine Clerici en personne, présidente de l’Université Paris-Diderot, inaugurera les festivités. Seront présents lors de ce discours d’ouverture tous les organisateurs. Parmi ces derniers figurent Fabrice Duhme et Abdellali Hajjat. Sans doute Madame Clerici ignore-t-elle que Fabrice Duhme est sympathisant du Parti des indigènes de la République? Pour mémoire, en 2014, à la date symbolique du 18 juin, il cosignait leur appel à l’abrogation de la circulaire Chatel permettant d’interdire à des parents portant un signe religieux ostentatoire d’accompagner les activités scolaires. Plus récemment, il soutenait le stage organisé par le syndicat Sud-Education 93 précité. Quant à Abdellali Hajjat, maître de conférences à l’Université Paris-Ouest Nanterre, il a co-écrit avec Marouane Mohammed, sociologue s’affichant avec Assa Traoré, un ouvrage intitulé: Islamophobie: Comment les élites françaises fabriquent le «problème musulman».

Madame la présidente de l’université Paris Diderot prononcera-t-elle donc un discours d’ouverture en présence d’organisateurs dont les positions indigénistes et en faveur de l’islam politique ne sont un secret pour personne?

Quant aux intervenants du colloque, on y relève la présence d’un inspecteur général de l’Éducation nationale, Benoit Falaize, qui se garde bien de se présenter sous ce titre dans le programme actuellement disponible, se contentant d’énoncer son statut de «chercheur». L’Inspection Générale Enseignement Primaire est-elle informée de sa participation à ce colloque? De même, Madame Judith Klein de la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire, qui dirige la mission «prévention des discriminations et égalité fille-garçon», est-elle annoncée comme intervenante. La sous-direction de la vie scolaire dont dépend Mme Klein approuve-t-elle sa présence à un tel colloque?

Parmi les intervenants, nombre d’étudiants et de doctorants qui sont autant d’illustres inconnus. Quelques noms pourtant attirent l’attention: Hanane Karimi membre de Lallab ou Wiam Berhouma, professeur d’anglais, figure centrale du stage «décolonial» de Sud Education 93 en 2017, dont le haut fait d’arme est d’avoir interpellé avec aggressivité Alain Finkielkraut dans une émission de France 2 en 2016. Coup d’éclat médiatique qui lui a d’ailleurs réussi puisqu’elle fut reçue en février 2017 avec ses classes par Claude Bartolone, alors président de l’Assemblée Nationale. Ella a, en outre, récolté en 2018 plus de 12 000 euros via la cagnotte Ulélé pour que ses élèves «descendants de l’immigration et qui ne se sentent pas ou seulement très peu citoyens» aillent à New York, afin de savoir «comment s’est construite et comment se construit cette citoyenneté aux États-Unis en comparaison avec la France». Il est d’ailleurs courant que les leaders indigénistes mettent de côté leur ressentiment anti blancs et anticapitaliste quand il s’agit de récolter des fonds chez de vieux milliardaires ou de se faire offrir des séminaires de formation aux États-Unis sur la discrimination positive et les class actions… La caution de l’académie via le discours d’ouverture de Madame Clerici ne manquera pas de légitimer de telles ascensions!

Plus parlante encore, la présence parmi les intervenants d’un membre de l’association «le Front de mères», Lissel Quiroz. Association fondée en 2017 par Fatima Ouassak, proche du PIR et passée par Sciences-po Lille, qui entend en faire à terme un syndicat de parents d’élèves. On peut s’interroger sur le profil de ces futurs représentants puisque l’appel du Front de mères commence par une déclaration sans ambiguïté: «L’école, c’est la guerre», avant d’aligner unilatéralement le discours de l’humiliation cher aux indigénistes et aux islamistes: «Parents noirs, arabes et musulmans, parents habitant les quartiers populaires….nos enfants fréquentent des établissements où ils sont stigmatisés et humiliés par certains enseignants, prêts à partir en croisade contre une jupe longue ou un début de barbe suspecte… Nos enfants assistent aux humiliations que nous y subissons, notamment lorsque nous sommes voilées et qu’on nous interdit de les accompagner en sortie… Nos enfants apprennent très tôt la hiérarchisation raciale».

Sans porter atteinte à la liberté d’expression, Christine Clerici, présidente de l’université Paris Diderot, mais aussi Jacques Toubon, le défenseur des droits, doivent-ils accorder par leur présence la caution institutionnelle que cherche la mouvance indigéniste? L’offensive universitaire de ces mouvements constitue un danger réel pour l’enseignement supérieur, plus généralement pour la crédibilité des universités françaises déjà mises à mal dans les classements internationaux. L’université française ne peut pas se permettre la gangrène qui a gagné certains campus américains, qui y a décrédibilisé des départements entiers et a conduit des enseignants réputés à quitter leurs postes. Car, ne nous y trompons pas: les indigénistes, comme les islamistes, suivant les théories de Gramsci, veulent précisément faire imploser l’institution scolaire et académique, qui sont les socles de la société à venir.

Voir aussi:

Appel du « Front de mères » : luttons pour nos enfants !

Parents noirs, arabes et musulmans, parents habitant les quartiers populaires, êtes-vous sereins quand vous confiez vos enfants à l’école le matin ? Êtes-vous rassurés à l’idée qu’ils y passent l’essentiel de leur vie ?

Nous sommes, pour beaucoup d’entre nous, inquiets voire angoissés dès qu’on évoque l’école. Et pour cause !

Nos enfants fréquentent des établissements qui n’ont pas les moyens de fonctionner, avec des taux records de professeurs absents et non remplacés, des taux records de professeurs mal-formés.

Nos enfants fréquentent des établissements où ils sont stigmatisés et humiliés par certains enseignants, prêts à partir en croisade contre une jupe longue ou un début de barbe suspecte.

Nos enfants sont traumatisés par des conflits d’autorité entre leurs parents et l’école, lorsque par exemple leurs parents leur demandent de ne pas manger la viande imposée dans leur assiette, alors que l’institution les incite, voire les oblige à la manger.

Nos enfants apprennent à l’école à ne pas respecter les valeurs que nous essayons de leur transmettre.

Nos enfants nous regardent quand nous sommes sermonnés et infantilisés par les enseignants.

Nos enfants assistent aux humiliations que nous y subissons, notamment lorsque nous sommes voilées et qu’on nous interdit de les accompagner en sortie.

Nos enfants apprennent à l’école à avoir honte de leurs mamans. Nos enfants apprennent très tôt la hiérarchisation raciale.

Nos enfants comprennent très tôt que l’école a un problème avec leurs cheveux quand ils sont crépus, avec leur langue maternelle si elle est africaine, avec leur religion quand c’est l’Islam.

Nos enfants subissent des programmes scolaires où les peuples dont ils sont issus, sont infantilisés, diabolisés ou invisibilisés.

Nos enfants apprennent à l’école à avoir honte de ce qu’ils sont.

Cette manière dont l’école traite nos enfants n’est pas accidentelle. Les discriminations qu’ils subissent ont une fonction : les résigner à occuper les postes les plus précaires, les plus mal payés, aux conditions de travail les plus difficiles.

Si notre enfant rêve d’avoir un jour un « beau métier », valorisé socialement, tout un système d’orientation se met en place, de la maternelle au collège, à travers les appréciations, le système de notations et les préjugés, pour l’en dissuader, et l’amener, étape par étape, vers des filières conduisant à des métiers à très faible valeur sociale.

Nos enfants sont éduqués à l’école de manière à ce qu’ils deviennent plus tard une main d’oeuvre malléable et bon marché, sans se plaindre. Mais ils sont aussi éduqués de manière à ce que même lorsque, exceptionnellement, ils font de brillantes études, et qu’ils occupent des postes à responsabilité, ils restent à leur place, ils font allégeance, et ils courbent l’échine.

La manière dont l’école nous traite, nous parents, n’est pas accidentelle non plus.

Nos familles, le lien que nous avons à nos enfants, la transmission que nous leur devons, nos racines, nos langues, et nos religions, sont des ressources pour nos enfants. Tout est fait pour casser cette famille-ressource qui permettrait à nos enfants de mieux résister. Isoler pour mieux écraser.

Comment empêcher que nos enfants soient ainsi brisés par l’école?

Pour sauver nos enfants, nous ne pouvons pas nous contenter de stratégies individuelles !

Car avec ces stratégies individuelles, notre enfant sera amené à courber l’échine toute sa vie durant, et ce ne sera jamais suffisant.

Qu’elle soit caissière ou ministre, téléconseillère ou avocate, notre fille subira le racisme.

Qu’il soit chômeur ou chirurgien, livreur ou ingénieur, notre fils subira le racisme.

A quoi sert d’élever notre fille comme une reine, si la société dans laquelle elle grandit considère les personnes qui lui ressemblent comme des êtres inférieurs?

En réalité, soit nous, parents noirs, arabes et musulmans gagnons ensemble. Soit nous perdons ensemble, et aucun de nos enfants ne sera épargné, y compris les quelques-uns qui auront atteint les classes moyennes et supérieures, car qui peut prétendre qu’on peut être heureux en étant honteux et aliéné?

Évidemment, nous voulons que nos enfants réussissent à l’école, y aient de bons résultats et s’y épanouissent.

Mais nous devons refuser de choisir entre réussite scolaire et dignité.

Nous devons le refuser pour nos enfants, parce que nous les aimons et que nous voulons ce qu’il y a de mieux pour eux, réussir et s’aimer soi-même, réussir et aimer les siens, réussir et avoir confiance en soi, réussir et rester digne.

Parce que nous aimons nos enfants,

Parce que nous voulons mettre hors d’état de nuire le système raciste qui les détruit,

Parce que nous voulons leur transmettre tout ce qui pourra les rendre plus forts, à commencer par notre dignité,

Parce que nous voulons les éduquer à travers des valeurs d’égalité, de justice et de bienveillance,

Parce que nous savons que sans lutte politique et collective, ce combat-là est vain,

Nous avons créé le Front de Mères. Et nous lançons les Etats Généraux des Familles qui auront lieu fin mai 2017, à Paris, pour réfléchir et travailler ensemble à un plan d’actions concrètes. Collectifs locaux de parents, rejoignez-nous pour organiser ces Etats Généraux, contactez-nous.

LE FRONT DE MÈRES
Coordinatrices : Fatima Ouassak (Politologue, auteur du livre « Discriminations Classe/Genre/Race », Ifar, 2015) et Diariatou Kebe (Blogueuse et auteure du livre « Maman noire et invisible », aux éditions La Boîte à Pandore (2015). Contact : front2meres gmail.com

Agenda : « Les États Généraux des Familles : l’urgence de construire des stratégies collectives en matière d’éducation et de transmission », le 24 mai 2017 (Horaires : 9h – 18h) – Lieu : La Parole Errante 9, rue François Debergue – 93100 Montreuil

Voir également:

The War on Dignity

Claire Lehmann reviews Bradley Campbell’s and Jason Manning’s « The Rise of Victimhood Culture »

In 2011, a group of University of Wyoming students created a Facebook group called “UW Crushes,” where they shared anonymous declarations of attraction to one another. The police were called to investigate when one anonymous poster wrote: “I want to hatef–k Meg Lanker Simons so hard That chick runs her liberal mouth all the time and doesn’t care who knows it. I think its [sic] hot and it makes me angry. One night with me and shes [sic] gonna be a good Republican bitch.” Students who were members of the group asked the group’s administrators to remove the post. But Lanker Simons objected: “Actually, I want this to stay up. This is disgusting, misogynistic, and apparently something the admins of this page think is a perfectly acceptable sentiment.” She continued: “Even if it is taken down, I’m left to wonder if there’s someone out there with a violent fantasy about me—and likely other women.” Police later determined that the post was a hoax and that the threat had been written by Meg Lanker Simons herself. Before the police arrived at this conclusion, a rally against “rape culture” had been held at the university.

The Rise of Victimhood Culture makes the case that incentives at the modern American university have created a new moral culture, one where victimhood is granted a special moral status. Awarding status to victims has in turn led to hoaxes, false accusations, and, in some extreme cases, moral panics. The diagnosis is put forward by sociologists Bradley Campbell and Jason Manning, and they make their case convincingly. The argument is that college campus is ground zero for this new culture, but its rules of conduct are starting to leak into mainstream institutions.

Campbell and Manning did not start their careers investigating microaggressions and trigger warnings. Campbell had been studying the sociology of genocide at California State University, and Manning had been studying suicide at West Virginia University. They came together to consider the questions of how groups manage conflict and how grievances are handled in different cultural contexts. In The Rise of Victimhood Culture, Campbell and Manning describe the three main moral cultures that exist today: “dignity,” “honor,” and “victimhood,” and the various behaviors associated with each.

A dignity culture, they explain, has a set of moral values and behavioral norms designed to promote the idea that each human life possesses immutable worth. If an individual has been brutalized or exists at the bottom of a social pecking order, she still has human worth. In a dignity culture, children are encouraged to try their best and are taught aphorisms such as “sticks and stones make break my bones, but words will never hurt me.”

By contrast, in an honor culture, being on the bottom of a social pecking order is associated with great shame. Victims are tainted and often punished for bringing dishonor to their families. In some extreme circumstances, they may even be killed.

A victimhood culture departs from both by inverting their norms. On a university campus, for example, victims are not shamed but are instead fiercely protected, and now awarded status. This dynamic could be observed as early as 2015, in the reception to Emma Sulkowicz’s protest against a sexual assault she alleged had taken place. It consisted of her carrying her mattress around the Columbia University campus, including to class, under the condition that her accused rapist needed to be expelled in order for her to stop. For this performance, she was widely criticized, but she was also heralded as a feminist hero. The New York Times art critic Roberta Smith called it “succinct and powerful” and added that Sulkowicz has “set a very high standard for any future work she’ll do as an artist.” Although Columbia University and the New York Police Department failed to establish any wrongdoing on the part of the student Sulkowicz had accused, for art critics such as Smith, the accused student’s guilt was a fait accompli. That such awards and accolades might incentivize vexatious or false complaints in a student body seemed not to matter to adults in charge.

In the most disquieting chapter, Campell and Manning predict that victimhood culture will eventually spread from elite colleges into the mainstream. In making this prediction, they note the significance of the fact that victimhood culture has emerged among the wealthiest schools in America. Oberlin and Brown, for example, have led the microaggression movement, while Claremont has been a pioneer in safe-space demands, microaggression protests, and the banning of speakers. They point out that the median family income at Middlebury College—where Charles Murray was shouted down and where his sponsoring professor, Alison Stranger, was given whiplash injuries in a parking lot—was $240,000 per year. That income level is double that of Saint Louis University, where Murray spoke to an attentive audience. The book thus highlights a peculiar fact: The students most obsessed with their own oppression are some of the most pampered individuals in the world.

Unlike victimhood culture, dignity culture did not arise from pampered pupils at American schools and universities. It did not even originate with the upper classes. Campbell and Manning explain that it was first established in the class of yeoman farmers, master craftsmen, and artisans of Northern Europe. Since its members had goods to sell, they had a lot to gain from general tolerance of the foibles of others and a lot to lose from engaging in reckless violence. While the nobility continued to duel with swords, Europe’s growing middle classes developed cultures of commercial interdependence. When institutions such as courts matured and the authority of nobles was weakened, the upper classes adopted dignity culture as well. So while dignity spread upwards from the middle classes to the social elite, Campbell and Manning warn, victimhood culture will likely spread downwards from the social elites to the middle classes—as those wishing to be upwardly mobile will try to emulate upper-class moral norms.

While the culture is likely to spread downwards, it is also likely to inspire resentment. Campbell and Manning warn that the narratives of privilege deployed by the culture, which target white men in particular, are just as likely to inspire hostility as deference, especially in those who feel that they are unfairly targeted as oppressors:

If whites and males increasingly face a moral world divided between those who vilify them and those who glorify them, we should not be surprised if many find the latter more appealing than the former.… Here again, the backlash against victimhood may not necessarily advance the ideals of dignity, such as the moral equality of all people. Victimhood culture deviates from this moral equality by producing a moral hierarchy with white males at the bottom; the reaction it provokes may be the resurgence of a moral hierarchy that places them at the top.

Paradoxically, the backlash against political correctness is likely to make the situation worse. Conservatives are quickly learning to ape victimhood, too. The authors note that professional provocateur Milo Yiannopolous “thrives on causing offense and controversy,” neither of which promotes a culture of dignity.

When Kevin Williamson was fired from the Atlantic, Erick Erickson tweeted, “Kevin Williamson’s firing is a reminder that there are two Americas and one side will stop at nothing to silence the other.” Kurt Schlichter took it up another notch:

Never Trump, the public humiliation of Kevin Williamson demonstrates the indisputable fact…

You can side with the left and hope to be allowed to exist like a domesticates [sic] lap dog like David Brooks or Bret Stephens…

Or you can accept this is an existential fight and join us.

The logic of victimhood culture, then, is escalating grievance and retaliatory aggression. When slights cannot be neutralized with a dignified turn of the cheek, the prognosis looks grim.

What the purveyors of victimhood culture do not seem to grasp is that in weakening dignity, and in undermining the principles that deem all men and women to be moral equals, they unwittingly destroy the safeguards that prevent bad actors—such as hoaxers and narcissists—from climbing the social hierarchy through dishonesty and manipulation. In incentivizing weakness and reliance on third parties to intervene in disputes, students invite a paternalistic authoritarian apparatus to develop. While they seem comfortable with an authoritarian apparatus on their university campus today, we should not be surprised if they demand an authoritarian state to police the citizenry tomorrow. The logical endpoint of a victimhood culture will not be a progressive utopia. On the contrary: The further this culture radiates outward, the more likely it will make victims of us all.

Understanding Victimhood Culture: An Interview with Bradley Campbell and Jason Manning

Quillette
May 17, 2018

Bradley Campbell, Associate Professor of Sociology at California State University, and Jason Manning, Associate Professor of Sociology at West Virginia University, have been described as “prophets of the academic world” by psychologist Jonathan Haidt, and their new collaborative work The Rise of Victimhood Culture: Microaggressions, Safe Spaces, and the New Culture Wars, “a book of revelations,” by the sociologist Donald Black. The two sociologists have aimed to supply us with an empirical sociological analysis of the recent moral conflicts that have erupted on U.S. college campuses—and the extent to which these conflicts are spreading outwards into mainstream society.

After reading the book, I reached out to the American sociologists to interview them about some of the key themes of their book, and also to gain insight into some recent cultural trends that were not covered.  What follows is a transcript of our interview conducted via email.

I. Three Moral Cultures

Claire Lehmann: Just briefly for our readers who have not read your book, can you explain the main differences between the dignity, honor and victimhood cultures which you outline in your thesis?

Bradley Campbell and Jason Manning: The three moral cultures are different clusters of traits having to do with what people find offensive and how they handle their grievances.

In dignity cultures, there is a low sensitivity to slight. People are more tolerant of insult and disagreement. Children might be taught some variant of “Sticks and stones can break my bones, but words can never hurt me.” It’s good to have “thick skin,” and people might be criticized for being too touchy and overreacting to slights. If the issue in the conflict is something more than a slight or insult — say, a violent assault — you’re to handle the matter through appeal to authorities such as the legal system. Taking the law into your own hands with violent vengeance is itself a serious crime and generally looked down upon.

In honor cultures, there’s a much greater sensitivity to slight. Insults demand a serious response, and even accidental slights might provoke severe conflict. Having a low tolerance for offense is more likely to be seen as a virtue than a vice. Letting yourself be slighted without seeking justice is shameful. And seeking justice is more likely to take the form of violent vengeance. Appealing to authorities is more stigmatized than taking matters into your own hands.

These two kinds of cultures emphasize different sources of moral status or worth. Honor is one’s status in the eyes of other people. It depends on reputation. And while a lot of things might go into making this reputation, the core of classical honor is physical bravery. Tolerating slights is shameful because you let someone put you down without defending your reputation by force. It suggests cowardice. Appealing to the authorities is shameful for the same reason. Virtue means being bold and forceful, aggressively defending your reputation against any challenges, and being vigilant for signs that someone else is probing you for weakness.

Dignity is a kind of inherent and inalienable moral worth. It doesn’t depend on your standing in the eyes of other people. A dignity culture emphasizes that all people have this sort of worth, which can’t be taken away. It’s why an insult can’t devalue you. If anything, overreacting to an offense is unseemly because it suggests you’re not confident in your worth and need to take other people’s opinions so seriously. Virtue isn’t being bold, touchy, and aggressive, but restrained, prudent, and quietly self-assured.

What we call victimhood culture combines some aspects of honor and dignity. People in a victimhood culture are like the honorable in having a high sensitivity to slight. They’re quite touchy, and always vigilant for offenses. Insults are serious business, and even unintentional slights might provoke a severe conflict. But, as in a dignity culture, people generally eschew violent vengeance in favor of relying on some authority figure or other third party. They complain to the law, to the human resources department at their corporation, to the administration at their university, or — possibly as a strategy of getting attention from one of the former — to the public at large.

The combination of high sensitivity with dependence on others encourages people to emphasize or exaggerate the severity of offenses. There’s a corresponding tendency to emphasize one’s degree of victimization, one’s vulnerability to harm, and one’s need for assistance and protection. People who air grievances are likely to appeal to such concepts as disadvantage, marginality, or trauma, while casting the conflict as a matter of oppression.

The result is that this culture also emphasizes a particular source of moral worth: victimhood. Victim identities are deserving of special care and deference. Contrariwise, the privileged are morally suspect if not deserving of outright contempt. Privilege is to victimhood as cowardice is to honor.

We can see examples of honor cultures around the world and throughout history. They tend to have relatively high rates of violence, including such distinctive forms as dueling and feuding. Much of the premodern West can be understood as an honor culture. European elites used to preserve their honor by fighting duels to the death; in the US South, fatal duels continued up until the American Civil War.

By the 20th century, though, dignity culture had largely supplanted honor culture in the West. Writing in 1970, sociologist Peter Berger called the concept of honor obsolete, saying it had little resonance with modern people. People no longer lived in mortal fear of having their honor damaged. Questioning someone’s honor would result in a quizzical look rather than outrage. And duels to the death were a strange curiosity of the past.

We argue that victimhood culture, at least in its more extreme forms, is new. We see it in its purest form on contemporary college and university campuses. Manifestations of victimhood culture include complaining about and punishing microaggressions, demanding and creating safe spaces, requesting and requiring trigger warnings, and banning or disinviting speakers who might offend designated victim groups.

II. Moral Hierarchy 

CL: In The Rise of Victimhood Culture, you mention that this new morality imposes a moral hierarchy, with white people being at the bottom and oppressed or marginalised people (victims) being at the top. Can you elaborate on what you mean by a ‘moral hierarchy’?

BC & JM: Making moral judgments elevates the reputation of some people and lowers the reputation of others, so morality is always a source of a kind of social status that we can think of broadly as respectability. Other kinds of status have other sources, so in any complex society not only are some people more respectable than others, but some are also wealthier, more socially integrated, or more culturally conventional. Your position on these and other social hierarchies affects how people treat you. If you testify in court, for example, people are more likely to believe you if you are wealthy, respectable, and so on. And if you’re the victim of a crime, it’s more likely the offender will be brought to justice.

So respectability — moral status — acts like other kinds of status. And since moral judgments give rise to it, it takes different forms depending on the moral culture. Whether it’s important to have a reputation for kindness, chastity, obedience, courage, wisdom, generosity, self-control, or anything else depends on what people value. One culture might see obedience and self-control as key virtues, while another might see them as vices if they mean less individuality and authenticity. Even when different cultures agree on what’s virtuous they might emphasize some virtues over others. This is what happens in an honor culture. Courage, and one aspect of it in particular — physical bravery — is elevated over other virtues. It’s not that people in other cultures don’t value bravery, or that people in honor cultures don’t value anything else, but the emphasis on bravery and toughness in honor cultures leads to a morality that outsiders often find bewildering and immoral.

It also leads to a moral hierarchy with brave, strong, and violent men at the top and the cowardly and the weak at the bottom. Honor is one type of moral status, one revolving around a particular virtue. It arises under particular social conditions such as the absence of a government monopoly on violence, so we certainly understand why honor cultures exist and the logic of their moral system. But we agree with the critics of honor cultures throughout history who have objected to the conflict and violence those cultures produce. We also object to the moral hierarchy of those cultures. Emphasizing one virtue over many others leads to perversities: Cruel men and hotheads can end up being esteemed while peacemakers are denigrated.

