Corée du nord: Pourquoi vous ne connaissez pas la Division 39 (As China-supported North Korean butcher and starver of his own people puts on his yearly show for the West’s complicit media, who bothers to investigate the world’s largest state criminal organization ?)

10 octobre, 2015
office38KimLe jour où la Corée du nord s’effondrera, on découvrira un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire, avec des survivants dont les récits feront honte au monde libre. Et l’on s’interrogera alors sur les raisons pour lesquelles les informations n’ont pas conduit à rompre les relations diplomatiques et à demander des comptes à Pyong Yang. Thérèse Delpech
En dépit de l’impitoyable dictature qui y règne, la Corée du Nord est souvent traitée dans les pages buzz des sites web, et non dans les pages International. Le pays rentre dans ce champ indifférenciant qu’est l’info buzz, où des lamas dans le tramway de Bordeaux ou dans les rues de Phoenix et des controverses sur des robes bleues ou blanches côtoient des exécutions sommaires d’opposants politiques, le tout dans un grand rire général. Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed et pas Le Monde Diplomatique. L’exemple le plus frappant se trouve sur le très respectable Monde.fr. Big Browser, le blog consacré aux contenus viraux, et seul lieu du site pouvant héberger une polémique sur la couleur d’une robe, s’est fait une spécialité des sujets sur la Corée du Nord. Big Browser a publié pas moins d’une cinquantaine d’articles sur la Corée du Nord, traité le plus souvent avec une légèreté inhabituelle pour le quotidien du soir: «Kim Jong-un vous manque, et tout est dépeuplé», «La guerre du sapin de Noël aura-t-elle lieu?», «Comment Björn Borg a fait bombarder Pyongyang de caleçons roses». Même les sujets sur la famine y sont traités sous un angle «insolite». Contacté par mail, Vincent Fagot, rédacteur en chef du Monde.fr, tient à rappeler que la Corée du Nord est davantage traitée par Le Monde en rubrique International. La particularité de l’info buzz — qui explique le traitement réservé à la Corée du Nord — est qu’elle circule le plus souvent sur le mode du bouche-à-oreille, avec des critères de vérification très limités et un contenu altéré au fil des reprises et des traductions. Ce type de format journalistique ne cherche pas à dire le vrai. La vérité de l’info buzz est celle qu’on veut bien entendre. C’est une info qui se conforme à nos attentes, qui confirme nos fantasmes et nos bonnes blagues. Les articles sur la Corée du Nord ne nous disent pas «Le monde est dangereux» comme souvent les articles des pages International, mais plutôt «Le monde est fou». La Corée du Nord est une dictature acidulée, où s’épanouissent un dictateur à la coupe de hipster et de charmantes licornes. Chaque nouvel article doit nous renforcer dans cette vision du «royaume de l’absurde». (…) L’info buzz jubile de ce moment où la réalité dépasse la fiction, où une news sur Kim Jong-un devient plus drôle que The Interview, le film de Seth Rogen sur la Corée du Nord, où LeMonde.fr peut rivaliser avec le Gorafi. La Corée du Nord est reléguée au rayon buzz car les images qui nous arrivent du pays, via la propagande nord-coréenne, sont celle d’un grand Disneyland, un décor de carton-pâte dans lequel évolue le poupin Kim Jong-un. C’est une leçon pour les communicants de toute la planète: pour que les médias reprennent un message, il suffit de les penser comme une scène de mauvais téléfilm, organisé autour d’une figure reconnue de la culture pop, comme l’est Kim-Jong-un. Il faut être le moins crédible, le plus proche de la fiction, pour que l’info buzz s’en empare. Vincent Glad
Located in a heavily guarded concrete building in downtown Pyongyang, Bureau No. 39 is the nerve center of North Korea’s state-run network of international crime. Its official name is Central Committee Bureau 39 of the Korean Workers’ Party. The authors refer to it by what Bechtol says is the more accurately nuanced translation of “Office No. 39.” The mission of Office No. 39 is to generate torrents of cash for North Korean ruler Kim Jong Il, by way of illicit activities abroad. Favorite rackets include international trafficking of drugs produced under state supervision in North Korea, and state production and laundering into world markets of counterfeit U.S. currency, and cigarettes. Such activities are tied directly to the survival of Kim’s regime. The authors report “the crimes organized by Office No. 39 are committed beyond the borders of North Korea by the regime itself, not solely for the personal enrichment of the leadership, but to prop up its armed forces and to fund its military programs.” What sets Office No. 39 apart from more pedestrian political corruption or organized crime is that this operation is not some wayward private gang or unauthorized appendage of government. It is an integral and institutionalized part of the North Korean regime. As such, it enjoys the perquisites and protective trappings of the modern nation-state, including the use of North Korean embassies and state-run businesses abroad, and the reluctance of other nations to intervene in the sovereign affairs of North Korea. Office No. 39 is directly tied to Kim himself, who set it up way back in 1974, when his father, Kim Il Sung, was still in power. The authors explain: “This office was established for the explicit purpose of running illegal activities to generate currency for the North Korean government.” Since the 1991 Soviet collapse, which ended subsidies from Moscow, Office No. 39 has become ever more important, and especially over the past 10 years, its activities have become more prolific. Office No. 39 continues to report directly to Kim, who took charge of the regime when his father died in 1994. According to a North Korean defector interviewed by the authors, Kim Kwang-Jin, who has firsthand knowledge of North Korean financial practices, Office No. 39 is also known to North Korean insiders as “the keeper of Kim’s cashbox.” Organized into 10 departments, specializing in various illicit activities, Office No. 39 serves as a slush fund through which billions of dollars have flowed over the years. In a bizarre personal touch, these funds are collected and presented periodically to Kim in aggregate amounts, labeled “revolutionary funds,” on such special occasions as his official birthday, Feb. 12, or the birthday of his late father, Kim Il Sung, April 15th. This money is not spent on easing the miseries of millions of repressed and famished North Koreans. That effort–from which Kim also has a record of appropriating resources to sustain his regime–is left to the likes of international donors, contributing via outfits such as the United Nations. The authors explain that the profits of Bureau 39 help swell the offshore bank accounts of Kim’s regime, used not only to pay for his luxurious lifestyle, but to buy the loyalties and materials that underpin his totalitarian, nuclear-entwined military state … Claudia Rosett
En dépit de leur rhétorique sur le besoin pressant de développer un arsenal nucléaire, la plus grande priorité des dirigeants nord-coréens est de faire entrer des devises étrangères. Sans elles, estiment les experts, le régime risquerait de s’effondrer sous le poids des sanctions internationales. Les courses de taxis ne peuvent bien entendu à elles seules combler cette lacune. Mais les taxis KKG ne sont que l’arbre qui cache la forêt. La flotte de taxis de KKG est l’un des produits issus d’un partenariat entre un groupe d’investisseurs basés à Hong Kong et une antenne occulte de l’Etat nord-coréen qui, comme le montre notre enquête, a pour vocation première de négocier des contrats à l’international. L’alliance de Pyongyang avec le groupe Queensway [basé à Hong Kong], un groupement d’hommes d’affaires connus pour avoir des liens avec des régimes parias, est opaque. Mais il semble évident que cette alliance permet au régime le plus isolé du monde de garder la tête hors de l’eau. (…) “La plupart des sociétés nord-coréennes sont sous le coup des sanctions des Etats-Unis, de l’UE ou des Nations unies. Elles changent régulièrement de raison sociale, tout comme leurs navires changent de pavillons. Mais la plupart appartiennent à des officiers supérieurs de l’armée ou au Parti du travail de Corée, au pouvoir. Comme elles sont inscrites sur la liste des sanctions, elles ont besoin d’une société étrangère susceptible de les aider à commercer avec des pays étrangers.” (…) Selon plusieurs hauts responsables asiatiques et américains, la branche nord-coréenne du réseau KKG conduit à une organisation clandestine nommée la Division 39 du Parti du travail. Les Etats-Unis qualifient la Division 39 de “branche clandestine du gouvernement (…) qui assure un soutien essentiel au pouvoir nord-coréen, en partie en menant des activités économiques illicites et en gérant des caisses noires, et en générant des revenus pour les instances dirigeantes.” Les dirigeants nord-coréens ont dû recourir à cette stratégie après des années de sanctions internationales. Imposées en réaction aux essais nucléaires de 2006, 2009 et 2013 ces dernières prévoient notamment un embargo sur les armes visant à empêcher la Corée du Nord de se livrer au commerce de matériel militaire et de se procurer des pièces pour son programme atomique ; un gel des avoirs destiné à exercer une pression financière sur le pouvoir ; et un embargo sur l’exportation de produits de luxe, conçu pour priver les hauts dirigeants des attributs du pouvoir – des homards jusqu’aux cigarillos, en passant par les fourrures et les yachts. Les Nations unies ont fixé le cadre général des sanctions, les Etats décidant par eux-mêmes ce qu’ils interdisent. Les rapports annuels d’une commission onusienne qui surveille les sanctions parlent cependant d’un jeu du chat et de la souris, car les dirigeants nord-coréens usent d’une panoplie de subterfuges en constante évolution pour déguiser leurs activités commerciales à l’étranger. Le dernier rapport en date de l’ONU, remis au Conseil de sécurité en février, fait ainsi état de ventes d’armes en Afrique et de l’utilisation de “pavillons de complaisance” pour échapper aux contrôles sur le transport maritime nord-coréen. Il indique également que “des structures commerciales légales ont été utilisées pour des activités illégales”. (…) Au cours des dix dernières années, le groupe Queensway a bâti un empire commercial contrôlant un portefeuille de plusieurs milliards de dollars, dont les tentacules s’étirent du Zimbabwe jusqu’à Manhattan. La nature précise de l’association avec KKG n’est pas très claire – on ignore s’il s’agit d’une joint-venture officielle ou d’un arrangement plus informel. Les liens entre les financiers de KKG se sont noués vers 2006. Selon le récit du haut fonctionnaire asiatique – dont des détails ont été corroborés par d’autres témoignage –, la percée de Queensway en Corée du Nord a été initiée par le représentant du groupe qui a promu ses intérêts en Afrique et ailleurs. Il utilise au moins sept identités différentes, la plus connue étant Sam Pa. L’année dernière, une enquête du Financial Times a établi que M. Pa et les autres fondateurs du groupe Queensway entretenaient des liens étroits avec de puissants intérêts à Pékin, y compris le service de renseignements chinois et plusieurs entreprises d’Etat. Ils ont également des relations avec de grands groupes occidentaux : des sociétés du groupe Queensway sont en affaires avec BP [compagnie pétrolière britannique] en Angola, Gl encore [entreprise anglo-suisse de négoce et d’extraction de matières premières] en Guinée, et d’autres. (…) “Les taxis KKG peuvent rapporter au régime quelques devises, grâce aux touristes de passage à Pyongyang, mais tout indique que les véritables cibles du groupe Queensway sont les secteurs minier et pétrolier”, souligne le chercheur américain J. R. Mailey, l’un des auteurs d’un rapport de 2009 du Congrès américain qui a récemment publié une deuxième étude détaillée sur le groupe. Le think tank britannique Chatham House signalait dans un rapport datant de 2009 qu’une filiale chinoise de Queensway, avait proposé en 2007 une entreprise publique chinoise pour réaliser des explorations sismiques sur deux sites de prospection pétrolière en Corée du Nord. Financial Times

Attention: une désinformation peu en cacher une autre !

A l’heure où « l’un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire » dont l’effondrement, comme le rappelait Thérèse Delpech, fera un jour la honte d’un monde libre indifférent qui, via ses satellites et les abondants témoignages des transfuges, en connait pourtant tous les détails …

Fête ignomineusement, avec la Chine sans laquelle il  ne tiendrait pas une semaine,  70 ans d’oppression et de famine systématique de sa population …

Pendant qu’avec les 16 mois restants, à la tête du monde libre, de l’incroyable vacance du pouvoir introduite par l’Administration Obama …

Toutes sortes d’Etats voyous ou faillis, et leurs affidés, de l’Iran à la Russie et l’Etat islamique aux Palestiniens, mettent le Moyen-Orient à feu et à sang et menacent d’invasion l’Europe et le reste du monde …

Combien, parmi nos journalistes qui, tout en diffusant sans la moindre vérification « buzz » oblige les rumeurs les plus folles, accourent régulièrement dans ses hôtels cinq étoiles pour l’occasion …

Prennent la peine de rappeler la vérité d’un régime proprement criminel …

Et notamment de la tristement célèbre Division 39 ..

Cette véritable organisation criminelle qui entre vente d’armes, contrefaçon monétaire et trafic de drogue …

Permet au régime le plus isolé au monde, dans la plus grande opacité et avec le soutien de tout ce que la planète compte de pays et d’individus peu recommandables comme le rapportait cet été le Financial Times, de se raccorder à l’économie mondiale pour ses besoins en devises et marchandises ?

Mais aussi fournit à l’ensemble des autres régimes-voyous de la planète comme l’Iran non seulement les moyens de construire leurs armes de destruction massive …

Mais sert d’inspiration et de modèle pour tous dans l’art, pour se maintenir au pouvoir, de déjouer tant les sanctions que les aides d’un système international bien peu regardant ?

Enquête. Division 39 : la botte secrète de la Corée du Nord pour déjouer les sanctions
Tom Burgis (avec Tan-jun Kang à Séoul)

Financial Times
traduit par Courrier international
06/08/2015

A l’été dernier, les habitants de Pyongyang ont commencé à remarquer une nouvelle flotte de taxis dans la capitale nord-coréenne. Avec leur carrosserie brun et or, les rutilantes berlines ne passaient pas inaperçues dans les rues pratiquement désertes de la ville. Les voitures étaient estampillées du logo de la compagnie de taxi : KKG. La compagnie KKG a si rapidement évincé ses concurrents que l’on ne pouvait manquer de se demander qui se cachait derrière cette nouvelle entreprise. Le même logo a été repéré sur des 4×4, sur un panneau publicitaire vantant un projet résidentiel en bordure du fleuve et des autobus à l’aéroport de Pyongyang. Comme d’autres chauffeurs de taxi nord-coréens, ceux de KKG faisaient payer leurs courses en devises – essentiellement en renminbis chinois, mais aussi en euros ou en dollars. De quoi mettre la puce à l’oreille.

En dépit de leur rhétorique sur le besoin pressant de développer un arsenal nucléaire, la plus grande priorité des dirigeants nord-coréens est de faire entrer des devises étrangères. Sans elles, estiment les experts, le régime risquerait de s’effondrer sous le poids des sanctions internationales. Les courses de taxis ne peuvent bien entendu à elles seules combler cette lacune. Mais les taxis KKG ne sont que l’arbre qui cache la forêt. La flotte de taxis de KKG est l’un des produits issus d’un partenariat entre un groupe d’investisseurs basés à Hong Kong et une antenne occulte de l’Etat nord-coréen qui, comme le montre notre enquête, a pour vocation première de négocier des contrats à l’international.

Un royaume plus isolé que jamais

L’alliance de Pyongyang avec le groupe Queensway [basé à Hong Kong], un groupement d’hommes d’affaires connus pour avoir des liens avec des régimes parias, est opaque. Mais il semble évident que cette alliance permet au régime le plus isolé du monde de garder la tête hors de l’eau. “KKG est l’une des plus grandes joint-ventures établies en Corée du Nord”, confie un haut fonctionnaire asiatique qui, pour commenter cette affaire sensible, a souhaité conserver l’anonymat [ancienne colonie britannique, Hong Kong a conservé un système économique particulier : les sociétés étrangères qui y sont enregistrées ne versent pas de taxes, l’identité des actionnaires peut rester cachée, et les transferts de fonds avec l’étranger ne sont soumis à aucune restriction].

“La plupart des sociétés nord-coréennes sont sous le coup des sanctions des Etats-Unis, de l’UE ou des Nations unies. Elles changent régulièrement de raison sociale, tout comme leurs navires changent de pavillons. Mais la plupart appartiennent à des officiers supérieurs de l’armée ou au Parti du travail de Corée, au pouvoir. Comme elles sont inscrites sur la liste des sanctions, elles ont besoin d’une société étrangère susceptible de les aider à commercer avec des pays étrangers.”

A l’heure où les relations des puissances occidentales avec l’Iran et Cuba semblent se réchauffer, le royaume est politiquement plus isolé que jamais. Même la Chine, qui a longtemps été une alliée, prend depuis quelques années ses distances avec Pyongyang. L’année dernière, un rapport des Nations unies décrivait“d’innommables atrocités” perpétrées à l’encontre des détenus des camps de prisonniers nord-coréens. Les démonstrations de force orchestrées par le régime de Kim Jong-un – dont une cyber-attaque contre Sony que Washington a attribuée à Pyongyang, et le tir d’essai d’un missile balistique depuis un sous-marin [en mai dernier] – ont relancé les efforts visant à comprendre comment le régime parvient à se raccorder à l’économie internationale.

Selon des estimations du gouvernement de Séoul fondées sur des données limitées, ces dernières années, l’économie intérieure nord-coréenne aurait soit ralenti, soit enregistré une croissance de 1 %. Toujours est-il que le volume annuel d’exportations, d’environ 3 milliards de dollars, est loin de compenser la facture des importations. Avec la baisse du cours du charbon et d’autres matières premières que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) exporte vers la Chine, les réseaux d’entreprises comme celui qui est derrière KKG risquent de devenir de plus en plus vitaux pour apporter au régime des devises indispensables au fonctionnement de l’économie.

Selon plusieurs hauts responsables asiatiques et américains, la branche nord-coréenne du réseau KKG conduit à une organisation clandestine nommée la Division 39 du Parti du travail. Les Etats-Unis qualifient la Division 39 de “branche clandestine du gouvernement (…) qui assure un soutien essentiel au pouvoir nord-coréen, en partie en menant des activités économiques illicites et en gérant des caisses noires, et en générant des revenus pour les instances dirigeantes.” Les dirigeants nord-coréens ont dû recourir à cette stratégie après des années de sanctions internationales. Imposées en réaction aux essais nucléaires de 2006, 2009 et 2013 ces dernières prévoient notamment un embargo sur les armes visant à empêcher la Corée du Nord de se livrer au commerce de matériel militaire et de se procurer des pièces pour son programme atomique ; un gel des avoirs destiné à exercer une pression financière sur le pouvoir ; et un embargo sur l’exportation de produits de luxe, conçu pour priver les hauts dirigeants des attributs du pouvoir – des homards jusqu’aux cigarillos, en passant par les fourrures et les yachts. Les Nations unies ont fixé le cadre général des sanctions, les Etats décidant par eux-mêmes ce qu’ils interdisent.

La “caisse noire” du régime

Les rapports annuels d’une commission onusienne qui surveille les sanctions parlent cependant d’un jeu du chat et de la souris, car les dirigeants nord-coréens usent d’une panoplie de subterfuges en constante évolution pour déguiser leurs activités commerciales à l’étranger. Le dernier rapport en date de l’ONU, remis au Conseil de sécurité en février, fait ainsi état de ventes d’armes en Afrique et de l’utilisation de “pavillons de complaisance” pour échapper aux contrôles sur le transport maritime nord-coréen. Il indique également que “des structures commerciales légales ont été utilisées pour des activités illégales”.

En 2010, les Etats-Unis ont ajouté la Division 39 à leur liste d’entités soumises aux sanctions. L’Union européenne a suivi. Entre temps, la Corée du Nord a engrangé des devises étrangères en exportant des armes, des méthamphétamines, de champignons et de la main-d’œuvre à bas coût. Ses ventes de textiles, de charbon et de minéraux à la Chine lui rapportent peut-être davantage.

Le Conseil de l’Union européenne affirme que la Division 39 était placée sous l’autorité directe de Kim Jong-il, président de Corée du Nord de 1994 à sa mort en 2011, date à laquelle son fils Kim Jong-un lui a succédé. La Division 39 “figure parmi les plus importantes organisations chargées de l’achat de devises et de marchandises”, précise-t-il. Les Etats-Unis et l’UE ont également imposé des sanctions à ce qu’ils considèrent comme des sociétés écrans agissant en faveur de la Division 39. L’une de ces entités, la Korea Daesong General Trading Corporation, également connue sous plusieurs autres noms comparables, “est utilisée pour faciliter les transactions étrangères pour le compte de la Division 39”, a déclaré le Trésor américain. L’entreprise n’a pas souhaité commenter cette information. L’UE la décrit comme une filiale du groupe Daesong, “le plus grand groupe d’entreprises du pays”.

Le rôle du groupe Queensway

Au cours des dix dernières années, le groupe Queensway a bâti un empire commercial contrôlant un portefeuille de plusieurs milliards de dollars, dont les tentacules s’étirent du Zimbabwe jusqu’à Manhattan. La nature précise de l’association avec KKG n’est pas très claire – on ignore s’il s’agit d’une joint-venture officielle ou d’un arrangement plus informel. Les liens entre les financiers de KKG se sont noués vers 2006. Selon le récit du haut fonctionnaire asiatique – dont des détails ont été corroborés par d’autres témoignage –, la percée de Queensway en Corée du Nord a été initiée par le représentant du groupe qui a promu ses intérêts en Afrique et ailleurs. Il utilise au moins sept identités différentes, la plus connue étant Sam Pa.

L’année dernière, une enquête du Financial Times a établi que M. Pa et les autres fondateurs du groupe Queensway entretenaient des liens étroits avec de puissants intérêts à Pékin, y compris le service de renseignements chinois et plusieurs entreprises d’Etat. Ils ont également des relations avec de grands groupes occidentaux : des sociétés du groupe Queensway sont en affaires avec BP [compagnie pétrolière britannique] en Angola, Gl encore [entreprise anglo-suisse de négoce et d’extraction de matières premières] en Guinée, et d’autres.

M. Pa s’est refusé à tout commentaire. De tous les dirigeants des diverses sociétés du groupe Queensway, un seul a accepté de répondre à nos questions. Jee Kin-wee, directeur du service juridique du groupe à la succursale singapourienne de China Sonagol, assure que son entreprise et KKG “sont des entités distinctes qui n’ont aucun rapport entre elles”. Il n’a toutefois pas précisé la nature des relations unissant son entreprise de Singapour et sa société-sœur, China Sonangol International Holding, enregistrée à l’adresse de Queensway à Hong Kong. Cette entité est détenue conjointement par les associés de M. Pa et le groupe pétrolier national d’Angola. Elle est citée dans des procès-verbaux des tribunaux de Hong Kong pour avoir effectué des versements destinés à des projets de KKG.

Jee Kin-wee n’a pas voulu s’exprimer au sujet des activités commerciales du groupe Queensway en Corée du Nord, se bornant à rappeler que “la Chine entretient des relations diplomatiques et économiques normales avec la Corée du Nord et que […] des dizaines de pays dans le monde, dont plusieurs pays de l’UE, ont des relations diplomatiques bilatérales avec la RPDC”. M. Pa a conclu un contrat avec Daesong pour toute une série de projets en Corée du Nord, concernant aussi bien des centrales électriques que l’extraction minière et la pêche, affirme toutefois le haut fonctionnaire asiatique.
L’argent a commencé à affluer – mais on ne sait pas exactement quelles sommes ont atterri directement dans les caisses de Corée du Nord. Un livret de comptes publié dans une décision de 2013 de la Cour suprême de Hong Kong dans le cadre d’un différend opposant des associés de M. Pa comporte plusieurs références à des versements du groupe Queensway : “réseau d’autobus urbains de Pyongyang”, “Aéroport de Pyongyang”, “Corée : 5 000 tonnes d’huile de soja” et “exposition sponsorisée par le consul coréen”, lit-on dans ce document, sans plus de détails. Mais la liste des paiements comporte également des références à KKG.

Les habitants de Pyongyang ont commencé à entendre parler de KKG, dès 2008. Cette année-là, des photographies en ligne montraient un immense panneau publicitaire représentant la maquette d’un projet spectaculaire de constructions résidentielles à Pyongyang. Dans une présentation PowerPoint de 2014, le groupe Hawtai Motor, constructeur automobile privé chinois basé à Tianjin, décrivait KKG comme l’une “des plus grandes entreprises publiques de Corée du Nord”. Les dirigeants de Hawtai ont refusé de commenter cette déclaration. Certains observateurs qui ont assisté à la percée de Queensway en Corée du Nord estiment que le groupe cherche à reproduire un modèle qu’il a déjà expérimenté en Afrique : le groupe y a conclu des contrats “infrastructures contre ressources naturelles” avec des régimes répressifs comme ceux de l’Angola, du Zimbabwe et une junte militaire qui a brièvement dirigé la Guinée. Pour la Corée du Nord, le groupe semble avoir jeté son dévolu sur le potentiel pétrolier inexploité du pays.
“Les taxis KKG peuvent rapporter au régime quelques devises, grâce aux touristes de passage à Pyongyang, mais tout indique que les véritables cibles du groupe Queensway sont les secteurs minier et pétrolier”, souligne le chercheur américain J. R. Mailey, l’un des auteurs d’un rapport de 2009 du Congrès américain qui a récemment publié une deuxième étude détaillée sur le groupe. Le think tank britannique Chatham House signalait dans un rapport datant de 2009 qu’une filiale chinoise de Queensway, avait proposé en 2007 une entreprise publique chinoise pour réaliser des explorations sismiques sur deux sites de prospection pétrolière en Corée du Nord. Comme l’entreprise de taxis et le projet immobilier de Pyongyang, il semblerait que la prospection pétrolière se fasse au moins en partie par l’intermédiaire de KKG, qui fait office de maillon entre Queensway et la Division 39. Selon le haut fonctionnaire asiatique et un intervenant du secteur pétrolier connaissant bien la Corée du Nord, KKG a recherché du pétrole dans plusieurs régions du pays, sans succès pour l’instant.

Le désir de faire des affaires

En novembre 2013, la télévision d’Etat nord-coréenne a diffusé un reportage surune cérémonie organisée dans la ville de Kaesong, non loin de la zone démilitarisée séparant les deux Corées depuis 1953 (DMZ). Des dignitaires saluaient l’inauguration du chantier d’un “parc industriel high-tech”. Selon les médias officiels, le parc devait accueillir un centre de technologies de l’information, un hôtel, des résidences, une école et une centrale électrique. L’un des orateurs était un homme en costume sombre et aux cheveux coupés court, identifié par les médias locaux sous le nom de Jang Su-nam. Il est présenté comme le représentant du “Groupe pour la paix et le développement économique.” Or, d’après M. Mailey, M. Jang a autrefois travaillé pour Daesong. M. Jang n’a pu être contacté pour répondre à nos questions.

La caméra du reportage balayait les autres personnalités invitées : des ambassadeurs de pays africains dans lesquels le groupe Queensway a des intérêts. A côté d’eux, se tenait Nik Zuks, le fondateur australien de la société minière Bellzone, cotée sur le marché alternatif de Londres et opérant en Afrique orientale, et qui a cédé une part majoritaire de son capital à la Chine. M. Zuks n’a pas voulu répondre à nos demandes de commentaires. Selon un haut fonctionnaire asiatique, M. Pa se trouvait à Pyongyang en décembre dernier et a envoyé une carte d’anniversaire personnelle à Kim Jong-un en janvier. Les deux hommes ont en commun autre chose que leur désir de faire des affaires : M. Pa est tombé sous le coup des sanctions américaines l’année dernière pour ses transactions au Zimbabwe, où il a été accusé de financer la police secrète de Robert Mugabe en échange de concessions dans les mines de diamants. Des allégations “infondées” selon M. Pa. “Le rôle de Sam Pa est d’être une vitrine pour le régime de Pyongyang sur les marchés capitalistes, résume un haut fonctionnaire asiatique. Je pense qu’à ce titre, il a un bel avenir devant lui.”

North Korea: The secrets of Office 39

Shadowy organisation’s alliance with Queensway Group helps Pyongyang bring in cash
Tom Burgis
The Financial Times

June 24, 2015

The businessman Sam Pa in front of the Pyongyang skyline. His Queensway Group is linked with KKG, a North Korean enterprise

in the middle of last year, the residents of Pyongyang began to notice a new fleet of taxis operating in the North Korean capital. With their maroon and gold bodywork, the gleaming sedans were easy to spot as they cruised the city’s orderly streets. The cars bore the taxi company’s logo: KKG.

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The swiftness with which KKG edged out rival taxi operators — one of which was rumoured to be linked to the security services — piqued curiosity about who was behind the new outfit. The same logo has been spotted on 4x4s, on a billboard displaying a planned riverside property development and on buses at Pyongyang airport. Like other North Korean cabbies, the drivers of the KKG taxis asked their fares to pay in foreign currency: mainly Chinese renminbi, but also euros or dollars. And therein lay a clue.

For all their rhetoric about the paramount need to develop a nuclear arsenal, North Korea’s rulers have no more pressing task than bringing in foreign exchange. Without it, experts say, the regime would be at risk of crumbling under international sanctions. Taxi fares alone could hardly fill the gap. But the KKG cabs are just a small part of a much larger endeavour.

The KKG taxi fleet is one product of a partnership between a group of Hong Kong-based investors and a secretive arm of the North Korean state that seeks to cut international business deals, a Financial Times investigation has found.

The North Korean government’s alliance with the so-called Queensway Group, a syndicate of businesspeople with a record of forging ties with pariah states, is opaque. But it seems clear that it is one of a handful of crucial business ventures that allow the world’s most isolated regime to sustain itself.

