Hillbilly elegy: Attention, une relégation sociale peut en cacher une autre ! (It’s the culture, stupid !)

17 septembre, 2017

Aux États-Unis, les plus opulents citoyens ont bien soin de ne point s’isoler du peuple ; au contraire, ils s’en rapprochent sans cesse, ils l’écoutent volontiers et lui parlent tous les jours. Alexis de Tocqueville
Toutes les stratégies que les intellectuels et les artistes produisent contre les « bourgeois » tendent inévitablement, en dehors de toute intention expresse et en vertu même de la structure de l’espace dans lequel elles s’engendrent, à être à double effet et dirigées indistinctement contre toutes les formes de soumission aux intérêts matériels, populaires aussi bien que bourgeoises.  Bourdieu
If you’re not working, over time you’re much more likely to develop attitudes and orientations and behavior patterns that are associated with casual or infrequent work. And then when you open up opportunities for people, you notice that these attitudes, orientations, habits and styles also change. William Julius Wilson
Crime, family dissolution, welfare, and low levels of social organization are fundamentally a consequence of the disappearance of work. William Julius Wilson
Racism should be viewed as an intervening variable. You give me a set of conditions and I can produce racism in any society. You give me a different set of conditions and I can reduce racism. You give me a situation where there are a sufficient number of social resources so people don’t have to compete for those resources, and I will show you a society where racism is held in check. If we could create the conditions that make racism difficult, or discourage it, then there would be less stress and less need for affirmative action programs. One of those conditions would be an economic policy that would create tight labor markets over long periods of time. Now does that mean that affirmative action is here only temporarily? I think the ultimate goal should be to remove it. William Julius Wilson
On brode beaucoup sur la non intégration des jeunes de banlieue. En réalité, ils sont totalement intégrés culturellement. Leur culture, comme le rap, sert de référence à toute la jeunesse. Ils sont bien sûr confrontés à de nombreux problèmes mais sont dans une logique d’intégration culturelle à la société monde. Les jeunes ruraux, dont les loisirs se résument souvent à la bagnole, le foot et l’alcool, vivent dans une marginalité culturelle. En feignant de croire que l’immigration ne participe pas à la déstructuration des plus modestes (Français ou immigrés), la gauche accentue la fracture qui la sépare des catégories populaires. Fracture d’autant plus forte qu’une partie de la gauche continue d’associer cette France précarisée qui demande à être protégée de la mondialisation et de l’immigration à la « France raciste ». Dans le même temps, presque malgré elle, la gauche est de plus en plus plébiscitée par une « autre France », celle des grands centres urbains les plus actifs, les plus riches et les mieux intégrés à l’économie-monde ; sur ces territoires où se retrouvent les extrêmes de l’éventail social (du bobo à l’immigré), la mondialisation est une bénédiction. Christophe Guilluy
La focalisation sur le « problème des banlieues » fait oublier un fait majeur : 61 % de la population française vit aujourd’hui hors des grandes agglomérations. Les classes populaires se concentrent dorénavant dans les espaces périphériques : villes petites et moyennes, certains espaces périurbains et la France rurale. En outre, les banlieues sensibles ne sont nullement « abandonnées » par l’État. Comme l’a établi le sociologue Dominique Lorrain, les investissements publics dans le quartier des Hautes Noues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) sont mille fois supérieurs à ceux consentis en faveur d’un quartier modeste de la périphérie de Verdun (Meuse), qui n’a jamais attiré l’attention des médias. Pourtant, le revenu moyen par habitant de ce quartier de Villiers-sur-Marne est de 20 % supérieur à celui de Verdun. Bien sûr, c’est un exemple extrême. Il reste que, à l’échelle de la France, 85 % des ménages pauvres (qui gagnent moins de 993 € par mois, soit moins de 60 % du salaire médian, NDLR) ne vivent pas dans les quartiers « sensibles ». Si l’on retient le critère du PIB, la Seine-Saint-Denis est plus aisée que la Meuse ou l’Ariège. Le 93 n’est pas un espace de relégation, mais le cœur de l’aire parisienne. (…)  En se désindustrialisant, les grandes villes ont besoin de beaucoup moins d’employés et d’ouvriers mais de davantage de cadres. C’est ce qu’on appelle la gentrification des grandes villes, symbolisée par la figure du fameux « bobo », partisan de l’ouverture dans tous les domaines. Confrontées à la flambée des prix dans le parc privé, les catégories populaires, pour leur part, cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. En outre, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires de ces métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine européenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales pour accéder à la propriété et acquérir un pavillon. On assiste ainsi à l’émergence de « villes monde » très inégalitaires où se concentrent à la fois cadres et catégories populaires issues de l’immigration récente. Ce phénomène n’est pas limité à Paris. Il se constate dans toutes les agglomérations de France (Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Grenoble), hormis Marseille. (…) On a du mal à formuler certains faits en France. Dans le vocabulaire de la politique de la ville, « classes moyennes » signifie en réalité « population d’origine européenne ». Or les HLM ne font plus coexister ces deux populations. L’immigration récente, pour l’essentiel familiale, s’est concentrée dans les quartiers de logements sociaux des grandes agglomérations, notamment les moins valorisés. Les derniers rapports de l’observatoire national des zones urbaines sensibles (ZUS) montrent qu’aujourd’hui 52 % des habitants des ZUS sont immigrés, chiffre qui atteint 64 % en Île-de-France. Cette spécialisation tend à se renforcer. La fin de la mixité dans les HLM n’est pas imputable aux bailleurs sociaux, qui font souvent beaucoup d’efforts. Mais on ne peut pas forcer des personnes qui ne le souhaitent pas à vivre ensemble. L’étalement urbain se poursuit parce que les habitants veulent se séparer, même si ça les fragilise économiquement. Par ailleurs, dans les territoires où se côtoient populations d’origine européenne et populations d’immigration extra-européenne, la fin du modèle assimilationniste suscite beaucoup d’inquiétudes. L’autre ne devient plus soi. Une société multiculturelle émerge. Minorités et majorités sont désormais relatives. (…)  ces personnes habitent là où on produit les deux tiers du PIB du pays et où se crée l’essentiel des emplois, c’est-à-dire dans les métropoles. Une petite bourgeoisie issue de l’immigration maghrébine et africaine est ainsi apparue. Dans les ZUS, il existe une vraie mobilité géographique et sociale : les gens arrivent et partent. Ces quartiers servent de sas entre le Nord et le Sud. Ce constat ruine l’image misérabiliste d’une banlieue ghetto où seraient parqués des habitants condamnés à la pauvreté. À bien des égards, la politique de la ville est donc un grand succès. Les seuls phénomènes actuels d’ascension sociale dans les milieux populaires se constatent dans les catégories immigrées des métropoles. Cadres ou immigrés, tous les habitants des grandes agglomérations tirent bénéfice d’y vivre – chacun à leur échelle. En Grande-Bretagne, en 2013, le secrétaire d’État chargé des Universités et de la Science de l’époque, David Willetts, s’est même déclaré favorable à une politique de discrimination positive en faveur des jeunes hommes blancs de la « working class » car leur taux d’accès à l’université s’est effondré et est inférieur à celui des enfants d’immigrés. (…) Le problème social et politique majeur de la France, c’est que, pour la première fois depuis la révolution industrielle, la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Au XIXe siècle, lors de la révolution industrielle, on a fait venir les paysans dans les grandes villes pour travailler en usine. Aujourd’hui, on les fait repartir à la « campagne ». C’est un retour en arrière de deux siècles. Le projet économique du pays, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte. (…) L’absence d’intégration économique des catégories modestes explique le paradoxe français : un pays qui redistribue beaucoup de ses richesses mais dont une majorité d’habitants considèrent à juste titre qu’ils sont de plus en plus fragiles et déclassés. (…) Les catégories populaires qui vivent dans ces territoires sont d’autant plus attachées à leur environnement local qu’elles sont, en quelque sorte, assignées à résidence. Elles réagissent en portant une grande attention à ce que j’appelle le «village» : sa maison, son quartier, son territoire, son identité culturelle, qui représentent un capital social. La contre-société s’affirme aussi dans le domaine des valeurs. La France périphérique est attachée à l’ordre républicain, réservée envers les réformes de société et critique sur l’assistanat. L’accusation de «populisme» ne l’émeut guère. Elle ne supporte plus aucune forme de tutorat – ni politique, ni intellectuel – de la part de ceux qui se croient «éclairés». (…) Il devient très difficile de fédérer et de satisfaire tous les électorats à la fois. Dans un monde parfait, il faudrait pouvoir combiner le libéralisme économique et culturel dans les agglomérations et le protectionnisme, le refus du multiculturalisme et l’attachement aux valeurs traditionnelles dans la France périphérique. Mais c’est utopique. C’est pourquoi ces deux France décrivent les nouvelles fractures politiques, présentes et à venir. Christophe Guilluy
Parler de relégation sociale n’a pas grand sens quand on est à dix minutes du métro et au coeur d’un marché de l’emploi gigantesque. Christophe Guilluy
J’ai suivi cette campagne avec un sentiment de malaise franchement (…) qui s’est peu à peu transformé en honte.  (…) Malaise parce que la deuxième France, dont vous parlez, la France qui est périphérique, qui hésite entre Marine Le Pen et rien,  je me suis rendu compte que je ne la comprenais pas, que je ne la voyais pas, que j’avais perdu le contact. Et ça, quand on veut écrire des romans, je trouve que c’est une faute professionnelle assez lourde.  (….) Parce que je ne la vois plus, je fais partie de l’élite mondialisée, maintenant. (…) Et pourtant, je viens de cette France. (…) Elle habite pas dans les mêmes quartiers que moi. Elle habite pas à Paris. A Paris, Le Pen n’existe pas. Elle habite dans des zones périphériques décrites par Christophe Guilluy. Des zones mal connues. (…) Mais le fait est que j’ai perdu le contact. (…) Non, je la comprends pas suffisamment, je veux dire, je pourrais pas écrire dessus. C’est ça qui me gêne, c’est pour ça que suis mal à l’aise. (…) Non, je suis pas dans la même situation. Moi, je ne crois pas au vote idéologique, je crois au vote de classe. Bien que le mot est démodé. Il y a une classe qui vote Le Pen, une classe qui vote Macron, une classe qui vote Fillon. Facilement identifiables et on le voit tout de suite. Et que je le veuille ou non, je fais partie de la France qui vote Macron. Parce que je suis trop riche pour voter Le Pen ou Mélenchon. Et parce que je suis pas un hériter, donc je suis pas la classe qui vote Fillon. (…) Ce qui est apparu et qui est très surprenant – alors, ça, c’est vraiment un phénomène imprévu – c’est un véritable parti confessionnel, précisément catholique. Dans tout ce que j’ai suivi – et, je vous dis, j’ai tout suivi  – Jean-Frédéric Poisson était quand même le plus étonnant. (…) Une espèce d’impavidité et une défense des valeurs catholiques qui est inhabituelle pour un parti politique. (….) Ca m’a interloqué parce que je croyais le catholicisme mourant. (…) [Macron] L’axe de sa  campagne, j’ai l’impression que c’est une espèce de thérapie de groupe pour convertir les Français à l’optimisme. Michel Houellebecq
Marine Le Pen aurait pu être la porte-parole du parti de l’inquiétude, elle aurait pu faire venir sur le plateau l’humeur de cette partie du pays qui voit sa disparition programmée et s’en désole. Elle aurait pu évoquer le séparatisme islamiste et l’immense tâche qui nous attend consistant à convaincre des dizaines, peut-être des centaines, de milliers de jeunes Français de l’excellence de leur pays, de ses arts, ses armes et ses lois. Or, du début à la fin, elle a paru retourner à son adversaire le procès en légitimité dont elle est sans cesse l’objet. Incapable de lui concéder le moindre point, autant que de lui opposer une véritable vision, elle a ânonné des mots-clefs comme « UOIF » et « banquier », croyant sans doute que cela suffirait à faire pleuvoir les votes, ce qui laisse penser qu’elle tient ses électeurs en piètre estime. Les insinuations sur l’argent de son adversaire, sa façon de dire à demi-mot au téléspectateur « si vous êtes dans la mouise, c’est parce que lui et ses amis se goinfrent », m’ont rappelé les heures sombres de l’affaire Fillon, quand des journalistes répétaient en boucle le même appel au ressentiment. L’autre France, celle qui n’a pas envie de l’avenir mondialisé et multiculti qu’on lui promet, mérite mieux que ce populisme ras des pâquerettes. (…) On n’est pas obligé, cependant, de hurler avec les bisounours. Quoi que répètent fiévreusement ceux qui adorent voler au secours des victoires, un faux pas, même de taille, ne suffit pas à faire de Marine Le Pen quelqu’un d’infréquentable. À la différence de l’intégralité de mes confrères qui se frottent les mains sur l’air de « je vous l’avais bien dit ! », je ne suis pas sûre qu’elle ait « montré son vrai visage ». L’ayant interviewée à plusieurs reprises, nous avons eu avec elles des engueulades homériques : jamais je ne l’ai vue, dans ces circonstances, faire preuve de la mauvaise foi fielleuse qu’elle a opposée à son adversaire – et je ne lui avais jamais vu, même sur un plateau, ce masque sarcastique. Avait-elle en quelque sorte intégré sa propre illégitimité, a-t-elle été mal conseillée par son cher Florian Philippot ou était-elle décidément très mal préparée à la fonction qu’elle briguait ? Toujours est-il qu’elle a raté son rendez-vous avec le peuple français. (…) Il faudra bien résoudre un jour ce petit problème de logique : il existe chez nous un parti que les tribunaux ne peuvent pas interdire, qui a le droit de se présenter aux élections, mais les électeurs n’ont pas le droit de voter pour lui et ses dirigeants n’ont pas le droit de gagner. Ce qui, on en conviendra, est assez pratique pour ceux qui l’affrontent en duel. On me dit qu’il respecte le cadre de la République, mais pas ses fameuses valeurs. Sauf que, pardon, qui est arbitre des valeurs, Le Monde, les Inrocks, Jacques Attali ? N’est-ce pas une façon bien commode d’exclure de la compétition ceux qui vous déplaisent ? Je ne me résous pas à vivre dans un monde où il y a une seule politique possible, un seul vote raisonnable et un seul point de vue acceptable. (…) Post Scriptum : je viens d’entendre un bout de la chronique de François Morel, l’un des papes du comico-conformisme sur France Inter. Il comparait – ou assimilait je ne sais – Marine Le Pen à une primate: Taubira, c’était dégueulasse; mais pour une Le Pen, c’est normal. Digne conclusion de la quinzaine de la haine (et de l’antifascisme nigaud) que nous a offerte la radio publique. Elisabeth Lévy
The paradox of France is that it is desperate for reform — and desperate not to be reformed. It wants the benefits of a job-producing competitive economy but fears relinquishing a job-protecting uncompetitive one. A Macron presidency will have to devote its intellectual and rhetorical energies to explaining that it can be one or the other, but not both. I don’t want to close this column without allowing for the awful chance that Le Pen might win. That would be a moral tragedy for France and a probable disaster for Europe. But it would also be a reminder that chronic economic stagnation inevitably begets nationalist furies. In the United States, a complacent left acquits itself too easily of its role in paving the way to the Trump presidency. Many of Le Pen’s supporters might be bigots, but their case against the self-satisfaction, self-dealing, moral preening and economic incompetence of the French ruling classes is nearly impeccable. Bret Stephens
Nous qui vivons dans les régions côtières des villes bleues, nous lisons plus de livres et nous allons plus souvent au théâtre que ceux qui vivent au fin fond du pays. Nous sommes à la fois plus sophistiqués et plus cosmopolites – parlez-nous de nos voyages scolaires en Chine et en Provence ou, par exemple, de notre intérêt pour le bouddhisme. Mais par pitié, ne nous demandez pas à quoi ressemble la vie dans l’Amérique rouge. Nous n’en savons rien. Nous ne savons pas qui sont Tim LaHaye et Jerry B. Jenkins. […] Nous ne savons pas ce que peut bien dire James Dobson dans son émission de radio écoutée par des millions d’auditeurs. Nous ne savons rien de Reba et Travis. […] Nous sommes très peu nombreux à savoir ce qu’il se passe à Branson dans le Missouri, même si cette ville reçoit quelque sept millions de touristes par an; pas plus que nous ne pouvons nommer ne serait-ce que cinq pilotes de stock-car. […] Nous ne savons pas tirer au fusil ni même en nettoyer un, ni reconnaître le grade d’un officier rien qu’à son insigne. Quant à savoir à quoi ressemble une graine de soja poussée dans un champ… David Brooks
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme ans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Hussein Obama (2008)
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
America is coming apart. For most of our nation’s history, whatever the inequality in wealth between the richest and poorest citizens, we maintained a cultural equality known nowhere else in the world—for whites, anyway. (…) But t’s not true anymore, and it has been progressively less true since the 1960s. People are starting to notice the great divide. The tea party sees the aloofness in a political elite that thinks it knows best and orders the rest of America to fall in line. The Occupy movement sees it in an economic elite that lives in mansions and flies on private jets. Each is right about an aspect of the problem, but that problem is more pervasive than either political or economic inequality. What we now face is a problem of cultural inequality. When Americans used to brag about « the American way of life »—a phrase still in common use in 1960—they were talking about a civic culture that swept an extremely large proportion of Americans of all classes into its embrace. It was a culture encompassing shared experiences of daily life and shared assumptions about central American values involving marriage, honesty, hard work and religiosity. Over the past 50 years, that common civic culture has unraveled. We have developed a new upper class with advanced educations, often obtained at elite schools, sharing tastes and preferences that set them apart from mainstream America. At the same time, we have developed a new lower class, characterized not by poverty but by withdrawal from America’s core cultural institutions. (…) Why have these new lower and upper classes emerged? For explaining the formation of the new lower class, the easy explanations from the left don’t withstand scrutiny. It’s not that white working class males can no longer make a « family wage » that enables them to marry. The average male employed in a working-class occupation earned as much in 2010 as he did in 1960. It’s not that a bad job market led discouraged men to drop out of the labor force. Labor-force dropout increased just as fast during the boom years of the 1980s, 1990s and 2000s as it did during bad years. (…) As I’ve argued in much of my previous work, I think that the reforms of the 1960s jump-started the deterioration. Changes in social policy during the 1960s made it economically more feasible to have a child without having a husband if you were a woman or to get along without a job if you were a man; safer to commit crimes without suffering consequences; and easier to let the government deal with problems in your community that you and your neighbors formerly had to take care of. But, for practical purposes, understanding why the new lower class got started isn’t especially important. Once the deterioration was under way, a self-reinforcing loop took hold as traditionally powerful social norms broke down. Because the process has become self-reinforcing, repealing the reforms of the 1960s (something that’s not going to happen) would change the trends slowly at best. Meanwhile, the formation of the new upper class has been driven by forces that are nobody’s fault and resist manipulation. The economic value of brains in the marketplace will continue to increase no matter what, and the most successful of each generation will tend to marry each other no matter what. As a result, the most successful Americans will continue to trend toward consolidation and isolation as a class. Changes in marginal tax rates on the wealthy won’t make a difference. Increasing scholarships for working-class children won’t make a difference. The only thing that can make a difference is the recognition among Americans of all classes that a problem of cultural inequality exists and that something has to be done about it. That « something » has nothing to do with new government programs or regulations. Public policy has certainly affected the culture, unfortunately, but unintended consequences have been as grimly inevitable for conservative social engineering as for liberal social engineering. The « something » that I have in mind has to be defined in terms of individual American families acting in their own interests and the interests of their children. Doing that in Fishtown requires support from outside. There remains a core of civic virtue and involvement in working-class America that could make headway against its problems if the people who are trying to do the right things get the reinforcement they need—not in the form of government assistance, but in validation of the values and standards they continue to uphold. The best thing that the new upper class can do to provide that reinforcement is to drop its condescending « nonjudgmentalism. » Married, educated people who work hard and conscientiously raise their kids shouldn’t hesitate to voice their disapproval of those who defy these norms. When it comes to marriage and the work ethic, the new upper class must start preaching what it practices. Charles Murray
Murray, the W.H. Brady Scholar at the American Enterprise Institute, contends that before the 1960s, Americans of all classes participated in a traditional common culture of civic and social engagement that valued marriage, industriousness, honesty and religiosity — credited as « American exceptionalism » by Alexis de Tocqueville in his 19th century classic « Democracy in America. » Today, that culture persists among highly educated elites, winners in globalization’s economic redistribution, but those vigorous virtues are dissolving among globalization’s losers, the 21st century working class. Increased demographic segregation means that the elites who run the nation know little about the ominous cultural breakdown creeping up the socioeconomic ladder. Murray describes a new, highly educated upper class of the most successful 5% of professionals and managers who direct the nation’s major institutions. Most reside in high-income, socially homogeneous « super ZIP Codes » near urban power centers. Exclusivity is self-reinforcing: Elites socialize primarily with and marry one another (« homogamy »), ensuring their children’s future dominance based on genetic intelligence, other inherited talents and a high-achievement culture nourished by access to elite educational institutions. To emphasize that the new cultural divide is largely based on class, not race/ethnicity, Murray confines core sections of « Coming Apart » to comparing socio-cultural differences among middle-aged whites (age 30-49) in two communities: upper-middle-class Belmont, Mass., and working-class Fishtown, Pa. (Murray builds somewhat « fictionalized » versions of these communities through statistically adjusted models that control for age, race, income and occupation to heighten the contrasts between them.) Belmont represents perhaps 20% of the total U.S. population; Fishtown, about 30%. Murray reveals alarming levels of social isolation and disengagement among Fishtown’s working-class whites. By the early 2000s, only 48% were married, down from 84% in 1960; children living in households with both biological parents fell from 96% to 37%; the number of disabled quintupled from 2% to 10%; arrest rates for violent crime quadrupled from 125 to 592 per 100,000 people; and the percent attending church only once a year nearly doubled from 35% to 59%. In 2008, almost 12% of prime-age males with a high school diploma were « not in the labor force » — quadruple the percentage from the all-time low of 3% in 1968. The well-educated, upper-middle-class whites in Murray’s Belmont model fare far better: 83% are married; 84% of children reside in two-biological-parent homes; less than 1% are on disability, though nearly 40% attend church only once a year. Nearly all adult males are in the workforce. The primary problem with « Coming Apart » is that Murray’s focus on a cultural divide among whites obscures something else: The destruction of values, economic sectors and entire occupational classes by automation and outsourcing. And don’t forget the massive movements of cheap legal and illegal immigrant labor: This factor sets up a classic conflict, the ethnically split labor market, in which you find unionized working-class whites pitted against minority newcomers who are willing to work for less (sometimes « off the books » and under abysmal conditions). Frederick Lynch
Experts have warned for years now that our rates of geographic mobility have fallen to troubling lows. Given that some areas have unemployment rates around 2 percent and others many times that, this lack of movement may mean joblessness for those who could otherwise work. But from the community’s perspective, mobility can be a problem. The economist Matthew Kahn has shown that in Appalachia, for instance, the highly skilled are much likelier to leave not just their hometowns but also the region as a whole. This is the classic “brain drain” problem: Those who are able to leave very often do. The brain drain also encourages a uniquely modern form of cultural detachment. Eventually, the young people who’ve moved out marry — typically to partners with similar economic prospects. They raise children in increasingly segregated neighborhoods, giving rise to something the conservative scholar Charles Murray calls “super ZIPs.” These super ZIPs are veritable bastions of opportunity and optimism, places where divorce and joblessness are rare. As one of my college professors recently told me about higher education, “The sociological role we play is to suck talent out of small towns and redistribute it to big cities.” There have always been regional and class inequalities in our society, but the data tells us that we’re living through a unique period of segregation. This has consequences beyond the purely material. Jesse Sussell and James A. Thomson of the RAND Corporation argue that this geographic sorting has heightened the polarization that now animates politics. This polarization reflects itself not just in our voting patterns, but also in our political culture: Not long before the election, a friend forwarded me a conspiracy theory about Bill and Hillary Clinton’s involvement in a pedophilia ring and asked me whether it was true. It’s easy to dismiss these questions as the ramblings of “fake news” consumers. But the more difficult truth is that people naturally trust the people they know — their friend sharing a story on Facebook — more than strangers who work for faraway institutions. And when we’re surrounded by polarized, ideologically homogeneous crowds, whether online or off, it becomes easier to believe bizarre things about them. This problem runs in both directions: I’ve heard ugly words uttered about “flyover country” and some of its inhabitants from well-educated, generally well-meaning people. I’ve long worried whether I’ve become a part of this problem. For two years, I’d lived in Silicon Valley, surrounded by other highly educated transplants with seemingly perfect lives. It’s jarring to live in a world where every person feels his life will only get better when you came from a world where many rightfully believe that things have become worse. And I’ve suspected that this optimism blinds many in Silicon Valley to the real struggles in other parts of the country. So I decided to move home, to Ohio. (…) we often frame civic responsibility in terms of government taxes and transfer payments, so that our society’s least fortunate families are able to provide basic necessities. But this focus can miss something important: that what many communities need most is not just financial support, but talent and energy and committed citizens to build viable businesses and other civic institutions. Of course, not every town can or should be saved. Many people should leave struggling places in search of economic opportunity, and many of them won’t be able to return. Some people will move back to their hometowns; others, like me, will move back to their home state. The calculation will undoubtedly differ for each person, as it should. But those of us who are lucky enough to choose where we live would do well to ask ourselves, as part of that calculation, whether the choices we make for ourselves are necessarily the best for our home communities — and for the country. J. D. Vance
“ Hillbilly Elegy ” is a very important book and it also resonated with me in a very personal way because I also experienced the problems of rural poverty. I grew up in a small town in Western Pennsylvania. My father was a coal miner. He worked in these coal mines of Western Pennsylvania and occasionally he worked in steel mills in Western Pennsylvania. He died at the age of 39, with a lung disease. Left my mother with six kids and I was the oldest at 12 years of age. My father had a 10th grade education, my mother had a 10th grade education. My mother who lived to the ripe old age of 94, raised us by cleaning house occasionally. Initially we were on relief. We call it welfare now. She got off welfare and supported us by cleaning house; and what I distinctly remember about growing up in rural poverty is hunger. (…) Now, given my family background, black person, black family in rural poverty; as one of my colleagues at Harvard told me, the odds that I would end up at Harvard as a University professor and capital U on University, are very nearly zero. Like J.D. I’m an outlier. An outlier in — Malcolm Gladwell says in his book “ Outlier, The Study of Success. ” We are both outliers; but it’s interesting that J.D. never talks about holding himself up by his own bootstraps, and that’s something that I reject. I don’t refer to myself that way, because both J.D. and I, were in the right places at the right times, and we had significant individuals who were there to rescue us from poverty and enabled us to escape. We are the outliers being at the right place at the right time, and when I think about your question, that’s one thing I think about; how lucky I was. I had some significant individuals who helped me escape poverty. (…) ointing out some differences that I have with J.D. It’s really kind of a matter of emphasis. Not that we differ, it’s just a matter of emphasis. First of all, we both agree that too many liberal social scientists focus on social structure and ignore cultural conditions. You know, they talk about poverty, joblessness and discrimination, but they also don’t talk about some of the cultural conditions, that grow out of these situations, in response to these situations. Too many conservatives focus on cultural forces and ignore structural factors. Now J.D. has made the same point in “ Hillbilly Elegy ” and you also have made the same point in some subsequent interviews talking about the book. Now where we disagree and this relates back to your question, Camille, is in the interpretation of these cultural factors. J.D. places a lot of emphasis on agency. That people even in the most impoverished circumstances have choices that can either improve or exacerbate their situation, their predicaments. And I also think that a gency is important and should not be ignored, even in situations where individuals confront overwhelming structural impediments. But what J.D., and I’d like to hear your response to this J.D., wha t you don’t make explicit or emphasize enough from my point of view, is that agency is also constrained by these structural factors, even among people who you know, make positive choices to improve their lives, there are still constraints and I maintain th at the part of your book where you talking about agency, really cries out for a deeper interrogation. A deeper interrogation of how personal a gency is expanded or inhibited by the circumstance that the poor or working classes confront, including you know, their interactions and families, social networks , and institutions, in these distressed communities. In other words, what I’m trying to suggest is that personal agency is recursively associated with the structural forces within which it operates. And here you know, it’s sort of insightful to talk about intermediaries and insightful to talk about people who aid, who help you in making choices, and you do that well in the book. But here’s the point, given the American belief system on poverty and welfare in which Americans as you point out Camille, place far greater emphasis on personal shortcomings as opposed to structural barriers and especially when you’re talking about the behavior of African Americans. I believe that explanations that focus — don’t get me wrong, you don’t even talk about African Americans in the sense, I’m talking about people out there in the general public. Given this focus on personal shortcomings as opposed to structural barriers in a common for outcomes, I believe that explanations that focus on agency are likely to overshadow explanations that focus on structural impediments. Some people read a book, but they’re not that sophisticated, the take away will be those personal factors and you know, I would have liked to have seen you sort of try to put things in context you know. Talk about the constraints that people have. Now this relates to the second point I want to make. In addition, to feeling that they have little control over themselves, that is lack of agency. You point out that the individuals in these hillbilly communities tend to blame themselves — I’m sorry, blame everyone but themselves, and the term you used to explain this phenomenon is cognitive dissonance, when our beliefs are not consistent with our behaviors. And I agree, and many people often do tend to blame others and not themselves, but I think that when we talk about cognitive dissonance, we also have to recognize that individuals in these communities do indeed have some complaints, some justifiable complaints, including complaints about industries that have pulled off stakes and relocated to cheaper labor areas overseas and in the process, have devastated communities like Middletown, Ohio. Including complaints about automation replacing the jobs of cashiers and parking lot attendants. Including the complaints that government and corporate actions have undermined unions and therefore led to a decrease in the wages or workers in Middletown. (…) And let me also point out, here’s where we really do agree. We both agree that there are cultural practices within families and so on and in communities that reinforce problems created by the structural barriers. (…) Practiced behaviors that perpetuate poverty and disadvantage. So, this we agree. Too often liberals ignore the role of these cultural forces in perpetuating or reinforcing conditions associated with poverty or concentrated (inaudible). (…) even in extreme property, my mother kept telling me, you’re going to college. And my Aunt Janice also reinforced — my Aunt Janice was the first person in my extended family who got a college education, and I used to go to New York to visit her during the summer months, and I said you know, I want to be like Aunt Janice, you know? (…) you really see this when you look at neighborhoods. Neighborhoods in which an overwhelming majority of the population are poor, but employed are entirely different from neighborhoods in which people are poor but jobless. Jobless neighborhoods trigger all kinds of problems. Crime, drug addiction, gang behavior, violence. And one of the things that I had focused on when I wrote my book, When Work Disappears is what happens to intercity neighborhoods that experience increasing levels of joblessness. And we did some research in Chicago and it was really you know, sad, talking to some of the mothers who were just fearful about allowing their children to go outside because the neighborhood was so incredibly dangerous. And I remember talking with one woman and she says — who was obese and she says you know, I went to the doctor he said that I should go out and exercise. Can you imagine jogging in this neighborhood? Because the joblessness had created problems among young people who were trying to make ends meet and they’re involved in crime and drugs and so on. So, I would say that if you want to focus on improving neighborhoods, the first thing that I would do would try to increase or enhance employment opportunities. (…) I don’t know if the conditions have changed that much, since I wrote The Truly Disadvantaged. The one big difference is that I think there’s increasing technology and automation that has created problems for a lot of low skilled workers. You know, I mentioned automation replacing jobs that cashiers held, and parking lot attendants held. So, you have a combination not only of the relocation of industries overseas, that I talked about in The Truly Disadvantaged; but now you have increasing automation and technology replacing jobs, and this worries me because I think that people who have poor education are going to be in difficult situations increasingly down the road. You look at intercity schools, not only schools in intercities, but in many other neighborhoods, and kids are not being properly educated. So, they’re not being prepared for the changes that are occurring in the economy. I remember one social scientist saying that it’s as if — talking about the black population. It’s as if racism and racial discrimination put black people in their place only to watch increasing technology and automation destroy that place. So, the one significant difference from the time I wrote The Truly Disadvantaged in 1987, is the growing problems created by increasing technology for the poor.(…) it seems that poor whites right now are more pessimistic than any group, and the question is why. I was sort of impressed with your analysis of the white working class in the age of Trump. You know, you pointed out that when Barack Obama became president there were a lot of people in your community who were really struggling and who believe that the modern American meritocracy did not seem to apply to them. These people were not doing well, and then you have this black president who’s a successful product of meritocracy who has raised the hope of African Americans and he represented every positive thing that these working-class folks that you write about did not possess or lacked. And Trump emerged as candidate who sort of spoke to these people. What is interesting is that if you look at the Pew Research polls, recent Pew Research polls, I think you pointed this out in your book, the working-class whites right now are more pessimistic than any other group about their economic future and their children’s future. Now is that pessimism justified? I think they’re overly pessimistic. I still maintain that to be black, poor and jobless is worse than being white, poor and jobless, okay? But, for some reason, the white poor is more pessimistic. Now I think with respect to the black poor and working class has kind of an Obama effect you know. I think that may wear off and then blacks will become even more equally as pessimistic as whites in a few years. (this reminds me of your points J.D., reminds me of a paper that Robert Sampson, a colleague at Harvard and I wrote in 1995 entitled Toward a Theory of Race, Crime and Urban Inequality. A paper that has become a classic actually in the field of criminology because it’s generated dozens of research studies. Our basic thesis we were addressing you know, race and violent crime, is that racial disparities and violent crime are attributable in large part to the persistent structural disadvantages that are disproportionately concentrated in African American urban communities. Nonetheless, we argue that the ultimate cause of crime were similar for both whites and blacks, and we pose a central question. In American cities, it is possible to reproduce in white communities the structural circumstances under which many blacks live. You know, the whites haven’t fully experienced the structural reality that blacks have experienced does not negate the power of our theory because we argue had whites been exposed to the same structural conditions as blacks then white communities would behave – – the crime rate would be in the predicted direction. And then we had an epiphany. What about the rural white communities that you talk about. Where you’re not only talking about joblessness, you’re not only talking about poverty, but you’re also talking about family structure. So, here in Appalachia, you could reproduce some of the conditions that exist in intercity neighborhoods and therefore it would be good to test our theory in these areas because we’d be looking at the family structure. The rates of single parent families. We’d be looking at joblessness, we’d be loo king at poverty. So, we need to move beyond the urban areas and see if we can look at communities that come close to approximating or even worse in some cases, and some intercity neighborhoods. (…) Mark Lilla and a number of other post-election analysts observed that as you point out that the Democrats should not make the same mistake that they made in the last election, namely an attempt to mobilize people of color, women, immigrants and the LGBT community with identity politics. They tended to ignore the problems of poor white Americans. I was watching the Democratic convention with my wife on a cruise to Alaska, and one concern I had was there did not seem to be any representatives on the stage representing poor white America. I could just see some of these poor whites saying they don’t care about us. They’ve got all these blacks, they’ve got immigrants, they’ve got (inaudible), but you don’t have any of us on the stage. Maybe I’m overstating the point, but I was concerned about that. Now one notable exception, critics like Mark Lilla point out was Bernie Sanders. Bernie Sanders had a progressive and unifying populous economic message in the Democratic primaries. A message that resonated with a significant segment of the white lower-class population. Lower class, working class populations. Bernie Sanders was not the Democratic nominee and Donald Trump was able to, as we all know, capture notable support from these populations with a divisive not unifying populous message. I agree with Mark Lilla that we don’t want to make the same mistake again. We’ve go to reach out to all groups. We’ve got to start to focus on coalition politics. We have to develop a sense of interdependence where groups come to recognize that they can’t accomplish goals without the support of other groups. We have to frame issues differently. We can’t go the same route. We can’t give up on the white working class. (…) Addressing the question of increase in economic segregation. People don’t realize that racial segregation is on the decline, while economic segregation is a segregation of families by income is on the increase. William Julius Wilson
I’m a bit of a fan boy of William Julius Wilson as I wrote Hillbilly Elegy, so it was real exciting to be able to get him to sign this book.  (…) Culture (…) is a really, really, difficult and amorphous concept to define, and one of the things that I was trying to do with “ Hillbilly Elegy ” is try to in some ways draw the discussion away from this structure versus personal responsibility narrative and convince us to look at culture as a third and I think very important variable. I often think that the way that conservatives, and I’m a conservative, talk about culture is in some ways an excuse to end the conversation instead of starting a much more important conversation. It’s look at their bad culture, look at their deficient culture, we can’t do anything to help them; instead of trying to understand culture as this much bigger social and institutional force that really is important that some cases can come from problems related to poverty and some cases can come from a host of different factors that are difficult to understand. So, here’s what I mean by that. One of the most important I think cultural problems that I talk about is the prevalence of family and stability and family trauma in some of the communities that I write about; and I take it as a given that that trauma and that instability is really bad, that it has really negative downstream effects on whether children are able to get an education, whether their able to enter the workforce, whether they’re  able to raise and maintain successful families themselves. I think it’s tempting to sort of look at the problems of family instability and families like mine and say there’s a structural problem if only people had access to better economic opportunities, they wouldn’t have this problem. I think that’s partially true, but also consequently partially false. I think there’s a tendency on the right to look at that and say these parents need to take better care of their families and of their children, and unless they do it, there’s nothing that we can do. And I think again, that is maybe partially true, but it’s also very significantly false. What I’m trying to point to in this concept of culture, is we know that when children grow up in very unstable families that it has important cognitive effects, we know that it has important psychological effects, and unless we understand the problem of family instability and trauma, not just as a structural problem, or problem with personal responsibility, but as a long-term problem, in some cases inherited from multiple generations back, then we’re not going to be able to appreciate what’s really going on in some of these families and why family instability and trauma is so durable and so difficult to actually solve. So, I tend to think of culture as in some ways, this way to sum all of the things that are neither structural nor individual. What is it that’s going on in people’s environments good and bad that make it difficult for them to climb out of poverty. What are the things that they inherit. It’s not just from their own families, but from multiple generations back. Behaviors, expectations, environmental attitudes that make it really hard for them to succeed and do well. That’s the concept of culture that I think is most important, and also frankly that I think is missing a little bit from our political conversation when we talk about these questions of poverty, we’re really comfortable talking about personal responsibility, we’re really comfortable talking about structural problems. We don’t often talk about culture in this way that I’m trying to talk about it, in “ Hillbilly Elegy. ” (…) the second point that I wanted to make (…) is this question of Agency and whether I overemphasize the role of Agency. I think that for me, this is a really tough line to tow because I’m sort of writing about these problems you know, having in my personal memory, I’m not that far removed from a lot of them. I know that myself, one of the biggest problems that I faced was that I really did start to give up on myself early in high school, and I think that’s a really significant problem. At the same time, I understand and recognize the problem that Bill mentions which is that we have this tendency to sort of overemphasize Personal Agency and to proverbially blame the victim for a lot of these problems. So, what I was trying to do with this discussion of Personal Agency in the book, and I may have failed, but this is the effort, this is what I’m really trying to accomplish. Is that the first instance, I do think that it’s important for kids like me in circumstances like mine, to pick up the book and to have at least some reinforcement of the Agency that they have. I do think that’s a significant problem from the prospective of kids who grew up in communities like mine. The second thing that I’m trying to do, is talk about Personal Agency, not jus t from the prospective of individual poor people, but from the entire community that surrounds them. So, one of the things that I talk about is as religious communities in these areas, do they have the, as I say in the book, toughness to build Churches that encourage more social engagement as opposed to more social disaffection. I think that’s a question of Personal Agency, not from the perspective of the impoverished kid, but from a religious leader and community leaders that exist in their neighborhood. So, I think that sense of Personal Agency is really important. One of the worries that I have, is that when we talk about the problems of impoverished kids and this is especially true amongst sort of my generation, so this is — I’m a tail end of t he millennials here, is that we tend to think about helping people, 10 million people at a time a very superficial level, and one of the calls to action that I make in the book with this — by pointing out to Personal Agency is the idea that it can be really impactful to make a difference in 10 lives at a very deep level at the community level. And I think that sometimes is missing from these conversations. And then, the final point that I’ll make is that there’s a difference between recognizing the importance of Personal Agency and I think ignoring the role of structural factors in some of these problems, right? So, the example that I used to highlight this in the book is this question of addiction. So, there’s some interesting research that suggests that people who believe inherently that their addiction is a disease, show slightly less proclivity to actually fight that addiction and overcome that addiction. So, that creates sort of a catch 22, because we know there are biological components to addiction. We know that there are these sorts of structural non-personal decision-making drivers of addiction, and yet, if you totally buy in to the non-individual choice explanation for addiction, you show less of a proclivity to fight it. So, I think that there is this really tough under current to some of our discussions on these issues, where as a society we want to simultaneously recognize the barriers that people face, but also encourage them not to play a terrible hand in a terrible way, and that’s what I’m trying to do with this discussion of Personal Agency. The final point that I’ll make on that, is that the person who towed that line better than anyone I’ve ever known was my Grandma, my Ma’ma who I think is in some ways the hero of the book. She always told me. Look J.D., like is unfair for us, but don’t be like those people who think the deck is hopelessly stacked against them. I think that’s a sentiment that you hear far too infrequently among America’s elites. This simultaneous recognition that life is unfair for a lot of poor Americans, but that we still have to emphasize the role of individual agency in spite of that unfairness and I think that’s again a difficult balancing act. I may not have struck that balancing act perfectly in the book, but that was the intention. (…) the first thing is definitely you know, going back to my grandma. I think if anybody had a reason for pessimism and cynicism about the future, it was her. It’s sort of difficult to imagine a woman who had lived a more difficult life and yet ma’ma had this constant optimism about the future, in the sense that we had to do better because that was just the way that America worked. I mean I think that she was this woman who had this deep and abiding faith in the American dream in a way that is obviously disappearing And in fact, as I wrote about in the book, was I started to see disappearing even you know, when I was a young kid in my early 20’s. So, I think that my grandma was a huge part of that. I also think that the Marine Corp was a really huge part of that, and this is sort of a transformational experience that I write about in the book. The military is this really remarkable institution. It brings people from diverse backgrounds together, gets them on the same team. Gets them marching proverbially and literally towards the same goal, and for a kid who had grown up in a community that was starting to lose faith in that American dream, I think that the military was a really useful way to, as I say in the book, teach a certain amount of willfulness as opposed to despair and hopelessness. So, I think that was a really critical piece of it. (…) On the other hand, one thing I really worried about and one thing that I increasingly worried about as I actually did research for the book, is this idea of faith and religion, not just as something that people believe in, but as an actual positive institutional and social role player in their lives. And one of the things you do see, that this is something that Charles Murray’s written about, is that you see the institutions of faith declining in some of these lower income communities faster than you do in middle and upper income communities. I don’t think you have to be a person of faith to think that that’s worrisome. I think you can just read a paper by Jonathan Gruber that talks about all of these really positive social impacts of being a regular participatory Church member. So, you know, I think I was lucky in that sense, but a lot of folks, and when I look at the community right now, it worries me a little bit that you don’t see these robust social institutions in the same way that you certainly did 30, 40 years ago, and even when I was growing up in Middletown. The last point that I’ll make about that, is that (…) these trends often take half a century or more to really reveal themselves and I do sometimes see signs of resilience in some of these communities that I sort of didn’t fully anticipate and didn’t expect when the book was published. So, one of the things I’ve started to realize for example is when we talk about the decline of institutional faith, even though I continue to worry about that, one of the institutions that’s actually picked up the slack are groups like Alcoholics Anonymous and Narcotics Anonymous. They almost have this faith effect. It brings people together. There’s even a sort of liturgical element to some of these meetings that I find really, really fascinating and interesting. So, people try to find and replace community when it’s lost but you know, clearly, they haven’t at least as of yet, replaced it even remotely to the degree that it has been lost which is why I think you see some of the issues that we do. (…) on this question of identity politics, I think that what worries me is that a lot — it’s not a recognition that there are disadvantaged non-white groups that need some help or there needs to be some closing of the gap you know. When I talk to folks back home, very conservative people, they’re actually pretty open-minded if you talk about the problems that exist in the black ghetto because of problems of concentrated poverty and the fact that the black ghetto was in some ways created by housing policy. It was the choice of black Americans. It was in some ways created by housing policy. I find actually a lot of openness when I talk to friends and family about that. What I find no openness about is when somebody who they don’t know, and who they think judges them, points at them and says you need to apologize for your white privilege. So, I think that in some ways making these questions of disadvantage zero sum, is really toxic, but I think that’s one way that the Democrats really lost the white working class in the 2016 election. The second piece that occurs to me, and this applies across the political spectrum, is that what we’re trying to do in the United States, it’s very easy to be cynical about American politics, but we’re rying to build a multi-racial, multi-ethnic, multi-religious nation, not just a conglomeration, an actual nation of people from all of these different tribes and unify them around a common creed. I think that’s really delicate. It’s basically never been done success fully over a long period in human history and I think it requires a certain amount of rhetorical finesse that we don’t see from many of our politicians on either side these days and that really, really worries me. (…) my general worry with the college education in the book at large is sort of two things. So, the first is that, I think we’ve constructed a society effectively in which a college education is now the only pathway to the middle class, and I think that’s a real failure on our part. It’s not something you see in every country, and I don’t think it necessarily has to be the case here. There are other ways to get post-secondary education and I absolutely think that we have to make that easier, and I really see this as sort of the defining policy challenge of the next 10 years is to create more of those pathways; because the second born on this is that college is a really, really culturally terrifying place for a lot of working class people. We can try to make it less culturally terrifying, we can try to make for the elites of our universities a little bit more welcoming to folks like me, and this is something that I wrote about in the book, really feeling like a true outsider at Yale for the first time, in an educational institution. I think that we also have to acknowledge that part of the reason that people feel like cultural outsiders is for reasons that aren’t necessarily going to be easy to fix, and if we don’t create more pathways for these folks, we shouldn’t be surprised that a lot of them aren’t going to take the one pathway that’s there, that effectively runs through a culturally alien institution.  (…) in certain areas, especially in Ohio, Kentucky, West Virginia and so forth. I think the biggest under reported problem for the baby boomers is the fact that they are taking care of children that they didn’t necessarily anticipate taking care of because of the opioid crisis. This is the biggest dr iver of elder poverty in the State of Ohio, is that you have entire families that have been transplanted from one generation to the next. They were planning for retirement based on one social security income, and now all of a sudden, they have two, three additional mouths to feed. I think my concern for the baby boom generation is especially those folks of course because it’s not just bad for them, it’s bad for these children who are all of a sudden thrown into poverty because of the opioid addition of that middle generation of the parents, of the kids and the sons and daughters of the grandkids. And then the very last question, culture, I think of as a way to understand the sum of the environmental impacts that you can’t necessarily define as structural rights, so the effects of family instability and trauma that exists in people, the effects of social capital and social networks in people’s lives, You know, all of these things I think add up to a broad set of variables that can either promote upward mobility or inhibit upward mobility; and again I think we very often talk about job opportunities and educational opportunities, we very often talk about individual responsibility and Personal Agency. We very rarely I think talk about those middle layers and those institutional factors that in a lot of ways are the real drivers of this problem. (…) on the inequality and concentration wealth, the top thing, I’ll say this one area where I actually think conservative senator Mike Leaf from Utah has had some really, really, interesting ideas. One of the tax reform proposals Senator Leaf has advocated for is actually setting the capital taxation rate at the same rate as the ordinary income rate. Because that’s what’s really driving this difference, right. It’s not ordinary income earners. It’s not salaried professionals. Those Richard Reeve says that’s a problem. It’s primarily actually that folks in the global economy, especially the ultra-elite, folks in the global economy have achieved some sort of economic lift off from the rest of the country and I think that in light of that, it doesn’t make a ton of sense that we continue to have the taxation policy that we do. Frankly, that’s one of the reasons why I am sort of so conflicted about President Trump because I think in some ways instinctively at least the President recognizes this, but we’ll see what actually happens with tax reform over the next few months. The question about job competition is absolutely correct. You can’t just have a better educated workforce but hold the number of workers constant. At the same time, I do think there’s a bit of a chicken and egg problem here right because you know, while the skills gap is overplayed and while it violates all of these rules of Econ 101, one of the things you hear pretty consistently from folks who would l ike to expand, would like to hire more, would like to produce more, is that there are real labor force constraints, especially in what might be called non-cognitive skills, right; and this is a thing that you hear a lot. In my home state if you really want to hire more, and you really want to produce more, and sell more, then the problem is the opioid epidemic has effectively thinned the pool of people who were even able to work. So, I do think that productivity is really important, but I also think that we tend to think of these things in too mathematical and sort of hyper-rational ways, but part of the reason productivity is held back, is because we have real problems in the labor market, and if you fix one, you could help another, and they may create a virtuous cycle. J.D. Vance
It is immoral because it perpetuates a lie: that the white working class that finds itself attracted to Trump has been victimized by outside forces. It hasn’t. The white middle class may like the idea of Trump as a giant pulsing humanoid middle finger held up in the face of the Cathedral, they may sing hymns to Trump the destroyer and whisper darkly about “globalists” and — odious, stupid term — “the Establishment,” but nobody did this to them. They failed themselves. If you spend time in hardscrabble, white upstate New York, or eastern Kentucky, or my own native West Texas, and you take an honest look at the welfare dependency, the drug and alcohol addiction, the family anarchy — which is to say, the whelping of human children with all the respect and wisdom of a stray dog — you will come to an awful realization. It wasn’t Beijing. It wasn’t even Washington, as bad as Washington can be. It wasn’t immigrants from Mexico, excessive and problematic as our current immigration levels are. It wasn’t any of that. Nothing happened to them. There wasn’t some awful disaster. There wasn’t a war or a famine or a plague or a foreign occupation. Even the economic changes of the past few decades do very little to explain the dysfunction and negligence — and the incomprehensible malice — of poor white America. So the gypsum business in Garbutt ain’t what it used to be. There is more to life in the 21st century than wallboard and cheap sentimentality about how the Man closed the factories down. The truth about these dysfunctional, downscale communities is that they deserve to die. Economically, they are negative assets. Morally, they are indefensible. Forget all your cheap theatrical Bruce Springsteen crap. Forget your sanctimony about struggling Rust Belt factory towns and your conspiracy theories about the wily Orientals stealing our jobs. Forget your goddamned gypsum, and, if he has a problem with that, forget Ed Burke, too. The white American underclass is in thrall to a vicious, selfish culture whose main products are misery and used heroin needles. Donald Trump’s speeches make them feel good. So does OxyContin. What they need isn’t analgesics, literal or political. They need real opportunity, which means that they need real change, which means that they need U-Haul. Williamson
This book is about (…) what goes on in the lives of real people when the industrial economy goes south. It’s about reacting to bad circumstances in the worst way possible. It’s about a culture that increasingly encourages social decay instead of counteracting it. The problems that I saw at the tile warehouse run far deeper than macroeconomic trends and policy. too many young men immune to hard work. Good jobs impossible to fill for any length of time. And a young man [one of Vance’s co-workers] with every reason to work — a wife-to-be to support and a baby on the way — carelessly tossing aside a good job with excellent health insurance. More troublingly, when it was all over, he thought something had been done to him. There is a lack of agency here — a feeling that you have little control over your life and a willingness to blame everyone but yourself. This is distinct from the larger economic landscape of modern America. (…) People talk about hard work all the time in places like Middletown [where Vance grew up]. You can walk through a town where 30 percent of the young men work fewer than twenty hours a week and find not a single person aware of his own laziness. (…) I learned little else about what masculinity required of me other than drinking beer and screaming at a woman when she screamed at you. In the end, the only lesson that took was that you can’t depend on people. “I learned that men will disappear at the drop of a hat,” Lindsay [his half-sister] once said. “They don’t care about their kids; they don’t provide; they just disappear, and it’s not that hard to make them go.” (…) Dad’s church offered something desperately needed by people like me. For alcoholics, it gave them a community of support and a sense that they weren’t fighting addiction alone. For expectant mothers, it offered a free home with job training and parenting classes. When someone needed a job, church friends could either provide one or make introductions. When Dad faced financial troubles, his church banded together and purchased a used car for the family. In the broken world I saw around me — and for the people struggling in that world — religion offered tangible assistance to keep the faithful on track. (…) Why didn’t our neighbor leave that abusive man? Why did she spend her money on drugs? Why couldn’t she see that her behavior was destroying her daughter? Why were all of these things happening not just to our neighbor but to my mom? It would be years before I learned that no single book, or expert, or field could fully explain the problems of hillbillies in modern America. Our elegy is a sociological one, yes, but it is also about psychology and community and culture and faith. During my junior year of high school, our neighbor Pattie called her landlord to report a leaky roof. The landlord arrived and found Pattie topless, stoned, and unconscious on her living room couch. Upstairs the bathtub was overflowing — hence, the leaking roof. Pattie had apparently drawn herself a bath, taken a few prescription painkillers, and passed out. The top floor of her home and many of her family’s possessions were ruined. This is the reality of our community. It’s about a naked druggie destroying what little of value exists in her life. It’s about children who lose their toys and clothes to a mother’s addiction. This was my world: a world of truly irrational behavior. We spend our way into the poorhouse. We buy giant TVs and iPads. Our children wear nice clothes thanks to high-interest credit cards and payday loans. We purchase homes we don’t need, refinance them for more spending money, and declare bankruptcy, often leaving them full of garbage in our wake. Thrift is inimical to our being. We spend to pretend that we’re upper class. And when the dust clears — when bankruptcy hits or a family member bails us out of our stupidity — there’s nothing left over. Nothing for the kids’ college tuition, no investment to grow our wealth, no rainy-day fund if someone loses her job. We know we shouldn’t spend like this. Sometimes we beat ourselves up over it, but we do it anyway. (…) Our homes are a chaotic mess. We scream and yell at each other like we’re spectators at a football game. At least one member of the family uses drugs — sometimes the father, sometimes both. At especially stressful times, we’ll hit and punch each other, all in front of the rest of the family, including young children; much of the time, the neighbors hear what’s happening. A bad day is when the neighbors call the police to stop the drama. Our kids go to foster care but never stay for long. We apologize to our kids. The kids believe we’re really sorry, and we are. But then we act just as mean a few days later. (…) I once ran into an old acquaintance at a Middletown bar who told me that he had recently quit his job because he was sick of waking up early I later saw him complaining on Facebook about the “Obama economy” and how it had affected his life. I don’t doubt that the Obama economy has affected many, but this man is assuredly not among them. His status in life is directly attributable to the choices he’s made, and his life will improve only through better decisions. But for him to make better choices, he needs to live in an environment that forces him to ask tough questions about himself. There is a cultural movement in the white working class to blame problems on society or the government, and that movement gains adherents by the day. (…) The wealthy and the powerful aren’t just wealthy and powerful; they follow a different set of norms and mores. … It was at this meal, on the first of five grueling days of [law school job] interviews, that I began to understand that I was seeing the inner workings of a system that lay hidden to most of my kind. … That week of interviews showed me that successful people are playing an entirely different game. (…) I believe we hillbillies are the toughest goddamned people on this earth. … But are we tough enough to do what needs to be done to help a kid like Brian? Are we tough enough to build a church that forces kids like me to engage with the world rather than withdraw from it? Are we tough enough to look ourselves in the mirror and admit that our conduct harms our children? Public policy can help, but there is no government that can fix these problems for us. These problems were not created by governments or corporations or anyone else. We created them, and only we can fix them. (…) I believe we hillbillies are the toughest god—-ed people on this earth. But are we tough enough to look ourselves in the mirror and admit that our conduct harms our children? Public policy can help, but there is no government that can fix these problems for us. . . . I don’t know what the answer is precisely, but I know it starts when we stop blaming Obama or Bush or faceless companies and ask ourselves what we can do to make things better.” J.D. Vance
This is the heart of Hillbilly Elegy: how hillbilly white culture fails its children, and how the greatest disadvantages it imparts to its youth are the life of violence and chaos in which they are raised, and the closely related problem of a lack of moral agency. Young Vance was on a road to ruin until certain people — including the US Marine Corps — showed him that his choices mattered, and that he had a lot more control over his fate than he thought. Vance talks about how, in his youth, there was a lot of hardscrabble poverty among his people, but nothing like today, dominated by the devastation of drug addiction. Everything we are accustomed to hearing about black inner city social dysfunction is fully present among these white hillbillies, as Vance documents in great detail. He writes that “hillbillies learn from an early age to deal with uncomfortable truths by avoiding them, or by pretending better truths exist. This tendency might make for psychological resilience, but it also makes it hard for Appalachians to look at themselves honestly.” (…) Vance talks about the hillbilly habit of stigmatizing people who leave the hollers as “too big for your britches” — meaning that you got above yourself. It doesn’t matter that they may have left to find work, and that they’re living a fairly poor life not too far away, in Ohio. The point is, they left, and that is a hard sin to forgive. What, we weren’t good enough for you?  This is the white-people version of “acting white,” if you follow me: the same stigma and shame that poor black people deploy against other poor black people who want to better themselves with education and so on. (…) Vance plainly loves his people, and because he loves them, he tells hard truths about them. He talks about how cultural fatalism destroys initiative. When hillbillies run up against adversity, they tend to assume that they can’t do anything about it. To the hillbilly mind, people who “make it” are either born to wealth, or were born with uncanny talent, winning the genetic lottery. The connection between self-discipline and hard work, and success, is invisible to them. (…) Vance was born into a world of chaos. It takes concentration to follow the trail of family connections. Women give birth out of wedlock, having children by different men. Marriages rarely last, and informal partnerings are more common. Vance has half-siblings by his mom’s different husbands (she has had five to date). In his generation, Vance says, grandparents are often having to raise their grandchildren, because those grandparents, however impoverished and messy their own lives may be, offer a more stable alternative than the incredible instability of the kids’ parents (or more likely, parent). (…) This is what happens in inner-city black culture, as has been exhaustively documented. But these are rural and small-town white people. This dysfunction is not color-based, but cultural. I could not do justice here to describe the violence, emotional and physical, that characterizes everyday life in Vance’s childhood culture, and the instability in people’s outer lives and inner lives. To read in such detail what life is like as a child formed by communities like that is to gain a sense of why it is so difficult to escape from the malign gravity of that way of life. You can’t imagine that life could be any different. Religion among the hillbillies is not much help. Vance says that hillbillies love to talk about Jesus, but they don’t go to church, and Christianity doesn’t seem to have much effect at all on their behavior. Vance’s biological father is an exception. He belonged to a strict fundamentalist church, one that helped him beat his alcoholism and gave him the severe structure he needed to keep his life from going off track. (…) Vance says the best thing about life in his dad’s house was how boring it was. It was predictable. It was a respite from the constant chaos. On the other hand, the religion most hillbillies espouse is a rusticated form of Moralistic Therapeutic Deism. God seems to exist only as a guarantor of ultimate order, and ultimate justice; Jesus is there to assuage one’s pain. Except for those who commit to churchgoing — and believe it or not, this is one of the least churched parts of the US — Christianity is a ghost. (…) One of the most important contributions Vance makes to our understanding of American poverty is how little public policy can affect the cultural habits that keep people poor. He talks about education policy, saying that the elite discussion of how to help schools focuses entirely on reforming institutions. “As a teacher at my old high school told me recently, ‘They want us to be shepherds to these kids. But no one wants to talk about the fact that many of them are raised by wolves.” (…) Vance says his people lie to themselves about the reality of their condition, and their own personal responsibility for their degradation. He says that not all working-class white hillbillies are like this. There are those who work hard, stay faithful, and are self-reliant — people like Mamaw and Papaw. Their kids stand a good chance of making it; in fact, Vance says friends of his who grew up like this are doing pretty well for themselves. Unfortunately, most of the people in Vance’s neighborhood were like his mom: “consumerist, isolated, angry, distrustful.” (…) As I said earlier, the two things that saved Vance were going to live full time with his Mamaw (therefore getting out of the insanity of his mom’s home), and later, going into the US Marine Corps. I’ve already written at too much length about Vance’s story, so I won’t belabor this much longer. Suffice it to say that as imperfect as she was, Mamaw gave young Vance the stability he needed to start succeeding in school. And she wouldn’t let him slack off on his studies. She taught him the value of hard work, and of moral agency. The Marine Corps remade J.D. Vance. It pulverized his inner hillbilly fatalism, and gave him a sense that he had control over his life, and that his choices mattered.  (…) Anyway, Vance talks about how the contemporary hillbilly mindset renders them unfit for participation in life outside their own ghetto. They don’t trust anybody, and are willing to believe outlandish conspiracy theories, particularly if those theories absolve them from responsibility. Hence the enormous popularity of Donald Trump among the white working class. Here’s a guy who will believe and say anything, and who blames Mexicans, Chinese, and Muslims for America’s problems. The elites hate him, so he’s made the right enemies, as far as the white working class is concerned. And his “Make America Great Again” slogan speaks to the deep patriotism that Vance says is virtually a religion among hillbillies. (…) The sense of inner order and discipline Vance learned in the Marine Corps allowed his natural intelligence to blossom. The poor hillbilly kid with the druggie mom ends up at Yale Law School. He says he felt like an outsider there, but it was a serious education in more than the law (…) What he’s talking about is social capital, and how critically important it is to success. Poor white kids don’t have it (neither do poor black or Hispanic kids). You’re never going to teach a kid from the trailer park or the housing project the secrets of the upper middle class, but you can give them what kids like me had: a basic understanding of work, discipline, confidence, good manners, and an eagerness to learn. A big part of the problem for his people, says Vance, is the shocking degree of family instability among the American poor. “Chaos begets chaos. Instability begets instability. Welcome to family life for the American hillbilly.” (…) The worst problems of his culture, the things that held kids like him back, are not things a government program can fix. For example, as a child, his culture taught him that doing well in school made you a “sissy.” Vance says the home is the source of the worst of these problems. There simply is not a policy fix for families and family systems that have collapsed. (…) Voting for Trump is not going to fix these problems. For the black community, protesting against police brutality on the streets is not going to fix their most pressing problems. It’s not that the problems Trump points to aren’t real, and it’s not that police brutality, especially towards minorities, isn’t a problem. It’s that these serve as distractions from the core realities that keep poor white and black people down. A missionary to inner-city Dallas once told me that the greatest obstacle the black and Latino kids he helped out had was their rock-solid conviction that nothing could change for them, and that people who succeeded got that way because they were born white, or rich, or just got lucky. Until these things are honestly and effectively addressed by families, communities, and their institutions, nothing will change. (…) If white lives matter — and they do, because all lives matter — then sentimentality and more government programs aren’t going to rescue these poor people. Vance puts it more delicately than Williamson, but getting a U-Haul and getting away from other poor people — or at least finding some way to get their kids out of there, to a place where people aren’t so fatalistic, lazy, and paranoid — is their best hope. And that is surely true no matter what your race. Rod Dreher
I believe, and so does J.D., that government really does have a meaningful role to play in ameliorating the problems of the poor. But there will never be a government program capable of compensating for the loss of stable family structures, the loss of community, the loss of a sense of moral agency, and the loss of a sense of meaning in the lives of the poor. The solution, insofar as there is a “solution,” is not an either-or (that is, either culture or government), but a both-and. (…) The loss of industrial jobs plays a big role in the catastrophe. J.D. Vance acknowledges that plainly in his book. But it’s not the whole story. The wounds are partly self-inflicted. The working class, he argues, has lost its sense of agency and taste for hard work. In one illuminating anecdote, he writes about his summer job at the local tile factory, lugging 60-pound pallets around. It paid $13 an hour with good benefits and opportunities for advancement. A full-time employee could earn a salary well above the poverty line. That should have made the gig an easy sell. Yet the factory’s owner had trouble filling jobs. During Vance’s summer stint, three people left, including a man he calls Bob, a 19-year-old with a pregnant girlfriend. Bob was chronically late to work, when he showed up at all. He frequently took 45-minute bathroom breaks. Still, when he got fired, he raged against the managers who did it, refusing to acknowledge the impact of his own bad choices. “He thought something had been done to him,” Vance writes. “There is a lack of agency here — a feeling that you have little control over your life and a willingness to blame everyone but yourself.” (…)  JDV openly credits his Mamaw and the Marine Corps with making him the man he is today. He does not claim he got there entirely on his own, by bootstrapping it. The American conservative
A harrowing portrait of the plight of the white working class J. D. Vance’s new book Hillbilly Elegy: A Memoir of a Family and a Culture in Crisis couldn’t have been better timed. For the past year, as Donald Trump has defied political gravity to seize the Republican nomination and transform American politics, those who are repelled by Trump have been accused of insensitivity to the concerns of the white working class. For Trump skeptics, this charge seems to come from left field, and I use that term advisedly. By declaring that a particular class and race has been “ignored” or “neglected,” the Right (or better “right”) has taken a momentous step in the Left’s direction. With the ease of a thrown switch, people once considered conservative have embraced the kind of interest-group politics they only yesterday rejected as a matter of principle. It was the Democrats who urged specific payoffs, er, policies to aid this or that constituency. Conservatives wanted government to withdraw from the redistribution and favor-conferring business to the greatest possible degree. If this was imperfectly achieved, it was still the goal — because it was just. Using government to benefit some groups comes at the expense of all. While not inevitably corrupt, the whole transactional nature of the business does easily tend toward corruption. Conservatives and Republicans understood, or seemed to, that in many cases, when government confers a benefit on one party, say sugar producers, in the form of a tariff on imported sugar, there’s a problem of concentrated benefits (sugar producers get a windfall) and dispersed costs (everyone pays more for sugar, but only a bit more, so they never complain). In the realm of race, sex, and class, the pandering to groups goes beyond bad economics and government waste — and even beyond the injustice of fleecing those who work to support those who choose not to — and into the dangerous territory of pitting Americans against one another. Democrats have mastered the art of sowing discord to reap votes. Powered by Now they have company in the Trumpites. Like Democrats who encourage their target constituencies to nurse grievances against “greedy” corporations, banks, Republicans, and government for their problems, Trump now encourages his voters to blame Mexicans, the Chinese, a “rigged system,” or stupid leaders for theirs. The problems of the white working class should concern every public-spirited American not because they’ve been forgotten or taken for granted — even those terms strike a false note for me — but because they are fellow Americans. How would one adjust public policy to benefit the white working class and not blacks, Hispanics, and others? How would that work? And who would shamelessly support policies based on tribal or regional loyalties and not the general welfare? As someone who has written — perhaps to the point of dull repetition — about the necessity for Republicans to focus less on entrepreneurs (as important as they are) and more on wage earners; as someone who has stressed the need for family-focused tax reform; as someone who has advocated education innovations that would reach beyond the traditional college customers and make education and training easier to obtain for struggling Americans; as someone who trumpeted the Reformicon proposals developed by a group of conservative intellectuals affiliated with the American Enterprise Institute and the Ethics and Public Policy Center; and finally, as someone who has shouted herself hoarse about the key role that family disintegration plays in many of our most pressing national problems, I cannot quite believe that I stand accused of indifference to the white working class. I said that Hillbilly Elegy could not have been better timed, and yes, that’s in part because it paints a picture of Americans who are certainly a key Trump constituency. Though the name Donald Trump is never mentioned, there is no doubt in the reader’s mind that the people who populate this book would be enthusiastic Trumpites. But the book is far deeper than an explanation of the Trump phenomenon (which it doesn’t, by the way, claim to be). It’s a harrowing portrait of much that has gone wrong in America over the past two generations. It’s Charles Murray’s “Fishtown” told in the first person. The community into which Vance was born — working-class whites from Kentucky (though transplanted to Ohio) — is more given over to drug abuse, welfare dependency, indifference to work, and utter hopelessness than statistics can fully convey. Vance’s mother was an addict who discarded husbands and boyfriends like Dixie cups, dragging her two children through endless screaming matches, bone-chilling threats, thrown plates and worse violence, and dizzying disorder. Every lapse was followed by abject apologies — and then the pattern repeated. His father gave him up for adoption (though that story is complicated), and social services would have removed him from his family entirely if he had not lied to a judge to avoid being parted from his grandmother, who provided the only stable presence in his life. Vance writes of his family and friends: “Nearly every person you will read about is deeply flawed. Some have tried to murder other people, and a few were successful. Some have abused their children, physically or emotionally.” His grandmother, the most vivid character in his tale (and, despite everything, a heroine) is as foul-mouthed as Tony Soprano and nearly as dangerous. She was the sort of woman who threatened to shoot strangers who placed a foot on her porch and meant it. Vance was battered and bruised by this rough start, but a combination of intellectual gifts — after a stint in the Marines he sailed through Ohio State in two years and then graduated from Yale Law — and the steady love of his grandparents helped him to leapfrog into America’s elite. This book is a memoir but also contains the sharp and unsentimental insights of a born sociologist. As André Malraux said to Whittaker Chambers under very different circumstances in 1952: “You have not come back from Hell with empty hands.” The troubles Vance depicts among the white working class, or at least that portion he calls “hillbillies,” are quite familiar to those who’ve followed the pathologies of the black poor, or Native Americans living on reservations. Disorganized family lives, multiple romantic partners, domestic violence and abuse, loose attachment to work, and drug and alcohol abuse. Children suffer from “Mountain Dew” mouth — severe tooth decay and loss because parents give their children, sometimes even infants with bottles, sugary sodas and fail to teach proper dental hygiene. “People talk about hard work all the time in places like Middletown [Ohio],” Vance writes. “You can walk through a town where 30 percent of the young men work fewer than 20 hours a week and find not a single person aware of his own laziness.” He worked in a floor-tile warehouse and witnessed the sort of shirking that is commonplace. One guy, I’ll call him Bob, joined the tile warehouse just a few months before I did. Bob was 19 with a pregnant girlfriend. The manager kindly offered the girlfriend a clerical position answering phones. Both of them were terrible workers. The girlfriend missed about every third day of work and never gave advance notice. Though warned to change her habits repeatedly, the girlfriend lasted no more than a few months. Bob missed work about once a week, and he was chronically late. On top of that, he often took three or four daily bathroom breaks, each over half an hour. . . . Eventually, Bob . . . was fired. When it happened, he lashed out at his manager: ‘How could you do this to me? Don’t you know I’ve a pregnant girlfriend?’ And he was not alone. . . . A young man with every reason to work . . . carelessly tossing aside a good job with excellent health insurance. More troublingly, when it was all over, he thought something had been done to him. The addiction, domestic violence, poverty, and ill health that plague these communities might be salved to some degree by active and vibrant churches. But as Vance notes, the attachment to church, like the attachment to work, is severely frayed. People say they are Christians. They even tell pollsters they attend church weekly. But “in the middle of the Bible belt, active church attendance is actually quite low.” After years of alcoholism, Vance’s biological father did join a serious church, and while Vance was skeptical about the church’s theology, he notes that membership did transform his father from a wastrel into a responsible father and husband to his new family. Teenaged Vance did a stint as a check-out clerk at a supermarket and kept his social-scientist eye peeled: I also learned how people gamed the welfare system. They’d buy two dozen packs of soda with food stamps and then sell them at a discount for cash. They’d ring up their orders separately, buying food with the food stamps, and beer, wine, and cigarettes with cash. They’d regularly go through the checkout line speaking on their cell phones. I could never understand why our lives felt like a struggle while those living off of government largesse enjoyed trinkets that I only dreamed about. . . . Perhaps if the schools were better, they would offer children from struggling families the leg up they so desperately need? Vance is unconvinced. The schools he attended were adequate, if not good, he recalls. But there were many times in his early life when his home was so chaotic — when he was kept awake all night by terrifying fights between his mother and her latest live-in boyfriend, for example — that he could not concentrate in school at all. For a while, he and his older sister lived by themselves while his mother underwent a stint in rehab. They concealed this embarrassing situation as best they could. But they were children. Alone. A teacher at his Ohio high school summed up the expectations imposed on teachers this way: “They want us to be shepherds to these kids. But no one wants to talk about the fact that many of them are raised by wolves.” Hillbilly Elegy is an honest look at the dysfunction that afflicts too many working-class Americans. But despite the foregoing, it isn’t an indictment. Vance loves his family and admires some of its strengths. Among these are fierce patriotism, loyalty, and toughness. But even regarding patriotism (his grandmother’s “two gods” were Jesus Christ and the United States of America), this former Marine strikes a melancholy note. His family and community have lost their heroes. We loved the military but had no George S. Patton figure in the modern army. . . . The space program, long a source of pride, had gone the way of the dodo, and with it the celebrity astronauts. Nothing united us with the core fabric of American society. Conspiracy theories abound in Appalachia. People do not believe anything the press reports: “We can’t trust the evening news. We can’t trust our politicians. Our universities, the gateway to a better life, are rigged against us. We can’t get jobs.” Conspiracy theories abound in Appalachia. Sound familiar? The white working class has followed the black underclass and Native Americans not just into family disintegration, addiction, and other pathologies, but also perhaps into the most important self-sabotage of all, the crippling delusion that they cannot improve their lot by their own effort. This is where the rise of Trump becomes both understandable and deeply destructive. He ratifies every conspiracy theory in circulation and adds news ones. He encourages the tribal grievances of the white working class and promises that salvation will come — not through their own agency and sensible government reforms — but only through his head-knocking leadership. He calls this greatness, but it’s the exact reverse. A great people does not turn to a strongman. The American character has been corrupted by multiple generations of government dependency and the loss of bourgeois virtues like self-control, delayed gratification, family stability, thrift, and industriousness. Vance has risen out of chaos to the heights of stability, success, and happiness. He is fundamentally optimistic about the chances for the nation to do the same. Whether his optimism is justified or not is unknowable, but his brilliant book is a signal flashing danger. Mona Charen
To further quell their culpability and show that the American Dream still functions as advertised, conservatives are fond of trotting out success stories — people who prove that pulling one’s self up by one’s bootstraps is still a possibility and, by extension, that those who don’t succeed must own their shortcomings. Lately, the right has found nobody more useful, both during the presidential election and after, than their modern-day Horatio Alger spokesperson, J. D. Vance, whose bestselling book “Hillbilly Elegy” chronicled his journey from Appalachia to the hallowed halls of the Ivy League, while championing the hard work necessary to overcome the pitfalls of poverty. Traditionally this would’ve been a Fox News kind of book — the network featured an excerpt on their site that focused on Vance’s introduction to “elite culture” during his time at Yale — but Vance’s glorified self-help tome was also forwarded by networks and pundits desperate to understand the Donald Trump phenomenon, and the author was essentially transformed into Privileged America’s Sherpa into the ravages of Post-Recession U.S.A. Trumpeted as a glimpse into an America elites have neglected for years, I first read “Hillbilly Elegy” with hope. I’d been told this might be the book that finally shed light on problems that’d been killing my family for generations. I’d watched my grandparents and parents, all of them factory workers, suffer backbreaking labor and then be virtually forgotten by the political establishment until the GOP needed their vote and stoked their social and racial anxieties to turn them into political pawns. In the beginning, I felt a kinship to Vance. His dysfunctional childhood looked a lot like my own. There was substance abuse. Knockdown, drag-out fights. A feeling that people just couldn’t get ahead no matter what they did. And then the narrative took a turn. Due to references he downplays, not to mention his middle-class grandmother’s shielding and encouragement, Vance was able to lift himself out of the despair of impoverishment and escaped to Yale and eventually Silicon Valley, where he was able to look back on his upbringing with a new perspective. (…) The thesis at the heart of “Hillbilly Elegy” is that anybody who isn’t able to escape the working class is essentially at fault. Sure, there’s a culture of fatalism and “learned helplessness,” but the onus falls on the individual. (…) Oh, the working class and their aversion to difficulty. If only they, like Vance, could take the challenge head on and rise above their circumstances. If only they, like Vance, weren’t so worried about material things like iPhones or the “giant TVs and iPads” the author says his people buy for themselves instead of saving for the future. This generalization is not the only problematic oversimplification in Vance’s book — he totally discounts the role racism played in the white working class’s opposition to President Obama and says, instead, it was because Obama dressed well, was a good father, and because Michelle Obama advocated eating healthy food — but it would be hard to understate what role Vance has played in reinvigorating the conservative bootstraps narrative for a new generation and, thus, emboldening Republican ideology. To Vance’s credit, he has been critical of Donald Trump, calling the working class’s support of the billionaire a result of a “false sense of purpose,” but Vance’s portrait of poor Americans is alarmingly in lockstep with the philosophy of Republicans who are shamefully using Trump’s presidency to forward their own agenda of economic warfare. (…) The message is loud and clear: Help is on the way, but only to those who “deserve” it. And how does one deserve it? By working hard. And the only metric to show that one has worked sufficiently hard enough is to look at their income, at how successful they are, because, in Vance’s and the Republican’s America, the only one to blame if you’re not wealthy is yourself. Never mind how legislation like this healthcare bill, cuts in education funding, continued decreases in after-school and school lunch programs, not to mention a lack of access to mental health care or career counseling, disadvantages the poor. Jared Yates Sexton (Assistant Professor of Creative Writing)
Hillbilly Elégie, qui vient de paraître aux éditions Globe traduit de l’anglais (américain) (…) est l’un des best-sellers de l’année aux Etats-Unis et son adaptation cinématographique est déjà en cours de tournage sous la direction de Ron Howard. Rien que ça ! Ensuite, c’est un livre hors du commun, qui a été salué avec un bel ensemble par la presse intellectuelle américaine, tant du côté conservateur que du côté libéral. On a beaucoup écrit qu’il constituait, en effet, l’une des clefs de cet événement tellement improbable : l’élection à la présidence des Etats-Unis « du Donald ». Ce n’est pourtant pas un essai politique. Il a été écrit avant que « le Donald » ne soit désigné comme candidat par les primaires républicaines. Et cependant, oui, il donne les clefs d’un facteur décisif ayant entraîné la victoire de Trump : le basculement de son côté de ces petits blancs, électeurs des Etats ravagés par le démantèlement des vieilles industries : Michigan, Pennsylvanie, Wisconsin, Ohio, ce qui reste de la Rust Belt, la ceinture de rouille. Rappelons que Trump a bénéficié massivement du « vote blanc ». Il est majoritaire dans cet électorat, même chez les femmes, alors qu’il affrontait, lui, le macho sans vergogne, la première candidate à la présidence de l’histoire des Etats-Unis. Mais ce qui est révélateur, c’est que Trump a obtenu ses meilleurs scores, chez les blancs qui n’ont pas fait d’études universitaires : 72 %, pour les hommes et 62 % chez les femmes. (…) Hillbilly Elégie est impressionnant parce que c’est un livre d’une rare honnêteté intellectuelle, alors qu’il est écrit depuis l’autre côté de la rive : son auteur, J.D. Vance s’est extrait de son milieu d’origine. Il a cessé d’être un hillbilly – autrement dit un crétin des collines, un plouc, un péquenaud – le vrai sens du mot hillbilly. Par un heureux concours de circonstances (son dressage chez les Marines) et grâce à une volonté de fer et une puissance de travail très américaines, il a intégré l’une des universités les plus prestigieuses du pays, Yale, et il est diplômé dans l’un des départements les plus prestigieux de cette université, son Ecole de droit. Né dans la classe ouvrière, il donc a rejoint les rangs de la grande bourgeoisie en devenant un avocat d’affaires renommé. (…) C’est un livre âpre, lucide, sans complaisance, écrit par un homme qui est, certes, passé de l’autre côté de la barrière des classes, mais qui garde une grande tendresse pour sa « communauté » d’origine. Et il se conclut par une série de recommandations sur la meilleure manière de remédier à la misère, tant matérielle que morale, où les siens se sont enfoncés. A travers son témoignage personnel, il nous livre une véritable enquête sur cette réalité sociale peu connue : le déclin de l’ancienne classe ouvrière blanche américaine. Son livre est d’un grand intérêt pour quiconque s’intéresse aux Etats-Unis ; mais il comporte aussi des leçons pour tous les pays anciennement industrialisés qui ont vu, comme le nôtre, fermer les usines et se désertifier certains territoires. Et d’abord son nom, Vance : il le porte par hasard. C’est celui de son géniteur, un chrétien évangéliste du Sud, alcoolique repenti, avec qui il n’a jamais eu le moindre contact avant son adolescence. Sa mère, en effet, est allée, durant toute sa vie d’homme en homme et de drogue en drogue. Comme beaucoup d’enfants de ce milieu, il a été traumatisé par la succession de ses « beaux-pères » de six mois ou d’un an. En quête d’un modèle masculin auquel s’identifier, il est passé de l’un à l’autre. Et l’instabilité à la fois géographique et affective de sa jeunesse en a fait un être angoissé. Première leçon de Hillbilly Elégie : être né dans une famille stable dont les membres adultes ne se hurlent pas après tous les soirs en se jetant à la figure tout ce qui leur tombe sous la main est un atout formidable pour réussir dans la vie…. La vraie famille de J.D., c’étaient ses grands-parents, d’authentiques hillbillies, eux, venus de leur Kentucky natal dans les années 1950 pour travailler dans l’Ohio voisin, où il y avait des mines et des aciéries. Mais Papaw et Mamaw (c’est comme ça qu’on dit Papy et Mamie chez les hillbillies) n’ont jamais oublié leur Kentucky natal, cette région des Appalaches connue pour la beauté de ses paysages… et l’arriération de ses habitants. Délivrance, le film de John Boorman, se passe, on s’en souvient, dans une région des Appalaches et donne de ses habitants une image assez peu flatteuse. Papaw et Mamaw, qui ne voyageaient jamais sans une arme à feu dans leur voiture, ont emporté dans leur Ohio d’adoption leur culture « hillbilly » des collines du Kentucky. Une culture que partageaient beaucoup de familles ouvrières originaires des Appalaches et qui imprègnent encore aujourd’hui les mentalités de leurs descendants. Papaw, ouvrier dans la grande aciérie locale et mécanicien apprécié, était un partisan du Parti démocrate, « le parti qui – je cite – défendait les travailleurs ». On était démocrate parce qu’on était ouvrier. Et c’est précisément cela qui a changé. Brice Couturier
En juin 2016, en pleine campagne présidentielle américaine, paraissait Hillbilly Elegy, un récit autobiographique signé d’un illustre inconnu. Il y racontait son enfance dans la « Rust Belt », cette large région industrielle du nord-est des Etats-Unis, touchée de plein fouet par les crises successives. Quelques semaines plus tard, un long entretien publié sur le site The American Conservative propulsait J.D. Vance au rang de phénomène : l’auteur y défendait la candidature de Trump, qui avait, selon lui, « le mérite d’essayer » de s’adresser aux Blancs les plus pauvres, d’en appeler à leur « fierté » et de vilipender cette « élite » honnie, incarnée par Barack Obama et par Hillary Clinton. Le discours frontal et brutal de la droite, la condescendance embarrassée de la gauche… Dans ce récit à la première personne, publié cette semaine en France (éditions Globe), l’écrivain pointait du doigt ce qui amènerait Donald Trump au pouvoir. (…) Hillbilly Elegy est une plongée dans ses racines, son enfance, son ascension sociale. Vance est né et a grandi entre le Kentucky et l’Ohio, dans cette région des Appalaches dont on entend régulièrement parler tantôt comme le siège de la pire épidémie d’addiction aux opiacés qu’ait connue le pays ces dernières années, tantôt comme cette zone dévastée par le chômage lié à la fermeture des mines de charbon. Vance, lui, s’en est tiré : après un passage dans les Marines, il a quitté son patelin pour partir étudier, d’abord à l’université d’Etat de l’Ohio, puis à la très réputée Yale, dans le Connecticut. A force de volonté, et avec le soutien d’une grand-mère exceptionnelle qui a pallié jusqu’à sa mort les manquements de ses parents (un père « qu’[il] connaissai [t] à peine » et une mère qu’il aurait « préféré ne pas connaître », écrit-il), Vance a réussi ce que peu parviennent à accomplir : il a changé de classe sociale. Il est, écrit-il, un « émigré culturel », qui affirme cependant être resté, au fond de lui, un « hillbilly », un Américain « qui [se] reconnaî [t] dans les millions de Blancs d’origine irlando-écossaise de la classe ouvrière américaine qui n’ont pas de diplôme universitaire ». Se réappropriant au passage ce terme popularisé pendant la grande dépression pour qualifier les migrants économiques venus de la campagne, et devenu depuis franchement péjoratif. Hillbilly Elegy se lit comme un document sur la pauvreté blanche en Amérique. Vance y décrit de l’intérieur une communauté qui vit d’aides alimentaires tout en se plaignant d’un Etat incompétent, passe « plus de temps à parler de travail qu’à travailler réellement », apprend à ses enfants « la valeur de la loyauté, de l’honneur, ainsi qu’à être dur au mal », mais persiste à confondre, chez ses petits, « intelligence et savoir », faisant passer pour idiots des gamins éduqués de manière inefficace. Parce qu’il parle des siens, le jeune homme dresse un constat très rude, dénonce la « fainéantise » de ses anciens semblables tout en appelant le monde politique à « juger moins et [à] comprendre plus ». En mars dernier, dans un éditorial du New York Times intitulé « Pourquoi je rentre chez moi », Vance annonçait sa décision de quitter la Californie pour retourner dans les Appalaches, où il a créé une association de lutte contre la conduite addictive aux opiacés et a participé, au cours des derniers mois, à de nombreux meetings du Parti républicain.M le magazine du Monde

Attention: une relégation sociale peut en cacher une autre ! (It’s the culture, stupid !)