The moral hierarchy of victimhood culture has some of the same problems, and it introduces others. Like honor cultures, victimhood cultures emphasize one set of vices and virtues over others. They are concerned with eradicating oppression and privilege, and this single-minded moral obsession can lead to the similar kinds of perversities that come from neglecting other virtues in honor cultures. But even in an honor culture your moral status usually has to do with your own behavior rather than someone else’s. In a victimhood culture it’s instead your identity as a victim that gives you status. It’s not your own virtue at all, but someone else’s treatment of you, that makes you virtuous.

One problem with this is that you end up with a system of morality that doesn’t offer much incentive for good behavior. Honor cultures incentivize bravery while neglecting other virtues. But if you want esteem in a victimhood culture, what can you do? It’s not like you can become a victim. Or actually, you can — you can portray yourself as weak and in need of help, you can portray others’ behavior toward you as harmful and oppressive, and you can even lie about being the victim of violence and other offenses. Victimhood culture incentivizes bad behavior.

The extreme form of victimhood culture we see among activists on college campuses leads to another problem in that one’s status as a victim comes not just from individual experiences of victimhood but also from one’s identity as part of a victim group. The idea is that all members of certain groups are victims, but that no one else is. Activists even argue that whites cannot be the victims of racism, or men the victims of sexism. Likewise, whether people can be victims of new offenses like cultural appropriation or microaggression, depends on their identity. A white person wearing a hairstyle associated with African Americans would be cultural appropriation, for instance, but an African American wearing a hairstyle associated with whites would not be. Likewise, those who have pioneered the concept of microaggression have made it clear that not all slights count. A white male elementary school teacher may experience stereotypes and put-downs, for example, but to call those microaggressions would be a “misapplication of the concept.”

So the moral hierarchy of victimhood culture places entire groups of people at the top or bottom based on the whole group’s victimhood status. And while it’s not always clear which groups qualify, Jonathan Haidt identifies seven groups that are currently treated as sacred: people of colour, women, LGBTs, Latinos, Native Americans, people with disabilities, and Muslims. Under this schema even many minority groups, such as Evangelical Christians, fail to qualify, and any discrimination against them is ignored or celebrated.

We have two problems with this. The first is a fundamental moral objection. We believe in the ideals of dignity culture — that all human beings have an inherent worth and should be treated accordingly — and we object to the new hierarchy of victimhood just as we would any racial and ethnic hierarchy. The second problem is the reactions it may produce. Whites, men, and others who do not have victimhood status are unlikely to accept a new morality and a new moral hierarchy in which they’re at the bottom. And they may end up embracing one in which they’re at the top. We find the recent prominence of alt-right white nationalists alarming, and we worry there will be more of it in reaction to the spread of victimhood culture. It’s a dangerous thing to undermine dignity culture and its ideals of equality.

III. #MeToo Movement

CL: You wrote your book before the explosion of the #MeToo movement. From your perspective, and your knowledge about the spread of moral cultures, do you believe that the #MeToo movement represents a significant shift in victimhood culture into the mainstream?

When we look at the full-blown victimhood culture among campus activists, the moral logic at work is starkly different than what we see in other contexts. But the lines between different moral cultures aren’t always so clear. The degree to which victimhood is a kind of status is variable, so even where dignity culture is still dominant, we might see some tendencies toward victimhood culture.

In the book we talk about the movement against campus rape, and we point out that the movement has support from journalists, members of Congress, and others who are not part of the campus victimhood culture. And rape isn’t a new offense like microaggression or cultural appropriation. It’s also not a minor offense. So the movement as such isn’t a pure manifestation of victimhood culture. But what we do see is that an effort to honor victims leads to credulity even in cases like the rape hoaxes at Duke and at the University of Virginia where it should have been clear that the accusers were lying. It also leads to efforts to weaken the due process rights of the accused. And alongside the more mainstream elements of the movement are the campus activists and others enmeshed in victimhood culture who make more radical arguments — that accusers should always be believed, for example. But so far such ideas haven’t been widely adopted.

The #MeToo movement may be similar. To some extent it may have facilitated the mainstreaming of victimhood culture, but it’s also a mainstream enough movement that efforts to radicalize it and to use the moral language and logic of campus activists seem mostly to have failed. The movement as a whole appears not to have relied on accusations of new victimhood offenses and has focused instead on things like rape, groping, and other kinds of sexual assault and sexual harassment. The accusations against Harvey Weinstein and against most of the other prominent targets of the #MeToo movement haven’t been about microaggressions and haven’t relied on creative ideological expansions of the concepts of assault and harassment. The accusations against Weinstein, for example, include 19 coerced sexual acts and many more instances of unwanted touching and sexual exhibitionism.

Much of the #MeToo movement might be seen as an expression of dignity culture — an appeal to ideals already widely held in the culture but commonly violated in practice. Women demanding that they not be bullied, groped, fondled, demeaned, assaulted, or harassed by men the workplace, and that the men abusing their power in this way face consequences, aren’t relying on radical feminism or its notions of endemic patriarchal oppression — not usually, anyway. They seem to be trying to bring to light behavior that was already considered wrong but that many people weren’t aware was going on.

But the #MeToo movement is large and has less mainstream elements as well, so some of the accusations have indeed drawn from victimhood culture in various ways. We might think of the most prominent accusations existing on a continuum from Harvey Weinstein to comedian Aziz Ansari. In January 2018 the online magazine Babe published an article by Katie Way about an anonymous woman’s date with Ansari. The article, “I Went on a Date with Aziz Ansari. It Turned into the Worst Night of My Life,” recounts in detail a date between “Grace” and Ansari. Ansari doesn’t come off as particularly gentlemanly in the account, but it’s clear that the story is not about rape, it’s not about sexual assault, and it’s not even about sexual harassment. After going to dinner, the two went to Ansari’s apartment, engaged in sexual acts with one another, and according to Grace, Ansari then kept wanting to engage in intercourse, she didn’t, and she eventually went home. Later in a text message she told Ansari that he had ignored “clear non-verbal cues” and said that he had to have noticed she was uncomfortable.

The accusations against Weinstein, which deal with clear-cut cases of violence, coercion, and harassment, are understandable in terms of mainstream morality, while the accusation against Ansari is understandable only in terms of victimhood culture.

The same perspective that leads to the labeling of uncomfortable conversations as a kind of aggression, or conservative political speech as violence, leads here to the labeling of boorish behavior on a date as sexual assault. To the extent that the #MeToo movement accords a special status to victims, to the extent that it establishes victimhood solely based on whether someone is a woman or man, and to the extent that it blurs the distinction between serious offenses like what Weinstein has been accused of and the kind of noncoercive sexual advances on a date that Ansari is accused of, it will indeed lead to the spread of victimhood culture.

Another thing the Ansari case illustrates is something we have thought of as moral emaciation. Victimhood culture’s focus on oppression narrows the range of moral discourse, and activists seem to be losing the capacity to make moral judgments based on anything other than victimhood terms. It seems that anything activists find bad they define as harmful and oppressive, whether it’s an ugly statue on campus or a bad date. As Mona Charen points out, isn’t what Grace wanted — affection, kindness, attention — what many people want when they go on a date? “What does it say about dating in our time,” she asks, “that those are unrealistic expectations?”

The problem is that Grace has no moral language to communicate this. She can’t describe Ansari’s behavior as caddish, lascivious, or any of the other old-fashioned terms that would more accurately capture her moral reaction. Instead, it has to be oppression, assault. This is probably not good for the #MeToo movement, and it may shift attention away from the kinds of offenses the movement was supposed to call attention to. It also doesn’t help anyone to think better about how people should behave on dates. Moral emaciation leads to moral confusion.

IV. Cultural Appropriation

CL: Do you see the many complaints made today about ‘cultural appropriation’ as being a part of victimhood culture? Cultural appropriation seems to be one aspect of the new morality that most people find baffling. But can it be understood as a culture imbuing certain cultural objects or practices with moral status, that cannot (or should not) be accessed by people who are lower down in the moral hierarchy? Is cultural appropriation in some way similar to a form of moral pollution?

BC & JM: Complaints of cultural appropriation illustrate victimhood culture quite well. As with microaggression complaints, it’s a grievance about a nonviolent, probably unintentional slight that many observers wouldn’t even see as offensive. As with microaggressions, the offense is framed as a matter of collective oppression, of one social group harming another. And in practice, it’s usually an offense defined by identity, something only people in designated privileged groups can be guilty of.

Victimhood culture’s high sensitivity to slight means it continually coins new types of offense. And this is certainly one of the most baffling of the new offenses. As we’ve discussed elsewhere, one particularly confusing aspect is that many of the things that get called cultural appropriation were, until very recently, virtues — signs that one was cosmopolitan and open-minded. If anything, we might expect social and cultural conservatives to be the ones most upset about Westerners practicing yoga or mindfulness meditation, or white kids adopting black fashions and hairstyles. In many cases they are, but these days so-called progressives are often vocal and visible critics.

Your suggestion about moral hierarchy is on point. Though the complaint is framed as a matter of someone dominating or exploiting the vulnerable — in a victimhood culture, virtually all complaints are — it might be more helpful to understand it as a matter of the offenders aping their betters. As sociologist Donald Black discusses in his book Moral Time, various societies throughout history have had rules — sumptuary laws — preventing people from adopting the styles, entertainments, and recreations of their social betters. The Han and Ming dynasties forbade commoners from wearing certain colors of clothing. Premodern Japan had laws forbidding peasants from wearing clothing distinctive of townspeople. In medieval England a law stated that no one under the rank of knight should wear any fur clothing (later amended to allow them to wear distinctive kinds of fur). And no one below the rank of lord was allowed to wear the period’s fashionable pointy shoes. The unwritten norms regarding cultural appropriation seem analogous to these sorts of restrictions.

As you suggest, thinking of it as a kind of moral pollution also might help us put it into a larger sociological context. As sociologist Murray Milner argued in his work on the Indian caste system, sacredness is but a special form of status. It corresponds to what we call moral status in our book, though like honor it might be a particular style of moral status. The sacred is that which is treated as special and worthy of reverence. It must be set apart from the profane, protected by rituals associated with cleanliness and purity. One might immediately think of Mosaic Law, but if we understand it abstractly we can see these sorts of purity rules everywhere, including regarding secular things like national flags and anthems. What is going on when a white Westerner practices yoga or paints in an indigenous style or quotes a lyric from a Beyoncé song? Perhaps it’s like having the unclean enter the temple and put on the vestments. The culture of vibrant, good, brave, people is being polluted by those who carry the moral stain of privilege.

It also seems like there’s also a theme of moral pollution in some of the discourse surrounding “whiteness.” Sometimes the manner in which it’s discussed makes it seem like a curse, or something that spreads and infects places and things as well as people. Hence we see pieces where people complain about the prevalence of whiteness in LGBT spaces, or Taylor Swift exuding whiteness, or, to give a case we mention in our book, people accusing others of asking white questions and employing white research methods.

Conservatives and Victimhood Culture

CL: It was really interesting to read about how conservatives (particularly those who are very flamboyant or attention seeking) have learned to use victimhood culture, or exploit victimhood culture for their own selfish benefit. You argued that this might, in fact, lead to an increased uptake of victimhood culture morality in the mainstream culture. Would you be able to elaborate on this point for our readers?

BC & JM: Victimhood culture is mainly a leftwing phenomenon, but it has a way of spreading. Conservatives and others who find themselves opposed to campus activists might uphold the values of the dignity culture the activists reject, but sometimes they end up departing from it themselves. One way they might do this is by embracing whatever victimhood culture opposes. This can mean being deliberately provocative and offensive in order to get a rise out of the activists, or at the extreme, it can mean embracing alt-right ideologies that reject equality and diversity. But another way conservatives might depart from dignity culture is by embracing the assumptions of victimhood culture and pointing to their own victimhood.

In our first article on victimhood culture in 2014, we pointed to the case of Tal Fortgang, a Princeton student who wrote an article about checking his privilege, as campus activists had been urging that he and others do. The idea was that when he checked his privilege he found in his background a long history of hardship and persecution, including family members who had been persecuted and murdered in the Holocaust.

Now in one sense, that’s perfectly reasonable. It points to the absurdities of the victimhood framework. The grandson of Holocaust survivors might legitimately wonder why he should have the burden of being labeled privileged while others at his elite university gain sympathy and status by labeling themselves victims. We ourselves sometimes wonder why in an academic environment where people constantly talk about disadvantage, inclusivity, diversity, and the like, our working class, small town, Southern backgrounds gain us no victimhood points. So the idea might be, if you’re going to denigrate the privileged and valorize the victimized, at least be more accurate — don’t base it all on skin color, sex, and a few other such traits.

But this easily leads to competitive victimhood, where moral disputes become contests over who can claim the most disadvantage. Conservatives at colleges and universities might be especially prone to embracing victimhood since they can actually make very plausible claims of being one of the most victimized groups on campus. Conservatives are vastly underrepresented among the faculty, especially in the social sciences. Far more sociologists identify as Marxists than as conservatives, for example, and a survey of sociology professors found that nearly 30% of them acknowledged they would be less likely to support a job candidate who was a Republican. Conservatives on campus are also subject to what the activists would call microaggressions or worse if directed toward recognized victim groups. Many of them remain closeted.

The claims of victimhood are understandable, then, but if conservatives end up adopting their adversaries’ assumptions about what constitutes victimhood and what the response to victimhood should be, they’ll become just another force undermining dignity culture. And we’re seeing some of that. For example, National Review published an article by Frederick Hess with the title “When College Presidents Mistake Lib-splaining for Conservative Outreach.” Lib-splaining is presumably like mansplaining, whitesplaining, and other new victimhood culture offenses, and here it refers to a college president encouraging a group of campus conservatives to read more serious conservative works and meeting with them to discuss one of them. As with the other “splaining” offenses, the notion seems to be that any attempt to discuss or explain something coming from an outsider can be offensive.

We also see claims of victimhood becoming a key part of the campus conservative message. Conservatives should definitely complain about the suppression of free speech on campus. But sometimes this takes the form of engaging in intentionally offensive speech in order to get a reaction from the left that then becomes the basis of further complaints. This actually combines both of the dignity-rejecting strategies — the embrace of offensiveness and the embrace of victimhood. Conservative groups that have brought in the provocateur Milo Yiannopoulos, for example, seem more interested in stirring up controversy and angering the left than in advancing conservative ideas.

They should have the right to do so, of course, and even when groups have brought in conservative intellectuals campus activists have sometimes reacted in the same way. Still, bringing in someone like Yiannopoulos hardly advances the ideals of dignity. As conservative UCLA professor Gabriel Rossman wrote to the Bruin Republicans recently after they scheduled a talk by Yiannopoulos on “10 Things I Hate about Mexico,” “if your mission is to spread conservative ideas, you should recognize that hosting Yiannopoulos will only render your organization and our ideas toxic.” In that case the group ended up canceling the talk, but the temptation to court controversy through popular, attention-grabbing speakers can be powerful.

Another way that conservatives and other opponents of victimhood culture may end up adopting its assumptions, perhaps unwittingly, is by valorizing the victims of victimhood culture.  Consider the recent case of Lindsay Shepherd, a graduate student and teaching assistant at Wilfred Laurier University who was certainly treated badly by the faculty and administration there. In a communications class, Shepherd showed a short clip of a debate on the use of gender pronouns and was called to a meeting with two professors and an administrator, who berated her and told her that showing the debate was transphobic and possibly a violation of Canada’s anti-bias laws. When Shepherd released a recording of the meeting, there was an outpouring of support for her from those concerned about free speech and academic freedom, and the university ended up apologizing.

In the aftermath of all of that, though, Shepherd has become a kind of celebrity among opponents of victimhood culture, with regular speaking engagements and honors, including the Outstanding Student Award from Heterodox Academy and a prominent speaking spot at their upcoming meeting. While Shepherd behaved well in the initial conflict with her superiors, her prominence seems to come almost entirely from her status as a victim-of-victimhood culture rather than from any insights of her own. Her views have been consistently supportive of free speech but otherwise mostly inchoate and rapidly shifting. Initially describing herself as on the left, for example, she released a video recently announcing that she no longer identified this way, citing the left’s blurring of the distinction between white nationalists and white supremacists as one of the main reasons for the change. As Genevieve Weynerowski commented, “This granular sidebar made her centrist bona fides a little hard to swallow.” Shepherd also cited the reaction to her campus group hosting a talk on campus by Faith Goldy, an alt-right activist who once gleefully recited a white nationalist slogan and was fired by the right-wing Rebel Media after appearing on a neo-Nazi podcast. Shepherd is both an opponent and victim of campus victimhood culture, but she isn’t necessarily an advocate of dignity culture and seems increasingly to be employing the strategies of deliberate offense and an embrace of victimhood herself. For many opponents of victimhood culture, though, her status as a victim gives her a kind of moral authority and perhaps even immunity from criticism.

Preserving Dignity Culture

CL: I really liked the way you offered insight and not just condemnation of victimhood culture. How do you remain so detached from your subject without becoming judgemental? 

And finally, what are some simple ways (for those who don’t want to live in a victimhood culture) to preserve dignity culture?  

We both have somewhat analytical thinking styles. And from our early training, we’ve both approached sociology out of scientific interest in patterns of behavior. We each got into studying conflict and social control because that seemed where the action was, scientifically speaking. We were drawn to Donald Black’s theoretical work, which used simple principles to describe and explain social behavior.

In our book we talk about the politicization of sociology. The field has long tended to attract people with axes to grind — mostly liberal or progressive ones, occasionally conservative ones. Even if they take scientific methodology seriously — and many still do — their topics and questions are driven by what they feel passionate about for practical or political reasons. Hence the common pattern of people studying their own gender, race, ethnicity, or else writing about the topic they were doing activism on before deciding to go to graduate school.

That’s not been our bag. Our previous research topics — genocide and suicide — weren’t chosen because we were particularly involved with them outside of sociology. They just seemed like strange phenomena, and topics we could tackle given using the approach we’d learned from Black.

Victimhood culture does hit closer to home for us. Its epicenter is the university, and it has a lot of traction in the social sciences. As academic sociologists, we definitely have practical worries about what the future holds. Even with this topic, though, our initial forays into it were more of a “Hey, this is weird” than “Man the barricades!

Throughout the process of writing the book we were simply more interested in describing and analyzing than merely complaining. Complaint is boring. Analysis is interesting, especially if one is making cross-cultural comparisons and searching for the general principles behind it all. There’s a reason so many of our chapters start with examples from the days of dueling aristocrats. In comparative context, all human behavior is bizarre and fascinating.

We are social scientists, but of course, we are not only social scientists. We have political views and strong moral commitments. Our book considers several consequences of victimhood culture that we, and probably most of our readers, think are bad. Outside of the book, including in The Chronicle of Higher Education, we’ve stated our support for free speech and academic freedom and our belief that victimhood culture isn’t conducive to these things.

How, then, would people who agree with us go about preserving dignity culture?

Jordan Peterson’s rule #6 isn’t bad practical advice: “Set your house in perfect order before you criticize the world.” So we might start with ourselves. Can we make ourselves less sensitive to slight? Studying ancient wisdom, learning the lessons of cognitive behavioral therapy, or even absorbing some folk knowledge might be helpful. So might searching for sources of involvement and meaning that don’t revolve around a moral hierarchy of identity groups. Can we find better ways of handling our grievances other than venting online or complaining to a bureaucracy? Talking things out is hard. It requires confrontations that many of us would rather avoid. But like anything, if you can force yourself to start doing it, it might get easier with practice.

We might also focus on the epicenter of victimhood culture — our colleges and universities. Do we know how much of state universities’ funds go to administration as opposed to instruction? Do we know how much of that is for the policing of offensive speech and propagating microaggression theory and implicit bias training? Do our legislators know? Maybe we should call and ask — or better yet, get together a group of a half-dozen friends to call and ask. If it were possible to shrink the university bureaucracy — particularly the bureaucracy charged with handling offensive words and images — it would reduce the moral dependency of victimhood culture. It would reduce the incentives to jockey for victim status and increase the incentives for alternative ways of dealing with problems. It might even make people more prone to talk to talk to one another and speak their minds without fear of reprimand.

Along those lines, another strategy would be to try to reduce the ideological homogeneity of the academy, where a mainstream conservative is a rarer thing than a radical leftist. There’s no guarantee this would increase dignity culture as such — as we’ve seen, conservatives can join in the victim game too. But since victimhood culture is currently most concentrated on the radical left, some of its most severe manifestations involve demonizing those on the right. According to Black’s theory, tolerance of diversity is greater in exactly those places that have more diversity to start with, while concern with cultural purity is greatest where culture is relatively homogeneous. Theoretically, increasing ideological diversity should reduce the degree of ideological intolerance on campus, and so undermine some of the more severe eruptions. It would also provide some more tolerance for those wishing to criticize victimhood culture as such.

For many college students, socialization into extreme sensitivity and dependency began before they arrived. There are signs that children and youth — at least from the middle and upper classes — are more sheltered, supervised, and regulated than in decades past, and that they have correspondingly less practice in coping with difficulties and handling conflicts on their own. Supporters of so-called free-range parenting campaign against this, encouraging parents to allow their children unsupervised play and school districts to provide recess grounds with such dangerous equipment as jungle gyms and monkey bars. One might find ways to encourage these kinds of initiatives locally or nationally, such as by raising money for the legal defense of people charged with neglect and abuse for what many of us would consider a reasonable bit of autonomy or schools held responsible for accidental injuries.

And finally, it’s important to combat victimhood culture and to deal with the problems it creates in the universities and elsewhere, but it’s also important to create alternatives to the universities and the mainstream media where serious ideas can be discussed and debated.

Bradley Campbell, Associate Professor of Sociology at California State University, and Jason Manning, Associate Professor of Sociology at West Virginia University.  The Rise of Victimhood Culture: Microaggressions, Safe Spaces, and the New Culture Wars, is on sale now via Amazon. 

Claire Lehmann is the founder and editor-in-chief of Quillette.

Voir encore:

«Ces peuples qui ne veulent pas mourir»
Eric Zemmour
Le Figaro
14/09/2018

CHRONIQUE – La lutte à mort engagée contre Donald Trump par les médias et la justice de son pays traduit le refus des élites de se ranger derrière la volonté du peuple américain.

C’est un «résistant». Un héros. Un bienfaiteur de l’Amérique et de l’humanité. Le «haut responsable à la Maison-Blanche» qui, dans les colonnes du New York Times , a déversé sa bile sur Donald Trump, est encensé par les médias américains et occidentaux. Non seulement il dénonce dans le président américain un psychopathe à enfermer d’urgence, mais il conserve l’anonymat pour, dit-il, rester en place afin de limiter les dégâts pour les Etats-Unis et le monde. Un héros, nous dit-on, qui, dans «l’ancien monde», aurait été appelé un «traître», une «taupe», et même un putschiste, puisqu’il ne respecte pas la légitimité d’un président élu par le peuple.

Mais c’est ainsi: avec Trump, tous les coups sont permis. Les médias retrouvent d’instinct le langage orwellien qui inverse la paix en guerre et la liberté en servitude. Avec Trump, le traître devient héros, le président des Etats-Unis devient un tyran et un fou. La démocratie, c’est abattre l’homme élu par le peuple américain.

Et cela dure depuis le premier jour de son élection. Une élection qui a pris par surprise toutes les élites de l’est et de l’ouest du pays – élites économiques, financières, médiatiques, judiciaires, administratives.

Cet «Etat profond», comme l’appelle Trump, a décidé d’avoir la peau de ce Président et de le conduire vers la procédure d’impeachment, comme Louis XVI fut traîné à la guillotine. Chaque journaliste, chaque bureaucrate, même les plus haut gradés, chaque juge, rêve d’avoir la peau de Trump comme leurs glorieux aînés ont eu celle de Nixon en 1971. «Nixon le tricheur», lui aussi, avait été le candidat des classes populaires contre l’establishment sorti des campus universitaires des années 1960.

Entre-temps, ces jeunes gens chevelus ont pris tous les pouvoirs à Washington. Et sont bien décidés à ne pas les perdre. Depuis des mois, ils s’efforcent de faire passer Trump pour un espion à la solde de Poutine. Et, comme cela ne marche pas, ils ajoutent désormais la folie.

