Présidentielle 2017: Et si Fillon avait déjà gagné ?

19 avril, 2017

L’Europe devient tout autre chose que ce pour quoi elle a été conçue au départ, elle se transforme en laboratoire de la réalisation de l’utopie néolibérale dans son intégralité. Ce que les États-Unis, par exemple, ne permettent en aucun cas, en dépit de leur libéralisme constitutif à l’intérieur, parce qu’ils demeurent une nation et même aujourd’hui la nation par excellence, où le poids du politique, sous l’aspect du rayonnement américain, de la responsabilité extérieure, de l’ambition stratégique, est au cœur de la vie collective. (…) La construction européenne telle qu’elle existe aujourd’hui est un échec. De plus, c’est un échec français, au sens où c’est l’échec d’un projet spécialement voulu par les Français, donc spécialement dur à reconnaître et digérer pour la France. (…) Sur le plan économique, l’avantage compétitif de l’industrie allemande en matière de biens d’équipement est l’arbre qui cache la forêt. La monnaie unique et le libre-échange ne sont sûrement pas les instruments qui permettront à l’Europe de se tailler une place enviable dans l’économie mondiale de demain. (…) Politiquement, le constat du déficit démocratique est devenu un lieu commun, ce qui ne veut pas dire que l’on s’emploie à le corriger. (…) Le discours sur l’Europe est toujours incantatoire ; il ne porte pas sur la réalité… (…) S’ajoute à cela le faut que l’Europe est la chose des élites. Le communisme, même si l’idée a été partagée par une partie des élites, a d’abord été l’objet des masses. (…) Du côté des populations, joue une argumentation négative, rarement formulée comme telle mais d’une puissance considérable : la construction européenne est loin d’être une merveille, mais on ne peut pas en sortir. (…) L’estime de soi, de la part des Français d’aujourd’hui, est tombée à un niveau tellement bas qu’ils pensent que nous ne pourrions pas nous débrouiller par nos propres moyens. Les Suisses en sont capables, les Norvégiens ou les Islandais aussi, mais pas nous ! Ce pays, dans les profondeurs, n’a plus confiance en lui.  (…) Il ne suffit pas de proposer des réformes, si pertinentes soient-elles. Il faut commencer par les rendre possibles en faisant sauter le verrou qui les promet à l’échec. (…) il nous faut une nuit du 4 août de la nomenklatura française. (…) Le propos n’est pas de sortir de l’Europe, il est de la repenser de fond en comble, sur la base d’un bilan froid de ses acquis et de ses impasses. Celles-ci sont tous les jours sur le devant de la scène, les européistes grand teint concèdent eux-mêmes désormais qu’il y a sans doute pas mal de choses à revoir. À quand le moment d’en tirer les conséquences ? La France a été à l’origine du projet européen, l’Union européenne n’aurait plus de sens sans elle, et elle n’y pèse plus rien. Est-elle devenue incapable de reformuler un programme qui a dégénéré, au lieu de subir honteusement le joug de bureaucrates aberrants et de juges égarés ? » Marcel Gauchet
L’intuition de Marcel Gauchet rejoint nos propres observations : la civilisation européenne a tiré sa grandeur des qualités propres à chacune de ses composantes et à leur émulation. Tout le contraire de l’homogénéisation programmée par le traité de Maastricht. Au XVe siècle, les Portugais se sont lancés sur les mers avant que les Espagnols, puis les Hollandais et les Anglais ne viennent les concurrencer. Les Hollandais ont inventé le capitalisme, les Anglais la démocratie, les Français les droits de l’homme et du citoyen, les Allemands la science etc. Et le monde entier a pu profiter de ces différents apports. L’émulation entre les nations européennes leur a été bien plus profitable qu’elle ne leur a coûté en guerres, si on fait la comparaison avec par exemple l’empire chinois, périodiquement ravagé par des guerres civiles plus meurtrières que les derniers conflits européens ! Toute la question est de savoir si cette diversité qui a fait notre richesse sera laminée par la rage normalisatrice de Bruxelles, comme la diversité chinoise l’a été par le Premier Empereur… Marcel Gauchet voit l’origine de ce basculement dans l’émergence de l’idéologie néolibérale aux États-Unis, dans les années 1970. Cette idéologie fait de l’économie l’alpha et l’oméga de la vie publique. Avec le triomphe de la démocratie et de la paix universelles, les États n’ont plus d’autre mission que de garantir l’épanouissement personnel des individus et la liberté des flux de