« Amers, accros des armes et de la religion » (Obama), « pitoyables « Hillary Clinton), « sans-dents » (Hollande), « fainéants » (Macron) …

Quatre mois après l’élection volée que l’on sait …

Qui a vu suite à l’assassinat médiatico-politique du candidat de l’alternance …

Et au fourvoiement et auto-sabordement – jusqu’à en oublier son texte – de la candidate des victimes de l’immigration sauvage et de l’insécurité culturelle …

L’élection par défaut d’un candidat qui au-delà de sa réelle volonté de réformer une France jusqu’ici irréformable …

Ne prend même plus la peine, à l’instar de ses prédécesseurs américains ou français, de cacher son mépris pour les « gens qui ne sont rien » et autres « illettrés » ou « fainéants »  …

Et en ces temps où après la passion que l’on sait pour les immigrés et en gommant du coup toute la dimension délictuelle, nos belles âmes n’ont que le mot « migrant » à la bouche …

Comment ne pas voir …

Alors que sort la traduction française du livre de « l’auteur américain qui avait vu venir Trump » (Hillbilly elegy, J.D. Vance) …

Et après la revanche de ces véritables « immigrés de l’intérieur » …

Qui aux Etats-Unis ont largement contribué à la victoire de Trump

Celle qui pourrait bien venir

De tous ceux qui au-delà des cas extrêmes de familles déstructurées, de fatalisme social et d’addictions aux opiacés de la Rust belt américaine dont parle Vance …

Mais à l’instar des vraies victimes de la mondialisation de la « France périphérique » évoqués par le géographe Christophe Guilly …

Ne se résignent pas, face au rouleau compresseur de la prétendue « modernité » et du « progrès », à la disparition programmée de leur culture nationale ?

J.D. Vance, l’auteur américain qui avait vu venir Trump

Publié pendant la campagne présidentielle, « Hillbilly Elegy » est devenu un best-seller. J.D. Vance, 33 ans, y raconte cette Amérique blanche et pauvre dont il est issu. Et qui a porté Trump au pouvoir.

M le magazine du Monde

Clémentine Goldszal

04.09.2017

En juin 2016, en pleine campagne présidentielle américaine, paraissait Hillbilly Elegy, un récit autobiographique signé d’un illustre inconnu. Il y racontait son enfance dans la « Rust Belt », cette large région industrielle du nord-est des Etats-Unis, touchée de plein fouet par les crises successives. Quelques semaines plus tard, un long entretien publié sur le site The American Conservative propulsait J.D. Vance au rang de phénomène : l’auteur y défendait la candidature de Trump, qui avait, selon lui, « le mérite d’essayer » de s’adresser aux Blancs les plus pauvres, d’en appeler à leur « fierté » et de vilipender cette « élite » honnie, incarnée par Barack Obama et par Hillary Clinton.

Le discours frontal et brutal de la droite, la condescendance embarrassée de la gauche… Dans ce récit à la première personne, publié cette semaine en France (éditions Globe), l’écrivain pointait du doigt ce qui amènerait Donald Trump au pouvoir. En août 2016, Hillbilly Elegy entrait dans la liste des meilleures ventes du New York Times (il y figure encore aujourd’hui). Cinq mois plus tard, au lendemain de l’élection, les ventes faisaient un nouveau bond. Sous le choc, les progressistes américains cherchaient à comprendreceux qui avaient porté Trump au pouvoir : traditionnellement démocrates, les Etats de la Rust Belt avaient cette fois-ci largement soutenu le candidat républicain.

L’histoire d’une ascension sociale

J.D. Vance a 33 ans, le visage rond, la raie sur le côté, les yeux bleus. Il s’exprime bien, et son livre est remarquablement écrit. Pas de la grande littérature, mais un ton sans détour, qui lui permet d’exprimer avec une grande clarté sa pensée complexe. Il est marié – à une jeune femme rencontrée durant ses études de droit à Yale – et, à la sortie de son livre, vivait encore à San Francisco, où il gagnait très bien sa vie dans la finance.

Hillbilly Elegy est une plongée dans ses racines, son enfance, son ascension sociale. Vance est né et a grandi entre le Kentucky et l’Ohio, dans cette région des Appalaches dont on entend régulièrement parler tantôt comme le siège de la pire épidémie d’addiction aux opiacés qu’ait connue le pays ces dernières années, tantôt comme cette zone dévastée par le chômage lié à la fermeture des mines de charbon.

J.D. Vance parle de « la classe ouvrière américaine oubliée »

Vance, lui, s’en est tiré : après un passage dans les Marines, il a quitté son patelin pour partir étudier, d’abord à l’université d’Etat de l’Ohio, puis à la très réputée Yale, dans le Connecticut. A force de volonté, et avec le soutien d’une grand-mère exceptionnelle qui a pallié jusqu’à sa mort les manquements de ses parents (un père « qu’[il] connaissai [t] à peine » et une mère qu’il aurait « préféré ne pas connaître », écrit-il), Vance a réussi ce que peu parviennent à accomplir : il a changé de classe sociale.

Il est, écrit-il, un « émigré culturel », qui affirme cependant être resté, au fond de lui, un « hillbilly », un Américain « qui [se] reconnaî [t] dans les millions de Blancs d’origine irlando-écossaise de la classe ouvrière américaine qui n’ont pas de diplôme universitaire ». Se réappropriant au passage ce terme popularisé pendant la grande dépression pour qualifier les migrants économiques venus de la campagne, et devenu depuis franchement péjoratif.

Hillbilly Elegy se lit comme un document sur la pauvreté blanche en Amérique. Vance y décrit de l’intérieur une communauté qui vit d’aides alimentaires tout en se plaignant d’un Etat incompétent, passe « plus de temps à parler de travail qu’à travailler réellement », apprend à ses enfants « la valeur de la loyauté, de l’honneur, ainsi qu’à être dur au mal », mais persiste à confondre, chez ses petits, « intelligence et savoir », faisant passer pour idiots des gamins éduqués de manière inefficace. Parce qu’il parle des siens, le jeune homme dresse un constat très rude, dénonce la « fainéantise » de ses anciens semblables tout en appelant le monde politique à « juger moins et [à] comprendre plus ».

Une parole conservatrice audible

En mars dernier, dans un éditorial du New York Times intitulé « Pourquoi je rentre chez moi », Vance annonçait sa décision de quitter la Californie pour retourner dans les Appalaches, où il a créé une association de lutte contre la conduite addictive aux opiacés et a participé, au cours des derniers mois, à de nombreux meetings du Parti républicain.

Depuis le printemps, les ténors du parti ont d’ailleurs multiplié les appels du pied pour le convaincre de se présenter aux élections sénatoriales, qui se tiendront en novembre. Son nom est devenu familier des lecteurs de la presse quotidienne, son visage apparaît souvent à la télévision (il est devenu éditorialiste pour CNN, en janvier, et signe régulièrement dans les colonnes du New York Times). Plus d’un million d’exemplaires de son livre ont déjà été écoulés, et les droits ont été vendus à plus d’une dizaine de pays.

Les médias semblent avoir trouvé en J.D. Vance une parole conservatrice audible, reçue comme l’émanation articulée de la rage confusément exprimée par les Blancs les plus pauvres d’Amérique. En mai dernier, Bill Gates recommandait même sur son blog la lecture d’Hillbilly Elegy, affirmant y avoir trouvé « des informations nouvelles sur les facteurs culturels et familiaux qui contribuent à la pauvreté ».

 Voir aussi:

La grande colère des petits Blancs américains

Brice Coutourier
France Culture
15/09/2017

Voir de même:

Why I’m Moving Home

COLUMBUS, Ohio — In recent months, I’ve frequently found myself in places hit hard by manufacturing job losses, speaking to people affected in various ways. Sometimes, the conversation turns to the conflict people feel between the love of their home and the desire to leave in search of better work.

It’s a conflict I know well: I left my home state, Ohio, for the Marine Corps when I was 19. And while I’ve returned home for months or even years at a time, job opportunities often pull me away.

Experts have warned for years now that our rates of geographic mobility have fallen to troubling lows. Given that some areas have unemployment rates around 2 percent and others many times that, this lack of movement may mean joblessness for those who could otherwise work.

But from the community’s perspective, mobility can be a problem. The economist Matthew Kahn has shown that in Appalachia, for instance, the highly skilled are much likelier to leave not just their hometowns but also the region as a whole. This is the classic “brain drain” problem: Those who are able to leave very often do.

The brain drain also encourages a uniquely modern form of cultural detachment. Eventually, the young people who’ve moved out marry — typically to partners with similar economic prospects. They raise children in increasingly segregated neighborhoods, giving rise to something the conservative scholar Charles Murray calls “super ZIPs.” These super ZIPs are veritable bastions of opportunity and optimism, places where divorce and joblessness are rare.

As one of my college professors recently told me about higher education, “The sociological role we play is to suck talent out of small towns and redistribute it to big cities.” There have always been regional and class inequalities in our society, but the data tells us that we’re living through a unique period of segregation.

This has consequences beyond the purely material. Jesse Sussell and James A. Thomson of the RAND Corporation argue that this geographic sorting has heightened the polarization that now animates politics. This polarization reflects itself not just in our voting patterns, but also in our political culture: Not long before the election, a friend forwarded me a conspiracy theory about Bill and Hillary Clinton’s involvement in a pedophilia ring and asked me whether it was true.

It’s easy to dismiss these questions as the ramblings of “fake news” consumers. But the more difficult truth is that people naturally trust the people they know — their friend sharing a story on Facebook — more than strangers who work for faraway institutions. And when we’re surrounded by polarized, ideologically homogeneous crowds, whether online or off, it becomes easier to believe bizarre things about them. This problem runs in both directions: I’ve heard ugly words uttered about “flyover country” and some of its inhabitants from well-educated, generally well-meaning people.

I’ve long worried whether I’ve become a part of this problem. For two years, I’d lived in Silicon Valley, surrounded by other highly educated transplants with seemingly perfect lives. It’s jarring to live in a world where every person feels his life will only get better when you came from a world where many rightfully believe that things have become worse. And I’ve suspected that this optimism blinds many in Silicon Valley to the real struggles in other parts of the country. So I decided to move home, to Ohio.

It wasn’t an easy choice. I scaled back my commitments to a job I love because of the relocation. My wife and I worry about the quality of local public schools, and whether she (a San Diego native) could stand the unpredictable weather.

But there were practical reasons to move: I’m founding an organization to combat Ohio’s opioid epidemic. We chose Columbus because I travel a lot, and I need to be centrally located in the state and close to an airport. And the truth is that not every motivation is rational: Part of me loves Ohio simply because it’s home.

I recently asked a friend, Ami Vitori Kimener, how she thought about her own return home. A Georgetown graduate, Ami left a successful career in Washington to start new businesses in Middletown, Ohio. Middletown is in some ways a classic Midwestern city: Once thriving, it was hit hard by the decline of the region’s manufacturing base in recent decades. But the town is showing early signs of revitalization, thanks in part to the efforts of those like Ami.

Talking with Ami, I realized that we often frame civic responsibility in terms of government taxes and transfer payments, so that our society’s least fortunate families are able to provide basic necessities. But this focus can miss something important: that what many communities need most is not just financial support, but talent and energy and committed citizens to build viable businesses and other civic institutions.

Of course, not every town can or should be saved. Many people should leave struggling places in search of economic opportunity, and many of them won’t be able to return. Some people will move back to their hometowns; others, like me, will move back to their home state. The calculation will undoubtedly differ for each person, as it should. But those of us who are lucky enough to choose where we live would do well to ask ourselves, as part of that calculation, whether the choices we make for ourselves are necessarily the best for our home communities — and for the country.

 Voir encore:

Hillbilly America: Do White Lives Matter?

Yesterday I read J.D. Vance’s new book Hillbilly Elegy: A Memoir of a Family and a Culture In Crisis. Well, “read” is not quite the word. I devoured the thing in a single gulp. If you want to understand America in 2016, Hillbilly Elegy is a must-read. I will be thinking about this book for a long, long time. Here are my impressions.

The book is an autobiographical account by a lawyer (Yale Law School graduate) and sometime conservative writer who grew up in a poor and chaotic Appalachian household. He’s a hillbilly, in other words, and is not ashamed of the term. Vance reflects on his childhood, and how he escaped the miserable fate (broken families, drugs, etc) of so many white working class and poor people around whom he grew up. And he draws conclusions from it, conclusions that may be hard for some people to take. But Vance has earned the right to make those judgments. This was his life. He speaks with authority that has been extremely hard won.

Forgive the rambling nature of this post. I’m still trying to process this extraordinary book.

Vance’s people come from Kentucky and southern Ohio, a deeply depressed region filled with hard-bitten but proud Scots-Irish folks. He begins by talking about how, as a young man, he got a job working in a warehouse, doing hard work for extra money. He writes about how even though the work was physically demanding, the pay wasn’t bad, and it came with benefits. Yet the warehouse struggled to keep people employed. Vance says his book is about macroeconomic trends — outsourcing jobs overseas — but not only that:

But this book is about something else: what goes on in the lives of real people when the industrial economy goes south. It’s about reacting to bad circumstances in the worst way possible. It’s about a culture that increasingly encourages social decay instead of counteracting it. The problems that I saw at the tile warehouse run far deeper than macroeconomic trends and policy. too many young men immune to hard work. Good jobs impossible to fill for any length of time. And a young man [one of Vance’s co-workers] with every reason to work — a wife-to-be to support and a baby on the way — carelessly tossing aside a good job with excellent health insurance. More troublingly, when it was all over, he thought something had been done to him. There is a lack of agency here — a feeling that you have little control over your life and a willingness to blame everyone but yourself. This is distinct from the larger economic landscape of modern America.

This is the heart of Hillbilly Elegy: how hillbilly white culture fails its children, and how the greatest disadvantages it imparts to its youth are the life of violence and chaos in which they are raised, and the closely related problem of a lack of moral agency. Young Vance was on a road to ruin until certain people — including the US Marine Corps — showed him that his choices mattered, and that he had a lot more control over his fate than he thought.

Vance talks about how, in his youth, there was a lot of hardscrabble poverty among his people, but nothing like today, dominated by the devastation of drug addiction. Everything we are accustomed to hearing about black inner city social dysfunction is fully present among these white hillbillies, as Vance documents in great detail. He writes that “hillbillies learn from an early age to deal with uncomfortable truths by avoiding them, or by pretending better truths exist. This tendency might make for psychological resilience, but it also makes it hard for Appalachians to look at themselves honestly.”

This was one of many points at which Vance’s experience converged somewhat with mine. My people are not hillbillies per se, but I come from working-class Southern country white people. Many of the cultural traits Vance describes are present in a more diluted way in my own family. That fierce pride, a pride that would rather see everything go to hell than admit error. This, I think, has something to do with why Southern Protestant Christianity has traditionally been more Stoic than Christian. Real Christianity has as its heart humility. That’s not a characteristic Scots-Irish people hold dear.

Vance talks about the hillbilly habit of stigmatizing people who leave the hollers as “too big for your britches” — meaning that you got above yourself. It doesn’t matter that they may have left to find work, and that they’re living a fairly poor life not too far away, in Ohio. The point is, they left, and that is a hard sin to forgive. What, we weren’t good enough for you?

This is the white-people version of “acting white,” if you follow me: the same stigma and shame that poor black people deploy against other poor black people who want to better themselves with education and so on.

The most important figure in Vance’s life is his Mamaw (pron. “MAM-maw”), Bonnie Vance, a kind of hillbilly Catherine the Great. She was a phenomenally tough woman. She knew how to use a gun, she had a staggeringly foul mouth, she smoked menthols and stood ready to fight at the drop of a hat. And she saved Vance’s life.

Vance plainly loves his people, and because he loves them, he tells hard truths about them. He talks about how cultural fatalism destroys initiative. When hillbillies run up against adversity, they tend to assume that they can’t do anything about it. To the hillbilly mind, people who “make it” are either born to wealth, or were born with uncanny talent, winning the genetic lottery. The connection between self-discipline and hard work, and success, is invisible to them. Vance:

People talk about hard work all the time in places like Middletown [where Vance grew up]. You can walk through a town where 30 percent of the young men work fewer than twenty hours a week and find not a single person aware of his own laziness.

Vance was born into a world of chaos. It takes concentration to follow the trail of family connections. Women give birth out of wedlock, having children by different men. Marriages rarely last, and informal partnerings are more common. Vance has half-siblings by his mom’s different husbands (she has had five to date). In his generation, Vance says, grandparents are often having to raise their grandchildren, because those grandparents, however impoverished and messy their own lives may be, offer a more stable alternative than the incredible instability of the kids’ parents (or more likely, parent).

Vance scarcely knew his biological father until he was a bit older, and lived with his mom and her rotating cast of boyfriends and husbands. Here’s Vance on models of manhood:

I learned little else about what masculinity required of me other than drinking beer and screaming at a woman when she screamed at you. In the end, the only lesson that took was that you can’t depend on people. “I learned that men will disappear at the drop of a hat,” Lindsay [his half-sister] once said. “They don’t care about their kids; they don’t provide; they just disappear, and it’s not that hard to make them go.”

This is what happens in inner-city black culture, as has been exhaustively documented. But these are rural and small-town white people. This dysfunction is not color-based, but cultural.

I could not do justice here to describe the violence, emotional and physical, that characterizes everyday life in Vance’s childhood culture, and the instability in people’s outer lives and inner lives. To read in such detail what life is like as a child formed by communities like that is to gain a sense of why it is so difficult to escape from the malign gravity of that way of life. You can’t imagine that life could be any different.

Religion among the hillbillies is not much help. Vance says that hillbillies love to talk about Jesus, but they don’t go to church, and Christianity doesn’t seem to have much effect at all on their behavior. Vance’s biological father is an exception. He belonged to a strict fundamentalist church, one that helped him beat his alcoholism and gave him the severe structure he needed to keep his life from going off track. Vance:

Dad’s church offered something desperately needed by people like me. For alcoholics, it gave them a community of support and a sense that they weren’t fighting addiction alone. For expectant mothers, it offered a free home with job training and parenting classes. When someone needed a job, church friends could either provide one or make introductions. When Dad faced financial troubles, his church banded together and purchased a used car for the family. In the broken world I saw around me — and for the people struggling in that world — religion offered tangible assistance to keep the faithful on track.

Vance says the best thing about life in his dad’s house was how boring it was. It was predictable. It was a respite from the constant chaos.

On the other hand, the religion most hillbillies espouse is a rusticated form of Moralistic Therapeutic Deism. God seems to exist only as a guarantor of ultimate order, and ultimate justice; Jesus is there to assuage one’s pain. Except for those who commit to churchgoing — and believe it or not, this is one of the least churched parts of the US — Christianity is a ghost.

About Vance’s father’s fundamentalism, I got more details about what this blog’s reader Turmarion, who lives in Appalachia, keeps telling me about that region’s fundamentalism. Even though I live in the rural Deep South, this form of Christianity is alien to me. When he went to live with his dad for a time as an adolescent (if I have my chronology correct), Vance was exposed for the first time to church. He appreciated very much the structure, but noticed that the spirituality on offer was fear-based and paranoid. “[T]he deeper I immersed myself in evangelical theology, the more I felt compelled to mistrust many sectors of society. Evolution and the Big Bang became ideologies to confront, not theories to understand … In my new church … I heard more about the gay lobby and the war on Christmas than about any particular character trait that a Christian should aspire to have.”

This was yet another reminder of why so many Evangelicals react strongly against the Benedict Option. As I often say, I have no experience of this extreme siege mentality in Christianity. In fact, my experience is entirely the opposite. I believe that some Christians coming out of fundamentalism may react so strongly against their miserable, unhappy background that they don’t appreciate the extent to which there really are people and forces out to “get” them. When you have lived almost all your Christian life among highly assimilated Christians who generally don’t pay attention to these things, their complacency can drive you crazy. But Vance helps me to understand how someone who grew up in its opposite would find even the slightest hint of siege Christianity to be anathema.

One of the most important contributions Vance makes to our understanding of American poverty is how little public policy can affect the cultural habits that keep people poor. He talks about education policy, saying that the elite discussion of how to help schools focuses entirely on reforming institutions. “As a teacher at my old high school told me recently, ‘They want us to be shepherds to these kids. But no one wants to talk about the fact that many of them are raised by wolves.”

He continues:

Why didn’t our neighbor leave that abusive man? Why did she spend her money on drugs? Why couldn’t she see that her behavior was destroying her daughter? Why were all of these things happening not just to our neighbor but to my mom? It would be years before I learned that no single book, or expert, or field could fully explain the problems of hillbillies in modern America. Our elegy is a sociological one, yes, but it is also about psychology and community and culture and faith. During my junior year of high school, our neighbor Pattie called her landlord to report a leaky roof. The landlord arrived and found Pattie topless, stoned, and unconscious on her living room couch. Upstairs the bathtub was overflowing — hence, the leaking roof. Pattie had apparently drawn herself a bath, taken a few prescription painkillers, and passed out. The top floor of her home and many of her family’s possessions were ruined. This is the reality of our community. It’s about a naked druggie destroying what little of value exists in her life. It’s about children who lose their toys and clothes to a mother’s addiction.

This was my world: a world of truly irrational behavior. We spend our way into the poorhouse. We buy giant TVs and iPads. Our children wear nice clothes thanks to high-interest credit cards and payday loans. We purchase homes we don’t need, refinance them for more spending money, and declare bankruptcy, often leaving them full of garbage in our wake. Thrift is inimical to our being. We spend to pretend that we’re upper class. And when the dust clears — when bankruptcy hits or a family member bails us out of our stupidity — there’s nothing left over. Nothing for the kids’ college tuition, no investment to grow our wealth, no rainy-day fund if someone loses her job. We know we shouldn’t spend like this. Sometimes we beat ourselves up over it, but we do it anyway.

More:

Our homes are a chaotic mess. We scream and yell at each other like we’re spectators at a football game. At least one member of the family uses drugs — sometimes the father, sometimes both. At especially stressful times, we’ll hit and punch each other, all in front of the rest of the family, including young children; much of the time, the neighbors hear what’s happening. A bad day is when the neighbors call the police to stop the drama. Our kids go to foster care but never stay for long. We apologize to our kids. The kids believe we’re really sorry, and we are. But then we act just as mean a few days later.

And on and on. Vance says his people lie to themselves about the reality of their condition, and their own personal responsibility for their degradation. He says that not all working-class white hillbillies are like this. There are those who work hard, stay faithful, and are self-reliant — people like Mamaw and Papaw. Their kids stand a good chance of making it; in fact, Vance says friends of his who grew up like this are doing pretty well for themselves. Unfortunately, most of the people in Vance’s neighborhood were like his mom: “consumerist, isolated, angry, distrustful.”

As I said earlier, the two things that saved Vance were going to live full time with his Mamaw (therefore getting out of the insanity of his mom’s home), and later, going into the US Marine Corps. I’ve already written at too much length about Vance’s story, so I won’t belabor this much longer. Suffice it to say that as imperfect as she was, Mamaw gave young Vance the stability he needed to start succeeding in school. And she wouldn’t let him slack off on his studies. She taught him the value of hard work, and of moral agency.

The Marine Corps remade J.D. Vance. It pulverized his inner hillbilly fatalism, and gave him a sense that he had control over his life, and that his choices mattered. This was news to him. Reading this was a revelation to me. I was raised by parents who grew up poor, but who taught my sister and me from the very start that we were responsible for ourselves. Hard work, self-respect, and self-discipline were at the core of my dad’s ethic, for sure. There was no more despicable person in my dad’s way of seeing the world than the sumbitch who won’t work. I doubt that I’ve ever known a man more willing to do hard physical labor than my father was. Knowing what he came from, and knowing how any progress he made came from the sweat of his brow and self-discipline on spending, he had no tolerance for people who were lazy and blamed everybody else for their problems. This is true whether they were poor, middle class, or rich (but especially if they were rich).

Anyway, Vance talks about how the contemporary hillbilly mindset renders them unfit for participation in life outside their own ghetto. They don’t trust anybody, and are willing to believe outlandish conspiracy theories, particularly if those theories absolve them from responsibility.

I once ran into an old acquaintance at a Middletown bar who told me that he had recently quit his job because he was sick of waking up early I later saw him complaining on Facebook about the “Obama economy” and how it had affected his life. I don’t doubt that the Obama economy has affected many, but this man is assuredly not among them. His status in life is directly attributable to the choices he’s made, and his life will improve only through better decisions. But for him to make better choices, he needs to live in an environment that forces him to ask tough questions about himself. There is a cultural movement in the white working class to blame problems on society or the government, and that movement gains adherents by the day.

Hence the enormous popularity of Donald Trump among the white working class. Here’s a guy who will believe and say anything, and who blames Mexicans, Chinese, and Muslims for America’s problems. The elites hate him, so he’s made the right enemies, as far as the white working class is concerned. And his “Make America Great Again” slogan speaks to the deep patriotism that Vance says is virtually a religion among hillbillies.

Trump doesn’t come up in Vance’s narrative, but in truth, he’s all over it. Vance is telling his personal story, not analyzing US politics and culture broadly. It’s also true, however, that the GOP elites set themselves up for their current disaster, by listening to theories that absolved themselves of any responsibility for problems in this country from immigration and free trade (Trump is not all wrong about this).

The sense of inner order and discipline Vance learned in the Marine Corps allowed his natural intelligence to blossom. The poor hillbilly kid with the druggie mom ends up at Yale Law School. He says he felt like an outsider there, but it was a serious education in more than the law:

The wealthy and the powerful aren’t just wealthy and powerful; they follow a different set of norms and mores. … It was at this meal, on the first of five grueling days of [law school job] interviews, that I began to understand that I was seeing the inner workings of a system that lay hidden to most of my kind. … That week of interviews showed me that successful people are playing an entirely different game.

What he’s talking about is social capital, and how critically important it is to success. Poor white kids don’t have it (neither do poor black or Hispanic kids). You’re never going to teach a kid from the trailer park or the housing project the secrets of the upper middle class, but you can give them what kids like me had: a basic understanding of work, discipline, confidence, good manners, and an eagerness to learn. A big part of the problem for his people, says Vance, is the shocking degree of family instability among the American poor. “Chaos begets chaos. Instability begets instability. Welcome to family life for the American hillbilly.”

Vance is admirably humble about how the only reason he got out was because key people along the way helped him climb out of the hole his culture dug for him. When Vance talks about how to fix these problems, he strikes a strong skeptical note. The worst problems of his culture, the things that held kids like him back, are not things a government program can fix. For example, as a child, his culture taught him that doing well in school made you a “sissy.” Vance says the home is the source of the worst of these problems. There simply is not a policy fix for families and family systems that have collapsed.

I believe we hillbillies are the toughest goddamned people on this earth. … But are we tough enough to do what needs to be done to help a kid like Brian? Are we tough enough to build a church that forces kids like me to engage with the world rather than withdraw from it? Are we tough enough to look ourselves in the mirror and admit that our conduct harms our children? Public policy can help, but there is no government that can fix these problems for us. These problems were not created by governments or corporations or anyone else. We created them, and only we can fix them.

Voting for Trump is not going to fix these problems. For the black community, protesting against police brutality on the streets is not going to fix their most pressing problems. It’s not that the problems Trump points to aren’t real, and it’s not that police brutality, especially towards minorities, isn’t a problem. It’s that these serve as distractions from the core realities that keep poor white and black people down. A missionary to inner-city Dallas once told me that the greatest obstacle the black and Latino kids he helped out had was their rock-solid conviction that nothing could change for them, and that people who succeeded got that way because they were born white, or rich, or just got lucky.

Until these things are honestly and effectively addressed by families, communities, and their institutions, nothing will change.

Is there a black J.D. Vance? I wonder. I mean, I know there are African-Americans who have done what he has done. But are there any who will write about it? Clarence Thomas did, in his autobiography. Who else? Anybody know?

Vance’s book sends me back to Kevin D. Williamson’s stunning National Review piece on “The White Ghetto” — Appalachia, he means. This is the world J.D. Vance came out of, though he saw more good in it that Williams does in his journalistic tour. It also brings to mind Williamson’s highly controversial piece earlier this year (behind subscription paywall; David French excerpts the hottest part here) in which he said:

It is immoral because it perpetuates a lie: that the white working class that finds itself attracted to Trump has been victimized by outside forces. It hasn’t. The white middle class may like the idea of Trump as a giant pulsing humanoid middle finger held up in the face of the Cathedral, they may sing hymns to Trump the destroyer and whisper darkly about “globalists” and — odious, stupid term — “the Establishment,” but nobody did this to them. They failed themselves.

If you spend time in hardscrabble, white upstate New York, or eastern Kentucky, or my own native West Texas, and you take an honest look at the welfare dependency, the drug and alcohol addiction, the family anarchy — which is to say, the whelping of human children with all the respect and wisdom of a stray dog — you will come to an awful realization. It wasn’t Beijing. It wasn’t even Washington, as bad as Washington can be. It wasn’t immigrants from Mexico, excessive and problematic as our current immigration levels are. It wasn’t any of that. Nothing happened to them. There wasn’t some awful disaster. There wasn’t a war or a famine or a plague or a foreign occupation. Even the economic changes of the past few decades do very little to explain the dysfunction and negligence — and the incomprehensible malice — of poor white America. So the gypsum business in Garbutt ain’t what it used to be. There is more to life in the 21st century than wallboard and cheap sentimentality about how the Man closed the factories down. The truth about these dysfunctional, downscale communities is that they deserve to die.

Economically, they are negative assets. Morally, they are indefensible. Forget all your cheap theatrical Bruce Springsteen crap. Forget your sanctimony about struggling Rust Belt factory towns and your conspiracy theories about the wily Orientals stealing our jobs. Forget your goddamned gypsum, and, if he has a problem with that, forget Ed Burke, too. The white American underclass is in thrall to a vicious, selfish culture whose main products are misery and used heroin needles. Donald Trump’s speeches make them feel good. So does OxyContin. What they need isn’t analgesics, literal or political. They need real opportunity, which means that they need real change, which means that they need U-Haul.

I criticized Williamson at the time for his harshness. I still wouldn’t have put it the way he did, but reading Vance gives me reason to reconsider my earlier judgment. Vance writes from a much more loving and appreciative place than Williamson did (though I believe Williamson came from a similar rough background), but he affirms many of the same truths. If white lives matter — and they do, because all lives matter — then sentimentality and more government programs aren’t going to rescue these poor people. Vance puts it more delicately than Williamson, but getting a U-Haul and getting away from other poor people — or at least finding some way to get their kids out of there, to a place where people aren’t so fatalistic, lazy, and paranoid — is their best hope. And that is surely true no matter what your race.

The book is called Hillbilly Elegy, and I can’t recommend it to you strongly enough. It offers no easy answers. But it does tell the truth. I thank reader Surly Temple for giving it to me.

UPDATE: Hello Browser readers. Glad to see traffic from one of my favorite websites. If you found this piece interesting, I strongly encourage you to take a look at the subsequent interview I did with J.D. Vance about the book. I posted it last Friday, and it has gone viral. This past weekend was a record-setting one for TAC; Vance’s interview was so popular it crashed our server. Take a look at the piece and you’ll understand why. This extraordinary young writer is tapping into something very, very deep in American life right now. I’ve been getting plenty of e-mails from liberals saying how much they appreciated the piece, because Vance tells difficult truths that both liberals and conservatives need to hear.

Voir aussi:

Why Liberals Love ‘Hillbilly Elegy’

My friend Matt Sitman tweets:

Yes, but the more interesting question, at least to me, is why so many liberals like it — or at least why they are writing to me in droves saying how the interview J.D. Vance did with me deeply resonated with them, and inspired them to buy the book. (By the way, that interview was published two weeks ago today, and it’s still drawing so much web traffic to this site that our servers are struggling to handle it.) I’ll give you a sample below of the kind of correspondence I’m getting (with a couple of tweaks to protect privacy). There’s lots of it just like these below:

Mr. Dreher, this article was fantastic.

I grew up in rural Alabama, proudly declared myself “politically somewhere to the right of Attila the Hun”, and enlisted when I was 17. I had a difficult time getting out at 23 years old, several states away from my family, with a grownup’s bills to pay but an MOS that didn’t match the career I was suited for or needed as a civilian. I spent the next several years desperately poor but “self-sufficient” – as far as I knew, anyway.

In reality, of course, I had zero understanding of how taxes work. I saw about a 28% bite taken out of my paycheck, and didn’t understand that FICA/SS didn’t ultimately go to anybody but me, myself, and I, and that I wasn’t actually paying any income tax. I also had heard of but didn’t really understand or care about things like “every federal tax dollar that leaves SC has three federal tax dollars pass by it coming in.”

Truth be told, I wasn’t just unaware, I actively disbelieved that I wasn’t “self sufficient” at all, and I naively thought that I was paying for the “welfare” that the tiny, tiny portion of the population “poorer than me” was getting. I was also completely unaware that I was “desperately poor” at all. I was making $6/hr and I thought I was middle class! I knew people who made $10/hr, and I thought they were on the low end of upper class!
Eventually I made a real career for myself, started my own business, and spent less time scratching and kicking and fighting just to stay alive. The more time and resources I had, the more I learned about how the world, and politics, worked, and the more progressive I became. I am not, today, someone who would normally read articles from a site called “American Conservative”.

But I read yours, and I’m glad I did. What you and J.D. Vance had to say in that article are exactly what I want to hear from the conservative wing of American politics. Speaking candidly, I’m unlikely to be a “conservative” again – I’m a progressive, and likely to stay that way. But what you and Vance said was thoughtful, and reasonable, and – like I try to very publicly be myself, having “been there and done that” – understanding of the realities of the working poor. It’s the real and sensible ballast that even the best of real and sensible balloons (if you’ll permit the analogy between conservative and progressive, and we can both agree to handwave away the fact that the current DNC is neither as real or as sensible as it should be) needs.

That’s probably way too much to slog through, but seriously: thank you.

Another one:

I thoroughly enjoyed this article! The conversation is not one that I have witnessed anyone else having. It is so easy to dismiss people as racist without ever considering from where their views and positions are derived. I am certainly going to read Hillbilly Elegy and look forward to reading more of your articles, By the way I am black, liberal, I most often vote Democrat and I don’t like Trump (for Reasons too high in number to state). I enjoy intelligent conversation and debate and have learned to carefully listen to and understand those who I may disagree with, so I might be educated fully on the issue not just entrenched in my beliefs.

Thank you for a refreshing read in a sea partisan sludge.

Another one, this from a reader who mistakenly believed that J.D. Vance’s experiences were mine. Still, his letter is fascinating:

I wandered in on this article today… and couldn’t stop reading. I’m Californian, a progressive and a Sanders supporter, a former Nader supporter, a former UAW organizer, currently a medical
devices engineer in [state], and have a Ph.D. in engineering. I grew up in a town 5 miles north of the Mexican border in south San Diego, and grew up among Mexican immigrants, many of whom were undocumented… they were my neighbors, my friends, my elders. I myself am an immigrant, came here as a kid with my parents, who were liberals who wanted something better than that right-wing dictatorship in [another country].

But I did grow up around the poverty line. My parents fought hard to stay out of welfare, to stay together, and to teach us the value of work. At 43, I have always worked since I was 14, and have always associated these traits with working-class liberal values… and was quite surprised many election cycles ago to hear silver-spooned class enemies in the GOP pick that up. What did these bastards know about real work? But it also pains me to see the elites, especially the East Coast elites, take over the Democratic Party.

I’m sorry to hear about your experiences at Yale Law. And I’m glad that I didn’t go to a private school, or a school in the East Coast. After moving to [my current state] 3 years ago I’ve found that liberals “out east” (east of the Sierra Nevadas) seem to come from privilege, are more dogmatic, disconnected from the working class, and can be super competitive and vindictive. I even remember starting out as an undergrad and scholarship kid at UC San Diego, how I felt the sting of class. I felt disconnected culturally from the liberals. It wasn’t until friends from high school began shipping back from Desert Storm all crazy and screwed up that I found common cause with these liberals.

As with the folks of Appalachia (I was a member of the Southern Baptist Church… it was a big military town), the defense of our neighborhoods was also paramount to us. What south San Diegans were seeing during the 90s was an entire generation deployed to guard oil fields in Iraq while the princelings of Kuwait lived it up in night clubs, and folks in Sacramento setting up laws that attack immigrants as a cheap shot to get elected. Everything was fine at the border until these demagogues (Republicans in this case) started showing up in our town in staged photo-ops.

Trump does have that appeal of at least pretending to listen to the
broken and forgotten. But just as we were about to forget the vengeance we swore against those who hurt our town, Trump comes by and reopens all the wounds, reminding us that while we might hold some conservative values, Republicans will always see us as sub-human.

I do think dialog and empathy are something of a short supply in
American politics today. The neoliberal policies and unfair trade pacts supported by both parties have been crushing our respective beloved hometowns. And we have a lot more in common than what these entrenched political entities say that we do. I’ve read “Rivethead” and “Deer Hunting with Jesus” and felt this familiarity. I will look for your book.

And here’s another one:

I just wanted to write and tell you that I was fascinated by your interview with the author JD Vance, and I speak as a socialist, agnostic, gay white male who’s never voted Republican in all his years! As a lifelong resident of the suburbs of Houston, Texas, it’s long occurred to me how insulated I am from the struggles of poor and working-class folks today; however my family started out poor, with my parents divorcing when I was six. Luckily our mother was strong enough to help us make it out of the hole by excelling in her profession as a nurse. I remember her telling me that in the days when my sister and I were very young, for Christmas she’d spend $20 on each of us at the dollar store, and she always hoped that we enjoyed our presents. That made me love my mom so much more, and I realized how lucky we’d been to have her, given how things might have turned out. In Houston as you probably know there is a staggering number of people of every imaginable type, and my school years were spent among kids from every walk of life, of every ethnicity and persuasion you can imagine. As an outsider myself, being gay and openly agnostic in an environment where neither was considered acceptable (high school was in the late 90s), I can identify with the feeling of seeming hopelessness, isolation, and fear for the future that Mr Vance describes, though certainly on a different level and for different reasons. I also feel a greater understanding now of the appeal of Trump to certain strata within our society…along with a renewed sense of how dangerous he really is to all of us (not to mention the rest of the world)! I would like to feel as hopeful for the future as Mr Vance seems to, but I’m afraid that until November (though hopefully not after!) I’ll be suffering a case of non-stop indigestion. Maybe we could all use a touch of that hillbilly idealism in our lives.

Anyway, that’s enough rambling out of me. Cheers for an excellent interview, and congratulations for gaining a new reader of the blue persuasion!

I could go on and on. I’m getting so many e-mails like these above that I can’t begin to respond to them all. I’m passing every one of them on to J.D. Vance, though. Interestingly, if I’ve received a single e-mail from a conservative about the interview, I can’t remember it.

I’m genuinely surprised and grateful for all these generous e-mails, and I’m sure J.D. is too. What I find so hopeful about it is that someone has finally found a voice with which to talk substantively about an important economic and cultural issue, but without antagonizing the other side. JDV identifies as a conservative, but his story challenges right-wing free-market pieties. And I’ve gotten plenty of e-mails from liberals who either come from poverty or who work with poor people for a living, who praise JDV’s points about the poor needing to understand that whatever structural problems they face, they retain moral agency.

What do you think, readers? Do you think the runaway success of Hillbilly Elegy, and the powerfully positive response from liberals to a book about class written by a conservative, bodes well for the possibility of constructive engagement around issues of class and poverty? To be sure, I’ve received a handful of letters from angry liberal readers who reject the idea that there’s anything wrong with poor and working class white people that government action can’t solve. I believe, and so does J.D., that government really does have a meaningful role to play in ameliorating the problems of the poor. But there will never be a government program capable of compensating for the loss of stable family structures, the loss of community, the loss of a sense of moral agency, and the loss of a sense of meaning in the lives of the poor. The solution, insofar as there is a “solution,” is not an either-or (that is, either culture or government), but a both-and. From a Washington Post review of the book:

The wounds are partly self-inflicted. The working class, he argues, has lost its sense of agency and taste for hard work. In one illuminating anecdote, he writes about his summer job at the local tile factory, lugging 60-pound pallets around. It paid $13 an hour with good benefits and opportunities for advancement. A full-time employee could earn a salary well above the poverty line.

That should have made the gig an easy sell. Yet the factory’s owner had trouble filling jobs. During Vance’s summer stint, three people left, including a man he calls Bob, a 19-year-old with a pregnant girlfriend. Bob was chronically late to work, when he showed up at all. He frequently took 45-minute bathroom breaks. Still, when he got fired, he raged against the managers who did it, refusing to acknowledge the impact of his own bad choices.

“He thought something had been done to him,” Vance writes. “There is a lack of agency here — a feeling that you have little control over your life and a willingness to blame everyone but yourself.”

Perhaps Vance’s key to success is a simple one: that he just powered through his difficulties instead of giving up or blaming someone else.

“I believe we hillbillies are the toughest god—-ed people on this earth,” he concludes. “But are we tough enough to look ourselves in the mirror and admit that our conduct harms our children? Public policy can help, but there is no government that can fix these problems for us. . . . I don’t know what the answer is precisely, but I know it starts when we stop blaming Obama or Bush or faceless companies and ask ourselves what we can do to make things better.”

The loss of industrial jobs plays a big role in the catastrophe. J.D. Vance acknowledges that plainly in his book. But it’s not the whole story. Anybody who comes to Hillbilly Elegy thinking that it’s going to tell a story that affirms the pre-conceived beliefs of mainstream conservatives or liberals is going to be surprised and challenged — in a good way.

By the way, the viral nature of the TAC interview with J.D. Vance has pushed Hillbilly Elegy onto the bestseller list (more details of which will be available shortly). It’s No. 4 on Amazon’s own list as of this morning. They can barely keep enough in stock. It really is that good, folks. All this success could not have happened to a nicer man. Credit for this spark goes to reader Surly Temple, who gave me my copy of Hillbilly Elegy.

UPDATE: A reader writes to point out:

The Washington Post review you quote states, Perhaps Vance’s key to success is a simple one: that he just powered through his difficulties instead of giving up or blaming someone else.” I think that misses the point of the book. J.D. fully acknowledges the importance of his Mamaw, Marine Corps drill instructors, and wife in changing his outcomes.

My takeaway from the book is that we can help these communities and people, but not from a distance. It takes unconditional, sacrificial love.

He’s right about that, and I shouldn’t have posted that WaPo review without commenting. JDV openly credits his Mamaw and the Marine Corps with making him the man he is today. He does not claim he got there entirely on his own, by bootstrapping it.

Voir également:

RACE, CLASS, AND CULTURE: A CONVERSATION WITH WILLIAM JULIUS WILSON AND J.D. VANCE
THE BROOKINGS INSTITUTION
Washington, D.C.
Tuesday, September 5, 2017

MS. BUSETTE: Thanks Richard. I’m indebted to Richard who had the foresight to invite Bill and J.D. for this conversation well before I arrived at Brookings (…) Today we’re going to be covering some very timely and sensitive topics. Topics that explore who we are as Americans and why we are still struggling with entrenched poverty increasing in equality and the tragic waste of significant human potential; some 30 years after Bill Wilson first published his watershed book, “ The Truly Disadvantaged. ” As we begin this conversation, I want our audience to understand the personal experiences you both bring to your perspectives on poor Americans. Bill and J.D., I’d like each of you to share with us a personal experience from your childhood that had a profound impact on you and your perspectives on poverty, and Bill I’m going to ask you to go first.

MR. WILSON: Thank you. So, in answer to that challenging question, I should point out first of all that “ Hillbilly Elegy ” is a very important book and it also resonated with me in a very personal way because I also experienced the problems of rural poverty. I grew up in a small town in Western Pennsylvania. My father was a coal miner. He worked in these coal mines of Western Pennsylvania and oc casionally he worked in steel mills in Western Pennsylvania. He died at the age of 39, with a lung disease. Left my mother with six kids and I was the oldest at 12 years of age. My father had a 10 th grade education, my mother had a 10 th grade education. My mother who lived to the ripe old age of 94, raised us by cleaning house occasionally. Initially we were on r elief. We call it w elfare now. She got off w elfare and supported us by cleaning house; and what I distinctly remember about growing up in ru ral poverty is hunger. You know, I reviewed a book in the New York Times, Kathy Edin and Luke Shaefer’s book, “ Two Dollars a Day, Living on Almost Nothing in America. ” That book really captured my experiences, and I distinctly remember the times when we went hungry because my mother did not have any money and it was during the winter time and sometimes she had to use her own creativity in coming up with food because she couldn’t draw from the garden.

Now, given my family background, black person, black family in rural poverty; as one of my colleagues at Harvard told me, the odds that I would end up at Harvard as a University p rofessor and capital U on University, are very nearly zero. Like J.D. I’m an outlier. An outlier in — Malcolm Gladwell says in his book “ Outlier, The Study of Success. ” We are both outliers; but it’s interesting that J.D. never talks about holding himself up by his own bootstraps, and that’s something that I reject. I don’t refer to myself that way, because both J.D. and I, were in the right places at the right times, and we had significant individuals who were there to rescue us from poverty and enabled us to escape. We are the outliers being at the right place at the right time, and when I think about your question, that’s one thing I think about; how lucky I was. I had some significant individuals who helped me escape poverty.

MS. BUSETTE: Thank you Bill. J.D.?

MR. VANCE: Well first, thanks Camille, thanks Richard for hosting this. It’s really wonderful to be here and I’m a bit of a fan boy of William Julius Wilson as I wrote Hillbilly Elegy, so it was real exciting to be able to get him to sign this book. I think that the story that stands out to me is, and there’s a bit of a background here which is that you know, I was six or seven years old, and I remember my mom who was trying to get some sort of certification to become a nurse; and eventually after a couple of years, I remember being old enough that she sort of had to test how to draw blood on me, and that was sort of something I volunteered for because I thought it was really cool, because I was a weird kid; and I remember that eventually she made it and she was able to work as a nurse for a couple of years, and this just so happened to overlap with a period w here she was married to a truck driver. A guy who hadn’t graduated from high school, but was able to drive a truck and so you think about those two incomes together, there was this period where I felt like we had genuinely made it where we had this financial stability that was pretty remarkable given the history of my family. And I think the way that it fell apart so quickly and the way that even in the midst of that financial security, life was so chaotic and so unstable and eventually when that very precarious middle – class lifestyle fell apart economically, all of the instability that existed in our home sort of came crashing down upon us; and so, it felt like after this two-year period, we were in an even worse situation than we were going into it. I think you know, one of the things that taught me, and one of the ways I think it influenced the way that I think about poverty and inequality and upward mobility, is that the problems that a lot of poor families face aren’t purely income related. That some of the lessons that you learn, some of the things that you acquire when you are really struggling, they follow you even when you’re not struggling in a purely material sense. And then when a material sense returns, it can make all of those non-material things that much worse off, and I think that way of understanding these problems has really influenced the way that I think about a lot of the problems that I write about in the book.

MS. BUSETTE: Great, thank you very much. Thank you both very much. You know I want to talk a little bit about the place of poverty in the American narrative. And that narrative is complicated. In a recent survey conducted by The American Enterprise Institute and the Los Angeles Times, white Americans linked poverty with laziness and lack of ambition, and when we think of the welfare reform debates from the 1990’s, there were ungenerous terms used to describe the poor. The National Opinion Research Center also released a survey that shows that over the last two d ecades, there has never been such a bigger divide between white Republicans and white Democrats when it comes to the views of the intelligence and work ethic of African Americans. More generally, Americans think of poverty as an individual failure, and i ts opposite financial success is the result of hard work and smarts. I want each of you to reflect on these narratives of poverty and give us your perspective. Bill, I’m going to start with you.

MR. WILSON: Okay, that’s a very challenging question and I ‘m going to try to answer it by also pointing out some differences that I have with J.D. It’s really kind of a matter of emphasis. Not that we differ, it’s just a matter of emphasis. First of all, we both agree that too many liberal social scientists focus on social structure and ignore cultural conditions. You know, they talk about poverty, joblessness and discrimination, but they also don’t talk about some of the cultural conditions, that grow out of these situations, in response to these situations. Too many conservatives focus on cultural forces and ignore structural factors. Now J.D. has made the same point in “ Hillbilly Elegy ” and you also have made the same point in some subsequent interviews talking about the book. Now where we disagree and this relates back to your question, Camille, is in the interpretation of these cultural factors. J.D. places a lot of emphasis on agency. That people even in the most impoverished circumstances have choices that can either improve or exacerbate their situation, their predicaments. And I also think that a gency is important and should not be ignored, even in situations where individuals confront overwhelming structural impediments. But what J.D., and I’d like to hear your response to this J.D., wha t you don’t make explicit or emphasize enough from my point of view, is that agency is also constrained by these structural factors, even among people who you know, make positive choices to improve their lives, there are still constraints and I maintain th at the part of your book where you talking about agency, really cries out for a deeper interrogation. A deeper interrogation of how personal a gency is expanded or inhibited by the circumstance that the poor or working classes confront, including you know, their interactions and families, social networks , and institutions, in these distressed communities. In other words, what I’m trying to suggest is that personal agency is recursively associated with the structural forces within which it operates. And here you know, it’s sort of insightful to talk about intermediaries and insightful to talk about people who aid, who help you in making choices, and you do that well in the book. But here’s the point, given the American belief system on poverty and welfare in which Americans as you point out Camille, place far greater emphasis on personal shortcomings as opposed to structural barriers and especially when you’re talking about the behavior of African Americans. I believe that explanations that focus — don’t get me wrong, you don’t even talk about African Americans in the sense, I’m talking about people out there in the general public. Given this focus on personal shortcomings as opposed to structural barriers in a common for outcomes, I believe that explanations that focus on agency are likely to overshadow explanations that focus on structural impediments. Some people read a book, but they’re not that sophisticated, the take away will be those personal factors and you know, I would have liked to have seen you sort of try to put things in context you know. Talk about the constraints that people have. Now this relates to the second point I want to make. In addition, to feeling that they have little control over themselves, that is lack of agency. You point out that the individuals in these hillbilly communities tend to blame themselves — I’m sorry, blame everyone but themselves, and the term you used to explain this phenomenon is cognitive dissonance, when our beliefs are not consistent with our behaviors. And I agree, and many people often do tend to blame others and not themselves, but I think that when we talk about cognitive dissonance, we also have to recognize that individuals in these communities do indeed have some complaints, some justifiable complaints, including complaints about industries that have pulled off stakes and relocated to cheaper labor areas overseas and in the process, have devastated communities like Middletown, Ohio. Including complaints about automation replacing the jobs of cashiers and parking lot attendants. Including the complaints that government and corporate actions have undermined unions and therefore led to a decrease in the wages or workers in Middletown. You know, I just , I’m sorry, I’m going on too far, I’ll let you respond.

MS. BUSETTE: That was interesting. Now, here’s your chance.

MR. VANCE: Sure. So, I’ll make two broad points. One hopefully more responsive to your initial question, second more responsive to Bill’s concerns. So, first this point about culture, which is a really, really, difficult and amorphous concept to define, and one of the things that I was trying to do with “ Hillbilly Elegy ” is try to in some ways draw the discussion away from this structure versus personal responsibility narrative and convince us to look at culture as a third and I think very important variable. I often think that the way that conservatives, and I’m a conservative, talk about culture is in some ways an excuse to end the conversation instead of starti ng a much more important conversation. It’s look at their bad culture, look at their deficient culture, we can’t do anything to help them; instead of trying to understand culture as this much bigger social and institutional force that really is important that some cases can come from problems related to poverty and some cases can come from a host of different factors that are difficult to understand. So, here’s what I mean by that. One of the most important I think cultural problems that I talk about is the prevalence of family and stability and family trauma in some of the communities that I write about; and I take it as a given that that trauma and that instability is really bad, that it has really negative downstream effects on whether children are able to get an education, whether their able to enter the workforce, whether their able to raise and maintain successful families themselves. I think it’s tempting to sort of look at the problems of family instability and families like mine and say the re’s a structural problem if only people had access to better economic opportunities, they wouldn’t have this problem. I think that’s partially true, but also consequently partially false. I think there’s a tendency on the right to look at that and say these parents need to take better care of their families and of their children, and unless they do it, there’s nothing that we can do. And I think again, that is maybe partially true, but it’s also very significantly false. What I’m trying to point to in this concept of culture, is we know that when children grow up in very unstable families that it has important cognitive effects, we know that it has important psychological effects, and unless we understand the problem of family instability and trauma, not just as a structural problem, or problem with personal responsibility, but as a long – term problem, in some cases inherited from multiple generations back, then we’re not going to be able to appreciate what’s really going on in some of these families a nd why family instability and trauma is so durable and so difficult to actually solve. So, I tend to think of culture as in some ways, this way to sum all of the things that are neither structural nor individual. What is it that’s going on in people’s environments good and bad that make it difficult for them to climb out of poverty. What are the things that they inherit. It’s not just from their own families, but from multiple generations back. Behaviors, expectations, environmental attitudes that mak e is really hard for them to succeed and do well. That’s the concept of culture that I think is most important, and also frankly that I think is missing a little bit from our political conversation when we talk about these questions of poverty, we’re real ly comfortable talking about personal responsibility, we’re really comfortable talking about structural problems. We don’t often talk about culture in this way that I’m trying to talk about it, in “ Hillbilly Elegy. ”

MR. WILSON: Can I just —

MR. VANCE : Sure.

MR. WILSON: No, go ahead J.D.

MR. VANCE: (laughing)

MR. WILSON: No, no, I agree. It’s a matter of emphasis, that’s all I’m saying.

MR. VANCE: So this, yeah.

MR. WILSON: And let me also point out, here’s where we really do agree. We both agree that there are cultural practices within families and so on and in communities that reinforce problems created by the structural barriers.

MR. VANCE: Absolutely.

MR. WILSON: Reinforce. Practiced behaviors that perpetuate poverty and disadvantage. So, this we agree. Too often liberals ignore the role of these cultural forces in perpetuating or reinforcing conditions associated with poverty or concentrated (inaudible).

MS. BUSETTE: So —

MR. VANCE: Absolutely. So, the second point that I wanted to make, and I’ll try to be brief is this question of Agency and whether I overemphasize the role of Agency. I think that for me, this is a really tough line to tow because I’m sort of writing about these problems you know, having in my personal memory, I’m not that far removed from a lot of them. I know that myself, one of the biggest problems that I faced was that I really did start to give up on myself early in high school, and I think that’s a really significant problem. At the same time, I understand and recognize the problem that Bill mentions which is that we have this tendency to sort of overemphasize Personal Agency and to proverbially blame the victim for a lot of these problems. So, what I was trying to do with this discussion of Personal Agency in the book, and I may have failed, but this is the effort, this is what I’m really trying to accomplish. Is that the first instance, I do think that it’s important for kids like me in circumstances like mine, to pick up the book and to have at least some reinforcement of the Agency that they have. I do think that’s a significant problem from the prospective of kids who grew up in communities like mine. The second thing that I’m trying to do, is talk about Personal Agency, not jus t from the prospective of individual poor people, but from the entire community that surrounds them. So, one of the things that I talk about is as religious communities in these areas, do they have the, as I say in the book, toughness to build Churches that encourage more social engagement as opposed to more social disaffection. I think that’s a question of Personal Agency, not from the perspective of the impoverished kid, but from a religious leader and community leaders that exist in their neighborho od. So, I think that sense of Personal Agency is really important. One of the worries that I have, is that when we talk about the problems of impoverished kids and this is especially true amongst sort of my generation, so this is — I’m a tail end of t he millennials here, is that we tend to think about helping people, 10 million people at a time a very superficial level, and one of the calls to action that I make in the book with this — by pointing out to Personal Agency is the idea that it can be real ly impactful to make a difference in 10 lives at a very deep level at the community level. And I think that sometimes is missing from these conversations. And then, the final point that I’ll make is that there’s a difference between recognizing the impo rtance of Personal Agency and I think ignoring the role of structural factors in some of these problems, right? So, the example that I used to highlight this in the book is this question of addiction. So, there’s some interesting research that suggests t hat people who believe inherently that their addiction is a disease, show slightly less proclivity to actually fight that addiction and overcome that addiction. So, that creates sort of a catch 22, because we know there are biological components to add iction. We know that there are these sorts of structural non – personal decision – making drivers of addiction, and yet, if you totally buy in to the non – individual choice explanation for addiction, you show less of a proclivity to fight it. So, I think that there is this really tough under current to some of our discussions on these issues, where as a society we want to simultaneously recognize the barriers that people face, but also encourage them not to play a terrible hand in a terrible way, and that’s wh at I’m trying to do with this discussion of Personal Agency. The final point that I’ll make on that, is that the person who towed that line better than anyone I’ve ever known was my Grandma, my Ma’ma who I think is in some ways the hero of the book. She always told me. Look J.D., like is unfair for us, but don’t be like those people who think the deck is hopelessly stacked against them. I think that’s a sentiment that you hear far too infrequently among America’s elites. This simultaneous recogniti on that life is unfair for a lot of poor Americans, but that we still have to emphasize the role of individual agency in spite of that unfairness and I think that’s again a difficult balancing act. I may not have struck that balancing act perfectly in the book, but that was the intention.

MS. BUSETTE: Thank you.

MR. WILSON: Camille, do you mind if I follow – up because I mean this is an interesting conversation and you just raised a point there about optimism which I think is very, very important. Because you know, one point that resonated with me in your book is that you pointed out, I think it was 2010 – 2011, by the way, I read your book twice you know so (laughter) that’s how I remembered it, and I enjoyed it both times. I’m going to say —

MR. VANCE: That’s good.

MR. WILSON: — it’s a great book. You pointed out that in 2010 or 2011, you were overwhelmingly hopeful about the future, and that for the first time in your life, you felt like an outsider in Middletown, Ohio. And what made you feel like an alien as you put it, was your optimism. And I think that that’s the key. People who have some hope for the future behave differently. And I think that if there were some way to generate hope and optimism among people in Appalachia, or among the Appalachian transplants, you would see a change in their behavior, and this argument applies not only to those in distress rural communities, but also distressed urban communities. And I think immediately of the Harlem Children Zone. The kids who are lucky enough to be a part of — I assume all of you know about the Harlem Children’s Zone. The kids who are lucky enough to be a part of the Harlem Children’s Zone, are kids who develop in the process a hopeful feeling. A feeling that they have a future, and therefore they’re not going to do anything to jeopardize that future. You became optimistic. What factors led you to develop that optimism?

MR. VANCE: Yeah, that’s a good question. I might ask you the same question when I’m done answering —

MR. WILSON: Right.

MR. VANCE: — but you know, the first thing is definitely you know, going back to my grandma. I think if anybody had a reason for pessimism and cynicism about the future, it was her. It’s sort of difficult to imagine a woman who had lived a more difficult life and yet ma’ma had this constant optimism about the future, in the sense that we had to do better because that was just the way that America worked. I mean I think that she was this woman who had this deep and abiding faith in the American dream in a way that is obviously disappearing And in fact, as I wrote about in the book, was I started to see disappearing even you know, when I was a young kid in my early 20’s. So, I think that my grandma was a huge part of that. I also think that the Marine Corp was a really huge part of that, and this is sort of a transformational experience that I write about in the book. The military is this really remarkable institution. It brings people from diverse backgrounds together, gets them on the same team. Gets them marching proverbially and literally towards the same goal, and for a kid who had grown up in a community that was starting to lose faith in that American dream, I think that the military was a really useful way to, as I say in the book, teach a certain amount of willfulness as opposed to despair and hopelessness. So, I think that was a really critical piece of it. You know, at some level, in some cases I think it’s impossible to reconstruct that in the past. I knew that I was a really hopeless and in some cases detached kid early in high school. I knew that by 2010, I was feeling really optimistic about the future and I do sometimes wonder how easy it is to reconstruct what took me from point A to point B, but those two factors are my best guess.

MS. BUSETTE: Did you want to answer his question.

MR. WILSON: You know, even in extreme property, my mother kept telling me, you’re going to college. And my Aunt Janice also reinforced — my Aunt Janice was the first person in my extended family who got a college education, and I used to go to New York to visit her during the summer months, and I said you know, I want to be like Aunt Janice, you know?

MR. VANCE: Sure.

MR. WILSON: Key people in our lives —

MR. VANCE: Absolutely.

MR. WILSON: We are the outliers J.D.

MR. VANCE: Yep.

MR. WILSON: And Malcom Gladwell since.

MS. BUSETTE: Thank you both for that interchange. I think that was incredibly interesting and very illuminating. I want to go back to something you mentioned J.D., which is this question of culture. You know Bill, I know that the term cultural poverty has a very divisive history and still conjures up very vitriolic debates today. But Bill, you have over an extraordinary career, created meaningful distinctions about poverty and within that jargon of poverty and you’ve also situated jobless poverty in particular within changes in the economy. Could you tell us what the experiential differences are between jobless poverty and the employed poor?

MR. WILSON: Well you really see this when you look at neighborhoods. Neighborhoods in which an overwhelming majority of the population are poor, but employed is entirely different from neighborhoods in which people are poor but jobless. Jobless neighborhoods trigger all kinds of problems. Crime, drug addiction, gang behavior, violence. And one of the things that I had focused on when I wrote my book, When Work Disappears is what happens to intercity neighborhoods that experience increasing le vels of joblessness. And we did some research in Chicago and it was really you know, sad, talking to some of the mothers who were just fearful about allowing their children to go outside because the neighborhood was so incredibly dangerous. And I remember talking with one woman and she says — who was obese and she says you know, I went to the doctor he said that I should go out and exercise. Can you imagine jogging in this neighborhood? Because the joblessness had created problems among young people who were trying to make ends meet and they’re involved in crime and drugs and so on. So, I would say that if you want to focus on improving neighborhoods, the first thing that I would do would try to increase or enhance employment opportunities.

MS. BUSETTE: Great, thank you.

MR. WILSON: I have another story. This just reminds me. I was talking with a mother, young mother. Actually, she’s young now from my point of view, middle 30’s and her son had just been shot in the neighborhood, killed. Str ay bullet from a gang fight. She said her son was not a member of the gang, that’s one of the reasons why she was so fearful, so concerned about keeping her children indoors. She said you know Mr. Wilson, no one cared that my son died. His death was not reported in any of the newspapers. It wasn’t reported on the radio, TV. No one cared Mr. Wilson that my son died. And I just keep thinking about these families who live in these dangerous jobless neighborhoods and what they have to endure.

MS. BUSETTE: Thank you. One of the things that comes out clearly from your work Bill, and from your book J.D., is the erosion of social networks and social capital. J.D., your book is really an extended love letter to your grandparents who raised you. Can you tell us a little bit about how the social connections that they had were important to their resilience they showed as parents, as your parents?

