Présidence Trump: Attention, une faute peut en cacher une autre (Twitter president: That a New York billionaire almost alone grasped how red-state America truly thought, talked and acted will remain one of the astonishing ironies of American political history)

18 mars, 2017
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A working class hero is something to be. John Lennon
Aux États-Unis, les plus opulents citoyens ont bien soin de ne point s’isoler du peuple ; au contraire, ils s’en rapprochent sans cesse, ils l’écoutent volontiers et lui parlent tous les jours. Ils savent que les riches des démocraties ont toujours besoin des pauvres et que, dans les temps démocratiques, on s’attache le pauvre par les manières plus que par les bienfaits. La grandeur même des bienfaits, qui met en lumière la différence des conditions, cause une irritation secrète à ceux qui en profitent; mais la simplicité des manières a des charmes presque irrésistibles : leur familiarité entraîne et leur grossièreté même ne déplaît pas toujours. Ce n’est pas du premier coup que cette vérité pénètre dans l’esprit des riches. Ils y résistent d’ordinaire tant que dure la révolution démocratique, et ils ne l’abandonnent même point aussitôt après que cette révolution est accomplie. Ils consentent volontiers à faire du bien au peuple ; mais ils veulent continuer à le tenir à distance. Ils croient que cela suffit ; ils se trompent. Ils se ruineraient ainsi sans réchauffer le coeur de la population qui les environne. Ce n’est pas le sacrifice de leur argent qu’elle leur demande; c’est celui de leur orgueil. Tocqueville
J’appelle stratégies de condescendance ces transgressions symboliques de la limite qui permettent d’avoir à la fois les profits de la conformité à la définition et les profits de la transgression : c’est le cas de l’aristocrate qui tape sur la croupe du palefrenier et dont on dira «  Il est simple », sous-entendu, pour un aristocrate, c’est-à-dire un homme d’essence supérieure, dont l’essence ne comporte pas en principe une telle conduite. (…) Le consacré condescendant choisit délibérément de passer la ligne ; il a le privilège des privilèges, celui qui consiste à prendre des libertés avec son privilège. Pierre  Bourdieu
Il faut inscrire dans la théorie le principe réel des stratégies, c’est-à-dire le sens pratique ou, si l’on préfère, ce que les sportifs appellent le sens du jeu, comme maîtrise pratique de la logique ou de la nécessité immanente d’un jeu qui s’acquiert par l’expérience du jeu et qui fonctionne en deçà de la conscience et du discours (à la façon par exemple des techniques du corps). (…) Mais on peut refuser de voir dans la stratégie le produit d’un programme inconscient sans en faire le produit d’un calcul conscient et rationnel. Elle est le produit du sens pratique comme sens du jeu, d’un jeu social particulier, historiquement défini, qui s’acquiert dès l’enfance en participant aux activités sociales, notamment (…) aux jeux enfantins. Le bon joueur, qui est en quelque sorte le jeu fait homme, fait à chaque instant ce qui est à faire, ce que demande et exige le jeu. Cela suppose une invention permanente, indispensable pour s’adapter à des situations indéfiniment variées, jamais parfaitement identiques. Ce que n’assure pas l’obéissance mécanique à la règle explicite, codifiée (quand elle existe). (…) On voit qu’il n’y a pas à poser le problème en termes de spontanéité et de contrainte, de liberté et de nécessité, d’individu et de social. L’habitus comme sens du jeu est le jeu social incorporé, devenu nature. Rien n’est plus libre ni plus contraint à la fois que l’action du bon joueur. Il se trouve tout naturellement à l’endroit où la balle va tomber, comme si la balle le commandait, mais, par là, il commande à la balle. Pierre Bourdieu (1985)
Rien n’illustre mieux la liberté extraordinaire que donne à l’émetteur une conjonction de facteurs favorisants, que le phénomène de l’hypocorrection. Inverse de l’hypercorrection, phénomène caractéristique du parler petit-bourgeois, l’hypocorrection n’est possible que parce que celui qui transgresse la règle (Giscard par exemple lorsqu’il n’accorde pas le participe passé avec le verbe avoir) manifeste par ailleurs, par d’autres aspects de son langage, la prononciation par exemple, et aussi par tout ce qu’il est, par tout ce qu’il fait, qu’il pourrait parler correctement. Pierre Bourdieu 
C’est une chose que Weber dit en passant dans son livre sur le judaïsme antique : on oublie toujours que le prophète sort du rang des prêtres ; le Grand Hérésiarque est un prophète qui va dire dans la rue ce qui se dit normalement dans l’univers des docteurs. Bourdieu
Samedi 31 décembre, François Hollande prononçait depuis l’Élysée ses derniers vœux présidentiels. Comme il est d’usage lorsque le chef de l’État prend la parole, le compte Twitter de l’Élysée a relayé les phrases les plus importantes du discours en direct. Sauf que le community manager (la personne en charge des réseaux sociaux) du Président l’a fait avec une foultitude de fautes d’orthographes. Ainsi « je me rendrais » au lieu de « rendrai » pour exprimer le futur ; « vous avez tenu bons » avec un « s » en trop ; « le socle et là » au lieu de « est » ; « la France a un rang et des valeurs a défendre » (sans accent sur le « à ») ; « c’est vous qui auraient le dernier mot », pour « aurez ». Le Lab Europe 1
A toutes les équipes de l’École de Gendarmerie de Tulle, mille mercis pour votre engagement aux côtés de nos personnels de l’Éducation. Votre expertise, votre professionalisme impressionnant nous sont plus que précieux. Amitiés. Najat Vallaud-Belkacem
J’adresse mes plus chaleureuses félicitations au Paris Saint Germain qui a fait rêvé notre jeunesse. Najat Vallaud-Belkacem
La brutalité de la droite extrême vêtue d’une parka aussi rouge que le gros rouge qui tâche, voilà ce qui attend le pays. Najat Vallaud-Belkacem
Twitter users are the least literate of the internet users we looked at, with 0.56% of words on the network being either misspelled or otherwise unofficial, perhaps due to its stricter character limit. Americans tend to deviate slightly more than those based in the UK, with the Brits at 0.53% and the USA at the global average of 0.56%. Interestingly, tweeters have been getting increasingly literate over the past few years, getting 0.01% more literate each year since 2011 – is this a result of increased adoption of auto-correcting devices perchance? Females are more likely to deviate too, using unofficial language every 169 words, whereas males do it once every 192. The fairer gender are also responsible for elongating words like arghhh, awwww, soooo and ahhh much more than males, who instead prefer to shorten them to things like gonna, wanna and kinda. The most common form of ‘error’ is the exclusion of apostrophes, resulting in words like im, wont, cant, theres, hes, womens and parents. The second most frequent deviation was the usage of acronyms, the widest used of which was LOL, followed by WTF, LMAO, YOLO, OMG and FFS. In terms of the actual words that are misspelled, here are the favourites: definitely separate embarrass achieve surprise weird government argument. Brandwatch
Bosses regularly complain about the poor literacy standards among school leavers, whose written English in applications forms and CVs can be shocking. The research uses examples such as one applicant stating: ‘I wont to work wiv you’re company.’ Others regularly confuse the words ‘to’ and ‘too’, such as: ‘I’d like too work with you’, while asking whether job ‘oppurtunities’ are ‘avalible’ at the company. Others sign their letters with several kisses, showing an inappropriate level of friendliness with a potential boss who they have never met. Tracy Newby, head of English at Ringmer Community College in East Sussex, said helping her students to learn good spelling and grammar involves a ‘fight’ with social media. She said: ‘Social media has a massive impact on students every day. The Daily Telegraph
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme ans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Obama (2008)
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
Nous avons gagné chez les évangélistes. Nous avons gagné avec les jeunes. Avec les vieux. Avec les diplômés de l’enseignement supérieur. Avec ceux qui sont peu diplômés. J’aime ceux qui sont peu diplômés. Donald Trump
Sorry losers and haters, but my I.Q. is one of the highest -and you all know it! Please don’t feel so stupid or insecure, it’s not your fault. Donald Trump (2013)
I’m much smarter than them. I think I have a much higher IQ. I think I went to a better college — better everything. Donald Trump
Maybe if these elites-pretending-not-to-be-elites deigned to talk to some knowledgeable elites in government once in a while, they might emerge from the distorted, belligerent, dystopian, Darwinian, cracked-mirror world that is alarming Americans and our allies. They might even stop ripping off the working-class people they claim to be helping. Maureen Dowd
I was in Doha last week, and a Sudanese woman approached me to explain how desperate she felt about the fact that her son, at school in the United States, now felt unable to travel to see her. He was afraid that if he left he might not be allowed back. In lots of small and not-so-small ways, the mean, militaristic mind of the American president has come to inhabit people’s lives. If a budget can be a portrait of a soul, then this president’s is arid and shriveled. It is filled with contempt for the needy. Here is a man dismissive of the arts, the environment, the humanities, diplomacy, peacekeeping, science, public education and civilian national service — in short, civilization itself. If he could defund goodness he would. Charity is also ripe for the ax. Creativity needs skewering. Giving is weakness. All that counts are acquisitive instinct, walls and bans (of the kind that keep mother and son apart), displays of power, and the frisson of selective cruelty that lay behind his successful TV show. Everyone is now Donald Trump’s apprentice, at least as he sees it. In Doha, at The New York Times “Art for Tomorrow” conference, I met the artist Christo. This was before rumors that Trump wants to cut all funding to the National Endowment for the Arts were confirmed. It’s been a particularly hard couple of months for Christo. He knows all about walls. He knows all about being a refugee. As a young man in the 1950s, he fled communist Bulgaria, then part of the totalitarian Soviet imperium. When the Berlin Wall went up in 1961, he made a wall of oil barrels on the Rue Visconti in Paris. From 1964 to 1967, he lived as an illegal immigrant in New York with his late wife Jeanne-Claude, before getting a green card and becoming a citizen in 1973. By the time America opened its arms to him, he had been stateless for 17 years. Freedom meant something. The United States was more than a country; it was an idea. (…) For more than two decades, Christo has labored to create a work called “Over the River” in Colorado — a canopy of silvery fabric that was to have been suspended for two weeks over 42 miles of the Arkansas River, a flowing, billowing liquid mirror. But now, after spending some $15 million, he has walked away in perhaps the biggest single act of protest by an artist against Donald Trump. Much of the land is federally owned. As Christo explained to my colleague Randy Kennedy earlier this year, “The federal government is our landlord. They own the land. I can’t do a project that benefits this landlord.” In Doha, Christo, who is 81, refused to sit down. Defiance is part of him. To live freely is an immense act of will. For an hour he spoke with irrepressible vitality. Eat little, he counseled, in order to channel energy (in his case yogurt with garlic for breakfast, then nothing until dinner). Decide what you want — that is the most difficult part — and then apply yourself without compromise to that end. (…) The only use I can imagine for Trump’s grotesque wall is for Christo to wrap it and set us free. Roger Cohen
It’s bizarre that Trump, who has bragged about his MBA from the University of Pennsylvania, is now lumping himself in with the « poorly educated. »But it’s true that the more educated Republicans are, the less likely they are to warm up to him. According to exit polls, Trump won Nevada voters without a high school degree with 57 percent of the vote. He won voters with some college with 49 percent of the vote. He won college graduates with 42 percent of the vote. And among those with a postgraduate degree, his share was only 37 percent. Vox
Trump did graduate from the Wharton School of business at the University of Pennsylvania, an Ivy League college. But Trump did not get an MBA from Wharton; he has a much less prestigious undergraduate degree. He was a transfer student who arrived at Wharton after two years at Fordham University, which U.S. News & World Report currently ranks 66th among national universities. (Besides, simply going to an Ivy League school doesn’t prove you’re a genius.) Gwenda Blair, in her 2001 book “The Trumps,” said that Trump’s grades at Fordham were just “respectable” and that he got into Wharton mainly because he had an interview with an admissions officer who had been a high school classmate of his older brother. And Wharton’s admissions team surely knew that Trump was from one of New York’s wealthiest families. For years, numerous media reports said Trump graduated first in his class from Wharton, but that’s wrong. The 1968 commencement program does not list him as graduating with any sort of honors. In fact, the Boston Globe reported that he barely made an impression at all: “His former classmates said he seemed a student who spoke up a lot but rarely shined in class, who barely participated in campus activities, shunned fraternity parties.” 
He’s done so well with these people with who are high school educated, and I don’t mean this in a demeaning way at all, but it’s the fact, and the more blue collar workers who really are the heart of America and they think finally somebody is speaking for them but the truth is he is not for them not in his real life and that needs to be highlighted. (…) It doesn’t seem like he can be beaten at this point because he not only has all these poll figures in his favor but he has the momentum. The momentum is not only moving with him but ahead of him because people are still excited to see Donald Trump, if for the show if nothing else. (…)  you can’t keep saying he’s not a conservative because no one really cares about that apparently. They’re not driven by ideological arguments; they’re driven by their emotional feel that he’s on their team which is another joke. What they can do is make a very clear case how Donald Trump has crushed the little man on his way to larger and taller monuments to himself. Kathleen Parker (Washington Post)
Les gens  attendaient  Trump  et  son  discours franc, qui dit les choses comme elles sont et qui promet de défendre les intérêts du peuple.  Il  ne  tourne  pas  autour  du  pot  et c’est ça qu’on aime. (…)  et même si Trump ne le sait pas,  je  suis  persuadé  qu’il  a  été  envoyé par Dieu pour réparer ce pays et lui rendre  sa  grandeur  !  Le  système  est  corrompu,  nous  devons  revenir  aux  fondamentaux  :  les  valeurs  américaines,  le travail, le respect. Obama  est  allé  s’excuser  autour  du  monde, et  résultat,  personne  ne  nous  respecte. Cela va changer. Kelly Lee (électeur)
Les choses vont changer avec Trump car ce  n’est  pas  un  politicien,  il  ne  doit rien à cette élite qui vit entre elle depuis si longtemps. Mike Costello (électeur)
Les médias sont en embuscade, mais nous ne sommes pas inquiets parce que le peuple a vraiment vu le vrai visage partisan  de  ces  médias.  Trump  ne  se  laissera pas  faire.  Au  début  j’ai  été  choquée  de voir   son   usage   de   Twitter   car   je   suis conservatrice. Mais maintenant, je comprends.  Il  déjouera  leurs  plans  et  dira aux gens ce qu’il pense vraiment s’ils déforment    ses    propos. Nous avons besoin de lois. Aujourd’hui, les  gardes-frontières  n’ont  pas  le  droit d’arrêter les illégaux et laissent des villes sanctuaires  les  protéger  sans  la  moindre sanction.  Est-ce  normal  ?  La  presse  dit que c’est raciste de penser ce que je vous dis,   mais   c’est   ridicule   !   Nous   serions donc devenus une nation de racistes par- ce   que   nous   ne   sommes   pas   d’accord avec  ce   laxisme ? Annette (électrice)
Ce  qui  nous  plaît   chez Trump, c’est qu’il ne doit rien à personne. Il est milliardaire mais il accepte de faire  ce  job  pour  sauver  le  pays.  Il  n’en   avait pas besoin. C’est son atout. Car il va  pouvoir  se  concentrer  sur  l’essentiel,  au   lieu de penser à être réélu.  Obama  s’est  trop  excusé, nous devons montrer notre force. Nous espérons  que  Trump  sera  le  Reagan  de   notre  génération. James Mack (ouvrier machiniste de Pennsylvanie)
It’s not just visual: In interview after interview in all corners of the state, I’ve found that Trump’s support across the ideological spectrum remains strong. Democrats, Republicans, independents, people who have not voted in presidential elections for years — they have not wavered in their support. Two components of these voters’ answers and profiles remain consistent: They are middle-class, and they do not live in a big city. They are suburban to rural and are not poor — an element I found fascinating, until a Gallup survey last week confirmed that what I’ve gathered in interviews is more than just freakishly anecdotal. The Gallup analysis, based on 87,000 interviews over the past year, shows that while economic anxiety and Trump’s appeal are intertwined, his supporters for the most part do not make less than average Americans (not those in New York City or Washington, perhaps, but their Main Street peers) and are less likely to be unemployed. The study backs up what many of my interviews across the state found — that these people are more concerned about their children and grandchildren. While Trump supporters here are overwhelmingly white, their support has little to do with race (yes, you’ll always find one or two who make race the issue) but has a lot to do with a perceived loss of power. Not power in the way that Washington or Wall Street board rooms view power, but power in the sense that these people see a diminishing respect for them and their ways of life, their work ethic, their tendency to not be mobile (many live in the same eight square miles that their father’s father’s father lived in). Thirty years ago, such people determined the country’s standards in entertainment, music, food, clothing, politics, personal values. Today, they are the people who are accused of creating every social injustice imaginable; when anything in society fails, they get blamed. The places where they live lack economic opportunities for the next generation; they know their children and grandchildren will never experience the comfortable situations they had growing up — surrounded by family who lived next door, able to find a great job without going to college, both common traits among many successful small-business owners in the state. These Trump supporters are not the kind you find on Twitter saying dumb or racist things; many of them don’t have the time or the patience to engage in social media because they are too busy working and living life in real time. These are voters who are intellectually offended watching the Affordable Care Act crumble because they warned six years ago that it was an unworkable government overreach. They are the same people who wonder why President Obama has not taken a break from a week of golfing to address the devastating floods in Louisiana. (As one woman told me, “It appears as if he only makes statements during tragedies if there is political gain attached.”) Voice such a remark, and you risk being labeled a racist in many parts of America. The Joe-Six-Pack stereotype of a Trump supporter was not created in a vacuum; it’s real and it’s out there. Yet, if you dig down deep into the Gallup survey — or, better yet, take a drive 15 minutes outside of most cities in America — you will learn a different story. That is, if you look and listen. Salena Zito
America is coming apart. For most of our nation’s history, whatever the inequality in wealth between the richest and poorest citizens, we maintained a cultural equality known nowhere else in the world—for whites, anyway. (…) But t’s not true anymore, and it has been progressively less true since the 1960s. People are starting to notice the great divide. The tea party sees the aloofness in a political elite that thinks it knows best and orders the rest of America to fall in line. The Occupy movement sees it in an economic elite that lives in mansions and flies on private jets. Each is right about an aspect of the problem, but that problem is more pervasive than either political or economic inequality. What we now face is a problem of cultural inequality. When Americans used to brag about « the American way of life »—a phrase still in common use in 1960—they were talking about a civic culture that swept an extremely large proportion of Americans of all classes into its embrace. It was a culture encompassing shared experiences of daily life and shared assumptions about central American values involving marriage, honesty, hard work and religiosity. Over the past 50 years, that common civic culture has unraveled. We have developed a new upper class with advanced educations, often obtained at elite schools, sharing tastes and preferences that set them apart from mainstream America. At the same time, we have developed a new lower class, characterized not by poverty but by withdrawal from America’s core cultural institutions. (…) Why have these new lower and upper classes emerged? For explaining the formation of the new lower class, the easy explanations from the left don’t withstand scrutiny. It’s not that white working class males can no longer make a « family wage » that enables them to marry. The average male employed in a working-class occupation earned as much in 2010 as he did in 1960. It’s not that a bad job market led discouraged men to drop out of the labor force. Labor-force dropout increased just as fast during the boom years of the 1980s, 1990s and 2000s as it did during bad years. (…) As I’ve argued in much of my previous work, I think that the reforms of the 1960s jump-started the deterioration. Changes in social policy during the 1960s made it economically more feasible to have a child without having a husband if you were a woman or to get along without a job if you were a man; safer to commit crimes without suffering consequences; and easier to let the government deal with problems in your community that you and your neighbors formerly had to take care of. But, for practical purposes, understanding why the new lower class got started isn’t especially important. Once the deterioration was under way, a self-reinforcing loop took hold as traditionally powerful social norms broke down. Because the process has become self-reinforcing, repealing the reforms of the 1960s (something that’s not going to happen) would change the trends slowly at best. Meanwhile, the formation of the new upper class has been driven by forces that are nobody’s fault and resist manipulation. The economic value of brains in the marketplace will continue to increase no matter what, and the most successful of each generation will tend to marry each other no matter what. As a result, the most successful Americans will continue to trend toward consolidation and isolation as a class. Changes in marginal tax rates on the wealthy won’t make a difference. Increasing scholarships for working-class children won’t make a difference. The only thing that can make a difference is the recognition among Americans of all classes that a problem of cultural inequality exists and that something has to be done about it. That « something » has nothing to do with new government programs or regulations. Public policy has certainly affected the culture, unfortunately, but unintended consequences have been as grimly inevitable for conservative social engineering as for liberal social engineering. The « something » that I have in mind has to be defined in terms of individual American families acting in their own interests and the interests of their children. Doing that in Fishtown requires support from outside. There remains a core of civic virtue and involvement in working-class America that could make headway against its problems if the people who are trying to do the right things get the reinforcement they need—not in the form of government assistance, but in validation of the values and standards they continue to uphold. The best thing that the new upper class can do to provide that reinforcement is to drop its condescending « nonjudgmentalism. » Married, educated people who work hard and conscientiously raise their kids shouldn’t hesitate to voice their disapproval of those who defy these norms. When it comes to marriage and the work ethic, the new upper class must start preaching what it practices. Charles Murray
We’re in the midst of a rebellion. The bottom and middle are pushing against the top. It’s a throwing off of old claims and it’s been going on for a while, but we’re seeing it more sharply after New Hampshire. This is not politics as usual, which by its nature is full of surprise. There’s something deep, suggestive, even epochal about what’s happening now. I have thought for some time that there’s a kind of soft French Revolution going on in America, with the angry and blocked beginning to push hard against an oblivious elite. It is not only political. Yes, it is about the Democratic National Committee, that house of hacks, and about a Republican establishment owned by the donor class. But establishment journalism, which for eight months has been simultaneously at Donald Trump’s feet (“Of course you can call us on your cell from the bathtub for your Sunday show interview!”) and at his throat (“Trump supporters, many of whom are nativists and nationalists . . .”) is being rebelled against too. Their old standing as guides and gatekeepers? Gone, and not only because of multiplying platforms. (…) All this goes hand in hand with the general decline of America’s faith in its institutions. We feel less respect for almost all of them—the church, the professions, the presidency, the Supreme Court. The only formal national institution that continues to score high in terms of public respect (72% in the most recent Gallup poll) is the military (…) we are in a precarious position in the U.S. with so many of our institutions going down. Many of those pushing against the system have no idea how precarious it is or what they will be destroying. Those defending it don’t know how precarious its position is or even what they’re defending, or why. But people lose respect for a reason. (…) It’s said this is the year of anger but there’s a kind of grim practicality to Trump and Sanders supporters. They’re thinking: Let’s take a chance. Washington is incapable of reform or progress; it’s time to reach outside. Let’s take a chance on an old Brooklyn socialist. Let’s take a chance on the casino developer who talks on TV. In doing so, they accept a decline in traditional political standards. You don’t have to have a history of political effectiveness anymore; you don’t even have to have run for office! “You’re so weirdly outside the system, you may be what the system needs.” They are pouring their hope into uncertain vessels, and surely know it. Bernie Sanders is an actual radical: He would fundamentally change an economic system that imperfectly but for two centuries made America the wealthiest country in the history of the world. In the young his support is understandable: They have never been taught anything good about capitalism and in their lifetimes have seen it do nothing—nothing—to protect its own reputation. It is middle-aged Sanders supporters who are more interesting. They know what they’re turning their backs on. They know they’re throwing in the towel. My guess is they’re thinking something like: Don’t aim for great now, aim for safe. Terrorism, a world turning upside down, my kids won’t have it better—let’s just try to be safe, more communal. A shrewdness in Sanders and Trump backers: They share one faith in Washington, and that is in its ability to wear anything down. They think it will moderate Bernie, take the edges off Trump. For this reason they don’t see their choices as so radical. (…) The mainstream journalistic mantra is that the GOP is succumbing to nativism, nationalism and the culture of celebrity. That allows them to avoid taking seriously Mr. Trump’s issues: illegal immigration and Washington’s 15-year, bipartisan refusal to stop it; political correctness and how it is strangling a free people; and trade policies that have left the American working class displaced, adrift and denigrated. Mr. Trump’s popularity is propelled by those issues and enabled by his celebrity. (…) Mr. Trump is a clever man with his finger on the pulse, but his political future depends on two big questions. The first is: Is he at all a good man? Underneath the foul mouthed flamboyance is he in it for America? The second: Is he fully stable? He acts like a nut, calling people bimbos, flying off the handle with grievances. Is he mature, reliable? Is he at all a steady hand? Political professionals think these are side questions. “Let’s accuse him of not being conservative!” But they are the issue. Because America doesn’t deliberately elect people it thinks base, not to mention crazy. Peggy Noonan
In 1978, the eminent sociologist William Julius Wilson argued confidently that class would soon displace race as the most important social variable in American life. As explicit legal barriers to minority advancement receded farther into the past, the fates of the working classes of different races would converge. By the mid 2000s, Wilson’s thesis looked pretty good: The black middle class was vibrant and growing as the average black wealth nearly doubled from 1995 to 2005. Race appeared to lose its salience as a political predictor: More and more blacks were voting Republican, reversing a decades-long trend, and in 2004 George W. Bush collected the highest share of the Latino (44 percent) vote of any Republican ever and a higher share of the Asian vote (43 percent) than he did in 2000. Our politics grew increasingly ideological and less racial: Progressives and the beneficiaries of a generous social-welfare state generally supported the Democratic party, while more prosperous voters were more likely to support Republicans. Stable majorities expressed satisfaction with the state of race relations. It wasn’t quite a post-racial politics, but it was certainly headed in that direction. But in the midst of the financial crisis of 2007, something happened. Both the white poor and the black poor began to struggle mightily, though for different reasons. And our politics changed dramatically in response. It’s ironic that the election of the first black president marked the end of our brief flirtation with a post-racial politics. By 2011, William Julius Wilson had published a slight revision of his earlier thesis, noting the continued importance of race. The black wealth of the 1990s, it turned out, was built on the mirage of house values. Inner-city murder rates, which had fallen for decades, began to tick upward in 2015. In one of the deadliest mass shootings in recent memory, a white supremacist murdered nine black people in a South Carolina church. And the ever-present antagonism between the police and black Americans — especially poor blacks whose neighborhoods are the most heavily policed — erupted into nationwide protests. Meanwhile, the white working class descended into an intense cultural malaise. Prescription-opioid abuse skyrocketed, and deaths from heroin overdoses clogged the obituaries of local papers. In the small, heavily white Ohio county where I grew up, overdoses overtook nature as the leading cause of death. A drug that for so long was associated with inner-city ghettos became the cultural inheritance of the southern and Appalachian white: White youths died from heroin significantly more often than their peers of other ethnicities. Incarceration and divorce rates increased steadily. Perhaps most strikingly, while the white working class continued to earn more than the working poor of other races, only 24 percent of white voters believed that the next generation would be “better off.” No other ethnic group expressed such alarming pessimism about its economic future. And even as each group struggled in its own way, common forces also influenced them. Rising automation in blue-collar industries deprived both groups of high-paying, low-skill jobs. Neighborhoods grew increasingly segregated — both by income and by race — ensuring that poor whites lived among poor whites while poor blacks lived among poor blacks. As a friend recently told me about San Francisco, Bull Connor himself couldn’t have designed a city with fewer black residents. Predictably, our politics began to match this new social reality. In 2012, Mitt Romney collected only 27 percent of the Latino vote. Asian Americans, a solid Republican constituency even in the days of Bob Dole, went for Obama by a three-to-one margin — a shocking demographic turn of events over two decades. Meanwhile, the black Republican became an endangered species. Republican failures to attract black voters fly in the face of Republican history. This was the party of Lincoln and Douglass. Eisenhower integrated the school in Little Rock at a time when the Dixiecrats were the defenders of the racial caste system.(…) For many progressives, the Sommers and Norton research confirms the worst stereotypes of American whites. Yet it also reflects, in some ways, the natural conclusions of an increasingly segregated white poor. (…) The reality is not that black Americans enjoy special privileges. In fact, the overwhelming weight of the evidence suggests that the opposite is true. Last month, for instance, the brilliant Harvard economist Roland Fryer published an exhaustive study of police uses of force. He found that even after controlling for crime rates and police presence in a given neighborhood, black youths were far likelier to be pushed, thrown to the ground, or harassed by police. (Notably, he also found no racial disparity in the use of lethal force.) (…) Getting whipped into a frenzy on conspiracy websites, or feeling that distant, faceless elites dislike you because of your white skin, doesn’t compare. But the great advantages of whiteness in America are invisible to the white poor, or are completely swallowed by the disadvantages of their class. The young man from West Virginia may be less likely to get questioned by Yale University police, but making it to Yale in the first place still requires a remarkable combination of luck and skill. In building a dialogue around “checking privilege,” the modern progressive elite is implicitly asking white America — especially the segregated white poor — for a level of social awareness unmatched in the history of the country. White failure to empathize with blacks is sometimes a failure of character, but it is increasingly a failure of geography and socialization. Poor whites in West Virginia don’t have the time or the inclination to read Harvard economics studies. And the privileges that matter — that is, the ones they see — are vanishing because of destitution: the privilege to pay for college without bankruptcy, the privilege to work a decent job, the privilege to put food on the table without the aid of food stamps, the privilege not to learn of yet another classmate’s premature death. (…) Because of this polarization, the racial conversation we’re having today is tribalistic. On one side are primarily white people, increasingly represented by the Republican party and the institutions of conservative media. On the other is a collection of different minority groups and a cosmopolitan — and usually wealthier — class of whites. These sides don’t even speak the same language: One side sees white privilege while the other sees anti-white racism. There is no room for agreement or even understanding. J. D. Vance
Est-ce le plus beau cadeau qu’Hillary Clinton ait fait à son adversaire ? En traitant “la moitié” des électeurs de Trump de “basket of deplorables”, Hillary a donné à l’équipe Trump un nouveau slogan de campagne : Les Deplorables (en français sur l’affiche avec le “e” sans accent, et aussi sur les t-shirts, sur les pots à café, dans la salle, etc.) ; avec depuis hier une affiche empruntée au formidable succès de scène de 2012 à Broadway Les Misérables (avec le “é” accentué, ou Les Mis’, tout cela en français sur l’affiche et sur la scène), et retouchée à la mesure-Trump (drapeau US à la place du drapeau français, bannière avec le nom de Trump). Grâce soit rendue à Hillary, le mot a une certaine noblesse et une signification à la fois, – étrangement, – précise et sophistiqué, dont le sens négatif peut aisément être retourné dans un contexte politique donné (le mot lui-même a, également en anglais, un sens négatif et un sens positif), surtout avec la référence au titre du livre de Hugo devenu si populaire aux USA depuis 2012…  L’équipe Trump reprend également la chanson-standard de la comédie musicale “Do You Hear the People Sing”, tout cela à partir d’une idée originale d’un partisan de Trump, un artiste-graphiste qui se désigne sous le nom de Keln : il a réalisé la composition graphique à partir de l’affiche des Misérables et l’a mise en ligne en espérant qu’elle serait utilisée par Trump. Depuis quelques jours déjà, les partisans de Trump se baptisent de plus en plus eux-mêmes Les Deplorables (comme l’on disait il y a 4-5 ans “les indignés”) et se reconnaissent entre eux grâce à ce mot devenu porte-drapeau et slogan et utilisé sur tous les produits habituels (“nous sommes tous des Deplorables”, comme d’autres disaient, dans le temps, “Nous sommes tous des juifs allemands”). De l’envolée de Clinton, – dont elle s’est excusée mais sans parvenir à contenir l’effet “déplorable” pour elle, ni l’effet-boomerang comme on commence à le mesurer, –nous écrivions ceci le 15 septembre : « L’expression (“panier” ou “paquet de déplorables”), qui qualifie à peu près une moitié des électeurs de Trump, est assez étrange, sinon arrogante et insultante, voire sophistiquée et devrait être très en vogue dans les salons progressistes et chez les milliardaires d’Hollywood ; elle s’accompagne bien entendu des autres qualificatifs classiques formant le minimum syndical de l’intellectuel-Système, dits explicitement par Hillary, de “racistes”, xénophobes”, et ajoutons comme sous-entendus “crétins absolus” ou bien “sous-hommes”, et ajoutons encore implicitement “irrécupérables” et de la sorte “à liquider” ou à envoyer en camp de rééducation ou plutôt à l’asile, comme l’éclairé Bacri conseille de faire avec Zemmour. » Récupéré par les électeurs de Trump eux-mêmes puis par l’équipe Trump, le slogan peu résonner comme un cri de révolte qui pourrait donner un formidable rythme et un atout considérable de communication à la campagne du candidat républicain. Philippe Grasset
Hillary Clinton’s comment that half of Donald Trump’s supporters are “racist, sexist, homophobic, xenophobic, Islamophobic”—a heck of a lot of phobia for anyone to lug around all day—puts back in play what will be seen as one of the 2016 campaign’s defining forces: the revolt of the politically incorrect. They may not live at the level of Victor Hugo’s “Les Misérables,” but it was only a matter of time before les déplorables—our own writhing mass of unheard Americans—rebelled against the intellectual elites’ ancien régime of political correctness. (…) Mrs. Clinton’s (…) dismissal, at Barbra Streisand’s LGBT fundraiser, of uncounted millions of Americans as deplorables had the ring of genuine belief. Perhaps sensing that public knowledge of what she really thinks could be a political liability, Mrs. Clinton went on to describe “people who feel that the government has let them down, the economy has let them down, nobody cares about them . . . and they’re just desperate for change.” She is of course describing the people in Charles Murray’s recent and compelling book on cultural disintegration among the working class, “Coming Apart: The State of White America, 1960-2010.” This is indeed the bedrock of the broader Trump base. Mrs. Clinton is right that they feel the system has let them down. There is a legitimate argument over exactly when the rising digital economy started transferring income away from blue-collar workers and toward the “creative class” of Google and Facebook employees, no few of whom are smug progressives who think the landmass seen from business class between San Francisco and New York is pocked with deplorable, phobic Americans. Naturally, they’ll vote for the status quo, which is Hillary. But in the eight years available to Barack Obama to do something about what rankles the lower-middle class—white, black or brown—the non-employed and underemployed grew. A lot of them will vote for Donald Trump because they want a radical mid-course correction. (…) The progressive Democrats, a wholly public-sector party, have disconnected from the realities of the private economy, which exists as a mysterious revenue-producing abstraction. Hillary’s comments suggest they now see much of the population has a cultural and social abstraction. (…) Donald Trump’s appeal, in part, is that he cracks back at progressive cultural condescension in utterly crude terms. Nativists exist, and the sky is still blue. But the overwhelming majority of these people aren’t phobic about a modernizing America. They’re fed up with the relentless, moral superciliousness of Hillary, the Obamas, progressive pundits and 19-year-old campus activists. Evangelicals at last week’s Values Voter Summit said they’d look past Mr. Trump’s personal résumé. This is the reason. It’s not about him. The moral clarity that drove the original civil-rights movement or the women’s movement has degenerated into a confused moral narcissism. (…) It is a mistake, though, to blame Hillary alone for that derisive remark. It’s not just her. Hillary Clinton is the logical result of the Democratic Party’s new, progressive algorithm—a set of strict social rules that drives politics and the culture to one point of view. (…) Her supporters say it’s Donald Trump’s rhetoric that is “divisive.” Just so. But it’s rich to hear them claim that their words and politics are “inclusive.” So is the town dump. They have chopped American society into so many offendable identities that only a Yale freshman can name them all. If the Democrats lose behind Hillary Clinton, it will be in part because America’s les déplorables decided enough of this is enough. Bret Stephens
Il n’y a évidemment que des coups à prendre – et ils sont nombreux – lorsque l’on dénonce les discours alarmistes qui visent l’Amérique de Donald J. Trump.  Mais, contrairement aux chiens de garde de BFMTV, la Rédaction de Marianne ne « dégage » pas ceux qui font entendre une voix dissonante (un cas de « délit d’opinion » s’y est produit ces jours derniers), ce qui est tout à l’honneur de Delphine Legouté et Renaud Dely, en particulier, mais également de TSF Jazz et Radio Nova qui ont régulièrement donné la parole à l’auteur de ce blog qui existe depuis mars 2012. La démocratie à l’épreuve du verbe est tout ce que ceux qui se revendiquent du camp des « progressistes » redoutent. L’histoire n’est pas nouvelle. Ceux qui se paient de mots et veulent censurer les mots des autres n’ont rien de différents de ces gens qui se rendent le dimanche à la messe et sont, pour quelques un, des salauds hors les murs de l’église ou trop souvent, des intolérants, et de ces autres dont Montaigne disait qu’ils «envoyent leur conscience au bordel, et tiennent leur contenance en règle». Le tout, c’est de conserver un langage agréable à l’oreille, d’afficher des convictions à vous faire croire que certains humains naissent naturellement purs de tout instinct grisâtre et de toute idée injuste et surtout, de défendre la belle idée plutôt que l’action qui elle, comporte toujours sa part de risque et d’échec. Les centaines de milliers de personnes qui viennent de défiler, aux Etats-Unis et à travers le monde, pour crier leur opposition voire leur haine contre le 45ème président des Etats-Unis sont tout à fait en droit de revendiquer, mais que revendiquent-ils au juste ? Ils disent s’opposer à la violence, et la chanteuse Madonna porte leur voix en disant qu’elle a pensé à « faire exploser la Maison-Blanche ». Ils veulent la paix dans le monde et ne se sont pas lancés dans les rues pour demander à « leur » président, Barack Obama, de traiter la montée de l’Etat Islamique et l’effondrement de la société syrienne avec le sérieux nécessaire. Ils demandent le respect vis-à-vis des immigrants mais on ne les a vu nulle part pour s’opposer à la plus grande vague d’expulsions jamais organisée et qui a marqué les deux mandats de Barack Obama, sans compter le travail des fameuses brigades « ICE », en charge de la traque des illégaux. On ne les a jamais vus, non plus, le long des 1300 kilomètres de mur déjà construit à la frontière avec le Mexique. Ils n’ont pas organisé de « sittings » géants pour demander la fin des exécutions capitales ou la grâce de Snowden, Manning ou Bregham. Pire : les « millennials », ainsi que l’on appelle les plus jeunes, ou les Afro-Américains, ont boudé les urnes et ont fait défaut à la candidate démocrate Hillary Clinton le 8 novembre. Ce sont les mêmes qui scandent « Trump n’est pas mon président ». Les femmes ? Offusquées, scandalisées par les propos et les attitudes de Trump, oui, mais leur colère date t-elle de son apparition dans le paysage politique américain ? Et cette colère, dont on ne sait plus ni les contours ni les messages tant ils sont portés par une rage totale, quelle est sa finalité, quelle mesure, quel changement, au juste, peuvent l’apaiser ? On ne sait plus. (…) Comment expliquer tant de frustrations, de colères, de fureurs, au terme de huit années de pouvoir d’un homme aussi célébré que Barack Obama ? On lui impute soudain mille législations et actions positives, alors que l’on dénonçait, hier encore, l’obstruction systématique des Républicains – élus, soit dit en passant, lors des élections intermédiaires – à toutes ses entreprises. On s’attaque à un système électoral que personne ne change depuis sa mise en place et que l’on ne dénonce pas quand il profite à son camp. On annonce une guerre totale contre l’administration Trump lorsqu’hier, on s’en prenait au manque d’esprit bipartite du camp républicain. Tout cela est incohérent. Toute cette séquence, en réalité, est de pure rhétorique. Certes, dans nos pays européens, à l’exception de l’Angleterre, où l’expression publique est bornée par des lois visant à contenir certains outrages, Donald J. Trump se serait exposé à de nombreuses plaintes sinon condamnations. Mais quelle ironie que de voir les Américains, qui vénèrent la liberté d’expression totale et méprisent nos entraves à cette liberté, s’émouvoir soudain des débordements de M. Trump. Le puritanisme américain a encore de beaux jours devant lui. C’est le même qui préside au sentiment de bien faire, d’exporter la démocratie dans le monde, tout en pilotant des drones meurtriers ou en fabriquant de futurs terroristes dans des geôles à Guantanamo ou ailleurs : l’important, c’est de faire les choses avec une bonne intention, de ne pas en parler et d’avoir bonne conscience, bref, de garder son exquise politesse. C’est au nom de cet état d’esprit que l’Amérique – et le monde – célèbre toujours un John Fitzgerald-Kennedy quand bien-même ce dernier fut le premier président autorisant fin août 1961, le premier usage du Napalm sur les paysans vietnamiens. Ce n’est pas une affaire strictement américaine : la France et son Indochine, avec son discours sur la patrie des droits de l’Homme et ses Sangatte, n’a pas de leçon à donner aux Yankees. Tout comme l’époque est au ricanement, comme le dit fort justement Alain Finkielkraut, tout comme l’époque est au souriant antisémitisme ou la célébration de tout ce qui est jeune, femme ou de couleur dans le camp des prétendu « progressistes », elle l’est au déni. Désormais, chaque action, chaque signature du nouveau président américain fera résonner le monde de colère et de condamnation, et la politique américaine va se résumer à un vaste complot visant à l’abattre et avec lui, son administration. C’est cela, désormais, la démocratie, la lutte des gens « bien » contre les méchants et les imbéciles. Le problème, c’est que les gens bien se plaignent de tout ce qu’ils on fait et n’ont pas fait lorsqu’ils en avaient le pouvoir, pour le reprocher à ceux auxquels il a été confié. Une histoire de fou. Stéphane Trano 
Le génie Trump a vu que la classe politique était un tigre de papier et que le pays était en colère. En prenant la main sur un parti politique américain majeur en tant qu’outsider, il a fait quelque chose de jamais vu, et c’est lui qui devrait gagner. Conrad Black
The furor of ignored Europeans against their union is not just directed against rich and powerful government elites per se, or against the flood of mostly young male migrants from the war-torn Middle East. The rage also arises from the hypocrisy of a governing elite that never seems to be subject to the ramifications of its own top-down policies. The bureaucratic class that runs Europe from Brussels and Strasbourg too often lectures European voters on climate change, immigration, politically correct attitudes about diversity, and the constant need for more bureaucracy, more regulations, and more redistributive taxes. But Euro-managers are able to navigate around their own injunctions, enjoying private schools for their children; generous public pay, retirement packages and perks; frequent carbon-spewing jet travel; homes in non-diverse neighborhoods; and profitable revolving-door careers between government and business. The Western elite classes, both professedly liberal and conservative, square the circle of their privilege with politically correct sermonizing. They romanticize the distant “other” — usually immigrants and minorities — while condescendingly lecturing the middle and working classes, often the losers in globalization, about their lack of sensitivity. On this side of the Atlantic, President Obama has developed a curious habit of talking down to Americans about their supposedly reactionary opposition to rampant immigration, affirmative action, multiculturalism, and political correctness — most notably in his caricatures of the purported “clingers” of Pennsylvania. Yet Obama seems uncomfortable when confronted with the prospect of living out what he envisions for others. He prefers golfing with celebrities to bowling. He vacations in tony Martha’s Vineyard rather than returning home to his Chicago mansion. His travel entourage is royal and hardly green. And he insists on private prep schools for his children rather than enrolling them in the public schools of Washington, D.C., whose educators he so often shields from long-needed reform. In similar fashion, grandees such as Facebook billionaire Mark Zuckerberg and Univision anchorman Jorge Ramos do not live what they profess. They often lecture supposedly less sophisticated Americans on their backward opposition to illegal immigration. But both live in communities segregated from those they champion in the abstract. The Clintons often pontificate about “fairness” but somehow managed to amass a personal fortune of more than $100 million by speaking to and lobbying banks, Wall Street profiteers, and foreign entities. The pay-to-play rich were willing to brush aside the insincere, pro forma social-justice talk of the Clintons and reward Hillary and Bill with obscene fees that would presumably result in lucrative government attention. Consider the recent Orlando tragedy for more of the same paradoxes. The terrorist killer, Omar Mateen — a registered Democrat, proud radical Muslim, and occasional patron of gay dating sites — murdered 49 people and wounded even more in a gay nightclub. His profile and motive certainly did not fit the elite narrative that unsophisticated right-wing American gun owners were responsible because of their support for gun rights. No matter. The Obama administration and much of the media refused to attribute the horror in Orlando to Mateen’s self-confessed radical Islamist agenda. Instead, they blamed the shooter’s semi-automatic .223 caliber rifle and a purported climate of hate toward gays. (…) In sum, elites ignored the likely causes of the Orlando shooting: the appeal of ISIS-generated hatred to some young, second-generation radical Muslim men living in Western societies, and the politically correct inability of Western authorities to short-circuit that clear-cut connection. Instead, the establishment all but blamed Middle America for supposedly being anti-gay and pro-gun. In both the U.S. and Britain, such politically correct hypocrisy is superimposed on highly regulated, highly taxed, and highly governmentalized economies that are becoming ossified and stagnant. The tax-paying middle classes, who lack the romance of the poor and the connections of the elite, have become convenient whipping boys of both in order to leverage more government social programs and to assuage the guilt of the elites who have no desire to live out their utopian theories in the flesh. Victor Davis Hanson
Barack Obama is the Dr. Frankenstein of the supposed Trump monster. If a charismatic, Ivy League-educated, landmark president who entered office with unprecedented goodwill and both houses of Congress on his side could manage to wreck the Democratic Party while turning off 52 percent of the country, then many voters feel that a billionaire New York dealmaker could hardly do worse. If Obama had ruled from the center, dealt with the debt, addressed radical Islamic terrorism, dropped the politically correct euphemisms and pushed tax and entitlement reform rather than Obamacare, Trump might have little traction. A boring Hillary Clinton and a staid Jeb Bush would most likely be replaying the 1992 election between Bill Clinton and George H.W. Bush — with Trump as a watered-down version of third-party outsider Ross Perot. But America is in much worse shape than in 1992. And Obama has proved a far more divisive and incompetent president than George H.W. Bush. Little is more loathed by a majority of Americans than sanctimonious PC gobbledygook and its disciples in the media. And Trump claims to be PC’s symbolic antithesis. Making Machiavellian Mexico pay for a border fence or ejecting rude and interrupting Univision anchor Jorge Ramos from a press conference is no more absurd than allowing more than 300 sanctuary cities to ignore federal law by sheltering undocumented immigrants. Putting a hold on the immigration of Middle Eastern refugees is no more illiberal than welcoming into American communities tens of thousands of unvetted foreign nationals from terrorist-ridden Syria. In terms of messaging, is Trump’s crude bombast any more radical than Obama’s teleprompted scripts? Trump’s ridiculous view of Russian President Vladimir Putin as a sort of « Art of the Deal » geostrategic partner is no more silly than Obama insulting Putin as Russia gobbles up former Soviet republics with impunity. Obama callously dubbed his own grandmother a « typical white person, » introduced the nation to the racist and anti-Semitic rantings of the Rev. Jeremiah Wright, and petulantly wrote off small-town Pennsylvanians as near-Neanderthal « clingers. » Did Obama lower the bar for Trump’s disparagements? Certainly, Obama peddled a slogan, « hope and change, » that was as empty as Trump’s « make America great again. » (…) How does the establishment derail an out-of-control train for whom there are no gaffes, who has no fear of The New York Times, who offers no apologies for speaking what much of the country thinks — and who apparently needs neither money from Republicans nor politically correct approval from Democrats? Victor Davis Hanson
In another eerie ditto of his infamous 2008 attack on the supposedly intolerant Pennsylvania “clingers,” Obama returned to his theme that ignorant Americans “typically” become xenophobic and racist: “Typically, when people feel stressed, they turn on others who don’t look like them.” (“Typically” is not a good Obama word to use in the context of racial relations, since he once dubbed his own grandmother a “typical white person.”) Too often Obama has gratuitously aroused racial animosities with inflammatory rhetoric such as “punish our enemies,” or injected himself into the middle of hot-button controversies like the Trayvon Martin case, the Henry Louis Gates melodrama, and the “hands up, don’t shoot” Ferguson mayhem. Most recently, Obama seemed to praise backup 49ers quarterback and multimillionaire Colin Kaepernick for his refusal to stand during the National Anthem, empathizing with Kaepernick’s claims of endemic American racism. (…) Even presidential nominee and former Secretary of State Hillary Clinton is not really defending the Obama administration’s past “red line” in Syria, the “reset” with Vladimir Putin’s Russia, the bombing of Libya, the Benghazi tragedy, the euphemistic rebranding of Islamic terrorism as mere “violent extremism,” the abrupt pullout from (and subsequent collapse of) Iraq, or the Iran nuclear deal that so far seems to have made the theocracy both rich and emboldened. (…) Racial relations in this country seem as bad as they have been in a half-century. (…) Following the Clinton model, a post-presidential Obama will no doubt garner huge fees as a “citizen of the world” — squaring the circle of becoming fabulously rich while offering sharp criticism of the cultural landscape of the capitalist West on everything from sports controversies to pending criminal trials. What, then, is the presidential legacy of Barack Obama? It will not be found in either foreign- or domestic-policy accomplishment. More likely, he will be viewed as an outspoken progressive who left office loudly in the same manner that he entered it — as a critic of the culture and country in which he has thrived. But there may be another, unspoken legacy of Obama, and it is his creation of the candidacy of Donald J. Trump. Trump is running as an angry populist, fueled by the promise that whatever supposed elites such as Obama have done to the country, he will largely undo. Obama’s only legacy seems to be that “hope and change” begat “make America great again.” Victor Davis Hanson
After the election, in liberal, urban America, one often heard Trump’s win described as the revenge of the yahoos in flyover country, fueled by their angry “isms” and “ias”: racism, anti-Semitism, nativism, homophobia, Islamophobia, and so on. Many liberals consoled themselves that Trump’s victory was the last hurrah of bigoted, Republican white America, soon to be swept away by vast forces beyond its control, such as global migration and the cultural transformation of America into something far from the Founders’ vision. As insurance, though, furious progressives also renewed calls to abolish the Electoral College, advocating for a constitutional amendment that would turn presidential elections into national plebiscites. Direct presidential voting would shift power to heavily urbanized areas—why waste time trying to reach more dispersed voters in less populated rural states?—and thus institutionalize the greater economic and cultural clout of the metropolitan blue-chip universities, the big banks, Wall Street, Silicon Valley, New York–Washington media, and Hollywood, Democrat-voting all. Barack Obama’s two electoral victories deluded the Democrats into thinking that it was politically wise to jettison their old blue-collar appeal to the working classes, mostly living outside the cities these days, in favor of an identity politics of a new multicultural, urban America. Yet Trump’s success represented more than simply a triumph of rural whites over multiracial urbanites. More ominously for liberals, it also suggested that a growing minority of blacks and Hispanics might be sympathetic with a “country” mind-set that rejects urban progressive elitism. For some minorities, sincerity and directness might be preferable to sloganeering by wealthy white urban progressives, who often seem more worried about assuaging their own guilt than about genuinely understanding people of different colors. Trump’s election underscored two other liberal miscalculations. First, Obama’s progressive agenda and cultural elitism prevailed not because of their ideological merits, as liberals believed, but because of his great appeal to urban minorities in 2008 and 2012, who voted in solidarity for the youthful first African-American president in numbers never seen before. That fealty wasn’t automatically transferable to liberal white candidates, including the multimillionaire 69-year-old Hillary Clinton. Obama had previously lost most of America’s red counties, but not by enough to keep him from winning two presidential elections, with sizable urban populations in Wisconsin, Michigan, Ohio, and Pennsylvania turning out to vote for the most left-wing presidential candidate since George McGovern. Second, rural America hadn’t fully raised its electoral head in anger in 2008 and 2012 because it didn’t see the Republican antidotes to Obama’s progressive internationalism as much better than the original malady. Socially moderate establishmentarians like the open-borders-supporting John McCain or wealthy businessman Mitt Romney didn’t resonate with the spirit of rural America—at least not enough to persuade millions to come to the polls instead of sitting the elections out. Trump connected with these rural voters with far greater success than liberals anticipated. Urban minorities failed in 2016 to vote en bloc, in their Obama-level numbers; and rural Americans, enthused by Trump, increased their turnout, so that even a shrinking American countryside still had enough clout to win. What is insufficiently understood is why a hurting rural America favored the urban, superrich Trump in 2016 and, more generally, tends to vote more conservative than liberal. Ostensibly, the answer is clear: an embittered red-state America has found itself left behind by elite-driven globalization, battered by unfettered trade and high-tech dislocations in the economy. In some of the most despairing counties, rural life has become a mirror image of the inner city, ravaged by drug use, criminality, and hopelessness. Yet if muscular work has seen a decline in its relative monetary worth, it has not necessarily lost its importance. After all, the elite in Washington and Menlo Park appreciate the fresh grapes and arugula that they purchase at Whole Foods. Someone mined the granite used in their expensive kitchen counters and cut the timber for their hardwood floors. The fuel in their hybrid cars continues to come from refined oil. The city remains as dependent on this elemental stuff—typically produced outside the suburbs and cities—as it always was. The two Palo Altoans at Starbucks might have forgotten that their overpriced homes included two-by-fours, circuit breakers, and four-inch sewer pipes, but somebody somewhere made those things and brought them into their world. In the twenty-first century, though, the exploitation of natural resources and the manufacturing of products are more easily outsourced than are the arts of finance, insurance, investments, higher education, entertainment, popular culture, and high technology, immaterial sectors typically pursued within metropolitan contexts and supercharged by the demands of increasingly affluent global consumers. A vast government sector, mostly urban, is likewise largely impervious to the leveling effects of a globalized economy, even as its exorbitant cost and extended regulatory reach make the outsourcing of material production more likely. Asian steel may have devastated Youngstown, but Chinese dumping had no immediate effect on the flourishing government enclaves in Washington, Maryland, and Virginia, filled with well-paid knowledge workers. Globalization, big government, and metastasizing regulations have enriched the American coasts, in other words, while damaging much of the nation’s interior. Few major political leaders before Trump seemed to care. He hammered home the point that elites rarely experienced the negative consequences of their own ideologies. New York Times columnists celebrating a “flat” world have yet to find themselves flattened by Chinese writers willing to write for a fraction of their per-word rate. Tenured Harvard professors hymning praise to global progressive culture don’t suddenly discover their positions drawn and quartered into four part-time lecturer positions. And senators and bureaucrats in Washington face no risk of having their roles usurped by low-wage Vietnamese politicians. Trump quickly discovered that millions of Americans were irate that the costs and benefits of our new economic reality were so unevenly distributed. As the nation became more urban and its wealth soared, the old Democratic commitment from the Roosevelt era to much of rural America—construction of water projects, rail, highways, land banks, and universities; deference to traditional values; and Grapes of Wrath–like empathy—has largely been forgotten. A confident, upbeat urban America promoted its ever more radical culture without worrying much about its effects on a mostly distant and silent small-town other. In 2008, gay marriage and women in combat were opposed, at least rhetorically, by both Barack Obama and Hillary Clinton in their respective presidential campaigns. By 2016, mere skepticism on these issues was viewed by urban elites as reactionary ignorance. In other words, it was bad enough that rural America was getting left behind economically; adding insult to injury, elite America (which is Democrat America) openly caricatured rural citizens’ traditional views and tried to force its own values on them. Lena Dunham’s loud sexual politics and Beyoncé’s uncritical evocation of the Black Panthers resonated in blue cities and on the coasts, not in the heartland. Only in today’s bifurcated America could billion-dollar sports conglomerates fail to sense that second-string San Francisco 49ers quarterback Colin Kaepernick’s protests of the national anthem would turn off a sizable percentage of the National Football League’s viewing audience, which is disproportionately conservative and middle American. These cultural themes, too, Trump addressed forcefully. In classical literature, patriotism and civic militarism were always closely linked with farming and country life. In the twenty-first century, this is still true. The incubator of the U.S. officer corps is red-state America. “Make America Great Again” reverberated in the pro-military countryside because it emphasized an exceptionalism at odds with the Left’s embrace of global values. Residents in Indiana and Wisconsin were unimpressed with the Democrats’ growing embrace of European-style “soft power,” socialism, and statism—all the more so in an age of European constitutional, financial, and immigration sclerosis. Trump’s slogan unabashedly expressed American individualism; Clinton’s “Stronger Together” gave off a whiff of European socialist solidarity. Trump, the billionaire Manhattanite wheeler-dealer, made an unlikely agrarian, true; but he came across during his presidential run as a clear advocate of old-style material jobs, praising vocational training and clearly enjoying his encounters with middle-American homemakers, welders, and carpenters. Trump talked more on the campaign about those who built his hotels than those who financed them. He could point to the fact that he made stuff, unlike Clinton, who got rich without any obvious profession other than leveraging her office. Give the thrice-married, orange-tanned, and dyed-haired Trump credit for his political savvy in promising to restore to the dispossessed of the Rust Belt their old jobs and to give back to farmers their diverted irrigation water, and for assuring small towns that arriving new Americans henceforth would be legal—and that, over time, they would become similar to their hosts in language, custom, and behavior. Ironically, part of Trump’s attraction for red-state America was his posture as a coastal-elite insider—but now enlisted on the side of the rustics. A guy who had built hotels all over the world, and understood how much money was made and lost through foreign investment, offered to put such expertise in the service of the heartland—against the supposed currency devaluers, trade cheats, and freeloaders of Europe, China, and Japan. Trump’s appeal to the interior had partly to do with his politically incorrect forthrightness. Each time Trump supposedly blundered in attacking a sacred cow—sloppily deprecating national hero John McCain’s wartime captivity or nastily attacking Fox superstar Megyn Kelly for her supposed unfairness—the coastal media wrote him off as a vulgar loser. Not Trump’s base. Seventy-five percent of his supporters polled that his crude pronouncements didn’t bother them. As one grape farmer told me after the Access Hollywood hot-mike recordings of Trump making sexually vulgar remarks had come to light, “Who cares? I’d take Trump on his worst day better than Hillary on her best.” Apparently red-state America was so sick of empty word-mongering that it appreciated Trump’s candor, even when it was sometimes inaccurate, crude, or cruel. Outside California and New York City and other elite blue areas, for example, foreigners who sneak into the country and reside here illegally are still “illegal aliens,” not “undocumented migrants,” a blue-state term that masks the truth of their actions. Trump’s Queens accent and frequent use of superlatives—“tremendous,” “fantastic,” “awesome”—weren’t viewed by red-state America as a sign of an impoverished vocabulary but proof that a few blunt words can capture reality. To the rural mind, verbal gymnastics reveal dishonest politicians, biased journalists, and conniving bureaucrats, who must hide what they really do and who they really are. Think of the arrogant condescension of Jonathan Gruber, one of the architects of the disastrous Obamacare law, who admitted that the bill was written deliberately in a “tortured way” to mislead the “stupid” American voter. To paraphrase Cicero on his preference for the direct Plato over the obscure Pythagoreans, rural Americans would have preferred to be wrong with the blunt-talking Trump than to be right with the mush-mouthed Hillary Clinton. One reason that Trump may have outperformed both McCain and Romney with minority voters was that they appreciated how much the way he spoke rankled condescending white urban liberals. Poorer, less cosmopolitan, rural people can also experience a sense of inferiority when they venture into the city, unlike smug urbanites visiting red-state America. The rural folk expect to be seen as deplorables, irredeemables, and clingers by city folk. My countryside neighbors do not wish to hear anything about Stanford University, where I work—except if by chance I note that Stanford people tend to be condescending and pompous, confirming my neighbors’ suspicions about city dwellers. And just as the urban poor have always had their tribunes, so, too, have rural residents flocked to an Andrew Jackson or a William Jennings Bryan, politicians who enjoyed getting back at the urban classes for perceived slights. The more Trump drew the hatred of PBS, NPR, ABC, NBC, CBS, the elite press, the universities, the foundations, and Hollywood, the more he triumphed in red-state America. Indeed, one irony of the 2016 election is that identity politics became a lethal boomerang for progressives. After years of seeing America reduced to a binary universe, with culpable white Christian males encircled by ascendant noble minorities, gays, feminists, and atheists—usually led by courageous white-male progressive crusaders—red-state America decided that two could play the identity-politics game. In 2016, rural folk did silently in the voting booth what urban America had done to them so publicly in countless sitcoms, movies, and political campaigns. In sum, Donald Trump captured the twenty-first-century malaise of a rural America left behind by globalized coastal elites and largely ignored by the establishments of both political parties. Central to Trump’s electoral success, too, were age-old rural habits and values that tend to make the interior broadly conservative. That a New York billionaire almost alone grasped how red-state America truly thought, talked, and acted, and adjusted his message and style accordingly, will remain one of the astonishing ironies of American political history. Victor Davis Hanson
After his Nevada win, Donald Trump preened and affectionately recounted the numbers that added up to his huge victory. “We won with young. We won with old. We won with highly educated. We won with poorly educated. I love the poorly educated, » he said. My Twitter timeline was splattered as suddenly and thoroughly as a windshield in a Florida downpour. That last sentence was repeated in laughing disbelief. What does Trump think about the poorly educated? A man who might be President just said “I love the poorly educated.” “I love the poorly educated” is the drop-the-mic ending to America’s superpower status. I grew up in New York, and have been unhappily acquainted with Trump’s brand of glitzy racist megalomania for decades. This campaign has distilled and revealed him: liar, misogynist, ableist, xenophobe, wannabe war-mongerer. As the man himself might say, Trump is a terrible candidate and person! Sad! But please, stop the titters and eyerolls about his “poorly educated” line. First, his fans – the Trumpkins – already believe Democrats and journalists are snotty elitists. In this case, the cut-ups are proving the Trumpkins right. What is funny about saying “I love the poorly educated”? Of course Trump loves poorly educated voters. Who else would be asinine enough to buy his tripe? But some of the same people who have been laughing because he said he loves the poorly educated also denounce voter ID laws. Why? They disenfranchise Americans who are disproportionately lower-income workers, minorities — and poorly educated. They denounce the laws because they believe — rightly — that an education is neither necessary nor sufficient for thoughtful democratic participation. Of course, “I love the poorly educated” is ostensibly funny because what politician actually says something like that? Any politician who thought for half a second before speaking would say, “I’m grateful for the support of working class Americans.” But Trump does not tiptoe. That is at least partly because, unlike many of the candidates and most of the media, he actually loves the poorly educated. He is not laughing at them or ignoring them or wishing them away or informing them that they are wrong about what is really best for them. Trumpkins say they love how Trump speaks his mind. Maybe some admire his outspoken bigotry. But maybe others also like the way he talks about them. Straightforwardly. Acceptingly. As a friend tweet-stormed, “If you self-identify as undereducated and feel bad about it…the guy ‘loves’ you (after a fashion) and wants to be greedy for you.” A February 24th poll shows Trump beating Hillary Clinton by 46 to 40 among voters without college degrees in the must-win state of Ohio. Meanwhile, the highly educated scratch their heads and cannot understand why he is not imploding like they keep predicting. Elizabeth Priciutto

Attention: une faute peut en cacher une autre!

Intelligence avec l’ennemi, parties fines avec prostituées, racisme, sexisme, homophobie, fascisme, populisme, folie …

Y a-t-il une accusation qui n’aura pas été formulée contre le président Trump ?

Détournement de fonds publics, recel et complicité d’abus de biens sociaux, manquement aux obligations de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, trafic de décorations, prêts, costumes de luxe …

Ou de ce côté-ci de l’Atlantique une révélation qui n’aura pas été faite contre celui qui dans au moins 30 départements différents

Vient de remporter haut la main – qui en parle ? – le premier tour du nombre de parrainages  ?