personnes, de marchandises et de capitaux. « Tout le monde est persuadé, désormais, au sein des partis de gouvernement, que c’est l’économie qui commande, qu’il faut la laisser faire, et que le politique n’est là que pour encadrer sans diriger. » Et pour que les entreprises puissent croître et prospérer, il faut faire pleine confiance à leurs actionnaires, nécessairement intéressés à leur prospérité… On s’apercevra très vite des limites de cette idéologie : D’une part, note l’historien, le néolibéralisme conduit à une excroissance monstrueuse de l’État : il doit en effet réglementer, contrôler et judiciariser à n’en plus finir les rapports entre les individus livrés à eux-mêmes. D’autre part, les actionnaires révèlent des intérêts à court terme opposés aux intérêts à long terme des entreprises, de leurs cadres et de leur salariés : soucieux de valoriser au plus vite leur mise, ils vendent les entreprises à la découpe et délocalisent les usines à tout va. La désindustrialisation et la perte de savoir-faire d’une bonne partie de l’Europe et des États-Unis sont le fruit amer de cette erreur de jugement. Les États-Unis ont néanmoins toujours manifesté des réserves à l’égard du néolibéralisme. En 2009, quand le constructeur automobile General Motors s’est trouvé au bord du dépôt de bilan, le gouvernement américain l’a nationalisé sans état d’âme, et en 2016, l’élection de Donald Trump a signifié la fin de l’utopie néolibérale et de l’ouverture tous azimuts. Curieusement, c’est en Europe, que le néolibéralisme a trouvé sa terre d’élection, en lien avec la déchristianisation du Vieux Continent selon Marcel Gauchet. L’historien est célèbre pour avoir défini le christianisme comme « la religion de la sortie de la religion », qui mène à la sécularisation de la société (Le Désenchantement du monde, 1985). Il observe que les États-Unis demeurent fortement structurés par la religion et la politique ; rien de tel par contre en Europe où l’affaiblissement des institutions tant religieuses que syndicales et politiques a rendu la société perméable à la nouvelle idéologie de l’individu-roi, défini par ses droits et ses intérêts. (…) Alors que la France n’est toujours pas sortie de la stagnation économique qui fait suite à la crise de 2007-2008, Emmanuel Macron et François Fillon veulent poursuivre et intensifier les politiques de coupes dans les dépenses publiques, de démantèlement de l’Etat social et du droit du travail, menées sans relâche par les gouvernements précédents. Ces politiques ne servent que les plus riches. Elles ne conduisent qu’à plonger le pays dans le cercle vicieux du chômage et de la précarité, terreau de la montée du FN dont le faux vernis social peine à cacher la nature profondément raciste et xénophobe et l’incohérence des propositions économiques. Joseph Savès
Les solutions proposées par Jean-Luc Mélenchon sont, à nos yeux, les seules capables de répondre aux cinq urgences majeures de notre temps. Elles forment un cadre cohérent et rigoureusement chiffré qui tient compte des équilibres budgétaires, non pas en se lançant dans une course à l’austérité, mais en proposant un programme économique précis et ambitieux reposant sur une plus grande justice fiscale, une politique d’investissement et une émancipation vis-à-vis des marchés financiers. (…) En répondant aux cinq urgences économiques majeures de notre temps, le programme économique de Jean-Luc Mélenchon nous donne aujourd’hui l’occasion historique de prouver qu’il y a des alternatives sérieuses, crédibles et désirables aux politiques absurdes menées avec acharnement lors des dernières décennies. Ce programme se réalisera dans le cadre d’une révolution démocratique, soutenue par la mise en place d’une assemblée constituante. Notre pays a aujourd’hui l’opportunité unique de renverser la logique mortifère qui mène l’Europe à l’implosion et de redonner un sens et du souffle au projet européen. Saisissons-la ! Un collectif d’universitaire