MR. VANCE: Sure. So, my grandparents lived in, I think grew up in a little town that had much more robust communities than the town that I grew up in. And so, a lot of the relationships they developed, my grandfather was a 35-year union welder, at Armco. Later, A.K. Steel. My grandmother was a little bit more socially isolated than my grandfather but still had built up a network of friends over that time, and you know, going back to Bill’s point about having diverse networks of people who actually give you a sense of what’s possible and what’s out there, that was really, really, powerful for me, right. So, you know, of my grandparents three kids, one obviously is my mom, but my uncle and aunt were doing pretty well when I was a young kid, and so that gave me this sense of what’s out there, what’s possible. That’s really powerful. My grandfather had a number of friends most of whom were working class like him, but some of whom you know, owned the local businesses or owned local stores or mechanic shops, things like that. So that also gave me the sense of what was possible. And I think ultimately though I went to the Marine Corps and then off to college. I also think the obvious implication is that some of those social networks and connections would have had really powerful economic benefits if I had eventually tried to rely on them. I think that what was so wonderful about my grandparent’s social networks is that they were intact enough for me to still have relied upon them. On the other hand, one thing I really worried about and one thing that I increasingly worried about as I actually did research for the book, is this idea of faith and religion, not just as something that people believe in, but as an actual positive institutional and social role player in their lives. And one of the things you do see, that this is something that Charles Murray’s written about, is that you see the institutions of faith declining in some of these lower income communities faster than you do in middle and upper income communities. I don’t think you have to be a person of faith to think that that’s worrisome. I think you can just read a paper by Jonathan Gruber that talks about all of these really positive social impacts of being a regular participatory Church member. So, you know, I think I was lucky in that sense, but a lot of folks, and when I look at the community right now, it worries me a little bit that you don’t see these robust social institutions in the same way that you certainly did 30, 40 years ago, and even when I was growing up in Middletown. The last point that I’ll make about that, is that (…) these trends often take half a century or more to really reveal themselves and I do sometimes see signs of resilience in some of these communities that I sort of didn’t fully anticipate and didn’t expect when the book was published. So, one of the things I’ve started to realize for example is when we talk about the decline of institutional faith, even though I continue to worry about that, one of the institutions that’s actually picked up the slack are groups like Alcoholics Anonymous and Narcotics Anonymous. They almost have this faith effect. It brings people together. There’s even a sort of liturgical element to some of these meetings that I find really, really fascinating and interesting. So, people try to find and replace community when it’s lost but you know, clearly, they haven’t at least as of yet, replaced it even remotely to the degree that it has been lost which is why I think you see some of the issues that we do.

MS. BUSETTE: Alright, thank you. Bill, I know you have something to say on that —

MR. WILSON: Sure.

MS. BUSETTE: — but I wanted to kind of position the question in a slightly different way than I did for J.D. The economy certainly became significantly since you first penned The Truly Disadvantaged. And what, from your perspective, what effects have those changes had on social organization and poverty?

MR. WILSON: Well, I don’t know if the conditions have changed that much, since I wrote The Truly Disadvantaged. The one big difference is that I think there’s increasing technology and automation that has created problems for a lot of low skilled workers. You know, I mentioned automation replacing jobs that cashiers held, and parking lot attendants held. So, you have a combination not only of the relocation of industries overseas, that I talked about in The Truly Disadvantaged; but now you have increasing automation and technology replacing jobs, and this worries me because I think that people who have poor education are going to be in difficult situations increasingly down the road. You look at intercity schools, not only schools in intercities, but in many other neighborhoods, and kids are not being properly educated. So, they’re not being prepared for the changes that are occurring in the economy. I remember one social scientist saying that it’s as if — talking about the black population. It’s as if racism and racial discrimination put black people in their place only to watch increasing technology and automation destroy that place. So, the one significant difference from the time I wrote The Truly Disadvantaged in 1987, is the growing problems created by increasing technology for the poor.

MR. VANCE: Bill, could I ask a question —

MR. WILSON: Sure.

MR. VANCE: — because this is something I was you know, looking through your book on my Kendall earlier today, and I kept on coming back to this question, and I’m curious what you think. Which is if the civil rights movement had happened in the early 20th century as opposed to the mid-20th century, do you think that black Americans would be more caught up than they are right now? In other words, do you think that it happened, the civil rights advancements happened at a time when technology was just really starting to hammer the economies that they relied on, and if it happened in an area where there weren’t quite the same premiums on human capital, that maybe they could have caught up a little bit better than they have over the past 50 years?

MR. WILSON: So what you’re saying is that if civil rights movement had happened at this time?

MR. VANCE: Sorry, the early 20th century?

MR. WILSON: Oh, the early 20th century

MR. VANCE: Yeah, that’s right.

MR. WILSON: Right.

MR. VANCE: So, if it had happened when we were just transitioning from the proverbial farm to the factory, do you think it would have had a significant difference?

MR. WILSON: I’m not sure.

MR. VANCE: Right, what else can you say.

MR. WILSON: What do you think?

MR. VANCE: — reading The Truly Disadvantaged today, I was thinking maybe the answer is yes, because part of what happened, with the civil rights movement is that the economy was rapidly changing just to some of these legal structures were you know, as black Americans were freed from some of these legal structures. And I do wonder if the economy — it was in some ways as these legal changes were happening in a very positive way, the economy hit black Americans super hard, and I wonder if those legal structures would have fallen at a time when the economy wasn’t changing so rapidly. Maybe things would be a little bit different today?

MR. WILSON: This reminds me of the point that Bayard Rustin raised in the early 1960’s. He said, you know, it’s great to outlaw discrimination and prejudice, but it’s also important to recognize that if you have a referee in the ring, and you say there will be no discrimination, but one fighter has had all of the training and the other fighter has not, which fighter is going to come out ahead? And so, he says much more emphasis has now got to be placed on dealing with these basic economic problems and he told Martin Luther King, Jr. he said look, he says what good is it to be allowed to eat in a restaurant if you can’t afford a hamburger; so, we’re going to have to address some of these fundamental economic problems —

MR. VANCE: Sure.

MR. WILSON: — that are devastating the community. So that reinforces your point too.

MS. BUSETTE: That is a perfect segue to a set of questions that I want to ask you both. It’s about the question of Race in America. We know that racism and discrimination have a long history in the U.S., and that the effects of that history are still experienced by individuals on a daily basis today. When those experiences are aggregated, we can see large mobility, wealth and income gaps between white Americans and African Americans. We are also hearing, and reading and seeing about the culture of the sphere, the opioid epidemic and the disability culture in rural and Rust belt America. So, I’m going to ask a sensitive question. Are there differences between being black, jobless and poor, and being white jobless and poor? And if so, what are they and why? Bill, I’m going to give you the honor of tackling that first (laughter).

MR. WILSON: You know, that’s a very interesting question because I was just — you know J.D. you wrote in your book about the problems of poor whites and it seems that poor whites right now are more pessimistic than any group, and the question is why. I was sort of impressed with your analysis of the white working class and the age of Trump. You know, you pointed out that when Barack Obama became president there were a lot of people in your community who were really struggling and who believe that the modern American meritocracy did not seem to apply to them. These people were not doing well, and then you have this black president who’s a successful product of meritocracy who has raised the hope of African Americans and he represented every positive thing that these working-class folks that you write about did not possess or lacked. And Trump emerged as candidate who sort of spoke to these people. What is interesting is that if you look at the Pew Research Polls, recent Pew Research polls, I think you pointed this out in your book, the working – class whites right now are more pessimistic than any other group about their economic future and their children’s future. Now is that pessimism justified? I think they’re overly pessimistic. I still maintain that to be black, poor and jobless is worse than being white, poor and jobless, okay? But, for some reason, the white poor is more pessimistic. Now I think with respect to the black poor and working class has kind of an Obama effect you kn ow. I think that may wear off and then blacks will become even more equally as pessimistic as whites in a few years.

MR. VANCE: I’d really like for you to run those numbers right now, and see if the rates among pessimism among working class blacks are changed or inverted relative to where they were a couple of years ago. You know, people ask me what I see as the similarities between working class blacks and working-class whites, and what the differences are, and whenever they ask me what the differences are I always say, talk to Bill Wilson, he’s a lot smarter about this stuff than I am. But the thing that jumps out to me most when I think about the differences, is that housing policy, especially housing policy back in the 50’s and 60’s affects modern day black Americans much more than it does modern day white Americans. Especially the working and non-working poor. What I mean by that is that I think that you know, partially because of research that Bill has done and partially for research that a lot of other folks have done. Concentrated poverty is really bad. It’s worse than just being poor. To be sort of socially isolated in these islands of all the other poor people and I think that’s a much more common experience among black Americans because of the residuals effects of housing policy in the 50’s and 60’s, so I think that to me, if I was going to pick one single factor, that was driving the continued difference, I would probably say housing policy. The sort of question of how to you know, is it better or worse to be working-class or sort of poor, jobless and white, versus poor, jobless and black. I think all things being equal certainly poor jobless and black is sort of worse off if you look at wealth numbers, if you look at income numbers, that’s still the case. I do worry a little bit that we don’t have the vocabulary to really talk about the full measure of disadvantage in the country right now. What I mean by that is that we’re pretty comfortable talking about class, we’re pretty comfortable talking about gender, we’re reasonably comfortable talking about race, but when we talk about things like single parent families, family trauma, concentrated poverty. All of these things that would go into what I would call the disadvantage bucket or the privileged bucket, it’s not those three factors, it’s probably two dozen or three dozen factors. We’re really bad about talking about everything except for race, class and gender. And I think that’s one way that the conversation has really broken down, especially in the past few years.

MS. BUSETTE: Alright, thank you.

MR. WILSON: So, this reminds me of your points J.D., reminds me of a paper that Robert Sampson, a colleague at Harvard and I wrote in 1995 entitled Toward a Theory of Race, Crime and Urban Inequality. A paper that has become a classic actually in the field of criminology because it’s generated dozens of research studies. Our basic thesis we were addressing you know, race and violent crime, is that racial disparities and violent crime are attributable in large part to the persistent structural disadvantages that are disproportionately concentrated in African American urban communities. Nonetheless, we argue that the ultimate cause of crime were similar for both whites and blacks, and we pose a central question. In American cities, it is possible to reproduce in white communities the structural circumstances under which many blacks live. You know, the whites haven’t fully experienced the structural reality that blacks have experienced does not negate the power of our theory because we argue had whites been exposed to the same structural conditions as blacks then white communities would behave – – the crime rate would be in the predicted direction. And then we had an epiphany. What about the rural white communities that you talk about. Where you’re not only talking about joblessness, you’re not only talking about poverty, but you’re also talking about family structure. So, here in Appalachia, you could reproduce some of the conditions that exist in intercity neighborhoods and therefore it would be good to test our theory in these areas because we’d be looking at the family structure. The rates of single parent families. We’d be looking at joblessness, we’d be loo king at poverty. So, we need to move beyond the urban areas and see if we can look at communities that come close to approximating or even worse in some cases, and some intercity neighborhoods. This reminds me, I was reading an interview, excellent interview. Remember I wrote to you that first time I read this interview, it was before I even read Hillbilly Elegy and I went and read the book after reading this interview; or maybe it was in Hillbilly Elegy where you refer to the research of the economist Raj Chetty who did some path breaking research on concentrated poverty, single parent families and mobility.

MR. VANCE: Yep.

MR. WILSON: And the reports in the newspapers focused on concentrated poverty and then talk about rates of single parent families which he also emphasized, you see.

MR. VANCE: Yep.

MR. WILSON: But if you want to capture both, it might be good to focus on rural areas like the ones you wrote about, and see if some of the same factors are reproduced that I read about in The Truly Disadvantaged.

MS. BUSETTE: Oh there’s no second book for you (laughter). So, my colleague Richard Reeves has recently published a piece that demonstrated that there’s a century economic mobility gap between black and white men. So, in a sense, the historically lower rates of upward mobility have delayed the economic ascent of black men by a century. Should we be concerned?

MR. WILSON: Could you repeat that?

MS. BUSETTE: Yeah. The historically lower rates of upward mobility have delayed for black men, have delayed the economic ascent of black men by a century compared to white men. So, the question is, should we be concerned, and do we need differentiated sets of policies to address black economic mobility and on the other hand, white economic mobility?

J.D., I’m going to give that to you first (laughter).

MR. WILSON: You should have sent these questions to us ahead of time (laughter) —

MS. BUSETTE: No, no.

MR. WILSON: — so we could have thought —

MS. BUSETTE: That’s the fun (laughter). Yeah, no fun in that.

MR. VANCE: Well, I think you asked two questions. The first was should we be concerned. My answer to that is yes, and I’ll let Bill take the second question (laughter). So, you know, this question of should we have differentiated policies. I think it depends on what we mean by differentiated right. So, to take Bill’s — something he said earlier, this question of technological change and the way that it’s impacting these communities, I think that requires us to fundamentally rethink the way that we approach higher education. That’s been my persistent frustration, thinking about policy over the past couple of years. Is we have this rapidly changing economy. We haven’t changed our institutions or even our institutional thinking to match up to that rapidly changing economy. But if you’re focused on sort of correcting those gaps or if you’re just basically focused on giving help to the people who need it, then you’re going to have a differentiated application of help because black Americans need it, you know, maybe on average more than white Americans. If we talk about sort of the negative effects for example of concentrated poverty, this is something that I really worry about, and back to Raj Chetty, a different paper that he published show that there are these really interesting positive effects of the Moving to Opportunity Study. But my guess is that concentrated poverty equally hurts black and white Americans, it’s just that black Americans experience it more. So, there’s going to be a differentiated effect if you try to rectify that problem, but not because you say we’re going to try to help black people more than white people, just because you’re going to say, I want to help the problem of concentrated poverty and because they’re suffering from it more. That effect will at least be differentiated. But I don’t know, I haven’t thought about sort of whether you should go into it sort of before the fact and try to apply these things differently. My guess is that that’s probably politically not a great idea, and may not be necessary from a moral perspective either, but I’m curious as to what Bill thinks.

MR. WILSON: I agree. Certainly, in this day and age it’s not a good idea. But, if you ask me, what am I most concerned about right now in addressing problems of poverty and so on. I’m concerned about jobs. Although I wouldn’t phrase it this way, I wouldn’t say that we need public sector jobs for black males, I would say we need public sector jobs for people who live in concentrated poverty and that would apply to white males, not only males, but females as well. As well as blacks. But which group would benefit disproportionately from a public sector’s jobs program. It would be black males, because black males have these high prison records; and therefore because of their prison records, many of them find it extremely difficult because of the incarceration rates, many of them find it extremely difficult to find jobs in the private sector. Therefore, at least as a temporary as opposed to a permanent solution, I would like to see public sector job creation for those who have difficulty finding employment in the private sector. When I speak of public sector jobs, I mean the type of jobs provided by the WPA during the Great Depression. Jobs that would improve the infrastructure in our communities, including the under-funded National Park Service, state and local park districts. I just feel that public sector jobs are very, very important particularly for black adults who have been stigmatized by prison records and who thus find it virtually impossible to find jobs in the private sector. Now, saying that. I’m on to no illusion that these programs and a program like public sector job program would garner widespread support in the current political climate, but I feel that we have to start thinking seriously, about what should be done when we have a more favorable political climate, and when people from both parties are willing to consider seriously policies that could make a difference.

MS. BUSETTE: We have time for one more question, and I’m going to start, J.D., with you. So, in a paper by Richard Reeves and another colleague of mine, Eleanor Krouse, that was released today, the evidence is that rural areas with the best rates of upward mobility are the ones with the highest rates of out migration, especially among young people. Should we just accept that some communities are essentially dying, and focus our efforts on helping people move on to other places with more opportunity, or should we be trying to turnaround these blighted areas?

MR. VANCE: That is a really tough one. So, I’m going to try to judicially split the baby here and I’ll probably fail but — (laughter). When I think about should we try to fix these blighted areas, I think that it depends on how we define area, right? Because my concern with some of these out-migration arguments is that we say, if you can’t find a good job in West Virginia, you should move to San Francisco, California, and they’re two concerns with that. The first is that try to convince somebody that they could afford a place in San Francisco, California when it’s a two-bedroom apartment costs you $4,500 a month. So, I think that again, going back to housing policy, that really makes this out migration pretty difficult. The second thing is that you really do — I think we have to understand there’s a difference between out migration from let’s say Eastern Kentucky to Southwestern Ohio verses Eastern Kentucky to San Diego, California, because the former allows you to preserve some important social contacts and social connections. It is cheaper to move there, it’s less culturally intimidating to move there. I mean I cannot imagine what my grandparents would have said if you would have told them in the 1940’s that they had to move to modern day San Francisco. It really would have been, you need to move to an entirely different country. Maybe an entirely different planet. And I think that’s important. So, the way that I think about this problem is that we have to accept that while out migration has to be a part of the solution, we can’t just say every single person in Breathitt County Kentucky has to leave, and Breathitt County Kentucky gets to close up shop. But if we can regionally develop big cities like Lexington, like Pittsburgh, like Columbus, Ohio, that obviously has downstream effects and that allows you to have out migration to places that isn’t so culturally foreign and enables people to maintain those social connections even as they move to areas with higher employment; and oh, by the way, still play a positive role in the communities back home. I think that’s the way that I approach that particular problem.

MS. BUSETTE: Alright, thank you.

MR. WILSON: You know my colleague at Harvard, Robert Sampson and former student Patrick Sharkey who is at NYU have argued for durable investments in disadvantaged neighborhoods to counter the persistent disinvestments in such neighborhoods, and I was wondering if you use that argument and focus on Appalachia for example, what would investments look like? And I’m going to put this question to you J.D., if you’re talking about investments in these communities, would it include such things as hospitals, clinics, road construction, shopping centers, daycare centers, these kinds of things. Would that be helpful? Would those things be helpful?

MR. VANCE: Yes, so I think it would definitely be helpful. One of the concerns I have with what we’ve seen with regional economic development is that it very often happens through the avenue of let me provide you tax credit so that you can open up new retail, right? I don’t think that’s especially durable economic development, right. I mean, I think we have to think of local economies as sort of a pyramid. You need real industries, manufacturing, then you have retail on top of it, but you can’t really rebuild some of these economic centers with just retail. There is actually an interesting bill that’s moving through Congress right now, that would in some ways place long-term capital investment at parity with short-term capital investment like tax credits. That would allow things like Venture Capital investment and much bigger longer – term patient capital to invest in some of these areas and create you know, more durable jobs in more durable sectors. But I also think, and my thinking honestly has probably changed in the past few years, though maybe change isn’t the right word, as I start to think about this a little bit more seriously. When I look at you know, some of the work David Autor has done about the China Shock and the way that it’s impacted some of these areas. I do think that we’ve been so caught up in thinking about long term well-being as purely as a function of consumption, that we haven’t thought about the fact that if you pay three cents less for a widget at Walmart, but half of your community just lost its job, your purchasing power is slightly greater, but your community has lost something really significant. I think that’s been missing from our conversations about economics in jobs, especially on the right, but I really think across the spectrum we focus too little on bringing good durable, high paying work into some of these areas. And consequently, if you look at just a policy across the board, we’ve congratulated ourselves, because purchasing power, even among the low income has gone up, not recognizing the purchasing power that comes from a government transfer is a lot different from purchasing power that comes from a good job.

MS. BUSETTE: Great. Thank you both very much. We are now going to take questions from the audience. So, (inaudible) from Brookings. So, I’d like everybody to be able to say who they are and the organization they’re coming from, and then ask your question please. Thank you. And I’ll take a couple of these. I’ll take yours first and then we’ll take a few more.

SPEAKER: First thing I want to do is thank both of you for such a thoughtful conversation. I mean Camille asked you really tough provocative questions, so it was a great conversation. I think I want to add to the provocative question list here. We haven’t talked much about our politics going forward and how they may play out in terms of things that you both might be in favor of. Bill, you say you’re for a public jobs program, but obviously that’s politically going to be extremely difficult to convince much of the public including many of the so-called white working class that J.D. has been studying. They don’t like government programs. They don’t like handouts. They want I think, as I read it, the literature, including your book, they want real jobs, not government jobs. In fact, they really dislike a lot that they see in first line government workers. With that background and thinking about you know, where does our politics go from here, I happened to have read this weekend, a new small essay by Mark Lilla who is arguing quite controversially that the Democratic party needs to put less emphasis on identity politics. That means staying away presumably from racial divides and culture and all of that. And, do you have any thoughts about generally how we bring the country back together again politically and specifically this notion that maybe the Democratic party is losing the white working-class by putting too much emphasis on immigrants, minorities, women etcetera?

MS. BUSETTE: I’ll let you Gabby — I’ll let you gather your thoughts there.

MR. WILSON: I’ll take a shot —

MS. BUSETTE: Wow, a brave man.

MR. VANCE: I hope that there’s vodka in this (laughter).

MR. WILSON: So you know, I blurbed Mark Lilla’s book.

SPEAKER: Oh, did you? That’s right, I remember.

MR. WILSON: I blurbed it. What’s the title of the book ?

SPEAKER: The Once in a Future Liberal.

SPEAKER: That’s right.

MR. WILSON: The Once in a Future Liberal. Yeah, I blurbed the book. You know, Mark Lilla and a number of other post-election analysts observed that as you point out that the Democrats should not make the same mistake that they made in the last election, namely an attempt to mobilize people of color, women, immigrants and the LGBT community with identity politics. They tended to ignore the problems of poor white Americans. I was watching the Democratic convention with my wife on a cruise to Alaska, and one concern I had was there did not seem to be any representatives on the stage representing poor white America. I could just see some of these poor whites saying they don’t care about us. They’ve got all these blacks, they’ve got immigrants, they’ve got (inaudible), but you don’t have any of us on the stage. Maybe I’m overstating the point, but I was concerned about that. Now one notable exception, critics like Mark Lilla point out was Bernie Sanders. Bernie Sanders had a progressive and unifying populous economic message in the Democratic primaries. A message that resonated with a significant segment of the white lower-class population. Lower class, working class populations. Bernie Sanders was not the Democratic nominee and Donald Trump was able to, as we all know, capture notable support from these populations with a divisive not unifying populous message. I agree with Mark Lilla that we don’t want to make the same mistake again. We’ve go to reach out to all groups. We’ve got to start to focus on coalition politics. We have to develop a sense of interdependence where groups come to recognize that they can’t accomplish goals without the support of other groups. We have to frame issues differently. We can’t go the same route. We can’t give up on the white working class.

MS. BUSETTE: Okay, J.D., did you want to tackle that or —

MR. VANCE: Yeah, sure I’ll —

MS. BUSETTE: — shall we go for other questions?

MR. VANCE: — I can briefly answer. I mean as a Republican who is deeply worried about the American right, this gives me a great chance to rift on the other side. So, just a couple of thoughts as you ask the question and as Bill was responding. The first is that on this question of identity politics, I think that what worries me is that a lot — it’s not a recognition that there are disadvantaged non-white groups that need some help or there needs to be some closing of the gap you know. When I talk to folks back home, very conservative people, they’re actually pretty open-minded if you talk about the problems that exist in the black ghetto because of problems of concentrated poverty and the fact that the black ghetto was in some ways created by housing policy. It was the choice of black Americans. It was in some ways created by housing policy. I find actually a lot of openness when I talk to friends and family about that. What I find no openness about is when somebody who they don’t know, and who they think judges them, points at them and says you need to apologize for your white privilege. So, I think that in some ways making these questions of disadvantage zero sum, is really toxic, but I think that’s one way that the Democrats really lost the white working class in the 2016 election. The second piece that occurs to me, and this applies across the political spectrum, is that what we’re trying to do in the United States, it’s very easy to be cynical about American politics, but we’re rying to build a multi-racial, multi-ethnic, multi-religious nation, not just a conglomeration, an actual nation of people from all of these different tribes and unify them around a common creed. I think that’s really delicate. It’s basically never been done success fully over a long period in human history and I think it requires a certain amount of rhetorical finesse that we don’t see from many of our politicians on either side these days and that really, really worries me.

MS. BUSETTE: Okay, thank you both. I ‘m going to take three other questions and then we can answer them. So, this gentleman here, young lady here with her hand up, and then I’ll take yeah, the person right in the back there. Okay, yeah, on this side first.

SPEAKER: Thank you very much. I’ve known Bill Wilson for years, I’ve known J.D. over the telephone (overlapping conversations) all over town.

MR. VANCE: A fellow Middletonian.

SPEAKER: Yes, I tried to catch you at the book fair on Saturday. The line, for those of you who weren ‘t there, stretched all the way out of the DC Convention Center and down (inaudible) Avenue. I’ve never seen anything like it since the Beatles came to town (laughter). But anyway, yes, I’m a fellow middie, and from class of 65, so I went there before you were born. We just had our 50th anniversary reunion here a couple of years ago. I’m delighted by your book. Folks ask me if I ever thought of writing a memoir, and I said my life was too dull, my (inaudible) was too quiet. When I grew up we were an all-American city. You may have read that in your history books. Back in the 50’s we were one of the all-American cities in America. A few years ago, Forbes chose Middletown as one of 10 fastest dying cities in America. This tells you what’s happened over time. So, I have a lot of things I’d love to inject, but I’m just going to ask one question. As you know I’ve talked before about when I came out of Middletown High in 65 I was able to work at the steel mill at Armco, and make enough money to pay my tuition at Ohio University, go Bobcats. For tuition in 1965 at Ohio U was $770. With room and board $1,240. It wasn’t hard for me, the son of a mother who was a cook and a father who was a factory worker to move up to the middle class, thanks to Ohio’s excellent higher education system. Years later of course you went to the Marines to get a scholarship to go to Ohio State —

MR. VANCE: True.

SPEAKER: — and so it was possible, but it certainly is tougher now to go from working class Middletown, we don’t have the steel mill jobs in the summer anymore. The five paper mills that we used to have are all gone. All the industries up and down I – 75, all the way to Detroit, General Motors, Frigidaire, GM, Delco Battery, Huffy Bicycle, National Cash Register, and I could go on and on and on, but what Bill Wilson writes about in the you know they’ve gone overseas or other types of chains have gone on. We were talking about automation back in the 50’s, and the 60’s and of course we see what has happened, and it’s still happening. But my question really is we haven’t talked much about those front row kids like yourself there who had a chance to go to college and found a way there. That route has gotten tougher. Do you think we need to do something to make it easier to get higher education? Some schooling beyond high school?

MS. BUSETTE: Okay great, thank you. This woman here with the red sweater. Please, thank you.

MS. RISER : Thank you gentleman, it’s extremely challenging —

MS. BUSETTE: Can you say your name please.

MS. RISER: I will say my name. It’s Mindy Riser and I have worked and continued to with a number of NGO’s across the world concerned with social justice. My question is about a segment of the American population, you haven’t talked about, and that is the aging baby boomers who come in all colors, shapes and sizes. Some of these folks will have social security, which isn’t very much, some will not at all. We’ve talked about the challenges of jobs. What is going to happen to these people, some of whom will not get jobs and will rely on diminishing social security and that is not exactly assured anymore either. So, I’d like you to address that part of the population whose future does not look all that bright.

MS. BUSETTE: Great, thank you. And then we have one way in the back there. She has her hand up. Thank you

MS. LEO: Hi, my name is Chin Leo and I’m a correspondent from China’s Nu Hahn News Agency. Actually, I have two questions for J.D. One is that you mentioned about (inaudible) which could be the third important element from the personal structural agencies to have those poverties. So, I just wanted to maybe categorize say more about this (inaudible) so what it could include. Because when I just read about your book, first I thought it maybe something related to the peace treaty of American, like those people who used to work in the hill. The mountain or the farmers, but it turns out, maybe there is something more or different from that, so can you just say more about it. And second question is about the globalization. I think both of the speakers just mentioned that the process of globalization just, the country being so large to the poverty or just make it a faster pace, for those working class in America no matter white or black to become obvious problem. So, do you think what could be the solution for this or is it really necessary just like President Trump said that anti-globalization could be one of the solutions or a necessary one. Thank you.

MS. BUSETTE: Thank you. So, we have a question on ways to make it easier to get a higher education, what about job opportunities for aging baby boomers and then a special set just for you, where you can you know, if you’d like to, maybe go into a little more about what you meant by culture, and then for both of you if you want to discussion globalization and its effect on poverty in the U.S.

MR. WILSON: Well I just — to answer your question very quickly, forget the political climate, but I’d like to see us increase the Pell Grants to make it possible for folks who don’t have much income, increase the Pell Grants.

MS. BUSETTE: Okay great. J.D., do you want to address any of these?

MR. VANCE: Yes, so my general worry with the college education in the book at large is sort of two things. So, the first is that, I think we’ve constructed a society effectively in which a college education is now the only pathway to the middle class, and I think that’s a real failure on our part. It’s not something you see in every country, and I don’t think it necessarily has to be the case here. There are other ways to get post-secondary education and I absolutely think that we have to make that easier, and I really see this as sort of the defining policy challenge of the next 10 years is to create more of those pathways; because the second born on this is that college is a really, really culturally terrifying place for a lot of working class people. We can try to make it less culturally terrifying, we can try to make for the elites of our universities a little bit more welcoming to folks like me, and this is something that I wrote about in the book, really feeling like a true outsider at Yale for the first time, in an educational institution. I think that we also have to acknowledge that part of the reason that people feel like cultural outsiders is for reasons that aren’t necessarily going to be easy to fix, and if we don’t create more pathways for these folks, we shouldn’t be surprised that a lot of them aren’t going to take the one pathway that’s there, that effectively runs through a culturally alien institution.

MS. BUSETTE: Thank you. Other questions.

MR. WILSON: Yeah, we have to —

MR. VANCE: Oh yeah sorry. There’s a couple of others so yeah, on the baby boomer question I’ll try to be very quick but I don’t necessarily have a fantastic answer to this, but let me add one thought that I had while you were asking that question, which is that in certain areas, especially in Ohio, Kentucky, West Virginia and so forth. I think the biggest under reported problem for the baby boomers is the fact that they are taking care of children that they didn’t necessarily anticipate taking care of because of the opioid crisis. This is the biggest dr iver of elder poverty in the State of Ohio, is that you have entire families that have been transplanted from one generation to the next. They were planning for retirement based on one social security income, and now all of a sudden, they have two, three additional mouths to feed. I think my concern for the baby boom generation is especially those folks of course because it’s not just bad for them, it’s bad for these children who are all of a sudden thrown into poverty because of the opioid addition of that middle generation of the parents, of the kids and the sons and daughters of the grandkids. And then the very last question, culture, I think of as a way to understand the sum of the environmental impacts that you can’t necessarily define as structural rights, so the effects of family instability and trauma that exists in people, the effects of social capital and social networks in people’s lives, You know, all of these things I think add up to a broad set of variables that can either promote upward mobility or inhibit upward mobility; and again I think we very often talk about job opportunities and educational opportunities, we very often talk about individual responsibility and Personal Agency. We very rarely I think talk about those middle layers and those institutional factors that in a lot of ways are the real drivers of this problem.

MR. WILSON: I just want to add just one point. I think that this is too radical to seriously consider right now, but at some point, I think we’re going to hav e to think about it, and that is to give cash assistance to reduce the tax rate for those who are experiencing compounded deprivation. At some point, we’re going to be faced with a problem. We’re going to have to rescue people and some economists are talking about the negative income tax and so on, but it’s something that we’re going to have to be thinking about.

MS. BUSETTE: Great. Thank you. I’m going to take three more. This gentleman here, this lady here. Ignacio?

MR. AARON: I’m Henry Aaron Brookings. My question is for J.D. Vance, I’ve heard in your comments what strikes me as a genuine and heartfelt sympathy for the economic and social circumstances, not only of blue whites in Appalachia, but also for the concentrated poverty in urban areas. You have a genuine sympathy for both. You also stated that you come to this concern as a conservative and as a Republican. Now, in looking at the current political environment, which is I think where we need to start rather that our aspirations for a different environment, we would really like it in the future. Starting from the current economic environment, I note that we’ve spent all of 2017 on a political debate which now seems, from my standpoint mercifully to be coming to an end about doing away with The Affordable Care Act. We are about to have a month long high stakes debate about the child health insurance program which President Trump’s budget proposes significantly to cut. We are confronting the possibility of a major fight over the national debt cap which at least some elements in Congress would like to use as a pressure tool to reduce the size and scope of the federal government. We are debating whether to reform entitlement programs and notably disability insurance, which if one looks at a map of where disability benefits are most received, looks like the map for your book actually. Kentucky, Arkansas, Alabama, Mississippi, Ohio, Pennsylvania. My question is, as a conservative Republican, how do you reconcile the concern you’ve expressed with the apparent agenda from those with whom you identify politically.

MS. BUSETTE: Okay, so we’re going to take two more questions (laughter) in this round. This lady right here and then Ignacio.

MS. DANIELS: Hello, my name is Samara Robard Daniels, I actually married into an Appalachian family myself, so I’ve had a close look at the situation myself. I’m wondering if you had to sort of envision of not being a political leader, but maybe a more philosophical substantive role model, what qualities aside from the typical like you know, honesty and so forth. I mean what would be the sort of gestalt of that leader that would perhaps you know, mobilize. I mean that can happen, but because of the technological age, we don’t have that sort of, you know, more renaissance minded philosophical temperament is not sort of percolating and I’m wondering if you had to envision it, what would be a role model, and similarly for you, what do you see? What would be the gestalt of that leader?

MS. BUSET TE: Alright, thank you. Ignacio?

MR. PESO: Hello, thank you the three of you for the discussion, it was very fascinating.

MS. BUSETTE: Can you say your name?

MR. PESO: My name is Ignacio Peso and my question actually starts with an article I read in the New York Times a few days ago. Maybe it was two days ago. It’s about like the role of private firms also. It was a comparison between the job conditions and years ago, with a lady from Kodak who was able to rise and get an opportune job, get an education, and then in the end the same private firm rising to her position, and right now janitor in Apple, right. I think in this conversation we talk a lot about like the power of stories and how they convey mobilities and talk about like more structural aspects. I was wondering, what is your opinion about like how — what’s the role of private firms in this discussion, and what sort of policies can you envision regarding that. Thank you.

MS. BUSETTE: Okay, thank you. So, we have a question about reconciling your concerns with concentrated poverty with the served agenda of the GOP. A question around what do role models who are sort of embodying you know an un-way out sort of; and when we think about the poverty debate what do those people look like. And then what’s the role of private firms in economic mobility for poor and low-income Americans.

MR. WILSON: Could you repeat the second question?

MS. BUSETTE: What does a leader look like who could possibly lead us towards a set of solutions when we think about poverty in the US ?

MR. VANCE: I guess I’ll start because the question about I think the GOP is directed specifically at me. The first thing that I’ll say about that is that I agree with many of the conservative critiques that are levied sort of against some Democratic policy. I very rarely, at least if we’re defining Republican policies or what comes out of Congress, I very rarely agree with Republican Congress about how to answer those critiques. The way that I broadly look at this philosophically is that there is a distinction and an important one between libertarianism and conservatism. So, I will partially try to answer your question about outsourcing. I think that for example on this question of labor unions, I think that the sort of classic libertarian answer to this question which is really dominant on the right for the past 30 years, is that effectively for a whole host of reasons, labor unions are anti-competitive, they’re bad for non – members and they’re bad for actual firms. Consequently, for cartel reasons, they’re sort of bad from a public policies perspective. I think a better conservative answer to the fact that we’ve gone from 35 percent private labor participation to 6 percent private labor participation, is to recognize that labor unions can be economically destructive to recognize that labor unions as Burke would say, could also be incredibly important social institutions that play a positive role in communities, and so the question is not how do we destroy labor unions, but it’s how do we reform labor unions so they actually work in the 21st century and I think that would answer partially your question about outsourcing. There’s a really fascinating article by Oren Cass of the Manhattan Institute of Conservative Think Tank about how we might reform labor unions so that they actually accomplish something economically important, so that they can rebuild themselves and increase private participation, but I think that’s a conservative idea. Has it come from a Republican Congress? No, it has not. Have I been a constant critic of Republican domestic policy for the past five years, because I think we’re not thinking about these issues; absolutely. The flip side of it, is that I think that much of what I see on the left is or at least sometimes thinks that these cultural problems that I write about and care about, are invisible and don’t actually exist. Now, does that mean that sort of very thoughtful left of center think tank fellows don’t care about these problems? Does that mean that Bill Wilson doesn’t think about these problems? No, but I certainly think that the Democratic party in some ways thinks that these questions of culture and long-term multi-generational environmental effects are sort of inv isible to a lot of their policy making. So, I agree with the conservative critique there and I think the conservatives have to offer some alternative vision which we have failed to do, for not just the past five years, but maybe for a little bit longer than that. So, you know my view of my role in this ecosystem is to try to take us from criticizing a lot of what’s been done in the past that’s wrong, and a lot of those criticisms I agree with, to actually doing something that’s different. But I do think, the last point I’ll make about this, the fundamental hell that we have to get over. The fundamental problem that conservatives have to accept is that sometimes you have to spend money to solve social problems. Not always does that mean that government is always the answer. Certainly, it doesn’t, but I think this sort of baseline constant refusal to accept that sometimes you have to spend money is at the core of our real problem, and if we can get past that, I actually think there might be some good ideas coming out of the right and hopefully I can be a part of that.

MR. WILSON: Let me address the question about the ideal leader. The leader (inaudible) move us forward. For me, a role model would be one who would use the bully pulpit to reinforce and promote the principle of equality of life chances. The philosopher James Fiscan coined the notion principle of equality of live chances, and according to this principle if we can predict with a high degree of accuracy, where individuals end up in the competition for preferred positions, merely by knowing, their race, class, gender and family background, then the conditions under which their motivations and talents have developed must be utterly unfair. Supporters of this principle believe that a person should not be able to enter a hospital ward of healthy newborn babies and predict with considerable accuracy where they will end up in life, simply by knowing their race, class, gender, family background, or the ecological areas where their parents reside. I repeat, for me, a rural ideal role model would be one who would use the bully pulpit to reinforce and promote the principle of equality of live chances.

MS. BUSETTE: Great. Thank you both. We’re going to take a few more questions. The gentleman in the back. The gentleman with the glasses and next to him the gentleman with the orange shirt.

MR. RAWLINS: Quincy Rawlins with the Institute for Educational Leadership here in Washington D.C. You’ve addressed this tangentially, but I wonder, it seems that this may be overly simplistic, by the flip side of extreme poverty seems to be extreme concentration of wealth. Not only in this country but obviously across the world, and I wonder if we can address any of the problems that you guys have talked about without directly addressing the concentration of wealth, and the fact that many corporations and super rich in this country are not paying their fair share of taxes in my view.

MS. BUSETTE: So, we have the gentleman in the glasses and the suit here, next to the gentleman with the orange T – shirt.

MR. COLLENBERG: Hi, Richard Collenberg with the Century Foundation. You both have talked about the effects of concentrated poverty, and I’m wondering what you would advocate in terms of public policy, and I’ll throw out one idea that Bill and I have talked about a little bit. You know, in 1968, 50 years ago, we saw the passage of the Fair Housing Act and since then, racial segregation has declined to a similarity index of 79 to 59. So, a hundred would be pure segregation, zero would be perfectly integrated. Meanwhile we’ve seen an increase in economic segregation, and I’m wondering what you all would think about an Economic Fair Housing Act that would go after the issue of concentrated poverty by addressing the discrimination that goes on in terms of exclusionary zoning, where certain neighborhoods are basically off limits for working class people because of apartment buildings or townhouses aren’t allowed to be built there.

MS. BUSETTE: Thank you.

MR. ASHANAGA: Michael Ashanaga Trans Union. Mr. Vance, you’ve put forward several different roads out of poverty. You know, better education, cultural change, job training, cheaper colleges I guess. But the problem is I see that that does not create jobs. That just creates competition for jobs, so at the end of the day, even if everyone is well educated, wouldn’t there still be a lot of poverty?

MS. BUSETTE: Okay, so we have our question on the concentration of wealth in the U.S., a question about an economic fair housing kind of policy to address concentrated poverty, and then finally, whether the policy prescriptions around creating a better and more educated — more skilled and education workforce actually addresses the true cause of poverty.

MR. WILSON: Let me just say that addressing the problem of concentration of wealth and inequality, that is a major problem that we have to confront. I would say yes, we have to deal with that problem. That has to be high on our agenda, on the public agenda. That’s all I want to say about that, because we could go on and on talking about that. Addressing the question of increase in economic segregation. People don’t realize that racial segregation is on the decline, while economic segregation is a segregation of families by income is on the increase. So yes, I would support your proposal of dealing with exclusivity zoning. Say a little bit more about that. I mean, you just probably said I’ll bet piece on that so we (laughter).

MR. COLLENBERG: Well the basic notion is that you know, here we had some success through a legal policy The Fair Housing Act where we’ve seen this decline in racial segregation, and yet what replaced kind of the old racial zoning from the 1920’s has been economic zoning, and so, it seems to me, that just as it should be shameful to exclude people from entire neighborhoods based on race, it ought to be as concerning to us in our culture and in our policy to have laws that in essence are excluding people based on class. In Montgomery County Maryland where I live, there is an alternative to that policy. It’s called Inclusionary Zoning, where the notion was that if people are good enough to, you know, take care of resident’s kids, if they’re able to teach the children, if they’re able to take care of the lawns, they ought to be good enough to live in these communities as well.

MR. WILSON: That’s why I wanted to give you the floor Rick (laughter).

MS. BUSETTE: Thank you very much. So, J.D., did you want to address any of these questions around concentrated poverty, the Economic Fair Housing kind of Act —

MR. VANCE: Sure.

MS. BUSETTE: — and creating a better skilled and you know, more education workforce, but whether or not that addresses the true cause of poverty in the US.

MR. VANCE: So, on the inequality and concentration wealth, the top thing, I’ll say this one area where I actually think conservative senator Mike Leaf from Utah has had some really, really, interesting ideas. One of the tax reform proposals Senator Leaf has advocated for is actually setting the capital taxation rate at the same rate as the ordinary income rate. Because that’s what’s really driving this difference, right. It’s not ordinary income earners. It’s not salaried professionals. Those Richard Reeve says that’s a problem. It’s primarily actually that folks in the global economy, especially the ultra-elite, folks in the global economy have achieved some sort of economic lift off from the rest of the country and I think that in light of that, it doesn’t make a ton of sense that we continue to have the taxation policy that we do. Frankly, that’s one of the reasons why I am sort of so conflicted about President Trump because I think in some ways instinctively at least the President recognizes this, but we’ll see what actually happens with tax reform over the next few months. The question about job competition is absolutely correct. You can’t just have a better educated workforce but hold the number of workers constant. At the same time, I do think there’s a bit of a chicken and egg problem here right because you know, while the skills gap is overplayed and while it violates all of these rules of Econ 101, one of the things you hear pretty consistently from folks who would l ike to expand, would like to hire more, would like to produce more, is that there are real labor force constraints, especially in what might be called non-cognitive skills, right; and this is a thing that you hear a lot. In my home state if you really want to hire more, and you really want to produce more, and sell more, then the problem is the opioid epidemic has effectively thinned the pool of people who were even able to work. So, I do think that productivity is really important, but I also think that we tend to think of these things in too mathematical and sort of hyper-rational ways, but part of the reason productivity is held back, is because we have real problems in the labor market, and if you fix one, you could help another, and they may create a virtuous cycle.

MS. BUSETTE: Thank you both …

Voir encore:

What Hillbilly Elegy Reveals About Trump and America

Mona Charen

July 28, 2016

A harrowing portrait of the plight of the white working class J. D. Vance’s new book Hillbilly Elegy: A Memoir of a Family and a Culture in Crisis couldn’t have been better timed. For the past year, as Donald Trump has defied political gravity to seize the Republican nomination and transform American politics, those who are repelled by Trump have been accused of insensitivity to the concerns of the white working class. For Trump skeptics, this charge seems to come from left field, and I use that term advisedly. By declaring that a particular class and race has been “ignored” or “neglected,” the Right (or better “right”) has taken a momentous step in the Left’s direction. With the ease of a thrown switch, people once considered conservative have embraced the kind of interest-group politics they only yesterday rejected as a matter of principle. It was the Democrats who urged specific payoffs, er, policies to aid this or that constituency. Conservatives wanted government to withdraw from the redistribution and favor-conferring business to the greatest possible degree. If this was imperfectly achieved, it was still the goal — because it was just. Using government to benefit some groups comes at the expense of all. While not inevitably corrupt, the whole transactional nature of the business does easily tend toward corruption.

Conservatives and Republicans understood, or seemed to, that in many cases, when government confers a benefit on one party, say sugar producers, in the form of a tariff on imported sugar, there’s a problem of concentrated benefits (sugar producers get a windfall) and dispersed costs (everyone pays more for sugar, but only a bit more, so they never complain). In the realm of race, sex, and class, the pandering to groups goes beyond bad economics and government waste — and even beyond the injustice of fleecing those who work to support those who choose not to — and into the dangerous territory of pitting Americans against one another. Democrats have mastered the art of sowing discord to reap votes. Powered by Now they have company in the Trumpites.

Like Democrats who encourage their target constituencies to nurse grievances against “greedy” corporations, banks, Republicans, and government for their problems, Trump now encourages his voters to blame Mexicans, the Chinese, a “rigged system,” or stupid leaders for theirs. The problems of the white working class should concern every public-spirited American not because they’ve been forgotten or taken for granted — even those terms strike a false note for me — but because they are fellow Americans. How would one adjust public policy to benefit the white working class and not blacks, Hispanics, and others? How would that work? And who would shamelessly support policies based on tribal or regional loyalties and not the general welfare?

As someone who has written — perhaps to the point of dull repetition — about the necessity for Republicans to focus less on entrepreneurs (as important as they are) and more on wage earners; as someone who has stressed the need for family-focused tax reform; as someone who has advocated education innovations that would reach beyond the traditional college customers and make education and training easier to obtain for struggling Americans; as someone who trumpeted the Reformicon proposals developed by a group of conservative intellectuals affiliated with the American Enterprise Institute and the Ethics and Public Policy Center; and finally, as someone who has shouted herself hoarse about the key role that family disintegration plays in many of our most pressing national problems, I cannot quite believe that I stand accused of indifference to the white working class.

I said that Hillbilly Elegy could not have been better timed, and yes, that’s in part because it paints a picture of Americans who are certainly a key Trump constituency. Though the name Donald Trump is never mentioned, there is no doubt in the reader’s mind that the people who populate this book would be enthusiastic Trumpites. But the book is far deeper than an explanation of the Trump phenomenon (which it doesn’t, by the way, claim to be). It’s a harrowing portrait of much that has gone wrong in America over the past two generations. It’s Charles Murray’s “Fishtown” told in the first person. The community into which Vance was born — working-class whites from Kentucky (though transplanted to Ohio) — is more given over to drug abuse, welfare dependency, indifference to work, and utter hopelessness than statistics can fully convey. Vance’s mother was an addict who discarded husbands and boyfriends like Dixie cups, dragging her two children through endless screaming matches, bone-chilling threats, thrown plates and worse violence, and dizzying disorder. Every lapse was followed by abject apologies — and then the pattern repeated. His father gave him up for adoption (though that story is complicated), and social services would have removed him from his family entirely if he had not lied to a judge to avoid being parted from his grandmother, who provided the only stable presence in his life.

Vance writes of his family and friends: “Nearly every person you will read about is deeply flawed. Some have tried to murder other people, and a few were successful. Some have abused their children, physically or emotionally.” His grandmother, the most vivid character in his tale (and, despite everything, a heroine) is as foul-mouthed as Tony Soprano and nearly as dangerous. She was the sort of woman who threatened to shoot strangers who placed a foot on her porch and meant it. Vance was battered and bruised by this rough start, but a combination of intellectual gifts — after a stint in the Marines he sailed through Ohio State in two years and then graduated from Yale Law — and the steady love of his grandparents helped him to leapfrog into America’s elite.

This book is a memoir but also contains the sharp and unsentimental insights of a born sociologist. As André Malraux said to Whittaker Chambers under very different circumstances in 1952: “You have not come back from Hell with empty hands.” The troubles Vance depicts among the white working class, or at least that portion he calls “hillbillies,” are quite familiar to those who’ve followed the pathologies of the black poor, or Native Americans living on reservations. Disorganized family lives, multiple romantic partners, domestic violence and abuse, loose attachment to work, and drug and alcohol abuse. Children suffer from “Mountain Dew” mouth — severe tooth decay and loss because parents give their children, sometimes even infants with bottles, sugary sodas and fail to teach proper dental hygiene.

“People talk about hard work all the time in places like Middletown [Ohio],” Vance writes. “You can walk through a town where 30 percent of the young men work fewer than 20 hours a week and find not a single person aware of his own laziness.” He worked in a floor-tile warehouse and witnessed the sort of shirking that is commonplace. One guy, I’ll call him Bob, joined the tile warehouse just a few months before I did. Bob was 19 with a pregnant girlfriend. The manager kindly offered the girlfriend a clerical position answering phones. Both of them were terrible workers. The girlfriend missed about every third day of work and never gave advance notice. Though warned to change her habits repeatedly, the girlfriend lasted no more than a few months. Bob missed work about once a week, and he was chronically late. On top of that, he often took three or four daily bathroom breaks, each over half an hour. . . . Eventually, Bob . . . was fired. When it happened, he lashed out at his manager: ‘How could you do this to me? Don’t you know I’ve a pregnant girlfriend?’ And he was not alone. . . . A young man with every reason to work . . . carelessly tossing aside a good job with excellent health insurance. More troublingly, when it was all over, he thought something had been done to him. The addiction, domestic violence, poverty, and ill health that plague these communities might be salved to some degree by active and vibrant churches.

But as Vance notes, the attachment to church, like the attachment to work, is severely frayed. People say they are Christians. They even tell pollsters they attend church weekly. But “in the middle of the Bible belt, active church attendance is actually quite low.” After years of alcoholism, Vance’s biological father did join a serious church, and while Vance was skeptical about the church’s theology, he notes that membership did transform his father from a wastrel into a responsible father and husband to his new family. Teenaged Vance did a stint as a check-out clerk at a supermarket and kept his social-scientist eye peeled: I also learned how people gamed the welfare system. They’d buy two dozen packs of soda with food stamps and then sell them at a discount for cash. They’d ring up their orders separately, buying food with the food stamps, and beer, wine, and cigarettes with cash. They’d regularly go through the checkout line speaking on their cell phones. I could never understand why our lives felt like a struggle while those living off of government largesse enjoyed trinkets that I only dreamed about. . . . Perhaps if the schools were better, they would offer children from struggling families the leg up they so desperately need?

Vance is unconvinced. The schools he attended were adequate, if not good, he recalls. But there were many times in his early life when his home was so chaotic — when he was kept awake all night by terrifying fights between his mother and her latest live-in boyfriend, for example — that he could not concentrate in school at all. For a while, he and his older sister lived by themselves while his mother underwent a stint in rehab. They concealed this embarrassing situation as best they could. But they were children. Alone. A teacher at his Ohio high school summed up the expectations imposed on teachers this way: “They want us to be shepherds to these kids. But no one wants to talk about the fact that many of them are raised by wolves.”

Hillbilly Elegy is an honest look at the dysfunction that afflicts too many working-class Americans. But despite the foregoing, it isn’t an indictment. Vance loves his family and admires some of its strengths. Among these are fierce patriotism, loyalty, and toughness. But even regarding patriotism (his grandmother’s “two gods” were Jesus Christ and the United States of America), this former Marine strikes a melancholy note. His family and community have lost their heroes. We loved the military but had no George S. Patton figure in the modern army. . . . The space program, long a source of pride, had gone the way of the dodo, and with it the celebrity astronauts. Nothing united us with the core fabric of American society. Conspiracy theories abound in Appalachia. People do not believe anything the press reports: “We can’t trust the evening news. We can’t trust our politicians. Our universities, the gateway to a better life, are rigged against us. We can’t get jobs.”

Conspiracy theories abound in Appalachia. Sound familiar? The white working class has followed the black underclass and Native Americans not just into family disintegration, addiction, and other pathologies, but also perhaps into the most important self-sabotage of all, the crippling delusion that they cannot improve their lot by their own effort. This is where the rise of Trump becomes both understandable and deeply destructive. He ratifies every conspiracy theory in circulation and adds new ones. He encourages the tribal grievances of the white working class and promises that salvation will come — not through their own agency and sensible government reforms — but only through his head-knocking leadership. He calls this greatness, but it’s the exact reverse. A great people does not turn to a strongman.

The American character has been corrupted by multiple generations of government dependency and the loss of bourgeois virtues like self-control, delayed gratification, family stability, thrift, and industriousness. Vance has risen out of chaos to the heights of stability, success, and happiness. He is fundamentally optimistic about the chances for the nation to do the same. Whether his optimism is justified or not is unknowable, but his brilliant book is a signal flashing danger.

— Mona Charen is a senior fellow at the Ethics and Public Policy Center.

Voir enfin:

Hillbilly sellout: The politics of J. D. Vance’s “Hillbilly Elegy” are already being used to gut the working poor

Conservatives and the media treated Vance’s memoir like « Poor People for Dummies. » Watch his damaging rhetoric work

When Republican Representative Jason Chaffetz took to the airwaves Tuesday to defend his party’s flailing Affordable Care Act replacement plan, he told CNN, “Americans have choices … so, maybe, rather than getting that new iPhone that they just love, and they want to go spend hundreds of dollars on that, maybe they should invest in their own healthcare.” Pushback was swift as many were quick to point out the Congressman was equating a $700 phone to healthcare costs that can often spiral into six figures, but some were equally shocked by the callousness of his remarks.

Was Chaffetz insinuating that the poor would rather spend money on frivolous things than their own self-care?

To people like myself, who grew up poor, this criticism is certainly nothing new. In conversations with Republicans about the challenges facing my working-class family, I’ve gotten used to being asked how many TVs my parents own, or what kind of cars they drive. At the heart of those questions is a lurking assumption that Chaffetz brought into the light: Maybe the poor deserve their lot in life.

This philosophy, while absurd on its face, effectively cripples any momentum toward helping suffering populations and is an old favorite of the Republican Party. It’s the same reasoning that led Ronald Reagan to decry “welfare queens” and Fox News to continually criticize people on assistance for buying shrimp, soft drinks, “junk food,” and crab legs. It gives those disinclined to part with their own money an excuse not to feel guilty about their own greed.

To further quell their culpability and show that the American Dream still functions as advertised, conservatives are fond of trotting out success stories — people who prove that pulling one’s self up by one’s bootstraps is still a possibility and, by extension, that those who don’t succeed must own their shortcomings. Lately, the right has found nobody more useful, both during the presidential election and after, than their modern-day Horatio Alger spokesperson, J. D. Vance, whose bestselling book “Hillbilly Elegy” chronicled his journey from Appalachia to the hallowed halls of the Ivy League, while championing the hard work necessary to overcome the pitfalls of poverty.
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Traditionally this would’ve been a Fox News kind of book — the network featured an excerpt on their site that focused on Vance’s introduction to “elite culture” during his time at Yale — but Vance’s glorified self-help tome was also forwarded by networks and pundits desperate to understand the Donald Trump phenomenon, and the author was essentially transformed into Privileged America’s Sherpa into the ravages of Post-Recession U.S.A.

Trumpeted as a glimpse into an America elites have neglected for years, I first read “Hillbilly Elegy” with hope. I’d been told this might be the book that finally shed light on problems that’d been killing my family for generations. I’d watched my grandparents and parents, all of them factory workers, suffer backbreaking labor and then be virtually forgotten by the political establishment until the GOP needed their vote and stoked their social and racial anxieties to turn them into political pawns.

In the beginning, I felt a kinship to Vance. His dysfunctional childhood looked a lot like my own. There was substance abuse. Knockdown, drag-out fights. A feeling that people just couldn’t get ahead no matter what they did.

And then the narrative took a turn.

Due to references he downplays, not to mention his middle-class grandmother’s shielding and encouragement, Vance was able to lift himself out of the despair of impoverishment and escaped to Yale and eventually Silicon Valley, where he was able to look back on his upbringing with a new perspective.

“Whenever people ask me what I’d most like to change about the white working class,” he writes, “I say, ‘the feeling that our choices don’t matter.’”

The thesis at the heart of “Hillbilly Elegy” is that anybody who isn’t able to escape the working class is essentially at fault. Sure, there’s a culture of fatalism and “learned helplessness,” but the onus falls on the individual.

As Vance writes: “I’ve seen far too many people awash in genuine desire to change only to lose their mettle when they realized just how difficult change actually is.”

Oh, the working class and their aversion to difficulty.

If only they, like Vance, could take the challenge head on and rise above their circumstances. If only they, like Vance, weren’t so worried about material things like iPhones or the “giant TVs and iPads” the author says his people buy for themselves instead of saving for the future.

This generalization is not the only problematic oversimplification in Vance’s book — he totally discounts the role racism played in the white working class’s opposition to President Obama and says, instead, it was because Obama dressed well, was a good father, and because Michelle Obama advocated eating healthy food — but it would be hard to understate what role Vance has played in reinvigorating the conservative bootstraps narrative for a new generation and, thus, emboldening Republican ideology.

To Vance’s credit, he has been critical of Donald Trump, calling the working class’s support of the billionaire a result of a “false sense of purpose,” but Vance’s portrait of poor Americans is alarmingly in lockstep with the philosophy of Republicans who are shamefully using Trump’s presidency to forward their own agenda of economic warfare. Certainly Jason Chaffetz’s comments are fueled by the same low opinion of the poor as Vance’s, as is Speaker of the House Paul Ryan’s legislative agenda, which is focused on disabling the social safety net.

Though Vance’s name doesn’t appear in the Republican ACA replacement bill, the philosophy at the heart of it is certainly in tune. While the proposed bill would cost millions of Americans their access to care — Vance himself tweeted a link Tuesday to a Forbes article that stated as much while lauding the legislation — it makes sure to benefit the wealthy, gives a tax break to insurance CEOs and moves the focus of health care in America to an age-based model instead of income.

The message is loud and clear: Help is on the way, but only to those who “deserve” it.

And how does one deserve it?

By working hard. And the only metric to show that one has worked sufficiently hard enough is to look at their income, at how successful they are, because, in Vance’s and the Republican’s America, the only one to blame if you’re not wealthy is yourself. Never mind how legislation like this healthcare bill, cuts in education funding, continued decreases in after-school and school lunch programs, not to mention a lack of access to mental health care or career counseling, disadvantages the poor.

Of the problems facing working-class America, Vance writes in “Hillbilly Elegy,” “There is no government that can fix these problems for us.”

And, at least partially, one has to agree.

There is no government that can fix these problems, or at least, no government we have now.

Jared Yates Sexton is an Assistant Professor of Creative Writing. His campaign book « The People Are Going To Rise Like The Waters Upon Your Shore » is out now from Counterpoint Press.

Voir enfin:

J.D. Vance, the False Prophet of Blue America

The bestselling author of « Hillbilly Elegy » has emerged as the liberal media’s favorite white trash–splainer. But he is offering all the wrong lessons.

J.D. Vance is the man of the hour, maybe the year. His memoir Hillbilly Elegy is a New York Times bestseller, acclaimed for its colorful and at times moving account of life in a dysfunctional clan of eastern Kentucky natives. It has received positive reviews across the board, with the Times calling it “a compassionate, discerning sociological analysis of the white underclass.” In the rise of Donald Trump, it has become a kind of Rosetta Stone for blue America to interpret that most mysterious of species: the economically precarious white voter.

Vance’s influence has been everywhere this campaign season, shaping our conception of what motivates these voters. And it is already playing a role in how liberals are responding to Donald Trump’s victory in the presidential election, which was accomplished in part by a defection of downscale whites from the Democratic Party. Appalachia overwhelmingly voted for Trump, and Vance has since emerged as one of the media’s favorite Trump explainers. The problem is that he is a flawed guide to this world, and there is a danger that Democrats are learning all the wrong lessons from the election.

Elegy is little more than a list of myths about welfare queens repackaged as a primer on the white working class. Vance’s central argument is that hillbillies themselves are to blame for their troubles. “Our religion has changed,” he laments, to a version “heavy on emotional rhetoric” and “light on the kind of social support” that he needed as a child. He also faults “a peculiar crisis of masculinity.” This brave new world, in sore need of that old time religion and manly men, is apparently to blame for everything from his mother’s drug addiction to the region’s economic crisis.

“We spend our way to the poorhouse,” he writes. “We buy giant TVs and iPads. Our children wear nice clothes thanks to high-interest credit cards and payday loans. We purchase homes we don’t need, refinance them for more spending money, and declare bankruptcy, often leaving them full of garbage in our wake. Thrift is inimical to our being.”

And he isn’t interested in government solutions. All hillbillies need to do is work hard, maybe do a stint in the military, and they can end up at Yale Law School like he did. “Public policy can help,” he writes, “but there is no government that can fix these problems for us … it starts when we stop blaming Obama or Bush or faceless companies and ask ourselves what we can do to make things better.”

Set aside the anti-government bromides that could have been ripped from a random page of National Review, where Vance is a regular contributor. There is a more sinister thesis at work here, one that dovetails with many liberal views of Appalachia and its problems. Vance assures readers that an emphasis on Appalachia’s economic insecurity is “incomplete” without a critical examination of its culture. His great takeaway from life in America’s underclass is: Pull up those bootstraps. Don’t question elites. Don’t ask if they erred by granting people mortgages and lines of credit they couldn’t afford to repay. Don’t call it what it is—corporate deception—or admit that it plunged this country into one of the worst economic crises it’s ever experienced.

No wonder Peter Thiel, the almost comically evil Silicon Valley libertarian, endorsed the book. (Vance also works for Thiel’s Mithril Capital Management.) The question is why so many liberals are doing the same.


In many ways, I should appreciate Elegy. I grew up poor on the border of southwest Virginia and east Tennessee. My parents are the sort of god-fearing hard workers that conservatives like Vance fetishize. I attended an out-of-state Christian college thanks to scholarships, and had to raise money to even buy a plane ticket to attend grad school. My rare genetic disease didn’t get diagnosed until I was 21 because I lacked consistent access to health care. I’m one of the few members of my high school class who earned a bachelor’s degree, one of the fewer still who earned a master’s degree, and one of maybe three or four who left the area for good.

But unlike Vance, I look at my home and see a region abandoned by the government elected to serve it. My public high school didn’t have enough textbooks and half our science lab equipment didn’t work. Some of my classmates did not have enough to eat; others wore the same clothes every day. Sometimes this happened because their addict parents spent money on drugs. But the state was no help here either. Its solution to our opioid epidemic has been incarceration, not rehabilitation. Addicts with additional psychiatric conditions are particularly vulnerable. There aren’t enough beds in psychiatric hospitals to serve the region—the same reason Virginia State Sen. Creigh Deeds (D) nearly died at the hands of his mentally ill son in 2013.

And then there is welfare. In Elegy, Vance complains about hillbillies who he believes purchased cellphones with welfare funds. But data makes it clear that our current welfare system is too limited to lift depressed regions out of poverty.

Kathryn Edin and H. Luke Shaefer reported earlier this year that the number of families surviving on $2 a day grew by 130 percent between 1996 and 2011. Blacks and Latinos are still disproportionately more likely to live under the poverty line, but predominately white Appalachia hasn’t been spared the scourge either. And while Obamacare has significantly reduced the number of uninsured Americans, its premiums are still often expensive and are set to rise. Organizations like Remote Access Medical (RAM) have been forced to make up the difference: Back home, people start lining up at 4 a.m. for a chance to access RAM’s free healthcare clinics. From 2007 to 2011, the lifespans of eastern Kentucky women declined by 13 months even as they rose for women in the rest of the country.

According to the Economic Innovation Group, my home congressional district—Virginia’s Ninth—is one of the poorest in the country. Fifty-one percent of adults are unemployed; 19 percent lack a high school diploma. EIG estimates that fully half of its 722,810 residents are in economic distress.

As I noted in Scalawag earlier this year, the Ninth is not an outlier for the region. On EIG’s interactive map, central Appalachia is a sea of distress. If you are born where I grew up, you have to travel hundreds of miles to find a prosperous America. How do you get off the dole when there’s not enough work to go around? Frequently, you don’t. Until you lose your benefits entirely: The Temporary Assistance for Needy Families program (TANF), passed by Bill Clinton and supported by Hillary Clinton, boots parents off welfare if they’re out of work.


At various points in this election cycle, liberal journalists have sounded quite a bit like Vance. “‘Economic anxiety’ as a campaign issue has always been a red herring,” Kevin Drum declared in Mother Jones. “If you want to get to the root of this white anxiety, you have to go to its roots. It’s cultural, not economic.”

At Vox, Dylan Matthews argued that while Trump voters deserved to be taken seriously, most were actually fairly well-off, with a median household income of $72,000. The influence of economic anxiety, he concluded, had been exaggerated.

Neither Drum or Matthews accounted for regional disparities in white poverty rates, and they failed to anticipate how those disparities would impact the election. Trump supporters were wealthier than Clinton supporters overall, but Trump’s victories in battleground states like Wisconsin, Michigan, and Ohio correlated to high foreclosure rates. In Pennsylvania, Wisconsin, and Michigan, Trump outperformed Mitt Romney with the white working class and flipped certain strategic counties red.

But Matthews was right in at least one sense: Trump Country has always been bigger than Appalachia and the white working class itself. You just wouldn’t know this from reading the news.

In March, Trump won nearly 70 percent of the Republican primary vote in Virginia’s Buchanan County. At the time, it was his widest margin of victory, and no one seemed surprised that this deeply conservative and impoverished pocket in southwest Virginia’s coal country handed him such decisive success. And no one seemed to realize Buchanan County had once been a Democratic stronghold.

A glossy Wall Street Journal package labeled it “The Place That Wants Donald Trump The Most” and promised readers that understanding Buchanan County was key to understanding the “source” of Trump’s popularity. The Financial Times profiled a local young man who fled this dystopia for the University of Virginia; it titled the piece “The Boy Who Escaped Trump Country.” And then there was Bloomberg View: “Coal County is Desperate for Donald Trump.” (The same piece said the county seat, Grundy, “looks as if it fell into a crevice and got stuck.”)

And then Staten Island went to the polls. A full 82 percent of Staten Island Republicans voted to give Trump the party’s nomination, wresting the title of Trumpiest County away from Buchanan. The two locations have little in common aside from Trump. Staten Island, population 472,621, is New York City’s wealthiest borough. Its median household income is $70,295, a figure not far off from the figure Matthews cites as the median income of the average Trump supporter. Buchanan County, population 23,597, has a median household income of $27,328 and the highest unemployment rate in Virginia. Staten Island, then, tracks closer to the Trumpist norm, but it received a fraction of the coverage.

No one wrote escape narratives about Staten Island. Few plumbed the psyches of suburban Trumpists. And no one examined why Democratic Buchanan County had become Republican. Instead, the media class fixated on the spectacle of white trash Appalachia, with Vance as its representative-in-exile.


“A preoccupation with penalizing poor whites reveals an uneasy tension between what Americans are taught to think the country promises—the dream of upward mobility—and the less appealing truth that class barriers almost invariably make that dream unobtainable,” Nancy Isenberg wrote in the preface to her book White Trash. If the system worked for you, you’re not likely to blame it for the plight of poor whites. Far easier instead to believe that poor whites are poor because they deserve to be.

But now we see the consequences of this class blindness. The media and the establishment figures who run the Democratic Party both had a responsibility to properly identify and indict the system’s failures. They abdicated that responsibility. Donald Trump took it up—if not always in the form of policy, then in his burn-it-all-down posture.

No analysis of Trumpism is complete without a reckoning of its white supremacy and misogyny. Appalachia is, like so many other places, a deeply racist and sexist place. It is not a coincidence that Trumpist bastions, from Buchanan County to Staten Island, are predominately white, or that Trump rode a tide of xenophobia to power. Economic hardship isn’t unique to white members of the working class, either. Blacks, Latinos, and Natives occupy a far more precarious economic position overall. White supremacy is indeed the overarching theme of Trumpism.

But that doesn’t mean we should repeat the establishment failures of this election cycle and minimize the influence of economic precarity. Trump is a racist and a sexist, but his victory is not due only to racism or sexism any more than it is due only to classism: He still won white women and a number of counties that had voted for Obama twice. This is not a simple story, and it never really has been.

We don’t need to normalize Trumpism or empathize with white supremacy to reach these voters. They weren’t destined to vote for Trump; many were Democratic voters. They aren’t destined to stay loyal to him in the future. To win them back, we must address their material concerns, and we can do that without coddling their prejudices. After all, America’s most famous progressive populist—Bernie Sanders—won many of the counties Clinton lost to Trump.

There’s danger ahead if Democrats don’t act quickly. The Traditionalist Worker’s Party has already announced plans for an outreach push in greater Appalachia. The American Nazi Party promoted “free health care for the white working class” in literature it distributed in Missoula, Montana, last Friday. If Democrats have any hope of establishing themselves as the populist alternative to Trump, they can’t allow American Nazis to fall to their left on health care for any population.

By electing Trump, my community has condemned itself to further suffering. The lines for RAM will get longer. Our schools will get poorer and our children hungrier. It will be one catastrophic tragedy out of the many a Trump presidency will generate. So yes, be angry with the white working class’s political choices. I certainly am; home will never feel like home again.

But don’t emulate Vance in your rage. Give the white working class the progressive populism it needs to survive, and invest in the areas the Democratic Party has neglected. Remember that bootstraps are for people with boots. And elegies are no use to the living.

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Guerre des mémoires: Du passé faisons table rase (Airbrushing history: It’s social racism, stupid !)

