BDS ou la continuation de la Solution finale par d’autres moyens (Why do the heathen rage ? – From Judenrein to Zionistfrei, guess who holier-than-thou universities, unions, « human rights » groups and churches are targeting from among the 200 territorial disputes, from Tibet to Ukraine)

28 septembre, 2016
neonazisbdsPourquoi ce tumulte parmi les nations, ces vaines pensées parmi les peuples? Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils et les princes se liguent-ils avec eux contre l’Éternel et contre son oint? Psaumes 2: 1-2
L’antisionisme est le nouvel habit de l’antisémitisme. Demain, les universitaires qui boycottent Israël demanderont qu’on brûle les livres des Israéliens, puis les livres des sionistes, puis ceux des juifs. Roger Cukierman (président du CRIF, janvier 2003)
Boycotter Israël, c’est lutter pour une paix juste (…) Du Canada à l’Australie en passant par l’Afrique du Sud, les Etats-Unis, l’Amérique latine et l’Europe, c’est un mouvement international, non-violent et populaire qui se développe. Syndicats, ONG, associations, Eglises, universités, municipalités, personnalités de renommée mondiale et simples citoyens se retrouvent pour défendre un même objectif : l’application du droit. (…)  Notre combat n’est pas fondé sur le rejet d’un peuple. Il s’agit d’exercer une réelle pression sur l’Etat d’Israël, en développant un boycott économique, diplomatique, et un boycott des institutions académiques, sportives et culturelles israéliennes. Ces institutions sont en effet trop souvent utilisées par Israël pour soigner son image et mieux masquer sa politique à l’égard des Palestiniens et son mépris des règles internationales. Michel Platini, président de l’Union européenne des associations de football (UEFA), l’a compris, menaçant d’exclure l’Etat d’Israël de l’UEFA s’il continuait d’entraver le développement du sport palestinien. Desmond Tutu, archevêque sud-africain récompensé par le prix Nobel de la paix en 1984 pour son combat contre l’apartheid, s’est de son côté élevé contre la visite prochainement prévue, en Israël, de la troupe de l’Opéra du Cap. En tant que soutien actif de la stratégie BDS, Desmond Tutu mérite-t-il aussi les titres de saboteur et de naufrageur d’espoir ? A ceux qui s’inquiètent de la dégradation de l’image d’Israël et qui accusent la campagne BDS d’en être responsable, nous disons qu’Israël est le seul auteur de cette dégradation. En violant chaque jour le droit international, en commettant des actes criminels comme les bombardements massifs sur Gaza en 2008-2009 ou l’assaut sanglant contre la Flottille de la liberté, en poursuivant le blocus de Gaza, la construction de colonies et l’arrachage des oliviers, Israël ne peut susciter qu’un rejet de plus en plus fort. (…) Nous savons, fort du précédent sud-africain et de la campagne victorieuse de boycott contre le régime d’apartheid, que cette arme, loin d’être indigne, peut être noble et efficace lorsque les circonstances l’exigent. C’est le cas aujourd’hui. Nicole Kiil-Nielsen (députée européenne, Les Verts)
Le Mouvement de la Résistance Islamique croit que la Palestine est un Waqf [patrimoine religieux] islamique consacré aux générations de musulmans jusqu’au Jugement Dernier. Pas une seule parcelle ne peut en être dilapidée ou abandonnée à d’autres. Charte du Hamas
Il n’y a aucun doute qu’à l’intérieur des territoires occupés palestiniens nous avons affaire à un exemple effarant d’apartheid. Jimmy Carter
En tant que membres du monde de la culture, notamment du cinéma, nous sommes troublés par la décision du TIFF de réserver une place de choix à Tel Aviv et de s’être ainsi rendu complice, intentionnellement ou pas, de la machine de propagande israélienne. Nous ne visons pas les cinéastes israéliens dont les œuvres sont inscrites au programme du festival. Mais nous dénonçons l’instrumentalisation du festival, par une campagne de propagande au service d’un régime d’apartheid. Ken Loach
La présentation sélective de la façade moderne et sophistiquée de Tel-Aviv, sans égard au passé et aux réalités de l’occupation israélienne des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, ce serait comme si on glorifiait la beauté et la vie élégante chez les communautés exclusivement blanches au Cap ou à Johannesburg pendant l’apartheid, sans reconnaître les cantons noirs de Khayelitsha et de Soweto. Ken Loach, Jane Fonda, Naomi Klein, David Byrne, Alice Walker, Danny Glover, Harry Belafonte, Noam Chomsky, etc.
Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer 1,5 million de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ?Mads Gilbert
L’Etat d’Israël est en train de mener une guerre de purification ethnique dans les territoires palestiniens. Nous avons passé 48 heures dans les camps d’internement de l’armée israélienne, où des centaines de Palestiniens, raflés en pleine nuit, sont emprisonnées, les yeux bandés. José Bové (Ramallah, avril 2002)
Il faut se demander à qui profite le crime. Je dénonce tous les actes visant des lieux de culte. Mais je crois que le gouvernement israélien et ses services secrets ont intérêt à créer une certaine psychose, à faire croire qu’un climat antisémite s’est installé en France, pour mieux détourner les regards. José Bové (de retour de Ramalah, Libération, avril 2002)
Vive le Hamas, le Hamas vaincra! Patrick Farbiaz (conseiller politique de Noël Mamère, 2003)
L’université est censée être un lieu où l’on apprend à utiliser son cerveau, à penser rationnellement, à examiner les preuves, à tirer des conclusions à partir de faits avérés, à vérifier ses sources, à comparer les points de vue. Si celle d’Edimbourg ne peut former que des étudiants qui n’ont pas la moindre notion de toutes ces choses, alors l’avenir est sombre. Je n’ai aucune objection à la critique argumentée contre Israël. Mais je m’oppose à ce que des gens supposés intelligents stigmatisent l’Etat juif comme celui qui traiterait sa population de la pire façon. (…) S’il y avait eu un Etat juif dans les années 1930 (ce n’était malheureusement pas le cas), vous ne croyez pas qu’Hitler aurait décidé de le boycotter ? Dr. Denis MacEoin
En Allemagne nazie,  c’était très à la mode de rendre sa ville Judenfrei – débarrassée des juifs-. Maintenant une nouvelle mode balaie l’Europe : rendre sa ville ce que l’on pourrait appeler ‘Zionistfrei’ – débarrassée des produits et de la culture de l’État juif. À travers tout le continent des villes se déclarent ‘zones débarrassées d’Israël,’ isolant leurs citoyens de tout ce qui est produit ou culture israéliens. On y trouve de hideux échos de ce qui s’est passé il y a soixante-dix ans. Brendan O’Neill
The Zionistfrei movement isn’t really about effecting any change in the Middle East. As Leicester Councillor Mohammed Dawood admits, Israel is hardly going to be “trembling in its shoes” over the city’s boycott. Rather, the movement is about making the chattering classes in Europe feel pure and righteous, unsullied by the poisonousness of the state it’s now so fashionable to hate. Where yesteryear’s creators of Judenfrei zones saw the Jewish people as a corrupting presence, today’s lobbyists for Zionistfrei territories see the Jewish state as corrupting, as a toxic entity whose fruit and technology and books must be shunned. No, Jews aren’t being physically expelled from Europe, but they are being made to feel unwelcome. Given that most Jews feel affinity with the state of Israel, what must they think when they see parts of Europe being cleansed of all things Israeli? They must think: “My culture and my people are not wanted here.” And European Jews are voting with their feet. In the first eight months of this year, 4,566 Jews left France for Israel, more than the total number that left in 2013 (3,228). Last year a European Union survey found that 29% of Europe’s Jews had considered emigrating because they no longer feel safe. BDS is one of the ugliest political movements of our time. It is shot through with double standards, treating Israel as more wicked than any other state. It is shrill and censorious, too. Its members boo and jeer and seek to expel from apparently civilized Europe not only Israeli military leaders and politicians but even Israeli violinists and actors. Now, the demand for Zionistfrei zones is taking BDS to its terrifying conclusion, that Israel and everyone associated with it (you know who) should be shunned by respectable communities everywhere. Brendan O’Neill (Spiked)
Aujourd’hui ces campagnes de haine et ces politiques nazies sont en grande partie le fait d’universités, de syndicats, d’entreprises et de groupes hypocrites, soi-disant militant pour les « droits de l’homme », ainsi que d’autres ONG. Et, ce qui est honteux, le fait d’églises. (…) Ils prétendent tous, à tort, être « pacifiques », utiliser des « moyens économiques » pour corriger « les injustices » dans les Territoires palestiniens. Cependant, ils semblent ne jamais essayer de remédier aux torts des gouvernements corrompus et répressifs de l’Autorité palestinienne et du Hamas à Gaza, ni même d’y promouvoir une presse libre, l’état de droit ou l’élaboration d’une économie stable. Leurs véritables motivations sont démasquées. Ils se coordonnent tout simplement avec la stratégie violente des Palestiniens et des fondamentalistes musulmans en Occident, ceux qui ont refusé encore et encore de faire la paix avec Israël depuis sept décennies et, au lieu de cela, ont choisi le terrorisme. (…) L’Union européenne a signé un accord avec le Maroc, qui a une dispute territoriale avec l’Algérie, lui garantissant néanmoins le droit d’exploiter les ressources du Sahara occidental ; il n’y a eu aucune campagne de protestation. Et nous n’avons entendu aucune protestation contre la Turquie pour son occupation du nord de Chypre ou son emprisonnement de masse de dissidents, de journalistes ou d’universitaires. Non, la politique de boycott n’est pratiquée que contre l’État juif qui peut se targuer des plus hauts niveaux de liberté académique, de liberté de presse et d’égalité devant devant la loi de la planète. (…) Ils soumettent aussi les universitaires israéliens à une campagne néo-nazie « de silence » de la part d’universités sans scrupules : envoyer moins d’invitations, rejeter plus d’articles et utiliser les critères des lois de Nuremberg du Troisième Reich pour exclure les juifs de toute participation. (…) Ces néo-nazis répandent leur message dans les universités, les églises, les entreprises et les municipalités. Ils adoptent des mesures comme des pétitions d’enseignants, le harcèlement public, des menaces de poursuites légales (guerre par la loi), des manifestations devant des magasins et, souvent, juste des cris stridents, de l’intimidation, des menaces et des sit-ins. (…) Des syndicats académiques au Royaume-Uni et au Canada, allant de médecins à architectes, ont également soutenu les nouvelles Lois de Nuremberg contre Israël. Des dizaines d’artistes – notamment des musiciens et des cinéastes – ont refusé, comme les premiers nazis avant eux, de se produire en Israël ou ont annulé leurs représentations. Nombre de fonds de pension ont retiré leurs investissements d’Israël.  (…) Les lignes d’avant ou après1967 ne sont qu’un alibi pour ces nouveaux nazis. Nombre d’entre eux considèrent que l’intégralité d’Israël est illégale, immorale ou les deux à la fois – bien que des juifs vivent sur cette terre depuis trois mille ans, une partie s’appelant même la Judée. L’appétit qu’ils mettent à accuser les juifs d’avoir l’audace « d’occuper » leur propre terre historique, biblique, ne fait que révéler leur collusion avec les mensonges les plus sombres des extrémistes islamiques qui essaient de détruire les coptes chrétiens autochtones dans leur terre natale d’Égypte et les Assyriens chrétiens autochtones que l’on voit massacrer dans tout le Moyen Orient. Les Français devraient-ils être accusés « d’occuper » la Gaule ? Il suffit de voir n’importe quelle carte de « Palestine », qui recouvre l’État d’Israël tout entier : pour nombre de Palestiniens, la totalité d’Israël est une seule colonie énorme qui doit être démantelée. À la place d’Israël, ils faciliteraient la création d’un autre État arabo-islamique qui supprimera la liberté d’expression des artistes, des journalistes et des écrivains, qui chassera les chrétiens de chez eux, qui lapidera à mort les homosexuels, qui torturera les détenus en prison, qui mettra à mort des innocents voulant simplement se convertir au christianisme, qui condamnera à des coups de fouet, à la prison ou la mort ceux dont il sera allégué qu’ils ont dit quelque chose que quelqu’un pourrait considérer comme une offense faite à l’islam, qui obligera les femmes à porter le voile et à vivre à part, qui glorifiera les terroristes, qui interdira l’alcool, qui arrêtera ceux qui exprimeront des opinions impopulaires, qui encouragera une nouvelle catégorie de réfugiés musulmans : ceux qui fuiraient volontiers un régime oppressif et meurtrier. Ces néo-nazis, en guise d’arguments, avancent des slogans faux et trompeurs tels que « état d’apartheid », « occupation », « répressif », « violateur des lois internationales » (toutes choses qu’Israël n’est scrupuleusement pas). Leur but, comme celui des nazis d’origine, est de manipuler les gens et de leur instiller préjugés et haine contre Israël, et juste derrière ce subterfuge, contre tous les juifs. Giulio Meotti (Il Foglio)

De Judenrein à Zionistfrei …

Devinez quel pays

Parmi les 200 conflits territoriaux du monde allant du Tibet à l’Ukraine …

Ont choisi comme cible …

Nos universités, syndicats, groupes des droits de l’homme et églises !


First date: Vous avez dit culte de la personnalité ? (Spot the error: Obama hasn’t even left office, but in supposedly racist America the hagiography has definitely begun)

26 septembre, 2016
soutsidewithyou
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barryobamaindonesianfilmU.S. President Barack Obama speaks during the dedication of the Smithsonian’s National Museum of African American History and Culture in Washington, U.S., September 24, 2016. REUTERS/Joshua Roberts

C’est ça, l’Ouest, monsieur le sénateur:  quand la légende devient réalité, c’est la légende qu’il faut publier. Maxwell Scott  (journaliste dans ‘L’Homme qui tua Liberty Valance’, John Ford, 1962)
We real cool. We Left school. We Lurk late. We Strike straight. We Sing sin. We Thin gin. We Jazz June. We Die soon. Gwendolyn Brooks (1959)
Murders in the U.S. jumped by 10.8% in 2015, according to figures released Monday by the Federal Bureau of Investigation—a sharp increase that could fuel concerns that the nation’s two-decade trend of falling crime rates may be ending. The figures had been expected to show an increase, after preliminary data released earlier this year indicated violent crime and murders were rising. But the double-digit increase in murders dwarfed any in the past 20 years, eclipsing the 3.7% increase in 2005, the year in which the biggest increase occurred before now. In 2014, the FBI recorded violent crime narrowly falling, by 0.2%. In 2015, the number of violent crimes rose 3.9% though the number of property crimes dropped 2.6%, the FBI said. Richard Rosenfeld, a criminologist at the University of Missouri-St.Louis, said a key driver of the murder spike may be an increasing distrust of police in major cities where controversial officer shootings have led to protests. “This rise is concentrated in certain large cities where police-community tensions have been notable,’’ said Mr. Rosenfeld, citing Cleveland, Baltimore, and St. Louis as examples. The rise in killings is not spread evenly around America, he noted, but is rather centered on big cities with large African-American populations. (…) Mr. Rosenfeld said the FBI data suggests the increase in murder may be caused by some version of the “Ferguson effect’’—a term often used by law-enforcement officials to describe what they see as the negative effects of the recent anti-police protests. The killing by a police officer of an unarmed black 18-year-old in Ferguson, Mo., in 2014 led to protests there and around the country. Some law-enforcement officials, including FBI Director James Comey, have argued that since then, some officers may be more reluctant to get out of their patrol cars and engage in the kind of difficult work that reduces street crime, out of fear they may be videotaped and criticized publicly. Mr. Rosenfeld suggested a different dynamic may be at play, though stemming from the same tensions. Members of minority and poor communities may be more reluctant to talk to police and help them solve crimes in cities where officers are viewed as untrustworthy and threatening, he said, particularly where there have been recent controversial killings by police officers. (…) John Pfaff, a professor at Fordham Law School, said the numbers are concerning but that it is too early to draw any definite conclusions from the data, noting that the murder rate in 2015 was still lower than in 2009. “It’s not a giant rollback of things. 2015 is the third-safest year for violent crime since 1970,’’ Mr. Pfaff said. “The last time we saw a jump like this was 1989 to 1990, and that was a much more broad increase in crime.’’ WSJ
Tout ce qu’on sait, c’est qu’on en sait  très peu sur Barack Obama et que ce qu’on sait est très différent de ce qui est allégué. Tous les présidents ont leurs mythographies, mais ils ont également un bilan et des experts  qui peuvent  distinguer les faits  de la fiction. Dans le cas d’Obama, on ne nous a nous jamais donné tous les faits et il y avait peu de gens dans la presse intéressés à les trouver. Comme le dit Maxwell Scott dans L’homme qui a tué Liberty Valance, ‘quand la légende devient fait, c’est la légende qu’il faut imprimer’.  Victor Davis Hanson
Apart from other unprecedented aspects of his rise, it is a geographical truth that no politician in American history has traveled farther than Barack Obama to be within reach of the White House. He was born and spent most of his formative years on Oahu, in distance the most removed population center on the planet, some 2,390 miles from California, farther from a major landmass than anywhere but Easter Island. In the westward impulse of American settlement, his birthplace was the last frontier, an outpost with its own time zone, the 50th of the United States, admitted to the union only two years before Obama came along. Those who come from islands are inevitably shaped by the experience. For Obama, the experience was all contradiction and contrast. As the son of a white woman and a black man, he grew up as a multiracial kid, a « hapa, » « half-and-half » in the local lexicon, in one of the most multiracial places in the world, with no majority group. There were native Hawaiians, Japanese, Filipinos, Samoans, Okinawans, Chinese and Portuguese, along with Anglos, commonly known as haole (pronounced howl-lee), and a smaller population of blacks, traditionally centered at the U.S. military installations. But diversity does not automatically translate into social comfort: Hawaii has its own difficult history of racial and cultural stratification, and young Obama struggled to find his place even in that many-hued milieu. He had to leave the island to find himself as a black man, eventually rooting in Chicago, the antipode of remote Honolulu, deep in the fold of the mainland, and there setting out on the path that led toward politics. Yet life circles back in strange ways, and in essence it is the promise of the place he left behind — the notion if not the reality of Hawaii, what some call the spirit of aloha, the transracial if not post-racial message — that has made his rise possible. Hawaii and Chicago are the two main threads weaving through the cloth of Barack Obama’s life. Each involves more than geography. Hawaii is about the forces that shaped him, and Chicago is about how he reshaped himself. Chicago is about the critical choices he made as an adult: how he learned to survive in the rough-and-tumble of law and politics, how he figured out the secrets of power in a world defined by it, and how he resolved his inner conflicts and refined the subtle, coolly ambitious persona now on view in the presidential election. Hawaii comes first. It is what lies beneath, what makes Chicago possible and understandable. (…) « Dreams From My Father » is as imprecise as it is insightful about Obama’s early life. Obama offers unusually perceptive and subtle observations of himself and the people around him. Yet, as he readily acknowledged, he rearranged the chronology for his literary purposes and presented a cast of characters made up of composites and pseudonyms. This was to protect people’s privacy, he said. Only a select few were not granted that protection, for the obvious reason that he could not blur their identities — his relatives. (…) Keith and Tony Peterson (…) wondered why Obama focused so much on a friend he called Ray, who in fact was Keith Kukagawa. Kukagawa was black and Japanese, and the Petersons did not even think of him as black. Yet in the book, Obama used him as the voice of black anger and angst, the provocateur of hip, vulgar, get-real dialogues. (…) Sixteen years later, Barry was no more, replaced by Barack, who had not only left the island but had gone to two Ivy League schools, Columbia undergrad and Harvard Law, and written a book about his life. He was into his Chicago phase, reshaping himself for his political future … David Maraniss
Nous ne sommes pas un fardeau pour l’Amérique, une tache sur l’Amérique, un objet de honte ou de pitié pour l’Amérique. Nous sommes l’Amérique ! Barack Hussein Obama
Ce n’est pas un musée du crime ou de la culpabilité, c’est un lieu qui raconte le voyage d’un peuple et l’histoire d’une nation. Il n’y a pas de réponses simples à des questions complexes». Lonnie Bunch
Abraham Lincoln was long dead when John Ford polished the presidential halo in the 1939 film “Young Mr. Lincoln.” Mr. Obama hasn’t even left office, but the cinematic hagiography has begun. The NYT
As this primary season has gone along, a strange sensation has come over me: I miss Barack Obama. Now, obviously I disagree with a lot of Obama’s policy decisions. I’ve been disappointed by aspects of his presidency. I hope the next presidency is a philosophic departure. But over the course of this campaign it feels as if there’s been a decline in behavioral standards across the board. Many of the traits of character and leadership that Obama possesses, and that maybe we have taken too much for granted, have suddenly gone missing or are in short supply. The first and most important of these is basic integrity. The Obama administration has been remarkably scandal-free. Think of the way Iran-contra or the Lewinsky scandals swallowed years from Reagan and Clinton. (…) Second, a sense of basic humanity. Donald Trump has spent much of this campaign vowing to block Muslim immigration. You can only say that if you treat Muslim Americans as an abstraction. President Obama, meanwhile, went to a mosque, looked into people’s eyes and gave a wonderful speech reasserting their place as Americans. He’s exuded this basic care and respect for the dignity of others time and time again. (…)  Third, a soundness in his decision-making process. (…) Take health care. (…) President Obama may have been too cautious, especially in the Middle East, but at least he’s able to grasp the reality of the situation. Fourth, grace under pressure. (…) I happen to think overconfidence is one of Obama’s great flaws. But a president has to maintain equipoise under enormous pressure. Obama has done that, especially amid the financial crisis. (…) Fifth, a resilient sense of optimism. To hear Sanders or Trump, Cruz and Ben Carson campaign is to wallow in the pornography of pessimism, to conclude that this country is on the verge of complete collapse. That’s simply not true. We have problems, but they are less serious than those faced by just about any other nation on earth. People are motivated to make wise choices more by hope and opportunity than by fear, cynicism, hatred and despair. Unlike many current candidates, Obama has not appealed to those passions. No, Obama has not been temperamentally perfect. Too often he’s been disdainful, aloof, resentful and insular. But there is a tone of ugliness creeping across the world, as democracies retreat, as tribalism mounts, as suspiciousness and authoritarianism take center stage. Obama radiates an ethos of integrity, humanity, good manners and elegance that I’m beginning to miss, and that I suspect we will all miss a bit, regardless of who replaces him. David Brooks
Le rituel du soir de Barack Obama n’est un secret pour personne : le président des États-Unis est un couche-tard. Ces quelques heures de solitude, entre la fin du dîner et l’heure de dormir, vers 1 heure du matin, sont celles où il réfléchit et se retrouve seul avec lui-même. De menus détails sur sa vie qui sont connus du public depuis plusieurs années.  Alors pourquoi les raconter à nouveau ? pourrait-on demander au New York Times, et son enquête intitulée « Obama après la tombée de la nuit ». Parce que les lecteurs apprécient visiblement ces quelques images de l’intimité d’un président qui quittera bientôt la Maison Blanche. Deux jours après sa publication, l’article est toujours dans le top 10 des plus lus sur le site. Barack Obama a toujours été un pro du storytelling. Tout, dans l’image qu’il donne de lui-même, est précisément contrôlé, y compris les moments de décontraction. Pete Souza, le photographe officiel de la Maison Blanche, en est le meilleur témoin et le meilleur outil. Le professionnel met en avant l’image d’un président plus décontracté, en marge du protocole officiel, proche des enfants, jouant allongé par terre avec un bébé tenu à bout de bras ou autorisant un jeune garçon à lui toucher les cheveux « pour savoir s’ils sont comme les siens ». Dans cet article, c’est encore une fois l’image d’un homme décontracté, mais aussi plus sage et solitaire qu’à l’ordinaire, qui est travaillée. Et d’abord par l’introduction qui compare les habitudes nocturnes de Barack Obama à celle de ses prédécesseurs. « Le président George W. Bush, un lève-tôt, était au lit à dix heures. Le président Bill Clinton se couchait tard comme M. Obama, mais il consacrait du temps à de longues conversations à bâtons rompus avec ses amis et ses alliés politiques. » Là où Bill Clinton appréciait la compagnie jusqu’à tard dans la nuit, Barack Obama choisit la solitude réflexive. Pour enfoncer le clou, l’article cite alors l’historien Doris Kearns Goodwin : « C’est quelqu’un qui est bien seul avec lui-même. » (…) L’huile qui fait tourner les rouages d’un storytelling réussi, ce sont les anecdotes, inoffensives ou amusantes. Ici, on découvre celle des sept amandes que Barack Obama mange le soir. Les amandes montrent que le président a une hygiène de vie impeccable, qu’il n’a besoin de boissons excitantes ou sucrées pour tenir le coup. Et en même temps, le chiffre précis a quelque chose d’insolite, qui donne l’image de quelqu’un d’un peu crispé, qui veut tout contrôler. Mais pas trop. (…) Le portrait de Barack Obama, une fois la nuit tombée, soigne également l’image d’un bourreau de travail, perfectionniste et attaché aux détails. (…) Dans le même temps, il faut entretenir l’image de « Mister Cool » et continuer à travailler sur celle du père de famille. Barack Obama ne fait pas que travailler dans son bureau. Il se tient au courant des résultats sportifs sur ESPN et joue à Words With Friends, un dérivé du Scrabble sur iPad. Le « rituel du coucher » n’a plus vraiment de raison d’être maintenant que ses filles Malia et Sasha ont 18 et 15 ans, mais il reste la « movie night », la soirée cinéma de la famille, tous les vendredis soirs dans le « Family Theater », une salle de projection privée de 40 places. Avec le petit détail qui change tout : Barack et Michelle apprécient les séries ultra-populaires Breaking Bad ou Game of Thrones. Le procédé est efficace, et l’impression générale qui se dégage est celle d’un homme réfléchi, calme, solitaire. Le Monde
George W. Bush avait signé en 2003 la loi créant le Musée national de l’Histoire et de la Culture Afro-Américaines, mais c’est au premier président noir du pays qu’est revenu le privilège de l’inaugurer ce samedi. Outre Barack et Michelle Obama, George W. et Laura Bush les élus du Congrès et les juges de la Cour suprême, quelque 20.000 personnes se sont rassemblées en milieu de journée sur le Mall de Washington, la grande esplanade faisant face au Capitole, au nombre desquelles tout ce que le pays compte de célébrités noires. Oprah Winfrey, qui a donné 20 millions de dollars, a eu droit à une place d’honneur. (…) Au-dessus de lui, le bâtiment de six étages, dessiné par l’architecte britannique d’origine tanzanienne David Adjaye, se dresse comme une couronne africaine de bronze face au Washington Monument (l’obélisque érigé en hommage au premier président des Etats-Unis), à l’endroit même où, il y a deux siècles, se tenait un marché aux esclaves. Son matériau, inspirée des textiles d’Afrique de l’Ouest, laisse passer la lumière et rougeoie au soleil couchant, créant une impression massive de l’extérieur et aérienne de l’intérieur. Il a fallu treize ans et 540 millions de dollars pour bâtir le dix-neuvième musée de la Smithsonian Institution et y rassembler plus de 35.000 témoignages de l’histoire des Afro-Américains, dont aucun aspect n’est occulté: ni la traite des esclaves, ni la ségrégation, ni la lutte pour les droits civiques, ni les réussites contemporaines, du sport au hip-hop et à la politique. La présidence de Barack Obama y est documentée dans l’un des 27 espaces d’exposition, non loin de la Cadillac de Chuck Berry ou des chaussures de piste de Jessie Owens. Mais le visiteur est d’abord invité à passer devant les chaînes, les fouets, les huttes misérables des esclaves, les photos de dos lacérés ou de lynchages (3437 Noirs pendus entre 1882 et 1851), ou encore le cercueil d’Emmett Till, tué à l’âge de 14 ans dans le Mississippi pour avoir sifflé une femme blanche en 1955. «Ce n’est pas un musée du crime ou de la culpabilité, insiste son directeur, Lonnie Bunch, c’est un lieu qui raconte le voyage d’un peuple et l’histoire d’une nation. Il n’y a pas de réponses simples à des questions complexes». Au moment où les marches de la communauté noire se répandent dans le pays pour protester contre les violences policières, Barack Obama a invité Donald Trump à visiter le Musée de l’Histoire et de la Culture Afro-Américaine. Le candidat républicain à sa succession a déclaré que les Noirs vivaient aujourd’hui «dans les pires conditions qu’ils aient jamais connues». Dans une interview vendredi à la chaîne ABC, le président a répliqué: «Je crois qu’un enfant de 8 ans est au courant que l’esclavage n’était pas très bon pour les Noirs et que l’ère Jim Crow (les lois ségrégationnistes, Ndlr) n’était pas très bonne pour les Noirs». Au moment où les marches de la communauté noire se répandent dans le pays pour protester contre les violences policières, Barack Obama a invité Donald Trump à visiter le Musée de l’Histoire et de la Culture Afro-Américaine. Le candidat républicain à sa succession a déclaré que les Noirs vivaient aujourd’hui «dans les pires conditions qu’ils aient jamais connues». Dans une interview vendredi à la chaîne ABC, le président a répliqué: «Je crois qu’un enfant de 8 ans est au courant que l’esclavage n’était pas très bon pour les Noirs et que l’ère Jim Crow (les lois ségrégationnistes, Ndlr) n’était pas très bonne pour les Noirs». Le Figaro
A young Jack Kennedy leads his shipwrecked crew to safety on a deserted island, dragging an injured sailor as he swims. A middle-aged FDR is struck down by polio, then fights to recover his ability to walk in order to step back onto the political stage. An up-and-coming Abraham Lincoln, new to the legal profession, stops a lynch mob from killing two young men suspected of murder, then successfully defends them in court. A young Barack Obama, interning at a corporate law firm, convinces his supervisor to go on a date. They kiss. One of these things is not like the others. The vast majority of presidential movies focus on presidents being presidents, sitting at the head of state, living arguably the most consequential moments of their lives. A man with the power and responsibility of the highest office in the country is instantly interesting, whether that’s JFK with the Cuban missile crisis, Lincoln on the eve of the Civil War, Nixon authorizing break-ins at the Watergate, or that famous speech President Bill Pullman gives toward the end of Independence Day. It’s easy for a president to get turned into a figure of high drama, a hero or villain of our national narrative.But when a film dips into a president’s pre-presidential years, there’s more than just a good story going on. In fact, only a handful of presidential films have ignored a president’s years in the Oval Office entirely: PT-109 (the JFK war movie), Sunrise at Campobello (FDR’s recovery drama), Young Mr. Lincoln (on Lincoln’s… yes, younger years), and now Southside With You, the new movie about Barack and Michelle Obama’s first date in Chicago in 1991.  Iwan Morgan, editor of Presidents in the Movies and professor of U.S. Studies and American History at University College London, explained over email that both JFK’s and FDR’s early biopics “deal with pre-presidential triumph over adversity to emphasize their suitability to lead in office, rather than celebrating their leadership in office.” Morgan added that John Ford, director of Young Mr. Lincoln, “focuses on the pre-heroic Lincoln to explore his formative influences and preparation for greatness.” The whole point of making a presidential prequel is to show the pattern of the POTUS-to-be. So what does Southside with You show us? The film follows the Obamas through a fictionalized version of their famous first date, whose end is already memorialized by a plaque in front of a Hyde Park Baskin-Robbins — inscribed with this quote from a 2007 O, The Oprah Magazine interview with Barack: “On our first date, I treated her to the finest ice cream Baskin-Robbins had to offer, our dinner table doubling as the curb. I kissed her, and it tasted like chocolate.”However sweet the ending, the day didn’t begin as a date, at least in Southside’s telling. Barack is a broke summer associate at a corporate law firm; Michelle, his supervisor. He knows she thinks dating within the office is a bad look (and it is), so he asks her out to a community activist meeting at the Gardens — a housing project on Chicago’s South Side — and he fudges the timing a little so they’ll have an opportunity to hang beforehand. They take a trip to the Art Institute of Chicago, where Barack recites the Gwendolyn Brooks poem “We Real Cool” from memory in front of an Ernie Barnes painting, then meander around a public park, trading political opinions and biographical details. (…) Within the context of the rom-com, this makes for sweet (if somewhat boring) viewing. A first date is all about potential, but we know how this particular love story ends. The Obamas are paragons of the modern married couple; Barack’s promise as a potential partner paid off. But (…) in spite of itself, this plays right to the most persistent criticisms of the Obama presidency, and to the greatest fears of his supporters: that Obama never moved beyond his perceived potential from the 2008 election, and was never able to deliver much more than a solid speech. Dargis called the film a “cinematic hagiography” in the Times, but to borrow another Christian term of art, it’s closer to a piece of apologetics. Instead of a miracle story of a hero’s precocious powers, it presents an argument against his critics, a character study by way of excuse. In Southside, the young Obama doesn’t demonstrate his future leadership ability as much as his ability to convince you of his future leadership ability. Which is, ironically, what many of his strongest critics say about his presidency. That it was — and remained, throughout his eight years in office — about possibility. Southside tells us that, if it wasn’t for the system, Obama could have accomplished more, and despite it all, did an admirable job of keeping his head up. It urges us to believe what we already know: that he’s a cool guy in private, even if he keeps calling for drone strikes and deporting more people  — that’s just playing to the white couple at the movie theater, the conservative crowd. It argues, ice cream cone in hand, that Obama would have made a truly great president, if he had just been given the chance. Sam Dean
The writer and director Richard Tanne’s first feature, “Southside with You,” which will be released next Friday, is an opening act of superb audacity, a self-imposed challenge so mighty that it might seem, on paper, to be a stunt. It’s a drama about Barack Obama and Michelle Robinson’s first date, in Chicago, in the summer of 1989. It stars Parker Sawyers as the twenty-eight-year-old Barack, a Harvard Law student and summer associate at a Chicago law firm, and Tika Sumpter (who also co-produced the film) as the twenty-five-year-old Michelle, a Harvard Law graduate and a second-year associate at the same firm. The results don’t resemble a stunt; far from it. “Southside with You,” running a brisk hour and twenty minutes, is a fully realized, intricately imagined, warmhearted, sharp-witted, and perceptive drama, one that sticks close to its protagonists while resonating quietly but grandly with the sweep of a historical epic. Tanne tells the story of the First Couple’s first date with a tightly constrained time frame—one day’s and evening’s worth of action—that begins with the protagonists preparing for their rendezvous and ends with them back at their homes. In between, Tanne pulls off a near-miracle, conveying these historic figures’ depth and complexity of character without making them grandiose. The dialogue is freewheeling and intimate, ranging through subjects far from the matters at hand, suggesting enormous intellect and enormous promise without seeming cut-and-pasted from speeches or memoirs. The film exudes Tanne’s own sense of calm excitement, nearly a documentarian’s serendipitous thrill at being present to catch on-camera a secret miracle of mighty historical import. Movies about public figures—ones whose appearance, diction, and gestures are deeply ingrained in the minds of most likely viewers—must confront the Scylla of impersonation and the Charybdis of unfaithfulness. Tanne’s extraordinary actors thread that strait nimbly, delivering performances that exist on their own but feel true to the characters, that spin with dialectical delight and embody the ardors, ambitions, and uncertainties that even the most able and aware young adults must face. (…) Tanne achieves something that few other directors—whether of independent or Hollywood or art-house films—ever do: he creates characters with an ample sense of memory, who fully inhabit their life prior to their time onscreen, and who have a wide range of cultural references and surging ideas that leap spontaneously into their conversation. A scene in which Michelle and Barack visit an exhibit of Afrocentric art—he discusses the importance of the painter Ernie Barnes to the sitcom “Good Times,” and together they recall Gwendolyn Brooks’s poem “We Real Cool”—has an effortless grace that reflects an unusual cinematic depth of lived experience. The centerpiece of the film is a splendid bit of romantic and principled performance art on the part of Barack. He plans the non-date date around a community meeting in a mainly black neighborhood that Michelle—who did pro-bono work at Harvard and who admits to frustration with her trademark-law work at the firm—is eager to attend. There, Barack, who had been active with the organization before heading to Harvard, is received like a prodigal son. The subject of the meeting is the legislature’s refusal to build a much-needed community center; frustration among the attendees mounts, until Barack addresses them and offers some brilliant practical suggestions to overcome the opposition. At the meeting, he displays, above all, his gifts for public speaking and, even more, for empathy. He reveals, to the community group but also to Michelle, a preternatural genius at grasping interests and motives, at seeking common cause, and at recognizing—and acting upon—the human factor. There, Barack also displays a personal philosophy of practical politics that’s tied to his larger reflections on American history and political theory. The intellectual passion that Tanne builds into the scene, and that Sawyers delivers with nuanced fervor, is all the more striking and exquisite for its subtle positioning as a device of romantic seduction. Michelle’s sense of principled responsibility and groundedness, her worldly maturity and practical insight, is matched by Barack’s ardent but callow, mighty but still-unfocussed energies. The movie’s ring of authenticity carried me through from start to finish without inviting my speculations as to the historical veracity of the events. Curiosity eventually kicked in, though; most accounts of the first date suggest that its general contours involved Michelle’s reluctance to date a colleague who was also a subordinate, the visit to the Art Institute, a walk, a drink, and a viewing of the recently released film “Do the Right Thing.” The community meeting is usually described as occurring at another occasion, yet it fits into the first date with a verisimilitude as well as an emotional impact that justify the dramatization. As for their viewing of Spike Lee’s movie, the scene that Tanne derives from it is a minor masterwork of ironic psychology and mother wit. It’s too good to spoil; suffice it to say that the scene is set against the backdrop of controversy that greeted Lee’s film at the time of its release, with some critics—white critics—fearing that the climactic act of violence (meaning not the police killing of Radio Raheem but Mookie’s throwing a garbage can through the window of Sal’s Pizzeria and leading his neighbors to ransack the venue) would incite riots. “Southside with You” is the sort of movie that, say, Richard Linklater’s three “Before” movies aren’t—an intimate story that has a reach far greater than its scale, that has stakes and substance extending beyond the couple’s immediate fortunes. There’s a noble historical precedent for Tanne’s film. If the modern cinema was inspired by Roberto Rossellini’s “Voyage to Italy,” from 1954—which taught a handful of ambitious young French critics that all they needed to make a movie was two actors and a car, that they could make a low-budget and small-scale production that would be rich in cinematic ideas and romantic passion alike—then “Southside with You” is an exemplary work of cinematic modernity. Rossellini, a cinematic philosopher, ranges far through history and politics to ground a couple’s intimate disasters in the deep currents of modern life. Tanne does this, too, and goes one step further; his inspiration is reminiscent of the advice that the nineteen-year-old critic Jean-Luc Godard gave to his cinematic elders, “unhappy filmmakers of France who lack scenarios.” Godard advised them to make films about “the tax system,” about the writer and Nazi collaborator Philippe Henriot, about the Resistance activist Danielle Casanova. Tanne picks a great subject of contemporary history and politics—indeed, one of the very greatest—and approaches it without the pomp and bombast of ostensibly important, message-mongering Oscarizables. He realizes Barack Obama and Michelle Robinson onscreen with the same meticulous, thoughtful, inventive imagination that other directors might bring to figures of legend, people they know, or their own lives. “Southside with You” is a virtuosic realization of history on the wing, of the lives of others incarnated as firsthand experience. To tell this story is a nearly impossible challenge, and Tanne meets it at its high level. The New Yorker
Like “Before Sunrise,” a film which invites comparison, “Southside with You” is a two-hander that’s top-heavy with dialogue, walking and a knowing sense of location. Unlike that film, however, we already know the ending before the lights go down in the theater. So, writer/director Richard Tanne replaces the suspenseful pull of “will they or won’t they?” with an equally compelling and understated character study that humanizes his larger-than-life public figures. Tanne reminds us that, before ascending to the most powerful office in the world, Barack and Michelle were just two regular people who started out somewhere much smaller. This down-to-earth approach works surprisingly well because “Southside with You” never loses sight of the primary tenet of a great romantic comedy: All you need is two people whom the audience wants to see get together—then you put them together. So many entries in this genre fail miserably because the filmmakers feel compelled to overcomplicate matters with useless subplots and extraneous characters; they mistake cacophony for complexity. “Southside with You” builds its emotional richness by coasting on the charisma of its two leads as they carefully navigate each other’s personality quirks and life stories. We may be ahead of them in terms of knowing the outcome, but we’re simultaneously learning the details. “Southside with You” is at once a love song to the city of Chicago and its denizens, an unmistakably Black romance and a gentle, universal comedy. It is unapologetic about all three of these elements, and interweaves them in such a subtle fashion that they become more pronounced only upon later reflection. The Chicago affection manifests itself not only in a scene where, in front of a small group of community activists welcoming back their favorite son, Barack demonstrates a rough version of the speechmaking ability that will later become his trademark, but also when Barack takes Michelle to an art gallery. He points out that the Ernie Barnes paintings they’re viewing were used on the Chicago-set sitcom “Good Times.” Then the duo recite Chicago native Gwendolyn Brooks’ poem about the pool players at the Golden Shovel, « We Real Cool. » Even the beloved founder of this site, Roger Ebert, gets a shout-out for championing “Do the Right Thing, » the movie Barack and Michelle attend in the closing hours of their date. Though its depiction of romance is recognizable to anyone who has ever gone on a successful first date, “Southside with You” also takes time to address the concerns Michelle has with dating her co-worker, especially since she’s his superior and the only Black woman in the office. The optics of this pairing worries her in ways that hint at the corporate sexism that existed back in 1989, and continues in some fashion today. Her concern is that her superiors might think she threw herself at the only other Black employee which, based on my own personal workplace experience, I found completely relatable. This plotline has traction, culminating in a fictional though very effective climactic scene between Barack, Michelle and their boss. It’s a bit overdramatic, but the payoff is a lovely ice cream-based reconciliation that may do for Baskin-Robbins what Beyoncé’s “Formation” did for Red Lobster. Odie Henderson
Such hagiography of our chief executives is not unheard of, but it’s also less common than you might think. The complicated portraits of presidents painted by Oliver Stone in Nixon (1995) and W. (2008)—sympathetic, to a point, but unsparing and occasionally unfair—are far more interesting than the offering to Obama’s cult of personality that Southside With You represents. John Ford’s Young Mr. Lincoln (1939) and Steven Spielberg’s Lincoln (2012) are perhaps the two most impressive examples of pure homage to the presidency. Young Mr. Lincoln in particular is a deft piece of filmmaking—as the booklet that comes with the Criterion Collection’s edition of the film notes, the legendary Soviet director Sergei Eisenstein once wrote that if he could lay claim to any American film, it would have been this one—which culminates in as powerful a sequence as any in film history. Honest Abe (Henry Fonda) has defended two brothers from a wrongful murder charge—first saving them from a lynch mob and then proving their innocence in court—and seen the grateful family off. A friend asks if he wants to come back to town. “No, I think I might go on a piece. Maybe to the top of that hill,” Lincoln replies, striding off into the sunset. As he crests the ridge and as the Battle Hymn of the Republic plays, the sky cracks and rain pours forth. He pushes on, into the rain, the lightning, the thunder. It’s a storm Lincoln will have to face alone, a storm similar to the one the nation faced when the film was produced in 1939. It’s not a subtle image, particularly, but it does hold up through the decades, a simple and powerful picture of a man with the weight of a nation on his shoulders. In its own way, the closing moments of Southside With You are also affecting. Barack Obama sits in a chair, smoking a cigarette, a book on his lap. He smiles, thinking of himself and his date. The storm clouds gather again—mass murder in Syria; a destabilized Middle East; a resurgent China and Russia—but you wouldn’t know it from the placid look on the future chief executive’s face. He is detached, concerned with his own affairs, his own place in the world. If that’s the impression Tanne was going for, well, to quote another president: Mission Accomplished. Free Beacon
In a highly effective move, the will they/won’t they drama of Southside with You climaxes with an incident that very much did happen in real life—kinda. Hitting the movies to check out Spike Lee’s controversial new joint Do The Right Thing, the pair find themselves face to face with Michelle’s nightmare: a senior white partner from their law firm, who’s also come to check out the movie. Like Southside’s brief mention of Obama’s white girlfriend at Columbia, the name of the real partner is changed onscreen. “Avery” and his wife Laura were really lawyer Newton Minow and his wife Jo, who ran into the future Mr. and Mrs. Obama at the movies. (…) Unfortunately, the film uses him for its own dramatic purposes: to play up the racial and cultural frictions that theoretically gave Barack and Michelle common ground as two of the only African-Americans at the office, and to justify Movie Michelle’s fears that the older white men of Sidley Austin might lose respect for her as an attorney in her own right if she started dating Barack. Those racially-charged frustrations, portrayed purposefully onscreen by Sumpter, have not been expressed much by the real Michelle and Barack in interviews about their romance. Daily Beast
Pas un soupçon d’intérêt historique (ou autre), tant cette romance cui-cui/cucul baigne dans l’eau de rose. Voici
Après avoir longtemps hésité, Michelle Robinson, associée dans un cabinet juridique, accepte finalement une invitation à sortir de Barack Obama, le stagiaire prometteur engagé pour l’été. Comme la jeune femme ne souhaite pas que leur soirée ressemble à un rendez-vous amoureux traditionnel, il décide d’emmener sa supérieure se promener dans différents endroits du Chicago de la fin des années 1980. Il espère profiter de ces moments informels pour apprendre à mieux la connaître. Durant leur balade, ils visitent l’institut d’art de la ville, où ils évoquent ensemble leur amour pour la poésie de Gwendolyn Brooks ou pour la peinture d’Ernie Barnes. Télérama
Un jour de 1989, une avocate, Michelle, se fait inviter par un stagiaire prénommé Barack… On espère que le premier rendez-vous du futur président des Etats-Unis avec son épouse a été moins ennuyeux et moins pompeux que celui de leurs personnages sur l’écran. On en est même sûr. Sinon, ils se seraient quittés le soir même pour ne plus jamais se revoir…  Pierre Murat
La machine hagiographique hollywoodienne n’a pas attendu le terme du second mandat de Barack Obama pour embaumer le 44e président des Etats-Unis dans sa propre légende. Pour cela, First Date n’emprunte pas les voies traditionnelles du biopic (biographie filmée), mais d’une comédie romantique se déroulant sur une seule journée : celle de 1989 où la future « First Lady » Michelle, alors jeune avocate à Chicago, tombe amoureuse du stagiaire de sa firme, l’humble, pondéré, clairvoyant, attentionné, plébiscité et prometteur Barack. Constitué d’une longue conversation entre les deux personnages, au gré des endroits qu’ils visitent, le film insiste sur leur élégance simple, leur aisance naturelle et la perfection de leur pedigree. Comme dans beaucoup de fictions américaines, la séduction se passe un peu comme un entretien d’embauche, où il s’agit moins de décocher les flèches de Cupidon que de cocher les cases d’un CV imaginaire rempli de bienséance et de respectabilité. Les dialogues en profitent pour énumérer les états de service, éléments biographiques et souvenirs officiels des personnages, en somme tout ce qu’il faut savoir des locataires de la Maison Blanche, à la façon d’une notice Wikipédia. Le tout est enrobé par la mise en scène dans un environnement lisse, soyeux, confortable, soigneusement aseptisé par les lumières douces et les couleurs pastel d’un climat ensoleillé. Les scènes se suivent sans remous : l’une au musée pour nous montrer que Barack est cultivé, l’autre dans sa paroisse de quartier pour prouver sa dévotion à la communauté et ses talents d’orateur, une autre encore au cinéma, devant Do the Right Thing, de Spike Lee, pour marquer son acuité de conscience. (…) Les armes émollientes de la comédie romantique contribuent à déréaliser ces figures politiques, pour en faire de petites marionnettes telles qu’en rêverait une parfaite midinette. Ce qui en dit long sur la manière dont on considère l’électeur démocrate dans les officines du cinéma indépendant. Le Monde
Déjà ? Cinq mois avant leur départ de la Maison Blanche, Michelle et Barack Obama sont les héros d’un biopic qui retrace leur rencontre et leur histoire d’amour. (…) Un autre film, Barry, sur les années new-yorkaises du futur président, alors étudiant à l’université Columbia, sera présenté à la mi-septembre au Festival de Toronto (Ontario, Canada). Sans attendre que l’Amérique tourne la page avec l’élection présidentielle du 8 novembre, la légende cinématographique des Obama se construit déjà. L’histoire de la rencontre entre Barack et Michelle à Chicago (Illinois) est connue. Elle a été racontée par les intéressés eux-mêmes. C’était l’été 1989, en pleine canicule. Michelle Robinson, 25 ans, était avocate associée au cabinet juridique Sidley Austin, un début de carrière brillant pour cette fille d’employé municipal du « South Side », le quartier noir de la ville. Le stagiaire qui venait de lui être assigné pour l’été portait ce drôle de nom, Barack Obama. A 28 ans, il arrivait comme elle de la prestigieuse faculté de droit de Harvard. Michelle était assez sceptique – et caustique – sur les hommes. Dans un cabinet uniformément blanc, elle n’allait pas compromettre sa position en sortant avec le premier stagiaire venu. Barack a dû déployer tout son charme et quelques ruses pour la conquérir. (…) Dans le film, le récit est fidèle à la réalité, à quelques raccourcis près : c’est plus tard, et non le premier jour, que Barack a emmené sa « boss » à la réunion communautaire où il lui a fait la démonstration de ses talents politiques. Mais c’est effectivement devant le glacier Baskin-Robbins de Hyde Park qu’a été échangé ce jour-là le premier baiser (« Je l’ai embrassée et ça avait un goût de chocolat », a-t-il raconté à l’animatrice Oprah Winfrey). Depuis 2012, dans la cité de l’Illinois, une plaque commémore le « first kiss » au coin de Dorchester Avenue et de la 53e Rue. Du jamais vu dans la classe politique. (…) Pour les Noirs, qui ont peu de role models (« figures modèles ») dans les représentations cinématographiques, la vision d’un couple uni et d’une famille « ordinaire » est une bénédiction. Tika Sumpter arrive à peine à l’épaule de « Barack », alors que la First Lady mesure 1,80 m. Mais le film est un hommage à un couple qui a réussi à faire entrer toute la gamme du « cool » à la Maison Blanche. (…) Avec le Barry de Vikram Gandhi, ce sont les années pré-Michelle que les spectateurs vont pouvoir découvrir. 1981, une année torturée. Barack (Devon Terrell), qui se fait encore appeler Barry, est à la recherche d’une famille et d’une identité. Sa girlfriend de l’époque est une Blanche, Genevieve Cook (jouée par Anya Taylor-Joy), la fille d’un diplomate australien. Leur relation est compliquée par les incompréhensions raciales… Aujourd’hui, le président américain a encore cinq mois devant lui ; la date de passation de pouvoir est fixée au 20 janvier par la Constitution. Il y aura un dernier sommet du G20 en Asie, un dernier discours aux Nations unies (ONU), une dernière dinde graciée pour Thanksgiving. Mais la nostalgie a déjà envahi l’Amérique. Obama n’a jamais été aussi populaire. Depuis février, il dépasse les 50 % d’opinions favorables, ce qui ne lui était plus arrivé depuis l’hiver 2013. Le Monde magazine

Cherchez l’erreur !

Plaque commémorant le « first kiss » présidentiel,  sortie de pas moins – sans compter une comédie sur son enfance indonésienne – de deux films de Hollywood six mois avant la fin du deuxième mandat du président, articles du New York Times célébrant le coucher présidentiel ou se lamentant de son départ, sondages pour une fin de 2e mandat stratosphériques …

A l’heure où, si l’on en croit nos petits écrans et nos unes de journaux, certaines rues américaines, victimes du racisme policier sont à feu et à sang …

Et que comme pour l’élimination de Ben Laden, c’est au messie noir de la Maison Blanche que revient le mérite de l’ouverture du musée des horreurs du racisme américain dont le président Bush avait signé l’ordre de construction en 2003 …

Comment ne pas être émerveillé …

Entre les panégyriques de Hollywood et les dithyrambes du New Yort Times ou de Youtube …

Alors que suite à l’indécision ou aux décisions catastrophiques voire à l’aveuglement du soi-disant chef du Monde libre face à la menace islamiste …

Le Moyen-Orient comme certaines de nos rues à l’occasion sont elles réellement à feu et à sang …

De l’incroyable capacité de storytelling du premier président américain noir et plus rapide prix Nobel de l’histoire

Comme de la non moins incroyable capacité d‘aveuglement volontaire de ceux qui sont censés nous informer ?

« First Date » : quand Michelle rencontre Barack

Mathieu Macheret

Le Monde

30.08.2016

L’avis du « Monde » – on peut éviter

La machine hagiographique hollywoodienne n’a pas attendu le terme du second mandat de Barack Obama pour embaumer le 44e président des Etats-Unis dans sa propre légende. Pour cela, First Date n’emprunte pas les voies traditionnelles du biopic (biographie filmée), mais d’une comédie romantique se déroulant sur une seule journée : celle de 1989 où la future « First Lady » Michelle, alors jeune avocate à Chicago, tombe amoureuse du stagiaire de sa firme, l’humble, pondéré, clairvoyant, attentionné, plébiscité et prometteur Barack.

Comme dans beaucoup de fictions américaines, la séduction se passe un peu comme un entretien d’embauche

Constitué d’une longue conversation entre les deux personnages, au gré des endroits qu’ils visitent, le film insiste sur leur élégance simple, leur aisance naturelle et la perfection de leur pedigree. Comme dans beaucoup de fictions américaines, la séduction se passe un peu comme un entretien d’embauche, où il s’agit moins de décocher les flèches de Cupidon que de cocher les cases d’un CV imaginaire rempli de bienséance et de respectabilité. Les dialogues en profitent pour énumérer les états de service, éléments biographiques et souvenirs officiels des personnages, en somme tout ce qu’il faut savoir des locataires de la Maison Blanche, à la façon d’une notice Wikipédia.

Un environnement aseptisé

Le tout est enrobé par la mise en scène dans un environnement lisse, soyeux, confortable, soigneusement aseptisé par les lumières douces et les couleurs pastel d’un climat ensoleillé. Les scènes se suivent sans remous : l’une au musée pour nous montrer que Barack est cultivé, l’autre dans sa paroisse de quartier pour prouver sa dévotion à la communauté et ses talents d’orateur, une autre encore au cinéma, devant Do the Right Thing, de Spike Lee, pour marquer son acuité de conscience.

En fait, tout se passe comme si c’était moins Michelle qu’il devait séduire, que le spectateur. Les armes émollientes de la comédie romantique contribuent à déréaliser ces figures politiques, pour en faire de petites marionnettes telles qu’en rêverait une parfaite midinette. Ce qui en dit long sur la manière dont on considère l’électeur démocrate dans les officines du cinéma indépendant.

Film américain de Richard Tanne avec Parker Sawyers, Tika Sumpter, Vanessa Bell Calloway, Phillip Edward Van Lear (1 h 21).

Voir également:

Les Obama, vrais héros de cinéma

Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)

M le magazine du Monde

26.08.2016

« First Date » relate la rencontre, en 1989, entre Michelle Robinson, avocate à Chicago, et son stagiaire Barack Obama.

Déjà ? Cinq mois avant leur départ de la Maison Blanche, Michelle et Barack Obama sont les héros d’un biopic qui retrace leur rencontre et leur histoire d’amour. Sorti le 26 août aux Etats-Unis, Southside with You est attendu sur les écrans français le 31 août sous le titre de First Date (« premier rendez-vous »).

Un autre film, Barry, sur les années new-yorkaises du futur président, alors étudiant à l’université Columbia, sera présenté à la mi-septembre au Festival de Toronto (Ontario, Canada). Sans attendre que l’Amérique tourne la page avec l’élection présidentielle du 8 novembre, la légende cinématographique des Obama se construit déjà.

L’histoire de la rencontre entre Barack et Michelle à Chicago (Illinois) est connue. Elle a été racontée par les intéressés eux-mêmes. C’était l’été 1989, en pleine canicule. Michelle Robinson, 25 ans, était avocate associée au cabinet juridique Sidley Austin, un début de carrière brillant pour cette fille d’employé municipal du « South Side », le quartier noir de la ville. Le stagiaire qui venait de lui être assigné pour l’été portait ce drôle de nom, Barack Obama.

Comment séduire la sceptique Michelle

A 28 ans, il arrivait comme elle de la prestigieuse faculté de droit de Harvard. Michelle était assez sceptique – et caustique – sur les hommes. Dans un cabinet uniformément blanc, elle n’allait pas compromettre sa position en sortant avec le premier stagiaire venu. Barack a dû déployer tout son charme et quelques ruses pour la conquérir.

« Ce n’est pas un rendez-vous amoureux », ne cessait de répéter Michelle à propos de leur premier après-midi ensemble (visite à l’Art Institute de Chicago et film de Spike Lee). Dans le film, le récit est fidèle à la réalité, à quelques raccourcis près : c’est plus tard, et non le premier jour, que Barack a emmené sa « boss » à la réunion communautaire où il lui a fait la démonstration de ses talents politiques.

Mais c’est effectivement devant le glacier Baskin-Robbins de Hyde Park qu’a été échangé ce jour-là le premier baiser (« Je l’ai embrassée et ça avait un goût de chocolat », a-t-il raconté à l’animatrice Oprah Winfrey). Depuis 2012, dans la cité de l’Illinois, une plaque commémore le « first kiss » au coin de Dorchester Avenue et de la 53e Rue.

Une famille modèle pour la communauté noire

Du jamais vu dans la classe politique. Il est vrai que, dans l’univers très « House of Cards » de Washington, les Obama détonnent. Après sept ans d’exercice du pouvoir, ils ont réussi à échapper aux scandales et ils continuent à afficher une image de complicité. Pour les Noirs, qui ont peu de role models (« figures modèles ») dans les représentations cinématographiques, la vision d’un couple uni et d’une famille « ordinaire » est une bénédiction.

Réalisé par Richard Tanne en dix-sept jours, avec un budget modeste, et produit par le chanteur et compositeur John Legend, un ami des Obama, Southside with You a emballé le Festival de Sundance (Utah) au début de l’année. Pourtant, les deux acteurs – Parker Sawyers, un quasi-inconnu, dans le rôle du futur président et Tika Sumpter (ex- « Gossip Girl »), dans celui de la brillante avocate – n’ont pas le swag (la classe) de Barack et Michelle Obama.

Ni même l’allure. Tika Sumpter arrive à peine à l’épaule de « Barack », alors que la First Lady mesure 1,80 m. Mais le film est un hommage à un couple qui a réussi à faire entrer toute la gamme du « cool » à la Maison Blanche. « On sait où ils sont arrivés, commente John Legend. C’est génial de voir où ils ont commencé. »

Regain d’amour pour le président sortant

Avec le Barry de Vikram Gandhi, ce sont les années pré-Michelle que les spectateurs vont pouvoir découvrir. 1981, une année torturée. Barack (Devon Terrell), qui se fait encore appeler Barry, est à la recherche d’une famille et d’une identité. Sa girlfriend de l’époque est une Blanche, Genevieve Cook (jouée par Anya Taylor-Joy), la fille d’un diplomate australien. Leur relation est compliquée par les incompréhensions raciales…

Aujourd’hui, le président américain a encore cinq mois devant lui ; la date de passation de pouvoir est fixée au 20 janvier par la Constitution. Il y aura un dernier sommet du G20 en Asie, un dernier discours aux Nations unies (ONU), une dernière dinde graciée pour Thanksgiving. Mais la nostalgie a déjà envahi l’Amérique. Obama n’a jamais été aussi populaire.

Depuis février, il dépasse les 50 % d’opinions favorables, ce qui ne lui était plus arrivé depuis l’hiver 2013. « Obama me manque », écrivait au début des primaires le chroniqueur républicain David Brooks dans le New York Times.

L’intéressé en joue lui-même. Lors du dernier dîner des correspondants à la Maison Blanche, début mai, il a été introduit sur la chanson phare de la comédie musicale Pitch Perfect : « Je vous manquerai quand je serai parti. »

Voir encore:

Movies

Review: In an Obama Biopic, the Audacity of Hagiography?

Southside With You

  • Directed by Richard Tanne
  • Biography, Drama, Romance
  • PG-13
  • 1h 24m

“Something else is pulling at me,” the gangly young man with the jug ears says. “I wonder if I can write books or hold a position of influence in civil rights,” he adds. “Politics?” the pretty young woman asks. He shrugs. “Maybe.”

At that point in the romantic idyll “Southside With You,” these two conversationalists are well into one of those intimate walk-and-talks future lovers sometimes share, the kind in which day turns into night and night sometimes turns into the next day (and the day after that). As they amble through one Chicago neighborhood after another — pausing here, driving there — they also meander down their memory lanes. He’s from Hawaii and Indonesia. She’s from Chicago, the South Side. He’s going to Harvard Law. She’s been there, done that, and is now practicing law. You see where this is going.

Sweet, slight and thuddingly sincere, “Southside With You” is a fictional re-creation of Barack and Michelle Obama’s first date. It’s a curious conceit for a movie less because as dates go this one is pretty low key but because the writer-director Richard Tanne mistakes faithfulness for truthfulness. He’s obviously interested in the Obamas, but he’s so cautious and worshipful that there’s nothing here to discover, only characters to admire. Every so often, you catch a glimpse of two people seeing each other as if for the first time; mostly, though, the movie just sets a course for the White House. “You definitely have a knack for making speeches,” Michelle says. Yes he does (can).

The story opens with Michelle (Tika Sumpter) talking about Barack (Parker Sawyers) to her parents (“Barack o-what-a?” says dad), while he tells his grandmother about Michelle. She’s his adviser at the firm where he’s a summer associate. Barack digs her; Michelle thinks their dating would be inappropriate. Still, he perseveres with gentle confidence, chipping away at her defenses with searching disquisitions, a park-bench lunch and a visit to an art show, where this stealth-seducer recites lines from Gwendolyn Brooks’s short poem “We Real Cool,” an ominous, disconcerting pre-mortem of some young men shooting pool that closes with the words “We die soon.”

Like Michelle and Barack’s journey through Chicago, the poem raises a cluster of ideas — literary, political, philosophical — about Barack, suggesting where he’s at and where he’s going. Mr. Tanne has clearly made a close study of his real-life inspirations, yet his movie is soon hostage to the couple’s history. His characters feel on loan and, despite his actors, eventually make for dull company because too many lines and details serve the great-man-to-be story rather than the romance. At the art show, when Barack explains that the painter Ernie Barnes did the canvases featured in the sitcom “Good Times,” it isn’t just a guy trying to impress a date; it’s a setup for another big moment.

Ms. Sumpter’s enunciation has a near-metonymic precision suggestive of Mrs. Obama’s, while Mr. Sawyers’s gestural looseness, playful smile and lanky saunter will be familiar. Mr. Sawyers has the better, more satisfying role, partly because of who he plays, though also because Barack is more complex and vulnerable. He is the one with the thorny father issues who is trying to win over the girl (the audience, the nation). He’s hard to resist even if, by the time he takes Michelle to a community meeting in a housing project — where the aspirations of the family in “Good Times” meet their real-world counterpart — his words sound like footnotes in a political biography.

Mr. Obama wrote one such book, “The Audacity of Hope,” in which he describes this first date in a scene that’s echoed in the movie. “I asked if I could kiss her,” Mr. Obama writes, before cutting loose his smooth operator: “It tasted of chocolate.” It’s no surprise that Mr. Obama is a better writer than Mr. Tanne and has a stronger sense of drama. But it’s too bad that while Mr. Obama’s story about his date has tension, a moral and politics, Mr. Tanne’s has plaster saints. Abraham Lincoln was long dead when John Ford polished the presidential halo in the 1939 film “Young Mr. Lincoln.” Mr. Obama hasn’t even left office, but the cinematic hagiography has begun.

“Southside With You” is rated PG-13 (Parents strongly cautioned) for cigarette smoking. Running time: 1 hour 24 minutes.

Voir aussi:

‘Southside With You’ Review

Hagiographic retelling of Obama’s first date likely to disappoint those uninitiated into his cult of personality

Free Beacon
September 2, 2016

The pivotal moment in Southside With You amounts to a center-left cinematic version of John Galt’s Speech.

Barack Obama (Parker Sawyers) strides to the pulpit of a rundown inner-city church and launches into a clunky but heartfelt riff on the nature of American society—that we can only make progress when we come together and work for the greater good. Though mercifully shorter than John Galt’s stem-winder near the end of Atlas Shrugged, Obama’s speech is also staged poorly: The camera lingers on our hero, static, shot slightly from below to give him a majestic visage. When we cut away, it’s often to Michelle (Tika Sumpter), who is seen smiling in the audience, overcome by the great man’s words, Dagny Taggart gazing at the man who would jumpstart the motor of the world.

“You definitely have a knack for making speeches,” she says, a cringe-inducing summation of Obama’s political talents.

Like Galt’s rambling ode to the Makers-Not-Takers Class, Obama’s vision of a world that works best when compromise is prized bears little relation to the world we’ve seen for the last few years.

The rest of the film is less annoyingly, but rarely more artfully, put together. It’s a lot of shot/reverse shot and slow walk-and-talks, with Barack and Michelle’s faces all-too-often draped in shadows. Oddly, the movie often works better when Michelle and Barack are not on screen together, as in the early going when the two of them discuss the evening’s events with their respective families.

There’s an interesting film to be made about Obama’s relation to his father, but director Richard Tanne doesn’t make much use of this fertile territory. He’s more interested in resurrecting the idea of hope and change, as embodied by the young couple in love, than he is in examining why the former has been lost and the latter has failed. As the New York Times’ Manohla Dargis—no indignant reactionary offended by this mediocre offering’s praise to the heavens, she—put it, “Mr. Obama hasn’t even left office, but the cinematic hagiography has begun.”

Such hagiography of our chief executives is not unheard of, but it’s also less common than you might think. The complicated portraits of presidents painted by Oliver Stone in Nixon (1995) and W. (2008)—sympathetic, to a point, but unsparing and occasionally unfair—are far more interesting than the offering to Obama’s cult of personality that Southside With You represents.

John Ford’s Young Mr. Lincoln (1939) and Steven Spielberg’s Lincoln (2012) are perhaps the two most impressive examples of pure homage to the presidency. Young Mr. Lincoln in particular is a deft piece of filmmaking—as the booklet that comes with the Criterion Collection’s edition of the film notes, the legendary Soviet director Sergei Eisenstein once wrote that if he could lay claim to any American film, it would have been this one—which culminates in as powerful a sequence as any in film history.

Honest Abe (Henry Fonda) has defended two brothers from a wrongful murder charge—first saving them from a lynch mob and then proving their innocence in court—and seen the grateful family off. A friend asks if he wants to come back to town. “No, I think I might go on a piece. Maybe to the top of that hill,” Lincoln replies, striding off into the sunset. As he crests the ridge and as the Battle Hymn of the Republic plays, the sky cracks and rain pours forth. He pushes on, into the rain, the lightning, the thunder. It’s a storm Lincoln will have to face alone, a storm similar to the one the nation faced when the film was produced in 1939.

It’s not a subtle image, particularly, but it does hold up through the decades, a simple and powerful picture of a man with the weight of a nation on his shoulders. In its own way, the closing moments of Southside With You are also affecting. Barack Obama sits in a chair, smoking a cigarette, a book on his lap. He smiles, thinking of himself and his date. The storm clouds gather again—mass murder in Syria; a destabilized Middle East; a resurgent China and Russia—but you wouldn’t know it from the placid look on the future chief executive’s face. He is detached, concerned with his own affairs, his own place in the world.

If that’s the impression Tanne was going for, well, to quote another president: Mission Accomplished.

Voir encore:

Barack Obama: The Rom-Com President

What ‘Southside With You’ says about President Obama’s legacy

Sam Dean

MEL

Aug 31 2016

A young Jack Kennedy leads his shipwrecked crew to safety on a deserted island, dragging an injured sailor as he swims. A middle-aged FDR is struck down by polio, then fights to recover his ability to walk in order to step back onto the political stage. An up-and-coming Abraham Lincoln, new to the legal profession, stops a lynch mob from killing two young men suspected of murder, then successfully defends them in court. A young Barack Obama, interning at a corporate law firm, convinces his supervisor to go on a date. They kiss.

One of these things is not like the others.

The vast majority of presidential movies focus on presidents being presidents, sitting at the head of state, living arguably the most consequential moments of their lives. A man with the power and responsibility of the highest office in the country is instantly interesting, whether that’s JFK with the Cuban missile crisis, Lincoln on the eve of the Civil War, Nixon authorizing break-ins at the Watergate, or that famous speech President Bill Pullman gives toward the end of Independence Day. It’s easy for a president to get turned into a figure of high drama, a hero or villain of our national narrative.

But when a film dips into a president’s pre-presidential years, there’s more than just a good story going on. In fact, only a handful of presidential films have ignored a president’s years in the Oval Office entirely: PT-109 (the JFK war movie), Sunrise at Campobello (FDR’s recovery drama), Young Mr. Lincoln (on Lincoln’s… yes, younger years), and now Southside With You, the new movie about Barack and Michelle Obama’s first date in Chicago in 1991.

Iwan Morgan, editor of Presidents in the Movies and professor of U.S. Studies and American History at University College London, explained over email that both JFK’s and FDR’s early biopics “deal with pre-presidential triumph over adversity to emphasize their suitability to lead in office, rather than celebrating their leadership in office.” Morgan added that John Ford, director of Young Mr. Lincoln, “focuses on the pre-heroic Lincoln to explore his formative influences and preparation for greatness.” The whole point of making a presidential prequel is to show the pattern of the POTUS-to-be.

So what does Southside with You show us? The film follows the Obamas through a fictionalized version of their famous first date, whose end is already memorialized by a plaque in front of a Hyde Park Baskin-Robbins — inscribed with this quote from a 2007 O, The Oprah Magazine interview with Barack: “On our first date, I treated her to the finest ice cream Baskin-Robbins had to offer, our dinner table doubling as the curb. I kissed her, and it tasted like chocolate.”

However sweet the ending, the day didn’t begin as a date, at least in Southside’s telling. Barack is a broke summer associate at a corporate law firm; Michelle, his supervisor. He knows she thinks dating within the office is a bad look (and it is), so he asks her out to a community activist meeting at the Gardens — a housing project on Chicago’s South Side — and he fudges the timing a little so they’ll have an opportunity to hang beforehand. They take a trip to the Art Institute of Chicago, where Barack recites the Gwendolyn Brooks poem “We Real Cool” from memory in front of an Ernie Barnes painting, then meander around a public park, trading political opinions and biographical details.

Barack (Parker Sawyers) and Michelle (Tika Sumpter) mostly speak in expository monologues; their back-and-forth has all the zip and timing of an exchange between animatronics in the Hall of Presidents. It’s less like Before Sunset, the movie’s obvious walk-and-talk precedent, and more like an extended video-game cut scene — even something about the cinematography feels expectant, like something is always about to happen, but never does.

The future POTUS and FLOTUS head to a bar, where Michelle finally agrees to call their day together a “date,” and then they go see Spike Lee’s Do the Right Thing (another movie that takes place in one day, though the similarities end right about there). Walking out, the couple runs into a higher-up from the law firm and his wife.

This presents a double danger: First, Michelle’s main reason for not wanting to date within the office (and especially not wanting to date the only other black person in the office) was to avoid office gossip, and the undermining that comes with being anything less than professional; second, they ask the young black couple if they could explain the famous final scene of Do The Right Thing, in which the main character, Mookie (played by Spike Lee), throws a trash can through the window of the pizzeria where he works.

Mookie threw the trash can to save the life of the pizzeria owner and divert the crowd’s anger toward the restaurant itself, Barack explains, clearly catering to the older white couple. But once they walk away, he assures Michelle that he was just playing to his audience—Mookie threw the trash can because he was angry. Then: the ice cream, and the kiss.

Within the context of the rom-com, this makes for sweet (if somewhat boring) viewing. A first date is all about potential, but we know how this particular love story ends. The Obamas are paragons of the modern married couple; Barack’s promise as a potential partner paid off. But, as Manohla Dargis pointed out in her review in The New York Times, it’s clear throughout Southside that Michelle is meant to be a stand-in for the audience, for the Obama voter, for the nation at large — Barack didn’t just want Michelle, he wanted you.

So what about his promise as a president? Besides getting Michelle to go on a date with him in the first place, two moments where young Barack seemingly takes action are at the meeting in the Gardens and, belatedly, after Do the Right Thing. In the first, he gives a speech about not being discouraged by a fractious and adversarial political system, counseling patience. In the second, he gives a palatable answer to an older, conservative white audience, saving his real charm (and real insight) for Michelle. Now that’s politics.

Perhaps this would all be more touching if we knew that these tactics had made for a rip-roaring two terms as president. Instead, and in spite of itself, this plays right to the most persistent criticisms of the Obama presidency, and to the greatest fears of his supporters: that Obama never moved beyond his perceived potential from the 2008 election, and was never able to deliver much more than a solid speech.

Dargis called the film a “cinematic hagiography” in the Times, but to borrow another Christian term of art, it’s closer to a piece of apologetics. Instead of a miracle story of a hero’s precocious powers, it presents an argument against his critics, a character study by way of excuse. In Southside, the young Obama doesn’t demonstrate his future leadership ability as much as his ability to convince you of his future leadership ability. Which is, ironically, what many of his strongest critics say about his presidency. That it was — and remained, throughout his eight years in office — about possibility.

Southside tells us that, if it wasn’t for the system, Obama could have accomplished more, and despite it all, did an admirable job of keeping his head up. It urges us to believe what we already know: that he’s a cool guy in private, even if he keeps calling for drone strikes and deporting more people  — that’s just playing to the white couple at the movie theater, the conservative crowd. It argues, ice cream cone in hand, that Obama would have made a truly great president, if he had just been given the chance.

Voir de même:

Roger Ebert
August 26, 2016 

As Michelle Robinson (Tika Sumpter) gets dressed in her home on the South Side of Chicago, her mother (Vanessa Bell Calloway) playfully teases her about the amount of effort Michelle is putting into her appearance. “I thought this wasn’t a date,” she chides. Michelle insists it isn’t. “You know I like to look nice when I go out,” she says. When her father joins his wife in ribbing their daughter, Michelle digs in her heels about this being a “non-date”. But it’s clear the lady doth protest too much. In her mind, there’s no way she’s falling for the smooth-talking co-worker who invited her to a community event. She’s seen this type of brother before, and she thinks she’s immune to his brand of charm.

Soon, the brother in question, Barack Obama (Parker Sawyers), picks up Miss Robinson. Our first glimpse of him, backed by Janet Jackson’s deliriously catchy 1989 hit “Miss You Much, » is a master class of not allowing one’s meager means to interfere with one’s confidence level. Barack smokes with the preternaturally efficient coolness of Bette Davis, yet drives a car built for Fred Flintstone. The large hole in the passenger side floor of his raggedy vehicle will not diminish his swagger nor derail his plan. Using the community event as a jumping-off point, he intends to gently push this non-date into the date category.

So begins the romantic comedy « Southside with You, » a mostly-true account of the first date between our current President and the First Lady.Southside with you

Like “Before Sunrise,” a film which invites comparison, “Southside with You” is a two-hander that’s top-heavy with dialogue, walking and a knowing sense of location. Unlike that film, however, we already know the ending before the lights go down in the theater. So, writer/director Richard Tanne replaces the suspenseful pull of “will they or won’t they?” with an equally compelling and understated character study that humanizes his larger-than-life public figures. Tanne reminds us that, before ascending to the most powerful office in the world, Barack and Michelle were just two regular people who started out somewhere much smaller.

This down-to-earth approach works surprisingly well because “Southside with You” never loses sight of the primary tenet of a great romantic comedy: All you need is two people whom the audience wants to see get together—then you put them together. So many entries in this genre fail miserably because the filmmakers feel compelled to overcomplicate matters with useless subplots and extraneous characters; they mistake cacophony for complexity. “Southside with You” builds its emotional richness by coasting on the charisma of its two leads as they carefully navigate each other’s personality quirks and life stories. We may be ahead of them in terms of knowing the outcome, but we’re simultaneously learning the details.

“Southside with You” is at once a love song to the city of Chicago and its denizens, an unmistakably Black romance and a gentle, universal comedy. It is unapologetic about all three of these elements, and interweaves them in such a subtle fashion that they become more pronounced only upon later reflection. The Chicago affection manifests itself not only in a scene where, in front of a small group of community activists welcoming back their favorite son, Barack demonstrates a rough version of the speechmaking ability that will later become his trademark, but also when Barack takes Michelle to an art gallery. He points out that the Ernie Barnes paintings they’re viewing were used on the Chicago-set sitcom “Good Times.” Then the duo recite Chicago native Gwendolyn Brooks’ poem about the pool players at the Golden Shovel, « We Real Cool. » Even the beloved founder of this site, Roger Ebert, gets a shout-out for championing “Do the Right Thing, » the movie Barack and Michelle attend in the closing hours of their date.