Pendant que c’est désormais du côté des dollars de parangons de la liberté et accessoirement fourriers du terrorisme comme le Qatar …

Que nos nouveaux résistants et croisés de l’antifascisme nous envoient désormais leurs missives anti-Trump …

A l’heure où pour disqualifier le choix du peuple

Tous les moyens semblent désormais bons pour nos médias et nos juges …

Comment s’étonner que des médias qui nous avaient vendu comme intellectuel …

Un ancien rédacteur en chef de la Harvard Review of Law avec aucun article de fond à son nom …

Ou l’auteur supposé de deux livres écrits on ne sait à combien de mains et dédiés à sa seule propre gloire …

S’attaquent à présent à l’utilisation par son successeur, pour les court-circuiter, de l’équivalent actuel des causeries au coin du feu de Roosevelt ou de Reagan

Et notamment, énième preuve supplémentaire de son impéritie, à son rapport si particulier avec l’orthographe ?

Mais surtout au-delà d’un mode de communication qui avec ses contraintes de 140 signes, ses mots nécessairement tronqués, ses acronymes et ses néologismes

Fait le désespoir de tant d’enseignants et de parents …

Et qui se révèle être à 50% de plus que Facebook et 25% que Google …

Le média social le plus touché, Elysée ou Ministère de l’éducation français compris, par les coquilles ou fautes d’orthographe …

Comment ne pas comprendre du coup leur véritable hargne …

Face à un véritable animal politique qui non content de la proclamer à chacune de ses diatribes …

Incarne face à la rhétorique vide comme au politiquement correct sermonneur et méprisant de ses adversaires …

Et jusque dans ses mauvaises manières et la pauvreté dévastatrice de son langage …

La proximité avec les plus démunis culturelllement de ses électeurs …

Que ceux-ci avaient perdue depuis si longtemps ?

Voices

Donald Trump’s ‘I love the poorly educated’ isn’t actually a bad mantra – and attacking him for it is wrong
Trump actually does love the poorly educated. He is not laughing at them or ignoring them or wishing them away or informing them that they are wrong about what is really best for them
Elizabeth Picciuto
The Independent
25 February 2016

After his Nevada win, Donald Trump preened and affectionately recounted the numbers that added up to his huge victory. “We won with young. We won with old. We won with highly educated. We won with poorly educated. I love the poorly educated, » he said.

My Twitter timeline was splattered as suddenly and thoroughly as a windshield in a Florida downpour. That last sentence was repeated in laughing disbelief.

What does Trump think about the poorly educated?

A man who might be President just said “I love the poorly educated.”

“I love the poorly educated” is the drop-the-mic ending to America’s superpower status.

I grew up in New York, and have been unhappily acquainted with Trump’s brand of glitzy racist megalomania for decades. This campaign has distilled and revealed him: liar, misogynist, ableist, xenophobe, wannabe war-mongerer. As the man himself might say, Trump is a terrible candidate and person! Sad!

But please, stop the titters and eyerolls about his “poorly educated” line.

First, his fans – the Trumpkins – already believe Democrats and journalists are snotty elitists. In this case, the cut-ups are proving the Trumpkins right.

What is funny about saying “I love the poorly educated”? Of course Trump loves poorly educated voters. Who else would be asinine enough to buy his tripe?

But some of the same people who have been laughing because he said he loves the poorly educated also denounce voter ID laws. Why? They disenfranchise Americans who are disproportionately lower-income workers, minorities — and poorly educated.

They denounce the laws because they believe — rightly — that an education is neither necessary nor sufficient for thoughtful democratic participation.

Of course, “I love the poorly educated” is ostensibly funny because what politician actually says something like that? Any politician who thought for half a second before speaking would say, “I’m grateful for the support of working class Americans.”

But Trump does not tiptoe. That is at least partly because, unlike many of the candidates and most of the media, he actually loves the poorly educated.

He is not laughing at them or ignoring them or wishing them away or informing them that they are wrong about what is really best for them.

Trumpkins say they love how Trump speaks his mind. Maybe some admire his outspoken bigotry. But maybe others also like the way he talks about them. Straightforwardly. Acceptingly.

As a friend tweet-stormed, “If you self-identify as undereducated and feel bad about it…the guy ‘loves’ you (after a fashion) and wants to be greedy for you.”

A February 24th poll shows Trump beating Hillary Clinton by 46 to 40 among voters without college degrees in the must-win state of Ohio.

Meanwhile, the highly educated scratch their heads and cannot understand why he is not imploding like they keep predicting.

Voir aussi:

The strangest line from Donald Trump’s victory speech: “I love the poorly educated”
Libby Nelson
Vox
Feb 24, 2016

Donald Trump loves « the poorly educated. » And they love him back.

In his victory speech after clinching the Nevada caucuses, Trump rattled off the groups he won in the Silver State. But his supporters without a college degree got a special note of praise:

« We won the evangelicals, » Trump said. « We won with young. We won with old. We won with highly educated. We won with poorly educated — I love the poorly educated. We’re the smartest people, we’re the most loyal people. »

It’s bizarre that Trump, who has bragged about his MBA from the University of Pennsylvania, is now lumping himself in with the « poorly educated. »

But it’s true that the more educated Republicans are, the less likely they are to warm up to him. According to exit polls, Trump won Nevada voters without a high school degree with 57 percent of the vote. He won voters with some college with 49 percent of the vote. He won college graduates with 42 percent of the vote. And among those with a postgraduate degree, his share was only 37 percent.

Voir également:

Everyone’s favorite apricot demagogue won big in another state last night. Donald Trump carried Nevada with the support of 45 percent of caucus-goers, 22 points clear of his nearest rival, Marco Rubio. But the specifics of the win—that is, who exactly came out to support him—were just as remarkable. Trump being Trump, he said as much in his victory speech:

« We won the Evangelicals. We won with young. We won with old. We won with highly educated. We won with poorly educated. I love the poorly educated. We’re the smartest people, we’re the most loyal people. »

Now, it’s obviously unusual to call attention to your supporters’ low level of education—it’s normally a seen-not-heard situation. But Trump, who graduated from an Ivy League school, also seems to be putting himself in this group. We’re smart and loyal, he says to his kindred spirits, We’re just proud Americans with common sense. Trump also has plenty of reason to love the less-educated: the half of voters without a college degree he took in Nevada (including 57 percent of those with no college at all) was right in line with what he’s been doing across the country.

He also had time to gloat about his (admittedly remarkable) support among Hispanics. He took 45 percent of the Hispanic vote in Nevada, about what Ted Cruz and Marco Rubio got combined.

All this is to say that, while identity politics plays a part—South Carolina showed that he has the white supremacist vote locked up—there’s clearly more than that to the Trump phenomenon. After all, he also won among the well-educated last night.

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Trump, Working-Class Zero
Maureen Dowd
The New York Times
MARCH 18, 2017

It’s not unknown, of course.

In ancient Egypt, there was the symbol of the ouroboros, the snake that eats its own tail. Nerve-addled octopuses sometimes consume their own arms.

But we’ve never watched a president so hungrily devour his own presidency.

Soon, there won’t be anything left except the sound of people snickering.

Consumed by his paranoia about the deep state, Donald Trump has disappeared into the fog of his own conspiracy theories. As he rages in the storm, Lear-like, howling about poisonous fake news, he is spewing poisonous fake news.

The Hirshhorn has a sold-out exhibit of Yayoi Kusama’s stunning infinity mirror rooms. But they are nothing compared to the infinity mirror room of Trump’s mind, now on display a mile and a half away at the White House.

Many voters who took a chance on the real estate mogul and reality TV star hoped he would grow more mature and centered when confronted with the august surroundings of the White House and immensity of the job. But instead of improving in office, Trump is regressing. The office has not changed Trump. Trump has changed the office.

He trusts his beliefs more than facts. So many secrets, so many plots, so many shards of gossip swirl in his head, there seems to be no room for reality.

His grandiosity, insularity and scamming have persuaded Trump to believe he can mold his own world. His distrust of the deep state, elites and eggheads — an insecurity inflamed by Steve Bannon — makes it hard for him to trust his own government, or his own government’s facts.

Angela Merkel did not get a surprise shoulder squeeze from this president. He ignored the chancellor’s request to shake hands. But Merkel still looked jittery.

Many who meet with Trump — from foreign leaders to our own lawmakers — look like cats on a hot stove. One Democratic senator told me he was determined not to smile in a session with the president in case Trump suddenly said something offensive or batty while the senator was politely grinning for the cameras.

Everyone is tiptoeing around the mad king in his gilded, sparse court. His lieges make fools of themselves trying to justify or interpret his transcendentally nutty tweets and willfully ignorant comments.

For two weeks, he has refused to back off his unhinged claim that his predecessor tapped his phones during the election.

According to CNN’s Jeff Zeleny, Trump got furious reading a Breitbart report that regurgitated a theory by conservative radio host Mark Levin that Barack Obama and his allies had staged a “silent coup.”

It is surpassingly strange that the president would not simply pick up the phone and call his intelligence chiefs before spitting out an inflammatory accusation with no proof, just as it was bizarre that Trump shrugged off the regular intelligence briefings after he was elected. He preferred living in his own warped world.

Sean Spicer offered a shaky Jenga tower of media citations to back up the president, including the contention of Fox’s Judge Andrew Napolitano that Obama had used GCHQ, a British intelligence agency, to spy on Trump.

In a rare public statement, the GCHQ called the claim “utterly ridiculous.”

Fox News also demurred, with Shepard Smith saying it “knows of no evidence of any kind that the now president of the United States was surveilled at any time, in any way. Full stop.”

Even Devin Nunes, chairman of the House Intelligence Committee, gave up the Sisyphean effort of defending Trump’s tripe. He said that if you took Trump’s remarks “literally” — as we expect to do with our commander in chief’s words — “clearly the president was wrong.”

Asked by a German reporter about GCHQ rubbishing the wiretapping claims, Trump was dismissive. “All we did was quote a certain very talented legal mind,” he said. “You should be talking to Fox.”

Trump’s aversion to veracity is exacerbated by his inner circle of sycophants and conspiracists. As far as Trump is concerned, his budget and health care plan are going great, when everyone else in Washington is averting their eyes.

In a Wall Street Journal piece, Bannon said his anti-elitist worldview was shaped by his father’s decision during the financial crisis in 2008 to sell his AT&T stock, at a loss of more than $100,000. Marty Bannon, who started at AT&T as a lineman, got spooked by Jim Cramer’s advice on the “Today” show to take “whatever money you may need for the next five years” out of the market.

Even though one son, Steve, was a banker at Goldman Sachs and another son had an investment background, Marty Bannon did not consult them or a financial adviser until the sale was completed.

He preferred, like Trump, to get crucial information from TV pundits and eschew the experts in his own circle who might have told him that selling during panics is not wise and that having one stock in an undiversified portfolio is not smart.

“Everything since then has come from there, all of it,” Steve Bannon, the multimillionaire architect of Trumpworld, said of the stock sale. So, essentially, because Bannon’s father made a bad, hurried financial decision based on watching TV, we now have to slash Meals on Wheels, Big Bird, the arts, after-school programs, health insurance, immigration from Muslim countries, climate change research, diplomats and taxes for the rich.

Maybe if these elites-pretending-not-to-be-elites deigned to talk to some knowledgeable elites in government once in a while, they might emerge from the distorted, belligerent, dystopian, Darwinian, cracked-mirror world that is alarming Americans and our allies. They might even stop ripping off the working-class people they claim to be helping.

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Christo Wraps Donald Trump

I was in Doha last week, and a Sudanese woman approached me to explain how desperate she felt about the fact that her son, at school in the United States, now felt unable to travel to see her. He was afraid that if he left he might not be allowed back. In lots of small and not-so-small ways, the mean, militaristic mind of the American president has come to inhabit people’s lives.

If a budget can be a portrait of a soul, then this president’s is arid and shriveled. It is filled with contempt for the needy. Here is a man dismissive of the arts, the environment, the humanities, diplomacy, peacekeeping, science, public education and civilian national service — in short, civilization itself. If he could defund goodness he would. Charity is also ripe for the ax. Creativity needs skewering. Giving is weakness. All that counts are acquisitive instinct, walls and bans (of the kind that keep mother and son apart), displays of power, and the frisson of selective cruelty that lay behind his successful TV show. Everyone is now Donald Trump’s apprentice, at least as he sees it.

In Doha, at The New York Times “Art for Tomorrow” conference, I met the artist Christo. This was before rumors that Trump wants to cut all funding to the National Endowment for the Arts were confirmed. It’s been a particularly hard couple of months for Christo. He knows all about walls. He knows all about being a refugee.

As a young man in the 1950s, he fled communist Bulgaria, then part of the totalitarian Soviet imperium. When the Berlin Wall went up in 1961, he made a wall of oil barrels on the Rue Visconti in Paris. From 1964 to 1967, he lived as an illegal immigrant in New York with his late wife Jeanne-Claude, before getting a green card and becoming a citizen in 1973. By the time America opened its arms to him, he had been stateless for 17 years. Freedom meant something. The United States was more than a country; it was an idea.

For more than two decades, Christo has labored to create a work called “Over the River” in Colorado — a canopy of silvery fabric that was to have been suspended for two weeks over 42 miles of the Arkansas River, a flowing, billowing liquid mirror. But now, after spending some $15 million, he has walked away in perhaps the biggest single act of protest by an artist against Donald Trump. Much of the land is federally owned. As Christo explained to my colleague Randy Kennedy earlier this year, “The federal government is our landlord. They own the land. I can’t do a project that benefits this landlord.”

In Doha, Christo, who is 81, refused to sit down. Defiance is part of him. To live freely is an immense act of will. For an hour he spoke with irrepressible vitality. Eat little, he counseled, in order to channel energy (in his case yogurt with garlic for breakfast, then nothing until dinner). Decide what you want — that is the most difficult part — and then apply yourself without compromise to that end.

Last year he made another work involving water, called “The Floating Piers,” at Lake Iseo in northern Italy. On top of 220,000 interlocking polyethylene cubes, Christo installed a glowing unfenced walkway connecting an island in the lake with the shore. Over a couple of weeks about 1.2 million visitors came. They wanted to walk on water. It’s possible to walk on water. In times of oppression freedom is also a fierce act of the imagination.

Christo, born Christo Vladimirov Javacheff in communist Bulgaria, wrapped the Reichstag in 1995, six years after the fall of the Berlin Wall. The Reichstag had burned in 1933, an act of arson three Bulgarian communists were accused of orchestrating. Hitler used the fire, whose cause is still disputed, to impose despotic terror. Christo’s wrapping preceded by a few years the return of the parliament of a free, united Germany to the building that had stood adjacent to the dividing line of Europe. A Bulgarian freed by America declared his liberty — the ultimate freedom of the imagination — at Europe’s pivot. That is worth recalling today.

The only use I can imagine for Trump’s grotesque wall is for Christo to wrap it and set us free.

Voir encore:

États-Unis : Trump tweet sur la Chine avec une faute, les internautes se moquent

En voulant écrire « sans précédent », Donald Trump a tweeté « sans président », avant de corriger son erreur.

Eléanor Douet et AFP

Le président élu Donald Trump a fait savoir son mécontentement après la saisie par Pékin d’une sonde de la marine américaine en mer de Chine méridionale, twittant un message avec une grosse faute qui a fait les délices des réseaux sociaux samedi 17 décembre. « La Chine vole un drone de recherche de la marine américaine dans les eaux internationales – le sort de l’eau et le ramène en Chine dans un acte sans président » (sic), a-t-il écrit de bon matin sur le réseau social, en voulant clairement évoquer un acte « sans précédent ». Dans la version anglaise le mot utilisé, « unpresidented » (au lieu de « unprecedented ») est très vite devenu le mot clé le plus en vogue sur Twitter aux États-Unis.

Le milliardaire populiste a corrigé son erreur en effaçant le tweet erroné et en le renvoyant, cette fois sans coquille, une heure après son message initial. L’auteure britannique J.K. Rowling, auteure de la série des Harry Potter s’amusait de ce message, pointant « l’efficacité non présidentielle » de Donald Trump. Le magnat de l’immobilier avait déjà fait une petite faute d’orthographe dans un précédent tweet jeudi, un message qu’il avait déjà corrigé peu après.

Ses supporteurs le défendaient, estimant qu’au lieu de se moquer de ces petites erreurs les gens feraient mieux de s’intéresser aux vrais problèmes soulevés par les messages du président élu. Au-delà de cette erreur, Donald Trump voulait en effet surtout souligner son mécontentement vis à vis de la Chine, dont un navire s’est emparé jeudi soir d’un drone sous-marin appartenant à la marine américaine, qui évoluait à quelque 50 milles marins au large des Philippines, selon le Pentagone. Toutefois, la Chine a assuré que le drone serait rendu aux États-Unis.

Voir de même:

Ce mot malencontreusement inventé par Donald Trump résume le sentiment de millions d’Américains

Particulièrement virulent sur Twitter, le Président élu des Etats-Unis a laissé passer une petite faute.

Jade Toussay
Huffington post
10/12/2016

INTERNATIONAL – Entre Donald Trump et Twitter, c’est une histoire sans fin. Le président élu des Etats-Unis communique en effet très souvent en 140 caractères, notamment pour répondre à ses détracteurs. Mais sur Twitter comme ailleurs, la relecture s’impose, et ce samedi 10 décembre Donald Trump a laissé passer une faute qui a rapidement été interprétée.

Dans ces nouveaux tweets, Donald Trump répondait à la dernière polémique sur son avenir au sein de son émission de télé-réalité « Celebrity Apprentice ». Le 8 décembre dernier, le site Variety affirmait en effet que le futur président des Etats-Unis continuerait à produire son émission, en tant que producteur exécutif. Des propos repris par CNN, qui précise que cet arrangement « signifie que le Président pourrait avoir un intérêt dans le show diffusé par un média qui rend également compte du déroulement de sa présidence » et souligne le « conflit d’intérêt majeur » provoqué par cette situation.

Alors une fois de plus, Donald Trump a pris le clavier. « Je n’ai rien à voir avec The Apprentice, à l’exception du fait que je l’ai créé avec Mark B (Burnett, ndlr) et que j’ai investi là-dedans. Je ne lui consacrerai pas de temps! », a-t-il posté, avant de s’adresser directement à CNN. « Les informations de CNN selon lesquelles je travaillerai sur The Apprentice pendant ma présidence, même à temps partiel, sont (ridicules) et fausses – FAUSSE INFORMATION! »

Sauf que comme vous pouvez le voir dans la publication ci-dessus, Donald Trump a commis une petite faute de frappe en écrivant « rediculous » au lieu de « ridiculous ». Et si le magnat de l’immobilier a fini par supprimer son tweet et poster une version corrigée quelques heures plus tard, il n’en fallait pas plus pour que les internautes s’emparent de cette méprise et de ce mot absurde, qui en dit long selon eux sur les aptitudes du 45e président des Etats-Unis.

Voir encore:

De Nicolas Sarkozy à Najat Vallaud-Belkacem : quand les politiques sont pris en faute (d’orthographe)

LCI

A PEU PRÈS – Depuis ce week-end, la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, se fait épingler sur les réseaux sociaux pour une faute d’orthographe dans un livre d’or. Elle n’est pas la première, et sûrement pas la dernière, à se faire ainsi taper sur les doigts.

Aïe. L’intention était bonne. Mais elle a mal tourné. Depuis quelques heures, Najat Vallaud-Belkacem se fait étriller sur les réseaux sociaux. En cause, un petit mot que la ministre de l’Education a laissé dans le livre d’or de l’école de gendarmerie de Tulle. Avec une grosse faute d’orthographe.

Alors, vous avez trouvé la faute ? Outre l’oubli de plusieurs accents, c’est surtout l’omission d’un « N » au mot « professionnalisme » qui saute aux yeux… ouvrant la voie aux sarcasmes sur les réseaux sociaux, où l’ortographe est pourtant loin de régner en maître…

Reste que ce petit dérapage orthographique d’un politique n’est pas vraiment une première.

La palme 2017 revenait pour l’heure à l’Elysée, qui s’est fait remarquer dès les vœux du 1er janvier sur Twitter. « Face aux attaques, vous avez tenu bons, vous avez montrez que vous étiez forts, soldaires (sic) » ; « le socle et là et les base sont solides » ; « C’et vous qui auraient le dernier mot », sont quelques-uns des tweets que les followers du palais ont pu voir défiler…

Les fautes sont évidemment dues au community manager, qui a voulu rendre compte en direct de l’intervention de François Hollande. Et semble avoir oublié au passage la première des règles : toujours bien se relire avant d’envoyer son message.

D’ailleurs en la matière, l’Elysée n’en est pas à sa première bourde. En 2015, l’écrivain et essayiste Christian Combaz s’insurgeait dans Le Figaro après avoir vu passer un communiqué de presse truffé de fautes d’orthographe et de grammaire.   « Sait-on parler Français à l’Elysée ? On peut s’interroger sur la qualité (ou l’intention) de ceux qui ont à relire ce genre de prose avant de l’envoyer », écrivait-il. « Ou ils sont carrément nuls, ce qui est une éventualité, ou ils font exprès de laisser passer des bourdes pareilles sans la moindre remise en forme pour accabler leur patron.  »

Nul n’aura sans doute jamais la réponse à cette question. Mais ce petit buzz n’avait cependant pas atteint celui de 2011, à l’occasion d’un hommage à Danielle Mitterrand. Le compte de l’Elysée avait été retweeté des centaines de fois et recommandé 20.000 fois sur Facebook. Trois paragraphes, et six fautes, relevées par l’Express. Pas mal :

Quoiqu’il en soit, les fautes d’orthographe chez les politiques ne sont pas l’apanage de la gauche. Les politiques de droite sont même assez concurrentiels en la matière, rappelait Rue 89 il y a quelques années.  En 2009, le maire de Nice Christian Estrosi, alors ministre de l’Industrie, s’était vu reprocher un message envoyé sur Twitter : « Je commence le bêtisier : Bourquin PS : efficacité du service publique mais cette efficacité pas au détriment du service publique. » Forcément, c’est un socialiste, le sénateur Martial Bourquin lui-même, qui s’était fait un petit plaisir de le corriger publiquement. « Monsieur Estrosi, je suis un autodidacte comme vous. « Service public », c’est un « c », c’est pas « que ». Quand on parle de l’identité nationale… l’orthographe fait partie de l’identité nationale. »

En même temps, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, le ton était donné, orthographe approximative et syntaxe douteuse ponctuant allègrement nombre de ses discours et de ses interventions. Sont ainsi restés dans les annales son « Si y en a que ça les démange d’augmenter les impôts..  » ou encore son « Chère Christine Lagarde, monsieur le Sénateur, et tous ceux qui sont importants, bonjour ». Autre jolie faute de Nicolas Sarkozy, griffonnée durant un discours avant d’être relevée par le Petit journal en 2008 : « fréquenter l’infrécentable ». Un président prolixe en la matière, au point qu’en mars 2009, Le Parisien avait publié un recueil de ses meilleurs trouvailles en pleine Semaine de la langue française. Un bel hommage.

Mais ces approximations orthographiques ont le don d’énerver les milieux intellectuels. Comme cette chercheuse au CNRS, Barbara Cassin, qui s’était indignée dans une tribune du Monde intitulée « Sarkozy m’à tuer » de la « présence massive de fautes d’orthographe sur le site de la présidence de la République française » : « Ces fautes, on ne les tolère pas en classe parce qu’elles sont le signe que l’élève ne comprend pas le mécanisme de la langue », écrivait-elle. « Tous les niveaux de discours sont confondus, nivelés au ras de la langue par le plus authentique, irrépressible et immédiat « Casse-toi pauv’ con ». »

Et en matière d’Education, ce ne sont pas les ministres en charge du portefeuille qui sont le plus exemplaires. Luc Chatel, en septembre 2009, avait fait distribuer un dossier truffé de fautes… pour la rentrée scolaire. Extrait : « La rèforme de l’enseignement primaire, qui est entré en application à la rentrée 2008, s’appuie sur des horaires et des Les programmes, redéfinis par arrêtés du 9 juin 2008 qui s’articulent avec les sept grandes compétences du socle commun. »

Une mise en application de la réforme de l’orthographe ?

Magie de l’Internet, les fautes peuvent être rapidement effacées, et nulle trace ne reste… sauf sur certains sites qui se font un plaisir de graver les bourdes dans le marbre de l’Internet. Comme Bescherelle ta mère, qui se fait une joie de nous rappeler que Marine Le Pen, prompte à crucifier sur les réseaux les fauteurs d’orthographe, s’y adonne elle-même… au point qu’il est parfois difficile de percevoir le sens de ses tweets.

Un autre compte, sijauraisu.fr, en a aussi repéré une flopée, qu’on vous rappelle, pour le plaisir…

Mais peut-être les politiques ne font-ils que mettre en œuvre les nouvelles « directives orthographiques » qui sont mises en place en cette rentrée, comme l’explique cette professeure dans un article de Télérama. Atterrée, elle raconte qu’elle a participé à une formation sur l’étude de la langue, où on lui a appris que dorénavant, « en langue, tout est négociable » : « Je vous jure. Si l’élève a fait une faute, mais qu’il est capable de justifier son choix, alors nous devons considérer qu’il a raison », écrit-elle. « Par exemple, s’il écrit ‘Les cadeaux que Lucie a reçue lui ont plue’, nous sommes en droit de lui demander des comptes sur ses accords défaillants des participes passés. Mais si l’élève répond ‘Ben on parle de Lucie, or Lucie est une fille, donc j’ai mis des E’, eh bien cet élève, qui a fait preuve d’une capacité à justifier ses erreurs… a finalement raison ! » Magique.

Voir aussi:

Mangled Trumpian Grammar as New American English?

Farooq A. Kperogi, Ph.D.

Notes from Atlanta

November 13, 2016

The just concluded American presidential election didn’t excite me at all. That was why I didn’t write about it. But now that the election is over, I want to take some time to reflect on the effect the campaigns have had on English grammar and usage. I will start with Donald Trump.

Trump contorted the English language in more ways than any presidential candidate did. First, he was notorious for terrible, sometimes hilarious, misspellings on Twitter. After the Republican primary debates on February 26, 2016, for instance, Trump tweeted: “Wow, every poll said I won the debate last night. Great honer!” He had earlier tweeted the following: “Lying Ted Cruz and leightweight chocker Marco Rubio teamed up last night in a last ditch effort to stop our great movement. They failed!”

Trump became the object of ridicule. Senator Marco Rubio viciously excoriated him for his poor spelling the following day at a campaign rally.  A headline in the website Mediaite.com captured it well. “Donald Trump Is Cluelessly and Hilariously Spelling Everything Wrong on Twitter Today,” it said. Even the Merriam-Webster Dictionary couldn’t help pillorying Trump. It sent out a tweet where it defined “honer” as “one that hones,” and adds: “leightweight: We have no. idea.” It also defined “chocker” in obvious dig at Trump’s clumsy attempt to spell “choker.” (By “honer,” Trump meant to write “honor.”)

But it’s Trump’s unusual turns of phrase and simplistic, repetitive vocabulary that have attracted the most attention from American grammarians. A famous study by Carnegie Mellon University concluded that he speaks at a Third Grade Level, that is, the level of an American Primary School kid.

English teachers have also torn apart his grammar. For instance, he mistook “temper” for “temperament” during one of his debates with Hillary Clinton. He also uttered the nonstandard “you was” during the debate. He said, « But you was totally out of control! » instead of the standard “But you were totally out of control!” Grammar pedants tore him to shreds.

And when he said, « They talk good around election » instead of “they speak well around election time,” many English teachers took to social media to say he had lost their votes. It is impossible to chronicle all the Trumpian solecisms in this article, but others that stood out include, « I pay tremendous numbers of taxes » and « Give economics to people. »

Bad Grammar as Strategy of Condescension 

But as a rhetorician, I know Trump’s mangled, dialectal English isn’t necessarily a product of insufficient mastery of the language. It was a deliberate rhetorical strategy designed to establish identification with the lower end of the American social stratum that constitutes the « base » of the Republican Party. Poor, rural, uneducated white Americans who form the bulk of Trump’s support base speak the kind of regional, nonstandard English Trump spoke on the campaign trail.

In his book Language and Symbolic Power, French theorist Pierre Bourdieu calls this « strategy of condescension. » Bourdieu didn’t mean « condescension » in the everyday sense of the word as disdain for one’s social inferiors; he meant the ability to negotiate and seamlessly traverse several « linguistic markets, » as he called it. He said this ability invests elites with immense social and cultural capital. As Peter Haney puts it, strategies of condescension occur « when someone at the top of a social hierarchy adopts the speech or style of those at the bottom. With such a move, the dominant actor seeks to profit from the inequality that he or she ostensibly negates. »

George Bush used it to maximum effect. People still remember him as the former US president who could barely string together grammatically correct sentences in English, who spoke with a Texan drawl. But Bush is the scion of « old money » who went to elite prep schools and grew up mostly in America’s northeast. If he wanted to sound « polished » and « cultivated, » he could, but he would risk calling attention to his privilege and thereby alienating people he wanted to appeal to. Scholars actually systematically compared his speeches before he became governor of Texas and after he became governor of Texas and found radical differences in his grammar, enunciation, and speech mannerisms. Before he became governor of Texas, he spoke like a typical American northeaster. His grammar and usage were polished and educated.

That doesn’t mean people at the upper end of the social scale don’t innocently mangle the language. For instance, when Hillary Clinton recently characterized some Trump supporters as belonging to a « basket of deplorables, » American English grammarians took her on; they said « deplorable » is an adjective, not a noun, and therefore can’t be pluralized as « deplorables » since only nouns are pluralized. But « deplorables » may well become mainstream in the coming years if enough people with social and cultural capital use it the same way Hillary used it. That’s how language evolves.

In any case, the English language is full of examples of adjectives that became nouns. They are called nominalized adjectives. The word “greats” (meaning great people) comes to mind. It started out as an adjective.

In a February 3, 2013 column titled « How Political Elite Influence English Grammar and Vocabulary, » I pointed out several examples of the changes in the lexis and grammar of the language that were instigated by political and cultural elites across the pond. When former US President Warren Harding first used the word « normalcy » instead of the then usual « normality, » he was ridiculed. But « normalcy » is now mainstream.

As I pointed out in the article, “Even the Queen of England, the unofficial guardian of the English tongue, is given to occasional violation of the rules of her own language. In their book Longman Guide to English Usage, Professors Sidney Greenbaum and Janet Whitcut shared how the Queen misused the expression ‘due to’ and inadvertently caused the rule to be changed in favor of her misuse.

“In traditional grammar ‘due’ is an adjective, and when it is followed by the preposition ‘to’ it should be attached to a noun (example: the cancellation of the event was due to the rain). The use of ‘due to’ at the beginning of a sentence in the sense of ‘because of’ or ‘owing to’ was considered uneducated.

“But when the Queen of England, in a Speech from the Throne, said, ‘Due to inability to market their grain, prairie farmers have been faced for some time with a serious shortage,’ this ‘uneducated’ usage gained respectability. It is no longer bad grammar.

“I once observed that this example shows the arbitrariness and unabashed elitism of (English) usage norms. But that’s only partly true. What is equally true is that research has shown that the Queen of England has lately been speaking like her subjects, leading the Daily Mail, UK’s second-biggest selling newspaper, to write in a recent story that ‘The Queen no longer speaks the Queen’s English.’”

Unfortunately, only native English speakers get to have that much influence on the language, which is both unsurprising and invidious, given the status of English as a world language with more non-native speakers than native speakers. Creative deviations from the norm that emerge from non-native speakers are often condemned to marginality.

There are exceptions, though. Chinese English speakers in the US have made enduring contributions to the lexis and structure of the language in very fascinating ways. For instance, the expression « long time no see » came to English by way of Chinese English speakers in California.

As I pointed out in my book, Glocal English: The Changing Face and Forms of Nigerian English in a Global World, this ungrammatical but nonetheless fixed English expression, which is used as a salutation by people who have not seen each other for a long time, is a loan translation from Mandarin hǎo jiǔ bú jiàn, which literally means « very long time no see. » It was initially derided as « broken » English in California, but because the expression filled a real lexical and idiomatic void in the language, it quickly spread to other parts of the US, then crossed the pond to the UK, and is now part of the repertoire of international English.

Expressions like « no-go area, » « have a look-see, » etc. were also Chinese broken English expressions that are now idiomatic in the language. (Check out my April 19, 2015 column titled « Popular Expressions English Borrowed from Other Languages » and my 4-part series titled « The African Origins of Common English Words »).

Given the impact that the cultural and political elite have on language, would Trumpian grammar change American English in significant ways? Business Insider thinks so: “Donald Trump may have forever changed the English language. Sad!”

Voir également:

America has never been entirely sure what to do with its white poor. For complicated historical and political reasons, we associate “poor” in our public consciousness with “black”. Terms such as “welfare queen” and “culture of poverty” became associated uniquely with the social maladies of African Americans in urban ghettos, despite the fact that poor whites outnumbered poor blacks.

It wasn’t always thus. When President Lyndon Baines Johnson launched his “War on Poverty” in the 1960s, he did so from eastern Kentucky coal country, then and now one of the poorest regions of the country. That region is my ancestral homeland, the place from which my grandparents emigrated to avoid the sort of material destitution President Johnson highlighted. Like millions of southern and Appalachian migrants, they moved north to the booming industrial economies of Ohio, Pennsylvania and similar states.

They moved in the hope of finding better jobs and higher wages and for a time they found those things. Yet in the wake of a long-term decline in manufacturing in the United States, the economic boomtown my grandparents migrated to began to struggle in many of the same ways as the eastern Kentucky town they left behind. By the time their grandchildren reached adulthood in the early 2000s, joblessness and despair had replaced the optimism that characterised my grandparents 50 years earlier. And though the local economies of each region differed – in Detroit, automobile manufacturing; in southern Ohio, steel and paper mills; in Pennsylvania and West Virginia, coal mining – the social problems looked eerily similar. All across Appalachia and the Rust Belt, opioid addiction, family breakdown and rising mortality set in. And the ills afflicting the white working class, so similar to those stereotypically assigned to the black poor, became impossible to ignore.

To many commentators, these problems are statistics to be analysed, but to me, they were the backdrop of my youth. As a kid, I sorted Middletown into three basic geographic regions. First, the area surrounding the high school, which opened in 1969. The “rich” kids lived here. Large homes mixed comfortably with well-kept parks and office complexes. If your dad was a doctor, he almost certainly owned a home or had an office here, if not both. I dreamed that I’d own a house in Manchester Manor, a relatively new development not a mile from the high school, where a nice home went for less than a fifth of the price of a decent house in San Francisco. Next, the poor kids (the really poor kids) lived near Armco, where even the nice homes had been converted into multi-family apartment units. I didn’t know until recently that this neighbourhood was actually two neighbourhoods – one inhabited by Middletown’s working-class black population, the other by its poorest white population. Middletown’s few housing projects stood there.

Then there was the area where we lived – mostly single-family homes, with abandoned warehouses and factories within walking distance. Looking back, I don’t know if the “really poor” areas and my block were any different or whether these divisions were the constructs of a mind that didn’t want to believe we were really poor.

Across the street from our house was Miami Park, a single city block with a swing set, a tennis court, a baseball field and a basketball court. As I grew up, I noticed that the tennis court lines faded with each passing month and that the city had stopped filling in the cracks or replacing the nets on the basketball courts. I was still young when the tennis court became little more than a cement block littered with grass patches. I learned that our neighbourhood had “gone downhill” after two bikes were stolen in the course of the week. For years, Mamaw said, her children had left their bikes unchained in the yard with no problems. Now we woke to find thick locks cracked in two by deadbolt cutters. From that point forward, I walked.

Downtown Middletown is little more than a relic

If Middletown had changed little by the time I was born, the writing was on the wall almost immediately thereafter. It’s easy even for residents to miss how much Middletown has changed because the change has been gradual – more erosion than mudslide. But it’s obvious if you know where to look and a common refrain for those of us who return intermittently is: “Geez, Middletown is not looking good.”

In the 1980s, Middletown had a proud, almost idyllic downtown: a bustling shopping centre, restaurants that had operated since before the Second World War and a few bars where men like Papaw would gather and have a beer (or sometimes many) after a hard day at the steel mill. My favourite store was the local Kmart, which was the main attraction in a strip mall, near a branch of Dillman’s, a local grocer with three or four locations. Now the strip mall is mostly bare: Kmart stands empty and the Dillman family closed that big store and all the rest, too. The last I checked, there was only an Arby’s, a discount grocery store, and a Chinese buffet in what was once a Middletown centre of commerce. The scene at that strip mall is hardly uncommon. Few Middletown businesses are doing well and many have ceased operating altogether. Twenty years ago, there were two malls. Now one of those malls is a parking lot and the other serves as a walking course for the elderly.

Today, downtown Middletown is little more than a relic of American industrial glory. Abandoned shops line the heart of downtown Middletown, where Central Avenue and Main Street meet. Richie’s pawnshop has long since closed, though the hideous yellow and green sign still marks the site, last time I checked. Richie’s isn’t far from an old pharmacy that, in its heyday, had a soda bar and served root beer floats. Across the street is a building that looks like a theatre, with one of those giant triangular signs that reads “ST–L” because the letters in the middle were shattered and not replaced. A little farther down the road is a cash-for-gold store and not far from that is a payday lending outfit.

Not far from the main drag of empty shops and boarded-up windows is the Sorg mansion. The Sorgs, a powerful and wealthy industrial family dating back to the 19th century, operated a large paper mill in Middletown. They donated enough money to put their names on the local opera house and helped build Middletown into a respectable enough city to attract Armco. Their mansion, a gigantic manor home, sits near a formerly proud Middletown country club. Despite its beauty, a Maryland couple recently purchased the mansion for $225,000 or about half of what a decent multi-room apartment sets you back in Washington DC.

Located quite literally on Main Street, the Sorg mansion is just up the road from a number of opulent homes that housed Middletown’s wealthy in their heyday. Most have fallen into disrepair. Those that haven’t have been subdivided into small apartments for Middletown’s poorest residents. A street that was once the pride of Middletown is now a notorious spot for druggies and dealers. Main Street is now the place you avoid after dark.

The white working class had grown angry. And it had no heroes

City leaders have tried in vain to revive Middle-town’s downtown, though in recent years they’ve met with some limited success, as a few businesses have opened near the newest branch of a local community college. Despite some progress, efforts to reinvent downtown Middletown are likely futile. People didn’t leave because our downtown lacked trendy cultural amenities. The trendy cultural amenities left because there weren’t enough consumers in Middletown to support them. And why weren’t there enough well-paying consumers? Because there weren’t enough jobs to employ those consumers. Downtown Middletown’s struggles were a symptom of everything else happening to Middletown’s people, especially the collapsing importance of the local steel mill.

Unfortunately, very few of America’s political or financial classes understood what was happening in towns such as Middletown. And this ignorance comes in part from their increasing segregation from working- and middle-class families. In booming Washington DC, cosmopolitan New York and hi-tech San Francisco, people rarely come face to face with the poor, with the possible exception of the random beggar. Their interactions with the poor of rural and suburban America are rarer still. Meanwhile, as a 2011 Brookings Institute study found, “compared to 2000, residents of extreme-poverty neighbourhoods in 2005–2009 were more likely to be white, native-born, high-school or college graduates, homeowners and not receiving public assistance”. The white poor always existed, but they were rapidly growing in numbers and America’s wealthiest and most powerful residents seemed unaware.

Indeed, if they deigned to care much about the white working class, they often expressed little more than condescension or outright disdain. As my grandma once told me, “hillbillies” – by which she meant poor whites with some connection to Appalachia – were the only group of people that elites felt comfortable stereotyping and looking down upon. From MTV’s chronicle of a “wild” white family in West Virginia to Justified, a popular show about eastern Kentucky, the media’s interest in the region seemed confined to entertaining caricature.

The political system’s response was even worse. While candidate Obama in 2007 secretly chastised poor whites for “clinging to their guns and religion,” the Republican party, where most white, working-class Americans made a political home, seemed completely unaware that its own base was struggling. In 2012, Mitt Romney ran on a platform that celebrated the noble business owner, even as polls showed that the white working class increasingly mistrusted the business owners perceived to push them from their work.

And in late 2015, the party appeared ready to crown Jeb Bush, the scion of a wealthy family whose policy programme differed little from Mitt Romney’s, even as his tone did. This was the brother of a man who started two unsuccessful wars, wars whose burden was disproportionately shouldered by the white middle and working class. And though a number of putative challengers offered stylistic contrasts with the younger Bush brother, no one challenged the core premise at the heart of his candidacy: tax cuts and deregulation at home combined with an active, military-focused foreign policy abroad. Just eight years after George W Bush left office to historically low approval numbers, the party appeared primed to double down on Bush, both in policy and in genetics. And no one seemed that interested in stopping it.

Except for Donald Trump.

In a now famous September debate among Republican presidential candidates, Jeb offered a robust defence of his brother’s foreign policy: “As it relates to my brother, there’s one thing I know for sure: he kept us safe.” In interviews after the debate and on social media, Trump filleted Bush repeatedly, noting the failures of the war and even blaming Bush for his failure to prevent the 9/11 terrorist attacks. It was the third rail of Republican politics and television commentators predicated that it was the end of Trump’s candidacy. How, many asked, could Trump survive such an aggressive criticism of the party’s most recent president? Instead, Trump thrived, building on his lead in the polls and cruising to the Republican nomination.

What so many commentators failed to understand was that the Republican party of George W Bush had changed. In the eight years since Obama’s election, the white working class had grown angry: at the economy that failed to deliver good jobs, at the failed prosecution of two wars, at a government bureaucracy that failed to deliver good healthcare for veterans, at policy-makers who bailed out megabanks in the 2008 financial crisis even as many Americans lost their homes. The party didn’t want another Mitt Romney and it sure as hell didn’t want another Bush. It wanted, most of all, a man whose very existence is the opposite of everything prior nominees stood for.

This was about more than finances and the macroeconomy problem. As a culture, working-class white Americans like myself had no heroes. We loved the military but had no George S Patton figure in the modern army. I doubt my neighbours could even name a high-ranking military officer. The space programme, long a source of pride, had gone the way of the dodo and with it the celebrity astronauts. We had lost any trust in the media as guardians of truth and consequently many were willing to believe all manner of conspiracies about our allegedly foreign-born president and his supposed grabs for power.

In style and tone Trump reminds blue-collar workers of themselves

To understand the significance of this cultural detachment, you must appreciate that much of my family’s, my neighbourhood’s and my community’s identity derives from our love of country. I once interviewed my grandma for a class project about the Second World War. After 70 years filled with marriage, children, grandchildren, death, poverty and triumph, the thing about which she was unquestionably the proudest and most excited was that she and her family did their part during the war.

We spoke for minutes about everything else; we spoke for hours about war rations, Rosie the Riveter, her dad’s wartime love letters to her mother from the Pacific and the day “we dropped the bomb”. My grandma always had two gods: Jesus Christ and the United States of America. I was no different and neither was anyone else I knew.

Many in the US and abroad marvel that a showy billionaire could inspire such allegiance among relatively poor voters. Yet in style and tone, Trump reminds blue-collar workers of themselves. Gone are the poll-tested and consultant-approved political lines, replaced with a backslapping swashbuckler unafraid of saying what’s on his mind. The elites of DC and NY see an offensive madman, blowing through decades of political convention with his every word. His voters, on the other hand, see a man who’s refreshingly relatable, who talks about politics and policy as if he were sitting around the dinner table.

More important is Trump’s message. Implicit in the slogan “Make America Great Again” is a belief that one’s country is not especially great right now and that’s certainly how many of Middletown’s residents felt. In the wake of the Great Recession, there was something almost spiritual about the cynicism of the community at large. If America was the lynchpin of a civic faith, then many in the white working class were losing something like a religion.

In America, commentators have devoted dozens of essays and think pieces to the question of whether Trump’s rise is primarily a function of economic insecurity or racial anxiety. The question is easy to answer – it’s both – and yet not especially helpful. Donald Trump isn’t just the candidate of economically dispossessed whites, though he is that. Nor is he just the candidate of racially anxious whites, though he is also that.

He’s the candidate of the man who opens his morning paper to find that another of his neighbours has died of a heroin overdose; of the woman who proudly sent her son to fight in Iraq only to watch it break his body and mind; of the father who spends hours on the phone with the Department of Veterans Affairs, begging for medical care that his former Marine nephew is owed both legally and morally; of the proud coal miner who voted for Bill Clinton and then watched as his wife promised to “put a lot of coal miners and coal companies out of business”. Donald Trump is the candidate of a patriotic people who feel an almost apocalyptic apprehension about the future. His great insight was to recognise and exploit that apprehension.

The tragedy of Trump’s candidacy is that, embedded in his furious exhortations against Muslims and Mexicans and trade deals gone awry is a message that America’s white poor don’t need: that everything wrong in your life is someone else’s fault. No one doubts that globalisation and automation have disproportionately had an impact on the white working class and no responsible politics should fail to appreciate and address that fact. Yet our neighbourhoods and our communities create certain pressures and instil certain values that make it harder for our children to lead happy lives.

Trump’s entire candidacy consists of pointing the finger at someone else

During my junior year of high school, our neighbour Pattie called her landlord to report a leaky roof. The landlord arrived and found Pattie topless, stoned and unconscious on her living-room couch. Upstairs, the bathtub was overflowing, thus the leaking roof. Pattie had apparently drawn herself a bath, taken a few prescription painkillers and passed out. The top floor of her home and many of her family’s possessions were ruined. This is the reality of our community. It’s not just about hard-working people dispossessed by globalisation, though that’s undoubtedly true for many people. It’s also about a naked druggie destroying what little of value exists in her life. It’s about children who lose their toys and clothes to a mother’s addiction. It’s about families torn apart by domestic violence and students afraid to go home when the school bell rings at the end of the day.

Psychologists call it “learned helplessness” when a person believes, as I did during my youth, that their choices have no effect on their life’s outcomes. We acquired that sense of helplessness from a number of sources: from families who felt that you had to pretend to be “black or liberal” to get into an Ivy League school; from the home life that showed us the world could be turned upside down in an instant; from seeing so few of our neighbours succeed in the modern economy that we wondered whether success was even possible for those like us.

To recognise that these neighbourhoods and attitudes affect us is not to place moral blame on the poor. Indeed, many of the obstacles folks like me perceive are quite real. But it is dangerous, even destructive, to give up completely on the role of agency. The white working class must build a set of values that recognises life’s unfairness while constructively engaging with it – in our community institutions, in our government and in our families. Yet Trump’s message for the white voter so desperately in need of introspection and self-reflection is: it’s all someone else’s fault. His rallies may be cathartic, as he screams and yells at conjured enemies, but he offers no solutions. His entire candidacy is an exercise in pointing the finger at someone else.

In pointing that finger so repeatedly and enthusiastically, Donald Trump has debased our entire political culture. On the right, the party of robust American global leadership now finds itself apologising for a man who apologises for Vladimir Putin even as he scares our staunchest European allies.

The Republican speaker of the house, a brilliant, respected leader, regularly repudiates some noxious statement of Trump’s even as he cannot politically repudiate the man himself. On the left, the cosmopolitan elites of the Democratic party have taken to Facebook and Twitter to denounce half of their fellow citizens, people they rarely see, much less know. In the eyes of American elites, Trump’s voters are racist rednecks, finally reaping what they’ve sown.

In this age of Trump, each tribe has lost the ability to show even a hint of compassion for the other side.

The great irony is that the people who may make Trump president are among those who most need a constructive politics and an engaged leader. They need a life raft and a mirror. Trump instead offers a political high, a promise to “Make America Great Again” without a single good idea regarding how.

Hillbilly Elegy by JD Vance is published by William Collins on 22 September, £16.99

Voir encore:

Five myths Donald Trump tells about Donald Trump
Glenn Kessler
The Wall Street Journal

January 28, 2016

All politicians like to brag about their abilities and achievements. But rarely has a presidential hopeful emerged like Donald Trump, who consistently touts his résumé and plans for the nation in sweeping and over-the-top terms. Trump is particularly unique in how he talks about himself. Plenty of would-be presidents make dubious claims about what they have accomplished in elected office (created millions of jobs! slashed spending!). Few make such claims about their personal attributes. Trump has no such hesitation. Just before the Iowa caucuses, here are five of the biggest myths Donald Trump tells about himself.

1. “I’m, like, a really smart person.

Trump is not shy about his intellectual prowess. As he tweeted in 2013: “Sorry losers and haters, but my I.Q. is one of the highest -and you all know it! Please don’t feel so stupid or insecure, it’s not your fault.”

Of course, “smart” is a bit subjective. There’s book smarts as well as street smarts. Many would say Trump has run a pretty smart campaign. But clearly he’s saying that his brain is very sharp — as he puts it, “super-genius stuff.’’ At one point, Trump rebutted criticism from columnist George Will and GOP consultant Karl Rove by saying: “I’m much smarter than them. I think I have a much higher IQ. I think I went to a better college — better everything.”

Trump’s college background, in fact, is often his key piece of evidence for his intellectual superiority. But there’s less here than meets the eye. Trump did graduate from the Wharton School of business at the University of Pennsylvania, an Ivy League college. But Trump did not get an MBA from Wharton; he has a much less prestigious undergraduate degree. He was a transfer student who arrived at Wharton after two years at Fordham University, which U.S. News & World Report currently ranks 66th among national universities. (Besides, simply going to an Ivy League school doesn’t prove you’re a genius.)

Gwenda Blair, in her 2001 book “The Trumps,” said that Trump’s grades at Fordham were just “respectable” and that he got into Wharton mainly because he had an interview with an admissions officer who had been a high school classmate of his older brother. And Wharton’s admissions team surely knew that Trump was from one of New York’s wealthiest families.

For years, numerous media reports said Trump graduated first in his class from Wharton, but that’s wrong. The 1968 commencement program does not list him as graduating with any sort of honors. In fact, the Boston Globe reported that he barely made an impression at all: “His former classmates said he seemed a student who spoke up a lot but rarely shined in class, who barely participated in campus activities, shunned fraternity parties.”

2. “I have the world’s greatest memory.

One of Trump’s most controversial claims is that he saw a television news report about thousands of Muslims in New Jersey cheering the collapse of the World Trade Center in 2001. That statement ended up on the Washington Post Fact Checker’s list of 2015’s biggest Pinocchios.

Trump insisted he was right because he has such a great memory.

But no television network could find such a clip — though extensive searches were made. No news reports were tracked down to validate Trump’s claim of “thousands.” The closest thing ever found was a local newscast at the time, from a CBS affiliate in New York, that reported on the arrest of eight men who neighbors said had celebrated the attack. That’s a far cry from thousands. There were also video clips of several Palestinians in the Israeli-occupied territories cheering. But that wasn’t New Jersey — and again, it wasn’t thousands.

Trump also tried to point to a line in a Washington Post article written days after the attacks that said law enforcement authorities detained and questioned some people who were allegedly seen celebrating . But when one of the reporters, Serge Kovaleski, said the article did not validate Trump’s claim, the real estate magnate mocked Kovaleski’s disability. (Kovaleski has a chronic condition that limits his mobility.)

What is Donald Trump’s net worth?

Here’s the answer to one of the most Googled questions about one of the most Googled candidates. (Osman Malik and Sarah Parnass/The Washington Post)

Trump later denied doing so, claiming that he didn’t know the reporter — even though Kovaleski had closely covered Trump in the 1980s and 1990s and had interviewed him several times.

Maybe Trump should rephrase his boast: “I have the world’s most selective memory.”

3. “I’m proud of my net worth. I’ve done an amazing job.

Trump frequently touts his financial acumen. He often says he is worth $10 billion, though most analysts say that is exaggerated. Bloomberg News closely studied his 92-page financial disclosure report and concluded that he is really worth $2.9 billion.

That may sound like a lot of money. But don’t forget that Trump inherited a lot of money, too — about $40 million in 1974. In 1978, his net worth was estimated by BusinessWeek at $100 million. The Post’s Wonkblog calculated that if Trump had gotten out of real estate, put his money in an index fund based on the Standard & Poor’s 500 index and reinvested the dividends, he’d be worth twice as much — $6 billion — today.

National Journal noted that Warren Buffett was also worth $40 million in 1974 — and he managed to turn that into $67 billion today. But then Buffett doesn’t have a long list of business flops, such as Trump Airlines, Trump Vodka, various Trump casinos, Trump Steaks and Trump University.

4. “I’m self-funding my campaign.

Trump keeps saying that unlike his rivals, he’s paying for his own presidential campaign, but that’s largely false.

At the start of his campaign, he loaned his political operation $1.8 million. As of Oct. 1, he had given his campaign an additional $104,829.27 — but he had also received $3.9 million from donors, which accounted for the vast majority of the $5.8 million his campaign had taken in by then. His campaign website features a prominent “donate” button on its homepage. Trump has spent $5.4 million, and interestingly, about one-quarter of his spending has gone to Trump-owned entities (mainly his private jet company).

In January, Trump launched an ad campaign in Iowa and New Hampshire, saying he planned to spend $2 million. He also claimed that his campaign was $35 million to $40 million below budget. Ultimately, all of his spending — and where the money came from — will have to be disclosed in campaign finance reports. The odds are his personal share of the spending will be less than 50 percent.

5. “I’m probably the least racist person on Earth.

When people have criticized Trump for promising to build a wall on the U.S.-Mexico border or proposing a ban on all Muslims from entering the country, he has defended himself by saying he’s not motivated by racism. Still, he has a pattern of racially tinged remarks and actions.

The very first article about Trump in the New York Times — it appeared 42 years ago — was headlined “Major Landlord Accused Of Antiblack Bias in City.” Trump was quoted saying the charges in a lawsuit brought by the Justice Department against the company he and his father ran were “absolutely ridiculous.” The sides settled — but three years later, the Justice Department charged Trump’s organization with continuing to discriminate against blacks.

When five black and Latino teenagers were implicated in a brutal attack on a white woman jogging in Central Park in 1989, Trump took out full-page newspaper ads calling for the death penalty for “criminals of every age.” The suspects were convicted but later exonerated by DNA evidence — and Trump then called their wrongful-conviction settlement a “disgrace.”

Trump Plaza Hotel and Casino President John R. O’Donnell, in the 1991 book “Trumped,” alleged that Trump once said that “laziness is a trait in blacks.” He also claimed Trump said, of his accountants: “Black guys counting my money! I hate it. The only kind of people I want counting my money are little short guys that wear yarmulkes every day.” (Trump has called O’Donnell a disgruntled employee, but he has not disputed the remarks. “The stuff O’Donnell wrote about me is probably true,” he told Playboy in an interview published in May 1997.)

Speaking to the Republican Jewish Coalition in December, Trump made a speech riddled with Jewish stereotypes, such as: “Look, I’m a negotiator like you folks; we’re negotiators.” And: “I know why you’re not going to support me. You’re not going to support me because I don’t want your money.”

Another Trump observation: “A well-educated black has a tremendous advantage over a well-educated white in terms of the job market. . . . If I were starting off today, I would love to be a well-educated black, because I believe they do have an actual advantage.’’

When Trump launched his campaign, he made a broad-brush accusation against Mexico: “They’re sending people that have lots of problems, and they’re bringing . . . drugs, they’re bringing crime, they’re rapists. And some, I assume, are good people.”

The Washington Post
February 15 2017
President Trump’s administration has a spelling problem, and it seems to be getting worse.The latest cringe-worthy gaffe, courtesy of the Education Department, was a double whammy: In a tweet Friday, the agency misspelled the name of the late scholar-activist and NAACP co-founder W.E.B. Du Bois. Then it followed up with a correction, with its own glaring error: “Our deepest apologizes for the earlier typo.”It wasn’t long ago that pretty much everyone across the political spectrum could agree that it was embarrassing when our elected officials failed to use the English language correctly. Just ask former vice president Dan Quayle how to spell “potato.”

Yet as critics pounced on the latest errors as a sign of carelessness or incompetence, Trump defenders howled back, blasting the criticism as liberal-elite snobbery. It’s come to this: The fault lines of our deeply divided country have crossed into the once-neutral territory of grammar and spelling.

So how problematic is the administration’s spelling — really? We decided to take a closer look at a few recent incidents.

1. The ‘to’/‘too’ mix-up on the official Trump inauguration poster

The poster had to be removed from the Library of Congress website after people noticed that something seemed to be missing from the quote emblazoned on it. Can you spot it? Look closer. Ah, yes — one of those pesky “to”/“too” confusions. Too often the eye just skips over it, and even spell check won’t always help you with that one. Who among us hasn’t committed this offense? (But, no, probably not on an official presidential portrait.)

2. Betsy DeVos’s ‘historical’ error

Plenty of public-school alumni jumped on this usage error by the school-vouchers advocate, who has since been confirmed as education secretary. It might not have been the most egregious error — “historical” is often confused as a synonym for “historic” but actually means “belonging to the past”; and she’s hardly the only person we know who randomly capitalizes nouns such as “inauguration” that don’t actually merit it. But still, not a great look for the nation’s top education policy guru.

3. Trumps great honer

The tweet was sent by Trump on his first full day in office. It was swiftly deleted and reposted with the correct spelling — but not before the original version was immortalized online. It might have been just one misplaced vowel, but he’d made this mistake on Twitter before, after a February 2016 presidential debate. (“Wow, every poll said I won the debate last night. Great honer!” — that tweet, too, was quickly corrected.) We’ll be blunt: “Honer” doesn’t even look close to correct, and we’re not sure how he made this blooper. But in fairness, Twitter is where we make all our finger-slip errors, too.

3. Marco Rubio the ‘leightweight chocker’

In an oft-mocked tweet in February 2016, Trump lashed out at primary opponents Ted Cruz and Marco Rubio: “Lying Ted Cruz and leightweight chocker Marco Rubio teamed up last night in a last ditch effort to stop our great movement. They failed!”

Look, we get that “choker,” though correct, looks nearly as strange as “chocker” the more you stare at it. And we can see how someone focused on getting the e-i order correct in “weight” might overcompensate and screw up the “light” part — but wouldn’t you see “leightweight” and know you’d done something wrong?

As per usual, the tweet was deleted — but not before the dictionary folks supplied a snarky response.

4. Lose vs. Loose

No way around it: There is so much wrong with this one, gnarled syntax as well as troubled spelling. Fortunately, Twitter was there to help.

“Insticts” is pretty odd, but you can see how someone who spends a lot of time tweeting about “losers” could get lost trying to spell “loose.” The standard U.S. spelling, of course, is “judgment,” not “judgement,” but again — Twitter.

5. Terrorist ‘attakers’

When the White House released a list of 78 “under-reported’ terrorist attacks earlier this month — aiming to prove that the media had played down the terrorism threat — reporters found themselves wading through a document riddled with typos and errors. Among other mistakes, the report misspelled “attacker” and “attackers” as “attaker” and “attakers” 27 times. Who does that? And this wasn’t a Twitter typo, but a document prepared for public release by the communications staff. This is — bad. A new level of bad. We’ve left Quayle far, far behind.

6. An unprecedented misspelling

This one was particularly regrettable because of the Freudian-slip undertones. It quickly spawned a trending hashtag, an onslaught of jokes and more than a few anti-Trump protest signs at subsequent rallies. Again, the dictionary couldn’t let this pass without taking a shot.

“Unpresidented” did earn an official entry in Urban Dictionary, however. (It isn’t very flattering.)

7. Theresa May vs. Teresa May

One is the name of the British prime minister. The other is the name of a British former soft-porn actress. Guess which one appeared three times on an official White House schedule?

This one would feel more relatable and excusable — we’ve all done something like this — except we’re not talking about bungling the name of your cousin’s new boyfriend on a party invitation. We’re talking about the name of a foreign head of government, misspelled three times on an official White House document.

Voir par ailleurs:

Research Shows Twitter is Driving English Language Evolution

Joel Windels
Brandwatch
May 29th 2013

It’s no surprise that technology has been a driving factor in how we communicate. 140 character limits, the need to be succinct and other prevailing memes have transformed the ways we talk to each other online.

It’s not rare to hear celebrated literary experts lament the demise of the second-most widely spoken language in the world, but seldom to we ever witness any evidence of such change beyond the anecdotal.

Accordingly, we have taken it upon ourselves to conduct our own research into how social media is helping drive evolution in the English language.

Deviating from official English

Twitter users are the least literate of the internet users we looked at, with 0.56% of words on the network being either misspelled or otherwise unofficial, perhaps due to its stricter character limit.

Twitter                 0.56% or 1 in 179

Google+              0.42% or 1 in 238

Facebook            0.31% or 1 in 323

Forums                0.18% or 1 in 556

Americans tend to deviate slightly more than those based in the UK, with the Brits at 0.53% and the USA at the global average of 0.56%.

Interestingly, tweeters have been getting increasingly literate over the past few years, getting 0.01% more literate each year since 2011 – is this a result of increased adoption of auto-correcting devices perchance?

Females are more likely to deviate too, using unofficial language every 169 words, whereas males do it once every 192. The fairer gender are also responsible for elongating words like arghhh, awwww, soooo and ahhh much more than males, who instead prefer to shorten them to things like gonna, wanna and kinda.

The most common form of ‘error’ is the exclusion of apostrophes, resulting in words like im, wont, cant, theres, hes, womens and parents.

The second most frequent deviation was the usage of acronyms, the widest used of which was LOL, followed by WTF, LMAO, YOLO, OMG and FFS.

In terms of the actual words that are misspelled, here are the favourites:

  • definitely
  • separate
  • embarrass
  • achieve
  • surprise
  • weird
  • government
  • argument
Voir aussi:
‘Twitter will increasingly shape our spelling and grammar – we just have to accept it’

As new research finds Twitter users make more spelling mistake than other social networks, Tech & Gadgets editor Hannah Bouckley confesses to some social networking grammatical shortcuts.

Hannah Bouckley

BT

11 June 2013

According to new research, Twitter users make twice as many spelling mistakes as Facebook users.
The study by Brandwatch analysed 10,000 tweets from 1,000 randomly selected Twitter accounts. 
  • It found one in every 150 words posted on Twitter is spelt incorrectly, in contrast to one in 323 words on Facebook.

    The figure doesn’t just refer to spelling mistakes. It includes the use of abbreviations (such as LOL), grammatical errors, word elongation and shortening.

    Women are more likely to make errors and use abbreviations than men, averaging one in every 169 words, as opposed to one in 192 words.

    I use Twitter quite a lot and I must admit to taking some grammatical shortcuts.

    With just 140 characters to play with per Tweet, it’s really frustrating to get to the end of a sentence and be just one character short.

    Rather than rewriting the tweet, I will go back and substitute the likes of “I’m” for “Im”.

    I think there’s a difference between the odd grammatical tweak and glaring spelling errors. Twitter is a public forum and consistently poor spelling and grammar look like you don’t care.

    In Twitter arguments, spelling mistakes are one of the first things people criticise. Making a spelling mistake on Twitter looks like you aren’t in control – especially as mobile phone spell checks are getting better.