“KKG is one of several joint ventures in North Korea and it’s one of the biggest ones,” says an Asian official who asked not to be named because of the sensitivity of the matter. “Most North Korean companies are under US or EU or UN sanctions. They always change names, like their ships change flags. But most of the companies belong to military leaders or the ruling Workers’ party of Korea. And they are on the sanctions list. So they need any foreign company that could give them an opportunity to trade with foreign countries.”

While western powers’ relations with Iran and Cuba appear to be thawing, the hermit kingdom’s political isolation is as deep as ever. Even China, long an ally, has grown frostier with Pyongyang in recent years. A UN investigation last year described “unspeakable atrocities” perpetrated against the inmates of its prison camps. The sabre-rattling under Kim Jong Un — including a cyber attack against Sony that Washington blamed on Pyongyang and last month’s test-firing of a ballistic missile from a submarine — has added fresh impetus to efforts to understand how the regime plugs itself into the world economy.

The domestic economy has either contracted or grown at 1 per cent in recent years, according to South Korean government estimates based on limited data, with annual exports of about $3bn falling well short of the import bill. As prices for the coal and other commodities that North Korea exports to China fall, business networks such as the one behind KKG are likely to become increasingly vital in garnering crucial foreign exchange for the regime.

The North Korean end of the KKG network leads to a shadowy organisation called Office 39 of the Workers’ party, according to Asian and US officials. The US has described Office 39 as “a secretive branch of the government . . . that provides critical support to [the] North Korean leadership in part through engaging in illicit economic activities and managing slush funds, and generating revenues for the leadership”.

North Korea’s rulers have had to resort to such tactics after years of international sanctions. Imposed in response to nuclear tests in 2006, 2009 and 2013, the sanctions comprise an arms embargo designed to stop North Korea trading weapons and sourcing parts for its atomic programme; an asset freeze to apply financial pressure to the leadership; and a ban on luxury goods that is meant to deprive senior figures of the trappings of power, from lobster and cigarillos to furs and yachts. The UN sets the overall structure of sanctions; states decide what to prohibit.

But annual reports by a UN panel that monitors the sanctions describe a game of cat-and-mouse, as North Korea’s rulers use an ever-shifting web of subterfuge to disguise commercial activities abroad. The most recent UN report, sent to the Security Council in February, documents arms sales in Africa and the use of “flags of convenience” to conceal North Korean control of shipping. The UN report also suggests that “legitimate business structures have been used for illegitimate activities”. In 2010, the US added Office 39 to its sanctions list. The EU followed suit.

North Korea has brought in foreign exchange by exporting guns, methamphetamines, mushrooms and indentured labourers. Perhaps most lucratively, it also sends textiles, coal and minerals across its border with China. Andrea Berger, a North Korea expert at the UK’s Royal United Services Institute, a think-tank, says: “Office 39 is extremely important. It’s generally regarded as the regime slush fund.”

The EU says Office 39 reported directly to Kim Jong Il, North Korea’s ruler from 1994 until his death in 2011, when his son, Kim Jong Un, took over. Office 39 is “among the most important organisations assigned with currency and merchandise acquisition”, the EU says. The US and the EU also imposed sanctions on what they said were Office 39 front companies. One, which is known as Korea Daesong General Trading Corporation and several similar names, “is used to facilitate foreign transactions on behalf of Office 39”, the US Treasury said. The company did not respond to a request for comment. The EU describes it as part of the broader Daesong group, “the largest company group of the country”.

According to the Asian official and JR Mailey, a researcher at the Pentagon’s Africa Center for Strategic Studies, Daesong is one of the backers behind KKG. Another, according to these people and court documents from Hong Kong, is the business network known informally to those who have studied it as Queensway Group, after the address of its headquarters at 88 Queensway in Hong Kong’s financial district.

Global footprint

Over the past decade, the Queensway Group has built a multi-billion-dollar corporate empire that stretches from Zimbabwe to Manhattan.

Tom Burgis looks at North Korea’s alliance with the Queensway Group, a syndicate of Hong Kong based investors. Such ventures as a taxi fleet with the KKG brand are part of a much larger endeavour by Pyongyang to cut international business deals.

The precise nature of the KKG partnership is unclear — whether it is an incorporated joint venture or a more informal arrangement. Searches by the FT yielded no records for a company called KKG that matched the profile of the one active in North Korea. Nor did searches in English and Korean for Kumgang Economic Development Corporation, KKG’s name when written in Korean characters. That suggests that KKG is either simply a brand, or, if it is a company, it is registered within North Korea, which does not keep company records online. The FT was unable to find contact details for KKG.

The relationship between KKG’s backers was formed around the end of 2006. According to the Asian official, details of whose account were corroborated by others, the Queensway Group’s foray into North Korea was spearheaded by the frontman who has advanced its interests in Africa and elsewhere. He goes by at least seven names — but is best known as Sam Pa.

An FT investigation last year found that Mr Pa and his fellow founders of the Queensway Group have connections to powerful interests in Beijing, including Chinese intelligence and state-owned companies. They also have ties to big western groups: Queensway Group companies are in business with BP in Angola, Glencore in Guinea and others.

Mr Pa did not respond to requests for comment. Only one of the Queensway Group figures and companies contacted for comment replied. Jee Kin Wee, group head of legal at China Sonangol’s arm in Singapore, says his company and KKG “are separate and unrelated companies”. He did not clarify the link between his company in Singapore and its sister company, China Sonangol International Holding, registered at the Queensway address in Hong Kong. That company is jointly owned by Mr Pa’s business associates and Angola’s state oil group. It is named in Hong Kong court documents as having made payments related to KKG projects.

Mr Wee did not answer specific questions about the Queensway Group’s dealings in North Korea. But he stressed that “China enjoys full diplomatic and economic relations with North Korea and . . . scores of countries around the world, including EU countries, have bilateral diplomatic relations with North Korea”.

Mr Pa is said to have met senior North Korean officials as he began his courtship of the regime in 2006. At the time, Pyongyang needed new partners. It had found itself increasingly locked out of the global financial system. A year earlier, the US had accused Macau-based Banco Delta Asia of laundering money for the regime, causing the near-collapse of that bank and prompting others to avoid North Korea.

Mr Pa struck a deal with Daesong for an eclectic range of North Korean projects, the Asian official says, ranging from power plants to mining to fisheries. Money started to flow — although it is unclear how much flowed directly into North Korea. A ledger published in a 2013 Hong Kong high court ruling in a dispute between some of Mr Pa’s business associates refers to Queensway Group payments including “Pyongyang city bus system”, “Korea airport”, “Korea: 5,000 tons of soyabean oil” and “exhibition sponsored by the Korean consul”. There are no further details. But the list of payments also contains references to KKG.

Corporate presence

KKG first came to the attention of Pyongyang’s residents around 2008. That year, photographs posted online showed a billboard displaying a spectacular image of a planned property development close to the Pyongyang Mullet Soup Restaurant. Located by a bend in the Taedong River, the planned properties included a pair of shimmering skyscrapers that would not have looked out of place in London’s riverside Canary Wharf business district. The new development was to be called KKG Avenue and bore the same KKG logo that would appear on Pyongyang taxis.

KKG Avenue made little headway beyond some rickety hoardings and preliminary work on foundations, according to foreign officials, visitors to Pyongyang, photos and satellite images.

Despite such setbacks, KKG has been described at least once as a major North Korean company. A 2014 presentation by Hawtai Motor Group, a privately owned Chinese carmaker based in Tianjin, indicates that the company supplied the vehicles for the KKG taxi fleet. The presentation describes KKG as one of “North Korea’s largest state-owned enterprises”. Hawtai declined to comment.

Some who have observed Queensway’s thrust into North Korea say it is seeking to replicate a model it pioneered in Africa: striking infrastructure-for-natural resources deals with oppressive governments such as Angola’s, Zimbabwe’s and a military junta that briefly ruled Guinea. The group appears to have set its sights on North Korea’s untapped potential for oil.

Mr Mailey, who was one of the authors of a 2009 US congressional report who recently published a second detailed study of the group, says: “The KKG taxis might earn the regime some foreign currency from tourists visiting Pyongyang, but most signs point to the oil and mining sectors as the Queensway Group’s true target.”

Voir aussi:

Pourquoi les informations sur la Corée du Nord sont-elles traitées avec tant de légèreté ?
Vincent Glad

L’an 2000

20 mai 2015

L’actualité du pays est souvent couverte en page « info buzz » plutôt que dans la rubrique International.
Le 13 mai tombait sur les smartphones cette alerte info du Point.fr :

Twitter s’est indigné, Twitter a ironisé, mais Twitter s’est peut-être un peu emballé: le «stagiaire» du Point (nom usuel de celui qui doit assumer seul une erreur collective) n’a fait qu’appliquer avec un peu trop de zèle les préceptes du traitement de l’information sur la Corée du Nord. (le titre de l’article a depuis été changé)

Ce pays est une no-go zone de la déontologie journalistique. Les infos sur la Corée du Nord sont reprises dans la presse mondiale le plus souvent sans aucune vérification. C’est pourtant le pays dont les nouvelles sont le plus sujet à caution, les sources les plus partiales: avec la propagande nord-coréenne d’un côté, les services secrets sud-coréens et les réfugiés au Sud de l’autre.

Le ministre exécuté au canon antiaérien

Le 13 mai, donc, on apprenait que Hyon Yong-chol, le ministre de la Défense nord-coréen, avait été exécuté au canon antiaérien, notamment parce qu’il s’était endormi pendant des célébrations militaires. L’info donnée par les services secrets sud-coréens a fait le tour du monde et occasionné ce superbe push du Point.fr. Avant de passer rapidement au conditionnel, les services secrets sud-coréens n’étant plus si sûrs de leur renseignement.

Evidemment, personne n’avait vérifié l’info, et il sera bien difficile d’avoir le fin mot de l’histoire. La Corée du Nord est un pays totalement fermé, comme le notait le correspondant de l’AFP à Séoul: «Différencier les faits de la fiction est quasi-impossible à propos de la Corée du Nord, dont le régime verrouille tous les canaux d’information et de communication, rendant difficile la vérification des rumeurs. Parallèlement, l’intérêt de la presse internationale est énorme. Surtout lorsqu’il s’agit d’histoires à sensations qui confortent le public dans sa perception de la Corée du Nord comme un pays étrange, brutal et arriéré.»

«Une règle journalistique tacite»

Il y a comme un malaise : derrière l’insolite, le lol et le pittoresque, il y a un régime totalement fermé sur l’extérieur, qui torture ses opposants, détient l’arme nucléaire et reste en guerre latente avec la Corée du Sud. Le démenti des services secrets sud-coréens, obligeant à corriger l’info sur l’exécution du ministre de la Défense, semble avoir été un petit électrochoc dans la presse. France24 a publié un mea cupla sur son site: «C’est une sorte une règle journalistique tacite qui ne s’applique qu’à la Corée du Nord. Presque tous les médias occidentaux – et France24 ne fait pas exception – la respectent scrupuleusement : ignorer l’un des fondamentaux de la profession, la vérification de l’information. Ainsi se retrouvent-ils à relayer les rumeurs (exotiques, cruelles ou insolites) concernant la dictature du leader nord-coréen Kim Jong-un.»

Mais d’où vient cette «règle journalistique tacite», comme l’écrit France 24 ? Sans doute de la rubrique dans laquelle est reléguée l’information sur la Corée du Nord : l’info buzz.

Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed

En dépit de l’impitoyable dictature qui y règne, la Corée du Nord est souvent traitée dans les pages buzz des sites web, et non dans les pages International. Le pays rentre dans ce champ indifférenciant qu’est l’info buzz, où des lamas dans le tramway de Bordeaux ou dans les rues de Phoenix et des controverses sur des robes bleues ou blanches côtoient des exécutions sommaires d’opposants politiques, le tout dans un grand rire général. Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed et pas Le Monde Diplomatique.

L’exemple le plus frappant se trouve sur le très respectable Monde.fr. Big Browser, le blog consacré aux contenus viraux, et seul lieu du site pouvant héberger une polémique sur la couleur d’une robe, s’est fait une spécialité des sujets sur la Corée du Nord.

Big Browser a publié pas moins d’une cinquantaine d’articles sur la Corée du Nord, traité le plus souvent avec une légèreté inhabituelle pour le quotidien du soir: «Kim Jong-un vous manque, et tout est dépeuplé», «La guerre du sapin de Noël aura-t-elle lieu?», «Comment Björn Borg a fait bombarder Pyongyang de caleçons roses». Même les sujets sur la famine y sont traités sous un angle «insolite». Contacté par mail, Vincent Fagot, rédacteur en chef du Monde.fr, tient à rappeler que la Corée du Nord est davantage traitée par Le Monde en rubrique International.

Une info qui confirme nos fantasmes

La particularité de l’info buzz — qui explique le traitement réservé à la Corée du Nord — est qu’elle circule le plus souvent sur le mode du bouche-à-oreille, avec des critères de vérification très limités et un contenu altéré au fil des reprises et des traductions. Ce type de format journalistique ne cherche pas à dire le vrai. La vérité de l’info buzz est celle qu’on veut bien entendre. C’est une info qui se conforme à nos attentes, qui confirme nos fantasmes et nos bonnes blagues.

Les articles sur la Corée du Nord ne nous disent pas «Le monde est dangereux» comme souvent les articles des pages International, mais plutôt «Le monde est fou». La Corée du Nord est une dictature acidulée, où s’épanouissent un dictateur à la coupe de hipster et de charmantes licornes. Chaque nouvel article doit nous renforcer dans cette vision du «royaume de l’absurde».

Ce moment où la réalité dépasse la fiction

Dans L’Esprit du Temps en 1962, Edgar Morin donnait une définition parfaite de l’info buzz. Il parlait alors des faits divers dans la presse: «Tout ce qui dans la vie réelle ressemble au roman ou au rêve est privilégié.» C’est exactement ce qui se passe dans le champ de l’info buzz, dans lequel les médias cherchent dans l’actualité, la vie réelle, des récits qui ont des apparences de fiction.

L’info buzz jubile de ce moment où la réalité dépasse la fiction, où une news sur Kim Jong-un devient plus drôle que The Interview, le film de Seth Rogen sur la Corée du Nord, où LeMonde.fr peut rivaliser avec le Gorafi. La Corée du Nord est reléguée au rayon buzz car les images qui nous arrivent du pays, via la propagande nord-coréenne, sont celle d’un grand Disneyland, un décor de carton-pâte dans lequel évolue le poupin Kim Jong-un.

Kim Jong-un au milieu des tortues

C’est une leçon pour les communicants de toute la planète: pour que les médias reprennent un message, il suffit de les penser comme une scène de mauvais téléfilm, organisé autour d’une figure reconnue de la culture pop, comme l’est Kim-Jong-un. Il faut être le moins crédible, le plus proche de la fiction, pour que l’info buzz s’en empare.

Ainsi, pour faire passer l’austère information que le dirigeant nord-coréen s’active pour améliorer l’élevage dans son pays, le Parti du travail a diffusé dans son journal une photo de Kim Jong-un hurlant sur des dignitaires du régime, au milieu d’un élevage de tortues. Mission accomplie.

Voir également:

Kim Jong Il’s ‘Cashbox’

Claudia Rosett

Forbes

4/15/2010

Despite all the pomp and nuclear summitry, North Korea keeps sliding down President Barack Obama’s to-do list. Yet something must be done. The threat here is not solely North Korea’s own arsenal, or its role, despite U.S. and United Nations sanctions, as a 24/7 convenience store for rogue regimes interested in weapons of mass destruction plus delivery systems. The further problem is that North Korea provides perverse inspiration for other despotisms.

While Obama talks about a world without nuclear weapons, Kim Jong Il sets tyrants everywhere a swaggering example of how to build the bomb and get away with it. Indeed, if recluse weirdo Kim can have the bomb, how on earth could Iran’s ayatollahs face themselves in the mirror every morning if they don’t have one too?

In the new millennium, Pyongyang has been blazing a proliferation trail that includes illicit nuclear tests in 2006 and 2009; illicit tests of ballistic missiles; and such extravagant stuff as help for Syria in building a secret nuclear reactor (which might even now be cranking out plutonium for bombs, had the Israelis not destroyed it with an air strike in 2007). Coupled with such North Korean habits as vending missiles and munitions to the likes of Syria, Iran and Iran’s Lebanon-based terrorist clients, Hezbollah, all this is a wildly dangerous mix.

So what to do about North Korea? Over the past 16 years, nuclear talks and freeze deals have repeatedly failed, under both presidents George W. Bush and Bill Clinton. Asked about North Korea in a press conference at the close of this week’s nuclear summit in Washington, Obama gave the vague reply that he hoped economic pressure would lead to a resumption of the six-party talks. But he ducked the question of why sanctions have failed to halt North Korea’s nuclear program, saying “I’m not going to give you a full dissertation on North Korean behavior.”

OK, it’s not Obama’s job to deliver dissertations on North Korea. But he missed a fat opportunity to say something genuinely informed and useful. The president–and his entire foreign policy team–ought to be reading and talking (loudly) about the material contained in a highly readable 36-page monograph published just last month by the Strategic Studies Institute of the Army War College: “Criminal Sovereignty: Understanding North Korea’s Illicit International Activities.”

This study is co-authored by three men who share an unusually clear-eyed interest in exploring the nitty-gritty of North Korea’s inner workings, Paul Rexton Kan, Bruce E. Bechtol Jr. and Robert Collins. Among them, going back more than three decades, they have more experience observing North Korea than some of the high-profile diplomats who have parleyed with Pyongyang in recent years from the five-star hotels of Beijing and Berlin. For this publication the three analysts draw on congressional testimony, press reports from around Asia and interviews with North Korean defectors (a resource too often ignored or underutilized by Washington officialdom).

“Criminal Sovereignty” focuses not on proliferation per se, but on a curious institution within North Korea’s government, usually referred to as Bureau No, 39. And what, exactly, is Bureau No. 39?

Located in a heavily guarded concrete building in downtown Pyongyang, Bureau No. 39 is the nerve center of North Korea’s state-run network of international crime. Its official name is Central Committee Bureau 39 of the Korean Workers’ Party. The authors refer to it by what Bechtol says is the more accurately nuanced translation of “Office No. 39.”

The mission of Office No. 39 is to generate torrents of cash for North Korean ruler Kim Jong Il, by way of illicit activities abroad. Favorite rackets include international trafficking of drugs produced under state supervision in North Korea, and state production and laundering into world markets of counterfeit U.S. currency, and cigarettes. Such activities are tied directly to the survival of Kim’s regime. The authors report “the crimes organized by Office No. 39 are committed beyond the borders of North Korea by the regime itself, not solely for the personal enrichment of the leadership, but to prop up its armed forces and to fund its military programs.”

What sets Office No. 39 apart from more pedestrian political corruption or organized crime is that this operation is not some wayward private gang or unauthorized appendage of government. It is an integral and institutionalized part of the North Korean regime. As such, it enjoys the perquisites and protective trappings of the modern nation-state, including the use of North Korean embassies and state-run businesses abroad, and the reluctance of other nations to intervene in the sovereign affairs of North Korea.

Office No. 39 is directly tied to Kim himself, who set it up way back in 1974, when his father, Kim Il Sung, was still in power. The authors explain: “This office was established for the explicit purpose of running illegal activities to generate currency for the North Korean government.” Since the 1991 Soviet collapse, which ended subsidies from Moscow, Office No. 39 has become ever more important, and especially over the past 10 years, its activities have become more prolific.

Office No. 39 continues to report directly to Kim, who took charge of the regime when his father died in 1994. According to a North Korean defector interviewed by the authors, Kim Kwang-Jin, who has firsthand knowledge of North Korean financial practices, Office No. 39 is also known to North Korean insiders as “the keeper of Kim’s cashbox.” Organized into 10 departments, specializing in various illicit activities, Office No. 39 serves as a slush fund through which billions of dollars have flowed over the years. In a bizarre personal touch, these funds are collected and presented periodically to Kim in aggregate amounts, labeled “revolutionary funds,” on such special occasions as his official birthday, Feb. 12, or the birthday of his late father, Kim Il Sung, April 15th.

This money is not spent on easing the miseries of millions of repressed and famished North Koreans. That effort–from which Kim also has a record of appropriating resources to sustain his regime–is left to the likes of international donors, contributing via outfits such as the United Nations. The authors explain that the profits of Bureau 39 help swell the offshore bank accounts of Kim’s regime, used not only to pay for his luxurious lifestyle, but to buy the loyalties and materials that underpin his totalitarian, nuclear-entwined military state.

If Office No. 39 enjoys the amenities of operating as part of the North Korean state, it is by the same token an avenue of vulnerability leading straight to Kim Jong Il. That was evident back in 2005, when the U.S. Treasury caused clear pain for Kim by targeting a major hub of Office No. 39 financial activities in Macau–only to be yanked off the case by a State Department desperate to coddle Kim into a nuclear freeze deal, which then flopped.

These days U.S. and U.N. efforts to corral North Korea seem focused narrowly on activities tied directly to nuclear proliferation. It’s been a while since Washington complained loudly about the rest of Kim’s rackets. Obama needs to think bigger, speak up and solicit the world’s help in cracking down much harder on the all the networks of Office No. 39. Emptying Kim’s cashbox could go farther toward ending the North Korean nuclear threat than any amount of six-party talks or summits.

Claudia Rosett, a journalist in residence with the Foundation for Defense of Democracies, writes a weekly column on foreign affairs for Forbes.

Voir encore:

Report: NKorea fires director of Kim’s finances
South Korean Foreign Minister Yu Myung-hwan, right, escorts Kurt Campbell, U.S. assistant secretary of state for East Asian and Pacific Affairs, during a photo call before their meeting at Yu’s office in Seoul, South Korea, Thursday, Feb. 4, 2010. (AP Photo/Lee Jae-won, Pool)
Kwang-Tae Kim
Associated Press

February 4, 2010

SEOUL, South Korea—The director of North Korean leader Kim Jong Il’s secret moneymaking « Room 39 » bureau has been fired, a news report said Thursday. Analysts said the move may be a way to get around international sanctions.

Kim Dong Un, head of the infamous « Room 39 » department said to control Kim’s family enterprises, was replaced by his deputy, Jon Il Chun, South Korea’s Yonhap news agency reported, citing an unidentified source familiar with North Korean affairs.
The National Intelligence Service, Seoul’s top spy agency, said it could not confirm the report. North Korean state media did not mention the personnel change.

Room 39 is described as the lynchpin of the North’s so-called « court economy » centered on the dynastic Kim family. The department is believed to finance his family and top party officials with business ventures — some legitimate and some not — that include counterfeiting and drug-smuggling.
The bureau oversees some 120 trading companies and mines, accounting for some 25 percent of North Korea’s total trade and employing up to 50,000 North Koreans, said Lim Soo-ho, a research fellow at the Samsung Economic Research Institute think tank.
He said the reported move to fire the Room 39 chief may be part of attempts to get around stringent international sanctions imposed on North Korea.
It was unclear which Room 39 companies or officials might be under U.N. sanctions, but North Korean firms frequently change names to evade scrutiny. And Kim, the Room 39 chief who was reportedly fired, had been blacklisted by the European Union in December, making his movements in Europe difficult and prompting the change in personnel, Yonhap said.

U.N. Security Council sanctions were tightened against North Korea after a May 2009 nuclear test. The order bans North Korea from exporting arms, calls for freezing assets, and forbids travel abroad for certain companies and individuals involved in the country’s nuclear and weapons programs.
The report came as the United States renewed its call for North Korea to return to talks aimed at ending the country’s nuclear weapons programs.
Assistant U.S. Secretary of State Kurt Campbell made the comments Thursday during a meeting with South Korean Unification Minister Hyun In-taek in Seoul, according to Hyun’s office.

The North wants a peace treaty with the U.S. formally ending the 1950-53 Korean War as well as the lifting of sanctions before returning to the disarmament negotiations it abandoned last year. Campbell said no discussion about easing sanctions, a peace treaty or diplomatic relations can take place before the disarmament talks are back on track, according to Yonhap.
A military fracas off the west coast last week emphasized the precarious security situation in the region.
The North fired rounds of artillery toward its disputed western sea border with South Korea, prompting the South to fire warning shots. No injuries or damage were reported.

North Korea has designated five new « naval firing zones » — four off the west coast and one off the east coast — effective from Feb. 6-8, Yonhap reported later Thursday citing an unidentified intelligence source.

Seoul’s Joint Chiefs of Staff said it could not confirm the report. It said Wednesday that the North had issued two separate « naval firing zones » off the west coast, effective from Feb. 5-8. Two other no-sail zones, also off the west coast, remain in place through March 29.

Voir enfin:

Trois idées reçues sur la Corée du nord
Claude Fouquet

Les Echos

10/10/15

 Pays peu ouvert en dépit de l’avalanche d’images diffusées depuis quelques jours par les télévisions invitées à venir couvrir l’anniversaire du parti unique, la Corée du nord est l’objet de nombreuses idées reçues.
Pays fermé à toute influence extérieure. Régime particulièrement violent qui exécute à tour de bras. Classe dirigeante qui vit à l’occidentale … les idées toutes faîtes circulent régulièrement sur la Corée du nord qui fête ce weekend les 70 ans de sa création. S’ils ne sont pas infondés, les clichés sur ce pays singulier cachent une réalité souvent plus complexe.

1) La Corée du nord est le pays le plus fermé du monde

C’est sans doute l’une des expressions qui, avec celle de « dictature communiste », revient le plus souvent. Pourtant s’il est de fait toujours difficile de s’y rendre et d’y voyager à son aise, force est de constater la multiplication depuis plusieurs années des sites et blogs photographiques consacrés à la Corée du nord. Et ces derniers ne publient pas que des photos volées et passées sous le manteau.

Afin de paraître moins hostile à l’extérieur, Pyongyang ouvre régulièrement la porte à certains médias. Mi-septembre par exemple, la chaîne américaine CNN a été autorisée à filmer l’un des centres spatiaux du pays. Bien sûr pas question de laisser les caméras pénétrer à l’intérieur. Les officiels, sagement assis sur des chaises à l’extérieur d’un bâtiment dont l’architecture rappelle le vaisseau spatial « Enterprise » dans la série de science-fiction Startrek, y regrettent même de ne pouvoir y guider les journalistes.

Plus anecdotique mais révélateur, le traditionnel marathon de Pyongyang qui était réservé aux coureurs professionnels (nord-coréens et étrangers) jusqu’en 2013 est désormais ouvert à tous. Et, comme ce qui se passe en Corée du nord n’est pas à un paradoxe près, sur les deux principales agences qui font la promotion de cet événement, l’une est anglaise et a ses bureaux à Pékin, et l’autre est américaine et située dans l’Etat du New Jersey.

2) Les exécutions sont plus nombreuses que par le passé

Début juillet, le chiffre a commencé à circuler sur Internet. Kim Jong-un aurait, depuis la fin 2011 et son arrivée au pouvoir, exécuté environ 70 personnes. Bien plus que son père, Kim Jong Il qui n’aurait exécuté par exemple « que 10 personnes » lors de sa première année au pouvoir. Mais cette affirmation, qui ne concerne que les personnalités importantes et les dirigeants, est difficile à vérifier.

Tout d’abord, Pyongyang reconnaît rarement les condamnations et, de ce fait, les exécutions : celle de l’oncle de Kim Jong-un, le vice-président de la Commission de défense nationale, est en effet l’une des rares a avoir été officiellement reconnue. Ensuite, même les sources extérieures réputées les mieux informées reconnaissent parfois des imprécisions. Ainsi, les renseignements sud-coréens (NIS), qui affirmaient le 13 mai dernier que le ministre nord-coréen de la Défense avait été exécuté (au canon anti-aérien ou au missile selon les interprétations qui ont circulé), expliquaient le lendemain ne pas pouvoir vérifier s’il avait bien été passé par les armes.

De même, Ma Won-chun, le directeur du bureau de planification de la Commission de défense nationale, que l’on croyait avoir été purgé, est réapparu en public cette semaine. Presque 11 mois après sa dernière apparition publique.

3) Seule la classe dirigeante profite d’un certain confort économique

Pyongyang n’est pas avare en images montrant ses avancées et son développement (comme par exemple le nouvel aéroport international de Pyongyang) et le sentiment général, y compris en Corée du sud, est que les choses semblent bouger un peu, principalement dans la capitale où la population paraît pouvoir goûter aux délices d’une certaine forme de société de consommation.

En témoignent les images ramenées de la 11ème Foire commerciale de Pyongyang par un photographe de Singapour qui anime le site « DPKR 360 ». L’occasion de constater que certains prix sont libellés en dollars américains (2 dollars pour une paire de lunettes de soleil), qu’un stand d’équipement de cuisine est tenu par une co-entreprise germano-nord coréenne tandis qu’un autre propose des ordinateurs de marque sud-coréenne Asus. Et bien sûr de nombreuses marques locales.

Et plus récemment, une délégation nord-coréenne s’est rendue à Singapour pour comprendre notamment comment aider le développement de start-up.

Mais la photo publiée le 26 septembre dernier sur Twitter par l’astronaute Scott Kelly parle d’elle-même et relativise ces avancées. On y voit en effet la péninsule coréenne de nuit et vue de l’espace. Et la zone sombre de la Corée du nord où le seul point lumineux correspond à la capitale contraste avec la situation des voisins chinois et sud-coréens largement illuminés.

Un signe que la politique d’autosuffisance et d’indépendance nationale, maîtres-mots jusqu’à ces dernières années du développement du pays, ne porte sans doute pas ses fruits.