13 septembre, 2017

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Etats-Unis : et maintenant, les statues de Christophe Colomb sèment la discordeInline image 7Inline image 4Inline image 9Inline image 14Inline image 6Inline image 3https://i2.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3b/Penny_Lane_road_sign,_Liverpool_-_geograph.org.uk_-_1772560.jpg
"Le Drapeau rouge sur le Reichstag", une photo-symbole savamment fabriquéeeglisesaIllustration by Ellie Foreman-Peck
Debout ! les damnés de la terre ! Debout ! les forçats de la faim ! La raison tonne en son cratère, C’est l’éruption de la fin. Du passé faisons table rase, Foule esclave, debout ! debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! C’est la lutte finale Groupons-nous, et demain, L’Internationale, Sera le genre humain. Eugène Pottier (1871)
And the Lord said unto Moses, Write this for a memorial in a book, and rehearse it in the ears of Joshua: for I will utterly put out the remembrance of Amalek from under heaven. Exodus 17: 14
To this day, The Bible is the only ancient source that attests the existence of the Amalekites, and no other archaeological or epigraphic evidence of their existence has been found. Wikipedia
Do not look upon him. He is a traitor to the Pharaoh. Let the name of Moses be stricken from every book and tablet… stricken from all pylons and obelisks, stricken from every monument of Egypt. Let the name of… Moses be unheard and unspoken, erased from the memory of men. King Seti (The ten commandments, Cecil B. De Mille, 1956)
Te rends-tu compte que le passé a été aboli jusqu’à hier ? S’il survit quelque part, c’est dans quelques objets auxquels n’est attaché aucun mot, comme ce bloc de verre sur la table. Déjà, nous ne savons littéralement presque rien de la Révolution et des années qui la précédèrent. Tous les documents ont été détruits ou falsifiés, tous les livres récrits, tous les tableaux repeints. Toutes les statues, les rues, les édifices, ont changé de nom, toutes les dates ont été modifiées. Et le processus continue tous les jours, à chaque minute. L’histoire s’est arrêtée. Rien n’existe qu’un présent éternel dans lequel le Parti a toujours raison. Je sais naturellement que le passé est falsifié, mais il me serait impossible de le prouver, alors même que j’ai personnellement procédé à la falsification. La chose faite, aucune preuve ne subsiste. La seule preuve est à l’intérieur de mon cerveau et je n’ai aucune certitude qu’un autre être humain quelconque partage mes souvenirs. De toute ma vie, il ne m’est arrivé qu’une seule fois de tenir la preuve réelle et concrète. Des années après. Winston (1984, George Orwell)
Penny Lane is in my ears and in my eyes There beneath the blue suburban skies… Paul McCartney (1967)
The night they drove old Dixie down And all the bells were ringin’ (…) Back with my wife in Tennessee And one day she said to me, « Virgil, quick! Come see! There goes Robert E. Lee. » Now I don’t mind, I’m chopping wood And I don’t care if the money’s no good Just take what you need and leave the rest But they should never have taken the very best. Robbie Robertson (reprise par Joan Baez)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie. G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Si on change les noms, c’est comme si il ne s’était rien passé: il n’y a plus de preuves alors les gens oublient. Eric Lynch (spécialiste de la traite de Liverpool)
Christiane Taubira déclare sans ambages qu’il ne faut pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane pour que les « jeunes Arabes » « ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes. Ces logiques communautaires influent aussi sur le projet mémoriel La Route de l’esclave, décidé en 1993 par l’Unesco: Roger Botte, chercheur au Centre d’études africaines du CNRS, constate qu’il privilégie également la traite transatlantique du fait de «la pression des représentants du monde arabe et des Etats africains». Eric Conan (L’Express, 2006)
Je rêve de voir les Blancs, les Arabes et les Asiatiques s’organiser pour défendre leur identité propre. Nous combattons tous ces macaques qui trahissent leurs origines, de Stéphane Pocrain à Christiane Taubira en passant par Mouloud Aounit. […] Les nationalistes sont les seuls Blancs que j’aime. Ils ne veulent pas de nous et nous ne voulons pas d’eux. […] Parce qu’il y aurait eu la Shoah, je n’ai rien le droit de dire sur mon oppresseur sioniste ? Stellio Capochichi (alias Kemi Seba)
 Les sionistes sont les nazis du XXIe siècle. […] Ce qui se passe aujourd’hui en Palestine est mille fois pire que la Shoah. […] Nous abattrons les sionistes, nous abattrons l’impérialisme. […] Que tous les sionistes sur Paris sachent qu’ils ne dormiront plus tranquilles. À mort Israël ! À mort les sionistes ! Stellio Capochichi (alias Kemi Seba)
Les institutions internationales comme la Banque Mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) ou l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sont « tenus par les sionistes qui imposent à l’Afrique et à sa diaspora des conditions de vie tellement excrémentielles que le camp de concentration d’Auschwitz peut paraître comme un paradis sur terre ». Stellio Capochichi (alias Kemi Seba)
Incontestablement, Donald Trump n’a pas su élever son discours et s’adresser à toute l’Amérique. Parce qu’il n’est pas un politicien orthodoxe, il n’a pas perçu la dimension symbolique de ces événements et ce qu’elle exigeait de lui. En revanche, quand il pointe des violences du côté de l’extrême droite mais aussi de l’ alt-left, cela me semble un constat difficilement récusable. Il y a bien une alt-left, violente ou agressive, et en tout cas très intolérante. Cela va des Antifa à Black Lives Matter et d’autres groupuscules qui occupent, notamment dans la rue, le vide laissé par un Parti démocrate en pleine crise depuis la défaite de Hillary Clinton. Ceux-là tirent tous les débats qui agitent une société américaine très divisée vers un affrontement entre pro- et anti-Trump. Jean-Eric Branaa (Paris-II)
Le bon sens a été emporté par le vent dans ma ville natale de Memphis. Todd Starnes
Notre intention n’a jamais été de choquer. Nous évitons l’utilisation de symboles religieux sur nos emballages pour maintenir la neutralité dans toutes les religions. Si cela a été perçu différemment, nous présentons nos excuses aux personnes qui ont pu être choquées. Groupe Lidl
Des avocats de l’ACLU, l’union américaine pour les libertés civiles (..) ont aidé le suprémaciste blanc Jason Kessler à organiser une manifestation dans le centre de Charlottesville.(…) A la fin des années 1970, l’ACLU avait en effet pris la décision controversée de défendre un groupe néonazi qui voulait défiler à Skokie, une banlieue de Chicago où vivaient de nombreux rescapés des camps de concentration. (…) Dans le cas de Charlottesville, afin de limiter les violences potentielles, les autorités municipales voulaient que la marche pour le maintien de la statue du général sudiste Robert E. Lee ait lieu dans un grand parc un peu à l’écart. Le nationaliste blanc Jason Kessler a fait un procès à la ville et ce sont des avocats de l’ACLU qui l’ont gratuitement aidé à obtenir le droit de faire venir les manifestants – avec leurs torches, drapeaux confédérés, armes, croix grammées et slogans nazis – dans le centre ville. Du point de vue de l’ACLU, le gouvernement utilisait le prétexte de la menace de violence pour marginaliser des opinions peu populaires. En accord avec l’ACLU, le juge a statué qu’il n’était pas constitutionnel pour la ville de limiter le permis de manifester des nationalistes blancs juste parce que les autorités étaient en désaccord avec leurs idées. (…) Cette position demeure pourtant controversée. Après le meurtre de la manifestante Heather Heyer le 12 août, tuée par un sympathisant néonazi qui lui a foncé dessus en voiture, plusieurs membres de l’organisation ont démissionné (…) et des branches locales de l’ACLU ont critiqué la position de la direction. (…) Des porte-paroles de l’ACLU ont commencé par défendre leurs actions dans ce dossier, expliquant que la police n’avait pas bien fait son travail, et que l’ACLU n’était pas responsable du fait qu’en Virginie, il est légal de porter une arme visible. Mais quelques jours après dans une interview pour le Wall Street Journal, le directeur Anthony Romero a changé de cap (…) Pour le politologue Erik Bleich, il s’agit d’une décision importante dans la mesure où l’organisation accepte de prendre en compte le contexte actuel – le fait que les manifestants néonazis puissent être légalement armés dans certains Etats, ce qui n’était pas le cas dans les années 1970  – pour nuancer leur défense absolutiste de la liberté d’expression. (…) Dans Politico, deux défenseurs du premier amendement écrivent que le meilleur moyen de lutter contre les racistes n’est pas la censure et les lois qui pénalisent les discours de haine, comme en Europe, mais la confrontation d’idées dans le débat public. Ils notent que l’antisémitisme est plus prégnant en Europe  qu’aux Etats-Unis, malgré les lois européennes contre l’antisémitisme et le négationnisme.  Slate
George Washington possédait des esclaves (…). Est-ce qu’on va enlever ses statues? Et Thomas Jefferson? Est-ce qu’on va enlever ses statues? Il possédait beaucoup d’esclaves. Donald Trump
Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de ses origines, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, ils peuvent apprendre à aimer car l’amour jaillit plus naturellement du cœur humain que son opposé. Nelson Mandela (retweeté par Barack Hussein Obama, 13.08. 2017)
J’ai regardé de très près, de beaucoup plus près que la plupart des gens. Vous aviez un groupe d’un côté qui était agressif. Et vous aviez un groupe de l’autre côté qui était aussi très violent. Personne ne veut le dire. Que dire de l’“alt-left” qui a attaqué l’“alt-right” comme vous dites ? N’ont-ils pas une part de responsabilité ? Ont-ils un problème ? Je pense que oui. J’ai condamné les néonazis. Mais tous les gens qui étaient là-bas n’étaient pas des néonazis ou des suprémacistes blancs, tant s’en faut. Il y avait des gens très bien des deux côtés. Donald Trump (16.08.2017)
Alors que nos prières vont à Charlottesville, nous nous remémorons ces vérités fondamentales couchées dans la Déclaration d’indépendance par le plus éminent des citoyens de cette ville : ‘tous les hommes sont créés égaux; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables. » Nous savons que ces vérités sont éternelles parce que nous sommes les témoins de la décence et de la grandeur de notre pays. George H. Bush et George W. Bush (16.08.2017)
Aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie. Notre combat commun, hier comme aujourd’hui. #Charlottesville. Emmanuel Macron (17.08.2017)
Je pense que le problème des suprématistes blancs… il était évident qu’il s’agissait d’une attaque terroriste, a déclaré Morgana Wood. Et je pense que le président Donald Trump aurait dû faire une déclaration plus tôt reconnaissant ce fait, et faire en sorte que tous les Américains se sentent en sécurité dans leur pays, ce qui est le problème numéro un à l’heure actuelle. Margana Wood (Miss Texas, 11.09.2017)
Nelson (…) was what you would now call, without hesitation, a white supremacist. While many around him were denouncing slavery, Nelson was vigorously defending it. Britain’s best known naval hero – so idealised that after his death in 1805 he was compared to no less than “the God who made him” – used his seat in the House of Lords and his position of huge influence to perpetuate the tyranny, serial rape and exploitation organised by West Indian planters, some of whom he counted among his closest friends. It is figures like Nelson who immediately spring to mind when I hear the latest news of confederate statues being pulled down in the US. These memorials – more than 700 of which still stand in states including Virginia, Georgia and Texas – have always been the subject of offence and trauma for many African Americans, who rightly see them as glorifying the slavery and then segregation of their not so distant past. But when these statues begin to fulfil their intended purpose of energising white supremacist groups, the issue periodically attracts more mainstream interest. The reaction in Britain has been, as in the rest of the world, almost entirely condemnatory of neo-Nazis in the US and of its president for failing to denounce them. But when it comes to our own statues, things get a little awkward. The colonial and pro-slavery titans of British history are still memorialised: despite student protests, Oxford University’s statue of imperialist Cecil Rhodes has not been taken down; and Bristol still celebrates its notorious slaver Edward Colston. (…)  Britain has committed unquantifiable acts of cultural terrorism – tearing down statues and palaces, and erasing the historical memory of other great civilisations during an imperial era whose supposed greatness we are now, so ironically, very precious about preserving intact. And we knew what we were doing at the time. One detail that has always struck me is how, when the British destroyed the centuries-old Summer Palace in Beijing in 1860 and gave a little dog they’d stolen as a gift to Queen Victoria, she humorously named it “Looty”. This is one of the long list of things we are content to forget while sucking on the opium of “historical integrity” we claim our colonial statues represent. We have “moved on” from this era no more than the US has from its slavery and segregationist past. The difference is that America is now in the midst of frenzied debate on what to do about it, whereas Britain – in our inertia, arrogance and intellectual laziness – is not. The statues that remain are not being “put in their historical context”, as is often claimed. Take Nelson’s column. Yes, it does include the figure of a black sailor, cast in bronze in the bas-relief. He was probably one of the thousands of slaves promised freedom if they fought for the British military, only to be later left destitute, begging and homeless, on London’s streets when the war was over. But nothing about this “context” is accessible to the people who crane their necks in awe of Nelson. The black slaves whose brutalisation made Britain the global power it then was remain invisible, erased and unseen. Afua Hirsch
Avant que Libération ne publie son dossier du 23 août, la plupart des commentateurs français se sont contentés de dénoncer, à juste titre, l’attentat à Charlottesville, la statue du général Lee, les adeptes de la white supremacy, l’attitude du président Trump et le racisme américain en général (qui se maintient à un niveau très élevé, il est vrai), sans jamais voir la poutre dans l’œil de la France. Que dire de toutes ces rues qui portent des noms de négriers comme Balguerie et Gradis à Bordeaux (ville d’Alain Juppé), Grou et Leroy à Nantes (ville de Jean-Marc Ayrault), Masurier et Lecouvreur au Havre (ville d’Edouard Philippe) ? La plupart des maires des villes concernées affirment qu’il ne faut pas changer ces noms, car il convient, paraît-il, de conserver la trace des crimes commis. Mais les noms de rue ne servent pas à garder la mémoire des criminels, ils servent en général à garder la mémoire des héros et à les célébrer. C’est pour cela qu’il n’y a pas de rue Pétain en France. D’autres proposent que l’on conserve ces noms de rues, avec une petite explication. Mais même avec une mention expliquant sa vie, son œuvre, une «rue Pierre Laval, collabo» ne serait guère plus acceptable. C’est pour cela qu’il n’y en a pas non plus. Ce n’est donc pas une solution. Et si l’on veut vraiment transmettre la mémoire, pourquoi ne pas proposer plutôt des rues au nom de Toussaint Louverture, le héros haïtien, ou au nom de Champagney, ce village français dont les habitants prirent fait et cause pour les victimes de l’esclavage, pendant la Révolution ? Il faudrait donc se poser cette question : lequel des deux pays est le plus problématique, celui où il y a un conflit autour de la statue d’un général esclavagiste, ou celui où il y a à l’Assemblée nationale une statue de Colbert, une salle Colbert, une aile Colbert au ministère de l’Economie, des lycées Colbert (qui prétendent enseigner les valeurs républicaines), des dizaines de rues ou d’avenues Colbert, sans qu’il y ait le moindre conflit, la moindre gêne, le moindre embarras ? Et pourtant, Colbert est l’auteur du Code noir, celui qui a organisé en France ce crime contre l’humanité, et aussi le fondateur de la Compagnie des Indes occidentales, de sinistre mémoire. N’est-il pas choquant que personne (ou presque) ne soit choqué ? (…) Nous nous adressons ici aux Français qui, par des contorsions indignes, cherchent encore à justifier l’injustifiable : vos héros sont nos bourreaux. Dès lors, comment pourrons-nous vivre ensemble ? Il y a de nombreux Français, blancs ou noirs, qui ont lutté contre l’esclavage : pourquoi ne pas privilégier ceux-là ? N’y a-t-il pas un lien entre le piédestal où l’on met les esclavagistes et le mépris social que subissent les descendants d’esclaves ? Est-il normal que les territoires d’outre-mer, où l’esclavage a été perpétré, soient encore en 2017 les plus pauvres du pays tout entier ? Est-il normal qu’ils soient dominés, encore aujourd’hui, par les descendants des esclavagistes, qui ont été indemnisés en outre par la République après l’abolition ? Peut-on être à la fois la patrie des droits de l’homme, et la patrie des droits des esclavagistes ? Il y a quelques jours, Emmanuel Macron a affirmé qu’il était «aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie» à Charlottesville. Nous demandons à Emmanuel Macron d’être aussi aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie en France et de lancer une réflexion nationale sur la nécessité de remplacer ces noms et statues de la honte par des figures de personnalités noires, blanches ou autres ayant lutté contre l’esclavage et contre le racisme. (…) On ne peut pas être dans l’indignation face à Charlottesville et dans l’indifférence par rapport à la France par rapport à toutes statues, toutes ces rues, qui défigurent nos villes. Il faut décoloniser l’espace, il faut décoloniser les esprits, c’est aussi cela la réparation à laquelle nous appelons le Président. Louis-Georges Tin (Conseil représentatif des associations noires)
Washington possédait des esclaves, et ce dès l’âge de 11 ans, lorsqu’il hérita de son père. (…) A titre personnel, Washington acheta régulièrement des esclaves et en comptait 123 à la fin de son existence à Mount Vernon sur un total de 317, les autres étant propriété de sa femme Martha. Les témoignages divergent sur sa façon de les traiter. De même, sa volonté de les émanciper est très discutée. D’une part, Washington demanda dans son testament que ses esclaves soient libérés après la mort de Martha. D’autre part, il contournait la loi de Pennsylvanie qui déclarait les esclaves libres s’ils passaient plus de six mois avec leur propriétaire : le «grand George» leur fit régulièrement traverser les frontières de cet état afin de remettre les compteurs à zéro… De même, il rechercha un de ses anciens esclaves pour le rendre à son épouse, laquelle voulait l’offrir comme cadeau de mariage. Dans ses fonctions de président, George Washington ne fit rien pour rompre avec le système négrier. En 1793, il signa le Fugitive Act Slave qui autorisait la capture dans n’importe quel état d’un esclave en fuite. A la même époque, il apporta un soutien militaire à la France qui luttait à Saint-Domingue (actuelle Haïti) contre une révolte d’esclaves. Washington ne condamnait l’esclavage qu’en privé, comme auprès du marquis de La Fayette qui l’avait aidé pendant la guerre d’indépendance. (…) Après lui, plusieurs présidents américains furent propriétaires d’esclaves, jusqu’à Ulysses Grant (à la Maison Blanche de 1869 à 1877), dont Thomas Jefferson (1801-1809), qui totalisait 600 sujets et dénonça le «trafic international» sans interdire cette institution aux Etats-Unis. En outre, il fut établi en 1998 que Jefferson était le père de plusieurs enfants de l’une de ses esclaves, Sally Hemings. Lui qui n’hésitait pas à faire fouetter ses esclaves se plaignait de leur «puanteur» et refusait de les émanciper, par crainte d’un «métissage qui ouvrirait la voie à la dégénérescence» (…). Sur les dix-huit premiers présidents de l’histoire de ce pays, treize furent patrons d’esclaves dont huit pendant l’exercice de leurs fonctions. Libération
Débaptiser l’un des rares noms de lieu dédiés à la mémoire de Robespierre dans les grandes villes françaises serait, à notre sens, un signal politique et mémoriel antirépublicain. Quoi qu’on puisse penser de l’action politique de Robespierre (et les interprétations divergentes sont nombreuses, comme nous avons montré dans notre ouvrage (1)), il n’en reste pas moins qu’il a été l’inventeur de la devise « Liberté Égalité Fraternité » qui figure au fronton des édifices publics, qu’il a été (avec bien d’autres évidemment) un combattant infatigable de la démocratie, qu’il a défendu la citoyenneté des pauvres, des juifs, des « hommes de couleur » (comme on disait alors) dans les colonies et qu’il n’a cessé d’être la cible des attaques des royalistes, des anti-républicains et des réactionnaires de toutes sortes depuis deux siècles. Les accusations de « dictature » ou de responsabilité personnelle dans ce que l’on a appelé après sa mort la « Terreur » ont été — depuis fort longtemps — ruinées par la critique historique. Robespierre n’a jamais été le dictateur sanglant et paranoïaque de l’imagerie contre-révolutionnaire, il a été, en revanche, l’un des partisans les plus résolus de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et de la Première république, y compris dans le contexte difficile d’une guerre civile et extérieure. Ajoutons qu’il a été, dès 1790-1791, le porte-parole des patriotes marseillais en butte aux attaques des autorités aristocratiques locales (…) Et vous voudriez que ce défenseur de la Révolution des droits de l’homme et du citoyen, mais aussi de la ville de Marseille, disparaisse des noms de lieux et de places de la ville qui lui a décerné les plus grands éloges ? (…) La Révolution française ne doit pas disparaître de la mémoire marseillaise, nationale et universelle. Tribune d’historiens (2014)
La dénomination attribuée à une voie ou un édifice public doit être conforme à l’intérêt public local. À ce titre, l’attribution d’un nom à un espace public ne doit être ni de nature à provoquer des troubles à l’ordre public, ni à heurter la sensibilité des personnes, ni à porter atteinte à l’image de la ville ou du quartier concerné. Ministère de l’Intérieur français (août 2016)
Plutôt me couper le bras droit que de travailler ou exiger jamais le scrutin pour le nègre et non la femme. Susan B. Anthony
Knowledge of birth control is essentially moral. Its general, though prudent, practice must lead to a higher individuality and ultimately to a cleaner race. Birth control is nothing more or less than the facilitation of the process of weeding out the unfit, of preventing the birth of defectives or of those who will become defective. Margaret Sanger
Toutes les misères de ce monde sont imputables au fait que l’on permet aux irresponsables ignorants, illettrés et pauvres de se reproduire sans que nous ayons la moindre maîtrise sur leur fécondité. Margaret Sanger
Margaret Higgins Sanger (14 septembre 1879 – 6 septembre 1966) est une militante anarchiste américaine qui lutta pour la contraception et la liberté d’expression, ce qui l’amena à fonder l’American Birth Control League (ligue pour le contrôle des naissances), qui devient le planning familial américain sous le nom de Planned Parenthood. Initialement reçues avec beaucoup de résistances, ses idées qu’une femme puisse décider de quand et comment elle serait enceinte, gagnèrent peu à peu de l’audience, tant dans le public qu’auprès des tribunaux. Margaret Sanger a été un élément fondateur dans l’accès à la contraception et au contrôle des naissances. Sa défense de l’eugénisme négatif en fait une personnalité controversée. (…) Après un an d’exil en Europe pour échapper aux poursuites judiciaires, elle fonde en 1921 l’American Birth Control League (ligue américaine pour le contrôle des naissances), qui deviendra en 1942 le planning familial. Cependant les bases idéologiques de Margaret Sanger ont souvent été sévèrement critiquées. Elle défend une forme d’eugénisme, qui selon elle « améliorerait l’humanité » en évitant la reproduction des êtres « indésirables ». Dans cette optique elle projette d’améliorer les conditions de vie des Afro-Américains en favorisant leur contraception, ce qui n’a pas été accepté par tous les noirs américains. Certains militants noirs, particulièrement pendant les années 1970, ont considéré le planning familial comme une tentative de génocide à leur encontre. Cependant Martin Luther King a salué la forme de son action car elle avait établi une tradition de lutte politique non-violente, qu’il utilisera à son tour. En 1925, lors du VIe congrès du « birth control », elle invite l’anthropologue eugéniste français Georges Vacher de Lapouge. En 1926, l’une de ses nombreuses conférences sur le contrôle des naissances s’adresse aux membres de l’association Women of the Ku Klux Klan à Silver Lake, dans le New Jersey. Elle propose la stérilisation ou l’internement des groupes « dysgéniques » et reçoit à son domicile en septembre 1930 le conseiller d’Adolf Hitler en matière raciale, Eugen Fischer. Pourtant elle déclarera en 1940 « donner [s]on argent, [s]on nom et [s]on influence auprès d’écrivains ou d’autres pour combattre la montée au pouvoir d’Hitler en Allemagne» car elle condamne la politique antisémite de l’Allemagne Nazie et écrit en 1933 : « Toutes les nouvelles d’Allemagne sont tristes et horribles, et pour moi plus dangereuses qu’aucune guerre ayant lieu où que ce soit, car il y a tant de gens bons qui applaudissent ces atrocités et disent que c’est bien. L’antagonisme soudain en Allemagne contre les juifs et la haine profonde contre eux se répand de manière cachée ici et est plus dangereuse que la politique agressive du Japon en Mandchourie… ». Hitler de son côté fait brûler les livres de Margaret Sanger au côté de ceux de Freud. Wikipedia
Votre problème n’est pas du tout un cas rare. Toutefois, il nécessite une attention particulière. Le type de sentiment que vous avez envers les garçons n’est probablement pas une tendance innée, mais quelque chose qui a été acquis culturellement. Pour ce faire, je suggère que vous voyez un bon psychiatre qui peut vous aider à mettre en éveil votre conscience devant toutes ces expériences et les circonstances qui conduisent à cette attitude. Martin Luther King (réponse à un jeune homosexuel, Ebony, 1958)
In the olden days, demonstrators decked out in black, with masks and clubs, would have been deemed sinister by liberals. Now are they the necessary shock troops whose staged violence brings political dividends? Antifa’s dilemma is that its so-called good people wearing black masks can find almost no bad people in white masks to club, so they smash reporters, the disabled, and onlookers alike for sport — revealing that, at base, they perversely enjoy violence for violence’s sake. As the cowardly Klan taught us in the 1920s and 1960s: Put on a mask with a hundred like others, and even the most craven wimp believes he’s now a psychopathic thug. Victor Davis Hanson
How about progressive icon Joan Baez? Should the Sixties folksinger seek forgiveness from us for reviving her career in the early 1970s with the big money-making hit “The Night They Drove Old Dixie Down”— her version of The Band’s sympathetic ode to the tragedy of a defeated Confederacy, written over a century after the Civil War. (“Back with my wife in Tennessee / When one day she called to me / Said, “Virgil, quick, come see / There goes the Robert E. Lee!”) If a monument is to be wiped away, then surely a popular song must go, too Are there gradations of moral ambiguity? Or do Middlebury and Berkeley students or antifa rioters in their infinite wisdom have a monopoly on calibrating virtue and defining it as 100 percent bad or good? Who of the present gets to decide whom of the past we must erase — and where does the cleansing of memory stop? Defacing Mt. Rushmore of its slave owners? Renaming the double-whammy Washington and Lee University? Are we to erase mention of the heavens for their August 21 eclipse that unfairly bypassed most of the nation’s black population — as the recent issue of Atlantic magazine is now lamenting? Revolutions are not always sober and judicious. We might agree that the public sphere is no place for honorific commemoration of Roger B. Taney, the author of the Dred Scott decision. But statue removal will not be limited to the likes of Roger B. Taneys when empowered activists can cite chapter and verse the racist things once uttered by Abraham Lincoln, whose bust was just disfigured in Chicago — and when the statue-destroyers feel that they gain power daily because they are morally superior. The logical trajectory of tearing down the statue of a Confederate soldier will soon lead to the renaming of Yale, the erasing of Washington and Jefferson from our currency, and the de-Trotskyization of every mention of Planned Parenthood’s iconic Margaret Singer, the eugenicist whose racist views on abortion anticipated those of current liberal Supreme Court justice Ruth Bader Ginsburg. (Ginsburg said, “Frankly I had thought that at the time Roe was decided, there was concern about population growth and particularly growth in populations that we don’t want to have too many of.”) In my own town, there used to be a small classical fountain dedicated by the Woman’s Christian Temperance Union. It was long ago torn down. (Who wishes to recall the forces that led to Prohibition?) In its place now sits an honorific statue to the clawed, half-human Aztec deity Coatlicue, the hungry earth-mother goddess. Coatlicue was quite a bloodthirsty creation, to whom thousands of living captives were sacrificed. The goddess was often portrayed wrapped in a cloak of skin and wearing a neckless of human hearts, hands, and skulls. Our town’s new epigraph atop Coatlicue is Viva la Raza — “Long live the Race.” Should there be demonstrations to yank down such a racialist and Franco-ist hurrah? Or are the supposed victims of white privilege themselves exempt from the very chauvinism that they sometimes allege in others? Is there a progressive rationale that exempts Coatlicue and its racist plaque, whose sloganeering channels the raza/razza mantras of Fascist Spain and Mussolini’s Italy? Are we to have a perpetual war of the statues ? There is a need for an abolition of memory in the case of Hitler or Stalin, or here in America perhaps even of a Nathan Bedford Forrest. But when we wipe away history at a whim (why in 2017 and not, say, in 2015 or 2008?), we’d better make sure that our targets are uniquely and melodramatically evil rather than tragically misguided. And before we get out our ropes and sandblasters, we should be certain that we are clearly the moral superiors of those we condemn to oblivion. Be careful, 21st-century man. Far more hypercritical generations to come may find our own present moral certitude — late-term and genetically driven abortion, the rise of artificial intelligence in place of human decision-making, the harvesting and selling of aborted fetal organs, ethnic and tribal chauvinism, euthanasia, racially segregated dorms and “safe spaces” — as immoral as we find the sins of our own predecessors. Victor Davis Hanson
What are the proper rules of exemption for progressives when waging war against the dead? Do they tally up the dead’s good and bad behaviors to see if someone makes the 51 percent “good progressive” cutoff that exempts him? Or do some reactionary sins cancel out all the progressive good — at least in the eyes of self-styled moral superiors to those hapless Neanderthals who came before us? Are the supposedly oppressed exempt from charges of oppression? (…) And will toppling statues and erasing names only cease when modern progressives are forced to blot out the memories of racist progressive heroes ? Victor Davis Hanson
Cette polémique est l’illustration de la vague d’ignorance qui submerge notre société au nom de la repentance et du politiquement correct.  (…) l’histoire de Colbert et du Code noir doit avant tout être replacée dans le contexte de l’époque, le XVIIe siècle. (…) Si on ne comprend pas l’histoire dans sa globalité et sa complexité, on ne comprend rien à rien. (…) Il faudra alors effacer toute trace de Jules Ferry à cause de son éloge de la mission civilisatrice de la colonisation, et faire de même pour Gambetta, Jean Jaurès, et même Léon Blum. (…) Plutôt que de débaptiser, il faut instruire et éduquer. Dimitri Casali (historien et essayiste)
Les noms de rue ne sont pas de l’histoire mais de la mémoire. On dénomme une rue pour honorer quelqu’un, pas simplement pour rappeler qu’il a existé.Quand Ian Kershaw écrit une biographie de Hitler, tout le monde applaudit. Mais personne n’accepterait qu’on baptise une voie publique ‘rue Adolf Hitler’ ! (…) Quand une dénomination apparaît comme une agression contre une population, il paraît justifié de changer le nom. Gardons à l’esprit que la mémoire honore, quand l’histoire analyse. Philippe Darriulat (historien spécialiste du sentiment national)
Il faut cesser avec cet héritage d’instrumentalisation politique des lieux, cette façon de réécrire l’histoire n’enseigne absolument rien. Nous héritons d’une période où la traite des Noirs était légale, or les consciences ont évolué aujourd’hui. Il s’agit de nous interroger à partir des lieux qui ont été à l’origine de l’esclavage : les ports. Karfa Diallo (Mémoire & Partages)
Le débat né aux Etats-Unis s’est importé en France : des associations de mémoire réclament que l’on retire les statues et débaptise les rues honorant des personnages historiques controversés, notamment ceux qui ont été impliqués dans l’esclavage. Mais où arrêter le tri dans l’histoire ? (…)  dans une tribune pour Libération, le président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), Louis-Georges Tin, s’insurge contre d’autres statues. Dans sa ligne de mire, l’ancien ministre de Louis XIV, Colbert (…) Car Colbert est aussi l’auteur du Code noir qui a, souligne l’universitaire, « organisé en France ce crime contre l’humanité » qu’était l’esclavage. Le président du Cran réclame donc qu’on déboulonne immédiatement la statue de Colbert et qu’on débaptise les rues à son nom, en vertu d’une « décolonisation de l’espace et des esprits ». Et de s’interroger : « N’y a-t-il pas un lien entre le piédestal où l’on met les esclavagistes et le mépris social que subissent les descendants d’esclaves ? ». (…) Ce débat force pourtant à une observation : les noms donnés aux lieux publics sont chargés de connotations politiques. Qui se promène dans les villes de la « banlieue rouge », en bordure de Paris, se verra rapidement rappeler leur histoire communiste : on peut mentionner l’avenue Lénine de Saint-Denis ou la place Maurice-Thorez de Villejuif, honorant le très stalinien secrétaire général historique du PCF. A l’autre extrémité de l’échiquier politique, on envoie aussi des messages : le toujours provocateur maire de Béziers Robert Ménard a débaptisé il y a deux ans la rue du 19-Mars-1962. Ce nom avait pour lui le tort de célébrer les accords d’Evian ayant mis fin à la guerre d’Algérie. A la place, Robert Ménard a renommé la rue… Hélie Denoix de Saint-Marc, un ancien parachutiste, farouche partisan de l’Algérie française. L’odonymie – l’art de nommer des voies de communication – reflète donc bien les luttes pour réécrire l’histoire… généralement au profit des vainqueurs. Ainsi, les figures de la IIIe République, Jules Ferry, Léon Gambetta, Jean Jaurès ou Georges Clemenceau sont dans tous les index de plans de villes. Et comme le souligne Jean-Paul Brighelli dans Causeur, « il y a très, très peu de rues ou places Robespierre en France, alors que des rues Danton, l’organisateur des massacres de septembre, on ne sait plus qu’en faire ». (…) le petit parc situé au pied du Sacré-Cœur. En 1927, (…) avait initialement été nommé « square Willette », en l’honneur du dessinateur de presse polémiste Adolphe Willette. A l’époque, cette dénomination était déjà un acte politique : il s’agissait de se « venger » de l’édification de la basilique du Sacré-Cœur, considérée comme un symbole réactionnaire, en baptisant le square du nom d’un artiste provocateur et anticlérical. En 2004, la mairie du 18e est revenue sur le square Adolphe Willette, pour d’autres raisons… Une affiche de candidature d’Adolphe Willette aux législatives de 1889 venait d’être exhumée : il s’y proclamait « candidat antisémite ». « Quand le caractère violemment antisémite de l’affiche a été mis en évidence, il a été décidé de changer le nom du square »(…) . L’espace s’appelle aujourd’hui « square Louise-Michel ». Le problème est que dans certaines villes, des pans entiers de l’architecture urbaine sont susceptibles d’être considérés comme une « agression contre une population ». Les villes de Nantes et Bordeaux, par exemple, sont d’anciens ports qui furent les foyers de la traite des esclaves. Et portent à chaque coin de rue la marque de ce passé négrier. Dans la cité des Ducs, les rues Montauduine, Kervégan et Guillaume Grou, entre autres, rendent « hommage » à des armateurs, négociants, politiques, pleinement investis dans la traite des esclaves noirs. A Bordeaux, plusieurs dizaines de voies publiques sont dans le même cas. Que faire ? Tout effacer, tout rebaptiser ? (…) Mémoire & Partages, une association bordelaise qui milite pour une « éducation populaire » autour du passé colonial de la ville (…) préconise d’installer des plaques pédagogiques en-dessous des noms de chaque rue, afin de retracer en quelques phrases les principaux hauts (et bas) faits des personnages ayant donné leur nom aux lieux publics. Marianne
Dans la suite des événements de Charlottesville, Bill de Blasio, le maire de New York, a envisagé publiquement de déboulonner la statue de Christophe Colomb, parce qu’elle serait offensante pour les Amérindiens. A l’en croire, cette statue serait susceptible de susciter la haine, comme la plupart des symboles associés à l’expansion européenne et à la colonisation des Amériques, apparemment. (…) En Grande-Bretagne, on en a trouvé pour proposer d’abattre la statue de Nelson, à qui on reproche d’avoir défendu l’esclavage. (…) Certains n’y verront qu’une nouvelle manifestation du péché d’anachronisme, qui pousse à abolir l’histoire dans un présentisme un peu sot, comme si les époques antérieures devaient être condamnées et leurs traces effacées de l’espace public. Mais il y a manifestement autre chose qu’une autre manifestation d’inculture dans cette furie épuratrice qui excite les foules, comme si elles étaient appelées à une mission vengeresse. Comment expliquer cette soudaine rage qui pousse une certaine gauche, au nom de la décolonisation intérieure des États occidentaux, à vouloir éradiquer la mémoire, comme si du passé, il fallait enfin faire table rase? Nous sommes devant une poussée de fièvre épuratrice particulièrement violente, qui témoigne de la puissance du réflexe pénitentiel inscrit dans la culture politique occidentale contemporaine. On peut comprendre que dans un élan révolutionnaire, quand d’un régime, on passe à un autre, une foule enragée s’en prenne au statuaire du pouvoir. Il arrive qu’on fracasse des idoles pour marquer la déchéance d’un demi-dieu auquel on ne croit plus. Lors de la chute du communisme, l’euphorie des foules les poussa à jeter par terre les statues et autres monuments qui représentaient une tyrannie dont elles se délivraient. Il fallait faire tomber les monuments à la gloire de Lénine pour marquer la chute du communisme. (…) Mais sommes-nous dans une situation semblable? Le cas du sud des États-Unis, à l’origine de la présente tornade idéologique, est assumérment singulier. La mémoire qui y est associée ne s’est pas toujours définie exclusivement à partir de la question raciale, ce qui ne veut pas dire que celle-ci ne soit pas centrale et que la mouvance suprémaciste blanche ne cherche pas à exercer sur cet héritage un monopole. On ne saurait toutefois l’y réduire. Surtout, des Américains raisonnables et nullement racistes sont choqués que des militants d’extrême-gauche détruisent des statues en dehors de toute légalité. Ils acceptent difficilement que toute mention de l’héritage du sud soit assimilé au racisme. Comment ces Américains toléreraient-ils, par exemple, qu’on censure un film comme «Autant en emporte le vent», comme cela vient d’arriver dans un cinéma de Memphis, qui l’a déprogrammé pour des raisons idéologiques? (…) la manie pénitentielle frappe partout en Occident. Elle pousse à démanteler des statues, à réécrire les manuels scolaires, à prescrire certaines commémorations pénitentielles, à multiplier les excuses envers telle communauté, à pendre symboliquement certains héros des temps jadis désormais présentés à la manière d’abominables salauds et à censurer les représentations du passé qui n’entrent pas dans la représentation caricaturale qu’on s’en fait aujourd’hui. (…) Tôt ou tard, on s’en prendra aux statues du général de Gaulle, de Churchill, de Roosevelt et de bien d’autres: d’une certaine manière, Napoléon a déjà été victime d’une telle entreprise lorsqu’on a refusé en 2005 de commémorer la victoire d’Austerlitz. Il ne s’agira plus seulement de réduire en miettes la statue de tel ou tel général qui a servi la cause de l’esclavagisme: tous finiront par y passer d’une manière ou d’une autre, comme si nous assistions à une nazification rétrospective du passé occidental, désormais personnifié par un homme blanc hétérosexuel auquel il faudrait arracher tous ses privilèges. À son endroit, il est permis, et même encouragé, d’être haineux. L’Europe ne sait plus quoi faire de son passé colonial, que plusieurs sont tentés d’assimiler à un crime contre l’humanité. Ses procureurs croient n’accuser que leurs pères, alors qu’ils excitent la tentation victimaire de certaines populations immigrées qui n’hésitent pas ensuite à expliquer leur difficile intégration dans la civilisation européenne par le système postcolonial qui y prédominerait. L’histoire de l’Europe serait carcérale et mènerait directement au système concentrationnaire. Dans le cadre américain, c’est l’arrivée même des Européens qu’il faudrait désormais réduire à une invasion brutale, que certains n’hésitent pas à qualifier d’entreprise génocidaire. On invite les jeunes Américains, les jeunes Canadiens et les jeunes Québécois à se croire héritiers d’une histoire odieuse qu’ils doivent répudier de manière ostentatoire. On les éduque à la haine de leur propre civilisation. Nous sommes devant une manifestation de fanatisme idéologique s’alimentant à l’imaginaire du multiculturalisme le plus radical, qui prétend démystifier la société occidentale et révéler les nombreuses oppressions sur lesquelles elle se serait construite. (…) On y verra une illustration de la racialisation des rapports sociaux dans une société qui se tribalise au rythme où elle se dénationalise. Chacun s’enferme dans une histoire faite de griefs, puis demande un monopole sur le récit collectif, sans quoi on multipliera à son endroit les accusations de racisme. Il faudra alors proposer une représentation du passé conforme au nouveau régime de la «diversité». Ce qui est frappant, dans ce contexte, c’est la faiblesse des élites politiques et intellectuelles, qui ne se croient plus en droit de défendre le monde dont elles avaient pourtant la responsabilité. (…) Très souvent, les administrations universitaires cèdent aux moindres caprices d’associations étudiantes fanatisées, pour peu que celles-ci fassent preuve d’agressivité militante. En juillet, le King’s College de Londres a décidé de retirer les bustes de ses fondateurs «blancs» parce qu’ils intimideraient les «minorités ethniques». (…) ces statues (…) témoignent de la complexité irréductible de l’histoire, qui ne se laisse jamais définir par une seule légende, et ressaisir par une seule tradition. C’est pour cela qu’on trouve souvent des statues et autres monuments commémoratifs contradictoires au sein d’une ville ou d’un pays. Ils nous rappellent que dans les grandes querelles qui nous semblent aujourd’hui dénuées d’ambiguïté, des hommes de valeur ont pu s’engager dans des camps contraires. (…)  L’histoire des peuples ne saurait s’écrire en faisant un usage rageur de la gomme à effacer et du marteau-piqueur. Mathieu Bock-Côté
La décision prise par la municipalité de Charlottesville, dans l’État américain de Virginie, de déboulonner la statue de Robert E. Lee est à l’origine du terrifiant spectacle de néonazis défilant le mois dernier dans les rues de la ville avec des torches, scandant des slogans antisémites et exaltant la suprématie de la race blanche. La statue du général Lee sur son cheval, le chef de l’armée confédérée et un partisan du maintien de l’esclavage dans les États sudistes lors de la guerre de Sécession, était en place depuis 1924, époque à laquelle le lynchage de citoyens noirs était fréquent. Inspirés par les événements de Charlottesville, de nombreux Britanniques se demandent aujourd’hui si la statue de l’amiral Nelson en haut de la fameuse colonne de Trafalgar Square à Londres ne devrait pas également être retirée en raison des positions clairement pro-esclavagiste du héros de la bataille navale de Trafalgar. (…) Cette forme d’iconoclasme, qui repose sur l’idée que détruire une image permet de résoudre les polémiques qui lui sont associées, a toujours revêtu une dimension quasi magique. Lorsque les protestants anglais ont défié la puissance de l’Église catholique romaine au XVIe siècle, des foules déchainées ont détruit les statues de saints et d’autres objets de culte à coups de pioche et de masse. Au XVIIIe siècle, les révolutionnaires ont fait subir le même sort aux églises en France. Et l’une des manifestations la plus radicale de ces saccages s’est produite il y a un peu plus de 50 ans en Chine, lorsque les Gardes rouges ont détruit les temples bouddhistes et brûlé les livres de la doctrine confucéenne – en fait tout ce qui était ancien et traditionnel – au nom de la Révolution culturelle. (…) pourtant (…) qui pourrait défendre l’idée que les rues et les places des villes allemandes continuent à être nommées en l’honneur d’Adolf Hitler après 1945 ? Déboulonner les statues du Führer, ou des dirigeants soviétiques en Europe centrale et de l’Est après 1989 n’était sûrement pas une erreur puérile. La question est de savoir où fixer les limites. (…) Il est très peu probable que de nombreux Britanniques soient incités à défendre l’esclavage ou le rétablissement d’un empire colonial en Afrique en contemplant la statue de Nelson à Trafalgar ou celle de Rhodes à Oxford. (…) Il n’existe pas de solution parfaite à ce problème, précisément parce qu’il ne s’agit pas seulement d’images taillées dans la pierre. Le ressentiment dans les États du Sud est d’ordre politique. Les blessures de la guerre civile américaine ne sont pas cicatrisées. Une grande partie des habitants des zones rurales de ces États est plus pauvre et moins éduquée que ceux d’autres régions des États-Unis. Ils se sentent ignorés et méprisés par les élites urbaines des côtes Est et Ouest, raison pour laquelle tant d’entre eux ont voté pour Trump. Déboulonner quelques statues ne résoudra pas ce problème et risque même d’exacerber les tensions.

Attention: un racisme peut en cacher un autre !  (Après Penny Lane, The Night they drove old Dixie down ?)

En ces temps étranges …

Où, politiquement correct oblige, l’on élimine les croix chrétiennes des photos de produits alimentaires …

Ou déprogramme conférenciers ou classiques du cinéma (et occasion accessoirement du premier oscar noir)

Et où, entre déboulonnages et débaptêmes, l’on propose de dynamiter le Mont Rushmore ou la colonne Nelson

Pendant qu’entre Antifas et Black lives matter, les casseurs quasi-professionnels et leurs nombreux amis progressistes arborent fièrement des photos du notoire démocrate Che Guevara sur leurs tee-shirts, affiches ou murs …

Et que, des deux côtés de l’Atlantique, les suprémacistes et antisémites noirs ont quasiment pignon sur rue …

Alors qu’un président américain rappelant la violence des deux côtés et le simple fait que, arrêt de Skokie et assistance des avocats de l’ACLU obligent, la manifestation néo-nazie de Charlottesville,  torches, drapeaux confédérés, armes, croix grammées et slogans nazis compris – était parfaitement légale, se voit mis au pilori par quasiment l’ensemble des commentateurs …

Comment ne pas repenser …

Au-delà des cas évidents du nazisme ou du stalinisme …

Et des premiers chrétiens aux premiers protestants et des révolutionnaires français aux maoïstes chinois …

A toutes ces vagues – musulmans bien sûr compris – d’iconoclasme qui ont traversé l’histoire humaine …

Et notamment à la longue et tristement célèbre tradition précisément staliniste

D’élimination y compris photographique des membres du parti à mesure qu’ils tombaient en disgrâce et devenaient infréquentables …

Et comment ne pas voir derrière ce retour tardif à la damnatio memoriae de nos ancêtres grecs ou latins ou même égyptiens …

Qui comme toute révolution qui se respecte …

De la suffragette raciste Susan Anthony à la fondatrice du Planning familial eugéniste Margaret Sanger

Sans compter, outre le vainqueur de Verdun, Colomb ou les pères fondateurs Washington et Jefferson tous deux notoires propriétaires d’esclaves …

Voire outre la passionaria du folk Joan Baez reprenant une lamente de Dixie

Le saint laïc Martin Luther King lui-même …

Devrait logiquement s’apprêter à dévorer, outre les traces mêmes de leurs méfaits, ses propres enfants …

Le véritable racisme social et ressentiment…

D’une élite urbaine surdiplômée furieuse après l’élection d’un président prétendument aussi inepte que Trump …

D’avoir perdu un pouvoir politique dont elle s’estimait seule digne ?

Le Pouvoir des mots
Ian Buruma
Project syndicate
Sep 5, 2017
NEW YORK – La décision prise par la municipalité de Charlottesville, dans l’État américain de Virginie, de déboulonner la statue de Robert E. Lee est à l’origine du terrifiant spectacle de néonazis défilant le mois dernier dans les rues de la ville avec des torches, scandant des slogans antisémites et exaltant la suprématie de la race blanche. La statue du général Lee sur son cheval, le chef de l’armée confédérée et un partisan du maintien de l’esclavage dans les États sudistes lors de la guerre de Sécession, était en place depuis 1924, époque à laquelle le lynchage de citoyens noirs était fréquent.
Inspirés par les événements de Charlottesville, de nombreux Britanniques se demandent aujourd’hui si la statue de l’amiral Nelson en haut de la fameuse colonne de Trafalgar Square à Londres ne devrait pas également être retirée en raison des positions clairement pro-esclavagiste du héros de la bataille navale de Trafalgar. Et il y a deux ans, des étudiants de l’université d’Oxford ont demandé le retrait de la statue du colonialiste Cecil Rhodes installée sur la façade d’un bâtiment de Oriel College, où il avait été étudiant, parce que son point de vue sur les races et le rôle de l’empire britannique est aujourd’hui jugé odieux.Cette forme d’iconoclasme, qui repose sur l’idée que détruire une image permet de résoudre les polémiques qui lui sont associées, a toujours revêtu une dimension quasi magique. Lorsque les protestants anglais ont défié la puissance de l’Église catholique romaine au XVIe siècle, des foules déchainées ont détruit les statues de saints et d’autres objets de culte à coups de pioche et de masse. Au XVIIIe siècle, les révolutionnaires ont fait subir le même sort aux églises en France. Et l’une des manifestations la plus radicale de ces saccages s’est produite il y a un peu plus de 50 ans en Chine, lorsque les Gardes rouges ont détruit les temples bouddhistes et brûlé les livres de la doctrine confucéenne – en fait tout ce qui était ancien et traditionnel – au nom de la Révolution culturelle.Il est facile de déplorer ce genre de destruction. Des bâtiments séculaires sont réduits à néant et de grandes œuvres d’art sont perdues. L’on est tenté de croire que seules les personnes qui croient au pouvoir magique des images pourraient vouloir les anéantir.
La seule façon raisonnable de traiter les monuments du passé serait de les considérer simplement comme un legs de l’histoire. Ce n’est pourtant pas si simple. Qui pourrait défendre l’idée que les rues et les places des villes allemandes continuent à être nommées en l’honneur d’Adolf Hitler après 1945 ? Déboulonner les statues du Führer, ou des dirigeants soviétiques en Europe centrale et de l’Est après 1989 n’était sûrement pas une erreur puérile. On pourrait également affirmer que les représentations de ces dirigeants et de leurs affidés n’ont pas la même qualité artistique que les églises médiévales anglaises ou les sculptures de la dynastie Tang en Chine. Les statues du général Lee n’ont pas vraiment plus de raisons d’être conservées pour leur valeur artistique.La question est de savoir où fixer les limites. Les personnalités historiques doivent-elles jugées en fonction de la quantité de sang qu’elles ont sur les mains ? Ou faudrait-il définir un laps de temps adéquat ?L’on pourrait par exemple dire que les monuments honorant les criminels ayant vécu dans un passé assez récent, des monuments qui seraient encore source de souffrances pour les survivants, devraient être enlevés. Mais cette approche ne suffit pas en elle-même. L’argument en faveur du maintien d’une statue de Hitler dans un lieu public, si tant est qu’il en existe encore, ne se renforce pas au fil du temps.De nombreux citoyens du Sud des États-Unis estiment que les monuments confédérés doivent être préservés en tant que rappels du passé, comme éléments d’un « héritage » commun. Le problème est que l’histoire n’est pas neutre. Elle peut continuer à avoir des effets délétères. La manière dont nous représentons les histoires du passé et entretenons la mémoire au travers d’objets culturels est une composante essentielle de la façon dont nous nous percevons collectivement. Cette démarche nécessite un certain niveau de consensus, qui n’existe pas toujours, en particulier dans le cas de guerres civiles.Le cas de l’Allemagne d’après-guerre est sans équivoque. L’Allemagne de l’Ouest  comme l’Allemagne de l’Est ont décidé de façonner leur avenir commun en opposition directe au passé nazi. Seule une frange rancunière s’accroche encore avec nostalgie à des souvenirs du Troisième Reich.Les autorités allemandes continuent toutefois à interdire toute exposition de symboles nazis, de crainte qu’ils puissent encourager certains à répéter les heures les plus sombres de l’histoire du pays. Cette crainte est compréhensible et ne paraît pas sans fondement. Cette tentation pourrait même se renforcer à mesure que l’époque du nazisme s’efface des mémoires.
L’histoire récente de la Grande-Bretagne est moins traumatisante. Les opinions de Cecil Rhodes ou de l’amiral Nelson, bien qu’assez conventionnelles à leur époque, ne sont certainement plus admissibles aujourd’hui. Il est très peu probable que de nombreux Britanniques soient incités à défendre l’esclavage ou le rétablissement d’un empire colonial en Afrique en contemplant la statue de Nelson à Trafalgar ou celle de Rhodes à Oxford.La conjoncture dans les États du Sud des États-Unis reste par contre problématique. Les perdants de la guerre de Sécession n’ont jamais vraiment accepté leur défaite. Pour de nombreux habitants des États du Sud, même si ce n’est de loin pas une majorité, la cause confédérée et ses monuments font toujours partie de leur identité collective. Si aucune personne saine d’esprit ne songerait à défendre le rétablissement de l’esclavage, la nostalgie pour le mode vie traditionnel sudiste reste entaché de racisme. C’est pour cette raison que les statues du général Lee situées devant les palais de justice et autres bâtiments publics sont préjudiciables et que de nombreux citoyens, notamment les progressistes de ces États, souhaitent les voir enlevées. Il n’existe pas de solution parfaite à ce problème, précisément parce qu’il ne s’agit pas seulement d’images taillées dans la pierre. Le ressentiment dans les États du Sud est d’ordre politique. Les blessures de la guerre civile américaine ne sont pas cicatrisées. Une grande partie des habitants des zones rurales de ces États est plus pauvre et moins éduquée que ceux d’autres régions des États-Unis. Ils se sentent ignorés et méprisés par les élites urbaines des côtes Est et Ouest, raison pour laquelle tant d’entre eux ont voté pour Trump. Déboulonner quelques statues ne résoudra pas ce problème et risque même d’exacerber les tensions.

Ian Buruma, Editor of The New York Review of Books, is Professor of Democracy, Human Rights, and Journalism at Bard College. He is the author of numerous books, including Murder in Amsterdam: The Death of Theo Van Gogh and the Limits of Tolerance and Year Zero: A History of 1945.

Voir aussi:

Mathieu Bock-Côté
Le Figaro
9 septembre 2017

FIGAROVOX/TRIBUNE – À la suite des événements de Charlottesville, Bill de Blasio, le maire de New York, a envisagé publiquement de déboulonner la statue de Christophe Colomb, parce qu’elle serait offensante pour les Amérindiens. Mathieu Bock-Côté décrypte cette nouvelle guerre contre le passé.

Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l’auteur d’ Exercices politiques (VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012) de La dénationalisation tranquille (Boréal, 2007), et de Le multiculturalisme comme religion politique (éd. du Cerf, 2016).

Dans la suite des événements de Charlottesville, Bill de Blasio, le maire de New York, a envisagé publiquement de déboulonner la statue de Christophe Colomb, parce qu’elle serait offensante pour les Amérindiens. A l’en croire, cette statue serait susceptible de susciter la haine, comme la plupart des symboles associés à l’expansion européenne et à la colonisation des Amériques, apparemment. Au Canada, un syndicat d’enseignants ontarien proposait de rebaptiser les écoles portant le nom de John A. MacDonald, un des pères fondateurs du pays. En Grande-Bretagne, on en a trouvé pour proposer d’abattre la statue de Nelson, à qui on reproche d’avoir défendu l’esclavage. On trouvera bien d’autres exemples de cette chasse aux statues dans l’actualité des dernières semaines.

Certains n’y verront qu’une nouvelle manifestation du péché d’anachronisme, qui pousse à abolir l’histoire dans un présentisme un peu sot, comme si les époques antérieures devaient être condamnées et leurs traces effacées de l’espace public. Mais il y a manifestement autre chose qu’une autre manifestation d’inculture dans cette furie épuratrice qui excite les foules, comme si elles étaient appelées à une mission vengeresse. Comment expliquer cette soudaine rage qui pousse une certaine gauche, au nom de la décolonisation intérieure des États occidentaux, à vouloir éradiquer la mémoire, comme si du passé, il fallait enfin faire table rase? Nous sommes devant une poussée de fièvre épuratrice particulièrement violente, qui témoigne de la puissance du réflexe pénitentiel inscrit dans la culture politique occidentale contemporaine.

On peut comprendre que dans un élan révolutionnaire, quand d’un régime, on passe à un autre, une foule enragée s’en prenne au statuaire du pouvoir. Il arrive qu’on fracasse des idoles pour marquer la déchéance d’un demi-dieu auquel on ne croit plus. Lors de la chute du communisme, l’euphorie des foules les poussa à jeter par terre les statues et autres monuments qui représentaient une tyrannie dont elles se délivraient. Il fallait faire tomber les monuments à la gloire de Lénine pour marquer la chute du communisme. Rien là de vraiment surprenant. Quelquefois, il faut détruire pour créer.

Mais sommes-nous dans une situation semblable? Le cas du sud des États-Unis, à l’origine de la présente tornade idéologique, est assumérent singulier. La mémoire qui y est associée ne s’est pas toujours définie exclusivement à partir de la question raciale, ce qui ne veut pas dire que celle-ci ne soit pas centrale et que la mouvance suprémaciste blanche ne cherche pas à exercer sur cet héritage un monopole. On ne saurait toutefois l’y réduire. Surtout, des Américains raisonnables et nullement racistes sont choqués que des militants d’extrême-gauche détruisent des statues en dehors de toute légalité. Ils acceptent difficilement que toute mention de l’héritage du sud soit assimilé au racisme. Comment ces Américains toléreraient-ils, par exemple, qu’on censure un film comme «Autant en emporte le vent», comme cela vient d’arriver dans un cinéma de Memphis, qui l’a déprogrammé pour des raisons idéologiques?

La question des statues qui perpétuent le souvenir des généraux ou des soldats confédérés aux Etats- Unis est complexe. Mais la manie pénitentielle frappe partout en Occident. Elle pousse à démanteler des statues, à réécrire les manuels scolaires, à prescrire certaines commémorations pénitentielles, à multiplier les excuses envers telle communauté, à pendre symboliquement certains héros des temps jadis désormais présentés à la manière d’abominables salauds et à censurer les représentations du passé qui n’entrent pas dans la représentation caricaturale qu’on s’en fait aujourd’hui.

Cette vision de l’histoire, terriblement simplificatrice, prend la forme d’un procès qui vise d’abord les héros longtemps admirés. Des grands personnages, on ne retient que les idées qui heurtent les valeurs d’aujourd’hui. L’Occident en vient à se voir avec les yeux de ceux qui le maudissent. Tôt ou tard, on s’en prendra aux statues du général de Gaulle, de Churchill, de Roosevelt et de bien d’autres: d’une certaine manière, Napoléon a déjà été victime d’une telle entreprise lorsqu’on a refusé en 2005 de commémorer la victoire d’Austerlitz. Il ne s’agira plus seulement de réduire en miettes la statue de tel ou tel général qui a servi la cause de l’esclavagisme: tous finiront par y passer d’une manière ou d’une autre, comme si nous assistions à une nazification rétrospective du passé occidental, désormais personnifié par un homme blanc hétérosexuel auquel il faudrait arracher tous ses privilèges. À son endroit, il est permis, et même encouragé, d’être haineux.

L’Europe ne sait plus quoi faire de son passé colonial, que plusieurs sont tentés d’assimiler à un crime contre l’humanité. Ses procureurs croient n’accuser que leurs pères, alors qu’ils excitent la tentation victimaire de certaines populations immigrées qui n’hésitent pas ensuite à expliquer leur difficile intégration dans la civilisation européenne par le système postcolonial qui y prédominerait. L’histoire de l’Europe serait carcérale et mènerait directement au système concentrationnaire. Dans le cadre américain, c’est l’arrivée même des Européens qu’il faudrait désormais réduire à une invasion brutale, que certains n’hésitent pas à qualifier d’entreprise génocidaire. On invite les jeunes Américains, les jeunes Canadiens et les jeunes Québécois à se croire héritiers d’une histoire odieuse qu’ils doivent répudier de manière ostentatoire. On les éduque à la haine de leur propre civilisation.

Nous sommes devant une manifestation de fanatisme idéologique s’alimentant à l’imaginaire du multiculturalisme le plus radical, qui prétend démystifier la société occidentale et révéler les nombreuses oppressions sur lesquelles elle se serait construite. Chaque représentation publique du passé est soumise aux nouveaux censeurs qui font de leur sensibilité exacerbée le critère à partir duquel ils accordent ou non à une idée le droit de s’exprimer. Comment ne pas y voir une forme de contrôle idéologique marquée par une intolérance idéologique décomplexée? On y verra une illustration de la racialisation des rapports sociaux dans une société qui se tribalise au rythme où elle se dénationalise. Chacun s’enferme dans une histoire faite de griefs, puis demande un monopole sur le récit collectif, sans quoi on multipliera à son endroit les accusations de racisme. Il faudra alors proposer une représentation du passé conforme au nouveau régime de la «diversité».

Ce qui est frappant, dans ce contexte, c’est la faiblesse des élites politiques et intellectuelles, qui ne se croient plus en droit de défendre le monde dont elles avaient pourtant la responsabilité. On le constate dans le monde académique. Très souvent, les administrations universitaires cèdent aux moindres caprices d’associations étudiantes fanatisées, pour peu que celles-ci fassent preuve d’agressivité militante. En juillet, le King’s College de Londres a décidé de retirer les bustes de ses fondateurs «blancs» parce qu’ils intimideraient les «minorités ethniques». Encore une fois, l’antiracisme racialise les rapports sociaux. C’est un nouveau dispositif idéologique qui se met en place et qui contribue à redéfinir les contours de la respectabilité politique. Ceux qui s’opposent au déboulonnage des statues controversées sont accusés d’être complices des crimes auxquels elles sont désormais associées.

Nos sociétés n’ont pas à se reconnaître dans le portrait avilissant qu’on fait d’elles. Elles doivent raison garder. Il faudrait voir dans ces statues tout autant de couches de sens à la fois superposées et entremêlées: elles témoignent de la complexité irréductible de l’histoire, qui ne se laisse jamais définir par une seule légende, et ressaisir par une seule tradition. C’est pour cela qu’on trouve souvent des statues et autres monuments commémoratifs contradictoires au sein d’une ville ou d’un pays. Ils nous rappellent que dans les grandes querelles qui nous semblent aujourd’hui dénuées d’ambiguïté, des hommes de valeur ont pu s’engager dans des camps contraires. Ils illustrent des valeurs et des engagements qui ne se laissent pas réduire aux idéologies auxquelles ils se sont associés. L’histoire des peuples ne saurait s’écrire en faisant un usage rageur de la gomme à effacer et du marteau-piqueur.

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De Charlottesville à Colbert : faut-il déboulonner tous les personnages historiques qui dérangent ?
Le débat né aux Etats-Unis s’est importé en France : des associations de mémoire réclament que l’on retire les statues et débaptise les rues honorant des personnages historiques controversés, notamment ceux qui ont été impliqués dans l’esclavage. Mais où arrêter le tri dans l’histoire ?
Hadrien Mathoux
Marianne
04/09/2017

Les polémiques naissent des statues, ces temps-ci. A Charlottesville, dans le sud des Etats-Unis, c’est la décision de retirer l’édifice rendant hommage au général Lee qui a été à l’origine du défilé des suprémacistes blancs et autres néo-nazis au mois d’août. Une controverse qui a traversé l’Atlantique : dans une tribune pour Libération, le président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), Louis-Georges Tin, s’insurge contre d’autres statues. Dans sa ligne de mire, l’ancien ministre de Louis XIV, Colbert : « Il y a à l’Assemblée nationale une statue de Colbert, une salle Colbert, une aile Colbert au ministère de l’Economie, des lycées Colbert, des dizaines de rues ou d’avenues Colbert, sans qu’il y ait le moindre conflit, la moindre gêne, le moindre embarras ». Car Colbert est aussi l’auteur du Code noir qui a, souligne l’universitaire, « organisé en France ce crime contre l’humanité » qu’était l’esclavage. Le président du Cran réclame donc qu’on déboulonne immédiatement la statue de Colbert et qu’on débaptise les rues à son nom, en vertu d’une « décolonisation de l’espace et des esprits ». Et de s’interroger : « N’y a-t-il pas un lien entre le piédestal où l’on met les esclavagistes et le mépris social que subissent les descendants d’esclaves ? ».

Alors, faut-il se lancer dans ce tri entre les bonnes et les mauvaises figures historiques ? Une telle demande fait bondir Dimitri Casali, historien et essayiste, qui défend une vision radicalement différente de la mémoire. « Cette polémique est l’illustration de la vague d’ignorance qui submerge notre société au nom de la repentance et du politiquement correct », fulmine-t-il auprès de Marianne, regrettant le « bannissement de toute complexité historique ». Pour lui, « l’histoire de Colbert et du Code noir doit avant tout être replacée dans le contexte de l’époque, le XVIIe siècle ». Et selon lui, il serait tout aussi absurde de démonter la statue de Colbert au nom de la lutte contre l’esclavage, que de détruire le château de Versailles pour tourner la page de la monarchie absolue. « Si on ne comprend pas l’histoire dans sa globalité et sa complexité, on ne comprend rien à rien », insiste l’essayiste.

Des rues en l’honneur de communistes… ou de défenseurs de l’Algérie française

Ce débat force pourtant à une observation : les noms donnés aux lieux publics sont chargés de connotations politiques. Qui se promène dans les villes de la « banlieue rouge », en bordure de Paris, se verra rapidement rappeler leur histoire communiste : on peut mentionner l’avenue Lénine de Saint-Denis ou la place Maurice-Thorez de Villejuif, honorant le très stalinien secrétaire général historique du PCF. A l’autre extrémité de l’échiquier politique, on envoie aussi des messages : le toujours provocateur maire de Béziers Robert Ménard a débaptisé il y a deux ans la rue du 19-Mars-1962. Ce nom avait pour lui le tort de célébrer les accords d’Evian ayant mis fin à la guerre d’Algérie. A la place, Robert Ménard a renommé la rue… Hélie Denoix de Saint-Marc, un ancien parachutiste, farouche partisan de l’Algérie française. L’odonymie – l’art de nommer des voies de communication – reflète donc bien les luttes pour réécrire l’histoire… généralement au profit des vainqueurs. Ainsi, les figures de la IIIe République, Jules Ferry, Léon Gambetta, Jean Jaurès ou Georges Clemenceau sont dans tous les index de plans de villes. Et comme le souligne Jean-Paul Brighelli dans Causeur, « il y a très, très peu de rues ou places Robespierre en France, alors que des rues Danton, l’organisateur des massacres de septembre, on ne sait plus qu’en faire ».

Trêve d’hypocrisie, « les noms de rue ne sont pas de l’histoiremais de la mémoire, explique Philippe Darriulat, historien spécialiste du sentiment national et adjoint au maire (PS) du 18e arrondissement de Paris. On dénomme une rue pour honorer quelqu’un, pas simplement pour rappeler qu’il a existé. » Impossible donc de prétendre que les noms de lieux ne servent qu’à perpétuer le souvenir du passé : ils l’honorent. « Quand Ian Kershaw écrit une biographie de Hitler, tout le monde applaudit, développe Philippe Darriulat. Mais personne n’accepterait qu’on baptise une voie publique ‘rue Adolf Hitler’ ! ». Mais alors, comment statuer sur les noms déjà donnés ? L’exploration, à la lumière d’aujourd’hui, du passé déplaisant de tous les personnages historiques emblématiques, conduirait en effet à remettre en question beaucoup de dénominations… « Il faudra alors effacer toute trace de Jules Ferry à cause de son éloge de la mission civilisatrice de la colonisation, et faire de même pour Gambetta, Jean Jaurès, et même Léon Blum », énumère Dimitri Casali.

Philippe Darriulat propose un compromis : « Quand une dénomination apparaît comme une agression contre une population, il paraît justifié de changer le nom. Gardons à l’esprit que la mémoire honore, quand l’histoire analyse ». L’adjoint au maire du 18e donne un exemple issu de son arrondissement : le petit parc situé au pied du Sacré-Cœur. En 1927, il avait initialement été nommé « square Willette », en l’honneur du dessinateur de presse polémiste Adolphe Willette. A l’époque, cette dénomination était déjà un acte politique : il s’agissait de se « venger » de l’édification de la basilique du Sacré-Cœur, considérée comme un symbole réactionnaire, en baptisant le square du nom d’un artiste provocateur et anticlérical. En 2004, la mairie du 18e est revenue sur le square Adolphe Willette, pour d’autres raisons… Une affiche de candidature d’Adolphe Willette aux législatives de 1889 venait d’être exhumée : il s’y proclamait « candidat antisémite ». « Quand le caractère violemment antisémite de l’affiche a été mis en évidence, il a été décidé de changer le nom du square », raconte Philippe Darriulat. L’espace s’appelle aujourd’hui « square Louise-Michel ».

A Nantes et Bordeaux, l’esclavage à chaque coin de rue

Le problème est que dans certaines villes, des pans entiers de l’architecture urbaine sont susceptibles d’être considérés comme une « agression contre une population ». Les villes de Nantes et Bordeaux, par exemple, sont d’anciens ports qui furent les foyers de la traite des esclaves. Et portent à chaque coin de rue la marque de ce passé négrier. Dans la cité des Ducs, les rues Montauduine, Kervégan et Guillaume Grou, entre autres, rendent « hommage » à des armateurs, négociants, politiques, pleinement investis dans la traite des esclaves noirs. A Bordeaux, plusieurs dizaines de voies publiques sont dans le même cas. Que faire ? Tout effacer, tout rebaptiser ?

« Il faut cesser avec cet héritage d’instrumentalisation politique des lieux, cette façon de réécrire l’histoire n’enseigne absolument rien », argue Karfa Diallo d’une voix calme. Il est le président de Mémoire & Partages, une association bordelaise qui milite pour une « éducation populaire » autour du passé colonial de la ville. « Nous héritons d’une période où la traite des Noirs était légale, or les consciences ont évolué aujourd’hui. Il s’agit de nous interroger à partir des lieux qui ont été à l’origine de l’esclavage : les ports. » Mémoire & Partages préconise d’installer des plaques pédagogiques en-dessous des noms de chaque rue, afin de retracer en quelques phrases les principaux hauts (et bas) faits des personnages ayant donné leur nom aux lieux publics. Pour Karfa Diallo, l’exhortation à déboulonner des statues relève en revanche d’un « tropisme anglo-saxon qui paraît inapproprié ». Dimitri Casali salue l’initiative des plaques pédagogiques : « Plutôt que de débaptiser, il faut instruire et éduquer ».

Reste qu’il est parfois difficile d’observer des personnages historiques sans anachronisme avec notre regard de 2017. Dimitri Casali déplore ainsi une « tendance à plaquer nos représentations mentales actuelles sur celles de la période évoquée ». Ce sont les conseils municipaux qui ont le pouvoir de baptiser les rues, places et autres avenues. Et pour éviter des luttes sans fin, leurs choix se font de moins en moins polémiques. Dans sa réponse à une question écrite posée par une sénatrice LR, le ministère de l’Intérieur a rappelé en août 2016 que « l’attribution d’un nom à un espace public ne doit être ni de nature à provoquer des troubles à l’ordre public, ni à heurter la sensibilité des personnes, ni à porter atteinte à l’image de la ville ou du quartier concerné. » Philippe Darriulat confirme : « La majorité des municipalités essaient de faire passer des choix consensuels ». En tous cas, en 2017, mais peut-être seront-ils contestés dans 100 ans…

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Charlottesville : Trump et la guerre des mémoires

Le drame de Charlottesville illustre la renaissance de l’affrontement qui oppose les communautés autour de l’histoire de l’esclavage aux Etats-Unis. Un siècle et demi après la fn des combats, la guerre de Sécession n’est, dans les esprits, toujours pas terminée.
Alain Léauthier
Marianne
27/08/2017

Pendant quelques jours, sur tous les médias américains, on n’a vu qu’eux : quelques milliers de suprémacistes blancs paradant en force dans les rues d’une ville réputée jusque-là plutôt paisible, costauds barbus du Ku Klux Klan (KKK) portant nonchalamment le M16 en bandoulière ou militants néonazis casqués derrière des boucliers frappés de la croix gammée et brandissant une profusion de Stainless Banner, l’étendard des Etats confédérés sécessionnistes. Les images de leurs accrochages violents avec les « antiracistes » ont fait le tour de la planète, tout comme celles montrant la voiture de James Alex Fields Jr, un garçon de 20 ans originaire de l’Ohio, fonçant dans la foule. Trente-cinq personnes ont été blessées, Heather Heyer, une jeune femme de 32 ans, a perdu la vie. S’il est jugé un jour en Virginie, Etat qui l’applique assidûment, James Alex Fields Jr encourt la peine capitale. Pour nombre de commentateurs, la tragédie de Charlottesville illustrerait avant tout le vent mauvais que l’élection de Donald Trump fait souffler sur une partie de l’Amérique blanche et raciste, désormais affranchie de toute retenue et convaincue que c’est un des siens qui occupe le Bureau ovale de la Maison-Blanche. Les mêmes ont vu dans les tergiversations du président à condamner clairement, et unilatéralement, les suprémacistes, au mieux l’expression d’un cynisme détestable, et plus certainement la preuve d’une indulgence coupable pour cause d’affinités. Même les Bush père et fils y sont allés de leur communiqué indigné, aussitôt interprété comme une prise de distance avec l’attitude jugée plus qu’ambiguë du milliardaire.

Pourtant, quelques voix dissonantes ne partagent pas exactement cette analyse de l’affaire de Charlottesville. Factuellement d’abord, et c’est le cas de Jean-Eric Branaa, maître de conférences à Paris-II et spécialiste des Etats-Unis. « Incontestablement, Donald Trump n’a pas su élever son discours et s’adresser à toute l’Amérique. Parce qu’il n’est pas un politicien orthodoxe, il n’a pas perçu la dimension symbolique de ces événements et ce qu’elle exigeait de lui. En revanche, quand il pointe des violences du côté de l’extrême droite mais aussi de l’ alt-left, cela me semble un constat difficilement récusable. Il y a bien une alt-left, violente ou agressive, et en tout cas très intolérante. Cela va des Antifa à Black Lives Matter et d’autres groupuscules qui occupent, notamment dans la rue, le vide laissé par un Parti démocrate en pleine crise depuis la défaite de Hillary Clinton. Ceux-là tirent tous les débats qui agitent une société américaine très divisée vers un affrontement entre pro- et anti-Trump.»

Lee, la fin d’un consensus

A Charlottesville, la division en question s’est focalisée sur un monument dressé dans un parc du centre-ville depuis 1924, la statue équestre de Robert E. Lee, le légendaire général sudiste qui commandait l’armée de Virginie du Nord, avant de devenir le général en chef des armées sudistes lors de la guerre de Sécession de 1862 à 1865. En avril dernier, le conseil municipal à majorité démocrate décide de la transférer dans un musée, suscitant aussitôt la colère d’une myriade d’associations, à l’image des Sons Of Confederate Veterans, dont les membres sont des descendants directs de soldats sudistes. Le choix du maire, Michael Signer, ne constitue pourtant pas une première. Voilà déjà quelques années que la présence des monuments érigés en hommage aux grandes figures confédérées – près de 1 500 au total, disséminés essentiellement dans les anciens Etats sécessionnistes – ne semble plus aller de soi. Du moins pour certains militants des droits civiques et surtout des activistes de la nouvelle gauche américaine. Leurs arguments ? Jim Gray, maire démocrate de Lexington, dans le Kentucky, les résumait il y a peu : « Nous ne pouvons pas continuer à rendre hommage à ces hommes qui se sont battus pour préserver l’esclavage sur un sol où des hommes, des femmes et des enfants ont été eux-mêmes vendus comme esclaves. » Etait-ce le cas de Robert E. Lee ? Héritier d’une riche famille de Virginie et marié à une descendante de George Washington, le premier président des Etats-Unis, ce brillant militaire de carrière, diplômé de West Point, fut aussi un grand propriétaire terrien, en l’occurrence une plantation sur laquelle trône désormais le cimetière national d’Arlington. Comme la plupart de ses pairs, Lee possédait son lot d’esclaves. Notablement enrichi à la mort de son beau-père, il se conforma à son souhait en acceptant de les affranchir, mais après un délai de cinq années au cours desquelles quelques réfractaires furent dûment fouettés pour avoir tenté de s’enfuir. Une fois la guerre terminée, Lee prit la tête de la future Washington And Lee University à Lexington (Virginie) et plaida inlassablement pour la réconciliation nationale et la reconstruction du pays. Icône absolue des sudistes, le général a bénéficié au fl du temps d’une sorte de consensus national au point qu’en 1975 le président Gerald Ford décida de lui rendre symboliquement ses droits civiques pleins et entiers. Longtemps, les disputes autour de Lee ou d’autres « héros » sudistes, tels le général Stonewall Jackson, son bras droit, et le président confédéré Jefferson Davis – réhabilité lui par Jimmy Carter – ont rarement franchi le cercle restreint des experts. Humaniste attentif au sort des Noirs, en particulier dans le domaine de l’éducation, pour les uns, esclavagiste pur et dur pour les autres, jusqu’alors, comme l’écrit le journaliste et historien Sylvain Ferreira (lire l’interview ci-contre), Robert E. Lee « reposait dans une petite chapelle de son université sans que cela pose de problème à personne ». En juillet 2014, première alerte pourtant : un groupe d’étudiants noirs exige que soient retirés les drapeaux confédérés placés devant l’édifice religieux et, un mois plus tard, la direction de l’établissement leur donne raison.

Sur place, l’affaire fait grand bruit, mais il faudra attendre le drame de Charleston, en Caroline du Sud, pour qu’elle prenne une dimension nationale. Dans la nuit du 17 au 18 juin 2015, un jeune suprémaciste blanc, Dylann Roof, pénètre dans un temple méthodiste noir de la ville et abat froidement neuf personnes. Le choc est considérable dans tout le pays, et c’est Barack Obama en personne qui préside la cérémonie funèbre. Peu avant le massacre, le tueur est apparu sur les réseaux sociaux avec un drapeau sudiste. Dans tout le Sud, la chasse au Stainless Banner, et plus largement aux monuments sudistes, est ouverte et ne s’arrêtera plus. Elle prend un caractère particulièrement aigu à La Nouvelle-Orléans où, en décembre 2015, le maire démocrate Mitch Landrieu ordonne le déplacement des statues de Lee, de Jefferson Davis et du général Pierre de Beauregard, un militaire confédéré d’origine créole, engagé à la fn de la guerre dans la défense des esclaves afranchis pour lesquels il réclamait, entre autres, le droit de vote.

Débat impossible ?

Mais les démocrates ne sont pas les seuls à s’impliquer dans la polémique. Quelques mois avant Landrieu, Nikki Haley, star montante des républicains, et à l’époque gouverneur de Caroline du Sud, demande, elle aussi, le retrait des drapeaux confédérés qui flottent devant le capitole de l’Etat. « Ils n’auraient jamais dû être là », tranche celle qui est devenue l’ambassadrice de l’administration Trump à l’ONU. Débat impossible ? Quelques-uns s’y sont essayés à l’image de Condoleezza Rice, l’ancienne secrétaire d’Etat de George W. Bush de 2005 à 2009. Interrogée en mai dernier sur le mouvement d’éradication en cours, elle se prononce résolument contre la tentation de « désinfecter l’histoire ». « Je veux que nous ayons à regarder ces noms [ceux des planteurs propriétaires d’esclaves], à reconnaître ce qu’ils ont fait et à pouvoir dire à leurs enfants ce qu’ils ont fait. » Pour Emily Jashinsky du Washington Exminer, le pendant conservateur du Washington Post, « l’argument de Rice va exactement à l’encontre des raisons qui poussent les nationalistes blancs à s’approprier la figure de Lee. Eux pensent qu’ils défendent la persistance d’une histoire positive alors que pour Rice la préservation de monuments témoignant des heures les plus sombres de notre passé garantit aux générations futures la connaissance de notre histoire ». Apparemment très affaibli au lendemain des événements de Charlottesville, Donald Trump a depuis repris à son compte la rhétorique de Rice, regrettant de voir « l’ histoire et la culture de [son] grand pays mises en pièces ». Sur ce point au moins, un récent sondage indique qu’une majorité d’Américains le suit, confirmant ainsi, comme le souligne Jean- Eric Branaa, « qu’à défaut d’être un grand président il peut encore à tout moment renverser la table ».

