Etat islamique: C’est la faute à Bush et aux i-phones ! (ISIS horrors: Blame it all on Bush and… i-phones !)

5 mars, 2015
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If we fail to respond today, Saddam and all those who would follow in his footsteps will be emboldened tomorrow. Some day, some way, I guarantee you, he’ll use the arsenal. President Clinton (February 1998)
[La mission des forces armées américaines et britanniques est d’]attaquer les programmes d’armement nucléaires, chimiques et biologiques de l’Irak et sa capacité militaire à menacer ses voisins (…) On ne peut laisser Saddam Hussein menacer ses voisins ou le monde avec des armements nucléaires, des gaz toxiques, ou des armes biologiques. » (…) Il y a six semaines, Saddam Hussein avait annoncé qu’il ne coopérerait plus avec l’Unscom [la commission chargée du désarmement en Irak (…). D’autres pays [que l’Irak possèdent des armements de destruction massive et des missiles balistiques. Avec Saddam, il y a une différence majeure : il les a utilisés. Pas une fois, mais de manière répétée (…). Confronté au dernier acte de défiance de Saddam, fin octobre, nous avons mené une intense campagne diplomatique contre l’Irak, appuyée par une imposante force militaire dans la région (…). J’avais alors décidé d’annuler l’attaque de nos avions (…) parce que Saddam avait accepté nos exigences. J’avais conclu que la meilleure chose à faire était de donner à Saddam une dernière chance (…).  Les inspecteurs en désarmement de l’ONU ont testé la volonté de coopération irakienne (…). Hier soir, le chef de l’Unscom, Richard Butler, a rendu son rapport au secrétaire général de l’ONU [Kofi Annan. Les conclusions sont brutales, claires et profondément inquiétantes. Dans quatre domaines sur cinq, l’Irak n’a pas coopéré. En fait, il a même imposé de nouvelles restrictions au travail des inspecteurs (…). Nous devions agir et agir immédiatement (…).  J’espère que Saddam va maintenant finalement coopérer avec les inspecteurs et respecter les résolutions du Conseil de sécurité. Mais nous devons nous préparer à ce qu’il ne le fasse pas et nous devons faire face au danger très réel qu’il représente. Nous allons donc poursuivre une stratégie à long terme pour contenir l’Irak et ses armes de destruction massive et travailler jusqu’au jour où l’Irak aura un gouvernement digne de sa population (…). La dure réalité est qu’aussi longtemps que Saddam reste au pouvoir il menace le bien-être de sa population, la paix de la région et la sécurité du monde. La meilleure façon de mettre un terme définitif à cette menace est la constitution d’un nouveau gouvernement, un gouvernement prêt à vivre en paix avec ses voisins, un gouvernement qui respecte les droits de sa population. Bill Clinton (16.12.98)
Dans l’immédiat, notre attention doit se porter en priorité sur les domaines biologique et chimique. C’est là que nos présomptions vis-à-vis de l’Iraq sont les plus significatives : sur le chimique, nous avons des indices d’une capacité de production de VX et d’ypérite ; sur le biologique, nos indices portent sur la détention possible de stocks significatifs de bacille du charbon et de toxine botulique, et une éventuelle capacité de production.  Dominique De Villepin
Il est maintenant clair que les assurances données par Chirac ont joué un rôle crucial, persuadant Saddam Hussein de ne pas offrir les concessions qui auraient pu éviter une guerre et le changement de régime. Selon l’ex-vice président Tareq Aziz, s’exprimant depuis sa cellule devant des enquêteurs américains et irakiens, Saddam était convaincu que les Français, et dans une moindre mesure, les Russes allaient sauver son régime à la dernière minute. Amir Taheri
Comme l’exemple d’usage chimique contre les populations kurdes de 1987-1988 en avait apporté la preuve, ces armes avaient aussi un usage interne. Thérèse Delpech
Les inspecteurs n’ont jamais pu vérifier ce qu’il était advenu de 3,9 tonnes de VX (…) dont la production entre 1988 et 1990 a été reconnue par l’Irak. Bagdad a déclaré que les destructions avaient eu lieu en 1990 mais n’en a pas fourni de preuves. En février 2003 (…) un document a été fourni [par Bagdad] à l’Unmovic pour tenter d’expliquer le devenir d’environ 63 % du VX manquant. Auparavant, les Irakiens prétendaient ne pas détenir un tel document. » Idem pour l’anthrax, dont l’Irak affirmait avoir détruit le stock en 1991. Mais, « en mars 2003, l’Unmovic concluait qu’il existait toujours, très probablement, 10 000 litres d’anthrax non détruits par l’Irak... Comme pour le VX, l’Irak a fourni à l’ONU, en février 2003, un document sur ce sujet qui ne pouvait permettre de conclure quelles quantités avaient été détruites … Thérèse Delpech
Je pense que c’est à cause de l’unanimité, tout le monde était contre la guerre, les gens étaient contents de lire dans les journaux combien la guerre était mauvaise, comme le président français l’avait prédit. (…) Dans la phase du Saddamgrad Patrice Claude et Rémy Ourdan du Monde ont inventé des atrocités, produit des témoignages en phase avec ce qu’ils ne pouvaient voir. (…) Sur les fedayyin de Saddam, les gardes les plus brutaux du dictateur, ses SS, Ourdain a dit que les fedayyin n’ont pas combattu parce qu’ils étaient effrayés de la façon dont les GI’s tuaient tout le monde, dont un grand nombre de civils. Alain Hertoghe
Even when viewed through a post-war lens, documentary evidence of messages are consistent with the Iraqi Survey Group’s conclusion that Saddam was at least keeping a WMD program primed for a quick re-start the moment the UN Security Council lifted sanctions. Iraqi Perpectives Project (March 2006)
Captured Iraqi documents have uncovered evidence that links the regime of Saddam Hussein to regional and global terrorism, including a variety of revolutionary, liberation, nationalist, and Islamic terrorist organizations. While these documents do not reveal direct coordination and assistance between the Saddam regime and the al Qaeda network, they do indicate that Saddam was willing to use, albeit cautiously, operatives affiliated with al Qaeda as long as Saddam could have these terrorist operatives monitored closely. Because Saddam’s security organizations and Osama bin Laden’s terrorist network operated with similar aims (at least in the short term), considerable overlap was inevitable when monitoring, contacting, financing, and training the same outside groups. This created both the appearance of and, in some ways, a de facto link between the organizations. At times, these organizations would work together in pursuit of shared goals but still maintain their autonomy and independence because of innate caution and mutual distrust. Though the execution of Iraqi terror plots was not always successful, evidence shows that Saddam’s use of terrorist tactics and his support for terrorist groups remained strong up until the collapse of the regime.  Iraqi Perspectives Project (Saddam and Terrorism, Nov. 2007, released Mar. 2008)
Beginning in 1994, the Fedayeen Saddam opened its own paramilitary training camps for volunteers, graduating more than 7,200 « good men racing full with courage and enthusiasm » in the first year. Beginning in 1998, these camps began hosting « Arab volunteers from Egypt, Palestine, Jordan, ‘the Gulf,’ and Syria. » It is not clear from available evidence where all of these non-Iraqi volunteers who were « sacrificing for the cause » went to ply their newfound skills. Before the summer of 2002, most volunteers went home upon the completion of training. But these camps were humming with frenzied activity in the months immediately prior to the war. As late as January 2003, the volunteers participated in a special training event called the « Heroes Attack. » This training event was designed in part to prepare regional Fedayeen Saddam commands to « obstruct the enemy from achieving his goal and to support keeping peace and stability in the province.  » Study (Joint Forces Command in Norfolk, Virginia)
The information that the Russians have collected from their sources inside the American Central Command in Doha is that the United States is convinced that occupying Iraqi cities are impossible, and that they have changed their tactic. Captured Iraqi document  (« Letter from Russian Official to Presidential Secretary Concerning American Intentions in Iraq », March 25, 2003)
Est-ce que les peuples du Moyen-Orient sont hors d’atteinte de la liberté? Est-ce que des millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont condamnés par leur histoire et leur culture au despotisme? Sont-ils les seuls à ne pouvoir jamais connaître la liberté ou même à ne pas avoir le choix? Bush (2003)
La raison pour laquelle je continue de dire qu’il y a un lien entre l’Irak, Saddam et Al-Qaida est parce qu’il y a un lien entre l’Irak et Al-Qaida. (…) Cette administration n’a jamais dit que les attentats du 11/9 ont été orchestrés entre Saddam et Al Qaeda. Nous avons dit qu’il y avait de nombreux contacts entre Saddam Hussein et Al Qaeda. George W. Bush (Washington Post, 2004)
Avec notre aide, les peuples du Moyen-Orient s’avancent maintenant pour réclamer leur liberté. De Kaboul à Bagdad et à Beyrouth, il y a des hommes et des femmes courageux qui risquent leur vie chaque jour pour les mêmes libertés que nous apprécions. Et elles ont une question pour nous : Avons-nous le courage de faire  au Moyen-Orient ce que nos pères et grands-pères ont accompli en Europe et en Asie ? En prenant position avec les chefs et les réformateurs démocratiques, en donnant notre voix aux espoirs des hommes et des femmes décents, nous leur offrons une voix hors du radicalisme. Et nous enrôlons la force la plus puissante pour la paix et la modération au Moyen-Orient : le désir de millions d’être libres. (…) En ce tout début de siècle, l’Amérique rêve au jour où les peuples du Moyen-Orient quitteront le désert du despotisme pour les jardins fertiles de la liberté – et reprendront leur place légitime dans un monde de paix et de prospérité. Nous rêvons au jour où les nations de cette région reconnaitront que leur plus grande ressource n’est pas le pétrole de leur sous-sol – mais le talent et la créativité de leurs populations. Nous rêvons au jour où les mères et les pères de tout le Moyen-Orient verront un avenir d’espoir et d’opportunités pour leurs enfants. Et quand ce beau jour viendra, les nuages de la guerre seront balayés, l’appel du radicalisme diminuera… et nous laisserons à nos enfants un monde meilleur et plus sûr. Bush (11/9/2006)  
Le projet de révolution démocratique mondiale peut faire sourire. Mais ce n’est pas totalement sans raison que les néoconservateurs, qui l’ont inspiré, se targuent d’avoir contribué, sous le deuxième mandat de M. Reagan, à la démocratisation en Asie, en Amérique latine et en Europe. Ils souhaitent aujourd’hui mettre un terme à «l’exception moyen-orientale» : à la fois par intérêt et par idéalisme, l’Administration américaine veut rompre avec des décennies d’accommodement avec les dictatures de la région au nom de la stabilité (condition nécessaire, notamment, à l’accès régulier à un pétrole bon marché). Il s’agirait en effet de gagner la «quatrième guerre mondiale», comme a été gagnée la «troisième», c’est-à-dire la guerre froide. Le pari est évidemment difficile. Pour des raisons tactiques, les États-Unis doivent aujourd’hui ménager des régimes autoritaires tels que l’Arabie saoudite, dont ils ont besoin pour la lutte antiterroriste. (…) De ce fait, Paul Wolfowitz n’a pas tort de suggérer que le combat engagé par les États-Unis durera plus longtemps que la guerre froide et sera plus dur que la Seconde Guerre mondiale. Mais, si le résultat est incertain, le mouvement lui est bien engagé. Les révolutions pacifiques en Géorgie et en Ukraine ont été appuyées discrètement par des organisations publiques et privées américaines. Certes, ce qu’il est convenu d’appeler le «printemps arabe» repose aussi sur des dynamiques locales et a bien sûr bénéficié d’événements imprévus tels que la mort de Yasser Arafat ou l’assassinat de Rafic Hariri. Mais la pression américaine a joué un rôle non négligeable. En mai 2004, choisissant de «se couper les cheveux avant que les Américains ne les tondent» – selon les termes d’un diplomate, les dirigeants de la Ligue arabe se sont engagés à étendre les pratiques démocratiques, à élargir la participation des citoyens à la vie publique et à renforcer la société civile. Même le président Assad semble aux abois lorsqu’il dit publiquement qu’il «n’est pas Saddam Hussein» et qu’il «veut négocier»… (…). La question géopolitique centrale de notre temps reste donc bien celle qui avait été au coeur de l’affrontement franco-américain de 2002-2003 : faut-il préférer la stabilité au risque de l’injustice, ou la démocratisation au risque du chaos ? Optimiste et risqué, le pari américain n’en reste pas moins éthiquement défendable et met du coup l’Europe, qui se veut une «puissance morale» (si l’on en croit le président de la Commission, M. Barroso), en porte-à-faux. L’Union européenne s’est révélée être une force capable de promouvoir simultanément la stabilité et la démocratisation, mais seulement dans son environnement immédiat. Pour le reste, elle n’a pas de stratégie alternative, le «processus de Barcelone» ayant eu du point de vue politique des résultats plus que mitigés. Il lui reste donc à choisir entre approuver, s’opposer ou accompagner le combat américain. Bruno Tertrais (mars 2005)
By late 2003, even the Bush White House’s staunchest defenders were starting to give up on the idea that there were weapons of mass destruction in Iraq. But WikiLeaks’ newly-released Iraq war documents reveal that for years afterward, U.S. troops continued to find chemical weapons labs, encounter insurgent specialists in toxins and uncover weapons of mass destruction. Wired magazine (2010)
It’s more than a little ironic that, with its newest document dump from the Iraq campaign, WikiLeaks may have just bolstered one of the Bush administration’s most controversial claims about the Iraq war: that Iran supplied many of the Iraq insurgency’s deadliest weapons and worked hand-in-glove with some of its most lethal militias. The documents indicate that Iran was a major combatant in the Iraq war, as its elite Quds Force trained Iraqi Shiite insurgents and imported deadly weapons like the shape-charged Explosively Formed Projectile bombs into Iraq for use against civilians, Sunni militants and U.S. troops. A report from 2006 claims “neuroparalytic” chemical weapons from Iran were smuggled into Iraq. (It’s one of many, many documents recounting WMD efforts in Iraq.) Others indicate that Iran flooded Iraq with guns and rockets, including the Misagh-1 surface-to-air missile, .50 caliber rifles, rockets and much more. As the New York Times observes, Iranian agents plotted to kidnap U.S. troops from out of their Humvees — something that occurred in Karbala in 2007, leaving five U.S. troops dead. (It’s still not totally clear if the Iranians were responsible.) Wired
A partir de la Guerre Froide, cette région est devenue stratégique de par ses ressources nécessaires au premier consommateur mondial d’énergie, mais aussi de par la rivalité idéologique entre l’URSS et les Etats-Unis. Cette époque fut dominée par la pensée de Kissinger qui prôna en conformité avec la « Realpolitik », l’immobilisme politique des régimes arabes comme option nécessaire à la consolidation de l’influence américaine. En échange d’une approbation de la diplomatie américaine, les régimes se voyaient soutenus. Les limites de cette politique ont commencé à se faire sentir lorsque les Etats-Unis en 1979 ont continué à appuyer le Shah d’Iran, ignorant alors qu’une population était en train de se soulever, donnant naissance à l’islamisme politique. Dans les années 80, le président Reagan introduisit une vision opposée au réalisme, attenant à une vision idéaliste d’une mission américaine d’exporter les justes valeurs au reste du monde. C’est dans son discours de Juin 1982 que Reagan parla « d’une croisade pour la liberté qui engagera la foi et le courage de la prochaine génération». Le président Bush père et Clinton reprirent une vision plus « réaliste » dans un nouveau contexte de sortie de Guerre Froide. Malgré « le nouvel ordre mondial » prôné par Bush père, son action n’alla pas jusqu’à Bagdad et préféra laisser un régime connu en place. Le 11 Septembre 2001 a révélé les limites de l’immobilisme politique des pays arabes, lorsque certains régimes soutenus n’ont pu s’opposer aux islamistes radicaux. Les néo-conservateurs qui participaient alors au gouvernement de G.W Bush, décidèrent de passer à l’action et de bousculer l’ordre établi dans la région, afin de pérenniser leur accès aux ressources énergétiques, mais aussi probablement pour d’autres raisons. Notamment selon G. Ayache « pour montrer (leur) force par rapport à la Chine dont le statut international ne cesse de croître et dont les besoins énergétiques sont appelés à concurrencer ceux des Etats-Unis(…), et dans l’objectif proclamé de lutte contre le terrorisme.» Les néo-conservateurs se sont dès le début prononcés pour la redistribution des cartes politiques dans cette région, donc un changement de régimes. Le nouveau président américain voulut se poser dans la lignée des présidents qui ont marqué l’histoire. Lors de son discours du 11 Septembre 2006, il s’est adressé en ces termes au peuple américain : « Ayez la patience de faire ce que nos pères et nos grands-pères ont fait pour l’Europe et pour l’Asie.» En fait, le vieux projet de Reagan d’exportation de la démocratie fut remis au goût du jour à travers l’annonce du projet de Grand Moyen-Orient en Novembre 2003 qui prôna la nécessité d’une démocratisation sans limites. Les néo-conservateurs qui avaient participé au deuxième mandat de Reagan revendiquèrent leur apport à la démocratisation en Asie, en Amérique latine et en Europe dans les années 80 et 90. Il était donc temps selon eux de mettre fin à la situation stagnante au Moyen-Orient. La théorie des dominos était censée s’appliquer à la région en partant de l’Irak, même si elle pouvait mettre un certain temps à se réaliser selon les dynamiques locales. Alia Al Jiboury
Depuis la chute de la dictature de Ben Ali en Tunisie, les dictateurs et autres despotes arabes tremblent devant le vent de liberté, transformé en tempête. Les peuples arabes, compressés depuis des décennies, rêvent de liberté et de démocratie. Ils finissent, à tour de rôle, par réaliser le projet de George W. Bush, qu’ils avaient tant dénoncé. Mediarabe.info (février 2011)
L’analogie que nous utilisons ici parfois, et je pense que c’est exact, c’est que si une équipe de juniors met l’uniforme des Lakers, cela n’en fait pas des Kobe Bryant. Obama (27 janvier 2014)
Al-Qaïda et le groupe Etat islamique recherchent désespérément une légitimité. Ils tentent de se dépeindre comme des leaders religieux et ils diffusent l’idée que l’Occident est en guerre contre l’islam. Nous ne devons jamais accepter les principes qu’ils mettent en avant, et nous devons leur refuser la légitimité qu’ils recherchent. Ce ne sont pas des leaders religieux, ce sont des terroristes ! Barack Obama
Avant mon départ, j’ai prévenu et rencontré les conseillers diplomatiques de quatre autorités : l’Elysée, les ministères des Affaires étrangères, de la Défense et de l’Intérieur. L’information a donc dû être remontée à François Hollande (ce dernier a affirmé, jeudi depuis Manille, ne pas avoir été informé, Ndlr). Par ailleurs, nous avons proposé à de nombreux députés de partir avec nous. La plupart ne pouvait pas pour des raisons d’agenda. Gérard Bapt (député PS)
Even if you’d left Saddam in place in 2003, then when 2011 happened, and you had the Arab revolutions going through Tunisia and Libya and Yemen and Bahrain and Egypt and Syria, you would have still had a major problem in Iraq. Indeed, you can see what happens when you leave the dictator in place, as has happened with Assad now. The problems don’t go away. So, one of the things I’m trying to say is, you know, we can rerun the debates about 2003, and there are perfectly legitimate points on either side but where we are now in 2014, we have to understand this is a regional problem, but it’s a problem that will affect us. Tony Blair
This is not the work of neophyte enthusiasts inspired by their imagined rewards of martyrdom, it is clearly the result of detailed planning by people who know Iraq well, have prior experience and training, and are able to manage an organization with discipline and secrecy; all characteristics of Saddam Hussein’s Baathist supporters. Richard Barrett 
What the Baathists probably get out of it is a way back into Iraq. Brian Fishman
Had Saddam’s men had I-phones around to record their atrocities, the results would have been just as horrific. There would, however, have been one important difference. In Saddam’s case, the footage of those toppling into mass graves wouldn’t have just been a few dozen or hundred, but hundreds of thousands. (…) Take the sun-parched fields just outside the town of Hillah, south of Baghdad, for example, which I visited as a reporter in Baghdad in May 2003, just after the Ba’athist regime’s fall. Scattered around there were dozens of mass graves, some holding up to 2,000 skeletons at a time, all of them the victims of massacres carried out by Ba’athist troops in the aftermath of the first Gulf War in 1991. It’s estimated that Saddam killed around 300,000 people at that time – all in the name of putting down an uprising against his rule. No, one can’t be certain that he would have done the same in the event of an Arab Spring ten years later. But it does rather suggest he had it in him. (…) The mass graves aren’t just around the south. The Kurds, who are now fighting ISIS in the north, lost at least 50,000 people during Saddam’s Anfal campaign in the late 1980s, including 5,000 massacred in the gas attack at Halabja. And then there’s the hundreds of thousands who didn’t actually die at Saddam’s own hands, but were sent to near-certain deaths in his endless wars. (…)  Half a million people on either side perished in the eight year war that Saddam started with neighbouring Iran, a campaign of trench warfare far more brutal and senseless than anything in World War One. Another 100,000 were killed by the Allied armies as they repelled his equally foolhardy invasion of Kuwait in 1991. And this is before you take into account all those he tortured and killed in secret. Colin Freeman

C’est la faute à Bush et aux i-phones !

Alors que contre le déni de nos dirigeants, l’Etat islamique redouble de barbarie pour démontrer son attachement à la religion d’amour, de tolérance et de paix …

Et que les mêmes qui ont applaudi à l’abandon de l’Irak par lesdits dirigeants ne manquent pas aujourd’hui d’en accuser la prétendue guerre de Bush et Blair contre des mythiques, on le sait, ADM …

Tout en appelant à présent, après les échecs irakien et libyen, à la reprise des contacts avec le Saddam syrien …

Pendant qu’un récent rapport montrait l’indéniable apport, pour les surprenantes prouesses militaires d’une prétendue bande de fanatiques, des anciens officiers de Saddam …

Petite remise des pendules à l’heure avec un article de l’an dernier du correspondant diplomatique du Telegraph Colin Freeman …

Montrant qu’avec quelque 300, 000 victimes au compteur …

Et sans compter les quelque 50 000 kurdes dont 5 000 passés par les gaz à Halabja …

Et les centaines de milliers de ses guerres avec l’Iran …

M. Saddam Hussein était bien parti, les i-phones en moins, pour marquer l’histoire …

Tony Blair’s Iraq critics should remember that Saddam filled far more mass graves than ISIS
Colin Freeman

The Telegraph

June 18th, 2014

Reading some of the recent coverage of the latest atrocities in Iraq, it’s hard to make who the real villain is. Is it the fanatics of ISIS, with their YouTube snuff movies showing mass executions of Iraqi soldiers?

Or is the real man to blame one Tony Blair, whose decision to help America bring down Saddam Hussein is the root cause of it all? Certainly, judging by some of the headlines from earlier this week, one could have forgiven for thinking that it was Mr Blair himself who was pulling the trigger on those hapless Iraqi troops.

Numerous articles have carried graphic images of the massacre, alongside denunciations of Mr Blair and insinuations that this barbarity is his legacy and his fault.

The former prime minister has always been a handy lightning rod for Britain’s unease over Iraq. But in this case, he incurred particular ire for having argued, via interviews and newspaper articles, that it was not just West’s fault that Iraq had gone into meltdown. He pointed out that had Saddam still been in power when the Arab Spring began, Iraq would likely have been a far bigger, scarier mess than it is.

Like every other argument about the rights and wrongs of the Iraq war, this can, of course, be debated endlessly. Without the Iraq invasion, the Arab Spring, for better or worse, might never even happened, for example.

But one point that is not in debate is that Saddam Hussein was just as brutal a killer as ISIS’s thugs are, and had Saddam’s men had I-phones around to record their atrocities, the results would have been just as horrific. There would, however, have been one important difference. In Saddam’s case, the footage of those toppling into mass graves wouldn’t have just been a few dozen or hundred, but hundreds of thousands.

Take the sun-parched fields just outside the town of Hillah, south of Baghdad, for example, which I visited as a reporter in Baghdad in May 2003, just after the Ba’athist regime’s fall. Scattered around there were dozens of mass graves, some holding up to 2,000 skeletons at a time, all of them the victims of massacres carried out by Ba’athist troops in the aftermath of the first Gulf War in 1991. It’s estimated that Saddam killed around 300,000 people at that time – all in the name of putting down an uprising against his rule. No, one can’t be certain that he would have done the same in the event of an Arab Spring ten years later. But it does rather suggest he had it in him.

The mass graves aren’t just around the south. The Kurds, who are now fighting ISIS in the north, lost at least 50,000 people during Saddam’s Anfal campaign in the late 1980s, including 5,000 massacred in the gas attack at Halabja. And then there’s the hundreds of thousands who didn’t actually die at Saddam’s own hands, but were sent to near-certain deaths in his endless wars.

Half a million people on either side perished in the eight year war that Saddam started with neighbouring Iran, a campaign of trench warfare far more brutal and senseless than anything in World War One. Another 100,000 were killed by the Allied armies as they repelled his equally foolhardy invasion of Kuwait in 1991. And this is before you take into account all those he tortured and killed in secret.

The figures I’ve quoted above are well-known, of course. But standing in a mass grave in southern Iraq brings it home to you – as did working with my old translator, a former army colonel who had commanded of one of Saddam’s tank brigades. I hired on him on the spot one day in Baghdad shortly after Saddam’s fall, when he’d been reduced to driving a taxi rather than a tank for a living, and remembered being struck by how different our two lives were. He was only four years older than me, yet had fought in five different wars in 20 years: Iran-Iraq, the campaign against the Kurds, the invasion of Kuwait, the quelling of the post-1991 uprising and lastly, Operation Iraqi Freedom, in which he’d deserted along with the rest of his men. Occasionally he used to hint at dark things he’d done in the line of duty, never saying what they were but simply mentioning that it in the Saddam’s armies, you « followed orders and that was that ».

Like many Iraqis, he had mixed views about Saddam’s departure, describing him as « a dog » in one breath, and saying Iraq desperately needed a strongman in the other. One thing, though, always seemed clear to me: if Saddam had already directed his armies to kill a million people in the course of my translator’s 20 years’ service, he might well have done another few hundred thousand had he been left in power. And for that reason alone, we should remember that it is him, not Tony Blair, that is the real villain alongside ISIS.

Voir aussi:

Iraq crisis: anger at Tony Blair over Middle East conflict blame game
Tony Blair is heavily criticised for putting blame on the current generation of British political leaders for the renewed conflict in Iraq
Matthew Holehouse, Political Correspondent
The Telegraph

15 Jun 2014

Tony Blair has been criticised over his claim that the current generation of political leaders is to blame for the violence engulfing Iraq.
He said that the refusal last year to intervene in Syria’s civil war had created the conditions for the al-Qaeda aligned ISIS movement to flourish in that country before advancing into Iraq’s major cities.

The former Prime Minister insisted that his decision to intervene in Iraq in 2003 was not the cause of the fresh wave of bloodshed. The turmoil across the region has been caused by the Arab Spring, Mr Blair said, which would have swept Saddam from power and caused chaos if Britain and the United States had not intervened in 2003.
He called for air strikes or drone assaults, saying that the ISIS fighters posed a threat to British national security. “They are going to pull us into this whether we like it or not,” he said.

The claims were met with anger and ridicule from former allies and from MPs who voted against last year’s proposed strikes on Bashar al-Assad’s regime.

John Baron, a back-bench Conservative who led opposition to the strikes, said Mr Blair’s analysis of the crisis was “wrong”. “Old habits die hard,” he said. “There is no doubt we went to war in Iraq on a false premise and made grave errors in the immediate aftermath in leaving a power vacuum. A large part of the troubles today can be traced back to that period.”

He added: “Arming the rebels or intervening militarily in Syria would have helped extremist factions linked to al-Qaeda. We were right not to intervene.”

Lord Prescott, the former deputy prime minister, ridiculed his former boss. “Put on a white sheet and a red cross and we are back to the Crusades,” he said. “It is all about religion. In these countries it has gone on for a thousand years.”

Sir Malcolm Rifkind, chairman of the parliamentary intelligence and security committee, said: “Tony Blair is preoccupied with the assumption that people will say that he, his actions, had at least some part in this.” Sir Malcolm said the situation in Iraq was an “utter disaster” and there was little that Britain or the US could do to resolve the deeper crisis.

Sir Christopher Meyer, Britain’s ambassador to the US from 1997 to 2003, said the handling of the campaign against Saddam was “perhaps the most significant reason” for the sectarian violence now ripping through Iraq. “We are reaping what we sowed in 2003. This is not hindsight. We knew in the run-up to war that the overthrow of Saddam Hussein would seriously destabilise Iraq after 24 years of his iron rule,” he said.

David Cameron pressed for air strikes against Syria after President Assad used chemical weapons against civilians in the battle against rebel forces. However, the plan was vetoed in the Commons. Asked whether Britain made the “wrong call”, Mr Blair said: “In my judgment, as I said at the time, yes.”

Mr Blair called for the RAF and US to apply the “selective use of air power”, such as that used against Muammar Gaddafi in Libya, to help topple the Assad regime and bring the war in Syria to an end. Mr Blair said that ISIS will attack Britain unless it is stopped as “the people who are causing this instability and this chaos … they are also prepared to fight us and they will if they are not stopped”.

Voir encore:

Tony Blair denies Iraq invasion caused current crisis
Speaking to the BBC’s Andrew Marr, former Prime Minister Tony Blair claims there would still be a « major problem » in Iraq even without the toppling of Saddam Hussein in 2003

The Telegraph

15 Jun 2014

The former prime minister Tony Blair has rejected arguments that Iraq would be more stable and peaceful today if the US-backed war, which claimed the lives of 179 UK personnel, had not happened.
He claimed that the violent insurgency in Iraq is the result of the West’s failure to intervene in Syria, not of the 2003 invasion to topple Saddam Hussein.
Speaking on the BBC’s Andrew Marr Show, Mr Blair said: « Even if you’d left Saddam in place in 2003, then when 2011 happened, and you had the Arab revolutions going through Tunisia and Libya and Yemen and Bahrain and Egypt and Syria, you would have still had a major problem in Iraq.
« Indeed, you can see what happens when you leave the dictator in place, as has happened with Assad now. The problems don’t go away. »
He added: « So, one of the things I’m trying to say is, you know, we can rerun the debates about 2003, and there are perfectly legitimate points on either side but where we are now in 2014, we have to understand this is a regional problem, but it’s a problem that will affect us. »

Voir de plus:

How Saddam’s Former Soldiers Are Fueling the Rise of ISIS
Jason M. Breslow

PBS

October 28, 2014

As the Islamic State continues its march through Syria and Iraq, the jihadist group is quietly utilizing a network of former members of Saddam Hussein’s Baath Party to help militarize a fighting force that has effectively erased the border between both nations and left roughly 6 million people under its rule.

The extent of this seemingly mismatched alliance is detailed in a new report by the New York-based intelligence firm, The Soufan Group. Despite a deep philosophical divide between ISIS and the Baath Party, the two sides have found “sufficient coincidence of interest to overcome any ideological disagreement,” the analysis, which will be released on Wednesday, found.

This “marriage of convenience,” as the report’s author, Richard Barrett describes it, can be seen throughout the ISIS hierarchy. The current head of the group’s military council, for example, is believed to be Abu Ahmad al Alwani, an ex-member of Saddam Hussein’s army. So too was al Alwani’s predecessor. Another member of the military council, Abu Muhanad al Sweidawi, was once a lieutenant colonel in Hussein’s air defense intelligence, but by early 2014 was heading ISIS operations in western Syria, according to the report.

Similarly, two deputies to the Islamic State’s self-proclaimed caliph, Abu Bakr al Baghdadi, are former Baathists: Abu Muslim al Afari al Turkmani is believed to have been a senior special forces officer and a member of military intelligence in Hussein’s army. Today, as Baghdadi’s number two, he supervises ISIS operations in Iraq. The second deputy, Abu Ali al Anbari oversees operations in Syria. Both men are also thought to serve on the Islamic State’s main governing body, known as the Shura Council.

Even the appointment of al Baghdadi to lead the Islamic State of Iraq in 2010 is reported by an ISIS defector to have been engineered by a former Baathist: Haji Bakr, an ex-colonel from the Iraqi Revolutionary Guard. Bakr “initially attracted criticism from fellow members of the group for his lack of a proper beard and lax observance of other dictates of their religious practice,” the report notes, “But his organizational skills, knowledge of the Iraqi Army and network of fellow ex-Baathists made him a valuable resource.”

It’s this type of expertise and network of connections that has made former Baathists so valuable to the Islamic State, says Barrett. Case in point, he says, is the long-term planning and preparation seen in the Islamic State’s capture of Nineveh Province and its capital, Mosul, in June 2014. As he writes of the campaign:

This is not the work of neophyte enthusiasts inspired by their imagined rewards of martyrdom, it is clearly the result of detailed planning by people who know Iraq well, have prior experience and training, and are able to manage an organization with discipline and secrecy; all characteristics of Saddam Hussein’s Baathist supporters.

The incentives for ex-Baathists may be equally opportunistic.

“What the Baathists probably get out of it is a way back into Iraq,” says Brian Fishman, a counterterrorism research fellow at the New America Foundation. Before the Islamic State’s emergence, Fishman notes, many Baathists had been effectively forced out of Iraq to neighboring Syria. Today, they’re back home, slowly acquiring influence and territory.

The question is, how long can the alliance last? One of the few points the two groups agree on, analysts say, is restoring Sunni rule in Iraq. Fundamentally, however, ISIS is focused on expanding the Islamic caliphate that it declared on June 29, 2014. For its part, the Baath Party in Iraq has been a largely secular, nationalist movement.

Some fissures have already begun to surface. In July, for example, Reuters reported that Sunni militants that helped ISIS capture Mosul rounded up as many as 60 senior ex-military officers and other onetime members of the Baath Party. That same month, a rival Sunni group made up of many former Baathists issued a statement denouncing the Islamic State’s persecution of Iraq’s religious minorities.

But predicting just how deep any split may go is hard to tell. On the one hand, says Barrett, ex-Baathists may decide it’s in their interest to continue harnessing the energy of ISIS in order to regain prominence in Iraq. Barrett says its easy to see ex-Baathists then tell themselves, “Once we achieve our objectives, our political objectives, then we’ll sort out all this business about these crazies who believe in a caliphate.”

On the other hand, Baathists may simply come to the conclusion that there is nowhere else for them to go. “They’re going to make the best of a bad job in a way,” Barrett says.

Fishman sees a similar decision facing former Baathists, but he warns against assuming the block will act in concert. It’s important to remember, he notes, that beginning in late 2006, Baathists faced a comparable scenario, and while some opted to continue their involvement in the Iraqi insurgency, others chose to align themselves with the U.S. against Sunni militants.

For the Islamists, meanwhile, their view of the alliance may end up being guided more by politics than it is by ideology, says Fishman.

“ISIS at the end of the day is a political actor, and they have this sort of extreme, even ideological perspective, but that is all framed through who is helping us on the battlefield and who’s not,” he says. “If you’re helping them on the battlefield, they’re going to find a reason to think you’re a good guy. If you are not helping them on the battlefield, they’re going to find a reason to think you’re a bad guy.

Voir également:

My Stages of Grief for Iraq
The Country I Loved Died in 1990. The Rise of the Islamic State Is My Worst Nightmare.
Saif Al-Azzawi

Socalo public square

September 8, 2014

When people ask me how I feel about the latest events in Iraq, I tell them I feel sad. All these people—both Americans and Iraqis who have died since 2003—died for nothing. And as the Islamic State insurgency unfolds, and as Iraq tries once again for a peaceful political transition, I’m mourning not just those who have died over the past decade, but for a country that I haven’t been able to recognize for a very long time.

I grew up in Baghdad in a middle-class family. My father served in the Iraqi Air Force and often traveled internationally; my mother was a math teacher; my siblings all attended college. I graduated from the most prestigious high school in Baghdad before getting my degree at pharmacy school.

I grew up reading Superman and Batman comics, playing with Legos, and swimming at the pools of the fancy clubs where my parents were members. I was 12 during the first Gulf War in 1990. And until then, my childhood was uneventful: I was a happy kid.

Until 1990, I never heard a mosque call for prayer. I almost never saw a woman covering her hair with a hijab. My mom wore make-up, skirts, blouses with shoulder pads, and Bermuda shorts. She never covered her hair.

Since moving to Los Angeles in 2009, I’ve realized that most Americans don’t understand that Iraq used to be a modern, Westernized, and secular country. From the 1930s to the 1980s, Iraq’s neighbors looked to it as the example. People from different Arab countries came to Iraq to attend university. The country had an excellent education system, great healthcare, and Iraq was rich—not the richest, but rich.

Of course, Iraq is not like this today.

After Iraq invaded Kuwait, 24 years ago last month, the United States destroyed most of Iraq’s infrastructure during the Persian Gulf War. Bridges were bombed, along with power stations, railroads, dams, and oil refineries.

I remember that we would turn on the faucet, and barely any water would come out. It was worse during the summer. In order to take showers, we had to rely on water tanks on the roof, which supplied extra water to our home. To keep the tanks full, we had to fill containers with dripping water from a hose. Sometimes it would take hours for one container to fill because there was so little water. Then we would have to carry each container up and down the roof in many shifts. To make things worse, the water would come out boiling hot because it had been sitting in the sun. We also had limited electricity—which remains a problem, even 20 years later. Sleeping was difficult. You would wake up, sweating, in the middle of the night. You couldn’t open the windows because of mosquitoes. I would sleep in my underwear on the marble floor because it was cooler.

In 1990, an embargo was imposed, which prohibited Iraq from exporting oil. Iraqis suddenly found themselves poor.

Prices became inflated, and everything cost more. Before the war, you could buy a flat of eggs for two Iraqi dinars. By 2003, when the U.S. invaded Iraq again, those eggs cost several thousand dinars. (My monthly paycheck after I graduated from pharmacy school was 50,000 dinars a month.)

People’s values changed after 1990, too. Robberies increased. Houses were even built differently. There used to be low fences separating one house from another. But after the war, people built high fences and covered their windows with bars. Our home was robbed three times over 10 years. If you parked your car by the street—even for just three minutes—you risked your hubcaps being stolen.

Gradually, people also began turning to religion as a result of all the hardships. Religion changed the country: more censorship, more rules, more rigidity. Alcohol, which was once widely accepted, was frowned upon. Mainstream TV shows and movies—even cartoons—were censored to remove kissing scenes, partial nudity, and other elements viewed as immoral.

Neither of the United States wars changed life in Iraq the way the U.S. government had intended.

I think the United States wanted Iraqis to revolt against Saddam Hussein and depose him. That wasn’t going to happen.

In the movie Stargate, scientists go back in time to ancient Egypt, where an alien is enslaving the Egyptians. The scientists try to convince the Egyptians to claim their freedom. The Egyptians look at one another and say something like, “Yes, that makes sense. Freedom.”

If only it were that easy.

The notion of democracy is foreign to the Arab world. Although the West saw the “Arab Spring” protests as movements for democracy, they were really uprisings against various dictators, which are not the same thing. What we know is that for countless generations, we’ve lived in a hierarchical society. It’s not about individualism or personal freedoms. It’s about following your father, your family, and your tribe. There’s no culture of respecting different opinions.

As a college student, I looked to the West in awe of the personal freedoms and human rights that let people follow their dreams. In the U.S., even animals had rights.

But many Iraqis I know don’t see freedom the way Americans do: a political right afforded to everyone who lives in the U.S. I’ve heard crazy comments that equate freedom with loose morals and women having sex without being married.

The very idea of freedom rocks the whole foundation of Iraqi culture. So, when Iraqis were given their freedom, instead of turning to democracy, they, like many other in the region, turned to religion—and religious leaders for guidance, and political advice.

Shiites voted for Shiite candidates. Sunnis voted for Sunnis. The Shiites came to power because they were the majority.

What’s happening in Iraq today is merely a continuation of the failure of democracy. And a failure of the United States to understand the psyche of Iraqis.

The people who might have been able to change Iraq—the educated, the artists, the moderates—began leaving in 1990, after the embargo was imposed and their comfortable lifestyles came to an end. People with connections fled to friends and family in other countries. Almost all of them left the country illegally.

In 2003, Saddam Hussein fell and the floodgates opened up, with even more leaving the country for good at a time when they were most needed. Until that year, I was barred from traveling along with other pharmacists, doctors, and certain professionals.

I wanted to leave, but what would I do? Where would I go? Only a handful of countries even allowed travel on an Iraqi passport. My parents and siblings fled to Syria, and later to Jordan. I stayed in Baghdad, where I worked at the International Republican Institute, a non-governmental organization that promotes democracy in post-conflict countries. Later, I got a job as a translator at the Los Angeles Times.

With my friends and family gone, I felt very isolated and alone. It also became unsafe to move around, even to do simple things like go to a restaurant or the market.

In 2009, I managed to come to the U.S. as a refugee, and I was happy to leave Iraq behind. But even though I’d given up on my country, I had hope that things would not get as bad as they have today. It is my worst nightmare that an extremist group like the Islamic State has support in Iraq and, though it pains me to say this, the aftermath of the U.S. invasions has brought us to this point.

After the U.S. toppled Saddam Hussein in 2003, some even dared to dream that the country would become as rich as Gulf States like Kuwait. There was no Iraqi government in place for a long time and, for several months, life in Baghdad was free of bombings and attacks.

To make things worse, the U.S. dissolved the Iraqi army and started a process to remove those politically aligned with Saddam, which ended up taking jobs away from thousands of Sunnis and seemed like an unfair witch hunt. Add to these political actions poverty and a lack of basic services, and you end up with a deep, sectarian divide in Iraq that I believe led to the insurgency and the problems that exist today.

I despised Saddam, but I don’t think an extremist group like the Islamic State would exist under his rule. Even if Saddam had gone crazy and killed a bunch of people, it wouldn’t be anywhere near the number who have died since he was overthrown. I see a civil war coming, and an Iraq divided into states.

So as I read the news on CNN Arabic and the BBC while pacing around the house, I feel as if I’m experiencing a death in the family. I’m going through the stages of grief: denial, anger, sadness, depression. Lately, I’ve even tried to avoid reading the news at all.

Sometimes, I watch old YouTube videos that show the way Iraq used to be. The Iraq I loved and was proud of—the country I lived in before 1990—doesn’t exist anymore. And I don’t see that changing in my lifetime.

 Voir enfin:

Gérard Bapt : « Avant mon départ en Syrie, j’ai prévenu l’Elysée »
INTERVIEW – Interrogé par leJDD.fr au lendemain de son retour de Syrie, le socialiste Gérard Bapt dresse un bilan provisoire de son voyage en Syrie, où, contrairement aux trois autres élus français, il n’a pas rencontré Bachar el-Assad. Il regrette toutefois la « déferlante » de réactions qui ont suivies son initiative.

Vendredi, le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis a affirmé que « ni l’exécutif, ni le PS, ni l’Assemblée n’était au courant » de votre projet de voyage en Syrie. Confirmez-vous?
C’est faux. Avant mon départ, j’ai prévenu et rencontré les conseillers diplomatiques de quatre autorités : l’Elysée, les ministères des Affaires étrangères, de la Défense et de l’Intérieur. L’information a donc dû être remontée à François Hollande (ce dernier a affirmé, jeudi depuis Manille, ne pas avoir été informé, Ndlr). Par ailleurs, nous avons proposé à de nombreux députés de partir avec nous. La plupart ne pouvait pas pour des raisons d’agenda.

La commission des Affaires étrangères, présidée par Elisabeth Guigou, a-t-elle été informée?
Pas officiellement. Mon assistant a contacté celui d’Elisabeth Guigou, mais de toute façon, nous avions proposé à la majorité des élus de la commission de participer au voyage. Tout le monde, au sein de celle-ci, était en connaissance de cause. Quant à Bruno Le Roux (le patron du groupe PS, Ndlr), je n’ai pas eu le temps de l’informer car il devait alors gérer la loi Macron.

«Je n’ai pas rencontré Bachar el-Assad, mais son ministre.»

François Hollande, Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis ont condamné votre initiative, et notamment la rencontre avec Bachar el-Assad…
Avant tout, je tiens à préciser que je n’ai pas rencontré le président syrien, à la différence de mes trois collègues. Il était convenu que je reste à mon hôtel à ce moment. Depuis mercredi soir, de nombreuses informations inexactes circulent.

Qui avez-vous personnellement rencontré sur place?
J’ai visité des camps de réfugiés et des hôpitaux. J’ai rencontré les professeurs et élèves du lycée français de Damas, les autorités religieuses du pays ainsi que des responsables d’associations comme la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge.

Vous n’avez pas rencontré de responsables politiques?
Si, mais pas Bachar el-Assad lui-même. Je me suis entretenu avec le ministre des Affaires étrangères syrien ainsi qu’avec le président de l’Assemblée nationale.

«Damas évoque le chiffre de 2.000 Français dans les rangs de Daech.»

François Hollande et Manuel Valls ont martelé jeudi qu’on ne peut parler avec le régime d’un dictateur, « d’un boucher », a même dit le Premier ministre. Comprenez-vous cette position?
Le Président et le Premier ministre sont dans leur rôle par rapport à la ligne politique qu’ils se sont donnés, par rapport à la ligne morale qu’ils souhaitent tenir. Mais leurs réactions et celles de l’ensemble du personnel politique prouvent qu’il y a beaucoup d’interrogations sur place. Je ne m’attendais pas une telle déferlante de réactions à mon retour.

Quel bilan tirez-vous de votre visite?
Je fais partie de la majorité socialiste. Aussi je partagerai d’abord mes analyses avec les représentants de l’Etat. Mais je peux souligner la gravité de la situation sur place. La souffrance civile est réelle là-bas. Le régime syrien doit résister aux assauts continus de Daech au Nord comme au Sud du pays. Jeudi encore, des centaines de chrétiens ont été enlevés par les islamistes.

Faut-il renouer un lien avec Bachar el-Assad pour lutter contre l’Etat islamique?
Ce n’est pas à moi de le dire, mais à l’exécutif. J’observe seulement des faits. L’armée régulière syrienne lutte chaque jour contre Daech, qui compte, nous a-t-on dit en Syrie, des ressortissants de 83 nationalités. A Damas, les autorités ont évoqué le chiffre de 2.000 Français dans les rangs des terroristes (le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve évoque 1.400 personnes, Ndlr). Si les Kurdes ont réussi à résister à l’Etat islamique à Kobané, ce n’est pas grâce au seul parachutage d’armes américaines. Ce constat fait, je note que plusieurs pays occidentaux ont rouvert leur ambassade à Damas, comme l’Espagne récemment. Et j’ai pu observer que les Américains y sont encore présents. J’ai ainsi croisé Ramsey Clark, ex-ministre de la Justice américain, dans un ascenseur. Ces éléments méritent d’être apportés au débat.


Discours de Netanyahou: Attention, une violation de protocole peut en cacher une autre ! (Purim on the Potomac: will the real leader of the Free world stand up ?)

4 mars, 2015
https://i2.wp.com/www.metmuseum.org/media/3599/natm_gentileschi_69.281.jpghttps://i2.wp.com/www.mrdrybones.com/blog/D15304_1.gifhttps://scontent-ams.xx.fbcdn.net/hphotos-xpf1/v/t1.0-9/11018791_1043887128971546_2976276497768221024_n.jpg?oh=35b1b7fe71996c2f26716bf809d47256&oe=5591EDC2https://fbcdn-sphotos-b-a.akamaihd.net/hphotos-ak-xfp1/v/t1.0-9/11034190_1043885642305028_2789026816451313212_n.jpg?oh=08cb212b36b5b604bb4927dcc1c1eabb&oe=5592DBB0&__gda__=1433698528_17b29523095b941c8db12ddb13906cb2Ne t’imagine pas que tu échapperas seule d’entre tous les Juifs, parce que tu es dans la maison du roi; car, si tu te tais maintenant, le secours et la délivrance surgiront d’autre part pour les Juifs, et toi et la maison de ton père vous périrez. Et qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté? Esther 4: 13-14
L’affrontement entre la modernité et le médiévalisme ne doit pas être un affrontement entre modernité et tradition. Les traditions du peuple juif remontent à des milliers d’années. Elles sont la source de nos valeurs collectives et le fondement de notre force nationale. Dans le même temps, le peuple juif a toujours regardé vers l’avenir. Tout au long de l’histoire, nous avons été à l’avant-garde des efforts visant à étendre la liberté, à promouvoir l’égalité, et à faire progresser les droits de l’homme. Nous défendons ces principes non pas en dépit de nos traditions, mais à cause d’elles. Nous écoutons les paroles des prophètes juifs Isaïe, Amos, Jérémie, traitons tout le monde avec dignité et compassion, recherchons la justice, chérissons la vie et prions pour la paix. Ce sont les valeurs intemporelles de mon peuple et celles-ci sont le plus grand don du peuple juif à l’humanité. Engageons-nous aujourd’hui pour défendre ces valeurs afin que nous puissions défendre notre liberté et la protection de notre civilisation commune. Benjamin Netanyahou (ONU, 27/09/2012)
Parce que l’Amérique et Israël partagent un destin commun, le destin de terres promises qui chérissent la liberté et offrent de l’espoir. Israël est reconnaissant du soutien de l’Amérique – de la population de l’Amérique et des présidents de l’Amérique, de Harry Truman à Barack Obama.(…) Mes amis, je suis venu ici aujourd’hui parce que, en tant que Premier ministre d’Israël, je me sens une obligation profonde de vous parler d’une question qui pourrait bien menacer la survie de mon pays et l’avenir de mon peuple: la quête iranienne pour obtenir des armes nucléaires. Nous sommes un peuple ancien. Dans nos près de 4000 ans d’histoire, beaucoup ont essayé à plusieurs reprises de détruire le peuple juif. Demain soir, lors de la fête juive de Pourim, nous allons lire le Livre d’Esther. Nous lisons le récit d’un vice-roi de Perse puissant nommé Haman, qui complotait pour détruire le peuple juif il y a quelque 2500 ans. Mais une femme juive courageuse, reine Esther, a démontré ce complot et a donné au peuple juif le droit de se défendre contre ses ennemis. Le complot a été déjoué. Notre peuple a été sauvé. Aujourd’hui le peuple juif fait face à une autre tentative, d’un autre potentat perse, de nous détruire. Le Guide suprême l’ayatollah Khamenei crache sa haine la plus ancienne, la haine de l’antisémitisme, avec les nouvelles technologies. Il tweete qu’Israël doit être anéanti – il tweete ! Vous savez, en Iran, Internet n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler livre. Mais il tweet en anglais qu’Israël doit être détruit. Pour ceux qui croient que l’Iran menace l’Etat juif, mais pas le peuple juif, écoutez Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, chef mandataire terroriste de l’Iran. Il a dit: Si tous les Juifs se rassemblent en Israël, cela va nous épargner la fatigue de les pourchasser dans le monde entier. Mais le régime iranien n’est pas seulement un problème juif, pas plus que le régime nazi n’était qu’un problème juif. Les 6 millions de juifs assassinés par les nazis n’étaient qu’une fraction des 60 millions de personnes tuées dans la Seconde Guerre mondiale. Donc, si le régime de l’Iran constitue une grave menace non seulement pour Israël, c’est aussi le cas pour la paix du monde entier. Pour comprendre à quel point l’Iran serait dangereux avec des armes nucléaires, nous devons comprendre pleinement la nature du régime. Le peuple d’Iran est composé de gens très talentueux. Ils sont les héritiers d’une des plus grandes civilisations du monde. Mais en 1979, ils ont été détournés de leur histoire par des fanatiques religieux, des fanatiques religieux – qui ont imposé une dictature sombre et brutale. Cette année là, les fanatiques ont rédigé une constitution nouvelle pour l’Iran. Elle ordonne aux gardiens de la révolution de ne pas seulement protéger les frontières de l’Iran, mais aussi de remplir la mission idéologique du jihad. Le fondateur du régime, l’ayatollah Khomeini, a exhorté ses partisans à « exporter la révolution dans le monde entier. » Je suis ici à Washington, et la différence est tellement frappante. Le document fondateur de l’Amérique promet la vie, la liberté et la poursuite du bonheur. Le document fondateur de l’Iran s’engage dans la mort, la tyrannie, et la poursuite du djihad. Et alors que les États s’effondrent à travers le Moyen-Orient, l’Iran se charge d’occuper le vide pour faire exactement cela. Les hommes de main de l’Iran à Gaza, ses laquais au Liban, ses gardiens de la révolution sur le plateau du Golan entourent Israël avec trois tentacules de terreur. Soutenu par l’Iran, Assad massacre Syriens. Soutenu par l’Iran, les milices chiites sont lâchées en Irak. Soutenu par l’Iran, les Houthis prennent le contrôle du Yémen, menaçant les détroits stratégiques à l’embouchure de la mer Rouge. Avec le détroit d’Ormuz, ce serait donner à l’Iran une seconde point d’approvisionnement en pétrole du monde. (…) L’Iran a pris des dizaines d’Américains en otage à Téhéran, a assassiné des centaines de soldats américains, des Marines à Beyrouth, et est responsable de la mort et de mutilations des milliers d’hommes et de femmes, de militaires américains en Irak et en Afghanistan. Au-delà du Moyen-Orient, l’Iran attaque l’Amérique et ses alliés à travers son réseau mondial de terrorisme. Il a fait sauter le centre de la communauté juive et l’ambassade israélienne à Buenos Aires. Il a aidé Al Qaida à attaquer les ambassades américaines en Afrique. Il a même tenté d’assassiner l’ambassadeur saoudien, ici à Washington DC. Au Moyen-Orient, l’Iran domine désormais quatre capitales arabes, Bagdad, Damas, Beyrouth et Sanaa. Et si l’agression de l’Iran n’est pas défaite, d’autres suivront sûrement. Donc, à un moment où beaucoup espèrent que l’Iran se joindra à la communauté des nations, l’Iran est occupé engloutir les nations.(…) Ne soyez pas dupe. La bataille entre l’Iran et l’ISIS ne fait pas l’Iran dans un ami de l’Amérique. L’Iran et l’ISIS sont en compétition pour le trône de l’Islam militant. Le premier se nomme République Islamique, le second Etat Islamique. les deux veulent imposer un empire islamique militant, d’abord sur la région, puis sur le reste du monde. Ils sont simplement en désaccord sur celui qui sera le chef de cet empire. Dans cette lutte mortelle pour un trône, il n’y a pas de place pour l’Amérique ou pour Israël, pas de paix pour les chrétiens, les juifs ou les musulmans qui ne partagent pas la croyance médiévale islamiste, pas de droits pour les femmes, pas de libertés pour les peuples.(…) La différence est que l’ISIS est armé avec des couteaux de boucher, des armes saisies et YouTube, alors que l’Iran pourrait bientôt être armé avec des missiles balistiques intercontinentaux et des bombes nucléaires. Nous devons toujours nous rappeler – je vais le dire une fois de plus – que le plus grand danger auquel notre monde doit faire face, est le mariage de l’Islam militant avec des armes nucléaires. Vaincre l’Etat Islamique et laisser l’Iran obtenir des armes nucléaires serait comme gagner la bataille, mais perdre la guerre. (…) Vous n’avez pas à lire Robert Frost pour le savoir. Vous devez vivre votre vie afin de savoir que le chemin difficile est habituellement le moins fréquenté, mais il faudra savoir faire toute la différence pour l’avenir de mon pays, la sécurité du Moyen-Orient et la paix du monde, paix que nous avons tous pour désir.(…) Mes amis, se tenir debout face à l’Iran n’est pas simple. Etre debout face à des régimes sombres et meurtriers n’est jamais simple. Il y a parmi nous aujourd’hui un survivant de la Shoah et lauréat du prix Nobel, Elie Wiesel. Elie, votre vie et votre travail nous inspirent pour donner un sens aux mots, « plus jamais ça. » Et je souhaite pouvoir vous promettre, Elie, que les leçons de l’histoire ont été tirées. Je ne peux qu’encourager les dirigeants du monde à ne pas répéter les erreurs du passé. (…) Mais je ne peux vous garantir cela. Les jours où le peuple juif sont restés passifs face à des ennemis génocidaires, ces jours sont révolus. Nous ne sommes plus dispersé parmi les nations, impuissants pour nous défendre. Nous avons restauré notre souveraineté dans notre ancienne maison. Et les soldats qui défendent notre maison ont un courage sans bornes. Pour la première fois en 100 générations, nous, le peuple juif, pouvons nous défendre. Mais je sais qu’Israël n’est pas seul. Je sais que l’Amérique se tient avec Israël (…) parce que vous savez que l’histoire d’Israël n’est pas seulement l’histoire du peuple juif, mais de l’esprit humain qui refuse encore et encore de succomber à des horreurs de l’histoire. Face à moi, juste là dans cette galerie, on voit l’image de Moïse. Moïse a conduit notre peuple de l’esclavage aux portes de la terre promise. Et avant que le peuple d’Israël n’entre sur la terre d’Israël, Moïse nous a donné un message qui a endurci notre détermination depuis des milliers d’années. Je vous laisse avec son message aujourd’hui, « Soyez forts et déterminés, sans peurs ni craintes à leurs égards. » (…) Que Dieu bénisse l’Etat d’Israël et que Dieu bénisse les Etats-Unis d’Amérique. Benjamin Netanyahou
Nous essayons de rendre la décision d’attaquer l’Iran la plus dure possible pour Israël. Responsable de l’Administration Obama (au Washington Post, 02.03.12)
Aucun gouvernement israélien ne peut tolérer une arme nucléaire dans les mains d’un régime qui nie l’Holocauste, menace de rayer Israël de la carte et parraine des groupes terroristes engagés à la destruction d’Israël. Barak Obama (devant le groupe de pression pro-israélien AIPAC, 05.03.12)
Obama est le premier président américain élevé sans attaches culturelles, affectives ou intellectuelles avec la Grande-Bretagne ou l’Europe. Les Anglais et les Européens ont été tellement enchantés par le premier président américain noir qu’ils n’ont pu voir ce qu’il est vraiment: le premier président américain du Tiers-Monde. The Daily Mail
Culturellement, Obama déteste la Grande-Bretagne. Il a renvoyé le buste de Churchill sans la moindre feuille de vigne d’une excuse. Il a insulté la Reine et le Premier ministre en leur offrant les plus insignifiants des cadeaux. A un moment, il a même refusé de rencontrer le Premier ministre. Dr James Lucier (ancien directeur du comité des Affaires étrangères du sénat américain)
Je sais que c’est horrible à dire, mais je ne pense pas que le président aime l’Amérique. Il ne vous aime pas, il ne m’aime pas. Il n’a pas été élevé comme vous et moi dans l’amour de ce pays. Il critique l’Amérique. Il parle des croisades en disant que les chrétiens étaient des barbares, oubliant de finir sa phrase en disant que les musulmans étaient aussi des barbares. Rudolph Giuliani
Je ne remets pas en cause son patriotisme, je suis sûr qu’il est patriote. Mais dans sa rhétorique, je l’entends très rarement dire les choses que j’avais l’habitude d’entendre chez Ronald Reagan ou Bill Clinton concernant leur amour pour l’Amérique. Je l’entends critiquer l’Amérique beaucoup plus que d’autres présidents américains. Rudolph Giuliani
The leader of the free world will be addressing Congress on Tuesday. (…) in a world where the Oval Office is manned by someone openly apologetic for most American exercises of power; and where Western Europe’s economy is enervated, its people largely faithless, and its leadership feckless; and where Freedom House has found “an overall drop in [global] freedom for the ninth consecutive year,” the safeguarding of our civilization might rely more on leaders who possess uncommon moral courage than on those who possess the most nukes or biggest armies. Right now, nobody on the world stage speaks for civilization the way Netanyahu does. While Barack Obama babbles about the supposedly “legitimate grievances” of those who turn to jihad (…) Netanyahu — who spent far more of his formative years on the American mainland than Obama did, and who took enemy fire at the age when Obama was openly pushing Marxist theory, and who learned and practiced free enterprise at the same age when Obama was practicing and teaching Alinskyism — has spoken eloquently for decades in praise of the Western heritage of freedom and human rights. (…) The ayatollahs have never backed down from their stated aim of destroying Christendom. They have never wavered from their depiction of the United States as the “Great Satan.” Just last week, Iran bragged about its recent test-firing of “new strategic weapons” that it says will “play a key role” in any future battle against the “Great Satan U.S.” Iran also continues developing, while trying to keep them secret, new missiles and launch sites with devastatingly long-range capability. It continues to enrich uranium, including an allegedly secret program, to a level that’s a short jump-step from bomb strength. It has a lengthy record of lying and cheating about its military activities, its compliance with U.N. mandates (not that the U.N. is worth much anyway), and its protections of even the limited human rights it actually recognizes as such. About the only thing Iran never lies about is its absolute, unyielding determination to wipe Israel off the face of the earth. It was only a few months ago, for example, that the “revolutionary” regime’s “Supreme Leader,” the Ayatollah Ali Khamenei, released a nine-point plan for how to “annihilate” the Jewish state. Yet Obama not only begrudges the Israeli prime minister the opportunity to make his case against this existential threat to his nation, but he conducts a diplomatic and political assault against Netanyahu of a ferocity rarely seen in the annals of American foreign policy. Obama’s actions aren’t just wrongheaded; they are malignant. They pervert American tradition and American interests, and they attempt to deprive the entire free world of its single most clarion voice for enlightenment values. Benjamin Netanyahu of course speaks first for Israel, but he speaks also for you and for me, for decency and humaneness, and for vigilance and strength against truly evil adversaries. Congress, by inviting him, is wise. Obama, by opposing him, is horribly wrong. And the civilized world, if it ignores him, will be well-nigh suicidal. Quin Hillyer
Selon un sondage Gallup publié lundi (…)  45 % des Américains voient Netanyahu de manière positive – le record était en 1998 avec 46% d’opinions positives. 45% en 2015, c’est 10 points de plus qu’en 2012. A l’inverse, seulement 24% des américains voient Netanyahu de manière négative (et parmi eux de nombreux latinos et musulmans). Les républicains apprécient beaucoup plus Netanyahu (60%) que négativement (18%), tandis que les démocrates sont divisés: 31% favorables et 31% défavorables. Parmi les indépendants, 45% ont une opinion favorable de Netanyahu, tandis que 23% le considèrent défavorablement. Par comparaison avec les chiffres de Netanyahu, un sondage publié le 23 février par the Economist / YouGov, a révélé que 45% des Américains ont un avis favorable d’Obama, contre 50% ayant une mauvaise opinion négative. JSSnews
Le discours de Netanyahou au Congrès américain fut un moment grandiose. En mettant en garde le monde occidental contre la menace qui pèse sur lui, en l’exhortant à ne pas pratiquer de politique d’apaisement envers l’Iran, il constitue un événement d’importance mondiale. Aucun homme politique occidental, a fortiori israélien, n’est capable d’une telle audace. En privilégiant la sauvegarde du lien à Obama, le tandem Livni-Herzog ne propose qu’une politique de démission nationale sur tous les enjeux vitaux d’Israël. Le « camp sioniste » qu’ils représentent est dans l’orbite de la démission munichoise qui les fait ressembler à l’Union Européenne. Ce discours prend aussi une résonnance américaine ou un président qui n’a plus de majorité gouverne par ukases et coups de force. En se dressant contre sa politique démissionnaire, il invite aussi les élus américains à résister au dévoiement de la démocratie américaine. La présidence Obama a ruiné les intérêts et les défenses du monde libre. Elle a ouvert la voie à une multitude de conflits locaux et notamment à la décomposition du monde arabe. Elle a acculé Israël à un affaiblissement dans sa puissance qu’il n’a jamais connu, l’obligeant à réitérer la même guerre tous les deux ans. Elle a réveillé un climat de guerre froide avec la Russie. Mais ce qui est le plus important, c’est que Netanyahou a eu l’audace de nommer l’ennemi, ce dont les leaders juifs du monde entier n’ont plus la force. Il a eu l’audace d’affirmer que le « peuple juif » – c’est le terme employé – saura se tenir debout pour faire face à l’ennemi et n’hésitera pas à défendre son existence. En évoquant la leçon de la Shoah, il a clairement défini l’enjeu vital et total qui se joue pour le peuple juif aujourd’hui et qui nécessite une levée en masse des Juifs pour défendre le sanctuaire de leur existence comme peuple. Enfin, la touche juive de son propos est capitale. (…) Netanyahou a évoqué la figure d’Aman, un autre perse, et il a terminé sur la figure de Moïse. C’est là la tonalité d’un vrai leader du peuple juif, capable d’intégrer l’histoire éternelle d’Israël aux enjeux les plus contemporains. Shmuel Trigano
Pourquoi tant d’animosité envers le dirigeant d’un allié de longue date, la seule et unique démocratie du Moyen-Orient, et auquel Obama a juré de sa loyauté indéfectible ? Eh bien parce que la Maison Blanche s’est déclarée exaspérée par cette visite dont elle n’a pas été informée par Israël, et qu’elle a donc perçue comme une « violation au protocole ». Laquelle l’emporte sur les bénéfices que le Congrès pourrait retirer de la présence – et du point de vue – du leader du pays le plus immédiatement concerné par les négociations actuellement menées avec l’Iran. Remarquablement, ce n’est guère la première fois que la question du protocole se situe au cœur d’une menace de destruction du peuple juif posée par l’Iran. On en trouve un précédent biblique. Sinistre écho de l’histoire contemporaine, le Livre d’Esther relate la toute première occurrence d’une tentative de génocide visant les Juifs dans l’empire antique de Perse, actuellement connu comme l’Iran. Quand, plus de deux millénaires en arrière, Mardochée apprend qu’Aman complote de « détruire, tuer, et exterminer tous les Juifs, jeunes et vieux, petits enfants et femmes, en un seul jour » (Esther 3,13), il persuade sa fille adoptive, devenue reine, d’intercéder en leur faveur. Mais Esther a peur. Si elle se présentait devant son mari pour faire appel contre le décret d’Aman, ce serait rompre avec le protocole royal. « Tous les serviteurs du roi et la population des provinces du roi savent bien, réplique-t-elle à Mardochée, que toute personne, homme ou femme, qui pénètre chez le roi, dans la cour intérieure, sans avoir été convoquée, une loi égale pour tous, la rend passible de la peine de mort; celui-là seul à qui le roi tend son sceptre d’or a la vie sauve. Or, moi, je n’ai pas été invitée à venir chez le roi voilà trente jours. » (Esther 4,11) Néanmoins, le Livre d’Esther nous raconte qu’après avoir supplié les Juifs de prier et de jeûner en sa faveur, Esther choisit de faire fi du protocole face à la menace d’extermination qui plane sur son peuple. Et elle parvient à abroger ce funeste décret. En conséquence, les Juifs, à ce jour, célèbrent la fête de Pourim. Dans la tradition juive, le récit de Pourim marque la commémoration d’un autre type de miracle. Le scénario du Livre d’Esther est fait d’une série de coïncidences si statistiquement improbables qu’il témoigne de la main divine cachée derrière la nature. C’est la raison pour laquelle c’est le seul livre de tout le canon biblique qui ne comporte pas la moindre mention du nom de Dieu. Dans ce monde, Dieu cache Sa face, mais Il est tout aussi impliqué dans la direction du monde que lorsqu’Il sépara la mer devant les Hébreux qui fuyaient les Égyptiens. Pour les commentateurs juifs, Pourim incarne donc cet adage célèbre – et ironiquement anonyme – affirmant que « la coïncidence est le moyen que Dieu choisit pour conserver Son anonymat. » Et dans cette optique, il est tout à fait remarquable que le discours du Premier ministre Benyamin Netanyahou « coïncide » avec la veille du jeûne d’Esther, lequel commémore l’héroïsme d’une reine qui décida que la survie de son peuple avait préséance sur le respect du protocole. Rabbin Benjamin Blech

Attention: un chef du Monde libre peut en cacher un autre !