Cet affrontement, en vérité, dépasse le cas de Trump et même des Etats-Unis. C’est tout l’Occident qui en est le champ de bataille. La guerre inexpiable oppose des élites cosmopolites qui, au nom des valeurs universelles des droits de l’homme, veulent désagréger les peuples et les nations issus d’une histoire séculaire. En face, il y a les peuples occidentaux qui s’efforcent de sauvegarder leur mode de vie, leur identité, leur unité, leur histoire. Des peuples enracinés contre des élites déracinées. La loi de la majorité contre la dictature des minorités. La démocratie contre l’Etat de droit. Des élites qui se parent du titre de «progressistes» et qui, à Paris, Berlin, Bruxelles, Washington ou Los Angeles, traitent avec mépris les «populistes». Des élites qui ont juré d’avoir la peau des antiques nations et des peuples qui ne veulent pas mourir.

Voir enfin:

University under fire for creating a safe space for white students called ‘White Awake

The University of Maryland (UMD) was forced to take down flyers and change the name of a counseling program that offered “safe space for white students” after sparking outrage on campus.

At the beginning of the fall semester, UMD’s Counseling Center posted flyers for a new group called “White Awake,” which prompted the backlash.

Early Friday, the university’s website changed the name to “Anti-Racism and Ally Building Group” and scrubbed any references to a “safe space” and “white students.”

The University of Maryland’s Counseling Center faced student backlash after it started a group called “White Awake” a “safe space for white students” to discuss race on campus.  (Google maps)

“This group offers a safe space for white students to explore their experiences, questions, reactions, and feelings,” the initial description read. “Members will support and share feedback with each other as they learn more about themselves and how they fit into a diverse world.”

The flyer also asked if white people ever “feel uncomfortable and confused” in their “interactions with racial and ethnic minorities,” and if they “want to become a better ally.”

Several students conveyed their outrage on social media and on campus.

“The world is a space for white people to talk in,” one student told The Diamondback, a UMD student newspaper, expressing how unnecessary the new initiative is.

Another student tweeted she was “ashamed over the execution of white awake,” writing, “Why do they need to attend therapy sessions on how to be a decent human being in society…to coexist?”

Noah Collins, who leads the group and specializes in group therapy for the Counseling Center with an interest in “racial and cultural awareness,” issued a statement Thursday night saying UMD will discontinue the flyer and consider changing the name, but that it stands by the group.

He added the flyer was “not clear enough” in explaining that the group’s aim is “anti-racism and becoming a better ally.”

TEXAS BIOLOGY TEACHER ON LEAVE FOR ALLEGEDLY BULLYING PRO-TRUMP STUDENT

The university told Fox News in a statement that UMD’s Counseling Center acknowledges it “did not choose the right words in raising awareness about this research-based initiative, and how this group has been perceived is counter to the values of inclusiveness and diversity that we embody.”

“This is an incredibly difficult, nuanced issue, and that’s the reason we need to discuss it,” Collins wrote. “The aim of this group is to help white students become more culturally competent, so they can better participate in creating a more inclusive environment at the University of Maryland.”


US Open/50e: Reviens, Arthur, ils sont devenus fous ! (Contrary to Ali or Kaepernick, the Jackie Robinson of tennis stayed committed to respectful dialogue knowing real change came from rational advocacy and hard work not emotional self-indulgence)

9 septembre, 2018

Arthur Ashe participates in a hearing on apartheid, at the United Nations in New York.

Segregation and racism had made me loathe aspects of the white South, but had scarcely left me less of a patriot. In fact, to me and my family, winning a place on our national team would mark my ultimate triumph over all those people who had opposed my career in the South in the name of segregation. (…) Despite segregation, I loved the United States. It thrilled me beyond measure to hear the umpire announce not my name but that of my country: ‘Game, United States,’ ‘Set, United States,’ ‘Game, Set, and Match, United States.’ (…) There were times when I felt a burning sense of shame that I was not with blacks—and whites—standing up to the fire hoses and police dogs. (…) I never went along with the pronouncements of Elijah Muhammad that the white man was the devil and that blacks should be striving for separate development—a sort of American apartheid. That never made sense to me. (…) Jesse, I’m just not arrogant, and I ain’t never going to be arrogant. I’m just going to do it my way. Arthur Ashe
I’ve always believed that every man is my brother. Clay will earn the public’s hatred because of his connections with the Black Muslims. Joe Louis
I’ve been told that Clay has every right to follow any religion he chooses and I agree. But, by the same token, I have every right to call the Black Muslims a menace to the United States and a menace to the Negro race. I do not believe God put us here to hate one another. Cassius Clay is disgracing himself and the Negro race. Floyd Patterson
Clay is so young and has been misled by the wrong people. He might as well have joined the Ku Klux Klan. Floyd Patterson
Bluebirds with bluebirds, red birds with red birds, pigeons with pigeons, eagles with eagles. God didn’t make no mistake! (…) I don’t hate rattlesnakes, I don’t hate tigers — I just know I can’t get along with them. I don’t want to try to eat with them or sleep with them. (…)  I know whites and blacks cannot get along; this is nature. (…) I like what he [George Wallace] says. He says Negroes shouldn’t force themselves in white neighborhoods, and white people shouldn’t have to move out of the neighborhood just because one Negro comes. Now that makes sense. Muhammed Ali
A black man should be killed if he’s messing with a white woman. (…) We’ll kill anybody who tries to mess around with our women. Muhammed Ali
Long before he died, Muhammad Ali had been extolled by many as the greatest boxer in history. Some called him the greatest athlete of the 20th century. Still others, like George W. Bush, when he bestowed the Presidential Medal of Freedom in 2005, endorsed Ali’s description of himself as “the greatest of all time.” Ali’s death Friday night sent the paeans and panegyrics to even more exalted heights. Fox Sports went so far as to proclaim Muhammad Ali nothing less than “the greatest athlete the world will ever see.” As a champion in the ring, Ali may have been without equal. But when his idolizers go beyond boxing and sports, exalting him as a champion of civil rights and tolerance, they spout pernicious nonsense. There have been spouters aplenty in the last few days — everyone from the NBA commissioner (“Ali transcended sports with his outsized personality and dedication to civil rights”) to the British prime minister (“a champion of civil rights”) to the junior senator from Massachusetts (“Muhammad Ali fought for civil rights . . . for human rights . . . for peace”). Time for a reality check. It is true that in his later years, Ali lent his name and prestige to altruistic activities and worthy public appeals. By then he was suffering from Parkinson’s disease, a cruel affliction that robbed him of his mental and physical keenness and increasingly forced him to rely on aides to make decisions on his behalf. But when Ali was in his prime, the uninhibited “king of the world,” he was no expounder of brotherhood and racial broad-mindedness. On the contrary, he was an unabashed bigot and racial separatist and wasn’t shy about saying so. In a wide-ranging 1968 interview with Bud Collins, the storied Boston Globe sports reporter, Ali insisted that it was as unnatural to expect blacks and whites to live together as it would be to expect humans to live with wild animals. “I don’t hate rattlesnakes, I don’t hate tigers — I just know I can’t get along with them,” he said. “I don’t want to try to eat with them or sleep with them.” Collins asked: “You don’t think that we can ever get along?” “I know whites and blacks cannot get along; this is nature,” Ali replied. That was why he liked George Wallace, the segregationist Alabama governor who was then running for president. Collins wasn’t sure he’d heard right. “You like George Wallace?” “Yes, sir,” said Ali. “I like what he says. He says Negroes shouldn’t force themselves in white neighborhoods, and white people shouldn’t have to move out of the neighborhood just because one Negro comes. Now that makes sense.” This was not some inexplicable aberration. It reflected a hateful worldview that Ali, as a devotee of Elijah Muhammad and the segregationist Nation of Islam, espoused for years. At one point, he even appeared before a Ku Klux Klan rally. It was “a hell of a scene,” he later boasted — Klansmen with hoods, a burning cross, “and me on the platform,” preaching strict racial separation. “Black people should marry their own women,” Ali declaimed. “Bluebirds with bluebirds, red birds with red birds, pigeons with pigeons, eagles with eagles. God didn’t make no mistake!” In 1975, amid the frenzy over the impending “Thrilla in Manila,” his third title fight with Joe Frazier, Ali argued vehemently in a Playboy interview that interracial couples ought to be lynched. “A black man should be killed if he’s messing with a white woman,” he said. And it was the same for a white man making a pass at a black woman. “We’ll kill anybody who tries to mess around with our women.” But suppose the black woman wanted to be with the white man, the interviewer asked. “Then she dies,” Ali answered. “Kill her too.” Jeff Jacoby
Muhammad Ali was the most controversial boxer in the history of the sport, arguably the most gifted and certainly the best known. His ring glories and his life on the political and racial frontline combine to make him one of the most famous, infamous and discussed figures in modern history. During his life he stood next to Malcolm X at a fiery pulpit, dined with tyrants, kings, crooks, vagabonds, billionaires and from the shell of his awful stumbling silence during the last decade his deification was complete as he struggled with his troubled smile at each rich compliment. (…) He was a one-man revolution and that means he made enemies faster than any boy-fighter – which is what he was when he first became world heavyweight champion – could handle. (…) but (…) His best years as a prize-fighter were denied him and denied us by his refusal to be drafted into the American military system in 1967. At that time he was boxing’s finest fighter, a man so gifted with skills that he knew very little about what his body did in the ring; his instincts, his speed and his developing power at that point of his exile would have ended all arguments over his greatness forever had he been allowed to continue fighting. Ali was out of the ring for three years and seven months and the forced exile took away enough of his skills to deny us the Greatest at his greatest, but it made him the icon he became. “We never saw the best of my guy,” Angelo Dundee told me in Mexico City in 1993. Dundee should know. He had been collecting the fighter’s sweat as the chief trainer from 1960 and would until the ring end in 1981. (…) He had gained universal respect during the break because of his refusal to endorse the bloody conflict in Vietnam, but he often walked a thin line in the 70s with the very people that had been happy to back his cause. He was not as loved then as he is now, and there are some obvious reasons for that. In 1970 there were still papers in Britain that called him Cassius Clay, the birth name he had started to shred the day after beating Sonny Liston for the world title in 1964. In America he still divided the boxing press and the people. In the 70s he attended a Ku Klux Klan meeting, accepted their awards and talked openly and disturbingly about mixed race marriages and a stance he shared with the extremists. His harshest opinions are always overlooked, discarded like his excessive cruelty in the ring, and explained by a misguided concept that everything he said and did, that was either uncomfortable or just wrong, was justifiable under some type of Ali law that insisted there was a twinkle in his eye. There probably was a twinkle in his eye but he had some misguided racist ideas back then and celebrated them. In the ring he had hurt and made people suffer during one-sided fights and spat at the feet of one opponent. He was mean and there is nothing wrong with that in boxing, but he was also cruel to honest fighters, men that had very little of his talent and certainly none of his wealth. The way he treated Joe Frazier before and after their three fights remains a shameful blot on Ali’s legacy. I sat once in dwindling light with Frazier in Philadelphia at the end of three days of talking and listened to his words and watched his tears of hate and utter frustration as he outlined the harm Ali’s words had caused him and his family. Big soft Joe had no problem with the damage Ali’s fists had caused him, that was a fair fight but the verbal slaughter had been a mismatch and recordings of that still make me feel sick. I don’t laugh at that type of abuse. (…) Away from the ring excellence he went to cities in the Middle East to negotiate for the release of hostages and smiled easily when men in masks, carrying AK47s, put blindfolds on him and drove like the lunatics they were through bombed streets. “Hey man, you sure you know where you’re going?” he asked one driver. “I hope you do, coz I can’t see a thing.” He went on too many missions to too many countries for too long, his drive draining his life as he handed out Islamic leaflets. He was often exploited on his many trips, pulled every way and never refusing a request. On a trip to Britain in 2009 he was bussed all over the country for a series of bad-taste dinners that ended with people squatting down next to his wheelchair; Ali’s gaze was off in another realm, but the punters, who had paid hundreds for the sickening pleasure, stuck up their thumbs or made fists for the picture. The great twist in the abhorrent venture was that Ali’s face looked so bad that his head was photo-shopped for a more acceptable Ali face. Who could have possibly sanctioned that atrocity? During his fighting days he had men to protect him, men like Gene Kilroy, the man with the perm, that loved him and helped form a protective guard at his feet to keep the jackals from the meat. When he left the sport and was alone for the first time in the real world, there were people that fought each other to get close, close enough to insert their invisible transfusion tubes deep into his open heart. His daughters started to resurrect their own wall of protection the older they got, switching duties from sitting on Daddy’s lap to watching his back like the devoted sentinels they became. In the end it felt like the whole world was watching his back, watching the last moments under the neon of the King of the World. Steve Bunce
I think Ali is being done a disservice by the way in which he’s these days cast as benign. He was always a lot more complicated than that. (…) Ali has been post-rationalised as a champion of the civil rights movement. But far from promoting the idea of black and white together, his was a much more tricky, divisive politics. John Dower
Far from being embarrassed about sharing jaw-time with the Grand Chief Bigot or whatever the loon in the sheet called himself, Ali boasted about it. The revelation of his cosy chats with white supremacists comes in a television documentary screened on More4. As Ali finds himself overtaken as the most celebrated black American in history, True Stories: Thrilla In Manila provides a timely re-assessment of his politics. (…) Before his third fight with Frazier, Ali was at his most elevated, symbolically as well as in the ring. Hard to imagine when these days he elicits universal reverence, back then he was a figure who divided America, as loathed as he was admired. At the time he was taking his lead from the Nation of Islam, which, in its espousal of a black separatism, found its politics dovetailing with the cross-burning lynch mob out on the political boondocks. Ali was by far the organisation’s most prominent cipher. The film reminds us why. Back then, black sporting prowess reinforced many a prejudiced theory about the black man being good for nothing beyond physical activity. But here was Ali, as quick with his mind as with his fists. When he held court the world listened. Intriguingly, the film reveals, many of his better lines were scripted for him by his Nation of Islam minders. Ferdie Pacheco, the man who converted Ali to the bizarre cause which insisted that a spaceship would imminently arrive in the United States to take the black man to a better place, tells Dower’s cameras that it was he who came up with the line, « No Viet Cong ever called me nigger ». There was never a more succinct summary of America’s hypocrisy in forcing its beleaguered black citizenry to fight in Vietnam. (…) The film suggests it was his opponent who got the blunt end of Ali’s political bludgeon. The pair were once friends and Frazier had supported Ali’s stance on refusing the draft. But leading up to the fight Ali turned on his old mate with a ferocity which makes uncomfortable viewing even 30 years on. Viciously disparaging of Frazier, he calls him an Uncle Tom, a white man’s puppet. Ali riled Frazier to the point where he entered the ring so infuriated that he abandoned his game plan and blindly struck out. So distracted was he by Ali’s politically motivated jibes, he lost. Indeed, what we might be watching in Dower’s film is not so much the apex of Ali’s political potency as the birth of sporting mind games. Jim White
In 1974, in the middle of a Michael Parkinson interview, Muhammad Ali decided to dispense with all the safe conventions of chat show etiquette. “You say I got white friends,” he declared, “I say they are associates.” When his host dared to suggest that the boxer’s trainer of 14 years standing, Angelo Dundee, might be a friend, Ali insisted, gruffly: “He is an associate.” Within seconds, with Parkinson failing to get a word in edgeways, Ali had provided a detailed account of his reasoning. “Elijah Muhammad,” he told the TV viewers of 1970s Middle England, “Is the one who preached that the white man of America, number one, is the Devil!” The whites of America, said Ali, had “lynched us, raped us, castrated us, tarred and feathered us … Elijah Muhammad has been preaching that the white man of America – God taught him – is the blue-eyed, blond-headed Devil!  No good in him, no justice, he’s gonna be destroyed! “The white man is the Devil.  We do believe that.  We know it!” In one explosive, virtuoso performance, Ali had turned “this little TV show” into an exposition of his beliefs, and the beliefs of “two million five hundred” other followers of the radically – to some white minds, dangerously – black separatist religious movement, the Nation of Islam. At the height of his tirade, Ali drew slightly nervous laughter from the studio when he told Parkinson “You are too small mentally to tackle me on anything I represent.” (…) By the time he met Ali in 1962, Malcolm X was Elijah Muhammad’s chief spokesman and most prominent apostle. His belief that violence was sometimes necessary, and the Nation of Islam’s insistence that followers remain separate from and avoid participation in American politics meant that not every civil rights leader welcomed Muhammad Ali joining the movement. “When Cassius Clay joined the Black Muslims [The Nation of Islam],” said Martin Luther King, “he became a champion of racial segregation, and that is what we are fighting against.” The bitter irony is that soon after providing the Nation of Islam with its most famous convert, Malcolm X became disillusioned with the movement.  A trip to Mecca exposed him to white Muslims, shattering his belief that whites were inherently evil.  He broke from the Nation of Islam and toned down his speeches. Ali, though, remained faithful to Elijah Muhammad.  “Turning my back on Malcolm,” he admitted years later, “Was one of the mistakes that I regret most in my life.” (…) By then, though, Ali’s own attitudes to the « blue-eyed devils” had long since mellowed.  In 1975 he converted to the far more conventional Sunni Islam – possibly prompted by the fact that Elijah Muhammad had died of congestive heart failure in the same year, and his son Warith Deen Mohammad had moved the Nation of Islam towards inclusion in the mainstream Islamic community. He rebranded the movement the “World Community of Islam in the West”, only for Farrakhan to break away in 1978 and create a new Nation of Islam, which he claimed remained true to the teachings of “the Master” [Fard]. “The Nation of Islam taught that white people were devils,” he wrote in 2004.  “I don’t believe that now; in fact, I never really believed that. But when I was young, I had seen and heard so many horrible stories about the white man that this made me stop and listen. » The attentive listener to the 1974 interview, might, in fact, have sensed that even then Ali wasn’t entirely convinced about white men being blue-eyed devils. He had, after all, set the bar pretty high for “associates” like Angelo Dundee to become friends. “I don’t have one black friend hardly,” he had said.  “A friend is one who will not even consider [before] giving his life for you.” And, despite calling Parky “the biggest hypocrite in the world” and “a joke”, he could also get a laugh by reassuring the chat show host: “I know you [are] all right.” Adam Lusher
The crime victories of the last two decades, and the moral support on which law and order depends, are now in jeopardy thanks to the falsehoods of the Black Lives Matter movement. Police operating in inner-city neighborhoods now find themselves routinely surrounded by cursing, jeering crowds when they make a pedestrian stop or try to arrest a suspect. Sometimes bottles and rocks are thrown. Bystanders stick cell phones in the officers’ faces, daring them to proceed with their duties. Officers are worried about becoming the next racist cop of the week and possibly losing their livelihood thanks to an incomplete cell phone video that inevitably fails to show the antecedents to their use of force.  (…) As a result of the anti-cop campaign of the last two years and the resulting push-back in the streets, officers in urban areas are cutting back on precisely the kind of policing that led to the crime decline of the 1990s and 2000s. (…) On the other hand, the people demanding that the police back off are by no means representative of the entire black community. Go to any police-neighborhood meeting in Harlem, the South Bronx, or South Central Los Angeles, and you will invariably hear variants of the following: “We want the dealers off the corner.” “You arrest them and they’re back the next day.” “There are kids hanging out on my stoop. Why can’t you arrest them for loitering?” “I smell weed in my hallway. Can’t you do something?” I met an elderly cancer amputee in the Mount Hope section of the Bronx who was terrified to go to her lobby mailbox because of the young men trespassing there and selling drugs. The only time she felt safe was when the police were there. “Please, Jesus,” she said to me, “send more police!” The irony is that the police cannot respond to these heartfelt requests for order without generating the racially disproportionate statistics that will be used against them in an ACLU or Justice Department lawsuit. Unfortunately, when officers back off in high crime neighborhoods, crime shoots through the roof. Our country is in the midst of the first sustained violent crime spike in two decades. Murders rose nearly 17 percent in the nation’s 50 largest cities in 2015, and it was in cities with large black populations where the violence increased the most. (…) I first identified the increase in violent crime in May 2015 and dubbed it “the Ferguson effect.” (…) The number of police officers killed in shootings more than doubled during the first three months of 2016. In fact, officers are at much greater risk from blacks than unarmed blacks are from the police. Over the last decade, an officer’s chance of getting killed by a black has been 18.5 times higher than the chance of an unarmed black getting killed by a cop. (…) We have been here before. In the 1960s and early 1970s, black and white radicals directed hatred and occasional violence against the police. The difference today is that anti-cop ideology is embraced at the highest reaches of the establishment: by the President, by his Attorney General, by college presidents, by foundation heads, and by the press. The presidential candidates of one party are competing to see who can out-demagogue President Obama’s persistent race-based calumnies against the criminal justice system, while those of the other party have not emphasized the issue as they might have. I don’t know what will end the current frenzy against the police. What I do know is that we are playing with fire, and if it keeps spreading, it will be hard to put out. Heather Mac Donald
It’s ironic that Jerry’s longest-lasting legacy is that the big shoe company co-opted his slogan. Nike has Just Do It in all of their ad campaigns.
Sam Leff (Yippie, close friend of Hoffman’s)
Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs. Il y a des cadavres dans les rues et des meurtriers qui s’en tirent avec leurs congés payés. Colin Kaepernick
Je pense que tous les athlètes, tous les humains et tous les Afro-Américains devraient être totalement reconnaissants et honorés [par les manifestations lancées par les anciens joueurs de la NFL Colin Kaepernick et Eric Reid]. Serena Williams
Je ne suis pas une tricheuse! Vous me devez des excuses! (…) Je ne suis pas une tricheuse! Je suis mère de famille, je n’ai jamais triché de ma vie ! Serena Williams
For her country, Osaka has already succeeded in a major milestone: She is the first Japanese woman to reach the final of any Grand Slam. And she’s currently her country’s top-ranked player. Yet in Japan, where racial homogeneity is prized and ethnic background comprises a big part of cultural belonging, Osaka is considered hafu or half Japanese. Born to a Japanese mother and a Haitian father, Osaka grew up in New York. She holds dual American and Japanese passports, but plays under Japan’s flag. Some hafu, like Miss Universe Japan Ariana Miyamoto, have spoken publicly about the discrimination the term can confer. “I wonder how a hafu can represent Japan,” one Facebook user wrote of Miyamoto, according to Al Jazeera America’s translation. For her part, Osaka has spoken repeatedly about being proud to represent Japan, as well as Haiti. But in a 2016 USA Today interview she also noted, “When I go to Japan people are confused. From my name, they don’t expect to see a black girl.” On the court, Osaka has largely been embraced as one of her country’s rising stars. Off court, she says she’s still trying to learn the language. “I can understand way more Japanese than I can speak,” she said. (…) Earlier this year, Osaka reveled a four-word mantra keeps her steady through tough matches: “What would Serena do?” Her idolization of the 23 Grand Slam-winning titan is well-known. “She’s the main reason why I started playing tennis,” Osaka told the New York Times. Time
Des sportifs semblent désormais plus facilement se mettre en avant pour évoquer leurs convictions, que ce soient des championnes de tennis ou des footballeurs. Mais ces athlètes activistes restent encore minoritaires. Peu ont suivi Kaepernick lorsqu’il s’est agenouillé pendant l’hymne national. La plupart se focalisent sur leur sport, ils ne sont pas vraiment désireux de jouer les trouble-fête. Dans notre culture, ces sportifs sont des dieux, qui peuvent exercer une influence positive. Ils peuvent être un bon exemple d’engagement civique pour des jeunes. Et puis une bonne controverse comme l’affaire Kaepernick permet de pimenter un peu le sport et d’élargir le débat au-delà du jeu. Orin Starn (anthropologue)
Son genou droit posé à terre le 1er septembre 2016 a fait de lui un paria. Ce jour-là, Colin Kaepernick, quarterback des San Francisco 49ers, avait une nouvelle fois décidé de ne pas se lever pour l’hymne national. Coupe afro et regard grave, il était resté dans cette position pour protester contre les violences raciales et les bavures policières qui embrasaient les Etats-Unis. Plus d’un an après, la polémique reste vive. Son boycott lui vaut toujours d’être marginalisé et tenu à l’écart par la Ligue nationale de football américain (NFL). L’affaire rebondit ces jours, à l’occasion des débuts de la saison de la NFL. Sans contrat depuis mars, Colin Kaepernick est de facto un joueur sans équipe, à la recherche d’un nouvel employeur. (…) Plus surprenant, une centaine de policiers new-yorkais ont manifesté ensemble fin août à Brooklyn, tous affublés d’un t-shirt noir avec le hashtag #imwithkap. Le célèbre policier Frank Serpico, 81 ans, qui a dénoncé la corruption généralisée de la police dans les années 1960 et inspiré Al Pacino pour le film Serpico (1973), en faisait partie. Les sportifs américains sont nombreux à afficher leur soutien à Colin Kaepernick. C’est le cas notamment des basketteurs Kevin Durant ou Stephen Curry, des Golden State Warriors. (…) La légende du baseball Hank Aaron fait également partie des soutiens inconditionnels de Colin Kaepernick. Sans oublier Tommie Smith, qui lors des Jeux olympiques de Mexico en 1968 avait, sur le podium du 200 mètres, levé son poing ganté de noir contre la ségrégation raciale, avec son comparse John Carlos. Le geste militant à répétition de Colin Kaepernick, d’abord assis puis agenouillé, a eu un effet domino. Son coéquipier Eric Reid l’avait immédiatement imité la première fois qu’il a mis le genou à terre. Une partie des joueurs des Cleveland Browns continuent, en guise de solidarité, de boycotter l’hymne des Etats-Unis, joué avant chaque rencontre sportive professionnelle. La footballeuse homosexuelle Megan Rapinoe, championne olympique en 2012 et championne du monde en 2015, avait elle aussi suivi la voie de Colin Kaepernick et posé son genou à terre. Mais depuis que la Fédération américaine de football (US Soccer) a édicté un nouveau règlement, en mars 2017, qui oblige les internationaux à se tenir debout pendant l’hymne, elle est rentrée dans le rang. Colin Kaepernick lui-même s’était engagé à se lever pour l’hymne pour la saison 2017. Une promesse qui n’a pas pour autant convaincu la NFL de le réintégrer. Barack Obama avait pris sa défense; Donald Trump l’a enfoncé. En pleine campagne, le milliardaire new-yorkais avait qualifié son geste d’«exécrable», l’hymne et le drapeau étant sacro-saints aux Etats-Unis. Il a été jusqu’à lui conseiller de «chercher un pays mieux adapté». Les chaussettes à motifs de cochons habillés en policiers que Colin Kaepernick a portées pendant plusieurs entraînements – elles ont été très remarquées – n’ont visiblement pas contribué à le rendre plus sympathique à ses yeux. Mais ni les menaces de mort ni ses maillots brûlés n’ont calmé le militantisme de Colin Kaepernick. Un militantisme d’ailleurs un peu surprenant et parfois taxé d’opportunisme: métis, de mère blanche et élevé par des parents adoptifs blancs, Colin Kaepernick n’a rallié la cause noire, et le mouvement Black Lives Matter, que relativement tardivement. Avant Kaepernick, la star de la NBA LeBron James avait défrayé la chronique en portant un t-shirt noir avec en lettres blanches «Je ne peux pas respirer». Ce sont les derniers mots d’un jeune Noir américain asthmatique tué par un policier blanc. Par ailleurs, il avait ouvertement soutenu Hillary Clinton dans sa course à l’élection présidentielle. Timidement, d’autres ont affiché leurs convictions politiques sur des t-shirts, mais sans aller jusqu’au boycott de l’hymne national, un geste très contesté. L’élection de Donald Trump et le drame de Charlottesville provoqué par des suprémacistes blancs ont contribué à favoriser l’émergence de ce genre de protestations. Ces comportements signent un retour du sportif engagé, une espèce presque en voie de disparition depuis les années 1960-1970, où de grands noms comme Mohamed Ali, Billie Jean King ou John Carlos ont porté leur militantisme à bras-le-corps. Au cours des dernières décennies, l’heure n’était pas vraiment à la revendication politique, confirme Orin Starn, professeur d’anthropologie culturelle à l’Université Duke en Caroline du Nord. A partir des années 1980, c’est plutôt l’image du sportif businessman qui a primé, celui qui s’intéresse à ses sponsors, à devenir le meilleur possible, soucieux de ne déclencher aucune polémique. Un sportif lisse avant tout motivé par ses performances et sa carrière. Comme le basketteur Michael Jordan ou le golfeur Tiger Woods. Le Temps
It was an incredible match. I mean, Arthur was an innovator. It was the first time he sort of sat down at the side of the court in between — they didn’t have chairs at the side of the court for a long time; we sort of had to towel off and go on — but he would sit and cover his head with the towel and just think. It was the first time you were conscious of the mental side of tennis. Arthur was instrumental in that. . . . Arthur was a thinker. Virginia Wade
Arthur didn’t need Vietnam. Arthur had his own Vietnam right there in the United States in those days, and some of the things that I saw while I was there — he didn’t need that. The thing that I always think about, and this was always the most important thing in my mind, was that Arthur represented so many possibilities. Arthur was the first to do so much so often that those of us who knew him would say: ‘What’s next? What mountain was he going to climb next?’ Arthur was always different. (…) Growing up, Arthur was a sponge. . . . That was just his nature. He was a voracious reader, and he had to satisfy his intellect. I tell people if Arthur had concentrated on just tennis, he would have been the best in the world. But tennis was a vehicle. . . . He wanted to be able to take kids outside of their environs, outside of their element for a little while and expose them to what they can be. . . . And, let’s face it, most parents don’t have the wherewithal to do that. It’s not easy. What happens is you get somebody like Arthur — and following Arthur, LeBron James is starting to do things — to expose kids. It’s so important that that happens. (…) “Until Arthur came along and Althea came along, tennis was a sport of the elites. Then you get two playground children — one from Harlem, one from Richmond — to break into the bigs. People had to stop and think about that. It opened the doors for other people, and that’s what it was all about. That’s what it was all about for him. Johnnie Ashe
The Apollo program was a national effort that depended on American derring-do and sacrifice. History is usually airbrushed to remove a figure who has fallen out of favor with a dictatorship, or to hide away an episode of national shame. Leave it to Hollywood to erase from a national triumph its most iconic moment. The new movie First Man, a biopic about the Apollo 11 astronaut Neil Armstrong, omits the planting of the American flag during his historic walk on the surface of the moon. Ryan Gosling, who plays Armstrong in the film, tried to explain the strange editing of his moonwalk: “This was widely regarded in the end as a human achievement. I don’t think that Neil viewed himself as an American hero.” Armstrong was a reticent man, but he surely considered himself an American, and everyone else considered him a hero. (“You’re a hero whether you like it or not,” one newspaper admonished him on the 10th anniversary of the landing.) Gosling added that Armstrong’s walk “transcended countries and borders,” which is literally true, since it occurred roughly 238,900 miles from Earth, although Armstrong got there on an American rocket, walked in an American spacesuit, and returned home to America. (…) It was a chapter in a space race between the United States and the Soviet Union that involved national prestige and the perceived worth of our respective economic and political systems. The Apollo program wasn’t about the brotherhood of man, but rather about achieving a national objective before a hated and feared adversary did. The mission of Apollo 11 was, appropriately, soaked in American symbolism. The lunar module was called Eagle, and the command module Columbia. There had been some consideration to putting up a U.N. flag, but it was scotched — it would be an American flag and only an American flag. (…) There may be a crass commercial motive in the omission — the Chinese, whose market is so important to big films, might not like overt American patriotic fanfare. Neither does much of our cultural elite. They may prefer not to plant the flag — but the heroes of Apollo 11 had no such compunction. National Review
Billed as being based on “a crazy, outrageous incredible true story” about how a black cop infiltrated the KKK, Spike Lee’s BlacKkKlansman would be more accurately described as the story of how a black cop in 1970s Colorado Springs spoke to the Klan on the phone. He pretended to be a white supremacist . . . on the phone. That isn’t infiltration, that’s prank-calling. A poster for the movie shows a black guy wearing a Klan hood. Great starting point for a comedy, but it didn’t happen. The cop who actually attended KKK meetings undercover was a white guy (played by Adam Driver). These led . . . well, nowhere in particular. No plot was foiled. Those meetups mainly revealed that Klansmen behave exactly how you’d expect Klansmen to behave. The movie is a typical Spike Lee joint: A thin story is told in painfully didactic style and runs on far too long. (…)  Washington (son of Denzel) has an easygoing charisma as the unflappable Ron Stallworth, a rookie cop in Colorado Springs who volunteers to go undercover as a detective in 1972, near the height of the Black Power movement and a moment when law enforcement was closely tracking the activities of radicals such as Stokely Carmichael, a.k.a. Kwame Ture, a speech of whose Stallworth says he attended while posing as an ordinary citizen. In the movie, Stallworth experiences an awakening of black pride and falls for a student leader, Patrice (a luminous Laura Harrier, who also played Peter Parker’s girlfriend in Spider-Man: Homecoming), inspiring in him the need to do something for his people. (…) The Klan also turn out to be grandstanders and blowhards given to Carmichael-style paranoid prophecies and seem to hope to troll their enemies into attacking them. When Lee realizes he needs something to actually happen besides racist talk, he turns to a subplot featuring a white-supremacist lady running around with a purse full of C-4 explosive with which she intends to blow up the black radicals. It’s so unconvincing that you watch it thinking, “I really doubt this happened.” It didn’t. The only other tense moment in the film, in which Driver’s undercover cop (who is Jewish) is nearly subjected to a lie-detector test about his religion by a suspicious Klansman, is also fabricated. Lee frames his two camps as opposites, but whether we’re with the black-power types or the white-power yokels, they’re equally wrong about the race war they seem to yearn for. The two sides are equally far from the stable center, the color-blind institution holding society together, which turns out to be . . . the police! After some talk from the radical Patrice (whose character is also a fabrication) about how the whole system is corrupt and she could never date a “pig,” and a scene in which Stallworth implies the police’s code of covering for one another reminds him of the Klan, Lee winds up having the police unite to fight racism, with one bad apple expunged and everybody else on the otherwise all-white force supporting Ron. That Spike Lee has turned in a pro-cop film has to be counted one of the stranger cultural developments of 2018, but Lee seems to have accidentally aligned with cops in the course of issuing an anti-Trump broadside. (…) (See also: an introduction in which Alec Baldwin plays a Southern cracker called Dr. Kennebrew Beauregard who rants about desegregation for several minutes, then is never seen again.) Lee’s other major goal is to link Stallworth’s story to Trumpism using David Duke. Duke, like Trump, said awful things at the time of the Charlottesville murder and played a part in the Stallworth story when the cop was assigned to protect the Klan leader (played by Topher Grace) on a visit to Colorado Springs and later threw his arm around him while posing for a picture. Saying Duke presaged Trump seems like a stretch, though. After all the nudge-nudge MAGA lines uttered by the Klansmen throughout the film, the let-me-spell-it-out-for-you finale, with footage from the Charlottesville white-supremacist rally, seems de trop. BlacKkKlansman was timed to hit theaters one year after the anniversary of the horror in Virginia. That Charlottesville II attracted only two dozen pathetic dorks to the cause of white supremacy would seem to undermine the coda. The Klan’s would-be successors, far from being more emboldened than they have been since Stallworth’s time, appear to be nearly extinct. National review
The all-seeing social-justice eye penetrates every aspect of our lives: sports, movies, public monuments, social media, funerals . . .A definition of totalitarianism might be the saturation of every facet of daily life by political agendas and social-justice messaging. At the present rate, America will soon resemble the dystopias of novels such as 1984 and Brave New World in which all aspects of life are warped by an all-encompassing ideology of coerced sameness. Or rather, the prevailing orthodoxy in America is the omnipresent attempt of an elite — exempt from the consequences of its own ideology thanks to its supposed superior virtue and intelligence — to mandate an equality of result. We expect their 24/7 political messaging on cable-channel news networks, talk radio, or print and online media. And we concede that long ago an NPR, CNN, MSNBC, or New York Times ceased being journalistic entities as much as obsequious megaphones of the progressive itinerary. But increasingly we cannot escape anywhere the lidless gaze of our progressive lords, all-seeing, all-knowing from high up in their dark towers. (…) Americans have long accepted that Hollywood movies no longer seek just to entertain or inform, but to indoctrinate audiences by pushing progressive agendas. That commandment also demands that America be portrayed negatively — or better yet simply written out of history. Take the new film First Man, about the first moon landing. Apollo 11 astronaut Neil Armstrong became famous when he emerged from The Eagle, the two-man lunar module, and planted an American flag on the moon’s surface. Yet that iconic act disappears from the movie version. (At least Ryan Gosling, who plays Armstrong, does not walk out of the space capsule to string up a U.N. banner.) Gosling claimed that the moon landing should not be seen as an American effort. Instead, he advised, it should be “widely regarded as a human achievement” — as if any nation’s efforts or the work of the United Nations in 1969 could have pulled off such an astounding and dangerous enterprise. I suppose we are to believe that Gosling’s Canada might just as well have built a Saturn V rocket. (…) Sports offers no relief. It is now no more a refuge from political indoctrination than is Hollywood. Yet it is about as difficult to find a jock who can pontificate about politics as it is to encounter a Ph.D. or politico who can pass or pitch. The National Football League, the National Basketball Association, and sports channels are now politicalized in a variety of ways, from not standing up or saluting the flag during the National Anthem to pushing social-justice issues as part of televised sports analysis. What a strange sight to see tough sportsmen of our Roman-style gladiatorial arenas become delicate souls who wilt on seeing a dreaded hand across the heart during the playing of the National Anthem. Even when we die, we do not escape politicization. At a recent eight-hour, televised funeral service for singer Aretha Franklin, politicos such as Jesse Jackson and Al Sharpton went well beyond their homages into political harangues. Pericles or Lincoln they were not. (…) Politics likewise absorbed Senator John McCain’s funeral the next day. (…) Even the long-ago dead are fair game. Dark Age iconoclasm has returned to us with a fury. Any statue at any time might be toppled — if it is deemed to represent an idea or belief from the distant past now considered racist, sexist, or somehow illiberal. Representations of Columbus, the Founding Fathers, and Confederate soldiers have all been defaced, knocked down, or removed. The images of mass murderers on the left are exempt, on the theory that good ends always allow a few excessive means. So are the images and names of robber barons and old bad white guys, whose venerable eponymous institutions offer valuable brands that can be monetized. At least so far, we are not rebranding Stanford and Yale with indigenous names. Victor Davis Hanson
Johnnie Ashe, like Wade, remembers his brother as an intellectual and an innovator, as someone who was meant to change the world. That’s why, when Johnnie came to understand that the military wouldn’t send two brothers into active duty in a war zone at the same time, he volunteered for a second tour in Vietnam. He was three months away from coming home.Since Johnnie stayed on active duty, Arthur could compete for both the U.S. amateur and U.S. Open championships in 1968. He is the only person to have won both. Ashe had many projects that helped extend his legacy beyond that of a pioneering tennis player who won 33 career singles championships; ever the thinker, bringing tennis and educational opportunities to youths was Ashe’s passion. He helped found the National Junior Tennis & Learning network in 1968, a grass-roots organization designed to make tennis more accessible. Today, the NJTL receives significant funding from the USTA. The Washington Post
Arthur Ashe always had an exquisite sense of timing, whether he was striking a topspin backhand or choosing when to speak out for liberty and justice for all. So we shouldn’t be surprised that the 50th anniversary of his victory at the first U.S. Open — a milestone to be celebrated on Saturday at the grand stadium bearing his name — coincides with a national conversation on the First Amendment rights and responsibilities of professional athletes. Mr. Ashe has been gone for 25 years, struck down at the age of 49 by AIDS, inflicted by an H.I.V.-tainted blood transfusion. But the example he set as a champion on and off the court has never been more relevant. As Colin Kaepernick, LeBron James and others strive to use their athletic stardom as a platform for social justice activism, they might want to look back at what this soft-spoken African-American tennis star accomplished during the age of Jim Crow and apartheid. (…) He began his career as the Jackie Robinson of men’s tennis — a vulnerable and insecure racial pioneer instructed by his coaches to hold his tongue during a period when the success of desegregation was still in doubt. At the same time, Mr. Ashe’s natural shyness and deferential attitude toward his elders and other authority figures all but precluded involvement in the civil rights struggle and other political activities during his high school and college years. The calculus of risk and responsibility soon changed, however, as Mr. Ashe reinvented himself as a 25-year-old activist-in-training during the tumultuous year of 1968. With his stunning victory in September at the U.S. Open, where he overcame the best pros in the world as a fifth-seeded amateur, he gained a new confidence that affected all aspects of his life. Mr. Ashe’s political transformation had begun six months earlier when he gave his first public speech, a discourse on the potential importance of black athletes as community leaders, delivered at a Washington forum hosted by the Rev. Jefferson Rogers, a prominent black civil rights leader Mr. Ashe had known since childhood. Mr. Rogers had been urging Mr. Ashe to speak out on civil rights issues for some time, and when he finally did so, it released a spirit of civic engagement that enveloped his life. “This is the new Arthur Ashe,” the reporter Neil Amdur observed in this paper, “articulate, mature, no longer content to sit back and let his tennis racket do the talking.” In part, Mr. Ashe’s new attitude reflected a determination to make amends for his earlier inaction. “There were times, in fact,” he recalled years later, “when I felt a burning sense of shame that I was not with other blacks — and whites — standing up to the fire hoses and the police dogs, the truncheons, bullets and bombs.” He added: “As my fame increased, so did my anguish.” During the violent spring of 1968, the assassinations of the Rev. Dr. Martin Luther King Jr., whom Mr. Ashe had come to admire above all other black leaders, and Senator Robert F. Kennedy, whom he had supported as a presidential candidate, shook Mr. Ashe’s faith in America. But he refused to surrender to disillusionment. Instead he dedicated himself to active citizenship on a level rarely seen in the world of sports. His activism began with an effort to expand economic and educational opportunities for young urban blacks, but his primary focus soon turned to the liberation of black South Africans suffering under apartheid. Later he supported a wide variety of causes, playing an active role in campaigns for black political power, high educational standards for college athletes, criminal justice reform, equality of the sexes and AIDS awareness. He also became involved in numerous philanthropic enterprises. By the end of his life, Mr. Ashe’s success on the court was no longer the primary source of his celebrity. He had become, along with Muhammad Ali, a prime example of an athlete who transcended the world of sports. In 2016, President Barack Obama identified Mr. Ali and Mr. Ashe as the sports figures he admired above all others. While noting the sharp contrast in their personalities, he argued that both men were “transformational” activists who pushed the nation down the same path to freedom and democracy. Mr. Ashe practiced his own distinctive brand of activism, one based on unemotional appeals to common sense and enlightened philosophical principles as simple as the Golden Rule. He had no facility for, and little interest in, using agitation and drama to draw attention to causes, no matter how worthy they might be. A champion of civility, he always kept his cool and never raised his voice in anger or frustration. Viewing emotional appeals as self-defeating and even dangerous, he relied on reasoned persuasion derived from careful preparation and research. Mr. Ashe preferred to make a case in written form, or as a speaker on the college lecture circuit or as a witness before the United Nations. His periodic opinion pieces in The Washington Post and other newspapers tackled a number of thorny issues related to sports and the broader society, including upholding high academic standards for college athletic eligibility and the expulsion of South Africa from international athletic competition. In the 1980s, he devoted several years to researching and writing “A Hard Road to Glory,” a groundbreaking three-volume history of African-American athletes. In retirement Mr. Ashe became a popular tennis broadcaster known for his clever quips, yet as an activist he never resorted to sound bites that excited audiences with reductionist slogans. Often working behind the scenes, he engaged in high-profile public debate only when he felt there was no other way to advance his point of view. Suspicious of quick fixes, he advocated incremental and gradual change as the best guarantor of true progress. Yet he did not let this commitment to long-term solutions interfere with his determination to give voice to the voiceless. Known as a risk taker on the court, he was no less bold off the court, where he never shied away from speaking truth to power. He was arrested twice, in 1985 while participating in an anti-apartheid demonstration in front of the South African Embassy and in 1992 while picketing the White House in protest of the George H.W. Bush administration’s discriminatory policies toward Haitian refugees. The first arrest embarrassed the American tennis establishment, which soon removed him from his position as captain of the U.S. Davis Cup team, and the second occurred during the final months of his life as he struggled with the ravages of AIDS. In both cases he accepted the consequences of his principled activism with dignity. Mr. Ashe was a class act in every way, a man who practiced what he preached without being diverted by the temptations of power, fame or fortune. When we place his approach to dissent and public debate in a contemporary frame, it becomes obvious that his legacy is the antithesis of the scorched-earth politics of Trumpism. If Mr. Ashe were alive today, he would no doubt be appalled by the bullying tactics and insulting rhetoric of a president determined to punish athletes who have the courage and audacity to speak out against police brutality toward African-Americans. And yet we can be equally sure that Mr. Ashe would honor his commitment to respectful dialogue, refusing to lower himself to the president’s level of unrestrained invective. (…) Mr. Ashe would surely be gratified that to date, this high road has led to more protest, not less, confirming his belief that real change comes from rational advocacy and hard work, not emotional self-indulgence. As we celebrate his remarkable life and legacy a quarter-century after his death, we can be confident that Mr. Ashe would rush to join today’s activists in spirit and solidarity, solemnly but firmly taking a knee for social justice. Raymond Arsenault