    Out of all the social networks, I think we should be forgiving of mistakes on Twitter »

    Twitter is about spontaneous reactions to events and if you are in a hurry it’s easy to make mistakes, particularly if you’re typing using a small keyboard.

    For the majority of people, it doesn’t really matter if there’s a mistake – for professions like politics or teaching, it’s a different story.

    Interestingly Brandwatch’s study found that on Twitter women tend to elongate words, while men shorten them.

    Common words used by women include: soo, aww and ohh. Men use lota, lol, lonna and wanna.

    I’m guilty of the odd aww and soo. But I would use those terms on Facebook and emails to friends.

    Writing a letter or sending a Facebook message can be unwittingly formal. People can read sentences in different ways and misconstrue the original meaning.  By using such language I’m hoping my message sounds a little more conversational and a little how I’d say it in person.

    According to the survey the most common grammatical errors are related to misuse of the apostrophe: im, wont, cant, dont, id.

    There’s a movement online called Kill The Apostrophe “on the basis that it serves only to annoy those who know how it is supposed to be used and to confuse those who dont.”

    I’m not in favour of removing the apostrophe. Twitter and text speech is only a small facet of the way we use our language, enough people still write emails or letters using the apostrophe for it to be useful.

    In the future Twitter and other social networks are likely to increasingly shape our language and we have to get used to it. Language has evolved centuries and will continue to do so.

    It’s not all bad news: it has also been revealed that Twitter users have been getting more literate each year since 2011.

    Overall, I suggest tolerance towards language quirk on Twitter and yes to abbreviation and elongation – in moderation.

    I advise anyone who cares to take a few seconds to correct typos before hitting send.

    Voir également:

Twitter users ‘can’t spell’

Twitter users make more than twice as many spelling mistakes as those on Facebook, new research has revealed – with apostrophes the most common source of errors.
Jennifer O’Mahony
The Daily Telegraph
29 May 2013

Britons’ well-documented struggles with their own language appear to be particularly acute when they post on the microblogging service, a study by social media monitoring service Brandwatch has found.

One in every 150 English words posted on Twitter is spelt incorrectly, with missing apostrophes the most common grammar crime.

Apostrophes, or a lack thereof, were followed by the use of acronyms such as LOL (laugh out loud) and YOLO (you only live once) as the most frequent examples of misuse in English.

Twitter’s strict 140-character limit for posts is undoubtedly the cause of much mangled language, a constraint that forces users to innovate by cutting linguistic corners.

Brandwatch analysed almost one million randomly selected online interactions across Twitter, forums, Facebook and Google+ in the month of March over a three-year period.

Twitter recently announced it counts an average of 400 million tweets posted by users every day, but it fared worst among all social networks for the quality of spelling and grammar.

By contrast, Facebook’s users compose just one in every 323 words incorrectly, though this rose to one in every 238 on Google+.

The research comes in the wake of comments by Simon Horobin, an English professor at Magdalen College, Oxford, who suggested that “they’re”, “their” and “there” could be spelt in the same way. Prof Horobin, speaking at the Telegraph Hay Festival, said: « I am not saying we should just spell freely, but sometimes we have to accept spellings change ».

Minimal differences were found between the accuracy levels of American and British tweeters, but analysts discovered women tended to elongate words and use onomatopoeia such as « soooo » or « argh », while men favoured shortened slang, including « gonna » and « gotta ».

« Whether through deliberate misuse or ignorance, it is clear that the nature of Twitter and its strict character limit continues to encourage a higher rate of unofficial English. But rather than bemoaning the loss of the language, shouldn’t we instead be recognising this for what it is – a natural evolution? » said Joel Windels, Lead Community Manager at Brandwatch.

« Last year the Oxford English Dictionary added well over 1,000 new words and meanings, including web-speak words ‘lolz’ and ‘tweeps.’ Changes to language are nothing new, but this research highlights just how much of an influence social media is having on how we communicate. »

The government may not welcome the sentiments of Mr Windels and Prof Horobin.

Michael Gove, the Education Secretary, has published a list of 162 words which all 11-year-olds would be expected to spell correctly, and has said that « too little attention » has been paid to spelling and grammar in schools in recent years.

Voir encore:

How social media has shaped the English language

Castleford Staff

31/05/2013

The days of writing grammatically correct, perfectly punctuated sentences may seem like a thing of the past – but what role has social media played in this trend?

If new research from Brandwatch is anything to go by, it could be said that social networks have transformed modern day English, with Twitter presenting the greatest threat.

The site analysed the effect of various social media sites on the English language to find that Twitter users are the most likely to deviate from correct spelling and grammar.

A total of 0.56 per cent of words posted on the micro-blogging site are either misspelled or unofficial, although it has been suggested that this might be down to its strict 140-character limit.

Taking up second place is Google+ with 0.42 per cent of misspelled words, followed by Facebook with 0.31 per cent.

However, it’s not all bad news for Twitter users, as the website found that people have become increasingly literate since 2011 – although how much of this is down to autocorrect features?

Women were found to be more likely to deviate from the official language than their male counterparts, as well as being more inclined to elongate their words for effect.

Men, perhaps unsurprisingly, showed a preference for shortening words, instead using phrases such as ‘kinda’ and ‘wanna’.

Now it’s not uncommon for even the greatest of spelling aficionados to struggle with the odd word or two, but Brandwatch’s analysis found that some words are more commonly misspelled than others.

The worst offenders were definitely, separate, embarrass and achieve, with weird and surprise also featuring on the list.

It just goes to show that even in a field as broad as social media, people are still on the lookout for good spelling and grammar – something that people running Twitter campaigns should bear in mind.

 Voir de plus:

Facebook and Twitter ‘harm pupils literacy’: Headmasters claims children are so distracted by the sites they don’t bother to read books

Children’s literacy is being damaged by social media, headmasters claim.

They say pupils are too distracted by sites such as Facebook and Twitter to bother to read a book.

As a result, thousands are poor spellers and have little understanding of grammar.

Children’s literacy is being damaged by social media, headmasters claim. They say pupils are too distracted by sites such as Facebook and Twitter to bother to read a book

A survey of 214 secondary school heads found that 70 per cent believe Facebook and Twitter are ‘bad for literacy’.

Excessive use of such sites means youngsters’ spelling and grammar have deteriorated. For example, some write ‘l8’ rather than ‘late’, while others rely on computer spellcheckers to correct their mistakes.

To make matters worse, many parents do nothing to try to improve these crucial skills.

The research, conducted by Booked, a magazine for schools, found that half of Britain’s headmasters are concerned about their pupils’ approach to reading.

Tsol Keoshgerian, chairman of Booked, said: ‘This is a worrying snapshot of literacy standards.

It appears to confirm that the massive rise in social media use among the young is having a major impact on writing skills th little or no attempt by parents to stop it.’

Tsol Keoshgerian, chairman of Booked, which encourages children to read and write, said: ‘This is a worrying snapshot of literacy standards in the UK today.

‘From a social perspective, it appears to confirm the massive rise in social media use among the young is having a major impact on writing skills with little or no attempt by parents to stop it.’

Bosses regularly complain about the poor literacy standards among school leavers, whose written English in applications forms and CVs can be shocking.

Bosses regularly complain about the poor literacy standards among school leavers, whose written English in applications forms and CVs can be shocking

The research uses examples such as one applicant stating: ‘I wont to work wiv you’re company.’

Others regularly confuse the words ‘to’ and ‘too’, such as: ‘I’d like too work with you’, while asking whether job ‘oppurtunities’ are ‘avalible’ at the company.

Others sign their letters with several kisses, showing an inappropriate level of friendliness with a potential boss who they have never met.

Tracy Newby, head of English at Ringmer Community College in East Sussex, said helping her students to learn good spelling and grammar involves a ‘fight’ with social media.

She said: ‘Social media has a massive impact on students every day.

‘Ask a Year 10 class [aged 14 and 15] how many of them have read a book for pleasure recently and you might get two or three hands.

‘Ask them how many have checked Twitter or Facebook that day and every hand will shoot up.’

Miss Newby runs workshops and competitions at her school to encourage the children to read and to find reading exciting and interesting.

One head teacher, who did not want to be named, said: ‘I do feel that, to a certain extent, the use of electronic media, particularly a reliance on spell checks, has resulted in a decline in old-fashioned grammar and spelling.’

Another said: ‘Parents are less inclined to help children at home with reading.

‘Parents need to be aware of how important their role is. We hold regular evenings for parents and a very low percentage attend.’ It comes after a damning report from the Organisation for Economic Co-operation and Development revealed the scale of the problem.

England is the only developed country producing children who are worse at reading and maths than their grandparents, according to a recent report from the Organisation for Economic Co-operation and Development.

John Allan, national chairman of the Federation of Small Businesses, said: ‘Young people don’t have the literacy and numeracy skills to do the job properly.

‘What we need now is action to improve these crucial basic skills from an early age.

‘While the Government is doing good work to improve the rigour of the curriculum, it must also learn lessons from those countries that perform well, on how to improve and retain these vital skills, to ensure the UK doesn’t find itself with an unskilled workforce.’

Voir de même:

Trump’s tweets are little different from FDR’s chats

Trump’s tweets represent ‘empathy’ but don’t always reflect ‘judgment,’ says Andrew Card
MarketWatch

Jan 23, 2017

‘FDR started it.’ Andrew Card, chief of staff to President George W. Bush
Donald Trump, arguably, has already changed the office of the presidency forever, with his prolific tweets, some of which, at least in the lead-up to his Friday inauguration, endorsed specific companies, lashed out at impersonations and even laid the groundwork for complex policies. Cabinet appointees have found themselves walking back his remarks with some regularity.

Some observers embrace the transparency of the unfiltered Trump experienced on Twitter TWTR, -0.72% . The public wasn’t ruffled one bit when a newly elected Trump’s staff blew off the protocol for press pool reports and end-of-day signoffs.

Trump’s delivery mechanism may be relatively new, but the motivation isn’t. Circumventing the press, and even the carefully crafted press release, is a presidential tack that can be traced as far back as Franklin Delano Roosevelt’s “fireside chats,” which leveraged the radio medium to deliver Roosevelt directly into American living rooms, said Andrew Card, in an MSNBC interview. Card, White House chief of staff to the second President Bush, also served in the administrations of Ronald Reagan and George H.W. Bush.

And: Trump’s tweets ‘speak for themselves’ as he holds media off for now

FDR delivered his first radio address on March 12, 1933, in the middle of the crisis of confidence over the U.S. banking system. The intent? Reassure the public as if the president had stopped by personally. It was only after the broadcast’s relative success that they eventually earned the “fireside chat” familiarity. Trump’s tweets are the president-elect’s way to get closer to Americans, too, said Card.

And that’s not without risk. Trump’s words represent “empathy” but don’t always reflect “judgment,” said Card.

There have been, of course, other media firsts for the executive office. President Dwight Eisenhower created the White House TV studio, according to NPR. It was Reagan, the former actor, who first went prime time and live on network television to enter American homes.

Presidents have taken liberties with format in other ways, too. Barack Obama, whose White House was no stranger to social media, squeezed in “Between Two Ferns” alongside comedian Zach Galifianakis to promote the contentious Affordable Care Act.

Voir enfin:

“I love the poorly educated”—Read Donald Trump’s full Nevada victory speech

Quartz

February 24, 2016

Oh boy. We love Nevada. We love Nevada. Thank you. Thank you. Oh this is a great place. Thank you very much. Great evening. We will be celebrating for a long time tonight. Have a good time. Have a good time.

You know we weren’t expecting—a couple of months ago, we weren’t expecting to win this one, you know that, right? We weren’t. Of course if you listen to the pundits, we weren’t expected to win too much, and now we’re winning, winning, winning the country. And soon the country’s going to start winning, winning, winning. So I want to thank the volunteers. They’ve been unbelievable. These people, they work like endlessly, endlessly. We’re not going to forget it. And we’ve had some great numbers coming out of Texas, and amazing numbers coming out of Tennessee and Georgia and Arkansas and then in a couple of weeks later Florida. We love Florida so. We’re going to do very well in Ohio. We’re beating the governor. It’s always nice to be beating the governor. And Michigan—the whole thing. It’s going to be an amazing two months.

We might not even need the two months, folks, to be honest. So tonight we had 45 to 46%, and tomorrow you’d hear them say, you know, if they could just take the other candidates and add them up, and if you could add them up because you know the other candidates amount to 55%. So if they could—they keep forgetting that when people drop out, we’re going to get a lot of votes. You know they keep forgetting.

So I want to begin by thanking my boys, Eric has been all over the place making speeches. He’s getting better than me so I’m a little jealous. And Don went to _____, you were all over, right?

He loves the rifle stuff. This is serious rifle. This is serious NRA, both of them, both of them. We love the Second Amendment folks. Nobody loves it more than us, so just remember that.

And Corey and Hope, the staff, the whole group, and Charles and Dan and what a group we have. I want to just thank a couple of friends of mine that are here, the owner of this incredible hotel, Mr. and Mrs. Phil Ruffin, stand up. Great guy. Phil said, “Donald,”—like for the last three months he’s driving me crazy, he said—”Donald, I want to put $10 million into your campaign.” I said, “Phil I don’t want your money. I don’t want to do it. I’m self funding.” Every time I see him. It’s hard for me to turn down money because that’s what I’ve done in my whole life. I grab and grab and grab. You know I get greedy. I want money, money.

I’ll tell you what we’re going to do, right? We get greedy, right? Now we’re going to get greedy for the United States. We’re going to grab and grab and grab. We’re going to bring in so much money and so much everything. We’re going to make America great again, folks, I’m telling you folks, we’re going to make America great again.

And another great friend of mine, someone respected by everybody, a great friend of Phil too—Mr. and Mrs. Steve Wynn. Stand up, Steve. Stand up. Two great people. Steve is always calling. He’s always got advice, right Steve? “Donald I think you should do this and that.” His advice I like to listen to, I’ll be honest. So Phil and Steve and families, we appreciate it. You’ve been great friends. Thank you, thank you.

So this was very exciting tonight. But I’ll tell you it looks like we won by a lot evangelicals. I love evangelicals, and I have to tell you pastor [Robert] Jeffress has been so incredible on television and elsewhere. He has been great. And as you know Liberty University—do we love Liberty University? Huh? Jerry Falwell Jr., an unbelievable guy, and he has been with us and with us from the beginning, and I want to thank Jerry and his family. It’s been amazing, the relationship. So we won the evangelicals.

We won with young. We won with old. We won with highly educated. We won with poorly educated. I love the poorly educated. We’re the smartest people, we’re the most loyal people, and you know what I’m happy about? Because I’ve been saying it for a long time. 46% were the Hispanics—46%, No. 1 one with Hispanics. I’m really happy about that.

So I’m very proud of you, this is an amazing night. I love the country, I love the country. We’re going in the wrong direction. We’re going to keep—as you know Gitmo, we’re keeping that open, and we’re going to load it up with bad dudes. We’re going to load it up w a lot of bad dudes out there. We’re going to have our borders nice and strong. We’re going to build the wall, you know that. We’re going to build the wall. And I have a lot of respect from Mexico, and you just heard we won Hispanics. But let me tell you Mexico is going to pay for the wall, right? It’s going to happen. It’s going to happen. They know it. I know it. We all know it.

We have a tremendous deficit. We have a trade deficit with Mexico. They’ll pay for the wall. They’ll be very happy about it. Believe me. I’ll talk to them. They’re going to be very, very thrilled. They’re going to be thrilled to be paying for the wall.

We’re going to be the smart people. We’re not going to be the people that get pushed around all over the place. We’re going to be the smart people. You’re going to be proud of your president, and you’re going to be even prouder of your country, OK?


Présidentielle 2017: Attention, un Trump peut en cacher un autre (Gazing through the wrong end of the telescope: Europe’s future is still being decided in Washington)

16 mars, 2017
Emmanuel Macron et François Hollande à Paris, le 24 mai 2016.https://i0.wp.com/img.20mn.fr/rJaLiuaXS5K8DPSyyjfPPg/648x415_deja-195-elus-socialistes-rallies-emmanuel-macron.jpgImage may contain: textNo automatic alt text available.No automatic alt text available.Emmanuel Macron, c’est moi! François Hollande
Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. Emmanuel Macron
L’urgence est de libérer notre force économique qui étouffe sous les normes et les charges. Cette libération sera le tremplin de l’emploi. (…) C’est un changement de culture que je propose, qui allie fermeté et justice : le respect des forces de sécurité, concentrées sur leurs missions et déchargées de la bureaucratie ; la fin du laxisme et de l’excuse pénale pour que chacun assume la responsabilité de ses actes ; la lutte sans pitié contre le totalitarisme islamique. (…) La France unie commande de limiter l’immigration à son strict minimum afin que nos capacités d’intégration ne soient plus débordées. Il faut retrouver la fierté nationale. La France doit raffermir son identité et rayonner au-delà de ses frontières. Nous avons trop souvent douté de nous-mêmes alors que peu de nations sont assises sur un socle aussi riche et aussi ancien que le nôtre. Le relativisme culturel et la culpabilisation ont réussi à insinuer le doute sur nos valeurs et sur notre histoire. Nous devons au contraire être une nation rassemblée et sûre d’elle-même. Il ne faut rien renier de notre héritage et de nos racines. Nous sommes un pays avec une histoire, avec des traditions, avec une culture française. François Fillon
Dans la future majorité autour de Macron, Hollande jouera évidemment un rôle important. Jean-Pierre Mignard
Le changement – de visage – c’est maintenant ! », est suivi du sous-titre : « Et si Macron était le vrai successeur de la gauche de François Hollande ? Socialistes avec Macron
Le 29 janvier, environ 58% des plus de 2 millions d’électeurs qui ont pris part au scrutin ont désigné un socialiste comme candidat à l’élection présidentielle prochaine. (…) Et vous choisissez non seulement de ne pas soutenir sa candidature, mais encore de faire campagne pour un autre qui a refusé de se soumettre au suffrage des militants et de nos électeurs. (…)  Nous ne comprenons pas que vous ne respectiez pas le choix des militants et des électeurs ayant accepté de prendre part au vote de désignation de notre candidat.  Sylvie Levesque (militante PS)
Interrogé par L’Opinion, le hollando-macroniste Jean-Pierre Mignard a affirmé que le chef de l’État «jouera évidemment un rôle important dans la future majorité». Il a immédiatement été recadré par Benjamin Griveaux, le porte-parole d’En Marche !. Le très porteur «ni droite ni gauche» a-t-il du plomb dans l’aile? À l’heure où Emmanuel Macron apparaît comme le grand favori de l’élection présidentielle, nombre de ses adversaires tentent de le discréditer en le faisant apparaître comme «l’hologramme de François Hollande en plus jeune». Un héritage dont le leader d’En Marche! tente tant bien que mal de se défaire, assurant qu’il n’est «pas un élément de continuité» du hollandisme… Mais qui lui colle à la peau malgré tous ses efforts. Car en plus d’être alimentée par les contacts qu’il entretient avec de très nombreux ministres – actuels ou passés – du quinquennat, cette proximité entre le chef de l’État et son ancien protégé est nourrie par plusieurs de leurs proches, qui se répandent dans la presse pour s’en féliciter. C’est notamment le cas de l’avocat hollando-macroniste Jean-Pierre Mignard, qui a déclaré ce mercredi dans L’Opinion: «Dans la future majorité autour de Macron, Hollande jouera évidemment un rôle important». Le Figaro
It’s the presidential election in France next month that Americans really should be watching. With the coming and going of candidates and near-candidates, the French race has suddenly shaken out in a remarkably auspicious way. In the confrontation between Emmanuel Macron and Marine Le Pen, we basically have a confrontation of the two sides of Trumpism: pro-growth Donald Trump versus protectionist Donald Trump. While it remains uncertain which way the actual Mr. Trump will jump (or tumble) along this fundamental fault line in his administration, just possibly the French outcome could be more immediately decisive for the U.S. than for France. Mr. Trump himself likes to associate with whatever side is winning. He practically took credit for Brexit last spring. He occasionally likes to see himself as the progenitor of a global swing toward economic nationalism. If Mr. Macron, with his pro-euro, pro-reform, pro-openness policies, squashes Ms. Le Pen, with her National Front agenda of Frexit, it would amount to a psychological blow against the protectionist duo Steve Bannon and Peter Navarro. (…) Thus, more than any foreign election in a long time, the French presidential race lands at what might be a crucial moment in the internal White House debate over the future of trade and economic policy. Turned on its head here is much feverish reporting that suggests Europe’s future instead is being decided in Washington. It’s not. A Politico cover story, running at 5,000 words, claims that the European togetherness project is at the mercy of the Trump White House. “Europeans are starting to worry that Steve Bannon has the EU in his cross hairs,” the report says. Talk about gazing through the wrong end of the telescope. (…) OK, a metamorphosis into adulthood is unlikely to happen. It would require a Thatcherite, even Milton Friedmanesque, revolution in how Europeans run their domestic economies. (…) Europeans have long sold themselves a bill of goods. They tell themselves that the European Union and euro somehow have been the creators and keepers of the peace after World War II. Such flummery is irresistible for those trying to hold the rickety structure together but it has always been nonsense. It was the East-West divide, the NATO alliance and, more fundamentally, the invention of nuclear weapons that imposed peace on Europe. A Le Pen victory is deemed unlikely by pollsters, for whatever that’s worth. A decisive Le Pen defeat, however, might be the truly consequential outcome if it arrives in time to tilt the White House debate against the Bannonites in favor of the Goldmanites. That is, against an anti-internationalism that reflects a passing if understandable neuralgia, in favor of a grown-up view of our problems. Western electorates naturally resist an inconvenient truth. Foreigners are not the cause of their problems. Those problems have a lot more to do with the natural limits of the regulatory and welfare states that we in the West have let blossom over the past 70 years. Holman W. Jenkins jr.

Attention: un petit bout de la lorgnette peut en cacher un autre !

François Bayrou, Delanoë, Jacques Attali, Robert Hue, Patrick Braouzec …

A l’heure où derrière les costumes de Fillon mais pas les robes de luxe de Brigitte …

Et avec déjà plus de 400 élus socialistes, cinq communistes et dix écologistes au compteur

Commence à pointer l’évidence qu’avait si bien décrite la fameuse formule bovarienne de François Hollande pour son ancien protégé et ministre de l’économie et des finances …

Et qu’assassinat juridico-médiatique de François Fillon oblige,  nos médias nationaux comme internationaux ne se disputent plus désormais que sur l’ampleur de la victoire de Macron …

Pendant qu’entre l’activisme combiné des juges, des services secrets ou des médias et le politiquement correct des campus, la voix du peuple et de la liberté semble toujours menacée aux Etats-Unis …

Comment ne pas voir l’ironie …

D’un Wall Street Journal moquant chez ses confrères la dénonciation de la menace que serait censé représenter Trump pour la cohésion de l’Europe …

Alors qu’obnubilé par la seule question du protectionnisme économique et oubliant le fiasco de novembre dernier de l’ensemble de leur profession, il ne voit pas lui-même le rôle que pourrait bien jouer aussi en Europe …, il ne voit pas lui-même le rôle que pourrait bien jouer aussi en Europe …

La menace de dilution culturelle qui avait tant contribué à la victoire que personne n’attendait de Trump aux Etats-Unis …

Et qui, après les coups de semonce  autrichien ou néerlandais et peut-être bientôt allemand, pourrait bien justement au dernier moment …

Faire celle du seul candidat, à la fois réformateur économiquement et ferme culturellement, de la véritable alternance en France ?

Two Trumps on the French Ballot
How France might influence the White House’s own debate of protection vs. growth.
Holman W. Jenkins jr.
The Wall Street Journal

March 14, 2017

Delayed by a blizzard, Angela Merkel arrives this week in Washington, an emissary of a worried Europe. But it’s the presidential election in France next month that Americans really should be watching.

With the coming and going of candidates and near-candidates, the French race has suddenly shaken out in a remarkably auspicious way. In the confrontation between Emmanuel Macron and Marine Le Pen, we basically have a confrontation of the two sides of Trumpism: pro-growth Donald Trump versus protectionist Donald Trump.

While it remains uncertain which way the actual Mr. Trump will jump (or tumble) along this fundamental fault line in his administration, just possibly the French outcome could be more immediately decisive for the U.S. than for France.

Mr. Trump himself likes to associate with whatever side is winning. He practically took credit for Brexit last spring. He occasionally likes to see himself as the progenitor of a global swing toward economic nationalism. If Mr. Macron, with his pro-euro, pro-reform, pro-openness policies, squashes Ms. Le Pen, with her National Front agenda of Frexit, it would amount to a psychological blow against the protectionist duo Steve Bannon and Peter Navarro.

If not Mr. Bannon’s banishment, it might at least result in Mr. Trump doubting whether the disheveled one really inhabits the global zeitgeist.

Wall Street likes pro-growth Trump. It doesn’t like protectionist Trump. And as multiple reports tell us, the White House is riven by a “civil war,” with the internationalists, led by Goldman Sachs alums Gary Cohn and Steven Mnuchin, lately gaining influence with everybody except Mr. Trump himself.

Mr. Trump is not a man of deeply held ideological convictions, even on trade, about which he has ranted for 30 years. He’s a deal maker, an opportunist (in the nondefamatory sense), a man who understands the flow of events and works within it. And it matters in this case, because a president has powers over trade that Congress and the courts are not necessarily well-positioned to counter.

Thus, more than any foreign election in a long time, the French presidential race lands at what might be a crucial moment in the internal White House debate over the future of trade and economic policy.

Turned on its head here is much feverish reporting that suggests Europe’s future instead is being decided in Washington. It’s not.

A Politico cover story, running at 5,000 words, claims that the European togetherness project is at the mercy of the Trump White House. “Europeans are starting to worry that Steve Bannon has the EU in his cross hairs,” the report says.

Talk about gazing through the wrong end of the telescope. Mr. Bannon is a nationalist opponent of globalization, all right. But if Europeans think he’s their major problem, consider it a symptom of their real trouble. The EU’s problems are massive and self-made, beginning with its inability to reconcile the euro with a crying need for economic growth.

No, the European Union need not fail. It can survive as a common organization of European states, serving the interests of its members without imposing so much regulatory overreach from Brussels.

The euro itself can survive without the politically impractical, and likely impossible, dream of member states ceding control of taxes and spending to Brussels-based Eurocrats. To survive, the eurozone would only have to become a currency zone in which members fully and truly accept the discipline of the markets over their borrowing, including the possibility of national default.

OK, a metamorphosis into adulthood is unlikely to happen. It would require a Thatcherite, even Milton Friedmanesque, revolution in how Europeans run their domestic economies. But the end of the euro in its present form would only be a bow to reality, strengthening the EU by helping prosperity to return to its weaker members.

Europeans have long sold themselves a bill of goods. They tell themselves that the European Union and euro somehow have been the creators and keepers of the peace after World War II.

Such flummery is irresistible for those trying to hold the rickety structure together but it has always been nonsense. It was the East-West divide, the NATO alliance and, more fundamentally, the invention of nuclear weapons that imposed peace on Europe.

A Le Pen victory is deemed unlikely by pollsters, for whatever that’s worth. A decisive Le Pen defeat, however, might be the truly consequential outcome if it arrives in time to tilt the White House debate against the Bannonites in favor of the Goldmanites. That is, against an anti-internationalism that reflects a passing if understandable neuralgia, in favor of a grown-up view of our problems.

Western electorates naturally resist an inconvenient truth. Foreigners are not the cause of their problems. Those problems have a lot more to do with the natural limits of the regulatory and welfare states that we in the West have let blossom over the past 70 years.

Recomposition

Jean-Pierre Mignard: «Dans la future majorité autour de Macron, Hollande jouera évidemment un rôle important »

« Ce n’est pas l’économie qui est en crise mais le système politique. Quand la crise politique sera résolue, la France repartira », estime Jean-Pierre Mignard, qui retrace la longue tentative d’une partie du PS de se rapprocher du centre. L’avocat, soutien d’Emmanuel Macron, explique qu’au lendemain de la présidentielle, le chantier sera la construction d’« un grand parti démocrate et progressiste »

Jean-Pierre Mignard est avocat et… franc tireur politique. Après avoir été membre de la direction du PSU, il rejoint le Parti socialiste en 1984. Avec François Hollande, auquel le lie une profonde amitié, il fonde les « transcourants » au sein du PS, puis les clubs Témoin, derrière Jacques Delors. En décembre 2016, il quitte le PS et rejoint le mouvement d’Emmanuel Macron En Marche !.

Le renouveau politique souhaité par Emmanuel Macron est-il le signe d’une crise profonde du système ?

Le système politique français à bout de souffle. La Ve République s’est construite en 1958 sur une menace de coup d’État. Il ne faut pas oublier que les parlementaires s’étaient réfugiés à l’Assemblée nationale et que l’on racontait que des listes étaient dressées. Le Général de Gaulle n’est pas un dictateur mais un républicain d’ordre. Il installe au départ une majorité qui ressemblera un peu à ce que devra faire Emmanuel Macron. C’est-à-dire qu’il labellise une majorité présidentielle, au sein de laquelle il y a le parti qu’il a créé, l’UNR, le MRP, la démocratie chrétienne, mais aussi la SFIO, dont la grande majorité des socialistes, derrière Guy Mollet, vont participer au gouvernement du Général de Gaulle jusqu’en 1960.

Mais l’objectif du Général de Gaulle n’était-il pas au contraire d’en finir avec des majorités fluctuantes et ponctuelles ?

L’objectif premier du Général, c’est de casser les centres. Sous la Ve République, le scrutin uninominal et les ralliements que cela suppose entre les deux tours vont interdire aux centristes d’exister. Les centristes étaient dominants sous la IVe République, un système politique très décrié mais qui a produit beaucoup de choses : la Communauté européenne du charbon et de l’acier, le marché commun, le Conseil de l’Europe, la politique industrielle, le redressement économique, l’utilisation à bon escient des fonds du plan Marshall. De Gaulle estime qu’il faut des majorités claires, qu’elles ne peuvent provenir d’accords parlementaires qu’il voyait comme des combinaisons de partis. Le système politique binaire, bi partisan, induit par le mode de scrutin, provoque une partition du pays. Mais aujourd’hui, nonobstant l’esprit de la Ve République et le mode de scrutin, nous retrouvons une situation qui n’est pas loin de 1958. L’extrême droite était alors menaçante, elle est de nouveau aux portes du pouvoir, avec les mêmes ou les enfants des mêmes. L’échec du système est là.

Les primaires ne sont-elles pas le signe d’un sursaut démocratique ?

Le système est tellement à bout de souffle que les partis ne sont même plus capables de faire la démonstration de leur probité à l’intérieur de leur propre rang. On l’a vu pour le PS en 2008 lors du Congrès de Reims ou pour la présidence de l’UMP à l’automne 2012. D’où le système des primaires qui sont les seuls cataplasmes démocratiques que ces deux partis ont trouvés compte tenu de leur division interne pour fonctionner. Au PS, Manuel Valls a raison, il y a bien deux gauches irréconciliables. LR est divisé de son côté entre Alain Juppé et François Fillon. Quand je vois les caricatures odieuses contre Emmanuel Macron, je me rappelle la campagne « Ali Juppé ». Ce n’est pas un hasard. Il y a déjà dans les rangs de ce parti pourtant républicain de dénomination et qui en appelle aux mannes du Général, ce qui est un comble, des éléments tout droit issus de la pensée de Charles Maurras.

C’est trop tardif, mal fait, bricolé mais c’est Ségolène Royal qui installe l’idée qu’un centriste peut travailler avec un socialiste à la tête de l’exécutif

En 2007, Ségolène Royal fut la première socialiste à tenter de se rapprocher de François Bayrou…

La grande transgressive, c’est Ségolène Royal. Sans avoir construit sur le plan théorique ce qu’elle faisait, car c’est plus une intuitive pragmatique qu’une théoricienne, elle comprend qu’il faut sortir du cadre politique. C’est pourquoi elle commence à casser le système du PS en demandant des adhésions à 20 euros. Et surtout, après avoir été désignée comme candidate, elle a l’idée de demander à François Bayrou d’être son Premier ministre si elle était élue. C’est trop tardif, mal fait, bricolé mais c’est elle qui installe l’idée qu’un centriste peut travailler avec un socialiste à la tête de l’exécutif. En 2007, Ségolène Royal est perçue par les socialistes comme Emmanuel Macron l’est aujourd’hui. Elle n’était pas prévue, pas dans l’héritage et à l’époque si les dirigeants du PS avaient pu voter une loi salique, ils l’auraient fait. François Hollande ne soutient pas son initiative car à l’époque il reste dans l’étiage de la gauche plurielle, cette alliance qui avait pourtant fait la preuve de son échec : Lionel Jospin, un homme consciencieux, sérieux, intègre et bon Premier ministre, termine par un score lamentable. De surcroît, François Hollande est favorable à toutes les ouvertures à condition que le PS soit hégémonique au sein de la nouvelle alliance. Le PS peut ouvrir, mais à condition que les socialistes gardent les clefs. Une idée qu’Emmanuel Macron est en train de dynamiter.

Pourquoi en 2012 François Hollande n’a-t-il pas réalisé cette ouverture que vous appelez de vos vœux ?

Ne pas réaliser l’ouverture avec François Bayrou, c’est sa première erreur et sa plus grande erreur. En fait, le Président refuse de choisir car il pense qu’accepter la main tendue de François Bayrou, c’est acter une déclaration de guerre contre l’aile gauche du PS, l’extrême gauche et les Verts, qui ont appelé à voter pour lui. C’est pourquoi il prend Jean-Marc Ayrault comme Premier ministre. Un homme sympathique et gentil, qui doit distribuer la somme d’antalgique nécessaire à une majorité en lien avec la direction du PS, c’est-à-dire Martine Aubry. De surcroît, alors que c’est dans son programme, François Hollande ne veut pas de la proportionnelle que demande François Bayrou. Le Président est donc contraint de mener une politique économique en contrebande. Comme la droite auparavant. Une politique sans clarté, sans explication, qui mécontente tout le monde parce que personne ne comprend de quoi il s’agit. Si François Hollande avait été plus attentif en 1988, il se serait rappelé que François Mitterrand avait dit qu’il ne souhaitait pas que la majorité soit si forte que ça. A un moment, on ne peut plus faire de modernisation économique compte tenu des alliances induites par le système. C’est pourquoi la crise française est d’abord politique. Quand on aura résolu la crise politique, le pays repartira.

Depuis 1971, le PS a changé. Peut-il accompagner la rénovation du système ?

Dans un monde de plus en plus libéral, le PS a été contraint de reculer en bon ordre. C’est la construction européenne : on transfère à l’Europe une subsidiarité, un pouvoir que nous ne sommes plus en mesure d’exercer en tant que nation seule. Mitterrand va aller très loin avec Helmut Kohl. Il fonde la grande alliance de la social-démocratie et de la démocratie chrétienne. La France a vécu une grande schizophrénie. Elle a vécu au plan intérieur dans un affrontement droite-gauche, d’autant plus furieux que les marges de manœuvre des deux camps étaient faibles. Il y a la vie des socialistes en France, avec le Parti communiste, des meetings où l’on chante l’Internationale, et la vie en Europe, où l’on travaille avec les démocrates chrétiens. C’est pathologique. Mais progressivement, la gauche se divise, comme la droite, sur la question européenne. Voilà pourquoi le système est en crise. Ce n’est pas l’économie ou le social, même s’il y a d’immenses efforts à faire, qui sont en crise. C’est la politique qui tient le reste.

Avec François Hollande, dans les années quatre-vingt, vous aviez fondé au sein du PS, les « transcourants ». Était-ce la genèse du mouvement En Marche ! ?

Les transcourants avec Jean-Pierre Jouyet, Jean-Yves Le Drian et François Hollande, que j’ai présenté l’un à l’autre à l’époque, furent fondés sur le constat que l’idéologie ne fonctionne plus. Nous étions très transgressifs. Nous estimions que le cadre du travail était si rigide qu’il commençait à fabriquer du chômage. Dans un texte qui s’appelait « La gauche bouge », on imaginait même que les petits boulots pouvaient être un substitut au chômage. Nos réflexions se nouaient aussi autour du rapport Crozier, Huntington et Watanuki, qui avait fait le constat de l’épuisement de l’État providence et de la nécessité de trouver de nouvelles formes de redistribution. Plus tard, lorsque l’on préparait la candidature de Jacques Delors à l’élection présidentielle de 1995, on faisait des réunions avec Michèle Barzach, François Léotard, Patrick Devedjian ou Jean-Pierre Delalande, pour envisager comment des personnalités de la droite proeuropéenne pourraient converger avec nous. Nous étions pour des majorités de larges convergences. L’obsession de Jacques Delors était de ne pas être prisonnier de l’appareil socialiste.

Si des Français vont vers Marine Le Pen, ce n’est pas à cause de l’UMPS, mais parce l’UMPS, c’est la paralysie

Pourquoi Emmanuel Macron refuse-t-il des ralliements collectifs ?

Il ne veut pas négocier son programme avec des partis. Beaucoup de socialistes ne sont pas clairs et restent très attachés au Parti socialiste, ce que je peux comprendre. Se rallier en groupe, mais pourquoi ? Jusqu’où ? Pour faire quoi ? Il faut en dire beaucoup plus. Un ralliement ne peut simplement acter un désaccord avec Benoît Hamon ou avec François Fillon. Au deuxième tour, si un parti appelle à voter pour Emmanuel Macron, de gauche ou de droite, pour bloquer Marine Le Pen, il faudra trouver des formules de pacte, des formules transpartisanes. On ne fera pas comme Jacques Chirac qui en 2002 a demandé poliment à tout le monde de rentrer chez lui. Ces accords transpartisans pourront concerner 60 % de l’électorat sauf l’extrême gauche antieuropéenne et l’extrême droite antieuropéenne. Si des Français vont vers Marine Le Pen, ce n’est pas à cause de l’UMPS, mais parce l’UMPS, c’est la paralysie. En revanche, l’UMPS convergent c’eut été la force et l’efficacité. Après la présidentielle, il y a un autre chantier qui va s’ouvrir : créer un grand parti démocrate et progressiste qui sera au-delà d’En Marche !. Les socialistes, au sein du PS, devront se poser la question de savoir s’ils veulent continuer à vivre ensemble.

Le renoncement de François Hollande à se présenter à l’élection présidentielle n’est-il pas la preuve ultime que le système politique est à bout de souffle ?

Non… J’y verrais le fait que François Hollande a fait la preuve qu’il est plus attaché à un dépassement du système qu’à son propre avenir. C’est un acte civique de belle importance. Il avait le sentiment qu’il était lui-même porteur du renouveau et qu’il pouvait conduire la recomposition politique. C’est donc son renoncement qui la permet… Dans la future majorité, le Président jouera évidemment un rôle important.

Vous vous parlez toujours régulièrement ?

Oui.

Voir également:

Le spectre de Hollande hante la campagne de Macron

Interrogé par L’Opinion, le hollando-macroniste Jean-Pierre Mignard a affirmé que le chef de l’État «jouera évidemment un rôle important dans la future majorité». Il a immédiatement été recadré par Benjamin Griveaux, le porte-parole d’En Marche !.

Le très porteur «ni droite ni gauche» a-t-il du plomb dans l’aile? À l’heure où Emmanuel Macron apparaît comme le grand favori de l’élection présidentielle, nombre de ses adversaires tentent de le discréditer en le faisant apparaître comme «l’hologramme de François Hollande en plus jeune». Un héritage dont le leader d’En Marche! tente tant bien que mal de se défaire, assurant qu’il n’est «pas un élément de continuité» du hollandisme… Mais qui lui colle à la peau malgré tous ses efforts.

Car en plus d’être alimentée par les contacts qu’il entretient avec de très nombreux ministres – actuels ou passés – du quinquennat, cette proximité entre le chef de l’État et son ancien protégé est nourrie par plusieurs de leurs proches, qui se répandent dans la presse pour s’en féliciter. C’est notamment le cas de l’avocat hollando-macroniste Jean-Pierre Mignard, qui a déclaré ce mercredi dans L’Opinion: «Dans la future majorité autour de Macron, Hollande jouera évidemment un rôle important».

«L’amitié a pris le pas sur tout le reste…»

Une phrase qui n’a pas manqué de faire réagir les détracteurs d’Emmanuel Macron, qui s’en sont immédiatement saisis pour l’accuser de vouloir prolonger la politique actuelle. Cette sortie a également eu du mal à passer au sein d’En Marche!, à tel point que le porte-parole du mouvement, Benjamin Griveaux, a été contraint de se rendre sur BFMTV pour éteindre l’incendie. «Évidemment, François Hollande ne jouera pas de rôle important dans la future majorité d’Emmanuel Macron», a-t-il assuré.

«Nous contestons ces propos-là», a-t-il encore ajouté. «Nous disons simplement que François Hollande ne jouera pas de rôle, ni dans l’élection présidentielle ni dans la campagne. Chacun est libre d’apporter son soutien», a enfin conclu l’ex-élu de Saône-et-Loire. Un «recadrage» jugé nécessaire par l’entourage d’Emmanuel Macron, selon qui «l’amitié qui lie Jean-Pierre Mignard à François Hollande a pris le pas sur tous le reste…» «Il fallait réaffirmer la ligne, c’est désormais chose faite», conclut-on. Femez le ban?

Voir encore:

Tribune

Lettre ouverte aux élus socialistes

Sylvie Levesque, militante PS dans la section de Cachan (94)
Libération
7 mars 2017 

A ceux qui ont souhaité ou ont choisi de soutenir la candidature d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle, rendez votre carte !

Nous, militantes et militants socialistes sans responsabilité au sein du parti ni mandat électif, vous demandons de rendre votre carte d’adhérent au Parti socialiste, au nom de notre engagement sur lequel s’est appuyée votre élection.

Par cette lettre ouverte, nous souhaitons vous rappeler que sans nous, qui vous avons d’abord investis au nom de notre parti pour représenter le peuple au niveau local ou national, sans nous, qui avons contribué aux réflexions dans nos sections, sans nous qui avons soutenu vos candidatures et fait campagne pour vous, sans nous, sans nos tractages, nos boîtages, nos actions sur les réseaux sociaux, il est fort peu probable que vous auriez été élus. Un jour, un mentor vous a peut-être repéré et a facilité votre carrière dans l’appareil du parti, mais un mentor sans la base, cela ne permet pas d’être un élu du peuple.

L’article 5.3.1 des statuts du Parti socialiste stipule que le candidat à la présidence de la République est désigné au travers de primaires ouvertes à l’ensemble des citoyens adhérant aux valeurs de la gauche et de la République, dans le projet d’une société de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, de justice et de progrès solidaire. Les règles sont claires et vous les connaissez. Règles qui peuvent d’ailleurs amener à la désignation d’une candidate ou d’un candidat n’appartenant pas à notre formation politique.

Ni loyal ni respectueux

Or le 29 janvier, environ 58% des plus de 2 millions d’électeurs qui ont pris part au scrutin ont désigné un socialiste comme candidat à l’élection présidentielle prochaine. Benoît Hamon est membre de notre parti depuis trente et un ans, membre du bureau national depuis vingt-quatre ans, élu de la République sous les couleurs du PS depuis treize ans. Et vous choisissez non seulement de ne pas soutenir sa candidature, mais encore de faire campagne pour un autre qui a refusé de se soumettre au suffrage des militants et de nos électeurs, et qui n’a pas d’autre étiquette que celle du mouvement qu’il a créé ex nihilo.

Emmanuel Macron n’a adhéré au Parti socialiste que pendant trois ans ; il n’a jamais été investi par les militants pour être candidat à un mandat républicain et n’a jamais été élu par le peuple, a fortiori sous les couleurs de notre parti. Devons-nous vous rappeler que si M. Macron a été membre d’un gouvernement mené par un socialiste, son passage à l’exécutif ne dura que deux ans et quatre jours. Qu’est-ce que deux ans et quatre jours dans une vie de militant ? Qu’est-ce que deux ans et quatre jours dans l’histoire centenaire du parti ? Pas grand-chose. Et lorsqu’on l’entend admettre sur France Culture qu’en 2016, il a dépensé en huit mois 80% des crédits annuels de fonctionnement de son ministère, on est porté à croire qu’en acceptant sa fonction de ministre de l’Economie, il avait sans doute déjà le projet de mettre un terme à sa mission avant la fin du quinquennat, ce qui ne nous semble ni loyal vis-à-vis de qui l’a nommé ni respectueux de la République.

«Ecolo-gauchistes»

Vous invoquez vos convictions pour justifier votre choix, mais avez-vous une idée du nombre d’entre nous qui, ayant voté pour une motion, une candidate ou un candidat mis en minorité, ont cependant milité activement pour celle ou celui qui avait été désigné par un vote interne ou lors de primaires ouvertes ?

Nous ne comprenons pas que vous ne respectiez pas les statuts de notre parti. Nous ne comprenons pas que vous ne respectiez pas le choix des militants et des électeurs ayant accepté de prendre part au vote de désignation de notre candidat.

Nous ne voyons pas comment vous pourriez rester adhérents au Parti socialiste et vous demandons de rendre votre carte du parti avant de vous engager auprès d’un autre candidat que celui désigné par les primaires citoyennes. A savoir : Benoît Hamon.

Une dernière chose : nous ne nous reconnaissons pas dans l’étiquette d’«écolo-gauchistes» que certains d’entre vous nous accolent. Nous sommes tout simplement socialistes et n’avons pas oublié ce que cela signifie.

Les signataires des sections : Levesque Sylvie, Cachan (94); Rutili Yan, Guénange (57); Lajournade Jeanne, Saint-Lizier (09); Yoann Jacquet, Ussel (19); Jeanjeau Lionel, Saint-Avertin (37); Nguene Étienne, Les Mureaux (78); Mascarin Manu, Vence (06); Aguilera Michel, Nîmes-Nord (30); Le Sellin Benoît, Brest (29); Ekim Melek, Villeneuve-la-Garenne (92); Dolo Pascal, Lille-Moulins (59); Musard Clarisse, Nancy (54); Peschet Denise, Joué-lès-Tours (37); Peschet Jean-Claude, Joué-lès-Tours (37); Saimbault Françoise, Ballan-Miré (37); Ferrisse Denise, Joué-lès-Tours (37); Seguin Dominique, Saint Avertin (37); Paris Jean-Christophe, Val de l’Indre (37); Paris Jacky, Val de l’Indre (37); Lajournade-Bosc Francine, Commune de Paris – Paris 20e (75); Marty Anne-Marie, Champigny-sur-Marne (94); Schweig William, Fédération 37; Boutet Françoise, Fédération 37; Vu Pascal, Nogent-sur-Marne (94); Antras Gérard, Saint-Lizier (09); Sauvion Julien, Saint-Pierre-des-Corps (37); Lacotte Christian, Bléré (37); Bouakouir Samir, Villeneuve Le-Roi-Ablon (94); Dhenaux Sophie, L’Haÿ-les-Roses (94); Houx Christine, Fédération 37; Millo Nicole, Nice (06); Paumerelle de Lormel Chantal, Maisons-Alfort (94); Lescastreyres Gérard, Bléré (37); Metais Jean-Pierre, Val de l’Indre (37); Cheron Patrice, Cachan (94); Milleret Jean-Philippe, Cachan (94); Berger Alain, Cachan (94); Archambaud Jacques, Saint-Mandé (94); Vogler Jean, Saint-Mandé (94); Di Franco Jocelyne, Pont Saint Esprit (30); Roger Judicaël, Nîmes centre (30); Pronesti Joseph, Villeneuve-lèz-Avignon (30), Piret Sarah, Nîmes 4 (30), Oukrate Françoise, Lédignan (30); Cuozzo Vincent, Uzès (30); Bergougnoux Josiane, Pézenas (34); Lajournade Hervé, Pézenas (34); Chevalley Anne, Le Vigan (30); Richard Philippe, Cachan (94); Meysen Félix, Nîmes-Nord (30); Kobbi Sarah, Villeneuve-la-Garenne (92); Brunier-Zsigray Philippe, Villeneuve-la-Garenne (92); Werb Ethan, Montrouge (92); Bourgeois Michel, Nancy (54); Tricard Perrine, Colombes (92); Crocicchia Clément, Neuilly-sur-Seine (92); Laprévote Gabrielle, Meudon (92); Fadallalah Haoua, Saint-Ouen (93); Breil Thierry, Pays de Romans (26); Lajournade Jean, Saint-Lizier (09); Mansouri Mina, Colombes (92); Youssef Ihsen, Colombes (92); Tchangodeï Anna, Claude Estier – Paris 18e (75); Geneix Christophe, Nîmes (30); Mouillard Arnaud, Pavilly (76); Jacquet Alain, Cachan (94); Macquoy Christian, Duclair-Saint Pierre de Varengeville, Val de seine (76); Dembele Fatimata, Ivry-sur-Seine (94); Corblin Jannick, Charleville-Mézières (08); Naït Abdelaziz Mezhoura, Charleville-Mézières (08); Alquier Jean-Philippe, Colombes (92); Quezada Victor, Colombes (92); Danquigny Jean-Marc, Levallois-Perret (92); Guerard Marie-Françoise, Les Clayes Sous Bois (78); Bouchikhi Sheer, Paris 11e (75); Chehab Stéphanie, Paris 12e (75); Rosel Rosine, Commune de Paris 20e (75); Caullier Gérard, Beauvais (60); Jidal Aurélie, Jean Jaurès (80); Verkin Lucile, Jean Jaurès (80); Tekiner Meryem, Mulhouse (68); Treviso Catherine, Troyes (10); Nizar Ayad, Metz Nord (54).

Voir par ailleurs:

The Middlebury Aftermath
Robert George and Cornel West issue a defense of free speech.
The Wall Street Journal

March 14, 2017

Amid the icy Nor’easter that hit the east coast Tuesday, a clear ray of intellectual sunshine emerged: Professors Robert George of Princeton University and Cornel West of Harvard University posted online, for national signatures, a petition in defense of freedom of speech. You may find it at http://jmp.princeton.edu/statement.

Their statement—“Truth Seeking, Democracy, and Freedom of Thought and Expression”—follows on the heels of last week’s remarkable free-speech statement by professors at Middlebury College, which now has more than 100 signatures at that small Vermont institution.

Both efforts come in the aftermath of a protest at Middlebury against scholar Charles Murray of the American Enterprise Institute. That protest turned into a mob action, including an assault on Middlebury professor Allison Stanger, who had questioned Mr. Murray on stage.

For years, Professors George and West, the former a conservative and the latter a socialist, together taught a class at Princeton on how to listen to contrary points of view. Middlebury’s violence drove home what many in academia have come to see more clearly now—that the most basic tenets of free inquiry and exchange are under unprecedented pressure in the U.S., not least at universities.

The George-West statement stands as a forceful rebuttal to the all-too-frequent attempt to stigmatize opponents into silence. We hope it gains the national support it deserves.


Présidentielle 2017: Fillon gagnant dès le premier tour (After Britain and America and maybe soon Germany, guess who’s next in line for real change ?)

