Covid-19: Ralliez-vous à mon panache blanc ! (The coronavirus crisis has shown the limits of brio in a French high administration and political class where scientific culture cruelly shines by its absence)

18 septembre, 2020

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Agnes C. Poirier on Twitter: "Great double issue of #Marianne ...on French # panache… "

 Benjamin Netanyahu a parlé d’une « nouvelle ère » entre Israël et les pays arabes et appelé les voisins des EAU à suivre le même chemin. Opinion | Black Voters Are Coming for Trump - The New York TimesDemocrats attacked for cultural appropriation, publicity stunt after Kente cloth kneeling - Tampa Dispatch

Une nation fatiguée de longs débats consent volontiers qu’on la dupe, pourvu qu’on la repose.Tocqueville
Pour un colonel en retraite qui, avec brio, a commandé un régiment devant l’ennemi, rien n’est plus démoralisant ni plus déprimant que de se voir réduit à commander une choucroute avec un demi dans une brasserie. Pierre Dac
La grande histoire du panache français Au fil de notre histoire, beaucoup de femmes et d’hommes, réels ou fictifs, ont incarné le brio à la française. Le courage, le sens de l’honneur et l’élégance ne leur ont jamais fait défaut. « Marianne » leur consacre son numéro double de fin d’année, disponible en kiosques du 21 décembre au 4 janvier. Marianne
Il est tout à fait naturel qu’on ressente la nostalgie de ce qui était l’Empire, tout comme on peut regretter la douceur des lampes à huile, la splendeur de la marine à voile, le charme du temps des équipages. Mais, quoi ? Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités. Charles de Gaulle (1960)
Il n’y aura pas de paix séparée entre Israël et le monde arabe. Je veux que cela soit très clair avec vous tous. J’ai entendu plusieurs politiciens de premier plan en Israël dire parfois: ‘Eh bien, le monde arabe est dans un endroit différent maintenant Nous devons juste leur tendre la main. Nous pouvons travailler certaines choses avec le monde arabe et nous traiterons avec les Palestiniens. Non, non et non. Je peux vous dire que, comme l’ont confirmé les conversations que j’ai eues avec des dirigeants de la communauté arabe la semaine dernière, il n’y aura pas de paix avancée et séparée avec le monde arabe sans le processus palestinien et la Paix palestinienne. Tout le monde doit comprendre cela. C’est une dure réalité. John Kerry
« Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités », a dit Charles de Gaulle. Cette maxime guide la politique des États-Unis à l’égard de la République islamique d’Iran. Nous reconnaissons ce régime pour ce qu’il est: le premier État commanditaire du terrorisme au monde et la principale source d’instabilité au Moyen-Orient. (…) Malheureusement, la France refuse de désigner l’ensemble du Hezbollah comme une organisation terroriste, comme l’ont fait d’autres pays européens, et freine les progrès de l’Union européenne dans ce sens. Au lieu de cela, Paris s’en tient à cette fiction qu’il existe une «aile politique» du Hezbollah, alors que celui-ci est entièrement contrôlé par un seul terroriste, Hassan Nasrallah. Je partage la frustration des vingt-sept personnalités publiques françaises qui, dans une tribune collective publiée dans Le Figaro , ont récemment appelé la France à adopter cette désignation. (…) Les calculs politiques entrent également en jeu dans les prises de position de l’Europe, où plusieurs dirigeants refusent d’agir avant l’issue de la prochaine élection présidentielle américaine. Cette manœuvre cynique considère les mutilations et les massacres commis par l’Iran comme des dommages collatéraux acceptables, et estime que Washington, ce qui est regrettable, est plus dangereux pour le monde que Téhéran. Je me demande si les habitants de Beyrouth, de Riyad ou de Jérusalem, les villes les plus exposées à l’Iran, seraient d’accord. Comment est-il possible que la France vote contre l’embargo sur les armes, et que la semaine suivante le président Macron rencontre un haut représentant du Hezbollah à Beyrouth? (…)  Le scepticisme manifesté par de nombreux dirigeants français à l’égard de l’accord durant les négociations semble aujourd’hui plus justifié que jamais. Mike Pompeo (2020)
Cinq minutes pour comprendre l’accord « historique » entre Israël et les Emirats arabes unis Le Parisien
Nous sommes en guerre. J’appelle tous les acteurs politiques, économiques, sociaux, associatifs, tous les Français à s’inscrire dans cette union nationale qui a permis à notre pays de surmonter tant de crises par le passé. Nous sommes en guerre et la Nation soutiendra ses enfants qui, personnels soignants en ville, à l’hôpital, se trouvent en première ligne dans un combat qui va leur demander énergie, détermination, solidarité. Ils ont des droits sur nous. Nous leur devons évidemment les moyens, la protection. Nous serons là. Nous leur devons, des masques, du gel, tout le matériel nécessaire. Et nous y veillons et y veillerons. (…) Nous sommes en guerre, oui. Le pays accompagnera dans cette période les régions les plus touchées aujourd’hui, comme celles qui le seront demain. A ce titre, je veux assurer les habitants, les personnels soignants du Grand-Est que nous serons au rendez-vous pour les appuyer face à l’afflux de patients et à la saturation des hôpitaux. Je sais ce qu’ils vivent depuis des jours et des jours. Nous sommes avec eux. J’ai décidé pour cela qu’un hôpital de campagne du service de santé des armées serait déployé dans les jours à venir en Alsace. Les armées apporteront aussi leur concours pour déplacer les malades des régions les plus affectées et ainsi réduire la congestion des hôpitaux de certains territoires. Nous sommes en guerre. Aussi, comme je vous l’ai dit jeudi, pour nous protéger et contenir la dissémination du virus, mais aussi préserver nos systèmes de soins, nous avons pris ce matin, entre Européens, une décision commune. Dès demain midi, les frontières à l’entrée de l’Union européenne et de l’espace Schengen seront fermées. Concrètement, tous les voyages entre les pays non européens et l’Union européenne seront suspendus pendant trente jours. (…) Mes chers compatriotes, en étant unis, solidaires, je vous demande d’être responsables tous ensemble et de ne céder à aucune panique, d’accepter ces contraintes, de les porter, de les expliquer, de vous les appliquer à vous-mêmes. Nous nous les appliquerons tous, il n’y aura pas de passe-droits. Mais là aussi de ne céder ni à la panique ni au désordre. Nous gagnerons, mais cette période nous aura beaucoup appris. Beaucoup de certitudes, de convictions seront balayées, seront remises en cause. Beaucoup de choses que nous pensions impossibles adviennent. Ne nous laissons pas impressionner, agissons avec force, mais retenons cela, le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour aux jours d’avant. Nous serons plus forts moralement. Nous aurons appris et je saurai aussi avec vous en tirer toutes conséquences, toutes les conséquences. Hissons-nous, individuellement et collectivement, à la hauteur du moment. Je sais, mes chers compatriotes, pouvoir compter sur vous. Vive la République ! Vive la France ! Emmanuel Macron
Je salue la décision courageuse des Émirats arabes unis et souhaite qu’elle contribue à l’établissement d’une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens. Je l’ai dit au Président Trump, au Premier ministre Netanyahou et au Prince héritier Mohamed bin Zayed. Emmanuel Macron
Je me suis entretenu avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Je lui ai dit ma détermination à oeuvrer pour la paix au Proche-Orient. La reprise des négociations pour parvenir à une solution juste et respectueuse du droit international reste une priorité. Emmanuel Macron
Les manifestations ne sont pas (autorisées) dans les faits car il y a un décret du premier ministre dans le cadre de la deuxième phase du déconfinement qui interdit les rassemblements de plus de dix personnes. Mais je crois que l’émotion mondiale, qui est une émotion saine sur ce sujet, dépasse au fond les règles juridiques qui s’appliquent. Il n’y aura pas de sanction et de procès-verbal. Nous ne souhaitons pas réaffirmer l’interdiction qui est de droit, qui est de fait. Je sais que ceux qui vont ne considèrent pas, dans leur très grande majorité, qu’il y a une police raciste, antisémite ou homophobe», a souligné le ministre qui voit avant tout dans ces rassemblements un «combat contre le racisme. Je crois que la politique est faite de symbole. Si ce symbole [poser un genou à terre] est utile pour combattre le racisme, je serai particulièrement à l’aise de le faire. François Castaner
On voit une augmentation en Europe et en France de sujets positifs, je ne parle pas de malades, et cette pente est quinze fois plus faible qu’en mars. (…) Le nombre de décès ne réaugmente pas de manière significative alors qu’on nous le promet tous les quinze jours depuis le début du mois d’avril. En France, la réaugmentation que l’on perçoit a une pente 300 fois inférieure à celle du tsunami du mois de mars (…) [En Europe] nous sommes depuis début juillet entre 200 et 250 décès par jour sans augmentation, alors que nous étions à 5.000 décès mi-avril. Il n’y a aucune réaugmentation significative par rapport à l’ensemble des données européennes (…). Il y a eu une seule vague, celle de mars-avril qui a augmenté à peu près 115.000 décès surnuméraires par rapport à 2019 et 2018 sur l’ensemble des pays européens. Sur les 30.000 décès [attribués au Covid], il faut voir que l’excès de mortalité en France n’est compris qu’entre 12.000 et 15.000 par rapport aux autres années. (…) L’institut national des études démographiques divise par deux le nombre total de décès attribués actuellement au Covid, on n’est pas à 30.000 décès, on est à 12.000 à 15.000 décès supplémentaires. En réalité, le confinement est un instrument sociétal majeur, c’est la seule arme de destruction massive qui a été utlisée au 21ème siècle puisque c’est la seule qui a concerné quasiment la moitié de l’humanité. (…) Les conséquences socio-économiques qui vont maintenant se dégager vont concerner non pas les conseillers qui sont assis sur leurs certitudes, mais les jeunes générations qui vont devoir ramer. (…) Et quand on n’est pas capable d’assumer ces conséquences, alors on continue à faire croire à une crise sanitaire qui n’est plus présente. Pr Jean-François Toussaint
Tout le monde s’est mis à s’intéresser aux débats! (…) Les gens ne sont pas contre les migrants, mais nous voulons un processus légal. On n’a pas le droit d’avoir une opinion. On est tout de suite des nazis, des déplorables non éduqués… C’est franchement la raison pour laquelle Donald Trump a été élu. Les gens en ont marre d’être méprisés. Ils ne cessent de l’attaquer, quoiqu’il fasse. Nous appelons ça le syndrome de dérangement trumpien. Il ne fait «que se défendre» et j’adore ses tweets« parce qu’ils lui permettent de contourner le mur médiatique. Nous, les partisans de Trump, ne prenons pas ses paroles de manière littérale. Il faut regarder ses actes. Mais la presse, elle, s’attache à chaque mot. Elle ne comprend pas son humour! Les enfants ne peuvent même plus porter un costume de Halloween en se peignant le visage en noir sans être soupçonnés de racisme… C’est comme ce mouvement #MeToo. Ça va trop loin. On a tous des maris, des fils, voudrions-nous les voir accusés sans preuves? (…) C’est la première fois que je peux imaginer comment la guerre civile a commencé en Amérique. Les passions sont tellement fortes. Lynette Vilano (activiste républicaine de Pennsylvanie)
Depuis le premier jour, ils ne lui donnent aucune chance. Alors nous n’écoutons plus. Lynette Vilano
Bien sûr, il y a le Covid, les 200.000 morts, les masques, le virus qui continue de courir, les frontières fermées, le business qui souffre. Toutes ces circonstances qui font de l’élection qui approche un défi gigantesque pour le président sortant. Mais pour l’essentiel, la musique de fond de cette drôle de campagne 2020, où les démocrates mobilisent en ligne pour montrer qu’ils sont «responsables» et «respectueux des experts», tandis que Trump s’en va en chair et en os chez ses électeurs pour leur dire que l’Amérique est vivante et «toujours grande», ressemble à s’y tromper à celle de 2016: pour ou contre Trump, jusqu’à la caricature. D’un côté, une polyphonie orchestrée par tout ce que l’élite compte de sommités monte au créneau, avec tambours et trompettes médiatiques, pour affirmer que le président est «inapte à gouverner». De l’autre, les chœurs du peuple trumpien scandent «quatre ans de plus» sans prêter la moindre attention à la cascade de livres et de révélations censés accabler leur héros. Du coup, le pays vit en schizophrène, dans deux salles de «concert électoral» qui ne communiquent pas, comme c’est le cas depuis quatre ans. Dans la première – journaux, télés, Twitter – on parle des dernières révélations du livre Rage du journaliste Bob Woodward, ancien «tombeur de Nixon». Il est sorti de ses 17 conversations avec le président «effaré», notamment après que ce dernier lui ait confié avoir «sous-estimé» publiquement la dangerosité du Covid, parce qu’il ne voulait pas semer la panique. Preuve de son incapacité et de son amoralité, dénoncent les éditorialistes. «Un mélange de couard, raciste, menteur, frimeur, narcisse, arnaqueur et vantard», écrit notamment Roger Cohen à la une du New York Times. Mais cette propension à diaboliser Trump pourrait paradoxalement s’avérer contre-productive, les démocrates donnant le sentiment de n’avoir tiré aucune leçon de l’échec essuyé en 2016. Pour l’instant, l’essentiel des analystes parient toujours sur Joe Biden. La plus singulière surprise de 2020 est en effet que, malgré le Covid, les ratages, les innombrables défauts de Trump, et les grincements de dents de l’élite, il continue de porter les espoirs de quelque 45 % de la population! Les démocrates s’acharnent sur l’homme. Mais lui chevauche une colère réelle qui ne passe pas. C’est ainsi que dans les provinces profondes, personne ou presque ne prête attention à la charge de la cavalerie antitrumpiste. (…) Même le fait que Trump ait fait la paix entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn, n’a été pas mis à son crédit, regrette l’activiste, qui affirme que «CNN a totalement sous-couvert» la percée diplomatique car elle ne colle pas à leur discours sur le désastre de sa politique étrangère. Lynette Vilano affirme que le soutien à Trump dans son comté, «ne cesse de grandir» et que «de nombreux démocrates continuent de migrer vers le Parti républicain». Comme en 2016. Un constat intéressant mais qui reste à l’échelle locale, se hâte-t-elle de dire. Pour l’instant, l’essentiel des analystes parient toujours sur Joe Biden qui, selon la militante républicaine, ressemble à son mari «quand il s’est mis à vieillir et à ne plus trop s’orienter». Mais les sondages se resserrent. Les débats seront sans doute déterminants. Laure Mandeville
Quand Emmanuel Macron dramatisait les enjeux et en appelait à l’union nationale, Angela Merkel emportait la conviction en expliquant aux Allemands comment agir pour ralentir la progression du virus. La crise sanitaire a montré que la capacité d’analyse, la rigueur et la pédagogie sont des qualités plus utiles que le brio. C’est une leçon dont nous devrons nous souvenir. Annick Steta

Derrière le brio des formules, la démission du politique !

Fiasco du confinement aveugle, économie dévastée, ensauvagement de la population, immigration hors de contrôle, ingérence au Liban, collusion avec des Etats et mouvements terroristes, refus de soutenir ses alliés …

A l’heure où après la relative insouciance de l’été …

La psychose, entre annonces catastrophistes et obligation aussi liberticide qu’inepte du masque en extérieur, a repris à tous les étages …

Où après deux mois de restriction sévèrement sanctionnée des libertés de mouvement, réunion et  manifestation, l’on a vu un ministre de l’Intérieur renoncer publiquement, au nom s’il vous plait de l’émotion, à sa mission de maintien de l’ordre face à des mouvements racialistes …

Et où l’on découvre qu’un président français qui avait avait pris des airs si martiaux au début de la crise sanitaire et avait au Liban même appelé à un réveil du peuple libanais …

Avait au même moment eu un rendez-vous secret avec le mouvement terroriste du Hezbollah et, à l’instar de la presse hexagonale,  a réduit au service minimum sa réaction à l’accord proprement historique entre Israël et plusieurs pays arabes …

Pendant que fatiguée par les effets conjugués du virus chinois et du chaos générés par les racialistes de Black lives matter de l’autre côté de l’Atlantique, une Amérique semble tentée par la non-candidature d’un vieux gâteux à la limite de la sénilité et son parti de génuflecteurs

Comment ne pas voir avec ce début de bilan de l’épidémie …

Dans le dernier numéro de la Revue des deux mondes

Derrière le panache si facile et si français des formules …

Non seulement les limites du brio en une haute administration et une classe politique françaises où la culture scientifique brille cruellement par son absence …

Mais la véritable démission et l’épuisement de tout un système politique …

Et peut-être même d’une nation ou d’un Occident tout entier ?

Annick Steta
Revue des deux mondes
septembre 2020

Il est encore trop tôt pour faire le bilan de la pandémie de Covid-19. Nul ne peut exclure qu’une nouvelle vague de contaminations se produise à l’automne. Peut-être même devrons-nous apprendre à vivre avec le SARS-CoV-2 jusqu’à ce que ce virus disparaisse. Le temps n’est pas non plus venu d’établir la responsabilité individuelle des dirigeants politiques et administratifs français dans la réponse apportée à une crise sanitaire d’une brutalité et d’une gravité inédites depuis l’émergence de la grippe espagnole(… Mais il est impossible de nier que cette réponse a été tardive et qu’elle a manqué de pertinence durant les premières semaines de la pandémie, c’est-à-dire au stade où les mesures destinées à casser les chaînes de transmission d’un virus sont les plus efficaces. D’autres pays ont réagi dès que la République populaire de Chine a confirmé, le 31 décembre 2019, l’existence de douzaines de cas graves de pneumonie d’origine inconnue à Wuhan, la capitale de la province du Hubei. La République de Chine (Taïwan) a affirmé avoir soulevé le jour même auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) – dont elle n’est pas membre en raison de l’opposition de Pékin – la possibilité d’une transmission interhumaine de l’agent pathogène en cause. Sans attendre la réponse de l’OMS, Taïwan a imposé des contrôles sanitaires à bord des avions en provenance de Wuhan. Elle a également demandé le 6 janvier que les personnels soignants portent des masques filtrant au moins 95 % des particules de diamètre égal ou supérieur à 0,3 micron. La population taïwanaise, qui a gardé un souvenir cuisant de l’épidémie de SARS-CoV-1 de 2003, a par ailleurs rapidement adopté le port du masque. Grâce à ces mesures, Taïwan a enrayé la progression du SARS-CoV-2 : fin juin 2020, ce pays de 23 millions d’habitants dénombrait 447 cas d’infection et sept décès. Plus près de nous, l’Allemagne s’est préparée dès janvier 2020 à l’arrivée du nouveau coronavirus sur son territoire. L’hôpital universitaire de la Charité de Berlin a développé dès la mi-janvier un test diagnostique du SARS-CoV-2. À partir de la fin janvier, les médecins de ville ont commencé à tester les personnes présentant des symptômes d’infection par ce virus ainsi que les individus avec lesquels elles avaient été en contact. Cette campagne de dépistage a permis d’isoler les personnes infectées et de limiter la propagation du virus, en particulier aux sujets les plus vulnérables. Durant la seconde quinzaine de mars, les laboratoires allemands ont réalisé entre 350 000 et 500 000 tests par semaine. En France, où le matériel permettant de procéder aux prélèvements et de les analyser manquait cruellement, environ 225 000 tests ont été effectués entre le 24 février et le 27 mars. Plus de 85 % d’entre eux ont été réalisés par des laboratoires hospitaliers. L’Allemagne, où la population a eu largement accès au dépistage du SARS-CoV-2 et où le confinement a été moins strict qu’en France, recensait fin juin 194 864 cas d’infection et 9 029 décès pour une population de 83 millions d’habitants. À la même époque, la France, qui compte un peu moins de 67 millions d’habitants, dénombrait 162 936 cas d’infection et 29 778 décès. Le retard avec lequel les autorités françaises ont réagi à la menace représentée par le nouveau coronavirus est d’autant plus surprenant que le premier décès dû au Covid-19 hors d’Asie a eu lieu le 14 février dans un hôpital parisien. En Allemagne, cette maladie a fait ses deux premières victimes le 9 mars, soit trois semaines plus tard. À l’évidence, les autorités françaises ont tardé à prendre la mesure des conséquences potentielles de la propagation du SARS-CoV-2. Durant de longues semaines, les responsables politiques et administratifs se sont efforcés de rassurer la population en minorant les risques encourus et en affirmant que les moyens nécessaires pour enrayer une telle épidémie étaient disponibles. Le débat entourant la question du port du masque a été particulièrement révélateur à cet égard. Le 26 janvier, Agnès Buzyn, qui était alors ministre des Solidarités et de la Santé, a affirmé que la France disposait de stocks de dizaines de millions de masques destinés à être distribués en cas d’épidémie. Moins de deux mois plus tard, son successeur, Olivier Véran, a reconnu qu’il ne restait que 110 millions de masques dans les stocks de l’État alors qu’il y en avait plus d’un milliard dix ans plus tôt. Il s’est ensuivi une longue polémique, ponctuée par la publication dans la presse d’enquêtes détaillées consacrées à l’évolution de la stratégie nationale de réponse aux épidémies. Peu à peu, le grand public a compris que les mesures prises par le gouvernement français pour faire face à l’irruption du SARS-CoV-2 avaient été dictées par la pénurie de masques, de matériel de prélèvement, de réactifs et d’instruments de laboratoire permettant de réaliser les tests diagnostiques. Dans ce contexte, le confinement de l’ensemble de la population durant près de deux mois, du 17 mars au 11 mai 2020, est apparu comme le seul moyen de ralentir la progression de l’épidémie.L’exécutif a tenté de rejeter la responsabilité du défaut de préparation de la France sur les gouvernements précédents. Les données disponibles n’appuient pas cette thèse. La réduction des stocks étatiques de masques chirurgicaux s’est en effet accélérée à partir de 2017. La destruction de centaines de millions de masques jugés périmés a été décidée en 2018 – mais les stocks n’ont pas été reconstitués. Les débats sur la nécessité de relocaliser la production de matériel médical et de produits pharmaceutiques ont par ailleurs occulté une question essentielle : celle de la raison pour laquelle la France a, comme d’autres pays, renoncé dans les années soixante-dix à utiliser des masques de protection réutilisables, dont les performances étaient au moins équivalentes à celles des masques jetables. Quelques jours avant sa mort, le 6 avril 2020, l’économiste de la santé Claude Le Pen avait évoqué le rôle de l’administration dans ce désarmement sanitaire. Son analyse rejoignait celle du professeur Philippe Juvin, chef du service des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou et membre du parti Les Républicains. Celui-ci a mis en cause « la médiocrité de la haute administration, avec des hauts fonctionnaires qui sont dans l’entre-soi, et une classe politique qui manque de caractère pour s’opposer ». En dépit de leur brutalité, les propos du professeur Juvin ne sauraient être écartés d’un revers de main. Ils conduisent à s’interroger sur les raisons profondes qui ont porté les responsables publics français à ne pas prendre suffisamment au sérieux ceux qui mettaient en garde contre la survenue d’une pandémie majeure. De la difficulté à mobiliser face à une menace lointaine L’idée qu’un tel phénomène était appelé à se produire s’est diffusée après l’épidémie de SARS-CoV-1 de 2003. En 2005, Michael T. Osterholm, directeur du Center for Infectious Disease Research and Policy de l’université du Minnesota, publia un article dans lequel il soulignait que la probabilité d’une pandémie dévastatrice s’était significa-tivement accrue. Il appelait les pays avancés à s’y préparer en stockant du matériel de protection et des médicaments antiviraux, en augmentant le nombre de respirateurs disponibles, en développant la capacité de production de vaccins, mais aussi en anticipant les conséquences de la survenue d’une pandémie sur les processus de production (4). Un an plus tôt, l’historien américain John M. Barry, professeur à l’École de santé publique et de médecine tropicale de l’université Tulane (La Nouvelle-Orléans), avait fait paraître un essai consacré à la pandémie de grippe espagnole de 1918-1919. La lecture de The Great Influenza conduisit le président George W. Bush à demander à ses collaborateurs de concevoir une stratégie permettant de répondre à une pandémie comparable. Le souvenir du 11 septembre 2001 facilita leur mobilisation : ils savaient par expérience que des événements totalement inattendus aux conséquences extrêmement graves pouvaient survenir. Dans un discours prononcé en novembre 2005 au National Institutes of Health, l’agence du gouvernement des États-Unis qui supervise la recherche biomédicale, le président Bush dévoila leurs premières conclusions en décrivant de façon très précise la façon dont une épidémie progresserait sur le territoire national et en identifiant les problèmes auxquels les pouvoirs publics seraient confrontés. Pendant trois ans, des moyens financiers importants furent consacrés à ce projet. Celui-ci fut toutefois délaissé après le second mandat du président Bush. L’essai de John M. Barry convainquit également Bill Gates qu’une pandémie de grande ampleur se produirait presque certainement. Le fondateur de Microsoft, qui consacre désormais le meilleur de son temps à la fondation qu’il a créée afin d’améliorer l’accès aux soins de santé et de réduire la pauvreté, exhorta à plu-sieurs reprises les responsables publics du monde entier à développer des moyens de lutte contre des agents pathogènes encore inconnus. Il tint le même discours lors d’une conférence TED de mars 2015, dont l’enregistrement a été abondamment partagé sur les réseaux sociaux lors de la pandémie de Covid-19. Ses appels sont restés lettre morte.Michael T. Osterholm et Mark Olshaker, qui ont mis en garde dans un livre paru en 2017 contre la menace grandissante représentée par différents agents pathogènes, ont récemment analysé dans Foreign Affairs la réponse des autorités américaines à l’émergence du SARS-CoV-2. Ils utilisent pour ce faire une notion issue de l’économie comportementale : la dévaluation hyperbolique (hyperbolic discounting), qui désigne l’augmentation brutale de l’évaluation d’une récompense lorsqu’on s’en rapproche. Le cas d’un individu impatient qui préfère une petite récompense proche dans le temps à une récompense importante mais lointaine en constitue une illustration. L’existence d’un tel phénomène explique la difficulté qu’éprouvent les responsables publics à placer la possibilité d’une pandémie au premier rang de leurs préoccupations. Michael T. Osterholm et Mark Olshaker constatent par ailleurs que le gouvernement des États-Unis n’a pas interprété correctement les signes indiquant que le SARS-CoV-2 pourrait provoquer une pandémie – signes qui, selon eux, étaient présents dès le début de l’année 2020. L’ampleur des ravages causés par la pandémie de Covid-19 contraint les pouvoirs publics à réviser en profondeur la manière dont ils appréhendent l’incertitude. Dans un ouvrage intitulé « Risque, incertitude et profit », publié en 1921, l’économiste américain Frank Knight a proposé de distinguer les situations risquées, où la distribution de probabilité des cas possibles est connue, des situations incertaines, où les cas possibles ne sont pas connus. Or le risque est beaucoup plus facile à gérer que l’incertitude. Il est par exemple nettement plus aisé de concevoir les dégâts susceptibles d’être provoqués par une tempête ou une marée noire que de se projeter dans une situation où la présence d’un agent pathogène fait courir un risque potentiellement létal à une partie de la population. De façon à se préparer à une telle éventualité, il est indispensable que les pouvoirs publics – qu’il s’agisse de l’administration ou des responsables politiques – renforcent leurs liens avec la communauté scientifique. En France, l’absence quasi totale de culture scientifique aux échelons les plus élevés de l’administration comme au sein de la classe politique constitue un frein majeur à un tel rapprochement. Pour ce qui concerne la fonction publique, les conditions de recrutement des hauts fonctionnaires expliquent largement ce qui apparaît désormais comme une faiblesse dangereuse. Le rapport de la Mission haute fonction publique remis au Premier ministre le 18 février 2020 contient à cet égard des informations et des propositions très révélatrices. Les diplômés de Sciences Po Paris représentent les trois quarts des candidats admis au concours externe de l’École nationale d’administration (ENA). Or les disciplines scientifiques sont presque totalement étrangères au cursus de Sciences Po. Cet établissement ne dote pas davantage les étudiants ayant choisi la filière « Affaires publiques » d’une véritable formation disciplinaire. La formation par la recherche y est enfin réservée aux étudiants s’engageant dans la préparation d’un master recherche ou d’un doctorat. Autre-ment dit, les trois quarts des admis au concours externe de l’ENA – et une proportion plus importante encore si l’on tient compte des admis issus des autres instituts d’études politiques – n’ont pas bénéficié d’une formation intellectuelle rigoureuse permettant d’apprendre à chercher et à identifier des informations pertinentes, à les hiérarchiser, à quantifier et qualifier les liens unissant des variables, et, in fine, à bâtir une pensée originale sur des bases solides. Si les membres de la Mission haute fonction publique soulignent les vertus de la formation par la recherche, « qui développe la créativité, la ténacité, voire l’humilité », ils jugent toutefois préférable que la voie de recrutement réservée aux titulaires d’un doctorat soit limitée à quelques postes par an dans l’école d’administration publique dont ils préconisent la création. Cette conclusion est d’autant plus stupéfiante que le doctorat est, comme le souligne ce rapport, le diplôme de référence dans les organisations internationales. Pour tenter de résoudre cette contradiction, les membres de la Mission haute fonction publique proposent d’encourager les hauts fonctionnaires à préparer un doctorat, par exemple en aménageant leurs premières affectations de façon à ce qu’ils puissent mener une recherche en parallèle. Ceux qui connaissent le mode de fonctionnement de l’administration française savent que la diffusion à dose homéopathique de la formation par la recherche ne changera pas la donne. Pour préparer l’administration à répondre aux défis d’un monde de plus en plus incertain, il est devenu nécessaire de procéder à une révolution culturelle consistant à réduire la place accordée aux gestionnaires et à accroître celle attribuée aux « têtes chercheuses ». La formation par la recherche a une vertu supplémentaire : elle produit des esprits indépendants, qui placent la quête de la vérité scientifique avant toute autre considération. François Mitterrand aurait dit qu’il fallait avoir la nuque raide pour ce que l’on estime juste. Quand le monde devient dangereux, les « nuques raides » sont plus précieuses que les adeptes du consensus mou. Là encore, la comparaison de la façon dont les responsables politiques français et allemands ont répondu à la crise sanitaire du Covid-19 est éclairante. En France, une classe politique déboussolée n’a guère trouvé d’arguments à opposer à la rhétorique guerrière embrassée par le président de la République. En Allemagne, la chancelière s’est appuyée sur son expérience de physicienne pour comprendre les risques associés à la propagation du SARS-CoV-2 et concevoir une stratégie permettant d’enrayer l’épidémie. Quand Emmanuel Macron dramatisait les enjeux et en appelait à l’union nationale, Angela Merkel emportait la conviction en expliquant aux Allemands comment agir pour ralentir la progression du virus. La crise sanitaire a montré que la capacité d’analyse, la rigueur et la pédagogie sont des qualités plus utiles que le brio. C’est une leçon dont nous devrons nous souvenir.

Voir aussi:

Mike Pompeo: « Ce que veut vraiment le président Donald Trump au sujet du nucléaire iranien »

TRIBUNE EXCLUSIVE – Dans Le Figaro, le secrétaire d’État des États-Unis défend la politique «dure» adoptée par Washington à l’égard de l’Iran.

Mike Pompeo

«Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités», a dit Charles de Gaulle. Cette maxime guide la politique des États-Unis à l’égard de la République islamique d’Iran. Nous reconnaissons ce régime pour ce qu’il est: le premier État commanditaire du terrorisme au monde et la principale source d’instabilité au Moyen-Orient. Je pense que nos amis français perçoivent eux aussi la véritable nature de Téhéran. Reste à savoir si la France est disposée à se joindre à nous pour s’opposer à l’Iran afin d’assurer la paix et la stabilité de la région.

La brutalité du régime actuel frappe en premier lieu le peuple iranien lui-même. Au cours de la seule année dernière, les forces de sécurité ont tué au moins 1500 manifestants pacifiques descendus dans les rues de tout le pays après une augmentation du prix des carburants. Le harcèlement, la discrimination et l’emprisonnement abusif sont choses courantes pour les membres de minorités religieuses, les femmes qui refusent de porter le hijab, les homosexuels et ceux qui dénoncent les autorités.

On compte également parmi les victimes de Téhéran certains de mes compatriotes américains. Le Hezbollah, soutenu par l’Iran, a tué des centaines d’Américains (et de nombreux ressortissants français) au cours d’attaques menées au Liban dans les années 1980, notamment lors de l’attentat à la bombe contre la caserne des marines à Beyrouth en 1983. Dix-neuf autres Américains ont péri en Arabie saoudite dans l’attentat des tours de Khobar commis par le Hezbollah en 1996. Et plus de 600 militaires américains ont été tués par des militants soutenus par les Iraniens au cours de la deuxième guerre d’Irak. Aujourd’hui, Téhéran retient trois Américains en otage.

Et cependant, les attentats qui ont fait couler le sang américain et commandités par l’Iran ne sont qu’une des formes de malveillance dans l’histoire de l’Iran au Moyen-Orient. En 2015, les pays libres espéraient que le Plan d’action global commun (PAGC) mettrait fin au comportement néfaste du régime – et en particulier à ses activités nucléaires illicites. Ils espéraient que le renforcement économique de l’Iran modérerait la violence subversive du régime.

Loin de rejoindre la communauté des nations, l’Iran a réagi à l’apaisement de l’Ouest par des massacres et une défiance accrus. Ce sont, l’an dernier, des missiles iraniens qui ont frappé des installations pétrolières saoudiennes, et des mines iraniennes qui ont explosé sur des navires marchands dans le golfe Persique. Au Yémen, les rebelles houthis appuyés par l’Iran alimentent l’une des pires crises humanitaires mondiales. Les milices chiites soutenues par l’Iran, telles que les Kataeb Hezbollah, portent atteinte à la souveraineté nationale et étouffent la démocratie en Irak. Les sables de Syrie sont gorgés du sang d’innocents à cause des forces iraniennes, du régime Assad appuyé par l’Iran et du Hezbollah.

Aucun pays n’a autant souffert que le Liban sous le talon de l’Iran. Le Hezbollah, mercenaire de l’Iran, y est depuis quelque trois décennies le principal acteur politique. Aujourd’hui, à Beyrouth, la corruption règne, le système financier et politique délabré fonctionne à peine, et les jeunes Libanais manifestent dans les rues au son de slogans comme «Iran dehors!».

Malheureusement, la France refuse de désigner l’ensemble du Hezbollah comme une organisation terroriste, comme l’ont fait d’autres pays européens, et freine les progrès de l’Union européenne dans ce sens. Au lieu de cela, Paris s’en tient à cette fiction qu’il existe une «aile politique» du Hezbollah, alors que celui-ci est entièrement contrôlé par un seul terroriste, Hassan Nasrallah. Je partage la frustration des vingt-sept personnalités publiques françaises qui, dans une tribune collective publiée dans Le Figaro , ont récemment appelé la France à adopter cette désignation.

Les faits sont les suivants: une fois le PAGC en place, le budget militaire de l’Iran est monté en flèche et les milices et terroristes soutenus par le pays ont obtenu davantage de fonds pour tuer et affermir leur présence dans tout le Moyen-Orient. L’Iran s’est doté de la plus grande force de missiles balistiques de la région et a enfreint de multiples dispositions de l’accord concernant les questions nucléaires. Le scepticisme manifesté par de nombreux dirigeants français à l’égard de l’accord durant les négociations semble aujourd’hui plus justifié que jamais.

Le président Trump pense que seule une pression maximale exercée sur le régime, et non l’apaisement, peut induire les changements de comportement que nous recherchons tous. C’est pourquoi les États-Unis ont imposé à l’Iran des sanctions économiques sans précédent et rétabli les mesures de dissuasion militaires à son encontre, notamment par l’élimination de Qassem Soleimani.

Notre campagne vise également à nous assurer que l’Iran ne puisse ni acheter ni vendre des armes conventionnelles – chars d’assaut lourds, avions de combat, missiles et autres. C’est ce qu’a fait le Conseil de sécurité de l’ONU en imposant à l’Iran des limites de transferts d’armes durant les treize dernières années. Mais les auteurs du PAGC ont commis une terrible erreur en fixant à ces dispositions une date d’expiration: le 18 octobre de cette année.

Les conséquences d’une levée d’embargo sont évidentes: le premier État commanditaire mondial du terrorisme fournira des armes à des terroristes ou à des tyrans. Les infrastructures de transports et d’énergie du Moyen-Orient – qui sont cruciales pour les économies de l’Europe et d’autres régions du monde – tomberont sous le coup d’une menace encore plus forte. Et les populations de la région seront exposées à des souffrances encore plus grandes aux mains des ayatollahs.

Rarement une évolution aussi dangereuse a-t-elle été aussi évitable. Mais le 14 août dernier, la France, et avec elle le Royaume-Uni et l’Allemagne, s’est abstenue d’appuyer la résolution visant la prorogation de l’embargo sur les armes introduite au Conseil de sécurité par les États-Unis.

Le prolongement de l’embargo aurait servi la mission de «maintien de la paix et de la sécurité internationales» qui est celle du Conseil de sécurité, la coopération transatlantique et plus généralement le multilatéralisme. Alors pourquoi nos amis européens n’ont-ils pas soutenu la proposition raisonnable qui était émise, ou au moins proposé une alternative? Pourquoi m’ont-ils affirmé en privé les dangers de la fin de l’embargo, mais n’ont pas agi en public?

Concernant la politique appliquée, il s’agit d’un problème de peur. Nos alliés européens craignent que, s’ils considèrent l’Iran comme responsable de son comportement déstabilisateur, Téhéran réagisse par des violations encore plus nombreuses de l’accord. Cette stratégie d’apaisement ne joue qu’en faveur de la grande stratégie de l’Iran. C’est une campagne d’extorsion diplomatique efficace, forgée par mon prédécesseur, le secrétaire d’État Kerry.

Les calculs politiques entrent également en jeu dans les prises de position de l’Europe, où plusieurs dirigeants refusent d’agir avant l’issue de la prochaine élection présidentielle américaine. Cette manœuvre cynique considère les mutilations et les massacres commis par l’Iran comme des dommages collatéraux acceptables, et estime que Washington, ce qui est regrettable, est plus dangereux pour le monde que Téhéran. Je me demande si les habitants de Beyrouth, de Riyad ou de Jérusalem, les villes les plus exposées à l’Iran, seraient d’accord. Comment est-il possible que la France vote contre l’embargo sur les armes, et que la semaine suivante le président Macron rencontre un haut représentant du Hezbollah à Beyrouth?

Le 20 août, j’ai fait appel à l’autorité des États-Unis afin de rétablir presque toutes les sanctions de l’ONU contre l’Iran que la résolution 2231 du Conseil de sécurité avait suspendues. Le rétablissement de ces sanctions n’a jamais été le premier choix des États-Unis, mais elles seront bientôt en vigueur pour de bon. Tous les pays sont tenus de les appliquer ; ne pas le faire porterait gravement atteinte à l’autorité et à la crédibilité du Conseil de sécurité et risquerait de normaliser une application sélective de ses résolutions. Comment les pays pourraient-ils alors se prétendre légitimement défenseurs du multilatéralisme?

Voir également:

« Nous sommes en guerre » : le verbatim du discours d’Emmanuel Macron

Tandis que l’épidémie due au coronavirus progresse chaque jour en France, le président de la République a annoncé lundi soir une stricte restriction des déplacements pendant au moins quinze jours.

Le Monde

16 mars 2020

Pendant que l’épidémie de Covid-19 progresse chaque jour en France, le président de la République, Emmanuel Macron, s’est exprimé, lundi 16 mars à 20 heures, dans une allocution télévisée. Nous retranscrivons ci-dessous ses propos.

« Françaises, Français, mes chers compatriotes. Jeudi soir, je me suis adressé à vous pour évoquer la crise sanitaire que traverse le pays. Jusqu’alors, l’épidémie de Covid-19 était peut-être pour certains d’entre vous une idée lointaine. Elle est devenue une réalité immédiate, pressante. Le gouvernement a pris, comme je vous l’avais annoncé, des dispositions fermes pour freiner la propagation du virus. Les crèches, les écoles, les collèges, les lycées, les universités sont fermées depuis ce jour. Samedi soir, les restaurants, les bars, tous les commerces non essentiels à la vie de la nation ont également clos leurs portes. Les rassemblements de plus de 100 personnes ont été interdits. Jamais la France n’avait dû prendre de telles décisions, évidemment exceptionnelles, évidemment temporaires en temps de paix. Elles ont été prises avec ordre, préparation, sur la base de recommandations scientifiques avec un seul objectif : nous protéger face à la propagation du virus.

Dans la journée de jeudi, un consensus scientifique et politique s’est formé pour maintenir le premier tour des élections municipales et j’ai pris, avec le premier ministre, la décision de maintenir le scrutin. Hier dimanche, les opérations de vote ont donc pu se tenir. Je veux ce soir remercier les services de l’Etat, les maires, l’ensemble des services des mairies, tous ceux qui ont tenu les bureaux de vote et qui ont donc permis l’organisation de ce scrutin. Je veux aussi saluer chaleureusement les Françaises et les Français qui, malgré le contexte, se sont rendus aux urnes dans le strict respect des consignes sanitaires, des gestes barrières contre le virus. Je veux aussi ce soir adresser mes félicitations républicaines aux candidats élus au premier tour. Environ 30 000 communes sur 35 000 ont après ce premier tour un conseil municipal.

Mais dans le même temps, alors même que les personnels soignants des services de réanimation alertaient sur la gravité de la situation, nous avons aussi vu du monde se rassembler dans les parcs, des marchés bondés, des restaurants, des bars qui n’ont pas respecté la consigne de fermeture. Comme si, au fond, la vie n’avait pas changé.

A tous ceux qui, adoptant ces comportements, ont bravé les consignes, je veux dire ce soir, très clairement, non seulement vous ne vous protégez pas, vous, et l’évolution récente a montré que personne n’est invulnérable, y compris les plus jeunes, mais vous ne protégez pas les autres, même si vous ne présentez aucun symptôme, vous pouvez transmettre le virus. Même si vous ne présentez aucun symptôme, vous risquez de contaminer vos amis, vos parents, grands-parents, de mettre en danger la santé de ceux qui vous sont chers. Dans le Grand-Est, dans les Hauts-de-France, en Ile-de-France, nos soignants se battent pour sauver des vies avec dévouement, avec force.

Au moment où la situation sanitaire se dégrade fortement, où la pression sur nos hôpitaux et nos soignants s’accentue, tout notre engagement, toute notre énergie, toute notre force doivent se concentrer sur un seul objectif : ralentir la progression du virus. Je vous le redis avec force ce soir : respectons les gestes barrières, les consignes sanitaires. C’est le seul moyen de protéger les personnes vulnérables, d’avoir moins de concitoyens infectés et ainsi de réduire la pression sur les services de réanimation pour qu’ils puissent mieux accueillir, mieux soigner. Sans signes graves, contactons notre médecin traitant, n’appelons le SAMU et ne nous rendons à l’hôpital qu’en cas de fortes fièvres, de difficultés à respirer, sans quoi ils ne pourront faire face à la vague de cas graves qui déjà se profile dans certaines régions. Faisons preuve, au fond, d’esprit solidaire et de sens des responsabilités. Chacun d’entre nous doit à tout prix limiter le nombre de personnes avec qui il est en contact chaque jour. Les scientifiques le disent, c’est la priorité absolue.

C’est pourquoi, après avoir consulté, écouté les experts, le terrain et en conscience, j’ai décidé de renforcer encore les mesures pour réduire nos déplacements et nos contacts au strict nécessaire. Dès demain midi et pour quinze jours au moins, nos déplacements seront très fortement réduits. Cela signifie que les regroupements extérieurs, les réunions familiales ou amicales ne seront plus permises. Se promener, retrouver ses amis dans le parc, dans la rue, ne sera plus possible. Il s’agit de limiter au maximum ses contacts au-delà du foyer. Partout sur le territoire français, en métropole comme outre-mer, seuls doivent demeurer les trajets nécessaires. Nécessaire pour faire ses courses avec de la discipline et en mettant les distances d’au moins un mètre, en ne serrant pas la main, en n’embrassant pas. Les trajets nécessaires pour se soigner, évidemment. Les trajets nécessaires pour aller travailler quand le travail à distance n’est pas possible et les trajets nécessaires pour faire un peu d’activité physique mais sans retrouver, là encore, des amis ou des proches. Toutes les entreprises doivent s’organiser pour faciliter le travail à distance. Et quand cela ne sera pas possible, elles devront adapter dès demain leur organisation pour faire respecter ces gestes barrières contre le virus, c’est-à-dire protéger leurs salariés ou, quand il s’agit d’indépendants, se protéger eux-mêmes.

Le gouvernement précisera les modalités de ces nouvelles règles dès ce soir, dès après mon allocution. Toute infraction à ces règles sera sanctionnée. Je vous le dis avec beaucoup de solennité ce soir. Ecoutons les soignants qui nous disent « si vous voulez nous aider, il faut rester chez vous et limiter les contacts ». C’est le plus important, évidemment. Ce soir, je pose des règles nouvelles. Nous posons des interdits. Il y aura des contrôles, mais la meilleure règle, c’est celle qu’en tant que citoyens, vous vous appliquez à vous-mêmes et une fois encore, j’en appelle à votre sens des responsabilités et de la solidarité.

Dans ce contexte, après avoir consulté le président du Sénat, le président de l’Assemblée nationale, mais également mes prédécesseurs, j’ai décidé que le second tour des élections municipales serait reporté. Le premier ministre en a informé aujourd’hui même les chefs de partis représentés au Parlement. Cette décision a fait l’objet d’un accord unanime.

Mes chers compatriotes, je mesure l’impact de toutes ces décisions sur vos vies. Renoncer à voir ses proches, c’est un déchirement. Stopper ses activités quotidiennes, ses habitudes, c’est très difficile. Cela ne doit pas nous empêcher de garder le lien, d’appeler nos proches, de donner des nouvelles, d’organiser aussi les choses avec nos voisins. D’inventer de nouvelles solidarités entre générations. De rester, comme je vous l’ai dit jeudi dernier, profondément solidaires et d’innover là aussi sur ce point. Je sais que je vous demande de rester chez vous.

Je vous demande aussi de garder le calme dans ce contexte. J’ai vu ces dernières heures des phénomènes de panique en tous sens. Nous devons tous avoir l’esprit de responsabilité. Il ne faut pas que les fausses informations circulent à tout-va et en restant chez vous, occupez-vous des proches qui sont dans votre appartement, votre maison ; donnez des nouvelles, prenez des nouvelles, lisez. Retrouvez aussi ce sens de l’essentiel. Je pense que c’est important dans les moments que nous vivons. La culture, l’éducation, le sens des choses est important. Evitez l’esprit de panique, de croire dans les fausses rumeurs. Les demi-experts ou les faux-sachants. La parole est claire, l’information est transparente et nous continuerons de la donner. Mais croyez-moi, cet effort que je vous demande, je sais qu’il est inédit mais les circonstances nous y obligent.

Nous sommes en guerre, en guerre sanitaire certes. Nous ne luttons ni contre une armée ni contre une autre nation, mais l’ennemi est là, invisible, insaisissable, et qui progresse. Et cela requiert notre mobilisation générale. Nous sommes en guerre. Toute l’action du gouvernement et du Parlement doit être désormais tournée vers le combat contre l’épidémie, de jour comme de nuit. Rien ne doit nous en divertir. C’est pourquoi j’ai décidé que toutes les réformes en cours seraient suspendues, à commencer par la réforme des retraites.

Dès mercredi, en conseil des ministres, sera présenté un projet de loi permettant au gouvernement de répondre à l’urgence et, lorsque nécessaire, de légiférer par ordonnance dans les domaines relevant strictement de la gestion de crise. Ce projet sera soumis au Parlement dès jeudi. J’ai vu tout à l’heure les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat afin que ces textes soient votés le plus finement possible, afin aussi que la vie démocratique et le contrôle du Parlement continuent dans cette période. Je les en remercie et je remercie tous nos parlementaires en cet instant.

Nous sommes en guerre. J’appelle tous les acteurs politiques, économiques, sociaux, associatifs, tous les Français à s’inscrire dans cette union nationale qui a permis à notre pays de surmonter tant de crises par le passé. Nous sommes en guerre et la Nation soutiendra ses enfants qui, personnels soignants en ville, à l’hôpital, se trouvent en première ligne dans un combat qui va leur demander énergie, détermination, solidarité. Ils ont des droits sur nous. Nous leur devons évidemment les moyens, la protection. Nous serons là. Nous leur devons, des masques, du gel, tout le matériel nécessaire. Et nous y veillons et y veillerons.

Nous avons décidé avec les scientifiques de réserver les masques en priorité pour l’hôpital et la médecine de ville et de campagne, en particulier les généralistes et les infirmières, désormais en première ligne aussi dans la gestion de la crise. Des masques seront livrés dans les pharmacies dès demain soir, dans les vingt-cinq départements les plus touchés, mercredi pour le reste du territoire national. J’ai aussi entendu le message des spécialistes, en particulier les chirurgiens-dentistes et beaucoup d’autres. Des solutions seront trouvées avec le ministre de la santé dans les prochaines heures.

Nous devons aussi aux soignants la garde de leurs enfants. Un service minimum de garde est en place depuis ce jour dans les crèches et dans les écoles. Nous leur devons aussi sérénité, dans leurs déplacements, et repos. C’est pourquoi j’ai décidé que dès demain les taxis et les hôtels pourront être mobilisés à leur profit. L’Etat paiera.

Nous sommes en guerre, oui. Le pays accompagnera dans cette période les régions les plus touchées aujourd’hui, comme celles qui le seront demain. A ce titre, je veux assurer les habitants, les personnels soignants du Grand-Est que nous serons au rendez-vous pour les appuyer face à l’afflux de patients et à la saturation des hôpitaux. Je sais ce qu’ils vivent depuis des jours et des jours. Nous sommes avec eux. J’ai décidé pour cela qu’un hôpital de campagne du service de santé des armées serait déployé dans les jours à venir en Alsace. Les armées apporteront aussi leur concours pour déplacer les malades des régions les plus affectées et ainsi réduire la congestion des hôpitaux de certains territoires.

Nous sommes en guerre. Aussi, comme je vous l’ai dit jeudi, pour nous protéger et contenir la dissémination du virus, mais aussi préserver nos systèmes de soins, nous avons pris ce matin, entre Européens, une décision commune. Dès demain midi, les frontières à l’entrée de l’Union européenne et de l’espace Schengen seront fermées. Concrètement, tous les voyages entre les pays non européens et l’Union européenne seront suspendus pendant trente jours. Les Françaises et les Français qui sont actuellement à l’étranger et souhaitent rentrer pourront bien entendu rejoindre leur pays. Nous devons prendre cette décision parce que je vous demande ce soir d’importants efforts et que nous devons, dans la durée, nous protéger. Et je veux dire à tous nos compatriotes qui vivent à l’étranger que là aussi, en bon ordre, ils doivent se rapprocher des ambassades et consulats et que nous organiserons pour celles et ceux qui le souhaitent, et là où c’est nécessaire, le rapatriement.

Vous l’aurez compris, vous le pressentez, cette crise sanitaire sans précédent aura des conséquences humaines, sociales, économiques majeures. C’est aussi ce défi que nous devons mener. Je vous demande des sacrifices pour ralentir l’épidémie. Jamais ils ne doivent mettre en cause l’aide aux plus fragiles, la pérennité d’une entreprise, les moyens de subsistance des salariés comme des indépendants.

Pour les plus précaires, pour les plus démunis, pour les personnes isolées, nous ferons en sorte, avec les grandes associations, avec aussi les collectivités locales et leurs services, qu’ils puissent être nourris, protégés, que les services que nous leur devons soient assurés. Pour la vie économique, pour ce qui concerne la France, aucune entreprise, quelle que soit sa taille, ne sera livrée au risque de faillite. Aucune Française, aucun Français ne sera laissé sans ressources.

S’agissant des entreprises, nous mettons en place un dispositif exceptionnel de report de charges fiscales et sociales, de soutien au report d’échéances bancaires et de garanties de l’Etat à hauteur de 300 milliards d’euros pour tous les prêts bancaires contractés auprès des banques. Pour les plus petites d’entre elles, et tant que la situation durera, celles qui font face à des difficultés n’auront rien à débourser ni pour les impôts, ni pour les cotisations sociales. Les factures de gaz ou d’électricité ainsi que les loyers devront être suspendus.

En outre, afin que personne ne soit laissé sans ressources, pour les salariés le dispositif de chômage partiel sera massivement élargi, comme je vous l’avais annoncé jeudi dernier, et comme le gouvernement a commencé à le préciser. Pour les entrepreneurs, commerçants, artisans, un fonds de solidarité sera créé, abondé par l’Etat, et auquel le premier ministre proposera aux régions aussi de contribuer.

Le gouvernement, dès demain, précisera toutes ces mesures. Elles seront en fonction des besoins, des réalités économiques, des nécessités secteur par secteur, évidemment adaptées. Nous serons au rendez-vous pour que notre économie soit préservée dans cette période si dure et pour que l’ensemble des travailleuses et des travailleurs puissent avoir cette sécurité aussi en termes de pouvoir d’achat, de continuité de leur vie.

Mes chers compatriotes, la France vit un moment très difficile. Nul ne peut en prévoir précisément la durée et à mesure que les jours suivront les jours, que les problèmes succéderont aux problèmes, il faudra en lien avec les éclairages donnés par les scientifiques, des expériences de terrain, il faudra nous adapter. Nous allons continuer aussi pendant cette période de travailler, de progresser sur les traitements et je sais le dévouement de plusieurs équipes partout sur notre territoire avec les premiers espoirs qui naissent, et nous continuerons aussi d’avancer sur le vaccin.

Régulièrement, je m’adresserai à vous. Je vous dirai à chaque fois, comme je l’ai fait, comme le gouvernement le fait, la vérité sur l’évolution de la situation. J’ai une certitude : plus nous agirons ensemble et vite, plus nous surmonterons cette épreuve. Plus nous agirons en citoyens, plus nous ferons preuve de la même force d’âme, de la même abnégation patriote que démontrent aujourd’hui nos personnels soignants, nos sapeurs-pompiers, l’ensemble des acteurs de la sécurité civile, plus vite nous sortirons de cette vie au ralenti. Nous y arriverons.

Mes chers compatriotes, en étant unis, solidaires, je vous demande d’être responsables tous ensemble et de ne céder à aucune panique, d’accepter ces contraintes, de les porter, de les expliquer, de vous les appliquer à vous-mêmes. Nous nous les appliquerons tous, il n’y aura pas de passe-droits. Mais là aussi de ne céder ni à la panique ni au désordre. Nous gagnerons, mais cette période nous aura beaucoup appris. Beaucoup de certitudes, de convictions seront balayées, seront remises en cause. Beaucoup de choses que nous pensions impossibles adviennent. Ne nous laissons pas impressionner, agissons avec force, mais retenons cela, le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour aux jours d’avant. Nous serons plus forts moralement. Nous aurons appris et je saurai aussi avec vous en tirer toutes conséquences, toutes les conséquences. Hissons-nous, individuellement et collectivement, à la hauteur du moment. Je sais, mes chers compatriotes, pouvoir compter sur vous. Vive la République ! Vive la France ! »

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Présidentielle américaine: cette campagne de 2020 dont la musique rappelle étrangement 2016

ANALYSE – Dans les provinces profondes, personne ou presque ne prête attention à la charge de la cavalerie antitrumpiste.

Laure Mandeville
Le Figaro
17 septembre 2020

Bien sûr, il y a le Covid, les 200.000 morts, les masques, le virus qui continue de courir, les frontières fermées, le business qui souffre. Toutes ces circonstances qui font de l’élection qui approche un défi gigantesque pour le président sortant. Mais pour l’essentiel, la musique de fond de cette drôle de campagne 2020, où les démocrates mobilisent en ligne pour montrer qu’ils sont «responsables» et «respectueux des experts», tandis que Trump s’en va en chair et en os chez ses électeurs pour leur dire que l’Amérique est vivante et «toujours grande», ressemble à s’y tromper à celle de 2016: pour ou contre Trump, jusqu’à la caricature. D’un côté, une polyphonie orchestrée par tout ce que l’élite compte de sommités monte au créneau, avec tambours et trompettes médiatiques, pour affirmer que le président est «inapte à gouverner».

De l’autre, les chœurs du peuple trumpien scandent «quatre ans de plus» sans prêter la moindre attention à la cascade de livres et de révélations censés accabler leur héros. Du coup, le pays vit en schizophrène, dans deux salles de «concert électoral» qui ne communiquent pas, comme c’est le cas depuis quatre ans.

Dans la première – journaux, télés, Twitter – on parle des dernières révélations du livre Rage du journaliste Bob Woodward, ancien «tombeur de Nixon». Il est sorti de ses 17 conversations avec le président «effaré», notamment après que ce dernier lui ait confié avoir «sous-estimé» publiquement la dangerosité du Covid, parce qu’il ne voulait pas semer la panique. Preuve de son incapacité et de son amoralité, dénoncent les éditorialistes. «Un mélange de couard, raciste, menteur, frimeur, narcisse, arnaqueur et vantard», écrit notamment Roger Cohen à la une du New York Times. Mais cette propension à diaboliser Trump pourrait paradoxalement s’avérer contre-productive, les démocrates donnant le sentiment de n’avoir tiré aucune leçon de l’échec essuyé en 2016.

Pour l’instant, l’essentiel des analystes parient toujours sur Joe Biden. Mais les sondages se resserrent. Les débats seront sans doute déterminants

La plus singulière surprise de 2020 est en effet que, malgré le Covid, les ratages, les innombrables défauts de Trump, et les grincements de dents de l’élite, il continue de porter les espoirs de quelque 45 % de la population! Les démocrates s’acharnent sur l’homme. Mais lui chevauche une colère réelle qui ne passe pas. C’est ainsi que dans les provinces profondes, personne ou presque ne prête attention à la charge de la cavalerie antitrumpiste. C’est ce que confie au téléphone Lynette Vilano, activiste républicaine de Pennsylvanie, dégoûtée par la manière dont les médias traitent «son président». «Depuis le premier jour, ils ne lui donnent aucune chance. Alors nous n’écoutons plus», dit-elle.

Même le fait que Trump ait fait la paix entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn, n’a été pas mis à son crédit, regrette l’activiste, qui affirme que «CNN a totalement sous-couvert» la percée diplomatique car elle ne colle pas à leur discours sur le désastre de sa politique étrangère. Lynette Vilano affirme que le soutien à Trump dans son comté, «ne cesse de grandir» et que «de nombreux démocrates continuent de migrer vers le Parti républicain». Comme en 2016. Un constat intéressant mais qui reste à l’échelle locale, se hâte-t-elle de dire. Pour l’instant, l’essentiel des analystes parient toujours sur Joe Biden qui, selon la militante républicaine, ressemble à son mari «quand il s’est mis à vieillir et à ne plus trop s’orienter». Mais les sondages se resserrent. Les débats seront sans doute déterminants.


Coronavirus: Nous aurions dû suivre l’exemple suédois ! (As Sweden has shown, what’s the point of shutting down if the countries that shut down the most see rates shoot up when they open up again?)

3 septembre, 2020

La Covid est terminée en Suède. Les gens sont revenus à leur vie normale et presque personne n’est plus infecté. Je suis prêt à parier que les pays qui ont complètement fermé verront leurs taux monter en flèche lorsqu’ils ouvriront. Si tel est le cas, alors c’est il n’y avait aucune raison de se confiner en premier lieu … Arrêter complètement pour réduire le nombre total de décès n’a de sens que si vous êtes prêt à rester fermé jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible. Ce qui pourrait prendre des années. Aucun pays n’est prêt à attendre aussi longtemps. Sebastian Rushworth (Swedish medical doctor)
Obliger les gens des plus grandes villes bas-rhinoises à promener leur chien à deux heures du matin avec un masque porte atteinte aux libertés fondamentales. Maintenant, la préfète va devoir prendre des mesures plus restreintes en termes de zones et de plages horaires. J’insiste : mes deux clients ne sont pas des anti-masque mais ils veulent qu’il soit porté de manière utile. Marc Jantkowiak (avocat de Vincent Feireisen, psychologue hospitalier, et Christian Chartier, médecin)
On veut nous faire croire que la deuxième vague arrive, je l’ai toujours pas vu arriver. (…) Les personnes hospitalisées sont de moins en moins nombreuses. (…) Ce qui compte, c’est les hospitalisations et les décès. (…) Les décès, il y en avait 500 par jour il y a quelques mois. Maintenant, c’est entre 10 et 20. Quand je vois des personnes qui décèdent à l’hôpital, ce sont des gens extrêmement âgés qui ont beaucoup de maladies sous-jacentes qui les fragilisent. (…) L’épidémie est en train de se terminer et on nous fait peur, on nous fait peur pourquoi ? (…)Au départ, on avait pas de tests quand il en fallait. Maintenant que l’épidémie se termine, ils en font 700 000, 800 000 par semaine. Et Olivier Véran était tout fier d’annoncer l’autre jour: ‘on va passer à un million de tests par semaine’.  (…) Un test PCR, il y a environ 3% de faux positifs. (…) donc on va inventer des gens qui sont en pleine forme, qui n’ont aucun symptôme (…) Si Olivier Véran est suivi et qu’il y a vraiment un million de tests par semaine, on aura 30 000 faux positifs par semaine. Sans compter  les vrais positifs (…) qui ont pratiquement pas de symptômes. C’est des sujets jeunes qui ont un petit rhume, une petite grippe ou une bronchite. (…) C’est du délire total. (…) C’est un non-sens scientifique de faire d’un test comme ça un dépistage de masse. (…) Ils entretiennent la peur en disant ‘regardez l’épidémie repart à la hausse !’ Tout ça, c’est bidon. (…) On a vraiment pris les Français pour des cons, pardonnez-moi l’expression. On a voulu les culpabiliser. (…) À chaque fois, on a rejeté la faute sur les Français qui faisaient pas bien. (…) Les décisions politiques étaient mauvaises, ce n’est pas la faute des Français. On les a vraiment pris pour des enfants, on leur a fait la leçon… (…) Les Français ont eu très peur, après ils ont eu moins peur, maintenant on leur refait peur, je n’ai jamais vu une nouvelle peur comme ça alors qu’il n’y a plus de maladie quasiment. Tout ça, c’est un peu de la manipulation de masse, (…) je trouve qu’il y a une dérive grave. (…) Le coup des masques aujourd’hui, c’est totalement débile. Qu’on garde le masque chez les soignants, quand il y a des personnes qui vraiment sont malades, qui projettent des sécrétions contaminantes pour leur entourage, dans certains lieux clos, il y a un risque, c’est très bien, je suis pas contre le masque en soi. Mais dire à tous ces gens dans les open spaces où tout le monde est en pleine forme, de porter le masque toute la journée, ils étouffent, les pauvres… (…)  Les écoles, c’est complètement délirant. (…) On culpabilise tout le monde et le masque dans la rue, c’est du grand délire »… (…) Il y a aucune base scientifique. Pr Christian Perronne
Le but des gouvernements était à l’origine d’éviter de saturer les systèmes de santé, mais il s’est ensuite déplacé vers un objectif de zéro transmission, avec l’objectif de préserver quasiment toute vie à n’importe quel prix. (…) C’est un mauvais moment pour quiconque est porteur du virus, mais c’est aussi un mauvais moment pour tout ceux qui préféraient ne pas se faire dicter leur conduite par les autorités, aussi bien intentionnées soient-elles. (…) Dans ce climat de peur, il était difficile pour les gouvernements de poser la question « combien vaut une vie ? » parce que chaque vie est précieuse, et chaque mort est triste, mais cela n’a jamais empêché des familles de parfois faire le choix d’accompagner leurs proches âgés au mieux tout en laissant la nature suivre son cours. (…) Il n’est pas possible de maintenir 40% de notre main-d’œuvre sur une sorte d’allocation gouvernementale, et d’accumuler un déficit inédit depuis la Seconde Guerre Mondiale, alors que le monde entre dans un marasme jamais vu depuis la Grande Dépression, causé autant par la réponse du gouvernement que par le virus lui-même. (…) Du point de vue de la santé, cette pandémie a été grave. D’un point de vue économique, elle a été désastreuse. Mais je soupçonne que c’est du point de vue du bien-être général que cela se révélera le pire de tout : parce que c’est ce qui arrive quand, pendant bien plus qu’un simple instant, nous laissons la peur de tomber malade nous empêcher d’être pleinement en vie. (…) Chaque jour qui passe risque de voir se mettre en place un nouveau normal (…) d’autant plus si la crise ajoute à leur autorité ou renforce leur position. Après 6 mois de pandémie, le but dans la plupart des pays est toujours de préserver presque chaque vie à n’importe quel prix, avec le confinement comme réponse instinctive des gouvernements à chaque regain du virus. (…) En cours de route, leur objectif est passé d’aplatir la courbe pour que les hôpitaux ne soient pas débordés, à la suppression du virus, puis à zéro transmission au sein de la communauté. (…) Maintenant que chacun de nous a eu six mois pour considérer cette pandémie et se faire son propre jugement à ce sujet, il est sûrement temps d’assouplir les règles afin que les individus puissent prendre plus de responsabilités personnelles et prendre davantage leurs propres décisions quant aux risques qu’ils sont prêts à courir. (…) La génération de la Seconde Guerre mondiale était prête à risquer sa vie pour préserver la liberté. Cette génération est prête à risquer sa liberté pour préserver la vie. Tony Abbott
Six months into the pandemic, the aim in most countries is still to preserve almost every life at almost any cost; with renewed lockdown most governments’ instinctive response to any increase in the virus. The New Zealand government has locked down Auckland after just four new cases, and postponed the national election with under 100 active cases. When new cases peaked at about 700 a day, the Victorian government put five and half million Melburnians into virtual house arrest, under nighttime curfew, and banned at other times from leaving home for more than an hour a day, or from travelling more than five kilometres. For more than six months now in Victoria, under disaster and emergency declarations, homes can be entered, people can be detained, and the ordinary law of the land suspended; and the Premier now wants to extend this health dictatorship for at least another six months. As with the Spanish Flu state border closures, only worse, it’s been every jurisdiction for itself, in a form of “pandemic protectionism”. One Australian state with virtually no corona cases won’t admit people from another state with virtually no corona cases. States that want to admit foreign students, because they need the money, don’t want to admit Australians from another state. And every day, premiers and their chief health officers front the media with casualty lists, and stern warnings that it could easily get worse unless people stay in their homes and avoid each other. It’s a bad time, obviously, for anyone with the virus. It’s also a bad time for anyone who would rather not be dictated to by officials, however well-meaning; or who instinctively chafes under a policy that’s clearly unsustainable yet may be kept up indefinitely in the absence of an effective vaccine. Given that lockdowns can reduce disease but hardly eliminate it, the result is not just a stop-start economy, but a stop-start life. In this climate of fear, it was hard for governments to ask: “how much is a life worth?” because every life is precious,and every death is sad; but that’s never stopped families sometimes electing to make elderly relatives as comfortable as possible while nature takes its course. Likewise, people anticipating serious health problems sometimes elect not to be resuscitated. When a trauma victim comes into an emergency department, almost no effort is spared to keep that person alive. But when a cancer patient wants access to very expensive new drugs, governments normally ask tough questions about how much good life will be gained before making it available; and what the alternative might be. So far, with Sweden the most notable exception, governments have approached the pandemic like trauma doctors; instead of thinking like health economists, trained to pose uncomfortable questions about a level of deaths we might have to live with. So far, Australia’s national government has committed some $300 billion to soften the economic consequences of state governments’ enforced social distancing. Even if mandatory shut-down really was all that avoided the initially-predicted 150,000 deaths, that still works out at about $2 million per life saved. If the average age of those who would have died is 80, even with roughly 10 years of expected life left, that’s still $200,000 per quality life year –or substantially beyond what governments are usually prepared to pay for life-saving drugs. Once it was clear that a 60 per cent infection rate and a 1 per cent death rate was unlikely, shouldn’t we have started to ask whether the cure was proportionate to the disease? Based on the anti-bodies present in blood tests, the NSW Chief Health Officer has recently said that up to a half million Australians could already have been infected, most of them asymptomatic. On that basis, while our case fatality rate is close to two per cent, our infection fatality rate, would be more like one in a thousand, or zero point one per cent. Of course, there is still much that we don’t know (like why infections haven’t increased that much in Europe as restrictions have eased; why deaths haven’t ticked up as infections have; and why death rates seem to have fallen everywhere despite little agreement on the most effective treatments). And it’s sensible to err on the side of caution. Sometimes though, officials get trapped in crisis mode longer than they need to, especially if the crisis adds to their authority or boosts their standing. One of the surprising features of this pandemic has been the lack of published modelling from government and the dearth of officially-accepted epidemiological data, after the daunting initial predictions from the Imperial College team in London changed most governments’ strategy from herd immunity to preventing infections via drastic, compulsory social distancing. Along the way, official objectives have shifted from “flattening the curve”, so hospitals wouldn’t be overwhelmed, to “suppression”, to “zero-community transmission”.  Governments have justified it as following “the expert advice”, as if this has always been clear; or as if we should be ruled, rather than merely guided, by unaccountable experts. Inevitably, much of the media has spread virus-hysteria with the occasional virus-linked death of a younger person highlighted to show that deadly threat isn’t confined to the very old or the already-very-sick or those exposed to massive viral loads. As Sweden demonstrates, you can cop both the corona deaths and the economic costs even without the government-imposed lockdowns as people choose to travel less, to go out less and to spend less. But for a free people, there’s a world of difference between a course of conduct that individuals choose for themselves and one that government orders them to adopt, even if turns out to be much the same. There’s no doubt that lockdowns, at least initially, reassured worried populations that governments had their well-being at heart. A recent poll showed that only 7 per cent of Australians thought that COVID restrictions were “too tough”, while 33 per cent thought them “too lenient”. Only 11 per cent thought that “getting the economy moving” was more important than “stopping the virus’ spread”, hence most governments’ tendency to make rules rather than let people make their own judgments. Faced with an unprecedented challenge, governments were always going to be damned if they do, and damned if they don’t. Or perhaps: damned now if they didn’t lock down and damned later if they did.  Because it’s clearly not possible indefinitely to keep 40 per cent of the workforce on some kind of government benefit, and to accumulate debt and deficit on a scale not seen since the Second World War, while the world goes into a slump not seen since the great depression –caused as much by governments’ response as by the virus itself. Almost a million people in Victoria, close to 20 per cent of the workforce, still technically have a job but aren’t actually working due to the lockdown. In the absence of effective treatment or a vaccine that may never come, at some point, we just have to learn to live with this virus, in ways that can be kept-up more or less indefinitely: with borders managed but open; businesses vigilant but otherwise fully operational; and normal life continuing, with more precautions, more humane ones, for the sick and elderly. Sadly, most of the elderly victims have died alone –without the solace of family and friends –because of the measures put in place to protect them. It’s this psychic damage, I fear, that will be at least as bad as the pandemic’s toll on health and wealth: people once sturdily self-reliant looking to government more than ever for support and sustenance, a “something for nothing” mindset reinforced among young people spared the need of searching for jobs, and magic pudding economics entrenched under the guise of “modern monetary theory”. Governments paying businesses’ wages bill for them, borrowers freed from mortgage repayments, and tenants no longer having to pay rent: none of this can last, yet every day it goes on risks establishing a new normal. The sooner citizens don’t have to offer police an explanation for their movements, the less anxious we will feel. The sooner the airwaves are not filled by officials telling us not to go out, not to see people, and not to shake anyone’s hand, the more resilient we will be, even if there may be some modest uptick in corona cases. From a health perspective, this pandemic has been serious; and from an economic perspective it’s been disastrous; but I suspect that it’s from an overall wellbeing perspective that it will turn out worst of all: because this is what happens when, for much more than a mere moment, we let fear of falling sick stop us from being fully alive. Now that each one of us has had six months to consider this pandemic and to make our own judgments about it, surely it’s time to relax the rules, so that individuals can take more personal responsibility and make more of their own decisions about the risks they’re prepared to run.  For me, the recent 75th anniversary of the end of World War Two prompted this reflection: that generation: ready to risk life to preserve freedom; this generation: ready to risk freedom to preserve life. Yet we don’t think of our parents and our grandparents as too brave, do we; I wonder what judgment history will pass on us? Tony Abbott
Des études séparées menées par le Karolinska Institutet (KI) de Suède, un institut de recherche médicale indépendant, et le Réseau européen des médiateurs pour les enfants et l’Unicef, ont montré que les enfants suédois se sont mieux comportés que les enfants d’autres pays pendant la pandémie, à la fois en termes d’éducation et de santé mentale. Reuters
The world should have followed Sweden’s example. That country never locked down and has even kept children under 16 in school the entire time. As Reuters reported on July 15, the number of Swedish children between 1 and 19 years of age who have died of COVID-19 is zero. And the percentage of children who contracted the illness was the exact same in Sweden as it was in Finland, which locked down its schools. As regards teachers, Sweden’s Public Health Agency reported that “a comparison of the incidence of COVID-19 in different professions suggested no increased risk for teachers.” Nevertheless, with few exceptions, teachers in Los Angeles and elsewhere refuse to enter a classroom that has students in it. Their disdain for their profession has been superseded only by that of the Los Angeles teachers union, which announced that teachers will not resume teaching until the police are defunded. People who defend lockdowns and closing schools point out that Sweden has the eighth-highest death rate per million in the Western world. But, needless to say, this has no bearing at all on the issue of whether Sweden was right to keep schools open or whether our country was wrong to close them, let alone keep them closed now. The overwhelming majority of deaths from COVID-19 in Sweden were among people over 70 years of age, and most of those were people over 80 and with compromised immune systems. Reuters reported that three separate studies, including one by UNICEF, “showed that Swedish children fared better than children in other countries during the pandemic, both in terms of education and mental health.” For more than a month, Sweden has had almost no deaths from COVID-19 while the entire society remains open and almost no one wears masks. (In Holland, too, almost no one wears masks.) For all intents and purposes, the virus is over in Sweden. I live in California, a state governed by that most dangerous of leaders: a fool with unlimited power. Despite the fact that California ranks 28th among the 50 states in deaths per million, Gov. Gavin Newsom has destroyed and continues to destroy tens of thousands of small businesses and untold numbers of livelihoods. His continuing to forbid — a half-year after the onset of the pandemic — indoor dining in restaurants is leading to a projected permanent closure of approximately 1 in every 3 restaurants in the state. The same catastrophic destruction will likely affect retail businesses and services such as hair and nail salons. But all this human tragedy — not to mention increased depression and suicides among the young and increased abuse of children and partners — means nothing to Newsom, to Los Angeles Mayor Eric Garcetti or to the Los Angeles Times, whose editors and columnists continue to advocate for the lockdown while they receive their salaries. Why can people eat with no mask in an airplane — inches, not six feet, from strangers — but cannot eat in a California restaurant, which is so much bigger than the inside of an airplane, while sitting six feet from others? Because Newsom ordered it, the Los Angeles Times supports it and, like sheep, Californians have accepted it. According to the California Association of Museums, “Museums are losing over $22 million a day due to the statewide quarantine. As of August 1, 2020, California museums have lost more than $2.9 billion in revenue. Museums have a $6.55 billion financial impact on California’s economy, support 80,722 jobs, and generated $492 million in tax revenues for the State of California in 2017 and over $1 billion in federal taxes.” And the American Alliance of Museums issued results from a survey on July 22, 2020, that warned 1 out of every 3 museums may shutter forever as funding sources and financial reserves run dry. On Aug. 3, The Wall Street Journal wrote, “In March … There was broad public support for the prudent goals of preventing hospitals from being overwhelmed and buying scientists time to develop therapies.” But the left — the media and Democratic governors and mayors — immediately moved the goalposts to “bending the curve” and “saving one life,” enabling them to get away with destroying lives and livelihoods. (…) The lockdown is a crime. But even more upsetting is that it is supported by so many Americans. This country is unrecognizable to those of us who lived through the 1968-1970 pandemic, which killed, according to the Centers for Disease Control and Prevention, approximately 100,000 Americans — the 2020 equivalent of 170,000 Americans. Nothing shut down. Not one mask was worn. Dennis Prager
Dans quelle mesure les masques peuvent-ils limiter la propagation de l’infection dans la société? C’est très difficile à mesurer. D’abord parce que les études et les preuves scientifiques sont étonnamment faibles. Ensuite parce qu’il peut y avoir des effets pervers induits par le port du masque, qui peut être contaminé, et que l’on touche. Nous pensons que la distanciation sociale, le fait que les gens ne se regroupent pas, qu’ils restent chez eux quand ils sont malades, sont des mesures beaucoup plus efficaces. Anders Tegnell (épidémiologiste en chef suédois)
Pendant qu’en France, et dans le reste du monde, le port du masque se généralise jusque dans la rue, un pays d’Europe résiste encore et toujours à cette mesure pour lutter contre la pandémie : la Suède. Le pays scandinave s’était déjà fait remarquer au printemps en refusant de confiner sa population pour éviter une crise économique trop importante. Aujourd’hui, il continue de rejeter le port du masque, qui n’apparaît nulle part dans les recommandations sanitaires de l’agence de santé publique suédoise. Le bilan humain de la pandémie en Suède est pourtant loin d’être le meilleur : au 27 août, 5 820 personnes y sont mortes du Covid-19, soit 57 décès pour 100 000 habitants. Un chiffre, certes, loin des 86 morts pour 100 000 habitants en Belgique, ou des bilans espagnol et britannique (62), mais proche de celui des États-Unis (55) et de l’Italie (59), deux pays fortement touchés. En France, l’épidémie a fait 46 décès pour 100 000 habitants. (…) La stratégie suédoise repose en fait quasi exclusivement sur la distanciation physique – ainsi que sur l’hygiène – quand, en France par exemple, elle est souvent assouplie et complétée par le port du masque. Les rassemblements de plus de 50 personnes y sont notamment toujours interdits, et le télétravail doit être favorisé jusqu’à la fin de l’année pour ne pas engorger les transports. L’épidémiologiste en chef de l’agence de santé publique suédoise, Anders Tegnell, a estimé le 24 août sur LCI qu’il était « dangereux de voir les masques comme la solution à cette pandémie ». Dans Le Figaro, il se justifie et pointe « les études et les preuves scientifiques » sur l’efficacité du port du masque, qui, selon lui, « sont étonnamment faibles ». Anders Tegnell estime surtout que le masque pourrait conduire à un relâchement de la distanciation et des gestes barrières. « Il peut y avoir des effets pervers induits par le port du masque, qui peut être contaminé et que l’on touche. » Un discours étonnant aujourd’hui, mais qui était celui de l’OMS – et des autorités françaises – il y a encore quelques mois, au début de la pandémie, avant que la connaissance scientifique sur la transmission du virus n’évolue. Si, au début du mois, ses voisins étaient encore sur la même ligne, le Danemark, la Finlande et la Norvège ont finalement décidé, mi-août, d’imposer ou de recommander le port du masque dans les transports publics. Pas de quoi faire douter les autorités suédoises, qui mettent en avant le ralentissement des contaminations dans le pays depuis l’été. Le Point
Que ce soit dans le bus, les trains ou les aéroports, dans les magasins ou dans les rues, le constat est le même: les Suédois, en temps de coronavirus, portent peu le masque, voire pas du tout. Et les quelques illuminés qui se couvrent la bouche courent même le risque de voir les regards devenir suspicieux, ou leur voisin changer de place. «Je n’ai qu’un passager sur dix avec un masque, assure un chauffeur de bus, et le plus souvent c’est un touriste, ou une personne très âgée.» Seuls les employés des hôpitaux et des maisons de retraite ne vaquent pas à leurs occupations à visage découvert. Alors que la France commence à rendre le masque obligatoire dans certaines rues fréquentées, et que dans la plupart des pays européens il est devenu l’arme privilégiée de la lutte contre le coronavirus, les Suédois continuent de l’ignorer. Certes, le télétravail est encouragé, les plus de 70 ans sont invités à limiter leurs contacts et les rassemblements de plus de 50 personnes restent interdits, mais l’Agence suédoise de santé ne mentionne même pas le masque dans les mesures de protection que pourrait adopter la population. Elle reste de même sourde aux recommandations de l’OMS qui le préconise en complément du lavage des mains ; ou du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies infectieuses (ECDC), basé à Stockholm, favorable au port du masque quand la distanciation physique n’est pas possible, comme dans les transports publics. Ce désintérêt est d’ailleurs similaire dans tous les pays scandinaves, avec cependant une différence de taille: la circulation du virus y est beaucoup moins élevée qu’en Suède. (…) L’épidémiologiste en chef Anders Tegnell reste cependant sur la même position: «Dans quelle mesure les masques peuvent-ils limiter la propagation de l’infection dans la société? C’est très difficile à mesurer, estime-t-il. D’abord parce que les études et les preuves scientifiques sont étonnamment faibles. Ensuite parce qu’il peut y avoir des effets pervers induits par le port du masque, qui peut être contaminé, et que l’on touche. Nous pensons que la distanciation sociale, le fait que les gens ne se regroupent pas, qu’ils restent chez eux quand ils sont malades, sont des mesures beaucoup plus efficaces.»Une position reprise par le premier ministre, Stefan Löfven, mais qui ne fait pas l’unanimité. Régulièrement, des militants «pro-masque» manifestent devant le siège de l’Agence de santé pour dénoncer les près de 6000 morts du coronavirus tombés selon eux à cause du non-confinement et de «l’inaction» du gouvernement social-démocrate. Les médias se sont aussi fait l’écho du travail mené par des chercheurs suédois de l’Institut Karolinska et des collègues canadiens qui ont compilé vingt-cinq études publiées dans le monde entier sur les masques faciaux. Selon leurs conclusions, si «l’efficacité de filtration varie», les masques «offrent toujours un degré non négligeable de protection» en stoppant notamment les larges particules émises lorsque l’on parle, tousse ou éternue. Mais, pour Anders Tegnell, le port du masque est d’autant moins une priorité que la situation épidémiologique ne le justifie pas. À la fin du printemps, la Suède était certes le pays où l’on avait le plus de chance de succomber au coronavirus, et son taux de mortalité par million d’habitants a alors dépassé celui de la France. Mais, aujourd’hui, la situation s’est stabilisée, et l’épidémiologiste parle même de «tendance positive»: «Les admissions en soins intensifs ont considérablement baissé, et certains jours il n’y en a même pas une seule. Le constat est le même pour la mortalité.» La Suède n’ayant pas eu à déconfiner, et donc à assouplir les règles de distanciation sociale, elle ne craint pas non plus cette deuxième vague qui semble naître ailleurs, même si une reprise légère des contaminations chez les jeunes adultes a été observée ces derniers jours. Signe que la situation s’améliore, les Suédois peuvent depuis le 1er août se rendre librement chez leurs voisins danois, qui jusqu’à cette date leur avaient fermé la porte. Mais Anders Tegnell, figure de la lutte contre le coronavirus en Suède, reste vigilant: «Si cette évolution se poursuit, avec un niveau très faible de contamination, je ne pense pas que nous introduirons l’usage du masque. Si la contamination s’accélère, si nous avons des problèmes dans les bus et les trains, c’est bien sûr une solution que nous regarderons de près.» Le Figaro

Nous aurions dû suivre l’exemple suédois!