Pendant que la presse tente de relancer le feuilleton Fillon, c’est un tonnerre de silence qui a accueilli la révélation, ce week-end, du scandale Macron-Servier. Le laboratoire commercialisant le Mediator, et connu pour ses techniques occultes de lobbying, s’avère être l’inspirateur principal du volet « santé » du programme d’Emmanuel Macron, via un « expert » grassement rémunéré. Hasard ou conséquence, le leader d’En Marche plaidait quelques jours plus tôt pour mieux rembourser les médicaments vendus par… les laboratoires Servier. Heureusement, aucun journaliste n’a eu l’indélicatesse de demander à Emmanuel Macron si Servier faisait partie de la fameuse liste gardée secrète de ses généreux donateurs. Un cas d’école de la collusion entre les lobo pharmaceuriques, les politiques et les médias. Ce ne sont ni les valeureux enquêteurs du Canard, ni les fins limiers de Médiapart, ni même les expérimentés journalistes du Monde qui ont dévoilé le pot au rose, mais le docteur Irène Frachon. Connue du grand public pour avoir révélé le scandale du Mediator, et décorée par l’association Anticor du Prix éthique du Lanceur d’alerte citoyen, Irène Frachon a tiqué en relevant que le « représentant santé » (et principal inspirateur de son programme en la matière), Jean-Jacques Mourad, était en fait rémunéré par le laboratoire, pour des montants qui pourraient avoisiner le million d’euro pour la seule année 2016. Ce conflit d’intérêt caractérisé avait déjà été signalé durant le week-end par Formindep (Association Pour une Information Médicale Indépendante), une association non partisane et reconnue. Mais la presse n’avait pas daigné relever les faits avant l’intervention d’Irène Frachon, qui a du elle-même aller vérifier les bases de données du Ministère de la santé, qui répertorient les versements effectués par les laboratoires. Oui mais voilà, Jean-Jacques Mourad est aussi le frère de Bernard Mourad, l’un des piliers de la campagne d’Emmanuel Macron. C’est lui qui pilote pour Xavier Niel et Patrick Drahi les plus grands dossiers des médias qui appartiennent à ces patrons (soutiens eux aussi de Macron) : Le Monde, Libération, l’Express, BFM TV, RMC… Bref, un scandale de conflit d’intérêt sans équivalent par le passé, mais dont on risque d’assez peu entendre parler. Notre pronostic : un petit papier neutre (pour pas que ça se voit trop non plus) entre deux Unes sur Fillon (Fillon a dit « autiste », Fillon a emprunté des sous à un copain, Fillon a téléchargé illégalement Game of Thrones, Fillon a fait une faute d’accord sujet verbe….) et un papier hautain sur Mélenchon (qui ne se couche pas devant Hamon), et pas de follow-up. On prend les paris ? J. Berman
Emmanuel Macron, avec son équipe, s’est efforcé, sur tous les sujets, d’édifier un système en définitive facile à identifier : une sorte de centrisme et d’équilibre, ne rejetant rien absolument mais compensant ici ce qu’il enlève là, prenant ici ce qu’il va annuler ailleurs. Ce n’est pas une démarche médiocre mais, pour refuser la rectitude trop froide de mesures sans concession, elle donne l’impression parfois d’une synthèse instable entre ce qui est nécessaire et ce qui est proposé.Une conséquence négative de l’immense et contradictoire fourre-tout que paraît constituer aujourd’hui le vivier militant et humain au soutien de la cause d’Emmanuel Macron pourrait être d’infléchir dans un mauvais sens les avancées structurelles ou fortes que sa campagne a promues. Je suis par exemple inquiet que la présence de la gauche judiciaire altère ce qu’il y a de rigueur dans telle ou telle de ses propositions. C’est la rançon probable d’un salmigondis qui, perçu comme une richesse, risque de devenir un frein.Pour l’islam et sa perversion, l’islamisme, et son paroxysme, le terrorisme, le candidat d’En Marche ! donne l’impression, avec sa volonté de calme et de tranquillité, son refus de l’outrance et de la surenchère, son souci de l’apaisement, son désir respectable de ne jamais jeter de l’huile sur le feu social, qu’il serait prêt par accommodement à des faiblesses tactiques, à des compromis douteux. Qui feraient le lit des communautarismes plus qu’ils ne les interdiraient. Alors que François Fillon sur ce point capital, comme pour l’immigration et notre quotidienneté menacée, est plus rassurant, plus convaincant. Si son projet globalement emporte davantage l’adhésion, nous allons devoir tout de même oublier une personnalité qui a déçu le peuple de droite, quelles que soient les suites judiciaires des affaires et les péripéties vestimentaires entre autres. Notre problème qui manifestement n’a pas été le sien relève moins de la loi que de la décence. Il y a une forme d’inconscience ou de désinvolture – même si le donateur Bourgi par exemple a inquiété, mais trop tard – qui n’est pas loin d’une indifférence, voire pire, à l’égard du peuple et de son ordinaire. Quelque chose s’est cassé qui va conduire, sans enthousiasme, désabusé par l’homme, à espérer dans le président qu’il pourra être. Philippe Bilger