14 mars, 2017
https://pbs.twimg.com/media/C6wz8_WU8AAcOkV.png:largehttps://i1.wp.com/www.valeursactuelles.com/sites/default/files/fichiers/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202017-03-14%20a%CC%80%2010.10.17.pngL’urgence est de libérer notre force économique qui étouffe sous les normes et les charges. Cette libération sera le tremplin de l’emploi. (…) C’est un changement de culture que je propose, qui allie fermeté et justice : le respect des forces de sécurité, concentrées sur leurs missions et déchargées de la bureaucratie ; la fin du laxisme et de l’excuse pénale pour que chacun assume la responsabilité de ses actes ; la lutte sans pitié contre le totalitarisme islamique. (…) La France unie commande de limiter l’immigration à son strict minimum afin que nos capacités d’intégration ne soient plus débordées. Il faut retrouver la fierté nationale. La France doit raffermir son identité et rayonner au-delà de ses frontières. Nous avons trop souvent douté de nous-mêmes alors que peu de nations sont assises sur un socle aussi riche et aussi ancien que le nôtre. Le relativisme culturel et la culpabilisation ont réussi à insinuer le doute sur nos valeurs et sur notre histoire. Nous devons au contraire être une nation rassemblée et sûre d’elle-même. Il ne faut rien renier de notre héritage et de nos racines. Nous sommes un pays avec une histoire, avec des traditions, avec une culture française. François Fillon
A group of environmental activists pulled off a daring act of defiance. The Washington Post
A group of environmental activists pulled off an elaborate act of vandalism at one of President Trump’s premier golf courses early Sunday morning.” (…) Editor’s note: The beginning of this story was changed to more accurately reflect the nature of the actions taken by a protest group against the Trump golf course in Rancho Palos Verdes, Calif. The Washington Post
That new optimism is palpable on social media.As with many social media phenomena, it is hard to pin down who started what, when. Some members of Jusos Mannheim are active in the subreddit forum, point to Zeller. But it is clear that the hype was not planned by SPD headquarters. Yet Zeller underlined the significance of the light-hearted chatter online. « That is important because in social networks, simple, populist statements penetrate very quickly while the other complicated, correct answers to problems don’t travel so well. France 24
L’avènement de Geert Wilders est en partie provoqué par l’érosion des partis traditionnels qui peinent à convaincre et ont perdu une grande partie de leur électorat. De 1994 à 2002, la « coalition violette » est au pouvoir. Elle rassemble le Parti du travail (PvdA, social-démocrate), le Parti populaire libéral et démocrate (VVD, libéral) et les Démocrates 66 (D’66, social-libéral). A partir de 2002, c’est l’hécatombe : la coalition perd la moitié de son électorat. Les conservateurs du parti chrétien-démocrate (CDA) deviennent la première formation du pays. Et surtout, pour la première fois, un parti islamophobe et anti-immigration fait son entrée fracassante au parlement : la « liste Pim Fortuyn » remporte vingt-trois sièges. Assassiné neuf jours avant ces élections législatives qui ont fait de sa « liste » la deuxième force politique du pays, Pim Fortuyn a posé les bases des revendications du parti de la Liberté. Il est le précurseur de Geert Wilders et du PVV qui ont occupé au fil des années de plus en plus de place dans la vie politique néerlandaise. Avec le meurtre de Fortuyn, la question de la place de l’islam s’est retrouvée projetée au cœur des préoccupations de la société néerlandaise. Un autre événement a profondément marqué les esprits : l’assassinat en 2004, par un islamiste, de Theo van Gogh, réalisateur d’un virulent pamphlet anti- islam. (…) Les voix sont aujourd’hui très dispersées. Le professeur Markus Wilp nous l’explique : « à l’heure actuelle se dessine un duel entre le parti libéral VVD et le PVV populiste de Geert Wilders. Ils ont les cotes de sondage les plus hautes, mais ne dépassent pour le moment pas les 16%. Ils sont tous les deux talonnés par cinq partis ayant chacun 8 à 11% d’intentions de vote ». (…) En cas de victoire, le parti de Geert Wilders ne lui donnera pas forcément les clés du gouvernement. Il pourrait même ne pas y figurer. Pourquoi ? Parce qu’au jeu des coalitions, le PVV aura bien du mal à convaincre les autres partis qui pourraient arriver en tête. (…) Le triomphe de Trump aux Etats-Unis, le Brexit voté au Royaume-Uni : les élections législatives néerlandaises vont-elles suivre le même chemin et faire gagner une nouvelle fois le populisme ? Une chose est certaine, selon le professeur Wilp : ce scrutin va « être observé avec beaucoup d’attention par de nombreux pays qui se demandent si la tendance au populisme va se confirmer ». Car le Parti pour la liberté de Geert Wilders est, selon les derniers sondages, sur le point de devenir le premier parti du pays : les conséquences d’une telle victoire pour « l’Union européenne intéressent forcément les autres pays ». Arte
Pernille Vermund, leader of the Danish far-right party “the New Conservatives” (…) Like Geert Wilders in The Netherlands and Marine Le Pen in France, (…) objects to « establishment politics. » She levels harsh criticism at her political rivals for being « too soft » on immigration and for doing « too much talking. » Vermund’s anti-Islam sentiments and the rhetoric she uses to illustrate the gap between « the people » and « the elites » resonate with Danish voters. They commend her for her « straight talk » and ability to « get things done. » The similarities with Donald Trump are striking. Her party polled at 4.8 percent in late February – impressive for one founded less than two years ago. Similar to her European peers, Vermund’s party refrains from the homophobia, anti-Semitism and religious conservatism expressed by traditional far-right groups, claiming instead to defend liberal values against a new enemy: Islam. Appeals to individual freedoms, calls for Denmark to leave the EU and ultra-liberal economic policies draw in voters who traditionally would have avoided fringe groups such as Vermund’s party. This helps to explain how seven out of 10 of her potential voters are not only male, white and middle-aged, but also reasonably wealthy and in possession of a university degree. Like Wilders, who is expected make substantial gains in the upcoming general elections in the Netherlands, Vermund’s chances of leading the country any time soon are very slim. This is due in part to the system of proportional representation and Denmark’s tendency to form minority coalition governments, but it does not mean that she cannot still gain significant influence. (…)  The home of « hygge », the Danish word for a feeling of cosiness, Denmark has in recent years introduced legislation and initiatives labelled as draconian by both national and international media. This includes most notably the passing of a law in 2016 that permits authorities to confiscate the personal possessions of asylum-seekers, and the government taking out advertisements in a Lebanese newspaper to dissuade refugees from coming to Denmark. More recently, the Danish parliament issued a non-binding statement in February, which suggested that to be considered “Danish”, both of your parents must be Western. Euobserver
Le candidat «en marche» ne promet pourtant rien moins que «la révolution» et la «réconciliation de l’ambition avec le réel». Beau programme. Comment? On verra plus tard. Cela ne vous rappelle pas quelqu’un? Dans les faits, ce renouveau tonitruant de la social-démocratie par une fusion assumée avec la logique libérale dans tous les domaines assume l’ubérisation de la société et des individus, donc la précarité comme horizon et la stupidité de clivages manichéens entre «ouverture» et «fermeture», entre «progressistes» et «conservateurs», c’est-à-dire en fait entre ceux qui acceptent leur disparition dans un sans-frontièrisme enfiévré et une totale soumission à la dérégulation financière, et ceux qui ne s’y résolvent point. Sans même jouer à se faire peur en imaginant un instant ce que pourrait donner un tel président sur la scène internationale face à des figures telles que D. Trump, V. Poutine ou encore Xi Jing Ping, comment ignorer que sa popularité démontre la gravité de la crise du politique en France. Nos concitoyens sont si désorientés, si dégoûtés qu’ils paraissent prêts à toutes les aventures, même si nombreux sont encore ceux qui sentent combien le choix de mai prochain signera soit l’amorce de notre relèvement collectif, soit l’engloutissement progressif des derniers anticorps sociétaux et culturels protégeant encore notre corps national de l’implosion. Il faut en outre s’inquiéter que cette offensive destructrice trouve un allié inattendu mais de poids dans une partie des «élites» économiques de notre pays. Celles-ci tombent dans le piège évangélisateur macronien avec une déconcertante naïveté, confondant agitation jeuniste et progrès sociétal, se croyant «dans le vent» alors qu’elles risquent de creuser dangereusement les fractures nationales par un vote irresponsable. Il existe en effet, chez une partie de la couche supérieure de la bourgeoisie française, qui travaille beaucoup, contribue énormément, prend des risques et vit bien mais sans opulence, une volonté de s’identifier aux très grands entrepreneurs, notamment ceux du numérique qui prétendent repousser les frontières de la modernité et modeler le futur humain. Ces «e stars» sont leurs héros, qui effectivement vivent eux dans une couche sociale marquée par la fluidité, l’effacement des frontières physiques, financières et politiques et n’ont que mépris pour les États qui gênent leurs ambitions… ou s’y prêtent trop servilement. La couche immédiatement inférieure de cette élite veut croire à ces figures de proue et se figure qu’un Emmanuel Macron peut les en rapprocher. Tout à cette identification valorisante, ces patrons ne voient même plus l’imposture politique colossale que le leader d’En Marche! personnifie et qui devrait suffire à dégonfler sa baudruche, même si l’actuelle transhumance empressée des pachydermes socialistes qui le rallient toute honte bue est déjà à elle seule une terrifiante démonstration. Cette classe moyenne très supérieure ne veut pas voir le gouffre qui la séparera toujours de ses richissimes «modèles 3.0». Emmanuel Macron prétend incarner une modernité radieuse et généreuse alors qu’il est le rejeton tardif prétendument «émancipé» d’une génération politique qui n’a fait que se déconnecter d’avec le monde réel et mentir éhontément à son électorat initial, y compris sur le thème de la souveraineté nationale ou du patriotisme économique. Car il faut enfin évoquer d’autres gravissimes renoncements qui traduisent chez ce courant macroniste une idéologie tenant la défense de nos intérêts nationaux pour inutile voire nocive. Comment oublier en effet que notre «show man», alors secrétaire général adjoint de l’Élysée, a été l’un des principaux (p)artisans de la grande braderie des intérêts industriels français lors de la cession de la partie la plus rentable et surtout la plus stratégique du groupe Alstom – sa branche énergie – en décembre 2014 à General Electric, au terme d’une opération américaine de ciblage et de déstabilisation que l’Élysée a non seulement laissé faire mais finalement accélérée? A cet égard, l’excellent rapport (ouvert) du CF2R (Centre Français de Recherche sur le Renseignement) de décembre 2014 mérite une lecture attentive. Âmes patriotes s’abstenir. Ces gouvernants, par naïveté ou dogmatisme occidentaliste, veulent ignorer la violence de la guerre économique entre nations, y compris alliées, peut-être parce qu’ils ne croient plus à celles-ci et sont incapables de prendre la mesure des enjeux – en l’espèce la lutte à mort pour la domination du marché mondial de l’énergie. Après Alstom, et peut-être demain Technip, c’est aujourd’hui Airbus qui semble de plus en plus échapper à la France qui en a été pourtant à l’origine, au profit de l’Allemagne et derrière elle, des États-Unis et de la Grande Bretagne. (…) Ce ne sont que deux exemples parmi bien d’autres, mais ne nous y trompons pas: avec un Emmanuel Macron au pouvoir, c’est une idéologie golbalisée qui risque de triompher définitivement. La France finira par devenir elle aussi «une forme vide», un village Potemkine-musée pour touristes aventureux et pour des Français que l’on gavera de blabla sur le «patriotisme économique» tout en défaisant tout ce qui a construit et manifeste encore notre puissance et notre influence. La pâte à modeler des populations et des territoires se substituera alors définitivement aux socles résilients du peuple et de la nation. «C’est le progrès, c’est l’avenir! Ayez confiance!» nous dira le jeune président. Si la boue actuelle échoue à recouvrir totalement la campagne et à la neutraliser jusqu’au vote, il y a fort à parier que l’élection de notre prochain président ne se fera pas (ou peu) sur des enjeux économiques directs (chômage, croissance, impôts,). Les électeurs croient de moins en moins aux promesses politiciennes, dans un sens comme dans l’autre d’ailleurs. Qu’on leur promette de l’argent sans effort ou des réformes sérieuses, ils semblent avoir une foi limitée dans la capacité de leurs représentants à agir en conséquence, ou dans celle d’un président à tenir avec autorité les remuants attelages gouvernementaux. Le choix sera vraiment celui d’une stature présidentielle, d’un homme capable de tenir bon sur des enjeux culturels et régaliens. Le premier d’entre eux, n’en déplaise aux prophètes enfiévrés du multiculturalisme hors sol, c’est celui de l’identité culturelle actuelle et souhaitable de la France, relevant de ce que l’on pourrait appeler le socle charnel, immatériel mais bien concret, de la Nation, ce qui fait que l’on «fait corps» collectif viable, et que l’on peut persister dans l’être et se différencier comme ensemble historique, culturel, politique et social par rapport aux autres acteurs étatiques. Ce sont donc les questions de la cohérence du projet de redressement et de la vision pour notre pays à horizon de 10 ans qui sont premières. Tout le reste en découle. Dans ce cadre, la question de ce que la France doit assumer et conserver de ses racines chrétiennes comme pôle référentiel implicite et structurant de toute notre réalité collective est centrale, et celle de la défense de notre souveraineté, celle enfin de l’indépendance et de notre projection comme État et comme puissance dans le monde sont cardinales. Cela peut paraître stratosphérique à certains mais nos concitoyens eux, font le lien entre l’immédiat et le lointain, entre le local et le global, entre le quotidien et l’horizon. Ils ont besoin de se sentir partie d’un tout plus grand qu’eux et sentent que l’efficacité sociale n’est possible que dans le cadre d’un projet national ambitieux. Peut-être leurs enfants n’auront-ils plus cette exigence et il faut s’en inquiéter, mais le socle actuel tient encore et la perception des menaces diverses est vive. Enfin la question sécuritaire au sens le plus large sera centrale: la place, la solidité, la capacité de défense et de contre-attaque de notre pays n’est pas un sujet réservé aux géostratèges. Cela concerne chacun d’entre nous. Pour l’heure, tout a été démoli avec une ahurissante désinvolture, un dogmatisme et une toute aussi grande morgue. Au terme de ce quinquennat dramatique, nous ne sommes plus écoutés ni attendus, encore moins espérés dans le monde. On nous voit comme des naïfs et des opportunistes. Beau bilan! Tout est donc à rebâtir et c’est impossible sans une idée claire et assumée de ce qui nous constitue, de ce qui doit être préservé et de ce qui fait la singularité française. Cela ne se passera pas comme ça. Nous avons le choix. Pas seulement entre Charybde et Scylla. Catherine Galactéros
TRUMP a bien compris qu’une campagne électorale se gagnait sur le front du buzz. A ce chapitre, nos indicateurs de mesure montrent que TRUMP (53,5%) à  est en avance sur CLINTON (46,5%). Avantage TRUMP, notamment sur les réseaux sociaux qui relaient abondamment toutes ses déclarations et chacun de ses débordements. Les deux candidats sont très vivement dénigrés sur le Web et les réseaux sociaux. CLINTON sort toutefois gagnante, remportant 29% d’avis favorables contre 21% seulement pour TRUMP. En bref, TRUMP remporte la bataille du quantitatif (BUZZ) mais perd celle du qualitatif (SENTIMENTALITÉ). Alors, les jeux sont-ils faits comme semble le mentionner la majorité des analystes ? Rien n’est moins sûr. De nouvelles révélations et la chasse aux soutiens politiques et d’Hollywood pourront encore attiser le buzz, influer sur l’opinion publique et faire bouger les lignes. Véronique Queffélec (Filteris, 10.10.2016)
Que disent le Web et les réseaux sociaux en regard du potentiel de victoire des 10 candidats actuellement déclarés pour la présidentielle ? Sur le Web et les réseaux sociaux, l’image des candidats a considérablement fluctué ces deux dernières semaines en raison des péripéties statistiques et des joutes électorales liées à la primaire de la gauche mais aussi à l’affaire « Pénélope Fillon ». Selon la société Filteris EuroMediations, l’analyse des perceptions et des valeurs qui sont associées à chacun des dix candidats déclarés aujourd’hui indique que François Fillon, reprend la pôle position avec 23,68%, suivi à 3 points par Emmanuel Macron (20,60).  Marine Le Pen (19,22%), au contraire de ce que disent les derniers sondages « traditionnels », stratégiquement assez effacée durant les deux primaires, se tient en embuscade. Il y a fort à parier qu’elle lancera sous peu une offensive pour ne pas se laisser trop distancer. D’autant que son ennemi le plus avéré, Jean-Luc Mélenchon (14,97%), bat campagne de manière disruptive et cadencée sur les médias sociaux et notamment sur Youtube.  Benoit Hamon qui le suit de très près avec 14,55% saura-t-il créer un buzz suffisant pour galvaniser un électorat socialiste plongé dans l’incertitude et courtisé par Emmanuel Macron ? Cette course à l’Élysée, dont les primaires n’auront finalement été qu’un simple échauffement, s’annonce palpitante en termes d’analyse du Big Data sachant que la victoire n’est encore assurée pour personne. La spécificité de la méthodologie exploitée par Filteris EuroMediations réside dans le fait de ne pas constituer d’échantillons, de ne pas poser de questions qui orientent les réponses, de ne pas opérer de redressements hasardeux auxquels les sondeurs doivent inévitablement se plier. Au contraire, la méthodologie de Filteris Euromediations permet de capter et d’analyser les opinions publiques et d’en dégager des tendances certaines à court, moyen et long termes. Entreprendre (30.01.2017)
Une autre étude est régulièrement citée sur Twitter pour conforter l’idée que les instituts de sondage sous-estimeraient le candidat Mélenchon (ce qui est bien évidemment possible) : une étude non-conventionnelle basée sur une «une expertise scientifique développée à l’université Laval de Québec» situerait Mélenchon à 18% (quand François Fillon serait à 22,85% et Marine Le Pen à 20,88%). Attribuée à Filteris (entreprise spécialisée en « web-réputation) et Euromediation (cabinet de conseil), l’étude est «basée sur des calculs différents de ceux qu’utilisent habituellement les sondeurs» explique le site du magazine Entreprendre, l’un des rares médias français à relayer l’étude. Filteris et Euromediation se targuent de n’utiliser ni échantillons, ni questions, ni redressement. Ils préfèrent utiliser «les outils (moteur de recherche et algorithmes d’analyse)» pour «prendre une mesure du buzz, sur le Web et les réseaux sociaux, à laquelle s’ajoute une analyse qualitative de « sentimentalité » rendant compte des valeurs positives et négatives associées à chacun des candidats». Une méthode encore plus opaque que celle des sondages (on ne sait ici absolument rien de la méthode utilisée, si ce n’est une «mesure du buzz»), brandie donc par les mêmes qui dénoncent le flou qui entoure les instituts de sondage. Concernant les prédictions de Filteris et Euromediation, s’ils se targuent d’avoir tablé sur une victoire de François Fillon au premier tour de la primaire de la droite, ils ont sous-estimé son score de moitié, et prédisait que son adversaire du second tour serait… Nicolas Sarkozy. On peut également s’étonner que leur méthode donnait Jean-Frédéric Poisson à 11,4% (alors qu’il n’a finalement obtenu que 1.4% des suffrages). Mais comme ils l’écrivaient juste avant le premier tour de la primaire de la droite, dans une fulgurance de lucidité que tous les instituts de sondage pourraient reprendre à leur compte : «Force est d’admettre qu’aucun analyste ne peut véritablement savoir qui se déplacera pour aller voter demain. LE SUSPENSE EST DONC À SON COMBLE.» Libération
Contacté par L’Express, le président-fondateur de la société canadienne, Jérôme Coutard, tient à souligner que son entreprise est « totalement apolitique » et n’a « aucun contact avec Les Républicains, ni un autre parti ». D’ailleurs, les soutiens de Jean-Luc Mélenchon ont aussi assuré une belle promotion aux analyses de Filteris, début février, rappelle Libération, lorsqu’il était annoncé à 18% au premier tour par l’entreprise. « Et on a eu le contraire avec des soutiens du PS, mécontent de nos mesures », précise le PDG.  « Notre métier n’est pas de suivre la politique, ajoute Jérôme Coutard. On ne gagne pas d’argent avec ces mesures ». En clair? La présidentielle est un excellent tremplin publicitaire, l’occasion de montrer à ses clients que ses mesures « sont fiables ».  Et justement, comment fonctionnent-elles, ces mesures? Sur son site, Filteris se targue de n’utiliser ni échantillons, ni questions, ni redressement propre aux sondeurs mais « les moteurs de recherche et les algorithmes d’analyse pour prendre une mesure du buzz, sur le Web et les réseaux sociaux, à laquelle s’ajoute une analyse qualitative de ‘sentimentalité’ rendant compte des valeurs positives et négatives associées à chacun des candidats ».  Interrogé sur ces termes flous, Jérôme Coutard, prévient qu’il compte préserver « le secret industriel » et qu’il y a « beaucoup de détails qu’il ne donnera pas ». Mais il accepte d’expliquer ce qu’il appelle le ‘buzz’. « Nous analysons le ‘poids numérique’, c’est-à-dire l’ensemble des traces numériques qui sont associés au sujet de notre analyse: un article paru sur un site de presse, le nombre de commentaires dans celui-ci, ceux sur les réseaux sociaux, (TwitterFacebook), le nombre de mentions, de hashtag, mais aussi l’engagement, etc. », énumère-t-il.  Quant à « ce que l’on vulgarise par ‘la sentimentalité’, poursuit le PDG, c’est l’ensemble des avis, des opinions et des commentaires positifs ou négatifs, que nous utilisons dans des cartes axiologiques, avec des valeurs positives et négatives associées au candidat ». L’ensemble a permis à Filteris de détecter lors de la présidentielle américaine, « que le poids numérique était à l’avantage de Trump » et que « la sentimentalité associée était à 79% négative ». Bref, que tout le monde parlait -mal- de l’actuel président américain. Paradoxal compte tenu de sa victoire? « Pas forcément, botte Jérôme Coutard, vous connaissez la phrase de Léon Zitrone, Qu’on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L’essentiel, c’est qu’on parle de moi ».  L’institut de mesures a aussi réussi à prévoir la qualification de François Fillon au deuxième tour de la primaire de la droite et du centre, contrairement aux sondeurs traditionnels. Filteris s’en est félicité dans un communiqué de presse publié sur Facebook, dans lequel l’entreprise affirme que « les sondages classiques sont désormais déclassés par l’analyse big data ».  Mais, comme les instituts de sondages traditionnels, Filteris n’est pas exempt d’erreurs. D’abord, l’institut a bien prédit la victoire de Fillon au premier tour, mais il l’a sous-estimé de moitié et prédisait que son adversaire serait Nicolas Sarkozy. Ils donnaient également Jean-Frédéric Poisson à 11,4% des voix (1,45% en réalité) et Jean-François Copé à 8,8% (au lieu de 0,30%). La société canadienne s’est aussi lourdement trompée sur la primaire de la gauche, annonçant Manuel Valls premier avec 40,28% des voix (31,9% en réalité) suivi par Arnaud Montebourg à 23,91%, alors que Benoît Hamon s’est imposé avec 36,51% des voix.  Interrogé sur Facebook, Filteris assure que « les dernières mesures effectuées (qui n’avaient pas été publiées) montraient un duo de tête Valls-Hamon avec une forte tendance haussière pour ce dernier ». Un autre problème, lié à la méthode, peut également être soulevé. Qualifier le caractère positif ou négatif de millions de messages publiés sur Internet est une tâche sinon impossible, titanesque, expliquait à L’Express l’agence de modération Netino, interrogée en 2015. L’ironie, par exemple, peut être trompeuse pour les algorithmes, même si des recherches existent sur le sujet. Et comme Filteris ne communique -logiquement- pas les détails de sa méthode, il est délicat de la juger.  Si les instituts de sondages sont loin d’être parfaits, difficile de ne pas noter le paradoxe des fillonistes et mélenchonistes qui saluent les résultats de Filteris, fondés sur une méthode secrète, et qui dénoncent les sondages « classiques ». D’autant que si Jérôme Coutard se vante de « mieux capter les signaux faibles », il avoue que « grosso modo, une à deux semaines avant une élection, on arrive à être au même diapason avec les sondages traditionnels ». L’Express
Selon un sondage Opinionway publié ce mardi, l’écart se resserre entre François Fillon et Emmanuel Macron qui perd un point. Marine Le Pen caracole en tête, toujours. Selon un sondage Opinionway publié ce mardi pour Les Echos, Orpi et Radio Classique, François Fillon et Emmanuel Macron se disputent la deuxième place, loin derrière la présidente du Front national qui cumule 27% d’intentions de vote. Emmanuel Macron perd un point et se positionne à 24% d’intentions de vote face à un François Fillon crédité de 20%, un résultat stable malgré les différentes révélations de cette semaine. Benoît Hamon, quant à lui, poursuit sa chute et perd deux points en une semaine, avec 14% d’intentions de vote. Valeurs actuelles
Selon la société Filteris, le candidat Les Républicains serait qualifié, si le premier tour avait lieu aujourd’hui, en première position ! Filteris a gagné ses galons dans le milieu des projections électorales en prévoyant notamment l’élection de Donald Trump et le vote du Brexit, contre l’avis de tous les instituts de sondage traditionnels. Mais la société canadienne avait aussi prédit la victoire éclatante d’un certain François Fillon à la primaire de la droite et du centre. Suffisant pour accorder de la crédibilité aux chiffres diffusés ce lundi par l’entreprise, qui précise avec précaution qu’il ne s’agit pas de sondages mais d’analyse de données. Avec 24,27% des voix, l’ancien Premier ministre devancerait la candidate du Front national Marine Le Pen, à 23,54%. Emmanuel Macron n’est qu’en troisième position, 3 points derrière François Fillon… Benoit Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan suivent dans cet ordre. Valeurs actuelles
Attention: une surprise pourrait en cacher une autre !
Brexit, Trump, Pays-Bas, Danemark, Allemagne …
Alors que tous les signes s’accumulent…
Pour ceux qui ont encore des yeux pour voir et des oreilles pour entendre …
Et que devant une résistance prétendument « progressiste » à l’Administration Trump …
Qui en est réduite à vandaliser des terrains de golf …
Nos médias en sont encore eux-mêmes à louer l’audace de l’espoir …
Comment ne pas voir …
Avec, aussi artisanales qu’elles puissent encore apparaitre, les analyses quantitatives de l’entreprise d’analyse de réputation numérique canadienne Filteris
Et contre le véritable complot de nos médias et de nos juges
Jusqu’à, oubliant comme par hasard les robes de luxe de Madame, ses pantalons !
Comme, se dégonflant à la mesure de ses ralliements à gauche, la baudruche du poisson-pilote de François Hollande …
La probable et nouvelle surprise…
Après celle de la primaire de la droite et du centre …
De la victoire du vrai changement …
En la personne de François Fillon en mai prochain ?
Valeurs actuelles

13 mars 2017

Analyse Big Data. La société Filteris, qui avait déjà prédit la victoire de Trump ou le Brexit, place François Fillon en tête au premier tour de l’élection présidentielle.

François Fillon pourrait-il faire mieux que se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle ? Selon la société Filteris, le candidat Les Républicains serait qualifié, si le premier tour avait lieu aujourd’hui, en première position ! Filteris a gagné ses galons dans le milieu des projections électorales en prévoyant notamment l’élection de Donald Trump et le vote du Brexit, contre l’avis de tous les instituts de sondage traditionnels. Mais la société canadienne avait aussi prédit la victoire éclatante d’un certain François Fillon à la primaire de la droite et du centre.

Fillon trois points devant Macron

Suffisant pour accorder de la crédibilité aux chiffres diffusés ce lundi par l’entreprise, qui précise avec précaution qu’il ne s’agit pas de sondages mais d’analyse de données. Avec 24,27% des voix, l’ancien Premier ministre devancerait la candidate du Front national Marine Le Pen, à 23,54%. Emmanuel Macron n’est qu’en troisième position, 3 points derrière François Fillon… Benoit Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan suivent dans cet ordre.

Voir aussi:
Valeurs actuelles

14 mars 2017

Big Data. Selon la société canadienne Filteris, spécialiste des analyses de données, François Fillon arriverait en tête au premier tour de l’élection présidentielle, une courte tête devant Marine Le Pen et plus de deux points devant Emmanuel Macron.

Filteris, la société canadienne qui avait prédit le Brexit et l’élection de Donald Trump, donne des résultats différents des instituts de sondage pour le premier tour de l’élection présidentielle. Si ses méthodes sont contestées par certains, parce que non “scientifiques”, elles ont en tout cas déjà fait leurs preuves, pour les deux rendez-vous électoraux cités, mais aussi pour la primaire de la droite, puisque la société avait prédit longtemps en avance la large victoire de François Fillon. Aujourd’hui, Filteris prédit l’arrivée du candidat LR en tête au premier tour de la prochaine élection présidentielle, avec 24,13% des voix. Il devance la candidate du Front national, Marine Le Pen, qui le suit de très près avec 23,86% des suffrages, ainsi qu’Emmanuel Macron, devancé un peu plus largement (21,98%).

Voir également:

Filteris, la société canadienne d’opinion préférée des fillonistes

Les instituts de sondages sous-estimeraient François Fillon, selon ses partisans, qui préfèrent relayer les analyses de l’entreprise Filteris, qui assure avoir « déclassé » les instituts de sondages traditionnels avec une méthode basée sur « l’analyse du buzz ».

L’Express

09 mars 2017

François Fillon était censé remporter l’élection présidentielle haut la main. Et puis il y a eu l’affaire Pénélopela mise en examen, les défections dans son propre camp et la dégringolade dans les sondages. Le candidat Les Républicains (LR), pourtant, décide de se maintenir jusqu’au bout. « La base, elle, tient », jure-t-il. Les instituts de sondage indiquent le contraire. D’une confortable première place, il est tombé à la troisième.

Ses plus fidèles soutiens ont donc cherché les bonnes nouvelles où ils peuvent. Ils en ont trouvées avec les analyses de Filteris, une entreprise privée canadienne spécialisée en « web-réputation » et d’Euromediation -un cabinet de conseil- qui placent Fillon au second tour dans toutes leurs mesures publiées depuis le 23 février dernier. « Nous avons des sondages (sic) qui sont faits avec ce qu’on appelle le big data et qui placent François Fillon en numéro 2 », se réjouissait Bruno Retailleau sur RMC mercredi 7 mars.

Sur Twitter, les soutiens du candidat de droite ont également relayé cette étude. « L’analyse Filteris démontre la résistance de Fillon auprès des Français », s’est félicité la députée LR Valérie Boyer. « François Fillon reste largement dans la course », l’a imitée Patrick Hetzel, également député LR.

« L’analyse la plus fiable de l’opinion »

Forcément, chez Les Républicains, on ne se prive pas de mettre en avant une étude si favorable, quitte à distordre un peu la réalité. En charge de la campagne digitale de François Fillon, Gautier Guignard, a jugé que les mesures Filteris sont les « plus fiable de l’opinion ». « Filteris avait prédit la victoire de Fillon à la primaire, et le place devant Macron au premier tour », titrait pour sa part lundi 6 mars l’hebdomadaire conservateur Valeurs Actuelles.

Contacté par L’Express, le président-fondateur de la société canadienne, Jérôme Coutard, tient à souligner que son entreprise est « totalement apolitique » et n’a « aucun contact avec Les Républicains, ni un autre parti ». D’ailleurs, les soutiens de Jean-Luc Mélenchon ont aussi assuré une belle promotion aux analyses de Filteris, début février, rappelle Libération, lorsqu’il était annoncé à 18% au premier tour par l’entreprise. « Et on a eu le contraire avec des soutiens du PS, mécontent de nos mesures », précise le PDG.

« Notre métier n’est pas de suivre la politique, ajoute Jérôme Coutard. On ne gagne pas d’argent avec ces mesures ». En clair? La présidentielle est un excellent tremplin publicitaire, l’occasion de montrer à ses clients que ses mesures « sont fiables ».

« La méthode? Un secret industriel »

Et justement, comment fonctionnent-elles, ces mesures? Sur son site, Filteris se targue de n’utiliser ni échantillons, ni questions, ni redressement propre aux sondeurs mais « les moteurs de recherche et les algorithmes d’analyse pour prendre une mesure du buzz, sur le Web et les réseaux sociaux, à laquelle s’ajoute une analyse qualitative de ‘sentimentalité’ rendant compte des valeurs positives et négatives associées à chacun des candidats ».

Interrogé sur ces termes flous, Jérôme Coutard, prévient qu’il compte préserver « le secret industriel » et qu’il y a « beaucoup de détails qu’il ne donnera pas ». Mais il accepte d’expliquer ce qu’il appelle le ‘buzz’. « Nous analysons le ‘poids numérique’, c’est-à-dire l’ensemble des traces numériques qui sont associés au sujet de notre analyse: un article paru sur un site de presse, le nombre de commentaires dans celui-ci, ceux sur les réseaux sociaux, (TwitterFacebook), le nombre de mentions, de hashtag, mais aussi l’engagement, etc. », énumère-t-il.

Quant à « ce que l’on vulgarise par ‘la sentimentalité’, poursuit le PDG, c’est l’ensemble des avis, des opinions et des commentaires positifs ou négatifs, que nous utilisons dans des cartes axiologiques, avec des valeurs positives et négatives associées au candidat ».

Fillon annoncé gagnant à la primaire de droite, oui mais

L’ensemble a permis à Filteris de détecter lors de la présidentielle américaine, « que le poids numérique était à l’avantage de Trump » et que « la sentimentalité associée était à 79% négative ». Bref, que tout le monde parlait -mal- de l’actuel président américain. Paradoxal compte tenu de sa victoire? « Pas forcément, botte Jérôme Coutard, vous connaissez la phrase de Léon Zitrone, Qu’on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L’essentiel, c’est qu’on parle de moi ».

L’institut de mesures a aussi réussi à prévoir la qualification de François Fillon au deuxième tour de la primaire de la droite et du centre, contrairement aux sondeurs traditionnels. Filteris s’en est félicité dans un communiqué de presse publié sur Facebook, dans lequel l’entreprise affirme que « les sondages classiques sont désormais déclassés par l’analyse big data ».

Mais, comme les instituts de sondages traditionnels, Filteris n’est pas exempt d’erreurs. D’abord, l’institut a bien prédit la victoire de Fillon au premier tour, mais il l’a sous-estimé de moitié et prédisait que son adversaire serait Nicolas Sarkozy. Ils donnaient également Jean-Frédéric Poisson à 11,4% des voix (1,45% en réalité) et Jean-François Copé à 8,8% (au lieu de 0,30%).

La société canadienne s’est aussi lourdement trompée sur la primaire de la gauche, annonçant Manuel Valls premier avec 40,28% des voix (31,9% en réalité) suivi par Arnaud Montebourg à 23,91%, alors que Benoît Hamon s’est imposé avec 36,51% des voix.

Interrogé sur Facebook, Filteris assure que « les dernières mesures effectuées (qui n’avaient pas été publiées) montraient un duo de tête Valls-Hamon avec une forte tendance haussière pour ce dernier ».

Un autre problème, lié à la méthode, peut également être soulevé. Qualifier le caractère positif ou négatif de millions de messages publiés sur Internet est une tâche sinon impossible, titanesque, expliquait à L’Express l’agence de modération Netino, interrogée en 2015. L’ironie, par exemple, peut-être trompeuse pour les algorithmes, même si des recherches existent sur le sujet. Et comme Filteris ne communique -logiquement- pas les détails de sa méthode, il est délicat de la juger.

Si les instituts de sondages sont loin d’être parfaits, difficile de ne pas noter le paradoxe des fillonistes et mélenchonistes qui saluent les résultats de Filteris, fondés sur une méthode secrète, et qui dénoncent les sondages « classiques ». D’autant que si Jérôme Coutard se vante de « mieux capter les signaux faibles », il avoue que « grosso modo, une à deux semaines avant une élection, on arrive à être au même diapason avec les sondages traditionnels ».

France 24
13 March 2017

BERLIN (AFP) – Matthias Zeller, a 21-year-old Social Democratic activist, caused a stir in Germany when he enthused on national television that his party’s new leader Martin Schulz was a « geile Sau » — which loosely translates as « sexy beast ».

Zeller, who heads the youth wing of SPD’s Mannheim chapter, told AFP that he let slip the informal expression « out of sheer exuberant joy » over Schulz’s decision to lead the party into battle against Chancellor

For him, it also « embodies the enthusiasm of young people, especially in the SPD, for Schulz and the new strength of the party ».

Schulz’s decision to leave the European Parliament, which he headed for five years, and run to lead Germany have, at least in the past few weeks, dramatically turned his party’s fortunes around.

A junior coalition partner of Merkel’s conservative alliance CDU and CSU, the SPD had been languishing in the polls under its former leader Sigmar Gabriel.

But Schulz’s arrival has re-energised support, with opinion surveys recording a 10-percentage point jump and some polls putting it ahead of Merkel’s conservative bloc.

His popularity reaches close to 50 percent, compared to the chancellor’s 38 percent.

The enthusiasm for Schulz, a politician who has spent more than two decades in the mega-bureaucracy of Brussels and Strasbourg, may seem odd at a time when an anti-EU populist wave is sweeping the continent.

But his unique life history — he wanted to be a professional footballer, didn’t finish high school, struggled with alcoholism before opening a bookstore and becoming an autodidact with six languages under his belt — gives him a common touch.

« There has been a sort of change in mood, the SPD feels different because it has a new candidate, » said Christopher Lauer, a former member of the Pirate Party who has defected to the SPD.

That new optimism is palpable on social media.

– ‘Schulz train’ –

An active group of Schulz fans have created and harnessed powerful memes, setting Twitter alight with hashtags like #schulzzug (#schulztrain), #keinebremsen (#nobrakes) or #gottkanzler (#godchancellor).

The theme extends to YouTube, where a video called the Schulzzuglied (Schulz train song) features the lyrics, « The Schulz train is rolling, and it has no brakes, it’s running at full steam to the chancellery. »

The video has been viewed more than 100,000 times.

Such creative output has been shared on online forum subreddit in a thread called The_Schulz, which was started as a parody of The_Donald — a pro-Trump thread.

Some of Schulz’s fans style him as the anti-Trump.

The acronym MEGA, which stands for « Make Europe Great Again », has been plastered on a Schulz poster that mimics the style of Barack Obama’s « Hope » campaign poster.

As with many social media phenomena, it is hard to pin down who started what, when.

Some members of Jusos Mannheim are active in the subreddit forum, point to Zeller.

But it is clear that the hype was not planned by SPD headquarters.

Yet Zeller underlined the significance of the light-hearted chatter online.

« That is important because in social networks, simple, populist statements penetrate very quickly while the other complicated, correct answers to problems don’t travel so well.

« We are transferring our party’s content to our target group — we want politics to be cool, sexy and human-centred, » he said.

– ‘Merkel bus’? –

Schulz himself is gamely joining in the fun.

A day after Zeller’s infamous comment on breakfast television, the SPD boss telephoned the young man.

« It was a big surprise, » said Zeller, whose youth group has also posted an online guide on how to make bags featuring the Schulz MEGA poster.

« He gave me a feeling of confidence and appreciation in the phone call. He gets along very well with young people and can relate to the party rank and file. »

Schulz also left a video message thanking his subreddit fans for their support.

In a recent tweet, he wrote, « 10,000 new members, » complete with a smiley face.

That online engagement contrasts sharply with his opponent Merkel, who is one of few world leaders who does not have her own Twitter account.

But Lauer also noted that, as the incumbent leader, « it is impossible to consider something like a ‘Merkel bus' ».

« If Martin Schulz is elected this year as chancellor, then he would certainly not be able to campaign with a ‘Schulz train’ in 2021 because he would be the incumbent, » said Lauer.

He also cautioned against reading too much into the « Internet bubble ».

While these slogans create buzz, they boil down to little content-wise, he said.

« I think all that can fire up young people, but at the end of the day, young people are interested in what kind of perspectives politics or political parties are offering, » he said.

Schulz also seem to be conscious of that, telling the Bild daily in an interview, « I am not a pop star, but a politician … Ultimately, I want to become chancellor. »

Voir également:

Aux législatives néerlandaises du 15 mars prochain, le candidat d’extrême-droite, Geert Wilders, est donné gagnant par les sondages. Ce dernier dénonce le système, veut sortir de l’Europe, stopper l’immigration et renvoyer tous les étrangers dans leur pays. Comment un tel discours peut-il faire mouche aux Pays-Bas ? Les précédentes législatives en 2012 s’étaient pourtant soldées par la victoire nette du VVD (26,5%) – le parti de centre-droit du premier Ministre Mark Rutte. Comment les Pays-Bas en sont-ils arrivés à un tel revirement de situation ? ARTE Info répond à ces questions avec Markus Wilp, directeur du centre d’études des Pays-Bas à l’université de Munster.

« L’islam ou la liberté : c’est notre unique choix » / Slogan de campagne de Geert WIlders.

Qui est Geert Wilders, figure de proue de l’extrême-droite néerlandaise ?

Le programme en onze points de Geert Wilders est simple, tient sur une page A4 et compte bien piocher des voix autant à droite qu’à gauche. Il veut « désislamiser » les Pays-Bas en fermant les mosquées et en interdisant le Coran. Il affirme son objectif sans détour : « rendre les Pays-Bas  aux Néerlandais » en les débarrassant de « la racaille marocaine ». A côté de cela, il milite fermement pour un Nexit – une sortie des Pays-Bas de l’Union européenne – et compte augmenter les budgets de la défense et de la police. Voilà pour les mesures de droite et d’extrême-droite.

Mais son programme tente aussi séduire l’électorat de gauche : l’âge de la retraite n’augmentera pas, les frais de santé seront supprimés et l’impôt sur le revenu réduit. Pour Markus Wilp, « Geert Wilders parvient à lier habilement des thèmes très à droite tout en insistant sur l’obsession de la gauche néerlandaise : la sauvegarde de l’Etat providence ». Pour financer son programme, Geert WIlders projette de supprimer les aides aux immigrés, mais aussi les financements de « passe-temps de gauche » comme l’aide au développement et les subventions culturelles. Selon le leader du PVV, 17,2 milliards d’euros seraient ainsi économisés pour être réinjectés dans l’Etat providence. C’est « cet équilibre qui semble convaincre une partie des électeurs néerlandais », selon Markus Wild.

Pourquoi l’islamophobie a-t-elle pris une telle place dans la société ?

L’avènement de Geert Wilders est en partie provoqué par l’érosion des partis traditionnels qui peinent à convaincre et ont perdu une grande partie de leur électorat. De 1994 à 2002, la « coalition violette » est au pouvoir. Elle rassemble le Parti du travail (PvdA, social-démocrate), le Parti populaire libéral et démocrate (VVD, libéral) et les Démocrates 66 (D’66, social-libéral).

A partir de 2002, c’est l’hécatombe : la coalition perd la moitié de son électorat. Les conservateurs du parti chrétien-démocrate (CDA) deviennent la première formation du pays. Et surtout, pour la première fois, un parti islamophobe et anti-immigration fait son entrée fracassante au parlement : la « liste Pim Fortuyn » remporte vingt-trois sièges.

Assassiné neuf jours avant ces élections législatives qui ont fait de sa « liste » la deuxième force politique du pays, Pim Fortuyn a posé les bases des revendications du parti de la Liberté. Il est le précurseur de Geert Wilders et du PVV qui ont occupé au fil des années de plus en plus de place dans la vie politique néerlandaise.

Avec le meurtre de Fortuyn, la question de la place de l’islam s’est retrouvée projetée au cœur des préoccupations de la société néerlandaise. Un autre événement a profondément marqué les esprits : l’assassinat en 2004, par un islamiste, de Theo van Gogh, réalisateur d’un virulent pamphlet anti- islam.

Les manifestations et les actes violents xénophobes se sont alors multipliés. A tel point que la fondation Anne-Frank note dans son rapport de décembre 2004 : « Le problème de l’extrême-droite et de la culture raciste parmi les jeunes n’a jamais jusqu’à aujourd’hui atteint de telles proportions aux Pays-Bas« .

Pourquoi l’opposition à Geert Wilders peine à trouver son positionnement ?

Les voix sont aujourd’hui très dispersées. Le professeur Markus Wilp nous l’explique : « à l’heure actuelle se dessine un duel entre le parti libéral VVD et le PVV populiste de Geert Wilders. Ils ont les cotes de sondage les plus hautes, mais ne dépassent pour le moment pas les 16%. Ils sont tous les deux talonnés par cinq partis ayant chacun 8 à 11% d’intentions de vote ».

Cette situation est inédite. Lors des élections législatives de 2012, le Parti populaire libéral et démocrate (VVD) du Premier ministre sortant Mark Rutte a obtenu 26,4% des suffrages et le parti de centre gauche PvdA, 24,7%. Ce sont avant tout ces partis qui sont aujourd’hui sanctionnés et qui ont perdu leur crédibilité. Pendant la campagne électorale en 2012, Mark Rutte avait par exemple promis de plus verser « un centime de plus pour la Grèce ». Promesse non tenue. Il s’était aussi engagé à diminuer les impôts de chaque contribuable de 1000 euros. Rebelote, promesse non tenue. Geert Wilders n’a pas hésité à rappeler ces engagements de Mark Rutte tout au long de la campagne :

 « Ce sont les électeurs qui dirigent le pays Mark. A 100%. Et personne aux Pays-Bas ne vous croit. »

Geert Wilders a-t-il une chance de devenir Premier ministre des Pays-Bas ?

En cas de victoire, le parti de Geert Wilders ne lui donnera pas forcément les clés du gouvernement. Il pourrait même ne pas y figurer. Pourquoi ? Parce qu’au jeu des coalitions, le PVV aura bien du mal à convaincre les autres partis qui pourraient arriver en tête. Les conservateurs (CDA), les verts (GroenLinks) ou les centristes (D66) sont tous pro-européens. Quant au parti du premier ministre sortant Mark Rutte, les chances d’une alliance sont quasi-inexistantes :

« 0% de chances, Geert. Zéro pour-cent. Cela ne se produira pas. »

Résultat : même si le PVV parvient à concrétiser les sondages et à remporter le plus de sièges, les chances pour Geert Wilders de figurer dans le futur gouvernement restent minces. En d’autres termes, Geert Wilders est contraint d’obtenir la majorité absolue des sièges du Parlement (76 sur 150) pour pouvoir espérer figurer dans le gouvernement. Et il en est loin.

Son exclusion ne facilitera pas les négociations pour la formation du futur gouvernement. Selon Markus Wilp, « la formation de la nouvelle coalition pourrait prendre beaucoup de temps. Les partis du centre vont jouer un rôle important : vont-ils choisir une coalition avec les partis de gauche ou de droite ? »

Pourquoi l’Europe scrute-t-elle attentivement ce scrutin ?

Le triomphe de Trump aux Etats-Unis, le Brexit voté au Royaume-Uni : les élections législatives néerlandaises vont-elles suivre le même chemin et faire gagner une nouvelle fois le populisme ? Une chose est certaine, selon le professeur Wilp : ce scrutin va « être observé avec beaucoup d’attention par de nombreux pays qui se demandent si la tendance au populisme va se confirmer« . Car le Parti pour la liberté de Geert Wilders est, selon les derniers sondages, sur le point de devenir le premier parti du pays : les conséquences d’une telle victoire pour « l’Union européenne intéressent forcément les autres pays« .

Voir encore:

Opinion

Next Le Pen is Danish and should be taken seriously

Copenhagen, 9. Mar, 2017

Civil war, treason, rape, persecution. Pernille Vermund, leader of the Danish far-right party “the New Conservatives”, has no shortage of words to describe Denmark’s dystopian future if immigrants have their way.

While her predictions seem an unlikely trajectory for the happiest country in the world, which houses fewer immigrants than any of its immediate neighbours – not taking her seriously may just help propel her to the top.

Referring to immigrants as lazy, disloyal, ungrateful and criminals, Vermund regularly lashes out at those who are sympathetic to immigrants because they « accept … the subjugation of women, children, homosexuals and non-Muslims. »

Like Geert Wilders in The Netherlands and Marine Le Pen in France, Vermund objects to « establishment politics. »

She levels harsh criticism at her political rivals for being « too soft » on immigration and for doing « too much talking. »

Vermund’s anti-Islam sentiments and the rhetoric she uses to illustrate the gap between « the people » and « the elites » resonate with Danish voters. They commend her for her « straight talk » and ability to « get things done. »

Rising star

The similarities with Donald Trump are striking. Her party polled at 4.8 percent in late February – impressive for one founded less than two years ago.

Similar to her European peers, Vermund’s party refrains from the homophobia, anti-Semitism and religious conservatism expressed by traditional far-right groups, claiming instead to defend liberal values against a new enemy: Islam.

Appeals to individual freedoms, calls for Denmark to leave the EU and ultra-liberal economic policies draw in voters who traditionally would have avoided fringe groups such as Vermund’s party.

This helps to explain how seven out of 10 of her potential voters are not only male, white and middle-aged, but also reasonably wealthy and in possession of a university degree.

Like Wilders, who is expected make substantial gains in the upcoming general elections in the Netherlands, Vermund’s chances of leading the country any time soon are very slim.

This is due in part to the system of proportional representation and Denmark’s tendency to form minority coalition governments, but it does not mean that she cannot still gain significant influence.

Not yet in parliament, and a relative new-comer on the political scene, Vermund is a talented communicator who comes across as calm, accessible, and to-the-point even when pressed on issues she does not appear particularly knowledgeable on.

A regular participant in mainstream political TV talk shows, and with a column in one of the most widely read tabloid newspapers in Denmark, she is both well-known and a frequent object of derision from much of the liberal left and mainstream media.

Her controversial statements are criticised in the most emphatic of terms, but attractive narratives are seldom offered to those who already agree with her, or those she might win over.

Home of hygge

The home of « hygge », the Danish word for a feeling of cosiness, Denmark has in recent years introduced legislation and initiatives labelled as draconian by both national and international media.

This includes most notably the passing of a law in 2016 that permits authorities to confiscate the personal possessions of asylum-seekers, and the government taking out advertisements in a Lebanese newspaper to dissuade refugees from coming to Denmark.

More recently, the Danish parliament issued a non-binding statement in February, which suggested that to be considered “Danish”, both of your parents must be Western.

Coming across as controversially anti-immigrant in an environment that has moved so far towards the political right might seem like a real challenge.

But Vermund and her party appear to be succeeding with their unusually harsh language, for example comparing the 1951 Refugee Convention to “Sharia law” because it – like sharia law, Vermund contends – is “out of touch with reality” and “a remnant of the past”.

Political outsider

As a charismatic woman in her early forties, she comes across as determined with strong opinions, a strong character and, to some, a charming person.

More importantly, she is a political outsider, much like Wilders and Trump were.

This is a quality that none of Denmark’s other political parties have, no matter where they are on the political spectrum.

It is a quality that appeals to voters who feel disenfranchised and ignored by the political system. A quality that may help her party get nearly 5 percent of the popular vote.

Most importantly, it is a quality that requires those wanting to thwart her political ambitions to take her seriously. Mocking her will do little good, as is clearly evident looking back at the US presidential election campaigns.

Although there are few similarities otherwise, Trump proved that being a political outsider does not mean you will not succeed, but to the contrary.

Ultra-liberal

With ultra-liberal economic policies, appeals to freedom and independence, and voicing a fierce anti-Islam sentiment, Vermund sounds every bit like her peers in the US and Europe.

The Danes must make every effort not to repeat mistakes from elsewhere. They must not discount Vermund. They must take her seriously, because she is being taken seriously by those who agree with her.

Instead of jeering at her, they need to come up with effective counter-narratives.

They have to find common ground with the people they disagree with, and discover new ways of relating to each other, to understand the lives and challenges of those who have become so deeply distrustful of the perceived political elites.

If they fail, Denmark might indeed be on the path toward a true dystopia after all.

Andreas Reventlow is an adviser at the Copenhagen-based non-profit International Media Support and a researcher with the Dangerous Speech Project.

Voir par ailleurs:

Rime El Himani

Gala

2 mars 2017

Certains proches d’Em­ma­nuel Macron tirent la sonnette d’alarme. D’après eux, les prix des vête­ments et acces­soires de luxe de Brigitte Macron fini­raient par porter atteinte à l’image du candi­dat.

S’il fait les beaux jours de la presse fémi­nine, le goût  de Brigitte Macron pour les vête­ments de luxe n’est pas appré­cié de tous. Comme le révèlent Caro­line Derrien et Candice Nede­lec dans Les Macron, dont certains extraits sont publiés dans Gala cette semaine, certains proches du candi­dat à la prési­den­tielle seraient inquiets. Selon eux, les prix exor­bi­tants des tenues de son épouse pour­raient porter atteinte à son imageen pleine campagne élec­to­rale.

Brigitte Macron se justi­fie dans ce livre,  publié le 8 mars chez Fayard, en décla­rant : « Diffé­rentes maisons me proposent des vête­ments chaque semaine. Et pour les soirées de gala, je trouve cela sympa de montrer ce qu’est la créa­tion française ».

Anne Sinclair ne l’en­tend pas non plus de la même oreille. Dans son livre Chro­nique d’une France bles­sée, l’ex-compagne de Domi­nique Strauss-Kahn rapporte elle aussi des propos qu’elle aurait enten­dus au sujet du style vesti­men­taire de l’an­cienne profes­seur de philo­so­phie : « N’ayant pas été à la céré­­mo­­nie pour Michel Rocard aux Inva­­lides, je veux me faire confir­­mer ce qu’on m’a rapporté : Brigitte Macron (…) est arri­­vée dans une tenue trop habillée, avec des stilet­­tos qui, sur les pavés de la cour d’honneur (…) avaient davan­­tage un air de Fashion Week que de recueille­­ment devant le leader de gauche disparu », peut-on lire.

Des remarques auxquelles Brigitte Macron ne semble guère prêter atten­tion. Aperçue au dîner du Crif, le 22 février dernier, l’épouse du leader du mouve­ment En Marche! a une fois de plus été remarquée pour son sens du style

Voir de plus:

Caroline Galactéros : «On imagine mal Emmanuel Macron face à Trump ou Poutine »
Caroline Galactéros
Le Figaro
13/03/2017

FIGAROVOX/HUMEUR- A six semaines du premier tour de l’élection présidentielle, Caroline Galactéros ne cache pas sa préférence pour le candidat de la droite et du centre. Pour elle, Emmanuel Macron est une illusion de nouveauté, et n’est pas à la hauteur de la fonction présidentielle. Seconde partie.


Docteur en Science politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, Caroline Galactéros dirige le cabinet d’intelligence stratégique «Planeting». Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a publié Manières du monde. Manières de guerre (Nuvis, 2013) et Guerre, Technologie et société (Nuvis, 2014).


À lire également: Première partie, Emmanuel Macron ou l’esthétique du vide

Le candidat «en marche» ne promet pourtant rien moins que «la révolution» et la «réconciliation de l’ambition avec le réel». Beau programme. Comment? On verra plus tard. Cela ne vous rappelle pas quelqu’un? Dans les faits, ce renouveau tonitruant de la social-démocratie par une fusion assumée avec la logique libérale dans tous les domaines assume l’ubérisation de la société et des individus, donc la précarité comme horizon et la stupidité de clivages manichéens entre «ouverture» et «fermeture», entre «progressistes» et «conservateurs», c’est-à-dire en fait entre ceux qui acceptent leur disparition dans un sans-frontièrisme enfiévré et une totale soumission à la dérégulation financière, et ceux qui ne s’y résolvent point. Sans même jouer à se faire peur en imaginant un instant ce que pourrait donner un tel président sur la scène internationale face à des figures telles que D. Trump, V. Poutine ou encore Xi Jing Ping, comment ignorer que sa popularité démontre la gravité de la crise du politique en France. Nos concitoyens sont si désorientés, si dégoûtés qu’ils paraissent prêts à toutes les aventures, même si nombreux sont encore ceux qui sentent combien le choix de mai prochain signera soit l’amorce de notre relèvement collectif, soit l’engloutissement progressif des derniers anticorps sociétaux et culturels protégeant encore notre corps national de l’implosion.

Il faut en outre s’inquiéter que cette offensive destructrice trouve un allié inattendu mais de poids dans une partie des «élites» économiques de notre pays. Celles-ci tombent dans le piège évangélisateur macronien avec une déconcertante naïveté, confondant agitation jeuniste et progrès sociétal, se croyant «dans le vent» alors qu’elles risquent de creuser dangereusement les fractures nationales par un vote irresponsable. Il existe en effet, chez une partie de la couche supérieure de la bourgeoisie française, qui travaille beaucoup, contribue énormément, prend des risques et vit bien mais sans opulence, une volonté de s’identifier aux très grands entrepreneurs, notamment ceux du numérique qui prétendent repousser les frontières de la modernité et modeler le futur humain. Ces «e stars» sont leurs héros, qui effectivement vivent eux dans une couche sociale marquée par la fluidité, l’effacement des frontières physiques, financières et politiques et n’ont que mépris pour les États qui gênent leurs ambitions… ou s’y prêtent trop servilement. La couche immédiatement inférieure de cette élite veut croire à ces figures de proue et se figure qu’un Emmanuel Macron peut les en rapprocher. Tout à cette identification valorisante, ces patrons ne voient même plus l’imposture politique colossale que le leader d’En Marche! personnifie et qui devrait suffire à dégonfler sa baudruche, même si l’actuelle transhumance empressée des pachydermes socialistes qui le rallient toute honte bue est déjà à elle seule une terrifiante démonstration.

Cette classe moyenne très supérieure ne veut pas voir le gouffre qui la séparera toujours de ses richissimes «modèles 3.0». Emmanuel Macron prétend incarner une modernité radieuse et généreuse alors qu’il est le rejeton tardif prétendument «émancipé» d’une génération politique qui n’a fait que se déconnecter d’avec le monde réel et mentir éhontément à son électorat initial, y compris sur le thème de la souveraineté nationale ou du patriotisme économique. Car il faut enfin évoquer d’autres gravissimes renoncements qui traduisent chez ce courant macroniste une idéologie tenant la défense de nos intérêts nationaux pour inutile voire nocive. Comment oublier en effet que notre «show man», alors secrétaire général adjoint de l’Élysée, a été l’un des principaux (p)artisans de la grande braderie des intérêts industriels français lors de la cession de la partie la plus rentable et surtout la plus stratégique du groupe Alstom – sa branche énergie – en décembre 2014 à General Electric, au terme d’une opération américaine de ciblage et de déstabilisation que l’Élysée a non seulement laissé faire mais finalement accélérée? A cet égard, l’excellent rapport (ouvert) du CF2R (Centre Français de Recherche sur le Renseignement) de décembre 2014 mérite une lecture attentive. Âmes patriotes s’abstenir. Ces gouvernants, par naïveté ou dogmatisme occidentaliste, veulent ignorer la violence de la guerre économique entre nations, y compris alliées, peut-être parce qu’ils ne croient plus à celles-ci et sont incapables de prendre la mesure des enjeux – en l’espèce la lutte à mort pour la domination du marché mondial de l’énergie.

Après Alstom, et peut-être demain Technip, c’est aujourd’hui Airbus qui semble de plus en plus échapper à la France qui en a été pourtant à l’origine, au profit de l’Allemagne et derrière elle, des États-Unis et de la Grande Bretagne. La récente nomination d’un nouveau directeur technique d’Airbus Group américain et surtout ancien de la DARPA (Defense Advanced Research Program Agency, -annexe du Pentagone en charge des techniques de pointe en matière d’armement: robotique, drones, satellites) laisse songeur et devrait allumer des clignotants à tous les étages du palais de l’Élysée. La réciproque serait inconcevable, les États-Unis ayant prudemment légiféré en ce sens. Désormais les fonctions majeures de la direction du Groupe Airbus sont donc noyautées par les Allemands, Américains et Britanniques. La direction de la Stratégie, déjà en retrait depuis la réorganisation du groupe opérée par Tom Enders en 2014, perd son encombrant et brillant directeur historique français et le tour est joué! Certes le siège est transféré à Toulouse. Pour nous faire plaisir, les Français étant notoirement plus sensibles aux symboles qu’aux réalités. Tom Enders a aussi créé Airbus Defense & Space (ADS), réunion d’Astrium et de Cassidian dont le siège est à Munich avec un management presque exclusivement allemand. La partie électronique de cette entité a été cédée au fond américain KKR alors même que Thalès était candidat. Un fonds qui a recruté en 2013 l’ex-directeur de la CIA David Petraeus…..L’État français est pourtant actionnaire du groupe à hauteur de 11 % et Airbus est une création française qui doit son essor à des investissements publics très importants… du contribuable français. Mais dès que l’on parle d’intérêts nationaux, on est immédiatement taxé de pensée rétrograde, étriquée et chauvine. Pourtant qui ne comprend que l’évolution du pouvoir au sein d’un tel groupe est essentielle pour notre pays? Rappelons que la désindustrialisation aidant, l’aéronautique représente aujourd’hui – sous-traitants inclus -, le tiers de l’emploi industriel civil français.

Ce ne sont que deux exemples parmi bien d’autres, mais ne nous y trompons pas: avec un Emmanuel Macron au pouvoir, c’est une idéologie golbalisée qui risque de triompher définitivement. La France finira par devenir elle aussi «une forme vide», un village Potemkine-musée pour touristes aventureux et pour des Français que l’on gavera de blabla sur le «patriotisme économique» tout en défaisant tout ce qui a construit et manifeste encore notre puissance et notre influence. La pâte à modeler des populations et des territoires se substituera alors définitivement aux socles résilients du peuple et de la nation. «C’est le progrès, c’est l’avenir! Ayez confiance!» nous dira le jeune président.

Si la boue actuelle échoue à recouvrir totalement la campagne et à la neutraliser jusqu’au vote, il y a fort à parier que l’élection de notre prochain président ne se fera pas (ou peu) sur des enjeux économiques directs (chômage, croissance, impôts,). Les électeurs croient de moins en moins aux promesses politiciennes, dans un sens comme dans l’autre d’ailleurs. Qu’on leur promette de l’argent sans effort ou des réformes sérieuses, ils semblent avoir une foi limitée dans la capacité de leurs représentants à agir en conséquence, ou dans celle d’un président à tenir avec autorité les remuants attelages gouvernementaux. Le choix sera vraiment celui d’une stature présidentielle, d’un homme capable de tenir bon sur des enjeux culturels et régaliens. Le premier d’entre eux, n’en déplaise aux prophètes enfiévrés du multiculturalisme hors sol, c’est celui de l’identité culturelle actuelle et souhaitable de la France, relevant de ce que l’on pourrait appeler le socle charnel, immatériel mais bien concret, de la Nation, ce qui fait que l’on «fait corps» collectif viable, et que l’on peut persister dans l’être et se différencier comme ensemble historique, culturel, politique et social par rapport aux autres acteurs étatiques. Ce sont donc les questions de la cohérence du projet de redressement et de la vision pour notre pays à horizon de 10 ans qui sont premières. Tout le reste en découle. Dans ce cadre, la question de ce que la France doit assumer et conserver de ses racines chrétiennes comme pôle référentiel implicite et structurant de toute notre réalité collective est centrale, et celle de la défense de notre souveraineté, celle enfin de l’indépendance et de notre projection comme État et comme puissance dans le monde sont cardinales. Cela peut paraître stratosphérique à certains mais nos concitoyens eux, font le lien entre l’immédiat et le lointain, entre le local et le global, entre le quotidien et l’horizon. Ils ont besoin de se sentir partie d’un tout plus grand qu’eux et sentent que l’efficacité sociale n’est possible que dans le cadre d’un projet national ambitieux. Peut-être leurs enfants n’auront-ils plus cette exigence et il faut s’en inquiéter, mais le socle actuel tient encore et la perception des menaces diverses est vive. Enfin la question sécuritaire au sens le plus large sera centrale: la place, la solidité, la capacité de défense et de contre-attaque de notre pays n’est pas un sujet réservé aux géostratèges. Cela concerne chacun d’entre nous. Pour l’heure, tout a été démoli avec une ahurissante désinvolture, un dogmatisme et une toute aussi grande morgue. Au terme de ce quinquennat dramatique, nous ne sommes plus écoutés ni attendus, encore moins espérés dans le monde. On nous voit comme des naïfs et des opportunistes. Beau bilan! Tout est donc à rebâtir et c’est impossible sans une idée claire et assumée de ce qui nous constitue, de ce qui doit être préservé et de ce qui fait la singularité française.

Cela ne se passera pas comme ça. Nous avons le choix. Pas seulement entre Charybde et Scylla.

 Voir enfin:

Californie: un golf de Trump vandalisé

  • Le Figaro.fr avec AFP
  • 13/03/2017

Un groupe de militants pro-environnement a vandalisé un golf luxueux appartenant au président américain Donald Trump au sud de la Californie, gravant un message sur sa pelouse, a indiqué la police aujourd’hui.

Le groupe, qui se décrit comme un « collectif écologiste anonyme », a envoyé au quotidien Washington Post une vidéo montrant au moins quatre personnes en train de passer au-dessus d’une clôture au Trump National Golf Club de Rancho Palos Verdes, environ 30 kilomètres au sud de Los Angeles.

La vidéo sous-exposée et légèrement floue d’un peu plus d’une minute montre les intrus vêtus de couleurs sombres utilisant des outils de jardinage pour gratter dans le gazon le message: « PLUS DE TIGRES. PLUS DE BOIS » (en anglais « NO MORE TIGERS. NO MORE WOODS. », allusion probable au joueur de golf vedette Tiger Woods).

Ils ont envoyé au journal un communiqué de presse expliquant que leur action était une réponse au « manque d’attention flagrant (de l’administration Trump) pour l’environnement ».

Le lieutenant David Sprengel du bureau du Shérif de Lomita a précisé que l’acte de vandalisme avait eu lieu vers 8H30 dimanche.

Le golf de 18 trous est classé parmi les 100 meilleurs du pays par Golf Magazine, et a coûté 264 millions de dollars ce qui fait de lui le plus cher jamais bâti aux Etats-Unis d’après le site World Golf. Il est réputé pour son panorama spectaculaire sur l’océan Pacifique et a été utilisé comme décor dans plusieurs films.