A l’heure où après un confinement aussi aveugle que catastrophique

La France est repartie dans le délire du masque partout, y compris à l’extérieur …

Retour sur le cas du seul pays …

Qui a su ménager aussi bien son économie que la liberté et l’intelligence de ses citoyens …


Gorée: Attention, une fiction peut en cacher une autre ! (Looking back at the invention of the Goree myth)

2 septembre, 2020

Figure 5

La fabrication du Patrimoine : l'exemple de Gorée (Sénégal)

https://www.breizh-info.com/wp-content/uploads/2020/08/marchedesesclaves2.jpgLa « Marche des esclaves » est violemment critiquée par la mairie de Nantes.https://www.valeursactuelles.com/sites/default/files/styles/couverture_une_400_563/public/media/block/VA4370P001.jpg?itok=OXhvxuMQZapping - Polémique : La député Danièle Obono représentée en esclave dans Valeurs ActuellesMarine Le Pen: "Je n'aurais jamais pensé que Charlie Hebdo me ferait gagner 2017"Morano en trisomique dans «Charlie Hebdo» : une association va porter plainte - LibérationOpinion | Black Voters Are Coming for Trump - The New York Timeshttps://www.telegraph.co.uk/content/dam/news/2020/06/09/TELEMMGLPICT000232725266_trans_NvBQzQNjv4BqaRL1kC4G7DT9ZsZm6Pe3PUPXbRlaI4_qh_dM2Z5d688.jpegFacts About Africa on Twitter: "Every US President since Bill Clinton has visited Goree Island, Sénégal, to pay respects to our enslaved brothers. https://t.co/3TbBOf63uT"Bush Tours Slavery's Past - CBS NewsObama visits slave site of disputed importance – The Mercury News

Livre de Trierweiler: Hollande "n'a rien vu venir"Brigitte Macron, une Première dame investie au Sénégal

Celui qui vous dit « Gorée est une île », celui-là a menti, cette île n’est pas une île,  elle est continent de l’esprit. Jean-Louis Roy
Ce sanctuaire africain qui est la Maison des Esclaves fut capitale de souffrances et de larmes car des innocents sont morts ici, victimes du temps de la honte. Si ces murs pouvaient parler, ils en diraient long. Heureusement qu’ils se sont tus à jamais ; et moi, je fais parler ces murs. Joseph N’diyae
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Le capital de la France s’est égaré dans les iles productrices de sucre. De quelle démence absolue, de quel aveuglement témoigne une pareille conduite ! Ne pouvons-nous conclure avec raison que la plus grande faveur qu’un ennemi – ou plutôt un ami – pourrait faire à la France, ce serait de s’emparer de ses colonies et, de cette façon, d’arrêter cette misérable de capital ? Si les esclaves noirs chassaient les Européens des Antilles, ils seraient nos meilleurs amis, car les capitaux de la nation trouveraient l’emploi qu’ils auraient dû trouver depuis longtemps. A en croire le sens commun, la possession d’une telle province doit être estimée comme une cause de pauvreté et de faiblesse, non de richesse et de force. Ce n’est pas seulement le capital français employé dans les iles sucrières qui est détourné directement de l’agriculture; on peut en dire autant de tout le capital qui est employé dans le commerce extérieur. La possession d’iles sucrières, aussi riches et aussi prospères que celles de la France et de l’Angleterre, éblouit l’esprit humain, qui n’est apte à voir qu’un côté des choses; il ne considère ici que la navigation, la réexportation, le profit commercial, une grande circulation; il ne voit pas le revers de la médaille, de capitaux détournés du pays, d’une façon nuisible. (…) On ne voit pas que la culture de la Martinique a pour rançon les landes de Bordeaux, la culture de Saint-Domingue les déserts de la Bretagne, la richesse de la Guadeloupe la misère de la Sologne. Si vous acquérez les richesses provenant de l’Amérique au prix de la pauvreté et de la misère de provinces entières, êtes-vous assez aveugles pour penser que le bilan se chiffre par un bénéfice ? Tous les arguments que j’ai employés contre les iles sucrières françaises sont applicables à celles de l’Angleterre; les unes et les autres, je les considère comme des obstacles à la prospérité des deux royaumes, et, autant que puisse valoir l’expérience de la perte de l’Amérique du nord, je suis autorisé par ce fait si grand, si important, à penser qu’un pays peut perdre le monopole d’un empire éloigné, et, par l’effet même de cette perte imaginaire, devenir plus riche, plus puissant et plus prospère. Arthur Young (1788)
Puisqu’on l’opprime dans sa race et à cause d’elle, c’est d’abord de sa race qu’il lui faut prendre conscience. Ceux qui, durant des siècles, ont vainement tenté, parce qu’il était  nègre, de le rérduire à l’état  de  bête, il faut qu’il les oblige à le reconnaître  pour un homme. Or il n’est pas ici d’échappatoire, ni de tricherie, ni de « passage de ligne  » qu’il puisse envisager : un Juif, blanc parmi les  blancs, peut nier qu’il  soit juif, se déclarer un homme parmi les hommes. Le nègre ne peut  nier qu’il  soit  nègre ni réclamer pour lui cette abstraite humanité incolore : il est noir. Ainsi est-il acculé à l’authenticité : insulté, asservi, il se redresse, il ramasse  le  mot de « nègre » qu’on lui a  jeté comme une pierre, il se revendique  comme noir, en face du blanc, dans la fierté. L’unité finale qui rapprochera tous les opprimés  dans le même combat doit être  précédée aux colonies par ce que je nommerai le moment de la séparation ou de la négativité : ce racisme  antiraciste est le  seul chemin qui puisse  mener à l’abolition  des  différences de race. Jean-Paul Sartre (Orphée noir, 1948)
[La négrologie, c’est] deux choses. D’une part, la négritude, en clair la réaction d’une avant-garde d’étudiants africains établis dans les années 1930 en Occident aux préjugés dont ils étaient la cible. Une réaction aujourd’hui convertie en riposte de masse renvoyant à l’expéditeur un racisme qui colle à la peau pour s’attribuer des valeurs immuables, irréductibles à l’universel. C’est la crispation identitaire d’Africains qui se sentent relégués à la marge de la modernité. La négrologie, c’est d’autre part une série de mythes dérivés de faits historiques avérés – la traite esclavagiste et le colonialisme – selon lesquels tous les malheurs du continent plongent leurs racines dans ces tragédies: ainsi, les Africains seraient victimes, et jamais acteurs, de leur destin. (…) La couverture de l’Afrique au jour le jour s’en tient à un lexique recevable par le grand public, qui dépolitise et, de fait, travestit les réalités. C’est une écriture à double fond. J’ai voulu rompre avec cette duplicité de la bonne conscience. (…) Partie avec d’énormes handicaps, laissée pour compte après des décennies de paternalisme et de tutelle, l’Afrique a subi au lendemain de la chute du mur de Berlin les effets de guerres dévastatrices, de l’effondrement de l’Etat et du naufrage des rêves qui la propulsaient vers l’avant par l’éducation ou l’essor matériel. Malgré les efforts consentis par leurs parents, seuls 27% des écoliers vont au bout du cycle élémentaire. Ce traumatisme fait de la jeune génération – plus de la moitié des Africains ont moins de 15 ans – une génération de desperados. Le présent, pour eux, n’a pas d’avenir. (…)  Quand j’écris l’Afrique meurt, je pense: des Africains meurent. Voyez, sur le front du sida, le Sud-Africain Thabo Mbeki: voilà un jeune président très bien formé, respectable, mais enkysté dans l’idée d’une renaissance africaine nécessairement précédée d’une épreuve analogue à la grande peste du XIVe siècle en Europe. Il croit à l’existence d’un «sida africain» qui frapperait en particulier l’homme noir. Cette vision a coûté la vie à des dizaines, sinon des centaines, de milliers de malades, privés de traitements appropriés. (…) Un de mes souvenirs les plus troublants d’étudiant étranger débarquant à Paris, c’est qu’à l’université mes condisciples noirs étaient notés de façon très indulgente. Le corps professoral estimait que ces enfants de notables formaient un précieux réseau d’influence. Ce type d’attitude, mélange de bienveillance et de calcul, constitue à mes yeux la pire forme du racisme. Si nous ne sortons pas de cette prison cutanée, comment ceux qui furent victimes de conduites racistes en sortiraient-ils? L’opinion réagit de façon anormale. Au cours des cinq années écoulées, la crise du Congo-Kinshasa a coûté la vie à plus de 3 millions de personnes. Où sont les intellectuels européens? Où sont les reportages? Pourquoi ce silence? Parce qu’on digère mieux les morts africains que les autres. Un seul émissaire étranger de haut niveau a assisté en 1995 aux cérémonies du premier anniversaire du génocide rwandais: la vice-Premier ministre ougandaise. L’ambassadeur de France avait pris congé. Peut-on imaginer cela en d’autres temps et sous d’autres cieux? Il paraît normal de mourir en masse en Afrique, puisque tout y est « primitif et sauvage ». Ce continent n’a pourtant pas le monopole de la cruauté. (…) L’Occident n’a jamais abandonné sa quête de l’homme fort. Qui est au roi nègre ce que la « bonne gouvernance » est à la corruption: une litote. Les Américains ont cherché des leaders providentiels endurcis par le maquis. Meles Zenawi en Ethiopie, Yoweri Museveni en Ouganda. Modèles voués à l’échec, puisque rien n’a été entrepris au niveau des institutions. A la clef, des individus isolés, en lévitation au-dessus de leur société. Tout autant que les dinosaures Omar Bongo (Gabon) ou Gnassingbé Eyadéma (Togo), mais plus féroces dans la répression. (…) La politique africaine de la France a été infiniment paternaliste. Pourquoi ses élites récusent-elles le constat de l’effondrement de l’Etat en Afrique? A gauche: parce qu’il conduirait à l’apologie d’une tutelle. A droite: parce qu’il discrédite quarante ans de coopération. Comment justifier quatre décennies d’assistance militaire au spectacle du naufrage de l’armée ivoirienne? (…) [L’Afrique] est riche de son sous-sol et, en ce sens, bénie des dieux. L’Afrique est riche, mais les Africains sont pauvres. Sortons de ce discours qui veut que les fléaux naturels orchestrent la fatalité. Les carences en termes d’organisation, les blocages sociaux, les échecs de l’instruction, la faiblesse des rendements: tout cela fait l’essentiel du malheur du continent. Si l’on remplaçait les 15 millions d’Ivoiriens par autant de Belges ou d’Irlandais, nul doute que la Côte d’Ivoire « tournerait ». (…) Tout passe d’abord par la vérité. Il faut un amour sans pitié pour l’Afrique. En France ou aux Etats-Unis, les Africains insérés dans un tissu social différent incarnent des figures de réussite. Alors que leur société d’origine opprime l’individu au nom d’un carcan collectif dévoyé, présenté comme authentiquement africain. L’exigence d’honnêteté ne peut souffrir d’exception culturelle. (…) Face à l’ethnie, l’Occident est partagé entre le fétichisme et la diabolisation. Tous les maux du continent seraient dus à son caractère tribal. A mes yeux, l’ethnie est le mensonge de l’Afrique, au même titre que la nation est celui de l’Europe. Comme les récits qui fondent notre idée nationale sont apocryphes, ceux qui définissent l’ethnie relèvent de l’imaginaire. Que dire de ces fadaises sur « le réveil des vieux démons »? A rebours, le tribalisme est l’expression la plus moderne qui soit de l’Afrique. Reste que, même fausse, une idée massivement admise devient une réalité. On meurt encore sur des barrages pour appartenir à la mauvaise tribu. (…) En Afrique noire, ce prosélytisme ([des sectes évangéliques] est bien plus puissant que son alter ego islamique. Voilà la preuve que l’homme africain déconcerté cherche une autre identité. Quand on entre en religion, on révolutionne sa vie. La nouvelle foi permet de s’affranchir de la règle communautaire initiale, au profit d’une promesse d’avenir meilleur. Et au risque du charlatanisme. (…) Les Ivoiriens s’entretuent, mais accusent la terre entière: la France bien sûr, et parfois leurs voisins. Jamais ils ne portent de regard critique sur eux-mêmes, le concept d’ivoirité, l’exploitation des immigrés sahéliens dans les plantations, le paternalisme autoritaire du défunt Félix Houphouët-Boigny. C’est ce mythe de l’éternelle victime qui a tué Jean Hélène. Un policier croit être dans le sens de l’Histoire en l’abattant. Pour transférer ainsi toute la haine de soi sur l’autre, pour abdiquer toute maîtrise de son destin, il faut être parvenu à un haut degré d’aliénation. Stephen Smith
La préfecture a jusqu’au « lundi 7 septembre à 12h » pour édicter un nouvel arrêté excluant les communes et « les périodes horaires » qui ne sont pas caractérisées « par une forte densité de population » ou « des circonstances locales susceptibles de favoriser la diffusion » du coronavirus. Faute de nouvel arrêté, l’actuel « sera automatiquement suspendu. (…) L’arrêté en cause, qui était valable jusqu’au 30 septembre, « porte une atteinte immédiate à la liberté d’aller et venir et à la liberté personnelle des personnes appelées à se déplacer » dans les communes concernées. (…) Il ne ressort pas des pièces du dossier qu’il existerait en permanence et sur la totalité des (communes concernées) une forte concentration de population ou des circonstances particulières susceptibles de contribuer à l’expansion de la covid-19. Tribunal administratif de Strasbourg
Ces gens jargonnent beaucoup et se prennent pour des intellectuels. Pour eux, la France est toujours coloniale. Ils considèrent que les Arabes et les Noirs sont encore aujourd’hui des indigènes et ne répondent pas aux mêmes droits que les autres citoyens. Ce groupuscule a étendu son réseau d’influence dans les banlieues grâce au relais des mairies, surtout communistes et d’extrême gauche, en infiltrant les sphères du pouvoir grâce aux facultés et à la sympathie des universitaires, puis dans les médias qui reprennent aujourd’hui ses éléments de langage comme les mots “racisé” ou “privilège blanc”. Ils sont très actifs et visibles sur le terrain médiatique à travers, notamment, le comité La Vérité pour Adama. C’est terrible car ils ont pour objectif de détruire ce pays, colonial à leurs yeux, que représente la République. Anne-Sophie Nogaret
Adama Traoré n’est pas la victime du racisme et d’un contrôle d’identité au faciès. Il a été arrêté par des gendarmes, dont deux étaient noirs, dans le cadre d’une affaire de délinquance et non pas en raison de sa couleur de peau. Je ne veux pas nier l’existence du racisme, mais il n’est pas l’apanage de la police, ni celui des Blancs. Ce genre de théorie crée du séparatisme et nuit à l’unité du pays. Si j’étais blanche, je serais hors de moi en entendant que je suis forcément une privilégiée, raciste et nantie. Par ailleurs, je refuse de marcher dans les rues de Paris pour défendre un délinquant accusé de viol sur un jeune codétenu. Prendre la famille Traoré comme modèle est une insulte faite aux Noirs. Il avait deux épouses. La polygamie est illégale dans notre pays et je considère cette pratique comme de la maltraitance pour les gamins qui la subissent. La très nombreuse fratrie Traoré a un casier judiciaire très chargé et ne donne rien d’autre qu’une image déplorable des jeunes de quartier. Quels sont leurs projets? Je ne peux pas répondre, mais je suis sûre d’une chose: ces gens ne sont pas dans une démarche constructive mais à l’inverse guerrière et vengeresse pour mettre le chaos dans le pays. Ce n’est pas ce que je veux pour notre jeunesse. Rachida Hamdan
C’est un indigénisme avec l’islamisme en embuscade. Youcef Brakni pilote la tête d’Assa Traoré. Les indigénistes ont compris que le comité La Vérité pour Adama est le report politiquement correct de leurs idées identitaires et racistes. Ces idées progressent et ils tissent leur toile grâce au réseau d’influence de l’intelligentsia et à la passerelle construite avec une bourgeoisie gauchiste qui aime à s’encanailler avec le lumpenprolétariat des cités sans n’y avoir jamais mis les pieds. Ces gens rêvent de révolution en mangeant des petits-fours et se fichent bien en réalité de la condition des Noirs et des Arabes dans les banlieues. Nous sortons juste de trois mois de confinement pour raisons sanitaires et, grâce à eux, on ne parle que de racisme alors que la crise économique est devant nous et que tout ceci ne fait que l’aggraver. Universitaire chercheuse
Le projet de ces activistes vise à remplacer l’égalité républicaine par la reconnaissance juridique des minorités. Ils veulent une photo figée de l’Histoire au nom de la diversité qui serait leur seule réalité. Ils sont en conflit avec une pensée rationnelle. L’homme se développe par l’expérience qui a permis son émancipation. C’est ainsi que la République a dépassé la contradiction du colonialisme grâce à ses valeurs et en apportant à chacun les mêmes droits sans distinction. Ces gens refusent cette pensée du progrès, c’est la raison pour laquelle ils cassent tout. Guylain Chevrier
Danièle Obono, député de la France Insoumise, proche du «Parti des indigènes de la République» (PIR) vient d’être nommée au sein du Conseil d’administration de l’UFR de Science politique de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Cette instance fixe au quotidien les orientations des enseignements et des recherches proposés aux étudiants. Depuis plusieurs années, les activistes en tous «genres» tentent d’infiltrer l’Université afin de poser un vernis «scientifique» sur leurs engagements les plus radicaux. Les militants du genre furent les pionniers. Et désormais, les études de genre prospèrent et se répandent d’amphithéâtres en amphithéâtres. L’université a ainsi servi de caisse de résonance aux adeptes de l’écriture inclusive, aux avocats de la fluidité des genres et des toilettes neutres … Avec Danièle Obono, c’est une autre idéologie qui fait de l’entrisme. Une idéologie aux antipodes de notre tradition humaniste. La députée de Paris s’est, en effet, faite l’avocate des thèses «décolonialistes» prônées par le Parti des indigènes de la République. Ce groupuscule extrémiste avait publié en 2016 des messages de soutien aux organisateurs d’un attentat contre des civils à Tel Aviv! «L’Antisionisme», revendiqué par sa porte-parole Houria Bouteldja dissimule mal un réel antisémitisme. Selon elle, «les juifs sont les boucliers, les tirailleurs de la politique impérialiste française et de sa politique islamophobe». Sic! A l’occasion des 10 ans des Indigènes de la République, Danièle Obono avait encensé le parti indigéniste, qualifiant même le discours de sa porte-parole Houria Bouteldja de «très beau et très juste». En réalité, l’idéologie que Danièle Obono défend, repose sur des fondements racialistes. Elle va jusqu’à prôner la non-mixité raciale et sexuelle (!) dans les réunions politiques ou syndicales, en somme un apartheid inversé. Ce genre d’inepties tend malheureusement à se développer, comme ce fut le cas durant le blocus de Tolbiac, les étudiants avaient déjà pris l’initiative d’organiser des Assemblées Générales interdites aux hommes blancs. Re-Sic! Elle s’est également «distinguée» dans son soutien à un texte de Rap dont les paroles font froid dans le dos: «Nique la France, et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes. Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes, (…) ton pays est puant, raciste et assassin». Doit-on s’attendre à ce que ce genre de colique verbale soit désormais au programme de l’UFR? (…) L’argent public qui finance la recherche publique doit-il servir à diffuser une propagande «bolcho-trotsko-marxiste» comme se définit Danièle Obono, ou pire à soutenir l’offensive des «décolonialistes». En réalité, cette nomination n’entache pas seulement l’image de l’UFR de Science politique. Demain, ce seront l’ensemble des diplômes et des recherches de l’Université Paris 1 qui seront suspects. Nous demandons donc au Président de Paris 1 et au conseil d’administration de l’université de dénoncer cette nomination. Sinon, le risque c’est de voir l’université Française devenir le cheval de Troie de tous les courants nés au sein de la gauche radicale américaine la plus folle. Guilhem Carayon et Olivier Vial
Je n’ai pas pleuré Charlie. J’ai pleuré, un peu, beaucoup, dans la nuit de samedi à dimanche. (…) En pensant aux ami-e-s et aux camarades qui sont devenu-e-s Charlie. En ressentant l’insupportable violence politique, idéologique, symbolique de l’omniprésente et omnipotente injonction. En lisant la liste interminable des terroristes venu-e-s des quatre coins de la planète et derrière lesquel-le-s allaient défiler ces Charlie. (…) J’ai pleuré en pensant à la signature de l’organisation à laquelle j’appartiens, dont je suis encore formellement une des dirigeantes, apposée à côté de celle de l’UMP pour appeler à cette manif en proclamant « Nous sommes Charlie : Défendons les valeurs de la République ! » (…) En lisant le tract du PCF/Front de gauche appelant noir sur blanc à l’unité nationale. (…) J’ai pleuré en pensant à tous les reculs, toutes les défaites, tous les choix et les décisions politiques des 10-15 dernières années qui nous ont amenés à ce point. (…) A toutes les fois où ma gauche s’est refusée de parler d’islamophobie, de ne serait-ce que prononcer le mot. Toutes les fois où elle s’est refusée à se mobiliser contre les lois islamophobes. Toutes les fois où des camarades ont défendu, mordicus, les caricatures racistes de Charlie Hebdo ou les propos de Caroline Fourest au nom de la « liberté d’expression » (des Blanc-he-s/dominant-e-s) ou de la laïcité « à la Française ». Mais se sont opportunément tu-e-s quand l’Etat s’est attaqué à Dieudonné, voire ont appelé et soutenu sa censure… Toutes les fois où des « camarades » nous ont sommé-e-s, nous les « islamo-gauchistes », de montrer patte blanche et d’affirmer avant toute autre chose que nous luttions bien contre l’antisémitisme. Toutes les fois que d’autres nous ont carrément, à mots plus ou moins couverts, traité-e-s d’antisémites. J’ai pleuré en me rappelant le jour où je me suis devenue Noire. Et celui où je suis devenue « intersectionnelle ». La première fois que j’ai été face à face avec le racisme et les privilèges de Blanc-he-s de celles et ceux que je considérais dans leur majorité comme mes « camarades ». L’instant où je me suis rendue compte qu’il y avait bien un « eux » et un « nous » et que j’étais aussi « eux », ces « Autres », et pas tout le temps « nous ». Le moment où je me suis fait dire que j’étais, à la rigueur, « légitime » pour m’occuper de tels sites, assemblées, thématiques et autres commissions mais certainement pas pour représenter ma sensibilité dans certaines instances de direction ou à la tribune de meetings ou de manifs. (…) Aujourd’hui, j’organise. La (re)mobilisation antiraciste. En commençant par soutenir l’appel à manifester le 18 janvier prochain, jour du sommet à Washington entre ministres européens et états-unien « contre le terrorisme » et de la manif islamophobe d’extrême-droite à Paris. Manifester contre l’islamophobie, l’antisémitisme, tous les racismes. Manifester contre l’union sacrée nationale d’Hollande-Valls-Sarkozy, et contre l’union sacrée internationale de la « guerre de civilisation contre le terrorisme ». Danièle Obono (11.01.2015)
Il paraît ‘Qu’on-Peut-Pu-Rien-Dire’ #BienPensance.Heureusement on peut encore écrire de la merde raciste dans un torchon illustrée par les images d’une députée française noire africaine repeinte en esclave… L’extrême-droite, odieuse, bête et cruelle. Bref, égale à elle-même. Ça fait trois ans qu’on alerte sur le fait qu’il y a un processus de racialisation, de racisme dans ce pays. Cette image est une insulte à mes ancêtres, ma famille et mon mouvement politique. Une souillure indélébile. J’ai mal à ma République. Et je suis plus déterminée que jamais à lutter contre le #racisme, pour la liberté, l’égalité et la fraternité.Danièle Obono
A travers moi, c’est la République qui est souillée. Danièle Obono
Cette fiction avait pour but de montrer l’atrocité de l’esclavage commis par des Africains au XVIIIème siècle. Personne ne l’a compris, c’était donc une erreur. Mais nous accuser de racisme, cela est et sera toujours pour nous insupportable. Geoffroy Lejeune
Devant l’émoi suscité par le dernier épisode de notre fiction estivale, nous tenons à apporter quelques précisions. Nous avons bien conscience de la mauvaise foi de certains, mais nous devons, pour les autres, éclaircir nos intentions. Tout l’été, Valeurs actuelles a publié chaque semaine un « Roman-fiction » dont le concept était simple ; plonger une personnalité contemporaine dans une période passée, afin de faire resurgir par ce contraste certaines inepties de notre époque. Il y eut ainsi François Fillon au temps de la Révolution, Éric Zemmour à Waterloo ou encore Didier Raoult dans les tranchées de 1914. Le dernier épisode était consacré à la députée de la France Insoumise Danièle Obono, que nous avons fait « voyager » dans l’univers atroce de l’esclavage africain du XVIIIe siècle. Notre intention, transparente, était la suivante : là où les indigénistes et les déconstructeurs de l’Histoire veulent faire payer le poids de cette insoutenable traite aux seuls Européens, nous voulions rappeler qu’il n’existât pas d’unité africaine, et que la complexité de la réalité, sa dureté, était à raconter. Nous avons choisi cette élue car elle participe selon nous, par ses prises de position répétées, à cette entreprise idéologique de falsification de l’Histoire. Notre texte n’a rien de raciste. Sans quoi nous n’en aurions pas publié une ligne. Évidemment. Il est commode pour nos adversaires de nous imputer cette accusation, que rien n’étaie dans le contenu. Chacun pourra juger par lui-même de l’opportunité d’une telle fiction, mais personne n’y trouvera une banalisation de l’esclavage ou une quelconque stigmatisation. Évidemment. Les images néanmoins, et d’autant plus quand elles sont isolées sur les réseaux sociaux, renforcent la cruauté inhérente au sujet même. Il s’agit de dessins accompagnant cette fiction, et tout comme l’esclavage lui-même, les images de l’esclavage sont d’une ignominie sans nom. Si nous contestons fermement les accusations dont nos contempteurs nous accablent, nous avons suffisamment de clairvoyance pour comprendre que la principale intéressée, madame Danièle Obono, ait pu se sentir personnellement blessée par cette fiction. Nous le regrettons et lui présentons nos excuses. À l’avenir nous maintiendrons la vigilance absolue dont doit faire preuve un journal comme Valeurs actuelles, attaqué quotidiennement. De même que nous continuerons de marcher à rebours de l’air du temps quand il nous semble faire fausse route. Valeurs actuelles
Valeurs actuelles a publié jeudi dernier l’ultime épisode de son « roman de l’été ». Le personnage central de cette fiction, par le texte et par l’image, était Danièle Obono, députée de La France Insoumise. Celle-ci était ramenée à l’Afrique du temps de l’esclavage. Il s’agissait évidemment de dénoncer les horreurs des pratiques des esclavagistes, mais ce texte comme ses illustrations ont donné lieu à une incompréhension et à une interprétation que nous regrettons profondément. Il s’est donc agi d’une grave erreur. Nous la reconnaissons humblement, et nous renouvelons surtout à Danièle Obono les excuses de notre journal et de sa rédaction. Elle a exprimé la révolte et la blessure que lui ont inspiré ce texte et ses illustrations. Nous nous inclinons devant ses sentiments et exprimons avec force les regrets que nous lui devons. Le racisme, l’antisémitisme, la haine, et les extrémismes en général sont étrangers à notre culture et à celle de la France. Nous les rejetons comme antinomiques aux valeurs de notre publication depuis toujours. Porteuse d’un média d’opinion engagé, notre rédaction travaille à tout moment avec rigueur et passion pour défendre ses valeurs et ses convictions. Nous continuerons à le faire, sans nous en écarter. C’est pourquoi nous rejetons formellement les accusations portées à notre encontre qui ne reflètent en rien les idées que nous incarnons. Valeurs actuelles
En tant que citoyen, j’estime que ce qu’a fait Valeurs actuelles est indigne de notre époque. Jusque-là, la présence sur LCI de Geoffroy Lejeune pouvait se justifier dans les débats d’idées, où tous les courants s’expriment. Mais cet excès de Valeurs actuelles contrevient à notre ligne et à nos valeurs. Il ne sera plus chroniqueur sur LCI. C’est la décision qui a été prise ce week-end par Fabien Namias [directeur général adjoint de LCI] et Thierry Thuillier [directeur général]. Nous faisons une télévision construite sur le débat d’idées, dans le respect, et pas une télévision d’opinion à la Fox, sur la polémique. Ce parti pris ralentit peut-être la progression d’audience de la chaîne, mais LCI ne déviera pas de cela. Gilles Pélisson (TF1)
C’est avant tout un outil pédagogique, pour répondre à la non-visibilité de la traite négrière dans les manuels scolaires. Nous vivons dans un monde d’images, et cette Marche permet de symboliser l’esclavage. André-Joseph Gélie
Demain, la Journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage ne sera toujours pas célébrée de façon unitaire à Nantes. Une trentaine de comédiens enchaînés et en haillons ont en effet pris part, dès hier, à une « Marche des esclaves » dans les rues de la ville, qui a fait sa fortune au XVIIIe siècle sur le « commerce triangulaire ». Ils étaient encadrés par deux négriers européens, qui criaient « Avancez, bande de nègres ! » entre deux coups de fouet et de bâton. « C’est avant tout un outil pédagogique, pour répondre à la non-visibilité de la traite négrière dans les manuels scolaires », explique André-Joseph Gélie, qui a initié l’événement en 2006. « Nous vivons dans un monde d’images, et cette Marche permet de symboliser l’esclavage. » Hier, les « esclaves » ont ainsi marqué l’arrêt devant l’Hôtel de ville… où l’initiative est jugée « indécente ». « C’est comme si on demandait aux Juifs de théâtraliser leur marche vers les fours crématoires », s’emporte Octave Cestor, conseiller municipal en charge des « relations entre Nantes, l’Afrique et les Caraïbes ». « Nous sommes, en plus, dans une ville qui assume son passé… Ces personnes devraient avoir le courage d’aller à Bordeaux, La Rochelle ou Saint-Malo. Ces villes ne font rien alors qu’elles ont, elles aussi, un passé négrier. » 20 minutes
Est-il pire d’être représentée en esclave qu’en comploteur, en assassin ou en usurier ? Apparemment oui. Comme si les esclaves n’étaient pas des victimes. Victimes de qui, à propos ? Le personnage mis en scène par Valeurs Actuelles est aux prises avec les marchands d’esclaves africains. Et c’est peut-être là que le bât blesse vraiment. Chacun sait que les fournisseurs de la traite transatlantique étaient des Africains, mais certains n’aiment pas qu’on le rappelle. La représentation de l’esclavage n’a pas toujours suscité l’indignation à Nantes. Du temps où Jean-Marc Ayrault en était le maire, la ville avait sa propre fiction historique. Une « Marche des esclaves » a été organisée chaque année à partir de 2006 avec l’accord de la municipalité. Jouer le rôle d’un esclave était alors considéré comme honorifique. Cependant, la manifestation de 2011, encadrée par une « Brigade anti-négrophobie », est allée trop loin. « Une trentaine de comédiens enchaînés et en haillons ont pris part à une ‘Marche des esclaves’ dans les rues de la ville, qui a fait sa fortune au XVIIIe siècle sur le ‘commerce triangulaire’, racontait alors 20 Minutes. Ils étaient encadrés par deux négriers européens, qui criaient ‘’Avancez, bande de nègres !’’ entre deux coups de fouet et de bâton. » C’était trop. « C’est comme si on demandait aux Juifs de théâtraliser leur marche vers les fours crématoires », avait protesté Octave Cestor, conseiller municipal d’origine antillaise, très engagé dans la commémoration de l’esclavage à Nantes. L’année suivante, l’inauguration du Mémorial de l’abolition de l’esclavage avait permis aux socialistes nantais d’imposer des cérémonies d’inspiration plus sobre. Breizh
Guezo fut également un administrateur extrêmement avisé. Grâce aux revenus de la traite, il put abaisser les impôts, stimulant ainsi l’économie agricole et marchande (…) Il fut très aimé et sa mort subite dans une bataille contre les Yorubas fut une véritable tragédie. Wikipedia
We don’t discuss slavery. Barima Kwame Nkye XII (chef ghanéen)
C’est une coutume établie parmi les Nègres de rendre esclaves tous les captifs qu’ils font à la guerre. On sait de manière à n’en pouvoir douter qu’un grand nombre de captifs pris à la guerre seraient exposés à être massacrés cruellement si les vainqueurs ne trouvaient pas s’en défaire en les vendant aux Européens. William Snelgrave
The whole story is phony. Although it functioned as a commercial center, Goree Island was never a key departure point for slaves. Most Africans sold into slavery in the Senegal region would have departed from thriving slave depots at the mouths of the Senegal River to the north and the Gambia River to the south. During about 400 years of the Atlantic slave trade, when an estimated 10 million Africans were taken from Africa, maybe 50,000 slaves — not 20 million as claimed by the Slave House curator — might have spent time on the island. Even then, they would not have been locked in chains in the Slave House. Built in 1775-1778 by a wealthy merchant, it was one of the most beautiful homes on the island; it would not have been used as a warehouse for slaves other than those who might have been owned by the merchant. Likewise, the widely accepted story that the door of no return was the final departure point for millions of slaves is not true. There are too many rocks to allow boats to dock safely. Philip Curtin (Johns Hopkins University)
The Slave House offers a distorted account of the island’s history, created with tourists in mind. (…) Joseph Ndiaye offers a strong, powerful, sentimental history. I am a historian. I am not allowed to be sentimental. (…) The slaves did not pour through that door. The door is a symbol. The history and memory needs to have a strong symbol. You either accept it or you don’t accept it. It’s difficult to interpret a symbol. Abdoulaye Camara (Goree Island Historical Museum)
Goree’s fabricated history boils down to an emotional manipulation by government officials and tour companies of people who come here as part of a genuine search for cultural roots. Lonely Planet
Walking around the dimly lit dungeons [sic], you can begin to imagine the suffering of the people held here. It is this emotive illustration that really describes La Maison des Esclaves as a whole – its historical significance in the slave trade may not have been huge, but the island’s symbolic role is immense. The island’s precise status as a slave-trading station is hotly debated. Of the 20 million slaves that were taken from Africa, the general belief is that only around 300 per year may have gone through Gorée (historians and academics dispute the exact number and some argue that no slaves passed through this specific house); and, even then, the famous doorway would not have been used – ships could not get near the dangerous rocks and the town had a jetty a short distance away. But the number of slaves transported from here isn’t what matters in the debate around Gorée. The island and museum stands as a melancholy reminder of the suffering the Atlantic slave trade inflicted on African people. Lonely Planet
This portal — called the door of no return — is one of the most powerful symbols of the Atlantic slave trade, serving as a backdrop for high-profile visits to Africa by Pope John Paul II, President Clinton and his successor, President Bush, and a destination for thousands of African Americans in search of their roots. More than 200,000 people travel to this rocky island off the coast of Dakar each year to step inside the dark, dungeonlike holding rooms in the pink stucco Slave House and hear details of how 20 million slaves were chained and fattened for export here. Many visitors are moved to tears. But whatever its emotional or spiritual power, Goree Island was never a major shipping point for slaves, say historians, who insist no slaves were ever sold at Slave House, no Africans ever stepped through the famous door of no return to waiting ships. « The whole story is phony, » says Philip Curtin, a retired professor of history at Johns Hopkins University who has written more than two dozen books on Atlantic slave trade and African history. (…) Curtin’s assessment is widely shared by historians, including Abdoulaye Camara, curator of the Goree Island Historical Museum, which is a 10-minute walk from the Slave House. (…) But when the respected French newspaper Le Monde published an article in 1996 refuting the island’s role in the slave trade, Senegalese authorities were furious. Several years ago at an academic conference in Senegal, some Senegalese accused Curtin of « stealing their history, » he says. No one is quite sure where the Slave House got its name, but both Camara and Curtin credit Boubacar Joseph Ndiaye, the Slave House’s curator since the early 1960s, with promoting it as a tourist attraction. Ndiaye is famous in Senegal for offering thousands of visitors chilling details of the squalid conditions of the slaves’ holding cells, the chains used to shackle them and their final walk through the door of no return. (…) That said, Camara believes Ndiaye has played an important role in offering the descendants of slaves an emotional shrine to commemorate the sacrifices of their ancestors. (…) Some tour books have begun warning visitors about the questions surrounding the island, including Lonely Planet’s West Africa guidebook, which concludes (…) None of the controversy appears to have diminished the island’s attraction as a tourist destination. The ferry that carries visitors from Dakar to the island is regularly packed with tourists and school groups. The Seattle Times
Les espaces voûtés de Gorée établis sous les rez-de-chaussée surélevés des habitations, dans des maisons construites dans le dernier quart du XVIIIe siècle ou le premier quart du XIXe siècle sont très tôt considérés comme des « captiveries », des « cabanons à esclaves » ou aussi de simples entrepôts. En 1918, le Père Briault nous donne une aquarelle d’un « ancien cabanon à esclaves » établi dans l’actuel presbytère. Selon le Guide du tourisme de 1926, une excursion à l’île de Gorée à partir de Dakar s’impose pour « visiter les anciennes « captiveries » où étaient parqués les esclaves en attendant le retour des négriers, venus à Gorée charger le « bois d’ébène ». Dans un article sur « Gorée la moribonde » paru en 1928, la revue L’Illustration nous présente une reproduction photographique d’une des maisons à cour portant la légende : « au rez-de-chaussée logement des esclaves ; au premier étage, salle à manger du traitant ». En 1929, le docteur P. Brau décrit les « cachots antiques, longs et étroits, [des maisons de Gorée qui] puent encore la chair esclave torturée… [Ils ont pu ensuite servir d’entrepôts] à d’autres lots de marchandises moins fragiles, mais non moins âprement discutées : les boucauts de lard salé et les tonnelets d’eaux-de-vie…15 ». Dès 1932, dans son guide de visite Gorée, capitale déchue, Robert Gaffiot nous dessine la cour de l’une de ces anciennes « maisons négrières ». Il précise dans la légende du dessin l’usage de cette maison où « les esclaves étaient parqués dans le bas-enclos, à l’obscurité, sous les pièces réservées à l’habitation des trafiquants. Le couloir central dessert, à droite et à gauche, une douzaine de longues et étroites cellules, dans lesquelles les malheureux étaient entassés et, bien souvent, enchaînés. L’autre extrémité du couloir donne sur la mer : le « négrier » avait ainsi toute facilité pour faire disparaître les cadavres de ceux qui ne pouvaient subir jusqu’au bout le supplice de cette vie atroce ». Un autre militaire de la marine française, le docteur Pierre-André Cariou, dans son guide non publié Promenade à Gorée, rédigé à partir des années 1940-1943, reprend l’historique et la description de la Maison des Esclaves. Le docteur assombrit encore le tableau dressé dix ans plus tôt par Robert Gaffiot pour l’ancienne maison négrière. En 1951, l’historien et archéologue de l’Institut Français d’Afrique noire (IFAN) Raymond Mauny dénonce, sans en apporter les preuves, les excès de l’interprétation de Gaffiot et de Cariou, notamment les considérations sur la fonction de la porte donnant sur la mer, reprenant en partie le témoignage d’un témoin oculaire contemporain, le chevalier de Boufflers, mais qui semblerait plutôt s’appliquer au site de Saint-Louis. En face de cette Maison dite des esclaves « aux sinistres cellules », l’IFAN complète et redouble le discours pédagogique à l’intention du touriste par l’installation d’un Musée historique de l’Afrique occidentale française, dans une « belle maison de la fin du XVIIIe siècle » édifiée selon Pierre-André Cariou par un [autre] « négrier » dont les cellules du rez-de-chaussée auraient servi, selon le dit docteur de « cachots » aux esclaves. Cette maison, dite de Victoria Albis, est achetée grâce à des crédits votés lors de la célébration du centenaire de l’abolition de l’esclavage (1848) puis réhabilitée et inaugurée le 4 juin 1954. (…) Dès 1948, à l’occasion du centenaire de l’abolition de l’esclavage, Raymond Mauny propose de consacrer un musée spécifique sur l’esclavage à Gorée et de valoriser, selon lui, « l’un des principaux points où s’effectuait la traite sur la côte occidentale d’Afrique. (…) Après les indépendances, dans la continuité de l’œuvre initiée par le colonisateur, l’État du Sénégal reprend à son compte le discours mémoriel. En 1962, le président Léopold Sédar Senghor nomme Boubacar Joseph Ndiaye, ancien sous-officier de l’armée coloniale française, comme « gardien » de la Maison des Esclaves, régularisant ainsi une situation de fait. La vigueur du discours de ce guide, sans doute inspiré à l’origine par celui du Docteur Cariou, son charisme et la voix imposante de ce « gardien de la mémoire de la traite négrière », l’ont désigné peu à peu comme une sorte de « musée vivant », connu à l’échelle internationale. Gorée doit en grande partie son statut d’île-mémoire de la Traite atlantique à l’éloquence de Joseph Ndiaye, « conservateur » de la Maison des Esclaves. (…)  Son récit constitue une re-mémoration de la traite négrière à travers une mise en scène alliant parole, geste et démonstration à l’aide des chaînes en fer reconstituées, avec lesquelles les esclaves étaient attachés. (…) La fonction de ce discours est significative dans la fabrication d’une mémoire liée à la traite atlantique des esclaves, avec une mise en scène et une représentation imagée de la condition de l’esclave appuyées par des citations, des maximes et des proverbes. La réception du discours du « conservateur » se perçoit à travers les diverses réactions observées après la visite du musée et consignées dans le livre d’or. Nombreux sont les guides goréens qui puisent encore une bonne partie de leurs connaissances dans le discours de Joseph Ndiaye. Les réactions observées traduisent des chocs émotionnels qui peuvent déboucher parfois sur des actes spontanés. Le recueillement devant la « porte du voyage sans retour » constitue un acte symbolique qui s’accompagne parfois de rituels, de prières, d’offrandes, de sacrifices, de libations. La signification et la place de l’île dans l’imaginaire de la diaspora noire permettent de mesurer l’impact de cette communauté, en quête d’une identité perdue, dans la cristallisation d’une mémoire de la traite atlantique autour de Gorée. (…) Des contestations naissent sur l’exactitude historique du récit propagé aux visiteurs de la Maison des Esclaves. Dès 1972, le philosophe et chercheur africain Ki-Zerbo, dans son ouvrage « Histoire d’Afrique Noire », s’inquiète de la tournure que peut prendre la défense d’un tel récit qui peut constituer un point de rupture dans la diaspora noire entre l’Afrique et le monde afro des Caraïbes et des Amériques. Deux décennies plus tard, la principale critique émane de deux chercheurs et conservateurs de l’IFAN, Abdoulaye Camara et le père jésuite Joseph Roger de Benoist. Leurs argumentaires sont repris par le journaliste Emmanuel de Roux dans un article paru à Paris dans le journal Le Monde du 27 décembre 1996 sous le titre « Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité ». L’article remet en cause la fonction de la Maison des Esclaves ainsi que le rôle de l’île de Gorée dans le commerce des esclaves. Le journaliste relate la visite du lieu par son « conservateur » Joseph Ndiaye. « Ce dernier raconte avec émotion l’histoire de cette esclaverie construite par les Hollandais au XVIIIe siècle, pivot de la traite à Gorée qui vit défiler des centaines de millions d’Africains, enchaînés, vers le Nouveau Monde40 ». Contrairement aux affirmations de Joseph Ndiaye, Emmanuel de Roux donne la paternité de la maison aux Français, nie l’existence des cellules qui étaient réservées aux esclaves en attente d’embarcation et minimise le nombre d’esclaves ayant transité sur l’île. En conclusion, l’histoire de cette maison présentée par le conservateur ne serait qu’une légende reprise par Joseph Ndiaye, « qui a mis une douzaine d’années à forger un mythe qui, aujourd’hui, a force de loi». La réaction de l’État est vive et rapide. Les 7 et 8 avril 1997, un séminaire réunissant l’ensemble des spécialistes sénégalais et africanistes sur le thème : « Gorée dans la traite atlantique : mythes et réalités » est convoqué dans l’urgence pour riposter à l’imposture. Dix ans après cette attaque « révisionniste », en 2006, le récit du « conservateur » de la Maison des Esclaves est encore contesté par les descendants de certaines signares qui tiennent un autre discours mémoriel et prônent une autre histoire. Dans son ouvrage, Céleste ou le temps des signares, Jean-Luc Angrand nie l’existence d’esclaveries dans les maisons de Gorée : « Il est évident que cette maison comme les autres maisons de Gorée n’ont jamais contenu d’esclaves de traite, les signares étant en général réfractaires à la déportation des esclaves aux Amériques. Les seuls captifs qui existaient dans les maisons de Gorée étaient les captifs de case (domestiques). […] L’idée pathétique de porte par laquelle seraient passés des esclaves embarquant pour l’Amérique n’était rien qu’une histoire destinée à impressionner les touristes de la fin du XXe siècle». Cette vision de la fonction des supports mémoriels ne prend pas en compte la vraie nature du discours commémoratif car comme l’ont bien montré en 1997 Ibrahima Thioub et Hamady Bocoum « Le discours qui commémore cette fonction de l’île n’a jamais prétendu obéir aux règles universitaires de production du savoir et, en conséquence, ne peut être mesuré à cette aune». En 2009, dans sa récente étude sur la déconstruction du syndrome de Gorée, Ibrahima Seck montre comment l’existence de supports matériels contribue à la cristallisation des mémoires dans certains lieux, témoins de cette période. L’idée d’une « porte du voyage sans retour » n’existe pas seulement à Gorée mais aussi dans les différents points d’embarquement des navires négriers sur la côte occidentale de l’Afrique. « Au Ghana, Elmina a aussi sa porte du non retour alors qu’il s’agit en réalité d’une meurtrière. À Ouidah, où la traite ne s’est pas accompagnée de l’impressionnante monumentalité visible sur l’ancienne Côte de l’or, le programme de la Route de l’esclave de l’UNESCO a érigé un monument sous la forme d’un énorme portail face à la mer pour donner un support matériel au symbolisme du voyage sans retour». Il est clair que Gorée a influencé les autres sites qui ont entrepris un travail de remémoration tel qu’il est recommandé par l’UNESCO depuis 1995. Cette vision romantique de Joseph Ndiaye est transmise par des méta-récits nationalistes ou pan-africanistes dont la réalité est caricaturée d’une manière manichéenne. Ce discours laisse peu de place à une « histoire » plus complexe, « archéologique », des Africains libres, aux esclaves de case ou aux esclaves domestiques ou aux captifs face aux Africains enchaînés, aux esclaves de traite ou de transit, aux signares et aux métis et à celles des Européens expatriés, des commerçants aux militaires. L’indépendance une fois acquise, le premier président Léopold Sédar Senghor développe avec le mouvement de la Négritude une orientation culturaliste pour la société sénégalaise, sans rompre avec la francophonie qu’il inscrit dans l’héritage historique du Sénégal et apporte une nouvelle lecture sur la place de Gorée par rapport à la diaspora noire. À partir des années 1980, et pendant deux décennies, le président Abdou Diouf suit la politique de sauvegarde et de mise en valeur de Gorée mise en place par l’UNESCO et veut étendre le message de l’île-mémoire au monde entier par l’érection d’un grand mémorial de l’esclavage. Durant la dernière décennie de la présidence d’Abdoulaye Wade, l’État est moins présent sur le site de Gorée ; il est occupé à élever à Dakar d’autres infrastructures dont un monument de la Renaissance africaine et un parc culturel dans lequel sera édifié un musée des Civilisations noires, idée émise en 1971 par le président Senghor. Le passé de l’île de Gorée et le souvenir des souffrances et des traumatismes subis par l’Afrique et ses diasporas à travers l’esclavage et la traite atlantique, revisité, joue un rôle de premier plan dans l’affirmation de la politique dite « d’enracinement et d’ouverture » chère au président Léopold Sédar Senghor. Le concept de Négritude s’impose comme idéologie du nouvel État indépendant sénégalais qui s’ouvre sur le monde afro-américain. Le président du nouvel État du Sénégal, Léopold Sédar Senghor choisit l’île de Gorée comme un des supports physiques de démonstration de son concept sur la Négritude, sans lien direct avec l’esclavage. (…) Gorée est un laboratoire idéal pour le projet post-colonial de la Négritude. Lieu d’échanges culturels, artistiques, littéraires et scientifiques regroupant l’Afrique et sa Diaspora, le Festival est le lieu de rencontres, colloques, expositions, chants, danses, spectacles qui rythment la vie quotidienne des populations de Dakar et de Gorée. Le lancement du Festival a lieu en présence d’André Malraux. Le choix de Gorée pour abriter une des manifestations de ce Festival répond à une volonté du pouvoir politique qui entend faire de l’île un lieu privilégié pour une communion des peuples du monde à travers le dialogue des cultures. Un spectacle « son et lumière », les « Féeries de Gorée » est monté pour l’occasion : il retrace les grands moments de l’histoire du Sénégal et particulièrement de l’île de Gorée et de son rôle dans l’histoire de l’esclavage. La Maison des Esclaves est restaurée à l’occasion de ce festival. À l’heure où le tourisme de mémoire émerge autour des lieux chargés d’histoire et notamment à ceux liés à des faits tragiques, le Sénégal concentre ce type de démarche presque exclusivement sur la commémoration de l’esclavage et l’île de Gorée. Des agences américaines proposent aux touristes noirs américains des « Black-History Tours », leur permettant d’aller se recueillir sur la terre de leurs ancêtres, plus particulièrement à Gorée, et de méditer sur leur tragique destin. « Ainsi, après avoir été, entre l’Afrique et les Amériques noires, le trait d’union symbolique de la désolation, Gorée devient-elle peu à peu un symbole d’espoir, vers où, de plus en plus nombreux, convergent aujourd’hui, en une sorte de pèlerinage, les descendants des déportés de jadis, en quête de leurs racines et tous ceux qui entendent puiser dans son histoire les raisons d’une nouvelle solidarité des peuples ». Depuis 2005, la mairie de Gorée organise un festival dans le cadre de la promotion des activités culturelles : le Gorée Diaspora Festival. Cette manifestation internationale constitue un moment de retrouvailles entre la population goréenne et la diaspora. À travers cette manifestation, l’institution municipale vise trois objectifs majeurs : permettre aux membres de la diaspora de retrouver l’identité perdue sur cette île-souvenir, les faire participer à la sauvegarde de la mémoire et orienter le devenir de Gorée d’un statut de terre d’esclaves vers celle d’un carrefour de dialogue interculturel. En ouvrant ainsi la porte du retour, la commune entend faire rayonner Gorée sur la scène internationale. Cette manifestation constitue un moment de festivités, de recueillement et de souvenir : festivals, rencontres cinématographiques, concerts, expositions, musiques, visite de la Maison des Esclaves, randonnée maritime, etc. Le festival inclut aussi un volet éducatif avec l’organisation de séminaires et d’ateliers de formation, de conférences et de colloques dont les thèmes portent sur l’esclavage, la traite négrière et sa mémoire, le dialogue des peuples et des cultures. Hamady Bocoum and Bernard Toulier
La Maison des esclaves est devenu un élément du patrimoine de l’humanité, surtout depuis que l’Unesco a classé l’ensemble de l’île dans cette rubrique. Le problème, c’est que tout est faux, ou presque, comme l’expliquent Abdoulaye Camara et le Père de Benoist, un jésuite, historien, chercheur à l’IFAN. La maison, parfaitement identifiée, n’a rien de hollandais. Elle a été construite par les Français, en 1783, pour Anna Colas, une signare riche dame métisse quand la traite tirait à sa fin. Les pièces du bas ont peut-être servi de logements à des esclaves domestiques mais sûrement pas à la traite. C’étaient essentiellement des entrepôts à marchandises. L’esclaverie, car elle a existé, se situait non loin du fort qui abrite aujourd’hui le Musée historique. Elle a disparu. Enfin, Gorée n’a jamais été un centre très actif pour la traite (deux cents à cinq cents esclaves par an, si l’on en croit les chiffres du savant jésuite), par rapport aux comptoirs de la Côte des esclaves (l’actuel Bénin), du golfe de Guinée ou de l’Angola. La légende de la Maison aux esclaves doit tout à l’indéniable talent de Joseph N’Diaye, qui a mis une douzaine d’années à forger un mythe qui, aujourd’hui, a force de loi. Emmanuel de Roux
Cette histoire de maison des esclaves de Gorée a été inventée par Pierre André Cariou, médecin chef breton de la marine française dans les années 1950. Il n’a pas cherché à la falsifier, mais a émis des suppositions, qu’il a intégrées dans un roman historique non édité « Promenade à Gorée » (manuscrit disponible à la BNF Mitterrand) et dans le circuit touristique qu’il proposait aux rares touristes de l’île de Gorée; souvent des amis et familles qui venaient visiter les marins militaires français hospitalisés à l’hôpital de la Marine. À l’origine de ce qui allait devenir la plus importante escroquerie mémorielle de l’histoire, un petit garçon qui servait de « boy » à Cariou, l’adolescent Joseph N’Diaye. Joseph N’Diaye devenu adulte prit la suite de Cariou dans les années 1970. Dans les années 1980 sorti le film « Racines » avec la figure inoubliable de « Kounta Kinté » l’Africain; les Américains noirs, qui vivaient souvent une sorte d’amnésie volontaire quant à leurs souffrances passées, furent pris d’une envie légitime de retourner voir mama africa. Le seul pays qui disposait d’un véritable ministère de la Culture à l’époque, fabuleux héritage de l’ère Senghor, était le Sénégal. Les fonctionnaires orientèrent naturellement les Tours Operator black vers Gorée, où une personne qui n’était pas fonctionnaire faisait visiter une maison aux rares touristes… Joseph N’Diaye. Rapidement, ce business devint une affaire juteuse pour les réceptifs sénégalais, les TO américains (souvent créés par des Sénégalais des USA) et le gouvernement qui prit peu à peu conscience de l’importance économique de cette affaire. D’autres aussi, les enseignants sénégalais de l’université de Dakar, furent de grands bénéficiaires du « Gorée Business » comme je l’ai nommé. En effet, ils obtinrent de nombreux stages, invitations à des conférences aux Amériques rémunérés grâce aux inventions racontées par tonton Joseph. Certains obtinrent des emplois dans les universités américaines (Colombia University), d’autres à la direction du patrimoine dépendant du ministère de la Culture en profitèrent notamment en détournant les nombreux dons financiers offert pour la sauvegarde de Gorée… Au point que l’Unesco, agacée par ces détournement, ne cautionna plus aucune campagne de sauvegarde du patrimoine bâti. Cela ne pouvait pas durer. Dans les années 1980, un historien américain, Philipp Curtin, intrigué par les soi-disants 20 millions de victimes parties de Gorée, publia une étude statistique rappelant que ce chiffre était celui de l’ensemble de la traite partie de toute la côte d’Afrique, de la Mauritanie à l’Angola. Curtin indiqua aussi que de Gorée partirent entre 900 à 1500 personnes et que le Sénégal représentait 5% de la traite. Panique à Dakar et chez leurs complices sénégalais des USA; heureusement pour eux, la presse, non informée, ne diffusa pas l’information… Dans les années 2000, se fut le tour d’Abdoulaye Camara, enseignant en histoire à l’Université de Dakar, de dénoncer l’affaire à un journaliste du Monde, qui la publia alors. Mais l’article fut étouffé car la bande du Gorée Business comptait alors de puissantes relations amicales en France, Laurence Attali (sœur de Jacques), Catherine Clément (romancière) et la Fondation Danièle Mitterrand. Malgré tout Ki Zerbo philosophe béninois protesta contre l’arnaque dans un article de presse. En 2006 finalement sortit la seule étude scientifique démontrant à partir d’archives qu’il s’agissait bel et bien d’une arnaque: la mienne. Cette études indiquait qu’il y avait non pas une mais deux captiveries; toutes deux démolies mais parfaitement repérables grâce aux plans de cadastres du XVIIIe siècle conservés aux archives BNF Richelieux à Paris. Cette étude démontre aussi que les principaux points de départs des victimes furent Saint Louis au Sénégal et la Gambie. Cette étude obligea Wikipedia à rectifier le tir, malgré le sabotage permanent de mes contributions pendant plus de trois ans organisé par les membres de ce qu’il est convenu d’appeler « le Gorée Business ». Ironie du sort, la population « créole » du XVIIIe siècle, comme démontré par cette étude, constitua le principal frein à la traite des esclaves avec celle de Dakar; cela explique le faible nombre de victimes parties de Gorée. Encore plus « amusant » la femme métisse/créole qui a construit cette maison, Anna Colas Pépin, fut une résistante à la traite comme ses « consœurs » qui dirigeaient l’île de Gorée du XVIIIe au XIXe siècle, car ils s’agissait d’une micro-civilisation matriarcale métisse/créole… Jean Luc Angrand
L’histoire de la maison des esclaves de Gorée serait, à l’en croire, une invention dans les années 1950, du docteur Pierre André Cariou, de son état médecin chef de la marine française. Les hypothèses émises par ce dernier seraient contenues dans un manuscrit conservé à la BNF. On aurait souhaité disposer de plus d’informations à propos dudit manuscrit (par exemple son numéro de référence ou son code pour le retrouver plus aisément). Et pourquoi ne pas citer nommément des passages du texte en question pour étayer davantage son propos. En l’absence de telles précautions, son opinion reste pour le moins superficielle et nous laisse un rien circonspect. (…) Revenant ainsi sur le contexte ayant favorisé le développement de ce « business », c’est-à-dire la sortie du film Racines, Jean-Luc Angrand évoque le rôle majeur des Tour-operator tenus par des Sénégalais installés aux USA sans jamais fournir concrètement ni un nom d’organisme touristique ni celui d’un ressortissant sénégalais. Toutes choses entretenant le flou le plus absolu. « Les Tours Operators n’ont jamais été l’objectif de Gorée, éclaire en revanche François Vergès, ancienne présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage. Il ne faut pas tout confondre. C’est comme si on disait, il y a des voyages organisés à Auschwitz, et donc cela enlève le caractère véridique de ce qui s’y est passé ». Il est évident que Gorée tire son statut de haut lieu mémoriel des dividendes de notoriétés qui attirent touristes et pèlerins. « Il faut lutter pour que Gorée ne devienne pas un endroit mercantile, prévient François Vergès. C’est comme à Roben Island, il y avait un projet de le transformer en endroit mercantile, tout le monde a protesté. Et cela s’est arrêté. Est-ce que ce monsieur (Angrand) empêche qu’il y ait des voyages organisés à Lourdes ou à Saint-Michel ? C’est sélectif comme réflexion ». Sélectif puis accusateur sans véritable référence. En effet, Jean-Luc Angrand accuse les enseignants de l’Université de Dakar d’avoir couvert et amplifié ce qu’il appelle « un mensonge » afin d’en tirer des prébendes financières et ou promotionnelles. Mais de quels professeurs s’agit-il ? Ne peut-il être plus concis dans sa dénonciation ? Il évoque l’obtention de postes dans la prestigieuse University of Columbia. On n’ose croire qu’il parle de Souleymane Bachir Diagne ou de Mamadou Diouf. Le premier, normalien, agrégé et docteur en philosophie cité par le Nouvel Observateur parmi l’un des plus grands penseurs de notre époque. Le second, historien de formation, docteur en histoire de la Sorbonne et auteur de plusieurs ouvrages. Pareil parcours ne saurait-il suffire pour être recruté par un institut américain fut-il Columbia University. Dans la deuxième partie de sa diatribe (…) quand il convoque les travaux de Philippe Curtin dans les années 1980, il se garde bien de mentionner le titre de ou des ouvrages dont il a recours. Chose plutôt surprenante pour qui connaît l’immensité de la production de ce chercheur. Dans le même ordre d’idées, on s’attendait à ce qu’il nous livre au moins des noms d’historiens sénégalais ou africains dignes de ce nom ayant soutenu que de Gorée sont partis vingt millions d’esclaves. Idée absolument saugrenue même pour le néophyte en histoire qui n’ignore point qu’une partie de la longue côte atlantique africaine (Togo-Bénin-Nigeria) était justement appelée côte des esclaves en raison de l’intensité du trafic. Ainsi pour Françoise Vergès, « il est évident que l’Ile de Gorée ne pouvait pas prendre autant d’esclaves que Ouidah (Bénin) ou d’autres forteresses sur la côte africaine. Des historiens africains avaient reconnu depuis longtemps que Gorée a participé à la traite mais n’était pas un grand centre, ni un lieu de baraquements ». Alors que la « civilisationniste » Maboula Soumahoro préfère évoquer le départ d’esclaves de la région de Sénégambie. Des « Slaves Castel », on en trouve dans cette région comme au Ghana ou au Bénin. Si des esclaves ne sont pas partis de Gorée, ils sont partis de toute la région ouest africaine donc cela ne change rien à la situation. Je ne comprends pas tellement cette position de nier ce caractère à Gorée ». Autre incompréhension, M. Angrand cite Abdoulaye Camara, enseignant à l’UCAD. Lequel aurait voulu et dénoncé l’imposture dans le journal Le Monde mais l’affaire fut étouffée par le lobby dit « goréen ». On ne peut qu’être interloqué par cette information n’apportant au demeurant rien de concret à son argumentaire. L’incompréhension se porte sur deux facteurs principaux : D’abord pourquoi Jean-Luc Angrand ne fait-il pas siennes les conclusions d’Abdoulaye Camara et les reproduire ici (du moins une partie) pour donner davantage de densité et de crédibilité à son article ? Ensuite, comment se fait-il que cet enseignant-chercheur de l’UCAD se tourne vers le quotidien Le Monde pour publier ses résultats (encore qu’il ne nous fournit ni le numéro ni la date) ? Alors qu’il existe en Afrique même et partout au monde une myriade de revues d’histoire susceptibles de vulgariser ses travaux. Ou faut-il croire ceux-ci n’étaient pas à la hauteur ? Par ailleurs, on est en droit de demeurer interrogatif quant à la soumission de la gazette française pour étouffer cette affaire. Pour qui connaît l’histoire de ce journal né au lendemain de la deuxième guerre mondiale et ses multiples prises à partie avec l’Etat française, la chose parait peu probante. Restant dans sa volonté constante de fournir des preuves du bienfondé de sa théorie, Angrand fait appel à la rescousse une production de Joseph Ki-Zerbo. Mais là également, il commet une erreur factuelle rédhibitoire en présentant ce dernier comme un philosophe béninois alors qu’il est de notoriété publique que l’homme est historien de spécialité et Burkinabé de nationalité. D’autre part, il ne nous dit point où, quand et sur quel support ce penseur a publié son article. (…) Pour conclure sa réflexion, il propose son argument béton à savoir son étude sur la question. Il la présente, « sans prétention », comme le seul vrai travail scientifique en l’espèce (lui qui n’est pas véritablement connu dans la communauté des historiens). Toutefois, il ne dit mot sur le titre de ladite étude ni la publication où elle est apparue avant d’être intégrée dans son livre. Celui-ci, soutient-il, mérite d’être enseigné à l’université en raison de la distinction reçue de la part de l’académie des sciences d’Outre-mer. Rappelons que de tels trophées ne sont pas toujours gages d’excellence. Aussi l’ouvrage très polémique d’Olivier Pétré-Grenouilleau : les traites négrières (Gallimard, 2004) reçut-il le prix du livre d’histoire du Sénat et celui de l’essai de l’académie française avec à chaque fois des jurys composés de non spécialistes. Le seul membre du premier jury ayant quelques clignotants en ce domaine fut Marc Ferro, grand connaisseur de l’Urss de son état. En matière d’histoire de l’Outre-mer, son seul fait d’armes est d’avoir dirigé un ouvrage collectif : le livre noir du colonialisme (Robert Lafont, 2003). En fait le succès du travail de Pétré-Grenouilleau provient de deux facteurs précis. Il a permis de découvrir un point majeur en l’occurrence la diversité des traites négrières. Et d’autre part il est apparu comme une forme d’absolution des Européens qui n’étaient opportunément plus les seuls méchants négriers. Responsabilité qu’ils partageaient dorénavant avec les Arabes et les Africains eux-mêmes. Ce sont donc ces deux points qui justifient les nombreux satisfécits dont Olivier Pétré-Grenouilleau a bénéficié en dépit des sérieuses lacunes que contient son essai. Ce dernier fait pratiquement un blackout total (vingt pages sur plus de trois cent soixante) sur le trafic de l’Atlantique sud mené par les Hispano-portugais, c’est-à-dire la droiture. Laquelle a été encore plus importante que le très connu commerce triangulaire se faisant plus au nord. De plus cet historien reprend par devers lui des chiffres fantaisistes quant au nombre de déportés dans le cadre du trafic transaharien et de l’océan indien. Fantaisiste car n’offrant pas contrairement aux échanges de l’ouest des sources bien chiffrées et quantifiables. Moussa Diop
Cet article de presse [de  Momar Mbaye, Docteur en histoire de l’Université de Rouen et Moussa Diop, journaliste] est une bien amusante rhétorique faite par des enseignants sénégalais qui tentent de sauver leurs « têtes » après une bonne vingtaine d’années de baratin. Toute les affirmations contenues dans mon article de presse du Hufffingtonpost sont sourcées; mon principal adversaire monsieur Hamady Bocoum Directeur National du Patrimoine Sénégalais vient de reconnaître à demi mots dans un article de la revue du patrimoine français In Situ du mois d’Avril 2103v(sur internet) le bien fondé de mes travaux de recherches (en partie dûs à Hubert Dupuy); essayant au passage de mettre sur le dos de l’état français l’origine de cette arnaque mémorielle. Hamady Bocoum ment très mal car dans le même article il indique par inadvertance que le représentant de l’état français de l’époque, le Professeur Mauny (1951) niait toute véracité à cette invention du Médecin Chef de la Marine Pierre André Cariou; lui même peut être inspiré par Robert Gaffiot auteur de Gorée Capital déchue (1933). Gaffiot inventeur ou co-inventeur avec Cariou du Mythe (à creuser). La faute n’est pas, comme je l’ai dit, d’avoir débuté le mythe puisque ce sont deux Français qui l’ont inventé à l’usage des familles de militaires français hospitalisés à l’hôpital de la Marine française bien avant l’indépendance (avant guerre) mais bien d’en avoir fait, un fait historique reconnu par l’état sénégalais après l’indépendance tout en permettant au « griot mémoriel » Joseph Ndiaye d’en rajouter des couches. Une historiette jamais reconnue par le professeur Théodore Monod fondateur de l’IFAN et son assistant le professeur Mauny représentant l’état français avant l’indépendance. Il n’y a donc pas de complot « blanc » contre Gorée…n’est-ce pas ?  Les escrocs de l’Université de Dakar n’ont pas hésité à tourner en ridicule le vrai travail de mémoire allant même jusqu’à cacher depuis plus de vingt ans la vraie captiverie de Gorée encore existante, aux pèlerins antillais, noirs-américains et autres. Captiverie dont j’ai révélé l’existence depuis l’année 2006 malgré des menaces physiques à mon encontre de la part du pseudo conservateur Eloi Coly. Vos collègues universitaires corrompus du Gorée Business (malhonnête) refusent de la faire ouvrir car cela leur ferait perdre le contrôle probablement de la pompe à fric et ils seraient obligés de s’expliquer auprès de leurs nombreux amis noirs aux Antilles et USA à qui ils ont fait prendre une vessie pour une lanterne. Enfin, peut-être ont-ils peur de subir les foudres des fondations et états qui ont donné de l’argent pour « sauver Gorée » porte sans retour de l’esclavage d’où furent partis selon le griot mémoriel Joseph Ndiaye 10, 15, 20 millions de victimes (les chiffres qu’il donnait variaient probablement en fonction de la température de l’air ou de la direction du vent)… Autre faute gravissime fut de laisser Joseph Ndiaye mettre en place un discours fonctionnel dans la maison d’Anna Colas Pépin (maison des esclaves) dont le seul but fut de tirer des larmes aux Antillais et noirs américains pour en obtenir toujours plus de pognon…c’est dégueulasse. Enfin, autre faute, laisser Joseph Ndiaye raconter tout et surtout n’importe quoi sur l’histoire patrimoniale de cette maison; dates de constructions fausses, usage du rez-de-chaussée qui n’a jamais été une captiverie transformée en cellules avec la cerise sur le gâteau « une cellule des récalcitrants » (un gag mémoriel). Quelle honte pour l’Université de Dakar que d’avoir laissé un ignorant ridiculiser l’Afrique et le travail des historiens noirs qui font leur boulot correctement; comme Abdoulaye Camara (inspiré tout comme Roger de Benoist par des informations fournies par monsieur Hubert Dupuy) que vous dénigrez dans votre article; tout cela pour enrichir les amis, la famille qui contrôle le Gorée business (malhonnête).  Je ne suis pas contre un Gorée Business, tout comme il y a un Mecque Business et un Lourdes Business, mais encore faut il que ce qui est proposé au bout soit honnête alors au nom des mes amis antillais, noirs américains je vous SOMME par la présente d’ouvrir immédiatement la vraie captiverie de Gorée et d’indiquer aux touristes les vrais chiffres de déportés !!!!!. Voici le plan de cadastres de Gorée datant du XVIII siècle avec l’indication de la vraie captiverie (il en avait une seconde dans le fort St François qui est rasé de nos jours); essayez svp de rattraper vos erreurs graves en faisant le boulot correctement pour éviter aux négationnistes de se moquer de nous, les Africains. Il faut maintenant déconstruire/reconstruire; faisons le ensemble avec la participation désormais indispensable de nos frères et sœurs historiens antillais et américains. Jean-Luc Angrand
Attention: une fiction peut en cacher une autre !

Après l’ennichement du confinement aveugle et l’actuel emmusellement du masque obligatoire à l’extérieur

Mais aussi, avec le déchainement de génuflexions que l’on sait, le psychodrame du racisme systémique

Retour …

Au premier jour du procès des complices des assassins des caricaturistes de Charlie hebdo

Et au lendemain de la mise au pilori du magazine Valeurs actuelles et de son rédacteur en chef
Sur fond de condamnations, d’Emmanuel Macron à Marine Le Pen, d’une rare unanimité politique
Pour une fiction et une illustration considérées comme racistes …
Pour avoir représentée, en esclave collier en fer autour du cou, la députée d’extrême-gauche et indigéniste racialiste notoire d’origine africaine Danièle Obono
Mais visant surtout, contre l’omerta habituelle et « l‘entreprise idéologique de falsification de l’Histoire » consistant à « faire payer le poids de cette insoutenable traite aux seuls Européens »,  à rappeler « les horreurs de l’esclavage organisé par des Africains au XVIIIe siècle » et la « terrible vérité que les indigénistes ne veulent pas voir » …
Sur la fabrication d’une autre fiction …
Mais dûment antiraciste, celle-là …
A savoir l’invention du véritable lieu de pèlerinage des afro-descendants …
Et haut lieu de tourisme mémoriel et présidentiel de l’ïle sénégalaise de Gorée …
Présentée, contre toute évidence historique, comme centre de traite de millions d’esclaves africains …

Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité

Emmanuel de Roux

Le Monde

27 décembre 1996

La Maison des esclaves de l’île de Gorée figure dans tous les guides. Pas un touriste ne manquera la visite de ce monument au sinistre passé. Il sera accueilli dans la cour de ce bâtiment ocre rouge par un cicerone inspiré, Joseph N’Diaye, un ancien sous-officier. Ce dernier raconte avec émotion l’histoire de cette « esclaverie » construite par les Hollandais au XVIIe siècle, pivot de la traite à Gorée qui vit défiler des centaines de milliers d’Africains, enchaînés, vers le Nouveau Monde.

Les différentes cellules sont détaillées : celles des hommes, celles des femmes et celles des enfants, le cachot pour les rebelles et la porte pour le « voyage sans retour » qui s’ouvre sur l’océan. Un escalier à double révolution conduit aux appartements des négriers. La fondation France-Liberté, de Danièle Mitterrand, comme en atteste une plaque, a financé une partie de la rénovation de l’édifice. La Maison des esclaves est devenu un élément du patrimoine de l’humanité, surtout depuis que l’Unesco a classé l’ensemble de l’île dans cette rubrique. Le problème, c’est que tout est faux, ou presque, comme l’expliquent Abdoulaye Camara et le Père de Benoist, un jésuite, historien, chercheur à l’IFAN. La maison, parfaitement identifiée, n’a rien de hollandais. Elle a été construite par les Français, en 1783, pour Anna Colas, une signare riche dame métisse quand la traite tirait à sa fin. Les pièces du bas ont peut-être servi de logements à des esclaves domestiques mais sûrement pas à la traite. C’étaient essentiellement des entrepôts à marchandises.

L’esclaverie, car elle a existé, se situait non loin du fort qui abrite aujourd’hui le Musée historique. Elle a disparu. Enfin, Gorée n’a jamais été un centre très actif pour la traite (deux cents à cinq cents esclaves par an, si l’on en croit les chiffres du savant jésuite), par rapport aux comptoirs de la Côte des esclaves (l’actuel Bénin), du golfe de Guinée ou de l’Angola. La légende de la Maison aux esclaves doit tout à l’indéniable talent de Joseph N’Diaye, qui a mis une douzaine d’années à forger un mythe qui, aujourd’hui, a force de loi.

Voir également:

Gorée Business

LA CERTIFICATION DES LIEUX DE MEMOIRES DE LA SHOAH NOIRE
Petite note sur la fausse « Maison des esclaves de Gorée »
Jean Luc Angrand
Historien franco-sénégalais
16 novembre 2012

Cette histoire de maison des esclaves de Gorée a été inventé par Pierre André Cariou, médecin chef breton de la marine française dans les années 1950. Il n’a pas cherché à la falsifier, mais a émis des suppositions, qu’il a intégrées dans un roman historique non édité « Promenade à Gorée » (manuscrit disponible à la BNF Mitterand) et dans le circuit touristique qu’il proposait aux rares touristes de l’île de Gorée; souvent des amis et familles qui venaient visiter les marins militaires français hospitalisés à l’hôpital de la Marine.

À l’origine de ce qui allait devenir la plus importante escroquerie mémorielle de l’histoire, un petit garçon qui servait de « boy » à Cariou, l’adolescent Joseph N’Diaye.

Joseph N’Diaye devenu adulte prit la suite de Cariou dans les années 1970. Dans les années 1980 sorti le film « Racines » avec la figure inoubliable de « Kounta Kinté » l’africain; les Américains noirs, qui vivaient souvent une sorte d’amnésie volontaire quant à leurs souffrances passées, furent pris d’une envie légitime de retourner voir mama africa.

Le seul pays qui disposait d’un véritable ministère de la Culture à l’époque, fabuleux héritage de l’ère Senghor, était le Sénégal. Les fonctionnaires orientèrent naturellement les Tours Operator black vers Gorée, où une personne qui n’était pas fonctionnaire faisait visiter une maison aux rares touristes… Joseph N’Diaye.

Rapidement, ce business devint une affaire juteuse pour les réceptifs sénégalais, les TO américains (souvent créés par des Sénégalais des USA) et le gouvernement qui prit peu à peu conscience de l’importance économique de cette affaire.

D’autres aussi, les enseignants sénégalais de l’université de Dakar, furent de grands bénéficiaires du « Gorée Business » comme je l’ai nommé.

En effet, ils obtinrent de nombreux stages, invitations à des conférences aux Amériques rémunérés grâce aux inventions racontées par tonton Joseph. Certains obtinrent des emplois dans les universités américaines (Colombia University), d’autres à la direction du patrimoine dépendant du ministère de la Culture en profitèrent notamment en détournant les nombreux dons financiers offert pour la sauvegarde de Gorée… Au point que l’Unesco, agacée par ces détournement, ne cautionna plus aucune campagne de sauvegarde du patrimoine bâti.

Cela ne pouvait pas durer.

Dans les années 1980, un historien américain, Philipp Curtin, intrigué par les soi-disants 20 millions de victimes parties de Gorée, publia une étude statistique rappelant que ce chiffre était celui de l’ensemble de la traite partie de toute la côte d’Afrique, de la Mauritanie à l’Angola. Curtin indiqua aussi que de Gorée partirent entre 900 à 1500 personnes et que le Sénégal représentait 5% de la traite.

Panique à Dakar et chez leurs complices sénégalais des USA; heureusement pour eux, la presse, non informée, ne diffusa pas l’information…

Dans les années 2000, se fut le tour d’Abdoulaye Camara, enseignant en histoire à l’Université de Dakar, de dénoncer l’affaire à un journaliste du Monde, qui la publia alors. Mais l’article fut étouffé car la bande du Gorée Business comptait alors de puissantes relations amicales en France, Laurence Attali (sœur de Jacques), Catherine Clément (romancière) et la Fondation Danièle Mitterrand. Malgré tout Ki Zerbo philosophe béninois protesta contre l’arnaque dans un article de presse.

En 2006 finalement sortit la seule étude scientifique démontrant à partir d’archives qu’il s’agissait bel et bien d’une arnaque: la mienne. Cette études indiquait qu’il y avait non pas une mais deux captiveries; toutes deux démolies mais parfaitement repérables grâce aux plans de cadastres du XVIIIe siècle conservés aux archives BNF Richelieux à Paris. Cette étude démontre aussi que les principaux points de départs des victimes furent Saint Louis au Sénégal et la Gambie. Cette étude obligea Wikipedia à rectifier le tir, malgré le sabotage permanent de mes contributions pendant plus de trois ans organisé par les membres de ce qu’il est convenu d’appeler « le Gorée Business ».

Ironie du sort, la population « créole » du XVIIIe siècle, comme démontré par cette étude, constitua le principal frein à la traite des esclaves avec celle de Dakar; cela explique le faible nombre de victimes parties de Gorée.

Encore plus « amusant » la femme métisse/créole qui a construit cette maison, Anna Colas Pépin, fut une résistante à la traite comme ses « consœurs » qui dirigeaient l’île de Gorée du XVIIIe au XIXe siècle, car ils s’agissait d’une micro-civilisation matriarcale métisse/créole…

L’étude dont je suis l’auteur fut intégrée dans mon livre « Céleste ou le temps des signares« , seul livre certifié qui puisse servir en université car primé par une académie dépendant de l’éducation nationale française: l’Académie des Science d’Outre-mer.

Voilà donc pourquoi je propose désormais « la certification des lieux de mémoires », c’est-à-dire que tous les lieux de mémoires en Afrique soient désormais certifiés par plusieurs universités, des Amériques (Caraïbes, Etats-Unis), d’Europe et d’Afrique. Avec cette méthode, on éviterait que ne se reproduise des arnaques comme la fausse « maison des esclaves de Gorée ».

Voir de même:

Maison des esclaves de Gorée: les manquements de Jean-Luc Angrand

AFRIQUE – Toute vérité est une suite d’erreurs rectifiées. Si l’affaire de la maison des esclaves est réellement une grosse escroquerie il est bon de le savoir et de le diffuser mais encore faut-il que cette « vérité » soit révélée en s’appuyant sur une argumentation et des preuves ne souffrant d’aucune once de doute.

L’Île de Gorée et sa symbolique maison des esclaves sont des lieux mémoriels qui permettent de se souvenir de l’une des pages les plus douloureuses de l’histoire de l’humanité à savoir la traite des noirs qui eut lieu du XVI au XIXè siècle (au bas mot). C’est un fait. Gorée résiste autant aux déferlantes attaques des eaux de l’océan sur ses parois insulaires mais solides qu’à celles trop souvent légères, pour ne pas dire révisionnistes, de Jean-Luc Angrand. Nous, Momar Mbaye, Docteur en histoire de l’Université de Rouen et Moussa Diop, journaliste, correspondant du quotidien sénégalais Le Soleil à Paris et diplômé en histoire, nous sommes d’abord questionnés sur le sérieux de l’article de Jean-Luc Angrand intitulé « Petite note sur la fausse ‘maison des esclaves de Gorée’« . Au delà de la notification des manquements dans sa démarche, nous apportons des réponses sur le sujet. Nous avons jugé utile de recueillir également le témoignage de Françoise Vergès, alors présidente du comité pour la mémoire de l’esclavage et Maboula Soumahoro, Docteur en langues, culture et civilisation du monde anglophone.

Reconnaissons avant tout que l’objectif que se fixe Monsieur Angrand n’est en soi nullement répréhensible ou condamnable. Bien au contraire la controverse et le débat nourrissent la science. On dira, pour reprendre le mot de Nietzsche, que c’est de la contradiction que l’esprit devient fécond.

Jean-Luc Angrand se définit comme un historien franco-sénégalais, il ne respecte pas toujours un certain nombre de règles exigées par la discipline historique. Parmi celles-ci figurent en première place le sérieux et la rigueur exemplaires dans l’analyse et l’exploitation des sources sous-tendant toute affirmation. Et sous ce rapport, nous constatons que l’écrit de Mr Angrand n’est pas toujours exempt de tels manquements. Aussi, point par point, nous tenterons de mettre en évidence de telles insuffisances.

L’histoire de la maison des esclaves de Gorée serait, à l’en croire, une invention dans les années 1950, du docteur Pierre André Cariou, de son état médecin chef de la marine française. Les hypothèses émises par ce dernier seraient contenues dans un manuscrit conservé à la BNF. On aurait souhaité disposer de plus d’informations à propos dudit manuscrit (par exemple son numéro de référence ou son code pour le retrouver plus aisément). Et pourquoi ne pas citer nommément des passages du texte en question pour étayer davantage son propos. En l’absence de telles précautions, son opinion reste pour le moins superficielle et nous laisse un rien circonspect.

Ce déficit de précision constitue à bien des égards la marque de fabrique de l’article de l' »historien » Angrand.

Revenant ainsi sur le contexte ayant favorisé le développement de ce « business », c’est-à-dire la sortie du film Racines, Jean-Luc Angrand évoque le rôle majeur des Tour-operator tenus par des Sénégalais installés aux USA sans jamais fournir concrètement ni un nom d’organisme touristique ni celui d’un ressortissant sénégalais. Toutes choses entretenant le flou le plus absolu. « Les Tours Operators n’ont jamais été l’objectif de Gorée, éclaire en revanche François Vergès, ancienne présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage. Il ne faut pas tout confondre. C’est comme si on disait, il y a des voyages organisés à Auschwitz, et donc cela enlève le caractère véridique de ce qui s’y est passé ».

Il est évident que Gorée tire son statut de haut lieu mémoriel des dividendes de notoriétés qui attirent touristes et pèlerins. « Il faut lutter pour que Gorée ne devienne pas un endroit mercantile, prévient François Vergès. C’est comme à Roben Island, il y’avait un projet de le transformer en endroit mercantile, tout le monde a protesté. Et cela s’est arrêté. Est-ce que ce monsieur (Angrand) empêche qu’il y ait des voyages organisés à Lourdes ou à Saint-Michel ? C’est sélectif comme réflexion ». Sélectif puis accusateur sans véritable référence. En effet, Jean-Luc Angrand accuse les enseignants de l’Université de Dakar d’avoir couvert et amplifié ce qu’il appelle « un mensonge » afin d’en tirer des prébendes financières et ou promotionnelles. Mais de quels professeurs s’agit-il ? Ne peut-il être plus concis dans sa dénonciation ? Il évoque l’obtention de postes dans la prestigieuse University of Columbia. On n’ose croire qu’il parle de Souleymane Bachir Diagne ou de Mamadou Diouf.

Le premier, normalien, agrégé et docteur en philosophie cité par le Nouvel Observateur parmi l’un des plus grands penseurs de notre époque. Le second, historien de formation, docteur en histoire de la Sorbonne et auteur de plusieurs ouvrages. Pareil parcours ne saurait-il suffire pour être recruté par un institut américain fut-il Columbia University.