 


Russie: Ce qui reste du communisme quand on a tout oublié (Last refuge of the scoundrel: For Putin’s new robber baron Russia, anti-Americanism is the name of the game)

25 septembre, 2013
https://i1.wp.com/media.hoover.org/sites/default/files/imagecache/large/images/digest20033_satter1.jpgUn des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis. Thérèse Delpech
La destruction de l’URSS fut la plus grande catastrophe géopolitique du siècle. Poutine (25.04. 05)
Les dirigeants européens et américains espèrent que les tyrans et les autocrates du monde vont disparaître tout seuls. Mais les dinosaures comme Vladimir Poutine, Hugo Chávez et les ayatollahs iraniens ne vont pas s’effacer comme cela. Ils ne doivent leur survie qu’au manque de courage des chefs du Monde libre. Garry Kasparov
Les lecteurs dans d’autres pays pourront être tentés de se réjouir, un tant soit peu, des difficultés des États-Unis. Une telle réaction ne devrait surprendre personne. Les États-Unis et ceux qui les représentent ont été accusés d’arrogance, car les États-Unis peuvent souvent être considérés comme une nation incontournable, mais il serait préférable si c’étaient les autres pays qui attiraient l’attention sur ce point. De plus, les exemples d’incohérences entre ce que les États-Unis pratiquent et ses principes suscitent à juste titre des accusations d’hypocrisie. La source de ressentiment réside dans le fait que les États-Unis n’appliquent pas les principes que ses propres représentants prêchent aux autres. Mais, comme pour d’autres tentations, il est de mise de résister à l’envie de se réjouir des imperfections et des difficultés des États-Unis. Les gens du monde entier doivent prendre garde de ne pas souhaiter trop fort que les États-Unis ne réussissent pas à résoudre ses problèmes intérieurs, car le prix d’un tel dénouement pourrait bien être exorbitant. En fait, le reste du monde a presque autant d’intérêt au succès des États-Unis que les Américains eux-mêmes. Une partie de la raison est économique. L’économie américaine compte encore pour le quart de la production mondiale. L’accélération de la croissance américaine augmentera le pouvoir d’achat des États-Unis pour des biens et services d’autres pays, améliorant du même coup les perspectives de croissance mondiale. Au moment où l’économie de l’Europe est à la dérive et où celle de l’Asie se refroidit, les États-Unis (ou, plus précisément, l’Amérique du Nord) ont le potentiel de remettre l’économie mondiale sur les rails de la relance. Les États-Unis sont encore un formidable creuset d’innovations. La plupart des citoyens du monde communiquent par l’entremise d’appareils portables dont la technologie est issue de Silicon Valley; comme l’Internet qui a pris son essor en Amérique. Plus récemment, de nouvelles technologies créées en Amérique augmentent grandement la capacité d’extraction de pétrole et de gaz naturel. Ces technologies de forage sont en train de faire le tour de la planète entière, ce qui permet à d’autres sociétés d’accroître leur production énergétique et de diminuer leur dépendance sur les importations tout en réduisant leurs émissions de carbone. Les États-Unis sont également une source inépuisable d’idées. Ses universités de classe internationale forment une forte proportion des futurs dirigeants du monde. Plus fondamentalement, les États-Unis ont été à la fine pointe de tout ce que les économies de marché et la démocratie politique peuvent accomplir. Les gens et les gouvernements du monde entier seront d’autant plus ouverts que le modèle américain sera perçu comme une réussite. Enfin, la communauté internationale fait face à plusieurs défis importants : elle doit stopper la prolifération des armes de destruction de masse, lutter contre les changements climatiques et maintenir un ordre économique mondial qui facilite le commerce et l’investissement. Elle doit aussi se préoccuper de la réglementation des pratiques dans le cyberespace, de l’amélioration de la santé dans le monde et de la prévention de conflits armés. Ces problèmes ne s’en iront pas de sitôt et ne se régleront pas d’eux-mêmes. Même si la « main invisible » d’Adam Smith est ce qui fait fonctionner le libre marché, elle est inopérante dans le monde de la géopolitique. Pour atteindre un certain équilibre dans les affaires mondiales, une main dirigiste visible est nécessaire pour formuler et réaliser des solutions mondiales aux problèmes mondiaux. Ne nous méprenons pas ! Rien de tout cela ne veut dire que les États-Unis puissent vraiment régler tous les problèmes du monde. L’unilatéralisme produit rarement l’effet désiré. Ce n’est pas simplement que les États-Unis n’en ont pas les moyens ; la nature même des problèmes mondiaux contemporains nous permet de penser que seules les mesures collectives ont de bonnes chances de réussite. Évidemment, il est plus facile de faire l’apologie de solutions multilatérales que de les formuler et de les mettre en œuvre. Pour l’instant, un seul candidat est prêt à jouer ce rôle : les États-Unis. Aucun autre pays n’a la combinaison requise de la capacité et de la volonté de le faire. Richard Haas
Je veux aller porter le témoignage de notre reconnaissance, éternelle, au combat des Russes lors de cette bataille. (…) Je pense que les Russes sont profondément européens. Ils appartiennent pour une très large part à la civilisation européenne, et c’est une raison suffisante pour mettre en œuvre tous les efforts nécessaires afin de faire progresser cette unité du continent européen. L’avenir commun de la Russie et de l’Europe est dans ce partenariat stratégique qui a été proposé. François Fillon
La politique de « redémarrage » des relations russo-américaines proposée par le président Obama a été interprétée à Moscou comme l’indice de la prise de conscience par les Américains de leur faiblesse, et par conséquent comme une invitation à Moscou de pousser ses pions (…) Le contrat d’achat des Mistrals présente un triple avantage: d’abord, la Russie acquiert des armements de haute technologie sans avoir à faire l’effort de les développer elle-même ; deuxièmement, elle réduit à néant la solidarité atlantique et la solidarité européenne ; troisièmement, elle accélère la vassalisation du deuxième grand pays européen après l’Allemagne. Un expert russe a récemment comparé cette politique à celle de la Chine face aux Etats-Unis : selon lui, à Washington le lobby pro-chinois intéressé aux affaires avec la Chine est devenu si puissant que les Etats-Unis sont désormais incapables de s’opposer à Pékin; la même chose est déjà vraie pour l’Allemagne face à la Russie et elle le sera pour la France après la signature du contrat sur les Mistrals. (…) Aujourd’hui, Moscou (…) se pose en rempart de la civilisation « du Nord », ce qui ne manque pas de sel quand on se souvient avec quelle persévérance Moscou a défendu le programme nucléaire iranien, contribuant grandement à l’émergence de cette « menace » du Sud, et avec quel enthousiasme elle célébrait, il y a un an encore, le naufrage de la civilisation occidentale. (…) On l’a vu dans les années 1930, la présence d’un Etat revanchard sur le continent européen peut réduire à néant toutes les tentatives de fonder un ordre international sur le droit et l’arbitrage. Françoise Thom
During the reform period, which witnessed a massive effort to remake Russian society and the Russian economy, Russia once again fell victim to a false idea. The victory over communism was a moral victory. Millions took to the streets not because of shortages but in protest over communism’s attempt to falsify history and change human nature. As a new state began to be built, however, all attention shifted to the building of capitalism and, in particular, to the creation of a group of wealthy private owners whose control over the means of production, it was assumed, would lead automatically to a free market economy and a law-based democracy. This approach, dubious under the best of conditions, could not but be disastrous in the case of Russia. It meant that, in a country with a need for moral values after more than seven decades of spiritual degradation under communism, the introduction of capitalism came to be seen as an end in itself. (…) The decision to transform the economy of a huge country without the benefit of the rule of law led not to a free market democracy but to a kleptocracy with several dangerous economic and psychological features. (…) Perhaps more important than these economic features, however, was the new system’s social psychology, which was characterized by mass moral indifference. If under communism, universal morality was denied in favor of the supposed “interests of the working class,” under the new reform government, people lost the ability to distinguish between legal and criminal activity. (…) The young reformers were lionized in the West, but, as the years passed and the promised rebirth of Russia did not materialize, arguments broke out in Russia over whether progress was being prevented by the resistance of the Duma, inadequate assistance from the West, or the inadequacies of the Russian people themselves. These arguments, however, had a surrealistic quality because they implicitly assumed that, with the right economic combination, it was possible to build a free market democracy without the rule of law. In fact, a market economy presupposes the rule of law because only the rule of law is able to assure the basis of a free market’s existence, which is equivalent exchange. Without law, prices are dictated not by the market but by monopolization and the use of force. The need for a framework of law was particularly pronounced in the case of Russia because socialism for ordinary Russians, in addition to being an economic system, was also a secular religion that lent a powerful, albeit false, sense of meaning to millions of lives. When the Soviet Union fell, it was necessary to replace not only the socialist economic structures but also the “class values” that gave that system its higher sanction. This could only be done by establishing the authority of transcendent, universal values, which, as a practical matter, could only be assured by establishing the rule of law. David Satter
Russian anti-Americanism is likely to intensify. Unlike the Soviet Union, Russia has no universal ideology capable of inspiring loyalties that transcend national boundaries. Anti-Americanism is a kind of substitute. It allows Russia to carve out a prominent role for itself in world affairs that it could never have if it were concerned only with acting positively. At the same time, the regime is threatened by a deteriorating economy. In the second quarter of this year, growth fell to 1.2%. During the 2000s, the rate was 7.2%. Because of its immense corruption, Russia is critically dependent on high oil prices, and these are supported by Middle East instability. Under such circumstances, the U.S. is not only a helpful distraction but a convenient scapegoat. Mr. Putin is losing support in Moscow, but his defense of the Assad regime evokes nostalgia for the Soviet empire and strengthens his support among the conservative and provincial part of the population. As Mr. Putin’s political position weakens further, his antagonism toward the U.S. will almost certainly increase.(…) At the same time, and probably more important, anti-Americanism can be used to distract Russians from the corruption of the Putin regime and the pillaging of the country. Mr. Putin and his associates stand at the apex of a corrupt system and, according to some estimates, control 15% of the national wealth. During protest demonstrations last year over the falsification of elections, Mr. Putin was openly referred to as a « thief, » a serious development in a society where the charge is widely believed but usually not made publicly. David Satter

Quand la Russie redécouvre les vertus de ce qui reste du communisme quand on a tout oublié

Corruption systématisée, violence institutionnalisée, pillage, indifférence morale généralisée …

A l’heure où, face au plus velléitaire des présidents américains et de la Syrie à l’Iran et à l’Affaire Snowden, la Russie de Poutine semble engranger les succès diplomatiques …

Pendant que, fidèle à son habitude, la France de l’Obama corrézien reprend à son compte avec les bonimenteurs de Téhéran (ou de Moscou pour l’opposition) la politique de « redémarrage » dont on a vu l’efficacité avec la Russie …

Remise des pendules à l’heure avec le politologue américain David Slatter sur une kleptocratie russe …

Réduite, face à une économie étouffée par la corruption, à attiser les flammes de l’instabilité au Moyen-Orient pour faire remonter les prix du pétrole qui ont fait sa fortune …

Et contrainte, face à son discrédit intérieur, à jouer la facile diversion de l’anti-américanisme …

Russia’s Anti-American Foreign Policy

Putin needs high oil prices and a distraction from his domestic troubles.

David Satter

The Wall Street Journal

September 22, 2013

Moscow

The difference in values between the U.S. and Russia—and the subordination of Russian foreign policy to the personal interests of the members of a corrupt regime—should have been obvious to the Obama administration from the beginning. But it did nothing to forestall the policy of « reset. » At the 2009 Moscow Summit, Mr. Obama praised the « extraordinary work » that Vladimir Putin, who was then officially the prime minister, had done for Russia. Mr. Obama described Mr. Putin as « sincere, just and deeply interested in the welfare of the Russian people. »

The praise was never reciprocated, in part because Russian leaders fear and distrust their own population, and they understand that Western advocacy of the rule of law and human rights is a potential threat to their rule. In recent years, U.S. officials have often said that it is difficult to solve the world’s problems without Russia. Unfortunately, it is often even harder to solve them with it.

The U.S. needs three things from Russia: understanding in defense matters, assistance in the war on terror, and help in curbing the ambitions of rogue states. In each case, the record of the Putin regime is one of relentless obstruction.

One source of conflict has been Russian objections to U.S. plans to construct an antimissile shield in Europe to protect U.S. allies against an attack from Iran. Russia has treated the shield as a threat to its nuclear deterrent, despite the opinion of Russia’s own experts that the missiles pose no threat to the Russian ICBM force and are intended for a completely different purpose.

In 2009, Mr. Obama canceled plans for antimissile installations in Poland and the Czech Republic, in part to improve U.S.-Russian relations. But the U.S. is now preparing to station interceptors in Romania. In response, Russia is demanding legal guarantees that the missiles will not be used against Russia and is threatening to target U.S. missile-defense sites if there is no agreement.

NATO Secretary-General Anders Fogh Rasmussen described the Russian position as « crazy. » « You can’t in any rational way think that NATO constitutes a threat against Russia, » he told the AP in February 2012. « It’s a complete waste of money to deploy offensive weapons and capabilities against NATO territory. »

Russia has also undermined U.S. efforts to combat terror. Two striking recent examples are the cases of the Boston Marathon bomber, Tamerlan Tsarnaev, and the NSA leaker, Edward Snowden.

Tsarnaev spent six months in the Dagestan region of Russia in 2012 before the attack on April 15. Two of his contacts, Mahmud Nigal, a suspected link with the Islamist underground, and William Plotnikov, a Russian-Canadian Islamic radical, were killed by Russian forces while he was there. Yet the Russians insist that Tsarnaev was not under surveillance in Dagestan and never questioned. If this is true, it is in complete contradiction to all known Russian practice. Tsarnaev left Russia freely through Moscow’s Sheremetevo Airport and the Federal Security Service never warned the U.S. about his contacts in Dagestan.

Russia also showed little concern for efforts to protect U.S. civilians in its decision to shelter Edward Snowden. In light of the quantity and quality of what Mr. Snowden stole, an adequate damage assessment depends on getting him back to the U.S. Until that happens, the efforts of the NSA and other agencies to defend the U.S. against terror are going to be crippled.

Aware of this, Mr. Putin seems to be mainly concerned with subjecting the U.S. to ridicule. The Russian media have published articles about Mr. Snowden’s « new life, » « proposals of marriage » and a future career defending human rights. At the same time, although Mr. Putin said that a condition of Mr. Snowden’s asylum was that he « stop harming our American partners, » the leaks of NSA information have continued.

Russian obstruction of the U.S. has had its gravest consequences, however, in interstate relations. Russia has defended Iran against Western economic sanctions, arguing that they are « a violation of international law. » Moscow also has been unswerving in its support for Bashar Assad in Syria, from voting to block three U.N. Security Council resolutions on sanctions against Syria to insisting that the chemical-weapons attack on Aug. 21 that killed more than 1,400 Syrians was carried out by the rebels.

The U.S. will now try to enforce a U.S.-Russian agreement on the elimination of Syria’s chemical weapons under conditions in which Russia and Syria can use delay, obfuscation and disinformation to string out the process indefinitely. Meanwhile, the Syrian opposition, which has endured chemical-weapons attacks without seeing a serious response from the civilized world, is likely to continue to radicalize.

Russian anti-Americanism is likely to intensify. Unlike the Soviet Union, Russia has no universal ideology capable of inspiring loyalties that transcend national boundaries. Anti-Americanism is a kind of substitute. It allows Russia to carve out a prominent role for itself in world affairs that it could never have if it were concerned only with acting positively.

At the same time, and probably more important, anti-Americanism can be used to distract Russians from the corruption of the Putin regime and the pillaging of the country. Mr. Putin and his associates stand at the apex of a corrupt system and, according to some estimates, control 15% of the national wealth. During protest demonstrations last year over the falsification of elections, Mr. Putin was openly referred to as a « thief, » a serious development in a society where the charge is widely believed but usually not made publicly.

At the same time, the regime is threatened by a deteriorating economy. In the second quarter of this year, growth fell to 1.2%. During the 2000s, the rate was 7.2%. Because of its immense corruption, Russia is critically dependent on high oil prices, and these are supported by Middle East instability.

Under such circumstances, the U.S. is not only a helpful distraction but a convenient scapegoat. Mr. Putin is losing support in Moscow, but his defense of the Assad regime evokes nostalgia for the Soviet empire and strengthens his support among the conservative and provincial part of the population. As Mr. Putin’s political position weakens further, his antagonism toward the U.S. will almost certainly increase.

In the wake of the Russian initiative over Syria, the U.S. is now much more reliant on Russia than it should ever have permitted itself to be. In our fixation with « deliverables, » we forgot that what really matters in relations between states are intangibles, such as good faith. That’s something Mr. Putin has not shown toward America in the past, and U.S. policy makers would be unwise to rely on it in the future.

Mr. Satter is affiliated with the Hudson Institute, Johns Hopkins University and the Foreign Policy Research Institute in Philadelphia. He is the author, most recently, of « It Was a Long Time Ago and It Never Happened Anyway: Russia and the Communist Past » (Yale, 2011).

Voir aussi:

The Rise of the Russian Criminal State

David Satter

Hoover Digest

July 30, 2003

During the decade following the fall of communism, Russia became mired in poverty and crime. Hoover fellow David Satter explains what went wrong.

Few at that time could have foreseen the outlines of what exists today. Many former communist countries, in the intervening years, experienced a rebirth of freedom, but Russia came to be dominated by poverty, intimidation, and crime.

The reason is that, during the reform period, which witnessed a massive effort to remake Russian society and the Russian economy, Russia once again fell victim to a false idea.

The victory over communism was a moral victory. Millions took to the streets not because of shortages but in protest over communism’s attempt to falsify history and change human nature. As a new state began to be built, however, all attention shifted to the building of capitalism and, in particular, to the creation of a group of wealthy private owners whose control over the means of production, it was assumed, would lead automatically to a free market economy and a law-based democracy.

This approach, dubious under the best of conditions, could not but be disastrous in the case of Russia. It meant that, in a country with a need for moral values after more than seven decades of spiritual degradation under communism, the introduction of capitalism came to be seen as an end in itself.

No Questions Asked

The “young reformers” were in a hurry to build capitalism, and they pressed ahead in a manner that paid little attention to anything except the transformation of economic structures.

“The calculation was sober,” said Aliza Dolgova, an expert on organized crime in the office of the general prosecutor. “Create through any means a stratum in Russia that could serve as the support of reform. . . . All capital was laundered and put into circulation. No measures of any kind were enacted to prevent the legalization of criminal income. No one asked at [privatization] auctions: Where did you get the money? Enormous sums were invested in property and there was no register of owners. A policy similar to this did not exist in a single civilized country.”

Kleptocracy in the Guise of Reform

The decision to transform the economy of a huge country without the benefit of the rule of law led not to a free market democracy but to a kleptocracy with several dangerous economic and psychological features.

In the first place, the new system was characterized by bribery. All resources, at first, were in the hands of the state; businessmen thus competed to “buy” critical government officials. The winners were in a position to buy more officials, with the result that the practice of giving bribes grew up with the system.

Besides bribery, the new system was marked by institutionalized violence. Gangsters were treated like normal economic actors, which tacitly legitimized their criminal activities. At the same time, they became the partners of businessmen who used them as guards, enforcers, and debt collectors.

The new system was also characterized by pillage. Money obtained as a result of criminal activities was illegally exported to avoid the possibility of its being confiscated at some point in the future. This outflow deprived Russia of billions of dollars in resources that were needed for its development.

Perhaps more important than these economic features, however, was the new system’s social psychology, which was characterized by mass moral indifference. If under communism, universal morality was denied in favor of the supposed “interests of the working class,” under the new reform government, people lost the ability to distinguish between legal and criminal activity.

Official corruption came to be regarded as “normal,” and it was considered a sign of virtue if the official, in addition to stealing, also made an effort to fulfill his official responsibilities. Extortion also came to be regarded as normal, and vendors, through force of habit, began to regard paying protection money as part of the cost of doing business.

At the same time, officials and businessmen took no responsibility for the consequences of their actions, even if they led to hunger and death. Government officials helped organize pyramid schemes that victimized persons who were already destitute, police officials took bribes from leaders of organized crime to ignore extortion, and factory directors stole funds marked for the salaries of workers who had already gone months without pay.

Lawlessness

The young reformers were lionized in the West, but, as the years passed and the promised rebirth of Russia did not materialize, arguments broke out in Russia over whether progress was being prevented by the resistance of the Duma, inadequate assistance from the West, or the inadequacies of the Russian people themselves. These arguments, however, had a surrealistic quality because they implicitly assumed that, with the right economic combination, it was possible to build a free market democracy without the rule of law.

In fact, a market economy presupposes the rule of law because only the rule of law is able to assure the basis of a free market’s existence, which is equivalent exchange. Without law, prices are dictated not by the market but by monopolization and the use of force.

The need for a framework of law was particularly pronounced in the case of Russia because socialism for ordinary Russians, in addition to being an economic system, was also a secular religion that lent a powerful, albeit false, sense of meaning to millions of lives. When the Soviet Union fell, it was necessary to replace not only the socialist economic structures but also the “class values” that gave that system its higher sanction. This could only be done by establishing the authority of transcendent, universal values, which, as a practical matter, could only be assured by establishing the rule of law.

A Cautionary Tale

On May 10, 1997, the Greek police found in a shallow grave under an olive tree, two miles from the Athenian suburb of Saronida, the dismembered body of Svetlana Kotova, one of Russia’s top models and a former “Miss Russia.” It was learned that she had been the guest of Alexander Solonik (Sasha Makedonsky), Russia’s number one professional killer who had himself been found strangled three months earlier in the Athenian suburb of Baribobi.

Svetlana’s story evoked intense interest in Russia because of her youth and beauty and because there was something about the romance between a 21-year-old beauty queen and a professional killer that was symbolic of the condition of modern Russia.

Svetlana met Solonik in a Moscow nightclub on New Year’s night, 1997, and traveled to Greece on January 25 at his invitation. She was met at the bottom of the staircase from the airplane with armloads of flowers. Waiting for her was a Mercedes with an elegant chauffeur. The rent on the villa where she stayed was about $90,000 a year. There was a swimming pool, gym, basketball court, golf course, and gardens with sculptures. From the 26th on, she called her mother every evening and said that this was not life but a miracle.

In the villa and in Solonik’s car were a large quantity of firearms and other weapons, but it is not known whether Svetlana was aware of them. For five nights, she lived as if in a dream, but on the 30th, gangsters from the Kurgan criminal organization, a supplier of hired killers to the Russian underworld, arrived at the villa. While they were talking to Solonik, someone threw a thin cord around his neck and strangled him from behind. The visitors then came for Svetlana, who was on the second floor.

When word of Svetlana’s murder was released, the Russian newspapers were full of her pictures: Svetlana with flowing black hair in a long black gown with thin shoulder straps, Svetlana in a bathing suit looking out shyly from behind spread fingers, Svetlana with her head cupped in her hands, Svetlana in an evening dress with her hair off her forehead in a bun. From her appearance, it seemed that no one could have been less prepared for the devilish game that she had fallen into.

Yet the fate of Svetlana Kotova had something in common with the fate of her nation, which was freely delivered into the hands of criminals during the period of reform. The rewards were quick and easy. There was a willful desire not to know.

It remains to be seen whether, in the long run, Russia will share Svetlana’s fate.

David Satter was a research fellow at the Hoover Institution from 2003 to 2008.

Adapted from David Satter’s new book Darkness at Dawn: The Rise of the Russian Criminal State. Published by Yale University Press (800.405.1619).

Voir par ailleurs:

Un monde sans l’Amérique

Richard N. Haas

Project syndicate

Apr 30, 2013

NEW YORK – Je voudrais d’emblée avancer l’idée assez peu répandue que les principales menaces avec lesquelles les États-Unis doivent composer maintenant ou dans un proche avenir ne découlent pas de la montée de la Chine, du comportement irrationnel de la Corée du Nord, d’un Iran doté de l’arme nucléaire, des nouvelles formes de terrorisme ou des changements climatiques. Même si ces facteurs constituent des menaces potentielles ou réelles, les enjeux les plus importants auxquels les États-Unis doivent faire face gravitent autour de sa dette galopante, de ses infrastructures en décrépitude, de la qualité médiocre de son système d’enseignement primaire et secondaire, de son système d’immigration désuet et de la faiblesse de sa croissance économique : tous des éléments qui affectent directement les forces vives de la nation américaine.

Les lecteurs dans d’autres pays pourront être tentés de se réjouir, un tant soit peu, des difficultés des États-Unis. Une telle réaction ne devrait surprendre personne. Les États-Unis et ceux qui les représentent ont été accusés d’arrogance, car les États-Unis peuvent souvent être considérés comme une nation incontournable, mais il serait préférable si c’étaient les autres pays qui attiraient l’attention sur ce point. De plus, les exemples d’incohérences entre ce que les États-Unis pratiquent et ses principes suscitent à juste titre des accusations d’hypocrisie. La source de ressentiment réside dans le fait que les États-Unis n’appliquent pas les principes que ses propres représentants prêchent aux autres.

Mais, comme pour d’autres tentations, il est de mise de résister à l’envie de se réjouir des imperfections et des difficultés des États-Unis. Les gens du monde entier doivent prendre garde de ne pas souhaiter trop fort que les États-Unis ne réussissent pas à résoudre ses problèmes intérieurs, car le prix d’un tel dénouement pourrait bien être exorbitant. En fait, le reste du monde a presque autant d’intérêt au succès des États-Unis que les Américains eux-mêmes.

Une partie de la raison est économique. L’économie américaine compte encore pour le quart de la production mondiale. L’accélération de la croissance américaine augmentera le pouvoir d’achat des États-Unis pour des biens et services d’autres pays, améliorant du même coup les perspectives de croissance mondiale. Au moment où l’économie de l’Europe est à la dérive et où celle de l’Asie se refroidit, les États-Unis (ou, plus précisément, l’Amérique du Nord) ont le potentiel de remettre l’économie mondiale sur les rails de la relance.

Les États-Unis sont encore un formidable creuset d’innovations. La plupart des citoyens du monde communiquent par l’entremise d’appareils portables dont la technologie est issue de Silicon Valley; comme l’Internet qui a pris son essor en Amérique. Plus récemment, de nouvelles technologies créées en Amérique augmentent grandement la capacité d’extraction de pétrole et de gaz naturel. Ces technologies de forage sont en train de faire le tour de la planète entière, ce qui permet à d’autres sociétés d’accroître leur production énergétique et de diminuer leur dépendance sur les importations tout en réduisant leurs émissions de carbone.

Les États-Unis sont également une source inépuisable d’idées. Ses universités de classe internationale forment une forte proportion des futurs dirigeants du monde. Plus fondamentalement, les États-Unis ont été à la fine pointe de tout ce que les économies de marché et la démocratie politique peuvent accomplir. Les gens et les gouvernements du monde entier seront d’autant plus ouverts que le modèle américain sera perçu comme une réussite.

Enfin, la communauté internationale fait face à plusieurs défis importants : elle doit stopper la prolifération des armes de destruction de masse, lutter contre les changements climatiques et maintenir un ordre économique mondial qui facilite le commerce et l’investissement. Elle doit aussi se préoccuper de la réglementation des pratiques dans le cyberespace, de l’amélioration de la santé dans le monde et de la prévention de conflits armés. Ces problèmes ne s’en iront pas de sitôt et ne se régleront pas d’eux-mêmes.

Même si la « main invisible » d’Adam Smith est ce qui fait fonctionner le libre marché, elle est inopérante dans le monde de la géopolitique. Pour atteindre un certain équilibre dans les affaires mondiales, une main dirigiste visible est nécessaire pour formuler et réaliser des solutions mondiales aux problèmes mondiaux.

Ne nous méprenons pas ! Rien de tout cela ne veut dire que les États-Unis puissent vraiment régler tous les problèmes du monde. L’unilatéralisme produit rarement l’effet désiré. Ce n’est pas simplement que les États-Unis n’en ont pas les moyens ; la nature même des problèmes mondiaux contemporains nous permet de penser que seules les mesures collectives ont de bonnes chances de réussite.

Évidemment, il est plus facile de faire l’apologie de solutions multilatérales que de les formuler et de les mettre en œuvre. Pour l’instant, un seul candidat est prêt à jouer ce rôle : les États-Unis. Aucun autre pays n’a la combinaison requise de la capacité et de la volonté de le faire.

Ce qui me ramène à l’argument que les États-Unis doivent remettre de l’ordre dans leurs affaires intérieures, sur les plans économiques, matériels, sociaux et politiques, pour que le pays puisse disposer des ressources requises pour assurer la paix dans le monde. Tout le monde devrait espérer que l’Amérique y arrive : la perspective d’un monde mené par les États-Unis n’est pas un monde dirigé par la Chine, l’Europe, la Russie, le Japon, l’Inde, ou tout autre pays, mais plutôt un monde qui serait à la dérive où crises et conflits chroniques régneraient fort probablement. Une situation dont les Américains pâtiraient certainement, mais également la grande majorité des habitants de la planète.