Citations du poète national (Robert Frost), références bibliques (Esther, Mardochée, Haman), analogies historiques (l’Iran comme nouveau régime nazi), hommage au plus respecté des prix Nobel de la paix et survivants de la Shoah (Elie Wiesel), slogans digne de « Game of Thrones » …

Au lendemain d’un nouveau discours aussi attendu que controversé de Benjamin Netanyahou sur le dossier nucléaire iranien au sein même cette fois, alors qu’il n’est plus ou pas encore premier ministre, du Congrès américain  …

Alors que du Liban à Gaza et à présent de la Syrie à l’Irak et au Yemen et tout en préparant sa Solution finale, la Révolution islamique n’en finit pas de faire ce qu’elle a toujours fait depuis 35 ans, à savoir mettre le Moyen-Orient à feu et à sang …

Pendant qu’à la tête du Monde libre et face à un Congrès où il a perdu tout appui, le Tergiverseur-en-chef qui n’arrive toujours pas à nommer l’ennemi tente de sauver sa place dans l’histoire en s’accrochant désespérement à ses rêves de rapprochement avec, de Cuba à l’Iran, tout ce que la planète peut contenir de régimes renégats …

Et qu’un mois à peine après le prétendu « sursaut républicain » de Paris, le déni politiquement correct a repris comme de plus belle et nos belles âmes n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer le « complexe d’Auschwitz » et la « diplomatie du bulldozer » du dirigeant israélien …

Mais que face aux horreurs si longtemps tolérées et même subventionnées de nos nouveaux damnés de la terre et trois décennies à peine après les faits, la Belle au bois des bois de la justice commence à peine tant en France qu’aux Etats-Unis à se réveiller …

Comment en cette vieille de la fête juive des Sorts dite de Pourim …

Ne pas voir avec nombre de juifs, d’Israéliens et de simples connaisseurs de la Bible …

L’étrange parallèle avec une autre tentative d’interférence dans les affaires de la superpuissance de l’époque …

A savoir celle d’Esther dont Pourim est justement la fête ?

Et comment ne pas saluer, avec  Shmuel Trigano, l’incroyable audace et la magistrale leçon d’histoire …

D’un des descendants, plus populaire et peut-être plus « américain » que ce moins américain des présidents des Etats-Unis, de cette même courageuse reine juive …

Qui devant une énième tentative d’annihilation par les ancêtres, de surcroit, des dirigeants iraniens actuels …

Osa elle aussi pour sauver son peuple …

Défier la bien-pensance et le protocole du moment ?

Quand Bibi Netanyahou viole le protocole
Échos de la reine Esther qui fit entorse au protocole royal pour défendre son peuple face à la menace de destruction posée par l’Iran d’antan…
rabbin Benjamin Blech
Aish.com
24/2/2015

La prochaine apparition du Premier ministre israélien sur la colline du Capitole se retrouve au centre d’une véritable tempête diplomatique.

Convié par le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, à s’exprimer devant le Congrès sur les menaces posées par les ambitions nucléaires de l’Iran, Benyamin Netanyahou a saisi cette occasion rêvée de partager l’inquiétude existentielle de son pays à l’heure où le régime des Mollahs s’apprête plus que jamais à atteindre son objectif avoué de l’annihilation totale d’Israël. Mais la Maison Blanche a fait part de son irritation. Un nombre croissant de législateurs démocrates ont annoncé qu’ils boycotteraient son discours. Le vice président américain Joe Biden qui, en sa qualité de président du Sénat, devrait traditionnellement superviser l’allocution de Netanyahou, a fait savoir qu’il serait « en déplacement à l’étranger » à ce moment-là. Quant à Nancy Pelosi, chef de la minorité démocrate, elle a carrément déclaré qu’elle espérait que le « discours n’aurait pas lieu. »

Pourquoi tant d’animosité envers le dirigeant d’un allié de longue date, la seule et unique démocratie du Moyen-Orient, et auquel Obama a juré de sa loyauté indéfectible ? Eh bien parce que la Maison Blanche s’est déclarée exaspérée par cette visite dont elle n’a pas été informée par Israël, et qu’elle a donc perçue comme une « violation au protocole ». Laquelle l’emporte sur les bénéfices que le Congrès pourrait retirer de la présence – et du point de vue – du leader du pays le plus immédiatement concerné par les négociations actuellement menées avec l’Iran.

Remarquablement, ce n’est guère la première fois que la question du protocole se situe au cœur d’une menace de destruction du peuple juif posée par l’Iran. On en trouve un précédent biblique. Sinistre écho de l’histoire contemporaine, le Livre d’Esther relate la toute première occurrence d’une tentative de génocide visant les Juifs dans l’empire antique de Perse, actuellement connu comme l’Iran. Quand, plus de deux millénaires en arrière, Mardochée apprend qu’Aman complote de « détruire, tuer, et exterminer tous les Juifs, jeunes et vieux, petits enfants et femmes, en un seul jour » (Esther 3,13), il persuade sa fille adoptive, devenue reine, d’intercéder en leur faveur.

Mais Esther a peur. Si elle se présentait devant son mari pour faire appel contre le décret d’Aman, ce serait rompre avec le protocole royal. « Tous les serviteurs du roi et la population des provinces du roi savent bien, réplique-t-elle à Mardochée, que toute personne, homme ou femme, qui pénètre chez le roi, dans la cour intérieure, sans avoir été convoquée, une loi égale pour tous, la rend passible de la peine de mort; celui-là seul à qui le roi tend son sceptre d’or a la vie sauve. Or, moi, je n’ai pas été invitée à venir chez le roi voilà trente jours. » (Esther 4,11)

Néanmoins, le Livre d’Esther nous raconte qu’après avoir supplié les Juifs de prier et de jeûner en sa faveur, Esther choisit de faire fi du protocole face à la menace d’extermination qui plane sur son peuple. Et elle parvient à abroger ce funeste décret. En conséquence, les Juifs, à ce jour, célèbrent la fête de Pourim.

Dans la tradition juive, le récit de Pourim marque la commémoration d’un autre type de miracle. Le scénario du Livre d’Esther est fait d’une série de coïncidences si statistiquement improbables qu’il témoigne de la main divine cachée derrière la nature. C’est la raison pour laquelle c’est le seul livre de tout le canon biblique qui ne comporte pas la moindre mention du nom de Dieu. Dans ce monde, Dieu cache Sa face, mais Il est tout aussi impliqué dans la direction du monde que lorsqu’Il sépara la mer devant les Hébreux qui fuyaient les Égyptiens. Pour les commentateurs juifs, Pourim incarne donc cet adage célèbre – et ironiquement anonyme – affirmant que « la coïncidence est le moyen que Dieu choisit pour conserver Son anonymat. »

Et dans cette optique, il est tout à fait remarquable que le discours du Premier ministre Benyamin Netanyahou « coïncide » avec la veille du jeûne d’Esther, lequel commémore l’héroïsme d’une reine qui décida que la survie de son peuple avait préséance sur le respect du protocole.

Voir aussi:

Le discours de Netanyahou : Enfin !
Shmuel Trigano
Desinfos
3 mars 2015

Le discours de Netanyahou au Congrès américain fut un moment grandiose. En mettant en garde le monde occidental contre la menace qui pèse sur lui, en l’exhortant à ne pas pratiquer de politique d’apaisement envers l’Iran, il constitue un événement d’importance mondiale. Aucun homme politique occidental, a fortiori israélien, n’est capable d’une telle audace. En privilégiant la sauvegarde du lien à Obama, le tandem Livni-Herzog ne propose qu’une politique de démission nationale sur tous les enjeux vitaux d’Israël. Le « camp sioniste » qu’ils représentent est dans l’orbite de la démission munichoise qui les fait ressembler à l’Union Européenne.

Ce discours prend aussi une résonnance américaine ou un président qui n’a plus de majorité gouverne par ukases et coups de force. En se dressant contre sa politique démissionnaire, il invite aussi les élus américains à résister au dévoiement de la démocratie américaine.

La présidence Obama a ruiné les intérêts et les défenses du monde libre.

Elle a ouvert la voie à une multitude de conflits locaux et notamment à la décomposition du monde arabe.

Elle a acculé Israël à un affaiblissement dans sa puissance qu’il n’a jamais connu, l’obligeant à réitérer la même guerre tous les deux ans.

Elle a réveillé un climat de guerre froide avec la Russie.

Mais ce qui est le plus important, c’est que Netanyahou a eu l’audace de nommer l’ennemi, ce dont les leaders juifs du monde entier n’ont plus la force.

Il a eu l’audace d’affirmer que le « peuple juif » – c’est le terme employé – saura se tenir debout pour faire face à l’ennemi et n’hésitera pas à défendre son existence.

En évoquant la leçon de la Shoah, il a clairement défini l’enjeu vital et total qui se joue pour le peuple juif aujourd’hui et qui nécessite une levée en masse des Juifs pour défendre le sanctuaire de leur existence comme peuple.

Enfin, la touche juive de son propos est capitale.

On est loin des discours insipides et bureaucratiques à la Livni !

Netanyahou a évoqué la figure d’Aman, un autre perse, et il a terminé sur la figure de Moïse.

C’est là la tonalité d’un vrai leader du peuple juif, capable d’intégrer l’histoire éternelle d’Israël aux enjeux les plus contemporains.

Nous devons y trouver la force d’un sursaut !

Voir également:

Analyse: discours de Netanyahou, une belle entrée mais un final décevant
L’impact de l’intervention du PM israélien ne sera mesurable qu’au terme des négociations avec l’Iran

Tal Shalev

i24news

04 Mars 2015

 « Tellement de choses ont été écrites sur un discours qui n’a pas encore été prononcé », a déclaré le Premier ministre israélien lundi soir, avec un sourire fier.

Netanyahou a pu observer les drames que l’annonce de son allocution a provoqués des deux côtés de l’océan Atlantique dans les semaines et les jours qui ont précédé sa venue à Washington.

Ce même sourire s’affichait à nouveau sur son visage mardi soir, après plus d’une vingtaine d’ovations, prouvant, à ses yeux, que toutes les paroles prononcées visant à provoquer le président américain face aux centaines d’élus présents dans l’assistance en valaient la peine.

Aux yeux de Netanyahou, ce discours au Congrès restera dans l’histoire comme une brillante allocution de plus de l’orateur acclamé.

Comme prévu, Netanyahou a fait preuve de ses talents d’orateur.

Après une entrée grandiose et de chaleureux applaudissements, il a entamé son discours avec quelques paroles bienveillantes pour le président américain. S’il a admis les tensions provoquées par sa collaboration avec le président républicain de la Chambre des représentants John Bohner, il a salué l’engagement d’Obama en faveur de la sécurité d’Israël et a été acclamé lorsqu’il a souligné la force de l’alliance américano-israélienne.

Mais le Premier ministre a fait son exposé, et c’en était alors fini des ovations bipartisanes – des deux côtés de l’hémicycle.

Les observateurs ont relevé l’expression sur le visage de Nancy Pelosi, représentante des démocrates à la Chambre. Après le discours, Pelosi, qui soutient avec force Israël, a déclaré par la suite qu’elle avait presque pleuré pendant le discours, blessée par « l’insulte faite aux renseignements des États-Unis ».

Netanyahou avait de nombreux atouts en poche pour renforcer son message, sans attaquer directement la Maison Blanche : les citations de Robert Frost sur le chemin qui n’a pas été pris, les références aux personnages de Pourim Esther et Haman, l’analogie incontestable entre l’Iran et le régime nazi, ses slogans digne de « Game of Thrones », et l’hommage au prix Nobel de la paix et survivant de la Shoah Elie Wiesel, invité pour apporter un appui moral dans l’assistance.

Il a également fait des déclarations fortes et convaincantes sur la menace nucléaire iranienne, et lancé un avertissement au monde face devant la pression iranienne et sur la nécessité de parvenir à un meilleur accord plutôt qu’en accepter un mauvais.

Mais sans le nommer, il a continué ses attaques détournées contre Obama, sous-entendant que celui-ci est naïf, qu’il ne fait pas son travail, et qu’il restera dans l’histoire comme quelqu’un qui a mis l’Etat juif et peut-être même le monde entier en danger.

Le président lui-même n’a pas pris la peine d’assister au discours et a programmé une conférence téléphonique internationale exactement à la même heure. Cinquante députés démocrates ont fait de même, étant absents du Congrès pour montrer leur soutien au président et protester contre l’invité israélien.

Toutefois, le “lobby Netanyahou” au Congrès a réalisé un travail incroyable en effaçant l’absence des démocrates et les sièges vides ont été remplis par de fervents partisans. Quand les démocrates ont cessé d’applaudir, les applaudissements du milliardaire Sheldon Adelson, du leader conservateur Newt Gringrinch, de Elie Wiesel et de la délégation israélienne ont résonné de plus fort.

Réagissant à ce discours, l’administration a marqué un autre point, en minimisant son importance, le qualifiant de simple rhétorique, notant qu’ « il n’y avait rien de nouveau ». Simplement exiger de l’Iran qu’il capitule complètement n’est pas un projet ou une idée nouvelle, comme l’a relevé un haut fonctionnaire. Après que tant de choses ont été écrites sur le “Congress Gate” et après les applaudissements, il y avait au final un sentiment de déception.

Netanyahou a fait son show, mais le résultat de son intervention ne sera connu qu’après la tentative américaine de parvenir à un accord sur le programme nucléaire de Téhéran. Pendant ce temps, les relations toxiques entre Jérusalem et Washington ne vont pas disparaître, et le choc des intérêts sur la question iranienne continuera de déranger les partisans de la précieuse alliance américano-israélienne.

Netanyahou, de son côté, peut envisager les choses à plus court terme. Deux semaines avant les élections, son spectacle de deux jours à Washington lui a procuré le public parfait pour reprendre la main sur l’agenda, et distraire l’attention d’Israël des récents scandales et de la crise du logement qui se profile.

Selon les prochains sondages, Netanyahou aurait entre 2 et 3 points de moins que ses rivaux de l’Union Sioniste. Avant de quitter Washington dimanche, Netanyahou s’est rendu au Mur des Lamentations à Jérusalem pour y trouver de l’inspiration. Sur le chemin du retour, il priera pour que son discours au Congrès lui permette d’obtenir au moins quelques voix supplémentaires.

Tal Shalev est la correspondante diplomatique de la chaîne i24news.

Voir de plus:

Netanyahu, Not Obama, Speaks for Us

While under fierce attack from President Obama, the Israeli prime minister defends Western values and speaks the truth about Iran.

Quin Hillyer

National review on line

March 2, 2015

The leader of the free world will be addressing Congress on Tuesday. The American president is doing everything possible to undermine him.

Israeli prime minister Benjamin Netanyahu leads a nation surrounded by enemies, a nation so small that it narrows at one point to just 9.3 miles. Yet, in a world where the Oval Office is manned by someone openly apologetic for most American exercises of power; and where Western Europe’s economy is enervated, its people largely faithless, and its leadership feckless; and where Freedom House has found “an overall drop in [global] freedom for the ninth consecutive year,” the safeguarding of our civilization might rely more on leaders who possess uncommon moral courage than on those who possess the most nukes or biggest armies.

Right now, nobody on the world stage speaks for civilization the way Netanyahu does. While Barack Obama babbles about the supposedly “legitimate grievances” of those who turn to jihad, Netanyahu talks like this (from his speech to the United Nations on September 27, 2012):

The clash between modernity and medievalism need not be a clash between progress and tradition. The traditions of the Jewish people go back thousands of years. They are the source of our collective values and the foundation of our national strength.

At the same time, the Jewish people have always looked towards the future. Throughout history, we have been at the forefront of efforts to expand liberty, promote equality, and advance human rights. We champion these principles not despite of our traditions but because of them.

We heed the words of the Jewish prophets Isaiah, Amos, and Jeremiah to treat all with dignity and compassion, to pursue justice and cherish life and to pray and strive for peace. These are the timeless values of my people and these are the Jewish people’s greatest gift to mankind.

Let us commit ourselves today to defend these values so that we can defend our freedom and protect our common civilization.

When Hamas fired thousands of rockets into Israel last year, Netanyahu, in his necessary military response, did something almost unprecedented in the history of warfare. As he accurately described in his U.N. speech last year, on September 29:

Israel was doing everything to minimize Palestinian civilian casualties. Hamas was doing everything to maximize Israeli civilian casualties and Palestinian civilian casualties. Israel dropped flyers, made phone calls, sent text messages, broadcast warnings in Arabic on Palestinian television, always to enable Palestinian civilians to evacuate targeted areas.

No other country and no other army in history have gone to greater lengths to avoid casualties among the civilian population of their enemies

As Barack Obama complains (with scant grasp of the historical context) about how Christians were such gosh-darn meanies a thousand years ago in the Crusades, Netanyahu protects the ability of Muslims today to have free access to the Old City of Jerusalem, even as Jews and Christians are prohibited from visiting the Temple Mount. At the beginning of his first term, in his first trip overseas as president, Obama delivered a speech to Turkey’s parliament, under the thumb of the repressive Tayyip Erdogan. “The United States is still working through some of our own darker periods in our history,” he confessed, sounding like America’s therapist-in-chief. “Our country still struggles with the legacies of slavery and segregation, the past treatment of Native Americans.”

Netanyahu, in contrast, in a 2011 Meet the Press interview, offered unabashed words of praise for the United States: “Israel is the one country in which everyone is pro-American, opposition and coalition alike. And I represent the entire people of Israel who say, ‘Thank you, America.’ And we’re friends of America, and we’re the only reliable allies of America in the Middle East.” (Netanyahu was accurate in his description of how much Israelis appreciate Americans, as I saw last summer during a visit to the country.)

In thanking America, Netanyahu was not posturing for political advantage. Netanyahu — who spent far more of his formative years on the American mainland than Obama did, and who took enemy fire at the age when Obama was openly pushing Marxist theory, and who learned and practiced free enterprise at the same age when Obama was practicing and teaching Alinskyism — has spoken eloquently for decades in praise of the Western heritage of freedom and human rights. He also speaks and acts, quite obviously, to preserve security — for Israel, of course, but more broadly for the civilized world. On Tuesday, as he has done for more than 30 years, Netanyahu will talk about the threat to humanity posed by Iran.

It’s mind-boggling to imagine that any national leader in the free world would fail to understand the danger. The ayatollahs have never backed down from their stated aim of destroying Christendom. They have never wavered from their depiction of the United States as the “Great Satan.” Just last week, Iran bragged about its recent test-firing of “new strategic weapons” that it says will “play a key role” in any future battle against the “Great Satan U.S.”

Iran also continues developing, while trying to keep them secret, new missiles and launch sites with devastatingly long-range capability. It continues to enrich uranium, including an allegedly secret program, to a level that’s a short jump-step from bomb strength. It has a lengthy record of lying and cheating about its military activities, its compliance with U.N. mandates (not that the U.N. is worth much anyway), and its protections of even the limited human rights it actually recognizes as such.

About the only thing Iran never lies about is its absolute, unyielding determination to wipe Israel off the face of the earth. It was only a few months ago, for example, that the “revolutionary” regime’s “Supreme Leader,” the Ayatollah Ali Khamenei, released a nine-point plan for how to “annihilate” the Jewish state.

Yet Obama not only begrudges the Israeli prime minister the opportunity to make his case against this existential threat to his nation, but he conducts a diplomatic and political assault against Netanyahu of a ferocity rarely seen in the annals of American foreign policy. Obama’s actions aren’t just wrongheaded; they are malignant. They pervert American tradition and American interests, and they attempt to deprive the entire free world of its single most clarion voice for enlightenment values.

Benjamin Netanyahu of course speaks first for Israel, but he speaks also for you and for me, for decency and humaneness, and for vigilance and strength against truly evil adversaries. Congress, by inviting him, is wise. Obama, by opposing him, is horribly wrong. And the civilized world, if it ignores him, will be well-nigh suicidal.

— Quin Hillyer is a contributing editor for National Review Online.

Voir aussi:

Nétanyahou agite une menace imminente du nucléaire iranien… depuis 20 ans
Elvire Camus

Le Monde

03.03.2015

Depuis plus de vingt ans, les interventions de Benyamin Nétanyahou sur le nucléaire iranien se suivent et se ressemblent. A quinze jours des élections législatives anticipées en Israël, le premier ministre prononce, mardi 3 mars, un discours devant le Congrès américain, afin de dissuader une nouvelle fois le groupe P5 + 1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) de parvenir à un accord sur le nucléaire iranien.

« Mes amis, pendant plus d’un an on nous a dit qu’aucun accord était préférable à un mauvais accord. C’est un mauvais accord, le monde se portera mieux sans lui », a déclaré le premier ministre israélien mardi. Selon lui, cet accord, qui vise à limiter le programme nucléaire de l’Iran mais dont les contours ne sont pas connus, y compris d’Israël, permettrait à la République islamique de « s’empresser de fabriquer une bombe » atomique. « Le régime iranien représente une grande menace pour Israël, mais aussi pour la paix du monde entier », a encore lancé M. Netanyahu, mardi, très applaudi par les élus américains présents.

Ce n’est pas la première fois que Benyamin Nétanyahou alerte sur l’imminence de la nucléarisation de l’Iran – et il oublie parfois que ses anciennes prédictions ne se sont pas vérifiées.

En 1996 : « Le temps nous est compté »

Comme le relève le site d’information The Intercept, dès 1992, alors qu’il n’est pas encore premier ministre, le député Nétanyahou avertit le Parlement israélien, que l’Iran sera capable de fabriquer une arme nucléaire dans « trois à cinq ans ».

Quatre ans plus tard, la République islamique n’est pas en capacité de se doter de l’arme atomique. Le premier ministre israélien se contente de répéter, lors de son premier discours devant le Congrès américain, au mois de juillet 1996, qu’il faut tout faire pour empêcher, sans tarder, « la nucléarisation d’Etats terroristes », en l’occurrence l’Iran et l’Irak. « Mais la date limite pour atteindre cet objectif se rapproche fortement », prévient-il alors, avant de poursuivre :

« Mesdames et Messieurs, le temps nous est compté. […] Il ne s’agit pas de dramatiser la situation plus qu’elle ne l’est déjà. »

En 2011, soit quinze ans plus tard, Nétanyahou s’adresse une deuxième fois à la Chambre des représentants américains et répète la même formule, sans tenir compte de ses calculs de 1992 ou de 1996 :

« Maintenant, le temps nous est compté […]. Car le plus grand de tous les dangers pourrait bientôt s’abattre sur nous : un régime islamique militant doté de l’arme nucléaire. de la bombe nucléaire. »

En 2012 : « quelques mois, peut-être quelques semaines »

En 2012, Benyamin Nétanyahou brandit, lors d’un célèbre discours aux Nations unies, une pancarte représentant schématiquement une bombe. Il assure que la République islamique a atteint le seuil dangereux de 70 % d’enrichissement de son uranium et qu’aux alentours du printemps, voire de l’été 2013 « au plus tard », le pays pourrait passer à « l’étape finale », soit un enrichissement à 90 %, seuil minimum pour pouvoir fabriquer une bombe.

« Ils n’ont besoin que de quelques mois, peut-être quelques semaines, avant d’avoir suffisamment d’uranium enrichi pour la première bombe. »

Or, un câble diplomatique obtenu par Al-Jazira révèle que les services secrets israéliens étaient à l’époque parvenus à des conclusions opposées : l’Iran ne « fournit pas l’activité nécessaire à la production d’armes » nucléaires, affirmait le Mossad.

En 2013 : à nouveau « une question de semaines »

Un an plus tard, dans un entretien accordé au Monde en octobre 2013, peu avant la reprise des discussions entre l’Iran et le groupe P 5+1, le premier ministre israélien tient encore le même discours, mais en changeant l’échéance :

« Si on laisse aux Iraniens la capacité d’enrichir à un faible degré, ils seront capables d’enrichir rapidement l’uranium à haute dose, c’est une question de semaines. »

Lire l’entretien : « L’Iran veut développer 200 bombes nucléaires »

Après un accord préliminaire conclu en novembre 2013 entre le groupe P5+1 et l’Iran, qui prévoyait que la République islamique accepte de limiter son programme nucléaire, en échange d’un allégement des sanctions économiques, M. Nétanyahou dénonce une « erreur historique » et son ministre de l’économie met en garde contre la possibilité pour l’Iran de fabriquer une bombe nucléaire dans un délai très court :

« L’accord laisse intacte la machine nucléaire iranienne et pourrait permettre à l’Iran de produire une bombe dans une période de six à sept semaines. »

Cette rhétorique récurrente peut expliquer pourquoi Barack Obama a minimisé la portée des derniers propos de Benyamin Nétanyahou, quelques heures avant le discours de ce dernier au Congrès américain. Le président américain a ainsi tenu à souligner que le premier ministre israélien s’était déjà « trompé par le passé » en présentant l’accord de novembre 2013 comme un « mauvais accord » que l’Iran ne respecterait pas.

Voir encore:

Herb Keinon
The Jerusalem Post
03/02/2015

Netanyahu views that his destiny is to protect the Jewish state, and — by extension — the future of the Jews. In his mind, this is why he was fated to come to power. Nothing less.

When Prime Minister Benjamin Netanyahu addresses Congress on Tuesday, he will likely make reference to Purim, that holiday that will begin Wednesday night commemorating the Jews’ salvation from the hands of Haman and the Persians thousands of years ago.

How could he not; it’s a slam dunk.

Then the Persians wanted to destroy the Jews; today the Persians want to destroy the state of the Jews. Same peoples, same tired story line.

And in this modern day version of the Biblical Book of Esther that many of the US legislators he will be speaking to are familiar with from their Sunday school days, Netanyahu — at least judging from his rhetoric over the last few weeks — sees himself cast as a combination of Mordechai and Esther.

Mordechai was the character in the Book of Esther who recognized the threats to his people in real time; Esther the one who — through the right words, at the right time, in the right situation — took action to thwart them. Netanyahu sees himself playing both roles.

In his mind he is the one who, going back to his first speech to Congress in 1996 where he already identified the danger of a nuclear Iran as the biggest threat facing Israel, is the Mordechai character. He is also the one lobbying the King, in this case US President Barack Obama in the role of King Ahashverush, to get him to squelch the Persian plot against the Jews.

One of the most poignant moments in the Book of Esther comes toward the end of Chapter 4, when Mordechai has alerted Esther to the dangers hovering above the Jews, and entreats her to plead her people’s case before the King. Her answer was to hem-and-haw a bit and say she was not invited to meet the King, and those who approach him without being invited face death.

Mordechai’s reply: « If you remain silent at such a time as this, relief and deliverance for the Jews will appear from some other quarter, but you and your father’s house will perish. Who knows, perhaps it is for such a time as this that you have come to your royal position. »

Netanyahu’s critics say this speech is all about the elections. But Judging from everything that Netanyahu has said over the years, not just for this election cycle, he views that this — protecting his people and his country from destruction — is the reason he came to power.

Other prime ministers, such as Yitzhak Rabin or Shimon Peres, viewed their reason for rule as becoming The Peacemaker. Netanyahu never cast himself in that role. He views that his destiny is to protect the Jewish state, and — by extension — the future of the Jews. In his mind, this is why he was fated to come to power. Nothing less.

Netanyahu, the best English orator Israel has ever had at its helm, also believes — much like Obama — in the power of words. That he is going forward with a speech that he obviously knows will severely complicate his life with Obama until the end of the President’s term, indicates that he — as sources close to him have said — believes in the possibility that words can convince key policy makers that the concessions being offered to Iran are much too much.

Esther saved the Jewish people not through a great military achievement, but with daring to speak to the King. Netanyahu seems to see himself playing a similar role.

It is worth noting that in recent days Netanyahu, including Monday in his address to AIPAC, has noted other Israeli Prime Ministers who at key crossroads have been willing to take action even when it ran contrary to US policy.

Netanyahu has mentioned David Ben-Gurion, who declared statehood in 1948, even though the US State Department was adamantly opposed. He has mentioned Levi Eshkol, who took preemptive action in June 1967 against the Egyptians, even though the US president at the time, Lyndon Baines Johnson, was firmly against. He mentioned Menachem Begin, who took out the Iraqi nuclear reactor in 1981 even though then president Ronald Reagan was so incensed at the move that he temporarily halted the delivery of fighter planes to Israel. And he cited Ariel Sharon, who continued with Operation Defensive Shield in 2002, even when president George W. Bush called on him to stop.

(Netanyahu also could have mentioned Ehud Olmert, who — according to foreign reports — issued the order in 2007 to take out a Syrian nuclear facility, even though the US preferred to deal with the matter at the UN).

By raising these cases, Netanyhau is saying that the prime minister is joining the ranks of other Israeli premiers who took brave action even if it risked a rocky patch in the relationship with the US.

But the parallels are far from perfect. Ben-Gurion, Eshkol, Begin and Sharon all took concrete actions to further what they viewed as vital Israeli interests, even if these ran up against American wishes. What Netanyahu is doing is giving a speech — not ordering a military strike.

But Netanyahu has shown over his long career that he believes in the efficacy of the speech, and how the right words, at the right time, delivered in the right way, can change history. One precedent he is leaning on is the Book of Esther.

Some are likening Netanyahu’s speech to Congress as a duel with Obama and calling it High Noon. Considering the season, however, it may be more apt to call it Purim on the Potomac.

Voir aussi:

Why Religious Jews See a Parallel Between the Netanyahu-Obama Rift on Iran and the Bible’s Book of Esther
Sharona Schwartz
The Blaze
Feb. 25, 2015

Religious Jews are drawing parallels between Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu’s address next week to Congress, which has earned the ire of the Obama administration, and the experiences of the biblical Esther who made the case to Persia’s king on behalf of the Jewish people to halt the designs of a hate-consumed official to annihilate the Jews.

The faithful have been sharing their thoughts on social media and have pointed to the the timing of Netanyahu’s speech, March 3, which happens to fall of the eve of the Fast of Esther, when Jews commemorate the three-day fast Queen Esther asked the Jews to undertake while they repented and prayed she would succeed in her mission to convince King Ahasuerus to scuttle the evil Haman’s genocidal plans.

The Obama administration has lambasted Israel over Netanyahu’s accepting an invitation from House Speaker Rep. John Boehner (R-Ohio) to speak to Congress, which it described as a break in diplomatic protocol.

Some religious leaders have noted that the same kind of break in protocol was key to the Jews’ redemption in the Book of Esther. The Jewish holiday of Purim, which this year is celebrated March 5, marks Esther’s success in her mission to thwart Haman’s destructive plan.

“Remarkably, this is not the first time the issue of protocol lies at the heart of an Iranian threat to destroy the Jewish people,” Yeshiva University Professor Rabbi Benjamin Blech wrote in an article for the Jewish educational organization Aish Hatorah. “There is biblical precedent. Eerily echoing today’s story, the Book of Esther recounts the first recorded instance of attempted genocide against Jews in the ancient empire of Persia, today known as Iran.”

In the Book of Esther, Mordechai learns of Haman’s plot to exterminate all the Jews “in a single day.” Mordechai urges his adopted daughter Esther to intercede with her husband, the king.

“But Esther is afraid. If she were to approach her husband to appeal Haman’s decree, she would be breaking royal protocol” by approaching the king when she had not been summoned, which could lead to a death penalty for her, Blech explained.

After begging the Jews to fast and pray, “Esther chose to disregard protocol in the face of possible extermination of her people. Esther succeeded in averting the evil decree. As a result, Jews to this day around the world celebrate the Festival of Purim,” Blech wrote.

Rabbi Efrem Goldberg of the Boca Raton Synagogue in Florida also likened Mordechai and Esther to Netanyahu.

“Why did we ultimately triumph over Haman such that we are here today and he is a distant memory? The answer is simple: Mordechai and Esther, two heroes stood up and, like an alarm, rang and rang until they woke up our people from their practically comatose sleep,” Goldberg wrote. “Like Mordechai and Esther before him, on the eve of Ta’anis Esther [Fast of Esther] this year, the Prime Minister of Israel will speak before a joint a session of Congress and seek to sound the alarm, to awaken from their sleep the decision-makers who can stop the wicked plans of modern day Persia.”

Goldberg recalled a lesson shared by the late Rabbi Joseph Soloveitchik, considered one of the leading rabbinical figures of Orthodox Judaism.

Purim is often celebrated as commemorating a miracle, but Soloveitchik offered a unique view on what the real miracle was.

“A madman rose and articulated his intentions to destroy the Jewish people. The miracle was that we didn’t ignore him, we didn’t excuse him, and we didn’t seek to reinterpret him. The miracle was that we actually believed him and sought to do something about it,” Goldberg wrote, citing Soloveitchik’s lesson.

Rabbi Benzion “Benny” Hershcovich, an emissary of the Chabad-Lubavitch movement who directs the Cabo Jewish Center, pointed out that the redemption of the Jews as told in the Book of Esther was described as occurring by natural means, with no overt divine miracle recounted.

Indeed, God is never mentioned in the Book of Esther, though religious Jews note the improbable string of coincidences that led to the Jews’ salvation, suggesting God’s invisible hand was at work.

Hershcovich told TheBlaze Wednesday that like Esther, “here Netanyahu is trying to go about ensuring Israel’s survival through political means” and is not “depending on a miracle.”

The rabbi explained that the current Jewish month of Adar in which Purim is celebrated is considered to be a joyous month.

“Adar is the month where the Jewish people are victorious against Persia so the timing of Netanyahu’s speech – not only in political sense – but from a religious point of view, there’s probabaly no better time for him to speak out against the modern day Haman than in the proximity to Purim,” Hershcovich said.

He noted that the 1991 Gulf War even ended on the Purim holiday.

“So in general, Purim is a good day for Jews,” Hershcovich said.

Voir également:

http://www.csmonitor.com/World/Security-Watch/Backchannels/2012/0307/Netanyahu-gives-Obama-the-Book-of-Esther.-Biblical-parable-for-nuclear-Iran

Netanyahu gives Obama the Book of Esther. Biblical parable for nuclear Iran?
Esther tells of a Persian plot against the Jews that was thwarted through cunning and the intercession of a gentile king. Purim, the holiday that celebrates the story, starts tonight.
Dan Murphy
The Christian Science Monitor
March 7, 2012

When Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu gave President Obama the Book of Esther as a gift a few days ago, the message was only slightly less subtle than if he had constructed a massive neon billboard across the street from 1600 Pennsylvania Avenue with the message « Mr. President, please help me destroy Iran before they destroy us. »

The Book of Esther is from the Old Testament, and it’s a story that Jews across the world will celebrate tonight and tomorrow with the holiday of Purim. Unlike much of the good book, there are hardly any mentions of God. Instead it’s a tale of backroom maneuvering ending in victory for the Jews and destruction of their enemies, with a woman in the rare role of hero. Did this 2,500-year-old tale of double-dealing and deceit, set in the old Persian Empire, really happen? Well, your mileage may vary. Does it contain lessons for today? Bibi certainly thinks so.

One of his aides told a reporter that gift was meant to provide “background reading” on Iran for Obama. In a speech to the American-Israeli Public Affairs Committee (AIPAC), a pro-Israel lobbying group, Netanyahu described Haman, the villain of the tale, as « a Persian anti-Semite [who] tried to annihilate the Jewish people. » The context of his speech was that Iran, the modern successor to Persia, presents the greatest danger to peace and security on the planet.

While I’m not sure foreign policy is well-crafted with ancient biblical texts as a guide, the lessons of the Esther story are taken seriously by Netanyahu and millions of Jews. Some Jewish traditions say Hitler is not a historical aberration, but a descendent of Haman (who, in turn, was a descendant of the Jews’ enemies in Egypt). The story of a proposed genocide of the Jews in ancient Persia? Evidence for why the modern state of Israel had to be established – there could be no guaranteed security or safety for Jews living in a Gentile-majority state.

What happened? The Persian king Ahasuerus is displeased with his wife and casts her aside, ordering his men to scour the country for a new bride. The beautiful orphan Esther, being fostered by her cousin Mordechai, is brought before Ahasuerus and he takes her as his wife. Mordechai tells her to keep her Jewish identity a secret.

Some time later, Mordechai overhears a plot against the king and transmits the warning through Esther. But Mordechai’s role is unknown and he runs into trouble when some time after that, Haman is elevated to vizier – the king’s prime minister and right-hand man. Haman is not a nice man. After Mordechai refuses to bow down before the vain and bullying Haman, the vizier decides to eradicate all Jews in Persia in revenge. With a honeyed tongue in the king’s ear warning that Jews are disloyal and dangerous, he wins approval. On a set date, all the Jews in the empire will be slaughtered.

Mordechai learns of the plot, and sends word to Esther that she must intercede with the king. He beseeches her: « If you remain silent at this time, relief and deliverance for the Jews will arise from another place, but you and your father’s family will perish. And who knows but that you have come to royal position for such a time as this. » (As quoted in the New International Version of the Bible.)

So she arrays herself in finery and presents herself to Ahasuerus, who promises to give her anything she wants. She finally reveals she’s a Jew and that Haman’s plan means the destruction of her own people, and Mordechai – whose role in uncovering the assassination plot against the king has by now been revealed.

The furious king shifts positions, and gives the Jews permission to destroy their enemies. The story ends with Haman, his brothers, and 75,000 other Persians put to the sword. Mordechai is elevated to vizier, and given wide latitude to make policy.

It appears that in a modern context, Netanyahu sees himself as Mordechai, Iran’s leaders as Haman, and Obama perhaps as Ahasuerus, the powerful but easily influenced king who almost led to the Jews’ downfall but saved them in the nick of time. There isn’t an obvious Esther figure at the moment (though fans of the evangelical Christian politician Sarah Palin often compared her to Queen Esther, come to save her people « at a time such as this, » during her vice presidential run). But I think that’s enough of the plot to get the point.

The holiday itself, though very Jewish, is really a celebration of man (and woman) taking action to save themselves rather than waiting for divine intervention. There are no miracles but human ingenuity and intelligence, no great lessons beyond a reminder that the Jews have enemies, and when the chips are down they’d better look to themselves first (as Netanyahu told AIPAC, « The purpose of the Jewish state is to defend Jewish lives and to secure the Jewish future. Never again will we not be masters of the fate of our very survival. Never again. That is why Israel must always have the ability to defend itself, by itself, against any threat. »)

The holiday has evolved down the centuries into a cross between Halloween and Hogmanay. There will be readings from Esther in synagogues tonight, but also kids running around in costumes gobbling sweet Hamantaschen (« Haman’s hats, » though in modern Hebrew they’re called « Haman’s ears »). Their elders generally indulge in the harder stuff. It’s a celebration of victory and survival.

In the modern tale being told by Netanyahu, with his frequent warnings that Iran’s nuclear program is the gathering storm of a new Holocaust, the Islamic Republic of Iran is the one « trying to kill us. » War talk has been quieted slightly by Obama’s skillful handling of his own meetings with Netanyahu and AIPAC this week. But the biblical underpinnings of Netanyahu’s and many others Jews fears promise to, eventually, ratchet up the heat again.

Voir par ailleurs:

Selon l’institut Gallup, Netanyahu est plus populaire qu’Obama aux Etats-Unis !
Jack Philip

JSSNews

3 mars 2015

Malgré les attaques violentes lancées par une certaine presse américaine, la côte de popularité du Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu est quasiment à un niveau record, selon un sondage Gallup publié lundi.

Les résultats du sondage montrent que les tensions avec l’administration du président Barack Obama sur son discours prévu au Congrès mardi n’ont pas nui à son image auprès du public américain, et les Américains le voient à peu près aussi favorablement aujourd’hui que depuis 1996 et sa prise de pouvoir en Israël.

Dans ce sondage, on apprend que 45 % des américains voient Netanyahu de manière positive – le record était en 1998 avec 46% d’opinions positives. 45% en 2015, c’est 10 points de plus qu’en 2012.

A l’inverse, seulement 24% des américains voient Netanyahu de manière négative (et parmi eux de nombreux latinos et musulmans).

Les républicains apprécient beaucoup plus Netanyahu (60%) que négativement (18%), tandis que les démocrates sont divisés: 31% favorables et 31% défavorables. Parmi les indépendants, 45% ont une opinion favorable de Netanyahu, tandis que 23% le considèrent défavorablement.

Par comparaison avec les chiffres de Netanyahu, un sondage publié le 23 février par the Economist / YouGov, a révélé que 45% des américains ont un avis favorable d’Obama, contre 50% ayant une mauvaise opinion négative.

Voir enfin:

Le discours intégral et en français de Benjamin Netanyahu devant le Congrès américain
JSSnews

3 mars 2015

Voici l’adaptation en français de la transcription intégrale de l’allocution du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devant le Congrès américain, le 3 Mars 2015.

Merci.

(Applaudissements)

Merci …

(Applaudissements)

… Le Président de la Chambre John Boehner, le président Pro Tem sénateur Orrin Hatch, sénateur de la minorité – leader de la majorité Mitch McConnell, leader de la minorité Nancy Pelosi, chef de la majorité et de la Chambre Kevin McCarthy.

Je tiens également à remercier le sénateur, leader démocrate Harry Reid. Harry, il est bon de vous voir revenir sur vos pieds.

(Applaudissements)

Je suppose que ce qu’ils disent est vrai, vous ne pouvez pas garder un homme bon en mauvais état.

(Rires)

Mes amis, je suis profondément honoré par la possibilité de parler pour la troisième fois devant le corps législatif le plus important au monde, le Congrès américain.

(Applaudissements)

Je tiens à vous remercier tous d’être ici aujourd’hui. Je sais que mon discours a fait l’objet de nombreuses controverses. Je regrette profondément que certains perçoivent ma présence ici comme politique. Cela n’a jamais été mon intention.

Je tiens à vous remercier, démocrates et républicains, pour votre soutien commun à Israël, année après année, décennie après décennie.

(Applaudissements)

Je sais que peu importe de quel côté de l’allée vous vous asseyez, vous vous tenez avec Israël.

(Applaudissements)

L’alliance remarquable entre Israël et les Etats-Unis a toujours été au-dessus de la politique. Elle doit toujours rester dessus de la politique.

(Applaudissements)

Parce que l’Amérique et Israël partagent un destin commun, le destin de terres promises qui chérissent la liberté et offrent de l’espoir. Israël est reconnaissant du soutien de l’Amérique – de la population de l’Amérique et des présidents de l’Amérique, de Harry Truman à Barack Obama.
(Applaudissements)

Nous apprécions tout ce que le président Obama a fait pour Israël.

Mais vous savez déjà tout cela.

(Applaudissements)

Vous savez que nous apprécions le renforcement de la coopération sécuritaire et le partage des renseignements, nous apprécions que vous vous opposez aux résolutions anti-israélienne à l’ONU.

Mais il y a certaines choses que le Président Obama a fait, qui sont moins connues…

Je l’ai appelé en 2010, lorsque nous avons eu l’incendie de la forêt Carmel, et il a immédiatement accepté de répondre à ma demande d’aide urgente.

En 2011, nous avons eu notre ambassade au Caire en état de siège, et de nouveau, il a fourni une aide vitale en ce moment crucial.

Il a également soutenu nos demandes pour notre défense anti-missile au cours de l’été dernier, lorsque nous étions face aux terroristes du Hamas.

(Applaudissements)

View image | gettyimages.com
Dans chacun de ces moments, j’ai appelé le président, et il était là.

Et certaines choses de ce que le président a fait pour Israël ne peuvent pas être dites, parce que cela touche aux questions sensibles et stratégiques qui ne peuvent être dites qu’entre un Président américain et un Premier Ministre israélien.

Mais je sais cela, et je serai toujours reconnaissant au président Obama pour ce soutien.

(Applaudissements)

Et Israël vous est reconnaissant, reconnaissant le Congrès américain, pour votre soutien, pour nous soutenir à bien des égards, en particulier dans l’aide militaire généreuse et la défense antimissile, y compris le Dôme de Fer.

(Applaudissements)

L’été dernier, des millions d’Israéliens ont été protégée contre les milliers de roquettes du Hamas, grâce à ce Dôme construit avec vous.

(Applaudissements)

Merci, l’Amérique. Merci pour tout ce que vous avez fait pour Israël.

Mes amis, je suis venu ici aujourd’hui parce que, en tant que Premier ministre d’Israël, je me sens une obligation profonde de vous parler d’une question qui pourrait bien menacer la survie de mon pays et l’avenir de mon peuple: la quête iranienne pour obtenir des armes nucléaires .

Nous sommes un peuple ancien. Dans nos près de 4000 ans d’histoire, beaucoup ont essayé à plusieurs reprises de détruire le peuple juif. Demain soir, lors de la fête juive de Pourim, nous allons lire le Livre d’Esther. Nous lisons le récit d’un vice-roi de Perse puissant nommé Haman, qui complotait pour détruire le peuple juif il y a quelque 2500 ans. Mais une femme juive courageuse, reine Esther, a démontré ce complot et a donné au peuple juif le droit de se défendre contre ses ennemis

Le complot a été déjoué. Notre peuple a été sauvé.

(Applaudissements)

Aujourd’hui le peuple juif fait face à une autre tentative, d’un autre potentat perse, de nous détruire. Le Guide suprême l’ayatollah Khamenei crache sa haine la plus ancienne, la haine de l’antisémitisme, avec les nouvelles technologies. Il tweete qu’Israël doit être anéanti – il tweete ! Vous savez, en Iran, Internet n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler livre. Mais il tweet en anglais qu’Israël doit être détruit.

Pour ceux qui croient que l’Iran menace l’Etat juif, mais pas le peuple juif, écoutez Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, chef mandataire terroriste de l’Iran. Il a dit: Si tous les Juifs se rassemblent en Israël, cela va nous épargner la fatigue de les pourchasser dans le monde entier.
Mais le régime iranien n’est pas seulement un problème juif, pas plus que le régime nazi n’était qu’un problème juif. Les 6 millions de juifs assassinés par les nazis n’étaient qu’une fraction des 60 millions de personnes tuées dans la Seconde Guerre mondiale. Donc, si le régime de l’Iran constitue une grave menace non seulement pour Israël, c’est aussi le cas pour la paix du monde entier. Pour comprendre à quel point l’Iran serait dangereux avec des armes nucléaires, nous devons comprendre pleinement la nature du régime.

Le peuple d’Iran est composé de gens très talentueux. Ils sont les héritiers d’une des plus grandes civilisations du monde. Mais en 1979, ils ont été détournés de leur histoire par des fanatiques religieux, des fanatiques religieux – qui ont imposé une dictature sombre et brutale.

Cette année là, les fanatiques ont rédigé une constitution nouvelle pour l’Iran. Elle ordonne aux gardiens de la révolution de ne pas seulement protéger les frontières de l’Iran, mais aussi de remplir la mission idéologique du jihad. Le fondateur du régime, l’ayatollah Khomeini, a exhorté ses partisans à « exporter la révolution dans le monde entier. »

Je suis ici à Washington, et la différence est tellement frappante. Le document fondateur de l’Amérique promet la vie, la liberté et la poursuite du bonheur. Le document fondateur de l’Iran s’engage dans la mort, la tyrannie, et la poursuite du djihad. Et alors que les États s’effondrent à travers le Moyen-Orient, l’Iran se charge d’occuper le vide pour faire exactement cela.

Les hommes de main de l’Iran à Gaza, ses laquais au Liban, ses gardiens de la révolution sur le plateau du Golan entourent Israël avec trois tentacules de terreur. Soutenu par l’Iran, Assad massacre Syriens. Soutenu par l’Iran, les milices chiites sont lâchées en Irak. Soutenu par l’Iran, les Houthis prennent le contrôle du Yémen, menaçant les détroits stratégiques à l’embouchure de la mer Rouge. Avec le détroit d’Ormuz, ce serait donner à l’Iran une seconde point d’approvisionnement en pétrole du monde.

La semaine dernière, près d’Ormuz, l’Iran a procédé à un exercice militaire en détruisant une maquette d’un porte-avions américain. C’est juste la semaine dernière, alors qu’ils négocient avec les Etats-Unis sur le nucléaire. Mais malheureusement, depuis les 36 dernières années, les attaques de l’Iran contre les Etats-Unis ont été tout sauf sur des maquettes. Et les objectifs n’ont été que trop réels.

L’Iran a pris des dizaines d’Américains en otage à Téhéran, a assassiné des centaines de soldats américains, des Marines à Beyrouth, et est responsable de la mort et de mutilations des milliers d’hommes et de femmes, de militaires américains en Irak et en Afghanistan.

Au-delà du Moyen-Orient, l’Iran attaque l’Amérique et ses alliés à travers son réseau mondial de terrorisme. Il a fait sauter le centre de la communauté juive et l’ambassade israélienne à Buenos Aires. Il a aidé Al Qaida à attaquer les ambassades américaines en Afrique. Il a même tenté d’assassiner l’ambassadeur saoudien, ici à Washington DC.

Au Moyen-Orient, l’Iran domine désormais quatre capitales arabes, Bagdad, Damas, Beyrouth et Sanaa. Et si l’agression de l’Iran n’est pas défaite, d’autres suivront sûrement.
Donc, à un moment où beaucoup espèrent que l’Iran se joindra à la communauté des nations, l’Iran est occupé engloutir les nations.

(Applaudissements)

Nous devons tous unir nos efforts pour arrêter la marche de l’Iran par les conquêtes, l’asservissement et de la terreur.

(Applaudissements)

Il y a deux ans, on nous a dit de donner au Président Rouhani et aux ministre des Affaires étrangères Zarif, une chance d’apporter des changements et de la modération en Iran. Quels changements! Quelle modération!

Le gouvernement de Rouhani pend gays, persécute les chrétiens, emprisonne des journalistes et exécute encore plus de prisonniers que par le passé.

L’année dernière, le même Zarif qui charme diplomates occidentaux a déposé une gerbe sur la tombe d’Imad Mughniyeh. Imad Mughniyeh est le cerveau terroriste qui a fait verser le plus de sang plus américain que tout autre terroriste outre Oussama ben Laden. Je aimerais voir quelqu’un lui poser une question à ce sujet.

Le régime iranien est plus radical que jamais, il scande « Mort à l’Amérique », et surnomme l’Amérique « le grand satan. »

Maintenant, cela ne devrait pas être surprenant, parce que l’idéologie du régime révolutionnaire de l’Iran est profondément enracinée dans l’islam militant, et c’ est pourquoi ce régime sera toujours un ennemi de l’Amérique.

Ne soyez pas dupe. La bataille entre l’Iran et l’ISIS ne fait pas l’Iran dans un ami de l’Amérique.

L’Iran et l’ISIS sont en compétition pour le trône de l’Islam militant. Le premier se nomme République Islamique, le second Etat Islamique. les deux veulent imposer un empire islamique militant, d’abord sur la région, puis sur le reste du monde. Ils sont simplement en désaccord sur celui qui sera le chef de cet empire.

Dans cette lutte mortelle pour un trône, il n’y a pas de place pour l’Amérique ou pour Israël, pas de paix pour les chrétiens, les juifs ou les musulmans qui ne partagent pas la croyance médiévale islamiste, pas de droits pour les femmes, pas de libertés pour les peuples.

Alors, quand il s’agit de l’Iran et de l’ISIS, l’ennemi de votre ennemi est votre ennemi.
(Applaudissements)

La différence est que l’ISIS est armé avec des couteaux de boucher, des armes saisies et YouTube, alors que l’Iran pourrait bientôt être armé avec des missiles balistiques intercontinentaux et des bombes nucléaires. Nous devons toujours nous rappeler – je vais le dire une fois de plus – que le plus grand danger auquel notre monde doit faire face, est le mariage de l’Islam militant avec des armes nucléaires. Vaincre l’Etat Islamique et laisser l’Iran obtenir des armes nucléaires serait comme gagner la bataille, mais perdre la guerre. Nous ne pouvons pas laisser cela se produire.

(Applaudissements)

Mais cela, mes amis, c’est exactement ce qui pourrait arriver, si l’accord en cours de négociation est accepté par l’Iran. Cet accord ne va pas empêcher l’Iran de développer des armes nucléaires. Il fait tout sauf garantir que l’Iran n’obtienne ces armes, beaucoup d’armes.

Permettez-moi de vous expliquer pourquoi. Alors que l’accord final n’a pas encore été signé, certains éléments de tout accord potentiel sont maintenant de notoriété publique. Vous n’avez pas besoin des agences de renseignement et des informations secrètes pour le savoir. Cherchez cela sur Google.

En l’absence d’un changement radical, nous savons pour sûr que tout accord avec l’Iran comprendra deux grandes concessions à l’Iran.

La première concession majeure serait de laisser l’Iran avec une vaste infrastructure nucléaire, en l’obligeant pendant une courte période de construire une bombe. Cette pause est le temps nécessaire pour obtenir suffisamment d’uranium de qualité militaire ou de plutonium pour une bombe nucléaire.

Selon l’accord, pas une seule installation nucléaire ne serait démolie. Des milliers de centrifugeuses utilisées pour enrichir l’uranium seraient laissés libres. Des milliers d’autres seraient déconnectés temporairement, mais pas détruites.
Le programme nucléaire de l’Iran resterait en grande partie intacte, notamment parce que cette pause, d’environ un an pour laisser aux Etats-Unis le temps d’observer la situation, cette pause serait encore plus courte pour Israël.

Et si le travail de l’Iran sur ses centrifugeuses avancées, plus rapides et de meilleures qualités, si ces centrifugeuses ne sont pas stoppées, cette pause pourrait être encore plus courte, beaucoup plus courte !

Certes, certaines restrictions seraient imposées sur le programme nucléaire de l’Iran et ce pays devrait accepter des visites supervisées par des inspecteurs internationaux…  Mais voici le problème:  les inspecteurs documentent les violations; ils ne les arrêtent pas.

Les inspecteurs savaient quand la Corée du Nord était prête à obtenir la bombe, mais cela n’a pas empêché quoi que ce soit. La Corée du Nord a éteint les caméras, expulsé les inspecteurs. Et en quelques années, il ont obtenus la bombe.

Maintenant, nous savons que dans les cinq ans, la Corée du Nord pourrait avoir un arsenal de 100 bombes nucléaires.

Comme la Corée du Nord, l’Iran aussi a défié les inspecteurs internationaux. Cela a été fait à au moins 3 occasions distinctes en 2005, 2006 et 2010. Comme la Corée du Nord, l’Iran a brisé les serrures et éteint les caméras.

Je sais que ce que je vais vous dire ne va pas vous choquer, personne, mais l’Iran ne défie pas que les inspecteurs… Il joue également de manière très habile à cache-cache avec eux, il triche avec eux.

L’Agence de surveillance nucléaire de l’ONU, l’AIEA, a dit encore hier que l’Iran refuse toujours de faire le ménage dans son programme nucléaire militaire. L’Iran a également été pris la main dans le sac – pris deux fois, pas une fois, deux fois – à exploiter des installations nucléaires secrètes à Natanz et Qom, des installations dont les inspecteurs ne connaissaient même pas l’existence.

À l’heure actuelle, l’Iran pourrait cacher des installations nucléaires que nous ne connaissons pas. Comme l’ancien chef des inspections de l’AIEA l’a déclaré en 2013, «S’il n’y a aucune installation non déclarée aujourd’hui en Iran, ce sera la première fois en 20 ans que ce serait le cas. » L’Iran a prouvé à maintes reprises qu’on ne peut pas lui faire confiance. Et c’est pourquoi la première concession majeure est une grande source de préoccupations. Cela laisse l’Iran avec une vaste infrastructure nucléaire tout en s’appuyant uniquement sur les inspecteurs surveiller cela. Cette concession crée un réel danger : celui de voir l’Iran obtenir la bombe en violant l’accord.

Mais la deuxième concession majeure crée un danger encore plus grand ; l’Iran pourrait construire la bombe tout en signant l’accord… Parce que presque toutes les restrictions sur le programme nucléaire de l’Iran expireront automatiquement dans environ une décennie.
Une décennie peut sembler une longue période dans la vie politique, mais c’est un clin d’oeil dans la vie d’une nation. C’est un clin d’œil dans la vie de nos enfants. Nous avons tous la responsabilité d’imaginer ce qui se passera lorsque les capacités nucléaires de l’Iran seront pratiquement illimitées et que toutes les sanctions ont été levées. L’Iran serait alors libre de construire une énorme capacité nucléaire qui pourrait produire beaucoup, beaucoup de bombes nucléaires.

Le Guide suprême de l’Iran le dit ouvertement. Il dit, l’Iran prévoit d’avoir 190.000 centrifugeuses, pas 6.000 ou pas 19.000 comme aujourd’hui, mais 10 fois cela: 190.000 centrifugeuses d’enrichissement d’uranium. Avec cette capacité importante, l’Iran pourrait fabriquer du carburant pour l’ensemble d’un arsenal nucléaire et ce en quelques semaines à partir du moment où la décision est prise.

Mon ami de longue date, John Kerry, le secrétaire d’État, a confirmé la semaine dernière que l’Iran pourrait obtenir légalement toutes ces centrifugeuses lorsque l’accord arriverait à expiration.

Maintenant, je veux que vous pensiez à ce sujet. Le parrain du terrorisme mondial ne pourrait être qu’à quelques semaines d’obtenir assez d’uranium pour tout un arsenal d’armes nucléaires… Et cela avec une pleine légitimité internationale.

Et en passant, le programme de missiles balistiques intercontinentaux de l’Iran ne fait pas partie de la transaction… Et jusqu’à présent, l’Iran refuse de même le mettre sur la table des négociations ces missiles. Eh bien, avec cela l’Iran pourrait avoir les moyens d’utiliser cet arsenal nucléaire dans tous les coins de la terre, y compris au coeur de l’Amérique.

Donc, vous voyez, mes amis, cet accord a deux concessions majeures: une, quitter l’Iran avec un vaste programme nucléaire et deux, la levée des restrictions sur ce programme dans environ une décennie. C’est pourquoi cet accord est si mauvais. Il ne bloque pas le chemin de l’Iran vers la bombe; il ouvre le chemin de l’Iran vers la bombe.