Reviens, Arthur, Ils sont devenus fous !

En ces temps devenus fous …

Où après les médias et, enterrements compris, la haute fonction publique

Et, entre le négationnisme (pas de drapeau américain sur la lune) et la réécriture de l’histoire (les quelques mois d’infiltration du KKK par une équipe de policiers noir et blanc dans une petite ville du Colrado au début des années 70 transformés en film blaxploitation avec toute l’explosive subtilité d’un Spike Lee), Hollywood …

Comme au niveau des grosses multinationales du matériel de sport à l’occasion du 30e anniversaire d’un slogan de toute évidence fauché au yippie Jerry Rubin

Mais faussement attribué (droits obligent ?) aux dernière paroles du tristement célèbre premier exécuté (volontaire et déjà gratifié par Norman Mailer de son panégyrique littéraire) du retour de la peine de mort aux Etats-Unis …

La marchandisation d’un joueur (métis multimillionnaire abandonné par son père noir et adopté par des parents blancs) dont le seul titre de gloire est, outre ses chaussettes anti-policiers et ses tee-shirts à la gloire de Castro, son refus d’honorer le drapeau de son pays pour prétendument dénoncer les brutalités policières contre les noirs …

Tout semble dorénavant permis pour dénigrer l’actuel président américain et les forces de police …

Comment ne pas repenser …

En ce 50e anniversaire …

De la première victoire, dès la création du premier tournoi professionnel, d’un joueur de tennis noir à une épreuve de Grand chelem …

A la figure hélas oubliée d’un Arthur Ashe

Qui, de l’apartheid sud-africain à la défense des réfugiés haïtiens ou des enfants atteints du SIDA jusqu’à l’ONU …

Et loin des outrances racistes à l’époque d’un Mohamed Ali …

Ou de la violence actuelle (et surtout de ses conséquences sur les plus démunis quoi qu’en dise son biographe) du collectif Black lives matter que prétend défendre un Colin Kaeperinck …

Et sans parler du lamentable scandale, au nom d’un prétendu sexisme et face à une improbable nippo-haïtienne élevée aux Etats-Unis mais ne parlant pas japonais, de Serena Williams en finale du même US Open hier …

Avait toujours su joindre l’intelligence et le respect des autres comme de son propre pays à la plus redoutable des efficacités ?

What Arthur Ashe Knew About Protest

The tennis great was committed to respectful dialogue, refusing to lower himself to the level of invective

Raymond Arsenault

Mr. Arsenault is a biographer of Arthur Ashe.

Arthur Ashe always had an exquisite sense of timing, whether he was striking a topspin backhand or choosing when to speak out for liberty and justice for all. So we shouldn’t be surprised that the 50th anniversary of his victory at the first U.S. Open — a milestone to be celebrated on Saturday at the grand stadium bearing his name — coincides with a national conversation on the First Amendment rights and responsibilities of professional athletes.

Mr. Ashe has been gone for 25 years, struck down at the age of 49 by AIDS, inflicted by an H.I.V.-tainted blood transfusion. But the example he set as a champion on and off the court has never been more relevant. As Colin Kaepernick, LeBron James and others strive to use their athletic stardom as a platform for social justice activism, they might want to look back at what this soft-spoken African-American tennis star accomplished during the age of Jim Crow and apartheid.

The first thing they will discover is that, like most politically motivated athletes, Mr. Ashe turned to activism only after his formative years as an emerging sports celebrity. He began his career as the Jackie Robinson of men’s tennis — a vulnerable and insecure racial pioneer instructed by his coaches to hold his tongue during a period when the success of desegregation was still in doubt. At the same time, Mr. Ashe’s natural shyness and deferential attitude toward his elders and other authority figures all but precluded involvement in the civil rights struggle and other political activities during his high school and college years.