Though its depiction of romance is recognizable to anyone who has ever gone on a successful first date, “Southside with You” also takes time to address the concerns Michelle has with dating her co-worker, especially since she’s his superior and the only Black woman in the office. The optics of this pairing worries her in ways that hint at the corporate sexism that existed back in 1989, and continues in some fashion today. Her concern is that her superiors might think she threw herself at the only other Black employee which, based on my own personal workplace experience, I found completely relatable. This plotline has traction, culminating in a fictional though very effective climactic scene between Barack, Michelle and their boss. It’s a bit overdramatic, but the payoff is a lovely ice cream-based reconciliation that may do for Baskin-Robbins what Beyoncé’s “Formation” did for Red Lobster.

Heady topics aside, “Southside with You” is often hilarious and never loses its old-fashioned sweetness. Sumpter’s take on Michelle is a tad more on-point than Sawyers’ Barack, but he compensates by exuding the same bemused self-assurance as his real-life counterpart. The two leads are both excellent, but this is really Michelle’s show. Sumpter relishes throwing those “you think you’re cute” looks that poke sharp, though loving holes in all forms of braggadocio, and Sawyers fills them with surprising vulnerability. The two manage to create a beautiful tribute to enduring love in just under 90 minutes, making “Southside with You” an irresistibly romantic and rousing success.

Voir aussi:

Movies
Tika Sumpter on Playing the Future First Lady, Michelle Obama

Robert Ito

The New York Times

Aug. 18, 2016

WEST HOLLYWOOD, Calif. — Tika Sumpter knew the screenplay was something special. It was, at its core, a romance, with two charming leads slowly falling for each other over the course of a single Chicago day. They speak passionately — at some points, angrily — about moral courage and racial politics and the struggles of staying true to oneself. They take sides on “Good Times” versus “The Brady Bunch,” ice cream versus pie. They quote the poet Gwendolyn Brooks (“We Real Cool”) from memory, while sizing up Ernie Barnes’s painting “Sugar Shack.” They watch “Do the Right Thing.”

It didn’t hurt that the two characters were Barack Obama and Michelle Robinson, in a fictionalized account of their first date, in 1989, when Spike Lee’s film was in theaters and Janet Jackson’s “Miss You Much” was in the air.

“I loved that it was an origin story about the two most famous people in the world right now, and about how they fell in love,” Ms. Sumpter said. “You don’t see a lot of black leads in love stories, and you definitely don’t see a lot of walk and talks with black people.”

In “Southside With You,” which opens Aug. 26, Ms. Sumpter plays the first lady-to-be at 25, a corporate lawyer who is also an adviser to a young man named Barack Obama (Parker Sawyers), an up-and-coming, Harvard-educated summer associate. The film received rave reviews when it had its premiere at Sundance, where it was one of the festival’s breakouts, in large part because of Ms. Sumpter’s performance. But “Southside With You” may not have been made if Ms. Sumpter hadn’t also pitched in as one of three producers.

As much as Ms. Sumpter coveted the meaty role of Michelle Robinson, once she secured the part, reality set in. “At first it was overwhelming,” she admitted. “I’ve never been to Harvard, I’ve never been to Princeton. I didn’t even finish school because I couldn’t afford it. But once I stripped away that ‘Michelle Obama,’ I was able to take it back to that girl from the South Side.”

The actress was here at the London Hotel on a recent morning, holding forth on the challenges of playing the young Ms. Robinson. Dressed in a black sundress and high heels, Ms. Sumpter, 36, would occasionally and animatedly slip into Mrs. Obama’s distinctive speech patterns to describe a scene or illustrate a point. “You feel like she’s talking just to you,” she said. “And she enunciates everything, to show that she really means what she says.”

Born Euphemia LatiQue Sumpter in Queens, the actress was the fourth child of six. Her mother was a corrections officer at Rikers Island; her father died when she was 13. “My mom said I was quiet and observant,” she said. “I always wanted to impress her, so I’d always clean the house.” In school, she was on the cheerleading squad, ran for student council, befriended skinheads and “the preppy girls,” spoke up for the bullied. “I was that girl in high school,” she said.

Ms. Sumpter caught the acting bug in grade school while watching episodes of “The Cosby Show” and “A Different World.” “I was like, I want to be in that box,” she said. “I don’t know how I’m going to get in there, but I want to do that.” At 16, after her family moved to Long Island, she would take the train into Manhattan, paying for acting classes with money she earned working the concession stand at a local movie theater. “I’d go to open calls and be totally wrong for everything,” she remembered. “My hair would not be right.”
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At 20, she booked a commercial for Curve perfume. “They probably still sell it at Rite Aid,” she said with a laugh. It was her first gig, and it was filmed in Times Square, and she couldn’t have been happier.

In 2005, Ms. Sumpter secured a regular role on “One Life to Live.” She’s been working steadily ever since, on television (“Gossip Girl,” “The Haves and the Have Nots”) and films (“Get On Up,” “Ride Along 2”).

In 2015, she saw an early synopsis of “Southside With You” by Richard Tanne. “I was like, please write this script,” she said. “I would call him every few weeks, ‘Are you writing it, are you writing it?’”

Even if she didn’t get the part, she told him, she wanted to be a producer on the film, to ensure that it got made. Before long, the first-time producer was doing everything from finding financing and locating extras to pitching studios and helping cast Barack.

“I don’t think she necessarily expected to be the lead producer alongside me,” said Mr. Tanne, who also directed the film. “But I was a first-time filmmaker, and people wanted to maybe impose their own vision on the film. She kind of naturally sprung into action to safeguard what the movie needed to be.”

The details of that storied first date — the stop at the art museum, their first kiss over a cone of Baskin-Robbins — have been recounted in biographies and articles about the first family. Mrs. Obama told David Mendell, author of “Obama: From Promise to Power,” that “I had dated a lot of brothers who had this kind of reputation coming in, so I figured he was one of those smooth brothers who could talk straight and impress people.”

In the film, Ms. Sumpter goes from wary to icy to “maybe this guy isn’t so bad” and back again, as Michelle is initially repelled by some of Barack’s moves (his insistence that this “not a date” actually is) before warming to others (his deep knowledge of African-American art, his gift for lighting up a crowd). “We talked about the levels of guard she might have up at any given time,” Mr. Tanne remembered. “We had three levels, almost like a DEFCON system.”

To prepare the actress worked with a vocal coach to master Mrs. Obama’s speech patterns, and watched videos to see how she walked and carried herself. “Once we started rehearsing,” said Mr. Sawyers, “I was like, oh, that’s it! She nailed it.”

In one scene, Michelle talks about the racism she encountered at Princeton and Harvard — some subtle, some less so — and how, even at her current firm, she has to navigate between “Planet Black and Planet White.” Ms. Sumpter admitted that there were parallels in her own field. “You see the differences in the way certain movies are treated,” she said. “But once you come to terms with that, you have to go, O.K., I’m not going to allow that to hold me back. Which is what I love about Michelle. She never allowed the color of her skin and all the things she was up against to keep her from breaking through.”

A lot of that confidence came from Mrs. Obama’s family, just as it did for Ms. Sumpter, who is expecting her own daughter this fall. “Because of my mom, I never felt less than,” she said, looking back on her early days trying to make it in the business. “I never came into this world thinking, I’m a brown-skinned girl going to Hollywood. I was always like, I’m talented and I’m beautiful and I’m smart. Why wouldn’t you want me?”

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Roger Ebert
August 26, 2016 

As Michelle Robinson (Tika Sumpter) gets dressed in her home on the South Side of Chicago, her mother (Vanessa Bell Calloway) playfully teases her about the amount of effort Michelle is putting into her appearance. “I thought this wasn’t a date,” she chides. Michelle insists it isn’t. “You know I like to look nice when I go out,” she says. When her father joins his wife in ribbing their daughter, Michelle digs in her heels about this being a “non-date”. But it’s clear the lady doth protest too much. In her mind, there’s no way she’s falling for the smooth-talking co-worker who invited her to a community event. She’s seen this type of brother before, and she thinks she’s immune to his brand of charm.

Soon, the brother in question, Barack Obama (Parker Sawyers), picks up Miss Robinson. Our first glimpse of him, backed by Janet Jackson’s deliriously catchy 1989 hit “Miss You Much, » is a master class of not allowing one’s meager means to interfere with one’s confidence level. Barack smokes with the preternaturally efficient coolness of Bette Davis, yet drives a car built for Fred Flintstone. The large hole in the passenger side floor of his raggedy vehicle will not diminish his swagger nor derail his plan. Using the community event as a jumping-off point, he intends to gently push this non-date into the date category.

So begins the romantic comedy « Southside with You, » a mostly-true account of the first date between our current President and the First Lady. Like “Before Sunrise,” a film which invites comparison, “Southside with You” is a two-hander that’s top-heavy with dialogue, walking and a knowing sense of location. Unlike that film, however, we already know the ending before the lights go down in the theater. So, writer/director Richard Tanne replaces the suspenseful pull of “will they or won’t they?” with an equally compelling and understated character study that humanizes his larger-than-life public figures. Tanne reminds us that, before ascending to the most powerful office in the world, Barack and Michelle were just two regular people who started out somewhere much smaller.

This down-to-earth approach works surprisingly well because “Southside with You” never loses sight of the primary tenet of a great romantic comedy: All you need is two people whom the audience wants to see get together—then you put them together. So many entries in this genre fail miserably because the filmmakers feel compelled to overcomplicate matters with useless subplots and extraneous characters; they mistake cacophony for complexity. “Southside with You” builds its emotional richness by coasting on the charisma of its two leads as they carefully navigate each other’s personality quirks and life stories. We may be ahead of them in terms of knowing the outcome, but we’re simultaneously learning the details.

“Southside with You” is at once a love song to the city of Chicago and its denizens, an unmistakably Black romance and a gentle, universal comedy. It is unapologetic about all three of these elements, and interweaves them in such a subtle fashion that they become more pronounced only upon later reflection. The Chicago affection manifests itself not only in a scene where, in front of a small group of community activists welcoming back their favorite son, Barack demonstrates a rough version of the speechmaking ability that will later become his trademark, but also when Barack takes Michelle to an art gallery. He points out that the Ernie Barnes paintings they’re viewing were used on the Chicago-set sitcom “Good Times.” Then the duo recite Chicago native Gwendolyn Brooks’ poem about the pool players at the Golden Shovel, « We Real Cool. » Even the beloved founder of this site, Roger Ebert, gets a shout-out for championing “Do the Right Thing, » the movie Barack and Michelle attend in the closing hours of their date.

Though its depiction of romance is recognizable to anyone who has ever gone on a successful first date, “Southside with You” also takes time to address the concerns Michelle has with dating her co-worker, especially since she’s his superior and the only Black woman in the office. The optics of this pairing worries her in ways that hint at the corporate sexism that existed back in 1989, and continues in some fashion today. Her concern is that her superiors might think she threw herself at the only other Black employee which, based on my own personal workplace experience, I found completely relatable. This plotline has traction, culminating in a fictional though very effective climactic scene between Barack, Michelle and their boss. It’s a bit overdramatic, but the payoff is a lovely ice cream-based reconciliation that may do for Baskin-Robbins what Beyoncé’s “Formation” did for Red Lobster.

Heady topics aside, “Southside with You” is often hilarious and never loses its old-fashioned sweetness. Sumpter’s take on Michelle is a tad more on-point than Sawyers’ Barack, but he compensates by exuding the same bemused self-assurance as his real-life counterpart. The two leads are both excellent, but this is really Michelle’s show. Sumpter relishes throwing those “you think you’re cute” looks that poke sharp, though loving holes in all forms of braggadocio, and Sawyers fills them with surprising vulnerability. The two manage to create a beautiful tribute to enduring love in just under 90 minutes, making “Southside with You” an irresistibly romantic and rousing success.

Voir par ailleurs:

Barack Obama, le « storytelling » jusqu’au bout de la nuit

Le Monde

05.07.2016

Le rituel du soir de Barack Obama n’est un secret pour personne : le président des États-Unis est un couche-tard. Ces quelques heures de solitude, entre la fin du dîner et l’heure de dormir, vers 1 heure du matin, sont celles où il réfléchit et se retrouve seul avec lui-même. De menus détails sur sa vie qui sont connus du public depuis plusieurs années.

Alors pourquoi les raconter à nouveau ? pourrait-on demander au New York Times, et son enquête intitulée « Obama après la tombée de la nuit ». Parce que les lecteurs apprécient visiblement ces quelques images de l’intimité d’un président qui quittera bientôt la Maison Blanche. Deux jours après sa publication, l’article est toujours dans le top 10 des plus lus sur le site.

Barack Obama a toujours été un pro du storytelling. Tout, dans l’image qu’il donne de lui-même, est précisément contrôlé, y compris les moments de décontraction. Pete Souza, le photographe officiel de la Maison Blanche, en est le meilleur témoin et le meilleur outil. Le professionnel met en avant l’image d’un président plus décontracté, en marge du protocole officiel, proche des enfants, jouant allongé par terre avec un bébé tenu à bout de bras ou autorisant un jeune garçon à lui toucher les cheveux « pour savoir s’ils sont comme les siens ».

Dans cet article, c’est encore une fois l’image d’un homme décontracté, mais aussi plus sage et solitaire qu’à l’ordinaire, qui est travaillée. Et d’abord par l’introduction qui compare les habitudes nocturnes de Barack Obama à celle de ses prédécesseurs.

« Le président George W. Bush, un lève-tôt, était au lit à dix heures. Le président Bill Clinton se couchait tard comme M. Obama, mais il consacrait du temps à de longues conversations à bâtons rompus avec ses amis et ses alliés politiques. »

Là où Bill Clinton appréciait la compagnie jusqu’à tard dans la nuit, Barack Obama choisit la solitude réflexive. Pour enfoncer le clou, l’article cite alors l’historien Doris Kearns Goodwin : « C’est quelqu’un qui est bien seul avec lui-même. »

« Il y a quelque chose de spécial, la nuit. C’est plus étroit, la nuit. Cela lui laisse le temps de penser. »

« C’est plus étroit, la nuit »

L’huile qui fait tourner les rouages d’un storytelling réussi, ce sont les anecdotes, inoffensives ou amusantes. Ici, on découvre celle des sept amandes que Barack Obama mange le soir. Les amandes montrent que le président a une hygiène de vie impeccable, qu’il n’a besoin de boissons excitantes ou sucrées pour tenir le coup. Et en même temps, le chiffre précis a quelque chose d’insolite, qui donne l’image de quelqu’un d’un peu crispé, qui veut tout contrôler. Mais pas trop. « C’était devenu une blague entre Michelle et moi », raconte Sam Kass, le chef cuisinier personnel de la famille entre 2009 et 2014. « Ni six, ni huit, toujours sept amandes. »

Le portrait de Barack Obama, une fois la nuit tombée, soigne également l’image d’un bourreau de travail, perfectionniste et attaché aux détails. Cody Keenan, qui supervise l’écriture des discours à la Maison Blanche, raconte qu’il est parfois rappelé le soir pour revenir travailler. Les nuits les plus longues sont celles où Obama a décidé de retravailler ses discours. Cody Keenan comprend :

Une image de « Mister Cool »

Dans le même temps, il faut entretenir l’image de « Mister Cool » et continuer à travailler sur celle du père de famille. Barack Obama ne fait pas que travailler dans son bureau. Il se tient au courant des résultats sportifs sur ESPN et joue à Words With Friends, un dérivé du Scrabble sur iPad.

Le « rituel du coucher » n’a plus vraiment de raison d’être maintenant que ses filles Malia et Sasha ont 18 et 15 ans, mais il reste la « movie night », la soirée cinéma de la famille, tous les vendredis soirs dans le « Family Theater », une salle de projection privée de 40 places. Avec le petit détail qui change tout : Barack et Michelle apprécient les séries ultra-populaires Breaking Bad ou Game of Thrones.

Le procédé est efficace, et l’impression générale qui se dégage est celle d’un homme réfléchi, calme, solitaire. Dans les commentaires qui accompagnent l’article, les lecteurs se livrent à leurs propres analyses : seul un grand solitaire comme Barack peut incarner la fonction présidentielle, car « sa motivation dans la vie va au-delà du besoin narcissique d’obtenir des confirmations de sa grandeur ».

« J’ai bien plus confiance en quelqu’un qui a cette discipline et cette concentration que pour les extravertis qui candidatent habituellement à ces postes », dit un autre, sans donner de noms.

Voir enfin:

I Miss Barack Obama

As this primary season has gone along, a strange sensation has come over me: I miss Barack Obama. Now, obviously I disagree with a lot of Obama’s policy decisions. I’ve been disappointed by aspects of his presidency. I hope the next presidency is a philosophic departure.

But over the course of this campaign it feels as if there’s been a decline in behavioral standards across the board. Many of the traits of character and leadership that Obama possesses, and that maybe we have taken too much for granted, have suddenly gone missing or are in short supply.

The first and most important of these is basic integrity. The Obama administration has been remarkably scandal-free. Think of the way Iran-contra or the Lewinsky scandals swallowed years from Reagan and Clinton.

We’ve had very little of that from Obama. He and his staff have generally behaved with basic rectitude. Hillary Clinton is constantly having to hold these defensive press conferences when she’s trying to explain away some vaguely shady shortcut she’s taken, or decision she has made, but Obama has not had to do that.

He and his wife have not only displayed superior integrity themselves, they have mostly attracted and hired people with high personal standards. There are all sorts of unsightly characters floating around politics, including in the Clinton camp and in Gov. Chris Christie’s administration. This sort has been blocked from team Obama.

Second, a sense of basic humanity. Donald Trump has spent much of this campaign vowing to block Muslim immigration. You can only say that if you treat Muslim Americans as an abstraction. President Obama, meanwhile, went to a mosque, looked into people’s eyes and gave a wonderful speech reasserting their place as Americans.

He’s exuded this basic care and respect for the dignity of others time and time again. Let’s put it this way: Imagine if Barack and Michelle Obama joined the board of a charity you’re involved in. You’d be happy to have such people in your community. Could you say that comfortably about Ted Cruz? The quality of a president’s humanity flows out in the unexpected but important moments.

Third, a soundness in his decision-making process. Over the years I have spoken to many members of this administration who were disappointed that the president didn’t take their advice. But those disappointed staffers almost always felt that their views had been considered in depth.

Obama’s basic approach is to promote his values as much as he can within the limits of the situation. Bernie Sanders, by contrast, has been so blinded by his values that the reality of the situation does not seem to penetrate his mind.

Take health care. Passing Obamacare was a mighty lift that led to two gigantic midterm election defeats. As Megan McArdle pointed out in her Bloomberg View column, Obamacare took coverage away from only a small minority of Americans. Sanderscare would take employer coverage away from tens of millions of satisfied customers, destroy the health insurance business and levy massive new tax hikes. This is epic social disruption.

To think you could pass Sanderscare through a polarized Washington and in a country deeply suspicious of government is to live in intellectual fairyland. President Obama may have been too cautious, especially in the Middle East, but at least he’s able to grasp the reality of the situation.

Fourth, grace under pressure. I happen to find it charming that Marco Rubio gets nervous on the big occasions — that he grabs for the bottle of water, breaks out in a sweat and went robotic in the last debate. It shows Rubio is a normal person. And I happen to think overconfidence is one of Obama’s great flaws. But a president has to maintain equipoise under enormous pressure. Obama has done that, especially amid the financial crisis. After Saturday night, this is now an open question about Rubio.

Fifth, a resilient sense of optimism. To hear Sanders or Trump, Cruz and Ben Carson campaign is to wallow in the pornography of pessimism, to conclude that this country is on the verge of complete collapse. That’s simply not true. We have problems, but they are less serious than those faced by just about any other nation on earth.

People are motivated to make wise choices more by hope and opportunity than by fear, cynicism, hatred and despair. Unlike many current candidates, Obama has not appealed to those passions.

No, Obama has not been temperamentally perfect. Too often he’s been disdainful, aloof, resentful and insular. But there is a tone of ugliness creeping across the world, as democracies retreat, as tribalism mounts, as suspiciousness and authoritarianism take center stage.

Obama radiates an ethos of integrity, humanity, good manners and elegance that I’m beginning to miss, and that I suspect we will all miss a bit, regardless of who replaces him.

Voir aussi:

The Authentic Joy of “Southside with You”

The writer and director Richard Tanne’s first feature, “Southside with You,” which will be released next Friday, is an opening act of superb audacity, a self-imposed challenge so mighty that it might seem, on paper, to be a stunt. It’s a drama about Barack Obama and Michelle Robinson’s first date, in Chicago, in the summer of 1989. It stars Parker Sawyers as the twenty-eight-year-old Barack, a Harvard Law student and summer associate at a Chicago law firm, and Tika Sumpter (who also co-produced the film) as the twenty-five-year-old Michelle, a Harvard Law graduate and a second-year associate at the same firm. The results don’t resemble a stunt; far from it. “Southside with You,” running a brisk hour and twenty minutes, is a fully realized, intricately imagined, warmhearted, sharp-witted, and perceptive drama, one that sticks close to its protagonists while resonating quietly but grandly with the sweep of a historical epic.

Tanne tells the story of the First Couple’s first date with a tightly constrained time frame—one day’s and evening’s worth of action—that begins with the protagonists preparing for their rendezvous and ends with them back at their homes. In between, Tanne pulls off a near-miracle, conveying these historic figures’ depth and complexity of character without making them grandiose. The dialogue is freewheeling and intimate, ranging through subjects far from the matters at hand, suggesting enormous intellect and enormous promise without seeming cut-and-pasted from speeches or memoirs. The film exudes Tanne’s own sense of calm excitement, nearly a documentarian’s serendipitous thrill at being present to catch on-camera a secret miracle of mighty historical import.

Movies about public figures—ones whose appearance, diction, and gestures are deeply ingrained in the minds of most likely viewers—must confront the Scylla of impersonation and the Charybdis of unfaithfulness. Tanne’s extraordinary actors thread that strait nimbly, delivering performances that exist on their own but feel true to the characters, that spin with dialectical delight and embody the ardors, ambitions, and uncertainties that even the most able and aware young adults must face.

The movie’s first dramatic uncertainty is whether Michelle and Barack’s meeting is even a date. Talking to her parents before his arrival, she denies that it is; talking with him on the street soon after he picks her up in his beat-up car, she not only denies that it is but also demands that it not be one. Michelle explains that, as a black woman with mainly white male co-workers, the perception arising from her dating a black summer associate—especially one whose nominal adviser she is—would be perceived negatively by higher-ups at the firm. But Barack, smooth-talking, brashly funny, and calmly determined, makes no bones about his intentions, even as he apparently defers to her insistence.

The easygoing yet rapid-fire dialogue—and the actors’ controlled yet passionate delivery of it, as they get to know each other, size each other up, and make each other aware of their motives and doubts—evokes the pregnant power of the occasion. Yet the couple’s depth of character emerges all the more vividly through Tanne’s alert directorial impressionism, a sensitivity to the actors’ probing glances that provides a sort of visual matrix for the actors’ inner life. It comes through in small but memorable touches, as when young Barack, smoking a cigarette in his rattling car, sprays some air freshener before pulling up to Michelle’s house. When she gets in, she sniffs the chemical blend; as the car pulls away, she glances down at a hole in the floor of the car, through which she sees the asphalt below. That flickering subjectivity suffuses and sustains the action, lends images to the characters, states of mind and moods to their ideas.

Tanne achieves something that few other directors—whether of independent or Hollywood or art-house films—ever do: he creates characters with an ample sense of memory, who fully inhabit their life prior to their time onscreen, and who have a wide range of cultural references and surging ideas that leap spontaneously into their conversation. A scene in which Michelle and Barack visit an exhibit of Afrocentric art—he discusses the importance of the painter Ernie Barnes to the sitcom “Good Times,” and together they recall Gwendolyn Brooks’s poem “We Real Cool”—has an effortless grace that reflects an unusual cinematic depth of lived experience.

The centerpiece of the film is a splendid bit of romantic and principled performance art on the part of Barack. He plans the non-date date around a community meeting in a mainly black neighborhood that Michelle—who did pro-bono work at Harvard and who admits to frustration with her trademark-law work at the firm—is eager to attend. There, Barack, who had been active with the organization before heading to Harvard, is received like a prodigal son. The subject of the meeting is the legislature’s refusal to build a much-needed community center; frustration among the attendees mounts, until Barack addresses them and offers some brilliant practical suggestions to overcome the opposition. At the meeting, he displays, above all, his gifts for public speaking and, even more, for empathy. He reveals, to the community group but also to Michelle, a preternatural genius at grasping interests and motives, at seeking common cause, and at recognizing—and acting upon—the human factor. There, Barack also displays a personal philosophy of practical politics that’s tied to his larger reflections on American history and political theory. The intellectual passion that Tanne builds into the scene, and that Sawyers delivers with nuanced fervor, is all the more striking and exquisite for its subtle positioning as a device of romantic seduction.

 

Michelle’s sense of principled responsibility and groundedness, her worldly maturity and practical insight, is matched by Barack’s ardent but callow, mighty but still-unfocussed energies. The movie’s ring of authenticity carried me through from start to finish without inviting my speculations as to the historical veracity of the events. Curiosity eventually kicked in, though; most accounts of the first date suggest that its general contours involved Michelle’s reluctance to date a colleague who was also a subordinate, the visit to the Art Institute, a walk, a drink, and a viewing of the recently released film “Do the Right Thing.” The community meeting is usually described as occurring at another occasion, yet it fits into the first date with a verisimilitude as well as an emotional impact that justify the dramatization.

As for their viewing of Spike Lee’s movie, the scene that Tanne derives from it is a minor masterwork of ironic psychology and mother wit. It’s too good to spoil; suffice it to say that the scene is set against the backdrop of controversy that greeted Lee’s film at the time of its release, with some critics—white critics—fearing that the climactic act of violence (meaning not the police killing of Radio Raheem but Mookie’s throwing a garbage can through the window of Sal’s Pizzeria and leading his neighbors to ransack the venue) would incite riots.

“Southside with You” is the sort of movie that, say, Richard Linklater’s three “Before” movies aren’t—an intimate story that has a reach far greater than its scale, that has stakes and substance extending beyond the couple’s immediate fortunes. There’s a noble historical precedent for Tanne’s film. If the modern cinema was inspired by Roberto Rossellini’s “Voyage to Italy,” from 1954—which taught a handful of ambitious young French critics that all they needed to make a movie was two actors and a car, that they could make a low-budget and small-scale production that would be rich in cinematic ideas and romantic passion alike—then “Southside with You” is an exemplary work of cinematic modernity. Rossellini, a cinematic philosopher, ranges far through history and politics to ground a couple’s intimate disasters in the deep currents of modern life.

Tanne does this, too, and goes one step further; his inspiration is reminiscent of the advice that the nineteen-year-old critic Jean-Luc Godard gave to his cinematic elders, “unhappy filmmakers of France who lack scenarios.” Godard advised them to make films about “the tax system,” about the writer and Nazi collaborator Philippe Henriot, about the Resistance activist Danielle Casanova. Tanne picks a great subject of contemporary history and politics—indeed, one of the very greatest—and approaches it without the pomp and bombast of ostensibly important, message-mongering Oscarizables. He realizes Barack Obama and Michelle Robinson onscreen with the same meticulous, thoughtful, inventive imagination that other directors might bring to figures of legend, people they know, or their own lives. “Southside with You” is a virtuosic realization of history on the wing, of the lives of others incarnated as firsthand experience. To tell this story is a nearly impossible challenge, and Tanne meets it at its high level.

Voir enfin:

Politics
Obama After Dark: The Precious Hours Alone

Michael D. Shear

The New York Times

July 2, 2016

WASHINGTON — “Are you up?”

The emails arrive late, often after 1 a.m., tapped out on a secure BlackBerry from an email address known only to a few. The weary recipients know that once again, the boss has not yet gone to bed.

The late-night interruptions from President Obama might be sharply worded questions about memos he has read. Sometimes they are taunts because the recipient’s sports team just lost.

Last month it was a 12:30 a.m. email to Benjamin J. Rhodes, the deputy national security adviser, and Denis R. McDonough, the White House chief of staff, telling them he had finished reworking a speechwriter’s draft of presidential remarks for later that morning. Mr. Obama had spent three hours scrawling in longhand on a yellow legal pad an angry condemnation of Donald J. Trump’s response to the attack in Orlando, Fla., and told his aides they could pick up his rewrite at the White House usher’s office when they came in for work.

Mr. Obama calls himself a “night guy,” and as president, he has come to consider the long, solitary hours after dark as essential as his time in the Oval Office. Almost every night that he is in the White House, Mr. Obama has dinner at 6:30 with his wife and daughters and then withdraws to the Treaty Room, his private office down the hall from his bedroom on the second floor of the White House residence.

There, his closest aides say, he spends four or five hours largely by himself.

He works on speeches. He reads the stack of briefing papers delivered at 8 p.m. by the staff secretary. He reads 10 letters from Americans chosen each day by his staff. “How can we allow private citizens to buy automatic weapons? They are weapons of war,” Liz O’Connor, a Connecticut middle school teacher, wrote in a letter Mr. Obama read on the night of June 13.

The president also watches ESPN, reads novels or plays Words With Friends on his iPad.

Michelle Obama occasionally pops in, but she goes to bed before the president, who is up so late he barely gets five hours of sleep a night. For Mr. Obama, the time alone has become more important.

“Everybody carves out their time to get their thoughts together. There is no doubt that window is his window,” said Rahm Emanuel, Mr. Obama’s first chief of staff. “You can’t block out a half-hour and try to do it during the day. It’s too much incoming. That’s the place where it can all be put aside and you can focus.”

President George W. Bush, an early riser, was in bed by 10. President Bill Clinton was up late like Mr. Obama, but he spent the time in lengthy, freewheeling phone conversations with friends and political allies, forcing aides to scan the White House phone logs in the mornings to keep track of whom the president might have called the night before.

“A lot of times, for some of our presidential leaders, the energy they need comes from contact with other people,” said the historian Doris Kearns Goodwin, who has had dinner with Mr. Obama several times in the past seven and a half years. “He seems to be somebody who is at home with himself.”
‘Insane Amount of Paper’

When Mr. Obama first arrived at the White House, his after-dinner routine started around 7:15 p.m. in the game room, on the third floor of the residence. There, on an old Brunswick pool table, Mr. Obama and Sam Kass, then the Obama family’s personal chef, would spend 45 minutes playing eight-ball.

Mr. Kass saw pool as a chance for Mr. Obama to decompress after intense days in the Oval Office, and the two kept a running score. “He’s a bit ahead,” said Mr. Kass, who left the White House at the end of 2014.

In those days, the president followed the billiards game with bedtime routines with his daughters. These days, now that both are teenagers, Mr. Obama heads directly to the Treaty Room, named for the many historical documents that have been signed in it, including the peace protocol that ended the Spanish-American War in 1898.

“The sports channel is on,” Mr. Emanuel said, recalling the ubiquitous images on the room’s large flat-screen television. “Sports in the background, with the volume down.”

By 8 p.m., the usher’s office delivers the president’s leather-bound daily briefing book — a large binder accompanied by a tall stack of folders with memos and documents from across the government, all demanding the president’s attention. “An insane amount of paper,” Mr. Kass said.

Mr. Obama often reads through it in a leather swivel chair at his tablelike desk, under a portrait of President Ulysses S. Grant. Windows on each side of Grant look out on the brightly lit Washington Monument and the Jefferson Memorial.

Other nights, the president settles in on the sofa under the 1976 “Butterfly” by Susan Rothenberg, a 6-foot-by-7-foot canvas of burnt sienna and black slashes that evokes a galloping horse.

“He is thoroughly predictable in having gone through every piece of paper that he gets,” said Tom Donilon, Mr. Obama’s national security adviser from 2010 to 2013. “You’ll come in in the morning, it will be there: questions, notes, decisions.”
Photo
Mr. Obama often works on speeches late into the night, like the one he gave in Selma, Ala., on the 50th anniversary of “Bloody Sunday.” Here, people listened to his speech last year. Credit Doug Mills/The New York Times
Seven Almonds

To stay awake, the president does not turn to caffeine. He rarely drinks coffee or tea, and more often has a bottle of water next to him than a soda. His friends say his only snack at night is seven lightly salted almonds.

“Michelle and I would always joke: Not six. Not eight,” Mr. Kass said. “Always seven almonds.”

The demands of the president’s day job sometimes intrude. A photo taken in 2011 shows Mr. Obama in the Treaty Room with Mr. McDonough, at that time the deputy national security adviser, and John O. Brennan, then Mr. Obama’s counterterrorism chief and now the director of the C.I.A., after placing a call to Prime Minister Naoto Kan of Japan shortly after Japan was hit by a devastating magnitude 9.0 earthquake. “The call was made near midnight,” the photo caption says.

But most often, Mr. Obama’s time in the Treaty Room is his own.

“I’ll probably read briefing papers or do paperwork or write stuff until about 11:30 p.m., and then I usually have about a half-hour to read before I go to bed, about midnight, 12:30 a.m., sometimes a little later,” Mr. Obama told Jon Meacham, the editor in chief of Newsweek, in 2009.

In 2014, Mr. Obama told Kelly Ripa and Michael Strahan of ABC’s “Live With Kelly and Michael” that he stayed up even later — “until like 2 o’clock at night, reading briefings and doing work” — and added that he woke up “at a pretty reasonable hour, usually around 7.”
‘Can You Come Back?’

Mr. Obama’s longest nights — the ones that stretch well into the early morning — usually involve speeches.

One night last June, Cody Keenan, the president’s chief speechwriter, had just returned home from work at 9 p.m. and ordered pizza when he heard from the president: “Can you come back tonight?”

Mr. Keenan met the president in the usher’s office on the first floor of the residence, where the two worked until nearly 11 p.m. on the president’s eulogy for nine African-Americans fatally shot during Bible study at the Emanuel African Methodist Episcopal Church in Charleston, S.C.

Three months earlier, Mr. Keenan had had to return to the White House when the president summoned him — at midnight — to go over changes to a speech Mr. Obama was to deliver in Selma, Ala., on the 50th anniversary of “Bloody Sunday,” when protesters were brutally beaten by the police on the Edmund Pettus Bridge.

“There’s something about the night,” Mr. Keenan said, reflecting on his boss’s use of the time. “It’s smaller. It lets you think.”

In 2009, Jon Favreau, Mr. Keenan’s predecessor, gave the president a draft of his Nobel Prize acceptance speech the night before they were scheduled to leave for the ceremony in Oslo. Mr. Obama stayed up until 4 a.m. revising the speech, and handed Mr. Favreau 11 handwritten pages later that morning.

On the plane to Norway, Mr. Obama, Mr. Favreau and two other aides pulled another near-all-nighter as they continued to work on the speech. Once Mr. Obama had delivered it, he called the exhausted Mr. Favreau at his hotel.

“He said, ‘Hey, I think that turned out O.K.,’” Mr. Favreau recalled. “I said, ‘Yes.’ And he said, ‘Let’s never do that again.’”
Some Time for Play

Not everything that goes on in the Treaty Room is work.

In addition to playing Words With Friends, a Scrabble-like online game, on his iPad, Mr. Obama turns up the sound on the television for big sports games.

“If he’s watching a game, he will send a message. ‘Duke should have won that game,’ or whatever,” said Reggie Love, a former Duke basketball player who was Mr. Obama’s personal aide for the first three years of his presidency.

The president also uses the time to catch up on the news, skimming The New York Times, The Washington Post and The Wall Street Journal on his iPad or watching cable. Mr. Love recalls getting an email after 1 a.m. after Mr. Obama saw a television report about students whose “bucket list” included meeting the president. Why had he not met them, the president asked Mr. Love.

“‘Someone decided it wasn’t a good idea,’ I said,” Mr. Love recalled. “He said, ‘Well, I’m the president and I think it’s a good idea.’”

Mr. Obama and his wife are also fans of cable dramas like “Boardwalk Empire,” “Game of Thrones” and “Breaking Bad.” On Friday nights — movie night at the White House — Mr. Obama and his family are often in the Family Theater, a 40-seat screening room on the first floor of the East Wing, watching first-run films they have chosen and had delivered from the Motion Picture Association of America.

There is time, too, for fantasy about what life would be like outside the White House. Mr. Emanuel, who is now the mayor of Chicago but remains close to the president, said he and Mr. Obama once imagined moving to Hawaii to open a T-shirt shack that sold only one size (medium) and one color (white). Their dream was that they would no longer have to make decisions.

During difficult White House meetings when no good decision seemed possible, Mr. Emanuel would sometimes turn to Mr. Obama and say, “White.” Mr. Obama would in turn say, “Medium.”

Now Mr. Obama, who has six months left of solitary late nights in the Treaty Room, seems to be looking toward the end. Once he is out of the White House, he said in March at an Easter prayer breakfast in the State Dining Room, “I am going to take three, four months where I just sleep.”

Barack Obama inaugure le Musée afro-américain de Washington
Philippe Gélie
Le Figaro
24/09/2016

VIDÉO – Le président conseille à Donald Trump de « visiter » le nouvel édifice, qui raconte l’esclavage et la discrimination mais aussi les succès des Noirs américains.

De notre correspondant à Washington

George W. Bush avait signé en 2003 la loi créant le Musée national de l’Histoire et de la Culture Afro-Américaines, mais c’est au premier président noir du pays qu’est revenu le privilège de l’inaugurer ce samedi.

Outre Barack et Michelle Obama, George W. et Laura Bush les élus du Congrès et les juges de la Cour suprême, quelque 20.000 personnes se sont rassemblées en milieu de journée sur le Mall de Washington, la grande esplanade faisant face au Capitole, au nombre desquelles tout ce que le pays compte de célébrités noires. Oprah Winfrey, qui a donné 20 millions de dollars, a eu droit à une place d’honneur.

Dans un discours où son émotion a affleuré, le président Obama a célébré «une part essentielle de l’histoire américaine, parfois laissée de côté. Une grande nation ne se cache pas la vérité. La vérité nous renforce, nous fortifie. Comprendre d’où nous venons est un acte de patriotisme.» Parlant au nom des Afro-Américains, il a ajouté: «Nous ne sommes pas un fardeau pour l’Amérique, une tache sur l’Amérique, un objet de honte ou de pitié pour l’Amérique. Nous sommes l’Amérique!»

Au-dessus de lui, le bâtiment de six étages, dessiné par l’architecte britannique d’origine tanzanienne David Adjaye, se dresse comme une couronne africaine de bronze face au Washington Monument (l’obélisque érigé en hommage au premier président des Etats-Unis), à l’endroit même où, il y a deux siècles, se tenait un marché aux esclaves. Son matériau, inspirée des textiles d’Afrique de l’Ouest, laisse passer la lumière et rougeoie au soleil couchant, créant une impression massive de l’extérieur et aérienne de l’intérieur.

Obama a invité Trump

Il a fallu treize ans et 540 millions de dollars pour bâtir le dix-neuvième musée de la Smithsonian Institution et y rassembler plus de 35.000 témoignages de l’histoire des Afro-Américains, dont aucun aspect n’est occulté: ni la traite des esclaves, ni la ségrégation, ni la lutte pour les droits civiques, ni les réussites contemporaines, du sport au hip-hop et à la politique. La présidence de Barack Obama y est documentée dans l’un des 27 espaces d’exposition, non loin de la Cadillac de Chuck Berry ou des chaussures de piste de Jessie Owens.

Mais le visiteur est d’abord invité à passer devant les chaînes, les fouets, les huttes misérables des esclaves, les photos de dos lacérés ou de lynchages (3437 Noirs pendus entre 1882 et 1851), ou encore le cercueil d’Emmett Till, tué à l’âge de 14 ans dans le Mississippi pour avoir sifflé une femme blanche en 1955. «Ce n’est pas un musée du crime ou de la culpabilité, insiste son directeur, Lonnie Bunch, c’est un lieu qui raconte le voyage d’un peuple et l’histoire d’une nation. Il n’y a pas de réponses simples à des questions complexes».

Au moment où les marches de la communauté noire se répandent dans le pays pour protester contre les violences policières, Barack Obama a invité Donald Trump à visiter le Musée de l’Histoire et de la Culture Afro-Américaine. Le candidat républicain à sa succession a déclaré que les Noirs vivaient aujourd’hui «dans les pires conditions qu’ils aient jamais connues». Dans une interview vendredi à la chaîne ABC, le président a répliqué: «Je crois qu’un enfant de 8 ans est au courant que l’esclavage n’était pas très bon pour les Noirs et que l’ère Jim Crow (les lois ségrégationnistes, Ndlr) n’était pas très bonne pour les Noirs».

Voir enfin:

U.S. Murders Increased 10.8% in 2015
The figures, released by the FBI, could stoke worries that the trend of falling crime rates may be ending
Devlin Barrett
The Wall Street Journal

Sept. 26, 2016

WASHINGTON—Murders in the U.S. jumped by 10.8% in 2015, according to figures released Monday by the Federal Bureau of Investigation—a sharp increase that could fuel concerns that the nation’s two-decade trend of falling crime rates may be ending.

The figures had been expected to show an increase, after preliminary data released earlier this year indicated violent crime and murders were rising. But the double-digit increase in murders dwarfed any in the past 20 years, eclipsing the 3.7% increase in 2005, the year in which the biggest increase occurred before now.

In 2014, the FBI recorded violent crime narrowly falling, by 0.2%. In 2015, the number of violent crimes rose 3.9% though the number of property crimes dropped 2.6%, the FBI said.

Richard Rosenfeld, a criminologist at the University of Missouri-St.Louis, said a key driver of the murder spike may be an increasing distrust of police in major cities where controversial officer shootings have led to protests.

“This rise is concentrated in certain large cities where police-community tensions have been notable,’’ said Mr. Rosenfeld, citing Cleveland, Baltimore, and St. Louis as examples. The rise in killings is not spread evenly around America, he noted, but is rather centered on big cities with large African-American populations.

In all, there were 15,696 instances of murder and non-negligence manslaughter in the U.S. last year, the FBI said.

Early figures for 2016 indicate murders may still be rising. While Baltimore and Washington, D.C., are seeing their murder numbers fall back down so far this year, Chicago has seen a tremendous spike, to 316 homicides in the first half of 2016 compared with 211 in the first half of 2015. Chicago Mayor Rahm Emanuel delivered an emotional speech on crime last Thursday, and Chicago police officials have announced an increase of nearly 1,000 officers over two years.

A report by the Major Cities Chiefs Association found that for the first half of this year, murders rose in 29 of the nation’s biggest cities while they fell in 22 others.

Mr. Rosenfeld said the FBI data suggests the increase in murder may be caused by some version of the “Ferguson effect’’—a term often used by law-enforcement officials to describe what they see as the negative effects of the recent anti-police protests.

The killing by a police officer of an unarmed black 18-year-old in Ferguson, Mo., in 2014 led to protests there and around the country. Some law-enforcement officials, including FBI Director James Comey, have argued that since then, some officers may be more reluctant to get out of their patrol cars and engage in the kind of difficult work that reduces street crime, out of fear they may be videotaped and criticized publicly.

Mr. Rosenfeld suggested a different dynamic may be at play, though stemming from the same tensions. Members of minority and poor communities may be more reluctant to talk to police and help them solve crimes in cities where officers are viewed as untrustworthy and threatening, he said, particularly where there have been recent controversial killings by police officers.

The crime rise in such a short period of time eliminates possible causes like economic struggles or changing demographics, Mr. Rosenfeld said.

“What has happened in the course of the last year or two is attention to police-community relations and controversies over police use of deadly force, especially involving unarmed African-Americans,” he said.

Beyond that, the new figures show a growing racial disparity in who gets killed in America.

Nationally, the murder of black Americans outpaces that of whites—7,039 African-Americans were killed last year, compared with 5,854 whites, according to the data. The races of the remaining victims is unknown because not all police departments report it. That is in a nation where 13% of Americans identify solely as African-American and 77% identify solely as white.

In 2014, 698 more blacks were killed than whites, according to the FBI. In 2015, 1,185 more blacks were killed than whites, according to the data.

The number and percentage of killings involving guns also increased. In 2014, 67.9% of murders were committed with guns, compared to 71.5% in 2015, the FBI said. Guns have long been used in about two-thirds of the killings in America, data show.

Attorney General Loretta Lynch, in a speech Monday, said the report shows “we still have so much work to do. But the report also reminds us of the progress that we are making. It shows that in many communities, crime has remained stable or even decreased from historic lows reported in 2014.”

The new figures are certain to fuel the ongoing debate about what causes crime to rise and what should be done to reverse that.

John Pfaff, a professor at Fordham Law School, said the numbers are concerning but that it is too early to draw any definite conclusions from the data, noting that the murder rate in 2015 was still lower than in 2009.

“It’s not a giant rollback of things. 2015 is the third-safest year for violent crime since 1970,’’ Mr. Pfaff said. “The last time we saw a jump like this was 1989 to 1990, and that was a much more broad increase in crime.’’

Still, the new figures could further dampen efforts in Congress to pass laws cutting prison sentences for nonviolent offenders or others. Mr. Pfaff cautioned that the political impact of the data could be disproportionate to their actual significance.

“The politics of crime are very asymmetric,” he said. “We overreact to bad news and underreact to good news.’’

FBI Director James Comey, in releasing the figures, called for “more transparency and accountability in law enforcement.”

Mr. Comey said the FBI has been working to get better crime statistics, and to get them quicker, because the agency has been criticized for the length of time it has taken to process crime figures it receives from states.


Racisme: Vous avez dit pompiers pyromanes ? (Black lies matter: When all else fails, play the race card)

25 septembre, 2016
colin-kaepernick-time-coverofficer-brentley-vinsonramirezsep23Les Européens disent maintenant au revoir à M. Bush, et espèrent l’élection d’un président américain qui partage, le croient-ils, leurs attitudes sophistiquées de postnationalisme, post-modernisme et multiculturalisme. Mais ne soyez pas étonné si, afin de protéger la liberté et la démocratie chez eux dans les années à venir, les dirigeants européens commencent à ressembler de plus en plus au cowboy à la gâchette facile de l’étranger qu’ils se délectent aujourd’hui à fustiger. Natan Sharansky
La chaîne de télévision australienne Channel 7 a diffusé ce samedi la vidéo d’une femme en burkini se faisant « chasser » d’une plage de Villeneuve-Loubet par des baigneurs. Selon un témoin, la scène est montée de toute pièce. Selon une vidéo diffusée par une chaîne de la télévision australienne, Zeynab Alshelh, une étudiante de 23 ans, aurait été forcée de quitter une plage de Villeneuve-Loubet où elle s’était installée. En cause? Son burkini, jugé provocateur par d’autres baigneurs. L’histoire a été reprise par tous les médias et notamment par l’AFP. Mais selon une mère de famille qui se trouvait sur la plage à ce moment-là, la scène qui s’est déroulée sous ses yeux était plus que suspecte. « Nous étions installés sur la plage avec mes enfants, quand nous avons vu la caméra débarquer à quelques mètres de nous, explique-t-elle. Ce n’est qu’après qu’un homme et deux femmes en burkini sont arrivés. Ils ont marché quelques minutes le long de la plage, puis sont venus s’installer juste devant l’équipe télé ». Alors, un coup monté? « On s’est immédiatement posé la question. C’est d’ailleurs pour ça que tous les gens sur la plage regardent dans la direction de la caméra. » Mais la vidéo diffusée par la chaîne australienne va plus loin. On y voit un homme se diriger vers la caméra et lâcher: « Vous faites demi-tour et vous partez ». Tel qu’est monté le reportage, cette invective semble dirigée à l’encontre des deux femmes en burkini. Une impression appuyée par la voix off de la vidéo qui confirme: « Nous avons été forcés de partir, car les gens ont dit qu’ils allaient appeler la police. » Mais il n’en est rien. « L’homme sur la vidéo est mon oncle, atteste notre témoin. Il n’a jamais demandé à ce que ces trois personnes quittent la plage. Il s’adressait à la caméra pour demander au cameraman de partir. Il y avait des enfants sur la plage, dont les nôtres, et on ne voulait pas qu’ils soient filmés. » La suite de la vidéo montre le même homme en train de téléphoner. « Oui, il appelait la police. Pas pour les faire intervenir pour chasser ces personnes, mais pour demander comment on pouvait faire pour empêcher la caméra de nous filmer, surtout nos enfants ». Et d’ajouter: « A aucun moment des gens sont venus demander aux femmes en burkini de quitter la plage. » Une version corroborée par un autre témoin de la scène. « On voyait que c’était scénarisé, c’était trop gros pour être vrai et ça puait le coup monté », raconte Stéphane. Ce père de famille était dans l’eau avec ses enfants, au niveau de la plage privée Corto Maltese, quand il a vu débarquer la petite équipe sur la plage. « L’homme et les deux femmes sont arrivés presque en courant pour s’installer. En 10 secondes, ils avaient déplié leurs serviettes et planté leur parasol. Ils se sont mis en plein milieu du couloir à jet-ski de la plage privée. Comme ils gênaient, le propriétaire de la plage est sorti leur demander de se pousser. » Ce n’est qu’après que Stéphane aperçoit la journaliste et son cameraman « planqués » derrière les voitures, en train de filmer. Il raconte qu’à ce moment-là, le propriétaire de la plage a fait entrer le petit groupe dans son restaurant. « Ils sont ressortis au bout d’un moment. L’homme et les deux femmes ont continué à marcher le long de la plage en direction de la Siesta. Des fois, ils se posaient. Puis ils repartaient. » Le journaliste et le cameraman, qui avaient fait mine de partir, étaient en fait toujours cachés derrière les voitures. « On aurait dit qu’ils attendaient des réactions ». Stéphane assistera de loin à la scène du baigneur qui pressera les journalistes de quitter les lieux. « J’ai vu ce monsieur au téléphone. Mais j’étais trop loin pour entendre ce qu’il disait. » Le petit groupe finira par quitter les lieux. « Il y avait un véhicule qui les attendait en haut de la plage, comme pour les exfiltrer au cas où… » Nice-Matin
The Seven Network and the pugnacious Muslim Aussie family it flew to the French Riviera with the aim of provoking beachgoers into a “racist” reaction to the “Aussie cossie” burkini owe the traumatised people of Nice and France a swift apology. The cynical stunt pulled by the Sunday Night program, where it spirited Sydney hijab-proselytising medical student Zeynab Alshelh and her activist parents off to a beach near Nice to “show solidarity” with (radically conservative) Muslims, featured the 23-year-old flaunting her burkini in an obvious attempt to bait Gallic sun lovers into religious and ethnically motivated hatred. Except according to the French people filmed against their will, the claimed “chasing off the beach” that made international headlines never occurred because Seven used hidden camera tactics, selective editing and deliberate distor­tion to reach its predeter­mined conclusions. (…) The manipulation is the latest example of calculated French-bashing fuelled by collusion between the goals of political Islam and compliant media outlets seeking culture clash cliches. (…) No one was hounded off the beach, despite the scripted whining of Seven’s solemn-faced presenter Rahni Sadler and her well-rehearsed talent the Alshelhs. The swimming public were upset to see the camera crew filming them and their children without permission in a country where privacy is legally protected and paparazzi do not have the same rights as they do in Australia to film without consent. (…) The shameful Seven report went viral globally thanks to an international media thirsty for stereotypes about France’s unsubstantiated rising tide of Islamophobia. It was dishonest sensationalism that deliberately skewed complex issues surrounding secularism a la francaise and surging religious fundamentalism of the Islamist variety in the context of ever-present terrorist threats and a state of emergency. The Australian
C’est avec un chapelet et une croix autour du cou que Marina Nalesso, présentatrice du journal télévisée de 13h30 à la télévision publique italienne, la Rai, un des plus regardés, a dirigé dernièrement son programme d’informations. Elle le fait, a-t-elle-expliqué à Fanpage « par foi et pour rendre témoignage. » Ces dernières semaines des centaines de messages louangeurs et d’estime ont fleuri sur Facebook. Mais elle a été aussi attaquée violemment par des athées, des musulmans ou des laïcs convaincus. Un lynchage auquel a pris part également un conseiller de Turin appartenant au Parti Démocrate au pourvoir actuellement, Silvio Viale. Medias-Presse-info
Un homme armé a tué vendredi soir quatre femmes et un homme dans un centre commercial de l’Etat de Washington, dans le nord-ouest des Etats-Unis. Après 24 heures de cavale, le suspect, Arcan Cetin, 20 ans, né en Turquie, a été arrêté. (…) Le FBI, la police fédérale, a fait savoir qu’il n’y avait à ce stade aucun indice d’ « acte terroriste ». Le Figaro
L’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui calomnient le prophète de l’Islam. Barack Obama (siège de l’ONU, New York, 26.09.12)
Je crois qu’en ce moment nous sommes tous confrontés à un choix. Nous pouvons choisir d’aller de l’avant avec un meilleur modèle de coopération et d’intégration. Ou nous pouvons nous retirer dans un monde profondément divisé, et finalement en conflit, sur lignes séculaires de la nation et de la tribu et de la race et la religion. (…) Et comme ces vrais problèmes ont été négligés, d’autres visions du monde sont avancées à la fois dans les pays les plus riches et les plus pauvres: fondamentalisme religieux, politiques tribales, ethniques, sectaires, populisme grossier venu parfois de l’extrême gauche mais le plus souvent de l’extrême droite qui cherche à revenir à un temps jugé meilleur et plus simple.(…) Compte tenu de la difficulté qu’il y a à forger une véritable démocratie (…), il n’est pas surprenant que certains soutiennent que l’avenir appartient aux hommes forts, aux verticales du pouvoir plutôt qu’aux institutions fortes et démocratiques. (…) Nous voyons la Russie tenter de récupérer la gloire perdue par la force ; des puissances asiatiques vouloir revenir sur des revendications soldées par l’Histoire ; et en Europe et aux États-Unis, des gens s’inquiéter de l’immigration et de l’évolution démographique en laissant entendre que d’une certaine manière les gens qui apparaissent comme différents corrompent le caractère de nos pays. Barack Hussein Obama (ONU, 20 septembre 2016)
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme dans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Obama
Part of the reason that our politics seems so tough right now, and facts and science and argument does not seem to be winning the day all the time, is because we’re hard-wired not to always think clearly when we’re scared. Barack Obama
Je ne peux qu’imaginer ce qu’endurent ses parents. Et quand je pense à ce garçon, je pense à mes propres enfants. Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon. Obama
Et, bien sûr, ce qui est également la routine est que quelqu’un, quelque part, va commenter et dire, Obama a politisé cette question. Eh bien, cela est quelque chose que nous devrions politiser. Il est pertinent de notre vie commune ensemble, le corps politique. Obama
Mon nom ne sera peut-être pas sur les bulletins de vote, mais notre progrès dépend de ce bulletin de vote. Je le prendrai comme une insulte personnelle, une insulte à mon héritage si la communauté afro-américaine baisse la garde et ne s’active pas lors de ces élections. Vous voulez m’adresser des adieux chaleureux ? Alors allez voter. Barack Hussein Obama (devant la fondation du Caucus noir du Congrès)
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
 Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs.  Colin Kaepernick
C’est vraiment dégoûtant la façon dont il a été traité, la façon dont les médias ont traité cette affaire, dira-t-elle après la partie. Étant homosexuelle, je sais ce que veut dire regarder le drapeau américain en étant consciente qu’il ne protège pas toutes les libertés. Megan Rapinoe
Le joueur de football américain Colin Kaepernick, au cour d’une polémique aux Etats-Unis depuis qu’il boycotte l’hymne américain avant les matches de son équipe, est à la Une du prestigieux hebdomadaire américain Time, un honneur rare pour un sportif. Le quarterback des San Francisco 49ers apparaît, en couverture du magazine publié mercredi, un genou posé à terre, geste qu’il utilise lors de l’hymne américain pour protester contre l’oppression dont est victime, selon lui, la communauté noire aux Etats-Unis, en référence aux bavures policières visant des noirs ces derniers mois. La photo de Kaepernick est accompagnée du titre « Le combat périlleux ». Son boycott a fait tache d’huile au sein de la Ligue nationale de football américain (NFL) mais aussi dans d’autres sports, comme le football et le basket: toutes les joueuses de l’équipe d’Indiana ont ainsi posé un genou à terre mercredi lors de l’hymne américain, joué traditionnellement avant toutes les rencontres sportives aux Etats-Unis. Kaepernick, qui affirme avoir reçu des menaces de mort, est loin de faire l’unanimité au sein de la population américaine. Selon un sondage publié mercredi par la chaîne de télévision ESPN, il est désormais le joueur de NFL le moins apprécié pour 29% des 1100 personnes interrogées. AFP
Savez-vous que les Noirs sont 10 pour cent de la population de Saint-Louis et sont responsables de 58% de ses crimes? Nous avons à faire face à cela. Et nous devons faire quelque chose au sujet de nos normes morales. Nous savons qu’il y a beaucoup de mauvaises choses dans le monde blanc, mais il y a aussi beaucoup de mauvaises choses dans le monde noir. Nous ne pouvons pas continuer à blâmer l’homme blanc. Il y a des choses que nous devons faire pour nous-mêmes. Martin Luther King (St Louis, 1961)
The absurdity of Jesse Jackson and Al Sharpton is that they want to make a movement out of an anomaly. Black teenagers today are afraid of other black teenagers, not whites. … Trayvon’s sad fate clearly sent a quiver of perverse happiness all across America’s civil rights establishment, and throughout the mainstream media as well. His death was vindication of the ‘poetic truth’ that these establishments live by. Shelby Steele
Before the 1960s the black American identity (though no one ever used the word) was based on our common humanity, on the idea that race was always an artificial and exploitive division between people. After the ’60s—in a society guilty for its long abuse of us—we took our historical victimization as the central theme of our group identity. We could not have made a worse mistake. It has given us a generation of ambulance-chasing leaders, and the illusion that our greatest power lies in the manipulation of white guilt. Shelby Steele
But what about all the other young black murder victims? Nationally, nearly half of all murder victims are black. And the overwhelming majority of those black people are killed by other black people. Where is the march for them? Where is the march against the drug dealers who prey on young black people? Where is the march against bad schools, with their 50% dropout rate for black teenaged boys? Those failed schools are certainly guilty of creating the shameful 40% unemployment rate for black teens? How about marching against the cable television shows constantly offering minstrel-show images of black youth as rappers and comedians who don’t value education, dismiss the importance of marriage, and celebrate killing people, drug money and jailhouse fashion—the pants falling down because the jail guard has taken away the belt, the shoes untied because the warden removed the shoe laces, and accessories such as the drug dealer’s pit bull. (…) There is no fashion, no thug attitude that should be an invitation to murder. But these are the real murderous forces surrounding the Martin death—and yet they never stir protests. The race-baiters argue this case deserves special attention because it fits the mold of white-on-black violence that fills the history books. Some have drawn a comparison to the murder of Emmett Till, a black boy who was killed in 1955 by white racists for whistling at a white woman. (…) While civil rights leaders have raised their voices to speak out against this one tragedy, few if any will do the same about the larger tragedy of daily carnage that is black-on-black crime in America. (…) Almost one half of the nation’s murder victims that year were black and a majority of them were between the ages of 17 and 29. Black people accounted for 13% of the total U.S. population in 2005. Yet they were the victims of 49% of all the nation’s murders. And 93% of black murder victims were killed by other black people, according to the same report. (…) The killing of any child is a tragedy. But where are the protests regarding the larger problems facing black America? Juan Williams
« More whites are killed by the police than blacks primarily because whites outnumber blacks in the general population by more than five to one, » Forst said. The country is about 63 percent white and 12 percent black. (…) A 2002 study in the American Journal of Public Health found that the death rate due to legal intervention was more than three times higher for blacks than for whites in the period from 1988 to 1997. (…) Candace McCoy is a criminologist at the John Jay College of Criminal Justice at the City University of New York. McCoy said blacks might be more likely to have a violent encounter with police because they are convicted of felonies at a higher rate than whites. Felonies include everything from violent crimes like murder and rape, to property crimes like burglary and embezzlement, to drug trafficking and gun offenses. The Bureau of Justice Statistics reported that in 2004, state courts had over 1 million felony convictions. Of those, 59 percent were committed by whites and 38 percent by blacks. But when you factor in the population of whites and blacks, the felony rates stand at 330 per 100,000 for whites and 1,178 per 100,000 for blacks. That’s more than a three-fold difference. McCoy noted that this has more to do with income than race. The felony rates for poor whites are similar to those of poor blacks. « Felony crime is highly correlated with poverty, and race continues to be highly correlated with poverty in the USA, » McCoy said. « It is the most difficult and searing problem in this whole mess. » PunditFact
America is coming apart. For most of our nation’s history, whatever the inequality in wealth between the richest and poorest citizens, we maintained a cultural equality known nowhere else in the world—for whites, anyway. (…) But t’s not true anymore, and it has been progressively less true since the 1960s. People are starting to notice the great divide. The tea party sees the aloofness in a political elite that thinks it knows best and orders the rest of America to fall in line. The Occupy movement sees it in an economic elite that lives in mansions and flies on private jets. Each is right about an aspect of the problem, but that problem is more pervasive than either political or economic inequality. What we now face is a problem of cultural inequality. When Americans used to brag about « the American way of life »—a phrase still in common use in 1960—they were talking about a civic culture that swept an extremely large proportion of Americans of all classes into its embrace. It was a culture encompassing shared experiences of daily life and shared assumptions about central American values involving marriage, honesty, hard work and religiosity. Over the past 50 years, that common civic culture has unraveled. We have developed a new upper class with advanced educations, often obtained at elite schools, sharing tastes and preferences that set them apart from mainstream America. At the same time, we have developed a new lower class, characterized not by poverty but by withdrawal from America’s core cultural institutions. (…) Why have these new lower and upper classes emerged? For explaining the formation of the new lower class, the easy explanations from the left don’t withstand scrutiny. It’s not that white working class males can no longer make a « family wage » that enables them to marry. The average male employed in a working-class occupation earned as much in 2010 as he did in 1960. It’s not that a bad job market led discouraged men to drop out of the labor force. Labor-force dropout increased just as fast during the boom years of the 1980s, 1990s and 2000s as it did during bad years. (…) As I’ve argued in much of my previous work, I think that the reforms of the 1960s jump-started the deterioration. Changes in social policy during the 1960s made it economically more feasible to have a child without having a husband if you were a woman or to get along without a job if you were a man; safer to commit crimes without suffering consequences; and easier to let the government deal with problems in your community that you and your neighbors formerly had to take care of. But, for practical purposes, understanding why the new lower class got started isn’t especially important. Once the deterioration was under way, a self-reinforcing loop took hold as traditionally powerful social norms broke down. Because the process has become self-reinforcing, repealing the reforms of the 1960s (something that’s not going to happen) would change the trends slowly at best. Meanwhile, the formation of the new upper class has been driven by forces that are nobody’s fault and resist manipulation. The economic value of brains in the marketplace will continue to increase no matter what, and the most successful of each generation will tend to marry each other no matter what. As a result, the most successful Americans will continue to trend toward consolidation and isolation as a class. Changes in marginal tax rates on the wealthy won’t make a difference. Increasing scholarships for working-class children won’t make a difference. The only thing that can make a difference is the recognition among Americans of all classes that a problem of cultural inequality exists and that something has to be done about it. That « something » has nothing to do with new government programs or regulations. Public policy has certainly affected the culture, unfortunately, but unintended consequences have been as grimly inevitable for conservative social engineering as for liberal social engineering. The « something » that I have in mind has to be defined in terms of individual American families acting in their own interests and the interests of their children. Doing that in Fishtown requires support from outside. There remains a core of civic virtue and involvement in working-class America that could make headway against its problems if the people who are trying to do the right things get the reinforcement they need—not in the form of government assistance, but in validation of the values and standards they continue to uphold. The best thing that the new upper class can do to provide that reinforcement is to drop its condescending « nonjudgmentalism. » Married, educated people who work hard and conscientiously raise their kids shouldn’t hesitate to voice their disapproval of those who defy these norms. When it comes to marriage and the work ethic, the new upper class must start preaching what it practices. Charles Murray
The furor of ignored Europeans against their union is not just directed against rich and powerful government elites per se, or against the flood of mostly young male migrants from the war-torn Middle East. The rage also arises from the hypocrisy of a governing elite that never seems to be subject to the ramifications of its own top-down policies. The bureaucratic class that runs Europe from Brussels and Strasbourg too often lectures European voters on climate change, immigration, politically correct attitudes about diversity, and the constant need for more bureaucracy, more regulations, and more redistributive taxes. But Euro-managers are able to navigate around their own injunctions, enjoying private schools for their children; generous public pay, retirement packages and perks; frequent carbon-spewing jet travel; homes in non-diverse neighborhoods; and profitable revolving-door careers between government and business. The Western elite classes, both professedly liberal and conservative, square the circle of their privilege with politically correct sermonizing. They romanticize the distant “other” — usually immigrants and minorities — while condescendingly lecturing the middle and working classes, often the losers in globalization, about their lack of sensitivity. On this side of the Atlantic, President Obama has developed a curious habit of talking down to Americans about their supposedly reactionary opposition to rampant immigration, affirmative action, multiculturalism, and political correctness — most notably in his caricatures of the purported “clingers” of Pennsylvania. Yet Obama seems uncomfortable when confronted with the prospect of living out what he envisions for others. He prefers golfing with celebrities to bowling. He vacations in tony Martha’s Vineyard rather than returning home to his Chicago mansion. His travel entourage is royal and hardly green. And he insists on private prep schools for his children rather than enrolling them in the public schools of Washington, D.C., whose educators he so often shields from long-needed reform. In similar fashion, grandees such as Facebook billionaire Mark Zuckerberg and Univision anchorman Jorge Ramos do not live what they profess. They often lecture supposedly less sophisticated Americans on their backward opposition to illegal immigration. But both live in communities segregated from those they champion in the abstract. The Clintons often pontificate about “fairness” but somehow managed to amass a personal fortune of more than $100 million by speaking to and lobbying banks, Wall Street profiteers, and foreign entities. The pay-to-play rich were willing to brush aside the insincere, pro forma social-justice talk of the Clintons and reward Hillary and Bill with obscene fees that would presumably result in lucrative government attention. Consider the recent Orlando tragedy for more of the same paradoxes. The terrorist killer, Omar Mateen — a registered Democrat, proud radical Muslim, and occasional patron of gay dating sites — murdered 49 people and wounded even more in a gay nightclub. His profile and motive certainly did not fit the elite narrative that unsophisticated right-wing American gun owners were responsible because of their support for gun rights. No matter. The Obama administration and much of the media refused to attribute the horror in Orlando to Mateen’s self-confessed radical Islamist agenda. Instead, they blamed the shooter’s semi-automatic .223 caliber rifle and a purported climate of hate toward gays. (…) In sum, elites ignored the likely causes of the Orlando shooting: the appeal of ISIS-generated hatred to some young, second-generation radical Muslim men living in Western societies, and the politically correct inability of Western authorities to short-circuit that clear-cut connection. Instead, the establishment all but blamed Middle America for supposedly being anti-gay and pro-gun. In both the U.S. and Britain, such politically correct hypocrisy is superimposed on highly regulated, highly taxed, and highly governmentalized economies that are becoming ossified and stagnant. The tax-paying middle classes, who lack the romance of the poor and the connections of the elite, have become convenient whipping boys of both in order to leverage more government social programs and to assuage the guilt of the elites who have no desire to live out their utopian theories in the flesh. Victor Davis Hanson
Barack Obama is the Dr. Frankenstein of the supposed Trump monster. If a charismatic, Ivy League-educated, landmark president who entered office with unprecedented goodwill and both houses of Congress on his side could manage to wreck the Democratic Party while turning off 52 percent of the country, then many voters feel that a billionaire New York dealmaker could hardly do worse. If Obama had ruled from the center, dealt with the debt, addressed radical Islamic terrorism, dropped the politically correct euphemisms and pushed tax and entitlement reform rather than Obamacare, Trump might have little traction. A boring Hillary Clinton and a staid Jeb Bush would most likely be replaying the 1992 election between Bill Clinton and George H.W. Bush — with Trump as a watered-down version of third-party outsider Ross Perot. But America is in much worse shape than in 1992. And Obama has proved a far more divisive and incompetent president than George H.W. Bush. Little is more loathed by a majority of Americans than sanctimonious PC gobbledygook and its disciples in the media. And Trump claims to be PC’s symbolic antithesis. Making Machiavellian Mexico pay for a border fence or ejecting rude and interrupting Univision anchor Jorge Ramos from a press conference is no more absurd than allowing more than 300 sanctuary cities to ignore federal law by sheltering undocumented immigrants. Putting a hold on the immigration of Middle Eastern refugees is no more illiberal than welcoming into American communities tens of thousands of unvetted foreign nationals from terrorist-ridden Syria. In terms of messaging, is Trump’s crude bombast any more radical than Obama’s teleprompted scripts? Trump’s ridiculous view of Russian President Vladimir Putin as a sort of « Art of the Deal » geostrategic partner is no more silly than Obama insulting Putin as Russia gobbles up former Soviet republics with impunity. Obama callously dubbed his own grandmother a « typical white person, » introduced the nation to the racist and anti-Semitic rantings of the Rev. Jeremiah Wright, and petulantly wrote off small-town Pennsylvanians as near-Neanderthal « clingers. » Did Obama lower the bar for Trump’s disparagements? Certainly, Obama peddled a slogan, « hope and change, » that was as empty as Trump’s « make America great again. » (…) How does the establishment derail an out-of-control train for whom there are no gaffes, who has no fear of The New York Times, who offers no apologies for speaking what much of the country thinks — and who apparently needs neither money from Republicans nor politically correct approval from Democrats? Victor Davis Hanson
In 1978, the eminent sociologist William Julius Wilson argued confidently that class would soon displace race as the most important social variable in American life. As explicit legal barriers to minority advancement receded farther into the past, the fates of the working classes of different races would converge. By the mid 2000s, Wilson’s thesis looked pretty good: The black middle class was vibrant and growing as the average black wealth nearly doubled from 1995 to 2005. Race appeared to lose its salience as a political predictor: More and more blacks were voting Republican, reversing a decades-long trend, and in 2004 George W. Bush collected the highest share of the Latino (44 percent) vote of any Republican ever and a higher share of the Asian vote (43 percent) than he did in 2000. Our politics grew increasingly ideological and less racial: Progressives and the beneficiaries of a generous social-welfare state generally supported the Democratic party, while more prosperous voters were more likely to support Republicans. Stable majorities expressed satisfaction with the state of race relations. It wasn’t quite a post-racial politics, but it was certainly headed in that direction. But in the midst of the financial crisis of 2007, something happened. Both the white poor and the black poor began to struggle mightily, though for different reasons. And our politics changed dramatically in response. It’s ironic that the election of the first black president marked the end of our brief flirtation with a post-racial politics. By 2011, William Julius Wilson had published a slight revision of his earlier thesis, noting the continued importance of race. The black wealth of the 1990s, it turned out, was built on the mirage of house values. Inner-city murder rates, which had fallen for decades, began to tick upward in 2015. In one of the deadliest mass shootings in recent memory, a white supremacist murdered nine black people in a South Carolina church. And the ever-present antagonism between the police and black Americans — especially poor blacks whose neighborhoods are the most heavily policed — erupted into nationwide protests. Meanwhile, the white working class descended into an intense cultural malaise. Prescription-opioid abuse skyrocketed, and deaths from heroin overdoses clogged the obituaries of local papers. In the small, heavily white Ohio county where I grew up, overdoses overtook nature as the leading cause of death. A drug that for so long was associated with inner-city ghettos became the cultural inheritance of the southern and Appalachian white: White youths died from heroin significantly more often than their peers of other ethnicities. Incarceration and divorce rates increased steadily. Perhaps most strikingly, while the white working class continued to earn more than the working poor of other races, only 24 percent of white voters believed that the next generation would be “better off.” No other ethnic group expressed such alarming pessimism about its economic future. And even as each group struggled in its own way, common forces also influenced them. Rising automation in blue-collar industries deprived both groups of high-paying, low-skill jobs. Neighborhoods grew increasingly segregated — both by income and by race — ensuring that poor whites lived among poor whites while poor blacks lived among poor blacks. As a friend recently told me about San Francisco, Bull Connor himself couldn’t have designed a city with fewer black residents. Predictably, our politics began to match this new social reality. In 2012, Mitt Romney collected only 27 percent of the Latino vote. Asian Americans, a solid Republican constituency even in the days of Bob Dole, went for Obama by a three-to-one margin — a shocking demographic turn of events over two decades. Meanwhile, the black Republican became an endangered species. Republican failures to attract black voters fly in the face of Republican history. This was the party of Lincoln and Douglass. Eisenhower integrated the school in Little Rock at a time when the Dixiecrats were the defenders of the racial caste system.(…) For many progressives, the Sommers and Norton research confirms the worst stereotypes of American whites. Yet it also reflects, in some ways, the natural conclusions of an increasingly segregated white poor. (…) The reality is not that black Americans enjoy special privileges. In fact, the overwhelming weight of the evidence suggests that the opposite is true. Last month, for instance, the brilliant Harvard economist Roland Fryer published an exhaustive study of police uses of force. He found that even after controlling for crime rates and police presence in a given neighborhood, black youths were far likelier to be pushed, thrown to the ground, or harassed by police. (Notably, he also found no racial disparity in the use of lethal force.) (…) Getting whipped into a frenzy on conspiracy websites, or feeling that distant, faceless elites dislike you because of your white skin, doesn’t compare. But the great advantages of whiteness in America are invisible to the white poor, or are completely swallowed by the disadvantages of their class. The young man from West Virginia may be less likely to get questioned by Yale University police, but making it to Yale in the first place still requires a remarkable combination of luck and skill. In building a dialogue around “checking privilege,” the modern progressive elite is implicitly asking white America — especially the segregated white poor — for a level of social awareness unmatched in the history of the country. White failure to empathize with blacks is sometimes a failure of character, but it is increasingly a failure of geography and socialization. Poor whites in West Virginia don’t have the time or the inclination to read Harvard economics studies. And the privileges that matter — that is, the ones they see — are vanishing because of destitution: the privilege to pay for college without bankruptcy, the privilege to work a decent job, the privilege to put food on the table without the aid of food stamps, the privilege not to learn of yet another classmate’s premature death. (…) Because of this polarization, the racial conversation we’re having today is tribalistic. On one side are primarily white people, increasingly represented by the Republican party and the institutions of conservative media. On the other is a collection of different minority groups and a cosmopolitan — and usually wealthier — class of whites. These sides don’t even speak the same language: One side sees white privilege while the other sees anti-white racism. There is no room for agreement or even understanding. J. D. Vance
In another eerie ditto of his infamous 2008 attack on the supposedly intolerant Pennsylvania “clingers,” Obama returned to his theme that ignorant Americans “typically” become xenophobic and racist: “Typically, when people feel stressed, they turn on others who don’t look like them.” (“Typically” is not a good Obama word to use in the context of racial relations, since he once dubbed his own grandmother a “typical white person.”) Too often Obama has gratuitously aroused racial animosities with inflammatory rhetoric such as “punish our enemies,” or injected himself into the middle of hot-button controversies like the Trayvon Martin case, the Henry Louis Gates melodrama, and the “hands up, don’t shoot” Ferguson mayhem. Most recently, Obama seemed to praise backup 49ers quarterback and multimillionaire Colin Kaepernick for his refusal to stand during the National Anthem, empathizing with Kaepernick’s claims of endemic American racism. (…) Even presidential nominee and former Secretary of State Hillary Clinton is not really defending the Obama administration’s past “red line” in Syria, the “reset” with Vladimir Putin’s Russia, the bombing of Libya, the Benghazi tragedy, the euphemistic rebranding of Islamic terrorism as mere “violent extremism,” the abrupt pullout from (and subsequent collapse of) Iraq, or the Iran nuclear deal that so far seems to have made the theocracy both rich and emboldened. (…) Racial relations in this country seem as bad as they have been in a half-century. (…) Following the Clinton model, a post-presidential Obama will no doubt garner huge fees as a “citizen of the world” — squaring the circle of becoming fabulously rich while offering sharp criticism of the cultural landscape of the capitalist West on everything from sports controversies to pending criminal trials. What, then, is the presidential legacy of Barack Obama? It will not be found in either foreign- or domestic-policy accomplishment. More likely, he will be viewed as an outspoken progressive who left office loudly in the same manner that he entered it — as a critic of the culture and country in which he has thrived. But there may be another, unspoken legacy of Obama, and it is his creation of the candidacy of Donald J. Trump. Trump is running as an angry populist, fueled by the promise that whatever supposed elites such as Obama have done to the country, he will largely undo. Obama’s only legacy seems to be that “hope and change” begat “make America great again.” Victor Davis Hanson
Hillary Clinton’s comment that half of Donald Trump’s supporters are “racist, sexist, homophobic, xenophobic, Islamophobic”—a heck of a lot of phobia for anyone to lug around all day—puts back in play what will be seen as one of the 2016 campaign’s defining forces: the revolt of the politically incorrect. They may not live at the level of Victor Hugo’s “Les Misérables,” but it was only a matter of time before les déplorables—our own writhing mass of unheard Americans—rebelled against the intellectual elites’ ancien régime of political correctness. (…) Mrs. Clinton’s (…) dismissal, at Barbra Streisand’s LGBT fundraiser, of uncounted millions of Americans as deplorables had the ring of genuine belief. Perhaps sensing that public knowledge of what she really thinks could be a political liability, Mrs. Clinton went on to describe “people who feel that the government has let them down, the economy has let them down, nobody cares about them . . . and they’re just desperate for change.” She is of course describing the people in Charles Murray’s recent and compelling book on cultural disintegration among the working class, “Coming Apart: The State of White America, 1960-2010.” This is indeed the bedrock of the broader Trump base. Mrs. Clinton is right that they feel the system has let them down. There is a legitimate argument over exactly when the rising digital economy started transferring income away from blue-collar workers and toward the “creative class” of Google and Facebook employees, no few of whom are smug progressives who think the landmass seen from business class between San Francisco and New York is pocked with deplorable, phobic Americans. Naturally, they’ll vote for the status quo, which is Hillary. But in the eight years available to Barack Obama to do something about what rankles the lower-middle class—white, black or brown—the non-employed and underemployed grew. A lot of them will vote for Donald Trump because they want a radical mid-course correction. (…) The progressive Democrats, a wholly public-sector party, have disconnected from the realities of the private economy, which exists as a mysterious revenue-producing abstraction. Hillary’s comments suggest they now see much of the population has a cultural and social abstraction. (…) Donald Trump’s appeal, in part, is that he cracks back at progressive cultural condescension in utterly crude terms. Nativists exist, and the sky is still blue. But the overwhelming majority of these people aren’t phobic about a modernizing America. They’re fed up with the relentless, moral superciliousness of Hillary, the Obamas, progressive pundits and 19-year-old campus activists. Evangelicals at last week’s Values Voter Summit said they’d look past Mr. Trump’s personal résumé. This is the reason. It’s not about him. The moral clarity that drove the original civil-rights movement or the women’s movement has degenerated into a confused moral narcissism. (…) It is a mistake, though, to blame Hillary alone for that derisive remark. It’s not just her. Hillary Clinton is the logical result of the Democratic Party’s new, progressive algorithm—a set of strict social rules that drives politics and the culture to one point of view. (…) Her supporters say it’s Donald Trump’s rhetoric that is “divisive.” Just so. But it’s rich to hear them claim that their words and politics are “inclusive.” So is the town dump. They have chopped American society into so many offendable identities that only a Yale freshman can name them all. If the Democrats lose behind Hillary Clinton, it will be in part because America’s les déplorables decided enough of this is enough. Bret Stephens
It doesn’t matter that the cop who killed Keith Scott is black (…) As of Wednesday morning, the most recent story of a black man killed by police is that of Keith Scott in Charlotte. Scott was killed Tuesday and details of the incident are still scant. One of the few bits of information shared by officials and reported by media, however, is that Bentley Vinson, the officer who killed Scott, was also black. As the country struggles to make sense of Scott’s death in relation to the estimated 193 other black people killed by police so far this year (and 306 in 2015), Vinson’s race is being used by some to dismiss charges that Scott was the victim of racist policing. To reduce the role of anti-blackness in policing to merely the race of officers involved in fatal police encounters is misguided, however. It betrays a profound misunderstanding of the ways racism and anti-blackness work within systems, assumes that black people are free of anti-black bias, and that black officers somehow transcend the police cultures in which they’re steeped. (…) Studies have shown that black people are not only capable of anti-black bias but that those who’ve been tested for racial bias are evenly split when it comes to pro-white and pro-black attitudes. Even more, research on the impact of police force diversity on officer-involved homicides has found no relationship between the racial representation of police forces and police killings in the cities they serve. In fact, one study revealed that the best way to predict how many police shootings might occur in a city is to look at the size of its black population. All of that without mentioning the troubling accounts from black police officers of the racism they experience on the force and the pressure they often face to engage in race-based policing in the communities they serve. Ice Cube put it simply in 1988 on N.W.A.’s Fuck tha Police, “But don’t let it be a black and a white one, ‘cause they’ll slam ya down to the street top. Black police showing out for the white cop.” What a 19-year-old Cube understood nearly 30 years ago seems to still elude members of the media and even policymakers today. That’s that there are a number of factors that impact how police officers—yes, even black officers—engage black civilians and suspects, the least of which is shared characteristics. To be sure, America could benefit from more diversity in its police force, especially in communities of color. According to the Bureau of Labor Statistics, nearly 65 percent of the nation’s 3,109,000 law enforcement officers are white. That number jumps to 70 percent for patrol officers and nearly 80 percent for police supervisors. But, while we’re concerned with the race of cops, we should be as concerned with the culture, policy, and practices that guide their actions. The issue at hand isn’t the personal feelings of cops who encounter black civilians but the deadly system of policing that criminalizes blackness, actively profiles black people, over-policies our neighborhoods as a matter of policy, and that uses force against us at three times the rate of whites. That is the ugly state of American policing and that truth doesn’t suddenly change when the boys in blue are black. Donovan X. Ramsey
Brentley Vinson, l’agent lui-même noir qui a abattu la victime, a été suspendu en attendant les résultats d’une enquête administrative, mais la situation ne s’est pas calmée à Charlotte. Deux nuits de violences se sont succédées depuis, et l’Etat d’urgence a été déclaré sur place. Terence Crutcher et Keith Lamont Scott font partie de la longue liste des 822 personnes tuées cette année lors d’une intervention policière aux Etats-Unis, selon le site Mapping Police Violence. Ils font également partie des 214 Noirs américains tués en 2016 par des policiers. Si ces chiffres sont très éloignés des 351 victimes blanches, il convient de les remettre en perspective. Comme l’indique le Washington Post, les Blancs constituent 62% des Américains, mais seulement 49% des victimes policières. Au contraire, les Noirs font partie à 24% des victimes policières, alors que le nombre d’Afro-Américains dans la population totale n’est que de 13%. Le site ProPublica, qui a analysé des chiffres du FBI concernant la période 2012-2012, écrit qu’un adolescent noir a 21 chances de plus d’être tué par la police qu’un adolescent blanc. Si la majorité des Afro-Américains tués en 2016 étaient armés (…), 48 d’entre eux ne l’étaient pas (..) Une étude du Washington Post a démontré qu’en 2015, un Noir non-armé avait sept fois plus de chances d’être abattu qu’un blanc.Impossible cependant d’expliquer ces disparités sans prendre un compte la dimension sociale du phénomène. Comme l’explique Vox, la police patrouille en majorité dans les quartiers aux taux de crimes élevés, où la population noire est plus importante que dans la moyenne américaine. Mais des études ont aussi montré qu’à l’entrainement sur des plateformes de simulation, les policiers tiraient plus rapidement sur des suspects noirs. Un biais qui conduirait à des erreurs d’autant plus importantes sur le terrain. JDD
L’économiste noir nous explique ici que la meilleure façon de lutter contre les violences policières et les ‘mauvaises écoles’ se trouve dans les données, et non dans l’expérience personnelle. (…) Le plus jeune Afro-américain titulaire d’une chaire à l’université d’Harvard explique ses dernières recherches sur les inégalités raciales à travers l’utilisation de la force par la police américaine. Adolescent, Fryer s’est retrouvé face aux armes pointées par des policiers “six ou sept” fois. “Mais, dit-il en traçant une courbe descendante de gauche à droite, il y a une tendance inquiétante, les gens parlent des races aux États-Unis en se basant uniquement sur leur expérience personnelle.” Avec sa voix teintée d’un soupçon d’accent du sud des États-Unis, il poursuit : “Je m’en fiche, de mon expérience personnelle, ou de celle des autres. Tout ce que je veux savoir, c’est comment cette expérience nous amène aux données chiffrées, pour nous aider à savoir ce qui se passe vraiment.” L’année dernière, comprendre ce qui se passe vraiment a conduit Roland Fryer, 38 ans, à remporter la médaille John Bates Clark, récompense annuelle décernée à un économiste américain de moins de 40 ans. La médaille est considérée comme le prix le plus prestigieux en économie, après le prix Nobel. (…) Roland Fryer me raconte qu’il a passé deux jours l’an dernier à suivre les policiers durant leurs rondes à Camden, dans le New Jersey (lors du premier jour de patrouille, une femme a succombé à une overdose devant lui). Roland Fryer cherchait à comprendre si les meurtres de Michael Brown et de Eric Garner, deux jeunes Afro-américains dont la mort a provoqué d’énormes manifestations, s’inscrivaient dans un modèle de répétitions identifiable, comme le mouvement activiste Black Lives Matter l’affirmait. Après une semaine de patrouilles, il a collecté plus de six millions de données des autorités, dont celles de la ville de New York, sur les victimes noires, blanches et latino de violences policières. (…) une fois les facteurs de contexte pris en compte, les Noirs ne sont pas plus susceptibles selon ces données d’être abattus par la police. Ce qui soulève la question : pourquoi ce tollé en 2014 à Ferguson, dans le Missouri, où le jeune Michael Brown a été abattu ? (…) “Ce sont les données” dit Fryer. “Maintenant, une hypothèse pour expliquer ce qui est arrivé à Ferguson – pas la fusillade, mais la réaction d’indignation – : ce n’était pas parce que les gens faisaient une déduction statistique, pas à propos de l’innocence ou de la culpabilité de Michael, mais parce qu’ils détestent cette putain de police.” Il poursuit : “la raison pour laquelle ils détestent la police est que si vous avez passé des années être fouillés, jetés à terre, menottés sans motif réel, et ensuite, vous entendez qu’un policier a tiré dans votre ville, comment pouvez-vous croire que c’était autre chose que de la discrimination ?” “Je pense que cela a à voir avec les incentives et les récompenses” ajoute Fryer. Les officiers de police, explique-t-il, reçoivent souvent les mêmes récompenses indépendamment de la gravité des crimes qu’ils traitent, et ils ne sont pas sanctionnés pour l’utilisation de “la force de bas niveau” sans raison valable [aux États-Unis, les moyens de pression de la police sont classés du plus bas niveau (injonction verbale) au plus haut niveau (arme létale), ndt]. Cela encourage un comportement agressif. Financial Times
In 1978, the eminent sociologist William Julius Wilson argued confidently that class would soon displace race as the most important social variable in American life. As explicit legal barriers to minority advancement receded farther into the past, the fates of the working classes of different races would converge. By the mid 2000s, Wilson’s thesis looked pretty good: The black middle class was vibrant and growing as the average black wealth nearly doubled from 1995 to 2005. Race appeared to lose its salience as a political predictor: More and more blacks were voting Republican, reversing a decades-long trend, and in 2004 George W. Bush collected the highest share of the Latino (44 percent) vote of any Republican ever and a higher share of the Asian vote (43 percent) than he did in 2000. Our politics grew increasingly ideological and less racial: Progressives and the beneficiaries of a generous social-welfare state generally supported the Democratic party, while more prosperous voters were more likely to support Republicans. Stable majorities expressed satisfaction with the state of race relations. It wasn’t quite a post-racial politics, but it was certainly headed in that direction. But in the midst of the financial crisis of 2007, something happened. Both the white poor and the black poor began to struggle mightily, though for different reasons. And our politics changed dramatically in response. It’s ironic that the election of the first black president marked the end of our brief flirtation with a post-racial politics. By 2011, William Julius Wilson had published a slight revision of his earlier thesis, noting the continued importance of race. The black wealth of the 1990s, it turned out, was built on the mirage of house values. Inner-city murder rates, which had fallen for decades, began to tick upward in 2015. In one of the deadliest mass shootings in recent memory, a white supremacist murdered nine black people in a South Carolina church. And the ever-present antagonism between the police and black Americans — especially poor blacks whose neighborhoods are the most heavily policed — erupted into nationwide protests. Meanwhile, the white working class descended into an intense cultural malaise. Prescription-opioid abuse skyrocketed, and deaths from heroin overdoses clogged the obituaries of local papers. In the small, heavily white Ohio county where I grew up, overdoses overtook nature as the leading cause of death. A drug that for so long was associated with inner-city ghettos became the cultural inheritance of the southern and Appalachian white: White youths died from heroin significantly more often than their peers of other ethnicities. Incarceration and divorce rates increased steadily. Perhaps most strikingly, while the white working class continued to earn more than the working poor of other races, only 24 percent of white voters believed that the next generation would be “better off.” No other ethnic group expressed such alarming pessimism about its economic future. And even as each group struggled in its own way, common forces also influenced them. Rising automation in blue-collar industries deprived both groups of high-paying, low-skill jobs. Neighborhoods grew increasingly segregated — both by income and by race — ensuring that poor whites lived among poor whites while poor blacks lived among poor blacks. As a friend recently told me about San Francisco, Bull Connor himself couldn’t have designed a city with fewer black residents. Predictably, our politics began to match this new social reality. In 2012, Mitt Romney collected only 27 percent of the Latino vote. Asian Americans, a solid Republican constituency even in the days of Bob Dole, went for Obama by a three-to-one margin — a shocking demographic turn of events over two decades. Meanwhile, the black Republican became an endangered species. Republican failures to attract black voters fly in the face of Republican history. This was the party of Lincoln and Douglass. Eisenhower integrated the school in Little Rock at a time when the Dixiecrats were the defenders of the racial caste system.(…) For many progressives, the Sommers and Norton research confirms the worst stereotypes of American whites. Yet it also reflects, in some ways, the natural conclusions of an increasingly segregated white poor. (…) The reality is not that black Americans enjoy special privileges. In fact, the overwhelming weight of the evidence suggests that the opposite is true. Last month, for instance, the brilliant Harvard economist Roland Fryer published an exhaustive study of police uses of force. He found that even after controlling for crime rates and police presence in a given neighborhood, black youths were far likelier to be pushed, thrown to the ground, or harassed by police. (Notably, he also found no racial disparity in the use of lethal force.) (…) Getting whipped into a frenzy on conspiracy websites, or feeling that distant, faceless elites dislike you because of your white skin, doesn’t compare. But the great advantages of whiteness in America are invisible to the white poor, or are completely swallowed by the disadvantages of their class. The young man from West Virginia may be less likely to get questioned by Yale University police, but making it to Yale in the first place still requires a remarkable combination of luck and skill. In building a dialogue around “checking privilege,” the modern progressive elite is implicitly asking white America — especially the segregated white poor — for a level of social awareness unmatched in the history of the country. White failure to empathize with blacks is sometimes a failure of character, but it is increasingly a failure of geography and socialization. Poor whites in West Virginia don’t have the time or the inclination to read Harvard economics studies. And the privileges that matter — that is, the ones they see — are vanishing because of destitution: the privilege to pay for college without bankruptcy, the privilege to work a decent job, the privilege to put food on the table without the aid of food stamps, the privilege not to learn of yet another classmate’s premature death. (…) Because of this polarization, the racial conversation we’re having today is tribalistic. On one side are primarily white people, increasingly represented by the Republican party and the institutions of conservative media. On the other is a collection of different minority groups and a cosmopolitan — and usually wealthier — class of whites. These sides don’t even speak the same language: One side sees white privilege while the other sees anti-white racism. There is no room for agreement or even understanding. J. D. Vance
Par son geste, Kaepernick a emboîté le pas à d’autres joueurs professionnels luttant contre les discriminations raciales ou la violence des armes à feu, parmi lesquels les stars du basket-ball Dwyane Wade, LeBron James ou Carmelo Anthony. Mais, contrairement à ces piliers de la NBA, Kaepernick a délivré son message à un moment très sensible. Aux Etats-Unis s’attaquer au Stars and Stripes (le drapeau) ou au Star-Spangled Banner (l’hymne national) est un jeu très dangereux. La chanteuse Sinead O’Connor en avait fait les frais en 1990, excluant de se produire dans le New Jersey si l’hymne américain était joué en préambule. L’Irlandaise avait été la cible d’une campagne de rejet, bannie par plusieurs radios. Un quart de siècle plus tard, Colin Kaepernick se retrouve vilipendé sur les réseaux sociaux, des Américains exigeant de la Ligue nationale de football américain (NFL) sa suspension, voire son licenciement. Accusé de bafouer un symbole et de politiser son sport, Colin Kaepernick s’inscrit aussi dans une lignée d’athlètes protestataires noirs qui ont marqué les Etats-Unis. Inhumé en juin entouré d’hommages planétaires, la légende de la boxe Mohamed Ali avait payé de plusieurs années d’interruption de carrière son refus d’aller combattre au Vietnam. Egalement gravés dans la mémoire collective sont les poings gantés de noir de Tommie Smith et John Carlos, sur le podium du 200 mètres des jeux Olympiques de Mexico de 1968. Ces deux athlètes, dénonçant la ségrégation raciale théoriquement abolie mais encore bien présente alors, ont été boycottés par les médias et honnis durant des décennies, avant d’être réhabilités tardivement. Francetv
La promesse d’une Amérique post-raciale n’a pas été tenue. Il y a quelques jours à peine, Barack Obama a même invité la communauté noire à s’opposer en bloc à Donald Trump le 8 novembre, en disant qu’il serait vexé si elle ne soutenait pas Hilary Clinton. On a beau croire et dire que l’Amérique entretient un rapport décomplexé avec les statistiques ethniques, il n’en demeure pas moins que cet appel explicite au vote ethnique et communautariste ramène l’Amérique a son clivage originel. De son côté, même s’il ne joue pas explicitement la carte raciale, Donald Trump est le candidat de la classe moyenne blanche qui ressent son déclassement symbolique et économique dans une Amérique convertie au multiculturalisme et au libre-échangisme. Il canalise politiquement un ressentiment qui s’accumule depuis longtemps. Aussi fantasque et inquiétant soit-il, il se présente comme le porte-parole d’une Amérique périphérique en révolte. La question de l’immigration est centrale dans la présente présidentielle. On le sait, le mythe américain est celui d’une nation d’immigrants. Il suffirait d’embrasser le rêve américain et les valeurs américaines pour adhérer à la nation. On oublie pourtant l’existence d’une nation historique américaine, qui s’est transformée au fil des vagues d’immigration successives, mais qui n’est pas pour autant un simple amas d’individus indéterminés. Il existe un noyau culturel américain. Aujourd’hui, l’Amérique est confrontée à l’hispanisation des États du sud. Une bonne partie de cette immigration massive est clandestine et on compte plusieurs millions de sans-papiers dans le pays. Rares sont ceux qui croient possible ou qui souhaitent leur expulsion systématique. Mais tous savent qu’une politique d’amnistie jouerait le rôle d’une pompe aspirante pour de nouvelles vagues de clandestins. De grands pans de l’électorat américain sont traversés par une forme d’angoisse identitaire, qu’on ne saurait réduire mesquinement à une forme de panique morale, comme s’il était globalement paranoïaque. On peut y reconnaître la hantise de déclassement d’un empire qui avait pris l’habitude de sa supériorité mondiale. On y verra aussi, toutefois, une peur de la dilution de l’identité américaine et de sa submersion démographique, semblable à celle qui se manifeste dans les pays européens. En s’en prenant violemment il y a quelques jours à la moitié des électeurs de Trump pour les qualifier de racistes, de sexistes, d’homophobes, de xénophobes et d’islamophobes, Hillary Clinton a certainement procuré satisfaction à la frange la plus radicale de la base démocrate, qu’on trouve dans les universités et les médias. Mais un tel mépris de classe de la part de la représentante par excellence des élites américaines pourrait lui coûter cher chez ceux qui se sentent exclus du système politique et qui rêvent de punir la classe politique. Le pays du 11 septembre n’est pas épargné non plus par les nouveaux visages du terrorisme islamiste, comme on l’a vu notamment à Orlando et à San Bernardino. L’Amérique ne se sent plus à l’abri dans ses frontières. L’islamisme a prouvé à plus d’une reprise sa capacité à frapper en son cœur n’importe quelle société occidentale. Le grand malaise de Barack Obama lorsque vient le temps de nommer l’islam radical, par peur de l’amalgame, affaiblit moralement le président américain, qui semble incapable de faire face à l’ennemi qui le désigne. On en trouve de moins en moins pour célébrer cette dissolution du réel dans une rhétorique inclusive qui, pour ne blesser personne, se montre incapable de nommer le principal péril sécuritaire qui pèse sur notre époque. Obama est ici victime d’une illusion caractéristique de l’universalisme radical. (…) Il ne sert à rien de faire aujourd’hui un réquisitoire contre Obama, d’autant que sa présidence ne fut pas sans grandeur. Appelé à présider une Amérique déclinante dans un contexte mondial impossible, il aura, comme on dit, fait tout son possible pour la pacifier. Si on peut faire le bilan d’un échec relatif de sa présidence, on ne saurait toutefois parler d’une faillite morale. Mathieu Bock-Côté