Alors pourquoi quelqu’un devrait signer ce deal ? Parce qu’ils espèrent que l’Iran va changer pour le mieux dans les années à venir, ou qu’ils croient que l’alternative à cet accord est pire?

Eh bien, je suis en désaccord avec ça. Je ne crois pas que le régime radical de l’Iran va changer pour le mieux après cet accord. Ce régime est au pouvoir depuis 36 ans, et son appétit vorace pour l’agression augmente chaque année qui passe. Cet accord ne va faire que donner plus d’appétit à l’Iran.
L’Iran serait-elle moins agressive en retirant des sanctions et avec une meilleure économie ? Si l’Iran est engloutit quatre pays en ce moment alors qu’il est soumis à des sanctions, combien de pays plus l’Iran va pouvoir dévorer quand les sanctions seront levées ? Est-ce que l’Iran va moins financer le terrorisme quand des montagnes d’argent se déverseront sur le pays ?

Pourquoi le régime radical iranien se dé-radicaliserait alors qu’ils pourraient profiter de ce qu’il y a de mieux: le terrorisme à l’étranger et la prospérité à la maison ?

C’est une question que tout le monde se pose dans notre région. Les voisins d’Israël – les voisins de l’Iran savent que l’Iran va devenir encore plus agressif et parrainer le terrorisme encore plus quand son économie sera libérée et que la voix vers la bombe sera sans encombres.

Et beaucoup de ces voisins disent qu’ils vont réagir dans cette course, pour s’armer avec des bombes au plus vite. Donc, cet accord ne changera pas l’Iran pour le mieux; il ne fera que changer le Moyen-Orient pour le pire. Un accord qui est censé empêcher la prolifération nucléaire va plutôt déclencher une course aux armements nucléaires dans la partie la plus dangereuse de la planète.

Cet accord ne sera pas un adieu aux armes. Il serait un adieu à la maîtrise des armements. Et le Moyen-Orient sera bientôt traversé par un réseaux de fils liés à des armes nucléaires. Une région où de petites escarmouches peuvent déclencher des grandes guerres se transformerait en une poudrière nucléaire.

Si quelqu’un pense – si quelqu’un pense que cet accord est le début du chemin, détrompez-vous. Quand nous prendront ce chemin, nous devrons faire face à un Iran beaucoup plus dangereux, un Moyen-Orient jonché de bombes nucléaires et un compte à rebours pour un possible cauchemar nucléaire.

Mesdames et Messieurs, Je suis venu ici aujourd’hui pour vous dire que nous n’avons pas à parier sur la sécurité du monde en espérant que l’Iran va changer pour le mieux. Nous n’avons pas à jouer avec notre avenir et l’avenir de nos enfants.

Nous devons insister pour que les restrictions sur le programme nucléaire de l’Iran ne soient pas levées aussi longtemps que l’Iran continue ses agressions dans la région et dans le reste du monde.

(Applaudissements)

Avant de lever ces restrictions, le monde devrait exiger que l’Iran fasse trois choses. Tout d’abord, arrêter son agression contre ses voisins du Moyen-Orient. Deuxièmement…

(Applaudissements)

Deuxièmement, cesser de soutenir le terrorisme dans le monde entier.

(Applaudissements)

Et troisièmement, cesser de menacer d’anéantir mon pays, Israël, le seul et unique Etat juif.

(Applaudissements)
Merci.

Si les puissances mondiales ne sont pas prêtes à insister pour que l’Iran change son comportement avant qu’un accord est signé, à tout le moins, ils devraient insister pour que l’Iran change son comportement avant l’expiration d’un accord.

(Applaudissements)

Si l’Iran change son comportement, les restrictions seraient levées. Si l’Iran ne change pas son comportement, les restrictions ne devraient pas être levées.

(Applaudissements)

Si l’Iran veut être traité comme un pays normal, il doit agir comme un pays normal.

(Applaudissements)

Mes amis, que dire de l’argument selon lequel il n’y a pas d’alternative à cet accord, que le savoir-faire nucléaire de l’Iran ne peut pas être effacé, que son programme nucléaire est tellement avancé que le mieux que nous puissions faire est de retarder l’inévitable, ce qui est essentiellement ce que l’accord actuel cherche à faire ?

Eh bien, le savoir-faire nucléaire sans infrastructures ne vous permets pas de faire beaucoup. Un pilote de course sans voiture ne peut pas conduire. Un pilote sans avion ne peut pas voler. Sans milliers de centrifugeuses, des tonnes d’uranium ou des installations d’eau lourde, l’Iran ne peut pas fabriquer des armes nucléaires.

(Applaudissements)

Le programme nucléaire de l’Iran peut être annulé bien au-delà de la proposition actuelle en insistant sur un meilleur accord et en maintenant la pression sur un régime très vulnérable, surtout étant donné l’effondrement récent du prix du pétrole.

(Applaudissements)

Maintenant, si l’Iran menace de s’éloigner de la table des négociations- et cela arrive souvent dans un bazar persan – c’est du bluff. Ils vont revenir, parce qu’ils ont besoin de cet accord beaucoup plus que nous.

(Applaudissements)

Et en maintenant la pression sur l’Iran et sur les personnes qui font des affaires avec l’Iran, vous avez le pouvoir de les rendre encore plus dans le besoin.

Mes amis, depuis plus d’un an, nous répétons qu’aucun accord vaut mieux qu’un mauvais accord. Et bien là, c’est un mauvais accord. C’est un très mauvais accord. Et nous serions mieux sans.

(Applaudissements)

Maintenant on nous dit que la seule alternative à cette mauvaise affaire est la guerre. C’est tout simplement pas vrai.

L’alternative à ce mauvais accord, c’est un meilleur accord.
(Applaudissements)

Un meilleur accord qui ne laisse pas l’Iran avec une vaste infrastructure nucléaire et une courte pause. Un meilleur accord qui maintient les restrictions sur le programme nucléaire de l’Iran en place jusqu’à ce que l’agression de l’Iran se termine.

(Applaudissements)

Un meilleur accord qui ne va pas donner à l’Iran une voie facile pour accéder à la bombe. Un meilleur accord qu’Israël et ses voisins ne peuvent pas aimer, mais avec lequel nous pourrions vivre, littéralement. Et aucun pays …

(Applaudissements)

… Aucun pays n’a une plus grand intérêt qu’Israël dans un bon accord qui supprime pacifiquement cette menace.

Mesdames et Messieurs, l’histoire nous a placé à un carrefour fatidique. Nous devons maintenant choisir entre deux chemins. Un chemin qui mène à un mauvais accord qui, au mieux, restreindrait les ambitions nucléaires de l’Iran pendant un certain temps, mais qui conduira inexorablement à un Iran nucléaire, dont l’agression débridée conduira inévitablement à la guerre.

La deuxième voie, aussi difficile, pourrait conduire à un bien meilleur accord qui empêcherait un Iran nucléaire, un Moyen-Orient nucléarisé et des conséquences horribles sur toute l’humanité.

Vous n’avez pas à lire Robert Frost pour le savoir. Vous devez vivre votre vie afin de savoir que le chemin difficile est habituellement le moins fréquenté, mais il faudra savoir faire toute la différence pour l’avenir de mon pays, la sécurité du Moyen-Orient et la paix du monde, paix que nous avons tous pour désir.

(Applaudissements)

Mes amis, se tenir debout face à l’Iran n’est pas simple. Etre debout face à des régimes sombres et meurtriers n’est jamais simple. Il y a parmi nous aujourd’hui un survivant de la Shoah et lauréat du prix Nobel, Elie Wiesel.

(Applaudissements)

Elie, votre vie et votre travail nous inspirent pour donner un sens aux mots, « plus jamais ça. »
(Applaudissements)

Et je souhaite pouvoir vous promettre, Elie, que les leçons de l’histoire ont été tirées. Je ne peux qu’encourager les dirigeants du monde à ne pas répéter les erreurs du passé.

(Applaudissements)

Ne pas sacrifier l’avenir au présent; ne pas ignorer l’agression dans l’espoir de gagner une paix illusoire.

Mais je ne peux vous garantir cela. Les jours où le peuple juif sont restés passifs face à des ennemis génocidaires, ces jours sont révolus.

(Applaudissements)

Nous ne sommes plus dispersé parmi les nations, impuissants pour nous défendre. Nous avons restauré notre souveraineté dans notre ancienne maison. Et les soldats qui défendent notre maison ont un courage sans bornes. Pour la première fois en 100 générations, nous, le peuple juif, pouvons nous défendre.

(Applaudissements)

C’est pourquoi – c’est pourquoi, en tant que Premier ministre d’Israël, je peux vous promettre une chose: Même si Israël doit seul, Israël tiendra.

(Applaudissements)

Mais je sais qu’Israël n’est pas seul. Je sais que l’Amérique se tient avec Israël.

(Applaudissements)

Je sais que vous êtes avec Israël.

(Applaudissements)

Vous vous tenez avec Israël, parce que vous savez que l’histoire d’Israël n’est pas seulement l’histoire du peuple juif, mais de l’esprit humain qui refuse encore et encore de succomber à des horreurs de l’histoire.

(Applaudissements)

Face à moi, juste là dans cette galerie, on voit l’image de Moïse. Moïse a conduit notre peuple de l’esclavage aux portes de la terre promise.

Et avant que le peuple d’Israël n’entre sur la terre d’Israël, Moïse nous a donné un message qui a endurci notre détermination depuis des milliers d’années. Je vous laisse avec son message aujourd’hui, « Soyez forts et déterminés, sans peurs ni craintes à leurs égards. »

Mes amis, Israël et l’Amérique doivent toujours se tenir ensemble, forts et déterminés. Puissions-nous n’avoir ni peurs ni craintes face aux défis à venir. Puissions-nous faire face à l’avenir avec confiance, force et espoir.

Que Dieu bénisse l’Etat d’Israël et que Dieu bénisse les Etats-Unis d’Amérique.

(Applaudissements)

Merci. Merci beaucoup. Merci à tous.

Vous êtes merveilleux.

Merci, l’Amérique. Merci.

Merci.

Par Benjamin Netanyahu – adaptation JSSNews
Texte original en anglais disponible sur The Algemeiner

Voir par ailleurs:

Attentats en Israël : un jury américain condamne les Palestiniens à verser des millions en indemnités 
23 février 2015
Reuters/Ici Radio Canada

Un jury populaire de l’État de New York a condamné lundi l’Autorité palestinienne (AP) et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à verser 218 millions de dollars d’indemnités aux familles de victimes d’attentats commis en Israël pendant la seconde Intifada, entre 2002 et 2004.

La justice américaine avait été saisie par les familles de 11 victimes israélo-américaines de six attentats survenus à Jérusalem et attribués aux Brigades des martyrs d’Al-Aqsa et au Hamas. Ces attentats ont fait au total 33 morts et plus de 450 blessés.

Les plaignants réclamaient des indemnités de 350 millions de dollars. À l’issue de six semaines de procès, ils ont obtenu 218 millions de dollars, une somme susceptible d’être multipliée par trois en vertu de la loi antiterroriste américaine.

« L’OLP et l’AP savent désormais que le soutien au terrorisme a un coût », a déclaré Nitsana Darshan-Leitner, un des avocats des familles des victimes.

Selon ces familles, l’ancien dirigeant palestinien Yasser Arafat et son entourage faisaient en sorte que les employés de l’OLP qui voulaient commettre des attentats soient payés et que les familles de ceux qui y laissaient la vie soient dédommagées.

Les avocats de l’OLP et de l’AP ont de leur part plaidé le fait que les deux entités avaient condamné les attentats et que ceux-ci avaient été le fait de fonctionnaires subalternes n’obéissant pas à leur hiérarchie.

L’AP et l’OLP ont fait appel du verdict. Même si la condamnation est maintenue, il n’est pas sûr que les plaignants pourront percevoir les indemnités.

Ce procès devant le tribunal fédéral de Manhattan a suivi l’adhésion de l’AP à la Cour pénale internationale (CPI). La cour pourrait maintenant poursuivre des responsables israéliens, mais aussi palestiniens, pour crimes de guerre.

ÉTATS-UNIS

La justice américaine condamne l’Autorité palestinienne pour des attentats en Israël
Un jury de New York a condamné l’Autorité palestinienne et l’OLP à verser des dommages pour avoir soutenu des attaques terroristes en Israël lors desquelles des Américains ont été tués ou blessés.

Courrier international

24 février 2015

« Des organisations palestiniennes sont jugées coupables lors d’un procès concernant des actes de terrorisme », titre en une The New York Times ce 24 février. L’Autorité palestinienne et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ont été condamnées par un jury d’un tribunal fédéral de Manhattan à payer 218,5 millions de dollars de dommages « pour avoir soutenu en connaissance de cause six attaques terroristes en Israël entre 2002 et 2004, lors desquelles des Américains ont été tués ou blessés », écrit le quotidien américain.

Ce verdict met fin à dix ans de bataille juridique, note The New York Times. S’il constitue « une immense victoire pour des dizaines de plaignants », il pourrait aussi « renforcer les allégations d’Israël selon lequelles les forces palestiniennes dites modérées ont un lien direct avec le terrorisme ».

La plainte avait été déposée en 2004 en vertu de la loi anti-terroriste de 1992, qui permet aux citoyens américains victimes de terrorisme international de porter plainte devant des tribunaux aux Etats-Unis, précise le quotidien. Cette loi prévoit le triplement automatique des dommages accordés par le jury, ce qui doit porter ces derniers à 655,5 millions de dollars.

Attentat rue des Rosiers en 1982: trois suspects recherchés par la France
Nouvel Obs

04-03-2015

Paris (AFP) – L’enquête sur l’attentat de la rue des Rosiers vient de s’accélérer, 32 ans après, avec la délivrance de mandats d’arrêt internationaux contre trois suspects d’origine palestinienne qui vivent en Norvège, en Jordanie et Cisjordanie.

Cette décision du juge d’instruction Marc Trévidic a été saluée comme « un message fort lancé à tous les terroristes » par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). Elle sera cependant difficile à mettre en oeuvre, deux des trois suspects de l’attentat dans ce quartier juif du centre de Paris se trouvant au Proche-Orient.

Le 9 août 1982 à la mi-journée, une grenade avait été jetée dans le restaurant de Jo Goldenberg, explosant au milieu d’une cinquantaine de clients. Deux tueurs étaient ensuite entrés, ouvrant le feu.

Composé de trois à cinq hommes armés, selon une source proche du dossier, le commando avait ensuite remonté la rue, vidant en direction des passants les chargeurs de leurs pistolets-mitrailleurs « WZ-63″, de fabrication polonaise.

Bilan de cette attaque qui aura duré trois minutes: six morts et 22 blessés. Une opération attribuée à un groupe palestinien dissident de l’OLP, le Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d' »Abou Nidal », décédé en 2002 dans des circonstances mystérieuses.

Dans cette enquête très ancienne, ce sont des témoignages anonymes qui ont permis l’identification des trois suspects d’origine palestinienne, des anciens du groupe d’Abou Nidal, après un travail de longue haleine d’un enquêteur de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a indiqué mercredi à l’AFP une source judiciaire, confirmant une information de RTL et Paris Match.

Deux des trois hommes sont soupçonnés d’avoir fait partie du commando, a précisé la source. Il s’agit de Mahmoud Khader Abed Adra alias « Hicham Harb », 59 ans, qui vit aujourd’hui à Ramallah, en Cisjordanie, et de Walid Abdulrahman Abou Zayed, alias « Souhail Othman », 56 ans, qui vit en Norvège.

Le troisième est Souhair Mouhamad Hassan Khalid al-Abassi, alias « Amjar Atta », 62 ans. Cet homme installé en Jordanie est soupçonné d’avoir supervisé l’attaque. Il était le numéro 3 du « comité des opérations spéciales » du Fatah-CR, un comité dirigé par « Abou Nizar », le bras droit d' »Abou Nidal ».

- « On fera tout pour les arrêter » -

Le 20 février, le juge antiterroriste Marc Trévidic, qui avait récupéré cette enquête instruite auparavant par Jean-Louis Bruguière, a délivré trois mandats d’arrêt à diffusion internationale contre ces hommes.

« Il s’agit d’un message extrêmement fort lancé à tous les terroristes, à tous ces assassins, qui montre que plus de trente ans après, on fera tout pour les arrêter, on fera tout pour les juger », a déclaré à l’AFP Me Alain Jakubowicz, président de la Licra, partie civile dans le dossier.

« On dit aux victimes qu’on ne les a pas oubliées et qu’on fera tout pour que justice soit rendue », a-t-il ajouté, en précisant que le juge réunirait lundi les parties civiles dans cette affaire.

« La question de l’exécution de ces mandats d’arrêt est très délicate », a cependant relevé l’avocat.

Une analyse partagée par le député UMP Alain Marsaud, qui était magistrat au parquet de Paris au moment de l’attaque.

« Il sera malheureusement difficile de rendre justice aux pauvres victimes de la rue des Rosiers assassinées par des membres du groupe Abu Nidal, sur commandite d’Hafez el-Assad », a-t-il dit dans un communiqué.

L’enquête avait longtemps piétiné sans connaître d’avancée notable, hormis la découverte d’une des armes de l’attentat dans un bosquet du bois de Boulogne, à Paris.

En 1982, la France résonnait déjà des soubresauts du conflit au Proche-orient, des luttes opposant Israéliens contre arabes, ou arabes contre arabes. Deux ans plus tôt, quatre personnes avaient trouvé la mort dans un attentat devant une synagogue rue Copernic. L’auteur présumé de cet attentat, le Libano-Canadien Hassan Diab, a finalement été mis en examen et écroué en novembre.


Djihadisme: La méthode derrière la folie (There is method to the madness)

1 mars, 2015
https://i0.wp.com/breakthrough.turing.com/images/elements/PlanesTrainsCarBombs_cover.jpegDe la folie, mais qui ne manque pas de méthode. Polonius (Hamlet II, 2)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Il faut se souvenir que le nazisme s’est lui-même présenté comme une lutte contre la violence: c’est en se posant en victime du traité de Versailles que Hitler a gagné son pouvoir. Et le communisme lui aussi s’est présenté comme une défense des victimes. Désormais, c’est donc seulement au nom de la lutte contre la violence qu’on peut commettre la violence. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
Ce que le communisme avait tenté de faire, une guerre vraiment mondiale, est maintenant réalisé, c’est l’actualité. Minimiser le 11 Septembre, c’est ne pas vouloir voir l’importance de cette nouvelle dimension. (…) Mais la menace actuelle va au-delà de la politique, puisqu’elle comporte un aspect religieux. Ainsi, l’idée qu’il puisse y avoir un conflit plus total que celui conçu par les peuples totalitaires, comme l’Allemagne nazie, et qui puisse devenir en quelque sorte la propriété de l’islam, est tout simplement stupéfiante, tellement contraire à ce que tout le monde croyait sur la politique. (…) Le problème religieux est plus radical dans la mesure où il dépasse les divisions idéologiques – que bien sûr, la plupart des intellectuels aujourd’hui ne sont pas prêts d’abandonner.(…) Il s’agit de notre incompréhension du rôle de la religion, et de notre propre monde ; c’est ne pas comprendre que ce qui nous unit est très fragile. Lorsque nous évoquons nos principes démocratiques, parlons-nous de l’égalité et des élections, ou bien parlons-nous de capitalisme, de consommation, de libre échange, etc. ? Je pense que dans les années à venir, l’Occident sera mis à l’épreuve. Comment réagira-t-il : avec force ou faiblesse ? Se dissoudra-t-il ? Les occidentaux devraient se poser la question de savoir s’ils ont de vrais principes, et si ceux-ci sont chrétiens ou bien purement consuméristes. Le consumérisme n’a pas d’emprise sur ceux qui se livrent aux attentats suicides. (…) Allah est contre le consumérisme, etc. En réalité, le musulman pense que les rituels de prohibition religieuse sont une force qui maintient l’unité de la communauté, ce qui a totalement disparu ou qui est en déclin en Occident. Les gens en Occident ne sont motivés que par le consumérisme, les bons salaires, etc. Les musulmans disent : « leurs armes sont terriblement dangereuses, mais comme peuple, ils sont tellement faibles que leur civilisation peut être facilement détruite ».(…) Cela dit, de plus en plus de gens en Occident verront la faiblesse de notre humanisme ; nous n’allons pas redevenir chrétiens, mais on fera plus attention au fait que la lutte se trouve entre le christianisme et l’islam, plus qu’entre l’islam et l’humanisme. Avec l’islam je pense que l’opposition est totale. Dans l’islam, si l’on est violent, on est inévitablement l’instrument de Dieu. René Girard
Nous ne savons pas si Hitler est sur le point de fonder un nouvel islam. Il est d’ores et déjà sur la voie; il ressemble à Mahomet. L’émotion en Allemagne est islamique, guerrière et islamique. Ils sont tous ivres d’un dieu farouche. Jung (1939)
Mein Kamp (…) Tel était le nouveau Coran de la foi et de la guerre: emphatique, fastidieux, sans forme, mais empli de son propre message. Churchill
Dans le monde moderne, même les ennemis de la raison ne peuvent être ennemis de la raison. Même les plus déraisonnables doivent être, d’une façon ou d’une autre, raisonnables. (…) En cohérence avec cette idée, les socialistes regardaient ce qui se passait outre-Rhin et refusaient simplement de croire que ces millions d’Allemands avaient adhéré à un mouvement politique dont les principes conjuguaient théories paranoïaques du complot, haines à glacer le sang, superstitions moyenâgeuses et appel au meurtre. (…) Les kamikazés étaient certes fous, mais la faute en incombait à leurs ennemis, pas à leurs dirigeants ni à leurs propres doctrines. (…) le nihilisme palestinien ne pouvait signifier qu’une chose: que leur souffrance était encore pire Paul Berman (2001)
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Kidnapper des personnages célèbres pour leurs activités artistiques, sportives ou autres et qui n’ont pas exprimé d’opinions politiques peut vraisemblablement constituer une forme de propagande favorable aux révolutionnaires. ( …) Les médias modernes, par le simple fait qu’ils publient ce que font les révolutionnaires, sont d’importants instruments de propagande. La guerre des nerfs, ou guerre psychologique, est une technique de combat reposant sur l’emploi direct ou indirect des médias de masse.( …) Les attaques de banques, les embuscades, les désertions et les détournements d’armes, l’aide à l’évasion de prisonniers, les exécutions, les enlèvements, les sabotages, les actes terroristes et la guerre des nerfs sont des exemples. Les détournements d’avions en vol, les attaques et les prises de navires et de trains par les guérilleros peuvent également ne viser qu’à des effets de propagande. Carlos Marighela (« Minimanuel de guerilla urbaine », 1969)
Je suis et demeure un combattant révolutionnaire. Et la Révolution aujourd’hui est, avant tout, islamique. Illich Ramirez Sanchez (dit Carlos, 2004)
Lorsque Boris Savinkov, chef du parti socialiste révolutionnaire russe avant la Première Guerre mondiale, a publié son autobiographie, il n’a pas hésité à l’intituler Souvenirs d’un terroriste. Aujourd’hui, cela serait impensable – le terroriste moderne veut qu’on l’appelle partisan, guérillero, militant, insurgé, rebelle, révolutionnaire, tout sauf terroriste, tueur d’enfants innocents. William Laqueur
Cela consiste à donner de la respectabilité aux comportements répréhensibles et à réduire la responsabilité personnelle en s’y référant en termes impersonnels. C’est ainsi, par exemple, qu’Al-Qaïda parle toujours des événements du 11 septembre comme étant des attaques contre les symboles de la puissance et du consumérisme américains, en passant sous silence l’assassinat de quelque 3.000 hommes, femmes et enfants. Gabriel Weimann
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents, » their study contends. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers ». Bruno S. Frey (University of Zurich) et Dominic Rohner (Cambridge)
Les lions d’Allah qui sont présents partout de par le monde – certains les appellent les « loups solitaires » – doivent savoir qu’ils sont le pire des cauchemars de l’Ouest. Ainsi, ne sous-estimez pas vos opérations. Ne minimisez pas votre djihad. Cheikh Nasser bin Ali al-Ansi d’Al-Qaida dans la péninsule arabique, Inspire)
Nous imaginons, parce que la Guerre froide est finie en Europe, que toute la série de luttes qui ont commencé avec la Première guerre mondiale et qui sont passées par différents mouvements totalitaires — fasciste, nazi et communiste — était finalement terminée. (…) Hors de la Première guerre mondiale est venue une série de révoltes contre la civilisation libérale. Ces révoltes accusaient la civilisation libérale d’être non seulement hypocrite ou en faillite, mais d’être en fait la grande source du mal ou de la souffrance dans le monde. [Avec] une fascination pathologique pour la mort de masse [qui] était elle-même le fait principal de la Première guerre mondiale, dans laquelle 9 ou 10 millions de personnes ont été tués sur une base industrielle. Et chacun des nouveaux mouvements s’est mis à reproduire cet événement au nom de leur opposition utopique aux complexités et aux incertitudes de la civilisation libérale. Les noms de ces mouvements ont changé comme les traits qu’ils ont manifestés – l’un s’est appelé bolchévisme, et un autre s’est appelé fascisme, un autre s’est appelé nazisme. (…) À un certain niveau très profond tous ces mouvements étaient les mêmes — ils partageaient tous certaines qualités mythologiques, une fascination pour la mort de masse et tous s’inspiraient du même type de paranoïa. (…) Mon argument est que l’islamisme et un certain genre de pan-arabisme dans les mondes arabe et musulman sont vraiment d’autres branches de la même impulsion. Mussolini a mis en scène sa marche sur Rome en 1922 afin de créer une société totalitaire parfaite qui allait être la résurrection de l’empire romain. En 1928, en Egypte, de l’autre côté de la Méditerranée, s’est créée la secte des Frères musulmans afin de ressusciter le Califat antique de l’empire arabe du 7ème siècle, de même avec l’idée de créer une société parfaite des temps modernes. Bien que ces deux mouvements aient été tout à fait différents, ils étaient d’une certaine manière semblables. (…) Le fascisme en Italie est arrivé au pouvoir en 1922 et il est demeuré puissant jusqu’à ce qu’il soit renversé par les Américains et les Anglais. L’islamisme est arrivé au pouvoir en divers endroits, commençant en 1979 avec l’Ajatollah Khomeini en Iran. Le baasisme est encore une autre variante de la même chose, et probablement que dans les jours à venir, en Irak, il sera renversé par les mêmes Américains et Anglais qui ont renversé Mussolini. L’islamisme est arrivé au pouvoir en Iran en 1979, et la révolution islamique en Iran était une vraie force mondiale. Alors l’islamisme est arrivé au pouvoir au Soudan et en Afghanistan, et pendant un moment il a semblé progressé tout à fait bien. Les Iraniens sont chi’ites et les autres pays sont sunnites, donc ce sont des dénominations différentes de l’Islam. Mais, cependant, c’était un mouvement qui jusqu’à récemment semblait avancer d’une manière traditionnelle — c’est-à-dire par la capture d’Etats. (…) Ce qui s’est produit avec Al-Qaida est une situation compliquée parce que l’slamisme force politique de capture d’états est sur le déclin parce que les Taliban ont été défaits militairement. En outre, nous pouvons voir les commencements d’une révolution libérale prenant si tout va bien racine en Iran. L’islamisme au Soudan est tombé. Mais malgré cela, Al-Qaida représente une structure extrêmement puissante avec des bases sociales multiples et le soutien de banques et d’associations caritatives et de grands intellectuels, bien qu’il ne commande plus un Etat. Malgré tout, il est devenu évident qu’Al-Qaida est soutenu ou à demi soutenu par une variété d’états et d’élites régnantes. (…) Leur désir est très clairement de régner sur le monde. Ce n’est pas un grand secret. Un grand philosophe du radicalisme islamiste, Sayyid Qutb, qui a été pendu par [le président égyptien ] Nasser en 1966, ne s’en est pas caché. Le but de l’islamisme est de recréer ce que Mahomet avait fait au septième siècle, c’est à dire de fonder un état islamique et de l’imposer au monde entier. Le but de l’islamisme n’est pas de résoudre un problème social particulier ici ou là, ou de régler un certain conflit de frontières entre Israel et la Palestine ou entre le Pakistan et l’Inde ou le Tchéchénie et la Russie, bien que ce soit des questions réelles. Le but est absolument grandiose et global. (…) Le baasisme est peu un plus modeste parce que c’est explicitement un nationalisme arabe. Ainsi le baasisme veut recréer l’empire arabe du septième siècle dans une certaine version moderne mais il n’est pas tout à fait aussi global et grandiose que l’islamisme. En outre, le baasisme est dans un état d’affaiblissement profond. Il ne rend pas Saddam Hussein moins effrayant parce qu’un état d’affaiblissement profond peut être extrêmement dangereux… (…) La doctrine islamiste est que l’Islam est la réponse aux problèmes du monde, mais que l’Islam a été la victime d’une conspiration cosmique géante pour la détruire, par les Croisés et les sionistes. (le sionisme dans la doctrine de Qutb n’est pas un mouvement politique moderne, c’est une doctrine cosmique se prolongeant tout au long des siècles.) L’Islam est la victime de cette conspiration, qui est également facilitée par les faux musulmans ou hypocrites, qui feignent d’être musulmans mais sont réellement les amis des ennemis de l’Islam. D’un point de vue islamiste, donc, la conspiration la plus honteuse est celle menée par les hypocrites musulmans pour annihiler l’Islam du dedans. Ces personnes sont surtout les libéraux musulmans qui veulent établir une société libérale, autrement dit la séparation de l’église et de l’état. (…) De même que les progressistes européens et américains doutaient des menaces de Hitler et de Staline, les Occidentaux éclairés sont aujourd’hui en danger de manquer l’urgence des idéologies violentes issues du monde musulman. (…) Les socialistes français des années 30 (…) ont voulu éviter un retour de la première guerre mondiale; ils ont refusé de croire que les millions de personnes en Allemagne avaient perdu la tête et avaient soutenu le mouvement nazi. Ils n’ont pas voulu croire qu’un mouvement pathologique de masse avait pris le pouvoir en Allemagne, ils ont voulu rester ouverts à ce que les Allemands disaient et aux revendications allemandes de la première guerre mondiale. Et les socialistes français, dans leur effort pour être ouverts et chaleureux afin d’éviter à tout prix le retour d’une guerre comme la première guerre mondiale, ont fait tout leur possible pour essayer de trouver ce qui était raisonnable et plausible dans les arguments d’Hitler. Ils ont vraiment fini par croire que le plus grand danger pour la paix du monde n’était pas posé par Hitler mais par les faucons de leur propre société, en France. Ces gens-là étaient les socialistes pacifistes de la France, c’était des gens biens. Pourtant, de fil en aiguille, ils se sont opposés à l’armée française contre Hitler, et bon nombre d’entre eux ont fini par soutenir le régime de Vichy et elles ont fini comme fascistes! Ils ont même dérapé vers l’anti-sémitisme pur, et personne ne peut douter qu’une partie de cela s’est reproduit récemment dans le mouvement pacifiste aux Etats-Unis et surtout en Europe. (…) Un des scandales est que nous avons eu des millions de personnes dans la rue protestant contre la guerre en Irak, mais pas pour réclamer la liberté en Irak. Personne n’a marché dans les rues au nom des libertés kurdes. Les intérêts des dissidents libéraux de l’Irak et les démocrates kurdes sont en fait également nos intérêts. Plus ces personnes prospèrent, plus grande sera notre sécurité. C’est un moment où ce qui devrait être nos idéaux — les idéaux de la démocratie libérale et de la solidarité sociale — sont également objectivement notre intérêt. Bush n’a pas réussi à l’expliquer clairement, et une grande partie de la gauche ne l’a même pas perçu. (…) Ce dont nous avons besoin est un nouveau radicalisme contre le prétendu réalisme cynique du conservatisme américain et de la politique américaine traditionnelle, dans lequel les idées libérales sont considérées non pertinentes pour la politique étrangère. Et également contre la cécité et la tête-dans-le-sable d’une grande partie de la gauche américaine, qui peut seulement penser que tous les problèmes de par le monde sont provoqués par l’impérialisme américain et qu’il n’y a rien d’autre dont il faudrait s’inquiéter. Paul Berman
Despite the perennial warnings about exotic weapons and targets (warnings that, ironically, offer terrorists tantalizing clues about how and where the United States is vulnerable), members and allies of al Qaeda’s hirabi (AKA ‘jihadi’) movement continue to carry out the same sorts of attacks they executed in the decades before 9/11. In 1993, hirabis used a truck bomb in an attempt to topple the World Trade Center, the same tactic they used in 1996 to bomb the Khobar Towers barracks in Saudi Arabia, and in 1998 to bomb US Embassies in Kenya and Tanzania. In 2000, they used a different vehicle – a small boat – to approach their target when they bombed the USS Cole in the port of Aden, Yemen. A year later, they used different vehicles again, airplanes, to bomb the World Trade Centers and the Pentagon. Months later a hirabi named Richard Reid attempted to bomb a plane itself with a chemical explosive hidden in his shoe. In May 2002, a car bomb killed 14 people at a Karachi hotel frequented by Westerners. In October of that year, another bomb, placed in a Bali nightclub, killed 202 mostly Australian citizens. In 2004, hirabis detonated ten bombs on four trains in Madrid, killing nearly 200 people. A year later, hirabis attacked three trains and a bus in London. Later in 2005, bombs placed at American hotels in Amman, Jordan killed 57 people. In 2007, British police uncovered a car-bomb plot targeting Glasgow airport. In 2008, a car bomb killed six people and injured dozens more outside Pakistan’s Danish Embassy. Al Qaeda claimed the attack was retaliation for an offensive political cartoon. In September 2009, Najibullah Zazi was arrested in the final stages of a plan to replicate the Madrid attacks of 2004 in New York City’s subway system. On Christmas Day of the same year, Nigerian Umar Farouk Abdulmutallab attempted and failed to down a passenger plane over Detroit by detonating a chemical bomb concealed under his clothes. The next spring, Faisal Shahzad tried to detonate a car bomb in Times Square, but failed. Months later, in October 2010, al Qaeda in the Arabian Peninsula placed explosive devices in cargo planes, but cooperating international intelligence agencies foiled their plans before they could detonate the bombs. Most recently, Rezwan Ferdaus has been charged with a plot to use remote controlled planes to deliver bombs to the Pentagon. All of these and other al Qaeda directed, financed, or inspired attacks have targeted planes, trains, buses, government and symbolic buildings, and western hotels with bombs (and sometimes assault weapons). The stark contrast between the hirabi repertoire of targets and tactics and the expansive and expanding concerns of journalists, politicians, experts, and academics begs explanation. We find that the pattern of hirabi attacks is not accidental. It is well-suited to their primary strategy — one attempting to iteratively grow support for their cause so they can one day gain political power and govern territory. That their goals are likely delusional does not diminish the rationality of their strategy, the tactics they use, or the targets they select, all of which are chosen to manipulate the governments they seek to change and the publics they seek to recruit. Various internal and external constraints on hirabi organizations also limit their capability, and thereby, the range of tactics and strategies they can pursue. The Breakthrough
The medical field puts a great deal of emphasis on learning lessons from events that have occurred. There has been a long tradition of conducting “M&M” (Morbidity and Mortality) conferences on a frequent basis, often weekly. During these conferences poor outcomes and near misses (often referred to as “sentinel events”) are reviewed in order to learn lessons and devise strategies for prevention and avoidance of similar events in the future. Although often difficult to foster, creating an open atmosphere to discuss errors actually serves to improve outcomes in the long run. The airline industry, also relentlessly focused on safety, has worked to create this type of environment. It is also important to note that successful efforts need to receive detailed reviews; equally important is to understand why they were successful as these evaluations assist in creating critically important best practices. (…) Quality improvement has also moved into an era that no longer focuses on blame. Where in the past a nurse or physician might be fired for a mistake that led to a patient death, a more sophisticated and nuanced understanding of errors, human nature, and systems has evolved. An environment not focused on blame is one that promotes open discussions and identification of problems and leads to productive actions for improvement. Short of malicious intent, prohibited behaviour, illegal activity, or a pattern of irresponsible behaviour, errors need to be looked at as opportunities for understanding what factors led to a mistake and how these types of errors can be avoided in the future. (…) Another core tenant of quality improvement is a relentless focus on the customer. Customers are any persons affected by an industry’s activities and should always be kept in mind in decision-making to ensure best results. Although, the identity of the customer(s) is obvious in many fields (e.g. the patient in healthcare), customers can be identified in counterterrorism, as well. Potential “customers” can be proposed for the counterterrorism field. The first are a nation’s citizens. Although many counterterrorism activities are clandestine, the public is aware of many activities (e.g. drone strikes and Guantanamo Bay) and many programs affect the public directly (e.g. 3 oz. bottles of liquid at the airport and domestic surveillance programs). For these reasons, public opinion has a large influence on how the government goes about fighting terror. A case in point is the public uproar over the detailed images of the body that airport screeners were producing that led to all scanners being removed and replaced with new ones using a different technology [92] as well as the discovery of the secret NSA phone and Internet surveillance programs that has lead to greater public discussion about how these sorts of programs should function. With consideration of the customer in decisions about security, implementation can often be better planned and potential issues dealt with up front. In addition, it is believed that one of the main impediments to creating a more proactive (vs. the typical reactive) counterterrorism response is that it is difficult to garner public support (and, in the US context, bipartisan government support for that matter) to spend money on things the public is not worried about or on something that has not happened. It is the hope that with the use of evidence-based practices, the accumulated evidence can help sway stakeholders to the acceptance of appropriate proactive approaches. Lum and Kennedy support the notion of the public as a customer by noting that counterterrorism program effectiveness is not only important in terms of outcomes but “also as to how citizens view the legitimacy of government actions.” Other critical customers are the local population where terrorists and their organisation reside and those individuals susceptible to radicalisation. The battle against terrorism is often believed to be a battle of perception and legitimacy. With this is mind, it seems quite clear that these individuals are indeed “customers” in counterterrorism efforts. Close attention must be paid to how counterterrorism tactics affect and are perceived by this group of people. Focusing consistently on the customer(s) will help the overall success and effectiveness of counterterrorism efforts. Lastly, in order for a quality improvement program to be successful, it must have full support of top leadership and direct involvement of key leadership officials. This can provide the much needed legitimacy to the program and its activities. Although strong leadership is needed, most of the more progressive organisations today are taking on a more flat (vs. hierarchical) organisational structure. This environment is conducive to quality improvement because it empowers employees. Members of the organisation at all levels can have a critical impact in identifying areas for improvement and this atmosphere drives innovation and practical solutions for many of the obstacles that will help drive the field forward. In many operating room environments, it is no longer only the surgeon who runs the show. Many hospitals are empowering everyone from medical students, to nurses, to surgical technicians to speak up if they believe something might be wrong or could be done better. Rebecca Freese
Il convient aussi de prendre en compte l’effet d’entraînement provoqué par le mimétisme médiatique. Un acte terroriste qui tourne en boucle sur les chaînes de télévision peut donner le courage à des personnes isolées de passer à leur tour à l’action. Ainsi, la méthode qui consiste à faucher des passants avec un véhicule, prônée par Daesh, a été employée à plusieurs reprises en Israël et deux fois au Canada à l’automne 2014. L’usage d’armes blanches comme à Joué-lès-Tours avait déjà eu lieu en mai 2013 contre un soldat patrouillant dans le cadre du plan Vigipirate dans la gare RER de la Défense et, deux jours auparavant, deux individus avaient assassiné un militaire britannique de la même manière à Londres. (…) L’idéologie (dans le cas des islamistes, l’interprétation maximaliste du salafisme djihadiste guerrier) n’est pas, dans la plupart des cas, l’élément déclencheur du passage à l’acte. Elle n’en n’est que le prétexte avancé pour le justifier. C’est une sorte d’« idéologie de la validation » qui permet de transférer toutes les frustrations personnelles dans la transgression des règles. Les mouvements islamiques radicaux ont toujours tenté de profiter de ce facteur pour enrôler de nouveaux activistes. Le discours consiste à affirmer que l’islam est le seul à même de résoudre les problèmes personnels de leurs futurs adeptes tout en satisfaisant leur besoin de vengeance vis-à-vis de ce qu’ils ressentent comme étant une injustice. Il est fait appel à l’esprit de compassion en montrant les « horreurs » que subissent les populations musulmanes de par le monde. La théorie du complot est aussi largement répandue avec, en particulier la diffusion des Protocoles des Sages de Sion et l’insinuation que les attaques du 11 septembre 2001 ont été commises par la CIA et le Mossad… L’ennemi est toujours désigné clairement : les « croisés » qui sont des « idolâtres car ils adorent la croix et attribuent un enfant au Seigneur des cieux et de la terre », les juifs, qui sont les « agresseurs », et les « apostats » qui sont des traîtres à l’islam. (…) Al-Qaida « canal historique » a tout d’abord utilisé des agents recruteurs que l’on pouvait rencontrer dans des mosquées, des écoles coraniques, des clubs de sport, des associations, etc. Puis, la nébuleuse, diminuée par des années de luttes, s’est servi du net qui présente l’avantage de pouvoir toucher des populations (majoritairement jeunes) bien plus importantes et ce, à moindres risques, du moins pour les recruteurs. (…) Daesh a encore davantage professionnalisé sa communication en tenant compte des attentes des jeunes dans le domaine cinématographique et des jeux vidéo. En effet, ses sites de propagande rappellent l’imaginaire, le morbide et la violence qui sont souvent présents dans de nombreux jeux vidéo. (…) Les « loups solitaires » et apparentés sont à ranger dans les « moyens » du terrorisme qui n’est qu’une technique de combat du faible au fort. Même si, par miracle, la cause de l’islam radical venait à s’estomper, la méthode terroriste serait alors employée par d’autres adeptes d’idéologies extrêmes : extrême-droite, extrême-gauche, écologie radicale, anarchisme, etc. (…) Il fut un temps dans l’Histoire où la communauté internationale n’a pas voulu croire qu’Hitler appliquerait ce qu’il éructait. Le problème avec les islamistes radicaux islamiques, c’est qu’ils disent ce qu’ils vont faire et font ce qu’ils ont dit : « Allah a jeté l’effroi dans les cœurs et ils sont terrorisés par le retour du Califat et la bannière noire du Tawhid (monothéisme) qui bientôt flottera sur la Mecque, Médine, Bagdad, Constantinople jusqu’à Rome » (…) toutefois (…) ce phénomène peut être combattu avec efficacité. En effet, les volontaires désireux de lancer un acte violent isolé souhaitent généralement laisser leur empreinte dans l’Histoire. Leur ego leur commande que l’on se souvienne d’eux car leur objectif principal est de sortir de l’anonymat et d’une vie qu’ils jugent stérile. Pour ce faire, ils préparent et diffusent, parfois à l’avance, des messages destinés à revendiquer leurs actions. Ils offrent alors ainsi l’opportunité aux services de lutte de les découvrir avant même d’avoir pu passer à l’acte. De plus, leur manque de professionnalisme est un handicap à leur dangerosité même s’ils font de malheureuses victimes. Et en aucun cas, ils ne peuvent mettre en danger les sociétés qu’ils attaquent. Au contraire, ils provoquent des sursauts d’union nationale en montrant que la Démocratie a un prix. Alain Rodier

De la folie qui ne manque pas de méthode …

Profils des recrues (psychologies sensibles, vrais « solitaires » auto-radicalisés en ligne, « loups solitaires » radicalisés par des activistes via les réseaux sociaux, « meutes de loups » par radicalisation mutuelle,  « attaquants solitaires » « télécommandés », rapatriés du champ de bataille dits « returnees ») …

Instances de recrutement (mosquées, écoles coraniques, clubs de sport, associations, prisons, internet, réseaux sociaux, journaux et recettes en ligne: le tristement fameux « Comment fabriquer une bombe dans la cuisine de votre maman » qui permettra aux frères Tsarnaev de faire, avec une simple cocotte-minute, 3 morts et 264 blessés au marathon de Boston) …

Idéologie de validation » (l’islam et le Coran dans sa version la plus littérale avec application modernisée via les théories du complot) …

Désignation de l’action (la guerre sainte) et des cibles prioritaires (juifs, croisés et apostats) …

Mimétisme médiatique pour l’effet d’entraînement (via le matraquage complice des chaines de télévision en mal de contenu et d’audience à la fois des actions et des images de propagande calquées sur « l’imaginaire, le morbide et la violence » des jeux vidéo de nos enfants) ….

A l’heure où nombre de nos dirigeants et médias, à commencer par le prétendu chef de file du Monde libre, n’ont toujours pas réussi à nommer l’ennemi

L’idéologie qui le motive …

Ou même leurs victimes désignées …

Excellente remise des pendules à l’heure avec la note d’actualité du Centre français sur le renseignement du mois dernier sur les loups solitaires …

Qui a l’immense mérite de rappeler, contre l’indécrottable culture de l’excuse de nos belles âmes, qu’il y a de la méthode derrière l’apparente folie djiahdiste …

A savoir que nous avons affaire à un projet organisé et à un choix stratégique proprement terroristes (massacrer quelques uns pour terrifier l’ensemble afin d’imposer à des populations entières leur projet de domination totale) …

Repris largement, tout en les modernisant, des groupes terroristes précédents et donc réutilisables dans l’avenir par les probablement inévitables successeurs (extrême-droite, extrême-gauche, écologie radicale, anarchisme, etc.) …

Par des groupes prêts à faire feu de tout bois pour recruter, valider et entrainer leurs tueurs et chair à canon …

Mais que si cette nouvelle stratégie pose effectivement des problèmes jusque là inédits, elle n’est pas sans parade …

A condition bien sûr, sans compter les financements de nos prétendus amis, de la prendre au sérieux tout en ne s’en faisant pas les propagateurs complices ou même en lui donnant des idées

Notamment via le désir des adeptes de marquer l’histoire et donc de laisser des traces …

Sans compter l’effet « sursaut d’union nationale » « montrant que la Démocratie a un prix  » …

NOTE D’ACTUALITÉ N°378
QU’EST-CE QU’UN LOUP SOLITAIRE ?
Alain Rodier

CF2R

01-01-2015

L’expression « loup solitaire » est souvent employée pour désigner des personnes isolées qui se livrent à un ou plusieurs actes de violence dont la majorité peut être caractérisée de « terroriste ». Différentes études ont tenté d’approfondir ce concept pour essayer de comprendre le fonctionnement de ce phénomène. Le but est d’entraver, autant que faire se peut, tout passage à l’acte. En effet, de marginal avant les années 1990, le phénomène des tueurs solitaires a tendance à se développer depuis ces dernières années.

Définitions
Tout d’abord, l’appellation de « loup solitaire » est trop réductrice. Selon les observations qui ont pu être faites, particulièrement aux Etats-Unis qui ont connu le plus d’attaques de ce type, il est possible de distinguer quatre catégories d’individus qui peuvent répondre à ce concept.

- Les « solitaires » qui n’ont aucun contact avec une organisation terroriste en dehors d’aller consulter sur le net les pages de propagande. Ils n’ont pas non plus de liaisons avec des activistes via les réseaux sociaux ou d’autres moyens de communication. Deux cas récents répondent à ces critères. Celui de Man Haron Monis, un ancien chiite iranien converti au sunnisme radical, auteur en décembre 2014, de la prise d’otages du café Lindt de Sydney qui s’est terminée tragiquement (trois morts). Peu après, celui de Bertrand « Biläl » Nzohabonano, qui a attaqué un commissariat à Joué-Lès-Tours (trois blessés et le suspect abattu par la police). L’étudiant américain d’origine iranienne Mohammad Reza Taheri qui a précipité sa jeep Cherokee dans la foule de l’Université de Caroline du Nord de Chapel Hill en 2006 pour « venger la mort de musulmans de par le monde » en est aussi un exemple (9 blessés).

- Les « loups solitaires » à proprement parler. Ces derniers ont des contacts avec des activistes, essentiellement via les réseaux sociaux. Ainsi, le major Nidal Malik Hassan, responsable du massacre de Fort Hood (13 morts, 30 blessés) en 2009, correspondait régulièrement avec le prêcheur américain d’origine yéménite Anwar Al Awlaki. Il l’avait rencontré alors que ce dernier occupait les fonctions de recteur de la mosquée Dar al-Hijrah de Falls Church, dans l’Etat de Washington. Bien qu’indirectement impliqué dans les attentats du 11 septembre 2001 (plusieurs des kamikazes fréquentaient sa mosquée), il est parvenu à quitter les Etats-Unis en 2002 et s’est installé au Yémen. En 2006, il a commencé à sévir sur le net pour le compte d’Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQAP), un mouvement affilié à Al-Qaida « canal historique ». Sa mort, lors d’un bombardement ciblé de la CIA, le 30 septembre 2011, a interrompu ses prêches mais ses discours continuent à circuler sur la toile, influençant d’autres activistes. Il semble que cela ait été le cas des frères Dkokhar et Tamerlan Tsarnaev, d’origine daghestanaise, auteurs de l’attentat dirigé contre le marathon de Boston, le 15 avril 2013 (3 morts, 264 blessés). Ils ont également assassiné un policier sur le campus du Massachusetts Institute of Technology (MIT) avant d’être neutralisés. Toutefois, parce que les deux frères Tsarnaev agissaient ensemble, ils sont plutôt à ranger dans la catégorie suivante : les « meutes de loups ».

- Les « meutes de loups » sont des groupuscules de quelques individus (il en faut au moins deux) qui s’auto-radicalisent mutuellement dans une sorte de fuite en avant. A cette catégorie appartiennent, en dehors du cas cité précédemment, John Allen Muhammad né Williams et Lee Malvo, qui ont tué 10 personnes au hasard en 2002 avec un fusil à lunette depuis le coffre aménagé d’une limousine. John Allen Muhammad, un vétéran de la première guerre du Golfe avait entraîné son jeune compagnon dans sa cavale sanglante. Il était l’objet de problèmes psychiatriques (« syndrome de la guerre du Golfe »). Il avait aussi connu deux divorces et des déboires professionnels (carrière ratée dans l’armée puis deux échecs dans le civil). Il a été exécuté en 2009. Son compagnon qu’il considérait un peu comme son fils, mineur au moment des faits, a écopé de six condamnations à perpétuité sans possibilité de réduction de peine. Il semble que l’intention des deux tueurs était d’exiger une rançon de la part du gouvernement américain pour ensuite financer le recrutement d’adeptes qui auraient déclenché d’autres tueries aux Etats-Unis.

- Les « attaquants solitaires » sont des individus directement activés par la hiérarchie d’une organisation terroriste avec laquelle ils n’entretiennent volontairement plus de contact par souci de clandestinité. Ils n’entrent alors plus vraiment dans la catégorie des « loups solitaires », mais dans celle des « activistes télécommandés ». En l’état actuel des enquêtes, Mohammed Merah et Medhi Nemouche, ayant eu des contacts directs avec des djihadistes – le premier au Pakistan avec Al-Qaida « canal historique », le deuxième en Syrie avec Daesh – semblent entrer dans cette catégorie. A savoir qu’il leur aurait été demandé de passer à l’action une fois de retour en Europe. Toutefois, aucune opération précise n’avait été programmée, leurs mentors leur laissant décider des modalités d’exécution de leurs crimes. Les victimes n’étaient pas choisies au hasard : il s’agissait soit de militaires, soit de membres de la communauté juive. Globalement, les returnees, ceux qui reviennent d’une terre de djihad, sont des « attaquants solitaires » en puissance même si, heureusement, tous ne passeront pas à l’action. Le rôle des enquêteurs qui les débriefent est primordial. Ce sont eux qui peuvent déterminer parmi des dizaines d’individus lesquels représentent réellement un risque.

Un peu de psychologie
Il y aurait une grande différence entre les activistes agissant isolément (les trois premières catégories évoquées ci-avant) et ceux qui vont mener le djihad à l’étranger. Les premiers cités présenteraient souvent une pathologie psychiatrique ainsi qu’une inaptitude à la socialisation. Ainsi, le passé de ces individus a révélé qu’ils se mettaient volontairement à l’écart, que beaucoup avaient été les témoins – et parfois les acteurs – de crises familiales et qu’ils étaient souvent confrontés au chômage. Certains faisaient usage de drogue quand ils ne participaient pas directement à son trafic. Tout cela provoque des désordres psychologiques importants ; ainsi beaucoup sont dépressifs et certains présentent des caractères obsessionnels-compulsifs. Les deux « conducteurs fous » qui ont percuté volontairement la foule à Dijon et à Nantes peu avant Noël 2014 semblent en être l’illustration parfaite. Celui de Dijon était passé 147 fois en hôpital psychiatrique au cours des quatre années précédentes. Quant à celui de Nantes, en dehors du fait qu’il avait 1,8 gramme d’alcool/litre de sang (quatre fois la dose minimale tolérée), il avait laissé un carnet dans lequel il exprimait sa « haine de la société […], le risque d’être tué par les services secrets […], le dénigrement de sa famille sur internet ».

Quand on regarde le parcours des personnes citées dans les trois catégories définies plus haut, il est frappant de constater que beaucoup d’entre elles présentaient des problèmes psychologiques importants. De là à affirmer que leurs actes n’étaient pas « terroristes », nous entrons dans une polémique politicienne bien franco-française… Quant au degré de responsabilité des suspects (encore en vie) en fonction de leur état mental, cela promet d’âpres batailles d’experts dans les tribunaux devant lesquels ils seront éventuellement traduits.

Il convient aussi de prendre en compte l’effet d’entraînement provoqué par le mimétisme médiatique. Un acte terroriste qui tourne en boucle sur les chaînes de télévision peut donner le courage à des personnes isolées de passer à leur tour à l’action. Ainsi, la méthode qui consiste à faucher des passants avec un véhicule, prônée par Daesh, a été employée à plusieurs reprises en Israël et deux fois au Canada à l’automne 2014. L’usage d’armes blanches comme à Joué-lès-Tours avait déjà eu lieu en mai 2013 contre un soldat patrouillant dans le cadre du plan Vigipirate dans la gare RER de la Défense et, deux jours auparavant, deux individus avaient assassiné un militaire britannique de la même manière à Londres.

Le rôle de la propagande
Au début, les futurs activistes ne sont généralement pas affiliés à une quelconque idéologie. Ce sont leurs problèmes personnels qui les poussent à en adopter une. D’ailleurs, plus leurs problèmes augmentent en intensité, plus la radicalisation s’accélère. Et plus ils se radicalisent, plus ils s’isolent et sont animés d’un mal-être qui ne peut être résolu que par le passage à l’acte. C’est un véritable cercle vicieux.

L’idéologie (dans le cas des islamistes, l’interprétation maximaliste du salafisme djihadiste guerrier) n’est pas, dans la plupart des cas, l’élément déclencheur du passage à l’acte. Elle n’en n’est que le prétexte avancé pour le justifier. C’est une sorte d’« idéologie de la validation » qui permet de transférer toutes les frustrations personnelles dans la transgression des règles.

Les mouvements islamiques radicaux ont toujours tenté de profiter de ce facteur pour enrôler de nouveaux activistes. Le discours consiste à affirmer que l’islam est le seul à même de résoudre les problèmes personnels de leurs futurs adeptes tout en satisfaisant leur besoin de vengeance vis-à-vis de ce qu’ils ressentent comme étant une injustice. Il est fait appel à l’esprit de compassion en montrant les « horreurs » que subissent les populations musulmanes de par le monde. La théorie du complot est aussi largement répandue avec, en particulier la diffusion des Protocoles des Sages de Sion[1] et l’insinuation que les attaques du 11 septembre 2001[2] ont été commises par la CIA et le Mossad… L’ennemi est toujours désigné clairement : les « croisés » qui sont des « idolâtres car ils adorent la croix et attribuent un enfant au Seigneur des cieux et de la terre », les juifs, qui sont les « agresseurs », et les « apostats » qui sont des traîtres à l’islam[3]. Ces discours connaissent un grand retentissement auprès de certains Français qui n’hésitent pas à déclarer sur Tweeter : « nous continuerons à frapper vos civils comme vous le faîtes dans nos pays en Irak ou en Syrie. L’islam se réveille malgré vous ».

Al-Qaida « canal historique » a tout d’abord utilisé des agents recruteurs que l’on pouvait rencontrer dans des mosquées, des écoles coraniques, des clubs de sport, des associations, etc. Puis, la nébuleuse, diminuée par des années de luttes, s’est servi du net qui présente l’avantage de pouvoir toucher des populations (majoritairement jeunes) bien plus importantes et ce, à moindres risques, du moins pour les recruteurs. Un des plus célèbre a été Anwar Al Awlaqi. En dehors des réseaux sociaux, il utilisait une revue en ligne dénommée Inspire. Cette dernière offrait encore une vision « journalistique » du djihad et détaillait des recettes de terrorisme et de guérilla. Le premier numéro comportait un article intitulé « Comment fabriquer une bombe dans la cuisine de votre maman », ce qui a permis aux frères Tsarnaev de confectionner un engin explosif improvisé dans une cocotte-minute.

Dans le dernier numéro d’Inspire, le cheikh Nasser bin Ali al-Ansi d’Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQAP) parle sans détour : « les lions d’Allah qui sont présents partout de par le monde – certains les appellent les « loups solitaires » – doivent savoir qu’ils sont le pire des cauchemars de l’Ouest. Ainsi, ne sous-estimez pas vos opérations. Ne minimisez pas votre djihad ». En outre, la revue Inspire désigne les grandes compagnies aériennes occidentales comme des objectifs prioritaires.

Daesh a encore davantage professionnalisé sa communication en tenant compte des attentes des jeunes dans le domaine cinématographique et des jeux vidéo. En effet, ses sites de propagande rappellent l’imaginaire, le morbide et la violence qui sont souvent présents dans de nombreux jeux vidéo. Il utilise lui la revue Dabiq. En décembre, il a lancé via le Centre médiatique al-Hayat (son organe de propagande) sa première publication en français Dar al-Islam (« Terre d’islam »).

Moins tourné vers l’action en dehors du Proche-Orient, Daesh a comme objectif principal de faire venir dans l’Etat islamique un maximum de volontaires étrangers et des familles entières. Les premiers sont destinés à compléter les rangs de son armée dont les effectifs restent limités en regard de ses ambitions. Les secondes permettent de peupler le califat. Elles y trouvent la possibilité de pratiquer « en toute liberté » leur religion. Pour cela, selon les mots de la revue Dar al-Islam, il fait état de l’« immense bienfait qu’est celui de vivre sous la foi d’Allah au milieu de croyants. Et pour rappeler à ceux qui n’ont pas accompli l’obligation d’émigrer de la terre de mécréance et de guerre vers celle de l’Islam qu’ils sont en immense danger dans ce monde et dans l’autre ».

Selon Abou Bakr al-Baghdadi, l’émir de Daech, tout musulman doit lui faire allégeance (Bay’ah) et a le devoir de le rejoindre (Hijrah) pour renforcer l’Etat islamique qu’il est en train de fonder. Mais ceux qui, pour une raison ou une autre, ne peuvent gagner le front syro-irakien doivent déclencher des actions offensives là où ils se trouvent et comme ils le peuvent. C’est un appel clair à tous les solitaires qui souhaitent passer à l’action. Là également le message est limpide: « tuez-les, crachez-leur au visage, et écrasez-les avec vos voitures ». Il fut un temps dans l’Histoire où la communauté internationale n’a pas voulu croire qu’Hitler appliquerait ce qu’il éructait. Le problème avec les islamistes radicaux islamiques, c’est qu’ils disent ce qu’ils vont faire et font ce qu’ils ont dit : « Allah a jeté l’effroi dans les cœurs et ils sont terrorisés par le retour du Califat et la bannière noire du Tawhid (monothéisme) qui bientôt flottera sur la Mecque, Médine, Bagdad, Constantinople jusqu’à Rome ».

*

Il convient toutefois de rester prudent sur les conclusions de ces études qui ne portent que sur quelques dizaines de cas connus. Il faut aussi partir du principe que, comme ailleurs, il y a de nombreuses « exceptions qui confirment la règle ». Même si la majorité des cas d’actions terroristes relèvent de l’islam radical, il est aussi important de constater que les milieux d’extrême-droite sont aussi concerné – particulièrement aux Etats-Unis -, sans oublier le cas d’Andrea Behring Breivik qui a tué 77 personnes et en a blessé 151 autres, le 22 juillet 2011 en Norvège.

Les « loups solitaires » et apparentés sont à ranger dans les « moyens » du terrorisme qui n’est qu’une technique de combat du faible au fort. Même si, par miracle, la cause de l’islam radical venait à s’estomper, la méthode terroriste serait alors employée par d’autres adeptes d’idéologies extrêmes : extrême-droite, extrême-gauche, écologie radicale, anarchisme, etc.

Enfin, il convient de ne pas verser dans le pessimisme du style « les loups solitaires sont indétectables car non connus des services de renseignement ». En effet, ce phénomène peut être combattu avec efficacité. En effet, les volontaires désireux de lancer un acte violent isolé souhaitent généralement laisser leur empreinte dans l’Histoire. Leur ego leur commande que l’on se souvienne d’eux car leur objectif principal est de sortir de l’anonymat et d’une vie qu’ils jugent stérile. Pour ce faire, ils préparent et diffusent, parfois à l’avance, des messages destinés à revendiquer leurs actions. Ils offrent alors ainsi l’opportunité aux services de lutte de les découvrir avant même d’avoir pu passer à l’acte. De plus, leur manque de professionnalisme est un handicap à leur dangerosité même s’ils font de malheureuses victimes. Et en aucun cas, ils ne peuvent mettre en danger les sociétés qu’ils attaquent. Au contraire, ils provoquent des sursauts d’union nationale en montrant que la Démocratie a un prix.

[1] C’est un faux qui prétend que les juifs et les francs-maçons ont un plan de conquête du monde. Ecrit en 1901 à Paris par un informateur des services secrets russes, il a été repris par les nazis et par tous les antisémites voulant donner une raison « historique » à leurs abominations.
[2] A l’heure actuelle, force est de constater que la grande majorité de ce que l’on appelle « la rue arabe », croit fermement en cette thèse. La propagande islamique radicale a été particulièrement efficace pour faire passer cette intoxication.
[3] L’immense majorité des victimes du terrorisme islamique sont des musulmans. Il n’y a pas une semaine qui se passe sans que des attentats de masse n’aient lieu au Pakistan, en Irak ou ailleurs. Les chiites sont particulièrement visés car, dans l’esprit des théoriciens de l’islam radical sunnite, ils sont encore « pires » que les chrétiens et les juifs, appelés « les gens du Livre » car adeptes des religions monothéistes. En effet, ces derniers sont des « ennemis » qui peuvent éventuellement être convertis, ou payer un impôt spécifique (dhimma), sinon ils sont tués. En revanche, les chiites sont des traîtres qui doivent être massacrés.