A quatre jour du premier tour de la présidentielle, jamais l’incertitude n’aura paru aussi grande. Le resserrement dans les sondages entre les quatre premiers – Marine Le  Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, François Fillon –incite à la prudence. Mais au-delà des résultats en eux-mêmes, l’incertitude sur les sondages est bien présente, à plusieurs titres. Elle est en réalité double : celle due au choix des Français et celle liée aux sondages eux-mêmes. L’incertitude politique s’explique par « la phase de transition » actuelle, selon Emmanuel Rivière, directeur général France de Kantar Public (ex-TNS-Sofres). « Il y a un scénario possible où ni le candidat PS, ni le candidat LR, ne seraient au second tour. Le seul fait que ce soit possible montre bien qu’on est en train de passer d’un ordre politique à un autre. C’est probablement une élection de transition et ça crée une nouvelle incertitude. C’est dur à mesurer, sachant qu’il y a la possibilité d’une forme de réminiscence des structures anciennes », explique à publicsenat.fr le sondeur qui développe son idée dans une tribune publiée sur le site Délits d’opinion. La résistance de François Fillon, notamment dans l’électorat âgé, montre cette « réminiscence » des partis traditionnels. Mais les choses bougent. « Est-ce que nos sondages tardent à mesurer ce qui se passe ? » s’interroge avec franchise Emmanuel Rivière. « On ne sait pas dire à l’heure actuelle s’il y a surestimation ou une sousestimation du phénomène Macron, au regard de l’expérience. C’est un élément de nouveauté » ajoute le responsable de Kantar, selon qui « il faut être prudent et modeste ». Si bien qu’« il y a une vraie incertitude du scrutin » conclut Emmanuel Rivière. Cette « incertitude politique », Jérôme Sainte-Marie, président de l’institut Pollingvox, la résume ainsi : « Les Français peuvent tout simplement changer d’avis et des gens peuvent se mobiliser et faire changer l’ordre d’arrivée ». L’autre incertitude vient des sondages eux-mêmes. Sans faire un énième procès des instituts, les exemples d’écart entre chiffres des sondages et les résultats le jour de l’élection sont nombreux. Comment l’expliquer ? Il y a déjà la fameuse marge d’erreur. Si l’on n’en tient pas compte, on tombe dans un biais de lecture et de compréhension du sondage. Par exemple, selon un tableau publié sur le site de l’Ifop avec son sondage quotidien (le « rolling »), sur un échantillon de 1.500 personnes, la marge d’erreur est de +/- 2 points pour un score autour de 20%. Cette marge d’erreur augmente quand on s’approche des 50%, pour atteindre 2,5 points. Avec les résultats du 17 avril, cela donne Emmanuel Macron (23%), plutôt entre 21 et 25% avec la marge d’erreur, Marine Le Pen entre 20,5% et 24,5%, et François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, donnés à égalité à 19,5%, plutôt entre 17,5 et 21,5%. Soit potentiellement Fillon et/ou Mélenchon devant Macron… voir Marine Le Pen. Ce qui donne une lecture complètement différente des sondages. Cette marge d’erreur devrait être annoncée et publiée par les médias à chaque sondage. C’est la loi qui le stipule. Elle n’est pourtant pas toujours respectée. Au grand dam du sénateur PS Jean-Pierre Sueur, auteur, avec le sénateur LR Hugues Portelli, d’une proposition de loi sur l’encadrement des sondages. (…) Pour le sénateur du Loiret, « quand on donne les chiffres absolus, on trompe toujours les gens. Il faut donner des fourchettes, mais je sais bien que c’est un problème commercial. Mélenchon qui passe devant Fillon, c’est haletant. La vérité, c’est qu’ils sont entre 17 et 21 ». Sondeurs et surtout journalistes préfèrent présenter la politique vue comme une course de petits chevaux en somme, plutôt que des tendances. (…) Autre biais : la représentativité des sondages. La méthode la plus généralement utilisée aujourd’hui est celle des sondages par Internet. Une pratique qui s’explique « pour des raisons de rapidité, de coût et de qualité qui est aussi bonne » assure Jérôme Sainte-Marie, « on peut avoir un énorme échantillon beaucoup plus facilement ». « Les sondages en face à face donnent toujours de bons résultats au niveau politique, car les sondés peuvent expliquer leur vote. Mais c’est long et cher et de plus en plus difficile à réaliser » ajoute le sondeur. « Les sondages en ligne sont politiquement plus représentatifs » confirme Emmanuel Rivière. Son institut s’y est converti pour les législatives de 2012. « Les