Vous avez dit pompiers pyromanes ?

A l’heure où semble se confirme l’hypothèse de la provocation délibérée et d’un véritable coup monté d’une porteuse de burkini australienne prétendant avoir été chassée par des baigneurs de Villeneuve-Loubet le 18 septembre dernier et où en Italie une présentatrice de la télévison se voit fustigée pour le port d’une croix pendant qu’après la première olympienne, c’est à la première présentatrice voilée que se prépare l’Amérique …

Où, 15 ans après le 11 septembre et un nouveau massacre, le leader du Monde libre ne peut toujours pas donner un nom à la principale menace qui pèse sur ledit Monde libre …

Mais appelle explicitement au vote ethnique et communautariste alors que son ancienne secrétaire d’Etat et candidate de son parti qualifie de racistes, sexistes, homophobes, xénophobes et islamophobes la moitié des électeurs de son adversaire …

Pendant que les médias gratifient de leur couverture pour son antipatriotisme un sportif noir également élevé par des blancs …

Et qu’un mouvement antiraciste dénonce sytématiquement contre toute évidence le prétendu « racisme policier » …

Qui prendra la peine de rappeler que la dernière victime en date dudit « racisme » est comme dans bien d’autres cas aussi noire que celui qui l’a abattu ?

Et qui aura le courage de reconnaitre contre ceux qui s’accrochent à sa prétendue « grandeur » pour se refuser à faire un « réquisitoire » ou parler de « faillite morale » …

Qu’une présidence qui n’ayant jamais eu de mots assez durs pour rabaisser son propre pays et en fustiger les manquements  …

N’a sans compter la hausse du nombre d’homicides lié à l’effet Ferguson qui décourage les policiers d’entrer dans certains quartiers …

Fait en réalité qu’ajouter de l’huile sur le feu et enhardir les ennemis de la liberté ?

L’échec du grand rêve d’Obama
Mathieu Bock-Côté
Le Figaro
24/09/2016

FIGAROVOX/ANALYSE – Sur fond d’émeutes raciales, Barack Obama a livré un plaidoyer pour le multiculturalisme et contre le populisme lors de son dernier discours à l’assemblée générale de l’ONU. Pour Mathieu Bock-Côté, la fin de sa présidence est cependant marquée par la révolte de l’Amérique périphérique.
Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie et chargé de cours aux HEC à Montréal. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l’auteur d’Exercices politiques (VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille: mémoire, identité et multiculturalisme dans le Québec post-référendaire (Boréal, 2007). Mathieu Bock-Côté est aussi chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Son dernier livre, Le multiculturalisme comme religion politique vient de paraître aux éditions du Cerf.

Dans son dernier discours à l’assemblée générale de l’ONU, Barack Obama a cru devoir livrer un plaidoyer militant contre le populisme qui partout monterait en Occident. En toile de fond de son intervention, il avait naturellement en tête la poussée de Donald Trump, dont on ne peut exclure l’élection à la Maison-Blanche, dans quelques semaines, et qui a mené une campagne portant principalement sur les périls de l’immigration massive et la reconstruction des frontières américaines. On peut croire, toutefois, qu’il visait aussi les mouvements populistes qui progressent sur le vieux continent et qui témoignent de semblables préoccupations. Ce discours en forme d’avertissement permettait à Obama de rappeler les fondements de sa philosophie politique: l’Amérique est un pays d’immigrants et multiculturel. Il a aussi pour vocation de servir d’exemple à l’humanité entière, pour peu qu’il soit à la hauteur de ses idéaux.

Cette mise en garde n’est pas surprenante. L’Amérique n’a rien du paradis multiculturel qu’Obama entendait construire à l’aube de sa présidence, quand on l’imaginait dans les traits du grand réconciliateur d’une nation divisée. La renaissance des tensions raciales, ces derniers mois, plombe une fin de présidence déjà décevante. Si le récit médiatique radicalise une situation déjà difficile, en présentant systématiquement des policiers blancs pourchassant de jeunes noirs, et n’hésitant pas à ouvrir le feu sur eux, on doit néanmoins convenir que la multiplication des bavures rouvre la vieille plaie mal guérie de la ségrégation raciale. En juillet, à Baton Rouge, en Louisiane, cela a même poussé dans une logique de guerre civile un jeune noir qui a assassiné trois policiers blancs. Dans un pays violent, l’Américain moyen a le réflexe de s’armer. Les gated communities se multiplient aussi. La méfiance règne.

La promesse d’une Amérique post-raciale n’a pas été tenue. Il y a quelques jours à peine, Barack Obama a même invité la communauté noire à s’opposer en bloc à Donald Trump le 8 novembre, en disant qu’il serait vexé si elle ne soutenait pas Hilary Clinton. On a beau croire et dire que l’Amérique entretient un rapport décomplexé avec les statistiques ethniques, il n’en demeure pas moins que cet appel explicite au vote ethnique et communautariste ramène l’Amérique a son clivage originel. De son côté, même s’il ne joue pas explicitement la carte raciale, Donald Trump est le candidat de la classe moyenne blanche qui ressent son déclassement symbolique et économique dans une Amérique convertie au multiculturalisme et au libre-échangisme. Il canalise politiquement un ressentiment qui s’accumule depuis longtemps. Aussi fantasque et inquiétant soit-il, il se présente comme le porte-parole d’une Amérique périphérique en révolte.

La question de l’immigration est centrale dans la présente présidentielle. On le sait, le mythe américain est celui d’une nation d’immigrants. Il suffirait d’embrasser le rêve américain et les valeurs américaines pour adhérer à la nation. On oublie pourtant l’existence d’une nation historique américaine, qui s’est transformée au fil des vagues d’immigration successives, mais qui n’est pas pour autant un simple amas d’individus indéterminés. Il existe un noyau culturel américain. Aujourd’hui, l’Amérique est confrontée à l’hispanisation des États du sud. Une bonne partie de cette immigration massive est clandestine et on compte plusieurs millions de sans-papiers dans le pays. Rares sont ceux qui croient possible ou qui souhaitent leur expulsion systématique. Mais tous savent qu’une politique d’amnistie jouerait le rôle d’une pompe aspirante pour de nouvelles vagues de clandestins.

De grands pans de l’électorat américain sont traversés par une forme d’angoisse identitaire, qu’on ne saurait réduire mesquinement à une forme de panique morale, comme s’il était globalement paranoïaque. On peut y reconnaître la hantise de déclassement d’un empire qui avait pris l’habitude de sa supériorité mondiale. On y verra aussi, toutefois, une peur de la dilution de l’identité américaine et de sa submersion démographique, semblable à celle qui se manifeste dans les pays européens. En s’en prenant violemment il y a quelques jours à la moitié des électeurs de Trump pour les qualifier de racistes, de sexistes, d’homophobes, de xénophobes et d’islamophobes, Hillary Clinton a certainement procuré satisfaction à la frange la plus radicale de la base démocrate, qu’on trouve dans les universités et les médias. Mais un tel mépris de classe de la part de la représentante par excellence des élites américaines pourrait lui coûter cher chez ceux qui se sentent exclus du système politique et qui rêvent de punir la classe politique.

Le pays du 11 septembre n’est pas épargné non plus par les nouveaux visages du terrorisme islamiste, comme on l’a vu notamment à Orlando et à San Bernardino. L’Amérique ne se sent plus à l’abri dans ses frontières. L’islamisme a prouvé à plus d’une reprise sa capacité à frapper en son cœur n’importe quelle société occidentale. Le grand malaise de Barack Obama lorsque vient le temps de nommer l’islam radical, par peur de l’amalgame, affaiblit moralement le président américain, qui semble incapable de faire face à l’ennemi qui le désigne. On en trouve de moins en moins pour célébrer cette dissolution du réel dans une rhétorique inclusive qui, pour ne blesser personne, se montre incapable de nommer le principal péril sécuritaire qui pèse sur notre époque. Obama est ici victime d’une illusion caractéristique de l’universalisme radical.

Huit ans plus tard, l’optimisme radieux des premiers mois de la présidence d’Obama semble bien éloigné. L’Amérique misait sur cet homme exceptionnellement doué pour la parole publique pour tourner une page de son histoire et transcender ce qu’on appellera son péché originel. La tâche était probablement trop grande et les fractures américaines, plus profondes qu’on ne le pensait. Peut-être dirons-nous quand même un jour qu’il a marqué une étape majeure dans l’émancipation de la communauté noire, même si l’histoire n’avance pas aussi vite qu’on le souhaiterait. Il ne sert à rien de faire aujourd’hui un réquisitoire contre Obama, d’autant que sa présidence ne fut pas sans grandeur. Appelé à présider une Amérique déclinante dans un contexte mondial impossible, il aura, comme on dit, fait tout son possible pour la pacifier. Si on peut faire le bilan d’un échec relatif de sa présidence, on ne saurait toutefois parler d’une faillite morale.

Voir aussi:

CARTES. Etats-Unis : les abus de la police à l’encontre des Afro-Américains

La mort d’un Noir américain tué mardi par la police a conduit à des émeutes importantes à Charlotte, où l’état d’urgence a été déclaré. Vendredi, un autre Afro-Américain a été abattu à côté de sa voiture alors qu’il n’était pas armé et semblait coopérer.

JDD

22 septembre 2016

Après la mort le 16 septembre dernier de Terence Crutcher, abattu par la police près de son véhicule alors qu’il n’était pas armé et avait les mains en l’air, le problème des abus des forces de l’ordre à l’encontre des Afro-Américains revient sur le devant de la scène outre-Atlantique. D’autant plus depuis mardi et la mort dans des conditions troubles de Keith Lamont Scott, un Noir américain de 43 ans, lui aussi tué par des policiers à Charlotte en Caroline du Nord. La police maintient qu’il était armé et faisait peser une menace vitale réelle, mais la soeur de la victime contredit cette version, arguant qu’il lisait un livre au moment de sa mort.

En 2016, déjà 822 tués par la police

Brentley Vinson, l’agent lui-même noir qui a abattu la victime, a été suspendu en attendant les résultats d’une enquête administrative, mais la situation ne s’est pas calmée à Charlotte. Deux nuits de violences se sont succédées depuis, et l’Etat d’urgence a été déclaré sur place. Le gouverneur, Pat McCrory, a en outre annoncé sur Twitter avoir « pris l’initiative de déployer la Garde nationale et la police autoroutière pour aider la police locale ».

Terence Crutcher et Keith Lamont Scott font partie de la longue liste des 822 personnes tuées cette année lors d’une intervention policière aux Etats-Unis, selon le site Mapping Police Violence :

Ils font également partie des 214 Noirs américains tués en 2016 par des policiers. Si ces chiffres sont très éloignés des 351 victimes blanches, il convient de les remettre en perspective.

Comme l’indique le Washington Post, les Blancs constituent 62% des Américains, mais seulement 49% des victimes policières. Au contraire, les Noirs font partie à 24% des victimes policières, alors que le nombre d’Afro-Américains dans la population totale n’est que de 13%. Le site ProPublica, qui a analysé des chiffres du FBI concernant la période 2012-2012, écrit qu’un adolescent noir a 21 chances de plus d’être tué par la police qu’un adolescent blanc.

Des disparités sociales

Depuis janvier 2016, les Etats enregistrant le plus grand nombre de victimes Afro-Américaines sont la Californie, la Floride et le Texas, toujours selon Mapping Police Violence. Des chiffres liés à la densité de population des agglomérations. Il n’est donc pas surprenant de retrouver aussi une densité importante de victimes dans la zone allant de New York jusqu’à Washington.

Si la majorité des Afro-Américains tués en 2016 étaient armés (en rouge sur la carte), 48 d’entre eux ne l’étaient pas (en noir). Une étude du Washington Post a démontré qu’en 2015, un Noir non-armé avait sept fois plus de chances d’être abattu qu’un blanc.

Impossible cependant d’expliquer ces disparités sans prendre un compte la dimension sociale du phénomène. Comme l’explique Vox, la police patrouille en majorité dans les quartiers aux taux de crimes élevés, où la population noire est plus importante que dans la moyenne américaine. Mais des études ont aussi montré qu’à l’entrainement sur des plateformes de simulation, les policiers tiraient plus rapidement sur des suspects noirs. Un biais qui conduirait à des erreurs d’autant plus importantes sur le terrain. « Dans la situation où ils devraient être le plus entraînés, note ainsi le chercheur Josh Corell, qui a enquêté sur ce sujet, nous avons des raisons de croire que leur entraînement les conduit à se tromper. »

Voir également:

Cops and Political Narratives

In case you hadn’t heard, the Charlotte police shooter is black.

Wall Street Journal

Sept. 23, 2016

We realize this is a prosaic point but it is also roundly ignored as the media and politicians try to fit each shooting episode into the same political narrative: trigger-happy, racist cops kill defenseless young black man, and then the racist system conspires to deny the victim and his family the justice they deserve.

The reality is that policing is hard and dangerous work, confrontations in the street are complicated, and the political uproar since Ferguson has made police more fearful and offenders more brazen. Sometimes the shootings are defensible, and sometimes not, depending on the specific circumstances. But shootings are investigated thoroughly in most cases and the truth does usually emerge.

In Tulsa the police and prosecutors investigated and have charged a white female police officer with first-degree manslaughter for shooting unarmed Terence Crutcher. The district attorney charged Betty Shelby with overreacting to a situation that did not justify lethal force. She will get her day in court and could go to prison for years, so this certainly is no law-enforcement cover-up.

The Charlotte investigation is still underway, but this too fits no easy narrative. The policeman who shot Keith Lamont Scott is black, and so is Charlotte police chief Kerr Putney. There are conflicting accounts about whether Scott had a gun. The video released Friday by Scott’s family is painful to watch but hardly definitive about what happened.

Chief Putney is withholding other videos from the public pending the investigation, a delay that offends distant progressives who want to make political statements. But the goal should be justice, not electing Hillary Clinton or Donald Trump, and witnesses should be interviewed about what they saw before they can be influenced by publicly released videos.

Time after time in these cases reality has confounded politically motivated snap judgments. In Ferguson, the initial claim was that Darren Wilson, a white cop, shot Michael Brown while he was surrendering with his hands up. But it turned out Brown had scuffled with the cop over his gun, and even Eric Holder’s Justice Department found that the original witnesses weren’t credible and declined to indict Mr. Wilson.

In Baltimore in 2015, the district attorney charged six cops involved in the arrest of Freddie Gray with murder, manslaughter or illegal arrest. But three were acquitted at trial, another was freed after a mistrial, and eventually all charges were dropped in the case. Three of the cops are black, as is Judge Barry Williams, who presided over the trials.

Americans may disagree with these outcomes, but they cannot say that the cases were handled with racial animus or legal indifference. The cases in their various details also do not show that there is some widespread racial bias in American policing. With the exception of Ferguson, the police forces involved in most of these controversial killings are ethnically diverse and many have black chiefs.

In any event, none of these cases justify rioting in Charlotte or anywhere else. A civilized society cannot tolerate vandalism or protests that shut down business in a city every time there is a police shooting.

Political leaders, President Obama above all, should defend public order. Mr. Obama should defend police and the judicial system as they handle these sensitive cases. And he should highlight and work with House Speaker Paul Ryan and other politicians who have shown a commitment to bringing opportunity back to American cities.

One tragedy of the Obama Presidency—perhaps the greatest—is that our first black President will leave office with race relations more polarized than when he was elected with such hope eight years ago. The reasons are more complex than we can offer today. But in the weeks he has left, Mr. Obama could do his country a service if he would resist indulging easy but false narratives and do more to bridge the growing divide between the police and young black Americans.

 Voir de plus:

It Doesn’t Matter That the Cop Who Killed Keith Scott Is Black
Donovan X. Ramsey
Complex.com

Sep 21, 2016

As of Wednesday morning, the most recent story of a black man killed by police is that of Keith Scott in Charlotte. Scott was killed Tuesday and details of the incident are still scant. One of the few bits of information shared by officials and reported by media, however, is that Bentley Vinson, the officer who killed Scott, was also black.

As the country struggles to make sense of Scott’s death in relation to the estimated 193 other black people killed by police so far this year (and 306 in 2015), Vinson’s race is being used by some to dismiss charges that Scott was the victim of racist policing. To reduce the role of anti-blackness in policing to merely the race of officers involved in fatal police encounters is misguided, however. It betrays a profound misunderstanding of the ways racism and anti-blackness work within systems, assumes that black people are free of anti-black bias, and that black officers somehow transcend the police cultures in which they’re steeped.

What we know from police accounts is that four officers from the Charlotte-Mecklenburg Police Department were serving a warrant at an apartment complex when they say a man, later identified as Scott, emerged from his car with a handgun. Police say Scott then got back into his car before coming out for a second time with the gun, posing an “imminent threat.” At least one of officers fired at Scott, killing him.

Witnesses have claimed that Scott was unarmed. Officials insist that he was, however, and have shared little else about in the incident, including video footage from the body cameras some of the officers involved. Curiously, though, the CMPD released officer Vinson’s name to the media the day of the incident, an unusual act for a police department in the early phases of an investigation and something that often hasn’t been done in other high-profile police shooting cases. Of course, within no time, a photo sourced from the CMPD’s official Facebook page surfaced of Vinson—a black man—in uniform surrounded by other smiling black people and colleagues.

The caption from CMPD’s post of the picture reads, “An anonymous donor sent an ice cream truck into the Dillehay neighborhood. Some of the neighbors were still without electricity following the power outage. Metro division officers Vinson, Kennedy, Reiber and Pinckney served sweltering community members. One little girl said, ‘Well now I like the po-po!’”

It should go without saying, with all the nation has learned about policing in the past two years, but the race of the officer who killed Scott has little to no bearing on if Scott himself was killed because he was black. Given the complexity of our system of policing, it is as relevant to the matter as is whether or not that officer loves passing out ice cream.

Studies have shown that black people are not only capable of anti-black bias but that those who’ve been tested for racial bias are evenly split when it comes to pro-white and pro-black attitudes. Even more, research on the impact of police force diversity on officer-involved homicides has found no relationship between the racial representation of police forces and police killings in the cities they serve. In fact, one study revealed that the best way to predict how many police shootings might occur in a city is to look at the size of its black population. All of that without mentioning the troubling accounts from black police officers of the racism they experience on the force and the pressure they often face to engage in race-based policing in the communities they serve.

Ice Cube put it simply in 1988 on N.W.A.’s Fuck tha Police, “But don’t let it be a black and a white one, ‘cause they’ll slam ya down to the street top. Black police showing out for the white cop.” What a 19-year-old Cube understood nearly 30 years ago seems to still elude members of the media and even policymakers today. That’s that there are a number of factors that impact how police officers—yes, even black officers—engage black civilians and suspects, the least of which is shared characteristics.

To be sure, America could benefit from more diversity in its police force, especially in communities of color. According to the Bureau of Labor Statistics, nearly 65 percent of the nation’s 3,109,000 law enforcement officers are white. That number jumps to 70 percent for patrol officers and nearly 80 percent for police supervisors. But, while we’re concerned with the race of cops, we should be as concerned with the culture, policy, and practices that guide their actions.

The issue at hand isn’t the personal feelings of cops who encounter black civilians but the deadly system of policing that criminalizes blackness, actively profiles black people, over-policies our neighborhoods as a matter of policy, and that uses force against us at three times the rate of whites. That is the ugly state of American policing and that truth doesn’t suddenly change when the boys in blue are black.

Voir encore:

Football Américain
Colin Kaepernick au coeur d’une polémique aux Etats-Unis
Marine Couturier, AFP
Francetv
30/08/2016

Boycotter l’hymne américain ? Une hérésie au pays de l’oncle Sam. Pourtant Colin Kaepernick, quaterback des San Francisco 49ers, a refusé vendredi de se lever au moment de l’hymne américain lors d’un match de pré-saison. Sa motivation : protester contre « l’oppression » de la communauté noire aux Etats-Unis. De l’autre côté de l’Atlantique, la polémique enfle portée notamment par le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump.

Pendant que la France se divise sur la question du burkini, les Etats-Unis ont eux aussi des débats nationaux houleux. La faute – si cela en est une – au joueur de football américain Colin Kaepernick, qui a refusé vendredi de se lever de sa chaise tandis que retentissaient les notes de « La Bannière étoilée » dans le Levi’s Stadium, où son équipe accueillait les Green Bay Packers. Le métis de 28 ans, dont le père biologique était noir mais qui a été adopté et élevé par un couple de Blancs, a ensuite justifié son geste : « Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs. Il y a des cadavres dans les rues et des meurtriers qui s’en tirent avec leurs congés payés » faisant ainsi référence à de récents abus policiers ayant causé la mort brutale de Noirs non armés.

Des internautes se sont filmés en train de brûler le maillot du quarterback, qui avait pourtant conduit San Francisco jusqu’au Super Bowl 2013 (défaite contre Baltimore 34-31). Pour l’instant, le joueur aux bras tatoués semble pouvoir compter sur le soutien de son club. « Nous reconnaissons le droit à tout individu de choisir de participer, ou non, à la célébration de notre hymne national », ont fait savoir les 49ers, qui ont remporté le Super Bowl à cinq reprises. La Maison Blanche s’est elle clairement démarquée du sportif, en lui reconnaissant toutefois le droit de proférer ses opinions.

Donald Trump prend parti
Lundi, le candidat républicain à la maison Blanche Donald Trump y est allé de sa déclaration lors d’une interview à une radio de Seattle, qualifiant d' »exécrable » la posture de Kaepernick et lui conseillant de « chercher un pays mieux adapté ».

La légende du football américain Jerry Rice a lui aussi pris position sur un message posté sur Twitter :

« Toutes les vies sont importantes. Il se passe tellement de choses dans ce monde aujourd’hui. Est-ce qu’on ne peut pas tous vivre ensemble ? Colin, je respecte votre position mais ne manquez pas de respect au drapeau. »

Kaepernick dans la lignée d’autres sportifs
Par son geste, Kaepernick a emboîté le pas à d’autres joueurs professionnels luttant contre les discriminations raciales ou la violence des armes à feu, parmi lesquels les stars du basket-ball Dwyane Wade, LeBron James ou Carmelo Anthony. Mais, contrairement à ces piliers de la NBA, Kaepernick a délivré son message à un moment très sensible. Aux Etats-Unis s’attaquer au Stars and Stripes (le drapeau) ou au Star-Spangled Banner (l’hymne national) est un jeu très dangereux.

La chanteuse Sinead O’Connor en avait fait les frais en 1990, excluant de se produire dans le New Jersey si l’hymne américain était joué en préambule. L’Irlandaise avait été la cible d’une campagne de rejet, bannie par plusieurs radios. Un quart de siècle plus tard, Colin Kaepernick se retrouve vilipendé sur les réseaux sociaux, des Américains exigeant de la Ligue nationale de football américain (NFL) sa suspension, voire son licenciement.

Accusé de bafouer un symbole et de politiser son sport, Colin Kaepernick s’inscrit aussi dans une lignée d’athlètes protestataires noirs qui ont marqué les Etats-Unis. Inhumé en juin entouré d’hommages planétaires, la légende de la boxe Mohamed Ali avait payé de plusieurs années d’interruption de carrière son refus d’aller combattre au Vietnam. Egalement gravés dans la mémoire collective sont les poings gantés de noir de Tommie Smith et John Carlos, sur le podium du 200 mètres des jeux Olympiques de Mexico de 1968. Ces deux athlètes, dénonçant la ségrégation raciale théoriquement abolie mais encore bien présente alors, ont été boycottés par les médias et honnis durant des décennies, avant d’être réhabilités tardivement.

Au regard de précédents historiques, Colin Kaepernick peut s’attendre à naviguer en mer agitée un bon bout de temps. D’autant que le joueur a promis de continuer à s’asseoir pour les prochains matches. Le feuilleton n’a pas fini d’être alimenté.

Voir aussi:

Colin Kaepernick divise l’Amérique, mais fait des émules
Ce joueur de football américain refuse de se lever quand retentit l’hymne américain avant les matchs, pour protester contre les violences policières. D’autres sportifs commencent à l’imiter
Gilles Biassette
La Croix
06/09/2016

Depuis qu’il reste assis lors de l’hymne d’avant-match, le joueur de football américain Colin Kaepernick est l’objet de vives attaques. Mais il a aussi reçu le soutien d’autres sportifs.

Protestation muette
Pour la troisième fois en moins de deux semaines, Colin Kaepernick ne s’est pas levé jeudi 1er septembre, alors que l’hymne américain retentissait dans le stade de San Diego et que le public, comme les joueurs, se tenaient debout, main sur le cœur et regard rivé sur le drapeau.

Le joueur de 28 ans de l’équipe des « San Francisco 49ers », dont le père biologique était noir et absent, et la mère blanche et pauvre, et qui a été adopté très jeune par un couple de Blancs, proteste à sa façon contre les violences policières. « Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs », a-t-il expliqué après être resté assis la première fois.

Cet acte lui a valu d’être conspué jeudi à chaque fois qu’il a eu le ballon entre les mains. On ne badine pas avec la bannière étoilée à San Diego, port d’attache de l’immense flotte du Pacifique.

Des soutiens venus du terrain
Cette attitude alimente la polémique outre-Atlantique. Certains internautes se filment même brûlant un maillot frappé du nom de Colin Kaepernick, en dépit de ses exploits passés.

Mais d’autres se ruent pour acheter la tunique, en signe de soutien, au point d’en faire l’un des maillots désormais les plus vendus. Le joueur a promis de donner un million de dollars (900 000 €) à différentes associations intervenant dans les quartiers difficiles du pays.

Mieux encore, d’autres sportifs suivent son exemple. Jeudi, un de ses coéquipiers l’a imité à San Diego. Au même moment, à l’autre extrémité de la côte ouest, à Seattle, Jeremy Lane restait aussi sur son banc avant d’affronter l’équipe d’Oakland.

Dimanche soir, c’est une joueuse de football qui se joignait au mouvement. Megan Rapinoe, 31 ans, posait un genou à terre lorsque les notes de la « bannière étoilée » retentissaient, en signe de solidarité avec Colin Kaepernick.

« C’est vraiment dégoûtant la façon dont il a été traité, la façon dont les médias ont traité cette affaire, dira-t-elle après la partie. Étant homosexuelle, je sais ce que veut dire regarder le drapeau américain en étant consciente qu’il ne protège pas toutes les libertés. »

La Maison-Blanche s’en mêle
La polémique a pris une telle ampleur que la classe politique a été interpellée. Depuis la Chine, où il venait de participer au sommet du G20, Barack Obama a défendu lundi 5 septembre la démarche du joueur, jugeant qu’il avait réussi à attirer l’attention « sur des sujets qui méritent d’être abordés ».

« Il exerce son droit constitutionnel à faire passer un message », a souligné le locataire de la Maison-Blanche. Reconnaissant que cela pouvait être « quelque chose de difficile » à digérer pour les familles de militaires, Barack Obama a estimé que la démarche du joueur pouvait se comprendre.

« Je préfère voir des jeunes gens qui sont impliqués et essayent de concevoir comment ils peuvent participer au débat démocratique plutôt que des gens qui se comportent en spectateurs et ne prêtent pas attention du tout à ce qui se passe », a-t-il conclu.

Gilles Biassette

Profil
Colin Kaepernick, l’homme qui a lancé un débat national sur le patriotisme aux Etats-Unis
LIBERATION

22 septembre 2016

Colin Kaepernick, meneur de jeu des San Francisco 49ers, le 26 août 2016 à Santa Clara en Californie Photo Thearon W. Henderson. AFP
En refusant de se lever pendant l’hymne d’avant-match pour protester contre le racisme de la police américaine, le footballeur américain âgé de 28 ans a lancé une polémique nationale, à tel point que d’autres athlètes américains, comme lui, s’interrogent sur leur rapport au patriotisme.

Colin Kaepernick, l’homme qui a lancé un débat national sur le patriotisme aux Etats-Unis
Le magazine américain Time consacre cette semaine sa couverture au footballeur américain Colin Kaepernick, qui a initié un débat vif dans son pays lorsqu’il a refusé, cet été, de se lever pendant l’hymne américain lors d’un match.

Qui est Colin Kaepernick ? Agé de 28 ans, il joue au poste de quarterback pour les 49ers de San Francisco. Mais ce ne sont pas ses qualités de joueurs qui lui offrent, le 26 août, une notoriété internationale. Ce vendredi-là, au Levi’s Stadium de Californie où son équipe affronte les Green Bay Packets, il reste assis au moment de l’hymne national, alors que tout le monde se lève. Et s’en justifie ensuite : «Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs.» «Il y a des cadavres dans les rues et des meurtriers qui s’en tirent avec leurs congés payés», explique-t-il.

A lire aussi : Le footballeur Colin Kaepernick snobe l’hymne national dans un geste politique

Son geste a choqué de nombreuses personnes aux Etats-Unis, certains supporters de son équipe mettant le feu à son maillot dans des images diffusées sur les réseaux sociaux. Mais le joueur a tenu bon. «Quand des changements significatifs auront été apportés et que je sentirai que ce drapeau représente ce qu’il doit représenter, que ce pays représente le peuple de la manière dont il doit le faire, alors je me lèverai», a-t-il dit, soutenu par son équipe, qui a expliqué dans un communiqué : «Dans le respect de grands principes américains telles que la liberté de religion et la liberté d’expression, nous reconnaissons le droit d’un individu de participer, ou non, à la célébration de notre hymne national».

Le joueur porte aussi régulièrement des chaussettes figurant des images de porcs en uniforme policier. Dans un message sur Instagram, Kaepernick s’en est expliqué : «Les policiers sans scrupule qui se voient confier des postes dans des services de police mettent en danger non seulement la population mais aussi les policiers ayant de bonnes intentions, car ils créent une atmosphère de tension et de défiance».

Depuis, Colin Kaepernick a aussi suscité un vaste mouvement de soutien : les ventes de son maillot ont explosé. «La seule façon dont je peux vous rendre ce soutien est de faire don de tous les gains que je reçois de ces ventes aux communautés !», a-t-il annoncé sur son compte Instagram.

Ces derniers jours, le footballeur, fort de presque un million d’abonnés sur Twitter, a abondamment tweeté et retweeté des messages sur le meurtre de Terence Crutcher par une policière de l’Oklahoma le 16 septembre.

En lui consacrant sa couverture, le magazine Time explique que Colin Kaepernick a lancé un mouvement de protestation chez les athlètes américains, qui s’interrogent sur la façon dont les Etats-Unis définissent le patriotisme.

Colin Kaepernick (San Francisco) divise les Etats-Unis
L’Equipe

30/08/2016
Le quarterback des San Francisco 49ers a refusé de se lever pour l’hymne national des Etats-Unis, vendredi lors d’un match de pré-saison, créant une polémique dans son pays. Kaepernick a agi de la sorte pour protester contre  »l’oppression » de la communauté noire américaine.

Colin Kaepernick avait emmené les San Francisco 49ers au Super Bowl il y a trois ans. Les Californiens avaient été battus par Baltimore. (Reuters)
Aux Etats-Unis, la tradition veut que joueurs, entraîneurs et spectateurs se lèvent et se découvrent la tête pour entonner l’hymne, regard tourné vers le drapeau. Mais, juste avant d’affronter les Green Bay Packers il y a quatre jours, Colin Kaepernick, joueur métis âgé de 28 ans, n’a pas quitté sa chaise. «Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs, a-t-il ensuite déclaré, faisant référence à de récents abus policiers ayant causé la mort brutale de Noirs non armés. Il y a des cadavres dans les rues et des meurtriers qui s’en tirent avec leurs congés payés.» Kaepernick a suivi d’autres joueurs professionnels luttant contre les discriminations raciales ou la violence des armes à feu, parmi lesquels Dwyane Wade, LeBron James ou Carmelo Anthony.

Mais, contrairement aux stars de la NBA, le quarterback des San Francisco 49ers a délivré son message à un moment très sensible. Aux Etats-Unis on ne s’attaque pas impunément au Stars and Stripes (le drapeau) ou au Star Spangled Banner (l’hymne national). Cela lui vaut aujourd’hui d’être vilipendé sur les réseaux sociaux. Des Américains ont même exigé de la NFL sa suspension, voire son licenciement. Et des internautes se sont filmés en train de brûler le maillot du quarterback des 49ers. La polémique a pris une dimension nationale, quand Donald Trump, le candidat républicain aux prochaines élections présidentielles, a qualifié «d’exécrable» la posture de Kaepernick et lui a conseillé de «chercher un pays mieux adapté».

La Maison Blanche, elle, s’est clairement démarquée du sportif, en lui reconnaissant toutefois le droit de proférer ses opinions. Mais Colin Kaepernick semble pouvoir compter sur le soutien de son club. «Nous reconnaissons le droit à tout individu de choisir de participer, ou non, à la célébration de notre hymne national», ont fait savoir les San Francisco 49ers. Kaepernick a promis de continuer à s’asseoir pour les prochains matches.
Rédaction avec AFP

Voir par ailleurs:

Femme en burkini chassée d’une plage à Villeneuve-Loubet, un coup monté ?

Marie Cardona

Nice-Matin

20/09/2016
La chaîne de télévision australienne Channel 7 a diffusé ce samedi la vidéo d’une femme en burkini se faisant « chasser » d’une plage de Villeneuve-Loubet par des baigneurs. Selon un témoin, la scène est montée de toute pièce.

Selon une vidéo diffusée par une chaîne de la télévision australienne, Zeynab Alshelh, une étudiante de 23 ans, aurait été forcée de quitter une plage de Villeneuve-Loubet où elle s’était installée. En cause? Son burkini, jugé provocateur par d’autres baigneurs.

L’histoire a été reprise par tous les médias et notamment par l’AFP.

Mais selon une mère de famille qui se trouvait sur la plage à ce moment-là, la scène qui s’est déroulée sous ses yeux était plus que suspecte.

« Nous étions installés sur la plage avec mes enfants, quand nous avons vu la caméra débarquer à quelques mètres de nous, explique-t-elle. Ce n’est qu’après qu’un homme et deux femmes en burkini sont arrivés. Ils ont marché quelques minutes le long de la plage, puis sont venus s’installer juste devant l’équipe télé ».

Alors, un coup monté? « On s’est immédiatement posé la question. C’est d’ailleurs pour ça que tous les gens sur la plage regardent dans la direction de la caméra. »

Mais la vidéo diffusée par la chaîne australienne va plus loin. On y voit un homme se diriger vers la caméra et lâcher: « Vous faites demi-tour et vous partez ». Tel qu’est monté le reportage, cette invective semble dirigée à l’encontre des deux femmes en burkini.

Une impression appuyée par la voix off de la vidéo qui confirme: « Nous avons été forcés de partir, car les gens ont dit qu’ils allaient appeler la police. »

Mais il n’en est rien. « L’homme sur la vidéo est mon oncle, atteste notre témoin. Il n’a jamais demandé à ce que ces trois personnes quittent la plage. Il s’adressait à la caméra pour demander au cameraman de partir. Il y avait des enfants sur la plage, dont les nôtres, et on ne voulait pas qu’ils soient filmés. »

La suite de la vidéo montre le même homme en train de téléphoner. « Oui, il appelait la police. Pas pour les faire intervenir pour chasser ces personnes, mais pour demander comment on pouvait faire pour empêcher la caméra de nous filmer, surtout nos enfants ». Et d’ajouter: « A aucun moment des gens sont venus demander aux femmes en burkini de quitter la plage. »

« C’était trop gros pour être vrai »

Une version corroborée par un autre témoin de la scène. « On voyait que c’était scénarisé, c’était trop gros pour être vrai et ça puait le coup monté », raconte Stéphane. Ce père de famille était dans l’eau avec ses enfants, au niveau de la plage privée Corto Maltese, quand il a vu débarquer la petite équipe sur la plage.

« L’homme et les deux femmes sont arrivés presque en courant pour s’installer. En 10 secondes, ils avaient déplié leurs serviettes et planté leur parasol. Ils se sont mis en plein milieu du couloir à jet-ski de la plage privée. Comme ils gênaient, le propriétaire de la plage est sorti leur demander de se pousser. »

Ce n’est qu’après que Stéphane aperçoit la journaliste et son cameraman « planqués » derrière les voitures, en train de filmer. Il raconte qu’à ce moment-là, le propriétaire de la plage a fait entrer le petit groupe dans son restaurant.

« Ils sont ressortis au bout d’un moment. L’homme et les deux femmes ont continué à marcher le long de la plage en direction de la Siesta. Des fois, ils se posaient. Puis ils repartaient. » Le journaliste et le cameraman, qui avaient fait mine de partir, étaient en fait toujours cachés derrière les voitures. « On aurait dit qu’ils attendaient des réactions ».

Stéphane assistera de loin à la scène du baigneur qui pressera les journalistes de quitter les lieux. « J’ai vu ce monsieur au téléphone. Mais j’étais trop loin pour entendre ce qu’il disait. »

Le petit groupe finira par quitter les lieux. « Il y avait un véhicule qui les attendait en haut de la plage, comme pour les exfiltrer au cas où… »

Voir aussi:

Inquirer
Seven and its burkini family owe France an apology
Emma-Kate Symons
The Australian
September 24, 2016

The Seven Network and the pugnacious Muslim Aussie family it flew to the French Riviera with the aim of provoking beachgoers into a “racist” reaction to the “Aussie cossie” burkini owe the traumatised people of Nice and France a swift apology.

The cynical stunt pulled by the Sunday Night program, where it spirited Sydney hijab-proselytising medical student Zeynab Alshelh and her activist parents off to a beach near Nice to “show solidarity” with (radically conservative) Muslims, featured the 23-year-old flaunting her burkini in an obvious attempt to bait Gallic sun lovers into religious and ethnically motivated hatred. Except according to the French people filmed against their will, the claimed “chasing off the beach” that made international headlines never occurred because Seven used hidden camera tactics, selective editing and deliberate distor­tion to reach its predeter­mined conclusions.

This unethical exercise in journalism deliberately painted France as “hostile to Muslims” even though the most hostile countries in the world for Muslim women are places such as Iran and Saudi Arabia, where being female entails forcible veiling and the threat of punishment with the lash, prison or worse for flouting bans on driving, playing sport, committing “adultery” or doing much at all without a male guardian.

The manipulation is the latest example of calculated French-bashing fuelled by collusion between the goals of political Islam and compliant media outlets seeking culture clash cliches.

Alshelh and her family, just like her burkini — which leading French Muslim women such as broadcaster Sonia Mabrouk, Charlie Hebdo journalist Zineb El Rhazoui and radicalisation prevention champion Nadia Remadna condemn as a standard bearer of extremism and the retrograde notion that women are impure vessels whose bodies must be covered — are not just your regular mainstream Muslims, as presented in the program. Au contraire.

Alshelh’s father, who appeared in this cringe-worthy report complete with jarring Jaws-like music, is Ghayath Alshelh, head of the Islamic Charity Projects Association in Sydney’s Bankstown.

His association was formed from the hotly contested Lebanese-Ethiopian al-Ahbash movement and repeatedly condemned as a “fringe sect” by prominent mainstream Australian Muslim figures and organisations, who even pushed for what they describe as its radical Muslim radio station 2MFM to be taken off the air. The association, which proclaims “Islam the true religion” on its home page, was forced to defend itself last year after a police counter-terrorism investigation into a student allegedly exposed to violent ideologies drawing on radical Islam in its prayer groups at Epping Boys High.

Beyond the Alshelh family’s zealotry, which puts them firmly in an ultra-orthodox, unrepresentative minority, locals claim Seven hoodwinked us again: the seaside ostracism of this Aussie girl desperate to give a Down Under lesson in tolerance to those xeno­phobic French never even took place. According to people quoted in the newspaper Nice-Matin, the entire show smelled of a set-up.

No one was hounded off the beach, despite the scripted whining of Seven’s solemn-faced presenter Rahni Sadler and her well-rehearsed talent the Alshelhs. The swimming public were upset to see the camera crew filming them and their children without permission in a country where privacy is legally protected and paparazzi do not have the same rights as they do in Australia to film without consent.

The beachgoers were also well aware France’s highest judicial body had struck down the mayoral burkini ban at Villeneuve-Loubet.

A French mother who witnessed the incident, which she considered “more than suspect”, told Nice-Matin she was sitting on the beach with her family and children when she saw the camera planted only a few metres away. “And it was only at that point the man and two women in burkinis arrived. They walked up and down the beach for several minutes, then they stopped and sat down right in front of the TV crew.

“We immediately asked ourselves if it was a set-up. And that was why everyone on the beach started looking in the direction of the TV crew.

“The man on the video (who said, ‘You turn around and you leave’) was my uncle. He never asked these three people to leave the beach. He spoke to the camera because he was asking the cameraman to leave.

“There were children on the beach, including our own, and we didn’t want them to be filmed.

“Yes, he called the police, but not to get them to chase these people away; instead it was to ask how he could stop them from filming us, and especially our children.

“At no point did anyone come and demand these people leave the beach.”

Another witness told Nice-Matin: “We could see it was being dramatised, it was too much to be true and it stank of a set-up. The man and the two women almost ran to get themselves set-up. In 10 seconds they had laid out their towels and planted their umbrella. They put themselves right in the middle of the jet-ski corridor of the private beach. Because they were in the way of others, the owner of the beach came out and asked them to move.”

It was at this moment that the witness Stephane saw the journalist and her cameraman “planted” behind cars, filming. “The man and the two women continued to walk the length of the beach … sometimes they sat down. Then they started moving again.” But the journalist and cameraman, who had given the impression of leaving, were in fact hidden all the time behind the cars. “You would say they were waiting for some reactions,” he said. “There was a car waiting for them at the top of the beach, as if it was going to spirit them away them just in case.”

Zeynab Alshelh still insisted on air that she was “threatened” and told to leave as she rambled undergraduate-style: “At least in Australia if there is some racism here and there and whatever, but like, the government does not say that it’s OK to be racist towards anyone.”

L’Express magazine attacked the Sunday Night beat-up as a “caricature of France as racist” and publications including Europe1 online and Causeur responded caustically to Australians giving “moral lessons” to France, mocking our “multicultural paradise” and citing the Cronulla race riots and ethnically targeted crimes as evidence. (Alshelh, who denies the set-up, tells Inquirer she “won’t comment on financing questions”, directing inquiries to Seven, but contradicting the show’s script in admitting the network contacted her family first about the French trip).

The shameful Seven report went viral globally thanks to an international media thirsty for stereotypes about France’s unsubstantiated rising tide of Islamophobia. It was dishonest sensationalism that deliberately skewed complex issues surrounding secularism a la francaise and surging religious fundamentalism of the Islamist variety in the context of ever-present terrorist threats and a state of emergency.

Next time Seven should finance Zeynab Alshelh trying her luck taking off her veil in Saudi Arabia or Iran, or perhaps the trainee doctor could use hidden camera techniques in Egypt on doctors practising illegal female genital mutilation on the vast majority of little girls.

But as she confesses to Inquirer: “I’m not going to put myself in that kind of danger — and anyway, they are not preaching secularism (like France) they are just doing whatever they want to do.”

 


Nos ancêtres les Gaulois: Attention, une ignorance peut en cacher une autre ! (Our ancestors the Gauls: With the growing challenges of globalization, mass immigration and terrorism, France rediscovers its own version of the Mayflower story)