Voir aussi:

Planes, Trains, and Car Bombs: The Method Behind the Madness of Terrorism
Michael Shellenberger, Ted Nordhaus, Nick Adams
The Breakthrough
January 13, 2012

As we marked the ten-year anniversary of 9/11, we also marked the expiration date of countless predictions that other devastating al Qaeda (inspired, financed, or directed) attacks would occur on US soil within a decade of that fateful day. Little more than a week after the atrocities, Attorney General John Ashcroft worried aloud « that terrorist activity against the United States may increase once this country responds to [the] attacks. » Ten days later, Democratic Senator Carl Levin told Fox News that « biological and chemical threats … are real. We ought to put resources there. » Republican Representative Chris Shays of Connecticut was more trenchant: « I am absolutely certain that terrorists, if they don’t have access to biological weapons now, will; and I am absolutely certain that they will use them. The expertise exists. The potential that it has been shared with a terrorist is almost a no brainer. » President Bush pushed the possibility of catastrophe to its logical extreme: « these terrorists … are seeking chemical, biological, and nuclear weapons. Given the means, our enemies would be a threat to every nation and, eventually, to civilization itself. »

Such dire predictions were not confined to the political class. Terrorism experts and academics like Walter Laqueur, Jessica Stern, Bruce Hoffman, Mark Juergensmeyer, and many others had seized upon the notion that a « new terrorism » was emerging. Even before 9/11, Laqueur wrote that « yesterday’s nuisance has become one of the gravest dangers facing mankind. » Many proponents of the « new terrorism » meme became even more emphatic after the attacks, arguing that religiously-inspired terrorism had become divorced from rationality. Laqueur lamented that « until recently, terrorism was, by and large, discriminate, selecting its victims carefully… It was, more often than not, ‘propaganda by deed.’ Contemporary terrorism has increasingly become indiscriminate in the choice of its victims. Its aim is no longer to conduct propaganda but to effect maximum destruction. » Laqueur described the new terrorists as « paranoiac » and driven by « all-consuming, » « nonexistent hidden motives » leading to « a loss of the sense of reality. » « The outlook, » he concluded, « is poor; there are no known cures for fanaticism and paranoia. »

With the political and expert classes significantly aligned in their description of insane, religiously fanatical terrorists determined to kill millions with weapons of mass destruction, journalists and the public could do little but wait for the next heavy shoe to drop. As they looked around them, they saw vulnerabilities everywhere. After rumors of the potential for biological or chemical attacks on America’s water supply raced through the internet, The New York Times reported on local governments’ efforts to secure reservoirs and other sources of drinking water: « Helicopters, patrol boats and armed guards sweep across the watershed feeding New York City, enforcing a temporary ban on fishing, hunting, and hiking. Massachusetts has sealed commuter roads that run atop dams or wind down to the water’s edge. And Utah has enlisted the help of the Federal Bureau of Investigation to peer down at reservoirs from planes and satellites, hoping to spot any weak points. » By November 1st, USA Today was reporting that « scientists and politicians are growing increasingly worried about another possible target for terrorists: the food supply. » Several authors over the years have also flagged America’s vulnerability to internet attacks that could significantly disrupt the critical infrastructure upon which our economy depends. In a recent report, Washington’s Bipartisan Policy Center recommended that « defending the U.S. against such attacks must be an urgent priority. » « This is not science fiction, » they wrote, « It is possible to take down cyber systems and trigger cascading disruptions and damage. »

Even as our greatest fears have not come to pass, the drive to promote measures eliminating even the impression of risk or threat has hardly lost momentum. Despite the fact that the United States has developed enough vaccine to inoculate its entire population against the two most deadly biological agents that terrorists might conceivably learn to produce someday, The New York Times Magazine recently published a long article suggesting that more should be done — that billions should be spent developing and stockpiling vaccine for every disease that terrorists could possibly use to harm Americans. Never mind that terrorists have shown no capacity to successfully develop and weaponize any of them.

Despite the perennial warnings about exotic weapons and targets (warnings that, ironically, offer terrorists tantalizing clues about how and where the United States is vulnerable), members and allies of al Qaeda’s hirabi (AKA ‘jihadi’) movement continue to carry out the same sorts of attacks they executed in the decades before 9/11. In 1993, hirabis used a truck bomb in an attempt to topple the World Trade Center, the same tactic they used in 1996 to bomb the Khobar Towers barracks in Saudi Arabia, and in 1998 to bomb US Embassies in Kenya and Tanzania. In 2000, they used a different vehicle – a small boat – to approach their target when they bombed the USS Cole in the port of Aden, Yemen. A year later, they used different vehicles again, airplanes, to bomb the World Trade Centers and the Pentagon. Months later a hirabi named Richard Reid attempted to bomb a plane itself with a chemical explosive hidden in his shoe. In May 2002, a car bomb killed 14 people at a Karachi hotel frequented by Westerners. In October of that year, another bomb, placed in a Bali nightclub, killed 202 mostly Australian citizens.

In 2004, hirabis detonated ten bombs on four trains in Madrid, killing nearly 200 people. A year later, hirabis attacked three trains and a bus in London. Later in 2005, bombs placed at American hotels in Amman, Jordan killed 57 people. In 2007, British police uncovered a car-bomb plot targeting Glasgow airport. In 2008, a car bomb killed six people and injured dozens more outside Pakistan’s Danish Embassy. Al Qaeda claimed the attack was retaliation for an offensive political cartoon. In September 2009, Najibullah Zazi was arrested in the final stages of a plan to replicate the Madrid attacks of 2004 in New York City’s subway system. On Christmas Day of the same year, Nigerian Umar Farouk Abdulmutallab attempted and failed to down a passenger plane over Detroit by detonating a chemical bomb concealed under his clothes. The next spring, Faisal Shahzad tried to detonate a car bomb in Times Square, but failed. Months later, in October 2010, al Qaeda in the Arabian Peninsula placed explosive devices in cargo planes, but cooperating international intelligence agencies foiled their plans before they could detonate the bombs. Most recently, Rezwan Ferdaus has been charged with a plot to use remote controlled planes to deliver bombs to the Pentagon. All of these and other al Qaeda directed, financed, or inspired attacks have targeted planes, trains, buses, government and symbolic buildings, and western hotels with bombs (and sometimes assault weapons).

The stark contrast between the hirabi repertoire of targets and tactics and the expansive and expanding concerns of journalists, politicians, experts, and academics begs explanation. We find that the pattern of hirabi attacks is not accidental. It is well-suited to their primary strategy — one attempting to iteratively grow support for their cause so they can one day gain political power and govern territory. That their goals are likely delusional does not diminish the rationality of their strategy, the tactics they use, or the targets they select, all of which are chosen to manipulate the governments they seek to change and the publics they seek to recruit. Various internal and external constraints on hirabi organizations also limit their capability, and thereby, the range of tactics and strategies they can pursue. This paper explores in depth all of these factors shaping hirabi activity.

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Read the debate surrounding our report here.

 Voir également:

Evidence-Based Counterterrorism or Flying Blind? How to Understand and Achieve What Works

Rebecca Freese

Perpectives on terrorism

Terrorism analysts

2014

Abstract

Many counterterrorism efforts in last decades, and especially since 9/11, have been plagued with doubts as to whether or not they actually make us safer. Unfortunately, the terrorism research that is needed to better plan and evaluate counterterrorism efforts has suffered from both a lack of sufficient rigour and lack of influence on policy-making. This article reviews the state of terrorism research and evidence-based practice in counterterrorism, and the challenges to both. A framework is proposed for the kind of research that needs to be conducted in order to develop evidence-based counterterrorism programs as well as the subsequent evaluative research on existing programs as part of a wider quality improvement program. The argument is made that there is a need for a concrete infrastructure of evidence-based practice and quality improvement in counterterrorism to ensure the best outcomes for national security. The components of a full spectrum quality improvement program in counterterrorism are described. Insights are garnered from the field of medicine, which has recently delved full force into evidence-based practice and quality improvement.

Keywords: counterterrorism, research, evaluation

Introduction

“Without big data, you are blind and deaf and in the middle of the freeway.”[1] This is how we need to think about the risks of not collecting and analyzing the extensive amount of data available in our modern world today. Data is the raw information that is transformed through analysis into “evidence.” And it is this evidence that paints the picture of what is truly happening in the environment so that one can make enlightened decisions to achieve the desired end results (and not get hit by that truck).

Evidence-based practice (EBP) refers to those practices, actions, and decisions that are grounded in objective evidence obtained from sound, scientific research and analysis. It works to eliminate the element of opinion, gut-instinct, guesswork, or emotion, which can be poisonous to the decision-making process. The goal of using EBP is simply to arrive at those decisions that can produce the most successful outcomes.

The concept of evidence-based practice originated in the field of medicine in the 1990s with what is known as “evidence-based medicine”[2], but its philosophical origins go back to at least the mid-19th century.[3] Evidence-based medicine is defined as the “conscientious, explicit and judicious use of current best evidence in making decisions about the care of individual patients.”[4] Medical practitioners aim to treat patients with methods that have been shown to work and the concept and use of evidence-based medicine has become a deep part of the medical culture. Although there are still significant gaps within the medical field between the knowledge of evidence-based medicine and its universal use,[5] the momentum is always in the direction of using research to guide practice. Because of its importance, hospitals, training programs, and practitioners tout the use of evidence-based medicine as a badge of honor when communicating to their audiences. It has become accepted that in order to participate in the modern arena of medicine, practitioners must be focused on the application of available evidence as to what works in the daily care of their patients. This is not to say that individual patient scenarios and practitioner experience and judgment do not mix with the available evidence to ultimately lead to final decisions, but when possible, subjectivity and guesswork are removed from the equation.

Because of the benefits of this informed and structured approached to decision-making, EBP has extended to many other fields such as psychology, criminology, and education. Although each field, whether a physical or social science, has its own individual characteristics, inherent nature, and unique challenges (as is true when comparing counterterrorism and the practice of medicine), the underlying principles of EBP are the same. That is to say, in any field, one searches for and employs the “conscientious, explicit, and judicious use of current best evidence” in deciding the most appropriate course of action for the purpose of arriving at the best outcomes. With the concept of evidence-based practice in mind, this article explores the state of counterterrorism (CT) efforts in relation to research, evidence, and practice and proposes infrastructure modifications that assist in EBP and the achievement of best outcomes in counterterrorism.

Counterterrorism in Action

Terrorism is not a new phenomenon and one can see prototypes, albeit with differing characteristics and tactics, throughout history. Modern terrorism of the 1960s and 1970s, which was mostly hierarchical, secular, and more discriminate has evolved and enveloped in religious ideology, become more decentralised, and manifests a greater determination to create large-scale death and destruction to achieve its goals. Unfortunately, the future of terrorism could be even more worrisome. The wave of suicide terrorism that began in the 1980s has the potential to morph into ever more destructive chemical, biological, radiologic, nuclear (CBRN), and cyber attacks. Therefore, it is prudent to understand how terrorism threats can most effectively be countered.

Although national governments have always invested in protecting their citizens’ way of life, resources and energy devoted to counterterrorism have grown substantially since the attacks of 11 September 2001 on New York and Washington DC. In the wake of 9/11, the United States government created an entirely new agency, the Department of Homeland Security, to deal with the increasing threat. The range of counterterrorism efforts fall all along the spectrum from law enforcement, security of potential targets, emergency response systems, and treatment of victims to economic aid and sanctions, international resolutions, and media relations.[6] In the United States, one can see the results of counterterrorism policies everywhere, from the security checkpoints at airports to targeted killings via drone attacks in South Asia on the Al-Qaeda leadership to worldwide surveillance programs. Yet how can one really know whether or not these counter-measures are truly effective and achieve the desired outcome – enhanced security?

Recently in Foreign Affairs, two security studies experts debated whether drone attacks actually work in achieving counterterrorism goals. The argument for the use of drone attacks focused on the benefit of eliminating key Al Qaeda leadership figures, interruption of terrorist safe havens, and the fewer civilian deaths caused by drones in comparison to alternative modes of warfare.[7] The counterargument highlighted the damage the drone program causes to U.S. legitimacy, the loss of key intelligence during a strike, the enabling of jihadi recruitment, and the short-term perspective that hinders long-term strategy.[8] What was striking about this debate is that it was not based on much more than informed opinions. Frustratingly, it seems that much of our counterterrorism policy today is based on such hypotheses and speculation. How much more productive would the conversation be if determinations of when, where, and how to use targeted killings could be supported by actual evidence produced from objective scientific research? It is much easier to make an argument for or against something when you have evidence on your side.

Analysis

Terrorism Research

Since research is the foundation for the evidence needed to make informed decisions when developing and evaluating counterterrorism programs, it is imperative to understand the state of research in the field of terrorism studies (for the purpose of this article, “terrorism research” refers to both research on terrorism and its associated counterterrorism response).

For research results to be valuable and useful to decision-makers who formulate policies that drive counterterrorism programs, the research must be of high quality, with conclusions that are informative, applicable, based on factual data, and have sufficiently high validity and reliability. Much of the research that is most useful in creating this type of evidence is empirical research. Empirical research is a form of rigorous research that is “based on observed and measured phenomena and derives knowledge from actual experience rather than from theory or belief.”[9] The remarkable shortage of studies that are empirical in nature has been one of the most salient features of terrorism research.[10,11] Based on a comprehensive literature search of all peer-reviewed articles related to terrorism or political violence, Lum et al. found in 2008 that a mere 3% involved empirical analyses (either quantitative or qualitative); 1% were case studies, and 96% were what the authors described as “thought pieces.”[12]

Other shortcomings have been noted. Reviewing literature between 1995 and 2000, Silke found in 2001 that the use of statistical analyses in terrorism research in major journals was exceedingly low while the use of inferential statistics specifically never exceeded 4% of all articles [13]. The use of inferential statistics allows predictions to be made about the entire population based on the analysis of a sample studied [14] and therefore is important for justifying whether research conclusions should be used as evidence when formulating policy. Optimistically, the amount of terrorism research using inferential statistics has slowly been on the rise, with an almost quadrupling in the 7 years since 9/11, although still representing fewer than 12% of all articles examined.[15,16] Silke has also noted a conspicuous lack of methodological range being used in terrorism research, finding the counterterrorism field to be dominated by secondary data analysis using easily accessible sources of data (e.g. books, journals, and media) [17] with the creation of new knowledge only representing approximately 20 percent of the research conducted.[18] A follow-up analysis revealed that literature reviews continue to be the main mode of research in terrorism studies.[19] Schuurman and Eijkman also note the lack of primary research in the terrorism field as an impediment for progress, describing reliable primary data as “vital if we are to truly advance our understanding of terrorism: from its causes and precipitating dynamics to the best way to counter or prevent it.”[20] This is not to say that all research needs to involve primary data, be quantitative or involve sophisticated statistical analyses but it is crucial for published research to represent a range of methodologies. Such variation produces the most meaningful insights about terrorism and therefore can best guide practice.

The quality of terrorism research can also be examined as to whether or not it qualifies as “explanatory research.” Silke, expounding on work by Psychologist Colin Robson, describes research as progressing from exploratory (which helps start the process of building a foundation of knowledge and frequently consists of case studies) to descriptive and then finally to explanatory research, the later being the most scientifically rigorous, reliable, and applicable.[21] Silke notes that, “field areas which fail to make this final transition [to explanatory research] are left with constant gaps in their knowledge base and a fatal uncertainty over the causes of events and what are the truly significant factors at work”[22] and therefore cannot make the leap to producing results that are of predictive value.[23] Thus, without explanatory research, there is little upon which evidence-based counterterrorism practice can be formulated.

Another issue of concern in terrorism research has been the researchers themselves. In 2001, Silke found that 90 percent of all terrorism research was done by a single individual, making the creation of time-intensive statistics needed for more substantive research exceedingly difficult.[24] During the entire decade of the 1990s, he found that 80% of all the researchers who contributed to terrorism journals only wrote one article pertaining to the field during that time.[25] To a large degree this can be explained by the fact that many of the articles have been written by researchers whose primary concentration was in another field, such as psychology or sociology.[26,27,28] Although, terrorism research benefits greatly from a multidisciplinary approach, researchers are needed who research repeatedly and consistently in the field. Since 9/11, there has in fact been an upward trend in these types of dedicated researchers as well as a greater degree of collaborative research.[29,30]

These weaknesses in terrorism research may be why Sageman laments that although there has been an increase in energy and commitment to terrorism research since 9/11, there are still fundamental questions about terrorism for which we have no good answers, particularly why an individual turns to political violence.[31] He argues that one of the problems is that the United States government has not provided sufficient support for the methodical accumulation of detailed and comprehensive data that is critical for answering many of these questions. Without sufficiently extensive, and varied databases and empirical, explanatory research utilizing varied methodologies, along with numerous, dedicated researchers in the field, the evidence needed for the formulation of evidence-based counterterrorism programs will continue to falter.

Evaluative Research

Not only are there weaknesses in the research needed to formulate counterterrorism programs, but there is also a lack of research that evaluates the effectiveness of these programs once they are in effect. Most research in the field tends to focus on the explanations, causes, and sociology of terrorism.[32] Lum, et al. determined that of the already small percentage of counterterrorism publications that met the criteria for empirical research, only a fraction of these were actually evaluative in nature.[33] Even as research in terrorism ramps up, it appears that very little research is being done to scrutinize whether or not established counterterrorism efforts are in fact achieving their intended goals.

By way of illustration, the University of Maryland’s START (National Consortium for the Study of Terrorism and Responses to Terrorism) program, which is a Center of Excellence for the United States Department of Homeland Security, states on its website that their mission is to “advance science-based knowledge about the human causes and consequences of terrorism as a leading resource for homeland security policymakers and practitioners.”[34] Evaluation of the effectiveness of counterterrorism programs is not explicitly stated in this mission statement. Horgan and Stern also do not emphasize evaluative research when discussing the goals of terrorism research. They claim that, “our role as scholars is to discover and understand what influences the changing nature of terrorism and the impact it will have.”[35] Determining whether or not implemented counterterrorism programs actually work is conspicuously absent from this statement on the responsibility of academia. In their article they defend the slowly but steadily improving field of terrorism research by citing examples of the solid research that is occurring in understanding “who becomes a terrorist, why, and how many there are in the West.”[36] None of the examples provided by them referred to evaluative research. Lum and Kennedy suggest that “even the most liberal governments are resistant to self-evaluation,”[37] which is likely due to the clandestine nature of national security and may largely account for why research remains invested in the etiologies of terrorism and not the evaluation of how we respond to terrorism. What results is an environment with less focus and interest by researchers on evaluative research despite the crucial importance it plays in overall counterterrorism strategy and its success.

Evidence-Based Counterterrorism

The paucity of research articles that address the question of whether or not counterterrorism efforts are evidence-based is in itself evidence of the lack of prevalence of this important concept within the field. The same handful of authors write repeatedly on this topic and the overall consensus appears to be that many of our counterterrorism efforts are, in fact, not effective. Sageman describes the “disappointing state of the field, largely consisting of wild speculations without foundation.”[38]

Most research that studies whether counterterrorism programs are effective has focused predominately on the effectiveness of existing programs [39,40] and not whether policy-makers are using research on terrorism as evidence to drive counterterrorism program development and implementation. Furthermore, the evaluative research that has been performed in the field of counterterrorism seems to have focused mainly on outcomes and not on processes or resource use. Very little is known about the cost-effectiveness of our counterterrorism efforts and how they can be improved.[41] It is about moving beyond whether or not our efforts work to understanding how they work. The lack of evaluation on resources and processes could be due to the fact that the data needed for this research has not been easily attainable. It is also likely that these measurements have taken a backseat to the more important measurement of outcomes as states struggle to come to grips with terrorism.

When Lum et al. performed an analysis of the limited but available evaluative research that was of sufficient rigour, it was found that most interventions either had no effect or were harmful (i.e. terrorism increased)[42], leading the authors to conclude that “programs are being used without any knowledge, understanding, or even attempts to determine whether they are effective.”[43] Interestingly, no study showed that military strikes worked. This highlights our need to better understand what works since there has been a propensity by states to rely on military means and force to fight terrorism. Another finding by Lum et al. underscores an important point. The results of studies conducted on the success of metal detectors and security screening were evenly split between either working and being harmful.[44] This disparity was likely due to how outcomes were defined in the different studies. If the outcome was defined as the level of hijackings, then the intervention was considered beneficial. However, if the outcome was defined as the level of non-hijacking attacks, then terrorism was found to increase. Once these security measures were put in place, it is likely that terrorists just resorted to different avenues for attacks. This stresses both the importance of defining goals when developing counterterrorism programs so that effectiveness can be measured against those specific goals as well as taking into account how unintended consequences can result from implementation of counterterrorism programs.

Adams et al. make the point that counterterrorism initiatives since 9/11 have focused more on questions of morality and legality (e.g. enhanced interrogation and ethnic profiling) with less scrutiny into whether the initiatives actually work.[45] The authors also note that evaluation has tended to focus predominantly on the success of overarching government policies and strategies with less attention to individual counterterrorism programs or tactics, making it difficult to decipher more precisely what works and what does not. In their own evaluative research, the authors determined whether the counterterrorism method met its particular aim as well as whether it was aligned with, or counterproductive to, overarching counterterrorism strategies such as “gathering useful information [favorable signal: noise ratio], prioritizing and coordinating intelligence, promoting state legitimacy, encouraging community-generated tips and support of bystanders, and undermining terrorists’ narratives.”[46] This second dimension of measurement is a useful way to tackle the question of effectiveness without having to necessarily measure the end goal of an increase or decrease in terrorist plots or attacks, which is often hard due to the relative infrequency of these events as well as the difficulty in determining causal relationships between interventions and levels of terrorism. In examining specific U.S. counterterrorism activities since 9/11, Adams et al. determined that there was no credible evidence that the use of controversial counterterrorism tactics such as enhanced interrogation, preventative detention, and expanded search and surveillance powers have contributed to thwarting any terrorist plots since 9/11.[47] On the contrary, the most effective measures appear to be those that are least controversial like thwarting terrorism fundraising, denying safe havens, preventing access to port and border crossings, and bolstering state legitimacy.

After publishing their initial research, Adams, Nordhaus, and Shellenberger wrote in an article that indeed many of the controversial “War on Terror” tactics of the post-9/11 era were in fact “abandoned or dramatically scaled back based on overwhelming evidence”[48] after they were found not to be promoting the overall goal of greater U.S. security. The authors describe tactics like preventative detentions, pain-based interrogation and ethnic and religious profiling as being replaced with more “discerning and sophisticated practices.”[49] The authors appear somewhat optimistic that this transition occurred although recognize the long, messy and unstructured process upon which these conclusion were finally drawn, they noted that forgetting lessons from history contributed to many of the more impulsive and reckless tactics. However, when the authors state that overwhelming “evidence” led to the abandonment of many of the controversial tactics, one must question the nature of this evidence. Certainly it does not seem that it was objective, scientific evidence that led to these conclusions but more of an overall sense that things were not working out. The problem with not relying on scientific evidence is that even if it is determined that a tactic is not working as intended, an opportunity is missed to understand why the tactic was ineffective. This understanding is what helps guide informed decisions going forward. Interestingly, the 2011 article states that, “multiple NSA data-mining programs have been abandoned as independent reports, most notably from the National Academies of Sciences, concluded that they simply push terrorist activity further underground.”[50] In light of what was learned in June, 2013 about the widespread, clandestine phone and Internet surveillance programs run by the NSA, it serves as a reminder of the extent to which little is known or understood about the use of evidence-based practices in counterterrorism. Adams et al. state that “national security is still practiced more as a craft than a science” [51] and that the “House and Senate Intelligence committees…have never established any formal process to consistently evaluate and improve the effectiveness of U.S. counterterrorism measures.”[52]

The reason that development of counterterrorism programs has not been evidence-based may be due to the lack of research of sufficient rigour and applicability to drive practice and/or that a sufficiently large disconnect remains between academia and policy-makers. It may also be due to the continued emotion-driven response to terrorism and an overreliance on unfounded assumptions based on gut-feelings about what “should” work. Furthermore, the fact that many existing counterterrorism efforts have not retrospectively been found to be effective is problematic, but not the main concern. What is more important for evidence-based counterterrorism is whether or not these finding are driving change in how one approaches the fight against terrorism.

Challenges to Conducting Terrorism Research

There are many pitfalls to conducting research in both the social and physical sciences and although researchers develop strategies to avoid these pitfalls and try to obtain results that approach the truth to the greatest extent possible, results are never perfect. There has been much criticism as to the state of research in terrorism but in discussing its shortcomings and areas for improvement, it is important to understand the additional, unique challenges faced by terrorism research that makes the search for the truth particularly difficult.

One of the main challenges in conducting terrorism research is the clandestine and adversarial nature of the object of study that makes it difficult to collect reliable and systematic data.[53] Data collection through interviews or surveys, which is common in the social sciences, is extremely challenging in terrorism research. For those who do desire to work directly with terrorists, terrorist organisations, and local populations to gather information, it can be a risky and unpredictable endeavour. Another monumental challenge is that the nature of the field is extremely dynamic and diverse. The players and environment are in constant flux, especially as terrorist organisations work to continually adapt themselves to counterterrorism efforts.[54] Rigorous studies can often take a great deal of time to complete and it is possible that by the time results are published, the environment and therefore applicability may have changed. Other challenges for conducting research in terrorism is the lack of access by researchers to classified information,[55] the continued lack of a generally accepted (legal) definition of terrorism [56,57] and political obstacles that have prevented a full commitment, including financial funding and long-term perspectives, to terrorism studies.[58,59] Despite the challenges of terrorism research, it is argued that the field still lends itself to systematic, sound scientific methodology.[60]

Looking Forward

How do we get to Evidence-Based Counterterrorism?

Charles F. Kettering, the US electrical engineer and inventor once said, “A problem well stated is a problem half solved.” With a grasp on the deficiencies and challenges of terrorism research and the pitfalls of not having sufficient formal structures to connect research and practice, many of the solutions needed are better understood. In fact, some of the solutions have already begun to emerge.

First, it is clear that a commitment to conducting quality, rigorous, scientific research in the field of terrorism with university, government, and private program involvement is required. The START program at the University of Maryland is an example of progress on this front. The START program aims to tackle many of the shortcomings that have existed in this field of research by creating new databases and developing a range of rigorous methodologies. An increasing number of universities are also focusing on research in security studies such as CREATE (National Center for Risk and Economic Analysis of Terrorism Events) at the University of Southern California, and the Center for Terrorism and Security Studies (CTSS) at the University of Massachusetts Lowell.[61] In addition, the RAND Corporation is an institution that has created a significant body of knowledge in the field of terrorism to inform the public, first responders, and policy-makers.[62]

Research funding is also critical for facilitating the production of high quality research that will drive evidence-based counterterrorism. In 2011, the Department of Homeland Security awarded $3.6 million to Maryland’s START program [63] and the National Institute of Justice has also awarded a total of $3 million to 6 universities to conduct research on domestic radicalisation.[64] US federal financing of terrorism research is facilitated when academia can “demonstrate its relevance to policy and operational concerns”[65] and this connection between research and policy makers is another critical component of evidence-based counterterrorism. In order to prevent what Sageman calls “stagnation” in meaningful research on terrorism and its causes due to a disharmonious relationship between academia and government, an infrastructure of coordination, collaboration, and communication must be maintained between researchers, policy-makers, and practitioners.[66] In fact, many of the academic organisations engaging in terrorism research are aiming to influence policy with the results of their work. One of STARTS’s goals is to engage in outreach to policy and practitioner communities in counterterrorism. [67] Programs at Northeastern University and the University of Massachusetts at Lowell (CTSS) are also being developed to “bridge the academic-practitioner divide.”[68] Merari, in analysing the disconnect between academia and government, stresses the importance of promoting influence not just indirectly, but with direct, consistent contact as well.[69] He also suggests the bilateral movement of professionals between academia and government as a means by which the two worlds can be better melded.

Researchers and academics themselves will also help advance the field of terrorism studies in critical ways and ensure that the research is relevant and applicable for decision makers. Merari notes that, “before we complain that the client does not appreciate our merchandise, we must be sure that the goods are good…”[70] Therefore, to improve the product, not only are more dedicated researchers, primary data and empirical studies needed, but researchers need to explore new and innovative methodologies and approaches for conducting terrorism research that will deal with many of its unique challenges. For example, Porter, White, and Mazerolle have developed sophisticated models in which to measure terrorism, accounting for both the frequency and impact of a terrorist attack as well as for determining the effectiveness of a given counterterrorism intervention.[71] Other work has included development of models for assessing counterterrorism policies by applying political uncertainty and complexity theory[72] and advances in the databases needed for evaluating both terrorism and counterterrorism. [73] English advocates the use of new procedures and technology to overcome many of the challenges in data collection to ensure “Information Quality Management.”[74] In addition, Horgan and Stern have advocated interviewing former terrorists as a way to better understand why individuals turn to terrorism as opposed to inferring motivations from observed actions. They believe that this can be done both safely and effectively.[75] Having research associations and conferences,[76] especially international conferences, are a beneficial way for the research community to learn, collaborate and innovate to move the field forward.

Christakis takes a very interesting and important view on how to advance the social sciences that would have important implications for studying terrorism.[77] Christakis argues that it is time to move past the traditional social science subjects of sociology, economics, anthropology, psychology, and political science and “create new social science departments that reflect the breath and complexity of the problems we face as well as the novelty of the 21st century” – similar to the strides already taken in the physical sciences.[78] With what he calls changing “the basic DNA of the social sciences,” new fields like biosocial science, network science, behavioral genetics and computational social science need to be created.[79] These new fields hold great promise for helping tackle many of the challenges of understanding terrorism. One can only imagine what sort of counterterrorism programs can be developed for better understanding terrorism with the assistance of input from fields such as behavioral genetics.

In order to advance evidence-based counterterrorism, a push for more evaluative research is needed. A better balance must be struck between investing efforts in research to understand terrorism and evaluative research; both are necessary for evidence-based practice and better outcomes. Evaluative research would also be facilitated if national security agencies created an infrastructure that incorporates research and researchers into clandestine programs. Processes that would allow researchers to obtain security clearance more easily could help achieve this goal.[80] In general, there needs to be a greater receptivity to research by security agencies.[81]

The Future of Evidence-Based Practice

The trend towards evidence-based practice is not going away. If anything, it is intensifying. In the field of medicine, the US government has taken strides to firmly embed itself in the world of evidence-based practice. In the field of medicine, the Centers for Medicare and Medicaid Services (CMS) have begun to base reimbursements on the use of best practices developed from research evidence. The Physician Quality Reporting System (PQRS) is a program that uses both incentive payments and payment adjustments to promote reporting of quality information by healthcare practitioners.[82]

In a sign of things to come, the US Office of Management and Budget has now planned to put in place a process in which dispersal of funds to agencies will depend in part on how the agencies evaluate the effectiveness of their programs. Bornstein reports that, according to the office, approval for budget requests will be more likely when evidence-based practice is in force [83] and goes on to ask, “could this be the coming of age of ‘evidence-based policy making’?”[84] It seems clear that evidence-based counterterrorism is the way to go.

The Evidence-Based Counterterrorism Framework

Two stages of evidence-based practice (Figure 1) are proposed for studying and applying terrorism research. The first part (“Stage 1”) is the scientific research, both qualitative and quantitative, that builds the foundation of knowledge. This foundation answers questions such as “what,” “how” and “why” and helps provide the necessary insights about terrorism, its causes, and its impacts, that assist in decisions on how best to develop and implement specific counterterrorism (CT) programs that have the greatest chance of success in the short and long-term.

Figure 1. Evidence-Based Counterterrorism Framework

The second part (“Stage 2”) of evidence-based practice entails evaluative research. Evaluative research focuses on performing research on already existing programs to determine their overall effectiveness in practice so that new decisions can be made as to how to change, alter, or improve tactics and strategies going forward. Measurements in evaluative research focus on resources, processes and, most importantly, on outcomes (Figure 2).

Figure 2. Measurements in Evaluative Research

What evaluative research is essential for, and has not been fully appreciated or described as such in the counterterrorism literature, is “quality improvement.” Quality improvement is a concept being used with increasing fervour in healthcare but is also prominent in fields such as Industry and Administration. Duke University Medical Center defines quality improvement as “a formal approach to the analysis of performance and systemic efforts to improve it.”[85] It needs to be an ongoing effort. With changing environments and new information, the cycle of quality improvement keeps practices adapting and advancing to consistently attain the most advantageous results possible.

Lum, et al. point out that, similar to the physical sciences, evidence-based social policy needs to be based on the use of scientific studies not only to determine the relative benefit of implementation of particular programs (Stage 1 above) but also to evaluate the effectiveness of existing programs (Stage 2 above).[86] To take this one step further, quality improvement then uses the knowledge gained from evaluative research to make proactive changes to improve resource use, processes, and outcomes. Therefore, evaluative research is part of a cycle that continuously assesses and looks for opportunities for improvement and then works to implement them. Agencies involved in counterterrorism both at the State and Federal level should have Quality Improvement departments, with dedicated leadership and agency staff, that would help bring greater structure and focus into the achievement of best practices. An infrastructure of quality improvement within the four walls of an agency would drive the effort to connect research evidence and practice and ensure that resources, processes, and outcomes are appropriately evaluated. Given the human life, economic, social, and international stability that are at stake, it seems that evidence-based practice and quality improvement should become a standard part of counterterrorism efforts.

Quality Improvement 2.0: A Full Spectrum Approach for Counterterrorism
The focus on fact-based evidence to drive continuous improvement in resource utilization, processes and outcomes is at the core of quality improvement. However, there are also other fundamental quality improvement principles (Figure 3) that can help by building an organisational environment that fosters best results. In this respect, practices can be garnered from the field of healthcare, a field that strives to use quality improvement principles in its quest to achieve patient safety, efficiency, and best outcomes.

Figure 3. Quality Improvement Principles

Lessons Learned

The medical field puts a great deal of emphasis on learning lessons from events that have occurred. There has been a long tradition of conducting “M&M” (Morbidity and Mortality) conferences on a frequent basis, often weekly. During these conferences poor outcomes and near misses (often referred to as “sentinel events”) are reviewed in order to learn lessons and devise strategies for prevention and avoidance of similar events in the future. Although often difficult to foster, creating an open atmosphere to discuss errors actually serves to improve outcomes in the long run. The airline industry, also relentlessly focused on safety, has worked to create this type of environment. It is also important to note that successful efforts need to receive detailed reviews; equally important is to understand why they were successful as these evaluations assist in creating critically important best practices.

Governments have been known to form commissions and perform lengthy investigations into events where there have been bad outcomes (e.g. the 9/11 Commission), particularly those bad outcomes that are of a large scale and highly public. What is less clear is whether these types of reviews occur in the absence of such large and public failures, whether they occur on a regular basis, and whether near misses also receive thorough review. Near misses can point to faults in the system that if corrected can avoid errors and resulting failures in the future.

When it comes to counterterrorism efforts, learning contemporary lessons is important but not forgetting historical lessons learned when creating counterterrorism policy is also critically important. Silke notes that post-9/11, research with an historical focus decreased [87] and that, although understandable given the gravity of current terrorism threats, a diversion that lasts too long may lead to missed opportunities to spot important trends.[88] Historical cases applied to present-day contexts can offer valuable lessons that could drive astute strategic and tactical decisions on how to fight terrorism in the 21st century.

Focus from Blame to Systems

Quality improvement has also moved into an era that no longer focuses on blame. Where in the past a nurse or physician might be fired for a mistake that led to a patient death, a more sophisticated and nuanced understanding of errors, human nature, and systems has evolved. An environment not focused on blame is one that promotes open discussions and identification of problems and leads to productive actions for improvement. Short of malicious intent, prohibited behaviour, illegal activity, or a pattern of irresponsible behaviour, errors need to be looked at as opportunities for understanding what factors led to a mistake and how these types of errors can be avoided in the future. In the Hillary Clinton Senate Hearing on Benghazi to review the events surrounding the death of Ambassador Chris Stevens and three other Americans at the consulate in Benghazi, Libya by those believed to be radical Sunni Islamists, Senator Rand Paul stated:[89]

One of the things that disappointed me most about the original 9/11 was no one was fired. We spent trillions of dollars, but there were a lot of human errors. These are judgment errors and the people who make judgment errors need to be replaced, fired, and no longer in a position of making these judgment calls.… Had I been president at the time, and I found that you [Hillary Clinton] did not read the cables from Benghazi, you did not read the cables from Ambassador Stevens, I would have relieved you of your post. I think it’s inexcusable.

Contemporary facets of quality improvement would argue this mentality is counterproductive to the goal of creating effective counterterrorism measures and that in this incident, focusing on system failures is more useful than a focus on human failures. In fact, Senator Rand Paul mentioned that in investigating the incident, a review board found 64 things that could be changed about the way things were done. One of the goals of quality improvement is to proactively identify cracks in the system and fix them. It is often said that, “every system is perfectly designed to get the results it gets.”[90] This is to say that changes must actually be made to the structure of the system and the way it functions in order to expect different results. Dr. Nielsen sums it up well by saying that humans are “an incredibly error-prone species. It’s very hard to change human nature. It’s really easy to change design, if you bother doing so.”[91] In fact, it is more often the system that is bad, not the people. What this means for agencies involved in national security is that tremendous efforts should be made to examine and design their systems for counterterrorism so that it is much less likely that mistakes can be made (e.g. improved communication systems).

Focus on the Customer

Another core tenant of quality improvement is a relentless focus on the customer. Customers are any persons affected by an industry’s activities and should always be kept in mind in decision-making to ensure best results. Although, the identity of the customer(s) is obvious in many fields (e.g. the patient in healthcare), customers can be identified in counterterrorism, as well.

Potential “customers” can be proposed for the counterterrorism field. The first are a nation’s citizens. Although many counterterrorism activities are clandestine, the public is aware of many activities (e.g. drone strikes and Guantanamo Bay) and many programs affect the public directly (e.g. 3 oz. bottles of liquid at the airport and domestic surveillance programs). For these reasons, public opinion has a large influence on how the government goes about fighting terror. A case in point is the public uproar over the detailed images of the body that airport screeners were producing that led to all scanners being removed and replaced with new ones using a different technology [92] as well as the discovery of the secret NSA phone and Internet surveillance programs that has lead to greater public discussion about how these sorts of programs should function. With consideration of the customer in decisions about security, implementation can often be better planned and potential issues dealt with up front.

In addition, it is believed that one of the main impediments to creating a more proactive (vs. the typical reactive) counterterrorism response is that it is difficult to garner public support (and, in the US context, bipartisan government support for that matter) to spend money on things the public is not worried about or on something that has not happened. It is the hope that with the use of evidence-based practices, the accumulated evidence can help sway stakeholders to the acceptance of appropriate proactive approaches. Lum and Kennedy support the notion of the public as a customer by noting that counterterrorism program effectiveness is not only important in terms of outcomes but “also as to how citizens view the legitimacy of government actions.”[93]

Other critical customers are the local population where terrorists and their organisation reside and those individuals susceptible to radicalisation. The battle against terrorism is often believed to be a battle of perception and legitimacy. With this is mind, it seems quite clear that these individuals are indeed “customers” in counterterrorism efforts. Close attention must be paid to how counterterrorism tactics affect and are perceived by this group of people. Focusing consistently on the customer(s) will help the overall success and effectiveness of counterterrorism efforts.

Leadership and Employee Empowerment

Lastly, in order for a quality improvement program to be successful, it must have full support of top leadership and direct involvement of key leadership officials. This can provide the much needed legitimacy to the program and its activities. Although strong leadership is needed, most of the more progressive organisations today are taking on a more flat (vs. hierarchical) organisational structure. This environment is conducive to quality improvement because it empowers employees. Members of the organisation at all levels can have a critical impact in identifying areas for improvement and this atmosphere drives innovation and practical solutions for many of the obstacles that will help drive the field forward. In many operating room environments, it is no longer only the surgeon who runs the show. Many hospitals are empowering everyone from medical students, to nurses, to surgical technicians to speak up if they believe something might be wrong or could be done better.

Discussion

In 1988, Schmid and Jongman estimated that “perhaps as much as 80 per cent of the literature is not research-based in any rigorous sense.”[94] Almost two decades later, many experts have come to similar conclusions.[95,96] Although some of the more recent literature has shown some positive trends, it is hard to arrive at concrete conclusions about the most current state of counterterrorism research as little data is available regarding empirical and evaluative research that has been done in recent years. With the steep upward trajectory in counterterrorism research since 9/11, it is reasonable to conclude that analysis of research in the last few years may lead us to draw different conclusions. Further studies need to be conducted on the most current environment of terrorism research.

It is also important to note that one of the biggest pitfalls that seems to afflict counterterrorism tactics is that many tactics that are developed to achieve a particular aim, end up having other unintended consequences that have the potential to threaten the success of the overall effort. Much of this problem stems from only focusing on the connection between three points in decision-making. For example, since Al-Qaeda and its affiliates are responsible for a great deal of the terrorism threat today and targeted killings eliminate most of Al-Qaeda original leaders, then it is assumed that targeted killing will decrease the threat of terrorism. What is less clear, and what hopefully rigorous research can help elucidate in these circumstance, is whether the tactic is causing other results that are counterproductive, resulting in a net negative effect. These other results may be an increase in jihadi recruitment, greater sympathy for Al-Qaeda, or collateral civilian deaths that lead to decreased state legitimacy and an inability to recruit informants. The same argument can be made for the logic behind the decision to use enhanced interrogation techniques (i.e. information is needed to stop terrorist plots, enhanced interrogation leads to information, thus enhanced interrogation should help stop terrorist plots). By way of analogy, healthcare practitioners often prescribe medications to treat diseases, such as high blood sugar or blood pressure, expecting a beneficial end result because these physiological states are bad for the body. Yet often further research reveals that use of these medications are also associated with an increase in other ailments such as heart complications or even death, thus mitigating the assumed beneficial effect. This is why research and evidence is so important. When analysed in an objective and scientific manner, sometimes things that appear to work in an obvious way and are expected to lead to a certain result, in fact do not do so.

Another reason why governments should be investing in evidence-based practice and evaluative research, is that finding out what works is not just important for counterterrorism. In a world where money and resources are limited, it is important to compare effectiveness across all areas of spending. The current state of evaluative research in counterterrorism does not allow any discernable connection to be made between money spent and increases in national security. Pegors, pessimistic whether counterterrorism efforts are truly making an impact, concluded “if we are truly concerned with protecting the lives of US citizens, then we must reallocate our resources to areas that have a greater impact on a larger number of people.”[97] He compares the approximate 3,000 lives lost from the attacks on 9/11, to the greater than 500,000 lives lost to cancer, 40,000 from car accidents, and 700,00 from heart disease that same year.[98] In fact, an estimated 26,100 people between the ages of 25 and 64 died prematurely in the U.S. due to lack of health care coverage in 2010.[99] Therefore, evidence-based counterterrorism is essential not only to achieving optimal national security but in terms of resources, understanding how to get the best outcomes as a society.

In writing about evidence-based practice it is vitally important to recognise its limits. Evidence-based practice is not a panacea. Research results do not prove anything with 100 percent certainty nor are they always perfectly applicable. In addition, researchers often come to conflicting conclusions and research designs can be flawed. Anyone in the field of medicine can tell you the limits of evidence-based practice. All too often, a recommendation will come out as to how best to treat a patient or prevent a particular disease, only to have a different recommendation come out a few years later because of new or conflicting evidence. This often leaves medical practitioners at a loss for how best to proceed. Things can be even more complicated in a field like terrorism where situations change with extraordinary rapidity due to adaptations and evolution by the enemy as well as environments in the midst of political change and conflict as can be seen currently in the Middle East. Rigorous research studies often take time and can possibly be less relevant by the time they are published. Because of the dynamism and challenges of doing research in the field of terrorism, it is even more crucial to conduct evaluative research of those counterterrorism programs that have already been implemented. If programs must be put into place quickly or without scientific evidence of their ability to effectively address the current security risk, then, as the program is implemented, evaluative research should be begun to verify whether it is accomplishing its intended goals. It is a sort of retrospective safety check. And even this evaluative research is not perfect. However, despite its faults, having evidence that is not perfect is better than functioning without any evidence at all.

Although it may be difficult to push for evidence-based practice before sufficiently rigorous research is available to drive these practices, we should recognize that, just as in business, demand drives supply. If national security agencies prioritise evidence-based practice and express a genuine desire for empirical research and primary data, the research needed will more likely materialise (especially if government funding is forthcoming).

Overall a quality improvement infrastructure can help ensure that resources are being applied to the tactics and strategies that lead to the best outcomes while eliminating or altering counterterrorism programs that are found to be counterproductive or harmful. The determination of the effectiveness of counterterrorism efforts ultimately needs a long-term perspective and therefore an ongoing cycle of quality improvement is necessary. Creating a full spectrum quality improvement program incorporating many of the principles discussed is crucial for making the much-needed leap forward to achieving better outcomes in national security. It is an in-depth and lengthy endeavor that requires commitment and perseverance. The healthcare field has really only just begun to incorporate many of these principles into their practices and they still have a long way to go.

There are significant substantive differences between the fields of medicine and counterterrorism. Medicine (mutating bacteria that evolve to resist our antibiotics aside) mostly involves unilateral decision-making. Counterterrorism is decision-making in a game theory environment, where the terrorist side is trying to strategise, innovate, and outsmart the authorities at every move. Research in human biology and disease states and examining responses to interventions is inherently different than researching terrorism and evaluating effects of counterterrorism efforts. However, overarching strategies used in healthcare, as well as in other fields, in attempts to achieve the best outcomes, can indeed provide insights for fields like counterterrorism. Marrin and Clemente examined how practices in medicine could help improve intelligence analysis and described how looking at analogous professions, such as journalism, law and law enforcement can spark ideas that can prove beneficial to the field of intelligence.[100] In fact, important ideas can often come from seemingly unrelated fields. A.J. Jacobs, an author who read the Encyclopedia Britannica in an 18-month experiment, derived what he believed to be the six most important business lessons from all of history.[101] One of these was to “take ideas from far outside your field.” He writes how Isaac Newton came up with the idea that gravity worked at a distance and not like billiard balls colliding by reading about alchemy and magic and that Bill Gates often explores disparate fields to generate ideas. Hence, looking at analogous fields, and even some that do not appear so, may be a beneficial way to precipitate innovative and successful ideas and practices that will push the counterterrorism field forward, providing better end results.

Conclusion

The field of counterterrorism has suffered from a number of deficiencies in both Stage 1 and Stage 2 research as well as a lack of policy formation guided by objective, scientific evidence. The Evidence-Based Counterterrorism Framework presented here offers a promising approach for research, evidence, and quality improvement for entities involved in counterterrorism. Although there will never be one perfect answer as to how to best conduct counterterrorism operations, evidence will hopefully help guide practitioners as to which solutions are likely better than others.

What is needed is a greater awareness and a strong culture of evidence-based practice and quality improvement within the field of counterterrorism. It is time for the phrase « evidence-based counterterrorism » to be as familiar a concept to those in the field of counterterrorism as “evidence-based medicine” is to those in healthcare.

About the Author: Rebecca Freese, MD is an anesthesiologist and has worked on quality improvement in the healthcare field. She received her M.B.A. from Johns Hopkins University and her M.A. in Government with a specialization in Counterterrorism and Homeland Security from the Interdisciplinary Center in Herzliya, Israel.

Notes
[1] Quote by Geoffrey Moore, author and consultant.

[2] Hjorland, B. (2011). Evidence-based practice: an analysis based on the philosophy of science. Journal of the American Society for Information Science and Technology, 62 (7), p. 1301.

[3] Sacket, D.L., Rosenberg, W.M, Gray, J.A., Haynes, R.B., and Richardson, W.S. (1996). Evidence based medicine: what it is and what it isn’t. BMJ, 312(7023), p. 71.

[4] Ibid, p.71.

[5] Glasziou, P., Ogrinc, G., Goodman, S. (2011). Can evidence-based medicine and clinical quality improvement learn from each other? BMJ Qual Saf, 20 (Suppl 1), i13-
i17. doi:10.1136/bmjqs.2010.046524 .

[6] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidence based? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20 (1), p. 35.

[7] Byman, D. (2013). Why drones work. Foreign Affairs. Retrieved from http://www.foreignaffairs.com/articles/139453/daniel-byman/why-drones-work

[8] Cronin, A.K. (2013). Why drones fail. Foreign Affairs. Retrieved from http://www.foreignaffairs.com/articles/139454/audrey-kurth-cronin/why-drones-fail .

[9] Penn State University Libraries. (n.d.). What is empirical research? Empirical Research. Retrieved from http://www.libraries.psu.edu/psul/researchguides/edupsych/empirical.html .

[10] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidence based? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20 (1), p. 35-42.

[11] Schulze, F. (2004). Breaking the cycle: Empirical research and postgraduate studies on terrorism. In A. Silke (Ed.), Research on Terrorism: Trends, achievements, and
failures (pp. 161-184). London: Frank Cass.

[12] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidence based? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20 (1), p. 35-42.

[13] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13 (4), 1-14.

[14] Crossman, A. (n.d.) Descriptive vs. inferential statistics. About.com. Retrieved from http://sociology.about.com/od/Statistics/a/Descriptive-inferential-statistics.htm

[15] Silke, A. (2007). The impact of 9/11 on research on terrorism. In M. Ranstorp (Ed.), Mapping Terrorism Research: State of the art, gaps and future direction (pp. 76 – 93). New York, NY: Routledge.

[16] Silke, A. (2009). Contemporary terrorism studies: Issues in research. In R. Jackson, M.B. Smyth, and J. Gunning (Eds.) Critical Terrorism Studies: A New Research
Agenda (pp. 34 – 48). New York, NY: Routledge.

[17] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13 (4), pp.1-14.

[18] Ibid, p. 8.

[19] Silke, A. (2007). The impact of 9/11 on research on terrorism. In M. Ranstorp (Ed.), Mapping Terrorism Research: State of the art, gaps and future direction (pp. 76 – 93). New York, NY: Routledge.

[20] Schuurman, B. and Eijkman Q. (2013). Moving terrorism research forward: the crucial role of primary sources. International Centre for Counter-Terrorism – The
Hague, p. 8 Retrieved from http://www.icct.nl/download/file/Schuurman-and-Eijkman-Moving-Terrorism-Research-Forward-June-2013.pdf

[21] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13 (4), pp. 1-14.

[22] Ibid, p. 1.

[23] Ibid, p. 2.

[24] Ibid.

[25] Ibid.

[26] Sageman, M. (2013). The stagnation of research on terrorism. The Chronicle of Higher Education. Retrieved May 12, 2013 from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/04/30/the-stagnation-of-research-on-terrorism/ .

[27] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13 (4), pp. 1-14

[28] Merari, A. (1991). Academic research and government policy on terrorism.  Terrorism and Political Violence, 3(1), pp. 88-102.

[29] Silke, A. (2007). The impact of 9/11 on research on terrorism. In M. Ranstorp (Ed.),  Mapping Terrorism Research: State of the art, gaps and future direction (pp. 76 – 93). New York, NY: Routledge.

[30] Silke, A. (2009). Contemporary terrorism studies: Issues in research. In R. Jackson,  M.B. Smyth, and J. Gunning (Eds.) Critical Terrorism Studies: A New Research Agenda (pp. 34 – 48). New York, NY: Routledge.

[31] Sageman, M. (2013). The stagnation of research on terrorism. The Chronicle of Higher Education. Retrieved May 12, 2013 from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/04/30/the-stagnation-of-research-on-terrorism/ .

[32] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidence based? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20 (1), p. 38.

[33] Ibid.

[34] START website. (n.d.). National Consortium for the Study of Terrorism and Responses to Terrorism. A Center of Excellence of the U.S. Department of Homeland Security based at the University of Maryland. START. Retrieved from http://www.start.umd.edu/start/about/overview/mission/ and http://www.start.umd.edu/start/publications/START_Brochure_WEB.pdf

[35] Horgan, J. and Stern, J. (2013). Terrorism research has not stagnated. The Chronicle of Higher Education, para. 4 Retrieved from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/05/08/terrorism-research-has-not-stagnated/ .

[36] Ibid, para. 9.

[37] Lum, C. and Kennedy, L.W. (2012). Evidence-based counterterrorism policy. In C.  Lum and L.W. Kennedy (eds.), Evidence-Based Counterterrorism Policy (p. 5). New York, NY: Springer.

[38] Sageman, M. (2013). The stagnation of research on terrorism. The Chronicle of Higher Education, para. 5. Retrieved May 12, 2013 from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/04/30/the-stagnation-of-research-on-terrorism/ .

[39] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidence based? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20(1), pp. 35 – 42.

[40] Adams, N. Nordhaus, T., Shellenberger, M. (2011). Counterterrorism since 9/11; Evaluating the efficacy of controversial tactics. Breakthrough Institute. pp.1- 64.

[41] Lum, C. and Kennedy, L.W. (2012). Evidence-based counterterrorism policy. In C. Lum and L.W. Kennedy (Eds.), Evidence-Based Counterterrorism Policy. New York, NY: Springer.

[42] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidencebased? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20 (1), pp. 35-42.

[43] Ibid, p. 41.

[44] Ibid.

[45] Adams, N. Nordhaus, T., Shellenberger, M. (2011). Counterterrorism since 9/11; Evaluating the efficacy of controversial tactics. Breakthrough Institute. pp. 1- 64.

[46] Ibid, p. 8.

[47] Ibid.

[48] Adams, N. Nordhaus, T., Shellenberger, M. (2011). Who killed the war on terror? The Atlantic, para. 3. Retrieved from
http://www.theatlantic.com/national/archive/2011/08/who-killed-the-war-on-terror/244273/?single_page=true .

[49] Ibid, para. 12.

[50] Ibid, para. 16.

[51] Ibid, para. 22.

[52] bid, para. 25.

[53] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13 (4), pp. 1-14.

[54] Brun, I. (2010). ‘While you’re busy making other plans’ – The ‘Other RMA.’ The Journal of Strategic Studies, 33(4), pp. 535-565.

[55] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidencebased? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20 (1), pp. 35 – 42.

[56] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13(4), pp. 1-14.

[57] Crenshaw, M. (1992). Current research on terrorism: The academic perspective. Studies in Conflict and Terrorism, 15(1), pp. 1-11.

[58] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13 (4), pp. 1-14

[59] Sageman, M. (2013). The stagnation of research on terrorism. The Chronicle of Higher Education, Retrieved May 12, 2013 from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/04/30/the-stagnation-of-research-on-terrorism/.

[60] Horgan, J. (1997). Issues in terrorism research. The Police Journal, 70, p. 193.

[61] Horgan, J. and Stern, J. (2013). Terrorism research has not stagnated. The Chronicle of Higher Education, Retrieved from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/05/08/terrorism-research-has-not-stagnated/ .

[62] RAND website. (n.d.). Counterterrorism. Rand Corporation. Retrieved from http://www.rand.org/topics/counterterrorism.html .

[63] Clark, M. (2011). Understanding the making of a terrorist: DHS funds vital research by MD University center of excellence. The Department of Homeland Security.  Retrieved from http://www.dhs.gov/blog/2011/12/21/understanding-making-terrorist-dhs-funds-vital-research-md-university-center .

[64] National Institute of Justice Website. (2012). Fiscal year 2012 awards. National Institute of Justice. Retrieved from http://www.nij.gov/nij/funding/awards/2012.htm

[65] Horgan, J. and Stern, J. (2013). Terrorism research has not stagnated. The Chronicle of Higher Education, para. 17 Retrieved from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/05/08/terrorism-research-has-not-stagnated/ .

[66] Sageman, M. (2013). The stagnation of research on terrorism. The Chronicle of Higher Education, Retrieved May 12, 2013 from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/04/30/the-stagnation-of-research-on-terrorism/ .

[67] START website. (n.d.). National Consortium for the Study of Terrorism and Responses to Terrorism. A Center of Excellence of the U.S. Department of Homeland Security based at the University of Maryland. START. Retrieved from http://www.start.umd.edu/start/about/overview/mission/ and http://www.start.umd.edu/start/publications/START_Brochure_WEB.pdf .

[68] Horgan, J. and Stern, J. (2013). Terrorism research has not stagnated. The Chronicle of Higher Education, para. 16. Retrieved from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/05/08/terrorism-research-has-not-stagnated/.

[69] Merari, A. (1991). Academic research and government policy on terrorism
Terrorism and Political Violence, 3(1), pp. 88 -102.

[70] Ibid, p. 99.

[71] Porter, M.D., White, G., Mazerolle, L. (2012). Innovative methods for terrorism and counterterrorism data. In C. Lum and L.W. Kennedy (Eds.), Evidence-Based Counterterrorism Policy (pp. 91-112). New York, NY: Springer

[72] Revilla, C.C. (2012). A complexity method for assessing counterterrorism policies.  In C. Lum and L.W. Kennedy (eds.), Evidence-Based Counterterrorism Policy (pp. 151-165). New York, NY: Springer .

[73] LaFree, G. (2012). Generating terrorism event databases: result rom the global terrorism database 1970 to 2008. In C. Lum and L.W. Kennedy (Eds.), Evidence-Based Counterterrorism Policy (pp. 41-64). New York, NY: Springer

[74] English, L.P. (2005). Information quality: Critical ingredient for national security.  Journal of Database Management, 16(1), pp. 18 – 32.

[75] Horgan, J. and Stern, J. (2013). Terrorism research has not stagnated. The Chronicle of Higher Education. Retrieved from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/05/08/terrorism-research-has-not-stagnated/

[76] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13 (4), pp. 1-14.

[77] Christakis, N.A. (2013). Let’s shake up the social sciences. The New York Times.  Retrieved from http://www.nytimes.com/2013/07/21/opinion/sunday/lets-shake-up-the-social-sciences.html?_r=0andpagewanted=print

[78] Ibid, para. 17.

[79] Ibid, para. 18.

[80] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidence based? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20(1), pp. 35-42.

[81] Lum, C. and Kennedy, L.W. (2012). Evidence-based counterterrorism policy. In C.Lum and L.W. Kennedy (Eds.), Evidence-Based Counterterrorism Policy (p. 373).
New York, NY: Springer.

[82] CMS website. (n.d.). Physician Quality Reporting System. Centers for Medicare and Medicaid Services. Retrieved from http://www.cms.gov/Medicare/Quality-Initiatives-Patient-Assessment-Instruments/PQRS/index.html?redirect=/PQRS/

[83] Bornstein, D. (2012). The dawn of the evidence-based budget. The New York Times, para. 2. Retrieved from http://opinionator.blogs.nytimes.com/2012/05/30/worthy-of-government-funding-prove-it/?_r=0andpagewanted=print

[84] Ibid, para. 3.

[85] Duke University Medical Center. (2005). What is Quality Improvement? Patient Safety-Quality Improvement. Retrieved from http://patientsafetyed.duhs.duke.edu/module_a/introduction/introduction.html .

[86] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidence based? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20 (1), pp. 35 – 42.

[87] Silke, A. (2007). The impact of 9/11 on research on terrorism. In M. Ranstorp (Ed.),  Mapping Terrorism Research: State of the art, gaps and future direction (pp. 76-93). New York, NY: Routledge.

[88] Ibid, pp. 88 – 89.

[89] CNN website. (2013). Transcripts: Hillary Clinton Senate hearing on Benghazi. CNN. Retrieved from http://transcripts.cnn.com/TRANSCRIPTS/1301/23/se.01.html .

[90] URC website. (n.d.). Quality Improvement. URC. Retrieved from http://www.urc-chs.com/quality_improvement .

[91] Chang, K. (2001). From ballots to cockpits, questions of design. The New York Times, para 33. Retrieved from http://www.nytimes.com/2001/01/23/science/from-ballots-to-cockpits-questions-of-design.html?src=pm .

[92] Unruh, B. (2013). Naked-image body scanners removed from airports. WND. Retrieved from http://www.wnd.com/2013/05/naked-image-body-scanners-removed-from-airports/ .

[93] Lum, C. & Kennedy, L.W. (2012). Evidence-based counterterrorism policy. In C. Lum and L.W. Kennedy (Eds.), Evidence-Based Counterterrorism Policy (p. 4). New York, NY: Springer .

[94] As cited in Horgan, J. (1997). Issues in terrorism research. The Police Journal, 70, p.193.

[95] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidence based? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20 (1), pp. 35 – 42.

[96] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13 (4), pp.1-14.

[97] Pegors, T. (2012). Over defense: Taking another look at American counterterrorism spending. Columbia Political Review, para. 9. Retrieved from http://cpreview.org/2012/12/over-defense/ .

[98] Ibid, para. 9.

[99] FamilyUSA website. (2012). Dying for coverage: The deadly consequences of being uninsured. FamilyUSA. Retrieved from http://www.familiesusa.org/resources/publications/reports/dying-for-coverage-findings.html .

[100] Marrin, S. & Clemente, J.D. (2006). Improving intelligence by looking to the medical profession. International Journal of Intelligence and CounterIntelligence, 18 (4), p. 727.

[101] Jacobs, A.J. (2013). The six most important business lessons from all of history. LinkedIn. Retrieved from http://www.linkedin.com/today/post/article/20130911124325-4061630-the-six-most-important-business-lessons-from-all-of-history .