Présidence Trump: Attention un président peut en cacher un autre (The Ronald was once a Donald too)

12 mars, 2017

Governor Reagan does not dye his hair. He is just turning prematurely orange. Gerald Ford (Gridiron Dinner, 1974)
Au cours de ces 100 premiers jours, qu’est-ce qui vous a le plus surpris sur la présidence ? Qu’est-ce qui vous a le plus enchanté ? Vous a ramené à la réalité ? Et vous a le plus inquiété ? Jeff Zeleney
Vous avez accumulé beaucoup de victoires au cours des dernières semaines que beaucoup de gens pensaient difficiles. Êtes-vous prêt à vous appeler le  »comeback kid’ ? Carry Bohan
You racked up a lot of wins in the last few weeks that a lot of people thought would be difficult to come by. Are you ready to call yourself the ‘comeback kid’ ? Carry Bohan
During these first 100 days, what has surprised you the most about this office? Enchanted you the most from serving in this office? Humbled you the most? And troubled you the most? Jeff Zeleney (the New York Times)
Ronald Reagan has absolutely confounded prediction… Today, at the age of 77, he relinquishes the office so many people thought he never could get, being, it was said eight years ago, too old, too ideological, too conservative, too poorly informed, too politically marginal — in short, too out of it. But there he is, going out in a rare end-of-the-term surge of good feeling, his critics — on key issues, we are emphatically among them — still at a loss as to how to assess and finally even understand this man. The Washington Post (1989)
With a year left in the Gipper’s administration, Washington Post columnist Charles Krauthammer wrote that the Jim and Tammy Faye Bakker scandal signaled “the end of the Age of Reagan” and his time in Washington was marked by “more disgraces than can fit in a nursery rhyme. (…) Before he went to Washington, and after he left Washington, the dominant culture loathed Ronald Reagan, had always loathed Reagan, would always loathe Reagan, and spent many an hour trying to tear him down. Simply understood, Ronald Reagan had made a lifetime of challenging conventional wisdom. Even in the hours after his death, they attacked and criticized him, even taking time to lambaste his movie career, which had ended exactly fifty years earlier in 1964. Craig Shirley
There are a lot of people who have a lot of reason to be fearful of him, mad at him. But that was one of the most extraordinary moments you have ever seen in American politics, period. And he did something extraordinary, and for people who have been hoping that he would become unifying, hoping that he might find some way to become presidential, they should be happy with that moment. For people who have been hoping that he would remain a divisive cartoon, which he often does, they should be a little worried tonight. That thing you just saw him do, if he finds way to do that over and over again, he’ll be there eight years. There was a lot he said in that speech that was counter-factual, not true, not right, and I oppose and will oppose, but he did something you can’t take away from him, he became president of the United States. Van Jones
Clashes among staff are common in the opening days of every administration, but they have seldom been so public and so pronounced this early. “This is a president who came to Washington vowing to shake up the establishment, and this is what it looks like. It’s going to be a little sloppy, there are going to be conflicts,” said Ari Fleischer, President George W. Bush’s first press secretary. All this is happening as Mr. Trump, a man of flexible ideology but fixed habits, adjusts to a new job, life and city. Cloistered in the White House, he now has little access to his fans and supporters — an important source of feedback and validation — and feels increasingly pinched by the pressures of the job and the constant presence of protests, one of the reasons he was forced to scrap a planned trip to Milwaukee last week. NYT
The media suffer the lowest approval numbers in nearly a half-century. In a recent Emerson College poll, 49 percent of American voters termed the Trump administration “truthful”; yet only 39 percent believed the same about the news media. Every president needs media audit. The role of journalists in a free society is to act as disinterested censors of government power—neither going on witch-hunts against political opponents nor deifying ideological fellow-travelers. Sadly, the contemporary mainstream media—the major networks (ABC, CBS, NBC, CNN), the traditional blue-chip newspapers (Washington Post, New York Times), and the public affiliates (NPR, PBS)—have lost credibility. They are no more reliable critics of President Trump’s excesses than they were believable cheerleaders for Barack Obama’s policies. Trump may have a habit of exaggeration and gratuitous feuding that could cause problems with his presidency. But we would never quite know that from the media. In just his first month in office, reporters have already peddled dozens of fake news stories designed to discredit the President—to such a degree that little they now write or say can be taken at face value. No, Trump did not have any plans to invade Mexico, as Buzzfeed and the Associated Press alleged. No, Trump’s father did not run for Mayor of New York by peddling racist television ads, as reported by Sidney Blumenthal. No, there were not mass resignations at the State Department in protest of its new leaders, as was reported by the Washington Post. No, Trump’s attorney did not cut a deal with the Russians in Prague. Nor did Trump indulge in sexual escapades in Moscow. Buzzfeed again peddled those fake news stories. No, a supposedly racist Trump did not remove the bust of Martin Luther King Jr. from the White House, as a Time Magazine reporter claimed. No, election results in three states were not altered by hackers or computer criminals to give Trump the election, as implied by New York Magazine. No, Michael Flynn did not tweet that he was a scapegoat. That was a media fantasy endorsed by Nancy Pelosi. (…) We would like to believe writers for the New York Times or Washington Post when they warn us about the new president’s overreach. But how can we do so when they have lost all credibility—either by colluding with the Obama presidency and the Hillary Clinton campaign, or by creating false narratives to ensure that Trump fails? (…) There are various explanations for the loss of media credibility. First, the world of New York and Washington DC journalism is incestuous. Reporters share a number of social connections, marriages, and kin relationships with liberal politicians, making independence nearly culturally impossible. More importantly, the election in 2008 of Barack Obama marked a watershed, when a traditionally liberal media abandoned prior pretenses of objectivity and actively promoted the candidacy and presidency of their preferred candidate. The media practically pronounced him god, the smartest man ever to enter the presidency, and capable of creating electric sensations down the legs of reporters. (…)  Obama, as the first African-American president—along with his progressive politics that were to the left of traditional Democratic policies—enraptured reporters who felt disinterested coverage might endanger what otherwise was a rare and perhaps not-to-be-repeated moment. We are now in a media arena where there are no rules. The New York Times is no longer any more credible than talk radio; CNN—whose reporters have compared Trump to Hitler and gleefully joked about his plane crashing—should be no more believed than a blogger’s website. Buzzfeed has become like the National Inquirer. Trump now communicates, often raucously and unfiltered, directly with the American people, to ensure his message is not distorted and massaged by reporters who have a history of doing just that. Unfortunately, it is up to the American people now to audit their own president’s assertions. The problem is not just that the media is often not reliable, but that it is predictably unreliable. It has ceased to exist as an auditor of government. Ironically the media that sacrificed its reputation to glorify Obama and demonize Trump has empowered the new President in a way never quite seen before. At least for now, Trump can say or do almost anything he wishes without media scrutiny—given that reporters have far less credibility than does Trump. Trump is the media’s Nemesis—payback for its own hubris. Victor Davis Hanson
The final irony? The supposedly narcissistic and self-absorbed Trump ran a campaign that addressed in undeniably sincere fashion the dilemmas of a lost hinterland. And he did so after supposedly more moral Republicans had all but written off the rubes as either politically irrelevant or beyond the hope of salvation in a globalized world. How a brutal Manhattan developer, who thrived on self-centered controversy and even scandal, proved singularly empathetic to millions of the forgotten is apparently still not fully understood. Victor Davis Hanson
In its most recent attack on Donald Trump and his supporters by the Wall Street Journal editorial page, one of its leading columnists, Peggy Noonan, asserted that Trump supporters are historically inaccurate in comparing Trump to the late President. She described Trump-Reagan comparisons as “desperate” and those who draw them as “idiots” and historical “illiterates.” She questions the level of competence of Trump but ignores that Reagan was also regarded as grossly incompetent — by media and GOP establishment hard-losers and spoilers, not Republican voters —and especially dangerous in foreign policy, which, presumably, only elites can understand foreign. Reagan was depicted as some sort of cowboy B-rated-film-star yahoo and loose cannon by the “chattering class” of 1980, one who might be tolerable as a governor, but who was definitely not sophisticated enough to comprehend let alone conduct foreign policy. Peggy Noonan relates in her column an adoring revisionist depiction of Ronald Reagan, as he has come to be appreciated today in the retrospective light of history. The Ronald Reagan she summons to make her case, however, is far from the Ronald Reagan of historical accuracy. The Ronald Reagan of the 1970s and 1980s was derided as inept and a potential disaster by status quo apologists, much as Donald Trump is being mocked today. (…) Like Donald Trump, Ronald Reagan was an entrepreneur – an aspiring broadcast sports reporter and film actor. He had to face the brutal competition of Hollywood, a place in which most aspirants to stardom failed. He started by himself, by selling his brand, just as Donald Trump started building hotels and golf courses by himself, also selling his brand (and did not squander his money, as young people from means often do, but multiplied it a thousand fold – and more — making the correct plans and decisions in difficult situations, and plain hard work). Reagan had to sell himself as a labor union leader, too – to character actors and extras in the movie industry, not just stars. He was not involved with any governmental entity early in his career. Later, he worked for General Electric, one of the largest capitalist success stories in the U.S. at the time. Before he became governor of California, he was a man of business in the entertainment industry, climbing up the ladder of success in radio, movies, and television completely on his own. Ronald Reagan believed in free market capitalism and would have been deeply impressed, I believe, by the business accomplishments and acumen of Donald Trump. Ronald Reagan knew the core greatness of the U.S. lies not in government and the wisdom of professional politicians but in that very private sector in which Donald Trump has thrived and achieved an extraordinary level of success. Donald Trump’s children, obviously well brought up, appear to be following in his footsteps. (…) Ronald Reagan knew the sting of being called a “light weight” movie star, a graduate of rural Midwestern Eureka College which no one among the elite had ever heard of. And doubtless ad hominem attacks detracted from, and damaged in some respects, his core message of more limited government and defeat of the Soviet empire. But he persisted despite the snide heckling of the arrogant establishment of the time, and he communicated his message honestly and directly – and, turns out, successfully — to the American people, thereby, accomplishing much good for the nation. Yes, and he also gave wings to a powerful political force, conservatism, which today, I suggest, finds its relevant fresh champion, however odd and imperfect the fit might seem at times, in the likes of a populist New York billionaire businessman who has a propensity to communicate his message of a better life and more secure future for Americans, directly and honestly, and with conviction, to the American body politic. Ronald Reagan as President of the United States? NEVER, they said. But the people voted, the nation spoke, and so, they were wrong. Today, despite differences over style and some issues, one thing we can all agree on: Hillary Clinton is no Ronald Reagan.  Ambassador Faith Whittlesey
Trump is a unique figure in American political history, but the nature of his singularity is not necessarily appreciated. He appalls people on both ends of the spectrum because his behavior and statements are not what we expect from our political leaders. His vulgarity, lack of impulse control, and willingness to ignore the truth and to spew abuse at anyone who criticizes him are — in the context of normative conduct among our power elites, let alone polite society — abnormal. His stubborn refusal to conform to conventional ideas about how leaders should behave still shocks those who consider themselves the gatekeepers of American politics. It isn’t so much that Trump is wrong on the issues in the eyes of those gatekeepers; it’s that they think his behavior makes him unfit for the presidency. While we give lip service to the notion that class distinctions shouldn’t matter, what is truly galling about Trump is that he won’t bow to the expectations of the powerful; instead, he has refused to assimilate into their culture. When they suggest that democracy is failing or accuse of Trump of being authoritarian or even anti-Semitic, what they are really doing is voicing dismay at the way he breaks the rules they hold sacred. What they are not doing is credibly asserting that he is a threat. But Trump’s refusal to live by the behavioral rules of our governing class heightens his appeal to many Americans who are sick of conventional politicians and the culture that produced them. He is a living, breathing rebuke to the deadening hand of political correctness that has gained such a grip on public discourse for just about everyone except Donald Trump. (…) Trump didn’t come to politics through the usual paths of law school, issues advocacy, or low-level political involvement, during the course of which standard-issue politicians learn how to behave in the manner we expect from members of the governing and chattering classes. He comes from great wealth and attended elite institutions, but he is the product of outer-borough New York, with its chip-on-the-shoulder sensibility, and the rough-and-tumble of the real-estate business. He spent the decades before his presidential campaign running a high-stakes business that placed him in the unorthodox worlds of the gaming industry and entertainment, not the corridors of political power. His niche was in celebrity culture, where people who more or less own permanent space in the gossip pages of New York tabloids, as Trump did throughout much of his adult life, might mix with those who run the country and sometimes donate to their campaigns but are not considered their peers. It might seem odd to claim that a billionaire who lived in a gold-plated Fifth Avenue penthouse has more in common with blue-collar Americans than with the country’s elites. But this is exactly the way Trump is perceived; it is also the way he acts. Despite the vituperation against his immigration policies or the effort to inflate alleged Russian connections into a new Watergate, it is this class factor that is at the heart of anti-Trump sentiment. If you are a member of our educated professional classes, Trump’s manners and statements appall you no matter where you stand on the political spectrum. They might also lead you to believe that his refusal to abide by the accepted rules of public discourse constitutes an encouragement of bigots — the tiny number of Americans who dwell in the political fever swamps and think Trump’s intemperate statements echo their own hate. But the belief that Trump is “dog whistling” to hate groups makes his critics largely blind to their own misjudgment: They cannot distinguish between, on one hand, their disgust with his manners and, on the other, policy disagreements with Trump, even though he is advocating either traditional conservative beliefs or populist stands that are likely to generate significant support across the political spectrum. Tuesday’s speech to Congress was not the beginning of the “pivot” that pundits have talked about since he started running for president. Trump will always be Trump in that he will never entirely conform to the cultural norms of the governing class, and its members within the media and the bureaucracy will continue trying to undermine him every chance they get. Yet his performance illustrates that he can also play the Washington game. And he can play it in a manner that could marginalize those who are still convulsed by the mad rage he generates in those who are offended by his conduct. Stories about Trump’s alleged ties to Russia help Democrats keep the national conversation focused on the administration’s illegitimacy. As long as such stories are front and center, Democrats can avoid confronting the source of their anger at him. Yet the shock when he speaks in a way that reassures the country that he can govern — as he did in Congress –unnerves his opponents because it illustrates that he can transcend class differences. And it’s Trump’s non-elite class affiliations that make them think they can eventually cast him out of power without having to appeal to the voters who put him in the White House. Unless the Russia stories become a genuine scandal that undoes his administration, a few more such presidential moments point the way to a Trump presidency that could be more successful than either his liberal or conservative critics could have imagined. Jonathan S. Tobin
Reagan’s and Trump’s opposing styles belie their similarities of substance. Both have marketed the same brand of outrage to the same angry segments of the electorate, faced the same jeering press, attracted some of the same battlefront allies (Roger Stone, Paul Manafort, Phyllis Schlafly), offended the same elites (including two generations of Bushes), outmaneuvered similar political adversaries, and espoused the same conservative populism built broadly on the pillars of jingoistic nationalism, nostalgia, contempt for Washington, and racial resentment. They’ve even endured the same wisecracks about their unnatural coiffures. (…) Though Reagan’s 1980 campaign slogan (“Let’s Make America Great Again”) is one word longer than Trump’s, that word reflects a contrast in their personalities — the avuncular versus the autocratic — but not in message. Reagan’s apocalyptic theme, “The Empire is in decline,” is interchangeable with Trump’s, even if the Gipper delivered it with a smile.  (…) Grassroots Republicans, whom Reagan had been courting for years with speeches, radio addresses, and opinion pieces beneath the mainstream media’s radar, were indeed in his camp. But aside from a lone operative (John Sears) (…) “the other major GOP players — especially Easterners and moderates — thought Reagan was a certified yahoo.” (…) Only a single Republican senator, Paul Laxalt of Nevada, signed on to Reagan’s presidential quest from the start, a solitary role that has been played in the Trump campaign by Jeff Sessions of Alabama. What put off Reagan’s fellow Republicans will sound very familiar. He proposed an economic program — 30 percent tax cuts, increased military spending, a balanced budget — whose math was voodoo and then some. He prided himself on not being “a part of the Washington Establishment” and mocked Capitol Hill’s “buddy system” and its collusion with “the forces that have brought us our problems—the Congress, the bureaucracy, the lobbyists, big business, and big labor.” He kept a light campaign schedule, regarded debates as optional, wouldn’t sit still to read briefing books, and often either improvised his speeches or worked off index cards that contained anecdotes and statistics gleaned from Reader’s Digest and the right-wing journal Human Events — sources hardly more elevated or reliable than the television talk shows and tabloids that feed Trump’s erroneous and incendiary pronouncements. Like Trump but unlike most of his (and Trump’s) political rivals, Reagan was accessible to the press and public. His spontaneity in give-and-takes with reporters and voters played well but also gave him plenty of space to disgorge fantasies and factual errors so prolific and often outrageous that he single-handedly made the word gaffe a permanent fixture in America’s political vernacular. He confused Pakistan with Afghanistan. He claimed that trees contributed 93 percent of the atmosphere’s nitrous oxide and that pollution in America was “substantially under control” even as his hometown of Los Angeles was suffocating in smog. He said that the “finest oil geologists in the world” had found that there were more oil reserves in Alaska than Saudi Arabia. He said the federal government spent $3 for each dollar it distributed in welfare benefits, when the actual amount was 12 cents. He also mythologized his own personal history in proto-Trump style. As Garry Wills has pointed out, Reagan referred to himself as one of “the soldiers who came back” when speaking plaintively of his return to civilian life after World War II — even though he had come back only from Culver City, where his wartime duty was making Air Force films at the old Hal Roach Studio. Once in office, he told the Israeli prime minister Yitzhak Shamir that he had filmed the liberated Nazi death camps, when in reality he had not seen them, let alone (as he claimed) squirreled away a reel of film as an antidote to potential Holocaust deniers. For his part, Trump has purported that his enrollment at the New York Military Academy, a prep school, amounted to Vietnam-era military service, and has borne historical witness to the urban legend of “thousands and thousands” of Muslims in Jersey City celebrating the 9/11 attacks. Even when these ruses are exposed, Trump follows the Reagan template of doubling down on mistakes rather than conceding them. Nor was Reagan a consistent conservative. He deviated from party orthodoxy to both the left and the right. He had been by his own account a “near hopeless hemophilic liberal” for much of his adult life, having campaigned for Truman in 1948 and for Helen Gahagan Douglas in her senatorial race against Nixon in California in 1950. He didn’t switch his registration to Republican until he was 51. As California governor, he signed one of America’s strongest gun-control laws and its most liberal abortion law (both in 1967). His vocal opposition helped kill California’s 1978 Briggs Initiative, which would have banned openly gay teachers at public schools. As a 1980 presidential candidate, he flip-flopped to endorse bailouts for both New York City and the Chrysler Corporation. Reagan may be revered now as a free-trade absolutist in contrast to Trump, but in that winning campaign he called for halting the “deluge” of Japanese car imports raining down on Detroit. “If Japan keeps on doing everything that it’s doing, what they’re doing, obviously, there’s going to be what you call protectionism,” he said. Republican leaders blasted Reagan as a trigger-happy warmonger. Much as Trump now threatens to downsize NATO and start a trade war with China, so Reagan attacked Ford, the sitting Republican president he ran against in the 1976 primary, and Henry Kissinger for their pursuit of the bipartisan policies of détente and Chinese engagement. The sole benefit of détente, Reagan said, was to give America “the right to sell Pepsi-Cola in Siberia.” For good measure, he stoked an international dispute by vowing to upend a treaty ceding American control over the Panama Canal. “We bought it, we paid for it, it’s ours, and we’re going to keep it!” he bellowed with an America First truculence reminiscent of Trump’s calls for our allies to foot the bill for American military protection. Even his own party’s hawks, like William F. Buckley Jr. and his pal John Wayne, protested. Goldwater, of all people, inveighed against Reagan’s “gross factual errors” and warned he might “take rash action” and “needlessly lead this country into open military conflict.” Trump’s signature cause of immigration was not a hot-button issue during Reagan’s campaigns. In the White House, he signed a bill granting “amnesty” (Reagan used the now politically incorrect word) to 1.7 million undocumented immigrants. But if Reagan was free of Trump’s bigoted nativism, he had his own racially tinged strategy for wooing disaffected white working-class Americans fearful that liberals in government were bestowing favors on freeloading, lawbreaking minorities at their expense. Taking a leaf from George Wallace’s populist campaigns, Reagan scapegoated “welfare chiselers” like the nameless “strapping young buck” he claimed used food stamps to buy steak. His favorite villain was a Chicago “welfare queen” who, in his telling, “had 80 names, 30 addresses, and 12 Social Security cards, and is collecting veterans’ benefits on four nonexistent deceased husbands” to loot the American taxpayer of over $150,000 of “tax-free cash income” a year. Never mind that she was actually charged with using four aliases and had netted $8,000: Reagan continued to hammer in this hyperbolic parable with a vengeance that rivals Trump’s insistence that Mexico will pay for a wall to fend off Hispanic rapists. The Republican elites of Reagan’s day were as blindsided by him as their counterparts have been by Trump. Though Reagan came close to toppling the incumbent president at the contested Kansas City convention in 1976, the Ford forces didn’t realize they could lose until the devil was at the door. A “President Ford Committee” campaign statement had maintained that Reagan could “not defeat any candidate the Democrats put up” because his “constituency is much too narrow, even within the Republican party” and because he lacked “the critical national and international experience that President Ford has gained through 25 years of public service.” In Ford’s memoirs, written after he lost the election to Jimmy Carter, he wrote that he hadn’t taken the Reagan threat seriously because he “didn’t take Reagan seriously.” Reagan, he said, had a “penchant for offering simplistic solutions to hideously complex problems” and a stubborn insistence that he was “always right in every argument.” Even so, a Ford-campaign memo had correctly identified one ominous sign during primary season: a rising turnout of Reagan voters who were “not loyal Republicans or Democrats” and were “alienated from both parties because neither takes a sympathetic view toward their issues.” To these voters, the disdain Reagan drew from the GOP elites was a badge of honor. During the primary campaign, Times columnist William Safire reported with astonishment that Kissinger’s speeches championing Ford and attacking Reagan were helping Reagan, not Ford — a precursor of how attacks by Trump’s Establishment adversaries have backfired 40 years later. Much of the press was slow to catch up, too. A typical liberal-Establishment take on Reagan could be found in Harper’s, which called him Ronald Duck, “the Candidate from Disneyland.” That he had come to be deemed “a serious candidate for president,” the magazine intoned, was “a shame and embarrassment for the country.” But some reporters who tracked Reagan on the campaign trail sensed that many voters didn’t care if he came from Hollywood, if his policies didn’t add up, if his facts were bogus, or if he was condescended to by Republican leaders or pundits. As Elizabeth Drew of The New Yorker observed in 1976, his appeal “has to do not with competence at governing but with the emotion he evokes.” As she put it, “Reagan lets people get out their anger and frustration, their feeling of being misunderstood and mishandled by those who have run our government, their impatience with taxes and with the poor and the weak, their impulse to deal with the world’s troublemakers by employing the stratagem of a punch in the nose.” The power of that appeal was underestimated by his Democratic foes in 1980 even though Carter, too, had run as a populist and attracted some Wallace voters when beating Ford in 1976.  (…) Voters wanted to “follow some authority figure,” he theorized — a “leader who can take charge with authority; return a sense of discipline to our government; and, manifest the willpower needed to get this country back on track.” Or at least a leader from outside Washington, like Reagan and now Trump, who projects that image (“You’re fired!”) whether he has the ability to deliver on it or not. (…) Were Trump to gain entry to the White House, it’s impossible to say whether he would or could follow Reagan’s example and function within the political norms of Washington. His burlesque efforts to appear “presidential” are intended to make that case: His constant promise to practice “the art of the deal” echoes Reagan’s campaign boast of having forged compromises with California’s Democratic legislature while governor. More likely a Trump presidency would be the train wreck largely predicted, an amalgam of the blunderbuss shoot-from-the-hip recklessness of George W. Bush and the randy corruption of Warren Harding, both of whom were easily manipulated by their own top brass. The love child of Hitler and Mussolini Trump is not. He lacks the discipline and zeal to be a successful fascist. The good news for those who look with understandable horror on the prospect of a Trump victory is that the national demographic math is different now from Reagan’s day. The nonwhite electorate, only 12 percent in 1980, was 28 percent in 2012 and could hit 30 percent this year. Few number crunchers buy the Trump camp’s spin that the GOP can reclaim solidly Democratic territory like Pennsylvania and Michigan — states where many white working-class voters, soon to be christened “Reagan Democrats,” crossed over to vote Republican in Reagan’s 1984 landslide. Many of those voters are dead; their epicenter, Macomb County, Michigan, was won by Barack Obama in 2008. Nor is there now the ’70s level of discontent that gave oxygen to Reagan’s insurgency. President Obama’s approval numbers are lapping above 50 percent. Both unemployment and gas prices are low, hardly the dire straits of Carter’s America. Trump’s gift for repelling women would also seem to be an asset for Democrats, creating a gender gap far exceeding the one that confronted Reagan, who was hostile to the Equal Rights Amendment. And yet, to quote the headline of an Economist cover story on Reagan in 1980: It’s time to think the unthinkable. Trump and Bernie Sanders didn’t surge in a vacuum. This is a volatile nation. Polls consistently find that some two-thirds of the country thinks the country is on the wrong track. The economically squeezed middle class rightly feels it has been abandoned by both parties. The national suicide rate is at a 30-year high. Anything can happen in an election where the presumptive candidates of both parties are loathed by a majority of their fellow Americans, a first in the history of modern polling. It’s not reassuring that some of those minimizing Trump’s chances are the experts who saw no path for Trump to the Republican nomination. There could be a July surprise in which party divisions capsize the Democratic convention rather than, as once expected, the GOP’s. An October surprise could come in the form of a terrorist incident that panics American voters much as the Iranian hostage crisis is thought to have sealed Carter’s doom in 1980. Frank Rich
Et si comme le Ronald avant lui le Donald faisait un bon président ?
Même âge avancé, même situation maritale douteuse, même orange décrié des cheveux teints, (quasi) identique slogan de campagne, même passage dans le monde du spectacle, mêmes changements d’étiquettes politiques, même opposition y compris des caciques de son propre parti, même succession à une présidence faible et largement catastrophique, mêmes moqueries continuelles, (quasi) identique surnom dévalorisant, menaces d’assassinat, même retrait du diner annuel des correspondants  …
A l’heure où malgré un premier discours au Congrès pour une fois salué par tous
Vite éclipsé certes par ses allégations sur la surveillance de ses communications pendant sa campagne électorale de la part d’une Administration Obama …

Qui en son temps n’avait pas hésité à lancer le fisc sur ses ennemis ou faire écouter certains journalistes …

Se confirme, jour après jour et fuite après fuite, la véritable campagne de déstabilisation de la nouvelle administration américaine par la collusion des services secrets et de la presse …

Qui se souvient encore …
Contrastant avec l’étrange complaisance qui avait accueilli son prédécesseur …
Et au-delà d’une évidente différence d’expérience politique et de style …
Des moqueries et de l’opposition qu’avait attiré lui aussi à ses débuts …

Jusqu’à une tentative d’assassinat le privant notamment pour la première fois d’assister au fameux diner annuel des correspondants

Avant de devenir le président respecté des historiens aujourd’hui…
Celui que l’on qualifiait alors méchamment de… « le Ronald » ?
Ronald Reagan Was Once Donald Trump
What The Donald Shares With The Ronald
The Trump candidacy looks a lot more like Reagan’s than anyone might care to notice
Frank Rich
NY magazine
June 1, 2016
In an election cycle that has brought unending surprises, let it be said that one time-honored tradition has been upheld: the Republican presidential contenders’ quadrennial tug-of-war to seize the mantle of Ronald Reagan. John Kasich, gesturing toward the Air Force One on display at the Reagan-library debate, said, « I think I actually flew on this plane with Ronald Reagan when I was a congressman. » Rand Paul claimed to have met Reagan as a child; Ben Carson said he switched parties because of Reagan; Chris Christie said he cast his first vote for Reagan; Ted Cruz cheered Reagan for having defeated Soviet Communism and vowed, for nonsensical good measure, to « do the same thing. » And then there was Donald Trump, never one to be outdone by the nobodies in any competition. « I helped him, » he said of Reagan on NBC last fall. « I knew him. He liked me and I liked him. »The Reagan archives show no indication that the two men had anything more than a receiving-line acquaintanceship; Trump doesn’t appear in the president’s voluminous diaries. But of all the empty boasts that have marked Trump’s successful pursuit of the Republican nomination, his affinity to Reagan may have the most validity and the most pertinence to 2016. To understand how Trump has advanced to where he is now, and why he has been underestimated at almost every step, and why he has a shot at vanquishing Hillary Clinton in November, few road maps are more illuminating than Reagan’s unlikely path to the White House. One is almost tempted to say that Trump has been studying the Reagan playbook — but to do so would be to suggest that he actually might have read a book, another Trumpian claim for which there is scant evidence.

Before the fierce defenders of the Reagan faith collapse into seizures at the bracketing of their hero with the crudest and most vacuous presidential candidate in human memory, let me stipulate that I am not talking about Reagan the president in drawing this parallel, or about Reagan the man. I am talking about Reagan the candidate, the canny politician who, after a dozen years of failed efforts attended by nonstop ridicule, ended up leading the 1980 GOP ticket at the same age Trump is now (69) and who, like his present-day counterpart, was best known to much of the electorate up until then as a B-list show-business personality.

It’s true that Reagan, unlike Trump, did hold public office before seeking the presidency (though he’d been out of government for six years when he won). But Trump would no doubt argue that his executive experience atop the august Trump Organization more than compensates for Reagan’s two terms in Sacramento. (Trump would also argue, courtesy of Arnold Schwarzenegger, that serving as governor of California is merely a bush-league audition for the far greater responsibilities of hosting Celebrity Apprentice.) It’s also true that Reagan forged a (fairly) consistent ideology to address late-20th-century issues that are no longer extant: the Cold War, a federal government that feasted on a top income-tax bracket of 70 percent, and runaway inflation. Trump has no core conviction beyond gratifying his own bottomless ego.

Remarkably, though, the Reagan model has proved quite adaptable both to Trump and to our different times. Trump’s tenure as an NBC reality-show host is comparable to Reagan’s stint hosting the highly rated but disposable General Electric Theater for CBS in the Ed Sullivan era. Trump’s embarrassing turn as a supporting player in a 1990 Bo Derek movie (Ghosts Can’t Do It) is no more egregious than Reagan’s starring opposite a chimp in Hollywood’s Bedtime for Bonzo of 1951. While Trump has owned tacky, bankrupt casinos in Atlantic City, Reagan was a mere casino serf — the emcee of a flop nightclub revue featuring barbershop harmonizing and soft-shoe dancing at the Frontier Hotel in Las Vegas in 1954. While Trump would be the first president to have been married three times, here, too, he is simply updating his antecedent, who broke a cultural barrier by becoming the first White House occupant to have divorced and remarried. Neither Reagan nor Trump paid any price with the Evangelical right for deviations from the family-values norm; they respectively snared the endorsements of Jerry Falwell and Jerry Falwell Jr.

Reflecting the contrasting pop cultures of their times, Reagan’s and Trump’s performance styles are antithetical. Reagan’s cool persona of genial optimism was forged by his stints as a radio baseball broadcaster and a movie-studio utility player, and finally by his emergence on television when it was ruled by the soothing suburban patriarchs of Ozzie and Harriet, Father Knows Best, and Leave It to Beaver. Trump’s hot shtick, his scowling bombast and put-downs, is tailor-made for a culture that favors conflict over consensus, musical invective over easy listening, and exhibitionism over decorum in prime time. The two men’s representative celebrity endorsers — Jimmy Stewart and Pat Boone for Reagan, Hulk Hogan and Bobby Knight for Trump — belong to two different American civilizations.

But Reagan’s and Trump’s opposing styles belie their similarities of substance. Both have marketed the same brand of outrage to the same angry segments of the electorate, faced the same jeering press, attracted some of the same battlefront allies (Roger Stone, Paul Manafort, Phyllis Schlafly), offended the same elites (including two generations of Bushes), outmaneuvered similar political adversaries, and espoused the same conservative populism built broadly on the pillars of jingoistic nationalism, nostalgia, contempt for Washington, and racial resentment. They’ve even endured the same wisecracks about their unnatural coiffures. “Governor Reagan does not dye his hair,” said Gerald Ford at a Gridiron Dinner in 1974. “He is just turning prematurely orange.” Though Reagan’s 1980 campaign slogan (“Let’s Make America Great Again”) is one word longer than Trump’s, that word reflects a contrast in their personalities — the avuncular versus the autocratic — but not in message. Reagan’s apocalyptic theme, “The Empire is in decline,” is interchangeable with Trump’s, even if the Gipper delivered it with a smile.

Craig Shirley, a longtime Republican political consultant and Reagan acolyte, has written authoritative books on the presidential campaigns of 1976 and 1980 that serve as correctives to the sentimental revisionist history that would have us believe that Reagan was cheered on as a conquering hero by GOP elites during his long climb to national power. To hear the right’s triumphalism of recent years, you’d think that only smug Democrats were appalled by Reagan while Republicans quickly recognized that their party, decimated by Richard Nixon and Watergate, had found its savior.

Grassroots Republicans, whom Reagan had been courting for years with speeches, radio addresses, and opinion pieces beneath the mainstream media’s radar, were indeed in his camp. But aside from a lone operative (John Sears), Shirley wrote, “the other major GOP players — especially Easterners and moderates — thought Reagan was a certified yahoo.” By his death in 2004, “they would profess their love and devotion to Reagan and claim they were there from the beginning in 1974, which was a load of horse manure.” Even after his election in 1980, Shirley adds, “Reagan was never much loved” by his own party’s leaders. After GOP setbacks in the 1982 midterms, “a Republican National Committee functionary taped a piece of paper to her door announcing the sign-up for the 1984 Bush for President campaign.”

Shirley’s memories are corroborated by reportage contemporaneous with Reagan’s last two presidential runs. (There was also an abortive run in 1968.) A poll in 1976 found that 90 percent of Republican state chairmen judged Reagan guilty of “simplistic approaches,” with “no depth in federal government administration” and “no experience in foreign affairs.” It was little different in January 1980, when a U.S. News and World Report survey of 475 national and state Republican chairmen found they preferred George H.W. Bush to Reagan. One state chairman presumably spoke for many when he told the magazine that Reagan’s intellect was “thinner than spit on a slate rock.” As Rick Perlstein writes in The Invisible Bridge, the third and latest volume of his epic chronicle of the rise of the conservative movement, both Nixon and Ford dismissed Reagan as a lightweight. Barry Goldwater endorsed Ford over Reagan in 1976 despite the fact that Reagan’s legendary speech on behalf of Goldwater’s presidential campaign in October 1964, “A Time for Choosing,” was the biggest boost that his kamikaze candidacy received. Only a single Republican senator, Paul Laxalt of Nevada, signed on to Reagan’s presidential quest from the start, a solitary role that has been played in the Trump campaign by Jeff Sessions of Alabama.

What put off Reagan’s fellow Republicans will sound very familiar. He proposed an economic program — 30 percent tax cuts, increased military spending, a balanced budget — whose math was voodoo and then some. He prided himself on not being “a part of the Washington Establishment” and mocked Capitol Hill’s “buddy system” and its collusion with “the forces that have brought us our problems—the Congress, the bureaucracy, the lobbyists, big business, and big labor.” He kept a light campaign schedule, regarded debates as optional, wouldn’t sit still to read briefing books, and often either improvised his speeches or worked off index cards that contained anecdotes and statistics gleaned from Reader’s Digest and the right-wing journal Human Events — sources hardly more elevated or reliable than the television talk shows and tabloids that feed Trump’s erroneous and incendiary pronouncements.

Like Trump but unlike most of his (and Trump’s) political rivals, Reagan was accessible to the press and public. His spontaneity in give-and-takes with reporters and voters played well but also gave him plenty of space to disgorge fantasies and factual errors so prolific and often outrageous that he single-handedly made the word gaffe a permanent fixture in America’s political vernacular. He confused Pakistan with Afghanistan. He claimed that trees contributed 93 percent of the atmosphere’s nitrous oxide and that pollution in America was “substantially under control” even as his hometown of Los Angeles was suffocating in smog. He said that the “finest oil geologists in the world” had found that there were more oil reserves in Alaska than Saudi Arabia. He said the federal government spent $3 for each dollar it distributed in welfare benefits, when the actual amount was 12 cents.

He also mythologized his own personal history in proto-Trump style. As Garry Wills has pointed out, Reagan referred to himself as one of “the soldiers who came back” when speaking plaintively of his return to civilian life after World War II — even though he had come back only from Culver City, where his wartime duty was making Air Force films at the old Hal Roach Studio. Once in office, he told the Israeli prime minister Yitzhak Shamir that he had filmed the liberated Nazi death camps, when in reality he had not seen them, let alone (as he claimed) squirreled away a reel of film as an antidote to potential Holocaust deniers. For his part, Trump has purported that his enrollment at the New York Military Academy, a prep school, amounted to Vietnam-era military service, and has borne historical witness to the urban legend of “thousands and thousands” of Muslims in Jersey City celebrating the 9/11 attacks. Even when these ruses are exposed, Trump follows the Reagan template of doubling down on mistakes rather than conceding them.

Nor was Reagan a consistent conservative. He deviated from party orthodoxy to both the left and the right. He had been by his own account a “near hopeless hemophilic liberal” for much of his adult life, having campaigned for Truman in 1948 and for Helen Gahagan Douglas in her senatorial race against Nixon in California in 1950. He didn’t switch his registration to Republican until he was 51. As California governor, he signed one of America’s strongest gun-control laws and its most liberal abortion law (both in 1967). His vocal opposition helped kill California’s 1978 Briggs Initiative, which would have banned openly gay teachers at public schools. As a 1980 presidential candidate, he flip-flopped to endorse bailouts for both New York City and the Chrysler Corporation. Reagan may be revered now as a free-trade absolutist in contrast to Trump, but in that winning campaign he called for halting the “deluge” of Japanese car imports raining down on Detroit. “If Japan keeps on doing everything that it’s doing, what they’re doing, obviously, there’s going to be what you call protectionism,” he said.

Republican leaders blasted Reagan as a trigger-happy warmonger. Much as Trump now threatens to downsize NATO and start a trade war with China, so Reagan attacked Ford, the sitting Republican president he ran against in the 1976 primary, and Henry Kissinger for their pursuit of the bipartisan policies of détente and Chinese engagement. The sole benefit of détente, Reagan said, was to give America “the right to sell Pepsi-Cola in Siberia.” For good measure, he stoked an international dispute by vowing to upend a treaty ceding American control over the Panama Canal. “We bought it, we paid for it, it’s ours, and we’re going to keep it!” he bellowed with an America First truculence reminiscent of Trump’s calls for our allies to foot the bill for American military protection. Even his own party’s hawks, like William F. Buckley Jr. and his pal John Wayne, protested. Goldwater, of all people, inveighed against Reagan’s “gross factual errors” and warned he might “take rash action” and “needlessly lead this country into open military conflict.”

Trump’s signature cause of immigration was not a hot-button issue during Reagan’s campaigns. In the White House, he signed a bill granting “amnesty” (Reagan used the now politically incorrect word) to 1.7 million undocumented immigrants. But if Reagan was free of Trump’s bigoted nativism, he had his own racially tinged strategy for wooing disaffected white working-class Americans fearful that liberals in government were bestowing favors on freeloading, lawbreaking minorities at their expense. Taking a leaf from George Wallace’s populist campaigns, Reagan scapegoated “welfare chiselers” like the nameless “strapping young buck” he claimed used food stamps to buy steak. His favorite villain was a Chicago “welfare queen” who, in his telling, “had 80 names, 30 addresses, and 12 Social Security cards, and is collecting veterans’ benefits on four nonexistent deceased husbands” to loot the American taxpayer of over $150,000 of “tax-free cash income” a year. Never mind that she was actually charged with using four aliases and had netted $8,000: Reagan continued to hammer in this hyperbolic parable with a vengeance that rivals Trump’s insistence that Mexico will pay for a wall to fend off Hispanic rapists.

The Republican elites of Reagan’s day were as blindsided by him as their counterparts have been by Trump. Though Reagan came close to toppling the incumbent president at the contested Kansas City convention in 1976, the Ford forces didn’t realize they could lose until the devil was at the door. A “President Ford Committee” campaign statement had maintained that Reagan could “not defeat any candidate the Democrats put up” because his “constituency is much too narrow, even within the Republican party” and because he lacked “the critical national and international experience that President Ford has gained through 25 years of public service.” In Ford’s memoirs, written after he lost the election to Jimmy Carter, he wrote that he hadn’t taken the Reagan threat seriously because he “didn’t take Reagan seriously.” Reagan, he said, had a “penchant for offering simplistic solutions to hideously complex problems” and a stubborn insistence that he was “always right in every argument.” Even so, a Ford-campaign memo had correctly identified one ominous sign during primary season: a rising turnout of Reagan voters who were “not loyal Republicans or Democrats” and were “alienated from both parties because neither takes a sympathetic view toward their issues.” To these voters, the disdain Reagan drew from the GOP elites was a badge of honor. During the primary campaign, Times columnist William Safire reported with astonishment that Kissinger’s speeches championing Ford and attacking Reagan were helping Reagan, not Ford — a precursor of how attacks by Trump’s Establishment adversaries have backfired 40 years later.

Much of the press was slow to catch up, too. A typical liberal-Establishment take on Reagan could be found in Harper’s, which called him Ronald Duck, “the Candidate from Disneyland.” That he had come to be deemed “a serious candidate for president,” the magazine intoned, was “a shame and embarrassment for the country.” But some reporters who tracked Reagan on the campaign trail sensed that many voters didn’t care if he came from Hollywood, if his policies didn’t add up, if his facts were bogus, or if he was condescended to by Republican leaders or pundits. As Elizabeth Drew of The New Yorker observed in 1976, his appeal “has to do not with competence at governing but with the emotion he evokes.” As she put it, “Reagan lets people get out their anger and frustration, their feeling of being misunderstood and mishandled by those who have run our government, their impatience with taxes and with the poor and the weak, their impulse to deal with the world’s troublemakers by employing the stratagem of a punch in the nose.”

The power of that appeal was underestimated by his Democratic foes in 1980 even though Carter, too, had run as a populist and attracted some Wallace voters when beating Ford in 1976. By the time he was up for reelection, Carter was an unpopular incumbent presiding over the Iranian hostage crisis, gas shortages, and a reeling economy, yet surely the Democrats would prevail over Ronald Duck anyway. A strategic memo by Carter’s pollster, Patrick Caddell, laid out the campaign against Reagan’s obvious vulnerabilities with bullet points: “Is Reagan Safe? … Shoots From the Hip … Over His Head … What Are His Solutions?” But it was the strategy of Caddell’s counterpart in the Reagan camp, the pollster Richard Wirthlin, that carried the day with the electorate. Voters wanted to “follow some authority figure,” he theorized — a “leader who can take charge with authority; return a sense of discipline to our government; and, manifest the willpower needed to get this country back on track.” Or at least a leader from outside Washington, like Reagan and now Trump, who projects that image (“You’re fired!”) whether he has the ability to deliver on it or not.

What we call the Reagan Revolution was the second wave of a right-wing populist revolution within the GOP that had first crested with the Goldwater campaign of 1964. After Lyndon Johnson whipped Goldwater in a historic landslide that year, it was assumed that the revolution had been vanquished. The conventional wisdom was framed by James Reston of the Times the morning after Election Day: “Barry Goldwater not only lost the presidential election yesterday but the conservative cause as well.” But the conservative cause hardly lost a step after Goldwater’s Waterloo; it would soon start to regather its strength out West under Reagan. It’s the moderate wing of the party, the GOP of Nelson Rockefeller and George Romney and Henry Cabot Lodge and William Scranton, that never recovered and whose last, long-smoldering embers were finally extinguished with a Jeb Bush campaign whose high-water mark in the Republican primaries was 11 percent of the vote in New Hampshire.

Mitt Romney and his ilk are far more conservative than that previous generation of ancien régime Republicans. But the Romney crowd is not going to have a restoration after the 2016 election any more than his father’s crowd did post-1964 — regardless of whether Trump is buried in an electoral avalanche, as Goldwater was, or wins big, as Reagan did against both Carter and Walter Mondale. Trump is far more representative of the GOP base than all the Establishment conservatives who are huffing and puffing that he is betraying the conservative movement and the spirit of Ronald Reagan. When the Bush family announces it will skip the Cleveland convention, the mainstream media dutifully report it as significant news. But there’s little evidence that many grassroots Republicans now give a damn what any Bush has to say about Trump or much else.

The only conservative columnist who seems to recognize this reality remains Peggy Noonan, who worked in the Reagan White House. As she pointed out in Wall Street Journal columns this spring, conservatism as “defined the past 15 years by Washington writers and thinkers” (i.e., since George W. Bush’s first inauguration) — “a neoconservative, functionally open borders, slash-the-entitlements party” — appears no longer to have any market in the Republican base. A telling poll by Public Policy Polling published in mid-May confirmed that the current GOP Washington leadership is not much more popular than the departed John Boehner and Eric Cantor: Only 40 percent of Republicans approve of the job performance of Paul Ryan, the Establishment wonder boy whose conservative catechism Noonan summarized, while 44 percent disapprove. Only 14 percent of Republicans approve of Mitch McConnell. This is Trump’s party now, and it was so well before he got there. It’s the populist-white-conservative party that Goldwater and Reagan built, with a hefty intervening assist from Nixon’s southern strategy, not the atavistic country-club Republicanism whose few surviving vestiges had their last hurrahs in the administrations of Bush père and fils. The third wave of the Reagan Revolution is here to stay.

Were Trump to gain entry to the White House, it’s impossible to say whether he would or could follow Reagan’s example and function within the political norms of Washington. His burlesque efforts to appear “presidential” are intended to make that case: His constant promise to practice “the art of the deal” echoes Reagan’s campaign boast of having forged compromises with California’s Democratic legislature while governor. More likely a Trump presidency would be the train wreck largely predicted, an amalgam of the blunderbuss shoot-from-the-hip recklessness of George W. Bush and the randy corruption of Warren Harding, both of whom were easily manipulated by their own top brass. The love child of Hitler and Mussolini Trump is not. He lacks the discipline and zeal to be a successful fascist.

The good news for those who look with understandable horror on the prospect of a Trump victory is that the national demographic math is different now from Reagan’s day. The nonwhite electorate, only 12 percent in 1980, was 28 percent in 2012 and could hit 30 percent this year. Few number crunchers buy the Trump camp’s spin that the GOP can reclaim solidly Democratic territory like Pennsylvania and Michigan — states where many white working-class voters, soon to be christened “Reagan Democrats,” crossed over to vote Republican in Reagan’s 1984 landslide. Many of those voters are dead; their epicenter, Macomb County, Michigan, was won by Barack Obama in 2008. Nor is there now the ’70s level of discontent that gave oxygen to Reagan’s insurgency. President Obama’s approval numbers are lapping above 50 percent. Both unemployment and gas prices are low, hardly the dire straits of Carter’s America. Trump’s gift for repelling women would also seem to be an asset for Democrats, creating a gender gap far exceeding the one that confronted Reagan, who was hostile to the Equal Rights Amendment.

And yet, to quote the headline of an Economist cover story on Reagan in 1980: It’s time to think the unthinkable. Trump and Bernie Sanders didn’t surge in a vacuum. This is a volatile nation. Polls consistently find that some two-thirds of the country thinks the country is on the wrong track. The economically squeezed middle class rightly feels it has been abandoned by both parties. The national suicide rate is at a 30-year high. Anything can happen in an election where the presumptive candidates of both parties are loathed by a majority of their fellow Americans, a first in the history of modern polling. It’s not reassuring that some of those minimizing Trump’s chances are the experts who saw no path for Trump to the Republican nomination. There could be a July surprise in which party divisions capsize the Democratic convention rather than, as once expected, the GOP’s. An October surprise could come in the form of a terrorist incident that panics American voters much as the Iranian hostage crisis is thought to have sealed Carter’s doom in 1980.*

While I did not rule out the possibility that Trump could win the Republican nomination as his campaign took off after Labor Day last year, I wrote that he had “no chance of ascending to the presidency.” Meanwhile, he was performing an unintended civic service: His bull-in-a-china-shop candidacy was exposing, however unintentionally, the sterility, corruption, and hypocrisy of our politics, from the consultant-and-focus-group-driven caution of candidates like Clinton to the toxic legacy of Sarah Palin on a GOP that now pretends it never invited her cancerous brand of bigoted populism into its midst. But I now realize I was as wrong as the Reagan naysayers in seeing no chance of Trump’s landing in the White House. I will henceforth defer to Norm Ornstein of the American Enterprise Institute, one of the few Washington analysts who saw Trump’s breakthrough before the pack did. As of early May, he was giving Trump a 20 percent chance of victory in November.

What is to be done to lower those odds further still? Certainly the feeble efforts of the #NeverTrump Republicans continue to be, as Trump would say, Sad! Alumni from the Romney, Bush, and John McCain campaigns seem to think that writing progressively more enraged op-ed pieces about how Trump is a shame and embarrassment for the country will make a difference. David Brooks has called this a “Joe McCarthy moment” for the GOP — in the sense that history will judge poorly those who don’t stand up to the bully in the Fifth Avenue tower. But if you actually look at history, what it says is that there were no repercussions for Republicans who didn’t stand up to McCarthy — or, for that matter, to Nixon at the height of his criminality. William Buckley co-wrote a book defending McCarthy in 1954, and his career only blossomed thereafter. Goldwater was one of McCarthy’s most loyal defenders, and Reagan refused to condemn Nixon even after the Republican senatorial leadership had deserted him in the endgame of Watergate. Far from being shunned, both men ended up as their party’s presidential nominees, and one of them became president.

If today’s outraged Republican elites are seriously determined to derail Trump, they have a choice between two options: (1) Put their money and actions where their hashtags are and get a conservative third-party candidate on any state ballots they can, where a protest vote might have a spoiler effect on Trump’s chances; (2) Hold their nose and support Clinton. Both (1) and (2) would assure a Clinton presidency, so this would require those who feel that Trump will bring about America’s ruin to love their country more than they hate Clinton.

Dream on. That’s not happening. It’s easier to write op-ed pieces invoking Weimar Germany for audiences who already loathe Trump. Meanwhile, Republican grandees will continue to surrender to Trump no matter how much they’ve attacked him or he’s attacked them or how many high-minded editorials accuse them of failing a Joe McCarthy moral test. Just as Republican National Committee chairman Reince Priebus capitulated once Trump signed a worthless pledge of party loyalty last fall, so other GOP leaders are now citing Trump’s equally worthless list of potential Supreme Court nominees as a pretext for jumping on the bandwagon.

The handiest Reagan-era prototype for Christie, McCain, Nikki Haley, Peter King, Bobby Jindal, and all the other former Trump-haters who have now about-faced is Kissinger. Reagan had attacked him in the 1976 campaign for making America what Trump would call a loser — “No. 2” — to the Soviets in military might. Kissinger’s disdain of Reagan was such that, as Craig Shirley writes, he tried to persuade Ford to run again in 1980 so Reagan could be blocked. When that fizzled, Kissinger put out the word that Reagan was the only Republican contender he wouldn’t work with. But once Reagan had locked up the nomination, Kissinger declared him the “trustee of all our hopes” and lobbied to return to the White House as secretary of State. As I write these words, Kissinger is meeting with Trump.

And the Democrats? Hillary Clinton is to Trump what Carter and especially Mondale were to Reagan: a smart, mainstream liberal with a vast public-service résumé who stands for all good things without ever finding that one big thing that electrifies voters. No matter how many journalistic exposés are to follow on both candidates, it’s hard to believe that most Americans don’t already know which candidate they prefer when the choices are quantities as known as she and Trump. The real question is which one voters are actually going to show up and cast ballots for. Could America’s fading white majority make its last stand in 2016? All demographic and statistical logic says no. But as Reagan seduced voters and confounded the experts with his promise of Morning in America, we can’t entirely rule out the possibility that Trump might do the same with his stark, black-and-white entreaties to High Noon.

*This article appears in the May 30, 2016 issue of New York Magazine.

Voir aussi:

In its most recent attack on Donald Trump and his supporters by the Wall Street Journal editorial page, one of its leading columnists, Peggy Noonan, asserted that Trump supporters are historically inaccurate in comparing Trump to the late President. She described Trump-Reagan comparisons as “desperate” and those who draw them as “idiots” and historical “illiterates.”

She questions the level of competence of Trump but ignores that Reagan was also regarded as grossly incompetent — by media and GOP establishment hard-losers and spoilers, not Republican voters —and especially dangerous in foreign policy, which, presumably, only elites can understand foreign. Reagan was depicted as some sort of cowboy B-rated-film-star yahoo and loose cannon by the “chattering class” of 1980, one who might be tolerable as a governor, but who was definitely not sophisticated enough to comprehend let alone conduct foreign policy.

Peggy Noonan relates in her column an adoring revisionist depiction of Ronald Reagan, as he has come to be appreciated today in the retrospective light of history. The Ronald Reagan she summons to make her case, however, is far from the Ronald Reagan of historical accuracy. The Ronald Reagan of the 1970s and 1980s was derided as inept and a potential disaster by status quo apologists, much as Donald Trump is being mocked today.

Noonan also cites Reagan’s experience as president of a labor union as a qualification for the Presidency that candidate Reagan had, but that candidate Trump lacks. Taking away nothing from Ronald Reagan, I suggest that managing a multi-billion dollar business for decades, one that operates in practically every corner of the globe, as Donald Trump has done, might count as roughly equivalent to heading a Screen Actors Guild – and maybe even serving as a governor of California.

She also says Trump, unlike Reagan, is not a “leader of men.” Here, again, the columnist tries too hard to make her argument. Reagan “was the leader of an entire political movement,” Noonan writes. The people “elected him in landslides,” she asserts. Who does that sound like today? What political candidate in 2016 best resembles Reagan in both respects? Fortunately, voters create political verdicts, not columnists, and Donald Trump both leads a very substantial populist political movement and has won many primaries, often by unprecedented margins.

Noonan denigrates the historical comparison of Donald Trump and Ronald Reagan that Trump supporters often make. On closer inspection, it is she who is more historically “illiterate” or, to be kinder, “forgetful” — of the complete facts of Ronald Reagan’s rise to power, and how in so many respects that rise parallels Donald Trump’s emergence as a conservative challenger to the status quo.

Like Donald Trump, Ronald Reagan was an entrepreneur – an aspiring broadcast sports reporter and film actor. He had to face the brutal competition of Hollywood, a place in which most aspirants to stardom failed. He started by himself, by selling his brand, just as Donald Trump started building hotels and golf courses by himself, also selling his brand (and did not squander his money, as young people from means often do, but multiplied it a thousand fold – and more — making the correct plans and decisions in difficult situations, and plain hard work).

Reagan had to sell himself as a labor union leader, too – to character actors and extras in the movie industry, not just stars. He was not involved with any governmental entity early in his career. Later, he worked for General Electric, one of the largest capitalist success stories in the U.S. at the time. Before he became governor of California, he was a man of business in the entertainment industry, climbing up the ladder of success in radio, movies, and television completely on his own.

Ronald Reagan believed in free market capitalism and would have been deeply impressed, I believe, by the business accomplishments and acumen of Donald Trump. Ronald Reagan knew the core greatness of the U.S. lies not in government and the wisdom of professional politicians but in that very private sector in which Donald Trump has thrived and achieved an extraordinary level of success. Donald Trump’s children, obviously well brought up, appear to be following in his footsteps.

Do Mr. Trump’s business accomplishments count for so little at the Wall Street Journal? How many other men have tried and failed to do what Donald Trump has done in the private sector? Has his extraordinary success not won him some plaudits from a leading member of the conservative free market press? In her column, Noonan also makes numerous points about Trump’s lack of record as a proven governmental leader, as if this deficiency were disqualifying. Since when in the U.S. have we belittled a man of business accomplishments with such venom? Isn’t it entrepreneurs who built the prosperity of our great nation? The accusation Noonan levels against Donald Trump of “serving only himself” is the charge collectivists the world over frequently lodge against free market capitalists.

Ronald Reagan would never have discounted Donald Trump’s achievements, as the Wall Street Journal editorial page frequently does. Ronald Reagan was wiser than that. He would have praised them. He never would have said that because a man has not held elected office in this nation that he is, ipso facto, not a “leader of men.” A man who employs thousands (22,500 at last report) is not a “leader of men”? Someone who has built an enormous international business that brings him into contact on any given day with foreign leaders, both business and political, is not a leader? To recall a touch more history, the Founding Fathers were overwhelmingly men of property as well as “citizen leaders” like both Ronald Reagan and Donald Trump. They were not career politicians.

Ronald Reagan knew the sting of being called a “light weight” movie star, a graduate of rural Midwestern Eureka College which no one among the elite had ever heard of. And doubtless ad hominem attacks detracted from, and damaged in some respects, his core message of more limited government and defeat of the Soviet empire. But he persisted despite the snide heckling of the arrogant establishment of the time, and he communicated his message honestly and directly – and, turns out, successfully — to the American people, thereby, accomplishing much good for the nation.

Yes, and he also gave wings to a powerful political force, conservatism, which today, I suggest, finds its relevant fresh champion, however odd and imperfect the fit might seem at times, in the likes of a populist New York billionaire businessman who has a propensity to communicate his message of a better life and more secure future for Americans, directly and honestly, and with conviction, to the American body politic.

Ronald Reagan as President of the United States? NEVER, they said. But the people voted, the nation spoke, and so, they were wrong.

Today, despite differences over style and some issues, one thing we can all agree on: Hillary Clinton is no Ronald Reagan.

Ambassador Faith Whittlesey served as White House Director of the Office of Public Liaison from 1983 to 1985 and twice, from 1981 to 1983 and again from 1985 to 1988, as U.S. Ambassador to Switzerland. She also was active in President Reagan’s unsuccessful 1976 campaign and was Co-chairman of President Reagan’s Pennsylvania campaign in 1980.

Voir également:

Deja Vu All Over Again?

‘Ronald’ Trump: Why 2016 Is Looking a Lot Like 1980

In memory, Reagan’s victory seems easy and inevitable. It was anything but. And the parallels to today are a little creepy.

Meg Jacobs

The Daily Beast

05.24.16

It’s 1980 all over again. A media celebrity runs for the GOP nomination—something he has been planning for years—and sweeps the primaries, rattling the Republican establishment along the way. That’s the story of Ronald Reagan as he mobilized for what would be his landslide 1980 victory. And it is the story of Donald Trump too.

Trump and Speaker Paul Ryan met in an effort to heal the wounds that have opened up in this brutal primary. Come convention time, if history is any indicator, they will join together. But it is likely to be a rocky road. The same was true in 1980.

Today Republicans lionize Reagan and remember him as the quintessential coalition-builder. He brought the Republican Party together, unlike Donald Trump, who spent the spring tearing the GOP apart. But the truth is that in real time in 1980, Reagan was seen as the outside antiestablishment candidate. He was also seen as less than a serious contender, even when it looked like he would secure the nomination.When the Republican primary season started out, he was the only one out of seven candidates who had not held a government position inside Washington, a roster that included two senators, three congressmen, and a Treasury Secretary. Instead, Reagan was best known for his starring roles in middle-brow American movies, a career he parlayed into a run as California governor. When he announced his candidacy, critics derided him as the “celebrity in chief.”

Reagan held himself up as the icon of conservatism but, much like Trump, his past suggested a history of political flexibility if not outright liberalism. He had once been a Roosevelt Democrat. By the 1964 presidential race, he’d endorsed the GOP’s Senator Barry Goldwater and made his conversion to full-fledged conservative.

Still, in his years in the California governorship, Reagan continued to demonstrate political flexibility. He supported abortion rights, welfare spending, and, when necessary, tax increases. True, he called for cracking down on campus unrest. And by now his hallmark issue was fierce anticommunism as well as anti taxation. But Reagan understood that he governed in a state where ideological purity would not have secured for him the office he sought given that Democrats greatly outnumbered Republicans.

And yet in 1980 Reagan ran as the standard bearer of the Republican Party. Throughout the primary season, there was deep skepticism. George H.W. Bush was the presumptive establishment candidate. He had been a congressman, the Republican National chairman, an ambassador to the UN and China, and the CIA director. Bush’s early victory in the Iowa caucus suggested that voters were not sold on the movie star.

But Reagan was onto something, much the same way that Trump is. After a decade of slow growth, declining productivity, double-digit inflation—and an energy crisis that graphically demonstrated the government’s incapacity to solve problems—America was eager for solutions. What people hungered for more than anything else was leadership. Jerry Rafshoon, President Carter’s adviser, told him, ”People want you to act like a leader.”

And that is what Reagan understood. In short, digestible sound bites, he promised Americans that they would once again be great. On foreign policy, he would bring peace through strength. If Trump promises to build a wall, Reagan would tear one down. And on domestic policy, he would cut taxes. To Trump’s protectionism, Reagan offered supply-side economics. The master of media knew a winning platform when he saw it.

The establishment was slow to rally behind him. With the disastrous memory of 1964, when Barry Goldwater and his brand of conservatism lost in a landslide, Reagan seemed too risky. Moderates worried that his fierce anticommunist rhetoric would escalate tensions with the Soviet Union—even Barry Goldwater called him “trigger happy”—while mainstream fiscal conservatives said his budget numbers did not add up. Bush denounced this policy as “voodoo economics.”

Gerald Ford called Reagan “unelectable” in late March. Many Washington insiders and party regulars saw Reagan as too extreme and hoped that the former president would throw his hat in. Indeed, early polls showed Ford with greater appeal than Reagan among Democrats, a serious liability in a race where Republicans would need to attract cross-over voters to win. In early match ups, Ted Kennedy, who was challenging Carter from the left in the Democratic primary, beat Reagan by as much as 64 to 34 percent.

And age seemed a problem too. Reagan turned 69 a month into the primaries and, if elected, would surpass William Henry Harrison as the oldest president, who in 1841 caught a cold delivering his inaugural address, developed pneumonia, and died a month later. A Newsday reporter said Reagan was in a “race against time.”

He was also vulnerable as a celebrity. Reagan was, as one commentator explained, a “the end product of television politics . . . It is a show and he’s a star actor.” That was not a compliment.

Reagan won in New Hampshire, but the primary season was long and drawn out. In Massachusetts, he came in third behind Bush and John Anderson, the Illinois Senator who dropped out of the Republican contest and ran as an Independent. The conventional wisdom maintained that Anderson would draw votes from Carter as a moderate alternative, but nevertheless, his presence in the race suggested that the electorate might not be ready for Reagan’s brand of conservatism.

Indeed, Bush scored important victories in Pennsylvania and in Michigan. As Bush did well, some rallied behind Reagan, including Senator Howard Baker, who dropped out of the race, saying: “Only divisions from within our party can keep us from benefiting from the bitter divisions within the Democratic Party. The time has come to give Ronald Reagan our prayers, our nomination, our enthusiastic support.”

But the primary season did not come to an end until late May when, at last, Reagan secured enough delegates to win the nomination. And even then, many embraced Reagan only as an act of political pragmatism. As Ohio Governor James Rhodes explained, “I love George Bush. I love Gerald Ford. I love Ronald Reagan. Sometimes in love you have to make your choice. My choice is Ronald Reagan.”

As the GOP convention drew closer, other leading Republicans fell in line, among them the most senior liberal Republican, Senator Jacob Javits. He had refused to endorse Goldwater in 1964, but now he cast his lot with Reagan. With the endorsement, Javits would be a delegate at large. “I felt it was important for me to have an input,” he said, “and I knew I couldn’t have it unless I cast my vote for Reagan.” The New York senator was up for reelection, and he also believed that the GOP had a chance, with Reagan at the head of the ticket, to reclaim the Senate. (It did, but without him—Javits was upset in the Republican primary by the more conservative Al D’Amato)

But the prospect of party disunity did not end at the convention. Now it was the Republican right’s turn to fret about its candidate. When Reagan announced that he was selecting George Bush as his running mate, a decision that came only at the end of the convention and after much media speculation, the right threatened to walk. In 1976, Reagan had subverted his effort to win the Republican nomination over President Gerald Ford when he announced that his running mate would be Pennsylvania Republican Richard Schweiker, a liberal Republican who was antithetical to Reagan’s conservative claims. Now he seemed to be toying with moderation once again.

With evangelical voters mobilizing at the grassroots and many entering electoral politics for the first time, the leaders of this new social force wanted someone who would fight for their causes. Paul Weyrich, the head of right-wing Committee for the Survival of a Free Congress, was angry. “I feel no need obligation to bring about our own destruction,” Weyrich thundered. “I won’t support a Reagan-Bush ticket.”

Reagan attempted to appease the right by signing onto a platform that dropped the ERA and called for an anti-abortion amendment. He also called evolution just a “theory” and expressed skepticism about the man-made causes of pollution. But the establishment was still worried. Texas Senator John Tower, who chaired the convention’s platform committee, warned his colleagues, “Republicans have a singular facility sometimes for snatching defeat from the jaws of victory. Disunity has cost us elections in the past.” Nevada Senator Paul Laxalt said the new right is “afraid of Ron.”

The general election was far from a shoo-in. The polls were all over the place, including placing President Carter ahead of the insurgent candidate. In the end, Reagan scored a decisive victory. But his success, and the ingredients that allowed for this landslide victory, were clear only in hindsight. A week before the election, it was too close to call.

Rather than moderating his rhetoric and toning down his platform in the general election, Reagan stepped up his game. He blamed Carter personally for the gas lines that had signaled the decline of American strength and prosperity. It was Carter’s fault that Iranian terrorists seized the American embassy in Teheran and held American hostages. And Carter’s efforts to negotiate nuclear deals with the Soviets were a disaster.

Reagan was a master of the sound bite: « A recession is when you lose your job, a depression is when your neighbor does, and a recovery is when Jimmy Carter does.” And he told a narrative that simultaneously devastated Carter while instilling confidence in him. His signature campaign slogan captured it all: “Are you better off than you were four years ago?”

These messages appealed to independent voters and white working-class voters, the so-called Reagan Democrats, who were suffering from slow growth and stagnant wages as they saw jobs disappearing overseas.
Reagan also eagerly embraced the race card. He went after white voters in the South, saying he was a defender of states’ rights near where civil rights workers had been brutally murdered in 1964. He denounced “welfare queens in fashion jeans” as the embodiment of excessive government waste, another not so subtly coded racial message.

1980 was also the first gender gap election when there was a clear discrepancy between how men and women voted. Reagan’s cowboy swagger and tough sounding rhetoric appealed to men. Lee Atwater explained it wasn’t so much that women didn’t like Reagan, it was just that men liked him so much.

If 1980 is any indicator of how an unlikely outspoken conservative candidate with a liberal background could win, Trump is well on his way. And Reagan did not just win; he won in a landslide, one that many did not see coming, and one that severely weakened much of the liberal agenda and put the country on a rightward path that still shapes politics today. Like Reagan, Trump has dominated the primaries, worried the establishment, and yet reveals himself to have deep-seated support. Like Reagan, he is the master of a new media to mobilize and rally supporters, especially white men. In spite of the media criticism he receives as running a post-policy campaign, his supporters feel he provides solutions and refreshingly says what he wants.

Just as Reagan did, Trump has had his eye set on the White House for a long time. In a 1990 Playboy interview, he said, “I hate seeing this country go to hell. We are laughed at by the rest of the world.” He also said, “Vision is my best asset. I know what sells and I know what people want.” Like Reagan, he has spent decades crafting his message. And so far his strategy seems to be working.

Voir encore:

Liberals sneered at Reagan yet he stunned the world. Don’t laugh, but Trump could too, says Justin Webb

‘He’s a lightweight, not someone to be considered seriously.’ It could have been the judgment of the world on Donald Trump. But, actually, it wasn’t. It was Ronald Reagan (pictured)

The verdict is unambiguous: ‘He’s a lightweight, not someone to be considered seriously.’ It could have been the judgement of the world on Donald Trump. But, actually, it wasn’t.

These words were spoken by President Richard Nixon about Ronald Reagan in the Seventies. Nixon added, for good measure, that Reagan was ‘shallow’ and of ‘limited mental capacity’.

Gerald Ford, who took over the presidency when Nixon had to resign after the Watergate scandal, was no less dismissive.

In a 1976 press release when Reagan announced he would challenge Ford as Republican nominee for the White House, Ford stated: ‘The simple political fact is that he cannot defeat any candidates the Democrats put up. Reagan’s constituency is much too narrow, even within the Republican Party.’

The Democrats were equally nonplussed. Those who did not write him off him as a man itching to start World War III, saw Reagan as merely useless —a B-list Hollywood actor whose best film was called Bedtime For Bonzo and starred a monkey.

Dunce

Washington grandee Clark Clifford — who was an adviser to four Democrat Presidents including JFK — simply called Reagan ‘an amiable dunce’.

Yet Reagan not only won the election in 1980 and 1984; he went on to become one of the 20th century’s towering figures.

Today, many of the U.S.’s brightest and best are once again united in their view: the man the Republicans have chosen as Presidential candidate is so unqualified for the job that this was — in effect — the week Hillary Clinton became the 45th president.

Yes, she has to see off her pesky Left-wing challenger Bernie Sanders before she can win her party’s official nomination.

But that’s almost done. And the rest is easy. Come the November presidential poll, she will face a man so barmy, so extreme, so utterly unpresidential, that she can’t lose. A dunce who is not even amiable. Donald Trump is going to gift Hillary Clinton the White House.

But some serious U.S. commentators are questioning conventional wisdom and citing Reagan’s rise to the White House all those years ago as a possible portent of things to come.

They are chastened by how wrong so many pundits have already been over ‘The Donald’, how he was written off from the start — only to come out with the Republican nomination.

They are seriously starting to wonder if he could go all the way and win the U.S. election in November.

Likewise, some in the British Establishment now fear David Cameron will have to work hard to patch things up with Trump after saying the tycoon’s suggested ban on Muslims was ‘divisive, stupid and wrong’ — and that if Trump ‘came to visit our country he’d unite us all against him’.

Could ‘The Donald’ really make the White House? If so, what kind of President would he be?

Let’s be blunt about the task Trump faces. He is massively unpopular. A Washington Post/ABC News poll last month found 67 per cent of likely voters had an unfavourable opinion of him.

Could ‘The Donald’ really make the White House? If so, what kind of President would he be?

Among most Americans he is only slightly less popular than Vladimir Putin (who comes in at around 70 per cent unfavourable). And in certain key groups, Hispanics, women, the young, he is off the scale — properly detested, even feared.

But American presidents are not elected in a single nationwide contest. And it is because of this that he could secure victory.

Under its Electoral College system, the people don’t actually vote directly for the President; they vote for a group of electors in their own state.

And these electors — 538 in total — then cast their votes to decide who enters the White House. The point is that in the U.S. Presidential election of 2012, if just 64 electors’ votes had gone to the other side, the Republican candidate Mitt Romney would have beaten Barack Obama.

Since most states are already firmly in the Republican or Democrat camp, it is these few votes at the margins that count.

And Trump, with his hugely resourced campaign and outrageous populist pledges, could swing them his way.

Moreover, he represents the anti-Establishment, a no-nonsense change for those fed up with the entire political class.

In New York a few weeks ago, I met Carl Paladino, who ran for the New York state governorship for the Republicans in 2010.

He is a Trump man now, and waves aside what he regards as old-fashioned talk of Democrats and Republicans and party allegiances.

‘Imagine you are a carpenter on a building site,’ he told me, ‘you sweat all day and get wet and cold. You don’t care about party. You want a champion. That’s Trump. It’s about him.’

The carpenters, united, could swing it Trump’s way. They would need help from fitters and joiners and other men (yes, his supporters are almost entirely men) who work with their hands. But it could be done.

The so-called rust belt states — in the north-east and midwest — are ripe for the picking. Trump does best in areas where the death rate among white people under 49 is highest — the downtrodden working class.

Megalomaniac

Many of these people traditionally vote Democrat, but they have been voting for Bernie Sanders — Hillary Clinton’s Left-wing rival for the Democrat nomination — rather than Hillary herself. She lost the Michigan contest to Sanders, just as she lost Indiana to him this week.

Yes, Sanders is a socialist and Trump a billionaire plutocrat. But on trade — protection of American jobs — Sanders and Trump are on the same page.