22 septembre, 2016
francais_gaulois des-supporters-finisteriens-au-bresil
supporter-equipe-de-france-18333789-1-fre-frFrench fans sporting gauls' helmets sing prior to the men's semifinal handball match France vs Germany for the Rio 2016 Olympics Games at the Future Arena in Rio on August 19, 2016. / AFP / afp / JAVIER SORIANO (Photo credit should read JAVIER SORIANO/AFP/Getty Images)France supporters watch on giant screen the Euro 2016 final football match between Portugal and France at the Marseille Fan Zone, on July 10, 2016. / AFP PHOTO / BORIS HORVATBORIS HORVAT/AFP/Getty Images ORIG FILE ID: 553893376Et ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Jésus (Matthieu 3: 9)
BluewhiteredNe croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
I was riding on the Mayflower when I thought I spied some land … Robert Zimmerman (alias Bob Dylan)
Et puis, je crois que ce n’est pas le seul cas d’invention d’un peuple. Je pense par exemple qu’à la fin du XIXe siècle, on a inventé le peuple français. Le peuple français n’existe pas en tant que tel depuis plus de 500 ans, comme on a alors essayé de le faire croire. Shlomo Sand
Il y a deux mille ans, notre pays s’appelait la Gaule et ses habitants les Gaulois. Ernest Lavisse (cours élémentaire, 1, 1884)
le président du Front national, candidat pour le deuxième tour de l'élection présidentielle, Jean-Marie Le Pen, salue des militants, le 01 mai 2002 place de l'Opéra à Paris, lors de son discours à l'occasion du défilé du FN. AFP PHOTO MAXIMILIEN LAMYIl y a dans le passé le plus lointain une poésie qu’il faut verser dans les jeunes âmes pour y fortifier le sentiment patriotique. Faisons-leur aimer nos ancêtres les Gaulois et les forêts des druides, Charles Martel à Poitiers, Roland à Roncevaux, Godefroi de Bouillon à Jérusalem, Jeanne d’Arc, Bayard, tous nos héros du passé, même enveloppés de légendes car c’est un malheur que nos légendes s’oublient, que nous n’ayons plus de contes du foyer, et que, sur tous les points de la France, on entende pour toute poésie que les refrains orduriers et bêtes, venus de Paris. Un pays comme la France ne peut vivre sans poésie. Ernest Lavisse (Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire, 1887)
SarkoBlackBlancbeurtunisie-publicZwastiskaRepubliqueparis-is-burningPar un épais brouillard de septembre, deux enfants, deux frères, sortaient de la ville de Phalsbourg en Lorraine. Augustine Fouillée  (alias G. Bruno, Le Tour de France par deux enfants, 1877)
Pour moi, l’histoire de France commence avec Clovis, choisi comme roi de France par la tribu des Francs, qui donnèrent leur nom à la France. Avant Clovis, nous avons la Préhistoire gallo-romaine et gauloise. L’élément décisif pour moi, c’est que Clovis fut le premier roi à être baptisé chrétien. Mon pays est un pays chrétien et je commence à compter l’histoire de France à partir de l’accession d’un roi chrétien qui porte le nom des Francs. Charles De Gaulle (1959)
Nous sommes français: « Nos ancêtres les Gaulois ».  Un peu romains, un peu germains, un peu juifs, un peu italiens, un peu espagnols, de plus en plus portugais, peut-être qui sait polonais et …je me demande si déjà nous ne sommes pas un peu arabes. Voici une phrase imprudente, c’est celle qui sera épinglée … François Mitterrand (1987)
Nos ancêtres les Gaulois, cheveux blonds et têtes de bois, longues moustaches et gros dadas (…) Nos ancêtres les Gaulois eurent le tort d’être grand papas et c’est pour ça qu’on est là … Boris Vian-Henri Salvador (Faut rigoler)
Vous savez la France, historiquement, a une origine plurielle. Nous revendiquons en permanence nos origines judeo-chrétiennes, latines, le fait que nous descendons des gaulois, ce qui n’a rien à voir. Et nous avons un pays, dont le nom, la France, est emprunté à d’autres tribus, les Francs. Ce qui était très différent. Il y a donc un ensemble partagé qui fait que la France était peut être le pays qui a le mieux ressenti, compris, la nécessité de l’intégration. Jacques Chirac (14 juillet 1998)
Oui, il y a parmi nos ancêtres des Gaulois. Il y a aussi des Romains, des Normands, des Celtes, des Burgondes, (…) des Niçois, des Corses, des Franc-Comtois, la Guadeloupe, la Martinique, des Arabes, des Italiens, des Espagnols… C’est ça la France. La ministre de l’Éducation que je suis connaît parfaitement les premières phrases de ce livre, Tour de France par deux enfants, d’Ernest Lavisse, sous la IIIe République : Autrefois, notre pays s’appelait la Gaule et les habitants les Gaulois. Depuis la IIIe République, on sait que ça n’est pas un roman que l’on doit raconter aux enfants, c’est l’histoire véridique telle qu’elle est. Faut-il faire un cours d’histoire à monsieur Sarkozy qui visiblement en a besoin ? Najat Vallaud-Belkacem (ministre français de l’Education nationale)
La France est bien plus qu’une identité, c’est une idée, un projet. François Hollande
Quand j’étais écolier, nos maîtres nous parlaient de nos ancêtres les Gaulois. Ni les maîtres, ni les élèves n’étaient dupes. Chacun savait bien qu’à Arles, à Nîmes, à Narbonne ou à Perpignan il n’y avait pas eu beaucoup d’ancêtres gaulois. A Oran, à Tunis ou à Dakar encore moins. Mais c’était un acte de foi. Nicolas Sarkozy
 (Nimes, 9 mai 2006)
Je veux rendre hommage à Achille Peretti, grand résistant, qui me confia mon premier mandat de conseiller municipal. Comme je veux dire mon amitié à Edouard Balladur qui m’a fait confiance en me donnant mes premières responsabilités ministérielles alors que j’étais si jeune encore. Je veux dire mon respect à Jacques CHIRAC qui en 1975 à Nice m’a offert mon premier discours. Ils m’ont enseigné, à moi petit Français au sang mêlé, l’amour de la France et la fierté d’être français. (…) A Tibhirine, j’ai compris ce qu’est la force invincible de l’amour et le sens véritable du mot  » tolérance « . A Tibhirine, le frère Christian m’a enseigné, par-delà la mort, que ce que les grandes religions peuvent engendrer de meilleur est plus grand ce qu’elles peuvent engendrer de pire, que les extrémismes et les intégrismes ne doivent jamais être confondus avec le sentiment religieux qui porte une part de l’espérance humaine. Opposer ce sentiment religieux à la morale laïque serait absurde. Nous sommes les héritiers de deux mille ans de chrétienté et d’un patrimoine de valeurs spirituelles que la morale laïque a incorporé. La laïcité à laquelle je crois, ce n’est pas le combat contre la religion. C’est le respect de toutes les religions. (…) La France (…) elle a 56 ans, le visage noir d’un petit-fils d’esclave devenu gouverneur du Tchad et premier résistant de la France d’Outre-Mer. Elle s’appelle Félix Eboué. (…) Ma France, c’est celle de tous les Français sans exception. C’est la France de Saint-Louis et celle de Carnot, celle des croisades et de Valmy. Celle de Pascal et de Voltaire. Celles des cathédrales et de l’Encyclopédie. Celle d’Henri IV et de l’Edit de Nantes. Celle des droits de l’homme et de la liberté de conscience. (…) Ma France, c’est une nation ouverte, accueillante, c’est la patrie des droits de l’homme. C’est elle qui m’a fait ce que je suis. J’aime passionnément le pays qui m’a vu naître. Je n’accepte pas de le voir dénigrer. Je n’accepte pas qu’on veuille habiter en France sans respecter et sans aimer la France. Je n’accepte pas qu’on veuille s’installer en France sans se donner la peine de parler et d’écrire le Français. Je respecte toutes les cultures à travers le monde. Mais qu’il soit entendu que si on vit en France alors on respecte les valeurs et les lois de la République. La soumission de la femme c’est le contraire de la République, ceux qui veulent soumettre leurs femmes n’ont rien à faire en France. La polygamie c’est le contraire de la République. Les polygames n’ont rien à faire en France. L’excision c’est une atteinte à la dignité de la femme, c’est le contraire de la République, ceux qui veulent la pratiquer sur leurs enfants ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la République française. Ma France, c’est une nation qui revendique son identité, qui assume son histoire. On ne construit rien sur la haine des autres, mais on ne construit pas davantage sur la haine de soi. On ne construit rien en demandant aux enfants d’expier les fautes de leurs pères. (…) Au peuple de notre ancien empire nous devons offrir non l’expiation mais la fraternité. A tous ceux qui veulent devenir Français nous offrons non de nous repentir mais de partager la liberté, l’égalité et la fierté d’être Français. Gardons-nous de juger trop sévèrement le passé avec les yeux du présent. (…) Comment penser que l’on pourra un jour faire aimer ce que l’on aura appris à détester ? Au bout du chemin de la repentance et de la détestation de soi il y a, ne nous y trompons pas, le communautarisme et la loi des tribus. Je refuse le communautarisme qui réduit l’homme à sa seule identité visible. Je combats la loi des tribus parce que c’est la loi de la force brutale et systématique. (…)  Il ne s’agit pour personne d’oublier sa propre histoire. Les enfants des républicains espagnols parqués dans des camps de réfugiés, les enfants des Juifs persécutés par la Milice, les descendants des camisards des Cévennes, les fils des harkis n’ont rien oublié de leur histoire. Mais ils ont pris, comme moi, fils d’immigré, la culture, la langue et l’histoire de la France en partage, pour pouvoir mieux vivre une destinée commune. (…) La République de Jules Ferry n’était pas celle de Danton. Celle du Général De Gaulle n’était pas celle de Jules Ferry. Mais c’était toujours le même idéal poursuivi par des moyens différents. La République n’est pas une religion. La République n’est pas un dogme. La République est un projet toujours inachevé. Nicolas Sarkozy
Nous devons relancer une vaste politique d’assimilation des populations récemment issues de l’immigration et cette politique passe par l’Ecole de la République.Entendons-nous, il ne peut pas être question de faire réciter à tous les enfants de France, « nos ancêtres les gaulois », selon l’expression chère à Ernest Lavisse, mais il n’est plus acceptable de laisser effacer l’histoire de la Gaule au profit de l’Histoire des premiers empires éloignés du continent européen car cette histoire, aussi intéressante qu’elle soit, n’est pas l’Histoire de la France. Nicolas Sarkozy (colloque France fière, mai 2016)
La France, c’est un miracle, auquel chacun d’entre nous a décidé de croire. Un miracle millénaire, qui aurait pu dix fois, cent fois, être brisé par l’histoire. Un miracle qui a fait de la beauté un cadre de vie et de la liberté une raison de vivre. C’est quoi l’identité de la France?Ce sont d’abord ses paysages, une langue le français, ciment culturel de notre nation. C’est une histoire épique, glorieuse, tragique, dont le récit a construit la nation, c’est l’accumulation d’un héritage qui va du Mont-Saint Michel à la Sainte Chapelle. Nous ne sommes pas une page blanche. (…) Il n’est pas nécessaire d’avoir son nom sur un monument aux morts pour vibrer au récit de l’identité nationale. Il n’est pas nécessaire d’être baptisé pour aimer Bossuet, Péguy, Bernanos, et Mauriac. Il n’est pas nécessaire d’être gaulliste pour aimer Malraux, ni communiste pour aimer Aragon, c’est ça l’identité nationale. Aucun idéologue ne peut comprendre ça. (…) Tout est à reconstruire. Cette fierté d’habiter la France doit retrouver le chemin de l’école. Les manuels scolaires ne sont pas là pour dénigrer la France. Mais pour la faire connaître et aimer. Dans quel pays pourrait-on accepter que l’école enseigne autre chose que la fierté? Refuser cette civilisation, c’est s’exclure de la communauté nationale. La France, ce n’est pas un self-service. L’assimilation n’est pas une possibilité, c’est une condition à tout séjour de longue durée et à toute naturalisation. Nicolas Sarkozy (colloque France fière, mai 2016)
Il y a dans le passé le plus lointain une poésie qu’il faut verser dans les jeunes âmes pour y fortifier le sentiment patriotique. Faisons leur aimer les Gaulois et les forêts des druides, Charles Martel à Poitiers, Roland à Roncevaux, Godefroy de Bouillon à Jérusalem, Jeanne d’Arc, Bayard, tous nos héros du passé, même enveloppés de légendes. Nicolas Sarkozy
Pendant des décennies, l’intégration, c’était le devoir pour le nouvel arrivant sur notre territoire de se fondre dans la communauté nationale, d’adopter notre langue, notre culture, nos mœurs. Le minoritaire s’intégrait dans la majorité et devenait à son tour le légataire de la mémoire et de l’histoire collectives. Nous n’étions pas tous les héritiers directs de Clovis, mais tous nous nous reconnaissions dans cet ancêtre commun parce que tous, nous étions Français. Nicolas Sarkozy
Si on veut devenir français, bienvenue ! Mais dans ce cas, on aime la France, on parle français, on épouse l’histoire de la France, on vit comme un Français et on n’essaie pas de changer le mode de vie qui est le nôtre depuis tant d’années. Si l’on veut devenir français, on parle français, on vit comme un Français. (…) Mon père est hongrois, on ne m’a pas appris l’histoire de la Hongrie. Mon grand-père maternel est grec, on ne m’a pas appris l’histoire de la Grèce. Au moment où je suis Français, j’aime la France, j’apprends l’histoire de France, je parle le français et mes ancêtres sont les ancêtres de la France, c’est ça l’assimilation. Nicolas Sarkozy
La fraternité, c’est la politique de la main tendue, du rejet du rejet à l’heure des tentations de repli sur soi, des pulsions identitaires, à l’heure où notre société souffre de fractures sociales avec des inégalités de plus en plus fortes mais également de fractures culturelles se cristallisant autour de l’islam. (…) On n’en a jamais fait un projet politique. Elle devrait en être la première valeur. Abdennour Bidar
Pour la première fois, en novembre, on va fêter la fraternité. Un mot symbole de la République et qu’on connaît tous. Mais une valeur dont on a besoin de rappeler qu’elle est essentielle. C’est un mot qui, au même titre que la liberté et l’égalité, est inscrit en lettres capitales sur les frontons des mairies et des écoles. Partie intégrante de notre devise nationale, la fraternité est un principe républicain qu’un mouvement apolitique baptisé Fraternité générale ! entend promouvoir et surtout « incarner  ». Mise à mal ces derniers mois par les attentats, la fraternité va, en effet, s’inviter chaleureusement en novembre prochain dans nombre d’événements culturels et citoyens ouverts à tous lors d’une opération nationale dévoilée ce matin et dont « le Parisien » – « Aujourd’hui en France » est partenaire. L’initiative, présidée par le philosophe Abdennour Bidar, compte parmi ses ambassadeurs l’écrivain Alexandre Jardin, le sociologue Edgar Morin ou l’astrophysicien Hubert Reeves. L’objectif, c’est de « mettre en acte  » une notion parfois abstraite aux yeux du grand public. Unissez vous pour la célébrer Du 2 au 10 novembre, le mouvement Fraternité générale proposera des centaines d’événements culturels, sportifs et citoyens pour lutter contre les peurs et encourager la tolérance. Cafés et restaurants offriront leurs terrasses aux musiciens, slameurs et artistes de rue. Sur les murs, des graffeurs célébreront le vivre-ensemble. Des chaînes de télé, des cinémas et des stades diffuseront, dès le 15 octobre, une série de vidéoclips « Fraternité ». Cet événement national appartient à tout le monde. Sur un site Internet dédié (www.fraternite-generale.fr), particuliers, mairies, écoles… sont invités à annoncer dès maintenant leurs actions et à illustrer l’opération au travers d’ « une image pour la fraternité ». Le Parisien
Désormais, il ne saurait y avoir de fraternité pour les ennemis de la fête. La Fraternité Générale passe par l’expression culturelle. Elle n’est pas une devise morale mais une injonction artistique. Fraterniser, c’est adhérer à la festivalisation du pays, changé pour une semaine en une gigantesque Fête de l’Huma, Fête de la Musique ou Nuit Debout. (…) Pas une seule fois la patrie n’est citée par les promoteurs du mouvement. La fraternité selon Bidar peut très bien s’en passer car elle n’est pas nationale mais universelle. Sa fraternité à lui n’est pas celle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, mais celle de la religion des droits de l’homme. Cette solidarité souriante et antiraciste revendiquée par le milieu culturel semble relever de la pensée magique. Assister à un concert tribal ou à un slam urbain produirait mécaniquement un sentiment fraternel. Pourtant, la fraternité républicaine est autrement plus farouche et plus exigeante. Si la fratrie familiale est une évidence de naissance, la fratrie nationale se construit. On ne nait pas frère de nation, on le devient. Et souvent par la violence – celle des guerres révolutionnaires ou celle de l’assimilation, qui est toujours un renoncement contraignant à l’identité première dans le but de se fondre dans l’identité nationale, qui seule est capable de produire une fraternité publique pérenne. Fustigeant le « repli identitaire », Abdennadour Bidar exalte au contraire la différence et l’ouverture. Elles sont pourtant les deux plus grandes ennemies de l’idéal fraternel de la Nation qui a toujours cherché à définir ses contours identitaires et territoriaux, ayant compris depuis toujours que les différences sont fratricides. Ainsi, au lieu de chercher le dénominateur commun que seule la patrie peut incarner, le mouvement cultive les particularismes, qui sont toujours source de conflit. Rechercher la concorde grâce à nos seules différences est une gageure. Au fond, pour Abdennour Bidar, nous devrions être frères par le simple fait de n’avoir rien en commun. Fraternité générale ressemble davantage à un réflexe antiraciste qu’une réflexion civique sérieuse. Alors que la grande interrogation nationale consiste à savoir si l’Oumma est oui ou non plus forte que la communauté nationale aux yeux des musulmans, une poignée d’intellectuels nous divertissent avec un projet du niveau d’une campagne publicitaire Benetton. Thomas Clavel
Le mépris dans lequel les tient la classe dirigeante a quelque chose de sidérant. Nos élites sont mues par une invraisemblable prolophobie dont elles n’ont parfois même pas conscience. (…) Les impensés de la gauche sur la sécurité et l’immigration témoignent d’un déni persévérant de celle-ci face à l’expression de certaines souffrances sociales. (…) Avant d’être une posture politique, le front républicain est d’abord un réflexe de classe et de caste. Patrick Buisson
Ce concept de “droitisation” est le plus sûr indice de la confusion mentale qui s’est emparée de certains esprits. Si la “droitisation” consiste à prendre en compte la souffrance sociale des Français les plus exposés et les plus vulnérables, c’est que les anciennes catégories politiques n’ont plus guère de sens… et que le PS est devenu – ce qui me paraît une évidence – l’expression des nouvelles classes dominantes. (…) Est-ce Nicolas Sarkozy qui se “droitise” en plaçant la maîtrise des flux migratoires au cœur de la question sociale ou la gauche qui se renie en substituant à la question sociale le combat sociétal en faveur d’un communautarisme multiculturel ? L’impensé du candidat socialiste sur l’immigration est tout sauf accidentel : il témoigne d’une contradiction à ce jour non résolue. L’idéologie du “transfrontiérisme” n’est pas celle des Français. Près de deux Français sur trois et près d’un sympathisant de gauche sur deux approuvent la proposition de Nicolas Sarkozy de réduire de moitié l’immigration légale. Le projet que porte Nicolas Sarkozy s’adresse à tout l’électorat populaire. Il est clairement le candidat d’une Europe des frontières. C’est en cela qu’il est le candidat du peuple qui souffre de l’absence de frontières et de ses conséquences en chaîne : libre-échangisme sans limites, concurrence déloyale, dumping social, délocalisation de l’emploi, déferlante migratoire. Les frontières, c’est la préoccupation des Français les plus vulnérables. Les frontières, c’est ce qui protège les plus pauvres. Les privilégiés, eux, ne comptent pas sur l’Etat pour construire des frontières. Ils n’ont eu besoin de personne pour se les acheter. Frontières spatiales et sécuritaires : ils habitent les beaux quartiers. Frontières scolaires : leurs enfants fréquentent les meilleurs établissements. Frontières sociales : leur position les met à l’abri de tous les désordres de la mondialisation et en situation d’en recueillir tous les bénéfices. Patrick Buisson
Si on avait fait une autre campagne, si on avait adopté une autre stratégie, Sarkozy était à 22 %, Marine Le Pen à 23 %, et c’était un 21 avril à l’envers ! Il n’y a pas besoin d’être un expert en politologie pour comprendre cela. Comment voulez-vous que des électeurs qui hésitent entre Le Pen et Sarkozy le choisissent, lui, s’il ne fait pas campagne au peuple ? On a eu la bonne stratégie. On a bien senti ce qui se passait dans le pays. (…) Ce sont les couillons qui ont parlé de nommer Bayrou Premier ministre. Vous savez bien : Juppé, Raffarin et Pécresse…(…) Le président a perdu du terrain quand il s’est mis à parler d’ouverture. Tout ça nous a fait perdre 2 points. (..)  On ne peut pas se faire élire sur un programme de droite décomplexée et prétendre gouverner avec des socialistes. Patrick Buisson (09.05.12)
Les «élites» françaises, sous l’inspiration et la domination intellectuelle de François Mitterrand, on voulu faire jouer au Front National depuis 30 ans, le rôle, non simplement du diable en politique, mais de l’Apocalypse. Le Front National représentait l’imminence et le danger de la fin des Temps. L’épée de Damoclès que se devait de neutraliser toute politique «républicaine». Cet imaginaire de la fin, incarné dans l’anti-frontisme, arrive lui-même à sa fin. Pourquoi? Parce qu’il est devenu impossible de masquer aux Français que la fin est désormais derrière nous. La fin est consommée, la France en pleine décomposition, et la république agonisante, d’avoir voulu devenir trop bonne fille de l’Empire multiculturel européen. Or tout le monde comprend bien qu’il n’a nullement été besoin du Front national pour cela. Plus rien ou presque n’est à sauver, et c’est pourquoi le Front national fait de moins en moins peur, même si, pour cette fois encore, la manœuvre du «front républicain», orchestrée par Manuel Valls, a été efficace sur les électeurs socialistes. Les Français ont compris que la fin qu’on faisait incarner au Front national ayant déjà eu lieu, il avait joué, comme rôle dans le dispositif du mensonge généralisé, celui du bouc émissaire, vers lequel on détourne la violence sociale, afin qu’elle ne détruise pas tout sur son passage. Remarquons que le Front national s’était volontiers prêté à ce dispositif aussi longtemps que cela lui profitait, c’est-à-dire jusqu’à aujourd’hui. Le parti anti-système a besoin du système dans un premier temps pour se légitimer. Nous approchons du point où la fonction de bouc émissaire, théorisée par René Girard va être entièrement dévoilée et où la violence ne pourra plus se déchaîner vers une victime extérieure. Il faut bien mesurer le danger social d’une telle situation, et la haute probabilité de renversement qu’elle secrète: le moment approche pour ceux qui ont désigné la victime émissaire à la vindicte du peuple, de voir refluer sur eux, avec la vitesse et la violence d’un tsunami politique, la frustration sociale qu’ils avaient cherché à détourner. Les élections régionales sont sans doute un des derniers avertissements en ce sens. Les élites devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Y-a-t-il une solution pour échapper à une telle issue? Avouons que cette responsabilité est celle des élites en place, ayant entonné depuis 30 ans le même refrain. A supposer cependant que nous voulions les sauver, nous pourrions leur donner le conseil suivant: leur seule possibilité de survivre serait d’anticiper la violence refluant sur elles en faisant le sacrifice de leur innocence. Elles devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Pour cela, elles devraient admettre de déconstruire la gigantesque hallucination collective produite autour du Front national, hallucination revenant aujourd’hui sous la forme inversée du Sauveur. Ce faisant, elles auraient tort de se priver au passage de souligner la participation du Front national au dispositif, ce dernier s’étant prêté de bonne grâce, sous la houlette du Père, à l’incarnation de la victime émissaire. Il faut bien avouer que nos élites du PS comme de Les Républicains ne prennent pas ce chemin, démontrant soit qu’elles n’ont strictement rien compris à ce qui se passe dans ce pays depuis 30 ans, soit qu’elles l’ont au contraire trop bien compris, et ne peuvent plus en assumer le dévoilement, soit qu’elles espèrent encore prospérer ainsi. Il n’est pas sûr non plus que le Front national soit prêt à reconnaître sa participation au dispositif. Il y aurait intérêt pourtant pour pouvoir accéder un jour à la magistrature suprême. Car si un tel aveu pourrait lui faire perdre d’un côté son «aura» anti-système, elle pourrait lui permettre de l’autre, une alliance indispensable pour dépasser au deuxième tour des présidentielles le fameux «plafond de verre». Il semble au contraire après ces régionales que tout changera pour que rien ne change. Deux solutions qui ne modifient en rien le dispositif mais le durcissent au contraire se réaffirment. La première solution, empruntée par le PS et désirée par une partie des Républicains, consiste à maintenir coûte que coûte le discours du front républicain en recherchant un dépassement du clivage gauche/droite. Une telle solution consiste à aller plus loin encore dans la désignation de la victime émissaire, et à s’exposer à un retournement encore plus dévastateur. (…) Car sans même parler des effets dévastateurs que pourrait avoir, a posteriori, un nouvel attentat, sur une telle déclaration, comment ne pas remarquer que les dernières décisions du gouvernement sur la lutte anti-terroriste ont donné rétrospectivement raison à certaines propositions du Front national? On voit mal alors comment on pourrait désormais lui faire porter le chapeau de ce dont il n’est pas responsable, tout en lui ôtant le mérite des solutions qu’il avait proposées, et qu’on n’a pas hésité à lui emprunter! La deuxième solution, défendue par une partie des Républicains suivant en cela Nicolas Sarkozy, consiste à assumer des préoccupations communes avec le Front national, tout en cherchant à se démarquer un peu par les solutions proposées. Mais comment faire comprendre aux électeurs un tel changement de cap et éviter que ceux-ci ne préfèrent l’original à la copie? Comment les électeurs ne remarqueraient-ils pas que le Front national, lui, n’a pas changé de discours, et surtout, qu’il a précédé tout le monde, et a eu le mérite d’avoir raison avant les autres, puisque ceux-ci viennent maintenant sur son propre terrain? Comment d’autre part concilier une telle proximité avec un discours diabolisant le Front national et cherchant l’alliance au centre? Curieuses élites, qui ne comprennent pas que la posture «républicaine», initiée par Mitterrand, menace désormais de revenir comme un boomerang les détruire. Christopher Lasch avait écrit La révolte des élites, pour pointer leur sécession d’avec le peuple, c’est aujourd’hui le suicide de celles-ci qu’il faudrait expliquer, dernière conséquence peut-être de cette sécession. Vincent Coussedière
Aujourd’hui, dès que l’on ose parler de récit national cela provoque des polémiques sans fin. En effet je pense avec Nicolas Sarkozy qu’un récit national se proposant d’apprendre à tous à aimer la France, en faisant découvrir la permanence de nos héritages doublement millénaire est possible. Et cet enseignement est indispensable à l’intelligence du temps présent et au fameux «vivre ensemble». Le récit national est une part importante et même décisive de la conscience civique. Un récit se doit d’être objectif et de restituer l’Histoire, avec ses lumières, mais aussi avec ses ombres. Malheureusement, face à nous les tenants d’une Histoire de France en perpétuelle mutation tiennent le haut de pavé que ce soit à l’université (très marquée à gauche) ou bien dans l’entourage du président Hollande. (…) La politique d’assimilation vise à inclure les étrangers dans une République universaliste fondée sur l’émancipation individuelle. À ce terme aujourd’hui dévalorisé, on préfère celui d’intégration qui vise à absorber chaque individu dans la société d’accueil par le brassage de l’école, de l’emploi, du mariage. Comme le sous-entend si bien Nicolas Sarkozy le système d’intégration «à la française» a été une grande réussite pendant 200 ans. C’est avant tout notre culture française qui est la base de notre vivre ensemble et cette culture est fondée sur la connaissance de l’Histoire du pays qui vous accueille, celui où vous vivez et travaillez et dont vous possédez la nationalité quelle que soit votre origine géographique. La bonne connaissance de l’Histoire est donc une garantie d’intégration car elle est un moyen d’accéder aux modes de compréhension de notre société française. On peut donc véritablement parler d’un creuset français qui a réussi à amalgamer en une création originale les migrations successives avec les populations les plus anciennes. (…) Là ou Sarkozy a raison c’est qu’il faut effectivement créer un grand récit national, fédérateur et équilibré, qui rassemble toutes les composantes de notre nouvelle société et lui redonne confiance. Il faut apprendre à tous la permanence de nos héritages, chrétien et monarchique d’une part, républicain et laïc d’autre part pour pouvoir avoir de nouveau confiance en l’avenir et ressouder au sein d’une communauté de destin. Si l’on veut marcher vers le futur il faut toujours retourner à ses racines… Donnons aux nouveaux venus l’amour et la passion de notre histoire et nous leur ferons aimer la France au lieu de la détester, nous réglerons ainsi bien des problèmes. (…) Ce phénomène date d’une trentaine d’années depuis que la montée du communautarisme et du fondamentalisme ronge de l’intérieur la nation française. Championne de l’autoflagellation, en proie à la déliquescence de son école, à la repentance coloniale et au danger du multiculturalisme, la France s’enfonce dans une perte d’identité totale. L’intelligentsia française très orientée à gauche à l’échiquier politique a imposé obstinément, une idéologie dominante: le paradigme de la repentance coloniale et de la pensée unique. On le voit à cette hargne qu’ont nos élites à déconstruire notre passé pour faire croire à nos enfants que les Français ont tous été d’horribles esclavagistes au XVIIIe siècle, d’infâmes colonisateurs au XIXe siècle et uniquement des collabos au XXe siècle… On joue la carte de la culpabilisation, voire de la criminalisation de l’Histoire de France. À l’effacement de notre culture classique, du grec et du latin, vient s’ajouter le saccage des derniers pans d’histoire de France à tenir encore debout après les réformes scolaires catastrophiques du dernier quinquennat. (…) Ce que l’on critique aujourd’hui comme étant un enseignement colonialiste qui voulait faire oublier aux peuples colonisés leur passé en cherchant à les assimiler de force n’a tout bonnement pas existé. Cette repentance qualifiant de «génocide culturel» l’œuvre éducative des colonies fait l’impasse sur les dernières recherches historiques qui montrent les efforts d’adaptation systématique réalisés par les instituteurs colons, appelés officiellement à valoriser l’héritage autochtone. Rappelons les travaux poursuivis par l’École française d’Extrême-Orient et par l’École des hautes études berbères de Rabat qui réapprirent leur propre histoire aux Annamites et aux Marocains. L’objectif des dirigeants français de la IIIe République tel qu’Albert Sarraut était de «changer l’homme» par l’éducation, de le faire accéder à une partie du savoir et de l’univers européen… Dimitri Casali
La question n’est pas de savoir si les Français sont ethniquement d’origine gauloise. Tout le monde sait que pour la plupart des Français ne sont pas d’origine gauloise, et qu’il y a eu dans l’Histoire des mélanges. De même, les Américains en sont pas tous descendants ethniquement des Pères pèlerins, cela ne les empêche pas de fêter Thanksgiving, pour remercier les Indiens de les avoir accueillis. De même, cela n’empêche pas les Italiens d’apprendre l’histoire de Romulus et Remus ou les Mexicains l’histoire des populations indiennes. La, nous créons un grand récit parce que nous en avons besoin. C’est le récit de l’Histoire de France qui correspond à notre nation civique qui justement n’est pas fondée sur le sang mais sur une histoire et des valeurs communes. Ces valeurs doivent être incarnées et intégrées dans cette histoire. Il ne peut y avoir de valeurs abstraites, c’est d’ailleurs un peu le problème de la gauche actuelle qui parle de république, de liberté et d’égalité mais n’accroche pas ces termes à une histoire. La question des Gaulois est absolument fondamentale. Elle signifie qu’on donne à notre nation une racine historique commune. Et une origine orientée, on ne parle pas de nos ancêtres anthropophages par exemple, pourtant c’est aussi la vérité, oui de nos ancêtres qui ont collaboré avec les nazis. Il faut que tout le monde participe à l’apprentissage de ces racines communes qui font sens. Tous ceux qui ne comprennent pas ça ne comprennent rien à la nation civique française, et je dirais même à la politique. Il est assez inquiétant de voir qu’une partie du personnel politique soit à ce point ignorante de la nécessité de construire un récit commun pour maintenir une unité nationale. La nation civique française a même besoin d’avoir un grand récit plus fort, qui remonte loin, justement parce qu’elle n’est pas fondée sur le sang, parce qu’elle n’est pas ethnique. C’est ce que pensait d’ailleurs Napoléon, qui n’hésitait pas à rappeler ces origines gauloises ou le général de Gaulle. En dérogeant à cette tradition qui avait le soutien de gens aussi différents que Clémenceau ou les révolutionnaires de 1789, François Mitterrand montrait seulement qu’il était la victime du politiquement correct laxiste et multi-culturaliste qui dominait en France au début des années 80, et qui a fait tant de mal au pays. Cet imaginaire que nous construisons par l’école, par le grand récit, par la fable, est d’ailleurs loin d’être arbitraire. Il est inscrit sur une réalité historique. Même dans notre langage, même dans les autres symboles, nous avons cette puissance de l’imaginaire gaulois. Par exemple, l’idée-même du coq, ce fameux coq que nous présentons comme le symbole de la France, vient en réalité de la Gaule et des Gaulois. Dans le vocabulaire ancien, les partenaires commerciaux des Gaulois les appelaient « Gau », ce qui signifie « coq ». Le coq se retrouve sur la monnaie, sur des médailles, des statues, des vases, dans la Gaule préromaine. On a donc une sorte de grande tradition. Le coq reste la représentation de la France, jusqu’au Saint-Empire romain germanique qui représente la France par ce « coq ») ce « gau », cette gauloiserie. L’idée donc qu’affirmer « nos ancêtres les Gaulois » serait la preuve d’une inculture est totalement sidérante. Cela prouve au contraire à quel point ceux qui critiquent ont peu de culture. Car ce grand récit est profondément républicain Il faut savoir que lorsque les Francs arrivent, ils inventèrent un autre grand récit pour maintenir l’unité du pays : « nos ancêtres les François ». Évidemment, on savait bien aussi alors qu’il y avait pléthore de Burgondes, de Gallo-Romains, d’Ostrogoths, de basques, de Wisigoths, etc. On savait bien que ce n’était pas vrai au sens ethnique du terme, mais au sens civique Clovis voulait absolument fondre cette nation dans une même unité. Ce récit des François est arrêté au XVIIIe siècle car les aristocrates d’alors inventèrent sous l’influence de l’aristocratie espagnole l’idée d’une « race française », qui aurait le sang bleu. Du coup, il y a eu une sorte d’opposition entre « François » et « Gaulois ». Quand la Révolution Française est arrivée, on a supprimé la référence aux « François et on a commencé à construire ce discours « gaulois », ce qui est devenu la référence de la IIIème République puis de la IVème. L’influence de la Gaule est d’ailleurs très forte dans l’esprit et l’imaginaire. Nous avons hérité d’eux la liberté et l’égalité. Leur esprit de liberté et d’égalité était tellement fort que le père de Vercingétorix, Celtillos, a été mis à mort par sa propre tribu parce qu’ils craignaient qu’ils veuillent devenir roi. Ce sentiment de liberté et d’égalité très puissant a d’ailleurs été noté par Suétone puis Jules César. De même, les banquets, la fabrication du vin, l’organisation de la structure du paysage français en pays sont tous un héritage gaulois. Dans les tribus, qui étaient elles-mêmes des mélanges ethniques, chacun était membre de la tribu à partir du moment où ils partageaient les valeurs de la tribu. Les Tardelli par exemple étaient ainsi un mélange de Basques et de Celtes, et étaient très fiers d’être des Tardelli, sans se préoccuper de l’origine d’untel ou d’untel. Nous avons hérité de ça. Et cet héritage, aucune autre nation du monde ne le possède même si nous trouvons chez les Gallois (le terme vient d’ailleurs de « gau » aussi) et les Ecossais des similitudes. Il est dommage que des politiques ne comprennent pas l’importance de construire un imaginaire, comme toutes les populations du monde le font. Et d’imposer une histoire commune. Nous sommes en crise et nous avons besoin de reconstruire le récit et de remettre du liant à l’intérieur de la société française. Je pense donc que c’est un mauvais procès fait à Nicolas Sarkozy. Et une preuve de l’incompétence de nos politiques à être des politiques. Yves Roucaute
Il est très frappant de constater que cette question de l’apprentissage du grand récit ne posait aucun problème aux gens qui arrivaient en France avant les années 1960. Sous l’influence du tournant des années 1960-1970, au nom du respect de la différence, c’est devenu soudainement un problème. Et, dans les années 80, les « demi-habiles » se sont emparés du pays avec le politiquement correct. Nous avons alors vu des gens qui ont commencé à dire qu’il fallait accepter les différences de ces gens-là, qu’on ne pouvait pas imposer un modèle unique aux immigrés et qu’il fallait respecter au même titre toutes les civilisations. Je note en passant qu’aucun autre pays d’où venaient ces migrants ne tient ce discours-là ! Dans ces pays, on part du principe qu’il y a des histoires propres, et on demande à ces gens d’apprendre et d’assimiler l’histoire de ces pays pour devenir des citoyens. En France, nous avons eu ce courant déstabilisant depuis les années 1970, où l’on a demandé aux Français un effort pour accepter des cultures qui n’étaient pas assimilables. Qu’un Algérien musulman ne mange pas de porc ou qu’un Hindouiste ne mange pas de viande ne pose aucun problème aux Français. Ce qui pose problème aux Français, c’est qu’on veuille imposer son mode de vie sur le leur et que l’on viole les valeurs sur lesquelles est fondée leur civilisation, telle que l’égale dignité des hommes et des femmes. Les Français considèrent qu’on doit globalement vivre en français. Ils ne veulent pas qu’on leur impose des modes de vie qui ne sont pas les leurs. Et ils comprennent parfaitement que la femme qui porte un burkini, qui met un niqab, est dans une position cde provocation et d‘agression de la France. Aujourd’hui, nous confondons un peu tout. Il faut donc hiérarchiser. Il y a des choses fondamentales où l’on ne peut pas négocier : l’égalité homme-femme, le respect de la dignité humaine, les droits individuels, le mode d’organisation sociale, etc. Le problème du multiculturalisme, c’est qu’il ne différencie rien. il mélange tout, les différences acceptables de celles qui ne le sont pas et le fait qu’il existe un mode de vie français, avec ses obligations et ses sanctions. Nous avons eu ce phénomène pendant 40 ans, surtout à gauche, mais la droite, par peur de la gauche et d’être traitée de raciste ou d’islamophobe, a suivi un peu le mouvement – et on le voit aujourd’hui encore. Il est temps qu’on apprenne à un certain nombre de gens vivant en France qu’il y a des règles à respecter en France. Et, ceux qui n’aiment pas la France doivent soit partir, si c’est possible, soit se plier à nos règles, par la force si possible. Nous manquons d’un Clémenceau. Yves Roucaute
Comme souvent, le buzz masque la teneur exacte du propos, qui est pourtant dans le cas présent assez limpide. Nicolas Sarkozy fait référence à un cliché du « roman national » – lequel a pour vertu de « parler » à tout le monde – afin d’afficher un parti-pris en faveur de l’assimilation. Il s’inscrit dans un débat en effet nécessaire, qui n’est toutefois pas le débat « récit historique ou valeurs communes » mais celui qui oppose multiculturalisme et assimilationnisme. Si on veut donner sens aux termes du débat en circulation, il faut considérer que l’assimilation et le multiculturalisme sont les deux modèles d’intégration entre lesquels il faut nécessairement choisir. Ensuite, se pose évidemment la question des modalités et, dans le cas de l’assimilation, de la conception de l’identité nationale qui fonde le projet d’assimilation. On peut vouloir l’assimilation à une conception ethnique de la nation ou l’assimilation à une conception républicaine, qui associe identité nationale et principes universels. Je suis d’ordinaire plutôt « Sarkophobe », mais je dois avouer que je suis consterné par la malveillance et la bêtise des réactions que suscite un propos dont le seul tort est d’être impeccablement républicain. Nicolas Sarkozy est peut-être inculte, mais tout de même pas au point de penser qu’un néo-Français issue de l’immigration subsaharienne descend en ligne directe des Gaulois ! Son propos est parfaitement républicain et antiraciste puisqu’il signifie qu’être Français n’est pas une question de race, d’ethnie, de racines, de souche ou que sais-je, mais exclusivement une affaire d’engagement personnel par lequel on s’inscrit volontairement dans un nouveau destin collectif. Paradoxalement (mais le paradoxe n’est qu’apparent), ce sont les réactions critiques qui véhiculent une conception raciste ou ethnique de l’identité, en évoquant notamment la notion de « racines » ou en interprétant la formule toute faite « nos ancêtres les Gaulois » dans le sens d’une lignée génétique ou culturelle. Ces réactions témoignent d’une adhésion plus ou moins confuse à un modèle multiculturaliste qui conçoit la France comme une identité informe ou métissée composée de multiples souches, races ou ethnies. Il est intéressant d’observer, à travers les réactions provoquées par un propos pourtant clair et net, à quel point les esprits sont embrouillés sur cette question de l’identité. Que l’histoire de France (comment qu’on la conçoive) soit l’histoire de tous les Français, ou le devienne s’il s’agit de nouveaux arrivants, quoi de plus incontestable ! Bien entendu, les immigrés arrivent avec dans leur bagage une histoire, une culture, des traditions. On est cependant en droit de considérer que la volonté de vivre en France et de devenir Français vaut adhésion à l’identité collective de la France. Ou alors, mais il faut l’assumer clairement, c’est qu’on considère la France comme un territoire neutre, sans identité, une nation sans histoire ni destin, exclusivement destinée à accueillir une multiplicité de traditions, d’identités ethniques et de modes de vie venus d’ailleurs. Eric Deschavanne
Comme beaucoup de Français je pense, la question de l’intégration ne me paraît pas insoluble pour peu qu’on fasse preuve d’un peu de bon sens. En effet, l’intégration n’est possible que par un effort conjoint de la population qui intègre et de celle qui s’intègre. Le débat porte aujourd’hui principalement sur l’islam. Il est évident que si l’on s’arqueboute sur une conception ethnique de la nation en considérant l’islam comme une religion par essence incompatible avec les valeurs de la République ou définitivement étrangère, l’intégration des musulmans devient impensable et impossible. Il est également évident que les musulmans qui choisissent une interprétation de l’islam et un mode de vie en rupture avec les valeurs et les moeurs françaises peuvent difficilement espérer s’intégrer sans heurts. Être équitable consiste à mes yeux à refuser aussi bien la xénophobie des identitaires que la xénophilie débile de ceux qui vous expliquent que le burkini est un vêtement comme un autre. L’argument multiculturaliste le plus dangereux, fort bien exploité par les islamistes, est celui qui consiste, en récusant la problématique de l’intégration, à affirmer que c’est la carte d’identité qui fait le Français, de sorte que si on peut montrer que les salafistes sont des Français de troisième génération (parfois, on le sait, ce sont même des convertis), cela implique de considérer désormais le salafisme comme une tradition française ou une partie de la culture française. C’est là qu’on mesure l’importance et l’intérêt de défendre l’idée qu’il existe une identité culturelle de la France. Ce qui n’a rien à voir avec le racisme, lequel consiste à estimer que seuls les Français de souche sont aptes à assimiler cette identité. Eric Deschavanne
Le mythe des Gaulois est en effet inventé par « la gauche », si on veut, ou, plus exactement, il est d’origine révolutionnaire : les aristocrates descendant des Francs, il fallait que le peuple eût une autre origine, ancrée dans un passé plus ancien, et donc une légitimité historique plus grande. La question n’est cependant pas là. On se trompe si on imagine que l’on réussira l’intégration en réactivant le roman national du 19e siècle ou en ressuscitant le service militaire. Ces billevesées polluent de débat. On peut être assimilationniste sans être bêtement réactionnaire. L’histoire de France doit être enseignée à tous, sous la forme d’un récit, certes, mais pas d’un « roman » – ni roman national, ni roman anti-national du reste. On peut et on doit faire – comme le suggère Mara Goyet dans la lignée des « Lieux de mémoire » de Pierre Nora – la pédagogie du « roman national » (lequel fait partie de l’histoire de France), afin par exemple de comprendre la place des « Gaulois » dans l’imaginaire national. Mais l’enseignement doit absolument faire prévaloir la vérité historique sur les considérations morales, idéologiques et politiques. Najat Vallaud-Belkacem, qui vient dire aujourd’hui à la télévision que l’histoire doit être véridique, avait au début du quinquennat co-signé avec Vincent Peillon un appel à rectifier les manuels d’histoire pour y faire figurer davantage de femmes – non pas par souci de vérité historique, mais pour faire progresser la cause de l’égalité hommes/femmes, pour donner aux petites filles davantage de supports d’identification. L’enseignement de l’histoire n’a pas à être progressiste ou réactionnaire, il doit se garder d’être édifiant, de prétendre cultiver l’amour de la patrie ou celui de l’égalité. Le culte de la science et de son idéal de vérité est un des marqueurs de l’identité française, héritage des Lumières, de Condorcet et du positivisme. Il faut y tenir car la vérité, par définition universelle, est une valeur commune, un Bien commun qui rassemble les hommes, tandis que l’idéologie divise. Où l’on voit que l’identité française est inséparable du culte de l’universel. Le gouvernement algérien vient de faire retirer des écoles un manuel de géographie au motif qu’il contenait non pas une erreur factuelle, mais au contraire un fait indéniable, une carte où figurait l’État d’Israël. Une telle conception idéologique du savoir scolaire s’inscrit dans un roman national, mais elle est en rupture avec l’idée d’humanité. Un tel modèle ne peut être ni multiculturaliste ni assimilationniste : il rend purement et simplement l’intégration de l’étranger impossible. L’assimilation, il ne faut pas l’oublier, est l’assimilation de l’autre, ce qui suppose l’ouverture et la reconnaissance du commun. On ne peut assimiler en opposant le particulier au particulier, en se coupant de l’universel. Nous assimilerons d’autant mieux si nous récusons la tentation du particularisme ethnique et de la partialité idéologique. Eric Deschavanne

C’est Buisson qui avait raison, imbécile !

A l’heure où sous la double menace de la mondialisation et de l’immigration de masse …

Et dans la foulée de leur lot de violence islamique …

Pendant que pour ce qui est des flux migratoires, l’actualité confirme chaque jour un peu plus les analyses tant du Front national que de l’ancien conseiller honni de Nicolas Sarkozy …

La France semble peu à peu redécouvrir les bienfaits oubliés de l’Etat-nation …

Comme de ses expressions concrètes jusqu’ici abandonnées à la seule extrême-droite ou aux tribunes de nos stades …

Après s’en être si longtemps gaussé chez nos alliés américains avec leurs histoires de Mayflower, Thanksgiving ou serments d’allégence au drapeau …

Tout en continuant à la dénier à nos seuls amis israéliens qualifiés systématiquement de « colons » pour leur volonté de continuer à vivre sur leurs terres ancestrales …

Comment ne pas voir …

Dans la levée de boucliers qui a suivi la reprise par l’ancien chef de l’Etat et actuel candidat à la primaire de la droite pour 2017 …

De la fameuse phrase, après l’avoir quelque peu oubliée lui-même lors de sa première campagne de 2007, des manuels d’histoire de la IIIème République « nos ancêtres les Gaulois » …

Tant l’insuffisance et l’abstraction creuse des mantras politiquement corrects avec lesquels on nous bassine depuis plus de 30 ans (laïcité, républicain, métissage, culture) …

Que la continuation comme le rappellent avec le politologue Yves Roucaute et le philosophe Eric Deschavane …

De la longue et si coûteuse ignorance …

De la nécessité et de l’importance du récit national dans la construction de l’identité française ?

« Nos ancêtres les Gaulois » ou le redoutable piège tendu par Nicolas Sarkozyx à ses adversaires de tout poil
En faisant référence dans une réunion publique à l’héritage historique de nos ancêtres gaulois, Nicolas Sarkozy s’est attiré une pluie de critiques venues du monde politique. Des critiques qui oublient bien vite l’importance du récit national dans la construction de l’identité française.

Atlantico : En déclarant ce lundi à Franconville qu’à partir du moment où l’on est français, « on vit comme un Français et nos ancêtres sont les Gaulois« , Nicolas Sarkozy s’est attiré de nombreuses critiques, certains l’accusant d’inculture voire de racisme. Pourtant, cette « polémique » ne révèle-t-elle pas simplement deux conceptions de l’identité nationale française, l’une basée sur le mythe du récit historique et national comme ciment du vivre-ensemble, et l’autre basée sur l’acceptation de valeurs communes ? Ce débat n’est-il pas nécessaire dans notre démocratie ? Opposer nécessairement récit et valeurs a-t-il vraiment du sens ?

Yves Roucaute : Terrible puissance des demi-habiles ou demi-savants, dont se moquait Pascal. Les propos de Nicolas Sarkozy n’auraient pas dû soulever une telle polémique. Il est étonnant d’ailleurs que cette polémique ait été en particulier soulevée par la gauche. Historiquement, la gauche (radicale et socialiste) a toujours soutenu la thèse qu’il fallait donner aux enfants de France dans les écoles une culture commune au centre de laquelle se trouvait un grand récit, celui des origines, en particulier celui de nos ancêtres les Gaulois. Les instituteurs de la IIIème République ne se posaient pas la question de savoir s’ils avaient en face d’eux des enfants d’origine italienne, portugaise, basque, créole, maghrébine, ils se posaient la question de savoir comment ils allaient cimenter l’unité de la nation et ils avaient à leur disposition des manuels qui disaient eux aussi cette histoire de la Guyane à La Rochelle.

Il est assez facile de rire en se disant qu’un enfant noir ne peut pas être d’origine gauloise ou qu’un enfant venu d’une famille maghrébine n’a rien à voir avec les Gaulois. Mais ce ricanement montre seulement l’étendue de l’ignorance d’une grande partie de notre personnel politique qui aurait mieux fait d’apprendre comment fonctionne la politique et l’imaginaire au lieu de se croire intelligents parce qu’ils manquent d’intelligence politique.

La question n’est pas de savoir si les Français sont ethniquement d’origine gauloise. Tout le monde sait que pour la plupart des Français ne sont pas d’origine gauloise, et qu’il y a eu dans l’Histoire des mélanges.  De même, les Américains en sont pas tous descendants ethniquement des Pères pèlerins, cela ne les empêche pas de fêter Thanksgiving, pour remercier les Indiens de les avoir accueillis.  De même, cela n’empêche pas les Italiens d’apprendre l’histoire de Romulus et Remus ou les Mexicains l’histoire des populations indiennes.

La, nous créons un grand récit parce que nous en avons besoin. C’est le récit de l’Histoire de France qui correspond à notre nation civique qui justement n’est pas fondée sur le sang mais sur une histoire et des valeurs communes. Ces valeurs doivent être incarnées et intégrées dans cette histoire. Il ne peut y avoir de valeurs abstraites, c’est d’ailleurs un peu le problème de la gauche actuelle qui parle de république, de liberté et d’égalité mais n’accroche pas ces termes à une histoire.

La question des Gaulois est absolument fondamentale. Elle signifie qu’on donne à notre nation une racine historique commune. Et une origine orientée, on ne parle pas de nos ancêtres anthropophages par exemple, pourtant c’est aussi la vérité, oui de nos ancêtres qui ont collaboré avec les nazis. Il faut que tout le monde participe à l’apprentissage de ces racines communes qui font sens. Tous ceux qui ne comprennent pas ça ne comprennent rien à la nation civique française, et je dirais même à la politique. Il est assez inquiétant de voir qu’une partie du personnel politique soit à ce point ignorante de la nécessité de construire un récit commun pour maintenir une unité nationale. La nation civique française a même besoin d’avoir un grand récit plus fort, qui remonte loin, justement parce qu’elle n’est pas fondée sur le sang, parce qu’elle n’est pas ethnique. C’est ce que pensait d’ailleurs Napoléon, qui n’hésitait pas à rappeler ces origines gauloises ou le général de Gaulle. En dérogeant à cette tradition qui avait le soutien de gens aussi différents que Clémenceau ou les révolutionnaires de 1789, François Mitterrand montrait seulement qu’il était la victime du politiquement correct laxiste et multi-culturaliste qui dominait en France au début des années 80, et qui a fait tant de mal au pays.

Cet imaginaire que nous construisons par l’école, par le grand récit, par la fable, est d’ailleurs loin d’être arbitraire. Il est inscrit sur une réalité historique. Même dans notre langage, même dans les autres symboles, nous avons cette puissance de l’imaginaire gaulois. Par exemple, l’idée-même du coq, ce fameux coq que nous présentons comme le symbole de la France, vient en réalité de la Gaule et des Gaulois. Dans le vocabulaire ancien, les partenaires commerciaux des Gaulois les appelaient « Gau », ce qui signifie « coq ». Le coq se retrouve sur la monnaie, sur des médailles, des statues, des vases, dans la Gaule préromaine. On a donc une sorte de grande tradition. Le coq reste la représentation de la France, jusqu’au Saint-Empire romain germanique qui représente la France par ce « coq ») ce « gau », cette gauloiserie.

L’idée donc qu’affirmer « nos ancêtres les Gaulois » serait la preuve d’une inculture est totalement sidérante. Cela prouve au contraire à quel point ceux qui critiquent ont peu de culture.

Car ce grand récit est profondément républicain

Il faut savoir que lorsque les Francs arrivent, ils inventèrent un autre grand récit pour maintenir l’unité du pays : « nos ancêtres les François ». Évidemment, on savait bien aussi alors qu’il y avait pléthore de Burgondes, de Gallo-Romains, d’Ostrogoths, de basques, de Wisigoths, etc. On savait bien que ce n’était pas vrai au sens ethnique du terme, mais au sens civique Clovis voulait absolument fondre cette nation dans une même unité. Ce récit des François est arrêté au XVIIIe siècle car les aristocrates d’alors inventèrent sous l’influence de l’aristocratie espagnole l’idée d’une « race française », qui aurait le sang bleu. Du coup, il y a eu une sorte d’opposition entre « François » et « Gaulois ». Quand la Révolution Française est arrivée, on a supprimé la référence aux « François et on a commencé à construire ce discours « gaulois », ce qui est devenu la référence de la IIIème République puis de la IVème.

L’influence de la Gaule est d’ailleurs très forte dans l’esprit et l’imaginaire. Nous avons hérité d’eux la liberté et l’égalité. Leur esprit de liberté et d’égalité était tellement fort que le père de Vercingétorix, Celtillos, a été mis à mort par sa propre tribu parce qu’ils craignaient qu’ils veuillent devenir roi. Ce sentiment de liberté et d’égalité très puissant a d’ailleurs été noté par Suétone puis Jules César.

De même, les banquets, la fabrication du vin, l’organisation de la structure du paysage français en pays sont tous un héritage gaulois. Dans les tribus, qui étaient elles-mêmes des mélanges ethniques, chacun était membre de la tribu à partir du moment où ils partageaient les valeurs de la tribu. Les Tardelli par exemple étaient ainsi un mélange de Basques et de Celtes, et étaient très fiers d’être des Tardelli, sans se préoccuper de l’origine d’untel ou d’untel. Nous avons hérité de ça.

Et cet héritage, aucune autre nation du monde ne le possède même si nous trouvons chez les Gallois (le terme vient d’ailleurs de « gau » aussi) et les Ecossais des similitudes.

Il est dommage que des politiques ne comprennent pas l’importance de construire un imaginaire, comme toutes les populations du monde le font. Et d’imposer une histoire commune. Nous sommes en crise et nous avons besoin de reconstruire le récit et de remettre du liant à l’intérieur de la société française. Je pense donc que c’est un mauvais procès fait à Nicolas Sarkozy. Et une preuve de l’incompétence de nos politiques à être des politiques.

 Voir aussi:

Sarkozy et les Gaulois : pourquoi le récit national est devenu tabou
Le Figaro
20/09/2016
FIGAROVOX/ENTRETIEN – Nicolas Sarkozy a créé une polémique en évoquant le mythe de «nos ancêtres les Gaulois» pour justifier le modèle de l’assimilation. Pour Dimitri Casali, les deux mille ans d’histoire de France sont indispensables à l’intelligence du temps présent.

Historien, ancien professeur en «ZEP», Dimitri Casali a notamment publié Notre histoire: tout ce que nos enfants devraient apprendre à l’école (éd. La Martinière, préface de J.P. Chevènement) ; L’altermanuel d’histoire de France (éd. Perrin, 2011) ; L’histoire de France interdite (éd. JC Lattès, 2013) et dernièrement Désintégration française (éd. JC Lattès, 2016).

FIGAROVOX. – Nicolas Sarkozy a déclenché une polémique en déclarant: «Dès que l’on devient français, nos ancêtres sont gaulois». Le roman national est-il devenu un tabou?

Dimitri CASALI. – Tout à fait, mais j’utiliserai plutôt le terme plus juste scientifiquement de «récit national». La France n’a pas besoin de «romancer» son Histoire, elle est suffisamment riche telle qu’elle est. Oui aujourd’hui, dès que l’on ose parler de récit national cela provoque des polémiques sans fin. En effet je pense avec Nicolas Sarkozy qu’un récit national se proposant d’apprendre à tous à aimer la France, en faisant découvrir la permanence de nos héritages doublement millénaire est possible. Et cet enseignement est indispensable à l’intelligence du temps présent et au fameux «vivre ensemble». Le récit national est une part importante et même décisive de la conscience civique. Un récit se doit d’être objectif et de restituer l’Histoire, avec ses lumières, mais aussi avec ses ombres. Malheureusement, face à nous les tenants d’une Histoire de France en perpétuelle mutation tiennent le haut de pavé que ce soit à l’université (très marquée à gauche) ou bien dans l’entourage du président Hollande.

L’ancien président de la République a continué: «Mon père est hongrois, on ne m’a pas appris l’histoire de la Hongrie. Mon grand-père maternel est grec, on ne m’a pas appris l’histoire de la Grèce. Au moment où je suis Français, j’aime la France, j’apprends l’histoire de France, je parle le français et mes ancêtres sont les ancêtres de la France, c’est ça l’assimilation». Est-ce une bonne définition du modèle de l’assimilation?

La politique d’assimilation vise à inclure les étrangers dans une République universaliste fondée sur l’émancipation individuelle. À ce terme aujourd’hui dévalorisé, on préfère celui d’intégration qui vise à absorber chaque individu dans la société d’accueil par le brassage de l’école, de l’emploi, du mariage. Comme le sous-entend si bien Nicolas Sarkozy le système d’intégration «à la française» a été une grande réussite pendant 200 ans. C’est avant tout notre culture française qui est la base de notre vivre ensemble et cette culture est fondée sur la connaissance de l’Histoire du pays qui vous accueille, celui où vous vivez et travaillez et dont vous possédez la nationalité quelle que soit votre origine géographique. La bonne connaissance de l’Histoire est donc une garantie d’intégration car elle est un moyen d’accéder aux modes de compréhension de notre société française. On peut donc véritablement parler d’un creuset français qui a réussi à amalgamer en une création originale les migrations successives avec les populations les plus anciennes.

Certains ont considéré les propos de Nicolas Sarkozy comme la marque d’une identité biologique. Ne s’agit-il pas au contraire d’une identité davantage politique fondée sur la volonté d’un peuple de se réunir autour d’un passé mythologique commun?

Là ou Sarkozy a raison c’est qu’il faut effectivement créer un grand récit national, fédérateur et équilibré, qui rassemble toutes les composantes de notre nouvelle société et lui redonne confiance. Il faut apprendre à tous la permanence de nos héritages, chrétien et monarchique d’une part, républicain et laïc d’autre part pour pouvoir avoir de nouveau confiance en l’avenir et ressouder au sein d’une communauté de destin. Si l’on veut marcher vers le futur il faut toujours retourner à ses racines… Donnons aux nouveaux venus l’amour et la passion de notre histoire et nous leur ferons aimer la France au lieu de la détester, nous réglerons ainsi bien des problèmes.

Votre dernier essai* est sous-titré: «Pourquoi notre pays renie son histoire et nos enfants perdent leurs repères». De quand date ce phénomène de reniement?

Ce phénomène date d’une trentaine d’années depuis que la montée du communautarisme et du fondamentalisme ronge de l’intérieur la nation française. Championne de l’autoflagellation, en proie à la déliquescence de son école, à la repentance coloniale et au danger du multiculturalisme, la France s’enfonce dans une perte d’identité totale. L’intelligentsia française très orientée à gauche à l’échiquier politique a imposé obstinément, une idéologie dominante: le paradigme de la repentance coloniale et de la pensée unique. On le voit à cette hargne qu’ont nos élites à déconstruire notre passé pour faire croire à nos enfants que les Français ont tous été d’horribles esclavagistes au XVIIIe siècle, d’infâmes colonisateurs au XIXe siècle et uniquement des collabos au XXe siècle… On joue la carte de la culpabilisation, voire de la criminalisation de l’Histoire de France. À l’effacement de notre culture classique, du grec et du latin, vient s’ajouter le saccage des derniers pans d’histoire de France à tenir encore debout après les réformes scolaires catastrophiques du dernier quinquennat.

Quand «Nos ancêtres les Gaulois» ont-ils disparu des manuels scolaires?

La formule exacte est issue du manuel d’histoire primaire Le Petit Lavisse écrit par le grand historien Ernest Lavisse, édité en 1884 et réédité cinquante fois jusqu’en 1950: «Il y a deux mille ans, notre pays s’appelait la Gaule et ses habitants les Gaulois». Cependant les petits indigènes des colonies récitant par cœur cette formule ne correspond pas du tout à la réalité historique de l’époque. Ce que l’on critique aujourd’hui comme étant un enseignement colonialiste qui voulait faire oublier aux peuples colonisés leur passé en cherchant à les assimiler de force n’a tout bonnement pas existé. Cette repentance qualifiant de «génocide culturel» l’œuvre éducative des colonies fait l’impasse sur les dernières recherches historiques qui montrent les efforts d’adaptation systématique réalisés par les instituteurs colons, appelés officiellement à valoriser l’héritage autochtone. Rappelons les travaux poursuivis par l’École française d’Extrême-Orient et par l’École des hautes études berbères de Rabat qui réapprirent leur propre histoire aux Annamites et aux Marocains. L’objectif des dirigeants français de la IIIe République tel qu’Albert Sarraut était de «changer l’homme» par l’éducation, de le faire accéder à une partie du savoir et de l’univers européen…

* Dimitri CASALI, Désintégration française, éd. Jean-Claude Lattès, 2016.

Voir également:

Nos ancêtres les Gaulois » ou le redoutable piège tendu par Nicolas Sarkozyx à ses adversaires de tout poil

En faisant référence dans une réunion publique à l’héritage historique de nos ancêtres gaulois, Nicolas Sarkozy s’est attiré une pluie de critiques venues du monde politique. Des critiques qui oublient bien vite l’importance du récit national dans la construction de l’identité française.

Atlantico : En déclarant ce lundi à Franconville qu’à partir du moment où l’on est français, « on vit comme un Français et nos ancêtres sont les Gaulois« , Nicolas Sarkozy s’est attiré de nombreuses critiques, certains l’accusant d’inculture voire de racisme. Pourtant, cette « polémique » ne révèle-t-elle pas simplement deux conceptions de l’identité nationale française, l’une basée sur le mythe du récit historique et national comme ciment du vivre-ensemble, et l’autre basée sur l’acceptation de valeurs communes ? Ce débat n’est-il pas nécessaire dans notre démocratie ? Opposer nécessairement récit et valeurs a-t-il vraiment du sens ?

Yves Roucaute : Terrible puissance des demi-habiles ou demi-savants, dont se moquait Pascal. Les propos de Nicolas Sarkozy n’auraient pas dû soulever une telle polémique. Il est étonnant d’ailleurs que cette polémique ait été en particulier soulevée par la gauche. Historiquement, la gauche (radicale et socialiste) a toujours soutenu la thèse qu’il fallait donner aux enfants de France dans les écoles une culture commune au centre de laquelle se trouvait un grand récit, celui des origines, en particulier celui de nos ancêtres les Gaulois. Les instituteurs de la IIIème République ne se posaient pas la question de savoir s’ils avaient en face d’eux des enfants d’origine italienne, portugaise, basque, créole, maghrébine, ils se posaient la question de savoir comment ils allaient cimenter l’unité de la nation et ils avaient à leur disposition des manuels qui disaient eux aussi cette histoire de la Guyane à La Rochelle.

Il est assez facile de rire en se disant qu’un enfant noir ne peut pas être d’origine gauloise ou qu’un enfant venu d’une famille maghrébine n’a rien à voir avec les Gaulois. Mais ce ricanement montre seulement l’étendue de l’ignorance d’une grande partie de notre personnel politique qui aurait mieux fait d’apprendre comment fonctionne la politique et l’imaginaire au lieu de se croire intelligents parce qu’ils manquent d’intelligence politique.

La question n’est pas de savoir si les Français sont ethniquement d’origine gauloise. Tout le monde sait que pour la plupart des Français ne sont pas d’origine gauloise, et qu’il y a eu dans l’Histoire des mélanges.  De même, les Américains en sont pas tous descendants ethniquement des Pères pèlerins, cela ne les empêche pas de fêter Thanksgiving, pour remercier les Indiens de les avoir accueillis.  De même, cela n’empêche pas les Italiens d’apprendre l’histoire de Romulus et Remus ou les Mexicains l’histoire des populations indiennes.

La, nous créons un grand récit parce que nous en avons besoin. C’est le récit de l’Histoire de France qui correspond à notre nation civique qui justement n’est pas fondée sur le sang mais sur une histoire et des valeurs communes. Ces valeurs doivent être incarnées et intégrées dans cette histoire. Il ne peut y avoir de valeurs abstraites, c’est d’ailleurs un peu le problème de la gauche actuelle qui parle de république, de liberté et d’égalité mais n’accroche pas ces termes à une histoire.

La question des Gaulois est absolument fondamentale. Elle signifie qu’on donne à notre nation une racine historique commune. Et une origine orientée, on ne parle pas de nos ancêtres anthropophages par exemple, pourtant c’est aussi la vérité, oui de nos ancêtres qui ont collaboré avec les nazis. Il faut que tout le monde participe à l’apprentissage de ces racines communes qui font sens. Tous ceux qui ne comprennent pas ça ne comprennent rien à la nation civique française, et je dirais même à la politique. Il est assez inquiétant de voir qu’une partie du personnel politique soit à ce point ignorante de la nécessité de construire un récit commun pour maintenir une unité nationale. La nation civique française a même besoin d’avoir un grand récit plus fort, qui remonte loin, justement parce qu’elle n’est pas fondée sur le sang, parce qu’elle n’est pas ethnique. C’est ce que pensait d’ailleurs Napoléon, qui n’hésitait pas à rappeler ces origines gauloises ou le général de Gaulle. En dérogeant à cette tradition qui avait le soutien de gens aussi différents que Clémenceau ou les révolutionnaires de 1789, François Mitterrand montrait seulement qu’il était la victime du politiquement correct laxiste et multi-culturaliste qui dominait en France au début des années 80, et qui a fait tant de mal au pays.

Cet imaginaire que nous construisons par l’école, par le grand récit, par la fable, est d’ailleurs loin d’être arbitraire. Il est inscrit sur une réalité historique. Même dans notre langage, même dans les autres symboles, nous avons cette puissance de l’imaginaire gaulois. Par exemple, l’idée-même du coq, ce fameux coq que nous présentons comme le symbole de la France, vient en réalité de la Gaule et des Gaulois. Dans le vocabulaire ancien, les partenaires commerciaux des Gaulois les appelaient « Gau », ce qui signifie « coq ». Le coq se retrouve sur la monnaie, sur des médailles, des statues, des vases, dans la Gaule préromaine. On a donc une sorte de grande tradition. Le coq reste la représentation de la France, jusqu’au Saint-Empire romain germanique qui représente la France par ce « coq ») ce « gau », cette gauloiserie.

L’idée donc qu’affirmer « nos ancêtres les Gaulois » serait la preuve d’une inculture est totalement sidérante. Cela prouve au contraire à quel point ceux qui critiquent ont peu de culture.

Car ce grand récit est profondément républicain

Il faut savoir que lorsque les Francs arrivent, ils inventèrent un autre grand récit pour maintenir l’unité du pays : « nos ancêtres les François ». Évidemment, on savait bien aussi alors qu’il y avait pléthore de Burgondes, de Gallo-Romains, d’Ostrogoths, de basques, de Wisigoths, etc. On savait bien que ce n’était pas vrai au sens ethnique du terme, mais au sens civique Clovis voulait absolument fondre cette nation dans une même unité. Ce récit des François est arrêté au XVIIIe siècle car les aristocrates d’alors inventèrent sous l’influence de l’aristocratie espagnole l’idée d’une « race française », qui aurait le sang bleu. Du coup, il y a eu une sorte d’opposition entre « François » et « Gaulois ». Quand la Révolution Française est arrivée, on a supprimé la référence aux « François et on a commencé à construire ce discours « gaulois », ce qui est devenu la référence de la IIIème République puis de la IVème.

L’influence de la Gaule est d’ailleurs très forte dans l’esprit et l’imaginaire. Nous avons hérité d’eux la liberté et l’égalité. Leur esprit de liberté et d’égalité était tellement fort que le père de Vercingétorix, Celtillos, a été mis à mort par sa propre tribu parce qu’ils craignaient qu’ils veuillent devenir roi. Ce sentiment de liberté et d’égalité très puissant a d’ailleurs été noté par Suétone puis Jules César.

De même, les banquets, la fabrication du vin, l’organisation de la structure du paysage français en pays sont tous un héritage gaulois. Dans les tribus, qui étaient elles-mêmes des mélanges ethniques, chacun était membre de la tribu à partir du moment où ils partageaient les valeurs de la tribu. Les Tardelli par exemple étaient ainsi un mélange de Basques et de Celtes, et étaient très fiers d’être des Tardelli, sans se préoccuper de l’origine d’untel ou d’untel. Nous avons hérité de ça.

Et cet héritage, aucune autre nation du monde ne le possède même si nous trouvons chez les Gallois (le terme vient d’ailleurs de « gau » aussi) et les Ecossais des similitudes.

Il est dommage que des politiques ne comprennent pas l’importance de construire un imaginaire, comme toutes les populations du monde le font. Et d’imposer une histoire commune. Nous sommes en crise et nous avons besoin de reconstruire le récit et de remettre du liant à l’intérieur de la société française. Je pense donc que c’est un mauvais procès fait à Nicolas Sarkozy. Et une preuve de l’incompétence de nos politiques à être des politiques.

Eric Deschavanne : Comme souvent, le buzz masque la teneur exacte du propos, qui est pourtant dans le cas présent assez limpide. Nicolas Sarkozy fait référence à un cliché du « roman national » – lequel a pour vertu de « parler » à tout le monde – afin d’afficher un parti-pris en faveur de l’assimilation. Il s’inscrit dans un débat en effet nécessaire, qui n’est toutefois pas le débat « récit historique ou valeurs communes » mais celui qui oppose multiculturalisme et assimilationnisme. Si on veut donner sens aux termes du débat en circulation, il faut considérer que l’assimilation et le multiculturalisme sont les deux modèles d’intégration entre lesquels il faut nécessairement choisir. Ensuite, se pose évidemment la question des modalités et, dans le cas de l’assimilation, de la conception de l’identité nationale qui fonde le projet d’assimilation. On peut vouloir l’assimilation à une conception ethnique de la nation ou l’assimilation à une conception républicaine, qui associe identité nationale et principes universels.

Je suis d’ordinaire plutôt « Sarkophobe », mais je dois avouer que je suis consterné par la malveillance et la bêtise des réactions que suscite un propos dont le seul tort est d’être impeccablement républicain. Nicolas Sarkozy est peut-être inculte, mais tout de même pas au point de penser qu’un néo-Français issue de l’immigration subsaharienne descend en ligne direct des Gaulois ! Son propos est parfaitement républicain et antiraciste puisqu’il signifie qu’être Français n’est pas une question de race, d’ethnie, de racines, de souche ou que sais-je, mais exclusivement une affaire d’engagement personnel par lequel on s’inscrit volontairement dans un nouveau destin collectif. Paradoxalement (mais le paradoxe n’est qu’apparent), ce sont les réactions critiques qui véhiculent une conception raciste ou ethnique de l’identité, en évoquant notamment la notion de « racines » ou en interprétant la formule toute faite « nos ancêtres les Gaulois » dans le sens d’une lignée génétique ou culturelle. Ces réactions témoignent d’une adhésion plus ou moins confuse à un modèle multiculturaliste qui conçoit la France comme une identité informe ou métissée composée de multiples souches, races ou ethnies. Il est intéressant d’observer, à travers les réactions provoquées par un propos pourtant clair et net, à quel point les esprits sont embrouillés sur cette question de l’identité. Que l’histoire de France (comment qu’on la conçoive) soit l’histoire de tous les Français, ou le devienne s’il s’agit de nouveaux arrivants, quoi de plus incontestable ! Bien entendu, les immigrés arrivent avec dans leur bagage une histoire, une culture, des traditions. On est cependant en droit de considérer que la volonté de vivre en France et de devenir Français vaut adhésion à l’identité collective de la France. Ou alors, mais il faut l’assumer clairement, c’est qu’on considère la France comme un territoire neutre, sans identité, une nation sans histoire ni destin, exclusivement destinée à accueillir une multiplicité de traditions, d’identités ethniques et de modes de vie venus d’ailleurs.

Le discours d’acceptation de valeurs communes est-il équitablement adressé à tous les Français selon vous ? Alors qu’une partie de la gauche semble demander des efforts d’acceptation d’autrui, qu’en est-il de la population française issue de l’immigration ? En fait-elle assez pour s’inscrire justement dans ce « moule républicain », dans le respect de ces valeurs qui contribuent à façonner l’identité française ?

Yves Roucaute : Il est très frappant de constater que cette question de l’apprentissage du grand récit ne posait aucun problème aux gens qui arrivaient en France avant les années 1960. Sous l’influence du tournant des années 1960-1970, au nom du respect de la différence, c’est devenu soudainement un problème.  Et, dans les années 80, les « demi-habiles » se sont emparés du pays avec le politiquement correct.

Nous avons alors vu des gens qui ont commencé à dire qu’il fallait accepter les différences de ces gens-là, qu’on ne pouvait pas imposait un modèle unique aux immigrés et qu’il fallait respecter au même titre toutes les civilisations.

Je note en passant qu’aucun autre pays d’où venaient ces migrants ne tient ce discours-là ! Dans ces pays, on part du principe qu’il y a des histoires propres, et on demande à ces gens d’apprendre et d’assimiler l’histoire de ces pays pour devenir des citoyens.

En France, nous avons eu ce courant déstabilisant depuis les années 1970, où l’on a demandé aux Français un effort pour accepter des cultures qui n’étaient pas assimilables. Qu’un Algérien musulman ne mange pas de porc ou qu’un Hindouiste ne mange pas de viande ne pose aucun problème aux Français. Ce qui pose problème aux Français, c’est qu’on veuille imposer son mode de vie sur le leur et que l’on viole les valeurs sur lesquelles est fondée leur civilisation, telle que l’égale dignité des hommes et des femmes. Les Français considèrent qu’on doit globalement vivre en français. Ils ne veulent pas qu’on leur impose des modes de vie qui ne sont pas les leurs. Et ils comprennent parfaitement que la femme qui porte un burkini, qui met un niqab, est dans une position cde provocation et d‘agression de la France.

Aujourd’hui, nous confondons un peu tout. Il faut donc hiérarchiser. Il y a des choses fondamentales où l’on ne peut pas négocier : l’égalité homme-femme, le respect de la dignité humaine, les droits individuels, le mode d’organisation sociale, etc. Le problème du multiculturalisme, c’est qu’il ne différencie rien. il mélange tout, les différences acceptables de celles qui ne le sont pas et le fait qu’il existe un mode de vie français, avec ses obligations et ses sanctions.

Nous avons eu ce phénomène pendant 40 ans, surtout à gauche, mais la droite, par peur de la gauche et d’être traitée de raciste ou d’islamophobe, a suivi un peu le mouvement – et on le voit aujourd’hui encore. Il est temps qu’on apprenne à un certain nombre de gens vivant en France qu’il y a des règles à respecter en France. Et, ceux qui n’aiment pas la France doivent soit partir, si c’est possible, soit se plier à nos règles, par la force si possible. Nous manquons d’un Clémenceau.

Voir encore:

Pour Nicolas Sarkozy, «dès que l’on devient Français, nos ancêtres sont Gaulois»
Le Figaro/AFP
19/09/2016

LE SCAN POLITIQUE – En campagne pour la primaire Les Républicains, l’ancien chef de l’État a tenu un discours depuis Franconville, dans le Val-d’Oise, dans lequel il promet d’être le président de «la communauté nationale» contre la «tyrannie des minorités».

Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire Les Républicains, s’est fendu d’une phrase qui risque de faire du bruit. Lors d’un meeting à Franconville, dans le Val-d’Oise, ce lundi, l’ancien chef de l’État a affirmé qu’à partir du moment où l’on devient Français, «l’on vit comme un Français et nos ancêtres sont les Gaulois». L’ex-président de la République a également dénoncé «l’islam extrémiste et politique», dont le but est de «provoquer la République», lors d’une réunion publique.

Promettant de mener «une guerre impitoyable» au terrorisme islamiste, Nicolas Sarkozy a promis qu’il serait, s’il est élu, «le président de l’action», et a ajouté qu’il n’acceptait pas «les 238 morts», victimes des attentats depuis janvier 2015. «Je n’accepterai pas les comportements moyenâgeux qui veulent qu’un homme se baigne en maillot de bain, quand les femmes sont enfermées» dans des burkinis, a-t-il également affirmé.

Dénonçant à nouveau «la tyrannie des minorités», il a assuré que s’il gagnait en 2017, il serait «le président de la communauté nationale car en France, la seule communauté qui vaille est la communauté française». «Si l’on veut devenir français, on parle français, on vit comme un Français. Nous ne nous contenterons plus d’une intégration qui ne marche plus, nous exigerons l’assimilation. Dès que vous devenez français, vos ancêtres sont gaulois. J’aime la France, j’apprends l’histoire de France, je vis comme un Français», doit se dire celui qui devient français, a-t-il ajouté.

«Le porte-parole de la majorité silencieuse»

«La situation de la France est grave. C’est un combat extraordinairement difficile. Nous avons à combattre la gauche, qui fera de moi son adversaire habituel, nous avons à combattre l’extrême droite qui fera de moi son adversaire privilégié. Elle a compris que j’étais le plus dangereux», a-t-il également déclaré. Selon lui, il faut donc «combattre la pensée unique dans ce qu’elle a de plus insupportable (…) Si on dit que l’islam pose un problème d’intégration, comme à l’époque, les catholiques ont posé un problème à la République, on est islamophobe. C’est insupportable. Si on dit qu’on ne peut plus continuer avec l’immigration (…) alors on est traité de raciste. C’est insupportable».

«Quand on dit qu’on n’est pas de gauche, on se demande si vous avez un cœur qui bat. Si vous avez des questions à me poser, France Télévisions, posez-les!», a-t-il ironisé, faisant allusion à L’Émission politique, sur France 2, dont il a été le premier invité jeudi. «Je veux être le porte-parole de la majorité silencieuse», a-t-il ajouté, sous les applaudissements du public.

Voir encore:

«Nos ancêtres les Gaulois», un vieux credo de Nicolas Sarkozy
Aymeric Misandeau
Le Figaro
20/09/2016

LE SCAN POLITIQUE/VIDÉOS – Une partie du discours prononcé par le candidat à la primaire de la droite lundi soir a créé la polémique. Ça n’est pourtant pas la première fois que l’ancien chef de l’Etat invoque le roman national lorsqu’il donne sa version de l’assimilation.

«Dès que l’on devient Français, nos ancêtres sont Gaulois», a asséné Nicolas Sarkozy à Franconville, dans le Val d’Oise lundi soir. Une manière de défendre l’assimilation plutôt que l’intégration. Si la phrase a connu un important retentissement, force est de constater que l’ancien chef de l’Etat a fait de nombreuses assertions similaires depuis au moins 2006 et sa première candidature à l’élection présidentielle.

Pour trouver une évocation récente des Gaulois dans les discours de Nicolas Sarkozy, pas besoin de chercher bien loin. Lors d’un colloque organisé par le think-tank «France fière» en mai dernier, celui qui n’était pas encore candidat reprenait le dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire publié en 1887 par Ernest Lavisse: «Il y a dans le passé le plus lointain une poésie qu’il faut verser dans les jeunes âmes pour y fortifier le sentiment patriotique. Faisons leur aimer les Gaulois et les forêts des druides, Charles Martel à Poitiers, Roland à Roncevaux, Godefroy de Bouillon à Jérusalem, Jeanne d’Arc, Bayard, tous nos héros du passé, même enveloppés de légendes», reprenait l’ancien chef de l’Etat.

En juin dernier, face aux militants rassemblés à Saint-André-lez-Lille, dans la banlieue lilloise, pour un discours sur l’identité nationale, l’ancien président des Républicains avait fait appel à une autre grande figure du roman national, Clovis, pour faire passer la même idée. «Pendant des décennies, l’intégration, c’était le devoir pour le nouvel arrivant sur notre territoire de se fondre dans la communauté nationale, d’adopter notre langue, notre culture, nos mœurs, expliquait Nicolas Sarkozy. Le minoritaire s’intégrait dans la majorité et devenait à son tour le légataire de la mémoire et de l’histoire collectives. Nous n’étions pas tous les héritiers directs de Clovis, mais tous nous nous reconnaissions dans cet ancêtre commun parce que tous, nous étions Français».

Mais la rhétorique est bien plus ancienne: dans un discours du 9 mai 2006, à Nîmes, celui qui était encore ministre de l’Intérieur rôdait déjà ses arguments. «Quand j’étais écolier, nos maîtres nous parlaient de nos ancêtres les Gaulois. Ni les maîtres, ni les élèves n’étaient dupes. Chacun savait bien qu’à Arles, à Nîmes, à Narbonne ou à Perpignan il n’y avait pas eu beaucoup d’ancêtres gaulois. A Oran, à Tunis ou à Dakar encore moins. Mais c’était un acte de foi», avait alors expliqué le rival de Dominique de Villepin.

L’argument du «petit Français de sang-mêlé»

Pour appuyer son propos, Nicolas Sarkozy s’est aussi servi de son vécu de «petit Français de sang-mêlé», comme il se définissait lui même lors de son discours d’investiture de 2007. «Mon père est hongrois, on ne m’a pas appris l’histoire de la Hongrie. Mon grand-père maternel est grec, on ne m’a pas appris l’histoire de la Grèce. Au moment où je suis Français, j’aime la France, j’apprends l’histoire de France, je parle le français et mes ancêtres sont les ancêtres de la France, c’est ça l’assimilation», expliquait-il. Une référence à son propre passé qu’on retrouve dans son discours à Nîmes en 2006. «Fils d’immigré hongrois, je sais ce que cela signifie de prendre en partage une histoire qui n’est pas celle de ses ancêtres et d’épouser la cause de la France comme une évidence qui s’impose d’elle-même», disait-il déjà.

Là encore, rien de nouveau dans l’argumentaire sarkozyste. Le 9 juin, invité de la matinale d’Europe 1, Nicolas Sarkozy avait déjà récité: «Mon père est hongrois, mon grand-père maternel était grec. On ne m’a pas appris le hongrois et je n’ai pas appris l’histoire de la Hongrie, ni l’histoire de la Grèce. J’ai appris l’histoire de France. Et quand on a des parents d’origine étrangère, notamment maghrébine, on n’apprend pas l’histoire de l’Algérie ou du Maroc. Quand on vient en France, on adopte le mode de vie français. L’identité française, nous ne voulons pas que ça disparaisse».

Voir par ailleurs:

Sarkozy fustige les «idéologues du multiculturalisme»
Eugénie Bastié
Le Figaro
24/05/2016

Invité mardi soir au colloque organisé par «France Fière», un think-tank de droite qui veut s’adresser aux quartiers populaires, l’ex-président de la République a donné sa définition de l’identité française.

«Hier encore, affirmer publiquement qu’il existait une identité française était considéré comme une insupportable provocation. Aujourd’hui, la fierté de la France est un drapeau. On peut organiser un colloque sur ce sujet. Nous avons gagné un combat culturel et politique majeur» a commencé Nicolas Sarkozy, invité par le think-tank «France Fière» qui consacrait mardi soir un colloque ayant pour thème l’identité française. Dans le sous-sol des Invalides, à quelques mètres du tombeau de Napoléon, une centaine de personnes, pour la plupart issues de la «diversité» était présente pour débattre sur le thème de l’identité française, dont Nicolas Sarkozy avait fait un cheval de bataille en 2007 et 2012.

«La France, c’est un miracle, auquel chacun d’entre nous a décidé de croire. Un miracle millénaire, qui aurait pu dix fois, cent fois, être brisé par l’histoire. Un miracle qui a fait de la beauté un cadre de vie et de la liberté une raison de vivre.», a-t-il commencé. «C’est quoi l’identité de la France?» s’est interrogé le patron des Républicains: «Ce sont d’abord ses paysages, une langue le français, ciment culturel de notre nation. C’est une histoire épique, glorieuse, tragique, dont le récit a construit la nation, c’est l’accumulation d’un héritage qui va du Mont-Saint Michel à la Sainte Chapelle. Nous ne sommes pas une page blanche.»

Un discours aux tonalités buissoniennes

Nicolas Sarkozy, qui a tenu à rappeler ses origines de «Français de sang-mêlé» a poursuivi dans un discours aux tonalités buissoniennes, plaidant pour le «culte de la transmission de l’identité», à travers notamment «l’école de la République». «Il n’est pas nécessaire d’avoir son nom sur un monument aux morts pour vibrer au récit de l’identité nationale. Il n’est pas nécessaire d’être baptisé pour aimer Bossuet, Péguy, Bernanos, et Mauriac. Il n’est pas nécessaire d’être gaulliste pour aimer Malraux, ni communiste pour aimer Aragon, c’est ça l’identité nationale», a-t-il martelé. «Aucun idéologue ne peut comprendre ça.»

Fustigeant les «idéologues du multiculturalisme», et «les sociologues des inégalités», il a qualifié d’«erreur monumentale» le fait d’avoir renoncé à l’assimilation. «Tout est à reconstruire», a-t-il affirmé. «Cette fierté d’habiter la France doit retrouver le chemin de l’école. Les manuels scolaires ne sont pas là pour dénigrer la France. Mais pour la faire connaître et aimer. Dans quel pays pourrait-on accepter que l’école enseigne autre chose que la fierté?» «Refuser cette civilisation, c’est s’exclure de la communauté nationale, a-t-il poursuivi. La France, ce n’est pas un self-service. L’assimilation n’est pas une possibilité, c’est une condition à tout séjour de longue durée et à toute naturalisation.»

L’ex-président a plaidé pour «un nouveau pacte d’assimilation». «Je n’ai pas changé. L’addition des différences s’inscrit dans le temps long.» Il s’est mis du côté des «récents Français qui l’aiment sans doute plus que les autres.» . Dans son discours d’une trentaine de minutes, il a évité soigneusement toute référence à la «laïcité».

Plusieurs personnalités issues de la «diversité» étaient conviés à ce colloque, parmi lesquelles l’historien Mohamed Mekada, l’ancien commissaire à la diversité et à l’égalité des chances Yazid Sabeg, ou encore l’imam de Bordeaux Tareq Oubrou. La maire du 7ème arrondissement de Paris, Rachida Dati, avait ouvert la soirée en rappelant que son «élection dans cet arrondissement est l’illustration de ce colloque.». Elle s’est dite personnellement «pas favorable à l’assimilation» «A l’identité heureuse, je préfère l’identité de conviction», a-t-elle affirmé. Parmi les politiques, on trouvait aussi l’entrepreneur Charles Beigbeder, l’adjoint à la mairie de Versailles François Xavier Bellamy, le député Olivier Marleix et le candidat aux primaires Hervé Mariton.

«On vise l’ISF, pas le RSA»

Cette soirée était organisée par le think-tank «France Fière» qui se dit lui «patriote, libéral et laïc». Il a été fondé par Hayette Hamidi et Yassin Lamaoui en juin 2015. «Nous voulons être un espace de réflexion pour proposer des solutions concrètes aux quartiers populaires» tient à rappeler, au Figaro, Hayette Hamidi, actuellement secrétaire nationale des Républicains. Cette jeune femme de 32 ans appartient au mouvement Sens commun issu de la Manif pour Tous. Élue du Blanc-Mesnil en Seine Saint-Denis et avocate de formation, cette native de Drancy, petite fille d’Algériens et fille de Français ambitionne d’attirer l’électorat musulman dans le giron de la droite. «Depuis 30 ans on assiste à un échec de la gauche qui se sentait propriétaire d’un certain électorat de banlieue», diagnostique-t-elle. «Le basculement a eu lieu lors des municipales de 2014. L’électorat des quartiers populaires a découvert qu’il n’était pas de gauche, ni sur le plan sociétal ni sur le plan économique». «L’identité française n’est pas multiculturelle. Il faut transmettre une culture française forte pour une intégration sereine», ajoute celle qui a eu «la chance» d’effectuer sa scolarité dans un établissement catholique qui lui a transmis «l’amour de la France.»
«France Fière» se veut aussi résolument libéral. Comme le résume Yassin Lamaoui, son vice-président: «On vise l’ISF, pas le RSA».