Voir enfin:

JANUARY 2012

PLANES, TRAINS, AND CAR BOMBS

THE METHOD BEHIND THE MADNESS OF TERRORISM

BY NICK ADAMS, TED NORDHAUS, AND MICHAEL SHELLENBERGER

The  science of  security

A Program of the Breakthrough Institute

436 14TH STREET, SUITE 820, OAKLAND, CA 94612, PHONE: 5105508800 WEBSITE: www.thebreakthrough.org

EXECUTIVE

As we marked the ten-year anniversary of 9/11, we also marked the expiration date of countless predictions that other devastating al Qaeda (inspired, financed, or directed) attacks would occur on US soil within a decade of that fateful day. Little more than a week after the atrocities, Attorney General John Ashcroft worried aloud “that terrorist activity against the United States may increase once this country responds to [the] attacks.” Ten days later, Democratic Senator Carl Levin told Fox News that “biological and chemical threats [ ] are real. We ought to put re-sources there.” Republican Representative Chris Shays of Connecticut was more trenchant: “I am absolutely certain that terrorists, if they don’t have access to biological weapons now, will; and I am absolutely certain that they will use them. The expertise exists. The potential that it has been shared with a terrorist is almost a no brainer.”President Bush pushed the possibility of catastrophe to its logical extreme: “these terrorists are seeking chemical, biological, and nuclear weapons. Given the means, our enemies would be a threat to every nation and, eventually, to civili ation itself.”2

Such dire predictions were not confined to the political class. Terrorism experts and academics like Walter Laqueur, Jessica Stern, Bruce Hoffman, Mark Juergensmeyer, and many others had sei ed upon the notion that a “new terrorism” was emerging. Even before 9/11, Laqueur wrote that “yesterday’s nuisance has become one of the gravest dangers facing mankind.”Many proponents of the “new terrorism” meme became even more emphatic after the attacks, arguing that religiouslyinspired terrorism had become divorced from rationality.Laqueur lamented that “until recently, terrorism was, by and large, dis criminate, selecting its victims carefully It was, more often than not, ‘propaganda by deed.’ Contemporary terrorism has increasingly become indiscriminate in the choice of its victims. Its aim is no longer to conduct propaganda but to effect maximum destruction.” Laqueur described the new terrorists as “paranoiac” and driven by “all-consuming,” “nonexistent hidden motives” leading to “a loss of the sense of reality.” “The outlook,” he concluded, “is poor; there are no known cures for fanaticism and paranoia.”5

With the political and expert classes significantly aligned in their description of insane, religiously fanatical terrorists determined to kill millions with weapons of mass destruction, journalists and the public could do little but wait for the next heavy shoe to drop. As they looked around them, they saw vulnerabilities everywhere. After rumors of the potential for biological or chemical attacks on America’s water supply raced through the internet, The New York Times reported on local governments’ efforts to secure reservoirs and other sources of drinking water: “Helicopters, patrol boats and armed guards sweep across the watershed feeding New York City, enforcing a temporary ban on fishing, hunting, and hiking. Massachusetts has sealed commuter roads that run atop dams or wind down to the water’s edge. And Utah has enlisted the help of the Federal Bureau of Investigation to peer down at reservoirs from planes and satellites, hoping to spot any weak points.”By November 1st ,USA Today was reporting that “scientists and politicians are growing increasingly worried about another possible target for terrorists: the food supply.”Several authors over the years have also flagged America’s vulnerability to internet attacks that could significantly disrupt the critical infrastructure upon which our economy depends. In a recent report, Washington’s Bipartisan Policy Center recommended that “defending the U.S. against such attacks must be an urgent priority.” “This is not science fiction,” they wrote, “It is possible to take down cyber systems and trigger cascading disruptions and damage.”8

Even as our greatest fears have not come to pass, the drive to promote measures eliminating even the impression of risk or threat has hardly lost momentum. Despite the fact that the United States has developed enough vaccine to inoculate its entire population against the two most deadly biological agents that terrorists might conceivably learn to produce someday, The New York Times Magazine recentlypublished a long article suggesting that more should be done — that billions should be spent developing and stockpiling vaccine for every disease that terrorists could possibly use to harm Americans.Never mind that terrorists have shown no capacity to successfully develop and weaponize any of them.

Despite the perennial warnings about exotic weapons and targets (warnings that, ironically, offer terrorists tantali ing clues about how and where the United States is vulnerable), members and allies of al Qaeda’s hirabi (AKA ‘jihadi’) movement continue to carry out the same sorts of attacks they executed in the decades before 9/11. In 1993, hirabis used a truck bomb in an attempt to topple the World Trade Center, the same tactic they used in 1996 to bomb the Khobar Towers barracks in Saudi Arabia, and in 1998 to bomb US Embassies in Kenya and Tan ania. In 2000, they used a different vehicle — a small boat — to approach their target when they bombed the USS Cole in the port of Aden, Yemen. A year later, they used different vehicles again, airplanes, to bomb the World Trade Centers and the Pentagon. Months later a hirabi named Richard Reid attempted to bomb a plane itself with a chemical explosive hidden in his shoe. In May 2002, a car bomb killed 14 people at a Karachi hotel frequented by Westerners. In October of that year, another bomb, placed in a Bali nightclub, killed 202 mostly Australian citizens.

In 2004, hirabis detonated ten bombs on four trains in Madrid, killing nearly 200 people. A year later, hirabis attacked three trains and a bus in London. Later in 2005, bombs placed at American hotels in Amman, Jordan killed 57 people. In 2007, British police uncovered a car-bomb plot targeting Glasgow Airport. In 2008, a car bomb killed six people and injured do ens more outside Pakistan’s Danish Embassy. Al Qaeda claimed the attack was retaliation for an offensive political cartoon. In September 2009, Najibullah Za i was arrested in the final stages of a plan to replicate the Madrid attacks of 2004 in New York City’s subway system. On Christmas Day of the same year, Nigerian Umar Farouk Abdulmutallab attempted and failed to down a passenger plane over Detroit by detonating a chemical bomb concealed under his clothes. The next spring, Faisal Shah ad tried to detonate a car bomb in Times Square, but failed. Months later, in October 2010, al Qaeda in the Arabian Peninsula placed explosive devices in cargo planes, but cooperating international intelligence agencies foiled their plans before they could detonate the bombs. Most recently, Re wan Ferdaus has been charged with a plot to use remote controlled planes to deliver bombs to the Pentagon. All of these and other al Qaeda directed, financed, or inspired attacks have targeted planes, trains, buses, government and symbolic buildings, and western hotels with bombs (and sometimes assault weapons).

The stark contrast between the hirabi repertoire of targets and tactics and the expansive and expanding concerns of journalists, politicians, experts, and academics begs explanation. We find that the pattern of hirabi attacks is not accidental. It is well-suited to their primary strategy — one attempting to iteratively grow support for their cause so they can one day gain political power and govern territory. That their goals are likely delusional does not diminish the rationality of their strategy, the tactics they use, or the targets they select, all of which are chosen to manipulate the governments they seek to change and the publics they seek to recruit. Various internal and external constraints on hirabi organi ations also limit their capability, and thereby, the range of tactics and strategies they can pursue. This paper explores in depth all of these factors shaping hirabi activity.

PAPER OVERVIEW

The paper unfolds in eight sections. We begin by reviewing common errors in previous threat assessments that have likely contributed to their incorrect conclusions, and then introduce our own sociological approach to threat assessment. Section II begins our analysis of the hirabi threat with an itemi ation of hirabi attacks planned or attempted on the United States in the last decade. The range of attack styles and targets is far more limited than that imagined by previous threat analysts.

Section III begins to explain this discrepancy by drawing on previous work and internal hirabi documents to show that the main hirabi strategy does not rely on killing tens of thousands of people at a time, but on recruiting tens of millions to support what remains a rather unpopular vision. A closer look at hirabi strategy reveals that they perform for three audiences: their potential supporters, the populations and governments whose behavior they wish to coerce, and their own membership. The most successful attacks provoke state repression policies that drive populations into terrorists’ arms.

Section IV fleshes out the relationships between terrorists and their various audiences. We find that the populations hirabis wish to recruit, at least for now, are not very sympathetic to their cause. Internal documents show hirabis’ sensitivity to their diminished popularity and eagerness to understand the lessons of past terrorist campaigns that died out due to lack of public support. Hirabis are not, contrary to some claims, interested only in the favor of a vengeful God. Their internal strategic documents show that they deliberately (and sometimes rather effectively) manipulate states and state supporters. We find that some deep-seated human psychology (related to in-group/out-group relations) exacerbates susceptibility to terrorist manipulation, but also that states and their supporters have a great deal of power to shape the outcomes of terrorist campaigns for good or bad. Their responses constitute a major factor determining the duration and success or failure of terror campaigns.

Section V applies the logic of terrorists’ polar-i ation/recruitment strategy to data describing their attacks and proposes a theory explaining the method behind the madness of terrorism. Hirabis choose their weapons and target sites with at least an intuitive understanding of how attacks will provoke target states, feed into recruitment narratives, reflect martial values that promote member morale, generate spectacular media coverage, and produce maximal psychological impact on their audiences. We find that the rather conventional weapons hirabis have used and the targets they have attacked time and again — before 9/11 and since — are better suited for their purposes than those imagined by other threat analysts, but not yet seen. And we explain, as no other analysts have, why terrorists are so enamored by planes and other transportation targets, and so disinterested in infrastructure attacks and cyber-terrorism.

Section VI reviews hirabis’ internal organi ational challenges, the counterterrorist obstacles they face, and their evolution in response to those obstacles. We find that hirabi organi ations, including the al Qaeda flagship, are chronically plagued by internal divisions about goals, strategy, tactics, ideology, resources, logistics, and even personal conflicts. In addition, the counterterrorism obstacles they face are significant. US and international efforts to deny hirabis safe haven, dry up their funding channels, secure dangerous materials, enhance screening mechanisms at ports, borders, and airports, harden optimal targets, and use increasingly surgical force that limits civilian casualties have all exacted a heavy toll on the hirabi movement. In response, al Qaeda and its affiliates and allies continue to evolve. Though their decline has not been linear, the evolution of the hirabi movement, in general, has resulted in an organi ation currently characteri ed by scattered bands of hirabis with fewer resources, lower competence, and weaker weapons.

Section VII explores, in more detail, the external and self-imposed limits on hirabis’ arsenal. We find not only that WMDs may not suit hirabis’ needs, but also that (whether they are chemical, biological, radiological, or nuclear) they are exceedingly difficult to procure or develop. Hirabis are not likely to expand their range of targets either since the targets that optimi e their strategy remain relatively vulnerable. Barring a major strategic shift enabled by some highly unlikely weapons breakthrough, evidence suggests that hirabis will continue to use a limited, but strategically sufficient repertoire of attacks targeting planes, trains, and buildings with bombs and assault weapons.

A NOTE ON HIRABI VS. JIHADI

Jihad is a much-debated term that authors use to refer to a range of struggles required, encouraged, or otherwise appreciated by God. Like every other religion, Islam generates wideranging debates about God’s will, in general, andthe means to achieve it, in particular. Throughout history, countless groups in Muslim territories have purported to do their work in service of God and have endeavored to overcome obstacles through holy struggle, or jihad. Someof these struggles, many would agree, have been noble.10 Others are seen as atrocious, falsely claiming the word jihad.

While most people, including Muslims, support the repulsion of foreign invaders from their lands, few agree that the word jihad describes acts of terrorism targeting innocents.11 Self-proclaimed jihadi groups have argued thatQu’ranic verses forbidding the bloodshed of innocents12 are irrelevant because those they have killed, including Muslim women and children, are not innocent. They claim the power of takfir — the power to determine who is a trueMuslim — and then they kill apostates with impunity.13

a state.15

Many Arabic speakers or scholars of the goal of attacking the United States or Qu’ran are more likely to associate such European nationstates on their own territory.16 terrorism with the word hirabah which The Qu’ran’s “Covenantof Security” forbids refers to the killing of civilians in order a Muslim from attacking his foreign host if to sow fear, discord, or chaos. According the host society allows him to worship freely.17 to the Islamic equivalent of Christianity’s

Many fighters saw things Azzam’s way.

“just war” tradition, political violence Abu Jandal, a man who left al Qaeda shortly can only be seen as legitimate (i.e., before the 9/11 attacks, explained fighters’ as jihad) if it is used by a headofstate dissatisfaction with Bin Laden’s hirabah to against armies invading or occupying FBI interrogator Ali Soufan: “The brothers… Muslim lands.14 Citing the Qu’ran, many are fighters who fight the enemy facetoface.

In this paper, we reclaim the narrower, grounds. The highly influential muja scholars claim that al Qaeda can never They don’t understand Bin Laden’s war and wield legitimate force as long as it is not the new jihad, so they went home.” More to the point, they did not see Bin Laden’s war as proper jihad, but as hirabah. Many Others who set aside the criterion of still do not.

statehood, including some very prominent self proclaimed jihadis, reject the legitimacy of al Qaeda’s attacks on other traditional definition of jihad by using it sparingly to refer to struggles that do not intentionally kill civilians. We refer to Osama Bin Laden, Abdullah Azzam, individuals using terrorism, andespecially believed that Muslims should fight jihad those using it offensively outside of Muslim to defend their oppressed fellows and lands, as hirabis engaging in hirabah. We expel western influence from oncehope thisconvention will catch on. Using Muslim lands like Israel, but he strongly hirabis’ preferred moniker, jihadi, has only and publicly argued against Bin Laden’s served to legitimate them and their cause.

I. INTRODUCTION

THE NEED FOR UPDATED THREAT ASSESSMENT

The Navy Seals who dispatched Osama Bin Laden recovered documents indicating that he was concerned about his group’s future prospects. It had become so unpopular after failing in Iraq and killing thousands of Muslims elsewhere, that Bin Laden was seriously considering renaming and rebranding the most feared terror network in the world. Despite these well founded concerns, to say nothing of Bin Laden’s death, some American terrorism experts continue to assert that al Qaeda remains a major threat to the United States. Georgetown University professor Bruce Hoffman has continually warned of al Qaeda’s resilience and potency throughout its existence. In July 2011, Hoffman rejected CIA and Defense Department claims that al Qaeda was nearing “strategic defeat,” claiming, days after Defense Secretary Leon Panetta’s assessment, and well before any data could have been tabulated, that there was “no empirical evidence that either the appeal of [al Qaeda’s] message or the flow of recruits into its ranks has actually diminished.” 18

Hoffman, author of one of the canonical analyses of the inner workings of a range of modern terrorist organi ations, Inside Terrorism, has repeatedly defended his initial (rather dire) assessment of al Qaeda against the updated characteri ations offered by other scholars. For example, in the mid-2000s Hoffman engaged in very heated and public debate seeking to discredit forensic psychologist Marc Sageman’s characteri ation of al Qaeda as an organi ation transitioning to a more networked globular structure lacking clear lines of authority. One could charge Sageman with exaggerating the extent of this transition in the title of his book:Leaderless Jihad (a play on “leaderless resistance,” which is a nonhierarchical organi ational style many clandestine direct-action groups have employed to protect the anonymity of members). But virtually all analysts agree that al Qaeda evolved in the direction of Sageman’s description, including Hoffman himself, in his less polemical writings.19

Along with Hoffman, former CIA officer and Brookings Institute Senior Fellow Bruce Riedel has continued to warn about al Qaeda’s continuing strength and relevance even after the death of Bin Laden and the fundamental political shifts brought on by the Arab Spring.20 On the tenth anniversary of September 11th , Riedel even prophesied that al Qaeda’s motivating ideology “won’t die.”21

Graham Allison, of Harvard’s Belfer Center, has also emphasi ed worst-case scenarios. In his 2004 book, Nuclear Terrorism, he contended that a nuclear terrorist attack was inevitable if counterterrorism did not change course.22 In 2005, he estimated the probability of an attack with a weapon of mass destruction (WMD) at 50 percent within the next ten years, repeating that claim in 2007 in a Council on Foreign Relations (CFR) online debate with CFR Fellow Michael Levi.23 He wrote the forward to a provocative 2010 white paper authored by his Belfer Center colleague, Rolf Mowatt-Larssen, that conflated al Qaeda’s frequent bluster about nuclear weapons and other WMDs with its actual capabilities.24

Such dire, but apparently incorrect, assessments may be driven by a number of factors. Humans tend to overestimate the dangers of terrorism and other risks over which they have little control.25 Experts are not immune to these cognitive errors and may suffer from others, as well. Studies show that experts may be more prone to faulty estimates and pre dictions because they have more detailed information (even if it is offset by contrary evidence) with which to bolster their prefigured conclusions.26

Overestimations of terrorist threats may also be driven by authors’ feelings of responsibility to protect targeted populations. No one wants innocent lives to be lost because he or she counseled policymakers to worry too little about a threat. More cynically, some have argued that government (and other) funders tend to handsomely reward work that raises urgent concerns not work producing sober, methodical, and ultimately reassuring assessments.27 In this regard, alarmist threat analysis may fit Richard Clarke’s description of the broader counterterrorism field as a “selflicking ice cream cone.”28

Many analysts predict doom after they have lost focus on what enemies will likely do and, instead begun to catalogue all of the fearful vulnerabilities in their midst. Thus, the US Department of Homeland Security (DHS), shortly after its creation, generated a list of thousands of potential terrorist targets ranging from the realistic (e.g., Statue of Liberty) to the paranoid (e.g., Amish Country Popcorn Factory) offering little explanation for why any target would be desirable from a terrorist’s perspective.29 More recently The New York Times Magazine has published a piece lamenting the government’s failure to spend billions of dollars developing and stockpiling vaccines for all the dangerous diseases known to man, while providing no analysis of terrorists’ limited intent and capability when it comes to weaponi ing the diseases.30

Such reports, itemi ing attacks that could, un-der some expansive (and often undefined) set of conditions, be carried out against US interests are actually vulnerability assessments, not threat assessments. And they are of little value because, to put it simply, every human in a public space is vulnerable to a suicide bomber or a mad gunman. Whether they are threatened by such killers is an entirely different question — one which requires an understanding of how and why terrorists choose the targets they do, and what kind of attacks they are truly capable of executing.

This highlights another problem with many previous threat assessments: the failure to adequately distinguish between terrorists’ intentions and their capabilities. Some reports conflate the two, stoking fears, for instance, that terrorists’ transparent bluffs and stated desires to procure massively destructive weapons suggest that they will successfully detonate those weapons soon.31 Such assessments not only fail to regard terrorists’ threats with any skepticism, they fail to carefully analy e what terrorists are capable of alongside an appropriate accounting of all the obstacles they face as they pursue their purported goals.

Threat assessments biased towards inflating the danger of terrorism are often defended with reference to the precautionary principle, a concept most famously demonstrated in the domain of counterterrorism as Dick Cheney’s “one percent doctrine.”32 But while it may seem “better to be safe than sorry,” inaccurately exaggerating the threat of terrorism can help terrorists achieve one of their main objectives – to frighten the public and policymakers into making decisions that actually help terrorists’ causes. Assessments that underplay the threat of terrorism, of course, may also have tragic consequences if they breed complacency.

A COMPREHENSIVE FRAMEWORK FOR THREAT ASSESSMENT

In assessing the current threat of hirabi terrorism, we have taken pains to avoid the pitfalls of previous threat analyses. We have eschewed references to political or policy lodestars, allowing the collective facts of hirabi terrorism to unfold into conclusions informed by relevant social science research. Readers will find that we start our analysis below with a very transparent and simple tabulation of data about the attacks attempted or plotted by hirabi terrorists in the United States since 9/11. There, a pattern of targets and tactics emerges showing that hirabis, to this point, have sought to execute a range of attacks far more limited than the scope of atrocities analysts have warned against. We explore, in depth, the factors limiting this range.

Accurate and useful threat assessment requires understanding how terrorist campaigns grow and how they die. Though terrorists’ lethality is an urgent concern and might seem to be the most relevant factor in any assessment of the threat they pose, evidence suggests that the long-term survival and success of terrorist campaigns depends much less on the death tolls they amass than on their ability to continually replenish and grow their ranks.33 While death tolls are easily quantifiable and often used to measure the success of terrorist and counterterrorist campaigns (probably because they are so easily measured),34 terrorist organisations are not fundamentally military groups seeking to kill or capture enemy soldiers, but rather political groups seeking to attract and inspire an audience of potential recruits and supporters while coercing targeted governments and populations to grant their demands.

This insight — that terrorist organi ations employ violence discursively (i.e., in order to secure reinforcements in an ongoing war of ideas) not just militarily (i.e., in order to wield direct control over the lives and deaths of their enemies) — is not new. It was implicit in Paul Wilkinson’s Terrorism v. Democracy and centrally placed in Audrey Kurth Cronin’s How Terrorism Ends, for just two examples.35 But it is frequently undervalued by a national security apparatus often ill-equipped to perform qualitative social scientific analysis.36 One of the things we bring to threat assessment in what follows, therefore, is an accessible application of the broader theory of social movements and discursive performance to questions about how terrorism campaigns perpetuate themselves or decay. 37 We focus particular attention on how hirabi groups, often troubled by conflicting internal organi ational imperatives, communicate and miscommunicate (sometimes directly and sometimes through violent action) to different audiences as they aim to grow their movement and its salience.

Understanding how terrorists perform for various audiences also helps us to explain why they gravitate to the use of some weapons or attack styles over others. We discuss these and other factors relevant to their targeting and weapons decisions, including their own martial values, their proficiency and familiarity with different weapons, and the various psychological impacts that weapons can have on victims. Together with strategic necessities, these factors constrain the list of weapons and attack styles terrorists are likely to employ. There is a method to the madness of terrorism.

The social sciences also have much to say about how the responses of targeted governments and populations affect the success and longevity of terrorist campaigns. This area of threat assessment has been significantly neglected by previous threat reports. But the relational (or interactive) theory of terrorist campaigns that we employ stresses the importance of the quality of targeted governments’ responses. As we elaborate below, terrorists often strategically goad states to react with policies that create a rift between the state and the people that terrorists would like to recruit. Terrorist success, therefore, often depends on the susceptibility of targeted populations and their policymaking elite to the psychological traps terrorists set for them.

It is not entirely clear why so much previous threat assessment has shied from addressing the role that state responses play in the outcomes of terror/counterterror campaigns. The failure to attend to mutually determined consequences could reflect the authors’ fundamental cognitive preference for dualistic, as opposed to relational thinking. Or, perhaps researchers have demurred from any analysis that could be misinterpreted as “blaming victims” for their lot. Maybe the men and women tasked with previous threat assessment have been directed by their superiors to focus their work on ‘them’ and not ‘us and them,’ perhaps to avoid making recommendations to civilian higher-ups uninterested in policy approaches that may disappoint their retribution-seeking constituencies. Whatever the reason for the lack of such relational analysis, we have sought to correct it here as we assess the multitude of factors affecting the capacity of, and threat posed by, hirabi terrorist groups.

First, in order to calibrate our assessment of the hirabi threat with reality, we review all of the hirabi attacks planned or attempted on the United States since September 11, 2001.

II. WHAT HIRABI TERRORISTS HAVE DONE

The tenth anniversary of 9/11 rebuffed widespread predictions that another large-scale al Qaeda (inspired, financed, or directed) terrorist attack would occur within the decade. Such predictions were actually quite modest in late 2001 — even to the point of media irrelevance — as many pundits foretold another devastating attack within five years, one year, or even a matter of months. Government vulnerability and threat reports raised concerns that terrorists might attack water and food supplies, nuclear facilities, critical energy infrastructure, bridges, and key Internet nodes, or, worse, that they might attack civilian populations using chemical, biological, radiological, or nuclear (CBRN) weapons capable of producing casualties in the tens of thousands or more. So far, however, the decade since 9/11 has produced none of these feared attacks.38

Only two men identifying with the hirabi movement have successfully harmed targets on US soil in the last ten years. In 2009, Abdullah Mujahid Muhammad (formerly known as Carlos Bledsoe) shot two soldiers at a military recruiting station in Little Rock, Arkansas, killing one. A few months later, Nidal Malik Hassan opened fire on his colleagues at Fort Hood, Texas, killing 13 and wounding over 40 others. Both men appear to have been inspired, in part, by al Qaeda in the Arabian Peninsula (AQAP) propagandist and US citi en Anwar al Awlaki.39

In some cases, Americans appear simply to have been lucky that hirabi attackers were not more skilled. Although increased airport screening can be credited with forcing Richard Reid and Umar Farouk Abdulmutallab to use more complicated and less reliable chemical bombs, their detonations were ultimately prevented by the interventions of alert and brave passengers. Faisal Shah ad’s truck bomb dud in New York City’s Times Square a month after Abdulmutallab’s attempt, again, showed that America’s counterterrorism successes would, at times, come down to serendipity and alert citi ens’ actions. It was a T-shirt vendor (and practicing Muslim), not a New York Police Department officer sitting in his cruiser across the street, who first noticed and reported smoke billowing from Shah ad’s SUV.

Though fortune appears to have smiled on the United States in these cases, most of the thirty-four plots foiled since 9/11 have been prevented thanks to public tips, undercover informants or officers, international intelligence cooperation, or traditional surveillance tactics that uncovered a web of hirabi interlocutors (see Table 1).40

Of the thirty-four unsuccessful plots,41 a plurality targeted symbolic and/or government buildings with bombs. Transportation targets, including trains, planes, and airports, were the second most popular targets, followed by US military personnel, facilities, and assets. Malls, synagogues, hotels, and political figures were the planned targets in three or fewer plots each. None of the plots targeted food or water supplies, or energy or internet infrastructure.

II. WHAT HIRABI TERRORISTS HAVE DONE

TABLE 1: FOILED PLOTS TARGETING OR PLANNED BY US CIVILIANS SINCE 9/11

ACTORS/ PLOT NAME HOW FOILED TARGET WEAPONS YEAR
Richard Reid Direct civilian intervention Airliner TATP shoe bomb 2001
Library Tower Plot Foreign intelligence cooperation Symbolic building Airliner as missile 2002
Jose Padilla Mis/Information from detainees (Zubaydah) Buildings in Chicago (supposedly) Nonexistent “dirty bomb” 2002
Lackawanna Six Community tip and then paid undercover informants Unspecified Assault weapons and IEDs 2002
Mohammed Jabarah Foreign intelligence cooperation

Obama: Le national-socialisme n’a rien à voir avec l’Allemagne ou le peuple allemand (President Franklin Delano Obama: Imagine Obama as an American president in 1939)

28 février, 2015

Photo via PJMedia

Sack cartoon: Obama's Islamic State strategy
 Mes bons amis, voici la seconde fois que nous rentrons d’Allemagne à Downing Street avec une paix honorable. Je crois qu’il s’agit de la paix pour notre temps. Nous vous remercions du fond du cœur. À présent, je vous conseille de rentrer chez vous, et dormez en paix. Neville Chamberlain
I do not believe we should be in the business of telling Muslims what their religion is or isn’t. So I kind of recoil from anyone who says it’s all this, or anyone who says it’s not any of that. I think we should be in the business of asking them, “Why is this happening?” We don’t know. We have an overwhelming number of Muslims who are American citizens living in this country and who are wonderful citizens. So we don’t have this problem. So maybe you could explain it to me, but I sort of recoil at anyone sitting back who’s not a Muslim, saying, “That is not Islam.” What the hell do you know what Islam is? “Oh, I read the Quran in college” … you don’t know anything, OK? And that’s not our job, it seems to me.So, the way I’ve written about it is that obviously this is emerging from their faith community. First of all, it’s not emerging from across their faith community. It’s not a problem in Indonesia, the world’s biggest Muslim country. It’s not a problem in India, the world’s second-biggest Muslim country. We’re talking about a problem that has clearly been emerging from the Arab world and Pakistan, primarily. Now what is that about? » I think it’s a really complicated mix of a product of years of authoritarian government, mixing with the export of Wahhabi puritanical Islam from Saudi Arabia, all over that world, that has really leached out the more open, joyous, synchronistic Islam that you had in Egypt. You look at pictures of graduates from Cairo University in 1950, you’ll see none of the women were wearing veils. Today you look at the picture and probably most of the women will be wearing veils. Thank you, Saudi Arabia. That is the product of the export of a particular brand of Islam from Saudi Arabia with the wealth of that country. And that’s mixed in also with the youth bulge and unemployment. And so where Islam starts in that story and where authoritarian begins, how much people hate their own government, bleeding into Wahhabism, bleeding into massive amounts of young men who have never held power because they’re not allowed to in their country, never held a job, never held a girl’s hand. And when you have lots of young males who have never held power, a job, or a girl’s hand, that is real dynamite. Tom Friedman
Je sais que c’est horrible à dire, mais je ne pense pas que le président aime l’Amérique. Il ne vous aime pas, il ne m’aime pas. Il n’a pas été élevé comme vous et moi dans l’amour de ce pays. Il critique l’Amérique. Il parle des croisades en disant que les chrétiens étaient des barbares, oubliant de finir sa phrase en disant que les musulmans étaient aussi des barbares. Rudolph Giuliani
Je ne remets pas en cause son patriotisme, je suis sûr qu’il est patriote. Mais dans sa rhétorique, je l’entends très rarement dire les choses que j’avais l’habitude d’entendre chez Ronald Reagan ou Bill Clinton concernant leur amour pour l’Amérique. Je l’entends critiquer l’Amérique beaucoup plus que d’autres présidents américains. Rudolph Giuliani
L’agenda de ces négociations a été fixé en novembre 2013. Les deux précédentes dates butoirs, de juin 2014 et novembre 2014, n’ont pas permis d’arriver à un compromis. La nouvelle échéance est celle de juin 2015. Je ne suis pas optimiste car le dossier capotera toujours sur un détail ou sur un autre. Le programme nucléaire iranien répond au besoin hégémonique régional des mollahs. Il faut empêcher à tout prix ce régime d’arriver au seuil du nucléaire militaire. (…) La France est plus intransigeante que les États-Unis. Heureusement! Il y a chez les Américains une certaine forme de naïveté. Ils cherchent, en quelque sorte, à faire un nouveau Camp David, du nom des accords qu’ils ont obtenus en 1978 entre Israéliens et Égyptiens. Ils oublient que le nouveau président iranien, Hassan Rohani, présenté comme plus conciliant, n’a pas la main. C’est le guide Khamenei qui est important, et je ne pense pas que celui-ci acceptera que son programme nucléaire soit placé sous contrôle international. (…) Il est illusoire de penser que, face à la menace du radicalisme sunnite, la théocratie chiite iranienne peut être un allié. N’oublions pas que ces deux radicalismes ont un ennemi commun: la liberté, la démocratie, les droits de l’homme… Toutes les valeurs portées par l’Occident sont, pour eux, des poisons. N’oublions pas non plus que, bien avant al-Qaida et l’État islamique, Khomeyni a été le premier à lancer une fatwa contre l’écrivain Salman Rushdie. (…) Encore une fois, le régime n’y a aucun intérêt parce que sa survie en dépendrait à long terme, à quatre ou cinq ans. À court terme, les relations ne se réchaufferaient pas pour autant. Tout le monde marcherait sur des œufs et seuls les affairistes profiteraient de la situation. (…) Il n’y a qu’une seule bonne solution pour libérer mon pays: un mouvement populaire. Toute intervention militaire ne peut mener qu’à une situation encore plus catastrophique. Mais un soulèvement n’est possible que si la population se sent soutenue. Ce qui manque aujourd’hui, c’est une volonté politique des grandes démocraties pour soutenir les Iraniens dans leurs aspirations démocratiques. Les Iraniens ont en tête l’exemple de la révolution syrienne qui a débouché sur le chaos car les Occidentaux n’ont pas répondu présent. Que reste-t-il d’ailleurs de l’espoir placé dans les printemps arabes? Pas grand-chose malheureusement. (…) Je souhaite que la France et la communauté internationale mettent davantage la pression sur le régime à propos des droits de l’homme. Depuis l’arrivée d’Hassan Rohani, la situation s’est nettement détériorée. Beaucoup de prisonniers politiques me contactent et demandent que le monde libre fasse davantage. Je veux évoquer le cas de l’ayatollah Boroujerdi, torturé régulièrement en prison depuis sept ans car il défend la laïcité. Il faut se mobiliser pour sa libération, et aussi pour l’ensemble des prisonniers politiques. (…) Seuls des changements significatifs dans cette région permettront l’élimination à la source des réseaux djihadistes et contribueront à assurer la sécurité de tous partout dans le monde. Ces attentats montrent une fois encore à quel point nos destins sont liés. Reza Pahlavi
The real sticking point isn’t the speech; the sticking point is the deal.(…) Republican House Speaker John Boehner went around the Democratic White House to invite Mr. Netanyahu to speak to a joint session of Congress about the threat from Iran. The speech will come two weeks before Mr. Netanyahu is running for a new term at home, and three weeks before the deadline for the talks the U.S. and five other world powers are holding with Iran over a possible deal to curb its nuclear program.(…) The administration believes the deal it’s negotiating will reduce Iran’s capacity to enrich uranium so much that Tehran’s leaders would need a year to break out of the agreement and produce enough fissile material to build a bomb—sufficient time to allow the U.S. and its allies to stop any such breakout. Mr. Netanyahu thinks that the residual enrichment capability granted Iran would still leave it as a threshold nuclear state, and would in any case be too large to adequately monitor and inspect with any certainty. Gerald F. Seib
As the six-week trial revealed, the Palestinian Authority provided backing for terrorists—and continues to do so today. Palestinian military and intelligence officials, Mr. Yalowitz calculated, spend $50 million a year to keep terrorists on the payroll while they are held in Israeli jails. The Palestinian government also awards “martyr payments” to the families of suicide bombers. Monday’s verdict comes as something of a vindication for the family of Leon Klinghoffer, the wheelchair-bound American who in 1985 was murdered by Palestine Liberation Organization terrorists aboard the hijacked Italian cruise liner Achille Lauro. The Klinghoffer family filed a lawsuit, but U.S. federal courts had no jurisdiction over acts of terrorism outside the country. The case was dropped, and the PLO settled with the Klinghoffers out of court for an undisclosed sum in 1997. The 1992 Anti-Terrorism Act provides federal courts “with an explicit grant of jurisdiction over international terrorism” and a private right of action for “any national of the United States injured in his or her person, property, or business by reason of an act of international terrorism.” The act also has the virtue of allowing American citizens to assign blame for supporting terrorism, even if politicians are reluctant to do so. Jessica Kasmer-Jacob
Let me be perfectly clear: Mr. Hitler is playing to a domestic audience. He adopts a sort of macho shtick, as a cut-up in the back of the class who appeals to disaffected countrymen. Our task is to demonstrate to Mr. Hitler that his current behavior is not really in his own interest, and brings neither security nor profit to Germany. As for acts of violence in Germany itself, we must express our worry to the German government over apparent extremism, but at the same time we must not overreact. As far as these sporadic attacks on random civilians, as, for example, during the recent Kristallnacht violence, we must keep things in perspective, when, for example, some terrorists randomly targeted some folks in a store. (…) We must not overestimate the SS, a sort of jayvee organization that remains a manageable problem. (…) These terrorists are desperate for legitimacy, and all of us have a responsibility to refute the notion that groups like the SS somehow represent socialism because that is a falsehood that embraces the terrorist narrative. So make no mistake about it: National Socialism has nothing to do with Germany or the German people but is rather a violent extremist organization that has perverted the culture of Germany. It is an extremist ideology that thrives on the joblessness of Germany and can be best opposed by the international community going to the root of German unemployment and economic hard times. Let us not confuse Nazism with legitimate expressions of German nationalism. Stiff-arm saluting and jack boots are legitimate tenets of Germanism, and the German Brotherhood, for example, is a largely peaceful organization. So we Americans must not get on our own high horse. We, too, have bullied our neighbors and invaded them. We, too, have struggled with racism and anti-Semitism, slavery and Jim Crow. And our own culture has at times treated American citizens in the same callous way as the National Socialist do Germans. Before we castigate the Nazis, let us remember the Inquisition and the Crusades. (…) Germany has always been a part of America, always a part of the American story. The future will not belong to those who slander German culture. I made clear that America is not — and never will be — at war with Germany. President Franklin Delano Obama
No radical ideology, religious or otherwise, starts out coherently, much less representing the majority; but it eventually can if appeased and left unchallenged. Does Obama think that National Socialism could never have represented the Germany of Goethe and Schiller just because it only appealed to a minority of Germans in the 1932 election or was clearly a perversion of traditional German values? All that was true, but irrelevant two years later when Germans who once laughed at the barbarity of National Socialism suddenly were willing to look the other way at its thuggery, killings, and ethnic cleansing in exchange for the sense of pride it lent a public that felt itself victimized. (…) Hitler rose to power not because most Germans favored euthanasia and rounding up Jews, but because they were willing to overlook that and a lot more if Hitler were able to win back respect for traditional German influence and status. It matters little right now that most Muslims in theory reject ISIS and find its barbarity a perversion of what they see as traditional Islam, in the way National Socialism distorted classical socialism and German values and history. The key instead is to what degree by its success in gaining territory and numbers, and in humiliating the West, will ISIS gain adherents among Muslims? ISIS assumes that most Muslims, despite their present reservations over its methodology and religious contortions, harbor some quiet admiration that at least radical Islam strikes back at Muslims’ supposed oppressors. ISIS like Hitler expects that in time it will win psychological resonance for a large minority of Muslims — at least in sufficient numbers to ensure its existence and growth. The abyss from Bismarck and Hegel to Auschwitz was not inherently greater than from the Koran to ISIS, given the unchanging nature of humankind. Psychoanalyzing Hitler or declaring that National Socialism was a betrayal of classical Germany or fearing conflating Nazism with Germany itself was a useless parlor game in the 1930s. All that mattered was whether Hitler’s thuggery could be humiliated — its bluff called in the Rhineland or at Munich — and shown to be weak and a prescription for disaster before it became too strong. Victor Davis Hanson

Vous avez dit « paix pour notre temps » ?

A l’heure où le prétendu Monde libre pourrait s’acheminer vers un accord nucléaire que tout le monde sait incontrolable fin mars …

Avec un pays qui, du Liban à l’Irak et au Yemen, étend chaque jour un peu plus son influence mortifère …

Et qu’un leader dudit  prétendu Monde libre se refusant, lui et sa claque médiatique politiquement correcte y compris dans sa version light à la Tom Friedman, à prononcer même le nom de son ennemi …

N’a pas de mots assez durs pour le dirigeant d’un Etat qui refuse de faire les frais d’un accord qui pourrait signifier pour son pays rien de moins que son rayage, depuis longtemps claironné, de la carte du monde …

Pendant que face au secret de polichinelle de l’organisation et du financement du terrorisme par l’Autorité palestinienne depuis des décennies, une cour de justice américaine est contrainte de se substituer à la pusillanimité de ses dirigeants politiques qui financent ladite Autorité …

Comment ne pas voir avec l’historien militaire américain Victor Davis Hanson …

Via l’exemple, hypothétique mais ô combien parlant, d’un President Franklin Delano Obama …

La véritable catastrophe que nous prépare une telle approche ?

President Franklin Delano Obama Addresses the Threat of 1930s Violent Extremism
Imagine Obama as an American president in 1939

Victor Davis Hanson

PJMedia

February 23, 2015

“The United States has made significant gains [2] in our struggle against violent extremism in Europe. We are watching carefully aggressions in Czechoslovakia, Austria, and in Eastern Europe. My diplomatic team has made it very clear that aggression against neighbors is inappropriate and unacceptable. We live in the 20th century, where the 19th century practice [3] of changing borders by the use of force has no place in the present era.

“Let me be perfectly clear: Mr. Hitler is playing to a domestic audience. He adopts a sort of macho shtick, as a cut-up in the back of the class who appeals to disaffected countrymen. Our task is to demonstrate to Mr. Hitler that his current behavior is not really in his own interest, and brings neither security nor profit to Germany.

“As for acts of violence in Germany itself, we must express our worry to the German government over apparent extremism, but at the same time we must not overreact. As far as these sporadic attacks on random civilians, as, for example, during the recent Kristallnacht violence, we must keep things in perspective, when, for example, some terrorists randomly targeted [4] some folks in a store. My job is sort of like a big-city mayor, to monitor these terrorist acts that are said to be done in the name of the German people. Let us not overreact and begin to listen to radio commentators who whip us up into a frenzy as if we were on the verge of war. We must not overestimate the SS, a sort of jayvee organization [5] that remains a manageable problem.

“Here let me just say that we must never fall into the trap of blaming the German people abroad, but especially our German community here at home. National Socialism by no means has anything to do with socialism [6]. These terrorists are desperate for legitimacy, and all of us have a responsibility to refute the notion that groups like the SS somehow represent socialism because that is a falsehood that embraces the terrorist narrative. It is true that America and Germany have a complicated history, but there is no clash of civilizations. The notion that America would be at war with Germany is an ugly lie.

“So make no mistake about it: National Socialism has nothing to do with Germany or the German people [7] but is rather a violent extremist organization that has perverted the culture of Germany. It is an extremist ideology that thrives on the joblessness of Germany [8] and can be best opposed by the international community going to the root of German unemployment and economic hard times. Let us not confuse Nazism with legitimate expressions of German nationalism. Stiff-arm saluting and jack boots are legitimate tenets of Germanism, and the German Brotherhood, for example, is a largely peaceful organization [9].

“So we Americans must not get on our own high horse [10]. We, too, have bullied our neighbors and invaded them. We, too, have struggled with racism and anti-Semitism, slavery and Jim Crow. And our own culture has at times treated American citizens in the same callous way as the National Socialist do Germans. Before we castigate the Nazis, let us remember the Inquisition and the Crusades [11].

“In the face of Nazi challenge, we must stand united internationally and here at home — opposing workplace violence and man-caused disasters. We know that overseas contingency operations [12] alone cannot solve the problem of Nazi aggression. Nor can we simply take out [13] SS troopers who kill innocent civilians. We also have to confront the violent extremists — the propagandists working for Dr. Goebbels and Herr Himmler, recruiters and enablers — who may not directly engage in man-caused disasters themselves, but who radicalize, recruit and incite others to do so. One of the chief missions of our new aeronautics board will be to reach out to Germans to make them feel proud [14] of German achievement. I want to remind Americans that Germans fostered the Renaissance, and helped create sophisticated navigation, mathematics, and medicine. This week, we will take an important step forward, as governments, civil society groups and community leaders from more than 60 nations will gather in Washington for a global summit on countering violent extremism. We hope that the efforts of those like Mr. Chamberlain, Mr. Daladier and others will focus on empowering local communities, especially in Britain and France.

“Groups like the SS offer a twisted interpretation of German culture that is rejected by the overwhelming majority of the world’s German-speaking communities. The world must continue to lift up the voices of moderate German pastors and scholars who teach the true peaceful nature of German culture. We can echo the testimonies of former SS operatives and storm troopers who know how these terrorists betray Germany. We can help German entrepreneurs and youths work with the private sector to develop media tools to counter extremist Nazi narratives on radio and in newspapers.

“We know from experience that the best way to protect all people, especially young people, from falling into the grip of violent extremists like the SS and the National Socialists is the support of their family, friends, teachers and faith leaders throughout Germany and Western Europe in general.

“More broadly, groups like those headed by Herr Hitler and the National Socialists exploit the anger that festers when people in Germany feel that injustice and corruption leave them with no chance of improving their lives. The world has to offer today’s youth something better. Here I would remind ourselves of our past behavior in waging wars near the homeland of Germany. I opposed the Great War, and further opposed the Versailles Treaty that disturbed the region and stirred up violent passions and extremism.

“Governments like those in Europe that deny human rights play into the hands of extremists who claim that violence is the only way to achieve change. Efforts to counter such violent extremism will only succeed if citizens can address legitimate grievances [15] through the democratic process and express themselves through strong civil societies. Those efforts must be matched by economic, educational and entrepreneurial development so people have hope for a life of dignity. It does no good to talk of wars against Germany or Italy, or to demonize particular political movements as if they are monolithic or in any way represent the feeling of the majority of Germans and Italians.

“Finally — with Nazism and fascism peddling the lie that the United States is at war with Germany and Italy — all of us have a role to play by upholding the pluralistic values that define us as Americans. This week we’ll be joined by people of many faiths, including German and Italian Americans who make extraordinary contributions to our country every day. It’s a reminder that America is successful because we welcome people of all faiths and backgrounds. Germany has always been a part of America [16], always a part of the American story. The future will not belong to those who slander German culture. I made clear that America is not — and never will be — at war with Germany.

“That pluralism has at times been threatened by hateful ideologies and individuals from various nations. We’ve seen tragic killings directed at particular groups in our country, among them German Americans.

“We do not yet know why at times Germans have been attacked here in the United States.  But we know that many German Americans across our country are worried and afraid. Americans of all faiths and backgrounds must continue to stand united with the German community in mourning and insist that no one should ever be targeted because of who they are, what they look like, or how they worship.

“Our campaign to prevent people around the world from being radicalized to violence is ultimately a battle for hearts and minds. With this week’s summit here at Washington, we’ll show once more that — unlike terrorists who only offer misery and death — it is our free societies and diverse communities that offer the true path to opportunity, justice and dignity.”

URLs in this post:

[1] Image: http://pjmedia-new.pjmedia.netdna-cdn.com/victordavishanson/user-content/2/files/2015/02/obama_fdr_fireside_chat_2-22-15-1.jpg

[2] has made significant gains: http://www.latimes.com/opinion/op-ed/la-oe-obama-terrorism-conference-20150218-story.html

[3] the 19th century practice: http://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=8&ved=0CEMQFjAH&url=http%3A%2F%2Fwww.wsj.com%2Farticles%2FSB10001424052702304914904579441752139339602&ei=QD3qVP-rBYHEggTJxIHYBg&usg=AFQjCNHwHv2jKDxUqKjGWG_KMLNjUrI7BQ&sig2=dblN6k69fR9hAM6wwfbscQ&

[4] randomly targeted: http://pjmedia.com/eddriscoll/2015/02/11/jewishlivesmatter/

[5] jayvee organization: http://www.nationalreview.com/campaign-spot/384723/remember-when-obama-called-isis-jayvee-jim-geraghty

[6] with socialism: http://pjmedia.com/eddriscoll/2008/01/11/long-live-mussolini-long-live-socialism/

[7] or the German people: http://blogs.news.com.au/dailytelegraph/timblair/index.php/dailytelegraph/peaceful_majority_irrelevant/

[8] the joblessness of Germany: http://pjmedia.com/eddriscoll/2014/11/01/ezra-klein-gleichschaltung/

[9] is a largely peaceful organization: http://www.realclearpolitics.com/video/2011/02/10/dni_james_clapper_muslim_brotherhood_a_largely_secular_group.html

[10] on our own high horse: https://www.commentarymagazine.com/2015/02/09/get-off-high-horse-mr-obama/

[11] the Crusades: http://tinyurl.com/kftmprc

[12] overseas contingency operations: http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/03/24/AR2009032402818.html

[13] simply take out: http://www.breitbart.com/video/2015/02/16/harf-we-cant-kill-our-way-out-of-war-against-isis/

[14] to make them feel proud: http://michellemalkin.com/2010/07/06/the-left-stuff-nasas-muslim-outreach/

[15] legitimate grievances: http://townhall.com/tipsheet/katiepavlich/2015/02/18/obama-extremists-have-legitimate-grievances-you-know-n1958902

[16] has always been a part of America: http://www.breitbart.com/big-government/2015/02/20/obama-islam-woven-into-the-fabric-of-our-country-since-founding/

Voir aussi:

The Administration’s Adolescent Rants about ISIS
Victor Davis Hanson

NRO- The Corner

February 23, 2015

It is disheartening to listen to Obama and his administration voices childishly reiterating that ISIS has nothing to do with Islam because it does not represent the majority of Muslims or what Westerners perceive as normative values distilled from the Koran.

No radical ideology, religious or otherwise, starts out coherently, much less representing the majority; but it eventually can if appeased and left unchallenged.

Does Obama think that National Socialism could never have represented the Germany of Goethe and Schiller just because it only appealed to a minority of Germans in the 1932 election or was clearly a perversion of traditional German values?

All that was true, but irrelevant two years later when Germans who once laughed at the barbarity of National Socialism suddenly were willing to look the other way at its thuggery, killings, and ethnic cleansing in exchange for the sense of pride it lent a public that felt itself victimized.

Western European observers of the 1930s who were worried at what was going on in Germany did not, like our president, insist that National Socialism had nothing to with socialism or Germany, but rather feared that it might exploit both and end up not just representing Germany, but enthusiastically embraced by a majority of Germans. They were right. Hitler rose to power not because most Germans favored euthanasia and rounding up Jews, but because they were willing to overlook that and a lot more if Hitler were able to win back respect for traditional German influence and status.

It matters little right now that most Muslims in theory reject ISIS and find its barbarity a perversion of what they see as traditional Islam, in the way National Socialism distorted classical socialism and German values and history. The key instead is to what degree by its success in gaining territory and numbers, and in humiliating the West, will ISIS gain adherents among Muslims?

ISIS assumes that most Muslims, despite their present reservations over its methodology and religious contortions, harbor some quiet admiration that at least radical Islam strikes back at Muslims’ supposed oppressors. ISIS like Hitler expects that in time it will win psychological resonance for a large minority of Muslims — at least in sufficient numbers to ensure its existence and growth. The abyss from Bismarck and Hegel to Auschwitz was not inherently greater than from the Koran to ISIS, given the unchanging nature of humankind.

Psychoanalyzing Hitler or declaring that National Socialism was a betrayal of classical Germany or fearing conflating Nazism with Germany itself was a useless parlor game in the 1930s. All that mattered was whether Hitler’s thuggery could be humiliated — its bluff called in the Rhineland or at Munich — and shown to be weak and a prescription for disaster before it became too strong.

Voir également:

The Palestinian Authority’s Bad Day in Court
The government of the West Bank, which receives hundreds of millions in U.S. foreign aid, is found liable for financing terrorism in Israel.
Jessica Kasmer-Jacobs
WSJ
Feb. 26, 2015

For the better part of a decade, Congress has annually allocated $400 million to the Palestinian Authority in foreign aid, ostensibly to build schools, renovate hospitals and repair roads. On Monday in a U.S. federal court, a Manhattan jury found that this same Palestinian government financed and supported six terrorist acts that killed dozens of people in 2002-04 during the Second Intifada against Israel.

The verdict held the Palestinian Authority and the Palestine Liberation Organization liable for $218.5 million in damages. Under the 1992 Anti-Terrorism Act, the sum automatically triples to $655.5 million, roughly 15% of the Palestinian Authority’s annual budget. The Palestinian groups said they will appeal.

For the 10 American families who were injured or lost relatives more than a decade ago in the terrorist attacks, the ruling is overdue justice. Mark Sokolow, the lead plaintiff, had narrowly escaped the south tower of the World Trade Center on 9/11 and was in Jerusalem four months later. He and his family were outside a shoe store when a suicide bomb detonated. Mr. Sokolow’s wife, Rena, recalled in testimony hearing “a whoosh, and I started spinning around like I was in a washing machine.” She looked at her leg and saw “the bone sticking out.” Nearby, Ms. Sokolow said, “I saw a severed head of a woman.”

The families in the lawsuit were represented by Kent Yalowitz of Arnold & Porter, and Nitsana Darshan-Leitner of Shurat Ha’Din, an Israeli law firm. Representing the Palestinians was Mark Rochon of Miller & Chevalier, who told the jury that the attacks were carried out by agents “acting on their own for their own reasons” and not by the government he was defending. Those agents were “crazy, wrong, contemptible,” said Mr. Rochon, “but not my clients.”

Yet as the six-week trial revealed, the Palestinian Authority provided backing for terrorists—and continues to do so today. Palestinian military and intelligence officials, Mr. Yalowitz calculated, spend $50 million a year to keep terrorists on the payroll while they are held in Israeli jails. The Palestinian government also awards “martyr payments” to the families of suicide bombers.

Monday’s verdict comes as something of a vindication for the family of Leon Klinghoffer, the wheelchair-bound American who in 1985 was murdered by Palestine Liberation Organization terrorists aboard the hijacked Italian cruise liner Achille Lauro. The Klinghoffer family filed a lawsuit, but U.S. federal courts had no jurisdiction over acts of terrorism outside the country. The case was dropped, and the PLO settled with the Klinghoffers out of court for an undisclosed sum in 1997.

The 1992 Anti-Terrorism Act provides federal courts “with an explicit grant of jurisdiction over international terrorism” and a private right of action for “any national of the United States injured in his or her person, property, or business by reason of an act of international terrorism.” The act also has the virtue of allowing American citizens to assign blame for supporting terrorism, even if politicians are reluctant to do so. A jury in New York has spoken about the Palestinian Authority and the Palestine Liberation Organization. Congress might want to consider that fact as it prepares next year’s foreign-aid budget.

Ms. Kasmer-Jacobs is an assistant books editor at the Journal.

Voir encore:

Capital Journal
White House-Netanyahu Rift Isn’t Over the Speech, but the Deal
Israeli leader seems almost certain to oppose deal the U.S. is negotiating with Iran on nuclear program
Gerald F. Seib
WSJ
Feb. 27, 2015

As Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu heads to Washington for a controversial speech to Congress next week, the immediate problem isn’t that he and the Obama administration disagree. At the moment, the problem actually is that they seem to agree on this: As things stand now, the Israeli leader seems almost certain to oppose and try to block the deal the U.S. is negotiating with Iran over its nuclear program.

That is a change, and a significant one, from just a few months ago, when it seemed possible there could be a negotiated deal that both Mr. Netanyahu and President Barack Obama could embrace, if not exactly love. This change is why Mr. Netanyahu thinks it’s worth undermining his entire relationship with an American president by making a speech the White House didn’t know about and fumed about once it became known. And it’s why the White House has taken on Mr. Netanyahu so directly.

In short, the real sticking point isn’t the speech; the sticking point is the deal.

All of which raises a broader question: Does it have to be this way, or is there still hope of closing the rift? Despite all the tension, the possibility of common ground may not have disappeared entirely.

But first consider the immediate situation in Washington, where the controversy in coming days will be more about a speech rather than the substance of the Iran question. By now, the saga is well known. Republican House Speaker John Boehner went around the Democratic White House to invite Mr. Netanyahu to speak to a joint session of Congress about the threat from Iran. The speech will come two weeks before Mr. Netanyahu is running for a new term at home, and three weeks before the deadline for the talks the U.S. and five other world powers are holding with Iran over a possible deal to curb its nuclear program.

The White House was miffed. Very. But not, as is commonly assumed, simply because the speech represented a breach of diplomatic protocol, in which world leaders deal with each other rather than through their countries’ respective opposition parties.

The deeper cause for concern within the administration was a feeling that the speech means Mr. Netanyahu has concluded that there is no version of the deal currently being negotiated with Iran that he can endorse—and that he is embarked on a strategy of using his strong connections with Republicans in Congress to find a way to use the legislative branch to block an agreement negotiated by the executive branch.

“He’s advocating against any deal. That’s just not diplomacy,” a senior administration official said. “And he’s not putting forward an alternative deal.”

Little that Mr. Netanyahu has done in recent weeks suggests otherwise. He said this week that it appears the “world powers” negotiating with Iran “have given up” on their commitment to stop Iran from getting a nuclear weapon.

In a nutshell, here’s the substantive disagreement. The administration believes the deal it’s negotiating will reduce Iran’s capacity to enrich uranium so much that Tehran’s leaders would need a year to break out of the agreement and produce enough fissile material to build a bomb—sufficient time to allow the U.S. and its allies to stop any such breakout. Mr. Netanyahu thinks that the residual enrichment capability granted Iran would still leave it as a threshold nuclear state, and would in any case be too large to adequately monitor and inspect with any certainty.

There was a time, not long ago, when Mr. Netanyahu appeared to be pleased enough with the economic pressure the U.S. and the West were putting on Iran that he thought it might produce a deal he considered good enough. By all appearances, that’s what has changed.

Is there any alternative to this impasse? Dennis Ross, a Middle East diplomat under several American presidents, including Mr. Obama, thinks there might be. He suggests a new kind of anywhere, any-time inspections regime, enshrined in both a deal and legislation passed by Congress. If that legislation also mandated explicit consequences for Iranian violations, including use of military force, it might create the kind of American assurance Mr. Netanyahu could accept.

“There is a way to bridge the difference,” Mr. Ross says. Next week, though, that may be hard to see.

Voir encore:

Thomas L. Friedman on what’s wrong with Islam
Thomas Friedman

February 8, 2015

The following is excerpted from remarks New York Times columnist Tom Friedman gave Feb. 8 at Stanford University at the annual Daniel Pearl Memorial Lecture. We’re reprinting here because it is one of the most succinct and cogent approaches to the heated debate over whether Islam is inherently violent. A student journalist asked Friedman to address the Muslim nature of the Muslim extremist problem. This was Friedman’s response. Below is video of the full presentation:

I do not believe we should be in the business of telling Muslims what their religion is or isn’t. So I kind of recoil from anyone who says it’s all this, or anyone who says it’s not any of that.

I think we should be in the business of asking them, “Why is this happening?” We don’t know. We have an overwhelming number of Muslims who are American citizens living in this country and who are wonderful citizens. So we don’t have this problem. So maybe you could explain it to me, but I sort of recoil at anyone sitting back who’s not a Muslim, saying, “That is not Islam.” What the hell do you know what Islam is? “Oh, I read the Quran in college” … you don’t know anything, OK? And that’s not our job, it seems to me.

So, the way I’ve written about it is that obviously this is emerging from their faith community. First of all, it’s not emerging from across their faith community. It’s not a problem in Indonesia, the world’s biggest Muslim country. It’s not a problem in India, the world’s second-biggest Muslim country. We’re talking about a problem that has clearly been emerging from the Arab world and Pakistan, primarily. Now what is that about?

I think it’s a really complicated mix of a product of years of authoritarian government, mixing with the export of Wahhabi puritanical Islam from Saudi Arabia, all over that world, that has really leached out the more open, joyous, synchronistic Islam that you had in Egypt. You look at pictures of graduates from Cairo University in 1950, you’ll see none of the women were wearing veils. Today you look at the picture and probably most of the women will be wearing veils. Thank you, Saudi Arabia. That is the product of the export of a particular brand of Islam from Saudi Arabia with the wealth of that country. And that’s mixed in also with the youth bulge and unemployment.

And so where Islam starts in that story and where authoritarian begins, how much people hate their own government, bleeding into Wahhabism, bleeding into massive amounts of young men who have never held power because they’re not allowed to in their country, never held a job, never held a girl’s hand. And when you have lots of young males who have never held power, a job, or a girl’s hand, that is real dynamite.

And so I like to talk about it in its full complexity. But I also don’t want to excuse it. We need to have a serious conversation. But we should be in the business of asking them, not excusing them, not accusing everyone.

We need to understand there is a pattern here. You can talk about the Crusades in the 13th century — we’re not living in the 13th century anymore, OK? It’s very hard, I think, for us to get into someone else’s narrative. Only they can get into that narrative. And we need to leave it to them. But I think it is important to ask, to probe, and to challenge in a serious way and stop telling them who they are.

Voir enfin:

Reza Pahlavi: «Face au terrorisme, nos destins sont liés»
Le Figaro
06/02/2015
Reza Pahlavi, fils aîné du dernier chah d’Iran, mercredi à Paris. Crédits photo : FRANCOIS BOUCHON
INTERVIEW – Le fils aîné du dernier chah d’Iran a été reçu cette semaine par des députés français, à Paris. Selon lui, «il est illusoire de penser que, face à la menace du radicalisme sunnite, la théocratie chiite iranienne peut être un allié».

Le dernier chah d’Iran a été chassé de Téhéran en février 1979, sans avoir abdiqué officiellement. Il est mort en 1980. Son fils aîné a été reçu mercredi par la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, présidée par Élisabeth Guigou. Il a exposé, à cette occasion, son analyse des négociations sur le programme nucléaire iranien et son point de vue sur la situation dans son pays. Âgé de 54 ans, Reza Pahlavi, qui vit aux États-Unis, prône la désobéissance civile pour venir à bout du régime des mollahs.

LE FIGARO – Les négociations engagées par le groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) avec Téhéran sur le programme nucléaire iranien ont-elles une chance d’aboutir?

Reza PAHLAVI – L’agenda de ces négociations a été fixé en novembre 2013. Les deux précédentes dates butoirs, de juin 2014 et novembre 2014, n’ont pas permis d’arriver à un compromis. La nouvelle échéance est celle de juin 2015. Je ne suis pas optimiste car le dossier capotera toujours sur un détail ou sur un autre. Le programme nucléaire iranien répond au besoin hégémonique régional des mollahs. Il faut empêcher à tout prix ce régime d’arriver au seuil du nucléaire militaire.

Quel rôle joue la France dans ces négociations?

La France est plus intransigeante que les États-Unis. Heureusement! Il y a chez les Américains une certaine forme de naïveté. Ils cherchent, en quelque sorte, à faire un nouveau Camp David, du nom des accords qu’ils ont obtenus en 1978 entre Israéliens et Égyptiens. Ils oublient que le nouveau président iranien, Hassan Rohani, présenté comme plus conciliant, n’a pas la main. C’est le guide Khamenei qui est important, et je ne pense pas que celui-ci acceptera que son programme nucléaire soit placé sous contrôle international.

Certains Occidentaux pensent qu’il faut se rapprocher de l’Iran pour contrer l’État islamique en Irak et en Syrie. Qu’en pensez-vous?

Il est illusoire de penser que, face à la menace du radicalisme sunnite, la théocratie chiite iranienne peut être un allié. N’oublions pas que ces deux radicalismes ont un ennemi commun: la liberté, la démocratie, les droits de l’homme… Toutes les valeurs portées par l’Occident sont, pour eux, des poisons. N’oublions pas non plus que, bien avant al-Qaida et l’État islamique, Khomeyni a été le premier à lancer une fatwa contre l’écrivain Salman Rushdie.

«Il n’y a qu’une seule bonne solution pour libérer l’Iran : un mouvement populaire. Toute intervention militaire ne peut mener qu’à une situation encore plus catastrophique»
Si accord il y a, que se passera-t-il?

Encore une fois, le régime n’y a aucun intérêt parce que sa survie en dépendrait à long terme, à quatre ou cinq ans. À court terme, les relations ne se réchaufferaient pas pour autant. Tout le monde marcherait sur des œufs et seuls les affairistes profiteraient de la situation.

La population iranienne souffre des sanctions économiques infligées à son pays, peut-elle encore tenir longtemps ainsi?

Il n’y a qu’une seule bonne solution pour libérer mon pays: un mouvement populaire. Toute intervention militaire ne peut mener qu’à une situation encore plus catastrophique. Mais un soulèvement n’est possible que si la population se sent soutenue. Ce qui manque aujourd’hui, c’est une volonté politique des grandes démocraties pour soutenir les Iraniens dans leurs aspirations démocratiques. Les Iraniens ont en tête l’exemple de la révolution syrienne qui a débouché sur le chaos car les Occidentaux n’ont pas répondu présent. Que reste-t-il d’ailleurs de l’espoir placé dans les printemps arabes? Pas grand-chose malheureusement.

Quel rôle jouez-vous personnellement?

J’essaye précisément de créer les conditions de ce soulèvement intérieur. Je milite pour la désobéissance civile dans la non-violence. Cela pourrait commencer par une grève générale qui mettrait à mal le régime. Pour cela, il faut des moyens, réunir des fonds, obtenir des soutiens. En avril 2013, j’ai créé le Conseil national iranien pour des élections libres que je préside.

Que demandez-vous à la France?

Je souhaite que la France et la communauté internationale mettent davantage la pression sur le régime à propos des droits de l’homme. Depuis l’arrivée d’Hassan Rohani, la situation s’est nettement détériorée. Beaucoup de prisonniers politiques me contactent et demandent que le monde libre fasse davantage. Je veux évoquer le cas de l’ayatollah Boroujerdi, torturé régulièrement en prison depuis sept ans car il défend la laïcité. Il faut se mobiliser pour sa libération, et aussi pour l’ensemble des prisonniers politiques.

«Seuls des changements significatifs dans cette région permettront l’élimination à la source des réseaux djihadistes»
Êtes-vous encore entendu dans votre pays?

Je bénéficie d’un capital politique auprès de la génération des nostalgiques de mon père. Dans la nouvelle génération, beaucoup me voient comme un recours pour une transition vers un avenir meilleur.

Après les mollahs, à quoi voudriez-vous que ressemble l’Iran?