The calculus of risk and responsibility soon changed, however, as Mr. Ashe reinvented himself as a 25-year-old activist-in-training during the tumultuous year of 1968. With his stunning victory in September at the U.S. Open, where he overcame the best pros in the world as a fifth-seeded amateur, he gained a new confidence that affected all aspects of his life.

Mr. Ashe’s political transformation had begun six months earlier when he gave his first public speech, a discourse on the potential importance of black athletes as community leaders, delivered at a Washington forum hosted by the Rev. Jefferson Rogers, a prominent black civil rights leader Mr. Ashe had known since childhood. Mr. Rogers had been urging Mr. Ashe to speak out on civil rights issues for some time, and when he finally did so, it released a spirit of civic engagement that enveloped his life. “This is the new Arthur Ashe,” the reporter Neil Amdur observed in this paper, “articulate, mature, no longer content to sit back and let his tennis racket do the talking.”

In part, Mr. Ashe’s new attitude reflected a determination to make amends for his earlier inaction. “There were times, in fact,” he recalled years later, “when I felt a burning sense of shame that I was not with other blacks — and whites — standing up to the fire hoses and the police dogs, the truncheons, bullets and bombs.” He added: “As my fame increased, so did my anguish.”

During the violent spring of 1968, the assassinations of the Rev. Dr. Martin Luther King Jr., whom Mr. Ashe had come to admire above all other black leaders, and Senator Robert F. Kennedy, whom he had supported as a presidential candidate, shook Mr. Ashe’s faith in America. But he refused to surrender to disillusionment. Instead he dedicated himself to active citizenship on a level rarely seen in the world of sports.

His activism began with an effort to expand economic and educational opportunities for young urban blacks, but his primary focus soon turned to the liberation of black South Africans suffering under apartheid. Later he supported a wide variety of causes, playing an active role in campaigns for black political power, high educational standards for college athletes, criminal justice reform, equality of the sexes and AIDS awareness. He also became involved in numerous philanthropic enterprises.

By the end of his life, Mr. Ashe’s success on the court was no longer the primary source of his celebrity. He had become, along with Muhammad Ali, a prime example of an athlete who transcended the world of sports. In 2016, President Barack Obama identified Mr. Ali and Mr. Ashe as the sports figures he admired above all others. While noting the sharp contrast in their personalities, he argued that both men were “transformational” activists who pushed the nation down the same path to freedom and democracy.

Mr. Ashe practiced his own distinctive brand of activism, one based on unemotional appeals to common sense and enlightened philosophical principles as simple as the Golden Rule. He had no facility for, and little interest in, using agitation and drama to draw attention to causes, no matter how worthy they might be. A champion of civility, he always kept his cool and never raised his voice in anger or frustration. Viewing emotional appeals as self-defeating and even dangerous, he relied on reasoned persuasion derived from careful preparation and research.

Mr. Ashe preferred to make a case in written form, or as a speaker on the college lecture circuit or as a witness before the United Nations. His periodic opinion pieces in The Washington Post and other newspapers tackled a number of thorny issues related to sports and the broader society, including upholding high academic standards for college athletic eligibility and the expulsion of South Africa from international athletic competition. In the 1980s, he devoted several years to researching and writing “A Hard Road to Glory,” a groundbreaking three-volume history of African-American athletes.

In retirement Mr. Ashe became a popular tennis broadcaster known for his clever quips, yet as an activist he never resorted to sound bites that excited audiences with reductionist slogans. Often working behind the scenes, he engaged in high-profile public debate only when he felt there was no other way to advance his point of view. Suspicious of quick fixes, he advocated incremental and gradual change as the best guarantor of true progress.

Yet he did not let this commitment to long-term solutions interfere with his determination to give voice to the voiceless. Known as a risk taker on the court, he was no less bold off the court, where he never shied away from speaking truth to power.

He was arrested twice, in 1985 while participating in an anti-apartheid demonstration in front of the South African Embassy and in 1992 while picketing the White House in protest of the George H.W. Bush administration’s discriminatory policies toward Haitian refugees. The first arrest embarrassed the American tennis establishment, which soon removed him from his position as captain of the U.S. Davis Cup team, and the second occurred during the final months of his life as he struggled with the ravages of AIDS. In both cases he accepted the consequences of his principled activism with dignity.

Mr. Ashe was a class act in every way, a man who practiced what he preached without being diverted by the temptations of power, fame or fortune. When we place his approach to dissent and public debate in a contemporary frame, it becomes obvious that his legacy is the antithesis of the scorched-earth politics of Trumpism. If Mr. Ashe were alive today, he would no doubt be appalled by the bullying tactics and insulting rhetoric of a president determined to punish athletes who have the courage and audacity to speak out against police brutality toward African-Americans. And yet we can be equally sure that Mr. Ashe would honor his commitment to respectful dialogue, refusing to lower himself to the president’s level of unrestrained invective.

Not all of the activist athletes involved in public protests during the past two years have followed Mr. Ashe’s model of restraint and civility. But many have made a good-faith effort to do so, resisting the temptation to respond in kind to Mr. Trump’s intemperate attacks on their personal integrity and patriotism. In particular, several of the most visible activists — including Mr. Kaepernick, Stephen Curry and Mr. James — have kept their composure and dignity even as they have borne the brunt of Mr. Trump’s racially charged Twitter storms and stump speeches. By and large, they have wisely taken the same high road that Mr. Ashe took two generations ago, eschewing the politics of character assassination while keeping their eyes on the prize.

Mr. Ashe would surely be gratified that to date, this high road has led to more protest, not less, confirming his belief that real change comes from rational advocacy and hard work, not emotional self-indulgence. As we celebrate his remarkable life and legacy a quarter-century after his death, we can be confident that Mr. Ashe would rush to join today’s activists in spirit and solidarity, solemnly but firmly taking a knee for social justice.

Raymond Arsenault is the author of “Arthur Ashe: A Life.”

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We remember Ashe for his electrifying talent. But he had a social conscience that was way ahead of its time

No one had expected a fifth-seeded, 25-year-old amateur on temporary leave from the army to come out on top in a field that included the world’s best pro players. The era of Open tennis, in which both amateurs and professionals competed, was only four months old. Many feared that mixing the two groups was a mistake. Yet Ashe, with help from a string of upsets that eliminated the top four seeds, defeated the Dutchman Tom Okker in the championship match – in the process becoming the first black man to reach the highest echelon of amateur tennis.

As an amateur, Ashe could not accept the champion’s prize money of $14,000. But the lost income proved inconsequential in light of the other benefits that came in the wake of his historic performance. He became not only as a bona fide sports star but also a citizen activist with important things to contribute to society and a platform to do so. Ashe began to speak out on questions of social and economic justice.

Earlier in the year, the assassinations of Martin Luther King and Robert Kennedy had shocked Ashe out of his youthful reticence to become involved in the struggle for civil rights. Over the next 25 years, he worked tirelessly as an advocate for civil and human rights, a role model for athletes interested in more than fame and fortune.

“From what we get, we can make a living,” he counseled. “What we give, however, makes a life.”

Ashe’s 1968 win was truly impressive but his finest moment at the Open came, arguably, in 1992, four and a half months after the public disclosure that he had Aids and nearly a decade after he contracted HIV during a blood transfusion. If we apply Ashe’s professed standard of success, which placed social and political reform well above athletic achievement, the 25th US Open, not the first, is the tournament most deserving of commemoration. Without picking up a racket, he managed to demonstrate a moral leadership that far transcended the world of sports.

On 30 August, on the eve of the first round, a substantial portion of the professional tennis community rallied behind the stricken champion’s effort to raise funds for the new Arthur Ashe Foundation for the Defeat of Aids (AAFDA). The celebrity-studded event, the Arthur Ashe Aids Tennis Challenge, drew a huge crowd and nine of the game’s biggest stars. The support was unprecedented, leading one reporter to marvel: “The tennis world is known by and large as a selfish, privileged world, one crammed with factions and egos. So what is happening at the Open is unthinkable: gender and nationality and politics will take a back seat to a full-fledged effort to support Ashe.”

Participants included CBS correspondent Mike Wallace, then New York City mayor David Dinkins and two of tennis’s biggest celebrities, the up-and-coming star Andre Agassi and the four-time Open champion John McEnroe, who entertained the crowd by clowning their way through a long set. To Ashe’s delight, McEnroe, once known as the “Superbrat” of tennis, even put on a joke tantrum against the umpire.

Several days earlier, on a more serious note, McEnroe had spoken for many of his peers in explaining why he felt passionate about Ashe’s cause.

“It’s not something you can even think twice about when you’re asked to help,” he insisted. “The fact that the disease has happened to a tennis player certainly strikes home with all of us. I’m just glad someone finally organized the tennis community like this, and obviously it took someone like Arthur to do it.”

Ashe was thrilled with the response to the Aids Challenge, which raised $114,000 for the AAFDA. One man walked up and casually handed him a personal check for $25,000. Later in the week the foundation received $30,000 from an anonymous donor in North Carolina. Such generosity was what Ashe had hoped to inspire, and when virtually all of the US Open players complied with the foundation’s request to attach a special patch – “a red ribbon centered by a tiny yellow tennis ball” – to their outfits as a symbolic show of support for Aids victims, he knew he had started something important.

This awakening of social responsibility – among a group of athletes not typically known for political courage – was deeply gratifying to a man whose previous calls to action had been largely ignored. Seven years earlier he was fired as captain of the US Davis Cup team in part because leaders were uncomfortable with his growing political activism, especially his arrest during an anti-apartheid demonstration outside a South African embassy. This rebuke did not shake his belief in active citizenship as a bedrock principle, however, and as the 1992 Open drew to a close he demonstrated just how seriously he regarded personal commitment to social justice.

When his lifelong friend and anti-apartheid ally Randall Robinson asked Ashe to come to Washington for a protest march he immediately said yes, even though the march was scheduled four days before the end of the Open. The march concerned an issue that had become deeply important to Ashe: the Bush administration’s discriminatory treatment of Haitian refugees seeking asylum in the US. With more than 2,000 other protesters, Ashe gathered in front of the White House to seek justice for the growing mass of Haitian “boat people” being forcibly repatriated without a hearing.

In stark contrast to the warm reception accorded Cuban refugees fleeing Castro’s communist regime, the dark-skinned boat people were denied refuge due to a blanket ruling that Haitians, unlike Cubans, were economic migrants undeserving of political asylum. To Ashe and the organizers of the White House protest, this double standard – which flew in the face of the political realities of both islands – smacked of racism.

“The argument incensed me,” Ashe wrote. “Undoubtedly, many of the people picked up were economic refugees, but many were not.”

Ashe knew a great deal about Haiti: he had read widely and deeply about the island’s troubled past; he had visited on several occasions; he and his wife had even honeymooned there in 1977. More recently, he had monitored the truncated career of President Jean-Bertrand Aristide, a self-styled champion of the poor whose regime was toppled by a military coup with the tacit support of the Bush administration. Ashe felt compelled to speak out.

“I was prepared to be arrested to protest this injustice,” he said.

Considering his medical condition, he had no business being at a protest; certainly no one would have blamed him if he had begged off. No one, that is, but himself. At the appointed hour, he arrived at the protest site in jeans, T-shirt and straw hat, a human scarecrow reduced to 128lbs on his 6ft 1in frame, but resolute as ever. Big, bold letters on his shirt read: “Haitians Locked Out Because They’re Black.”

The throng included a handful of celebrities, but Ashe alone represented the sports world. He didn’t want to be treated as a celebrity, of course; he simply wanted to make a statement about the responsibilities of democratic citizenship. While he knew his presence was largely symbolic, he hoped to set an example.

Putting oneself at risk for a good cause, he assured one reporter, “does wonders for your outlook … Marching in a protest is a liberating experience. It’s cathartic. It’s one of the great moments you can have in your life.”

Since federal law prohibited large demonstrations close to the White House, the organizers expected arrests. The police did not disappoint: nearly 100 demonstrators, including Ashe, were arrested, handcuffed and carted away. Ashe, despite his physical condition, asked for and received no favors. After paying his fine and calling his wife Jeanne to assure her he was all right, he took the late afternoon train back to New York.

The next night, while sitting on his couch watching the nightly news, he felt a sharp pain in his sternum. Tests revealed he had suffered a mild heart attack, the second of his life. Prior to the trip to Washington, Jeanne had worried something like this might happen. But she knew her husband was never one to play it safe when something important was on the line.

On the tennis court, he had always been prone to fits of reckless play, going for broke with shots that defied logic or sense. Off the court, particularly in his later years, Arthur Ashe almost always went full-out. He did so not because he craved activity for its own sake but rather because he wanted to live a virtuous and productive life. Even near the end, weakened by disease, he still wanted to make a difference. And he did, as he always did.

    • Raymond Arsenault, the John Hope Franklin professor of southern history at the University of South Florida, St Petersburg, is the author of Arthur Ashe: A Life, recently published by Simon & Schuster

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‘Arthur was always different’: Reflecting on Ashe’s legacy, 50 years after U.S. Open win

September 3, 2018

Virginia Wade has many memories of Arthur Ashe, but the one that sticks in her mind isn’t from 50 years ago in New York, when in 1968 they won the first U.S. Open singles titles and Ashe became the first African American man to win a Grand Slam championship. Her favorite memory is from seven years later at Wimbledon.

Ashe claimed the last of his three major titles in England in 1975 in a match against heavy favorite Jimmy Connors. Wade remembers cool, unruffled Ashe’s daring tennis against the 22-year-old Connors, who hollered back at the crowd when it shouted encouragement. She also remembers the changeovers.

“It was an incredible match. I mean, Arthur was an innovator,” Wade, 73, said last week. “It was the first time he sort of sat down at the side of the court in between — they didn’t have chairs at the side of the court for a long time; we sort of had to towel off and go on — but he would sit and cover his head with the towel and just think. It was the first time you were conscious of the mental side of tennis. Arthur was instrumental in that. . . . Arthur was a thinker.”

As the U.S. Open celebrates its 50th anniversary, the U.S. Tennis Association is also honoring Ashe for all that he was: thinker, pioneer, activist, champion.

The 1968 winner already has a significant presence at Billie Jean King National Tennis Center — the facility’s biggest and most prestigious stage is named for him — but this fortnight, his visage is inescapable. There is a special photo exhibit on the walkway between Court 17 and the Grandstand, and a special “Arthur Ashe legacy booth” decked out in the colors of UCLA, his alma mater. Fans can be seen walking around sporting white T-shirts featuring a picture of Ashe wearing sunglasses, cool as can be.

At the start of Monday’s evening session, Lt. Gen. Darryl Williams gave Ashe’s younger brother Johnnie a folded American flag in honor of his brother, who died in 1993 from AIDS-related pneumonia after contracting the disease from a tainted blood transfusion. Ashe was an Army lieutenant when he won the U.S. Open as an amateur in 1968; Johnnie, 70, was in the Marine Corps for 20 years.

Johnnie Ashe, like Wade, remembers his brother as an intellectual and an innovator, as someone who was meant to change the world. That’s why, when Johnnie came to understand that the military wouldn’t send two brothers into active duty in a war zone at the same time, he volunteered for a second tour in Vietnam. He was three months away from coming home.

“Arthur didn’t need Vietnam. Arthur had his own Vietnam right there in the United States in those days, and some of the things that I saw while I was there — he didn’t need that,” Johnnie said Monday night. “The thing that I always think about, and this was always the most important thing in my mind, was that Arthur represented so many possibilities. Arthur was the first to do so much so often that those of us who knew him would say: ‘What’s next? What mountain was he going to climb next?’ Arthur was always different.”

Since Johnnie stayed on active duty, Arthur could compete for both the U.S. amateur and U.S. Open championships in 1968. He is the only person to have won both.

Ashe had many projects that helped extend his legacy beyond that of a pioneering tennis player who won 33 career singles championships; ever the thinker, bringing tennis and educational opportunities to youths was Ashe’s passion. He helped found the National Junior Tennis & Learning network in 1968, a grass-roots organization designed to make tennis more accessible. Today, the NJTL receives significant funding from the USTA.

“Growing up, Arthur was a sponge. . . . That was just his nature,” Johnnie Ashe said. “He was a voracious reader, and he had to satisfy his intellect. I tell people if Arthur had concentrated on just tennis, he would have been the best in the world. But tennis was a vehicle. . . . He wanted to be able to take kids outside of their environs, outside of their element for a little while and expose them to what they can be. . . . And, let’s face it, most parents don’t have the wherewithal to do that. It’s not easy. What happens is you get somebody like Arthur — and following Arthur, LeBron James is starting to do things — to expose kids. It’s so important that that happens.”

Billie Jean King called the NJTL one of the best things that ever happened to the sport.

“Arthur and I had many conversations over the years about how to we make tennis better — for the players, the fans and the sport,” King said in an email Monday. “We both thought tennis needed to be more hospitable, and for Arthur a big part of that was improving access and opportunity to our sport for everyone. Arthur, and Althea Gibson before him, opened doors for people of color in our sport. And, from Venus and Serena [Williams] to Naomi Osaka and Frances Tiafoe, we are seeing the results of his efforts today.”

Ashe’s efforts as a humanitarian inspired James Blake, who now chairs the USTA Foundation. Blake was growing up when Ashe’s humanitarian career was front and center, both as the leader of the group Artists and Athletes Against Apartheid and as a figure who spoke out to educate the nation about AIDS.

“He never looked for sympathy,” Blake said. “Instead, he looked for a way to make life better for others that were struggling.”

Blake counts himself as one who benefited from Ashe’s barrier-breaking career. It’s a legacy not lost on the USTA; Katrina Adams, its president and chief executive, is a black woman.

But before Maria Sharapova lost in the fourth round to Carla Suarez Navarro and the riveted crowd turned its attention to Roger Federer’s match, Monday night was about Arthur Ashe. Johnnie’s flag came wrapped in a wooden display case.

“I was thinking what I was going to design to keep it in, but I don’t have to. This is nice,” Johnnie said.

“Until Arthur came along and Althea came along, tennis was a sport of the elites. Then you get two playground children — one from Harlem, one from Richmond — to break into the bigs. People had to stop and think about that. It opened the doors for other people, and that’s what it was all about. That’s what it was all about for him.”

Voir de même:

Waiting for the Next Arthur Ashe

Harvey Araton

NYT
Sept. 7, 2018

On the second of two occasions when he had the privilege of a conversation with Arthur Ashe, MaliVai Washington, having just become the country’s No. 1 college player as a Michigan sophomore in 1989, happened to mention that he was thinking of turning pro.

Ashe did not exactly tell him what he wanted to hear.

“I don’t think he thought it was a very good idea,” Washington said.

Ashe won the first United States Open at the West Side Tennis Club in Forest Hills 50 years ago to the day of Sunday’s men’s final, to be played in a stadium named for him. He also won the 1970 Australian Open and a third and final major in 1975 at Wimbledon.

After all these years there are the formidable but not mutually exclusive legacies of Ashe: as the only African-American man to win a Grand Slam tournament and as a venerated humanitarian. Washington came tantalizingly close to living up to the former and has found a contextual purpose in the latter.

Washington, who made it to the Wimbledon final in 1996, can recall some self-imposed pressure to hoist the trophy Ashe had claimed there 21 years earlier because “when you’re the No. 1 black player, you feel a sense of responsibility.”

That said, Washington was admittedly more focused on the biggest payday of his career, potential lifetime membership in the All England Club and a permanent engraving on its champions wall.

“I’m honestly not thinking then that much about history and social issues, about how this is going to impact on America, what impact is it going to have on kids,” he said of the final, which he lost to Richard Krajicek of the Netherlands in straight sets. “But at 35, 45, O.K., I can think more intelligently about it and understand the impact.”

Washington is now 49, the age at which Ashe died in 1993 of AIDS after getting H.I.V. through a blood transfusion. Family life in northern Florida is good for Washington, with a wife, two teenage children, a real estate business and an eponymous foundation in an impoverished area of Jacksonville that for 22 years has provided a tennis introduction for children unlikely to find a private pathway into the sport.

Washington’s program is affiliated with the National Junior Tennis League, which Ashe co-founded in 1969 to promote discipline and character through tennis among under-resourced youth. If, in the process, another Ashe happened to emerge, so much the better. But that was not the primary function, or point.

“We’re not a pathway to pro tennis by any stretch of the imagination,” Washington said. “At my foundation, we don’t have that ability, that capacity, never had an interest in going in that direction. We highly encourage kids to play on their high school team, go on to play or try out for their college team.

“But our biggest bang for our buck is teaching life skills. Stay in our program, and you’ll have a focus on high school education, be on a good track when you leave high school. You’re not going to leave high school with a criminal record, or with a son or daughter.”

Why there was no African-American male Grand Slam champion successor to Ashe in the years soon after his trailblazing is no great mystery, Washington said.

Fifty years ago, tennis was largely the province of the wealthy and white, lacking a foundational structure to facilitate such an occurrence. Which doesn’t mean that Ashe didn’t influence the rise of a Yannick Noah, the French Grand Slam champion whom Ashe himself discovered in Cameroon. Or the likes of Richard Williams and Oracene Price, whose parental vision birthed the careers of Venus and Serena Williams. They in turn have been followed by a raft of African-American female players, including the 2017 U.S. Open women’s champion, Sloane Stephens, and the runner-up, Madison Keys.

This year’s women’s final, on Saturday afternoon, will feature Serena Williams and Naomi Osaka, a half-Japanese, half-Haitian player whose father used the Williams family as a model for his own daughters’ tennis ambitions.

Looming over the lack of an African-American Grand Slam successor to Ashe is the vexing question of why the United States hasn’t produced a male champion since Andy Roddick won his only major title in New York in 2003. That most of the men’s titles have been claimed by a small handful of European players might be more of a tribute to them than a defining failure of the United States Tennis Association’s development capabilities.

But on the home front, the issue is a pressing one, especially during America’s Grand Slam tournament, year after year.

Washington retired in 1999 with four tour victories and a 1994 quarterfinal Australian Open result in addition to his Wimbledon run. He was followed by James Blake, who rose to No. 4 in the world during a 14-year career that included 10 tour titles and three Grand Slam quarterfinals, including two at the U.S. Open.

Martin Blackman, the U.S.T.A.’s general manager for player development, agreed that a breakthrough by one or two young Americans — white or black — in the foreseeable future could help trigger a wave of next-generation stars from an expanding landscape of prospects at a time when African-American participation has significantly declined in baseball, and football is confronted with health concerns.

“With tennis starting to be recognized as a really athletic sport, I think we do have a unique opportunity to pull some better athletes into the game,” said Blackman, an African-American man who played briefly on tour and once partnered with Washington to make the junior doubles semifinals of the 1986 Open. “So now it comes down to what can we do at the base to recruit and retain as many great young players as possible, make the game accessible and then get them into the system to stay.”

Even with better intentions, and greater investment, it still took a set of circumstances worthy of a Disney script to land Frances Tiafoe, one of the more promising young American players, on tour.

The son of immigrants from Sierra Leone, Tiafoe, 20, was introduced to the sport at a club in College Park, Md., where his father, Frances Sr., had found custodial work. Talent and a noticeable work ethic attracted well-heeled benefactors and helped Tiafoe climb to his current ranking of No. 44.

He gained his first victory at the U.S. Open over France’s Adrian Mannarino, the 29th seed, in the first round before losing next time out. His father watched from the player’s box on the Grandstand court, high-fiving Frances’ coaches and trainer when the Mannarino match ended, and soon after contended that his son wasn’t all that unique.

“There have to be thousands of kids like Frances out there, thousands who don’t have the same opportunities,” Frances Sr. said. “I’m not just talking about going to college, but going to the pro level, or just to have that chance, see if it’s possible.”

This is where Washington holds up a metaphorical sign for caution, if not for an outright stop. Most people, he said, have little understanding of just how forbidding the odds are of becoming a pro, much less a champion.

Like the Williams sisters, Washington — who was born in Glen Cove, N.Y., but grew up in Michigan — had the benefit of a tennis-driven father, William, who saw four of his five children play professionally. MaliVai, who typically goes by Mal, had by far the most success.

“When I was a junior player, I was playing seven days a week and there were times when I was in high school where I was playing before school and after school,” he said. “It is so very difficult to win a major. I tried to win one, came close.”

Then, speaking of Roger Federer and Rafael Nadal, he added: “Federer and Nadal, they’ve won 20 and 17. What makes them so great is hard to understand. You just can’t throw money at kids and think it’s going to happen.”

So how is it done? Where does one start?

With smaller social achievements, Washington said. With helping young people love the game recreationally, while pursuing a better life than those in less affluent African-American communities have been dealt.