Traduit de l’anglais par Pierre Castegnier


Affaire Petraeus: Attention, un syndrome de Bethsabée peut en cacher bien d’autres (The lesson is that everyone is susceptible to the temptations that come with power and control)

21 novembre, 2012
Au temps où les rois se mettaient en campagne, David envoya Joab, avec ses serviteurs et tout Israël, pour détruire les fils d’Ammon et pour assiéger Rabba. Mais David resta à Jérusalem. Un soir, David se leva de sa couche; et, comme il se promenait sur le toit de la maison royale, il aperçut de là une femme qui se baignait, et qui était très belle de figure.David fit demander qui était cette femme, et on lui dit: N’est-ce pas Bath Schéba, fille d’Éliam, femme d’Urie, le Héthien? Et David envoya des gens pour la chercher. Elle vint vers lui, et il coucha avec elle. (…) David écrivit une lettre à Joab (…) : Placez Urie au plus fort du combat, et retirez-vous de lui, afin qu’il soit frappé et qu’il meure.  (…) La femme d’Urie apprit que son mari était mort, et elle pleura son mari. Quand le deuil fut passé, David l’envoya chercher et la recueillit dans sa maison. Elle devint sa femme, et lui enfanta un fils. Ce que David avait fait déplut à l’Éternel. 2 Samuel 11: 2-27
There is a dispute in the Talmud3 whether or not Bathsheba was technically a married woman at the time. The Talmud rules that she was not. The law was that before a man went out to war he was required to divorce his wife. This was a necessary precaution taken to protect the wife. In case the husband would die in battle and no one could testify to the fact, the wife would not be an « Agunah » (chained to her possibly deceased husband) and would be free to remarry. If, however, the husband did return from the battlefield safe and sound – the couple was free to remarry. Uriah, too, issued this divorce to his wife and thus, according to Jewish law, King David had relations with a divorced woman. Please note, that before King David summoned Bathsheba he « sent and inquired about the woman. » If David, the absolute monarch, desired this woman and was willing to go to any length to fulfill his « fantasy, » why did he first send messengers to inquire regarding Bathsheba? He should have sent messengers to « summon » the woman. It is evident that before David summoned her he wished to determine her marital status. Only after ascertaining that she was, in fact, the (divorced) wife of Uriah, did he make his advance. Furthermore, the verse testifies that David only had relations with Bathsheba after « she had been cleansed [i.e. immersed in the Mikvah] from her [menstrual] impurity. » Would an adulterer be concerned about such details? Ask Moses
Le pays tout entier souffre d’une crise de leadership, dans le monde de la politique, des affaires et de l’église, ainsi que des forces armées (…) Comme les soldats, les officiers des temps de guerre sont séparés de leur famille pendant de longues périodes et le poids des responsabilités – dans un boulot où l’unité de mesure de l’échec est le sac à cadavre – pèse lourdement. Pourtant, avec chauffeurs et personnel, quartiers privés et couverts garantis, le mode de vie de l’échelon supérieur des commandants sur le champ de bataille offre un tampon significatif aux rigueurs permanentes de la ligne de front endurées par les troupes. Ainsi les explications diffèrent-elles pour les défaillances. Lorsque vous extrayez les gens de leur vie familiale, de façon répétée, au cours d’une décennie, vous allez  effilocher leurs relations les plus fondamentales avec leurs conjoints, avec leurs enfants, avec leur propre code personnel. Paul V. Kane
The Bathsheba syndrome is named after King David of Israel and his affair with Bathsheba, the wife of one of his army officers. It describes how a leader’s success can cause unethical acts that the leader knows to be wrong. When the leader becomes successful, that person is given privileged access to information and the control over organizational resources. These are given for a reason. They are tools with which the leader keeps in touch with events in and outside the organization and which the leader uses to set and revise the organization’s strategy. But a leader might come to think that these tools of top leadership are in fact rewards for past successes. The leader may relax and enjoy the privileges and control of the position. When the leader succumbs to temptations that abound at the top, strategic focus may be lost. The job of leader is not being done. Often these unethical actions can be covered up using the power that comes with the position. This then reinforces the leader’s belief in a personal ability to control outcomes. Further unethical actions are then taken. Leaders may come to see themselves as above the law with respect to the rules of the organization. Information about these actions is kept from those lower in the hierarchy. Power is wielded to force others to accept these abuses. Those who complain are likely to be removed from their positions. The lesson in the Bathsheba syndrome is that everyone is susceptible to the temptations that come with power and control. It is not just the unprincipled that take advantage of being on top. To avoid this problem the leader must lead a balanced life of work and family. In this way the leader is less likely to lose touch with reality. It is also critical for leaders to remember that privilege and status were given to do the job and not as a reward. Richard Field
As we are now discovering, many of Petraeus’s closest advisers were very concerned about the “extensive access” that Broadwell had to the general. Many of those individuals may well bear some of the responsibility for the situation that has ensued. The Bathsheba syndrome is usually enabled by a phalanx of loyalists and operatives willing to defend the leader at any cost. The leader thus may come to believe that he is somehow invulnerable, allowing his passions and sensual desires to tyrannize over his reason and good judgment. Mackubin Thomas Owens
These general and flag officers are humans. Faced with stress, and a very complex combat environment, people make mistakes. These incidents do not represent the vast majority of our senior leaders. David S. Maxwell (Georgetown University)
Our military is holding itself to a higher standard than the rest of American society. That is beautiful and noble. But it’s also disconcerting. Sometimes military people talk about being a Praetorian Guard at our national bacchanal. That’s actually quite dangerous for them to consider themselves different and better. Kori N. Schake (associate professor at West Point)
The Navy’s time in the stress tester is coming. The number of ships is dropping. The number of tours will increase. Reliance on the Navy instead of the Army to back up foreign policy will become greater over the next decade than the last. If the Navy is cracking under a past decade of strain, what will it mean for the Navy when it is in the hot seat? Peter D. Feaver (Duke University)
Other national security experts warn that a decade of conflict shouldered by an all-volunteer force has separated those in uniform — about 1 percent of society — from the rest of the citizenry. Such a “military apart” is not healthy for the nation because the fighting force may begin to believe it operates under rules that are different from those the rest of civilian society follows, and perhaps with a separate set of benefits, as well. The NYT

Attention, un syndrome de Bethsabée peut en cacher un autre!

Pour ceux qui auraient oublié la leçon du syndrome de Bethsabée

Au lendemain de la chute du plus prestigieux et probablement du plus méritant des généraux américains de ces dernières années …

Et au moment où, par la faute des plus démagogiques des dirigeants politiques, les troupes françaises se voient non seulement contraintes d’abandonner leur frères d’armes avant la fin de leur mission mais privés d’une expérience qu’ils ne sont probablement pas près de retrouver …

A savoir, au-delà d’une armée américaine qui a payé le prix fort mais que les nécessités du moment ont aussi largement favorisé ces dernières années, que « tout le monde est vulnérable aux tentations qui viennent avec la puissance et le contrôle » …

Petraeus’s Bathsheba Syndrome

Why did a man we so respected succumb to temptation?

Mackubin Thomas Owens

November 13, 2012

General David Petraeus is arguably the most consequential and renowned American military leader since World War II. His resignation because of an extramarital affair with his biographer, Paula Broadwell, has shocked Americans. L’affaire Petraeus has two parts that must be separated: his sexual relationship with Broadwell itself, and the link between the timing of the announcement of his resignation and the Benghazi attacks on September 11.

Here I will focus on the former. What led a successful general at the height of his power and influence to have an affair that undid all he had accomplished?

In 1993, Dean Ludwig and Clinton Longnecker co-authored an article for The Journal of Business Ethics titled “The Bathsheba Syndrome: The Ethical Failure of Successful Leaders.” The name of their piece comes, of course, from the biblical story of King David and Bathsheba, recounted in the Second Book of Samuel. David seduces Bathsheba, the wife of Uriah the Hittite, and impregnates her. He later orders that Uriah be placed in the front ranks of the fighting, where Uriah is killed. Upon word of his death, David marries Bathsheba. God is displeased and sends the prophet Nathan to rebuke the king, who repents but is nonetheless punished by the death of his and Bathsheba’s child, and by the later civil war arising from the insurrection Absalom (David’s beloved third son) leads against David.

Ludwig and Longnecker, as well as others writing subsequently, have argued that the psychological impact of gaining power, despite many positive effects, also may unleash a dark side: the belief that one is too big to fail, that the normal rules do not apply. Thus even a leader of high moral character may succumb to the temptations that accompany the acquisition of power. The findings of Ludwig and Longnecker regarding the moral corruption of the powerful go a long way toward explaining Petraeus’s behavior.

For one, they argue that moral principles are more often abandoned in the wake of success than as a result of competitive pressure. Success tends to inflate a leader’s belief that he has a special personal ability to manipulate or control outcomes, an issue that particularly seems to have applied to Petraeus.

The general clearly seemed to believe that he could control the consequences of his sexual liaison with Broadwell, his biographer. I reviewed her book All In: The Education of General David Petraeus for Foreign Affairs, and wrote that the book portrayed Petraeus as the modern exemplar of the soldier-scholar-statesman. “The Petraeus that emerges from Broadwell’s book,” I wrote, “is educated, committed, competitive, driven, and inspiring.” I noted Broadwell’s “extensive access to the general and his subordinates over a prolonged period” but concluded that All In had avoided the “pitfall of hagiography.” In retrospect, I was wrong.

Not all Davids who fall prey to the Bathsheba syndrome have an actual Bathsheba, but Petraeus did. Although I absolved her of hagiography, it seemed clear that Broadwell, a West Point graduate and Army reserve officer with an M.A. from the University of Denver and an M.P.A. from Harvard, was in awe of Petraeus. Twenty years younger than the general, Broadwell is a very attractive married mother of two young children, but her appeal to Petraeus no doubt went beyond mere sex.

As we are now discovering, many of Petraeus’s closest advisers were very concerned about the “extensive access” that Broadwell had to the general. Many of those individuals may well bear some of the responsibility for the situation that has ensued. The Bathsheba syndrome is usually enabled by a phalanx of loyalists and operatives willing to defend the leader at any cost. The leader thus may come to believe that he is somehow invulnerable, allowing his passions and sensual desires to tyrannize over his reason and good judgment.

This was certainly the case with, say, Bill Clinton. Although General Petraeus has always seemed to possess a moral fiber absent in the case of the former president, he too may have felt that he would be protected by his loyal subordinates. That is the fate of a man who succumbs to the Bathsheba syndrome.

— Mackubin Thomas Owens is a professor of national-security affairs at the Naval War College in Newport, a senior fellow at the Foreign Policy Research Institute, and the editor of Orbis. He is a Marine infantry veteran of Vietnam.

Voir aussi:

Concern Grows Over Top Military Officers’ Ethics

Thom Shanker

The New York Times

November 12, 2012

WASHINGTON — Along with a steady diet of books on leadership and management, the reading list at military “charm schools” that groom officers for ascending to general or admiral includes an essay, “The Bathsheba Syndrome: The Ethical Failure of Successful Leaders,” that recalls the moral failure of the Old Testament’s King David, who ordered a soldier on a mission of certain death — solely for the chance to take his wife, Bathsheba.

The not-so-subtle message: Be careful out there, and act better.

Despite the warnings, a worrisomely large number of senior officers have been investigated and even fired for poor judgment, malfeasance and sexual improprieties or sexual violence — and that is just in the last year.

Gen. William Ward of the Army, known as Kip, the first officer to open the new Africa Command, came under scrutiny for allegations of misusing tens of thousands of government dollars for travel and lodging.

Brig. Gen. Jeffrey A. Sinclair, a former deputy commander of the 82nd Airborne Division in Afghanistan, is confronting the military equivalent of a grand jury to decide whether he should stand trial for adultery, sexual misconduct and forcible sodomy, stemming from relationships with five women.

James H. Johnson III, a former commander of the 173rd Airborne Brigade, was expelled from the Army, fined and reduced in rank to lieutenant colonel from colonel after being convicted of bigamy and fraud stemming from an improper relationship with an Iraqi woman and business dealings with her family.

The Air Force is struggling to recover from a scandal at its basic training center at Lackland Air Force Base, Texas, where six male instructors were charged with crimes including rape and adultery after female recruits told of sexual harassment and sexual assault.

In the Navy, Rear Adm. Charles M. Gaouette was relieved of command of the Stennis aircraft carrier strike group — remarkably while the task force was deployed in the Middle East. Officials said that the move was ordered after “inappropriate leadership judgment.” No other details were given.

While there is no evidence that David H. Petraeus had an extramarital affair while serving as one of the nation’s most celebrated generals, his resignation last week as director of the Central Intelligence Agency — a job President Obama said he could take only if he left the Army — was a sobering reminder of the kind of inappropriate behavior that has cast a shadow over the military’s highest ranks.

Those concerns were only heightened on Tuesday when it was revealed that Gen. John R. Allen, the top American and NATO commander in Afghanistan, is under investigation for what a senior defense official said was “inappropriate communication” with Jill Kelley, the woman in Tampa, Fla., who was seen as a rival for Mr. Petraeus’s attentions by Paula Broadwell, who had an extramarital affair with Mr. Petraeus.

The episodes have prompted concern that something may be broken, or at least fractured, across the military’s culture of leadership. Some wonder whether its top officers have forgotten the lessons of Bathsheba: The crown of command should not be worn with arrogance, and while rank has its privileges, remember that infallibility and entitlement are not among them.

David S. Maxwell, a retired Army colonel now serving as associate director for security studies at Walsh School of Foreign Service at Georgetown University, said that the instances of failed or flawed leadership “are tragic and serious,” but that he doubts there are more today, on a relative scale, than in the past.

Mr. Maxwell noted that Abraham Lincoln and Franklin D. Roosevelt, both wartime presidents, fired many more generals than Presidents George W. Bush or Obama. “These general and flag officers are humans,” he said. “Faced with stress, and a very complex combat environment, people make mistakes. These incidents do not represent the vast majority of our senior leaders.”

Like the troops, wartime commanders are separated from family for long periods, and the weight of responsibility — in a business where the metric of failure is a body bag, not the bottom line — bears heavily.

Still, with drivers and staff, private quarters and guaranteed hot meals, the lifestyle of the top echelon of commanders on the battlefield offers a significant buffer from the hourly rigors of frontline combat endured by the troops. So explanations differ for the lapses.

Paul V. Kane, a Marine Corps Reserve gunnery sergeant who is an Iraq veteran and former fellow of Harvard University’s International Security Program, believes the military is not the only institution facing a problem. “The country is suffering a crisis of leadership — in politics, in business and in the church, as well as in the military,” he said. “We have lots of leaders, but we have a national deficit in true leadership.”

He acknowledged that the post-9/11 stress on the military, from enlisted personnel to commanders, has fractured the very souls of people in uniform. “When you pull people out of family life, repeatedly, over the course of a decade, you are going to fray their most basic relationships with spouses, with children, with their own personal code,” Mr. Kane said.

Other national security experts warn that a decade of conflict shouldered by an all-volunteer force has separated those in uniform — about 1 percent of society — from the rest of the citizenry. Such a “military apart” is not healthy for the nation because the fighting force may begin to believe it operates under rules that are different from those the rest of civilian society follows, and perhaps with a separate set of benefits, as well.

“Our military is holding itself to a higher standard than the rest of American society,” said Kori N. Schake, an associate professor at West Point who has held senior policy positions at the Departments of State and Defense.

“That is beautiful and noble,” she added. “But it’s also disconcerting. Sometimes military people talk about being a Praetorian Guard at our national bacchanal. That’s actually quite dangerous for them to consider themselves different and better.”

In extreme cases, say some military officers and Pentagon officials, the result of this “military apart” is that commanders may come to view their sacrifice as earning them the right to disregard rules of conduct.

They note that if anything positive emerges from an era of increased scrutiny of misbehavior, it will be an invigorated effort to hold the officer corps to account for the way troops are led in combat, for the way the treasury is spent, for the way military leaders wear the mask of command.

And they warn that the problem may get worse before it gets better. While most of the more notable improprieties have been alleged against officers of the ground forces, the Navy, which has not been the fulcrum of the wars of the last decade, is also showing strain. A study by the Navy Times found more than 20 commanding officers were fired this year for inappropriate behavior and misconduct.

“The Navy’s time in the stress tester is coming,” said Peter D. Feaver, a professor of political science at Duke University. “The number of ships is dropping. The number of tours will increase. Reliance on the Navy instead of the Army to back up foreign policy will become greater over the next decade than the last. If the Navy is cracking under a past decade of strain, what will it mean for the Navy when it is in the hot seat?”


Bilan Chirac: Nous avons été présidés par un délinquant pendant 12 ans et nous ne le savions pas! (Justice finally catches up with France’s first former head of state since WWII)

22 décembre, 2011
Voici un homme qui a dû se représenter à  sa réélection l’an dernier afin de préserver son immunité  présidentielle des poursuites judiciaires pour de graves accusations de corruption. Voici un homme qui a aidé Saddam Hussein à construire un réacteur nucléaire et qui savait très bien ce qu’il comptait en faire. Voici un homme à la tête de la France qui est en fait ouvertement à vendre. Il me fait penser au banquier de « L’Education Sentimentale » de Flaubert : un homme si habitué à la corruption qu’il payerait pour le plaisir de se vendre lui-même. Ici, également, est un monstre positif de vanité. Lui et son ministre des affaires étrangères, Dominique de Villepin, ont mielleusement déclaré que la « force est toujours le dernier recours.  » Vraiment ? Ce n’était pas la position de l’establishment français quand des troupes ont été envoyées au Rwanda pour tenter de sauver le client-régime qui venait de lancer un ethnocide contre les Toutsis. Ce n’est pas, on présume, la position des généraux français qui traitent actuellement comme leur fief  la population et la nation ivoiriennes. Ce n’était pas la position de ceux qui ont commandité la destruction d’un bateau désarmé, le Rainbow oà l’ancre dans un port de Nouvelle Zélande après les manifestations contre la pratique officielle française d’essais nucléaires atmosphériques dans le Pacifique. (…) Nous nous rendons tous compte du fait que Saddam Hussein doit beaucoup d’argent à des compagnies françaises et à l’Etat français. Nous espérons tous que le parti Baath irakien n’a fait aucun cadeau privé à des personnalités politiques françaises, même si le moins qu’on puisse dire c’est que de tels scrupules des deux côtés seraient une anomalie. Est-il possible qu’il y ait plus en jeu que cela ? Il est très possible que le futur gouvernement de Bagdad ne se considère plus tellement responsable des dettes de Saddam. Ce seul fait conditionne-t-il la réponse de Chirac à une fin de régime en Irak ? (…) Charles de Gaulle avait un égo colossal, mais il se sentit obligé à un moment crucial de représenter une certaine idée de la  France à un moment où cette nation avait été trahie dans le servitude et la honte par son establishment politique et militaire. (…) Il avait un sens de l’histoire. Aux intérêts permanents de la France, il tenait à joindre une certaine idée de la liberté aussi. Il aurait approuvé les propos de Vaclav Havel – ses derniers en tant que président tchèque – parlant hardiment des droits du peuple irakien. Et on aime à penser qu’il aurait eu un mépris  pour son pygmée de successeur, l’homme vain, poseur et vénal qui, souhaitant jouer le rôle d’une Jeanne d’Arc travestie, fait de la France le proxénète abject de Saddam. C’est le cas du rat qui voulait rugir. Christopher Hitchens (2003)
Attendu  que (…)  Jacques Chirac a été l’initiateur et l’auteur principal des délits d’abus de confiance, détournement de fonds publics, ingérence et prise illégale d’intérêts (…) [et] que l’ancienneté des faits, l’absence d’enrichissement personnel (…), l’indemnisation de la Ville de Paris (…), l’âge et l’état de santé actuel  (…) ainsi que les éminentes responsabilités de chef de l’Etat qu’il a exercées pendant (…) douze années  (…) ne sauraient occulter le fait que (…) Jacques Chirac a manqué à l’obligation de probité qui pèse sur les personnes publiques (…) au mépris de l’intérêt général (…). Verdict de la 11e chambre correctionnelle de Paris (15.12.11)
Jacques Chirac reste la personnalité préférée des Français, selon une étude réalisée par Ifop pour Paris Match. (…) Jacques Chirac, qui fait toujours l’objet d’une procédure judiciaire et dont les problèmes de santé ont été rendus publics, est toujours en tête du classement, malgré une baisse de un point avec 73 % de bonnes opinions. Le Point (13.09.11)
Nous avons été présidés par un délinquant pendant 12 ans, et mon adversaire de 2002 est quelqu’un qui aurait dû être condamné à la prison. Le Pen
Ce jugement rendu après un véritable marathon judiciaire est la preuve de la nécessité et de l’utilité d’une justice indépendante et qui juge à égalité l’ensemble des citoyens (…) Aujourd’hui, la justice est faite et c’est moins la sanction que la condamnation qui est aujourd’hui centrale. Nul citoyen ne doit être au-dessus des lois si nous voulons redonner confiance dans la justice et la démocratie. Dans une République exemplaire, c’est le devoir des femmes et des hommes politiques que d’en finir avec ces pratiques malsaines. Eva Joly (candidate écologiste à l’élection présidentielle)
Ces circonstances ne doivent pas faire oublier l’engagement constant de Jacques Chirac au service de la France, ce qui lui vaut et lui vaudra encore l’estime des Français. Nicolas Sarkozy
C’est une décision qui à mon sens ne viendra pas altérer la relation personnelle qui existe entre les Français et Jacques Chirac. François Fillon
Ce que démontre ce procès, c’est que ce président aura beaucoup triché avec les règles pour se faire élire.  Denis Baupin (adjoint EELV au maire de Paris)
Je me félicite que la justice passe, qu’elle ne distingue pas les justiciables selon qu’ils soient puissants ou pas. C’est un bon signe pour la démocratie française qu’une justice indépendante puisse prononcer un tel verdict à l’égard d’un ancien président de la République. Cela confirme qu’il y avait donc bien eu à la mairie de Paris ce que nous savions déjà –puisque l’UMP avait indemnisé la Ville de Paris– il y avait donc eu un manque de probité dans ce système d’emplois fictifs. Benoît Hamon (porte-parole du Parti socialiste)

Nous avons été présidés par un délinquant pendant 12 ans et nous ne le savions pas!

Marchés truqués, voyages et frais de bouche bidouillés, faux électeurs et emplois fictifs, valises  et mallettes de billets africainesbarils de pétrole irakien

Une semaine après la condamnation historique du premier ancien chef d’Etat français depuis la guerre soit depuis 66 ans pour huit présidences mais aussi, sans compter la courageuse ténacité du militant vert parisien Pierre-Alain Brossault, 17 longues années de procédure et de manoeuvres dilatoires pour une peine largement symbolique …

Et à l’heure où le Canard enchainé confirme que ce n’est que sous la menace de tout déballer de ses trois anciens directeurs de cabinet à la mairie de Paris, peu désireux de payer tout seuls pour leur ex-patron, que le délinquant multirécidiviste qui nous a tenu lieu de président pendant 12  ans s’est résigné à ne pas faire un énième appel …

Et contre toutes les larmes de crocodiles de ceux qui, l’actuel président Sarkozy et son premier ministre Fillon en tête, se félicitent de ce que  « l’engagement constant de Jacques Chirac au service de la France lui vaut et lui vaudra encore l’estime des Français » …

Comme ceux qui tentent de se rassurer à bon compte d’un prétendu bon fonctionnement de la justice et de la démocratie françaises

Comment ne  pas s’inquiéter quand on voit que, mise à part l’heureuse exception de la candidate écologiste, ancienne juge et d’origine nordique (seule à demander par ailleurs sa démission du Conseil constitutionnel dont il est membre à vie) …

C’est comme d’habitude le seul éternel repoussoir de la politique française et fondateur du parti le plus vilipendé du pays qui aura le courage de dire la triste vérité

A savoir que « nous avons été présidés par un délinquant pendant 12 ans » et que nous ne le savons toujours pas?

Procès Chirac : le verbatim du verdict

Jacques Chirac a été condamné à deux ans de prison avec sursis dans le cadre de l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. Dans ses attendus, le tribunal évoque notamment le fait que l’ancien président a « manqué l’obligation de probité qui pèse sur les personnes publiques ». Voici les principaux extraits de ce jugement.

« Attendu que la responsabilité de Jacques Chirac, maire de Paris, découle du mandat reçu de la collectivité des Parisiens; qu’elle résulte également de l’autorité hiérarchique exercée par lui sur l’ensemble du personnel de la Ville de Paris et singulièrement sur ses collaborateurs immédiats au premier rang desquels son directeur de cabinet;

Attendu que le dossier et les débats ont établi que Jacques Chirac a été l’initiateur et l’auteur principal des délits d’abus de confiance, détournement de fonds publics, ingérence et prise illégale d’intérêts;

Que sa culpabilité résulte de pratiques pérennes et réitérées qui lui sont personnellement imputables (…)

Qu’en multipliant les connexions entre son parti et la municipalité parisienne, Jacques Chirac a su créer et entretenir entre la collectivité territoriale et l’organisation politique une confusion telle qu’elle a pu entraîner ses propres amis politiques;

Que le gain en résultant (…) a pu prendre la forme soit d’un renforcement des effectifs du parti politique dont il était le président soit d’un soutien à la contribution intellectuelle pour l’élaboration du programme politique de ce parti;

Attendu que par l’ensemble de ces agissements, Jacques Chirac a engagé les fonds de la Ville de Paris pour un montant total d’environ 1.400.000 euros;

Attendu que l’ancienneté des faits, l’absence d’enrichissement personnel de Jacques Chirac, l’indemnisation de la Ville de Paris par l’UMP et Jacques Chirac, ce dernier à hauteur de 500.000 euros, l’âge et l’état de santé actuel de Jacques Chirac, dont la dégradation est avérée, ainsi que les éminentes responsabilités de chef de l’Etat qu’il a exercées pendant les douze années ayant immédiatement suivi la période de prévention, sont autant d’éléments qui doivent être pris en considération pour déterminer la sanction qu’il convient d’appliquer à son encontre;

Attendu que ces éléments ne sauraient occulter le fait que, par son action délibérée, en ayant recours au cours de ces cinq années à dix neuf emplois totalement ou partiellement fictifs, Jacques Chirac a manqué à l’obligation de probité qui pèse sur les personnes publiques chargées de la gestion des fonds ou des biens qui leur sont confiés, cela au mépris de l’intérêt général des Parisiens;

Que dans ces conditions, le recours à une peine d’emprisonnement avec sursis dont le quantum sera fixé à 2 années apparaît tout à la fois adapté à la personnalité du prévenu ainsi qu’à la nature et la gravité des faits qu’il a commis. »

La rédaction (avec AFP) – leJDD.fr

Voir aussi:

Sarkozy évoque « l’engagement constant de Chirac au service de la France »

Le JDD

15 décembre 2011

Retrouvez toutes les réactions politiques à la condamnation de Jacques Chirac.

Nicolas Sarkozy. Dans un communiqué, la présidence de la République indique que Nicolas Sarkozy « a pris acte de la décision de justice qui vient d’être prise à l’encontre du Président Jacques Chirac ». « Il ne lui appartient pas de la commenter », précise le texte, qui se conclut par : « Ces circonstances ne doivent pas faire oublier l’engagement constant de Jacques Chirac au service de la France, ce qui lui vaut et lui vaudra encore l’estime des Français. »

Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre de Jacques Chirac. Jean-Pierre Raffarin a qualifié mercredi sur France 3 la condamnation de l’ancien président de « triste nouvelle », estimant que ce jugement était « d’une grande sévérité et surprenant ». « Je suis franchement surpris parce qu’il y a quelque chose d’un peu anachronique : on juge aujourd’hui des situations d’une autre époque, entre-temps de nombreuses lois ont changé la donne », a souligné le sénateur UMP. Pour Jean-Pierre Raffarin, Jacques Chirac « est quelqu’un qui est en paix avec lui-même, il a conscience qu’il a donné le meilleur de lui-même pour le pays », « mais ce genre de décision laisse forcément des cicatrices ». « Aujourd’hui mon raisonnement n’est pas juridique mais personnel et c’est de la tristesse au coeur », a-t-il conclu.

Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Christian Jacob, très proche de Jacques Chirac, s’est dit jeudi « affecté » et « triste » de la condamnation de l’ancien président de la République. « Il souhaitait être jugé et être jugé comme un citoyen normal et assumer l’entièreté de ses responsabilités. Moi je pense qu’on aurait pu s’éviter ce procès mais ça n’était pas le souhait de Jacques Chirac », a-t-il déclaré sur France 2. « Jacques Chirac a fait le choix de se comporter comme il s’est toujours comporté, c’est-à-dire en chef, en disant : ‘j’assume l’entière responsabilité des faits’ et en protégeant ainsi en quelque sorte ses collaborateurs, ce qui est tout à son honneur », a ajouté le député de Seine-et-Marne.

François Hollande, candidate du PS à la présidentielle. François Hollande a déclaré jeudi que « la justice » était « passée » après la condamnation de Jacques Chirac à deux ans de prison avec sursis, mais a exprimé aussi « une pensée pour l’homme ». « La justice est passée et elle devait passer pour que ne s’installe pas un sentiment d’impunité », a-t-il déclaré à Bondy (Seine-Saint-Denis) en marge d’une visite sur le thème de la formation des enseignants. Il a souligné le « retard par rapport aux faits » dans le dossier des emplois fictifs de Paris, ce qui « renvoie à la question du statut pénal du chef de l’Etat ». « J’ai une pensée pour l’homme qui connaît en plus des ennuis de santé' », a-t-il ajouté.

François Fillon, Premier ministre. François Fillon a estimé jeudi que le jugement visant Jacques Chirac dans l’affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris arrivait « vraiment trop tard », 20 ans après les faits, assurant qu’il n’allait pas modifier la bonne opinion qu’ont les Français de l’ex-président. « Je n’ai pas l’habitude de commenter des décisions de justice, je pense simplement que celle-ci arrive vraiment trop tard, plus de 20 ans après les faits », a déclaré le Premier ministre français lors d’une visite officielle au Brésil. « C’est une décision qui à mon sens ne viendra pas altérer la relation personnelle qui existe entre les Français et Jacques Chirac ».