Je milite pour une démocratie laïque. Mais, avant des élections libres, nous devrons passer par une phase de réconciliation nationale. J’ai rédigé une charte en dix-sept points avec des activistes politiques menant la résistance à l’intérieur de l’Iran. Ce texte prévoit notamment la séparation de la religion et de l’État, l’égalité des droits entre les hommes et les femmes, le respect du traité de non-prolifération des armes nucléaires, l’abolition de la peine de mort…

Comment avez-vous réagi aux attaques islamistes de ce début d’année à Paris?

Dès le 7 janvier, jour de l’attaque contre Charlie Hebdo, j’ai écrit à François Hollande. Je lui disais que ce drame devait nous engager dans une politique volontariste de soutien aux démocrates des pays du Moyen-Orient, premières victimes du radicalisme religieux. Seuls des changements significatifs dans cette région permettront l’élimination à la source des réseaux djihadistes et contribueront à assurer la sécurité de tous partout dans le monde. Ces attentats montrent une fois encore à quel point nos destins sont liés.


Polémique Cukierman: Contrairement au christianisme, c’est en se rapprochant de ses textes que l’islam est sanglant et meurtrier (It’s islam, stupid !)

27 février, 2015
https://i2.wp.com/www.washingtonpost.com/rw/2010-2019/WashingtonPost/2015/01/27/Foreign/Graphics/foreignFighters-Jan14-GS.jpgsaudiflagQu’est ce qui porte plus préjudice à l’islam, ces caricatures ou bien les images d’un preneur d’otage qui égorge sa victime devant les caméras, ou encore un kamikaze qui se fait exploser au milieu d’un mariage à Amman? Jihad Momani (hedomadaire jordanien Shihane, 2006)
Nous montons sur nos grands chevaux mais souvenons-nous que pendant les croisades et l’Inquisition, des actes terribles ont été commis au nom du Christ. Dans notre pays, nous avons eu l’esclavage, trop souvent justifié par le Christ. Barack Hussein Obama
Le président de la République condamne avec la plus grande fermeté l’assassinat sauvage de 21 ressortissants égyptiens, otages de Daech en Libye. Il dénonce l’appel au meurtre et à la haine religieuse des terroristes. Communiqué de l’Elysée
Quand on porte atteinte à des juifs danois ou français, il est bien sûr important de rappeler qu’ils sont danois ou français, mais il faut aussi souligner qu’ils ont été tués parce que juifs. En Libye, il est très clair que c’est contre des chrétiens que Daech a voulu agir, que leur foi était visée. Mgr Pascal Gollnisch (l’Œuvre d’Orient)
Il y a quatre-vingts ans, en Allemagne, le régime nazi persécutait les Juifs, et la volonté d’Hitler était de les supprimer tous. Pourquoi ? Simplement parce qu’ils étaient juifs, et pour aucune autre raison. Il y a trois jours, le groupe Daech en Lybie décapitait froidement 21 coptes égyptiens. Pourquoi ? Pas parce qu’ils étaient égyptiens, mais parce qu’ils étaient coptes, c’est-à-dire chrétiens, et pour aucune autre raison. Au cas où on en aurait douté, ceux qui ont vu la vidéo diffusée sur internet pouvaient y lire que ces 21 malheureux étaient mis à mort parce qu’ils faisaient partie, je cite, « du peuple de la croix fidèle à l’Église égyptienne ennemie. » C’est pourquoi personne ne peut être fier du communiqué de l’Élysée condamnant, je cite, « avec la plus grande fermeté l’assassinat sauvage de 21 ressortissants égyptiens ». Non, personne ne peut être fier de ce communiqué, parce qu’il ne fait pas honneur à notre pays. (…) D’où vient le fait qu’il paraît impossible à certains de nos dirigeants de reconnaître qu’il y a des pays où les chrétiens sont persécutés ou même assassinés parce qu’ils sont chrétiens, et non parce qu’ils sont égyptiens ou libyens ? Reconnaître cela serait-ce attentatoire à la laïcité ? J’affirme aujourd’hui haut et fort que si – ce qu’à Dieu ne plaise – certaines personnes le pensent, même et surtout si elles ont de hautes responsabilités au sommet de l’État, ce n’est pas à leur honneur, ni à l’honneur de la France. Et la situation du monde est trop grave en ce moment pour que, chrétiens ou non, nous puissions nous résigner à avoir honte de notre pays. Diocèse de Blois
La France comprend trois foyers d’expression de l’antisémitisme très forts. Le premier, ce sont les proches du Front National et les électeurs de Marine Le Pen […] Le deuxième groupe, c’est parmi les Français musulmans […] Et puis le troisième groupe ce sont les proches du Front de gauche et les électeurs de Jean-Luc Mélenchon 2012, où là aussi on trouve, à un dégré moindre, et sur des ajustements ou, je dirais des agencements différents, l’expression d’un antisémitisme fort. (…) On a [dans ce groupe] une adhésion beaucoup plus forte que la moyenne à des préjugés qui relèvent de cet antisémitisme anticapitaliste et antiglobalisation. Cette idée que les juifs contrôlent l’économie. Qu’il y a un capitalisme cosmopolite, que le monde de la finance est un monde cosmopolite. Dominique Reynié
Toutes les violences aujourd’hui sont commises par des jeunes musulmans, et bien sûr c’est une toute petite minorité de la communauté musulmane et les musulmans en sont les premières victimes. Roger Cukierman
Il y a bien, autre tabou, un rapport particulier de l’islam avec la violence. A l’origine, Mahomet fut un chef religieux et militaire allant de succès en succès par les armes, tandis que Jésus fut un homme seul et pourchassé ayant comme seule arme le verbe. Cette ambiguïté persiste avec la présence de nombreux versets du Coran appelant au meurtre des non-musulmans, versets sans équivalents dans les textes judéo-chrétiens. Ce qui se traduit par une dissymétrie fondamentale: les religions chrétiennes furent sanglantes et meurtrières en s’éloignant de leurs textes tandis que l’islam le fut en se rapprochant des siens. (…) D’où le non-dit sur les caricatures représentant le Prophète en guerrier: elles correspondent bien à une facette historique de Mahomet à laquelle Al-Qaeda et consorts restent fidèles et il n’est pas douteux que les images télévisées répétées d’égorgements au nom d’Allah l’entretiennent auprès du plus grand nombre (…) Car, depuis la défaite des partisans des «Lumières de l’islam», puis la chute de l’Empire ottoman, la réaction fondamentaliste n’a cessé de se répandre, bénéficiant depuis les années 1970 du renfort des pétrodollars. (…) Et l’un de ses vecteurs – la volonté d’imposer ses tabous et ses croyances aux autres – s’oppose radicalement au principe de relativisation religieuse des Lumières et ne cesse de progresser, puisqu’il ne vaut plus seulement pour les pays de culture musulmane, mais revendique désormais son application dans les pays issus des Lumières, comme vient de le symboliser l’affaire de la représentation du Prophète: comprenons bien que les manifestants islamistes sont hostiles non aux caricatures des religions (qu’ils pratiquent régulièrement au détriment du christianisme et du judaïsme dans leurs journaux et leurs sites avec un sens de l’ignominie sans commune mesure avec les pauvres croquis danois), mais aux caricatures de l’islam, qui, seul, mérite d’être défendu. Le paradoxe tragique est de voir les responsables européens céder du terrain à ceux qui combattent les valeurs des Lumières, au détriment des musulmans condamnés à vivre en Occident parce qu’ils souhaitent une modernisation de l’islam. (…) si l’Europe avait fini par reconnaître et aider les dissidents du communisme, les dissidents de l’islam ne bénéficient pas de la même attention: ils ne sont pas écoutés, à l’instar de la députée néerlandaise d’origine somalienne Ayaan Hirsi Ali, dont le discours récemment prononcé à Berlin fut sans doute la parole la plus fidèle aux Lumières ayant émané d’un élu européen ces dernières années. De même, cette Europe, qui n’a cessé de dire, à la suite de Raymond Aron, que le sous-développement du bloc de l’Est s’expliquait par l’absence de liberté, estime inconvenant de reconnaître que celui des pays musulmans résulte aussi de cette absence de liberté, malgré les énormes revenus du pétrole. D’où l’usage rhétorique de la responsabilité du colonialisme dans ces pays qui constituent aujourd’hui la seule partie du monde uniformément résistante à la démocratie, à l’écart des échanges scientifiques et culturels, celle qui possède le moins de chercheurs et où l’on traduit le moins de livres.  Alors que les élites européennes entretiennent «une forme d’autocensure par rapport à la critique de l’islam», comme l’observe Stéphane Rozès, de l’institut CSA, les populations européennes viennent de découvrir son influence liberticide sur le sol européen. Il y a bien «opposition de valeurs» entre l’Occident et la littéralité du Coran, estime Yves Charles Zarka, professeur à la Sorbonne et l’un des rares à écrire publiquement ce que la plupart de ses collègues disent en privé. Deux conceptions antagonistes de la vie dans la cité et de la liberté individuelle, ainsi que l’a formulé lui-même le Premier ministre turc en dénonçant l’ «arrogance culturelle» de l’Europe, qui aurait cherché, selon lui, avec les caricatures, à «mettre à l’épreuve la patience du monde islamique et sa conception de la liberté». Eric Conan

C’est l’islam, imbécile !

Au lendemain de la polémique surréaliste qui a suivi les propos du président du CRIF sur l’origine principalement musulmane des violences intercommunautaires actuelles …

Comme celle visant un chercheur rappelant la part des sympathisants de l’extrême-gauche dans les opinions antisémites …

Et où, avec leur nouveau saccage du musée de Mossoul et contre les « tués au hasard » et croisés et inquisiteurs de Barack Obama comme les « Egyptiens égorgés » de François Hollande, nos djihadistes ne savent plus quoi inventer pour démontrer l’origine religieuse de leurs exactions …

Pendant qu’en Grande-Bretagne, on découvre l’identité, nouvelle victime de l’islamophobie occidentale, de l’égorgeur en chef de l’Etat islamique, informaticien anglo-koweiti issu d’une famille aisée de Londres …

Comme l‘attrait et l’étendue – quelque 20 000 combattants d’une cinquantaine de pays – de la mondialisation du djihad

Comment ne pas voir avec  le magistral article de l’Express d’Eric Conan il y a neuf ans …

Qu’il y a bien un « tabou » du « rapport particulier de l’islam avec la violence » …

A savoir que, contrairement au christianisme, c’est bien « en se rapprochant de ses textes » que l’islam est « sanglant et meurtrier » ?

N’éteignons pas les Lumières
Eric Conan
L’Express
27/04/2006

A l’heure où la Bibliothèque nationale de France leur consacre une remarquable exposition, comment se portent les idées qui ont fondé nos sociétés de liberté? Force est de constater que ces dernières les oublient, voire les renient, comme le montre l’actualité récente, des polémiques sur le blasphème à l’affaire Ilan Halimi

La grande exposition Lumières! Un héritage pour demain, présentée actuellement à la Bibliothèque nationale de France, à Paris, réjouit le visiteur par sa qualité et sa richesse. Mais elle l’inquiète aussi un peu, sachant la propension de l’époque à muséifier et à commémorer ce qu’elle ne parvient plus à faire vivre dans le présent: les Lumières deviendraient-elles assez lointaines et exotiques pour se voir mises sous vitrines et visitées ainsi que d’autres merveilles du passé, comme on le fait pour Bonnard ou les Splendeurs de la cour de Saxe?

Les précisions de l’historien Jean-Noël Jeanneney, président de la BNF, renforcent cette inquiétude: «Notre intention est de faire sortir les documents exposés du champ de l’érudition; et de les faire servir à l’examen de notre temps, pour la lucidité et pour l’action.» Au moins l’aveu est franc: devenus affaire d’érudits, les grands textes des Lumières auraient déserté la vie publique et manqueraient aussi bien à la lucidité qu’à l’action. L’actualité récente – affaire des caricatures de Mahomet, martyre d’Ilan Halimi, procès d’Outreau, voyage de Jacques Chirac en Arabie saoudite, etc. – confirme cruellement cette analyse.

Les nombreuses pièces rassemblées par cette exposition – lettres de Rousseau, édition originale de Critique de la faculté de juger, de Kant, fiche de police de Voltaire, gravures anticléricales – témoignent de la rupture que représenta le mouvement des Lumières, volonté de s’émanciper des contraintes de la religion et de la tradition avec cette conviction nouvelle que la connaissance, la curiosité et la critique ne détruisaient pas mais libéraient. Ces documents révèlent la naissance d’un individu qui se veut autonome, animé par une finalité propre et non plus seulement divine, recherchant le «bonheur» et non plus seulement le salut. Ces traces émouvantes montrent aussi que, pendant longtemps, ces idées luttaient, frémissaient, se cachaient, souffraient face à des ennemis qu’elles ne désarmèrent qu’au terme d’un long combat.

L’intérêt de cette exposition – le roman national dût-il en souffrir – est aussi d’insister sur la dimension européenne de cette «révolution des droits de l’homme». D’un bout à l’autre de l’Europe, ses acteurs et ses militants échangeaient, s’aidaient et s’accueillaient au gré de leurs incessants exils de dissidents et de proscrits: les Lumières s’appelèrent aussi Enlightenment, Aufklärung, Iluminismo.

Mais revenir aux sources et aux exigences des Lumières, c’est aussi mesurer leur oubli croissant dans nos sociétés habituées à la paix qu’elles nous ont longtemps garantie. En concevant cette exposition, son commissaire, le philosophe Tzvetan Todorov, déjà sensibilisé aux bienfaits pratiques des Lumières par son passé d’exilé de l’Est, avait l’intuition de l’urgence de rappeler les conditions non négociables de leur respect à «un moment historique marqué par le 11 septembre, par les attaques d’un certain fanatisme religieux contre la laïcité, contre l’égalité des hommes et des femmes».

Sa lucidité se voit malheureusement vérifiée depuis quelques mois: revenir en détail, à la lumière des Lumières et de leurs principes (liberté d’expression, autonomie de l’individu, universalité et égalité entre humains), sur ce qui a été fait, dit et écrit par les garants de ces principes en Europe et en France permet de constater l’importance des dégâts: oubli, trahison, reniement.
L’abandon de la liberté d’expression, attaquée dans son principe mais guère défendue

«L’idée de critique est consubstantielle aux Lumières», rappelle Tzvetan Todorov. Et elle ne peut pas avoir de limites, puisqu’elle repose sur le subjectivisme: par définition, l’usage, par les uns, de leur liberté d’expression déplaira aux autres, mais ce déplaisir, qui peut aller jusqu’à la souffrance morale, est le prix de cette liberté pour tous. La liberté d’expression est un droit mais aussi un devoir: supporter celle des autres. Une partie non négligeable de la vie culturelle doit beaucoup à l’usage illimité de cette liberté, certains mouvements, comme le surréalisme, ayant largement sollicité le blasphème et la provocation anticatholique.

Se contenter de réclamer, comme l’a fait Jacques Chirac, d’exercer cette liberté d’expression «dans un esprit de responsabilité» – formulation typiquement soviétique, c’est donc la nier dans son principe. En 1989, Jacques Chirac avait déjà traité de «fumistes» Salman Rushdie, auteur des Versets sataniques, et Martin Scorsese, auteur de La Dernière Tentation du Christ. Mais parler de «provocation», à propos de l’initiative de Charlie Hebdo de publier des caricatures de Mahomet, atteste la nouveauté: cet hebdomadaire qui a fait depuis des décennies de la provocation un style et un fonds de commerce jusqu’alors toléré par tous se voit soudainement condamné au plus haut niveau et ses responsables se retrouvent, en plein Paris, sous protection policière. Cette position nouvelle – «Les croyants doivent avoir droit au respect de leur croyance», selon la formule de Jean-Marie Le Pen – a été partagée par l’immense majorité de la classe politique française, à quelques exceptions près: Nicolas Sarkozy à droite («Je préfère l’excès de caricature à l’excès de censure») ou Jean Glavany à gauche («Rien ne doit nous amener à composer avec cette liberté fondamentale»).

Même recul au niveau européen. Se comportant d’emblée en coupable, Javier Solana, chargé des Affaires extérieures de l’Union européenne, a fait une tournée dans les pays arabes pour enregistrer sans un mot d’objection la demande de l’Organisation de la conférence islamique (rassemblement de pays qui, pour la plupart, n’ont jamais connu de liberté d’expression) d’un «code de conduite pour les médias européens» définissant «les limites de la liberté d’expression dans le domaine des symboles religieux».

Le président en exercice de l’Union européenne, l’Autrichien Wolfgang Schüssel, a renvoyé dos à dos dessinateurs danois et foules hystériques appelant à leur décapitation en parlant de «spirales des provocations» et le Parlement européen a voté, le 20 février, une résolution stigmatisant la responsabilité première des dessinateurs dans les violences en assurant sa «sympathie à l’égard de ceux qui se sont sentis offensés par les caricatures du Prophète Mahomet». En ajoutant que la liberté d’expression devait désormais se fonder «sur le respect pour les droits et les sensibilités des autres». Même ligne pour le Conseil des ministres, qui a fini, après quelques longues semaines de réflexion, par adopter le 27 février un texte expliquant: «Le Conseil est conscient que ces caricatures ont blessé et choqué des musulmans dans le monde entier, et il le déplore.»

Ces résolutions officielles constituent pour l’Europe un tournant historique: ainsi la liberté d’expression ne devrait plus seulement être encadrée par les lois de chaque pays et les textes européens issus des Lumières mais désormais limitée par la sensibilité de tous. Cette restriction nouvelle, dans un monde ou la communication devient mondiale et immédiate, vide de tout sens le principe de la liberté d’expression. C’est en effet à la dynamique même de l’affaire danoise – des musulmans s’estimant agressés à des dizaines de milliers de kilomètres par des dessins publiés au Danemark – que les dirigeants européens veulent soumettre leur continent. Au lieu de réaffirmer les principes de la liberté d’expression, ils manifestent de la «sympathie» pour ceux qui les nient. Ce qui signifie un reniement de la ligne défendue par la Cour européenne des droits de l’homme, dont la jurisprudence précisait jusqu’alors: «La liberté d’expression vaut non seulement pour les informations ou idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives et indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l’Etat ou une fraction quelconque de la population.»

La panique aura été le ressort de toute cette histoire, comme l’a souligné la voix minoritaire de José Manuel Barroso: «N’acceptons pas la peur dans notre société.» Car, on l’a vite oublié, la publication des dessins danois ne constituait pas une provocation mais une réaction à une peur déjà là: c’est parce qu’un éditeur pour enfants ne trouvait plus, comme dans le passé, de dessinateurs osant dessiner Mahomet qu’un quotidien a demandé à une association d’illustrateurs de relever le défi, n’obtenant, d’ailleurs, que 12 volontaires sur ses 40 membres.

Retour à la responsabilité collective contre l’autonomie de la liberté individuelle

«Un gouvernement démocratique ne peut jamais s’excuser au nom d’un journal libre et indépendant.» La réaction immédiate et restée invariable d’Anders Fogh Rasmussen, Premier ministre danois, position typique des Lumières, aurait dû entraîner un mouvement de solidarité européen autour des Danois agressés en tant que danois et tenus responsables de ce que fait chaque Danois. Il ne vient à l’idée de personne dans une démocratie de faire l’amalgame entre les assassins du 11 septembre 2001, des attentats de Londres, Madrid, Amman ou Bali et tous les musulmans. Mais les responsables européens ont trouvé normal que le gouvernement danois, les diplomates danois, les touristes danois, les entreprises laitières danoises, les fabriques de jouets danoises subissent les lourdes conséquences d’un boycott justifié par le ressort archaïque de la haine collective – «Tu es responsable de ce que ton semblable a fait» – qui anime racismes et antisémitisme. «On ne peut plus tolérer ne serait-ce que le mot « danois »», comme l’explique Kazem Jalali, porte-parole de la Commission parlementaire iranienne des Affaires étrangères pour justifier le boycott lancé le 23 janvier en Arabie saoudite et suivi par les chambres de commerce de Dubaï, du Qatar et d’Egypte.

Au lieu de se solidariser financièrement et symboliquement avec le Danemark en déclarant que tous les produits danois étaient des marchandises européennes, l’Europe a baissé la tête en abandonnant un petit pays dont l’histoire, dans les périodes tragiques, aurait à en remontrer à beaucoup d’autres.

Au lieu de condamner les violations du droit international que constituèrent les mises à sac des représentations diplomatiques danoises – dont chaque Etat membre de l’ONU doit assurer la protection – et de rappeler ses représentants en signe de solidarité, l’Union européenne a préféré manifester sa compréhension pour la «souffrance» des casseurs et boycotteurs.

Cette démission faite de peur et d’intérêts mélangés s’est accompagnée de lâchetés du type de celles dont on se gaussait jusqu’ici avec mépris dans les livres d’histoire consacrés aux heures sombres de l’Europe. La firme Nestlé a pris les devants en publiant un encart publicitaire en première page du quotidien panarabe Asharq al-Awsat pour préciser que son lait en poudre Nido, très diffusé au Moyen-Orient, «n’est ni produit au Danemark ni importé du Danemark», comme le faisaient sous l’Occupation certains commerçants affichant «magasin non juif» sur leur devanture. Et Carrefour a laissé 18 de ses supermarchés franchisés des pays arabes (Arabie saoudite, Egypte, Qatar, Oman, Emirats arabes unis) souiller sa marque en annonçant que leurs rayons avaient été purifiés de tout produit danois et en se lavant les mains de cette infamie par un communiqué avalisant ces «décisions commerciales adaptées à leurs situations locales afin de mieux répondre aux attentes de leurs clients».

Retour de l’obscurantisme contre la Raison: les croyances mises à égalité avec la vérité

L’un des fondements des Lumières a été brutalement contesté par l’affaire danoise: la distinction entre les réalités et les croyances, le discours religieux et le discours scientifique, opposition devenue une évidence en Europe, mais qui anima le XVIIIe siècle, ainsi que le montrent nombre de documents de l’exposition Lumières! témoignant d’une lutte alors vive entre le raisonnement scientifique et l’obscurantisme, dont nous avons perdu le souvenir.

L’exemple le plus clair – et le plus odieux – de cette différence culturelle a été fourni par l’argument lancé par l’Iran (mais repris partout, y compris dans certains journaux européens) selon lequel, puisqu’on pouvait plaisanter sur Mahomet, on pouvait plaisanter sur l’existence d’Auschwitz. Ce sophisme permet de mesurer le gouffre d’incompréhension qui sépare les sociétés issues des Lumières – où la réalité et sa critique constituent les principales sources du débat – des sociétés où tout relève de la croyance et où la croyance la plus absolue reste la foi religieuse: le travail de la Raison lui étant subordonné, la vérité n’a guère de statut. Et la certitude que le judéocide est un mythe et Auschwitz une supercherie n’appartient pas aux seuls islamistes militants, mais constitue une croyance quasi générale dans les sociétés du Moyen-Orient, devenues les principaux lieux d’édition des Protocoles des Sages de Sion, faux antisémite utilisé par les nazis et aujourd’hui sanctifié par la charte du Hamas.

Cette incompréhension envers le principe de la Raison n’est plus simplement une particularité exotique. En effet, elle a resurgi au cour de l’espace scolaire européen, certains élèves contestant le contenu des cours d’histoire, de sciences, de lettres ou de philosophie au nom du primat de leurs croyances religieuses. Un nouvel exemple de cette absence de limite entre réalité et mensonge vient d’être fourni par le film turc La Vallée des loups – Irak mettant en scène un médecin juif prélevant des organes sur les détenus de la prison américaine d’Abou Ghraib au profit de patients juifs de New York, Londres et Tel-Aviv. Ce film, qui connaît un énorme succès en Turquie, est projeté depuis quelques semaines sur les écrans français après avoir obtenu du Centre national du cinéma une autorisation exceptionnelle de projection.

La confiance dans la Raison décline au sein même des élites, qui ont de plus en plus tendance à vouloir protéger la vérité par la loi et la justice plus que par le débat. Cela a commencé en France avec la loi Gayssot, donnant l’impression que l’argumentation était impuissante face à Faurisson et, depuis, le débat public laisse de plus en plus la place à des procédures judiciaires d’excommunication.

L’universalisme décline sous l’influence du relativisme culturel: le principe de l’égalité devant la loi s’applique à géométrie variable

C’est le grand retour du maurassisme: la tribu, le groupe, le sang, la race priment de plus en plus sur l’individu autonome, émancipé de toute dépendance, qu’avaient voulu les Lumières. Le «droit à la différence» en vogue dans les années 1980 en Europe – y compris en France, où le modèle républicain fut quasiment mis entre parenthèses – a conforté la dynamique communautaire d’Européens d’immigration récente et venus d’horizons étrangers aux principes des Lumières. La suspension de ces principes pour certaines parties de la population en raison de leurs origines s’est ainsi répandue, de la polygamie reconnue par le Conseil d’Etat en 1980 au refus des organisations musulmanes de respecter la liberté de conscience (droit de changer de religion) accepté par le ministère de l’Intérieur en 1999.

L’ «origine» prend de plus en plus le pas sur la volonté: l’individu ne s’appartient plus, il est renvoyé à une détermination étouffante. La petite-fille de Maurice Papon perd son emploi parce que son ascendance pèse plus lourd que ses mérites et talents. Le Figaro nous annonce que TF 1 confie la présentation du journal de 20 heures «à une « minorité visible »». Des élèves allemands venus dans des collèges de Seine-Saint-Denis dans le cadre d’échanges pédagogiques viennent d’être rapidement et discrètement rapatriés par le rectorat de Créteil après avoir été agressés à coups de pierres aux cris de «sales Boches!», expression qui avait disparu du paysage depuis quelques décennies.

Cette lecture par les origines, qui défait l’unicité du genre humain proclamée par les Lumières, s’insinue partout, au point de modifier des réactions qui ne devraient obéir qu’au prisme des droits de l’homme. Le comportement très variable de la presse et des politiques selon l’origine des auteurs ou victimes de faits divers constituent un bon indicateur de cette dérive. Sohane Benziane, 17 ans, qui a été brûlée vive par des machos, le 4 octobre 2002, dans un local à poubelles de la cité Balzac de Vitry, n’a eu droit ni à une manifestation de la Ligue des droits de l’homme ni à un communiqué de l’Elysée. Comme s’il était définitivement admis que les droits de la femme étaient culturellement contingents et que le sort barbare de Sohane correspondait à une manière de traiter les femmes relevant d’une jurisprudence qui ne nous regardait pas.

L’affaire Ilan Halimi aura illustré, de manière inverse, ce même empire de la lecture par les origines. Parce que, au contraire de celui de Sohane, le martyre d’Ilan Halimi a bénéficié d’un émoi communautaire, la dimension antisémite du crime a été mise en avant au travers d’un hommage officiel rendu à la synagogue. Les responsables de l’Etat se sont d’autant plus associés à cette lecture qu’ils se sentent désarmés – et peut-être davantage responsables – face à la dimension barbare du crime, révélatrice d’une culture de la violence brute qui s’est installée dans certaines parties du territoire. L’échec de la manifestation qui a suivi pourrait s’expliquer par cette communautarisation: si les Français juifs sont malheureusement habitués à l’inquiétude que provoque chez eux depuis quelques années l’installation d’un antisémitisme désormais banalisé, beaucoup de non-juifs peuvent avoir le sentiment que la menace de violences est désormais générale mais que les victimes qui ne peuvent être rattachées à un syndicat de défense des origines sont délaissées et oubliées. «Les juifs doivent résister à la tentation paranoïaque et mégalomaniaque de se croire les victimes exclusives de la nouvelle férocité», comme le souhaite Alain Finkielkraut.

Ainsi, l’agression d’une assistante sociale dans un centre d’IVG de Schiltigheim, qui a subi réellement ce que la mythomane du RER D avait inventé (violemment frappée, elle a eu son tee-shirt arraché, «Mohamed» a été écrit sur son ventre et «sale juive» sur le mur de son bureau), n’a plus guère suscité d’intérêt après qu’un enquêteur eut précisé étrangement: «Cette affaire ne s’inscrit pas dans un contexte raciste, l’assistante sociale n’est pas juive.» De même, Chahrazad, brûlée à 60% par un amoureux éconduit en novembre 2005, ne comprend pas que «des policiers soient allés jusqu’en Côte d’Ivoire pour chercher le meurtrier d’Ilan Halimi», alors que son agresseur est toujours en fuite: «Les enquêteurs sont venus me voir une seule fois, en janvier, et, depuis, plus rien. C’est comme si ce n’était qu’une voiture qui avait brûlé.»

A tous les niveaux, attitudes, jugements ou sanctions varient désormais en toute incohérence en fonction de l’origine des protagonistes. Victimes, mais aussi auteurs. David Irving a été lourdement condamné (trois ans de prison ferme) le 21 février dernier à Vienne pour des propos négationnistes tenus il y a dix-sept ans, alors qu’il avait plaidé coupable et les avait reniés et regrettés à l’audience. Mais, dans le même temps, radios, télés satellitaires et sites Internet islamistes déversent, à flot continu et en toute impunité, des insanités négationnistes bien pires.

C’est le règne du deux poids, deux mesures. Un père catholique refusant une liaison entre sa fille et un jeune musulman sera, à juste titre, voué aux gémonies de l’inhumanité raciste, tandis qu’un père musulman interdisant à la sienne de fréquenter un catholique ou un juif ou refusant de serrer la main d’une enseignante bénéficiera d’une tolérance bienveillante justifiée par sa différence culturelle. De même, le président de l’Association des imams de France peut exposer sans problème dans Libération l’infériorité naturelle de la femme et sa nécessaire soumission à l’homme, tandis que pour avoir simplement défendu le respect des femmes au foyer Christine Boutin fut renvoyée illico à Vichy.

Les Lumières savaient identifier leur ennemi («Ecrasons l’infâme»), l’Europe pense qu’il suffit d’affirmer n’avoir plus d’ennemis pour qu’ils disparaissent

Les textes et les lettres des acteurs des Lumières attestent leur inquiétude et leur attention à tout ce qui s’oppose à leurs idées. La faiblesse intrinsèque des sociétés européennes qui vivent sur leur héritage consiste à projeter régulièrement leurs propres valeurs (négociation, délibération, raison et démocratie) en direction de ceux qui les nient. Qu’il s’agisse de la politique d’ «apaisement» face au nazisme ou du pacifisme face au bloc soviétique, la tendance à l’aveuglement sur la réalité ou la dangerosité de ses ennemis semble constituer le revers d’une confiance en soi européenne faite d’un mélange d’arrogance universaliste et d’inconscience naïve.

Une nouvelle illustration en est fournie par le débat sur le «vrai islam» ou l’ «islam des Lumières». Cette préférence pour un islam rêvé est une manière de détourner les yeux de l’islam réel, comme une partie des élites détournèrent longtemps les yeux du communisme réel. Or la dynamique de l’islam mondial, depuis une vingtaine d’années, le pousse à une radicalisation et la tendance actuelle n’est pas au rapprochement, mais à l’éloignement, ainsi que le rappelle Abdelwahab Meddeb dans un texte passionnant mais pessimiste du catalogue de l’exposition Lumières!

Il y eut un mouvement des Lumières au sein des élites musulmanes à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Epoque où, parmi bien d’autres, le mufti d’Egypte Muhammad Abduh affirmait que, en cas de conflit entre la Raison et la tradition religieuse, «c’est à la Raison qu’appartient le droit de décider». De même, Qasim Amin revendiqua l’égalité de l’homme et de la femme dans une société totalement mixte. Et Ali Abderraziq proposa de renoncer au système de pouvoir de l’Etat islamique pour adopter la forme des Etats européens, séparant pouvoirs spirituel et temporel. Ce mouvement des Lumières a échoué. Abdelwahab Meddeb souligne que la rupture nécessaire, trop forte, fut d’autant plus considérée comme une trahison qu’elle consistait à s’aligner sur un univers européen de culture chrétienne censé être en retard par rapport à l’islam, qui se voit comme la forme ultime du monothéisme.

Et il y a bien, autre tabou, un rapport particulier de l’islam avec la violence. A l’origine, Mahomet fut un chef religieux et militaire allant de succès en succès par les armes, tandis que Jésus fut un homme seul et pourchassé ayant comme seule arme le verbe. Cette ambiguïté persiste avec la présence de nombreux versets du Coran appelant au meurtre des non-musulmans, versets sans équivalents dans les textes judéo-chrétiens. Ce qui se traduit par une dissymétrie fondamentale: les religions chrétiennes furent sanglantes et meurtrières en s’éloignant de leurs textes tandis que l’islam le fut en se rapprochant des siens. C’est pourquoi les partisans d’un islam pacifique proposent de réformer le Coran en le purgeant de ses versets violents contre les infidèles. Mais, pour l’instant, ces réformateurs y laissent souvent leur vie.

D’où le non-dit sur les caricatures représentant le Prophète en guerrier: elles correspondent bien à une facette historique de Mahomet à laquelle Al-Qaeda et consorts restent fidèles et il n’est pas douteux que les images télévisées répétées d’égorgements au nom d’Allah l’entretiennent auprès du plus grand nombre, comme le souligne Pascal Bruckner: «Si tous les musulmans ne sont pas terroristes, une majorité de terroristes se réclament de l’islam, entachent la réputation de leurs coreligionnaires, traînent leur religion dans la boue, le sang, les massacres.»

Car, depuis la défaite des partisans des «Lumières de l’islam», puis la chute de l’Empire ottoman, la réaction fondamentaliste n’a cessé de se répandre, bénéficiant depuis les années 1970 du renfort des pétrodollars. «L’islamisme, c’est l’islam quand il fonctionne comme une idéologie et une stratégie de pouvoir», selon la formule de Jean Daniel. Et l’un de ses vecteurs – la volonté d’imposer ses tabous et ses croyances aux autres – s’oppose radicalement au principe de relativisation religieuse des Lumières et ne cesse de progresser, puisqu’il ne vaut plus seulement pour les pays de culture musulmane, mais revendique désormais son application dans les pays issus des Lumières, comme vient de le symboliser l’affaire de la représentation du Prophète: comprenons bien que les manifestants islamistes sont hostiles non aux caricatures des religions (qu’ils pratiquent régulièrement au détriment du christianisme et du judaïsme dans leurs journaux et leurs sites avec un sens de l’ignominie sans commune mesure avec les pauvres croquis danois), mais aux caricatures de l’islam, qui, seul, mérite d’être défendu.

Le paradoxe tragique est de voir les responsables européens céder du terrain à ceux qui combattent les valeurs des Lumières, au détriment des musulmans condamnés à vivre en Occident parce qu’ils souhaitent une modernisation de l’islam. Ainsi du philosophe Abdennour Bidar, qui demande que le «choix de sa pratique, de sa croyance, de sa religion, de son mode de vie, bénéficie d’une véritable et entière reconnaissance dans la culture musulmane, ce qui n’est pas le cas»: «Aucune légitimité réelle n’a jamais été donnée à l’initiative individuelle de celui qui choisirait de ne pas respecter telle ou telle prescription de la charia.»

Mais si l’Europe avait fini par reconnaître et aider les dissidents du communisme, les dissidents de l’islam ne bénéficient pas de la même attention: ils ne sont pas écoutés, à l’instar de la députée néerlandaise d’origine somalienne Ayaan Hirsi Ali, dont le discours récemment prononcé à Berlin fut sans doute la parole la plus fidèle aux Lumières ayant émané d’un élu européen ces dernières années. De même, cette Europe, qui n’a cessé de dire, à la suite de Raymond Aron, que le sous-développement du bloc de l’Est s’expliquait par l’absence de liberté, estime inconvenant de reconnaître que celui des pays musulmans résulte aussi de cette absence de liberté, malgré les énormes revenus du pétrole. D’où l’usage rhétorique de la responsabilité du colonialisme dans ces pays qui constituent aujourd’hui la seule partie du monde uniformément résistante à la démocratie, à l’écart des échanges scientifiques et culturels, celle qui possède le moins de chercheurs et où l’on traduit le moins de livres.

Alors que les élites européennes entretiennent «une forme d’autocensure par rapport à la critique de l’islam», comme l’observe Stéphane Rozès, de l’institut CSA, les populations européennes viennent de découvrir son influence liberticide sur le sol européen. Il y a bien «opposition de valeurs» entre l’Occident et la littéralité du Coran, estime Yves Charles Zarka, professeur à la Sorbonne et l’un des rares à écrire publiquement ce que la plupart de ses collègues disent en privé. Deux conceptions antagonistes de la vie dans la cité et de la liberté individuelle, ainsi que l’a formulé lui-même le Premier ministre turc en dénonçant l’ «arrogance culturelle» de l’Europe, qui aurait cherché, selon lui, avec les caricatures, à «mettre à l’épreuve la patience du monde islamique et sa conception de la liberté».

Car cette revendication d’une différence de valeurs n’est pas niée: il suffit d’écouter, ou de lire. Ainsi de cette invraisemblable Déclaration islamique universelle des droits de l’homme, régulièrement invoquée par les organisations islamiques mais rarement consultée. Adoptée le 19 septembre 1981 à Paris, lors d’une réunion organisée par l’Unesco, cette déclaration parle pourtant d’or. C’est la négation de celle de 1789: «Les droits de l’homme de l’islam sont fortement enracinés dans la conviction que Dieu, et Dieu seul, est l’auteur de la Loi et la source de tous les droits de l’homme.» Elle se borne donc, dans la plupart des domaines, à s’en remettre à la charia.

Ce qui empêche de la lire pour ce qu’elle est, c’est un refus permanent de voir ce qui est sous les yeux. Un journal télévisé peut ainsi expliquer que les «protestations contre les caricatures dégénèrent en violences interconfessionnelles» parce que, dans plusieurs pays, les manifestants s’en sont pris à des chrétiens pour se venger des Danois. Les Verts allemands, très pointilleux sur l’homophobie, protestent contre une question posée aux nouveaux immigrés turcs pour s’assurer de leur tolérance envers les homosexuels. L’AFP, Canal + et France 2, qui ne nous avaient pas habitués à ces pudeurs, décident de censurer les «paroles provocatrices» de Fofana et les images le montrant faisant le signe de la victoire. Et, après la punition par le feu de Chahrazad, à Neuilly-sur-Marne, la Ligue des droits de l’homme publie un communiqué dénonçant «la violence et l’archaïsme des rapports de sexe dans lesquels vit encore la société française» ?
Les Lumières, fragiles, peuvent s’éteindre si elles ne sont pas défendues

Dernière différence qui nous sépare des artisans des Lumières: ils avaient conscience de la fragilité et de la contingence de leurs valeurs, parce qu’ils avaient connu l’absolutisme et le poids des préjugés qui lui préexistaient. Ils savaient qu’il fallait défendre avec conviction, et en permanence, l’esprit des Lumières. En Grande-Bretagne, où une chaîne de télévision a récemment annulé la diffusion d’un documentaire sur les abus contre les filles musulmanes pour éviter d’ «augmenter la tension communautaire», Tony Blair vient d’expliquer que son action politique était «dictée par sa conscience religieuse» et que «Dieu seul le jugerait», ce qui constitue une négation de la représentation politique se soumettant à la délibération démocratique et à la Raison.

Nous n’en sommes pas encore là en France. Mais dans ce pays où la prétention du religieux à primer ne fut défaite, non sans violence, que par la loi de 1905, l’oubli des politiques, à commencer par le président de la République, de célébrer solennellement le centenaire de cette loi – afin de «ne pas heurter les sensibilités religieuses», comme on l’expliquerait en haut lieu – constitue le signe évident d’un déficit de conviction. Dans un pays ou un directeur de journal peut désormais être licencié pour blasphème et où le producteur d’Arte Daniel Leconte, qui a reçu plusieurs fois Salman Rushdie, en vient à avouer qu’il «serait aujourd’hui difficile de refaire ces émissions», l’attitude de Jacques Chirac à l’égard de Charlie Hebdo ainsi que son pathétique périple de VRP en Arabie saoudite sans un mot contre le boycott des produits danois, confirme cette défaillance. Il n’est donc pas étonnant que le président de la République vienne de recevoir – non pas d’islamistes, mais de l’intégralité des représentants de l’ «islam modéré» du Conseil français du culte musulman mis en place par Nicolas Sarkozy – une pétition lui demandant une loi rétablissant l’interdiction du blasphème, abrogée en 1791. Cette demande que soit réprimée «l’insulte et la diffamation sur Dieu et ses prophètes» n’est d’ailleurs pas dénuée de menaces, puisqu’elle précise qu’une telle loi est désormais nécessaire pour empêcher la «diffusion d’un esprit malsain risquant de porter atteinte à l’ordre public». Un député UMP s’est déjà empressé de traduire cette requête en proposition de loi édictant que «tout discours, cri, menace, écrit imprimé, dessin ou affiche outrageant, portant atteinte volontairement aux fondements des religions, est une injure».

Voltaire n’est plus là pour répliquer. Qui reprendra sa réponse, que l’on peut lire sous une vitrine à l’exposition Lumières!: «Le droit de dire et d’imprimer ce que nous pensons est le droit de tout homme libre, dont on ne saurait le priver sans exercer la tyrannie la plus odieuse»?

Voir aussi:

Il y a trois jours, le groupe Daech en Lybie décapitait froidement 21 coptes égyptiens. Pourquoi ? Pas parce qu’ils étaient égyptiens, mais parce qu’ils étaient coptes, c’est-à-dire chrétiens, et pour aucune autre raison.

Blois, le 20 février 2015

D’où vient le fait qu’il paraît impossible à certains de nos dirigeants de reconnaître qu’il y a des pays où les chrétiens sont persécutés ou même assassinés parce qu’ils sont chrétiens, et non parce qu’ils sont égyptiens ou libyens ?

« Nommer les victimes »

Il y a quatre-vingts ans, en Allemagne, le régime nazi persécutait les Juifs, et la volonté d’Hitler était de les supprimer tous. Pourquoi ? Simplement parce qu’ils étaient juifs, et pour aucune autre raison.

Il y a trois jours, le groupe Daech en Lybie décapitait froidement 21 coptes égyptiens. Pourquoi ? Pas parce qu’ils étaient égyptiens, mais parce qu’ils étaient coptes, c’est-à-dire chrétiens, et pour aucune autre raison.

Au cas où on en aurait douté, ceux qui ont vu la vidéo diffusée sur internet pouvaient y lire que ces 21 malheureux étaient mis à mort parce qu’ils faisaient partie, je cite, « du peuple de la croix fidèle à l’Église égyptienne ennemie. »

C’est pourquoi personne ne peut être fier du communiqué de l’Élysée condamnant, je cite, « avec la plus grande fermeté l’assassinat sauvage de 21 ressortissants égyptiens ». Non, personne ne peut être fier de ce communiqué, parce qu’il ne fait pas honneur à notre pays.

Comme l’a rappelé Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient : « Quand on porte atteinte à des juifs danois ou français, il est bien sûr important de rappeler qu’ils sont danois ou français, mais il faut aussi souligner qu’ils ont été tués parce que juifs. En Libye, il est très clair que c’est contre des chrétiens que Daech a voulu agir, que leur foi était visée ».

D’où vient le fait qu’il paraît impossible à certains de nos dirigeants de reconnaître qu’il y a des pays où les chrétiens sont persécutés ou même assassinés parce qu’ils sont chrétiens, et non parce qu’ils sont égyptiens ou libyens ? Reconnaître cela serait-ce attentatoire à la laïcité ? J’affirme aujourd’hui haut et fort que si – ce qu’à Dieu ne plaise – certaines personnes le pensent, même et surtout si elles ont de hautes responsabilités au sommet de l’État, ce n’est pas à leur honneur, ni à l’honneur de la France. Et la situation du monde est trop grave en ce moment pour que, chrétiens ou non, nous puissions nous résigner à avoir honte de notre pays.

Voir encore:

Qui est Mohammed Emwazi, le bourreau anglais qui se cachait derrière « Jihadi John » ?
Métronews

26-02-2015 21:03

TERRORISME – Le bourreau masqué qui apparaît dans plusieurs vidéos d’exécutions de l’Etat Islamique et se faisait surnommer « Jihadi John » a été identifié par la presse. Diplômé en informatique, il est issu d’une famille aisée de Londres.

Il se cachait derrière le surnom « Jihadi John », un pseudo qu’on lui a attribué alors qu’il surveillait des otages occidentaux, à la tête d’un petit groupe de djihadistes se faisant appeler « Les Beatles ». Depuis août 2014, il est apparu dans de nombreuses vidéos d’assassinats revendiquées par l’Etat Islamique (EI), proférant des menaces avec un fort accent de la banlieue de Londres. Ce jeudi, les journaux britanniques et américains ont révélé son identité. Il s’agit de Mohammed Emwazi.

Âgé de 26 ans, le djihadiste présumé né au Koweit a été élevé dans l’ouest de Londres, au sein d’une famille aisée. Diplômé en informatique de la faculté de Westminster, il aurait gagné la Syrie en 2012 avant de rejoindre l’Etat Islamique. Mais la première fois qu’il est repéré par les autorités britanniques, c’est en 2009, lors d’un voyage en Tanzanie au cours duquel il est soupçonné de vouloir se rendre en Somalie. Il n’y parviendra pas : rattrapé par la police, il est emprisonné et ramené vers la Grande-Bretagne.

Figure incontournable

Ce que l’on connait surtout de lui, à présent, c’est sa silhouette. Toujours vêtu de noir et armé d’un couteau, le visage couvert, il apparaît dans au moins sept vidéos d’exécutions. Décidément pas à cours d’alias, il adopte pour nom de guerre Jalman Al-Britani dès sa première apparition dans une vidéo : celle de l’assassinat de James Foley. Suivent celles de Steven J. Sotloff, de David Cawthorne Haines, du chauffeur de taxi britannique Alan Henning et du travailleur social américain Peter Kassig. Devenu figure incontournable du groupe EI, on l’a vu dernièrement dans la vidéo avec les otages japonais, peu avant qu’ils ne soient tués.

Son identification par la presse a été confirmée par Shiraz Maher, l’un des experts britanniques des mouvements djihadistes. Pour lui, le parcours de Mohammed Emwazi démontre que les djihadistes ne sont pas uniquement issus de la pauvreté et de l’exclusion.

Du côté de Scotland Yard, on se refuse à confirmer le nom du suspect, faisant valoir que « l’enquête est toujours en cours » et ne voulant pas compromettre la traque d’un des combattants les plus recherchés de l’EI.


Polémiques Reynié-Cukierman: Ils ont dit la vérité, ils doivent être exécutés (French researcher and community leader castigated for spilling the beans on the reality of Muslim and leftist antisemitism)

25 février, 2015

Il est tout à fait légitime pour le peuple américain d’être profondément préoccupé quand vous avez un tas de fanatiques vicieux et violents qui décapitent les gens ou qui tirent au hasard dans un tas de gens dans une épicerie à Paris. Barack Hussein Obama
Le Président de la République condamne avec la plus grande fermeté l’assassinat sauvage de 21 ressortissants égyptiens, otages de Daech en Libye. Il dénonce l’appel au meurtre et à la haine religieuse des terroristes. Il exprime sa préoccupation face à l’extension des opérations de Daech en Libye et rappelle la détermination de la France et de ses alliés à lutter contre ce groupe. Le Président de la République présente ses sincères condoléances au peuple égyptien et s’associe au deuil national que le président Sissi a décrété en République Arabe d’Egypte. François Hollande (commuiniqué de l’Elysée, 15.02.15)
C’est le comportement de quelqu’un qui ne pense plus en français… qui pense dans la langue de la finance internationale. Jean-Luc Mélenchon (sur Pierre Moscovici, 23.03.13)
Je pense qu’à partir du moment où un mouvement d’extrême droite fait 45% et professe la haine de l’autre ce n’est pas anodin. (…) Il faut bien comprendre qu’à partir du moment où l’on stigmatise tel ou tel dans la vie, dans la société, eh bien, ça se termine comme ça. Jean-Christophe Cambadélis
La France comprend trois foyers d’expression de l’antisémitisme très forts. Le premier, ce sont les proches du Front National et les électeurs de Marine Le Pen […] Le deuxième groupe, c’est parmi les Français musulmans […] Et puis le troisième groupe ce sont les proches du Front de gauche et les électeurs de Jean-Luc Mélenchon 2012, où là aussi on trouve, à un dégré moindre, et sur des ajustements ou, je dirais des agencements différents, l’expression d’un antisémitisme fort. (…) On a [dans ce groupe] une adhésion beaucoup plus forte que la moyenne à des préjugés qui relèvent de cet antisémitisme anticapitaliste et antiglobalisation. Cette idée que les juifs contrôlent l’économie. Qu’il y a un capitalisme cosmopolite, que le monde de la finance est un monde cosmopolite. Dominique Reynié
Toutes les violences aujourd’hui sont commises par des jeunes musulmans, et bien sûr c’est une toute petite minorité de la communauté musulmane et les musulmans en sont les premières victimes. Roger Cukierman
En octobre 2004, dans son rapport intitulé Chantier sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, Jean-Christophe Rufin notait une diminution du rôle de l’extrême droite dans la responsabilité des violences antisémites et, en revanche, une augmentation de celui d’une frange de la jeunesse issue de l’immigration. (…) L’intérêt de la seconde enquête est de vérifier l’hypothèse d’un nouvel antisémitisme, avancée il y a presque quinze ans par Pierre-André Taguieff et reprise par Jean-Christophe Rufin dans son rapport de 2004. Il s’agit donc de savoir si les musulmans vivant en France sont plus ou moins susceptibles que la moyenne de la population nationale à partager des préjugés contre les Juifs, voire à développer une vision antisémite. (…) Enfin, pour comprendre ce regain des mauvaises pensées, il faut compter avec l’influence majeure d’un nouvel acteur, le Web, dont le rôle est rapidement devenu déterminant dans le domaine de l’information mais aussi de l’engagement politique, de la mobilisation militante et de la prise de parole en général et de type protestataire en particulier. La force du Web est décuplée par ses vertus apparentes et pour partie réelles: égalitarisme, spontanéisme, authenticité, immédiateté, universalité… Mais ce nouvel espace public est fortement porté par la possibilité singulière d’émettre des messages, des opinions, de les recevoir, de les partager, sans avoir nécessairement à décliner son identité, c’est-à-dire sans devoir engager sa responsabilité. Dans toute l’histoire de la liberté de la presse et de la liberté d’opinion, c’est une situation inédite. Ces outils offrent aux antisémites et aux racistes un statut d’extraterritorialité et, finalement, une impunité de fait, qui ne permet plus aux États de droit ni d’assurer la défense des valeurs humanistes ni de punir ceux qui se rendent coupables de les transgresser. (…) Il y a les opinions et il y a les agressions. En France, jamais nous n’avons réussi à descendre au-dessous de la barre de 400 actes antisémites par an depuis le début des années 2000, et l’année 2014 connaît une augmentation impressionnante (+ 91 %). Ainsi, de janvier à juillet 2014, comparativement à la même période en 2013, on a relevé 527 actes antisémites contre 276. La moitié des actes racistes sont des actes contre les Juifs, qui représentent probablement moins de 1 % de la population. Sur le Web, on note l’installation d’un antisémitisme déchaîné. Au cours de l’été 2014, lors des manifestations contre l’intervention israélienne dans la bande de Gaza, des slogans «Mort aux Juifs !» ont été entendus à Paris, place de la République; à Sarcelles, ces cris ont débouché sur la mise à sac de commerces au motif qu’ils appartenaient à des Juifs. Une synagogue a été attaquée. Il en va de même pour les actes atroces commis récemment: l’assassinat, en 2006, d’Ilan Halimi par le gang de Youssouf Fofana; celui, en 2012, de Jonathan Sandler et des enfants Gabriel Sandler, Arieh Sandler et Myriam Monsonego par Mohammed Merah, également meurtrier des malheureux Imad Ibn Ziaten, Mohamed Legouad et Abel Chennouf; puis, en 2014, la tuerie de Bruxelles perpétrée par Mehdi Nemmouche. Ne confondons pas ces drames avec des faits sans cause. Ils sont de notre époque et nous disent donc nécessairement de quoi elle est faite. (…) Parmi les informations que nous apporte cette enquête, l’un des points à retenir est certainement le fait que 16 % seulement des personnes interrogées se disent d’accord avec l’affirmation selon laquelle, en France, «il y a plus de problèmes d’antisémitisme que de problèmes de racisme». Autrement dit, 59 % des personnes estiment le contraire, ce qui s’oppose à l’évidence des données sur les agressions antisémites. En France, les actes antisémites constituent 50 % de tous les actes racistes, tandis que la communauté juive représente moins de 1 % de la population nationale. Il faut donc noter que, du point de vue du public, les agressions antisémites ne suscitent pas l’écho et la mémorisation auxquelles on pourrait s’attendre compte tenu de la nature des faits et de leur gravité (…) Selon notre enquête, de tous les partis politiques et des publics qu’ils fédèrent autour d’eux, les sympathisants du Front national et les électeurs de Marine Le Pen constituent l’univers politique et partisan où l’on trouve, et de très loin, le plus d’opinions antisémites et xénophobes. Les sympathisants du FN et ses électeurs ressemblent davantage au discours du fondateur du parti qu’au discours plus policé que sa nouvelle présidente s’efforce de mettre en scène. (…) Les musulmans répondants sont deux à trois fois plus nombreux que la moyenne à partager des préjugés contre les Juifs. La proportion est d’autant plus grande que la personne interrogée déclare un engagement plus grand dans la religion. Ainsi, lorsque 19 % de l’ensemble des personnes interrogées indiquent adhérer à l’idée selon laquelle «les Juifs ont trop de pouvoir dans le domaine de la politique», le taux grimpe à 51 % pour l’ensemble des musulmans. Cette question permet d’illustrer les effets de la pratique religieuse sur l’adhésion aux items antisémites: en effet, l’adhésion à cet item est de 37 % chez les personnes qui déclarent une «origine musulmane», de 49 % chez les musulmans croyants» et de 63 % chez les «musulmans croyants et pratiquants». (…) l’idée selon laquelle le sionisme « est une organisation internationale qui vise à influencer le monde», si typique de la vision antisémite, suscite un niveau d’approbation très élevé parmi les musulmans interrogés (44 %), contre 16 % en moyenne de la population âgée de 16 ans et plus. On voit encore ici que la proportion croît avec le degré d’implication religieuse. L’existence d’un complot sioniste est de 30 % chez ceux qui déclarent une «origine musulmane», de 42 % chez les « musulmans croyants » et de 56% chez les «musulmans croyants et pratiquants ». (…) Les préjugés contre les Juifs sont plus répandus au sein de la mouvance du Front de gauche que dans l’ensemble de la société française, mais ils sont moins répandus que dans la mouvance du Front national. Dominique Reynié
Les musulmans sont pris pour cible, ça suffit ! L »‘islamo-fascisme » cautionné par Roger Cukierman, c’est une « terminologie d’une autre siècle et d’autres horizons que les nôtres. Dalil Boubakeur
Considérer que toutes les violences aujourd’hui sont commises par des jeunes musulman sont des déclarations irresponsables et inadmissibles quii contreviennent au principe même du vivre ensemble. Communiqué du Conseil français du Culte Musulman (CFCM)
Bien sûr, on a toutes les bonnes raisons d’être méfiant à l’égard de Dominique Reynié, politocrate omniprésent, et de sa tambouille sondagière. Ses attaques assez ignobles contre Mélenchon, proférées sur le complaisant plateau de France Inter (1) sans déclencher d’autre réaction qu’une timide objection de Thomas Legrand. Les questions à la mords moi le noeud de son sondage Internet. Ses phrases qu’il faudrait découper au scalpel pour en analyser les manipulations, comme par exemple sa dénonciation de « cette idée que les juifs contrôlent l’économie, qu’il y a un capitalisme cosmopolite, que le monde de la finance est un monde cosmopolite ». Ces trois propositions (relisez-les bien) énoncées toutes les trois dans la même phrase, passez muscade, sans déclencher, cette fois, la moindre objection de Patrick Cohen. Daniel Schneidermann
Dans la série « les grands vieillards se lâchent », après Tesson, après Dumas, voici Roger Cukierman. Roger Cukierman, 79 ans, est le président du CRIF, le conseil représentatif des institutions juives de France. Qui représente-t-il exactement ? Qui l’a élu ? Qui le renouvelle à son poste ? Personne ne le sait exactement, mais il est là, il a micro ouvert, et une fois l’an, c’est lui qui invite à un dîner de gala les huiles de la République (largement aux frais du contribuable, d’ailleurs. Le carton d’invitation, mentionnant le prix de 900 euros par couvert, ouvrant droit à une déduction fiscale de 800 euros, fait les délices d’une partie de l’islamosphère. Cukierman, lundi matin, est donc invité d’Elkabbach. Et entre autres énormités, il dit deux choses. Premièrement que sur le plan de l’antisémitisme, Marine Le Pen est « personnellement irréprochable », même si quelques légers antécédents dans son parti empêchent malencontreusement son invitation au dîner annuel. Deuxièmement, que les violences antisémites sont toutes « commises par des jeunes musulmans », même si c’est « une toute petite minorité des musulmans français ». N’empêche qu’il faut absolument que « les musulmans eux-mêmes se mobilisent pour les contrer ».(…) Si on était très mauvais esprit, on serait tenté de conclure que « tous les dérapages islamophobes sont commis par des gérontes juifs ». Ce n’est certes « qu’une toute petite minorité de la communauté juive française ». N’empêche qu’il serait bienvenu « que les Juifs eux-même se mobilisent pour les contrer ». Daniel Schneidermann
Et voilà que Roger Cukierman s’avise soudainement (…) de dire des banalités : d’abord, les violences antijuives sont très majoritairement commises par des musulmans, deuxio que Marine Le Pen, sur ce point est irréprochable – bon, je n’aurais peut-être pas dit irréprochable, mais je dois être plus politique que lui. Ces propos déclenchent un charivari indescriptible et la défection bruyante de Boubakeur. Mais le véritable scandale, celui qui déclenche des réactions furibardes de Jack Lang à Sarkozy, c’est le quitus accordé à Cukierman à Marine Le Pen, comme si, en la lavant du soupçon d’antisémitisme, il risquait de faire sauter la dernière digue qui empêche pas mal d’électeurs, et pas seulement les juifs, de voter FN. L’indignation enfle de toutes parts jusqu’à ce que, le lendemain, Cukierman fasse piteusement repentance en jurant qu’on l’a mal compris et en affirmant que Marine Le Pen n’est finalement pas si irréprochable que cela. La franchise de Cukierman me semble à vrai dire plus honorable que sa reddition. Qu’il ait été lynché pour avoir dit des vérités ou en tout cas des choses raisonnables prouve, si besoin est, que le déni de réel est en passe de devenir un devoir civique. Elisabeth Lévy
Je ne comprends pas que la France puisse être membre de l’OTAN et qu’un des pays membres, la Turquie, refuse de lutter contre Daesh. Je ne comprends pas qu’on puisse avoir des doutes sur un double jeu du Qatar. S’il y a des doutes sur le Qatar, le Qatar doit lever ces doutes. Je ne comprends pas que tant de chefs d’État qui viennent défiler n’envoient pas de soldats au Mali. (…) En 2012, j’ai demandé une mission d’information parlementaire sur les liens entre le Qatar et des réseaux terroristes. Elle m’a été refusée. Bruno Le Maire
Il fallait bien que les contradictions inhérentes à ce positionnement finissent par éclater : on ne peut à la fois envoyer des militaires français au Mali, au Niger ou en Centrafrique pour faire obstacle à la création de califats djihadistes dans ces pays ou à leurs frontières et cajoler les régimes qui financent et arment ces mêmes djihadistes. On arrive à l’absurdité d’une France participant à la coalition contre Daesh autorisant des frappes aériennes en territoire irakien, alors qu’elle refuse les mêmes frappes contre les mêmes ennemis en territoire syrien, au motif que cela favoriserait Bachar el-Assad. Par ailleurs, seuls les naïfs et les ignorants (ce qui finit par faire du monde) peuvent être surpris par les violentes manifestations antifrançaises intervenues au Niger et au Mali à la suite de la publication du Charlie historique post-attentat. (…) Mais la guerre idéologique menée par nos « amis » saoudiens et qataris est une guerre mondiale. Pendant que des « Louvre Abu Dhabi » ou « Sorbonne-Qatar » sont en chantier dans des conditions financières et de contenu pour le moins opaques, les monarchies du Golfe investissent des millions d’euros dans des institutions « culturelles » islamiques en France et en Europe pour y diffuser l’islam des wahhabites ou des Frères musulmans, dont la compatibilité avec la laïcité française est pour le moins problématique. Ainsi, à Lyon, le recteur de la grande mosquée, Kamel Kabtane, farouche opposant au CFCM de Dalil Boubakeur, met les pouvoirs publics sous pression : il veut son « Institut des cultures musulmanes » accolé à la Grande Mosquée, un projet pharaonique à 800 millions d’euros. Si l’État, la Région, la Ville ne mettent pas la main à la poche, le Qatar est disposé à le financer… (…) L’étrange convergence entre Hollande et Sarkozy dans le déni du double jeu des monarchies pétrolières, notamment du Qatar, commence à faire des vagues en France même. Luc Rosenzweig
The Toulouse massacre did not bring French anti-Semitism to a halt. It actually increased. (…) The immediate reason for Jewish pessimism in France (…) may be the Toulouse massacre last March: the murder in cold blood of three Jewish children and a Jewish teacher by Mohamed Merah, a Muslim terrorist, on their school’s premises. This crime, instead of instilling more compassion and understanding towards the Jewish community, has actually generated more anti-Jewish violence and hate talk, as if Merah was not seen as a vile thug but rather as a model by parts of the population. There were no less than six cases of aggravated assault on Jewish youths or rabbis in France from March 26 to July 5, including one case in Toulouse again. According to the Representative Council of French Jewish Organizations (CRIF), anti-Semitic incidents of all sorts have increased by 53% compared to the same period last year. (…) The connection between Muslim immigration — or Muslim-influenced Third World immigration — and the rise of a new anti-Semitism is a fact all over Europe. Muslims come from countries (or are culturally attuned to countries) where unreconstructed, Nazi-style Jew-bashing dominates. They are impervious to the ethical debate about the Holocaust and the rejection of anti-Jewish stereotypes that were gradually incorporated into the European political discourse and consciousness in the second half of the 20th century (to the point that lessons on the Holocaust are frequently dropped from the curriculum at schools with a plurality or a majority of Muslim pupils), and are more likely than non-Muslims to engage in assaults, attacks, or harassment practices directed at Jews. Moreover, Muslim anti-Semitism reactivates in many places a dormant, but by no means extinct, non-Muslim European anti-Semitism. Once Muslims are unopposed, or at least unprosecuted, when they challenge the historical veracity of the Holocaust or when they refer to the The Protocols of the Elders of Zion as an authentic document, a growing number of non-Muslims feel free to do the same. (…) Muslim immigration is nurturing European anti-Semitism in more surprising ways as well. One unintended and ironic consequence of European Islam’s demographic growth is that Jews are frequently amalgamated with Muslims. Many people use a widespread concern about a growing influence of Islam in Europe as a way to hurt Jews as well, or to hit them first. (…)  to wrest Europe or any historically Christian part of the world from Christianity; recognizes the supremacy of state law over religious law in non-ritual matters; and sees Western democracy — a polity based on the rule of law — as the most legitimate political system. But Europeans are not culturally equipped to understand such nuances or to keep them in mind (far less than the Americans, who are more religious-minded, more conversant in Biblical matters, and more familiar with the Jewish way of life). (…) And what usually originates as a reaction against difficulties linked to radical brands of Islam quickly evolves into a primarily anti-Jewish business. (…) Earlier this year in France, during the last months of the conservative Sarkozy administration, a debate about the rapidly growing halal meat industry led to attacks against the kosher meat industry as well, complete with uncomely remarks about “old-fashioned rituals” by then-Prime Minister François Fillon. While Fillon subsequently “clarified” his views, the Sarkozy administration upheld its support for some kind of “tagging” of “ritually slaughtered meat,” a European Union-promoted practice that would prompt commercial boycott of such food and thus make it financially unaffordable for most prospective buyers. Since kosher meat regulations are much stricter than halal meat regulations, religious Jews would be more hurt at the end of the day than religious Muslims. (…) In Germany, a rare case of malpractice by a German Muslim doctor in a Muslim circumcision led a court in Cologne to ban circumcision on children all over Germany on June 19, on the quite extravagant grounds that only legal adults may decide on issues irreversibly affecting their body, except for purely medical reasons. Which is tantamount, in the considered issue, to denying parents the right to pass their religion to their children. Conservative Chancellor Angela Merkel immediately filled a bill to make religious circumcision legal in Germany, and it was passed on July 19 by the Bundestag (somehow, German conservatives are nowadays more genuinely conservative than, say, their French counterparts). But according to a YouGov poll for the DPA news agency released at about the same moment, 45% of Germans support the ban, while only 42% oppose it. In an even more ominous instance, Judaism has been singled out in a protracted intellectual debate in France since early June, as the fountainhead, past and present, of totalitarianism and political violence and thus as a more dangerous religion than radical Islam. Michel Gurfinkiel
Le président du CRIF crève, enfin, l’abcès (…) Aujourd’hui, il n’y a pas de tuerie au nom de Jésus ou de YHVH, ni même au nom d’Israël puisque si morts d’enfants il y a eu à Gaza comme le dénoncent les tueurs de juifs en France, à Copenhague, à Bruxelles, ces morts n’ont jamais été fait sciemment mais par accidents non voulus suite au refus forcené des Arabes à refuser le fait juif pensé en tant que Nation indépendante et non pas seulement en tant que peuple du « livre » qui doit être toléré mais dominé parce que déviant comme l’indiquent les textes coraniques ; rappelons que c’est bien les arabo-musulmans qui ont refusé la partition de 1947 et non les Juifs, et, aujourd’hui, en Syrie il y aurait 210.000 tués, 3 millions de Syriens exilés, 10 millions en exode au sein même du pays, soit une situation bien pire qu’en 47 en Palestine ; aussi, dire déjà cette vérité, là, de la part de ces dirigeants musulmans seraient un bien grand pas en avant vers ce fameux « vivre ensemble » dont se réclament ces dirigeants musulmans français. Car si, en effet, il n’y a pas eu, en France, de délation opérée par des musulmans sous Vichy contre les Juifs, il ne s’ensuit pas qu’en Algérie, en Égypte, en Syrie, en Irak, au Maroc, et ce sous loi islamique, il n’y ait pas eu des délations et des meurtres de Juifs ; la preuve ? Outre ces divers pogromes dont a parlé un Albert Memmi, des centaines de milliers ont dû s’enfuir d’Algérie parce qu’ils ne voulaient pas devenir des citoyens de seconde zone comme le sont devenus les Algériens eux-mêmes qui l’ont prouvé en venant massivement en France (…). N’oublions pas tous les juifs qui ont été jetés dehors des pays arabo-musulmans depuis la naissance d’Israël. Lucien Oulahbib
Longtemps, on a nié que l’antisémitisme puisse tuer en France. Longtemps, on l’a guetté du côté de l’extrême droite, qui avait, en effet, une longue tradition de haine des Juifs. Est-ce parce que le nouvel antijudaïsme criminel ne vient plus de ce côté, qu’on a tant cherché à en nier la réalité ? Brice Couturier
Roger Cukierman (…) n’a fait que dire une triste évidence – tous les islamistes étant musulmans (…) Je vis ce qui s’est passé hier comme une régression intellectuelle et politique surréaliste après une saignée de janvier qui a montre dramatiquement ce que je dis depuis des lustres: la violence anti-juive est le produit de l’islamo-gauchisme. La détestation d’Israël ( comme l’a reconnu enfin Hollande hier) est son moteur moderne. L’antisémitisme issu de l’extrême droite, pour exister encore, est subalterne. Ce qui est scandaleux, c’est que les propos de Roger Cukierman fassent encore scandale: cela prouve la force de frappe de l’idéologie gauchisante: depuis qu’elle est présidente du FN, Marine Le Pen n’a fait effectivement aucune déclaration anti juive qu’on puisse lui reprocher. Au rebours de son père, elle est sortie définitivement de l’ambiguïté a l’égard de la réalité et des horreurs de la Shoah. Ne pas en prendre acte c’est se montrer, en creux , nostalgique de l’extrême droite d’antan et des petits frissons shoatiques. En ce qui concerne le FN , en revanche, celui ci n’a pas achevé son aggiornamento. Il conserve en son sein des personnalités notoirement antisémites ou proches du Hezbollah. Il doit choisir. (…) Le CRIF (…) paie a présent son tribut au politiquement correct et au fait d’avoir choisi de faire, à chaque fois, un pas en avant, un pas en arrière. J’exhorte depuis trop longtemps la communauté organisée à sortir de son hémiplégie morale et politique. Il est littéralement insensé après tout ce qui c’est passé, que le Parti Communiste (dont de nombreuses municipalités ont fait citoyens d’honneur des terroristes tueurs de juifs) et les Verts ( dont certains membres ont participé aux manifestations sur Gaza qui ont viré a la haine et aux exactions anti juives ) soient invités et pas le FN! Gilles-William Goldnadel 

Attention: un scandale peut en cacher un autre  !