Dans la deuxième partie de sa diatribe Jean-Luc Angrand met en exergue des penseurs qui sont sensés apporter de la ressource à sa thèse. Pourquoi pas ? Mais là aussi il pèche par sa légèreté et le manque de rigueur de son raisonnement. Ainsi, quand il convoque les travaux de Philippe Curtin dans les années 1980, il se garde bien de mentionner le titre de ou des ouvrages dont il a recours. Chose plutôt surprenante pour qui connaît l’immensité de la production de ce chercheur. Dans le même ordre d’idées, on s’attendait à ce qu’il nous livre au moins des noms d’historiens sénégalais ou africains dignes de ce nom ayant soutenu que de Gorée sont partis vingt millions d’esclaves. Idée absolument saugrenue même pour le néophyte en histoire qui n’ignore point qu’une partie de la longue côte atlantique africaine (Togo-Bénin-Nigeria) était justement appelée côte des esclaves en raison de l’intensité du trafic.

Ainsi pour Françoise Vergès, « il est évident que l’Ile de Gorée ne pouvait pas prendre autant d’esclaves que Ouidah (Bénin) ou d’autres forteresses sur la cote africaine. Des historiens africains avaient reconnu depuis longtemps que Gorée a participé à la traite mais n’était pas un grand centre, ni un lieu de baraquements ». Alors que la « civilisationniste » Maboula Soumahoro préfère évoquer le départ d’esclaves de la région de Sénégambie. Des « Slaves Castel », on en trouve dans cette région comme au Ghana ou au Bénin. Si des esclaves ne sont pas partis de Gorée, ils sont partis de toute la région ouest africaine donc cela ne change rien à la situation. Je ne comprends pas tellement cette position de nier ce caractère à Gorée ».

Autre incompréhension, M. Angrand cite Abdoulaye Camara, enseignant à l’UCAD. Lequel aurait voulu et dénoncé l’imposture dans le journal Le Monde mais l’affaire fut étouffée par le lobby dit « goréen ». On ne peut qu’être interloqué par cette information n’apportant au demeurant rien de concret à son argumentaire. L’incompréhension se porte sur deux facteurs principaux : D’abord pourquoi Jean-Luc Angrand ne fait-il pas siennes les conclusions d’Abdoulaye Camara et les reproduire ici (du moins une partie) pour donner davantage de densité et de crédibilité à son article ? Ensuite comment se fait-il que cet enseignant-chercheur de l’UCAD se tourne vers le quotidien Le Monde pour publier ses résultats (encore qu’il ne nous fournit ni le numéro ni la date) ? Alors qu’il existe en Afrique même et partout au monde une myriade de revues d’histoire susceptibles de vulgariser ses travaux. Ou faut-il croire ceux-ci n’étaient pas à la hauteur ?

Par ailleurs, on est en droit de demeurer interrogatif quant à la soumission de la gazette française pour étouffer cette affaire. Pour qui connaît l’histoire de ce journal né au lendemain de la deuxième guerre mondiale et ses multiples prises à partie avec l’Etat française, la chose parait peu probante. Restant dans sa volonté constante de fournir des preuves du bienfondé de sa théorie, Angrand fait appel à la rescousse une production de Joseph Ki-Zerbo. Mais là également, il commet une erreur factuelle rédhibitoire en présentant ce dernier comme un philosophe béninois alors qu’il est de notoriété publique que l’homme est historien de spécialité et Burkinabé de nationalité. D’autre part, il ne nous dit point où, quand et sur quel support ce penseur a publié son article.

Pareille omission constitue, si besoin en est, une preuve supplémentaire de son manque de rigueur.

Pour conclure sa réflexion, il propose son argument béton à savoir son étude sur la question. Il la présente, « sans prétention », comme le seul vrai travail scientifique en l’espèce (lui qui n’est pas véritablement connu dans la communauté des historiens). Toutefois, il ne dit mot sur le titre de ladite étude ni la publication où elle est apparue avant d’être intégrée dans son livre.

Celui-ci, soutient-il, mérite d’être enseigné à l’université en raison de la distinction reçue de la part de l’académie des sciences d’Outre-mer. Rappelons que de tels trophées ne sont pas toujours gages d’excellence. Aussi l’ouvrage très polémique d’Olivier Pétré-Grenouilleau : les traites négrières (Gallimard, 2004) reçut-il le prix du livre d’histoire du Sénat et celui de l’essai de l’académie française avec à chaque fois des jurys composés de non spécialistes. Le seul membre du premier jury ayant quelques clignotants en ce domaine fut Marc Ferro, grand connaisseur de l’Urss de son état. En matière d’histoire de l’Outre-mer, son seul fait d’armes est d’avoir dirigé un ouvrage collectif : le livre noir du colonialisme (Robert Lafont, 2003). En fait le succès du travail de Pétré-Grenouilleau provient de deux facteurs précis. Il a permis de découvrir un point majeur en l’occurrence la diversité des traites négrières. Et d’autre part il est apparu comme une forme d’absolution des Européens qui n’étaient opportunément plus les seuls méchants négriers. Responsabilité qu’ils partageaient dorénavant avec les Arabes et les Africains eux-mêmes.

Ce sont donc ces deux points qui justifient les nombreux satisfécits dont Olivier Pétré-Grenouilleau a bénéficié en dépit des sérieuses lacunes que contient son essai. Ce dernier fait pratiquement un blackout total (vingt pages sur plus de trois cent soixante) sur le trafic de l’Atlantique sud mené par les Hispano-portugais, c’est-à-dire la droiture. Laquelle a été encore plus importante que le très connu commerce triangulaire se faisant plus au nord. De plus cet historien reprend par devers lui des chiffres fantaisistes quant au nombre de déportés dans le cadre du trafic transaharien et de l’océan indien. Fantaisiste car n’offrant pas contrairement aux échanges de l’ouest des sources bien chiffrées et quantifiables.

En définitive si cet ouvrage aussi déficitaire sur le plan scientifique a pu recevoir autant de lauriers c’est en raison de son côté rassurant pour l’Occident.

Du coup sommes-nous en droit de nous questionner sur les motivations ayant présidé aux distinctions du livre de Monsieur Angrand, si d’aventure ce texte recelait des imperfections aussi notoires que celles que avons relevées dans son article.

Nous concluons notre critique en rappelant ces mots de Gaston Bachelard ; toute vérité est une suite d’erreurs rectifiées. Donc si l’affaire de la maison des esclaves est réellement une grosse escroquerie il est bon de le savoir et de le diffuser mais encore faut-il que cette « vérité » soit révélée en s’appuyant sur une argumentation et des preuves ne souffrant d’aucune once de doute. Ce qui est loin d’être le cas avec ce cher Monsieur Angrand.

Voir de plus:

HUFFINGTONPOST du 25 Mai 2013 – Jean Luc Angrand versus Momar Mbaye et Moussa Diop

Réponse de : Jean Luc ANGRAND Historien (franco-sénégalais) aux humoristes  Momar Mbaye, Docteur en histoire de l’Université de Rouen et Moussa Diop, journaliste, membres actif du Gorée Business suite à leurs article dilatoire dans le Huffingtonpost.

Cet article de presse est une bien amusante rhétorique faite par des enseignants sénégalais qui tentent de sauver leurs « têtes » après une bonne vingtaine d’années de baratin. Toute les affirmations contenues dans mon article de presse du Hufffingtonpost sont sourcé; mon principal adversaire monsieur Hamady Bocoum Directeur National du Patrimoine Sénégalais vient de reconnaître à demi mots dans un article de la revue du patrimoine français In Situ du mois d’Avril 2103(sur internet) le bien fondé de mes travaux de recherches (en partie dû à Hubert Dupuy); essayant au passage de mettre sur le dos de l’état français l’origine de cette arnaque mémorielle.

Hamady Bocoum ment très mal car dans le même article il indique par inadvertance que le représentant de l’état français de l’époque, le Professeur Mauny (1951) niait toute véracité à cette invention du Médecin Chef de la Marine Pierre André Cariou; lui même peut être inspiré par Robert Gaffiot auteur de Gorée Capital déchue(1933). Gaffiot inventeur ou co-inventeur avec Cariou du Mythe (à creuser). La faute n’est pas comme je l’ai dit d’avoir débuté le mythe puisque ce sont deux français qui l’on inventés à l’usage des familles de militaires français hospitalisés à l’hôpital de la Marine française bien avant l’indépendance (avant guerre) mais bien d’en avoir fait, un fait historique reconnu par l’état sénégalais après l’indépendance tout en permettant au « griot mémoriel » Joseph Ndiaye dans rajouter des couches.

Une historiette jamais reconnue par le professeur Théodore Monod fondateur de l’IFAN et son assistant le professeur Mauny représentant l’état français avant l’indépendance. Il n’y a donc pas de complot « blanc » contre Gorée…n’est-ce pas ?

Les escrocs de l’Université de Dakar n’ont pas hésité à tourner en ridicule le vrai travail de mémoire allant même jusqu’à cacher depuis plus de vingt ans la vraie captiverie de Gorée encore existante, aux pèlerins antillais, noirs américains et autres. Captiverie dont j’ai révélé l’existence depuis l’année 2006 malgré des menaces physique à mon encontre de la part du pseudo conservateur Eloi Coly.

Vos collègues universitaires corrompus du Gorée Business (malhonnête) refusent de la faire ouvrir car cela leurs ferait perdre le contrôle probablement de la pompe à fric et ils seraient obligé de s’expliquer auprès de leurs nombreux amis noirs aux Antilles et USA à qui ils ont fait prendre une vessie pour une lanterne. Enfin peut être ont ils peur de subir les foudres des fondations et états qui ont donné de l’argent pour « sauver Gorée » porte sans retour de l’esclavage d’où fut parti selon le griot mémoriel Joseph Ndiaye 10, 15, 20 millions de victimes (les chiffres qu’il donnait variés probablement en fonction de la température de l’air ou de la direction du vent)…

Autre faute gravissime fut de laisser Joseph Ndiaye mettre en place un discourt fonctionnel dans la maison d’Anna Colas Pépin (maison des esclaves) dont le seul but fut de tirer des larmes aux antillais et noirs américains pour en obtenir toujours plus de pognons…c’est dégueulasse. Enfin autre faute, laisser Joseph Ndiaye raconter tout et surtout n’importe quoi sur l’histoire patrimoniale de cette maison; dates de constructions fausses, usage du rez-de-chaussé qui n’a jamais été une captiverie transformé en cellules avec la Cerise sur le gâteau « une cellule des récalcitrants » (un gag mémoriel).

Quelle honte pour l’Université de Dakar que d’avoir laissé un ignorant ridiculiser l’Afrique et le travail des historiens noirs qui font leurs boulots correctement; comme Abdoulaye Camara (inspiré tout comme Roger de Benoist par des informations fournis par monsieur Hubert Dupuy) que vous dénigrez dans votre article; tout cela pour enrichir les amis, la famille qui contrôle le Gorée business (malhonnête).

Je ne suis pas contre un Gorée Business, tout comme il y a un Mecque Bussines et un Lourde Business mais encore faut il que ce qui est proposée au bout soit honnête alors au nom des mes amis antillais, noirs américains je vous SOMMES par la présente d’ouvrir immédiatement la vraie captiverie de Gorée et d’indiquer aux touristes les vrais chiffres de déportés !!!!!. Voici le plan de cadastres de Gorée datant du XVIII siècle avec l’indication de la vraie captiverie (il en avait une seconde dans le fort St François qui est rasé de nos jours); essayez svp de rattraper vos erreurs graves en faisant le boulot correctement pour éviter aux négationnistes de ce moquer de nous, les africains. Il faut maintenant déconstruire/reconstruire faisons le ensemble avec la participation désormais indispensable de nos frères et sœurs historiens antillais et américains :

Bien à vous,

Jean Luc Angrand
Voir encore:

Senegal Slave House’s past questioned

John Murphy

GOREE ISLAND, Senegal — Standing in a narrow doorway opening onto the Atlantic Ocean, tour guide Aladji Ndiaye asked a visitor to this Senegalese island’s Slave House to imagine the millions of shackled Africans who stepped through it, forced onto overcrowded ships that would carry them to lives of slavery in the Americas. »After walking through the door, it was bye-bye, Africa, » says Ndiaye, pausing before solemnly pointing to the choppy waters below. « Many would try to escape. Those who did died. It was better we give ourselves to the sharks than be slaves. »

This portal — called the door of no return — is one of the most powerful symbols of the Atlantic slave trade, serving as a backdrop for high-profile visits to Africa by Pope John Paul II, President Clinton and his successor, President Bush, and a destination for thousands of African Americans in search of their roots.

More than 200,000 people travel to this rocky island off the coast of Dakar each year to step inside the dark, dungeonlike holding rooms in the pink stucco Slave House and hear details of how 20 million slaves were chained and fattened for export here. Many visitors are moved to tears.

But whatever its emotional or spiritual power, Goree Island was never a major shipping point for slaves, say historians, who insist no slaves were ever sold at Slave House, no Africans ever stepped through the famous door of no return to waiting ships.

« The whole story is phony, » says Philip Curtin, a retired professor of history at Johns Hopkins University who has written more than two dozen books on Atlantic slave trade and African history.

Although it functioned as a commercial center, Goree Island was never a key departure point for slaves, Curtin says. Most Africans sold into slavery in the Senegal region would have departed from thriving slave depots at the mouths of the Senegal River to the north and the Gambia River to the south, he says.

During about 400 years of the Atlantic slave trade, when an estimated 10 million Africans were taken from Africa, maybe 50,000 slaves — not 20 million as claimed by the Slave House curator — might have spent time on the island, Curtin says.

Even then, they would not have been locked in chains in the Slave House, Curtin says. Built in 1775-1778 by a wealthy merchant, it was one of the most beautiful homes on the island; it would not have been used as a warehouse for slaves other than those who might have been owned by the merchant.

Likewise, Curtin adds, the widely accepted story that the door of no return was the final departure point for millions of slaves is not true. There are too many rocks to allow boats to dock safely, he says.

Curtin’s assessment is widely shared by historians, including Abdoulaye Camara, curator of the Goree Island Historical Museum, which is a 10-minute walk from the Slave House.

The Slave House, says Camara, offers a distorted account of the island’s history, created with tourists in mind.

But when the respected French newspaper Le Monde published an article in 1996 refuting the island’s role in the slave trade, Senegalese authorities were furious. Several years ago at an academic conference in Senegal, some Senegalese accused Curtin of « stealing their history, » he says.

No one is quite sure where the Slave House got its name, but both Camara and Curtin credit Boubacar Joseph Ndiaye, the Slave House’s curator since the early 1960s, with promoting it as a tourist attraction.

Ndiaye is famous in Senegal for offering thousands of visitors chilling details of the squalid conditions of the slaves’ holding cells, the chains used to shackle them and their final walk through the door of no return.

« Joseph Ndiaye offers a strong, powerful, sentimental history. I am a historian. I am not allowed to be sentimental, » Camara says.

That said, Camara believes Ndiaye has played an important role in offering the descendants of slaves an emotional shrine to commemorate the sacrifices of their ancestors.

« The slaves did not pour through that door. The door is a symbol. The history and memory needs to have a strong symbol, » Camara says. « You either accept it or you don’t accept it. It’s difficult to interpret a symbol. »

Some tour books have begun warning visitors about the questions surrounding the island, including Lonely Planet’s West Africa guidebook, which concludes: « Goree’s fabricated history boils down to an emotional manipulation by government officials and tour companies of people who come here as part of a genuine search for cultural roots. »

None of the controversy appears to have diminished the island’s attraction as a tourist destination. The ferry that carries visitors from Dakar to the island is regularly packed with tourists and school groups.

At the Slave House, the visitors’ book is crowded with entries by tourists expressing a powerful mix of anger, sadness and hope at what they’ve experienced — no matter if it is fact or fiction.

« The black Africans will never forget this shameful act until kingdom come, » penned a visitor from Ghana.

Voir aussi:

The Washington Post
June 28, 2013

When President Obama visited Senegal’s Goree Island on Thursday, pausing for a moment to gaze West across the Atlantic Ocean from the « Door of No Return, » a famous symbol of the slave trade, you could almost hear the echoes of a quote from Martin Luther King Jr. that he often cites: The arc of the moral universe is long, but it bends toward justice.

Obama, speaking to reporters after the rare moment of solemnity, said it had been « very powerful » for him to see the world-famous site, which helped him “fully appreciate the magnitude of the slave trade” and “get a sense in an intimate way” of the hardships slaves faced. He called the trip a reminder that « we have to remain vigilant when it comes to the defense of human rights. »

« This is a testament to when we’re not vigilant in defense of human rights, what can happen, » he said. « Obviously, for an African American, an African American president, to be able to visit this site, gives me even greater motivation in terms of human rights around the world. »

The door was the point out of which many, perhaps millions, of African slaves took the final step from their home continent and onto the slave ships that would bring them to the new world, if they even survived the journey. Or that’s the story according to Goree Island official history, anyway. The truth may actually be far more complicated.

No one doubts the vast scale or horrific consequences of the trans-Atlantic slave trade, which destroyed countless communities in Africa, tore families apart, forced millions into bondage and killed perhaps one in 10 just during their voyage across the ocean. But it turns out that Senegal’s famous Door of No Return might not actually have played a very significant role in that story. And the wide gulf between the myth of the door and its reality may actually be, in itself, a revealing symbol of our relationship to this dark chapter in world history. What Obama really saw at Goree Island’s famous, pink-walled building may not have been a monument to slavery’s history so much as its haunting legacy and ineffable memory.

If you ask the stewards of this museum on Goree Island what happened there, they’ll likely refer you to the plaques on the wall, which say that millions of slaves passed through the building that Obama visited Thursday, now called the House of Slaves. That’s been the story for years. In 1978, the United Nations cultural body formally named it as a world heritage site, explaining that « From the 15th to the 19th century, it was the largest slave-trading centre on the African coast. » When Nelson Mandela visited in 1991, a tour guide told him that a hole beneath some stairs had been used as a cruel holding cell for disobedient slaves; Mandela insisted on crawling inside. It was also visited by Pope John Paul II, Presidents Bill Clinton and George W. Bush and many African heads of state.

But if you ask Africa scholars, they’ll tell you a very different story. « There are literally no historians who believe the Slave House is what they’re claiming it to be, or that believe Goree was statistically significant in terms of the slave trade, » Ralph Austen, who as a professor emeritus at the University of Chicago has written several academic articles on the subject, told the Associated Press.

Historical studies, according to Austen and other academics who spoke to the AP, suggest that 33,000 slaves were transferred from Goree Island – a huge number to be sure, but a tiny fraction of what the island’s official history claims. And, of those, perhaps zero were moved from the House of Slaves or out of its Door of No Return. « Historians say the door faced the ocean so that the inhabitants of the house could chuck their garbage into the water, » the AP says. « No slaves ever boarded a ship through it. » The historian Ana Lucia Araujo told the news agency, « It’s not a real place from where real people left in the numbers they say.”

Historians first uncovered the apparent truth about Goree in the 1990s. But almost 20 years later, the site’s emotional power is still strong – as is its prominent place in a history that it actually had very little to do with. But that might be about something much bigger than just the persistence of myth or the challenge in overturning a too-good-to-be-true story.

As academics downplayed the historical role of Goree in past centuries, a very different kind of scholar began to study its significance today, for Africans and members of the African diaspora. Katharina Schramm, in a book on the role of history in African ideologies today, called the Door of No Return a symbol of « the cultural amnesia and sense of disconnection that slavery and the Middle Passage stand for. » The door, she wrote, has become increasingly associated not just with its largely fictional past but with its very real present as a place of historical « healing and closure, » sometimes now described as a « Door of Return » out of slavery’s shadow.

Dionne Brand, a Canadian poet and novelist who often writes about race, explored the symbolic power of Goree’s sites at length in a 2002 book on identity and history, « A Map to the Door of No Return: Notes to Belonging. » She wrote that the door, whatever its role in past centuries, is today « a place to return to, a way of being » for people, like her, struggling to confront the role of slavery in her family’s past. Dionne writes, in a passage that might have resonated with Obama as he looked through the door and over the Atlantic:

The door signifies the historical moment which colours all moments in the Diaspora. It accounts for the ways we observe and are observed as people, whether it’s through the lens of social injustice or the lens of human accomplishments. The door exists as an absence. A thing in fact which we do not know about, a place we do not know. Yet it exists as the ground we walk. Every gesture our bodies make somehow gestures toward this door. What interest me primarily is probing the Door of No Return as consciousness. The door casts a haunting spell on personal and collective consciousness in the Diaspora. Black experience in any modern city or town in the Americas is a haunting. One enters a room and history follows; one enters a room and history precedes. History is already seated in the chair in the empty room when one arrives. Where one stands in a society seems always related to this historical experience. Where one can be observed is relative to that history. All human efforts seem to emanate from this door.

Historians, since realizing the banal truth of Goree Island in the 1990s, have been struggling with how, or whether, to reconcile their accounting with the island’s power today, how to square what actually happened at this house in Senegal with the Door of No Return as it is today felt and perceived by visitors from Nelson Mandela to Obama. If no slaves ever actually stepped through the door, can it still be a symbol of the slave trade, which did in fact reshape entire continents? Of slavery’s still-unfolding legacy? At what point does the symbolism overshadow the reality?

In 1995, as an early iteration of this still-going debate raged on an e-mail listserv for Africa scholars, the scholar John Saillant, then of Brown University, argued that Goree could still matter, even if it turned out that millions of slaves hadn’t really moved through it. « We can understand Goree as important & interesting without extravagant claims about numbers, » he wrote.

Voir également:

La Traite négrière, un lourd héritage

Guillaume Frouin
20 minutes

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Demain, la Journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage ne sera toujours pas célébrée de façon unitaire à Nantes. Une trentaine de comédiens enchaînés et en haillons ont en effet pris part, dès hier, à une « Marche des esclaves » dans les rues de la ville, qui a fait sa fortune au XVIIIe siècle sur le « commerce triangulaire ». Ils étaient encadrés par deux négriers européens, qui criaient « Avancez, bande de nègres ! » entre deux coups de fouet et de bâton.

« Indécent » pour Octave Cestor
« C’est avant tout un outil pédagogique, pour répondre à la non-visibilité de la traite négrière dans les manuels scolaires », explique André-Joseph Gélie, qui a initié l’événement en 2006. « Nous vivons dans un monde d’images, et cette Marche permet de symboliser l’esclavage. » Hier, les « esclaves » ont ainsi marqué l’arrêt devant l’Hôtel de ville… où l’initiative est jugée « indécente ». « C’est comme si on demandait aux Juifs de théâtraliser leur marche vers les fours crématoires », s’emporte Octave Cestor, conseiller municipal en charge des « relations entre Nantes, l’Afrique et les Caraïbes ». « Nous sommes, en plus, dans une ville qui assume son passé… Ces personnes devraient avoir le courage d’aller à Bordeaux, La Rochelle ou Saint-Malo. Ces villesne font rien alors qu’elles ont, elles aussi, un passé négrier. »

Voir de même:

Danièle Obono, une « décolonialiste » au sein de l’université française ?

FIGAROVOX/TRIBUNE – Guilhem Carayon s’inquiète de la nomination de Danièle Obono à la Sorbonne. Il y voit une offensive du parti indigéniste à l’Université et craint que les thèses racialistes ne se développent au sein de l’enseignement supérieur.

Guilhem Carayon et Olivier Vial

Cette tribune est écrite par Guilhem Carayon, responsable de l’UNI Paris 1 Panthéon Sorbonne.

Elle est cosignée par Olivier Vial, président de l’UNI.


Danièle Obono, député de la France Insoumise, proche du «Parti des indigènes de la République» (PIR) vient d’être nommée au sein du Conseil d’administration de l’UFR de Science politique de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Cette instance fixe au quotidien les orientations des enseignements et des recherches proposés aux étudiants.

Depuis plusieurs années, les activistes en tous «genres» tentent d’infiltrer l’Université afin de poser un vernis «scientifique» sur leurs engagements les plus radicaux. Les militants du genre furent les pionniers. Et désormais, les études de genre prospèrent et se répandent d’amphithéâtres en amphithéâtres. L’université a ainsi servi de caisse de résonance aux adeptes de l’écriture inclusive, aux avocats de la fluidité des genres et des toilettes neutres …

Avec Danièle Obono, c’est une autre idéologie qui fait de l’entrisme. Une idéologie aux antipodes de notre tradition humaniste. La député de Paris s’est, en effet, faite l’avocate des thèses «décolonialistes» prônées par le Parti des indigènes de la République.

Ce groupuscule extrémiste avait publié en 2016 des messages de soutien aux organisateurs d’un attentat contre des civils à Tel Aviv! «L’Antisionisme», revendiqué par sa porte-parole Houria Bouteldja dissimule mal un réel antisémitisme. Selon elle, «les juifs sont les boucliers, les tirailleurs de la politique impérialiste française et de sa politique islamophobe». Sic!

A l’occasion des 10 ans des Indigènes de la République, Danièle Obono avait encensé le parti indigéniste, qualifiant même le discours de sa porte-parole Houria Bouteldja de «très beau et très juste». En réalité, l’idéologie que Danièle Obono défend, repose sur des fondements racialistes. Elle va jusqu’à prôner la non-mixité raciale et sexuelle (!) dans les réunions politiques ou syndicales, en somme un apartheid inversé. Ce genre d’inepties tend malheureusement à se développer, comme ce fut le cas durant le blocus de Tolbiac, les étudiants avaient déjà pris l’initiative d’organiser des Assemblées Générales interdites aux hommes blancs. Re-Sic!

Elle s’est également «distinguée» dans son soutien à un texte de Rap dont les paroles font froid dans le dos: «Nique la France, et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes. Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes, (…) ton pays est puant, raciste et assassin». (*) Doit-on s’attendre à ce que ce genre de colique verbale soit désormais au programme de l’UFR?

Alors, comment a-t-on pu intégrer Danièle Obono dans un conseil qui détermine les orientations de l’enseignement des Science politique dans l’université symbole des libertés intellectuelles depuis le Moyen-Âge? Comment peut-on avoir choisi une personnalité aussi radicale, discréditant par ses engagements anti-humanistes l’image et le prestige de La Sorbonne?

L’argent public qui finance la recherche publique doit-il servir à diffuser une propagande «bolcho-trotsko-marxiste» comme se définit Danièle Obono, ou pire à soutenir l’offensive des «décolonialistes».

En réalité, cette nomination n’entache pas seulement l’image de l’UFR de Science politique. Demain, ce seront l’ensemble des diplômes et des recherches de l’Université Paris 1 qui seront suspects. Nous demandons donc au Président de Paris 1 et au conseil d’administration de l’université de dénoncer cette nomination ;

Sinon, le risque c’est de voir l’université Française devenir le cheval de Troie de tous les courants nés au sein de la gauche radicale américaine la plus folle.

(*) Nique la France, Zone d’expression populaire, 2009

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Comment le réseau indigéniste tisse sa toile

ENQUÊTE – L’affaire Floyd est une opportunité pour les militants indigénistes et communautaristes qui se sont emparés ces dernières semaines de cette émotion légitime pour porter leurs revendications et imbiber un peu plus la société de leur doctrine.

Nadjet Cherigui

Le calvaire de George Floyd, cet Afro-Américain agonisant durant huit minutes et quarante-six secondes sous le genou d’un policier blanc, a ébranlé le monde entier et suscité une vague d’indignation sans précédent. Son martyre a traversé l’Océan pour importer dans l’Hexagone une problématique que certains voudraient similaire en comparant cette dramatique affaire de Minneapolis avec celle d’Adama Traoré, ce jeune homme de 24 ans, originaire du quartier de Boyenval, à Beaumont-sur-Oise, et mort en juillet 2016 après son interpellation par les gendarmes.

Depuis quatre ans, le comité La Vérité pour Adama, par la voix d’Assa Traoré, sa sœur, n’a de cesse de désigner les gendarmes comme racistes et responsables de la mort du jeune homme. Devenu porte-drapeau de la mobilisation contre les violences policières, le comité a organisé des manifestations à Paris les 2 et 13 juin derniers et veut se faire l’écho en France du mouvement américain Black Lives Matter.

Des revendications disparates

Pour Sami Biasoni, coauteur avec Anne-Sophie Nogaret de l’ouvrage Français malgré eux, publié aux Éditions de l’Artilleur, la comparaison du cas d’Adama Traoré avec celui de George Floyd s’apparenterait plutôt à une stratégie opportuniste pour porter en réalité d’autres revendications: «L’affaire Floyd est tombée au bon moment pour les membres du comité La Vérité pour Adama. Elle leur a permis d’accomplir un véritable coup de force médiatique, en réunissant à Paris près de 15.000 personnes portant des revendications très disparates passant de l’antiracisme au militantisme contre les violences policières. Cela démontre aussi une véritable faiblesse de notre société et la remise en cause de l’unité nationale après les nombreuses manifestations des néoféministes, des environnementalistes, des “gilets jaunes”, etc. Il faut, insiste l’auteur, noter également l’influence des thèses défendues par les activistes indigénistes derrière le comité La Vérité pour Adama.»

Ce mouvement indigéniste auquel fait référence Sami Biasoni est actif sur le terrain des manifestations (aux côtés notamment d’organisations comme la très sulfureuse Ligue de défense noire africaine). Né en 2005, il s’appuie sur une littérature universitaire issue de Michel Foucault, Pierre Bourdieu ou l’ethnopsychiatrie. Les Indigènes de la République n’ont de cesse, depuis leur création, de dénoncer la France comme un État dont le racisme serait institutionnalisé. Cette pensée est théorisée par des personnalités comme le sociologue Saïd Bouamama ou Houria Bouteldja. Cette dernière s’est distinguée lors d’une allocution publique en affirmant au micro «Mohammed Merah, c’est moi», exprimant ainsi sa compassion pour le terroriste dont la folie haineuse avait fait sept morts, dont trois enfants, et six blessés lors des tueries de Toulouse et Montauban en 2012.

Actifs dans les banlieues

«Ces gens jargonnent beaucoup et se prennent pour des intellectuels, déplore Anne-Sophie Nogaret, l’autre auteur de Français malgré eux. Pour eux, la France est toujours coloniale. Ils considèrent que les Arabes et les Noirs sont encore aujourd’hui des indigènes et ne répondent pas aux mêmes droits que les autres citoyens. Ce groupuscule a étendu son réseau d’influence dans les banlieues grâce au relais des mairies, surtout communistes et d’extrême gauche, en infiltrant les sphères du pouvoir grâce aux facultés et à la sympathie des universitaires, puis dans les médias qui reprennent aujourd’hui ses éléments de langage comme les mots “racisé” ou “privilège blanc”. Ils sont très actifs et visibles sur le terrain médiatique à travers, notamment, le comité La Vérité pour Adama. C’est terrible car ils ont pour objectif de détruire ce pays, colonial à leurs yeux, que représente la République.»

Rachida Hamdan est connue pour sa bonne humeur contagieuse et son sourire indéboulonnable. Depuis le local de son association, elle veut dire aujourd’hui sa colère contre la famille Traoré et son comité. Une indignation exprimée sans filtre sur les réseaux sociaux, mais aussi auprès des jeunes dans ces quartiers qu’elle connaît bien à Saint-Denis. La présidente de l’association dyonisienne Les Résilientes, qui se veut universaliste et laïque, crie au mensonge. «Adama Traoré n’est pas la victime du racisme et d’un contrôle d’identité au faciès, martèle Rachida Hamdan. Il a été arrêté par des gendarmes, dont deux étaient noirs, dans le cadre d’une affaire de délinquance et non pas en raison de sa couleur de peau. Je ne veux pas nier l’existence du racisme, mais il n’est pas l’apanage de la police, ni celui des Blancs. Ce genre de théorie crée du séparatisme et nuit à l’unité du pays. Si j’étais blanche, je serais hors de moi en entendant que je suis forcément une privilégiée, raciste et nantie. Par ailleurs, je refuse de marcher dans les rues de Paris pour défendre un délinquant accusé de viol sur un jeune codétenu. Prendre la famille Traoré comme modèle est une insulte faite aux Noirs.»

Une théorie identitaire

Cette militante féministe insiste pour souligner la polygamie du père, d’origine malienne, de cette famille de 10 enfants.«Il avait deux épouses, s’étrangle-t-elle. La polygamie est illégale dans notre pays et je considère cette pratique comme de la maltraitance pour les gamins qui la subissent. La très nombreuse fratrie Traoré a un casier judiciaire très chargé et ne donne rien d’autre qu’une image déplorable des jeunes de quartier.»

Rachida Hamdan, activiste infatigable de la cause des femmes et de la défense des valeurs républicaines, est très souvent attaquée par les islamistes ou les indigénistes qu’elle connaît trop bien dans la ville de Saint-Denis. Elle en est convaincue, le comité La Vérité pour Adama est aujourd’hui piloté par cette nébuleuse d’activistes «racialistes».Selon elle, la lutte contre les violences policières n’est pour ces militants qu’un écran de fumée. Elle relève notamment l’omniprésence de Youcef Brakni, porte-parole du comité. L’homme est aussi l’organisateur du Printemps des quartiers en 2012. Cet événement majeur de la cause réunissait à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, les personnalités les plus influentes de la sphère indigéniste.

«Quels sont leurs projets? s’interroge la militante. Je ne peux pas répondre, mais je suis sûre d’une chose: ces gens ne sont pas dans une démarche constructive mais à l’inverse guerrière et vengeresse pour mettre le chaos dans le pays. Ce n’est pas ce que je veux pour notre jeunesse.» Le nom de Youcef Brakni, ancien membre du Mouvement islamique de libération et farouche opposant à l’IVG, revient aussi dans la bouche de cette universitaire chercheuse qui veut rester anonyme et connaît bien le mouvement indigéniste ; elle décrit à travers ce personnage «un indigénisme avec l’islamisme en embuscade». «Youcef Brakni pilote la tête d’Assa Traoré, affirme-t-elle. Les indigénistes ont compris que le comité La Vérité pour Adama est le report politiquement correct de leurs idées identitaires et racistes. Ces idées progressent et ils tissent leur toile grâce au réseau d’influence de l’intelligentsia et à la passerelle construite avec une bourgeoisie gauchiste qui aime à s’encanailler avec le lumpenprolétariat des cités sans n’y avoir jamais mis les pieds. Ces gens rêvent de révolution en mangeant des petits-fours et se fichent bien en réalité de la condition des Noirs et des Arabes dans les banlieues. Nous sortons juste de trois mois de confinement pour raisons sanitaires et, grâce à eux, on ne parle que de racisme alors que la crise économique est devant nous et que tout ceci ne fait que l’aggraver.»

Reconnaissance des minorités

«Dénationaliser l’histoire de France», cette autre idée défendue par les indigénistes signifie-t-elle que ces militants ambitionnent de repenser le récit national ou de remettre en cause l’héritage de grandes figures historiques? La multiplication des actes de vandalisme sur les statues de Victor Schœlcher et de Charles de Gaulle qualifiés de racistes interroge.

Guylain Chevrier, docteur en histoire et enseignant, s’insurge contre ces phénomènes. «Le projet de ces activistes vise à remplacer l’égalité républicaine par la reconnaissance juridique des minorités. Ils veulent une photo figée de l’Histoire au nom de la diversité qui serait leur seule réalité. Ils sont en conflit avec une pensée rationnelle. L’homme se développe par l’expérience qui a permis son émancipation. C’est ainsi que la République a dépassé la contradiction du colonialisme grâce à ses valeurs et en apportant à chacun les mêmes droits sans distinction. Ces gens refusent cette pensée du progrès, c’est la raison pour laquelle ils cassent tout.»

Voir de plus:

Fiction raciste sur Danièle Obono : «Valeurs actuelles» au bout de sa logique

Jérôme Lefilliâtre

On aurait donc mal compris le texte de Valeurs actuelles sur Danièle Obono. «Ce n’est pas un texte raciste», a tenté de plaider, en réponse à la condamnation unanime de son dernier fait de gloire journalistique, le directeur du magazine d’extrême droite, Geoffroy Lejeune. On aurait manqué, nous autres ignares, de perspicacité, de hauteur de vue, de connaissance de l’histoire.

Texte anonyme

Car il se serait seulement agi de rappeler que l’esclavage avait bénéficié de complicités de trafiquants africains – une vieille coutume de l’extrême droite est de minorer la responsabilité des Occidentaux dans l’affaire en mettant en avant celle de certains Noirs. Si cet infâme article imaginant la députée de La France insoumise dans un village tchadien du XVIIIe siècle donne la nausée, ce ne serait pas parce qu’il est bêtement à vomir, mais parce que l’esclavage est une horreur, dont Valeurs aurait tenu à nous rappeler l’affreuse réalité. Rien à voir, donc, avec les préjugés ou les obsessions du magazine, a affirmé Geoffroy Lejeune, qu’on a pourtant senti plus péteux que jamais à la télévision ce week-end.

Publier un texte anonyme sur une femme noire contenant des phrases comme «Danièle fut échangée avec des Toubous prévenus par un tam-tam» ou «elle était pour sa part heureuse d’être trop âgée pour subir ce douloureux écartèlement des lèvres permettant d’y glisser ces plateaux de bois qui leur donnaient ce profil qui l’effrayait malgré elle» n’aurait rien de raciste pour le directeur de l’hebdomadaire. C’est raciste, absolument. On imagine le sourire de l’auteur au moment d’écrire ces lignes, ravi d’adresser un clin d’œil complice, bien entendu, à son lecteur… Interrogé par Libé sur l’identité de ce mystérieux rédacteur, nommé «Harpalus», Geoffroy Lejeune répond : «Je ne veux pas le dire car c’est inutile. J’assume la responsabilité dans cette histoire.»

Qui lit Valeurs actuelles de temps à autre sait parfaitement à quoi s’en tenir avec cet ex-magazine conservateur roupillant, qui a dérivé vers la radicalité à partir de 2012, sous la direction d’Yves de Kerdrel (qui a condamné publiquement le texte sur Danièle Obono). Son successeur nommé en 2016, Geoffroy Lejeune, qui rêve d’union des droites par l’extrême et a promu Zemmour «homme de l’année» en «une» début août, a poussé les feux plus loin encore, dans une direction militante, plus convaincue par la cause. Le fait est que le jeune patron de Valeurs, bientôt 32 ans, se sent assez fort pour imprimer des articles aussi répugnants que ce «voyage» de Danièle Obono dans l’Afrique esclavagiste – notons au passage que l’odyssée s’achève par une rédemption trouvée dans un monastère de bénédictines.

Interview d’Emmanuel Macron

Comment l’injustifiable a-t-il été rendu possible? Geoffroy Lejeune ne peut pourtant pas s’appuyer sur un bilan commercial étincelant : la «diffusion payée individuelle» de son journal, propriété de l’industriel Iskandar Safa, est tombée de 114 000 exemplaires en moyenne en 2016 à 76 000 en 2019. Ni sur les succès électoraux des candidats qu’il a soutenus, tel François-Xavier Bellamy, en déroute aux européennes. D’où vient alors l’incroyable assurance de Valeurs ? Nul doute que l’interview «exclusive» accordée par Emmanuel Macron en octobre dernier au magazine a beaucoup contribué à ce processus d’autolégitimation et d’autopersuasion.

Mais c’est aussi l’accueil réservé à cet hebdomadaire pas du tout comme les autres dans les médias audiovisuels qui a joué. Chose impensable il y a dix ans, les journalistes de Valeurs ont envahi les plateaux et studios. La nouvelle garde, composée de Charlotte d’Ornellas, Tugdual Denis, Louis de Raguenel ou Raphaël Stainville, squatte les émissions de débats construites sur la culture du clash, à l’invitation de chaînes très conciliantes. Ex-éditorialiste politique numéro 1 de LCI, Geoffroy Lejeune vient d’être appelé par Cyril Hanouna à la table des chroniqueurs de Balance ton post !. On arrête quand le délire ?

Voir encore:

10 pays où l’esclavage moderne fait rage

L’esclavage dans le monde

Selon le Global Slavery Index (Indice mondial de l’esclavage) créé par la Walk Free Foundation en 2013, le nombre de personnes concernées par l’esclavage moderne est estimé à 30 millions. 3 critères sont pris en compte pour ce calcul : l’esclavage, le travail forcé ou le trafic d’être humain. Méconnu, ce « crime caché » concentre 22 des 29,8 millions d’esclaves dans seulement 10 pays (dont 14 millions en Inde).

Esclavage dans le mondeCarte de l’esclavage dans le monde, cliquez dessus pour l’agrandir. Source : Walk Free

Jetez un œil aux dix pays où l’esclavage est le plus répandu par nombre d’habitant.

10. Gabon

Le Gabon est à la fois un pays de destination et de transit pour les victimes de l’esclavage moderne. Hommes et femmes de tous âges sont contraints à diverses formes d’esclavage moderne dans ce pays d’Afrique. Les filles sont le plus souvent victimes de la traite à la servitude domestique (ou dans les restaurants et les marchés) ou le travail sexuel alors que les garçons sont victimes de la traite pour le travail manuel. Les mariages d’enfants et mariages forcés sont monnaie courante.

Selon l’UNICEF, l’absence de réglementation sur les travailleurs immigrés clandestins combinée à l’accroissement de la pauvreté, ont provoqué une augmentation massive de la traite des enfants dans tout le pays au cours des 10 dernières années. L’agence estime que 200 000 enfants non accompagnés sont introduits clandestinement au sein de la région pour y travailler chaque année.

9. Gambie

En Gambie, il y a de nombreux cas de mendicité forcée, de servitude domestique et de prostitution, y compris le tourisme pédophile. Les femmes, les filles et les garçons sont victimes de la traite en direction de la Gambie pour l’exploitation sexuelle commerciale. Selon l’UNICEF, près de 60 000 enfants en Gambie sont exposés à cette forme d’esclavage, notamment les orphelins et enfants de la rue.

8. Côte d’Ivoire

Les femmes et enfants asservis en Côte-d’Ivoire sont souvent soumis au travail forcé et à la prostitution. Un grand nombre d’enfants sont forcés à travailler dans les mines, la pêche, l’agriculture, la construction, le travail domestique et à la vente de rue ainsi que le cirage de chaussures.

7. Bénin

Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, les femmes et les enfants impliqués contre leur gré dans le commerce sexuel, le travail domestique et le travail forcé sont les principales victimes de l’esclavage moderne. Le Bénin compte environ 80 000 esclaves… L’Organisation Internationale pour les Migrations (IOM) affirme que plus de la moitié sont des enfants. La plupart travaillent dans les plantations de coton ou de noix de cajou ou comme domestiques dans les maisons.

6. Moldavie

Avec environ 33 000 esclaves, la Moldavie est principalement un pays d’origine pour l’esclavage moderne. Les émigrants moldaves sont asservis dans d’autres pays voisins comme l’Ukraine, la Russie, l’Allemagne, la Biélorussie et ailleurs. Les moldaves ont été victimes de la traite à des fins de prélèvement d’organes.

5. Népal

Au Népal, les pratiques esclavagistes modernes comprennent le travail forcé et la prostitution. On estime que 259 000 Népalais sont asservis, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. Une économie paralysée, la corruption endémique et la discrimination ethnique et sexuelle institutionnalisée ont créé des conditions permettant à l’esclavage de prospérer depuis la fin de 10 ans de guerre civile au Népal en 2006.

4. Inde

Bien que l’Inde occupe la quatrième place en terme d’esclaves par habitants, c’est surtout le pays avec le plus grand nombre de personnes réduites à l’esclavage dans le monde. Presque toutes les formes d’esclavage sont répandues, allant de la servitude pour dettes inter-générationnelle au commerce du sexe, du travail des enfants au mariage forcé… Avec environ 13,9 millions d’esclaves, l’Inde abrite près de la moitié de la population asservie sur terre.

3. Pakistan

L’esclavage moderne au Pakistan est principalement caractérisé par la servitude pour dettes. La Banque asiatique de développement estime que 1,8 million de pakistanais sont liés à cette forme d’esclavage, bien que certaines ONG en dénombrent beaucoup plus (jusqu’à 4,5 millions). Beaucoup de Pakistanais migrent vers les pays du Golfe, l’Iran, la Turquie, l’Afrique du Sud et ailleurs à la recherche de travail, où ils sont en proie à des agents de travail sans scrupules qui retiennent leur passeports et ne paient pas leur salaires.

2. Haïti

L’esclavage des enfants est un problème très répandu dans la nation caribéenne d’Haïti. Le pays figure à la deuxième place de ce classement avec près de 209 000 esclaves, dont le problème est alimenté par une forte pauvreté, un manque d’accès aux services sociaux et un système pour le travail des enfants connu sous le nom de restavek, dans lequel les enfants pauvres des zones rurales sont envoyés pour travailler avec les familles des villes.

1. Mauritanie

La Mauritanie se classe à la pire place de ce classement concernant ​​la « prévalence de l’esclavage ». Jusqu’à 20% de la population est considérée comme esclave. La chose la plus horrible est certainement que le statut d’esclave se transmet à travers les générations. En 1981, la Mauritanie avait pourtant abolie l’esclavage…

Voici le classement de l’ONG Free Walk :
Classement esclavage

En France il y aurait encore 8500 esclaves.

Voir enfin:

La fabrication du Patrimoine : l’exemple de Gorée (Sénégal)

Hamady Bocoum and Bernard Toulier

Les patrimoines de la traite négrière et de l’esclavage

In situ

20 | 2013

« Celui qui vous dit « Gorée est une île » / Celui-là a menti / Cette île n’est pas une île / Elle est continent de l’esprit » (Jean-Louis Roy, 1999)2(fig. n°1). Cet écrivain et diplomate francophone canadien, imprégné du discours des lieux, oppose la matérialité tangible de ce petit bout de terre établi au large de la presqu’île du Cap-Vert, à la portée symbolique de cette île-mémoire, « expression focale de la traite négrière ».

Nous ne reviendrons pas ici sur l’état des connaissances concernant l’histoire de l’esclavage et de la traite en Sénégambie et à Gorée. Dès les années 1970-80, les premiers travaux de synthèse sont menés par le professeur MBaye Gueye3. En 1997, un article du journal Le Monde mettant en cause la place de Gorée dans la traite atlantique et la fonction de la Maison des Esclaves dans « l’économie symbolique de la mémoire collective » suscite un séminaire sur Gorée et l’esclavage, dirigé par l’Institut Fondamental d’Afrique Noire Cheikh Anta Diop de Dakar4. Cette vive riposte « nationale », relayée par une démarche des historiens africains dans le cadre de la mondialisation en 2001, est supportée depuis 2007 par un programme d’études et de recherches domicilié à l’université de Dakar5.

Nous nous attacherons ici à l’observation de la « fabrique » de ce patrimoine mémoriel, depuis la période coloniale jusqu’à nos jours à travers les discours des différents acteurs, chercheurs et historiens, gestionnaires et conservateurs, hommes d’État et responsables de collectivités ou de communautés, responsables d’organisations non gouvernementales ou journalistes, aux différentes échelles locales, nationales ou internationales, à travers les sources archivistiques ou architecturales et les archives vivantes des mémoires-militantes. Ces observations pluridisciplinaires nécessitent un croisement des moyens d’investigation et d’interprétation des sources à travers divers continents.

Comment le site a-t-il été « inventé » et le « centre historique » protégé, comme témoin de l’esclavage et de son abolition dans le cadre d’une mise en tourisme de l’Afrique Occidentale Française (A.O.F.) ? Comment l’État du Sénégal s’est-il approprié cette « greffe coloniale » sur la construction mémorielle et la gestion du cadre bâti qui est devenu depuis 1978 un site de portée patrimoniale international, avec son inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO6 ?

Depuis quelques décennies, Gorée est au centre d’un véritable pèlerinage célébrant la diaspora des afro-descendants qui impose une surenchère compétitive et aux intérêts divergents de construction de musées, d’édification de mémoriaux et de routes touristiques de l’esclavage pour capter les retombées de ce nouveau tourisme dit « culturel »7. Quelles en sont les conséquences perceptibles sur le patrimoine et la transmission de la mémoire ?

La construction d’un tourisme colonial lié à la mémoire de l’esclavage : 1926-1959

En 1926, le discours colonial exposé dans le Guide du tourisme en Afrique Occidentale Française présente les Français comme des libérateurs et des civilisateurs « [qui] abolirent l’esclavage et rassemblèrent la terre africaine8 ». Le touriste est appelé à découvrir, « sous les préjugés négriers et sous les rêveries humanitaires, le caractère paysan des hommes de la savane9 ».

Au cours des années 1930, l’agence économique de l’Afrique-Occidentale-Française (A-O-F) procède à la mise en valeur touristique des territoires coloniaux et un syndicat d’initiative et de tourisme de l’AOF est installé à Dakar. En 1936, la revue à grand tirage L’Illustration consacre un numéro spécial à « L’œuvre de la France en Afrique occidentale », avec un supplément sur le tourisme. Elle décrit « l’inexprimable et inépuisable attrait » de cette « nature ardente », inquiétante hier, mais accueillante aujourd’hui : « l’AOF est la banlieue tropicale de l’Europe »10. La même année Air-France inaugure une ligne aérienne vers Dakar11.

L’invention de la Maison des Esclaves

Les espaces voûtés de Gorée établis sous les rez-de-chaussée surélevés des habitations, dans des maisons construites dans le dernier quart du XVIIIe siècle ou le premier quart du XIXe siècle sont très tôt considérés comme des « captiveries », des « cabanons à esclaves » ou aussi de simples entrepôts. En 1918, le Père Briault nous donne une aquarelle d’un « ancien cabanon à esclaves » établi dans l’actuel presbytère12. Selon le Guide du tourisme de 1926, une excursion à l’île de Gorée à partir de Dakar s’impose pour « visiter les anciennes « captiveries » où étaient parqués les esclaves en attendant le retour des négriers, venus à Gorée charger le « bois d’ébène »13. Dans un article sur « Gorée la moribonde » paru en 1928, la revue L’Illustration nous présente une reproduction photographique d’une des maisons à cour portant la légende : « au rez-de-chaussée logement des esclaves ; au premier étage, salle à manger du traitant »14. En 1929, le docteur P. Brau décrit les « cachots antiques, longs et étroits, [des maisons de Gorée qui] puent encore la chair esclave torturée… [Ils ont pu ensuite servir d’entrepôts] à d’autres lots de marchandises moins fragiles, mais non moins âprement discutées : les boucauts de lard salé et les tonnelets d’eaux-de-vie…15 ». Dès 1932, dans son guide de visite Gorée, capitale déchue, Robert Gaffiot nous dessine la cour de l’une de ces anciennes « maisons négrières ». Il précise dans la légende du dessin l’usage de cette maison où « les esclaves étaient parqués dans le bas-enclos, à l’obscurité, sous les pièces réservées à l’habitation des trafiquants. Le couloir central dessert, à droite et à gauche, une douzaine de longues et étroites cellules, dans lesquelles les malheureux étaient entassés et, bien souvent, enchaînés. L’autre extrémité du couloir donne sur la mer : le « négrier » avait ainsi toute facilité pour faire disparaître les cadavres de ceux qui ne pouvaient subir jusqu’au bout le supplice de cette vie atroce16 ». Un autre militaire de la marine française, le docteur Pierre-André Cariou, dans son guide non publié Promenade à Gorée, rédigé à partir des années 1940-1943, reprend l’historique et la description de la Maison des Esclaves. Le docteur assombrit encore le tableau dressé dix ans plus tôt par Robert Gaffiot pour l’ancienne maison négrière17. En 1951, l’historien et archéologue de l’Institut Français d’Afrique noire (IFAN) Raymond Mauny18 dénonce, sans en apporter les preuves, les excès de l’interprétation de Gaffiot19 et de Cariou, notamment les considérations sur la fonction de la porte donnant sur la mer, reprenant en partie le témoignage d’un témoin oculaire contemporain, le chevalier de Boufflers, mais qui semblerait plutôt s’appliquer au site de Saint-Louis20.

Le discours pédagogique colonial : musées et monuments historiques

En face de cette Maison dite des esclaves « aux sinistres cellules », l’IFAN complète et redouble le discours pédagogique à l’intention du touriste par l’installation d’un Musée historique de l’Afrique occidentale française, dans une « belle maison de la fin du XVIIIe siècle » édifiée selon Pierre-André Cariou par un [autre] « négrier » dont les cellules du rez-de-chaussée auraient servi, selon le dit docteur de « cachots » aux esclaves. Cette maison, dite de Victoria Albis, est achetée grâce à des crédits votés lors de la célébration du centenaire de l’abolition de l’esclavage (1848) puis réhabilitée et inaugurée le 4 juin 195421. La présentation, œuvre d’Abdoulaye Ly et de Raymond Mauny, repose sur des bases géographiques et historiques, incluant des cartes ethniques et géographiques de l’AOF. L’une des six salles d’exposition est consacrée à l’esclavage et à son abolition, reprenant ainsi l’orthodoxie de la pensée coloniale22.

À l’exemple des sites de la métropole, la promotion touristique est diversifiée, exploitant les ressources de cette « île-mémoire » et de cette « île-musée ». Le circuit de visites mis au point dans les années 1940-1950 est jalonné de deux institutions gérées par l’IFAN : le musée historique et le musée de la Mer (inauguré en 1959, ouvert au public en 1960)23. Gorée est aussi le laboratoire d’essai pour la protection et la restauration des sites et monuments de l’AOF où seront également impliqués les hommes de science, chercheurs et archéologues de l’IFAN, contribuant ainsi à la promotion d’une politique culturelle coloniale.

Le classement de l’île au titre des monuments historiques et des sites

Les dispositions juridiques en vigueur en métropole vont quasi systématiquement être appliquées dans les colonies avec la loi du 31 décembre 1913 relative au classement et à la protection des monuments historiques. Cette initiative sera poursuivie avec notamment le décret du 25 août 1937 portant sur la protection des monuments naturels et des sites de caractère historique, légendaire ou pittoresque des colonies, pays de protectorats et territoires sous mandat relevant du ministère des Colonies24. Le pilotage de l’application de cette loi, régulièrement réajustée, est confié à la Commission supérieure des Monuments historiques et des Arts indigènes qui est représentée à Dakar par un délégué permanent assermenté désigné par le Gouverneur général. Le dispositif colonial connaîtra une ultime retouche avec la loi n° 56.1106 du 3 novembre 1956 dont le Sénégal indépendant s’inspirera, très largement, pour préparer la loi 71-12 du 25 janvier 1971 fixant le régime des monuments historiques et des sites archéologiques.

En 1937, quelques jours seulement après la promulgation de l’arrêté de protection par le gouverneur général de l’AOF, André Villard, archiviste-bibliothécaire du Gouvernement général de l’AOF, saisit l’occasion pour proposer le classement de l’île de Gorée, à l’exception de ses terrains militaires, avec restauration des édifices et espaces spécifiques : « Le jardin, la maison dite des Esclaves, l’église, la maison Boufflers, la maison des Donjons, le quartier de la pointe Nord et la rue Bambara et autres points à désigner […]25 ». Mais avant même l’adoption de la proposition de classement, les maisons de Gorée sont mises à mal lors de la bataille navale de Dakar entre le 23 et le 25 septembre 1940. Entre 1940 et 1952, une première campagne de restauration et de réhabilitation est mise en place par les autorités militaires de la marine, sans doute soucieuses d’effacer rapidement les traces de l’affrontement avec les alliés, et en déficit de logements. Elle touche près de 90 bâtiments. Les réseaux d’approvisionnement en eau et en électricité sont également modernisés26. La proposition d’André Villard est adoptée le 15 novembre 1944, et le classement est étendu à l’île tout entière27.

En 1942, Monod plaide en faveur de la sauvegarde de Gorée qui avait particulièrement souffert des bombardements de 1940 et dont de nombreuses maisons étaient déjà en ruine auparavant28. « On ne saurait en effet envisager de gaieté de cœur la destruction, ou même une mutilation trop poussée d’un ensemble légué par le passé et dont il est notre devoir de conserver au moins les parties les plus typiques ou les plus curieuses, pour l’instruction ou le déduit de nos successeurs qui nous en voudront, à juste titre, si nous ne leur abandonnons qu’une île de Gorée dépouillée de ce qui fait son cachet et définitivement « banalisée »29 ». Pour le pouvoir colonial, l’île de Gorée et ses monuments sont d’abord les témoins d’une présence européenne ancienne et forte qui présentent les mêmes critères « scientifiques » de préservation historiques et archéologiques que les monuments métropolitains. L’argumentaire de sauvegarde de l’île reprend les critères habituels en vigueur en Occident pour la protection « monumentale » ; on notera l’absence d’argumentation en faveur de la fonction « commerciale » de ce comptoir colonial destiné à la traite.

Dès 1948, à l’occasion du centenaire de l’abolition de l’esclavage, Raymond Mauny propose de consacrer un musée spécifique sur l’esclavage à Gorée et de valoriser, selon lui, « l’un des principaux points où s’effectuait la traite sur la côte occidentale d’Afrique. […] Nos descendants regretteront le vandalisme de notre époque de fer qui ne sait pas respecter le passé. Mais au fait qu’attend-t-on pour restaurer, protéger, aménager en musée de Gorée, l’une au moins de ces esclaveries ? Ça parle les vieilles pierres… Il serait bon, parfois de les écouter raconter un passé dont on se réjouit qu’il soit révolu. […] L’AOF est pauvre en sites historiques, ne l’oublions pas : il est d’autant plus nécessaire et urgent de sauvegarder le peu que le passé nous a légué [… et de sauvegarder ces] quelques maisons et pans de murs de basalte qui constituent ses plus anciens titres de noblesse qui disparaissent chaque jour30 ».

Ainsi, le pouvoir colonial a jeté les prémices d’une politique de patrimonialisation basée sur le développement touristique d’un circuit de visites, l’ouverture de musées et la mise en valeur de monuments historiques, sans négliger le caractère marin du site.

Le « conservateur » de la Maison des Esclaves31 : un discours sur la mémoire des lieux (1960-2009)

Après les indépendances, dans la continuité de l’œuvre initiée par le colonisateur, l’État du Sénégal reprend à son compte le discours mémoriel En 1962, le président Léopold Sédar Senghor nomme Boubacar Joseph Ndiaye32, ancien sous-officier de l’armée coloniale française, comme « gardien » de la Maison des Esclaves, régularisant ainsi une situation de fait33. La vigueur du discours de ce guide, sans doute inspiré à l’origine par celui du Docteur Cariou, son charisme et la voix imposante de ce « gardien de la mémoire de la traite négrière », l’ont désigné peu à peu comme une sorte de « musée vivant », connu à l’échelle internationale. Gorée doit en grande partie son statut d’île-mémoire de la Traite atlantique à l’éloquence de Joseph Ndiaye, « conservateur » de la Maison des Esclaves.

En 1978, Joseph Ndiaye exprime l’origine de son engagement. « Je suis revenu des guerres européennes et indochinoises profondément marqué par les choses que j’avais vues là-bas. Je suis devenu un nationaliste… Un nationaliste engagé…34 ». Son récit constitue une re-mémoration de la traite négrière à travers une mise en scène alliant parole, geste et démonstration à l’aide des chaînes en fer reconstituées, avec lesquelles les esclaves étaient attachés. « Ce sanctuaire africain qui est la Maison des Esclaves fut capitale de souffrances et de larmes car des innocents sont morts ici, victimes du temps de la honte. Si ces murs pouvaient parler, ils en diraient long. Heureusement qu’ils se sont tus à jamais ; et moi, je fais parler ces murs35 ». Il poursuit son discours sur une description fonctionnelle des pièces de la maison. Sous le rez-de-chaussée surélevé, les « cellules » abritent les esclaves. « Il y avait parfois dans cette maison 100 à 150 esclaves répartis dans les différentes cellules de 2 m 60 de carré et qui pouvaient contenir chacune 15 à 20 esclaves qui étaient assis dos contre le mur avec des chaînes les maintenant au cou et au bras. Les enfants étaient séparés de leurs parents, les jeunes filles des femmes…36 ».

La fonction de ce discours est significative dans la fabrication d’une mémoire liée à la traite atlantique des esclaves, avec une mise en scène et une représentation imagée de la condition de l’esclave appuyées par des citations, des maximes et des proverbes37. La réception du discours du « conservateur » se perçoit à travers les diverses réactions observées après la visite du musée et consignées dans le livre d’or38. Nombreux sont les guides goréens qui puisent encore une bonne partie de leurs connaissances dans le discours de Joseph Ndiaye. Les réactions observées traduisent des chocs émotionnels qui peuvent déboucher parfois sur des actes spontanés. Le recueillement devant la « porte du voyage sans retour » constitue un acte symbolique qui s’accompagne parfois de rituels, de prières, d’offrandes, de sacrifices, de libations. La signification et la place de l’île dans l’imaginaire de la diaspora noire permettent de mesurer l’impact de cette communauté, en quête d’une identité perdue, dans la cristallisation d’une mémoire de la traite atlantique autour de Gorée.

Les critiques du discours « mémoriel » T1

Des contestations naissent sur l’exactitude historique du récit propagé aux visiteurs de la Maison des Esclaves. Dès 1972, le philosophe et chercheur africain Ki-Zerbo, dans son ouvrage « Histoire d’Afrique Noire », s’inquiète de la tournure que peut prendre la défense d’un tel récit qui peut constituer un point de rupture dans la diaspora noire entre l’Afrique et le monde afro des Caraïbes et des Amériques39. Deux décennies plus tard, la principale critique émane de deux chercheurs et conservateurs de l’IFAN, Abdoulaye Camara et le père jésuite Joseph Roger de Benoist. Leurs argumentaires sont repris par le journaliste Emmanuel de Roux dans un article paru à Paris dans le journal Le Monde du 27 décembre 1996 sous le titre « Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité ». L’article remet en cause la fonction de la Maison des Esclaves ainsi que le rôle de l’île de Gorée dans le commerce des esclaves. Le journaliste relate la visite du lieu par son « conservateur » Joseph Ndiaye. « Ce dernier raconte avec émotion l’histoire de cette esclaverie construite par les Hollandais au XVIIIe siècle, pivot de la traite à Gorée qui vit défiler des centaines de millions d’Africains, enchaînés, vers le Nouveau Monde40 ». Contrairement aux affirmations de Joseph Ndiaye, Emmanuel de Roux donne la paternité de la maison aux Français, nie l’existence des cellules qui étaient réservées aux esclaves en attente d’embarcation et minimise le nombre d’esclaves ayant transité sur l’île. En conclusion, l’histoire de cette maison présentée par le conservateur ne serait qu’une légende reprise par Joseph Ndiaye, « qui a mis une douzaine d’années à forger un mythe qui, aujourd’hui, a force de loi41 ». La réaction de l’État est vive et rapide. Les 7 et 8 avril 1997, un séminaire réunissant l’ensemble des spécialistes sénégalais et africanistes sur le thème : « Gorée dans la traite atlantique : mythes et réalités » est convoqué dans l’urgence pour riposter à l’imposture42.

Dix ans après cette attaque « révisionniste », en 2006, le récit du « conservateur » de la Maison des Esclaves est encore contesté par les descendants de certaines signares qui tiennent un autre discours mémoriel et prônent une autre histoire. Dans son ouvrage, Céleste ou le temps des signares, Jean-Luc Angrand nie l’existence d’esclaveries dans les maisons de Gorée : « Il est évident que cette maison comme les autres maisons de Gorée n’ont jamais contenu d’esclaves de traite, les signares étant en général réfractaires à la déportation des esclaves aux Amériques. Les seuls captifs qui existaient dans les maisons de Gorée étaient les captifs de case (domestiques). […] L’idée pathétique de porte par laquelle seraient passés des esclaves embarquant pour l’Amérique n’était rien qu’une histoire destinée à impressionner les touristes de la fin du XXe siècle43 ». Cette vision de la fonction des supports mémoriels ne prend pas en compte la vraie nature du discours commémoratif car comme l’ont bien montré en 1997 Ibrahima Thioub et Hamady Bocoum « Le discours qui commémore cette fonction de l’île n’a jamais prétendu obéir aux règles universitaires de production du savoir et, en conséquence, ne peut être mesuré à cette aune44 ».

En 2009, dans sa récente étude sur la déconstruction du syndrome de Gorée, Ibrahima Seck montre comment l’existence de supports matériels contribue à la cristallisation des mémoires dans certains lieux, témoins de cette période. L’idée d’une « porte du voyage sans retour » n’existe pas seulement à Gorée mais aussi dans les différents points d’embarquement des navires négriers sur la côte occidentale de l’Afrique. « Au Ghana, Elmina a aussi sa porte du non retour alors qu’il s’agit en réalité d’une meurtrière. À Ouidah, où la traite ne s’est pas accompagnée de l’impressionnante monumentalité visible sur l’ancienne Côte de l’or, le programme de la Route de l’esclave de l’UNESCO a érigé un monument sous la forme d’un énorme portail face à la mer pour donner un support matériel au symbolisme du voyage sans retour45 ». Il est clair que Gorée a influencé les autres sites qui ont entrepris un travail de remémoration tel qu’il est recommandé par l’UNESCO depuis 1995.

Cette vision romantique de Joseph Ndiaye est transmise par des méta-récits nationalistes ou pan-africanistes dont la réalité est caricaturée d’une manière manichéenne46. Ce discours laisse peu de place à une « histoire » plus complexe, « archéologique », des Africains libres, aux esclaves de case ou aux esclaves domestiques ou aux captifs face aux Africains enchaînés, aux esclaves de traite ou de transit, aux signares et aux métis et à celles des Européens expatriés, des commerçants aux militaires47.

Gorée, entre le discours sur la négritude et le tourisme de mémoire

L’indépendance une fois acquise, le premier président Léopold Sédar Senghor développe avec le mouvement de la Négritude une orientation culturaliste pour la société sénégalaise, sans rompre avec la francophonie qu’il inscrit dans l’héritage historique du Sénégal et apporte une nouvelle lecture sur la place de Gorée par rapport à la diaspora noire. À partir des années 1980, et pendant deux décennies, le président Abdou Diouf suit la politique de sauvegarde et de mise en valeur de Gorée mise en place par l’UNESCO et veut étendre le message de l’île-mémoire au monde entier par l’érection d’un grand mémorial de l’esclavage. Durant la dernière décennie de la présidence d’Abdoulaye Wade, l’État est moins présent sur le site de Gorée ; il est occupé à élever à Dakar d’autres infrastructures dont un monument de la Renaissance africaine et un parc culturel dans lequel sera édifié un musée des Civilisations noires, idée émise en 1971 par le président Senghor48.

Le passé de l’île de Gorée et le souvenir des souffrances et des traumatismes subis par l’Afrique et ses diasporas à travers l’esclavage et la traite atlantique, revisité, joue un rôle de premier plan dans l’affirmation de la politique dite « d’enracinement et d’ouverture » chère au président Léopold Sédar Senghor49. Le concept de Négritude s’impose comme idéologie du nouvel État indépendant sénégalais qui s’ouvre sur le monde afro-américain. Le président du nouvel État du Sénégal, Léopold Sédar Senghor choisit l’île de Gorée comme un des supports physiques de démonstration de son concept sur la Négritude, sans lien direct avec l’esclavage.

En 1966, le président Léopold Sédar Senghor50 exprime sa vision culturelle et politique dans l’organisation, à Dakar, du premier Festival mondial des arts nègres projeté lors des congrès des artistes et écrivains noirs de Paris (1956) et de Rome (1959)51. « Le premier festival mondial des arts nègres a très précisément pour objet de manifester, avec les richesses de l’art nègre traditionnel, la participation de la Négritude à la Civilisation de l’Universel52 » (fig. n°6). Gorée est un laboratoire idéal pour le projet post-colonial de la Négritude. Lieu d’échanges culturels, artistiques, littéraires et scientifiques regroupant l’Afrique et sa Diaspora, le Festival est le lieu de rencontres, colloques, expositions, chants, danses, spectacles qui rythment la vie quotidienne des populations de Dakar et de Gorée53. Le lancement du Festival a lieu en présence d’André Malraux54.

Le choix de Gorée pour abriter une des manifestations de ce Festival répond à une volonté du pouvoir politique qui entend faire de l’île un lieu privilégié pour une communion des peuples du monde à travers le dialogue des cultures. Un spectacle « son et lumière », les « Féeries de Gorée » est monté pour l’occasion : il retrace les grands moments de l’histoire du Sénégal et particulièrement de l’île de Gorée et de son rôle dans l’histoire de l’esclavage55. La Maison des Esclaves est restaurée à l’occasion de ce festival.

Les années suivant cette première rencontre mondiale des arts nègres sont marquées par un afflux de touristes afro-américains au Sénégal. À l’heure où le tourisme de mémoire émerge autour des lieux chargés d’histoire et notamment à ceux liés à des faits tragiques, le Sénégal concentre ce type de démarche presque exclusivement sur la commémoration de l’esclavage et l’île de Gorée56. Des agences américaines proposent aux touristes noirs américains des « Black-History Tours », leur permettant d’aller se recueillir sur la terre de leurs ancêtres, plus particulièrement à Gorée, et de méditer sur leur tragique destin. « Ainsi, après avoir été, entre l’Afrique et les Amériques noires, le trait d’union symbolique de la désolation, Gorée devient-elle peu à peu un symbole d’espoir, vers où, de plus en plus nombreux, convergent aujourd’hui, en une sorte de pèlerinage, les descendants des déportés de jadis, en quête de leurs racines et tous ceux qui entendent puiser dans son histoire les raisons d’une nouvelle solidarité des peuples57 ».

Depuis 2005, la mairie de Gorée organise un festival dans le cadre de la promotion des activités culturelles : le Gorée Diaspora Festival. Cette manifestation internationale constitue un moment de retrouvailles entre la population goréenne et la diaspora58. À travers cette manifestation, l’institution municipale vise trois objectifs majeurs : permettre aux membres de la diaspora de retrouver l’identité perdue sur cette île-souvenir, les faire participer à la sauvegarde de la mémoire et orienter le devenir de Gorée d’un statut de terre d’esclaves vers celle d’un carrefour de dialogue interculturel. En ouvrant ainsi la porte du retour, la commune entend faire rayonner Gorée sur la scène internationale. Cette manifestation constitue un moment de festivités, de recueillement et de souvenir : festivals, rencontres cinématographiques, concerts, expositions, musiques, visite de la Maison des Esclaves, randonnée maritime, etc. Le festival inclut aussi un volet éducatif avec l’organisation de séminaires et d’ateliers de formation, de conférences et de colloques dont les thèmes portent sur l’esclavage, la traite négrière et sa mémoire, le dialogue des peuples et des cultures.

De nouveaux projets d’aménagements touristiques (1968-1970)

En 1968, l’État sénégalais signe avec le groupe « Euretudes » une convention de mission globale d’aménagement touristique de l’île de Gorée. Dans les termes de cette convention, apparaît une volonté manifeste de sauvegarder le caractère authentique de l’île. « S’agissant d’un lieu dont l’histoire comporte une signification profonde pour les populations du Sénégal, la nature des activités et les aménagements susceptibles d’être implantés dans l’île de Gorée devront tenir compte de ce fait et s’inscrire parfaitement dans son cadre particulier59 ». Sous réserve de vérifications, cette étude aurait été confiée à l’architecte Jacques Couelle, qui veut faire de Gorée « l’Acropole du monde noir »60. « Je veux faire de Gorée un véritable bijou […] Ce n’est pas pour rien qu’on m’a nommé l’architecte des îles… Il faut un poète pour une île de rêve. Il faut recréer un univers poétique, suspendu […] recréer une élite de cœur et pas une élite de gens riches, recréer un style et un esprit XVIIIsiècle. Celui qui n’aime pas le passé n’a pas droit au futur. J’accomplis une œuvre de piété. J’agis comme un apôtre, un artiste […] Le projet ne sera exécuté qu’avec l’accord des 800 Goréens ; eux-aussi font partie du décor ». Pour cela, il prévoyait le doublement de la superficie du port, la création d’un plan d’eau sur le Castel, l’importation de milliers d’oiseaux non migrateurs et la reconstitution sur la partie haute de l’île d’un immense village troglodytique. Ce projet n’a heureusement pas été réalisé61.

Cette première mission, à vocation essentiellement touristique, fut rapidement suivie par une autre mission de recensement des principaux sites archéologiques du Sénégal. En partenariat avec l’Unesco et sur la demande des autorités sénégalaises, une mission technique de préservation et de mise en valeur fut organisée sur tout le territoire national. Dans son inventaire sur le patrimoine historique national, Cyr Descamps souligne l’urgence de la protection et de la restauration des sites de Gorée et de Saint-Louis qui regorgent de souvenirs légendaires et historiques devenus aujourd’hui des lieux de pèlerinage. D’après ce chercheur, Gorée « est certainement le lieu le plus chargé d’histoire de toute la côte Ouest-africaine. […]. Toutes les maisons sont de style ancien, une des plus remarquables est la célèbre Maison des esclaves (…)62 ». L’expert recommande de valoriser ce patrimoine tout en respectant son caractère authentique.

Ces différentes initiatives de mise en valeur culturelle et touristique de l’île, associant ou non son passé de lieu de mémoire de l’esclavage, se concentrent essentiellement sur une politique de rénovation et de sauvegarde du patrimoine immobilier, élaborées par l’État du Sénégal en relation avec de nombreux partenaires et par le maintien de multiples musées aux conceptions encore largement héritées de l’époque coloniale et qui posent problème à la Direction du patrimoine culturel et à l’IFAN Ch. A. Diop.

Le rôle de l’UNESCO et le classement au Patrimoine mondial de l’humanité (1978)

L’UNESCO insiste sur la protection et la sauvegarde des patrimoines culturels et naturels qui peuvent être une alternative pour appuyer le décollage économique des jeunes États indépendants. Dès 1976, le Sénégal ratifie la Convention de 1972 sur la protection du patrimoine culturel et naturel de l’UNESCO63. Parallèlement, le gouvernement sénégalais procède au classement parmi les Monuments historiques de l’île de Gorée, s’inspirant des lois de sauvegarde de l’héritage colonial. Ainsi, en novembre 1975, le site est inscrit sur l’Inventaire des monuments historiques du Sénégal (arrêté N° 012771 du 17 novembre 1975), conformément à la loi qui « fixe le régime des monuments historiques et celui des fouilles et découvertes » (loi n°71.12 du 25 janvier 1971, décret d’application n°73.746 du 8 août 1973).

Réunie à Washington du 5 au 8 septembre 1978, la seconde session du Comité du patrimoine mondial chargé de la mise en œuvre de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel et naturel inscrit sur la Liste du patrimoine mondial l’île de Gorée parmi les douze premiers sites. Gorée a été inscrite sur la seule base du critère VI de la convention de 197264. L’inscription de l’île sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité est naturellement une reconnaissance du rôle et de la place de Gorée dans l’économie de la Traite atlantique. Cette inscription a été précédée de multiples missions d’experts, français ou belges, envoyés par l’UNESCO à la demande du gouvernement du Sénégal, afin d’élaborer des études préliminaires pour la sauvegarde du patrimoine architectural.

La mission effectuée en 1974 par A. Grégoire porte sur les monuments historiques de l’île de Gorée et de Saint-Louis du Sénégal. Elle s’inscrit dans la suite de l’expertise de Descamps des années 1969-1970. Grégoire dresse l’inventaire des bâtiments historiques, propose des mesures pour la présentation et la réhabilitation du site, ainsi qu’une évaluation globale des coûts65. L’année suivante, une seconde mission réalisée dans le cadre de l’aide aux États-membres pour la préservation et la mise en valeur du patrimoine culturel et naturel est conduite par Jean-Pierre Frapolli et Maurice Clerc et précise l’expertise précédente. Elle dresse un plan directeur de rénovation, avec ses aspects juridiques et financiers, en vue des projets de développement touristique que la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) envisage de financer au Sénégal66. En 1977, une troisième mission menée par Michel Parent nuance notamment les conclusions de l’expertise précédente avec des mises en garde sur le développement excessif des équipements touristiques suscitées par l’arrivée de la BIRD67. L’année suivante, une quatrième mission menée par Pierre-André Lablaude inclut la réhabilitation du site historique de Gorée dans un large projet touristique de l’ensemble de la Petite Côte68.

En novembre 1978, lors de la 20e session de la Conférence générale de l’UNESCO, le directeur général est autorisé à entreprendre, en collaboration avec le gouvernement sénégalais, les études techniques nécessaires pour mettre au point un plan d’action détaillé concernant la protection, la préservation, la restauration et la mise en valeur du patrimoine architectural de l’île et pour définir les modalités de sa promotion sous la forme d’une campagne internationale. Il prévoit la sauvegarde de tous les aspects du patrimoine architectural présentant un intérêt historique ou artistique, ainsi qu’une animation culturelle ayant pour objet de les mettre en valeur. À partir de 1979, un comité de sauvegarde veille officiellement au respect de la convention (conformité des ouvrages de réhabilitation, sécurité du bien, etc.).

Toutes ces études et démarches préalables conduisent à l’élaboration d’un Plan d’Action pour la Sauvegarde du patrimoine architectural de Gorée, présenté par l’UNESCO et approuvé en Conseil des Ministres du gouvernement sénégalais le 4 décembre 198069. Ce plan prévoit notamment la création [non réalisée] d’un « musée sur la Traite et un centre d’archivage et d’étude sur les Noirs dans le monde » à la maison Cinquèz (à l’angle de la rue de la Pointe et de la rue Dakar, vers le fort d’Estrée), ainsi que le développement de l’Université des Mutants. La restauration de neuf bâtiments historiques est prévue, affectés à des activités socio-culturelles, tel que l’école du Soudan projetée en auberge de jeunesse. Estimé à un coût total de 4 millions de dollars, ce plan de sauvegarde entrevoit, en plus de la restauration des bâtiments, le recrutement temporaire de deux experts associés (architecte-restaurateur) et un consultant dans la muséographie70. Le montant de la contribution internationale s’élevait à 315 000 dollars. Le Sénégal aurait quant à lui financé pour l’équivalent de plus de 2,3 millions de dollars dont un certain nombre de travaux d’infrastructures et de rénovation non prévus au plan de rénovation de l’UNESCO.

En marge des restaurations et des aménagements, le Sénégal s’engage à concevoir une campagne de sensibilisation de l’opinion publique pour la préservation de l’île. En contrepartie, l’UNESCO publie une brochure71, une affiche72 (fig. n°7), un dossier de presse, l’émission de timbres… et réalise une exposition photographique à Gorée et au siège de l’UNESCO.

Le lancement du Plan de sauvegarde de Gorée, l’île-mémoire (1980)

Le 22 décembre 1980, à la veille de la démission du président Léopold Sédar Senghor, le directeur général de l’UNESCO et sénégalais Amadou Mahtar M’Bow lance un appel en faveur de la sauvegarde de Gorée pour accompagner l’exécution du Plan de sauvegarde de l’île de Gorée approuvé à Dakar quelques jours plus tôt. « Le patrimoine architectural de Gorée doit être sauvé autant pour préserver la haute valeur culturelle de l’île que pour assurer à tous ses habitants des conditions de vie et des activités à la mesure de leurs espoirs ». En effet, « à travers les diverses périodes qu’elle a traversées, Gorée a préservé une cohérence architecturale qui réunit les apports culturels les plus dissemblables – nordiques et méditerranéens, islamiques et chrétiens – pour les fondre dans une unité dictée à la fois par l’exiguïté de l’espace, l’exposition aux vents du grand large, l’homogénéité du matériau de construction et, enfin, peut-être surtout, les courants d’une histoire tourmentée qui avait fait de chaque demeure un entrepôt d’esclaves en même temps qu’une position de défense. Gorée offre une heureuse symbiose du passé et du présent, de l’histoire et du quotidien, de l’harmonie des formules visibles et de l’empreinte dramatique du souvenir. C’est pourquoi elle constitue désormais un de ces lieux uniques où peut se retremper la mémoire des jeunes générations d’Afrique et des Amériques, en même temps que se renouvellent les sources de leur inspiration. Un tel endroit, poursuit-il, s’il appartient à l’imaginaire vivant de l’Afrique et des Amériques, appartient, dans une égale mesure, à la conscience du monde. Il peut devenir une terre de méditation, un haut lieu de réflexion et de recueillement, où les hommes, plus conscients des tragédies de leur histoire, apprendront mieux le sens de la justice et celui de la fraternité73 ». Le discours, repris des rapports antérieurs des experts de l’UNESCO où « chaque demeure est un entrepôt d’esclaves » est donc accrédité officiellement par ledit organisme international et rejoint le récit de Joseph Ndiaye.

Sur le rôle et la place de Gorée dans la traite atlantique, Amadou Mahtar M’Bow ajoute : « Dans des caves humides et sombres, ou dans des cachots de torture pour ceux qui se révoltaient, les déportés séjournaient durant des semaines, dans l’attente du voyage sans retour. Là, au moment d’embarquer, chaque esclave était marqué au fer rouge, à l’emblème de son propriétaire. Puis les esclaves étaient entassés dans les cales, où beaucoup d’entre eux devaient périr avant l’arrivée à destination. Mais l’Amérique, dont la colonisation a été à l’origine de cette tragique déportation, allait être également le cadre de grandes luttes libératrices qui, peu à peu, y mettront fin. Préparée par le triomphe de la Révolution haïtienne à Vertières en 1803, et proclamée au Congrès de Vienne en 1815, l’abolition officielle de la traite négrière produisit ses effets sur Gorée ».

L’application du Plan de sauvegarde et de restauration (1980-2000)

En 1981, sous la nouvelle présidence d’Abdou Diouf et toujours avec le soutien de l’UNESCO, l’effort de restauration et de préservation se poursuit. Plusieurs édifices sont ainsi restaurés et rénovés pour être affectés à de nouvelles fonctions. Outre la France, d’autres pays de la communauté internationale se mobilisent pour la restauration de quelques bâtiments74. Des travaux d’aménagement portent également sur la restauration du kiosque à musique, des fontaines et de la Batterie de l’Embarcadère, le pavage des rues principales, l’aménagement du marché des produits de l’artisanat et de la place des restaurants. En 1982, Pierre André Lablaude enregistre l’état d’avancement et la réception des premières restaurations et fixe le programme des travaux à venir, dont celui sur les études concernant la rénovation de l’ancien Palais du Gouverneur (Relais de l’Espadon) en équipement hôtelier75.

Localement, la mise en œuvre de la campagne de sauvegarde est confiée au Bureau d’architecture des Monuments historiques (BAMH) qui a parfois recours à l’expertise de l’Institut Fondamental de l’Afrique Noire (IFAN) pour la conduite des opérations de rénovation et de restauration du patrimoine architectural76 selon une direction bicéphale des travaux. Intervenant parallèlement à l’aménagement d’un nouveau Musée historique au Fort d’Estrée (1977-1989), l’anthropologue d’origine belge Guy Thilmans aurait opéré ainsi à la Maison des Esclaves, en 1981-1982, pour des travaux de restauration des façades de la Maison des Esclaves77.

Les manquements aux règles de restauration de l’UNESCO qui prônent un retour à l’authenticité, sont-ils dus aux campagnes de restauration du XIXe et de la première moitié du XXe siècle, à celles de 1966, de 1981-1982, de 1990-199178 ou de 2010-2011 et aux difficultés d’adaptation d’une habitation privée en musée ouvert au public ? Malgré le manque de documentation et de relevés précis des états avant restauration, la comparaison entre les aquarelles d’Adolphe Hastrel de 183979 (fig. n°8, 9, 10, 11), les premières photographies et l’état actuel (fig. n°12, 13) est édifiante. Pour l’expert Lablaude, la restauration en 1982 des chapiteaux de la galerie est effectuée selon « des proportions erronées et particulièrement maladroites…80 ». La disparition de la base des piliers de cette galerie et du garde-corps central au profit d’un mur plein est sans doute antérieure aux interventions des spécialistes. Mais la suppression des pièces des avant-corps latéraux avec leurs fenêtres aux volets persiennés de couleur verte et leurs baies d’aération ainsi que la mauvaise proportion des cintres des baies du rez-de-chaussée, l’augmentation du nombre des ouvertures sur les façades des bâtiments latéraux, et l’application d’un badigeon à l’ocre rouge soutenu qui a remplacé celui à la chaux, de couleur blanc cassé ou très légèrement ocré, semblent bien relever de campagnes plus récentes. Les façades actuelles portent les traces de nombreux changements. Côté rue, un édicule surmonte la porte d’entrée et toutes les baies ont subi de notables modifications. Côté mer, la constatation est identique : agrandissement de la terrasse supérieure, baies bouchées, percements d’ouvertures… jusqu’à la construction d’une terrasse sur les rochers, accessible à partir de la Porte du voyage sans retour qui aurait pour effet de prévenir l’érosion marine81. Enfin, il est vraisemblable que le toit en tuile à deux versants (fig. n°14) a succédé à une terrasse recouverte par une chape en béton coquillier dénommée argamasse qui se laisse deviner par la présence des gargouilles d’évacuation des eaux, visibles en 183982.