Ce think-tank revendique 300 membres, pour la plupart élus locaux ou entrepreneurs. Il ne choisira pas de poulain pour les primaires ni pour la présidentielle, se contentant de faire des propositions que tout le monde pourra reprendre. Le groupe, soutenu à ses débuts par Alain Juppé, a rencontré aussi Jean-François Copé et aimerait bien rencontrer Emmanuel Macron.

Voir par ailleurs:

Fraternité générale: Sans patrie ni frontières?

Bidar et Jardin sur un chemin pavé de bonnes intentions

Thomas Clavel

Causeur

22 septembre 2016

Alexandre Jardin et Abdennour Bidar lancent le mouvement « Fraternité générale » qui espère ressouder la société à coups de projections de films, concours de poésie et affiches exaltant les différences. La fraternité s’appuie pourtant sur un socle culturel commun, non sur la base d’un antiracisme hors-sol.

Présidé par le philosophe Abdennour Bidar, le projet Fraternité Générale prévoit une semaine d’animations culturelles partout en France en novembre prochain afin de mettre en acte « cette grande oubliée de la devise républicaine » a précisé l’auteur de Self Islam sur BFM TV et RMC le 20 septembre dernier. L’association, qui compte parmi ses ambassadeurs l’écrivain Alexandre Jardin, le sociologue Edgar Morin et des personnalités du monde audiovisuel se revendique comme un mouvement « apolitique et participatif » visant une « mobilisation générale » suite aux attentats qui ont ensanglanté la France afin que le peuple fraternise et se réapproprie la troisième vertu nationale. Selon son président, « on n’a jamais eu l’audace de faire de la fraternité un vrai projet politique ». Le philosophe en donne d’ailleurs une définition légèrement remaniée: « C’est la politique de la main tendue, du rejet du rejet à l’heure des tentations de repli sur soi, des pulsions identitaires, à l’heure où notre société souffre de fractures sociales avec des inégalités de plus en plus fortes mais également de fractures culturelles se cristallisant autour de l’islam ». En somme, il s’agit de chanter « l’ouverture à l’autre » et la « tolérance vis-à-vis de toutes les différences ».

Une fraternité culturelle

Ainsi, du 2 au 10 novembre, le mouvement Fraternité générale proposera des centaines d’événements culturels et sportifs pour  « lutter contre les peurs ». Cafés et restaurants ouvriront leurs terrasses aux musiciens, slameurs et artistes de rue. Sur les murs offerts par les municipalités des graffeurs célébreront le vivre-ensemble. Des chaînes de télévision diffuseront une série de vidéoclips. L’école ne sera pas épargnée avec force projections de films, concours de poésie et réalisation d’affiches qui exalteront les différences. Toutes ces initiatives sont recensées sur un site consacré.

En France, la fraternité républicaine s’est toujours faite à coups d’épée. Ou plutôt de sabres, de canonnades et de guillotines tandis que la Commune de Paris imposait d’inscrire en 1793 sur tous les édifices publics « La République une et indivisible – Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort ». A chaque fois que le terme de fraternité est brandi, c’est que la nation est au bord de la guerre civile. En ce sens, l’intuition d’Abdennour Bidar n’est peut-être pas mauvaise.

Mais pour le philosophe, la fraternité sera désormais festive ou ne sera pas. En effet, « ce mouvement spontané, issu d’un groupe d’amis et de cinéastes veut largement promouvoir la solidarité à travers la culture, le lien le puisant entre les gens ». Ainsi, le philosophe nous apprend que la chose culturelle serait le vrai ciment de la chose publique et de la fraternité nationale.

Il est certain que le programme de la huitaine s’annonce moins sanglant qu’une pleine semaine place de Révolution.

En décembre 1790, dans un discours à l’Assemblée Nationale, Robespierre déclarait: « Voyez comme partout, à la place de l’esprit de domination ou de servitude, naissent les sentiments de l’égalité, de la fraternité, de la confiance, et toutes vertus douces et généreuses qu’ils doivent nécessairement enfanter. » En matière de douceur, les années qui suivirent ne furent probablement pas les plus fécondes. Car il ne pouvait pas y avoir de fraternité pour les ennemis de l’égalité et les adversaires de la liberté.

Désormais, il ne saurait y avoir de fraternité pour les ennemis de la fête. La Fraternité Générale passe par l’expression culturelle. Elle n’est pas une devise morale mais une injonction artistique. Fraterniser, c’est adhérer à la festivalisation du pays, changé pour une semaine en une gigantesque Fête de l’Huma, Fête de la Musique ou Nuit Debout.

Culte des différences, l’impossible fraternité 

Pas une seule fois la patrie n’est citée par les promoteurs du mouvement. La fraternité selon Bidar peut très bien s’en passer car elle n’est pas nationale mais universelle. Sa fraternité à lui n’est pas celle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, mais celle de la religion des droits de l’homme. Cette solidarité souriante et antiraciste revendiquée par le milieu culturel semble relever de la pensée magique. Assister à un concert tribal ou à un slam urbain produirait mécaniquement un sentiment fraternel.

Pourtant, la fraternité républicaine est autrement plus farouche et plus exigeante. Si la fratrie familiale est une évidence de naissance, la fratrie nationale se construit. On ne nait pas frère de nation, on le devient. Et souvent par la violence – celle des guerres révolutionnaires ou celle de l’assimilation, qui est toujours un renoncement contraignant à l’identité première dans le but de se fondre dans l’identité nationale, qui seule est capable de produire une fraternité publique pérenne.

Fustigeant le « repli identitaire », Abdennadour Bidar exalte au contraire la différence et l’ouverture. Elles sont pourtant les deux plus grandes ennemies de l’idéal fraternel de la Nation qui a toujours cherché à définir ses contours identitaires et territoriaux, ayant compris depuis toujours que les différences sont fratricides.

Ainsi, au lieu de chercher le dénominateur commun que seule la patrie peut incarner, le mouvement cultive les particularismes, qui sont toujours source de conflit.

Rechercher la concorde grâce à nos seules différences est une gageure. Au fond, pour Abdennour Bidar, nous devrions être frères par le simple fait de n’avoir rien en commun.

Fraternité générale ressemble davantage à un réflexe antiraciste qu’une réflexion civique sérieuse. Alors que la grande interrogation nationale consiste à savoir si l’Oumma est oui ou non plus forte que la communauté nationale aux yeux des musulmans, une poignée d’intellectuels nous divertissent avec un projet du niveau d’une campagne publicitaire Benetton.

La fraternité, c’est quoi au juste ?
Vincent Mongaillard

Le Parisien

20 septembre 2016

Pour la première fois, en novembre, on va fêter la fraternité. Un mot symbole de la République et qu’on connaît tous. Mais une valeur dont on a besoin de rappeler qu’elle est essentielle.

C’est un mot qui, au même titre que la liberté et l’égalité, est inscrit en lettres capitales sur les frontons des mairies et des écoles. Partie intégrante de notre devise nationale, la fraternité est un principe républicain qu’un mouvement apolitique baptisé Fraternité générale ! entend promouvoir et surtout « incarner  ».

Mise à mal ces derniers mois par les attentats, la fraternité va, en effet, s’inviter chaleureusement en novembre prochain dans nombre d’événements culturels et citoyens ouverts à tous lors d’une opération nationale dévoilée ce matin (lire l’encadré) et dont « le Parisien » – « Aujourd’hui en France » est partenaire.

L’initiative, présidée par le philosophe Abdennour Bidar, compte parmi ses ambassadeurs l’écrivain Alexandre Jardin, le sociologue Edgar Morin ou l’astrophysicien Hubert Reeves. L’objectif, c’est de « mettre en acte  » une notion parfois abstraite aux yeux du grand public.

Parce que la fraternité, c’est quoi au juste ? « C’est la politique de la main tendue, du rejet du rejet à l’heure des tentations de repli sur soi, des pulsions identitaires, à l’heure où notre société souffre de fractures sociales avec des inégalités de plus en plus fortes mais également de fractures culturelles se cristallisant autour de l’islam  », analyse Abdennour Bidar.

Du latin fraternitas, qui désigne les relations entre frères, entre peuples, la fraternité est, selon le Petit Larousse illustré 2016, le « lien de solidarité et d’amitié entre des êtres humains, entre les membres d’une société  ».

C’est lors de la Révolution française que cette notion est entrée dans le langage courant : entre citoyens, le bonjour d’alors se dit « Salut et fraternité ». Pour autant, elle est absente de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

Mais lors de la Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, à l’occasion du premier anniversaire de la prise de la Bastille, La Fayette, commandant de la garde nationale, la consacre lorsqu’il prête serment : « Nous jurons de demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité.  » Il faudra attendre 1848 et la constitution de la Deuxième République pour que cette valeur donne naissance au triptyque Liberté, Egalité, Fraternité.

« De cette idée de fraternité découle celle des droits sociaux du citoyen à qui la République doit un travail et une assistance », décrypte l’historien Jean Guarrigues.

Ces dernières semaines, ce spécialiste a observé dans les débats un retour en force de cette valeur. « La fraternité, c’est tout le contraire du clivage communautaire, il y a l’idée de rassemblement et d’obligation d’une solidarité collective  », explique-t-il.

Abdennour Bidar, chef d’orchestre de l’association Fraternité générale !, regrette, lui, qu’elle soit devenue « un idéal un peu vide », qu’elle soit « la grande oubliée » de notre devise républicaine. « On n’en a jamais fait un projet politique. Elle devrait en être la première valeur  », prône l’intellectuel, favorable à la création d’un ministère de la Fraternité.

Unissez vous pour la célébrer
Du 2 au 10 novembre, le mouvement Fraternité générale proposera des centaines d’événements culturels, sportifs et citoyens pour lutter contre les peurs et encourager la tolérance. Cafés et restaurants offriront leurs terrasses aux musiciens, slameurs et artistes de rue. Sur les murs, des graffeurs célébreront le vivre-ensemble. Des chaînes de télé, des cinémas et des stades diffuseront, dès le 15 octobre, une série de vidéoclips « Fraternité ». Cet événement national appartient à tout le monde. Sur un site Internet dédié (www.fraternite-generale.fr), particuliers, mairies, écoles… sont invités à annoncer dès maintenant leurs actions et à illustrer l’opération au travers d’« une image pour la fraternité  ».

SARKOZY, UN ÉMIGRÉ QUI S’ASSIMILE MAIS N’ASSIMILE PAS L’HISTOIRE

 Toussain Sauveur Felix

Cabrinato

21 Septembre 2016

Nous le savions peu cultivé, mais là il est inculte à moins qu’il ne veuille, aujourd’hui, favoriser une vision simpliste de l’Histoire qu’hier il vilipendait.

Tout historien sait que nos ancêtres n’étaient pas les Gaulois. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de Gaulois. La Gaulle de cette époque était peuplée de tribus et peuplades diverses. Ce n’était pas encore une nation mais un territoire d’invasion. La notion de France-nation date du XI ème siècle. Et le nom même de notre pays vient, évidemment, des Francs qui n’étaient pas des Gaulois. La Gaule ne fut la Gaule que parce que les Romains, qui l’envahirent à leur tour, la nommaient ainsi et leurs habitants furent appelés d’un terme générique les Gaulois pour regrouper une ensemble hétéroclite venu d’ailleurs, et notamment de ce que ces mêmes Romains, nommaient Germanie, mais aussi d’Helvétie, de la péninsule italienne…. (Jules César « de bello galico » ). Sous l’ancien régime la monarchie cherchait en permanence ses origines Franques, jamais ses origines gauloises. Sous les premiers Capétiens encore, on aspirait au mariage avec des « princesses de bonne race franque ».

C’est pour accélérer une unité républicaine et nationale que la troisième République réécrit l’Histoire, comme elle tua les langues locales aussi. Ce fut le fameux manuel d’Ernest Lavisse* qui créa la notion de « nos ancêtres les Gaulois ». Il fallait une origine simple et assimilable (décidément) pour les petits français. Une origine aussi moins centrée sur la mythologie d’une monarchie plus « franque » que gauloise. Une origine qui ne s’oppose pas au développement de l’idée républicaine à une époque ou la République renaissait à peine et avait à combattre les survivances d’une domination religieuse et conservatrice de l’ancien régime. La « Gueuse »** devait se défendre et fit donner les « hussards noirs de la République » qu’étaient les instituteurs.

On se rappellera que dans un accès de lucidité le petit Nicolas dit un jour à Libération
« Entendons-nous, il ne peut être question de faire réciter à tous les enfants , « nos ancêtres les Gaulois », selon l’expression chère à Ernest Lavisse……..».

C’était en mai 2016 !

Oui mais aujourd’hui il faut revaloriser la notion d’identité nationale, qui était l’apanage du Front National, fut-ce au prix de la reprise de mensonges historiques. Mais si ces mensonges étaient condamnables ils avaient, tout de même, un but louable : l’unité nationale et la consolidation de l’idée répubicaine. Aujourd’hui leur utilisation n’a qu’un but tristement électoral.

Sarkozy ne sera jamais un homme d’État. Tout au plus un bateleur de foire.

* Mathilde Larrère / Maitre de conférence en histoire et Laurence de Cock / professeure d’histoire et chercheuse en sciences de l’éducation

** Nom donné à la République par ses adversaires

 


Héritage Obama: Attention, une tribalisation peut en cacher une autre ! (Revenge of the Deplorables: It’s “hope and change” which begat “make America great again”, stupid !)

18 septembre, 2016

etats unis hymne national

KAEPERNICK REID

COLUMBUS, OH - SEPTEMBER 15: Megan Rapinoe #15 of the U.S. Women's National Team kneels during the playing of the U.S. National Anthem before a match against Thailand on September 15, 2016 at MAPFRE Stadium in Columbus, Ohio. Jamie Sabau/Getty Images/AFP

Aux États-Unis, les plus opulents citoyens ont bien soin de ne point s’isoler du peuple ; au contraire, ils s’en rapprochent sans cesse, ils l’écoutent volontiers et lui parlent tous les jours. Ils savent que les riches des démocraties ont toujours besoin des pauvres et que, dans les temps démocratiques, on s’attache le pauvre par les manières plus que par les bienfaits. La grandeur même des bienfaits, qui met en lumière la différence des conditions, cause une irritation secrète à ceux qui en profitent; mais la simplicité des manières a des charmes presque irrésistibles : leur familiarité entraîne et leur grossièreté même ne déplaît pas toujours. Ce n’est pas du premier coup que cette vérité pénètre dans l’esprit des riches. Ils y résistent d’ordinaire tant que dure la révolution démocratique, et ils ne l’abandonnent même point aussitôt après que cette révolution est accomplie. Ils consentent volontiers à faire du bien au peuple ; mais ils veulent continuer à le tenir à distance. Ils croient que cela suffit ; ils se trompent. Ils se ruineraient ainsi sans réchauffer le coeur de la population qui les environne. Ce n’est pas le sacrifice de leur argent qu’elle leur demande; c’est celui de leur orgueil. Tocqueville
Toutes les stratégies que les intellectuels et les artistes produisent contre les « bourgeois » tendent inévitablement, en dehors de toute intention expresse et en vertu même de la structure de l’espace dans lequel elles s’engendrent, à être à double effet et dirigées indistinctement contre toutes les formes de soumission aux intérêts matériels, populaires aussi bien que bourgeoises. Bourdieu
Il y a à peine plus de 3 millions de musulmans aux Etats-Unis, soit 1 pour cent de la population. C’est donc un peu comme si l’on assistait à l’inversion de la situation qui prévalait dans les années 1920, quand la France comptait à peine 5.000 Noirs et la «négrophilie» tenait le haut du pavé à Paris. À l’époque, l’élite française ne trouvait pas de mots assez durs pour fustiger le «racisme américain ». Géraldine Smith
America is coming apart. For most of our nation’s history, whatever the inequality in wealth between the richest and poorest citizens, we maintained a cultural equality known nowhere else in the world—for whites, anyway. (…) But t’s not true anymore, and it has been progressively less true since the 1960s. People are starting to notice the great divide. The tea party sees the aloofness in a political elite that thinks it knows best and orders the rest of America to fall in line. The Occupy movement sees it in an economic elite that lives in mansions and flies on private jets. Each is right about an aspect of the problem, but that problem is more pervasive than either political or economic inequality. What we now face is a problem of cultural inequality. When Americans used to brag about « the American way of life »—a phrase still in common use in 1960—they were talking about a civic culture that swept an extremely large proportion of Americans of all classes into its embrace. It was a culture encompassing shared experiences of daily life and shared assumptions about central American values involving marriage, honesty, hard work and religiosity. Over the past 50 years, that common civic culture has unraveled. We have developed a new upper class with advanced educations, often obtained at elite schools, sharing tastes and preferences that set them apart from mainstream America. At the same time, we have developed a new lower class, characterized not by poverty but by withdrawal from America’s core cultural institutions. (…) Why have these new lower and upper classes emerged? For explaining the formation of the new lower class, the easy explanations from the left don’t withstand scrutiny. It’s not that white working class males can no longer make a « family wage » that enables them to marry. The average male employed in a working-class occupation earned as much in 2010 as he did in 1960. It’s not that a bad job market led discouraged men to drop out of the labor force. Labor-force dropout increased just as fast during the boom years of the 1980s, 1990s and 2000s as it did during bad years. (…) As I’ve argued in much of my previous work, I think that the reforms of the 1960s jump-started the deterioration. Changes in social policy during the 1960s made it economically more feasible to have a child without having a husband if you were a woman or to get along without a job if you were a man; safer to commit crimes without suffering consequences; and easier to let the government deal with problems in your community that you and your neighbors formerly had to take care of. But, for practical purposes, understanding why the new lower class got started isn’t especially important. Once the deterioration was under way, a self-reinforcing loop took hold as traditionally powerful social norms broke down. Because the process has become self-reinforcing, repealing the reforms of the 1960s (something that’s not going to happen) would change the trends slowly at best. Meanwhile, the formation of the new upper class has been driven by forces that are nobody’s fault and resist manipulation. The economic value of brains in the marketplace will continue to increase no matter what, and the most successful of each generation will tend to marry each other no matter what. As a result, the most successful Americans will continue to trend toward consolidation and isolation as a class. Changes in marginal tax rates on the wealthy won’t make a difference. Increasing scholarships for working-class children won’t make a difference. The only thing that can make a difference is the recognition among Americans of all classes that a problem of cultural inequality exists and that something has to be done about it. That « something » has nothing to do with new government programs or regulations. Public policy has certainly affected the culture, unfortunately, but unintended consequences have been as grimly inevitable for conservative social engineering as for liberal social engineering. The « something » that I have in mind has to be defined in terms of individual American families acting in their own interests and the interests of their children. Doing that in Fishtown requires support from outside. There remains a core of civic virtue and involvement in working-class America that could make headway against its problems if the people who are trying to do the right things get the reinforcement they need—not in the form of government assistance, but in validation of the values and standards they continue to uphold. The best thing that the new upper class can do to provide that reinforcement is to drop its condescending « nonjudgmentalism. » Married, educated people who work hard and conscientiously raise their kids shouldn’t hesitate to voice their disapproval of those who defy these norms. When it comes to marriage and the work ethic, the new upper class must start preaching what it practices. Charles Murray
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme dans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Obama
Part of the reason that our politics seems so tough right now, and facts and science and argument does not seem to be winning the day all the time, is because we’re hard-wired not to always think clearly when we’re scared. Barack Obama
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
La nuit dernière j’ai ‘généralisé en gros’, et ce n’est jamais une bonne idée. Je regrette avoir dit ‘la moitié’, c’était mal. Hillary Clinton
Notre code vestimentaire du district interdit les couvre-chefs, sauf lorsque les élèves les portent pour des raisons religieuses. (…) De plus, il interdit notamment les bandanas et les bandeaux car certains gangs de la zone les utilisent pour se reconnaitre entre eux. Mais chaque chef d’établissement est libre de l’adapter selon les communautés spécifiques de son école. Dans ce cas-ci, le principal du lycée de Gibbs permet aux jeunes filles de porter des foulards africains aussi longtemps qu’elles ont une autorisation parentale. Donc, pour nous, le problème est résolu et nous n’envisageons pas de modifier notre politique globale. Lisa Wolf (chargée de communication du district)
Les «élites» françaises, sous l’inspiration et la domination intellectuelle de François Mitterrand, on voulu faire jouer au Front National depuis 30 ans, le rôle, non simplement du diable en politique, mais de l’Apocalypse. Le Front National représentait l’imminence et le danger de la fin des Temps. L’épée de Damoclès que se devait de neutraliser toute politique «républicaine». Cet imaginaire de la fin, incarné dans l’anti-frontisme, arrive lui-même à sa fin. Pourquoi? Parce qu’il est devenu impossible de masquer aux Français que la fin est désormais derrière nous. La fin est consommée, la France en pleine décomposition, et la république agonisante, d’avoir voulu devenir trop bonne fille de l’Empire multiculturel européen. Or tout le monde comprend bien qu’il n’a nullement été besoin du Front national pour cela. Plus rien ou presque n’est à sauver, et c’est pourquoi le Front national fait de moins en moins peur, même si, pour cette fois encore, la manœuvre du «front républicain», orchestrée par Manuel Valls, a été efficace sur les électeurs socialistes. Les Français ont compris que la fin qu’on faisait incarner au Front national ayant déjà eu lieu, il avait joué, comme rôle dans le dispositif du mensonge généralisé, celui du bouc émissaire, vers lequel on détourne la violence sociale, afin qu’elle ne détruise pas tout sur son passage. Remarquons que le Front national s’était volontiers prêté à ce dispositif aussi longtemps que cela lui profitait, c’est-à-dire jusqu’à aujourd’hui. Le parti anti-système a besoin du système dans un premier temps pour se légitimer. Nous approchons du point où la fonction de bouc émissaire, théorisée par René Girard  va être entièrement dévoilée et où la violence ne pourra plus se déchaîner vers une victime extérieure. Il faut bien mesurer le danger social d’une telle situation, et la haute probabilité de renversement qu’elle secrète: le moment approche pour ceux qui ont désigné la victime émissaire à la vindicte du peuple, de voir refluer sur eux, avec la vitesse et la violence d’un tsunami politique, la frustration sociale qu’ils avaient cherché à détourner. Les élections régionales sont sans doute un des derniers avertissements en ce sens. Les élites devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Y-a-t-il une solution pour échapper à une telle issue? Avouons que cette responsabilité est celle des élites en place, ayant entonné depuis 30 ans le même refrain. A supposer cependant que nous voulions les sauver, nous pourrions leur donner le conseil suivant: leur seule possibilité de survivre serait d’anticiper la violence refluant sur elles en faisant le sacrifice de leur innocence. Elles devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Pour cela, elles devraient admettre de déconstruire la gigantesque hallucination collective produite autour du Front national, hallucination revenant aujourd’hui sous la forme inversée du Sauveur. Ce faisant, elles auraient tort de se priver au passage de souligner la participation du Front national au dispositif, ce dernier s’étant prêté de bonne grâce, sous la houlette du Père, à l’incarnation de la victime émissaire. Il faut bien avouer que nos élites du PS comme de Les Républicains ne prennent pas ce chemin, démontrant soit qu’elles n’ont strictement rien compris à ce qui se passe dans ce pays depuis 30 ans, soit qu’elles l’ont au contraire trop bien compris, et ne peuvent plus en assumer le dévoilement, soit qu’elles espèrent encore prospérer ainsi. Il n’est pas sûr non plus que le Front national soit prêt à reconnaître sa participation au dispositif. Il y aurait intérêt pourtant pour pouvoir accéder un jour à la magistrature suprême. Car si un tel aveu pourrait lui faire perdre d’un côté son «aura» anti-système, elle pourrait lui permettre de l’autre, une alliance indispensable pour dépasser au deuxième tour des présidentielles le fameux «plafond de verre». Il semble au contraire après ces régionales que tout changera pour que rien ne change. Deux solutions qui ne modifient en rien le dispositif mais le durcissent au contraire se réaffirment. La première solution, empruntée par le PS et désirée par une partie des Républicains, consiste à maintenir coûte que coûte le discours du front républicain en recherchant un dépassement du clivage gauche/droite. Une telle solution consiste à aller plus loin encore dans la désignation de la victime émissaire, et à s’exposer à un retournement encore plus dévastateur. (…) Car sans même parler des effets dévastateurs que pourrait avoir, a posteriori, un nouvel attentat, sur une telle déclaration, comment ne pas remarquer que les dernières décisions du gouvernement sur la lutte anti-terroriste ont donné rétrospectivement raison à certaines propositions du Front national? On voit mal alors comment on pourrait désormais lui faire porter le chapeau de ce dont il n’est pas responsable, tout en lui ôtant le mérite des solutions qu’il avait proposées, et qu’on n’a pas hésité à lui emprunter! La deuxième solution, défendue par une partie des Républicains suivant en cela Nicolas Sarkozy, consiste à assumer des préoccupations communes avec le Front national, tout en cherchant à se démarquer un peu par les solutions proposées. Mais comment faire comprendre aux électeurs un tel changement de cap et éviter que ceux-ci ne préfèrent l’original à la copie? Comment les électeurs ne remarqueraient-ils pas que le Front national, lui, n’a pas changé de discours, et surtout, qu’il a précédé tout le monde, et a eu le mérite d’avoir raison avant les autres, puisque ceux-ci viennent maintenant sur son propre terrain? Comment d’autre part concilier une telle proximité avec un discours diabolisant le Front national et cherchant l’alliance au centre? Curieuses élites, qui ne comprennent pas que la posture «républicaine», initiée par Mitterrand, menace désormais de revenir comme un boomerang les détruire. Christopher Lasch avait écrit La révolte des élites, pour pointer leur sécession d’avec le peuple, c’est aujourd’hui le suicide de celles-ci qu’il faudrait expliquer, dernière conséquence peut-être de cette sécession. Vincent Coussedière
We’re in the midst of a rebellion. The bottom and middle are pushing against the top. It’s a throwing off of old claims and it’s been going on for a while, but we’re seeing it more sharply after New Hampshire. This is not politics as usual, which by its nature is full of surprise. There’s something deep, suggestive, even epochal about what’s happening now. I have thought for some time that there’s a kind of soft French Revolution going on in America, with the angry and blocked beginning to push hard against an oblivious elite. It is not only political. Yes, it is about the Democratic National Committee, that house of hacks, and about a Republican establishment owned by the donor class. But establishment journalism, which for eight months has been simultaneously at Donald Trump’s feet (“Of course you can call us on your cell from the bathtub for your Sunday show interview!”) and at his throat (“Trump supporters, many of whom are nativists and nationalists . . .”) is being rebelled against too. Their old standing as guides and gatekeepers? Gone, and not only because of multiplying platforms. (…) All this goes hand in hand with the general decline of America’s faith in its institutions. We feel less respect for almost all of them—the church, the professions, the presidency, the Supreme Court. The only formal national institution that continues to score high in terms of public respect (72% in the most recent Gallup poll) is the military (…) we are in a precarious position in the U.S. with so many of our institutions going down. Many of those pushing against the system have no idea how precarious it is or what they will be destroying. Those defending it don’t know how precarious its position is or even what they’re defending, or why. But people lose respect for a reason. (…) It’s said this is the year of anger but there’s a kind of grim practicality to Trump and Sanders supporters. They’re thinking: Let’s take a chance. Washington is incapable of reform or progress; it’s time to reach outside. Let’s take a chance on an old Brooklyn socialist. Let’s take a chance on the casino developer who talks on TV. In doing so, they accept a decline in traditional political standards. You don’t have to have a history of political effectiveness anymore; you don’t even have to have run for office! “You’re so weirdly outside the system, you may be what the system needs.” They are pouring their hope into uncertain vessels, and surely know it. Bernie Sanders is an actual radical: He would fundamentally change an economic system that imperfectly but for two centuries made America the wealthiest country in the history of the world. In the young his support is understandable: They have never been taught anything good about capitalism and in their lifetimes have seen it do nothing—nothing—to protect its own reputation. It is middle-aged Sanders supporters who are more interesting. They know what they’re turning their backs on. They know they’re throwing in the towel. My guess is they’re thinking something like: Don’t aim for great now, aim for safe. Terrorism, a world turning upside down, my kids won’t have it better—let’s just try to be safe, more communal. A shrewdness in Sanders and Trump backers: They share one faith in Washington, and that is in its ability to wear anything down. They think it will moderate Bernie, take the edges off Trump. For this reason they don’t see their choices as so radical. (…) The mainstream journalistic mantra is that the GOP is succumbing to nativism, nationalism and the culture of celebrity. That allows them to avoid taking seriously Mr. Trump’s issues: illegal immigration and Washington’s 15-year, bipartisan refusal to stop it; political correctness and how it is strangling a free people; and trade policies that have left the American working class displaced, adrift and denigrated. Mr. Trump’s popularity is propelled by those issues and enabled by his celebrity. (…) Mr. Trump is a clever man with his finger on the pulse, but his political future depends on two big questions. The first is: Is he at all a good man? Underneath the foul mouthed flamboyance is he in it for America? The second: Is he fully stable? He acts like a nut, calling people bimbos, flying off the handle with grievances. Is he mature, reliable? Is he at all a steady hand? Political professionals think these are side questions. “Let’s accuse him of not being conservative!” But they are the issue. Because America doesn’t deliberately elect people it thinks base, not to mention crazy. Peggy Noonan
The furor of ignored Europeans against their union is not just directed against rich and powerful government elites per se, or against the flood of mostly young male migrants from the war-torn Middle East. The rage also arises from the hypocrisy of a governing elite that never seems to be subject to the ramifications of its own top-down policies. The bureaucratic class that runs Europe from Brussels and Strasbourg too often lectures European voters on climate change, immigration, politically correct attitudes about diversity, and the constant need for more bureaucracy, more regulations, and more redistributive taxes. But Euro-managers are able to navigate around their own injunctions, enjoying private schools for their children; generous public pay, retirement packages and perks; frequent carbon-spewing jet travel; homes in non-diverse neighborhoods; and profitable revolving-door careers between government and business. The Western elite classes, both professedly liberal and conservative, square the circle of their privilege with politically correct sermonizing. They romanticize the distant “other” — usually immigrants and minorities — while condescendingly lecturing the middle and working classes, often the losers in globalization, about their lack of sensitivity. On this side of the Atlantic, President Obama has developed a curious habit of talking down to Americans about their supposedly reactionary opposition to rampant immigration, affirmative action, multiculturalism, and political correctness — most notably in his caricatures of the purported “clingers” of Pennsylvania. Yet Obama seems uncomfortable when confronted with the prospect of living out what he envisions for others. He prefers golfing with celebrities to bowling. He vacations in tony Martha’s Vineyard rather than returning home to his Chicago mansion. His travel entourage is royal and hardly green. And he insists on private prep schools for his children rather than enrolling them in the public schools of Washington, D.C., whose educators he so often shields from long-needed reform. In similar fashion, grandees such as Facebook billionaire Mark Zuckerberg and Univision anchorman Jorge Ramos do not live what they profess. They often lecture supposedly less sophisticated Americans on their backward opposition to illegal immigration. But both live in communities segregated from those they champion in the abstract. The Clintons often pontificate about “fairness” but somehow managed to amass a personal fortune of more than $100 million by speaking to and lobbying banks, Wall Street profiteers, and foreign entities. The pay-to-play rich were willing to brush aside the insincere, pro forma social-justice talk of the Clintons and reward Hillary and Bill with obscene fees that would presumably result in lucrative government attention. Consider the recent Orlando tragedy for more of the same paradoxes. The terrorist killer, Omar Mateen — a registered Democrat, proud radical Muslim, and occasional patron of gay dating sites — murdered 49 people and wounded even more in a gay nightclub. His profile and motive certainly did not fit the elite narrative that unsophisticated right-wing American gun owners were responsible because of their support for gun rights. No matter. The Obama administration and much of the media refused to attribute the horror in Orlando to Mateen’s self-confessed radical Islamist agenda. Instead, they blamed the shooter’s semi-automatic .223 caliber rifle and a purported climate of hate toward gays. (…) In sum, elites ignored the likely causes of the Orlando shooting: the appeal of ISIS-generated hatred to some young, second-generation radical Muslim men living in Western societies, and the politically correct inability of Western authorities to short-circuit that clear-cut connection. Instead, the establishment all but blamed Middle America for supposedly being anti-gay and pro-gun. In both the U.S. and Britain, such politically correct hypocrisy is superimposed on highly regulated, highly taxed, and highly governmentalized economies that are becoming ossified and stagnant. The tax-paying middle classes, who lack the romance of the poor and the connections of the elite, have become convenient whipping boys of both in order to leverage more government social programs and to assuage the guilt of the elites who have no desire to live out their utopian theories in the flesh. Victor Davis Hanson
Barack Obama is the Dr. Frankenstein of the supposed Trump monster. If a charismatic, Ivy League-educated, landmark president who entered office with unprecedented goodwill and both houses of Congress on his side could manage to wreck the Democratic Party while turning off 52 percent of the country, then many voters feel that a billionaire New York dealmaker could hardly do worse. If Obama had ruled from the center, dealt with the debt, addressed radical Islamic terrorism, dropped the politically correct euphemisms and pushed tax and entitlement reform rather than Obamacare, Trump might have little traction. A boring Hillary Clinton and a staid Jeb Bush would most likely be replaying the 1992 election between Bill Clinton and George H.W. Bush — with Trump as a watered-down version of third-party outsider Ross Perot. But America is in much worse shape than in 1992. And Obama has proved a far more divisive and incompetent president than George H.W. Bush. Little is more loathed by a majority of Americans than sanctimonious PC gobbledygook and its disciples in the media. And Trump claims to be PC’s symbolic antithesis. Making Machiavellian Mexico pay for a border fence or ejecting rude and interrupting Univision anchor Jorge Ramos from a press conference is no more absurd than allowing more than 300 sanctuary cities to ignore federal law by sheltering undocumented immigrants. Putting a hold on the immigration of Middle Eastern refugees is no more illiberal than welcoming into American communities tens of thousands of unvetted foreign nationals from terrorist-ridden Syria. In terms of messaging, is Trump’s crude bombast any more radical than Obama’s teleprompted scripts? Trump’s ridiculous view of Russian President Vladimir Putin as a sort of « Art of the Deal » geostrategic partner is no more silly than Obama insulting Putin as Russia gobbles up former Soviet republics with impunity. Obama callously dubbed his own grandmother a « typical white person, » introduced the nation to the racist and anti-Semitic rantings of the Rev. Jeremiah Wright, and petulantly wrote off small-town Pennsylvanians as near-Neanderthal « clingers. » Did Obama lower the bar for Trump’s disparagements? Certainly, Obama peddled a slogan, « hope and change, » that was as empty as Trump’s « make America great again. » (…) How does the establishment derail an out-of-control train for whom there are no gaffes, who has no fear of The New York Times, who offers no apologies for speaking what much of the country thinks — and who apparently needs neither money from Republicans nor politically correct approval from Democrats? Victor Davis Hanson
In 1978, the eminent sociologist William Julius Wilson argued confidently that class would soon displace race as the most important social variable in American life. As explicit legal barriers to minority advancement receded farther into the past, the fates of the working classes of different races would converge. By the mid 2000s, Wilson’s thesis looked pretty good: The black middle class was vibrant and growing as the average black wealth nearly doubled from 1995 to 2005. Race appeared to lose its salience as a political predictor: More and more blacks were voting Republican, reversing a decades-long trend, and in 2004 George W. Bush collected the highest share of the Latino (44 percent) vote of any Republican ever and a higher share of the Asian vote (43 percent) than he did in 2000. Our politics grew increasingly ideological and less racial: Progressives and the beneficiaries of a generous social-welfare state generally supported the Democratic party, while more prosperous voters were more likely to support Republicans. Stable majorities expressed satisfaction with the state of race relations. It wasn’t quite a post-racial politics, but it was certainly headed in that direction. But in the midst of the financial crisis of 2007, something happened. Both the white poor and the black poor began to struggle mightily, though for different reasons. And our politics changed dramatically in response. It’s ironic that the election of the first black president marked the end of our brief flirtation with a post-racial politics. By 2011, William Julius Wilson had published a slight revision of his earlier thesis, noting the continued importance of race. The black wealth of the 1990s, it turned out, was built on the mirage of house values. Inner-city murder rates, which had fallen for decades, began to tick upward in 2015. In one of the deadliest mass shootings in recent memory, a white supremacist murdered nine black people in a South Carolina church. And the ever-present antagonism between the police and black Americans — especially poor blacks whose neighborhoods are the most heavily policed — erupted into nationwide protests. Meanwhile, the white working class descended into an intense cultural malaise. Prescription-opioid abuse skyrocketed, and deaths from heroin overdoses clogged the obituaries of local papers. In the small, heavily white Ohio county where I grew up, overdoses overtook nature as the leading cause of death. A drug that for so long was associated with inner-city ghettos became the cultural inheritance of the southern and Appalachian white: White youths died from heroin significantly more often than their peers of other ethnicities. Incarceration and divorce rates increased steadily. Perhaps most strikingly, while the white working class continued to earn more than the working poor of other races, only 24 percent of white voters believed that the next generation would be “better off.” No other ethnic group expressed such alarming pessimism about its economic future. And even as each group struggled in its own way, common forces also influenced them. Rising automation in blue-collar industries deprived both groups of high-paying, low-skill jobs. Neighborhoods grew increasingly segregated — both by income and by race — ensuring that poor whites lived among poor whites while poor blacks lived among poor blacks. As a friend recently told me about San Francisco, Bull Connor himself couldn’t have designed a city with fewer black residents. Predictably, our politics began to match this new social reality. In 2012, Mitt Romney collected only 27 percent of the Latino vote. Asian Americans, a solid Republican constituency even in the days of Bob Dole, went for Obama by a three-to-one margin — a shocking demographic turn of events over two decades. Meanwhile, the black Republican became an endangered species. Republican failures to attract black voters fly in the face of Republican history. This was the party of Lincoln and Douglass. Eisenhower integrated the school in Little Rock at a time when the Dixiecrats were the defenders of the racial caste system.(…) For many progressives, the Sommers and Norton research confirms the worst stereotypes of American whites. Yet it also reflects, in some ways, the natural conclusions of an increasingly segregated white poor. (…) The reality is not that black Americans enjoy special privileges. In fact, the overwhelming weight of the evidence suggests that the opposite is true. Last month, for instance, the brilliant Harvard economist Roland Fryer published an exhaustive study of police uses of force. He found that even after controlling for crime rates and police presence in a given neighborhood, black youths were far likelier to be pushed, thrown to the ground, or harassed by police. (Notably, he also found no racial disparity in the use of lethal force.) (…) Getting whipped into a frenzy on conspiracy websites, or feeling that distant, faceless elites dislike you because of your white skin, doesn’t compare. But the great advantages of whiteness in America are invisible to the white poor, or are completely swallowed by the disadvantages of their class. The young man from West Virginia may be less likely to get questioned by Yale University police, but making it to Yale in the first place still requires a remarkable combination of luck and skill. In building a dialogue around “checking privilege,” the modern progressive elite is implicitly asking white America — especially the segregated white poor — for a level of social awareness unmatched in the history of the country. White failure to empathize with blacks is sometimes a failure of character, but it is increasingly a failure of geography and socialization. Poor whites in West Virginia don’t have the time or the inclination to read Harvard economics studies. And the privileges that matter — that is, the ones they see — are vanishing because of destitution: the privilege to pay for college without bankruptcy, the privilege to work a decent job, the privilege to put food on the table without the aid of food stamps, the privilege not to learn of yet another classmate’s premature death. (…) Because of this polarization, the racial conversation we’re having today is tribalistic. On one side are primarily white people, increasingly represented by the Republican party and the institutions of conservative media. On the other is a collection of different minority groups and a cosmopolitan — and usually wealthier — class of whites. These sides don’t even speak the same language: One side sees white privilege while the other sees anti-white racism. There is no room for agreement or even understanding. J. D. Vance
Est-ce le plus beau cadeau qu’Hillary Clinton ait fait à son adversaire ? En traitant “la moitié” des électeurs de Trump de “basket of deplorables”, Hillary a donné à l’équipe Trump un nouveau slogan de campagne : Les Deplorables (en français sur l’affiche avec le “e” sans accent, et aussi sur les t-shirts, sur les pots à café, dans la salle, etc.) ; avec depuis hier une affiche empruntée au formidable succès de scène de 2012 à Broadway Les Misérables (avec le “é” accentué, ou Les Mis’, tout cela en français sur l’affiche et sur la scène), et retouchée à la mesure-Trump (drapeau US à la place du drapeau français, bannière avec le nom de Trump). Grâce soit rendue à Hillary, le mot a une certaine noblesse et une signification à la fois, – étrangement, – précise et sophistiqué, dont le sens négatif peut aisément être retourné dans un contexte politique donné (le mot lui-même a, également en anglais, un sens négatif et un sens positif), surtout avec la référence au titre du livre de Hugo devenu si populaire aux USA depuis 2012…  L’équipe Trump reprend également la chanson-standard de la comédie musicale “Do You Hear the People Sing”, tout cela à partir d’une idée originale d’un partisan de Trump, un artiste-graphiste qui se désigne sous le nom de Keln : il a réalisé la composition graphique à partir de l’affiche des Misérables et l’a mise en ligne en espérant qu’elle serait utilisée par Trump. Depuis quelques jours déjà, les partisans de Trump se baptisent de plus en plus eux-mêmes Les Deplorables (comme l’on disait il y a 4-5 ans “les indignés”) et se reconnaissent entre eux grâce à ce mot devenu porte-drapeau et slogan et utilisé sur tous les produits habituels (“nous sommes tous des Deplorables”, comme d’autres disaient, dans le temps, “Nous sommes tous des juifs allemands”). De l’envolée de Clinton, – dont elle s’est excusée mais sans parvenir à contenir l’effet “déplorable” pour elle, ni l’effet-boomerang comme on commence à le mesurer, –nous écrivions ceci le 15 septembre : « L’expression (“panier” ou “paquet de déplorables”), qui qualifie à peu près une moitié des électeurs de Trump, est assez étrange, sinon arrogante et insultante, voire sophistiquée et devrait être très en vogue dans les salons progressistes et chez les milliardaires d’Hollywood ; elle s’accompagne bien entendu des autres qualificatifs classiques formant le minimum syndical de l’intellectuel-Système, dits explicitement par Hillary, de “racistes”, xénophobes”, et ajoutons comme sous-entendus “crétins absolus” ou bien “sous-hommes”, et ajoutons encore implicitement “irrécupérables” et de la sorte “à liquider” ou à envoyer en camp de rééducation ou plutôt à l’asile, comme l’éclairé Bacri conseille de faire avec Zemmour. » Récupéré par les électeurs de Trump eux-mêmes puis par l’équipe Trump, le slogan peu résonner comme un cri de révolte qui pourrait donner un formidable rythme et un atout considérable de communication à la campagne du candidat républicain. Philippe Grasset
In another eerie ditto of his infamous 2008 attack on the supposedly intolerant Pennsylvania “clingers,” Obama returned to his theme that ignorant Americans “typically” become xenophobic and racist: “Typically, when people feel stressed, they turn on others who don’t look like them.” (“Typically” is not a good Obama word to use in the context of racial relations, since he once dubbed his own grandmother a “typical white person.”) Too often Obama has gratuitously aroused racial animosities with inflammatory rhetoric such as “punish our enemies,” or injected himself into the middle of hot-button controversies like the Trayvon Martin case, the Henry Louis Gates melodrama, and the “hands up, don’t shoot” Ferguson mayhem. Most recently, Obama seemed to praise backup 49ers quarterback and multimillionaire Colin Kaepernick for his refusal to stand during the National Anthem, empathizing with Kaepernick’s claims of endemic American racism. (…) Even presidential nominee and former Secretary of State Hillary Clinton is not really defending the Obama administration’s past “red line” in Syria, the “reset” with Vladimir Putin’s Russia, the bombing of Libya, the Benghazi tragedy, the euphemistic rebranding of Islamic terrorism as mere “violent extremism,” the abrupt pullout from (and subsequent collapse of) Iraq, or the Iran nuclear deal that so far seems to have made the theocracy both rich and emboldened. (…) Racial relations in this country seem as bad as they have been in a half-century. (…) Following the Clinton model, a post-presidential Obama will no doubt garner huge fees as a “citizen of the world” — squaring the circle of becoming fabulously rich while offering sharp criticism of the cultural landscape of the capitalist West on everything from sports controversies to pending criminal trials. What, then, is the presidential legacy of Barack Obama? It will not be found in either foreign- or domestic-policy accomplishment. More likely, he will be viewed as an outspoken progressive who left office loudly in the same manner that he entered it — as a critic of the culture and country in which he has thrived. But there may be another, unspoken legacy of Obama, and it is his creation of the candidacy of Donald J. Trump. Trump is running as an angry populist, fueled by the promise that whatever supposed elites such as Obama have done to the country, he will largely undo. Obama’s only legacy seems to be that “hope and change” begat “make America great again.” Victor Davis Hanson
Hillary Clinton’s comment that half of Donald Trump’s supporters are “racist, sexist, homophobic, xenophobic, Islamophobic”—a heck of a lot of phobia for anyone to lug around all day—puts back in play what will be seen as one of the 2016 campaign’s defining forces: the revolt of the politically incorrect. They may not live at the level of Victor Hugo’s “Les Misérables,” but it was only a matter of time before les déplorables—our own writhing mass of unheard Americans—rebelled against the intellectual elites’ ancien régime of political correctness. (…) Mrs. Clinton’s (…) dismissal, at Barbra Streisand’s LGBT fundraiser, of uncounted millions of Americans as deplorables had the ring of genuine belief. Perhaps sensing that public knowledge of what she really thinks could be a political liability, Mrs. Clinton went on to describe “people who feel that the government has let them down, the economy has let them down, nobody cares about them . . . and they’re just desperate for change.” She is of course describing the people in Charles Murray’s recent and compelling book on cultural disintegration among the working class, “Coming Apart: The State of White America, 1960-2010.” This is indeed the bedrock of the broader Trump base. Mrs. Clinton is right that they feel the system has let them down. There is a legitimate argument over exactly when the rising digital economy started transferring income away from blue-collar workers and toward the “creative class” of Google and Facebook employees, no few of whom are smug progressives who think the landmass seen from business class between San Francisco and New York is pocked with deplorable, phobic Americans. Naturally, they’ll vote for the status quo, which is Hillary. But in the eight years available to Barack Obama to do something about what rankles the lower-middle class—white, black or brown—the non-employed and underemployed grew. A lot of them will vote for Donald Trump because they want a radical mid-course correction. (…) The progressive Democrats, a wholly public-sector party, have disconnected from the realities of the private economy, which exists as a mysterious revenue-producing abstraction. Hillary’s comments suggest they now see much of the population has a cultural and social abstraction. (…) Donald Trump’s appeal, in part, is that he cracks back at progressive cultural condescension in utterly crude terms. Nativists exist, and the sky is still blue. But the overwhelming majority of these people aren’t phobic about a modernizing America. They’re fed up with the relentless, moral superciliousness of Hillary, the Obamas, progressive pundits and 19-year-old campus activists. Evangelicals at last week’s Values Voter Summit said they’d look past Mr. Trump’s personal résumé. This is the reason. It’s not about him. The moral clarity that drove the original civil-rights movement or the women’s movement has degenerated into a confused moral narcissism. (…) It is a mistake, though, to blame Hillary alone for that derisive remark. It’s not just her. Hillary Clinton is the logical result of the Democratic Party’s new, progressive algorithm—a set of strict social rules that drives politics and the culture to one point of view. (…) Her supporters say it’s Donald Trump’s rhetoric that is “divisive.” Just so. But it’s rich to hear them claim that their words and politics are “inclusive.” So is the town dump. They have chopped American society into so many offendable identities that only a Yale freshman can name them all. If the Democrats lose behind Hillary Clinton, it will be in part because America’s les déplorables decided enough of this is enough. Bret Stephens

Attention: une tribalisation peut en cacher une autre !

Alors que des Etats-Unis volontiers donneurs de leçons redécouvrent après la France et la Belgique …

Les attaques terroristes que subissent depuis près d’un an et dans l’indifférence générale les citoyens israéliens

Et que des élèves afro-américaines manifestent contre l’interdiction du port non-religieux du foulard africain

Pendant que l’autre côté de l’Atlantique c’est au nom de la laïcité que les jeunes Français se voient interdire tout couvre-chef ou signe religieux visible …

Comment ne pas voir avec les plus lucides des commentateiurs américains tels que David Henninger ou Victor Davis Hanson …

Derrière ce « panier de pitoyables » que, gala LGBT aidant, la candidate démocrate vient – avant de s’excuser elle aussi – d’asséner aux « accros aux armes à feu ou à la religion » dénoncés en son temps par son prédécesseur  …

Et à l’instar de ces stars multimillionnaires du sport refusant de saluer le drapeau national …

La véritable tribalisation d’une élite toujours plus coupée de la réalité et du reste du pays

Mais aussi, incarnée par leur rival républicain tant honni, la révolte qui gronde …

Contre ceux qui sont les premiers responsables de la polarisation de la société américaine qu’ils dénoncent  ?

Les Déplorables
Hillary Clinton names the five phobias of Donald Trump’s political supporters.
Daniel Henninger
The WSJ
Sept. 14, 2016

Hillary Clinton’s comment that half of Donald Trump’s supporters are “racist, sexist, homophobic, xenophobic, Islamophobic”—a heck of a lot of phobia for anyone to lug around all day—puts back in play what will be seen as one of the 2016 campaign’s defining forces: the revolt of the politically incorrect.

They may not live at the level of Victor Hugo’s “Les Misérables,” but it was only a matter of time before les déplorables—our own writhing mass of unheard Americans—rebelled against the intellectual elites’ ancien régime of political correctness.

It remains to be seen what effect Hillary’s five phobias will have on the race, which tightened even before these remarks and Pneumonia-gate. The two events produced one of Mrs. Clinton’s worst weeks in opposite ways.

As with the irrepressible email server, Mrs. Clinton’s handling of her infirmity—“I feel great,” the pneumonia-infected candidate said while hugging a little girl—deepened the hole of distrust she lives in. At the same time, her dismissal, at Barbra Streisand’s LGBT fundraiser, of uncounted millions of Americans as deplorables had the ring of genuine belief.

Perhaps sensing that public knowledge of what she really thinks could be a political liability, Mrs. Clinton went on to describe “people who feel that the government has let them down, the economy has let them down, nobody cares about them . . . and they’re just desperate for change.”

She is of course describing the people in Charles Murray’s recent and compelling book on cultural disintegration among the working class, “Coming Apart: The State of White America, 1960-2010.” This is indeed the bedrock of the broader Trump base.

Mrs. Clinton is right that they feel the system has let them down. There is a legitimate argument over exactly when the rising digital economy started transferring income away from blue-collar workers and toward the “creative class” of Google and Facebook employees, no few of whom are smug progressives who think the landmass seen from business class between San Francisco and New York is pocked with deplorable, phobic Americans. Naturally, they’ll vote for the status quo, which is Hillary.

But in the eight years available to Barack Obama to do something about what rankles the lower-middle class—white, black or brown—the non-employed and underemployed grew. A lot of them will vote for Donald Trump because they want a radical mid-course correction. Which Mrs. Clinton isn’t and never will be.

This is not the Democratic Party of Bill Clinton. The progressive Democrats, a wholly public-sector party, have disconnected from the realities of the private economy, which exists as a mysterious revenue-producing abstraction. Hillary’s comments suggest they now see much of the population has a cultural and social abstraction.

To repeat: “racist, sexist, homophobic, xenophobic, Islamophobic.”

Those are all potent words. Or once were. The racism of the Jim Crow era was ugly, physically cruel and murderous. Today, progressives output these words as reflexively as a burp. What’s more, the left enjoys calling people Islamophobic or homophobic. It’s bullying without personal risk.

Donald Trump’s appeal, in part, is that he cracks back at progressive cultural condescension in utterly crude terms. Nativists exist, and the sky is still blue. But the overwhelming majority of these people aren’t phobic about a modernizing America. They’re fed up with the relentless, moral superciliousness of Hillary, the Obamas, progressive pundits and 19-year-old campus activists.

Evangelicals at last week’s Values Voter Summit said they’d look past Mr. Trump’s personal résumé. This is the reason. It’s not about him.

The moral clarity that drove the original civil-rights movement or the women’s movement has degenerated into a confused moral narcissism. One wonders if even some of the people in Mrs. Clinton’s Streisandian audience didn’t feel discomfort at the ease with which the presidential candidate slapped isms and phobias on so many people.

Presidential politics has become hyper-focused on individual personalities because the media rubs them in our face nonstop. It is a mistake, though, to blame Hillary alone for that derisive remark. It’s not just her. Hillary Clinton is the logical result of the Democratic Party’s new, progressive algorithm—a set of strict social rules that drives politics and the culture to one point of view. A Clinton victory would enable and entrench the forces her comment represents.

Her supporters say it’s Donald Trump’s rhetoric that is “divisive.” Just so. But it’s rich to hear them claim that their words and politics are “inclusive.” So is the town dump. They have chopped American society into so many offendable identities that only a Yale freshman can name them all.

If the Democrats lose behind Hillary Clinton, it will be in part because America’s les déplorables decided enough of this is enough.

Voir aussi:

The Legacies of Barack Obama
Without policy achievements to hang his hat on, Obama’s rhetoric will be how he’s remembered – and the results have been ugly.
Victor Davis Hanson
National Review Online
9/16/2016

On his recent Asian tour, President Obama characterized his fellow Americans (the most productive workers in the world) as “lazy.”

In fact, he went on to deride Americans for a list of supposed transgressions ranging from the Vietnam War to environmental desecration to the 19th century treatment of Native Americans.

“If you’re in the United States,” the president said, “sometimes you can feel lazy and think we’re so big we don’t have to really know anything about other people.”

The attack on supposedly insular Americans was somewhat bizarre, given that Obama himself knows no foreign languages. He often seems confused about even basic world geography. (His birthplace of Hawaii is not “Asia,” Austrians do not speak “Austrian,” and the Falkland Islands are not the Maldives).

Obama’s sense of history is equally weak. Contrary to his past remarks, the Islamic world did not spark either the Western Renaissance or the Enlightenment. Cordoba was not, as he once suggested, an Islamic center of “tolerance” during the Spanish Inquisition; in fact, its Muslim population had been expelled during the early Reconquista over two centuries earlier.

In another eerie ditto of his infamous 2008 attack on the supposedly intolerant Pennsylvania “clingers,” Obama returned to his theme that ignorant Americans “typically” become xenophobic and racist: “Typically, when people feel stressed, they turn on others who don’t look like them.” (“Typically” is not a good Obama word to use in the context of racial relations, since he once dubbed his own grandmother a “typical white person.”)

Too often Obama has gratuitously aroused racial animosities with inflammatory rhetoric such as “punish our enemies,” or injected himself into the middle of hot-button controversies like the Trayvon Martin case, the Henry Louis Gates melodrama, and the “hands up, don’t shoot” Ferguson mayhem.

Most recently, Obama seemed to praise backup 49ers quarterback and multimillionaire Colin Kaepernick for his refusal to stand during the National Anthem, empathizing with Kaepernick’s claims of endemic American racism.

What is going on in Obama’s home stretch?

But divisive sermonizing and the issuing of executive orders are not the same as successfully reforming our health-care system. The Affordable Care Act, born of exaggeration and untruth, is now in peril as insurers pull out and the costs of premiums and deductibles soar.

Even presidential nominee and former Secretary of State Hillary Clinton is not really defending the Obama administration’s past “red line” in Syria, the “reset” with Vladimir Putin’s Russia, the bombing of Libya, the Benghazi tragedy, the euphemistic rebranding of Islamic terrorism as mere “violent extremism,” the abrupt pullout from (and subsequent collapse of) Iraq, or the Iran nuclear deal that so far seems to have made the theocracy both rich and emboldened.

The U.S. economy — with its record-low growth over eight years, near-record labor non-participation rates, record national debt, and record consecutive years of zero interest rates — is not much of a legacy either.

Racial relations in this country seem as bad as they have been in a half-century.

Given the scandal involving Hillary Clinton’s use of a private, unsecured e-mail server for official State Department communications, the politicization of the IRS, the messes at the GSA and VA, and the current ethical confusion at the FBI and Justice Department over Clinton’s violations, Obama has not made good on his promise of a transparent, efficient, and honest government.

Near energy independence through fracking is certainly a revolutionary development, but it arrived largely despite, not because of, the Obama administration.

The sharper the sermon, the more Obama preps himself for his post-presidency as a social justice warrior, akin to the pre-political incarnation of Obama as a community organizer.

Following the Clinton model, a post-presidential Obama will no doubt garner huge fees as a “citizen of the world” — squaring the circle of becoming fabulously rich while offering sharp criticism of the cultural landscape of the capitalist West on everything from sports controversies to pending criminal trials.

What, then, is the presidential legacy of Barack Obama?

It will not be found in either foreign- or domestic-policy accomplishment. More likely, he will be viewed as an outspoken progressive who left office loudly in the same manner that he entered it — as a critic of the culture and country in which he has thrived.

But there may be another, unspoken legacy of Obama, and it is his creation of the candidacy of Donald J. Trump.

Trump is running as an angry populist, fueled by the promise that whatever supposed elites such as Obama have done to the country, he will largely undo.

Obama’s only legacy seems to be that “hope and change” begat “make America great again.”

Voir également:

French Touch : “Nous sommes tous ‘Les Deplorables’”
Philippe Grasset
Dedefensa
17 septembre 2016

Est-ce le plus beau cadeau qu’Hillary Clinton ait fait à son adversaire ? En traitant “la moitié” des électeurs de Trump de “basket of deplorables”, Hillary a donné à l’équipe Trump un nouveau slogan de campagne : Les Deplorables (en français sur l’affiche avec le “e” sans accent, et aussi sur les t-shirts, sur les pots à café, dans la salle, etc.) ; avec depuis hier une affiche empruntée au formidable succès de scène de 2012 à Broadway Les Misérables (avec le “é” accentué, ou Les Mis’, tout cela en français sur l’affiche et sur la scène), et retouchée à la mesure-Trump (drapeau US à la place du drapeau français, bannière avec le nom de Trump). Grâce soit rendue à Hillary, le mot a une certaine noblesse et une signification à la fois, – étrangement, – précise et sophistiqué, dont le sens négatif peut aisément être retourné dans un contexte politique donné (le mot lui-même a, également en anglais, un sens négatif et un sens positif), surtout avec la référence au titre du livre de Hugo devenu si populaire aux USA depuis 2012…  L’équipe Trump reprend également la chanson-standard de la comédie musicale “Do You Hear the People Sing”, tout cela à partir d’une idée originale d’un partisan de Trump, un artiste-graphiste qui se désigne sous le nom de Keln : il a réalisé la composition graphique à partir de l’affiche des Misérables et l’a mise en ligne en espérant qu’elle serait utilisée par Trump.

Depuis quelques jours déjà, les partisans de Trump se baptisent de plus en plus eux-mêmes Les Deplorables (comme l’on disait il y a 4-5 ans “les indignés”) et se reconnaissent entre eux grâce à ce mot devenu porte-drapeau et slogan et utilisé sur tous les produits habituels (“nous sommes tous des Deplorables”, comme d’autres disaient, dans le temps, “Nous sommes tous des juifs allemands”). De l’envolée de Clinton, – dont elle s’est excusée mais sans parvenir à contenir l’effet “déplorable” pour elle, ni l’effet-boomerang comme on commence à le mesurer, –nous écrivions ceci le 15 septembre : « L’expression (“panier” ou “paquet de déplorables”), qui qualifie à peu près une moitié des électeurs de Trump, est assez étrange, sinon arrogante et insultante, voire sophistiquée et devrait être très en vogue dans les salons progressistes et chez les milliardaires d’Hollywood ; elle s’accompagne bien entendu des autres qualificatifs classiques formant le minimum syndical de l’intellectuel-Système, dits explicitement par Hillary, de “racistes”, xénophobes”, et ajoutons comme sous-entendus “crétins absolus” ou bien “sous-hommes”, et ajoutons encore implicitement “irrécupérables” et de la sorte “à liquider” ou à envoyer en camp de rééducation ou plutôt à l’asile, comme l’éclairé Bacri conseille de faire avec Zemmour. » Récupéré par les électeurs de Trump eux-mêmes puis par l’équipe Trump, le slogan peu résonner comme un cri de révolte qui pourrait donner un formidable rythme et un atout considérable de communication à la campagne du candidat républicain.

L’affaire est présentée notamment par le Daily Mail, ce 17 septembre : « Donald Trump unveiled a new visual campaign theme in Miami on Friday – a mashup of the Broadway musical ‘Les Misérables’ and an epithet Hillary Clinton leveled at his supporters one week ago. He took the stage, introduced by former New York City Mayor Rudy Giuliani, as the ‘Les Mis’ anthem ‘Do You Hear the People Sing’ blasted through loudspeakers.

» The video screen behind the podium flashed to an artistic rendering of ‘Les Deplorables,’ complete with USA and ‘Trump’ flags replacing the French colors, and a bald eagle soaring over the revolutionary scene. “Welcome to all of you deplorables!’ Trump boomed as thousands screamed “Trump! Trump! Trump!” and “We love you!” […]

» His supporters have embraced the Clinton label and worn it as a badge of honor, and in the space of just a few days Trump rally-goers have already begun to sport ‘I am deplorable’ t-shirts and signs. […]

» The man who created the artwork [Trump] used Friday, an artist known online as ‘Keln,’ was banned from using Reddit on Saturday, shortly after posting the image there. He first posted it to a right-wing blog called ‘The Conservative Treehouse.’ “I made the Les Deplorables meme on @Reddit last Saturday,” he would later write on Twitter. “Been banned ever since. They won’t respond to tell me why.” He wrote on his blog, NukingPolitics.com, that he suspected Reddit had an anti-Trump bias. […] Just before the Trump rally began, his Reddit account was reinstated. He was pleased the Trump campaign used his artwork. “Thank you @realDonaldTrump for using my meme to stick it to Hillary and her ilk. #MAGA We are just gonna keep winning,” he tweeted. “I made it, I am glad He used it,” he added, insisting the Trump campaign had a right to turn his work into a campaign backdrop. »

Voir encore:

« In the 1960s you had white people who were really scared of change, and who were attracted to Goldwater’s rhetoric and agenda, including his vote against the Civil Rights Act, » says Christopher S. Parker, a political science professor at the University of Washington and author, with Matt Barreto, of « Change They Can’t Believe In: The Tea Party and Reactionary Politics in America.«  Nowadays, white Americans are feeling not only the threat of social change, but the diminished power that comes with the the increased percentages of African-American and Latinos citizens in the U.S., adds Daniel Cox, research director of the nonpartisan Public Religion Research Institute.

« White conservative men are seeing a cultural displacement. Their influence in the culture is being challenged and is receding, » Cox explains.

Obama’s election, far from making Americans more comfortable with minority leadership, in some ways exacerbated those fears, Parker says, giving rise to Trump. « I think that Trump is actually a course correction, probably an over-course correction, » he says. « Obama scared so many white people, it made Trump’s candidacy possible and his nomination plausible. »

The growth of the Latino population has added to the national angst as well, says Pastor Samuel Rodriguez, President of the National Hispanic Christian Leadership Conference. « We’re having this uber, exacerbated moment as it pertains to race and our culture, » he says. « Instead of [racial tension and animus] dying down, or moderating to a degree that it becomes de minimus, we’re actually regressing. It seems like we’re going backwards. »

While Democrats have long captured an overwhelming majority of the African-American vote, Trump (who has gotten less than 1 percent of black voters in some polls) is doing worse against Clinton among those voters than either Mitt Romney or John McCain did against Obama. And while race was always an undercurrent of the Obama-McCain contest in 2008, it was less mainstream ( — racially offensive images and remarks about Obama tended to be contained to extremist websites and niche publications. Nor did McCain personally encourage such talk, famously correcting a woman at a McCain rally who called Obama an « Arab. »

Trump, Parker says, doesn’t even bother with what political specialists call « dog whistle » remarks – statements that seem benign on the surface but act as a subtle signal to certain groups, such as Ronald Reagan’s « welfare queens » comments that appealed to a racist idea but were not explicitly racist. Instead, Trump has been blatant about describing Mexican-American immigrants as « rapists » and « criminals, » has called for a ban on Muslim immigration to thwart terrorism and has described African-American communities as dens of unemployment, poverty, bad education and violent crime. And that message is resonating among many white voters, in part, Cox says, because they resent « politically correct » standards that make them feel they have to censor their own thoughts. « You can see how that would engender the idea that ‘I’m being attacked,' » Cox says.

And unlike Goldwater, who denounced the KKK and refused their endorsement, Trump refused several times to renounce former Klansman David Duke, insisting he knew nothing about him. He later said a faulty earpiece kept him from hearing the question clearly.

Polling shows the races have widely divergent ideas of what life is like for racial and ethnic minorities. A recent Pew Research Center study showed that just 45 percent of whites thought race relations were generally bad, compared to 61 percent of African-Americans and 58 percent of Hispanics. Meanwhile, 41 percent of whites believe too much attention is being paid to racial issues, compared to 25 percent of blacks and 22 percent of Hispanics. The same study showed that African-Americans are about twice as likely as whites to say discrimination is holding back success for black Americans.

A recent PRRI poll also showed a large difference in perception of equality when the question was put to Democrats (who have African-Americans and Latinos in their base of support) and Republicans (who have a bigger portion of the white vote). About 80 percent of Democrats believe that both African-Americans and immigrants face significant discrimination in society, compared to 32 percent of Republicans who think blacks face significant discrimination, and 46 percent who say immigrants suffer from bias. And a Suffolk University poll Sept. 1 showed a drastically different impression of trump’s rhetoric, with 76 percent of Democrats casting trump as a racist, and just 11 percent of Republicans leveling that charge.

When African-Americans have protested against what they see as institutional racism, they have faced aggressive push-back. The Black Lives Matter movement, spurred by suspect police killings of African-Americans, has been vilified by critics including former New York City Mayor Rudy Giuliani, who called the group « inherently racist. » A New York Times-CBS poll this summer found that 70 percent of blacks approve of the BLM movement, compared to just 37 percent of whites.

When mixed-race San Francisco 49ers quarterback Colin Kaepernick refused to stand for the national anthem, citing oppression of African-Americans and people of color, critics burned his jersey. Trump said Kaepernick should find another country in which to live.

That disparity in perspective has come to define the views on race relation held, generally, by supporters of the respective presidential candidates. Where one side sees racism, the other sees « the race card, » rhetoric and protests they say make things worse. « From my perspective, I think a lot of this [tension] has to do with President Obama, » says conservative writer Tom Borelli. After delivering campaign speeches about a united America, « President Obama kind of weighed in on local police matters and race issues » such as the George Zimmerman-Trayvon Martin case, Borelli says. « It kind of escalated the racial tension. »

As for statistics showing that African-Americans are far more likely to be shot and killed by police than whites, Borelli points to the same social problems Trump assigns to black communities, saying poverty and unemployment lead to crime. They « go into crime, drug-dealing. That’s a tragedy, » Borelli says. « What we need is better schools, lower taxes. »

Rodriguez says the differing perceptions of the reality of race is due to two factors: anxiety among white Americans over the changing racial and ethnic demographics in the country, and disappointment among African-Americans and Latinos, who had hoped Obama’s presidency would bring immigration reform and more opportunity for blacks. « There’s angst on the majority side, and disappointment on the minority side, » he says.

Whites also don’t have the same personal experiences minorities have, Cox says, noting an earlier PRRI study showing that 70 percent of white Americans did not have people of color in their families or inner social circles. And many also don’t like to acknowledge that America, a nation founded on inclusion and opportunity, is still struggling with racism, he says.

« There’s a desire to point to these big, symbolic events, such as the election of Barack Obama, as a milestone, » Cox says. « It is absolutely a milestone, but it doesn’t mean everything else is changed. »

France 24 Observateurs

Liu Montsho Kwayera

16 septembre 2016

Quand un responsable de leur école leur a demandé « d’ôter les foulards africains » qu’elles portaient sur la tête, des adolescentes noires d’un lycée de Floride ont décidé de ne pas se laisser faire. Malgré les pressions, elles ont lancé un mouvement et arborent tous les mercredis cette coiffe, symbole pour elle de leur identité culturelle.

Dans le lycée Gibbs, à Saint Petersburg en Floride, les règles en matière de couvre-chef sont très strictes : il est interdit de porter casquette, foulard ou bandana, sauf pour raison religieuse. Sur la base de ce règlement, le 25 août dernier, un surveillant a demandé à des jeunes filles d’enlever leurs foulards, noués à l’africaine. Ce geste a fait naître un mouvement baptisé « Black girls wrap Wednesday » (« Les filles noires se couvrent le mercredi »).

« Je n’ai pas besoin de permission pour vivre ma culture »

Liu Montsho Kwayera

Liu Montsho Kwayer a 17 ans et étudie au lycée Gibbs. Elle est l’une des leaders du mouvement.

Les gens voient ces foulards comme un accessoire, mais c’est bien plus que ça. Les femmes noires et africaines les portent depuis longtemps. Cela fait partie intégrante de notre culture et de notre héritage. Pour moi, en porter un, c’est embrasser cet héritage.

Quand nous avons été « volés » sur le continent africain [en référence aux traites négrières des XVIIe et XVIIIe siècles, NDLR], nos ancêtres ont été dépossédés de leur culture, leur nom, leur langue. Pour moi, ceux qui disent que nous ne pouvons pas porter ces foulards nous renvoient à cette époque de répression.

Lorsque l’interdiction a été émise, j’étais désespérée. Particulièrement parce que c’est un policier qui a demandé à la première victime d’enlever son foulard. C’était une situation très humiliante. Voir qu’un policier pouvait intervenir sur ce sujet dans l’enceinte d’un lycée, c’était effrayant.

Je suis rentrée en contact avec des membres du mouvement Uhuru [un mouvement panafricain socialiste radicalinternational centré sur la question des conditions sociales et économiques des populations africaines à travers le monde ; ses bureaux internationaux se trouvent à Saint Petersburg en Floride, NDLR]. Nous avons organisé notre première manifestation le 31 août. Six filles sont venues en portant un foulard ou un dashiki [un vêtement traditionnel d’Afrique de l’Ouest, NDLR]. Les responsables de l’école les ont envoyées au bureau de la vie scolaire et ont appelé leurs parents. C’était très stressant.

Après les premières manifestations, la directrice Reuben Hepburn a accepté que les jeunes filles puissent porter un foulard africain si elles avaient la permission de leurs parents. Mais cette décision n’était pas suffisante pour les leaders du mouvement Uhuru qui a rencontré la directrice pour demander plus de droits pour les jeunes filles. Elles n’ont depuis même plus besoin de l’accord parental.

Contactée par France 24, Lisa Wolf, chargée de communication du district, affirme que l’incident est pour eux clos. Ils précisent : « Notre règlement concernant l’interdiction de se couvrir la tête visait notamment les bandanas et les bandeaux, car certains gangs de la zone utilisent ces objets pour se reconnaitre entre eux. Mais chaque directeur d’école est libre de l’adapter selon les circonstances. »


« C’est une lutte pour toutes les femmes noires »

Selon notre Observatrice Kwayera, le combat n’est pour autant pas terminé.

Parfois, nous nous faisons embêter par l’équipe dirigeante. Tous les mercredis, j’amène un sac rempli de foulards africains pour les jeunes filles qui n’auraient pas pu prendre le leur. Je mets en place comme un petit atelier dans les toilettes pour les nouer aux jeunes filles qui le souhaitent. La semaine dernière, une surveillante s’est rendue compte de ça, et a essayé de faire pression sur moi pour que j’arrête.

Malgré tout ça, nous poursuivons notre mouvement. Nous sommes entre 30 et 40 participantes chaque semaine. Même des jeunes garçons de notre lycée ont commencé à porter des foulards africains, et des amis d’autres lycées m’envoient des messages pour me dire qu’ils ont aussi lancé le mouvement dans leur établissement.
Ce n’est pas juste une question de foulard : pour moi, c’est une lutte pour toutes les femmes noires pour qu’elles aient le droit de vivre leur culture

Le mouvement « Black girls wrap Wednesday » a formulé quatre demandes allant de l’interdiction d’intervention policière dans le lycée pour demander d’enlever un foulard à l’intervention de l’organisation nationale des femmes africaines dans le campus.

Des revendications similaires ont été émises en février dernier à Durham, en Caroline du Nord, mais aussi dans d’autres pays comme cet été en Afrique du Sud où un lycée avait interdit les coupes afro.

Voir également:

Colin Kaepernick a encore boycotté l’hymne américain, la polémique prend de l’ampleur
Claire Digiacomi
Le HuffPost
12/09/2016

INTERNATIONAL – Ce 12 septembre, à 4h du matin heure française, les États-Unis avaient le regard tourné vers le Levi’s Stadium, antre de la franchise de football américain de San Francisco. Au-delà du derby entre deux équipes californiennes, les Rams de Los Angeles et donc les locaux des 49ers, au-delà aussi du fait que LA ait une équipe au plus haut niveau pour la première fois depuis vingt ans, un homme a focalisé l’attention de toute une nation: Colin Kaepernick.

À l’occasion du match du lundi soir, traditionnellement la plus belle affiche de chaque journée de NFL, les États-Unis attendaient de voir si l’homme allait rééditer un geste qui a d’ores et déjà fait couler beaucoup d’encre et qui ne cesse de déchirer le pays. Et sans grande surprise, le footballeur a persisté dans son geste. Mieux, il a été rejoint dans sa démarche par deux de ses adversaires des Rams. Pourtant, cet acte militant divise outre-Atlantique.

Le 26 août dernier, le quarterback de San Francisco avait effectivement décidé de boycotter l’hymne américain en refusant de se lever pendant qu’il était chanté, sa manière de s’opposer aux violences policières qui s’abattent contre la communauté noire aux États-Unis depuis de longs mois. Une posture choc qui a fait des émules, notamment dans la nuit de dimanche à lundi.

Tête baissée, un gant noir sur la main, le poing levé vers le ciel, le joueur des Kansas City Chiefs Marcus Peters a marqué par ce geste le début de la première journée du championnat de football américain de la NFL dimanche, sur la pelouse du Arrowhead Stadium de Kansas City. L’image, hautement symbolique, est en fait un message politique dont l’écho ne cesse de se répandre aux États-Unis ces dernières semaines.

Ce poing levé, qui rappelle ceux de Tommie Smith et John Carlos dénonçant la ségrégation raciale aux Jeux olympiques de Mexico de 1968, a entériné le ralliement du joueur au boycott lancé fin août par Colin Kaepernick, pour protester contre « l’oppression » de la communauté noire aux États-Unis. Ses coéquipiers, les bras joints au moment d’écouter l’hymne américain, interprété aux États-Unis avant chaque compétition sportive, ont eux aussi formé cette chaîne humaine en « signe de solidarité », comme ils l’indiquent dans un communiqué.

D’autres footballeurs ont apporté dimanche leur soutien à Colin Kaepernick: quatre joueurs des Miami Dolphins ont mis un genou à terre pendant l’hymne national lors de leur match à Seattle, trois Tennessee Titans ont imité Marcus Peters en levant le poing, tout comme deux New England Patriots à la fin de l’hymne.

Le 4 septembre, c’est l’internationale américaine Megan Rapinoe qui a fait « un petit geste en direction de Colin Kaepernick » selon ses mots, en posant un genou à terre pendant l’hymne américain avant le match du Championnat professionnel américain entre Seattle et Chicago, son équipe.

Le quinzième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, commémoré dimanche, a pu refréner l’intention de certains de se faire remarquer pour le début de la NFL, ce qui fait dire à Esquire que le mouvement pourrait encore prendre de l’ampleur dans les jours à venir.

Faire entendre la voix des opprimés

À l’origine du boycott entamé mi-août, Colin Kaepernick souhaite contester le symbole d’un pays où, dit-il, l’impunité continue à profiter à des policiers coupables d’homicides contre des Noirs non armés. « Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs », a justifié le quarterback, dont le père biologique était noir mais qui a été adopté et élevé par un couple de Blancs.

« Je vois des choses arriver à des gens qui n’ont pas de voix, des gens qui n’ont pas de tribune pour parler, faire entendre leur voix et voir les choses changer. Alors je suis dans cette position où je peux faire cela et je vais le faire pour les gens qui ne peuvent pas », explique-t-il encore.

« Étant homosexuelle, je sais ce que veut dire regarder le drapeau américain en étant consciente qu’il ne protège pas toutes les libertés », a aussi fait valoir Megan Rapinoe, qui explique avoir suivi Kaepernick pour « déclencher une prise de conscience et des conversations ».