Jean-Louis Borloo, président du Parti radical. « Ca prouve que notre République, notre démocratie fonctionnent, que la justice s’applique à tous. A titre absolument personnel, ayant travaillé sous l’autorité de Jacques Chirac, notamment sur la rénovation urbaine des banlieues, permettez-moi d’être touché pour lui et sa famille », a déclaré l’ancien ministre sur RFI et France 24.

Eva Joly, candidate d’EELV à l’élection présidentielle : « Ce jugement rendu après un véritable marathon judiciaire est la preuve de la nécessité et de l’utilité d’une justice indépendante et qui juge à égalité l’ensemble des citoyens », estime la candidate d’Europe Ecologie – Les Verts. « Aujourd’hui, la justice est faite » et « c’est moins la sanction que la condamnation qui est aujourd’hui centrale. Nul citoyen ne doit être au-dessus des lois si nous voulons redonner confiance dans la justice et la démocratie. Dans une République exemplaire, c’est le devoir des femmes et des hommes politiques que d’en finir avec ces pratiques malsaines », assure Eva Joly dans un communiqué. Sur BFMTV, elle a également demandé la démission de Jacques Chirac du Conseil constitutionnel, dont il est membre à vie.

Denis Baupin, adjoint EELV au maire de Paris. « C’est une bonne nouvelle que la justice confirme ce que nous disions depuis de nombreuses années, qu’il y avait eu à Paris des pratiques frauduleuses », a estimé Denis Baupin. « Le regret, c’est qu’elle le dise si tard. Cela ne permet pas d’avoir un impact sur la vie politique, alors que ce que démontre ce procès, c’est que ce président aura beaucoup triché avec les règles pour se faire élire. Ca en dit long sur les pratiques de ce camp politique pendant des années pour accéder au pouvoir », a-t-il ajouté à l’AFP.

Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste : « Je me félicite que la justice passe, qu’elle ne distingue pas les justiciables selon qu’ils soient puissants ou pas. C’est un bon signe pour la démocratie française qu’une justice indépendante puisse prononcer un tel verdict à l’égard d’un ancien président de la République », a-t-il déclaré à l’AFP. « Cela confirme qu’il y avait donc bien eu à la mairie de Paris ce que nous savions déjà –puisque l’UMP avait indemnisé la Ville de Paris– il y avait donc eu un manque de probité dans ce système d’emplois fictifs », ajoute Benoît Hamon.

André Vallini, sénateur socialiste de l’Isère : « Le statut actuel du chef de l’Etat est inacceptable, parce qu’aujourd’hui le chef de l’Etat est totalement irresponsable sur le plan judiciaire, sur le plan pénal et Nicolas Sarkozy a encore aggravé, en 2008, cette impunité présidentielle », a déclaré sur BFMTV celui qui est chargé des questions de justice dans l’équipe de François Hollande. « Nous proposons une réforme du statut pénal du chef de l’Etat qui en ferait un justiciable ordinaire pour tous les actes délictueux qu’il aurait commis avant son entrée en fonction pendant son mandat, mais détachable de sa fonction. On ne peut pas rester en l’état actuel avec un Président irresponsable. »

Bernard Debré, député UMP de Paris : « La justice est passée et je n’ai rien à dire. Finalement les faits sont avérés, les emplois fictifs qui étaient en réalité pour beaucoup des emplois du RPR, étaient anormaux et illégaux. A cette époque c’était monnaie courante, quand on regarde ce qui se passait à l’Elysée », a-t-il réagi sur BFMTV.

Jacques Le Guen, député UMP du Finistère : « Je suis abasourdi par une décision prise par le tribunal, qui est respectable », a-t-il affirmé sur BFMTV. « Je pensais qu’on allait vers la relaxe parce que les faits reprochés correspondent à des événements anciens qui n’ont plus aucun intérêt. On reproche au Président Chirac des emplois fictifs qui existaient dans tous les partis politiques. Alors attaquer ensuite en justice un homme qui a servi la France, je trouve cela désolant. »

Jean-Marie Le Pen, président d’honneur du Front national : « On pouvait désespérer de la possibilité de faire condamner des coupables de haut niveau dans notre pays. Cette exception confirme la règle. Monsieur Chirac s’est fait pincer les doigts dans la porte avec une condamnation très grave, condamnation à la prison quand on voit que le sursis n’a été attribué que pour des raisons d’âge et de sénilité », a lancé l’ex-leader frontiste sur BFMTV. st pas la seule affaire. « Nous avons été présidés par un délinquant pendant 12 ans, et mon adversaire de 2002 est quelqu’un qui aurait dû être condamné à la prison », a-t-il estimé.

Voir également:

French ex-president Chirac convicted of corruption

Edward Cody

The Washington Post

December 15, 2011

PARIS — In a landmark decision, a French court convicted former president Jacques Chirac on Thursday of embezzling government money while he was mayor of Paris and handed him a two-year suspended sentence.

The ruling against Chirac, at 79 a grandfatherly figure who is widely admired in the polls, stained a long record of political service that started under Charles de Gaulle and included two terms as president, from 1995 to 2007. His attorneys said he would not appeal but considered the verdict unjustified.

Chirac was found guilty of embezzling money, abusing the public trust and conflict of interest by creating false jobs at Paris City Hall, which he ran from 1977 until 1995. He diverted the tax-funded salaries to finance his conservative political organization, Rally for the Republic, as he laid the groundwork for his run for the presidency, the court found.

The conviction, after a lengthy trial, was considered historic because Chirac was France’s first former head of state to face prosecution since just after World War II. Moreover, it dramatized a change in public and official attitudes toward the financing of parties and political figures in France. Until recently, sleight of hand such as Chirac’s was common practice, and many high-ranking officials were paid with paper bags stuffed with cash taken from secret slush funds.

Foreign Minister Alain Juppe, for instance, was convicted in 2004 of similar charges and given a suspended sentence of 14 months in prison along with a year of ineligibility for public office. After a spell in Canada and the United States, he returned to become mayor of Bordeaux and, eventually, foreign minister under President Nicolas Sarkozy.

Although the accusations against Chirac arose years ago, he was immune from prosecution during his years as president. After he left office, his attorneys found one reason after another to delay the proceedings, prompting anti-corruption activists to complain of favoritism. Throughout the trial, Chirac maintained that he had done nothing illegal or immoral.

The former president did not attend the hearing at which his conviction was announced. Appearing enfeebled in recent outings, he was found to be suffering from a neurological affliction leading to memory loss and received a dispensation from the obligation to attend.

An adopted daughter, Anh Dao Traxel, told reporters after the hearing that the court’s ruling seemed harsh for an elderly former president in poor health. “Our family has, more than ever, to show solidarity and be supportive,” Traxel said, tears in her eyes.

Sarkozy’s office issued a statement expressing hope that the verdict will not overshadow Chirac’s achievements in a long political career. Prime Minister Francois Fillon — queried by reporters traveling with him on a trip to Brazil — said the decision came too long after the facts.

Chirac had no immediate comment. His lead attorney, Georges Keijman, expressed hope that the conviction will not diminish the affection many people feel for Chirac.

A beer-drinking bon vivant with a fondness for earthy French dishes, Chirac is known for his readiness to pose for photos or sign a napkin for admirers. His down-home friendliness has been compared favorably to Sarkozy’s more hurried approach to public life.

Chirac caused chuckles across the country last summer when photographers snapped him drinking piña coladas and flirting with girls on the terrace of a cafe at a chic Mediterranean resort town — until his wife, Bernadette, came by and, in a scolding tone, told him it was time to leave.

Voir enfin:

The Rat That Roared

Christopher Hitchens

The Wall Street Journal

February 6, 2003

To say that the history of human emancipation would be incomplete without the French would be to commit a fatal understatement. The Encyclopedists, the proclaimers of Les Droits de l’Homme, the generous ally of the American revolution . . . the spark of 1789 and 1848 and 1871, can be found all the way from the first political measure to abolish slavery, through Victor Hugo and Emile Zola, to the gallantry of Jean Moulin and the maquis resistance. French ideas and French heroes have animated the struggle for liberty throughout modern times.

There is of course another France — the France of Petain and Poujade and Vichy and of the filthy colonial tactics pursued in Algeria and Indochina. Sometimes the U.S. has been in excellent harmony with the first France — as when Thomas Paine was given the key of the Bastille to bring to Washington, and as when Lafayette and Rochambeau made France the « oldest ally. » Sometimes American policy has been inferior to that of many French people — one might instance Roosevelt’s detestation of de Gaulle. The Eisenhower-Dulles administration encouraged the French in a course of folly in Vietnam, and went so far as to inherit it. Kennedy showed a guarded sympathy for Algerian independence, at a time when France was too arrogant to listen to his advice. So it goes. Lord Palmerston was probably right when he said that a nation can have no permanent allies, only permanent interests. It is not to be expected that any proud, historic country can be automatically counted « in. »

However, the conduct of Jacques Chirac can hardly be analyzed in these terms. Here is a man who had to run for re-election last year in order to preserve his immunity from prosecution, on charges of corruption that were grave. Here is a man who helped Saddam Hussein build a nuclear reactor and who knew very well what he wanted it for. Here is a man at the head of France who is, in effect, openly for sale. He puts me in mind of the banker in Flaubert’s « L’Education Sentimentale »: a man so habituated to corruption that he would happily pay for the pleasure of selling himself.

Here, also, is a positive monster of conceit. He and his foreign minister, Dominique de Villepin, have unctuously said that « force is always the last resort. » Vraiment? This was not the view of the French establishment when troops were sent to Rwanda to try and rescue the client-regime that had just unleashed ethnocide against the Tutsi. It is not, one presumes, the view of the French generals who currently treat the people and nation of Cote d’Ivoire as their fief. It was not the view of those who ordered the destruction of an unarmed ship, the Rainbow Warrior, as it lay at anchor in a New Zealand harbor after protesting the French official practice of conducting atmospheric nuclear tests in the Pacific. (I am aware that some of these outrages were conducted when the French Socialist Party was in power, but in no case did Mr. Chirac express anything other than patriotic enthusiasm. If there is a truly « unilateralist » government on the Security Council, it is France.)

We are all aware of the fact that French companies and the French state are owed immense sums of money by Saddam Hussein. We all very much hope that no private gifts to any French political figures have been made by the Iraqi Baath Party, even though such scruple on either side would be anomalous to say the very least. Is it possible that there is any more to it than that? The future government in Baghdad may very well not consider itself responsible for paying Saddam’s debts. Does this alone condition the Chirac response to a fin de regime in Iraq?

Alas, no. Recent days brought tidings of an official invitation to Paris, for Robert Mugabe. The President-for-life of Zimbabwe may have many charms, but spare cash is not among them. His treasury is as empty as the stomachs of his people. No, when the plumed parade brings Mugabe up the Champs Elysees, the only satisfaction for Mr. Chirac will be the sound of a petty slap in the face to Tony Blair, who has recently tried to abridge Mugabe’s freedom to travel. Thus we are forced to think that French diplomacy, as well as being for sale or for hire, is chiefly preoccupied with extracting advantage and prestige from the difficulties of its allies.

This can and should be distinguished from the policy of Germany. Berlin does not have a neutralist constitution, like Japan or Switzerland. But it has a strong presumption against military intervention outside its own border and Herr Schroeder, however cheaply he plays this card, is still playing a hand one may respect. One does not find German statesmen positively encouraging the delinquents of the globe, in order to reap opportunist advantages and to excite local chauvinism.

Mr. Chirac’s party is « Gaullist. » Charles de Gaulle had a colossal ego, but he felt himself compelled at a crucial moment to represent une certaine idee de la France, at a time when that nation had been betrayed into serfdom and shame by its political and military establishment. He was later adroit in extracting his country from its vicious policy in North Africa, and gave good advice to the U.S. about avoiding the same blunder in Indochina. His concern for French glory and tradition sometimes led him into error, as with his bombastic statements about « Quebec libre. » But — and this is disclosed in a fine study of the man, « A Demain de Gaulle, » by the former French leftist Regis Debray — he always refused to take seriously the claims of the Soviet Union to own Poland and Hungary and the Czech lands and Eastern Germany. He didn’t believe it would or could last: He had a sense of history.

To the permanent interests of France, he insisted on attaching une certain idee de la liberte as well. He would have nodded approvingly at Vaclav Havel’s statement — his last as Czech president — speaking boldly about the rights of the people of Iraq. And one likes to think that he would have had a fine contempt for his pygmy successor, the vain and posturing and venal man who, attempting to act the part of a balding Joan of Arc in drag, is making France into the abject procurer for Saddam. This is a case of the rat that tried to roar.

[RESUME]

Réseau Voltaire

 Il existe une France qui défend historiquement les libertés et « Les Droits de l’Homme », alliée traditionnelle des États-Unis, mais il y a aussi une France de Pétain, Poujade, Vichy et des colonies. Jacques Chirac est un homme corrompu qui s’est présenté à l’élection présidentielle pour ne pas être jugé. Un homme qui a aidé Saddam Hussein à construire un réacteur nucléaire. Un homme qui déclare que « la force est toujours le dernier recours », mais qui n’a jamais protesté contre l’envoi de troupes française pour protéger les auteurs de l’ethnocide du Rwanda, contre la domination des militaires français sur la Côte d’Ivoire et contre la destruction du Rainbow Warrior. En réalité, la France est le vrai pays unilatéraliste du Conseil de sécurité. Saddam Hussein doit beaucoup d’argent aux entreprises française et a offert de nombreux cadeaux aux hommes politiques français. Un nouveau gouvernement en Irak ferait tout perde à Paris. La position française n’est cependant pas qu’une question d’argent, la France a pour habitude de chercher des avantages et du prestige dans les difficultés de ses alliés, comme le montre l’invitation faite à Robert Mugabe à Paris. La politique de la France doit être différenciée de celle de l’Allemagne qui a toujours été réticente face à une intervention militaire hors de ses frontières, ce qui est une position beaucoup plus respectable que l’opportunisme français. Jacques Chirac se dit « gaulliste » mais malgré son ego colossal, De Gaulle avait un sens de l’histoire, contrairement à son pygmée de successeur qui est tel un rat qui essaye de rugir.


Présidence Obama: C’est la machine politique de Chicago (Politics the Chicago way)

8 décembre, 2011
chicago-politicsJe rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère. Martin Luther King
Si Obama était blanc, il ne serait pas dans cette position. Et s’il était une femme, il ne serait pas dans cette position. Il a beaucoup de chance d’être ce qu’il est. Et le pays est pris par le concept. Geraldine Ferraro (ex-colistière du candidat démocrate de 1984 Walter Mondale et proche d’Hillary Clinton, Daily Breeze, 07.03.08)
En 1984, si je m’étais appelée Gerard Ferraro au lieu  de Geraldine Ferraro, je n’aurais jamais été choisie comme candidate à la vice-présidence. Cela n’a rien à voir avec mes qualifications. Geraldine Ferraro
Ma propre ville de Chicago a compté parmi les villes à la politique locale la plus corrompue de l’histoire américaine, du népotisme institutionnalisé aux élections douteuses. Barack Obama (Nairobi, Kenya, août 2006)
As his second marriage to Sexton collapsed in 1998, Sexton filed an order of protection against him, public records show. Hull won’t talk about the divorce in detail, saying only that it was « contentious » and that he and Sexton are friends. The Chicago Tribune (15.02.04)
Though Obama, the son of a Kenyan immigrant, lagged in polls as late as mid-February, he surged to the front of the pack in recent weeks after he began airing television commercials and the black community rallied behind him. He also was the beneficiary of the most inglorious campaign implosion in Illinois political history, when multimillionaire Blair Hull plummeted from front-runner status amid revelations that an ex-wife had alleged in divorce papers that he had physically and verbally abused her. After spending more than $29 million of his own money, Hull, a former securities trader, finished third, garnering about 10 percent of the vote. (…) Obama ascended to front-runner status in early March as Hull’s candidacy went up in flames amid the divorce revelations, as well as Hull’s acknowledgment that he had used cocaine in the 1980s and had been evaluated for alcohol abuse. The Chicago Tribune (17.03.04)
Axelrod is known for operating in this gray area, part idealist, part hired muscle. It is difficult to discuss Axelrod in certain circles in Chicago without the matter of the Blair Hull divorce papers coming up. As the 2004 Senate primary neared, it was clear that it was a contest between two people: the millionaire liberal, Hull, who was leading in the polls, and Obama, who had built an impressive grass-roots campaign. About a month before the vote, The Chicago Tribune revealed, near the bottom of a long profile of Hull, that during a divorce proceeding, Hull’s second wife filed for an order of protection. In the following few days, the matter erupted into a full-fledged scandal that ended up destroying the Hull campaign and handing Obama an easy primary victory. The Tribune reporter who wrote the original piece later acknowledged in print that the Obama camp had  »worked aggressively behind the scenes » to push the story. But there are those in Chicago who believe that Axelrod had an even more significant role — that he leaked the initial story. They note that before signing on with Obama, Axelrod interviewed with Hull. They also point out that Obama’s TV ad campaign started at almost the same time. The NYT (01.04.07)
After an unsuccessful campaign for Congress in 2000, Illinois state Sen. Barack Obama faced serious financial pressure: numerous debts, limited cash and a law practice he had neglected for a year. Help arrived in early 2001 from a significant new legal client — a longtime political supporter. Chicago entrepreneur Robert Blackwell Jr. paid Obama an $8,000-a-month retainer to give legal advice to his growing technology firm, Electronic Knowledge Interchange. It allowed Obama to supplement his $58,000 part-time state Senate salary for over a year with regular payments from Blackwell’s firm that eventually totaled $112,000. A few months after receiving his final payment from EKI, Obama sent a request on state Senate letterhead urging Illinois officials to provide a $50,000 tourism promotion grant to another Blackwell company, Killerspin. Killerspin specializes in table tennis, running tournaments nationwide and selling its own line of equipment and apparel and DVD recordings of the competitions. With support from Obama, other state officials and an Obama aide who went to work part time for Killerspin, the company eventually obtained $320,000 in state grants between 2002 and 2004 to subsidize its tournaments. Obama’s staff said the senator advocated only for the first year’s grant — which ended up being $20,000, not $50,000. The day after Obama wrote his letter urging the awarding of the state funds, Obama’s U.S. Senate campaign received a $1,000 donation from Blackwell. (…) Business relationships between lawmakers and people with government interests are not illegal or uncommon in Illinois or other states with a part-time Legislature, where lawmakers supplement their state salaries with income from the private sector. But Obama portrays himself as a lawmaker dedicated to transparency and sensitive to even the appearance of a conflict of interest. (…) In his book « The Audacity of Hope, » Obama tells how his finances had deteriorated to such a point that his credit card was initially rejected when he tried to rent a car at the 2000 Democratic convention in Los Angeles. He said he had originally planned to dedicate that summer « to catching up on work at the law practice that I’d left unattended during the campaign (a neglect that had left me more or less broke). » Six months later Blackwell hired Obama to serve as general counsel for his tech company, EKI, which had been launched a few years earlier. The monthly retainer paid by EKI was sent to the law firm that Obama was affiliated with at the time, currently known as Miner, Barnhill & Galland, where he worked part time when he wasn’t tending to legislative duties. The business arrived at an especially fortuitous time because, as the law firm’s senior partner, Judson Miner, put it, « it was a very dry period here, » meaning that the ebb and flow of cases left little work for Obama and cash was tight. The entire EKI retainer went to Obama, who was considered « of counsel » to the firm, according to details provided to The Times by the Obama campaign and confirmed by Miner. Blackwell said he had no knowledge of Obama’s finances and hired Obama solely based on his abilities. « His personal financial situation was not and is not my concern, » Blackwell said. « I hired Barack because he is a brilliant person and a lawyer with great insight and judgment. » Obama’s tax returns show that he made no money from his law practice in 2000, the year of his unsuccessful run for a congressional seat. But that changed in 2001, when Obama reported $98,158 income for providing legal services. Of that, $80,000 was from Blackwell’s company. In 2002, the state senator reported $34,491 from legal services and speeches. Of that, $32,000 came from the EKI legal assignment, which ended in April 2002 by mutual agreement, as Obama ceased the practice of law and looked ahead to the possibility of running for the U.S. Senate. (…) Illinois ethics disclosure forms are designed to reveal possible financial conflicts by lawmakers. On disclosure forms for 2001 and 2002, Obama did not specify that EKI provided him with the bulk of the private-sector compensation he received. As was his custom, he attached a multi-page list of all the law firm’s clients, which included EKI among hundreds. Illinois law does not require more specific disclosure. Stanley Brand, a Washington lawyer who counsels members of Congress and others on ethics rules, said he would have advised a lawmaker in Obama’s circumstances to separately disclose such a singularly important client and not simply include it on a list of hundreds of firm clients, even if the law does not explicitly require it. « I would say you should disclose that to protect and insulate yourself against the charge that you are concealing it, » Brand said. LA Times
One lesson, however, has not fully sunk in and awaits final elucidation in the 2012 election: that of the Chicago style of Barack Obama’s politicking. In 2008 few of the true believers accepted that, in his first political race, in 1996, Barack Obama sued successfully to remove his opponents from the ballot. Or that in his race for the US Senate eight years later, sealed divorced records for both his primary- and general-election opponents were mysteriously leaked by unnamed Chicagoans, leading to the implosions of both candidates’ campaigns. Or that Obama was the first presidential candidate in the history of public campaign financing to reject it, or that he was also the largest recipient of cash from Wall Street in general, and from BP and Goldman Sachs in particular. Or that Obama was the first presidential candidate in recent memory not to disclose either undergraduate records or even partial medical. Or that remarks like “typical white person,” the clingers speech, and the spread-the-wealth quip would soon prove to be characteristic rather than anomalous. Few American presidents have dashed so many popular, deeply embedded illusions as has Barack Obama. And for that, we owe him a strange sort of thanks. Victor Davis Hanson
C’est un système pourri, une toile d’araignée qui organise sa survie en nommant ses amis à des postes clés de l’administration en échange de leur soutien politique et financier.  Anthony Peraica
Selon le professeur Dick Simpson, chef du département de science politique de l’université d’Illinois, «c’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe que le système prend racine». L’arrivée de larges populations immigrées peinant à faire leur chemin à Chicago pousse les politiciens à «mobiliser le vote des communautés en échange d’avantages substantiels». Dans les années 1930, le Parti démocrate assoit peu à peu sa domination grâce à cette politique «raciale». Le système va se solidifier sous le règne de Richard J. Daley, grande figure qui régnera sur la ville pendant 21 ans. Aujourd’hui, c’est son fils Richard M. Daley qui est aux affaires depuis 18 ans et qui «perpétue le pouvoir du Parti démocrate à Chicago, en accordant emplois d’État, faveurs et contrats, en échange de soutiens politiques et financiers», raconte John McCormick. «Si on vous donne un permis de construction, vous êtes censés “payer en retour”», explique-t-il. «Cela s’appelle payer pour jouer», résume John Kass, un autre éditorialiste. Les initiés affirment que Rod Blagojevich ne serait jamais devenu gouverneur s’il n’avait croisé le chemin de sa future femme, Patricia Mell, fille de Dick Mell, un conseiller municipal très influent, considéré comme un rouage essentiel de la machine. (…) Dans ce contexte local plus que trouble, Peraica affirme que la montée au firmament d’Obama n’a pu se faire «par miracle».«Il a été aidé par la machine qui l’a adoubé, il est cerné par cette machine qui produit de la corruption et le risque existe qu’elle monte de Chicago vers Washington», va-t-il même jusqu’à prédire. Le conseiller régional républicain cite notamment le nom d’Emil Jones, l’un des piliers du Parti démocrate de l’Illinois, qui a apporté son soutien à Obama lors de son élection au Sénat en 2004. Il évoque aussi les connexions du président élu avec Anthony Rezko, cet homme d’affaires véreux, proche de Blagojevich et condamné pour corruption, qui fut aussi le principal responsable de la levée de fonds privés pour le compte d’Obama pendant sa course au siège de sénateur et qui l’aida à acheter sa maison à Chicago. «La presse a protégé Barack Obama comme un petit bébé. Elle n’a pas sorti les histoires liées à ses liens avec Rezko», s’indigne Peraica, qui cite toutefois un article du Los Angeles Times faisant état d’une affaire de financement d’un tournoi international de ping-pong qui aurait éclaboussé le président élu. (…) Pour la plupart des commentateurs, Barack Obama a su naviguer à travers la politique locale «sans se compromettre. Le Figaro
La condamnation de M. Blagojevich met une fois de plus la lumière sur la scène politique corrompue de l’Etat dont la plus grande ville est Chicago. Cinq des neuf gouverneurs précédents de l’Illinois ont été accusés ou arrêtés pour fraude ou corruption. Le prédécesseur de M. Blagojevich, le républicain George Ryan, purge actuellement une peine de six ans et demi de prison pour fraude et racket. M. Blagojevich, qui devra se présenter à la prison le 16 février et verser des amendes de près de 22 000 dollars, détient le triste record de la peine la plus lourde jamais infligée à un ex-gouverneur de l’Illinois. Ses avocats ont imploré le juge de ne pas chercher à faire un exemple avec leur client, notant que ce dernier n’avait pas amassé d’enrichissement personnel et avait seulement tenté d’obtenir des fonds de campagne ainsi que des postes bien rémunérés. En plein scandale, M. Blagojevich était passé outre aux appels à la démission venus de son propre parti et avait nommé procédé à la nomination d’un sénateur avant d’être destitué. Mais le scandale a porté un coup à la réputation des démocrates dans l’Illinois et c’est un républicain qui a été élu l’an dernier pour occuper l’ancien siège de M. Obama. AFP (08.12.11)
Les réponses européennes du président Obama ne sont pas la bonne solution aux défis de l’Amérique. Mitt Romney
La tornade financière qui secoue l’Union européenne (UE) n’a pas encore franchi l’Atlantique, mais déjà, son souffle agite la campagne pour l’élection présidentielle américaine de 2012. Elle offre aux adversaires du président sortant une occasion rêvée de marteler une idée qui leur est chère : Barack Obama, partisan de l’intervention de l’Etat, promoteur de l’assurance-maladie universelle est un adepte du modèle social européen, autrement dit, dépensier et fauteur de dette. Or ce modèle incarné par l’UE serait en faillite. Donc, prétendent-ils, le président Obama est un danger pour l’Amérique. Le Monde (16.11.11)

Invalidations systématiques, dès son premier casse électoral de Chicago de 1996  pour les sénatoriales d’état, des candidatures de ses rivaux sur les plus subtils points de procédure (la qualité des signatures) jusqu’à se retrouver seul en lice …

Déballages forcés,  quatre ans plus tard aux élections sénatoriales fédérales de 2004, des problèmes de couple (un cas apparemment de violence domestique) ou frasques supposées (des soirées dans des club échangistes) de ses adversaires, que ce soit son propre collègue Blair Hull aux primaires ou le Républicain Jack Ryan à la générale de manière à se retrouver sans opposition devant les électeurs …

Tentative de rebelote, lors des primaires de 2008, contre sa rivale démocrate malheureuse Hillary Clinton …

A l’heure où en s’enfonçant chaque jour un peu plus dans la crise l’Europe semble prendre un malin plaisir à démontrer l’ineptie du « modèle européen » dans lequel continue à s’obstiner, à moins d’un an d’une élection présidentielle rien moins qu’assurée, l’actuelle administration américaine …

Et où, trois ans après une élection où mis à part la couleur si tendance de sa peau il  s’était fait élire pour son refus de la guerre et des mesures antiterroristes de son prédécesseur, le prix Nobel de la paix le plus rapide de l’histoire n’a toujours pas fermé Guantanamo tandis que le Predator en chef a multiplié par dix les exécutions extrajudiciaires de ses ennemis …

Petite piqûre de rappel avec la lourde condamnation (14 ans de prison quand même pour un état dont cinq des neuf gouverneurs précédents ont eu droit aux honneurs de la justice pour fraude ou corruption) de  l’ancien gouverneur de l’Illinois pour avoir tenté de monnayer le choix qui lui revenait de droit de nommer  un nouveau sénateur jusqu’à l’élection sénatoriale suivante suite au départ du sénateur Obama devenu président …

Et petit retour (s’il y a une chose sur laquelle on peut toujours compter, c’est bien la formidable capacité de nos médias pour noyer les informations dérangeantes dans le flot des actualités du moment) …

Sur la tristement fameuse machine politique de Chicago dont est issu, comme il l’avait une fois reconnu lui-même avec l’audace toute relative, deux ans avant son élection, que permettent les déplacement à l’étranger, l’auteur du casse du siècle et actuel locataire de la Maison Blanche

Obama played hardball in first Chicago campaign

Story Highlights

Sen. Barack Obama used the rule book to win first race for Illinois state Senate

 Democrat challenged opponents’ petitions and forced them off the ballot

Opponent says Obama’s move « wasn’t honorable »

Drew Griffin and Kathleen Johnston

CNN

30.05.08

(CNN) — When the Democratic National Committee meets Saturday on the thorny issue of seating the Florida and Michigan delegations at its August convention, party officials will have to fashion a solution that satisfies supporters of Sen. Hillary Clinton and presidential nominee front-runner Sen. Barack Obama.

It may take a Solomon-like decision to appease both candidates.

Clinton has argued that the primary results of two of the nation’s largest states should count because, otherwise, millions of voters are being disenfranchised. Obama has said he is willing to work out some compromise.