He talked of a young female graduate of his program who recently finished college without any debt, thanks to a tennis scholarship. And for the foundation’s head tennis pro, he hired Marc Atkinson, who began playing at Washington’s facility in sixth grade and walked onto the Florida A&M tennis team.

“He’s married with three kids, and at some point, I imagine he’s going to introduce the sport to his kids,” Washington said. “You know, I often think back to my ancestors and the challenges they had, whether it’s my parents growing up in the Deep South in the 1940s and 1950s, or my great-great-grandpa who was born a slave. I can trace my lineage back to people who were getting up and getting after it, who were trying to make a better life for themselves and their kids.

“So with the thousands of kids that we’re helping, that tennis champion may be part of that next generation, or the one after that. You don’t know, but maybe 20 years from now, or 50 years from now, you’ll be able to look at a kid and track back a lineage to my youth foundation and that would be really cool.”

Told that he sounded more like Ashe the humanitarian than Ashe the Grand Slam champion, Washington nodded with approval. His two meetings with Ashe produced “no deep conversations,” he said, and he did not heed Ashe’s advice on staying in school, though he eventually earned a degree in finance from the University of North Florida.

A voice was nonetheless heard, and still resounds.

Voir encore:

A trois reprises, et par la plus pure des coïncidences, la question du sportif noir dans la société américaine s’est retrouvée sur le devant de l’actualité, ces trois dernières semaines. Il y eut d’abord, le 25 mars à Hollywood, l’attribution de l’Oscar du meilleur documentaire à When we were kings, le film de Leon Gast, sorti en France depuis mercredi, et dont le personnage central est le boxeur Mohammed Ali. Vint ensuite, le 13 avril, la victoire au Master d’Augusta (Géorgie, Etats-Unis) de la nouvelle étoile du golf mondial, le jeune Tiger Woods. Deux jours plus tard, enfin, l’Amérique célébrait le 50e anniversaire de l’intégration du premier joueur noir dans une équipe de base-ball professionnel, Jackie Robinson.

Robinson-Ali-Woods. Ces trois noms résumeraient presque la longue marche de l’émancipation du sportif noir aux Etats-Unis. Chacun d’entre eux représente une période, elle-même synonyme d’idéaux et de quête vers la reconnaissance. Si le film de Leon Gast nous montre bien quel incomparable combattant de la cause black fut Mohammed Ali, gageons qu’Ali ne serait pas devenu Ali à l’époque de Woods et que Robinson serait resté un modeste anonyme s’il avait joué dans les années 60.

Nul ne l’ignore plus aujourd’hui : si Jackie Robinson a pu trouver place au sein des Brooklyn Dodgers en cette année 1947, ce fut principalement pour des raisons extrasportives. Ce petit-fils d’esclave était en effet d’un tempérament suffisamment doux et détaché pour ne pas répondre aux concerts d’insultes dont il allait être la cible durant toute sa carrière. A l’instar de son aîné Jesse Owens, sprinter quatre fois médaillé d’or à qui Hitler refusa de serrer la main aux Jeux Olympiques de 1936 à Berlin, Jackie Robinson ne devait jamais rejoindre d’organisation militante. Sa présence au sein d’une équipe de la Major League (première division) allait pouvoir permettre, sans heurt, l’arrivée d’une nouvelle population dans les stades : le public noir.

Le roi dollar fait taire les langues

Autre contexte et autre façon de voir les choses, vingt ans plus tard. En 1964, quelques jours après son premier titre mondial, Cassius Clay intègre le mouvement politico-religieux des Blacks Muslims et devient Mohammed Ali. Trois ans plus tard, il refuse de partir au Vietnam, arguant qu’aucun Vietcong ne l’a « jamais traité de négro ». Rien d’étonnant lorsqu’en 1974, sur une idée du promoteur Don King, il part affronter George Foreman au Zaïre. L’africanisme possède son meilleur apôtre. Dans le film de Leon Gast, le boxeur incarne une sorte de roi-sorcier revenant au pays après plusieurs siècles d’exil. Ali ne fait alors rien d’autre que de la politique. Comme en ont fait les sprinteurs Tommie Smith, John Carlos et Lee Evans (qui deviendra entraîneur en Afrique) le jour où ils brandirent leur poing sur le podium des Jeux de Mexico de 1968.

De cette corporation de champions engagés, Arthur Ashe, décédé en 1993 après une vie passée à lutter contre diverses injustices (apartheid, sida, sort des réfugiés haïtiens), sera le dernier. Les années 80 et 90 sont un tournant. Le basketteur Michael Jordan devient le sportif le mieux payé au monde. Le sprinteur Carl Lewis, le boxeur Mike Tyson et aujourd’hui le très politiquement correct Tiger Woods vont répéter tour à tour qu’« on ne mélange pas sport et politique ». Le roi dollar fait taire les langues alors que, curieusement, le militantisme noir connaît un regain d’intérêt aux Etats-Unis.

Le paradoxe est même total le 16 octobre 1995 quand Louis Farrakhan, leader de la Nation of Islam, réunit un million de personnes à Washington. Ce jour-là, des slogans proclamant l’innocence d’O.J. Simpson reviennent souvent dans la foule. L’ancienne vedette de football américain est suspecté d’avoir tué sa femme. L’affaire a rendu l’Amérique totalement zinzin. A telle enseigne qu’O.J. est devenu une icône pour la population noire. Plus personne, alors, ne se rappelle que du temps de sa splendeur au coeur de la jet-set de Los Angeles, Simpson s’était appliqué à faire oublier aux Blancs qu’il était noir, allant jusqu’à prendre des cours de diction pour changer son accent. La politique, lui aussi, O.J. le disait déjà : ce n’était pas son job.

Voir par ailleurs:

Neil Armstrong Didn’t Forget the Flag

The Apollo program was a national effort that depended on American derring-do and sacrifice. History is usually airbrushed to remove a figure who has fallen out of favor with a dictatorship, or to hide away an episode of national shame. Leave it to Hollywood to erase from a national triumph its most iconic moment.

The new movie First Man, a biopic about the Apollo 11 astronaut Neil Armstrong, omits the planting of the American flag during his historic walk on the surface of the moon.

Ryan Gosling, who plays Armstrong in the film, tried to explain the strange editing of his moonwalk: “This was widely regarded in the end as a human achievement. I don’t think that Neil viewed himself as an American hero.” Armstrong was a reticent man, but he surely considered himself an American, and everyone else considered him a hero. (“You’re a hero whether you like it or not,” one newspaper admonished him on the 10th anniversary of the landing.)

Gosling added that Armstrong’s walk “transcended countries and borders,” which is literally true, since it occurred roughly 238,900 miles from Earth, although Armstrong got there on an American rocket, walked in an American spacesuit, and returned home to America.

Apollo 11 was, without doubt, an extraordinary human achievement. Armstrong’s famous words upon descending the ladder to the moon were apt: “One small step for man, one giant leap for mankind.” A plaque left behind read: “HERE MEN FROM THE PLANET EARTH FIRST SET FOOT UPON THE MOON, JULY 1969 A.D. WE CAME IN PEACE FOR ALL MANKIND.”

But this was a national effort that depended on American derring-do, sacrifice, and treasure. It was a chapter in a space race between the United States and the Soviet Union that involved national prestige and the perceived worth of our respective economic and political systems. The Apollo program wasn’t about the brotherhood of man, but rather about achieving a national objective before a hated and feared adversary did.

The Soviets’ putting a satellite, Sputnik, into orbit first was a profound political and psychological shock. The historian Walter A. McDougall writes in his book on the space race, . . . The Heavens and the Earth:

In the weeks and months to come, Khrushchev and lesser spokesmen would point to the first Sputnik, “companion” or “fellow traveller,” as proof of the Soviet ability to deliver hydrogen bombs at will, proof of the inevitability of Soviet scientific and technological leadership, proof of the superiority of communism as a model for backwards nations, proof of the dynamic leadership of the Soviet premier.

The U.S. felt it had to rise to the challenge. As Vice President Lyndon Johnson put it, “Failure to master space means being second best in every aspect, in the crucial arena of our Cold War world. In the eyes of the world first in space means first, period; second in space is second in everything.”

VIEW SLIDESHOW: Apollo 11

The mission of Apollo 11 was, appropriately, soaked in American symbolism. The lunar module was called Eagle, and the command module Columbia. There had been some consideration to putting up a U.N. flag, but it was scotched — it would be an American flag and only an American flag.

The video of Armstrong and his partner Buzz Aldrin carefully working to set up the flag — fully extend it and sink the pole firmly enough in the lunar surface to stand — after their awe-inspiring journey hasn’t lost any of its power.

The director of First Man, Damien Chazelle, argues that the flag planting isn’t part of the movie because he wanted to focus on the inner Armstrong. But, surely, Armstrong, a former Eagle Scout, had feelings about putting the flag someplace it had never gone before?

There may be a crass commercial motive in the omission — the Chinese, whose market is so important to big films, might not like overt American patriotic fanfare. Neither does much of our cultural elite. They may prefer not to plant the flag — but the heroes of Apollo 11 had no such compunction.

Voir de plus:

What BlacKkKlansman Gets Wrong

Billed as being based on “a crazy, outrageous incredible true story” about how a black cop infiltrated the KKK, Spike Lee’s BlacKkKlansman would be more accurately described as the story of how a black cop in 1970s Colorado Springs spoke to the Klan on the phone. He pretended to be a white supremacist . . . on the phone. That isn’t infiltration, that’s prank-calling. A poster for the movie shows a black guy wearing a Klan hood. Great starting point for a comedy, but it didn’t happen. The cop who actually attended KKK meetings undercover was a white guy (played by Adam Driver). These led . . . well, nowhere in particular. No plot was foiled. Those meetups mainly revealed that Klansmen behave exactly how you’d expect Klansmen to behave.The movie is a typical Spike Lee joint: A thin story is told in painfully didactic style and runs on far too long. Screenwriters ordinarily try to start every scene as late as possible and end it as early as possible; Lee just lets things roll. If the point is made, he keeps making it. If the plot tends toward inertia, that’s just Lee saying, “Don’t get distracted by the story, pay attention to the message I’m sending.” He’s a rule-breaker all right. The rules he breaks are “Don’t be boring,” “Don’t be obvious,” and “Don’t ramble.”

But! BlacKkKlansman keeps getting called spot-on, and (as Quentin Tarantino showed in Django Unchained) the moronic nature of the Klan and its beliefs makes it an excellent target for comedy. Lee doesn’t exactly wield an épée as a satirist, though: His idea of a top joke is having the redneck Klansman think “gooder” is a word. Most of the movie isn’t even attempted comedy.

Lee’s principal achievement here is in showcasing the talents of John David Washington, in the first of what promise to be many starring roles in movies. Washington (son of Denzel) has an easygoing charisma as the unflappable Ron Stallworth, a rookie cop in Colorado Springs who volunteers to go undercover as a detective in 1972, near the height of the Black Power movement and a moment when law enforcement was closely tracking the activities of radicals such as Stokely Carmichael, a.k.a. Kwame Ture, a speech of whose Stallworth says he attended while posing as an ordinary citizen. In the movie, Stallworth experiences an awakening of black pride and falls for a student leader, Patrice (a luminous Laura Harrier, who also played Peter Parker’s girlfriend in Spider-Man: Homecoming), inspiring in him the need to do something for his people. He dismisses Carmichael’s call for armed revolution as mere grandstanding, really just a means for drawing black people together. After the speech, the audience goes to a party instead of a riot.

The Klan also turn out to be grandstanders and blowhards given to Carmichael-style paranoid prophecies and seem to hope to troll their enemies into attacking them. When Lee realizes he needs something to actually happen besides racist talk, he turns to a subplot featuring a white-supremacist lady running around with a purse full of C-4 explosive with which she intends to blow up the black radicals. It’s so unconvincing that you watch it thinking, “I really doubt this happened.” It didn’t. The only other tense moment in the film, in which Driver’s undercover cop (who is Jewish) is nearly subjected to a lie-detector test about his religion by a suspicious Klansman, is also fabricated.

Lee frames his two camps as opposites, but whether we’re with the black-power types or the white-power yokels, they’re equally wrong about the race war they seem to yearn for. The two sides are equally far from the stable center, the color-blind institution holding society together, which turns out to be . . . the police! After some talk from the radical Patrice (whose character is also a fabrication) about how the whole system is corrupt and she could never date a “pig,” and a scene in which Stallworth implies the police’s code of covering for one another reminds him of the Klan, Lee winds up having the police unite to fight racism, with one bad apple expunged and everybody else on the otherwise all-white force supporting Ron.

That Spike Lee has turned in a pro-cop film has to be counted one of the stranger cultural developments of 2018, but Lee seems to have accidentally aligned with cops in the course of issuing an anti-Trump broadside. He has one cop tell us that anti-immigration rhetoric, opposition to affirmative action, “and tax reform” are the kinds of issues that white supremacists will use to snake their way into high office. Tax reform! If there has ever been a president, or indeed a politician, who failed to advocate “tax reform,” I guess I missed it. What candidate has ever said on the stump, “My fellow Americans, I propose no change to tax policy whatsoever!” If Lee grabbed us by the lapels just once per movie, it might be forgivable, but he does it all the time. (See also: an introduction in which Alec Baldwin plays a Southern cracker called Dr. Kennebrew Beauregard who rants about desegregation for several minutes, then is never seen again.)

Lee’s other major goal is to link Stallworth’s story to Trumpism using David Duke. Duke, like Trump, said awful things at the time of the Charlottesville murder and played a part in the Stallworth story when the cop was assigned to protect the Klan leader (played by Topher Grace) on a visit to Colorado Springs and later threw his arm around him while posing for a picture. Saying Duke presaged Trump seems like a stretch, though.

After all the nudge-nudge MAGA lines uttered by the Klansmen throughout the film, the let-me-spell-it-out-for-you finale, with footage from the Charlottesville white-supremacist rally, seems de trop. BlacKkKlansman was timed to hit theaters one year after the anniversary of the horror in Virginia. That Charlottesville II attracted only two dozen pathetic dorks to the cause of white supremacy would seem to undermine the coda. The Klan’s would-be successors, far from being more emboldened than they have been since Stallworth’s time, appear to be nearly extinct.

Voir encore:


Hystérie anti-Trump: C’est une nouvelle guerre civile, imbécile ! (Who cares for the color of the cat if it catches the mice ?)