Pour Peter Dreier, professeur à l’Occidental College de Los Angeles cité par le LA Times, Colin Kaepernick profite d’un moment unique dans l’histoire américaine pour faire bouger les lignes. « Nous sommes en plein milieu d’une campagne électorale qui ajoute de la tension à l’atmosphère générale. Le mouvement ‘Black lives matter’ fait partie intégrante du discours politique et ne peut être évité. Les meurtres commis par des policiers et les tueries de masse ont suscité une prise de conscience sur la question des armes à feu. Et de plus en plus d’athlètes sont instruits », fait-il valoir.

En seulement quelques semaines, la polémique a enflé au fur et à mesure que le joueur des 49ers de San Francisco continuait d’ignorer la tradition qui veut que joueurs, entraîneurs et spectateurs se lèvent et se découvrent la tête pour entonner « Star-Spangled Banner » (La Bannière étoilée), regard tourné vers le drapeau, dans un moment de communion patriotique.

Chaque geste du meneur de jeu, dont l’action est soutenue par son équipe et le grand patron de la NFL, est désormais scruté à la loupe… jusqu’à ses chaussettes à l’entraînement, où des regards bien affûtés ont repéré des images de porcs en uniforme policier. Le joueur s’est expliqué dans un communiqué, estimant que « les policiers sans scrupules qui se voient confier des postes dans des services de police mettent en danger non seulement la population mais aussi les policiers ayant de bonnes intentions, car ils créent une atmosphère de tension et de défiance ».

Un maillot haï autant qu’adoré

Héros pour certains, traître pour d’autres, Colin Kaepernick est désormais au cœur d’une polémique nationale. Si certains estiment qu’il fait bien d’utiliser sa notoriété pour dénoncer un problème qu’ils jugent réel, en témoignent les récentes bavures choquantes de policiers envers des citoyens afro-américains, d’autres considèrent que ses outrages à l’hymne ou au drapeau américains sont intolérables.

Sur le terrain le 1er septembre, le joueur de 28 ans a été conspué à chacun de ses touchers de ballon par une bonne partie des spectateurs. Des internautes se sont aussi filmés en train de brûler le maillot du quarterback, qui avait pourtant conduit San Francisco jusqu’au Super Bowl 2013 (défaite contre Baltimore 34-31) avant de perdre sa place de titulaire l’an dernier. D’autres ont publié des photos de soldats amputés des jambes, debout sur leurs prothèses, pour rappeler au joueur qu’il a touché à un symbole patriotique

Sa mère biologique, qui a donné naissance à son fils à 19 ans et l’a confié en adoption, a même exprimé sur Twitter son désaccord.

« Il y a des moyens de faire changer les choses sans manquer de respect et faire honte au pays entier et à sa famille, qui vous ont apporté tant de bonheur »

Et son boycott divise jusqu’à la classe politique. Le candidat républicain à la Maison blanche Donald Trump a ainsi qualifié d' »exécrable » son attitude, lui conseillant de « chercher un pays mieux adapté ». Barack Obama a en revanche défendu sa démarche, jugeant qu’il avait réussi à attirer l’attention « sur des sujets qui méritent d’être abordés ».

« Il existe une longue histoire de figures du sport qui ont fait de même. Et il y a différentes façons de le faire », a-t-il ajouté. Et pour cause, dans un pays où la liberté d’expression est protégée par le premier des amendements constitutionnels, Colin Kaepernick a simplement emboîté le pas à d’autres joueurs professionnels luttant contre les discriminations raciales ou la violence par armes à feu, parmi lesquels les stars du basket Dwyane Wade, LeBron James ou Carmelo Anthony.

En France, on se souvient de Christian Karembeu qui a toujours refusé de chanter « La Marseillaise ». Le footballeur, né en Nouvelle-Calédonie, protestait de cette manière contre le sort du peuple kanak. « ‘La Marseillaise’ je l’ai apprise et chantée tout petit. Mon père était enseignant et en Nouvelle-Calédonie, nous apprenions très tôt l’histoire de nos ancêtres les Gaulois. Mais moi, mes ancêtres ce ne sont pas les Gaulois. Mes ancêtres, c’est un peuple qui a souffert pour obtenir sa liberté », confiait-il, comme le rapporte Francetv sport.

Colin Kaepernick est en tout cas parvenu à rassembler des soutiens très divers. Comme le relate Le Journal de Montréal, les ventes de maillot à l’effigie du joueur aux bras tatoués ont explosé depuis début septembre. Sur Instagram, le joueur a d’ores et déjà promis de reverser les bénéfices qu’il touchera de ces ventes à des œuvres de charité.
« J’aimerais remercier toutes les personnes qui m’ont prouvé leur amour et leur soutien, ça veut dire beaucoup pour moi! Je ne m’attendais pas à ce que les ventes de mon maillot explosent après ça, mais ça prouve que les gens pensent que nous pouvons atteindre la justice et l’égalité pour tous! La seule manière pour moi de vous rendre cela est de faire don de tous ces bénéfices à des œuvres de charité! Je crois au peuple, et NOUS pouvons être le changement! »

Voir par ailleurs:

ETATS-UNIS. Roland Fryer, le jeune prodige qui s’attaque aux inégalités raciales

Ce gamin de banlieue, devenu le plus jeune prof noir de Harvard, a créé un laboratoire éducatif pour réduire les inégalités raciales sans idéologie. Un futur prix Nobel ?

Philippe Boulet-Gercourt

L’Obs
02 janvier 2016

Cet économiste-là est moins célèbre que le Français Thomas Piketty, auteur du « Capital au XXIe siècle », moins reconnu que le Britannique Angus Deaton, qui a été couronné par le prix Nobel cette année pour sa recherche sur la pauvreté. Mais, tout autant qu’eux, Roland Fryer bouleverse la réflexion sur les inégalités. Ses pairs l’ont bien compris : en avril dernier, ils ont décerné à ce prof de l’université Harvard la prestigieuse médaille John Bates Clark, réservée aux économistes de moins de 40 ans. Les deux tiers des « Bates Clark » ont par la suite obtenu le prix Nobel. Roland Fryer y pense-t-il ? Pour l’instant, ses préoccupations sont ailleurs. Il veut absolument comprendre et évaluer l’influence des différences raciales dans l’usage de la force par la police, et s’est donc installé à l’arrière des voitures de flics de Camden (New Jersey) et d’Austin (Texas).

Une méthode de recherche empirique de plus en plus à la mode parmi les économistes ? Pour Fryer, c’est plus que cela. L’expérience ressemble à un mauvais souvenir ! Cet universitaire qui n’en finit pas d’aligner les records – devenu le plus jeune prof noir titularisé à Harvard (à 30 ans), élu dans le Top 100 de « Time Magazine » en 2009 – a grandi dans une famille pauvre de Floride : mère envolée quand il avait 4 ans, père violent, cousins et tantes plongés jusqu’au cou dans le trafic de crack… Il a 15 ans quand il se retrouve plaqué contre le capot d’une voiture de police et fouillé sans ménagement.

Je n’avais jamais été arrêté de ma vie, raconte-t-il. Les flics m’ont un peu bousculé, et c’est là que j’ai réalisé que je ne voulais à aucun prix aller en prison. Je rapinais à droite et à gauche, sans jamais dépasser le seuil de 500 dollars qui fait de vous un criminel. Mais cette interpellation musclée m’a fait basculer. J’ai su que je ne voulais pas de ce monde. »

Après quelques heures d’interrogatoire, la police, qui l’avait pris pour un dealer, le relâche.

L’obsession du « truc qui marche »

Sportif accompli, il rejoint l’université du Texas à 18 ans grâce à une bourse d’athlète. Au bout d’un semestre, ses notes sont tellement bonnes qu’il décroche une bourse académique. Il découvre l’économie à l’université d’Etat de Pennsylvanie et finit brillamment ses études à Chicago. A 25 ans, tout le monde s’arrache ce jeune prodige, à commencer par Harvard, qui lui offre un poste de chercheur. « A Harvard, les gens me demandaient : ‘Oh, vous êtes allé à l’école publique ?’ Ou bien : ‘Vous n’avez pas mis les pieds en Europe ? Vous n’étiez pas à Martha’s Vineyard [l’île chic du Tout-Boston] cet été ? Vous n’avez jamais bu un bon bordeaux ?’ Le bordeaux ? Je ne savais pas que cela existait ! »
Il s’est depuis rattrapé sur les plaisirs de France et a même épousé sa femme, une Autrichienne, à Ménerbes dans le Lubéron. Mais il n’a jamais oublié d’où il venait, au contraire >L’inégalité raciale, pour moi, ce n’est pas un problème à résoudre sur un tableau noir. C’est quelque chose de profondément personnel. Et je me moque des partis pris idéologiques, je veux juste des réponses au problème de l’inégalité. Je suis tellement prêt à tout pour trouver ces réponses que je me fiche de savoir si elles proviennent de telle boîte à idées plutôt que de telle autre. »

Cette obsession du « truc qui marche » l’a conduit à mener des expériences iconoclastes, comme celle consistant à donner 50 dollars à un élève de troisième, toutes les cinq semaines, s’il obtient la meilleure note (A) dans une discipline. Ou à présenter des conclusions politiquement incorrectes, comme cette étude expliquant une partie du retard scolaire des Noirs par une peur de « jouer au Blanc » en obtenant de bonnes notes, et d’être de ce fait rejeté par ses pairs. Avec son équipe d’Edlabs, le « labo éducatif » qu’il a créé à Harvard, Fryer teste toutes sortes de solutions, animé de la conviction que « la science économique l’a démontré depuis vingt ans : c’est moins le marché du travail qui est source de discriminations, en traitant différemment des gens à compétences égales, que le fait qu’une partie de la population se présente sur ce marché avec des qualifications inférieures ». Autrement dit, les racines de la pauvreté chez les Noirs – qui n’a « rien d’une fatalité », insiste-t-il – sont moins à chercher dans la discrimination à l’embauche que dans le déficit scolaire. Surtout entre les âges de 14 et 17 ans.

« Les bonnes idées trouveront leur chemin »

Roland Fryer teste et teste encore, avec une rigueur impressionnante. Il veut par exemple comprendre pourquoi les bons élèves de familles pauvres noires ne tentent pas aussi souvent leur chance dans les meilleures universités que les Blancs ou les Asiatiques, et découvrir la meilleure façon de les convaincre de s’inscrire dans une bonne fac à deux heures d’avion de chez eux. Et il passe un temps fou sur le terrain.

Parce qu’il est noir et issu d’une famille pauvre, certains ne manquent pas de noter qu’il peut parler plus librement et tester des hypothèses controversées sans risque d’être taxé de racisme. « C’est peut-être vrai, répond-il. Mais c’est aussi le fait que je m’assieds avec les profs, les pasteurs, les familles, et que je leur parle comme à des êtres humains. C’est peut-être parce que je leur ai payé une bière et que j’ai eu avec eux une conversation normale qu’ils se disent : ‘Ce type est OK, laissons-le faire.' »

A l’arrivée, dit-il, « si une expérience ne marche pas, et cela arrive souvent, nous le disons et passons à autre chose ».

Quand on s’attaque à des sujets aussi explosifs que l’éducation et les inégalités raciales, on finit forcément par être rattrapé par la politique. A Houston, des syndicalistes enseignants mécontents ont fait le siège de l’immeuble où résidait le prof. Dans le Massachusetts, où il a rejoint une commission chargée de choisir la meilleure façon de tester les élèves, certains l’accusent de vouloir faire le lit des ennemis de l’école publique. Fryer lui-même a trempé un orteil dans le monde politique en 2007-2008, comme conseiller du maire de New York, Michael Bloomberg. « Cela devait durer deux ans, j’ai tenu sept mois, sourit-il… Pas pour moi ! » Le pire, à ses yeux, est de voir un responsable éducatif ou politique rejeter une solution à l’efficacité prouvée parce qu’il « ne peut pas la vendre »… « Mais les bonnes idées trouveront leur chemin, prédit Fryer, si ce n’est pas ici, ce sera en France ou ailleurs. Quelqu’un ouvrira le livre de recettes et dira : ‘Qu’est-ce qui marche, et qu’est-ce qui ne marche pas ?' »

John McDermott

The Financial Times/Le Nouvel économiste

 

Adolescent, ses copains appartenaient à des gangs et des membres de sa famille se trouvaient en prison. L’économiste noir nous explique ici que la meilleure façon de lutter contre les violences policières et les ‘mauvaises écoles’ se trouve dans les données, et non dans l’expérience personnelle.

Nous avons commencé notre déjeuner depuis cinq minutes quand Roland Fryer me demande s’il peut utiliser mon carnet de notes et mon stylo pour dessiner un graphique. Le plus jeune Afro-américain titulaire d’une chaire à l’université d’Harvard explique ses dernières recherches sur les inégalités raciales à travers l’utilisation de la force par la police américaine. Adolescent, Fryer s’est retrouvé face aux armes pointées par des policiers “six ou sept” fois. “Mais, dit-il en traçant une courbe descendante de gauche à droite, il y a une tendance inquiétante, les gens parlent des races aux États-Unis en se basant uniquement sur leur expérience personnelle.” Avec sa voix teintée d’un soupçon d’accent du sud des États-Unis, il poursuit : “Je m’en fiche, de mon expérience personnelle, ou de celle des autres. Tout ce que je veux savoir, c’est comment cette expérience nous amène aux données chiffrées, pour nous aider à savoir ce qui se passe vraiment.”

L’année dernière, comprendre ce qui se passe vraiment a conduit Roland Fryer, 38 ans, à remporter la médaille John Bates Clark, récompense annuelle décernée à un économiste américain de moins de 40 ans. La médaille est considérée comme le prix le plus prestigieux en économie, après le prix Nobel. Son travail empirique a lacéré un discours indigeste sur les races, l’éducation et les inégalités. Dans son laboratoire, le Education Innovation Lab, fondé en 2008, Roland Fryer tente de redéfinir comment l’Amérique pense sa politique, statistique après statistique.

C’est aussi la démarche adoptée pour ses travaux les plus récents. À une table calme, dans le caverneux Hawksmoor Seven Dials, un restaurant d’une chaîne chic dans le centre de Londres, le décor est marron et la viande est rouge. Roland Fryer me raconte qu’il a passé deux jours l’an dernier à suivre les policiers durant leurs rondes à Camden, dans le New Jersey (lors du premier jour de patrouille, une femme a succombé à une overdose devant lui). Roland Fryer cherchait à comprendre si les meurtres de Michael Brown et de Eric Garner, deux jeunes Afro-américains dont la mort a provoqué d’énormes manifestations, s’inscrivaient dans un modèle de répétitions identifiable, comme le mouvement activiste Black Lives Matter l’affirmait. Après une semaine de patrouilles, il a collecté plus de six millions de données des autorités, dont celles de la ville de New York, sur les victimes noires, blanches et latino de violences policières.

Le croquis qu’il me passe entre le sel et le poivre présente ses résultats préliminaires. L’axe horizontal est l’échelle de la gravité des faits : de la bousculade, à gauche, jusqu’aux tirs d’armes à feu, à droite. La courbe démarre en haut, ce qui suggère de grandes différences entre incidents mineurs, puis descend vers zéro, là où les faits deviennent plus violents. En d’autres mots, une fois les facteurs de contexte pris en compte, les Noirs ne sont pas plus susceptibles selon ces données d’être abattus par la police. Ce qui soulève la question : pourquoi ce tollé en 2014 à Ferguson, dans le Missouri, où le jeune Michael Brown a été abattu ?

“Mon garçon, tu commences ta vie avec un 10 et tu grandis dans la pauvreté, alors, enlevons 3. Et si tu vas dans une mauvaise école, enlevons encore 3. Et si tu es élevé par une mère seule, soustrayons encore 3. Mais tu sais ce qu’il reste ? La dignité’.””

“Ce sont les données” dit Fryer. “Maintenant, une hypothèse pour expliquer ce qui est arrivé à Ferguson – pas la fusillade, mais la réaction d’indignation – : ce n’était pas parce que les gens faisaient une déduction statistique, pas à propos de l’innocence ou de la culpabilité de Michael, mais parce qu’ils détestent cette putain de police.” Il poursuit : “la raison pour laquelle ils détestent la police est que si vous avez passé des années être fouillés, jetés à terre, menottés sans motif réel, et ensuite, vous entendez qu’un policier a tiré dans votre ville, comment pouvez-vous croire que c’était autre chose que de la discrimination ?”

“Je pense que cela a à voir avec les incentives et les récompenses” ajoute Fryer. Les officiers de police, explique-t-il, reçoivent souvent les mêmes récompenses indépendamment de la gravité des crimes qu’ils traitent, et ils ne sont pas sanctionnés pour l’utilisation de “la force de bas niveau” sans raison valable [aux États-Unis, les moyens de pression de la police sont classés du plus bas niveau (injonction verbale) au plus haut niveau (arme létale), ndt]. Cela encourage un comportement agressif.

Voilà ce que lui ont révélé les données, mais il admet que cela correspond à son expérience personnelle aussi. Depuis qu’il travaille à Harvard, en 2003, il répugne à parler de son passé. Il souhaite être jugé sur les résultats de son travail sur les données. Il est cependant évident que Fryer n’est pas seulement poussé par sa formation ; ses expériences personnelles ont nourri ses recherches jusqu’ici.

Il est né en Floride en 1977. Sa mère est partie quand il était bébé et à l’âge de quatre ans, Fryer et son père ont déménagé au Texas. Son père buvait beaucoup et battait ses partenaires. Adolescent, les copains de Fryer appartenaient à des gangs. Huit membres de sa proche famille sont soit morts jeunes, soit ont été en prison, souvent pour avoir vendu de la cocaïne au crack.

“Je n’ai jamais cru qu’aller en prison c’était cool”, dit-il. C’est une bourse sportive (sa carrure d’athlète parle de son passé de footballeur américain dans une université américaine) qui l’a arraché à une “mauvaise école” et amené à l’université du Texas, où il a découvert l’économie.

“Mon grand-père n’était pas très éduqué”, explique Fryer. “Il avait pour habitude de parler par énigmes. Il me disait de petites choses, il disait ‘Mon garçon, tu commences ta vie avec un 10 et tu grandis dans la pauvreté, alors, enlevons 3. Et si tu vas dans une mauvaise école, enlevons encore 3. Et si tu es élevé par une mère seule, soustrayons encore 3. Mais tu sais ce qu’il reste ? La dignité’.”

“C’est pour ça que je peux utiliser ma propre expérience” dit-il. Son passé lui a donné des pistes sur les théories à tester, mais c’est uniquement par les données qu’il peut atteindre des conclusions fermes. “Je connais le danger qu’il y a à enlever leur dignité aux gens. Mais l’expérience seule n’aide pas à élaborer des politiques qui vont marcher.”

L’approche qu’a Fryer du menu est brutale. “Je vais y aller à fond” avertit-il, en émettant un de ses petits rires graves et fréquents. Il commande un steak tartare pour commencer, puis un faux-filet et des frites à la graisse de bœuf. J’opte pour le faux-filet et les frites aussi, mais avec une entrée au crabe. Je ne réussis pas à le persuader de se joindre à moi pour un verre de vin rouge. Il préfère un pot de thé anglais de petit-déjeuner.

Il est à Londres pour donner une conférence à la Banque d’Angleterre en hommage à Sir Arthur Lewis, feu le prix Nobel originaire de Sainte-Lucie, l’un des plus grands chercheurs en développement économique. “Il était vraiment concret, comme les économistes de ma génération ne le sont plus” souligne Fryer. Il me dit que son discours évoquera ses propres “efforts – et ce n’est probablement pas le bon mot – pour être un ingénieur social. Essayer d’être terre à terre, faire des politiques dont la théorie dira qu’elles seront efficaces pour donner leur chance aux gens défavorisés.”

Alors que les entrées arrivent, nous passons de son travail sur la justice criminelle à la majeure de Fryer : l’éducation. Son premier essai, co-écrit avec Steven Levitt, célèbre pour son livre ‘Freakonomics’, a été publié en 2002 avant qu’il n’achève sa thèse à la Penn State University. Il tentait d’expliquer l’“écart blancs-noirs dans les résultats des tests scolaires”, ou encore pourquoi les élèves noirs réussissent en moyenne moins bien à l’école que les blancs.

Pour faire une distinction un peu crue, à l’époque, deux interprétations étaient souvent données pour expliquer l’écart des résultats. La première, couramment utilisée par la gauche, était que tout s’explique par la pauvreté. Les Afro-américains étaient plus susceptibles d’être pauvres et de ce fait, étaient moins susceptibles de réussir à l’école. La deuxième thèse, plus prisée des conservateurs, soulignait le taux de “rupture familiale” chez les Afro-américains.

La première publication de Fryer, et les suivantes, transcendait ces interprétations en démontrant le rôle important de la scolarité dans les inégalités. De fait, les élèves noirs réussissaient moins bien parce qu’ils fréquentaient de mauvaises écoles. Fryer posait l’hypothèse que, à l’inverse, de bonnes écoles réduiraient peut-être cet écart.

Après de nombreuses visites de très bonnes “charter schools” [écoles pilotes privées sous contrat, ndt] – celles qui échappent dans une certaine mesure aux contrôles du gouvernement de leur État –, et des térabytes de données plus tard, il est arrivé aux cinq points communs définissant une bonne école : une journée et une année scolaire plus longues ; des enseignants qui utilisent les données ; une culture d’exigence élevée ; du tutorat en petits groupes ; et un “engagement à un capital humain de grande qualité” (des enseignants très compétents).

“Nous devons comprendre comment enseigner à ces enfants” dit Fryer. “Bien entendu, les parents comptent, bien entendu, la démographie compte. La question est : est-ce qu’ils peuvent surmonter ? Est-ce que nous pouvons donner à ces gamins la vitesse de libération ?” demande-t-il, utilisant un terme de physique qui décrit la vitesse minimum nécessaire pour qu’un objet échappe à l’attraction de la gravitation. “Je pense vraiment, peut-être que c’est naïf, mais je crois à la grâce de Dieu quand je vois ces gamins dans ces écoles.”

Pour une fois, le torrent d’idées s’arrête. Il se tait. “Ça m’empêche de dormir la nuit.”

“Je suis tellement fatigué d’écouter l’argument que c’est juste la pauvreté” reprend-il. “Les écoles suffisent, réellement, si ce sont de bonnes écoles.”

Je lui demande si ce n’est pas trop simpliste, s’il ne néglige pas les raisons systémiques des inégalités. Non, répond-il. Il connaît déjà bien l’histoire, rappelle-t-il. Par exemple, la partie oubliée du discours de Martin Luther King ‘I have a dream’, en 1963, qui évoquait l’effet corrosif des brutalités policières de cette époque.

Mais il admet que le plus important pour lui est ce qui marche. “La question est : comment pouvons-nous progresser ?”

Cette volonté de progression a conduit Fryer en terrain miné. Je l’interroge sur son hypothèse du “faire comme les Blancs”. Elle pose que certains enfants noirs sont bridés par la pression de leur groupe à ne pas travailler dur, ou encore à ne pas “faire comme les Blancs”. Fryer admet avoir “tenté de pousser les gens à franchir la frontière raciale” quand il était plus jeune, mais “c’était principalement à propos de la musique. L’idée qu’une personne noire puisse écouter un orchestre comme le Dave Matthews Band [orchestre blanc, ndt], je pense que c’était le truc le plus dingue que j’ai jamais entendu.”

C’est le problème du “faire comme les Blancs” qui explique pourquoi Fryer défend une culture d’exigence scolaire élevée et veut travailler plus sur le développement du caractère. Les meilleures écoles font mentir le fatalisme de certains conservateurs, qui affirment qu’il ne peut y avoir de progrès sans une “meilleure” éducation parentale. “Je leur dis : les parents vous envoient les meilleurs enfants qu’ils ont. Ils ne cachent pas les meilleurs à la maison”.

Il est “immensément optimiste” pour le futur. L’écart dans les résultats aux tests scolaires s’est réduit de moitié au cours de la dernière décennie, en partie, dit-il, grâce à l’émergence de ce qu’il voit comme des “super-écoles”, comme la Harlem Children’s Zone, un projet éducatif respecté lancé dans les années 70 à New York. “Il y a eu une série d’écoles qui ont fait des choses remarquables pour les enfants. Vraiment des choses merveilleuses. La question est : comment pouvons-nous mettre ça en bouteille et le reproduire à plus grande échelle ?”

Ce challenge a une dimension personnelle aussi, comme me l’explique Fryer une fois que les steaks arrivent. De grands steaks succulents et d’un prix qui exige d’être reconnaissant envers le ‘Financial Times’, qui règle l’addition…

Je lui demande si c’est difficile de convaincre les gens de la nécessité de fournir un grand effort pour transformer les mauvaises écoles, quand le chercheur superstar qui le demande est lui-même un produit de ce système.

“Ça craint d’être regardé et considéré comme une exception parce que vous sentez que vous n’êtes jamais l’un des leurs. L’une de mes préoccupations premières, avec ma fille, est de juste faire en sorte qu’elle se sente à l’aise.”

Fryer est marié avec Franziska Michor, une mathématicienne de Harvard avec un doctorat en biologie de l’évolution. Ils se sont rencontrés voici dix ans quand ils étaient tous deux membres de la prestigieuse Society of Fellows, un groupe de jeunes chercheurs dispensés des obligations pratiques de la vie d’enseignant. Il l’a courtisée en faisant un pari : un dîner avec lui s’il trouvait des preuves que fumer réduit les risques de cancer. À la grande stupéfaction de Franziska, il lui a envoyé une étude produite par un lobby du tabac. Au lendemain de ce rendez-vous, ils ont emménagé ensemble à Cambridge, où ils vivent actuellement avec leur fille de 2 ans.

Ont-ils adopté une approche par les données pour l’éducation de leur fille, me demandé-je ? Fryer confesse qu’il a ouvert un compte Dropbox nommé “La science des enfants”, avec des données à ressortir durant les disputes sur l’heure du coucher. Ils ont aussi analysé la courbe de poids de leur fille sur un fichier Excel pendant quelques semaines. “Mais c’était trop fatiguant. Il n’y a rien de mieux que votre propre enfant pour vous donner envie de jeter les données par la fenêtre” plaisante-t-il.

Il admet qu’il a ralenti le rythme depuis sa phase d’accro au travail, mais je soupçonne que cela ne joue que sur des marges minimes.

Tandis que nous réglons leur sort à nos steaks, je lui demande s’il a une liste d’expériences à tenter pour lui permettre d’y parvenir.

“Vous ne voulez pas voir ma ‘to do list’. La liste de choses à faire est dingue.” Fryer mentionne un travail parallèle, conduire des essais contrôlés pour découvrir comment améliorer la gestion des mauvaises écoles. Il veut essayer les “comptes de formation” : donner de l’argent directement aux parents, à investir dans l’éducation de leur enfant (les parents les plus pauvres recevant davantage d’argent). Et il achève une recherche sur les moyens d’améliorer l’assiduité scolaire dans les années cruciales de la petite enfance, en donnant aux parents des bonus en cash. Ce qui s’est déjà révélé efficace dans des contextes similaires et dans des pays comme le Mexique.

L’économiste tente aussi d’imaginer de nouvelles façons de rémunérer les professeurs. L’une de ses recherches a prouvé que les rémunérer aux résultats ne fait pas grande différence, à moins de les payer automatiquement puis de les menacer de reprendre l’argent si les résultats ne s’améliorent pas. Ce qui illustre le pouvoir d’un phénomène qualifié par les psychologues d’“aversion pour la perte”. Il veut maintenant tester de nouvelles grilles de rémunération pour les professeurs principaux afin de les empêcher d’être débauchés pour des tâches administratives, “moins utiles”.

Et la technologie ? “Les données montrent que ça ne change rien [pour réduire l’écart].” Un jour, dit-il, l’utilisation de tablettes, l’enseignement à distance, ou encore les analyses quantitatives poussées pourront aider les enseignants les moins bons à s’améliorer, mais “en ce moment, la technologie exacerbe l’écart de qualité entre enseignants, parce que les bons professeurs en font un complément à ce qu’ils font déjà”. Donc ce qui vaut pour le marché du travail au sens large vaut aussi pour les enseignants ? “Exactement”, dit Fryer.

Après avoir refusé un autre plat à base de viande, Fryer et moi déclinons le dessert. Lui prend un autre thé et moi un café macchiato. Que pense-t-il des réformes de l’éducation de Barack Obama et de celles proposées par les candidats à la présidentielle de 2016 ?

“Je pense qu’Obama s’en est pas mal tiré avec l’éducation. J’ai eu le grand plaisir de le rencontrer deux fois à ce sujet lors d’un déjeuner” se souvient-il, avant d’ajouter : “Le steak n’était pas aussi bon que celui-ci !”

Il dit être en accord avec la plupart des choses qu’a faites le président à travers son programme ‘Race to the Top initiative’, qui a soutenu par des incitations le type d’écoles privées sous contrat saluées par les recherches de Fryer, rencontrant souvent l’opposition des gouvernements locaux et des syndicats d’enseignants, des forces avec lesquelles il faut compter dans le parti démocrate. Fryer dit que la moitié des écoles qui étaient des “usines à déscolarisation” ont disparu sous le contrôle d’Obama.

“Je crains qu’avec la prochaine loi sur l’éducation, nous ne régressions au lieu de progresser.” Hillary Clinton, qui était initialement en faveur des écoles privées sous contrat, les a inondées de critiques sous la pression de la compétition avec son concurrent, le candidat démocrate Bernie Sanders.

“Les politiques doivent dire des choses auxquelles ils ne croient pas, et je n’arrive pas à comprendre pourquoi c’est une bonne chose. Je n’arrive pas à croire que tous les républicains croient vraiment dans ces trucs sur les armes à feu. Ils sont probablement indifférents, mais ils doivent réaliser qu’il n’y a pas d’espace pour progresser dans leur parti. Hillary a fait certaines déclarations sur les écoles à charte l’autre jour, et je ne suis pas sûr qu’elle croie en ce qu’elle a dit non plus.”

L’addition arrive, et je lui demande s’il envisagerait un jour la politique : secrétaire à l’Éducation, peut-être ? “Je pense que le secrétariat à l’Éducation sous le bon président serait super”, répond-il. “Heureusement, ça ne dépend pas de moi. Je suis juste un type qui tente d’être l’expert en chef, pas le commandant en chef.”

 Voir enfin:

The Research Is Only As Good As the Data

Rosa Li

July 15, 2016

A new study found no evidence of racial bias in police shootings. But last year, a study came to the opposite conclusion. Why?

Why did these two papers reach such different conclusions? Because they drew on different data sources and consequently relied on different statistical methods. Right now, there is no comprehensive official federal database documenting shootings by U.S. law enforcement officers.* Instead, researchers must read through thousands of 50+ page police reports from a few cooperative cities, as Fryer’s team quite impressively did, or use alternative databases compiled by nongovernment groups, as Ross did. With incomplete and imperfect datasets, researchers are limited in the analyses that they can perform.

Right now, there is no official federal database documenting shootings by U.S. law enforcement officers.

Fryer’s study compared all 500 police shootings that occurred in Houston from 2000–2015 to a random sample of Houston cases from the same time period in which lethal force could have been justified but was not used.* With these data, he was able to use the statistical method of logistic regression to determine how much a suspect’s race affected whether he or she would be shot by police during a heated encounter. Fryer found that black Houstonites, compared to white Houstonites, were actually almost 25 percent less likely to be shot by police in such encounters. Fryer was quite explicit about the fact that his data were specific to Houston and more data are needed in order to understand whether police shootings are racially biased in other parts of the country.

Ross, a Ph.D. student, probably did not have an army of research assistants at his disposal, which may explain why he used Deadspin’s crowd-sourced U.S. Police-Shooting Database. This database has the lofty goal of tracking every police shooting in the U.S. by calling on everyday people to Google and log police shootings for every calendar day from 2011 to 2014. The idea is that this might eliminate inadvertent bias that plays out in how police reports are made, but of course, it also introduces all kinds of new biases, too, such as what the media chooses to report and how Google’s search algorithm prioritizes search results. Importantly, at the time of Ross’ analyses, only about half of the days had been searched, and out of the nearly 2,000 records, just over 700 contained enough location and race data to be useable for Ross’s analyses. Thus, while Fryer’s Houston police shooting dataset had painstakingly complete coverage (though only for a single city), Ross’ dataset was less thorough and reliable, though it did draw on reports from across the U.S.

Because the Deadspin dataset also only recorded media-reported shootings and not all police encounters in which shootings could have happened, Ross used Bayesian statistics to ask a different question from Fryer’s: “For people shot by the police, what is the relative likelihood that they are black versus white and armed versus unarmed?” According Ross’ analyses, people are three times more likely to be black, unarmed, and shot by police than they are to be white, unarmed, and shot by police. (This type of analysis yields risk ratios that compare relative probabilities rather than exact values.) For those who questioned how Philando Castile’s gun-carrying affected his risk of being shot, Ross finds that black Americans shot by police are 2.8 times more likely to be armed than unarmed. (White Americans shot by police are 3.3 times more likely to be armed than unarmed.)

It makes sense that Fryer’s study received more attention—its data were more comprehensive, and his team uniquely investigated a comparison group of nonshooting police encounters. But even though Ross’ study used a less reliable dataset, there still may be useful findings. For example, he was able to identify counties in which racial biases may be especially strong. (He specifically calls out Miami-Dade in Florida, Los Angeles, and New Orleans.) Applying Fryer’s method of thoroughly combing police reports to the cities Ross’ paper identified as being especially biased would be a smart way to proceed.

The most important takeaway here is to remember that each study is not a definitive reflection of the truth but an assessment of the data available to a researcher. The researchers know this. Fryer notes that his paper just “takes first steps into the treacherous terrain of understanding the extent of racial differences in police use of force,” and Ross writes that the Deadspin database is incomplete and needs thorough verification. Both authors agree on the need for more readily available and complete data on U.S. police shootings so that more research can be conducted.

Our current state of scattered record-keeping on police violence only allows researchers to extrapolate limited conclusions that come with many caveats. A comprehensive central database that tracks all instances of police shootings would allow researchers to draw more accurate conclusions. Until then, we have to remember that a conclusion is only as strong as the data it pulls from—and our data on this issue are weak.

Voir enfin:

Le FN, René Girard et la théorie du bouc émissaire Vincent Coussedière
18/12/2015

FIGAROVOX/TRIBUNE – Vincent Coussedière estime que le Front national est en passe de fracturer un système qui l’a érigé en bouc-émissaire.

Vincent Coussedière est agrégé de philosophie et auteur d’Éloge du populisme (Elya éditions).

Les «élites» françaises, sous l’inspiration et la domination intellectuelle de François Mitterrand, on voulu faire jouer au Front National depuis 30 ans, le rôle, non simplement du diable en politique, mais de l’Apocalypse. Le Front National représentait l’imminence et le danger de la fin des Temps. L’épée de Damoclès que se devait de neutraliser toute politique «républicaine».

Cet imaginaire de la fin, incarné dans l’anti-frontisme, arrive lui-même à sa fin. Pourquoi? Parce qu’il est devenu impossible de masquer aux français que la fin est désormais derrière nous. La fin est consommée, la France en pleine décomposition, et la république agonisante, d’avoir voulu devenir trop bonne fille de l’Empire multiculturel européen. Or tout le monde comprend bien qu’il n’a nullement été besoin du Front national pour cela. Plus rien ou presque n’est à sauver, et c’est pourquoi le Front national fait de moins en moins peur, même si, pour cette fois encore, la manœuvre du «front républicain», orchestrée par Manuel Valls, a été efficace sur les électeurs socialistes. Les Français ont compris que la fin qu’on faisait incarner au Front national ayant déjà eu lieu, il avait joué, comme rôle dans le dispositif du mensonge généralisé, celui du bouc émissaire, vers lequel on détourne la violence sociale, afin qu’elle ne détruise pas tout sur son passage. Remarquons que le Front national s’était volontiers prêté à ce dispositif aussi longtemps que cela lui profitait, c’est-à-dire jusqu’à aujourd’hui. Le parti anti-système a besoin du système dans un premier temps pour se légitimer.

Nous approchons du point où la fonction de bouc émissaire, théorisée par René Girard (1) va être entièrement dévoilée et où la violence ne pourra plus se déchaîner vers une victime extérieure. Il faut bien mesurer le danger social d’une telle situation, et la haute probabilité de renversement qu’elle secrète: le moment approche pour ceux qui ont désigné la victime émissaire à la vindicte du peuple, de voir refluer sur eux, avec la vitesse et la violence d’un tsunami politique, la frustration sociale qu’ils avaient cherché à détourner.

Les élections régionales sont sans doute un des derniers avertissements en ce sens.

Les élites devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française.

Y-a-t-il une solution pour échapper à une telle issue? Avouons que cette responsabilité est celle des élites en place, ayant entonné depuis 30 ans le même refrain. A supposer cependant que nous voulions les sauver, nous pourrions leur donner le conseil suivant: leur seule possibilité de survivre serait d’anticiper la violence refluant sur elles en faisant le sacrifice de leur innocence. Elles devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Pour cela, elles devraient admettre de déconstruire la gigantesque hallucination collective produite autour du Front national, hallucination revenant aujourd’hui sous la forme inversée du Sauveur. Ce faisant, elles auraient tort de se priver au passage de souligner la participation du Front national au dispositif, ce dernier s’étant prêté de bonne grâce, sous la houlette du Père, à l’incarnation de la victime émissaire.

Il faut bien avouer que nos élites du PS comme de Les Républicains ne prennent pas ce chemin, démontrant soit qu’elles n’ont strictement rien compris à ce qui se passe dans ce pays depuis 30 ans, soit qu’elles l’ont au contraire trop bien compris, et ne peuvent plus en assumer le dévoilement, soit qu’elles espèrent encore prospérer ainsi. Il n’est pas sûr non plus que le Front national soit prêt à reconnaître sa participation au dispositif. Il y aurait intérêt pourtant pour pouvoir accéder un jour à la magistrature suprême. Car si un tel aveu pourrait lui faire perdre d’un côté son «aura» anti-système, elle pourrait lui permettre de l’autre, une alliance indispensable pour dépasser au deuxième tour des présidentielles le fameux «plafond de verre». Il semble au contraire après ces régionales que tout changera pour que rien ne change. Deux solutions qui ne modifient en rien le dispositif mais le durcissent au contraire se réaffirment.

La première solution, empruntée par le PS et désirée par une partie des Républicains, consiste à maintenir coûte que coûte le discours du front républicain en recherchant un dépassement du clivage gauche/droite. Une telle solution consiste à aller plus loin encore dans la désignation de la victime émissaire, et à s’exposer à un retournement encore plus dévastateur. Car le Front national aura un boulevard pour dévoiler qu’il a été la victime émissaire d’une situation catastrophique dont tout montre de manière de plus en plus éclatante qu’il n’y est strictement pour rien. En ce sens, si à court terme, la déclaration de Valls sur le Front national, fauteur de guerre civile, a semblé efficace, elle s’avérera sans doute à plus ou moins long terme, comme le stade ultime de l’utilisation du dispositif de la victime émissaire, avant que celui-ci ne s’écroule sur ses promoteurs mêmes. Car sans même parler des effets dévastateurs que pourrait avoir, a posteriori, un nouvel attentat, sur une telle déclaration, comment ne pas remarquer que les dernières décisions du gouvernement sur la lutte anti-terroriste ont donné rétrospectivement raison à certaines propositions du Front national? On voit mal alors comment on pourrait désormais lui faire porter le chapeau de ce dont il n’est pas responsable, tout en lui ôtant le mérite des solutions qu’il avait proposées, et qu’on n’a pas hésité à lui emprunter!

La deuxième solution, défendue par une partie de Les Républicains suivant en cela Nicolas Sarkozy, consiste à assumer des préoccupations communes avec le Front national, tout en cherchant à se démarquer un peu par les solutions proposées. Mais comment faire comprendre aux électeurs un tel changement de cap et éviter que ceux-ci ne préfèrent l’original à la copie? Comment les électeurs ne remarqueraient-ils pas que le Front national, lui, n’a pas changé de discours, et surtout, qu’il a précédé tout le monde, et a eu le mérite d’avoir raison avant les autres, puisque ceux-ci viennent maintenant sur son propre terrain? Comment d’autre part concilier une telle proximité avec un discours diabolisant le Front national et cherchant l’alliance au centre?

Curieuses élites, qui ne comprennent pas que la posture «républicaine», initiée par Mitterrand, menace désormais de revenir comme un boomerang les détruire. Christopher Lasch avait écrit La révolte des élites, pour pointer leur sécession d’avec le peuple, c’est aujourd’hui le suicide de celles-ci qu’il faudrait expliquer, dernière conséquence peut-être de cette sécession.

(1) René Girard: La violence et le sacré


Tourisme humanitaire: C’est pour les pains et les poissons, imbécile ! (From rice Christians to voluntourists and honeyteers: With the touristization of humanitarian work, both aid agencies and Christian missions rediscover the adverse effects of free lance aid work)

14 septembre, 2016

honeyteering
En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés. Jésus (Jean 6: 26)
Accordez-moi aussi ce pouvoir, afin que celui à qui j’imposerai les mains reçoive le Saint Esprit. Simon le magicien (Actes 8: 19)
Our ancestors were Roman Catholics; they were made Protestants by the laird coming round with a man having a yellow staff, which would seem to have attracted more attention than his teaching, for the new religion went long afterward, perhaps it does so still, by the name of the religion of the yellow stick. David Livingstone
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. René Girard
Unfortunately, the Europeans’ devastating urge to do good can no longer be countered with reason. (…) The countries that have collected the most development aid are also the ones that are in the worst shape. (…) Huge bureaucracies are financed (with the aid money), corruption and complacency are promoted, Africans are taught to be beggars and not to be independent. In addition, development aid weakens the local markets everywhere and dampens the spirit of entrepreneurship that we so desperately need. As absurd as it may sound: Development aid is one of the reasons for Africa’s problems. If the West were to cancel these payments, normal Africans wouldn’t even notice. Only the functionaries would be hard hit. Which is why they maintain that the world would stop turning without this development aid. (…tons of corn are shipped to Africa … [corn that predominantly comes from highly-subsidized European and American farmers] … and at some point, this corn ends up in the harbor of Mombasa. A portion of the corn often goes directly into the hands of unsrupulous politicians who then pass it on to their own tribe to boost their next election campaign. Another portion of the shipment ends up on the black market where the corn is dumped at extremely low prices. Local farmers may as well put down their hoes right away; no one can compete with the UN’s World Food Program. (…) Why do we get these mountains of clothes? No one is freezing here. Instead, our tailors lose their livlihoods. They’re in the same position as our farmers. No one in the low-wage world of Africa can be cost-efficient enough to keep pace with donated products. In 1997, 137,000 workers were employed in Nigeria’s textile industry. By 2003, the figure had dropped to 57,000. The results are the same in all other areas where overwhelming helpfulness and fragile African markets collide. (…) If one were to believe all the horrorifying reports, then all Kenyans should actually be dead by now. But now, tests are being carried out everywhere, and it turns out that the figures were vastly exaggerated. It’s not three million Kenyans that are infected. All of the sudden, it’s only about one million. Malaria is just as much of a problem, but people rarely talk about that. (…) AIDS is big business, maybe Africa’s biggest business. There’s nothing else that can generate as much aid money as shocking figures on AIDS. AIDS is a political disease here, and we should be very skeptical. (…) So you end up with some African biochemist driving an aid worker around, distributing European food, and forcing local farmers out of their jobs. That’s just crazy. James Shikwati
« L’assistance est vraisemblablement la pire des catastrophes de la région, car elle rend possibles l’explosion démographique, les règlements de comptes interethniques, le financement de la guerre, la corruption et l’indifférence aux problèmes sociaux, notamment la précarité sanitaire. (…) L’Afrique a reçu pendant 45 ans plus de mille milliards de dollars, pour quel résultat! Denis-Clair Lambert
Le transfert de ressources des contribuables occidentaux est en fait beaucoup plus important, car dans le même temps les gouvernements locaux empruntent massivement, à faible taux d’intérêt, aux organisations internationales et sur les marchés financiers. Comme les pays prêteurs ont coutume d’annuler périodiquement la dette des pays les plus pauvres, ces derniers empruntent à nouveau. La partie de l’assistance sans remboursement, qualifiée d’aide publique au développement, a très rarement servi au développement de ces pays. Ce pactole nourrit 40 à 60 % des dépenses budgétaires des pays bénéficiaires et souvent la moitié du revenu national. La plus grande partie de ces fonds est destinée au soutien budgétaire, ce qui est une incitation à pérenniser ou accroître le déficit des comptes publics. (…) Il y a tant de donateurs : en moyenne 30 dans les nations d’Afrique et un nombre équivalent d’organisations non gouvernementales, que le programme des Nations Unies finit par reconnaître une véritable gabegie. En Tanzanie l’administration est supposée contrôler 650 projets, qui bien souvent ont le même objet, et pour lesquels il faut rédiger des milliers de rapports et envoyer des centaines de missions. La coordination, l’évaluation, le suivi deviennent des missions impossibles tant pour le pays donateur que pour ce pays récepteur. On ne sait pas combien ces pays reçoivent, chaque donataire expédie des dizaines de missions dans 30 ou 40 pays et ces experts payés au « per diem » finissent par coûter très cher, mais ils remplissent les avions et les hôtels ! L’Union européenne ne fait pas mieux, elle remplit les avions : les chefs de projet changent tous les six mois, comme leurs interlocuteurs, et l’on reprend la procédure à 0. À quoi sert cette assistance ? D’abord à payer les fonctionnaires et la solde des soldats, à satisfaire leur demande d’équipements militaires, puis à honorer les dépenses somptuaires des dirigeants. (…) Quel est le pays africain qui a reçu l’assistance internationale la plus massive depuis 1960 ? L’Éthiopie, suivie par le Soudan, ont reçu de l’Amérique et de l’URSS, de l’Europe et de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire International, puis des ONG une assistance massive et stratégique, comme l’Afghanistan en Asie. Ces deux pays étaient cependant dirigés par des dictateurs sanguinaires et farouchement anti-occidentaux. Aujourd’hui le premier bénéficiaire est le Congo-Zaïre, suivi par la Tanzanie et toujours l’Éthiopie. (…) au sud du Sahel saharien la moitié des États sont confrontés à des guerres intestines, l’autre moitié étant riveraine de ces pays sert de refuge aux civils et aux mouvements insurrectionnels » … Denis-Clair Lambert
By Indianization, we are not demanding conversion of Muslims and Christians into Hindus. For the sake of unity and integrity of the country, we are demanding that Christians and Muslims should be indigenized, carrying Indian names. Acharya Giriraj Kishore (Indian Vice President)
What better way to start your married life together than to share a fulfilling, enriching voluntourism experience with your loved one whilst on honeymoon! You can bond together as a couple, enjoy luxury accommodation, and do what other honeymooners don’t get to do: interact meaningfully with the local people, and make a positive impact in their lives! Naturally there is also plenty of time to relax and explore – we can tailor-make your honeymoon volunteering to suit your exact preferences. Hands up holidays
 A 2008 study surveyed 300 organizations that market to would-be voluntourists and estimated that 1.6 million people volunteer on vacation, spending around $2 billion annually. A few are celebrities supporting their cause du jour, who drop in to meet locals and witness a project that often bears their name. Many more come to teach English during high school, college vacations or during a gap year. Others are sun-seeking vacationers who stay at beachside resorts but who also want to see “the real (name your country).” So they go into a community for an afternoon to help local women make beads, jewelry or clothes. Volunteering seems like an admirable way to spend a vacation. Many of us donate money to foreign charities with the hope of making the world a better place. Why not use our skills as well as our wallets? And yet, watching those missionaries make concrete blocks that day in Port-au-Prince, I couldn’t help wondering if their good intentions were misplaced. These people knew nothing about how to construct a building. Collectively they had spent thousands of dollars to fly here to do a job that Haitian bricklayers could have done far more quickly. Imagine how many classrooms might have been built if they had donated that money rather than spending it to fly down themselves. Perhaps those Haitian masons could have found weeks of employment with a decent wage. Instead, at least for several days, they were out of a job. (…) Sometimes, volunteering even causes real harm. Research in South Africa and elsewhere has found that “orphan tourism” — in which visitors volunteer as caregivers for children whose parents died or otherwise can’t support them — has become so popular that some orphanages operate more like opportunistic businesses than charities, intentionally subjecting children to poor conditions in order to entice unsuspecting volunteers to donate more money. Many “orphans,” it turns out, have living parents who, with a little support, could probably do a better job of raising their children than some volunteer can. And the constant arrivals and departures of volunteers have been linked to attachment disorders in children. There are some volunteers who possess specialized, sought-after skills, of course. (…) But not all volunteers come with an expertise like ophthalmology. (…) Perhaps we are fooling ourselves. Unsatisfying as it may be, we ought to acknowledge the truth that we, as amateurs, often don’t have much to offer. Perhaps we ought to abandon the assumption that we, simply by being privileged enough to travel the world, are somehow qualified to help ease the world’s ills. Because the mantra of “good intentions” becomes unworthy when its eventuality can give a South African AIDS orphan an attachment disorder or put a Haitian mason out of work. Jacob Kushner
More and more Americans are no longer taking a few weeks off to suntan and sightsee abroad. Instead they’re working in orphanages, building schools and teaching English. It’s called volunteer tourism, or « voluntourism, » and it’s one of the fastest growing trends in travel today. More than 1.6 million volunteer tourists are spending about $2 billion each year. But some people who work in the industry are skeptical of voluntourism’s rising popularity. They question whether some trips help young adults pad their resumes or college applications more than they help those in need. (…) Most volunteer tourists are women. They’re also young adults, between the ages of 20 and 25, says the industry consulting group Tourism, Research and Marketing, based in Glasbury, Wales. But more and more high school students are also traveling and volunteering. (…) That worldview for many American teens is a lot different than it was two decades ago, says Ken Jones, who owns Maximo Nivel, a volunteer tourism company out of Antigua. He got his start in the travel business, offering only Spanish-language classes. But young people today, he says, want a richer experience. (…) The industry has exploded in the past few years, says Theresa Higgs, who runs United Planet in Boston. The nonprofit offers what she calls a cultural immersion program. But Higgs is on the fence about whether the rise in popularity of « voluntourism » is a good thing. She’s heartened by the altruism of volunteers, but she’s worried about the flood of for-profit organizations bursting onto the scene. « What I think often gets lost is the host communities, » she says. « Are they gaining? Are they winning? Are they true partners in this? Or are they simply a means to an end to a student’s learning objective, to someone’s desire to have fun on vacation and learn something? » she asks. NPR
I think there are a combination of things. Post 2000s and with the recession and that sort of thing, young people are having difficulty in the job market. So instead of opting for sitting at home, trying to get a job, they opt for this volunteer tourism. They can travel cheaply. They can engage in activities that they find fulfilling. And they can build their resume. So it’s a sort of perfect storm of all truism and resume building. And I think, for me, one of the biggest perks to this is the recognition that volunteer tourism, while on the surface looks like something that’s going to benefit host communities, at the heart I think it’s about transforming the volunteer. It’s helping them see where they fit in the global scheme of things. (…) for me, when I’m looking at the research, there’s a full spectrum in terms of volunteer tourism. Those are those kinds of activities, but there are lots of other things going on. And my concern is that we throw the baby out with the bathwater because I think the volunteer tourism itself still offers some of the greatest potential for economic opportunity if you do it right. But I would agree that it’s not necessarily that form of volunteer tourism that does that best. (…) One of the things that’s really intriguing me right now is this idea of applying fair trade concepts to volunteer travel. So are the organizations creating opportunities for disadvantaged producers? Are the organizations pointing to ways in which they’re doing community capacity building? So those are sorts of – the framework that we’re looking at for organizations that are doing it right. (…) there has been a lot of negative press these days about volunteer tourism. And I kind of draw the analogy with ecotourism in the 80s because when it initially emerged, it was, you know – it was the greatest thing since sliced bread. And it was wonderful. And it was going to do great things for the environment. And then we had this sort of natural swinging of the pendulum to the other side, where all of a sudden we were pointing to bad examples. And we were saying, maybe not – this isn’t the best idea. And I’m seeing a very similar thing happening with volunteer tourism. And I guess what I hope for is that we find that happy medium and we find that place where we can, on one side, recognize the great examples of volunteer tourism that are out there but, on the other hand, take advantage of this time to really look critically at the various organizations that are there and to help them be accountable for their activities in these host communities. And that’s where I think you really need to do your homework, recognize whether the organization is transparent. Is the organization community centered? And all these things maximize the positive impacts while minimizing the negatives. Nancy McGehee (professor of hospitality and tourism, Virginia Tech)
Volunteers often have unfulfilling and disappointing experiences; volunteer placements can prevent local workers from getting much-needed jobs; hard-pressed institutions waste time looking after them and money upgrading facilities; and abused or abandoned children form emotional attachments to the visitors, who increase their trauma by disappearing back home after a few weeks. We feel that there are many opportunities for people to undertake meaningful volunteering in their own community, where they will receive proper training, support and supervision – without the need to pay a tour operator for the privilege. In the majority of cases people would be far better (and have a more rewarding experience) volunteering at home and spending their money on travelling and staying in places listed in our Ethical Travel Guide. Mark Watson
Basically, we failed at the sole purpose of our being there. It would have been more cost effective, stimulative of the local economy, and efficient for the orphanage to take our money and hire locals to do the work, but there we were trying to build straight walls without a level. Philippa Biddle
Helping out at an African nursery or digging trenches in rural India might have become a fashionable – and expensive – rite of passage for thousands of young people each year, but volunteers would often do more good staying at home and assisting communities on their own doorstep, a conference on ethical tourism will hear tomorrow. The growing trend for far-flung gap years often combining an element of work in a developing country has become one of the fastest-growing phenomena in the global travel industry. However, a leading UK charity is warning that whilst often well intentioned in their motives, altruistic young travellers can end up doing more harm than good to their host communities, even potentially fuelling child abuse. Mounting concern that the desire to work in orphanages in countries such as Cambodia and Nepal is actually be leading to the abandonment or even abduction of children from their parents to fuel the boom in eager tourists has led to calls for a radical rethink on the ethics of so-called volunteerism. (…) The charity’s executive director Mark Watson said that whilst the desire to help others was commendable – too many expensive commercial volunteering opportunities ended up exploiting both those offering help whilst harming the lives of those meant to be on the receiving end. The Independent
Voluntourism almost always involves a group of idealistic and privileged travelers who have vastly different socio-economic statuses vis–à–vis those they serve. They often enter these communities with little or no understanding of the locals’ history, culture, and ways of life. All that is understood is the poverty and the presumed neediness of the community, and for the purposes of volunteering, that seems to be enough. In my own experiences (…) this has led to condescending and superficial relationships that transform the (usually western) volunteer into a benevolent giver and the community members into the ever grateful receivers of charity. It makes for an extremely uncomfortable dynamic in which one begins to wonder if these trips are designed more for the spiritual fulfillment of the volunteer rather than the alleviation of poverty. (…) I couldn’t help feeling ashamed at the excessive praise and thanks we received from locals and those on the trip alike. I cringed as we took complimentary photos with African children whose names we didn’t know. We couldn’t even take full credit for building the houses because most of the work had already been done by community members. In fact, if anything we slowed down the process with our inexperience and clumsiness. And how many schools in the west would allow amateur college students to run their English classes for a day? What had I really done besides inflate my own ego and spruce up my resume? I had stormed into the lives of people I knew nothing about, I barely engaged with them on a genuine level, and worst of all, I then claimed that I had done something invaluable for them all in a matter of five days (of which most of the time was spent at hotel rooms, restaurants, and airports). An entire industry has sprouted out of voluntourism as it increases in popularity, possibly equal to the increase in global inequality. As the gap between rich and poor widens, so too it seems does the need for those of the global north to assuage the guilt of their privilege (paradoxically, guilt only seems to deepen as many realise the illusory effect of their impact), or to simply look good. The developing world has become a playground for the redemption of privileged souls looking to atone for global injustices by escaping the vacuity of modernity and globalisation. Ossob Mohamud
The debate about « voluntourism » – that unsightly word – has reared its cynical head yet again. Every so often the spotlight is turned on western students using their free time to help those less fortunate in developing countries, and much head-scratching and soul-searching ensues. Recently the Guardian published a piece by Somalian blogger Ossob Mohamud, with the headline Beware the ‘voluntourists’ doing good. She argues that the west is turning the developing world into « a playground » for the rich to « assuage the guilt of their privilege ». Mohamud clearly had a difficult volunteering experience. She says she felt ashamed at the excessive praise and thanks of locals, cringed as she took photos with African children whose names she did not know and was left feeling that she had simply inflated her ego and spruced up her resume. There is a discussion to be had about the merits or otherwise of overseas volunteering schemes which attract crowds of well-meaning westerners to build schools and playgrounds, teach English or care for orphans. But Mohamud’s insistence on drawing a wider social message from her own unsatisfactory trip is unfair and potentially damaging. Last summer I visited Uganda to report on the work of East African Playgrounds. The charity enlists British students to build play facilities and run sporting projects for primary school children. In just a few years it has grown to be self-sufficient, employing a team of young Ugandans as builders, to the point where the charity’s British founders will soon be able to step back and let it run itself. I witnessed the volunteers – students and recent graduates from UK universities – forming genuine friendships with the locals, developing emotional attachments to the children and becoming truly invested in their future. Cynics might that say when they return to Britain they leave it all behind and life moves on. But for many, volunteering can be life changing. (…) Undergraduates face a stark choice about how to spend their time before entering employment, particularly now that money is tight and jobs are scarce. Charities that invest in the developing world need keen, energetic, ambitious people to help them along. « Voluntourists » they may be – but their work can have a huge impact on their own lives and the lives of those they help. It would be an awful shame if they were put off. Sam Blackledge
Je viens ici car les volontaires sont jolies. Réfugié de Calais
The term “Rice Christians » (…) is used among the missionary community to describe nationals who make a profession of conversion (inauthentically or without true understanding) in order to get the product (clothing, food, rice) that is being delivered by the Western worker.  It seems that if you add the strings attached to the given supplies with the “don’t cause conflict or disagree” cultural value of the Asian country where we lived,  a subtle social game can quickly develop. It could go a bit like this: uneducated villagers, a little (or a lot) in awe of the white American, are provided with goods they desperately need, entertainment that encourages their kids, and attention by the wealthy Westerner, all of which they gladly accept. And at some point over the course of the event, the Westerners share honestly about their religion and eventually ask for public professions of faith. And, seriously, what’s an impoverished person, raised in a culture of respect, supposed to do in light of  this turn of events? In many ways, isn’t agreeing with the views of the outsider the most polite and most effective response for the national– the path that both provides for their families while still showing respect for their visitors? Perhaps, perhaps they become Rice Christians for the day. And maybe we missionaries don’t really give them many other options.  (…) I am by no means saying that the gospel can’t move mightily and quickly among a people group. I’m not saying that we should all begin to doubt the faith of those that come forward in evangelistic outreaches, either. I’m also not throwing short term missions under any kind of bus because I’ve seen this in both short and long-termers. I am saying, though, that perhaps we need to consider the position we put people in when we enter their worlds with gifts and programs. And perhaps we need to re-evaluate some of our “numbers.”  Laura Parker (Co-Founder/Editor, Former Aid Worker in SE Asia)
We’re very conscious of making ‘rice Christians’. Jehovah’s Witness missionary in Cambodia
My own sense is that some groups have probably come here and, out of zeal, have used methodologies that we wouldn’t feel comfortable with. There has been a tendency … to inflate [conversion] numbers, or to count them differently. It’s actually something we work quite hard to try and avoid, because that would not be the kind of faith that we’re looking for. (…) I think that the use of money is an area where we have to be hugely careful, so that these kinds of patron-client relationships are not established. (…) We limit the amount of money coming from the outside in terms of direct support [to churches]. My problem with this is when they try to wean themselves off, there’s already a bit of dependency, and they’ll often just look for another patron. David Manfred (Christian & Missionary Alliance)
Not only do we not use poverty as a lure to join the church; we invite members to donate [a] 10 percent [tithe] to help the church grow. Robert Winegar (Mormon mission President) .
It became apparent to me that [Cambodians] were coming to church but not wanting to take part in building the church. That’s why I no longer want to have a big structure and have them think that ‘this is the Western money train, I want to get on board’. (…) But Freeze said these mistakes were often a result of a lack of understanding of the local context, something that could be overcome through in-country experience. Most groups have genuine heart. But a lot of the problem here is a misunderstanding of culture. Michael Freeze (Baptist missionary)
It’s good to give, but you have to be very careful how you give. You come to Cambodia with SUVs and tonnes of rice, and that’s virtually bribery. (…) I believe that churches have made a lot of mistakes in terms of their focus on finance and on getting their numbers up. That’s where the church of Mormon comes in. They know how to work the system…. But all the money in the world can’t buy God. Independent Khmer-American pastor
Quand on est sérieux, il faut regarder quel est notre impact réel, prendre du recul. Toutes les conneries, je les ai faites. Dans la rue, je donnais à manger aux enfants cambodgiens, comme tous les touristes. Du coup, les gamins stagnaient en attendant le room service… Huit repas par jour. L’enfant est devenu une attraction touristique. Imaginez un turn-over permanent de Japonais, un flux d’adultes inconnus qui viendraient dans nos écoles pour apprendre des chants aux petits Français, enseigner leur langue, leur offrir du riz et les photographier avant de repartir. (…) Les volontaires étrangers veulent tous ouvrir des orphelinats. Seulement, il faut les remplir ! Alors, croyant bien faire, ils retirent les enfants aux familles cambodgiennes pauvres, expliquant que c’est mieux, qu’ils ne savent pas s’en occuper. C’est raciste, colonialiste. Et si on retirait aux Français leurs enfants au seul motif qu’ils sont trop pauvres ? (…) Ils viennent soit se construire un CV, soit se reconstruire parce qu’ils sont dans une mauvaise passe. Charge donc aux enfants étrangers de soigner les problèmes des Occidentaux. D’un point de vue marketing, l’orphelinat c’est facile à vendre. Mais pour que l’argent continue d’affluer, il ne faut pas qu’il soit investi, ce serait casser le produit. Le bâtiment doit rester pourri et les enfants avoir l’air malheureux.  (…) Nos volontaires font des travaux administratifs, des recherches, mènent des enquêtes. Il y a beaucoup à faire et peu d’occasions de selfies avec des enfants. Ce sont des professionnels locaux et expérimentés que nous salarions qui s’en occupent. Sébastien Marot (directeur de Friends International et ancien directeur marketing chez L’Oréal)
On remplace la planche à voile par un réfugié. (…) Dire à un jeune Blanc que même s’il n’a que le bac, il aura toujours un niveau supérieur aux professeurs et médecins locaux, c’est du racisme positif. Il faut lui remettre les pieds sur terre, on ne l’attend pas pour sauver l’Afrique, même si c’est sympa, même si ça fait rêver. (…) Soit le séjour se passe bien et les jeunes reviennent avec l’idée que les pays en développement sont un grand bac à sable ; soit cela se passe mal, et là c’est tout le secteur associatif qu’ils verront comme une vaste arnaque. (…) A l’étranger, le marché du travail souffre aussi, avec toute cette main-d’œuvre qui paye pour venir travailler. Pierre de Hanscutter (président fondateur de l’association francophone Service volontaire international)
L’envie d’engagement ne fléchit pas. Faire de l’humanitaire, c’est faire quelque chose de bien pour l’autre, c’est une attitude sociale légitime qui coexiste en parallèle d’un processus continu de professionnalisation. (…) Pourquoi vouloir fixer au voyage un autre but que la découverte de personnes, de paysages, de saveurs ? Faire du tourisme en se sentant investi d’une mission, pour être gentil, pour jouer au père Noël avec des livres, des stylos et des médicaments disqualifie le voyage en lui-même. La dissymétrie du rapport rend d’emblée la rencontre impossible. Ce n’est pas de l’ouverture, mais de la condescendance. (…) C’est Tintin au Congo. [Mais] Il ne faut pas casser l’élan, le désir de s’engager. Rony Brauman (ancien président de Médecins sans frontières)
C’est un safari exotique low cost, le premier du genre. Le dépaysement à moindres frais, sans partir de chez soi, en «faisant le bien» et en attirant sur soi l’admiration de ses amis Facebook : la visite du camp de réfugiés à Calais. The jungle, pour les initiés et ceux qui souhaitent en être, avec ses déclinaisons d’humour grinçant : la librairie The Jungle Books, la cabane de Baloo, les restaurants «New Kabul» et «British Hotel», des graffitis pleins de promesses comme «London Calling» et «Welcome to the UK», l’auto-proclamée ambassade du Koweït, un drapeau français célébrant avec ironie la chaleur et l’hospitalité hexagonales, des capsules vides de gaz lacrymogène qui décorent en guirlande la devanture d’un barbier de fortune… ici pas besoin de passeport, de visa ou d’autorisation d’entrée – il suffit de se conformer aux fouilles policières des véhicules à l’entrée. À certains moments «la jungle» a tout d’un zoo. Tandis que chacun, dans la ronde des touristes, photographes, journalistes, chercheurs, bénévoles, employés d’ONG et Calaisiens charitables, s’évertue à faire valoir la légitimité de sa présence, les migrants désœuvrés regardent, amers ou méfiants, avec apathie ou un embarras poli, défiler ce petit monde étrange dont les intentions réelles leur demeurent inconnues. Certains, plus que d’autres, ont une raison d’être ici. Ce sont les employés d’ONG et bénévoles dont le rôle est clairement défini et les compétences, professionnelles. Dans les regards de ces anonymes actifs se devine un mépris à peine dissimulé pour le reste des visiteurs de passage, parmi eux des jeunes qui se disent «réfugiés du capitalisme», comme on peut le lire sur le mur d’une des écoles improvisées ; de débonnaires babas cool qui veulent croire en une communauté des pauvres, laïque et multiculturelle, unie par la solidarité et la musique ; ou encore ceux qui se voient comme d’intrépides aventuriers qui ont le cran de vivre au milieu du camp, sont les amis des réfugiés jusqu’à finir par devenir, pour les plus obstinés d’entre eux, «l’un des leurs». Une tentative – louable mais illusoire – d’abolir le gouffre qui les sépare: les bénévoles, eux, pourront toujours rentrer chez eux par le prochain bus ou ferry pour 50€ et la présentation d’une carte d’identité. Les migrants, eux, auront besoin de quelques milliers (voire dizaine de milliers) d’euros pour quitter la «jungle». On donne des cours d’anglais ou de français, on s’amuse avec les enfants, on gratte sa guitare, on chante, jusqu’au moment où nos aventuriers se découragent, l’un après l’autre, ou doivent simplement regagner leurs pénates. Il y a aussi les bénévoles dont on ne sait pas s’ils font partie d’une association, d’une ONG, ou s’ils sont là à leur propre compte. On les croise tous les jours, à discuter avec des gens qui leur ressemblent et faire de grands sourires aux migrants qui les regardent avec curiosité, ou à jouer aux assistants sociaux, vaguement infantilisants, implorant les migrants de rejoindre leur «atelier de percussions» qui se résume à taper deux bâtons ensemble pour tuer le temps. «La jungle» abrite aussi des journalistes, plus ou moins indépendants, qui y passent un jour ou deux, prennent des photos et disparaissent. Et puis il y a les touristes. Qui jouent parfois aux apprentis reporters. Comme cette femme avec son Nikon D70 débarquant dans la cour de l’école de fortune, sans un bonjour pour prendre des photos. «Vous comptez en faire quoi, de ces photos ?» Et elle de répondre, d’un ton assuré qui se veut rassurant : «Ah mais moi c’est pas pour publier sur Facebook, hein ! C’est pour moi.» Un souvenir de vacances, donc. (…) Enfin vient le groupe d’amies, 18-20 ans, qui se partagent une barquette de frites en déambulant dans les rues passantes du campement, comme elles le feraient à Marrakech ou Bangkok, tout excitées à l’idée de vivre cette aventure hors du commun. Étrange et inattendu pot pourri, qui réunit ce que le tourisme a de pire, en ce lieu qui s’appelle «jungle» parce qu’il n’y règne aucune loi. Chacun s’arroge donc le loisir de faire comme bon lui semble. D’autant plus qu’on est ici chez soi — en Europe — sans l’être vraiment. Cette zone de non-droit, sans contrôle social, sans règles, est un jardin d’expérimentations en tout genre. Une cacophonie de charitabilisme. Le soir, les bénévoles regagnent l’auberge de jeunesse, les plus anciens dorment sur place, dans une caravane équipée d’un cadenas. (…) Cautère sur une jambe de bois, les bénévoles ? Au moins font-ils un peu de bien, à une toute petite échelle. Et sans doute de leur mieux. Nous autres ne pourrons même pas justifier moralement de notre présence, puisque le projet – mal préparé, mal organisé – n’aboutira pas. Il aura fait de nous des touristes améliorés, doués d’une certaine conscience éthique et, désormais, de regrets. (…) Une chose est sûre : on ne s’improvise pas humanitaire du jour au lendemain, et les bons sentiments ne suffisent pas. Quand l’État se désengage complètement, que le grand public préfère s’impliquer directement, on en arrive vite au safari. Au zoo participatif. À la jungle. Tara Bate (Salariée du secteur humanitaire, étudiante en anthropologie du développement)
Se prélasser aux Maldives pour son voyage de noces ? Dépassé. Le top de la tendance, c’est le honeyteering (de honeymoon et volunteering), la lune de miel humanitaire. A lire les témoignages, c’est inoubliable. Ça rapproche et ça soulage. Le phénomène ne touche pas seulement les couples fraîchement épousés. De plus en plus de particuliers donnent de leur temps de vacances pour faire du volontariat : c’est le tourisme humanitaire, ou «volontourisme». Plusieurs formules sont possibles, du groupe d’amis qui s’auto-organise et part distribuer du matériel collecté, ou donner un coup de main à une association locale à l’initiative individuelle, en passant par les «séjours humanitaires» clé en main. Les tour-opérateurs proposent ainsi des «circuits humanitaires», qui promettent de l’atypique, de l’authentique, de l’alternatif. Avec des étapes «solidarité», hors des sentiers battus : don de fournitures scolaires dans un petit village, journée dans un orphelinat, etc. (…) L’intention est louable. La critique s’avère, dès lors, délicate. «Il ne faut pas casser l’élan, le désir de s’engager», prévient Brauman. Les ONG ont lancé des campagnes de dissuasion du volontouriste, à l’instar de Solidarités International. «Tout le monde ne peut pas aider sur le terrain», disent les spots. Une série de faux entretiens d’embauche croustillants, avec notamment une hippie qui a «fait grave du baby-sitting», sait ce que c’est que de vivre sans douche à force de faire des festivals, «kiffe l’Afrique» et se dit prête à partir secourir «les enfants qui meurent de faim et ont besoin d’amour». Comme si les bons sentiments à l’égard d’une misère aussi lointaine qu’abstraite dispensaient de toute réflexion intellectuelle. (…) Le Cambodge compte plus d’orphelinats aujourd’hui qu’en 1979, au sortir de la guerre. Rien que ces huit dernières années, leur nombre a triplé. Six cents structures ont été dénombrées et le recensement n’est pas terminé… En trente ans, le nombre d’orphelins est passé de 7 000 à 47 000. En fait, selon l’Unicef, 74 % d’entre eux ont des parents. (…) Le mot «orphelin» déclenche l’arrivée massive de l’aide étrangère et des volontaires. (…) Le phénomène a gagné le Laos, la Thaïlande, la Birmanie. Au Cambodge, Friends International œuvre à la réintégration des enfants dans les familles, en partenariat avec l’Unicef et le gouvernement. Depuis cette année, des orphelinats sont fermés et l’ouverture de nouveaux établissements est gelée. (…) Reste le «séjour humanitaire» afin d’accéder à l’enfant exotique, pauvre et malade. Contre 2 000 euros en moyenne les quinze jours, au titre des frais de mission (transport, hébergement, repas, le tout dans un confort rudimentaire qui participe au charme de l’aventure), Projects Abroad promet par exemple de soigner des lépreux au Ghana ou d’accueillir les primo-arrivants sur les plages italiennes. Des «missions de volontariat» en «médecine générale», «soins infirmiers», «sage-femme»,«santé publique», «soins dentaires», accessibles «même sans qualification médicale» et à partir de 16 ans, insiste le site web de Projects Abroad. Et si les photos ne suffisaient pas (des jeunes Blancs en blouse et gantés de latex qui prennent des tensions, donnent des médicaments à des nourrissons, etc.), il y a les vidéos. Deux adolescentes danoises soignent les plaies purulentes de malades au Ghana. Elles voulaient une première expérience avant de passer le concours de médecine. Se faire la main, en quelque sorte. Leur meilleur souvenir ? Un accouchement compliqué, c’était «extraordinaire», «du sang partout». Au Pérou, une fille fait des points de suture, ravie : «Ça donne confiance en soi.» En Tanzanie, un garçon anglais, stéthoscope autour du cou, briefe des infirmières noires, regarde les radios, feuillette des dossiers. Au Mexique, une Suissesse enjouée enseigne le français à l’université. Trois classes. Les élèves sont plus vieux qu’elle, pas trop dur ? «Il suffit d’être motivée, d’avoir envie d’enseigner et d’être de bonne humeur. Ça suffit pour les Mexicains !»(…) Le SVI regrette le silence de l’ordre des médecins en France. (…) Projects Abroad est le leader du tourisme humanitaire. Un ensemble de structures appartenant à une holding domiciliée en Angleterre, Beech View Holdings Limited. La multinationale, arrivée sur le marché hexagonal voilà dix ans, n’a rien d’une ONG, si ce n’est le champ lexical. Six cents salariés, près de deux cents programmes, des dizaines de milliers de volontaires-clients dont les deux tiers ont moins de 30 ans. Son bénéfice net, en constante augmentation, s’élevait à 1,7 million de livres en 2012 (2 millions d’euros). (…) Qui sont ces volontouristes ? La sociologue Alizée Delpierre a enquêté durant trois ans chez Projects Abroad. Elle souligne le «rôle déterminant des parents», professions libérales, hauts-fonctionnaires, majoritairement aisés et résidant dans les beaux quartiers parisiens. «Ils redoutent généralement le secteur associatif, considéré comme un domaine de relégation. A ce prix-là, ils ont la garantie de l’entre-soi.» L’action humanitaire répond d’abord à «stratégie éducative», que la chercheuse détaille : «Les parents veulent que leur enfant acquière des compétences internationales, teste ses affinités avec un métier avant de payer une grande école, apprenne à se débrouiller seul ou soit confronté à la misère pour qu’il mesure combien il est privilégié…» Sur place, elle a vu des volontaires «déçus de constater le faible impact de leur action. Alors ils visitent, font du shopping». Comme des touristes tout court. Libération

Attention: un chrétien du riz peut en cacher un autre !

En ces temps étranges du post-christianisme triomphant …

Comment encore s’étonner, à l’instar de la tristement fameuse aide au développement, de cette nouvelle dérive des idées chrétiennes devenues folles

Ce tourisme dit humanitaire qui du volontourisme au honeyteering (lune de miel humanitaire) …

En arrive à l’exploit de faire payer des gens pour le droit de travailler bénévolement …

Tout en détruisant le marché du travail local entre selfies pour page Facebook et stratégies éducatives ou professionnelles …

Ou même en multipliant par sept sur le modèle des « chrétiens du riz » des missions chrétiennes d’antan …

La population des orphelinats d’un Cambodge en paix depuis 30 ans ?

Tourisme humanitaire : la vraie fausse pitié

Profiter de ses vacances pour aider les populations locales, l’idée est plutôt louable. Mais l’amateurisme et le cynisme de ce secteur en vogue inquiètent les ONG sérieuses.

Noémie Rousseau
Libération

15 août 2016

Se prélasser aux Maldives pour son voyage de noces ? Dépassé. Le top de la tendance, c’est le honeyteering (de honeymoon et volunteering), la lune de miel humanitaire. A lire les témoignages, c’est inoubliable. Ça rapproche et ça soulage. Le phénomène ne touche pas seulement les couples fraîchement épousés. De plus en plus de particuliers donnent de leur temps de vacances pour faire du volontariat : c’est le tourisme humanitaire, ou «volontourisme». Plusieurs formules sont possibles, du groupe d’amis qui s’auto-organise et part distribuer du matériel collecté, ou donner un coup de main à une association locale (lire notre reportage au Liban) à l’initiative individuelle, en passant par les «séjours humanitaires» clé en main. Les tour-opérateurs proposent ainsi des «circuits humanitaires», qui promettent de l’atypique, de l’authentique, de l’alternatif. Avec des étapes «solidarité», hors des sentiers battus : don de fournitures scolaires dans un petit village, journée dans un orphelinat, etc.