But he is insistent that the primary results are invalid because the two states failed to follow party rules and that the rules are the rules.

The DNC has not seated the Florida and Michigan delegates because the two states violated party edicts in holding their primaries early.

Although neither candidate campaigned in the two states, Clinton won about 50 percent of the Florida vote, compared with 33 percent for Obama. She won 55 percent of the vote in Michigan, where Obama’s name was not on the ballot.

In his first race for office, seeking a state Senate seat on Chicago’s gritty South Side in 1996, Obama effectively used election rules to eliminate his Democratic competition.

As a community organizer, he had helped register thousands of voters. But when it came time to run for office, he employed Chicago rules to invalidate the voting petition signatures of three of his challengers.

The move denied each of them, including incumbent Alice Palmer, a longtime Chicago activist, a place on the ballot. It cleared the way for Obama to run unopposed on the Democratic ticket in a heavily Democrat district.

« That was Chicago politics, » said John Kass, a veteran Chicago Tribune columnist. « Knock out your opposition, challenge their petitions, destroy your enemy, right? It is how Barack Obama destroyed his enemies back in 1996 that conflicts with his message today. He may have gotten his start registering thousands of voters. But in that first race, he made sure voters had just one choice. » Watch how Obama shut out challengers in his first race »

Obama’s challenge was perfectly legal, said Jay Stewart of the Chicago’s Better Government Association. Although records of the challenges are no longer on file for review with the election board, Stewart said Obama is not the only politician to resort to petition challenges to eliminate the competition.

« He came from Chicago politics, » Stewart said. « Politics ain’t beanbag, as they say in Chicago. You play with your elbows up, and you’re pretty tough and ruthless when you have to be. Sen. Obama felt that’s what was necessary at the time, that’s what he did. Does it fit in with the rhetoric now? Perhaps not. »

The Obama campaign called this report « a hit job. » It insisted that CNN talk to a state representative who supports Obama, because, according to an Obama spokesman, she would be objective. But when we called her, she said she can’t recall details of petition challenges, who engineered them for the Obama campaign or why all the candidates were challenged.

But Will Burns does. Now running himself for a seat in the Illinois legislature, Burns was a young Obama volunteer during the presidential candidate’s first race.

Burns was one of the contingents of volunteers and lawyers who had the tedious task of going over each and every petition submitted by the other candidates, including those of Alice Palmer.

« The rules are there for a reason, » Burns said.

He said that challenging petitions is a smart way to avoid having to run a full-blown expensive race.

« One of the first things you do whenever you’re in the middle of a primary race, especially in primaries in Chicago, because if you don’t have signatures to get on the ballot, you save yourself a lot of time and effort from having to raise money and have a full-blown campaign effort against an incumbent, » Burns said.

Burns said he believed that Obama did not enjoy using the tactic to knock off Palmer.

« It was not something he particularly relished, » Burns said. « It was not something that I thought he was happy about doing. » Watch Burns describe how Obama used the rules to his advantage »

But Obama did it anyway, clearing the field of any real competition.

Obama’s staff would not comment on what the senator thinks about that petition challenge now. Instead, they referred CNN to this 2007 comment made by Obama to the Chicago Tribune.

« To my mind, we were just abiding by the rules that had been set up, » the senator is quoted as saying in the Tribune. « My conclusion was that if you couldn’t run a successful petition drive, then that raised questions in terms of how effective a representative you were going to be. »

But in that same newspaper story, Obama praised Palmer.

« I thought she was a good public servant, » he said.

Palmer, who has campaigned for Clinton, told CNN that she did not want to be part of this story.

Obama supporters claim that Palmer has only herself to blame because she indicated she would not run for the 1996 state Senate and instead aimed for Congress. After losing in that bid, she returned to running for the state Senate seat, a move Obama supporters claim amounted to reneging on a promise not to run.

But Palmer supporters, who did not want to be identified, said that she never anointed Obama as her successor and that the retelling of the story by Obama supporters is designed to distract from the fact he muscled his way into office.

One other opponent who Obama eliminated by challenging his petitions, Gha-is Askia, said he has no hard feelings today about the challenge and supports Obama’s presidential aspirations.

But back at the time he was running for state Senate, Askia said, he was dismayed Obama would use such tactics.

« It wasn’t honorable, » he said. « I wouldn’t have done it. »

He said the Obama team challenged every single one of his petitions on « technicalities. »

If names were printed instead of signed in cursive writing, they were declared invalid. If signatures were good but the person gathering the signatures wasn’t properly registered, those petitions also were thrown out.

Askia came up 69 signatures short of the required number to be on the ballot.

Kass, the Chicago Tribune columnist, said the national media are naive when it comes to Chicago politics, which is a serious business.

He said they have bought into a narrative that Obama is strictly a reformer. The truth, Kass says, is that he is a bare-knuckled politician. And using the rules to win his first office is part of who Obama is.

« It’s not the tactics of ‘let’s all people come together and put your best ideas forward and the best ideas win,’  » Kass said. « That’s the spin; that’s in the Kool-Aid. You can have some. Any flavor. But the real deal was, get rid of Alice Palmer.

« There are those who think that registering people to vote and getting them involved in politics and then using this tactic in terms of denying Alice Palmer the right to compete, that these things are inconsistent. And guess what? They are. They are inconsistent. But that’s the politics he plays. »

And this weekend, DNC delegates will have to decide what kind of rules it will invoke in helping choose its next candidate.

 Voir aussi:

Ryan quits race

State GOP scrambles to find replacement to face Obama

Republican Senate nominee cites fixation on divorce files

Liam Ford and Rudolph Bush, Tribune staff reporters. Tribune staff reporters Christi Parsons, Ray Long, John Chase, David Mendell and Rick Pearson contributed to this report

June 26, 2004

Beleaguered Republican U.S. Senate hopeful Jack Ryan ended his campaign Friday, leaving his party scrambling to find a replacement with enough money and magnetism to mount a serious challenge against Democratic candidate Barack Obama.

Ryan had been under attack by a wide range of party leaders for a lack of candor following the release this week of previously sealed records from his divorce from TV actress Jeri Ryan, giving rise to what one prominent Republican called « buyer’s remorse. »

Jack Ryan had fought the release, insisting he was trying only to protect his son and not to hide embarrassing information. But the files showed Jeri Ryan had accused her ex-husband of taking her to sex clubs and trying to pressure her into having sex in front of others.

Ryan met with staff Friday morning to inform them of his decision to quit the race. Later, he issued a statement explaining he was stepping down because a fixation on the divorce charges meant that a « debate between competing visions and philosophies » could not take place in the Senate race.

« What would take place, rather, is a brutal, scorched-earth campaign–the kind of campaign that has turned off so many voters, the kind of politics I refuse to play, » Ryan said.

Republican pressure on Ryan to step aside began Monday with the release of the files, including one document in which Ryan vigorously denied the allegations of his ex-wife.

Los Angeles Superior Court Judge Robert Schnider released the information as the result of motions filed by the Chicago Tribune and WLS-Ch. 7.

Calls for Ryan’s withdrawal intensified throughout the week as party officials–saying Ryan misled them about the extent of his ex-wife’s allegations–warned of the damage he could do to an already struggling party’s chances in November.

On Thursday, U.S. House Speaker Dennis Hastert of Plano and state GOP chairwoman Judy Baar Topinka called U.S. Sen. George Allen, chairman of the National Republican Senatorial Committee. They asked him to pull the plug on Ryan’s campaign, according to a GOP source who spoke frequently with top Ryan campaign staffers.

Ryan held out until Friday, as U.S. Sen. Peter Fitzgerald, whom Ryan was seeking to replace, and some other GOP senators urged him to fight on. Even before the release of the court files, Ryan had trailed Obama by a wide margin in public opinion polls, and his decision to quit came after his campaign commissioned yet another poll to gauge public response to the growing divorce file controversy, the Republican source said.

The results arrived Friday morning and convinced Ryan that he had been too damaged by the revelations to recover, the source said.

On Friday, Topinka said Ryan’s « decision was a personal one. » She denied that the state Republican Party pressured Ryan to drop out, saying state leaders recently backed off to ensure Ryan felt it was his decision alone.

« He had a lot of great ideas, but they probably would have been overshadowed by this controversy, » Topinka said. « We appreciate what he did for the greater good of the party. »

Meanwhile, Obama, a Democratic state senator, praised the work Ryan has « done as a teacher and as a civic leader throughout the state. »

« What happened to him over the last three days was unfortunate, » Obama said. « It’s not something I certainly would wish on anybody. And having said that, from this point forward, I think we will be continuing to talk about the issues. »

Republicans will move quickly to replace Ryan, Topinka promised. The party’s 19 central committee members should « reach out » to constituents and try to have a replacement candidate within three weeks, she said.

But with its top ranks decimated by scandal and widespread electoral losses in 2002 that handed almost total control of state government to Democrats, the party may have difficulty finding a high-profile candidate with as deep pockets as had Ryan, whose personal fortune is estimated at up to $95 million.

Two former governors mentioned as possible candidates, James R. Thompson and Jim Edgar, have both indicated they will not run, said Topinka, who also ruled out her own candidacy. A leading contender who has not said no is Ron Gidwitz, 59, a wealthy businessman and the former chairman of the state Board of Education, according to several Republican sources.

On Friday, U.S. Rep. Don Manzullo also was making an open pitch for state Sen. Steve Rauschenberger (R-Elgin), one of several candidates who lost to Ryan in the primary.

« Steve entered the primary against three millionaires, and two more weeks [of campaigning] and he would have won it, » Manzullo said.

U.S. Rep. John Shimkus said Ryan’s departure has led to « a sense of relief and a little bit of excitement, » at moving past the scandal.

State Sen. Kirk Dillard, chairman of the DuPage County Republican Party, said calls to his party headquarters were almost unanimously against Ryan staying in the race.

« It wasn’t really over the substance of what he did or did not do with his wife, » Dillard said. « It was, they thought that he deliberately withheld information before the March primary and we had a lot of buyer’s remorse. »

Ryan’s demise came after years of groundwork carefully laid by the Wilmette native, who several years ago began attending Republican party Lincoln Day dinners throughout the state to gauge reaction to his entering the political arena.

Ryan entered the race more than a year ago, weeks after Fitzgerald said he would not seek re-election. A former investment banker who took a job as a teacher at Hales Franciscan High School on the South Side, Ryan had also been courted by the national GOP as a possible opponent for U.S. Sen. Richard Durbin in 2002. Ryan opted not to make that run.

The divorce file issue first surfaced for Ryan during the March primary campaign as an outgrowth of a flap that sank the once front-running campaign in the Democratic Senate primary of millionaire Blair Hull. Under pressure, Hull released sealed divorce files which showed one of his ex-wives had accused him of abusive behavior.

Unlike Hull, Ryan refused to release his files, assuring state party officials that there was nothing embarrassing in them and to do so would only hurt his 9-year-old son.

As he exited the race Friday, Ryan singled out the Tribune for criticism because it went to court to force release of the custody files.

« The media has gotten out of control, » Ryan complained. « The fact that the Chicago Tribune sues for access to sealed custody documents and then takes unto itself the right to publish details of a custody dispute over the objections of two parents who agree that the re-airing of their arguments will hurt their ability to co-parent their child and will hurt their child is truly outrageous. »

Conservative backers, including Fitzgerald, were dismayed by Ryan’s announcement. Fitzgerald lashed out at the state Republican leadership for abandoning Ryan. « The piranhas were circling, » he said. « It was not the Democrats; it was the Illinois party brass. »

But the state’s Republican national committeeman, Robert Kjellander, said Ryan’s departure frees the party to try to focus on election issues–and Obama’s record.

« Yes, it’s certainly a setback, » Kjellander said. « But it’s not one that’s fatal and both the Senate campaign committee and the president’s campaign see Illinois as an opportunity and we’re going to move ahead. »

Voir également:

Dans les bas-fonds politiques de Chicago

Laure Mandeville, envoyée spéciale à Chicago

Le Figaro

16/12/2008

Rod Blagojevich, aujourd’hui accusé de corruption, prête serment lors de sa prise de fonction en tant que gouverneur de l’Illinois en août 2007. Pour la plupart des commentateurs, Barack Obama a su naviguer à travers la politique locale «sans se compromettre».

Le scandale de corruption qui frappe le gouverneur de l’Illinois Rod Blagojevich révèle le système de connivence et de passe-droits niché au cœur du fief politique d’Obama.

Des manches de chemise re­troussées. Une courte barbe grise. Des lunettes qui laissent entrevoir des yeux scrutateurs et malicieux. Voici donc John McCormick, le fameux journaliste dont le gouverneur de l’Illinois, Rod Blagojevich, voulait la tête. Celui qu’il rêvait de faire limoger du comité éditorial du Chicago Tribune. En échange de la mise à l’écart de plusieurs éditorialistes critiques, «Blago» se proposait de donner son feu vert à l’octroi d’une aide financière de 100 millions de dollars au propriétaire du journal, Sam Zell, pour que ce dernier puisse procéder à la vente du terrain de base-ball de Wrigley, et éponger ses dettes. «Je constate surtout que cela n’a pas marché !, précise John, en riant. Je me sens plutôt honoré d’être mis en balance avec 100 millions de dollars. Et surtout reconnaissant à mon employeur, si les allégations portées par le procureur Patrick Fitzgerald sont réelles.»

Dans les étages supérieurs d’une tour néogothique inspirée de Notre-Dame de Paris, qui abrite depuis plus de cent cinquante ans le vénérable journal, «l’enc… de journaliste», dont les éditoriaux irritaient le gouverneur, est en plein travail. Depuis que le scandale a rattrapé Rod Blagojevich, accusé par le procureur des États-Unis Patrick Fitzgerald d’avoir tissé une véritable toile de corruption autour de son poste, le journal est mobilisé vingt-quatre heures sur vingt-quatre. «J’ai sept pages débats à boucler», explique McCormick, chef adjoint du comité éditorial. Il dit avoir reçu un coup de fil d’un ancien professeur de journalisme. «Elle m’a dit :“100 millions ? Je n’aurais pas misé deux dollars sur toi !”», raconte-t-il en riant.

«Je veux faire de l’argent»

Le scandale qui a éclaté mardi dernier a provoqué un véritable séisme aux États-Unis, chassant de la une des journaux les questions liées à la transition Bush-Obama. Il est vrai qu’outre l’affaire des journalistes, dont John McCormick est devenu le héros involontaire, de graves accusations ont été portées par le procureur Fitzgerald sur la manière dont Blagojevich entendait négocier son pouvoir exclusif de désignation du successeur d’Obama au Sénat. Les écoutes téléphoniques menées par le FBI, et consignées dans un rapport de 76 pages dont Le Figaro a obtenu copie, révèlent son obsession d’arracher un poste lucratif pour lui ou son épouse. «Je veux faire de l’argent», lâche-t-il carrément au téléphone. «C’est du p… d’or», insiste-t-il. Le caractère vulgaire et brutal de ses conversations a choqué l’opinion américaine. Dans le bus qui promène les touristes à travers les hauts lieux mafieux de l’époque de la prohibition, un retraité confie sa stupeur devant tant de grossièreté, car «nous aimons à penser que nous sommes dirigés par des gens de haute tenue». «C’est surtout un imbécile, note le guide de l’excursion. Comment a-t-il pu parler de son désir de vendre un siège de sénateur alors qu’il faisait l’objet d’une enquête fédérale ? Al Capone était plus intelligent !»

Mais est-ce vraiment de la stupidité ? Ou ce mode de fonctionnement paraissait-il si naturel à Blagojevich qu’il en est venu à perdre le sens de la réalité ? Ce qui frappe dans le rapport du FBI, c’est qu’il accuse le gouverneur d’avoir usé de telles pratiques dès son arrivée aux affaires, en 2002, alors qu’il s’était fait élire sur une plate-forme de chevalier anticorruption. L’accusation révèle que le gouverneur aurait systématiquement monnayé sa position d’influence, levant des fonds privés pour l’organisation «Les amis de Blagojevich» en échange d’octrois de contrats ou de privilèges. Les multiples témoignages d’hommes véreux, condamnés depuis à la prison ferme, ajoutent au tableau une crédibilité dérangeante. Même si Blagojevich reste présumé innocent, les charges réunies dessinent les contours d’un monde incroyablement obscur et corrompu. «C’est la machine politique de Chicago», résument les journalistes locaux. Dans son édition de dimanche, le Chicago Tribune attaque carrément : «Il y a une raison pour laquelle l’Illinois a une longue histoire de scandale, dénonce le quotidien à la une. La machine politique carbure à l’argent.»

«Cela s’appelle payer pour jouer»

Selon le professeur Dick Simpson, chef du département de science politique de l’université d’Illinois, «c’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe que le système prend racine». L’arrivée de larges populations immigrées peinant à faire leur chemin à Chicago pousse les politiciens à «mobiliser le vote des communautés en échange d’avantages substantiels». Dans les années 1930, le Parti démocrate assoit peu à peu sa domination grâce à cette politique «raciale». Le système va se solidifier sous le règne de Richard J. Daley, grande figure qui régnera sur la ville pendant 21 ans. Aujourd’hui, c’est son fils Richard M. Daley qui est aux affaires depuis 18 ans et qui «perpétue le pouvoir du Parti démocrate à Chicago, en accordant emplois d’État, faveurs et contrats, en échange de soutiens politiques et financiers», raconte John McCormick. «Si on vous donne un permis de construction, vous êtes censés “payer en retour”», explique-t-il. «Cela s’appelle payer pour jouer», résume John Kass, un autre éditorialiste. Les initiés affirment que Rod Blagojevich ne serait jamais devenu gouverneur s’il n’avait croisé le chemin de sa future femme, Patricia Mell, fille de Dick Mell, un conseiller municipal très influent, considéré comme un rouage essentiel de la machine.

Anthony Peraica, un immigrant croate, débarqué aux États-Unis à l’âge de 13 ans, qui a fait de brillantes études de droit avant de se lancer en politique, affirme être bien placé pour raconter le système. Originaire du district de Bridgeport, le cœur de la machine Daley, ce conseiller régional républicain du comté de Chicago dit avoir été lui-même happé par le Parti démocrate avant de le quitter «écœuré» par les passe-droits qu’il y avait découverts. «C’est un système pourri, une toile d’araignée qui organise sa survie en nommant ses amis à des postes clés de l’administration en échange de leur soutien politique et financier», accuse-t-il. Anthony Peraica, qui a raté de peu la présidence du conseil régional du comté, affirme que seule l’intervention d’un syndicat ayant mis des millions de dollars dans la bataille médiatique pour le discréditer l’a empêché de gagner. «Les donateurs privés que je sollicite ont peur de me financer car ils craignent pour leurs avantages», poursuit-il. «Il n’y pas de système bipartisan ici, c’est une autocratie», dit le républicain, qui affirme que des inconnus ont plusieurs fois forcé ses bureaux d’avocat, dans la partie sud de Chicago, «sans doute pour m’intimider». «La seule chose qui pourrait changer le système, c’est un financement public des campagnes à l’européenne, et des temps d’accès aux médias réglementés.»

Dans ce contexte local plus que trouble, Peraica affirme que la montée au firmament d’Obama n’a pu se faire «par miracle».«Il a été aidé par la machine qui l’a adoubé, il est cerné par cette machine qui produit de la corruption et le risque existe qu’elle monte de Chicago vers Washington», va-t-il même jusqu’à prédire. Le conseiller régional républicain cite notamment le nom d’Emil Jones, l’un des piliers du Parti démocrate de l’Illinois, qui a apporté son soutien à Obama lors de son élection au Sénat en 2004. Il évoque aussi les connexions du président élu avec Anthony Rezko, cet homme d’affaires véreux, proche de Blagojevich et condamné pour corruption, qui fut aussi le principal responsable de la levée de fonds privés pour le compte d’Obama pendant sa course au siège de sénateur et qui l’aida à acheter sa maison à Chicago. «La presse a protégé Barack Obama comme un petit bébé. Elle n’a pas sorti les histoires liées à ses liens avec Rezko», s’indigne Peraica, qui cite toutefois un article du Los Angeles Times faisant état d’une affaire de financement d’un tournoi international de ping-pong qui aurait éclaboussé le président élu.

Rahm Emanuel dans la ligne de mire

La plupart des commentateurs, dont John McCormick, ne souscrivent pas à cette analyse. Pour eux, le président élu a su naviguer à travers la politique locale «sans se compromettre». Il s’est dissocié de Rezko avant sa dernière campagne. Il est aussi celui qui a fait passer une législation éthique qui devrait mieux contrôler les donations privées à partir du 1er janvier 2009 dans l’Illinois.

L’équipe du président élu «n’en est pas moins très embarrassée par le scandale», affirme le politologue Ola Adeyoje, spécialiste de la politique locale à Chicago. Les écoutes téléphoniques révèlent en effet un gouverneur persuadé d’être en contact et en négociation quasi directe avec Barack Obama pour la désignation d’un successeur au Sénat. Sentant venir la polémique, le nouveau chef de l’État a donc promis de passer au crible les discussions que son entourage aurait pu avoir avec Blagojevich. À ce titre, le directeur de cabinet d’Obama, Rahm Emanuel, est dans la ligne de mire des républicains car il apparaît qu’il a été en contact avec le gouverneur sur ce thème, selon le Chicago Tribune. Lundi, les deux chambres du Parlement de l’Illinois se sont rassemblées pour décider d’une éventuelle procédure de destitution du gouverneur, qui ne se presse pas de démissionner. La plupart des leaders démocrates jugent impensable qu’il puisse rester à son poste et décider de la nomination d’un nouveau sénateur. Mais une procédure de destitution d’un gouverneur, phénomène rarissime dans l’histoire des États-Unis où cela ne s’est produit qu’en Californie et au Dakota du Nord, risque de durer des mois… empoisonnant le climat politique, de Chicago à Washington.

Voir encore:

Obama’s Narrator

Ben Wallace-Wells

The NYT

April 1, 2007

I.

When Barack Obama decided in January that he would run for president in 2008 and quietly began calling up his staff members and close supporters to tell them so, the choice had many effects, but one of the most immediate and parochial was that it sent Obama’s chief political and media adviser, a Chicago consultant named David Axelrod, into his editing studio. For four years Axelrod has had camera crews tracking virtually everything Obama has done in public — chatting up World War II vets in southern Illinois, visiting his father’s ancestral village in western Kenya — and there were days when the camera crews have outnumbered the civilians.

In the second week of January, Axelrod went down to his editing studio, a raw, whitewashed loft space, and began to sort through all of this tape to put together a five-minute Internet video for the initial announcement of Obama’s campaign, which would come the following Tuesday, Jan. 16. Political observers tend to dismiss bio pieces as fluff. But for Axelrod they supply a coordinating presence, a basic story to wrap the campaign around. There is precision in the fluff. Axelrod says he believes that Obama is something different: a  »trailblazing » figure who  »represents the future. » And indeed, so far Obama’s campaign has been steeped in his biography. This is, after all, a 45-year-old man who has written not one but two memoirs. Most of the raw videotape Axelrod has is the banal, worn imagery of politics — Obama speaking from a podium, with the familiar, angled hand gestures, or seated and listening intently, elbows on knees — and somehow from this he had hoped to wring transcendence. There was a clip he found from the early stages of the 2004 Senate campaign of Obama, microphone in hand, introducing himself to a small group of voters at a coffeehouse on Chicago’s North Side; when the candidate told them about his work in the early 1990s as a community organizer, there was a spontaneous, sustained applause.  »I remember that! » Axelrod told me a few days later as we watched the finished product in his office the morning it was released to the public.  »You know, we hadn’t thought that was an important part of his bio, but people really responded to the fact that Barack gave up corporate job offers to work in the community. »

Axelrod has the political operative’s BlackBerried, wearied demeanor, at once somewhat more and somewhat less than fully awake. His conversations are staccato, 90-second affairs, affirmations and advice. The day the video was released, he had six TV news crews lined up to interview him for segments they were putting together on Obama’s announcement. The Fox cameraman started hooking up his wires. He told Axelrod he had just walked past the subway station, and a worker, seeing the TV cameras, asked whom the crew was going to interview:  »And I say David Axelrod, and she just screams, ‘Obama’s running!’ That’s all I had to say! »

 »Yeah? » Axelrod replied, BlackBerrying, happy. He turned the video back on. Axelrod says he loves man-on-the-street interviews, and while digging through the tape the week before, he found one he did with a young Hispanic guy.  »He gives you a — a sense of hope, » the young man says, squinting past the camera, swaying slightly.  »Uh, at a time when, you know, things in this country are not going so well. » It’s a good message for Obama, and a good messenger, but what Axelrod likes are the stutters, the verbal hiccups:  »That kind of authenticity is how you cut through. »

Axelrod says viewers are more likely to be arrested by shots that look rough, like  »a hybrid, part political commercial, part news. » He found a grainy, C-Span-style shot of Obama talking about homelessness on the floor of the State Senate, which Axelrod now uses to establish Obama’s prior political experience. The consultant picked out a lingering, distant shot of Obama walking down a sunny southern Illinois road with his long arm around an older, short white farmer. He says this was intended to convey his candidate’s case with conversation, his cross-cultural capability. The completed announcement video would begin and end with Obama’s keynote address to the Democratic National Convention, and it would include two full minutes on his early life — his father’s background, his mother’s, his grandfather’s, the times he moved when he was a little boy. When you finish watching the video, you don’t have a particularly good sense of Obama as a politician (you might be able to say that he’s for change), but there is an intimacy — you have been drowned in his life, and you feel as if you know him.

There are a variety of problems of political communication that the industry’s operatives spend their time obsessing over. One, which obsessed James Carville, is persuasion: How do you persuade people who believe one thing to believe another? A second, the big one for Joe Trippi, is commitment: What motivates your party’s loyalists to go to the polls in larger numbers? But Axelrod has become animated by a more basic challenge of political communication, the problem of breaking through, of sounding different and new. Axelrod says that the way to cut through all the noise is to see campaigns as an author might, to understand that you need not just ideas but also a credible and authentic character, a distinct politics rooted in personality. ( »David breaks them down, » Peter Giangreco, a Chicago direct-mail consultant who often works with Axelrod, told me.  »Who is your mother? Who is your father? Why are you doing this? ») This, Axelrod says, is what Karl Rove understood about George W. Bush.  »One of the reasons Bush has succeeded in two elections, » Axelrod says,  »is that in his own rough-hewn way he has conveyed a sense of this is who I am, warts and all. » For Obama, because of Senator Hillary Clinton’s far-greater experience and establishment backing, this is a particularly essential project.  »If we run a conventional campaign and look like a conventional candidacy, we lose, » Axelrod says.

When the first major profile of Axelrod appeared in Chicago magazine in 1987, three years after he left a high-profile job as the lead political reporter for The Chicago Tribune to work as a political operative, the article ( »Hatchet Man: The Rise of David Axelrod ») began by comparing him to an  »exotic rodent. » Two decades later, there remains the matter of the comb-over and the damp mustache, but his looks seem less important now. In the last four years, Axelrod has helped steer campaigns for fully four of the Democrats now running for president — Obama, Clinton, John Edwards and Chris Dodd — and one who dropped out (Tom Vilsack); framed the messages for the new young governor of Massachusetts, Deval Patrick; and served as the chief political adviser for Representative Rahm Emanuel when the congressman helped orchestrate the Democratic takeover of the House of Representatives last fall.

Axelrod, who is 52, is lumbering, sardonic and self-deprecating, and he still has the old Chicago street-fighter belief that you can see what matters about politics most clearly when you’re slumming in the wards. His bookshelves are filled with Abe Lincoln biographies, but what he says he admires about Lincoln isn’t just his philosophy but his political effectiveness, the Great Emancipator’s secret shiv. Professional opinions of Axelrod in this pitted, rivalrous field vary, but Axelrod, working from Chicago, has become perhaps the consultant with the tightest grip on his party’s future.  »So many consultants are fighting the last war, but David is fighting the next one, and that makes him very, very dangerous, » the Republican consultant Mike Murphy told me.

After the consecutive presidential losses of Al Gore and John Kerry, patrician candidates who ran ill-fitting  »people versus the powerful » campaigns designed for them by the consultant Bob Shrum, many Democrats began to suspect that part of what was wrong with the party was its formulaic consultants. The party has suffered, Axelrod says, from a  »Wizard of Oz syndrome among Washington political consultants who tend to come to candidates and say: I have the stone tablets! You do what I say, and you will get elected. And they fit their candidates into their rubric. »

Axelrod’s is a less grand, postideological approach, and his campaigns are rooted less in issues than in the particulars of his candidate’s life. For him, running campaigns hitched to personality rather than ideology is a way of reclaiming fleeting authenticity. It is also, more and more, the way of the Democratic Party. Its 2006 Congressional campaign strategy — run by Axelrod’s close friend Emanuel, with the Chicago consultant acting as principal sounding board — did not depend on any great idea of where the party ought to go, like the last political cataclysm, Newt Gingrich’s 1994 House  »revolution. » As they have reclaimed power, the Democrats have done so not by moving appreciably to the left or the right; rather, they have done so by allowing their candidates to move in both directions at once.  »What David is basically doing — and this is somewhat new for Democrats — isn’t trying to figure out how to sell policies, » says the Democratic media consultant Saul Shorr.  »It’s a matter of personality. How do we sell leadership? »

II.