En 1992, dix ans après le lancement de la campagne internationale de sauvegarde, l’UNESCO publie un article sur « Gorée, l’île aux esclaves », dans lequel on peut lire que trois bâtiments seulement ont été restaurés et qu’un quatrième est en cours de consolidation83. Les différents examens de l’état de conservation de l’île menés par le Comité du patrimoine mondial depuis les années 1990 évoquent les travaux réalisés et ceux en cours, et félicitent régulièrement les autorités sénégalaises de leur implication ; mais ils soulignent aussi certains problèmes comme l’occupation illégale et anarchique du site du Castel, toujours préoccupante aujourd’hui et à l’origine d’innombrables désordres architecturaux qui menacent l’authenticité et l’intégrité du site. La 27e session du Comité signale qu’entre 2000 et 2001 le site a subi une pression d’aménagement urbain causée par un projet de construction hôtelière dont les travaux furent interrompus avant la modification irréversible du site84. À cette occasion, un souci récurrent est évoqué. Les lacunes de gestion seraient imputables à l’absence d’un gestionnaire basé sur l’île. La nomination d’un gestionnaire du site, recommandée par l’UNESCO pour tous les sites du patrimoine mondial, conformément aux articles 4 et 5 de la Convention de 1972, est effective depuis deux ans.

Au programme initial sur le Plan de sauvegarde de Gorée, lancé en 1980, l’île de Gorée va bénéficier indirectement d’un autre programme de l’UNESCO sur « La Route de l’esclavage ».

« La Route de l’esclave », un nouveau programme de l’UNESCO (1995)

Depuis 1994, un programme conjoint avec l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) est lancé à Ouidah (Bénin) : « La Route de l’esclave », une des multiples routes interculturelles de l’UNESCO lancées par le sénégalais Doudou Diene, alors directeur de la Division du dialogue interculturel et interreligieux85. L’objectif de ce programme est l’identification, la restauration et la promotion des sites, bâtiments et lieux de mémoire de la traite négrière qui jalonnent le parcours de la traite. Tout en privilégiant le tourisme culturel, ce programme représente un véritable enjeu de mémoire, car il intègre la dimension économique, historique et éthique du tourisme.

En 2004, dans le cadre du lancement de l’année internationale de la commémoration et de la lutte contre l’esclavage et de son abolition, le Directeur général de l’UNESCO situe ce devoir de mémoire : « Institutionnaliser la mémoire, empêcher l’oubli, rappeler le souvenir d’une tragédie longtemps occultée ou méconnue et lui restituer la place qui doit être la sienne dans la conscience des hommes, c’est en effet répondre à un devoir de mémoire86 ». L’UNESCO s’engage à institutionnaliser la mémoire pour empêcher l’oubli et vulgariser l’histoire de l’esclavage à travers différentes manifestations commémoratives : journées du souvenir, activités de remémoration et de vulgarisation, colloques, festivals, séminaires, ateliers, mémoriaux, expositions. En 2005, l’UNESCO publie une étude sur la mise en tourisme des sites liés à la traite négrière et à l’esclavage en Sénégambie87.

Dans le cadre de ce programme, la promotion de Gorée est largement soutenue par les autorités sénégalaises. Ainsi, en 2001, le musée maritime de Liverpool88 organise une exposition au musée de la Maison des Esclaves, considérée comme une « esclaverie-témoin ». Cette exposition sur la Traite, réalisée en collaboration avec la Direction du Patrimoine historique du ministère de la Culture du Sénégal, par l’ambassade de Grande-Bretagne au Sénégal, est financée par le British Council et Shell Sénégal89. En 2006, on retrouve encore la Direction du Patrimoine historique qui parraine au Village des Arts de Dakar une exposition de l’artiste plasticien Lamine Barro sur « Gorée sur la route de l’esclavage, de la mémoire au pardon »90.

Le mémorial de Gorée-Almadies (1996-2011)

Ce programme sur La Route de l’esclave va sans doute faciliter l’éclosion finale du vieux projet sénégalais de construction d’un mémorial (toujours en attente de réalisation en 2011). Les autorités sénégalaises nourrissaient depuis longtemps l’idée d’ériger un monument en souvenir de la traite des esclaves. Dès 1975, lors d’une visite en Martinique, le président Senghor avait invité les artistes de la communauté afro-américaine à l’édification d’un monument en hommage à l’Afrique91. Le projet de monument à ériger sur l’île de Gorée devait être un trait d’union entre l’Afrique et sa diaspora. Ce monument symboliserait le départ des Africains vers les Amériques en jetant un pont entre les deux continents. Il devait se présenter sous la forme d’« un groupe de personnes qui semblent se lever au-dessus du socle de la sculpture comme pour lancer un appel à ceux qui sont partis à bord des bateaux négriers ; à l’autre extrémité se dresse un homme qui, lui, semble crier : Afrique, lève toi ! Toi, Nègre de là-bas, rejoins-nous !92 ».

En 1986, le président Abdou Diouf reprend le projet d’érection d’un mémorial dédié à l’Afrique et à sa diaspora. Il soumet officiellement l’idée de réaliser un projet de dimension internationale lors du sommet historique de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) à Addis Abéba. Cinq ans plus tard, une Fondation est créée auprès du ministère de la Culture du Sénégal, présidée par l’ancien directeur général de l’UNESCO, le sénégalais Amadou-Mahtar Mbow pour coordonner les actions internationales de promotion et rechercher les financements. Le 29 juin 1992, la première pierre du Mémorial Gorée-Almadies est posée par le président de la république du Sénégal, à l’occasion du 28e sommet de l’OUA et en présence notamment de Federico Mayor, directeur général de l’UNESCO. Ce geste permet de dynamiser à nouveau la campagne pour la sauvegarde de Gorée lancée par l’UNESCO dix ans plus tôt, de répondre aux sollicitations de nombreux intellectuels, artistes et intellectuels noirs, notamment ceux du continent américain. Le choix du site des Almadies se justifie par sa position avancée sur l’Atlantique, orientée en direction des communautés noires américaines vivant de l’autre côté de l’Océan et le désir de ne pas entacher l’environnement de l’île (où il est quand même prévu dès l’origine d’ériger une réplique…). L’UNESCO inscrit ce projet dans le programme sur la Route de l’Esclave, ce qui devait faciliter la recherche de financements internationaux.

En 1996, un concours international pour la construction de ce mémorial est lancé. Le cahier des charges est préparé par l’International Union of Architects (UIA) qui organise un concours international d’architecture. Deux cents quatre-vingt dix concurrents de 66 pays (au total 900 dossiers) participent au concours. Le programme, d’une surface d’environ 12 000 m2, portait sur la conception du mémorial, d’un musée dédié à la navigation, d’un centre d’études et de recherche doté des équipements les plus performants et d’une structure administrative. Les espaces verts devaient faire l’objet d’un traitement spécifique, notamment celui d’un circuit de visite « la procession des civilisations », partie intégrante du lieu93.

Le lauréat désigné en novembre 1997 est l’architecte italien Ottavio Di Blasi94. Il a été choisi par un jury réuni à Dakar sous la présidence de Harry G. Robinson III, vice-président de l’Université Howard de Washington (États-Unis) et représentant du Directeur général de l’UNESCO. « Le projet du lauréat reflète l’esprit, la voix et le symbolisme de l’Afrique. Par sa forme africaine authentique et puissante, il exprime une identité clairement lisible, tant pour le Musée que pour le mémorial. La relation avec la mer s’établit par l’ancrage de l’élément dominant du programme (l’aiguille) sur la falaise et la position de l’autre élément (la coque) sur pilotis au-dessus de la mer. La fracture créée par ce contraste est l’élément majeur de l’approche qui a présidé à la conception du projet. La structure de modules en nid d’abeilles est l’élément typologique dominant. Un système mécanique est intégré à la construction et conçu pour réduire les effets du soleil. La mer est utilisée pour abaisser la température de l’air ambiant95 ». Après avoir été exposée à Dakar, la maquette restera longtemps au siège de l’UNESCO à Paris. Ce mémorial – nouvelle « arche d’alliance » pour le président Abdou Diouf – honore la mémoire des victimes de la traite négrière et symbolise la tolérance et le dialogue entre les civilisations96.

Malgré des appels répétés à la mobilisation internationale, la Fondation ne trouve pas les finances nécessaires à sa réalisation, estimées à 60 milliards de francs CFA97. Le président Diouf inaugure rapidement le 31 décembre 1999 une réplique réduite, perchée sur le sommet de l’île de Gorée (fig. n°15). Le coordinateur du projet est le poète Amadou Lamine Sall, aidé par l’architecte du BAMH Mamadou Berthet et l’ingénieur Mamadou Lamine Adama Diallo, avec l’entrepreneur Fougerolles. La présence de cette réplique, sur le site du Castel de Gorée, projetée dès l’origine du projet, est remise en cause au lendemain des élections présidentielles par le nouveau ministère de la Culture. En 2010, l’UNESCO déclare que « la réplique du mémorial de Gorée sur le Castel est un exemple éloquent de ce qu’il ne faut pas faire pour la préservation de l’intégrité du site et d’un commun accord avec l’UNESCO, il a été convenu de procéder à la requalification de cet ouvrage98 ».

Parmi les nombreux projets en cours, il faut signaler un projet de construction pour un nouveau mémorial de Gorée « en hommage à des millions d’Africains enlevés » qui réapparaît en avril 2011, un an avant les nouvelles élections présidentielles99. Le projet, promu par le groupe financier Swist Invest, est signé d’un architecte-designer tchèque Martin Guadev100, aidé par le studio Sipek. Il reprend une partie du programme du concours UIA/UNESCO de 1996, avec des références post-modernes plus explicites. Le bâtiment d’accueil est une réplique de la Maison des esclaves de Gorée et le visiteur est conduit par la « porte du voyage sans retour » sur une jetée formée par un navire prêt à appareiller, aux cales chargées d’esclaves enchaînés. On retrouve comme commissaire à sa réalisation Amadou Lamine Sall, avec l’architecte Mamadou Berthet et de nouvelles personnalités comme le sculpteur Ousmane Sow. À ce jour, ce projet diffusé sur internet et régulièrement agité n’a pas connu un début de réalisation malgré un tapage médiatique constant101.

Pour une cohérence des discours muséaux sur la traite atlantique

L’indépendance du Sénégal marque l’accroissement des institutions muséales sur l’île. Le musée historique de l’IFAN est déplacé au fort d’Estrée à partir de 1977. Son précédent emplacement était trop exigu pour permettre sa transformation en une institution muséale à la mesure du grand dessein qui prend forme à cette période. Le président Léopold Sédar Senghor lui affecte la batterie de la pointe Nord (fort d’Estrée), à la demande du professeur Amar Samb, directeur de l’IFAN. Les travaux de restauration du fort d’Estrée sont supervisés par le Bureau d,Architecture des Monuments Historiques (BAMH)102. La restauration et l’aménagement muséographique sont réalisés par Guy Thilmans, chercheur à l’IFAN103. Cet établissement ne présente plus l’histoire de l’Afrique occidentale comme précédemment, mais se concentre sur la seule histoire du Sénégal, de la Préhistoire aux royaumes qui ont précédé la présence française, en passant par la traite des noirs et les résistances anti-coloniales (fig. n°16). Il ouvre en 1989.

En face de la Maison des Esclaves, dans l’ancienne villa de la riche signare Victoria Albis, est installé le premier musée dédié aux femmes sur le continent africain104. Ce musée privé, le premier sur l’île de Gorée, est issu d’un projet conçu dès 1987 par le cinéaste Ousmane William Mbaye à la suite de plusieurs expositions de diverses productions artisanales, économiques et culturelles d’associations sénégalaises. Ouvert en 1994 sous la direction d’Annette Mbaye d’Emeville, on y trouve des objets usuels, des outils agricoles, des instruments de musique, des poteries, des vanneries, ainsi que des photographies permettant de mieux comprendre la vie quotidienne de la femme dans le pays. Le musée est sous le parrainage posthume d’Henriette-Bathily105. C’est aussi un centre d’apprentissage, où les femmes viennent s’éduquer, recevoir une formation à l’artisanat et travailler106.

Le musée de la mer107, aménagé dans une ancienne maison de la compagnie des Indes du XVIIIe siècle, est rénové en 1995. À cette occasion, le laboratoire de biologie marine est déménagé, en partie, à l’IFAN Cheickh Anta Diop. Aujourd’hui, le bâtiment central abrite les expositions, tandis que le bâtiment secondaire conserve les cuves et les spécimens laissés sur place lors du déménagement du laboratoire. Ce dernier fait office de laboratoire de conservation. Le musée offre une plus grande place à l’homme dans ses relations avec la mer : la mer source de vie, mais aussi source d’événements dramatiques. Il a pour mission de promouvoir la connaissance de la mer, de ses facteurs et de ses fonctionnements, et de sensibiliser à la préservation de l’environnement marin108. Aujourd’hui le musée est à nouveau fermé en raison d’une forte dégradation. Les efforts sont en cours avec de nombreux partenaires pour le financement de sa réhabilitation109.

À partir de ce bilan sur les musées de Gorée, l’actuelle direction du patrimoine recherche aujourd’hui une meilleure cohérence et un discours plus adapté à l’île-mémoire de la traite atlantique. Cet esprit de témoin vivant de la mémoire de l’esclavage qui se retrouve à la Maison des Esclaves pourrait être relayé dans les autres structures muséales présentes sur l’île afin de clarifier les relations entre mémoire de l’esclavage et mémoire de la traite atlantique, entre les esclaves qui restaient à Gorée et les captifs qui partaient en Amérique. Sans pour autant modifier leurs thématiques actuelles, les autres structures pourraient évoluer vers une plus grande imprégnation dans l’ambiance des mémoires de la traite atlantique. La désaffection relative des autres musées, par rapport à la Maison des Esclaves, semblerait plutôt être un problème de perception des attentes de la part des visiteurs qu’un problème d’incohérence du discours intrinsèque. Ce problème pourrait être résolu par un effort d’adaptation qui, dans chacune des structures existantes, a déjà une base bien réelle. Le musée de la femme Henriette-Bathily développe un discours sur la femme africaine (son rôle social, économique, culturel et politique). La fonction d’animation et la portée sociologique sont indéniables. Cependant, bien que situé sur le lieu de mémoire de la traite atlantique, celui-ci traite trop marginalement de la condition de la femme dans la traite. Il serait peut-être souhaitable, toujours d’après la direction du Patrimoine au vu de l’importante documentation existante sur la femme, de sa captivité au voyage sans retour, et jusqu’à ses conditions de vie dans les plantations, de développer un peu plus ce discours pour se renouveler et être plus en conformité avec les attentes des visiteurs.

Réputé pour sa collection de 750 espèces de poissons et 700 espèces de mollusques, le musée de la mer présente également les écosystèmes et l’habitat de la région. Bien que son discours muséographique parle aussi de la traversée, la vocation première de laboratoire de recherche avec ses remarquables collections de biologie marine n’a pas pu s’accommoder avec la vocation muséale de la traite développée à Gorée, et l’écart est devenu de plus en plus important depuis que Gorée est inscrite au patrimoine mondial. Pour cela, la direction propose de dissocier les deux axes muséographiques en concevant un centre pour le laboratoire de recherche de l’IFAN Cheikh Anta Diop, et un musée centré sur la traversée, les navigations en général y compris en Afrique, les conditions de la traversée et la vie dans les cales des bateaux négriers. Devant la porte du voyage sans retour de la Maison des Esclaves, un projet d’installation d’une cale grandeur nature d’un bateau négrier, serait à l’étude.

Enfin, le musée historique présente l’histoire du Sénégal. De ce fait, il documente assez bien certains épisodes de la traite. Pour autant, le discours muséographique sur le passé de la nation semblerait trop ambitieux pour demeurer à Gorée. Des réflexions sont aujourd’hui en cours pour doter le Sénégal d’un véritable musée national à Dakar. Quant au musée de Gorée, la direction du patrimoine pense qu’il devrait se concentrer sur la présentation exhaustive et illustrée de la production historique, documentaire et archivistique sur la traite atlantique. Ce musée pourrait aussi aider à rendre l’image de Gorée plus conforme à la diversité qui régna en ces lieux, en réalisant des fresques et des reconstitutions sur la vie de la population goréenne.

Le discours symbolique, forgé dès l’époque coloniale à partir d’une « Maison des Esclaves » et d’une « porte du voyage sans retour », repris et amplifié par Joseph Ndiaye, doit être progressivement renouvelé. Comme à Ouidah et dans les autres lieux de célébration du pèlerinage de ce tourisme mémoriel, la « route de l’esclave » est jalonnée de représentations abstraites ou le plus souvent imagées110. La voile en béton d’un bateau négrier, dominant la réplique d’un grand mémorial avorté est érigée depuis 1999 au sommet de l’île-mémoire, malgré les protestations tardives de l’UNESCO. Une statue des esclaves libérés, offerte en 2003 par les Guadeloupéens pour célébrer l’abolition de l’esclavage, est aujourd’hui installée dans le jardin précédant l’accès à la Maison des esclaves (fig. n°17). Les nouveaux projets en cours des mémoriaux et des musées renouvellent et amplifient le discours. Deux projets associent à cette « porte du voyage sans retour » de la Maison des esclaves ou de sa reconstitution, la représentation des cales d’un navire négrier avec leurs esclaves enchaînés. Les critères patrimoniaux d’authenticité et de respect de l’environnement, prônés par l’UNESCO risquent à nouveau de voler en éclat111.

Depuis plusieurs décennies, avant ou après l’Indépendance du Sénégal, l’île de Gorée est un forum permanent où le patrimoine, les mémoires et l’histoire112, les commémorations et les mémoriaux, les discours muséaux, les souvenirs et les représentations, imaginées, entretenues ou construites sur la Traite atlantique sont soumis à une remise en cause perpétuelle, s’adaptant aux découvertes et aux connaissances historiques et aux messages culturels, idéologiques et politiques délivrés par les communautés patrimoniales, l’État du Sénégal et l’UNESCO.

L’histoire de l’esclavage et de celle de la traite atlantique à Gorée, qui ne se limite pas à l’histoire d’un simple « échange commercial » entre producteurs et acheteurs dans un temps donné, inclut et dépasse l’histoire d’un passé raconté et la place de ce passé dans l’imaginaire présent des Sénégalais, c’est-à-dire ce « présent du passé » qu’est la mémoire, collective, sur lequel prend appui une grande partie du patrimoine113.

Notes

1 – Nous remercions Ibrahima Thioub, Xavier Ricou, Cyr Descamps et Dominique Moiselet pour leur aide précieuse dans l’élaboration de cet article. L’article, terminé en décembre 2011, ne tient pas compte des derniers développements de l’actualité et du résultat des recherches en cours. Voir notamment KANE, Moustapha. Histoire de la construction d’un lieu de mémoire de la traite atlantique des esclaves : Gorée de 1944 à nos jours. Dakar, UCAD.

2 – Inscription relevée sur une plaque érigée le 8 novembre 1999 à Gorée à l’entrée du jardin de plantes grasses « canarien » par la Maison africaine de la poésie internationale en présence du Président de la République du Sénégal et du Premier Ministre du Canada.

3 – GUEYE, Mbaye. L’esclavage au Sénégal du XVIIe au XIXe siècle. Nantes, thèse de doctorat de 3e cycle, 1969 ; L’Afrique et l’esclavage. Une étude sur la traite négrière. Martinsart, 1983.

4 – DE ROUX, Emmanuel. « Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité ». Le Monde, 27 décembre 1996. SAMB, Djibril (dir.). Gorée et l’esclavage, Actes du Séminaire sur Gorée dans la traite atlantique : mythes et réalités, Gorée, 7-8 avril 1997. Dakar : IFAN-CAD, Initiations et Études Africaines, 38, juillet 1997.

5Les esclavages et les traites : communautés, frontières et identités. Pôle d’Excellence Régional (PER) domicilié au Département d’Histoire de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Cheikh Anta Diop. http://peresclave.over-blog.com/categorie-10204481.html [consulté le 25/04/2011]. En 2011, le PER est devenu le Centre Africain de Recherches sur les Traites et les Esclavages (CARTE). http://www.carte-ucad.org/fr [consulté le 26/02/2013]. Sur la traite négrière et l’esclavage, voir notamment les orientations bibliographiques données par : le département d’histoire de l’Université Cheick Anta Diop de Dakar (UCAD), http://www.histoire-ucad.org/archives/index.php/remository.html?func=select&id=34 [consulté le 25/04/2011] ; l’UNESCO, http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001887/188769m.pdf [consulté le 25/04/2011]. Pour un état des lieux et des savoirs sur Gorée, voir : CAMARA, Abdoulaye, BENOIST, Joseph-Roger (de). Histoire de Gorée. Maisonneuve et Larose, 2003, p. 153-155 (bibliographie). Un inventaire du patrimoine immobilier de Gorée, conduit par la Direction du Patrimoine historique classé du ministère de la culture du Sénégal, est en cours depuis 2007.

6 – Voir le site : http://whc.unesco.org/fr/list/26 [consulté le 25/04/2011].

7 – Voir en Afrique les nombreux projets mémoriels et concurrentiels en oeuvre ou en gestation en Gambie, Ghana, Bénin, Congo, … mis en oeuvre avec l’aide de l’UNESCO depuis 1994 : http://www.unesco.org/africa/portal/culture_4.html [consulté le 26/02/2012].

8Guide du tourisme en Afrique Occidentale Française et au territoire du Togo sous mandat français. Paris : Agence économique de l’Afrique occidentale Française, 5e éd., 1939 (1ère éd. 1926), p. 10.

9 – « Au XVIIIe siècle […], l’Afrique […] fournit la main d’œuvre esclave nécessaire à l’exploitation des Îles de l’Océan Indien, des Antilles et de l’Amérique. Il y a là un transport de force odieux mais tout à fait méconnu. Les philosophes blâment l’esclavage et la traite mais tout en accréditant la légende du sauvage africain heureux dans sa vertueuse sauvagerie et tout en profitant d’une civilisation matérielle qui comprend les produits coloniaux, ils ne mettent pas l’Afrique à l’honneur du travail. Et il faudra encore de longues années pour que l’on découvre, sous les préjugés négriers et sous les rêveries humanitaires, le caractère paysan des hommes de la savane. ». Guide du tourisme en Afrique Occidentale Française et au territoire du Togo sous mandat français. Paris : Agence économique de l’Afrique occidentale Française, 5e éd., 1939 (1ère éd. 1926), p. 9.

10 – « L’œuvre de la France en Afrique Occidentale ». L’Illustration, 29 février 1936, 94ème année, n°4852, p. 253-256 et supplément p. XIII-XXV. Description de « l’île des esclaves », p. 257-258.

11 – Le 31 mai 1936, la compagnie Air-France inaugure son premier service hebdomadaire entre la France et le Sénégal en trimoteur Dewoitine 338. Ces avions transportaient 15 passagers à la vitesse de 275 km/h. Cette remarquable aventure humaine et technologique participe également du patrimoine en partage entre la France, l’Afrique et l’Amérique. Pour cette raison, le Sénégal a introduit l’Aéropostale sur sa Liste indicative en vue d’une inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO dans la catégorie des biens en série.

12 – Renseignement aimablement communiqué par Xavier Ricou (avril 2011).

13Guide du tourisme en Afrique Occidentale Française et au territoire du Togo sous mandat français. Paris : Agence économique de l’Afrique occidentale Française, 5e éd. (1ère éd. 1926), 1939, p. 66.

14L’Illustration, n°4435, 3 mars 1928. Renseignement aimablement communiqué par Xavier Ricou.

15 – BRAU, P. (Dr). « L’île du sortilège ». Bull. Comité d’Études historiques et scientifiques de l’Afrique Occidentale Française, t. XI, n°4, oct.-déc. 1928, tiré à part, p. 63.

16 – GAFFIOT, Robert. Gorée, capitale déchue. Paris : L. Fournier, 1933, p. 93. GAFFIOT, Robert. Gorée, toute petite île. Arc-et-Senans : Éditions de l’Aile, 1933, p. 11. Dessin portant la légende : « Cour d’une ancienne maison négrière ». Ce dessin, signé de la main de l’auteur Robert Gaffiot (R.G.), représente la cour de l’actuelle Maison des Esclaves. Il ne porte pas [encore] son appellation postérieure qui serait donc apparue entre 1933 et 1936. Dans ses deux ouvrages Gaffiot n’emploie pas l’expression de « porte de non retour », l’auteur ne précise pas s’il s’agit de la reprise d’une « tradition », orale ou écrite antérieure.

17 – CARIOU, Pierre-André. Promenade à Gorée (Sénégal), manuscrit dactylographié, 1951-1952. L’auteur dépose trois exemplaires du manuscrit à Paris : aux Archives d’Outre-Mer, à la Bibliothèque nationale de France et aux Archives de la Marine. Aujourd’hui, l’exemplaire des Archives de la Marine est conservé à la bibliothèque des Archives d’Outre-Mer à Aix-en-Provence (CAOM) : – copie du manuscrit provisoire, [s.l.n.d.] [dactylographié], (288-6 p.). Aix-en-Provence : Centre des Archives d’Outre-Mer, 24Miom/57 ; – [s.l., s.n.] 1978, 1 vol. (274, 64, [19], 12) : nombr. pl. h. t., plans et cartes h. t. et dépl., 1 plan dépl. en coul. in fine. Aix-en-Provence : Centre des Archives d’Outre-Mer, BIB SOM d4506 ; – s.l., 1978, 1. vol. (12, 274, 64, 19). Paris : Bibliothèque nationale de France, cote FOL- O3M- 1456. Dans l’exemplaire déposé aujourd’hui à la BnF, cette somme dactylographiée comprend un avertissement, une reproduction de l’article « Notice sur Gorée » écrit par le Dr Cariou (publiée dans La presqu’île du Cap-Vert. Dakar : IFAN, 1949, p. 273-282), le manuscrit Promenade à Gorée (274 p.), une bibliographie (64 p.) et des annexes (quatre partitions de chants goréens, 19 p.). La note d’avertissement nous indique que l’auteur a rédigé l’ouvrage sous la forme d’une conférence en 1951-1952, avec révision en 1977. Il n’aurait pas édité ce manuscrit sous le prétexte que sa « Notice sur Gorée » avait déjà été publiée au préalable dans La presqu’île du Cap-Vert (Dakar : IFAN, 1949), le Guide sur musée historique de l’AOF à Gorée (MAUNY, Raymond. Dakar : IFAN, 1955), et enfin Dakar et le Sénégal (Paris : Hachette, les Guides Bleus illustrés, 1972). Cariou est présent à Gorée au moment du bombardement de 1940 et aurait quitté l’île vers 1943. Durant son séjour, il amasse une documentation considérable sur l’île qu’il complète par la lecture des sources d’archives de la métropole. Le plan de Gorée qui accompagne le manuscrit porte la date de 1944. Il semblerait que ce soit cette « histoire » de la Maison des Esclaves écrite par Cariou qui ait servi de trame originelle au discours de l’ancien conservateur Joseph Ndiaye. En 1993, les auteurs du nouveau guide de l’île de Gorée sont plus nuancés et retiennent pour l’usage des petites pièces du rez-de-chaussée de la Maison des Esclaves une fonction mixte de « chambres » pour les « esclaves domestiques » et de « cellules » pour les esclaves de traite. (CAMARA, Abdoulaye, BENOIST, Joseph-Roger (de). Gorée. Guide de l’île et du Musée historique. Dakar : IFAN-Cheik Anta Diop, 1993, p. 12-13).

18 – Raymond Mauny débarque à Dakar le 13 décembre 1937 et y rencontre le professeur Théodore Monod, directeur de l’Institut Français d’Afrique Noire (IFAN), créé le 19 août 1936. Mauny est d’abord affecté dans les services du Gouvernement général. Durant la guerre, il prospecte notamment des sites préhistoriques autour de Dakar. En 1947, il est détaché de l’administration, puis intégré comme assistant à l’IFAN en 1949. Il s’occupe notamment de la protection des sites et des monuments historiques, et de ses prolongements en matière touristique, ainsi que de la mise en place des musées de Gorée, Dakar et Bamako. Pendant quinze ans (1947-1962), il dirige la section archéologie-préhistoire de l’IFAN. (BRASSEUR, Gérard. « Raymond Mauny ». 2000 ans d’histoire africaine. Le sol, la parole, l’écrit. Mélanges en hommage à Raymond Mauny. Paris : L’Harmattan, 1981, t. 1, p. 1-3).

19 Malgré son apport considérable au développement des recherches en AOF, notament dans le domaine de l’archéologie, Mauny est resté profondément conservateur, voire nihiliste. Il a systématiquement nié les apports de l’Afrique aux progrès techniques de l’humanité (invention du fer par exemple), contesté les contacts anciens avec la toute proche Méditerrannée. Ses positions ambigues lui valurent, au lendemain de la seconde guerre mondiale, d’être accusé de collaboration avec l’ennemi, ce qui lui valut une comparution devant la Chambre Civique du Parquet Général de l’AOF en son Audience du 4 décembre 1945. Il sera heureusement acquitté.

20 – MAUNY, Raymond. Guide de Gorée. Dakar : IFAN, Initiations Africaines : VII, 1951, p. 28 : « Quoi qu’en aient dit certains auteurs, il est bien peu probable que les négriers aient utilisé cette porte donnant sur la mer pour faire disparaître les cadavres. Le commerce des esclaves au XVIIIe siècle se faisait au grand jour ; les négriers n’avaient nul besoin de « faire disparaître » des cadavres comme de vulgaires criminels, alors qu’ils jouissaient de la considération due à d’honnêtes commerçants. Et par ailleurs, drôle de façon de procéder, si l’on voulait passer inaperçu, que de jeter un cadavre à la mer à quelques mètres de sa maison… et à portée de ses narines, au surcroît ! Les esclaves étaient embarqués par chaloupes dans l’Anse, au grand jour, et s’il en mourait, ils étaient enterrés dans les lieux de sépulture que l’on retrouve partout dans l’île ». Cette affirmation toute cartésienne doit être relativisée par le récit d’un témoin contemporain qui connaît bien les sites de traite de Gorée et de Saint-Louis, le chevalier de Boufflers. « Dans ce temps çi l’air du Sénégal est le pire de tous. Imagine que nous sentons de nos chambres, et surtout de la mienne, les exhalaisons des cadavres des captifs qui meurent par douzaines dans les cachots, et que les marchands, par économie, font jeter à l’eau pendant la nuit avec des boulets aux pieds. Les boulets se détachent à la longue, et les corps flottent entre deux eaux et vont s’arrêter sur le rivage, dans des endroits où l’on ne peut souvent pas arriver à pied ni en bateau. Ils restent entre les mangliers [= palétuviers et non « mangiers », selon Cyr Descamps] et ils y pourrissent à leur aise. Nous faisons des règlements pour parer à cela ; mais l’infection qui règne actuellement nous montre qu’ils ne sont pas suivis. » (Lettre datée du 9 juin 1786). PRAT, Paul. Lettres du chevalier de Boufflers à la comtesse de Sabran. Paris : Plon, 1891, p. 148-149.

21 – CAMARA, Abdoulaye, BENOIST, Joseph-Roger (de). Histoire de Gorée. Paris : Maisonneuve et Larose, 2003, p. 100-102. A.N. Sénégal, 4P 1442, Institut Français d’Afrique Noire (IFAN) à Dakar, aménagement, construction du musée de Gorée. Pièces écrites et plans, 1949-1953.

22 – MAUNY, Raymond. Guide du Musée historique de l’A.O.F. à Gorée. Dakar : IFAN, catalogue, n°XIII, 1955, p. 11-21. Dans la salle consacrée à l’esclavage et son abolition, sont exposées une maquette du brick négrier nantais La Joséphine (1824), établie d’après les plans du Musée de la Marine à Paris, et des reproductions de documents relatifs à la traite et au transport des esclaves.

23 – Le Musée de la Mer correspond au savoir développé autour du laboratoire de biologie marine par l’IFAN. Il vient compléter ce dispositif touristique muséal et apporter une note exotique de villégiature balnéaire, en contrepoint du tourisme mémoriel. On y organise des expositions reflétant les interactions multiples entre les cultures ouest-africaines et les écosystèmes marins tout en faisant découvrir les instruments modernes d’océanographie.

24 – Décret du 25 janvier 1937 portant protection des monuments naturels et des sites de caractère historique, légendaire ou pittoresque, des colonies, pays de protectorat et territoires sous mandat relevant du ministère des Colonies. Arrêté n°2805 du 16 octobre 1937 pour l’AOF (Journal officiel de l’AOF, p. 1063).

25 – Lettre d’André Villard au gouverneur général de l’AOF datée du 21 octobre 1937. Archives IFAN, C2/1.

26 – DELCOURT, Jean. Gorée, six siècles d’histoire. Dakar : Clairafrique, 1984, p. 96. À proximité de Dakar, Gorée est considérée comme une villégiature balnéaire et la Marine y installe une maison de repos.

27 – Arrêté du 15 novembre 1944 portant l’inscription sur la liste des monuments naturels et des sites de l’île de Gorée tout entière. Journal officiel de l’AOF, 9 décembre 1944, p. 834. Arrêté complémentaire du 15 février 1951 déclarant Gorée « site historique » et prévoyant une commission spéciale pour examiner les demandes d’autorisation de travaux. Journal officiel de l’AOF, 15 février 1951, p. 234, art. 36/1 à 36/3.

28 – Plan publié par Robert Gaffiot. La légende indique que l’état des habitations fut levé par le sergent Castel en 1932. Il représente les espaces où les maisons sont encore en état, les maisons en ruines et enfin l’emplacement des maisons ayant disparu. (GAFFIOT, Robert. Gorée, toute petite île. Doubs : Arcs-et-Senans, 1933, plan hors-texte).

29 – Lettre de Théodore Monod adressée au Gouverneur général de Dakar et dépendances datée du 8 juillet 1942. Archives IFAN, n°812. (CAMARA, Abdoulaye, BENOIST, Joseph-Roger de. Histoire de Gorée, 2003, p. 135).

30 – MAUNY, Raymond. « En marge du centenaire de l’abolition de l’esclavage, l’île de Gorée ». Paris-Dakar, n° 3732, 22 avril 1948, p. 29.

31 – Ancienne esclaverie construite au XVIIIe siècle, (CAMARA, Abdoulaye, BENOIST, Joseph-Roger de. Histoire de Gorée, 2003, p. 110).

32 – Voir le site : http://fr.wikipedia.org/wiki/Boubacar_Joseph_Ndiaye [consulté le 25/04/2011].

33 – Voir le site : http://www.afrik.com/article9804.html [consulté le 17/06/2011].

34Le Soleil, 7 et 8 octobre 1978.

35Reportage documentaire sur l’île de Gorée, TF1, émission réalisée en mai 2005.

36Reportage documentaire sur l’île de Gorée, TF1, émission réalisée en mai 2005.

37 – Ndiaye, Boubacar Joseph. La maison des esclaves de Gorée. L’esclavage, ses origines et ses répercussions en Afrique ; Gorée historique et traite des noirs à Gorée. Dakar : Maison des Esclaves de Gorée, 1986.

38 – « J’ai été tellement ému par ce que j’ai vu et entendu que j’en ai pleuré, car je viens de comprendre combien la traite négrière était inhumaine, combien mes ancêtres ont souffert depuis leur mise en captivité, leur séjour dans les esclaveries du littoral africain et dans les bateaux qui les ont transportés en Amérique. J’ai eu l’impression d’avoir remonté le temps et vécu moi-même leur calvaire ». Extrait du livre d’or du musée, d’après DIOP, Boubacar Boris, TOBNER, Odile, VERSCHAVE, François-Xavier. Négrophobie. Paris : Les Arènes, 2005).

39 – KI-ZERBO, Joseph. Histoire d’Afrique Noire, d’hier à demain. Paris : Hatier, 1972. ANGRAND, Jean-Luc. L’ouverture de la vraie captiverie de Gorée en 2010 – dixit « Indignez vous ». 13 avril 2010, en ligne http://jeanlucangrand.blogspot.com/2010/04/louverture-de-la-vraie-captiverie-de.html [consulté le 15/04/2011].

40 – De Roux, Emmanuel. « Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité ». Le Monde, 27 décembre 1996.

41 – De Roux, Emmanuel. « Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité ». Le Monde, 27 décembre 1996.

42 – Samb, Djibril (dir). Gorée et l’esclavage, Actes du Séminaire sur « Gorée dans la traite atlantique : mythes et réalités », Gorée, 7-8 avril 1997. Dakar : IFAN-CAD, Initiations et Études Africaines, 38, juillet 1997. Voir aussi : SMITH, Stephen. Nécrologie, Pourquoi l’Afrique meurt. Paris : Hachette-Plurielles, 2004. DUARTE, Florence. Esclavage : la thèse qui choque Dakar : http://www.senegalaisement.com/senegal/esclavage_senegal.php [consulté le 01/06/2011].

43 – ANGRAND, Jean-Luc. Céleste ou le temps des signares. Paris : Éditions Anne Pépin, 2006, p. 48. Voir la critique de l’ouvrage par Xavier Ricou qui souligne à juste titre l’absence de sources, des informations lacunaires, des erreurs. http://www.senegalmetis.com/Senegalmetis/Celeste.html [consulté le 20/06/2011].

44 – THIOUB, Ibrahima, BOCOUM, Hamady. « Gorée et les mémoires de la Traite atlantique ». Dans SAMB, Djibril (dir.). Gorée et l’esclavage, Actes du Séminaire sur Gorée dans la traite atlantique : mythes et réalités, Gorée, 7-8 avril 1997. Dakar : IFAN-CAD, Initiations et Études Africaines, 38, juillet 1997, p. 200.

45 – SECK, Ibrahima. « Esclavage et traite des esclaves dans les manuels de l’enseignement secondaire du Sénégal : des programmes de domestication coloniale aux programmes dits d’enracinement et d’ouverture ». Revue Historiens-Géographes du Sénégal, n°8. Dakar : Faculté des Sciences et Technologies de l’Éducation et de la Formation, UCAD, 2009, p. 75. Bénin, Ouidah, Porte du non retour, http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Ouidah_Porte_du_Non_retour.jpg [consulté le 17/06/2011].

46 – NDIAYE, Boubacar Joseph. Il fut un jour à Gorée… l’esclavage raconté à nos enfants. Paris : Lafon, 2006.

47 – THIAW, Ibrahima. « L’archéologie de l’île de Gorée au Sénégal. Chaque maison a une histoire ». Dans SANSONE, Livio, SOUMONNI, Élisée, BARRY, Boubacar (dir.). La construction transatlantique d’identités noires. Entre Afrique et Amériques. Paris : Karthala, 2010, p. 41-56 [trad. française de l’ouvrage paru en anglais en 2008, issu du colloque tenu à Gorée en 2002] ; THIAW, Ibrahima. « L’espace entre les mots et les choses : mémoire historique et culture matérielle à Gorée (Sénégal) ». THIAW, Ibrahima (dir.). Espaces, culture matérielle et identités en Sénégambie. Dakar : CODESRIA, 2010, p. 18-40.

48 – La non implication dans le discours mémoriel ne signifie pas cependant désintérêt pour la préservation de l’île. De nombreux édifices ont été réhabilités et un important programme de protection de Gorée contre l’érosion marine sera élaboré et une recherche de financement entreprise. De même la requalification du Palais Roume en Auberge du Penseur a également été proposée par le Président Wade, sans connaître un début d’exécution.

49 – Poète, écrivain, homme politique, Léopold Sédar Senghor reprend la notion sur la Négritude, introduite par Aimé Césaire dès 1935, en la définissant ainsi : « La Négritude est la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture ». Fervent défenseur de la culture, la Négritude est pour lui « l’ensemble des valeurs culturelles de l’Afrique noire ». VAILLANT, Janet G. Vie de Léopold Sédar Senghor. Noir, Français et Africain. Paris : Karthala, 2006. DIAGNE, Bachir « In Praise of the Post-racial. Negritude beyond Negritude ». Third Text, Vol. 24, Issue 2, March, 2010, p. 241-248.

50 – Voir le site : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/senghor/senghobiographie.asp [consulté le 02/07/2011].

51 Voir le site : http://www.au-senegal.com/Festival-mondial-des-arts-negres,2982.html [consulté le 06/06/2011] ; Second Congrès des artistes et écrivains noirs. Paris : Présence Africaine, n° 27-28, t. 1, février-mai 1959, p. 417.

52 – Léopold Sédar Senghor, 19 mars 1966, allocution radiodiffusée.

53Le premier Festival Mondial des Arts Nègres. Bruxelles : Marci, 1966. Le président du Festival Alioune Diop préside également l’Association du Festival Mondial des Arts Nègres. Trente-sept pays participent à ce premier festival, dont trente pays africains. Grâce au soutien financier du gouvernement du Sénégal et de la Société Africaine de Culture, ce festival s’organise autour de plusieurs manifestations : – un colloque sur « Fonction et signification sur l’Art Nègre dans la vie du peuple et pour le peuple (30 mars-8 avril) » (Condé-sur-Noireau : Présence Africaine, 1967) ; – un spectacle tous les soirs par des artistes, danseurs, musiciens de chaque pays participant au Festival ; – une exposition « L’Art Nègre, Sources Évolution Expansion » (Dakar-Paris, 1966.).

54 – Voir le site : http://www.ina.fr/art-et-culture/musique/video/CAF89027584/festival-des-arts-negres-a-dakar.fr.html [consulté le 06/06/2011].

55À la demande des Sénégalais, le ministère français de la Coopération met à leur disposition Jean Mazel, qui a déjà réalisé en 1958 le spectacle de Marrakech. Le scénario est monté à partir des recherches menées par le département de l’IFAN sur l’histoire de Gorée. Ce scénario devait servir de canevas à un texte d’Aimé Césaire qui fut remplacé par Jean Brière, un Haïtien installé au Sénégal depuis 1964. Archives Nationales du Sénégal, FMAN 33 : Commission des spectacles. Spectacle féerique de Gorée. Opéra populaire en huit tableaux créé à l’occasion du premier Festival mondial des arts nègres. 1-24 avril 1966, Dakar. D’après Cyr Descamps, le spectable aurait été conçu en collaboration avec Charles Carrère.

56 – Dans les premières séquences du film Little Senegal de Richard Bouchareb, les touristes noirs américains sont saisis par l’émotion lors de la visite de la Maison des Esclaves. BOUCHAREB, Richard. Little Senegal, Tadrart Film, 2000, 1h38, long métrage algérien, français, allemand.

57 – Extrait de l’« Appel du Directeur général pour la sauvegarde de Gorée, 22 décembre 1980 ». Les Nouvelles de l’Unesco, n°41, 5 janvier 1981, p. 1-3. L’engouement des Américains pour la généalogie remonte à 1976, avec la parution de l’ouvrage de HALEY, Max. Roots. The Saga of an American Family, repris dans les séries télévisées Roots de 1977 et 1979. L’île de Gorée y est présentée comme « gataway to Roots ». Sur la marchandisation touristique de l’île de Gorée : EBRON, Paulla A. « Tourists as pilgrims: Commercial fashioning of transatlantic politics « . American Ethnologist, nov. 1999, 26, 4, p. 910-932. http://www.nyu.edu/classes/bkg/tourist/ebron-africa.pdf [consulté le 26/02/2013]

58 – Voir le site : http://www.goreediasporafestival.org/accueil.html [consulté le 06/06/2011].

59Île de Gorée. Zone urbaine de Dakar. Paris : Eurétudes, 1968. Le programme d’aménagement insiste sur cinq recommandations essentielles : la restauration et l’amélioration de l’urbanisme général du site par la création d’un complexe hôtelier moderne sur le Castel, le développement du centre de pêche sportive par une extension de la capacité d’accueil des installations au niveau du Relais de l’Espadon, la réalisation d’un équipement portuaire favorisant l’amélioration de la liaison maritime avec la ville de Dakar et enfin l’édification de nouvelles maisons d’un type particulier.

60 – Voir le site : http://archiwebture.citechaillot.fr/awt/asso/FRAPN02_AADOC_REPERAGE.pdf [consulté le 21/06/2011].

61 – Voir le site : http://www.senegalmetis.com/Senegalmetis/30_ans_de_classement.html [consulté le 21/06/2011].

62 – Descamps, Cyr. Préservation et mise en valeur du patrimoine national (décembre 1969 – janvier 1970). Paris : UNESCO, 1970.

63 – Convention et recommandations de l’UNESCO relatives à la protection du patrimoine culturel. Paris : UNESCO, 1983.

64 – Le critère VI de 1972 est d’« être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle ». En 1977, le critère d’inscription de l’île de Gorée mentionne qu’elle : « … occupe une place de choix dans le patrimoine sénégalais en tant que vestige de choc de deux civilisations différentes, et le témoin d’une expérience humaine sans précédent dans l’histoire des peuples. En effet, Gorée est pour la conscience universelle, le symbole de la traite négrière avec son cortège de souffrance, de larme et de mort. L’attention que les autorités sénégalaises portent à cette île ne se réfère pas à un désir de s’attarder sur le passé à jamais enfoui, mais à une volonté de faire de l’île de Gorée l’archétype de la souffrance de l’homme noir à travers les âges à l’instar de tant d’autres lieux tristement célèbres où l’aveuglement et la haine ont naguère sévi. De plus, par-delà cet aspect historique, l’île de Gorée constitue en elle-même un ensemble architectural digne d’intérêt dont la conservation tel quel, est une des priorités du programme sénégalais de protection du patrimoine […] » (Formulaire de proposition d’inscription n° CC-77/WS/64. Dans GONODOU, Alain, ASSOMO, Lazare Éloundou. État de conservation de l’île de Gorée, rapport de mission ICOMOS (28 mars – 3 avril 2004). Centre du patrimoine mondial – ICOMOS, 2004, p. 7, en ligne : http://whc.unesco.org/archive/2004/mis-26-2004.pdf [consulté le 25/04/2011]).

65 – GRÉGOIRE, A. Sénégal. Monuments historiques de l’île de Gorée et de Saint-Louis du Sénégal. Paris : UNESCO, mai 1974, mss. dactyl. http://unesdoc.unesco.org/images/0001/000102/010200FB.pdf [consulté le 25/07/2011].

66 FRAPOLLI, Jean-Pierre, CLERC, Maurice. Plan directeur de rénovation de l’île de Gorée. Aspects juridiques et financiers du programme de rénovation de l’île. Paris : UNESCO, 1975. http://unesdoc.unesco.org/images/0001/000161/016127fb.pdf [consulté le 25/07/2011].

67 – PARENT, Michel. L’avenir de Gorée. Paris : UNESCO, 1977, FMR/ CCT/ CH/ 77/ 184.

68 – LABLAUDE, Pierre-André. Réhabilitation du site historique de l’île de Gorée. Projet touristique de la Petite Côte. Sénégal. Paris : UNESCO, 1978. FMR/CC/CH/78/260(BIRD) ; 9988.SEN/21.

69 – UNESCO. Plan d’action pour la sauvegarde du patrimoine architectural de l’île de Gorée. 1981. http://unesdoc.unesco.org/images/0004/000459/045955fb.pdf [consulté le 26/04/2011].

70 – Il s’agit de Michel Van der Meerschen (depuis le classement de l’île en 1978, jusqu’en 1982), puis de Françoise Descamps et Dirk Defraeije (en poste à partir de 1982).

71 UNESCO. Gorée, island of memories. Paris : Unesco, 1985 (en anglais) : http://www.worditude.com/ebooks/unescopdf/goree.pdf [consulté le 06/04/2011]. L’UNESCO a aussi contribué à l’émission de timbres, [voir ad. Internet]. Au cours des années 2000, l’UNESCO a conçu un site internet pour une visite virtuelle de Gorée : http://webworld.unesco.org/goree/fr/index.shtml [consulté 07/04/2011].

72 – Gorée, île mémoire : Campagne internationale de sauvegarde. 1985, réd. 2008. http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001803/180301m.pdf [consulté le 26/07/2011].

73 – « Appel du Directeur général pour la sauvegarde de Gorée, 22 décembre 1980 ». Les Nouvelles de l’UNESCO, n°41, 5 janvier 1981, p. 1-3.

74 Gorée, Guide de l’île et du musée historique. Dakar : IFAN, Musée Historique, 1993.

75 – LABLAUDE, Pierre-André. Préservation et restauration de l’île de Gorée. Paris : UNESCO, 1982. http://unesdoc.unesco.org/images/0005/000511/051197fo.pdf [consulté le 25/07/2011].

76 – Godonou, Alain, Assomo, Lazare Éloundou. État de conservation de l’île de Gorée, rapport de mission ICOMOS (28 mars – 3 avril 2004). Centre du patrimoine mondial – ICOMOS, 2004, p. 7. http://whc.unesco.org/archive/2004/mis-26-2004.pdf [consulté le 25/04/2011].

77 – Ce sont des « travaux de réparation consécutifs à l’effondrement d’un mur porteur au rez-de-chaussée »… « Les restaurations effectuées concernent certains éléments décoratifs supposés avoir disparu ». (Camara, Abdoulaye, Benoist, Joseph-Roger (de). Histoire de Gorée. Paris : Maisonneuve et Larose, 2003, p. 110).

78 – En 1990-1991, une nouvelle campagne de restauration de la Maison des esclaves a été entreprise avec l’aide financière du Comité France-Liberté. Les travaux devaient permettre de reconstituer à l’étage « une pièce d’habitation d’époque, décorée de meubles et d’objets pour la plupart d’origine », et de présenter une exposition de documents sur la vie quotidienne à Gorée au XVIIIe siècle.

79 – Adolphe d’Hastrel de Rivedoux, peintre, aquarelliste, lithographe, embrasse la carrière militaire et devient capitaine d’artillerie dans la marine. Au cours de ses périples, il fait escale au Sénégal en 1836 et y séjourne à nouveau en 1839. Lors de ce dernier passage, il réalise notamment une série d’aquarelles d’une grande précision sur Gorée, qu’il reproduira lui-même dans un album lithographique qu’il publie près de dix ans plus tard sous le titre « Colonie française du Sénégal ». Deux aquarelles nous donnent un état de la Maison dite des esclaves en 1839. Une vue de la cour intérieure de la Maison dite d’Anna Colas (ou Annacolas Pépin), portant la date du 20 février 1839. La vue a été inversée lors de la reprise lithographique effectuée par d’Hastrel lui-même. Une première épreuve de travail porte la mention en bas à gauche : À Gorée 20 février 1839 et à droite, après la signature [illisible]. Cette lithographie porte ensuite le titre : Une habitation à Gorée (Maison d’Anna Colas) pour être insérée comme la planche n°8 de l’album imprimé par Auguste Bry à Paris sur la « Colonie française du Sénégal », s.d. [vers 1848]. La façade sur l’actuelle rue Saint-Germain figure sur un second dessin aquarellé, daté du jour suivant, le 21 février 1839. La lithographie de l’aquarelle est signée par Théodore du Moncel et figure dans l’album sous le n°3. Le revers de l’aquarelle porte une esquisse de la rue Saint-Germain, vue du côté opposé. MAUNY, Raymond. « Aquarelles et dessins de d’Hastrel relatifs au Sénégal (1839) ». Dans Notes africaines, n°52, octobre 1951, p. 113-116 ; RICOU, Xavier. Trésors de l’iconographie du Sénégal colonial. Marseille : Riveneuve, 2007, p. 112-113. http://fr.wikipedia.org/wiki/Adolphe_d%27Hastrel [consulté le 02/08/2011]. http://www.senegalmetis.com/Senegalmetis/Signare_E4-6_dHastrel6.html [consulté le 02/08/2011]. Aquarelle achetée en 1951 par l’IFAN et qui aurait disparu. http://www.senegalmetis.com/Senegalmetis/Signare_E7_dHastrel3.html [consulté le 02/08/2011]. Aquarelle, collection Marie-José Crespin.

80 – UNESCO. Rapport Lablaude, Préservation et restauration de l’île de Gorée. 1982, p. 14.

81 – Voir le site : http://www.geolocation.ws/v/I/5556385582830076641-5560936314785677810/maison-des-esclaves—la-porte-sans/en [consulté le 02/08/2011]. État décembre 2010 : terrasse en cours de construction.

82 – RICOU, Xavier. « Gorée, ville métisse ». Dans CAMARA, Abdoulaye et BENOIST, Joseph Roger de. Histoire de Gorée. Paris : Maisonneuve et Larose, 2003, p. 92.

83 – Les trois établissements sont : la Maison du Soudan, devenue un centre d’étude ; la Capitainerie du port, servant provisoirement d’annexe à l’Université des Mutants ; la Maison Victoria Albis, accueillant des expositions, ainsi que les locaux du Bureau d’architecture des monuments historiques et la résidence de l’expert de l’UNESCO envoyé à Gorée. HAARDT, Caroline. « Gorée, l’île aux esclaves ». Courrier de l’UNESCO, octobre 1992, p. 48-50.

84 – UNESCO, 27ème session du Comité du Patrimoine mondial : État de conservation des biens inscrits sur la liste du patrimoine en péril, référence WHC-03/27.COM/7B, 2003, p. 27, en ligne http://whc.unesco.org/archive/2003/whc03-27com-07bf.pdf [consulté le 06/04/2011].

85 – Voir le site : http://www.abolitions.org/index.php?IdPage=1173454388 [consulté le 16/07/2011].

86 – MATSUURA, Koichiro. « Discours prononcé lors du lancement de l’année internationale de la commémoration de la lutte de l’esclavage et de son abolition à Cape Coast (Ghana) en 2004 ». Bulletin d’information de l’Unesco, numéro spécial, 2004.

87 – GUEYE, Mbaye. Sites liés à la traite négrière et à l’esclavage en Sénégambie. Pour un tourisme de mémoire. UNESCO, 2005 [secteur de Gorée, p. 35-48]. http://unesdoc.unesco.org/images/0014/001401/140126f.pdf.

88 – Le Musée maritime de Merseyside à Liverpool, point de départ du trafic de la traite anglaise abrite depuis 1994 une Transatlantique Slavery Gallery, qui est devenue en 2007 un musée international permanent consacré à la traite transatlantique. http://www.liverpoolmuseums.org.uk/ism/.

89 – « Gorée, La Maison des Esclaves, Sénégal ». Dakar : Foreign and Commonwealth Office/ National Museum galleries on Merseyside/The britisch Council, s. d. [2001 ?], [Brochure exposition].

90 – Voir les trois vidéos de l’exposition de Lamine Barro sur You Tube : http://www.youtube.com/watch?v=bNnQPMDjgMs ; http://www.youtube.com/watch?v=fK09VVpum2c&feature=related ; http://www.youtube.com/watch?v=HXo5Lijegrg&feature=related. L’exposition a été également présentée au Musée de l’IFAN à Dakar et dans d’autres lieux : http://www.comite-memoire-esclavage.fr/spip.php?article423.

91 – Le Soleil, 26 novembre 1976. Cette idée du président Senghor a été reprise une génération plus tard par le président Wade pour la construction de sa statue géante de La Renaissance africaine.

92Le Soleil, 26 novembre 1976.

93 – En 1998-1999, ce concours international a également inspiré de nombreux mémoires de Travaux personnels de fin d’études (TPFE) pour l’obtention du diplôme d’architecte DPLG dans les écoles d’architecture de Paris-la-Seine, Paris-Villemin, Grenoble, Nantes, Marne-la-Vallée, Lyon… http://portail.documentation.developpement-durable.gouv.fr/ArchiResWiki/index.php/ACC%C3%88S%C3%80_LA_BASE : Gorée [consulté le 21/07/2011].

94 – Voir les sites : http://www.unesco.org/bpi/fre/unescopresse/97-150f.htm [consulté le 21/07/2011]. http://www.odb.it/goree.htm [consulté le 01/08/2011]. http://europaconcorsi.com/projects/159587-Gor-e-Memorial/slideshow [consulté le 01/08/2011].

95 – Voir le site : http://www.uia-architectes.org/texte/nouvelles/1a1z1a.html [consulté le 21/07/11].

96Le Soleil, 14 janvier 1998. Allocution du président de la République du Sénégal lors de la remise des prix aux lauréats du Mémorial de Gorée.

97 – Voir le site : http://www.unesco.org/bpi/fre/unescopresse/98-07f.htm [consulté le 21/07/2011].

98 WHC-10/34.COM/8E.Add.2. Brasilia, 1er août 2010, http://whc.unesco.org/archive/2010/whc10-34com-8E.Add2f.pdf [consulté le 21/07/2011].

99 – Voir le site : http://www.memorial-goree.com/ [consulté le 21/07/2011].

100 – Voir le site : http://www.gudev.cz/ [consulté le 21/07/2011].

101 – Le projet de 2011 réapparaît en novembre 2012, porté ( ?) par le ministre de la culture avec l’aide d’Amadou Lamine Sall. Le symbole du navire est repris, dessiné par le studio tchèque Helika. http://www.helika.cz/#/projekty/aktualni/1619 [consulté le 27/02/2013].

102 – Thiam, Alassane, Thilmans, Guy. « Gorée l’île musée, Création d’un musée historique ». Museum, volume XXXII, n° 3, p. 119-129.

103 – Gorée, Guide de l’île et du musée historique. IFAN : Musée Historique, 1993. Pour l’histoire du musée historique : DESCAMPS, Cyr et CAMARA, Abdoulaye. « Le Musée Historique : cinquante ans de présence à Gorée (1954-2004) ». Senegalia. Études sur le patrimoine ouest-africain. Saint-Maur-des-Fossés, Sépia, 2006, p. 150-160.

104 – Voir le site : http://mufem.org/index.php [consulté le 21/08/2011].

105 – Pour l’histoire de ce musée : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_de_la_Femme_Henriette-Bathily [consulté le 13/10/2011].

106 – En avril 2011, ce Musée de la Femme était fermé depuis quelques mois.t. Deux ans plus tard, la décision de délocaliser ce musée sur le continent est effective . Les expositions sont en cours de démontage.

107 – MONOD, Théodore. « Le musée de la mer, Gorée, Sénégal ». Museum international, vol. 14, déc. 1961, p. 1-11.

108 – UNESCO-BREDA (Bureau Régional de Dakar). Répertoire des musées du Sénégal. Dakar : Grafiti, 2008, en ligne : http://wamponline.org/Repertoire_des_musees_du_senegal.pdf [consulté le 21/06/2011].

109 – Parmi les partenaires il faut citer l’Association des amis du musée, et le projet Chélonée.

110 – TOULIER, Bernard. « Architecture coloniale, identités culturelles et patrimoine en Afrique francophone ». Dans ANDRIEUX, Jean-Yves (dir.). Patrimoine, sources et paradoxes de l’identité. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2011, p. 117-142.

111 – LABLAUDE, Pierre-André. « À Gorée au Sénégal : l’île aux esclaves ». Monuments Historiques, n°162, fév.-mars 1989, p. 88-92. L’auteur prône une « pratique [patrimoniale] métissée, parfois lointaine des préceptes rigides d’une Charte de Venise vieillie et perçue de plus en plus comme attardée dans une guerre de tranchée post-viollet-le-ducienne, à la dialectique trop exclusivement européenne ».

112 – BOCOUM, Hamady. « Gorée et les mémoires de la Traite atlantique ». Dans Samb, Djibril (dir.). « Gorée et l’esclavage », Actes du Séminaire sur « Gorée dans la traite atlantique : mythes et réalités ». Gorée, 7-8 avril 1997. Dakar : IFAN-CAD, Initiations et Études Africaines, 38, juillet 1997, p. 200.

113 – FRANK, Robert. « La mémoire et l’histoire ». Dans VOLDMAN, Danièle (dir.). La Bouche de la vérité ? « La recherche historique et les sources orales ». Les cahiers de l’Institut d’histoire du temps présent, n°21, nov. 1992, p. 65-72.


Présidentielle américaine: Faux prolo et vrai apparatchik, quel meilleur argument pour la réélection du président Trump ? (Lunch bucket Joe: Only in a place as removed from reality as the Beltway could a man who has spent more than three decades in the US Senate be hailed as a working-class stiff)

23 août, 2020

https://media.townhall.com/Townhall/Car/b/afb082120dAPR20200821044507.jpg

ImageImageImage previewImage previewDonald Trump est le seul président de l’histoire américaine qui sera plus pauvre après être devenu président qu’avant (…) et qui a pourtant écouté les gens mêmes que la classe dirigeante détestait. Charlie Kirk
En principe, une telle annonce est censée réjouir tous les hommes de bonne volonté indépendamment de leurs prises de position politique, la paix étant–on excusera le lieu commun–toujours préférable à la guerre. A fortiori lorsqu’il s’agit d’un État juif et d’un État arabe et musulman dont on connaît l’antagonisme historique. Il est normal et d’une grande logique politique que la République Islamique d’Iran ou que le Hamas palestinien, qui ne dissimulent pas leurs désirs de détruire Israël, vouent cet accord aux gémonies. Mais la gauche et son extrémité qui aiment à afficher par tous les temps et de tout temps leur pacifisme exacerbé (« le capitalisme apporte la guerre, comme la nuée l’orage » nous expliquent doctement les marxistes, « le nationalisme c’est la guerre » nous disent les trotskistes, Mitterrand et Macron) s’est montré d’une immense discrétion. C’est ainsi que Le Monde du 14 aout, toujours égal à lui-même, n’a pas hésité à présenter négativement l’accord comme une omission des Palestiniens, jusqu’à travestir la réalité. En effet, bien qu’il s’agisse d’un accord bilatéral ne concernant en rien la Palestine, les Émirats Arabes Unis ont tenu à ce que cet accord contienne une clause de suspension du projet d’annexion par Israël de cette vallée du Jourdain au demeurant acceptée depuis longtemps par la partie palestinienne, en cas d’accord définitif, en raison du fait qu’elle est peu peuplée d’Arabes et d’une importance stratégique existentielle pour l’Etat Juif. Sauf que la représentation politique des Arabes de Palestine ne s’est jamais résolue depuis un siècle à renoncer à une portion d’une terre qu’elle considère toujours, de parfaite bonne foi irrédentiste, comme arabe et musulmane. Cette absence d’enthousiasme de la gauche pacifiste autoproclamée dissimule mal le fait que depuis longtemps sans le dire elle ne se soutient plus que du bout des lèvres l’existence de l’État d’Israël Plusieurs raisons conscientes et inconscientes expliquent cette désaffection montante. La première et que la gauche xénophile a basculé dans le camp de la radicalité anti-occidentale la plus pathologique. Peu importe donc que celui-ci soit raciste ou antisémite. La seconde, est que la gauche européiste et son extrémité affichent désormais une détestation pour les États-nations. A fortiori lorsqu’ils sont d’occident. La troisième est que la gauche et son extrémité sont atteints de racisme anti blanc. La quatrième, qui n’est que la synthèse des trois premières, est que l’Israélien–ou le juif moderne–est considéré comme un super blanc au rebours du juif ancien que le vieil antisémite prenait pour un métèque. L’État-nation juif occidental qui se bat bec et ongles pour défendre ses frontières n’en est que plus détestable pour la gauche devenue internationaliste. Il ne faut dès lors pas s’étonner que les populations immigrées d’origine arabe ou musulmane présentes sur le sol français se montrent souvent beaucoup plus hostiles que d’autres populations arabes ou musulmanes à l’égard d’Israël et par voie de conséquence l’ensemble des juifs. (…) Voilà pourquoi, même s’ils ne le savent pas, les gentils pacifistes et antiracistes autoproclamés de gauche préfèrent mille fois voir l’état du peuple juif réprouvé rituellement ou tenu en étau dans un ghetto plutôt que de le voir signer des accords de paix avec ses anciens ennemis. L’imposture de gauche pacifique et antiraciste est une formule décidément pléonastique. Gilles-William Goldnadel
Biden n’a pas d’idéologie, il est au centre et, quel que soit le centre, il y va. Gérard Araud
Ne sous-estimez pas la capacité de Joe à tout foirer. Barack Obama
Vous avez le premier Afro-américain bien articulé, intelligent, propre et qui est beau à regarder. Vous avez une histoire. Joe Biden (2007)
Vous ne pouvez pas aller dans un 7-Eleven ou dans un Dunkin’ Donuts à moins d’avoir un léger accent indien. Joe Biden
Les enfants pauvres sont aussi intelligents et talentueux que les enfants blancs. Joe Biden (2019)
Je vais vous dire, si vous avez un problème pour décider si vous êtes pour moi ou pour Trump, alors vous n’êtes pas Noir. Joe Biden (2020)
Aucune rhétorique n’est nécessaire. Jugez simplement ce président sur les faits. 5 millions d’Américains infectés par la COVID-19. Plus de 170 000 Américains qui en sont morts. De loin la pire performance de toutes les nations de la planète. (…) Regardez autour de vous. Ce n’est pas si mal au Canada. Ou en Europe. Ou au Japon. Ou presque partout ailleurs dans le monde. (…) Nous menons le monde pour les cas confirmés. Nous menons le monde pour les décès. Nous menons le monde pour les cas confirmés. Nous menons le monde pour les morts. (…)  Plus de 50 millions qui se sont inscrits au chômage cette année. Plus de 10 millions qui perdront leur couverture maladie cette année. Près d’une PME sur six qui a fermé ses portes. Joe Biden (2020)
Donald Trump n’a pas su être à la hauteur de sa fonction car il en est incapable. Et les conséquences de cet échec sont graves. Cent soixante-dix mille Américains sont morts. Des millions d’emplois ont été détruits alors que ceux qui sont au sommet de la pyramide sont de plus en plus riches. Nos pires instincts se sont déchaînés, notre honneur et notre réputation dans le monde entier ont été malmenés, et nos institutions démocratiques n’ont jamais été aussi menacées. Barack Obama
Ils voient avec horreur des enfants séparés de leurs familles et jetés en cage avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc utilisés contre des manifestants pacifiques pour une opération de communication. Michelle Obama
If we were to have a President Hillary Clinton, would Obama (or his many media allies) consider it fair game to blame tens of thousands of American COVID-19 deaths on her? Do they honestly believe that, under Democrats, the death toll would have been 170? That would ignore the fact that the worst coronavirus death tolls are largely in states with Democratic governors. Tim Graham
People have forgotten how Joe Biden did in New Hampshire. He was terrible. He got 8.4 percent of the vote, which is unbelievable for a candidate with any aspirations of being president. What the Democrats should have done if they were really serious about beating Trump would have been to rally around one candidate right from the start and not have a protracted battle in which people get wounded. They needed to pick one person and have everybody else take a pass. That’s the only way I could see that my model would have worked in their favor. My prediction is what I call ‘unconditional final. It does not change. It’s a mathematical model based on things that have happened. The presidential election of 2016 has happened, the primary results are in. I can add in the results of more primaries, but even those numbers have happened and can’t change either. (…) Now I predict straight to the Electoral College. I’ve never done that before, but I made an adjustment because of the mismatch we had in 2016, and I’m prepared to see Trump lose the popular vote again. So this prediction is entirely about the electoral votes. (…) Everybody thinks Trump is going to go down in flames, and here I am predicting with almost total certainty that he’s going to win. It seems crazy. But it’s not. Helmut Norpoth
It is hugely frustrating to see conservatives, who couldn’t give a damn about the multiple sexual assault allegations against Donald Trump, weaponize the accusations against Biden. However, it’s also frustrating to see so many liberals turning a blind eye. The accusations against the former vice-president are serious; why aren’t they being taken seriously? (…) There are some people who will insist that drawing attention to the new allegations against Biden is playing into the Republicans’ hands. That it will destroy Biden’s campaign and guarantee us four more years of Trump. Not only is that argument hypocritical, it is also hugely unlikely that Reade’s accusations will do any damage whatsoever to Biden’s ambitions. Allegations of sexual assault certainly haven’t posed any hindrance to Trump. The allegations against Kavanaugh didn’t stop him from becoming a supreme court justice. The allegations against Louis CK didn’t kill his career in comedy. And the multiple women who have accused Biden of touching them inappropriately in the past haven’t exactly derailed his career. Arwa Mahdawi
Mostly it was the Democratic Party talking to itself and playing to its base. Missing was any hint of priorities or plans, of the meaning of the party or its intentions. They made the case against Donald Trump, and a case for Joe Biden as an essentially decent person. But they didn’t say what they’ll do. And this year that is key. I’m not sure they’re sufficiently aware of two things. One is the number of people who don’t like Mr. Trump and will vote for him anyway. They don’t have to be talked into thinking he’s a bad character, they’re already on board. All summer I’ve been running into two kinds of people. One kind says, “That man is a living shame on our country and must be removed.” The other kind says very little. They don’t defend him. They say, “I can’t believe I may vote for him, but . . .” And always they explain it this way: “What the other guys are gonna do on taxes,” “What the other guys will do to my industry,” “What the Democrats will do to the economy.” I’m getting the impression that for a lot of people, the ballot this fall won’t read “Trump vs. Biden” but “Trump vs. What the Other Guys Will Do.” Do the Democrats understand how hunkered-down many people feel, psychologically and physically, after the past six months? If I asked this right now of a convention planner or participant I think they’d say, “Yes, people feel battered by systemic bias, inequality, and climate change.” And I’d say no, they’re afraid of foreclosures! They’re afraid of a second wave, no schools, more shutdowns, job losses and suddenly the supply lines break down this winter and there are food shortages. When this is the context, what a great party plans to do couldn’t be more crucial. As for Mr. Biden, all his political life he’s tried to express himself in ways he thinks eloquent but that tend to be only long-winded. He chases a thought a long way, even when it’s a small one and not worth the hunt. All of this is part of his old-school way and is neither harmful nor helpful. But he had a strong, tight speech. He looked good, spoke crisply, maintained focus. The speech is going to do him some significant good. Though he didn’t make his plans and intentions clear. (…) apart from the “We The People” gauziness, there was a nonstop hum of grievance at the convention. To show their ferocious sincerity in the struggle against America’s injustices, most of the speakers thought they had to beat the crap out of the country—over and over. Its sins: racism, sexism, bigotry, violence, xenophobia, being unwelcoming to immigrants. The charges, direct and indirect, never let up. Little love was expressed, little gratitude. Everyone was sort of overcoming being born here. Even Mr. Obama, trying, in a spirit of fairness, to expand the circle of the aggrieved, spoke of “Irish and Italians and Asians and Latinos told: Go back where you come from. Jews and Catholics, Muslims and Sikhs, made to feel suspect . . . black Americans chained and whipped and hanged. Spit on for trying to sit at lunch counters, beaten for trying to vote. . . . They knew how far the daily reality of America strayed from the myth.” The cumulative effect of all this, especially for the young, would prompt an inevitable question: Why would anyone fight to save this place? Who needs it? If I were 12 and watched, I’d wonder if I had a chance here. If I were 20, they’d have flooded me with unearned bitterness. Injustice is real, history is bloody. But guys, do you ever think you’re overdoing it? Are you afraid that this is all you got? Is that why you don’t talk about policy? Peggy Noonan
Il est trop tôt pour dire ce qui ressortira de l’actuelle vague de violences liée à la mort de George Floyd. On sait en revanche que l’histoire récente n’a pas été particulièrement tendre envers les mouvements militants qui tentent de lutter contre le racisme. Les méthodes défendues par l’une de leurs figures les plus célèbres, Martin Luther King, ont abouti à l’adoption du Civil Rights Act en 1964 et du Voting Rights Act en 1965, deux des plus grandes lois de l’histoire américaine. À l’inverse, l’évolution du mouvement Black Power a conduit à son implosion, ses principaux représentants finissant en exil, en prison ou victimes de rivalités internes meurtrières. Si le mouvement avait su s’attirer quelques sympathies chez les Blancs, celles-ci ont rapidement disparu après les émeutes de Détroit, Baltimore, Los Angeles et plusieurs autres grandes métropoles. De même qu’aujourd’hui avec le mouvement Black Lives Matter, le renforcement d’une identité de groupe associée aux militants noirs a été suivi par un retour de bâton avec la résurgence des suprémacistes blancs et l’émergence des skinheads dans les années 1970 et 1980. Il n’est pas besoin de lire des articles universitaires pour comprendre que les manifestations pacifiques pour les droits civiques ont mieux réussi que les violences. Un chercheur de Princeton vient néanmoins d’en publier un qui mérite lecture. Dans un article paru le mois dernier dans l’American Political Science Review, Omar Wasow, professeur adjoint en sciences politiques, décrit les résultats d’un projet de recherche entamé il y a quinze ans sur les conséquences politiques des manifestations. Omar Wasow, qui est noir, a étudié les manifestations de militants noirs entre 1960 et 1972 aux États-Unis et découvert que les “tactiques employées” pouvaient faire toute la différence pour faire avancer une cause : Les manifestations non violentes ont joué un rôle essentiel pour faire pencher la balance politique nationale en faveur des droits civiques. Les mouvements dans lesquels étaient lancées des violences parvenaient à des résultats diamétralement opposés aux revendications des manifestants.” Après les incidents survenus lors des manifestations liées à la mort de George Floyd lors de son interpellation par la police, le président Trump a clairement annoncé que “l’ordre public” serait un de ses thèmes de campagne, et les travaux de Wasow apportent des éléments de réponse quant à l’efficacité de cette stratégie. Dans un récent entretien avec le New Yorker, Wasow déclare avoir découvert “un lien de causalité entre les manifestations violentes” survenues après l’assassinat de Martin Luther King en avril 1968 et “le rejet du parti démocrate”. Plus spécifiquement, “dans les circonscriptions proches des violences, Nixon a enregistré des résultats supérieurs de 6 à 8 points de pourcentage lors de l’élection”. (…) La semaine dernière, le Wall Street Journal indiquait que, selon son dernier sondage mené en collaboration avec NBC News, 80 % des électeurs avaient actuellement “le sentiment que la situation dans le pays échappait de plus en plus à tout contrôle”. La question est de savoir si Joe Biden et les démocrates aideront Donald Trump en permettant aux manifestants violents de devenir le visage de leur parti et en cédant aux demandes de plus en plus absurdes des progressistes radicaux. Donald Trump est peut-être impopulaire, mais les pillages et le déboulonnage des statues le sont tout autant, de même que l’arrêt du financement de la police ou le fait de laisser des militants armés radicaux s’emparer de quartiers entiers. La gauche devrait également veiller à ne pas croire que les électeurs noirs dont elle aura massivement besoin dans cinq mois seront convaincus par un tel programme. Dans un mémo de 1970 adressé au président Nixon, son conseiller Daniel Patrick Moynihan notait qu’il “existe une majorité silencieuse chez les Noirs comme chez les Blancs” et que les deux partageaient “essentiellement les mêmes préoccupations”. Ce qui était vrai il y a cinquante ans l’est toujours aujourd’hui. La plupart des Noirs savent que George Floyd n’est pas plus représentatif de leur communauté que Derek Chauvin ne l’est des policiers. Ils savent que la fréquence des contacts entre Noirs et policiers a beaucoup plus à voir avec le taux de criminalité chez les Noirs américains qu’avec le fait que les policiers seraient racistes. Ils savent que les jeunes hommes noirs ont bien plus à craindre de leurs pairs que des forces de police. Et ils savent que les émeutiers sont des opportunistes et non des révolutionnaires. Il est parfaitement légitime d’ouvrir un débat national sur la façon d’améliorer les méthodes de la police, mais aujourd’hui la conversation en vient à accuser les forces de police d’être responsables des inégalités sociales, ce qui n’est pas seulement illogique mais dangereux. La criminalité dans les quartiers fait obstacle à l’ascension sociale. Toute conversation ne reconnaissant pas cette réalité ne mérite pas d’avoir lieu. Jason L. Riley
These ad hominem attacks by a previous president on his successor are unique in my lifetime. Perhaps they are unique in modern American history. George W. Bush, for example, never said a critical word of Barack Obama, despite the latter’s frequent attacks on Bush’s presidency. (…) America ranks tenth in deaths per million. Are the greater proportion of deaths per million in countries such as Belgium, Spain, the U.K., Italy and Sweden the result of corrupt and/or inept leaders? Was President Donald Trump responsible, for example, for the decision made by New York Gov. Andrew Cuomo to order nursing homes to accept COVID-19 cases, causing the virus to sweep through the elderly in those facilities, resulting in at least 6,000 deaths (and likely many more that New York is hiding from the official count)? Regarding « millions of jobs gone, » they are gone overwhelmingly because of the lockdowns ordered by state governors and mayors, not the virus. Lockdowns, we were told, would last two weeks to « flatten the curve, » but they continue six months later in many Democratically controlled cities and states. (…) Obama offers not one example of this or of his many other attacks on Trump. There is a reason. Obama has always attacked straw men. During his presidency, I analyzed about 20 of his speeches. They and his off-the-cuff comments were always characterized by straw-men arguments. Even The New York Times, in 2009, when it still published occasional articles that deviated from the left, featured an article by Helene Cooper (who is black), its then-White House correspondent, titled « Some Obama Enemies Are Made Totally of Straw. » In it, Cooper cited example after example of statements ostensibly made by others, but actually made up by Obama — which he then proceeded to shoot down. This characterized his approach to discourse throughout his presidency and continued with last week’s speech at the DNC. (…) Obama, like all on the left, equate America’s « standing in the world » with its president’s standing with the left. Nonleftists do not. Last year, when the courageous Hong Kong demonstrators waved a flag representing liberty, they waved the flag of the United States of America. Apparently, America’s standing with them is pretty high. (…) Who doesn’t believe « the right to vote is sacred » — those who insist on people having an ID when they vote, as voters do in virtually every other country? Or is it those who don’t believe in sending tens of millions of ballots to people who never signed up to receive an absentee ballot? (…) What new legal immigrant thinks that way? Or is Obama dishonestly conflating legal with illegal immigrants? The answer is, of course, he is (though even illegal immigrants apparently believe there’s a place for them here; isn’t that, after all, why they come?). (…) How has this administration shown that? Why didn’t Obama provide a single example to sustain this extraordinary charge? Anyway, it seems to many Americans that those who lie to the country for two years about Russian collusion with the Trump campaign, impeach a president solely for political reasons, dedicate all news reporting to the removal of a president, smear and lie about a decent man nominated for the Supreme Court, corrupt the Foreign Intelligence Surveillance Act system for political ends, and politicize the CIA and FBI are the ones who « will tear our democracy down if that’s what it takes to win. » Obama’s speech offered very little of substance about the man it was directed against, but it said much about the man who delivered it. Dennis Prager (25.08.2020)
Mr Biden criticised President Trump’s response to the coronavirus outbreak saying he had failed to protect American people. The US does have the highest number of coronavirus cases and deaths in the world, with more than 5.5 million confirmed cases and 174,000 deaths, according to Johns Hopkins University. It also has a larger population than many other countries. If you look at deaths per capita – as a proportion of each country’s population – the US is no longer top of the list but remains in the top 10 worst hit countries. The US has recorded more than 52 coronavirus deaths per 100,000 people – according to Johns Hopkins University – but there are a handful of countries that have recorded more on this measurement, including the UK and Italy. It is worth remembering that there are differences in how countries count coronavirus deaths, making exact comparisons difficult. (…) « More than 50 million people have filed for unemployment this year. » Mr Biden was talking about the impact of the pandemic on the US economy. The 50 million figure is right and is based on the total number of Americans who have filed jobless claims since the virus struck, according to US Labor Department statistics. The number of people currently claiming unemployment benefits is 14.8 million, according to the latest release of weekly figures. It has been declining since May, when there were more than 20 million claims. The unemployment rate is still much higher than pre-pandemic levels and currently stands at 10.2%. Mr Biden also said: « Nearly one in six small businesses have closed this year. » But a recent survey of small business owners in the US suggested that only 1% of small businesses had closed permanently by mid-July this year. A further 12% said they had closed temporarily, but even accounting for these it is less than the one in six Mr Biden claimed. (…) Mr Biden said one of his goals would be to « wipe out the stain of racism » and he recalled the far-right protests in Charlottesville, Virginia in 2017 which led to violent clashes and left one counter-protester dead. He said: « Remember what the President said when asked, he said there were, quote, very fine people on both sides ». Mr Biden said that after this moment « I knew I had to run » for president. According to a transcript of a press conference on 15 August, President Trump did say – when asked about the presence of neo-Nazis at the rally – « you had some very bad people in that group, but you also had people that were very fine people, on both sides. » During the same press conference, Mr Trump went on to say « I’m not talking about the neo-Nazis and the white nationalists, because they should be condemned totally. » BBC
Now officially the 2020 Democratic presidential nominee, Joe Biden offered himself to Americans this week as an affable, trustworthy and experienced alternative for the White House. But his five-decade record in politics offers plenty of controversies ranging from insulting confrontations over IQ and race to fabrications and plagiarism. (…) Biden once sparred in 1987 with a political reporter who asked him about his law school record. A tart Biden responded that he “probably” had a “higher IQ” than the reporter. And he claimed he finished in the top half of his class. It was later revealed that Biden was near the bottom of his law school graduating class at Syracuse University’s College of Law, specifically 76 out of 85 students. Biden also admitted that he had plagiarized during his first year at the institution. “I was mistaken, but I was not in any way malevolent,” Biden explained. The plagiarism tag would follow him into politics. Eventually it was also revealed that Biden had used quotes in speeches as a U.S. senator from Bobby Kennedy, John F. Kennedy and Neil Kinnock, a British Labour Party leader, without any attribution. Earlier this year, he faced plagiarism again when it was revealed his 2020 climate plan lifted some passages from other documents without attribution. The campaign corrected the error. In 1987, Biden said he marched during the civil rights movement but some media outlets pointed out that was not the case. (…) These controversies eventually forced Biden from the 1988 presidential race in September 1987 (…) Biden has repeated the claim that he was involved in civil rights activism during the 2020 Democratic presidential primary on a few occasions. And his some of the most awkward apologies he’s been forced to make involve the issue of race. During his 2008 run for president, Biden apologized for referring to his then-rival Sen. Barack Obama as « the first mainstream African-American who is articulate and bright and clean and a nice-looking guy. » It didn’t go unnoticed. While campaigning in New Hampshire, Biden told a supporter that « You cannot go to a 7-Eleven or a Dunkin’ Donuts unless you have a slight Indian accent” in Delaware. And in May of this year, Biden told radio host Charlamagne the God, « You ain’t black » if you vote against him, which sparked controversy. He later apologized for that statement too. Exaggerations have also been flagged several times in his career. During a presidential primary debate in 2007, for instance, Biden revealed that he had been “shot at” while visiting Iraq. When records conflicted with his account, he later changed his story. In 2019 during Biden’s Democratic primary run, the Washington Post reported that the former vice president told a fake war story on the campaign trail. Politifact rated the story he told as false. Biden has dismissed the criticism. In March of this year, Biden claimed he was arrested in South Africa while trying to see the anti-apartheid leader Nelson Mandela. His campaign later said it didn’t happen after the U.S. ambassador who was with him on the trip said the arrest story wasn’t true. Nicholas Ballasy
Today Forbes estimates Biden, 76, and his wife Jill are worth $9 million. Their fortune includes two Delaware homes valued at $4 million combined, cash and investments worth another $4 million or so, and a federal pension worth more than $1 million. Biden’s father, Joe Sr., was raised in a life of privilege, complete with polo matches and hunting trips in the Adirondacks, thanks to the lucrative career of his own father, Joseph, who ran a division of American Oil. But Biden’s dad failed in his own early business ventures, which included a Boston real estate deal and a crop-dusting effort, leaving the family “broke,” according to Joe Biden’s 2007 memoir, Promises to Keep: On Life and Politics. The family relocated to an apartment in Wilmington, Delaware, when Joe Biden was 10. His father eventually found work selling cars. Forbes
As we enter the final 90 days of the November presidential campaign, a few truths are crystalizing about the “Biden problem,” or the inability of a 77-year-old Joe Biden to conduct a “normal” campaign. Biden’s cognitive challenges are increasing geometrically, whether as a result of months of relative inactivity and lack of stimulation or just consistent with the medical trajectory of his affliction. (…) Biden (…) is one of the few primary candidates in history who promised in advance to pick a running mate on the basis of gender and, as events would dictate, and by inference, race as well. (…) the Democratic ticket is a construct, with no visible or viable presidential candidate. While traditional polls show asizable Biden lead, at some point voters will want more than the current contest of Trump alone versus the media, the virus, the lockdown, the economy, and the rioting. But so far, it remains a one-person race, in the fashion of Clint Eastwood’s weird 2012 Republican National Convention appearance speaking to an empty cha. So we are witnessing a campaign never before experienced in American history and not entirely attributable to the plague and quarantine. After all, the fellow septuagenarian Trump, with his own array of medical challenges, insists upon frenetic and near-constant public appearances. His opponent is a noncandidate conducting a noncampaign that demands we ask the question, who exactly is drafting the Biden agenda and strategy? Or, rather, who or what is Biden, if not a composite cat’s paw of an anonymous left-wing central committee? When Biden speaks for more than a few minutes without a script or a minder in his basement, the results are often racist of the sort in the Black Lives Matter era that otherwise would be rightly damned and called out as disqualifying. If his inner racialist persona continues to surface, Biden’s insensitivities threaten to expose a muzzled BLM as a mere transparent effort to grab power rather than to address “systemic racism” of the sort the exempt Biden seems to exude. Biden needs the minority vote in overwhelming numbers, as he realized in his late comeback in the primaries. But the continuance of his often angry, unapologetic racialist nonsense suggests that his cognitive issues trump his political sense of self-control. The inner Biden at 77 is turning out to be an unabashed bigot in the age of “cancel culture” and thought crimes that has apparently declared him immune from the opprobrium reserved for any such speech. For Biden, if any African American doesn’t vote for him, then “you ain’t black”—a charge fired back at black podcaster with near venom. Biden more calmly assures us, in his all-knowing Bideneque wisdom, that Americans can’t tell Asians in general apart—channeling the ancient racist trope that “they all look alike.” In his scrambled sociology, blacks are unimaginatively monolithic politically, while Latinos are diverse and more flexible. Biden seems to have no notion that “Latino” is a sort of construct to encompass everyone from a Brazilian aristocrat to an immigrant from the state of Oaxaca, and not comparable to the more inclusive and precise term “African American.” Moreover, while the black leadership in Congress may be politically monolithic, there are millions of blacks who oppose abortion, defunding the police, and illegal immigration. The best minds of the conservative intellectual and political movement so often are African Americans. When asked questions, Biden’s answers so often reveal racist subtexts. A few days ago, CBS reporter Errol Barnett, who is black, asked Biden whether he would take a cognitive assessment exam. Biden fired back to him that such an unfair question would be as if he had asked Barnett whether he was getting tested for cocaine before going live. “That’s like saying,” a perturbed Biden exclaimed to Barnett, “before you got on this program, you’re taking a test whether you’re taking cocaine or not . . . What do you think, huh? Are you a junkie?” Note the tell-tale Biden trademark of racist insinuation delivered with punk-like braggadocio. Note, too, Biden’s racist assumption that an African American professional journalist might be likely to be defensive about being a cocaine addict. Yet Biden should know—from the drug struggles of Hunter Biden—that cocaine is in fact the favorite drug of the white elite. The problem is that in the past, a cognizant Biden was already racially edgy with his various earlier-career riffs about inner-city criminals, blue-collar chest-thumping about busing, and his more recent ideas about donut shops, accomplished black professionals on the verge of returning to slave status (“put y’all back in chains”), his racist descriptions of candidate Obama’s supposedly exceptional personal hygiene and ability to speak well, his corn-pop braggadocio, and on and on. His mental lapses now serve as force multipliers and accelerants of the old Biden’s foot-in-mouth disease and render him often a caricature of a racist. Politically, the point is not that he will not win the majority of minority voters, but rather that he won’t win enough of them at a margin necessary that carrying large swing-state cities such as Philadelphia, Milwaukee, Detroit, Cleveland, and others, will make up for the likely loss of rural areas and working-class whites, supposedly the “clingers” that “good ’ole Joe from Scranton” was supposed to own. Even more disturbing, the media simply is unconcerned about Biden’s racial putdowns, stereotyping, and uncomfortableness with the proverbial “other.” And the more the inner-Biden racialist sounds off, the more ridiculous such contextualizing becomes and the less people listen when journalists and activists spout off about a systemically racist America. Recently, when Biden has attempted to speak without prompts, indeed to clear up “rumors” of his cognitive problems, he simply loses his train of thought and utters a series of unstructured and unsettled thoughts that refute the very premise of his interview. The understandable Democratic strategy is to run out the clock and to choreograph a few post-Labor Day public appearances, to outsource campaigning to his running mate and future cabinet secretaries, and then to hope, in the manner of a 2016 Hillary Clinton, that he has amassed a large enough September lead to outlast a closing October Trump campaign. There are problems with such a strategy, as we saw in 2016. If Biden late in the campaign stumbles in the debates, there is no post-convention remedy to reassure the public he is compos mentis or otherwise can be replaced by a majority consensus. Then the country would be entering something eerily similar to, but far graver than, the McGovern debacle of desperately looking for a new running mate after it was disclosed that an apparently perfectly cognizant Tom Eagleton—his running-mate for 18 days—had undergone two electric shock treatments in his past as well as undisclosed prior hospitalizations for bipolar disorder. Right now, the Democrats have a virtual campaign and a virtual candidate and a strategy of running against the Trump news cycle. That may work, but it assumes Americans under quarantine don’t mind that they do not really know who is the Democratic challenger, or that Biden is, in fact, not physically or mentally able to function as either a candidate or president. It also assumes that the Trump-owned news cycle will remain as dismal over the next three months as it has the last five or six weeks, and that the virus will spike in late October again, rather than slowly burn out as it seems to be doing in Sweden and elsewhere in Europe. Add it all up and the question is no longer whether Biden could fulfill the duties of the presidency but whether he can finish a traditional campaign over the next three months—without outsourcing his duties to a committee, or serially saying something blatantly racist, or simply disappearing to the nether world of his basement where saying nothing beats saying anything. Victor Davis Hanson
Only in a place as removed from reality as the Beltway could a man who has spent more than three decades in the United States Senate be hailed as a working-class stiff. According to his most recent disclosure forms, Mr. Biden’s income includes his Senate salary of $165,200 and a teaching stipend of $20,500 from Widener University. On top of this, he received $112,500 as the second half of a book advance. Even allowing for generous deductions, Mr. Biden’s income comfortably locates him in the top 5% of American taxpayers. The Senate disclosure forms do not require Mr. Biden to report his primary residence (or his federal pension). So I asked Jim Bowers — an old college roommate of mine who also lives in Delaware, who also went to the same high school, and who is also running for election. « Not many lunch buckets up Joe’s way, » says Mr. Bowers, a Republican seeking a seat in Delaware’s House of Representatives. « You have to remember that the senator lives in an area known as ‘chateau country.' » Now, there’s no crime against having a top income, or a big house in a ritzy neighborhood. But it does make the whole lunch-bucket thing a little more sticky. And it confirms two truths about class in modern America. First, in Washington you are permitted to enjoy wealth without ever being called wealthy provided simply that you haven’t actually earned it in some unseemly way — by, say, building up a business. Second, even when Americans do well, we prefer not to define our class by where we rank on the economic scale. Instead, we classify ourselves by where our parents and grandparents were on that scale 50 years ago. Notwithstanding Mr. Biden’s moving references to Scranton, he moved out of that gritty city back at the beginning of the Eisenhower administration. The assumption behind the lunch-bucket imagery, of course, is that Mr. Biden’s « working-class roots » gives him an advantage in any debate. I’m not so sure. Sarah Palin — governor of Alaska and Mr. Biden’s rival for vice president — looks like a woman who can hold her own on issues that speak to hard work and upward mobility. Ms. Palin might, for example, point out that while the Senate offers members like Mr. Biden a generous pension, he opposes private Social Security accounts that would give the same to, say, a nurse. Or that while Mr. Biden and Barack Obama have chosen upscale private schools for their own children, they are reluctant to support efforts that would help inner-city moms and dads do the same for their children. Or that Mr. Biden not only opposes drilling today, in 1973 he voted against the Trans-Alaska pipeline that provides oil for American consumers — and jobs for American workers. Let’s be fair. Mr. Biden has a lovely family. He gave his children a good, private education. He lives in a big house in an exclusive neighborhood. It speaks well of him that he returns to Wilmington each night instead of staying in Washington. But it would still be refreshing if at least once we could read an account that called him what he actually is: a « chateau country Democrat. William McGurn
Despite all of his many years in public life, it still isn’t clear what kind of President Mr. Biden would make. Let’s assume that the gilded testimonials to Mr. Biden’s personal character at this week’s Democratic convention are true. He is by all accounts a nice guy. He cares about people, powerful or not. He can forge alliances across the aisle. He does not kick down at adversaries, at least most of the time. “Character is on the ballot,” as he put it Thursday night. In other words, he’s running as Not Donald J. Trump. In the best case, Mr. Biden is asking Americans to believe that he would take these personal qualities to the White House and mediate policy disputes, calm the culture wars, and work with both parties to break America’s partisan fever. He’d do the same on the world stage, defending U.S. interests without bullying allies and leading international coalitions anew. After the disruptions of the Trump era, this political idyll sounds inviting. Mr. Biden would certainly have the media and the institutions of American culture on his side, so the daily pitched battles of the last four years would be muted, at least for a time. Yet there’s cause to doubt this happily-ever-after-Trump scenario—and the reasons include the man and the times. Regarding the man, Mr. Biden has never been a politician of strong political convictions. He’s a professional partisan Democrat whose beliefs have shifted as the party’s have. Nearly all successful presidential candidates put their own political and policy stamps on their party and the times. Bill Clinton was a New Democrat who would reform welfare, George W. Bush was a compassionate conservative, and Barack Obama was a multiracial uniter who’d transcend red and blue state differences. Donald Trump was the populist disrupter of the establishment. Mr. Biden has no such defining message. Can you think of a single policy, or even a phrase, that identifies what he has stood for in this campaign? The closest might have been a return to normalcy. But sometime in recent months that gave way to the party’s desire for transformational economic and social change. More than any recent presidential nominee, Mr. Biden is more figurehead than party leader. He was the fail-safe choice, the last-ditch savior in South Carolina, after Bernie Sanders looked like he could run the primary table. Mr. Biden was lifted by his party’s elites. He owes them more than they owe him. All of which leads to doubts that Mr. Biden would govern like the moderate of Milwaukee’s virtual convention. (…) But if Mr. Biden wins by his current polling margin, a Democratic sweep of Congress is far more likely. How probable would it be that Mr. Biden would be able to control, or want to control, the progressive ambitions of House and Senate Democrats and the institutional left? There is reason for pessimism from the evidence of his long career. He opposed taxpayer funding for abortion for four decades until he reversed himself last year. In the 1990s he led the fight for a crime bill that he now disavows as he finds America guilty of systemic racism. Before Robert Bork was nominated to the Supreme Court, Mr. Biden said he’d probably have to vote for him because of his qualifications. Then Ted Kennedy launched a tirade against the jurist. Mr. Biden, running the Judiciary Committee at the time, fell in line. When Anita Hill made charges against Clarence Thomas only days before a scheduled confirmation vote, Mr. Biden folded under pressure and called hearings that became a spectacle. Justice Thomas was confirmed, as he should have been, but last year Mr. Biden loudly apologized to Ms. Hill and Democrats for not doing more in opposition. As his polling lead has grown, Mr. Biden has said the 60-vote filibuster rule in the Senate might have to go, which would forestall the need for compromise. He has moved left since the primaries, absorbing Bernie Sanders’s priorities on student debt and much of the Green New Deal. His choice of California Senator Kamala Harris as running mate was a bow to the party’s desire for a progressive as his likely successor. (…) As for foreign policy, he supported the invasion of Iraq in 2002 while chairing the Senate Foreign Relations Committee. Then he flipped when most Democrats did and as the fighting became difficult. Then he opposed the 2007 Iraq surge, saying it would fail. Then in 2011 he supported Barack Obama’s withdrawal from Iraq that set the stage for the rise of Islamic State. He opposed the raid on Osama bin Laden. Misjudgments on hard questions are inevitable, and every President makes them. But one test of political character is the willingness to stand up to pressure and make hard choices even when they’re politically unpopular. Mr. Biden has no record of doing so. Some readers may think it rude to say this, but Mr. Biden’s health and mental acuity are also relevant as he soon turns 78. His ability to recall names and events has clearly deteriorated. This may be the normal decline that comes with age, and he delivered his speech well. But his advisers don’t inspire confidence by keeping the candidate from any but the friendliest media questioners. They owe it to the country to let him show his stamina and fitness from now to Election Day. Even if his health holds, Mr. Biden would almost certainly be a one-term President. (…) Character counts in a President, as we learned long before Donald Trump sat in the Oval Office. But so do policies and political fortitude. The Wall Street Journal