Add a dash of Trump’s xenophobia and he’s in business.

Those who voted for Sanders because he speaks up for the little guy might well feel that Trump is closer to their hearts than Hillary.

The so-called rust belt states — in the north-east and midwest — are ripe for the picking. Many of these people traditionally vote Democrat, but they have been voting for Bernie Sanders — Hillary Clinton’s Left-wing rival for the Democrat nomination — rather than Hillary herself

So President Trump is not a fantasy. There is a path for him.

Not an easy one, but a path nonetheless.

But if he won, what then?

Again, the conventional wisdom might well be wrong. He is portrayed as a dictator. A megalomaniac. A man who has taken over a political party for his own crazed purposes.

All of which might be true.

But if Trump seriously thinks he can run America as he runs Trump Casinos, he has a shock coming. America was designed to be ungovernable without the consent of Congress.

Trump may have pledged to build a wall with Mexico, but he could never get that passed, still less a scheme to keep Muslims out of America.

He would need Congress on his side. He would need the Supreme Court to agree that it was constitutional.

Defeat

Remember the key Obama policy of closing Guantanamo Bay was stymied not by Republicans but by members of his own party in Congress? He said: ‘DO IT’. They said no. And Guantanamo is still open.

Even in foreign affairs, where presidents can make quite a splash, the system is likely to defeat him. Trump seems, for instance, to be in favour of torture and has said that, as President, he’d authorise ‘worse than waterboarding’ against suspected terrorist captives.

But already John Rizzo, a top lawyer at the CIA when the agency employed so-called enhanced interrogation techniques, has pointed out that President Trump would face a revolt by his own staff.

It would be carnage if he tried to implement his preferred torture measures. Not for the captives, but for the President.

But would he care? Would he not just shrug and move on?

Perhaps the greatest oddness of Trump is that his core supporters are a fading and old-fashioned constituency — angry white people — but his politics are uber-modern.

He has no ideology. He believes in what works, and is, in some ways, surprisingly Left-wing.

He will fight a dizzying campaign this summer, coming at Hillary Clinton from the Right and from the Left. He will even accuse her of sexism for sticking up for Bill during his ‘bimbo eruptions’. He’ll dodge and weave, confuse and outrage, and generally shake up the nation.

He is no Ronald Reagan — at least not yet. But who knows, Donald Trump could yet surprise everyone and end up as the most unexpected President the White House has ever seen.

Voir par ailleurs:

Très attendue, l’intervention du président américain face à un Congrès au grand complet lui a permis d’endosser un ton rassembleur, sans pour autant préciser clairement les priorités et le chiffrage de sa politique ambitieuse.

C’était il y a plus de cinq semaines, le 20 janvier dernier. Lors de son investiture sur les marches du capitole, à Washington, Donald Trump était apparu à la tribune poing levé, et avait tenu un premier discours de président particulièrement sombre, évoquant un « carnage américain » dont sont victimes « trop de nos concitoyens ». Et promis d’y mettre fin « ici et maintenant », assurant que « chaque décision sur le commerce, les impôts, l’immigration, les affaires étrangères sera prise pour le bénéfice des familles et des travailleurs américains ».

C’est dire si, cinq semaines plus tard, sa première intervention solennelle devant le Congrès était attendue. Surtout après plus d’un mois passé à la Maison-Blanche, au cours duquel le 45e président des États-Unis a multiplié les annonces et déclarations qui ont jeté le flou sur sa capacité à endosser son costume présidentiel et à fixer des priorités dans sa politique.

Cravate bleue rayée et ton solennel

Sur la forme, Donald Trump, ce mardi 28 février au soir, devant un Congrès au grand complet, où siégeaient pour la circonstance les représentants, sénateurs, ministres et juges de la Cour suprême, a tenu sans doute son discours le plus « présidentiel », le plus modéré, le moins provocateur.

Apparu à la tribune, pour une fois, paré d’une cravate bleue rayée, comme pour rompre également avec son style habituel sur le plan vestimentaire, le président américain a fait une déclaration plus solennelle et optimiste, sans doute, saluant l’émergence d’une « nouvelle fierté nationale », saluant « un nouveau chapitre de la grandeur américaine (qui) débute », plaidant pour un « renouveau de l’esprit américain » indissociable, selon lui, d’une grande fermeté sur l’immigration, l’un des thèmes qu’il a le plus développés lors de son intervention.

Au cours de son discours, qu’il a voulu rassembleur, il a également à plusieurs reprises salué la présence de « témoins » dans l’assistance, auxquels il a rendu hommage, chacun venant incarner un chapitre de la politique qu’il entendait mettre en œuvre : une personne ayant subi une agression de la part d’un immigré en situation irrégulière sur le sol américain, les parents de policiers tués dans leur mission…

Hommage unanime à la veuve d’un soldat tué au Yémen

Ou encore la veuve du soldat Ryan Owens, membre des forces spéciales américaines, tué le 29 janvier dernier au cours d’une opération au Yémen. Assise aux côtés d’Ivanka Trump, fille du président, Carryn Owens, émue aux larmes a été longuement ovationnée par l’ensemble du congrès, offrant à cette cérémonie un moment d’unité nationale inédit depuis la prise de fonction de Donald Trump.

Sur le fond, le 45e président américain a repris nombre de ses thèmes favoris, promettant en particulier de ramener « des millions d’emplois » aux Américains ou dénonçant les accords de libre-échange. Il a fait peu de nouvelles annonces, et est resté pour l’heure en deçà des attentes sur ce que seraient véritablement ses priorités, ainsi que le financement de ses différentes mesures. Le discours, sur ce plan, s’annonce comme un prélude à la bataille pour le budget 2018 qui s’ouvre au Congrès, où les alliés républicains du président sont majoritaires.

Les premiers mots de son discours ont rendu hommage aux « célébrations du mois de l’Histoire des Noirs » et ont donné au président l’occasion de condamner solennellement « les dernières menaces en date visant des centres de la communauté juive et le vandalisme contre des cimetières juifs ». Il a également dénoncé une attaque raciste visant deux ressortissants indiens, dont l’un a été tué, une semaine plus tôt dans le Kansas.

Un effort de « reconstruction nationale »

Sur le plan économique, Donald Trump a énoncé deux principes qui reprennent ceux de son discours du 20 janvier : « achetez américain, engagez américain ». Il est revenu pour s’en féliciter sur les annonces d’investissement aux États-Unis de la part de plusieurs constructeurs automobiles, qui doivent selon lui mener à la création de nombreux emplois. Il a aussi salué la reprise des travaux des oléoducs Keystone XL et Dakota Access Pipeline.

Il en a également appelé à un effort de « reconstruction nationale » : « Pour lancer la reconstruction du pays, je vais demander au Congrès d’approuver une législation qui déclenchera des investissements de mille milliards de dollars pour les infrastructures aux États-Unis, financés grâce à des capitaux à la fois publics et privés, et créera des millions d’emplois », a-t-il déclaré, non sans déplorer que son pays ait dépensé jusqu’ici « des milliards et des milliards de dollars à l’étranger ».

Donald Trump a également évoqué son projet de réforme fiscale sans s’appesantir : « Notre équipe économique est en train de préparer une réforme fiscale historique qui réduira le montant des impôts de nos entreprises pour qu’elles puissent concurrencer n’importe qui et prospérer n’importe où et avec n’importe qui. En même temps, nous réduirons de manière massive les impôts pour la classe moyenne. » « Nous devons faire en sorte qu’il soit plus facile pour nos entreprises de faire des affaires aux États-Unis et plus difficile pour elles de partir », a-t-il aussi martelé.

Il a aussi demandé au Congrès de promulguer une loi afin de remplacer l’Obamacare, la loi sur la santé emblématique de Barack Obama, appelant de ses vœux « des réformes qui étendront le choix, donneront un meilleur accès (aux soins) et réduiront les coûts ».

Immigration : un système « basé sur le mérite »

Le président américain a abordé le sujet de l’immigration, un thème sur lequel il était très attendu, d’autant que, peu avant son allocution, lors d’une rencontre avec des journalistes de télévision à la Maison-Blanche, il avait provoqué la surprise en évoquant la possibilité d’une loi de régularisation pour les sans-papiers n’ayant pas commis de délit.

Il n’en a toutefois pas été question lors du discours au Congrès, du moins pas ouvertement. Mais Donald Trump a évoqué une réforme législative et proposé d’abandonner le système actuel, pour adopter à la place « un système basé sur le mérite ».

« Je pense qu’une réelle réforme positive de l’immigration est possible, pour autant que nous nous concentrons sur les objectifs suivants : améliorer l’emploi et les salaires des Américains, renforcer la sécurité de notre pays et restaurer le respect de nos lois », a-t-il aussi déclaré, confirmant par la même occasion son intention de construire un mur à la frontière avec le Mexique, ainsi que l’imminence d’un nouveau décret après l’échec du premier, bloqué par la justice.

Sur ce thème de l’immigration, il a encore annoncé la création d’un bureau spécial pour les victimes de crimes « d’immigration », baptisé VOICE (Victims Of Immigration Crime Engagement). « Nous donnons une voix à ceux qui sont ignorés par les médias et réduits au silence par les intérêts particuliers », a affirmé Donald Trump dans une de ses rares piques hostiles aux médias.

« Représenter les États-Unis d’Amérique » plutôt que « le monde »

Enfin, Donald Trump est revenu sur sa demande au Congrès, annoncée la veille, de valider une hausse des dépenses militaires de 54 milliards de dollars. Il a toutefois précisé que son rôle n’était pas « de représenter le monde mais de représenter les États-Unis d’Amérique ». Sans donner de précision sur sa politique étrangère, il a prôné « l’harmonie et la stabilité », plutôt que « des guerres et des conflits », et réaffirmé son attachement à l’Otan, mis en doute par des déclarations antérieures évoquant obsolescence de l’Alliance.

Les représentants démocrates sont restés pour la plupart assis dans leurs sièges, visage fermé et bras croisés après ce discours. En signe de protestation silencieuse, une quarantaine d’élues démocrates s’étaient habillées en blanc, la couleur symbolisant la défense des droits des femmes.

La chaîne d’information CNN a pour sa part publié un sondage peu après le discours : une majorité de téléspectateurs y ont réagi positivement.

Voir aussi:
The Metaphysics of Trump
 Paradox: How does a supposedly bad man appoint good people eager to advance a conservative agenda that supposedly more moral Republicans failed to realize?
Victor Davis Hanson
National Review
February 28, 2017

We variously read that Trump should be impeached, removed, neutralized — or worse. But until he is, are his appointments, executive orders, and impending legislative agenda equally abhorrent? General acclamation followed the Trump appointments of retired Generals H. R. McMaster as national-security adviser, James Mattis as defense secretary, and John Kelly to head Homeland Security. The brief celebration of Trump’s selections was almost as loud as the otherwise daily denunciations of Trump himself. Trump’s equally inspired decisions, such as the nomination of Neil Gorsuch to the Supreme Court and Jeff Sessions as attorney general, presented the same ironies.

Most of these and other fine appointments came amid a near historic pushback against Trump, mostly over what he has said rather than what he’s done. But again, do the appointments create a dilemma for his existential critics who have gone beyond the traditional media audit of a public official and instead descended into calls for his removal — or worse?

Indeed, removal chic is now widespread, as even conservatives ponder impeachment, invoking the 25th Amendment for mental unfitness, while the more radical (here and abroad and both Right and Left) either abstractly or concretely ponder a coup or some other road to his demise.

How do his opponents square such excellent appointments with Trump himself? Even bad people can occasionally do good?

Are his Cabinet secretaries patriotically (as I believe) serving their president, even if prepared at times to nudge him away from what they might feel are occasional unwise detours? Appointees of the caliber of a Mattis, McMaster, or Kelly do not go to work for any president with the likelihood of becoming undercover actors — undercutting his authority, or posing to the press that they are the moral superior to their boss, or leaking information to massage favorable accounts of their superior savvy or morality at the president’s expense. No, they serve the president because they want their country to prosper and think that it can if their commander in chief (whose agendas for the most part they share) is successful.

Or do critics argue that such fine men and women are “selling out” by putting careers before principled resistance to a president who will supposedly usher in unprecedented disasters? So far, even the most vehement Trump censors have not faulted these fine appointees for supposedly being soiled by association with Trump, whom they have otherwise accused, in varying degrees, of partaking of fascism, Stalinism, and Hitlerism.

Again, the point is, How do critics square the circle of damning Trump as singularly unfit while simultaneously praising his inspired appointees, who, if they were to adopt a similar mindset, would never set foot in a Trump White House? How does someone so unqualified still manage to listen to advice or follow his own instincts to appoint so many willing, gifted public servants — at a time, we are told, when nearly the entire diplomatic and security establishment in Washington refuses to work for such a reprobate?

The same disconnect holds true for Trump’s executive orders. Except for the rocky rollout of the temporary ban on immigration — since rectified and reformulated — his executive orders seem inspired and likely to restore the rule of law, curb endless and burdensome new regulations, address revolving-door ethics, enhance the economy, halt federal bloat, promote energy production, and create jobs. Without the Trump victory, the Paul Ryan agenda — radical tax reform and deregulation — that has been comatose for a decade would never have become viable. So, is the position of the conservative rejectionists something like the following: “I detest Trump because even his positive agendas are spoiled by his sponsorship?”

Or do they reason that because his views deviate from free-market economics (when he jawbones companies and aims to renegotiate bilateral rather than multi-country trade deals, or use quid pro quo import taxes), so too his otherwise conservative positions on social issues, school choice, Obamacare’s repeal, defense spending, and tax reform are likewise suspect or irrelevant? Of course, his leftist critics face no such dilemmas and are far more consistent: They hate the Trump the man, and they hate Trump’s initiatives, and the two to them are inseparable and logical consequences of each other.

I thought that both Bush presidents were fine and good men and their agendas far preferable to the alternative. But was either in a political position to effect (or perhaps even willing to embrace) the sort of conservative change that the supposedly “not a conservative” Trump might well attempt? That irony too raises another metaphysical question: Does the Trump moment come despite or because of his take-no-prisoners rhetorical style?

In some sense (to adopt a taboo military metaphor) is Trump a sort of shaped charge? That is, is Trump’s combative coarseness the radiant outer shell that is necessary to melt through the deep state and bureaucratic armor so that the inner explosive of a conservative revolutionary agenda may reach its target intact? Given the hysterical and entrenched opposition, I’m not sure that John McCain or Mitt Romney would have enforced immigration law, frozen government hiring, or embraced Reagan-like tax and regulatory reform, although to be sure, McCain and Romney would have avoided Trump’s rhetorical excesses, his Twitter storms, and his occasional coarseness.

Which should properly be more exasperating: Trump’s over-the-top rhetoric that accompanies a possibly revolutionary and realized conservative agenda, or McCain and Romney’s sober and judicious failures at pushing a mostly Bush-like agenda? By not fighting back in take-no-prisoner terms, both Republican candidates failed, ensuring eight years of Obama — years that in my view have done far more damage to the country than anything envisioned by Trump’s first administration.

Even conservatives sometimes seem more bothered by Trump’s raw uncouthness in service to a conservative agenda than they were by Obama’s sautéed orneriness in advancing progressive hope and change. Years of the Cairo Speech, the apology tours, the Iran deal, the Iraq pullout, Obamacare, record debt and low growth — editorialized by chronic attacks on Fox News, along with “you didn’t build that,” “punish our enemies,” and “I won” putdowns from Obama — never prompted calls for the 25th Amendment like those in some anti-Trump tweets. Is the difference predicated on class, accent, education, tone, appearance, tastes, comportment, or the idea that a shared Beltway culture trumps diverse politics? If a polished and now-president Marco Rubio had the same agendas as Trump, but avoided his rhetoric and bluster, would anti-Trump conservatives be pro-Rubio? And would Rubio’s personality and cunning have ensured his election and confidence in steamrolling such an agenda through the Congress?

I don’t have easy answers to any of these paradoxes but will only suggest that in the last 40 years, despite three different Republican administrations, frequent GOP control of the House and Senate, and ostensible Republican majorities on the Supreme Court, the universities have eroded, the borders have evaporated, the government has grown, the debt has soared, the red–blue divide has intensified, identity politics have become surreal, the nation’s infrastructure has crumbled, the undeniable benefits from globalism have increasingly blessed mostly an entrenched elite, the culture has grown more crass and intolerant, the redistributive deep state has spread, and the middle classes have seen their purchasing power and quality of life either stagnate or decline.

In sum, it is far more difficult in 2017 to enact conservative change than it was 40 years ago — not necessarily because the message is less popular, but because government is far more deeply embedded in our lives, the Left is far more sophisticated in its political efforts to advance a message that otherwise has no real record of providing prosperity and security, and the Right had avoided the bare-knuckles brawling of the Left and instead grown accustomed to losing in a dignified fashion.

To the losers of globalization, the half-employed, and the hopelessly deplorable and irredeemable, lectures from the Republican establishment about reductions in capital-gain taxes, more free-trade agreements, and de facto amnesties, were never going to win the Electoral College the way that Trump did when he used the plural personal pronoun (“We love our miners, farmers, vets”) and promised to jawbone industries to help rust-belt workers.

The final irony? The supposedly narcissistic and self-absorbed Trump ran a campaign that addressed in undeniably sincere fashion the dilemmas of a lost hinterland. And he did so after supposedly more moral Republicans had all but written off the rubes as either politically irrelevant or beyond the hope of salvation in a globalized world. How a brutal Manhattan developer, who thrived on self-centered controversy and even scandal, proved singularly empathetic to millions of the forgotten is apparently still not fully understood.

Presidential Payback for Media Hubris
Victor Davis Hanson
Defining Ideas
Hoover institution
March 2, 2017

Donald Trump conducted a press conference recently as if he were a loud circus ringmaster whipping the media circus animals into shape. The establishment thought the performance was a window into an unhinged mind; half the country thought it was a long overdue media comeuppance.

The media suffer the lowest approval numbers in nearly a half-century. In a recent Emerson College poll, 49 percent of American voters termed the Trump administration “truthful”; yet only 39 percent believed the same about the news media.

Every president needs media audit. The role of journalists in a free society is to act as disinterested censors of government power—neither going on witch-hunts against political opponents nor deifying ideological fellow-travelers.

Sadly, the contemporary mainstream media—the major networks (ABC, CBS, NBC, CNN), the traditional blue-chip newspapers (Washington Post, New York Times), and the public affiliates (NPR, PBS)—have lost credibility. They are no more reliable critics of President Trump’s excesses than they were believable cheerleaders for Barack Obama’s policies.

Trump may have a habit of exaggeration and gratuitous feuding that could cause problems with his presidency. But we would never quite know that from the media. In just his first month in office, reporters have already peddled dozens of fake news stories designed to discredit the President—to such a degree that little they now write or say can be taken at face value.

No, Trump did not have any plans to invade Mexico, as Buzzfeed and the Associated Press alleged.

No, Trump’s father did not run for Mayor of New York by peddling racist television ads, as reported by Sidney Blumenthal.

No, there were not mass resignations at the State Department in protest of its new leaders, as was reported by the Washington Post.

No, Trump’s attorney did not cut a deal with the Russians in Prague. Nor did Trump indulge in sexual escapades in Moscow. Buzzfeed again peddled those fake news stories.

No, a supposedly racist Trump did not remove the bust of Martin Luther King Jr. from the White House, as a Time Magazine reporter claimed.

No, election results in three states were not altered by hackers or computer criminals to give Trump the election, as implied by New York Magazine.

No, Michael Flynn did not tweet that he was a scapegoat. That was a media fantasy endorsed by Nancy Pelosi.

In fact, Daniel Payne of the Federalist has compiled a lengthy list of sensational stories about Trump’s supposed buffooneries, mistakes, and crudities that all proved either outright lies or were gross exaggerations and distortions.

We would like to believe writers for the New York Times or Washington Post when they warn us about the new president’s overreach. But how can we do so when they have lost all credibility—either by colluding with the Obama presidency and the Hillary Clinton campaign, or by creating false narratives to ensure that Trump fails?

Ezra Klein at Vox just wrote a warning about the autocratic tendencies of Donald Trump. Should we believe him? Perhaps not. Klein was the originator of Journolist, a “left-leaning” private online chat room of journalists that was designed to coordinate media narratives that would enhance Democratic politicians and in particular Barack Obama. Such past collusion begs the question of whether Klein is really disinterested now in the fashion that he certainly was not during the Obama administration.

Recently, New York Times White House correspondent Glenn Thrush coauthored a report about initial chaos among the Trump White House staff, replete with unidentified sources. Should we believe Thrush’s largely negative story?

Perhaps. But then again, Thrush not so long ago turned up in the Wikileaks troves as sending a story to Hillary Clinton aide John Podesta for prepublication audit. Thrush was his own honest critic, admitting to Podesta: “Because I have become a hack I will send u the whole section that pertains to u. Please don’t share or tell anyone I did this Tell me if I f**ked up anything.”

Dana Milbank of the Washington Post has become a fierce critic of President Trump. Are his writs accurate? Milbank also appeared in Wikileaks, asking the Democratic National Committee to provide him with free opposition research for a negative column he was writing about candidate Trump. Are Milbank’s latest attacks his own—or once again coordinated with Democratic researchers?

The Washington Post censor Glenn Kessler posted the yarn about Trump’s father’s racist campaign for New York mayor—until he finally fact-checked his own fake news and deleted his tweet.

Sometimes the line between journalism and politicians is no line at all. Recently, former Obama deputy National Security advisor Ben Rhodes (brother of CBS news president David Rhodes) took to Twitter to blast the Trump administration’s opposition to the Iran Deal, brokered in large part by Rhodes himself. “Everything Trump says here,” Rhodes stormed, “is false.”

Should we believe Rhodes’s charges that Trump is now lying about the details of the Iran Deal?

Who knows, given that Rhodes himself not long ago bragged to the New York Times of his role in massaging reporters to reverberate an administration narrative: “We created an echo chamber They were saying things that validated what we had given them to say.” Rhodes also had no respect for the very journalists that he had manipulated: “The average reporter we talk to is 27 years old, and their only reporting experience consists of being around political campaigns. That’s a sea change. They literally know nothing.”

Is Rhodes now being disinterested or once again creating an “echo chamber”?

His boss, former UN Ambassador and National Security Advisor in the Obama administration, Susan Rice (married to Ian Cameron, a former producer at ABC news), likewise went on Twitter to blast the Trump administration’s decision to include presidential advisor Steven Bannon in meetings of the National Security Council: “This is stone cold crazy,” Rice asserted, “After a week of crazy.”

Is Rice (who has no military experience) correct that the former naval officer Bannon has no business participating in such high strategy meetings?

In September 2012, Rice went on television on five separate occasions to insist falsely to the nation that the attacks on the Benghazi consulate were the work of spontaneous rioters and not a preplanned hit by an al Qaeda franchise. Her own quite crazy stories proved a convenient administration reelection narrative of Al Qaeda on the run, but there were already sufficient sources available to Rice to contradict her false news talking points.

There are various explanations for the loss of media credibility.

First, the world of New York and Washington DC journalism is incestuous. Reporters share a number of social connections, marriages, and kin relationships with liberal politicians, making independence nearly culturally impossible.

More importantly, the election in 2008 of Barack Obama marked a watershed, when a traditionally liberal media abandoned prior pretenses of objectivity and actively promoted the candidacy and presidency of their preferred candidate. The media practically pronounced him god, the smartest man ever to enter the presidency, and capable of creating electric sensations down the legs of reporters. The supposedly hard-hitting press corps asked Obama questions such as, “During these first 100 days, what has …enchanted you the most from serving in this office? Humbled you the most…?”

Obama, as the first African-American president—along with his progressive politics that were to the left of traditional Democratic policies—enraptured reporters who felt disinterested coverage might endanger what otherwise was a rare and perhaps not-to-be-repeated moment.

We are now in a media arena where there are no rules. The New York Times is no longer any more credible than talk radio; CNN—whose reporters have compared Trump to Hitler and gleefully joked about his plane crashing—should be no more believed than a blogger’s website. Buzzfeed has become like the National Inquirer.

Trump now communicates, often raucously and unfiltered, directly with the American people, to ensure his message is not distorted and massaged by reporters who have a history of doing just that. Unfortunately, it is up to the American people now to audit their own president’s assertions. The problem is not just that the media is often not reliable, but that it is predictably unreliable. It has ceased to exist as an auditor of government. Ironically the media that sacrificed its reputation to glorify Obama and demonize Trump has empowered the new President in a way never quite seen before. At least for now, Trump can say or do almost anything he wishes without media scrutiny—given that reporters have far less credibility than does Trump.

Trump is the media’s Nemesis—payback for its own hubris.

As soon as President Trump began fielding press questions, liberal reporters started developing a new pastime: balking at their conservative counterparts for lobbing « softball questions. » But a quick review of the record reveals that journalism’s strike zone has narrowed suddenly and significantly. The mainstream media certainly wasn’t pitching heat during President Barack Obama’s first couple press conferences.

While some straight-laced newspapermen threw fastballs, plenty of reporters from well-respected outlets were more than happy to let the Democratic president tee-off. Anyone who doubts that should rewind the highlights from Obama’s early months in office.

When Obama called on Jeff Zeleney back in May 2009, the New York Times reporter didn’t get the president on the record about the state of national security or the worsening fiscal crisis. Instead, the writer wondered if the leader of the free world felt magical.

« During these first 100 days, » he asked, « what has surprised you the most about this office? Enchanted you the most from serving in this office? Humbled you the most? And troubled you the most? »

More than happy to oblige, Obama hammered the four-point question. But the press didn’t balk. They were enthralled. And for the next eight years, that episode would repeat itself again and again.

Even after Democrats got hammered in the 2010 midterms, the rigor of questions didn’t improve. Instead, respected journalists from respectable outlets kept up their game of soft toss. Normally, the press is supposed to be a bit adversarial with their sources. But Carry Bohan of Reuters was downright congratulatory about a bipartisan tax deal forged with Republicans.

« You racked up a lot of wins in the last few weeks that a lot of people thought would be difficult to come by, » Bohan asked Obama. « Are you ready to call yourself the ‘comeback kid?' »

Sometimes, the press openly batted for Democrats. During the 2011 Republican primary, CNN White House correspondent Dan Lothian asked Obama if he thought the GOP candidates were « uninformed, out of touch, or irresponsible. »

Only when Obama headed for the exit did it seem like journalists really started to dig deep. Before Trump set up shop in the Oval Office, the press corps went on the offensive. During Obama’s final presser, six of the eight questions were about Obama’s successor.

If hatred of Trump is rooted in class rather than ideology, more civility from the president will undo the ‘resistance.’

Jonathan S. Tobin
The Weekly standard
March 2, 2017

Médias: Attention, une meute peut en cacher une autre (Boys on the bus redux: What elite media bubble ?)

11 mars, 2017

tract-fillon
Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, avril 2003)
Aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie. Stéphane Hessel
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Media feeding frenzies have become almost commonplace in recent years, as Gary Hart, Oliver North, Vice President Dan Quayle and Speaker of the House Jim Wright, among many others, could readily attest. But in McMartin, the media seemed especially zealous–in large part because of the monstrous, bizarre and seemingly incredible nature of the original accusations. More than most big stories, McMartin at times exposed basic flaws in the way the contemporary news organizations function. Pack journalism. Laziness. Superficiality. Cozy relationships with prosecutors. A competitive zeal that sends reporters off in a frantic search to be first with the latest shocking allegation, responsible journalism be damned. A tradition that often discourages reporters from raising key questions if they aren’t first brought up by the principals in a story. In the early months of the case in particular, reporters and editors often abandoned two of their most cherished and widely trumpeted traditions–fairness and skepticism. As most reporters now sheepishly admit–and as the record clearly shows–the media frequently plunged into hysteria, sensationalism and what one editor calls « a lynch mob syndrome. » On so volatile an issue in an election year, defense attorneys maintain, that helped make it all but inevitable that the case would be prosecuted on a scale greater than the actual evidence warranted. There were stories about child prostitution and massive child pornography rings, stories about children being exchanged between preschools for sexual purposes, stories about a connection between alleged molestation at McMartin and a murder eight years earlier. None of these charges was ultimately proved, but the media largely acted in a pack, as it so often does on big events, and reporters’ stories, in print and on the air, fed on one another, creating an echo chamber of horrors. The LA Times
Dans les médias de la communication, une chambre d’écho, ou chambre d’écho médiatique est une description métaphorique d’une situation dans laquelle l’information, les idées, ou les croyances sont amplifiées ou renforcées par la communication et la répétition dans un système défini. Il s’agit d’une analogie avec la chambre d’écho acoustique, ou chambre réverbérante, dans laquelle les sons sont réverbérés par les murs. À l’intérieur d’une chambre d’écho médiatique, les sources ne sont généralement pas remises en question et les points de vues opposés sont censurés ou sous-représentés. John Scruggs, lobbyiste chez le cigarettier Philip Morris, décrit en 1998 deux mécanismes de ce qu’il appelle les «chambres d’écho». Le premier consiste en la répétition d’un même message par différentes sources. Le second mécanisme consiste en la diffusion de messages similaires mais complémentaires par une seule source. Scruggs décrit la chambre d’écho comme stratégie pour augmenter la crédibilité de certaines informations au regard d’une audience cible. Avec la démocratisation de l’internet et l’arrivée des médias sociaux, les chambres d’écho se sont multipliées. Les algorithmes des réseaux sociaux agissent comme des filtres et engendrent ce qu’on a nommé des bulles de filtres. L’utilisateur à l’intérieur d’une telle bulle obtient de l’information triée à son insu en fonction de son activité sur un réseau. L’accessibilité accrue aux informations correspondant aux opinions des individus fait que ces derniers sont moins exposés à des opinions différentes des leurs. Dans les chambres d’échos, les opinions opposées à celles de la majorité sont peu diffusées et, lorsqu’elles le sont, sont souvent la cible d’attaques par cette majorité pour les discréditer. Lorsqu’une information est reprise par de nombreux médias, elle peut être déformée, exagérée, jusqu’à être plus ou moins dénaturée. En augmentant l’exposition à une fausse rumeur, sa crédibilité a tendance à augmenter. À l’intérieur d’une chambre d’écho, il peut ainsi arriver qu’une majorité d’individus croient en une version dénaturée d’une information véridique, ou en une information carrément fausse. Wikipédia
Les journalistes moyens à qui nous parlons ont 27 ans et leur seule expérience de journaliste, c’est de suivre les campagnes politiques. C’est un changement radical. Ils ne savent littéralement rien. (…) Nous avons créé une chambre d’écho. Ils disaient des choses qui validaient ce que nous leur avions donné à dire.  Ben Rhodes (conseiller-adjoint à la sécurité extérieure d’Obama)
Je vous l’assure : à l’instant où je l’ai appris, j’ai mis toute mon énergie pour faire en sorte que ce problème soit réglé. (…) Je peux vous affirmer que je n’étais au courant de rien à propos de ce rapport de l’inspection générale des services fiscaux avant qu’il n’y ait des fuites dans la presse. Barack Obama (16 mai 2013)
Une nouvelle couche de scandale est venue s’ajouter lundi aux soucis du président américain, lorsque l’agence de presse Associated Press a annoncé que deux mois de relevés d’appels de certains de ses journalistes avaient été saisis à l’instigation du parquet fédéral. L’agence a dénoncé une « intrusion massive et sans précédent », tandis que le département de la Justice s’est retranché derrière la nécessité de préserver « l’intégrité de l’enquête » dont les motifs restent encore flous. La Maison-Blanche a assuré n’avoir « aucune connaissance » de cette investigation. Toujours est-il que l’administration est « sous le feu » des critiques, constatait mardi le gros titre du journal USA Today. (…) Les services fiscaux américains (IRS) ont affirmé vendredi avoir ciblé environ 75 groupes proches de la mouvance conservatrice et anti-impôts du Tea Party. Lois Lerner, une responsable du fisc américain, a expliqué que des groupes comportant les mots « Tea Party » et « patriote » avaient été sélectionnés par les fonctionnaires d’une cellule centralisatrice à Cincinnati pour un examen approfondi, selon plusieurs médias. Les républicains ont bondi sur l’affaire et parlent déjà de scandale politique. « L’admission par l’administration Obama que le fisc a ciblé des opposants politiques fait écho à certains des abus de pouvoir les plus honteux de l’histoire américaine du 20e siècle », a déclaré John Boehner, président républicain de la Chambre des représentants. Des enquêtes parlementaires vont être lancées au Congrès, y compris au Sénat, contrôlé par les alliés de Barack Obama. Certains conservateurs, élus ou éditorialistes, n’hésitent plus à évoquer ouvertement le fantôme du scandale du « Watergate » qui avait coûté sa présidence à Richard Nixon en 1974. Une enquête a été ouverte pour déterminer si l’administration fiscale américaine avait enfreint la loi, a annoncé mardi le ministre de la Justice, Eric Holder. Europe 1 (15 mai 2013)
The Guardian has learned that the FBI applied for a warrant from the foreign intelligence surveillance (FISA) court over the summer in order to monitor four members of the Trump team suspected of irregular contacts with Russian officials. The FISA court turned down the application asking FBI counter-intelligence investigators to narrow its focus. According to one report, the FBI was finally granted a warrant in October, but that has not been confirmed, and it is not clear whether any warrant led to a full investigation. The Guardian
With only days until Donald Trump takes office, the Obama administration on Thursday announced new rules that will let the NSA share vast amounts of private data gathered without warrant, court orders or congressional authorization with 16 other agencies, including the FBI, the Drug Enforcement Agency, and the Department of Homeland Security. The Intercept
Only days before the inauguration, President Obama also signed an executive order that allows the National Security Agency to share raw intercepts and data with the 16 other agencies in the intelligence community. NSA analysts used to filter out irrelevant information and minimize references to Americans. Now such material is being leaked anonymously. The Wall Street Journal
What you see in these leaks—David Ignatius of The Washington Post and others—are the intelligence agencies being manipulated by the left to destroy the Trump presidency and everybody around him. (…) The people that report on national intelligence at all the networks, including Fox—and I love Fox News—are scared of taking on the intelligence agencies because their sources will be cut off and they won’t have a profession anymore. Larry Klayman (Freedom Watch)
Les experts politiques ne sont pas un groupe très diversifié et ont tendance à accorder beaucoup de confiance aux opinions de leurs confrères et des autres membres de l’establishment politique. Une fois établi, le consensus tend à se renforcer jusqu’à et à moins que ne viennent l’interrompre des preuves absolument irréfutables. Les médias sociaux, Twitter en particulier, ne peuvent qu’aggraver encore le phénomène de pensée de groupe jusqu’à la création d’une véritable chambre d’écho. (…) Depuis au moins l’époque des « Boys on the bus, » le journalisme politique souffre d’une mentalité de meute. Les événements tels que les conventions et les débats rassemblent dans la même salle des milliers de journalistes; il suffit d’assister à l’un de ces événements pour presque littéralement sentir la nouvelle doxa se fabriquer en temps réel.  Nate Silver
Political experts aren’t a very diverse group and tend to place a lot of faith in the opinions of other experts and other members of the political establishment. Once a consensus view is established, it tends to reinforce itself until and unless there’s very compelling evidence for the contrary position. Social media, especially Twitter, can amplify the groupthink further. It can be an echo chamber. James Surowiecki’s book “The Wisdom of Crowds” argues that crowds usually make good predictions when they satisfy these four conditions: Diversity of opinion. “Each person should have private information, even if it’s just an eccentric interpretation of the known facts.” Independence. “People’s opinions are not determined by the opinions of those around them.” Decentralization. “People are able to specialize and draw on local knowledge.” Aggregation. “Some mechanism exists for turning private judgments into a collective decision.” Political journalism scores highly on the fourth condition, aggregation. While Surowiecki usually has something like a financial or betting market in mind when he refers to “aggregation,” the broader idea is that there’s some way for individuals to exchange their opinions instead of keeping them to themselves. And my gosh, do political journalists have a lot of ways to share their opinions with one another, whether through their columns, at major events such as the political conventions or, especially, through Twitter. But those other three conditions? Political journalism fails miserably along those dimensions. Diversity of opinion? For starters, American newsrooms are not very diverse along racial or gender lines, and it’s not clear the situation is improving much. And in a country where educational attainment is an increasingly important predictor of cultural and political behavior, some 92 percent of journalists have college degrees. A degree didn’t used to be a de facto prerequisite for a reporting job; just 70 percent of journalists had college degrees in 1982 and only 58 percent did in 1971. The political diversity of journalists is not very strong, either. As of 2013, only 7 percent of them identified as Republicans (although only 28 percent called themselves Democrats with the majority saying they were independents). And although it’s not a perfect approximation — in most newsrooms, the people who issue endorsements are not the same as the ones who do reporting — there’s reason to think that the industry was particularly out of sync with Trump. Of the major newspapers that endorsed either Clinton or Trump, only 3 percent (2 of 59) endorsed Trump. By comparison, 46 percent of newspapers to endorse either Barack Obama or Mitt Romney endorsed Romney in 2012. Furthermore, as the media has become less representative of right-of-center views — and as conservatives have rebelled against the political establishment — there’s been an increasing and perhaps self-reinforcing cleavage between conservative news and opinion outlets such as Breitbart and the rest of the media. Although it’s harder to measure, I’d also argue that there’s a lack of diversity when it comes to skill sets and methods of thinking in political journalism. Publications such as Buzzfeed or (the now defunct) Gawker.com get a lot of shade from traditional journalists when they do things that challenge conventional journalistic paradigms. But a lot of traditional journalistic practices are done by rote or out of habit, such as routinely granting anonymity to staffers to discuss campaign strategy even when there isn’t much journalistic merit in it. Meanwhile, speaking from personal experience, I’ve found the reception of “data journalists” by traditional journalists to be unfriendly, although there have been exceptions. Independence? This is just as much of a problem. Crowds can be wise when people do a lot of thinking for themselves before coming together to exchange their views. But since at least the days of “The Boys on the Bus,” political journalism has suffered from a pack mentality. Events such as conventions and debates literally gather thousands of journalists together in the same room; attend one of these events, and you can almost smell the conventional wisdom being manufactured in real time. (Consider how a consensus formed that Romney won the first debate in 2012 when it had barely even started, for instance.) Social media — Twitter in particular — can amplify these information cascades, with a single tweet receiving hundreds of thousands of impressions and shaping the way entire issues are framed. As a result, it can be largely arbitrary which storylines gain traction and which ones don’t. What seems like a multiplicity of perspectives might just be one or two, duplicated many times over. Decentralization? Surowiecki writes about the benefit of local knowledge, but the political news industry has become increasingly consolidated in Washington and New York as local newspapers have suffered from a decade-long contraction. That doesn’t necessarily mean local reporters in Wisconsin or Michigan or Ohio should have picked up Trumpian vibrations on the ground in contradiction to the polls. But as we’ve argued, national reporters often flew into these states with pre-baked narratives — for instance, that they were “decreasingly representative of contemporary America” — and fit the facts to suit them, neglecting their importance to the Electoral College. A more geographically decentralized reporting pool might have asked more questions about why Clinton wasn’t campaigning in Wisconsin, for instance, or why it wasn’t more of a problem for her that she was struggling in polls of traditional bellwethers such as Ohio and Iowa. If local newspapers had been healthier economically, they might also have commissioned more high-quality state polls; the lack of good polling was a problem in Michigan and Wisconsin especially. There was once a notion that whatever challenges the internet created for journalism’s business model, it might at least lead readers to a more geographically and philosophically diverse array of perspectives. But it’s not clear that’s happening, either. Instead, based on data from the news aggregation site Memeorandum, the top news sources (such as the Times, The Washington Post and Politico) have earned progressively more influence over the past decade: The share of total exposure for the top five news sources climbed from roughly 25 percent a decade ago to around 35 percent last year, and has spiked to above 40 percent so far in 2017. While not a perfect measure, this is one sign the digital age hasn’t necessarily democratized the news media. Instead, the most notable difference in Memeorandum sources between 2007 and 2017 is the decline of independent blogs; many of the most popular ones from the late ’aughts either folded or (like FiveThirtyEight) were bought by larger news organizations. Thus, blogs and local newspapers — two of the better checks on Northeast Corridor conventional wisdom run amok — have both had less of a say in the conversation. All things considered, then, the conditions of political journalism are poor for crowd wisdom and ripe for groupthink. Likewise, improving diversity is liable to be a challenge, especially because the sort of diversity that Surowiecki is concerned with will require making improvements on multiple fronts (demographic diversity, political diversity, diversity of skill sets). Still, the research Surowiecki cites is emphatic that there are diminishing returns to having too many of the same types of people in small groups or organizations. Teams that consist entirely of high-IQ people may underperform groups that contain a mix of high-IQ and medium-IQ participants, for example, because the high-IQ people are likely to have redundant strengths and similar blind spots. That leaves independence. In some ways the best hope for a short-term fix might come from an attitudinal adjustment: Journalists should recalibrate themselves to be more skeptical of the consensus of their peers. That’s because a position that seems to have deep backing from the evidence may really just be a reflection from the echo chamber. You should be looking toward how much evidence there is for a particular position as opposed to how many people hold that position: Having 20 independent pieces of evidence that mostly point in the same direction might indeed reflect a powerful consensus, while having 20 like-minded people citing the same warmed-over evidence is much less powerful. Obviously this can be taken too far and in most fields, it’s foolish (and annoying) to constantly doubt the market or consensus view. But in a case like politics where the conventional wisdom can congeal so quickly — and yet has so often been wrong — a certain amount of contrarianism can go a long way. Nate Silver
La presse accréditée à la Maison-Blanche est-elle victime du syndrome de Stockholm? Dans un livre devenu un classique du reportage politique américain, The Boys on the Bus, le reporter de Rolling Stone Timothy Crouse comparait en 1973 le convoi de la presse présidentielle sous Nixon à «un affreux petit camp de prisonniers de guerre, le chouchou du commandant, un officier débutant bien dressé et trop zélé, persécutant les prisonniers, étudiant leurs failles, récompensant leurs échecs, les punissant pour leurs succès et les encourageant à se dénoncer mutuellement». Jean-Marie Pottier

Ce dont est victime François Fillon, c’est d’un système qui a été mis en place depuis des années au Parlement et qui consiste à rémunérer ou à accorder des compléments de rémunération aux parlementaires à travers le système des collaborateurs.

Patrick Stefanini (ancien directeur de campagne de Fillon)

Il décrit quelque chose qui est bien ce qu’il a dit, pas spécialement pour Fillon. Mais quand vous avez l’indemnité du parlementaire plus la rémunération du collaborateur qui atterrit dans le même ménage et assez largement sur le même compte en banque…Je vais dire quelque chose qui n’est pas politiquement correct du tout, qui a été abordée maladroitement par Alain Minc ou Henri Guaino: y a-t-il une question sur le niveau de la rémunération des parlementaires en France? La réponse est oui! Je le pense, et je le dis! C’est très difficile à expliquer mais ce salaire, qui est confortable, met les parlementaires français parmi les moins payés en Europe, je le dis.

Hervé Mariton

Quand payera-t-on décemment le métier politique? (…) Non ce n’est pas assez compte tenu des contraintes. Je pense qu’il faudrait indexer la rémunération des parlementaires sur celle des plus hauts fonctionnaires. C’est de l’ordre de 10.000 euros. Je ne vois pas pourquoi quelqu’un qui est là pour faire la loi est moins payé que quelqu’un qui est payé pour appliquer la loi.

Alain Minc

Il a existé un système, ou une absence de contrôles, c’est vrai, jusqu’à il y a quelques années à l’Assemblée nationale, puisque le système de gestion était différent au Sénat, et notamment pour les collaborateurs familiaux.. Il y avait la capacité, jusqu’à une somme dont je n’ai pas le chiffre en mémoire, de récupérer le solde de crédit qui était affecté aux collaborateurs, puisqu’il n’était pas géré, comme au Sénat par une association. Ce système, il y a été mis fin à l’Assemblée nationale. C’est d’ailleurs à la fois Bernard Accoyer et Claude Bartolone qui me l’ont expliqué.

Gérard Larcher

Soyons sérieux, si on veut régler le problème de la corruption, un député a besoin de 9 000 euros net par mois. La première chose à faire, c’est d’interdire aux parlementaires toute autre fonction que la leur. Donc impossible pour un député ou un sénateur d’exercer une profession, de diriger une boîte de conseil, sauf à travailler à titre gratuit. Je pense, par exemple, aux médecins qui pourraient continuer à opérer pour ne pas perdre la main. Mais, dans ce cas, ils ne seraient pas payés. (…) Quand on aura fait ça, alors on pourra proposer d’allouer une rémunération de 9 000 euros net aux parlementaires et une enveloppe de 3 000 euros mensuel de frais divers. C’est le montant que nous avions estimé il y a quelques années quand on s’était penché sur la question.
Julien Dray
Les députés disposent d’une enveloppe mensuelle de 9 561 euros destinée à rémunérer de 1 à 5 assistants. La répartition et l’usage de cette somme sont à discrétion de chaque député. Avant le 1er janvier 2013, comme l’indique le site de l’Assemblée Nationale, les députés pouvaient effectivement conserver les montants non dépensés, dans la limite d’un plafond de 5958 euros par an. Soit moins de 6% de l’enveloppe, relève Le Monde. Reste la question de l’enrichissement personnel par proximité familiale de l’employeur et de son assistant. La pratique existe, bien qu’elle soit contrôlée. Le règlement, mis à jour en 2011, indique que la rémunération d’un emploi familial ne peut pas excéder la moitié de l’enveloppe annuelle du député. La France n’est en effet pas en tête des pays où les parlementaires sont les mieux payés: elle se classe au neuvième rang en Europe, si l’on se reporte au comparatif dressé en décembre 2016 par le site d’information irlandais The Journal. Avec un salaire de base de 85 713 euros bruts par an pour les députés du Palais Bourbon, la France est largement derrière le trio de tête composé par l’Italie (125 220 euros), l’Autriche (121 608 euros) et l’Allemagne (108 984 euros). Tout en bas du classement on retrouve la Roumanie et la Bulgarie, dont les parlementaires gagnent autour de 20 000 euros bruts par an.  Le Figaro  
L’ouvrage-choc de Christian Chesnot et Georges Malbrunot sur les liens ambigus entre certains politiques français et les richissimes monarchies du Golfe persique fait des vagues. Des personnalités ont contacté, en vain, l’ambassade du Qatar à Paris pour que celle-ci démente les accusations contenues dans le livre. Le secrétaire d’Etat Jean-Marie Le Guen et la sénatrice de l’Orne Nathalie Goulet sont les seuls, jusqu’ici, à avoir déposé plainte pour diffamation contre les auteurs du livre « Nos très chers émirs » (ed. Michel Lafon). Ils font partie des personnalités -de droite comme de gauche- épinglées par Christian Chesnot et Georges Malbrunot qui les accusent d’avoir profité des largesses de l’ambassade du Qatar à Paris. Dans leur liste non exhaustive, les deux grand reporters, ex-otages en Irak, désignent aussi Rachida Dati, le député socialiste du Pas-de-Calais Nicolas Bays ou Dominique de Villepin, qui exigeait de voyager en « First ». «De 2007 à 2013, à l’époque de l’ancien ambassadeur Al-Kuwari, la représentation qatarie en France était devenue la boutique du Père Noël », affirment les auteurs. Cette générosité a été bien mal récompensée. Le petit émirat supporte mal le « Qatar bashing », sa mise en cause dans le financement du terrorisme islamiste, y compris par des politiques français. Le filon va se tarir avec l’avènement du jeune émir Tamin qui a ordonné au nouvel ambassadeur Meshal de mettre un terme à cette politique des « petits cadeaux ». Aujourd’hui, le Qatar cherche à redorer son blason et « le distributeur à billets de 500 euros » est fermé. Dès sa publication, l’enquête de Chesnot et Malbrunot a mis en effervescence le petit monde des « amis » français de l’émirat qui pleurent leur mise à l’écart et la diète qui s’en est suivie. Le lendemain de la sortie du livre, le 21 octobre, l’ex-ministre Rachida Dati a envoyé deux émissaires à l’ambassade du Qatar qui ont exigé d’être reçus par l’ambassadeur Meshal. (…) Du côté de Jean-Marie Le Guen, c’est un proche qui a contacté l’ambassade qatarie à Paris avec en substance ce message: « Ce n’est pas bien de balancer auprès de la presse. Après cela, la France va lâcher le Qatar quand il y aura des accusations contre le terrorisme. On ne vous soutiendra plus ». (…) «Entre les partis politiques, c’est l’omerta, confie un parlementaire. Des gens de droite et d’autres de gauche sont mouillés. Il y a un intérêt commun à étouffer l’affaire. » Seul le député non inscrit Nicolas Dupont-Aignan a réclamé la création d’une commission d’enquête à l’Assemblée, tout en reconnaissant qu’il y avait peu de chance qu’elle aboutisse. Le député-maire de Neuilly, Jean-Christophe Fromentin a posé pour sa part une question écrite au Premier ministre Manuel Valls. Depuis sa rupture avec l’UDI, il figure également parmi les indépendants à l’Assemblée. Quant au nouveau Parquet national financier, chargé de lutter contre la fraude et la corruption, il ne s’est encore saisi des graves accusations lancées par les deux journalistes. Paris Match
Venez, on enfonce un violon dans le cul de madame Valls. Medhi Meklat  (octobre 2012, sept mois après les meurtres de Merah)
Venez, on fait un autodafé du Nouvel Obs avec leur dossier “antisémite” de merde. Medhi Meklat (décembre 2002)
Cette génération qui vit sur Internet (…) et s’autorise les pires dérapages idéologiques sous prétexte qu’ils sont libres. Medhi Meklat (Minute)
J’espère qu’on m’accordera le crédit de la fiction,explique-t-il. Ce personnage [de Marcelin Deschamps] n’a pu exister que sur Twitter parce que c’était justement l’endroit de la fiction. (…) C’était un travail littéraire, artistique, on peut parler de travail sur l’horreur, en fait. Mehdi Meklat
Sur France Inter, ils ont longtemps relayé la voix des oubliés des banlieues. Dix ans après les émeutes de Clichy-sous-Bois, les jeunes reporters du Bondy Blog nous bousculent par leur ton libre et combatif. Ils sont les invités de “Télérama” cette semaine. Télérama
Mise à jour : Que savions nous des tweets de Mehdi Meklat lorsque nous l’avons interviewé, avec son compère Badroudine, en octobre 2015 ? En aucun cas, nous n’avions eu connaissance de ses messages antisémites, homophobes et racistes, récemment ressurgis des tréfonds de Twitter. Sinon, nous ne l’aurions pas cautionné. Cela va sans dire. Alors pourquoi le préciser ? Parce qu’au regard de ce qu’on sait aujourd’hui, une remarque, publiée dans cet entretien vieux d’un an et demi, prête malheureusement à confusion : « vous participez au bruit ambiant, disions-nous, en publiant sur Twitter des blagues parfois limites »… Sous le pseudonyme de Marcelin Deschamps, Mehdi Meklat postait en effet des plaisanteries en cascade. Beaucoup étaient très drôles, mais d’autres étaient lestées d’une provocation aux franges de l’agressivité, ou d’une pointe de misogynie potache. C’est à cela que nous faisions allusion en parlant de « blagues limite ». A rien d’autre. Avons-nous à l’époque manqué de prudence ? Nous aurions pu passer des heures, voire des jours, à fouiller parmi ses dizaines de milliers de tweets déjà publiés, afin de vérifier qu’il ne s’y trouvait rien d’inacceptable. Mais pourquoi l’aurions-nous fait ? Tout, alors, dans sa production professionnelle (chroniques radio, documentaire, livre), témoignait au contraire d’un esprit d’ouverture qui nous a touchés. En octobre 2015, à nos yeux, Mehdi Meklat n’était absolument pas suspect d’intolérance. Découvrir aujourd’hui ses tweets haineux fut un choc pour nombre de nos lecteurs. Pour nous aussi. Ils sont aux antipodes des valeurs que Télérama défend numéro après numéro, depuis plus de soixante ans. Télérama
Beaucoup de choses ont déjà été dites sur Mehdi Meklat, écrivain talentueux de 24 ans, « issu des cités », promu et encensé depuis 2012 par la presse culturelle unanime sur son talent littéraire et qui abreuvait Twitter de sentences ultraviolentes à caractère antisémite, homophobe, misogyne. Il appelait également à des agressions physiques contre certaines personnalités et fit l’apologie du génocide nazi et du terrorisme, le tout sous couvert d’un pseudonyme (« Marcelin Deschamps ») connu de tous ceux qui continuaient de le soutenir. Cela dans la période où le pays subissait l’assassinat de militaires et d’enfants juifs, les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes et la Belgique la tuerie du Musée juif de Bruxelles. Citons quelques-uns de ces Tweet pour prendre la mesure de ce que cela signifie. « Venez, on enfonce un violon dans le cul de madame Valls », écrivait-il en octobre 2012 (sept mois après les meurtres de Merah), quand « madame Valls », de confession juive, passait pour« influencer » les positions de son mari sur la laïcité.« Venez, on fait un autodafé du Nouvel Obs avec leur dossier “antisémite” de merde »,trouve-t-on en décembre de la même année. (…) Les réseaux ­sociaux ont fait le relais. En d’autres ­termes, sans ces nouveaux médias, l’omerta serait restée entière. La faillite morale et professionnelle journalistique est totale. La question qui se pose est celle-ci : où, exactement, se trouve le vrai scandale ? Tâchons de raisonner de façon littéraire. Ouvrons Minute. Le livre imagine plusieurs personnages issus de classes sociales diverses dans la minute précédant l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir. Il commence ainsi : « A quoi devaient servir les écrivains ? A apporter du temps et du style. Le temps était effréné, tellement présent dans nos vies ordinaires qu’il en devenait absent, dissous. » Le personnage s’exprimant de cette façon, « l’Ecrivain », n’est pas sans évoquer Renaud Camus (et parfois Houellebecq), dans la mesure où il a été au centre d’un scandale littéraire et est membre du Front national. Plus tard dans le livre, il croise « deux jeunes romanciers », Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah, lesquels le jugent « raciste », tandis que lui ne voit en eux que les représentants « d’une génération qui vit sur Internet et s’autorise les pires dérapages ». Dans la réalité, bien sûr, tous ont raison. Plus troublant encore, c’est par un ­raisonnement fort proche de celui de Renaud Camus autrefois que Meklat a tenté de justifier ses Tweet, notamment dans l’interview donnée au site de Télérama dans les jours suivant le scandale. Marc Weizman
« La tolérance devient un crime lorsqu’elle s’étend au mal », écrit Thomas Mann dans La Montagne magique. Meh­di Meklat n’a pas seulement été toléré, il a été porté au pinacle par les organes du gauchisme culturel. Ceux-ci l’avaient élevé au rang de chantre ­semi-officiel de la «  culture de banlieue  ». Soit, pour eux, un mélange de cynisme roublard et de vulgarité ; la banalisation de l’insulte et de la menace ; le sens du «  respect  » dû au plus fort, au plus menaçant, au plus dangereux ; le mépris des femmes et des faibles, la haine des homosexuels. Bref, le côté «  racaille  » dans lequel ces journalistes à faible niveau culturel imaginent reconnaître les héritiers de la bohème antibourgeoise d’antan. Et qui sait  ? Une nouvelle avant-garde pleine de promesses. Il y avait un créneau. De petits malins dotés d’un fort sens du marketing se sont engouffrés dans la brèche. Ils ont compris qu’il y avait des places à prendre dans les médias pour peu que l’on puisse étaler une origine outre-­méditerranéenne et que l’on se conforme aux stéréotypes construits par le gauchisme culturel : «  racaille  », mais politisé. De la gauche qu’il faut. Pas celle qui a hérité des Lumières le goût de la raison droite et du savoir qui émancipe. Non, la gauche branchouille qui a métamorphosé l’antiracisme en multiculturalisme ; l’indifférence envers les origines et les couleurs de peau en autant d’«  identités  » reposant étrangement sur des détails anatomiques ; l’émancipation envers les origines en assignations identitaires. Une gauche aussi into­lérante et violente que ce «  fascisme  » dont elle ne cesse de poursuivre le fantôme. (…) Depuis longtemps, un certain nombre d’intellectuels, comme Pierre-André Taguieff, Alain Finkielkraut ou Georges Bensoussan, tentent de mettre en garde contre un des aspects les plus exécrables de cette soi-disant «  culture de banlieue  » : le racisme, l’antisémitisme. Mais leurs voix étaient couvertes, leurs propos dénoncés, quand ils n’étaient pas traînés en justice, comme Bensoussan et Pascal Bruckner, pour avoir dit que le roi est nu. (…) Il est entendu que, en Europe, en France, le racisme ne saurait provenir que de la société d’accueil. Du côté de l’immigration, il est convenu qu’on en est indemne et qu’on «  lutte pour ses droits  ». En outre, la théorie de la «  convergence des luttes  » implique que les combats des femmes, des homosexuels et des minorités ethniques se recoupent et se conjuguent, sous la direction éclairée d’une extrême gauche qui a trouvé dans ces «  minorités  » son prolétariat de substitution. (…) Mehdi Meklat avait franchi à une vitesse accélérée tous les échelons de la notoriété médiatique : rond de serviette chez Pascale Clark à France Inter, couverture de Télérama avec son compère Badrou («  les révoltés du Bondy Blog  »), «  textes  » publiés aux éditions du Seuil, adoubement par Christiane Taubira, qui a accepté de poser en couverture des Inrocks avec les deux compères sans se renseigner plus avant sur eux. Cette carrière fulgurante vient de dérailler alors qu’elle semblait toucher au sommet. Invité à La Grande Librairie sur France 5, l’«  enfant prodigue de Bondy  » est démasqué pour ses dizaines de milliers de tweets. Le dessinateur Joann Sfar et la journaliste Eugénie Bastié ont lancé une alerte : le héraut de la culture de banlieue avait tweeté des milliers de messages injurieux, menaçants, antisémites. Sous un pseudonyme – Marcelin Deschamps, que bien des gens connaissaient –, il avait appelé à tuer Charb et la rédaction de Charlie Hebdo, à «  enfoncer un violon dans le cul de madame Valls  », à «  enfoncer des ampoules brûlantes dans le cul de Brigitte Bardot. Jusqu’à ce qu’elle vomisse du sang  ». Il appelait à «  casser les jambes  » d’Alain Finkiel­kraut. Ajoutant : «  J’opte pour l’effet béquille pour Finkielkraut, car ainsi il pourra être immobilisé et souffrir dans l’indifférence générale.  » Il a tweeté : «  Sarkozy = la synagogue = les juifs = shalom = oui, mon fils = l’argent.  » Et «  LES BLANCS VOUS DEVEZ MOURIR ASAP  » (pour as soon as possible – dès que possible). On en est là  ? Oui, on en est là. Lentement mais sûrement, le niveau de tolérance envers les intolérants avait monté. La cote d’alerte était atteinte et nous ne l’avions pas vue. Si l’affaire Meklat pouvait au moins servir d’avertissement… Comme on le sait de triste expérience, le sort réservé aux juifs, dans toutes les sociétés, est comparable à ces canaris que les mineurs emportaient dans les mines de charbon. Le canari succombe par asphyxie avant que les mineurs aient pris conscience de la présence de gaz dans la galerie. Lorsque, dans une société donnée, la vie, pour les juifs, devient difficile ou dangereuse, c’est qu’elle est malade et menacée. C’est pourquoi il faut refuser absolument la banalisation de l’anti­judaïsme. Brice Couturier

Attention: un effet de meute peut en cacher un autre !

A l’heure où derrière les cris d’orfraie qui ont suivi les allégations du président Trump concernant la surveillance de ses communications pendant sa campagne électorale …

De la part d’une administration qui en son temps – qui s’en souvient ? –  n’avait pas hésité à lancer le fisc sur ses ennemis ou faire écouter certains journalistes …

Se confirme, jour après jour et fuite après fuite, la véritable campagne de déstabilisation de la nouvelle administration américaine par la collusion des services secrets et de la presse …

Comment ne pas saluer le courageux mea culpa d’un des analystes électoraux les plus respectés pour le véritable accident industriel qu’a constitué pour la presse américaine aussi bien que pour ses collègues l’élection totalement imprévue de Donald Trump …

Alors que l’on redécouvre 40 ans après sa mise au jour par le fameux livre du journaliste de Rolling Stone Timothy Crouse sur le convoi de la presse présidentielle sous Nixon (The Boys on the Bus, 1974) …

Que la sorte de syndrome de Stockholm qu’avait alors généré, de bus en avions et d’un site de campagne à l’autre, leur cohabitation étroite et forcée a désormais fait place ….

A l’image de la fameuse chambre d’écho dont était si fier le conseiller à la sécurité d’Obama Ben Rhodes pour son tristement fameux accord sur le nucléaire iranien …

A une véritable mentalité de meute, renforcée tant par l’incroyable consanguinité de ses membres (pas plus de 7 % de Républicains déclarés) que par l’effet homogénéisant des médias sociaux et notamment Twitter ?

Mais comment aussi ne pas voir le parallèle de ce côté-ci de l’Atlantique …

Avec les longues semaines de véritable chasse à l’homme médiatico-judiciaire dont vient d’être victime, à quelques mois d’une élection présidentielle où la gauche était logiquement donnée perdante, le seul candidat crédible de la droite ?

Comme avec l’incroyable emballement médiatique dont a si longtemps bénéficié jusqu’à sa découverte par une enseignante anonyme il y a un mois …

Le jeune blogueur aux tweets racistes, antisémites et homophobes Mehdi Meklat ?

Mehdi Meklat, l’enfant gâté du gauchisme culturel

Quels mécanismes peuvent expliquer l’ascension médiatique du jeune blogueur aux tweets racistes, antisémites et homophobes ? Enquête.

Brice Couturier*

03/03/2017
Le Point

Présidentielle 2017: Contre le coup d’Etat des juges et des médias, tous au Trocadéro demain pour soutenir Fillon (As pressure grows on France’s conservative candidate to step down from the presidential race, who will deal with the country’s new faultline between globalization’s winners in the cosmopolitan cities and its losers in the periphery ?)