It seems bizarre to consider now, but there was a time, just about three years ago, when Barack Obama was a pretty obscure black candidate for statewide office, and his political fortunes seemed to obey the regular, racialized rules of urban politics. The campaign needed to find a way for him to add white progressives from the Chicago suburbs and lakefront to his expected base among black voters.  »When you’re breaking barriers and asking voters to do something they haven’t done before — vote for an African-American for governor or senator — it’s very helpful to have third-party authentication, newspaper endorsements or institutional support, to encourage them to go there, » Axelrod told me. His first choice to vouch for Obama was his old client Paul Simon, the bow-tied, progressive, retired U.S. senator and a beloved figure in their target demographics. But just as Axelrod was trying to fix dates, Simon was taken to the hospital for heart surgery; he died the next day. Paul Harstad, the campaign’s pollster, told me that Axelrod was adamant that Simon had been the perfect proxy. So he sought out the closest substitute he could find and cut a commercial featuring the senator’s daughter, Sheila, a member of the Carbondale, Ill., City Council. Sheila Simon made an ad for Axelrod linking Obama’s legacy and her father’s, saying they were  »cut from the same cloth. » When the cash-strapped campaign put the ads on the air and then followed up with another ad linking Obama to Harold Washington, the late, beloved, liberal mayor of Chicago,  »that was it, » according to Mark Blumenthal, who was running tracking polls for the opposing Senate campaign of Blair Hull.  »The ads did something rare in politics, which was make Obama seem like a historic candidate, » Blumenthal told me.  »They helped move his numbers from 30, 35 percent up to 53 percent, and it became a landslide. You could just about see this whole Obama wave beginning. »

Axelrod has known Obama longer than any of his other close political advisers and, other campaign officials say, is now Obama’s chief strategist and someone he  »trusts implicitly. » Axelrod has been intimately involved with the staffing of the campaign (David Plouffe, who was a partner in Axelrod’s consulting firm, is now Obama’s campaign manager), with its strategy and pacing and with the scrubbing of its message and language. Because of the vastness of the operation, Axelrod has had to hire other media consultants to help him develop commercials; his own role, he says, will be as  »keeper of the message. » One senior campaign adviser told me:  »Barack is a no-drama kind of guy. He’s not looking for a person or a group of people that bring their own set of dramas to the operation. What [Obama] gets from David is no nonsense. »

Axelrod met Obama when the senator was 30 years old and coordinating a voter-registration drive in Chicago and Betty Lou Saltzman, a doyenne of progressive politics in Chicago, suggested that the two get to know each other. In the 15 years since, Axelrod has worked through Obama’s life story again and again, scouring it for usable political material, and he believes that some basic themes come through: that he is  »not wedded to any ideological frame or dogma, » that he is  »an outsider rather than someone who’s spent years in the dens of Georgetown, » that he is an  »agent for change » and has the optimism and dynamism of a fresh, young face. Axelrod knows that each of these characteristics has its flip side — optimism can be read as naïveté, independence as ideological unmooredness, unjadedness for a lack of experience and bipartisanship as an instinct to avoid necessary combat.

In his office back in Chicago, Axelrod’s walls aren’t covered with bookcases but with political images, candidates Axelrod has worked for on winning election nights, their hands thrust up, their grins wide, the newspaper headlines behind them. There are the black mayors of Philadelphia, Cleveland, Detroit and Chicago. There is a charming, signed shot of Obama underneath a print of Muhammad Ali knocking out Sonny Liston. Signed thanks from Harold Washington. It is a museum of a particular kind of history — not just the evolution of the modern political left but also the ascendance of a particular kind of charismatic, reformer African-American candidate — and you get the sense that this is how the consultant sees himself, as a curator of this history. Electing Obama president would be  »something you could really be proud of for the rest of your life, » Axelrod told me in early January.  »It would really change politics in a very positive way. » When he talks about his own ideas, Axelrod has a habit of substituting anecdotes not from his own life but from Obama’s, or Deval Patrick’s, as if his is a compounded, and cultivated, existence.

With Obama’s candidacy, Axelrod is placing a gaudy bet: that the symbolic significance of race has now begun to flip. An underlying message of the campaign is that African-American candidates can symbolically represent the future. I asked him if he thought that Obama’s race would be a detriment.  »I don’t think of it as a detriment, » Axelrod said.  »I know that there are people who wouldn’t vote for a black candidate, but I don’t know if they would vote for a Democratic candidate anyway. But I think that in a sense Barack is the personification of his own message for this country, that we get past the things that divide us and focus on the things that unite us. He is his own vision. »

Every veteran political operative has his batch of lessons learned. From his experience running the antic, aggressive Emanuel’s campaign for Congress, he realized that the way to deal with your client’s perceived flaws is to embrace them and not run from them. When he ran Tom Vilsack’s campaign for governor of Iowa, he learned that the smoothest way to beat back a staunch social conservative message is to attack not the content but  »the over-the-top negativism » that often accompanies it. From some advisory work he did for Bill Clinton during the 1996 campaign, when he wrote the memo that introduced the phrase  »Bridge to the 21st century » into the political vernacular, Axelrod learned that for a Democrat the future always trumps the past. He says he also learned from Clinton that a pol’s biggest task is  »to narrow the distance between the people and government. » From a distance, he watched Karl Rove help George Bush win two terms as president by  »understanding that every election is a reaction to the last president » and then in 2004 by  »figuring out how to make Bush’s stubbornness into a political virtue. » During the 2004 convention, he stood with Senator Chris Dodd, who told Axelrod that Democrats  »were making a mistake by turning the whole thing into a giant V.F.W. convention and not mentioning the failure of the Bush administration on a wide variety of issues. » The lesson he took was that the party shouldn’t get too wrapped up in the issue of the moment. Most of all, from campaign after campaign, and particularly in 2004 from the Dean and Edwards campaigns, Axelrod took the lesson that the problem with failed candidacies isn’t usually that the message wasn’t shrewd but that  »unless a message authentically reflects the messenger, it’s likely to fail. »

Axelrod says that his model for the Obama campaign came last year when Deval Patrick ran for governor of Massachusetts. There are many ways in which Patrick’s run and Obama’s are similar: the optimism, the constant presence of the candidate’s biography, the combination of a crusading message of reform with the candidate’s natural pragmatism, the insistence that normal political categories did not apply, even the same, unofficial slogan, shouted from the crowds —  »Yes. We. Can! » But most essential is the way in which both of these campaigns came to use the symbolism that accompanies their candidates’ race, not by apologizing for it or ignoring it but by embracing the constant attention paid to the historic nature of the candidacy itself. The Democratic media consultant David Eichenbaum, whose candidate, Chris Gabrieli, lost to Patrick and Axelrod in Massachusetts, told me:  »What they were able to do in the Patrick campaign was similar to what they’ve been able to do with Obama. The campaign managed to energize the grass roots, but there was a sense of idealism and hope and being able to break that historic barrier that was very unifying and reached out beyond liberals or the base. It became a movement that took on a life of its own. »

At the beginning of January, on a sunny day in the middle of the Northeast’s strange extended warm spell, Axelrod traveled to Boston for Patrick’s inaugural. Recounting it for me afterward, he said,  »I really thought a lot about this Obama thing, and I thought, You know, these are really the moments you work for, and I thought, how amazing would it be to be not at the Massachusetts Statehouse but at the U.S. Capitol for that. »

III.

We were in Chicago in January, and it was absurdly unpleasant outside, the sun hanging high above the wind and the chill like a taunt. Axelrod was on a man-in-the-street shoot, a campaign commercial for Axelrod’s old friend and client Richard M. Daley, and the first scheduled interviewee, a retired Irish firefighter, had been mocking Axelrod’s crew for dressing wrong.  »You need the layers in this cold, » he announced.  »You need this wickywack stuff. » ( »Gee, » Axelrod deadpanned,  »I wonder if I’ll be able to draw him out. ») This is Axelrod’s Chicago, the old ward Democrats, and he started bantering with the guy. The firefighter asked Axelrod about Obama:  »Everybody’s raving about him, this new black guy, but he doesn’t have any experience. Not everyone’s in love with him, you know. » And the guy grinned, confrontationally, and it just kind of hung there, like race sometimes does in Chicago, somewhere between tolerance and menace.

This has been Axelrod’s career, an eternal return to Chicago and to the politics of race. Axelrod and his sister, Joan, grew up in Manhattan, the children of two Jewish liberals — a mother who worked as a journalist at PM, a left-wing newspaper of the 1940’s, and later ran focus groups for an advertising firm, and a psychologist father. He went to college at the University of Chicago. He found the city familiar-feeling and married a business student named Susan Landau, whom he met while playing co-ed basketball. He has been there ever since.

Axelrod wasn’t the most attentive student; he took so many incompletes in college that he ended up having to finish a quarter of his credits in his last semester. When he was 19, a junior, his father, divorced and living in a Manhattan studio, killed himself, and Axelrod was notified as next of kin. The consultant still has tacked to his wall a fierce self-portrait his father drew in his 20s. Axelrod threw himself into journalism, working after classes at a tiny paper in Hyde Park and covering, among other things, Chicago’s roaring, pitted racial politics; he knew who all the aldermen in the city were by the time he graduated. The Chicago Tribune took him on right out of school, sent him to the night desk for a couple of years of hardening and then turned him loose on City Hall. It was 1979, Axelrod was 23 and the whole politics of the city were caught up in the race thing. Axelrod was inclined toward the reformers, even after his great hope, a white mayor named Jane Byrne, turned out to be a hack and a dud.  »I should have known, » he says. In 1984, Axelrod decided to get into politics himself. He signed on with Simon’s senatorial campaign as communications director, became campaign manager and, after Simon won, opened his own shop.

Axelrod can be a fussy bag of liberal tensions and conflicts. He says he hates the idea that he might become the kind of media-hogging consultant who overshadows his client, but he appears on television in Chicago so frequently that construction workers and subway conductors recognize him on the street. He drives, charmingly and humbly, a Pontiac Vibe, but he also has a vast weekend house in Michigan that makes the reporters who talk to him jealous. This basic tension goes beyond personal style; it runs through his career, and it’s the tension of the modern Democratic establishment, caught between its reform origins and the compromises necessary to win power. And it’s the conflict of the Daley circle, a bunch of reformers who brought about a restoration of the machine with its attached pathologies.

 »David Axelrod’s mostly been visible in Chicago in the last decade as Daley’s public relations strategist and the guy who goes on television to defend Daley from charges of corruption, » Dick Simpson, a former Chicago alderman who is now chairman of the political science department at the University of Illinois at Chicago, told me. Axelrod sees it a little differently. He says that Daley’s election was necessary as a  »moment of racial healing » and that he is  »proud of the mayor’s progressive record. »

Axelrod is known for operating in this gray area, part idealist, part hired muscle. It is difficult to discuss Axelrod in certain circles in Chicago without the matter of the Blair Hull divorce papers coming up. As the 2004 Senate primary neared, it was clear that it was a contest between two people: the millionaire liberal, Hull, who was leading in the polls, and Obama, who had built an impressive grass-roots campaign. About a month before the vote, The Chicago Tribune revealed, near the bottom of a long profile of Hull, that during a divorce proceeding, Hull’s second wife filed for an order of protection. In the following few days, the matter erupted into a full-fledged scandal that ended up destroying the Hull campaign and handing Obama an easy primary victory. The Tribune reporter who wrote the original piece later acknowledged in print that the Obama camp had  »worked aggressively behind the scenes » to push the story. But there are those in Chicago who believe that Axelrod had an even more significant role — that he leaked the initial story. They note that before signing on with Obama, Axelrod interviewed with Hull. They also point out that Obama’s TV ad campaign started at almost the same time. Axelrod swears up and down that  »we had nothing to do with it » and that the campaign’s television ad schedule was long planned.  »An aura grows up around you, and people assume everything emanates from you, » he told me.

Today, as Axelrod basks in his profession’s highest glory — shaping a historical presidential campaign — he is experiencing one of its nastiest turns: in a tiny and ideologically promiscuous world, you often need to go to war with your friends. (If Obama hadn’t run, Axelrod says, he would have sat out this presidential race, and he says he told all of his other former clients that early on; he hasn’t had much interaction with them since.) There is Dodd, and there is Edwards, but perhaps most poignantly, there is Hillary Clinton. It’s a matter of epilepsy. David and Susan Axelrod have three children in their late teens and early 20s. Their eldest, Lauren, has developmental disabilities associated with chronic epileptic seizures and now lives in a group home in Chicago. But for years her illness required enough of her parents’ time that it kept Susan Axelrod out of the work force and kept David from moving to Little Rock during the 1992 presidential campaign. Susan and two other mothers of children with epilepsy started a foundation, Citizens United for Research in Epilepsy (CURE), which Susan runs, to promote research and raise funds for a cure. Because of David’s political work, they have had political celebrities do fund-raisers: Bill Clinton, Tim Russert, Obama. But few have done as much for the foundation as Hillary Clinton.

It was January 1999, President Clinton’s impeachment trial was just beginning in the Senate and Hillary Clinton was scheduled to speak at the foundation’s fund-raiser in Chicago. Despite all the fuss back in Washington, Clinton kept the appointment. She spent hours that day in the epilepsy ward at Rush Presbyterian hospital, visiting children hooked up to machines by electrodes so that doctors might diagram their seizure activity and decide which portion of the brain to remove. At the hospital, a local reporter pressed her about the trial in Washington, asked her about that woman. At the organization’s reception at the Drake Hotel that evening, Clinton stood backstage looking over her remarks, figuring out where to insert anecdotes about the kids.  »She couldn’t stop talking about what she had seen, » Susan Axelrod recalled. Later, at Hillary Clinton’s behest, the National Institutes of Health convened a conference on finding a cure for epilepsy. Susan Axelrod told me it was  »one of the most important things anyone has done for epilepsy. » And this is how politics works: David Axelrod is now dedicated to derailing this woman’s career.

 »Life can be tragic, » Axelrod told me by phone from Chicago the day before Obama officially announced his candidacy,  »but it is important to focus on the moments when it is rapturous. » Political consultancy is often understood, from a distance, as a science of cynicism, but from up close it can look instead like a ruthless form of love.

IV.

On the second Saturday in February, David and Susan Axelrod drove down to the old Statehouse in Springfield, Ill., to watch Obama officially announce his candidacy for president, giving a speech he had sent to Axelrod for edits at 4 in the morning, two nights before. There was a crowd of more than 15,000 in the square, it was freezing out and Obama looked even skinnier than usual in his big wool coat. Axelrod’s cameras roamed through the crowds, interviewing Illinois locals with mustaches and rural accents, who talked about how Obama is  »different, »  »inspiring. »

The historic overtones of the speech were unguarded and blunt. Obama mentioned Lincoln half a dozen times. His central theme was the promise of the future, of himself:  »Let’s be the generation, » he said over and over again, that meets the big challenges of the day — poverty, energy independence, the environment.  »What’s stopped us from meeting these challenges, » he said,  »is the failure of leadership, the smallness of our politics. »

Axelrod says that Obama wrote nearly all of the speech, but there were distinct echoes of Axelrod’s previous clients: not just Patrick but also John Edwards’s campaign for president in 2004 — Axelrod was his chief media adviser. Edwards and his message never really took hold. One rival Democratic media consultant told me,  »What I’d like to know about David Axelrod is, What the hell happened with the Edwards campaign? » Axelrod says the Edwards campaign didn’t falter because of the message,  »which was pretty good, it got us pretty far. » Instead, he points to Edwards:  »I have a whole lot of respect for John, but at some point the candidate has to close the deal and — I can’t tell you why — that never happened with John. »

But the lingering lesson of the Edwards campaign may be that presidential campaigns are wide open and unpredictable things, dozens of different actors pouring their political convictions into a single vessel, with convictions of his own, and they can slip out of the media consultant’s control. In early March, for instance, a minute-long commercial appeared on YouTube attacking Hillary Clinton as a drone out of  »1984, » showing her speaking on a giant screen in front of a group of zombielike followers — mimicking the famous Apple commercial — and purporting to come from the Obama campaign. Close to two million people watched the ad in two weeks, and it moved the Obama message in ways Axelrod hadn’t planned. (It later emerged that the ad’s creator worked for a company that contracted for the Obama campaign, though the campaign itself wasn’t involved.) The spot made Axelrod cranky.  »I didn’t think much of it, » he told me.

The ad incident came just a month after the campaign’s first disruption, when the Hollywood mogul and liberal Obama fund-raiser David Geffen gave an interview to Maureen Dowd, the Times columnist, in which he said that the Clintons lie  »with such ease, it’s troubling. » The Clinton campaign immediately called on Obama’s team to repudiate the comments, but they refused, and afterward the two camps volleyed barbs back and forth for a day or so. It was one of those early campaign spats that get endlessly analyzed for who won some minor tactical advantage, but to Axelrod it was a mistake, a self-induced undermining of the transcendent character he spent so long helping to cultivate. The Geffen episode was  »a good object lesson about how easy it is to slide into the morass, » he told me.  »I’m mindful of the responsibility not to lose our way, not to disappoint, not to sink into the conventional and lose our soul in the process. There are enormous pressures to conform. And to fight a small tactical battle. »

His friends put it more bluntly.  »What David is going to learn in the course of this presidential campaign, » Emanuel told me,  »is the economic efficiency of the four-letter word. »

Photos: Biographer: David Axelrod with Barack Obama in the senator’s Capitol Hill office. (Photograph by Jamie Rose); Street Fighter: To find out what voters are thinking, Axelrod heads to the political wards of Chicago. (Photograph By Paul D’amato For The New York Times)

Voir enfin:

Obama donor received a state grant
Chuck Neubauer and Tom Hamburger

Los Angeles Times

April 27, 2008

After an unsuccessful campaign for Congress in 2000, Illinois state Sen. Barack Obama faced serious financial pressure: numerous debts, limited cash and a law practice he had neglected for a year. Help arrived in early 2001 from a significant new legal client — a longtime political supporter.

Chicago entrepreneur Robert Blackwell Jr. paid Obama an $8,000-a-month retainer to give legal advice to his growing technology firm, Electronic Knowledge Interchange. It allowed Obama to supplement his $58,000 part-time state Senate salary for over a year with regular payments from Blackwell’s firm that eventually totaled $112,000.

A few months after receiving his final payment from EKI, Obama sent a request on state Senate letterhead urging Illinois officials to provide a $50,000 tourism promotion grant to another Blackwell company, Killerspin.

Killerspin specializes in table tennis, running tournaments nationwide and selling its own line of equipment and apparel and DVD recordings of the competitions. With support from Obama, other state officials and an Obama aide who went to work part time for Killerspin, the company eventually obtained $320,000 in state grants between 2002 and 2004 to subsidize its tournaments.

Obama’s staff said the senator advocated only for the first year’s grant — which ended up being $20,000, not $50,000. The day after Obama wrote his letter urging the awarding of the state funds, Obama’s U.S. Senate campaign received a $1,000 donation from Blackwell.

Obama’s presidential campaign rejects any suggestion that there was a connection between the legal work, the campaign contribution and the help with the grant. « Any implication that Sen. Obama would risk an ethical breach in order to secure a small grant for a pingpong tournament is nuts, » said David Axelrod, Obama’s chief political advisor.

Business relationships between lawmakers and people with government interests are not illegal or uncommon in Illinois or other states with a part-time Legislature, where lawmakers supplement their state salaries with income from the private sector.

But Obama portrays himself as a lawmaker dedicated to transparency and sensitive to even the appearance of a conflict of interest.

Recently, Obama expressed regret over a property deal with Illinois power broker Tony Rezko after Obama was elected to the U.S. Senate in 2004. In an interview this spring with the Chicago Sun-Times, Obama said his regret was not just because the real estate and restaurant entrepreneur was under criminal scrutiny, but because he was « a contributor and someone doing business before the state. »

Obama spokesman Robert Gibbs, who provided The Times with details of Obama’s compensation from EKI, said Obama did nothing wrong acting on behalf of Killerspin. He said the state senator simply wrote a letter backing a worthy project developed by a constituent.

Killerspin’s owner, Blackwell, was a political supporter and friend as well. Both men lived on Chicago’s South Side. Blackwell, a savvy and successful entrepreneur, was one of the first donors to Obama’s early campaigns, including the state senator’s failed bid for a congressional seat in 2000. In the presidential race he is credited on Obama’s website with committing to raise $100,000 to $200,000 for Obama’s campaign.

When Blackwell sought backing for his table tennis tournament in 2002, other politicians, including U.S. Sen. Richard J. Durbin (D-Ill.) and Chicago Mayor Richard M. Daley, offered support for the event. But Obama was the only one who provided a letter that became part of the initial application for state funds, state records show. In addition, he wrote a state Senate proclamation heralding the first tournament and an official letter that welcomed “table tennis friends” to the 2004 contest and thanked spectators for helping to « make Chicago the table tennis capital of this nation. »

Initially, the idea of table tennis receiving funds from a state tourism program — designed to encourage overnight visits to Illinois — was met with skepticism by one Republican state official. But the funding was granted at the $20,000 level that first year, grew to $200,000 in 2003 and totaled $100,000 in 2004.

High-dollar tourism grants from the state are often reserved for events like the Breeders’ Cup, an internationally known horse race that brought 50,000 to the Chicago area in 2002. But Blackwell and his allies promised good attendance, hotel bookings and international attention. Today, Illinois Tourism Director Jan Kosner lauds the state’s decision to support the table tennis tourneys and dismisses the role that letters from politicians play in the grant-making process.

Unofficial estimates place 3,000 to 6,000 spectators in the 8,000-seat University of Illinois-Chicago arena during some table tennis events. Blackwell said in a statement that « the 2002 and 2003 events were among the largest-ever table tennis events held on U.S. soil in terms of attendance. »

Blackwell deployed high-wattage showmanship that put an international spotlight on his tournaments and his brand of table tennis equipment, DVDs and sportswear. Under a plan developed by Blackwell, the 2003 and 2004 tournaments were filmed at Killerspin’s expense for occasional broadcast later by ESPN. The cost to Killerspin for the broadcast, laced with promotions for the company as well as Illinois tourism, was in effect defrayed by the state aid.

Blackwell said the grants — which paid only part of the cost his company had to bear — provided the state with « thousands of hours of domestic and international exposure via ESPN. . . . Additionally, hundreds of hotel rooms were occupied all three years that the state supported the event. »

‘A very dry period’

In his book « The Audacity of Hope, » Obama tells how his finances had deteriorated to such a point that his credit card was initially rejected when he tried to rent a car at the 2000 Democratic convention in Los Angeles. He said he had originally planned to dedicate that summer « to catching up on work at the law practice that I’d left unattended during the campaign (a neglect that had left me more or less broke). »

Six months later Blackwell hired Obama to serve as general counsel for his tech company, EKI, which had been launched a few years earlier.

The monthly retainer paid by EKI was sent to the law firm that Obama was affiliated with at the time, currently known as Miner, Barnhill & Galland, where he worked part time when he wasn’t tending to legislative duties. The business arrived at an especially fortuitous time because, as the law firm’s senior partner, Judson Miner, put it, « it was a very dry period here, » meaning that the ebb and flow of cases left little work for Obama and cash was tight.

The entire EKI retainer went to Obama, who was considered « of counsel » to the firm, according to details provided to The Times by the Obama campaign and confirmed by Miner. Blackwell said he had no knowledge of Obama’s finances and hired Obama solely based on his abilities. « His personal financial situation was not and is not my concern, » Blackwell said. « I hired Barack because he is a brilliant person and a lawyer with great insight and judgment. »

Obama’s tax returns show that he made no money from his law practice in 2000, the year of his unsuccessful run for a congressional seat. But that changed in 2001, when Obama reported $98,158 income for providing legal services. Of that, $80,000 was from Blackwell’s company.

In 2002, the state senator reported $34,491 from legal services and speeches. Of that, $32,000 came from the EKI legal assignment, which ended in April 2002 by mutual agreement, as Obama ceased the practice of law and looked ahead to the possibility of running for the U.S. Senate. .

Blackwell said that « Barack worked extensive hours advising the company on compliance and human resource issues, » negotiated contracts, reviewed confidentiality agreements and provided reports on topics requested by the company’s senior management. Obama was not involved in soliciting city or state contracts for EKI, Blackwell said, and there was an agreement that he would not contact any government agencies.

Full disclosure

Illinois ethics disclosure forms are designed to reveal possible financial conflicts by lawmakers. On disclosure forms for 2001 and 2002, Obama did not specify that EKI provided him with the bulk of the private-sector compensation he received. As was his custom, he attached a multi-page list of all the law firm’s clients, which included EKI among hundreds. Illinois law does not require more specific disclosure.

Stanley Brand, a Washington lawyer who counsels members of Congress and others on ethics rules, said he would have advised a lawmaker in Obama’s circumstances to separately disclose such a singularly important client and not simply include it on a list of hundreds of firm clients, even if the law does not explicitly require it. « I would say you should disclose that to protect and insulate yourself against the charge that you are concealing it, » Brand said.

An Illinois ethics advocate who worked with Obama to pass state ethics reforms, Cynthia Canary, said she was not troubled by Obama’s handling of the Blackwell business. She said his listing of all the law firm’s clients « was a more complete disclosure than you see 80% of the time in Illinois. » Further, she said that Obama’s letter on behalf of the table tennis tournament did not « rise to the level of a conflict of interest » because Obama did not have decision-making authority over the grant.

Obama’s spokesman said that listing all clients was appropriate and that doing so allowed the public to see any and all potential conflicts for Obama and his law firm colleagues. « He was especially mindful of this responsibility as a leader of ethics reform, » said Gibbs, his chief campaign spokesman.

Obama’s wife, Michelle, then a member of the Commission on Chicago Landmarks, reported her husband’s work for EKI on a city of Chicago financial disclosure form obtained by The Times. Gibbs said she had identified EKI on her form after consulting with her husband. Gibbs said the questions on the city form were different from the state’s and required different answers.

Gibbs said the letter Obama wrote on behalf of the Killerspin-backed tournament was appropriate and entirely unrelated to any payments by Blackwell’s other firm for Obama’s legal services.

« He wrote the letter on behalf of a constituent » with a worthy cause, Gibbs said, noting that the contest was broadcast internationally, reaching as many as 200 million viewers in 156 countries.

Though Obama’s formal efforts for Killerspin consisted of writing a letter and a proclamation, the nitty-gritty of obtaining state grants fell to a former state Senate and campaign aide to Obama, Dan Shomon.

Shomon, working part time for Obama’s campaign and for Killerspin, helped prepare Killerspin’s initial grant application in 2002. Still working part time with Obama, Shomon helped Killerspin secure a $200,000 grant for its 2003 tournament and a $100,000 grant for its 2004 tournament.


France: Vous avez dit république bananière? (French politics: How sleazier can it get?)

13 septembre, 2011
L’argent est le baromètre des vertus d’une société. (…) On maudit l’argent mal acquis; on respecte l’argent bien gagné. Ayn Rand
L’Europe et la France ont acquis un temps d’avance par rapport à d’autres pays. Nous sommes revenus de nombreuses guerres, d’épreuves et de barbaries dont nous avons tiré les leçons. Villepin (faisant la leçon aux Américains en pleine guerre d’Irak, 23 mars 2005)
 Blaise déconne, c’est encore des petites coupures! Villepin
Qu’importe l’authenticité de l’excuse et qu’importe la manière dont le tribunal gère cet insaisissable prévenu. Comme dans le paradoxe de Zénon, la justice est Achille et Chirac, la tortue : jamais le coureur ne rattrape le reptile. Quelle que soit l’issue de ce procès tant de fois reporté, Jacques Chirac s’en sortira bien. Des marchés truqués pour les lycées d’Ile-de-France aux billets d’avion payés en liquide, des emplois fictifs aux logements de faveur, aucune affaire n’aura fait chuter Jacques Chirac, il est le grand funambule judiciaire, l’homme qui rit sous les épées de Damoclès et les arrache comme pompons sur un manège. Il est le sorcier du « Pschitt », cette formule magique qui balaie toutes les accusations. Jacques Chirac crie « Pschitt! », mais il faut entendre « Chut! ».  L’Express 
Vous avez dit république bananière?

Infirmière qui, par greffière puis magistrate interposées, rappelle avoir vu à de nombreuses occasion la femme la plus riche de France distribuer les milliers d’euros au gratin de la classe politique dont l’actuel président …

Ex-président délinquant multirécidiviste qui, plus de 20 ans après, n’est non seulement toujours pas jugé mais réussit, sous prétexte de défaillance mentale, à se faire excuser à son propre procès …

Ex-homme à tout faire de toute la génération des dirigeants actuels qui décrit dans les moindres détails des années de pratique de circulation de mallettes bourrées de billets entre tous ces messieurs et leurs homologues africains …

Presse et justice aux ordres qui font mine à chaque fois de découvrir le dernier secret de polichinelle et qui se gardent bien de pousser plus loin les investigations …

Bourgi : « J’ai vu Chirac et Villepin compter les billets »

L’avocat Robert Bourgi, successeur de Jacques Foccart, révèle vingt-cinq ans de pratiques occultes sous Chirac. Pour la première fois, un homme avoue des financements occultes en provenance d’Afrique.

Le Journal du dimanche

11 septembre 2011

Pourquoi prendre la parole aujourd’hui?

Avant toute chose, je veux dire que je parle en mon nom personnel, je ne suis mandaté par personne. Pierre Péan, que je connais depuis vingt ans, est venu me voir pour son enquête sur Alexandre Djouhri et, de fil en aiguille, nous avons un peu parlé de quelqu’un que je connais bien, Dominique de Villepin. Depuis quelques jours, j’observe, je lis et j’entends les commentaires de ce dernier sur l’enquête de Pierre Péan. Trop, c’est trop. À 66 ans, j’en ai assez des donneurs de leçon et des leçons de morale… J’ai décidé de jeter à terre ma tunique de Nessus, cet habit qui me porte malheur et que je n’ai jamais mérité.