résultats sont meilleurs, notamment sur le vote FN » explique le directeur général de Kantar Public, car « quand on répond par téléphone, on peut préférer ne pas répondre à un inconnu, on raccroche, et on peut se retrouver avec moins de sympathisants FN dans les enquêtes par téléphone ». Ce qui ne serait pas le cas dans les enquêtes en ligne, encore plus anonymes. Mais selon Nicolas Kaciaf, maître de conférences en science politique à Sciences Po Lille, « il y a des biais avec les sondages en ligne. Par exemple, l’échantillon d’âge risque de ne pas être représentatif sur les personnes âgées », moins connectées. Elles sont pourtant nombreuses à voter. « Il est compliqué de constituer un panel, car il y a beaucoup de conditions. Il faut avoir un accès fréquent à Internet, disposer d’un mail, tout un ensemble de conditions qui fait que la représentativité n’est pas garantie. Mais elle ne l’est plus depuis longtemps par téléphone non plus » ajoute le politiste. « Il n’y a pas de solution miracle », souligne Nicolas Kaciaf, « il y a un problème de représentativité qui touche les sondages en général, quelle que soit la méthode de composition de l’échantillon. Ou sinon il faudrait des techniques très lourdes, comme en utilise l’Insee ». Les sondeurs ne nient pas cette question de la représentativité. Jérôme Sainte-Marie : « Il y a le problème de la marge d’erreur, mais qui ne joue pas tant que ça. Le problème est plutôt un problème de recueil : est-ce qu’on couvre bien la population ? Est-ce que les populations les plus populaires, qui pourraient se mobiliser, sont bien couvertes ? On pourrait avoir un phénomène qui renforce Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ». Le sondeur de Pollingvox ajoute : « Plus vous êtes intégré socialement, plus vous êtes représenté dans les échantillons des instituts. Moins vous êtes socialisé, moins vous êtes représentés dans les sondages. Par exemple, il y a toujours le risque qu’on ait des ouvriers d’un type particulier et qu’ils ne soient pas totalement représentatifs des ouvriers ». « Pour les plus âgés, c’est plus compliqué au-delà de 75 ans sur Internet. On peut s’interroger sur leur représentativité » confirme de son côté Emmanuel Rivière. Pour répondre à ce biais, les sondeurs ont trouvé la solution : payer, ou plutôt rétribuer les sondés. Une technique qui semble étonnante, pour ne pas dire contestable. Aux yeux des instituts de sondages, elle est justifiée et maîtrisée. « Toutes les enquêtes ont des biais. Mais celui-ci est moins fort qu’avoir uniquement dans nos panels ceux qui adorent répondre aux sondages ou ceux qui aiment la politique » répond Emmanuel Rivière. Autrement dit, ce serait un moindre mal (… ) Les instituts peuvent sous-traiter le recueil des réponses à des entreprises comme « Maximiles », qui développe des panels de fidélisation. Dès la page d’accueil de son site, l’entreprise annonce la couleur : « Vos habitudes vous rapportent », « votre avis récompensé ». En « répondant à des sondages », on cumule des points qu’on échange « contre les cadeaux de (son) choix ». François Vignal
Il y a une très forte poussée de popularité, une énorme dynamique pour François Fillon sur l’application GOV, qui est d’ailleurs mesurée par d’autres outils comme FILTERIS […] et je crois en effet que François Fillon sera au second tour de l’élection présidentielle. Bobby Demri
Je m’appuie sur deux composants.  Le premier considère que la dynamique  d’échange d’arguments au sein de petits  groupes d’individus obéit à une logique  rationnelle. Or, il peut arriver que les  arguments pour et contre se neutralisent.  C’est là qu’intervient le deuxième  composant, qu’on pourrait qualifier de  levier déterministe de notre inconscient  collectif. C’est un biais cognitif ou un  préjugé parmi ceux du groupe qui  s’active pour sélectionner  « naturellement » un des choix, de façon  consciente ou inconsciente. Par exemple… Quatre individus discutent d’une réforme de leur cadre de vie.  Si deux  la soutiennent  et deux s’y opposent, le groupe ne sait pas quoi choisir. Dans  ce cas, le biais cognitif qui va s’activer est  « dans le doute, mieux vaut s’abstenir ».  Finalement, tous rejettent la réforme.  