A l’heure où contre les clients d’une épicerie parisienne « tués au hasard » de Barack Obama et les « Egyptiens égorgés » de François Hollande …

Nos djihadistes ne savent plus quoi inventer pour démontrer l’origine religieuse de leurs barbaries …

Pendant qu’en France comme Grande-Bretagne et sans compter le double jeu de nos prétendus amis saoudiens et qataris, il semble bien que contrairement à ce qu’on essaie de nous faire croire, ce soit non l’incitation du FN que les attaques djihadistes comme les déchainements de violence verbale des manifestations anti-israéliennes qui entrainent les regains d’actes antisémites …

Et qu’un chercheur et un responsable communautaire se voient mis au pilori pour avoir, dix ans après le Rapport Rufin, rappelé l’évidence …

A savoir la surreprésentation des musulmans dans les violences intercommunautaires …

Comme, sans compter le quitus ô combien coupable accordé sur ce point précis à la présidente du FN, celle des Français d’origine musulmane et des proches de l’extrême-gauche dans les opinions antisémites …

Comment ne pas se demander avec le journaliste de radio Brice Couturier …

Si ce n’est pas « parce que le nouvel anti-judaïsme criminel ne vient plus de ce côté, qu’on a tant cherché à en nier la réalité » ?

Et ne pas voir, avec l’avocat Gilles-William Goldnadel, le vrai scandale que « de tels propos puissent faire encore scandale » ?

Goldnadel : le scandale est que les propos de Cukierman fassent encore scandale !
Propos recueillis par Vincent Tremolet de Villers
Le Figaro
24/02/2015

FIGAROVOX/ENTRETIEN- L’avocat Gilles-William Goldnadel réagit aux polémiques provoquées par les déclarations de Roger Cukierman sur le Front National et les musulmans. Il revient sur le dîner du Crif.

Gilles- William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l’association France-Israël. Il tient une chronique hebdomadaire sur FigaroVox.

Le diner du Crif a provoqué une sérieuse polémique entre Roger Cukierman et le CFCM. M. Boubakeur a-t-il eu raison de ne pas se rendre au dîner? Roger Cukierman a-t-il eu tort de pointer du doigt les musulmans?

Il me semble que Roger Cukierman avait pris la précaution de préciser que les jeunes musulmans visés étaient ultra minoritaires. Dès l’instant ou il n’a fait que dire une triste évidence – tous les islamistes étant musulmans – et dans les circonstances actuelles, la décision de M. Boubakeur est déplorable et étonnante venant d’une personnalité aussi respectable.

En ce qui concerne l’antisémitisme Marine Le Pen est elle selon vous «irréprochable» comme l’a dit Roger Cukierman?

Je vis ce qui s’est passé hier comme une régression intellectuelle et politique surréaliste après une saignée de janvier qui a montre dramatiquement ce que je dis depuis des lustres: la violence anti-juive est le produit de l’islamo-gauchisme. La détestation d’Israël ( comme l’a reconnu enfin Hollande hier) est son moteur moderne. L’antisémitisme issu de l’extrême droite, pour exister encore, est subalterne. Ce qui est scandaleux, c’est que les propos de Roger Cukierman fassent encore scandale: cela prouve la force de frappe de l’idéologie gauchisante: depuis qu’elle est présidente du FN, Marine Le Pen n’a fait effectivement aucune déclaration anti juive qu’on puisse lui reprocher. Au rebours de son père, elle est sortie définitivement de l’ambiguïté a l’égard de la réalité et des horreurs de la Shoah. Ne pas en prendre acte c’est se montrer, en creux , nostalgique de l’extrême droite d’antan et des petits frissons shoatiques. En ce qui concerne le FN , en revanche, celui ci n’a pas achevé son aggiornamento. Il conserve en son sein des personnalités notoirement antisémites ou proches du Hezbollah. Il doit choisir.

Depuis qu’elle est présidente du FN , Marine Le Pen n’a fait effectivement aucune déclaration anti juive qu’on puisse lui reprocher. Au rebours de son père , elle est sortie définitivement de l’ambiguïté a l’égard de la réalité et des horreurs de la Shoah.

François Bayrou refuse de s’y rendre, le FN n’y est jamais invité, Nicolas Sarkozy y est resté une demi heure…Ce qui devait être un dîner de rassemblement n’est-il pas devenu un rendez vous politicien et même polémique?

Je ne me rends plus aux dîners du CRIF depuis trois ans. Celui-ci paie a présent son tribut au politiquement correct et au fait d’avoir choisi de faire, à chaque fois, un pas en avant, un pas en arrière. J’exhorte depuis trop longtemps la communauté organisée à sortir de son hémiplégie morale et politique. Il est littéralement insensé après tout ce qui c’est passé, que le Parti Communiste ( dont de nombreuses municipalités ont fait citoyens d’honneur des terroristes tueurs de juifs) et les Verts ( dont certains membres ont participé aux manifestations sur Gaza qui ont viré a la haine et aux exactions anti juives ) soient invités et pas le FN! J’ai toujours dit a Roger Cukierman: «ou tous les extrêmes ou aucun!»… Quand on est incohérent et louvoyant, on le paye. La facture est arrivée.

Voir aussi:

A nouveau, l’antisémitisme tue en France 
Brice Couturier

France Culture

23.02.2015

Après la destruction du Temple et de la ville de Jérusalem par le général romain Titus, fils de l’empereur Vespasien, en l’an 70 de notre ère, et l’extermination d’un quart de la population vivant alors en Palestine, les Juifs survivants furent dispersés aux quatre coins de la Méditerranée. Comment un peuple peut-il survivre à 19 siècles de dispersion, « comme autant de fines gouttelettes d’huile sur les eaux profondes des autres civilisations », selon l’expression de Fernand Braudel ? Par quel miracle, a-t-il ensuite réchappé à l’entreprise d’extermination hitlérienne ? Puis à son expulsion, au cours des années 50 et 60, des pays arabes où les Juifs vivaient depuis des siècles ? Shmuel Trigano a une explication : les Juifs sont à la fois un peuple et une église – le judaïsme. Ca aide à persister. « Quand le peuple se dispersa dans l’exil, c’est l’église qui prédomina et assura l’unité des dispersés. » (Quinze ans de solitude, p. 31) Et réciproquement.

Les Juifs de France furent émancipés par la Révolution à titre individuels, en tant que citoyens. C’était sous-entendre qu’ils allaient se fondre dans cette humanité sans appartenances dont avaient rêvée nos philosophes. Comme on sait, les choses se passèrent autrement : les citoyens devinrent des patriotes et notre Révolution déboucha sur une idéologie toute nouvelle, le nationalisme. Toute l’Europe s’y convertit au cours du XIX° siècle, amenant les Juifs à se demander où était leur place au juste dans cette configuration nouvelle, l’Etat-nation. L’empereur Napoléon 1°, en tirant les conséquences, leur commanda de s’organiser, face à son Etat, sous la forme d’un Consistoire. C’est à cette occasion que naît, d’après vous, la légende du « complot juif mondial ».

Si on ajoute le fait que les Juifs, après avoir longtemps hésité sur la meilleure façon d’échapper aux persécutions – ont été le dernier peuple en Europe à vouloir s’émanciper par la construction d’un Etat-nation, mais qu’ils y sont parvenus au moment même où en Europe, cette conception avait du plomb dans l’aile pour cause de guerres mondiales, on conçoit que la situation n’est pas simple.

C’est que nous vivons sous l’empire de l’idéologie de la déconstruction, que vous avez remarquablement décrite dans un petit livre à recommander, « La nouvelle idéologie dominante ». Et que cette idéologie sape de manière prioritaire la démocratie représentative dans le cadre de l’Etat-nation, pour lui substituer le dialogue entre des communautés, la « démocratie participative » qui offre une prime aux minorités. Minorités, qui « ne sont plus définies en fonction d’un critère quantitatif, mais qualitatif : elles désignent une situation réputée dominée et victime ».

Les Juifs pourraient facilement s’intégrer dans ce jeu nouveau, eux que l’histoire européenne reconnaît depuis quelques temps comme les victimes les plus absolues du XX° siècle. C’est un jeu que vous refusez, Shmuel Trigano, car il enclenche un processus de concurrence victimaire avec d’autres « minorités ». Et qu’une telle histoire, outre qu’elle confinerait les Juifs à ce statut de victimes, ferait d’eux les simples objets d’une histoire écrite par leurs persécuteurs.

En outre, comme vous le montrez, la Shoah, en passant du registre de l’histoire des Juifs d’Europe à une forme de sacralité occidentale, est devenue une abstraction qu’on se jette à la tête. Le plus formidable paradoxe de notre époque « post-moderniste » étant qu’elle puisse aujourd’hui resservir contre l’Etat d’Israël, devenu, pour l’idéologie dominante, « le paria des nations », alors qu’il s’agit sans doute de la seule démocratie pluriculturelle du Moyen Orient.

Pour en revenir à notre pays, il y a eu une montée des actes antisémites depuis une quinzaine d’années. Elle fut d’abord niée, afin, disait un ancien ministre de l’Intérieur, de « ne pas jeter de l’huile sur le feu ». Puis, il y eut l’enlèvement, la torture et le meurtre d’Ilan Halimi. Les enfants et professeurs assassinés par Mohamed Merah, à l’école Ozar Hatorah Toulouse. Le crime du musée juif de Bruxelles, commis par un Français, Mehdi Nemmouche. Le dernier en date, celui de Amedi Coulibaly, contre des clients du supermarché cacher de la Porte de Vincennes. La semaine dernière, 250 tombes d’un cimetière juif alsacien ont été profanées. Selon Le Monde, le meneur de la bande est connu comme « militant anti-fasciste ». Dans quel monde vivons-nous pour que l’antifascisme new look puisse inspirer un regain d’antisémitisme ?

Longtemps, on a nié que l’antisémitisme puisse tuer en France. Longtemps, on l’a guetté du côté de l’extrême droite, qui avait, en effet, une longue tradition de haine des Juifs. Est-ce parce que le nouvel antijudaïsme criminel ne vient plus de ce côté, qu’on a tant cherché à en nier la réalité ?

 Voir aussi:

Le président du CRIF crève, enfin, l’abcès
Lucien SA Oulahbib

Resiliencetv

Le 24/2/2015
Car il y en a plus qu’assez d’entendre, pratiquement, de la part de certains dirigeants musulmans français que ce serait en quelque sorte à cause de certains (là-aussi) de leurs concitoyens juifs français qu’il y aurait eu des meurtres opérés par des individus se réclamant de l’islam.

Parce que s’offusquer des propos du Président du CRIF revient dire à cela. Déjà en niant l’évidence : ces individus qui ont tué l’on fait systématiquement au nom de l’islam, et ils ne sont pas les seuls à le faire ces temps-ci dans le monde ; or, rétorquer, et ce principalement, et avec colère en plus, ce qui est un comble, que l’on n’est pas concerné, revient en fait à s’en laver les mains, surtout en mettant en équivalence le fracas de stèles, des insultes verbales et écrites, et la balle qui fracasse la tête d’un enfant comme ce fut le cas à Toulouse.

Si tant de gens de part le monde tuent au nom de l’islam, c’est bien parce qu’ils cherchent à légitimer leur acte, or, indiquer que d’autres tuent aussi bien au nom d’autres légitimations n’effacent en rien ces actes effectués au nom de l’islam. Simplement celui-ci, et d’ailleurs son histoire le prouve amplement, n’est pas exempt de tels conflits et contradictions, surtout lorsque toute réforme en son sein a été tuée dans l’oeuf, à la différence des autres religions qui ont dû évoluer. Au tour de l’islam de le faire ou de se démettre puisque sa « paix » ne peut être celle des cimeterres comme naguère…

Il ne faut donc quand même pas pousser, car, aujourd’hui, il n’y a pas de tuerie au nom de Jésus ou de YHVH, ni même au nom d’Israël puisque si morts d’enfants il y a eu à Gaza comme le dénoncent les tueurs de juifs en France, à Copenhague, à Bruxelles, ces morts n’ont jamais été fait sciemment mais par accidents non voulus suite au refus forcené des Arabes à refuser le fait juif pensé en tant que Nation indépendante et non pas seulement en tant que peuple du « livre » qui doit être toléré mais dominé parce que déviant comme l’indiquent les textes coraniques ; rappelons que c’est bien les arabo-musulmans qui ont refusé la partition de 1947 et non les Juifs, et, aujourd’hui, en Syrie il y aurait 210.000 tués, 3 millions de Syriens exilés, 10 millions en exode au sein même du pays, soit une situation bien pire qu’en 47 en Palestine ; aussi, dire déjà cette vérité, là, de la part de ces dirigeants musulmans seraient un bien grand pas en avant vers ce fameux « vivre ensemble » dont se réclament ces dirigeants musulmans français.

Car si, en effet, il n’y a pas eu, en France, de délation opérée par des musulmans sous Vichy contre les Juifs, il ne s’ensuit pas qu’en Algérie, en Égypte, en Syrie, en Irak, au Maroc, et ce sous loi islamique, il n’y ait pas eu des délations et des meurtres de Juifs ; la preuve ? Outre ces divers pogromes dont a parlé un Albert Memmi, des centaines de milliers ont dû s’enfuir d’Algérie parce qu’ils ne voulaient pas devenir des citoyens de seconde zone comme le sont devenus les Algériens eux-mêmes qui l’ont prouvé en venant massivement en France (alors que les Marocains et Tunisiens leur étaient préférés concernant l’embauche comme l’a démontré Daniel Lefeuvre dans son livre Pour en finir avec la repentance coloniale). N’oublions pas tous les juifs qui ont été jetés dehors des pays arabo-musulmans depuis la naissance d’Israël.

Aussi ces dirigeants musulmans français qui refusent de voir la réalité de leurs ouailles devraient cesser de montrer la paille nichée dans l’oeil de leur voisin au lieu de se préoccuper de la poutre qui se trouve plantée dans leur propre oeil. Aussi « pacifique » soit-il.

Voir aussi:

Les vieillards se lâchent : contrer Cukierman
Daniel Schneidermann
Rue 89

24.02.15

Dans la série « les grands vieillards se lâchent », après Tesson (1), après Dumas (2), voici Roger Cukierman. Roger Cukierman, 79 ans, est le président du CRIF, le conseil représentatif des institutions juives de France. Qui représente-t-il exactement ? Qui l’a élu ? Qui le renouvelle à son poste ? Personne ne le sait exactement, mais il est là, il a micro ouvert, et une fois l’an, c’est lui qui invite à un dîner de gala les huiles de la République (largement aux frais du contribuable, d’ailleurs. Le carton d’invitation, mentionnant le prix de 900 euros par couvert, ouvrant droit à une déduction fiscale de 800 euros, fait les délices d’une partie de l’islamosphère (3)).
Cukierman, lundi matin, est donc invité d’Elkabbach. Et entre autres énormités, il dit deux choses (4). Premièrement que sur le plan de l’antisémitisme, Marine Le Pen est « personnellement irréprochable », même si quelques légers antécédents dans son parti empêchent malencontreusement son invitation au dîner annuel. Deuxièmement, que les violences antisémites sont toutes « commises par des jeunes musulmans », même si c’est « une toute petite minorité des musulmans français ». N’empêche qu’il faut absolument que « les musulmans eux-mêmes se mobilisent pour les contrer ».
Toutes les violences commises par de jeunes musulmans ? On attend les réactions. On est sûrs qu’elles ne vont pas manquer. Après tout, Zemmour a été poursuivi pour une déclaration à peu près similaire, sur « les Noirs et les arabes » (5). Les intellectuels, les politiques, le MRAP, la LICRA, tous ceux qui ont réagi la semaine dernière après le dérapage antisémite coproduit par Bourdin et Dumas sur RMC (6), tous ceux qui ont expliqué sans même en examiner le bienfondé, que ce genre de phrase est tout bonnement inacceptable, tous ceux-là vont forcément réagir une fois de plus. Pas possible qu’il en soit autrement.
Mais non. Personne. Un tweet réprobateur immédiat de…Laurence Parisot, un dessin bienvenu de Johann Sfar posté sur Instagram, et c’est à peu près tout. Le soir, au dîner du CRIF, Hollande prononce le discours prévu. Tout juste prend-il soin de rappeler que le saccage du cimetière de Sarre-Union était le fait de « Français de souche, comme on dit », première occurence remarquable du terme (7) dans une bouche officielle, qui peut, à la limite, en tendant bien l’oreille, s’intepréter comme une réponse polie à Cukierman. Pour le reste, tout le monde est là, sauf le recteur de la Mosquée de Paris Dalil Boubakeur, qui s’est décommandé. Mais, à en croire Cukierman, c’est un accès de mauvaise humeur passagère, ça va s’arranger. Si on était très mauvais esprit, on serait tenté de conclure que « tous les dérapages islamophobes sont commis par des gérontes juifs ». Ce n’est certes « qu’une toute petite minorité de la communauté juive française ». N’empêche qu’il serait bienvenu « que les Juifs eux-même se mobilisent pour les contrer ».

Antisémitisme : le nommer, hélas
Daniel Schneidermann
Rue 89

19.02.15

Bien sûr, on a toutes les bonnes raisons d’être méfiant à l’égard de Dominique Reynié, politocrate omniprésent, et de sa tambouille sondagière. Ses attaques assez ignobles contre Mélenchon, proférées sur le complaisant plateau de France Inter (1) sans déclencher d’autre réaction qu’une timide objection de Thomas Legrand. Les questions à la mords moi le noeud de son sondage Internet. Ses phrases qu’il faudrait découper au scalpel pour en analyser les manipulations, comme par exemple sa dénonciation de « cette idée que les juifs contrôlent l’économie, qu’il y a un capitalisme cosmopolite, que le monde de la finance est un monde cosmopolite ». Ces trois propositions (relisez-les bien) énoncées toutes les trois dans la même phrase, passez muscade, sans déclencher, cette fois, la moindre objection de Patrick Cohen.
Bien sûr, on a toutes les bonnes raisons de se boucher les oreilles aux cris d’orfraie du CRIF, à sa manière de délégitimer toute critique de la politique israélienne en la faisant passer pour de l’antisémitisme. Et si ce n’était que le CRIF ! On se souvient des discours gouvernementaux français contre les manifs pro Gaza, l’été dernier. Manifester contre les bombardements de Netanyahu, bien entendu, c’était faire preuve d’un antisémitisme exacerbé.
Bien sûr bien sûr bien sûr. Tous ces « bien sûr », c’étaient nos Bien sûr d’avant Charlie. Et d’avant l’Hyper Kacher -car il ne faut pas oublier l’Hyper Kacher, derrière Charlie. Epoque confortable, où on pouvait s’abriter derrière des Bien sûr. Mais il y a eu Charlie. L’inconcevable est advenu. On ne l’imaginait même pas, et c’est là. Il y a mille leçons à en tirer, dont une : on n’a plus le droit de s’abriter derrière des Bien sûr, quels qu’ils soient, où qu’ils soient. L’après Charlie nous oblige, dans notre appréhension du paysage, à une certaine humilité du regard. Et notamment, à regarder en face ce que nous mettent sous les yeux même ceux que l’on avait toutes les bonnes raisons de ne pas vouloir écouter. A admettre, par exemple, que les cinq ados du cimetière de Sarre-Union ont bien crié Heil Hitler dans le cimetière, si l’on en croit, selon le procureur, leurs aveux de garde à vue (attention aux aveux de garde à vue, je sais, mais en attendant le procès, on n’a pas d’autres éléments pour l’instant). Heil Hitler. Cinq ados, dont la veille encore, leurs copains de classe expliquaient à toutes les caméras du pays à quel point ils étaient sympas, bons camarades, travailleurs en classe, et tout et tout.
Admettre, donc, que se développe bien un antisémitisme mutant, certainement pour une part borborygmatique, inconscient de lui-même, certainement aussi pour une part provoqué par le CRIF et ses hurlements au loup, par les démonstrations tarabiscotées à la Reynié, donc créé, en coproduction avec les soralo-dieudonnistes, par ceux-là même qui voulaient le combattre, oui. Mais tout de même admettre qu’il est là, maintenant, installé, stagnant, incrusté, sur des territoires évidemment limités, sans doute très distincts les uns des autres, mais solidement tenus. L’admettre, et le nommer, puisqu’on ne peut pas nommer autrement le fait de détruire des tombes juives en criant « Heil Hitler ». Le regarder en face comme un des fléaux de la société, pas le seul, parmi bien d’autres, mais avec toute sa glorieuse place, conquise de haute lutte, sur le podium des bonnes raisons de poursuivre le combat. Comme dit un bon auteur, on n’a pas fini de rire.

Tribune libre
« Devrais-je faire semblant ? »
Azzouzi Abdel-Rahmène

Le Monde des religions

10/02/2015

Abdel-Rahmène Azzouzi est urologue, chef de service au CHU d’Angers. Membre du Conseil municipal de la ville d’Angers, il a décidé de mettre fin au mandat qu’il occupait depuis 2008. Dans une lettre ouverte – que nous publions ici et qui n’engage que son auteur – à ses collègues et amis élus de la ville, il explique sa décision : celle d’un élu de confession musulmane qui ne se reconnaît plus dans la lecture des valeurs républicaines que font nos dirigeants successifs.

Chers collègues et amis,

Il faudrait peut-être que je continue à faire semblant de partager un chemin commun avec vous dans une France qui chaque jour renie un peu plus ses valeurs républicaines. Je ne le ferai pas car beaucoup trop nous sépare. Devrais-je faire semblant d’accepter votre absence de réaction, alors que toute une partie de nos concitoyens vit déjà dans une situation d’exception et que des lois visant implicitement les Français musulmans se succèdent ? Devrais-je faire semblant d’accepter votre adhésion religieuse à une laïcité qui est devenue en réalité l’arme ultime et exclusive contre les musulmans de France ? Devrais-je faire semblant d’accepter votre mutisme lorsque l’école de la République s’attaque avec violence à des enfants de 8 et 10 ans parce que musulmans ? Devrais-je faire semblant d’accepter que vous détourniez le regard lorsque la police française, institution républicaine où le racisme est endémique, tout comme dans l’armée française, interroge ces mêmes enfants, comme on interroge des criminels, sous la bienveillance de la ministre de l’Éducation ? Devrais-je faire semblant d’accepter qu’une mère de famille, parce que musulmane, se voit retirer brutalement ces cinq enfants un matin, à 6h00, par ces mêmes forces de police qui vont jusqu’à refuser qu’elle allaite son bébé de 3 mois ? Devrais-je accepter dans la mort de Bertrand Bilal à Joué-les-Tours que le parquet fasse obstruction à la justice en refusant de nommer un juge d’instruction, empêchant ainsi de réfuter la version officielle de djihadisme reprise machiavéliquement par le ministre de l’Intérieur et le Premier ministre ? Devrais-je faire semblant d’ignorer la politique islamophobe de l’État français qui, premier pourfendeur de la laïcité, s’immisce en permanence dans la gestion du culte musulman pour mieux l’empêcher de s’organiser, tel que le fait le préfet Burdeyron qui privilégie la gestion du culte musulman angevin par le consulat du Maroc plutôt que par les dignitaires angevins d’obédience musulmane ? Devrais-je faire semblant d’ignorer cette lecture de la laïcité à géométrie variable par le gouvernement français qui demande aux musulmans d’être invisibles dans l’espace sociétal français, mais qui termine ce merveilleux élan républicain du 11 janvier dans la synagogue de la Victoire, en présence des Premier ministre et ministre des Affaires Étrangères du gouvernement israélien sous les cris de « Bibi » et de nombreux drapeaux israéliens agités dans un lieu de culte par des citoyens français de confession juive ? Devrais-je continuer de feindre l’approbation lorsqu’à longueur de temps, et malgré le tsunami qui vient de s’abattre sur la France, les médias continuent, comme si de rien n’était, à inviter les mêmes Zemmour, Finkelkrault, Fourest et autre Pelloux pour nous prodiguer les règles d’un vivre-ensemble dont ils n’auront jamais le secret ? Devrais-je faire semblant d’accepter l’ostracisation permanente de Tariq Ramadan, intellectuel contemporain hors norme, pendant que Zemmour sature les plateaux des médias, mais aussi les salles municipales de France et de Navarre ? Devrais-je faire semblant d’ignorer l’apartheid médiatique et politique dans lequel sont tenus des milliers d’intellectuels et d’experts français de confession musulmane qui pourraient apporter la contradiction, voire la construction, dans les innombrables débats et questions qui les concernent directement et dont les Français sont  abreuvés jusqu’à plus soif ? Devrais-je faire semblant d’ignorer que la discrimination à l’emploi et aux logements dont sont victimes les Français de confession musulmane est la règle plutôt que l’exception ? Devrais-je faire semblant de soutenir aux prochaines élections cantonales la nuée de candidats et candidates locaux tous plus blancs les uns que les autres, comme pour mieux signifier, génération après génération, que les minorités n’auront jamais vocation à représenter l’ensemble de leurs concitoyens, ce qui me donnent la nausée ?

Insidieusement, la France est probablement devenue la nation démocratique la plus islamophobe du monde et vous, élus du peuple de France, vous en portez, que vous le vouliez ou non, que vous en soyez conscients ou inconscients, une part de responsabilité. Parce que vous avez trop longtemps détourné le regard, des millions de Français de confession musulmane vivent quotidiennement dans le malaise et l’incertitude. Je vous reproche, toutes ces années, d’avoir laissé vos hauts responsables politiques, mais également les grands médias nationaux installer progressivement le poids d’une culpabilité imaginaire sur les épaules, déjà chargées par l’Histoire, de vos concitoyens français d’obédience musulmane majoritairement issus des colonies de feu l’Empire français.

Honte sur ces puissants, mais lâches, de jeter en pâture toute une partie de la population française, parce que musulmane, à la vindicte populaire. Et si ce n’était cet attachement viscéral aux véritables valeurs de la République, qui n’ont plus cours dans notre présente société asservie par l’argent, mais également à cette incompressible volonté de donner corps à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, véritable patrimoine génétique du digne et généreux peuple de France, alors notre lien à la France serait pour le moins conflictuel. Je n’ai, en effet, aucune appétence pour les États malveillants et ceux qui les servent.

Parce que la France est cette nation particulière dans laquelle vivent pacifiquement de citoyens athées, chrétiens, juifs et musulmans, pendant longtemps, j’ai cru que nous finirions, à force de bonne volonté, par construire une Terre d’Andalousie, fruit du génie français qui aurait pu servir de modèle de société dans un monde en perte de repères et de sérénité. Mais le camp des éradicateurs est activement à l’œuvre et couvre les voix et actes du camp des conciliateurs. Ce qui en ressortira sera le fruit de vos actions ou inactions et celui de vos combats ou capitulations. Ceux qui ne s’obstinent pas à construire la paix obtiennent la guerre. Aussi petite fut ma contribution, mon retrait n’est pas une défaite pour moi mais pour vous. À présent, je m’en lave les mains et après toutes ces années de luttes et d’avertissements sans succès, je m’en retourne à mon épouse, à mes enfants et à mes deux ânes. Fraternellement.

Pr Azzouzi Abdel-Rahmène,
Chef de service d’urologie – CHU d’Angers,
Ex-conseiller municipal de la ville d’Angers.

Perspectives
Il y a dix ans, un rapport entendait lutter contre le racisme et l’antisémitisme : le rapport Rufin

Marc Knobel, Historien, directeur des Etudes au CRIF

Trop libre

octobre 24, 2014

C’est dans une actualité bouillonnante qu’en juin 2004, le ministre de l’Intérieur confie à Jean-Christophe Rufin, écrivain, médecin, ancien président de Médecins sans frontières et président d’Action contre la faim, une mission : approfondir la connaissance des mécanismes qui peuvent conduire à des actes ou à des menaces de caractère raciste ou antisémite. En octobre suivant, Rufin remet à Dominique de Villepin, ministre de l’Intérieur de l’époque, son rapport, intitulé « Lutte contre le racisme et l’antisémitisme ». Il y recense les dispositifs existants de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, et s’interroge sur la façon de les faire évoluer pour répondre à l’accroissement des violences au cours des dernières années. Il propose notamment de revoir la publication des chiffres consacrés aux violences antisémites et racistes : une concurrence entre des chiffres « notablement différents » publiés par les ministères concernés, qui n’utilisent pas les mêmes instruments de mesure, est nocive, soutient-il. Il suggère de mettre en œuvre des médiations aux niveaux politique, policier, judiciaire et scolaire, pour agir contre les manifestations du racisme, et notamment contre le « racisme organisé ».

A l’occasion du dixième anniversaire de la publication de ce rapport, nous revenons succinctement sur ce rapport, en exposant les grandes lignes concernant la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

Racisme : les grandes lignes du rapport

Constat opéré par Jean-Christophe Ruffin : les formes d’expression du racisme sont nombreuses et complexes. Les violences, insultes et actes d’intimidation sont les plus spectaculaires, ceux qui laissent des traces et peuvent être confirmés par des témoins. Mais d’autres phénomènes, plus silencieux, constituent une forme aussi grave, parfois plus, du racisme : la discrimination dans le travail, l’accès au logement, l’éducation. Ainsi va le racisme, qui en fait un sujet déroutant, à aborder avec prudence. Les « frottements » de la vie en société, particulièrement dans les grandes villes, peuvent faire exploser des paroles à caractère raciste et provoquer un grand tapage, constate le rapporteur (page 37).

La réponse politique

Selon le rapporteur, il faudrait à tout prix équilibrer soigneusement les réactions politiques lorsqu’un acte grave est porté à la connaissance des autorités. « La réactivité aux actions antisémites a été forte », écrit-il, « trop forte sans doute si l’on observe les affaires survenues pendant l’été », précise-t-il. « Au contraire, l’impression chez beaucoup de membres de communautés qui subissent elles aussi des agressions est que l’attention qui leur est portée n’est pas suffisante ». Mais, ajoute-t-il aussitôt, en réalité, ces démarches politiques « à chaud » n’ont que peu d’influence sur les actions de fond qui doivent être menées. « L’essentiel est ailleurs : dans le symbole. Les victimes ne voient dans la réaction politique ni une protection (il est en général trop tard), ni une condamnation des coupables (il est en général trop tôt) mais plutôt comme le baromètre du respect que leur témoigne la nation. Le politique ne doit pas se mobiliser seulement en fonction de la gravité des actes commis ; il doit surtout rassurer ceux qui, dans l’épreuve, mesurent la fragilité de leur intégration citoyenne » (p.38).

La réponse policière

Jean-Christophe Ruffin le souligne d’emblée : « ce n’est pas faire injure aux forces de police que de leur rappeler qu’en matière de racisme, ils se doivent d’être irréprochables ». De grands efforts de formation et d’information ont été menés ces dernières années, rappelle-t-il et la police est consciente de ces impératifs déontologiques. C’est ainsi que l’amélioration de l’accueil et de l’écoute a permis aux policiers d’accompagner la mutation de plus en plus sociale de leur métier. « Reste que la création dans les postes d’un référent anti discrimination, demandée conjointement par nous et par le chantier « égalité des chances » devrait encore améliorer la prise en charge des victimes du racisme » (p.39). Reste également qu’il y aurait certainement beaucoup à attendre de la poursuite « d’un recrutement policier plus diversifié au regard des origines ethniques. Le programme des « Cadets de la République » ouvre ainsi les carrières policières à des jeunes issus des quartiers difficiles. La mixité d’origine dans le recrutement policier semble avoir, à terme, des effets favorables ».

La réponse judiciaire

C’est certainement dans ce domaine que la législation actuelle montre ses limites (non pas dans les principes mais dans les procédures), selon Jean-Christophe Ruffin. En effet, toute injure, diffamation ou incitation à la haine raciale, dès lors qu’elles sont publiques, tombent sous le coup de la loi de 1972 et de ce fait se trouvent placées dans le cadre procédural très particulier de la loi sur la presse de 1881. « On aboutit ainsi à des résultats paradoxaux : pour des événements relativement bénins (ce qui ne veut pas dire tolérables) on enclenche une procédure d’une grande lourdeur vu les protections qu’elle garantit, qui aboutit trop souvent à l’abandon des poursuites pour diverses raisons de nullité ». « On prend un marteau pour écraser une mouche et finalement on se tape sur le doigt », ironise le rapporteur.

La réponse scolaire

Là encore, il faut faire preuve de discernement dans la judiciarisation des comportements racistes à l’école. Il est capital de distinguer ce qui est superficiel, tel que les injures proférées entre groupes dans le cours de la vie scolaire et ce qui peut devenir une véritable persécution par la mise à l’écart, la stigmatisation violente et parfois l’agression physique d’un élève ou d’un groupe minoritaire et vulnérable. Cette dimension de protection est essentielle dans la réponse scolaire et la judiciarisation qui s’y attache, souligne le rapporteur.

Lutter contre l’organisation raciste

Premier point développé par Jean-Christophe Ruffin : contrairement aux actes antisémites, où la participation de ce courant est devenue minoritaire, l’extrême droite continue de porter une importante responsabilité dans des actes de violence raciste. Un certain partage des tâches existe en la matière entre les idéologues qui stigmatisent l’étranger et les hommes de main prêts à passer à l’acte.

Le pôle légaliste composé des grands partis d’extrême droite se garde évidemment de toute participation directe à des violences. L’action est menée sur les marges, par des éléments isolés ou groupusculaires. Même au sein de ces groupuscules, il faut encore distinguer entre doctrinaires et activistes. On parvient ainsi à tracer les contours de la subtile géographie de ces milieux. L’absence de coordination centralisée donne à ces réseaux une large autonomie et une spécificité locale. Pour agir sur ces activistes d’extrême droite, une approche très locale est donc nécessaire, élaborée en référence aux situations particulières, note Jean-Christophe Ruffin.

Le cas des violences racistes en Corse fait l’objet d’un chapitre spécifique : pour Rufin comme pour Villepin, elle est le fait de microgroupes mafieux se livrant à des rackets, «très isolés dans l’ensemble de la population».

Sur les réseaux virtuels, Internet constitue, en matière de racisme, un réseau de tags planétaires autrement plus dangereux. En matière d’organisation du racisme, au sens du regroupement et de l’articulation d’opinions d’origines diverses, la « toile » constitue sans doute le principal défi, note avec justesse Ruffin.

Le rapport propose enfin un débat national sur la migration économique afin de «sortir du mythe de l’immigration zéro». L’idée étant de «décriminaliser l’image de l’étranger nourrie de stéréotypes désastreux à base de parasitisme, fraude et paresse».

Antisémitisme : les grandes lignes du rapport

Selon Rufin, trois formes d’antisémitisme soulignent des responsabilités spécifiques et appellent des réponses individuelles. Les chiffres représentent la partie visible, quantifiable, de la violence antisémite. Mais que recouvrent ces actes ? Qui les commet ? Qui les inspire ? Qui en tire profit ? Pourquoi se sont-ils multipliés ces dernières années ? Et surtout, comment les réduire et restaurer un climat de confiance ? Les explications généralement mises en avant sont les suivantes :

-          la baisse tendancielle de l’extrême droite dans la responsabilité des violences antisémites ;

-          la montée d’un « nouvel » antisémitisme qui serait le propre de jeunes issus de l’immigration, en particulier maghrébine. Leurs passages à l’acte semblent étroitement corrélés aux évènements du Moyen-Orient.

Le rapport avance que ces explications, sans être fausses, ne rendent pas compte de la complexité des faits. Surtout, elles ne permettent pas de tirer de conclusions pour l’action. C’est pourquoi, il préfère aborder ces questions selon trois niveaux de responsabilités :

1)      L’antisémitisme comme pulsion :

Les auteurs des violences, dont la majorité « ne peut être cataloguée ni à l’extrême droite, ni parmi les délinquants connus des quartiers difficiles » (la plupart des jeunes interpellés dans ces quartiers pour actes antisémites ne sont pas d’origine maghrébine, mais originaires de pays sans lien avec la question israélo-arabe), selon le rapporteur. « Le trait commun semble plutôt à rechercher du cote du déracinement, de la perte de repère, de l’échec social et de la confusion identitaire. ≫ Cette affirmation soulève la question des sources utilisées par le rapporteur, en particulier concernant les pays d’origine des agresseurs ? Si ces derniers n’ont aucun lien avec le conflit israélo-palestinien, comment expliquer alors que les agressions se multiplient chaque fois que les tensions s’intensifient en Israël ?

2)      Les manipulateurs : l’antisémitisme comme stratégie et par procuration

Selon Rufin, les manipulateurs sont l’extrême droite et les milieux terroristes. Que dit-il à ce sujet ? Que l’on peut être « agacé par les jugements à l’emporte-pièce, en particulier à l’étranger, « quand ils font de la France un pays globalement antisémite ». Il a raison. De plus, les Juifs sont admirablement intégrés dans la société française: « la République a su secréter quand il le fallait les anticorps nécessaires pour combattre l’antisémitisme. Cela ne signifie pas pour autant que les préjugés aient disparu », certes. La nouveauté selon Rufin est que ces préjugés « n’ont plus à s’exprimer directement par des propos, des écrits ou des actes. Il suffit de laisser agir les jeunes irresponsables des banlieues difficiles », écrit-il. Ainsi Rufin veut-il définir un « antisémitisme par procuration ». Selon lui, « il est le fait de personnes qui ne se rendront elles-mêmes coupables d’aucune exaction, qui ne manipuleront pas directement des auteurs de passage à l’acte, ne les inciteront pas ouvertement à agir, mais dont pourtant les opinions, les propos et quelquefois simplement le silence viendront a l’appui de ces violences ». Par ailleurs, il soutient ensuite que l’antisémitisme menace la République car il la frappe en son cœur : ses valeurs : la fraternité et le vivre ensemble.

A toutes ces questions et réflexions, Rufin apporte les réponses suivantes :

« La création d’un observatoire national de l’antisémitisme, doté de compétences universitaires pluralistes, serait un moyen d’approfondir ces questions et de nourrir le débat public sur des bases plus sérieuses. » L’idée est intéressante, mais pas nouvelle. Un tel observatoire a déjà été créé par SOS Racisme en 1989 en vue d’analyser et de répertorier les comportements antisémites en France, et présidé par le politologue et historien des idées Pierre-André Taguieff. Mais, celui-ci a quitté son poste en 1991, en raison de désaccords avec l’institution sur la conception de l’antiracisme.
Une réflexion d’ensemble doit également être menée sur l’enseignement de la Shoah, avec les associations et fondations qui œuvrent dans ce domaine. Il est à la fois nécessaire de le renforcer et, peut-être de le réorienter en fonction des circonstances présentes, de façon a mieux rendre sensible en quoi, que l’on soit juif ou non, chacun est concerné.
Lutter contre « l’esprit de Durban » et Rufin a bien raison. Durban a officialisé, légitimé l’antisémitisme. Lutter contre l’esprit de Durban, c’est pointer du doigt l’esprit criminel qui prévalait lors de cette conférence, et qui a prévalu depuis, faisant d’Israël, des Juifs, des sionistes, les responsables de tous les maux de l’Humanité, la quintessence du mal, d’un mal absolu.
Sur « l’esprit de Durban », Rufin fait l’analyse suivante : qu’un discours dominant émerge : l’antisionisme. Pour Rufin « cet antisionisme revêt différentes formes d’expression qui servent d’écran les unes aux autres et contribuent à le banaliser. » Cet antisionisme moderne « est né au confluent des luttes anticoloniales, antimondialisation, antiracistes, tiers-mondistes et écologistes ». Un antisionisme qui est fortement représenté « au sein d’une mouvance d’extrême gauche altermondialiste et verte », explique-t-il. Dans cette représentation du monde, « Israël, assimilé aux Etats-Unis et à la mondialisation libérale, est présenté comme un Etat colonial et raciste qui opprime sans fondement un peuple innocent du Tiers-Monde. »

Il précise aussitôt que cet antisionisme « n’est pas la simple critique d’une politique, mais bien une remise en cause des fondements même de l’Etat d’Israël. » L’antisionisme est en effet amalgamé à des thématiques auxquelles les jeunes sont sensibles: l’avenir de la mondialisation, les dangers écologiques, la pauvreté croissante du Tiers-Monde. Par ailleurs, l’intervention de penseurs « islamistes modérés », dont le « discours reste ambigu complète cette identification et la prolonge ». Derrière les critiques violentes qui assimilent le sionisme au nazisme, « on entend, en écho subliminal, la voix interdite mais bien relayée des terroristes islamistes qui généralisent le combat et affirment « qu’il faut attaquer les Juifs partout où ils se trouvent ». Ainsi se trouve constitué l’une des mécanique les plus redoutables aujourd’hui qui fait d’un antisionisme en apparence politique et antiraciste l’un des facteurs facilitateurs du passage à l’acte, l’un des instruments de l’antisémitisme par procuration ».

De fait, quelle est l’attitude à adopter face à l’antisionisme ? Ruffin répond qu’elle est difficile à déterminer et les Juifs sont sans doute les plus mal places pour agir. « Il a été maintes fois souligne qu’on ne devait ni ne pouvait assimiler les Juifs de France à Israël. Le soupçon de double allégeance est un des thèmes classiques de l’antisémitisme. Beaucoup de juifs français se sentent mal à l’aise lorsqu’il s’agit de s’exprimer sur Israël. Ce d’autant qu’ils sont souvent divises quant à leur jugement sur la politique de son gouvernement. Autant l’antisémitisme les trouve mobilisés, autant l’antisionisme les prend au dépourvu car il joue sur le caractère complexe, intime et à certains égards paradoxal du lien entre Israël et les Juifs de France », précise-t-il. De fait, l’antisionisme radical « enferme les Juifs dans un piège redoutable : il les désigne ici à la vindicte de ceux qui s’identifient aux victimes de l’Etat d’Israël », observe-t-il.

Ce serait alors une grande lâcheté que de laisser la communauté juive se débattre seule dans ces sables mouvants. « Si l’on estime que l’antisémitisme a reculé grâce au droit (en particulier la loi de 1972), il faut tenter d’appliquer la même méthode à la nouvelle judéophobie et il revient aux autorités politiques d’en prendre l’initiative. »

Les réactions au rapport Ruffin et la polémique

Les associations, globalement favorables au rapport Rufin sont divisées néanmoins sur l’une de ses propositions: la pénalisation de l’antisionisme radical au même titre que l’antisémitisme. Les critiques, notamment de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et du MRAP, portent sur un point très particulier : la proposition de « punir les accusations de racisme » portées contre « des groupes, institutions ou Etats ≫, à commencer par Israël. Cet « antisionisme radical » peut en effet, selon Rufin, s’apparenter a de l’antisémitisme.

Dans l’édition de Libération du 22 octobre 2004, le président de la LDH, Michel Tubiana, parle d’un vrai « dérapage ». Jean-Christophe Rufin, dit-il, « joue au pompier pyromane », et son rapport instaure un déséquilibre au profit du problème de l’antisémitisme. Reprochant à l’auteur de « ne prendre aucune distance » et de « réintroduire le débat sur le conflit du Proche-Orient », Tubiana souligne que la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) tomberait sous le coup de la loi si cette proposition était adoptée. Le MRAP, qui se dit pourtant globalement satisfait de l’analyse et des propositions du rapport, émet également de fortes réserves sur ce point. Enfin, dans Le Monde diplomatique du 21 octobre 2004, le journaliste Dominique Vidal tout en reconnaissant dans le rapport Rufin « un certain nombre de suggestions positives » (en particulier celles qui prennent en compte les propositions de la CNDCH et des associations antiracistes –, souligne selon lui deux erreurs: « séparer radicalement l’antisémitisme des autres formes de racisme » par « une hiérarchisation implicite des racismes » visant à présenter l’antisémitisme comme « un “racisme” en quelque sorte supérieur aux autres ». Et « assimiler antisémitisme, “antisionisme radical” et critique de la politique du gouvernement israélien, pour placer sur le banc des accusés “l’extrême gauche altermondialiste et verte” » directement visée par la partie du rapport qui propose le vote, par le Parlement, d’une nouvelle loi destinée à punir « ceux qui porteraient sans fondement à l’encontre de groupes, d’institutions ou d’Etats des accusations de racisme ≫. En conclusion, Vidal trouve paradoxal que Jean-Christophe Rufin se fasse ainsi « le héraut du délit d’opinion ».

Dans Le Monde du 2 novembre 2004, Jean-Christophe Rufin s’efforce de désamorcer la polémique naissante avec les associations par une mise au point : il appelle à « pacifier le débat sur le racisme et l’antisémitisme » : « En France, aujourd’hui, il existe un nombre important de personnes, la plupart du temps jeunes, voire très jeunes, souvent issues de l’immigration – pas nécessairement maghrébine, contrairement aux idées reçues –, que la perte de repères, la frustration sociale et de nombreuses discriminations rendent vulnérables à des idéologies dangereuses qui les mènent vers la violence. L’existence de ce public chauffe a blanc doit nous inciter tous a la responsabilité. Les mots, dans ce contexte, peuvent tuer… Ceux qui ont l’oreille des jeunes, parce qu’ils traitent de questions qui les passionnent, telles que l’écologie, l’avenir du tiers monde et de la mondialisation, me paraissent avoir un devoir de vigilance dans leurs propos. Sans doute la formalisation de cette idée a-t-elle pris, dans mon rapport, une manière trop abrupte. Le fait d’évoquer la possibilité de créer de nouveaux outils juridiques était probablement maladroit. La présentation simplifiée de cette proposition a pu laisser croire, a tort, qu’il s’agissait d’attenter à la liberté d’opinion. Je m’en excuse auprès de ceux qui ont pu être abusés de bonne foi. »

En revanche, dans la communauté juive et a SOS Racisme, le rapport est accueilli avec satisfaction, qualifié de « travail d’analyse important », dont « l’auteur a essayé de comprendre et de trouver des propositions originales, juge Haïm Musicant, directeur général du CRIF. Il dénonce d’une manière très fine les antisémites par procuration qui se cachent derrière une forme d’antisionisme ». L’UEJF approuve surtout le fait que soient analysées les « différences d’origine, de nature et d’expression » entre racisme et antisémitisme, « qui doivent donc faire l’objet de traitements spécifiques ». « Ce rapport permet de sortir une fois pour toute du discours simpliste et inopérant de la lutte contre l’intolérance », selon son président, Yonathan Arfi. « C’est une bonne analyse de ce nouvel antisémitisme qu’on voit poindre dans la société française, un antisémitisme d’extrême-gauche qu’on ne connaissait pas il y a quelques années ≫, affirme Assane Fall, secrétaire général de SOS-Racisme, qui regrette par ailleurs que le rapport occulte « les discriminations, alors que c’est la réalité quotidienne de millions de personnes dans notre pays ».

Au-delà de cette polémique, que reste-t-il du rapport Ruffin, dix ans plus tard ?

A notre connaissance, ce rapport ne donnera lieu à aucune mesure concrète, comme toujours (ou presque) en France. Car, et en vérité, nous souffrons dans ce pays de cette étrange « maladie » : une surabondance de rapport sur toutes sortes de sujets mais qui, au final, se retrouvent dans quelques tiroirs fermés de ou des ministères et par là-même sont totalement oubliés.

Voir enfin:

Nos amis les émirs
Notre pays déroule le tapis rouge aux monarques saoudiens ou qataris, principaux financiers des mouvements djihadistes.
Luc Rosenzweig
Causeur
20 février 2015

L’image de François Hollande défilant, le 11 janvier, boulevard Voltaire au centre d’une impressionnante rangée de chefs d’État et de gouvernement accourus pour manifester leur solidarité avec la France meurtrie ne doit pas faire illusion. Une fois l’effusion émotionnelle dissipée, la plupart des participants étrangers à la marche n’étaient plus du tout « Charlie ».

Ils s’empressaient de faire savoir, de vive voix, ou en laissant libre cours à des manifestations antifrançaises parfois violentes, leur hostilité à la laïcité à la française et au principe du droit au blasphème englobant fâcheusement les symboles de toutes les – autres – religions.

Derrière le spectacle de l’unanimité, les divergences, sur les moyens nécessaires pour lutter contre le terrorisme mondialisé en vue de son éradication, sur les alliances à nouer pour atteindre cet objectif, et sur les priorités stratégiques et tactiques, demeurent et même s’approfondissent.

La politique extérieure de la France, notamment son positionnement dans les conflits en cours au Proche et Moyen-Orient (Israël-Palestine, chiites-sunnites), affiche une remarquable continuité depuis la présidence Chirac.

Elle repose sur quelques constantes : soutien massif et inconditionnel aux monarchies pétrolières du Golfe (Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis) dans leur conflit avec les chiites, opposition frontale à l’Iran et refus de prendre en compte les intérêts de la Russie dans la région, donc de l’associer à la recherche de solutions.

On peut donc parler de chiraco-hollandisme diplomatique, version actualisée de la politique arabe de la France gaullienne définie dans la fameuse conférence de presse du 27 novembre 1967 : lâchage d’Israël en rase campagne, alliance avec les dictatures « laïques » d’Égypte, d’Irak et de Syrie et du Maghreb.

Après la déconfiture de ces dictatures, consécutive à l’intervention de la coalition conduite par les États-Unis en Irak en 2003, en Libye en 2011, puis en Égypte1 et au Yémen lors des « printemps arabes » de 2012, les alliés de la France dans la région se réduisent aux royaumes pétroliers du Golfe, indispensables clients des grandes industries françaises (aéronautique, armement, agroalimentaire), mais aussi principaux agents de diffusion de l’islamisme radical au Proche-Orient, en Afrique, et en Europe.

Il fallait bien que les contradictions inhérentes à ce positionnement finissent par éclater : on ne peut à la fois envoyer des militaires français au Mali, au Niger ou en Centrafrique pour faire obstacle à la création de califats djihadistes dans ces pays ou à leurs frontières et cajoler les régimes qui financent et arment ces mêmes djihadistes.

On arrive à l’absurdité d’une France participant à la coalition contre Daesh autorisant des frappes aériennes en territoire irakien, alors qu’elle refuse les mêmes frappes contre les mêmes ennemis en territoire syrien, au motif que cela favoriserait Bachar el-Assad.

Par ailleurs, seuls les naïfs et les ignorants (ce qui finit par faire du monde) peuvent être surpris par les violentes manifestations antifrançaises intervenues au Niger et au Mali à la suite de la publication du Charlie historique post-attentat.

L’anthropologue français Jean-Pierre Olivier de Sardan, ancien dirigeant de la Gauche prolétarienne, qui a passé une grande partie de sa vie au Niger, l’explique de manière lumineuse dans Marianne :

« Une idéologie salafiste radicale a en effet peu à peu fait son trou au sein de la société nigérienne. Elle a pu se développer en surfant sur la vague wahhabite, qui a déferlé sur le Niger et les pays sahéliens depuis une bonne vingtaine d’années, promue par l’Arabie saoudite et le Qatar, à coups de financements massifs, de formations de clercs et de propagande médiatique. (…)

Cet islam rigoriste de culture arabe tourné vers le passé s’est aussi immiscé de façon visible dans tous les espaces publics (le refus du code de la famille, les serments des juges sur le Coran, le voilage croissant des femmes ou la présence de mosquées au sein même de tous les bâtiments publics n’en sont que quelques signes parmi beaucoup d’autres). »

Cela vaut également pour le Mali. On est loin du film Timbuktu, encensé par la presse française, car il valide l’idée réconfortante mais fallacieuse d’une résistance générale de la société civile malienne au discours et aux pratiques salafistes et djihadistes.

Il eut été plus honnête de justifier l’engagement militaire français par le souci de préserver des intérêts vitaux de la France dans la région, notamment ceux d’Areva, que de se draper dans les habits du sauveteur d’un islam « modéré » qui serait celui des musulmans subsahariens.

Mais la guerre idéologique menée par nos « amis » saoudiens et qataris est une guerre mondiale. Pendant que des « Louvre Abu Dhabi » ou « Sorbonne-Qatar » sont en chantier dans des conditions financières et de contenu pour le moins opaques, les monarchies du Golfe investissent des millions d’euros dans des institutions « culturelles » islamiques en France et en Europe pour y diffuser l’islam des wahhabites ou des Frères musulmans, dont la compatibilité avec la laïcité française est pour le moins problématique.

Ainsi, à Lyon, le recteur de la grande mosquée, Kamel Kabtane, farouche opposant au CFCM de Dalil Boubakeur, met les pouvoirs publics sous pression : il veut son « Institut des cultures musulmanes » accolé à la Grande Mosquée, un projet pharaonique à 800 millions d’euros. Si l’État, la Région, la Ville ne mettent pas la main à la poche, le Qatar est disposé à le financer…

Peu à peu, cette alliance diabolique isole la France de ses alliés naturels, en Europe et aux Etats-Unis, alors qu’Obama, Cameron et Merkel partagent la conviction qu’il ne sera pas possible de faire échec à Daesh, AQMI, Boko Haram sans coopérer avec l’Iran (et son allié Bachar el-Assad), la Russie de Poutine et la Turquie d’Erdogan.

L’étrange convergence entre Hollande et Sarkozy dans le déni du double jeu des monarchies pétrolières, notamment du Qatar, commence à faire des vagues en France même. Fait rarissime, un débat sur la politique extérieure de l’Élysée surgit, non pas dans les marges d’extrême gauche ou d’extrême droite du spectre politique, mais en son centre.

Ainsi François Fillon déclare-t-il sans ambages :

« Il faut élargir nos alliances. Tant que l’on n’entame pas une discussion sérieuse avec la Russie, il n’y a aucun espoir, à court terme, d’obliger Bachar el-Assad à quitter le pouvoir en Syrie.

Quand il s’est agi de combattre le nazisme, nous n’avons pas hésité à nous allier avec Staline. Poutine n’est pas Staline mais, aujourd’hui, malgré nos différends, nous avons le devoir commun d’éteindre l’incendie qui nous menace tous.

Il faut aussi discuter avec l’Iran, qui est un grand pays et qui va monter en puissance dans la région. »

Bruno Le Maire est encore plus explicite :

« Je ne comprends pas que la France puisse être membre de l’OTAN et qu’un des pays membres, la Turquie, refuse de lutter contre Daesh. Je ne comprends pas qu’on puisse avoir des doutes sur un double jeu du Qatar.

S’il y a des doutes sur le Qatar, le Qatar doit lever ces doutes. Je ne comprends pas que tant de chefs d’État qui viennent défiler n’envoient pas de soldats au Mali.

Je ne comprends pas que l’Europe soit si faible. (…) En 2012, j’ai demandé une mission d’information parlementaire sur les liens entre le Qatar et des réseaux terroristes. Elle m’a été refusée. »

Pendant ce temps, au PS, c’est l’encéphalogramme plat. Il y a bien longtemps que l’on a cessé, Rue de Solférino, d’avoir la moindre idée sur la politique extérieure, et que l’on a délégué ce fardeau aux professionnels du Quai, à leur marionnette Fabius et aux diplomates détachés à l’Élysée.

——

1. Le retour de militaires nassériens au pouvoir au Caire n’a pas rétabli les liens franco-égyptiens tissés sous Moubarak. Ces gens-là sont vindicatifs, et gardent en mémoire le lâchage, par Paris, du raïs au profit des Frères Musulmans.
Luc Rosenzweig
Causeur
20 février 2015

L’image de François Hollande défilant, le 11 janvier, boulevard Voltaire au centre d’une impressionnante rangée de chefs d’État et de gouvernement accourus pour manifester leur solidarité avec la France meurtrie ne doit pas faire illusion. Une fois l’effusion émotionnelle dissipée, la plupart des participants étrangers à la marche n’étaient plus du tout « Charlie ».

Ils s’empressaient de faire savoir, de vive voix, ou en laissant libre cours à des manifestations antifrançaises parfois violentes, leur hostilité à la laïcité à la française et au principe du droit au blasphème englobant fâcheusement les symboles de toutes les – autres – religions.

Derrière le spectacle de l’unanimité, les divergences, sur les moyens nécessaires pour lutter contre le terrorisme mondialisé en vue de son éradication, sur les alliances à nouer pour atteindre cet objectif, et sur les priorités stratégiques et tactiques, demeurent et même s’approfondissent.

La politique extérieure de la France, notamment son positionnement dans les conflits en cours au Proche et Moyen-Orient (Israël-Palestine, chiites-sunnites), affiche une remarquable continuité depuis la présidence Chirac.

Elle repose sur quelques constantes : soutien massif et inconditionnel aux monarchies pétrolières du Golfe (Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis) dans leur conflit avec les chiites, opposition frontale à l’Iran et refus de prendre en compte les intérêts de la Russie dans la région, donc de l’associer à la recherche de solutions.