Dans le livre de Pierre Péan, vous racontez comment Villepin vous a déçu…

J’ai travaillé avec Dominique pendant des années. Nous avons été très proches, comme on peut être proche d’un ami, de quelqu’un que l’on connaît intimement. Et puis, fin 2005, brutalement, il m’a chassé. Oui, il m’a déçu. N’est pas de Gaulle qui veut. L’entendre donner des leçons, lui que je connais de l’intérieur, m’exaspère.

À quand remonte votre première rencontre?

En mars 1997, le jour de l’enterrement de mon maître, Jacques Foccart, Dominique de Villepin m’appelle et me dit qu’il m’attend le soir même dans son bureau. Ce soir-là, à l’Elysée, il y a Jacques Chirac. Le président me demande de reprendre le flambeau avec Villepin… Et souhaite que je l’initie à ce que nous faisions avec le « Doyen », comme j’appelais Foccart.

C’est-à-dire?

Pendant trente ans, Jacques Foccart a été en charge, entre autres choses, des transferts de fonds entre les chefs d’État africains et Jacques Chirac. Moi-même, j’ai participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac, en personne, à la mairie de Paris.

«Il n’y avait jamais moins de 5 millions de francs»

Directement?

Oui, bien sûr. C’était toujours le soir. « Il y a du lourd? » demandait Chirac quand j’entrais dans le bureau. Il m’installait sur un des grands fauteuils bleus et me proposait toujours une bière. Moi qui n’aime pas la bière, je m’y suis mis. Il prenait le sac et se dirigeait vers le meuble vitré au fond de son bureau et rangeait lui-même les liasses. Il n’y avait jamais moins de 5 millions de francs. Cela pouvait aller jusqu’à 15 millions. Je me souviens de la première remise de fonds en présence de Villepin. L’argent venait du maréchal Mobutu, président du Zaïre. C’était en 1995. Il m’avait confié 10 millions de francs que Jacques Foccart est allé remettre à Chirac. En rentrant, le « Doyen » m’avait dit que cela s’était passé « en présence de Villepinte », c’est comme cela qu’il appelait Villepin. Foccart ne l’a jamais apprécié… Et c’était réciproque.

Pourquoi?

En 1995, Juppé et Villepin se sont opposés à ce que Foccart occupe le bureau du 2, rue de l’Élysée, qui était son bureau mythique du temps de De Gaulle et Pompidou. Le « Doyen » en avait été très amer. Il avait continué à apporter les fonds, mais il avait été humilié.

À combien évaluez-vous les remises d’argent de Foccart venant d’Afrique?

Incalculable! À ma connaissance, il n’y avait pas de comptabilité. Plusieurs dizaines de millions de francs par an. Davantage pendant les périodes électorales.

Jacques Chirac, accusé par Jean- Claude Méry dans sa fameuse cassette d’avoir vu une remise de 5 millions de francs, a toujours démenti tout cela…

Je sais ce que je dis. Je sais ce que j’ai fait.

«À l’approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m’a carrément demandé « la marche à suivre»

Que faites-vous donc à partir de 1997, à la mort de Foccart, avec Dominique de Villepin?

Je l’ai présenté aux chefs d’État africains. Au début, ils se sont étonnés de devoir traiter avec Villepin, qui avait déjà son discours officiel sur la « moralisation »… Je leur ai dit que c’était une décision du « Grand », autrement dit de Chirac. Je dois dire que Villepin s’y est bien pris avec eux. Que le courant est bien passé. Il a su y faire… Il m’appelait « camarade » et s’est mis à m’offrir du whisky pur malt de 1963.

Et les remises de valises ont continué?

Elles n’ont jamais cessé. À l’approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m’a carrément demandé « la marche à suivre ». Il s’est même inquiété. C’est sa nature d’être méfiant. Je devais me présenter à l’Élysée sous le nom de « M. Chambertin », une de ses trouvailles. Pas question de laisser de traces de mon nom. Par mon intermédiaire, et dans son bureau, cinq chefs d’État africains – Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso(Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) – ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002.

Alors que ces fonds en liquide ne figurent sur aucun compte officiel, que les fonds secrets avaient été supprimés par Lionel Jospin, que l’affaire Elf avait mis en lumière les fortunes occultes des chefs d’État africains…

C’est l’exacte vérité. Un exemple qui ne s’invente pas, celui des djembés (des tambours africains). Un soir, j’étais à Ouagadougou avec le président Blaise Compaoré. Je devais ramener pour Chirac et Villepin 3 millions de dollars. Compaoré a eu l’idée, « connaissant Villepin comme un homme de l’art », a-t-il dit, de cacher l’argent dans quatre djembés. Une fois à Paris, je les ai chargés dans ma voiture jusqu’à l’Élysée. C’est la seule fois où j’ai pu me garer dans la cour d’honneur! C’était un dimanche soir et je suis venu avec un émissaire burkinabais, Salif Diallo, alors ministre de l’Agriculture. Je revois Villepin, sa secrétaire, Nadine Izard, qui était dans toutes les confidences, prendre chacun un djembé, devant les gendarmes de faction… Les tams-tams étaient bourrés de dollars. Une fois dans son bureau, Villepin a dit : « Blaise déconne, c’est encore des petites coupures! »

«Lors des grandes remises de fonds, j’étais attendu comme le Père Noël»

Comment écoulait-il ces fonds? Pierre Péan a demandé à Éric Woerth, trésorier de la campagne de 2002, qui n’a jamais eu vent de ces espèces…

Je ne sais pas ce que Chirac et Villepin en faisaient. C’est leur problème.

Vous dites que Laurent Gbagbo aussi a financé la campagne de Jacques Chirac en 2002…

Oui. Il m’avait demandé combien donnait Omar Bongo, et j’avais dit 3 millions de dollars. Laurent Gbagbo m’a dit : « On donnera pareil alors. » Il est venu à Paris avec l’argent. Nous nous sommes retrouvés dans sa suite du Plaza Athénée. Nous ne savions pas où mettre les billets. J’ai eu l’idée de les emballer dans une affiche publicitaire d’Austin Cooper. Et je suis allé remettre le tout à Villepin, à l’Élysée, en compagnie d’Eugène Allou, alors directeur du protocole de Laurent Gbagbo. Devant nous, Villepin a soigneusement déplié l’affiche avant de prendre les billets. Quand on sait comment le même Villepin a ensuite traité Gbagbo, cela peut donner à réfléchir…

Jacques Chirac était-il au courant de toutes les remises d’espèces?

Bien sûr, tant que Villepin était en poste à l’Élysée. Lors des grandes remises de fonds, j’étais attendu comme le Père Noël. En général, un déjeuner était organisé avec Jacques Chirac pour le donateur africain, et ensuite, la remise de fonds avait lieu dans le bureau du secrétaire général. Une fois, j’étais en retard. Bongo, qui m’appelait « fiston » et que j’appelais « papa », m’avait demandé de passer à 14h 45. Nadine, la secrétaire de Villepin, est venue me chercher en bas et m’a fait passer par les sous-sols de l’Élysée. J’avais un gros sac de sport contenant l’argent et qui me faisait mal au dos tellement il était lourd. Bongo et Chirac étaient confortablement assis dans le bureau du secrétaire général de l’Élysée. Je les ai salués, et je suis allé placer le sac derrière le canapé. Tout le monde savait ce qu’il contenait. Ce jour-là, j’ai pensé au Général, et j’ai eu honte.

«Dominique est quelqu’un de double»

Après la réélection de 2002, Villepin a quitté l’Élysée pour le ministère des Affaires étrangères. Avec qui traitiez-vous?

Toujours avec lui. Cela a continué quand il est passé au Quai d’Orsay, à l’Intérieur, et aussi quand il était à Matignon. Place Beauvau, un nouveau « donateur », le président de Guinée équatoriale Obiang NGuéma, a voulu participer. J’ai organisé un déjeuner au ministère de l’Intérieur, en présence du président sénégalais Abdoulaye Wade et son fils Karim, au cours duquel Obiang NGuéma a remis à Villepin une mallette contenant un million et demi d’euros. Parfois, Dominique sortait directement l’argent devant nous, même si je venais accompagné d’un Africain, et, sans gêne, il rangeait les liasses dans ses tiroirs. Pour l’anecdote, je lui laissais parfois la mallette sans qu’il l’ouvre en lui donnant le code de la serrure… Une autre fois, lorsqu’il était à Matignon, Villepin s’impatientait parce que l’ambassadeur du Gabon était en retard. Il est finalement arrivé tout essoufflé avec un sac contenant 2 millions d’euros. « C’est lourd », disait-il… en frôlant l’infarctus.

À cette époque, en pleine affaire Clearstream, Dominique de Villepin a toujours évoqué les consignes présidentielles de « moralisation de la vie publique »…

Oui, en public, il a toujours eu ce discours. Dominique est quelqu’un de double. Un individu à deux faces. Pendant toute la période Clearstream, à plusieurs reprises, il était euphorique. « On va bourrer le nabot », disait-il en parlant de Nicolas Sarkozy. Il était certain, pendant des mois, que l’affaire Clearstream allait tuer politiquement son rival. Au total, après qu’il eut quitté l’Élysée, j’estime avoir remis à Villepin, en direct, une dizaine de millions de dollars. Et, outre cet argent liquide, je lui ai remis des « cadeaux »…

Quel genre?

Je me souviens d’un bâton du maréchal d’Empire, qui lui avait été offert par Mobutu. Bongoet Gbagbo lui ont aussi offert de superbes masques africains. Bongo lui a offert des livres rares, des manuscrits de Napoléon… Chirac a reçu des cadeaux splendides, aussi. Je me souviens d’une montre Piaget offerte par Bongo, qui devait réunir environ deux cents diamants. Un objet splendide, mais difficilement portable en France…

Comment savez-vous cela?

J’avais accès au gestionnaire du compte parisien d’Omar Bongo, et il m’est arrivé d’aider certaines personnes proches de Dominique, qui en avaient besoin. Avec « papa », nous avions un code: entre nous, nous appelions Villepin « Mamadou », parce qu’autrefois un secrétaire général du président gabonais se prénommait ainsi. Il me suffisait de dire : « Papa, ‘Mamadou’ a besoin de quelque chose. » Et Omar Bongo me disait de faire le nécessaire.

«Grâce à son ingratitude, je suis allé voir Nicolas Sarkozy»

Vous disiez que les remises d’espèces ont continué quand Villepin était à Matignon…

Bien sûr. Les présidents africains avaient dans la tête que Villepin allait préparer la présidentielle. Omar Bongo, place Beauvau, lui avait dit : « Dominique, entends-toi avec Nicolas. » Et Villepin lui avait ri au nez et lui avait répondu : « J’irai à Matignon, puis à l’Élysée. » Il avait un sentiment de toute-puissance à cette époque. Je me souviens d’un jour, au Quai d’Orsay, où sa secrétaire m’appelle en urgence. « Camarade, un double whisky aujourd’hui, la ration John Wayne », me lance Dominique dans son bureau. Il avait quelque chose à me dire : « Aujourd’hui, j’ai atteint l’âge du général de Gaulle le jour de l’appel du 18 juin, j’ai 49 ans, Robert! Je serai l’homme du recours! » Il a prononcé plusieurs fois cette phrase – « Je serai l’homme du recours » – en imitant la voix du Général. En rentrant chez moi, j’ai dit à ma femme qu’il y avait peut-être un problème…

Comment cela s’est-il arrêté et pourquoi?

Fin 2005, la dernière semaine de septembre. Nadine, sa secrétaire, m’appelle selon le code : « Nous allons acheter des fleurs. » Cela voulait dire que l’on se retrouve devant le Monceau Fleurs du boulevard des Invalides. Elle venait me chercher en voiture pour m’amener à Matignon. Ce jour-là, elle m’a fait entrer par l’arrière et m’a laissé dans le pavillon de musique. Villepin m’a fait attendre une demi-heure. J’ai tout de suite eu l’intuition qu’il y avait un problème.

Que s’est-il passé?

Il est arrivé et a lancé un drôle de « Alors, camarade, ça va? », avant de m’expliquer : « L’argent de Sassou, de Bongo, de tous les Africains, sent le soufre. C’est fini », a-t-il poursuivi… Je me souviens de sa phrase : « Si un juge d’instruction vous interroge, vous met un doigt dans le cul, cela va mal finir. » Il parle exactement comme cela. Je l’ai bien regardé. Je lui ai dit qu’il m’emmerdait et je suis parti en serrant la mâchoire. Il m’a couru après en disant « camarade, camarade! », m’a rappelé cinq ou six fois dans les jours qui ont suivi. J’avais décidé que ce n’était plus mon problème. Grâce à son ingratitude, je suis allé voir Nicolas Sarkozy.

Comment cela?

Nicolas Sarkozy m’a écouté, je lui ai raconté tout ce que je vous raconte aujourd’hui. Même lui, il m’a paru étonné. Je l’entends encore me demander : « Mais qu’est-ce qu’ils ont fait de tout cet argent, Robert ? » Il m’a dit aussi : « Ils t’ont humilié comme ils m’ont humilié, mais ne t’inquiète pas, on les aura. » Je l’ai revu la semaine suivante. Nicolas Sarkozy m’a dit : « Robert, là où je suis, tu es chez toi », et m’a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par « valises ».

«L’argent d’Omar Bongo a payé le loyer pendant des années»

Les financements africains auraient-ils cessé pour la campagne de 2007? Difficile à croire… D’autant que Sarkozy, à peine élu, s’est rendu au Gabon et a annulé une partie de la dette gabonaise…

Je dis ce que je sais. Ni Omar Bongo ni aucun autre chef d’État africain, par mon intermédiaire, n’a remis d’argent ni à Nicolas Sarkozy ni à Claude Guéant.

Vous étiez proche de Laurent Gbagbo, vous n’avez pas été invité à l’intronisation d’Alassane Ouattara…

Laurent Gbagbo est un ami de trente ans. Il m’a raccroché au nez la dernière fois que je l’ai appelé. J’étais dans le bureau de Claude Guéant et c’était dans les derniers jours avant sa destitution… Il ne voulait plus prendre ni Sarkozy ni Obama au téléphone. Il ne voulait rien entendre et m’a dit : « C’est la dernière fois que je te parle. » Par la suite, tout le monde le sait, Alain Juppé m’a fait enlever de la liste des invités pour l’intronisation de Ouattara.

Vous en voulez à Alain Juppé…

Lui aussi me fait sourire quand je l’entends donner des leçons de morale. Je vais finir par cette histoire qui remonte à 1981. Alain Juppé a pris la tête du Club 89, un cercle de réflexion de chiraquiens qui s’est installé dans de superbes locaux de l’avenue Montaigne. C’est moi qui ai signé le bail du loyer, qui était de 50.000 francs mensuels, une somme pour l’époque. D’ailleurs, le téléphone du 45, avenue Montaigne était à mon nom! L’argent d’Omar Bongo a payé le loyer pendant des années, entre 1981 et 1992. Les espèces du président gabonais ont fait vivre les permanents pendant des années… Le secrétaire général du Club 89, Alain Juppé, ne pouvait pas l’ignorer. Je sais qu’aujourd’hui tout le monde a la mémoire qui flanche. Moi, pas encore.

 Laurent Valdiguié – Le Journal du Dimanche

dimanche 11 septembre 2011


Printemps arabe: Repartis pour un tour sur la route de la servitude? (On the road again – to serfdom?)

8 juillet, 2011
Peu de gens sont prêts à reconnaître que l’ascension du fascisme et du nazisme a été non pas une réaction contre les tendances socialistes de la période antérieure, mais un résultat inévitable de ces tendances. C’est une chose que la plupart des gens ont refusé de voir, même au moment où l’on s’est rendu compte de la ressemblance qu’offraient certains traits négatifs des régimes intérieurs de la Russie communiste et de l’Allemagne nazie. Le résultat en est que bien des gens qui se considèrent très au-dessus des aberrations du nazisme et qui en haïssent très sincèrement toutes les manifestations, travaillent en même temps pour des idéaux dont la réalisation mènerait tout droit à cette tyrannie abhorrée. (…) Nous avons refusé de croire que l’ennemi partageait sincèrement certaines de nos convictions. (…) On dirait que nous refusons de comprendre l’évolution qui a mené au totalitarisme, comme si cette compréhension devait anéantir certaines de nos illusions les plus chères. (…)  Il s’agit de déterminer les circonstances qui, au cours des dernières soixante-dix années, ont permis la croissance progressive et enfin la victoire d’une certaine catégorie d’idées, et de savoir pourquoi cette victoire a fini par donner le pouvoir aux plus méchants d’entre eux. Friedrich Hayek (1944)
Le passage par l’islamisme est actuellement incontournable dans le monde arabe. Et il faut admettre cette période où l’islamisme va prendre le pouvoir. Pour combien de temps ? Je ne le sais pas. Sans doute jusqu’à ce que les islamistes démontrent qu’ils sont incapables de gérer les vrais problèmes des pays concernés. Henri Boulad
[Le problème de Gaza] n’est pas un manque de nourriture, mais plutôt une violation du droit à un travail productif digne. Insister sur l’aide humanitaire, comme le font les organisateurs de la flottille et le gouvernement israélien, est à la fois exaspérant et trompeur. Gisha (ONG israélienne dont l’objectif est de protéger la liberté de mouvement des Palestiniens)
Vital to the U.S. economy and military capabilities, tiny Israel’s unparalleled achievements in industry and intellect have conjured up the familiar anti-Semitic frenzies among all the economically and morally failed societies of the socialist and Islamist Third World, from Iran to Venezuela. They all imagine that by delegitimizing, demoralizing, defeating or even destroying Israel, they could take a major step toward bringing down the entire capitalist West. To most sophisticated Westerners, the jihadist focus on Israel seems bizarre and counterproductive. But on the centrality of Israel the jihadists have it right. U.S. policy is crippled by a preoccupation with the claimed grievances of the Palestinians and their supposed right to a state of their own in the West Bank and Gaza. But the Palestinian land could not have supported one-tenth as many Palestinians as it does today without the heroic works of reclamation and agricultural development by Jewish settlers beginning in the 1880s, when Arabs in Palestine numbered a few hundred thousand. Actions have consequences. When the Palestinian Liberation Organization launched two murderous Intifadas within a little over a decade, responded to withdrawals from southern Lebanon and Gaza by launching thousands of rockets on Israeli towns, spurned every sacrificial offer of « Land for Peace » from Oslo through Camp David, and reversed the huge economic gains fostered in the Palestinian territories between 1967 and 1990, the die was cast. George Gilder
The sad truth of Arab social and economic development is that the free-market reforms and economic liberalization that remade East Asia and Latin America bypassed the Arab world. This is the great challenge of the Arab Spring and of the forces that brought it about. The marketplace has had few, if any, Arab defenders. If the tremendous upheaval at play in Arab lands is driven by a desire to capture state power—and the economic prerogatives that come with political power—the revolution will reproduce the failures of the past. Fouad Ajami

Alors qu’après l’échec de leur flottille en Grèce et contre toute évidence (mais on a l’habitude), nos idiots utiles  propalestiniens tentent, entre deux menaces de  boycotts ou de mandats d’arrêt internationaux, de nous refaire le coup avec une « flottille aérienne » pour dénoncer une prétendue « crise humanitaire à Gaza » …

Et qu’autour d’un Israël en plein boom technologique et économique,  les pays du prétendu « printemps arabe » peinent à rassurer les touristes comme les investisseurs effrayés par des mois d’instabilité et de chaos …

Retour, avec le politologue libano-américain Fouad Ajami, sur les véritables raisons de la situation actuelle.

A savoir les décennies de mépris du marché et d’accaparement des ressources nationales par une série ininterrompue de despotes et de leurs cliques et de leurs clans.

Avec hélas la tentation pour l’avenir de reproduire les échecs du passé et de repartir sur la même « route de la servitude » qui, par delà les différentes étiquettes comme l’a montré Hayek, mène inévitablement au totalitarisme et finit toujours par « donner le pouvoir aux plus méchants d’entre eux »….

The Road to Serfdom and the Arab Revolt

The dictators who came to power in the 1950s and ’60s were economic levelers who impoverished their countries. Today’s unrest is the result.

Fouad Ajami

The WSJ

July 8, 2011

The late great Austrian economist F.A. Hayek would have seen the Arab Spring for the economic revolt it was right from the start. For generations the Arab populations had bartered away their political freedom for economic protection. They rose in rebellion when it dawned on them that the bargain had not worked, that the system of subsidies, and the promise of equality held out by the autocrats, had proven a colossal failure.

What Hayek would call the Arab world’s « road to serfdom » began when the old order of merchants and landholders was upended in the 1950s and ’60s by a political and military class that assumed supreme power. The officers and ideologues who came to rule Egypt, Syria, Iraq, Libya, Algeria and Yemen were men contemptuous of the marketplace and of economic freedom. As a rule, they hailed from the underclass and had no regard for the sanctity of wealth and property. They had come to level the economic order, and they put the merchant classes, and those who were the mainstay of the free market, to flight.

It was in the 1950s that the foreign minorities who had figured prominently in the economic life of Egypt after the cotton boom of the 1860s, and who had drawn that country into the web of the world economy, would be sent packing. The Jews and the Greeks and the Italians would take with them their skills and habits. The military class, and the Fabian socialists around them, distrusted free trade and the marketplace and were determined to rule over them or without them.

The Egyptian way would help tilt the balance against the private sector in other Arab lands as well. In Iraq, the Jews of the country, on its soil for well over two millennia, were dispossessed and banished in 1950-51. They had mastered the retail trade and were the most active community in the commerce of Baghdad. Some Shiite merchants stepped into their role, but this was short-lived. Military officers and ideologues of the Baath Party from the « Sunni triangle »—men with little going for them save their lust for wealth and power—came into possession of the country and its oil wealth. They, like their counterparts in Egypt, were believers in central planning and « social equality. » By the 1980s, Saddam Hussein, a Sunni thug born from crushing poverty, would come to think of the wealth of the country as his own.

In Libya, a deranged Moammar Gadhafi did Saddam one better. After his 1969 military coup, he demolished the private sector in 1973 and established what he called « Islamic Socialism. » Gadhafi’s so-called popular democracy basically nationalized the entire economy, rendering the Libyan people superfluous by denying them the skills and the social capital necessary for a viable life.

In his 1944 masterpiece, « The Road to Serfdom, » Hayek wrote that in freedom-crushing totalitarian societies « the worst get on top. » In words that described the Europe of his time but also capture the contemporary Arab condition, he wrote: « To be a useful assistant in the running of a totalitarian state, it is not enough that a man should be prepared to accept specious justification of vile deeds; he must himself be prepared actively to break every moral rule he has ever known if this seems necessary to achieve the end set for him. Since it is the supreme leader who alone determines the ends, his instruments must have no moral convictions of their own. »

This well describes the decades-long brutal dictatorship of Syria’s Hafez al-Assad, and now his son Bashar’s rule. It is said that Hafez began his dynasty with little more than a modest officer’s salary. His dominion would beget a family of enormous wealth: The Makhloufs, the in-laws of the House of Assad, came to control crucial sectors of the Syrian economy.

The Alawites, the religious sect to which the Assad clan belongs, had been poor peasants and sharecroppers, but political and military power raised them to new heights. The merchants of Damascus and Aleppo, and the landholders in Homs and Hama, were forced to submit to the new order. They could make their peace with the economy of extortion, cut Alawite officers into long-established businesses, or be swept aside.

But a decade or so ago this ruling bargain—subsidies and economic redistribution in return for popular quiescence— began to unravel. The populations in Arab lands had swelled and it had become virtually impossible to guarantee jobs for the young and poorly educated. Economic nationalism, and the war on the marketplace, had betrayed the Arabs. They had the highest unemployment levels among developing nations, the highest jobless rate among the young, and the lowest rates of economic participation among women. The Arab political order was living on borrowed time, and on fear of official terror.

Attempts at « reform » were made. But in the arc of the Arab economies, the public sector of one regime became the private sector of the next. Sons, sons-in-law and nephews of the rulers made a seamless transition into the rigged marketplace when « privatization » was forced onto stagnant enterprises. Of course, this bore no resemblance to marketdriven economics in a transparent system. This was crony capitalism of the worst kind, and it was recognized as such by Arab populations. Indeed, this economic plunder was what finally severed the bond between Hosni Mubarak and an Egyptian population known for its timeless patience and stoicism.

The sad truth of Arab social and economic development is that the free-market reforms and economic liberalization that remade East Asia and Latin America bypassed the Arab world. This is the great challenge of the Arab Spring and of the forces that brought it about. The marketplace has had few, if any, Arab defenders. If the tremendous upheaval at play in Arab lands is driven by a desire to capture state power—and the economic prerogatives that come with political power—the revolution will reproduce the failures of the past.

In Yemen, a schoolteacher named Amani Ali, worn out by the poverty and anarchy of that poorest of Arab states, recently gave voice to a sentiment that has been the autocrats’ prop: « We don’t want change, » he said. « We don’t want freedom. We want food and safety. » True wisdom, and an end to their road to serfdom, will only come when the Arab people make the connection between economic and political liberty. David Klein

Mr. Ajami, a senior fellow at Stanford University’s Hoover Institution, is co-chairman of Hoover’s Working Group on Islamism and the International Order.

Voir aussi:

The Economic Case for Supporting Israel

America needs the Jewish state’s technology and innovation as much as it needs us. .

America’s enemies understand deeply and intuitively that no U.S. goals or resources in the Middle East are remotely as important as Israel. Why don’t we?

George Gilder

T he WSJ

July 5, 2011

Israel cruised through the recent global slump with scarcely a down quarter and no deficit or stimulus package. It is steadily increasing its global supremacy, behind only the U.S., in an array of leading-edge technologies. It is the global master of microchip design, network algorithms and medical instruments.

During a period of water crises around the globe, Israel is incontestably the world leader in water recycling and desalinization. During an epoch when all the world’s cities, from Seoul to New York, face a threat of terrorist rockets, Israel’s newly battle-tested « Iron Dome » provides a unique answer based on original inventions in microchips that radically reduce the weight and cost of the interceptors.

Israel is also making major advances in longer-range missile defense, robotic warfare, and unmanned aerial vehicles that can stay aloft for days. In the face of a global campaign to boycott its goods, and an ever-ascendant shekel, it raised its exports 19.9% in 2010’s fourth quarter and 27.3% in the first quarter of 2011.

Israelis supply Intel with many of its advanced microprocessors, from the Pentium and Sandbridge, to the Atom and Centrino. Israeli companies endow Cisco with new core router designs and real-time programmable network processors for its next-generation systems. They supply Apple with robust miniaturized solid state memory systems for its iPhones, iPods and iPads, and Microsoft with critical user interface designs for the OS7 product line and the Kinect gaming motion-sensor interface, the fastest rising consumer electronic product in history.

Vital to the U.S. economy and military capabilities, tiny Israel’s unparalleled achievements in industry and intellect have conjured up the familiar anti-Semitic frenzies among all the economically and morally failed societies of the socialist and Islamist Third World, from Iran to Venezuela. They all imagine that by delegitimizing, demoralizing, defeating or even destroying Israel, they could take a major step toward bringing down the entire capitalist West.

To most sophisticated Westerners, the jihadist focus on Israel seems bizarre and counterproductive. But on the centrality of Israel the jihadists have it right.

U.S. policy is crippled by a preoccupation with the claimed grievances of the Palestinians and their supposed right to a state of their own in the West Bank and Gaza. But the Palestinian land could not have supported one-tenth as many Palestinians as it does today without the heroic works of reclamation and agricultural development by Jewish settlers beginning in the 1880s, when Arabs in Palestine numbered a few hundred thousand.

Actions have consequences. When the Palestinian Liberation Organization launched two murderous Intifadas within a little over a decade, responded to withdrawals from southern Lebanon and Gaza by launching thousands of rockets on Israeli towns, spurned every sacrificial offer of « Land for Peace » from Oslo through Camp David, and reversed the huge economic gains fostered in the Palestinian territories between 1967 and 1990, the die was cast.

It’s time to move on.

For the U.S., moving on means a sober recognition that Israel is not too large but too small. It boasts a booming economy still absorbing overseas investment and a substantial net inflow of immigrants. Yet it is cramped in a space the size of New Jersey, hemmed in by enemies on three sides, with 60,000 Hezbollah and Hamas rockets at the ready, and Iran lurking with nuclear ambitions and genocidal intent over the horizon.

Clearly, Israel needs every acre it now controls. Still, despite its huge technological advances, its survival continues to rely on peremptory policing of the West Bank, on an ever-advancing shield of antimissile technology, and on the unswerving commitment of the U.S.

But this is no one-way street. At a time of acute recession, debt overhang, suicidal energy policy and venture capitalists who hope to sustain the U.S. economy and defense with Facebook pages and Twitter feeds, U.S. defense and prosperity increasingly depend on the ever-growing economic and technological power of Israel.

If we stand together we can deter or defeat any foe. Failure, however, will doom the U.S. and its allies to a long war against ascendant jihadist barbarians, with demographics and nuclear weapons on their side, and no assurance of victory. We need Israel as much as it needs us.

Mr. Gilder is a founder of the Discovery Institute and author of « The Israel Test » (Richard Vigilante Books, 2009).


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