Quel meilleur argument pour la réélection du président Trump ?

Faux prolétaire et vieux rentier de la politique, plagiaire multirécidiviste et gaffeur invétéré, mains baladeuses voire prédateur sexuel, vieux gâteux à la limite de la sénilité et notoire baratineur et affabulateur

Y a-t-il une faute …

En ces temps de politiquement correct et de fact-checking toujours plus sourcilleux …

Que n’aurait pas commise le candidat démocrate censé nous débarrasser du méchant Trump ?

Au lendemain d’une convention démocrate …

Qui pour dénoncer les prétendus manquements de l’actuel président Donald Trump …

Eclipsant ce faisant probablement, avec l’accord Abraham entre Israël et les Emirats arabes unis,  le plus grand triomphe de la diplomatie américaine des 50 dernières années …

A du candidat lui-même à l’ancien président Barack Obama et sa femme Michelle

Multiplié les contre-vérités et mensonges …

Accusant tour à tour et contre toute évidence, en l’un des pays les plus peuplés et les plus fédéralistes du monde, l’actuel président du pire bilan du coronavirus de la planète …

Et qui pour vanter les prétendus mérites d’un candidat du retour à la normalité …

Promoteur qui plus est d’une loi contre les violences faites aux femmes …

Fait totalement l’impasse, entre le Moraliste en chef Bill Clinton et des médias complices, sur des décennies d’accusations de harcèlement sexuel contre lui …

Comment ne pas douter avec le dernier éditorial du Wall Street Journal

A l’instar des sondages eux-mêmes dont les écarts logiquement se resserrent …

De cette image de Joe le Gentil et de Joe le prolo

Comme de par sa prétendue naissance dans les milieux ouvriers de l’état-clé de Pennsylvanie …

Alors qu’avant d’avoir ruiné sa famille, son père avait vécu, entre matches de polo et parties de chasse, dans la plus grande opulence d’un père cadre supérieur d’un grand groupe pétrolier …

Et qu’entre l’Ukraine et la Chine, son fils a largement profité, pour se remplir les poches, de son nom de famille …

Pour un vieux et si chiraquien cheval de retour qui, depuis près de 50 ans et entre deux désatreuses primaires démocrates, hante les allées du pouvoir …

Le tout sans jamais démontrer la moindre conviction …

Champion de la lutte contre la criminalité dans les années 90 …

Pour laquelle, émeutes et déboulonnages de Black Lives Matter obligent, il vient de s’excuser …

Qui choisi pour sa prétendue expérience de politique étrangère à la tête de la commission des Affaires étrangères du Sénat …

S’était opposé dès 91 à la première Guerre du Golfe pour soutenir la deuxième en 2002 …

Puis s’empressa de la rejeter quand les choses devinrent difficiles …

Et qui après s’être opposé à la contre-insurrection de 2007 puis félicité du retour au calme de 2008 …

A soutenu, avant de s’opposer à l’élimination de Ben Laden, le retrait catastrophique d’Obama de 2010 comme l’accord désastreux avec l’Iran …

Et qui aujourd’hui maitre démagogue, gaffeur et plagiaire, derrière son image de centriste depuis le début de la campagne …

N’arrête pas entre deux insultes aux minorités ou aux ouvriers et sans compter, entre deux ruptures d’anévrisme et une embolie pulmonaire, les doutes sur son acuité mentale …

De pencher vers la plus radicale des gauches … ?

The Joe Biden We Know

What does his long political career tell us about how he’d govern?

It took three tries and more than 30 years, but Joe Biden finally accepted the Democratic Party nomination for President Thursday evening. The moment was a personal triumph, and a credit to the former Vice President’s doggedness and the alliances he has formed over decades. Yet despite all of his many years in public life, it still isn’t clear what kind of President Mr. Biden would make.

Let’s assume that the gilded testimonials to Mr. Biden’s personal character at this week’s Democratic convention are true. He is by all accounts a nice guy. He cares about people, powerful or not. He can forge alliances across the aisle. He does not kick down at adversaries, at least most of the time. “Character is on the ballot,” as he put it Thursday night. In other words, he’s running as Not Donald J. Trump.

In the best case, Mr. Biden is asking Americans to believe that he would take these personal qualities to the White House and mediate policy disputes, calm the culture wars, and work with both parties to break America’s partisan fever. He’d do the same on the world stage, defending U.S. interests without bullying allies and leading international coalitions anew.

After the disruptions of the Trump era, this political idyll sounds inviting. Mr. Biden would certainly have the media and the institutions of American culture on his side, so the daily pitched battles of the last four years would be muted, at least for a time.

Yet there’s cause to doubt this happily-ever-after-Trump scenario—and the reasons include the man and the times. Regarding the man, Mr. Biden has never been a politician of strong political convictions. He’s a professional partisan Democrat whose beliefs have shifted as the party’s have.

Nearly all successful presidential candidates put their own political and policy stamps on their party and the times. Bill Clinton was a New Democrat who would reform welfare, George W. Bush was a compassionate conservative, and Barack Obama was a multiracial uniter who’d transcend red and blue state differences. Donald Trump was the populist disrupter of the establishment.

Mr. Biden has no such defining message. Can you think of a single policy, or even a phrase, that identifies what he has stood for in this campaign? The closest might have been a return to normalcy. But sometime in recent months that gave way to the party’s desire for transformational economic and social change.

More than any recent presidential nominee, Mr. Biden is more figurehead than party leader. He was the fail-safe choice, the last-ditch savior in South Carolina, after Bernie Sanders looked like he could run the primary table. Mr. Biden was lifted by his party’s elites. He owes them more than they owe him.

All of which leads to doubts that Mr. Biden would govern like the moderate of Milwaukee’s virtual convention. Mr. Biden would have a better chance of governing that way, ironically, if Republicans retain the Senate this year. Then compromise with Mitch McConnell would be a political necessity to get anything done.

But if Mr. Biden wins by his current polling margin, a Democratic sweep of Congress is far more likely. How probable would it be that Mr. Biden would be able to control, or want to control, the progressive ambitions of House and Senate Democrats and the institutional left?

There is reason for pessimism from the evidence of his long career. He opposed taxpayer funding for abortion for four decades until he reversed himself last year. In the 1990s he led the fight for a crime bill that he now disavows as he finds America guilty of systemic racism.

Before Robert Bork was nominated to the Supreme Court, Mr. Biden said he’d probably have to vote for him because of his qualifications. Then Ted Kennedy launched a tirade against the jurist. Mr. Biden, running the Judiciary Committee at the time, fell in line.

When Anita Hill made charges against Clarence Thomas only days before a scheduled confirmation vote, Mr. Biden folded under pressure and called hearings that became a spectacle. Justice Thomas was confirmed, as he should have been, but last year Mr. Biden loudly apologized to Ms. Hill and Democrats for not doing more in opposition.

As his polling lead has grown, Mr. Biden has said the 60-vote filibuster rule in the Senate might have to go, which would forestall the need for compromise. He has moved left since the primaries, absorbing Bernie Sanders’s priorities on student debt and much of the Green New Deal. His choice of California Senator Kamala Harris as running mate was a bow to the party’s desire for a progressive as his likely successor. But his speech, like the convention, focused on his platform only in the most general terms, mostly with gauzy platitudes.

As for foreign policy, he supported the invasion of Iraq in 2002 while chairing the Senate Foreign Relations Committee. Then he flipped when most Democrats did and as the fighting became difficult. Then he opposed the 2007 Iraq surge, saying it would fail. Then in 2011 he supported Barack Obama’s withdrawal from Iraq that set the stage for the rise of Islamic State. He opposed the raid on Osama bin Laden.

Misjudgments on hard questions are inevitable, and every President makes them. But one test of political character is the willingness to stand up to pressure and make hard choices even when they’re politically unpopular. Mr. Biden has no record of doing so

Some readers may think it rude to say this, but Mr. Biden’s health and mental acuity are also relevant as he soon turns 78. His ability to recall names and events has clearly deteriorated. This may be the normal decline that comes with age, and he delivered his speech well. But his advisers don’t inspire confidence by keeping the candidate from any but the friendliest media questioners. They owe it to the country to let him show his stamina and fitness from now to Election Day.

Even if his health holds, Mr. Biden would almost certainly be a one-term President. This means his political capital would fall starting on Inauguration Day like a new car off the lot. Democrats would jockey to succeed him and to push the party left. House Speaker Nancy Pelosi would drive policy.

These are all issues to consider as voters measure their tolerance for four more years of Mr. Trump’s behavior. Character counts in a President, as we learned long before Donald Trump sat in the Oval Office. But so do policies and political fortitude.

Voir aussi:

Joe Biden’s Class Act
William McGurn
WSJ
Sept. 2, 2008

Since Joe Biden landed on the Democratic ticket, we’ve all been treated to commentary attesting to the Lincolnesque rise of this proud son of Scranton, Pa. Here we read the references to « working-class roots. » There we see a headline trumpeting a « blue-collar messenger. » And everywhere we turn, we bump into the most treasured compound-adjective of them all: lunch-bucket.

The New York Times started it off with a column hailing this « lunch-bucket Democrat. » The Boston Globe adds ethnicity, writing about « an Irish Catholic lunch-bucket Democrat. » The Dallas Morning News emphasizes personality, celebrating a « gregarious lunch bucket Democrat » — to distinguish him, evidently, from the nongregarious variety. The Economist contributes virtue, characterizing Sen. Biden as « a perfect example of a lunch bucket Democrat made good. » And on it goes, with everyone from the Washington Post and Huffington Post to the Los Angeles Times, USA Today and the Associated Press serving up allusions to the senator’s lunch bucket.

A rich piece of Americana, the lunch bucket evokes coal miners toting their picks and pails to work in some Thomas Hart Benton mural. Leave aside that coal mining is probably not Mr. Biden’s favorite imagery. It’s also somewhat out of date. In class terms, the circular lunch buckets that the sons of Scranton once carried into the mines have largely yielded to Tupperware containers stacked up inside the Dunder Mifflin fridge.

It’s true that when members of Congress release their assets and incomes, Mr. Biden famously ranks near the bottom of the pile. But let’s remember that we’re talking about a pretty privileged pile. Only in a place as removed from reality as the Beltway could a man who has spent more than three decades in the United States Senate be hailed as a working-class stiff.

According to his most recent disclosure forms, Mr. Biden’s income includes his Senate salary of $165,200 and a teaching stipend of $20,500 from Widener University. On top of this, he received $112,500 as the second half of a book advance. Even allowing for generous deductions, Mr. Biden’s income comfortably locates him in the top 5% of American taxpayers.

The Senate disclosure forms do not require Mr. Biden to report his primary residence (or his federal pension). So I asked Jim Bowers — an old college roommate of mine who also lives in Delaware, who also went to the same high school, and who is also running for election. « Not many lunch buckets up Joe’s way, » says Mr. Bowers, a Republican seeking a seat in Delaware’s House of Representatives. « You have to remember that the senator lives in an area known as ‘chateau country.' »

Now, there’s no crime against having a top income, or a big house in a ritzy neighborhood. But it does make the whole lunch-bucket thing a little more sticky. And it confirms two truths about class in modern America.

First, in Washington you are permitted to enjoy wealth without ever being called wealthy provided simply that you haven’t actually earned it in some unseemly way — by, say, building up a business.

Second, even when Americans do well, we prefer not to define our class by where we rank on the economic scale. Instead, we classify ourselves by where our parents and grandparents were on that scale 50 years ago. Notwithstanding Mr. Biden’s moving references to Scranton, he moved out of that gritty city back at the beginning of the Eisenhower administration.

The assumption behind the lunch-bucket imagery, of course, is that Mr. Biden’s « working-class roots » gives him an advantage in any debate. I’m not so sure. Sarah Palin — governor of Alaska and Mr. Biden’s rival for vice president — looks like a woman who can hold her own on issues that speak to hard work and upward mobility.

Ms. Palin might, for example, point out that while the Senate offers members like Mr. Biden a generous pension, he opposes private Social Security accounts that would give the same to, say, a nurse.

Or that while Mr. Biden and Barack Obama have chosen upscale private schools for their own children, they are reluctant to support efforts that would help inner-city moms and dads do the same for their children.

Or that Mr. Biden not only opposes drilling today, in 1973 he voted against the Trans-Alaska pipeline that provides oil for American consumers — and jobs for American workers.

Let’s be fair. Mr. Biden has a lovely family. He gave his children a good, private education. He lives in a big house in an exclusive neighborhood. It speaks well of him that he returns to Wilmington each night instead of staying in Washington.

But it would still be refreshing if at least once we could read an account that called him what he actually is: a « chateau country Democrat. »

Voir également:

In 1987, Biden said publicly that he marched during the civil rights movement but later admitted he was « not an activist » and he was « not out marching.”

Nicholas Ballasy

Just the news

August 21, 2020

Now officially the 2020 Democratic presidential nominee, Joe Biden offered himself to Americans this week as an affable, trustworthy and experienced alternative for the White House. But his five-decade record in politics offers plenty of controversies ranging from insulting confrontations over IQ and race to fabrications and plagiarism.

An episode from the first of his three runs for president provides a case study. Biden once sparred in 1987 with a political reporter who asked him about his law school record. A tart Biden responded that he “probably” had a “higher IQ” than the reporter. And he claimed he finished in the top half of his class.

It was later revealed that Biden was near the bottom of his law school graduating class at Syracuse University’s College of Law, specifically 76 out of 85 students.

Biden also admitted that he had plagiarized during his first year at the institution.

“I was mistaken, but I was not in any way malevolent,” Biden explained.

The plagiarism tag would follow him into politics. Eventually it was also revealed that Biden had used quotes in speeches as a U.S. senator from Bobby Kennedy, John F. Kennedy and Neil Kinnock, a British Labour Party leader, without any attribution.

Earlier this year, he faced plagiarism again when it was revealed his 2020 climate plan lifted some passages from other documents without attribution. The campaign corrected the error.

In 1987, Biden said he marched during the civil rights movement but some media outlets pointed out that was not the case.

“I was not an activist,” Biden explained at a news conference at the time. “I was not out marching.”

These controversies eventually forced Biden from the 1988 presidential race in September 1987.

“Although it’s awfully clear to me what choice I have to make, I have to tell you honestly I do it with incredible reluctance and it makes me angry. I’m angry with myself for having been put in the position — put myself in the position of having to make this choice, » Biden said.

 »And I am no less frustrated at the environment of presidential politics that makes it so difficult to let the American people measure the whole Joe Biden and not just misstatements that I have made,” he added.

Biden has repeated the claim that he was involved in civil rights activism during the 2020 Democratic presidential primary on a few occasions. And his some of the most awkward apologies he’s been forced to make involve the issue of race.

During his 2008 run for president, Biden apologized for referring to his then-rival Sen. Barack Obama as « the first mainstream African-American who is articulate and bright and clean and a nice-looking guy. » It didn’t go unnoticed.

While campaigning in New Hampshire, Biden told a supporter that « You cannot go to a 7-Eleven or a Dunkin’ Donuts unless you have a slight Indian accent” in Delaware.

And in May of this year, Biden told radio host Charlamagne the God, « You ain’t black » if you vote against him, which sparked controversy. He later apologized for that statement too.

Exaggerations have also been flagged several times in his career.

During a presidential primary debate in 2007, for instance, Biden revealed that he had been “shot at” while visiting Iraq. When records conflicted with his account, he later changed his story.

In 2019 during Biden’s Democratic primary run, the Washington Post reported that the former vice president told a fake war story on the campaign trail. Politifact rated the story he told as false. Biden has dismissed the criticism. 

In March of this year, Biden claimed he was arrested in South Africa while trying to see the anti-apartheid leader Nelson Mandela. His campaign later said it didn’t happen after the U.S. ambassador who was with him on the trip said the arrest story wasn’t true.

The Week in Patriarchy is a weekly roundup of what’s happening in the world of feminism and sexism. If you’re not already receiving it by email, make sure to subscribe.Why are sexual assault and misbehaviour allegations against Biden being ignored?
Joe Biden, the presumptive Democratic presidential nominee, has been accused of sexual assault by a former staffer. Tara Reade, who worked with Biden when he was a Delaware senator, alleges he inappropriately touched her and penetrated her with his fingers without consent in 1993.“It happened all at once, and then … his hands were on me and underneath my clothes,” Reade recalled in an interview with podcast host Katie Halper on Wednesday. “He said ‘come on, man, I heard you liked me. For me, it was like, everything shattered … I wanted to be a senator; I didn’t want to sleep with one.”Rightwing news outlets have gleefully seized upon the accusations against Biden; the story has also been discussed by leftwing commentators. However, the mainstream media has largely ignored the allegations. Instead there have been headlines like The top 10 women Joe Biden might pick as VP (CNN) and Joe Biden’s inner circle: No longer a boy’s club (AP).It is hugely frustrating to see conservatives, who couldn’t give a damn about the multiple sexual assault allegations against Donald Trump, weaponize the accusations against Biden. However, it’s also frustrating to see so many liberals turning a blind eye. The accusations against the former vice-president are serious; why aren’t they being taken seriously?One obvious reason is that Reade’s accusations are very hard to prove. The incident happened a long time ago and there weren’t any witnesses. Reade also gave a slightly different version of events last year; she accused Biden of touching her neck and shoulders in a way that was inappropriate and uncomfortable, but did not say anything sexual took place. This inconsistency obviously doesn’t mean she’s lying; unfortunately, it is easy to use against her.Reade’s story may be impossible to verify, but this is the case with the vast majority of sexual assault allegations. It is nearly always a case of “he said, she said” – and it is nearly always the “he’ that is automatically believed. The #MeToo mantra “Believe Women” doesn’t mean that women never lie; it means that our systems of power are biased towards believing men never lie. It means that it takes decades of allegations and scores of women coming forward for powerful men like Harvey Weinstein, Jeffrey Epstein and Bill Cosby to be brought to justice. All the mantra means is that you shouldn’t automatically disbelieve women.You know who has talked publicly about the importance of taking women seriously? Biden. During the Brett Kavanaugh hearings, Biden stood up for Dr Christine Blasey Ford, noting: “For a woman to come forward in the glaring lights of focus, nationally, you’ve got to start off with the presumption that at least the essence of what she’s talking about is real.”Does this presumption not apply when the guy being accused is a Democrat running for president? It would seem that way. In January, according to reporting from the Intercept, Reade asked for help from the Time’s Up Legal Defense Fund, which has supported accusers of high-profile people like Weinstein. Reade was reportedly told by the National Women’s Law Center, the organization within which the Time’s Up fund is housed, that it couldn’t assist with accusations against a presidential candidate because it would jeopardize their non-profit status. The Intercept further notes that “the public relations firm that works on behalf of the Time’s Up Legal Defense Fund is SKDKnickerbocker, whose managing director, Anita Dunn, is the top adviser to Biden’s presidential campaign”.

There are some people who will insist that drawing attention to the new allegations against Biden is playing into the Republicans’ hands. That it will destroy Biden’s campaign and guarantee us four more years of Trump. Not only is that argument hypocritical, it is also hugely unlikely that Reade’s accusations will do any damage whatsoever to Biden’s ambitions. Allegations of sexual assault certainly haven’t posed any hindrance to Trump. The allegations against Kavanaugh didn’t stop him from becoming a supreme court justice. The allegations against Louis CK didn’t kill his career in comedy. And the multiple women who have accused Biden of touching them inappropriately in the past haven’t exactly derailed his career.

Voir de même:

Why has the media ignored sexual assault and misbehaviour allegations against Biden?

Conservatives who didn’t care about the multiple sexual assault allegations against Trump have seized on the accusations while liberals turn a blind eye
Arwa Mahdawi
The Guardian
28 Mar 2020

Why are sexual assault and misbehaviour allegations against Biden being ignored?

Joe Biden, the presumptive Democratic presidential nominee, has been accused of sexual assault by a former staffer. Tara Reade, who worked with Biden when he was a Delaware senator, alleges he inappropriately touched her and penetrated her with his fingers without consent in 1993.

“It happened all at once, and then … his hands were on me and underneath my clothes,” Reade recalled in an interview with podcast host Katie Halper on Wednesday. “He said ‘come on, man, I heard you liked me. For me, it was like, everything shattered … I wanted to be a senator; I didn’t want to sleep with one.”

Rightwing news outlets have gleefully seized upon the accusations against Biden; the story has also been discussed by leftwing commentators. However, the mainstream media has largely ignored the allegations. Instead there have been headlines like The top 10 women Joe Biden might pick as VP (CNN) and Joe Biden’s inner circle: No longer a boy’s club (AP).

It is hugely frustrating to see conservatives, who couldn’t give a damn about the multiple sexual assault allegations against Donald Trump, weaponize the accusations against Biden. However, it’s also frustrating to see so many liberals turning a blind eye. The accusations against the former vice-president are serious; why aren’t they being taken seriously?

One obvious reason is that Reade’s accusations are very hard to prove. The incident happened a long time ago and there weren’t any witnesses. Reade also gave a slightly different version of events last year; she accused Biden of touching her neck and shoulders in a way that was inappropriate and uncomfortable, but did not say anything sexual took place. This inconsistency obviously doesn’t mean she’s lying; unfortunately, it is easy to use against her.

Reade’s story may be impossible to verify, but this is the case with the vast majority of sexual assault allegations. It is nearly always a case of “he said, she said” – and it is nearly always the “he’ that is automatically believed. The #MeToo mantra “Believe Women” doesn’t mean that women never lie; it means that our systems of power are biased towards believing men never lie. It means that it takes decades of allegations and scores of women coming forward for powerful men like Harvey Weinstein, Jeffrey Epstein and Bill Cosby to be brought to justice. All the mantra means is that you shouldn’t automatically disbelieve women.

You know who has talked publicly about the importance of taking women seriously? Biden. During the Brett Kavanaugh hearings, Biden stood up for Dr Christine Blasey Ford, noting: “For a woman to come forward in the glaring lights of focus, nationally, you’ve got to start off with the presumption that at least the essence of what she’s talking about is real.”

Does this presumption not apply when the guy being accused is a Democrat running for president? It would seem that way. In January, according to reporting from the Intercept, Reade asked for help from the Time’s Up Legal Defense Fund, which has supported accusers of high-profile people like Weinstein. Reade was reportedly told by the National Women’s Law Center, the organization within which the Time’s Up fund is housed, that it couldn’t assist with accusations against a presidential candidate because it would jeopardize their non-profit status. The Intercept further notes that “the public relations firm that works on behalf of the Time’s Up Legal Defense Fund is SKDKnickerbocker, whose managing director, Anita Dunn, is the top adviser to Biden’s presidential campaign”.

There are some people who will insist that drawing attention to the new allegations against Biden is playing into the Republicans’ hands. That it will destroy Biden’s campaign and guarantee us four more years of Trump. Not only is that argument hypocritical, it is also hugely unlikely that Reade’s accusations will do any damage whatsoever to Biden’s ambitions. Allegations of sexual assault certainly haven’t posed any hindrance to Trump. The allegations against Kavanaugh didn’t stop him from becoming a supreme court justice. The allegations against Louis CK didn’t kill his career in comedy. And the multiple women who have accused Biden of touching them inappropriately in the past haven’t exactly derailed his career.

Voir de plus:

Michelle Obama fait l’objet d’une enquête de l’AP sur les enfants et les « cages »

Jack Phillips

The Epoch Times
19 août 2020

L’agence de presse Associated Press (AP) a vérifié le discours de l’ancienne première dame Michelle Obama à la Convention nationale démocrate après qu’elle a affirmé que le président Donald Trump gardait des enfants dans des « cages » le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique pour tenter de critiquer la politique d’immigration du président.

L’AP a déclaré dans un communiqué concernant le contrôle des faits que l’ancienne première dame « s’est attaquée lundi au président Donald Trump arguant qu’il a arraché des enfants de migrants à leurs parents et les a jetés dans des cages, reprenant ainsi un point fréquemment soulevé et déformé par les démocrates ».

« Elle a raison de dire que la politique de Trump, désormais suspendue à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, a séparé des milliers d’enfants de leurs familles d’une manière qui n’avait jamais été faite auparavant », ajoute l’AP dans son enquête. Mais ce qu’elle n’a pas dit, c’est que les mêmes « cages » ont été construites et utilisées dans l’administration de son mari, dans le même but de retenir temporairement les enfants de migrants.

L’AP a ajouté que la référence de Michelle Obama aux « cages » est « trompeuse » et qu’elle est fréquemment mentionnée par les politiciens démocrates.

« Trump a utilisé des installations qui ont été construites pendant l’administration Obama-Biden pour loger les enfants à la frontière. Il s’agit d’enclos à mailles losangées à l’intérieur des installations frontalières où les migrants étaient temporairement logés, séparés par sexe et par âge », ont déclaré les enquêteurs de l’AP.

L’agence de presse a noté que les photos d’enfants dans les centres d’hébergement qui ont été diffusées par les responsables démocrates en ligne pour critiquer Trump ont en fait été prises en 2014.

Ces photos « représentaient en fait quelques-uns des milliers d’enfants non accompagnés détenus par le président Barack Obama », a déclaré l’AP.

Dans son discours, Mme Obama a vanté le bilan de Joe Biden lorsqu’il était vice-président et a déclaré qu’il « sait ce qu’il faut pour sauver une économie, repousser une pandémie et diriger notre pays ».

Le président Trump n’a pas perdu de temps pour répondre au discours de l’ancienne première dame sur les médias sociaux.

« Quelqu’un pourrait-il expliquer à @MichelleObama que Donald J. Trump ne serait pas ici, dans la belle Maison-Blanche, si ce n’était pas pour le travail fait par votre mari, Barack Obama », a écrit M. Trump sur Twitter. « Mon administration et moi avons construit la plus grande économie de l’histoire, de tous les pays, en la remontant, en sauvant des millions de vies, et maintenant nous construisons une économie encore plus grande qu’avant. Les emplois se multiplient, le NASDAQ est déjà à un niveau record, le reste suivra. Asseyez-vous et regardez ! »

La convention d’investiture du Parti démocrate se tient du 17 au 20 août, avec des orateurs tels que l’ancien président Barack Obama, l’ancien président Bill Clinton, le sénateur Bernie Sanders (indépendant, Vermont), le sénateur Cory Booker (démocrate, New Jersey), le sénateur Elizabeth Warren (démocrate, Massachussetts), l’ancien gouverneur John Kasich, le représentant Jim Clyburn (démocrate, Caroline du Sud), l’ancienne première dame Michelle Obama, le gouverneur Andrew Cuomo et d’autres.

M. Biden et le sénateur Kamala Harris (démocrate, Californie) choisi comme vice-président, devraient être nommés. Tous deux devraient prendre la parole lors de l’événement, qui se déroule en grande partie virtuellement en raison de la pandémie de Covid-19.

La Convention nationale républicaine est prévue du 24 au 27 août.

Voir encore:

Parcours. Un gaffeur rusé à la vice-présidence

John M. Broder
The New York Times
Traduit par Courrier international

06/11/2008

Sénateur expérimenté, Joe Biden saura-t-il se contenter de jouer les utilités aux côtés de Barack Obama ?

Le grand public voit en lui l’Irlando-Américain natif de Pennsylvanie, le bavard enclin aux gaffes et aux grandes tapes dans le dos. Mais Joe Biden est surtout connu dans les couloirs du Sénat comme un homme politique ambitieux, rusé et calculateur, à l’esprit toujours tendu vers la prochaine étape de son ascension politique. La vie et la carrière de Joe Biden ont été marquées par une succession de naufrages et de remises à flot, certains dus au hasard, d’autres à ses propres défauts. Cette année, cet homme de 65 ans fort de trente-cinq années passées au Sénat avait pour objectif d’être prêt pour un dernier coup d’éclat.

Après deux candidatures désastreuses à l’investiture démocrate pour la candidature à la Maison-Blanche [en 1988 et en janvier 2008], il con­voitait les deux autres options les plus séduisantes, à savoir la résidence du vice-président ou les bureaux du département d’Etat. Rares sont les personnalités politiques américaines qui se fixent la vice-présidence pour objectif final. Mais, au cours des trente dernières années, la fonction a gagné en stature et en influence, et, selon certains de ses conseillers, Joe Biden a estimé qu’il pourrait peser davantage sur la politique américaine en exerçant ces fonctions aux côtés du président qu’en dirigeant la commission des Affaires étrangères du Sénat. Il a exprimé dès juin dernier son intérêt pour le poste. Deux mois plus tard, Obama le lui offrait.

Il est encore difficile de savoir quel genre de vice-président sera Joe Biden. Il reconnaît lui-même n’avoir jamais eu de patron et ne pas être habitué à jouer les seconds couteaux, lui qui s’est fait élire pour la première fois au Sénat à l’âge de 29 ans, il y a trente-six ans de cela. Jusqu’à l’âge de 10 ans, Joe Biden a grandi à Scranton, une petite ville de Pennsylvanie qu’il considère toujours comme étant chez lui, bien qu’il vive depuis 1953 à Wilmington, dans le petit Etat voisin du Delaware. Diplômé en droit, il a brièvement exercé le métier d’avocat, mais a toujours nourri de plus hautes ambitions. En 1972, il a affronté le très populaire sénateur J. Caleb Boggs au cours d’une campagne où seuls lui et sa famille croyaient en ses chances de réussite. Et, à 29 ans, il fut pour la première fois élu au Sénat. Mais la joie fut de courte durée : peu avant Noël, sa femme et sa fille de 13 mois furent tuées dans un accident de voiture, et ses deux jeunes fils, Joseph III et Hunter, gravement blessés. Joe Biden envisagea alors de démissionner du Sénat, mais deux sénateurs, Mike Mansfield et Hubert Humphrey, l’en dissuadèrent.

L’action de Joe Biden au Congrès fournit quelques indices sur ce que pourrait être sa vice-présidence. Le sénateur s’est trouvé au cœur de féroces batailles, qu’il a parfois remportées. En particulier lorsque, en 1987, à la tête de la Commission judiciaire du Sénat, il est parvenu à contrer la nomination du juge conservateur Robert H. Bork à la Cour suprême. Il en a perdu aussi, notamment lorsqu’il tenta en vain de bloquer la désignation du très conservateur juge africain-américain Clarence Thomas à la Cour suprême, en 1991. Ces combats lui ont valu l’inimitié de certains sénateurs et intellectuels conservateurs, mais aussi celle des féministes et des progressistes. Après l’affaire Thomas, il a déclaré qu’il ne voulait pas passer le reste de sa carrière à traiter des désignations à la Cour suprême et se consacra alors à la puissante commission des Affaires étrangères du Sénat, dont il devint membre, puis président en 2001. Il vota contre le recours à la force pour chasser les Irakiens du Koweït en 1991 et pour l’usage de la puissance militaire en Irak en 2002. Il eut cependant tout le loisir de regretter ces prises de position : Joe Biden a déclaré plus tard qu’il jugeait finalement justifiée la guerre du Golfe de 1991 et que la seconde guerre d’Irak avait été si mal conduite qu’il regrettait de l’avoir approuvée. En 2006 et 2007, il s’est opposé à l’envoi de renforts en Irak, proposant à la place une partition du pays en trois régions autonomes, un projet critiqué de toutes parts pour son manque de réalisme.
Joe Biden assure aujourd’hui ne pas vouloir s’occuper d’un domaine particulier une fois à la vice-présidence, et il a promis à Barack Obama qu’il n’userait pas de son expérience aux Affaires étrangères et de ses contacts au Capitole pour court-circuiter le futur secrétaire d’Etat. Il dit espérer pouvoir contribuer à l’acceptation du programme d’Obama au Congrès et jouer les conciliateurs. Quoi qu’il en soit, son rôle, comme celui de tous les vice-présidents, dépendra beaucoup de ses rapports avec son patron. Lorsqu’ils se sont entretenus l’été dernier à ce propos, Barack Obama a dit souhaiter “un véritable partenaire de gouvernement”. Il a précisé qu’il cherchait un vice-président qui le conseille sans y aller par quatre chemins et que c’était pour cette raison qu’il avait choisi le sénateur du Delaware, car, a-t-il affirmé,“Joe Biden n’a pas sa langue dans sa poche”.

Voir aussi:

Hoping It’s Biden
David Brooks
NYT
Aug. 22, 2008

Barack Obama has decided upon a vice-presidential running mate. And while I don’t know who it is as I write, for the good of the country, I hope he picked Joe Biden.

Biden’s weaknesses are on the surface. He has said a number of idiotic things over the years and, in the days following his selection, those snippets would be aired again and again.

But that won’t hurt all that much because voters are smart enough to forgive the genuine flaws of genuine people. And over the long haul, Biden provides what Obama needs:

Working-Class Roots. Biden is a lunch-bucket Democrat. His father was rich when he was young — played polo, cavorted on yachts, drove luxury cars. But through a series of bad personal and business decisions, he was broke by the time Joe Jr. came along. They lived with their in-laws in Scranton, Pa., then moved to a dingy working-class area in Wilmington, Del. At one point, the elder Biden cleaned boilers during the week and sold pennants and knickknacks at a farmer’s market on the weekends.

His son was raised with a fierce working-class pride — no one is better than anyone else. Once, when Joe Sr. was working for a car dealership, the owner threw a Christmas party for the staff. Just as the dancing was to begin, the owner scattered silver dollars on the floor and watched from above as the mechanics and salesmen scrambled about for them. Joe Sr. quit that job on the spot.

Even today, after serving for decades in the world’s most pompous workplace, Senator Biden retains an ostentatiously unpretentious manner. He campaigns with an army of Bidens who seem to emerge by the dozens from the old neighborhood in Scranton. He has disdain for privilege and for limousine liberals — the mark of an honest, working-class Democrat.

Democrats in general, and Obama in particular, have trouble connecting with working-class voters, especially Catholic ones. Biden would be the bridge.

Honesty. Biden’s most notorious feature is his mouth. But in his youth, he had a stutter. As a freshman in high school he was exempted from public speaking because of his disability, and was ridiculed by teachers and peers. His nickname was Dash, because of his inability to finish a sentence.

He developed an odd smile as a way to relax his facial muscles (it still shows up while he’s speaking today) and he’s spent his adulthood making up for any comments that may have gone unmade during his youth.

Today, Biden’s conversational style is tiresome to some, but it has one outstanding feature. He is direct. No matter who you are, he tells you exactly what he thinks, before he tells it to you a second, third and fourth time.

Presidents need someone who will be relentlessly direct. Obama, who attracts worshippers, not just staff members, needs that more than most.

Loyalty. Just after Biden was elected to the senate in 1972, his wife, Neilia, and daughter Naomi were killed in a car crash. His career has also been marked by lesser crises. His first presidential run ended in a plagiarism scandal. He nearly died of a brain aneurism.

New administrations are dominated by the young and the arrogant, and benefit from the presence of those who have been through the worst and who have a tinge of perspective. Moreover, there are moments when a president has to go into the cabinet room and announce a decision that nearly everyone else on his team disagrees with. In those moments, he needs a vice president who will provide absolute support. That sort of loyalty comes easiest to people who have been down themselves, and who had to rely on others in their own moments of need.

Experience. When Obama talks about postpartisanship, he talks about a grass-roots movement that will arise and sweep away the old ways of Washington. When John McCain talks about it, he describes a meeting of wise old heads who get together to craft compromises. Obama’s vision is more romantic, but McCain’s is more realistic.

When Biden was a young senator, he was mentored by Hubert Humphrey, Mike Mansfield and the like. He was schooled in senatorial procedure in the days when the Senate was less gridlocked. If Obama hopes to pass energy and health care legislation, he’s going to need someone with that kind of legislative knowledge who can bring the battered old senators together, as in days of yore.

There are other veep choices. Tim Kaine seems like a solid man, but selecting him would be disastrous. It would underline all the anxieties voters have about youth and inexperience. Evan Bayh has impeccably centrist credentials, but the country is not in the mood for dispassionate caution.

Biden’s the one. The only question is whether Obama was wise and self-aware enough to know that

Voir également:

Le fils de Joe Biden promet de cesser ses activités à l’étranger

Hunter Biden a annoncé qu’il allait quitter le conseil d’administration de la société chinoise BHR. Ses activités à l’étranger ont fait l’objet de nombreuses attaques de la part de Donald Trump et fragilisé la campagne de son père.

La nouvelle est tombée deux jours avant le nouveau débat entre candidats démocrates, qui doit avoir lieu le 15 octobre dans l’Ohio. Hunter Biden, le fils de Joe Biden, a fait savoir par le biais de son avocat, dimanche 13 octobre, qu’il avait “l’intention de quitter le conseil d’administration de la société chinoise, BHR avant la fin du mois”, rapporte le New York Times.

Hunter Biden a ajouté que si son père était élu président, il “accepterait de ne pas travailler pour le compte de sociétés étrangères”.

Les activités de Hunter Biden en Chine et en Ukraine, où il a siégé au conseil d’administration d’une société gazière entre 2014 et 2019, ont fait l’objet “d’attaques incessantes de la part du président Trump et menacé la candidature de son père, Joe Biden”, rappelle le quotidien new-yorkais.

Selon le New York Times, “rien ne prouve que l’ancien vice-président de Barack Obama ait agi de façon inappropriée pour aider son fils dans ses affaires en Chine et en Ukraine, comme l’a affirmé M. Trump”.

Joe Biden a tenu une rapide conférence de presse le 13 octobre pour expliquer que “la décision de quitter le conseil d’administration de la société chinoise avait été prise par son fils seul”.

Joe Biden prêt à répondre à ses rivaux démocrates

Le quotidien new-yorkais fait également remarquer que Joe Biden a semblé “porter des coups voilés à certains des enfants de Donald Trump”, qui ont eux aussi développé des relations d’affaires à l’étranger :

Personne dans ma famille n’aura de bureau à la Maison-Blanche, n’assistera aux réunions comme s’il était un membre du cabinet du président, n’aura de relations d’affaires avec quiconque ayant un lien avec une société étrangère ou un pays étranger.”

Alors qu’un nouveau débat doit avoir lieu le 15 octobre entre les candidats démocrates, Joe Biden “se prépare depuis des semaines à répondre à des questions sur son fils, indique le New York Times. Ses alliés et conseillers martèlent que tout démocrate qui aborde le sujet fait le jeu de Donald Trump et nuit à la cause du parti.”

Pour le quotidien, certains démocrates considèrent toutefois que l’attention portée à la famille de Joe Biden est devenue une vulnérabilité politique, l’éloignant de son programme de campagne et l’obligeant à se défendre”.

Voir de même:

Elections

Who or What Exactly Is Running Against Trump?

The inner-Biden at 77 is turning out to be an unabashed bigot in the age of “cancel culture” and thought crimes that has apparently declared him immune from the opprobrium reserved for any such speech.

As we enter the final 90 days of the November presidential campaign, a few truths are crystalizing about the “Biden problem,” or the inability of a 77-year-old Joe Biden to conduct a “normal” campaign.

Biden’s cognitive challenges are increasing geometrically, whether as a result of months of relative inactivity and lack of stimulation or just consistent with the medical trajectory of his affliction. His lot is increasingly similar to historical figures such as 67-year-old President William Henry Harrison, William Gladstone’s last tenure as prime minister, Chancellor Hindenburg, or Franklin Roosevelt in late 1944—age and physical infirmities signaling to the concerned that a subordinate might assume power sooner than later.

In the past, it was to Biden’s advantage to postpone his selection of his female-mandated vice presidential running mate, given the lose-lose choice of either picking a woke young African American female who may polarize swing voters while spending the next three months being vetted in the fashion of California Representative Karen Bass’s Scientology and Fidel Castro issues, or selecting a vetted, but off-putting former National Security Advisor Susan Rice or Senator Kamala Harris (D-Calif.), who does not especially like Biden and would be seen as hovering and rummaging about as an impatient president-in-waiting.

Biden, remember, is one of the few primary candidates in history who promised in advance to pick a running mate on the basis of gender and, as events would dictate, and by inference, race as well.

But now there seems an additional urgency to select a running mate, given the Democratic ticket is a construct, with no visible or viable presidential candidate. While traditional polls show a sizable Biden lead, at some point voters will want more than the current contest of Trump alone versus the media, the virus, the lockdown, the economy, and the rioting. But so far, it remains a one-person race, in the fashion of Clint Eastwood’s weird 2012 Republican National Convention appearance speaking to an empty chair.

Perceiving the Inner Biden

So we are witnessing a campaign never before experienced in American history and not entirely attributable to the plague and quarantine. After all, the fellow septuagenarian Trump, with his own array of medical challenges, insists upon frenetic and near-constant public appearances. His opponent is a noncandidate conducting a noncampaign that demands we ask the question, who exactly is drafting the Biden agenda and strategy? Or, rather, who or what is Biden, if not a composite cat’s paw of an anonymous left-wing central committee?

When Biden speaks for more than a few minutes without a script or a minder in his basement, the results are often racist of the sort in the Black Lives Matter era that otherwise would be rightly damned and called out as disqualifying. If his inner racialist persona continues to surface, Biden’s insensitivities threaten to expose a muzzled BLM as a mere transparent effort to grab power rather than to address “systemic racism” of the sort the exempt Biden seems to exude.

Biden needs the minority vote in overwhelming numbers, as he realized in his late comeback in the primaries. But the continuance of his often angry, unapologetic racialist nonsense suggests that his cognitive issues trump his political sense of self-control.

The inner Biden at 77 is turning out to be an unabashed bigot in the age of “cancel culture” and thought crimes that has apparently declared him immune from the opprobrium reserved for any such speech.

For Biden, if any African American doesn’t vote for him, then “you ain’t black”—a charge fired back at black podcaster with near venom. Biden more calmly assures us, in his all-knowing Bideneque wisdom, that Americans can’t tell Asians in general apart—channeling the ancient racist trope that “they all look alike.”

In his scrambled sociology, blacks are unimaginatively monolithic politically, while Latinos are diverse and more flexible. Biden seems to have no notion that “Latino” is a sort of construct to encompass everyone from a Brazilian aristocrat to an immigrant from the state of Oaxaca, and not comparable to the more inclusive and precise term “African American.” Moreover, while the black leadership in Congress may be politically monolithic, there are millions of blacks who oppose abortion, defunding the police, and illegal immigration. The best minds of the conservative intellectual and political movement so often are African Americans.

When asked questions, Biden’s answers so often reveal racist subtexts. A few days ago, CBS reporter Errol Barnett, who is black, asked Biden whether he would take a cognitive assessment exam. Biden fired back to him that such an unfair question would be as if he had asked Barnett whether he was getting tested for cocaine before going live. “That’s like saying,” a perturbed Biden exclaimed to Barnett, “before you got on this program, you’re taking a test whether you’re taking cocaine or not . . . What do you think, huh? Are you a junkie?” Note the tell-tale Biden trademark of racist insinuation delivered with punk-like braggadocio.

Note, too, Biden’s racist assumption that an African American professional journalist might be likely to be defensive about being a cocaine addict. Yet Biden should know—from the drug struggles of Hunter Biden—that cocaine is in fact the favorite drug of the white elite.

Mental Lapses as Force Multipliers

The problem is that in the past, a cognizant Biden was already racially edgy with his various earlier-career riffs about inner-city criminals, blue-collar chest-thumping about busing, and his more recent ideas about donut shops, accomplished black professionals on the verge of returning to slave status (“put y’all back in chains”), his racist descriptions of candidate Obama’s supposedly exceptional personal hygiene and ability to speak well, his corn-pop braggadocio, and on and on.

His mental lapses now serve as force multipliers and accelerants of the old Biden’s foot-in-mouth disease and render him often a caricature of a racist.

Politically, the point is not that he will not win the majority of minority voters, but rather that he won’t win enough of them at a margin necessary that carrying large swing-state cities such as Philadelphia, Milwaukee, Detroit, Cleveland, and others, will make up for the likely loss of rural areas and working-class whites, supposedly the “clingers” that “good ’ole Joe from Scranton” was supposed to own.

Even more disturbing, the media simply is unconcerned about Biden’s racial putdowns, stereotyping, and uncomfortableness with the proverbial “other.” And the more the inner-Biden racialist sounds off, the more ridiculous such contextualizing becomes and the less people listen when journalists and activists spout off about a systemically racist America.

Recently, when Biden has attempted to speak without prompts, indeed to clear up “rumors” of his cognitive problems, he simply loses his train of thought and utters a series of unstructured and unsettled thoughts that refute the very premise of his interview. The understandable Democratic strategy is to run out the clock and to choreograph a few post-Labor Day public appearances, to outsource campaigning to his running mate and future cabinet secretaries, and then to hope, in the manner of a 2016 Hillary Clinton, that he has amassed a large enough September lead to outlast a closing October Trump campaign.

There are problems with such a strategy, as we saw in 2016. If Biden late in the campaign stumbles in the debates, there is no post-convention remedy to reassure the public he is compos mentis or otherwise can be replaced by a majority consensus. Then the country would be entering something eerily similar to, but far graver than, the McGovern debacle of desperately looking for a new running mate after it was disclosed that an apparently perfectly cognizant Tom Eagleton—his running-mate for 18 days—had undergone two electric shock treatments in his past as well as undisclosed prior hospitalizations for bipolar disorder.

Biden’s Race Against Time

Right now, the Democrats have a virtual campaign and a virtual candidate and a strategy of running against the Trump news cycle. That may work, but it assumes Americans under quarantine don’t mind that they do not really know who is the Democratic challenger, or that Biden is, in fact, not physically or mentally able to function as either a candidate or president. It also assumes that the Trump-owned news cycle will remain as dismal over the next three months as it has the last five or six weeks, and that the virus will spike in late October again, rather than slowly burn out as it seems to be doing in Sweden and elsewhere in Europe.

Add it all up and the question is no longer whether Biden could fulfill the duties of the presidency but whether he can finish a traditional campaign over the next three months—without outsourcing his duties to a committee, or serially saying something blatantly racist, or simply disappearing to the nether world of his basement where saying nothing beats saying anything.

Voir par ailleurs:

Aux États-Unis, il y a aussi une “majorité silencieuse noire”

Jason L. Riley

The Wall Street Journal
19/06/2020

Pour ce chroniqueur africain-américain du Wall Street Journal, quotidien conservateur, le mouvement Black Lives Matter fait fausse route en accusant les forces de l’ordre d’être responsables des inégalités. Selon lui, c’est la criminalité dans les quartiers qui fait obstacle à l’ascension sociale ds Noirs américains.

Il est trop tôt pour dire ce qui ressortira de l’actuelle vague de violences liée à la mort de George Floyd. On sait en revanche que l’histoire récente n’a pas été particulièrement tendre envers les mouvements militants qui tentent de lutter contre le racisme.

Les méthodes défendues par l’une de leurs figures les plus célèbres, Martin Luther King, ont abouti à l’adoption du Civil Rights Act en 1964 et du Voting Rights Act en 1965, deux des plus grandes lois de l’histoire américaine.

À l’inverse, l’évolution du mouvement Black Power a conduit à son implosion, ses principaux représentants finissant en exil, en prison ou victimes de rivalités internes meurtrières. Si le mouvement avait su s’attirer quelques sympathies chez les Blancs, celles-ci ont rapidement disparu après les émeutes de Détroit, Baltimore, Los Angeles et plusieurs autres grandes métropoles.

Renforcement d’une identité de groupe

De même qu’aujourd’hui avec le mouvement Black Lives Matter, le renforcement d’une identité de groupe associée aux militants noirs a été suivi par un retour de bâton avec la résurgence des suprémacistes blancs et l’émergence des skinheads dans les années 1970 et 1980.

Il n’est pas besoin de lire des articles universitaires pour comprendre que les manifestations pacifiques pour les droits civiques ont mieux réussi que les violences. Un chercheur de Princeton vient néanmoins d’en publier un qui mérite lecture. Dans un article paru le mois dernier dans l’American Political Science Review, Omar Wasow, professeur adjoint en sciences politiques, décrit les résultats d’un projet de recherche entamé il y a quinze ans sur les conséquences politiques des manifestations.

Omar Wasow, qui est noir, a étudié les manifestations de militants noirs entre 1960 et 1972 aux États-Unis et découvert que les “tactiques employées” pouvaient faire toute la différence pour faire avancer une cause :

Les manifestations non violentes ont joué un rôle essentiel pour faire pencher la balance politique nationale en faveur des droits civiques. Les mouvements dans lesquels étaient lancées des violences parvenaient à des résultats diamétralement opposés aux revendications des manifestants.”

Après les incidents survenus lors des manifestations liées à la mort de George Floyd lors de son interpellation par la police, le président Trump a clairement annoncé que “l’ordre public” serait un de ses thèmes de campagne, et les travaux de Wasow apportent des éléments de réponse quant à l’efficacité de cette stratégie.

Le précédent Nixon

Dans un récent entretien avec le New Yorker, Wasow déclare avoir découvert “un lien de causalité entre les manifestations violentes” survenues après l’assassinat de Martin Luther King en avril 1968 et “le rejet du parti démocrate”. Plus spécifiquement, “dans les circonscriptions proches des violences, Nixon a enregistré des résultats supérieurs de 6 à 8 points de pourcentage lors de l’élection”.

L’analogie entre 1968 et 2020 est toutefois compliquée par un certain nombre de facteurs. L’élection présidentielle de 1968 se jouait entre trois hommes, et Nixon faisait figure de choix sûr pour les gens qui souhaitaient un retour à l’ordre avec un homme plus ferme que le démocrate Hubert Humphrey mais sans le racisme de George Wallace [ancien gouverneur ségrégationniste de l’Alabama].

En outre, Nixon n’était pas le président sortant. Il s’est présenté comme le candidat censé lutter contre la criminalité, l’insécurité en ville et les divisions raciales qui n’avaient fait que s’aggraver sous la présidence d’un autre. La cote de popularité en baisse de Donald Trump laisse pressentir qu’il ne pourra pas jouer cette carte-là. La semaine dernière, le Wall Street Journal indiquait que, selon son dernier sondage mené en collaboration avec NBC News, 80 % des électeurs avaient actuellement “le sentiment que la situation dans le pays échappait de plus en plus à tout contrôle”.

Trump est aussi impopulaire que les pillages

La question est de savoir si Joe Biden et les démocrates aideront Donald Trump en permettant aux manifestants violents de devenir le visage de leur parti et en cédant aux demandes de plus en plus absurdes des progressistes radicaux. Donald Trump est peut-être impopulaire, mais les pillages et le déboulonnage des statues le sont tout autant, de même que l’arrêt du financement de la police ou le fait de laisser des militants armés radicaux s’emparer de quartiers entiers.

La gauche devrait également veiller à ne pas croire que les électeurs noirs dont elle aura massivement besoin dans cinq mois seront convaincus par un tel programme. Dans un mémo de 1970 adressé au président Nixon, son conseiller Daniel Patrick Moynihan notait qu’il “existe une majorité silencieuse chez les Noirs comme chez les Blancs” et que les deux partageaient “essentiellement les mêmes préoccupations”.

Inégalités sociales

Ce qui était vrai il y a cinquante ans l’est toujours aujourd’hui. La plupart des Noirs savent que George Floyd n’est pas plus représentatif de leur communauté que Derek Chauvin ne l’est des policiers. Ils savent que la fréquence des contacts entre Noirs et policiers a beaucoup plus à voir avec le taux de criminalité chez les Noirs américains qu’avec le fait que les policiers seraient racistes.

Ils savent que les jeunes hommes noirs ont bien plus à craindre de leurs pairs que des forces de police. Et ils savent que les émeutiers sont des opportunistes et non des révolutionnaires.

Il est parfaitement légitime d’ouvrir un débat national sur la façon d’améliorer les méthodes de la police, mais aujourd’hui la conversation en vient à accuser les forces de police d’être responsables des inégalités sociales, ce qui n’est pas seulement illogique mais dangereux. La criminalité dans les quartiers fait obstacle à l’ascension sociale. Toute conversation ne reconnaissant pas cette réalité ne mérite pas d’avoir lieu.

Voir également:

Dans les villes américaines, l’échec de la gauche est “patent” depuis 1968

Daniel Henninger
The Wall Street Journal
12/06/2020

Pauvreté, délinquance, difficultés scolaires : pour le Wall Street Journal, la situation des quartiers où des émeutes avaient déjà fait rage il y a plus de 50 ans n’a guère évolué. Et le “nihilisme de la culpabilité perpétuelle” des progressistes américains est une excuse commode pour masquer leurs erreurs.

Ce n’est pas une redite de 1968. C’est pire.

La fin des années 1960 a incarné l’âge d’or du progressisme américain moderne. En 1964 et 1965, les démocrates et républicains du Congrès ont adopté ensemble des lois historiques sur les droits civiques. Au printemps 1968, c’est l’assassinat de Martin Luther King qui a précipité un soulèvement : New York, Trenton, Chicago, Detroit, Baltimore, Kansas City et Washington se sont enflammés.

On peut supposer qu’à cette période, en dépit de la grande réforme sociale amorcée par le président démocrate Lyndon B. Johnson (LBJ), ces mesures de gauche étaient trop récentes pour avoir amélioré les conditions de vie dans les quartiers urbains défavorisés.

Le 25 mai 2020, George Floyd est mort à Minneapolis aux mains du policier Derek Chauvin, qui a été arrêté et inculpé de meurtre. Puis de nombreuses villes des États-Unis ont été le théâtre de manifestations accompagnées d’émeutes et de pillages. Simultanément, beaucoup ont affirmé que les États-Unis – c’est-à-dire la population américaine – étaient coupables d’un perpétuel “racisme systémique”.

Des milliers de milliards de dollars dépensés

Les images des événements montrent clairement que la majorité des manifestants sont nés après 1990. À cette date, les politiques sociales de LBJ existaient depuis vingt-cinq ans, elles sont aujourd’hui en vigueur depuis cinquante-cinq ans. Des milliers de milliards de dollars sont alloués chaque année à l’assurance-maladie pour les plus vulnérables, aux bons alimentaires, aux logements sociaux, aux allocations logement et aux subventions fédérales des écoles publiques, mais pour aboutir à quoi, exactement ?

Quasiment rien n’a changé dans les quartiers où des émeutes ont fait rage en 1968. La pauvreté, la délinquance, les difficultés scolaires semblent tout aussi courantes aujourd’hui qu’à l’époque où LBJ s’était engagé à y remédier. Autant dire que nous avons observé cinq décennies d’inertie et d’immobilisme dans les quartiers les plus marginalisés des États-Unis, presque toujours sous la direction politique des démocrates, ou “progressistes”, comme on dit aujourd’hui.

L’échec du modèle de la gauche est si patent que ses défenseurs ont créé tout un univers parallèle de justifications en accusant les colons ou en dénonçant l’absence de “justice”. Et leur stratégie fonctionne, puisque des manifestants à Paris et à Berlin – un comble – font la leçon aux États-Unis sur le racisme d’État.

Une politique systémique d’oubli

La situation est plus grave qu’en 1968, car notre système tout entier est maintenant engagé dans une politique systémique d’oubli. Oublions l’échec de cette stratégie et ses raisons. Oublions, par exemple, que les logements sociaux new-yorkais sont infestés de rats et n’ont pas de chauffage l’hiver. Oublions que beaucoup de Noirs ont effectivement été abandonnés à leur sort. Oublions que, malgré le budget faramineux de Medicaid [l’assurance-maladie fédérale pour les plus vulnérables], le pourcentage de maladies chroniques reste plus élevé chez les Américains noirs.

Se contenter de plaquer l’analyse de 1968 sur les événements de 2020 est un acte nihiliste. À force d’être accusés en continu de “racisme systémique” par les militants et les médias, les gens finissent par être insensibilisés. Ils concluent que la solution proposée aujourd’hui est littéralement une absence de solution.

Ce nouveau nihilisme progressiste martèle que la réponse à la délinquance dans les quartiers est la dépénalisation. À New York, en raison de la “réforme” des libérations sous caution, la majorité des pilleurs arrêtés sont remis en liberté.

Ce nouveau nihilisme minimise les dégradations matérielles motivées par des considérations idéologiques, car les biens sont “remplaçables”. En réalité, on sait très bien que beaucoup des quartiers incendiés en 1968 peinent à se reconstruire depuis.

L’espoir existe

Ce nouveau nihilisme affirme qu’on a beau nommer des chefs de la police réformistes et des maires noirs, “rien n’a changé”. C’est la définition même du désespoir. Mais l’espoir existe.

On pourrait, par exemple, favoriser l’accès à la propriété, comme l’a proposé le ministre du Logement, Ben Carson, en réformant l’emprunt hypothécaire. Débarrassons-nous de ces affreux logements sociaux qui s’apparentent plus à des prisons. Mais l’inertie prévaut.

Les Africains-Américains veulent envoyer leurs enfants dans des écoles privées sous contrat, car elles enseignent des valeurs, l’estime de soi et l’espoir. Mais cette option pensée pour les parents à revenus modestes suscite une opposition franche du Parti démocrate.

On pourrait faire valoir que les créations d’emplois et la hausse des salaires ces dernières années chez les jeunes Américains noirs sont plus en phase avec les 244 ans d’histoire américaine qui ont fait de ce pays une terre d’avenir. Mais pourquoi y prêter attention ? Le nihilisme de la culpabilité perpétuelle est plus commode, car il absout de toute responsabilité ceux qui sont susceptibles d’avoir mis en œuvre des politiques publiques aberrantes.

Reste à savoir comment les Américains, quelle que soit leur couleur, ont vécu les récents événements. Le minimalisme médiatique affirme qu’il faut choisir entre Joe Biden et Donald Trump. Mais les enjeux dépassent largement ces deux hommes.

Voir enfin:

L’absence d’enthousiasme de la gauche pacifiste autoproclamée dissimule mal le fait que depuis longtemps, sans le dire, elle ne soutient plus que du bout des lèvres l’existence de l’État d’Israël, souligne notre chroniqueur Gilles-William Goldnadel.

En principe, une telle annonce est censée réjouir tous les hommes de bonne volonté indépendamment de leurs prises de position politique, la paix étant–on excusera le lieu commun–toujours préférable à la guerre.

A fortiori lorsqu’il s’agit d’un État juif et d’un État arabe et musulman dont on connaît l’antagonisme historique.

Il est normal et d’une grande logique politique que la République Islamique d’Iran ou que le Hamas palestinien, qui ne dissimulent pas leurs désirs de détruire Israël, vouent cet accord aux gémonies.

Mais la gauche et son extrémité qui aiment à afficher par tous les temps et de tout temps leur pacifisme exacerbé (« le capitalisme apporte la guerre, comme la nuée l’orage » nous expliquent doctement les marxistes, « le nationalisme c’est la guerre » nous disent les trotskistes, Mitterrand et Macron) s’est montré d’une immense discrétion.

C’est ainsi que Le Monde du 14 aout, toujours égal à lui-même, n’a pas hésité à présenter négativement l’accord comme une omission des palestiniens, jusqu’à travestir la réalité.

En effet, bien qu’il s’agisse d’un accord bilatéral ne concernant en rien la Palestine, les Émirats Arabes Unis ont tenu à ce que cet accord contienne une clause de suspension du projet d’annexion par Israël de cette vallée du Jourdain au demeurant acceptée depuis longtemps par la partie palestinienne, en cas d’accord définitif, en raison du fait qu’elle est peu peuplée d’Arabes et d’une importance stratégique existentielle pour l’Etat Juif.

Sauf que la représentation politique des Arabes de Palestine ne s’est jamais résolue depuis un siècle à renoncer à une portion d’une terre qu’elle considère toujours, de parfaite bonne foi irrédentiste, comme arabe et musulmane.

Cette absence d’enthousiasme de la gauche pacifiste autoproclamée dissimule mal le fait que depuis longtemps sans le dire elle ne se soutient plus que du bout des lèvres l’existence de l’État d’Israël.

Plusieurs raisons conscientes et inconscientes expliquent cette désaffection montante.

La première et que la gauche xénophile a basculé dans le camp de la radicalité anti-occidentale la plus pathologique.
Peu importe donc que celui-ci soit raciste ou antisémite.

La seconde, est que la gauche européiste et son extrémité affichent désormais une détestation pour les États-nations. A fortiori lorsqu’ils sont d’occident.

La troisième est que la gauche et son extrémité sont atteints de racisme anti blanc.

La quatrième, qui n’est que la synthèse des trois premières, est que l’Israélien–ou le juif moderne–est considéré comme un super blanc au rebours du juif ancien que le vieil antisémite prenait pour un métèque.

L’État-nation juif occidental qui se bat bec et ongles pour défendre ses frontières n’en est que plus détestable pour la gauche devenue internationaliste.

Il ne faut dès lors pas s’étonner que les populations immigrées d’origine arabe ou musulmane présentes sur le sol français se montrent souvent beaucoup plus hostiles que d’autres populations arabes ou musulmanes à l’égard d’Israël et par voie de conséquence l’ensemble des juifs.

Contrairement à une propagande anti- musulmane à laquelle je n’ai jamais souscrite, je pense que l’islamo- gauchisme médiatique, politique ou intellectuel a bien plus dressé une partie des musulmans de France à l’antisémitisme que la lecture du Coran quel que soit son contenu littéral.

Voilà pourquoi, même s’ils ne le savent pas, les gentils pacifistes et antiracistes autoproclamés de gauche préfèrent mille fois voir l’état du peuple juif réprouvé rituellement ou tenu en étau dans un ghetto plutôt que de le voir signer des accords de paix avec ses anciens ennemis.

L’imposture de gauche pacifique et antiraciste est une formule décidément pléonastique.

COMPLEMENT:

A Demagogue Named Barack Obama: His DNC Speech

Dennis Prager
Townhall
Aug 25, 2020
On the day Barack Obama was inaugurated in January 2009, I announced on my national radio show that, « While I did not vote for Barack Obama, he is my president, and I wish him well. » I added that I was delighted a black man had been elected president of the United States, that perhaps this would not only help black-white relations get even better than they were but also help put to rest the notion of a racist America.As it turned out, neither hope was achieved. In fact, in large measure due to Obama, race relations deteriorated during his presidency. Obama turned out to be Black Lives Matter Light. As Politico wrote in 2014, Al Sharpton, perhaps the most consistent race-baiter of the last half-century, « became Obama’s go-to man on race. » According to The Washington Post, Sharpton visited the Obama White House 72 times.Obama is idolized by liberals and leftists because he was an activist liberal whose goal, in his own words, right before he was first elected, was « fundamentally transforming the United States of America. » And because they love his cool, even-tempered, regal style.That style masks a demagoguery that far surpasses our current president. It was on display last week when he spoke at the Democratic National Convention.Obama: « I did hope, for the sake of our country, that Donald Trump might show some interest in taking the job seriously; that he might come to feel the weight of the office and discover some reverence for the democracy that had been placed in his care. But he never did. … Donald Trump hasn’t grown into the job because he can’t.These ad hominem attacks by a previous president on his successor are unique in my lifetime. Perhaps they are unique in modern American history. George W. Bush, for example, never said a critical word of Barack Obama, despite the latter’s frequent attacks on Bush’s presidency.

Obama: « And the consequences of that failure are severe. 170,000 Americans dead. Millions of jobs gone. »

America ranks tenth in deaths per million. Are the greater proportion of deaths per million in countries such as Belgium, Spain, the U.K., Italy and Sweden the result of corrupt and/or inept leaders? Was President Donald Trump responsible, for example, for the decision made by New York Gov. Andrew Cuomo to order nursing homes to accept COVID-19 cases, causing the virus to sweep through the elderly in those facilities, resulting in at least 6,000 deaths (and likely many more that New York is hiding from the official count)?

Regarding « millions of jobs gone, » they are gone overwhelmingly because of the lockdowns ordered by state governors and mayors, not the virus. Lockdowns, we were told, would last two weeks to « flatten the curve, » but they continue six months later in many Democratically controlled cities and states.

Obama: « And our democratic institutions threatened like never before. »

Obama offers not one example of this or of his many other attacks on Trump. There is a reason. Obama has always attacked straw men. During his presidency, I analyzed about 20 of his speeches. They and his off-the-cuff comments were always characterized by straw-men arguments.

Even The New York Times, in 2009, when it still published occasional articles that deviated from the left, featured an article by Helene Cooper (who is black), its then-White House correspondent, titled « Some Obama Enemies Are Made Totally of Straw. » In it, Cooper cited example after example of statements ostensibly made by others, but actually made up by Obama — which he then proceeded to shoot down. This characterized his approach to discourse throughout his presidency and continued with last week’s speech at the DNC.

Obama: « Joe and Kamala will restore our standing in the world — and as we’ve learned from this pandemic, that matters. »

Obama, like all on the left, equate America’s « standing in the world » with its president’s standing with the left. Nonleftists do not. Last year, when the courageous Hong Kong demonstrators waved a flag representing liberty, they waved the flag of the United States of America. Apparently, America’s standing with them is pretty high.

Obama: « (Joe and Kamala) believe that in a democracy, the right to vote is sacred. »

Another straw man. Who doesn’t believe « the right to vote is sacred » — those who insist on people having an ID when they vote, as voters do in virtually every other country? Or is it those who don’t believe in sending tens of millions of ballots to people who never signed up to receive an absentee ballot?

Obama: « I understand why a new immigrant might look around this country and wonder whether there’s still a place for him here. »

Really? What new legal immigrant thinks that way? Or is Obama dishonestly conflating legal with illegal immigrants? The answer is, of course, he is (though even illegal immigrants apparently believe there’s a place for them here; isn’t that, after all, why they come?).

Obama: « This administration has shown it will tear our democracy down if that’s what it takes to win. »

How has this administration shown that? Why didn’t Obama provide a single example to sustain this extraordinary charge? Anyway, it seems to many Americans that those who lie to the country for two years about Russian collusion with the Trump campaign, impeach a president solely for political reasons, dedicate all news reporting to the removal of a president, smear and lie about a decent man nominated for the Supreme Court, corrupt the Foreign Intelligence Surveillance Act system for political ends, and politicize the CIA and FBI are the ones who « will tear our democracy down if that’s what it takes to win. »

Obama’s speech offered very little of substance about the man it was directed against, but it said much about the man who delivered it.

Dennis Prager is a nationally syndicated radio talk-show host and columnist. His latest book, published by Regnery in May 2019, is « The Rational Bible, » a commentary on the book of Genesis. His film, « No Safe Spaces, » will be released to home entertainment nationwide on September 15, 2020. He is the founder of Prager University and may be contacted at dennisprager.com.


Anti-américanisme: Vous avez dit ‘étatsunien’ ? (Forget statues – let’s rename the whole map, starting with America’s very name !)