7 septembre, 2018
Peu importe que le chat soit noir ou blanc pourvu qu’il attrape les souris. Deng Xiaoping
Le problème – dont le président n’a pas pris toute la mesure – est que de nombreux hauts responsables de sa propre administration œuvrent activement de l’intérieur pour bloquer certains de ses projets et faire obstacle à ses pires penchants. Je suis bien placé pour le savoir. Je suis l’un de ces responsables. Soulignons tout de suite que notre action n’a rien à voir avec la “résistance” populaire menée par la gauche. Nous souhaitons la réussite de cette administration et pensons que nombre de mesures qu’elle a prises ont d’ores et déjà rendu l’Amérique plus sûre et plus prospère. Mais nous sommes convaincus que notre premier devoir est à l’égard de ce pays, et que le président persiste à agir d’une façon qui nuit à la santé de notre république. C’est pour cette raison que de nombreux responsables nommés par M. Trump se sont engagés à faire tout leur possible pour préserver nos institutions démocratiques et contrecarrer les impulsions les plus nocives de M. Trump jusqu’à ce qu’il quitte ses fonctions. La racine du problème, c’est l’amoralité du président. Quiconque travaille avec lui se rend rapidement compte que ses décisions ne se fondent sur aucun principe fondamental discernable auquel il serait attaché. Bien qu’élu sous l’étiquette républicaine, le président montre peu d’attachement aux idéaux portés depuis longtemps par les conservateurs : esprits libres, marchés libres, peuple libre. Au mieux il invoque ces idéaux dans des occasions soigneusement mises en scène. Au pire, il les attaque frontalement. Outre son acharnement à répandre l’idée selon laquelle la presse est “l’ennemie du peuple”, les réflexes du président Trump sont en général hostiles au commerce et à la démocratie. Que l’on ne se méprenne pas. Il y a eu, sur certains points, des avancées brillantes dont la couverture médiatique négative quasi permanente de cette administration n’a pas su rendre compte : une déréglementation efficace, une réforme fiscale historique, des forces armées plus puissantes, etc. Mais ces réussites ont été acquises en dépit, et non grâce au style de leadership du président, qui est impétueux, dans l’affrontement, mesquin et inefficace. Chaque jour, que ce soit à la Maison Blanche ou dans les différents départements et agences du gouvernement, les hauts responsables font part en privé de leur incrédulité devant les déclarations et les initiatives du commandant en chef. La plupart s’efforcent de protéger leurs activités de ses coups de tête. Les réunions avec lui s’égarent dans tous les sens, il se lance dans des diatribes à répétition, et son impulsivité débouche sur des décisions mal mûries, mal informées et parfois irresponsables, sur lesquelles il faut ensuite revenir. “Il est absolument impossible de prévoir s’il va changer d’avis ou pas dans la minute qui suit”, me confiait récemment un haut responsable exaspéré à la sortie d’une réunion dans le bureau Ovale au cours de laquelle le président avait opéré un virage à 180 degrés sur une décision politique majeure qu’il avait prise une semaine auparavant. Son comportement erratique serait plus inquiétant encore sans la présence dans et autour de la Maison Blanche de discrets héros. Certains de ses conseillers sont traités de scélérats par les médias. En privé pourtant, ils se démènent pour que les mauvaises décisions restent confinées dans l’Aile ouest – même s’il est évident qu’ils n’y réussissent pas toujours. Cela leur sera peut-être d’un maigre réconfort dans cette période chaotique, mais les Américains doivent savoir qu’il y a des adultes dans la pièce. Résistant et membre autoproclamé du cabinet Trump (NYT)
La politique du journal, c’est de décourager les sources anonymes au sein même des papiers des journalistes. Donc, publier une tribune anonyme, c’est très inhabituel ! Je ne crois pas que cela soit contesté au sein de la rédaction. On accepte les explications du chef de rubrique Opinions et de la porte-parole du journal, selon lesquels le sujet est d’une telle importance qu’il fallait faire une exception à la règle. Cela restera l’exception. (…) Je ne dirais pas que c’est du sabotage. Ce personnage, homme, femme, je ne sais pas qui a témoigné, n’a révélé que ce qu’on savait déjà à travers plusieurs déclarations de gens qui connaissent bien le fonctionnement, ou plutôt le dysfonctionnement, de la Maison Blanche actuelle, puis par le livre de Bob Woodward qui dit exactement la même chose. La seule nouveauté, c’est que cela vienne directement de l’intérieur de la Maison Blanche. (…) Trump lui-même a dit pendant la campagne qu’il pourrait se promener sur la Ve avenue à New York en tirant sur les gens et que ça ne lui coûterait aucune voix. Il s’est toujours placé en dehors de la moralité, et ses électeurs ont approuvé. (…) Un tiers de l’électorat continuera à le soutenir quoi qu’il arrive. C’est vérifié dans les sondages. Ils sont inébranlables. Ensuite, une autre partie des Républicains, environ 10% de l’électorat, flotte un peu. A des doutes. Un article comme celui qu’on vient de publier pourrait les faire basculer, ou du moins semer le trouble. Il faut aussi regarder les sondages sur la popularité de Trump, autour de 43-44%, ce qui est très mauvais pour un Président à ce stade de son mandat. Cela signifie qu’il va largement perdre les élections de mi-mandat le 6 novembre prochain, où la totalité de la Chambre des représentants est renouvelée. Tous les sondages donnent les Républicains perdants. Les Démocrates n’ont besoin de faire tomber que vingt-trois sièges pour avoir la majorité, ce n’est pas énorme. (…) Nous savions déjà qu’une majorité de Républicains émettait des doutes sur le fonctionnement de Donald Trump. Ils disent tous en « off » leur inquiétude. Et comment pour un observateur rationnel ne pas être convaincu que ce monsieur n’est à pas à la hauteur, qu’il est incapable, et dangereux ? Mais en public, les responsables républicains, à de rares exceptions près, ne vont jamais admettre que l’empereur est nu. (…) La déclaration de Michael Cohen est beaucoup plus grave pour Trump, elle l’a clairement placé dans l’illégalité. Michael Cohen a accusé, avec des preuves, Donald Trump d’avoir commis des actes illégaux. Le Président devrait donc être inculpé pour cela. (…) Il semble qu’il y ait eu une discussion entre membres de la haute administration là-dessus et qu’ils aient renoncé. Il me semble beaucoup plus probable que les démocrates, s’ils gagnent en novembre, enclenchent la procédure de destitution (impeachment). Qui échouera d’ailleurs, car s’il suffit d’une majorité à la Chambre pour déclencher la procédure, il faut les deux tiers au Sénat pour la condamnation, et les Démocrates n’auront jamais les deux tiers. (…) Ce sont surtout les grandes entreprises qui enregistrent des profits spectaculaires, pour une bonne part à cause des baisses d’ impôts. Mais les salaires stagnent, les gens ne voient pas de changement dans leur vie. Sauf ceux qui ont des titres en Bourse, c’est-à-dire une minorité d’Américains. L’Amérique qui était déjà prospère est encore plus prospère. L’ironie, c’est que l’électorat de Trump, «my guys» comme il les appelle, la classe ouvrière blanche, démunie, reste démunie. Elle n’a pas bénéficié de la politique de Trump, mais pas du tout. (…) Les contre-pouvoirs, dont la presse, font la démonstration que les Etats-Unis sont un Etat de droit. L’erreur de Trump est d’avoir pensé qu’il pouvait les balayer d’un revers de main, qu’il s’agisse de la presse, ou des institutions judiciaires. Ce n’est pas possible dans une vieille République comme la nôtre. Les institutions sont bien ancrées, on voit qu’elles réagissent. La démocratie américaine a plus de deux cents ans, elle se réveille. C’est vrai qu’on était endormi. On ne se rendait pas compte de l’enjeu. Tous les résultats des élections partielles montrent une très forte mobilisation de la résistance contre Trump. C’est parce qu’on croit très fort dans les valeurs de la démocratie. (…) Je ne suis pas naïf, j’ai fait presque toute ma carrière dans le sud profond, je connais très bien l’électorat Trump. Il faut absolument que les démocrates incorporent dans leurs programmes ces inquiétudes. Il faut absolument plus d’égalité dans la distribution des richesses. On voit d’ailleurs la percée d’une gauche qu’on croyait morte. Les élections partielles portent au pouvoir des hommes et femmes politiques qui s’affichent clairement à gauche, presque dans le socialisme à l’européenne – Bernie Sanders portait ce message, mais avec des failles, trop vieux, trop tourné vers le passé. Je pense à cette latino-américaine qui vient d’être élue dans le Bronx, Alexandra Ocasio-Cortez, et à cette jeune femme noire à Boston, Ariana Presley. Avec ces femmes démocrates très à gauche, un grand chamboulement est en train de se produire. Adam Nossiter (correspondant du “New York Times” en France)
Une autre chose qui devrait compter, c’est la décision prise par le Times de publier un éditorial anonyme. Il n’y a pas si longtemps, le journal avait juré qu’il allait sévir contre l’utilisation de sources anonymes dans ses reportages. L’argument pour cela était et demeure que c’est une erreur de laisser des personnes s’en prendre anonymement à d’autres sans risquer d’être réfutées et également d’empêcher les lecteurs de porter des jugements sur la véracité et les motivations d’un auteur. Mais cela c’était à l’ère A.T. – Avant Trump. Depuis la candidature à la présidence de Trump, le rédacteur en chef, Dean Baquet, a décidé que Trump ne méritait pas d’être traité selon les normes traditionnelles d’équité parce qu’il fallait l’empêcher de devenir président. C’est ainsi que chaque article est devenu un article d’opinion anti-Trump. À présent, les sources anonymes font partie de la routine, et en effet beaucoup de reportages n’existeraient pas sans elles. Cette pratique déloyale s’est maintenant déplacée dans la section éditoriale. Les mauvaises idées sont contagieuses. En réalité, ce qu’a fait le New York Times, c’est éliminer les reportages et les faits et se cacher derrière une longue et péjorative citation anonyme. Ce n’est pas du journalisme. C’est de la lacheté. Michel Goodwin
La ministre des Armées Florence Parly a annoncé un investissement massif dans les moyens spatiaux de l’armée. Une réponse à l’ »arsenalisation » de l’espace par les Etats-Unis, la Russie et la Chine… et à l’espionnage du satellite français Athena Fidus par un satellite russe l’an dernier. Challenges
Mounk convincingly argues that democracy and liberalism are not synonymous and that in the face of uneven growth and a multicultural world, friction (or worse) between the two concepts is now almost predictable. The People vs Democracy delivers a clear-eyed take on how liberal democracy fell out of favor in swaths of the Anglosphere and elsewhere. Not surprisingly, Mounk is alarmed by the rise of populism and what he diagnoses as liberal democracy’s fragility. He acknowledges that nationalism will be with us for the foreseeable future and posits the possibility that “citizens have built up loyalty to their political system because it kept the peace and swelled their pocketbooks, not because they hold a deep commitment to its most fundamental principles”. Does he overstate? Only maybe. Over decades, political values become baked into the national DNA. In the US, they are embedded in the constitution and celebrated on 4 July. Yet those same conventions are being buffeted by sustained centrifugal forces. In Mounk’s words, “democracy is deconsolidating”. (…) Although Mounk is openly discomfited by nationalism, he is impressed by its potency and durability, calling it the “most defining political force of its time”. He contends that in the 18th and 19th centuries, nationalism “nearly always took the form of a hankering for ethnic purity as well as democracy”. To be sure, the homogeneous impulse, a frequent component of nation-building, was a part of the American Genesis. In the drive to ratify the constitution, common ancestry and religion were enlisted, with English and Protestant the operative ties that bound. John Jay, the nation’s first chief justice and an abolitionist, wrote of Americans being “a people descended from the same ancestors, speaking the same language, professing the same religion”. Alexander Hamilton was not the only voice; the debate still rages. An immigration proponent, Mounk observes that going back in time citizenship was usually restricted to a subset of the overall population. In ancient Athens, the status of citizen was limited to the offspring of two Athenian parents. By contrast, the Roman empire was more elastic in its approach, mindful that citizenship and ethnic sameness counted for less when an emperor occupied the throne. The People vs Democracy is conscious of how the west arrived at its current inflection point. In addition to listing the usual causes, Mounk writes that too much distance emerged between government and the governed. As an illustration he points to the European commission, an opaque and unelected bureaucracy that affects the lives of hundreds of millions. Mounk also casts a wary eye at tribalism. Like Columbia University’s Mark Lilla, he rejects identity politics as antithetical to the “possibility of a truly open and multiethnic society”. And therein lies the challenge for Mounk and proponents of modern-day liberal democracy: preserving democracy with its attendant checks and balances while protecting individual freedoms in the face of growing antagonisms. As expected, The People vs Democracy lists possible remedies to this malaise, including “inclusive patriotism”. Mounk’s solutions will probably come up short as the haves and have-nots continue to move down separate paths, with the rich hiving off and the cognitive elites pairing off. Moreover, in the US reconciliation is further complicated by political affiliation becoming increasingly aligned with race and religion. These divides are organic if not intractable. Mounk is dead-on when he observes that candidates can no longer preach the virtues of the status quo when life is an unbridgeable moat to far too many. Citizens do not want to be sneered at as would-be vandals by their duly elected stewards. The world is no longer flat and, once again, blood and soil are relevant. Voters derided as “deplorables”, that is those who came up short in the march toward globalization, will no longer tolerate being ignored. How liberalism and democracy eventually respond to this latest test is the critical but unanswered question. The Guardian
If advisors [and] Trump staffers are working to undermine him because they know better on everything. If he can’t impose his will on his own branch of government, then what’s the difference between a government run by a technocratic junta and what we have now? There’s a reason people across the political spectrum were using the word “coup” yesterday after the op-ed appeared. Although to lefties, of course, the main knock on the junta is that they haven’t done enough to restrain him. Republicans are collaborators, they insist, not resisters. Hot air
Aside from the cultists, millions of voters cast their ballots knowing that he was a flawed man. They knew, and still know, that he’s cheated on his wife. They wished, and still wish, that he wouldn’t rage on Twitter, that he showed more self-discipline, and that he had more integrity. But they preferred him to Hillary Clinton, another corrupt candidate. But there’s something else that voters have “priced in,” too: They expect that Trump will face stiff resistance from the Republican establishment, and that the permanent class of civil servants — the “deep state” we hear so much about — will loathe and seek to undermine him. So when you run to the Times or to the Post and make anonymous claims, Trump’s supporters quite fairly question your motives. If the crisis is so bad, and your motives are so pure, why not go on the record? That said, I’ve been living alongside Trump supporters every day of my life since he came down that escalator. I know what they see in him. I know what they expect in him. And I’ll tell you what’s not “priced-in”: Actual instability. True stories of dangerous behavior. Some certain hardcore cohort of Twitter trolls and Trumpists will never leave their man. Some number of Republican congressmen would stand by his side no matter what, too. But constitutional correction in this case doesn’t require unanimity. It does require testimony and evidence that verifies your claims. We have reached a miserable point in American democracy. Unelected public servants so distrust the political branches of government that they actually work to undermine elected officials or refuse to even attempt to utilize constitutional systems of checks and balances. If you’re telling the truth, there exist within the Trump administration people who believe that our nation is led by a man who’s too unstable to govern. Yet to these people, even that level of a national emergency doesn’t justify the risk to career and reputation inherent in resignation and public testimony? A nation once worth dying for is now only worth leaking for? The alternative explanation, of course, is even worse: Maybe you and your fellow anonymous leakers aren’t telling the truth. Maybe you’re exaggerating so much that you’re stoking a false sense of fear and urgency. Based on the gap between the president’s Twitter feed and the administration’s actions, it’s clear that something is happening to thwart his will or change his mind. But is there a real fire behind all this smoke? We just don’t know. David French
The number of Americans filing new claims for unemployment benefits dropped to its lowest level in 49 years last week. Labor Department data released on Thursday show that seasonally adjusted initial claims filed in the week ending September 1 fell to 203,000, down 10,000 from the previous week. The last time the number of weekly jobless claims was this low was December, 1969, when 202,000 filed initial requests for benefits. Job openings started outstripping job seekers in March, and the labor market is now considered near full employment. The U.S. economy reached a record 6.7 million job openings in April, hundreds of thousands more than the number of unemployed workers. The number of openings has never been higher than the number of job seekers since the government started keeping statistics on both in 2000. At the same time, wages have mostly stagnated, confusing economists who continue to expect that their growth will pick up. The economy grew at a 4.2 percent rate in the second quarter of 2018, the fastest in four years. The Federal Reserve has hiked interest rates twice this year and is considering doing so again in response to the economy’s robust growth. National Review
Le président Donald Trump éprouve une difficulté indiscutable à former et à garder une équipe opérationnelle autour de lui ainsi qu’à prévenir des commentaires moqueurs à son égard par des membres de son gouvernement. Ajoutons à cela l’enquête en cours sur une éventuelle collusion entre son équipe de campagne et le gouvernement russe, et alors tous les ingrédients d’un film de suspense, à rebondissements, se trouvent réunis. Au milieu de la tourmente, cependant, le président américain peut éprouver un certain réconfort dans l’aide non intentionnelle que lui apportent ses ennemis idéologiques, c’est-à-dire les membres d’une gauche – représentée par le Parti démocrate et des analystes politiques proches de ce parti – dont les critiques envers Trump sont tellement biaisées et incohérentes qu’elles perdent largement en crédibilité et en lisibilité. (…) Prenons d’emblée le cas du conflit syrien. Après avoir établi une « ligne rouge » concernant l’éventuel usage d’armes chimiques en Syrie, le Président Obama renonça à mettre sa menace à exécution lorsque le régime de Bachar el-Assad employa ce type d’armes contre la population civile de son pays. La reculade d’Obama envoya un signal clair aux adversaires des États-Unis dans la région, notamment l’Iran et la Russie : ces derniers pouvaient désormais occuper le terrain en Syrie (comme ils ne se privèrent pas de le faire) sans craindre une riposte américaine. Et pourtant, cela ne dérangea guère, ou pas du tout, les membres du Parti démocrate. Or, lorsque le président Trump décida en mai de l’an passé de lancer des attaques aériennes sur les installations militaires du régime de Bachar el-Assad (et ce en réaction à l’emploi à nouveau d’armes chimiques par ce régime), le Parti démocrate offrit le spectacle de la division. En effet, tandis que les leaders de ce parti dans les deux chambres du pouvoir législatif américain – Chuck Schumer et Nancy Pelosi – manifestèrent un soutien, certes mitigé, à cette initiative, bien de leurs camarades condamnèrent leur prise de position, montrant de ce fait un parti sans position claire à cet égard. En ce qui concerne la Corée du Nord, la gauche américaine n’a pas lésiné sur les critiques à la rhétorique belliciste de Donald Trump à l’égard du dictateur Kim Jong-un. Elle a été, en revanche, bien avare de mots pour admettre que la fameuse « patience stratégique » d’Obama, appliquée à la Corée du Nord, fut un véritable fiasco ayant permis au dictateur Kim Jong-un de faire des progrès considérables dans la militarisation de son programme nucléaire. L’attitude de l’opposition démocrate sur le dossier nord-coréen est devenue encore moins lisible, et plus intenable, après l’annonce d’une rencontre prochaine entre Donald Trump et Kim Jong-un. En effet, plutôt que de montrer un enthousiasme quelconque pour la fenêtre d’opportunité qu’ouvre une telle rencontre, bien des membres de ce parti – y compris la candidate à la présidence lors des élections de 2016, Hillary Clinton – mettent l’emphase sur le manque de sobriété et d’expérience diplomatique de Donald Trump, ce qui, martèlent-ils, peut faire capoter les négociations entre les deux pays. Qu’on se le dise : le sommet États-Unis-Corée du Nord peut finir dans un cul-de-sac, ou même pourrait ne pas avoir lieu du tout. Mais indépendamment de l’issue de cette initiative, il n’en demeurera pas moins que le prédécesseur de Trump, en dépit de son expérience politique et de sa prudence diplomatique, n’était pas parvenu à mettre  Kim Jong-un en disposition de négocier. Puis, de même qu’au sujet de la Corée du Nord, les démocrates américains ne cessent de dénoncer la rhétorique offensive de Donald Trump à l’égard de Téhéran et sa menace de sortir les États-Unis de l’accord négocié par Barak Obama sur le nucléaire iranien. Il n’empêche que c’est bien cette rhétorique qui a poussé les partenaires européens concernés par cet accord à tenter de revoir celui-ci dans le but d’accommoder les objections et les exigences de Donald Trump. Dernier mais non le moindre, des membres de la gauche américaine ont regretté à maintes reprises l’absence d’une « grande stratégie » de politique extérieure chez Donald Trump. Et ils n’ont pas entièrement tort ; car le document publié par l’administration américaine en janvier dernier à ce sujet est prolixe en déclarations de principes et d’objectifs mais ne détaille pas les moyens d’y parvenir. Or, là où se trouve l’inconsistance de la gauche américaine à cet égard, c’est dans le fait qu’elle rechigne à admettre que le Président Obama, lui, ne mit en place une stratégie pouvant être classée parmi les grandes stratégies. Pourquoi, alors, s’en prendre exclusivement à la stratégie de Trump au lieu de proposer quelque chose de nouveau à ce sujet ? D’autre part, affirmer que « Trump a créé un vide temporaire dans le leadership mondial » – comme le fait Jake Sullivan, un haut fonctionnaire du Département d’État dans l’administration Obama – équivaut à ignorer un fait fondamental, à savoir : le vide en question existait déjà avant la présidence de Donald Trump et trouve en grande partie sa cause dans les atermoiements de Barak Obama face aux multiples contentieux internationaux. Les incohérences à répétition de la gauche américaine trahissent un manque d’idées en matière de politique extérieure, comme le reconnaît Zack Beauchamp, ancien chercheur d’un groupe de réflexion (think tank) de centre gauche : le Center for American Progress. Tirer à boulets rouges sur tout ce que Donald Trump puisse dire ou faire en matière de politique extérieure ne parviendra jamais à cacher ou à compenser les atavismes et les carences de la gauche américaine en ce domaine. Une aubaine pour l’actuel président américain. Fabio Raphael Fallio
Derrière les menaces tous azimuts qu’a brandies Donald Trump au cours des derniers mois, l’administration américaine joue en réalité un jeu assez complexe à l’échelle mondiale, vis-à-vis de ses partenaires de l’ALENA (Canada et Mexique), de l’UE, de la Chine ainsi que du Japon et de la Corée du Sud. La méthode se déploie en plusieurs temps. En premier lieu, ont été mises en place les taxes douanières sur l’acier et l’aluminium, assez généralisées, et qui ne sont pas d’une grande efficacité en termes de protection. En réalité, au-delà même du message à l’attention de l’électorat populaire américain, elles consistaient surtout à envoyer un message de détermination aux partenaires commerciaux des Etats-Unis dans le conflit commercial qui s’annonçait. Les taxes sur l’acier n’étaient toutefois pas à même d’enclencher une négociation commerciale poussée, que ce soit à l’échelle de l’ALENA ou avec l’UE. La deuxième phase repose sur la menace, bien plus redoutable, de mesures douanières substantielles dans l’industrie automobile. Sur la base de ce qui a déjà été mis en place dans l’acier, on constate que les menaces sur les industries automobiles des divers pays partenaires sont prises très au sérieux, que ce soit au Mexique, au Canada, en Europe ou au Japon. On a vu le Mexique s’engager dans une renégociation commerciale poussée, en acceptant des quotas et une révision des règles encadrant la provenance des composants des produits pouvant bénéficier d’une exemption de taxes douanières. L’enjeu de l’Alena est, de toute évidence, également majeur pour le Canada, dont les Etats-Unis sont de loin la première destination d’exportation.Il apparaissait clairement que les menaces douanières des Etats-Unis vis-à-vis des ses deux voisins visaient à une reconfiguration de l’accord de libre-échange, en maintenant cet accord in fine à condition que les trois pays se mettent d’accord sur un certain nombre de conditions. On voit en fait une stratégie à peu près comparable vis-à-vis de l’Europe. La Commission européenne insiste sur le fait qu’il ne s’agit en aucun cas de négocier sous la menace un accord commercial alternatif au défunt TTIP. On voit néanmoins une négociation large s’enclencher, sur la base des menaces qui pèsent sur le secteur automobile européen, et allemand en particulier. L’administration américaine était parvenue à un embryon d’accord avec la Commission lors du voyage de Jean-Claude Juncker en juillet à Washington, visant à supprimer les taxes douanières sur les produits industriels en dehors du secteur automobile. Derrière l’objectif de la suppression des droits de douane, on constate une négociation par secteurs. La partie américaine cherche surtout, pour rééquilibrer dans une certaine mesures les échanges, à développer les débouchés des entreprises américaines en Europe. Pour des raisons électorales notamment, Donald Trump insiste constamment sur l’accroissement par l’Europe mais aussi par la Chine des importations de soja américain. De la même façon, les négociations comportent systématiquement un volet sur les exportations de LNG américain. La proposition européenne consistant à supprimer les droits de douane dans l’automobile sur une base réciproque présente un certain intérêt pour les Etats-Unis, puisque les droits de douane européens sur les automobiles sont plus élevés que leur équivalent américain (bien que les USA taxent plus fortement les camions). Mais Donald Trump cherche avant tout à obtenir une renégociation plus générale qui amènent à un rééquilibrage partiel des échanges. Comme le montre son insistance sur les exportations de soja, il n’est sans doute pas guidé par une grande vision technologique. A ce stade, la méthode offre néanmoins une certaine lisibilité. Alors que le Mexique et le Canada (plus progressivement) en sont amenés à accepter une révision de l’Alena, l’UE s’efforce de présenter les négociations comme ne visant qu’à éviter une surenchère douanière. La partie américaine tente néanmoins de mettre au centre de son jeu vis-à-vis de l’Europe ce qui s’apparenterait également à une reconfiguration des échanges. (…) L’éditorial de Mohamed El Erian, célèbre économiste et financier, est un signe marquant, parmi de nombreux autres récemment, de l’évolution du débat sur la question commerciale aux Etats-Unis. L’amorce du débat par Trump sous la forme de menaces à tout va centrées sans grande cohérence sur la métallurgie semblait indiquer une approche chaotique sans véritable objectif si ce n’est électoral. Si la finalité de la stratégie en termes de promotions de certains secteurs interroge encore, il s’avère que l’on a affaire à une stratégie en plusieurs temps visant à une reconfiguration généralisée des échanges des Etats-Unis avec ses principaux partenaires commerciaux. Le cas européen présente tout de même une difficulté particulière, puisque l’UE, mais surtout la zone euro, évoluent vers un modèle généralisé d’excédents commerciaux. Au cœur de ce système, l’Allemagne présente un excédent de sa balance courante qui dépasse désormais largement les 8% du PIB. L’abaissement du taux de change de l’euro a été rendu indispensable par la crise qui a frappé l’union monétaire et fragilisé toute sa partie Sud. Ce faisant, le taux de change de l’euro est bien trop bas pour l’Allemagne, dont les excédents, par conséquent, ne cessent de croître. De plus, l’ensemble des pays de la zone se sont lancés sur la voie de la compression salariale pour compenser l’atonie de leur productivité et relancer tant bien que mal leur croissance par les exportations vers le reste du monde, et notamment vers les Etats-Unis. Le déséquilibre commercial européen est, d’une certaine façon, inhérent à l’union monétaire et à sa philosophie économique. Mohamed El Erian a raison dans son analyse de la dynamique des négociations, et de l’importance des négociations au sein de l’Alena pour la suite des négociations avec le reste du monde, et notamment avec la Chine. Les négociations avec l’Europe sont néanmoins bien plus compliquées qu’elles ne le sont avec le Mexique et le Canada. Donald Trump peut obtenir des concessions visant à accroitre les exportations américaines vers l’Europe dans certains secteurs, mais il est considérablement plus compliqué de parvenir à un véritable rééquilibrage, puisque les déséquilibres européens sont inhérents à la structure monétaire et politique de la zone euro. L’inertie liée à cette situation peut permettre à la partie européenne d’éviter le fond du sujet. Sur le plan monétaire notamment, l’euro est fortement sous-évalué pour l’Allemagne, mais les dirigeants américains étaient les premiers à justement encourager la BCE sur la voie de la relance monétaire et donc de l’affaiblissement du taux de change de l’euro pour maintenir à flot les économies en crise au sein de la zone. Par ailleurs, l’économie européenne montre déjà d’importants signes d’essoufflement, alors que les Etats-Unis affichent actuellement des chiffres de croissance élevés, à la suite du programme de baisse d’impôts. La dimension intrinsèque des excédents commerciaux européens avait permis à l’UE d’éviter ce débat à l’époque où Barack Obama n’avait de cesse de l’évoquer. Le risque lié à une approche comparable face à Donald Trump reste celui d’une fuite en avant sur le plan des tensions et des menaces. (…) Dans le fond, au-delà de la politique douanière ou de la construction de terminaux pour le LNG américain, tout véritable rééquilibrage des échanges entre l’Europe et le reste des pays développés nécessiterait un rééquilibrage, en premier lieu, au sein de l’Union européenne et de la zone euro en particulier. Ce sujet est le grand absent des débats européens, qui ont tendance à se focaliser sur les aspects plus institutionnels, comme le dispositif anti-crise de la zone euro, qui est au cœur des projets d’Emmanuel Macron. La zone euro suit un modèle d’accroissement continu de ses excédents commerciaux, à une échelle désormais massive. Les excédents de l’Allemagne vis-à-vis du reste de la zone euro se sont transformés, au cours de la crise de l’euro, en excédents vis-à-vis du reste du monde. Le débat européen devrait se concentrer sur les moyens de rééquilibrer la dynamique intra-européenne, au moyen d’un modèle de développement qui ne repose pas autant sur la demande extérieure comme moteur de la croissance. De plus, la France, qui n’a pas suivi les mêmes ajustements que les pays les plus durement touchés par la crise comme l’Espagne, le Portugal ou l’Italie, connait pour sa part une situation de déficit commercial chronique. Autant que la question du dispositif institutionnel de la zone euro, les efforts de rééquilibrage européen devraient se concentrer sur les conditions économiques réelles, qu’il s’agisse de salaires, d’investissement ou de moyens technologiques. Cette approche serait gagnante dans le sens où elle permettrait à l’Europe de s’ancrer dans une dynamique de croissance de meilleure qualité tout en limitant sa vulnérabilité face aux aléas mondiaux. Rémi Bourgeot