Voir de plus:
Tribune

Vos héros sont parfois nos bourreaux
Des lycées, des rues portent son nom mais qui se souvient que Colbert était l’auteur du Code noir et le fondateur de la Compagnie des Indes occidentales ?
Louis-Georges Tin, Président du Conseil représentatif des associations noires (Cran)
Libération
28 août 2017

Avant que Libération ne publie son dossier du 23 août, la plupart des commentateurs français se sont contentés de dénoncer, à juste titre, l’attentat à Charlottesville, la statue du général Lee, les adeptes de la white supremacy, l’attitude du président Trump et le racisme américain en général (qui se maintient à un niveau très élevé, il est vrai), sans jamais voir la poutre dans l’œil de la France. Que dire de toutes ces rues qui portent des noms de négriers comme Balguerie et Gradis à Bordeaux (ville d’Alain Juppé), Grou et Leroy à Nantes (ville de Jean-Marc Ayrault), Masurier et Lecouvreur au Havre (ville d’Edouard Philippe) ?

La plupart des maires des villes concernées affirment qu’il ne faut pas changer ces noms, car il convient, paraît-il, de conserver la trace des crimes commis. Mais les noms de rue ne servent pas à garder la mémoire des criminels, ils servent en général à garder la mémoire des héros et à les célébrer. C’est pour cela qu’il n’y a pas de rue Pétain en France. D’autres proposent que l’on conserve ces noms de rues, avec une petite explication. Mais même avec une mention expliquant sa vie, son œuvre, une «rue Pierre Laval, collabo» ne serait guère plus acceptable. C’est pour cela qu’il n’y en a pas non plus. Ce n’est donc pas une solution. Et si l’on veut vraiment transmettre la mémoire, pourquoi ne pas proposer plutôt des rues au nom de Toussaint Louverture, le héros haïtien, ou au nom de Champagney, ce village français dont les habitants prirent fait et cause pour les victimes de l’esclavage, pendant la Révolution ? Il faudrait donc se poser cette question : lequel des deux pays est le plus problématique, celui où il y a un conflit autour de la statue d’un général esclavagiste, ou celui où il y a à l’Assemblée nationale une statue de Colbert, une salle Colbert, une aile Colbert au ministère de l’Economie, des lycées Colbert (qui prétendent enseigner les valeurs républicaines), des dizaines de rues ou d’avenues Colbert, sans qu’il y ait le moindre conflit, la moindre gêne, le moindre embarras ? Et pourtant, Colbert est l’auteur du Code noir, celui qui a organisé en France ce crime contre l’humanité, et aussi le fondateur de la Compagnie des Indes occidentales, de sinistre mémoire. N’est-il pas choquant que personne (ou presque) ne soit choqué ?

En 2013, Arnaud Montebourg, qui ne cessait de faire l’éloge de Colbert, avait même lancé un logiciel destiné à favoriser la relocalisation des entreprises en France. Le nom de ce dispositif ? «Colbert 2.0». Malgré les protestations du Cran, le ministre a continué à faire l’apologie d’un homme coupable de crime contre l’humanité. Son conseiller expliquait que M. Montebourg célébrait en Colbert non pas l’esclavagiste, mais celui qui avait développé l’économie française. Un peu comme ces gens d’extrême droite qui affirment qu’ils célèbrent en Hitler non pas l’auteur de la Shoah, mais celui qui a redressé l’économie allemande. L’explication donnée par ce conseiller n’est-elle pas scandaleuse ? Par ailleurs, comment Colbert a-t-il développé l’économie française au XVIIe siècle, si ce n’est sur la base de l’esclavage colonial, justement ?

Nous nous adressons ici aux Français qui, par des contorsions indignes, cherchent encore à justifier l’injustifiable : vos héros sont nos bourreaux. Dès lors, comment pourrons-nous vivre ensemble ? Il y a de nombreux Français, blancs ou noirs, qui ont lutté contre l’esclavage : pourquoi ne pas privilégier ceux-là ? N’y a-t-il pas un lien entre le piédestal où l’on met les esclavagistes et le mépris social que subissent les descendants d’esclaves ? Est-il normal que les territoires d’outre-mer, où l’esclavage a été perpétré, soient encore en 2017 les plus pauvres du pays tout entier ? Est-il normal qu’ils soient dominés, encore aujourd’hui, par les descendants des esclavagistes, qui ont été indemnisés en outre par la République après l’abolition ? Peut-on être à la fois la patrie des droits de l’homme, et la patrie des droits des esclavagistes ?

Il y a quelques jours, Emmanuel Macron a affirmé qu’il était «aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie» à Charlottesville. Nous demandons à Emmanuel Macron d’être aussi aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie en France et de lancer une réflexion nationale sur la nécessité de remplacer ces noms et statues de la honte par des figures de personnalités noires, blanches ou autres ayant lutté contre l’esclavage et contre le racisme. Bien sûr, cette décision relève de l’autorité des élus locaux, mais un débat national et collectif doit être engagé. On ne peut pas être dans l’indignation face à Charlottesville et dans l’indifférence par rapport à la France par rapport à toutes statues, toutes ces rues, qui défigurent nos villes. Il faut décoloniser l’espace, il faut décoloniser les esprits, c’est aussi cela la réparation à laquelle nous appelons le Président.

Louis-Georges Tin Président du Conseil représentatif des associations noires (Cran)

Voir de même:

Tribune d’historiens pour défendre la place Robespierre à Marseille

Lettre ouverte au maire de Marseille et au maire du 9e arrondissement
L’Humanité
21 Mai, 2014

Plusieurs historiens spécialistes reconnus de la Révolution française ont adressé une lettre ouverte au maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, afin que ne soit pas débaptisée la place Robespierre se situant dans le 9e arrondissement de la ville.

Monsieur le maire,

Nous avons appris par la presse que vous envisagiez de débaptiser la Place Robespierre dans le 9e arrondissement de Marseille. Nous entendons réagir à cette nouvelle en vous faisant part de notre désapprobation et de notre volonté de faire largement savoir auprès de l’opinion les raisons de notre opposition à ce projet.
Débaptiser l’un des rares noms de lieu dédiés à la mémoire de Robespierre dans les grandes villes françaises serait, à notre sens, un signal politique et mémoriel antirépublicain. Quoi qu’on puisse penser de l’action politique de Robespierre (et les interprétations divergentes sont nombreuses, comme nous avons montré dans notre ouvrage (1)), il n’en reste pas moins qu’il a été l’inventeur de la devise « Liberté Égalité Fraternité » qui figure au fronton des édifices publics, qu’il a été (avec bien d’autres évidemment) un combattant infatigable de la démocratie, qu’il a défendu la citoyenneté des pauvres, des juifs, des « hommes de couleur » (comme on disait alors) dans les colonies et qu’il n’a cessé d’être la cible des attaques des royalistes, des anti-républicains et des réactionnaires de toutes sortes depuis deux siècles. Les accusations de « dictature » ou de responsabilité personnelle dans ce que l’on a appelé après sa mort la « Terreur » ont été — depuis fort longtemps — ruinées par la critique historique. Robespierre n’a jamais été le dictateur sanglant et paranoïaque de l’imagerie contre-révolutionnaire, il a été, en revanche, l’un des partisans les plus résolus de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et de la Première république, y compris dans le contexte difficile d’une guerre civile et extérieure.

Ajoutons qu’il a été, dès 1790-1791, le porte-parole des patriotes marseillais en butte aux attaques des autorités aristocratiques locales, qu’il a entretenu une correspondance politique suivie avec les révolutionnaires phocéens qui l’ont remercié à plusieurs reprises en lui demandant d’être leur défenseur(2) . Notre « cause est digne de vous, lui écrivent les officiers municipaux marseillais le 18 avril 1791, c’est celle du patriotisme luttant contre la calomnie ». Robespierre est celui qui écrivait au maire de Marseille le 27 juillet 1790 : « ne doutez pas que je ne sois dévoué jusqu’à la mort à la cause de Marseille et à celle de la Constitution, à laquelle elle est liée ». Il est celui qui dédia aux Marseillais son Adresse aux Français après la fuite du roi en juin 1791. Et vous voudriez que ce défenseur de la Révolution des droits de l’homme et du citoyen, mais aussi de la ville de Marseille, disparaisse des noms de lieux et de places de la ville qui lui a décerné les plus grands éloges ?

En Provence, au-delà de la municipalité marseillaise, ce sont celles d’Avignon ou de Toulon — dont il devient citoyen d’honneur — qui lui ont rendu hommage. Le premier député des Bouches-du-Rhône, Charles-François Bouche, le considérait comme l’un des Constituants les plus patriotes. Il a, écrivait le député provençal, « l’âme grande, élevée, courageuse et patriote » et il désolera « ses ennemis, s’il en a », car sa conduite politique est sans tache. Celui qui a reçu de son vivant le surnom « d’Incorruptible » doit-il disparaître de la vue des Marseillais ? Ce serait un comble en ces temps de crise de la démocratie et de méfiance à l’égard de la vertu publique des élus de la République.
La place Robespierre ne doit pas être débaptisée.

La Révolution française ne doit pas disparaître de la mémoire marseillaise, nationale et universelle.
Nous faisons connaître cette lettre à nos collègues historiens et nous leur demandons de s’associer à notre démarche qui concerne aussi tout ceux qui ont à coeur de défendre la mémoire de la révolution.

  • Marc Belissa, maître de conférences en histoire (Université Paris Ouest Nanterre).
  • Yannick Bosc, maître de conférences en histoire (Université de Rouen).

(1) Robespierre. La fabrication d’un mythe, Paris, Ellipses, 2013. Lire la conclusion
(2) Voir l’article de Jacques Guilhaumou, « Robespierre, défenseur de Marseille en 1791 », Révolution Française.net, juin 2006.

Premiers signataires :
Serge Bianchi (Professeur émérite, Université de Rennes II), Deborah Cohen (MCF histoire, Université d’Aix-Marseille), Alexis Corbière (professeur d’histoire, auteur de Robespierre Reviens !), Marc Deleplace (MCF histoire, Paris IV Sorbonne), Jean-Numa Ducange (MCF histoire, Université de Rouen), Florence Gauthier (MCF Histoire, Université Paris VII Denis Diderot), Jacques Guilhaumou (directeur de recherche émérite, CNRS-ENS Lyon), Anne Jollet (MCF histoire, Université de Poitiers), Mathilde Larrère (MCF histoire, Université de Marne-la-Vallée), Claude Mazauric (Professeur émérite, Université de Rouen), Guillaume Mazeau (MCF histoire, Université Paris I Panthéon Sorbonne), Christine Peyrard (Professeur, Université d’Aix-Marseille), Michel Vovelle (Professeur émérite, Aix-Marseille, Paris I, ancien directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française)

Voir encore:

Hollande, Hamon et Robespierre

Le tout nouveau président UMP de la communauté urbaine de Marseille Provence Métropole, Guy Teissier, vient d’avoir une idée : il veut débaptiser la Place Robespierre, sise dans le IXème arrondissement de Marseille (à Mazargues, pour ceux qui connaissent) et lui donner le nom des Nazet, amis du félibrige et de la culture provençale. C’est la seconde fois qu’on nous fait le coup — déjà, en 1999…

J’aime bien le félibrige, même si le mouvement a fini par rassembler un grand nombre d’imbéciles heureux. Mais j’aime encore plus Robespierre, sans lequel nous serions retombés dans une monarchie glauque (sans lequel il n’y aurait pas eu Bonaparte ni de Code civil : c’est au passage le frère dudit Robespierre qui a distingué à Toulon le jeune officier d’artillerie).
Horreur et putréfaction ! Signez vite la pétition mise en place par les amis de Robespierre, de la Convention et de la République. Il y a très très peu de rues ou places Robespierre, en France, alors que des rues Danton, l’organisateur des massacres de septembre, on ne sait plus qu’en faire.
Les informations sur l’œuvre exact de Maximilien ne vous sont pas nécessaires, ô mes féaux, mais cela va mieux en le disant :

C’est Robespierre qui pour la première fois, à la mi-décembre 1790, employa la formule « Liberté, Egalité, Fraternité ».
C’est lui qui a donné et proposé la citoyenneté pour les Juifs, qui a proposé l’abolition de l’esclavage, qui a fait voter la reconnaissance des enfants naturels, le premier à défendre le suffrage universel, le premier à aborder le non cumul des mandats, le premier à proposer le contrôle des prix de première nécessité…
Quant à la Terreur qu’on lui attribue…
C’est entendu, la guillotine fut la raison suffisante, comme disait Voltaire, de la mort de 15 000 personnes — plus ou moins. C’est entendu, il y eut quelques excès à Lyon ou Nantes. Mais cette violence est peu, comparée à celle exercée pendant des siècles par les Rois de France, qui cautionnaient les pires massacres et les tortures. Et tout adversaire que je sois aujourd’hui de la peine de mort, je recontextualise — en 1793, un certain 21 janvier, qu’en aurais-je pensé ?
D’autant que si l’on cherchait les vrais responsables de la Terreur, il faudrait bien davantage lorgner vers Fouquier-Tinville, Hébert, Vadier ou Barère — l’un des principaux responsables, aussi, de la répression vendéenne, et non Robespierre qui rappela Carrier dès qu’il fut mis au courant des fantaisies de ce dernier, qui faisait violenter les jeunes aristocrates du beau sexe par ses volontaires antillais, au cours d’orgies mémorables — avant de les expédier dans la Loire pour les fameux « mariages républicains ». Bouh le vilain. Même que Robespierre l’a fait guillotiner.
Le plus beau, c’est que la désinformation la plus abjecte règne chez les historiens. Mais les historiens, hein…
Alors, signez et faites signer la pétition !

Tout cela pour dire…
Au même moment, Hollande nous recompose la France du XVIIIème siècle et ses provinces. Sous prétexte que 22 régions, c’est 11 de trop. Efficacité, économies, etc. Faire des régions à échelle européenne, bla-bla-bla. Le modèle allemand, quoi.
Et Benoît Hamon s’est empressé de faire chorus, et s’apprête à territorialiser l’Education Nationale — quand vous serez sous la tutelle exclusive des potentats locaux à la Guy Teissier, vous ne viendrez pas me reprocher de ne pas vous avoir prévenus. Les profs sous la férule des grandes intelligences régionales, recrutement et sélection compris, ce sera intéressant.
C’est pour le coup que l’on multipliera les options régionales au Bac — notez qu’il y a déjà l’option Pétanque en Provence et l’option surf à Biarritz. Des points en plus pour compenser les faiblesses en maths.
Tout cela sent mauvais. Très mauvais. Moi, j’aurais la tête de Louis XVI — ah bon, vous n’aviez pas remarqué ? —, j’y regarderais à deux fois avant de rétablir l’Ancien Régime. Qui sait si un nouveau Robespierre ne traîne pas par là, à Arras ou ailleurs…

Voir par ailleurs:

Etats-Unis : et maintenant, les statues de Christophe Colomb sèment la discorde

Des voix s’élèvent pour demander le déboulonnage des statues de l’explorateur, considéré par certains comme responsable du génocide amérindien.

Paul Véronique

1 septembre 2017

Le débat qui a enflammé les Etats-Unis autour du déboulonnage de la statue du général confédéré Robert Lee à Charlottesville s’étend à d’autres figures historiques. A New York, la cible se nomme désormais Christophe Colomb. L’explorateur qui a posé le pied en Amérique en 1492, est accusé par certains d’être à l’origine de l’extermination des peuples amérindiens.

Les voyages de Christophe Colomb en Amérique ont aidé les populations européennes à coloniser le continent. Mais certains historiens attaquent également le navigateur sur son traitement des peuples autochtones, et sa participation à la traite des esclaves.

Après les événements de Charlottesville, le maire de New York, Bill de Blasio, s’est saisi de la question. « New York effectuera une revue de 90 jours de tous les symboles de haine dans le domaine public », a-t-il expliqué sur Twitter le 16 août.

L’opération doit permettre d’identifier les monuments à l’honneur de personnages potentiellement offensants, afin le cas échéant de s’en débarrasser. A ce titre, il a annoncé le même jour qu’une plaque commémorative en l’honneur du maréchal Pétain allait être retirée.

« La plaque commémorative en l’honneur du maréchal Pétain, collaborateur nazi, située sur la promenade du ‘Canyon of Heroes’, sera la première à être retirée. »

Plusieurs statues vandalisées

Ces derniers jours, deux monuments dédiés à l’explorateur ont été vandalisés. Samedi dernier, une sculpture à son effigie a été décapitée au parc mémoriel de Christophe Colomb de Yonkers. Jeudi, une autre statue a été vandalisée dans le Queens. « N’honorez pas le génocide, enlevez-le », a-t-il été inscrit par des activistes sur l’édifice.

Mais c’est la statue de Christophe Colomb perchée à 21 mètres de hauteur, trônant au milieu de Columbus Circle qui cristallise les tensions. Situé en plein cœur de Manhattan, c’est l’une des places les plus célèbres de New York, consacrée à la mémoire de l’explorateur. Mais chaque année, à la veille du Columbus Day, un jour férié aux Etats-Unis, des opposants à Christophe Colomb s’y rassemblent pour dénoncer le génocide des populations amérindiennes.

Une mise en cause de l’explorateur italien qui génère des tensions avec la communauté d’origine italienne, très présente à New York. De leur côté ils entendent défendre leur patrimoine, alors que c’est leurs ancêtres qui avaient financé la statue de Columbus Circle en 1892.

Mise en difficulté du maire de New York

Une situation inconfortable pour Bill de Blasio, pris en étau entre les antis et les pros Christophe Colomb, alors qu’il concourt à sa réélection en novembre. Jusqu’à présent, le maire de New York a pris soin de ne pas remettre en cause nommément l’explorateur, se contentant de dénoncer les « symboles de haine ». Lors des primaires démocrates pour les élections municipales, mercredi 23 août, il a esquivé :

« Je ne vais pas me lancer dans le jeu des noms. »

Une polémique de mauvais augure dont n’a pas hésité à se servir son rival démocrate Sal Albanese :

« Il a déclaré que les statues confédérées qui rappelaient l’esclavage et le racisme méritaient d’être interdites, mais retirerons-nous également les statues de George Washington et Thomas Jefferson ? »

Voir aussi:

Accusé de racisme, Autant en emporte le vent dans la tourmente aux États-Unis
Deux semaines après la tragédie de Charlottesville, un cinéma de Memphis a suspendu sa projection annuelle du film de Victor Fleming sorti en salles en 1939, estimant que cette œuvre aux dix Oscars, qui plonge dans la Guerre de Sécession, était insensible au public afro-américain.
Alexis Feertchak
Le Figaro
30/08/2017

Scarlett O’Hara n’est plus la bienvenue dans la salle Orpheum de Memphis. Autant en emporte le vent était projeté chaque année depuis 34 ans dans ce cinéma du Tennessee, au sud des États-Unis, qui a décidé de suspendre cette tradition, un peu plus de deux semaines après l’attaque de Charlottesville, dans laquelle une militante antiraciste a été tué par un suprémaciste blanc.

Le soir précédent, le 11 août, le film de 1939 aux dix Oscars avait été projeté sur l’écran de Memphis. Le cinéma a alors reçu des plaintes, motivées par le portrait discriminant des noirs américains et la vision idéalisée des Sudistes que ce film, qui plonge au cœur de la Guerre de Sécession, véhiculerait. La direction de l’Orpheum a réagi en annonçant que les aventures de Scarlett et Rhett ne seraient plus au programme l’année prochaine, déclenchant un tollé sur la toile.

«La récente projection d’Autant en emporte le vent (…) a généré un nombre important de commentaires. L’Orpheum les a soigneusement étudiés», s’est justifié Brett Batterson, le président de l’Orpheum Theatre Group, précisant au New York Times qu’«en tant qu’organisation dont la mission est de divertir, d’éduquer et d’éclairer les communautés qu’elle sert, l’Orpheum ne pouvait montrer un film insensible à un grand pan de sa population locale».

Souhaitant désamorcer la polémique, Brett Batterson a expliqué au Commercial Appeal, un quotidien de Memphis, que les préoccupations à propos de ce film ne dataient pas de la tragédie de Charlottesville et des débats qui en ont suivi, mais que la question se posait chaque année depuis longtemps.

Les réseaux sociaux n’ont pas tardé à s’emparer de l’affaire, entraînant une vive polémique. «La tolérance vire à la censure. Encore une fois», a déclaré le philosophe québécois Mathieu Bock-Côté sur Twitter.

D’autres ont créé des variations autour du titre: «À ce rythme-là, ce sont bientôt nos libertés, notre identité et notre culture qui seront ‘gone with the wind’» [le titre anglais du film, NDLR]. «Le bon sens a été emporté par le vent dans ma ville natale de Memphis», s’est écrié le journaliste et écrivain américain Todd Starnes.

D’autres encore de rappeler que l’actrice Hattie McDaniel, qui y joue une esclave du nom de Mamma, a été la première Afro-américaine à recevoir un Oscar en remportant celui de la meilleure actrice dans un rôle de soutien.

Un été de polémiques

L’annulation du film de Victor Fleming, tiré du roman éponyme de Margaret Mitchell, s’inscrit dans le contexte de vives polémiques qui se sont succédé tout l’été à propos des statues et monuments de personnages historiques controversés. C’est le cas déjà depuis plusieurs années des centaines de monuments d’hommage aux figures sudistes. En août, ce fut le cas à Durham en Caroline du Nord où la statue d’un soldat confédéré érigée en 1924 a été abattue par des manifestants.

La même scène fut observée à Gainesville en Floride. Dans le Tennessee, à Nashville, une manifestation a été organisée pour exiger le retrait du Capitole d’un buste de Nathan Badford Forrest, général confédéré et fondateur du Ku Klux Klan. Le rassemblement de la droite radicale à Charlottesville, le 12 août dernier, qui a tourné à la tragédie, était motivé par le refus du retrait annoncé d’une statue de Robert Lee, général en chef des armées des États confédérés pendant la Guerre de Sécession.

Répondant à ces polémiques, Donald Trump a pris le parti de s’opposer à la démolition de ces monuments confédérés déclarant que leur retrait était «une mise en mise en pièces» de l’histoire américaine. «George Washington possédait des esclaves (…). Est-ce qu’on va enlever ses statues? Et Thomas Jefferson? Est-ce qu’on va enlever ses statues? Il possédait beaucoup d’esclaves», a-t-il également lancé à propos des premier et troisième présidents des États-Unis, tous deux morts avant la Guerre de Sécession. À l’inverse, Bill de Blasio, le maire de New York, a envisagé publiquement de déboulonner la statue de Christophe Colomb, parce qu’elle serait offensante pour les Amérindiens. De l’autre côté de l’Atlantique, en Grande-Bretagne, le quotidien The Guardian a proposé dans un article d’abattre la statue de Nelson, accusé d’avoir défendu l’esclavage.

Voir également:

Toppling statues? Here’s why Nelson’s column should be next
While the US argues about whether to tear down monuments to the supporters of slavery, Britain still celebrates the shameful era
Afua Hirsch
The Guardian
August 2017

The area I grew up in, leafy Wimbledon in south-west London, is bordered by memorials to two towering historical figures. One side dedicates its streets and walls to the legacy of the abolitionist William Wilberforce: the remnants of a house where he lounged with his friends, and the mounting block he used to get on his horse to ride to the Houses of Parliament, still stand.

The other side is devoted to Admiral Horatio Nelson, who having defeated the French navy bought a romantic estate where he stayed with his lover, Emma Hamilton. So many streets, pubs, shops and other local businesses recall this history that local estate agents refer to the area as The Battles.

These two contemporaneous, though contrasting, histories are symbolic of the problems Britain faces in confronting its past. Wilberforce, unquestionably a force for good, helped end, in 1807, Britain’s official involvement in the transatlantic slave trade. But he was not alone. The enormous contribution of black people in Britain at the time – especially activists and writers who were slaves themselves – has no equivalent site of glory, in London or anywhere in the country.

One of the obstacles all these abolitionists had to overcome was the influence of Nelson, who was what you would now call, without hesitation, a white supremacist. While many around him were denouncing slavery, Nelson was vigorously defending it. Britain’s best known naval hero – so idealised that after his death in 1805 he was compared to no less than “the God who made him” – used his seat in the House of Lords and his position of huge influence to perpetuate the tyranny, serial rape and exploitation organised by West Indian planters, some of whom he counted among his closest friends.

It is figures like Nelson who immediately spring to mind when I hear the latest news of confederate statues being pulled down in the US. These memorials – more than 700 of which still stand in states including Virginia, Georgia and Texas – have always been the subject of offence and trauma for many African Americans, who rightly see them as glorifying the slavery and then segregation of their not so distant past. But when these statues begin to fulfil their intended purpose of energising white supremacist groups, the issue periodically attracts more mainstream interest.

The reaction in Britain has been, as in the rest of the world, almost entirely condemnatory of neo-Nazis in the US and of its president for failing to denounce them. But when it comes to our own statues, things get a little awkward. The colonial and pro-slavery titans of British history are still memorialised: despite student protests, Oxford University’s statue of imperialist Cecil Rhodes has not been taken down; and Bristol still celebrates its notorious slaver Edward Colston. When I tweeted this weekend that it’s time we in Britain look again at our own landscape, the reaction was hostile.

“I don’t want that nonsense spreading here from America. Past is past, we have moved on,” one person said. Another accused me of being a “#ClosetRacist” for even raising the question. But the most common sentiment was summed up in this tweet: “Its History – we cant & shouldn’t re-write it – we learn from it. Removing statues would make us no different to terrorists at Palmyra.” Therein lies the point. Britain has committed unquantifiable acts of cultural terrorism – tearing down statues and palaces, and erasing the historical memory of other great civilisations during an imperial era whose supposed greatness we are now, so ironically, very precious about preserving intact.

And we knew what we were doing at the time. One detail that has always struck me is how, when the British destroyed the centuries-old Summer Palace in Beijing in 1860 and gave a little dog they’d stolen as a gift to Queen Victoria, she humorously named it “Looty”. This is one of the long list of things we are content to forget while sucking on the opium of “historical integrity” we claim our colonial statues represent.

We have “moved on” from this era no more than the US has from its slavery and segregationist past. The difference is that America is now in the midst of frenzied debate on what to do about it, whereas Britain – in our inertia, arrogance and intellectual laziness – is not.

The statues that remain are not being “put in their historical context”, as is often claimed. Take Nelson’s column. Yes, it does include the figure of a black sailor, cast in bronze in the bas-relief. He was probably one of the thousands of slaves promised freedom if they fought for the British military, only to be later left destitute, begging and homeless, on London’s streets when the war was over.

But nothing about this “context” is accessible to the people who crane their necks in awe of Nelson. The black slaves whose brutalisation made Britain the global power it then was remain invisible, erased and unseen.

The people so energetically defending statues of Britain’s white supremacists remain entirely unconcerned about righting this persistent wrong. They are content to leave the other side of the story where it is now – in Nelson’s case, among the dust and the pigeons, 52 metres below the admiral’s feet. The message seems to be that is the only place where the memory of the black contribution to Britain’s past belongs.

Afua Hirsch is a writer and broadcaster

Voir de plus:

Our War against Memory
Victor Davis Hanson
National Review
August 22, 2017

The new abolitio memoriae

Back to the Future

Romans emperors were often a bad lot — but usually confirmed as such only in retrospect. Monsters such as Nero, of the first-century A.D. Julio-Claudian dynasty, or the later psychopaths Commodus and Caracalla, were flattered by toadies when alive — only to be despised the moment they dropped.

After unhinged emperors were finally killed off, the sycophantic Senate often proclaimed a damnatio memoriae (a “damnation of memory”). Prior commemoration was wiped away, thereby robbing the posthumous ogre of any legacy and hence any existence for eternity.

In more practical matters, there followed a concurrent abolitio memoriae (an “erasing of memory”). Specifically, moralists either destroyed or rounded up and put away all statuary and inscriptions concerning the bad, dead emperor. In the case of particularly striking or expensive artistic pieces, they erased the emperor’s name (abolitio nominis) or his face and some physical characteristics from the artwork.

Impressive marble torsos were sometimes recut to accommodate a more acceptable (or powerful) successor. (Think of something like the heads only of the generals on Stone Mountain blasted off and replaced by new carved profiles of John Brown and Nat Turner).

A Scary History

Without Leon Trotsky’s organizational and tactical genius, Vladimir Lenin might never have consolidated power among squabbling anti-czarist factions. Yet after the triumph of Stalin, “de-Trotskyization” demanded that every word, every photo, and every memory of an ostracized Trotsky was to be obliterated. That nightmarish process fueled allegorical themes in George Orwell’s fictional Animal Farm and 1984.

How many times has St. Petersburg changed its name, reflecting each generation’s love or hate or indifference to czarist Russia or neighboring Germany? Is the city always to remain St. Petersburg, or will it once again be anti-German Petrograd as it was after the horrific First World War? Or perhaps it will again be Communist Leningrad during the giddy age of the new man — as dictated by the morality and the politics of each new generation resenting its past? Is a society that damns its past every 50 years one to be emulated?

Abolition of memory is easy when the revisionists enjoy the high moral ground and the damned are evil incarnate. But more often, killing the dead is not an easy a matter of dragon slaying, as with Hitler or Stalin. Confederate General Joe Johnston was not General Stonewall Jackson and after the war General John Mosby was not General Wade Hampton, just as Ludwig Beck was not Joachim Peiper.

Stone Throwers and Their Targets

What about the morally ambiguous persecution of sinners such as the current effort in California to damn the memory of Father Junipero Serra and erase his eponymous boulevards, to punish his supposedly illiberal treatment of Native Americans in the early missions some 250 years ago?

California Bay Area zealots are careful to target Serra but not Leland Stanford, who left a more detailed record of his own 19th-century anti-non-white prejudices, but whose university brand no progressive student of Stanford would dare to erase, because doing so would endanger his own studied trajectory to the good life. We forget that there are other catalysts than moral outrage that calibrate the targets of abolitio memoriae.

Again, in the case of the current abolition of Confederate icons — reenergized by the Black Lives Matter movement and the general repulsion over the vile murders by cowardly racist Dylan Roof — are all Confederate statues equally deserving of damnation?

Does the statue of Confederate General James Longstreet deserve defacing? He was a conflicted officer of the Confederacy, a critic of Robert E. Lee’s, later a Unionist friend of Ulysses S. Grant, an enemy of the Lost Causers, and a leader of African-American militias in enforcing reconstruction edicts against white nationalists. Is Longstreet the moral equivalent of General Nathan Bedford Forrest (“get there firstest with the mostest”), who was the psychopathic villain of Fort Pillow, a near illiterate ante-bellum slave-trading millionaire, and the first head of the original Ku Klux Klan?

Were the 60–70 percent of the Confederate population in most secessionist states who did not own slaves complicit in the economics of slavery? Did they have good options to leave their ancestral homes when the war started to escape the stain of perpetuating slavery? Do such questions even matter to the new arbiters of ethics, who recently defiled the so-called peace monument in an Atlanta park — a depiction of a fallen Confederate everyman, his trigger hand stilled by an angel? How did those obsessed with the past know so little of history?

Key to General William Tecumseh Sherman’s devastating strategy of marching through Georgia and the Carolinas was his decision to deliberately target the plantations and the homes of the wealthy, along with Confederate public buildings. Apparently Sherman believed that the plantation owners of the South were far more culpable than the poor non-slave-holding majority in most secessionist states. Sherman generally spared the property of non-slave owners, though they collectively suffered nonetheless through the general impoverishment left in Sherman’s wake.

In our race to rectify the past in the present, could Ken Burns in 2017 still make his stellar Civil War documentary, with a folksy and drawly Shelby Foote animating the tragedies of the Confederacy’s gifted soldiers sacrificing their all for a bad cause? Should progressives ask Burns to reissue an updated Civil War version in which Foote and southern “contextualizers” are left on the cutting room floor?

How about progressive icon Joan Baez? Should the Sixties folksinger seek forgiveness from us for reviving her career in the early 1970s with the big money-making hit “The Night They Drove Old Dixie Down”— her version of The Band’s sympathetic ode to the tragedy of a defeated Confederacy, written over a century after the Civil War. (“Back with my wife in Tennessee / When one day she called to me / Said, “Virgil, quick, come see / There goes the Robert E. Lee!”) If a monument is to be wiped away, then surely a popular song must go, too.

Are there gradations of moral ambiguity? Or do Middlebury and Berkeley students or antifa rioters in their infinite wisdom have a monopoly on calibrating virtue and defining it as 100 percent bad or good?

Who of the present gets to decide whom of the past we must erase — and where does the cleansing of memory stop? Defacing Mt. Rushmore of its slave owners? Renaming the double-whammy Washington and Lee University? Are we to erase mention of the heavens for their August 21 eclipse that unfairly bypassed most of the nation’s black population — as the recent issue of Atlantic magazine is now lamenting?

Revolutions are not always sober and judicious. We might agree that the public sphere is no place for honorific commemoration of Roger B. Taney, the author of the Dred Scott decision. But statue removal will not be limited to the likes of Roger B. Taneys when empowered activists can cite chapter and verse the racist things once uttered by Abraham Lincoln, whose bust was just disfigured in Chicago — and when the statue-destroyers feel that they gain power daily because they are morally superior.

Correct and Incorrect Racists?

The logical trajectory of tearing down the statue of a Confederate soldier will soon lead to the renaming of Yale, the erasing of Washington and Jefferson from our currency, and the de-Trotskyization of every mention of Planned Parenthood’s iconic Margaret Singer, the eugenicist whose racist views on abortion anticipated those of current liberal Supreme Court justice Ruth Bader Ginsburg. (Ginsburg said, “Frankly I had thought that at the time Roe was decided, there was concern about population growth and particularly growth in populations that we don’t want to have too many of.”)

At what point will those who went ballistic over President Trump’s clumsy “on the one hand, on the other hand” criticism of both the abhorrent racists who marched in Charlottesville (parading around in the very Nazi garb that their grandparents had fought to vanquish) and the unhinged anarchists who sought to violently stop them demand that Princeton University erase all mention of their beloved Woodrow Wilson, the unapologetic racist? Wilson, as an emblematic and typical early progressive, thought human nature could “progress” by scientific devotion to eugenics, and he believed that blacks were innately inferior. Wilson, also remember, was in a position of power — and, owing to his obdurate racism, he ensured that integration of the U.S. Army would needlessly have to wait three decades. Do any of the protestors realize that a chief tenet of early progressivism was eugenics, the politically correct, liberal orthodoxy of its time?

Just as in Roman times, chipping away the face of Nero or Commodus did not ensure a new emperor’s good behavior, so tearing down a statue of a Confederate soldier is not going to restore vitality to the inner city, whose tragedies are not due to inanimate bronze.

When Minnesota Black Lives Matter marchers chanted of police, “Pigs in a blanket, fry ’em like bacon,” was that a call for violence that was not long after realized by a spate of racist murders of policemen in Dallas? Are such advocates of torching police officers morally equipped to adjudicate which Confederate statue must come down?

And did President Obama swiftly condemn the forces that led the shooter to select his victims for execution? After Major Nidal Malik Hasan murdered 13 fellow soldiers in cold blood, screaming out “Allah Akbar” as he shot, did “both sides” Obama really have to warn America that “we don’t know all the answers yet, and I would caution against jumping to conclusions until we have all the facts”? And did it take him six years before he discovered the catalysts when finally calling the murders a terrorist attack? Did Obama have to dismiss the Islamist anti-Semitic terrorist slaughter of targeted Jews in a kosher market in Paris with the callous and flippant quip that the murderers had killed “a bunch of folks in a deli in Paris”? Were there demonstrations over that moral equivalence?

And was it inevitable that the anti-Semite, homophobe, and provocateur with past blood on his hands for inciting riot and arson, the Reverend Al Sharpton, would advocate yanking public sponsorship of the Jefferson memorial? He who is with sin now casts the first stone?

We are in an age of melodrama, not tragedy, in which we who are living in a leisured and affluent age (in part due to the accumulated learning and moral wisdom gained and handed down by former generations of the poor and less aware) pass judgement on prior ages because they lacked our own enlightened and sophisticated views of humanity — as if we lucky few were born fully ethically developed from the head of Zeus.

In my own town, there used to be a small classical fountain dedicated by the Woman’s Christian Temperance Union. It was long ago torn down. (Who wishes to recall the forces that led to Prohibition?) In its place now sits an honorific statue to the clawed, half-human Aztec deity Coatlicue, the hungry earth-mother goddess. Coatlicue was quite a bloodthirsty creation, to whom thousands of living captives were sacrificed. The goddess was often portrayed wrapped in a cloak of skin and wearing a neckless of human hearts, hands, and skulls. Our town’s new epigraph atop Coatlicue is Viva la Raza — “Long live the Race.” Should there be demonstrations to yank down such a racialist and Franco-ist hurrah? Or are the supposed victims of white privilege themselves exempt from the very chauvinism that they sometimes allege in others? Is there a progressive rationale that exempts Coatlicue and its racist plaque, whose sloganeering channels the raza/razza mantras of Fascist Spain and Mussolini’s Italy? Are we to have a perpetual war of the statues?

The Arc of History More Often Bends Backward

There is a need for an abolition of memory in the case of Hitler or Stalin, or here in America perhaps even of a Nathan Bedford Forrest. But when we wipe away history at a whim (why in 2017 and not, say, in 2015 or 2008?), we’d better make sure that our targets are uniquely and melodramatically evil rather than tragically misguided. And before we get out our ropes and sandblasters, we should be certain that we are clearly the moral superiors of those we condemn to oblivion.

Be careful, 21st-century man. Far more hypercritical generations to come may find our own present moral certitude — late-term and genetically driven abortion, the rise of artificial intelligence in place of human decision-making, the harvesting and selling of aborted fetal organs, ethnic and tribal chauvinism, euthanasia, racially segregated dorms and “safe spaces” — as immoral as we find the sins of our own predecessors.

For the last decade, we were lectured that the arc of history always bends toward our own perceptions of moral justice. More likely, human advancement tends to be circular and should not to be confused with technological progress.

Just as often, history is ethically circular. No Roman province produced anyone quite like a modern Hitler; Attila’s body count could not match Stalin’s.

In the classical Athens of 420 B.C., a far greater percentage of the population could read than in Ottoman Athens of A.D. 1600. The average undergraduate of 1950 probably left college knowing a lot more than his 2017 counterpart does. The monopolies of Google, Facebook, and Amazon are far more insidious than that of Standard Oil, even if our masters of the universe seem more hip in their black turtlenecks than John D. Rockefeller did in his starched collars.

Moneywise, Bernie Madoff outdid James Fisk and Jay Gould.

The strangest paradox in the current epidemic of abolitio memoriae is that our moral censors believe in ethical absolutism and claim enough superior virtue to apply it clumsily across the ages — without a clue that they fall short of their own moral pretensions, and that one day their own icons are as likely be stoned as the icons of others are now apt to be torn down by black-mask-wearing avengers.

A final paradox about killing the dead: Two millennia after Roman autocrats’ destruction of statues, and armed with the creepy 20th-century model of Fascists and Communists destroying the past, we, of a supposedly enlightened democracy, cannot even rewrite history by democratic means — local, state, and federal commission recommendations, referenda, or majority votes of elected representatives. More often, as moral cowards, we either rely on the mob or some sort of executive order enforced only in the dead of night.

Voir de même:

The Double Standard in the Progressive War against the Dead
Victor Davis Hanson
August 24, 2017

Will Progressives erase the history of their racist heroes, or only their racist enemies? Much of the country has demanded the elimination of references to, and images of, people of the past — from Christopher Columbus to Robert E. Lee — who do not meet our evolving standards of probity.

In some cases, such damnation may be understandable if done calmly and peacefully — and democratically, by a majority vote of elected representatives. Few probably wish to see a statue in a public park honoring Confederate general Nathan Bedford Forrest, one of the founding members of the Ku Klux Klan, or Supreme Court Justice Roger B. Taney, who wrote the majority opinion in the racist Dred Scott decision that set the stage for the Civil War four years later.

But cleansing the past is a dangerous business. The wide liberal search for more enemies of the past may soon take progressives down hypocritical pathways they would prefer not to walk. Powered by In the present climate of auditing the past, it is inevitable that Margaret Sanger’s Planned Parenthood will have to be disassociated from its founder. Sanger was an unapologetic racist and eugenicist who pushed abortion to reduce the nonwhite population. Should we ask that Ruth Bader Ginsburg resign from the Supreme Court? Even with the benefit of 21st-century moral sensitivity, Ginsburg still managed to echo Sanger in a racist reference to abortion (“growth in populations that we don’t want to have too many of”). Why did we ever mint a Susan B. Anthony dollar? The progressive suffragist once said, “I will cut off this right arm of mine before I will ever work or demand the ballot for the Negro and not the woman.” Liberal icon and Supreme Court Justice Earl Warren pushed for the internment of Japanese Americans during World War II while he was California’s attorney general. President Woodrow Wilson ensured that the Armed Forces were not integrated. He also segregated civil-service agencies. Why, then, does Princeton University still cling to its Woodrow Wilson School of Public and International Affairs? To honor a progressive who did a great deal of harm to African-American causes? Wilson’s progressive racism, dressed up in pseudoscientific theories, was perhaps more pernicious than that of the old tribal racists of the South, given that it was not regionally centered and was professed to be fact-based and ecumenical, with the power of the presidency behind it. In the current logic, Klan membership certainly should be a disqualifier of public commemoration.

Why are there public buildings and roads still dedicated to the late Democratic senator Robert Byrd, former “exalted cyclops” of his local Klan affiliate, who reportedly never shook his disgusting lifelong habit of using the N-word? Why is Supreme Court Justice Hugo Black, once a Klansman, in the 20th century, still honored as a progressive hero? So, what are the proper rules of exemption for progressives when waging war against the dead? Do they tally up the dead’s good and bad behaviors to see if someone makes the 51 percent “good progressive” cutoff that exempts him? Or do some reactionary sins cancel out all the progressive good — at least in the eyes of self-styled moral superiors to those hapless Neanderthals who came before us? Are the supposedly oppressed exempt from charges of oppression? Farm-labor icon Cesar Chavez once sent union thugs to the border to physically bar U.S. entry to undocumented Mexican immigrants, whom he derided as “wetbacks” in a fashion that would today surely earn Chavez ostracism by progressives as a xenophobe.

Kendrick Lamar, one of the favorite rappers of former president Barack Obama, had an album cover featuring a presumably dead white judge with both of his eyes X’d out, surrounded by black men celebrating on the White House lawn. Should such a divisive racialist have been honored with a White House invitation? What is the ultimate purpose of progressives condemning the past? Does toppling the statue of a Confederate general — without a referendum or a majority vote of an elected council — improve racial relations? Does renaming a bridge or building reduce unemployment in the inner city? Do progressives have their own logical set of selective rules and extenuating circumstances that damn or exempt particular historical figures? If so, what are they? Does selectively warring against the illiberal past make us feel better about doing something symbolic when we cannot do something substantive? Or is it a sign of raw power and ego when activists force authorities to cave to their threats and remove images and names in the dead of night? Does damning the dead send a flashy signal of our superior virtue? And will toppling statues and erasing names only cease when modern progressives are forced to blot out the memories of racist progressive heroes?

Voir encore:

L’ACLU, cette association américaine qui défend les droits des réfugiés et des néonazis

Claire Levenson

Slate

L’Union américaine pour les libertés civiles a aidé des suprémacistes blancs à obtenir le droit de manifester à Charlottesville. Après la mort d’une contre-manifestante, l’organisation repense sa position sur la liberté d’expression des groupes armés.

En janvier 2017, des avocats de l’ACLU, l’union américaine pour les libertés civiles, ont remporté la première victoire juridique contre le décret anti-réfugiés de Donald Trump. Ils ont obtenu qu’une juge bloque temporairement les expulsions d’immigrés venant de sept pays à majorité musulmane. Un traducteur irakien qui était détenu à l’aéroport de New York a été aussitôt libéré, et les avocats de l’ACLU sont devenus de véritables héros de la résistance anti-Trump.

Six mois plus tard, des avocats de cette même organisation ont aidé le suprémaciste blanc Jason Kessler à organiser une manifestation dans le centre de Charlottesville. Pour l’ACLU, connue pour son engagement à gauche, ces deux combats ne sont pas contradictoires:

«Il ne s’agit pas d’un tournant pour l’ACLU, a déclaré Anthony Romero, le directeur de l’organisation. Cela fait très longtemps que nous défendons les droits de groupes que nous détestons et avec lesquels nous sommes fondamentalement en désaccord».

A la fin des années 1970, l’ACLU avait en effet pris la décision controversée de défendre un groupe néonazi qui voulait défiler à Skokie, une banlieue de Chicago où vivaient de nombreux rescapés des camps de concentration. Plus récemment, ils ont défendu l’agitateur d’extrême-droite Milo Yiannopoulous, car le métro de Washington avait interdit une publicité pour son livre.

De leur point de vue, une véritable défense de la liberté d’expression implique de se battre pour tous, sans juger le contenu, suivant le principe expliqué par le juge de la Cour Suprême Oliver Wendell Holmes en 1929:

«S’il y a un principe de la Constitution qui exige plus d’attachement qu’un autre, c’est celui de la liberté d’opinion: non pas la liberté pour ceux qui pensent comme nous, mais la liberté pour la pensée que nous détestons.»

Dans le cas de Charlottesville, afin de limiter les violences potentielles, les autorités municipales voulaient que la marche pour le maintien de la statue du général sudiste Robert E. Lee ait lieu dans un grand parc un peu à l’écart. Le nationaliste blanc Jason Kessler a fait un procès à la ville et ce sont des avocats de l’ACLU qui l’ont gratuitement aidé à obtenir le droit de faire venir les manifestants – avec leurs torches, drapeaux confédérés, armes, croix grammées et slogans nazis – dans le centre ville. Du point de vue de l’ACLU, le gouvernement utilisait le prétexte de la menace de violence pour marginaliser des opinions peu populaires.

En accord avec l’ACLU, le juge a statué qu’il n’était pas constitutionnel pour la ville de limiter le permis de manifester des nationalistes blancs juste parce que les autorités étaient en désaccord avec leurs idées. Le premier amendement de la Constitution américaine protège en effet tous les discours, quel que soit leur contenu, sauf s’ils constituent une incitation à la violence imminente.

Si dans ce cas, le droit était du côté de groupes racistes, le contexte était très différent lorsque l’ACLU s’est fait une réputation en tant que gardienne de la liberté d’expression:

«Dans les années 1960 et 1970 pendant le mouvement de défense des droits civiques et le mouvement anti-guerre du Vietnam, les gens qui avaient le plus besoin d’être défendus en termes de liberté d’expression étaient les militants noirs et anti-guerre, explique le politologue Erik Bleich, auteur d’un ouvrage sur les discours de haine. Or c’est à ce moment que l’ACLU s’est distinguée par sa protection absolutiste de tous les discours. Ils ont défendu vigoureusement le droit à l’expression de groupes marginalisés, comme les activistes anti-guerre. Mais pour être cohérents intellectuellement, ils ont défendu la liberté d’expression de tous, y compris celle de néonazis».

Cette position demeure pourtant controversée. Après le meurtre de la manifestante Heather Heyer le 12 août, tuée par un sympathisant néonazi qui lui a foncé dessus en voiture, plusieurs membres de l’organisation ont démissionné (l’un d’entre eux a écrit sur Twitter: «Ce qui est légal ne correspond pas toujours à ce qui est juste. Je ne veux pas être une caution pour les nazis») et des branches locales de l’ACLU ont critiqué la position de la direction:

«Si des suprémacistes blancs défilent dans nos villes armés jusqu’aux dents et avec l’intention de blesser, il ne s’agit pas d’une activité protégée par la Constitution des Etats-Unis.»

Des porte-paroles de l’ACLU ont commencé par défendre leurs actions dans ce dossier, expliquant que la police n’avait pas bien fait son travail, et que l’ACLU n’était pas responsable du fait qu’en Virginie, il est légal de porter une arme visible. Mais quelques jours après dans une interview pour le Wall Street Journal, le directeur Anthony Romero a changé de cap:

«Les événements de Charlottesville forcent les juges, les officiers de police et les groupes de défense des droits à examiner les manifestations de suprémacistes blancs de beaucoup plus près. Si un groupe de manifestants insiste: « Non, nous voulons pouvoir porter des armes chargées », alors nous ne sommes pas obligés de les aider. Ils peuvent trouver quelqu’un d’autre.»

Pour le politologue Erik Bleich, il s’agit d’une décision importante dans la mesure où l’organisation accepte de prendre en compte le contexte actuel – le fait que les manifestants néonazis puissent être légalement armés dans certains Etats, ce qui n’était pas le cas dans les années 1970  – pour nuancer leur défense absolutiste de la liberté d’expression.

«Le contexte a changé parce que d’une part Trump est president et les néonazis ont le sentiment d’avoir plus de pouvoir, et d’autre part, nous vivons une époque où la loi est interprétée de telle façon que de plus en plus de gens sont autorisés à porter des armes de façon visible».

Dans les années 1970, lorsque l’ACLU avait défendu les néonazis de Skokie, ces groupes étaient beaucoup plus marginaux, et sous la présidence du démocrate Jimmy Carter, ils n’avaient aucun soutien au sein du gouvernement. Même à l’époque, leur décision avait rendu leur organisation impopulaire:

«Ils se sont probablement rappelés qu’à la fin des années 1970, ils ont perdu environ 30.000 membres lorsqu’ils ont défendu le défilé néonazi à Skokie. Or il s’agit d’une organisation qui dépend du soutien de l’opinion publique et de dons du public. Je pense qu’il y a un élément important de protection de leur image publique qui est entré en jeu dans la déclaration sur les groupes armés».

Après Charlottesville, la ville de Berkeley en Californie a modifié ses lois pour pouvoir interdire certaines manifestations qui n’ont pas obtenu de permis, et a priori, l’ACLU n’essaiera pas de contester cette décision. Pour certains puristes, il s’agit d’un tournant décevant. A propos de la décision de l’ACLU de ne plus défendre des groupes armés, le journal conservateur Daily Caller a titré: «L’ACLU trahit l’Amérique».

Dans Politico, deux défenseurs du premier amendement écrivent que le meilleur moyen de lutter contre les racistes n’est pas la censure et les lois qui pénalisent les discours de haine, comme en Europe, mais la confrontation d’idées dans le débat public. Ils notent que l’antisémitisme est plus prégnant en Europe  qu’aux Etats-Unis, malgré les lois européennes contre l’antisémitisme et le négationnisme.

Après les violences de Charlottesville, c’était cette même idée que défendait le directeur de l’ACLU dans un communiqué:

«Nous pensons que notre démocratie est meilleure et plus forte quand elle permet la confrontation de points de vue divergents. Le racisme et l’intolérance ne seront pas éradiqués simplement en les forçant à entrer dans la clandestinité».

Du point de vue des critiques de gauche de l’ACLU, la présence des armes et l’influence croissante de l’extrême-droite ont changé l’équation. Et avec la nouvelle position de la direction sur la défense de groupes armés, l’organisation semble avoir écouté ces voix.

Voir de plus:

Retrait des croix du paysage grec sur ses emballages: Lidl présente ses excuses aux personnes qui ont pu être choquées

« Je suis scandalisé par les magasins Lidl qui pour vendre des produits grecs efface sur des photos de la Grèce, une partie de son paysage et de sa culture », nous a écrit Antoine, mardi soir, via notre bouton orange Alertez-nous. « Je vous laisse voir les photos », ajoute-t-il. La première photo montre un des plus beaux paysages de la Grèce, quasi emblématique. Ce n’est pas l’Acropole d’Athènes mais bien une petite église orthodoxe aux coupoles d’un bleu intense qui contraste avec le blanc de ses murs et qui se dresse à flanc de falaise sur l’île de Santorin, véritable petit joyau de la Méditerranée.

C’est ce paysage qui a été choisi pour illustrer les emballages de la gamme de produits grecs ERIDANOUS « Original Greek Product » (« Produit grec original »). Moussaka, yaourt, pistaches ou encore feta sont vendus chez Lidl sous cette marque et la photo de la belle église orthodoxe et ses coupoles au bleu intense. Mais un petit détail a indigné Antoine. Sur tous ces emballages, comme il le montre par une seconde image où il a entouré tous les toits, les croix ont disparu. Elles ont été gommées.

Nous avons demandé au porte-parole de Lidl le motif de ce retrait. « Nous évitons l’utilisation de symboles religieux car nous ne souhaitons exclure aucune croyance religieuse », a répondu le représentant du géant allemand de la grande distribution. « Nous sommes une entreprise qui respecte la diversité et c’est ce qui explique la conception de cet emballage », a-t-il encore ajouté. On peut légitimement se demander alors pourquoi les services marketing du groupe n’ont pas directement opté pour un paysage sans monument religieux.

Suite à la vague d’indignations provoquée par cet article, le groupe Lidl a présenté ses excuses. « Notre intention n’a jamais été de choquer. Nous évitons l’utilisation de symboles religieux sur nos emballages pour maintenir la neutralité dans toutes les religions. Si cela a été perçu différemment, nous présentons nos excuses aux personnes qui ont pu être choquées », a déclaré le porte-parole jeudi après-midi.

« Toute la communauté grecque est scandalisée et appelle au boycott de Lidl, c’est intolérable ! », estime en tout cas Antoine. Et vous, qu’en pensez-vous?

Voir aussi:

Des internautes en croisade contre les emballages des yaourts à la grecque

LAITAGE: Des marques comme Lidl subissent une campagne de dénigrement sur le Web pour avoir gommé les croix chrétiennes des églises de l’île de Santorin…

Olivier Philippe-Viela

Mais où sont donc passées les petites croix orthodoxes qui coiffent les églises de l’île grecque de Santorin ? Sur l’archipel, elles n’ont pas bougé et les touristes peuvent toujours les apercevoir, mais sur la représentation qu’en font plusieurs marques d’agroalimentaire, les célèbres édifices ont perdu leurs croix. Un vrai problème pour toute une partie du Web, en campagne depuis plusieurs jours pour rétablir le symbole chrétien.

Lidl, Nestlé, Carrefour et Danone ont fait disparaître les croix sur l’emballage de leurs gammes respectives de yaourts à la grecque. C’est la première de ces marques qui s’est pris les critiques de plein fouet. Alpaguée par de nombreux internautes – souvent issus de la «  fachosphère » mais pas seulement -, l’enseigne a assuré ne vouloir « exclure aucune croyance religieuse » au nom du respect de « la diversité et c’est ce qui explique la conception de cet emballage », rapporte RTL Belgique, après un signalement de l’un de ses lecteurs.

Lidl va rétablir les croix sur les emballages

Depuis, c’est un festival sur la page Facebook de la marque, prise d’assaut dans les commentaires par des internautes indignés, parfois à l’excès (« Vous supprimez les croix sur les églises, comme le fait Daesh », « Quand vous remettrez les croix à leur place je reverrai ma position, redevenir votre cliente »).

Voir de plus:

« Le Drapeau rouge sur le Reichstag », une photo-symbole savamment fabriquée

Ces photos mythiques qui ont marqué l’histoire – Aujourd’hui, « Le Drapeau rouge sur le Reichstag », la photo iconique de la victoire sur le nazisme.

Renaud Février

Cet été, « l’Obs » revient sur les photos qui ont marqué l’histoire. A la une des journaux, dans les pages de nos livres d’école, voire arborées fièrement sur nos t-shirts, elles ont fait le tour du monde. Mais connaissez-vous l’histoire secrète de ces clichés mythiques ? 

Une photo symbolique de la victoire sur l’Allemagne nazie

Que montre la photo ? Nous sommes le 2 mai 1945. Un drapeau soviétique flotte sur le toit du Reichstag, qui abritait le pseudo-Parlement du IIIe Reich. Les troupes de l’Armée rouge viennent de prendre la capitale allemande.

Quelques jours plus tôt, en avril 1945, alors que les combats faisaient encore rage à Berlin, Staline avait chargé les photographes de l’armée soviétique d’immortaliser la victoire sur l’Allemagne nazie. « Tout le monde voulait aller au Reichstag », se souvient l’auteur de la photo, Evgueni Khaldei, cité par Arte. A l’époque, Evgueni est un jeune photographe de guerre de 28 ans, qui travaille pour l’agence russe Tass, la principale agence de presse de l’URSS, qui publie les photos officielles du régime stalinien.

Sur la scène saisie par le photographe, deux ou trois soldats soviétiques, selon la prise de vue. Officiellement, selon le régime stalinien, ces soldats sont le Géorgien Meliton Kantaria, chargé par Staline lui-même d’aller placer un drapeau soviétique sur le Reichstag,et des Russes Mikhaïl Egorov et Alekseï Bérest.

Evgueni Khaldeï avoue avoir beaucoup tâtonné avant de réaliser LA photo qui restera dans l’histoire.

J’ai longtemps cherché le meilleur angle. Je voulais que la photographie montre quelque chose de Berlin. J’ai utilisé une pellicule entière, 36 clichés. »

Une photo d’Evgueni Khaldei est publiée pour la première fois le 13 mai 1945, dans le magazine soviétique « Ogoniok » (« La Petite Flamme »).

Ce n’est pas le cadrage le plus connu de la scène, qui fera ensuite le tour du monde et deviendra, pour les Européens, la photo symbolique de la victoire des alliés sur l’Allemagne nazie. D’où sa présence quasi-systématique dans les livres d’histoire abordant la Seconde guerre mondiale.

Une véritable photo de propagande

Quelle est l’histoire secrète du cliché ? Cette photo a tout d’une image de propagande. Elle transpire la fierté nationale et démontre aux yeux du monde la domination de l’URSS sur l’Allemagne nazie, mais également sur les autres grandes puissances : les Soviétiques ne sont-ils pas, en effet, les premiers arrivés à Berlin ?

Mais au-delà des symboles, c’est le processus de fabrication de ce cliché qui est très contestable. La photo d’Evgueni Khaldeï a en effet été préparée en amont, mise en scène, retouchée et… légendée à des fins politiques.

  • Une photo préparée

Lorsqu’il entre à Berlin en mai 1945, Evgueni Khaldeï entend, de son propre aveu, transposer la photo prise par l’Américain Joe Rosenthal à Iwo Jima.

Avec ce cliché de six GI en train de planter le drapeau américain sur le mont Suribachi de l’île d’Iwo Jima, tout juste arrachée aux Japonais, le photographe américain a en effet réussi la photo qui symbolise la victoire des Etats-Unis sur le Japon, dans cette « autre guerre », de l’autre côté du globe. Sa photo lui permettra même de décrocher le prix Pulitzer.

Evgueni Khaldeï, qui a eu l’occasion de voir « Raising the flag on Iwo Jima » dans les journaux, espère donc pouvoir réaliser la réplique soviétique.

Comme les drapeaux sont plutôt rares, « il a demandé, quelques jours plus tôt, à Grisha Lioubinsky, l’économe de l’agence Tass, de lui offrir quelques-unes des belles nappes rouges qu’il utilise lors des réunions du Parti », expliquent Pierre Bellemare et Jérôme Equer dans « Histoire secrète des 44 photos qui ont bouleversé le monde ».

Chargé de son butin, Khaldeï est rentré chez lui. Puis, à l’aide de son ami le tailleur Israël Kichitser, il a fabriqué dans la nuit trois drapeaux soviétiques, la confection des emblèmes du marteau et de la faucille ayant été les tâches les plus délicates. »

Voilà le photographe fin prêt, non pas à saisir une scène symbolisant la victoire de l’Armée rouge, mais bien à créer cet événement, qui, sans ses propres drapeaux, n’aurait peut-être pas eu lieu…

  • Une photo mise en scène

Le premier de ses drapeaux fut planté à l’aéroport de Tempelhof où se dresse un aigle gigantesque, symbole du Reich hitlérien. Le deuxième sera érigé au sommet de la porte de Brandebourg, devant le quadrige de Johann Gottfried Schadow, sur lequel trône la déesse de la Victoire. Mais à chaque fois le photographe manque de recul. Impossible de montrer Berlin.

Il ne lui reste plus qu’un drapeau, ce sera pour le toit du Reichstag. Un drapeau soviétique y avait déjà été planté le 30 avril, à 22h40, alors que Berlin était encore en proie aux combats. D’où l’absence de photographe sur place… De toute façon, la nuit n’aurait pas permis de prendre le moindre cliché valable. Et, le lendemain, les Allemands avaient réussi à le décrocher. La photo d’Evgueni Khaldeï ne sera donc prise que deux jours plus tard, le 2 mai, quand les photographes pourront enfin entrer dans la capitale allemande dévastée.

« Devant le Reichstag, j’en ai sorti un et les soldats se sont écriés : ‘Donnez-nous ce drapeau, on va le planter sur le toit' », racontera le photographe à « Libération », 50 ans plus tard.

J’ai demandé à un jeune soldat de le tenir le plus haut possible. Il avait 20 ans, il s’appelait Alexis Kovalev [un nom qui ne correspond pas aux trois précités, mais nous y reviendrons, NDLR]. Je cherchais le bon angle, je lui ai demandé de grimper encore plus haut. Il a répondu ‘d’accord, mais que quelqu’un me tienne les pieds’. Ce qui a été fait. La photo est partie, a plu, etc. »
  • Une photo retouchée

Certes, lorsque Evgueni Khaldeï l’envoie à Moscou, sa photo plait beaucoup. Mais il ne suffit que « d’un rapide coup d’œil à Palgounov, le rédacteur en chef de l’agence Tass, pour constater que la photo de Khaldei est impubliable en l’état », assurent néanmoins Pierre Bellemare et Jérôme Equer.

A « Libération », le photographe confirme : « J’ai reçu un coup de téléphone du rédacteur en chef de l’agence Tass : ‘Ça ne va pas. Le soldat d’en bas, qui tient les pieds de l’autre, a deux montres, une à chaque poignet ! Il faut arranger ça !' »

« Révéler qu’un héros de l’Union soviétique, libérateur de la capitale du Reich, est un détrousseur de cadavre est évidemment inconcevable », expliquent, cinglants, Pierre Bellemare et Jérôme Equer. Surtout qu’il existait un dicton disant « le soldat rouge n’a que deux faiblesses : les bottes et les montres »…

Pour que la photo puisse être publiée malgré tout, Evgueni Khaldei « gratte délicatement un contretype du négatif avec la pointe d’une aiguille et fait disparaître du poignet droit la montre surnuméraire. Ce n’est qu’après la chute du communisme et la dislocation de l’empire soviétique que Khaldei révèle la vérité en exposant un tirage réalisé à partir de son négatif original, c’est-à-dire montrant que l’officier figurant sur sa photo portait une montre à chaque poignet. »

Après avoir supprimé cette montre, Evgueni Khaldeï a également renforcé l’aspect dramatique de son cliché en renforçant les noirs. Les nuages de fumée sont ainsi beaucoup plus menaçants et donnent l’impression que Berlin est toujours déchirée par les combats.

  • Une photo légendée à des fins politiques

Pendant 50 ans, les trois soldats sur la photo étaient officiellement le Géorgien Meliton Kantaria, et les Russes Mikhaïl Egorov et Alekseï Bérest.

En réalité, ce serait Staline lui-même qui aurait désigné au hasard ces trois soldats, pour incarner la victoire sur l’Allemagne nazie, même si ces trois hommes n’ont jamais hissé le moindre drapeau, ni le 30 avril, ni le 2 mai 1945.

La supercherie durera jusqu’en 1995, quand, lors des commémorations du cinquantenaire de la victoire de 1945, un soldat ukrainien, Alexis Kovalev, se reconnut sur la photo :

Oui, c’est moi. Et à côté de moi il y a Leon Gorychev de Minsk et Abdulhakim Ismailov du Dagestan. »

Un trio plus hétéroclite et moins sympathique aux yeux du Géorgien Staline… Comme nous l’avons vu plus tôt, Evgueni Khaldeï confirma l’information dans les colonnes de son interview à « Libération », quelques mois plus tard.

Evgueni Khaldeï, juif soviétique

Que dire du photographe ? Evgueni Khaldeï est né de parents juifs dans le sud de l’Ukraine en 1917, l’année de la révolution russe. Il est touché dès son plus jeune âge par l’antisémitisme : au cours d’un pogrom, alors qu’il est à peine âgé d’un an, une balle lui transperce un poumon et tue sa mère qui le portait dans ses bras… Adolescent, il lit avec passion les grands reportages publiés dans le magazine russe Ogoniok, qui, des années plus tard, publiera en Une sa photo iconique.

Dès 13 ans, j’étais passionné de photographie. Je me suis bricolé mon premier appareil photo avec du carton et les verres de lunettes de ma grand-mère », racontera-t-il, en 1995, à « Libération ».

A 19 ans, il est engagé à Moscou par l’agence Tass, où il est formé. Puis, il effectue son service militaire en 1937, avant d’être remobilisé lorsque la guerre éclate, en 1941, avec le grade de lieutenant. Il est envoyé à Mourmansk en qualité de correspondant spécial de l’agence Tass.

J’étais soldat, enrôlé dans l’armée comme combattant. Mais, comme j’étais correspondant spécial de l’agence Tass, les autres soldats, mes camarades, me disaient souvent : vas-y, prends des photos, nous nous occupons du reste… »

A nouveau victime de l’antisémitisme, nazi cette fois, il perd son père et ses sœurs, fusillés par les Allemands et jetés dans un puits. Lui sera le témoin effaré des massacres de juifs en Ukraine, dès le début du conflit.

Pendant la guerre, « comme tout photojournaliste soviétique, Khaldeï ne s’encombre pas d’une éthique superfétatoire », jugent sans concession Pierre Bellemare et Jérôme Equer : « Mettre en scène des personnages, retravailler ses tirages au laboratoire, galvaniser le patriotisme par tous les moyens sont des pratiques courantes à l’époque, l’essentiel étant d’obtenir des images fortes et directes, capables d’informer et d’émouvoir les lecteurs. » Mais le photographe assume : « Bien sûr, parfois, j’ai eu des photos rejetées parce qu’on y voyait trop de morts soviétiques, par exemple. »

Son cliché à Berlin est une offrande à la gloire du stalinisme. Pourtant, très vite, il est victime des purges successives du petit père du peuple et de ses successeurs contre le « cosmopolitisme » et les juifs.

J’étais juif, j’avais voyagé à travers l’Europe, approché Tito et j’aimais les photographes américains. Autant dire que j’étais aussi ‘cosmopolite’. »

En 1948, Evgueni Khaldeï perd son travail au sein de l’agence Tass. « Par précaution, il détruit toutes ses photographies de célébrités juives », précise même le site Photosapiens.com, à l’occasion d’une rétrospective en l’honneur du photographe. Onze ans plus tard, en 1959, il est engagé par la Pravda. Mais il est de nouveau renvoyé en 1970. Il survit alors tant bien que mal, grâce à l’aide de ses proches. Il devra attendre la chute du communisme pour enfin recevoir une reconnaissance internationale.

Il est ainsi l’invité d’honneur, en 1995, de Visa pour l’image, le festival international du photojournalisme de Perpignan, où sera exposé une sélection de ses travaux. Le fondateur et directeur du festival, Jean-François Leroy, réussit même le tour de force de réunir le photographe ukrainien et… Joe Rosenthal, l’auteur du « Drapeau flottant sur Iwo Jima ».

« Les habitués du festival se souviennent toujours avec émotion des deux hommes âgés tombant dans les bras l’un de l’autre sous les ovations de 2.000 personnes », écrivent Pierre Bellemare et Jérôme Equer.

Evgueni Khaldeï meurt deux ans plus tard, en 1997, à l’âge de 80 ans. Sa photo lui survit puisqu’elle sera de nouveau publiée en Une d’un journal, « L’Humanité », en 2015. Une version colorisée et avec… une seule montre !

Voir encore:

Qui est le « Farrakhan français » ?

Jean-Baptiste

Jeune Afrique

« La République ne peut tolérer de tels agissements. » C’est par ces mots que Nicolas Sarkozy, le ministre français de l’Intérieur, a justifié la dissolution de la Tribu KA décidée le 26 juillet par le Conseil des ministres. Une décision accueillie avec satisfaction par les associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, qui avaient dénoncé la récente « descente » organisée à Paris par cette organisation noire extrémiste accusant les juifs d’être à l’origine de l’esclavage et de la colonisation. Le 28 mai, une trentaine de ses membres avaient arpenté la rue des Rosiers, au cur du principal quartier juif de la capitale, à la recherche des leaders de la Ligue de défense juive (LDJ) et du Bétar, deux mouvements sionistes radicaux, insultants au passage passants et commerçants.
Le seul bémol est venu du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), qui estime que le gouvernement français « n’a fait le travail qu’à moitié ». Selon lui, la LDJ, « considérée comme un mouvement terroriste aux États-Unis » et « interdite en Israël », aurait dû être dissoute également.
En interdisant la Tribu KA, le gouvernement cherche surtout à neutraliser son leader, le « fara » Kémi Séba – Stellia Capo Chichi de son vrai nom. Âgé de 25 ans, ce Français né de parents ivoirien et haïtien multiplie depuis quelques mois les déclarations provocatrices. Au cur de son discours : la volonté de « rendre au peuple kémite [noir] sa place de chef de famille » de l’humanité. Séba s’est notamment « distingué », au mois de février, en prenant la défense de Youssouf Fofana, le chef du « gang des barbares » qui avait torturé à mort un jeune juif, Ilan Halimi.
Avant de fonder la Tribu KA, en décembre 2004, il fut membre de la section française de Nation of Islam, le mouvement extrémiste africain-américain de Louis Farrakhan, avant de devenir le porte-parole du Parti kémite.

Voir enfin:

Nouvelle condamnation pour Kemi Seba
Le fondateur de Tribu Ka, groupuscule noir radical et antisémite, condamné pour des propos racistes, écope à nouveau de deux mois de prison ferme.
Le Figaro.fr avec AFP
01/04/2008

La justice française a condamné mardi le fondateur d’un groupuscule noir radical et antisémite, Kemi Seba, à six mois de prison dont quatre avec sursis pour avoir reconstitué son organisation, Tribu K, dissoute en 2006 par décision de justice.

Le tribunal correctionnel de Paris a assorti cette condamnation d’une privation pour un an des droits civiques, civils et familiaux.

Pour l’accusation, la Tribu Ka s’était rebaptisé «Génération Kemi Seba» et avait poursuivi ses activités jusqu’en mars 2007 en appelant ses adhérents à des rassemblements ou en conviant la presse à des réunions.
Propos antisémites
Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Capochichi, a déjà été condamné en novembre 2007 à un mois de prison ferme et deux ans d’inéligibilité pour avoir diffusé en août 2006 sur son site internet des propos antisémites.

Sur ce site, Kemi Seba estimait que les institutions internationales comme la Banque Mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) ou l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) étaient «tenus par les sionistes qui imposent à l’Afrique et à sa diaspora des conditions de vie tellement excrémentielles que le camp de concentration d’Auschwitz peut paraître comme un paradis sur terre».

En juillet 2006, le Conseil des ministres avait dissous Tribu Ka à la suite d’incidents à caractère antisémite qui avaient éclaté deux mois plus tôt à Paris lors d’une manifestation du groupuscule au coeur du quartier juif, rue des Rosiers, dans le centre de la capitale.


Ouragan Harvey: Dieu existe ! Il a puni les islamophobes de Charlie hebdo ! (When all else fails, blame God !)