4 mars, 2017

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C’est ma dernière élection. Après mon élection, j’aurai plus de flexibilité. Obama (à Medvedev, 27.03.12)
The average reporter we talk to is 27 years old, and their only reporting experience consists of being around political campaigns. That’s a sea change. They literally know nothing. (…) We created an echo chamber. They were saying things that validated what we had given them to say. Ben Rhodes (conseiller du président Obama)
During his first presidential campaign in 2008, Mr. Obama used a secret back channel to Tehran to assure the mullahs that he was a friend of the Islamic Republic, and that they would be very happy with his policies. The secret channel was Ambassador William G. Miller, who served in Iran during the shah’s rule, as chief of staff for the Senate Select Committee on Intelligence, and as ambassador to Ukraine. Ambassador Miller has confirmed to me his conversations with Iranian leaders during the 2008 campaign. JTA
When a Republican congressman on MSNBC brought up a 2012 incident where President Barack Obama was caught on a hot mic promising to give Russia’s Vladimir Putin a little more “flexibility” after the election, NBC journalist and MSNBC host Katy Tur seemed not to recall the incident. Tur pressed Florida Representative Francis Rooney about the number of Donald Trump advisors with close tie to Russia. “I see a lot of folks within Donald Trump’s administration who have a friendlier view of Russia than maybe past administrations did,” she noted. “Well, I think it was Obama that leaned over to Putin and said, ‘I’ll have a little more flexibility to give you what you want after the re-election,’” Rooney responded. Tur paused for a moment. “I’m sorry, I don’t know what you’re referring to, Congressman,” she said. “Remember when he leaned over at a panel discussion or in a meeting, and he said, ‘I’ll have more flexibility after the election’?” Rooney asked. “No one pushed the president on what he meant by that, but I can only assume for a thug like Putin that it would embolden him,” which gave Tur pause, again. In Tur’s defense, Rooney is slightly off in his retelling: it was then-Russian President Dmitry Medvedev who Obama whispered to, who then promised to relay Obama’s message to Putin. But his recollection of the content of Obama’s message was accurate: “This is my last election. After my election I have more flexibility,” he told the Russians. Obama’s hot mic comments were major news at the time, receiving widespread coverage. Obama’s Republican opponent Mitt Romney seized upon the gaffe and worked it into his stump speeches, even bringing it up during one of the presidential debates. Mediaite
The Obama administration sought, and eventually obtained, authorization to eavesdrop on the Trump campaign; continued monitoring the Trump team even when no evidence of wrongdoing was found; then relaxed the NSA rules to allow evidence to be shared widely within the government, virtually ensuring that the information, including the conversations of private citizens, would be leaked to the media. John Pollack
Emmanuel Macron, c’est moi! François Hollande
Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. Emmanuel Macron
Anne Hidalgo s’oppose à un rassemblement de 2h organisé ar un candidat après avoir laissé Nuit debout squatter pendant des mois. David Lisnard (maire de Cannes)
Des assistants parlementaires servent en réalité le parti politique et non le parlementaire… Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le Modem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes et d’autre part illégal. Le Modem n’a pas osé insister mais mes collègues ont été contraints de satisfaire cette exigence. Ainsi, durant cinq ans, la secrétaire particulière de François Bayrou a été payée… par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européen. Corinne Lepage
Quand vous êtes collaborateur parlementaire, quand vous êtes assistants parlementaires, vous pouvez même être payé à tricoter. Je ne dis pas que c’est bien mais ça veut dire que quand vous êtes sénateur ou député, c’est vous qui décidez de ce que vous donnez comme travail à votre collaborateur parlementaire. C’est une pratique qui existe pour tout le monde entre parenthèses, même si on ne cite que François Fillon. Dans le cas de François Fillon, on a parlé d’un livre politique, excusez-moi mais je ne vois pas en quoi écrire un livre ne fait pas partie du travail qui doit être fait. Sa fille est à ce moment-là payée pour assister un parlementaire donc si le parlementaire, dans le cadre de son travail, a besoin qu’on l’assiste pour faire un bouquin, c’est parfaitement dans les missions d’un collaborateur parlementaire. Florence Portelli (maire LR de Taverny et porte-parole de Fillon)
It has been many years since France last had a revolution, or even a serious attempt at reform. Stagnation, both political and economic, has been the hallmark of a country where little has changed for decades, even as power has rotated between the established parties of left and right. Until now. This year’s presidential election, the most exciting in living memory, promises an upheaval. The Socialist and Republican parties, which have held power since the founding of the Fifth Republic in 1958, could be eliminated in the first round of a presidential ballot on April 23rd. French voters may face a choice between two insurgent candidates: Marine Le Pen, the charismatic leader of the National Front, and Emmanuel Macron, the upstart leader of a liberal movement, En Marche! (On the Move!), which he founded only last year. The implications of these insurgencies are hard to exaggerate. They are the clearest example yet of a global trend: that the old divide between left and right is growing less important than a new one between open and closed. The resulting realignment will have reverberations far beyond France’s borders. It could revitalise the European Union, or wreck it. (…) One poll last year found that French people are the most pessimistic on Earth, with 81% grumbling that the world is getting worse and only 3% saying that it is getting better. Much of that gloom is economic. France’s economy has long been sluggish; its vast state, which absorbs 57% of GDP, has sapped the country’s vitality. A quarter of French youths are unemployed. Of those who have jobs, few can find permanent ones of the sort their parents enjoyed. In the face of high taxes and heavy regulation those with entrepreneurial vim have long headed abroad, often to London. But the malaise goes well beyond stagnant living standards. Repeated terrorist attacks have jangled nerves, forced citizens to live under a state of emergency and exposed deep cultural rifts in the country with Europe’s largest Muslim community. Many of these problems have built up over decades, but neither the left nor the right has been able to get to grips with them. France’s last serious attempt at ambitious economic reform, an overhaul of pensions and social security, was in the mid-1990s under President Jacques Chirac. It collapsed in the face of massive strikes. Since then, few have even tried. Nicolas Sarkozy talked a big game, but his reform agenda was felled by the financial crisis of 2007-08. Mr Hollande had a disastrous start, introducing a 75% top tax rate. He was then too unpopular to get much done. After decades of stasis, it is hardly surprising that French voters want to throw the bums out. (…) Look carefully, and neither insurgent is a convincing outsider. Ms Le Pen has spent her life in politics; her success has been to make a hitherto extremist party socially acceptable. Mr Macron was Mr Hollande’s economy minister. His liberalising programme will probably be less bold than that of the beleaguered Mr Fillon, who has promised to trim the state payroll by 500,000 workers and slash the labour code. Both revolutionaries would have difficulty enacting their agendas. Even if she were to prevail, Ms Le Pen’s party would not win a majority in the national assembly. Mr Macron barely has a party. The Economist
 Over the past few months almost all the most prominent of them, save Ms Le Pen, have thus been kicked. In the centre-right primary, held in November, voters rejected an ex-president, Nicolas Sarkozy, and an ex-prime minister, Alain Juppé. In January’s Socialist primary they turfed out another ex-prime minister, Manuel Valls. They would have rejected François Hollande, too, had he not already bowed out of the race—an unprecedented move for a sitting French president. This bonfire of the elites has left France with a slate of candidates all but one of whom were not considered serious contenders for any party’s nomination six months ago. One of them, Emmanuel Macron, a former Socialist economy minister, is a candidate without the backing of an established party but with a real chance of victory, another unprecedented development. Benoît Hamon, the Socialist Party’s candidate, is a former backbench rebel against his own party. The centre-right nominee, François Fillon, will be put under formal investigation on March 15th accused of abusing his office to pay unearned salaries to his family; nevertheless, he says he will fight on. And then there is Ms Le Pen. The populist leader, who has run the FN since 2011, leads The Economist’s poll of polls (…). There is a good chance that she will come top in the first round of the election—again, something for which there is no precedent. (…) In some ways, the emergence of Ms Le Pen matches a pattern of insurgent populism across Western liberal democracies. A fear of job losses due to automation and deindustrialisation; a backlash against immigration; a distrust of self-serving political elites; the echo-chamber effect of information spread on social media: common factors helping populist political movements elsewhere have touched France, too. Ms Le Pen’s support, like support for Mr Trump and Brexit, is well correlated with education. Only 8% of French citizens with a degree voted FN in 2014; 41% of those without a high-school diploma did. As with Mr Trump, men are better disposed to the FN than women. Ms Le Pen, like Mr Trump, is particularly popular in old industrial towns from which jobs and confidence have drained away, taking with them faith in parties of the left (…). Perhaps the most distinctive aspect of the FN vote, though, is the faultline it reveals between the country’s cosmopolitan cities, at ease with globalisation, and those in-between places where farmland gives way to retail sprawl and a sense of neglect. Between 2006 and 2011, the number of jobs in 13 big French cities—Lyon, Marseille, Toulouse, Lille, Bordeaux, Nantes, Nice, Strasbourg, Rennes, Grenoble, Rouen, Montpellier and Toulon—increased on average by 5%. In France as a whole, jobs were lost. These dynamic cities, with their elegant pedestrian centres, tech hubs and gourmet food, vote for the left (Lyon, Nantes, Rennes), the greens (Grenoble) or the centre-right (Bordeaux). They are not immune to France’s feeling of being fed up; in April and May, many of them may opt for Mr Macron. But none registers a strong vote for the FN. Around them, though, is what Christophe Guilluy, a geographer, calls “peripheral France”. This is the world of lost employers like the Lejaby lingerie factory in Bellegarde-sur-Valserine, in the foothills of the Alps, or the Moulinex factory in Alençon, in southern Normandy. It is a world where Uber, bike-share schemes and co-working spaces are nowhere to be found, and where people sense that globalisation has passed them by. It is a world where the FN is on the rise. The FN’s first base was in the south, where Mr Le Pen built support among French settlers returning from independent Algeria in the 1970s. Its second was the rust-belt of the north and east, where it scooped up the disappointed vote that once went to socialists or communists. Maps by Hervé Le Bras, a demographer, show that the FN now has a third home in Mr Guilluy’s peripheral areas—beyond the outskirts of the cities, but not deeply rural. In a ring of communes between 40km and 50km from the centre of Paris, for example, the FN’s candidate in the 2015 regional elections, Wallerand de Saint-Just, won 32% of the vote. In places 80km out or more, he scored fully 41% (…). Isolation boosts FN support. “The farther you live from a railway station”, says Mr Le Bras, “the more you are likely to vote FN.” France has high-quality public services, and its citizens have matching expectations for the fabric of their lives. When that fabric thins—when a local butcher closes, or a doctor leaves town—they feel neglect. A common factor behind the FN vote in such places, says Jérôme Fourquet, director of Ifop, is “a sense of abandonment, of being left behind by an elite that doesn’t care.” Ms Le Pen exploits this sentiment with uncanny skill. Born into politics and raised in a mansion in a swish Parisian suburb, she somehow manages to speak for those she calls the country’s “forgotten” in a way they find credible. The reason this works is partly Ms Le Pen’s shrewd feel for simple language and anti-elite slogans. But it is also because France has been going through an unusually unsettled time that has left people looking beyond the established parties and given French populism distinctive features. One is a sense that a great country, the cradle of human rights and the Enlightenment, has somehow lost its way. This is particularly obvious in economic terms. Since the end of the trente glorieuses, the three decades of strong growth that followed the second world war, it has been debt, rather than growth, that has financed the high-speed trains, the blooming municipal flower beds and the generous provisions for child care, ill health, job loss and old age that are the hallmark of France’s splendid public sector. French public spending now accounts for a greater share of GDP than it does in Sweden. But no French government has balanced its budget since 1974. Over the past 15 years, there has been a particular décrochage, or decoupling, between the French economy and that of Germany, its closest ally. In 2002 the two countries enjoyed comparable GDP per head. Germany, under Gerhard Schröder, began to reform itself. France, under Jacques Chirac, didn’t. Today, Germans have 17% more purchasing power per person. Labour costs in France have risen faster than in Germany, deterring the creation of permanent jobs and undermining competitiveness. The country’s share of all goods exports between EU countries has dropped from 13.4% to 10.5%. Most devastating is unemployment. In 2002, it was a tad higher in Germany. Today it has dropped to 4% on that side of the Rhine, but in France it remains stuck at 10%, and at 25% for the under-25s. Over 80% of new jobs are on short-term contracts, with “short-term” often meaning just a month. A generation of young French people has grown up outside the country’s famously protected job market. The votes for Mr Trump or Brexit were weakest among the under 25s; but the young French support the FN more than any other party. (Conversely, older voters have much less truck with Ms Le Pen than their Anglophone peers did with Brexit and Mr Trump; polls say they fear for their savings and pensions if France leaves the euro.) Economic self-doubt has been compounded by a sense of what Laurent Bouvet, a political scientist, calls “cultural insecurity”. Three big terrorist attacks within the space of 18 months, in 2015 and 2016, battered France’s confidence. The coming presidential election will be conducted under a state of emergency which has been renewed four times since November 2015. The French have had to learn to live with soldiers patrolling the streets and railway stations, a daily visual reminder of their vulnerability. Legitimate worries about terrorism have supplied fertile ground for insidious identity politics. As the home to one of Europe’s biggest Muslim minorities, France is more alert than, say, Italy or Spain to hints of religious extremism. Moreover, the country has a pre-existing and unforgiving framework for managing religious expression—known as laïcité—which recent governments, fearing a threat to secularism, have tightened up. When this provokes a row—over Muslim head-coverings, say—it plays straight into Ms Le Pen’s hands; she has little trouble persuading voters that their values are under threat. France, she tells her flag-waving rallies, faces nothing less than “submersion”. Ms Le Pen succeeds not because of the way her policies, which include a lower retirement age, more taxes on foreign workers and massive increases in spending on the armed forces, would tackle economic insecurity or the threat of terror (they wouldn’t). It is because of her talent for blending two strands of populism: anti-immigrant talk about values and churches, strong in the south, and anti-market discourse about jobs and the system, favoured in the north. On both counts, she can tap into French history. (…) A final ingredient gives French populism a further twist: Euroscepticism. Invaded three times by Germany since 1870, and on its fifth republic, France has a long disrupted history, insecure even in peace. After the second world war it dealt with this by building Europe—a project by which it sought to bind in Germany and to amplify its own power. The French regarded the ceding of sovereignty as a means of reinforcing, not undermining, their nation state. Europe remains an important part of French identity. But somewhere along the line the passion it once evoked cooled down, and the consensus supporting it faltered. Second thoughts spread long before the recent currency and refugee crises. In 1992, the French approved the launch of the union’s single currency by the slimmest of margins. In 2005 they rejected the draft EU constitution. The share of French people who see Europe favourably dropped from 69% in 2004 to 38% in 2016, according to Pew, a polling group; that makes the EU less popular in France than in Britain. This has given the FN a fresh electoral cause. Ms Le Pen speaks of Brexit as a model of emancipation from the shackles of what she calls the “European Soviet Union”. The feeling that France has lost its sense of purpose goes well beyond those tempted to vote for the FN. So does exasperation with the failures of both the left and the right to put the national interest first, and fix the country. At every national election for the past ten years, at all levels of government, the French have voted against the party in overall power; fully 89% of the French told a recent poll they thought the country was heading in the wrong direction. It is this that has opened the way for a party refusenik such as Mr Macron—who, should he win, will have to get the people to break their unerring habit of resisting the change they have just voted for, a habit that accounts for much of their frustration. In “Le Mal Français”, a book published in 1976, Alain Peyrefitte, a minister under Charles de Gaulle, lamented the fact that such a talented country had produced such a blocked system. Every now and then, it seems, France needs to go through convulsions of abrupt change in order to free itself from l’immobilisme (paralysis). History shows that such moments of upheaval can produce startling and creative forces for renewal. But they can also presage a slide into darkness. In Mr Macron’s cities, and Ms Le Pen’s peripheries, France is poised to go either way. The choice it makes could scarcely matter more. The Economist
Le Parlement européen a approuvé jeudi la levée de l’immunité parlementaire de la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen dans l’affaire liée à la diffusion d’images d’exactions du groupe État islamique (ou Daech). Cette levée d’immunité était réclamée par la justice française. (…) En décembre 2015, la cheffe de file du Front national avait diffusé trois images violentes, en réaction à des propos du journaliste de BFMTV Jean-Jacques Bourdin lors d’une interview du spécialiste de l’islam Gilles Kepel. «Je voudrais revenir sur les liens… euh… entre Daech et le Front… enfin les liens, pas les liens directs, entre Daech et le Front national, mais ce repli identitaire, qui finalement est une communauté d’esprit, parce que l’idée pour Daech c’est de pousser la société française au repli identitaire», avait déclaré le journaliste. Quelques minutes plus tard, Marine Le Pen avait alors posté sur son compte Twitter trois photos d’exactions commises par Daech, dont celles sur le journaliste américain James Foley et un pilote de l’armée de l’air de Jordanie, sans avertissement et sans masquer certaines zones des images. «Ça suffit. Cela commence à bien faire. Si ces attaques sont désormais la ligne de BFM, puisque Ruth Elkrief a osé le même rapprochement, il est temps que cela cesse», s’était justifiée l’eurodéputée auprès du Figaro. La présidente du FN avait finalement retiré les clichés dans la journée, sous la pression du ministère de l’Intérieur et de familles des victimes. Le Figaro
François Fillon a bénéficié, comme tant d’autres, d’un mode de fonctionnement inéquitable, incroyablement opaque, lui permettant d’employer des proches comme attachés parlementaires sans avoir de comptes à rendre ou presque sur leur salaire (plafonné à la moitié de l’enveloppe globale) et la nature de leur travail. Parce qu’il est devenu, du jour au lendemain, le favori de la présidentielle et qu’il a axé sa campagne sur la probité, de telles pratiques ont choqué, à juste titre. Mais il a payé pour tous les autres. Ceux qui avaient piqué dans la caisse, qui avaient nié leur évasion fiscale les yeux dans les yeux ou qui, simplement, s’étaient autoproclamés exemplaires alors qu’ils claquaient 10 000 euros par mois pour se faire shampouiner aux frais du contribuable. Dans une France qui totalise plus de six millions de chômeurs, près de neuf millions de pauvres et soixante-six millions de désenchantés, les petits arrangements comme les grosses arnaques ne passent plus. «Au début de l’année 2016, un député sur six employait parmi ses collaborateurs un membre de sa famille», rappelle pourtant René Dosière. Au-delà de cette dimension «morale», François Fillon a aussi essuyé les plâtres d’un projet sans doute mal ficelé, jugé par une partie de l’opinion trop libéral, trop imprécis et préjudiciable à la Sécurité sociale. En charge du dossier, le Parquet national financier a finalement ouvert une information judiciaire, de crainte que l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi ne prescrive les faits reprochés à François Fillon. Preuve que les éléments n’étaient sans doute pas si solides, en dépit du déchaînement médiatique qu’ils ont suscité. Trois juges d’instruction ont ainsi hérité de l’affaire, dont l’intraitable Serge Tournaire, réputé pour son intransigeance et sa ténacité, décrit par ses contempteurs comme «un type techniquement très compétent, avec une épouvantable mentalité d’inquisiteur». Nicolas Sarkozy peut en attester: c’est lui qui a décidé de le mettre en examen, dans le cadre du financement de sa campagne de 2012, contre l’avis de ses collègues Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loir. C’est encore lui qui a récemment tranché, dans l’affaire Bygmalion, pour son renvoi en correctionnelle, là aussi malgré le désaccord de Van Ruymbeke. On murmure que l’ambiance ne serait pas à la franche camaraderie entre les deux juges. Et là, patatras, le candidat des Républicains se voit convoqué le 15 mars prochain en vue d’une mise en examen. Soit deux jours avant la date limite des dépôts de candidature pour la présidentielle. C’est fou ce que la justice française a fait comme progrès en termes de vélocité ces dernières semaines. Enfin, pas pour tout le monde. Personne n’a eu l’idée de venir enquiquiner François Bayrou, dont la secrétaire particulière a, pendant cinq ans, «été payée par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européens», révélait en 2015 Corinne Lepage dans son livre Les mains propres. En revanche, le Parlement européen semble très enclin à lever l’immunité de Marine Le Pen pour une ridicule histoire de tweets: l’eurodéputée frontiste avait eu l’outrecuidance de poster des visuels de crimes barbares de l’État islamique. Un dénouement qui surgit décidément à point nommé, pour une enquête ouverte en France en …2015. Faute de pouvoir la coincer sur les emplois présumés fictifs de ses assistants parlementaires, on fait avec ce qu’on a sous le coude.  Personne n’a eu la curiosité d’enquêter sur la fortune d’Emmanuel Macron qui, comme le résume le blog d’Olivier Berruyer les-crises.fr, a omis de déclarer son ISF à plusieurs reprises, a engrangé plus de 3,3 millions d’euros de revenus en six ans, et dispose de 266 000 euros de liquidités. De même, quand l’ouvrage Dans l’enfer de Bercy, des journalistes Marion L’Hour et Frédéric Says, mentionne qu’à son départ de Bercy en août dernier, il avait utilisé «à lui seul 80 % de l’enveloppe annuelle des frais de représentation accordée à son ministère» beaucoup se demandent en vain si cet argent n’a pas servi à mettre sur pied son mouvement. Mais le vibrionnant énarque «en marche» est le candidat des médias et des milieux financiers. Pas touche. De telles inégalités de traitement laissent perplexe voire amer. «La justice est en train d’aller dans le mur», redoute Bernard Debré, fervent soutien de l’ex-premier ministre, qui parle, lui, d’un «assassinat politique» et d’un «État de droit violé». Comment ne pas lui donner raison, au vu de cette subite avalanche de procédures, d’accusations, de harcèlements, qui semblent n’avoir pour objectif que de confisquer le libre arbitre des votants, de jeter le trouble pour saborder tout discernement dans une course à l’Élysée de plus en plus abracadabrantesque, dont on voudrait nous imposer l’issue. François Fillon s’en remet au peuple, au fameux bon sens populaire. Le pari est risqué mais courageux. La posture se veut gaulliste pour remobiliser les troupes. Quelques rats s’empressent déjà de quitter le navire ; les fidèles, eux, devront faire bonne figure et «résister» aux intempéries. Il y a quelque chose de sacrément pourri dans les institutions françaises. Les voix de la démocratie auront le dernier mot. Eloïse Lenesley
C’est d’ailleurs au nom de cet enracinement qu’il [François Bayrou] a été le procureur le plus impitoyable de la candidature d’Emmanuel Macron, cet « hologramme » serviteur des plus gros intérêts financiers, selon ses propres mots. Il posait évidemment le bon diagnostic sur cette candidature hors-sol qui s’assumait, précisant, le front même pas rosi, que la culture française n’existait pas. (…) certes, il n’avait peut-être pas les moyens financiers, il ne pouvait peut-être pas prendre le risque d’être ruiné et de terminer sa carrière en dessous du seuil fatidique et symbolique des 5%. Mais à choisir, finalement, entre Fillon et Macron, n’était-il pas plus proche, par bien des égards, du Sarthois ? N’avait-il pas porté en 2012 le même projet que le candidat LR d’aujourd’hui, obsédé par le poids de la dette et de la remise en ordre des finances publiques ? N’avait-il pas plaidé à l’époque pour le même projet – sang et larmes compris ? Ce ralliement à la caricature du marketing électoral est bien piteux, François Bayrou. Vous voilà désormais avec Jacques Attali, l’homme qui peste contre l’enracinement, Pierre Bergé, l’homme qui explique qu’on peut bien prêter son utérus puisque les ouvriers prêtent leurs bras, et Patrick Drahi qui symbolise aujourd’hui la mainmise du fric sur les médias. Vous voilà condamné à subir une recomposition low-cost, et prendre le risque d’offrir à Marine Le Pen l’adversaire dont elle rêve nuit et jour. David Desgouilles
Alors que François Fillon et Marine Le Pen sont pointés du doigt pour leur implication présumée dans des affaires d’emplois fictifs, le MoDem de François Bayrou pourrait avoir eu recours à ce type de pratiques par le passé, comme l’indique un livre paru en 2014 et écrit par Corinne Lepage. (…) Dans son livre “Les mains propres”, paru en 2014, Corinne Lepage, ex-députée européenne aujourd’hui macroniste, évoquait les “nombreux emplois fictifs” du MoDem. “Des assistants parlementaires servent en réalité le parti politique, et non le parlementaire…” Précisément, l’ex-élue dénonçait dans l’ouvrage l’existence de “nombreux ’emplois fictifs’ pour assurer le secrétariat des uns ou des autres, grâce à des personnes payées par des entreprises publiques ou privées ‘amies’. […] C’est ainsi que des assistants parlementaires servent en réalité le parti politique, et non le parlementaire…” “Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le MoDem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes, et d’autre part illégal. Le MoDem n’a pas osé insister, mais mes collègues ont été contraints de satisfaire à cette exigence”, détaille aussi l’ancienne ministre. Valeurs actuelles
Le fondateur des Jeunes avec Macron est employé par le député macroniste Jean-Jacques Bridey, à mi-temps. Pratique : en deux jours, il gagne assez pour militer l’esprit léger les autres jours de la semaine. Ou comment dribbler la loi, qui interdit aux assistants parlementaires de participer à la campagne d’un candidat… Être bénévole sur une campagne électorale peut susciter des frustrations. Tant d’heures passées à militer, à se donner sans compter au service d’un candidat, le tout pour un résultat incertain… et zéro euro ! Il existe bien sûr la possibilité de demander à être salarié de l’association de financement de la campagne, mais les budgets sont si serrés que tout le monde ne peut y prétendre. Reste une alternative : trouver une autre source de salaire. Le tour de passe-passe réalisé par le député-maire macroniste de Fresnes (Val-de-Marne) Jean-Jacques Bridey et son nouveau collaborateur, le patron des « Jeunes avec Macron » Florian Humez, est à ce titre ingénieux. Depuis le 1er décembre, le jeune homme est salarié du parlementaire… tout en continuant à militer activement pour son candidat de cœur, Emmanuel Macron. La loi interdit pourtant aux collaborateurs parlementaires de participer à des campagnes politiques. Et ce, pour une raison facile à comprendre : le Parlement n’a pas vocation à financer, sur son budget, de campagnes électorales. Cette utilisation gratuite d’une main-d’œuvre qualifiée créerait de plus une inégalité entre les candidats. La Commission nationale des comptes de campagne rappelle donc tous les ans que les assistants parlementaires doivent « travailler uniquement pour le parlementaire dans le cadre de leur mission et leur participation à une campagne électorale pendant les heures de travail est proscrite ». Contacté par Marianne, Florian Humez réfute tout cumul illégal. S’il travaille bien pour Jean-Jacques Bridey, ce n’est qu’à temps partiel, assure-t-il, plus précisément « le mardi et le mercredi, soit 18 heures par semaine ». Magie du mi-temps, cet emploi rémunéré lui permet de militer – bénévolement – pour les Jeunes avec Macron le reste de la semaine. Pas question pour autant de parler d’emploi de complaisance, selon le nouveau collaborateur, qui assure être devenu « les yeux et les oreilles du député à l’Assemblée ». Des yeux et des oreilles particulièrement discrets. En dépit de cette fonction stratégique, Florian Humez n’avait en effet jamais jugé bon de rendre public ce nouvel engagement professionnel. Et il se présente uniquement, sur les réseaux sociaux, comme « militant » et « co-fondateur des Jeunes avec Macron ». Dans un récent portrait qui lui est consacré par les Inrocks, publié le 12 février dernier, ce jeune homme de 25 ans reçoit d’ailleurs la journaliste dans un bureau situé au QG d’En Marche, dans le quinzième arrondissement de Paris. Il y détaille ses fonctions auprès d’Emmanuel Macron et évoque les services d’une stagiaire qui l' »aide au niveau des territoires ». C’est dire si sa fonction est prenante… Pour que cette relation contractuelle insoupçonnée sorte au grand jour, il aura donc fallu que le bureau de l’Assemblée nationale prenne une décision importante, le mardi 21 février : les noms des collaborateurs parlementaires de chaque député sont désormais publiés, chaque mois, sur son site. Parmi eux, le patronyme de Florian Humez est apparu associé à celui de Jean-Jacques Bridey. Aujourd’hui, l’intéressé reconnaît s’être volontairement abstenu de communiquer sur cet emploi et ce, dit-il… pour ne pas prêter le flanc aux attaques. « Je ne voulais pas qu’on m’accuse de faire partie du système que je critique », nous explique-t-il en effet sans détour. Sollicité, Jean-Jacques Bridey nous assure également qu’il n’y aucune entourloupe : les missions de Florian Humez à ses côtés seraient particulièrement variées. « Il traite les courriers qui traînent, gère les relations avec les députés, il regarde les questions au gouvernement et me fait une revue de presse sur les questions de défense, qui relèvent de ma commission », égrène l’élu auprès de Marianne. Parmi ces tâches, un bon nombre n’ont plus lieu d’être, puisque la session parlementaire s’est achevée le jeudi 23 février. N’empêche, le jeune homme ne militera pas sur son temps de travail, maintient le député : « Ces deux activités sont indépendantes ». Florian Humez, lui voit les choses autrement : « Il y a un lien entre les deux activités. Je me sers de ce que j’ai appris à l’Assemblée quand je milite pour les Jeunes avec Macron, et inversement ».Pour tromper l’ennui le mardi et le mercredi, dans les prochains mois, le collaborateur-militant imagine « travailler sur des questions liées à l’actualité », en particulier en « discutant avec des députés ou collaborateurs » qu’il connaît. Une activité difficilement quantifiable, pour un salaire confortable : Florian Humez ne donne pas de chiffres mais confie gagner « suffisamment de quoi vivre dans une grande ville », grâce donc à ces deux journées par semaine. Concédant que cette somme dépasse, « malheureusement », ce que reçoivent bien des salariés pour un temps plein. Sur ce point, Jean-Jacques Bridey se refuse lui aussi à être précis : « Je rémunère mes collaborateurs comme je le veux et je ne donne pas les salaires », souffle-t-il, admettant simplement payer Florian Humez  » à un bon niveau ». Peu de doutes là-dessus puisque celui-ci est venu remplacer un collaborateur à temps-plein. Les deux autres collaborateurs parlementaires du député-maire, eux, sont de plus employés… à mi-temps par la mairie de Fresnes. L’élu se retrouve donc avec 9.561 euros à distribuer entre trois temps partiels. Ou quand le budget de l’Assemblée aide à militer l’esprit léger… Marianne
Des autorités judiciaires accusées de bafouer l’Etat de droit et de voler l’élection aux Français. Des journalistes hués. Mais jusqu’où est prêt à aller François Fillon pour se sauver ? Il en appelle au peuple contre le système. Les élus ? Rien à faire, le peuple est là. Le parti ? Idem… Lui, le pourfendeur de la France d’en haut ? Ne pas être énarque n’est pas un brevet d’anti-système… Quelle posture indigne pour un homme qui fait de la politique depuis 36 ans, qui a été conseiller général, maire, président de conseil général, président de région, député, sénateur, ministre… Qui est élu de l’arrondissement le plus huppé de France, le 7ème   arrondissement de Paris, après avoir abandonné sa circonscription historique dans la Sarthe  considérant qu’elle était  perdue, exfiltrant au Parlement européen son suppléant, qui avait eu la générosité d’embaucher Penelope Fillon…  Qui pratique un des sports les plus coûteux : la course automobile. Qui a, durant des années, passé des vacances dans les palais de Moubarak, chez Luca di Montezemolo, le richissime PDG de Ferrari ou dans le chalet de Courchevel de son ami et protecteur, le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière. Qui ne jure que par Arnys (6.000 euros le costume). Qui a comme proches conseillers et amis d’éminents inspecteurs des Finances reconvertis dans la finance, qu’il s’agisse de l’ex-président d’Axa, Henri de Castries ou d’Antoine Gosset-Grainville, fondateur d’un des cabinets d’affaires les plus influents de Paris. Qui a reçu des émoluments de dizaine de milliers d’euros pour ses conseils avisés. Rien de cela n’est ni interdit, ni honteux, mais alors que  François Fillon arrête de fustiger le système et de jouer au héros de la France profonde martyrisée par le microcosme. (…) Non, François Fillon n’est pas la victime d’un acharnement judiciaire. Il n’est pas rare que les puissants, quand ils sont confrontés pour la première fois à la Justice, découvrent qu’il n’y a pas d’échappatoire, que celle-ci suit son cours, quoiqu’il arrive et leur première réaction est de dénoncer une machination politico-judiciaire. La justice serait trop rapide ? Mais c’est ce que voulait François Fillon, il l’avait même réclamé et de toute façon, le Parquet national financier (PNF), créé dans la foulée de l’affaire Cahuzac, a fait de la célérité l’une de ses marques de fabrique, la justice financière étant régulièrement épinglée pour son manque de réactivité et ses délais d’enquête. Le candidat LR se plaint que la Chambre d’instruction de la cour d’appel n’ait pas accepté de statuer immédiatement sur les « irrégularités de la procédure ». Un reproche quelque peu étonnant. Durant l’enquête préliminaire, les avocats ne pouvaient pas déposer de recours. C’est la loi commune, celle du code de procédure pénale, qui s’applique à tous. C’est notamment pour cette raison que François Fillon réclamait l’ouverture d’une information judiciaire. Dès lors, ses avocats  ont le droit de contester tous les actes de l’instruction devant la Cour d’appel de Paris. Tout le reste n’est que fumée. (…) Alors, les conséquences juridiques des infractions qui lui sont reprochées sont disproportionnées ?  (…) Oui, la sanction est lourde. Mais il s’agit de la campagne présidentielle, du débat démocratique, de la France, de l’Europe… Et François Fillon  n’a cessé de prôner la probité. (…) Un dernier carré de fidèles à François Fillon est persuadé de pouvoir emporter la présidentielle en hystérisant une partie de l’électorat, en se  » trumpisant « . Même si 10.000 personnes, 30.000 personnes radicalisées et ameutées par la Manif pour tous se rendent au Trocadero, cela ne fera pas l’élection. Un noyau dur hystérique ne fait pas une élection. Et ceux qui soutiennent mordicus François Fillon, quitte à admettre un discours populiste dangereux, vont devoir réfléchir au sondage que publie Odoxa. François Fillon est donné largement battu. Il serait disqualifié au premier tour. En revanche, si François Fillon décidait finalement de renoncer, les Français comme les sympathisants de droite souhaiteraient que ce soit Alain Juppé qui le remplace (52% contre 19% pour François Baroin). Et le maire de Bordeaux arriverait en tête au premier tour ! Avec 26,5% d’intentions de vote, soit 7,5 points de plus que François Fillon. Il devancerait Macron d’1,5 point (25%) et Le Pen de 2,5 points (24%). Alors qui vole l’élection à qui ? Et au-delà, qui détruit le débat démocratique, l’image de la France? Challenges
Fillon veut «réduire l’immigration légale au strict minimum» et que le Parlement adopte chaque année des «quotas limitant le nombre d’étrangers qui pourront être admis en France, en fonction de nos besoins économiques et de nos capacités d’intégration.» Macron s’est rendu à Berlin pour y rendre un vibrant hommage à la politique d’accueil d’Angela Merkel. Rappelons que l’Allemagne a accueilli 1,1 million de demandeurs d’asile sur la seule année de 2015. L’approche de Macron est dangereuse. Concernant les propositions de François Fillon, je ferai observer, au vu de l’expérience qui a été la mienne au sein du Haut Conseil à l’intégration (HCI), que le Parlement n’est pas le mieux placé pour décider des entrées sur notre territoire. Cette décision, en raison même des conséquences sur le présent et l’avenir de la nation, doit relever du domaine réservé du chef de l’Etat. (…) Pour les citoyens, «intégration» signifie «intégration culturelle». C’est le résultat d’un processus qui conduit, lorsqu’il réussit, à l’assimilation. C’est l’appropriation des normes collectives et leur transmission à ses propres descendants. Or, Emmanuel Macron a décrété qu’«il n’y a pas de culture française». L’intégration est son angle mort, ce qui explique son positionnement par rapport à la laïcité. Manuel Valls balayé, plus aucun candidat de gauche ne porte l’exigence, incontournable pour préserver le vivre ensemble, du respect de la laïcité. François Fillon est dans une approche opposée. Référence aux valeurs, donc à l’identité française. Il évoque la nécessité de respecter le Code civil qui «fait mention à plusieurs reprises de l’exigence d’assimilation».  (…) [Macron] a précisé à plusieurs reprises avec clarté la ligne qui était la sienne: mondialiste et multiculturelle. D’où son positionnement cohérent sur les flux migratoires et la culture française: une France aux portes et fenêtres battantes placée sous le règne de la culture buffet. Chacun dépose ses plats sur la table et n’y puise que ce qui lui sied. [Sur l’Algérie] Une accusation qui alimente la bataille des mémoires et la pente victimaire. Une accusation lourde à l’encontre de la France qui se trouve invalidée dès qu’on compare la démographie algérienne entre 1930 et 1962. À l’évidence, l’objectif était de séduire une partie de l’électorat issu des anciennes colonies vibrant encore à l’unisson de la terre de ses ancêtres. Cette accusation susceptible de dresser les uns contre les autres est d’une gravité extrême à l’heure où la France se trouve en guerre, ciblée par des terroristes qui justifient leurs actes par ce qu’elle est et ce qu’elle a été. (…) Dans le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, François Hollande s’interroge: «Comment on peut éviter la partition? […] Car c’est quand même ça qui est en train de se produire: la partition.» Hollande «pense, depuis le début de l’année 2015, que le thème de l’identité sera au cœur de la prochaine échéance présidentielle.» Ma conviction est qu’aujourd’hui un certain nombre d’opérations de diversion sont mises en œuvre pour empêcher que ce thème soit versé au débat. En ce domaine, la gauche est la première responsable de la décomposition française. Malika Sorel-Sutter
Au cours de ce dernier quinquennat, la France n’a pas entrepris les réformes tant attendues. Quarante économistes avaient lancé un appel en faveur du candidat de la gauche, pour un résultat économique nul! Appel relayé avec bienveillance par la presse sans échange contradictoire possible. Le silence des «instances de contrôle» sur cette intervention partisane reste une énigme. Une fois élu, le président a laissé ses ministres et collaborateurs se déchaîner contre leurs collègues allemands, qui eux avaient réformé leur pays avec courage, détermination. Monsieur Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, n’a pas cessé de demander à la France de respecter ses engagements et de faire les réformes attendues. Il ne fait qu’exprimer le bon sens, ignoré des dogmatiques de gauche. Monsieur Schäuble n’est pas antifrançais, il a rendu un vibrant hommage à Jacques Rueff en préfaçant le livre de l’ancien rédacteur en chef de la Voix-du-Nord, Gérard Minart, «Jacques Rueff, un libéral français». Seul François Fillon parmi les candidats à l’élection présidentielle a compris le rôle que doit jouer un gouvernement pour créer un environnement propice à la croissance par une économie libérée, comme souhaité par nos partenaires européens. Il a annoncé un programme cohérent pour créer le cadre incitatif tant attendu et pour redresser impérativement notre économie. Les résultats de la primaire de la Droite et du Centre le plébiscitent, alors pour tous ses adversaires il est subitement devenu: l’homme à abattre! Depuis quatre décennies notre peuple a choisi de privilégier l’assistanat à l’effort, pensant que l’Etat n’avait qu’à redistribuer des richesses, fussent-elles éphémères ou fragiles. La France avait besoin de l’effort de tous pour plus de créativité. Les Français n’ont pas vu le danger d’affaiblir la compétitivité industrielle, déjà frappée et mise à mal par les deux chocs pétroliers. La gauche et les radicaux-socialistes préfèrent exploiter tout simplement les mouvements d’opinion. Les partis veulent conquérir le pouvoir à tout prix mais n’analysent jamais leurs erreurs. Emmanuel Macron partage la responsabilité de l’échec de l’exécutif sortant, il tente un rassemblement du peuple par l’exaltation affective tous azimuts, au milieu de nombreuses incohérences, il trouve le moyen d’insulter notre histoire. En économie, il faut comprendre que pour redistribuer quelque chose, seule la richesse créée le permet! Les politiciens aux idées de gauche méprisent les principes élémentaires de l’économie de Milton Friedman ou de Jacques Rueff. Le pragmatisme du général de Gaulle l’opposait à tout ce qui a été entrepris depuis 1981: «Les gens de gauche ont rarement de grands projets. Ils font de la démagogie et se servent des mouvements d’opinion. La gauche tire le haut de la société vers le bas, par idéal d’égalitarisme. C’est comme ça que l’on a fini dans l’abîme en 1940… Les socialistes sont d’éternels utopistes, des déphasés, des apatrides mentaux. Ils gaspillent toujours la plus grande partie des crédits. On ne les a jamais vus dépenser efficacement les crédits… Je n’aime pas les socialistes, car ils ne sont pas socialistes… parce qu’ils sont incapables, ils sont dangereux.» Le président sortant n’accepte pas l’idée que les Français se réveillent, sa gestion du pays est désavouée. Les performances économiques du pays placent la France en queue du classement européen. La Cour des Comptes n’est pas avare de critiques envers l’exécutif, le mot de Lamartine est à propos: «(…) Soit que déshérité de son antique gloire / De ses destins perdus il garde la mémoire (…)» (…) Ce n’est pas la première fois que des hommes politiques font usage de ces méthodes pour atteindre la sensibilité morale de l’électeur et orienter ou désorienter son vote au profit de leur candidat. La Ve République doit être ce que la république a toujours été, selon son fondateur: «La souveraineté du peuple, l’appel de la liberté, l’espérance de la justice.» En plébiscitant François Fillon lors de la primaire, les Français ont exprimé la force de leur raison, rien ne doit les distraire de la victoire. Arnaud Pineau-Valencienne
Macron suscite une ferveur réelle – même si elle semble faiblir. Mais il est aussi, et de plus en plus, le candidat du Parti des médias: non seulement, beaucoup de grands journaux, du Monde à l’Obs (sans oublier Marianne qui a récemment rejoint la chorale) le soutiennent, mais pas mal de ténors de la profession semblent avoir été personnellement maraboutés. Son entourage ayant refusé de nous accorder un entretien, suite à la parution sur le site Causeur.fr d’articles critiques sur lui (on est cools et ouverts mais quand même….), j’ignore si j’aurais été moi aussi touchée par la grâce. (…) Mais la possible victoire de Macron nous inquiète tous. Désolée, mais «une cuillère pour Jeanne d’Arc, une cuillère pour Steve Jobs», cela ne fait pas une vision pour la France. (…) Mais nous pensons tous que, si Fillon est battu, cela doit être à la loyale et pas au terme d’une opération de basse police politique. Quels que soient les faits qui lui sont reprochés, faits que pour ma part, je trouve assez véniels (position ultraminoritaire j’en conviens), l’alliance contre lui de juges qui se pensent investis d’une mission de purification et de journalistes qui jouent les arbitres des élégances morales me semble bien plus grave et menaçante pour nos libertés. Des documents confidentiels qui arrivent opportunément au Canard, une instruction menée à charge et au pas de charge, et dont des morceaux choisis s’étalent dans un quotidien proche du pouvoir, la mainmise sur un dossier simple du Parquet national Financier, créé pour traiter les affaires complexes (en réalité les affaires tout court) en court-circuitant le Parquet de Paris et pour finir, la nomination du juge Tournaire, pourtant déjà fort occupé avec Bygmalion -le même qui, depuis deux ans essaie de se payer Sarkozy: d’abord en 2013 avec une invraisemblable mise en examen pour «abus de faiblesse» (qui a abouti à un non-lieu), ensuite il y a quelques semaines avec une ordonnance de renvoi en correctionnelle que le juge Renaud Van Ruymbaeke, également en charge du dossier, a refusé de signer. Alors peut-être que Serge Tournaire est un magistrat très scrupuleux comme le clament ceux qui redoutent de se retrouver dans son bureau. Mais d’une part, il semble s’être donné pour mission de flinguer du politique, et d’autre part, il est tout de même étrange de nommer ce juge-là dans une affaire où la Justice devrait avoir à cœur de se montrer impartiale. «Ils n’oseront pas nommer Tournaire, ce serait un trop beau cadeau», me disait un proche du dossier il y a dix jours. Eh bien si, ils ont osé. Et au lieu de demander des comptes à ce sujet, les journalistes ânonnent le scénario concocté pour eux ailleurs. (…) Le mur des Cons, ça vous rappelle quelque chose? Cela dit, je ne crois pas qu’on ait affaire, dans le cas de Fillon, à des juges rouges ou à la botte du pouvoir. C’est pire: on dirait qu’ils sont en croisade et que l’idée d’intervenir dans le jeu politique ne les dérange pas du tout. En prime, ils sont du genre susceptible, presque autant que les journalistes. Il paraît que critiquer ces deux corporations, c’est attaquer la démocratie, la bonne blague. Voilà qui est bien pratique pour faire taire toute dissidence. Fillon a osé les attaquer frontalement. Ils ne le lui pardonneront pas. Certains journalistes sont aujourd’hui ivres de haine. Cela fait cinq semaines qu’ils répètent sur tous les tons qu’il ne peut pas tenir et il est encore là? Quel odieux crime de lèse-médias! Eh bien moi, pour cela, je suis prête à beaucoup lui pardonner – y compris d’avoir appuyé lui-même sur le bouton «vertu» avec, en prime, une grande inélégance à l’endroit de Nicolas Sarkozy. Je ne sais pas du tout s’il pourra tenir malgré la vague de défections – il y a des gens avec qui on ne partirait pas à la guerre… Mais s’il doit se retirer cela signifiera qu’une sorte de putsch médiatico-judiciaire a réussi à plomber l’élection présidentielle plus sûrement qu’une armée de trolls russes. (…) Du reste, si Macron était seulement un nouveau Hollande, il serait sans doute moins haut dans les sondages. En réalité, Macron, c’est un produit classique dans un emballage nouveau: il est à la fois un héritier fidèle du hollandisme et un OVNI politique. On connaît sa ligne économique: plus d’Europe, plus de mondialisation, et à l’intérieur plus de libéralisme et l’intégration des banlieues par l’ubérisation. Du Terranova réactualisé, en somme. Si nous avons choisi, pour la «une», cet angle d’attaque plutôt que son genre «Prophète de bonheur» (ou petit joueur de flûteau d’Amiens…), c’est pour dévoiler une entourloupe. Macron essaie de faire croire qu’il sort de nulle part alors qu’il possède l’un des carnets d’adresse les plus fournis de Paris (ce qu’il doit au demeurant à ses multiples talents) ; il prétend être porteur d’une rupture, voire de plusieurs révolutions (comme le suggère le titre de son livre) alors qu’il n’a aucunement l’intention de rompre avec les grandes orientations des quarante dernières années ; il pense qu’il n’y a pas de culture française, mais une culture en France, et aussi que notre pays est structurellement coupable: c’est l’une des opinions les plus communes dans la famille politique dont il vient. Finalement, Macron, c’est du vieux avec du neuf. (…) Peut-être que François Hollande, qui est d’une autre génération et qui a quarante ans de PS derrière lui, n’irait pas jusque-là, mais dans l’ensemble, les orientations de Macron sont celles qu’il aurait pu adopter s’il n’avait pas eu le boulet PS au pied. Sur le plan politique, Macron est en quelque sorte un Hollande accompli, un Hollande libéré. (…) Soyons honnêtes: on en a pas mal de signes, dont je donne des exemples, mais aucune preuve. Cela dit, cela serait au moins une preuve de cohérence idéologique de la part du président. Tout le monde pense que ce serait une transgression de sa part de ne pas donner son soutien à Benoît Hamon. Mais pourquoi choisirait-il la fidélité boutiquière (et à une boutique qui lui a pourri la vie depuis cinq ans) plutôt que la fidélité idéologique? (…) Macron n’a pas été fabriqué par les médias, mais peut-être est-il la quintessence parfaite d’un certain esprit du temps: c’est Homo Festivus qui a fait l’ENA! (…) C’est un élément de nouveauté: en transcendant le clivage droite-gauche, Macron espère fédérer le bloc central de la société française qui est aujourd’hui coupé en deux politiquement, alors qu’il a des intérêts communs. Le projet de Chevènement était en quelque sorte symétrique: lui aussi voulait casser le clivage droite-gauche, mais pour redonner de la voix à cette France oubliée qu’on n’appelait pas encore périphérique, cette France des classes populaires d’avant qui n’apparaît décidément pas dans le radar high-tech d’Emmanuel Macron. Hervé Algalarrondo, qui voit encore en lui le meilleur espoir de la gauche raisonnable, redoute qu’au lieu de réconcilier toutes les France, comme il l’a promis, Macron ne se soucie que des «France du politiquement correct» – les bobos et les immigrés pour faire court. Bref, malgré ses manières de télévangéliste et ses exhortations à nous aimer les uns les autres, on peut craindre qu’il n’aggrave les fractures françaises. [ses déclarations sur la guerre d’Algérie et sur l’inexistence de la culture française] révèlent une idée de la France qui, pour le coup, est en rupture avec toute notre histoire et qui est, en outre, en train de nous emmener dans le mur. (…) Précisons que le multiculturalisme ne réside pas dans la coexistence de plusieurs cultures -qui est une donnée -, mais dans les modalités de cette coexistence. Macron, ce n’est pas l’identité heureuse, c’est l’identité à la carte. Et sa façon de draguer le vote immigré n’est pas très reluisante. Alors qu’il faudrait appeler tous les Français, quelle que soit leur origine, à retrouver le sens profond de la République, avec ses déclarations, tant sur l’Algérie que sur l’inexistence de la culture française, Macron adresse un message aux enfants d’immigrés: surtout ne faites aucun d’effort d’adaptation, ne changez rien, venez comme vous êtes. Alain Finkielkraut rappelle que la France n’est pas un open-space. Elle n’est pas non plus un McDonalds! Elisabeth Lévy
Le match laissera des traces, et ceux qui se déplaceront dimanche, place du Trocadéro, voteraient-ils Juppé dans cinquante jours?  La vérité est qu’une fois encore les représentants de la droite et du centre pensent que leur électorat leur appartient. Ils oublient que les élus n’ont jamais été aussi éloignés idéologiquement d’une grande partie de leurs électeurs. Une phrase répétée depuis deux jours par les partisans d’Alain Juppé en témoigne. C’est la suivante: «Le danger Marine Le Pen se fait de plus en plus précis.» Les études d’opinion confirment ce constat. En revanche, on comprend mal comment une candidature d’Alain Juppé parviendrait à contenir ce danger. À l’inverse, elle pourrait même provoquer l’hémorragie d’une large partie de l’électorat conservateur vers le FN (qui semble avoir mieux analysé la primaire de la droite que la droite elle-même). Quant au centre droit favorable à un modèle libéral-libertaire tempéré, il risque de préférer le sourire éclatant du «chérubin d’En marche!» (Pascal Bruckner) à l’austérité heureuse du maire de Bordeaux. Vincent de Tresmolets
Il y a plusieurs paramètres à prendre en considération : le délai de mobilisation, la motivation des troupes, et d’autres paramètre sur lesquels les organisateurs ont plus ou moins de prise : la date, l’actualité à l’instant T, le lieu, la météo, etc. C’est tout un environnement qu’il faut prendre en compte, susciter, voire créer, de toute pièce. Les aléas sont nombreux : une averse peut décourager les familles à descendre dans la rue et diminuer par deux le nombre de manifestants. Une bonne organisation consiste avant tout à diminuer au maximum les risques. (…) Contrairement à certaines idées reçues, on ne descend pas dans la rue « pour » quelque chose, mais « contre ». Trois motifs peuvent conduire les gens à descendre massivement dans la rue : la remise en cause d’un intérêt personnel ou catégoriel ; l’émotion comme lors des marches blanches ; et la contestation, le refus catégorique voire l’exaspération face à un projet ou un événement. On observe depuis plusieurs mois dans cette campagne des rebondissements en série qui vont au-delà de  « House of cards » : la réalité dépasse la fiction. Rien n’est acquis. Tout peut arriver.  Il en va de même de l’issue de ce week-end où tout est possible. (…)Elle joue un rôle clé pour réussir une mobilisation massive. Qui est l’organisateur ? Quels sont les porte-paroles ? Quelle sera l’ambiance ? Quel est l’objectif ? Est-il atteignable ? Autant de questions dont les réponses doivent être claires dans l’esprit du public espéré. Il faut en faire l’événement où il faut être, « the place to be ». Dans ce domaine, la multiplicité des appels à manifester contribue à créer une dynamique. Lors de toutes les manifs pour tous, on a pu noter que la plupart des manifestants avaient reçu l’appel à battre le pavé de notre part, mais aussi de leurs amis, de leur famille, de leurs réseaux…. L’un des enjeux pour tout organisateur de manifestation est la viralité. Elle est amplifiée par une visibilité médiatique forte. En clair, il faut créer l’événement ! Il faut chercher le buzz. Le traitement par les chaines d’information en continu est un baromètre. Elles peuvent faire, volontairement ou involontairement, le succès d’une mobilisation. L’expérience montre qu’à trop en faire contre une cause ou un public, ils peuvent réveiller chez certains l’envie de descendre dans la rue. (…) Selon moi, les gens qui seront présents dimanche auront fait le déplacement avant tout pour des raisons de fond ; leur motivation n’est pas dans la défense de la personne de François Fillon, mais bien dans le soutien à son programme de droite tel qu’il a été présenté et plébiscité par les électeurs de la primaire. Ceux qui viendront au Trocadéro seront donc aussi là pour manifester leur refus d’un changement de candidat et donc de programme. Ils entendront affirmer leur attachement à un socle de valeurs. J’ajoute que le succès d’une manifestation repose sur de multiples facteurs. Si le nombre de manifestants est un indicateur, il n’est pas le seul. La détermination et l’enthousiasme en sont d’autres. Le défi à relever par François Fillon est simple : il doit réussir à transformer une foule de manifestants en une immense équipe de campagne. Albéric Dumont

Attention: un coup de force peut en cacher un autre !

A l’heure où l’on apprend qu’une Administration Obama qui avait passé dans l’indifférence générale sa première campagne électorale en pourparlers secrets avec un Iran complice des attentats du 11/9 …

Et été surprise lors de la seconde à faire passer des messages secrets à son homologue russe …

A aussi passé ses derniers mois à la Maison Blanche à écouter les communications de son successeur …

Et que fidèles à leur réputation de droite la plus bête du monde de ce côté-ci de l’Atlantique …

La plupart des pontes du parti républicain ou du centre abandonnent le navire …

Quand ils ne font pas de plateau en plateau campagne contre leur propre candidat …

Ou avec l’identité heureuse à la Juppé, tentent d’ajouter au hold up judiciaire et médiatique

Le casse politique d’une véritable alternance aux demies mesures socialistes incarnées par le chérubin et faux nez hollandais de l’austérité heureuse …

Sans parler pour l’autre candidate qui dérange du parti des bonnes questions et des mauvaises solutions …

D’une improbable et étonnamment opportune, à quelques semaines de l’élection, demande de levée d’immunité parlementaire européenne …

Pour trois photos de l’Etat islamique destinées à montrer ce qu’étaient vraiment des exactions à un prétendu journaliste qui s’était permis de comparer son parti à la barbarie djihadiste …

Comment ne pas voir contre les cris d’orfraie et l’étrange unanimité de nos médias et politiques réunis …

Les mêmes qui avaient laissé, sans compter les manifestations anti-Israël aux cris de mort au juif sous les drapeaux du djihad, des militants souvent violents squatter pendant des mois la place de la République à Paris …

La nécessité de la mobilisation de demain au Trocadéro …

Et à défaut d’un large sursaut comme pour l’élection de Trump avant lui dans l’isoloir des vrais patriotes …

La nouvelle catastrophe, entre votes Macron pour la sécurité ou FN pour l’économie, qui se profile pour l’avenir de notre pays ?

Albéric Dumont : « Fillon n’a pas d’autre choix que d’assumer ses valeurs de droite s’il veut réussir le pari du Trocadéro »
Valeurs actuelles

3 mars 2017

La Manif pour Tous. Accusée à tort de gérer le rassemblement prévu ce dimanche au Trocadéro pour soutenir François Fillon, La Manif pour Tous a cependant une grande expérience dans l’organisation de ce genre d’événements. Son vice-président, Albéric Dumont, estime que pour réussir son pari, François Fillon doit impérativement assumer devant ses troupes ses valeurs de droite, et fixer un objectif clair à la mobilisation.

Valeurs actuelles. Au printemps 2013, vous avez organisé les plus importantes manifestations de la Ve République, réunissant jusqu’à 1,4 million de personnes pour défendre le mariage, la filiation et la famille. Lors de tous les événements publics de La Manif Pour Tous, vous assurez la direction des opérations. Alors que l’équipe de campagne de François Fillon a annoncé il y a deux jours une manifestation dimanche prochain, pensez-vous possible de réussir une mobilisation massive dans un délai aussi court ?

Albéric Dumont. D’expérience, toute manifestation comporte naturellement une prise de risque. Il y a plusieurs paramètres à prendre en considération : le délai de mobilisation, la motivation des troupes, et d’autres paramètres sur lesquels les organisateurs ont plus ou moins de prise : la date, l’actualité à l’instant T, le lieu, la météo, etc. C’est tout un environnement qu’il faut prendre en compte, susciter, voire créer, de toute pièce. Les aléas sont nombreux : une averse peut décourager les familles à descendre dans la rue et diminuer par deux le nombre de manifestants. Une bonne organisation consiste avant tout à diminuer au maximum les risques.

VA. Quels sont les moteurs d’une telle mobilisation ?

Contrairement à certaines idées reçues, on ne descend pas dans la rue « pour » quelque chose, mais « contre ». Trois motifs peuvent conduire les gens à descendre massivement dans la rue : la remise en cause d’un intérêt personnel ou catégoriel ; l’émotion comme lors des marches blanches ; et la contestation, le refus catégorique voire l’exaspération face à un projet ou un événement. On observe depuis plusieurs mois dans cette campagne des rebondissements en série qui vont au-delà de  « House of cards » : la réalité dépasse la fiction. Rien n’est acquis. Tout peut arriver.  Il en va de même de l’issue de ce week-end où tout est possible.

VA. Alors qu’une large partie des médias et des personnalités politiques parlent négativement de ce rassemblement anti-coup d’Etat des juges, quel est l’impact de la communication de l’équipe Fillon ?

Elle joue un rôle clé pour réussir une mobilisation massive. Qui est l’organisateur ? Quels sont les porte-paroles ? Quelle sera l’ambiance ? Quel est l’objectif ? Est-il atteignable ? Autant de questions dont les réponses doivent être claires dans l’esprit du public espéré. Il faut en faire l’événement où il faut être, « the place to be ». Dans ce domaine, la multiplicité des appels à manifester contribue à créer une dynamique. Lors de toutes les manifs pour tous, on a pu noter que la plupart des manifestants avaient reçu l’appel à battre le pavé de notre part, mais aussi de leurs amis, de leur famille, de leurs réseaux….

L’un des enjeux pour tout organisateur de manifestation est la viralité. Elle est amplifiée par une visibilité médiatique forte. En clair, il faut créer l’événement ! Il faut chercher le buzz. Le traitement par les chaines d’information en continu est un baromètre. Elles peuvent faire, volontairement ou involontairement, le succès d’une mobilisation. L’expérience montre qu’à trop en faire contre une cause ou un public, ils peuvent réveiller chez certains l’envie de descendre dans la rue.

VA. Quels sont les facteurs qui, dans la dernière ligne droite, peuvent faire basculer ce rassemblement dans la catégorie des moments forts de la campagne, avec une mobilisation réussie?

Dans le cas précis de la manifestation de dimanche, certaines conditions sont déjà réunies : il y a un enjeu politique évident et une médiatisation importante. Mais il  reste un élément clé : il faut que la raison qui justifie l’effort de manifester soit claire et qu’elle rejoigne les aspirations profondes des manifestants potentiels. Seul un retour aux fondamentaux qui ont fait le succès écrasant de François Fillon à la primaire peut servir de déclic pour une mobilisation massive lui permettant de poursuivre sa campagne. Il n’a d’autre choix que d’assumer les valeurs qu’il a défendues lors de la primaire. Celles-ci doivent être réaffirmées par lui-même, ses soutiens et largement relayées par ses équipes d’ici dimanche. Il reste encore quelques heures.

Selon moi, les gens qui seront présents dimanche auront fait le déplacement avant tout pour des raisons de fond ; leur motivation n’est pas dans la défense de la personne de François Fillon, mais bien dans le soutien à son programme de droite tel qu’il a été présenté et plébiscité par les électeurs de la primaire. Ceux qui viendront au Trocadéro seront donc aussi là pour manifester leur refus d’un changement de candidat et donc de programme. Ils attendront que soit affirmé l’attachement à un socle de valeurs. J’ajoute que le succès d’une manifestation repose sur de multiples facteurs. Si le nombre de manifestants est un indicateur, il n’est pas le seul. La détermination et l’enthousiasme en sont d’autres. Le défi à relever par François Fillon est simple : il doit réussir à transformer une foule de manifestants en une immense équipe de campagne. C’est ce qui permettra de dire dimanche soir si son pari est réussi.

Voir aussi:

Affaire Fillon, «plan B», retour de Juppé : le chemin de croix des électeurs de droite
Vincent Tremolet de Villers
Le Figaro
03/03/2017

FIGAROVOX/ANALYSE- Alors que les démissions se multiplient autour de François Fillon, nombre de poids lourds et militants de droite se tournent vers Alain Juppé. Au risque d’oublier que pour les électeurs de la primaire, les candidats comme les programmes ne sont pas interchangeables.


Vincent Tremolet de Villers est rédacteur en chef des pages Débats/opinions du Figaro et du FigaroVox


«Pour 2 euros, t’as plus rien!»Cette réflexion prosaïque hante les esprits d’une large partie du peuple de droite. Que peuvent penser d’autre les électeurs de la primaire devant leurs élus qui, de plateau en plateau, font campagne contre leur propre candidat? Sont-ils dupes une fois encore de l’invocation des grands principes au nom des petits intérêts? Comprennent-ils qu’un perdant à la primaire qui a rallié François Fillon fasse désormais campagne pour le finaliste malheureux de cette élection? Qu’un ancien secrétaire généralde l’Élysée, qui citait Rimbaud quand les juges s’approchaient trop près de Jacques Chirac, rejoigne ce mouvement abracadabrantesque?

Qu’un candidat susceptible d’être mis en examen pour emploi fictif soit remplacé par un autre condamné pour les mêmes motifs?

On serait découragé pour moinsque ça. D’autant que ce bon électeur a dû supporter une à une les révélations sur François Fillon, son épouse, ses enfants. Les déclarations contradictoires sur la justice qui «doit faire vite» et qui désormais va trop vite. Les promesses de renoncement en cas de mise en examen avant de renoncer au renoncement…

C’était une élection imperdable, elle tourne au chemin de croix. Hollande qui a tout raté se pavane, son disciple Macron marche sur l’eau: on comprendrait que LR installe des cellules de soutien psychologiques dans toutes les fédérations.

Pourtant, une partie importante de l’électorat de droite continue de croire que François Fillon peut être l’instrument de l’alternance. Le champion d’hier n’avance plus. Il tient debout, péniblement, comme un pénitent, mais son discours parvient encore à saisir les ressorts de l’inconscient collectif de ses électeurs. Les politiques, comme nombre de commentateurs, semblent oublier que les candidats ne sont pas interchangeables, surtout quand leurs lignes sont opposées. On invoque les bons sondages d’Alain Juppé, on oublie qu’ils étaient excellents avant la primaire et que le mairede Bordeaux, qui devait triomphalement l’emporter, n’a réuni sur son nom que 35 % des votants du deuxième tour (chiffre qu’il faut réduire à 25 %, selon Jérôme Fourquet, si l’on écarte les électeurs de gauche venus voter à la primaire de la droite). Certes, ce n’est pas le même électorat, mais on imagine mal Alain Juppé prononcer le discours vigoureusement à droite que les militants des Républicains ont applaudi à tout rompre, à Nîmes, jeudi soir. On imagine encore moins le défenseur de l’identité heureuse se faire le porte-voix de l’inquiétude de la dépossession. Il a toujours fait le choix de la bienveillance médiatique, quand Fillon s’est fait l’écho de la défiance de ses électeurs pour le «parti des médias». Ce sont tous ces thèmes qui, dans les meetings du candidat, font s’agiter les drapeaux tricolores.