Pour pouvoir appliquer le modèle, il faut  à chaque fois identifier les préjugés qui  pourraient être activés en cas  d’impuissance de la raison. (…) Le modèle intègre actuellement trois  types d’individus : les rationnels, qui  peuvent basculer d’un côté ou de l’autre,  les inflexibles qui ne bougent pas, et les  contrariants qui s’opposent aux choix  majoritaires. Actuellement je dois, en  combinant différents sondages et ma  perception des préjugés potentiellement  activables, décider lequel de ces trois  ingrédients est déterminant dans une  campagne d’opinion donnée. (…) Invité aux États-Unis en février 2016, j’y ai compris que Trump « innovait ».  Quand il lançait ses affirmations  choquantes, il réveillait des préjugés  endormis ou gelés, et cela bouleversait  la hiérarchie des préjugés mobilisés  en cas d’hésitation. Certains préjugés  jouaient contre lui, mais il réussissait  à en réveiller d’autres qui lui étaient  favorables. Du point de vue de la  dynamique, c’était simplement génial. (…) Ce sont paradoxalement les indignés, qui en provoquant les débats contre Trump, ont finalement permis à de  nombreux opposants de basculer en sa  faveur. Aux États-Unis, le fait que la  campagne ait été très longue a clairement  joué pour Trump en créant de plus en  plus de cas de doutes collectifs. Après chaque chute, sa popularité remontait. (…) Il fallait absolument qu’il continue  sa dynamique provocatrice mais en  modifiant le positionnement des préjugés  à activer. Alors que, pour les primaires,  il avait activé des préjugés présents chez  des républicains, pour la présidentielle,  il fallait qu’il touche des préjugés  présents à la fois chez des républicains et  des démocrates. Ce qu’il a réussi entre autres avec le sexisme. À l’inverse,  Obama a essayé de remettre en avant  le préjugé selon lequel il n’était « pas fait  pour le job », défavorable à Trump,  mais sans succès. (…) Fin 2016, je considérais que son élection [Marine Le Pen] était passée de impossible à improbable,  c’est-à-dire possible. Depuis un mois,  son élection est devenue très possible.  Une abstention différenciée non  excessive peut la faire gagner malgré  un plafond de verre toujours actif. (…) [L’abstention différenciée] C’est l’écart entre l’intention de vote déclarée dans les sondages et le vote  effectif. Je démontre par exemple  que si 56 % des électeurs annoncent  qu’ils vont voter contre Marine Le Pen,  ils ne le feront pas autant qu’ils le disent.  Car, pour la première fois, des électeurs  ont une aversion forte à l’égard  de celui qui sera probablement  en face d’elle (Macron ou Fillon).  Si ne serait-ce que 30 % des électeurs  qui ont annoncé qu’ils voteraient contre  Marine Le Pen ne le font pas  et choisissent l’abstention, cela suffira à la faire gagner. Grâce à cette abstention  différenciée, elle passerait  de 44 % d’intention de vote à 50,25 %  des suffrages exprimés dans l’hypothèse  où 10 % seulement de ses propres  électeurs s’abstiennent. (…) Dans mon modèle, François Fillon  a un avantage décisif sur Macron :  il peut s’appuyer sur ces électeurs  inflexibles qui font la différence. Macron  semble ne pas en avoir beaucoup.  Dans certains cas de figure, mon modèle  montre qu’il suffit d’avoir plus de 17,16 %  d’inflexibles pour passer la barre des  50 % des suffrages exprimés face  à un candidat qui n’en aurait pas.  Et Fillon a un socle qui se situe  précisément autour de cette valeur seuil.  Mais est-il au-dessus ou en dessous ?  Il suffira d’une légère variation soit pour  qu’il remonte inexorablement et atteigne  le second tour soit pour qu’il perde toute  chance d’être qualifié. Serge Galam
Plus Fillon que moi, tu meurs !
Candidats contraints de remballer, entre rameau d’olivier et visite au Secours catholique et sur fond de menace terroriste, une partie de leurs bimbeloteries les plus démagogiques et les plus voyantes contre la religion ou l’Europe
Social-traitres, de Sarkozy à Juppé, NKM ou Estrosi, forcés de retourner à nouveau leurs vestes avec le resserrement des sondages …
Economistes qui en sont à vanter les mérites du chavéziste et maitre toutes catégories de l’absentéisme européen
Feuilletonistes et maitres es pantalonnades qui nous ont si vite enterré les scandales de conflit d’intérêt de Macron ou du népotisme et des voitures de fonction indues de Mélenchon …
Réduits, après des mois et des semaines d’acharnement contre le seul Fillon, à de misérables révélations d’arrière-placard
Sondeurs qui,  après leurs désastres du Brexit ou de l’élection de Trump et entre les marges d’erreur et le taux d’indécis que l’on sait, n’ont plus pour distraire la galerie contre monnaie sonnante et trébuchante que le coupage de cheveux en quatre et la rémunération des sondés …