20 juillet, 2020

5 things you need to know now - No agreement on recovery plan yet ...jcdurbant (@jcdurbant) | Twitter
Don’t know much about history (…) Don’t know much about geography … Sam Cooke
As many of you know, my name is Lilith Sinclair. I’m an Afro-indigenous, non-binary local organizer here in Portland, organizing for the abolition of not just the militarized police state, but also the United states as we know it. Lilith Sinclair
Someone from a country that calls itself Ecuador may not be in a very strong position to object to the appropriation of geography in the cause of national identity. John Ryle
J’emploie ici le mot américain au sens « noble ». Animateur de Radio-Canada
Some people would restrict the use of the word « American » to indicate any inhabitant of the Americas (which Europeans tend to consider a single continent, called « America ») rather than specifically a citizen of the United States; and perceive the latter usage of « American » to be potentially ambiguous, and perhaps aggressive in tone or imperialistic, a rather widespread view in Latin America. However, many in the US assert that the word « America » in « United States of America » denotes the country’s proper name, and is not a geographical indicator. They argue that the interpretation of United States of America to mean a country named United States located in the continent of America is mistaken. Instead, they argue that the preposition of is equivalent to the of in Federative Republic of Brazil, Commonwealth of Australia, Federal Republic of Germany. That is, the of indicates the name of the state. In addition, other countries use « United » or « States » in their names as well. Indeed, the formal name of Mexico is Estados Unidos Mexicanos, currently officially translated as « United Mexican States » but in the past translated as « United States of Mexico ». Regardless, many question a nation’s right to formally appropriate the name of a continent for itself, citing the fact that America existed long before the United States of America. Indeed, Amerigo Vespucci (who travelled extensively throughout the Caribbean basin) never set foot on present US territory One counter-argument is that the United States of America is the first sovereign American state to arise from the European colonies, and therefore is perfectly entitled to lay claim to this name for itself, although the appropriation of a continental name by a single country has no historical precedent. The rebellious colonies perceived themselves, in their quest for independence, as moral representatives of all the colonized European inhabitants of the continent. This view is evident in the name of the colonial allied government, the Continental Congress. Another counter-argument is that it is not particularly unusual for a nation or organization to name itself after a geographical feature, even one that it does not uniquely occupy. Ecuador is the Spanish word for the equator, which runs through the country of Ecuador, athough other countries also lie on the equator. In addition, the United States of America is not the only entity which shares a name with a larger entity, yet is considered more well-known than the larger entity. The City of New York lies within the State of New York. However, the term New Yorker is generally used to refer to a resident of New York City. Most proponents of the « US citizen = American » nomenclature have no problem with the simultaneous usage of « American » as an adjective for all inhabitants of the Americas, and make the distinction between the demonym for a country and the demonym for a continent (or continents). They argue that there is no reason the two cannot share the term if it is used in distinct but equally legitimate contexts. In other cases, the motivation is not so much political as it is academic, to avoid a perceived ambiguity. For instance, in legal circles a citizen of the United States is usually referred to as a ‘U.S. citizen’, not an ‘American citizen’, which could arguably apply to citizens of other American nation states as well. Wikipedia
As many people from the various nations throughout the New World consider themselves to be « Americans », some people think the common usage of « American » to refer to only people from the U.S. should be avoided in international contexts where it might be ambiguous. Many neologisms have been proposed to refer to the United States instead of « American ». However, they are virtually unused, and most commentators feel that it is unlikely that they will catch on. Encyclopedia
Il n’y a pas de plus grand monument à l’assujettissement colonial des peuples autochtones que le Mont Rushmore, et le projet du président de profaner davantage ce sol sacré avec des feux d’artifice et sa propre présence sans avoir été convié est un autre affront impardonnable. Il est temps de récupérer ou de démolir tous les monuments racistes. En tant que société, nous devons nous engager à respecter en permanence les populations marginalisées. Lakota People’s Law Project
Over the past month, I have been spellbound by the actions of activists determined to compel America to confront the ugliness of its past. The protests at the Emancipation Memorial, the removal of Teddy Roosevelt’s statue in New York, and now even the bold calls for rethinking Mount Rushmore on the site of Lakota land reveal that our country has more learning to do about what we choose to glorify. But last week, as many celebrated the Supreme Court’s ruling that Oklahoma—almost half of it at least—belongs to the jurisdiction of the Muscogee (Creek) Nation, I have also been thinking about the relics of our past that are so ingrained in our present that we misremember our history. One such relic is the names of the very places in which we live. (…) On July 3, in the shadow of Mt. Rushmore, President Trump said, “As we meet here tonight there is a growing danger that threatens every blessing our ancestors fought so hard for.” He then doubled down, saying, “Our nation is witnessing a merciless campaign to wipe out our history, defame our heroes, erase our values and indoctrinate our children.” Children are being indoctrinated, but not in the way Trump suggests. Instead, they are being fed an uncomplex version of history—one that minimizes the experiences of those on the margins to turn white men who did evil things into heroes. The name Bixby had become so common in my area that we didn’t think about where it came from. That’s why we tear down, rename and rethink. We do it to tell the whole story, not just the parts that make us feel good. Perhaps we need to do this not just for statues and monuments and schools and sports teams but for cities and counties too. Perhaps we should begin again with the full weight of history upon which we stand. (…) People who marginalized and oppressed didn’t just affect those who lived at the time–Bixby’s actions, along with so many others’, caused the Creek Nation to lose the jurisdictional power they just, in part, won back–and the places that bear their names should no longer remain without scrutiny. History demands that we remember all of it or it isn’t true history at all. Caleb Gayle
[L’appellation américain] n’est pas non plus confondante. Lorsqu’on parle des Américains, on sait bien qu’il ne s’agit pas des Canadiens ou des Mexicains. Le français dispose d’ailleurs du terme Nord-Américain, qui englobe tous les habitants de l’Amérique du Nord, et du terme Sud-Américain, qui désigne ceux de l’Amérique du Sud. Paul Roux
Plusieurs ont remarqué que le mot a repris du poil de la bête depuis l’an 2000. Certains pensent qu’il est revenu dans la foulée du 11-Septembre; c’est une possibilité. Il y a six ou sept ans, il était à peine employé. Si Robert Solé a pris la peine d’en parler dans une chronique de langue du Monde le 10 novembre 2003, pour dire que « le terme ne passe pas », c’est que le mot commençait à se rencontrer plus souvent tout en restant assez discret. Si on traçait un graphique de son emploi depuis le début, on verrait le terme monter, atteindre un plateau, descendre un peu plus tard, puis remonter tranquillement après une longue absence. On peut se demander s’il ne connaît pas un regain passager, avant de retomber à nouveau hors d’usage. Bien des facteurs entrent en jeu. Il y a notamment le contraste entre l’usage québécois et l’usage français, et aussi celui entre les grands médias et les sources plus marquées politiquement, notamment sur le Web. (…) Et le mot revient souvent sous la plume des mêmes journalistes. À la Presse, Joneed Khan s’en est fait le champion. Il parle du président états-unien, du Congrès états-unien, du retrait états-unien d’Irak, du projet états-unien de Zone de libre-échange des Amériques. Il est frappant de voir que même lui n’a pas renoncé à américain : il a mentionné le Congrès américain en juillet dernier et le secrétaire d’État américain le 13 septembre. Moments d’inattention? Dans les grandes encyclopédies électroniques comme l’Universalis ou Encarta, les occurrences se comptent sur les doigts de la main. Wikipédia renferme quelque deux mille états-unien, par exemple il est question de la « guerre de sécession états-unienne » à l’article sur le film Le bon, la brute et le truand. Mais ces états-unien font face à cent mille américain. En outre, un bon nombre d’entre eux viennent de pages où les collaborateurs poursuivent justement des discussions, parfois musclées, sur l’opportunité d’accepter le mot dans l’encyclopédie. C’est un peu la cour du roi Pétaud dans cette merveilleuse encyclopédie, mais il n’est pas du tout sûr que le mot s’y imposera. C’est véritablement dans les médias et les sites contestataires ou militants qu’états-unien fleurit. Le réseau Voltaire, « réseau de presse non alignée », est exemplaire à cet égard : les rédacteurs l’emploient deux fois plus souvent qu’américain. On le rencontre souvent sur le site des « Amis de la Terre », groupe de défense de l’environnement, et sur « Grand Soir », « un journal alternatif d’information militante ». Mais américain reste quand même plus fréquent : on continue de parler des élections américaines, on n’en est pas encore aux élections états-uniennes. Il ne fait pas de doute que le mot est marqué à gauche sur l’échiquier politique. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’oeil sur le journal communiste français L’Humanité : 118 occurrences d’états-unien en 2007, un net contraste avec le reste de la presse française. Mais la pente n’est pas à pic là non plus : 127 occurrences en 2005, 105 en 2006 – contre des milliers d’américain. On s’attendrait à le rencontrer souvent dans les pages de publications comme Courrier international, mais l’une des rares occurrences que j’y ai trouvées apparaissait dans un article reproduit du Devoir! Je note enfin qu’un wikipédiste a affirmé que le mot figurait dans certains manuels scolaires de géographie. On peut résumer la situation comme suit. Dans la presse en général, le terme s’est mis à grimper des deux côtés de l’Atlantique il y a quelques années, pour atteindre assez vite un plateau. Il semble avoir déjà amorcé sa descente en France. Il reste plus fréquent chez nous, mais il serait exagéré de dire qu’il a le vent dans les voiles. Pour le reste, l’usage est assez circonscrit. En fait, l’avenir du terme dépendra en grande partie de l’influence qu’exerceront des sites comme ceux que j’ai mentionnés, et ils ne sont pas négligeables, ainsi que de la détermination des blogueurs et autres internautes à l’employer. Il faut avouer que cinquante ans d’allées et venues dans les dictionnaires et une fréquence encore relativement faible dans l’usage lui donnent un peu l’air d’un néologisme attardé. Mais qui sait, peut-être que la diffusion de l’article du New York Times et le blogue du Monde lui donneront un nouvel élan. Avec Internet les choses peuvent changer vite. Il faudrait quand même toute une rééducation pour en généraliser l’emploi. Pensons à tout ce qu’il faudrait rebaptiser. Ne dites pas : la guerre américano-mexicaine, dites : la guerre mexicano-états-unienne. Ne dites pas : la révolution américaine, les relations canado-américaines, le vin américain, etc. Dites : l’armée états-unienne, les Noirs états-uniens, Je me suis acheté une voiture états-unienne. Et n’oublions pas les cinquante États états-uniens. Nul ne contestera que la logique plaide pour états-unien. Mais en face il y a l’histoire, l’usage, la langue, l’euphonie, les habitudes. C’est beaucoup. Pour être efficace, il faudrait en même temps intensifier l’emploi géographiquement correct d’américain, ce qui ferait surgir l’ambiguïté de partout. Remarquons que les États-Uniens continueraient d’être des Américains – comme nous! Combien parmi nous sont prêts à se définir comme « Américains »? On peut prédire une certaine résistance. De plus, s’il y a un brin d’anti-américanisme dans la promotion d’états-unien, forcément il sera lui aussi péjoratif. C’est comme si on remettait chaque fois sous le nez des Américains la carte du continent. Plusieurs ont rappelé qu’il serait abusif d’accuser ces derniers de s’être appelés ainsi à cause de prétentions hégémoniques. Comme le rappelle le Grand dictionnaire terminologique de l’OQLF, ils ont formé leur gentilé à partir du nom de leur pays, États-Unis d’Amérique, de la même manière que, plus tard, les Mexicains à partir d’États-Unis du Mexique. Il faut revenir au point de départ et se demander où est le problème. Nous arrive-t-il souvent de rester perplexes parce que le mot américain devant nos yeux est ambigu? Prend-on les Canadiens pour des habitants des États-Unis? Paul Roux a répondu à la question dans son blogue « Les amoureux du français » sur le site de la Presse le 9 novembre 2006 : (…) « Lorsqu’on parle des Américains, on sait bien qu’il ne s’agit pas des Canadiens ou des Mexicains. Le français dispose d’ailleurs du terme Nord-Américain, qui englobe tous les habitants de l’Amérique du Nord, et du terme Sud-Américain, qui désigne ceux de l’Amérique du Sud. » Les Américains en ont attrapé eux-mêmes un complexe et ont cherché d’autres noms. (…) Quelques exemples des termes qui ont été proposés au fil du temps : Usian, Usanian, USAian, Usonian, Columbard, Fredonian, United Statesian, Colonican, U-S-ian, USAn, etc. Du côté espagnol, la situation est bien différente. Le Diccionario Panhispánico de Dudas de la Real Academia Española, qui recueille l’usage de l’ensemble des pays hispanophones, recommande d’employer estadounidense, et non americano, pour désigner nos voisins du Sud. Dans son Diccionario de la Lengua Española, l’académie précise que estadounidense veut dire « Natural de los Estados Unidos de América », tandis que americano est défini comme « Natural de América ». Mais il est normal que le monde hispanophone et les Latino-Américains en particulier soient plus sensibles à l’emploi du mot americano. Estadounidense est aussi très euphonique. On m’a fait remarquer par ailleurs que l’agence de presse espagnole EFE, qui recommande aussi l’emploi de estadounidense dans son vade-mecum, incline à penser que norteamericano reste plus fréquent dans l’usage (« Norteamericanos es tal vez el más usado, si bien no es el más preciso »). Norteamericano? On dirait que, vu d’Europe ou d’Amérique latine, le Canada se retrouve toujours dans un angle mort. Jacques Desrosiers

Vous avez dit ‘étatsunien’ ?

A l’heure où après l’hystérie collective du virus chinois

Le psychodrame racialiste des Vies noires qui comptent …

Nos nouveaux iconoclastes et flagellants s’attaquent …

Quand ce n’est pas à leurs propres propagandistes

Non seulement à la police …

Mais, entre noms de rue et statues, à notre histoire

Et à présent à notre géographie

Retour sur ce nouveau tic de nos anti-américains …

Où, entre médias et universitaires, le dernier chic est le barbarisme « étatsunien » …

Nos voisins les « États-Uniens »
Jacques Desrosiers
L’Actualité langagière, volume 4, numéro 4
BTB
2007

Mon collègue André Racicot a discuté du mot états-unien dans sa chronique de L’Actualité terminologique il y a sept ans1. Il arrivait à la conclusion qu’il était trop tard pour renverser un usage solidement établi. Je ne suis pas plus optimiste que lui sur l’avenir de ce drôle de gentilé, mais il est intéressant de revenir sur la question, parce que le mot s’est gagné des partisans depuis l’an 2000, et que le débat a même fait surface l’été dernier dans rien de moins que le New York Times.

L’article du Times – plaisamment intitulé « There’s a Word for People Like You » – était une traduction maison d’un topo que venaient de faire paraître les deux correcteurs du journal Le Monde sur leur blogue « Langue sauce piquante2  ». Ils n’apportaient pas de solution au problème, si problème il y a, mais expliquaient aux lecteurs du Times qu’en français le mot américain désignait les habitants des États-Unis de façon maladroite – n’y a-t-il pas aussi sur le continent « américain » des Canadiens, des Mexicains, des Argentins…? – et qu’un concurrent, états-unien, avait pris place à ses côtés, sans vraiment annoncer sa mort, puisque américain avait une légitimité historique.

Il aurait été audacieux de proposer autre chose que la cohabitation. Leur topo leur avait d’ailleurs valu des volées de bois vert des nombreux internautes qui fréquentent leur site. Beaucoup y décelaient une marque d’anti-américanisme, certains voyaient même se pointer la « machine de guerre altermondialiste ». Difficile de nier qu’états-unien dissimule mal une certaine réserve à l’égard des États-Unis. Récemment un animateur de Radio-Canada précisait en posant une question à son invité au sujet des relations Québec-Mexique : « J’emploie ici le mot américain au sens « noble ». » Il évoquait le continent. Américain au sens courant est presque péjoratif aux yeux de certains. Les correcteurs du Monde s’étaient défendus en affirmant que « les Québécois et les autres francophones canadiens utilisent depuis bien avant la naissance du mouvement altermondialiste le terme « états-uniens » ». C’était beaucoup nous prêter.

Mais l’article avait le singulier mérite de rappeler que le mot a été inventé au Québec il y a une soixantaine d’années, sans donner de source. Sa fréquence a d’ailleurs été plus élevée de ce côté-ci de l’Atlantique. Ce n’est pas étonnant : nous sommes les premiers concernés. Gaston Dulong le fait d’ailleurs figurer dans son Dictionnaire des canadianismes publié chez Larousse, ainsi que Sinclair Robinson et Donald Smith dans le Dictionnaire du français canadien, bien qu’étrangement ces derniers le classent dans la langue « populaire et familière ».

Le mot a eu une présence erratique dans les dictionnaires français depuis quelques décennies. Il a fait une première apparition, sans trait d’union, dans le Grand Larousse encyclopédique en 1961. Pierre Gilbert le notait dans son Dictionnaire des mots nouveaux en 19713. Il en avait trouvé trois occurrences, dont l’une de 1955 dans Esprit, les deux autres des années soixante. Dupré en recommandait l’emploi en 1972 dans l’Encyclopédie du bon français, « lorsque américain serait absurde et ambigu, et qu’on ne peut employer « des États-Unis », par exemple lorsqu’il y a un autre complément par de : la politique états-unienne d’aide à l’Amérique latine ». On ne peut pas dire que cet avis ait provoqué une révolution. Pourquoi d’ailleurs ne pourrait-on dire : la politique d’aide des États-Unis à l’Amérique latine?

Il est absent du Grand dictionnaire encyclopédique Larousse (le GDEL) publié en 1983, mais réapparaît en 1995 dans son successeur, le Grand Larousse universel. En 1985, la deuxième édition du Grand Robert le donnait encore comme rare. Aujourd’hui il figure à peu près partout, mais je note que le Petit Robert ne l’a pas gardé dans son édition de poche 2008.

Le Petit Robert le fait remonter à 1955. Il s’appuie sans doute sur la citation dénichée par Pierre Gilbert. Un traducteur du Bureau m’avait pourtant signalé que le mot avait été à la mode au Québec aux alentours de la Deuxième Guerre mondiale. Or dans une page d’archives reproduite par le Devoir en mai 2007, je suis tombé sur un article du 7 mai 1945 résumant une conférence d’André Laurendeau, qui déclarait dans un débat sur la langue :

« Vous auriez d’un côté une langue solidement assise, bien enracinée, parlée par huit millions de Canadiens et 140 millions d’États-Uniens, et comprise par trois millions et demi de Canadiens jadis d’expression française4… »

Un wikipédiste a trouvé une occurrence plus vieille encore, dans un article paru en 1942 dans la French Review, « La Vie Intellectuelle au Canada Français », sous la plume de Marine Leland :

« Le roman canadien-français ne peut se comparer, ni du point de vue de la qualité ni de celui de la quantité, à la poésie ou à l’histoire canadienne. Il ne peut se comparer non plus au roman états-unien5. »

Leland, une Franco-Américaine d’origine québécoise, était une éminente spécialiste des études canadiennes-françaises. D’après la page reproduite en fac-similé dans Internet, l’article avait d’abord paru dans Le Travailleur, un hebdo publié au Massachusetts. Le mot était donc connu des Franco-Américains, du moins dans les milieux intellectuels.

Mais la plus vieille référence est celle mentionnée par le Dictionnaire culturel en langue française, publié par les éditions Le Robert en 2005 sous la direction d’Alain Rey, qui a retracé états-unien dans un article d’André Laurendeau (encore lui!) paru en 1941, « L’Enseignement secondaire », sans préciser davantage la source. Il doit s’agir de L’Action nationale, dont Laurendeau était le directeur à l’époque.

Ces références montrent que le mot était en vogue dans les années 40. Pourtant, à ma connaissance, Bélisle ne le fera entrer dans son Dictionnaire général de la langue française au Canada qu’au moment de la deuxième édition en 1971, en le faisant précéder d’une petite fleur de lys pour indiquer que c’était un québécisme, avec l’exemple : la marine états-unienne. Son usage a sans doute été marginal, même pendant la guerre. Laurendeau lui-même était loin de l’employer systématiquement. Plus tard, dans un éditorial du Devoir du 16 mars 1955 portant sur les relations canado-américaines, il emploie exclusivement américain6. La vogue était passée, semble-t-il.

Plusieurs ont remarqué que le mot a repris du poil de la bête depuis l’an 2000. Certains pensent qu’il est revenu dans la foulée du 11-Septembre; c’est une possibilité. Il y a six ou sept ans, il était à peine employé. Si Robert Solé a pris la peine d’en parler dans une chronique de langue du Monde le 10 novembre 2003, pour dire que « le terme ne passe pas », c’est que le mot commençait à se rencontrer plus souvent tout en restant assez discret. Si on traçait un graphique de son emploi depuis le début, on verrait le terme monter, atteindre un plateau, descendre un peu plus tard, puis remonter tranquillement après une longue absence. On peut se demander s’il ne connaît pas un regain passager, avant de retomber à nouveau hors d’usage.

Bien des facteurs entrent en jeu. Il y a notamment le contraste entre l’usage québécois et l’usage français, et aussi celui entre les grands médias et les sources plus marquées politiquement, notamment sur le Web.

Prenons l’usage français. Pour le Monde, les moteurs de recherche relèvent dans les cinq dernières années une vingtaine d’articles où apparaît le terme (en tenant compte du féminin et du pluriel). Ce n’est pas beaucoup. En 2007, de janvier à la fin octobre, on n’en trouve que quelques-uns. Quand on restreint le domaine à lemonde.fr et à l’année écoulée, Google recense une centaine de pages, mais en regardant de près on verra que presque toutes les occurrences viennent de blogues ou de réactions d’abonnés à des articles, et non des journalistes maison. Dans les archives de L’Express, une dizaine en tout, et en 2007 deux seulement. Et tout comme dans le Monde, ces occurrences isolées sont écrasées par un millier d’américain. Tout se passe comme si, en France, états-unien avait essayé de se tailler une place dans les années 2002 à 2006, mais qu’il était déjà sur une pente descendante.

Du côté québécois, la fréquence est plus élevée, mais encore modeste toutes proportions gardées. Dans la Presse, le terme revient dans 200 articles de janvier à octobre 2007. Le chiffre est constant depuis quelques années. Dans le Devoir, si l’on interroge le moteur de recherche du site, on passe de quelques articles par année avant l’an 2000, à une soixantaine par année de 2001 à 2004, puis à une centaine de 2005 à 2007. J’ai noté plus précisément : 90 de janvier à octobre 2005, 90 de janvier à octobre 2006, et 105 de janvier à octobre 2007. Ce n’est pas une montée vertigineuse. De plus, il faut mettre ces chiffres en perspective : dans le cas de la Presse, américain apparaît dans plus de 20 000 articles par année. L’autre ne lui fait pas beaucoup d’ombre.

Et le mot revient souvent sous la plume des mêmes journalistes. À la Presse, Joneed Khan s’en est fait le champion. Il parle du président états-unien, du Congrès états-unien, du retrait états-unien d’Irak, du projet états-unien de Zone de libre-échange des Amériques. Il est frappant de voir que même lui n’a pas renoncé à américain : il a mentionné le Congrès américain en juillet dernier et le secrétaire d’État américain le 13 septembre. Moments d’inattention?

Dans les grandes encyclopédies électroniques comme l’Universalis ou Encarta, les occurrences se comptent sur les doigts de la main. Wikipédia renferme quelque deux mille états-unien, par exemple il est question de la « guerre de sécession états-unienne » à l’article sur le film Le bon, la brute et le truand. Mais ces états-unien font face à cent mille américain. En outre, un bon nombre d’entre eux viennent de pages où les collaborateurs poursuivent justement des discussions, parfois musclées, sur l’opportunité d’accepter le mot dans l’encyclopédie. C’est un peu la cour du roi Pétaud dans cette merveilleuse encyclopédie, mais il n’est pas du tout sûr que le mot s’y imposera.

C’est véritablement dans les médias et les sites contestataires ou militants qu’états-unien fleurit. Le réseau Voltaire, « réseau de presse non alignée », est exemplaire à cet égard : les rédacteurs l’emploient deux fois plus souvent qu’américain7. On le rencontre souvent sur le site des « Amis de la Terre », groupe de défense de l’environnement, et sur « Grand Soir », « un journal alternatif d’information militante ». Mais américain reste quand même plus fréquent : on continue de parler des élections américaines, on n’en est pas encore aux élections états-uniennes8.

Il ne fait pas de doute que le mot est marqué à gauche sur l’échiquier politique. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’oeil sur le journal communiste français L’Humanité : 118 occurrences d’états-unien en 2007, un net contraste avec le reste de la presse française. Mais la pente n’est pas à pic là non plus : 127 occurrences en 2005, 105 en 2006 – contre des milliers d’américain9. On s’attendrait à le rencontrer souvent dans les pages de publications comme Courrier international, mais l’une des rares occurrences que j’y ai trouvées apparaissait dans un article reproduit du Devoir10!

Je note enfin qu’un wikipédiste a affirmé que le mot figurait dans certains manuels scolaires de géographie.

On peut résumer la situation comme suit. Dans la presse en général, le terme s’est mis à grimper des deux côtés de l’Atlantique il y a quelques années, pour atteindre assez vite un plateau. Il semble avoir déjà amorcé sa descente en France. Il reste plus fréquent chez nous, mais il serait exagéré de dire qu’il a le vent dans les voiles. Pour le reste, l’usage est assez circonscrit. En fait, l’avenir du terme dépendra en grande partie de l’influence qu’exerceront des sites comme ceux que j’ai mentionnés, et ils ne sont pas négligeables, ainsi que de la détermination des blogueurs et autres internautes à l’employer. Il faut avouer que cinquante ans d’allées et venues dans les dictionnaires et une fréquence encore relativement faible dans l’usage lui donnent un peu l’air d’un néologisme attardé. Mais qui sait, peut-être que la diffusion de l’article du New York Times et le blogue du Monde lui donneront un nouvel élan. Avec Internet les choses peuvent changer vite.

Il faudrait quand même toute une rééducation pour en généraliser l’emploi. Pensons à tout ce qu’il faudrait rebaptiser. Ne dites pas : la guerre américano-mexicaine, dites : la guerre mexicano-états-unienne. Ne dites pas : la révolution américaine, les relations canado-américaines, le vin américain, etc. Dites : l’armée états-unienne, les Noirs états-uniens, Je me suis acheté une voiture états-unienne. Et n’oublions pas les cinquante États états-uniens.

Nul ne contestera que la logique plaide pour états-unien. Mais en face il y a l’histoire, l’usage, la langue, l’euphonie, les habitudes. C’est beaucoup. Pour être efficace, il faudrait en même temps intensifier l’emploi géographiquement correct d’américain, ce qui ferait surgir l’ambiguïté de partout. Remarquons que les États-Uniens continueraient d’être des Américains – comme nous! Combien parmi nous sont prêts à se définir comme « Américains »? On peut prédire une certaine résistance. De plus, s’il y a un brin d’anti-américanisme dans la promotion d’états-unien, forcément il sera lui aussi péjoratif. C’est comme si on remettait chaque fois sous le nez des Américains la carte du continent.

Plusieurs ont rappelé qu’il serait abusif d’accuser ces derniers de s’être appelés ainsi à cause de prétentions hégémoniques. Comme le rappelle le Grand dictionnaire terminologique de l’OQLF, ils ont formé leur gentilé à partir du nom de leur pays, États-Unis d’Amérique, de la même manière que, plus tard, les Mexicains à partir d’États-Unis du Mexique.

Il faut revenir au point de départ et se demander où est le problème. Nous arrive-t-il souvent de rester perplexes parce que le mot américain devant nos yeux est ambigu? Prend-on les Canadiens pour des habitants des États-Unis? Paul Roux a répondu à la question dans son blogue « Les amoureux du français » sur le site de la Presse le 9 novembre 2006 :

« [l’appellation américain] n’est pas non plus confondante. Lorsqu’on parle des Américains, on sait bien qu’il ne s’agit pas des Canadiens ou des Mexicains. Le français dispose d’ailleurs du terme Nord-Américain, qui englobe tous les habitants de l’Amérique du Nord, et du terme Sud-Américain, qui désigne ceux de l’Amérique du Sud. »

Les Américains en ont attrapé eux-mêmes un complexe et ont cherché d’autres noms. L’Encyclopedia4u.com résume ainsi le problème :

« As many people from the various nations throughout the New World consider themselves to be « Americans », some people think the common usage of « American » to refer to only people from the U.S. should be avoided in international contexts where it might be ambiguous. Many neologisms have been proposed to refer to the United States instead of « American ». However, they are virtually unused, and most commentators feel that it is unlikely that they will catch on. »

Quelques exemples des termes qui ont été proposés au fil du temps : Usian, Usanian, USAian, Usonian, Columbard, Fredonian, United Statesian, Colonican, U-S-ian, USAn, etc.

Du côté espagnol, la situation est bien différente. Le Diccionario Panhispánico de Dudas de la Real Academia Española, qui recueille l’usage de l’ensemble des pays hispanophones, recommande d’employer estadounidense, et non americano, pour désigner nos voisins du Sud. Dans son Diccionario de la Lengua Española, l’académie précise que estadounidense veut dire « Natural de los Estados Unidos de América », tandis que americano est défini comme « Natural de América ». Mais il est normal que le monde hispanophone et les Latino-Américains en particulier soient plus sensibles à l’emploi du mot americano. Estadounidense est aussi très euphonique. On m’a fait remarquer par ailleurs que l’agence de presse espagnole EFE, qui recommande aussi l’emploi de estadounidense dans son vade-mecum, incline à penser que norteamericano reste plus fréquent dans l’usage (« Norteamericanos es tal vez el más usado, si bien no es el más preciso11 »). Norteamericano? On dirait que, vu d’Europe ou d’Amérique latine, le Canada se retrouve toujours dans un angle mort12.

NOTES

REMARQUE

Après la date de tombée de cet article, j’ai relevé sur le site de L’Action nationale, qui reproduit maintenant le contenu complet de ses numéros depuis 1933, une occurrence d’états-unien dans un article d’octobre 1934, « La radio », signé par Arthur Laurendeau. Un article de 1936 attribue la paternité du mot à Paul Dumas, membre du mouvement Jeune-Canada. Le mot revient dans une soixantaine d’articles de 1934 à 1945. Ensuite il apparaît de façon plus éparse. – J. D.

Voir aussi:

Etats-Uniens

Langue sauce piquante

Le blog des correcteurs du Monde

Le continent américain est vaste, et il est tout de même étrange de faire d’un pays un continent, répondions-nous à un lecteur abonné et étonné de lire dans la lettre matinale du Monde.fr (baptisée « Check-List ») le terme « Etats-Uniens » pour désigner les habitants… des Etats-Unis. Et nous ajoutions : « Il ne faut pas voir dans le choix de ce terme la patte de l’altermondialisme ou une marque d’anti-américanisme. Car parler des ‘Américains’ pour désigner les seuls habitants des Etats-Unis, cela ne fait-il pas aussi Grand Satan ? » Martine Jacot, journaliste au Monde et ancienne correspondante du journal à Montréal, rappelle que « les Québécois et autres francophones canadiens utilisent depuis bien avant la naissance du mouvement altermondialiste le terme ‘états-uniens’ ». Si l’on persiste à appeler « Américains » les Etats-Uniens, il faudra alors faire de même pour les Mexicains par exemple, puisque géographiquement parlant, le Mexique fait partie de l’Amérique… du Nord.

Reconnaissons qu’ »Etats-Uniens » a contre lui la coalition de deux mots renforcés par une div’, un combat inégal avec la puissance toute nue du Ricain.

Voir également:

Canada. “Anglos” et “francos”, compatriotes malgré tout

Josée Blanchette
Le Devoir – Montréal
02/03/2005

Chaque samedi, une chaîne anglophone diffuse une émission sur le Québec présentée par une chanteuse à la mode. L’occasion pour une chroniqueuse du Devoir de s’interroger avec humour sur l’identité canadienne

Pauvre Mitsou. Une partie des médias s’acharne sur son cas parce qu’elle représentera tout le Canada français le samedi soir sur la CBC [télévision publique canadienne anglophone]. L’émission [destinée à présenter l’actualité du Québec aux anglophones] s’intitule Au Courant…
et la moitié du bottin de l’Union des artistes a été sollicitée pour animer cette vitrine de nos mœurs et de notre culture à l’intention du ROC (rest of Canada).
Allez comprendre quelque chose aux “anglos”. Ils éprouvent un je-ne-sais-quoi devant les avantages de Mitsou. Why not, coconut ? She’s so French ! A mon avis, il faut tirer parti de cet émoi visuel et simplement aiguiller l’aiguillon en aidant Mitsou à mieux représenter les “francos” du Canada. Elle est charmante, son sourire ferait craquer la Joconde, elle va faire grimper les cotes d’écoute et c’est ce qu’on attend d’une émission, même plate. Comme animatrice, elle s’inscrit parfaitement dans la tendance télévisuelle des émissions d’information : format sexy et contenu mou. De la part d’un pays qui subventionne les danseuses roumaines, donne sa bénédiction au mariage homosexuel et paie des pushers [revendeurs] de marijuana à des fins médicales, il ne faut pas s’attendre à beaucoup plus de sérieux.
Mitsou devra d’abord apprendre à connaître ceux à qui elle s’adresse, l’autre solitude [“les deux solitudes” est l’expression consacrée pour désigner les francos et les anglos au Canada], et s’abonner à Canadian Geographic. Les Canadiens du ROC sont aussi différents de Terre-Neuve à Vancouver qu’un Gaspésien peut l’être d’un Cayen. L’ancien Premier ministre Mackenzie King disait que certains pays avaient trop d’histoire et que le Canada avait trop de géographie. Du moins, c’est un pays horizontal. En général, les Canadiens sont fiers de l’être et ne comprennent pas l’indifférence, entretenue ou viscérale, à l’endroit de l’unifolié [le drapeau national, avec sa feuille d’érable].
Un journaliste de la CBC m’a appelée “from Toronto” l’autre jour pour me demander de lui résumer de quelle façon je me sentais canadienne.
“Mais d’aucune façon ! Le programme des commandites [programme fédéral destiné à promouvoir le Canada auprès des Québécois, qui s’est terminé par un scandale] a été un échec, faut croire !
— Vous n’êtes pas fière de [l’astronaute] Julie Payette ? a-t-il insisté.
— J’espère que ses parents le sont. Pas moi. Je n’ai rien à voir là-dedans. D’ailleurs, je n’ai rien à voir dans le fait que mes propres parents aient baisé au Canada plutôt qu’au Tibet pour me concevoir.”

Six fuseaux horaires multiculturels

Les Canadiens ont bien des marottes, dont celle de visiter leur pays et de traverser ses six fuseaux horaires en entier, a mari usque ad mare [de la mer à la mer]. Ils ne le feront probablement jamais, mais c’est une façon de montrer qu’ils tiennent très fort à leur peu d’attachement les uns pour les autres. Ça, je l’ai puisé dans mon guide de voyage préféré en terre canadienne : Xenophobe’s Guide to the Canadians. La mosaïque culturelle qui nous tient lieu de pays y est dépeinte avec beaucoup d’éloquence.
On y apprend que nos obsessions nationales sont le hockey et la feuille d’érable (que bien des Etats-Uniens épinglent sur leur sac à dos lorsqu’ils voyagent), que les maisons canadiennes sont équipées de deux portes d’entrée, voire d’une troisième qui ferme le vestibule, et que les Canadiens sont extrêmement polis. On a même retrouvé une femme Alzheimer errant à Los Angeles. Les policiers ont déduit qu’elle était canadienne parce qu’elle s’excusait lorsqu’on lui marchait sur les pieds.
On ajoute aussi que le ROC a peur de perdre le Québec à cause de toutes ces années à bûcher pour apprendre le français. Oh yeah ? Call me stupid ! Et, plus que tout, les Canadiens ne sont pas des Etats-Uniens, même si 90 % de la population vit à moins de 300 kilomètres de la frontière. [Le Premier ministre] Paul Martin est un béni-oui-oui qui couche avec un éléphant [le symbole des républicains américains], c’est tout. En raison de son multiculturalisme, la devise du Canada est : “Take the best, leave the rest” [Prenons le meilleur, laissons le reste].
Quelques sujets qui plairont aux anglos :
– La poutine [plat typique composé de frites, de sauce brune et de cheddar] au foie gras du restaurant Au pied de cochon. Même la poutine peut être snob et le foie gras prolo.
– Comment traverser un passage piétonnier sans se faire tuer à Montréal. “Vive la différence !” – Notre cidre de glace, qui figure même sur la carte des vins du George V à Paris. Those crazy French !
– Référendum : la seule fois que les Québécois ont voté oui, c’était en 1919, pour savoir si la prohibition devait prendre fin. La seule fois qu’ils étaient sobres pour y répondre, aussi…
– Le Québec, dernier cendrier du Canada. Notre attachement viscéral au mégot et à la fumée secondaire.
– L’avortement, en hausse constante au Québec : 30 000 l’an dernier (contre 73 000 naissances). Notre mort la plus certaine et notre peu d’enthousiasme à nous reproduire au Canada.

Voir de même:

The trouble with Americans
John Ryle
The Guardian
7 September 1998

A reader in Ecuador takes me to task for my use of the word ‘American’. Why, asks Lincoln Reyes, is it routine to use this word, without qualification, as a synonym for ‘citizen of the United States’ when the majority of Americans, properly speaking, are not from there, but from other countries in North, South or Central America? If you are a Latin American like him, he says, it is galling to be consistently written out of the geography of the continent that gave you birth. No wonder people regard the US as imperialist, when it appropriates the entire hemisphere for its own exclusive domain name. How do I think it feels to be Mexican, Chilean or Canadian, confronted every day with such linguistic chauvinism? What I think is that Mexicans and Canadians have got used to it. They’ve had to. It is not impossible to change the name of a country. (Where, we may ask, are the Zaires of yesteryear?) But renaming the most powerful country in the world is not on the agenda. When Osama bin Laden declares war on ‘America’, we know he does not include Ecuador or Mexico. The usage is worldwide and unlikely to change. This column, though, has never been one to turn its back on lost causes. So let us ask why it is that, in an age of political correctness, of sedulous public avoidance of terms that can cause offence to nations and ethnic groups, America has been exempted from reproach? The US is the home of political correctness. What Lincoln Reyes is suggesting is that it take a dose of its own medicine. Does the US have some proprietorial claim on the name of the continent it occupies? Some kind of historical precedence? Not at all. Amerigo Vespucci was an Italian who almost certainly never set foot in North America. He did explore the coast of South America, however, and in the 16th century a German cartographer named the southern part of the continent after him; only later was the term extended to include the north. So the US calling itself ‘America’ is something like South Africa calling itself ‘Africa’, or the Federal Republic of Germany ‘Europa’. Even the phrase ‘United States’ is not the preserve of the authors of the US Constitution: Brazil’s official name is the United States of Brazil.

Luckily, since there’s no other claimant for the name ‘Brazil’, it is seldom used. Even Lincoln Reyes would permit the USA to call itself the United States. But there is a problem when it comes to US citizens. United Statespersons? Usanians? Hardly. If we are to follow the Reyes Rule we will have to refer to them as ‘people from’ or ‘citizens of’ the US. Both take up a lot of breath. Since we talk about the US so much, we need short words and synonyms to avoid monotony. And synecdoche to avoid redundancy: ‘Washington’ is used to stand for the US government and ‘America’ stands for the country itself – the whole represents the part. But it seems there is no figure of speech that can produce a concise and acceptable term in English for its inhabitants.

There’s a word in Spanish, estadounidense, but it is hard to get your tongue around. ‘Gringo’, of course, is the word most Spanish speakers use. But apart from its pejorative overtones, the word ‘gringo’ is not specific enough. Canadians are gringos; and you and I, if we are anglophone, are probably gringos too, whether we are white or black or brown.

Contrariwise, in some parts of South America ‘gringo’ is used for anyone, even a native, who is fair in colouring. What about ‘yanqui’? It is also pejorative, of course. And the word means something different and more specific within the US. The use of ‘yanqui’ in South America is a reversal, in fact, of the rhetorical move that enshrines ‘American’ as a synonym for US citizen. Where people in the US, in calling themselves Americans, have taken the whole for the part; Spanish speakers, in borrowing ‘yankee’ for a New Englander, and extending it to the whole of the United States, have used the part for the whole. The negative connotation of ‘yanqui’ in Spanish reflects the distaste for US hegemony that my Ecuadorian correspondent exemplifies. ‘Yankee’, its equivalent in British English, has a weird, jocular air. We haven’t used ‘yank’ for yonks. It belongs with ‘Old Blighty’ and ‘Johnny Foreigner’. If political correctness does not proscribe such terms, good taste surely does.

Let us, then, register Lincoln Reyes’s proposal. But someone from a country that calls itself Ecuador may not be in a very strong position to object to the appropriation of geography in the cause of national identity. There are other countries that lie on the Equator; any of them could claim the name for their own. I don’t suppose people in Equatorial Guinea are too upset about Ecuador’s bid for nominal rights over the noughth parallel, but if Lincoln Reyes is serious about curtailing US linguistic imperialism, he may have to look at changing the name of his own country as well.

Voir encore

Caleb Gayle
Time
July 13, 2020
Caleb Gayle is a writer and author of forthcoming book, Cow Tom’s Cabin (under contract with Riverhead Books), a narrative account of how many Black Native Americans, including Cow Tom’s descendants, were marginalized by white supremacy in America

When I was growing up in Tulsa, my teachers would move quickly from the Trail of Tears that began in the 1830s to the oil boom in Oklahoma of the first half of the 20th century. During the early 19th century, the state of Oklahoma became the destination for Native American Nations who were forcibly removed from the south and southeastern United States, but no one drew a straight line from the marginalization of Native Americans to white men’s accumulation of land on which they could profit. The way history was taught, I assumed that the devastation happened so many years ago that it wasn’t relevant. I even had one teacher mention that Native Americans were “standing in the way of progress.” I didn’t know that that teacher was echoing the sentiments of the namesake of the town, Bixby.

Over the past month, I have been spellbound by the actions of activists determined to compel America to confront the ugliness of its past. The protests at the Emancipation Memorial, the removal of Teddy Roosevelt’s statue in New York, and now even the bold calls for rethinking Mount Rushmore on the site of Lakota land reveal that our country has more learning to do about what we choose to glorify. But last week, as many celebrated the Supreme Court’s ruling that Oklahoma—almost half of it at least—belongs to the jurisdiction of the Muscogee (Creek) Nation, I have also been thinking about the relics of our past that are so ingrained in our present that we misremember our history. One such relic is the names of the very places in which we live.

Tams Bixby, a Minnesotan, became chairman of something called the Dawes Commission in 1903, as its founder Henry Dawes took ill. “Henry Dawes may have given the commission its name, but Tams Bixby defined its character and would serve as its leader during the critical period of enrollment and allotment, and he would make the daily decisions that affected the life and future of all of the people in Indian Territory,” Kent Canter wrote in the Dawes Commission And the Allotment of the Five Civilized Tribes, 1893-1914.

The Dawes Commission was a government body designed to persuade the Creek, Cherokee, Seminole, Chickasaw and Choctaw Nations (once called the Five Civilized Tribes) to abandon the communal land ownership system they had long used and to divide the land into allotments that would belong to individuals. In order to complete that process, the commission had to determine who belonged to each tribe, a question Dawes and then Bixby sought to answer using ancestral bloodlines. But, as Sandy Grande, director of the Center for the Critical Study of Race and Ethnicity at Connecticut College, wrote in Red Pedagogy: Native American Social and Political Thought, “Since there was no ‘scientific’ means of determining precise bloodlines, commission members often ascribed blood status based on their own racist notions of what it meant to be Indian—designating full-blood status to ‘poorly assimilated’ Indians and mixed blood status to those who most resembled whites.” The decisions, made by the commission and not by members of the tribe, determined who got which land, and still have ramifications for tribal membership today. Crucially, any land left over once the tribal territories were divided would be available for the U.S. government, and in turn to white settlers. This process would lead to these Nations losing more than 100 million acres of land—land they were promised would be theirs and theirs alone.

Until I started writing a book about the history of Black citizens of the Creek Nation, I did not know that the town of Bixby, on the outskirts of my childhood home, was named in honor of the man who led this devastating effort. My teachers never told me about him, likely because they weren’t given the chance to weigh the full measure of history either.

On July 3, in the shadow of Mt. Rushmore, President Trump said, “As we meet here tonight there is a growing danger that threatens every blessing our ancestors fought so hard for.” He then doubled down, saying, “Our nation is witnessing a merciless campaign to wipe out our history, defame our heroes, erase our values and indoctrinate our children.”

Children are being indoctrinated, but not in the way Trump suggests. Instead, they are being fed an uncomplex version of history—one that minimizes the experiences of those on the margins to turn white men who did evil things into heroes. The name Bixby had become so common in my area that we didn’t think about where it came from. That’s why we tear down, rename and rethink. We do it to tell the whole story, not just the parts that make us feel good. Perhaps we need to do this not just for statues and monuments and schools and sports teams but for cities and counties too. Perhaps we should begin again with the full weight of history upon which we stand.

It’s not just Bixby, of course. In Oklahoma, Jackson County is named for Confederate General Stonewall Jackson, while Roger Mills County is named for Roger Q. Mills, a U.S. senator who served in the Confederate Army and had ties to the Ku Klux Klan. I’ve driven through both of them without even thinking about the origins of their names. Likewise, Stephens County, Texas, was named after Alexander Stephens, the Vice President of the Confederate States, and his boss, Jefferson Davis, has counties named in Texas, Georgia and Mississippi as well as a parish in Louisiana. People who marginalized and oppressed didn’t just affect those who lived at the time–Bixby’s actions, along with so many others’, caused the Creek Nation to lose the jurisdictional power they just, in part, won back–and the places that bear their names should no longer remain without scrutiny.

History demands that we remember all of it or it isn’t true history at all.

When I was growing up in Tulsa, my teachers would move quickly from the Trail of Tears that began in the 1830s to the oil boom in Oklahoma of the first half of the 20th century. During the early 19th century, the state of Oklahoma became the destination for Native American Nations who were forcibly removed from the south and southeastern United States, but no one drew a straight line from the marginalization of Native Americans to white men’s accumulation of land on which they could profit. The way history was taught, I assumed that the devastation happened so many years ago that it wasn’t relevant. I even had one teacher mention that Native Americans were “standing in the way of progress.” I didn’t know that that teacher was echoing the sentiments of the namesake of the town, Bixby.
Over the past month, I have been spellbound by the actions of activists determined to compel America to confront the ugliness of its past. The protests at the Emancipation Memorial, the removal of Teddy Roosevelt’s statue in New York, and now even the bold calls for rethinking Mount Rushmore on the site of Lakota land reveal that our country has more learning to do about what we choose to glorify. But last week, as many celebrated the Supreme Court’s ruling that Oklahoma—almost half of it at least—belongs to the jurisdiction of the Muscogee (Creek) Nation, I have also been thinking about the relics of our past that are so ingrained in our present that we misremember our history. One such relic is the names of the very places in which we live.
Tams Bixby, a Minnesotan, became chairman of something called the Dawes Commission in 1903, as its founder Henry Dawes took ill. “Henry Dawes may have given the commission its name, but Tams Bixby defined its character and would serve as its leader during the critical period of enrollment and allotment, and he would make the daily decisions that affected the life and future of all of the people in Indian Territory,” Kent Canter wrote in the Dawes Commission And the Allotment of the Five Civilized Tribes, 1893-1914.
The Dawes Commission was a government body designed to persuade the Creek, Cherokee, Seminole, Chickasaw and Choctaw Nations (once called the Five Civilized Tribes) to abandon the communal land ownership system they had long used and to divide the land into allotments that would belong to individuals. In order to complete that process, the commission had to determine who belonged to each tribe, a question Dawes and then Bixby sought to answer using ancestral bloodlines. But, as Sandy Grande, director of the Center for the Critical Study of Race and Ethnicity at Connecticut College, wrote in Red Pedagogy: Native American Social and Political Thought, “Since there was no ‘scientific’ means of determining precise bloodlines, commission members often ascribed blood status based on their own racist notions of what it meant to be Indian—designating full-blood status to ‘poorly assimilated’ Indians and mixed blood status to those who most resembled whites.” The decisions, made by the commission and not by members of the tribe, determined who got which land, and still have ramifications for tribal membership today. Crucially, any land left over once the tribal territories were divided would be available for the U.S. government, and in turn to white settlers. This process would lead to these Nations losing more than 100 million acres of land—land they were promised would be theirs and theirs alone.
Until I started writing a book about the history of Black citizens of the Creek Nation, I did not know that the town of Bixby, on the outskirts of my childhood home, was named in honor of the man who led this devastating effort. My teachers never told me about him, likely because they weren’t given the chance to weigh the full measure of history either.
On July 3, in the shadow of Mt. Rushmore, President Trump said, “As we meet here tonight there is a growing danger that threatens every blessing our ancestors fought so hard for.” He then doubled down, saying, “Our nation is witnessing a merciless campaign to wipe out our history, defame our heroes, erase our values and indoctrinate our children.”
Children are being indoctrinated, but not in the way Trump suggests. Instead, they are being fed an uncomplex version of history—one that minimizes the experiences of those on the margins to turn white men who did evil things into heroes. The name Bixby had become so common in my area that we didn’t think about where it came from. That’s why we tear down, rename and rethink. We do it to tell the whole story, not just the parts that make us feel good. Perhaps we need to do this not just for statues and monuments and schools and sports teams but for cities and counties too. Perhaps we should begin again with the full weight of history upon which we stand.
It’s not just Bixby, of course. In Oklahoma, Jackson County is named for Confederate General Stonewall Jackson, while Roger Mills County is named for Roger Q. Mills, a U.S. senator who served in the Confederate Army and had ties to the Ku Klux Klan. I’ve driven through both of them without even thinking about the origins of their names. Likewise, Stephens County, Texas, was named after Alexander Stephens, the Vice President of the Confederate States, and his boss, Jefferson Davis, has counties named in Texas, Georgia and Mississippi as well as a parish in Louisiana. People who marginalized and oppressed didn’t just affect those who lived at the time–Bixby’s actions, along with so many others’, caused the Creek Nation to lose the jurisdictional power they just, in part, won back–and the places that bear their names should no longer remain without scrutiny.
History demands that we remember all of it or it isn’t true history at all.

Voir enfin:

There’s a Word for People Like You
Martine Rousseau and Olivier Houdart
The New York Times
July 6, 2007

Paris
WHAT is the proper term to refer to those of you who live in the United States of America? The word “American” is so deeply embedded in your nation’s identity that it may seem curious to you that there could be any discussion about it, but some people — in Latin America, for example — find it offensive, while others, including some in France, simply find it imprecise.

“Américain” (in French the ethnonym is capitalized, the adjective is lower case) is a word with many meanings, depending on context: “américains” applies to all Américains (from the United States), yet all Américains (from North and South America) are not necessarily américains.

That’s why “Américain,” which first appeared in French as early as the 16th century and is applicable to groups other than just the inhabitants of the United States (in contrast to Canadien, Mexicain, Argentin, etc.), has a certain unsatisfactory quality about it, and it would be preferable to find something more precise. The French do use certain diminutives — like “Ricains” (first attestation in 1918), “Amerlos” (1936) and “Amerloques” (1945) — that refer to only the United States, but the news media can’t use them; they aren’t necessarily hostile but they did take on a pejorative tinge during the cold war.

Helpfully, though, in Quebec about six decades ago the word États-Unien, derived from the French for United States, États-Unis, was born. Its spread was modest at first, but today it’s frequent in the news media, and there’s even a radio program here that uses it exclusively. In ordinary conversation, though, the French still say “Américains.” A recent occurrence of “États-Uniens” (though far from the first) on the Web site of our newspaper, Le Monde, provoked the ire of readers who saw anti-American and anti-globalist sentiment behind it.

When we published a note on our language blog defending the use of États-Uniens — the word is neither pretty nor musical, but it answers a certain need — we had an outpouring of responses. They ranged from absolute opposition to the word (because of its supposed anti-Americanism, its ugliness, its snobbishness, its sarcastic tone, its lack of usefulness for anyone but academics — and because it sounds like space aliens) to enthusiastic approval, notably as a counter to the “imperialist” appropriation of a whole continent by one country’s ethnonym.

Readers also suggested similar terms that they considered more melodic, like Usaniens or Usiens (following the example of the Greek word Usanos, derived from U.S.A., even though those initials are actually the equivalent of I.P.A. in that language).

One reader even declared, “The United States of America is the only country in the world that doesn’t have a name: the first two words define its political organization, the last the continent it sits on.” That doesn’t seem entirely fair: while the United States at least mentions a continent, the old Soviet Union had no geographic anchorage at all.

As for us, although we’d be delighted to be the founders of a new linguistic mandate, we find that Américain has historical legitimacy, while États-Unien, its challenger, solves a lexical problem — indeed, they complement each other and we should let the two of them cohabit. Besides, we can then prove wrong Pierre Bayle, the great French historian of the 17th century, who wrote that as in nature, “the birth of one word is usually the death of another.” Therefore we say, during the week of your national holiday, vive l’Américain — and l’États-Unien.


Médias: A l’exemple de Saturne, la Révolution dévore ses enfants (Spot the error when the mainstream media want to cut ties with even moderate anti-Trump conservatives… because they won’t bend the knee to critical theory’s version of reality !)

17 juillet, 2020

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A l’exemple de Saturne, la révolution dévore ses enfants. Jacques Mallet du Pan (1793)
On pensait d’ordinaire que le socialisme était une sorte de libéralisme augmenté d’une morale. L’État allait prendre votre vie économique en charge et vous libérerait de la crainte de la pauvreté, du chômage, etc., mais il n’aurait nul besoin de s’immiscer dans votre vie intellectuelle privée. Maintenant la preuve a été faite que ces vues étaient fausses. George Orwell (Literature and Totalitarianism, 1941)
Déjà, nous ne savons littéralement presque rien de la Révolution et des années qui la précédèrent. Tous les documents ont été détruits ou falsifiés, tous les livres récrits, tous les tableaux repeints. Toutes les statues, les rues, les édifices, ont changé de nom, toutes les dates ont été modifiées. Et le processus continue tous les jours, à chaque minute. L’histoire s’est arrêtée. Rien n’existe qu’un présent éternel dans lequel le Parti a toujours raison. Je sais naturellement que le passé est falsifié, mais il me serait impossible de le prouver, alors même que j’ai personnellement procédé à la falsification. Winston (1984, George Orwell)
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
A statue of Jesus Christ was decapitated and knocked off a pedestal at a Catholic church in Florida, another in a string of similar incidents nationwide. (…) In a separate incident, a Catholic congregation in Ocala, several hours north of Miami, was targeted Saturday morning while preparing for Mass. Steven Anthony Shields, 24, is accused of slamming his vehicle into the church before setting it on fire. (…) In another act of violence, the pastor of St. Stephen Catholic Church in Chattanooga, Tenn., found a statue of Mary decapitated on Saturday and they have not located the statue’s head, Catholic News Agency reports. (…) Statues of the Virgin Mary also were vandalized in Boston and New York City over the weekend. A 249-year-old Catholic church in the Archdiocese of Los Angeles caught fire Saturday morning. Capt. Antonio Negrete of the San Gabriel Fire Department told the local Fox 11 news outlet the recent destruction of monuments to Junipero Serra, the founder of the California mission system – whom Indigenous activists view as a symbol of oppression – will be a factor in the investigation. Following George Floyd’s police-related death in May, Black Lives Matter leaders and protesters called for the toppling of statues, from Confederate symbols to former U.S. presidents and abolitionists. Activist Shaun King called for all images depicting Jesus as a « White European » and his mother to be torn down because they’re forms of « White supremacy » and « racist propaganda. » Meanwhile, people on social media point out the lack of mainstream coverage of the recent anti-Catholic incidents. « Churches are being burned to the ground. What?, » Mike Cernovich, a controversial right-leaning author, said in a video on Twitter. « Why is this not the biggest story of the day? » Sean Feucht, a California worship leader and pastor, commenting on the incidents asked, « Where’s the outrage? » Fox 5
J’ai été embauchée dans le but de faire venir au journal les voix qui n’apparaîtraient pas dans ses pages autrement : (…) les centristes, les conservateurs et ceux qui ne se sentent pas chez eux au New York Times. La raison de ce recrutement était claire : le journal n’avait pas anticipé le résultat de l’élection présidentielle de 2016, ce qui montrait qu’il n’avait pas une bonne compréhension du pays qu’il couvre. Pourtant , le journal n’a pas tiré les enseignements qui auraient dû suivre le scrutin. Mes incursions dans la pensée non orthodoxe ont fait de moi l’objet d’un harcèlement constant de la part de mes collègues qui ne partagent pas mes opinions. Ils me traitent de nazie et de raciste (…). Mon travail et ma personne sont ouvertement dénigrés sur les chaînes Slack [outil de communication interne] de la société (…). Certains collaborateurs y soutiennent qu’il faut se débarrasser de moi si le journal veut être véritablement ‘inclusif’ et d’autres postent l’émoji de la hache [‘ax’ signifie à la fois ‘hache’ et ‘virer’] à côté de mon nom. Bari Weiss
Chaque jour des jeunes noirs sont tués par des gangs à Chicago. Où sont les militants de Black Lives Matter? Quand des Noirs tuent des Noirs, les militants Black Lives Matter ne viennent pas faire ce bazar. Femme noire de Chicago
On pose une équivalence entre Histoire et Occident. Selon cette logique, toute l’histoire, surtout quand elle est criminelle, est faite par l’Occident. Lorsque quelque chose de mal se passe, c’est donc l’Occident qui est responsable. Comme si rien ne pouvait advenir sans nous. Or, ce n’est absolument pas le cas. Notre impérialisme absolu sur l’histoire nous conduit à une culpabilisation absolue de nous-mêmes et à une victimisation tout aussi absolue d’autrui. Gabriel Martinez-Gros
Pour l’instant, les médias ne s’intéressent à la vie des Noirs que quand ils sont tués par des Blancs (ce qui est en fait statistiquement très rare). Et cela contribue à invisibiliser encore davantage la vie des Noirs. (….) Aux Etats-Unis, 93 % des Noirs victimes d’un homicide sont tués par d’autres Noirs. S’il est normal de condamner le meurtre [?] ignoble et tragique de George Floyd, il est curieux de voir nombre de personnes s’en prendre à la police américaine dans son ensemble et ne rien dire sur les gangs, alors que les gangs tuent bien plus de Noirs (et de manière bien plus «systémique») que ne le fait la police. Si nous pensons véritablement que «Black Lives Matter», alors nous devons nous intéresser à TOUTES les vies noires et ne pas sélectionner une toute petite minorité d’entre elles à cause d’arrière-pensées idéologiques. Derrière cette volonté de ne s’intéresser aux Noirs que lorsqu’ils sont tués par des Blancs, il existe un véritable arrière-fond raciste, non seulement raciste anti-blancs, mais aussi et surtout raciste anti-Noirs: la vie des Noirs n’aurait d’intérêt que quand elle viendrait valider l’idée d’un «racisme systémique» des sociétés occidentales. Une telle vision est en fait le fruit de l’ethnocentrisme délirant qui caractérise l’Occident. L’Occident pense qu’il est le centre de l’Histoire, que tout tourne autour de lui et que tout ce qui arrive dans le monde (bon ou mauvais) est de son fait. Dans le passé, cette «folie des Blancs» (pour reprendre une expression employée par l’écrivain André Malraux dans son roman La Voie royale, qui se déroule dans l’Indochine coloniale) a poussé l’Occident à se croire supérieur aux autres civilisations, à broyer la diversité du monde et à coloniser une bonne partie du globe. Aujourd’hui, le même ethnocentrisme pousse certains à considérer que l’Occident est la source de tous les maux. Dans la vision ethnocentrique, peu importe que l’Occident soit défini comme supérieur (la Colonisation) ou comme coupable (la repentance), il doit toujours être le pivot de l’Histoire. Rien ne saurait arriver en dehors de lui. L’Occident a beaucoup de mal à admettre qu’il n’est qu’une civilisation comme les autres et parmi d’autres: il préfèrera même parfois s’enfermer dans la repentance et dans une culpabilité imaginaire (mais qui lui permettent de rester l’acteur central) plutôt que de le reconnaître. Egocentrique, il ne s’intéresse à la vie des Noirs que quand ce sont des Blancs qui sont les assassins. (…) Le plus grand paradoxe est que la mouvance «décoloniale», qui constitue la pointe avancée des événements actuels, n’a absolument pas décolonisé son imaginaire et continue d’imaginer que le «Grand Méchant Occident» est à l’origine de tous les maux dont souffre le monde. Or, une telle vision, en plus d’être totalement fausse sur le plan factuel, est paternaliste: elle infantilise les populations non-blanches et les dépossède de leur Histoire, de leur parole, de leur action. On l’a bien vu dans certaines vidéos récentes. À Chicago, une femme noire s’oppose aux militants de l’ultra-gauche, déclarant: «Chaque jour des jeunes noirs sont tués par des gangs à Chicago. Où sont les militants de Black Lives Matter? Quand des Noirs tuent des Noirs, les militants Black Lives Matter ne viennent pas faire ce bazar.» Une militante (blanche) lui fait la leçon et lui répond de manière surréaliste. Complètement déconnectée des réalités du ghetto noir, où les meurtres intra-communautaires sont en effet quotidiens, elle lui fait la leçon et lui répond dans un jargon d’universitaire: «Mais que faîtes-vous de l’oppression systémique?». De même, des militants décoloniaux (blancs), voulant déboulonner la statue de Frederick Douglass (ancien esclave noir et militant abolitionniste!), se sont opposés à des guides touristiques noirs qui ont vaillamment défendu la statue. Si elles n’étaient pas accompagnées d’explications, les images feraient vraiment penser que les manifestants sont des suprémacistes blancs racistes et non pas des militants de gauche agissant au nom de l’antiracisme et prétendant que «Black Lives Matter». Mais cette ressemblance n’a rien d’un hasard, car suprémacistes blancs et militants décoloniaux partagent le même imaginaire ethnocentrique selon lequel l’Homme blanc serait au centre de tout (soit pour être supérieur, comme le pensent les suprémacistes, soit pour faire le mal comme le pensent les décoloniaux), ce qui prive mécaniquement les Noirs de toute histoire autonome. C’est ce qu’a bien souligné, en France, l’écrivaine (noire) Tania de Montaigne, fustigeant le concept de «privilège blanc» défendu récemment par la réalisatrice et militante décoloniale (blanche) Virginie Despentes. Tania de Montaigne voit dans cette notion un fantasme raciste qui ne correspond à rien de réel et qui, sous prétexte d’anti-racisme, réédite inconsciemment le discours raciste traditionnel de la hiérarchie des races, plaçant les Blancs au sommet d’une pyramide, et fait les non-Blancs comme d’éternels mineurs, toujours victimisés et qui devraient être aidés avec condescendance. Il en va de même dans les discours sur l’esclavage et la colonisation. Comme le souligne dans les colonnes du Figaro, l’historien Pierre Vermeren,: «La guerre et l’esclavage appartiennent de manière continue à la longue histoire des sociétés humaines (…) Aujourd’hui, il subsiste près de 46 millions d’esclaves dans le monde, dont la moitié en Asie (Chine, Inde et Pakistan) et près d’une autre en Afrique, au Sahel notamment. Les sociétés de la péninsule Arabique sont également concernées.» Et Pierre Vermeren nous rappelle qu’en ce qui concerne l’esclavage africain, il a existé trois traites distinctes: la traite européenne à destination des Amériques (où des Africains vendaient aux Européens les captifs issus de tribus rivales, car on oublie trop souvent de dire que si des Européens ont acheté des esclaves, c’est bien que quelqu’un les leur avait vendus sur place), la traite arabo-musulmane (à propos de laquelle les travaux de l’historien sénégalais Tidiane N’Diaye ont démontré que dix-sept millions de victimes noires furent asservies par les Arabes, parfois mutilées et assassinées, pendant plus de treize siècles sans interruption) et la traite interne à l’Afrique subsaharienne (qui continue encore aujourd’hui et qui fut combattue jadis par les colonisateurs français et britanniques, la colonisation ayant globalement eu lieu après que ces deux pays eurent aboli l’esclavage). Mais là encore, l’Occident ne veut pas admettre l’extrême banalité historique de la guerre et de l’esclavage. Il veut en avoir le monopole. Il préfère être pleinement coupable et se sentir ainsi toujours à part plutôt que de se trouver commun, rangé au côté des autres. Ainsi les traites d’esclaves commises par d’autres et où il n’a pris aucune part ne l’intéressent pas. Plutôt que de lutter concrètement contre l’esclavage actuel en Libye ou en Mauritanie, on préférera donc se flageller en s’en prenant à Colbert (alors que le Code noir ne représente qu’une infime partie de la vie et de l’œuvre de ce grand serviteur de l’État, les statues à son effigie honorant son rôle dans la construction de l’administration française et nullement son rôle supposé dans la traite esclavagiste, qui d’ailleurs ne posait pas de problèmes moraux à l’époque). Le plus dramatique est que toute ces actions hystériques, qui sapent la paix sociale, n’améliorent absolument pas la cause des Noirs. Si les vies noires comptent vraiment, alors, plutôt que de déboulonner des statues, les militants du Black Lives Matter (blancs pour une grande partie d’entre eux) feraient mieux d’alerter l’opinion sur les massacres inter-ethniques en Afrique ou d’aller sur place pour lutter contre les maladies et la famine. Ou plus simplement, ils pourraient aller dans les ghettos noirs des États-Unis pour protester contre la tyrannie des gangs, faire du soutien scolaire pour les enfants, distribuer de la nourriture et assister la population. Il faudra bien le dire un jour: Philippe de Villiers, en mettant sur pied un programme de co-développement humanitaire avec le Bénin lorsqu’il était président du conseil général de Vendée, a fait bien davantage pour les vies noires que les déboulonneurs de statue. De même, certaines universités américaines décident de retirer certains auteurs de leurs programmes sous prétexte que les hommes blancs sont trop représentés. Comme le faisait remarquer Christopher Lasch dans La Révolte des élites, ce genre de décisions prises par des gauchistes blancs généralement issus de la bourgeoisie, n’améliore absolument pas la situation concrète des minorités. Il serait plus pertinent au contraire de garder la culture classique intacte et de la diffuser à tous, Noirs compris. Et comme le fait remarquer au Figaro, Willfred Reilly, professeur afro-américain de sciences politiques, à propos de l’hystérie actuelle: «Tout cela ne va pas améliorer les scores des minorités aux tests universitaires. » Mais ce racisme anti-Noir inconscient ne se limite pas à la seule sphère «décoloniale». Ainsi Joe Biden, invité le 22 mai sur une radio noire, par un animateur noir, a déclaré: «Si vous n’arrivez pas à vous décider entre moi et Trump, c’est que vous n’êtes pas réellement noir.» Pour Biden, les électeurs noirs semblent être un troupeau de moutons, privés de tout libre arbitre politique. Jean-Loup Bonnamy
I’m glad that the law enforcement agencies are subject to the same standard as everybody else. Mark McCloskey
The reason high-income people leave the city, and why I can’t talk my friends into moving in, is crime. Why live where your life is at risk, where you are affronted by thugs, bums, drug addicts and punks when you can afford not to. What St. Louis can do without are the murderers, beggars, drug addicts and street corner drunks. St. Louis needs more people of substance and fewer of subsistence. Mark McCloskey (1993)
Une foule d’au moins 100 personnes a abattu le portail historique en fer forgé de Portland Place, ils se sont précipités vers ma maison, où ma famille dînait dehors et nous ont fait craindre pour nos vies. J’étais terrifié que nous soyons assassinés en quelques secondes, que notre maison soit brûlée, nos animaux de compagnie tués. Nous étions seuls face à une foule en colère. Il s’agit d’une propriété privée. Il n’y a pas de trottoirs ou de rues publics. Mark McCloskey
La scène est à peine croyable. Des manifestants américains du mouvement «Black lives matter» se rendant devant le domicile de la maire de Saint Louis, Lyda Krewson, pour exiger sa démission, ont été menacés dimanche par un couple d’avocats, lourdement armés, alors qu’ils passaient devant leur villa. Mark et Patricia McCloskey ont ainsi été filmés pointant leurs armes en direction des 300 personnes marchant devant eux. Lui tenait un fusil de type AR-15, quand sa femme préférait brandir une arme de poing. NBC News rapporte que les portails de plusieurs propriétés du quartier ont été détériorés. Ironie de l’histoire, le couple en question a fait de la défense des victimes de dommages corporels sa spécialité. Cnews
I think that a total elimination is something we need to reevaluate. Right now, bad guys are saying if you don’t see a blue and white you can do whatever you want. Eric Adams (Brooklyn Borough President)
The guns keep going off and now we have a 1-year-old and the blood is on the hands of the mayor and the state Legislature. Community activist Tony Herbert
It says something when you’re at a Black Lives Matter protest; you have more minorities on the police side than you have in a violent crowd. And you have white people screaming at black officers ‘you have the biggest nose I’ve ever seen.’ You hear these things and you go ‘Are these people, are they going to say something to this person?’ No. (…) Having people tell you what to do with your life, that you need to quit your job, that you’re hurting your community but they’re not even a part of the community. Once again you as a privileged white person telling someone of color what to do with their life. (…) When you’re standing on the line and they’re getting called those names and they’re being accused of being racist when you’ve seen those officers helping people of color, getting blood on them trying to rescue someone who has been shot—gang violence, domestic violence—and you see them and they’re truly trying to help save someone’s life and they they turn around and are called a racist by people that have never seen anything like that, that have never had to put themselves out there. It’s disgusting. Officer Jakhary Jackson (Portland)
Mark McCloskey graduated magna cum laude from Southern Methodist University in Dallas in 1982, where he studied sociology, criminal justice and psychology before attending the Southern Methodist University of Law in 1985. He is a Missouri native and graduated from Mary Institute and Saint Louis Country Day School in Ladue, Missouri, in 1975, according to his Facebook profile. On his law firm’s website, McCloskey is described as, “an AV rated attorney who has been nominated for dozens of awards and honors and has been voted by his peers for memberships to many exclusive ‘top rated lawyer’ and ‘multimillion dollar lawyer’ associations throughout the country.” The website also notes McCloskey has appeared on in the media, including KSDK in St. Louis and Fox News. The website states, “several of his cases have been cited in national legal publications as the highest verdicts recovered in the country for those particular injuries.” McCloskey’s profile also says: Since 1986, he has exclusively represented individuals seriously injured as a result of accidents, medical malpractice, defective products, and the negligence of others. For the past 21 years, his firm has concentrated on the representation of people injured or killed through traumatic brain injuries, neck, back or other significant neurological or orthopedic injury. Mark T. McCloskey is licensed to practice law in the state and federal courts of Missouri, Illinois, Texas and the Federal Courts of Nebraska. Additionally, he has represented individuals injured through medical malpractice, dangerous products, automobiles, cars, motorcycles, boats, defective hand guns, airplane crashes, explosions, electrocution, falls, assaults, rapes, poisoning, fires, inadequate security, premises liability, dram shop liability (serving intoxicating patrons), excessive force by police, construction accidents, and negligent maintenance of premises (including retail establishments, parking lots, government property, homes, schools, playgrounds, apartments, commercial operations, parks and recreational facilities) for the past 30 years and has filed and tried personal injury lawsuits in over 28 states. Heavy.com
According to her Facebook profile, Patricia Novak McCloskey is a native of Industry, Pennsylvania, where she graduated from Western Beaver High School in 1977. McCloskey then studied at Penn State University, graduating in 1982 with a degree in labor studies and a minor in Spanish. She, like her husband, attended SMU Law School in Dallas, graduating in 1986. According to their law firm’s website, “Patricia N. McCloskey is a Phi Beta Kappa, Summa Cum Laude graduate of Pennsylvania State University, graduating first in her class and with the highest cumulative average in her department in forty-seven years. Patricia N. McCloskey is also a graduate of Southern Methodist University School of Law, which she completed while simultaneously working full time and still graduating in the top quarter of her class.” The website adds: After several years working with a major law firm in St. Louis on the defense side, she moved to representation of the injured. Since 1994, she has exclusively represented those injured by the negligence of others with Mark McCloskey. She has acted in various roles in the community including being a past Board Member of Therapeutic Horsemanship, a law student mentor, a member of the Missouri Bar Association ethical review panel and a St. Louis city committee woman. Patricia McCloskey has extensive trial experience in personal injury and wrongful death cases arising out of all aspects of negligence, including traumatic brain injury, products liability and product defect, medical malpractice, wrongful death, neck, back and spinal cord injuries, motor vehicle collisions, motorcycle collisions, airplane crashes, and many others as set forth further. Heavy.com
Notre nation fait face à une campagne visant à effacer notre histoire, diffamer nos héros, supprimer nos valeurs et endoctriner nos enfants. (…) Le désordre violent que nous avons vu dans nos rues et nos villes qui sont dirigées par des libéraux démocrates dans tous les cas est le résultat d’années d’endoctrinement extrême et de partialité dans l’éducation, le journalisme et d’autres institutions culturelles. (…) Nous croyons en l’égalité des chances, une justice égale et un traitement égal pour les citoyens de toutes races, origines, religions et croyances. Chaque enfant, de chaque couleur – né et à naître – est fait à l’image sainte de Dieu. Donald Trump
Nous sommes en train de passer à côté d’un processus essentiel en jeu actuellement, l’articulation, désastreuse entre les sociétés de la honte et de l’honneur (« shame culture ») et les civilisations de la culpabilité (« guilt culture »), distinction établie par Dodds, un ethnologue. La honte est définie par lui comme un fait social extériorisé (perdre la face) et la culpabilité comme un sentiment intériorisé (…) Les membres des sociétés de la honte ne se sentent pas honteux « par essence », mais l’honneur est pour eux une valeur dominante qui ne concerne pas que soi, mais aussi le groupe familial, culturel auquel on appartient. Reconnaître une faute devant les personnes qui y sont extérieures, c’est déshonorer son groupe, c’est « l’achouma », mot clé au Maghreb qui signifie la honte. On ne peut reconnaître que la moindre erreur ait pu être commise par soi ou les autres membres de son groupe sous peine de déshonneur, la faute en incombe forcément à l’extérieur. Le modèle relationnel dominant prend la forme d’être le plus fort ou d’être humilié. Qui va mépriser l’autre ? Qui va faire honte à l’autre ou avoir honte ? Qui va soumettre l’autre ? Dans le TER, trois personnes d’origine sahélienne ont les pieds sur les sièges et téléphonent à tue-tête avec un poste de radio ouvert à côté d’eux. Je leur demande poliment de respecter le règlement. Réponse sèche : « Vous dites ça parce qu’on est étrangers », suivi d’une augmentation du volume sonore vocal du téléphone. Me voilà désigné comme un blanc raciste en quelques secondes, et c’est moi qui suis coupable, qui devrais donc avoir honte. Je parcours le train à la recherche d’un contrôleur, en vain. En l’absence d’un tiers incarnant une loi qui est la même pour tous, je n’ai pas d’autre solution que de m’incliner dans l’espace public. Je me sens… misérable. De même, quand dans les « quartiers », un jeune de 14 ans, sur un scooter volé, sans casque parce que « c’est pour les petits », se tue en percutant à toute vitesse un véhicule, il ne meurt pas à cause d’une accumulation d’imprudences mais forcément à cause d’autrui. De préférence à cause de la police. On ne décède pas accidentellement, on est tué. Comment une interpellation pourrait-elle de dérouler calmement avec ce modèle relationnel ? Qu’il soit à pied, en scooter, ou en voiture, celui qui accepte de se soumettre (et oui ! le mot est dit) à un contrôle policier ne rencontrera aucun problème de violence policière. Et les représentants du pays d’accueil tout désignés pour être méprisés puisqu’ils incarnent la légalité de la société dans l’espace public sont les policiers sur lesquels on crache sans vergogne. Le policier n’a pas le droit de répondre, il sera méprisé s’il agit (la sanction) ou s’il ne fait rien (la soumission). Quelle inversion ! C’est celui qui crache qui devrait être méprisé pour sa lâcheté car il ne risque rien. Le piège, c’est que les membres des sociétés de la honte ont compris que les membres des civilisations de la culpabilité, judéo-chrétiennes, ont une forte tendance à accepter de se sentir coupable, et il est alors « pratique » de leur faire éprouver de la honte au lieu de la ressentir soi-même. Et plus les membres de la civilisation de la culpabilité se sentent coupables, plus les membres de la société de la honte se décrivent comme victimes, dans une inflation interminable, alors que le problème initial de situe à l’intérieur même de leur société. (…) Cet écart entre société de la honte et civilisation de la culpabilité crée d’importantes tensions concernant l’acceptation d’une loi commune, ensemble de contraintes qui se situent au-dessus de tous, et de la reconnaissance d’une dette. Dans les sociétés de la honte, la relation à la loi n’inclut pas sa notion pourtant fondatrice de culpabilité. Accepter les contraintes extérieures signifie non pas reconnaître la nécessité de respecter d’indispensables limites pour une vie en commun, mais est vécue comme une immixtion intolérable dans le fonctionnement familial et groupal. (…) Et lorsqu’on argue qu’il y a du racisme dans la police puisque les personnes issues des sociétés de la honte font l’objet de contrôles policiers beaucoup plus fréquents que les autres, la réponse est qu’elles sont plus nombreuses à ne pas respecter la loi que les personnes qui ont intégré la culpabilité. Faut-il que chaque fois qu’un tel jeune est contrôlé, une dame sortant d’un super marché avec son cabas de légumes le soit aussi pour éviter toute discrimination ? La société de la honte, c’est aussi l’incapacité de reconnaître une dette envers le milieu d’accueil. Dans le cadre d’une immigration économique, tous sont venus au départ parce que leur pays ne les nourrissait pas assez, ne les soignait pas, était profondément corrompu, sinon ils retourneraient y vivre. Cette blessure originelle ne se referme pas et laisse les sujets dans une sorte d’entre-deux. Reconnaître ce qu’on doit au pays d’accueil, c’est accepter de penser que sa propre origine est entachée, conflictuelle, et la solution à ce malaise peut consister à dire que c’est l’extérieur, le lieu d’accueil, qui est inhospitalier et doit être dénigré. Reconnaître ce qu’on reçoit de bien, c’est trahir ses origines, de même que les policiers noirs ou maghrébins heureux d’exercer leur métier sont qualifiés de traîtres. Il est donc nécessaire de remettre l’achouma à sa place, de rétablir le lieu de la honte et de la remettre dans le camp de ceux qui font tout pour la projeter sur autrui. Ceux qui ont la volonté de se désigner de toutes façons comme victimes ont besoin de désigner des agresseurs. Mais ce n’est pas parce que des individus ou leurs parents ont été victimes dans leur histoire personnelle, familiale, culturelle, que d’autres doivent accepter d’endosser ce rôle de bourreau. Plus les membres d’une civilisation de la culpabilité se laissent accuser, plus ils sont méprisés. Au contraire, imaginons (on a le droit de rêver) qu’une seule personnalité politique ose déclarer : « Vous devriez avoir honte d’élever vos enfants sans leur inculquer un minimum de respect pour le pays qui vous accueille et qui vous soigne gratuitement, de ne pas leur expliquer que rien n’est dû, de laisser vos enfants conduire des véhicules volés, d’abîmer la démocratie qui vous protège et de mentir en vous présentant comme des victimes, etc. ». Énoncer ceci ne changerait rien à la manière de se comporter des délinquants en question, pas plus qu’égrener leurs délits et parler de « sauvageons », et ne calmerait en rien les militants communautaristes. Mais ceci donnerait aux autres le sentiment que la honte n’est pas en eux, et leur permettrait d’éprouver un sentiment de légitimité dont beaucoup de citoyens éprouvent le besoin qu’il soit reconnu. Une telle formulation constitue le fondement incontournable de toute action politique efficace car elle permettrait d’arrêter de tendre l’autre joue. Et d’accepter enfin l’idée que dans certaines circonstances, seules la force de caractère et la force physique inspirent du respect. Maurice Berger
Andy Warhol disait que « tout le monde doit avoir son quart d’heure de célébrité ». « Maintenant, tout le monde, blanc, doit avoir son quart d’heure de honte. On est entré dans une flagellation collective. Mais c’est encore plus compliqué que ça. On a les sociétés de la honte et les civilisations de la culpabilité. Pour les premiers, ce sont des sociétés où la honte est une valeur dominante, comme reconnaître qu’on a fait une faute, se déshonorer, déshonorer son groupe, sa culture, à l’inverse, des sociétés « judéo-chrétiennes. Toutes les personnes des minorités ne fonctionnent pas comme ça, de même de que toutes les personnes de la civilisation de la culpabilité ne se sentent pas prêts à se sentir coupable. On a une imbrication entre des personnes qui vont forcément se présenter comme victimes, quoi qu’elles aient fait d’illégal et en face des membres de la civilisation de la culpabilité qui vont forcément se sentir coupable. Plus ces personnes se reconnaissent coupables, plus ceux qui ont tendance à se sentir victimes vont en abuser. (…) J’y suis opposé. Que les Américains fassent cela pour ce qui s’est produit dans leur pays, j’en ai que faire. Ce n’est même pas un symbole, c’est quelque chose de littéral : on s’humilie alors qu’on n’a pas de quoi s’humilier. C’est un geste de soumission, c’est quelque chose qui inverse tout. Je ne vois pas de quoi nous devrions avoir honte, nous en France. Maurice Berger
Nous vivons (…) une époque qui rappelle le Moyen Âge avec son oligarchie, ses clercs et son dogme. Une sorte d’aristocratie de la tech a émergé et a fait alliance avec la classe intellectuelle, pour mettre en place une nouvelle vision de la société, qui a pour ambition de remplacer les valeurs plus traditionnelles portées depuis l’après-guerre par la classe moyenne. Tout l’enjeu futur de la politique est de savoir si «le tiers état» d’aujourd’hui – les classes moyennes paupérisées et les classes populaires – se soumettra à leur contrôle. Nous sommes entrés dans le paradigme d’une oligarchie concentrant la richesse nationale à un point jamais atteint à l’époque contemporaine. Cinq compagnies détiennent l’essentiel de la richesse nationale en Amérique! Une poignée de patrons de la tech et «leurs chiens de garde» de la finance, contrôlent chacun des fortunes de dizaines de milliards de dollars en moyenne et ils ont à peine 40 ans, ce qui veut dire que nous allons devoir vivre avec eux et leur influence pour tout le reste de nos vies! (…) La globalisation et la financiarisation ont été des facteurs majeurs de cette concentration effrénée de la richesse. La délocalisation de l’industrie vers la Chine a coûté 1,5 million d’emplois manufacturiers au Royaume-Uni, et 3,4 millions à l’Amérique. Les PME, les entreprises familiales, l’artisanat, ont été massivement détruits, débouchant sur une paupérisation des classes moyennes, qui étaient le cœur du modèle capitaliste libéral américain. La crise du coronavirus a accéléré la tendance. Les compagnies de la tech sortent grandes gagnantes de l’épreuve. Jeff Bezos, le patron d’Amazon, vient juste d’annoncer que sa capitalisation a progressé de 30 milliards de dollars alors que les petites compagnies se noient! Les inégalités de classe ne font que s’accélérer, avec une élite intellectuelle et managériale qui s’en sort très bien – les fameux clercs qui peuvent travailler à distance – , et le reste de la classe moyenne qui s’appauvrit. Les classes populaires, elles, ont subi le virus de plein fouet, ont bien plus de risques de l’attraper, ont souffert du confinement dans leurs petits appartements, et ont pour beaucoup perdu leur travail. C’est un tableau très sombre qui émerge avec une caste de puissants ultra-étroite et de «nouveaux serfs», sans rien de substantiel entre les deux: 70 % des Américains estiment que leurs enfants vivront moins bien qu’eux. (…) La Silicon Valley, jadis une terre promise des self-made-men est devenue le visage de l’inégalité et des nouvelles forteresses industrielles. Les géants technologiques comme Google ou Facebook ont tué la culture des start-up née dans les garages californiens dans les années 1970 et qui a perduré jusque dans les années 1990, car ils siphonnent toute l’innovation. Je suis évidemment pour la défense de l’environnement, mais l’idéologie verte très radicale qui prévaut en Californie avantage aussi les grandes compagnies qui seules peuvent survivre aux régulations environnementales drastiques, alors que les PME n’y résistent pas ou s’en vont ailleurs. On sous-estime cet aspect socio-économique de la «transition écologique», qui exclut les classes populaires et explique par exemple vos «gilets jaunes», comme le raconte le géographe Christophe Guilluy. Vu la concentration de richesses, l’immobilier californien a atteint des prix records et les classes populaires ont été boutées hors de San Francisco, pourtant un bastion du «progressisme» politique. La ville, qui se veut l’avant-garde de l’antiracisme et abritait jadis une communauté afro-américaine très vivante, n’a pratiquement plus d’habitants noirs, à peine 5 %, un autre paradoxe du progressisme actuel. (…) Il y a un vrai parallèle entre la situation d’aujourd’hui et l’alliance de l’aristocratie et du clergé avant la Révolution française. Et cela vaut pour tous les pays occidentaux. Ces clercs rassemblent les élites intellectuelles d’aujourd’hui, qui sont presque toutes situées à gauche. Si je les nomme ainsi, c’est pour souligner le caractère presque religieux de l’orthodoxie qu’elles entendent imposer, comme jadis l’Église catholique. Au XIIIe siècle, à l’université de Paris, personne n’aurait osé douter de l’existence de Dieu. Aujourd’hui, personne n’ose contester sans risque les nouveaux dogmes, j’en sais quelque chose. Je suis pourtant loin d’être conservateur, je suis un social-démocrate de la vieille école, qui juge les inégalités de classe plus pertinentes que les questions d’identité, de genre, mais il n’y a plus de place pour des gens comme moi dans l’univers mental et politique de ces élites. Elles entendent remplacer les valeurs de la famille et de la liberté individuelle qui ont fait le succès de l’Amérique après-guerre et la prospérité de la classe moyenne, par un credo qui allie défense du globalisme, justice sociale (définie comme la défense des minorités raciales et sexuelles, NDLR), modèle de développement durable imposé par le haut et redéfinition des rôles familiaux. Elles affirment que le développement durable est plus important que la croissance qui permettait de sortir les classes populaires de la pauvreté. Ce point créera une vraie tension sociale. Ce qui est frappant, c’est l’uniformité de ce «clergé». (…) Parmi les journalistes, seulement 7 % se disent républicains. C’est la même chose, voire pire, dans les universités, le cinéma, la musique. On n’a plus le droit d’être en désaccord avec quoi que ce soit! Écrire que le problème de la communauté noire est plus un problème socio-économique que racial, est devenu risqué, et peut vous faire traiter de raciste! J’ai travaillé longtemps comme journaliste avant d’enseigner, et notamment pour le Washington Post, le Los Angeles Times et d’autres… Il arrive que j’y trouve encore de très bons papiers, mais dans l’ensemble, je ne peux plus les lire tellement ils sont biaisés sur les sujets liés à la question raciale, à Trump ou à la politique! Je n’ai aucune sympathie pour Donald Trump, que je juge toxique, mais la haine qu’il suscite va trop loin. On voit se développer un journalisme d’opinion penchant à gauche, qui mène à ce que la Rand Corporation (une institution de recherche prestigieuse, fondée initialement pour les besoins de l’armée américaine, NDLR) qualifie de «décomposition de la vérité». (…) Je dois dire avoir aussi été très choqué par le «projet 1619» (ce projet affirme que l’origine de l’Amérique n’est pas 1776 et la proclamation de l’Indépendance, mais 1619 avec l’arrivée de bateaux d’esclaves sur les côtes américaines, NDLR), lancé par le New York Times, qui veut démontrer que toute l’histoire américaine est celle d’un pays raciste. Oui, l’esclavage a été une chose horrible, mais les succès et progrès américains ne peuvent être niés au nom des crimes commis. Je n’ai rien contre le fait de déboulonner les généraux confédérés, qui ont combattu pour le Sud esclavagiste. Mais vouloir déboulonner le général Ulysse Grant, grand vainqueur des confédérés, ou encore George Washington, est absurde. La destruction systématique de notre passé, et du sens de ce qui nous tient ensemble, est très dangereuse. Cela nous ramène à l’esprit de la Révolution culturelle chinoise. Si l’on continue, il n’y aura plus que des tribus. (…) Je crois que c’est Huxley qui dans Le Meilleur des mondes, affirme qu’une tyrannie appuyée sur la technologie ne peut être défaite. La puissance des oligarchies et des élites culturelles actuelles est renforcée par le rôle croissant de la technologie, qui augmente le degré de contrôle de ce que nous pensons, lisons, écoutons… Quand internet est apparu, il a suscité un immense espoir. On pensait qu’il ouvrirait une ère de liberté fertile pour les idées, mais c’est au contraire devenu un instrument de contrôle de l’information et de la pensée! Même si les blogs qui prolifèrent confèrent une apparence de démocratie et de diversité, la réalité actuelle, c’est quelques compagnies basées dans la Silicon Valley qui exercent un contrôle de plus en plus lourd sur le flux d’informations. Près des deux tiers des jeunes s’informent sur les réseaux sociaux. De plus, Google, Facebook, Amazon sont en train de racheter les restes des médias traditionnels qu’ils n’ont pas tués. Ils contrôlent les studios de production de films, YouTube… Henry Ford et Andrew Carnegie n’étaient pas des gentils, mais ils ne vous disaient pas ce que vous deviez penser. (…) Ils sont persuadés que tous les problèmes ont une réponse technologique. Ce sont des techniciens brillants, grands adeptes du transhumanisme, peu préoccupés par la baisse de la natalité ou la question de la mobilité sociale, et bien plus déconnectés des classes populaires que les patrons d’entreprises sidérurgiques d’antan. Leur niveau d’ignorance sur le plan historique ou littéraire est abyssal, et en ce sens, ils sont sans doute plus effrayants encore que l’aristocratie d’Ancien Régime. De plus, se concentrer sur les sujets symboliques comme le genre, les transgenres, le changement climatique, leur permet d’évacuer les sujets de «classe», qui pourraient menacer leur pouvoir. (…) Je pense que Zuckerberg a eu raison et qu’il a du courage, mais il semble être poussé à adopter un rôle de censeur. Un auteur que je connais, environnementaliste dissident, vient de voir sa page Facebook supprimée. C’est une tendance dangereuse, car laisser à quelques groupes privés le pouvoir de contrôler l’information, ouvre la voie à la tyrannie. Cela me ramène au thème central de ce livre qui se veut un manifeste en faveur de la classe moyenne, menacée de destruction après avoir été le pilier de nos démocraties. La démocratie est fondamentalement liée à la dispersion de la propriété privée. C’est pour cela que j’ai toujours eu de l’admiration pour les Pays-Bas, pays qui a toujours créé de la terre, en gagnant sur la mer, et a donc toujours assuré la croissance de sa classe moyenne. Quand cela cesse et que la richesse se concentre entre quelques mains, on revient à un contrôle de la société par le haut, qu’il soit établi par des régimes de droite ou de gauche. (…) Trump est un idiot et un type détestable, qui, je l’espère, sera désavoué, car il suscite beaucoup de tensions négatives. Mais je n’ai jamais vu un président traité comme il l’a été. La volonté de le destituer était déjà envisagée avant même qu’il ait mis un pied à la Maison-Blanche! Je pense aussi que la presse n’est pas honnête à son sujet. Prenons par exemple son discours au mont Rushmore, l’un des meilleurs qu’il ait faits, et dans lequel il tente de réconcilier un soutien au besoin de justice raciale, et la défense du patrimoine américain. Il y a cité beaucoup de personnages importants comme Frederick Douglass ou Harriet Tubman, mais la presse n’en a pas moins rapporté qu’il s’agissait d’un discours raciste, destiné à rallier les suprémacistes blancs! On l’accuse de tyrannie, mais la plus grande tyrannie qui nous menace est l’alliance des oligarques et des clercs. Le seul avantage de Trump, c’est d’être un contre-pouvoir face à eux. Malheureusement, cela ne signifie pas qu’il ait une vision cohérente. Surtout, il divise terriblement le pays, or nous avons besoin d’une forme d’unité minimale. (…) Je dirais à ce stade que Trump va avoir du mal à gagner – j’évalue ses chances à une sur trois. Il pourrait revenir si une forme de rebond économique se dessine ou s’il s’avérait évident que Joe Biden n’a plus toutes ses capacités intellectuelles. Si les démocrates l’emportent, ma prédiction est qu’ils en feront trop, et qu’une nouvelle rébellion, qui nous fera regretter Trump, surgira en boomerang. À moins qu’une nouvelle génération de jeunes conservateurs – comme Josh Hawley, JD Vance ou Marco Rubio – capables de défendre les classes populaires tout en faisant obstacle à la révolution culturelle de la gauche, ne finisse par émerger. J’aimerais aussi voir un mouvement remettant vraiment le social à l’honneur se dessiner à gauche, mais je n’y crois pas trop, vu l’obsession de l’identité… Ce qui est sûr, c’est que l’esprit de 2016 et des «gilets jaunes» ne va pas disparaître. Regardez ce qui s’est passé en Australie: on pensait que les travaillistes gagneraient, mais ce sont les populistes qui ont raflé la mise, parce que la gauche verte était devenue tellement anti-industrielle, que les classes populaires l’ont désertée! Joel Kotkin
« Le Meilleur des mondes » décrit par Aldous Huxley serait-il en train de pointer le nez sur les côtes de Californie et de gagner l’Amérique? Dans son nouveau livre, L’Avènement du néo-féodalisme, le géographe américain Joel Kotkin, cousin californien du géographe français Christophe Guilluy, qui scrute depuis des années avec inquiétude la destruction des classes moyennes à la faveur de la délocalisation et de la financiarisation de l’économie, s’interroge sur la «tyrannie» que dessine l’émergence d’une oligarchie ultra-puissante et contrôlant une technologie envahissante. Joel Kotkin décrit l’alliance de l’oligarchie de la Silicon Valley, composée de quelques milliardaires passionnés de transhumanisme, et persuadés que la technologie est la réponse à tous les problèmes, avec une classe intellectuelle de «clercs» qui se comporte comme un «nouveau clergé» et instaure de nouveaux dogmes – sur la globalisation, le genre, «le privilège blanc» – avec une ferveur toute religieuse. Il devient dangereux d’exprimer ses désaccords, regrette cet ancien social-démocrate, qui explique ne plus avoir sa place à gauche. Une situation d’intolérance que le départ fracassant de la journaliste Bari Weiss du New York Times, forcée de quitter le navire sous la pression de pairs devenus «censeurs», vient d’illustrer avec éloquence. Laure Mandeville
The intellectually intolerant mob claimed two high-profile victims Tuesday with the resignations of New York Times editor Bari Weiss and New York Magazine journalist Andrew Sullivan. These are just two examples of the deadly virus spreading through our public life: McCarthyism of the woke. McCarthyism is the pejorative term liberals gave to the anti-communist crusades of 1950s-era Sen. Joseph McCarthy of Wisconsin. From his perch as chair of the Government Operations Committee, McCarthy launched a wave of investigations to ferret out supposed communist subversion of government agencies. Armed with his favorite question — “Are you now or have you ever been a member of the Communist Party?” — McCarthy terrorized his targets and silenced his critics. Thousands of people lost their jobs as a result, often based on nothing more than innuendo or chance associations. The mob fervor extended to the state governments and the private sector, too. States enacted “loyalty oaths” requiring people employed by the government, including tenured university faculty members, to disavow “radical beliefs” or lose their jobs. Many refused and were fired. Hollywood notoriously rooted out real and suspected communists, creating the infamous “blacklist” of people who were informally barred from any work with Hollywood studios. The “red scare” even nearly toppled America’s favorite television star, Lucille Ball, who had registered to vote as a communist in the 1930s. Today’s “cancel culture” is nothing more than McCarthyism in a woke costume. It stems from a noble goal — ending racial discrimination. Like its discredited cousin, however, it has transmogrified into something sinister and inimical to freedom. Battling racism is good and necessary; trying to suppress voices that one disagrees with is not. Woke McCarthyism goes wrong when it seeks to do the one thing that America has always sworn not to do: enforce uniformity of thought. Indeed, this principle, enshrined in the First Amendment, is so central to American national identity that it is one of the five quotes inscribed in the Jefferson Memorial: “I have sworn upon the altar of God eternal hostility against every form of tyranny over the mind of man.” Weiss’s resignation letter describes numerous examples of her colleagues judging her guilty of “wrongthink” and trying to pressure superiors to fire or suppress her. She explains that “some coworkers insist I need to be rooted out if this company is to be a truly ‘inclusive’ one, while others post ax emojis next to my name.” Others, she wrote, called her a racist and a Nazi, or criticized her on Twitter without reprimand. She notes that this behavior, tolerated by the paper through its editors, constitutes “unlawful discrimination, hostile work environment, and constructive discharge.” Sullivan’s reason for departure is less clear — though he said it is “self-evident.” He had publicly supported Weiss, writing: “The mob bullied and harassed a young woman for thoughtcrimes. And her editors stood by and watched.” In other words, both Weiss and Sullivan — like so many others — seem to have left their jobs because they were targeted for refusing to conform to its ideas of right thinking. Do you now or have you ever thought that Donald Trump might make a good president? Congratulations, president of Goya Foods: Your company is boycotted. Are you now or have you ever been willing to publish works from a conservative U.S. senator that infuriated liberal Twitter? Former New York Times editor James Bennet, the bell tolls for thee. The mob even sacrifices people whose only crime is familial connection on its altar. The stepmother of the Atlanta police officer who shot and killed Rayshard Brooks, Melissa Rolfe, was fired from her job at a mortgage lender because some employees felt uncomfortable working with her. Such tactics work best when they force people to confess to seek repentance for the crimes they may or may not have committed. McCarthy knew this, and so he always offered lenience to suspected communists who would “name names” and turn in other supposed conspirators. The woke inquisition uses the same tactic, forcing those caught in its maw to renounce prior statements they find objectionable. NFL quarterback Drew Brees surrendered to the roar while noted leftists such as J.K. Rowling and Noam Chomsky are being pilloried for their defense of free speech. McCarthy was enabled by a frightened and compliant center-right. They knew he was wrong, but they also knew the anti-communist cause was right and were unsure how to embrace the just cause and excise the zealous overreach. It wasn’t until McCarthy attacked the U.S. Army that one man, attorney Joseph Welch, had the courage to speak up. “Have you no decency, sir?” he said as McCarthy tried to slander a colleague. The bubble burst, and people found the inquisitorial emperor had no clothes. The Senate censured him in 1954, and McCarthy died in 1957, a broken man. It won’t be as easy to defeat the woke movement. There isn’t one person whose humiliation will break the spell. This movement is deep, decentralized and widespread.  Henry Olsen
Every cultural revolution starts at year zero, whether explicitly or implicitly. The French Revolution recalibrated the calendar to begin anew, and the genocidal Pol Pot declared his own Cambodian revolutionary ascension as the beginning of time. Somewhere after May 25, 2020, the death of George Floyd, while in police custody, sparked demonstrations, protests, and riots. And they in turn ushered in a new revolutionary moment. Or at least we were told that — in part by Black Lives Matter, in part by Antifa, in part by terrified enablers in the corporate world, the new Democratic Party, the military, the universities, and the media. What was uniquely different about this cultural revolution was how willing and quickly the entire progressive establishment — elected officials, celebrities, media, universities, foundations, retired military — was either on the side of the revolution or saw it as useful in aborting the Trump presidency, or was terrified it would be targeted and so wished to appease the Jacobins. This reborn America was to end all of the old that had come before and supposedly pay penance for George Floyd’s death and, by symbolic extension, America’s inherent evil since 1619. As in all cultural revolutions, the protestors claimed at first at that they wanted only to erase supposedly reactionary elements: Confederate statues, movies such as Gone with the Wind, some hurtful cartoons, and a few cranky conservative professors and what not. But soon such recalibration steam rolled, fueled by acquiescence, fright, and timidity. Drunk with ego and power, it moved on to attack almost anything connected with the past or present of the United States itself. Soon statues of General Grant, and presidents including George Washington, Abraham Lincoln, and Andrew Jackson were either toppled or defaced. The message was that their crimes were being white and privileged — in the way that today’s white and privileged should meet a similar fate. Or, as the marchers, who tried to storm Beverly Hills, put it: “Eat the Rich.” They were met by tear gas, and not a single retired general double-downed on his outrage at law enforcement for using tear gas against civilians. Did the BLM idea of cannibalizing the billionaires include LeBron James, Beyoncé, Oprah Winfrey, and likely soon-to-be billionaire Barack Obama? Name changing is always a barometer of a year-zero culture revolution that seeks to wipe out the past and, with it, anyone wedded to it. And so it was only a matter of time that the Woodrow Wilson Princeton School of Public and International Affairs was Trotskyized. Liberals cringed but kept silent, given that Wilson is still a hero for his support of the League of Nations, and his utopian efforts at Versailles, despite his characteristic progressive allegiance to pseudoscientific race-based genetics. Any revolution that claims it will not tolerate commemoration of any century-old enemies must put its handwipes where its mouth is. And revolutionaries always follow the path of least resistance. So in our era, that means the mob has focused on the hollow men and women now serving as university presidents, corporate CEOs, sports-franchise owners and coaches, politicians, news anchors, and even in some cases retired high-ranking officers of the military. It was easy wringing promises from these hierarchies to remove the trademark faces of Aunt Jemimah and Uncle Ben from popular food brands, and to win hundreds of new, costly diversity-coordinator billets, more mandatory race and gender indoctrination training, a “black” national anthem to be played at sporting events, and promises to BLM to rename military bases. Indeed, in no time, these elites were volunteering to debase themselves. Dan Cathy, CEO of the Chick-fil-A fast-food restaurant chain, urged white people to shine the shoes of blacks in the manner that the disciples had washed the feet of Jesus — and indeed Dan Cathy sort of did just that when he polished the sneakers of rapper Lecrae. Such is the new bottom line of profits in corporate America. (…) The 1960s saw Southern rural folk culture as a sort of hippie alternative to the dominant wealth and suburbanism of the mainstream. And all that is supposedly over now? Could Ry Cooder sing “I’m a Good Old Rebel” for a movie like The Long Riders, exploring the contradictions of ex-Confederate thugs like the James boys and the Youngers? Would anyone play the Band’s “The Night They Drove Old Dixie Down,” or even the version of it by leftist Joan Baez? Could Ken Burns now still make The Civil War, 30 years after its original release, with a folksy Shelby Foote contextualizing the Confederate defeat as thousands of brave men dying for a tragic cause beneath them? Would a liberal Southerner like the late Jody Powell still dare to voice the words of Stonewall Jackson or Horton Foote or Jefferson Davis? In our more enlightened revolutionary times, were all these players useful idiots in the cause of racism? (…) In the exhilaration of exercising power ruthlessly and unchecked, the cultural revolutionists soon turn on their own: poor Trump-hating Dan Abrams losing his cop reality show, the two liberal trial lawyers armed on their mansion lawn in St. Louis terrified of the mob entering their gated estate community, bewildered CHOP activists wondering where the police were once mayhem and death were among them, the inner city of Chicago or New York in the age of police drawbacks wondering how high the daily murder rate will climb once shooters fathom that there are no police, and inner-city communities furious that the ER is too crowded with shooting victims to properly treat COVID-19 arrivals. Do we now really expect that the Wilson Center in Washington will be cancelled, the Washington Monument cut down to size, and Princeton, Yale, and Stanford renamed? The logic of the revolution says yes, but the liberal appeasers of it are growing uneasy. They are realizing that their own elite status and referents are now in the crosshairs. And so they are on the verge of becoming Thermidors. And what will the new icons be under our new revolutionary premises? Will we say the old statues were bad because they were not perfect, but the new replacements are perfect despite being a tad bad in places? Will we dedicate more memorials to Martin Luther King Jr., the great advocate of the civil-rights movement, or do we focus instead on his plagiarism, his often poor treatment of women, and his reckless promiscuity? Gandhi is gone, but who replaces him, Subhas Chandra Bose? Will Princeton rename their school of diplomacy in honor of the martyred Malcom X, slain by the black nationalist Nation of Islam? Malcom may now become ubiquitous, but he said things about white people that would have made what Wilson said about black people look tame. Puritanical cultural revolutionaries are always a minority of society. But whether they win or lose — that is, whether they end up as Bolsheviks or Jacobins — hinges on how successfully they terrify the masses into submission, and how quickly they can do that before repulsion grows over their absurd violence and silly rhetoric. When the backlash comes, as it must when mobs destroy statues at night, loot, burn, and obliterate what Mao called the “four olds” of a culture revolution — Old Customs, Old Culture, Old Habits, and Old Ideas — it may not be pretty. We can see its contours already: Asian Americans further discriminated against to allow for new university mandates jettisoning SAT scores and GPAs, while schools set new larger percentages of African-American admissions and transform their entire diversity industry into a black-advocacy enterprise; virtue-signaling and now hard-left white CEOs and college presidents and provosts asked to step down, to do their own small white-male part in yielding their prized jobs to someone more woke and less pink. Gun sales are at record levels. I supposed the revolutionaries never investigated the original idea of a police force and the concept of the government’s legal monopoly on violence? It was not just to protect the law-abiding from the criminal, but to protect the criminal from the outraged vigilante. Only police can stop blood feuds such as the ones we see in Chicago or like the medieval ones of Iceland’s Njáls saga, or the postbellum slaughtering of the Hatfields and McCoys. We are already seeing a counterrevolution — as the Left goes ballistic that anyone would appear on his lawn pointing a semiautomatic rifle to protect mere “brick and mortar.” Without a functioning police force, do we really believe that the stockbroker is going to walk home in the evening in New York City without a firearm, or that the suburbanite in Minneapolis in an expansive home will not have a semiautomatic rifle, or that the couple who drives to Los Angeles with the kids to visit Disneyland will not have a 9mm automatic in their car console? The Left has energized the Second Amendment in a way the NRA never could, and for the next decade, there will be more guns in pockets, cars, and homes than at any time in history. Do Nike, the NFL, and the NBA really believe that their fan clientele will buy into the Black Lives Matter special national anthem and BLM corporate logos on their uniforms? Publicly, perhaps their clients will say so, but at home and in private where fans have absolute control of the remotes or their Amazon accounts, probably not. (…) The BLM problem is that never in history has a radical cultural revolution at its outset declared itself both race-based and yet predicated on a small minority of the population, whose strategy was to shame and debase the majority that was sympathetic to the idea of relegating race to insignificance. If sowing the wind has been getting ugly, reaping the whirlwind will be more so. Victor Davis Hanson
A l’exemple de Saturne, la Révolution dévore ses enfants
En ces temps étranges …
Où après l’hystérie collective du virus chinois
Puis, le psychodrame des iconoclastes (y compris religieux) du Black Lives Matter …
Certains policiers noirs commencent à s’inquiéter du chaos laissé dans leurs quartiers par des manifestations Black Lives Matter où il y a plus de blancs que dans les forces de police en face d’elles …
Et des responsables noirs américains en sont à plaider, devant la recrudescence des violences, pour le retour de la police
Et à l’heure où après le départ fracassant, pour cause de pensée non conforme, d’une journaliste du New York Times …
Un autre de ses confrères progressistes se voit pousser dehors du New York magazine …
Comment ne pas repenser …
A la célèbre formule, au moment justement où la révolution française commençait à dévorer ses propres enfants, du journaliste et publiciste genevois Jacques Mallet du Pan  ?
Et comment ne pas en voir la meilleure métaphore …
Dans la fulfurance avec laquelle …
Un couple de stars du barreau de Saint Louis il y a deux semaines  …
Est passé pilori médiatique oblige …
Pour être descendus les armes à la main pieds nus dans leur jardin …
Dans la panique suscitée par un groupes de manifestants Black lives matter passant devant leurs portes…
De valeureux défenseurs des victimes en tous genres de la société américaine …
A meilleurs mais bien involontaires supports publicitaires de la NRA ?
Year Zero
Victor Davis Hanson
National Review
July 7, 2020Every cultural revolution starts at year zero, whether explicitly or implicitly. The French Revolution recalibrated the calendar to begin anew, and the genocidal Pol Pot declared his own Cambodian revolutionary ascension as the beginning of time.