«L’envie d’engagement ne fléchit pas, observe Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières. Faire de l’humanitaire, c’est faire quelque chose de bien pour l’autre, c’est une attitude sociale légitime qui coexiste en parallèle d’un processus continu de professionnalisation.» Le célèbre médecin est plus critique quant à l’idée de coupler voyage et humanitaire. «Pourquoi vouloir fixer au voyage un autre but que la découverte de personnes, de paysages, de saveurs ? Faire du tourisme en se sentant investi d’une mission, pour être gentil, pour jouer au père Noël avec des livres, des stylos et des médicaments disqualifie le voyage en lui-même. La dissymétrie du rapport rend d’emblée la rencontre impossible. Ce n’est pas de l’ouverture, mais de la condescendance.»  

L’intention est louable. La critique s’avère, dès lors, délicate. «Il ne faut pas casser l’élan, le désir de s’engager», prévient Brauman. Les ONG ont lancé des campagnes de dissuasion du volontouriste, à l’instar de Solidarités International. «Tout le monde ne peut pas aider sur le terrain», disent les spots. Une série de faux entretiens d’embauche croustillants, avec notamment une hippie qui a «fait grave du baby-sitting», sait ce que c’est que de vivre sans douche à force de faire des festivals, «kiffe l’Afrique» et se dit prête à partir secourir «les enfants qui meurent de faim et ont besoin d’amour». Comme si les bons sentiments à l’égard d’une misère aussi lointaine qu’abstraite dispensaient de toute réflexion intellectuelle. «Quand on est sérieux, il faut regarder quel est notre impact réel, prendre du recul, explique Sébastien Marot, directeur de Friends International, qu’il a cofondé au Cambodge en 1994. Toutes les conneries, je les ai faites. Dans la rue, je donnais à manger aux enfants cambodgiens, comme tous les touristes. Du coup, les gamins stagnaient en attendant le room service… Huit repas par jour», se souvient cet ancien directeur marketing chez L’Oréal. Vingt-deux ans qu’il voit défiler dans les orphelinats les touristes humanitaires et autres volontaires en tout genre. «L’enfant est devenu une attraction touristique. Imaginez un turn-over permanent de Japonais, un flux d’adultes inconnus qui viendraient dans nos écoles pour apprendre des chants aux petits Français, enseigner leur langue, leur offrir du riz et les photographier avant de repartir.»

Lépreux au Ghana

Le Cambodge compte plus d’orphelinats aujourd’hui qu’en 1979, au sortir de la guerre. Rien que ces huit dernières années, leur nombre a triplé. Six cents structures ont été dénombrées et le recensement n’est pas terminé… En trente ans, le nombre d’orphelins est passé de 7 000 à 47 000. En fait, selon l’Unicef, 74 % d’entre eux ont des parents. «Les volontaires étrangers veulent tous ouvrir des orphelinats. Seulement, il faut les remplir ! Alors, croyant bien faire, ils retirent les enfants aux familles cambodgiennes pauvres, expliquant que c’est mieux, qu’ils ne savent pas s’en occuper. C’est raciste, colonialiste. Et si on retirait aux Français leurs enfants au seul motif qu’ils sont trop pauvres ?» interroge Sébastien Marot.

Le mot «orphelin» déclenche l’arrivée massive de l’aide étrangère et des volontaires. «Ils viennent soit se construire un CV, soit se reconstruire parce qu’ils sont dans une mauvaise passe. Charge donc aux enfants étrangers de soigner les problèmes des Occidentaux, tacle Marot. D’un point de vue marketing, l’orphelinat c’est facile à vendre. Mais pour que l’argent continue d’affluer, il ne faut pas qu’il soit investi, ce serait casser le produit. Le bâtiment doit rester pourri et les enfants avoir l’air malheureux.» Le phénomène a gagné le Laos, la Thaïlande, la Birmanie. Au Cambodge, Friends International œuvre à la réintégration des enfants dans les familles, en partenariat avec l’Unicef et le gouvernement. Depuis cette année, des orphelinats sont fermés et l’ouverture de nouveaux établissements est gelée. «Nos volontaires font des travaux administratifs, des recherches, mènent des enquêtes. Il y a beaucoup à faire et peu d’occasions de selfies avec des enfants. Ce sont des professionnels locaux et expérimentés que nous salarions qui s’en occupent.»

Reste le «séjour humanitaire» afin d’accéder à l’enfant exotique, pauvre et malade. Contre 2 000 euros en moyenne les quinze jours, au titre des frais de mission (transport, hébergement, repas, le tout dans un confort rudimentaire qui participe au charme de l’aventure), Projects Abroad promet par exemple de soigner des lépreux au Ghana ou d’accueillir les primo-arrivants sur les plages italiennes. «On remplace la planche à voile par un réfugié», s’indigne Pierre de Hanscutter, président et fondateur de l’association francophone Service volontaire international (SVI).

Des «missions de volontariat» en «médecine générale», «soins infirmiers», «sage-femme»,«santé publique», «soins dentaires», accessibles «même sans qualification médicale» et à partir de 16 ans, insiste le site web de Projects Abroad. Et si les photos ne suffisaient pas (des jeunes Blancs en blouse et gantés de latex qui prennent des tensions, donnent des médicaments à des nourrissons, etc.), il y a les vidéos. Deux adolescentes danoises soignent les plaies purulentes de malades au Ghana. Elles voulaient une première expérience avant de passer le concours de médecine. Se faire la main, en quelque sorte. Leur meilleur souvenir ? Un accouchement compliqué, c’était «extraordinaire», «du sang partout». Au Pérou, une fille fait des points de suture, ravie : «Ça donne confiance en soi.» En Tanzanie, un garçon anglais, stéthoscope autour du cou, briefe des infirmières noires, regarde les radios, feuillette des dossiers. Au Mexique, une Suissesse enjouée enseigne le français à l’université. Trois classes. Les élèves sont plus vieux qu’elle, pas trop dur ? «Il suffit d’être motivée, d’avoir envie d’enseigner et d’être de bonne humeur. Ça suffit pour les Mexicains !»

Holding

«C’est Tintin au Congo», résume Rony Brauman, «inquiet» et «révolté» par les dégâts sanitaires causés sur place et «l’exploitation cynique des bonnes volontés». Le SVI regrette le silence de l’ordre des médecins en France. «Dire à un jeune Blanc que même s’il n’a que le bac, il aura toujours un niveau supérieur aux professeurs et médecins locaux, c’est du racisme positif. Il faut lui remettre les pieds sur terre, on ne l’attend pas pour sauver l’Afrique, même si c’est sympa, même si ça fait rêver», soupire Pierre de Hanscutter.

Projects Abroad est le leader du tourisme humanitaire. Un ensemble de structures appartenant à une holding domiciliée en Angleterre, Beech View Holdings Limited. La multinationale, arrivée sur le marché hexagonal voilà dix ans, n’a rien d’une ONG, si ce n’est le champ lexical. Six cents salariés, près de deux cents programmes, des dizaines de milliers de volontaires-clients dont les deux tiers ont moins de 30 ans. Son bénéfice net, en constante augmentation, s’élevait à 1,7 million de livres en 2012 (2 millions d’euros). Contacté par Libération, Projects Abroad n’a pas donné suite.

Bac à sable

«Soit le séjour se passe bien et les jeunes reviennent avec l’idée que les pays en développement sont un grand bac à sable ; soit cela se passe mal, et là c’est tout le secteur associatif qu’ils verront comme une vaste arnaque», souligne Pierre de Hanscutter, inquiet des valeurs inculquées ainsi à ces citoyens en devenir. Il pointe un autre écueil : «A l’étranger, le marché du travail souffre aussi, avec toute cette main-d’œuvre qui paye pour venir travailler.»

Qui sont ces volontouristes ? La sociologue Alizée Delpierre a enquêté durant trois ans chez Projects Abroad. Elle souligne le «rôle déterminant des parents», professions libérales, hauts-fonctionnaires, majoritairement aisés et résidant dans les beaux quartiers parisiens. «Ils redoutent généralement le secteur associatif, considéré comme un domaine de relégation. A ce prix-là, ils ont la garantie de l’entre-soi.» L’action humanitaire répond d’abord à «stratégie éducative», que la chercheuse détaille : «Les parents veulent que leur enfant acquière des compétences internationales, teste ses affinités avec un métier avant de payer une grande école, apprenne à se débrouiller seul ou soit confronté à la misère pour qu’il mesure combien il est privilégié…» Sur place, elle a vu des volontaires «déçus de constater le faible impact de leur action. Alors ils visitent, font du shopping». Comme des touristes tout court.

Voir aussi:

Dans la «jungle», une faune charitable

Dans le camp de réfugiés de Calais, on croise des migrants mais aussi des touristes de plus ou moins bonne volonté.

Tara Bate , Salariée du secteur humanitaire, étudiante en anthropologie du développement
Libération
15 août 2016 

C’est un safari exotique low cost, le premier du genre. Le dépaysement à moindres frais, sans partir de chez soi, en «faisant le bien» et en attirant sur soi l’admiration de ses amis Facebook : la visite du camp de réfugiés à Calais. The jungle, pour les initiés et ceux qui souhaitent en être, avec ses déclinaisons d’humour grinçant : la librairie The Jungle Books, la cabane de Baloo, les restaurants «New Kabul» et «British Hotel», des graffitis pleins de promesses comme «London Calling» et «Welcome to the UK», l’auto-proclamée ambassade du Koweït, un drapeau français célébrant avec ironie la chaleur et l’hospitalité hexagonales, des capsules vides de gaz lacrymogène qui décorent en guirlande la devanture d’un barbier de fortune… ici pas besoin de passeport, de visa ou d’autorisation d’entrée – il suffit de se conformer aux fouilles policières des véhicules à l’entrée.

Un mépris à peine dissimulé

À certains moments «la jungle» a tout d’un zoo. Tandis que chacun, dans la ronde des touristes, photographes, journalistes, chercheurs, bénévoles, employés d’ONG et Calaisiens charitables, s’évertue à faire valoir la légitimité de sa présence, les migrants désœuvrés regardent, amers ou méfiants, avec apathie ou un embarras poli, défiler ce petit monde étrange dont les intentions réelles leur demeurent inconnues. Certains, plus que d’autres, ont une raison d’être ici. Ce sont les employés d’ONG et bénévoles dont le rôle est clairement défini et les compétences, professionnelles. Dans les regards de ces anonymes actifs se devine un mépris à peine dissimulé pour le reste des visiteurs de passage, parmi eux des jeunes qui se disent «réfugiés du capitalisme», comme on peut le lire sur le mur d’une des écoles improvisées ; de débonnaires babas cool qui veulent croire en une communauté des pauvres, laïque et multiculturelle, unie par la solidarité et la musique ; ou encore ceux qui se voient comme d’intrépides aventuriers qui ont le cran de vivre au milieu du camp, sont les amis des réfugiés jusqu’à finir par devenir, pour les plus obstinés d’entre eux, «l’un des leurs». Une tentative – louable mais illusoire – d’abolir le gouffre qui les sépare: les bénévoles, eux, pourront toujours rentrer chez eux par le prochain bus ou ferry pour 50€ et la présentation d’une carte d’identité. Les migrants, eux, auront besoin de quelques milliers (voire dizaine de milliers) d’euros pour quitter la «jungle». On donne des cours d’anglais ou de français, on s’amuse avec les enfants, on gratte sa guitare, on chante, jusqu’au moment où nos aventuriers se découragent, l’un après l’autre, ou doivent simplement regagner leurs pénates.

Un souvenir de vacances

Il y a aussi les bénévoles dont on ne sait pas s’ils font partie d’une association, d’une ONG, ou s’ils sont là à leur propre compte. On les croise tous les jours, à discuter avec des gens qui leur ressemblent et faire de grands sourires aux migrants qui les regardent avec curiosité, ou à jouer aux assistants sociaux, vaguement infantilisants, implorant les migrants de rejoindre leur «atelier de percussions» qui se résume à taper deux bâtons ensemble pour tuer le temps. «La jungle» abrite aussi des journalistes, plus ou moins indépendants, qui y passent un jour ou deux, prennent des photos et disparaissent.

Et puis il y a les touristes. Qui jouent parfois aux apprentis reporters. Comme cette femme avec son Nikon D70 débarquant dans la cour de l’école de fortune, sans un bonjour pour prendre des photos. «Vous comptez en faire quoi, de ces photos ?» Et elle de répondre, d’un ton assuré qui se veut rassurant : «Ah mais moi c’est pas pour publier sur Facebook, hein ! C’est pour moi.» Un souvenir de vacances, donc.

Mais ses modèles ne s’y soumettent pas toujours volontiers. L’un d’eux, refusant d’abord, décide finalement de tourner la séance de prise de vues en parodie. Il s’allonge de tout son long, lascivement, telle une odalisque enturbannée, et se laisse mitrailler, le visage figé, se moquant visiblement de l’avidité de sa spectatrice. Quelques minutes plus tard, elle guette un autre modèle, qui commente, malicieux : «Regarde-la celle-là ! Elle attend que je sois seul pour me demander de nouveau. Regarde comme elle est drôle !»

Enfin vient le groupe d’amies, 18-20 ans, qui se partagent une barquette de frites en déambulant dans les rues passantes du campement, comme elles le feraient à Marrakech ou Bangkok, tout excitées à l’idée de vivre cette aventure hors du commun.

Horde protéiforme

Étrange et inattendu pot pourri, qui réunit ce que le tourisme a de pire, en ce lieu qui s’appelle «jungle» parce qu’il n’y règne aucune loi. Chacun s’arroge donc le loisir de faire comme bon lui semble. D’autant plus qu’on est ici chez soi — en Europe — sans l’être vraiment. Cette zone de non-droit, sans contrôle social, sans règles, est un jardin d’expérimentations en tout genre. Une cacophonie de charitabilisme. Le soir, les bénévoles regagnent l’auberge de jeunesse, les plus anciens dorment sur place, dans une caravane équipée d’un cadenas.

«Ne dites rien à ces gens. Ils promettent des choses et partent sans jamais revenir. Ils viennent parce que c’est trop cher pour eux d’aller en Afghanistan, ici ils ont l’impression d’y être et c’est gratuit», dit un homme afghan. Il exprime le malaise de nombre d’occupants du camp. Face à lui, la horde protéiforme change de visage tous les jours. Le gouffre ne se referme pas. Et toujours les mêmes questions, rarement dans leurs langues : sur leurs origines, leur parcours, leur destination, les raisons de leur fuite, le prix du passage…

«Don’t ask me about my life, I don’t want to talk», peut-on lire, écrit au marqueur, sur une table d’extérieur, devant l’«école». «I hate journalists», nous a dit aujourd’hui un migrant somalien.

Comment se comporter et s’habiller dans ce no man’s land multiculturel, un territoire sur lequel seule la présence hostile des escadrons de CRS indique qu’on est France. Les bénévoles de longue date, dépositaires d’une forme d’autorité, conseillent aux visiteurs de porter des pantalons très larges, d’attacher leurs cheveux (voire de se couvrir la tête) et de porter des chemises amples. Est-ce pour éviter d’offenser les sensibilités culturelles supposées et sans doute surinterprétées de chacun ? Ou pour «se fondre dans le décor» ? La très grande majorité des bénévoles sont des femmes. Certaines faisant fi des recommandations, fument, cheveux lâchés, et plaisantent avec les réfugiés — tous des hommes — en leur passant parfois un bras sur l’épaule. Eux sont tantôt gênés, tantôt ravis : «je viens ici car les volontaires sont jolies», confie l’un d’eux. Les réfugiées, elles, restent dans des espaces clos, éventuellement avec leurs enfants, ou ne font que passer furtivement. On leur organise parfois des «ateliers beauté» pour qu’elles puissent se retrouver ensemble, en sécurité – car même si elles sont des réfugiées, elles demeurent des femmes et en tant que telles, on estime qu’elles doivent rester plaisantes à regarder et s’occuper de leur apparence. Tant pis si elles n’ont pas envie de l’être, attirantes, et restent cloîtrées pour éviter justement les regards souvent prédateurs. C’est le réflexe systématique des projets d’assistance dédiés aux femmes, l’atelier beauté. Et, en réalité, c’est la seule activité à laquelle elles participent, les cours de langue étant mixte – et donc, de facto, entièrement masculins.

Et nous ? Nous, nous sommes là, petite équipe de huit, qui ne savons pas trop ce que nous y faisons. Nous sommes payés pour mener des entretiens afin d’évaluer la faisabilité d’un projet de services financiers permettant d’épargner ou de transférer de l’argent. A la fin de la journée, on se raconte ce qu’on a fait et appris, on tire des conclusions sur les besoins et… on n’en fait rien. On recommence le lendemain. On récolte les mêmes histoires, peu ou prou. On note tout, bien consciencieusement, dans un carnet, et au terme de notre séjour, nous n’en ferons rien, faute de financement et d’appui institutionnel.

Des touristes améliorés

Cautère sur une jambe de bois, les bénévoles ? Au moins font-ils un peu de bien, à une toute petite échelle. Et sans doute de leur mieux. Nous autres ne pourrons même pas justifier moralement de notre présence, puisque le projet – mal préparé, mal organisé – n’aboutira pas. Il aura fait de nous des touristes améliorés, doués d’une certaine conscience éthique et, désormais, de regrets. Nous nous serons bornés à énumérer les évidences : nécessité de développer l’accès à l’éducation, à l’électricité, à Internet, et d’assurer la sécurité des occupants.

Une chose est sûre : on ne s’improvise pas humanitaire du jour au lendemain, et les bons sentiments ne suffisent pas. Quand l’État se désengage complètement, que le grand public préfère s’impliquer directement, on en arrive vite au safari. Au zoo participatif. À la jungle.

Tara Bate Salariée du secteur humanitaire, étudiante en anthropologie du développement

Voir également:

Money

NPR

July 31, 2014

As you plan — or even go — on your summer vacation, think about this: More and more Americans are no longer taking a few weeks off to suntan and sightsee abroad. Instead they’re working in orphanages, building schools and teaching English.

It’s called volunteer tourism, or « voluntourism, » and it’s one of the fastest growing trends in travel today. More than 1.6 million volunteer tourists are spending about $2 billion each year.

But some people who work in the industry are skeptical of voluntourism’s rising popularity. They question whether some trips help young adults pad their resumes or college applications more than they help those in need.

Judith Lopez Lopez, who runs a center for orphans outside Antigua, Guatemala, says she’s grateful for the help that volunteers give.

All visitors and volunteers get a big warm welcome when they walk in the doors of her facility, Prodesenh. It’s part orphanage, part after-school program and part community center.

Most of the kids at Prodesenh don’t have parents, Lopez says. They live with relatives. Some were abandoned by their mothers at birth. Others lost their fathers in accidents or to alcoholism.

There are three volunteers here now, all from the U.S. Lopez says they give the kids what they need most: love and encouragement.

One those volunteers is Kyle Winningham, who just graduated from the University of San Francisco with a degree in entrepreneurship. « Yeah, my real name is Kyle, but mi apodo aqui es Carlos, » he says.

Winningham didn’t have a job lined up after school, so he decided to spend his summer at Prodesenh. « When the kids have homework, I help with homework, » he says. « When they don’t, I generally help out with teaching a little bit of English. »

But today they are cooking. Lopez hands out bowls filled with bright red tomatoes, onions and mint. She’s teaching the kids to make salsa.

Haley Nordeen, an international relations major at American University in the District of Columbia, is also spending her entire summer at Prodesenh. During her first six weeks here, the 19-year-old helped build the newest addition to the center, a small library. Now she’s tutoring.

« I’ve met a lot of international relations majors here, so it seems like a trend, » Nordeen says.

Most volunteer tourists are women. They’re also young adults, between the ages of 20 and 25, says the industry consulting group Tourism, Research and Marketing, based in Glasbury, Wales. But more and more high school students are also traveling and volunteering.

Sam Daddono is a junior at Rumson-Fair Haven High School in New Jersey. His whole Spanish class is in Antigua, sharpening their Spanish skills. But they’re also hiking up the side of a volcano every morning to help tend to a coffee plantation — and learning about what life is like here in Guatemala.

« The way I view things now is a lot different than before, » Daddono says. « I’ve visited other countries, but I’ve never done hands-on work or really talked to the people about the problems that they face in their lives. »

That worldview for many American teens is a lot different than it was two decades ago, says Ken Jones, who owns Maximo Nivel, a volunteer tourism company out of Antigua. He got his start in the travel business, offering only Spanish-language classes. But young people today, he says, want a richer experience.

« It used to be beach and beer, » Jones says. « And now it’s, ‘Well, I want to come down and learn something and figure out how to help or be a part of something.’ It was more superficial 20 years ago, maybe. »

The industry has exploded in the past few years, says Theresa Higgs, who runs United Planet in Boston. The nonprofit offers what she calls a cultural immersion program.

But Higgs is on the fence about whether the rise in popularity of « voluntourism » is a good thing. She’s heartened by the altruism of volunteers, but she’s worried about the flood of for-profit organizations bursting onto the scene.

« What I think often gets lost is the host communities, » she says. « Are they gaining? Are they winning? Are they true partners in this? Or are they simply a means to an end to a student’s learning objective, to someone’s desire to have fun on vacation and learn something? » she asks.

Higgs urges travelers to do their homework and research companies, just as you would before giving to a charity or volunteering for any organization.

About a dozen youth from the United Church of Christ from Yarmouth, Maine, are learning how to count to 10 in the Mam language, from an elderly indigenous woman in Guatemala City. They are volunteering for a week at the nonprofit Safe Passage, which helps children and parents who live and work in the capital’s sprawling garbage dump.

It’s pouring rain outside, but 17-year-old Mary Coyne isn’t bummed. She’s glad she spent her summer vacation here instead of at the beach, she says. « Yeah, I’m not getting a tan and not eating ice cream, » Coyne says. « But it’s something different. It’s like your whole being is satisfied because of experiences like this. »

Voir encore:

The Voluntourist’s Dilemma

Several years ago, when I was working as a reporter based in Haiti, I came upon a group of older Christian missionaries in the mountains above Port-au-Prince, struggling with heavy shovels to stir a pile of cement and sand. They were there to build a school alongside a Methodist church. Muscular Haitian masons stood by watching, perplexed and a bit amused at the sight of men and women who had come all the way from the United States to do a mundane construction job.

Such people were a familiar sight: They were voluntourists. They would come for a week or two for a “project” — a temporary medical clinic, an orphanage visit or a school construction. A 2008 study surveyed 300 organizations that market to would-be voluntourists and estimated that 1.6 million people volunteer on vacation, spending around $2 billion annually. A few are celebrities supporting their cause du jour, who drop in to meet locals and witness a project that often bears their name. Many more come to teach English during high school, college vacations or during a gap year. Others are sun-seeking vacationers who stay at beachside resorts but who also want to see “the real (name your country).” So they go into a community for an afternoon to help local women make beads, jewelry or clothes.

Volunteering seems like an admirable way to spend a vacation. Many of us donate money to foreign charities with the hope of making the world a better place. Why not use our skills as well as our wallets? And yet, watching those missionaries make concrete blocks that day in Port-au-Prince, I couldn’t help wondering if their good intentions were misplaced. These people knew nothing about how to construct a building. Collectively they had spent thousands of dollars to fly here to do a job that Haitian bricklayers could have done far more quickly. Imagine how many classrooms might have been built if they had donated that money rather than spending it to fly down themselves. Perhaps those Haitian masons could have found weeks of employment with a decent wage. Instead, at least for several days, they were out of a job.

Besides, constructing a school is relatively easy. Improving education, especially in a place like Haiti, is not. Did the missionaries have a long-term plan to train and recruit qualified teachers to staff the school? Did they have a budget to pay those teachers indefinitely? Other school-builders I met in Haiti admitted they weren’t involved in any long-term planning, and I once visited a school built by an NGO that had no money left to pay the teachers. If these brick-laying voluntourists overlooked such things in their eagerness to get their hands dirty, they wouldn’t be the first.

Easing global poverty is an enormously complex task. To make so much as a dent requires hard, sustained work, and expertise. Even the experts sometimes get it wrong. Critics of the Red Cross’s post-earthquake work in Haiti argue that the half a billion dollars the organization raised for disaster relief was largely misspent. Multimillion-dollar projects undertaken by the U.S. government ultimately failed to help Haiti export its mangos or complete a new building for Haiti’s Parliament on time. If smart, dedicated professionals can fail to achieve lasting progress over a period of years, how then is an untrained vacationer supposed to do so in a matter of days?

Sometimes, volunteering even causes real harm. Research in South Africa and elsewhere has found that “orphan tourism” — in which visitors volunteer as caregivers for children whose parents died or otherwise can’t support them — has become so popular that some orphanages operate more like opportunistic businesses than charities, intentionally subjecting children to poor conditions in order to entice unsuspecting volunteers to donate more money. Many “orphans,” it turns out, have living parents who, with a little support, could probably do a better job of raising their children than some volunteer can. And the constant arrivals and departures of volunteers have been linked to attachment disorders in children.

There are some volunteers who possess specialized, sought-after skills, of course. In Port-au-Prince I lived across from a Catholic guesthouse where groups of mostly American volunteers would spend their first nights in Haiti. Often I’d join them for dinner to hear about their experiences. I remember meeting an ophthalmologist from Milwaukee, who had just spent a week in a remote town in Haiti performing laser eye surgery. He recounted the joy he felt at helping people who were going blind from cataracts to see.

But not all volunteers come with an expertise like ophthalmology. When I asked one of the women who ran that guesthouse why she moved to Haiti, she told me that “a long time ago I felt called to be here, and I came based on that, not knowing what I was going to do.” In many ways, this woman is typical of the sort of voluntourists I’ve encountered. Many are religious — the sort of people who cite passages from the Bible, the Torah or the Quran that encourage followers to help those in need. Surely, they say, “love thy neighbor” takes on a different meaning in a globalized world. To many of these people, simply experiencing a foreign culture is not enough. They must change that place for the better.

Perhaps we are fooling ourselves. Unsatisfying as it may be, we ought to acknowledge the truth that we, as amateurs, often don’t have much to offer. Perhaps we ought to abandon the assumption that we, simply by being privileged enough to travel the world, are somehow qualified to help ease the world’s ills. Because the mantra of “good intentions” becomes unworthy when its eventuality can give a South African AIDS orphan an attachment disorder or put a Haitian mason out of work.

I’ve come to believe that the first step toward making the world a better place is to simply experience that place. Unless you’re willing to devote your career to studying international affairs and public policy, researching the mistakes that foreign charities have made while acting upon good intentions, and identifying approaches to development that have data and hard evidence behind them — perhaps volunteering abroad is not for you.

Jacob Kushner reports on foreign aid and immigration in East and Central Africa and the Caribbean.

Voir de même:

Voluntourism is a ‘waste of time and money’ – and gappers are better off working in Britain
Campaigners hit out at gap years in developing countries
Jonathan Brown
The Independent
24 October 2014

Helping out at an African nursery or digging trenches in rural India might have become a fashionable – and expensive – rite of passage for thousands of young people each year, but volunteers would often do more good staying at home and assisting communities on their own doorstep, a conference on ethical tourism will hear tomorrow.

The growing trend for far-flung gap years often combining an element of work in a developing country has become one of the fastest-growing phenomena in the global travel industry.

However, a leading UK charity is warning that whilst often well intentioned in their motives, altruistic young travellers can end up doing more harm than good to their host communities, even potentially fuelling child abuse.

Mounting concern that the desire to work in orphanages in countries such as Cambodia and Nepal is actually be leading to the abandonment or even abduction of children from their parents to fuel the boom in eager tourists has led to calls for a radical rethink on the ethics of so-called volunteerism.

Delegates at a one-day conference at Braithwaite Hall in Croydon, south London, organised by Tourism Concern will seek to persuade prospective volunteers to think hard about their choice of destination.

The charity’s executive director Mark Watson said that whilst the desire to help others was commendable – too many expensive commercial volunteering opportunities ended up exploiting both those offering help whilst harming the lives of those meant to be on the receiving end.

“Volunteers often have unfulfilling and disappointing experiences; volunteer placements can prevent local workers from getting much-needed jobs; hard-pressed institutions waste time looking after them and money upgrading facilities; and abused or abandoned children form emotional attachments to the visitors, who increase their trauma by disappearing back home after a few weeks,” Mr Watson said.

“We feel that there are many opportunities for people to undertake meaningful volunteering in their own community, where they will receive proper training, support and supervision – without the need to pay a tour operator for the privilege. In the majority of cases people would be far better (and have a more rewarding experience) volunteering at home and spending their money on travelling and staying in places listed in our Ethical Travel Guide,” he added.

Among the speakers at the event is campaigner Philippa Biddle, who described taking part in a development project building an orphanage and library in Tanzania. She said each night local men dismantled the structurally unsound work they had done – relaying bricks and resetting timbers whilst the students slept.

“Basically, we failed at the sole purpose of our being there. It would have been more cost effective, stimulative of the local economy, and efficient for the orphanage to take our money and hire locals to do the work, but there we were trying to build straight walls without a level,” she recalled.

Laura Woodward of Raleigh International, a non-profit making sustainable development charity which works with young volunteers and communities around the world living in poverty, said few commercial organisations offered high quality placements that brought benefit to their host countries.

She said the conference was right to highlight concerns over voluntourism.

“It’s true that there are many fantastic volunteering opportunities for people in their own communities and we strongly encourage volunteers to take action in their own communities upon their return; indeed, this has become a fundamental element of our programmes. Whilst there are huge benefits to volunteering at home, there are still pressing issues across the globe where young, international volunteers can make a real difference,” she said.

Voir de plus:

I recently came across an interesting article questioning voluntourism and assessing whether it does more harm than good in communities of the global south. It reminded me of my own concerns with « voluntourism » that originated in my college years in which I had participated in Alternative Spring Breaks. It was considered an alternative to what most college students did on their vacations: spending idle time by the poolside. The university-organised trips sent students to spend a week in disadvantaged and poverty-stricken communities to volunteer. This could take the form of teaching English at the local school, assisting in building and beautifying new homes for residents, or environmental cleanups. Interspersed throughout the week were also touristy getaways and souvenir shopping. Although I had memorable and rewarding moments, I could never shake off the feeling that it was all a bit too self-congratulatory and disingenuous.

Voluntourism almost always involves a group of idealistic and privileged travelers who have vastly different socio-economic statuses vis–à–vis those they serve. They often enter these communities with little or no understanding of the locals’ history, culture, and ways of life. All that is understood is the poverty and the presumed neediness of the community, and for the purposes of volunteering, that seems to be enough. In my own experiences – also highlighted by the author of the article – this has led to condescending and superficial relationships that transform the (usually western) volunteer into a benevolent giver and the community members into the ever grateful receivers of charity. It makes for an extremely uncomfortable dynamic in which one begins to wonder if these trips are designed more for the spiritual fulfillment of the volunteer rather than the alleviation of poverty.

I couldn’t help feeling ashamed at the excessive praise and thanks we received from locals and those on the trip alike. I cringed as we took complimentary photos with African children whose names we didn’t know. We couldn’t even take full credit for building the houses because most of the work had already been done by community members. In fact, if anything we slowed down the process with our inexperience and clumsiness. And how many schools in the west would allow amateur college students to run their English classes for a day? What had I really done besides inflate my own ego and spruce up my resume? I had stormed into the lives of people I knew nothing about, I barely engaged with them on a genuine level, and worst of all, I then claimed that I had done something invaluable for them all in a matter of five days (of which most of the time was spent at hotel rooms, restaurants, and airports).

An entire industry has sprouted out of voluntourism as it increases in popularity, possibly equal to the increase in global inequality. As the gap between rich and poor widens, so too it seems does the need for those of the global north to assuage the guilt of their privilege (paradoxically, guilt only seems to deepen as many realise the illusory effect of their impact), or to simply look good. The developing world has become a playground for the redemption of privileged souls looking to atone for global injustices by escaping the vacuity of modernity and globalisation.

But does this address the root institutional and structural causes of the problem? I do not mean to deny, across the board, the importance of the work voluntourists do. Volunteers in developing countries fund and deliver great programmes that would not happen otherwise, but the sustainability and the effectiveness of the approach is what I question. Time and energy would be better spent building real solidarity between disparate societies based on mutual respect and understanding. Instead of focusing on surface symptoms of poverty, volunteers and the organisations that recruit them should focus on the causes that often stem from an unjust global economic order. Why not advocate and campaign for IMF and World Bank reforms? How about having volunteers advocate for their home country to change aggressive foreign and agricultural policies (such as subsidy programmes)? This might seem unrealistic but the idea is to get volunteers to understand their own (direct or indirect) role in global poverty. The idea is to get volunteers truly invested in ending poverty, and not simply to feel better about themselves.

Voir aussi:

In defence of ‘voluntourists’


The Guardian
25 February 2013

The debate about « voluntourism » – that unsightly word – has reared its cynical head yet again. Every so often the spotlight is turned on western students using their free time to help those less fortunate in developing countries, and much head-scratching and soul-searching ensues.

Recently the Guardian published a piece by Somalian blogger Ossob Mohamud, with the headline Beware the ‘voluntourists’ doing good. She argues that the west is turning the developing world into « a playground » for the rich to « assuage the guilt of their privilege ».

Mohamud clearly had a difficult volunteering experience. She says she felt ashamed at the excessive praise and thanks of locals, cringed as she took photos with African children whose names she did not know and was left feeling that she had simply inflated her ego and spruced up her resume.

There is a discussion to be had about the merits or otherwise of overseas volunteering schemes which attract crowds of well-meaning westerners to build schools and playgrounds, teach English or care for orphans. But Mohamud’s insistence on drawing a wider social message from her own unsatisfactory trip is unfair and potentially damaging.

Last summer I visited Uganda to report on the work of East African Playgrounds. The charity enlists British students to build play facilities and run sporting projects for primary school children. In just a few years it has grown to be self-sufficient, employing a team of young Ugandans as builders, to the point where the charity’s British founders will soon be able to step back and let it run itself.

I witnessed the volunteers – students and recent graduates from UK universities – forming genuine friendships with the locals, developing emotional attachments to the children and becoming truly invested in their future. Cynics might that say when they return to Britain they leave it all behind and life moves on. But for many, volunteering can be life changing.
Mark Deeks, 28, was deeply affected by the experience, and is still shaken by the country’s poverty, healthcare and corrupt political system. When he returned to university he wrote his masters dissertation on gay rights in Uganda.

East African Playgrounds founder Tom Gill admits frustration that many quick-fix ‘gap year’ companies are « built to maximise profits and reduce costs wherever they can » without investing in communities. But, he says, many charities are working hard to counter this.

« Charity in its essence is a chance for those who have more than enough to help those who don’t have enough, » he says. « If privileged people stopped volunteering and making donations then what would happen to the work of thousands of charities worldwide?

« Volunteers play a vital role in the model of charities that are looking to become financially independent and self-sufficient. Charities that rely heavily on grants and trusts have almost all suffered reductions in donations, which has a huge impact on the ground with funding having to be pulled from grassroots projects.

« No approach is without its flaws, but it is vital that people do not group charities doing this well with companies who are putting very little into the developing world. »

Undergraduates face a stark choice about how to spend their time before entering employment, particularly now that money is tight and jobs are scarce. Charities that invest in the developing world need keen, energetic, ambitious people to help them along. « Voluntourists » they may be – but their work can have a huge impact on their own lives and the lives of those they help. It would be an awful shame if they were put off.

Voir par ailleurs:

Rice Christians and Fake Conversions

Laura Parker

A life overseas

January 28, 2013

 

I remember our first year on the field literally thinking, “No one is ever, ever going to come to faith in Christ, no matter how many years I spend here.” 

I thought this because for the first time in my life, I was face-to-face with the realities that the story of Jesus was so completely other to the people I was living among. Buddhism and the East had painted such a vastly different framework than the one I was used to that I was at a loss as to how to even begin to communicate the gospel effectively.

And so, the Amy-Carmichael-Wanna-Be that I was, I dug in and started learning the language. I began the long, slow process of building relationships with the nationals, and I ended up spending lots of time talking about the weather and the children in kitchens. And while over time, I became comfortable with helping cook the meal, I saw very little movement of my local friends towards faith.

But, then we started hearing about Western teams that came for short term trips or long-term missionaries who visited the villages around the city where we were living. Sometimes they would do vacation bible schools for the kids, other times they would show a film. Sometimes they would do a sermon or go door-to-door. Other times, they would help build a bathroom or a water well or a new church. (And these efforts were definitely noble, costly, and helpful on many levels.)

But the surprising thing for me was that these teams (both long and short term) seemed to come back with conversion stories. 

These Americans — many of whom didn’t know the language and hadn’t studied the culture– often came back thrilled to have witnessed several locals seemingly convert from Buddhism to Christianity.

After three days of ministry.

Here I was learning from living in the culture, that the leap from following Buddha to following Jesus was seemingly a gigantic one, yet it seemed that every time I turned around Western teams were having wild success in convincing nationals to make it.

And they would tell their stories or I would read them online, and I would immediately begin to shrink a little, or a lot.

What was I doing wrong? I obviously suck at being a missionary.  These were my logical conclusions.

About six months into our time overseas, I first heard the term “Rice Christians.”

The term is used among the missionary community to describe nationals who make a profession of conversion (inauthentically or without true understanding) in order to get the product (clothing, food, rice) that is being delivered by the Western worker.  It seems that if you add the strings attached to the given supplies with the “don’t cause conflict or disagree” cultural value of the Asian country where we lived,  a subtle social game can quickly develop.

It could go a bit like this: uneducated villagers, a little (or a lot) in awe of the white American, are provided with goods they desperately need, entertainment that encourages their kids, and attention by the wealthy Westerner, all of which they gladly accept. And at some point over the course of the event, the Westerners share honestly about their religion and eventually ask for public professions of faith.

And, seriously, what’s an impoverished person, raised in a culture of respect, supposed to do in light of  this turn of events? In many ways, isn’t agreeing with the views of the outsider the most polite and most effective response for the national– the path that both provides for their families while still showing respect for their visitors?

Perhaps, perhaps they become Rice Christians for the day.

And maybe we missionaries don’t really give them many other options. 

Note: I am by no means saying that the gospel can’t move mightily and quickly among a people group. I’m not saying that we should all begin to doubt the faith of those that come forward in evangelistic outreaches, either. I’m also not throwing short term missions under any kind of bus because I’ve seen this in both short and long-termers. I am saying, though, that perhaps we need to consider the position we put people in when we enter their worlds with gifts and programs. And perhaps we need to re-evaluate some of our “numbers.” 

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Thoughts on this? What is your opinion/experience with pairing the gospel with humanitarian aid? Can that become manipulative? In your area of the world, are people quick to receive the gospel?

Laura Parker, Co-Founder/Editor, Former Aid Worker in SE Asia

 

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Proselytising amid the poverty

3 September 2008

Cambodia’s relative religious freedoms have encouraged Christian groups to set up shop in the Kingdom, but they risk creating ‘rice Christians’ when they preach to the poor

Elders Jones and Henderson cycle calmly through Phnom Penh’s rush-hour traffic, Bible bags strapped to their backs, white cotton shirts snapping in the breeze. It is becoming a familiar sight in Cambodia: clean-cut young missionaries of the Church of Jesus Christ of Latter-Day Saints – better known as the Mormon Church – taking to the streets to spread the Word of the Lord.

As missionaries, Jones and Henderson are awake at five and proselytise until eight in the evening, seven days a week. Both are nearing the end of their gruelling two-year stints in Phnom Penh, but look back on their time here with no regrets. « My purpose is to welcome others to come into the Word of Christ, » Henderson said. « I wouldn’t be here if I didn’t love it. »

He said their work is helped by the natural curiosity of the Cambodian people. « There’s a lot of curiosity. There’s a great number of people who are willing to hear the message that we are sharing, » Henderson said.

Elder Jones, an Idaho native, agreed Cambodians’ friendliness was an advantage for the church, which was founded in the US in 1830 and has since grown into a global religion with over 13 million adherents.

« We just go and talk to them, » he said. « The Lord is in charge, and he’s taking care of things. »

With a local membership of over 8,000, Mormonism has led a significant demographic shift towards Christianity in Cambodia. According to the US State Department’s 2007 International Religious Freedom Report, Christians make up around two percent of Cambodia’s population (approximately 282,000 people), dispersed amongst 100 organisations.

Compared to more restrictive neighbouring countries like Vietnam and Laos, Cambodia has a relatively open climate for missionary work.

The law requires all religious groups to register with the Ministry of Cults and Religions if they wish to build places of worship or conduct religious activities. But according to the Religious Freedom report, « there is no penalty for failing to register, and in practice some groups do not. » Only 900 of Cambodia’s 2,400 churches are officially registered with the government.

Dok Narin, undersecretary of state at the ministry, said the constitution guaranteed freedom of religion and that there are few laws to regulating the day-to-day activities of missionaries. « We cannot control them, as we don’t have any special laws, » he said, adding that more regulation was desirable but difficult to balance with a commitment to religious freedom. « The ministry is planning laws to exercise more controls on religion, but we are afraid that it may affect the constitution, » he said.

« Rice Christians »

In February 2003, the government imposed a ban on door-to-door proselytising, but the continuing lack of firm regulations has created fresh temptations. Cambodia has long been plagued by rumours that Christians were exploiting the nation’s poverty to attract converts – a problem Christian leaders say goes to the heart of doing missionary work here.

« When a country like Cambodia opens up, you get greater freedoms to operate, » said Vernon Elvish, a missionary with the Jehovah’s Witnesses, who arrived here in 1992.

« In one way that’s a good thing, but then you can also get the bad side of that freedom coming in, » he said, adding that rumours of exploitation were hard to verify, but taken seriously.

« We’re very conscious of making ‘rice Christians’, » he said, referring to those who change religions on a material incentive. « Our organisation is purely a religious organisation…. We don’t even teach English here, so if they want to become a Jehovah’s Witness, it’s because they want to become a Jehovah’s Witness, not because they’re getting any material benefit out of it. »

David Manfred, a missionary with the Christian & Missionary Alliance (CAMA), founded in Cambodia in 1923, said the country’s openness made it tempting for some missionaries and that « rice Christians » were a constant concern.

« My own sense is that some groups have probably come here and, out of zeal, have used methodologies that we wouldn’t feel comfortable with, » Manfred told the Post. « There has been a tendency … to inflate [conversion] numbers, or to count them differently. It’s actually something we work quite hard to try and avoid, because that would not be the kind of faith that we’re looking for. »

Mormon mission President Robert Winegar said the church spent between US$400,000 and $1 million per year on charity and development programs, but that such activities were tightly sealed off from its religious work.

« In all of these [projects] we never talk about the church, » he said, adding that the church asked more of its members than its members asked of the church. « Not only do we not use poverty as a lure to join the church; we invite members to donate [a] 10 percent [tithe] to help the church grow, » he said.

Freelance missionaries

Some missionaries have gone further, distancing themselves from the large churches they say have made Christians dependent on foreign church money. Michael Freeze, a Baptist missionary who has worked in Cambodia since 2000, said that after four years of running a church in Phnom Penh, he became disillusioned and now focuses on small Bible study sessions.

« It became apparent to me that [Cambodians] were coming to church but not wanting to take part in building the church, » he said. « That’s why I no longer want to have a big structure and have them think that ‘this is the Western money train, I want to get on board’. »

An independent Khmer-American pastor, who declined to be named because of his associations with several organisations in Cambodia, agreed that the massive economic gap between Westerners and most Cambodians turned proselytising into an ethical minefield.

While outright bribes were rare, he said that economic dependency was hard to avoid.

« It’s good to give, but you have to be very careful how you give. You come to Cambodia with SUVs and tonnes of rice, and that’s virtually bribery, » he said.

The pastor said the financial concerns of some large churches had compromised their aims.

« If you build your foundation on money,  religion will crumble, » he said, singling out the Mormons for criticism.

« I believe that churches have made a lot of mistakes in terms of their focus on finance and on getting their numbers up. That’s where the church of Mormon comes in. They know how to work the system…. But all the money in the world can’t buy God. »

CAMA’s Manfred said that in terms of building local capacity and avoiding the pitfalls of dependency, the principles of effective missionary activity were similar to the principles of effective aid work. « I think that the use of money is an area where we have to be hugely careful, so that these kinds of patron-client relationships are not established, » he said.

Given the lack of government oversight, Manfred added, some Christian groups imposed a regime of regulation on themselves. CAMA has associated itself with the Evangelical Fellowship of Cambodia, an umbrella organisation representing a large number of missions, which has a stringent code of conduct prohibiting the use of material « enticements ».

« We limit the amount of money coming from the outside in terms of direct support [to churches], » he said.

« My problem with this is when they try to wean themselves off, there’s already a bit of dependency, and they’ll often just look for another patron. »

But Freeze said these mistakes were often a result of a lack of understanding of the local context, something that could be overcome through in-country experience. « Most groups have genuine heart, » he said. « But a lot of the problem here is a misunderstanding of culture. »

ADDITIONAL REPORTING BY HOR HAB

Voir également:

Baptists Tired of Being Swindled by Rice Christians

christianaggress 
April 27, 2016

Way of Life Baptist Publication

Recently a Baptist publication printed the following after being swindled by many Asian converts who they have attempted to « buy »: THE DANGER OF SUPPORTING NATIONAL PREACHERS. To channel a lot of funds to a national preacher in that part of the world is a serious mistake. Those people are incredibly poor, and an amount of money which to us is minuscule, to them can be a small fortune, and therefore a very great temptation. I have met dozens of Indian preachers who are channels for U.S. funds, and who have their hired « preacher boys » and evangelistic work. I have met very few who, in my estimation, were using the money properly for the spiritual health of the churches under their care. The tendency is for the following to happen: (1) The head preacher who is the funnel for the U.S. funds becomes wealthy in the eyes of his own people. He might seem poor to the preachers who visit from the States, but in the eyes of his own people, he has found a « gravy train. » It has perpetuated the concept in those lands that the best way to make a good living for a preacher is to get hooked into U.S. church funds. (2) The national preachers who are on the head preacher’s payroll become his hirelings. It is like welfare. They never seem to get off the dole. Year after year passes, and these evangelists and pastors remain salaried by U.S. churches via the largess of the « head preacher » rather than through the tithes and offerings of their own people. The « churches » they start never become self-supporting. They don’t pay the salary of their own workers. They don’t build their own buildings. They don’t even buy their own bicycles. I have often asked these men why the national churches are not supporting their own men. The answer invariably is that « they are too poor. » That tells me immediately that I am dealing with a man who desires to perpetuate the « welfare » system. Any church in any part of the world can support its own men at its own standard of living through the Lord’s program of tithes and offerings. Those who refuse to train the churches in this are creating welfare churches which will never be strong enough to stand on their own feet. This is NOT New Testament missions. THE DANGER OF BUILDING NATIONAL CHURCH BUILDINGS. It is a very serious mistake to fund church buildings for the nationals. On occasion, it might not be wrong to HELP another church to build its building, when it is plain that that congregation is doing all it can to build the building, and when it is plain that that congregation would eventually get its own building with or without outside help. But to channel U.S. church funds into church buildings in Asia (or elsewhere) is a very serious mistake. It will weaken those churches, at best. It is even possible that the churches which are so aided will never be true churches, being peopled only by « rice Christians. »

Missionaries Flock to China
George Wehrfritz and Lynette Clemetson
Newsweek

The children are dressed in their Sunday best when « Grandma Jane » arrives at the orphanage in rural Xinmi County. All 16 of them — girls in summer dresses, boys in pressed shirts — race out of their cramped apartments to meet her. Jane Marcum hugs and kisses each one, bantering in broken Mandarin about new haircuts and schoolwork. Together they enter the House of Hope. « When we found Wenwei, he had no smile, no joy, » the orphanage’s ebullient founder says about one of her charges. « His ears were frostbitten, and he had sores in his mouth. » Now he has a home and a future.

Until 1994 Marcum, now 58, taught high-school biology in Mound City, Kans. Then one day « God told me to move to China, » she remembers. A self-described « spiritual Christian, » she took early retirement, told her husband and two grown children she’d see them during summer holidays and journeyed to Henan province, where friends introduced her to Xinmi officials. Within three weeks, they had established the House of Hope. The whole operation costs less than $10,000 a year. Donors include Catholic nuns, a Baptist Sunday-school class from Missouri and the Wall Street Christian Church in Kansas, which gives $100 a month earned from a communal wheat field.When the United States and China established diplomatic relations in 1979, President Jimmy Carter asked Deng Xiaoping to reopen Christian churches, print Bibles and welcome back foreign missionaries. Deng granted the first two requests. China’s state-approved « patriotic » churches (both Catholic and Protestant) have since opened more than 37,000 churches and « meeting places » and have printed more than 22 million Bibles. Underground « house churches, » illegal congregations that refuse to register with the government, also thrive despite periodic crackdowns. Critics in the United States accuse China of persecuting Christians. But by some estimates, 50 million Chinese have been baptized since the late 1970s. Now it seems Beijing has quietly and unofficially granted Carter’s third wish.

Not since Mao Zedong declared American missionaries « spiritual aggressors » and expelled them 50 years ago have so many foreign Christians worked in China. Missionaries are still officially forbidden in China, and proselytizing is technically illegal. Nonetheless, more Christian activists are entering China openly. By some estimates, 10,000 foreign Christian workers now live in the country, more than half of them Americans.Behind this change is economics: Beijing’s rules no longer count for much in the cash-strapped provinces. As reformers unravel the socialist safety net, local leaders must find new ways to finance basic services like schools and health clinics. « Few local authorities will put bureaucratic hurdles in the way of… Christians who appear with bags full of money, » writes development expert Nicholas Young in the China Development Briefing, a bimonthly newsletter.It’s all a question of tactics. Hong Kong Christian Council member Philip Lam went to China in 1993 to propose Project Nehemiah, a plan to rebuild churches. At first, authorities bristled. « Nehemiah? » asked one official. « Is he a foreigner? » Lam explained that Nehemiah was an Old Testament prophet, but that didn’t help. Finally, Lam dropped the name Nehemiah. Authorities gave the OK. « You have to understand their sensitivity, » says Lam.Even after a half century of official atheism, some of the old missionary links remain. The small town of Hequ, in Shanxi province, counts a missionary as one of its local heroes. Peter Torjesen, a Norwegian evangelist, sheltered wartime refugees until the Japanese dive-bombed his mission in 1939, killing him. For that sacrifice, local communists proclaimed Torjesen a « people’s martyr. » In 1990 they invited his American offspring back to Shanxi to unveil a monument to their patriarch. Grandson Finn Torjesen, then a missionary in Indonesia, attended with 15 relatives and met Shanxi’s vice governor. « You are the picture of an old Chinese family, three generations gathered to honor an ancestor, » the official said. « We want your kind of people back in China. »The family returned in 1993, establishing an outpost for the Colorado-based Evergreen Family Friendship Service, a nonprofit humanitarian group. Volunteer physicians and teachers train « barefoot » village doctors and screen rural children for illnesses. « We’re here to live in the community, learn the language and do what the community wants us to do — but as Christians, » says Torjesen. David Vikner has a similar family story. The son and grandson of Lutheran missionaries, he fled the communist takeover as a toddler but later returned. Twice. In 1982 he taught English in Wuhan until suspicious officials asked him to leave. « They thought I was a spy, » he says, laughing. Seven years later, he became president of the United Board for Christian Higher Education in Asia, a nonprofit established in 1922 to unify missionary colleges in China. Since re-establishing links with the mainland, the board has worked with more than 100 Chinese universities, spending nearly $15 million. « We do not evangelize, » Vikner says.Why the disclaimers? Traditional stereotypes portray missionaries as opportunists who rode in on foreign gunboats and turned famine victims into « rice Christians. » Missionary health clinics and orphanages created a folklore about demons who « took blood from poor people and killed babies, » says Zhuo Xinping, a religion specialist at the Chinese Academy of Social Sciences. Little wonder that although today’s Christian charity work is without question a form of missionary activity, few Christians use the term. They stick to job descriptions like doctor, engineer, project director. »Teacher » is the most popular. The majority of foreign teachers working in China today are sponsored by Christian organizations. The Amity Foundation, a nonprofit Christian charity established under the state-sanctioned China Christian Council in 1985, now has more than 150 American instructors spread across the country. Amity’s guidelines admonish them to express their faith « through service rather than proselytization. » Yet many teachers bend, or defy, the ban on evangelism by sharing the gospel with curious students on a one-on-one basis or inviting them home for Bible study. « When the group got too big for my apartment we started meeting in the fields, » confides a teacher now living in China.Christian teachers are having such success that religious groups are stepping up recruitment efforts. The Lutheran Church-Missouri Synod, for example, runs an Internet ad seeking applicants for a program called TEAM (Teaching English as Ministry). The ad says the job is « the most ‘hands on’ type of ministry that is available for foreigners. » Insists a church spokesman: « We don’t permit overt evangelism. »Beijing isn’t blind to evangelism, overt or otherwise, but its strategy is to regulate missionaries and tap them for resources. For that reason, many Christians outside the country worry that it is too easy for local authorities to skim money from donations and that cooperating solely with official religious organizations weakens the underground church. « Everyone must do what God tells them to do, » says a Hong Kong Pentecostal minister whose followers smuggle Bibles into China and evangelize in rural areas. « I don’t criticize those other efforts, but we’re giving people the word of God in the way we feel is best. »Some Christian organizations are trying to have it both ways with « two track » China strategies. They advocate both official cooperation and clandestine assistance to unregistered house-church congregations. Last year, the Southern Baptist Convention faced a mutiny when missionary directors in East Asia proposed abandoning covert programs in China. After intense debate, the Baptists decided to keep their two-pronged approach. Beijing, which had followed the debate on a Baptist Web site, promptly cut all ties with the convention.While Western Christians bicker over strategies, Chinese Christianity — official and unofficial — is growing rapidly as people search for spiritual meaning in a post-Marxist society. Down a winding dirt road on the banks of the Mekong River, the Jinghong Church in China’s southern Yunnan province is bursting at the seams. « Jesus is all the world to me, » the congregation sang at one recent service as latecomers crowded in. The church holds three services every Sunday to accommodate a flock that is fast approaching 2,000. With funding from the Hong Kong Christian Council, the congregation hopes to build a new church this year. Local authorities are happy about the plan, because the new building will double as a lay training facility and community-service center. Elder Yu Di, a spirited preacher who rebuilt the congregation from a five-member underground church that met in her home in 1987, says the church has grown by testing the limits. « Before, there was no freedom for us. [The government] said Christianity was a foreign religion, » she says. « Now we can say our God is a universal God. »Vol. 20, No. 1

Voir enfin:

New Code of Conduct for Christian Witness
Mark R. Elliott
In January 2011 the Roman Catholic Pontifical Council for Inter-religious Dialogue, the World Council of Churches (representing mainline Protestant and Eastern Orthodox churches), and the World Evangelical Alliance agreed upon a new code of conduct for ethical, non-coercive sharing of the gospel. These church bodies, which collectively represent approximately two billion members, or 90 percent of the global Christian population, negotiated this path-breaking code of conduct in three consultations spanning a period of five years: May 2006, Lariano, Italy; August 2007, Toulouse, France; and January 2011, Bangkok, Thailand (www.internationalbulletin.org; pp. 194 and 196).In “Christian Witness in a Multi-Religious World: Recommendations for Conduct,” all parties concur that “Proclaiming the word of God and witnessing to the world is essential for every Christian. At the same time, it is necessary to do so according to gospel principles, with full respect and love for all human beings” (Preamble of “Christian Witness.” All citations to “Christian Witness” are taken from the text online at http://www.oikoumente.org/eng/a/en/news/news-management/article/1634/christians-reach-broad-co.html. Hereafter, all references are from this document unless otherwise noted.)The desired practical outcome for “Christian Witness” is to see churches and mission agencies “reflect on their current practices and…prepare, where appropriate, their own guidelines for their witness and mission” (Preamble). The document notes that “In some contexts, living and proclaiming the gospel is difficult, hindered or even prohibited, yet Christians are commissioned by Christ to continue…in their witness to him.” At the same time, “If Christians engage in inappropriate methods of exercising mission by resorting to deception and coercive means, they betray the gospel….Such departures call for repentance” (“A Basis for Christian Witness,” Points 5 and 6).The sections of “Christian Witness” entitled “Principles” and “Recommendations” provide a valuable blueprint for sharing the gospel with integrity. Key affirmations, with accompanying commentary by the East-West Church and Ministry Report in italics, may be summarized under five headings: I. fair representation of other confessions and faiths; II. disavowal of all forms of violence and coercion; III. advocacy for government impartiality in matters of faith; IV. calls for tolerance, respect, and inter-religious dialogue; and V. the need to distinguish between acts of mercy expected of all Christians and inappropriate allurements.
I. Fair Representation of Other Confessions and Faiths
To characterize other churches and religions fairly, “Christians should avoid misrepresenting [their] beliefs and practices” (Recommendation 3). “Any comment or critical approach should be made in a spirit of mutual respect, making sure not to bear false witness concerning other religions” (Principle 10). Appendix 3 of “Christian Witness” further urges that “Freedom of religion enjoins upon all of us the…non-negotiable responsibility to respect faiths other than our own, and never to denigrate, vilify or misrepresent them for the purpose of affirming superiority of our faith.” The ever-present temptation in making comparisons is to commend the example of the most praiseworthy spiritual paragons of one’s own tradition while omitting to mention or minimizing the significance of the shortcomings of one’s own confession. Individuals who have managed to abstain from unfair representations and comparisons include Plymouth Brethren evangelist Lord Radstock who scrupulously avoided criticism of Russian Orthodoxy in his preaching in St. Petersburg palaces; Don Fairbairn in his exemplary, balanced critique of Eastern Orthodoxy through Western Eyes; and Father Alexander Schmemann in his self-critical judgments as well as defense of his own tradition in The Historical Road of Eastern Orthodoxy and The Journals of Alexander Schmemann 1973-1983.
II. Disavowal of Violence and Coercion
“Christians are called to reject all forms of violence, even psychological or social, including the abuse of power in their witness. They reject violence, unjust discrimination or repression by any religious or secular authority, including the violation or destruction of places of worship, sacred symbols or texts” (Principle 6). Sad to say, the past two decades provide too many examples of violence motivated by religious intolerance in post-Soviet states: the murder of Father Alexander Men and other Orthodox priests; the murder of Korean Protestant missionaries in Siberia; Albanian destruction of Serbian Orthodox churches and monasteries (following earlier Serbian destruction of Albanian mosques); an Orthodox bishop in Ekaterinburg ordering the public burning of texts written by “suspect” theologians: Alexander Men, Alexander Schmemann, and John Meyendorff; and ongoing harassment of Russian Baptists and Pentecostals and vandalism of their houses of worship. (On murdered priests: East-West Church and Ministry Report 7 [Summer 1999]: 1; and Orthodoxy in the World, 28 May 2010; http://www.pravmir.com/article _987.html; on Korean Protestant missionary murders: East- West Church and Ministry Report 3 [Spring 1995], 4; on destruction of Serbian and Albanian religious sites: East-West Church and Ministry Report 12 [Summer 2004], 1-3; and 12 [Spring 2005], 15; on Orthodox book burning: East-West Church and Ministry Report 6 [Summer 1998], 11; on harassment of Russian Baptists and Pentecostals: Felix Corley, “Fined for Meeting for Worship,” Forum 18, 28 October 2011, http://www.forum18.org. For many additional examples of harassment search the Forum 18 online archive.)
III. Advocacy for Government Impartiality
Unfortunately, much of the religiously inspired mayhem in post-Soviet states is exacerbated by government partiality toward one or another favored faith. The text of “Christian Witness” speaks at length of the necessity of state neutrality regarding freedom of conscience: Christians are encouraged to “call on their governments to ensure that freedom of religion is properly and comprehensively respected, recognizing that in many countries religious institutions and persons are inhibited from exercising their mission” (Recommendation 5). “Religious freedom including the right to publicly profess, practice, propagate and change one’s religion flows from the very dignity of the human person which is grounded in the creation of all human beings in the image and likeness of God….Where any religion is instrumentalized for political ends, or where religious persecution occurs, Christians are called to engage in a prophetic witness denouncing such actions” (Principle 7).In post-Soviet territories, especially in the Caucasus and Central Asia, changing one’s religious allegiance from a majority to a minority faith is particularly fraught with danger. On this point, “Christian Witness” holds that followers of Christ “are to acknowledge that changing one’s religion is a decisive step that must be accompanied by sufficient time for adequate reflection and preparation, through a process ensuring full personal freedom” (Principle 11). Given existing state and societal pressures to maintain one’s identification with a majority faith, it must be recognized that freedom of conscience may be violated not only through improper pressure or inducement to change one’s religion, but also by improper pressure or inducement not to change one’s religion (Mark Elliott, “Evangelism and Proselytism in Russia: Synonyms or Antonyms?,” International Bulletin of Missionary Research 25 [April 2001], 72). Churches enjoying numerical superiority and/or state privilege typically have exploited their advantages in ways that have undermined freedom of conscience. As a rule, in such circumstances, minority faiths have faced persecution or discrimination. It should be pointed out that a lack of government impartiality in matters of faith has been the case not only in states with established churches (for example, Catholic Spain, Orthodox tsarist Russia, Lutheran Prussia, and Anglican England), but also in circumstances of informal church-state compacts, such as Protestant privilege in nineteenth-century America and Orthodox privilege in post-Soviet Russia.
IV. Calls for Tolerance, Respect, and Dialogue
The text of “Christian Witness” repeatedly addresses the need for tolerance, respect, and inter-religious dialogue: “Christians are called to commit themselves to work with all people in mutual respect, promoting together justice, peace and the common good. Inter-religious cooperation is an essential dimension of such commitment” (Principle 8). “In certain contexts, where years of tension and conflict have created deep suspicions and breaches of trust between and among communities, inter-religious dialogue can provide new opportunities for resolving conflicts, restoring justice, healing of memories, reconciliation and peace-building” (Recommendation 2).While the above commitments deserve wholehearted support, in the post-Soviet context it must be noted that respect, tolerance, and inter-religious dialogue are extremely rare commodities. In large measure, this sad circumstance is a function, at least in Russia, of a once-privileged Orthodoxy reasserting its claims to spiritual hegemony. Lord Acton’s famous aphorism, “Power corrupts and absolute power corrupts absolutely,” applies in Russia with a vengeance. The contrast between Eastern Orthodoxy in North America and in Russia is instructive. As a minority faith in the West, Orthodoxy benefits from, and seems genuinely agreeable to, the concept of full protections for freedom of conscience. In Russia, however, Orthodoxy accepts—and even lobbies the government for—ever-increasing legislative discrimination against Christians outside the fold of the Moscow Patriarchate. The only faiths Orthodoxy tolerates are those that have sworn off witness outside their historic ethnic constituency (Islam, Judaism, and Buddhism), hence their ceremonially privileged characterization, along with Russian Orthodoxy, as “traditional” religions in the preamble of Russia’s discriminatory 1997 law on religion. Generally speaking, those faiths that favor inter-religious dialogue are religious minorities that suffer legal and/or societal distrust and discrimination, for example, Muslims in post-9/11 America and Baptists, Pentecostals, and Methodists in present-day Russia. The fact is that Russian Orthodoxy has little interest in inter-religious dialogue because, in its privileged position, it sees nothing to gain from it. Traveling through Siberia in September 2011, this writer was struck repeatedly by the desire of Russian Protestants and Western missionaries (politically impotent) to dialogue with Russian Orthodox (politically privileged), but the latter will have no part in it. The existing power differential is all the more striking given the fact that Protestantism east of the Urals appears to be demographically much stronger than Orthodoxy. The author’s interviews with Professor Andrei Savin, Novosibirsk, and seven missionaries and Russian believers, 6-14 September 2011, provided the following denominational figures: 28 Protestant and 8 Orthodox churches in Khabarovsk; 19 Protestant and 4 Orthodox churches in Komsomolsk na Amure; and 65 Protestant and 27 Orthodox churches in Novosibirsk. The same Protestant majority applies in Sakhalin: Natalia Potapova, “Contemporary Religious Life on Sakhalin Island,” East-West Church and Ministry Report 13 (Summer 2005), 3. (In contrast, Irkutsk, the historic capital of Siberia, is home to 35 Orthodox churches compared to 28 Protestant: http://iemp.ru/uprav/hram/hram/php.)The text of “Christian Witness” urges that “relationships of respect and trust with people of different religions” be built “so as to facilitate deeper mutual understanding, reconciliation and cooperation” (Principle 12). Unfortunately, in practice, Orthodox in post-Soviet states require non-Orthodox to forswear Christian witness as a precondition for tolerance and cooperation.
V. Distinguishing Appropriate Acts of Compassion from Inappropriate Allurements
Finally, the text of “Christian Witness” commends demonstrations of Christ-like compassion, but not material enticements that could lead to conversions of convenience. “Christians are called to…serve others and in so doing to recognize Christ in the least of their sisters and brothers. Acts of service, such as providing education, health care, relief services and acts of justice and advocacy are an integral part of witnessing to the gospel. The exploitation of situations of poverty and need has no place in Christian outreach. Christians should denounce and refrain from offering all forms of allurements, including financial incentives and rewards, in their acts of service” (Principle 4). Similarly, “As an integral part of their witness to the gospel, Christians exercise ministries of healing. They are called to exercise discernment as they carry out these ministries, fully respecting human dignity and ensuring that the vulnerability of people and their need for healing are not exploited” (Principle 5).As praiseworthy as Principles 4 and 5 are, they give inadequate guidance in differentiating between biblically mandated compassion and service on the one hand and unjustifiable allurements on the other. The fact is that Russian Orthodox define any Protestant or Catholic educational or medical assistance or charitable act as a means of proselytizing and sheep stealing. In the 1990s a pastor from Florida called this writer outlining his church’s plan for an evangelistic campaign in Russia. Following a short-term preaching mission, those Russians who made professions of faith and who joined a new church plant were to be given a trip to their sister church in Florida so they could experience an evangelical worship service in America firsthand. To the best of my ability I tried to explain to this well-meaning but misguided pastor that his approach to cross-cultural ministry was bound to produce “rice Christians” drawn to “faith” by the enticing prospect of a free trip to an American vacationland. Conversely, just as a paid trip to Florida is an inappropriate allurement for new Russian converts, equally inappropriate is Orthodox insistence that no Protestant or Catholic act of charity is legitimate on what Orthodox define as their exclusive canonical territory, even in cases of charity extended to those who have no affiliation with Orthodoxy. In the mid-1990s an Orthodox priest visited an orphanage near Volgograd, advising the director not to accept assistance from Protestants. The director, who was not a believer, reacted angrily, asking the priest why he had not come to help, rather than criticize Protestants who did help. No fair-minded Christian would want to endorse the example of the Florida pastor or the Volgograd priest. Nevertheless, the line between commendable and exploitative acts of mercy and service can be quite fine and quite gray. Thus, the appendix of “Christian Witness” is right to note that “Each issue” addressed in this unique, multi-confessional document “is important in its own right and deserves more attention than can be given in these recommendations” (Appendix, Point 5). It would be most beneficial to have the text of “Christian Witness” serve as the basis of discussion for the formulation of a more detailed and nuanced code of conduct for evangelical missionaries wherever they may serve.
Mark R. Elliott is editor of the East-West Church and Ministry Report, Asbury University, Wilmore, Kentucky.

India’s Hindu Nationalists Seek To « Indianize » Christians

Worthy Christian News

May 11, 2001

SANTA ANA, CA (ANS) — In a fresh attack on Christians and Muslims, the Hindu nationalist Vishwa Hindu Parishad (VHP) has joined the Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS) in demanding the « Indianization » of Christians and Muslims in the country.

On April 20, VHP Vice President Acharya Giriraj Kishore demanded that Christians and Muslims should be « indigenized » and be given Indian names.

« By Indianization, we are not demanding conversion of Muslims and Christians into Hindus. For the sake of unity and integrity of the country, we are demanding that Christians and Muslims should be indigenized, carrying Indian names, » Kishore said.

Last October, RSS chief K.S. Sudershan called on Christians and Muslims to cut their spiritual links with « foreign sources. »

In a separate development, the VHP’s international general secretary, Pravin Togadia, claimed that about 33,000 people had been converted to Christianity in the northern state of Sikkim in the last 25 years. Togadia said there were only a few Christians 25 years ago.

Meanwhile, the VHP says it is planning to revamp its image and highlight its « social work » component in the rural areas among the backward castes and tribals.

According to VHP’s chief of social projects, Sitaram Agarwal, the aim is to counter the influence of Christian missionaries. The VHP says the program has helped in checking conversions as « awareness » was being spread in the rural areas.

For more information on the ministry of Open Doors (who released this story,) write: Open Doors with Brother Andrew, PO Box 27001, Santa Ana, CA 92799 or call: (949) 752-6600. The Open Doors USA Web site can be found at http://www.opendoorsusa.org.