L’auteur –pour des raisons de simplification, on va partir du principe que c’est un auteur– choisit de rester anonyme pour des raisons évidentes. Pas seulement parce que cette lettre lui coûterait sa place (au minimum), mais parce que ce qu’il raconte est injustifiable. Les procédés qu’il décrit sont un coup terrible porté à la démocratie américaine et à la fonction présidentielle. Il s’agit presque d’un coup d’État clandestin. La crise constitutionnelle est déjà là, et c’est lui et ses homologues agissant dans l’ombre qui l’ont déclenchée. David A. Graham souscrit à cette thèse. Dans The Atlantic, il évoque un «coup d’État anti-démocratique». Et de fait, voici un haut fonctionnaire –nommé, donc, pas élu!– qui se vante de désobéir au président démocratiquement élu et se félicite que des membres de l’exécutif contournent les ordres présidentiels, travaillent à «piloter l’administration dans la bonne direction jusqu’à ce que –d’une manière ou d’une autre– tout cela se termine». Comme le dit Graham, «si contrôler le président demande de désobéir aux ordres et de recourir à la tromperie, cela devient plus dur à défendre». En vertu de quelle autorité de hauts fonctionnaires justifient-ils de tels agissements? Si l’on apprenait que l’entourage d’Obama en avait fait autant, comment réagirait-on? Mais Obama n’était pas fou, ni dangereux, ni impulsif, répondrez-vous. Eh bien, c’est une question de point de vue. On est tous le fou de quelqu’un. Dans la mesure où aucune preuve scientifique n’est établie de la folie de Trump, et même si la majorité de son entourage, voire du monde, estime qu’il a les fils qui se touchent, la loi américaine ne permet pas que des individus prennent de leur propre chef des décisions contraires aux devoirs que leur impose leur fonction. «TRAHISON?», a rageusement tweeté Trump après la publication de cet article. La question se pose, en effet. Car soit l’entourage de Trump estime qu’il est inapte à gouverner, que c’est un danger pour son pays et dans ce cas, son devoir est de mettre en branle une procédure de destitution pour l’empêcher de nuire, soit cet entourage se trompe ou est de mauvaise foi, auquel cas cette dénonciation et ces actes de rébellion larvée relèvent de la trahison. Voilà à la fois le problème et le talent de Trump: en rabaissant le niveau de la plus haute fonction de l’État, il a fait dégringoler tout son entourage avec lui. Celles et ceux qui œuvrent autour de lui à défaire ce qu’il fait utilisent des méthodes répréhensibles, hors de toute morale. Et l’’amoralité, c’est justement ce que reproche l’auteur de l’éditorial à Donald Trump, et ce qu’il évoque pour justifier son action et celle des autres «résistants». Si le mot «résistant» a une connotation en français qu’elle n’a pas en anglais américain –question d’histoire nationale bien sûr, le vocabulaire choisi par l’auteur anonyme pour se désigner et désigner ses homologues n’en est pas moins très fort, quasiment lyrique: il parle de «héros méconnus dans et autour de la Maison-Blanche», rien de moins. Il explique que «certains de ses conseillers ont été présentés comme des scélérats par les médias. Mais en privé, ils se donnent beaucoup de mal pour contenir les mauvaises décisions dans l’aile ouest, même si clairement, ils n’y arrivent pas toujours». Ce sont, selon lui, les «adultes» qui surveillent Donald Trump et qui l’empêchent de nuire. Curieusement, ces «adultes» ne trouvent pas la situation suffisamment alarmante pour continuer à respecter la loi. Le vingt-cinquième amendement permet à l’exécutif d’engager une procédure de destitution –certes complexe, heureusement d’ailleurs– du président. Ces «adultes» ne sont pourtant pas confrontés à une situation désespérée qui exige des actes de résistance héroïque –par exemple une dictature où la vie des lanceurs et lanceuses d’alerte serait en danger, et le président indéboulonnable par des voies légales. C’est loin d’être le cas aux États-Unis. Si ces personnes n’engagent pas de procédure de destitution, alors que de leur propre aveu la situation est grave et que Trump est fou, il s’agit d’un choix. C’est qu’elles risquent quelque chose (au hasard: perdre la majorité républicaine un peu partout, au Congrès, à la présidentielle de 2020), parce que la base qui soutient Trump est encore forte, mais que au cas où ça tournerait au vinaigre pour le quarante-cinquième président des États-Unis, au cas où, «d’une manière ou d’une autre», son mandat s’achevait de manière un peu précipitée, elles puissent sortir de l’ombre et sauver leur peau en clamant: «Moi, j’étais résistant» à toutes celles et ceux qui ne manqueront pas de demander des comptes aux responsables de cette calamiteuse administration et seront tentés de raser quelques crânes. Pour Ben Mathis-Lilley, journaliste politique à Slate.com, «c’est définitivement une explication très plausible pour expliquer pourquoi cette personne a choisi de publier cette tribune». « Mais d’un autre côté, spécule-t-il, peut-être que cet individu anonyme en avait tout simplement assez de lire et d’entendre des critiques de l’administration Trump, et qu’il n’a pour seule motivation que l’envie de se défendre en public. » Slate
The anonymous op-ed was also perfectly timed: It ran just days before Woodward’s book on Trump hits the shelves. The book tells of a White House in chaos and a mentally deranged president (I didn’t know Woodward had credentials in psychiatry), based on what he was told by Chief of Staff John Kelly. Kelly, by the way, denies everything. But that’s a minor detail. The author of the op-ed concedes that the Trump administration has accomplishments, but claims that they were made in spite of, not thanks to, Trump. Failures are attributed to Trump but accomplishments are assigned to his team. In reality, the Trump administration has generated unbelievable economic growth (4.1%), unemployment in the U.S. is at a record low, there are millions of new jobs, and millions of citizens have come off food stamps. A second Supreme Court justice will soon be appointed. China and Europe are yielding to Trump’s will. He is forcing NATO allies to pay more, improving the NAFTA treaty (despite warnings that Trump’s election would prompt Mexico to sever ties with the U.S.), stepping up sanctions against Russia, convincing North Korea to give up nuclear weapons, and has withdrawn from the 2015 nuclear agreement with Iran. He has moved the U.S. Embassy in Israel to Jerusalem. He has fulfilled his campaign promises, including making tax cuts. But the only thing that the liberal media can see is that Trump is deranged. James Freeman, a senior opinions editor at the Wall Street Journal, said in an interview Thursday that it might be acceptable to run an anonymous op-ed if, for example, revealing the name would endanger the author’s life. But that is not the case here. We’re talking about something very unusual – an op-ed that disputes the incredible achievements of the current administration. The American Left has lost its head. Its anti-Trump sentiment is taking this camp to alarming places. The New York Times, which a week before the election said there was a 95% chance that Democratic candidate Hillary Clinton would win, is keeping up its anti-Trump campaign. That is why it hired « Anonymous. » Anonymous became the resident hero of this shameful campaign, fueled not by the good of the public but rather by a power-hungry agenda. Nothing more. In the meantime, the New York Times, the Washington Post, CNN, and MSNBC are enthusiastically reporting and discussing this op-ed. At this rate, they’ll want to give him a Pulitzer even though (between us) the anonymous « hero » is nothing more than a coward with an agenda. I wonder: What will the American media do if Trump wins in 2020? Boaz Bismuth
The same “Resistance” howling about Trump’s desire to forge a détente with Russia based on a shared interest in fighting Islamic terrorists and preventing Iran from becoming the nuclear hegemon of the Middle East once bent over backwards to empower Iran. They gave the ayatollahs a clear path to a nuclear weapon, as well as $150 billion to finance their wars in Syria and Yemen, and their global terror attacks. The same Never Trump Republicans attacking Trump for his efforts to denuclearize the Korean Peninsula without war happily supported then-Secretary of State Condoleezza Rice as she cut a deal that only empowered Pyonyang. The Obama administration alumni who now insist that Putin is America’s number-one enemy did everything they could to appease him – in exchange for nothing — for years. As for Israel, the Israeli Left, and its American and European supporters, they have been attacking Netanyahu relentlessly for fostering close ties with the leaders of Hungary, Lithuania, Poland, Rwanda, Kenya, and the Philippines. At the same time, they insist that Israel must cough up its capital city and its heartland to the Palestine Liberation Organization (PLO) and its terrorist regime. Just last week, a delegation of leftist lawmakers and political activists made a pilgrimage to Ramallah, where they met with PLO chief and Palestinian Authority Chairman Mahmoud Abbas. They cooed and purred about his great visionary leadership, and insisted forcefully that Israel and the Trump administration must recognize his greatness. This would be the same Abbas who spends hundreds of millions of donor-transferred dollars every year to pay the salaries of terrorists. This is the same Abbas that continues to reject Israel’s right to exist, who wrote a dissertation arguing that the Holocaust is a Zionist fabrication; who has spent the past fifty years waging a political war to delegitimize Israel’s very existence. Beyond the rank hypocrisy of these critics and their criticism, their “morality” card ignores the key fact that Trump’s policies, like Netanyahu’s policies, are succeeding in making the U.S. and Israel stronger, and making the world safer. In contrast, the “moral” policies of their opponents made the world more threatening and dangerous to the U.S. and to Israel. (…) Like Israel, the U.S. cannot help its allies if it doesn’t help itself. The U.S. cannot advance its interests if they are subjected to automatic vetoes by allies acting selfishly. It cannot advance its interests if it maintains faith with “moral” policies, like the Iran nuclear deal and similarly failed nuclear agreements with North Korea, at the expense of actual counter-proliferation strategies that may involve smiling and waving while standing next to Kim Jong-un and Vladimir Putin. The hypocrisy and substantive failure of the “moral” policies of Trump’s and Netanyahu’s critics show that the assaults against these leaders are not about the proper ends of foreign policy, or even about morality. They are a power play. And given the disastrous failures of the “Resistance’s” foreign policies, it is clear that the outcome of this power struggle is something to which no one can be indifferent. Caroline Glick
Lyndon Johnson had a repulsive habit of referring openly to his sexual organ as “Jumbo”—and occasionally displaying it to startled staffers—a felony in our present culture. Worse still, he often gave dictation while defecating on the toilet. John Kennedy crudely seduced dozens of his own female staffers. One, Mimi Alford, who came to work a 19-year-old virgin, wrote an entire memoir of her mechanical trysts inside the White House with JFK, including his inaugural seduction, which, by any contemporary definition, would now qualify as sexual assault. She lamented that he once had pawned her off to fellate one of his aides. A perverted rapist as our beloved commander-in-chief? No need to imagine a Wolff version of the Clinton White House. I could an imagine a Wolff in FDR’s White House circa early 1945 having a field day: jazzing up the clandestine nocturnal trysts between the wheelchair-bound president and his mistress Lucy Mercer. His daughter Anna would be exposed as the go-between, the upstart young proto-Ivanka who had moved into the White House and became virtually a ceremonial First Lady. All the while the Roosevelt team would struggle to lie to the press about the president’s sky-high blood pressure, chain-smoking, martini drinking, and growing feebleness. In place of Steve Bannon’s shoot-from-the-hip notions of geopolitics, a Harry Hopkins or freelancing and estranged Eleanor Roosevelt could offer mini-interviews on the administration’s successful politicking with good old Uncle Joe at Yalta. The difference is that FDR had the press in his pocket and even was too crafty to trust any of his “friends” with unfettered access. Wolff’s ogre purportedly sloppily eats Big Macs in bed, golfs more than Obama did, has no hair at all on the top of his head, and at 71 is supposedly functionally illiterate. OK, perhaps someone the last half-century read out loud to Trump the thousands of contracts he signed. But what we wish to know from Wolff is how did his trollish Trump figure out that half the country—the half with the more important Electoral College voice—was concerned about signature issues that either were unknown to or scorned by his far more experienced and better-funded rivals? Why did not a well-read Marco Rubio or later Yale Law graduate Hillary Clinton focus on unfair trade and declining manufacturing, illegal immigration, unnecessary and optional overseas interventions, and the excesses of the deep administrative “swamp” state? Who discovered these issues or knew how to develop them? Was it really the feisty Corey Lewandowski? The genius Paul Manafort? How, then, could Wolff’s idiot grasp that these concerns were the keys to flipping purple swing-states that had previously been written off as reliably Democratically patronized clinger/irredeemable/deplorable territory by far better informed and more tech-savvy campaign operatives? Once Trump was in power, how does Wolff explain the near phenomenal economic turnaround in the latter part of 2017? Does he not see that the stupider you make Trump in his successful first year, by inference the even stupider you make the supposedly smarter actors in their many failed years? Although psychological in part, the upswing is not accidental. So far economic robustness seems predicated on massive deregulation, the expectation and then the reality of comprehensive tax reform and reduction, wooing home capital and industry, expanded energy production, loud business boosterism, recalibrating foreign investment and trade, and declining illegal immigration. Did Trump do that between scarfing down cups of Häagen-Dazs? Did his team act on their own while Trump was too busy scraping the crumbs out of the bottoms of his barrels of KFC? Why did not the supposedly far more sober and judicious Obama comprehend how to achieve 3 percent GDP growth. Could not Larry Summers or Timothy Geithner have ushered in record consumer and business confidence? Why did not black employment reach 2018 levels in 2013? Is not a man like Obama who eats arugula instead of daily swigging a dozen diet sodas far more studious and intellectually curious on all matters economic? Are we dunces really to believe merely building a high-rise in Manhattan takes more savvy than editing in near absentia the Harvard Law Review? Abroad, why did not the supposedly worldly Hillary Clinton as secretary of state tweet her support for the Iranian revolutionaries in the streets in 2009—in the manner that a supposedly buffoonish and semi-literate and combed-over Donald Trump instinctively did in 2018 ? Victor Davis Hanson
The Peter Strzok–Lisa Page texts, along with the careers of former FBI director James Comey and his deputy Andrew McCabe, reveal a politicized and in some sense rotten FBI hierarchy, beholden far more to its own exalted sense of a progressive self than merely to investigating crimes against the people. Lois Lerner was a clumsy reflection of how the IRS long ago became weaponized in service to auditing deplorables. Former CIA director John Brennan and Director of National Intelligence James Clapper used their supposedly nonpartisan positions to further political agendas. That each in his own way is clownish does not mitigate their rank efforts to graft intelligence agencies onto political causes. The same deterioration is true of many in the Department of Justice, who, along with the FBI, misled FISA-court justices, as if that were the only, or perhaps the easiest, way to obtain politically driven surveillance on U.S. citizens. Americans now are woke to the reality that straying too much into the forbidden zone guarantees that their communications can be monitored on the pretense that they’re colluding with some nefarious power. Yet if foreigners are the menace, why did our proverbial best and brightest traffic with a paid foreign spy at election time to sabotage a political campaign, then trump even the improper use of electronic surveillance with the insertion of paid informants? Google, Facebook, and Twitter are facing accusations of censoring social-media accounts and massaging Internet searches according to their progressive political agendas. The masters of the universe have given us the stereotype of 20- and 30-something social-warrior geeks, fiddling with their algorithms to virtue-signal their left-wing fides to a global audience. YouTube restricted more than 50 Prager University videos — often because either a human or computerized auditor did not approve of the videos’ presentation of America’s historical role as beneficent. Tie-dyed T-shirts, flip-flops, and faded jeans do not mask the reality that some $3 trillion in global capitalization is pledged to ensure that the nations’ computers, pads, and smartphones will not be polluted by traditionalist thinking. First-time congressional candidate Elizabeth Heng, a conservative from central California, found her video ad blocked on Facebook and Twitter. Apparently, her description of the Cambodian holocaust that her parents fled was too graphic or politically incorrect, or both. But then again, in California, everything is politicized, from plastic straws to single-user restrooms, in an Orwellian effort to distract us from the fact that we do not have enough water, usable roads, or workable public schools to remain a civilized state. Language is especially enlisted to disguise bothersome reality. During the Obama administration, no one would ever have known from “overseas contingency operations,” “man-caused disasters,” “workplace disasters,” and “holy struggles” that radical Islamic terrorists were seeking to kill Westerners from San Bernardino to Paris. As in the case of illegal aliens, undocumented aliens, illegal immigrants, undocumented immigrants, immigrants migrants, the progressive rationale is that anyone killed or harmed by a terrorist or migrant is usually a nobody and so an acceptable casualty in the greater war against incorrect speech and attitude. When our public colleges now find that an increasing number of newly admitted students cannot do college-level work when they begin their courses, administrators drop the old idea of catch-up “remedial” classes or compensatory “remediation” courses. The new language conveys that students are now suddenly qualified, or at least it virtue-signals the university’s effort to be suitably sensitive to the fact that in California nearly half of those entering the CSU system cannot read or compute at what previously had been thought to be a college level. Our very names and identities have become politicized. Desperate to highlight their progressive purity (or to enhance careers), politicians sometimes reinvent their nomenclatures and ancestries to suggest solidarity with those deemed racially, ethnically, or economically oppressed. Who now is who or what? Senator Elizabeth Warren claimed falsely — albeit not quite in the clumsy fashion of left-wing political activist and professor Ward Churchill — that she was part Native American. Socialist New York state senate candidate Julia Salazar recently and falsely rebranded herself as a virtual foreign-born immigrant. Was their intent to pose as poorer, more victimized Americans without actually having to become poorer or more victimized? White-male aspirant for a Texas Senate seat Patrick Francis O’Rourke has used the Latino nickname “Beto,” probably on the assumption that “Beto O’Rourke” might ensure a little more street cred among Texas’s Latino voters. I suppose “Pat O’Lopez” would be too shameless? But then again, California Senate candidate Kevin de León has added both a “de” and an accent to remind voters that he is not just an Anglicized Kevin Leon who could be mistaken for a third-generation Portuguese American. Americans have long accepted that Hollywood movies no longer seek just to entertain or inform, but to indoctrinate audiences by pushing progressive agendas. That commandment also demands that America be portrayed negatively — or better yet simply written out of history. Take the new film First Man, about the first moon landing. Apollo 11 astronaut Neil Armstrong became famous when he emerged from The Eagle, the two-man lunar module, and planted an American flag on the moon’s surface. Yet that iconic act disappears from the movie version. (At least Ryan Gosling, who plays Armstrong, does not walk out of the space capsule to string up a U.N. banner.) Gosling claimed that the moon landing should not be seen as an American effort. Instead, he advised, it should be “widely regarded as a human achievement” — as if any nation’s efforts or the work of the United Nations in 1969 could have pulled off such an astounding and dangerous enterprise. I suppose we are to believe that Gosling’s Canada might just as well have built a Saturn V rocket. Comic-book sales are static, purportedly because tired readers now find their make-believe heroes sermonizing, preachy, and predictable rather than one-dimensionally heroic. Social justice has entered the world of fantasy — and extends to science-fiction novels as well. Will 1984 have to be either banned or subjected to race/class/gender Bowdlerization? Sports offers no relief. It is now no more a refuge from political indoctrination than is Hollywood. Yet it is about as difficult to find a jock who can pontificate about politics as it is to encounter a Ph.D. or politico who can pass or pitch. The National Football League, the National Basketball Association, and sports channels are now politicalized in a variety of ways, from not standing up or saluting the flag during the National Anthem to pushing social-justice issues as part of televised sports analysis. What a strange sight to see tough sportsmen of our Roman-style gladiatorial arenas become delicate souls who wilt on seeing a dreaded hand across the heart during the playing of the National Anthem. Even when we die, we do not escape politicization. At a recent eight-hour, televised funeral service for singer Aretha Franklin, politicos such as Jesse Jackson and Al Sharpton went well beyond their homages into political harangues. Pericles or Lincoln they were not. Activist professor Michael Eric Dyson laced his supposed eulogy with an adolescent rant against Donald Trump: “Your lugubrious leach, your dopey doppelgänger of deceit and deviance” — and all that alliterative gibberish that apparently follows from a Ph.D. Politics likewise absorbed Senator John McCain’s funeral the next day. Sarah Palin —his persistently loyal 2008 running mate, who has never uttered an unkind word about him — was not invited. Apparently, her presence would now be seen as too politically incorrect; it might have polluted the observance with a deplorable odor or reminded us that she was once considered useful in appealing to the clinger/irredeemable/“crazies” vote. Meghan McCain, Barack Obama, and former president George W. Bush all did their best to praise the deceased, but in passing could not resist deprecating the current president. We have forgotten that the ancillary to de mortuis nihil nisi bonum dicendum est (about the dead nothing but good should be said) is “in speaking of the dead, nothing but good should be said about the still living.” It is certainly not an admirable trait to deplore incivility by gratuitously attacking a sitting president at a funeral — especially when neither the presidential encomiasts, nor the object of their encomia, had always been particularly civil and polite to each another in the past. Even the long-ago dead are fair game. Dark Age iconoclasm has returned to us with a fury. Any statue at any time might be toppled — if it is deemed to represent an idea or belief from the distant past now considered racist, sexist, or somehow illiberal. Representations of Columbus, the Founding Fathers, and Confederate soldiers have all been defaced, knocked down, or removed. The images of mass murderers on the left are exempt, on the theory that good ends always allow a few excessive means. So are the images and names of robber barons and old bad white guys, whose venerable eponymous institutions offer valuable brands that can be monetized. At least so far, we are not rebranding Stanford and Yale with indigenous names. Victor Davis Hanson
Donald Trump in his Twitter storms apparently has no idea that he is winning. The Brett Kavanaugh opening hearing turned into a progressive circus, with shouting would-be Democratic presidential candidates vying with screaming protesters to see who could be the most obnoxious. Ossified senior Democrat senators appeared bewildered how to match or somehow channel the street theater of activists on their left flank and ended up being sort of punked by their own protesters. It will be hard for network news to find a soundbite from all that to look presentable, given that democracy cannot function when elected officials join the mob. The consecutive Friday and Saturday funerals of the late Aretha Franklin and Senator John McCain reminded us why funerals are not good occasions for politicking and editorializing and end up reflecting poorly on those who try. There are 364 days a year to damn Trump without doing so at a funeral, especially by crowd-pleasing invective from those who call for civility and unity — and in the past often have shown neither to each other. New revelations about the strange nexus between Christopher Steele, Bruce Ohr, and a Russian oligarch only remind the public that Robert Mueller is looking for Russian collusion (to the extent that he is now, or ever was really) in all the wrong places. Future unredacted disclosures about the FISA warrants or communications between now-disgraced DOJ and FBI officials will be interesting. The great economic news — unemployment, GDP growth, Wall Street records, energy production, retail sales, and consumer confidence — continues to outpace even optimistic predictions. Abroad, the Iranian and Turkish economies are in shambles, and those countries’ hostility to the U.S. is proving to be a bad economic gamble. There is progress on NATO funding. Nobody is protesting over the supposedly radical decisions of leaving the Paris climate accord and the Iran deal, moving the U.S. embassy to Jerusalem, or assuming that, after 70 years, the surviving Palestinian “refugees” and their children, grandchildren, and great-grandchildren — like the 13 million who in 1945-7 walked back from Eastern Europe into Germany, or the 1 million Jews long ago ethnically cleansed from the Arab world, or the millions of “displaced persons” in post-war Western Europe — are no longer refugees. China shows signs of economic tension and does not seem to have its heart in an existential trade war with the U.S., given that it could probably keep its huge trade surpluses by simply trimming them down in art-of-the-deal fashion. NAFTA might be rebranded and improved. In other words, Trump’s superb foreign-policy team (Pompeo, Mattis, Bolton, and Haley) and his economic and judicial-appointments advisers have real accomplishments that reflect well on the Trump administration, and thus are driving the media and the Left into abject hysteria. All this is missing is a little silent forbearance on Trump’s own part to allow both his achievements and his critics, respectively, to speak for themselves, without need of his Twitter editorialization. Victor Davis Hanson
At the recent eight-hour, televised funeral of iconic singer Aretha Franklin, many of the speakers such as Al Sharpton and Jesse Jackson turned the event into a political wake—calling for everything from increased voter registration to tighter standards on drinking water. Activist and professor Michael Eric Dyson embarrassed himself with adolescent hits against President Donald Trump: “You lugubrious leach, you dopey doppelganger of deceit and deviance, you lethal liar, you dimwitted dictator, you foolish fascist.” On the next day, the televised state funeral for Sen. John McCain likewise soon became just as political. McCain and President Trump were hardly friends. During the 2016 election, Trump had in crude fashion impugned McCain’s stellar military service, which included a horrific five-and-a-half years as a prisoner of war in a dank North Vietnamese prison. For his part, McCain had earlier cruelly called Trump supporters “crazies.” Later he helped to bring the largely discredited anti-Trump Fusion GPS dossier to the attention of federal authorities. And he flipped on Obamacare to cast the deciding vote that defeated Trump’s effort to repeal and replace it. That McCain-Trump discord soon became thematic in the funeral eulogies. In not-so-veiled allusions, daughter Meghan McCain received loud applause for blasting Trump, as if she had delivered a partisan campaign speech: “We gather here to mourn the passing of American greatness, the real thing, not cheap rhetoric from men who will never come near the sacrifice he gave so willingly, nor the opportunistic appropriation of those who live lives of comfort and privilege while he suffered and served.” Former President Barack Obama used his time similarly to reference Trump, with similar not so subtle attacks, “Much of our politics can seem small and mean and petty. Trafficking in bombast and insult, phony controversies and manufactured outrage.” Likewise, former President George W. Bush, no friend of Trump, took a swipe as well. He contrasted McCain with Trump’s policies on illegal immigration and the summit with Vladimir Putin, “He (McCain) respected the dignity inherent in every life, a dignity that does not stop at borders and cannot be erased by dictators.” Once a funeral is turned into politics, then politics takes on a life of its own. Meghan McCain, Obama, and Bush were apparently all unaware of the paradox of calling for greater tolerance and civility while using a funeral occasion to score political uncivil points against a sitting president. Once solemnity is sacrificed, it becomes legitimate to remember that Bush himself once infamously looked into the eyes of Putin and said he saw a soul “straightforward” and “trustworthy”—a characterization mocked by John McCain. Obama had waged an often brutal 2008 campaign against McCain that saw low insinuations leveled at McCain as too old and at times near senile. Bush was accused by McCain in 2000 of running a dirty primary battle. Why are funerals of celebrities and politicians turning into extended and televised political rallies? Partly, the volatile Donald Trump and his frantic political and media critics are locked in a crude, no-holds-barred war against each other—waged everywhere nonstop. Partly, everything in America has become politicized. There is no escape from partisanship—not in movies, sitcoms, comic books, late-night TV, professional sports, social media, the Internet and 24/7 cable news. Not even the dead escape it. Now the funerals of notables apparently will be televised, scripted, and offer good ratings for political score-settling. Nothing is left sacrosanct. Victor Davis Hanson
The all-seeing social-justice eye penetrates every aspect of our lives: sports, movies, public monuments, social media, funerals . . .A definition of totalitarianism might be the saturation of every facet of daily life by political agendas and social-justice messaging. At the present rate, America will soon resemble the dystopias of novels such as 1984 and Brave New World in which all aspects of life are warped by an all-encompassing ideology of coerced sameness. Or rather, the prevailing orthodoxy in America is the omnipresent attempt of an elite — exempt from the consequences of its own ideology thanks to its supposed superior virtue and intelligence — to mandate an equality of result. We expect their 24/7 political messaging on cable-channel news networks, talk radio, or print and online media. And we concede that long ago an NPR, CNN, MSNBC, or New York Times ceased being journalistic entities as much as obsequious megaphones of the progressive itinerary. But increasingly we cannot escape anywhere the lidless gaze of our progressive lords, all-seeing, all-knowing from high up in their dark towers. (…) Americans have long accepted that Hollywood movies no longer seek just to entertain or inform, but to indoctrinate audiences by pushing progressive agendas. That commandment also demands that America be portrayed negatively — or better yet simply written out of history. Take the new film First Man, about the first moon landing. Apollo 11 astronaut Neil Armstrong became famous when he emerged from The Eagle, the two-man lunar module, and planted an American flag on the moon’s surface. Yet that iconic act disappears from the movie version. (At least Ryan Gosling, who plays Armstrong, does not walk out of the space capsule to string up a U.N. banner.) Gosling claimed that the moon landing should not be seen as an American effort. Instead, he advised, it should be “widely regarded as a human achievement” — as if any nation’s efforts or the work of the United Nations in 1969 could have pulled off such an astounding and dangerous enterprise. I suppose we are to believe that Gosling’s Canada might just as well have built a Saturn V rocket. (…) Sports offers no relief. It is now no more a refuge from political indoctrination than is Hollywood. Yet it is about as difficult to find a jock who can pontificate about politics as it is to encounter a Ph.D. or politico who can pass or pitch. The National Football League, the National Basketball