Somewhere after May 25, 2020, the death of George Floyd, while in police custody, sparked demonstrations, protests, and riots. And they in turn ushered in a new revolutionary moment. Or at least we were told that — in part by Black Lives Matter, in part by Antifa, in part by terrified enablers in the corporate world, the new Democratic Party, the military, the universities, and the media.

What was uniquely different about this cultural revolution was how willing and quickly the entire progressive establishment — elected officials, celebrities, media, universities, foundations, retired military — was either on the side of the revolution or saw it as useful in aborting the Trump presidency, or was terrified it would be targeted and so wished to appease the Jacobins.

This reborn America was to end all of the old that had come before and supposedly pay penance for George Floyd’s death and, by symbolic extension, America’s inherent evil since 1619. As in all cultural revolutions, the protestors claimed at first at that they wanted only to erase supposedly reactionary elements: Confederate statues, movies such as Gone with the Wind, some hurtful cartoons, and a few cranky conservative professors and what not.

But soon such recalibration steam rolled, fueled by acquiescence, fright, and timidity. Drunk with ego and power, it moved on to attack almost anything connected with the past or present of the United States itself.

Soon statues of General Grant, and presidents including George Washington, Abraham Lincoln, and Andrew Jackson were either toppled or defaced. The message was that their crimes were being white and privileged — in the way that today’s white and privileged should meet a similar fate. Or, as the marchers, who tried to storm Beverly Hills, put it: “Eat the Rich.” They were met by tear gas, and not a single retired general double-downed on his outrage at law enforcement for using tear gas against civilians. Did the BLM idea of cannibalizing the billionaires include LeBron James, Beyoncé, Oprah Winfrey, and likely soon-to-be billionaire Barack Obama?

Name changing is always a barometer of a year-zero culture revolution that seeks to wipe out the past and, with it, anyone wedded to it. And so it was only a matter of time that the Woodrow Wilson Princeton School of Public and International Affairs was Trotskyized. Liberals cringed but kept silent, given that Wilson is still a hero for his support of the League of Nations, and his utopian efforts at Versailles, despite his characteristic progressive allegiance to pseudoscientific race-based genetics.

Rebranding

Any revolution that claims it will not tolerate commemoration of any century-old enemies must put its handwipes where its mouth is. And revolutionaries always follow the path of least resistance. So in our era, that means the mob has focused on the hollow men and women now serving as university presidents, corporate CEOs, sports-franchise owners and coaches, politicians, news anchors, and even in some cases retired high-ranking officers of the military.

It was easy wringing promises from these hierarchies to remove the trademark faces of Aunt Jemimah and Uncle Ben from popular food brands, and to win hundreds of new, costly diversity-coordinator billets, more mandatory race and gender indoctrination training, a “black” national anthem to be played at sporting events, and promises to BLM to rename military bases.

Indeed, in no time, these elites were volunteering to debase themselves. Dan Cathy, CEO of the Chick-fil-A fast-food restaurant chain, urged white people to shine the shoes of blacks in the manner that the disciples had washed the feet of Jesus — and indeed Dan Cathy sort of did just that when he polished the sneakers of rapper Lecrae. Such is the new bottom line of profits in corporate America.

Yet, the culture of erasure takes some time to reach all the eddies and pools of a huge society as variegated as America. Take the new reconstruction of the Civil War. In the old days before this May, the war was considered a catastrophic nemesis due a hubristic Confederacy. Yet, given that there were only 7 to 8 percent of the nation’s households in 1860 owning slaves, it should have been possible to end slavery without harvesting nearly 700,000 Americans.

But it was not, because — according to the traditional American tragic theme — millions of non-slave-owning white poor of the Confederacy fought tenaciously, and ultimately for a plantation culture that had marginalized them. Their rationale was that their sacred soil and homes were “invaded” by “Yankees” in a war of “Northern aggression.”

Liberal Hollywood bought into this tragic notion of misguided but somewhat honorable losers who had headed westward, penniless in defeat, after the war. Most Westerns of the 1950s — John Ford’s The Searchers or George Stevens’s Shane — saw Confederate pedigrees of a losing and disreputable cause as central to the outsider’s creed of the gunfighter. These Confederate vets were dead-enders useful in ridding a fragile civilization on the frontier of its demons, but too volatile to live within it during the peaceful aftermath when gunplay was no longer needed.

The 1960s saw Southern rural folk culture as a sort of hippie alternative to the dominant wealth and suburbanism of the mainstream.

And all that is supposedly over now?

Could Ry Cooder sing “I’m a Good Old Rebel” for a movie like The Long Riders, exploring the contradictions of ex-Confederate thugs like the James boys and the Youngers?

Would anyone play the Band’s “The Night They Drove Old Dixie Down,” or even the version of it by leftist Joan Baez?

Could Ken Burns now still make The Civil War, 30 years after its original release, with a folksy Shelby Foote contextualizing the Confederate defeat as thousands of brave men dying for a tragic cause beneath them? Would a liberal Southerner like the late Jody Powell still dare to voice the words of Stonewall Jackson or Horton Foote or Jefferson Davis? In our more enlightened revolutionary times, were all these players useful idiots in the cause of racism?

Are there now three Americas? One of white guilt and penance, one of black anger and victimization, and another seething in silence as they see their 244 years of history written off as something worse than the pasts of Somalia, Peru, Iran, or Serbia.

There are now two realities — beyond two national anthems, beyond black and white dorms, black and white segregated safe spaces on campus, and beyond now segregated black and white history, language, philosophy, and science and math.

For blatantly racist diatribes dug up from the past, there is one standard of contextualization for 1619 architect Nikole Hannah-Jones and the creators of Black Lives Matter, and another that forces silly entertainers like late-night host Jimmy Kimmel to go into exile? In the new America, skin color adjudicates whether one can with impunity be openly racist — as it used to be before the civil-rights movement, whose values and methods the Left purportedly seeks to embrace and resurrect.

If so, then we know from history the script that now follows.

In the exhilaration of exercising power ruthlessly and unchecked, the cultural revolutionists soon turn on their own: poor Trump-hating Dan Abrams losing his cop reality show, the two liberal trial lawyers armed on their mansion lawn in St. Louis terrified of the mob entering their gated estate community, bewildered CHOP activists wondering where the police were once mayhem and death were among them, the inner city of Chicago or New York in the age of police drawbacks wondering how high the daily murder rate will climb once shooters fathom that there are no police, and inner-city communities furious that the ER is too crowded with shooting victims to properly treat COVID-19 arrivals.

Do we now really expect that the Wilson Center in Washington will be cancelled, the Washington Monument cut down to size, and Princeton, Yale, and Stanford renamed?

The logic of the revolution says yes, but the liberal appeasers of it are growing uneasy. They are realizing that their own elite status and referents are now in the crosshairs. And so they are on the verge of becoming Thermidors.

And what will the new icons be under our new revolutionary premises?

Will we say the old statues were bad because they were not perfect, but the new replacements are perfect despite being a tad bad in places? Will we dedicate more memorials to Martin Luther King Jr., the great advocate of the civil-rights movement, or do we focus instead on his plagiarism, his often poor treatment of women, and his reckless promiscuity? Gandhi is gone, but who replaces him, Subhas Chandra Bose? Will Princeton rename their school of diplomacy in honor of the martyred Malcom X, slain by the black nationalist Nation of Islam? Malcom may now become ubiquitous, but he said things about white people that would have made what Wilson said about black people look tame.

Puritanical cultural revolutionaries are always a minority of society. But whether they win or lose — that is, whether they end up as Bolsheviks or Jacobins — hinges on how successfully they terrify the masses into submission, and how quickly they can do that before repulsion grows over their absurd violence and silly rhetoric.

When the backlash comes, as it must when mobs destroy statues at night, loot, burn, and obliterate what Mao called the “four olds” of a culture revolution — Old Customs, Old Culture, Old Habits, and Old Ideas — it may not be pretty.

We can see its contours already: Asian Americans further discriminated against to allow for new university mandates jettisoning SAT scores and GPAs, while schools set new larger percentages of African-American admissions and transform their entire diversity industry into a black-advocacy enterprise; virtue-signaling and now hard-left white CEOs and college presidents and provosts asked to step down, to do their own small white-male part in yielding their prized jobs to someone more woke and less pink.

Gun sales are at record levels. I supposed the revolutionaries never investigated the original idea of a police force and the concept of the government’s legal monopoly on violence? It was not just to protect the law-abiding from the criminal, but to protect the criminal from the outraged vigilante.

Only police can stop blood feuds such as the ones we see in Chicago or like the medieval ones of Iceland’s Njáls saga, or the postbellum slaughtering of the Hatfields and McCoys. We are already seeing a counterrevolution — as the Left goes ballistic that anyone would appear on his lawn pointing a semiautomatic rifle to protect mere “brick and mortar.”

Without a functioning police force, do we really believe that the stockbroker is going to walk home in the evening in New York City without a firearm, or that the suburbanite in Minneapolis in an expansive home will not have a semiautomatic rifle, or that the couple who drives to Los Angeles with the kids to visit Disneyland will not have a 9mm automatic in their car console? The Left has energized the Second Amendment in a way the NRA never could, and for the next decade, there will be more guns in pockets, cars, and homes than at any time in history.

Do Nike, the NFL, and the NBA really believe that their fan clientele will buy into the Black Lives Matter special national anthem and BLM corporate logos on their uniforms? Publicly, perhaps their clients will say so, but at home and in private where fans have absolute control of the remotes or their Amazon accounts, probably not.

The counterrevolution will be easy to spot. Suddenly a left-wing institution will refuse to change its name. Gone with the Wind will insidiously reappear on the schedule of TBN classic movies. Statue topplers all of a sudden will be scouted out and arrested and have felonies on their record — and no one will complain.

NFL’s attendance will crater. Joe Biden will begin cataloguing both good and bad statues, and correct and incorrect name changing, and by October he will be saying, “One the one hand . . . on the other hand . . . ”

Segregation will doom this revolution. It is the worst poison in a multiracial society. Yet it is the signature issue of Black Lives Matter — everything from separate safe spaces and theme houses based on skin color in universities to specials fees and rules for non-blacks. The popular forces of integration, assimilation, and intermarriage will not be harnessed by racial-separatist czars, asking for DNA pedigrees as they sleuth for microaggressions and implicit biases.

The BLM problem is that never in history has a radical cultural revolution at its outset declared itself both race-based and yet predicated on a small minority of the population, whose strategy was to shame and debase the majority that was sympathetic to the idea of relegating race to insignificance. 

If sowing the wind has been getting ugly, reaping the whirlwind will be more so.

Voir aussi:

Vidéo : un riche couple d’Américains sort lourdement armé pour défendre sa propriété contre des manifestants

La scène est à peine croyable. Des manifestants américains du mouvement «Black lives matter» se rendant devant le domicile de la maire de Saint Louis, Lyda Krewson, pour exiger sa démission, ont été menacés dimanche par un couple d’avocats, lourdement armés, alors qu’ils passaient devant leur villa.

Mark et Patricia McCloskey ont ainsi été filmés pointant leurs armes en direction des 300 personnes marchant devant eux. Lui tenait un fusil de type AR-15, quand sa femme préférait brandir une arme de poing. NBC News rapporte que les portails de plusieurs propriétés du quartier ont été détériorés. Ironie de l’histoire, le couple en question a fait de la défense des victimes de dommages corporels sa spécialité.

Le président Trump a retweeté une vidéo de l’incident, sans le commenter. La scène a, faut-il s’en douter, choqué un nombre important d’internautes. D’autres y ont vu l’occasion de lancer des parodies.

Voir également:

Médias.

Démission au “New York Times” : “Ils me traitent de nazie et de raciste”

Courrier international

Décrivant un environnement de travail “intolérant” et fustigeant une certaine bien-pensance qui confine à l’“autocensure”, Bari Weiss, une journaliste chargée de faire vivre la diversité des opinions dans les colonnes du prestigieux quotidien américain, a présenté sa démission.

Sa lettre de démission est adressée à Arthur Gregg Sulzberger, directeur de la publication du New York Times. Dans ce texte publié sur son site personnel, Bari Weiss explique les raisons de son départ du quotidien de centre gauche.

Auteure et éditrice des pages Opinion du journal depuis 2017, la journaliste rappelle avoir été embauchée “dans le but de faire venir au journal les voix qui n’apparaîtraient pas dans ses pages autrement : […] les centristes, les conservateurs et ceux qui ne se sentent pas chez eux au New York Times. La raison de ce recrutement était claire : le journal n’avait pas anticipé le résultat de l’élection présidentielle de 2016, ce qui montrait qu’il n’avait pas une bonne compréhension du pays qu’il couvre.”

Pourtant, écrit Bari Weiss, le journal “n’a pas tiré les enseignements qui auraient dû suivre le scrutin”.

Mes incursions dans la pensée non orthodoxe ont fait de moi l’objet d’un harcèlement constant de la part de mes collègues qui ne partagent pas mes opinions. Ils me traitent de nazie et de raciste […]. Mon travail et ma personne sont ouvertement dénigrés sur les chaînes Slack [outil de communication interne] de la société […]. Certains collaborateurs y soutiennent qu’il faut se débarrasser de moi si le journal veut être véritablement ‘inclusif’ et d’autres postent l’émoji de la hache [‘ax’ signifie à la fois ‘hache’ et ‘virer’] à côté de mon nom.”

Dans un article écrit par le spécialiste média du quotidien américain, le New York Times indique que “Mme Weiss […] est connue pour sa tendance à remettre en question certains aspects des mouvements pour la justice sociale qui se développent depuis quelques années”. Ainsi, le mois dernier, la journaliste de 36 ans avait critiqué l’émoi d’une partie de sa rédaction après la publication d’une tribune d’un sénateur républicain demandant une intervention militaire pour “rétablir l’ordre” face aux manifestations du mouvement Black Lives Matter.

Dans la foulée, Bari Weiss décrivait sur Twitter la “guerre civile” qui ferait rage au sein de la rédaction du NYT et d’autres médias américains entre la “‘Nouvelle Garde’ – des gens en général jeunes qui sont attachés à la justice sociale – et la ‘Vieille Garde’ – les progressistes qui ont en général plus de 40 ans”. “Nombre de membres de la rédaction ont protesté sur Twitter et déclaré que c’était faux ou que cela ne représentait pas leurs positions”, commente l’article du New York Times.

“Twitter ne figure pas sur la une du New York Times, mais il en est devenu le rédacteur en chef ultime”, poursuit Bari Weiss dans sa lettre, regrettant les extrêmes précautions que prendrait l’équipe du quotidien pour ne pas froisser ses lecteurs les plus “éveillés”. Sur un ton railleur, elle interroge :

Pourquoi proposer quelque chose de difficile à avaler pour nos lecteurs, ou écrire quelque chose d’audacieux pour finir par passer par le processus abrutissant de le rendre idéologiquement acceptable, alors que nous pouvons assurer notre emploi (et des clics) en publiant une 4 000e tribune avançant que Donald Trump constitue un danger pour le pays et pour le monde ? L’autocensure est ainsi devenue la norme.”

“Nous remercions Bari pour les nombreuses contributions qu’elle a apportées à la rubrique Opinion. Je suis personnellement déterminée à ce que le New York Times continue à publier des voix, des vécus et des points de vue venant de tout l’échiquier politique dans la page Opinion”, a réagi Kathleen Kingsbury, responsable de cette rubrique.

Voir de même:

« L’Amérique vit un nouveau Moyen Âge, avec son oligarchie, ses clercs et son dogme »

GRAND ENTRETIEN – Notre monde est entré «dans un nouveau Moyen Âge» version high-tech, marqué par un accroissement inquiétant des inégalités, avertit le géographe Joel Kotkin.

Laure Mandeville
Le Figaro
16 juillet 2020

«Le Meilleur des mondes» décrit par Aldous Huxley serait-il en train de pointer le nez sur les côtes de Californie et de gagner l’Amérique? Dans son nouveau livre, L’Avènement du néo-féodalisme, le géographe américain Joel Kotkin, cousin californien du géographe français Christophe Guilluy, qui scrute depuis des années avec inquiétude la destruction des classes moyennes à la faveur de la délocalisation et de la financiarisation de l’économie, s’interroge sur la «tyrannie» que dessine l’émergence d’une oligarchie ultra-puissante et contrôlant une technologie envahissante.

Joel Kotkin décrit l’alliance de l’oligarchie de la Silicon Valley, composée de quelques milliardaires passionnés de transhumanisme, et persuadés que la technologie est la réponse à tous les problèmes, avec une classe intellectuelle de «clercs» qui se comporte comme un «nouveau clergé» et instaure de nouveaux dogmes – sur la globalisation, le genre, «le privilège blanc» – avec une ferveur toute religieuse. Il devient dangereux d’exprimer ses désaccords, regrette cet ancien social-démocrate, qui explique ne plus avoir sa place à gauche. Une situation d’intolérance que le départ fracassant de la journaliste Bari Weiss du New York Times , forcée de quitter le navire sous la pression de pairs devenus «censeurs», vient d’illustrer avec éloquence.

LE FIGARO. – Vous publiez L’Avènement du néo-féodalisme*, un ouvrage qui décrit l’émergence en Amérique, et plus encore en Chine, en Europe et même au Japon, d’un système caractérisé par une concentration de plus en plus inégalitaire de la richesse et du pouvoir entre les mains d’une petite minorité de «seigneurs» de la tech et de la finance. Retournons-nous vraiment au Moyen Âge version high-tech ?

Joel KOTKIN. – Nous vivons effectivement une époque qui rappelle le Moyen Âge avec son oligarchie, ses clercs et son dogme. Une sorte d’aristocratie de la tech a émergé et a fait alliance avec la classe intellectuelle, pour mettre en place une nouvelle vision de la société, qui a pour ambition de remplacer les valeurs plus traditionnelles portées depuis l’après-guerre par la classe moyenne. Tout l’enjeu futur de la politique est de savoir si «le tiers état» d’aujourd’hui – les classes moyennes paupérisées et les classes populaires – se soumettra à leur contrôle. Nous sommes entrés dans le paradigme d’une oligarchie concentrant la richesse nationale à un point jamais atteint à l’époque contemporaine. Cinq compagnies détiennent l’essentiel de la richesse nationale en Amérique! Une poignée de patrons de la tech et «leurs chiens de garde» de la finance, contrôlent chacun des fortunes de dizaines de milliards de dollars en moyenne et ils ont à peine 40 ans, ce qui veut dire que nous allons devoir vivre avec eux et leur influence pour tout le reste de nos vies!

La globalisation et la financiarisation ont été des facteurs majeurs de cette concentration effrénée de la richesse. La délocalisation de l’industrie vers la Chine a coûté 1,5 million d’emplois manufacturiers au Royaume-Uni, et 3,4 millions à l’Amérique. Les PME, les entreprises familiales, l’artisanat, ont été massivement détruits, débouchant sur une paupérisation des classes moyennes, qui étaient le cœur du modèle capitaliste libéral américain. La crise du coronavirus a accéléré la tendance. Les compagnies de la tech sortent grandes gagnantes de l’épreuve. Jeff Bezos, le patron d’Amazon, vient juste d’annoncer que sa capitalisation a progressé de 30 milliards de dollars alors que les petites compagnies se noient! Les inégalités de classe ne font que s’accélérer, avec une élite intellectuelle et managériale qui s’en sort très bien – les fameux clercs qui peuvent travailler à distance – , et le reste de la classe moyenne qui s’appauvrit. Les classes populaires, elles, ont subi le virus de plein fouet, ont bien plus de risques de l’attraper, ont souffert du confinement dans leurs petits appartements, et ont pour beaucoup perdu leur travail. C’est un tableau très sombre qui émerge avec une caste de puissants ultra-étroite et de «nouveaux serfs», sans rien de substantiel entre les deux: 70 % des Américains estiment que leurs enfants vivront moins bien qu’eux.

La destruction systématique de notre passé est très dangereuse. Cela nous ramène à l’esprit de la Révolution culturelle chinoise. Si l’on continue, il n’y aura plus que des tribus

Vous écrivez que la Silicon Valley est une sorte de laboratoire futuriste de ce qui attend l’Amérique. Votre description ne donne pas envie…

La Silicon Valley, jadis une terre promise des self-made-men est devenue le visage de l’inégalité et des nouvelles forteresses industrielles. Les géants technologiques comme Google ou Facebook ont tué la culture des start-up née dans les garages californiens dans les années 1970 et qui a perduré jusque dans les années 1990, car ils siphonnent toute l’innovation. Je suis évidemment pour la défense de l’environnement, mais l’idéologie verte très radicale qui prévaut en Californie avantage aussi les grandes compagnies qui seules peuvent survivre aux régulations environnementales drastiques, alors que les PME n’y résistent pas ou s’en vont ailleurs. On sous-estime cet aspect socio-économique de la «transition écologique», qui exclut les classes populaires et explique par exemple vos «gilets jaunes», comme le raconte le géographe Christophe Guilluy. Vu la concentration de richesses, l’immobilier californien a atteint des prix records et les classes populaires ont été boutées hors de San Francisco, pourtant un bastion du «progressisme» politique. La ville, qui se veut l’avant-garde de l’antiracisme et abritait jadis une communauté afro-américaine très vivante, n’a pratiquement plus d’habitants noirs, à peine 5 %, un autre paradoxe du progressisme actuel.

Vous parlez d’alliance de cette oligarchie avec de nouveaux clercs, presque un nouveau «clergé», gardien des nouveaux «dogmes». Que voulez-vous dire?

Il y a un vrai parallèle entre la situation d’aujourd’hui et l’alliance de l’aristocratie et du clergé avant la Révolution française. Et cela vaut pour tous les pays occidentaux. Ces clercs rassemblent les élites intellectuelles d’aujourd’hui, qui sont presque toutes situées à gauche. Si je les nomme ainsi, c’est pour souligner le caractère presque religieux de l’orthodoxie qu’elles entendent imposer, comme jadis l’Église catholique. Au XIIIe siècle, à l’université de Paris, personne n’aurait osé douter de l’existence de Dieu. Aujourd’hui, personne n’ose contester sans risque les nouveaux dogmes, j’en sais quelque chose. Je suis pourtant loin d’être conservateur, je suis un social-démocrate de la vieille école, qui juge les inégalités de classe plus pertinentes que les questions d’identité, de genre, mais il n’y a plus de place pour des gens comme moi dans l’univers mental et politique de ces élites. Elles entendent remplacer les valeurs de la famille et de la liberté individuelle qui ont fait le succès de l’Amérique après-guerre et la prospérité de la classe moyenne, par un credo qui allie défense du globalisme, justice sociale (définie comme la défense des minorités raciales et sexuelles, NDLR), modèle de développement durable imposé par le haut et redéfinition des rôles familiaux. Elles affirment que le développement durable est plus important que la croissance qui permettait de sortir les classes populaires de la pauvreté. Ce point créera une vraie tension sociale. Ce qui est frappant, c’est l’uniformité de ce «clergé».

Parmi les journalistes, seulement 7 % se disent républicains. C’est la même chose, voire pire, dans les universités, le cinéma, la musique. On n’a plus le droit d’être en désaccord avec quoi que ce soit! Écrire que le problème de la communauté noire est plus un problème socio-économique que racial, est devenu risqué, et peut vous faire traiter de raciste! J’ai travaillé longtemps comme journaliste avant d’enseigner, et notamment pour le Washington Post, le Los Angeles Times et d’autres… Il arrive que j’y trouve encore de très bons papiers, mais dans l’ensemble, je ne peux plus les lire tellement ils sont biaisés sur les sujets liés à la question raciale, à Trump ou à la politique! Je n’ai aucune sympathie pour Donald Trump, que je juge toxique, mais la haine qu’il suscite va trop loin. On voit se développer un journalisme d’opinion penchant à gauche, qui mène à ce que la Rand Corporation (une institution de recherche prestigieuse, fondée initialement pour les besoins de l’armée américaine, NDLR) qualifie de «décomposition de la vérité».

Je dois dire avoir aussi été très choqué par le «projet 1619» (ce projet affirme que l’origine de l’Amérique n’est pas 1776 et la proclamation de l’Indépendance, mais 1619 avec l’arrivée de bateaux d’esclaves sur les côtes américaines, NDLR), lancé par le New York Times, qui veut démontrer que toute l’histoire américaine est celle d’un pays raciste. Oui l’esclavage a été une chose horrible, mais les succès et progrès américains ne peuvent être niés au nom des crimes commis. Je n’ai rien contre le fait de déboulonner les généraux confédérés, qui ont combattu pour le Sud esclavagiste. Mais vouloir déboulonner le général Ulysse Grant, grand vainqueur des confédérés, ou encore George Washington, est absurde. La destruction systématique de notre passé, et du sens de ce qui nous tient ensemble, est très dangereuse. Cela nous ramène à l’esprit de la Révolution culturelle chinoise. Si l’on continue, il n’y aura plus que des tribus.

Vous soulignez le danger particulier de l’alliance de l’oligarchie de la tech et des élites, en raison du rôle croissant de la technologie…

Je crois que c’est Huxley qui dans Le Meilleur des mondes, affirme qu’une tyrannie appuyée sur la technologie ne peut être défaite. La puissance des oligarchies et des élites culturelles actuelles est renforcée par le rôle croissant de la technologie, qui augmente le degré de contrôle de ce que nous pensons, lisons, écoutons… Quand internet est apparu, il a suscité un immense espoir. On pensait qu’il ouvrirait une ère de liberté fertile pour les idées, mais c’est au contraire devenu un instrument de contrôle de l’information et de la pensée! Même si les blogs qui prolifèrent confèrent une apparence de démocratie et de diversité, la réalité actuelle c’est quelques compagnies basées dans la Silicon Valley qui exercent un contrôle de plus en plus lourd sur le flux d’informations. Près des deux tiers des jeunes s’informent sur les réseaux sociaux. De plus, Google, Facebook, Amazon sont en train de racheter les restes des médias traditionnels qu’ils n’ont pas tués. Ils contrôlent les studios de production de films, YouTube… Henry Ford et Andrew Carnegie n’étaient pas des gentils, mais ils ne vous disaient pas ce que vous deviez penser.

Trump va avoir du mal à gagner. Il pourrait revenir si une forme de rebond économique se dessine ou s’il s’avérait évident que Joe Biden n’a plus toutes ses capacités intellectuelles

Et que pensent ces nouveaux oligarques du XXIe siècle?

Ils sont persuadés que tous les problèmes ont une réponse technologique. Ce sont des techniciens brillants, grands adeptes du transhumanisme, peu préoccupés par la baisse de la natalité ou la question de la mobilité sociale, et bien plus déconnectés des classes populaires que les patrons d’entreprises sidérurgiques d’antan. Leur niveau d’ignorance sur le plan historique ou littéraire est abyssal, et en ce sens, ils sont sans doute plus effrayants encore que l’aristocratie d’Ancien Régime. De plus, se concentrer sur les sujets symboliques comme le genre, les transgenres, le changement climatique, leur permet d’évacuer les sujets de «classe», qui pourraient menacer leur pouvoir.

Que pensez-vous de la bataille entre Zuckerberg, qui a refusé de bannir les tweets de Trump, et les autres grands patrons de la tech, qui veulent bannir «les mauvaises pensées»?

Je pense que Zuckerberg a eu raison et qu’il a du courage, mais il semble être poussé à adopter un rôle de censeur. Un auteur que je connais, environnementaliste dissident, vient de voir sa page Facebook supprimée. C’est une tendance dangereuse, car laisser à quelques groupes privés le pouvoir de contrôler l’information, ouvre la voie à la tyrannie. Cela me ramène au thème central de ce livre qui se veut un manifeste en faveur de la classe moyenne, menacée de destruction après avoir été le pilier de nos démocraties. La démocratie est fondamentalement liée à la dispersion de la propriété privée. C’est pour cela que j’ai toujours eu de l’admiration pour les Pays-Bas, pays qui a toujours créé de la terre, en gagnant sur la mer, et a donc toujours assuré la croissance de sa classe moyenne. Quand cela cesse et que la richesse se concentre entre quelques mains, on revient à un contrôle de la société par le haut, qu’il soit établi par des régimes de droite ou de gauche.

Face à cette réalité, Trump et la rébellion anti-élites qui le porte pourraient-ils gagner à nouveau?

Trump est un idiot et un type détestable, qui, je l’espère, sera désavoué, car il suscite beaucoup de tensions négatives. Mais je n’ai jamais vu un président traité comme il l’a été. La volonté de le destituer était déjà envisagée avant même qu’il ait mis un pied à la Maison-Blanche! Je pense aussi que la presse n’est pas honnête à son sujet. Prenons par exemple son discours au mont Rushmore, l’un des meilleurs qu’il ait faits, et dans lequel il tente de réconcilier un soutien au besoin de justice raciale, et la défense du patrimoine américain. Il y a cité beaucoup de personnages importants comme Frederick Douglass ou Harriet Tubman, mais la presse n’en a pas moins rapporté qu’il s’agissait d’un discours raciste, destiné à rallier les suprémacistes blancs! On l’accuse de tyrannie, mais la plus grande tyrannie qui nous menace est l’alliance des oligarques et des clercs. Le seul avantage de Trump, c’est d’être un contre-pouvoir face à eux. Malheureusement, cela ne signifie pas qu’il ait une vision cohérente. Surtout, il divise terriblement le pays, or nous avons besoin d’une forme d’unité minimale.

Je dirais à ce stade que Trump va avoir du mal à gagner – j’évalue ses chances à une sur trois. Il pourrait revenir si une forme de rebond économique se dessine ou s’il s’avérait évident que Joe Biden n’a plus toutes ses capacités intellectuelles. Si les démocrates l’emportent, ma prédiction est qu’ils en feront trop, et qu’une nouvelle rébellion, qui nous fera regretter Trump, surgira en boomerang. À moins qu’une nouvelle génération de jeunes conservateurs – comme Josh Hawley, JD Vance ou Marco Rubio – capables de défendre les classes populaires tout en faisant obstacle à la révolution culturelle de la gauche, ne finisse par émerger. J’aimerais aussi voir un mouvement remettant vraiment le social à l’honneur se dessiner à gauche, mais je n’y crois pas trop, vu l’obsession de l’identité… Ce qui est sûr, c’est que l’esprit de 2016 et des «gilets jaunes» ne va pas disparaître. Regardez ce qui s’est passé en Australie: on pensait que les travaillistes gagneraient, mais ce sont les populistes qui ont raflé la mise, parce que la gauche verte était devenue tellement anti-industrielle, que les classes populaires l’ont désertée!

* The Coming of Neo-Feudalism: A Warning to the Global Middle Class, Joel Kotkin, Hardcover, 288 p., $20,65.

Voir de plus:

Dear A.G.,

It is with sadness that I write to tell you that I am resigning from The New York Times.

I joined the paper with gratitude and optimism three years ago. I was hired with the goal of bringing in voices that would not otherwise appear in your pages: first-time writers, centrists, conservatives and others who would not naturally think of The Times as their home. The reason for this effort was clear: The paper’s failure to anticipate the outcome of the 2016 election meant that it didn’t have a firm grasp of the country it covers. Dean Baquet and others have admitted as much on various occasions. The priority in Opinion was to help redress that critical shortcoming.

I was honored to be part of that effort, led by James Bennet. I am proud of my work as a writer and as an editor. Among those I helped bring to our pages: the Venezuelan dissident Wuilly Arteaga; the Iranian chess champion Dorsa Derakhshani; and the Hong Kong Christian democrat Derek Lam. Also: Ayaan Hirsi Ali, Masih Alinejad, Zaina Arafat, Elna Baker, Rachael Denhollander, Matti Friedman, Nick Gillespie, Heather Heying, Randall Kennedy, Julius Krein, Monica Lewinsky, Glenn Loury, Jesse Singal, Ali Soufan, Chloe Valdary, Thomas Chatterton Williams, Wesley Yang, and many others.

But the lessons that ought to have followed the election—lessons about the importance of understanding other Americans, the necessity of resisting tribalism, and the centrality of the free exchange of ideas to a democratic society—have not been learned. Instead, a new consensus has emerged in the press, but perhaps especially at this paper: that truth isn’t a process of collective discovery, but an orthodoxy already known to an enlightened few whose job is to inform everyone else.

Twitter is not on the masthead of The New York Times. But Twitter has become its ultimate editor. As the ethics and mores of that platform have become those of the paper, the paper itself has increasingly become a kind of performance space. Stories are chosen and told in a way to satisfy the narrowest of audiences, rather than to allow a curious public to read about the world and then draw their own conclusions. I was always taught that journalists were charged with writing the first rough draft of history. Now, history itself is one more ephemeral thing molded to fit the needs of a predetermined narrative.

My own forays into Wrongthink have made me the subject of constant bullying by colleagues who disagree with my views. They have called me a Nazi and a racist; I have learned to brush off comments about how I’m “writing about the Jews again.” Several colleagues perceived to be friendly with me were badgered by coworkers. My work and my character are openly demeaned on company-wide Slack channels where masthead editors regularly weigh in. There, some coworkers insist I need to be rooted out if this company is to be a truly “inclusive” one, while others post ax emojis next to my name. Still other New York Times employees publicly smear me as a liar and a bigot on Twitter with no fear that harassing me will be met with appropriate action. They never are.

There are terms for all of this: unlawful discrimination, hostile work environment, and constructive discharge. I’m no legal expert. But I know that this is wrong.

I do not understand how you have allowed this kind of behavior to go on inside your company in full view of the paper’s entire staff and the public. And I certainly can’t square how you and other Times leaders have stood by while simultaneously praising me in private for my courage. Showing up for work as a centrist at an American newspaper should not require bravery.

Part of me wishes I could say that my experience was unique. But the truth is that intellectual curiosity—let alone risk-taking—is now a liability at The Times. Why edit something challenging to our readers, or write something bold only to go through the numbing process of making it ideologically kosher, when we can assure ourselves of job security (and clicks) by publishing our 4000th op-ed arguing that Donald Trump is a unique danger to the country and the world? And so self-censorship has become the norm.

What rules that remain at The Times are applied with extreme selectivity. If a person’s ideology is in keeping with the new orthodoxy, they and their work remain unscrutinized. Everyone else lives in fear of the digital thunderdome. Online venom is excused so long as it is directed at the proper targets.

Op-eds that would have easily been published just two years ago would now get an editor or a writer in serious trouble, if not fired. If a piece is perceived as likely to inspire backlash internally or on social media, the editor or writer avoids pitching it. If she feels strongly enough to suggest it, she is quickly steered to safer ground. And if, every now and then, she succeeds in getting a piece published that does not explicitly promote progressive causes, it happens only after every line is carefully massaged, negotiated and caveated.

It took the paper two days and two jobs to say that the Tom Cotton op-ed “fell short of our standards.” We attached an editor’s note on a travel story about Jaffa shortly after it was published because it “failed to touch on important aspects of Jaffa’s makeup and its history.” But there is still none appended to Cheryl Strayed’s fawning interview with the writer Alice Walker, a proud anti-Semite who believes in lizard Illuminati.

The paper of record is, more and more, the record of those living in a distant galaxy, one whose concerns are profoundly removed from the lives of most people. This is a galaxy in which, to choose just a few recent examples, the Soviet space program is lauded for its “diversity”; the doxxing of teenagers in the name of justice is condoned; and the worst caste systems in human history includes the United States alongside Nazi Germany.

Even now, I am confident that most people at The Times do not hold these views. Yet they are cowed by those who do. Why? Perhaps because they believe the ultimate goal is righteous. Perhaps because they believe that they will be granted protection if they nod along as the coin of our realm—language—is degraded in service to an ever-shifting laundry list of right causes. Perhaps because there are millions of unemployed people in this country and they feel lucky to have a job in a contracting industry.

Or perhaps it is because they know that, nowadays, standing up for principle at the paper does not win plaudits. It puts a target on your back. Too wise to post on Slack, they write to me privately about the “new McCarthyism” that has taken root at the paper of record.

All this bodes ill, especially for independent-minded young writers and editors paying close attention to what they’ll have to do to advance in their careers. Rule One: Speak your mind at your own peril. Rule Two: Never risk commissioning a story that goes against the narrative. Rule Three: Never believe an editor or publisher who urges you to go against the grain. Eventually, the publisher will cave to the mob, the editor will get fired or reassigned, and you’ll be hung out to dry.

For these young writers and editors, there is one consolation. As places like The Times and other once-great journalistic institutions betray their standards and lose sight of their principles, Americans still hunger for news that is accurate, opinions that are vital, and debate that is sincere. I hear from these people every day. “An independent press is not a liberal ideal or a progressive ideal or a democratic ideal. It’s an American ideal,” you said a few years ago. I couldn’t agree more. America is a great country that deserves a great newspaper.

None of this means that some of the most talented journalists in the world don’t still labor for this newspaper. They do, which is what makes the illiberal environment especially heartbreaking. I will be, as ever, a dedicated reader of their work. But I can no longer do the work that you brought me here to do—the work that Adolph Ochs described in that famous 1896 statement: “to make of the columns of The New York Times a forum for the consideration of all questions of public importance, and to that end to invite intelligent discussion from all shades of opinion.”

Ochs’s idea is one of the best I’ve encountered. And I’ve always comforted myself with the notion that the best ideas win out. But ideas cannot win on their own. They need a voice. They need a hearing. Above all, they must be backed by people willing to live by them.

Sincerely,

Bari

Voir encore:

The Intelligencer
July 17, 2020

The good news is that my last column in this space is not about “cancel culture.” Well, almost. I agree with some of the critics that it’s a little nuts to say I’ve just been “canceled,” sent into oblivion and exile for some alleged sin. I haven’t. I’m just no longer going to be writing for a magazine that has every right to hire and fire anyone it wants when it comes to the content of what it wants to publish.

The quality of my work does not appear to be the problem. I have a long essay in the coming print magazine on how plagues change societies, after all. I have written some of the most widely read essays in the history of the magazine, and my column has been popular with readers. And I have no complaints about my interaction with the wonderful editors and fact-checkers here — and, in fact, am deeply grateful for their extraordinary talent, skill, and compassion. I’ve been in the office maybe a handful of times over four years, and so there’s no question of anyone mistreating me or vice versa. In fact, I’ve been proud and happy to be a part of this venture.

What has happened, I think, is relatively simple: A critical mass of the staff and management at New York Magazine and Vox Media no longer want to associate with me, and, in a time of ever tightening budgets, I’m a luxury item they don’t want to afford. And that’s entirely their prerogative. They seem to believe, and this is increasingly the orthodoxy in mainstream media, that any writer not actively committed to critical theory in questions of race, gender, sexual orientation, and gender identity is actively, physically harming co-workers merely by existing in the same virtual space. Actually attacking, and even mocking, critical theory’s ideas and methods, as I have done continually in this space, is therefore out of sync with the values of Vox Media. That, to the best of my understanding, is why I’m out of here.

Two years ago, I wrote that we all live on campus now. That is an understatement. In academia, a tiny fraction of professors and administrators have not yet bent the knee to the woke program — and those few left are being purged. The latest study of Harvard University faculty, for example, finds that only 1.46 percent call themselves conservative. But that’s probably higher than the proportion of journalists who call themselves conservative at the New York Times or CNN or New York Magazine. And maybe it’s worth pointing out that “conservative” in my case means that I have passionately opposed Donald J. Trump and pioneered marriage equality, that I support legalized drugs, criminal-justice reform, more redistribution of wealth, aggressive action against climate change, police reform, a realist foreign policy, and laws to protect transgender people from discrimination. I was one of the first journalists in established media to come out. I was a major and early supporter of Barack Obama. I intend to vote for Biden in November.

It seems to me that if this conservatism is so foul that many of my peers are embarrassed to be working at the same magazine, then I have no idea what version of conservatism could ever be tolerated. And that’s fine. We have freedom of association in this country, and if the mainstream media want to cut ties with even moderate anti-Trump conservatives, because they won’t bend the knee to critical theory’s version of reality, that’s their prerogative. It may even win them more readers, at least temporarily. But this is less of a systemic problem than in the past, because the web has massively eroded the power of gatekeepers to suppress and control speech. I was among the first to recognize this potential for individual freedom of speech, and helped pioneer individual online media, specifically blogging, 20 years ago.

And this is where I’m now headed.

Since I closed down the Dish, my bloggy website, five years ago, after 15 years of daily blogging, I have not missed the insane work hours that all but broke my health. But here’s what I do truly and deeply miss: writing freely without being in a defensive crouch; airing tough, smart dissent and engaging with readers in a substantive way that avoids Twitter madness; a truly free intellectual space where anything, yes anything, can be debated without personal abuse or questioning of motives; and where readers can force me to change my mind (or not) by sheer logic or personal testimony.

I miss a readership that truly was eclectic — left, liberal, centrist, right, reactionary — and that loved to be challenged by me and by each other. I miss just the sheer fun that used to be a part of being a hack before all these dreadfully earnest, humor-free puritans took over the press: jokes, window views, silly videos, contests, puns, rickrolls, and so on. The most popular feature we ever ran was completely apolitical — The View From Your Window contest. It was as simple and humanizing as the current web is so fraught and dehumanizing. And in this era of COVID-19 isolation and despair, the need for a humane, tolerant, yet provocative and interesting, community is more urgent than ever.

So, yeah, after being prodded for years by Dishheads, I’m going to bring back the Dish.

I’ve long tried to figure out a way to have this kind of lively community without endangering my health and sanity. Which is why the Weekly Dish, which launches now, is where I’ve landed. The Weekly Dish will be hosted by Substack, a fantastic company that hosts an increasingly impressive number of individual free thinkers, like Jesse Singal and Matt Taibbi. There is a growing federation of independent thinkers and writers not subject to mainstream media’s increasingly narrow range of acceptable thought.

The initial basic formula — which, as with all things Dish, will no doubt evolve — is the following: this three-part column, with perhaps a couple of added short posts or features (I probably won’t be able to resist); a serious dissent section, where I can air real disagreement with my column, and engage with it constructively and civilly; a podcast, which I’ve long wanted to do, but never found a way to fit in; and yes, reader window views again, and the return of The View From Your Window contest. I’m able to do all this because Chris Bodenner, the guru of the Dish in-box and master of the Window View contest, is coming back to join me. He’ll select the dissents, as he long did, in ways that will put me on the spot.

Some have said that this good-faith engagement with lefty and liberal readers made me a better writer and thinker. And I think they’re right. Twitter has been bad for me; it’s just impossible to respond with the same care and nuance that I was able to at the Dish. And if we want to defend what’s left of liberal democracy, it’s not enough to expose and criticize the current model. We just need to model and practice liberal democracy better.

And that’s my larger hope and ambition. If the mainstream media will not host a diversity of opinion, or puts the “moral clarity” of some self-appointed saints before the goal of objectivity in reporting, if it treats writers as mere avatars for their race and gender or gender identity, rather than as unique individuals whose identity is largely irrelevant, then the nonmainstream needs to pick up the slack. What I hope to do at the Weekly Dish is to champion those younger writers who are increasingly shut out of the Establishment, to promote their blogs, articles, and podcasts, to link to them, and encourage them. I want to show them that they have a future in the American discourse. Instead of merely diagnosing the problem of illiberalism, I want to try to be part of the solution.

I’ll still probably piss you off, on a regular basis. “If liberty means anything at all it means the right to tell people what they do not want to hear,” as my journalistic mentor George Orwell put it. But I’ll also be directly accountable, and open to arguments that I, too, don’t want to hear but need to engage. And I hope to find readers who are fine with being pissed off — if it prompts them to reevaluate ideas.

If you believe in that vision or are simply interested in engaging a variety of ideas in a free-wheeling debate, then please join us. Those of you who were loyal Dishheads receive this column every Friday in an email, and you will get the same email next week directing you to the new Weekly Dish. If you are not on that list, or have not received an email lately, or have gotten to know me from my work at New York alone, you can add your name by clicking here.

The Weekly Dish will be free for a bit, while we iron out kinks and prep a podcast for the fall. But if you want to subscribe right away, or be a founding Weekly Dishhead, we’d love it, and it would help us enormously in getting this off the ground.

Dishness lives. All we’re waiting for is you.

See you next Friday.

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Peak Jacobinism?

Even the woke eventually fear the guillotine. A few of its appeasers and abettors are becoming embarrassed by some of the outright racists and nihilists of BLM and the Maoists of Antifa — and their wannabe hangers-on who troll the Internet hoping to scalp some minor celebrity.

The woke rich too are worried over talk about substantial wealth, capital-gains, and income taxes, even though they have the resources to navigate around the legislation from their wink-and-nod brethren. Soon, even Hunter Biden and the Clintons could be checking in with their legal teams to see how much it will cost them to get around the Squad’s new tax plan.

The lines are thinning a bit for the guillotine. And the guillotiners are starting to panic as they glimpse faces of a restless mob always starved for something to top last night’s torching. Finally, even looters and arsonists get tired of doing the same old, same old each night. They get bored with the puerile bullhorn chants, the on-spec spray-paint defacement, and the petite fascists among them who hog the megaphones. For the lazy and bored, statue toppling — all of those ropes, those icky pry bars, those heavy sledgehammers, and so much pulling — becomes hard work, especially as the police, camera crews, and fisticuffs thin out on the ground. And the easy bronze and stone prey are now mostly rubble. Now it’s either the big, tough stuff like Mount Rushmore or the crazy targets like Lincoln and Frederick Douglass.

There are only so many ways for adult-adolescents to chant monotonously “Eat the Rich! Kill the Pigs! Black Lives Matter!” blah, blah, blah. And there are only so many Road Warrior Antifa ensembles of black hoodies, black masks, black pants, and black padding — before it all it ends up like just another shrill teachers’-union meeting in the school cafeteria or a prolonged adolescent Halloween prankster show.

Some 150 leftist writers and artists recently signed a letter attesting that they are suddenly wary of cancel culture. They want it stopped and prefer free speech. Of course, they first throat-cleared about the evil Trump, as if the president had surveilled Associated Press reporters, or sicced the FBI on a political campaign, or used CIA informants and foreign dossier-mongers to undermine a political opponent. And some petition signers soon retracted, with “I didn’t know what I was doing” apologies. Nonetheless, it was a small sign that not all of the liberal intelligentsia were going to sit still and wait for the mob to swallow them.

They learned well from #MeToo that, in the end, being emancipated, feminist, and woke did not mean that anyone accused of anything was protected by the Bill of Rights, statutes of limitations, the right to cross-examination, sincere apologies, and all that reactionary jazz, whether the accused was Al Franken or Garrison Keillor. Everyone else can also learn from #MeToo: As the revolution moved on from Brett Kavanaugh to Joe Biden himself, it went the way of the fading Jacobins. Tara Reid, after all, was tsked-tsked away in the old-boy “she’s lying” fashion. If not, then she might have empowered the evil Trump in his reelection bid.

The Lincoln County, Ore., authorities just backed off from their earlier homage to Jim Crow — they had issued an edict that all residents would be equal and wear masks in public except African Americans, who would be more equal than others and not be required to wear them. Even Oregon has standards?

The CEO of Goya, Robert Unanue, recently ignored calls to ruin his company — for his sin of praising the U.S. president. So far, he seems utterly unfazed by the pajama-boy mob.

The inveterate racist and anti-Semite Al Sharpton can’t decide whether he wants to dynamite Mount Rushmore or chisel Obama’s visage on it. How strange that the radical Left is divorcing the Democratic Party from all its iconic American referents and leaving them with nothing to replace them except painted slogans of Black Lives Matter on city streets, Kente-cloth shawls, and a Woodie Guthrie song or two. Bill de Blasio believes it is legal for a mayor to ban all public demonstrations — except those predicated on skin color, as he exempts Black Lives Matter outings. That Confederate idea may be too much even for the city’s liberals in hiding.

Seattle’s CHAZ/CHOP is gone. Warlord Raz Simone is back to his capitalist land-lording without even a citation for trespassing. Maybe former CHOP residents will get a discount at his Airbnb rentals.

The streets of our big cities are no longer a “summer of love” hate-fest targeting Donald Trump, but downright scary, given that murdering someone on sight is a COVID-get-out-of-jail-free crime. Blue-state officials green-lighted the multibillion-dollar wreckage and are now coming cup in hand, begging the Trump administration to pay for it. Their logic is: “Don’t dare send your damn troops to interrupt our beautiful looting and arson, but now please send your racist money for us to clean up the mess.”

In California, the jails and prisons are emptying, ostensibly because of the virus, in reality to enact a long-desired agenda of emptying and defunding prisons. As a result, you cannot find an automatic handgun in most California gun shops: The more left-wing a community, the harder to find a gun on the shelf. For what reason do liberals think liberals are buying guns?

COVID-19 is back for a while. The more the Left insists that millions in the streets for a month were not violating quarantines and had no effect on the second wave, the more protestors got infected and graciously went home to spread it to their more vulnerable relatives. Even leftists who were not infected know that this narrative is untrue and that their own demonstrations essentially ended the legitimacy of mass quarantining.

The hated police are slowing down in anticipation of early retirements, layoffs, and budget shortages. The logic is that going into the inner city is a trifecta losing proposition for them: Either get shot, or get accused, or get hated for doing your proper duty. De facto “community policing” seems to be operating in Atlanta, Chicago, and New York as murder spikes and shooters rediscover how it once worked out in Deadwood, Dodge City, and Tombstone. One can learn a lot about “community policing” by watching a 1950s Western in which “community leaders” plead for the outgunned sheriff to remove the accused from his jail cell and hand him over to the posse, which, with one minor lynching, would make it all go away.

How did woke Beverley Hills left-wing zillionaires respond to the Black Lives marcher shouting into their enclave “Eat the Rich”?

Try now politically correct tear gas.

When an Atherton or Georgetown liberal calls 911, will he now first say: “One, I am not an angry white person calling to rat out a suspect of color. Two, I am not calling to save my ‘brick and mortar’ property at the expense of the life of a marginalized victim. Three, I support defunding the police. And so, four, look — an individual of unknown appearance may kind of, sort of be shattering our bedroom window and could be pondering a felonious infraction. So could you send out a community facilitator to inquire?”

The Marxist-birthed Black Lives Matter now resembles Robespierre’s ridiculous Cult of the Supreme Being. So likewise it has become our new state-sponsored religion for America’s nonbelievers. All that is left is to set up a BLM statue on a man-made mountain in D.C. where all can take the knee.

Suddenly retired generals are growing quiet. It’s as if the much-reported “small number” of violent protesters somehow got really, really big. And they do not necessarily worship the military.

Or maybe promises of renaming Fort Bragg and tearing down the Lee statue at West Point strangely did not quite satisfy the architects of Black Lives Matter. It is, after all, a blink of an eye from “Defund the Police!” to “Defund the Military!” (How strange that retired four-star generals in their sixties and seventies suddenly discovered in late spring 2020 that their once hallowed bases a century ago were named after racist Confederate mediocrities. Who would have thought?)

If the chairman of the Joint Chiefs won’t even appear on camera with the commander in chief who restored a decrepit Pentagon budget, and the pantheon of retired military luminaries believes that proof of a Mussolini, Nazi, or fascist in the White House is to be found in the act of securing the southern U.S. border, or not staying another 20 years in Afghanistan, or not inserting American youth into the middle of Kurdish-Turkish bloodletting while inside Russian- and Iranian-occupied fascist Syria, then many might decide that the U.S. military should deal on its own with the defunding Left.

The NFL pulled a Joe Biden VP trick and prematurely promised to play the “black national anthem” at a few games so that all can stand in homage in racial solidarity and then all kneel in disrespect for the subsequent ecumenical national anthem.

Players can wear political insignia to remind incorrect viewers at home about how they are to think correctly. Will extra points be given for great passes and catches by the most woke?

NFL owners can’t yet fathom how they have conjured up a brilliant new way of destroying a 100-year heritage and an inherited huge audience. Is the message of the most non-diverse players to their most diverse fans now to be: “We don’t like your racist country and won’t stand for your toxic anthem, but you owe us to stay tuned for the commercial ads and to come out to the stadium to pay oppressed multimillionaires like us”?

Anyone who watches such an NFL game this fall might as just as well get it over with and enroll in a more honest North Korean–style reeducation camp. If that doesn’t work out, one can always tune in to the NBA preseason and hear more lectures from philosopher-king coach Steven Kerr, contextualizing the many reasons the NBA honors the power of Chinese Communist Party money.

As the cities turn into wastelands, children are gunned down, and careers are destroyed, fewer and fewer bore us by intoning that Trump is Mussolini, or that he resembles the operators of Auschwitz. Fewer still care about the spiraling tragic carnage of the inner cities — not Black Lives Matter, not the Squad, not Nancy Pelosi.

When will we see the BLM/Antifa/Democratic agenda spelled out in full? A new inheritance tax for the midlevel retiring Google executives? A yearly wealth tax on Beyoncé, Cher, and LeBron James? No more carbon foot-printing in a private jet for Barack and Michelle, or Bill and Hillary? Reparations for Maxine Waters? No police force for Pacific Heights?

Terrified inner-city dwellers can’t count on their progressive governors or mayors, or sympathetic billionaires, who will soon be able to hire politically incorrect ex-policemen at a bargain to beef up their private security patrols.

So the revolution is tiring, devouring its own, terrifying its enablers, embarrassing its abettors, and becoming worried that somewhere some courageous nobody might dare say, “You have done enough. Have you no sense of decency?”

The unhinged revolution is trying to make the U.S. into one big CHOP. Millions of Americans seem to be scrambling to avoid it, preferring instead to let the effort cannibalize itself at a safe distance — at least for now.

Voir également:

The Illiberal Liberal Media

As Bari Weiss’s departure confirms, the New York Times has narrowed its spectrum of allowable opinion.

Judith Miller

City Journal

July 14, 2020

What New York Times contributing editor and writer Bari Weiss recently called the “civil war” within the Times has just claimed another victim: Bari Weiss.

In a scathing open letter to publisher A. G. Sulzberger that instantly went viral on Twitter and other social media, Weiss asserted that she was resigning to protest the paper’s failure to defend her against internal and external bullying; senior editors’ abandonment of the paper’s ostensible commitment to publishing news and opinion that stray from an ideological orthodoxy; and the capitulation of many Times reporters and senior editors to the prevailing intolerance of far-Left mobs on Twitter, which she called the paper’s “ultimate editor.”

Weiss was apparently stripped of her role as editor, and not immediately offered another position; the implication that she was no longer welcome was clear. “The paper of record is, more and more, the record of those living in a distant galaxy, one whose concerns are profoundly removed from the lives of most people,” she wrote. “Nowadays, standing up for principle at the paper does not win plaudits. It puts a target on your back.”

Weiss did not respond to a request for comment. But friends and supporters said Tuesday that her decision was prompted in part by events surrounding the forced resignation last month of opinion editor James Bennet, to whom she reported during her three years at the Times. Bennet left the paper, and his deputy James Dao was demoted, after Times staffers revolted against their decision to publish an op-ed by Senator Tom Cotton arguing for deploying the military into U.S. cities to quell riots, if local law enforcement was unable to restore order. Many staffers protested the paper’s decision to give Cotton the powerful platform of the Times’s opinion page.

Some reporters argued that the conservative senator’s claims were contradicted by the paper’s own coverage, and that publishing the essay had endangered blacks, including minority reporters at the paper. Other Times staffers criticized Weiss’s characterization of the debate over Bennet’s publication of the Cotton op-ed as a “civil war” inside the Times between “the (mostly young) wokes” and “(mostly 40+) liberals,” reflecting a broader culture war throughout the country. Several staffers attacked her for having betrayed the paper by publicly describing its internal feuds.

In the aftermath of the Cotton episode, Weiss and many others quietly opposed the paper’s new “red flag” system, which effectively enables even junior editors to “stop or delay the publication of an article containing a controversial view or position,” as one senior editor characterized it.

Weiss has been a lightning rod ever since arriving from the Wall Street Journal, along with her friend, former colleague, and fellow columnist Bret Stephens, who declined to comment today on her resignation. Soon after joining the Times, she wrote a piece about a figure skater of Asian-American descent who was the first American woman to land a triple axel at the Olympics. She was attacked on Twitter after posting a story on the achievement, tweeting the line from the Hamilton musical “Immigrants get the job done”—but the skater was not an immigrant herself, merely the child of immigrants. Twitter exploded, accusing Weiss of “othering” an Asian-American woman.

At the Times, Weiss described herself as a centrist liberal concerned that far-Left critiques stifled free speech. She frequently wrote about anti-Semitism and the Women’s March and warned of the dangers of overly zealous proponents of #MeToo culture in a controversial column about comic Aziz Ansari, which inspired a skit on Saturday Night Live. One friend said that many of Weiss’s Times colleagues resented her because they envied her success. “She was a mid-level editor who made a splash and whose essays became the basis of Saturday Night Live skits,” the friend and former colleague said, asking not to be named.

In her letter, Weiss wrote that she had joined the paper to help publish “voices that would not otherwise appear in the paper of record, such as first-time writers, centrists, conservatives and others who would not naturally think of the Times as their home.” She had been hired, she wrote, after the paper failed to anticipate Donald Trump’s 2016 presidential election victory because it “didn’t have a firm grasp of the country it covers.” But after three years at the paper, she wrote in her open letter, Weiss had concluded, “with sadness,” that she could no longer perform this mission at the nation’s ostensible paper of record, given the bullying that she had experienced within the newsroom and the almost daily attacks on her, often from Times colleagues, on social media. She deplored the paper’s unwillingness to defend her or act to stop the online intimidation. “They have called me a Nazi and a racist; I have learned to brush off comments about how I’m ‘writing about the Jews again,’” she wrote.

Her criticism of Sulzberger rang true to several Times veterans, who note that he has been accused before of yielding to disgruntled liberal staff members. A publisher said to have intervened often in the paper’s news decisions, Sulzberger initially defended James Bennet and the decision to publish the Cotton op-ed, for instance. But faced with a staff revolt, he criticized the essay and the paper’s publication of it, saying that the editorial process had been too “rushed” and that the essay “did not meet our standards.”

Weiss’s departure was quickly hailed by her many critics within and outside of the paper on social media, among them Glenn Greenwald, who has called her a “hypocrite” for her alleged efforts to suppress Arab professors while in college, and for her defense of Israel and some of its controversial policies as a newspaper writer. But her stinging letter rang true to many others, among them former presidential aspirant Andrew Yang and talk-show host Bill Maher. “As a longtime reader who has in recent years read the paper with increasing dismay over just the reasons outlined here, I hope this letter finds receptive ears at the paper. But for the reasons outlined here, I doubt it,” Maher wrote on Twitter.

Her resignation was also lamented by such leading right-of-center thinkers as Glenn Loury. “What a shame—for the country, and on the Times,” wrote Loury, an economics professor at Brown University, in an email. Calling Weiss “courageous,” he added that while the climate she described at the paper was “no surprise,” that it had “driven her to this point is, indeed, shocking.” He also noted that Weiss was one of the few Times writers to sign the controversial “Harpers letter,” which he speculated might have been “the last straw” for the paper.

That letter, signed by over 150 academics, writers, and other intellectuals and artists, decried the “rising illiberalism” resulting not only from President Trump and his followers’ provocations, but also from what signatories called the growing “dogma and coercion” of those who oppose Trump. The rise of online mobs to suppress controversial views with which they disagree, said the letter, has become “a potent and possibly destructive force.” The signers deplored what they described as American liberals’ growing “intolerance of opposing views, a vogue for public shaming and ostracism, and the tendency to dissolve complex policy issues in a blinding moral certainty.”

Only one prominent Times reporter was quick to leap to Weiss’s defense. “It’s one thing that many of our readers and staff disagree with @bariweiss’ views—fine,” tweeted Rukmini Callimachi, an award-winning foreign correspondent and reporter. “But the fact that she has been openly bullied, not just on social media, but in internal slack channels is not okay.”

In a statement, acting editorial page editor Kathleen Kingbury said that the paper appreciated “the many contributions that Bari made to Times Opinion.” A Times spokesperson said that Sulzberger was not planning to issue a public response to Weiss’s letter. But given the evidently censorious climate at the paper of record these days, silence should not surprise us.

Voir de plus:

July 16, 2020

The intellectually intolerant mob claimed two high-profile victims Tuesday with the resignations of New York Times editor Bari Weiss and New York Magazine journalist Andrew Sullivan. These are just two examples of the deadly virus spreading through our public life: McCarthyism of the woke.

McCarthyism is the pejorative term liberals gave to the anti-communist crusades of 1950s-era Sen. Joseph McCarthy of Wisconsin. From his perch as chair of the Government Operations Committee, McCarthy launched a wave of investigations to ferret out supposed communist subversion of government agencies. Armed with his favorite question — “Are you now or have you ever been a member of the Communist Party?” — McCarthy terrorized his targets and silenced his critics. Thousands of people lost their jobs as a result, often based on nothing more than innuendo or chance associations.

The mob fervor extended to the state governments and the private sector, too. States enacted “loyalty oaths” requiring people employed by the government, including tenured university faculty members, to disavow “radical beliefs” or lose their jobs. Many refused and were fired. Hollywood notoriously rooted out real and suspected communists, creating the infamous “blacklist” of people who were informally barred from any work with Hollywood studios. The “red scare” even nearly toppled America’s favorite television star, Lucille Ball, who had registered to vote as a communist in the 1930s.

Today’s “cancel culture” is nothing more than McCarthyism in a woke costume. It stems from a noble goal — ending racial discrimination. Like its discredited cousin, however, it has transmogrified into something sinister and inimical to freedom. Battling racism is good and necessary; trying to suppress voices that one disagrees with is not. Woke McCarthyism goes wrong when it seeks to do the one thing that America has always sworn not to do: enforce uniformity of thought. Indeed, this principle, enshrined in the First Amendment, is so central to American national identity that it is one of the five quotes inscribed in the Jefferson Memorial: “I have sworn upon the altar of God eternal hostility against every form of tyranny over the mind of man.”

Weiss’s resignation letter describes numerous examples of her colleagues judging her guilty of “wrongthink” and trying to pressure superiors to fire or suppress her. She explains that “some coworkers insist I need to be rooted out if this company is to be a truly ‘inclusive’ one, while others post ax emojis next to my name.” Others, she wrote, called her a racist and a Nazi, or criticized her on Twitter without reprimand. She notes that this behavior, tolerated by the paper through its editors, constitutes “unlawful discrimination, hostile work environment, and constructive discharge.”