Soft power: Vous avez dit nation de boutiquiers ? (How Britain became a soft power superpower)

12 septembre, 2016

unnamed1unnamed2 https://i0.wp.com/cdn.static-economist.com/sites/default/files/imagecache/original-size/images/2015/07/articles/body/20150718_woc000.png

Great Britain’s medal tally at the Summer Olympics
Gold  Silver Bronze
gbmedals riomedals britmedals rio-qui-paye-le-mieux-ses-athletes-web-tete-0211186866405 unnamed3 unnamed4 unnamed5 unnamed7 unnamed6 unnamed9Aller fonder un vaste empire dans la vue seulement de créer un peuple d’acheteurs et de chalands semble, au premier coup d’oeil, un projet qui ne pourrait convenir qu’à une nation de boutiquiers. C’est cependant un projet qui accomoderait extrêmement mal une nation toute composée de gens de boutique mais qui convient parfaitement bien à une nation dont le gouvernement est sous l’influence des boutiquiers. Adam Smith
L’ Angleterre est une nation de boutiquiers.
Napoléon
Les Anglais ont toujours quelque chose de nouveau que nous, on n’a pas ! Michaël D’Almeida
De l’Australie jusqu’à Trinidad et Tobago, le portrait de la reine Elisabeth II a orné les monnaies de 33 pays différents – plus que n’importe qui au monde. Le Canada fut le premier a utiliser l’image de la monarque britannique, en 1935, quand il a imprimé le portrait de la princesse, agée de 9 ans, sur son billet de 20 dollars. Au fil des années, 26 portraits d’Elisabeth II seront utilisés dans le Royaume-Uni et dans ses colonies, anciennes et actuelles et territoires – la plupart one été commandés dans le but express d’apparaitre sur des billets de banque. Toutefois, certains pays, comme la Rhodésie (aujourd’hui le Zimbabwe), Malte ou les Fidji, se sont servis de portraits déjà existants. La Reine est souvent montrée dans une attitude formelle, avec sa couronne et son spectre, bien que le Canada ou l’Australie préfère la représenter dans une simple robe et un collier de perles. Et alors que de nombreux pays mettent à jour leurs devises afin de refléter l’âge de la Reine, d’autres aiment la garder jeune. Lorsque le Belize a redessiné sa monnaie en 1980, il a choisi un portrait qui avait déjà 20 ans. Time
Un grand nombre de nations a conservé la reine comme chef d’Etat et elle est donc toujours représentée sur les billets de banques de nombreux pays. La Reine est présente sur les billets de 33 pays. Peter Symes
Of 31 sports, GB finished on the podium in 19 – a strike rate of just over 61%. That percentage is even better if you remove the six sports – basketball, football, handball, volleyball, water polo and wrestling – Britain were not represented in. Then it jumps to 76%. The United States won medals in 22 sports, including 16 swimming golds. In terms of golds, GB were way ahead of the pack, finishing with at least one in 15 sports, more than any other country, even the United States. GB dominated track cycling, winning six of 10 disciplines and collecting 11 medals in total, nine more than the Dutch and Germans in joint second. GB also topped the rowing table, with three golds – one more than Germany and New Zealand – and were third in gymnastics, behind the US and Russia. BBC
On July 14th an index of “soft power”—the ability to coax and persuade—ranked Britain as the mightiest country on Earth. If that was unexpected, there was another surprise in store at the foot of the 30-country index: China, four times as wealthy as Britain, 20 times as populous and 40 times as large, came dead last. (…) Britain scored highly in its “engagement” with the world, its citizens enjoying visa-free travel to 174 countries—the joint-highest of any nation—and its diplomats staffing the largest number of permanent missions to multilateral organisations, tied with France. Britain’s cultural power was also highly rated: though its tally of 29 UNESCO World Heritage sites is fairly ordinary, Britain produces more internationally chart-topping music albums than any other country, and the foreign following of its football is in a league of its own (even if its national teams are not). It did well in education, too—not because of its schools, which are fairly mediocre, but because its universities are second only to America’s, attracting vast numbers of foreign students.(…) Governance was the category that sank undemocratic China, whose last place was sealed by a section dedicated to digital soft-power—tricky to cultivate in a country that restricts access to the web. (…) But many of the assets that pushed Britain to the top of the soft-power table are in play. In the next couple of years the country faces a referendum on its membership of the EU; a slimmer role for the BBC, its prolific public broadcaster; and a continuing squeeze on immigration, which has already made its universities less attractive to foreign students. Much of Britain’s hard power was long ago given up. Its soft power endures—for now. The Economist
Although beaten to the top spot in this year’s index, the UK continues to boast significant advantages in its soft power resources. These include the significant role that continues to be played by both state-backed assets (i.e. BBC World Service, DfID, FCO and British Council) and private assets and global brands (e.g. Burberry and British Airways). Additionally, the British Council, institutions like the British Museum, and the UK’s higher education system are all pillars of British soft power. The UK’s rich civil society and charitable sector further contribute to British soft power. Major global organisations that contribute to development, disaster relief, and human rights reforms like Oxfam, Save the Children, and Amnesty International are key components in the UK’s overall ability to contribute to the global good – whether through the state, private citizens, or a network of diverse actors. The UK’s unique and enviable position at the heart of a number of important global networks and multi-lateral organisations continues to confer a significant soft power advantage. As a member of the G-7, G-20, UN Security Council, European Union, and the Commonwealth, Britain has a seat at virtually every international table of consequence. No other country rivals the UK’s diverse range of memberships in the world’s most influential organisations. In this context, a risk exists that the UK’s considerable soft power clout would be significantly diminished should it vote to leave the European Union. The soft power 30
The United States takes the top spot of the 2016 Soft Power 30, beating out last year’s first-place finisher, the United Kingdom. America topping the rankings this year is perhaps a strange juxtaposition to Donald Trump, the presumptive Republican presidential nominee, currently threatening to tear up long-held, bi-partisan principles of American foreign policy – like ending the US’s stated commitment to nuclear non-proliferation. On the other hand, President Obama’s final year as Commander-in-Chief has been a busy one for diplomatic initiatives. The President managed to complete his long-sought Iran Nuclear Deal, made progress on negotiating free trade agreements with partners across the Oceans Atlantic and Pacific, and re-established diplomatic relations with Cuba after decades of trying to isolate the Communist Caribbean Island. These major soft power plays have paid dividends for perceptions of the US abroad, as it finished higher in the international polling this year, compared to 2015. Perhaps not dragged down as much by attitudes to its foreign policy, the US’s major pillars of soft power have been free to shine, as measured in our Digital, Education, and Culture sub-indices. The US is home to the biggest digital platforms in the world, including Facebook, Twitter, and WhatsApp, and the US State Department sets the global pace on digital diplomacy. Likewise, the US maintains its top ranking in the Culture and Education sub-indices this year. The US welcomed over 74 million international tourists last year, many of whom are attracted by America’s cultural outputs that are seemingly omnipresent around the globe. In terms of education, the US has more universities in the global top 200 than any other country in the world, which allows it to attract more international students than any other country – by some margin as well. (…) Home to many of the biggest tech brands in the world, the US is the global leader in digital technology and innovation. The Obama Administration and State Department developed the theory and practice of online-driven campaigning and ‘digital diplomacy’. The way the US has developed and leveraged digital diplomacy, gives the nation a significant soft power boost. (…) It’s not just foreign policy that can drag down the image of America. Regular news stories of police brutality, racial tension, gun violence, and a high homicide rate (compared to other developed countries) all remind the world that America has its faults on the home front too. Speaking of which, the forthcoming Presidential election will have leaders in a lot of world capitals nervous at prospect of a Trump presidency. The soft power 30
With nearly 84 million tourists arriving annually, France maintains the title of the world’s most visited country. Yet while the strength of its cultural assets – the Louvre, its cuisine, the Riviera – have helped it hold onto this title, the country remains vulnerable. In the last year, France made headlines for the horrific terror attacks that shook its capital. Since the beginning of his mandate, President François Hollande has struggled to revitalise the French economy. Unemployment has risen steadily, and businesses are weary of France’s seemingly over-regulated and overprotective market. Its “new-blood” Minister of the Economy, Emmanuel Macron, is labouring to shake things up. His newly announced political movement, En Marche! (Forward) hopes to break party lines and revive the Eurozone’s second largest economy. Only time can tell if the initiative will pay dividends. Until then, France can still count on its unequalled diplomatic prowess to safeguard its position near the top of the Soft Power 30. It remains a global diplomatic force, asserting its presence through one of the most extensive Embassy networks. (…) France’s soft power strengths lie in a unique blend of culture and diplomacy. It enjoys, for historic reasons, links to territories across the planet, making it the only nation with 12 time zones. Its network of cultural institutions, linguistic union “la Francophonie” and network of embassies allow it to engage like no other. Its top rank in the Engagement sub-index comes as no surprise. (…) France continues to struggle as a result of the global financial crisis and President Hollande’s failure to lift the nation’s economic competitiveness has delayed its full recovery. Germany’s economy, in comparison, makes France look in need of reform. The soft power 30
Le secret de la réussite made in Britain ? « C’est simple : l’argent », répond Steve Haake, le directeur du Advanced Wellbeing Research Centre à l’université de Sheffield Hallam. Depuis une vingtaine d’années, le Royaume-Uni a investi massivement dans le sport de haut niveau : 274 millions de livres (316 millions d’euros) rien que sur ces quatre dernières années pour les sports olympiques. C’est cinq fois plus qu’il y a vingt ans. Il faut remonter à l’humiliation des Jeux d’Atlanta en 1996 pour comprendre. Cette année-là, le pays termine 37e au tableau des médailles avec un seul titre olympique. Le premier ministre d’alors, John Major, décide d’intervenir. Ordre est donné d’investir dans le sport de haut niveau une large part de l’argent de la National Lottery, qui sert normalement à financer des actions caritatives ou culturelles. L’effet se fait sentir rapidement et le Royaume-Uni passe au dixième rang aux Jeux de Sydney en 2000. « Mais ça s’est vraiment accéléré en 2007, quand Londres a obtenu l’organisation des Jeux de 2012 », explique Steven Haake. Le financement a soudain triplé, avec une approche ultra-compétitive. Pas question de s’intéresser au développement du sport pour tous ou amateur. Chaque discipline financée reçoit un objectif chiffré de médailles olympiques. Les résultats sont immédiats : le Royaume-Uni finit quatrième à Pékin en 2008 (47 médailles) et troisième de « ses » Jeux, quatre ans plus tard, avec un record de 65 récompenses, dont 29 titres. Le système mis en place est ultra-élitiste. En cas d’échec d’une discipline, le financement est retiré. Ainsi, pour les Jeux de Londres, UK Sport, l’organisme qui supervise le haut niveau, finançait 27 sports différents. A une exception près, tous ceux qui n’ont pas eu de médaille ont vu leur enveloppe supprimée pour les quatre années suivantes. Le basket-ball, le handball, le volley-ball, l’haltérophilie masculine l’ont appris à leurs dépens… Seuls les résultats comptent. (…)« Le ratio de médailles par rapport au nombre de sports financés a augmenté, de 62 % à Londres à 80 % à Rio » Pour les Jeux de Rio, le Royaume-Uni a maintenu son soutien financier, contrairement à beaucoup de nations, qui ont relâché leurs efforts une fois les Jeux organisés chez elles. Mais l’aide a été encore plus ciblée : seules vingt disciplines ont reçu de l’argent, alors que l’enveloppe totale a augmenté de 3 %. « C’est un système impitoyable, reconnaît Girish Ramchandani, également de l’université Sheffield Hallam, spécialiste du financement dans le sport. Mais ça marche. Le ratio de médailles par rapport au nombre de sports financés a augmenté, de 62 % à Londres à 80 % à Rio. » (…) Cet argent qui coule à flots a permis aux athlètes de haut niveau de se concentrer uniquement sur leur sport. Les plus prometteurs touchent jusqu’à 28 000 livres (32 000 euros) par an, sans compter l’enveloppe que reçoit leur fédération pour payer les entraîneurs et les équipements. Qu’elle parait loin, l’époque où Daley Thompson, l’un des meilleurs décathloniens de tous les temps, devait rendre son survêtement aux couleurs britanniques après les Jeux de Los Angeles en 1984. Reste que l’argent n’explique pas tout. A Rio, nombre d’athlètes s’étonnent des succès britanniques et expriment des doutes quant à l’intégrité de certaines performances. Les prouesses de Mo Farah, qui a remporté la médaille d’or du 10 000 mètres, et espère décrocher celle du 5 000 mètres, dimanche 21 août, interrogent. Son entraîneur, Alberto Salazar, n’a-t-il pas été accusé lui-même de dopage par une enquête de la BBC, il y a un an ? La domination sans partage de l’équipe de cyclisme sur piste, avec douze médailles, dont six en or, fait aussi grincer des dents, alors que celle-ci avait été médiocre aux Championnats du monde organisés à Londres en mars. « Il faudrait demander la recette à nos voisins, car je n’arrive pas à comprendre. Ce sont des équipes qui ne font rien d’extraordinaire pendant quatre ans et, arrivées aux Jeux, elles surclassent tout le monde. C’est la première fois que je vis les Jeux en tant qu’entraîneur et je vois des choses… », s’interrogeait Laurent Gané, l’entraîneur de l’équipe de France, après le bronze de ses hommes dans une épreuve de vitesse dont ils étaient les rois il n’y a encore pas si longtemps. Off the record, on évoque un autre type de dopage, technologique, avec des hypothèses comme un engrenage dans les roues. Un bruit de moteur qui avait aussi parcouru les routes du Tour de France, dominé par Chris Froome (troisième de l’épreuve sur route à Rio) ces dernières années. Pour Steve Haake, de l’université de Sheffield Hallam, ces doutes sont compréhensibles dans le climat de scandales de dopage permanent. Mais il estime que l’explication est plus prosaïque : « Les équipes britanniques se concentrent sur les Jeux olympiques, qui sont la clé de leur financement. Alors, c’est normal qu’elles n’impressionnent pas aux Championnats du monde, qui ne sont pas leur priorité. » Et surtout, il estime que le système actuel, avec des financements garantis sur une, voire deux olympiades, permet de travailler dans la durée. « Ce qu’il se passe actuellement ne va pas s’arrêter à Rio. » Il y a de fortes chances que les concurrents des Britanniques jalousent encore leurs performances aux Jeux de Tokyo en 2020. Le Monde
Avec 66 médailles (dont 27 en or !), la Grande-Bretagne s’est hissée avec brio à la deuxième place du classement général des Jeux olympiques, dimanche 21 août. Elle a ainsi surclassé la Chine et la Russie, qui jouent habituellement des coudes avec les Etats-Unis. Cette performance des Britanniques n’est pas une parfaite surprise. Quatrième en 2008 à Pékin puis troisième en 2012 à domicile, la Grande-Bretagne compte désormais parmi les meilleures nations olympiques. Mais comment ses athlètes, arrivés dixièmes à Athènes en 2004, ont-ils réussi cette folle ascension ? La débâcle des Jeux d’Atlanta, en 1996, a créé un électrochoc. Cette année-là, la Team GB termine 36e, avec une seule médaille d’or. Le Premier ministre conservateur, John Major, décide de mettre un terme à cette humiliation sportive. Désormais, le sport de haut niveau britannique est financé par la Loterie nationale, qui lui reverse une partie de ses profits. Le programme s’est intensifié progressivement, pour atteindre 75% du budget total du sport britannique. Cette enveloppe s’élève ainsi à plus de 400 millions d’euros pour la période 2013-2017, afin de préparer les Jeux olympiques et paralympiques de Rio (…) En plus de la grosse cagnotte de la loterie, UK Sport, l’organisme qui gère la Team GB, a fait un choix « brutal mais efficace », explique encore le Guardian. Les fonds sont attribués en fonction des résultats. Les sports qui gagnent touchent plus que les autres, ce qui explique pourquoi l’aviron et le cyclisme, qui ont rapporté chacun quatre médailles d’or en 2012, ont depuis reçu respectivement 37 et 35 millions d’euros. L’haltérophilie, en revanche, a reçu un peu moins de 2 millions, selon le budget présenté par UK Sport. Les Britanniques appellent cela la « no compromise culture » (culture de l’intransigeance). « Les millions investis dans le sport olympique et paralympique ont un seul objectif : gagner des médailles », explique le Guardian. UK Sport investit dans les sports « en fonction de leur potentiel podium lors des deux prochains Jeux ». Ces sommes ont permis de professionnaliser des athlètes, qui peuvent donc se consacrer entièrement à leur discipline, mais aussi leurs entraîneurs. L’argent a également été investi dans la recherche et les équipements de pointe, pour le cyclisme notamment, dans lequel le matériel est particulièrement important. Le bureau des chercheurs de la Fédération britannique de cyclisme a même un nom : le « Secret Squirrel Club », chargé de mettre au point les guidons moulés, les peintures ultra-fines et les casques aérodynamiques qui peuvent offrir aux pistards quelques centièmes de seconde d’avance. Ces équipements peuvent faire la différence, ne serait-ce qu’en en mettant plein la vue aux adversaires. En envoyant une délégation très étoffée (…) c’est tout de même mathématique. Davantage de compétiteurs, c’est davantage de chances de médailles, surtout pour les pays riches. (…) Message reçu à Londres, qui a envoyé 366 athlètes à Rio. C’est moins que les 542 sportifs présentés en 2012, mais la Team GB jouait alors à domicile, bénéficiant de qualifications automatiques. Ils étaient 313 à Pékin en 2008, 271 à Athènes en 2004, 310 à Sydney en 2000, et 300 à Atlanta en 1996. A l’exception des Jeux de Londres, donc, la délégation de Grande-Bretagne-Irlande du Nord – sa dénomination officielle – présentée à Rio est la plus importante depuis les Jeux olympiques de Barcelone en 1992 (371 athlètes). En préparant en priorité les JO La stratégie britannique est bien différente de celle des Français. Francetv sport la résume ainsi : « Contrairement à la France qui entend jouer toutes les compétitions [championnats du monde, championnats d’Europe, JO…] à fond, les Britanniques sont prêts à en sacrifier certaines (…) La méthode agace et suscite la jalousie, de la part des Français notamment, qui ont dominé le classement en 1996 et 2000, et dont le bilan est, cette année, famélique (une seule médaille, en bronze). L’entraîneur Laurent Gané semble surpris de voir les Britanniques survoler les épreuves sur piste. « Ce sont des équipes qui ne font rien d’extraordinaire pendant quatre ans et, arrivées aux Jeux, elles surclassent tout le monde », s’étonne-t-il dans Le Monde. France infos

Vous avez dit nation de boutiquiers ?

Investissement massif issu de la loterie (400 millions), quasi-salarisation des athlètes (mais pas de primes individuelles),  mise exclusive et sans concession sur les seules disciplines gagnantes (35 millions d’euros pour le cyclisme,  1,5 million pour un tennis de table sans résultat), investissement dans la technologie de pointe et approche scientifique de la performance,  délégation très étoffée, priorité absolue aux JO (quitte à faire l’impasse sur les championnats du monde ou d’Europe) et concentration sur les sports les plus « payants »…

A l’heure où un pays à l’économie, la population et la superficie respectivement huit fois, cinq fois et 35 fois moindre fait quasiment jeu égal et avait même dépassé en influence ces deux dernières années la première puissance mondiale …

Et où avec l’auto-effacement  de ladite première puissance mondiale, le Moyen-Orient est à feu et à sang et une Russie et une Chine assoiffées de revanche menacent impunément les frontières de leurs voisins …

Comment ne pas voir l’ironie de la reprise et de la domination par l’ancienne puissance coloniale d’un concept (« sof power ») créé à l’origine par un Américain (Joseph Nye) en réponse à un historien britannique (Paul Kennedy) qui prédisait à la fin des années 80 l’inéluctabilité du déclin américain ?

Mais surtout le redoutable pragmatisme d’un pays qui il y a vingt ans ne finissait que 36e (pour une seule misérable médaille d’or) …

Et qui non content de laisser loin derrière (avec un avantage – excusez du peu – de pas moins de 18 médailles d’or !) une France au même poids démographique et économique …

Dépasse aujourd’hui en médailles la première population et la 2e puissance économique mondiales ?

Millions de la Loterie, choix drastiques et coups de chance : comment la Grande-Bretagne a raflé tant de médailles à RioLes Britanniques se sont hissés à la deuxième place du tableau des médailles, devant la Chine et la Russie. Mais comment ont-ils fait ?
Camille Caldini
France Tvinfos
21/08/2016Avec 66 médailles (dont 27 en or !), la Grande-Bretagne s’est hissée avec brio à la deuxième place du classement général des Jeux olympiques, dimanche 21 août. Elle a ainsi surclassé la Chine et la Russie, qui jouent habituellement des coudes avec les Etats-Unis. Cette performance des Britanniques n’est pas une parfaite surprise. Quatrième en 2008 à Pékin puis troisième en 2012 à domicile, la Grande-Bretagne compte désormais parmi les meilleures nations olympiques. Mais comment ses athlètes, arrivés dixièmes à Athènes en 2004, ont-ils réussi cette folle ascension ?En collectant des millions grâce à la Loterie
La débâcle des Jeux d’Atlanta, en 1996, a créé un électrochoc. Cette année-là, la Team GB termine 36e, avec une seule médaille d’or. Le Premier ministre conservateur, John Major, décide de mettre un terme à cette humiliation sportive. Désormais, le sport de haut niveau britannique est financé par la Loterie nationale, qui lui reverse une partie de ses profits.Le programme s’est intensifié progressivement, pour atteindre 75% du budget total du sport britannique. Cette enveloppe s’élève ainsi à plus de 400 millions d’euros pour la période 2013-2017, afin de préparer les Jeux olympiques et paralympiques de Rio, détaille le Guardian (en anglais). Les athlètes britanniques ont d’ailleurs été invités à dire tout le bien qu’ils pensaient de la Loterie nationale, « en insistant sur le lien entre l’achat d’un ticket et les chances de médailles », ajoute le quotidien.

En misant tout sur les gagnants

En plus de la grosse cagnotte de la loterie, UK Sport, l’organisme qui gère la Team GB, a fait un choix « brutal mais efficace », explique encore le Guardian. Les fonds sont attribués en fonction des résultats. Les sports qui gagnent touchent plus que les autres, ce qui explique pourquoi l’aviron et le cyclisme, qui ont rapporté chacun quatre médailles d’or en 2012, ont depuis reçu respectivement 37 et 35 millions d’euros. L’haltérophilie, en revanche, a reçu un peu moins de 2 millions, selon le budget présenté par UK Sport.

Les Britanniques appellent cela la « no compromise culture » (culture de l’intransigeance). « Les millions investis dans le sport olympique et paralympique ont un seul objectif : gagner des médailles », explique le Guardian. UK Sport investit dans les sports « en fonction de leur potentiel podium lors des deux prochains Jeux ».

En investissant dans la technologie de pointe

Ces sommes ont permis de professionnaliser des athlètes, qui peuvent donc se consacrer entièrement à leur discipline, mais aussi leurs entraîneurs. L’argent a également été investi dans la recherche et les équipements de pointe, pour le cyclisme notamment, dans lequel le matériel est particulièrement important. Le bureau des chercheurs de la Fédération britannique de cyclisme a même un nom : le « Secret Squirrel Club« , chargé de mettre au point les guidons moulés, les peintures ultra-fines et les casques aérodynamiques qui peuvent offrir aux pistards quelques centièmes de seconde d’avance.

Ces équipements peuvent faire la différence, ne serait-ce qu’en en mettant plein la vue aux adversaires. « Tout le monde regarde les vélos des autres », raconte en effet Laurent Gané, entraîneur de l’équipe de France de vitesse sur piste, au Monde. Et le relayeur Michaël D’Almeida le concède, dans le même quotidien : « Les Anglais ont toujours quelque chose de nouveau que nous, on n’a pas ! »

En envoyant une délégation très étoffée

La Chine le prouve à Rio, cela ne suffit pas. Mais c’est tout de même mathématique. Davantage de compétiteurs, c’est davantage de chances de médailles, surtout pour les pays riches. « Les pays les plus riches ont tendance à mieux réussir, non seulement parce qu’ils envoient davantage d’athlètes, mais aussi parce qu’ils sont mieux préparés », explique le journal canadien Toronto Star (article en anglais).

Message reçu à Londres, qui a envoyé 366 athlètes à Rio. C’est moins que les 542 sportifs présentés en 2012, mais la Team GB jouait alors à domicile, bénéficiant de qualifications automatiques. Ils étaient 313 à Pékin en 2008, 271 à Athènes en 2004, 310 à Sydney en 2000, et 300 à Atlanta en 1996. A l’exception des Jeux de Londres, donc, la délégation de Grande-Bretagne-Irlande du Nord – sa dénomination officielle – présentée à Rio est la plus importante depuis les Jeux olympiques de Barcelone en 1992 (371 athlètes).

En préparant en priorité les JO

La stratégie britannique est bien différente de celle des Français. Francetv sport la résume ainsi : « Contrairement à la France qui entend jouer toutes les compétitions [championnats du monde, championnats d’Europe, JO…] à fond, les Britanniques sont prêts à en sacrifier certaines (…) Et si le Royaume-Uni est aussi haut placé, c’est peut-être tout simplement grâce à cette stratégie du ‘tout pour les JO’. »  Cela semble payer. A Rio, le cyclisme a rapporté 12 médailles à la Team GB : 11 sur piste dont 6 en or, et une sur route. En 2008 et 2012, ils avaient déjà glané 8 médailles d’or.

La méthode agace et suscite la jalousie, de la part des Français notamment, qui ont dominé le classement en 1996 et 2000, et dont le bilan est, cette année, famélique (une seule médaille, en bronze). L’entraîneur Laurent Gané semble surpris de voir les Britanniques survoler les épreuves sur piste. « Ce sont des équipes qui ne font rien d’extraordinaire pendant quatre ans et, arrivées aux Jeux, elles surclassent tout le monde », s’étonne-t-il dans Le Monde. De là aux soupçons de dopage ou de tricherie technologique, il n’y a qu’un petit pas, que le coach français s’est retenu de faire, s’interrompant au milieu d’une phrase : « C’est la première fois que je vis les Jeux en tant qu’entraîneur et je vois des choses… »

En profitant des exclusions russes et des ratés chinois

Il faut bien l’admettre, il y a aussi une petite part de chance dans le succès de la Team GB, qui peut remercier la Russie et la Chine.

En 2012, la Russie talonnait la Grande-Bretagne, avec ses 81 médailles dont 23 en or. Pour Rio, le scandale du dopage organisé par l’Etat a contraint Moscou a réduire sa délégation : seulement 271 athlètes au lieu de 389 et aucun athlète paralympique. Conséquence directe : le compteur de médailles d’or russe s’est arrêté à 17. En athlétisme en particulier, cette absence russe a été une bénédiction pour la Team GB, qui avait terminé quatrième en 2012, derrière les Américains, les Russes et les Jamaïcains.

Un autre géant a trébuché à Rio, laissant à la Grande-Bretagne une chance de se hisser sur le podium final : la Chine. Le bilan mitigé de ses athlètes a presque tourné à l’affaire d’Etat à Pékin. La Chine a multiplié les contre-performances, au badminton, au plongeon et en gymnastique, des disciplines où elle a pourtant l’habitude de s’illustrer. L’équipe chinoise de gymnastique quitte Rio sans aucune médaille d’or, du jamais-vu depuis les JO de Los Angeles en 1984.

Voir aussi:

JO 2016 : comment les Britanniques ont acheté leurs médailles
Eric Albert

Le Monde

20.08.2016

La BBC est passée en mode surchauffe depuis une semaine. Sa « Team GB » réussit des Jeux olympiques impressionnants, engrange médaille après médaille, et les commentateurs de la chaîne publique se perdent en superlatifs et en compliments.
Avec 67 médailles, dont 27 en or, le Royaume-Uni a pris une surprenante deuxième place au tableau des nations, derrière les Etats-Unis (105 breloques) et loin devant la France – même population, même poids économique –, septième avec neuf médailles d’or.

Le secret de la réussite made in Britain ? « C’est simple : l’argent », répond Steve Haake, le directeur du Advanced Wellbeing Research Centre à l’université de Sheffield Hallam. Depuis une vingtaine d’années, le Royaume-Uni a investi massivement dans le sport de haut niveau : 274 millions de livres (316 millions d’euros) rien que sur ces quatre dernières années pour les sports olympiques. C’est cinq fois plus qu’il y a vingt ans.

Système ultra-élitiste
Il faut remonter à l’humiliation des Jeux d’Atlanta en 1996 pour comprendre. Cette année-là, le pays termine 37e au tableau des médailles avec un seul titre olympique. Le premier ministre d’alors, John Major, décide d’intervenir. Ordre est donné d’investir dans le sport de haut niveau une large part de l’argent de la National Lottery, qui sert normalement à financer des actions caritatives ou culturelles. L’effet se fait sentir rapidement et le Royaume-Uni passe au dixième rang aux Jeux de Sydney en 2000.

« Mais ça s’est vraiment accéléré en 2007, quand Londres a obtenu l’organisation des Jeux de 2012 », explique Steven Haake. Le financement a soudain triplé, avec une approche ultra-compétitive. Pas question de s’intéresser au développement du sport pour tous ou amateur. Chaque discipline financée reçoit un objectif chiffré de médailles olympiques. Les résultats sont immédiats : le Royaume-Uni finit quatrième à Pékin en 2008 (47 médailles) et troisième de « ses » Jeux, quatre ans plus tard, avec un record de 65 récompenses, dont 29 titres.

Le système mis en place est ultra-élitiste. En cas d’échec d’une discipline, le financement est retiré. Ainsi, pour les Jeux de Londres, UK Sport, l’organisme qui supervise le haut niveau, finançait 27 sports différents. A une exception près, tous ceux qui n’ont pas eu de médaille ont vu leur enveloppe supprimée pour les quatre années suivantes. Le basket-ball, le handball, le volley-ball, l’haltérophilie masculine l’ont appris à leurs dépens… Seuls les résultats comptent. Le mythique fair-play britannique appartient au passé.

« Le ratio de médailles par rapport au nombre de sports financés a augmenté, de 62 % à Londres à 80 % à Rio »
Pour les Jeux de Rio, le Royaume-Uni a maintenu son soutien financier, contrairement à beaucoup de nations, qui ont relâché leurs efforts une fois les Jeux organisés chez elles. Mais l’aide a été encore plus ciblée : seules vingt disciplines ont reçu de l’argent, alors que l’enveloppe totale a augmenté de 3 %. « C’est un système impitoyable, reconnaît Girish Ramchandani, également de l’université Sheffield Hallam, spécialiste du financement dans le sport. Mais ça marche. Le ratio de médailles par rapport au nombre de sports financés a augmenté, de 62 % à Londres à 80 % à Rio. »

L’équipe de plongeon britannique doit ainsi une fière chandelle à Tom Daley, médaillé de bronze à Londres. Grâce à ce succès sur le fil, la discipline a conservé son financement. Aujourd’hui, elle en récolte les fruits : à Rio, elle a déjà obtenu trois médailles, une de chaque couleur.

Cet argent qui coule à flots a permis aux athlètes de haut niveau de se concentrer uniquement sur leur sport. Les plus prometteurs touchent jusqu’à 28 000 livres (32 000 euros) par an, sans compter l’enveloppe que reçoit leur fédération pour payer les entraîneurs et les équipements. Qu’elle parait loin, l’époque où Daley Thompson, l’un des meilleurs décathloniens de tous les temps, devait rendre son survêtement aux couleurs britanniques après les Jeux de Los Angeles en 1984.

Scandales de dopage
Reste que l’argent n’explique pas tout. A Rio, nombre d’athlètes s’étonnent des succès britanniques et expriment des doutes quant à l’intégrité de certaines performances. Les prouesses de Mo Farah, qui a remporté la médaille d’or du 10 000 mètres, et espère décrocher celle du 5 000 mètres, dimanche 21 août, interrogent. Son entraîneur, Alberto Salazar, n’a-t-il pas été accusé lui-même de dopage par une enquête de la BBC, il y a un an ?

La domination sans partage de l’équipe de cyclisme sur piste, avec douze médailles, dont six en or, fait aussi grincer des dents, alors que celle-ci avait été médiocre aux Championnats du monde organisés à Londres en mars. « Il faudrait demander la recette à nos voisins, car je n’arrive pas à comprendre. Ce sont des équipes qui ne font rien d’extraordinaire pendant quatre ans et, arrivées aux Jeux, elles surclassent tout le monde. C’est la première fois que je vis les Jeux en tant qu’entraîneur et je vois des choses… », s’interrogeait Laurent Gané, l’entraîneur de l’équipe de France, après le bronze de ses hommes dans une épreuve de vitesse dont ils étaient les rois il n’y a encore pas si longtemps.

Off the record, on évoque un autre type de dopage, technologique, avec des hypothèses comme un engrenage dans les roues. Un bruit de moteur qui avait aussi parcouru les routes du Tour de France, dominé par Chris Froome (troisième de l’épreuve sur route à Rio) ces dernières années.

Pour Steve Haake, de l’université de Sheffield Hallam, ces doutes sont compréhensibles dans le climat de scandales de dopage permanent. Mais il estime que l’explication est plus prosaïque :

« Les équipes britanniques se concentrent sur les Jeux olympiques, qui sont la clé de leur financement. Alors, c’est normal qu’elles n’impressionnent pas aux Championnats du monde, qui ne sont pas leur priorité. »
Et surtout, il estime que le système actuel, avec des financements garantis sur une, voire deux olympiades, permet de travailler dans la durée. « Ce qu’il se passe actuellement ne va pas s’arrêter à Rio. » Il y a de fortes chances que les concurrents des Britanniques jalousent encore leurs performances aux Jeux de Tokyo en 2020.

Voir également:

Rio Olympics 2016: Team GB medal haul makes them a ‘superpower of sport’

Great Britain’s Olympic review

Great Britain is « one of the superpowers of Olympic sport » after its performance in Rio, according to UK Sport chief executive Liz Nicholl.

A total of 67 medals with 27 golds put Team GB second in the medal table – above China for the first time since it returned to the Games in 1984.

« It shows we are a force to be reckoned with in world sport, » Nicholl said.

Britain is the first country to improve on a home medal haul at the next Games, beating the 65 medals from London 2012.

They won gold medals across more sports than any other nation – 15 – and improved on their medal haul for the fifth consecutive Olympics.

The Queen offered her « warmest congratulations » for an « outstanding performance » in Rio, while the Duke and Duchess of Cambridge and Prince Harry said the team were an « inspiration to us all, young and old ».

The money behind the medals

UK Sport is the body responsible for distributing funds from national government to Olympic sports.

Team GB’s 67 medals in Brazil cost an average of just over £4m per medal in lottery and exchequer funding over the past four years – a reported cost of £1.09 per year for each Briton.

Nicholl added: « Half of the investment that we’re putting into Rio success also feeds into Tokyo [2020 Olympics]. We’re very confident that we’ve got a system here that’s working and that’s quite exceptional around the world. »

Chief executive of British Gymnastics Jane Allen told BBC Radio 5 live: « You wouldn’t want to be in some of the other countries at the moment, who are examining themselves.

« UK Sport has made those sports that receive the funding be accountable for their results. This is the end result in Rio – the country should expect a return for their investment, it is incredible. »

« It’s tough to imagine a stronger performance, » said Bill Sweeney, chief executive of the BOA.

« When you get into the [Olympic] village there’s been a real collective team spirit around Team GB – you just got a sense that this was a team that wanted to do something really special. »

Britain had been set a target by UK Sport to make Rio its most successful ‘away’ Olympics by beating the 47 medals from Beijing in 2008, but Nicholl said there had been an « aspirational » aim to surpass the achievements of London 2012.

Sweeney said he « wasn’t surprised » by the extent of the success, but that beating China « wasn’t on the radar » before the Games.

« China are a massive nation, aren’t they? Goodness knows how much money they spend on it, » he said.

« To be able to beat them is absolutely fantastic.

Sweeney said it would be difficult for Britain to replicate their position in the medal table at Tokyo 2020, at which he predicted hosts Japan, China, Russia and Australia would all improve.

How has China reacted?

China did top one table in Rio – that of fourth-place finishes, according to data from Gracenote Sports.

They had 25, with the US next on 20 and Britain third on 16.

Gracenote head of analysis Simon Gleave said China’s decline in medals from London 2012 « has been primarily due to the sports of badminton, artistic gymnastics and swimming ».

China Daily said: « In contrast with China’s previous obsession with gold medals, the general public is learning to enjoy the sports themselves rather than focusing on the medal count. Winning gold medals does not mean everything anymore in China. »

Swimmer Fu Yuanhui’s enthusiasm at winning a bronze medal « took Chinese viewers by surprise », said Global Times. « They are used to their athletes focusing in interviews on their desire to win glory for the country. »

Many users of the Chinese social media site Weibo posted messages using the hashtag #ThisTimeTheChinaTeamAreGolden, saying their athletes were still « the best » irrespective of their placing in their events.

Voir encore:

Rio Olympics 2016: How did Team GB make history?

Tom Fordyce

BBC

22 August 2016

It has been an Olympic fiesta like never before for Britain: their best medal haul in 108 years, second in the medal table, the only host nation to go on to win more medals at the next Olympics.

Never before has a Briton won a diving gold. Never before has a Briton won a gymnastics gold. There have been champions across 15 different sports, a spread no other country can get close to touching.

It enabled Liz Nicholl, chief executive of UK Sport, the body responsible for distributing funds from national government to Olympic sports, to declare on the final day of competition in Rio that Britain was now a « sporting superpower ».

Only 20 years ago, GB were languishing 36th in the Atlanta Olympics medal table, their entire team securing only a single gold between them. This is the story of a remarkable transformation.

Biased judges or gracious defeat? What China thinks of GB going second
‘Superpower’ Team GB a ‘world force’

Money talks

As that nadir was being reached back in 1996, the most pivotal change of all had already taken place.

The advent of the National Lottery in 1994, and the decision of John Major’s struggling government to allocate significant streams of its revenue to elite Olympic sport, set in motion a funding spree unprecedented in British sport.

From just £5m per year before Atlanta, UK Sport’s spending leapt to £54m by Sydney 2000, where Britain won 28 medals to leap to 10th on the medal table. By the time of London 2012 – third in the medal table, 65 medals – that had climbed to £264m. Between 2013 and 2017, almost £350m in public funds will have been lavished on Olympic and Paralympic sports.

It has reinvigorated some sports and altered others beyond recognition.

Gymnastics, given nothing at all before Atlanta, received £5.9m for Sydney and £14.6m in the current cycle. In Rio, Max Whitlock won two gymnastics golds; his team-mates delivered another silver and three bronzes.

As a talented teenage swimmer, Adam Peaty relied on fundraising events laid on by family and friends to pay for his travel and training costs. That changed in 2012, when he was awarded a grant of £15,000 and his coach placed on an elite coaching programme. In Rio he became the first British male to win a swimming gold in 28 years.

There are ethical and economic debates raised by this maximum sum game. Team GB’s 67 medals won here in Brazil cost an average of £4,096,500 each in lottery and exchequer funding over the past four years.
Average cost of Games to each Briton
As determined by the Sport Industry Research Centre

At a time of austerity, that is profligate to some. To others, the average cost of this Olympic programme to each Briton – a reported £1.09 per year – represents extraordinary financial and emotional value. Joe Joyce’s super-heavyweight silver medal on Sunday was the 700th Olympic and Paralympic medal won by his nation since lottery funding came on tap.

« The funding is worth its weight in gold, » says Nicholl.

« It enables us to strategically plan for the next Games even before this one has started and makes sure we don’t lose any time. We can maintain the momentum of success for every athlete with medal potential through to the next Games. »

All in the detail

The idea of marginal gains has gone from novelty to cliche over the past three Olympic cycles, but three examples from Rio underline how essential to British success it remains.

In the build-up to these Olympics, a PhD student at the English Institute of Sport named Luke Gupta examined the sleep quality of more than 400 elite GB athletes, looking at the duration of their average sleep, issues around deprivation and then individual athletes’ perception of their sleep quality.

His findings resulted in an upgrading of the ‘sleep environment’ in the Team GB boxing training base in Sheffield – 37 single beds replaced by 33 double and four extra-long singles; sheets, duvets and pillows switched to breathable, quick drying fabrics; materials selected to create a hypo-allergenic barrier to allergens in each bedroom.

« On average, the boxers are sleeping for 24 minutes longer each night, » says former Olympic bronze medallist and now consultant coach Richie Woodhall.

« When you add it up over the course of a cycle it could be as much as 29 or 30 days’ extra sleep. That can be the difference between winning a medal or going out in the first round. »

In track cycling, GB physio Phil Burt and team doctor Richard Freeman realised saddle sores were keeping some female riders out of training.

Their response? To bring together a panel of experts – friction specialist, reconstructive surgeons, a consultant in vulval health – to advise on the waxing and shaving of pubic hair. In the six months before Rio not a single rider complained of saddle sores.

Then there is the lateral thinking of Danny Kerry, performance director to the Great Britain women’s hockey team that won gold in such spectacular fashion on Friday.

« Everyone puts a lot of time into the physiological effects of hockey, but what we’ve done in this Olympic cycle is put our players in an extremely fatigued state, and then ask them to think very hard at the same time, » Kerry told BBC Sport.

« We call that Thinking Thursday – forcing them to consistently make excellent decisions under that fatigue. We’ve done that every Thursday for a year. »

Britain won that gold on a penalty shootout, standing firm as their Dutch opponents, clear favourites for gold, missed every one of their four attempts.
Virtuous circles

Success has bred British success.

That hockey team featured Helen and Kate Richardson-Walsh, in their fifth Olympic cycle, mentoring 21-year-old Lily Owsley, who scored the first goal in the final. A squad that won bronze in London were ready to go two better in Brazil.

« We’ve retained eight players who had medals around their necks already, » says Kerry. « We added another eight who have no fear.

« It gave us a great combination of those who know what it’s all about, and those who have no concept at all of what it’s all about, and have just gone out and played in ruthless fashion.

« We get carried away with some of the hard science around sport, but there’s so much value in how you use characters and how you bring those qualities and traits to the fore. You see that on the pitch. Leverage on the human beings as much as the science. »

In the velodrome, experience and expertise is being recycled with each successive Games.

Paul Manning was part of the team pursuit quartet that won bronze in Sydney, silver in Athens and gold in Beijing. As his riding career came towards the end, he was one of the first to graduate through the Elite Coaching Apprenticeship Programme, a two-year scheme that offered an accelerated route into high-performance coaching for athletes already in British Cycling’s system.

In Rio he coached the women’s pursuit team to their second gold in two Olympics, his young charge Laura Trott also winning omnium gold for the second Games in a row.

Then there is Heiko Salzwedel, head of the men’s endurance squad, back for his third spell with British Cycling having worked under the visionary Peter Keen from 2000 to 2002 and then Sir Dave Brailsford between 2008 and 2010.

Expertise developed, expertise retained. A culture where winning is expected, not just hoped for.

« We have got the talent in this country and we know that we can recruit and keep the very best coaches, sports scientists and sports medics, » says Nicholl.

« It is now a system that provides the very best support for that talent. »

Competitive advantages

Funding has not flowed to all British sports equally, because in some there is a greater chance of success than others.

On Lagoa Rodrigo de Freitas, Britain’s rowers dominated the regatta, winning three gold medals and two silvers.

With 43 athletes they also had the biggest team of any nation there. Forty-nine of the nations there qualified teams of fewer than 10 athletes. Thirty-two had a team of just one or two rowers.

Only nine other nations won gold. In comparison, 204 nations were represented in track and field competition at Rio’s Estadio Olimpico, and 47 nations won medals.

British efforts in the velodrome, where for the third Olympics on the bounce they ruled the boards, were fuelled by a budget over the four years from London of £30.2m, up even from the £26m they received in funding up to 2012.

In comparison, the US track cycling team – which won team pursuit silver behind Britain’s women, and saw Sarah Hammer once again push Trott hard for omnium gold, has only one full-time staff member, director Andy Sparks.

Then there is the decline of other nations who once battled with Britain for the upper reaches of the medal table, and frequently sat far higher.

In 2012, Russia finished fourth with 22 golds. They were third in 2008 and third again in 2004.

This summer, despite escaping a total ban on their athletes in the wake of the World Anti-Doping Agency’s McLaren Report, they finished with 19 golds for fourth, permitted to enter only one track and field athlete, Darya Klishina.

Australia, Britain’s traditional great rivals? Eighth in 2012, sixth in Beijing, fourth in Athens, 10th here in Brazil.

In Rio, 129 different British athletes have won an Olympic medal.

It is a remarkable depth and breadth of talent – a Games where 58-year-old Nick Skelton won a gold and 16-year-old gymnast Amy Tinkler grabbed a bronze, a fortnight where Jason Kenny won his sixth gold at the age of 28 and Mo Farah won his ninth successive global track title.

The abilities of those men and women has been backed up by similar aptitude in coaching and support.

In swimming there is Rebecca Adlington’s former mentor, Bill Furniss, who has taken a programme that won just one silver and two bronzes in London and, with a no-compromise strategy, taken them to their best haul at an Olympics since 1908.

In cycling, there has been the key hire of New Zealand sprint specialist Justin Grace, the coach behind Francois Pervis’ domination at the World Championships, a critical influence on Kenny, Callum Skinner, Becky James and Katy Marchant.

« We have got the talent in this country, and we know we can recruit and keep the very best coaches, sports scientists and sports medics, » says Nicholl.

« It is a system that provides the very best support for that talent. We do a lot in terms of people development. We are conscious when people are recruited to key positions as coaches they are not necessarily the finished article in their broader skills.

« We provide support so that coaches across sports can network and learn from each other. That improves their knowledge expertise and the support systems they’ve got. »

It is an intimidating thought for Britain’s competitors. After two decades of consistent improvement, Rio may not even represent the peak.

Voir encore:

‘Brutal but effective’: why Team GB has won so many Olympic medals

Sports that have propelled Britain up the medal table have received extra investment while others have had their funding cut altogether
Josh Halliday

15 August 2016

In the past 24 hours Team GB have rewritten their Olympic history, moving ahead of China into second place in the Rio 2016 medals table after winning a record-breaking five gold medals in a single day.
Team GB’s Olympic success: five factors behind their Rio medal rush

With Olympic champions in tennis, golf, gymnastics and cycling – and another assured in sailing – the team’s directors hailed national lottery funding and the legacy of London 2012 for the Rio goldrush. So how has funding in British sport changed in the run-up to Super Sunday?

UK Sport, which determines how public funds raised via the national lottery and tax are allocated to elite-level sport, has pledged almost £350m to Olympic and Paralympic sports between 2013 and 2017, up 11% on the run-up to London 2012.

Those sports that have fuelled the rise in Britain’s medal-table positions over the past eight years – athletics, boxing and cycling, for example – were rewarded with increased investment. “It’s a brutal regime, but it’s as crude as it is effective,” said Dr Borja Garcia, a senior lecturer in sports management and policy at Loughborough University.

Sports that failed to hit their 2012 medal target – including crowd-pleasers such as wrestling, table tennis and volleyball – either had their funding reduced or cut altogether. Has that affected their prospects in Rio? It may be too soon to tell, but so far swimming is the only sport that has won medals at this Olympics after having it funding cut post-2012.

The aim is quite simple: to ensure Great Britain becomes the first home nation to deliver more medals at the following away Games. As it stands after day nine on Sunday, Team GB has one more medal than at the equivalent stage in London – their most successful ever Games.

Swimming

Spearheaded by the gold medal-winning Adam Peaty, Team GB has already secured its biggest Olympic medal haul in the pool since 1984, but it was one of the elite sports to have its funding slashed from £25.1m to £20.8m after a disappointing London 2012, when its three medals missed the target of between five and seven.

With six medals so far in Rio – one gold and five silvers – it has already passed its target of five for this Olympic Games. Its national governing body, British Swimming, will hope to be rewarded for this success with an increase in funding before Tokyo 2020.

UK Sport funding for medal-winning Olympians is assured, but some of the clubs where they spend long hours training are struggling to survive. Peaty’s City of Derby swimming club was almost forced to close last year when two pools in the city shut down for nearly three months, its chairman, Peter Spink, said.

“If we hadn’t got the focus of the council back on to swimming, things would have got a lot worse for us,” he said. “Worst case, closure could have happened. I don’t think I felt we got that close fortunately but unless we did something drastic and worked our way through it then, if not closed, we would have been a very much diminished club.”

Steve Layton, the club’s secretary, credited the local authority for fixing a roof at one pool and reopening another that had previously been closed, but added that it was only a matter of time before one of the “not fit for purpose” facilities was permanently closed down.

The club is trying to raise sponsorship money through partnerships with local companies, he said, but has so far been unable to raise enough money to pay for coaches rather than rely on volunteers. The ultimate aim is to raise enough investment for an Olympic-standard 50m pool in Derby, so that the Adam Peatys of tomorrow are not confined to the city’s 25m pools.

“Swimming is not like football. It doesn’t draw the crowds and we are in times of austerity. We understand all that, but we are trying to get sponsorship to give us some support,” Layton said.

The grand rhetoric of an Olympic legacy after London 2012 did not add up to much for cities such as Derby, but Spink said he was hopeful now of more investment in swimming following Team GB’s success in Rio. “The legacy of the London Olympics was always a big thing. We saw that a little bit, but of late that has dwindled a bit. The issues we have in Derby demonstrate that there really wasn’t the appetite either in local or national government to fund sport in that way,” he said.

Cycling
Along with a knighthood for Bradley Wiggins, an increase in funding followed Team GB’s cycling success in London 2012. Their final tally of 12 medals exceeded the target of between six and 10, resulting in a boost to British Cycling’s coffers from £26m to £30.2m.

In Rio, Team GB has secured six medals – four gold and two silver – and smashed two world records, with both the women’s and men’s team pursuit taking gold. It is well on the way to reaching its final Rio target of between eight and 10 medals.

Gymnastics
Max Whitlock competes in the men’s pommel horse event final.

Max Whitlock’s heroics in the Olympics arena on Super Sunday ended a 116-year wait for a British gymnastics Olympic champion.

His double gold also boosted Team GB’s medal count in the sport to four, with Louis Smith winning silver in the pommel horse and Bryony Page becoming the first British woman to win an Olympic trampoline medal by claiming silver in Rio.

Having previously lost all of its elite-level funding, British gymnastics has experienced a steady increase in public investment over the past 20 years, from £5.9m at Sydney 2000 to £14.6m in the current cycle, after it benefited from a 36% funding increase after beating its medal target in London 2012.
Funding for individual athletes
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In addition to the funding given to each sport’s governing body, some elite stars – described by UK Sport as “podium-level athletes – also qualify for individual funding to help with living costs.

Medallists at the Olympic Games, senior world championships and Paralympics gold medallists can receive up to £28,000 a year in athlete performance awards funded by the national lottery.

Sportsmen and women who finish in the top eight in the Olympics can receive up to £21,500 a year. Future stars, those expected to win medals on the world or Olympic stage within four years, can get up to £15,000 a year.
Has it worked?

Most experts agree that UK Sports “no compromise” funding approach has underpinned Great Britain’s rise from 36th in the medal table in Atlanta in 1996 to third at London 2012.

“It’s a very rational, cold approach. Medals have gone up. British elite sport is certainly booming. The returns of medals per pound is there,” said Garcia.

Some critics, however, say UK Sport’s approach has gone too far and is damaging grassroots sport. They have argued that focusing disproportionately on sports such as cycling, sailing and rowing has meant those such as basketball risk withering because they were unable to demonstrate they would win a medal at either of the next two Olympics.
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“We can ask all the philosophical questions, which are valid. What about basketball, which has a lot of social potential in the inner cities? What about volleyball? What about fencing? Why focus on specific sports?” said Garcia.

“Participation is going down. Why do we invest all this money in all those medals? Just to get the medals? To get people active? To make Great Britain’s name known around the world? With a cold analysis of the objectives and the money invested, yes it has worked.

“I have some sympathy for UK Sport as an organisation. They were given the objectives and they delivered.”

In May, Sport England, which focuses on grassroots sport, unveiled a four-year strategy to target inactivity. More than a quarter of the population is officially defined as inactive because they do less than 30 minutes of activity a week, including walking.

The move is a lurch away from the earlier strategy, which was set before London 2012 and focused on getting more people to play more sport with only mixed results.

Severe cuts to local authority budgets are also squeezing resources at the grassroots level. Councils across England have been forced to make cuts since 2010, when grant funding for local authorities was cut by a fifth, more than twice the level of cuts to the rest of the UK public sector
Jazz Carlin celebrates after winning silver in the women’s 800m freestyle final.

Jazz Carlin celebrates winning silver in the women’s 800m freestyle final. Photograph: Ryan Pierse/Getty Images

Many smaller, older swimming pools are being closed at a time when more people are being inspired to get in the water, thanks in part to Team GB medal winners Jazz Carlin, Siobhan-Marie O’Connor and Peaty.

The Amateur Swimming Association (ASA) said this weekend that there had been a huge jump in the number of people searching online for their nearest leisure pool during the first few days of the Games.
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Alison Clowes, the ASA’s head of media, said 80,000 people had used its “poolfinder” app between 5 and 11 August – almost double the rate for the same period in July – and the ASA was getting dozens of phone inquiries too. “We’ve already seen a boost from our Olympic successes, which is great,” she said.

Meanwhile, the average level of swimming proficiency among schoolchildren requires improvement. ASA research shows that 52% of children leave school unable to swim 25 metres unaided.

Jennie Price, the chief executive of Sport England, said: “Watching our athletes achieving great things in Rio is truly inspirational, particularly for young people. Whether it encourages them to get more active, try something new or even strive for gold themselves one day, Team GB is making a massive contribution to sport back home.

“A relatively small number of sports feature regularly on prime-time TV, so for many the Olympic Games is the moment that catapults them onto the screens of the nation. We need to capitalise on that, for example with programmes like Backing the Best where Sport England supports young talented athletes at the beginning of their sporting careers.

“There will be new Max Whitlocks and Kath Graingers out there who Sport England will support through our funding of the talent system, but most won’t reach those heights. Our main aim is making sure all young people get a positive experience when they try a sport and whatever they choose to do, come away with the good basic skills and having had a great time.”

Soft power, hard power et smart power: le pouvoir selon Joseph Nye

Avec ce nouvel ouvrage, l’internationaliste américain poursuit sa réflexion sur la notion du pouvoir étatique au XXIe siècle. Après avoir défini le soft et le smart power, comment Joseph Nye voit-il le futur du pouvoir?

En Relations Internationales, rien n’exprime mieux le succès d’une théorie que sa reprise par la sphère politique. Au XXIe siècle, seuls deux exemples ont atteint cet état: le choc des civilisations de Samuel Huntington et le soft power de Joseph Nye. Deux théories américaines, reprises par des administrations américaines. Deux théories qui, de même, ont d’abord été commentées dans les cercles internationalistes, avant de s’ouvrir aux sphères politiques et médiatiques.

Le soft power comme réponse au déclinisme

Joseph Nye, sous-secrétaire d’Etat sous l’administration Carter, puis secrétaire adjoint à la Défense sous celle de Bill Clinton, avance la notion de soft power dès 1990 dans son ouvrage Bound to Lead. Depuis, il ne cesse de l’affiner, en particulier en 2004 avec Soft Power: The Means to Success in World Politics. Initialement, le soft power, tel que pensé par Nye, est une réponse à l’historien britannique Paul Kennedy qui, en 1987, avance que le déclin américain est inéluctable[1]. Pour Nye, la thèse de Kennedy est erronée ne serait-ce que pour une raison conceptuelle: le pouvoir, en cette fin du XXe siècle, a muté. Et il ne peut être analysé de la même manière aujourd’hui qu’en 1500, date choisie par Robert Kennedy comme point de départ de sa réflexion. En forçant le trait, on pourrait dire que l’Etat qui aligne le plus de divisions blindées ou de têtes nucléaires n’est pas forcément le plus puissant. Aucun déclin donc pour le penseur américain, mais plus simplement un changement de paradigme.

Ce basculement de la notion de puissance est rendu possible grâce au concept même de soft power. Le soft, par définition, s’oppose au hard, la force coercitive, militaire le plus généralement, mais aussi économique, qui comprend la détention de ressources naturelles. Le soft, lui, ne se mesure ni en « carottes » ni en « bâtons », pour reprendre une image chère à l’auteur. Stricto sensu, le soft power est la capacité d’un Etat à obtenir ce qu’il souhaite de la part d’un autre Etat sans que celui-ci n’en soit même conscient « Co-opt people rather than coerce them »[2].

Time to get smart ?

Face aux (très nombreuses) critiques, en particulier sur l’efficacité concrète du soft power, mais aussi sur son évaluation, Joseph Nye va faire le choix d’introduire un nouveau concept: le smart power. La puissance étatique ne peut être que soft ou que hard. Théoriquement, un Etat au soft power développé sans capacité de se défendre militairement au besoin ne peut être considéré comme puissant. Tout au plus influent, et encore dans des limites évidentes. A l’inverse, un Etat au hard power important pourra réussir des opérations militaires, éviter certains conflits ou imposer ses vues sur la scène internationale pour un temps, mais aura du mal à capitaliser politiquement sur ces «victoires». L’idéal selon Nye ? Assez logiquement, un (savant) mélange de soft et de hard. Du pouvoir « intelligent »: le smart power.

Avec son dernier ouvrage, The Future of Power, Joseph Nye ne révolutionne pas sa réflexion sur le pouvoir. On pourrait même dire qu’il se contente de la récapituler et de se livrer à un (intéressant) exercice de prospective… Dans une première partie, il exprime longuement sa vision du pouvoir dans les relations internationales (chapitre 1) et s’attache ensuite à différencier pouvoir militaire (chapitre 2), économique (chapitre 3) et, bien sûr, soft power (chapitre 4). La seconde partie de l’ouvrage porte quant à elle sur le futur du pouvoir (chapitre 5), en particulier à l’aune du «cyber» (internet, cyber war et cyber attaques étatiques ou provenant de la société civile, etc.). Dans son 6e chapitre, Joseph Nye en revient, une fois encore, à la question, obsédante, du déclin américain. La littérature qu’il a déjà rédigée sur le sujet ne lui semblant sûrement pas suffisante, Joseph Nye reprend donc son bâton de pèlerin pour nous expliquer que non, décidément, les Etats-Unis sont loin d’être en déclin.

Vers la fin des hégémonies

Et il n’y va pas par quatre chemins: la fin de l’hégémonie américaine ne signifie en rien l’abrupte déclin de cette grande puissance qui s’affaisserait sous propre poids, voire même chuterait brutalement. La fin de l’hégémonie des Etats-Unis est tout simplement celle du principe hégémonique, même s’il reste mal défini. Il n’y aura plus de Rome, c’est un fait. Cette disparation de ce principe structurant des relations internationales est la conséquence de la revitalisation de la sphère internationale qui a fait émerger de nouveaux pôles de puissance concurrents des Etats-Unis. De puissants Etats commencent désormais à faire entendre leur voix sur la scène mondiale, à l’image du Brésil, du Nigeria ou encore de la Corée du sud, quand d’autres continuent leur marche forcée vers la puissance comme la Chine, le Japon et l’Inde. Malgré cette multipolarité, le statut prééminent des Etats-Unis n’est pas en danger. Pour Joseph Nye, un déclassement sur l’échiquier n’est même pas une possibilité envisageable et les différentes théories du déclin américain nous apprendraient davantage sur la psychologie collective que sur des faits tangibles à venir. «Un brin de pessimisme est simplement très américain»[3] ose même ironiser l’auteur.

Même la Chine ne semble pas, selon lui, en mesure d’inquiéter réellement les Etats-Unis. L’Empire du milieu ne s’édifiera pas en puissance hégémonique, à l’instar des immenses empires des siècles passés. Selon lui, la raison principale en est la compétition asiatique interne, principalement avec le Japon. Ainsi, « une Asie unie n’est pas un challenger plausible pour détrôner les Etats-Unis »[4] affirme-t-ilLes intérêts chinois et japonais, s’ils se recoupent finalement entre les ennemis intimes, ne dépasseront pas les antagonismes historiques entre les deux pays et la Chine ne pourra projeter l’intégralité de sa puissance sur le Pacifique, laissant ainsi une marge de manœuvre aux Etats-Unis.

Cette réflexion ne prend cependant pas en compte la dimension involontaire d’une union, par exemple culturelle à travers les cycles d’influence mis en place par la culture mondialisée[5]. Enfin, la Chine devra composer avec d’autres puissances galopantes, telle l’Inde. Et tous ces facteurs ne permettront pas à la Chine, selon Joseph Nye, d’assurer une transition hégémonique à son profit. Elle défiera les Etats-Unis sur le Pacifique, mais ne pourra prétendre porter l’opposition sur la scène internationale.

De la stratégie de puissance au XXIe siècle

Si la fin des alternances hégémoniques, et tout simplement de l’hégémonie, devrait s’affirmer comme une constante nouvelle des relations internationales, le XXIe siècle ne modifiera pas complètement la donne en termes des ressources et formes de la puissance. La fin du XXe siècle a déjà montré la pluralité de ses formes, comme avec le développement considérable du soft power via la culture mondialisée, et les ressources, exceptées énergétiques, sont pour la plupart connues. Désormais, une grande puissance sera de plus en plus définie comme telle par la bonne utilisation, et non la simple possession, de ses ressources et vecteurs d’influence. En effet, «trop de puissance, en termes de ressources, peut être une malédiction plus qu’un bénéfice, si cela mène à une confiance excessive et des stratégies inappropriées de conversion de la puissance».[6]

De là naît la nécessité pour les Etats, et principalement les Etats-Unis, de définir une véritable stratégie de puissance, de smart power. En effet, un Etat ne doit pas faire le choix d’une puissance, mais celui de la puissance dans sa globalité, sous tous ses aspects et englobant l’intégralité de ses vecteurs. Ce choix de maîtriser sa puissance n’exclue pas le recours aux autres nations. L’heure est à la coopération, voire à la copétition, et non plus au raid solitaire sur la sphère internationale. Même les Etats-Unis ne pourront plus projeter pleinement leur puissance sans maîtriser les organisations internationales et régionales, ni même sans recourir aux alliances bilatérales ou multilatérales. Ils sont voués à montrer l’exemple en assurant l’articulation politique de la multipolarité. Pour ce faire, les Etats-Unis devront aller de l’avant en conservant une cohésion nationale, malgré les déboires de la guerre en Irak, et en améliorant le niveau de vie de leur population, notamment par la réduction de la mortalité infantile. Cohésion et niveau de vie sont respectivement vus par l’auteur comme les garants d’un hard et d’un soft power durables. A contrario, l’immigration, décriée par différents observateurs comme une faiblesse américaine, serait une chance pour l’auteur car elle est permettrait à la fois une mixité culturelle et la propagation de l’american dream auprès des populations démunies du monde entier.

En face, la Chine, malgré sa forte population, n’a pas la chance d’avoir de multiples cultures qui s’influencent les unes les autres pour soutenir son influence culturelle. Le soft power américain, lui, a une capacité de renouvellement inhérente à l’immigration de populations, tout en s’appuyant sur «[des] valeurs [qui] sont une part intrinsèque de la politique étrangère américaine»[7].

Ces valeurs serviront notamment à convaincre les « Musulmans mondialisés » («Mainstream Muslims») de se ranger du côté de la démocratie, plutôt que d’Etats islamistes. De même, malgré les crises économiques et les ralentissements, l’économie américaine, si elle ne sert pas de modèle, devra rester stable au niveau de sa production, de l’essor de l’esprit d’entreprise et surtout améliorer la redistribution des richesses sur le territoire. Ces enjeux amèneront «les Etats-Unis [à]redécouvrir comment être une puissance intelligente»(p.234).

Le futur du pouvoir selon Joseph Nye

L’ouvrage de Joseph Nye, s’il apporte des éléments nouveaux dans la définition contemporaine de la puissance, permet également d’entrevoir le point de vue d’un Américain -et pas n’importe lequel…- sur le futur des relations internationales. L’auteur a conscience que:

«Le XXIe siècle débute avec une distribution très inégale [et bien évidemment favorable aux Etats-Unis] des ressources de la puissance»[8]

Pour autant, il se montre critique envers la volonté permanente de contrôle du géant américain. Certes, les forces armées et l’économie restent une nécessité pour la projection du hard power, mais l’époque est à l’influence. Et cette influence, si elle est en partie culturelle, s’avère être aussi politique et multilatérale. Le soft power prend du temps dans sa mise-en-œuvre, notamment lorsqu’il touche aux valeurs politiques, telle la démocratie. Ce temps long est gage de réussite, pour Joseph Nye, à l’inverse des tentatives d’imposition par Georges Bush Junior, qui n’avait pas compris que  les nobles causes peuvent avoir de terribles conséquences.

Dans cette quête pour la démocratisation et le partage des valeurs américaines, la coopération interétatique jouera un rôle central. Pour lui, les Etats-Unis sont non seulement un acteur majeur, mais ont surtout une responsabilité directe dans le développement du monde. La puissance doit, en effet, permettre de lutter pour ses intérêts, tout en relevant les grands défis du XXIe siècle communs à tous, comme la gestion de l’islam politique et la prévention des catastrophes économiques, sanitaires et écologiques. Les Etats-Unis vont ainsi demeurer le coeur du système international et, Joseph Nye d’ajouter:

«penser la transition de puissance au XXIe siècle comme la conséquence d’un déclin des Etats-unis est inexact et trompeur […] L’Amérique n’est pas en absolu déclin, et est vouée à rester plus puissant que n’importe quel autre Etat dans les décennies à venir»[9]

Comment dès lors résumer le futur des relations internationales selon Joseph Nye? Les Etats-Unis ne déclineront pas, la Chine ne les dépassera pas, des Etats s’affirmeront sur la scène mondiale et le XXIe siècle apportera son lot d’enjeux sans pour autant mettre à mal le statut central des Etats-Unis dans la coopération internationale. Dès lors, à en croire l’auteur, le futur de la puissance ne serait-il pas déjà derrière nous?

1 — Naissance et déclin des grandes puissances, Payot, 1989

2 — Soft Power: The Means to Success in World Politics, Public Affairs, 2004, p. 5

3 — « A strand of cultural pessimism is simply very American » (p.156)

4 — « an allied Asia is not a plausible candidate to be the challenger that displaces the United-States » (p.166)

5 — Fregonese, Pierre-William, La hallyu coréenne ou l’opportunité d’un soft power asiatique, La Nouvelle Revue Géopolitique, n.122, août 2013

6 — « too much power (in terms of resources) can be a curse, rather than a benefit, if it leads to overconfidence and inappropriate strategies for power conversion » (p.207)

7 —« values are an intrinsic part of American foreign policy » (p.218)

8 — « The twenty-firt century began with a very unequal distribution of power resources » (p.157)

9 — « describing power transition in the twenty-first century as an issue of American decline is inaccurate and misleading […] America is not in absolute decline, and it is likely to remain more powerful than any single state in the coming decades ». (p.203)

 Voir aussi:

Power

Softly does it

The awesome influence of Oxbridge, One Direction and the Premier League

The Economist

Jul 18th 2015

HOW many rankings of global power have put Britain at the top and China at the bottom? Not many, at least this century. But on July 14th an index of “soft power”—the ability to coax and persuade—ranked Britain as the mightiest country on Earth. If that was unexpected, there was another surprise in store at the foot of the 30-country index: China, four times as wealthy as Britain, 20 times as populous and 40 times as large, came dead last.

Diplomats in Beijing won’t lose too much sleep over the index, compiled by Portland, a London-based PR firm, together with Facebook, which provided data on governments’ online impact, and ComRes, which ran opinion polls on international attitudes to different countries. But the ranking gathered some useful data showing where Britain still has outsized global clout.

Britain scored highly in its “engagement” with the world, its citizens enjoying visa-free travel to 174 countries—the joint-highest of any nation—and its diplomats staffing the largest number of permanent missions to multilateral organisations, tied with France. Britain’s cultural power was also highly rated: though its tally of 29 UNESCO World Heritage sites is fairly ordinary, Britain produces more internationally chart-topping music albums than any other country, and the foreign following of its football is in a league of its own (even if its national teams are not). It did well in education, too—not because of its schools, which are fairly mediocre, but because its universities are second only to America’s, attracting vast numbers of foreign students.

Britain fared least well on enterprise, mainly because it spends a feeble 1.7% of GDP on research and development (South Korea, which came top, spends 4%). And the quality of its governance was deemed ordinary, partly because of a gender gap that is wider than that of most developed countries, as measured by the UN. Governance was the category that sank undemocratic China, whose last place was sealed by a section dedicated to digital soft-power—tricky to cultivate in a country that restricts access to the web. The political star of social media, according to the index, is Narendra Modi, India’s prime minister, whose Facebook page generates twice as many comments, shares and thumbs-ups as that of Barack Obama.

The index will cheer up Britain’s government, which has lately been accused of withdrawing from the world. But many of the assets that pushed Britain to the top of the soft-power table are in play. In the next couple of years the country faces a referendum on its membership of the EU; a slimmer role for the BBC, its prolific public broadcaster; and a continuing squeeze on immigration, which has already made its universities less attractive to foreign students. Much of Britain’s hard power was long ago given up. Its soft power endures—for now.

Voir également:

The U.S. Jumps to the Top of the World’s ‘Soft Power’ Index

Fortune

June 14, 2016

In an interview on Fox News on Monday, Donald Trump suggested that President Barack Obama was either weak, dumb, or nefarious, saying, “Look, we’re led by a man that either is not tough, not smart, or he’s got something else in mind.”

But President Obama’s work over the last eight years to reposition the U.S. as more diplomatic and less belligerent seems to be paying some dividends, at least according to a survey released today by the London PR firm Portland in partnership with Facebook.

In the Soft Power 30 report, an annual ranking of countries on their ability to achieve objectives through attraction and persuasion instead of coercion, the U.S. leapfrogged the U.K. and Germany to claim the top spot, while Canada, under its popular and photogenic new Prime Minister Justin Trudeau, jumped France to claim fourth place.

Based on a theory of global political power developed by Joseph Nye, a Harvard political science professor, the survey uses both polling and digital data to rank countries on more than 75 metrics gathered under the three pillars of soft power: political values, culture, and foreign policy.

According to survey author Jonathan McClory, the U.S.’s jump to the top spot had a lot to do with the fact that President Obama’s last year as Commander-in-Chief was “a busy one for diplomatic initiatives.”

“The President managed to complete his long-sought Iran Nuclear Deal, made progress on negotiating free trade agreements with partners across the Oceans Atlantic and Pacific, and re-established diplomatic relations with Cuba after decades of trying to isolate the Communist Caribbean Island. These major soft power plays have paid dividends for perceptions of the U.S. abroad,” the author wrote.

The report also praised U.S. contributions in the digital world, via Facebook FB 0.81% , Twitter TWTR 0.11% , and the like, and the fact that it has more universities in the global top 200 than any other country.

The report did admit that U.S.’s rise was a bit odd, though, at least under current circumstances.

“America topping the rankings this year is perhaps a strange juxtaposition to Donald Trump, the presumptive Republican presidential nominee, currently threatening to tear up long-held, bi-partisan principles of American foreign policy—like ending the U.S.’s stated commitment to nuclear non-proliferation,” the author wrote.

The U.K.’s slip from the top spot seemed to have more to do with U.S. strength than its own weakness. “The U.K. continues to boast significant advantages in its soft power resources,” the report notes. Indeed, U.K. Prime Minister David Cameron cited last year’s No. 1 ranking in the report as proof of his country’s international influence, the Financial Times reports.

But, the survey adds, Brexit could have devastating effects: “No other country rivals the U.K.’s diverse range of memberships in the world’s most influential organisations. In this context, a risk exists that the U.K.’s considerable soft power clout would be significantly diminished should it vote to leave the European Union.”

The ranking includes several surprising countries, like Russia (27th place). “With its annual military parades and occasional encroachments into European air and naval space, soft power might not spring to mind when thinking about the Russian Federation,” McClory writes. But, the report notes, Russia’s investment in the global, multilingual TV channel RT, as well as its diplomatic work in Syria, seem to be paying dividends.

Argentina climbed onto the list in the 30th and final spot, spurred by optimism that new, reform-minded President Mauricio Macri would further integrate it into the global diplomatic community. It was the only Latin American country other than Brazil to make the list.

 

It’s All About the Elizabeths

TIME

From Australia to Trinidad and Tobago, Queen Elizabeth II’s portrait has graced the currencies of 33 different countries — more than that of any other individual. Canada was the first to use the British monarch’s image, in 1935, when it printed the 9-year-old Princess on its $20 notes. Over the years, 26 different portraits of Elizabeth have been used in the U.K. and its current and former colonies, dominions and territories — most of which were commissioned with the direct purpose of putting them on banknotes. However, some countries, such as Rhodesia (now Zimbabwe), Malta and Fiji, used already existing portraits. The Queen is frequently shown in formal crown-and-scepter attire, although Canada and Australia prefer to depict her in a plain dress and pearls. And while many countries update their currencies to reflect the Queen’s advancing age, others enjoy keeping her young. When Belize redesigned its currency in 1980, it selected a portrait that was already 20 years old.

Voir de même:

The Portraits of Queen Elizabeth II
… as they appear on World Banknotes
Elizabeth Alexandra Mary of the House of Windsor has been Queen of the United Kingdom since 1952, when she succeeded her father, King George VI, to the throne. Queen Elizabeth II, as the head of the Commonwealth of Nations, is also Head of State to many countries in the Commonwealth. Although She remains Head of State to many countries, over the years many member nations of the Commonwealth have adopted constitutions whereby The Queen is no longer Head of State.

Queen Elizabeth’s portrait undoubtedly appeared more often on the banknotes of Great Britain’s colonies, prior to the colonies gaining independence and the use of her portrait is not as common as it once was. However, there are a number of nations who retain her as Head of State and she is still portrayed on the banknotes of numerous countries. The Queen has been depicted on the banknotes of thirty-three issuing authorities, as well as on an essay prepared for Zambia. The countries and issuing authorities that have used portraits of The Queen are (in alphabetical order):Australia
Bahamas
Belize
Bermuda
British Caribbean Territories
British Honduras
Canada
Cayman Islands
Ceylon
Cyprus
East African Currency Board
East Caribbean States
Falkland Islands
Fiji
Gibraltar
Great Britain (Bank of England)
Guernsey
Hong Kong
Isle of Man
Jamaica
Jersey
Malaya and North Borneo
Malta
Mauritius
New Zealand
Rhodesia and Nyasaland
Rhodesia
Saint Helena
Scotland (Royal Bank of Scotland)
Seychelles
Solomon Islands
Southern Rhodesia
Trinidad and Tobago
Zambia (essay only)

Arguably, there is some duplication in this list, depending on how it is viewed. Should British Honduras and Belize be counted as one issuing authority? If not, then perhaps Belize should be broken into ‘Government of Belize’, ‘Monetary Authority of Belize’ and ‘Central Bank of Belize’. Similar arguments can be made for the amalgamation of British Caribbean Territories and the East Caribbean States, or for splitting Southern Rhodesia into ‘Southern Rhodesia Currency Board’ and ‘Central Africa Currency Board’. Such decisions can be made by collectors for their own reference, but this list of countries should satisfy most collectors.

In total, there have been twenty-six portraits used on the various banknotes bearing the likeness of Queen Elizabeth. This study identifies the twenty-six individual portraits that have been used and also identifies the numerous varieties of the engravings, which are based on the portraits. The varieties of portraits on the banknotes are due, in the main, to different engravers, but there are some varieties due to different photographs from a photographic session being selected by different printers or issuing authorities.

The list that follows this commentary identifies the twenty-six portraits, the photographer or artist responsible for the portrait (where possible), and the date the portrait was executed. Portraits used on the banknotes come from one of several sources. Most are official photographs that are distributed regularly by Buckingham Palace for use in the media and in public places. Some of the portraits have been especially commissioned, usually by the issuing authority, although, in the case of the two paintings adapted for use on the notes (Portraits 9 and 19), it was not the issuing authority that commissioned the paintings. In the case of the portraits used by the Bank of England, a number of the portraits have been drawn by artists without specific reference to any single portrait.

It is interesting to observe that many portraits of Her Majesty have been used some years after they were originally executed. There is often a delay in presenting a portrait on a banknote that is to be issued to the public, because of the time required to produce a note from the design stage. Therefore, it is unusual to see a portrait appear on a banknote in less than two years after the original portrait was executed.

However, some portraits are introduced onto banknotes many years after they were taken. Portrait 9, which is based on the famous painting by Pietro Annigoni, was completed in 1955 but did not appear on a banknote until 1961. The last countries to introduce this portrait to their notes were the Seychelles and Fiji, who placed the portrait on their 1968 issues. Similarly, Portrait 17 was taken at the time of Her Majesty’s Silver Jubilee in 1977 and made its first appearance on the notes of New Zealand in 1981, but it was only introduced to the notes of the Cayman Islands in 1991. Perhaps the longest delay in using a portrait belongs to Belize. Portrait 13 was taken in 1960 and first used on the New Zealand banknotes in 1967, which is in itself a reasonable delay. Belize introduced the image to its banknotes in 1980, some twenty years after the portrait was taken.

Apart from the portrait of Queen Elizabeth as a young girl on the Canadian 20-dollar notes of 1935, the earliest portrait used on the banknotes is Portrait 6, which appears on the Canadian notes issued in 1954. The portrait used for the Canadian notes was taken in 1951 when Elizabeth was yet to accede to the throne. Undoubtedly there was a touch of nationalism is the choice of the portrait, as the photographer, Yousuf Karsh, was a Canadian. Karsh was born in Turkish Armenia but found himself working in Quebec at the age of sixteen for his uncle, who was a portrait photographer. Karsh became one of the great portrait photographers of the twentieth century and took numerous photographs of The Queen, although this is his only portrait of Her Majesty to appear on a banknote.

Portrait 6 is particularly famous because the original engraving of The Queen, which appeared on the 1954 Canadian issues, showed a ‘devil’s head’ in her hair. After causing some embarrassment to the Bank of Canada, the image was re-engraved and the notes reprinted. Notes with the modified portrait appeared from 1955.

While there have been some very famous photographers to have taken The Queen’s portrait, Dorothy Wilding is the photographer to have taken most portraits for use on world banknotes. Wilding had been a court photographer for King George VI and many of the images of the King that can be found on banknotes, coins and postage stamps throughout the Commonwealth were copied from her photographs. On the accession of Queen Elizabeth, Wilding was granted the same duty by the new monarch. Shortly after Elizabeth became Queen many photographs of the new monarch were taken by Wilding. These photographs were required for images that could be used on coins, stamps, banknotes and for official portraits that could be hung in offices and public places.

In her autobiography, In Pursuit of Perfection, Wilding says of the images she created:
‘Of all the stamps of Queen Elizabeth II reproduced from my photographs, I think the two most outstanding are the one-cent North Borneo, and our own little everyday 2½d. It is interesting to see that the Group of Fiji Islanders have chosen to use for some of their stamps the head taken from the full length portrait of Annigoni … and for the others, one of my standard portraits which have been commonly used throughout the Colonial stamp issue of the present reign.’
From her description of the postage stamps, it is possible that Wilding was unaware her images were also being used on banknotes. The image on the North Borneo stamp, preferred by Wilding, is very similar to Portrait 3 but taken at a slightly different angle. The image on the English 2½d stamp is similarly akin to Portrait 4.

Anthony Buckley was another prolific photographer of The Queen, and his work is well represented in the engravings of Her Majesty on the banknotes. An English photographer, most of Buckley’s portraits were taken in the 1960s and 1970s. His work has also been adapted for use on numerous postage stamps throughout the world.

One of the interesting aspects to the portraits of Queen Elizabeth, which appear on world banknotes, is the style of portrait chosen by each issuing authority. How does each issuing authority wish to portray The Queen? Some of the portraits are formal, showing The Queen as a regal person, and some show her in relatively informal dress. While most issuing authorities have chosen to show The Queen in formal attire, the Bank of Canada has always shown The Queen without any formal regalia and always without a tiara. It has been suggested that this may be due to a desire to appease the French elements of Canada.

Australia originally opted to show Her Majesty in formal attire. Portrait 5 shows a profile of The Queen wearing the State Diadem and Portrait 12 shows Her Majesty in the Regalia of the Order of the Garter. When preparations were being made to commission a portrait for the introduction of decimal currency into Australia, the Chairman of the Currency Note Design Group advised that, for the illustration of The Queen (Portrait 12), the ‘General effect [is] to be regal, rather than « domestic » …’ However, the most recent portrait used on Australian banknotes (Portrait 21) shows The Queen in informal attire, perhaps even displaying a touch of ‘domesticity’. This is possibly a reflection of changing attitudes to the monarchy in Australia.

While Canada and Australia may opt to use informal images of The Queen, most issuing authorities continue to depict Her Majesty regally. In many portraits she is depicted wearing the Regalia of the Order of the Garter. In other portraits she is often dressed formally, wearing Her Royal Family Orders. In most portraits she is wearing some of her famous jewellery. In the following descriptions of the portraits, various tiaras, diadems, necklaces and jewellery worn by Her Majesty are described, although not all items have been identified.

Of interest, in the following descriptions, are the differences observed in the same portraits engraved by different security printers. In several instances the same portrait has been use by different security printers and the rendition of the portrait is noticeably variant for the notes prepared by the different companies. Portrait 4 gives a good example of the different renditions of the Dorothy Wilding portrait by Bradbury Wilkinson, Thomas De La Rue, Waterlow and Sons, and Harrisons.

Another example can be seen in Portrait 16, which is used on banknotes issued by Canada and the Solomon Islands. In the engraving used by the Solomon Islands, prepared by Thomas De La Rue, The Queen looks severe, but on the Canadian notes prepared by the British American Bank Note Company and by the Canadian Bank Note Company there is a suggestion of a smile. The Canadian notes achieve the difference by including a subtle shaded area on Her Majesty’s left cheek, just to the right of her mouth.

While there have been thirty-three issuing authorities to have prepared banknotes bearing The Queen’s portrait (excluding the Zambian essay), Fiji has used the most number of portraits, being six in total. Three issuing authorities have used five portraits: the Bank of England, Bermuda, and Canada.

The following list of portraits is ordered by the date on which the banknotes, on which the portraits appear, were first released into circulation, rather than the date on which the portraits were executed. Where the portrait was used by more than one issuing authority, the list of issuing authorities is ordered by the date on which the authority first used the portrait. Next to each issuing authority are the reference numbers from the Standard Catalog of World Paper Money (SCWPM, Volume 2, Ninth Edition and Volume 3, Eighth Edition) that indicate those notes of the issuing authority which bear the portrait.

Voir de plus:

Queen Elizabeth II has, of course, been pictured on British currency for much of her reign, but she has also appeared on the money of various British Commonwealth states and Crown dependencies. With such a long reign and so many nations issuing money with her image on it over the years, there are enough banknote portraits to construct a sort of aging timeline for the Queen. The age given below for each portrait is her age when the picture was made, which is not always the same as the year the banknote was issued (more information can be found at this interesting site maintained by international banknote expert Peter Symes). Here is Elizabeth through the years, on money.

1. Canada, 20 dollars, age 8

Navonanumis

She was just a princess then. Her picture appeared on Canadian banknotes long before anything issued by the Bank of England.

2. Canada, 1 dollar, age 25

Lithograving

From a portrait taken by a Canadian photographer the year before she ascended the throne.

3.  Jamaica, 1 pound, age 26

Numismondo

Newly queen.

4. Mauritius, 5 rupees, age 29

CollectionPpyowb

From a painting commissioned in the 1950s by the Worshipful Company of Fishmongers, for Fishmongers’ Hall in London.

5. Cayman Islands, 100 dollars, age 34

Downies

Here she’s wearing the Russian style Kokoshnik tiara.

6. Australia, 1 dollar, age 38

Leftover Currency

Not long after this portrait was taken, she would meet the Beatles.

7. St. Helena, 5 pounds, age 40

MeBankNotes

Perfecting the art of looking casual while wearing bling.

8. Isle of Man, 50 pounds, age 51

Leftover Currency

More bling for this portrait from her Silver Jubilee.

9. Jersey, 1 pound, age 52

Leftover Currency

Wisdom, experience, soulful eyes.

10. Australia 5 dollars, age 58

Currency Guide

The confidence to go casual.

11. New Zealand, 20 dollars, age 60

1kpmr.com

Not the most flattering one. The green tint doesn’t help.

12. Gibraltar, 50 pounds, age 66

Leftover Currency

Silver hair and shiny diamonds. From a photograph taken at Buckingham Palace.

13. Fiji, 5 dollars, age 73

BanknoteWorld

More silver hair, more shiny diamonds, and not so much smoothing of the wrinkles.

14. Jersey, 100 pounds, age 78

Downies

Face lined, eyes sparkly. She is looking right at you, and she looks good.

15. Canada, 20 dollars, age 85

GDC.net

Back to Canada, where it all began, and where they like their Queen a bit laid back.