On peut donc parler de chiraco-hollandisme diplomatique, version actualisée de la politique arabe de la France gaullienne définie dans la fameuse conférence de presse du 27 novembre 1967 : lâchage d’Israël en rase campagne, alliance avec les dictatures « laïques » d’Égypte, d’Irak et de Syrie et du Maghreb.

Après la déconfiture de ces dictatures, consécutive à l’intervention de la coalition conduite par les États-Unis en Irak en 2003, en Libye en 2011, puis en Égypte1 et au Yémen lors des « printemps arabes » de 2012, les alliés de la France dans la région se réduisent aux royaumes pétroliers du Golfe, indispensables clients des grandes industries françaises (aéronautique, armement, agroalimentaire), mais aussi principaux agents de diffusion de l’islamisme radical au Proche-Orient, en Afrique, et en Europe.

Il fallait bien que les contradictions inhérentes à ce positionnement finissent par éclater : on ne peut à la fois envoyer des militaires français au Mali, au Niger ou en Centrafrique pour faire obstacle à la création de califats djihadistes dans ces pays ou à leurs frontières et cajoler les régimes qui financent et arment ces mêmes djihadistes.

On arrive à l’absurdité d’une France participant à la coalition contre Daesh autorisant des frappes aériennes en territoire irakien, alors qu’elle refuse les mêmes frappes contre les mêmes ennemis en territoire syrien, au motif que cela favoriserait Bachar el-Assad.

Par ailleurs, seuls les naïfs et les ignorants (ce qui finit par faire du monde) peuvent être surpris par les violentes manifestations antifrançaises intervenues au Niger et au Mali à la suite de la publication du Charlie historique post-attentat.

L’anthropologue français Jean-Pierre Olivier de Sardan, ancien dirigeant de la Gauche prolétarienne, qui a passé une grande partie de sa vie au Niger, l’explique de manière lumineuse dans Marianne :

« Une idéologie salafiste radicale a en effet peu à peu fait son trou au sein de la société nigérienne. Elle a pu se développer en surfant sur la vague wahhabite, qui a déferlé sur le Niger et les pays sahéliens depuis une bonne vingtaine d’années, promue par l’Arabie saoudite et le Qatar, à coups de financements massifs, de formations de clercs et de propagande médiatique. (…)

Cet islam rigoriste de culture arabe tourné vers le passé s’est aussi immiscé de façon visible dans tous les espaces publics (le refus du code de la famille, les serments des juges sur le Coran, le voilage croissant des femmes ou la présence de mosquées au sein même de tous les bâtiments publics n’en sont que quelques signes parmi beaucoup d’autres). »

Cela vaut également pour le Mali. On est loin du film Timbuktu, encensé par la presse française, car il valide l’idée réconfortante mais fallacieuse d’une résistance générale de la société civile malienne au discours et aux pratiques salafistes et djihadistes.

Il eut été plus honnête de justifier l’engagement militaire français par le souci de préserver des intérêts vitaux de la France dans la région, notamment ceux d’Areva, que de se draper dans les habits du sauveteur d’un islam « modéré » qui serait celui des musulmans subsahariens.

Mais la guerre idéologique menée par nos « amis » saoudiens et qataris est une guerre mondiale. Pendant que des « Louvre Abu Dhabi » ou « Sorbonne-Qatar » sont en chantier dans des conditions financières et de contenu pour le moins opaques, les monarchies du Golfe investissent des millions d’euros dans des institutions « culturelles » islamiques en France et en Europe pour y diffuser l’islam des wahhabites ou des Frères musulmans, dont la compatibilité avec la laïcité française est pour le moins problématique.

Ainsi, à Lyon, le recteur de la grande mosquée, Kamel Kabtane, farouche opposant au CFCM de Dalil Boubakeur, met les pouvoirs publics sous pression : il veut son « Institut des cultures musulmanes » accolé à la Grande Mosquée, un projet pharaonique à 800 millions d’euros. Si l’État, la Région, la Ville ne mettent pas la main à la poche, le Qatar est disposé à le financer…

Peu à peu, cette alliance diabolique isole la France de ses alliés naturels, en Europe et aux Etats-Unis, alors qu’Obama, Cameron et Merkel partagent la conviction qu’il ne sera pas possible de faire échec à Daesh, AQMI, Boko Haram sans coopérer avec l’Iran (et son allié Bachar el-Assad), la Russie de Poutine et la Turquie d’Erdogan.

L’étrange convergence entre Hollande et Sarkozy dans le déni du double jeu des monarchies pétrolières, notamment du Qatar, commence à faire des vagues en France même. Fait rarissime, un débat sur la politique extérieure de l’Élysée surgit, non pas dans les marges d’extrême gauche ou d’extrême droite du spectre politique, mais en son centre.

Ainsi François Fillon déclare-t-il sans ambages :

« Il faut élargir nos alliances. Tant que l’on n’entame pas une discussion sérieuse avec la Russie, il n’y a aucun espoir, à court terme, d’obliger Bachar el-Assad à quitter le pouvoir en Syrie.

Quand il s’est agi de combattre le nazisme, nous n’avons pas hésité à nous allier avec Staline. Poutine n’est pas Staline mais, aujourd’hui, malgré nos différends, nous avons le devoir commun d’éteindre l’incendie qui nous menace tous.

Il faut aussi discuter avec l’Iran, qui est un grand pays et qui va monter en puissance dans la région. »

Bruno Le Maire est encore plus explicite :

« Je ne comprends pas que la France puisse être membre de l’OTAN et qu’un des pays membres, la Turquie, refuse de lutter contre Daesh. Je ne comprends pas qu’on puisse avoir des doutes sur un double jeu du Qatar.

S’il y a des doutes sur le Qatar, le Qatar doit lever ces doutes. Je ne comprends pas que tant de chefs d’État qui viennent défiler n’envoient pas de soldats au Mali.

Je ne comprends pas que l’Europe soit si faible. (…) En 2012, j’ai demandé une mission d’information parlementaire sur les liens entre le Qatar et des réseaux terroristes. Elle m’a été refusée. »

Pendant ce temps, au PS, c’est l’encéphalogramme plat. Il y a bien longtemps que l’on a cessé, Rue de Solférino, d’avoir la moindre idée sur la politique extérieure, et que l’on a délégué ce fardeau aux professionnels du Quai, à leur marionnette Fabius et aux diplomates détachés à l’Élysée.

——

1. Le retour de militaires nassériens au pouvoir au Caire n’a pas rétabli les liens franco-égyptiens tissés sous Moubarak. Ces gens-là sont vindicatifs, et gardent en mémoire le lâchage, par Paris, du raïs au profit des Frères Musulmans.


Photoshop/25e: Et si la photographie, ça servait d’abord à faire la guerre ? (From fautography to faux-thenticity: is photography the continuation of war by other means ?)

25 février, 2015

https://i0.wp.com/www.diagonalthoughts.com/wp-content/uploads/2010/01/coyote.jpghttps://i1.wp.com/www.lagunabeachbikini.com/wordpress/wp-content/images/magazine-covers/FauxtographyJan1995.jpghttps://jcdurbant.files.wordpress.com/2015/02/2752c-10895350_916943658336082_1555813154_n.jpg?w=450&h=450https://i2.wp.com/dd508hmafkqws.cloudfront.net/sites/default/files/styles/article_node_view/public/bey_3.jpg

Whatever the other consequences of the kinetic war between Israel and Hezbollah in the summer of 2006, it gave rise to a neologism now commonplace in the blogosphere. In the blog lexicon, fauxtography refers to visual images, especially news photographs, which convey a questionable (or outright false) sense of the events they seem to depict. Apart from the clever word play evident in the term, it is shorthand for a serious criticism of photojournalism products, both the images and the associated text. Since accuracy is a cardinal tenet of journalistic ethics, clearly stated in the ethics code of the Society of Professional Journalists and other professional associations of journalists, the accusation that news products convey a false or distorted impression of news events is potent. Critical questions about the factual accuracy of news reports predated this blogstorm. So, too, did specific questions about the trustworthiness of photojournalism from hotspots in the Middle East. It may well be that the emergence of a concise but powerful term for the central issue in it fostered the development of the blogstorm, apart from the intensity of the kinetic war itself as a contributing factor. While some participants in the fauxtography blogstorm did, indeed, make accusations of media bias—an accusation implicitly echoed in a column by a prominent journalism professor and a paper by a fellow at Harvard’s Shorenstein Center—we will need here to distinguish between the long-running debate about media bias, in general, and the more concrete and specific blogstorm criticism that particular news products generated during the war were fauxtography rather than trustworthy photojournalism. The blogstorm this chapter describes centered on photojournalism during the 2006 Lebanon War; unlike some other blogstorms, however, the foundational issue underlying it predated this war and the central issue argued in it persisted after the event which initiated the blogstorm had concluded. The fauxtography blogstorm is perhaps one of the most complex to have yet occurred. It may help clarify the argumentation in this blogstorm to distinguish two levels: arguments about the reporting of a particular incident in the war, and arguments about journalistic practices in covering the war. The two are intertwined, in that arguments about reporting of specific incidents often led over time to broader, more general criticism of the mainstream news media practices. Stephen D. Cooper (Marshall University)
Quand les riches s’habituent à leur richesse, la simple consommation ostentatoire perd de son attrait et les nouveaux riches se métamorphosent en anciens riches. Ils considèrent ce changement comme le summum du raffinement culturel et font de leur mieux pour le rendre aussi visible que la consommation qu’ils pratiquaient auparavant. C’est à ce moment-là qu’ils inventent la non-consommation ostentatoire, qui paraît, en surface, rompre avec l’attitude qu’elle supplante mais qui n’est, au fond, qu’une surenchère mimétique du même processus. Dans notre société la non-consommation ostentatoire est présente dans bien des domaines, dans l’habillement par exemple. Les jeans déchirés, le blouson trop large, le pantalon baggy, le refus de s’apprêter sont des formes de non-consommation ostentatoire. La lecture politiquement correcte de ce phénomène est que les jeunes gens riches se sentent coupables en raison de leur pouvoir d’achat supérieur ; ils désirent, si ce n’est être pauvres, du moins le paraitre. Cette interprétation est trop idéaliste. Le vrai but est une indifférence calculée à l’égard des vêtements, un rejet ostentatoire de l’ostentation. Plus nous sommes riches en fait, moins nous pouvons nous permettre de nous montrer grossièrement matérialistes car nous entrons dans une hiérarchie de jeux compétitifs qui deviennent toujours plus subtils à mesure que l’escalade progresse. A la fin, ce processus peut aboutir à un rejet total de la compétition, ce qui peut être, même si ce n’est pas toujours le cas, la plus intense des compétitions. (…) Ainsi, il existe des rivalités de renoncement plutôt que d’acquisition, de privation plutôt que de jouissance.(…) Dans toute société, la compétition peut assumer des formes paradoxales parce qu’elle peut contaminer les activités qui lui sont en principe les plus étrangères, en particulier le don. Dans le potlatch, comme dans notre société, la course au toujours moins peut se substituer à la course au toujours plus, et signifier en définitive la même chose. René Girard
First we had « Life » as our major magazine; it was about life. Then the major magazine became « People. » Then « People » was replaced by « Us. » Then « Us » was replaced by « Self. » Paul Stookey
‘I spent the first ten years of my career making girls look thinner -and the last ten making them look larger.’ Robin Derrick (Vogue)
Cela n’a rien d’un progrès féministe. Rejet ou acceptation, cette obsession pour la beauté n’apparaît que chez les femmes célèbres, jamais chez les hommes. Elle ne fait que rappeler que l’apparence est au centre de la vie féminine et passe bien avant leur talent. Samantha Moore (Gender Across Borders)
Le hashtag #NoFilter est un filtre comme les autres, un dévoilement artificiel qui participe à la mise en scène de soi sur les réseaux sociaux. Ce sont des poses, des situations, des angles profondément calculés. On peut appeler ça le management de transparence. Heather Corker
Authenticity is the latest marketing buzz word. Consumers today, Millennials in particular, are told by their peers to be real, to be unique, and to live life without the filter. We see # nofilter photos and # nomakeup selfies online. But what does authenticity really mean in today’s socially-networked, digitally-connected world? And how much are consumers actually willing to reveal; how many filters will they let drop? The social space is a place for self creation and curation. The paradox is this: on social networks consumers magnify the activities of their lives and carefully select the truths they will reveal, all in an effort to appear… authentic. (…) The no filter hashtag itself has become a social norm, a controlled conversation of reality. This is consumers pretending they are willing to present a more naked version of themselves than they would in reality. Our social media profiles are only versions of ourselves; it is the self we want the world to believe we are. We exaggerate the content of our lives and lifestyles across social media so that only the good goes public.(…) Our lives on social media are a world of aspirational authenticity, which we want others to believe we’ve already arrived at. Consumers take the roughness of their lives, polish it, paint it and then post it. Brands must be aware of this veil of self for effective communications. Consumers want to pretend that they want to take you, as a brand, at face value, stripped bare. But what they really want is to feel good about themselves and to maintain their image of ascribing to the authentic. The truth is that consumers don’t want to become too exposed on social media. Walls are tearing down due to the digital, but as consumers learn to manage this new world they will start to build walls back up, to manage and create their image. Consumers want you to make them believe you are authentic. The focus is on them. They want to feel they are being properly represented by your brand – that your brand is part of the authentic image they are curating for themselves. While the desire for authentic marketing is not new – the Dove ‘Real Beauty’ campaigns have been around for a while– the desire is now less a ‘feel good’ story and more a rugged desire by consumers to be accurately represented in advertisements and in engagement by the brands they consume. Brands must give consumers the tools to curate their authenticity alongside the brand. Just as consumers do in their profiles, brands must manage their use of the filter, picking the appropriate unfiltered, bare moments to share. But they must also know when to hold back and which moments need a veil. This is about managed transparency as much for brands as for consumers. Faux-thenticity, or managed authenticity, will create new forms of intimacy between brand and consumer, presenting an opportunity for brands to respond to the consumer complaint that ads are a misrepresentation of who we really are. Heather Corker
Corker used # noshittyphotos as an example of consumers stretching their own capabilities to appear better online. The trend was started by two advertising graduates in Miami who were tired of tourists taking bad pictures of famous views. They created a stencil that showed a pair of footprints and the words « place feet, point and click », found the best place to stand to take the perfect pictures of landmarks in New York and San Francisco, and sprayed the instructions on the floor for tourists. The result was that consumers could take exceptional photos and post them as if they had found the right angle themselves. Marketing magazine
We must accept that photography is a post-production medium. It is used for multimedia, a still image might be from a video. We can embed, geotag. We’re dealing with computer data. We’ve handed digital image making all the aura of analog photography and it’s a camouflage. We know digital image making is not photography as it has been in the past; it has been made for other [new] uses. (…) I’ve always spoken in the digital age of “digital image making,” mainly because it is a manipulable medium. (…) When the Gutenberg press came along, everybody recognized the new formats and made use of its products, books and printed materials, but they didn’t see the long-term consequences: nationalism, democracies, entitlements. Some say the web will bring about as much disruption; I go further and say the web will bring about more. I foresee religion, governments, sex, biology, human evolution all changing radically because of the web. To me those things are clear but it’s not easy to describe to others. The leaps of imagination are difficult to envision. We all go at 90mph looking in the rear-view mirror. When I left the New York Times after three-and-a-half years, it was then I realized what journalism was. It is hardest to see the essentials and necessity of change when you’re inside of something. Fred Ritchin
I, too, have been part of the reverse retouching trend. When editing Cosmopolitan magazine, I also faced the dilemma of what to do with models who were, frankly, frighteningly thin. There are people out there who think the solution is simple: if a seriously underweight model turns up for a shoot, she should be sent home. But it isn’t always that easy. A fashion editor will often choose a model for a shoot that’s happening weeks, or even months, later. In the meantime, a hot photographer will have flown in from New York, schedules will be juggled to put him together with a make-up artist, hairdresser, fashion stylist and various assistants, and a hugely expensive location will have been booked. And a selection of tiny, designer sample dresses will be available for one day only. I have taken anguished calls from a fashion editor who has put together this finely orchestrated production, only to find that the model they picked six weeks ago for her luscious curves and gleaming skin, is now an anorexic waif with jutting bones and acne. Or she might pitch up covered in mysterious bruises (many models have a baffling penchant for horrible boyfriends), or smelling of drink and hung over, as many models live on coffee and vodka just to stay slim. And it’s not just models that cause problems. I remember one shoot we did with a singer, a member of a famous girl band, who was clearly in the grip of an eating disorder. Not only was she so frail that even the weeny dresses, designed for catwalk models, had to be pinned to fit her, but her body was covered with the dark downy hair that is the sure-fire giveaway of anorexia. Naturally, thanks to the wonders of digital retouching, not a trace of any of these problems appeared on the pages of the magazine. At the time, when we pored over the raw images, creating the appearance of smooth flesh over protruding ribs, softening the look of collarbones that stuck out like coat hangers, adding curves to flat bottoms and cleavage to pigeon chests, we felt we were doing the right thing. Our magazine was all about sexiness, glamour and curves. We knew our readers would be repelled by these grotesquely skinny women, and we also felt they were bad role models and it would be irresponsible to show them as they really were. But now, I wonder. Because for all our retouching, it was still clear to the reader that these women were very, very thin. But, hey, they still looked great! They had 22-inch waists (those were never made bigger), but they also had breasts and great skin. They had teeny tiny ankles and thin thighs, but they still had luscious hair and full cheeks. Thanks to retouching, our readers – and those of Vogue, and Self, and Healthy magazine – never saw the horrible, hungry downside of skinny. That these underweight girls didn’t look glamorous in the flesh. Their skeletal bodies, dull, thinning hair, spots and dark circles under their eyes were magicked away by technology, leaving only the allure of coltish limbs and Bambi eyes. A vision of perfection that simply didn’t exist. No wonder women yearn to be super-thin when they never see how ugly thin can be. But why do models starve themselves to be a shape that even high fashion magazines don’t want? Vogue’s Shulman believes a big part of the problem is that the designer’s sample sizes – the catwalk prototypes of their designs – have got ever smaller.(…) To fit these clothes, made by men for boyish bodies, the top model agencies only take on the thinnest girls, who tend to be nearly 6ft tall with 24in waists and 33in hips. This is far thinner than the likes of Cindy Crawford ever was (at 5ft 9in, she had a 26in waist). (…) Yet instead of hiring some healthier ones and encouraging them to eat, some agencies continue to send girls to jobs even when they look positively ill. It’s a crazy system, and one that’s bad for all of us. When the ideal woman is emaciated yet smooth-skinned and glowing, more of us will hate our own unretouched bodies which stubbornly refuse to fit into an impossible ideal. Some of us will starve and binge; others will develop eating disorders; others will opt out completely and give up on being healthily fit. All I can say is that I’m sorry for my small part in this madness. It is time it stopped – for all our sakes. Leah Hardy
Alors que la communication d’H&M est pointée du doigt pour avoir collé des visages de top-modèles sur des corps de synthèse, deux scientifiques américains ont inventé l’outil rêvé des amateurs d’ « avant-après ». Un chercheur en informatique, Hany Farid, et son élève doctorant, Eric Kee, de l’université de Darwood, aux États-Unis ont publié le résultat de leurs recherches la semaine dernière dans une revue scientifique américaine.  Le programme qu’ils ont mis au point permet de faire apparaître, sur une échelle de 1 à 5, l’ampleur des retouches subies par une photo. Et cela donne lieu à des comparaisons saisissantes. Envolés, rides, bourrelets et teint brouillé ! Ces chercheurs espèrent que cela poussera les médias et les publicitaires à adopter une attitude autorégulatrice. Le Figaro madame
Pourtant, le naturel serait la meilleure force de séduction. D’après le sondage OpinionWay, l’absence de naturel est rédhibitoire pour 49 % des hommes, suivi du botox (39 %), du lifting (29 %), des implants mammaires (22 %), le manque de formes (16%). Ces chiffres annonceraient-ils le grand retour de la femme bio ? Les phobiques de la retouche utilisent désormais Internet comme contre-média pour insuffler une nouvelle vision de la beauté. Certains internautes tentent d’abord de démythifier le corps retouché, en mettant en ligne les vidéos de transformation des mannequins lors des séances photo pour dire que les tops aussi sont loin de la perfection. Quand le trombinoscope des modèles au naturel pour un défilé Vuitton avait fuité, le monde s’était surpris à découvrir le teint livide et les cernes des égéries. Sans oublier cet article confession de l’ancienne rédactrice de Cosmopolitan, Leah Hardy, qui tirait la sonnette d’alarme en dénonçant l’usage inversé de Photoshop, pour regonfler des mannequins trop maigres. En parallèle, plusieurs initiatives fleurissent sur la Toile pour réhabiliter le corps normal. Lady Gaga, critiquée lors de sa tournée en 2012 pour avoir pris du poids, avait fièrement publié en réponse des photos d’elle en sous-vêtements sur son réseau social. Ses milliers de fans ont suivi le mouvement en postant des clichés d’eux invitant ainsi à ce que chacun assume mieux son apparence. La « Mother Monster » avait alors baptisé l’événement « The Body Revolution » (la révolution du corps, NDLR). Les photographes aussi se mettent à dénoncer la fausseté des corps médiatisés. L’artiste Gracie Hagen avait fait du bruit en publiant une série de photos de corps droits, magnifiés, puis, juste à côté, le même corps à l’état naturel, c’est-à-dire parfois voûtés, voire flasques. Selon la photographe, « l’imagerie des médias est une illusion qui s’appuie sur la lumière, les bons angles et Photoshop. Les gens peuvent sembler extrêmement attirants dans les bonnes conditions et deux secondes après, être transformés en quelque chose de complètement différent ». Son but était alors de montrer que chacun à une forme et une taille particulière. Et que la silhouette « normale » n’existait pas. C’est aussi dans cet esprit que le site My Body Gallery propose de montrer « à quoi les vraies femmes ressemblent ». Près de 25 000 photos des corps de filles volontaires, classées selon leur âge, taille et poids, y sont accessibles. Comme pour se lancer un seau d’eau dans la figure… et déculpabiliser. Une façon de décrocher notre regard des affiches, s’ouvrir à la réalité et voir les « vrais gens ». Redescendre sur terre, en quelque sorte. Madame Figaro

De la fauxtographie à la fauxthenticité, la photographie a-t-elle jamais servi à autre chose qu’à faire la guerre ?

En ce 25e anniversaire du Photoshop des frères Knoll

A l’heure où nos fabricants de vêtements en sont à coller des visages de mannequins sur des corps de synthèse …

Et nos agences de mode, pour cause de trop grande maigreur, à regonfler numériquement les mannequins en question …

Pendant qu’entre nouveau logiciel de fraude photo, label no filter et vraies fausses fuites de clichés de stars non-retouchés, nos magazines de mode nous refont le coup du retour du naturel …

Et que dans l’athlétisme extrême de l’ultra-marathon, une drogue aussi relaxante que la marijuana  peut devenir une nouvelle arme de la compétition elle-même …

Comment ne pas voir …

Derrière ce refus ostentatoire du faux …

Et à l’instar de cette guerre de l’image que sont devenues nos guerres

L’énième avatar de cette rivalité désormais généralisée mise au jour par René Girard

Autrement dit,  pour détourner la fameuse formule clauswitzienne, la continuation de la guerre par d’autres moyens ?

Le naturel, nouvel outil de communication des stars
Alice Pfeiffer

Le Monde

20.02.2015

La cellulite de Cindy Crawford, la peau imparfaite de Beyoncé… Jamais les photos de stars au naturel n’ont tant circulé. Une manière de se rendre accessible à moindres frais.

La presse people n’aura pas chômé cette semaine. Après la diffusion de clichés non retouchés de Cindy Crawford sur le Web, c’est au tour de Beyoncé d’être mise à nu : des images de sa campagne pour L’Oréal la montrent telle qu’elle est avant le passage des gommes et autres filtres de postproduction. Le constat ? Cellulite pour l’une, peau fatiguée et imparfaite pour l’autre. Débat futile ? Certainement. Pourtant, si leurs origines sont encore troubles (réelle fuite ou stratégie de communication ?), les réactions suscitées sont révélatrices d’évolutions sociales. Contrairement à l’acharnement que suscitaient les photos de paparazzi il y a quelques années, ravis de révéler l’acné naissant ou les bras flasques d’une star, cette fois, la blogosphère est en émoi. De toutes parts sur les réseaux sociaux, on les félicite de leur honnêteté, de leur prise de risque et surtout de leur normalité.

Une authencité très calculée
Cindy Crawford et Beyoncé, deux icônes qui ont fait de leur beauté un piller de leur gloire, descendent de leur piédestal pour soudainement s’apparenter, le temps d’un tweet, au commun des mortels. Il semblerait qu’aujourd’hui, les railleries soient plutôt réservées aux présumées victimes du Botox, comme Renée Zellwegger et Uma Thurman, récemment apparues méconnaissables sur les tapis rouges. Aujourd’hui, dans une confrontation entre nature et culture, entre authenticité fructueuse et « botox bashing », ces fuites mettent en lumière un formidable outil de communication : le naturel calculé au millimètre.

Sur Instagram, dans les magazines de mode ou sur le petit écran, les célébrités n’hésitent plus à mettre en avant un corps de femme lambda : Lara Stone pose en sous-vêtements sans retouche après son accouchement dans System Magazine ; Lena Dunham affiche sans complexe ses rondeurs, parties prenantes de son succès. Un terme émerge même aux Etats-Unis : la « in-between model », qui désigne un mannequin proche des mensurations de la femme moyenne (comprendre taille 40), comme Myla Dalbesio, actuelle égérie Calvin Klein Lingerie.

Les tops jouent de cette tendance avec habileté afin de communiquer sur leur ligne, la qualité de leur peau ou encore leur perte de poids, en prenant des « selfies » accompagnés du hashtag #NoFilter. Le tout dans des situations bien précises : au réveil, dans les coulisses des défilés, quelques jours après leur accouchement… Cara Delevingne, presque aussi connue pour ses « selfies » que pour ses campagnes de pub, a fait de son naturel un art.

Cette tendance s’étend aussi aux castings : de nombreuses agences de mannequins et marques de mode, notamment IMG Models et Marc Jacobs, créent des concours via Instagram, encourageant des jeunes filles à poster des photos d’elles-mêmes, de préférence accompagnées d’un #NoFilter, garant du réalisme du cliché.

Selon le Huffington Post américain, ce hashtag agit comme un « contrat social » entre une célébrité et son audience. Ainsi, ce bref sentiment de proximité agit comme une promesse similaire à celle de la téléréalité. Une peau non retouchée rassure le public « sur la transformation subite que pourrait connaître sa vie grâce à un coup de baguette magique (…) au même titre que la dévaluation des célébrités est là pour lui rappeler qu’elles sont humaines, comme lui », analyse le sociologue François Jost, auteur du Culte du Banal (Editions Biblis, 2013).

Le label #NoFilter
Aujourd’hui, la tendance #NoFilter est poussée à l’extrême. Le site Filter Faker propose de dénoncer les tricheurs : on peut télécharger une photo libellée « no filter » et découvrir si un filtre a été utilisé… ou pas. Parallèlement, d’autres plates-formes comme Retrica ou Afterlight proposent des retouches discrètes à appliquer avant publication sur Instagram. Ni vu ni connu.

L’agence Future Foundation, spécialisée dans les tendances de consommation, a déjà renommé cette mode la « faux-thenticity ». « Le hashtag #NoFilter est un filtre comme les autres, un dévoilement artificiel qui participe à la mise en scène de soi sur les réseaux sociaux. Ce sont des poses, des situations, des angles profondément calculés, analyse Heather Corker, l’une des dirigeantes de l’agence. On peut appeler ça le management de transparence. »

Et les magazines ne se privent pas de surfer sur la vague : la publication canadienne Flare, accusée il y a trois ans d’avoir amaigri Jennifer Lawrence via Photoshop, consacre sa prochaine couverture à cinq mannequins, ni retouchés ni maquillés, accompagnés du titre #wokeuplikethis (« #réveilléetellequelle »). Une façon de se racheter auprès d’un lectorat féminin offusqué.

Cependant, pour Samantha Moore, journaliste pour le site féministe Gender Across Borders, cette tendance est loin d’être positive : « Cela n’a rien d’un progrès féministe. Rejet ou acceptation, cette obsession pour la beauté n’apparaît que chez les femmes célèbres, jamais chez les hommes. Elle ne fait que rappeler que l’apparence est au centre de la vie féminine et passe bien avant leur talent. » A quand des photos volées de Bradley Cooper, Leonardo DiCaprio et autres icônes masculines ?

 Voir aussi:

Comment Photoshop nous a brouillées avec notre corps
Lucile Quillet

Madame Figaro

13 juin 2014

Quand toutes les femmes sont parfaites sur les affiches et dans les magazines, comment accepter son corps, forcément imparfait ? Des initiatives viennent secouer avec malice la dictature de ces corps irréels. Ainsi ces milliers de femmes qui ont envoyé leurs photos pour former une galerie de la féminité telle qu’elle est en vrai.

91% des Français ne se reconnaissent pas dans le physique des personnes qui font la une des magazines féminins. Même les 18-24 ans, qui ont le même âge que les mannequins, sont 83% à ne pas s’identifier pas à eux. Parmi les 1003 personnes interrogées par l’étude d’Opinion Way pour Slendertone, 57% trouvent ces corps « trop parfaits », 21% que les visages, dénués de toute expression, sont presque robotiques. Et presque la moitié des sondés (42 %) tranchent encore plus fort : s’ils ne s’identifient pas, c’est tout simplement car les égéries sur papier glacé n’existent pas dans la vraie vie. Frappés d’une extrême lucidité, ils font la distinction entre deux mondes : celui du réel et celui imprimé en 4 x 3.

Pourtant, tout en sachant que ces images sont truquées, il est difficile de rester imperméable à ces injonctions omniprésentes à la perfection. Ces filles minces, glabres et bronzées s’affichent sur les abribus, dans le métro, dans les magazines. Si bien que l’œil s’habitue à voir des silhouettes élancées et oublie qu’un corps normal est un corps imparfait. Une fois face au miroir, on s’étonne de voir des plis, de gros grains de beauté et des poils. Comme si le monde imprimé était devenu la norme et ce grand mensonge, intégré et reproduit. Dans son livre Beauté Fatale, l’essayiste et journaliste Mona Chollet explique comment les corps imparfaits se jugent même entre eux, plutôt que d’entrer en résistance. « Cernés par les couvertures de magazines comme par autant de reproches visuels qui nous montrent comment nous pourrions être et devrions être, nous vivons sous un éclairage impitoyable. Nous sommes incités à nous montrer aussi impitoyables que lui, à être malveillants, mesquins, haineux », analyse-t-elle.

Au final, seuls 28 % des sondés se trouvent bien comme ils sont et ne souhaitent rien changer à leur corps, rapporte Opinion Way. Sur les 526 femmes interrogées, 57 % sont complexées par leur ventre, 17 % par leurs fesses. Dans un tel contexte, celui qui affirme ne vouloir rien changer à son corps passe pour un arrogant.

L’absence de naturel, rédhibitoire pour la moitié des hommes
Après le ventre plat, les fesses rebondies, le thigh gap, puis les pommettes rehaussées… Les canons de beauté se succèdent et ne se ressemblent pas. Dès qu’un complexe a été résolu, une nouvelle lubie esthétique émerge aussitôt. Elle est aisément reproduite sur Photoshop, moins dans la vraie vie. Quelle que soit la silhouette rêvée, les retouches mettent la barre toujours plus haut. Même les formes fièrement revendiquées par Kim Kardashian, Beyoncé et Rihanna sont lissées, huilées, raffermies. En deux clics, trois mouvements.

Sauf qu’accéder à ce corps irréel peut sembler accessible, tant chaque partie du corps a sa crème dédiée. La femme imparfaite n’a plus d’excuses, seulement une faible volonté. Dans ce contexte, le corps devient une « matrice du moi » comme le dit le sociologue du corps, Georges Vigarello. Il revendiquerait nos choix, notre personnalité, notre histoire. Dans Histoire de la beauté, le corps et l’art d’embellir de la Renaissance à nos jours (Éd. Points), le sociologue explique que l’apparence parfaite est « fondée sur une cohérence intérieure », entre ce qu’on en attend et ce qu’elle est. Une sorte de « je suis qui je montre ». Tout détail corporel qui nous n’aurions pas validé est un parasite, synonyme d’impuissance.

Le retour du naturel ?
Pourtant, le naturel serait la meilleure force de séduction. D’après le sondage OpinionWay, l’absence de naturel est rédhibitoire pour 49 % des hommes, suivi du botox (39 %), du lifting (29 %), des implants mammaires (22 %), le manque de formes (16%). Ces chiffres annonceraient-ils le grand retour de la femme bio ? Les phobiques de la retouche utilisent désormais Internet comme contre-média pour insuffler une nouvelle vision de la beauté. Certains internautes tentent d’abord de démythifier le corps retouché, en mettant en ligne les vidéos de transformation des mannequins lors des séances photo pour dire que les tops aussi sont loin de la perfection. Quand le trombinoscope des modèles au naturel pour un défilé Vuitton avait fuité, le monde s’était surpris à découvrir le teint livide et les cernes des égéries. Sans oublier cet article confession de l’ancienne rédactrice de Cosmopolitan, Leah Hardy, qui tirait la sonnette d’alarme en dénonçant l’usage inversé de Photoshop, pour regonfler des mannequins trop maigres.

25 000 corps normaux de « vraies femmes »

En parallèle, plusieurs initiatives fleurissent sur la Toile pour réhabiliter le corps normal. Lady Gaga, critiquée lors de sa tournée en 2012 pour avoir pris du poids, avait fièrement publié en réponse des photos d’elle en sous-vêtements sur son réseau social. Ses milliers de fans ont suivi le mouvement en postant des clichés d’eux invitant ainsi à ce que chacun assume mieux son apparence. La « Mother Monster » avait alors baptisé l’événement « The Body Revolution » (la révolution du corps, NDLR).

Les photographes aussi se mettent à dénoncer la fausseté des corps médiatisés. L’artiste Gracie Hagen avait fait du bruit en publiant une série de photos de corps droits, magnifiés, puis, juste à côté, le même corps à l’état naturel, c’est-à-dire parfois voûtés, voire flasques. Selon la photographe, « l’imagerie des médias est une illusion qui s’appuie sur la lumière, les bons angles et Photoshop. Les gens peuvent sembler extrêmement attirants dans les bonnes conditions et deux secondes après, être transformés en quelque chose de complètement différent ». Son but était alors de montrer que chacun à une forme et une taille particulière. Et que la silhouette « normale » n’existait pas.

C’est aussi dans cet esprit que le site My Body Gallery propose de montrer « à quoi les vraies femmes ressemblent ». Près de 25 000 photos des corps de filles volontaires, classées selon leur âge, taille et poids, y sont accessibles. Comme pour se lancer un seau d’eau dans la figure… et déculpabiliser. Une façon de décrocher notre regard des affiches, s’ouvrir à la réalité et voir les « vrais gens ». Redescendre sur terre, en quelque sorte.

L’algorithme qui démonte Photoshop
Gaëlle Rolin

Le Figaro madame

07 décembre 2011

Deux scientifiques américains ont créé un programme qui décèle les retouches d’une image

Alors que la communication d’H&M est pointée du doigt pour avoir collé des visages de top-modèles sur des corps de synthèse, deux scientifiques américains ont inventé l’outil rêvé des amateurs d’ « avant-après ».

Un chercheur en informatique, Hany Farid, et son élève doctorant, Eric Kee, de l’université de Darwood, aux États-Unis ont publié le résultat de leurs recherches la semaine dernière dans une revue scientifique américaine.  Le programme qu’ils ont mis au point permet de faire apparaître, sur une échelle de 1 à 5, l’ampleur des retouches subies par une photo. Et cela donne lieu à des comparaisons saisissantes. Envolés, rides, bourrelets et teint brouillé !

Voir les « avant-après »

Ces chercheurs espèrent que cela poussera les médias et les publicitaires à adopter une attitude autorégulatrice. En effet, les lecteurs ne pourront pas aller se plaindre auprès des directeurs artistiques de leur magazine préféré, car le logiciel a besoin de la photo d’origine pour établir l’échelle de retouche. Donc cette préoccupation éthique doit venir, d’abord, des agences et des rédactions.

Cela intervient alors qu’H&M a dû s’expliquer dans le magazine suédois Aftonbladet après avoir eu recours à des corps cyber-dessinés pour sa dernière campagne publicitaire. Les modèles de lingerie incriminés ont d’abord été photographiés sur des mannequins en plastique. Puis les photos ont été retravaillées sur ordinateur pour que les corps prennent un aspect humain. Seulement à la fin de ce processus, ont été collés, sur ces silhouettes, des visages de femmes. Le géant suédois n’a pas cherché à minimiser le phénomène. Mais il a expliqué qu’il ne s’agissait que de mettre en avant les sous-vêtements et que les top-modèles étaient parfaitement au courant.

Certes, le procédé n’est pas très reluisant. Vu la dénaturation des images que provoque la « photoshopisation » à outrance, on finit par avoir le choix entre humaniser un mannequin en plastique ou réifier un mannequin de chair et d’os… Reste à savoir lequel des deux oriente le plus certains consommateurs vers un idéal irréel, qui tend davantage vers les os que vers la chair.

Mais pourquoi les Anglaises se rasent-elles le visage ?
Nicolas Basse

Madame Figaro

18 février 2015
C’est la nouvelle astuce beauté qui séduit les Anglaises : se raser le visage. Avec un double objectif : avoir une peau plus douce et limiter l’apparition des rides. Are you kidding ? L’avis d’un spécialiste.

Outre-Manche, sur le Web, on ne parle que de cela. Depuis quelques semaines, « youtubeuses » et blogueuses vantent les mérites des rasoirs et des miniscalpels servant à… raser leur visage. Une méthode qui permettrait de repousser l’apparition des rides et d’avoir une peau plus douce. Selon ces mêmes internautes, Marilyn Monroe et Elizabeth Taylor étaient déjà de véritables adeptes de cette technique. C’est dire.

Le principe, vanté dans un article du Daily Mail, est simple : se gratter la peau avec un petit scalpel ou se raser avec un rasoir jetable classique pour éliminer le fin duvet qui recouvre le visage afin d’exfolier l’épiderme. La pratique s’inspire du « dermaplaning », très répandu aux États-Unis, qui consiste à gratter la peau jusqu’à l’inflammation cutanée pour permettre une meilleure absorption des soins cosmétiques.

« Une technique farfelue »
Tous les matins, ces Anglaises obsédées par les rides nettoient donc leur peau, s’appliquent un adoucissant, sortent leur mousse, leur rasoir et se rasent délicatement autour des lèvres, sur les joues et dans le cou. Selon Michael Prager, médecin esthétique londonien défenseur de la pratique, se raser aurait le même effet qu’une micro-dermabrasion, en accélérant la production de collagène et en retardant l’apparition des rides.

« Pas du tout, rétorque le dermatologue français Antoine Adam Thierry. Cette technique est farfelue et très peu efficace. Oui, cela doit très légèrement stimuler l’exfoliation de la peau, mais ça ne l’adoucira pas. Franchement, c’est énormément de temps perdu ! Autant se mettre une crème qui aura des effets bien plus nets. Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas se frotter le visage avec une pierre ponce ? » Quoi qu’il en soit, de nombreux e-shops proposent déjà des mousses et rasoirs spécialement conçus pour les visages féminins…

Perte de poids extrême : d’anciens obèses témoignent
Juliana Bruno

Le Figaro madame

06 juin 2014

À l’image de Keli Kryfko, ceux qui sont passés du XXL au S témoignent

Keli Kryfko, une jeune Américaine obèse depuis son enfance, est aujourd’hui en passe de devenir Miss Texas après avoir maigri de 45 kilos. Une perte de poids exceptionnelle qui implique également un bouleversement psychologique important. D’autres, passés du XXL au S, témoignent.

Dans une société où le poids est devenu une mesure de la valeur personnelle, un individu obèse ou en surpoids est souvent perçu comme dépourvu de volonté. Alors que la maîtrise du corps est érigée en mantra, la minceur est exigée de tous et par tous. Mais pour ceux qui prennent la décision de perdre du poids, à cause d’un problème de santé ou parce que, comme Keli Kryfko, ils se fixent un objectif très précis, les ressorts sont tout autres. Il s’agit d’affronter un nouveau reflet dans le miroir, de comprendre son corps et de se confronter au regard neuf de son entourage et de la société. Regards croisés.

Un élément déclencheur puissant
« Tout bascule en juillet 2012 quand je réussis mon bac, un vrai soulagement. Je rentre alors à l’université et, après un mois sans être montée sur ma balance, je découvre que j’ai perdu 5 kilos sans avoir changé de régime alimentaire. Je décide alors d’essayer de réduire les quantités et en six mois, je perds 20 kilos », confie Jade. À l’origine de ces pertes de poids extrêmes, plus ou moins conscientes et maîtrisées, un problème de santé, un élément déclencheur ou un objectif éminent, à l’image de celui de Keli Kryfko. « Le jour où j’ai voulu acheter un pull, je l’ai d’abord essayé en M, puis en L mais en réalité, j’ai dû acheter la taille XL. Et là, je me suis dit, plus jamais », se souvient Charles. « Cet objectif permet de se dépasser et désirer atteindre son poids de forme avec une détermination sans faille. Dans une implication totale, le sujet est pleinement centré sur ce qu’il réalise », indique Michèle Freud, auteure de Mincir et se réconcilier avec soi (Éd. Albin Michel). « Néanmoins, il faut savoir rester réaliste, se fixer des objectifs, à court, moyen et long terme. Il est bon de noter que Keli Kryfko s’est, par exemple, allégée de 30 kilos en un an et demi, qu’elle a modifié son alimentation étape par étape, de façon intelligente et avec l’aide d’un coach », prévient Michèle Freud.

Séverine, qui a eu recours à une « Sleeve », opération qui consiste à retirer une grande partie de l’estomac pour former un tube, a perdu près de 50 kilos en une année. « Six mois après l’intervention, je pesais déjà 35 kilos de moins, se rappelle la jeune femme. Je m’étais extrêmement bien préparée en amont. J’ai bénéficié d’un suivi de qualité, psychologue et nutritionniste en tête. » Charles, lui, a opté pour la très célèbre règle des « 5 fruits et légumes par jour », en s’adonnant à quarante-cinq minutes de footing, quatre fois par semaine. « Je ne me suis pas spécialement privé, j’ai simplement adopté une meilleure hygiène de vie », admet le jeune homme qui s’est délesté d’une vingtaine de kilos en l’espace d’une année. Quel que soit le moyen choisi, et même avec l’aide d’un professionnel, une remise en question identitaire vient se poser au moment où le schéma corporel de l’individu se modifie.

Nouveau corps, nouvelle identité

« C’est elle ou ce n’est pas elle ? », avouez que venant de la part d’anciens collègues, c’est dérangeant. »

Le schéma corporel, ou postural, se définit comme la perception du corps solide, entier et achevé. « Le corps se transforme, change et c’est extrêmement stimulant pour la détermination. Mais cette métamorphose peut aussi être la source d’une grande anxiété parce qu’il faut réussir à appréhender une nouvelle image de soi », avance Michèle Freud. « Au départ, j’avais l’impression que mon corps ne m’appartenait pas, comme si je l’avais volé. Cela est allé tellement vite pour moi », se souvient Jade. « J’ai toujours la sensation de peser 80 kilos lorsque je me regarde dans le miroir », renchérit Séverine, pourtant à 53 kilos aujourd’hui. Pour Charles, même constat. « J’ai toujours l’impression d’être gros. Par sécurité, dans les magasins, je vais opter pour une taille de plus même si je sais que ce n’est pas ce qu’il me faut. »
Parfois même, c’est l’entourage qui ne reconnaît pas la personne et cette épreuve peut s’avérer particulièrement déstabilisante. « « C’est elle ou ce n’est pas elle ? », avouez que venant de la part d’anciens collègues, l’interrogation est dérangeante », assène Séverine. « Quand j’apercevais des connaissances dans la rue, je voyais qu’il y avait une hésitation. Peu à peu, j’ai senti le regard des gens changer », reconnaît également Jade.

« Habiter pleinement son corps »
« Il est essentiel de se réapproprier ce nouveau corps, non seulement en le regardant mais il faut surtout ne pas avoir peur de le toucher, le masser, le mouvoir afin de le sentir et plus tard, pouvoir l’habiter pleinement », conseille Michèle Freud. « Après une année de stabilisation, je commence à m’habituer à mon nouveau corps. Je vais à la plage en appréciant ma morphologie, en profitant enfin de tous les avantages de ma transformation. Mais c’est un processus de longue haleine », reconnaît Claire. Et d’ajouter : « Je me suis enfin débarrassée de ma « seconde peau », et j’ai fait la paix avec cet « autre moi ». Mais même lorsque la réconciliation est au rendez-vous, une épée de Damoclès demeure. « Il y a cette sensation que ça ne va pas durer, que c’est provisoire, éphémère. J’ai appris à vivre avec cette peur », conclut Charles. Une crainte sourde, mais malheureusement, profondément ancrée.

A big fat (and very dangerous) lie: A former Cosmo editor lifts the lid on airbrushing skinny models to look healthy

Leah Hardy

The Daily Mail

20 May 2010

Most of us are sensible enough to know that the photographs of models and celebrities in glossy magazines aren’t all they seem.

Using the wonders of digital retouching, wrinkles and spots just disappear; cellulite, podgy tummies, thick thighs and double chins can all be erased to ‘reveal’ surprisingly lean, toned figures.

Stars such as Mariah Carey, Britney Spears and Demi Moore have benefited from this kind of technical tampering.

Kate Winslet – who shed a couple of stones this way in a shoot for a men’s magazine after her normally curvy body was digitally ‘stretched’ – complained that the practise was bad for women, who could never live up to this kind of fake perfection.

But there’s another type of digital dishonesty that’s rife in the beauty industry, and it’s one that you may well never have heard of and may even struggle to believe, but which can be just as poisonous an influence on women.

It’s been dubbed ‘reverse retouching’ and involves using models who are cadaverously thin and then adding fake curves so they look bigger and healthier.

This deranged but increasingly common process recently hit the headlines when Jane Druker, the editor of Healthy magazine – which is sold in health food stores – admitted retouching a cover girl who pitched up at a shoot looking ‘really thin and unwell’.

It sounds crazy, but the truth is Druker is not alone. The editor of the top-selling health and fitness magazine in the U.S., Self, has admitted: ‘We retouch to make the models look bigger and healthier.’

And the editor of British Vogue, Alexandra Shulman, has quietly confessed to being appalled by some of the models on shoots for her own magazine, saying: ‘I have found myself saying to the photographers, « Can you not make them look too thin? »‘
Skinny: Healthy magazine’s cover star Kamila as she appears normally

Skinny: Healthy magazine’s cover star Kamila as she appears normally

Robin Derrick, creative director of Vogue, has admitted: ‘I spent the first ten years of my career making girls look thinner -and the last ten making them look larger.’

Recently, I chatted to Johnnie Boden, founder of the hugely successful clothing brand.

He bemoaned the fact that it was nigh on impossible to find suitable models for his catalogues, which are predominantly aimed at thirty-something mothers.

‘I hate featuring very skinny models,’ he told me. ‘We try to book models who are a healthy size, but we constantly find that when they come to the shoot a few weeks later, they have lost too much weight. It’s a real problem.’

I don’t know if Boden has been forced to resort to reverse retouching, but I have a confession to make.

I, too, have been part of the reverse retouching trend. When editing Cosmopolitan magazine, I also faced the dilemma of what to do with models who were, frankly, frighteningly thin.

There are people out there who think the solution is simple: if a seriously underweight model turns up for a shoot, she should be sent home. But it isn’t always that easy.

A fashion editor will often choose a model for a shoot that’s happening weeks, or even months, later. In the meantime, a hot photographer will have flown in from New York, schedules will be juggled to put him together with a make-up artist, hairdresser, fashion stylist and various assistants, and a hugely expensive location will have been booked.

And a selection of tiny, designer sample dresses will be available for one day only.

I have taken anguished calls from a fashion editor who has put together this finely orchestrated production, only to find that the model they picked six weeks ago for her luscious curves and gleaming skin, is now an anorexic waif with jutting bones and acne.

‘No wonder women yearn to be super-thin – they never see how ugly thin can be’

Or she might pitch up covered in mysterious bruises (many models have a baffling penchant for horrible boyfriends), or smelling of drink and hung over, as many models live on coffee and vodka just to stay slim.

And it’s not just models that cause problems. I remember one shoot we did with a singer, a member of a famous girl band, who was clearly in the grip of an eating disorder.

Not only was she so frail that even the weeny dresses, designed for catwalk models, had to be pinned to fit her, but her body was covered with the dark downy hair that is the sure-fire giveaway of anorexia.

Naturally, thanks to the wonders of digital retouching, not a trace of any of these problems appeared on the pages of the magazine. At the time, when we pored over the raw images, creating the appearance of smooth flesh over protruding ribs, softening the look of collarbones that stuck out like coat hangers, adding curves to flat bottoms and cleavage to pigeon chests, we felt we were doing the right thing.

Our magazine was all about sexiness, glamour and curves. We knew our readers would be repelled by these grotesquely skinny women, and we also felt they were bad role models and it would be irresponsible to show them as they really were.

But now, I wonder. Because for all our retouching, it was still clear to the reader that these women were very, very thin. But, hey, they still looked great!
Leah Hardy

They had 22-inch waists (those were never made bigger), but they also had breasts and great skin. They had teeny tiny ankles and thin thighs, but they still had luscious hair and full cheeks.

Thanks to retouching, our readers – and those of Vogue, and Self, and Healthy magazine – never saw the horrible, hungry downside of skinny. That these underweight girls didn’t look glamorous in the flesh. Their skeletal bodies, dull, thinning hair, spots and dark circles under their eyes were magicked away by technology, leaving only the allure of coltish limbs and Bambi eyes.

A vision of perfection that simply didn’t exist. No wonder women yearn to be super-thin when they never see how ugly thin can be. But why do models starve themselves to be a shape that even high fashion magazines don’t want?

Vogue’s Shulman believes a big part of the problem is that the designer’s sample sizes – the catwalk prototypes of their designs – have got ever smaller.

She says: ‘People say why don’t we use size 12 models; but I can’t if I’m going to do any Prada, Dior, Balenciaga or Chanel collections.’

To fit these clothes, made by men for boyish bodies, the top model agencies only take on the thinnest girls, who tend to be nearly 6ft tall with 24in waists and 33in hips. This is far thinner than the likes of Cindy Crawford ever was (at 5ft 9in, she had a 26in waist).

A glance at model agency websites will reveal clearly reverse retouched images, where ribs and protruding spines have been airbrushed away. Yet instead of hiring some healthier ones and encouraging them to eat, some agencies continue to send girls to jobs even when they look positively ill.

It’s a crazy system, and one that’s bad for all of us. When the ideal woman is emaciated yet smooth-skinned and glowing, more of us will hate our own unretouched bodies which stubbornly refuse to fit into an impossible ideal.

Some of us will starve and binge; others will develop eating disorders; others will opt out completely and give up on being healthily fit.

All I can say is that I’m sorry for my small part in this madness. It is time it stopped – for all our sakes.

NPR
July 05, 2012

Seventeen editor in chief Ann Shoket writes in the latest issue that the magazine’s staff has signed a « Body Peace Treaty » that promises to « never change girls’ body or face shapes » in photos.

Seventeen magazine

Somewhere between school and her extracurricular activities, eighth-grader Julia Bluhm found time to launch a crusade against airbrushed images in one of the country’s top teen magazines.

And this week, she won: Seventeen magazine pledged not to digitally alter body sizes or face shapes of young women featured in its editorial pages, largely in response to the online petition Julia started this spring.

« We should focus on people’s personalities, not just how they look, » she told NPR member station WBUR last month. « If you’re looking for a girlfriend who looks like the models that you see in magazines, you’re never going to find a girlfriend, because those people are edited with computers. »

After hearing too many fellow teens in her ballet class complain about their weight, the 14-year-old started her campaign in April with a petition on Change.org. It called for the magazine to print one unaltered photo spread each month. The petition — and a demonstration at the corporate offices of Hearst, which owns Seventeen — led to more than 80,000 signatures from around the world.

The barrage of correspondence from young girls led Ann Shoket, Seventeen‘s editor-in-chief, to invite Julia for a meeting and subsequently put out a new policy statement on the magazine’s photo enhancements.

The New York Times reports that while Shoket stresses the magazine « never has, never will » digitally alter the body or face shapes of its models, her editor’s letter in the upcoming August issue will reaffirm its commitment. Skolet writes that the entire Seventeen staff has signed an eight-point Body Peace Treaty, promising not to alter natural shapes and include only images of « real girls and models who are healthy. »

« While we work hard behind the scenes to make sure we’re being authentic, your notes made me realize that it was time for us to be more public about our commitment, » Shoket writes in her letter to readers, published in part in Tuesday’s Times. The magazine also promises greater transparency surrounding its photo shoots, showing what goes into the shoots on its behind-the-scenes Tumblr.

Transparency and the new pledge don’t necessarily mean every page in the magazine will be au naturel, because so many pages are filled with ads. The companies doing the advertising aren’t making the same no-Photoshop promise, so it’s unclear what the pact means for digitally enhanced advertisements. Calls to the magazine to comment on the policy haven’t been returned.

« This is a huge victory, and I’m so unbelievably happy, » Julia writes on her online petition page.

But the fight against enhanced images of young girls isn’t over. Inspired by the win, two other middle-school activists are taking on Teen Vogue in a new online petition, which, as of this posting, already has more than 11,000 signatures.

Voir par ailleurs:

Sports
The Debate Over Running While High
For Ultramarathon Runners, Marijuana Has Enormous Benefits—But Is It Ethical?

Frederick Dreier

The Wall Street Journal
Feb. 9, 2015

The grueling sport of ultramarathon has fostered a mingling of two seemingly opposite camps: endurance jocks and potheads.

“If you can find the right level, [marijuana] takes the stress out of running,” says Avery Collins, a 22-year-old professional ultramarathoner. “And it’s a postrace, post-run remedy.”

The painkilling and nausea-reducing benefits of marijuana may make it especially tempting to ultramarathoners, who compete in races that can go far longer—and be much more withering—than the 26.2 miles of a marathon. Ultramarathon is one of the fastest-growing endurance sports; there were almost 1,300 races in the U.S. and Canada in 2014, up from 293 in 2004, according to UltraRunning Magazine.

Ultramarathons last anywhere from 30 to 200 miles, and typically crisscross mountainous terrain and rocky trails. Runners endure stomach cramps and intense pain in their muscles and joints. Competitors often quit after a sudden loss of motivation, matched with the boredom of running for upward of 24 hours straight.

“The person who is going to win an ultra is someone who can manage their pain, not puke and stay calm,” said veteran runner Jenn Shelton. “Pot does all three of those things.”
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Shelton said she has trained with marijuana before, but she made a decision to never compete with the drug for ethical reasons, expressly because she believes it enhances performance.

The phenomenon isn’t easily quantified, because even in Colorado, which legalized marijuana, ultra runners declined to go on the record with their marijuana use. But marijuana is a common topic on endurance-running blogs. Often debated is whether marijuana can improve performance, particularly because of its much-heralded capacity for blocking pain. The drug is now legal for medical use in 23 states plus the District of Columbia, and a sizable portion of legal medical users cite chronic pain as a reason.

“There’s good science that suggests cannabinoids block the physical input of pain,” said Dr. Lynn Webster, founder of the Lifetree Pain Clinic in Salt Lake City. Cancer patients have also used marijuana to treat nausea from chemotherapy. For distance runners, nausea can ruin a race, preventing them from ingesting needed calories and nutrients.
Avery Collins runs on a trail near Chautauqua Park in Boulder, Colo. ENLARGE
Avery Collins runs on a trail near Chautauqua Park in Boulder, Colo. Photo: Matthew Staver for The Wall Street Journal

In a nod to the growing acceptance of marijuana as a recreational drug, the World Anti-Doping Agency in 2013 raised the allowable level of THC—the drug’s active ingredient—to an amount that would trigger positive results only in athletes consuming marijuana in competition. That essentially gave the green light to marijuana usage during training, not to mention as a stress reliever the night before a race.

In competition, a WADA spokesman said that marijuana is banned for its perceived performance enhancement, and because its use violates the “spirit of sport.”

USA Track & Field, which governs distance running in America, follows the WADA guideline. “Marijuana is on the banned list and should not be used by athletes at races,” said Jill Geer, a representative with USATF. “We are unequivocal in that.”

‘There’s good science that suggests cannabinoids block the physical input of pain.’
—Dr. Lynn Webster, founder of the Lifetree Pain Clinic

But here’s the catch. Few ultramarathons actually test for drugs, Geer said. Races must pay for drug tests, and the price tag for testing can be prohibitive for smaller events. A USADA spokesperson said that cost for drug testing depends on an event’s location, participation size, length and prominence. The Twin Cities Marathon, for example, spent $3,500 to have USADA conduct six tests at its 2014 event.

In many other sports, a handful of athletes over the years have acknowledged using pot as a painkiller and relaxing agent. Canadian snowboarder Ross Rebagliati—who briefly lost and then regained his 1998 Olympic gold medal after testing positive for pot—admitted that he regularly smoked marijuana during his professional career. Mixed martial arts fighter Nick Diaz is unapologetic for his use of medical marijuana; a positive pot test earned him a yearlong ban in 2012. Retired NFL wide receiver Nate Jackson detailed his marijuana use in a 2013 book, saying he regularly smoked pot to numb his various sports injuries.

Pot’s original inclusion on the Olympic banned list had more to do with politics and ethics than its perceived performance enhancement, said veteran drug tester Don Catlin, who founded the UCLA Olympic Analytic Laboratory. “You can find some people who argue that marijuana has performance-enhancing characteristics. They are few and far between,” he said. “It’s seen more as a drug of abuse than as a drug of performance enhancement.”

The running movement has long been a haven for hippies, and ultramarathons in particular feature an above-average number of ponytailed graybeards.

“There’s a great degree of rugged individualism in every ultramarathoner,” says ultramarathoner Jason “Ras” Vaughn, who operates the popular blog UltraPedestrian.com. “My impression is that the runners who use [marijuana] are people who already smoked it, who now happen to be ultra runners.”

Shelton, the ultra runner who doesn’t use pot during races, said the ultramarathon community generally is aware of those who do so. Pot, she said, is just one of the numerous painkillers that athletes take during the grueling races. It isn’t uncommon for athletes to pop multiple Advil or Tylenol during a 100-mile race.
Collins runs on a trail. ENLARGE
Collins runs on a trail. Photo: Matthew Staver for The Wall Street Journal

Unusually candid about his marijuana usage is Collins. During a typical week at his home in Steamboat Springs, Colo., Collins runs approximately 150 miles and consumes marijuana four or five times. He doesn’t smoke the plant; instead he eats marijuana-laced food, inhales it as water vapor and rubs a marijuana-infused balm onto his legs.

Collins is no back-of-the-pack stoner. In 2014, his first year as a full-time professional runner, he won five ultramarathons. His third-place finish at the Fat Dog 120, a well-known 120-mile race in British Columbia, was the top American result.

Collins says he doesn’t ingest the plant during competitions, though he says he has never been tested. He does train with the drug, on occasion. He says the marijuana balm numbs his leg muscles, and small doses of the plant keep his mind occupied during longer runs, he says. Collins says the miles and hours seem to tick off faster when he is running high.

After a race, Collins eats marijuana candies or cookies to lower his heart rate and relax his muscles.

“You’re running for 17 to 20 hours straight, and when you stop, sometimes your legs and your brain don’t just stop,” Collins said. “Sometimes [pot] is the only way I can fall asleep after racing.”

Collins recently landed a small cash sponsorship with a Colorado company that consults with marijuana growers and sellers. For 2015, he will wear the company’s pot-leaf logo on his jersey and promote the company on social media.

Even as he promotes a marijuana-related sponsor, however, Collins concedes that his latest training strategy—involving shorter, faster, more-focused sessions—doesn’t fit well with running high. So he is doing a lot less of that.

Voir enfin:

Birth of a Washington Word
When warfare gets « kinetic. »
Timothy Noah
Slate
2002

« Retronym » is a word coined by Frank Mankiewicz, George McGovern’s campaign director, to delineate previously unnecessary distinctions. Examples include « acoustic guitar, » « analog watch, » « natural turf, » « two-parent family, » and « offline publication. » Bob Woodward’s new book, Bush at War, introduces a new Washington retronym: « kinetic » warfare. From page 150:
For many days the war cabinet had been dancing around the basic question: how long could they wait after September 11 before the U.S. started going « kinetic, » as they often termed it, against al Qaeda in a visible way? The public was patient, at least it seemed patient, but everyone wanted action. A full military action—air and boots—would be the essential demonstration of seriousness—to bin Laden, America, and the world.
In common usage, « kinetic » is an adjective used to describe motion, but the Washington meaning derives from its secondary definition, « active, as opposed to latent. » Dropping bombs and shooting bullets—you know, killing people—is kinetic. But the 21st-century military is exploring less violent and more high-tech means of warfare, such as messing electronically with the enemy’s communications equipment or wiping out its bank accounts. These are « non-kinetic. » (Why not « latent »? Maybe the Pentagon worries that would make them sound too passive or effeminate.) Asked during a January talk at National Defense University whether « the transformed military of the future will shift emphasis somewhat from kinetic systems to cyber warfare, » Donald Rumsfeld answered, « Yes! » (Rumsfeld uses the words « kinetic » and « non-kinetic » all the time.)
The recent war in Afghanistan demonstrates that when the chips are down, we still find it necessary to go kinetic. Indeed, for all its novel methods of non-kinetic warfare, today’s military is much more deadly than it ever was before. For the foreseeable future, civilians and at least a few soldiers will continue to be killed in war. « Kinetic » seems an objectionable way to describe this reality from the point of view of both doves and hawks. To those who deplore or resist going to war, « kinetic » is unconscionably euphemistic, with antiseptic connotations derived from high-school physics and aesthetic ones traceable to the word’s frequent use by connoisseurs of modern dance. To those who celebrate war (or at least find it grimly necessary), « kinetic » fails to evoke the manly virtues of strength, fierceness, and bravery. Imagine Rudyard Kipling penning the lines, « For it’s Tommy this, an’ Tommy that, an’ ‘Chuck him out, the brute!’/ But it’s ‘Saviour of ‘is country’ when the U.K goes kinetic. » Is it too late to remove this word from the Washington lexicon? Chatterbox suggests a substitute: « fighting. »

Timothy Noah is a former Slate staffer. His  book about income inequality is The Great Divergence.


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