Sullivan’s reason for departure is less clear — though he said it is “self-evident.” He had publicly supported Weiss, writing: “The mob bullied and harassed a young woman for thoughtcrimes. And her editors stood by and watched.”

In other words, both Weiss and Sullivan — like so many others — seem to have left their jobs because they were targeted for refusing to conform to its ideas of right thinking. Do you now or have you ever thought that Donald Trump might make a good president? Congratulations, president of Goya Foods: Your company is boycotted. Are you now or have you ever been willing to publish works from a conservative U.S. senator that infuriated liberal Twitter? Former New York Times editor James Bennet, the bell tolls for thee.

The mob even sacrifices people whose only crime is familial connection on its altar. The stepmother of the Atlanta police officer who shot and killed Rayshard Brooks, Melissa Rolfe, was fired from her job at a mortgage lender because some employees felt uncomfortable working with her.

Such tactics work best when they force people to confess to seek repentance for the crimes they may or may not have committed. McCarthy knew this, and so he always offered lenience to suspected communists who would “name names” and turn in other supposed conspirators. The woke inquisition uses the same tactic, forcing those caught in its maw to renounce prior statements they find objectionable. NFL quarterback Drew Brees surrendered to the roar while noted leftists such as J.K. Rowling and Noam Chomsky are being pilloried for their defense of free speech.

McCarthy was enabled by a frightened and compliant center-right. They knew he was wrong, but they also knew the anti-communist cause was right and were unsure how to embrace the just cause and excise the zealous overreach. It wasn’t until McCarthy attacked the U.S. Army that one man, attorney Joseph Welch, had the courage to speak up. “Have you no decency, sir?” he said as McCarthy tried to slander a colleague. The bubble burst, and people found the inquisitorial emperor had no clothes. The Senate censured him in 1954, and McCarthy died in 1957, a broken man.

It won’t be as easy to defeat the woke movement. There isn’t one person whose humiliation will break the spell. This movement is deep, decentralized and widespread. But it can be beaten if someone’s courage can awaken the center-left as Welch’s did for the 1950s center-right.

Can Joe Biden be that person? If elected, he might have to as the frenzy shows no signs of abating on its own. But if a man who says he’s running to save the soul of America cannot defend America’s heart and soul, millions will have the right to ask him Welch’s immortal question: Have you no decency, sir?

Voir enfin:

Mark McCloskey & Patricia McCloskey: St. Louis Couple Pull Guns on Protesters
Emily Bicks
Heavy.com
Jun 30, 2020

Mark McCloskey and Patricia McCloskey are a St. Louis couple who were seen pointing guns at protesters who were walking by their home in St. Louis, Missouri, on June 28. The husband and wife, who work together as personal injury trial lawyers, came out of their house armed to prevent protesters from walking onto their property in the Forest Park area. Video and photos of the incident went viral on Twitter.

In the videos shared online, however, it doesn’t appear that anyone walking in Sunday’s protest calling for the resignation of St. Louis Mayor Lyda Krewson was trespassing on their palatial lawn or approached their house. While Mark McCloskey, 63, holds a large assault weapon and Patty McCloskey, 61, holds a handgun in the video, they end up pointing their weapons at each other while staring down protesters. While a video does show the protesters walking through a pedestrian gate next to signs that say “private street,” “no trespassing” and “access limited to residents,” witnesses have said the protesters were peaceful and did not approach the McCloskeys or go onto the lawn of the “Midwestern palazzo” where they live.

Another video shared on Twitter that has now been made unavailable showed Patty McCloskey holding her gun straight at passing protesters, one wearing a T-shirt that read, “Hands up, don’t shoot.”

The McCloskeys could not be reached for comment by Heavy. But Mark McCloskey told KSDK:

We were threatened with our lives, threatened with a house being burned down, my office building being burned down, even our dog’s life being threatened. It was, it was about as bad as it can get. I mean, those you know, I really thought it was Storming the Bastille that we would be dead and the house would be burned and there was nothing we could do about it. It was a huge and frightening crowd. And they were they broken the gate were coming at us.

Mark McCloskey told KMOV, “A mob of at least 100 smashed through the historic wrought iron gates of Portland Place, destroying them, rushed towards my home where my family was having dinner outside and put us in fear for our lives. “This is all private property. There are no public sidewalks or public streets. I was terrified that we’d be murdered within seconds, our house would be burned down, our pets would be killed. We were all alone facing an angry mob.”

St. Louis Police have not commented about whether an investigation into the incident is ongoing or if the couple could face charges. On social media, people have called for the McCloskeys to be arrested and have directed people to make complaints to the Missouri bar. According to BuzzFeed News, a St. Louis Police report identifies the couple as the victims in the incident and the news site reports the McCloskeys called police.

“The police report states that the couple contacted police ‘when they heard a loud commotion coming from the street’ and ‘observed a large group of subjects forcefully break an iron gate marked with ‘No Trespassing’ and ‘Private Street’ signs,’ BuzzFeed wrote. “Police said the couple claimed protesters were ‘yelling obscenities and threats of harm to both victims’ and that they brought out their guns when they ‘observed multiple subjects who were armed.’” Police didn’t say in the report if officers verified whether any protesters were armed or if weapons were pointed at the McCloskeys, according to BuzzFeed News. Krewson, the St. Louis mayor who was the target of the protest hasn’t commented about the incident.

Circuit Attorney Kim Gardner said in a statement an investigation into the incident is ongoing. Gardner said, ” I am alarmed at the events that occurred over the weekend, where peaceful protestors were met by guns and a violent assault. We must protect the right to peacefully protest, and any attempt to chill it through intimidation or threat of deadly force will not be tolerated.”

She added, “My office is currently working with the public and police to investigate these events. Make no mistake: we will not tolerate the use of force against those exercising their First Amendment rights, and will use the full power of Missouri law to hold people accountable.”

Here’s what you need to know about Mark and Patty McCloskey:


1. The McCloskeys Bought Their Million-Dollar Home at Portland Place in February 1988 & Were Profiled in a St.
Louis Magazine After Renovating It

The couple was featured in St. Louis Magazine for their impressive renovation of the famous estate in 1988. Now more than 30 years after purchasing the home, which was once owned by Edward and Anna Busch Faust — the son of a revered St. Louis restaurateur and daughter of the beer-making Busch family — they have restored the Renaissance palazzo back to its original glory.

Mark McCloskey told the magazine, “All the plumbing was made by Mott, which was the premiere manufacturer at the turn of the century, and all the door and window hardware was made by P.E. Guerin.” Patricia McCloskey noted “the glass in the windows” was from the second-floor reception hall at the 14th century Palazzo Davanzati in Florence, “and the shutters, at least the ironwork, are probably original.” The property is appraised at $1.15 million, according to St. Louis city property records.

Armed St. Louis Lawyers Confront Protesters – Riverfront TimesMark and Patricia McCloskey brandish guns at marchers in St. Louis’ Central West End. Video by Theo Welling/Riverfront Times2020-06-29T03:51:46Z

In 1992, the couple were involved in a “brouhaha” over cohabitation rules in the Portland Place neighborhood, according to an article from The St. Louis Post-Dispatch. Patty McCloskey was at the time a board member for the Portland Place homeowners’ association. She opposed a bylaw change to allow cohabitation in the HOA, which put the association in line with city law that doesn’t allow for discrimination.

Patty McCLoskey disputed claims made at the time by her opponents that she and her husband were trying to keep gay people out of the neighborhood. “This is insanity,” she told the newspaper. “It isn’t about gay-bashing. I want to enforce restrictions. … certain people on the street are renting their houses, and we couldn’t get a few of the trustees to agree to make a phone call and tell them it was inappropriate.” A neighbor, Dr. Saul Boyarsky, told the newspaper the McCloskeys were, “trying to preserve the exclusivity of the neighborhood.”

In videos on Sunday, the McCloskeys could be seen outside their million-dollar home with guns. While holding a rifle, Mark McCloskey can be heard yelling to the crowd, “Private property! Get out! Private property, get out!” Patricia McCloskey, holding a handgun, also yelled at the protesters. One person in the protest can be heard yelling back, “Calm down,” as others tell the group to keep moving and not engage with the couple. Another person can be heard saying, “Then call the f—— cops, you idiot!” and “It’s a public street.” The area where the McCloskeys live does have signs saying it is a private street. But it is not clear if Missouri law allows them to point guns at people for entering into the area.

Mark McCloskey told KSDK the protesters were on private property:

Everything inside the Portland Place gate is private property. There is nothing public in Portland Place. Being inside that gate is like being in my living room. There is no public anything in Portland Place. It is all private property. And you’ve got to appreciate that if there are two or three hundred people, I don’t know how many there were. We were told that 500 people showed up at the Lyda Krewson house, which is not on our street, as you know. But how many of them came through Portland Place? I don’t know. But it was a big crowd and they were aggressive, wearing body armor and screaming at us and threatening to harm us. And how they were going to be living in our house after they kill us.

He said he and his wife are “urban pioneers”:

And to call these people protesters either. I’ve lived in the City of St. Louis for 32 years. We were, you know, urban pioneers back when we bought on Portland Place in 1988. And we have done everything for 32 years to improve the neighborhood and to keep this historic neighborhood going. And it’s very frustrating to see it get targeted. And of course, we’d been told by the press and by Expect US, that they wanted to start targeting middle-class neighborhoods and upper-class neighborhoods and bring their revolution outside of the cities. And we got an email from our trustees on Thursday saying that they were going to do this on Friday. We’re very worried about it.

The full interview can be seen below:

Interview with man who pulled out gun amid protestST. LOUIS — Mark McCloskey said he and his wife Patricia appear in the now-viral photos of the protest in their Central West End neighborhood. McCloskey gave an interview to 5 On Your Side anchor Anne Allred. Below is the transcript of the interview Monday morning: Anne Allred: Tell me what happened last night. Mark McCloskey: We came back to the house. I don’t know what time it is, I’ve been up ever since. I’m a little, I’m a little blurry, but we were preparing dinner. We went out to the east patio, open porch that faces Kingshighway on one side and Portland Place Drive on the south, and we’re sitting down for dinner. We heard all this stuff going on down on Maryland Plaza. And then the mob started to move up Kingshighway, but it got parallel with the Kingshighway gate on Portland Place. Somebody forced the gate, and I stood up and announced that this is private property. Go back. I can’t remember in detail anymore. I went inside, I got a rifle. And when they … because as soon as I said this is private property, those words enraged the crowd. Horde, absolute horde came through the now smashed down gates coming right at the house. My house, my east patio was 40 feet from Portland Place Drive. And these people were right up in my face, scared to death. And then, I stood out there. The only thing we said is this is private property. Go back. Private property. Leave now. At that point, everybody got enraged. There were people wearing body armor. One person pulled out some loaded pistol magazine and clicked them together and said that you were next. We were threatened with our lives, threatened with a house being burned down, my office building being burned down, even our dog’s life being threatened. It was, it was about as bad as it can get. I mean, those you know, I really thought it was Storming the Bastille that we would be dead and the house would be burned and there was nothing we could do about it. It was a huge and frightening crowd. And they were they broken the gate were coming at us. Allred: There have been some reports on Twitter and people who say they were there. It says they are saying the gate was already broken. McCloskey: Yes. That is nonsense. Absolute nonsense. The gate was up, broken. The gate was broken physically in half. Our trustees on Portland Place came out later in the night and chained it all up with an automotive tow chain it looks like. But no, you can talk to the trustees on Portland Place. The gate was not broken in half and laying on the ground one second before they came in the storm. Allred: Were the protesters on your private property at any point? McCloskey: Everything inside the Portland Place gate is private property. There is nothing public in Portland Place. Being inside that gate is like being in my living room. There is no public anything in Portland Place. It is all private property. And you’ve got to appreciate that if there are two or three hundred people, I don’t know how many there were. We were told that 500 people showed up at the Lyda Krewson house, which is not on our street, as you know. But how many of them came through Portland Place? I don’t know. But it was a big crowd and they were aggressive, wearing body armor and screaming at us and threatening to harm us. And how they were going to be living in our house after they kill us. Allred: And what has happened since last night, and those images exploded online? McCloskey: Well, I’ve had to turn the phones off in my office, so I had to come over here last night and have the office boarded up because we’re getting threats against the building and everybody. It is interesting to me that the very people that are asking the mayor to resign for ‘doxxing’ people have now put all of my information all over the web, everywhere in the world. Is there some hypocrisy there? You know, maybe I’m maybe I’m missing something. But we’ve had to turn off our telephones here at the office because all my lines have been going continuously since I got here at 10:30 last night. I am getting thousands of emails. I going to have to turn off my website. And it’s all it’s been both threatening and encouraging because of the number of people who have voiced their support. But there’s also been an awful lot of people who have the very direct threats of violence against me and my family. Allred: And you said you’ve received death threats? McCloskey: Oh, God, yes. The death threats started within minutes. I mean, I don’t know how long this whole event started. But I’ll bet we got our first e-maildeath threats before the mob moved on from Portland Place. Allred: When you see the images online of you and your wife on the patio, armed now after the fact. What do you think? McCloskey: Well, you know, we were always obviously upset. My wife doesn’t know anything about guns, but she knows about being scared. And she grabbed a pistol and I had a rifle, and I was very, very careful I didn’t point the rifle at anybody.2020-06-29T18:37:04Z

The protesters on Sunday were not targeting the McCloskeys’ home, but were instead walking to the St. Louis mayor’s house. After Krewson listed the names and addresses of protesters looking to defund the police during a Facebook live interview, she offered a formal apology.

Krewson said in a statement, “I would like to apologize for identifying individuals who presented letters to me at City Hall as I was answering a routine question during one of my updates earlier today. While this is public information, I did not intend to cause distress or harm to anyone. The post has been removed and again, I sincerely apologize.”

However, the damage was already done, and St. Louis residents accused her of doxing protesters. She was also publicly called out by Tishaura O. Jones, the treasurer of St. Louis, and St. Louis Alderwoman Megan Ellyia Green.

On Sunday, as reported by KMOV4, around 300 protesters chanted “resign Lyda, take the cops with you,” while marching toward her home in the Central West End.


2. The Couple, Who Have Been Married Since 1985 & Run the McCloskey Law Center, Located Inside the Historic Nieman Mansion, Met While Studying at SMU Law School

Medical Malpractice Litigation: Today’s realitySt. Louis Medical Malpractice Lawyer Mark T. McCloskey discusses what you are up against if you are injured or a relative is killed through medical negligence or mistake.2015-07-16T19:08:28Z

As stated on their website, the McCloskeys, “have devoted their professional careers to assisting those sustaining serious traumatic brain injury, neck, back, spinal cord and other serious, disabling or fatal neurological injuries. The goal of our practice is to provide those sustaining such devastating injuries, or the survivors of those killed as a result of such devastating injuries, with meaningful compensation.

“We strive to provide the seriously injured and their survivors with a means to having as full and as comfortable a life as possible by obtaining every penny of reasonable compensation for their injuries and losses.”

They started their law firm, McCloskey, P.C., in 1994, according to Mark McCloskey’s LinkedIn profile. McCloskey writes on his LinkedIn profile:

We have focused our practice on the representation of individuals suffering brain/head injury, spinal cord injury, birth injuries, and all other serious injuries as the result of the negligence of others for over 29 years. If you have suffered devastating injury or the loss of a loved one as the result of car wrecks, airplane crash, medical errors, dangerous or defective products or machines, explosion, fire, falls, or through any other causes, let us help you put your lives back together. ‘If it wasn’t your fault, why are you paying for it?’

Mark and Patricia McCloskey have been married since 1985 and have one adult daughter, according to their website and social media profiles. They met while studying at the Southern Methodist University Law School. They both graduated from SMU Law.

Niemann Mansion: the home of the McCloskey Law CenterMark T. McCloskey and the McCloskey Law Center invite you to explore our office in the historic Niemann Mansion, an 1887 German style home in the Central West End of St. Louis which we have restored to its period splendor.2015-07-16T20:00:58Z

Their office is located inside the historic Nieman Mansion in St. Louis’ Central West End, which the McCloskeys have also restored.


3. Mark McCloskey, Who Has Been an Attorney Since 1986, Represents a Victim of Police Brutality

welcome to the courtroomWelcome to the McCloskey Law Center. For over a quarter of a century we have devoted our professional careers to helping victims and families who have suffered catastrophic loss, injury, death due to the negligence of others, dangerous machines and products, and almost any other unsafe practice or, structure or act. If we can be of assistance to you, please call us at (314) 721-4000 OR (800)835-46812015-07-16T14:18:00Z

Mark McCloskey graduated magna cum laude from Southern Methodist University in Dallas in 1982, where he studied sociology, criminal justice and psychology before attending the Southern Methodist University of Law in 1985. He is a Missouri native and graduated from Mary Institute and Saint Louis Country Day School in Ladue, Missouri, in 1975, according to his Facebook profile.

On his law firm’s website, McCloskey is described as, “an AV rated attorney who has been nominated for dozens of awards and honors and has been voted by his peers for memberships to many exclusive ‘top rated lawyer’ and ‘multimillion dollar lawyer’ associations throughout the country.” The website also notes McCloskey has appeared on in the media, including KSDK in St. Louis and Fox News. The website states, “several of his cases have been cited in national legal publications as the highest verdicts recovered in the country for those particular injuries.” McCloskey’s profile also says:

Since 1986, he has exclusively represented individuals seriously injured as a result of accidents, medical malpractice, defective products, and the negligence of others. For the past 21 years, his firm has concentrated on the representation of people injured or killed through traumatic brain injuries, neck, back or other significant neurological or orthopedic injury.

Mark T. McCloskey is licensed to practice law in the state and federal courts of Missouri, Illinois, Texas and the Federal Courts of Nebraska. Additionally, he has represented individuals injured through medical malpractice, dangerous products, automobiles, cars, motorcycles, boats, defective hand guns, airplane crashes, explosions, electrocution, falls, assaults, rapes, poisoning, fires, inadequate security, premises liability, dram shop liability (serving intoxicating patrons), excessive force by police, construction accidents, and negligent maintenance of premises (including retail establishments, parking lots, government property, homes, schools, playgrounds, apartments, commercial operations, parks and recreational facilities) for the past 30 years and has filed and tried personal injury lawsuits in over 28 states.

McCloskey is representing a victim of police brutality in a lawsuit against a Missouri police department and officer. According to the Associated Press, David Maas, a Woodson Terrace Police officer at the time, was caught on dashcam video appearing to assault a man and was indicted on a federal charge in March.

For the incident, which took place in April 2019, Maas was charged with one count of deprivation fo rights under color of law, according to the U.S. attorney’s office. The victim was identified by the initials, “I.F.,” which matches the 2019 civil lawsuit brought by Isaiah Forman, the AP reported. Maas is accused of kicking Forman, who is black, while he was surrendering.

“I’m glad that the law enforcement agencies are subject to the same standard as everybody else,” Mark McCloskey, said to the AP.

On his Facebook page, McCloskey defended the jury’s decision in the 2011 case against Casey Anthony, who was accused of murder in the death of her daughter. McCloskey wrote on Facebook after the controversial 2011 verdict, “thank God that the jury saw through all the hype and found there WAS in fact not enough evidence on this case. Stop your crazy RAILING after you’ve spent so much time trying this girl in the media.”

Mark McCloskey is also a member of a St. Louis Lamborghini club.

In 1993, Mark McCloskey wrote a letter to the editor about crime in St. Louis. He wrote, “the reason high-income people leave the city, and why I can’t talk my friends into moving in, is crime. Why live where your life is at risk, where you are affronted by thugs, bums, drug addicts and punks when you can afford not to. What St. Louis can do without are the murderers, beggars, drug addicts and street corner drunks. St. Louis needs more people of substance and fewer of subsistence.”


4. Patricia McCloskey Is Originally From Pennsylvania & Studied at Penn State Before Attending SMU Law School

According to her Facebook profile, Patricia Novak McCloskey is a native of Industry, Pennsylvania, where she graduated from Western Beaver High School in 1977. McCloskey then studied at Penn State University, graduating in 1982 with a degree in labor studies and a minor in Spanish. She, like her husband, attended SMU Law School in Dallas, graduating in 1986.

According to their law firm’s website, “Patricia N. McCloskey is a Phi Beta Kappa, Summa Cum Laude graduate of Pennsylvania State University, graduating first in her class and with the highest cumulative average in her department in forty-seven years. Patricia N. McCloskey is also a graduate of Southern Methodist University School of Law, which she completed while simultaneously working full time and still graduating in the top quarter of her class.” The website adds:

After several years working with a major law firm in St. Louis on the defense side, she moved to representation of the injured. Since 1994, she has exclusively represented those injured by the negligence of others with Mark McCloskey. She has acted in various roles in the community including being a past Board Member of Therapeutic Horsemanship, a law student mentor, a member of the Missouri Bar Association ethical review panel and a St. Louis city committee woman.

Patricia McCloskey has extensive trial experience in personal injury and wrongful death cases arising out of all aspects of negligence, including traumatic brain injury, products liability and product defect, medical malpractice, wrongful death, neck, back and spinal cord injuries, motor vehicle collisions, motorcycle collisions, airplane crashes, and many others as set forth further

Patricia McCloskey is licensed to practice law in Missouri and Illinois, according to the law firm’s website.


5. The McCloskeys Were Given the Meme Treatment on Twitter

Thousands of online users slammed Mark and Patty McCloskey not only for pulling out firearms against peaceful protesters but for the way they incorrectly held their weapons, for running out of their home barefoot, for Mark’s salmon-colored shirt, and more.

While some Twitter members remade popular movie posters to feature the personal injury lawyers, others wondered if the trial attorneys broke the law by pointing their weapons at the protesters. Don Calloway tweeted, “A fellow lawyer from Missouri, a guy I know named Mark McCloskey committed an assault tonight in STL by pointing his AR 15 at peaceful protesters. He should be arrested and charged with assault immediately. The MO Bar should revoke their licenses.”

The McCloskeys also had their share of supporters online. One man tweeted, “The same people destroying private property and threatening residents wonder why residents are coming out of their homes with AR-15’s…? Lmao.” Ryan Fournier, founder of Students for Trump, tweeted, “God Bless the couple in St. Louis who stood their ground and defended their property. God Bless the Second Amendment.”

While some on social media have claimed the McCloskeys are registered Democrats, it was not immediately possible to determine whether the couple are actually registered as Democrats or if they are registered Republicans. But Federal Election Commission records show Mark McCloskey has contributed thousands of dollars to the Trump Make America Great Again Committee, the Republican National Committee and Donald J. Trump for President Inc. He also made contributions to a Republican congressional candidate, Bill Phelps, in 1996, and to the Bush-Quayle campaign in 1992.

Patricia McCloskey also made a contribution to the RNC in 2018 and to a Republican Senate dinner in 1988.


Guerre culturelle: L’Amérique a la rage – et c’est nous qui lui avons donnée ! (From Plato to NATO, Western Civ has got to go: Was it the course in Western civilization or Western civilization itself that had to go ?)

4 juillet, 2020

From Plato to NATO: The Idea of the West and Its Opponents: Gress ...https://mobile.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L768xH1047/French_Theory-b41ed.jpg

The star athlete and activist took to Twitter to share the powerful rejection, along with a video of actor James Earl Jones reciting Frederick Douglass's renowned speech 'What to the Slave Is the 4th of July?'
Pres. Trump to visit Mt. Rushmore for July 4th - CBSN Live Video ...
President Trump at Mount Rushmore on Friday.Il faut se rappeler que les chefs militaires allemands jouaient un jeu désespéré. Néanmoins, ce fut avec un sentiment d’effroi qu’ils tournèrent contre la Russie la plus affreuse de toutes les armes. Ils firent transporter Lénine, de Suisse en Russie, comme un bacille de la peste, dans un wagon plombé. Winston Churchill
Debout ! les damnés de la terre ! Debout ! les forçats de la faim ! La raison tonne en son cratère, C’est l’éruption de la fin. Du passé faisons table rase, Foule esclave, debout ! debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! C’est la lutte finale Groupons-nous, et demain, L’Internationale, Sera le genre humain. Eugène Pottier (1871)
Puisqu’on l’opprime dans sa race et à cause d’elle, c’est d’abord de sa race qu’il lui faut prendre conscience. Ceux qui, durant des siècles, ont vainement tenté, parce qu’il était  nègre, de le rérduire à l’état  de  bête, il faut qu’il les oblige à le reconnaître  pour un homme. Or il n’est pas ici d’échappatoire, ni de tricherie, ni de « passage de ligne  » qu’il puisse envisager : un Juif, blanc parmi les  blancs, peut nier qu’il  soit juif, se déclarer un homme parmi les hommes. Le nègre ne peut  nier qu’il  soit  nègre ni réclamer pour lui cette abstraite humanité incolore : il est noir. Ainsi est-il acculé à l’authenticité : insulté, asservi, il se redresse, il ramasse  le  mot de « nègre » qu’on lui a  jeté comme une pierre, il se revendique  comme noir, en face du blanc, dans la fierté. L’unité finale qui rapprochera tous les opprimés  dans le même combat doit être  précédée aux colonies par ce que je nommerai le moment de la séparation ou de la négativité : ce racisme  antiraciste est le  seul chemin qui puisse  mener à l’abolition  des  différences de race. Jean-Paul Sartre (Orphée noir, 1948)
Attention, l’Amérique a la rage (…) La science se développe partout au même rythme et la fabrication des bombes est affaire de potentiel industriel. En tuant les Rosenberg, vous avez tout simplement essayé d’arrêter les progrès de la science. (…) Vous nous avez déjà fait le coup avec Sacco et Vanzetti et il a réussi. Cette fois, il ne réussira pas. Vous rappelez-vous Nuremberg et votre théorie de la responsabilité collective. Eh bien ! C’est à vous aujourd’hui qu’il faut l’appliquer. Vous êtes collectivement responsables de la mort des Rosenberg, les uns pour avoir provoqué ce meurtre, les autres pour l’avoir laissé commettre. Jean-Paul Sartre (« Les animaux malades de la rage », Libération, 22 juin 1953)
Notre nation fait face à une campagne visant à effacer notre histoire, diffamer nos héros, supprimer nos valeurs et endoctriner nos enfants. (…) Le désordre violent que nous avons vu dans nos rues et nos villes qui sont dirigées par des libéraux démocrates dans tous les cas est le résultat d’années d’endoctrinement extrême et de partialité dans l’éducation, le journalisme et d’autres institutions culturelles. (…) Nous croyons en l’égalité des chances, une justice égale et un traitement égal pour les citoyens de toutes races, origines, religions et croyances. Chaque enfant, de chaque couleur – né et à naître – est fait à l’image sainte de Dieu. Donald Trump
Our nation is witnessing a merciless campaign to wipe out our history, defame our heroes, erase our values, and indoctrinate our children. Angry mobs are trying to tear down statues of our Founders, deface our most sacred memorials, and unleash a wave of violent crime in our cities. Many of these people have no idea why they are doing this, but some know exactly what they are doing. They think the American people are weak and soft and submissive. But no, the American people are strong and proud, and they will not allow our country, and all of its values, history, and culture, to be taken from them. One of their political weapons is “Cancel Culture” — driving people from their jobs, shaming dissenters, and demanding total submission from anyone who disagrees. This is the very definition of totalitarianism, and it is completely alien to our culture and our values, and it has absolutely no place in the United States of America. (…) In our schools, our newsrooms, even our corporate boardrooms, there is a new far-left fascism that demands absolute allegiance. If you do not speak its language, perform its rituals, recite its mantras, and follow its commandments, then you will be censored, banished, blacklisted, persecuted, and punished. (…) Make no mistake: this left-wing cultural revolution is designed to overthrow the American Revolution. In so doing, they would destroy the very civilization that rescued billions from poverty, disease, violence, and hunger, and that lifted humanity to new heights of achievement, discovery, and progress. To make this possible, they are determined to tear down every statue, symbol, and memory of our national heritage. Our people have a great memory. They will never forget the destruction of statues and monuments to George Washington, Abraham Lincoln, Ulysses S. Grant, abolitionists, and many others. The violent mayhem we have seen in the streets of cities that are run by liberal Democrats, in every case, is the predictable result of years of extreme indoctrination and bias in education, journalism, and other cultural institutions. Against every law of society and nature, our children are taught in school to hate their own country, and to believe that the men and women who built it were not heroes, but that were villains. The radical view of American history is a web of lies — all perspective is removed, every virtue is obscured, every motive is twisted, every fact is distorted, and every flaw is magnified until the history is purged and the record is disfigured beyond all recognition. This movement is openly attacking the legacies of every person on Mount Rushmore. They defile the memory of Washington, Jefferson, Lincoln, and Roosevelt. Today, we will set history and history’s record straight. (….) We believe in equal opportunity, equal justice, and equal treatment for citizens of every race, background, religion, and creed. Every child, of every color — born and unborn — is made in the holy image of God. We want free and open debate, not speech codes and cancel culture. We embrace tolerance, not prejudice. We support the courageous men and women of law enforcement. We will never abolish our police or our great Second Amendment, which gives us the right to keep and bear arms. We believe that our children should be taught to love their country, honor our history, and respect our great American flag. We stand tall, we stand proud, and we only kneel to Almighty God. This is who we are. This is what we believe. And these are the values that will guide us as we strive to build an even better and greater future. President Trump
Hey, hey, ho, ho, Western Civ has got to go!  Jesse Jackson (1987)
By focusing these ideas on all of us they are crushing the psyche of those others to whom Locke, Hume, and Plato are not speaking. . . . The Western culture program as it is presently structured around a core list and an outdated philosophy of the West being Greece, Europe, and Euro-America is wrong, and worse, it hurts people mentally and emotionally. Bill King (Stanford Black Student Union,1988)
Still nominally very much part of an atheistic, anti-foundational, French academic avant-garde in the United States, and now increasingly prominent in his position at Johns Hopkins, Girard was even one of the chief organizers of “The Languages of Criticism and the Sciences of Man,” the enormously influential conference, in Baltimore in October 1966, that brought to America from France skeptical celebrity intellectuals including Jacques Lacan, Lucien Goldmann, Roland Barthes, and, most consequentially, the most agile of Nietzschean nihilists, Jacques Derrida, still obscure in 1966 (and always bamboozlingly obscurantist) but propelled to fame by the conference and his subsequent literary productivity and travels in America: another glamorous, revolutionary “Citizen Genet,” like the original Jacobin visitor of 1793–94. After this standing-room-only conference, Derrida and “deconstructionism,” left-wing Nietzscheanism in the high French intellectual mode, took America by storm, which is perhaps the crucial story in the subsequent unintelligibility, decline, and fall of the humanities in American universities, in terms both of enrollments and of course content. The long-term effect can be illustrated in declining enrollments: at Stanford, for example, in 2014 alone “humanities majors plummeted from 20 percent to 7 percent,” according to Ms. Haven. The Anglo-American liberal-humanistic curricular and didactic tradition of Matthew Arnold (defending “the old but true Socratic thesis of the interdependence of knowledge and virtue”), Columbia’s Arnoldian John Erskine (“The Moral Obligation to Be Intelligent,” 1913), Chicago’s R. M. Hutchins and Mortimer Adler (the “Great Books”), and English figures such as Basil Willey (e.g., The English Moralists, 1964) and F. R. Leavis (e.g., The Living Principle: “English” as a Discipline of Thought, 1975) at Cambridge, and their successor there and at Boston University, Sir Christopher Ricks, was rapidly mocked, demoted, and defenestrated, with Stanford students eventually shouting, “Hey, hey, ho, ho! / Western civ has got to go!” The fundamental paradox of a relativistic but left-wing, Francophile Nietzscheanism married to a moralistic neo-Marxist analysis of cultural traditions and power structures — insane conjunction! — is now the very “gas we breathe” on university campuses throughout the West (…). Girard quietly repented his role in introducing what he later called “the French plague” to the United States, with Derrida, Foucault, and Paul DeMan exalting ludicrous irrationalism to spectacular new heights. M. D. Aeschliman
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
You always told us not to boast. Gisela Warburg
How can the proposed Declaration be applicable to all human beings and not be a statement of rights conceived only in terms of the values prevalent in the countries of Western Europe and America?” Melville J. Herskovits  (The American Anthropological Association, 1947)
Nelson (…) was what you would now call, without hesitation, a white supremacist. While many around him were denouncing slavery, Nelson was vigorously defending it. Britain’s best known naval hero – so idealised that after his death in 1805 he was compared to no less than “the God who made him” – used his seat in the House of Lords and his position of huge influence to perpetuate the tyranny, serial rape and exploitation organised by West Indian planters, some of whom he counted among his closest friends. It is figures like Nelson who immediately spring to mind when I hear the latest news of confederate statues being pulled down in the US. These memorials – more than 700 of which still stand in states including Virginia, Georgia and Texas – have always been the subject of offence and trauma for many African Americans, who rightly see them as glorifying the slavery and then segregation of their not so distant past. But when these statues begin to fulfil their intended purpose of energising white supremacist groups, the issue periodically attracts more mainstream interest. The reaction in Britain has been, as in the rest of the world, almost entirely condemnatory of neo-Nazis in the US and of its president for failing to denounce them. But when it comes to our own statues, things get a little awkward. The colonial and pro-slavery titans of British history are still memorialised: despite student protests, Oxford University’s statue of imperialist Cecil Rhodes has not been taken down; and Bristol still celebrates its notorious slaver Edward Colston. (…)  Britain has committed unquantifiable acts of cultural terrorism – tearing down statues and palaces, and erasing the historical memory of other great civilisations during an imperial era whose supposed greatness we are now, so ironically, very precious about preserving intact. And we knew what we were doing at the time. One detail that has always struck me is how, when the British destroyed the centuries-old Summer Palace in Beijing in 1860 and gave a little dog they’d stolen as a gift to Queen Victoria, she humorously named it “Looty”. This is one of the long list of things we are content to forget while sucking on the opium of “historical integrity” we claim our colonial statues represent. We have “moved on” from this era no more than the US has from its slavery and segregationist past. The difference is that America is now in the midst of frenzied debate on what to do about it, whereas Britain – in our inertia, arrogance and intellectual laziness – is not. The statues that remain are not being “put in their historical context”, as is often claimed. Take Nelson’s column. Yes, it does include the figure of a black sailor, cast in bronze in the bas-relief. He was probably one of the thousands of slaves promised freedom if they fought for the British military, only to be later left destitute, begging and homeless, on London’s streets when the war was over. But nothing about this “context” is accessible to the people who crane their necks in awe of Nelson. The black slaves whose brutalisation made Britain the global power it then was remain invisible, erased and unseen. Afua Hirsch
Why are we experiencing the worst civil disturbances in decades? It is because the proponents of radical change won’t have it any other way. Early 20th Century Italian Marxist Antonio Gramsci theorized that the path to a communist future came through gradually undermining the pillars of western civilization. We are now seeing the results of decades of such erosion, in education, in faith, in politics and in the media. The old standards of freedom, individual responsibility, equality and civic order are being assaulted by proponents of socialism, radical deconstruction and mob rule. Those who charge that institutional racism is rampant in America are the same as those who run the country’s major institutions – city governments, academe, the media, Hollywood, major sports leagues and the Washington, D.C. deep state bureaucracy. Accountability? None.  The irony is rich. At the same time, the only legal and institutional structures that mandate racially based outcomes do so in favor of other-than-majority groups. Anyone who questions this arrangement winds up cancelled. The public debate is hardwired for disunity, making the former language of inclusion the new dog whistle of racism. The exclusionary slogan “black lives matter” is sanctified while the more unifying “all lives matter” is called divisive. People who say they want a colorblind society are called bigots even as progressives push for segregated events and housing on college campuses and “CHOP” protesters demand Black-only hospitals. Martin Luther King’s dream that people will “live in a nation where they will not be judged by the color of their skin, but by the content of their character” is judged by today’s progressives as a call for white supremacy. The media goes out of its way to coddle violent protesters, calling them peaceful even as they verbally abuse and then throw bottles at police, saying they are not “generally speaking, unruly” standing in front of a burning building. Political leaders who benefit from disunity keep fanning the flames. For example House Speaker Nancy Pelosi’s reckless charge that the Senate police reform bill is “trying to get away with the murder of George Floyd” is irresponsibly divisive, especially since it was drafted by African American Senator Tim Scott (R-SC). Public monuments have borne the brunt of the violence in recent weeks. As President Trump predicted, the vandalism has moved well beyond statues of Confederates. Practically any statue is fair game. Washington, Jefferson, even Ulysses S. Grant, the man who defeated Lee’s army, all have been toppled by the mobs. And liberal city governments are taking down statues at least as fast as the rioters. But it would be a mistake to think that the statues themselves are at issue, or even what they symbolize. Rather it is the need for the radicals not just to cleanse American history but to make people feel ashamed of every aspect of it. In this way they clear a path for a radical future, buttressed by an unwavering sense of moral superiority that entitles them to smack down any dissent, usually gagging people in the name of “free speech.” We were told for years that anything the Trump administration did that was remotely controversial was an attempt to divide the country. Democrats frequently blamed insidious foreign influence, using expressions like “right out of Putin’s playbook” to keep the Russian collusion canard alive. But they are the ones who are weakening and dividing the country, to the evident glee of our Russian and Chinese adversaries. They have completely adopted longstanding Russian and Chinese propaganda lines about the United States being a country of endemic racism, poverty and oppression, when in fact America is an opportunity society and one of the most racially diverse and tolerant countries in the world. The protesters, their political allies and media backers are working hard to create the very sort of divisions they claim to oppose, because a weak, divided and ashamed America is their pathway to power. Chris Farrell
Il n’y a pas de plus grand monument à l’assujettissement colonial des peuples autochtones que le Mont Rushmore, et le projet du président de profaner davantage ce sol sacré avec des feux d’artifice et sa propre présence sans avoir été convié est un autre affront impardonnable. Il est temps de récupérer ou de démolir tous les monuments racistes. En tant que société, nous devons nous engager à respecter en permanence les populations marginalisées. Lakota People’s Law Project
The statue of Columbus sat in front of Columbus City Hall for 65 years. It was a gift from the people of Genoa, Italy. Now the mayor’s office says it’s “in safekeeping at a secure city facility.” What a blow to U.S.-Italy relations. At least he could offer to give the statue back. A second Columbus likeness, a marble of the navigator pointing west, was booted last month by Columbus State Community College, where it used to stand in the downtown Discovery District. The mayor’s office says the unelected Columbus Art Commission will launch a “participatory process” to find new art that “offers a shared vision for the future.” Good luck. “Let’s just leave the space empty,” one Dispatch letter suggested, “because if not everyone is happy should anyone be happy?” What a sad sign of the times. WSJ
ABC News published a report this week titled “New government data, shared first with ABC News, shows the country’s premier outdoor spaces – the 419 national parks – remain overwhelmingly white.” The story’s headline reads, “America’s national parks face existential crisis over race,” adding in the subhead, “A mostly white workforce, visitation threatens parks‘ survival and public health.” “Just 23% of visitors to the parks were people of color,” the report adds, “77% were white. Minorities make up 42% of the U.S. population.” As it turns out, white people really enjoy hiking and camping, and that is a problem for the parks, the ABC News report claims, because people of color will be a majority in America by 2044. The article then goes on to quote outdoor enthusiasts of color who say they do not feel welcome at the “overwhelmingly white” national parks. These advocates, the article reads, “say they hope the moment since George Floyd’s death in police custody brings attention to systemic racism in the outdoors as well as other parts of society and translates into a long-term change in attitudes and behavior.” Sorry, everyone. Even national parks are racist now. This is not normal behavior from our press. This is a mental breakdown in the works. People of the future will look at all this and wonder how on earth these stories made it into print. The best thing that can happen now for the news industry is for the pandemic to pass, the lockdowns to lift, and for everyone to go outside and get some fresh air. Because the way nearly everyone in the press is behaving now, it seems clear that cabin fever has set in hard, and it is an epidemic we may not shake as quickly as the coronavirus. Becket Adams
People have said for decades that America needs to have “an honest conversation about race.” Is this what they had in mind—this drama of marches, riots, witness videos, tear-gassings, surging police lines, Trump tweets, Zoom pressers, statue-topplings, Facebook screeds, cable television rants, window-smashings, shop-burnings, police-defundings, escalating murder rates and the distant thunder of editorial boards? Veterans in the field of less-than-revolutionary race relations learned that a certain amount of truth-suppression is actually helpful—preferable to the “honesty” of hatred, for example. Much progress has been accomplished under cover of hypocrisy—or, if you like, civility. Good manners and artful hypocrisy were Booker T. Washington’s game, but he was written off as an Uncle Tom long ago. We live now in the regime and culture of confrontation—ideology as performance, anger as proof of authenticity. You remember how much trouble Joe Biden got into when he bragged about his ability to get along with segregationists in the 1970s. Mr. Biden was preening thoughtlessly on his skill in the arts of the old hypocrisy. Now he has learned his lesson and embraces the left’s idea of honesty—no deviation from the party line or from the officially approved emotions. How do you judge a moment of history when you are in the thick of it? How can you tell if all of this will be remembered as historic or will be superseded and forgotten as another momentary sensation, another self-important mirage? The current moment feels intensely historic now, but we shall see. Black Lives Matter has ambitions to abolish its own version of the Chinese Cultural Revolution’s “Four Olds”—old customs, old culture, old habits, old ideas—and to add a fifth, old statues. Yet this summer the titanic racial theme competes and fuses with other superstories—the pandemic and its economic consequences, the presidential race, America’s long-running politico-religious civil war. Raw emotion pours out of social media and into the streets—outrage, with a touch of holiday. On the other side is an oddly silent majority. It seems eerie that so much of the country—the land of “white supremacy,” as the left likes to think of it—gives the appearance of having almost acquiesced, as if it has conceded that the eruptions might be justified and even overdue. Can it be that the silenced majority has had an epiphany, that in its heart it acknowledges the justice of black Americans calling in Thomas Jefferson’s IOU, “I tremble for my country when I reflect that God is just, and that his justice cannot sleep forever”? There’s some of that—changed minds, old prejudice grown reflective. In any case, the silenced majority, out of moral courtesy, has been reluctant to criticize people demonstrating in the wake of George Floyd’s killing. At the same time, it recoils—more indignantly and incredulously each day—from the left’s overall program and mind-set, which it considers insidious if not crazy. When major cities propose to cut off funds for their police departments or to abolish them altogether, that Swiftian absurdity makes a deep impression, confirming a broader doubt about the left’s intentions and mental health. The most tragic impediment to an honest conversation about race in America is fear—an entirely realistic fear of being slain by the cancel culture. This fear to speak is a civic catastrophe and an affront to the Constitution. It induces silent rage in the silenced. It is impossible to exaggerate the corrupting effect that the terror of being called a “racist”—even a whiff of the toxin, the slightest hint, the ghost of an imputation—has on freedom of discussion and the honest workings of the American public mind. Racism in America is no longer totalitarian, as it once was, especially in the South. The cancel culture is the new totalitarianism, a compound of McCarthyism, the Inquisition, the Cultural Revolution, the Taliban and what has become a lethal and systemic ignorance of history—almost a hatred of it. All that wild, unearned certainty, all that year-zero zealotry, discredits those who associate themselves with the cause and makes a mockery of their sweet intentions. Much of the white woke rage is radiant with mere self-importance. And it’s going to backfire. Newton’s Third Law of Motion hasn’t been repealed: For every action there is still an equal and opposite reaction. My sense is that there is quietly building a powerful backlash, which will express itself on Nov. 3, if not before. My guess is that polls now showing Mr. Biden far ahead don’t reflect reality. It may be impossible for President Trump to win; for some reason, he collaborates daily with his enemies to sabotage his chances. But the outcome is by no means as certain as the polls now suggest. Lance Morrow
Lorsqu’on fait l’expérience de la montée fulgurante de la violence comme j’en ai été témoin en Algérie, au début des années 1990, on ne peut que chérir la liberté. J’ai pris, soudainement, conscience dans la jeune vingtaine du privilège que j’avais de vivre. Résister à l’islam politique est devenu le combat de ma vie. Soutenir Mila s’inscrit, naturellement, dans cette démarche. Lorsque tout fout le camp, il ne reste que les fondamentaux pour donner un sens à l’existence. (…) En réalité, j’ai très vite déchanté en arrivant en France avec ma famille, mes parents, professeurs d’université, et mon frère, jeune lycéen. Nous nous sommes installés à Saint-Denis, ville cosmopolite, à l’époque, qui avait une tradition dans l’accueil des réfugiés politiques. Je pense, notamment, à nos camarades espagnols, italiens, grecs et portugais qui avaient fui le fascisme. Quant à nous, notre situation était considérée comme différente de la leur. Nous étions hors champ. Je pense que c’est autour de cette ambiguïté de notre statut que sont nés d’abord les malentendus, puis les dérives. En d’autres mots, nous reconnaître ne serait-ce que, symboliquement, le statut de réfugié politique revenait à placer l’islam politique dans l’histoire et le considérer comme une menace planétaire. Or, il n’en a rien été. Les États occidentaux et leurs élites intellectuelles dominantes ne se sont pas sentis concernés par ce qui s’est joué en Algérie dans les années 1990, tout comme en Iran en 1979. Certains prétendaient que la menace islamiste allait rester confinée aux frontières de ces pays, d’autres, comme les États-uniens (sic), étaient convaincus de pouvoir «domestiquer» l’islamisme. Depuis, il n’a cessé de progresser et de muter. Pour trois raisons principalement. La puissance de son idéologie, sa capacité à s’adapter à n’importe quel environnement institutionnel et, finalement, sa force mobilisatrice. Pour revenir à votre question de départ, ceux qui menacent nos libertés ne sont pas seulement les islamistes. Mais ceux qui ont renoncé à les exercer et à les défendre. (…) La France était pour moi un havre de paix qui m’a permis de me reconstruire. Je n’oublierai jamais de ma vie cette sensation de marcher librement dans la rue, cheveux au vent, sans avoir à vérifier s’il y avait, au coin d’une rue, un salaud pour me buter. La sécurité est, en ce sens, la première des libertés. Comment dire? Pour une femme, c’est encore plus vrai. Ceux qui, comme moi, en ont été privés en mesurent toute l’importance. Je pense à mes amies afghanes, iraniennes et saoudiennes qui sont en première ligne. Évoquer cette période c’est aussi parler des solidarités. La France, à travers un tissu associatif dynamique, des syndicats, universitaires, artistes et simplement des gens d’une grande générosité, a participé à atténuer nos blessures et à nous rattacher à notre humanité. Ultimement, pour sortir de nos vies cabossées et de nos destins fracassés, nous ne pouvions compter que sur notre résilience. Sur le plan politique, c’était beaucoup plus compliqué. L’asile politique a été offert en France, en Europe, aux États-Unis et au Canada aux chefs du FIS et du GIA et à leurs militants, ceux-là même dont les mains étaient entachées de sang. Il se trouvait des journalistes comme Edwy Plenel ou des universitaires comme François Burgat pour les absoudre de leurs crimes. Vous vous souvenez du petit jeu du «Qui tue qui?» («On ne sait pas qui tue qui?»: durant la tragique décennie noire en Algérie, cette formule en vogue était employée par certains observateurs, en particulier en Europe et en France, pour désigner l’armée algérienne comme seule responsable des massacres sur les civils alors que ces derniers étaient perpétrés par des groupes islamistes, NDLR) en Algérie qui a donné, plus tard, le «je ne suis pas Charlie»? Toujours les mêmes aux commandes pour faire courir des «si», multiplier des «mais» et évacuer toute la dimension idéologique et politique de notre combat. Pour eux, les islamistes, à bien y regarder, n’étaient pas vraiment des islamistes, et surtout pas des assassins. Et ceux qui s’opposaient à leurs desseins fascistes n’étaient pas des résistants. La régression? Elle n’est qu’une simple conséquence de cette confusion. Mais attention! N’allez pas imaginer que nous nous sommes tus. Même si cette thèse du «Qui tue qui?» nous était insupportable, nous l’avons confrontée. Dénoncée. Nous ne nous sommes jamais résignés. Jamais. Nous avons continué à parler, écrire, militer et mettre en garde contre la contagion islamiste, ici comme ailleurs. Nous, nous n’habitions pas les beaux quartiers. Encore là, le discours dominant dans le milieu médiatique était à la victimisation des musulmans. Notre parole était pratiquement inaudible. (..) Je remercie, vivement, Marianne d’avoir été à nos côtés depuis le début. Mon père est le premier à avoir osé lever le voile sur les graves dérives qui touchent Saint-Denis, qui n’est pas n’importe quelle ville. Elle est au cœur du dispositif indigéniste. Tout comme elle est au centre de la stratégie de l’internationale islamiste. Tout cela est largement documenté dans le livre «Quatre-vingt-treize», de Gilles Kepel… depuis 2012. Il n’était plus possible pour mon père de se taire. Ne pensez pas que ce geste a été sans conséquence pour lui. Vivre au quotidien dans la gueule du loup ça use. Même les plus courageux parmi nous. À l’évidence, ceux qui, comme mon père, habitent dans les quartiers populaires et résistent aux islamistes et à la mafia ne bénéficient d’aucune protection et n’ont pas le soutien des élus locaux. En 2009, avec quelques Dionysiens nous avons mis en place l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis (qui n’a rien à voir avec celui de Bianco, qui a détourné notre nom). Nous avons reçu deux cacahuètes de subside alors que l’association de Rokhaya Diallo, qui n’y est pas domiciliée, est grassement subventionnée pour offrir des ateliers sur les cheveux frisés. On se moque de qui? À Saint-Denis, il y a pourtant beaucoup d’initiatives citoyennes à encourager, comme l’association Les Résilientes. (…) loin de l’islamisme que j’avais retrouvé en France. (…) j’ai choisi le Québec, pays francophone, ouvert à l’immigration, véritable démocratie où il fait bon vivre pour les femmes. Puis, il y a eu le 11 Septembre 2001. J’étais correspondante de presse pour le journal algérien El-Watan, je me suis rendue, tout de suite, à New York avec mon amoureux qui était lui aussi journaliste. Nous sommes revenus de ce voyage bouleversés. En effet, tout avait basculé! (…) au cœur du dispositif législatif canadien il existe, depuis 1985, une possibilité de se soustraire aux règles communes en faisant valoir ses croyances religieuses. C’est ce qu’on appelle l’accommodement raisonnable devenu célèbre depuis le début des années 2000. Une simple demande faite «de bonne foi» suffit à obtenir une dérogation. Et ça peut aller très loin. Une enfant de maternelle dont les parents musulmans obligent l’école à lui mettre sur la tête un casque insonorisé pour la prémunir des chants de Noël. Paraît-il que c’est dans leur religion! Un jeune adolescent sikh autorisé à porter le kirpan (un poignard) à l’école après une bataille judiciaire qui est allée jusqu’en Cour suprême et a duré quatre ans. Des milliers de dollars pour faire plier une école et renverser deux décisions de justice. Théoriquement, il y a quelques garde-fous. Dans la pratique, les institutions qui refusent les accommodements se font traîner en justice. Ça coûte un fric fou! Ce qu’il faut comprendre par là c’est que les lobbies politico-religieux, riches et puissants, ont trouvé dans les accommodements un boulevard pour défaire ce qui a été chèrement acquis avec la Révolution tranquille. Il me paraissait urgent de proposer une charte de la laïcité pour retrouver le sens du commun. C’est ce que j’ai fait à travers mon engagement au Parti québécois où j’ai obtenu l’appui de deux femmes remarquables, Pauline Marois (ancienne première ministre) et Louise Beaudoin, et de notre ancien premier ministre, le regretté Bernard Landry. Cette loi qui a été adoptée en juin dernier est l’aboutissement d’un long combat. Il est, surtout, une claque à la face du multiculturalisme canadien.(…) La censure et l’autocensure dans les universités, les médias, le monde culturel sont désormais une réalité qu’il est difficile de déjouer. Nous manquons cruellement d’espace pour la confrontation des idées. Le débat est très mal vu. La recherche permanente d’un consensus valide l’idée selon laquelle la meilleure posture est une moyenne de toutes les postures. Nous n’avons pas de service public digne de ce nom. Nous avons une télévision et une radio d’État, Radio-Canada, au service d’une idéologie: le multiculturalisme qui a expurgé les laïques du débat public. Tout ce qui concerne l’islam et les musulmans relève du tabou. Alors vous imaginez ce livre avec un tel titre? (« Ma vie à contre-Coran ») Il y a encore des courageux qui osent. Mais à quel prix? Heureusement que nous avons encore Denise Bombardier et ses collègues du Journal de Montréal pour élargir nos horizons. (…) Justin Trudeau est convaincu de la supériorité morale du Canada sur les États-Unis et sur l’Europe. Pour lui, les attentats terroristes islamistes sont le résultat d’une mauvaise intégration des immigrants. Sa devise est simple: il n’y a qu’à être gentil pour susciter les bons sentiments. Sauf que les premiers réseaux terroristes au Canada sont apparus dans les années 1990. Ils étaient l’œuvre d’anciens militants du FIS. Il n’y a plus aucun journaliste pour le rappeler. (…) (le multiculturalisme)Tariq Ramadan le considère comme le meilleur système. En 2012, lorsque je me suis présentée aux élections, il a animé un grand meeting, à Montréal, pour appeler ses partisans à me barrer la route. À moi, mes collègues, mon parti. Ceux qui s’étaient faufilés en haut de la liste sont les porte-paroles d’un parti islamo-gauchiste, Québec solidaire, qui n’a plus rien de solidaire. Vous voyez bien que ce n’est pas très différent de la France. La trahison de la gauche communautariste permet aux islamistes de gagner du terrain. Demila Benhabib
We must resist the temptation to romanticize history’s losers. The other civilizations overrun by the West’s, or more peacefully transformed by it through borrowings as much as by impositions, were not without their defects either, of which the most obvious is that they were incapable of providing their inhabitants with any sustained improvement in the material quality of their lives. (…)  civilization is much more than just the contents of a few first-rate art galleries. It is a highly complex human organization (…) as much about sewage pipes as flying buttresses.”  Niall Ferguson French postmodern theory refuses to distinguish between high and low culture, attempting to make it futile even to discuss whether this or that work of art is or is not lovely or important. If you want to argue that Kanye West’s lyrics are as good as Shakespeare, or Mongolian yurts are as sophisticated a form of architecture as Bauhaus, then Foucault will support you all the way. But if you want to understand why we do not have child slavery in the West, or disenfranchised women, or imprisonment without trial, or the imprisonment of newspaper editors, you simply have to study the cultural history that produced such an unusual and extraordinary situation in human history. It is inescapable and not susceptible to postmodernist analysis. It’s not about the aesthetic or literary superiority of certain artworks, but about the unequivocal good of human dignity. If Ms. Rashatwar finds the idea of losing her human rights so “romantic,” she is always welcome to move to Saudi Arabia, which is still awaiting its Enlightenment. The late, very great Gertrude Himmelfarb identified three separate Enlightenments — English, French, and Scottish — at different though overlapping stages of the 18th century, with different emphases in different places at different times. Chartres Cathedral was not dedicated until 1260, so there were five centuries between then and the Enlightenments, but they were the moments when people began to throw off superstition and belief in magic and witchcraft, to look at the world afresh, unafraid of what they might find and where it might take them, even at the risk of unbelief. If the Islamic world had had such a moment, it would not have been left behind in so many areas of accomplishment since it was turned back from the gates of Vienna in 1683, with the result that its fascist-fundamentalist wing might not have existed to lash out in such fury and resentment on 9/11. The recent Security Conference in Munich took as its theme and title “Westlessness” — an ugly word in English, worse in German — intending to prompt international decision-makers into thinking about what might happen if the Trump administration were ever to get as tough over NATO underfunding as it has long threatened to do. Another fear of Westlessness, however, should be about the eclipse of Western civilization as a subject for study, as a result of a hugely successful Gramscian march through the institutions that started long before Jesse Jackson and his megaphone visited Stanford. For far from becoming a Kumbaya touchy-feely place, a truly Westless world would be a neo-Darwinian free-for-all in which every state merely grabbed what it could, a return to the world Hobbes wrote about in Leviathan. The Left should beware what it claims to wish for, and Western civilization should be taught once more in our schools and colleges. For as Churchill knew as the bombs were falling and London was burning in December 1940, it is worth fighting for. Andrew Roberts

C’est la faute à Foucault ! (Après la peste… la rage !)

En ces temps étranges …

Où après l’hystérie collective du virus chinois

Et le psychodrame – de Colomb et la fête nationale jusqu’aux… parcs nationaux ! – du prétendu « racisme systémique » …

L’Amérique semble à nouveau emportée – et tout l’Occident peut-être avec elle ?

Par une de ces vagues périodiques de furie auto-purificatrice

Et où en ce singulier 244e anniversaire de la Déclaration d’indépendance américaine …

Le président américain se voit contraint …

Entre deux manifestations ou déboulonnages de statues …

A en rappeler toute l’importance au pied même d’un de ses plus imposants symboles  …

Comment ne pas repenser …

Avec la National Review

A ces alors bien innocents jours il y a trente ans à peine …

Où reprenant les nouveaux diktats de la French theory de nos Foucault et Derrida …

Jessie Jackson et ses amis appelaient au sein même de l’université Stanford

A rien de moins que… la fin de la Civilisation occidentale ?

Why We Must Teach Western Civilization

Andrew Roberts National Review April 30, 2020 Tuesday, December 3, 1940, Winston Churchill read a memorandum by the military strategist Basil Liddell Hart that advocated making peace with Nazi Germany. It argued, in a summary written by Churchill’s private secretary, Jock Colville, that otherwise Britain would soon see “Western Europe racked by warfare and economic hardship; the legacy of centuries, in art and culture, swept away; the health of the nation dangerously impaired by malnutrition, nervous strains and epidemics; Russia . . . profiting from our exhaustion.” Colville admitted it was “a terrible glimpse of the future,” but nonetheless courageously concluded that “we should be wrong to hesitate” in rejecting any negotiation with Adolf Hitler.

It is illuminating — especially in our own time of “nervous strains and epidemics” — that in that list of horrors, the fear of losing the “legacy of centuries” of Western European art and culture rated above almost everything else. For Churchill and Colville, the prospect of losing the legacy of Western civilization was worse even than that of succumbing to the hegemony of the Soviet Union. 

Yet today, only eight decades later, we have somehow reached a situation in which Sonalee Rashatwar, who is described by the Philadelphia Inquirer as a “fat-positivity activist and Instagram therapist,” can tell that newspaper, “I love to talk about undoing Western civilization because it’s just so romantic to me.” Whilst their methods are obviously not so appallingly extreme, Ms. Rashatwar and the cohorts who genuinely want to “undo” Western civilization are now succeeding where Adolf Hitler and the Nazis failed.

 The evidence is rampant in the academy, where a preemptive cultural cringe is “decolonizing” college syllabuses — that is, wherever possible removing Dead White European Males (DWEMs) from it — often with overt support from deans and university establishments. Western Civilization courses, insofar as they still exist under other names, are routinely denounced as racist, “phobic,” and generally so un-woke as to deserve axing. 

Western civilization, so important to earlier generations, is being ridiculed, abused, and marginalized, often without any coherent response. Of course, today’s non-Western colonizations, such as India’s in Kashmir and China’s in Tibet and Uighurstan, are not included in the sophomores’ concept of imperialism and occupation, which can be done only by the West. The “Amritsar Massacre” only ever refers to the British in the Punjab in 1919, for example, rather than the Indian massacre of ten times the number of people there in 1984. Nor can the positive aspects of the British Empire even be debated any longer, as the closing down of Professor Nigel Biggar’s conferences at Oxford University on the legacy of colonialism eloquently demonstrates.

We all know the joke that Mahatma Gandhi supposedly made when he was asked what he thought about Western civilization: “I think it might be a good idea.” The gag is apocryphal, in fact, first appearing two decades after his death. But very many people have taken it literally, arguing that there really is no such thing as Western civilization, from ideologues such as Noam Chomsky to the activists of the Rhodes Must Fall movement at Oxford University, who demand the removal from Oriel College of the statue of the benefactor of the Rhodes Scholarships.

Increasingly clamorous demands by African and Asian governments for the restitution of artifacts “stolen” from their countries during colonial periods are another aspect of the attack, an attempt to guilt-shame the West. It also did not help that for eight years before 2016, the United States was led by someone who was constantly searching for aspects of Western behavior for which to apologize.

This belief that Western civilization is at heart morally defective has recently been exemplified by the New York Times’ inane and wildly historically inaccurate “1619 Project,” which essentially attempts to present the entirety of American history from Plymouth Rock to today solely through the prism of race and slavery. “America Wasn’t a Democracy until Black Americans Made It One” was the headline of one essay in the New York Times Magazine launching the project, alongside “American Capitalism Is Brutal: You Can Trace That to the Plantation” and “How Segregation Caused Your Traffic Jam.” When no fewer than twelve — in the circumstances very brave — American Civil War historians sent a letter itemizing all the myriad factual errors in the project’s founding document, the New York Times refused to print it. Yet the Project plans to create and distribute school curriculums that will “recenter” America’s memory.

None of this would amount to much if only schools and colleges were not so keen to apologize for and deny Western civilization, and to abolish or dumb down the teaching of important aspects of it. The classics faculty at Oxford University, to take one example of many, has recently recommended that Homer’s Iliad and Virgil’s Aeneid be removed from the initial module of the literae Humaniores program in ancient literature, history, and philosophy, giving as their reason the difference in recent exam results between male and female undergraduates, and the difference in expertise in Latin and Greek between privately and publicly educated students. The supposed guardians of the discipline are therefore willing to put social experimentation and social leveling before the best possible teaching of the humanities, a disgraceful position for one of the world’s greatest universities to have adopted.

A glance at the fate of “Western Civ” courses in the United States suggests that there is a deep malaise in our cultural self-confidence. The origin of the concept of Western civilization as a subject is found in the “War Issues” course offered to students at Columbia University in 1918, just after the United States’ entry into World War I. By learning the politics, history, philosophy, and culture of the Western world, students were given the opportunity to understand the values for which they were about to be asked to risk their lives. In 1919, the Columbia course was developed into “An Introduction to Contemporary Civilization,” which was followed by a similar innovation at the University of Chicago in 1931.

By 1964, no fewer than 40 of the 50 top American colleges required students to take such a class, which, to take Stanford University as an example, had evolved into a core canon of around 15 works, including those by Homer, Virgil, Plato, Dante, Milton, and Voltaire. While the content of the Western Civ courses was considerably more flexible, complex, and diverse than subsequent critics have suggested (as Herbert Lindenberger’s study The History in Literature: On Value, Genre, Institutions explains), the courses did indeed treat Western civilization as a uniform entity. In the last decade, that was derided as so inherently and obviously evil that Western Civ courses had disappeared altogether, miraculously holding out in their Columbia birthplace and in few other places, including brave, non-government-funded outposts of sanity such as Hillsdale College in Michigan and the incipient Ralston College in Savannah.

For all that we must of course take proper cognizance of other cultures, the legacy of Western culture, in terms of both its sheer quality and its quantity, is unsurpassed in human history. We are deliberately underplaying many of the greatest contributions made to poetry, architecture, philosophy, music, and art by ignoring that fact, often simply in order to try to feel less guilty about imperialism, colonialism, and slavery, even though the last was a moral crime committed by only a minority of some few people’s great-great-great-grandparents.

As a result, future generations cannot be certain that they will be taught about the overwhelmingly positive aspects of Western civilization. They might not now be shown the crucial interconnection between, for example, the Scrovegni Chapel by Giotto at Padua, which articulates the complex scholasticism of Saint Augustine in paint; Machiavelli’s The Prince, the first work of modern political theory; Botticelli’s Primavera, the quintessence of Renaissance humanism in a single painting; the works of Teresa of Ávila and Descartes, which wrestle with the proof of discrete individual identity; Beethoven’s symphonies, arguably the most complex and profound orchestral works ever written; and Shakespeare, whose plays Harold Bloom has pointed out, “remain the outward limit of human achievement: aesthetically, cognitively, in certain ways morally, even spiritually.” Even if students are taught about these works individually, they will not be connected in a context that makes it clear how important they are to Western civilization.

We cannot therefore know, once the present campaign against Western civilization reaches its goal, that our children and grandchildren will be taught about the living thing that intimately connects Europe’s Gothic cathedrals, which are mediations in stone between the individual and the sublime; the giants of the 19th-century novel, from Dickens to Flaubert to Tolstoy, in whose works contemporary life realistically observed becomes a fit subject for art; the Dutch masters of the 17th century such as Rembrandt, who wrestled visually with the human condition in a fashion that still speaks to us across the centuries; Versailles, the Hermitage, and the Alhambra, which, though bombastic, are undeniably ravishing expressions of the human will. Faced with the argument that Western culture is no longer relevant, it’s tempting to adopt Dr. Johnson’s argument, aim a good kick at the nearest neoclassical building, and announce, “I refute it thus.”

Mention of the Alhambra in Granada prompts the thought that any course in Western civilization worth its name ought also to include the Umayyad Caliphate, of which Córdoba  in modern-day Spain was the capital between 756 and 929. In the wake of the conquest of Spain and the establishment of the Muslim confederacy of Al-Andalus, Córdoba  became a flourishing, polyglot, multicultural environment in which religious tolerance, despite Jews’ and Christians’ being obliged to pay a supplementary tax to the state, produced an atmosphere of intellectual progressiveness that made it one of the most important cities in the world. Discoveries in trigonometry, pharmacology, astronomy, and surgery can all be traced to Córdoba. At a certain point, then, a very particular set of historical circumstances produced an equally particular set of intellectual ideas, which had significant material consequences. The study of Western civilization is therefore emphatically not solely that of Christian DWEMs.

In 1988, Jesse Jackson led Stanford students in the chant, “Hey, hey, ho, ho, Western Civ has got to go!” The protests attracted national headlines and inspired a television debate between the university’s president and William Bennett, then secretary of education. Bill King, the president of the Stanford Black Student Union, claimed at that time, “By focusing these ideas on all of us they are crushing the psyche of those others to whom Locke, Hume, and Plato are not speaking. . . . The Western culture program as it is presently structured around a core list and an outdated philosophy of the West being Greece, Europe, and Euro-America is wrong, and worse, it hurts people mentally and emotionally.” He presented no actual evidence that reading Locke, Hume, or Plato has ever hurt anyone mentally or emotionally, and that was of course decades before the snowflake generation could proclaim themselves offended by the “micro-aggression” of a raised eyebrow. 

In 2016, over 300 Stanford students signed a petition requesting a ballot on the restoration of the Western Civ course. Fewer people voted for the ballot than voted to have it in the first place. In his book The Lost History of Western Civilization, Stanley Kurtz places the events at Stanford center stage for what went so badly wrong later across America, as the skewed thinking behind the deconstructionist, multiculturalist, postmodern, and intersectional movements caused so much damage to education for so long. 

Kurtz reminds us that what the Western Civ courses really did was to root a people in their past and their values. The trajectory of Western culture was shown to have run from Greece via Rome to Christendom, infused by Judaic ideas and morality along the way via Jerusalem, but then detouring briefly through the Dark Ages, recovering in the Renaissance, which led to the Reformation, the Enlightenment, and thus the scientific, rational, and politically liberated culture of Europe and European America. “From Plato to NATO,” as the catchphrase went. 

At the center of this transference of values across time and space was democracy, of which Winston Churchill famously said, “Many forms of government have been tried, and will be tried in this world of sin and woe. No one pretends that democracy is perfect or all-wise. Indeed, it has been said that democracy is the worst form of government, except for all those other forms that have been tried from time to time.” The generations who grew up knowing that truth, rather than weltering in guilt and self-doubt about “false consciousness” and so on, were the lucky ones, because they were allowed to study the glories of Western civilization in a way that was unembarrassed, unashamed, and not saddled with accusations of guilt in a centuries-old crime that had absolutely nothing to do with them. They could learn about the best of their civilization, and how it benefited — and continues to benefit — mankind. 

As Ian Jenkins, the senior curator of the Ancient Greek collection at the British Museum, put it in his book on the Elgin Marbles — politically correctly entitled “The Parthenon Sculptures” — “Human figures in the frieze are more than mere portraits of the Athenian people of the day. Rather they represent a timeless humanity, one which transcends the present to encompass a universal vision of an ideal society.” The Parthenon itself set out the architectural laws of proportion that still obtain to this day, and later in the book Jenkins points out how the sculptures “transcend national boundaries and epitomize universal and enduring values of excellence.” It was no coincidence that interest in them permeated the Western Enlightenments of the 18th century. 

While the Parthenon was being built, Pericles contrasted the openness and moderation of Athenian civic life with the militaristic, secretive, dictatorial Spartans in his Funeral Speech of 430 b.c., and this struck a chord with the Enlightenment thinkers of 23 centuries later, just as it should continue to do with us today, reminding us why Western values are indeed superior to those that actuate the leaders of modern China, Russia, Iran, Venezuela, North Korea, and Zimbabwe. Marxism-Leninism began as a Western concept but was overthrown in the West, whereas it tragically still thrives in other parts of the world. And yes, we know that the architect Phidias employed slaves and metics (foreigners) in building the Parthenon, not just Athenian freemen.

“Carved around the middle of the fifth century bc,” writes Neil MacGregor, former director of the British Museum, the Elgin Marbles “are the product of a creative culture that is credited with the invention of such aspects of modern Western civilization as democracy, philosophy, history, medicine, poetry and drama.” Of course, no one is claiming that Oriental, Persian, and Arab civilizations did not have all of those listed — except democracy, which they did not have then and most still do not today — and no one suggests that Aboriginal Australians, South Sea Islanders, the Aztecs and Incas, ancient Egyptians, or the Khmer Empire that built Angkor Wat for the god Vishnu did not have their own worthy civilizations, too. 

Yet even the very greatest achievements and physical creations of those other civilizations simply cannot compare to what the Greco-Roman and Judeo-Christian Western civilization has produced in philosophy, history, medicine, poetry, and drama, let alone democracy. 

Anyone reading Charles Murray’s superb and unanswerable book Human Accomplishment cannot but accept that the contribution made to mankind — the whole of it, not just the West — by DWEMs has statistically utterly dwarfed that made by the whole of the rest of the world combined. Whilst the transformative powers of cathedrals and concertos are relatively debatable, Nobel prizes for science and medical breakthroughs can be numerically compared, as can the fact that there is no one in any other civilization who can objectively match the sheer volume and density of the poetic and dramatic work of Shakespeare. To deny that is to start going down the route of the discredited Afrocentrist historians who were reduced to claiming that ancient African civilizations had visited Latin America and significantly influenced the cultures they found there.

“From the constitution drafted by the founding fathers of the American republic to the war-time speeches of Winston Churchill,” Jenkins writes, “many have found inspiration for their brand of liberal humanism, and for a doctrine of the open society, in the Funeral Speech of Perikles.” If Pericles had lost an election or been ostracized in the annual vote of Athenians, he would have stood down from office in the same way that Boris Johnson, Donald Trump, and Emmanuel Macron would after a defeat in a free and fair election in their countries, whereas that is inconceivable in many totalitarian countries not infused by the ethics of the West. That is ultimately why we should not apologize for Western civilization, why it should be proselytized around the world and certainly taught as a discrete discipline in our schools and universities. 

Western Civilization courses never pretended that the West invented civilization, as the French anthropologist Claude Lévi-Strauss emphasized in his foreword to the UNESCO International Social Science Bulletin in 1951. Considering some of the most ancient sites of human habitation in the world, such as Mohenjo-daro and Harappa in the Indus Valley, he observed straight streets intersecting at right angles, industrial workshops, utilitarian housing for workers, public baths, drains and sewers, pleasant suburbs for the wealthier classes; in short, what he called “all the glamour and blemishes of a great modern city.” Five thousand years ago, therefore, the most ancient civilizations of the old world were giving their lineaments to the new. As a new history of the world by the British historian Simon Sebag Montefiore will shortly demonstrate, the inhabitants of Egypt, China, and Persia were creating sophisticated art and architecture, legal and numerical systems, and literary and musical traditions while the peoples of Europe were still covered in woad and living in mud huts. 

What might Homer have to say about being civilized? The Iliad, which describes the clash between the Greeks and the Trojans, is not a description of a conflict between two nation-states. Adam Nicolson characterizes the conflict in The Mighty Dead: Why Homer Matters as “the deathly confrontation of two ways of understanding the world.” In this 4,000-year-old scenario, the Greeks are the barbarians. They are northern warriors, newly technologically empowered with ships and bronze spears, who want what the Trojans have got. They are pirates: coarse, animalistic, in love with violence. They are savage, rootless nomads who trade women as commodities (a three-legged metal tripod to put vases on is worth twelve oxen; a woman, four) and lust after the treasure hidden within Troy’s walls.

The city of Troy is wealthy, ordered, graceful, and stable, and the Greeks covet it. In the climax of the poem, Achilles, the ultimate man of the plains, confronts Hector of Troy, the man of the city. In disarmingly exhilarating and violent poetry, the outsider slaughters the insider. The barbarians have won. Or have they? After the battle, Priam, Hector’s grieving father, visits Achilles in his tent. Troy is doomed but Achilles marvels at Priam’s humility, at his ability to respect the man who has murdered his beloved son. From the “mutuality and courage of that wisdom,” writes Nicolson, “its blending of city and plain, a vision of the future might flower.”

Our word “civilization” derives from the Latin “civilis,” from “civis” (citizen) via “civitas” (city). The city is the locus for human encounter and understanding, for exchange and connection, for the development of communal and peaceful coexistence, for the flourishing of both everyday exchange and sophisticated arts. Opponents of the teaching of Western civilization object that European countries built their wealth and cultural achievements on the colonial exploitation and enslavement of non-European peoples. Yet as Homer demonstrates, the development of civilization has always been predicated upon darker forces. 

The Crusaders of medieval Europe were no more bloody and cruel than the wars of conversion enacted by the expanding Islamic world in the seventh and eighth centuries. The Ethiopian Empire (1270–1974) was founded upon slavery, as was the Ottoman Empire (1299–1924). If the history of the West needs to be taught critically, then so too does that of the East or the so-called global South. No civilization has been morally pure. 

“Competition and monopoly,” writes Niall Ferguson sagely in his book Civilization: The West and the Rest, “science and superstition; freedom and slavery; curing and killing; hard work and laziness — in each case, the West was the father to both the good and the bad.” Those early Western Civ courses never tried to argue that it was flawless — Karl Marx sometimes used to be taught in them, after all — but in the 20th century, students had more common sense and took that for granted, and were not looking for ever-new ways to be offended.

Christianity, for all its schisms and intolerance, its occasionally obnoxious obscurantism and iconoclasm, has been overall an enormous force for good in the world. The Sermon on the Mount was, as Churchill put it, “the last word in ethics.” 

Christians abolished slavery in the 1830s (or three decades later in America’s case), whereas outside Christendom the practice survived for much longer, and identifiable versions of it still exist in some non-Christian and anti-Christian countries today. 

The abolition of slavery did not merely happen by votes in Parliament and proclamations from presidents; it was fought for by (and against) Christians with much blood spilt on both sides. That would not have happened without the Judeo-Christian values and the Western Enlightenment that are so central to Western civilization. The Royal Navy ran its West Africa Preventive Squadron for over 60 years with the sole task of fighting slavery, during which time it freed around 160,000 slaves, and an estimated 17,000 British seamen died of disease or in battle achieving that. 

When considering “the rest” — those civilizations that did not produce what Western civilization has — Ferguson is unblushingly honest. “We must resist the temptation to romanticize history’s losers,” he writes. “The other civilizations overrun by the West’s, or more peacefully transformed by it through borrowings as much as by impositions, were not without their defects either, of which the most obvious is that they were incapable of providing their inhabitants with any sustained improvement in the material quality of their lives.” For all my earlier concentration on art and architecture, poetry and music, Ferguson is also correct to point out that “civilization is much more than just the contents of a few first-rate art galleries. It is a highly complex human organization,” which is why his book is “as much about sewage pipes as flying buttresses.” 

In response to the issuing of the United Nations’ Universal Declaration of Human Rights in 1948, the American Anthropological Association released a critique that asked, “How can the proposed Declaration be applicable to all human beings and not be a statement of rights conceived only in terms of the values prevalent in the countries of Western Europe and America?” The question assumes that the 30 articles of the Declaration could not be universal, since universality of human rights was of necessity a “Western” assumption. This was intended as a criticism, not an endorsement.

Yet the West has not stolen these values, as the Greeks stole the Trojans’ gold; it has not appropriated or co-opted them. Rather they are seen as objectionable because they do, indeed, according to their detractors, inhere in Western culture. So, given that a belief in human rights is, apparently, predicated on Western culture, is not that culture worth examining and teaching? 

Instead, there is an entire industry devoted to trying to topple DWEM heroes from their pedestals — literally, in the case of the British activist Afua Hirsch’s attempt to have Admiral Nelson removed from his column in Trafalgar Square in London on the grounds that he did not campaign to abolish the slave trade (which was not abolished by Britain until two years after his death in 1805). 

The climate-change movement is similarly riddled with anti-Western assumptions, whereby capitalism, development, and growth are demonized, all of them supposedly primarily Western concepts. A glance at the actual carbon emissions from the new coal-fired power stations still being built every month in China should put Western climate self-haters right about the importance of development and growth, but campaigning against democratic, guilt-ridden Western governments is far easier than taking the fight to Beijing and Delhi, which now is where the real difference can be made. When Greta Thunberg denounces Xi Jinping and the Chinese Communist Party outside the Great Hall of the People, she will be worthy of our respect; until then, she is merely playing on Western guilt, like every other demagogic critic of the West so beloved of the Left. 

The self-hatred virus is a particularly virulent and infectious one, and has almost entirely overtaken the academy in its attitude towards Western civilization. We all know the concept of the self-hating Jew who instinctively and immediately blames Israel for everything bad that happens in the Middle East (and often in the wider world, too). If the term is unfamiliar, look at some of the lobbying organizations on Washington’s K Street, or the equally virulent “Jews for Corbyn” movement inside the ultra-left Momentum organization in Britain. 

Western self-hatred, which is quite different from healthy self-criticism, has gone far too far in our society. American self-haters such as Noam Chomsky and Michael Moore have made hugely successful careers out of a knee-jerk reaction that whatever ill befalls the West is solely its own fault. They argue, of course, that they in fact like their country — rarely “love,” as that would differentiate it from other countries — and it’s only one particular administration or policy with which they take issue rather than the whole culture. Yet this is false. If after a lifetime one has never — as in Jeremy Corbyn’s case — once supported a single Western military operation under any circumstance, and always had a good word for every opponent of the West, whether it be a state actor or a leftist terrorist group, then the truth becomes obvious.

British self-hatred goes back a long way, via Thomas Paine and Kim Philby, but today it is not enough for the Chomskys and Corbyns merely to hate their own country; they must hate the West in general, which for them tends to mean NATO, the special relationship, the Anglo-American form of (relatively) free markets and free enterprise, and of course the concept of Western civilization itself, which they consider an artificial construct. Recently Seumas Milne, Jeremy Corbyn’s spin doctor, tried to argue that capitalism has killed more people than Communism, although of course he did not accept the figure of 100 million that most responsible historians recognize was Communism’s death toll in the 20th century. 

Mention of Corbyn and Milne prompts the thought that all too often consideration of the contribution of Judeo-Christian thought to Western civilization tends to underplay the first — Judeo — part of the conjoined twins. It is impossible not to spot an enormous overlap — the shaded area in the Venn diagram — between hatred of the concept of Western civilization on one side and at least a certain haziness over anti-Semitism on the other. In America, there are unfortunately still those who believe that Western civilization is at risk from Jewish culture. This view is as ignorant as it is obnoxious. For without the “Judeo” half of the phenomenon, Western civilization would simply not exist. 

Once again, Charles Murray is invaluable here in enumerating in numbers and places and names and statistics the contribution made in every field by Jews over the millennia, around 100 times what it ought to be in relation to their demographic numbers on the planet. Writing of Max Warburg’s daughter Gisela in his book The Warburgs, Ron Chernow recalls how, “once asked at a birthday party whether she was Jewish, Gisela refused to answer. When Alice [her mother] asked why, Gisi stammered confusedly, ‘You always told us not to boast.’” That might be true of her, but philo-Semitic Gentiles such as I enjoy boasting about the contribution the Jews have made to Western civilization in every sphere. Beware the hater of Western civilization; very often there’s an anti-Semite not very far away.

French postmodern theory refuses to distinguish between high and low culture, attempting to make it futile even to discuss whether this or that work of art is or is not lovely or important. If you want to argue that Kanye West’s lyrics are as good as Shakespeare, or Mongolian yurts are as sophisticated a form of architecture as Bauhaus, then Foucault will support you all the way. But if you want to understand why we do not have child slavery in the West, or disenfranchised women, or imprisonment without trial, or the imprisonment of newspaper editors, you simply have to study the cultural history that produced such an unusual and extraordinary situation in human history. It is inescapable and not susceptible to postmodernist analysis. It’s not about the aesthetic or literary superiority of certain artworks, but about the unequivocal good of human dignity. If Ms. Rashatwar finds the idea of losing her human rights so “romantic,” she is always welcome to move to Saudi Arabia, which is still awaiting its Enlightenment.

The late, very great Gertrude Himmelfarb identified three separate Enlightenments — English, French, and Scottish — at different though overlapping stages of the 18th century, with different emphases in different places at different times. Chartres Cathedral was not dedicated until 1260, so there were five centuries between then and the Enlightenments, but they were the moments when people began to throw off superstition and belief in magic and witchcraft, to look at the world afresh, unafraid of what they might find and where it might take them, even at the risk of unbelief. If the Islamic world had had such a moment, it would not have been left behind in so many areas of accomplishment since it was turned back from the gates of Vienna in 1683, with the result that its fascist-fundamentalist wing might not have existed to lash out in such fury and resentment on 9/11.

The recent Security Conference in Munich took as its theme and title “Westlessness” — an ugly word in English, worse in German — intending to prompt international decision-makers into thinking about what might happen if the Trump administration were ever to get as tough over NATO underfunding as it has long threatened to do. Another fear of Westlessness, however, should be about the eclipse of Western civilization as a subject for study, as a result of a hugely successful Gramscian march through the institutions that started long before Jesse Jackson and his megaphone visited Stanford. 

For far from becoming a Kumbaya touchy-feely place, a truly Westless world would be a neo-Darwinian free-for-all in which every state merely grabbed what it could, a return to the world Hobbes wrote about in Leviathan. The Left should beware what it claims to wish for, and Western civilization should be taught once more in our schools and colleges. For as Churchill knew as the bombs were falling and London was burning in December 1940, it is worth fighting for.

— This essay is sponsored by National Review Institute.

Voir aussi:

‘Hey, Hey, Ho, Ho, Western Civ Has Got to Go’

Robert Curry American Greatness June 10, 2019

On January 15, 1987, Jesse Jackson and around 500 protesters marched down Palm Drive, Stanford University’s grand main entrance, chanting “Hey hey, ho ho, Western Civ has got to go.”

They were protesting Stanford University’s introductory humanities program known as “Western Culture.” For Jackson and the protesters, the problem was its lack of “diversity.” The faculty and administration raced to appease the protesters, and “Western Culture” was formally replaced with “Cultures, Ideas, and Values.”

The new program included works on race, class, and gender and works by ethnic minority and women authors. Western culture gave way to multi-culture. The study of Western civilization succumbed to the Left’s new dogma, multiculturalism.

When I attended college in the 1960s, taking and passing the year-long c