Enfin, la mêlée éprouvante qui oppose le pack des Fillonistes et le reste du personnel politico-médiatique divise les gradins depuis des semaines. Le match laissera des traces, et ceux qui se déplaceront dimanche, place du Trocadéro, voteraient-ils Juppé dans cinquante jours?

La vérité est qu’une fois encore les représentants de la droite et du centre pensent que leur électorat leur appartient. Ils oublient que les élus n’ont jamais été aussi éloignés idéologiquement d’une grande partie de leurs électeurs. Une phrase répétée depuis deux jours par les partisans d’Alain Juppé en témoigne. C’est la suivante: «Le danger Marine Le Pen se fait de plus en plus précis.» Les études d’opinion confirment ce constat. En revanche, on comprend mal comment une candidature d’Alain Juppé parviendrait à contenir ce danger. À l’inverse, elle pourrait même provoquer l’hémorragie d’une large partie de l’électorat conservateur vers le FN (qui semble avoir mieux analysé la primaire de la droite que la droite elle-même). Quant au centre droit favorable à un modèle libéral-libertaire tempéré, il risque de préférer le sourire éclatant du «chérubin d’En marche!» (Pascal Bruckner) à l’austérité heureuse du maire de Bordeaux.

Entre le protectionnisme intégral du FN et le libéralisme intégral de Macron subsiste un espace étroit (mais peut-être suffisant pour atteindre le second tour) pour un camp libéral-conservateur. Fillon en a été le représentant presque malgré lui. Il brouille aujourd’hui ce message par ses ennuis personnels, il est peu audible, certes, mais, dans cette campagne, qui peut tenir cette ligne? La sacrifier, c’est installer durablement la bipolarisation Le Pen-Macron.

Voir également:

Rassemblement du Trocadero: qui viendra à la recousse de Fillon, qui ne viendra pas?

François Fillon compte réunir des dizaines de milliers de militants ce dimanche. Mais il ne devrait pas y avoir beaucoup de cadres Républicains

Alexandre Boudet
HuffPost
04/03/2017

POLITIQUE – Combien seront-ils? Des dizaines de milliers, peut-être même 100.000 espère le camp Fillon. Combien de cadres seront là? Nettement moins. S’il compte sur « la base militante » pour tenir bon, l’ancien premier ministre doit faire face à la défection des cadres du parti Les Républicains. Et même parmi ceux qui le soutiennent encore, la manifestation prévue ce dimanche au Trocadéro est loin de faire l’unanimité.

Ce rassemblement qui sera la nouvelle rampe de lancement de sa campagne ou son baroud d’honneur a semé le trouble dès qu’il a été annoncé mercredi, notamment en raison d’un mot d’ordre très flou et des réseaux très conservateurs qui ont été mobilisés. Conséquence: on n’a pas du mal à savoir qui sera aux côtés de l’ancien premier ministre.

Parmi les ténors Républicains on peut faire ressortir trois catégories: ceux qui ont lâché François Fillon et voient dans ce rassemblement quelque chose de dangereux, ceux qui soutiennent encore le vainqueur de la primaire mais déplorent la tenue du meeting et ceux qui seront aux côtés du député de Paris.

Pour eux, le rassemblement a été la goutte d’eau

À l’annonce du meeting qui a eu lieu dans la foulée de la conférence de presse de François Fillon mercredi, le mot d’ordre du rassemblement a ébranlé la droite. Cette manifestation serait l’occasion pour le peuple de droite de dire sa colère vis-à-vis des juges et des médias qui nourriraient un complot visant à abattre le candidat; les propos sévères tenus jeudi lors d’un meeting à Nîmes ont renforcé cette idée.

Même si depuis, l’ancien premier ministre a adouci son propos et même si son camp évoque désormais un rassemblement de soutien à François Fillon, le mal a été fait. À l’image de Dominique Bussereau ou Pierre-Yves Bournazel, les juppéistes considèrent que la manifestation « fait le jeu du populisme » et qu’elle est donc une mauvaise idée. Après avoir lâché le candidat, ils continuent d’appeler les électeurs de droite à ne pas s’y rendre.

« Comment restaurer l’autorité de l’Etat en critiquant la justice. Ce n’est pas en faisant venir des cars qu’on va changer le destin du pays », dit aussi le lemairiste Franck Riester. Même chose pour Nadine Morano qui a commencé par dire que l’événement est une mauvaise idée avant de claquer finalement la porte. Le sarkozyste Georges Fenech craint pour sa part des affrontements au Trocadero.

Ils ne l’ont pas (encore) lâché mais n’y seront pas

Christian Estrosi est de ceux-là. Dans une interview à Nice Matin, le président LR de Paca ne demande pas encore à François Fillon de se retirer. Il l’invite cependant à renoncer au meeting de dimanche pour deux raisons: « Il apparaît clairement que La manif pour tous et Sens commun sont en première ligne dans l’organisation de cette manifestation, et cela me gêne », dit d’abord l’ancien maire de Nice. « Ce rendez-vous donne l’impression d’un défi aux institutions de notre pays. Après avoir pris la défense des policiers, je ne souhaite pas que l’on crée artificiellement des conditions susceptibles de générer des tensions », ajoute-t-il.

« On ne fait pas campagne contre les juges », explique pour sa part Jean-Frédéric Poisson qui invite les militants de son mouvement (Le Parti chrétien démocrate) à ne pas se rendre au Trocadéro même s’il garde encore personnellement son soutien au candidat. « C’est une mauvaise idée », a également confié l’entourage de NKM à BFMTV; si plusieurs de ses proches ont lâché le candidat, elle le soutient toujours officiellement. Même ligne chez Jean-François Copé. Quant à Xavier Bertrand, il passera son dimanche dans sa région des Hauts-de-France plutôt qu’au Trocadéro. Idem pour le filloniste de la première heure Gérard Larcher qui sera dans les Yvelines, ou Valérie Pécresse.

Les derniers fidèles qui seront là

Autour du candidat, il ne reste que sa garde historique de fidèles incarnée par le sénateur de Vendée Bruno Retailleau ou les députés Valérie Boyer, Jérôme Chartier et Lionel Tardy. Ils seront présents au Trocadéro tandis que son futur ex-directeur de campagne Patrick Stefanini reste l’organisateur de la manifestation avant de céder sa place.

Mais finalement François Fillon compte surtout sur la société civile pour montrer qu’il est soutenu; c’est d’ailleurs le président de ce comité de la société civile (l’ancien patron de Numéricable Pierre Danon) qui pilote la mobilisation. Cela s’incarnera aussi pas la présence de tous les cadres de Sens Commun (l’émanation de La Manif pour tous chez les Républicains) à commencer par son président Christophe Billan ou sa porte-parole Madeleine de Jessey.

Un rassemblement, des risques de débordements?

L’une des craintes de la droite est que l’événement donne lieu à des débordements. Pour l’éviter, l’organisateur Pierre Danon explique qu’il ne s’agit pas d’une manifestation mais un rassemblement. « C’est ni plus ni moins qu’un grand meeting en plein air », confirme au HuffPost le président de Sens Commun Christophe Billan. Pour sécuriser le périmètre, les équipes de François Fillon disent avoir prévu un contingent important de forces de sécurité avec des filtrages aux abords du parvis des droits de l’Homme. On a interdit toutes les pancartes. Comme ça on est sûr qu’il n’y aura pas de débordements. La seule chose que l’on a autorisée, ce sont les drapeaux bleu – blanc – rouge », dit encore sur France Info Pierre Danon.

Voir encore:

François Fillon et le grand bal des Tartuffes

Eloïse Lenesley
Le Figaro

01/03/2017

FIGAROVOX/TRIBUNE- François Fillon maintient sa candidature à la présidentielle, mais certains de ses soutiens l’abandonnent. Pour Eloise Lenesley, cet acharnement judiciaire montre que tout a été fait pour abattre le candidat dans sa course à l’Élysée.

Journaliste, Éloïse Lenesley collabore notamment à Causeur.


Il a dit non. Non au renoncement, non à l’acharnement judiciaire, non au diktat des médias qui exhibent à foison des pièces d’un dossier résolument à charge au mépris de la présomption d’innocence. Non à ceux qui cherchent à l’abattre depuis que les primaires l’ont mis sur orbite. François Fillon est entré en résistance et appelle les électeurs à faire bloc. «Je ne reconnais pas les faits. Je n’ai pas détourné d’argent public. Je n’ai pas été traité en justiciable comme les autres», martèle-t-il avec une âpre détermination.

François Fillon a bénéficié, comme tant d’autres, d’un mode de fonctionnement inéquitable, incroyablement opaque, lui permettant d’employer des proches comme attachés parlementaires sans avoir de comptes à rendre ou presque sur leur salaire (plafonné à la moitié de l’enveloppe globale) et la nature de leur travail. Parce qu’il est devenu, du jour au lendemain, le favori de la présidentielle et qu’il a axé sa campagne sur la probité, de telles pratiques ont choqué, à juste titre. Mais il a payé pour tous les autres. Ceux qui avaient piqué dans la caisse, qui avaient nié leur évasion fiscale les yeux dans les yeux ou qui, simplement, s’étaient autoproclamés exemplaires alors qu’ils claquaient 10 000 euros par mois pour se faire shampouiner aux frais du contribuable. Dans une France qui totalise plus de six millions de chômeurs, près de neuf millions de pauvres et soixante-six millions de désenchantés, les petits arrangements comme les grosses arnaques ne passent plus. «Au début de l’année 2016, un député sur six employait parmi ses collaborateurs un membre de sa famille», rappelle pourtant René Dosière. Au-delà de cette dimension «morale», François Fillon a aussi essuyé les plâtres d’un projet sans doute mal ficelé, jugé par une partie de l’opinion trop libéral, trop imprécis et préjudiciable à la Sécurité sociale.

En charge du dossier, le Parquet national financier a finalement ouvert une information judiciaire, de crainte que l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi ne prescrive les faits reprochés à François Fillon. Preuve que les éléments n’étaient sans doute pas si solides, en dépit du déchaînement médiatique qu’ils ont suscité. Trois juges d’instruction ont ainsi hérité de l’affaire, dont l’intraitable Serge Tournaire, réputé pour son intransigeance et sa ténacité, décrit par ses contempteurs comme «un type techniquement très compétent, avec une épouvantable mentalité d’inquisiteur». Nicolas Sarkozy peut en attester: c’est lui qui a décidé de le mettre en examen, dans le cadre du financement de sa campagne de 2012, contre l’avis de ses collègues Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loir. C’est encore lui qui a récemment tranché, dans l’affaire Bygmalion, pour son renvoi en correctionnelle, là aussi malgré le désaccord de Van Ruymbeke. On murmure que l’ambiance ne serait pas à la franche camaraderie entre les deux juges.

Et là, patatras, le candidat des Républicains se voit convoqué le 15 mars prochain en vue d’une mise en examen. Soit deux jours avant la date limite des dépôts de candidature pour la présidentielle. C’est fou ce que la justice française a fait comme progrès en termes de vélocité ces dernières semaines. Enfin, pas pour tout le monde. Personne n’a eu l’idée de venir enquiquiner François Bayrou, dont la secrétaire particulière a, pendant cinq ans, «été payée par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européens», révélait en 2015 Corinne Lepage dans son livre Les mains propres. En revanche, le Parlement européen semble très enclin à lever l’immunité de Marine Le Pen pour une ridicule histoire de tweets: l’eurodéputée frontiste avait eu l’outrecuidance de poster des visuels de crimes barbares de l’État islamique. Un dénouement qui surgit décidément à point nommé, pour une enquête ouverte en France en …2015. Faute de pouvoir la coincer sur les emplois présumés fictifs de ses assistants parlementaires, on fait avec ce qu’on a sous le coude.

Personne n’a eu la curiosité d’enquêter sur la fortune d’Emmanuel Macron qui, comme le résume le blog d’Olivier Berruyer les-crises.fr, a omis de déclarer son ISF à plusieurs reprises, a engrangé plus de 3,3 millions d’euros de revenus en six ans, et dispose de 266 000 euros de liquidités. De même, quand l’ouvrage Dans l’enfer de Bercy, des journalistes Marion L’Hour et Frédéric Says, mentionne qu’à son départ de Bercy en août dernier, il avait utilisé «à lui seul 80 % de l’enveloppe annuelle des frais de représentation accordée à son ministère» beaucoup se demandent en vain si cet argent n’a pas servi à mettre sur pied son mouvement. Mais le vibrionnant énarque «en marche» est le candidat des médias et des milieux financiers. Pas touche.

De telles inégalités de traitement laissent perplexe voire amer. «La justice est en train d’aller dans le mur», redoute Bernard Debré, fervent soutien de l’ex-premier ministre, qui parle, lui, d’un «assassinat politique» et d’un «État de droit violé». Comment ne pas lui donner raison, au vu de cette subite avalanche de procédures, d’accusations, de harcèlements, qui semblent n’avoir pour objectif que de confisquer le libre arbitre des votants, de jeter le trouble pour saborder tout discernement dans une course à l’Élysée de plus en plus abracadabrantesque, dont on voudrait nous imposer l’issue. François Fillon s’en remet au peuple, au fameux bon sens populaire. Le pari est risqué mais courageux. La posture se veut gaulliste pour remobiliser les troupes. Quelques rats s’empressent déjà de quitter le navire ; les fidèles, eux, devront faire bonne figure et «résister» aux intempéries. Il y a quelque chose de sacrément pourri dans les institutions françaises. Les voix de la démocratie auront le dernier mot.

Voir de même:

Malika Sorel-Sutter «Fillon veut continuer la France quand, pour Macron, la culture française n’existe pas»
Alexandre Devecchio
Le Figaro

04/03/2017

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN- Malika Sorel-Sutter compare les programmes des deux candidats en matière d’éducation, d’immigration et d’intégration. Selon elle, Fillon défend l’héritage culturel national tandis que Macron rêve d’une « France aux portes et fenêtres battantes ».

Ingénieur de l’École polytechnique d’Alger, diplômée de Sciences Po Paris, Malika Sorel est ancien membre du Haut Conseil à l’intégration, institution rattachée au Premier ministre. Elle est l’auteur de Décomposition française (éd. Fayard, 2015) qui a reçu le prix «Honneur et Patrie» des Membres de la Société de la Légion d’honneur et qui vient de paraître en édition «poche».


FIGAROVOX.- Quelles sont les orientations de Macron et Fillon à propos des questions régaliennes et culturelles, en particulier concernant la question de l’intégration?

Malika SOREL-SUTTER.- Avant l’intégration, il convient d’aborder l’immigration. Fillon veut «réduire l’immigration légale au strict minimum» et que le Parlement adopte chaque année des «quotas limitant le nombre d’étrangers qui pourront être admis en France, en fonction de nos besoins économiques et de nos capacités d’intégration.» Macron s’est rendu à Berlin pour y rendre un vibrant hommage à la politique d’accueil d’Angela Merkel. Rappelons que l’Allemagne a accueilli 1,1 million de demandeurs d’asile sur la seule année de 2015. L’approche de Macron est dangereuse. Concernant les propositions de François Fillon, je ferai observer, au vu de l’expérience qui a été la mienne au sein du Haut Conseil à l’intégration (HCI), que le Parlement n’est pas le mieux placé pour décider des entrées sur notre territoire. Cette décision, en raison même des conséquences sur le présent et l’avenir de la nation, doit relever du domaine réservé du chef de l’Etat.

Venons-en à l’intégration. Pour les citoyens, «intégration» signifie «intégration culturelle». C’est le résultat d’un processus qui conduit, lorsqu’il réussit, à l’assimilation. C’est l’appropriation des normes collectives et leur transmission à ses propres descendants. Or, Emmanuel Macron a décrété qu’«il n’y a pas de culture française». L’intégration est son angle mort, ce qui explique son positionnement par rapport à la laïcité. Manuel Valls balayé, plus aucun candidat de gauche ne porte l’exigence, incontournable pour préserver le vivre ensemble, du respect de la laïcité. François Fillon est dans une approche opposée. Référence aux valeurs, donc à l’identité française. Il évoque la nécessité de respecter le Code civil qui «fait mention à plusieurs reprises de l’exigence d’assimilation». Il lui reste à en tirer les conséquences. La démocratie suppose l’existence d’un corps politique. Or, citoyenneté et identité ont été dissociées. Elles doivent de nouveau coïncider. Il est aujourd’hui bien plus aisé d’obtenir la nationalité française qu’un titre de séjour. C’est une hérésie.

Le programme de Macron reste flou. A-t-il réellement une ligne définie sur ces questions?

Son programme n’est ni flou ni inconnu. Il a précisé à plusieurs reprises avec clarté la ligne qui était la sienne: mondialiste et multiculturelle. D’où son positionnement cohérent sur les flux migratoires et la culture française: une France aux portes et fenêtres battantes placée sous le règne de la culture buffet. Chacun dépose ses plats sur la table et n’y puise que ce qui lui sied.

Existe-t-il également un vrai clivage en matière d’éducation?

Ils se rejoignent dans la prise de conscience que la réussite ou l’échec scolaire se jouent très tôt. Mais ni l’un ni l’autre n’identifient les vraies sources de ce drame. Et, en effet, cela se joue dès la maternelle, en grande partie au travers du dictionnaire de mots maîtrisés par le jeune enfant ainsi que par l’attitude des parents vis-à-vis de la culture de l’école. Vont-ils l’accompagner ou, sans le vouloir, entraver les enseignants dans leur mission en raison de l’existence de problèmes de «compatibilité culturelle entre l’école et la maison» (voir le rapport Bentolila de 2007)?

Concernant leurs programmes, je distingue deux volets: la transmission culturelle et la pure gestion. Dans le premier, il n’y a guère de point commun entre les deux candidats, et pour cause. Pour l’un, la culture française n’existe pas, quand l’autre s’inscrit dans une volonté de continuer la France d’un point de vue culturel. Par contre, tous deux prônent une plus grande autonomie du système éducatif, pensant – à tort – que là réside l’un des principaux remèdes à la régression scolaire. Or les innombrables alertes remontées au HCI ont montré que l’urgence commande, tout au contraire, de tourner le dos à la libéralisation de notre système éducatif. De veiller à l’unicité des programmes et à un contrôle effectif des connaissances à travers tout le territoire. De faire en sorte que le corps enseignant continue de dépendre hiérarchiquement du ministère, et non des chefs d’établissement. Si l’État avait promptement réagi pour soutenir les enseignants à chaque fois que l’un d’eux s’est trouvé confronté à une remise en cause des contenus ou du bien-fondé des principes républicains (laïcité, égalité filles-garçons), nous n’en serions pas là! Combien d’enseignants, voulant signaler des situations anormales, se sont vu accuser de ne pas savoir «tenir leur classe», de ne pas être suffisamment «accommodants», parfois abandonnés par leurs chefs d’établissement et leurs autorités académiques. Certains ont abdiqué, quand ils ne se sont pas convertis au relativisme culturel pour avoir la paix. Si j’avais été ministre de l’Éducation nationale, j’aurais aussitôt installé une ligne directe entre le cabinet et le corps enseignant afin que chacun puisse obtenir écoute et soutien. L’Éducation est le domaine régalien par excellence.

Que vous inspirent les propos de Macron sur la guerre d’Algérie?

Du sel sur des plaies non cicatrisées. Une accusation qui alimente la bataille des mémoires et la pente victimaire. Une accusation lourde à l’encontre de la France qui se trouve invalidée dès qu’on compare la démographie algérienne entre 1930 et 1962. À l’évidence, l’objectif était de séduire une partie de l’électorat issu des anciennes colonies vibrant encore à l’unisson de la terre de ses ancêtres. Cette accusation susceptible de dresser les uns contre les autres est d’une gravité extrême à l’heure où la France se trouve en guerre, ciblée par des terroristes qui justifient leurs actes par ce qu’elle est et ce qu’elle a été.

Macron rejoue-t-il la stratégie Terra Nova de François Hollande?

Il suffit d’analyser ses propositions et l’électorat qu’il cible pour le comprendre. Macron s’inscrit dans la continuité de cette stratégie qui avait donné lieu à la refondation des politiques d’intégration en 2013 par Jean-Marc Ayrault. Avant d’accoucher de cinq rapports qui nous promettaient, en guise de projet de société, l’«apprentissage d’un savoir-faire avec l’hétérogénéité et dans la conflictualité», cette refondation s’était d’abord appuyée sur le rapport «La grande nation pour une société inclusive» du conseiller d’État Thierry Tuot, qui y moquait l’attachement des Français à leurs grands principes: «Droits et Devoirs! Citoyenneté! Histoire! Œuvre! Civilisation Française! Patrie! Identité! France! […] Au XXIe siècle, on ne peut plus parler en ces termes à des générations de migrants […] on ne peut plus leur tenir un discours qui fait sourire nos compatriotes par son archaïsme et sa boursouflure.» Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, c’est au même Thierry Tuot qu’Emmanuel Macron confie une mission de réflexion et de propositions.

D’après les sondages, les Français jugent Marine Le Pen plus crédible sur ces questions…

Marine Le Pen a beaucoup fait évoluer son parti sur les points abordés ici depuis l’époque où le député Jean-Marie Le Pen déclarait, à l’Assemblée nationale, le 28 janvier 1958: «Ce qu’il faut dire aux Algériens, si nous voulons en faire des Français, ce n’est pas qu’ils ont besoin de la France, mais que la France a besoin d’eux.» Il y affirmait que «sur l’essentiel, les préceptes de la religion musulmane sont les mêmes que la religion chrétienne» et s’interrogeait: «Qui peut évaluer en milliards de dollars ou de roubles ce que vaut pour une nation le fait d’avoir dix millions de citoyens de plus?» Aujourd’hui, Marine Le Pen regarde un certain nombre de réalités en face. Mais le «on est chez nous» scandé à tout-va dans ses meetings signale que le logiciel de ses troupes est resté à l’heure du seul droit du sang. Or les véritables artisans de la décomposition française sont les apprentis-sorciers occidentaux (donc «de souche») de la mondialisation, pour qui l’immigration a été une véritable aubaine. Ce sujet ne se réglera pas par un lapidaire «on est chez nous».

Le FN est au plus haut. François Hollande a-t-il une responsabilité dans cet état de fait?

Dans le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, François Hollande s’interroge: «Comment on peut éviter la partition? […] Car c’est quand même ça qui est en train de se produire: la partition.» Hollande «pense, depuis le début de l’année 2015, que le thème de l’identité sera au cœur de la prochaine échéance présidentielle.» Ma conviction est qu’aujourd’hui un certain nombre d’opérations de diversion sont mises en œuvre pour empêcher que ce thème soit versé au débat. En ce domaine, la gauche est la première responsable de la décomposition française. Or, François Hollande le dit: «Emmanuel Macron, c’est moi!» Si ce thème venait à être versé au débat, Macron en serait comptable.

Voir de plus:

Emplois fictifs au Modem ? Les grandes lignes de l’affaire qui agite les réseaux sociaux

Le Modem aurait-il employé ses assistants parlementaires européens au siège parisien du parti ? C’est ce qu’affirmait Corinne Lepage dans un livre paru en 2015. Maintenant que l’écologiste se retrouve dans la même équipe que les membres du parti de François Bayrou, force est de constater que ces accusations passées sont beaucoup plus gênantes pour Emmanuel Macron et ses nouveaux soutiens…

Ok Central

Atlantico

1 Mars 2017

La redécouverte de quelques lignes oubliées a provoqué une avalanche de réactions dans la matinée du 28 février. Sur Twitter, un court extrait du livre de Corinne Lepage, Les Mains Sales (2015) est partagé par des centaines de personnes.

Son contenu a de quoi faire bondir de nombreux soutiens de François Fillon et de Marine Le Pen, tous les deux mis en cause dans des affaires d’emplois fictifs, à l’Assemblée Nationale pour l’un et au Parlement européen pour l’autre. Évoquant son éloignement du Modem qu’elle avait fondé avec Bayrou en 2008, la présidente de LRC-Cap21 y dénonçait un étrange manège au sein du parti de François Bayrou. Une pétition en ligne est même lancée, comptant le 28 février au soir près de 1 000 signataires et demandant que le parquet se saisisse du dossier. L’affaire – qui ne date donc pas d’hier – est loin d’être anodine, surtout quand on sait que Corinne Lepage puis François Bayrou et la majorité de ses équipes du Modem se retrouvent depuis peu au sein d’En Marche ! , et sont donc à priori nouveaux alliés dans cette campagne.

« Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le Modem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes et d’autre part illégal. Le Modem n’a pas osé insister mais mes collègues ont été contraints de satisfaire cette exigence. Ainsi, durant cinq ans, la secrétaire particulière de François Bayrou a été payée… par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européen. »

Contactée pour connaître son avis, Corinne Lepage a indiqué ne pas vouloir faire de commentaire et s’est contentée de rappeler que le livre a reçu le Prix du Livre Politique du Barreau de Paris en 2015.

Si la plupart des députés Modem de l’époque n’ont pas répondu à nos appels, Marielle de Sarnez, vice-présidente du Modem, a en revanche tenu à s’exprimer. « Tout ce que [Corinne Lepage] a dit est faux », s’étonnant de voir resurgir cette affaire en 2017 et indiquant l’avoir déjà commentée en 2015 dans un communiqué (que nous avons par ailleurs cherché sans succès). Pour elle, il s’agirait d’une rumeur aux motifs troubles « Ce qui est intéressant, c’est de voir que tout cela semble venir d’un milieu composé de soutiens de François Fillon […] Je n’ai jamais vu ça, c’est le degré zéro de la politique ! »

Jean-François Kahn, ancien rédacteur en chef de Marianne et ancien élu Modem -avant de se désister- en 2009 dit ne pas avoir eu connaissance ni de tels agissements, ni d’une telle demande de la part de la formation centriste. Il exprime d’ailleurs son étonnement : lors de ses différentes rencontres avec les parlementaires européens du Modem, ceux-ci étaient bel et bien accompagnés d’assistants, et donc non consacrés aux activités nationales du parti. Faut-il encore rappeler qu’il est prévu pour les députés européens une enveloppe de 21 209 euros, à répartir entre trois assistants au maximum par élu.

Nicolas Hervieu, juriste en droit public et européen affirme que si l’affaire était avérée, il s’agirait de fait d’un cas en tout point similaire à celui qui touche Marine Le Pen aujourd’hui. Comme pour la présidente du Front National, l’affaire serait entre les mains de l’Office européen de la lutte contre la fraude, qui a le pouvoir de sanctionner financièrement et disciplinairement mais non pénalement. Passer au pénal demanderaient des éléments plus précis (par exemple l’usage de faux) et serait alors du ressort du Parquet national financier, également impliqué dans l’enquête sur les emplois présumés fictifs des membres de la famille Fillon.

Les retrouvailles des anciens fondateurs du Modem sous la bannière d’En Marche! pourraient être plus compliquées que prévues… Le vent de fraîcheur que souhaite insuffler le mouvement d’Emmanuel Macron résistera-t-il aux vieilles rancœurs ? Le mouvement de l’ancien ministre, contacté lui-aussi, n’a pas souhaité réagir.

Voir de même:

L’emploi parlementaire sur mesure du fondateur des Jeunes avec Macron

Le fondateur des Jeunes avec Macron est employé par le député macroniste Jean-Jacques Bridey, à mi-temps. Pratique : en deux jours, il gagne assez pour militer l’esprit léger les autres jours de la semaine. Ou comment dribbler la loi, qui interdit aux assistants parlementaires de participer à la campagne d’un candidat…

Être bénévole sur une campagne électorale peut susciter des frustrations. Tant d’heures passées à militer, à se donner sans compter au service d’un candidat, le tout pour un résultat incertain… et zéro euro ! Il existe bien sûr la possibilité de demander à être salarié de l’association de financement de la campagne, mais les budgets sont si serrés que tout le monde ne peut y prétendre. Reste une alternative : trouver une autre source de salaire.

Le tour de passe-passe réalisé par le député-maire macroniste de Fresnes (Val-de-Marne) Jean-Jacques Bridey et son nouveau collaborateur, le patron des « Jeunes avec Macron » Florian Humez, est à ce titre ingénieux. Depuis le 1er décembre, le jeune homme est salarié du parlementaire… tout en continuant à militer activement pour son candidat de cœur, Emmanuel Macron.

Magie du mi-temps

La loi interdit pourtant aux collaborateurs parlementaires de participer à des campagnes politiques. Et ce, pour une raison facile à comprendre : le Parlement n’a pas vocation à financer, sur son budget, de campagnes électorales. Cette utilisation gratuite d’une main-d’œuvre qualifiée créerait de plus une inégalité entre les candidats. La Commission nationale des comptes de campagne rappelle donc tous les ans que les assistants parlementaires doivent « travailler uniquement pour le parlementaire dans le cadre de leur mission et leur participation à une campagne électorale pendant les heures de travail est proscrite« .

Contacté par Marianne, Florian Humez réfute tout cumul illégal. S’il travaille bien pour Jean-Jacques Bridey, ce n’est qu’à temps partiel, assure-t-il, plus précisément « le mardi et le mercredi, soit 18 heures par semaine ». Magie du mi-temps, cet emploi rémunéré lui permet de militer – bénévolement – pour les Jeunes avec Macron le reste de la semaine. Pas question pour autant de parler d’emploi de complaisance, selon le nouveau collaborateur, qui assure être devenu « les yeux et les oreilles du député à l’Assemblée« .

Des yeux et des oreilles particulièrement discrets. En dépit de cette fonction stratégique, Florian Humez n’avait en effet jamais jugé bon de rendre public ce nouvel engagement professionnel. Et il se présente uniquement, sur les réseaux sociaux, comme « militant » et « co-fondateur des Jeunes avec Macron ». Dans un récent portrait qui lui est consacré par les Inrocks, publié le 12 février dernier, ce jeune homme de 25 ans reçoit d’ailleurs la journaliste dans un bureau situé au QG d’En Marche, dans le quinzième arrondissement de Paris. Il y détaille ses fonctions auprès d’Emmanuel Macron et évoque les services d’une stagiaire qui l' »aide au niveau des territoires« . C’est dire si sa fonction est prenante…

« Activités indépendantes »

Pour que cette relation contractuelle insoupçonnée sorte au grand jour, il aura donc fallu que le bureau de l’Assemblée nationale prenne une décision importante, le mardi 21 février : les noms des collaborateurs parlementaires de chaque député sont désormais publiés, chaque mois, sur son site. Parmi eux, le patronyme de Florian Humez est apparu associé à celui de Jean-Jacques Bridey. Aujourd’hui, l’intéressé reconnaît s’être volontairement abstenu de communiquer sur cet emploi et ce, dit-il… pour ne pas prêter le flanc aux attaques. « Je ne voulais pas qu’on m’accuse de faire partie du système que je critique« , nous explique-t-il en effet sans détour.

Je ne voulais pas qu’on m’accuse de faire partie du système que je critique.

Sollicité, Jean-Jacques Bridey nous assure également qu’il n’y aucune entourloupe : les missions de Florian Humez à ses côtés seraient particulièrement variées. « Il traite les courriers qui traînent, gère les relations avec les députés, il regarde les questions au gouvernement et me fait une revue de presse sur les questions de défense, qui relèvent de ma commission« , égrène l’élu auprès de Marianne. Parmi ces tâches, un bon nombre n’ont plus lieu d’être, puisque la session parlementaire s’est achevée le jeudi 23 février. N’empêche, le jeune homme ne militera pas sur son temps de travail, maintient le député : « Ces deux activités sont indépendantes« . Florian Humez, lui voit les choses autrement : « Il y a un lien entre les deux activités. Je me sers de ce que j’ai appris à l’Assemblée quand je milite pour les Jeunes avec Macron, et inversement ».Pour tromper l’ennui le mardi et le mercredi, dans les prochains mois, le collaborateur-militant imagine « travailler sur des questions liées à l’actualité« , en particulier en « discutant avec des députés ou collaborateurs » qu’il connaît. Une activité difficilement quantifiable, pour un salaire confortable : Florian Humez ne donne pas de chiffres mais confie gagner « suffisamment de quoi vivre dans une grande ville », grâce donc à ces deux journées par semaine. Concédant que cette somme dépasse, « malheureusement« , ce que reçoivent bien des salariés pour un temps plein.

Sur ce point, Jean-Jacques Bridey se refuse lui aussi à être précis : « Je rémunère mes collaborateurs comme je le veux et je ne donne pas les salaires« , souffle-t-il, admettant simplement payer Florian Humez  » à un bon niveau« . Peu de doutes là-dessus puisque celui-ci est venu remplacer un collaborateur à temps-plein. Les deux autres collaborateurs parlementaires du député-maire, eux, sont de plus employés… à mi-temps par la mairie de Fresnes. L’élu se retrouve donc avec 9.561 euros à distribuer entre trois temps partiels. Ou quand le budget de l’Assemblée aide à militer l’esprit léger…

Voir encore:

Élisabeth Lévy : «Si Fillon est battu, cela doit être à la loyale»

  • Vianney Passot
  • Le Figaro
  • 04/03/2017

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN- A l’occasion de la sortie du dernier numéro de Causeur, «Au secours, Hollande revient!» Élisabeth Lévy a accordé un entretien fleuve à FigaroVox. Elle revient sur l’affaire Fillon et sur Emmanuel Macron, «un vieux produit dans un emballage nouveau».


Élisabeth Lévy est journaliste et directrice de la rédaction de Causeur. Son dernier numéro affiche en une Emmanuel Macron, et est titré «Au secours, Hollande revient!»


FIGAROVOX.- Ce mois-ci, c’est Emmanuel Macron qui fait la une de Causeur, comme de tant de magazines… Ne cédez-vous pas à la facilité?

Élisabeth LÉVY.- Emmanuel Macron est l’un des favoris, voire le favori de l’élection présidentielle, cela mérite bien une «une» de Causeur, non? De surcroît, il est sans doute celui dont les Français connaissent le moins les intentions, à la fois à cause de sa jeunesse, de sa faible expérience en politique et de sa stratégie qui fait prévaloir la personnalité sur le programme. Enfin, peut-être ne vous a-t-il pas échappé que nous ne partageons pas l’enthousiasme d’une grande partie de nos confrères. Macron suscite une ferveur réelle – même si elle semble faiblir. Mais il est aussi, et de plus en plus, le candidat du Parti des médias: non seulement, beaucoup de grands journaux, du Monde à l’Obs (sans oublier Marianne qui a récemment rejoint la chorale) le soutiennent, mais pas mal de ténors de la profession semblent avoir été personnellement maraboutés. Son entourage ayant refusé de nous accorder un entretien, suite à la parution sur le site Causeur.fr d’articles critiques sur lui (on est cools et ouverts mais quand même….), j’ignore si j’aurais été moi aussi touchée par la grâce. Si ça se trouve, je serais en train de crier «Macron président!» au signal (par tweet) de la «team Ambiance».

En somme, vous vous vengez parce qu’il vous a refusé une interview?

Mais non au contraire, je dis merci! Vincent Castagno écrit drôlement que, «si Macron pouvait serrer la main de tous les Français, il serait élu avec 100 % des voix». Est-ce parce que, à Causeur, on n’a pas pu faire l’expérience quasiment ontologique de cette fameuse poignée de main? Malgré notre diversité idéologique, Macron fait quasiment l’unanimité – contre lui. Notre joyeuse équipe comptait trois ou quatre macronistes farouches il y a un mois. Aujourd’hui, il en reste un, de raison plus que de passion. Quoi qu’il en soit, tout l’arc électoral étant représenté dans la rédaction, Causeur ne soutient aucun candidat. Mais la possible victoire de Macron nous inquiète tous. Désolée, mais «une cuillère pour Jeanne d’Arc, une cuillère pour Steve Jobs», cela ne fait pas une vision pour la France.

Vous ne soutenez aucun candidat, la bonne blague. Causeur ne cesse de défendre Fillon!

Vous vous trompez, d’ailleurs le plus énervé par l’affaire Fillon est Régis de Castelnau, qui est avocat et communiste…Mais nous pensons tous que, si Fillon est battu, cela doit être à la loyale et pas au terme d’une opération de basse police politique. Quels que soient les faits qui lui sont reprochés, faits que pour ma part, je trouve assez véniels (position ultraminoritaire j’en conviens), l’alliance contre lui de juges qui se pensent investis d’une mission de purification et de journalistes qui jouent les arbitres des élégances morales me semble bien plus grave et menaçante pour nos libertés. Des documents confidentiels qui arrivent opportunément au Canard, une instruction menée à charge et au pas de charge, et dont des morceaux choisis s’étalent dans un quotidien proche du pouvoir, la mainmise sur un dossier simple du Parquet national Financier, créé pour traiter les affaires complexes (en réalité les affaires tout court) en court-circuitant le Parquet de Paris et pour finir, la nomination du juge Tournaire, pourtant déjà fort occupé avec Bygmalion -le même qui, depuis deux ans essaie de se payer Sarkozy: d’abord en 2013 avec une invraisemblable mise en examen pour «abus de faiblesse» (qui a abouti à un non-lieu), ensuite il y a quelques semaines avec une ordonnance de renvoi en correctionnelle que le juge Renaud Van Ruymbaeke, également en charge du dossier, a refusé de signer. Alors peut-être que Serge Tournaire est un magistrat très scrupuleux comme le clament ceux qui redoutent de se retrouver dans son bureau. Mais d’une part, il semble s’être donné pour mission de flinguer du politique, et d’autre part, il est tout de même étrange de nommer ce juge-là dans une affaire où la Justice devrait avoir à cœur de se montrer impartiale. «Ils n’oseront pas nommer Tournaire, ce serait un trop beau cadeau», me disait un proche du dossier il y a dix jours. Eh bien si, ils ont osé. Et au lieu de demander des comptes à ce sujet, les journalistes ânonnent le scénario concocté pour eux ailleurs.

Vous accusez la Justice de partialité?

Le mur des Cons, ça vous rappelle quelque chose? Cela dit, je ne crois pas qu’on ait affaire, dans le cas de Fillon, à des juges rouges ou à la botte du pouvoir. C’est pire: on dirait qu’ils sont en croisade et que l’idée d’intervenir dans le jeu politique ne les dérange pas du tout. En prime, ils sont du genre susceptible, presque autant que les journalistes. Il paraît que critiquer ces deux corporations, c’est attaquer la démocratie, la bonne blague. Voilà qui est bien pratique pour faire taire toute dissidence. Fillon a osé les attaquer frontalement. Ils ne le lui pardonneront pas. Certains journalistes sont aujourd’hui ivres de haine. Cela fait cinq semaines qu’ils répètent sur tous les tons qu’il ne peut pas tenir et il est encore là? Quel odieux crime de lèse-médias! Eh bien moi, pour cela, je suis prête à beaucoup lui pardonner – y compris d’avoir appuyé lui-même sur le bouton «vertu» avec, en prime, une grande inélégance à l’endroit de Nicolas Sarkozy. Je ne sais pas du tout s’il pourra tenir malgré la vague de défections – il y a des gens avec qui on ne partirait pas à la guerre… Mais s’il doit se retirer cela signifiera qu’une sorte de putsch médiatico-judiciaire a réussi à plomber l’élection présidentielle plus sûrement qu’une armée de trolls russes.

Revenons à Macron qui apparaît sur votre une avec ce titre: «Au secours Hollande revient!» Pourtant, le patron d’En Marche! est ultralibéral, voire libertaire, en plus d’être jeune et séduisant… La comparaison tient-elle vraiment la route?

Oui, et plus que la comparaison physique pourrait le laisser penser. Ceci étant, une «une» est un raccourci, parfois une blague et celle-ci, je vous l’accorde volontiers, ne dit que la moitié du personnage. Du reste, si Macron était seulement un nouveau Hollande, il serait sans doute moins haut dans les sondages. En réalité, Macron, c’est un produit classique dans un emballage nouveau: il est à la fois un héritier fidèle du hollandisme et un OVNI politique. On connaît sa ligne économique: plus d’Europe, plus de mondialisation, et à l’intérieur plus de libéralisme et l’intégration des banlieues par l’ubérisation. Du Terranova réactualisé, en somme. Si nous avons choisi, pour la «une», cet angle d’attaque plutôt que son genre «Prophète de bonheur» (ou petit joueur de flûteau d’Amiens…), c’est pour dévoiler une entourloupe. Macron essaie de faire croire qu’il sort de nulle part alors qu’il possède l’un des carnets d’adresse les plus fournis de Paris (ce qu’il doit au demeurant à ses multiples talents) ; il prétend être porteur d’une rupture, voire de plusieurs révolutions (comme le suggère le titre de son livre) alors qu’il n’a aucunement l’intention de rompre avec les grandes orientations des quarante dernières années ; il pense qu’il n’y a pas de culture française, mais une culture en France, et aussi que notre pays est structurellement coupable: c’est l’une des opinions les plus communes dans la famille politique dont il vient. Finalement, Macron, c’est du vieux avec du neuf.

Permettez-moi d’insister, mais Macron est favorable aux réductions de la taxe d’habitation et de l’ISF.

Peut-être que François Hollande, qui est d’une autre génération et qui a quarante ans de PS derrière lui, n’irait pas jusque-là, mais dans l’ensemble, les orientations de Macron sont celles qu’il aurait pu adopter s’il n’avait pas eu le boulet PS au pied. Sur le plan politique, Macron est en quelque sorte un Hollande accompli, un Hollande libéré.

En tout cas, on ne peut plus dire, comme vous l’écrivez que «le programme, c’est lui»!

Macron a fini par publier un projet, mais ce qui compte, c’est qu’il fait don de sa jeune et accorte personne à la France. Alors on a envie de savoir de quel bois se chauffe cette personne.

Vous sous-entendez dans votre article que Macron et Hollande travaillent ensemble en sous-main.

Soyons honnêtes: on en a pas mal de signes, dont je donne des exemples, mais aucune preuve. Cela dit, cela serait au moins une preuve de cohérence idéologique de la part du président. Tout le monde pense que ce serait une transgression de sa part de ne pas donner son soutien à Benoît Hamon. Mais pourquoi choisirait-il la fidélité boutiquière (et à une boutique qui lui a pourri la vie depuis cinq ans) plutôt que la fidélité idéologique?

Causeur, comme FigaroVox, avait prédit l’éclatement de la bulle médiatique Macron, qui ne s’est toujours pas produit. Vous êtes-vous trompés?

Face à un phénomène auquel on se sent étranger et qu’on ne comprend pas, comme le succès de Macron, on peut être tenté d’adopter des explications rassurantes. Toutefois, je n’ai jamais pensé ni écrit que Macron était une bulle médiatique, je ne crois pas que les médias aient le pouvoir de créer cet engouement, même si, aujourd’hui, il est clairement leur candidat. Normal: il est un peu à la politique ce que Mathieu Pigasse est à la presse. Macron n’a pas été fabriqué par les médias, mais peut-être est-il la quintessence parfaite d’un certain esprit du temps: c’est Homo Festivus qui a fait l’ENA!

Emmanuel Macron souhaite incarner le candidat hors du système, qui dépasse les lignes politiques classiques. Vous, la chevènementiste de 2002, vous n’êtes pas séduite?

C’est un élément de nouveauté: en transcendant le clivage droite-gauche, Macron espère fédérer le bloc central de la société française qui est aujourd’hui coupé en deux politiquement, alors qu’il a des intérêts communs. Le projet de Chevènement était en quelque sorte symétrique: lui aussi voulait casser le clivage droite-gauche, mais pour redonner de la voix à cette France oubliée qu’on n’appelait pas encore périphérique, cette France des classes populaires d’avant qui n’apparaît décidément pas dans le radar high-tech d’Emmanuel Macron. Hervé Algalarrondo, qui voit encore en lui le meilleur espoir de la gauche raisonnable, redoute qu’au lieu de réconcilier toutes les France, comme il l’a promis, Macron ne se soucie que des «France du politiquement correct» – les bobos et les immigrés pour faire court. Bref, malgré ses manières de télévangéliste et ses exhortations à nous aimer les uns les autres, on peut craindre qu’il n’aggrave les fractures françaises.

Que vous inspirent ses déclarations sur la guerre d’Algérie et sur l’inexistence de la culture française?

De l’inquiétude et de la colère, car elles révèlent une idée de la France qui, pour le coup, est en rupture avec toute notre histoire et qui est, en outre, en train de nous emmener dans le mur. Permettez-moi de citer le très beau texte d’Alain Finkielkraut: «Les conservateurs défendent la culture française, les progressistes célèbrent la culture en France. De «français» à «en France», il y a la distance qui sépare une nation d’une société multiculturelle.» Précisons que le multiculturalisme ne réside pas dans la coexistence de plusieurs cultures -qui est une donnée -, mais dans les modalités de cette coexistence. Macron, ce n’est pas l’identité heureuse, c’est l’identité à la carte. Et sa façon de draguer le vote immigré n’est pas très reluisante. Alors qu’il faudrait appeler tous les Français, quelle que soit leur origine, à retrouver le sens profond de la République, avec ses déclarations, tant sur l’Algérie que sur l’inexistence de la culture française, Macron adresse un message aux enfants d’immigrés: surtout ne faites aucun d’effort d’adaptation, ne changez rien, venez comme vous êtes. Alain Finkielkraut rappelle que la France n’est pas un open-space. Elle n’est pas non plus un McDonalds!

Voir aussi:

L’affaire François Fillon? Un complot pour éloigner la France du redressement économique

Deux interventions de personnalités hautement respectables viennent confirmer leur soutien à François Fillon et démontrent une machination indigne orchestrée dans l’orbite du pouvoir, avance Arnaud Pineau-Valencienne, partisan affirmé du candidat de la droite et du centre

Arnaud Pineau-Valencienne, consultant
2 mars 2017

Au cours de ce dernier quinquennat, la France n’a pas entrepris les réformes tant attendues. Quarante économistes avaient lancé un appel en faveur du candidat de la gauche, pour un résultat économique nul! Appel relayé avec bienveillance par la presse sans échange contradictoire possible. Le silence des «instances de contrôle» sur cette intervention partisane reste une énigme.

Une fois élu, le président a laissé ses ministres et collaborateurs se déchaîner contre leurs collègues allemands, qui eux avaient réformé leur pays avec courage, détermination. Monsieur Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, n’a pas cessé de demander à la France de respecter ses engagements et de faire les réformes attendues. Il ne fait qu’exprimer le bon sens, ignoré des dogmatiques de gauche. Monsieur Schäuble n’est pas antifrançais, il a rendu un vibrant hommage à Jacques Rueff en préfaçant le livre de l’ancien rédacteur en chef de la Voix-du-Nord, Gérard Minart, «Jacques Rueff, un libéral français».

Un programme cohérent

Seul François Fillon parmi les candidats à l’élection présidentielle a compris le rôle que doit jouer un gouvernement pour créer un environnement propice à la croissance par une économie libérée, comme souhaité par nos partenaires européens. Il a annoncé un programme cohérent pour créer le cadre incitatif tant attendu et pour redresser impérativement notre économie. Les résultats de la primaire de la Droite et du Centre le plébiscitent, alors pour tous ses adversaires il est subitement devenu: l’homme à abattre!

Depuis quatre décennies notre peuple a choisi de privilégier l’assistanat à l’effort, pensant que l’Etat n’avait qu’à redistribuer des richesses, fussent-elles éphémères ou fragiles. La France avait besoin de l’effort de tous pour plus de créativité. Les Français n’ont pas vu le danger d’affaiblir la compétitivité industrielle, déjà frappée et mise à mal par les deux chocs pétroliers. La gauche et les radicaux-socialistes préfèrent exploiter tout simplement les mouvements d’opinion. Les partis veulent conquérir le pouvoir à tout prix mais n’analysent jamais leurs erreurs. Emmanuel Macron partage la responsabilité de l’échec de l’exécutif sortant, il tente un rassemblement du peuple par l’exaltation affective tous azimuts, au milieu de nombreuses incohérences, il trouve le moyen d’insulter notre histoire.

Les principes de Jacques Rueff et Milton Friedman

En économie, il faut comprendre que pour redistribuer quelque chose, seule la richesse créée le permet! Les politiciens aux idées de gauche méprisent les principes élémentaires de l’économie de Milton Friedman ou de Jacques Rueff.

Le pragmatisme du général de Gaulle l’opposait à tout ce qui a été entrepris depuis 1981: «Les gens de gauche ont rarement de grands projets. Ils font de la démagogie et se servent des mouvements d’opinion. La gauche tire le haut de la société vers le bas, par idéal d’égalitarisme. C’est comme ça que l’on a fini dans l’abîme en 1940… Les socialistes sont d’éternels utopistes, des déphasés, des apatrides mentaux. Ils gaspillent toujours la plus grande partie des crédits. On ne les a jamais vus dépenser efficacement les crédits… Je n’aime pas les socialistes, car ils ne sont pas socialistes… parce qu’ils sont incapables, ils sont dangereux.»

Le président sortant n’accepte pas l’idée que les Français se réveillent, sa gestion du pays est désavouée. Les performances économiques du pays placent la France en queue du classement européen. La Cour des Comptes n’est pas avare de critiques envers l’exécutif, le mot de Lamartine est à propos: «(…) Soit que déshérité de son antique gloire / De ses destins perdus il garde la mémoire (…)»

L’assassinat politique démasqué révèle l’exécutif à la manœuvre

Deux interventions de personnalités hautement respectables, aux compétences morales et juridiques incontestables, viennent confirmer leur soutien à François Fillon et démontrent une machination indigne orchestrée dans l’orbite du pouvoir. Elles décortiquent le processus mis en œuvre à la lumière des principes de droit et des dispositions constitutionnelles. Une pression sournoise est exercée sur le peuple pour orienter son jugement, capter son vote, cela par instruction judiciaire interposée…

– Aline Lizotte philosophe, théologienne et enseignante nous interpelle: «Une seule issue, la colère du peuple».

– Treize juristes de haut vol, professeurs de droit, avocats, se réunissent pour dénoncer ensemble «un coup d’Etat institutionnel» de l’exécutif contre François Fillon.

Ce n’est pas la première fois que des hommes politiques font usage de ces méthodes pour atteindre la sensibilité morale de l’électeur et orienter ou désorienter son vote au profit de leur candidat.

La Ve République doit être ce que la république a toujours été, selon son fondateur: «La souveraineté du peuple, l’appel de la liberté, l’espérance de la justice.» En plébiscitant François Fillon lors de la primaire, les Français ont exprimé la force de leur raison, rien ne doit les distraire de la victoire.


La liste des juristes cités par Atlantico est composée de: André Decocq, Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas, Geoffroy de Vries Avocat au barreau de Paris, Yves Mayaud, Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas, Serge Guinchard, Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas, ancien recteur, Pauline Corlay, Professeur agrégé des facultés de droit, avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, Guillaume Drago, Professeur à l’Université Panthéon-Assas Paris II, Guillaume Masse, Avocat au barreau de Paris, Jean-Luc Elhoueiss, Avocat au barreau de Paris, Maître de conférences, Georges Bonet, Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas, Raymonde Vatinet, Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas, Anne-Marie Le Pourhiet, Professeur de droit public à l’université Rennes-I, Bernard de Froment, Avocat au barreau de Paris.

Voir par ailleurs:

Présidentielle 2017
L’édito
Non, Monsieur Fillon, vous n’êtes pas une victime !
Le candidat LR se fait passer pour la victime d’une machination et se fait le héros du peuple contre le microcosme, alors qu’il en est l’incarnation. Ce faisant, il abîme la démocratie.
Challenges
03.03.2017

Des autorités judiciaires accusées de bafouer l’Etat de droit et de voler l’élection aux Français. Des journalistes hués. Mais jusqu’où est prêt à aller François Fillon pour se sauver ? Il en appelle au peuple contre le système. Les élus ? Rien à faire, le peuple est là. Le parti ? Idem… Lui, le pourfendeur de la France d’en haut ? Ne pas être énarque n’est pas un brevet d’anti-système… Quelle posture indigne pour un homme qui fait de la politique depuis 36 ans, qui a été conseiller général, maire, président de conseil général, président de région, député, sénateur, ministre… Qui est élu de l’arrondissement le plus huppé de France, le 7ème   arrondissement de Paris, après avoir abandonné sa circonscription historique dans la Sarthe  considérant qu’elle était  perdue, exfiltrant au Parlement européen son suppléant, qui avait eu la générosité d’embaucher Penelope Fillon…  Qui pratique un des sports les plus coûteux : la course automobile. Qui a, durant des années, passé des vacances dans les palais de Moubarak, chez Luca di Montezemolo, le richissime PDG de Ferrari ou dans le chalet de Courchevel de son ami et protecteur, le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière. Qui ne jure que par Arnys (6.000 euros le costume). Qui a comme proches conseillers et amis d’éminents inspecteurs des Finances reconvertis dans la finance, qu’il s’agisse de l’ex-président d’Axa, Henri de Castries ou d’Antoine Gosset-Grainville, fondateur d’un des cabinets d’affaires les plus influents de Paris. Qui a reçu des émoluments de dizaine de milliers d’euros pour ses conseils avisés. Rien de cela n’est ni interdit, ni honteux, mais alors que  François Fillon arrête de fustiger le système et de jouer au héros de la France profonde martyrisée par le microcosme.

Tout cela n’est que fumée

Il est insupportable d’entendre dans les rangs de ses militants, des exaltés qui véhiculent les pires rumeurs colportées jusqu’alors par le FN. Ces jusqu’au-boutistes nous accusent nous les médias (qualifiés de « merdias ») de ne pas dénoncer les 3 millions volés par Emmanuel Macron ! Volés ? Il a gagné cela en brut dans une banque, c’est beaucoup, mais légal. Légal. Ce mot veut encore dire quelque chose. Et si François Fillon voulait gagner de l’argent, rien ne l’empêchait d’aller dans le privé ! Et quand on dit cela, quand on dit qu’Emmanuel Macron n’a pas volé d’argent, on se fait insulter par mail, ou dans les réseaux sociaux, on se fait traiter de salope vendue à Macron ! François Fillon cautionne-t-il ces comportements de caniveaux ? Comme ce dirigeant d’un micro-parti d’extrême droite qui appelle à manifester au Trocadéro contre  » l’oligarchie cosmopolite  » ! Même dans l’entourage de François Fillon on reconnait  » oui, il y a des relents malsains « .

Non, François Fillon n’est pas la victime d’un acharnement judiciaire. Il n’est pas rare que les puissants, quand ils sont confrontés pour la première fois à la Justice, découvrent qu’il n’y a pas d’échappatoire, que celle-ci suit son cours, quoiqu’il arrive et leur première réaction est de dénoncer une machination politico-judiciaire. La justice serait trop rapide ? Mais c’est ce que voulait François Fillon, il l’avait même réclamé et de toute façon, le Parquet national financier (PNF), créé dans la foulée de l’affaire Cahuzac, a fait de la célérité l’une de ses marques de fabrique, la justice financière étant régulièrement épinglée pour son manque de réactivité et ses délais d’enquête. Le candidat LR se plaint que la Chambre d’instruction de la cour d’appel n’ait pas accepté de statuer immédiatement sur les « irrégularités de la procédure ». Un reproche quelque peu étonnant. Durant l’enquête préliminaire, les avocats ne pouvaient pas déposer de recours. C’est la loi commune, celle du code de procédure pénale, qui s’applique à tous. C’est notamment pour cette raison que François Fillon réclamait l’ouverture d’une information judiciaire. Dès lors, ses avocats  ont le droit de contester tous les actes de l’instruction devant la Cour d’appel de Paris. Tout le reste n’est que fumée.

Un noyau dur hystérique ne fait pas une élection

Alors, les conséquences juridiques des infractions qui lui sont reprochées sont disproportionnées ? Alors, voir échapper une élection présidentielle qui devait couronner sa carrière, perdue pour avoir simplement tordu les règles de rémunération des assistants parlementaires, c’est trop cher payé ? On a vu, dans d’autres démocraties des carrières défaites pour beaucoup moins, une carte bancaire utilisée à mauvais escient, une photo sur un yacht avec des mannequins… Et les faits reprochés à François Fillon ne sont pas anodins, comme il le laisse entendre. Embaucher des membres de sa famille serait chose courante, dit-il. Un tiers des députés auraient recours à cette pratique. D’abord ce n’est pas un tiers, mais 20%. Et pour la plupart, il s’agit d’un travail effectif, ce n’est pas la même chose. Or le moins qu’on puisse dire c’est que le candidat LR n’a pas réussi à convaincre que son épouse effectuait un travail réel, auprès de lui, ou de son suppléant Marc Joulaud, ou au sein de la Revue des deux mondes… Et ne parlons pas du niveau des salaires accordés à ses enfants ou à son épouse, hors de proportion. D’ailleurs dans son entourage, on reconnait que c’est indéfendable. Oui, la sanction est lourde. Mais il s’agit de la campagne présidentielle, du débat démocratique, de la France, de l’Europe… Et François Fillon  n’a cessé de prôner la probité.

Un dernier carré de fidèles à François Fillon est persuadé de pouvoir emporter la présidentielle en hystérisant une partie de l’électorat, en se  » trumpisant « . Même si 10.000 personnes, 30.000 personnes radicalisées et ameutées par la Manif pour tous se rendent au Trocadero, cela ne fera pas l’élection. Un noyau dur hystérique ne fait pas une élection. Et ceux qui soutiennent mordicus François Fillon, quitte à admettre un discours populiste dangereux, vont devoir réfléchir au sondage que publie Odoxa. François Fillon est donné largement battu. Il serait disqualifié au premier tour. En revanche, si François Fillon décidait finalement de renoncer, les Français comme les sympathisants de droite souhaiteraient que ce soit Alain Juppé qui le remplace (52% contre 19% pour François Baroin). Et le maire de Bordeaux arriverait en tête au premier tour ! Avec 26,5% d’intentions de vote, soit 7,5 points de plus que François Fillon. Il devancerait Macron d’1,5 point (25%) et Le Pen de 2,5 points (24%).

Alors qui vole l’élection à qui ? Et au-delà, qui détruit le débat démocratique, l’image de la France?

Voir en contrepoint:

Choix personnel
EDLF
5 février 2017

Deux commentaires sur un article précédent me demandent pourquoi je me suis rallié à Emmanuel Macron. Ils s’interrogent aussi sur son programme et son équipe.
J’avais commencé à répondre à leur commentaire, mais la réponse prenant de la longueur je pense plus simple d‘en faire un article.

J’ai été assez long à me rallier à Emmanuel Macron, dont je ne voyais pas ce qui dans son passé pouvait justifier son ambition. J’étais pourtant progressivement obligé de constater qu’il était le seul à occuper une place de centre gauche, sociale libérale pour simplifier, qui correspond de fait à mon positionnement politique. A la suite de Pascal Lamy, je trouve que F Hollande n’a pas fait une si mauvaise politique, mais qu’il l’a fait trop tard et pas assez fort. C’était apparemment aussi le positionnement de l’ancien ministre des finances.

Ce qui m’a fait sauter le pas, c’est qu’il déclarait avoir fait un diagnostic avec son mouvement En Marche, avant de se lancer dans la construction de propositions.
Or je suis convaincu, et je l’ai écrit sur la page d’accueil de ce site, que c’est le diagnostic qui est essentiel, et que c’est d’abord sur cela que se distinguent les partis et les candidats. L’article publié récemment par Protéos sur le programme de Benoit Hamon l’illustre encore une fois: c’est le diagnostic du candidat que Protéos remet en cause (à mon avis avec raison). Après, on peut toujours discuter les mesures, mais de toutes manières il faudra s’adapter à la réalité et les événements peuvent modifier les mesures, pas les orientations.
Donc une bonne démarche, et ce que j’en voyais m’allait bien.

J’ai lu ensuite son livre et je m’y suis retrouvé à plus de 90 %. Et le meeting de Lyon que j’ai regardé hier m’a confirmé dans mon point de vue. Je cite quelques-uns des points que je trouve essentiels comme E Macron :
• La révolution numérique en cours est en train de transformer en profondeur notre économie, avec le risque que les GAFA ne confisquent le plus important de la valeur ajoutée et que les pays européens (qui sont très en retard sur le sujet) ne soient plus que des exécutants
• Cette révolution va puissamment accélérer un phénomène annoncé depuis plusieurs décennies : la transformation régulière des emplois qui va obliger des millions de travailleurs à se recycler voire à se reconvertir. Revoir en profondeur la formation professionnelle continue est incontournable
• Les jeunes qui sortent du système sans qualification ont une « chance » sur deux d’être au chômage plutôt qu’en emploi. Il en sort 100 000 par an. Renforcer fortement l’encadrement du CP et du CE dans les ZEP fait partie de la réponse à donner.
• On ne peut pas relancer l’Europe sans relancer le couple Franco-Allemand, et on ne le fera pas en continuant à renvoyer à plus tard le respect des critères de Maastricht. Si on veut malgré tout investir plus, il faut réduire les dépenses de fonctionnement
• Il faut revoir le fonctionnement du système politique : la défiance envers notre classe politique est en train de menacer gravement la démocratie. E Macron estime que l’affaire Pénélope prouve que le candidat de la droite vit encore avec le logiciel du 20ème siècle. Il est très loin d’être le seul au sein de la classe politique française, quels que soient les partis !
• Il est nécessaire de libérer l’économie des contraintes qui laissent des secteurs entiers dormir sans progresser car la concurrence n’existe pas, comme il faut absolument aider tous ceux qui veulent créer de l’activité (voir ce que je dis sur Colbert et Lénine)

S’il y avait d’autres candidats qui avaient un diagnostic semblable, je pourrais encore me poser des questions. Ce n’est malheureusement pas le cas, et ce qu’on voit ce sont plutôt des programmes qui semblent montrer surtout une incompréhension totale de ce qui se passe.

Le mouvement En Marche a lancé un processus participatif de réflexion pour alimenter le programme. C’est utile, parce qu’il peut en sortir des idées intéressantes et que cela montre aussi ce que les citoyens préfèrent. Mais honnêtement, c’est surtout les experts dont j’attends qu’ils fassent leur travail (le programme est annoncé pour début mars). Tout en étant conscient de l’importance de la manière dont on « vend » un programme.

L’un des risques majeurs du participatif, c’est l’addition de propositions coûteuses. A Lyon, E Macron a été clair : il veut respecter nos engagements européens, et pas de temps en temps, toujours. Donc un déficit de moins de 3% Il a été également dit que des économistes comme Elie Cohen ou Hervé Lorenzi ont rejoint Macron, en plus de Jean Pisani Ferry. Cela me rassure beaucoup.

J’ai aussi été rassuré au niveau des valeurs par ceux que je rencontre dans le mouvement En Marche, lesquels sont de vrais démocrates. Et j’ai apprécié le soutien apporté par Macron à Merkel lors de son voyage à Berlin, à propos de sa politique migratoire.
Enfin, l’Europe, à laquelle je suis très profondément attaché : lors du meeting de Lyon, comme aux précédents, il y avait de nombreux drapeaux européens, en plus des drapeaux français. Et on a entendu plusieurs fois la foule scander « Europe, Europe », au cours du discours du candidat. Sur le sujet, il est bien seul parmi les candidats : il n’y a que des eurosceptiques (sauf peut être le candidat écologique ?) !

Quelle équipe ? Il a promis d’avoir la moitié de nouveaux parmi les candidats. Sur le terrain, je rencontre des hommes et d