1 septembre, 2017
On tue un homme : on est un assassin. On en tue des millions : on est un conquérant. On les tue tous : on est un Dieu. Jean Rostand
Et l’Éternel dit: J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel; car je me repens de les avoir faits. Genèse 6: 7
Je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre. Je forme la lumière, et je crée les ténèbres, Je donne la prospérité, et je crée l’adversité; Moi, l’Éternel, je fais toutes ces choses. Esaïe 45: 6-7
Comment un homme aurait-il raison contre Dieu? “Ami” de Job (25: 4-6)
Suis-je vraiment intègre? Je ne saurais le dire (…) Que m’importe, après tout! C’est pourquoi j’ose dire: «Dieu détruit aussi bien l’innocent que l’impie.» Quand survient un fléau qui tue soudainement, Dieu se rit des épreuves qui atteignent les justes. (…) Et si ce n’est pas lui, alors, qui est-ce donc? Job (9: 21-24)
Ses disciples lui firent cette question: Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle? Jésus répondit: Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché. Jean 9: 2-3
Quelques personnes qui se trouvaient là racontaient à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. Il leur répondit: Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont souffert de la sorte? (…) Ou bien, ces dix-huit personnes sur qui est tombée la tour de Siloé et qu’elle a tuées, croyez-vous qu’elles fussent plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem? Non, je vous le dis. Jésus (Luc 13: 1-5)
Après Auschwitz, nous pouvons affirmer, plus résolument que jamais auparavant, qu’une divinité toute-puissante ou bien ne serait pas toute bonne, ou bien resterait entièrement incompréhensible (dans son gouvernement du monde, qui seul nous permet de la saisir). Mais si Dieu, d’une certaine manière et à un certain degré, doit être intelligible (et nous sommes obligés de nous y tenir), alors il faut que sa bonté soit compatible avec l’existence du mal, et il n’en va de la sorte que s’il n’est pas tout-puissant. C’est alors seulement que nous pouvons maintenir qu’il est compréhensible et bon, malgré le mal qu’il y a dans le monde. Hans Jonas
C’est comme une fête foraine, les jeux avec les pinces… Le monde est atroce, mais il y a bien pire : c’est Dieu. On ne peut pas comprendre Haïti. On ne peut même pas dire que Dieu est méchant, aucun méchant n’aurait fait cela. Christian Boltanski
These great tragedies and collective punishments that are wiping out villages, towns, cities and even entire countries, are Allah’s punishments of the people of these countries, even if they are Muslims. We know that at these resorts, which unfortunately exist in Islamic and other countries in South Asia, and especially at Christmas, fornication and sexual perversion of all kinds are rampant. The fact that it happened at this particular time is a sign from Allah. It happened at Christmas, when fornicators and corrupt people from all over the world come to commit fornication and sexual perversion. That’s when this tragedy took place, striking them all and destroyed everything. It turned the land into wasteland, where only the cries of the ravens are heard. I say this is a great sign and punishment on which Muslims should reflect. All that’s left for us to do is to ask for forgiveness We must atone for our sins, and for the acts of the stupid people among us and improve our condition. We must fight fornication, homosexuality, usury, fight the corruption on the face of the earth, and the disregard of the lives of protected people. Sheik Fawzan Al-Fawzan (member of the Senior Council of Clerics, Saudi Arabia’s highest religious body and professor at the Al-Imam University)
When we try, however inadequately, to see things from God’s viewpoint rather than our own, things become quite different. There is suddenly nothing unfair about the deaths of any one of us, no matter what the circumstances. God is the sovereign Judge who is totally holy (1 John 1:5). It would therefore be impossible to overstate His utter abhorrence of even the slightest sin. From His perspective, it would be totally lawful and just to wipe out all of us, in whatever fashion. But God is also merciful and loving (2 Peter 3:9), and longsuffering. In the most profound display of mercy and grace imaginable, He stepped into our shoes as a man, God the Son. He came to suffer and die, not in some sort of ooey-gooey martyrdom, but so that His righteous anger against sin could be appeased and the penalty paid for those who place their trust in Jesus Christ and receive His free gift—forgiveness of their sin and admission into God’s family—by faith. (…) A skeptic at one of my talks said publicly that  the Flood would make God “the biggest mass murderer in history.” But murder is defined as the unlawful killing of innocent human life. First, from God’s perspective post-Fall, there is no such thing as an “innocent human”. And second, the concept of murder presupposes a universal law that such things are wrong, which can only be so if there is a Lawgiver, which the skeptic was trying to deny. As Creator, God has decreed that it is unlawful for a human being to take another human’s life, but the Judge of all the earth does not Himself do wrong when He takes a life, which in a very real sense happens whenever any of us die, regardless of what is called the “proximate” cause (whether tsunami, heart attack or even suicide). Carl Wieland
Depuis l’attaque, ‘Hebdo’ a distribué ses coups. Maintenant ils ont peur de l’islam, mais se moquent des victimes de tempêtes. Les terroristes musulmans ont gagné.  Joe Walsh (animateur radio et ancien membre du Congrès américain)
A woman in Alabama claimed to have 5,000 Facebook followers who could send money Tangier’s way. “But she said, ‘Let me tell you something: You need to end your support for Donald Trump. He’s a terrible man. He’s poisoning the ocean.’ The Virginian Pilot
As a political cartoonist, I try to get people to think – to consider the ironies and subtleties of the world we live in. This cartoon went with an extreme example of anti-government types – Texas Secessionists – benefitting from the heroism of federal government rescuers. It of course was not aimed at Texans in general, any more than a cartoon about extremists marching in Charlottesville could be construed as a poke at all Virginians. My heart is with all the victims of Hurricane Harvey’s destruction and those risking their lives to save others. Matt Wuerker
Behold, the collection of lazy Texas stereotypes. Big cowboy hats and boots, a Gadsden flag and a secession banner? All that’s missing are comically oversized cigars and something labelled « oil. » Secondly, the cartoon reveals an understanding of Christian theology that would make even a child laugh. Third, it suggests that Houston, which is still reeling from the catastrophic damage brought on by Hurricane Harvey, is a hotbed of weirdo, backwoods secessionists. This may come as news to the city that voted 54 percent in favor of Hillary Clinton in the 2016 presidential election. Fourth, the cartoon would seem to suggest incorrectly that all rescue efforts are being carried out by the Coast Guard. This is wrong. Houstonians have done an amazing job so far of assisting and rescuing one another, as have outsiders coming from other states. This isn’t to detract from the Coast Guard’s efforts, but only to say that the people of Texas have also made major contributions. Finally, the timing of the political point-scoring here is just – wow. Yes, there are secessionists in Texas, but is this really the moment for a round of self-satisfied grinning by a Washington-based cartoonist? The Washington Examiner

A l’heure où avec l’ouragan majeur Harvey et son lot de victimes (38) et de destructions (une quarantaine de milliards de dollars) …

Nos belles âmes de gauche (excusez le pléonasme) en ont profité, à l’instar de Charlie hebdo fidèle après sa charge contre l’islam de la semaine précédente à sa ligne habituelle d’équivalence morale,  pour se gausser de qui vous savez …

Comment ne pas être frappé de l’incroyable constance avec laquelle athées déclarés comme croyants avérés …

S’accrochent à leur image d’un Dieu tout puissant (si Dieu existait, il n’y aurait pas tout ce mal) …

Et donc nécessairement criminel (à l’instar du Déluge, Dieu se réserve le droit de châtier ses créatures) ?

Une violence divine ?

La croyance en un Dieu unique est-elle la source lointaine de l’actuel regain du fanatisme ? Alors que l’on tue encore, en 2015, au nom de la religion, réflexions sur les relations entre le monothéisme et l’intolérance.

 Nicolas Weill et Nicolas Truong

Le Monde

27.12.2015

Les dieux semblaient s’être retirés de notre Occident désenchanté. Les divinités, s’être sagement éclipsées de notre planète mondialisée. Or voici qu’en 2015 le meurtre de masse au nom de Dieu vient frapper au cœur l’Europe. Les attentats de janvier puis les tueries du 13 novembre en plein Paris, le déchaînement spectaculaire des affrontements sanglants au Proche-Orient ont remis la question du lien entre terreur et croyance au cœur de l’actualité. « Toute religion est fondée sur un bouc émissaire », écrivait le philosophe René Girard (1923-2015) récemment disparu, qui avait mis la question de la violence et du sacré au cœur de sa pensée (Le Monde du 5 novembre 2015).

Les grandes religions monothéistes, celles qui adhèrent à un Dieu unique et universel, se retrouvent désormais sur le banc des accusés. Au-delà des configurations historiques et politiques du moment, ne serait-il pas envisageable que l’idée même d’une puissance supérieure « une » soit à la source des atrocités qui jalonnent souvent l’histoire de la foi. Conquête de Canaan par Josué guidé par le « Dieu des armées », croisades et inquisitions, djihad et terrorisme sont-ils autant de maladies génétiques des confessions révélées ou bien des déviances par rapport à une doctrine monothéiste qui serait en son foyer pacifique et désarmée ?

Pour réfléchir à cette question, en cette période de fêtes endeuillée par l’après-Bataclan, nous nous sommes tournés, non vers les représentants officiels des religions, mais vers des experts, des critiques littéraires, des ethnologues et des sociologues qui scrutent les textes, et notamment les textes sacrés, afin qu’ils nous disent ce qui est fauteur de violence dans le monothéisme.

Vraie et fausse religion

Est-ce la distinction entre vraie et fausse religion que Moïse établit dans le Pentateuque sur le mont Sinaï qui a introduit l’intolérance dans un monde jusque-là foisonnant de divinités non exclusives les unes des autres, s’interroge l’égyptologue allemand Jan Assmann ? Le bibliste Thomas Römer estime plutôt qu’une tradition oubliée de monothéisme ouvert à la pluralité et pacifique est bien présente dans la Bible, parallèlement à une version « ségrégationniste ».

Les écrits sont une chose, leur lecture une autre chose. Ainsi la sociologue Mahnaz Shirali insiste-t-elle sur les dangers d’un « savoir canonisé » qui menace l’islam contemporain, alors que le critique William Marx s’agace de son côté de voir les musulmans « stigmatisés » et enfermés dans une « essence fondamentaliste ». Face à cette guerre des dieux, ne faudrait-il pas, à l’instar de l’ethnologue Marc Augé, chanter le « génie du paganisme », réfractaire au prosélytisme ?

Bible, Coran ou Torah : aucun texte sacré des grandes religions monothéistes n’est exempt de violence. C’est pourquoi le risque réside aujourd’hui dans « la tentation de la lettre brute », insiste l’historien du judaïsme Jean-Christophe Attias, qui en appelle à une « démilitarisation » de l’exégèse. L’adversaire, ce n’est pas le monothéisme, mais le fondamentalisme sous toutes ses formes, résume Jan Assmann. Autant d’invitations à vivre des croyances ouvertes à la pluralité des mondes

A lire sur le sujet:

– Entretien avec Jan Assmann : « La non-violence absolue est la seule possibilité pour la religion dans notre monde moderne », propos recueillis par Nicolas Weill. Il ne faut pas renoncer aux religions monothéistes sous prétexte qu’elles engendrent du fanatisme mais plutôt les relativiser et les subordonner à un vivre-ensemble civique, selon l’égyptologue allemand. Les travaux de Jan Assmann portent non seulement sur l’Antiquité, mais aussi sur la mémoire de l’Egypte, sur l’invention du monothéisme et les rapports de celui-ci avec la violence. Il s’interroge sur les relations entre l’une et l’autre.

Retrouvons la variante pacifique de la foi, par Thomas Römer, philosophe et bibliste allemand, professeur au Collège de France. La Bible contient deux versions du monothéisme, l’une ségrégationniste et guerrière l’autre inclusive. A nous de choisir.

Contre le dogmatisme, faisons l’éloge de la résistance païenne, par Marc Augé, ethnologue, président de l’Ecole des hautes études en sciences sociales de 1985 à 1995. Le monothéisme a une logique de conquête. Le paganisme, lui, ne connaît pas l’idée d’hérésie. S’il peut être violent, il ne guerroie jamais au nom du prosélytisme.

Démilitarisons notre lecture des textes sacrés, par Jean-Christophe Attias, historien. La Bible est violente, mais ce sont à ses lecteurs de l’humaniser, comme le montre l’exemple des divers usages que les juifs en ont fait à travers leur histoire.

Les fondamentalistes ne sont pas les vrais détenteurs du message coranique, par Mahnaz Shirali, sociologue à Sciences Po. Il faudrait que le Coran fasse enfin l’objet de la critique historique.

L’islam n’est pas terroriste par essence, par William Marx, essayiste, critique et professeur de littératures comparées. Les textes sont une chose, la religion une autre. Le Coran n’a pas le privilège des pages assassines ou sanglantes par rapport à la Bible ou au Nouveau Testament.

Voir aussi:

Harvey : la une de « Charlie Hebdo » scandalise l’alt-right américaine

L’humour de « Charlie Hebdo » ne plait pas à tout le monde aux Etats-Unis, surtout à droite. La couverture du dernier numéro de l’hebdomadaire satirique, consacrée à la tempête Harvey qui a fait au moins 38 morts au Texas, a déclenché une flopée de commentaires indignés.

« Dieu existe ! Il a noyé tous les néonazis du Texas », peut-on lire sur le dessin de Riss qui apparaît en une, où figure des drapeaux avec des croix gammées et où l’on aperçoit aussi des bras, émergents de l’eau, faisant le salut nazi.

Un dessin qui fait notamment écho au rassemblement de suprémacistes américains, qui s’est tenu début août à Charlottesville (Virginie), lors duquel une jeune militante antiraciste a été tuée. Un drame qui n’avait pas empêché Donald Trump de renvoyer dos à dos les deux camps –suprémacistes et militants antiracistes.

Un dessin absolument « dégoûtant »

Sur Twitter, plusieurs internautes et des personnalités américaines, pour la plupart classées très à droite, ont manifesté leur mécontentement, à commencer par l’acteur James Woods. « Assez parlé de Je suis Charlie #traîtresdefrançais », a tweeté le comédien, qui a notamment joué dans le film « Il était une fois en Amérique ».

Pour mémoire, l’acteur avait fait polémique sur Twitter, après les attentats du Bataclan, en publiant une photo de l’intérieur de la salle de concert

Scott Presler, républicain lui aussi, a également manifesté son désaccord avec ce dessin, mais tout en trouvant le moyen en même temps de parler de « l’islam radical ». « Je ne suis pas d’accord avec la couverture de ‘Charlie Hebdo’. Mais contrairement à l’islam radical, je ne vais pas faire du mal à cause de ça », a-t-il tweeté jeudi en fin de journée.

Ancien membre du Congrès, aujourd’hui animateur radio marqué très à droite, Joe Walsh n’a lui non plus pas pu s’empêcher d’évoquer l’islamisme dans sa critique de l’hebdomadaire.

« Depuis l’attaque, ‘Hebdo’ a distribué ses coups. Maintenant ils ont peur de l’islam, mais se moquent des victimes de tempêtes. Les terroristes musulmans ont gagné. »

Après la dévoilement de cette couverture, la critique est aussi venue du Britannique Piers Morgan, ancien présentateur de CNN, qui s’est fendu d’un tweet qualifiant le dessin de « dégoûtant ».

Voir encore:

MÉDIAS

Charlie Hebdo taxé d’islamophobie avec sa Une sur les attentats en Espagne

La couverture du journal, mais surtout la légende qui l’accompagne, ont une nouvelle fois provoqué un tollé sur les réseaux sociaux.

22/08/2017 21:24 CEST | Actualisé 28/08/2017 14:59 CEST

MÉDIAS – Une fois encore, Charlie Hebdo ne fait pas l’unanimité. Dans son édition à paraître mercredi 23 août, l’hebdomadaire satirique fait sa Une sur les attentats en Espagne. Le dessin, deux personnes à terre et une camionnette blanche qui s’enfuit, fait bien sûr écho à l’attaque sur Las Ramblas, qui a fait 14 morts le 17 août. Mais c’est surtout l’association avec la légende qui fait grincer des dents.

« Islam, religion de paix…éternelle », peut-on lire en écriture rouge et blanche. Le dessin est signé de le dessinateur Juin. A l’intérieur, une double page « Tourisme ou islamisme, pourquoi choisir? » illustrée par les dessinateurs.

Sans surprise, dès sa mise en ligne sur les réseaux sociaux, l’image a provoqué de vives protestations, de nombreux internautes reprochant aux journalistes de la rédaction de faire l’amalgame entre islam et terrorisme.

Politico cartoonist revels in Hurricane Harvey

Becket Adams

The Wasington Examiner
Aug 30, 2017
We’ve done it. We’ve found the worst thing on the Internet this week, and it’s only Wednesday. Take a look:This is just so ill-advised.Behold, the collection of lazy Texas stereotypes. Big cowboy hats and boots, a Gadsden flag and a secession banner? All that’s missing are comically oversized cigars and something labelled « oil. »Secondly, the cartoon reveals an understanding of Christian theology that would make even a child laugh. Third, it suggests that Houston, which is still reeling from the catastrophic damage brought on by Hurricane Harvey, is a hotbed of weirdo, backwoods secessionists. This may come as news to the city that voted 54 percent in favor of Hillary Clinton in the 2016 presidential election.Fourth, the cartoon would seem to suggest incorrectly that all rescue efforts are being carried out by the Coast Guard. This is wrong. Houstonians have done an amazing job so far of assisting and rescuing one another, as have outsiders coming from other states. This isn’t to detract from the Coast Guard’s efforts, but only to say that the people of Texas have also made major contributions.Finally, the timing of the political point-scoring here is just – wow. Yes, there are secessionists in Texas, but is this really the moment for a round of self-satisfied grinning by a Washington-based cartoonist? Here’s a thought: Wait until after all the corpses have been retrieved from the floodwaters before taking political cheap shots at an entire state.The cartoonist, for his part, defended himself Wednesday, claiming he meant no offense to the people of Texas, hundreds of whom are still displaced and living without basic utilities. »As a political cartoonist, I try to get people to think – to consider the ironies and subtleties of the world we live in. This cartoon went with an extreme example of anti-government types – Texas Secessionists – benefitting from the heroism of federal government rescuers, » he told the Washington Examiner. »It of course was not aimed at Texans in general, any more than a cartoon about extremists marching in Charlottesville could be construed as a poke at all Virginians, » he added. « My heart is with all the victims of Hurricane Harvey’s destruction and those risking their lives to save others. »

Politico eventually deleted the cartoon from its Twitter timeline Wednesday afternoon, though it’s still available for viewing on the news group’s website.


Indépendance Inde-Pakistan/70e: Le tourisme comme continuation de la guerre par d’autres moyens (Military tourism: with their « beautiful », high-stepping, daily Wagah border ritual turned tourist attraction, India and Pakistan are actually trying to bring an end to 70 years of wars, skirmishes and suicide attacks)

15 août, 2017
Deux soldats se défient sur la ligne frontalière.
Poignée de main entre frères ennemis.
Cérémonie de descente des drapeaux chaque soir au coucher du soleil. Des spectateurs indiens savourent une crème glacée avant le début de la cérémonie.

« Wagah Border »

Mise en tourisme d’un rituel nationaliste à la frontière indo-pakistanaise
David Goeury

Civilisations

2008

Introduction
1Sur les 2.912 km de frontière, Wagah Border, est l’un des deux seuls Joint Check Points, avec Khokhrapar dans le Sindh, permettant le passage terrestre entre l’Union indienne et le Pakistan. Jusqu’en novembre 2007, la journée s’y écoulait lentement avec le passage de quelques véhicules, de quelques dizaines d’individus (les jours du bus Delhi-Lahore) et le mouvement des coolies pour décharger un éventuel camion de fruits et de légumes. Wagah semblait relier deux extrémités de deux mondes lointains qui entretiennent des relations ténues et suspicieuses. Pourtant, alors que le jour décline, que les derniers fonctionnaires quittent leur poste pour s’en retourner vers Amritsar pour les Indiens, vers Lahore pour les Pakistanais, la route s’enfièvre. Des dizaines d’échoppes ouvrent, autant de marchands ambulants s’installent sur le bord de la route, et surtout des centaines de véhicules, auto-rikshaws, taxis, bus, tentent de se garer bruyamment sur des bas-côtés non stabilisés, sur les conseils de gardiens de parking improvisés. La foule – plusieurs milliers en Inde, plusieurs centaines au Pakistan – s’agglutine devant la barrière des douanes. À 17h, à leur ouverture, elle entre en marche soutenue jusqu’au point « 0 » qui marque la frontière entre le Pakistan et l’Union indienne. Elle dépasse les administrations et se masse derrière une arche fermée d’un mince cordon tenu par les immenses soldats indiens, ou les puissants Rangers pakistanais. Vers 18h, enfin, les soldats font glisser la masse d’impatients le long de barrières métalliques qui longent la frontière, les Pakistanais les premiers puis les Indiens. Chacun prend une photo devant le petit bloc de béton qui marque le point « 0 » originel, puis renouvelle la prise de vue devant les deux portes (à vantaux pour l’Inde, coulissante pour le Pakistan) qui séparent les deux territoires avant de prendre place dans de vastes gradins roses en « L » pour l’Inde, et blancs en demi-cercle pour le Pakistan. L’attente n’est pas silencieuse, bien au contraire, les chants, les musiques et les danses s’enchaînent jusqu’à la tombée du jour. Puis, l’officier sonne la « retraite » avant la descente des drapeaux. Les gardes indiens à l’Est, les Rangers pakistanais à l’Ouest marchent d’un pas décidé vers les portes closes à grand renfort de gestes guerriers. Ils ouvrent les portes sous les acclamations. Commence alors une étrange parade où Pakistanais et Indiens, de façon coordonnée, grimacent, gesticulent, s’intimident, avant de faire glisser les deux drapeaux lentement et simultanément. Jamais l’un ne doit être plus haut que l’autre. Une fois les drapeaux pliés, les deux officiers se saluent avant de claquer les portes qui resteront closes toute la nuit. Alors, la foule quitte les gradins, non sans venir prendre quelques ultimes photographies avec les héros de la cérémonie.

2Pour de nombreux auteurs (Nayar 2003; Tikekar 2004; Van Schendel 2007), la popularité de Wagah Border et de sa cérémonie guerrière serait le symbole de la violence perpétuelle entre Indiens et Pakistanais. Cependant, l’enquête de terrain et la rencontre des acteurs qui vivent la cérémonie (forces de sécurités frontalières, administrations locales, professionnels du tourisme, simples visiteurs) révèlent des logiques diverses, beaucoup plus complexes. Dès lors, quel est l’impact de la mise en tourisme d’un lieu qui porte en lui la mémoire collective d’un conflit (Halbwachs 1950 : 209) ? Cette mise en tourisme serait-elle la preuve de l’existence de deux nations irréconciliables, prêtes à en découdre au moindre incident ? Ou participerait-elle d’un processus de pacification ? Pour y répondre, nous voudrions confronter les multiples interprétations autour de la symbolique de la cérémonie à l’appropriation effective de la cérémonie par les visiteurs. Dès lors, la ritualisation de l’entrée des touristes dans les gradins et la théâtralisation de la fermeture de la frontière, peuvent être présentées comme une reconnaissance des deux nations, où chaque citoyen viendrait faire corps avec sa nation et attester de la partition effective entre les deux États. De ce fait, il n’y aurait pas d’incompatibilité entre le fait d’exalter des valeurs nationalistes et le processus de normalisation des relations bilatérales entre les deux États.

Wagah Border, la naissance d’une destination sur le front indo-pakistanais
3C’est en 2000 que l’office du tourisme du Punjab indien décide de transformer Wagah en attraction touristique. La médiatisation de l’ouverture de la ligne de bus Lahore-Delhi en février 1999 et l’engouement pour les cérémonies militaires incitent ses cadres à penser que Wagah pourrait devenir une destination à même d’allonger la durée des séjours touristiques à Amritsar. L’office du tourisme avec l’accord de la Border Security Force décide de construire des gradins à proximité du « point 0 ». Par réaction, l’autorité pakistanaise fait construire la tribune de Baab-e-Azadi (la porte de la liberté), inaugurée en août 2001, en hommage aux milliers de Pakistanais morts lors de la partition.

15En Inde, un animateur appelle des spectateurs à brandir le drapeau national et à courir jusqu’à la frontière, sous les acclamations de la foule. Il choisit n’importe quel citoyen de passage pour démontrer la dimension démocratique de l’État. Les hommes, puis les femmes, se pressent pour bénéficier de ce moment de gloire, car en Inde, porter le drapeau ne se fait que dans des circonstances exceptionnelles, encadrées par l’État (Zins 2005)14. Les Indiens, choisis comme porte-étendards, ont le sentiment de vivre un moment exceptionnel, où devant des milliers de compatriotes, ils incarnent la nation, en portant son symbole, le drapeau, jusqu’aux limites terrestres de son territoire. Au Pakistan, tous les soirs, les deux mêmes hommes, vêtus de vert et de blanc, couleurs de la nation, paradent et exhortent la foule. Le plus âgé, Baba Mehar Din, vendeur de légumes, ancien soldat de 80 ans, résidant à Lahore, qui vient, chaque soir, depuis 40 ans (selon les journaux pakistanais), en scandant « Allah Akbar » (Dieu est grand) et « Pakistan Zindabad » (Longue vie au Pakistan), revendique son geste comme une participation à grandeur de la nation. Il est, d’ailleurs, devenu un mythe patriotique. Son engagement a été récompensé par le Président Musharraf, au nom de la nation, le 6 avril 2007, par la remise de 50.000 Roupies et l’offre d’un voyage à la Mecque pour procéder à l’umra15.

Course de drapeaux à Wagah Border

16Les visiteurs nationaux sont mobilisés autour de symboles. D’un coté, le pays des purs s’affirme autour de la religion musulmane, alors que l’Inde exalte sa dimension démocratique et libre. La frontière et le point « 0 » deviennent le lieu témoin de la séparation entre l’Inde et le Pakistan. La partition y est attestée par tout individu, indien, pakistanais ou étranger, qui assiste à la cérémonie. L’affirmation de Mohammad Ali Jinnah « en 1947 nous étions une nation qui cherchait un pays, désormais nous sommes un pays qui cherche une nation » toujours au cœur du questionnement sur la nation pakistanaise, considérée comme inachevée (Jaffrelot 2002 : 7), trouve sa réponse à Wagah. Tous les symboles du Pakistan sont convoqués. Le portrait de Mohammad Ali Jinnah domine la porte de la liberté qui commémore la mort des milliers de réfugiés, victimes des violences interconfessionnelles en 1947. L’armée forte et inflexible garde la porte. L’Islam, ciment fédérateur, envahit l’espace sonore à travers les chants coraniques et s’incarne dans l’allégorie de Baba Mehar Din, drapé de vert, agitant le drapeau au croissant blanc.
17De plus, les Pakistanais et Indiens construisent leurs identités nationales respectives en négatif de celle de l’autre. À l’exubérance et la démesure indienne, qui associent les musiques de films, les danses, la dimension bariolée de la foule et la course effrénée des porteurs d’étendards, comme autant de performances patriotiques individuelles qui témoignent de l’adhésion positive de chaque citoyen à « la plus grande démocratie du monde », les Pakistanais opposent la mesure du pays des Purs16. Pour les autorités pakistanaises qui cherchent à faire reconnaître la spécificité culturelle de leur nation à l’échelle mondiale, Wagah border devient l’exemple explicite de leur différence avec l’Inde. Ainsi, tout groupe d’officiels étrangers de passage à Lahore est emmené à la cérémonie de la fermeture de la frontière, pour qu’ils puissent constater de leurs propres yeux que les deux nations, pakistanaise et indienne, sont clairement distinctes et surtout que les deux peuples ont des comportements opposés. Wagah leur permet de soutenir les discours sur l’impossible vie en commun entre Pakistanais et Indiens, de dénoncer le mouvement gandhien qui juge la partition comme le plus grand drame de l’Union indienne et enfin de revendiquer le rattachement du Cachemire au Pakistan (Jaffrelot 2000 : 201).

18Pour la population, Wagah Border devient alors l’espace où se vit la nation. Du coté indien, la cérémonie est rapidement devenue extrêmement populaire, faisant de Wagah une grande destination du tourisme national. Les transports collectifs se multiplient, attendant les clients à la sortie du Temple d’or sikh d’Amritsar. Les chauffeurs vantent l’incroyable de la cérémonie à renfort de photographies et surtout jouent sur la fibre nationaliste en arguant que c’est le lieu où tout citoyen indien qui se respecte doit être allé. Désormais, les professionnels du tourisme comparent le Taj Mahal d’Âgrâ et le Fort Rouge de New Delhi, les deux monuments nationaux, les plus visités, avec les deux principales attractions d’Amritsar. Ainsi, le Temple d’Or, chef d’œuvre d’architecture, est comparé au Taj Mahal. Cependant, le lieu de culte des Sikhs, toujours actif, fréquenté par des dizaines de milliers de pèlerins, est qualifié de « living monument » (monument vivant), alors que le tombeau moghol n’est que le fabuleux vestige d’une époque révolue. De même, Wagah border est présentée comme le lieu vivant de la nation indienne, alors que le Fort Rouge, où a été proclamée l’indépendance le 15 août 1947, n’est qu’un lieu de mémoire de la nation (Nora 1984). À la commémoration annuelle est opposée la possibilité de vivre le nationalisme face au « frère ennemi ». Des voyages spéciaux sont organisés pour les écoles et des groupes de jeunes hommes des grandes villes du Nord et du Sud viennent spécialement pour la fermeture de la frontière. Les étudiants et les jeunes urbains décrivent Wagah comme une expérience extrême, un contact direct et passionnel avec le nationalisme. Ils font de la frontière une destination à la mode où on doit être allé. Porter l’étendard et scander des slogans, permet de faire corps avec la nation, en longeant son enveloppe, la frontière avec le Pakistan (Equipe MIT 2002 : 197).

La violence comme catharsis : un théâtre touristique

19L’augmentation croissante des visiteurs fait de Wagah border un véritable phénomène de société. Par conséquent, la cérémonie est devenue un espace de débat qui questionne ce qui relève du théâtre et du vécu des spectateurs. Deux points de vue s’opposent. D’une part, de nombreux observateurs, journalistes, universitaires et touristes internationaux interprètent la violence comme réelle. Pour ces «manipulateurs de symboles»17, la parade militaire avec ses gestes brutaux et intimidants, dont les fameux grands mouvements de jambes ressemblant à de terribles coups de pieds, est bien plus que du théâtre. Ainsi, dans son livre Across the Wagah an Indian Sejourn in Pakistan, l’universitaire indienne, Maneesha Tikekar décrit cette scène comme un affrontement dramatique où la haine des regards, la violence des coups de pieds en l’air sont autant d’appels à la violence. Pour elle, exhiber le patriotisme avec autant d’animosité envers son voisin, et tant de plaisir à le faire, est un jeu dangereux. Elle conclut son analyse en se demandant s’il existe ailleurs dans le monde une descente de drapeau aussi théâtrale et aussi excessive de patriotisme (Tikekar 2004 : 92). De même, l’artiste et militant pakistanais Mian Ijaz-ul-Hassan voit en la violence pathétique de la cérémonie de fermeture de la frontière de Wagah qui recommence inlassablement chaque soir, l’image du conflit indo-pakistanais18. Enfin, dans un texte illustré de photographies de la cérémonie et intitulé « The Wagah Syndrome », l’universitaire Willem Van Schendel fait de la cérémonie le modèle type de l’ultranationalisme exubérant dont la débauche de violences symboliques annonce des violences physiques vis-à-vis des États voisins et à l’encontre des communautés minoritaires (Van Schendel 2007 : 44). Si l’élite intellectuelle indienne et pakistanaise condamne la cérémonie, d’autres voix plus anonymes distinguent théâtralisation de l’agressivité et violence19. En effet, sur place, nombreux sont les Pakistanais et les Indiens qui n’y voient qu’un show. Les Punjabis, habitués à y conduire leurs amis venus en visite, présentent Wagah comme une attraction, sans pourtant exclure sa dimension civique. Ainsi sur le site internet de mise en ligne de vidéos personnelles Dailymotion, un Pakistanais a décidé d’intégrer un prologue à son montage d’images de la cérémonie en disant « n’y voyez rien de politique ou de guerrier et si vous n’êtes pas d’accord, contactez-moi pour en discuter ».

20Le 20 octobre 2002, ce débat est devenu institutionnel, suite à l’affrontement entre un soldat pakistanais et un soldat indien qui se sont menacés de leurs armes à feu, heureusement déchargées durant la cérémonie; ils ont du être séparés par les officiers alors que les spectateurs des deux cotés multipliaient les insultes20. Pendant plus de deux ans, les deux administrations militaires ont débattu du degré de violence des gestes hérités du drill. À la fin du mois de mars 2004, l’Inde a demandé officiellement de réduire l’agressivité des gestes et surtout l’ampleur des mouvements de jambes pour qu’ils apparaissent comme moins brutaux et ressemblent moins à un simulacre de combat. À Lahore, le commandement des Border Security Forces indiennes et des Rangers pakistanais ont décidé de réorienter la cérémonie vers des postures moins agressives en demandant aux soldats de ne faire aucune provocation et bien au contraire de faire preuve de respect mutuel. Cependant après l’accord de principe, les deux parties ont convenu qu’il fallait d’abord déterminer la forme du nouveau rituel avant de changer21. Or, en novembre 2006, le lieutenant général Hussain Mehdi, directeur général des Rangers pakistanais du Punjab, a déclaré qu’il ne ferait pas modifier la gestuelle des soldats, alors que les Indiens avaient procédé à de légères modifications pour adoucir les mouvements. Pour lui, la cérémonie de la « retraite » héritée du drill doit perdurer dans sa forme originelle, car elle est à la fois un élément identitaire de la population pakistanaise et surtout, désormais, une attraction touristique. Il conclut que la prétendue violence de la cérémonie a un très faible impact sur les relations bilatérales indo-pakistanaises22. Le débat se poursuit et les autorités pakistanaises, à l’image du lieutenant-colonel Tariq Janjua, considèrent même que la diminution de la dramaturgie gâcherait le spectacle alors que la foule vient pour la dimension démesurée du drill et non pour une simple parade s’achevant par la descente du drapeau et la fermeture de la frontière23. Les plus hauts dignitaires de l’État pakistanais, le Général major Javid Zia et le ministre de l’Information Tariq Azim, réaffirment cette idée, lors des rencontres avec leurs homologues indiens à New Delhi24. L’afflux croissant de touristes nationaux et internationaux justifie, alors, l’agressivité des soldats comme un élément du show.
21L’attrait du spectacle ne doit pas écarter la dimension idéologique du débat. Le refus pakistanais, s’inscrit dans la permanence du mythe colonial des races dites « martiales ». De cette théorie britannique a émergé l’idée de la supériorité du soldat musulman carnivore sur le soldat hindou végétarien25. Ce mythe reste très présent dans les esprits de la population et des officiers pakistanais et ce malgré plusieurs défaites face aux Indiens26. L’idée d’agressivité et de force des soldats musulmans est constitutive de l’ethos de l’armée pakistanaise. Elle est utilisée pour justifier la résistance du Pakistan à l’Inde, malgré le différentiel démographique entre les deux États (166 millions d’habitants au Pakistan contre 1.142 millions en Inde)27. Les Rangers de Wagah border grands, musculeux, au regard furieux, surnommés avec fierté « les fils de lions », doivent incarner la prétendue supériorité militaire devant l’armée indienne, pas tant pour impressionner les soldats indiens que pour rassurer le public pakistanais (Jaffrelot 2000 : 204-205). Le rituel doit donc conserver son agressivité.

22Cependant, sur place, les hommes qui manifestent le plus de ferveur patriotique et qui s’enflamment en hurlant des slogans, concluent toute discussion sur le sujet en disant que les tensions entre l’Inde et le Pakistan sont le fruit des gouvernements et surtout, pour les Indiens, de l’absence de démocratie au Pakistan. Wagah draine un public de plus en plus nombreux sans qu’il y ait de violences physiques, alors que le Pakistan et l’Inde sont régulièrement le lieu de violences communautaires. Les spectateurs de la cérémonie de la fermeture de la frontière, même lorsqu’ils exultent verbalement, restent pacifiques. La frontière n’est pas un lieu de conflit avec l’Autre, mais de confrontation à l’Autre pour construire son identité. La théâtralisation désamorce le conflit, par la reconnaissance de l’Autre dans sa différence (Sémelin 2005 : 444-445).

Les 14 et 15 août : cérémonie et contre-cérémonie à Wagah
23Les 14 et 15 août, jours des fêtes nationales respectivement du Pakistan et de l’Union indienne, sont des moments forts à Wagah. Le nombre des visiteurs bat des records. La levée du drapeau pakistanais à la frontière le 14 août est le symbole de la naissance du Pakistan, séparé de l’Union indienne. Wagah Border est un des lieux où « l’on doit être » pour fêter l’indépendance comme Lahore pour les Pakistanais et le Fort Rouge à New Delhi pour les Indiens.
24Wagah est, aussi, le lieu d’une autre cérémonie annuelle dont l’objectif est tout autre. Depuis le 14 août 1996, pour la 50e année de l’indépendance du Pakistan et de l’Inde, Kuldip Nayar, l’éditorialiste susmentionné, a décidé d’allumer des chandelles à minuit (Nayar 2003 : 208). Les chandelles restent allumées, à la frontière, toute la nuit, pour assurer une continuité symbolique entre les deux déclarations successives d’indépendance du Pakistan le 14 et de l’Union indienne le 15. À cette manifestation pour la paix et la réconciliation, ne participaient qu’une douzaine de personnes lors de la première expérience, alors qu’aujourd’hui, elle mobilise des centaines de milliers de personnes. La candlelight vigil (veillée aux chandelles) est désormais devenue un moment fort. Des associations, de part et d’autre de la frontière, de plus en plus nombreuses rallient le mouvement comme symbole de la paix possible entre l’Inde et le Pakistan. Elles associent aux chandelles des concerts associant musique moderne et de danse traditionnelle punjabie. Les participants scandent « Hindu-Pak Dosti Zindabad » (Longue vie à l’amitié indo-pakistanaise). Ils appellent à la fin de la politique des visas pour favoriser les liens directs entre les populations, pour en finir avec les affrontements par gouvernements interposés. Ce mouvement est fortement critiqué par les partisans indiens d’une politique dure vis-à-vis du Pakistan. Ils décrivent les porteurs de chandelles comme des doux rêveurs face à la violence et la dangerosité du Pakistan, pourvoyeur de guerre et de terrorisme. De même, les forces de sécurité des deux pays hésitent à laisser la population librement accéder au « point 0 ». Régulièrement, les gouvernements empêchent la manifestation ou en diminuent la portée symbolique. Par exemple, en 2004, si les Pakistanais sont autorisés à se rendre à la cérémonie de lever du drapeau le matin du 14 août, les autorités bloquent, dans la banlieue de Lahore, les individus désireux de gagner la frontière pour la veillée aux chandelles du soir, prétextant une menace terroriste islamiste. De son coté, la Border Security Force indienne préfère retenir les manifestants indiens à l’entrée de la zone douanière. Et même si certains militants pacifistes arrivent à passer les barrages, le Pakistan fait diffuser par les hauts-parleurs des chants coraniques pour couvrir leurs slogans prônant l’amitié entre l’Inde et le Pakistan28.
25Pour le soixantième anniversaire de l’indépendance, 2007 devait être un moment exceptionnel. Deux associations « Routes 2 Roots29 » et « Friends without Borders30 », qui multiplient les liens entre les populations des deux États, envisagent un immense concert « Dil se Dil (Heart to heart) : Independance Day Friendship Celebration » commun, de part et d’autre de la frontière. Il devait commencer le 14 août à 23h et s’achever le 15 à 12h30, pour faire vivre symboliquement la continuité entre les deux déclarations d’indépendance. Ce concert géant, financé par des multinationales comme Nokia, devait être retransmis en direct sur la télévision indienne et pakistanaise. Des stars du Bollywood, des joueurs de cricket et des chanteurs étaient attendus pour ce moment exceptionnel. L’association « Routes 2 Roots » voulait que la cérémonie montre qu’Indiens et Pakistanais participent d’une même humanité, dansent sur les mêmes chansons, idéalisent les mêmes stars et pratiquent les mêmes sports. Cependant, au dernier moment, les autorités locales ont décidé d’interdire l’accès nocturne à la zone frontière pour des raisons de sécurité31, tenaillées par la peur des mouvements de foule32. Le projet a donc été annulé.

26Kuldip Nayar n’hésite pas à opposer la démarche des deux cérémonies médiatiques de Wagah que sont la descente du drapeau et la veillée aux chandelles. Pour lui, la première est étroitement encadrée par les institutions, dont l’armée, en évitant tout contact direct entre les populations, alors que la seconde appelle à la réconciliation directe entre les individus33. Cette opposition est en fait beaucoup plus profonde et révèle deux courants qui animent le sous-continent depuis 1947. En effet, la société reste divisée entre les partisans du rêve de la réconciliation et les partisans de la théorie des deux nations (Jaffrelot 2000 : 231). À la cérémonie nationaliste orchestrée par l’armée et l’État, la « candlelight vigil » oppose une logique transnationale qui dépasse la politique des États et s’appuie sur une société civile mondiale, soutenue par des ONG et des multinationales. La « candlelight vigil » nie la frontière en s’appuyant sur des valeurs mondiales présentées comme plus légitimes que celles de la nation. De ce fait, elle n’est pas seulement jugée comme une manifestation de doux rêveurs, mais comme une force subversive à même de remettre en question les constructions politiques nationales. L’argument du mouvement de foule franchissant la frontière sans passer par le filtre institutionnel des visas n’est pas un alibi fallacieux pour interdire le concert, mais traduit bel et bien la peur d’un acte symbolique fort qui serait médiatisé à l’échelle mondiale, remettant en question les logiques gouvernementales. Par conséquent, la manifestation est régulièrement entravée par les autorités indiennes et pakistanaises qui aujourd’hui s’abritent derrière le risque terroriste, dont la dimension imprévisible permet de justifier l’interdiction des grandes manifestations publiques.

27Il faut noter que cette contre-cérémonie ne diminue pas l’aura de la descente des drapeaux, bien au contraire, elle la renforce. Les deux événements ont un effet cumulatif générant une aura toujours plus grande du poste-frontière et attirant un public de plus en plus nombreux.

Le tourisme : une première étape vers la normalisation des relations indo-pakistanaises

28La résonance nationale de Wagah Border ne doit pas occulter les enjeux régionaux. En effet, le projet a été porté en premier par l’État du Punjab et surtout par l’élite économique et administrative de la ville d’Amritsar dont de nombreux membres de la communauté sikhe (Foucher 1991 : 332). Cette minorité religieuse, concentrée dans le Punjab, a souffert de la partition qui l’a obligée à quitter le Punjab pakistanais et l’a coupée de lieux de cultes comme le lieu de naissance du guru Nanak. Après avoir réclamé le fractionnement de l’État du Punjab pour disposer d’un État sikh plus autonome, à la fin des années 1970, les ultranationalistes sikhs sont entrés en guerre avec le gouvernement fédéral de New Delhi pour créer un État indépendant, le Khalistan34. Battus, aujourd’hui, ils laissent la place à un nouveau mouvement sikh désireux de s’ouvrir sur le Pakistan. Il veut redonner au Punjab sa dimension d’espace charnière, et ainsi relancer le développement économique de la région, mis à mal par les années de conflits.
29Dans ce nouveau contexte, le département du tourisme d’Amritsar désire jouer un rôle-clef et insiste sur les multiples dimensions de la cérémonie. Si effectivement, la médiatisation de la cérémonie permet d’augmenter la fréquentation touristique de la région et surtout le nombre de nuitées passées dans la ville, en mettant en scène une activité nocturne qui s’achève à 19h30 et qui oblige, ainsi, les touristes à dormir à Amritsar, elle a aussi des objectifs politiques. L’administration revendique la dimension nationaliste de la cérémonie. Elle la présente comme un moment d’éducation à la citoyenneté, avec l’exaltation des symboles nationaux, et de civisme, par le respect des institutions et du public pakistanais. L’animateur indien s’assure que les éventuelles insultes ou slogans hostiles soient couverts par la voix de la foule scandant « longue vie à l’Inde ». Alors, la cérémonie joue un rôle fondamental dans la politique nouvelle de réconciliation entre l’Union indienne et le Pakistan. Les responsables du département du tourisme espèrent modifier en profondeur la vision qu’ont les Indiens du Pakistan, par l’accueil d’un public de plus en plus diversifié, venant de toute l’Inde et surtout du Sud35. Ils veulent substituer à la représentation de la frontière-front d’où émergeraient régulièrement la guerre et le terrorisme, celle d’une frontière contrôlée où deux peuples proches et respectables peuvent se rencontrer. De ce fait, pour ces Punjabis, le tourisme de masse à Wagah est essentiel à la construction d’un premier dialogue avec le Pakistan, en permettant à la population indienne d’entrer, même de manière lointaine et extrêmement contrôlée, en contact avec la population pakistanaise et ainsi de la dédiaboliser. Ils insistent sur la dimension binationale de la cérémonie et sur la coordination des deux forces armées, prouvant qu’Indiens et Pakistanais peuvent travailler ensemble quotidiennement et sans heurts. Nombreux sont ceux qui concluent sur le fait que, la nuit venue, les soldats ne respecteraient pas la frontière et vont manger et boire ensemble. Ils espèrent ainsi que l’opinion publique nationale de l’Inde devienne plus favorable à la réouverture progressive de la frontière à un trafic de marchandises plus intense. Certains avancent même l’espoir de mettre en place progressivement une zone de libre-échange avec le Pakistan, idée encore assez impopulaire à l’échelle nationale36.

30Le 1er novembre 2007, une première étape a été franchie avec l’autorisation donnée aux camions préalablement enregistrés de traverser la frontière avec pour objectif d’atteindre un trafic de 200 camions par jour. L’État du Punjab et la ville d’Amritsar envisagent désormais la création d’une vaste zone commerciale qui accueillerait les camions le jour et les touristes le soir. Parallèlement, pour accélérer les échanges et la libre circulation des individus, l’État du Punjab espère l’implantation d’un consulat du Pakistan à Amritsar, habilité à délivrer des visas pour la population et surtout pour les pèlerins sikhs. La cérémonie est aujourd’hui présentée comme une première étape de la reconnaissance internationale de deux nations qui peuvent dépasser leurs conflits antérieurs et devenir des partenaires économiques et politiques. Certains décideurs punjabis espèrent la généralisation des partenariats internationaux dans le cadre d’une nouvelle association d’États, comme la SAFTA (South Asia Free Trade Association) créée en 2004, et ainsi recréer une aire de développement économique internationale transfrontalière, sur les vestiges du Punjab d’avant 1947, sans remettre en question l’idée des deux nations (Jaffrelot 2000 : 232)

Conclusion
31Wagah Border est un haut lieu des relations indo-pakistanaises qui porte en lui à la fois la mémoire de la violence des massacres communautaires de 1947 et le quotidien des conflits frontaliers. Cette dimension symbolique forte est renforcée par la cérémonie quotidienne de descente des drapeaux. Gouvernements fédéraux, gouvernements régionaux, armées, partis politiques, intellectuels, associations transnationales, investissent ce lieu pour légitimer des discours sur les relations indo-pakistanaises. Malgré leurs points de vue divergents, voire opposés, ils dotent Wagah Border d’une résonance grandissante et renforcent son attractivité touristique. Or, la mise en tourisme de la frontière transforme la symbolique de la cérémonie. L’agressivité des soldats devient une composition d’acteurs, le nationalisme, un jeu. La théâtralisation rapproche la cérémonie du show et l’écarte de la guerre. Ceci est renforcé par la dimension journalière, donc répétitive, de cet affrontement symbolique entre deux armées, sans vaincu et sans vainqueur, sous les acclamations d’une foule en liesse. Dès lors, le face-à-face des touristes indiens et pakistanais permet d’attester de la partition et de légitimer les institutions incarnées par les deux armées et les deux drapeaux. Il est une première étape de la reconnaissance de l’Autre, avec ses spécificités. Cette étape est indispensable à la normalisation des relations internationales. Par conséquent, ce tourisme de masse, même s’il se fait autour des symboles de la nation, est un élément de pacification du lieu. Il permet de convertir un espace de conflit en un espace de conciliation. Il dépasse les débats idéologiques et instaure les conditions d’une première rencontre, certes limitée, mais réelle. De plus, il prépare le passage d’une gestion purement politique de la frontière à une gestion plus économique, en générant de nouveaux flux et de nouvelles activités (Brunel 2006 : 257). Enfin, il permet de concilier enjeux nationaux et développement régional, surtout dans une démocratie où la prise de décision passe par l’adhésion des masses et la sensibilisation des décideurs.

Bibliographie

1 Ces chiffres ne sont que des estimations, la cérémonie étant gratuite, les visiteurs n
4En quelques années, la cérémonie de Wagah est devenue une destination incontournable du tourisme national. Les jours de fête nationale, l’office du tourisme d’Amritsar estime que plus de 12.000 visiteurs indiens assistent à la cérémonie. Désormais, chaque année, près de deux millions de touristes viendraient à la frontière1. La réussite d’un tel lieu et l’engouement populaire qu’ils suscitent dans toute l’Inde et dans tout le Pakistan est le fruit d’une accumulation de phénomènes (Equipe MIT 2005 : 8-9).

2 Pour en prendre la mesure, il suffit de se rendre au monument aux morts de Chandigarh qui rend ho (…)
5Wagah serait noyée dans l’immensité de la plaine punjabie, entrecoupée des seuls canaux d’irrigation, si la distinction entre les deux Punjab, l’État indien et la province pakistanaise, n’était pas marquée spatialement par une double clôture barbelée électrifiée (Foucher 1991 : 299). Née dans la douleur de la partition, la frontière Indo-pakistanaise reste une zone de conflits constants. Du Gujarat au Siachen, elle reste très fortement militarisée et le lieu d’affrontements plus ou moins violents. La dernière guerre dite « de Kargil » qui a eu lieu 1999 n’a pas mis fin aux multiples accrochages. La frontière, surtout le long du Cachemire, reste un lieu où meurent régulièrement des soldats2.

3 Les Joint Check Points ont été créés en 1949. Ce sont les points où les deux forces de sécurités (…)
4 Le volume des échanges en 2006 était de 869 millions de dollars, in Taneja N., Trade Possibilitie (…)
5 Cette ville du Punjab pakistanais est le lieu de naissance de Guru Nanak, prophète de la religion (…)
6 Les entrepreneurs punjabis indiens spécialisés dans l’industrie mécanique regrettent de ne pas po (…)
6Or, Wagah est unique, c’est l’un des deux seuls Joint Check Point3 ouverts à la circulation des nationaux et des internationaux. La frontière est sous l’autorité des forces de sécurité de 16h à 8h, des Custom Department et Immigration Department de 8h à 16h. Jusqu’en novembre 2007, la circulation journalière restait très faible avec moins de cinq véhicules et à peine 75 personnes composées pour moitié d’Indiens et de Pakistanais, et pour moitié de touristes étrangers. En 2007, ce point de passage ne voyait transiter que 5% des échanges entre l’Inde et la Pakistan, soit moins de deux millions de roupies par an4. Les individus doivent être munis de visas obtenus à New Delhi ou à Islamabad, souvent après une attente de plusieurs jours. Le passage des véhicules indiens ou pakistanais était interdit, mis à part le bus Delhi/Lahore, qui passe quatre fois par semaine (deux aller-retour), et ceux des pèlerins sikhs indiens se rendant Nankana Sahib5. Avant le 1er novembre 2007, les camions étaient obligés de décharger leur marchandise, composée de fruits et de légumes, qui étaient portées par des dizaines de coolies sur les centaines de mètres séparant les deux bureaux des douanes indiennes et pakistanaises. L’essentiel du commerce entre Amritsar et Lahore se fait via les ports de Bombay et de Karachi6.

7 Cette dimension symbolique se retrouve dans les titres de livres.
7La faiblesse numérique des passages de personnes et de marchandises ne doit pas cacher la forte résonance symbolique de Wagah Border. Point de passage terrestre, il incarne les relations entre le Pakistan et l’Union indienne. Il est régulièrement le lieu de gestes politiques bilatéraux entre les deux gouvernements. Ces actions sont alors largement couvertes par les médias. Wagah est un terme qui évoque, pour les nationaux, les relations entre l’Inde et le Pakistan7.

8 “India to free 72 Pakistani prisoners”, Daily Times, Tuesday, August 14, 2007.
8Ainsi, c’est le lieu de l’organisation des échanges de prisonniers indiens et pakistanais, civils ou militaires, capturés pour violation du territoire. Le 14 août 2007, l’Inde a libéré 72 Pakistanais, dont 48 pêcheurs arraisonnés dans les eaux territoriales indiennes, alors que le Pakistan renvoyait 134Indiens, dont 100 pêcheurs. L’échange avait été préparé plusieurs semaines à l’avance, pour symboliquement correspondre au 60e anniversaire de l’indépendance des deux États8.

9 Cependant, ce discours d’intentions a été immédiatement remis en question par la guerre de Kargil (…)
9Mais c’est surtout en février 1999 que Wagah a pris une nouvelle dimension. Le Premier ministre indien Atal Bihari Vajpayee décide de se rendre au Pakistan via « Wagah Border », en bus, pour inaugurer la ligne Delhi-Lahore, avec 22 parlementaires indiens. Ce trajet terrestre, qui est aujourd’hui ouvert à la population, est le symbole d’une tentative de normalisation des relations indo-pakistanaises. Entre Amritsar à Wagah, les Indiens s’étaient massés pour l’occasion le long de la route formant une immense haie d’honneur de près de 35 km. Le bus transportant le Premier ministre s’était arrêté à la frontière, puis était reparti alors que les Pakistanais se sont regroupés tout le long des 26 km qui séparent Wagah de Lahore. Pour l’éditorialiste et parlementaire indien Kuldip Nayar, cet événement a montré l’union possible des deux États autour d’une même chaîne humaine continue de 51 km (Nayar 2003 : 210). Le voyage s’était achevé le 20 février 1999 par la déclaration de Lahore qui entend rétablir des liens d’amitiés basés sur le commerce et la dénucléarisation de la région9.

10Wagah est donc un lieu de la géographie mentale nationale, qu’elle soit pakistanaise ou indienne. D’ailleurs, alors que Wagah est le nom du village pakistanais, il supplante dans les deux États celui d’Attari, qui est le nom du village indien. Cette résonance est suffisante pour en faire un lieu de tourisme de frontière, où l’on vient à la fois commémorer une histoire, voir l’iconographie de la frontière avec ses fortifications, ses administrations, ses drapeaux et ses soldats, et observer un territoire à la fois proche et inaccessible (Gelbman 2008 : 201-202). L’attractivité du lieu est renforcée par la présence de forces paramilitaires qui, chaque soir, sonnent la retraite et organisent la descente simultanée des drapeaux. Elles dotent ainsi Wagah d’un moment où se déroule une action unique. Le lieu n’est plus seulement un point de contact sur la frontière, il est un lieu où est orchestré un rituel journalier autour de deux éléments emblématiques de la nation : l’armée qui la défend et le drapeau qui la représente.

10 The show of anger and determination”, Daily Times, Mardi 29 mai 2003.
11 Le drapeau indien est réglementé dès 1950 par le “Emblems and Names (Prevention of Improper Use) (…)
11Les discours sur l’origine de la cérémonie sont variés. Cependant, tous les interlocuteurs lui donnent une profondeur historique, liée à un grand moment des relations indo-pakistanaises. Pour certains, elle daterait de la partition en 194710; selon l’office du tourisme du Punjab de 1949, elle aurait été instaurée au moment du cessez-le-feu sous l’égide de l’ONU permettant la création de la frontière et des Joint Check Points; enfin pour les officiers de la Border Security Force, elle aurait été instituée suite à la guerre indo-pakistanaise de 1965, en même temps que la création de leur unité spécialisée dans la surveillance de la frontière. Dans son organisation, elle est fortement liée au statut très spécifique du drapeau national indien dont l’usage est réglementé par un code, le Prevention of Insults to National Honour Act de 1971, amendé en 200311. Le drapeau pakistanais, dont l’usage est beaucoup moins réglementé, intègre cependant les règles du drapeau indien à la frontière, où il ne peut pas apparaître comme inférieur. Par conséquent, les deux drapeaux sont descendus simultanément, dans une forme de concurrence symbolique où chaque nation doit rester toujours au même niveau que l’autre. En même temps, les deux forces de sécurité mettent en scène « la retraite » selon les codes du drill, le code hérité de l’armée britannique. Le geste doit être vif, voire violent et claquer aux ordres d’une voix forte et cinglante. De ce fait, le rite de descente du drapeau devient un théâtre pour exacerber le face-à-face entre les deux nations.

Venir à Wagah Border pour vivre la nation et attester de la partition
12Si la cérémonie est ancienne de plusieurs dizaines d’années, elle est restée peu médiatisée avant les années 2000. Cependant, l’afflux croissant de spectateurs favorise l’émergence de nouvelles pratiques. À la descente des drapeaux est par exemple ajouté un long prologue patriotique au cours duquel les foules, incarnant les nations, investissent l’espace de la frontière.

13La frontière, comme point de contact avec l’Autre, considéré parfois comme un adversaire voire un ennemi, permet de se mettre en scène. Ainsi, les touristes nationaux, qu’ils soient indiens ou pakistanais, vont à la fois observer et participer à la cérémonie. Cette double dimension est particulièrement visible dans le comportement adopté sur le moment et dans l’usage des images prises sur l’instant, puis montrées plus tard. Les visiteurs veulent à la fois être spectateurs et acteurs (Michel 2004 : 106). Wagah est un lieu qui se vit.

12 Le Punjab était une région multiconfessionnelle qui fut partagée entre l’Inde et le Pakistan, sel (…)
13 Dans les nombreuses vidéos mises en ligne sur internet, il est intéressant de noter les zooms rég (…)
14L’accès est donc ritualisé. Les visiteurs attendent sur la route goudronnée, devant les arches derrières les gradins, à la hauteur des monuments qui rappellent les massacres de 194712. Du coté pakistanais, la porte de la liberté commémore les morts musulmans sur les chemins de l’exil, du coté indien, une stèle noire est dressée au milieu de la route à la mémoire des Punjabis massacrés durant la partition. Vers 18h, les femmes puis les hommes sont invités à pénétrer sur le site, selon un chemin précis. Les forces de sécurité leur font longer la frontière, pour pouvoir photographier la borne qui marque le « point 0 » et toucher les portes qui séparent les deux États. Ce parcours fait entrer les touristes par la scène et leur permet surtout de voir, à quelques mètres de là, le peuple voisin avant de prendre place dans les gradins13. Les Rangers pakistanais imposent à la population une tenue longue et la séparation des sexes dans les gradins, avec les hommes à droite et les femmes à gauche, au nom du respect des règles de l’Islam. Les forces de sécurité indiennes réservent, elles, un espace aux femmes et aux VIP, pour les mettre à distance des éventuels débordements des groupes de jeunes hommes, souvent exaltés par la cérémonie. En effet, l’attente n’est pas muette et calme, mais bruyante et démonstrative. Les deux États diffusent, à grands renforts de haut-parleurs, des musiques patriotiques. Au Pakistan, l’hymne national est associé à des psalmodies du Coran et tout particulièrement la Chahâda. En Inde, sont mélangés hymne et chants patriotiques, dont certains sont tirés de films populaires de Bollywood. Si les deux foules scandent « longue vie à l’Inde » ou « longue vie au Pakistan », les Indiens sont invités à danser devant les gradins, créant une ambiance de liesse généralisée. Mais surtout, certains individus sont appelés à jouer un rôle particulier. Ils vont pouvoir manipuler le drapeau national sous le contrôle des forces de sécurité. Des deux cotés de la frontière, ces individus deviennent, momentanément, des allégories de la nation.

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Zins, Max-Jean, 2005. « Rites publics et deuil patriotique. Les funérailles de la guerre indo-pakistanaise de 1999 », Archives des sciences sociales des religions, 131 (2005) – Varia, (En ligne), mis en ligne le 30 juin 2008. URL : http://assr.revues.org/document3258.html
DOI : 10.4000/assr.3258

Notes
1 Ces chiffres ne sont que des estimations, la cérémonie étant gratuite, les visiteurs ne sont pas systématiquement décomptés. Les officiers de la Border Security Force estiment la fréquentation au remplissage des gradins.

2 Pour en prendre la mesure, il suffit de se rendre au monument aux morts de Chandigarh qui rend hommage à tous les soldats punjabis tombés au combat. Cette double spirale de béton sur laquelle sont accrochées des plaques de marbre noir gravées, se termine par plusieurs mètres d’emplacements vides prévus pour accueillir tous les noms de ceux qui vont mourir lors des accrochages frontaliers futurs.

3 Les Joint Check Points ont été créés en 1949. Ce sont les points où les deux forces de sécurités indienne et pakistanaise sont en contact.

4 Le volume des échanges en 2006 était de 869 millions de dollars, in Taneja N., Trade Possibilities and Non-Tariff Barriers to Indo-Pak Trade, New-Delhi: ICRIER, 2007, 47 p.
Consultable en ligne. http://www.icrier.org/publication/WorkingPaperno200.pdf

5 Cette ville du Punjab pakistanais est le lieu de naissance de Guru Nanak, prophète de la religion sikhe.

6 Les entrepreneurs punjabis indiens spécialisés dans l’industrie mécanique regrettent de ne pas pouvoir écouler leurs produits directement sur le marché du Punjab pakistanais, pourtant fortement demandeur.

7 Cette dimension symbolique se retrouve dans les titres de livres.

8 “India to free 72 Pakistani prisoners”, Daily Times, Tuesday, August 14, 2007.

9 Cependant, ce discours d’intentions a été immédiatement remis en question par la guerre de Kargil planifiée à peine deux semaines après la déclaration commune par l’armée pakistanaise et entamée en mai 1999, dès la fonte des neiges.

10 The show of anger and determination”, Daily Times, Mardi 29 mai 2003.

11 Le drapeau indien est réglementé dès 1950 par le “Emblems and Names (Prevention of Improper Use) Act” qui est complété en 1971 par le “Prevention of Insults to National Honour Act”. Le “Flag Code of India” applicable à partir du 26 janvier 2002 répond à la demande sociale d’usage individuel du drapeau, précédemment proscrite en dehors des fêtes nationales, suite à la pétition présentée par l’industriel Naveen Jindal à la Haute cour de Delhi.

12 Le Punjab était une région multiconfessionnelle qui fut partagée entre l’Inde et le Pakistan, selon des critères religieux. L’Ouest devenait musulman, tandis que l’Est devenait sikh et hindou. Les transferts de populations furent accompagnés de violences extrêmes qui ont accéléré les exodes contraints et le processus de recomposition religieuse.

13 Dans les nombreuses vidéos mises en ligne sur internet, il est intéressant de noter les zooms réguliers sur le public adverse. Certains aiment à s’attarder sur des visages comme pour humaniser une foule qui vocifère des slogans.

14 Tout usage détourné est condamné. The Prevention of Insults to National Honour Act, section III, partie A, article v, 1971.

15 Baba Mehar gets Rs 50.000 for patriotism”, Daily Times, Vendredi 6 avril 2007. L’umra est une visite à la Mecque qui peut se faire à tout moment à la différence du pèlerinage, elle ne fait pas partie des cinq piliers de l’islam et est souvent considérée comme supplémentaire ou préparatoire, elle efface les péchés de l’année

16 Pour Maneesha Tikekar, la culture pakistanaise veut se construire comme une contre-culture indienne et une « anti-performing culture » (Tikekar 2004 : 330).

17 Nous utilisons l’expression de Robert Reich pour designer ces acteurs mondialisés pouvant largement diffuser leurs interprétations et créer des représentations du Monde.

18 Ijaz-ul-Hassan M. , “The way it was: Other side of nationalism”, Daily Times, 11 juin 2003.

19 Ces anonymes ne bénéficient pas des mêmes médias pour diffuser leur point de vue.

20 AFP, “Ceremonial guard at India-Pakistan border ends in brawl”, Daily Times, 22 octobre 2002.

21 Gilani I., “Flag lowering at Wagah border : Pakistan, India decide to ‘reorient’ ceremony”, Daily Times, 7 avril 2004.

22 Khan S., “Rangers won’t tone down drill”, Daily Times, 13 novembre 2006.

23 “Crowds left cold as India leaves Wagah dramatic to Pakistan”, Reuters, 13 janvier 2007.

24 “Troops to keep up aggressive ritual at Wagah”, AFP, 18 février 2007.

25 Cette théorie permettait de justifier l’autorité des empires musulmans depuis le 12e siècle alors que les hindous étaient majoritaires.

26 La dernière défaite durant la guerre de Kargil en 1999 n’a jamais été officiellement reconnue.

27 Il est intéressant de noter que le service de recrutement de l’armée pakistanaise met en avant, sur son site internet, l’invincibilité des soldats alors que l’armée indienne insiste surtout sur la fraternité et le courage.

28 Ahmed S., Khan S., « Lahore the place to be on Aug 14 », Daily Times, 15 août 2004.

29 Cette association indienne basée à Delhi disposant d’une antenne au Pakistan est dirigée par l’indienne Amita Gupta et la pakistanaise Tina Vachani. Elle est soutenue par de nombreuses femmes qui veulent réconcilier les États du Sud asiatique et surtout le Pakistan et l’Inde comme l’ont été la RDA et la RFA. Elles organisent de multiples actions culturelles, des manifestations communes régulières et militent pour la création d’une zone économique de libre-échange entre les deux pays (voir http://www.routes2roots.com).

30 Cette association basée aux États-Unis organise un vaste échange de courriers entre les enfants pakistanais et indiens pour favoriser des contacts directs entre les nouvelles générations. http://www.friendswithoutborders.org

31 Manan A., “Thousands celebrate at Wagah”, Daily times, 15 août 2007.

32 Jaideep Sarin, “Gala India-Pakistan concert at Wagah called off”, IANS, 14 août 2007.

33 Http://kuldipnayar.com/Express/10August2006.htm

34 L’aventure se termine tragiquement par la prise d’assaut par l’armée du Temple d’or et l’assassinat quelques mois plus tard d’Indira Gandhi par ses gardes du corps sikhs en 1984 (Jaffrelot 2006 : 318).

35 Les officiels et les habitants d’Amritsar insistent sur le fait que la cérémonie soit, désormais, extrêmement populaire à l’échelle nationale. Ils mettent en avant la venue croissante d’Indiens vivant dans le Sud de la péninsule, sans pour autant être capables de donner des éléments statistiques.

36 Entretiens avec l’auteur, août 2007.

Voir également:

Le 14 août 1947, l’ancien territoire des Indes britanniques se divisait officiellement en deux états : la République islamique du Pakistan d’un côté, la République d’Inde de l’autre. Soixante-dix ans après, les tensions entre les deux États sont toujours aussi vives.

Frères ennemis liés par un passé colonial commun, le Pakistan et l’Inde ont un même anniversaire à célébrer. Il y a 70 ans, dans la nuit du 14 au 15 août 1947, le parlement britannique votait l’Indian Independance Bill, loi qui entérine la partition de l’ancien territoire des Indes britanniques en deux États séparés.

Conformément aux souhaits de la Ligue musulmane, parti politique créé en 1906 pour défendre les intérêts de la communauté musulmane face au parti du Congrès dominé par les hindous, le territoire est séparé en deux États distincts : d’un côté, l’Union indienne du mahatma Gandhi et de Jawaharlal Nehru, peuplé en majorité d’hindous ; de l’autre le Pakistan de Mohamed Ali Jinnah, peuplé en majorité de musulmans et lui-même divisé entre Pakistan occidental et Pakistan oriental, qui deviendra le Bangladesh en 1971.

À lire : Au Pakistan, le calvaire des minorités religieuses

Des millions de déplacés

À la veille de sa dissolution, l’empire britannique des Indes comptait 410 millions d’habitants dont 281 millions d’hindous, 115 millions de musulmans, 7 millions de chrétiens et 6 millions de Sikhs, le tout sur un territoire de 4 millions de kilomètres carrés.

Avec la scission, près de 17 millions de personnes seront déplacées, les musulmans fuyant vers le Pakistan, les Hindous et les Sikhs cherchant à l’inverse à rejoindre l’Inde. Les conflits religieux engendrés par la partition feront entre 200 000 et deux millions de morts.

De ce premier épisode sanglant, beaucoup de Pakistanais et d’Indiens gardent encore aujourd’hui un souvenir à vif. Nisar Akkhtar, statisticien pakistanais aujourd’hui à la retraite, vit à Karachi. Il avait six ans 1947. À l’époque, il vivait avec sa famille dans la région du Pendjab.

« J’ai vu des bébés, des enfants, des vieillards avec des lances plantées dans le corps. Ils gémissaient de douleur et je passais mon chemin en les évitant. Qu’aurais-je pu faire ? Les gens titubaient de douleur et réclamaient de l’eau en criant… Mais on se battait tous pour notre propre vie », se souvient cet homme de confession musulmane.

Nisar et sa famille réussiront à fuir mais avant de trouver refuge dans un camp de réfugiés, ils marcheront pendant 21 jours, au sein d’une colonne de milliers de personnes, régulièrement attaquée par les Sikhs. À la fin de ce premier conflit entre les deux jeunes États, 33 millions de musulmans resteront en Inde (10 % de la population), tous les autres ayant émigré vers le Pakistan.

Le Cachemire, épicentre des tensions

Soixante-dix ans après, l’Inde et le Pakistan se déchirent autour de la question du Cachemire. Chacun des deux États revendique le contrôle de la totalité de cette province peuplée à 80 % par des musulmans, dont chacun a « arraché » une partie : le nord pour le Pakistan, le sud pour les Indiens.

Malgré l’engagement pris par les Indiens de légaliser ce rattachement par référendum, ce scrutin n’a encore jamais eu lieu. Depuis plusieurs décennies, les frères ennemis se livrent à des affrontements sporadiques qui ont fait des milliers de victimes.

Ces échauffourées ont dégénéré en guerre totale en 1965. Tablant sur la faiblesse de l’Inde après sa défaite contre la Chine en 1962, l’armée pakistanaise lance alors des opérations de déstabilisation au Cachemire indien, aboutissant à un conflit ouvert qui fera plusieurs milliers de morts.

La troisième guerre indo-pakistanaise en 1971 n’a pas de lien direct avec le Cachemire. La révolte des indépendantistes du Pakistan oriental contre le Pakistan occidental et la terrible répression qui s’ensuit de la part de l’armée loyaliste, conduit l’Inde à intervenir militairement aux côtés des rebelles. Défaites, les troupes pakistanaises signent un cessez-le-feu et renoncent au Pakistan oriental qui devient indépendant sous le nom de Bangladesh.

En 1972, les accords de Shimla instaurent un statu quo sur la question du Cachemire autour d’une « ligne de contrôle » (LOC) de 740 kilomètres au tracé particulièrement arbitraire : il coupe en deux les montagnes et les forêts, scinde les villages et les rivières, divise la vallée et ses habitants.

Régulièrement, de nouveaux heurts meurtriers éclatent encore dans cette zone que les combattants pakistanais infiltrent dans le but de « libérer » le Cachemire indien. Eux-mêmes sont divisés entre les pro-indépendance et les partisans d’un rattachement du Cachemire au Pakistan.

Pour tenter de réduire ce qu’elle qualifie d’« infiltrations », l’Inde a fait construire en 2004 une double clôture électrifiée de 550 km de long sur son côté de la frontière. Aujourd’hui, le Cachemire est l’une des régions les plus militarisées au monde.

Salomé Parent

Tombeau des Patriarches: Vous avez dit orwellien ? (Between truthful lies and respectable murder, what first casualty of war ?)

12 juillet, 2017
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Le tombeau, ce n’est jamais que le premier monument humain à s’élever autour de la victime émissaire, la première couche des significations, la plus élémentaire, la plus fondamentale, la première couche des significations, la plus élémentaire, la plus fondamentale. Pas de culture sans tombeau, pas de tombeau sans culture. A la limite, le tombeau est le premier et seul symbole culturel. René Girard
On ne veut pas savoir que l’humanité entière est fondée sur l’escamotage mythique de sa propre violence, toujours projetée sur de nouvelles victimes. Toutes les cultures, toutes les religions, s’édifient autour de ce fondement qu’elles dissimulent, de la même façon que le tombeau s’édifie autour du mort qu’il dissimule. Le meurtre appelle le tombeau et le tombeau n’est que le prolongement et la perpétuation du meurtre. La religion- tombeau n’est rien d’autre que le devenir invisible de son propre fondement, de son unique raison d’être. Autrement dit, l’homme tue pour ne pas savoir qu’il tue. (…) Les hommes tuent pour mentir aux autres et se mentir à eux-mêmes au sujet de la violence et de la mort. René Girard
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
La première victime d’une guerre, c’est toujours la vérité. Eschyle
Comme une réponse, les trois slogans inscrits sur la façade blanche du ministère de la Vérité lui revinrent à l’esprit. La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. 1984 (George Orwell)
La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit. George Orwell (1984)
Les intellectuels sont portés au totalitarisme bien plus que les gens ordinaires. George Orwell
Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent. George Orwell
Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. George Orwell
Une autre décision délirante de l’Unesco. Cette fois-ci, ils ont estimé que le tombeau des Patriarches à Hébron est un site palestinien, ce qui veut dire non juif, et que c’est un site en danger. Pas un site juif ? Qui est enterré là ? Abraham, Isaac et Jacob. Sarah, Rebecca, et Léa. Nos pères et nos mères (bibliques). Benjamin Netanyahou
Au nom du gouvernement du Canada, nous souhaitons présenter nos excuses à Omar Khadr pour tout rôle que les représentants canadiens pourraient avoir joué relativement à l’épreuve qu’il a subie à l’étranger ainsi que tout tort en résultant. Ralph Goodale et Chrystia Freeland
Ça n’a rien à voir avec ce que Khadr a fait, ou non. Lorsque le gouvernement viole les droits d’un Canadien, nous finissons tous par payer. La Charte protège tous les Canadiens, chacun d’entre nous, même quand c’est inconfortable. Justin Trudeau
Même si je vais devoir quitter mon poste, je ne compromettrai pas le salaire d’un martyr (Shahid) où d’un prisonnier, car je suis le président de l’ensemble du peuple palestinien, y compris les prisonniers, les martyrs, les blessés, les expulsés et les déracinés. Mahmoud Abbas
Je sais votre engagement constant en faveur de la non-violence. Emmanuel Macron
Voulez-vous devenir une vedette dans la presse algérienne arabophone? C’est facile. Prêchez la haine des Juifs […]. Je suis un rescapé de l’école algérienne. On m’y a enseigné à détester les Juifs. Hitler y était un héros. Des professeurs en faisaient l’éloge. Après le Coran, Mein Kampf et Les Protocoles des sages de Sion sont les livres les plus lus dans le monde musulman.  Karim Akouche
Après le mois sacré, les imams sont épuisés et doivent se reposer. Ils n’ont que le mois de juillet ou d’août pour le faire. Ce moment est très mal choisi pour la marche. Fathallah Abdessalam (conseiller islamique de prison belge)
65 % des Français estiment ainsi qu’« il y a trop d’étrangers en France », soit un niveau identique à 2016 et pratiquement constant depuis 2014. Sur ce point au moins, le clivage entre droites et gauches conserve toute sa pertinence : si 95 % des sympathisants du Front national partagent cette opinion, ils sont presque aussi nombreux chez ceux du parti Les Républicains (83 %, + 7 points en un an) ; à l’inverse, ce jugement est minoritaire chez les partisans de La France insoumise (30 %), du PS (46 %) et d’En marche ! (46 %). De même, les clivages sociaux restent un discriminant très net : 77 % des ouvriers jugent qu’il y a trop d’étrangers en France, contre 66 % des employés, 57 % des professions intermédiaires et 46 % des cadres. Dans des proportions quasiment identiques, 60 % des Français déclarent que, « aujourd’hui, on ne se sent plus chez soi comme avant ». Enfin, 61 % des personnes interrogées estiment que, « d’une manière générale, les immigrés ne font pas d’efforts pour s’intégrer en France », même si une majorité (54 %) admet que cette intégration est difficile pour un immigré. L’évolution du regard porté sur l’islam est tout aussi négative. Seulement 40 % des Français considèrent que la manière dont la religion musulmane est pratiquée en France est compatible avec les valeurs de la société française. Ce jugement était encore plus minoritaire en 2013 et 2014 (26 % et 37 %), mais, de manière contre-intuitive, il avait fortement progressé (47 %) au lendemain des attentats djihadistes de Paris en janvier 2015. Depuis, il s’est donc à nouveau dégradé. Le Monde
“Comme des millions de gens à travers le globe ces dernières années, les deux auteurs ont attaqué le colonialisme et le système capitaliste et impérialiste. Comme beaucoup d’entre nous, ils dénoncent une idéologie toujours très en vogue : le racisme, sous ses formes les plus courantes mais aussi les plus décomplexées”, expliquaient-ils, en exigeant l’abandon des poursuites engagées à la suite d’une plainte de l’Agrif. (…) Renaud, Saïdou et Saïd Bouamama ont choisi d’assumer leur “devoir d’insolence” afin d’interpeller et de faire entendre des opinions qui ont peu droit de cité au sein des grands canaux de diffusion médiatique.” Pétition signée par Danièle Obono (porte-parole de JL Mélenchon)
Faisons du défi migratoire une réussite pour la France. Anne Hidalgo
Aucun principe de droit international n’oblige les Français déjà surendettés, à hauteur de plus de 2000 milliards, à financer par leurs impôts et leurs cotisations sociales des soins gratuits pour tous les immigrés illégaux présents sur notre sol… en 2016, l’octroi du statut de demandeur d’asile est devenu un moyen couramment utilisé par des autorités dépassées pour vider les camps de migrants, à Paris bien sûr, mais aussi par exemple, à Calais, dans la fameuse «jungle» qui, avant son démantèlement, comptait environ 14 000 «habitants». Ces derniers, essentiellement des migrants économiques, ont été qualifiés de réfugiés politiques dans l’unique but de pouvoir les transférer vers d’autres centres, dénommés CAO ou CADA en province. De telles méthodes relèvent d’une stratégie digne du mythe de Sisyphe: plus ils sont vidés, plus ils se remplissent à nouveau… Pierre Lellouche
Madame Hidalgo prétend vouloir améliorer l’intégration des nouveaux migrants. Ses amis n’ont pas réussi en deux décennies à intégrer des populations culturellement et socialement plus aisément intégrables. À aucun moment Anne Hidalgo n’a eu le mauvais goût d’évoquer la question de l’islam. Madame Hidalgo n’aurait pas songé à demander aux riches monarques du golfe, à commencer par celui du Qatar, à qui elle tresse régulièrement des couronnes, de faire preuve de générosité à l’égard de leurs frères de langue, de culture et de religion. Madame le maire n’est pas très franche. Dans sa proposition, elle feint de séparer les réfugiés éligibles au droit d’asile et les migrants économiques soumis au droit commun. Elle fait semblant de ne pas savoir que ces derniers pour leur immense majorité ne sont pas raccompagnés et que dès lors qu’ils sont déboutés , ils se fondent dans la clandestinité la plus publique du monde. (…) À la vérité, c’est bien parce que les responsables français démissionnaires n’ont pas eu la volonté et l’intelligence de faire respecter les lois de la république souveraine sur le contrôle des flux migratoires , et ont maintenu illégalement sur le sol national des personnes non désirées, que la France ne peut plus se permettre d’accueillir des gens qui mériteraient parfois davantage de l’être. Qui veut faire l’ange fait la bête. Mais le premier Français, n’aura pas démérité non plus à ce concours de la soumission auquel il semble aussi avoir soumissionné. C’est ainsi que cette semaine encore, le président algérien a, de nouveau, réclamé avec insistance de la France qu’elle se soumette et fasse repentance . Cela tourne à la manie. La maladie chronique macronienne du ressentiment ressassé de l’Algérie faillie. À comparer avec l’ouverture d’esprit marocaine. En effet, Monsieur Bouteflika a des circonstances atténuantes. Son homologue français lui aura tendu la verge pour fouetter la France. On se souvient de ses propos sur cette colonisation française coupable de crimes contre l’humanité. Je n’ai pas noté que Monsieur Macron, le 5 juillet dernier, ait cru devoir commémorer le massacre d’Oran de 1962 et le classer dans la même catégorie juridique de droit pénal international. Il est vrai que ce ne sont que 2000 Français qui furent sauvagement assassinés après pourtant que l’indépendance ait été accordée. (…) Au demeurant, Monsieur Macron a depuis récidivé: accueillant cette semaine son homologue palestinien Abbou Abbas, il a trouvé subtil de déclarer: «l’absence d’horizon politique nourrit le désespoir et l’extrémisme» . Ce qui est la manière ordinaire un peu surfaite d’excuser le terrorisme. À dire le vrai, le président français, paraît-il moderne, n’a cessé de trouver de fausses causes sociales éculées à ce terrorisme islamiste qui massacre les Français depuis deux années. Gilles-William Goldnadel
L’indifférence apparente des Français à la situation peut sembler étrange, s’assimiler à du déni, à la volonté de ne pas voir. Elle peut aussi se comprendre comme une stratégie de survie analogue à ce qui se passe depuis de nombreuses années en Israël. Les terroristes et leurs alliés wahabites, salafistes ou frères musulmans espéraient non seulement semer la mort mais tétaniser les populations, tarir les foules dans les salles de spectacle, les restaurants, nous contraindre à vivre comme dans ces pays obscurantistes dont ils se réclament. Or c’est l’inverse : les Français continuent à vivre presque comme d’habitude, ils sortent, vont au café, partent en vacances, acceptent de se soumettre à des procédures de sécurité renforcées. (…) Depuis les attentats de 1995, chacun de nous devient malgré soi une sorte d’agent de sécurité : entrer dans une rame de métro nous contraint à regard circulaire pour détecter un suspect éventuel. Un colis abandonné nous effraie. Dans une salle de cinéma ou de musique, nous calculons la distance qui nous sépare de la sortie en cas d’attaques surprises. Nous nous mettons à la place d’un djihadiste éventuel pour déjouer ses plans. (…) Pour comprendre ce scandaleux silence [concernant le meurtre de Sarah Halimi], il faut partir d’un constat fait par un certain nombre de nos têtes pensantes de gauche et d’extrême gauche : l’antisémitisme, ça suffit. C’est une vieille rengaine qu’on ne veut plus entendre. Il faut s’attaquer maintenant au vrai racisme, l’islamophobie qui touche nos amis musulmans. Bref, comme le disent beaucoup, le musulman en 2017 est le Juif des années 30, 40. On oublie au passage que l’antisémitisme ne s’est jamais adressé à la religion juive en tant que telle mais au peuple juif coupable d’exister et qu’enfin dans les années 40 il n’y avait pas d’extrémistes juifs qui lançaient des bombes dans les gares ou les lieux de culte, allaient égorger les prêtres dans leurs églises. Juste une remarque statistique : depuis Ilan Halimi, kidnappé et torturé par le Gang des Barbares jusqu’à Mohammed Mehra, l’Hyper casher de Vincennes et Sarah Halimi, pas moins de dix Français juifs ont été tués ces dernières années parce que juifs par des extrémistes de l’islam. Cela n’empêche pas les radicaux du Coran de se plaindre de l’islamophobie officielle de l’Etat français. Ce serait à hurler de rire si ça n’était pas tragique ! Dans la doxa officielle de la gauche, seule l’extrême droite souffre d’antisémitisme. Que le monde arabo musulman soit, pour une large part, rongé par la haine des Juifs, ces inférieurs devenus des égaux, est impensable pour eux. (…) Soutenir les Indigènes de la République en 2017, ce Ku Klux Klan islamiste, antisémite et fascisant est pour le moins problématique. Beaucoup à gauche pensent que les anciens dominés ou colonisés ne peuvent être racistes puisqu’ils ont été eux-mêmes opprimés. C’est d’une naïveté confondante. Il y a même ce que j’avais appelé il y a dix ans “un racisme de l’antiracisme” où les nouvelles discriminations à l’égard des Juifs, des Blancs, des Européens s’expriment au nom d’un antiracisme farouche. Le suprématisme noir ou arabe n’est pas moins odieux que le suprématisme blanc dont ils ne sont que le simple décalque. Les déclarations de Madame Obono relèvent d’une stratégie de la provocation que le Front de gauche partage avec le Front national, ce qui est normal puisque ce sont des frères ennemis mais jumeaux. Lancer une polémique, c’est chercher la réprobation pour se poser en victimes. Multiplier les transgressions va constituer la ligne politique de ceux qui s’appellent “Les insoumis”, nom assez cocasse quand on connaît l’ancien notable socialiste, le paria pépère qui est à leur tête et dont le patrimoine déclaré se monte à 1 135 000 euros, somme coquette pour un ennemi des riches. Pascal Bruckner
Le sujet n’a pas été abordé pendant la campagne présidentielle, pas davantage que les enjeux, plus larges, du «commun», de ce que c’est aujourd’hui qu’être Français, des frontières du pays, de notre «identité nationale». Et que cette occultation n’a pas fait disparaître cet enjeu fondamental pour nos concitoyens, contrairement à ce qu’ont voulu croire certains observateurs ou certains responsables politiques. (…) il y a la crainte d’aborder des enjeux tels que l’immigration ou la place de la religion dans la société par exemple. Crainte de «faire le jeu du FN» dans le langage politique de ces 20 dernières années suivant un syllogisme impeccable: le FN est le seul parti qui parle de l’immigration dans le débat public, le FN explique que «l’immigration est une menace pour l’identité nationale», donc parler de l’immigration, c’est dire que «l’immigration est une menace pour l’identité nationale»! La seule forme acceptable d’aborder le sujet étant de «lutter contre le FN» en expliquant que «l’immigration est une chance pour la France» et non une menace. Ce qui interdit tout débat raisonnable et raisonné sur le sujet. Enfin, les partis et responsables politiques qui avaient prévu d’aborder la question ont été éliminés ou dans l’incapacité concrète de le faire: songeons ici à Manuel Valls et François Fillon. Et notons que le FN lui-même n’a pas joué son rôle pendant la campagne, en mettant de côté cette thématique de campagne pour se concentrer sur le souverainisme économique, notamment avec la proposition de sortie de l’euro. Tout ceci a déséquilibré le jeu politique et la campagne, et n’a pas réussi au FN d’ailleurs qui s’est coupé d’une partie de son électorat potentiel. (…) L’opinion majoritairement négative de l’islam de la part de nos compatriotes vient de l’accumulation de plusieurs éléments. Le premier, ce sont les attentats depuis le début 2015, à la fois sur le sol national et de manière plus générale. Les terroristes qui tuent au nom de l’islam comme la guerre en Syrie et en Irak ou les actions des groupes djihadistes en Afrique font de l’ensemble de l’islam une religion plus inquiétante que les autres. Même si nos compatriotes font la part des choses et distinguent bien malgré ce climat islamisme et islam. On n’a pas constaté une multiplication des actes antimusulmans depuis 2015 et les musulmans tués dans des attaques terroristes depuis cette date l’ont été par les islamistes. Un deuxième élément, qui date d’avant les attentats et s’enracine plus profondément dans la société, tient à la visibilité plus marquée de l’islam dans le paysage social et politique français, comme ailleurs en Europe. En raison essentiellement de la radicalisation religieuse (pratiques alimentaires et vestimentaires, prières, fêtes, ramadan…) d’une partie des musulmans qui vivent dans les sociétés européennes – l’enquête réalisée par l’Institut Montaigne l’avait bien montré. Enfin, troisième élément de crispation, de nombreuses controverses de nature très différentes mais toutes concernant la pratique visible de l’islam ont défrayé la chronique ces dernières années, faisant l’objet de manipulations politiques tant de la part de ceux qui veulent mettre en accusation l’islam, que d’islamistes ou de partisans de l’islam politique qui les transforment en combat pour leur cause. On peut citer la question des menus dans les cantines, celle du fait religieux en entreprise, le port du voile ou celui du burkini, la question des prières de rue, celle de la présence de partis islamistes lors des élections, les controverses sur le harcèlement et les agressions sexuelles de femmes lors d’événements ou dans des quartiers où sont concentrées des populations musulmanes, etc. (…) Aujourd’hui, cette défiance s’étend à de multiples sujets, notamment aux enjeux sur l’identité commune et à l’immigration. Et, de ce point de vue, l’occultation de ces enjeux à laquelle on a pu assister pendant ces derniers mois, pendant la campagne dont cela aurait dû être un des points essentiels, est une très mauvaise nouvelle. Cela va encore renforcer cette défiance aux yeux de nos concitoyens car non seulement les responsables politiques ne peuvent ou ne veulent plus agir sur l’économie mais en plus ils tournent la tête dès lors qu’il s’agit d’immigration ou de définition d’une identité commune pour le pays et ses citoyens. Laurent Bouvet
Une partie du pays a eu le sentiment que la campagne avait été détournée de son sens et accaparée, à dessein, par les «affaires» que l’on sait, la presse étant devenue en la matière moins un contre-pouvoir qu’un anti-pouvoir, selon le mot de Marcel Gauchet. Cette nouvelle force politique pêche par sa représentativité dérisoire, doublée d’un illusoire renouvellement sociologique, quand 75 % des candidats d’En marche appartiennent à la catégorie «cadres et professions intellectuelles supérieures». Le seul véritable renouvellement est générationnel, avec l’arrivée au pouvoir d’une tranche d’âge plus jeune évinçant les derniers tenants du «baby boom». Pour une «disparue», la lutte de classe se porte bien. Pour autant, elle a rarement été aussi occultée. Car cette victoire, c’est d’abord celle de l’entre-soi d’une bourgeoisie qui ne s’assume pas comme telle et se réfugie dans la posture morale (le fameux chantage au fascisme devenu, comme le dit Christophe Guilluy, une «arme de classe» contre les milieux populaires). Fracture sociale, fracture territoriale, fracture culturelle, désarroi identitaire, les questions qui nourrissent l’angoisse française ont été laissées de côté pour les mêmes raisons que l’antisémitisme, dit «nouveau», demeure indicible. C’est là qu’il faut voir l’une des causes de la dépression collective du pays, quand la majorité sent son destin confisqué par une oligarchie de naissance, de diplôme et d’argent. Une sorte de haut clergé médiatique, universitaire, technocratique et culturellement hors sol. Toutefois, le plus frappant demeure à mes yeux la façon dont le gauchisme culturel s’est fait l’allié d’une bourgeoisie financière qui a prôné l’homme sans racines, le nomade réduit à sa fonction de producteur et de consommateur. Un capitalisme financier mondialisé qui a besoin de frontières ouvertes mais dont ni lui ni les siens, toutefois, retranchés dans leur entre-soi, ne vivront les conséquences. (…) Dans un autre ordre d’idées, peut-on déconnecter la constante progression du taux d’abstention et l’évolution de notre société vers une forme d’anomie, de repli sur soi et d’individualisme triste? Comme si l’exaltation ressassée du «vivre-ensemble» disait précisément le contraire. Cette évolution, elle non plus, n’est pas sans lien à ce retournement du clivage de classe qui voit une partie de la gauche morale s’engouffrer dans un ethos méprisant à l’endroit des classes populaires, qu’elle relègue dans le domaine de la «beauferie» méchante des «Dupont Lajoie». Certains analystes ont déjà lumineusement montré (je pense à Julliard, Le Goff, Michéa, Guilluy, Bouvet et quelques autres), comment le mouvement social avait été progressivement abandonné par une gauche focalisée sur la transformation des mœurs. (…) Par le refus de la guerre qu’on nous fait dès lors que nous avons décidé qu’il n’y avait plus de guerre («Vous n’aurez pas ma haine» ) en oubliant, selon le mot de Julien Freund, que «c’est l’ennemi qui vous désigne». En privilégiant cette doxa habitée par le souci grégaire du «progrès» et le permanent désir d’«être de gauche», ce souci dont Charles Péguy disait qu’on ne mesurera jamais assez combien il nous a fait commettre de lâchetés. (…) Le magistère médiatico-universitaire de cette bourgeoisie morale (Jean-Claude Michéa parlait récemment dans la Revue des deux mondes, (avril 2017) d’une «représentation néocoloniale des classes populaires […] par les élites universitaires postmodernes», affadit les joutes intellectuelles. Chacun sait qu’il lui faudra rester dans les limites étroites de la doxa dite de l’«ouverture à l’Autre». De là une censure intérieure qui empêche nos doutes d’affleurer à la conscience et qui relègue les faits derrière les croyances. «Une grande quantité d’intelligence peut être investie dans l’ignorance lorsque le besoin d’illusion est profond», notait jadis l’écrivain américain Saul Bellow. (…) La chape de plomb qui pèse sur l’expression publique détourne le sens des mots pour nous faire entrer dans un univers orwellien où le blanc c’est le noir et la vérité le mensonge. (…) il s’agit aussi, et en partie, d’un antijudaïsme d’importation. Que l’on songe simplement au Maghreb, où il constitue un fond culturel ancien et antérieur à l’histoire coloniale. L’anthropologie culturelle permet le décryptage du soubassement symbolique de toute culture, la mise en lumière d’un imaginaire qui sous-tend une représentation du monde. (…) Mais, pour la doxa d’un antiracisme dévoyé, l’analyse culturelle ne serait qu’un racisme déguisé.En juillet 2016, Abdelghani Merah (le frère de Mohamed) confiait à la journaliste Isabelle Kersimon que lorsque le corps de Mohamed fut rendu à la famille, les voisins étaient venus en visite de deuil féliciter ses parents, regrettant seulement, disaient-ils, que Mohamed «n’ait pas tué plus d’enfants juifs»(sic). Cet antisémitisme est au mieux entouré de mythologies, au pire nié. Il serait, par exemple, corrélé à un faible niveau d’études alors qu’il demeure souvent élevé en dépit d’un haut niveau scolaire. On en fait, à tort, l’apanage de l’islamisme seul. Or, la Tunisie de Ben Ali, longtemps présentée comme un modèle d’«ouverture à l’autre», cultivait discrètement son antisémitisme sous couvert d’antisionisme (cfNotre ami Ben Ali, de Beau et Turquoi, Editions La Découverte). Et que dire de la Syrie de Bachar el-Assad, à la fois violemment anti-islamiste et antisémite, à l’image d’ailleurs du régime des généraux algériens? Ou, en France, de l’attitude pour le moins ambiguë des Indigènes de la République sur le sujet comme celle de ces autres groupuscules qui, sans lien direct à l’islamisme, racialisent le débat social et redonnent vie au racisme sous couvert de «déconstruction postcoloniale»? (…) Les universitaires et intellectuels signataires font dans l’indigénisme comme leurs prédécesseurs faisaient jadis dans l’ouvriérisme. Même mimétisme, même renoncement à la raison, même morgue au secours d’une logorrhée intellectuelle prétentieuse (c’est le parti de l’intelligence, à l’opposé des simplismes et des clichés de la «fachosphère»). Un discours qui fait fi de toute réalité, à l’instar du discours ouvriériste du PCF des années 1950, expliquant posément la «paupérisation de la classe ouvrière». De cette «parole raciste qui revendique l’apartheid», comme l’écrit le Comité laïcité république à propos de Houria Bouteldja, les auteurs de cette tribune en défense parlent sans ciller à son propos de «son attachement au Maghreb […] relié aux Juifs qui y vivaient, dont l’absence désormais créait un vide impossible à combler».Une absence, ajoutent-ils, qui rend l’auteur «inconsolable». Cette forme postcoloniale de la bêtise, entée par la culpabilité compassionnelle, donne raison à George Orwell, qui estimait que les intellectuels étaient ceux qui, demain, offriraient la plus faible résistance au totalitarisme, trop occupés à admirer la force qui les écrasera. Et à préférer leur vision du monde à la réalité qui désenchante. Nous y sommes. (…) L’islam radical use du droit pour imposer le silence. Cela, on le savait déjà. Mais mon procès a mis en évidence une autre force d’intimidation, celle de cette «gauche morale» qui voit dans tout contradicteur un ennemi contre lequel aucun procédé ne saurait être jugé indigne. Pas même l’appel au licenciement, comme dans mon cas. Un ordre moral qui traque les mauvaises pensées et les sentiments indignes, qui joue sur la mauvaise conscience et la culpabilité pour clouer au pilori. Et exigera (comme la Licra à mon endroit) repentance et «excuses publiques», à l’instar d’une cérémonie d’exorcisme comme dans une «chasse aux sorcières» du XVIIe siècle. (…)  En se montrant incapable de voir le danger qui vise les Juifs, une partie de l’opinion française se refuse à voir le danger qui la menace en propre. Georges Bensoussan

Attention: un tombeau peut en cacher un autre !

Président palestinien au mandat expiré depuis huit ans et financier revendiqué du terrorisme salué par son homologue français pour son « engagement en faveur de la non-violence »; terroriste notoire se voyant gratifié pour cause de détention d’excuses officielles et d’une dizaine de millions de dollars de compensation financière; pétition de la première lycéenne venue contre le racisme de Victor Hugo; associations humanitaires apportant leur soutien explicite à l’un des pires trafics d’êtres humains de l’histoire; ministres de la République française soutenant, entre deux frasques ou démissions pour affaires de corruption, le droit à « niquer » la France ou célébrant, via l’écriture anonyme de romans érotiques l’encanaillement des bourgeoises dans les  » banlieues chaudes »occultation du thème de l’immigration et du terrorisme islamique tout au long d’une campagne ayant abouti, via un véritable hold up et l’élimination ou la stigmatisation des principaux candidats de l’opposition à l’élection d’un président n’ayant recueilli que 17% des inscrits au premier tour, alors que le sujet est censé être une importante préoccupation des Français et qu’on en est à la 34e évacuation en deux ans de quelque 2 800 migrants clandestins en plein Paris, installation dans la quasi-indifférence générale depuis plus d’un an de quasi-favelas de gitans le long d’une route nationale à la sortie de Paris; dénonciation ou censure de ceux qui osent nommer, sur fond d’israélisation toujours plus grande, le nouvel antisémitisme d’origine musulmane ou d’extrême-gauche, marche d’imams européens contre le terrorisme peinant, pour cause de fatigue post-ramadan et malgré pourtant un bilan récent de quelque centaines de victimes, à réunir les participants; peuple américain contraint, après les huit années de l’accident industriel Obama, de se choisir un président américain issu du monde de l’immobilier et de la télé-réalité (monde du catch compris où le bougre a littéralement risqué sa peau sans répétitions !); informations sur la véritable cabale des services secrets comme des médias contre ledit président américain disponibles que sur le seul site d’un des plus grands complotistes de l’histoire

A l’heure où un  tombeau de 4 000 ans entouré d’une enceinte de 2 000 ans …

Se voit magiquement transmué après l’an dernier un Temple lui aussi bimillénaire …

En propriété d’une religion d’à peine 1 100 ans …

Comment ne pas repenser

Vieille comme le monde dans ce nouveau tombeau du politiquement correct …

A cette propension humaine dont parlaient Eschyle comme Orwell ou Girard …

A toujours ensevelir comme première victime de la violence et de la guerre…

La simple vérité ?

Georges Bensoussan : «Nous entrons dans un univers orwellien où la vérité c’est le mensonge»

Alexandre Devecchio
Le Figaro

07/07/2017

ENTRETIEN – L’auteur des Territoires perdus de la République (Fayard) et d’Une France soumise (Albin Michel) revisite la campagne présidentielle. Fracture sociale, fracture territoriale, fracture culturelle, désarroi identitaire : pour l’historien, les questions qui nourrissent l’angoisse française ont été laissées de côté.

En 2002, Georges Bensoussan publiait Les Territoires perdus de la République, un recueil de témoignages d’enseignants de banlieue qui faisait apparaître l’antisémitisme, la francophobie et le calvaire des femmes dans les quartiers dits sensibles.«Un livre qui faisait exploser le mur du déni de la réalité française», se souvient Alain Finkielkraut, l’un des rares défenseurs de l’ouvrage à l’époque.

Une France soumise, paru cette année, montrait que ces quinze dernières années tout s’était aggravé. L’élection présidentielle devait répondre à ce malaise. Mais, pour Georges Bensoussan, il n’en a rien été. Un voile a été jeté sur les questions qui fâchent. Un symbole de cet aveuglement? Le meurtre de Sarah Halimi, défenestrée durant la campagne aux cris d’«Allah Akbar» sans qu’aucun grand média ne s’en fasse l’écho. Une chape de plomb médiatique, intellectuelle et politique qui, selon l’historien, évoque de plus en plus l’univers du célèbre roman de George Orwell, 1984.
Selon un sondage du JDD paru cette semaine, le recul de l’islam radical est l’attente prioritaire des Français (61 %), loin devant les retraites (43 %), l’école (36 %), l’emploi (36 %) ou le pouvoir d’achat (30 %). D’après une autre étude, 65 % des sondés considèrent qu’«il y a trop d’étrangers en France» et 74 % que l’islam souhaite «imposer son mode de fonctionnement aux autres».

LE FIGARO. – Des résultats en décalage avec les priorités affichées par le nouveau pouvoir: moralisation de la vie politique, loi travail, construction européenne… Les grands enjeux de notre époque ont- ils été abordés durant la campagne présidentielle?

Georges BENSOUSSAN. – Une partie du pays a eu le sentiment que la campagne avait été détournée de son sens et accaparée, à dessein, par les «affaires» que l’on sait, la presse étant devenue en la matière moins un contre-pouvoir qu’un anti-pouvoir, selon le mot de Marcel Gauchet. Cette nouvelle force politique pêche par sa représentativité dérisoire, doublée d’un illusoire renouvellement sociologique, quand 75 % des candidats d’En marche appartiennent à la catégorie «cadres et professions intellectuelles supérieures». Le seul véritable renouvellement est générationnel, avec l’arrivée au pouvoir d’une tranche d’âge plus jeune évinçant les derniers tenants du «baby boom».

Fracture sociale, fracture territoriale, fracture culturelle, désarroi identitaire, les questions qui nourissent l’angoisse française ont été laissées de côté
Pour une «disparue», la lutte de classe se porte bien. Pour autant, elle a rarement été aussi occultée. Car cette victoire, c’est d’abord celle de l’entre-soi d’une bourgeoisie qui ne s’assume pas comme telle et se réfugie dans la posture morale (le fameux chantage au fascisme devenu, comme le dit Christophe Guilluy, une «arme de classe» contre les milieux populaires). Fracture sociale, fracture territoriale, fracture culturelle, désarroi identitaire, les questions qui nourrissent l’angoisse française ont été laissées de côté pour les mêmes raisons que l’antisémitisme, dit «nouveau», demeure indicible.
C’est là qu’il faut voir l’une des causes de la dépression collective du pays, quand la majorité sent son destin confisqué par une oligarchie de naissance, de diplôme et d’argent. Une sorte de haut clergé médiatique, universitaire, technocratique et culturellement hors sol.
Toutefois, le plus frappant demeure à mes yeux la façon dont le gauchisme culturel s’est fait l’allié d’une bourgeoisie financière qui a prôné l’homme sans racines, le nomade réduit à sa fonction de producteur et de consommateur. Un capitalisme financier mondialisé qui a besoin de frontières ouvertes mais dont ni lui ni les siens, toutefois, retranchés dans leur entre-soi, ne vivront les conséquences.

Ce gauchisme culturel est moins l’«idiot utile» de l’islamisme que celui de ce capitalisme déshumanisé qui, en faisant de l’intégration démocratique à la nation un impensé, empêche d’analyser l’affrontement qui agite souterrainement notre société. De surcroît, l’avenir de la nation France n’est pas sans lien à la démographie des mondes voisins quand la machine à assimiler, comme c’est le cas aujourd’hui, fonctionne moins bien.

Dans un autre ordre d’idées, peut-on déconnecter la constante progression du taux d’abstention et l’évolution de notre société vers une forme d’anomie, de repli sur soi et d’individualisme triste? Comme si l’exaltation ressassée du «vivre-ensemble» disait précisément le contraire. Cette évolution, elle non plus, n’est pas sans lien à ce retournement du clivage de classe qui voit une partie de la gauche morale s’engouffrer dans un ethos méprisant à l’endroit des classes populaires, qu’elle relègue dans le domaine de la «beauferie» méchante des «Dupont Lajoie».Certains analystes ont déjà lumineusement montré (je pense à Julliard, Le Goff, Michéa, Guilluy, Bouvet et quelques autres), comment le mouvement social avait été progressivement abandonné par une gauche focalisée sur la transformation des mœurs.

La France que vous décrivez semble au bord de l’explosion. Dès lors, comment expliquez-vous le déni persistant d’une partie des élites?

Par le refus de la guerre qu’on nous fait dès lors que nous avons décidé qu’il n’y avait plus de guerre («Vous n’aurez pas ma haine» ) en oubliant, selon le mot de Julien Freund, que «c’est l’ennemi qui vous désigne». En privilégiant cette doxa habitée par le souci grégaire du «progrès» et le permanent désir d’«être de gauche», ce souci dont Charles Péguy disait qu’on ne mesurera jamais assez combien il nous a fait commettre de lâchetés. Enfin, en éprouvant, c’est normal, toutes les difficultés du monde à reconnaître qu’on s’est trompé, parfois même tout au long d’une vie. Comment oublier à cet égard les communistes effondrés de 1956?
Quant à ceux qui jouent un rôle actif dans le maquillage de la réalité, ils ont, eux, prioritairement le souci de maintenir une position sociale privilégiée. La perpétuation de la doxa est inséparable de cet ordre social dont ils sont les bénéficiaires et qui leur vaut reconnaissance, considération et avantages matériels.
Le magistère médiatico-universitaire de cette bourgeoisie morale (Jean-Claude Michéa parlait récemment dans la Revue des deux mondes, (avril 2017) d’une «représentation néocoloniale des classes populaires […] par les élites universitaires postmodernes», affadit les joutes intellectuelles. Chacun sait qu’il lui faudra rester dans les limites étroites de la doxa dite de l’«ouverture à l’Autre». De là une censure intérieure qui empêche nos doutes d’affleurer à la conscience et qui relègue les faits derrière les croyances. «Une grande quantité d’intelligence peut être investie dans l’ignorance lorsque le besoin d’illusion est profond», notait jadis l’écrivain américain Saul Bellow.

Avec 16 autres intellectuels, dont Alain Finkielkraut, Jacques Julliard, Elisabeth Badinter, Michel Onfray ou encore Marcel Gauchet, vous avez signé une tribune pour que la vérité soit dite sur le meurtre de Sarah Halimi. Cette affaire est-elle un symptôme de ce déni que vous dénoncez?

La chape de plomb qui pèse sur l’expression publique détourne le sens des mots pour nous faire entrer dans un univers orwellien où le blanc c’est le noir et la vérité le mensonge. Nous avons signé cette tribune pour tenter de sortir cette affaire du silence qui l’entourait, comme celui qui avait accueilli, en 2002, la publication des Territoires perdus de la République.

C’était il y a quinze ans et vous alertiez déjà sur la montée d’un antisémitisme dit «nouveau»…

Faut-il parler d’un «antisémitisme nouveau»? Je ne le crois pas. Non seulement parce que les premiers signes en avaient été détectés dès la fin des années 1980. Mais plus encore parce qu’il s’agit aussi, et en partie, d’un antijudaïsme d’importation. Que l’on songe simplement au Maghreb, où il constitue un fond culturel ancien et antérieur à l’histoire coloniale. L’anthropologie culturelle permet le décryptage du soubassement symbolique de toute culture, la mise en lumière d’un imaginaire qui sous-tend une représentation du monde.

Mais, pour la doxa d’un antiracisme dévoyé, l’analyse culturelle ne serait qu’un racisme déguisé. En septembre 2016, le dramaturge algérien Karim Akouche déclarait: «Voulez-vous devenir une vedette dans la presse algérienne arabophone? C’est facile. Prêchez la haine des Juifs […]. Je suis un rescapé de l’école algérienne. On m’y a enseigné à détester les Juifs. Hitler y était un héros. Des professeurs en faisaient l’éloge. Après le Coran, Mein Kampf et Les Protocoles des sages de Sion sont les livres les plus lus dans le monde musulman.» En juillet 2016, Abdelghani Merah (le frère de Mohamed) confiait à la journaliste Isabelle Kersimon que lorsque le corps de Mohamed fut rendu à la famille, les voisins étaient venus en visite de deuil féliciter ses parents, regrettant seulement, disaient-ils, que Mohamed «n’ait pas tué plus d’enfants juifs»(sic).

Cet antisémitisme est au mieux entouré de mythologies, au pire nié. Il serait, par exemple, corrélé à un faible niveau d’études alors qu’il demeure souvent élevé en dépit d’un haut niveau scolaire. On en fait, à tort, l’apanage de l’islamisme seul. Or, la Tunisie de Ben Ali, longtemps présentée comme un modèle d’«ouverture à l’autre», cultivait discrètement son antisémitisme sous couvert d’antisionisme (cfNotre ami Ben Ali, de Beau et Turquoi, Editions La Découverte). Et que dire de la Syrie de Bachar el-Assad, à la fois violemment anti-islamiste et antisémite, à l’image d’ailleurs du régime des généraux algériens? Ou, en France, de l’attitude pour le moins ambiguë des Indigènes de la République sur le sujet comme celle de ces autres groupuscules qui, sans lien direct à l’islamisme, racialisent le débat social et redonnent vie au racisme sous couvert de «déconstruction postcoloniale»?

Justement, le 19 juin dernier, un collectif d’intellectuels a publié dans Le Monde un texte de soutien à Houria Bouteldja, la chef de file des Indigènes de la République.

Que penser de l’évolution sociétale d’une partie des élites françaises quand le même quotidien donne la parole aux détracteurs de Kamel Daoud, aux apologistes d’Houria Bouteldja et offre une tribune à Marwan Muhammad, du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), qualifié par ailleurs de «porte-parole combatif des musulmans»?

Les universitaires et intellectuels signataires font dans l’indigénisme comme leurs prédécesseurs faisaient jadis dans l’ouvriérisme. Même mimétisme, même renoncement à la raison, même morgue au secours d’une logorrhée intellectuelle prétentieuse (c’est le parti de l’intelligence, à l’opposé des simplismes et des clichés de la «fachosphère»). Un discours qui fait fi de toute réalité, à l’instar du discours ouvriériste du PCF des années 1950, expliquant posément la «paupérisation de la classe ouvrière». De cette «parole raciste qui revendique l’apartheid», comme l’écrit le Comité laïcité république à propos de Houria Bouteldja, les auteurs de cette tribune en défense parlent sans ciller à son propos de «son attachement au Maghreb […] relié aux Juifs qui y vivaient, dont l’absence désormais créait un vide impossible à combler».Une absence, ajoutent-ils, qui rend l’auteur «inconsolable». Cette forme postcoloniale de la bêtise, entée par la culpabilité compassionnelle, donne raison à George Orwell, qui estimait que les intellectuels étaient ceux qui, demain, offriraient la plus faible résistance au totalitarisme, trop occupés à admirer la force qui les écrasera. Et à préférer leur vision du monde à la réalité qui désenchante. Nous y sommes.

Vous vous êtes retrouvé sur le banc des accusés pour avoir dénoncé l’antisémitisme des banlieues dans l’émission «Répliques» sur France Culture. Il a suffi d’un signalement du CCIF pour que le parquet décide de vous poursuivre cinq mois après les faits. Contre toute attente, SOS-Racisme, la LDH, le Mrap mais aussi la Licra s’étaient associés aux poursuites.

En dépit de la relaxe prononcée le 7 mars dernier, et brillamment prononcée même, le mal est fait: ce procès n’aurait jamais dû se tenir. Car, pour le CCIF, l’objectif est atteint: intimider et faire taire. Après mon affaire, comme après celle de tant d’autres, on peut parier que la volonté de parler ira s’atténuant.

A-t-on remarqué d’ailleurs que, depuis l’attentat de Charlie Hebdo, on n’a plus vu une seule caricature du Prophète dans la presse occidentale?

L’islam radical use du droit pour imposer le silence. Cela, on le savait déjà. Mais mon procès a mis en évidence une autre force d’intimidation, celle de cette «gauche morale» qui voit dans tout contradicteur un ennemi contre lequel aucun procédé ne saurait être jugé indigne. Pas même l’appel au licenciement, comme dans mon cas. Un ordre moral qui traque les mauvaises pensées et les sentiments indignes, qui joue sur la mauvaise conscience et la culpabilité pour clouer au pilori. Et exigera (comme la Licra à mon endroit) repentance et «excuses publiques», à l’instar d’une cérémonie d’exorcisme comme dans une «chasse aux sorcières» du XVIIe siècle.

Comment entendre la disproportion entre l’avalanche de condamnations qui m’a submergé et les mots que j’avais employés au micro de France Culture?

J’étais entré de plain-pied, je crois, dans le domaine d’un non-dit massif, celui d’un antisémitisme qui, en filigrane, pose la question de l’intégration et de l’assimilation. Voire, en arrière-plan, celle du rejet de la France. En se montrant incapable de voir le danger qui vise les Juifs, une partie de l’opinion française se refuse à voir le danger qui la menace en propre.

Une France soumise. Les voix du refus,collectif dirigé par Georges Bensoussan. Albin Michel, 672 p., 24,90 €. Préface d’Elisabeth Badinter

Voir aussi:

http://www.valeursactuelles.com/societe/pour-la-doxa-officielle-le-seul-antisemitisme-est-dextreme-droite-86190

“Pour la doxa officielle, le seul antisémitisme est d’extrême-droite”
Interview. Terrorisme, communautarisme, délires antiracistes : le philosophe et essayiste Pascal Bruckner décrypte les dernières polémiques et ce qu’elles disent de la société française.

Mickaël Fonton
Valeurs actuellles

10 juillet 2017

Le 19 juin dernier, une agression terroriste se produisait sur les Champs-Elysées. L’opinion s’en est trouvée agitée quelques heures, puis la vie a repris son cours. Alors qu’approche la commémoration de l’attentat du 14 juillet à Nice, croyez-vous que les Français aient pris la mesure exacte de la menace qui pèse sur le pays ?
L’indifférence apparente des Français à la situation peut sembler étrange, s’assimiler à du déni, à la volonté de ne pas voir. Elle peut aussi se comprendre comme une stratégie de survie analogue à ce qui se passe depuis de nombreuses années en Israël. Les terroristes et leurs alliés wahabites, salafistes ou frères musulmans espéraient non seulement semer la mort mais tétaniser les populations, tarir les foules dans les salles de spectacle, les restaurants, nous contraindre à vivre comme dans ces pays obscurantistes dont ils se réclament. Or c’est l’inverse : les Français continuent à vivre presque comme d’habitude, ils sortent, vont au café, partent en vacances, acceptent de se soumettre à des procédures de sécurité renforcées.

La présence de policiers armés les rassure. Mais la peur reste latente. Depuis les attentats de 1995, chacun de nous devient malgré soi une sorte d’agent de sécurité : entrer dans une rame de métro nous contraint à regard circulaire pour détecter un suspect éventuel. Un colis abandonné nous effraie. Dans une salle de cinéma ou de musique, nous calculons la distance qui nous sépare de la sortie en cas d’attaques surprises. Nous nous mettons à la place d’un djihadiste éventuel pour déjouer ses plans. Nous sommes devenus malgré nous la victime et le tueur. Nous sommes bien en guerre civile larvée mais avec un sang- froid étonnant dont ne font preuve ni les Nord-américains ni les Britanniques.
Sur le même sujet
Arte diffusera finalement le documentaire sur l’antisémitisme musulman

Comment expliquez-vous le silence médiatique qui a entouré le meurtre de Sarah Halimi ? Indifférence, lassitude, volonté de ne pas “faire le jeu” de tel ou tel parti à l’approche de la présidentielle ?
Pour comprendre ce scandaleux silence, il faut partir d’un constat fait par un certain nombre de nos têtes pensantes de gauche et d’extrême gauche : l’antisémitisme, ça suffit. C’est une vieille rengaine qu’on ne veut plus entendre. Il faut s’attaquer maintenant au vrai racisme, l’islamophobie qui touche nos amis musulmans. Bref, comme le disent beaucoup, le musulman en 2017 est le Juif des années 30, 40. On oublie au passage que l’antisémitisme ne s’est jamais adressé à la religion juive en tant que telle mais au peuple juif coupable d’exister et qu’enfin dans les années 40 il n’y avait pas d’extrémistes juifs qui lançaient des bombes dans les gares ou les lieux de culte, allaient égorger les prêtres dans leurs églises.

Juste une remarque statistique : depuis Ilan Halimi, kidnappé et torturé par le Gang des Barbares jusqu’à Mohammed Mehra, l’Hyper casher de Vincennes et Sarah Halimi, pas moins de dix Français juifs ont été tués ces dernières années parce que juifs par des extrémistes de l’islam. Cela n’empêche pas les radicaux du Coran de se plaindre de l’islamophobie officielle de l’Etat français. Ce serait à hurler de rire si ça n’était pas tragique ! Dans la doxa officielle de la gauche, seule l’extrême droite souffre d’antisémitisme. Que le monde arabo musulman soit, pour une large part, rongé par la haine des Juifs, ces inférieurs devenus des égaux, est impensable pour eux.

Que vous inspire la polémique autour de Danièle Obono, députée de la France insoumise qui réitère son soutien à des personnes qui insultent la France ?
Soutenir les Indigènes de la République en 2017, ce Ku Klux Klan islamiste, antisémite et fascisant est pour le moins problématique. Beaucoup à gauche pensent que les anciens dominés ou colonisés ne peuvent être racistes puisqu’ils ont été eux-mêmes opprimés. C’est d’une naïveté confondante. Il y a même ce que j’avais appelé il y a dix ans “un racisme de l’antiracisme” où les nouvelles discriminations à l’égard des Juifs, des Blancs, des Européens s’expriment au nom d’un antiracisme farouche. Le suprématisme noir ou arabe n’est pas moins odieux que le suprématisme blanc dont ils ne sont que le simple décalque. Les déclarations de Madame Obono relèvent d’une stratégie de la provocation que le Front de gauche partage avec le Front national, ce qui est normal puisque ce sont des frères ennemis mais jumeaux. Lancer une polémique, c’est chercher la réprobation pour se poser en victimes. Multiplier les transgressions va constituer la ligne politique de ceux qui s’appellent “Les insoumis”, nom assez cocasse quand on connaît l’ancien notable socialiste, le paria pépère qui est à leur tête et dont le patrimoine déclaré se monte à 1 135 000 euros, somme coquette pour un ennemi des riches.

Gilles-William Goldnadel : « Anne Hidalgo et les migrants, la grande hypocrisie »

  • Gilles William Goldnadel
  • Le Figaro
  • 10/07/2017

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Dans sa chronique, l’avocat Gilles-William Goldnadel dénonce la mauvaise gestion d’Anne Hidalgo de l’afflux de migrants vers la capitale. Pour elle, en proposant une loi sur le sujet, la maire de Paris montre sa volonté de rejeter la responsabilité de cette catastrophe humaine et sécuritaire sur l’État.


Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l’association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.


Je soumets cette question: y aurait-il une manière de concours de soumission entre la première magistrate de Paris et le premier magistrat de France? À celui ou celle qui aurait la soumission la plus soumise?

Ainsi, cette semaine, Madame Hidalgo a-t-elle proposé une loi sur les migrants qu’on ne lui demandait pas et pour laquelle on ne lui connaît aucune compétence particulière.

C’est le moins que l’on puisse écrire. En réalité, un esprit chagrin soupçonnerait l’édile municipal, dépassé par des événements migratoires dans sa ville qu’elle aura pourtant accueillis extatiquement, de vouloir faire porter le chapeau aux autres villes et à l’État.

Les responsables socialistes comme elle ont bien raison de ne pas être complexés. Personne ne leur a demandé raison d’une irresponsabilité qui aura accouché d’une catastrophe démographique et sécuritaire dont on ne perçoit pas encore toute la gravité. Dans un monde normal, ils devraient raser les murs, mais dans le monde virtuel ils peuvent se permettre de construire sur la comète des ponts suspendus. L’idéologie esthétique qui les porte et supporte considère la réalité comme une obscénité.

Et les arguments les plus gênants comme des grossièretés. C’est ainsi, que faire remarquer que toutes les belles âmes, les artistes généreux (pardon pour le pléonasme), les citoyens aériens du monde, prêts à accueillir l’humanité entière sans accueillir un seul enfant dans mille mètres au carré, relève d’une insupportable vulgarité.

Madame Hidalgo s’exclame: «faisons du défi migratoire une réussite pour la France» sur le même ton assuré que ses amis chantaient il y a 20 ans: «L’immigration, une chance pour la France». Décidément, ils ne manquent pas d’air.

Madame Hidalgo prétend vouloir améliorer l’intégration des nouveaux migrants. Ses amis n’ont pas réussi en deux décennies à intégrer des populations culturellement et socialement plus aisément intégrables. À aucun moment Anne Hidalgo n’a eu le mauvais goût d’évoquer la question de l’islam.

Madame Hidalgo n’aurait pas songé à demander aux riches monarques du golfe, à commencer par celui du Qatar, à qui elle tresse régulièrement des couronnes, de faire preuve de générosité à l’égard de leurs frères de langue, de culture et de religion.

Madame le maire n’est pas très franche. Dans sa proposition, elle feint de séparer les réfugiés éligibles au droit d’asile et les migrants économiques soumis au droit commun. Elle fait semblant de ne pas savoir que ces derniers pour leur immense majorité ne sont pas raccompagnés et que dès lors qu’ils sont déboutés , ils se fondent dans la clandestinité la plus publique du monde.

Comme l’écrit Pierre Lellouche dans Une guerre sans fin (Cerf) que je recommande: «Aucun principe de droit international n’oblige les Français déjà surendettés, à hauteur de plus de 2000 milliards, à financer par leurs impôts et leurs cotisations sociales des soins gratuits pour tous les immigrés illégaux présents sur notre sol… en 2016, l’octroi du statut de demandeur d’asile est devenu un moyen couramment utilisé par des autorités dépassées pour vider les camps de migrants, à Paris bien sûr, mais aussi par exemple, à Calais, dans la fameuse «jungle» qui, avant son démantèlement, comptait environ 14 000 «habitants». Ces derniers, essentiellement des migrants économiques, ont été qualifiés de réfugiés politiques dans l’unique but de pouvoir les transférer vers d’autres centres, dénommés CAO ou CADA en province. De telles méthodes relèvent d’une stratégie digne du mythe de Sisyphe: plus ils sont vidés, plus ils se remplissent à nouveau…»

Surtout, Madame Hidalgo n’est pas très courageuse: elle n’ose pas dire le fond de sa pensée: Que l’on ne saurait sans déchoir dire «Non» à l’Autre , «ici c’est chez moi, ce n’est pas chez toi».

J’ai moi-même posé la question, au micro de RMC, à son adjoint chargé du logement, le communiste Iann Brossat: «Oui ou non, faut-il expulser les déboutés du droit d’asile? Réponse du collaborateur: «non bien sûr».

Madame Hidalgo n’a pas le courage de dire le fond de sa pensée soumise .

À la vérité, c’est bien parce que les responsables français démissionnaires n’ont pas eu la volonté et l’intelligence de faire respecter les lois de la république souveraine sur le contrôle des flux migratoires , et ont maintenu illégalement sur le sol national des personnes non désirées, que la France ne peut plus se permettre d’accueillir des gens qui mériteraient parfois davantage de l’être. Qui veut faire l’ange fait la bête.

Mais le premier Français, n’aura pas démérité non plus à ce concours de la soumission auquel il semble aussi avoir soumissionné.

C’est ainsi que cette semaine encore, le président algérien a, de nouveau, réclamé avec insistance de la France qu’elle se soumette et fasse repentance .

Cela tourne à la manie. La maladie chronique macronienne du ressentiment ressassé de l’Algérie faillie. À comparer avec l’ouverture d’esprit marocaine.

En effet, Monsieur Bouteflika a des circonstances atténuantes. Son homologue français lui aura tendu la verge pour fouetter la France. On se souvient de ses propos sur cette colonisation française coupable de crimes contre l’humanité.

Je n’ai pas noté que Monsieur Macron, le 5 juillet dernier, ait cru devoir commémorer le massacre d’Oran de 1962 et le classer dans la même catégorie juridique de droit pénal international. Il est vrai que ce ne sont que 2000 Français qui furent sauvagement assassinés après pourtant que l’indépendance ait été accordée.

On serait injuste de penser que cette saillie un peu obscène n’aurait que des raisons bassement électoralistes. Je crains malheureusement que Jupiter ne soit sincère. Enfant de ce siècle névrotiquement culpabilisant , il a dans ses bagages tout un tas d’ustensiles usagés qui auront servi à tourmenter les Français depuis 30 ans et à inoculer dans les quartiers le bacille mortel de la détestation pathologique de l’autochtone.

Au demeurant, Monsieur Macron a depuis récidivé: accueillant cette semaine son homologue palestinien Abbou Abbas, il a trouvé subtil de déclarer: «l’absence d’horizon politique nourrit le désespoir et l’extrémisme» . Ce qui est la manière ordinaire un peu surfaite d’excuser le terrorisme.

À dire le vrai, le président français, paraît-il moderne, n’a cessé de trouver de fausses causes sociales éculées à ce terrorisme islamiste qui massacre les Français depuis deux années.

Pour vaincre l’islamisme radical, il préfère à présent soumettre le thermomètre.

C’est à se demander si la pensée complexe de Jupiter n’est pas un peu simpliste.

1er juillet 2017 

Le journaliste James O’Keffe (photo) réalise depuis plusieurs années des vidéos en caméra cachée. Il y filme les commentaires, voire les aveux, de personnalités politiques sur les scandales du moment. Proche de Breibart et du président Trump, il vient de réaliser trois vidéos sur le traitement par CNN des possibles ingérences russes dans la campagne présidentielle états-unienne.

La première partie, diffusée le 26 juin 2017, montre un producteur-en-chef de CNN, John Bonifield, responsable de séquences non-politiques, affirmer que les accusations de collusion entre la Russie et l’équipe Trump ne sont que « des conneries » diffusées « pour l’audience ».

La seconde partie, diffusée le 28 juin, montre le présentateur de CNN Anthony Van Jones (ancien collaborateur de Barack Obama licencié de la Maison-Blanche pour avoir publiquement mis en cause la version officielle des attentats du 11-Septembre) affirmant que cette histoire d’ingérence russe est une nullité.

La troisième partie, diffusée le 30 juin, montre le producteur associé de CNN, Jimmy Carr, déclarer que le président Donald Trump est un malade mental et que ses électeurs sont stupides comme de la merde.

CNN a accusé le Project Veritas de James O’Keefe d’avoir sorti ces déclarations de leur contexte plus général. Ses collaborateurs ont tenté de minimiser leurs propos enregistrés. Cependant, la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, a souligné le caractère scandaleux de ces déclarations et appelé tous les États-uniens à voir ces vidéos et à en juger par eux-mêmes.

L’enquête de CNN sur la possible ingérence russe est devenue l’obsession de la chaîne. Elle l’a abordée plus de 1 500 fois au cours des deux derniers mois. Personne n’a à ce jour le moindre début de commencement de preuve pour étayer l’accusation de la chaîne d’information contre Moscou.

Voir également:

10 juillet 2017

La majorité républicaine de la Commission sénatoriale de la Sécurité de la patrie et des Affaires gouvernementales dénonce les conséquences désastreuses des fuites actuelles de l’Administration.

Ce phénomène, qui était très rare sous les présidences George Bush Jr. et Barack Obama, s’est soudain développé contre la présidence Donald Trump causant des dommages irréversibles à la Sécurité nationale.

Au cours des 126 premiers jours de la présidence Trump, 125 informations classifiées ont été illégalement transmises à 18 organes de presse (principalement CNN). Soit environ une par jour, c’est-à-dire 7 fois plus que durant la période équivalente des 4 précédents mandats. La majorité de ces fuites concernait l’enquête sur de possibles ingérences russes durant la campagne électorale présidentielle.

Le président de la Commission, Ron Johnson (Rep, Wisconsin) (photo) a saisi l’Attorney General, Jeff Sessions.

L’existence de ces fuites répétées laisse penser à un complot au sein de la haute administration dont 98% des fonctionnaires ont voté Clinton contre Trump.

Voir de plus:

10 juillet 2017

L’ex-directeur du FBI, James Comey, dont le témoignage devant le Congrès devait permettre de confondre le président Trump pour haute trahison au profit de la Russie, est désormais lui-même mis en cause.

James Comey avait indiqué par deux fois lors de son audition qu’il remettait au Congrès ses notes personnelles sur ses relations avec le président. Or, selon les parlementaires qui ont pu consulter ces neuf documents, ceux-ci contiennent des informations classifiées.

Dès lors se pose la question de savoir comment l’ex-directeur du FBI a pu violer son habilitation secret-défense et faire figurer des secrets d’État dans des notes personnelles, ou si ces notes sont des documents officiels qu’il aurait volés.

Comey’s private memos on Trump conversations contained classified material”, John Solomon, The Hill, July 9, 2017.

Voir encore:

En s’arrogeant le titre de « 4ème Pouvoir », la presse états-unienne s’est placée à égalité avec les trois Pouvoirs démocratiques, bien qu’elle soit dénuée de légitimité populaire. Elle mène une vaste campagne, à la fois chez elle et à l’étranger, pour dénigrer le président Trump et provoquer sa destitution ; une campagne qui a débuté le soir de son élection, c’est-à-dire bien avant son arrivée à la Maison-Blanche. Elle remporte un vif succès parmi l’électorat démocrate et dans les États alliés, dont la population est persuadée que le président des États-Unis est dérangé. Mais les électeurs de Donald Trump tiennent bon et il parvient efficacement à lutter contre la pauvreté.

Damas (Syrie)

4 juillet 2017

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La campagne de presse internationale visant à déstabiliser le président Trump se poursuit. La machine à médire, mise en place par David Brock durant la période de transition [1], souligne autant qu’elle le peut le caractère emporté et souvent grossier des Tweets présidentiels. L’Entente des médias, mise en place par la mystérieuse ONG First Draft [2], répète à l’envie que la Justice enquête sur les liens entre l’équipe de campagne du président et les sombres complots attribués au Kremlin.

Une étude du professeur Thomas E. Patterson de l’Harvard Kennedy School a montré que la presse US, britannique et allemande, a cité trois fois plus Donald Trump que les présidents précédents. Et que, au cours des 100 premiers jours de sa présidence, 80% des articles lui étaient clairement défavorables [3].

Durant la campagne du FBI [4] visant à contraindre le président Nixon à la démission, la presse états-unienne s’était attribuée le qualificatif de « 4ème Pouvoir », signifiant par là que leurs propriétaires avaient plus de légitimité que le Peuple. Loin de céder à la pression, Donald Trump, conscient du danger que représente l’alliance des médias et des 98% de hauts fonctionnaires qui ont voté contre lui, déclara « la guerre à la presse », lors de son discours du 22 janvier 2017, une semaine après son intronisation. Tandis que son conseiller spécial, Steve Bannon, déclarait au New York Times que, de fait, la presse était devenue « le nouveau parti d’opposition ».

Quoi qu’il en soit, les électeurs du président ne lui ont pas retiré leur confiance.

Rappelons ici comment cette affaire a débuté. C’était durant la période de transition, c’est-à-dire avant l’investiture de Donald Trump. Une ONG, Propaganda or Not ?, lança l’idée que la Russie avait imaginé des canulars durant la campagne présidentielle de manière à couler Hillary Clinton et à faire élire Donald Trump. À l’époque, nous avions souligné les liens de cette mystérieuse ONG avec Madeleine Albright et Zbigniew Brzeziński [5]. L’accusation, longuement reprise par le Washington Post, dénonçait une liste d’agents du Kremlin, dont le Réseau Voltaire. Cependant à ce jour, rien, absolument rien, n’est venu étayer cette thèse du complot russe.

Chacun a pu constater que les arguments utilisés contre Donald Trump ne sont pas uniquement ceux que l’on manie habituellement dans le combat politique, mais qu’ils ressortent clairement de la propagande de guerre [6].

La palme de la mauvaise foi revient à CNN qui traite cette affaire de manière obsessionnelle. La chaîne a été contrainte de présenter ses excuses à la suite d’un reportage accusant un des proches de Trump, le banquier Anthony Scaramucci, d’être indirectement payé par Moscou. Cette imputation étant inventée et Scaramucci étant suffisamment riche pour poursuivre la chaîne en justice, CNN présenta ses excuses et les trois journalistes de sa cellule d’enquête « démissionnèrent ».
Puis, le Project Veritas du journaliste James O’Keefe publia trois séquences vidéos tournées en caméra cachée [7]. Dans la première, l’on voit un superviseur de la chaîne rire dans un ascenseur en déclarant que ces accusations de collusion du président avec la Russie ne sont que « des conneries » diffusées « pour l’audience ». Dans la seconde, un présentateur vedette et ancien conseiller d’Obama affirme que ce sont des « nullités ». Tandis que dans la troisième, un producteur déclare que Donald Trump est un malade mental et que ses électeurs sont « stupides comme de la merde » (sic).
En réponse, le président posta une vidéo-montage réalisée à partir d’images, non pas extraites d’un western, mais datant de ses responsabilités à la Fédération états-unienne de catch, la WWE. On peut le voir mimer casser la figure de son ami Vince McMahon (l’époux de sa Secrétaire aux petites entreprises) dont le visage a été recouvert du logo de CNN. Le tout se termine avec un logo altéré de CNN en Fraud News Network, c’est-à-dire le Réseau escroc d’information.

Outre que cet événement montre qu’aux États-Unis le président n’a pas l’exclusivité de la grossièreté, il atteste que CNN —qui a abordé la question de l’ingérence russe plus de 1 500 fois en deux mois— ne fait pas de journalisme et se moque de la vérité. On le savait depuis longtemps pour ses sujets de politique internationale, on le découvre pour ceux de politique intérieure.

Bien que ce soit beaucoup moins significatif, une nouvelle polémique oppose les présentateurs de l’émission matinale de MSNBC, Morning Joe, au président. Ceux-ci le critiquent vertement depuis des mois. Il se trouve que Joe Scarborough est un ancien avocat et parlementaire de Floride qui lutte contre le droit à l’avortement et pour la dissolution des ministères « inutiles » que sont ceux du Commerce, de l’Éducation, de l’Énergie et du Logement. Au contraire, sa partenaire (au sens propre et figuré) Mika Brzeziński est une simple lectrice de prompteur qui soutenait Bernie Sanders. Dans un Tweet, le président les a insulté en parlant de « Joe le psychopathe » et de « Mika au petit quotient intellectuel ». Personne ne doute que ces qualificatifs ne sont pas loin de la vérité, mais les formuler de cette manière vise uniquement à blesser l’amour-propre des journalistes. Quoi qu’il en soit, les deux présentateurs rédigèrent une tribune libre dans le Washington Post pour mettre en doute la santé mentale du président.

Mika Brzeziński est la fille de Zbigniew Brzeziński, un des tireurs de ficelles de Propaganda or not ?, décédé il y a un mois.

La grossièreté des Tweets présidentiels n’a rien à voir avec de la folie. Dwight Eisenhower et surtout Richard Nixon étaient bien plus obscènes que lui, ils n’en furent pas moins de grands présidents.

De même leur caractère impulsif ne signifie pas que le président le soit. En réalité, sur chaque sujet, Donald Trump réagit immédiatement par des Tweets agressifs. Puis, il lance des idées dans tous les sens, n’hésitant pas à se contredire d’une déclaration à l’autre, et observe attentivement les réactions qu’elles suscitent. Enfin, s’étant forgé une opinion personnelle, il rencontre la partie opposée et trouve généralement un accord avec elle.

Donald Trump n’a certes pas la bonne éducation puritaine de Barack Obama ou d’Hillary Clinton, mais la rudesse du Nouveau Monde. Tout au long de sa campagne électorale, il n’a cessé de se présenter comme le nettoyeur des innombrables malhonnêtetés que cette bonne éducation permet de masquer à Washington. Il se trouve que c’est lui et non pas Madame Clinton que les États-uniens ont porté à la Maison-Blanche.

Bien sûr, on peut prendre au sérieux les déclarations polémiques du président, en trouver une choquante et ignorer celles qui disent le contraire. On ne doit pas confondre le style Trump avec sa politique. On doit au contraire examiner précisément ses décisions et leurs conséquences.

Par exemple, on a pris son décret visant à ne pas laisser entrer aux États-Unis des étrangers dont le secrétariat d’État n’a pas la possibilité de vérifier l’identité.

On a observé que la population des sept pays dont il limitait l’accès des ressortissants aux États-Unis est majoritairement musulmane. On a relié ce constat avec des déclarations du président lors de sa campagne électorale. Enfin, on a construit le mythe d’un Trump raciste. On a mis en scène des procès pour faire annuler le « décret islamophobe », jusqu’à ce que la Cour suprême confirme sa légalité. On a alors tourné la page en affirmant que la Cour s’était prononcée sur une seconde mouture du décret comportant divers assouplissements. C’est exact, sauf que ces assouplissement figuraient déjà dans la première mouture sous une autre rédaction.

Arrivant à la Maison-Blanche, Donald Trump n’a pas privé les États-uniens de leur assurance santé, ni déclaré la Troisième Guerre mondiale. Au contraire, il a ouvert de nombreux secteurs économiques qui avaient été étouffés au bénéfice de multinationales. En outre, on assiste à un reflux des groupes terroristes en Irak, en Syrie et au Liban, et à une baisse palpable de la tension dans l’ensemble du Moyen-Orient élargi, sauf au Yémen.

Jusqu’où ira cet affrontement entre la Maison-Blanche et les médias, entre Donald Trump et certaines puissances d’argent ?

[1] « Le dispositif Clinton pour discréditer Donald Trump », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 février 2017.

[2] « Le nouvel Ordre Médiatique Mondial », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 mars 2017.

[3] « News Coverage of Donald Trump’s First 100 Days », Thomas E. Patterson, Harvard Kennedy School, May 18, 2017.

[4] On apprit trente ans plus tard que la mystérieuse « Gorge profonde » qui alimenta le scandale du Watergate n’était autre que W. Mark Felt, l’ancien adjoint de J. Edgard Hoover et lui-même numéro 2 du Bureau fédéral.

[5] « La campagne de l’Otan contre la liberté d’expression », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 décembre 2016.

[6] « Contre Donald Trump : la propagande de guerre », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 février 2017.

[7] « Project Veritas dévoile une campagne de mensonges de CNN », Réseau Voltaire, 1er juillet 2017.

Voir enfin:

The Definitive History Of That Time Donald Trump Took A Stone Cold Stunner

A decade ago, Trump literally tussled with a wrestling champ. The people who were there are still shocked he did it.

Photo illustration: Damon Dahlen/HuffPost; Photos: Getty/Reuters

Stone Cold Steve Austin was waiting calmly in the bowels of Detroit’s Ford Field when a frantic Vince McMahon turned the corner.

WrestleMania 23’s signature event was just minutes away. Austin and McMahon would soon bound into the stadium, where they’d be greeted by fireworks, their respective theme songs and 80,000 people pumped for “The Battle of the Billionaires,” a match between two wrestlers fighting on behalf of McMahon and real estate mogul Donald Trump.

McMahon, the founder and most prominent face of World Wrestling Entertainment, had spent months before the April 1, 2007, event putting the storyline in place. Trump, then known primarily as the bombastic host of “The Apprentice,” had appeared on a handful of WWE broadcasts to sell the idea that his two-decade friendship with McMahon had collapsed into a bitter “feud.” They had spent hours rehearsing a match with many moving parts: two professional wrestlers in the ring, two camera-thirsty characters outside it, and in the middle, former champ Stone Cold serving as the referee.

The selling point of The Battle of the Billionaires was the wager that Trump and McMahon had placed on its outcome a month earlier during “Monday Night Raw,” WWE’s signature prime time show. Both Trump and McMahon took great pride in their precious coifs, and so the winner of the match, they decided, would shave the loser’s head bald right there in the middle of the ring.

But now, at the last possible moment, McMahon wanted to add another wrinkle.

“Hey, Steve,” McMahon said, just out of Trump’s earshot. “I’m gonna see if I can get Donald to take the Stone Cold stunner.”

Austin’s signature move, a headlock takedown fueled by Stone Cold’s habit of chugging cheap American beer in the ring, was already part of the plan for the match. But Trump wasn’t the intended target.

Austin and McMahon approached Trump and pitched the idea.

“I briefly explained how the stunner works,” Austin said. “I’m gonna kick him in the stomach ― not very hard ― then I’m gonna put his head on my shoulder, and we’re gonna drop down. That’s the move. No rehearsal, [decided] right in the dressing room, 15 minutes before we’re gonna go out in front of 80,000 people.”

Trump’s handler was appalled, Austin said. Trump wasn’t a performer or even a natural athlete. Now, the baddest dude in wrestling, a former Division I college football defensive end with tree trunks for biceps, wanted to drop him with his signature move? With no time to even rehearse it? That seemed … dangerous.

“He tried to talk Donald out of it a million ways,” Austin said.

But Trump, without hesitation, agreed to do it.

The man who became the 45th president of the United States in January has a history with Vince McMahon and WWE that dates back more than two decades, to when his Trump Plaza hotel in Atlantic City hosted WrestleManias IV and V in 1988 and 1989. The relationship has continued into Trump’s presidency. On Tuesday, the Senate confirmed the nomination of Linda McMahon ― Vince’s wife, who helped co-found WWE and served as its president and chief executive for 12 years ― to head the Small Business Administration.

After Trump launched his presidential campaign with an escalator entrance straight out of the wrestling playbook, journalists began pointing to his two-decade WWE career to help explain his political appeal. WWE, in one telling, was where Trump first discovered populism. According to another theory, wrestling was where he learned to be a heel ― a villainous performer loved by just enough people to rise to the top, despite antics that make many people hate him.

To those who were present, though, The Battle of the Billionaires is more an outrageous moment in wrestling history than an explanation of anything that happened next. No one in the ring that night thought Trump would one day be president. But now that he is, they look back and laugh about the time the future commander-in-chief ended up on the wrong side of a Stone Cold stunner.

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Donald Trump, Stone Cold Steve Austin and Vince McMahon spent months promoting The Battle of the Billionaires.

‘To Get To The Crescendo, You’ve Got To Go On A Journey’

Professional wrestling is, at its core, a soap opera and a reality TV spectacle, and its best storylines follow the contours of both: A hero squares off with a heel as the masses hang on their fates.

The Battle of the Billionaires was the same tale, played out on wrestling’s biggest stage. WrestleMania is WWE’s annual mega-event. It commands the company’s largest pay-per-view audiences and biggest crowds. At WrestleMania, WWE’s stars compete in high-stakes matches ― including the WWE Championship ― and wrap up loose ends on stories developed during weekly broadcasts of “Monday Night Raw” and special events over the previous year. Even before Trump, WrestleMania had played host to a number of celebrity interlopers, including boxer Mike Tyson and NFL linebacker Lawrence Taylor.

Building a story ― and, for Trump, a character ― fit for that stage required months of work that started with Trump’s initial appearance on “Monday Night Raw” in January 2007. He would show up on “Raw” at least two more times over the next two months, with each appearance raising the stakes of his feud with McMahon and setting up their battle at WrestleMania on April 1.

“The Battle of the Billionaires, and all the hyperbole, was the crescendo,” said Jim Ross, the longtime voice of WWE television commentary. “But to get to the crescendo, you’ve got to go on a journey and tell an episodic story. That’s what we did with Donald.”

Creating a feud between Trump and McMahon, and getting wrestling fans to take Trump’s side, wasn’t actually a huge challenge. McMahon “was the big-shot boss lording over everybody,” said Jerry “The King” Lawler, a former wrestler and Ross’ sidekick in commentary. It was a role McMahon had long embraced: He was the dictator wrestling fans loved to hate.

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Bobby Lashley, Trump’s wrestler in the match, was a rising star who’d go on to challenge for the WWE championship after The Battle of the Billionaires.

Trump was never going to pull off the sort of character that McMahon’s most popular foes had developed. He wasn’t Austin’s beer-chugging, south Texas everyman. And vain and cocky as he might be, he never possessed the sexy swagger that made Shawn Michaels one of the greatest in-ring performers in pro wrestling history.

But rain money on people’s heads, and they’ll probably love you no matter who you are. So that’s what Trump did.

Trump’s first appearance on “Monday Night Raw” came during an episode that centered on McMahon, who was throwing himself the sort of self-celebratory event that even The Donald might find overly brash. As McMahon showered the crowd with insults and they serenaded him with boos, Trump’s face appeared on the jumbotron and money began to fall from the sky.

“Look up at the ceiling, Vince,” Trump said as fans grasped at the falling cash. “Now that’s the way you show appreciation. Learn from it.”

In true Trump fashion, the money wasn’t actually his. It was McMahon’s. But the fans didn’t know that.

The folks with slightly fatter wallets than they’d had moments before loved the contrast between the two rich guys. One was the pompous tyrant. The other might have been even wealthier and just as prone to outlandish behavior, but Trump was positioned as the magnanimous billionaire, the one who understood what they wanted.

“That went over pretty well, as you can imagine, dropping money from the sky,” said Scott Beekman, a wrestling historian and author. “Trump was the good guy, and he got over because of how hated McMahon was. Vince McMahon played a fantastic evil boss and was absolutely hated by everyone. So anyone who stood up to McMahon at that point was going to get over well.”

The wrestlers that each billionaire chose to fight for them also bolstered the narrative. Umaga, McMahon’s representative, was an emerging heel who had gone undefeated for most of 2006. “A 400-pound carnivore,” as Ross described him on TV, he was a mountainous Samoan whose face bore war paint and who barely spoke except to scream at the crowd.

Trump’s guy, on the other hand, was Bobby Lashley, a former Army sergeant who might have been cut straight from a granite slab. Lashley was the good-looking, classically trained college wrestler, the reigning champion of ECW (a lower-level WWE property). Even his cue-ball head seemed to have muscles.

Another selling point for the match: the wrestler who won would likely emerge as a top contender to challenge for the WWE title.

Then McMahon added another twist ― as if the match needed it. He enlisted Austin, a multi-time champion who had retired in 2003, as a guest referee.

“It sounded like an easy gig, sounded like a fun gig,” Austin said. “It didn’t take a whole lot of convincing. The scope of Donald Trump … would bring a lot of eyeballs. A chance to do business with a high-profile guy like that sounded like a real fun deal.”

The minute Austin signed up, Trump should have known that despite his “good guy” posture, he, too, was in trouble. When Stone Cold entered the ring at “Raw” to promote the match, he introduced himself to The Donald with a stern warning.

“You piss me off,” Austin said, “I’ll open up an $8 billion can of whoop ass and serve it to ya, and that’s all I got to say about that.”

‘We Thought We Were Shittin’ The Bed’

The opening lines of the O’Jays’ 1973 hit “For the Love of Money” ― also the theme song for Trump’s “Celebrity Apprentice” ― rang out of Ford Field’s loudspeakers a few minutes after Trump and Austin’s impromptu meeting backstage. It was time for Trump to make his way to the ring.

“Money, money, money, money, money,” the speakers blared. Trump emerged. The crowd erupted, and cash, even more than had fallen during his previous appearances, cascaded from the ceiling like victory confetti.

“There was a ton of money that had been dropped during Donald Trump’s entrance,” said Haz Ali, who, under the name Armando Estrada, served as Umaga’s handler. “There was about $20, $25,000 that they’d dropped. … Every denomination ― 1s, 5s, 10s, 20s.”

Lashley appeared next, bounding into the ring without the help of the stairs the others had needed.

For months, McMahon and Trump had sold the story of this match. Now, as Umaga and Lashley stood face to face in the ring, it was time to deliver.

The match started fairly routinely, perhaps even a bit slowly.

“I’m seeing it the same as anyone else who’s watching it,” said Ross, the commentator, who regularly skipped rehearsals to ensure matches would surprise him. “The entire arena was emotionally invested in the storyline. Once they got hooked in it months earlier, now they want the payout.”

On the TV broadcast, it’s obvious that the crowd was hanging on every twist, eager to see which of the two billionaires would lose his hair and how Austin ― famous for intervening in matches and now at the dead center of this one ― might shape it.

But Ford Field, an NFL stadium, is massive compared to the arenas that had hosted previous WrestleManias. Even with 80,000 people packed in, it was difficult to read the crowd from inside the ring.

“Me and Vince keep looking back and forth at each other like, ‘Man, this match is not successful because the crowd is not reacting,’” Austin recalled. “We thought we were shittin’ the bed.”

Trump, for all his usual braggadocio, wasn’t helping.

From outside the ring, McMahon ― a professional performer if there ever was one ― was selling even the most minor details of the match. He was haranguing Austin, instructing Umaga and engaging the crowd all at once. Trump was stiff. His repeated cries of “Kick his ass, Bobby!” and “Come on, Bobby!” came across as stale and unconvincing.

“It’s very robotic, it’s very forced, and there’s no genuine emotion behind it,” said Ali, who had been power-slammed by Lashley early in the match and was watching from the dressing room. “He was just doing it to do it. Hearing him say, ‘Come on, Bobby!’ over and over again ― it didn’t seem like he cared whether Bobby won or lost. That’s the perspective of a former wrestler and entertainer.”

‘He Punched Me As Hard As He Could’

The match turned when Vince’s son, Shane McMahon, entered the fray. Shane and Umaga ganged up on Austin, knocking the guest ref from the ring. Then they turned their attention to Lashley, slamming his head with a metal trash can as he lay on the ground opposite Trump ― whose golden mane, it seemed, might soon be lying on the floor next to his wrestler.

But just as Umaga prepared to finish Lashley off, Austin rebounded, dragging Shane McMahon from the ring and slamming him into a set of metal stairs. Trump ― who moments before had offered only a wooden “What’s going on here?” ― sprang into action.

Out of nowhere, Trump clotheslined Vince McMahon to the ground and then sat on top of him, wailing away at his skull.

“[Ross] and I were sitting right there about four feet from where Vince landed,” Lawler said. “The back of Vince’s head hit the corner of the ring so hard that I thought he was gonna be knocked out for a week.”

Professional wrestling is fake. Trump’s punches weren’t.

Hours before the match, WWE officials had roped the participants into one final walk-through. Vince McMahon was busy handling the production preparations and didn’t attend. So when it came time to rehearse Trump’s attack on WWE’s top man, Ali stood in for McMahon.

Ali gave Trump instructions on how to hit him on the head to avoid actual injury. Because it was just a rehearsal, he figured Trump would go easy. He figured wrong.

“He proceeds to punch me in the top of the head as if he was hammering a nail in the wall. He punched me as hard as he could,” Ali said. “His knuckle caught me on the top of my head, and the next thing I know, I’ve got an egg-sized welt on the top of my head. He hit me as hard as he could, one, two, three. I was like, ‘Holy shit, this guy.’”

“He actually hit Vince, too,” Ali said. “Which made it even funnier. That’s how Vince would want it.”

Back in the ring, Austin ducked under a punch from Umaga and then made him the match’s first victim of a Stone Cold stunner. Umaga stumbled toward the center of the ring, where Lashley floored him with a move called a running spear. Lashley pinned Umaga, Austin counted him out, Trump declared victory, and McMahon began to cry as he ran his fingers through hair that would soon be gone.

“I don’t think Donald’s hair was ever truly in jeopardy,” Lawler said.

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Even as he was shaving McMahon’s head, Trump knew that he’d soon join the list of the match’s losers.

‘It May Be One Of The Uglier Stone Cold Stunners In History’

Moments after the match ended, before he raised Trump and Lashley’s arms in victory, Austin handed out his second stunner of the night to Shane McMahon. Vince McMahon tried to escape the same fate. But Lashley chased him down, threw him over his shoulder and hauled McMahon back to the ring, where he, too, faced the stunner.

Trump’s reaction in this moment was a little disappointing. He offered only the most rigid of celebrations, his feet nailed to the floor as his knees flexed and his arms flailed in excitement. It’s as if he knew his joy would be short-lived. He, too, would end up the one thing he never wants to be: a loser.

“Woo!” Trump yelled, before clapping in McMahon’s face while Austin and Lashley strapped their boss into a barber’s chair. “How ya doin’, man, how ya doin’?” he asked, taunting McMahon with a pair of clippers. Then he and Lashley shaved the WWE chairman bald.

As a suitably humiliated McMahon left the ring, Austin launched his typical celebration, raising his outstretched hands in a call for beers that someone ringside was supposed to toss his way. Trump is a famous teetotaler, but Austin shoved a beer can into his hand anyway.

“I didn’t know that Donald Trump didn’t drink,” Austin said. “I didn’t know that back then.”

It didn’t matter. For veteran wrestling fans, the beers were a sign that Stone Cold had a final treat to deliver.

“I threw beer to everybody I got in the ring with,” he said. “Here’s the bait, and it’s the hook as well. Long as I get him holding those beers, everybody knows that anybody who … takes one of my beers is gonna get stunned.”

As McMahon trudged away, Austin climbed to the top rope, saluted the crowd and dumped the full contents of a can into his mouth. Then he hopped down ― and blew the roof off Ford Field.

He turned, kicked Trump in the stomach and stunned him to the floor.

“Austin stunned The Donald!” Ross screamed.

Trump failed to fully execute the move. He didn’t quite get his chin all the way to Austin’s shoulder; then he halfway pulled out of the move before falling to his knees and lying flat on his back.

“It may be one of the uglier Stone Cold stunners in history,” Ross said.

“He’s not a natural-born athlete,” Austin said. “I just remember the stunner didn’t come off as smooth as it would have had he been one of the guys. But we never rehearsed it. He didn’t even know what it was. Vince botched half the ones I gave him [and] Vince is a great athlete. So that’s no knock on Donald Trump.”

And despite Trump’s less-than-stellar wrestling and acting in the ring, those who were close to the action at WrestleMania 23 were impressed by his willingness to even take the stunner.

“We put him in some very unique positions that a lot of people ― big-name actors in Hollywood ― wouldn’t do because they didn’t want to risk looking bad,” Ross said. “He had the balls to do it.”

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Trump didn’t sell the Stone Cold stunner all that well, but at least, commentator Jim Ross said, “he had the balls to do it.”

‘You Could Argue That Nothing In Wrestling Has Any Meaning’

For almost a decade, the stunning of Donald Trump remained a relic of WWE lore, a moment rehashed occasionally by diehard wrestling fans but forgotten otherwise.

WWE’s ratings tumbled later in 2007, amid congressional scrutiny of steroid use and wrestler deaths. That June, wrestler Chris Benoit murdered his wife and son and then killed himself. He was 40 years old.

Edward Smith Fatu, the wrestler known as Umaga, died from a heart attack in 2009. He was 36.

Lashley, who did not respond to interview requests, left WWE in 2008 after a failed pursuit of the WWE title and an injury that sidelined him for months. He is now a mixed martial arts fighter and the champion of Total Nonstop Action Wrestling.

In 2009, Trump returned to “Monday Night Raw” with a proposal to buy it from McMahon, promising fans that he would run the first Trump-owned episode without commercials. WWE and the USA Network, which broadcast “Raw,” even sent out a press release announcing the sale. When WWE’s stock price plummeted, it was forced to admit that the whole thing was a publicity ploy. The faux sale raised questions about whether everyone involved had violated federal law, but the Securities and Exchange Commission apparently had better things to investigate.

Trump was inducted into the WWE Hall of Fame in 2013, over a chorus of boos from the fans at Madison Square Garden. The Battle of the Billionaires was, at the time, WWE’s highest-grossing pay-per-view broadcast, drawing 1.2 million pay-per-view buys and $24.3 million in global revenue, according to WWE’s estimates. It’s also the most notorious of Trump’s interactions with the company. But that’s about all the significance it really holds.

“You could argue that nothing in wrestling has any meaning,” said Beekman, the historian. The feud between Trump and McMahon “was an angle, and it was a successful angle, and then they moved on to the next one.”

Vince and Linda McMahon together donated $7.5 million to super PACs that backed Trump’s winning presidential campaign. Linda McMahon had earlier spent nearly $100 million on two failed efforts, in 2010 and 2012, to get herself elected to the U.S. Senate. In December, Trump nominated her to head the Small Business Administration, a Cabinet-level job potentially at odds with the methods she and her husband had used to build WWE into a wrestling empire ― but one to which she was easily confirmed. (Neither the McMahons nor the president chose to comment on the president’s WWE career.)

Linda McMahon once took a Stone Cold stunner, too, so Steve Austin is responsible for stunning at least two top Trump administration officials. But he has doled out thousands of those in his career, and until he was reminded, he didn’t even remember what year he had laid Trump out.

“I’ve stunned a couple members of the Cabinet,” Austin said. “But I don’t think about it like that. It was so long ago. I don’t know Donald Trump. We did business together, we shook hands, and I appreciated him taking that. But I don’t sit here in my house, rubbing my hands together thinking, ‘Aw, man, I was the only guy that ever stunned a United States president.’”

“Yeah, it’s pretty cool,” Stone Cold said. “But it was part of what I did. To me, hey, man, it’s just another day at the office.”


Syrie/Irak: Attention, un triomphe peut en cacher un autre ! (Obama legacy: After the nuclear deal and the Islamic state, guess on whose doorstep Iranian troops are now being delivered ?)

3 juillet, 2017
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Les forces irakiennes affirment avoir délogé les combattants de l’Etat islamique de la mosquée Al-Nouri de Mossoul, haut lieu symbolique de la ville mais également du pouvoir des djihadistes en Irak. Les forces irakiennes ont annoncé ce 29 juin avoir pris le contrôle de la mosquée Al-Nouri de Mossoul, où Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’Etat islamique, avait donné en juillet 2014 son premier prêche en tant que chef de l’Etat islamique – sa dernière apparition publique connue à ce jour. (…) Le général-brigadier Yahya Rasool se félicite de son côté d’une victoire qui, selon lui, marque un triomphe sur l’Etat islamique. «Leur Etat illusoire s’est effondré», s’est-il réjoui. «Nous assistons à la fin du faux Etat de Daesh», a déclaré le Premier ministre irakien Haider al-Abadi en anglais sur son compte Twitter. RT
Je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar al-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime ! Mes lignes sont claires. Un : la lutte absolue contre tous les groupes terroristes. Ce sont eux, nos ennemis. […] Nous avons besoin de la coopération de tous pour les éradiquer, en particulier de la Russie. Deux : la stabilité de la Syrie, car je ne veux pas d’un État failli. L’utilisation d’armes chimiques donnera lieu à des répliques, y compris de la France seule. Emmanuel Macron
La mairie de Londres a autorisé la tenue dimanche d’un rassemblement anti-israélien organisé par des sympathisants du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah. Selon les organisateurs de la Journée d’Al-Quds, les participants ont été autorisés par la mairie à manifester avec le drapeau du groupe terroriste car l’aile politique du Hezbollah n’est pas une organisation proscrite par les autorités britanniques. Les États-Unis, le Canada, l’Australie et la Ligue arabe ont placé le Hezbollah sur leur liste officielle des organisations terroristes. L’Union européenne ne considère pas l’ensemble du groupe comme terroriste mais a inscrit la branche militaire de l’organisation chiite sur sa liste noire, car « liée à des actes terroristes perpétrés sur le territoire européen ». Instaurée en 1979 par l’Ayatollah Khomeini, fondateur de la République Islamique d’Iran, la Journée mondiale d’Al-Quds est un événement anti-israélien annuel destiné à protester contre le contrôle israélien sur Jérusalem (Al-Quds en arabe) et à exprimer la solidarité avec le peuple palestinien. Au cours de cet événement, célébré dans le monde entier dans les communautés chiites, les manifestants scandent des slogans appelant à la destruction d’Israël et brûlent des drapeaux israéliens. Le Monde juif info
Un adage largement admis par la sagesse populaire est malmené depuis près de soixante dix ans au Moyen Orient. «On ne peut faire la paix qu’avec ses ennemis». Car, encore faut-il être capable de définir l’ennemi. La nébuleuse terroriste étant multicéphale, le monde musulman ayant, dans son ensemble, rejeté Israël depuis sa fondation et l’Autorité Palestinienne ne symbolisant qu’un point d’achoppement d’un conflit bien plus large, le simple fait d’avoir rebaptisé le conflit israélo-arabe (qui s’étend à l’Iran depuis la révolution de 1979 ) en conflit israélo-palestinien, cache une réalité bien plus vaste à laquelle Israël ne cesse d’être confronté. S’il est tout à fait légitime de critiquer le gouvernement israélien, comme celui de n’importe quel pays, et même de s’insurger contre nombre de ses politiques, il serait dommageable de passer à coté de certaines vérités, qui font que les Israéliens s’inquiètent de la crédibilité du partenaire pour la paix que l’on tente de leur imposer. (…) la situation au Proche Orient s’affirmant de plus en plus volatile, un nouveau projet de processus plus global, impliquant les pays limitrophes semble se profiler à l’horizon. Trump et ses conseillers, sans se ranger complètement du coté de la position israélienne, ont fini par comprendre qu’Israël n’a aucun intérêt à accepter une paix telle que définie par l’Autorité Palestinienne, et qui n’impliquerait pas la participation intégrale du monde arabe. La confrontation décadaire pourrait bien de la sorte reprendre son identité de conflit israélo-arabe, duquel il ressortirait enfin un authentique projet de paix. Car on ne peut faire la paix qu’avec ses ennemis… dans leur ensemble et pas seulement avec la partie immergée de l’Iceberg. Pierre Rehov
En sus de la chute imminente de ces deux places fortes, l’EI a perdu la plus grande partie de son territoire et de ses revenus, selon une évaluation divulguée jeudi par le cabinet de référence des questions militaires et de conflits, IHS Markit. A son apogée à l’été 2014, il assurait une souveraineté quasi étatique (armée, taxes, justice expéditive, versement d’allocations, administration) sur environ 8 millions de personnes et un territoire grand comme 4 régions françaises, quoique largement désertique. Depuis lors, il a perdu 60 % de ce territoire, estime IHS Markit (ex-Jane’s), dont 40 % depuis janvier. Son effondrement financier est encore plus spectaculaire. Les revenus de l’EI sont tombés à 16 millions au deuxième trimestre 2017, exactement 5 fois moins qu’il y a deux ans. Les salaires des combattants avaient été divisés par 2, à 400 dollars par mois pour les djihadistes étrangers, début 2016 et auraient encore été baissés cette année. IHS ne donne pas d’indication sur les réserves de l’EI, censées avoir atteint 1 milliard de dollars en 2014 à la suite du pillage (non confirmé) de la succursale de la Banque centrale d’Irak à Mossoul. Les revenus pétroliers de l’EI ont été divisés par 10 à cause de la chute mondiale des cours, de la destruction de ses puits par l’aviation russe et occidentale et des pertes de territoires. Les autres revenus de l’EI, trafic d’antiquités, racket et rançons, ont, pour leur part, été divisés par 5 en raison, là aussi, de la perte de territoires, souligne Ludovico Carlino, analyste à IHS Markit. « Le projet de gouvernance du califat a échoué », conclut Columb Strack, spécialiste du Moyen-Orient à IHS. Mais IHS estime que l’EI va tenter d’intensifier sa campagne terroriste en Occident pour compenser ses pertes territoriales. Les pressions des gouvernements égyptien et saoudien sur les religieux pour qu’ils interprètent le Coran dans un sens « plus moderne » risquent de pousser certains conservateurs à basculer dans la violence, avertit IHS, qui affirme que le « risque terroriste va augmenter ». Paris estime que 700 Français ont rejoint l’EI. Quelque 200 d’entre eux sont revenus et un nombre équivalent a été abattu. C’est de loin le plus fort contingent parmi les 3.000 djihadistes européens. Les Echos
Les principales puissances impliquées dans la guerre en Syrie sont engagés dans une course visant à engranger le maximum de bénéfices tirés de l’effondrement de l’Etat Islamique, dans l’Est et le Sud de la Syrie. Les avancées continues des forces du régime syrien et de milices appuyées par l’Iran vers la base d’Al-Tanf tenue par les forces spéciales américaines et occidentales – ainsi que les avancées potentielles des deux côtés de la frontière irakienne – élève le risque d’affrontements supplémentaires susceptibles d’entraîner lers Etats-Unis et la Russie, bien que cette dernière n’aient pas voulu défier les Etats-Unis, après leurs frappes délibérées contre un convoi et des avions de chasse syriens. Jforum
La bataille de Raqqa, du point de vue stratégique, est une affaire classée. L’unique inconnue consiste à savoir combien de temps les 3 000 miliciens islamistes de DAESH acculés et encerclés dans la ville résisteront aux 20 000 combattants kurdes, à leurs 4 000 alliés tribaux arabes dans les FDS, et à l’extraordinaire puissance de feu des avions, des canons et des commandos américains. On ne voit pas les Alaouites, les Syriens, les chiites libanais ou les Russes se risquer à déranger la ripaille ; pour Raqqa, ils arrivent trop tard. Le véritable enjeu des incidents de dimanche se nomme Deïr ez-Zor, la ville située à 125km en aval de Raqqa sur l’Euphrate. Pour l’Armée d’Assad, appuyée par ses acolytes perses et libanais, qui, depuis l’offensive victorieuse des FDS face à l’Etat Islamique – mais uniquement à partir de ce moment – progresse sur trois fronts, nord, centre et sud, l’objectif est d’arriver à Deïr ez-Zor avant les Américains et leurs alliés kurdes. D’abord pour libérer les soldats gouvernementaux encerclés, mais c’est secondaire, car la finalité stratégique de cette course poursuite, c’est l’occupation de la frontière avec l’Irak afin de permettre la consolidation du corridor terrestre chiite : Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth. Pour l’Amérique, ses alliés européens, arabes et israéliens, le but stratégique est bien sûr inverse. Nombre d’analystes se demandent cette semaine si les menaces russes et les tirs de missiles iraniens, n’avait pas pour but de tester les Américains et Donald Trump. Pour savoir jusqu’où le nouveau président U.S est prêt à impliquer son armée pour empêcher les Iraniens de parvenir à leur fin. (…) L’enjeu du questionnement est considérable. De l’ « autoroute chiite » dépend par exemple l’avenir du Liban, déjà sous le joug impitoyable de Téhéran mais que les ayatollahs doivent entretenir. Et aussi la confiance que Riyad, Le Caire, les Etats du Golfe et toute l’arabité sunnite ont placée en Donald Trump qui est venu la leur demander. Simplement dit : si Trump laisse les Iraniens et le régime prendre Deïr ez-Zor, la brève lune de miel entre le monde arabe et Trump sera déjà terminée. On comprend soudain le rôle de contrepoids que jouait l’Etat Islamique (sunnite) dans l’est syrien pour contrecarrer l’expansion iranienne (chiite), bien plus menaçante pour les Occidentaux au niveau stratégique que la présence des djihadistes salafistes dans la région. Pendant que la coalition leur assène les derniers coups de boutoir à Raqqa, on réalise à Washington qu’il va falloir remplir le vide que va laisser DAESH le long de la frontière irakienne si l’on ne veut pas perdre la Guerre de Syrie et d’Irak et participer à la création d’un empire persan au Proche et au Moyen-Orient. La neutralisation de l’Etat Islamique, qu’on accusait à tort de tirer les ficelles des attentats terroristes en Europe à partir de Raqqa et Mossoul, a été une erreur. Il suffisait de le circonscrire à l’Est et de couper son cordon ombilical avec Recep Erdogan pour que DAESH continue à servir nos intérêts sans avoir à risquer une confrontation avec les Russes et la régionalisation du conflit. Mais Obama, Catherine Ashton, Federica Mogherini, et les pleutres dirigeants de l’Europe avaient peur de froisser le dictateur constitutionnel turc et l’ont laissé agir. Or les arrangements diplomatiques ne justifient jamais de ne pas prendre les décisions qui s’imposent du point de vue stratégique. L’Occident, qui est en train de s’empêtrer en Syrie, en fait une nouvelle fois l’expérience. Comme s’il était incapable de retenir les leçons de l’histoire.   « L’autoroute chiite » permettrait, premièrement, pour Téhéran, de maintenir le contrôle des territoires conquis. Ensuite de fournir des armes lourdes et encombrantes, dans ces pays, à ses supplétifs. Et pour finir, de dépêcher des conseillers et des soldats dans tout le Moyen-Orient, y compris à la frontière d’Israël, afin d’y instiller l’instabilité et d’y combattre les alliés sunnites de Jérusalem. Mena press
Les forces régulières iraniennes ont profité du vide créé par le retrait de l’Etat islamique et ont conquis les étendues désertiques de la Syrie centrale et orientale. J’estime que l’Iran contrôle maintenant plus de 60% de la Syrie, à la fois directement par les forces régulières des Gardiens de la révolution et indirectement par le Hezbollah et d’autres milices chiites, il s’agit de terrains désertiques à faible densité de population. Les forces militaires iraniennes en Syrie ont des bases importantes qui leur donnent toute liberté d’action. D’abord et avant tout parmi ces bases se trouve l’aéroport de Palmyre qui permet à l’Iran de transférer vers la Syrie par voie aérienne, par des vols directs en provenance d’Iran n’importe quel équipement militaire en particulier des missiles, des obus et d’autres types de munitions. (…) Cela met en évidence un changement fondamental dans le comportement iranien: jusqu’à récemment, l’Iran utilisait des vols commerciaux déguisés pour transférer des armes et des missiles à l’aéroport international de Damas (…) Mais (…)  (…) L’Iran est en train de devenir dans les faits une puissance régionale qui contrôle militairement un immense territoire, de l’Asie centrale à la Méditerranée. Le détail important dans ce contexte est que tout cela se déroule sous l’œil vigilant des deux puissances mondiales, la Russie et les États-Unis, chacune selon son intérêt. Pour les Russes, il s’agit de renforcer le régime d’Assad et d’éliminer toutes les organisations sunnites financées et conseillées par l’Arabie saoudite et les autres Etats arabes sunnites y compris la Turquie. Poutine a réussi à apprivoiser Erdogan qui désormais craint davantage les Kurdes de Syrie qu’il ne déteste Assad et ses alliés iraniens et il est ainsi devenu un maillon important dans la coalition russo-iranienne qui soutient Assad. Les Etats-Unis ont observé le renforcement militaire de l’Iran en Syrie, qui a commencé il y a quatre ans sans s’y être opposés sérieusement, sauf récemment en abattant des drones, un petit coup pour l’Iran. Jusqu’en janvier 2017, les États-Unis ont laissé faire parce qu’Obama a voulu favorisé l’hégémonie des Chiites arabes et iraniens sur le Mashreq, monde arabe situé à l’Est d’Israël, alors que le Maghreb resterait une zone sunnite. Depuis que Trump est entré dans la Maison Blanche, l’objectif principal de l’action américaine en Syrie est la destruction de l’Etat islamique. Les Forces américaines sont engagées principalement dans la formation de forces rebelles modérées et dans l’alliance avec les Kurdes qui avec l’aide des forces aériennes américaines vont éliminer Abou Bakar Al Bagdadi et son Etat. La raison a été la crainte des Américains et des Européens que le modèle politique terroriste de l’Etat islamique devienne un modèle de réussite dans la conscience des musulmans ce qui pourrait conduire à la multiplication de colonies d’Etats islamiques à travers le monde, y compris en Europe, sur la base des communautés musulmanes locales. Il est également possible qu’il y ait une entente entre le gouvernement Trump et les Russes permettant à l’Iran de contrôler les parties centrale et orientale de la Syrie  qui n’intéressent pas les Russes afin que ces zones ne deviennent pas un asile pour l’Etat islamique suivant l’amère expérience des Américains en Afghanistan où les Talibans ont repris le contrôle de vastes territoires alors qu’ils avaient été vaincus. Les forces de la coalition chiite qui ont envahi la Syrie (Iraniens, Libanais, Irakiens, Afghans) sont en train d’effectuer un nettoyage ethnique visant les citoyens syriens sunnites dans différentes régions du pays en les expulsant pour installer dans leurs maisons et dans leurs communautés des immigrants chiites de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan. Ainsi, suite aux mauvaises intentions de l’administration Obama et aux choix prioritaires de l’administration Trump, l’Iran est devenu le vainqueur manifeste de la guerre en Syrie. Personne dans le monde ne réussira à chasser l’armée iranienne de Syrie et nous devons – en Israël, en Europe et aux Etats-Unis – s’habituer au fait que l’Iran s’étend désormais sur une grande partie de l’Irak, de la Syrie et du Liban. (…) L’Iran est le vainqueur éclatant, ultime de la guerre civile en Syrie, et le plus tôt, nous en Israël et dans le monde, nous le reconnaitrons, le mieux sera pour nous et pour le monde entier. Mordechai Kedar

Attention: un triomphe peut en cacher un autre !

A l’heure où nos médias nous abreuvent quotidiennement d’images et de communiqués chaque fois plus triomphants de la chute programmée et en cours de l’Etat islamique …

Et où commence le retour lui aussi programmé en Europe des djihadistes aguerris s’apprêtant notamment à rejoindre les quelque 15 000 fichés S et leurs amis prieurs de rue répartis sur le territoire français …

Pendant que comme aux plus beaux jours du Londonistan et entre deux attentats islamistes, Londres laisse appeler dans ses rues drapeau du Hezbollah en tête à la destruction d’Israël …

Et que dans la bouche du néo-filloniste président Macron, Paris appelle en Syrie à la coopération avec Poutine …

Qui prend la peine de rappeler (merci Danilette) …

Derrière la course de vitesse qui est en train de se jouer entre les différentes forces sur le terrain, y compris russes et américaines …

Une autre conséquence jusqu’ici oubliée du funeste retrait des troupes américaines décidées par Obama à la veille de sa réélection de 2012 …

A savoir après celle du feu vert accordé à l’Iran pour l’arme nucléaire

Et le basculement – la nature ayant horreur du vide – de toute la partie sunnite de l’Irak et de la Syrie dans les bras des djihadistes de Rakka …

L’ultime triomphe iranien de la création d’une véritable autoroute Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth

Permettant au régime terroriste de Téhéran d’acheminer dorénavant en toute tranquillité par la route …

Non seulement les armes et missiles qu’il transférait jusque là par vols commerciaux déguisés à ses supplétifs libanais …

Mais toutes espèces d’armes lourdes, conseillers et soldats à la porte même d’Israël ?

L’Iran a conquis la Syrie
Mordechai Kedar
Adapté par Danilette
2 juillet 2017

Depuis les deux dernières années, nous nous sommes habitués au fait que la Russie a transporté des forces armées en Syrie et contrôle la bande côtière, ses ports et deux bases aériennes. Nous nous sommes également habitués à voir le Hezbollah et les milices libanaises chiites impliqués dans le conflit syrien apportant un renfort important à l’armée d’Assad. Nous avons entendu que d’autres milices chiites supplémentaires sont arrivées d’Irak, Afghanistan sous le commandement des Gardiens de la révolution et que de temps en temps ces forces chiites enregistrent des pertes sur le sol syrien. L’impression qui en résulte est que l’Iran a envoyé plusieurs gangs chiites combattre des gangs sunnites sur le sol syrien.

Mais la situation sur le terrain est totalement différente, car les forces iraniennes qui se trouvent en Syrie ne sont plus depuis longtemps des  gangs ou des milices mais une véritable armée à tout point de vue, dirigée par les Gardiens de la révolution, avec des unités d’infanterie, des commandos, des chars, de l’artillerie, une force aérienne, des unités de renseignements et de logistique et cela s’est construit peu à peu au cours des quatre années écoulées, pratiquement sans couverture médiatique.

L’opération militaire la plus importante effectuée par l’armée iranienne en Syrie a été la libération de la ville d’Alep dans le nord de la Syrie qui s’est terminé en décembre 2016. Cette opération a été une coopération entre la Russie et l’Iran, les forces aériennes russes bombardant alors que les forces iraniennes et le Hezbollah et les autres milices chiites d’infanterie avançaient sur le terrain pour transférer les zones libérées à l’armée d’Assad.

Depuis le début de 2017, l’Iran étend son contrôle sur les déserts central et méridional de la Syrie dont certaines parties étaient contrôlées par l’Etat islamique sunnite jusqu’à il y a quelques mois. Aujourd’hui, cette organisation se bat pour sa survie à trois endroits : dans la ville irakienne de Mossoul, dans sa « capitale », la ville de Raqqa en Syrie et à Deir ez-Zor en Syrie orientale. Quand Mossoul tombera aux mains de l’armée irakienne alors très probablement, Raqqa et Deir al-Zour tomberont à leur tour.

Les forces régulières iraniennes ont profité du vide créé par le retrait de l’Etat islamique et ont conquis les étendues désertiques de la Syrie centrale et orientale. J’estime que l’Iran contrôle maintenant plus de 60% de la Syrie, à la fois directement par les forces régulières des Gardiens de la révolution et indirectement par le Hezbollah et d’autres milices chiites, il s’agit de terrains désertiques à faible densité de population.

Les forces militaires iraniennes en Syrie ont des bases importantes qui leur donnent toute liberté d’action. D’abord et avant tout parmi ces bases se trouve l’aéroport de Palmyre qui permet à l’Iran de transférer vers la Syrie par voie aérienne, par des vols directs en provenance d’Iran n’importe quel équipement militaire en particulier des missiles, des obus et d’autres types de munitions.

Israël était très préoccupé et cette année des cibles ont été attaquées dans la région de Palmyre. Selon des sources étrangères, les cibles visées étaient des dépôts de missiles importés d’Iran.

Cela met en évidence un changement fondamental dans le comportement iranien: jusqu’à récemment, l’Iran utilisait des vols commerciaux déguisées pour transférer des armes et des missiles à l’aéroport international de Damas, et selon des sources étrangères, Israël a attaqué à plusieurs reprises ces entrepôts dans l’aéroport et aux alentours. Les Iraniens en ont conclu que le renseignement israélien a recruté des citoyens syriens travaillant dans l’aéroport ou vivant à proximité qui lui servent de sources d’information. La proximité géographique de Damas permet à l’armée israélienne d’agir efficacement contre des cibles près de la capitale syrienne.

Cependant, l’aéroport de Palmyre se trouvent à des centaines de kilomètres d’Israël, la région est peu peuplée et il est plus difficile d’y trouver des sources d’information sur les transferts d’armes iraniennes. Mais Israël a quand même réussi à lancer une attaque sur Palmyre à partir d’autres sources d’information. Cette question montre comment la guerre des renseignements continue même si le public n’en a pas connaissance, ce qui est mieux.

Récemment des informations ont fait état du fait que l’Iran a mis en service un autre aéroport, Alsin qui se trouve dans le sud de la Syrie dans la région d’Al Tanaf proche de la frontière triangulaire entre la Syrie, l’Irak et la Jordanie, dans cet endroit il y a un poste-frontière entre l’Irak et la Syrie et son contrôle permet aux Iraniens de déplacer des forces sans entrave jusqu’au Liban  qui est déjà depuis longtemps sous le contrôle effectif du Hezbollah, la branche libanaise de la pieuvre iranienne.

L’Iran est en train de devenir dans les faits une puissance régionale qui contrôle militairement un immense territoire, de l’Asie centrale à la Méditerranée.

Le détail important dans ce contexte est que tout cela se déroule sous l’œil vigilant des deux puissances mondiales, la Russie et les États-Unis, chacune selon son intérêt. Pour les Russes, il s’agit de renforcer le régime d’Assad et d’éliminer toutes les organisations sunnites financées et conseillées par l’Arabie saoudite et les autres Etats arabes sunnites y compris la Turquie. Poutine a réussi à apprivoiser Erdogan qui désormais craint davantage les Kurdes de Syrie qu’il ne déteste Assad et ses alliés iraniens et il est ainsi devenu un maillon important dans la coalition russo-iranienne qui soutient Assad.

Les Etats-Unis ont observé le renforcement militaire de l’Iran en Syrie, qui a commencé il y a quatre ans sans s’y être opposés sérieusement, sauf récemment en abattant des drones, un petit coup pour l’Iran. Jusqu’en janvier 2017, les États-Unis ont laissé faire parce qu’Obama a voulu favorisé l’hégémonie des Chiites arabes et iraniens sur le Mashreq, monde arabe situé à l’Est d’Israël, alors que le Maghreb resterait une zone sunnite.
Depuis que Trump est entré dans la Maison Blanche, l’objectif principal de l’action américaine en Syrie est la destruction de l’Etat islamique. Les Forces américaines sont engagées principalement dans la formation de forces rebelles modérées et dans l’alliance avec les Kurdes qui avec l’aide des forces aériennes américaines vont éliminer Abou Bakar Al Bagdadi et son Etat. La raison a été la crainte des Américains et des Européens que le modèle politique terroriste de l’Etat islamique devienne un modèle de réussite dans la conscience des musulmans ce qui pourrait conduire à la multiplication de colonies d’Etats islamiques à travers le monde, y compris en Europe, sur la base des communautés musulmanes locales.

Il est également possible qu’il y ait une entente entre le gouvernement Trump et les Russes permettant à l’Iran de contrôler les parties centrale et orientale de la Syrie  qui n’intéressent pas les Russes afin que ces zones ne deviennent pas un asile pour l’Etat islamique suivant l’amère expérience des Américains en Afghanistan où les Talibans ont repris le contrôle de vastes territoires alors qu’ils avaient été vaincus.

Les forces de la coalition chiite qui ont envahi la Syrie (Iraniens, Libanais, Irakiens, Afghans) sont en train d’effectuer un nettoyage ethnique visant les citoyens syriens sunnites dans différentes régions du pays en les expulsant pour installer dans leurs maisons et dans leurs communautés des immigrants chiites de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan.

Ainsi, suite aux mauvaises intentions de l’administration Obama et aux choix prioritaires de l’administration Trump, l’Iran est devenu le vainqueur manifeste de la guerre en Syrie. Personne dans le monde ne réussira à chasser l’armée iranienne de Syrie et nous devons – en Israël, en Europe et aux Etats-Unis – s’habituer au fait que l’Iran s’étend désormais sur une grande partie de l’Irak, de la Syrie et du Liban. Le Hezbollah libanais est désormais relié avec l’Iran et c’est la raison pour laquelle Hassan Nasrallah se sent tellement sûr face à Israël qui hésite même à établir un mur de béton sur son territoire pour protéger ses citoyens contre les snipers du Hezbollah.

Il y a deux ans, alors que la Syrie était pleine désintégration, il y avait des Israéliens pour prétendre que la situation sécuritaire d’Israël s’était améliorée, qu’il n’y avait plus de menaces de la part de la Syrie et que le Hezbollah s’était profondément englué dans la boue syrienne !

Aujourd’hui l’évaluation est complètement différente : à la place de la Syrie, nous avons l’Iran comme voisin immédiat et le Hezbollah n’est plus une organisation isolée au Liban mais un bras important des forces iraniennes vraiment dures et menaçantes, stationnées à une courte distance de la frontière iranienne.

Le pire, c’est le fait que les média israéliens, même s’ils rapportent de temps en temps des nouvelles des forces iraniennes en Syrie, ne montrent pas une image de la situation menaçante résultant de la présence iranienne reliant les points sur la carte du pays qui était autrefois la Syrie.

L’Iran est le vainqueur éclatant, ultime de la guerre civile en Syrie, et le plus tôt, nous en Israël et dans le monde, nous le reconnaitrons, le mieux sera pour nous et pour le monde entier.

Voir aussi:

Syrie : le risque d’affrontement direct USA-Russie a soudainement augmenté
Stéphane Juffa
avec Jean Tsadik et Perwer Emmal
Mena press
21 juin 2017

L’US Air Force abat un Soukhoï syrien. Premiers combats entre les Kurdes et l’Armée gouvernementale.

Pendant que les Forces Démocratiques Syriennes, à forte prééminence kurde, combattent désormais à l’intérieur de Raqqa, où elles ont entamé une manœuvre en tenaille pour couper les quartiers nord de la capitale de l’Etat Islamique (DAESH) du reste de la cité de 200 000 habitants, nous avons assisté, ces trois derniers jours, à une extension majeure du conflit en Syrie.

D’abord, profitant de l’affaiblissement notoire de DAESH, qui se trouve acculé par les FDS et leurs alliés américains sur l’ensemble du front, l’Armée gouvernementale d’al Assad, soutenue par la milice chiite libanaise du Hezbollah, et de plus en plus massivement par des soldats réguliers iraniens, a, pour la première fois, attaqué les FDS.

Les combats se sont déroulés dimanche dans la localité de Ja’din (carte), à 40km au sud-ouest de Raqqa. A 17h43 GMT, ce jour-là, un Soukhoï-22 gouvernemental a largué des bombes sur les positions des FDS dans ce secteur, blessant plusieurs combattants.

L’appareil a immédiatement été abattu par un F/A-18 de l’U.S Air Force, en vertu des règles d’engagement au sein de la coalition et du principe de légitime défense, d’après un communiqué du commandement de la coalition.

« Les projets et les actes hostiles des forces pro-régime à l’encontre de la coalition et de ses partenaires en Syrie qui mènent des opérations anti-EI légitimes, ne seront pas tolérés », a précisé le communiqué.

On y lit encore que la coalition internationale « ne cherche pas à attaquer le régime syrien, les forces russes ou les forces pro-régime qui collaborent avec eux, mais elle n’hésitera pas à défendre la coalition ou ses partenaires face à toute menace éventuelle ».

L’incident a été suivi par des combats au sol opposant l’axe Assad-Iran-Hezbollah aux FDS. Ces dernières ont menacé explicitement le régime de Damas, au cas où les affrontements s’amplifieraient dans la périphérie de Raqqa, de s’emparer des quartiers et de l’aéroport de Qamishli, à 370km au nord-est, où des forces gouvernementales, complètement encerclées par les Peshmerga kurdes, sont encore tolérées. Le même sort serait réservé au minuscule détachement gouvernemental à Assaké.

Ja’din se trouve à proximité immédiate du carrefour stratégique de Resafa, pour l’instant toujours partiellement aux mains de DAESH, qui conduit à Raqqa au Nord, et à Deïr ez Zor au sud-est. Deïr ez-Zor, où la 104ème brigade d’élite aéroportée de la garde Républicaine gouvernementale, commandée par le Brigadier-Général Issam Zahreddine, se trouve complètement encerclée par DAESH depuis deux ans.

Depuis, selon nos informations, les affrontements entre les Forces Démocratiques Syriennes et l’alliance pro-Assad ont cessé, mais les deux armées se regardent en chiens de faïence à quelques kilomètres l’une de l’autre.

Les Russes menacent directement les Américains

En revanche, suite à l’interception du Soukhoï syrien, les relations entre les Russes et les Américains se sont dégradées, au point de courir le risque d’une confrontation armée entre eux. Tout d’abord, avant-hier, lundi, Moscou a déclaré la suspension du canal de communication militaire avec Washington. Car, pour les Russes, les Américains auraient dû l’utiliser afin de prévenir qu’ils s’apprêtaient à abattre le bombardier de leur allié.

Bien plus inquiétant encore, le ministère russe de la Guerre a annoncé que « ses moyens de défense antiaérienne et ses avions suivraient et prendraient pour cibles les appareils et les drones de la coalition évoluant à l’ouest [au sud, dans la région de Raqqa] de l’Euphrate ». Presqu’au même moment, le gouvernement de Vladimir Poutine avait annoncé, plus globalement encore, qu’ « il pointerait ses missiles vers tout avion de la coalition internationale survolant la Syrie ».

Rien ne dit que le Tzarévitch mettra sa menace à exécution, mais il y a lieu de la prendre au sérieux. C’est par exemple ce qu’ont déjà fait les Australiens, qui ont décidé, par mesure de précaution, d’interrompre leurs missions d’attaque en Syrie, après que le Kremlin a déclaré considérer à partir de maintenant les appareils de la coalition comme des « cibles ».

Le contingent australien compte trois cents hommes, six chasseurs-bombardiers F/A-18, un appareil de surveillance et d’alerte avancée E-7A, et un avion de transport et de ravitaillement aérien KC-30A.

Quant aux Américains, dans un souci d’apaisement, ils ont annoncé vouloir rétablir le canal de communication, mais ils ont également déclaré qu’ils réagiraient sans état d’âme à toute attaque visant leurs avions.

En sus de plusieurs douzaines de chasseurs et de bombardiers dont disposent les Russes en Syrie, et qui ont déjà tué des dizaines de milliers de personnes, ils ont également déployé des systèmes de défense antiaériens S-300 et S-400, qui passent pour très performants. Reste que notre analyse est sans appel : les Russes, malgré leur équipement, ne sont pas de taille à se mesurer aux Américains en Syrie ; ce, même si une confrontation armée ne serait assurément pas une partie de plaisir pour les fils de l’Oncle Sam et qu’ils y perdraient des plumes.

La vraie préoccupation est celle d’éviter un affrontement militaire ente les deux plus grandes puissances militaires du globe. Ce, alors que Vladimir Poutine bluffe manifestement, dans le plus pur style de ses prédécesseurs soviétiques, voulant donner l’impression qu’il n’hésiterait pas un instant avant d’actionner la détente de son pistolet. A Métula, nous pensons au contraire qu’il y réfléchira à plusieurs fois avant de se lancer dans une telle aventure dans laquelle il n’a rien à gagner.

L’Iran tire sept de ses missiles les plus précis sur Deïr ez-Zor, seulement deux y parviennent

L’autre nouvelle, c’est le lancement par l’Iran de sept missiles balistiques sol-sol de portée intermédiaire Zulfiqar [le nom du sabre recourbé d’Ali, qu’il aurait reçu des mains du Prophète Mahomet. Ali fut le 4ème calife de l’islam et le 1er imam du chiisme] sur les positions de l’Etat Islamique dans la ville de Deïr ez-Zor.

Ces fusées étaient considérées jusqu’à dimanche comme les plus précises de l’arsenal des ayatollahs, et capables de parcourir entre 7 et 800km. Dimanche, à partir de la ville perse de Kermanshah, ils n’avaient à survoler que 450km, pourtant rien ne s’est passé comme prévu par la dictature chiite. Seuls deux missiles ont atteint leur but, n’infligeant que des dommages mineurs aux islamistes, tandis que trois autres explosaient sur le territoire irakien, et que les deux restants manquaient leur cible de plusieurs kilomètres, explosant dans des zones non habitées de Syrie.

Ce qui devait constituer un message d’intimidation destiné aux USA, aux sunnites et à Israël, de l’aveu même de la presse téhéranaise, a tourné en eau de boudin. Il en faudra beaucoup plus pour impressionner Jérusalem, dont les missiles frappent leurs cibles au mètre près en Syrie. Les Hébreux sont parés pour administrer une correction aux apprentis sorciers iraniens, s’il leur prenait la très mauvaise idée de se frotter à Israël ; à Téhéran, les décideurs ont probablement tiré les leçons de ce fiasco. Tandis qu’à Jérusalem, on se contente, comme l’a répété Binyamin Netanyahu, « de surveiller l’activité de l’Iran en Syrie ».

Deux incidents graves pour un même enjeu

La bataille de Raqqa, du point de vue stratégique, est une affaire classée. L’unique inconnue consiste à savoir combien de temps les 3 000 miliciens islamistes de DAESH acculés et encerclés dans la ville résisteront aux 20 000 combattants kurdes, à leurs 4 000 alliés tribaux arabes dans les FDS, et à l’extraordinaire puissance de feu des avions, des canons et des commandos américains.

On ne voit pas les Alaouites, les Syriens, les chiites libanais ou les Russes se risquer à déranger la ripaille ; pour Raqqa, ils arrivent trop tard.

Le véritable enjeu des incidents de dimanche se nomme Deïr ez-Zor, la ville située à 125km en aval de Raqqa sur l’Euphrate. Pour l’Armée d’Assad, appuyée par ses acolytes perses et libanais, qui, depuis l’offensive victorieuse des FDS face à l’Etat Islamique – mais uniquement à partir de ce moment – progresse sur trois fronts, nord, centre et sud, l’objectif est d’arriver à Deïr ez-Zor avant les Américains et leurs alliés kurdes.

D’abord pour libérer les soldats gouvernementaux encerclés, mais c’est secondaire, car la finalité stratégique de cette course poursuite, c’est l’occupation de la frontière avec l’Irak afin de permettre la consolidation du corridor terrestre chiite : Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth.

Pour l’Amérique, ses alliés européens, arabes et israéliens, le but stratégique est bien sûr inverse. Nombre d’analystes se demandent cette semaine si les menaces russes et les tirs de missiles iraniens, n’avait pas pour but de tester les Américains et Donald Trump. Pour savoir jusqu’où le nouveau président U.S est prêt à impliquer son armée pour empêcher les Iraniens de parvenir à leur fin.

Nous l’ignorons pour le moment, et ne sommes pas absolument certains que M. Trump ait déjà décidé. Nous sentons les conciliabules se multiplier à Washington et sommes fort intéressés à connaître la position finale qu’adopteront les Etats-Unis.

L’enjeu du questionnement est considérable. De l’ « autoroute chiite » dépend par exemple l’avenir du Liban, déjà sous le joug impitoyable de Téhéran mais que les ayatollahs doivent entretenir. Et aussi la confiance que Riyad, Le Caire, les Etats du Golfe et toute l’arabité sunnite ont placée en Donald Trump qui est venu la leur demander. Simplement dit : si Trump laisse les Iraniens et le régime prendre Deïr ez-Zor, la brève lune de miel entre le monde arabe et Trump sera déjà terminée.

On comprend soudain le rôle de contrepoids que jouait l’Etat Islamique (sunnite) dans l’est syrien pour contrecarrer l’expansion iranienne (chiite), bien plus menaçante pour les Occidentaux au niveau stratégique que la présence des djihadistes salafistes dans la région. Pendant que la coalition leur assène les derniers coups de boutoir à Raqqa, on réalise à Washington qu’il va falloir remplir le vide que va laisser DAESH le long de la frontière irakienne si l’on ne veut pas perdre la Guerre de Syrie et d’Irak et participer à la création d’un empire persan au Proche et au Moyen-Orient. La neutralisation de l’Etat Islamique, qu’on accusait à tort de tirer les ficèles des attentats terroristes en Europe à partir de Raqqa et Mossoul, a été une erreur. Il suffisait de le circonscrire à l’Est et de couper son cordon ombilical avec Recep Erdogan pour que DAESH continue à servir nos intérêts sans avoir à risquer une confrontation avec les Russes et la régionalisation du conflit. Mais Obama, Catherine Ashton, Federica Mogherini, et les pleutres dirigeants de l’Europe avaient peur de froisser le dictateur constitutionnel turc et l’ont laissé agir. Or les arrangements diplomatiques ne justifient jamais de ne pas prendre les décisions qui s’imposent du point de vue stratégique. L’Occident, qui est en train de s’empêtrer en Syrie, en fait une nouvelle fois l’expérience. Comme s’il était incapable de retenir les leçons de l’histoire.

« L’autoroute chiite » permettrait, premièrement, pour Téhéran, de maintenir le contrôle des territoires conquis. Ensuite de fournir des armes lourdes et encombrantes, dans ces pays, à ses supplétifs. Et pour finir, de dépêcher des conseillers et des soldats dans tout le Moyen-Orient, y compris à la frontière d’Israël, afin d’y instiller l’instabilité et d’y combattre les alliés sunnites de Jérusalem.

Parmi les unités entretenues par Téhéran, la plus menaçante pour l’Etat hébreu est probablement celle du « Régiment du Golan ». Une petite organisation pestilentielle, initialement organisée par l’archi-terroriste assassin d’enfants Samir Kuntar, neutralisé par les Israéliens en plein cœur de Damas en décembre 2015, qui regroupe des commandos des Gardiens de la Révolution khomeyniste, des chefs du Hezbollah libanais et des Druzes égarés, qui ont déjà changé plusieurs fois de camp.

Eh bien la Ména livre en exclusivité à ses lecteurs l’information qu’elle a reçue de ses amis du côté syrien du Golan : Majid Hammoud, le chef du « Régiment du Golan » et successeur de Kuntar, aurait été liquidé samedi dernier dans la ville de Khan Arnabeh, à 6km d’Israël, qui abrite le quartier général de cette organisation. La neutralisation de Hammoud succède à celle, le 19 mars dernier, de Yasser Hussein al-Sayyed, qui avait précédé Majid Hammoud à son poste, où on ne vit ostensiblement pas jusqu’à l’âge de la retraite. Il avait été stoppé net dans son automobile par un drone alors qu’il se rendait à Damas. Deux ans plus tôt, le 18 janvier 2015, le jeune chef militaire du Hezbollah, Jihad Morgnieh, cinq autres membres de son organisation criminelle, de même qu’un général iranien de la Force al Quds [Jérusalem], Mohammad Ali Allahdadi, avaient également été éliminés alors qu’ils participaient à des activités du « Régiment du Golan », non loin de la frontière israélienne.

A noter que le weekend dernier, le Wall Street Journal a donné des indications concernant la coopération entre Tsahal et certaines unités de la rébellion, côté syrien du Golan, afin de contrer l’expansion iranienne et de préserver notre frontière. Des informations que les lecteurs de la Ména connaissent de manière bien plus détaillée que ce qu’a publié le WSJ depuis plusieurs années.

Voir également:

L’Iran teste les USA dans le Sud-Syrien
Jforum
Juin 7, 2017

Les principales puissances impliquées dans la guerre en Syrie sont éngagés dans une course visant à engranger le maximum de bénéfices tirés de l’effondrement de l’Etat Islamique, dans l’Est et le Sud de la Syrie. Les avancées continues des forces du régime syrien et demilices appuyées par l’Iran vers la base d’Al-Tanf tenue par les forces spéciales américaines et occidentales – ainsi que les avancées potentielles des deux côtés de la frontière irakienne – élève le risque d’affrontements supplémentaires susceptibles d’entraîner lers Etats-Unis et la Russie, bien que cette dernière n’aient pas voulu défier les Etats-Unis, après leurs frappes délibérée contre un convoi et des avions de chasse syriens.

Les brigades Sayyid al Shuhada contrôlées par Téhéran ont reconnu un mort et six blessés à la suite de cette frappe et ont posté une vidéo en ligne, faisant de cette frappe la première de la part des Etats-Unis contre de telles ms irakiennes pro-iraniennes au cours de cette guerre qui dure depuis 6 ans. 

La milice classe son appartenance aux Forces de Mobilisation Populaire (FMP) comme représentant sa 14ème Brigade.

Des forces spéciales américaines, britanniques et norvégiennes opèrent dans cette zone, aux côtés de groupes appartenant à l’Armée Libre Syrienne, depuis des mois.

Les forces soutenues, d’une part, par l’Iran, de l’autre par les Etats-Unis se sont confrontées du côté du carrefour de Zaza, près d’Al-Tanf, selon la  Brigade de l’Imam Ali et des groupes paramilitaires soutenus par les USA. Le mois dernier, des forces du régime avaient arraché le contrôle du carrefour aux forces appuyées par l’Amérique, plusieurs jours avant la frappe américaine.

Les groupes portant le label de l’Armée Libre Syrienne accusent la Russie d’avoir frappé leurs forces au cours d’une offensive sur Zaza. L’un d’eux prétend auprès de Reuters que des avions russes les auraient touchés alors qu’ils déferlaient sur les défenses des milices appuyées par l’Iran. Les responsables américains doivent encore se prononcer publiquement sur cette assertion. Si elle s’avérait vraie, cette frappe indiquerait que la Russie est décidée à passer à l’action contre les forces soutenues par les Etats-Unis, mais jusqu’à quelle point Moscou souhaite aller reste difficile à déterminer.

Voir encore:

Londres : le maire musulman Sadiq Khan autorise le drapeau du groupe terroriste Hezbollah à une marche anti-israélienne
La mairie de Londres a autorisé la tenue dimanche d’un rassemblement anti-israélien organisé par des sympathisants du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah.
Monde juif info
18 Juin 2017

Selon les organisateurs de la Journée d’Al-Quds, les participants ont été autorisés par la mairie à manifester avec le drapeau du groupe terroriste car l’aile politique du Hezbollah n’est pas une organisation proscrite par les autorités britanniques.

Les États-Unis, le Canada, l’Australie et la Ligue arabe ont placé le Hezbollah sur leur liste officielle des organisations terroristes. L’Union européenne ne considère pas l’ensemble du groupe comme terroriste mais a inscrit la branche militaire de l’organisation chiite sur sa liste noire, car « liée à des actes terroristes perpétrés sur le territoire européen ».

Instaurée en 1979 par l’Ayatollah Khomeini, fondateur de la République Islamique d’Iran, la Journée mondiale d’Al-Quds est un événement anti-israélien annuel destiné à protester contre le contrôle israélien sur Jérusalem (Al-Quds en arabe) et à exprimer la solidarité avec le peuple palestinien.

Au cours de cet événement, célébré dans le monde entier dans les communautés chiites, les manifestants scandent des slogans appelant à la destruction d’Israël et brûlent des drapeaux israéliens.

Voir encore:

Pourquoi la paix continue d’être impossible entre Israël et Palestine
Pierre Rehov
Le Figaro
30/06/2017

FIGAROVOX/ANALYSE – Après dix ans de présence du Hamas dans la bande de Gaza, le reporter Pierre Rehov fait le point sur le conflit Israélo-Palestinien. Il rappelle quelles sont les raisons principales qui rendent la paix toujours aussi improbable.


Pierre Rehov est reporter, écrivain et réalisateur de documentaires, dont le dernier, «Unveiling Jérusalem», retrace l’histoire de la ville trois fois sainte.


Un adage largement admis par la sagesse populaire est malmené depuis près de soixante dix ans au Moyen Orient. «On ne peut faire la paix qu’avec ses ennemis». Car, encore faut-il être capable de définir l’ennemi.

La nébuleuse terroriste étant multicéphale, le monde musulman ayant, dans son ensemble, rejeté Israël depuis sa fondation et l’Autorité Palestinienne ne symbolisant qu’un point d’achoppement d’un conflit bien plus large, le simple fait d’avoir rebaptisé le conflit Israélo-Arabe (qui s’étend à l’Iran depuis la révolution de 1979 ) en conflit Israélo-Palestinien, cache une réalité bien plus vaste à laquelle Israël ne cesse d’être confronté.

S’il est tout à fait légitime de critiquer le gouvernement Israélien, comme celui de n’importe quel pays, et même de s’insurger contre nombre de ses politiques, il serait dommageable de passer à coté de certaines vérités, qui font que les israéliens s’inquiètent de la crédibilité du partenaire pour la paix que l’on tente de leur imposer.

1- L’Autorité Palestinienne verse des pensions aux responsables d’attentats terroristes et à leurs familles.

Tout en affirmant avoir une main tendue vers la réconciliation, Mahmud Abbas continue de consacrer une partie du budget de l’autorité palestinienne à la rémunération des terroristes enfermés dans les prisons israéliennes, de leurs familles et de celles dont les membres ont été éliminés au cours d’un attentat. La loi palestinienne est claire dans ce sens. Le montant des allocations et des pensions versées est proportionnel à la lourdeur de la peine, autrement dit au nombre des victimes, juives ou non juives, entrainé par le terroriste bénéficiaire.

Il s’agit d’une pratique décriée depuis longtemps par les gouvernements israéliens successifs et, depuis peu, par la Maison Blanche et certains gouvernements européens.

Pour l’Autorité Palestinienne, s’infiltrer dans une maison et assassiner une jeune fille endormie dans son sommeil, tirer à vue sur des consommateurs attablés à la terrasse d’un restaurant, ou se faire exploser au milieu d’adolescents devant une boite de nuit, est un acte de résistance contre l’occupation israélienne. Soit dit en passant, ces «actes contre l’occupation» étaient monnaie courante avant 1967 et la conquête par Israël des territoires préalablement occupés par l’Egypte et la Jordanie.

Selon le code civil palestinien, ces terroristes bénéficient du titre de mujahid (combattants) lorsqu’ils sont vivants, ou de shahid (martyrs) lorsqu’ils ont perdu la vie au cours de leur «mission».

Très récemment, Mahmud Abbas a été jusqu’à traiter le premier ministre israélien de «raciste» pour avoir osé affirmer que ces sommes monstrueuses, (7% du budget de l’AP) finançaient et incitaient au terrorisme. Interrogé sur la nécessité et la raison de cette pratique, il a répondu que c’était son «obligation sociale inscrite dans la loi».

Imaginons un instant la France voulant faire la paix avec Daesh, tandis que Daesh continue à promettre des retraites à vie et autres récompenses, à quiconque renouvellerait le massacre du Bataclan ou de la promenade des Anglais à Nice.

Impensable.

C’est pourtant la situation à laquelle est confrontée Israël, tant que son seul interlocuteur reste l’Autorité Palestinienne.

2 – Mahmud Abbas, élu pour 4 ans en 2005, est toujours au pouvoir

Ce simple fait affaiblit la position du Président de l’Autorité Palestinienne qui n’a donc aucune légitimité démocratique. Un moindre mal dans une région accoutumée aux dictatures. Mais si les dirigeants occidentaux continuent de lui accorder leur soutien total, c’est qu’il est talonné dans les sondages par l’organisation terroriste Hamas. En acceptant la moindre concession en faveur d’Israël, qui lui permettrait de retourner à la table de négociations, Abbas risque de perdre le peu de légitimité dont il bénéficie encore et peut-être même de se faire assassiner. Il ne souhaite pas, non plus, entrer dans l’histoire comme le premier dirigeant palestinien ayant normalisé ses relations avec l’ennemi sioniste.

3 – Les Arabes de Palestine ne sont pas prêts à renoncer au «droit au retour»

Si nombre d’exigences arabes sont négociables, il va sans dire que le droit au retour des descendants de descendants des «réfugiés» de 48, maintenus dans des camps par les pays arabes avoisinant, et privés de la quasi totalité de leurs droits, notamment au Liban et en Syrie, est une impossibilité majeure, qui entrainerait la disparition d’Israël sous un flot incontrôlable d’individus sans qualification et nourris dans la haine d’Israël.

Interrogé sur ce point, Abbas répond systématiquement que c’est leur droit inaliénable.

Sa vision de la paix, issue du concept «deux pays pour deux peuples» se résume à une Palestine judenrein ( dans laquelle aucun Juif ne serait toléré) d’un coté, et une nation multiculturelle de l’autre, que la démographie musulmane rendrait rapidement majoritaire.

Autrement dit, deux pays pour un peuple. Un concept inscrit dans la Charte du Fatah et de l’OLP, déclaré caduque par Yasser Arafat, mais qui n’en a jamais été retiré.

Incidemment, aucune mention n’est jamais faite du million de Juifs spoliés et chassés des pays arabes après 1948.

4 – Les manuels scolaires palestiniens ne reconnaissent pas l’existence de l’état d’Israël

Un rapport publié par l’Institut de Suivi de la Paix et de la Tolérance Culturelle, établit que «le programme pour les écoles élémentaires de l’AP, apprend aux élèves à être des martyrs, diabolise et nie l’existence d’Israël, et se concentre sur un retour à un pays exclusivement palestinien». Parmi les documents cités dans le rapport, il y a notamment des cartes dans lesquelles Israël ne figure pas et des passages qui semblent glorifier les attaquants. Récemment, l’UNRWA, organisation créée par l’ONU en 1948 pour venir au secours des réfugiés palestiniens, que l’on ne peut soupçonner de sympathie à l’égard d’Israël, s’est même insurgé contre le contenu des nouveaux manuels scolaires, provoquant l’ire de l’Autorité Palestinienne qui refuse d’en changer le contenu.

5 – L’Autorité Palestinienne voudrait faire annuler la declaration Balfour de 1917

En demandant à l’Angleterre de s’excuser un siècle plus tard pour la déclaration Balfour, qui promettait aux Juifs d’établir un foyer national sur leur terre ancestrale, et en manipulant l’UNESCO et autres organisations dépendant de l’ONU pour systématiquement diaboliser Israël, grâce à la majorité arabe automatique dont elle dispose et aux abstentions européennes, l’AP se met en porte à faux vis à vis des Accords d’Oslo, qui lui interdisent de tenter de résoudre le conflit en dehors de négociations directes.

6 – Yasser Arafat et Mahmud Abbas n’ont jamais accepté les propositions de paix faites par Israël

Arafat l’avait indiqué le 10 mai 1994, à la grande mosquée de Johannesburg, juste après avoir signé les accords d’Oslo. «Ce compromis n’a d’autre valeur que l’agrément accordé à la tribu Koraichi par le prophète Mahomet.» Autrement dit, tout accord avec Israël ne peut être que provisoire et avoir pour but sa disparition.

En août et septembre 2000, en réponse à la proposition de Ehud Barak de reconnaître un état Palestinien démilitarisé, sur 94% des territoires, avec Jérusalem Est pour capitale, et le partage des lieux saints, Yasser Arafat s’est enfui de Camp David, pour annoncer avec fierté à son peuple qu’il avait rejeté les pressions israéliennes et américaines. Résultat: la seconde indifada, avec son concert d’attentats terroristes et de représailles, faisant des milliers de victimes des deux cotés, et laissant à tout jamais deux peuples meurtris et méfiants.

Le successeur d’Arafat, considéré comme modéré comparativement à l’ancien chef terroriste, a également rejeté la proposition encore plus généreuse d’Ehud Olmert en 2006, qui lui aurait accordé le contrôle absolu de 98% des territoires, un droit au retour limité et le contrôle total du Mont du Temple, rebaptisé «Esplanade des mosquées». De fait, Mahmud Abbas n’a même jamais daigné répondre à Olmert, et s’en vante sous divers prétextes chaque fois qu’il en a l’occasion.

7 – Le retrait de Gaza a entrainé la prise de pouvoir du Hamas, et trois guerres meurtrières

La restitution du Sinaï à l’Egypte ayant abouti à un fragile accord de paix entre les deux pays, scrupuleusement respecté depuis, le Premier Ministre Ariel Sharon a voulu retenté l’expérience, en offrant l’intégralité de Gaza à l’Autorité Palestinienne en 2005, déracinant par la même occasion plus de 10,000 habitants juifs de la bande. L’idée était de faire de cette ancienne enclave égyptienne un nouveau Singapour, avec l’aide de la communauté internationale. Un coup d’état suivi d’une purge sanguinaire ont malheureusement conduit l’organisation terroriste Hamas au pouvoir. Les roquettes ont commencé de pleuvoir sur Israël, provoquant trois confrontations, en 2009, 2012 et 2014.

8 – L’Autorité Palestinienne voudrait obtenir en préalable à toute négociation l’intégralité de ce qui pourrait lui accordé en cas d’accord final

Mahmud Abbas le répète à l’envie. Toute négociation avec Israël doit être basée sur la création d’un Etat Palestinien dans les frontières de 67, avec Jérusalem pour capitale et une juste résolution du problème des réfugiés.

Autrement dit, en préalable à tout nouveau processus de paix, l’AP doit être garantie d’obtenir ce qu’elle souhaite, sans faire de son coté aucune concession.

Chaque fois qu’Israël s’insurge contre son intransigeance, l’AP l’accuse de détruire le processus de paix, ce qui la justifie d’avoir recour au terrorisme.

Ces huit points étant des faits incontestables, ont conduit l’actuelle administration américaine à reconsidérer son implication au Moyen Orient, après la visite expresse de Jason Greenblatt et Jared Kushner auprès des deux parties.

Mais la situation au Proche Orient s’affirmant de plus en plus volatile, un nouveau projet de processus plus global, impliquant les pays limitrophes semble se profiler à l’horizon.

Trump et ses conseillers, sans se ranger complètement du coté de la position israélienne, ont fini par comprendre qu’Israël n’a aucun intérêt à accepter une paix telle que définie par l’Autorité Palestinienne, et qui n’impliquerait pas la participation intégrale du monde arabe.

La confrontation décadaire pourrait bien de la sorte reprendre son identité de conflit Israelo-Arabe, duquel il ressortirait enfin un authentique projet de paix. Car on ne peut faire la paix qu’avec ses ennemis… dans leur ensemble et pas seulement avec la partie immergée de l’Iceberg.

Voir de plus:

L’Irak annonce la fin de «l’Etat illusoire» de Daesh après la prise de la mosquée Al-Nouri à Mossoul
Russia Today
29 juin 2017

Les forces irakiennes affirment avoir délogé les combattants de l’Etat islamique de la mosquée Al-Nouri de Mossoul, haut lieu symbolique de la ville mais également du pouvoir des djihadistes en Irak.

Les forces irakiennes ont annoncé ce 29 juin avoir pris le contrôle de la mosquée Al-Nouri de Mossoul, où Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’Etat islamique, avait donné en juillet 2014 son premier prêche en tant que chef de l’Etat islamique – sa dernière apparition publique connue à ce jour.

L’annonce a été faite par l’armée irakienne selon qui les Forces spéciales avaient pris la mosquée aux djihadistes. Un commandant des Forces spéciales a cependant précisé à l’AFP que le site n’avait pas encore été repris mais que ses forces étaient sur le point de le faire. «Le Service du contre-terrorisme (CTS) contrôle la mosquée Al-Nouri et (le minaret) Al-Hadba», a déclaré le Commandement des opérations conjointes dans un communiqué.

Mais le général Abdelwahab al-Saadi a, lui, affirmé que les forces irakiennes étaient près de s’emparer de la mosquée, et qu’elles se trouvaient à une vingtaine de mètres des lieux. Le général-brigadier Yahya Rasool se félicite de son côté d’une victoire qui, selon lui, marque un triomphe sur l’Etat islamique. «Leur Etat illusoire s’est effondré», s’est-il réjoui.

«Nous assistons à la fin du faux Etat de Daesh», a déclaré le Premier ministre irakien Haider al-Abadi en anglais sur son compte Twitter.

Ce bâtiment construit au XIIe siècle, ainsi que le minaret penché, connu sous le nom de «Hadba» (la bossue), détruits la semaine dernière par les djihadistes, étaient des monuments emblématiques de Mossoul, mais aussi symboliques du règne des terroristes dans la ville. C’est dans cette mosquée qu’Al-Baghdadi était apparu peu après que les djihadistes se furent emparés de la deuxième ville d’Irak, appelant dans un prêche les musulmans à lui obéir.

Le 22 juin dernier, la Russie annonçait la mort «très probable» d’Abou Bakr al-Baghdadi. «Il est hautement probable que le chef de l’Etat islamique [Abou Bakr] al-Baghdadi ait été éliminé par une frappe de l’aviation russe sur un centre de commandement situé dans la banlieue sud de la ville de Raqqa, à la fin du mois de mai», avait déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Oleg Syromolotov, citant des données collectées par le ministère de la Défense.

Voir enfin:

L’Etat islamique au bord de l’effondrement militaire et financier
L’EI a vu ses revenus divisés par 5 en quelques mois et est en passe de perdre ses capitales syrienne et irakienne
Yves Bourdillon
Les Echos
02/07/2017

Daech est aux abois. L’armée irakienne a repris jeudi, symbole fort, le site quasi détruit de la mosquée Al Nouri, où le chef de l’Etat islamique en Syrie et Irak (EI, Daech) avait proclamé le « califat » islamiste il y a exactement trois ans dans la ville irakienne de Mossoul. Vendredi, l’armée irakienne a annoncé que la victoire sur l’EI serait proclamée dans les prochains jours. Il ne resterait plus que 200-300 djihadistes dans un carré de quelques centaines de mètres de côté dans la vieille ville. Un général américain a confirmé le même jour que la reprise totale de Mossoul était « une question de jours ».

Parallèlement, les djihadistes sont désormais encerclés à Raqqa, la capitale syrienne de leur califat. Les forces kurdo-arabes soutenues par des commandos et l’aviation des Occidentaux ont coupé jeudi leur dernière voie de sortie. Londres estime que l’EI dispose encore de 2.500 combattants dans Raqqa.

60 % de territoire perdu

En sus de la chute imminente de ces deux places fortes, l’EI a perdu la plus grande partie de son territoire et de ses revenus, selon une évaluation divulguée jeudi par le cabinet de référence des questions militaires et de conflits, IHS Markit. A son apogée à l’été 2014, il assurait une souveraineté quasi étatique (armée, taxes, justice expéditive, versement d’allocations, administration) sur environ 8 millions de personnes et un territoire grand comme 4 régions françaises, quoique largement désertique. Depuis lors, il a perdu 60 % de ce territoire, estime IHS Markit (ex-Jane’s), dont 40 % depuis janvier.

Son effondrement financier est encore plus spectaculaire. Les revenus de l’EI sont tombés à 16 millions au deuxième trimestre 2017, exactement 5 fois moins qu’il y a deux ans. Les salaires des combattants avaient été divisés par 2, à 400 dollars par mois pour les djihadistes étrangers, début 2016 et auraient encore été baissés cette année. IHS ne donne pas d’indication sur les réserves de l’EI, censées avoir atteint 1 milliard de dollars en 2014 à la suite du pillage (non confirmé) de la succursale de la Banque centrale d’Irak à Mossoul.

Les revenus pétroliers de l’EI ont été divisés par 10 à cause de la chute mondiale des cours, de la destruction de ses puits par l’aviation russe et occidentale et des pertes de territoires. Les autres revenus de l’EI, trafic d’antiquités, racket et rançons, ont, pour leur part, été divisés par 5 en raison, là aussi, de la perte de territoires, souligne Ludovico Carlino, analyste à IHS Markit.

700 Français dans ses rangs

« Le projet de gouvernance du califat a échoué », conclut Columb Strack, spécialiste du Moyen-Orient à IHS. Mais IHS estime que l’EI va tenter d’intensifier sa campagne terroriste en Occident pour compenser ses pertes territoriales. Les pressions des gouvernements égyptien et saoudien sur les religieux pour qu’ils interprètent le Coran dans un sens « plus moderne » risquent de pousser certains conservateurs à basculer dans la violence, avertit IHS, qui affirme que le « risque terroriste va augmenter ». Paris estime que 700 Français ont rejoint l’EI. Quelque 200 d’entre eux sont revenus et un nombre équivalent a été abattu. C’est de loin le plus fort contingent parmi les 3.000 djihadistes européens.


PMA pour tous: C’est la majorité qui choisit son opposition (If the people fail you, change the people: After its recent electoral hold up, France goes for an ethical hold up over assisted reproduction for lesbians)

1 juillet, 2017
http://www.thehindu.com/opinion/lead/article17752912.ece/ALTERNATES/LANDSCAPE_615/edit-31-3
Bannière déployée par des militants des droits des homosexuels devant la Chancellerie, à Berlin, le 30 avril. 
Après l’insurrection du 17 juin, le secrétaire de l’Union des Écrivains fit distribuer des tracts dans la Stalinallée. Le peuple, y lisait-on, a par sa faute perdu la confiance du gouvernement et ce n’est qu’en redoublant d’efforts qu’il peut la regagner. Ne serait-il pas plus simple alors pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? Bertold Brecht (La Solution, 1959)
L’enfant a le droit à un nom dès la naissance. Il a également le droit d’ acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, de connaître ses parents et d’être élevé par eux. Convention internationale des droits de l’enfant (article 7, 1989)
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. Chesterton
Si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose pour une majorité?  (…) Le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs. Tocqueville
L’oppression mentale totalitaire est faite de piqûres de moustiques et non de grands coups sur la tête. (…) Quel fut le moyen de propagande le plus puissant de l’hitlérisme? Etaient-ce les discours isolés de Hitler et de Goebbels, leurs déclarations à tel ou tel sujet, leurs propos haineux sur le judaïsme, sur le bolchevisme? Non, incontestablement, car beaucoup de choses demeuraient incomprises par la masse ou l’ennuyaient, du fait de leur éternelle répétition.[…] Non, l’effet le plus puissant ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu’on était forcé d’enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente. Victor Klemperer (LTI, la langue du IIIe Reich)
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
Si j’étais législateur, je proposerais tout simplement la disparition du mot et du concept de “mariage” dans un code civil et laïque. Le “mariage”, valeur religieuse, sacrale, hétérosexuelle – avec voeu de procréation, de fidélité éternelle, etc. -, c’est une concession de l’Etat laïque à l’Eglise chrétienne – en particulier dans son monogamisme qui n’est ni juif (il ne fut imposé aux juifs par les Européens qu’au siècle dernier et ne constituait pas une obligation il y a quelques générations au Maghreb juif) ni, cela on le sait bien, musulman. En supprimant le mot et le concept de “mariage”, cette équivoque ou cette hypocrisie religieuse et sacrale, qui n’a aucune place dans une constitution laïque, on les remplacerait par une “union civile” contractuelle, une sorte de pacs généralisé, amélioré, raffiné, souple et ajusté entre des partenaires de sexe ou de nombre non imposé.(…) C’est une utopie mais je prends date. Jacques Derrida
C’est le sens de l’histoire (…) Pour la première fois en Occident, des hommes et des femmes homosexuels prétendent se passer de l’acte sexuel pour fonder une famille. Ils transgressent un ordre procréatif qui a reposé, depuis 2000 ans, sur le principe de la différence sexuelle. Evelyne Roudinesco
Je suis personnellement favorable à ce que la PMA soit accessible à tous. Marisol Touraine (ministre de la santé)
La disparition de la paternité risque de générer des situations extrêmement complexes pour tous les époux, de même sexe ou non. Le texte ne dit mot par exemple de ce que devient la présomption de paternité, actuellement fondée sur l’obligation de fidélité des époux. Il en résulte une présomption que les enfants mis au monde par la femme sont les enfants du mari. Mais, comme il est possible que ce ne soit pas le cas, cette présomption peut être combattue et renversée par la preuve que le mari n’est pas le père. Dans le cas d’un conjoint du même sexe, parler de « présomption de parenté » est un non-sens juridique car il y a juste désignation. Comment le juge va-t-il départager un éventuel « conflit de parenté » entre le père et la conjointe de la mère, ou bien entre la conjointe et l’amante de la mère? (…) c’est le mot même de filiation qui change de sens. Les mots mariage et parents sont employés comme si de rien n’était alors qu’ils ne peuvent plus désigner ce que sont les époux et les parents. Pour désigner les parents, on introduit l’arbitraire avec le choix dicté par l’ordre alphabétique entre les noms des adoptants. Aude Mirkovic (maître de conférences en droit privé, Université d’Evry)
La lisibilité de la filiation, qui est dans l’intérêt de l’enfant, est sacrifiée au profit du bon vouloir des adultes et la loi finit par mentir sur l’origine de la vie.  Conférence des évêques
Parler de «PMA» pour les couples de lesbiennes n’a pas de sens et la plupart des gens ne savent pas ce que ce sigle recouvre. Il faudrait en fait parler de l’IAD, c’est à dire d’ «insémination artificielle avec donneur», et précisons, «donneur anonyme». Or c’est l’anonymat qui me pose problème, pour les couples de femmes comme pour les couples hétérosexuels. On a décidé de ne pas regarder la stérilité en soi, mais «l’infertilité» des couples. Du coup, on masque le fait que dans le cas des couples hétérosexuels c’est l’homme qui est stérile. Il n’est pas le père de l’enfant. Toute cette histoire est batie sur un mensonge dont la première victime est l’enfant. De quel droit est-ce que je m’autoriserais à priver l’enfant de la connaissance de ses origines? De plus l’ouverture de l’IAD à toutes les femmes poserait le problème de la rareté des gamètes. Contrairement à ce qu’on imagine aujourd’hui, les donneurs de gamètes sont peu nombreux. Il y a seulement 250 donneurs de sperme en France. Et on nous dit que ce n’est pas suffisant pour répondre à la demande des couples hétérosexuels stériles qui doivent attendre un an et quelque fois plus avant de commencer le long processus de procréation médicalement assistée. Où trouver les gamètes manquantes? En payant les donneurs de sperme? On risque d’ouvrir la porte à la marchandisation. En France, la gratuité est le rempart à la marchandisation. D’un simple point de vue pratique cette «ouverture» de la PMA à toutes les femmes est impraticable. Marie-Jo Bonnet
Si l’Ubérisation est une pratique économique permettant la mise en contact direct de professionnels et de clients pour l’utilisation de services internationaux, la pratique économique mondiale de la procréation artificielle y ressemble beaucoup par son aspect «plate-forme internationale» mettant en contact direct de nombreux intervenants de plusieurs pays grâce à internet. Concrètement, l’enfant peut être «fabriqué» par plusieurs «parents» provenant de plusieurs pays que les personnes soient fertiles ou pas. Ne soyons donc pas naïfs: derrière les modes progressistes et les prétendues évolutions sociétales qui désirent affranchir l’Homme de sa contingence, se trouve un marché juteux. L’enfant, lui, sera le grand oublié de l’affaire, ce que nous pourrions tous reconnaître, quelles que soient nos positions éthiques. Deux affaires récemment portées à la Cour Européenne des Droits de l’Homme démontrent que le sujet est plus que jamais d’actualité. La position du président Macron de se ranger à l’avis du CCNE et aux arrêts de la CEDH traduit un abandon moral et de souveraineté. Les deux récentes affaires portées à la CEDH démontrent les impasses juridiques vers lesquelles se dirige le législateur: la première concerne un couple de femmes françaises mariées désireux de bénéficier d’une insémination artificielle avec du sperme anonyme. Face à l’interdiction de législation française, elles ont recours à la CEDH pour contraindre la France à accéder à leur désir. La seconde a trait à la «double maternité» ou «Fécondation réciproque»: deux femmes allemandes en couple réclament toutes deux la reconnaissance de leur statut légal de mère. L’une des femm