Comment ne pas voir …

Pour ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre …

Et avec les analystes de poids numérique comme les chercheurs tels que Serge Galam

Qui avaient eux évité les erreurs de sondeurs traditionnels sur le Brexit, Trump ou la primaire de la droite et du centre …

Les signes qui ne trompent pas de la victoire à quatre jours à peine du premier tour …

Du seul candidat de la véritable alternance ?

Valeurs actuelles

8 avril 2017 

Présidentielle. Grâce à une méthode innovante qui allie plusieurs types de données, des étudiants de l’école Télécom Paris Tech ont établi que Marine Le Pen et François Fillon seraient tous deux au second tour.

Nouvelles technologies obligent, les sondages et leur inexactitude ne sont plus les seuls outils capables d’estimer les tendances, qu’elles soient politiques ou non. En combinant le big data, soit des flux de données brassées sur Internet, mais aussi les réseaux sociaux ou les sondages, cinq étudiants de l’école Télécom Paris Tech annoncent un second tour Marine Le Pen – François Fillon.

“Modéliser les élections mathématiquement en vue d’en prédire le résultat”

Entre Emmanuel Macron qui ne se revendique ni de droite ni de gauche ni du centre, la montée en flèche des extrêmes de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon et le Parti socialiste de Benoît Hamon au plus bas dans les sondages, les élections présidentielles de 2017 sont un réel casse-tête. Casse-tête que nous avons tenté de résoudre en modélisant les élections mathématiquement en vue d’en prédire le résultat”, expliquent les auteurs de ces travaux.

Ils rappellent aussi que les sondages “ont plusieurs fois montré leurs faiblesses”, comme lorsqu’ils “avaient donné Hillary Clinton largement vainqueur contre Donald Trump”, peut-on lire sur Le Point.fr. Dès lors, l’étude se base notamment sur “les données du Web, de l’Insee et de data.gouv” afin de “déterminer le résultat du premier tour par département, grâce à des données temporelles et départementales”.

François Fillon distancerait Emmanuel Macron

En outre, à partir de plusieurs hypothèses, mais aussi des sondages, ou encore des réseaux sociaux, les étudiants de l’école d’ingénieur estiment qu’au premier tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen engrangerait 24,13% des suffrages, contre 21,77% pour François Fillon, 20,32% pour Emmanuel Macron et 18,66% pour Jean-Luc Mélenchon, qualifiant donc les candidats du Front national et des Républicains au second tour.

Voir aussi:

Présidentielle : pourquoi Macron ne sera pas au second tour

Frédérique Voisin-Demery
CC BY 2.0

Nul ne peut prédire le résultat du premier tour de la présidentielle dimanche. Mais tout laisse à penser que Emmanuel Macron sera éliminé dès le premier tour.

Alexis Vintray

Disons le tout de suite, personne ne peut prédire avec certitude le résultat du premier tour de l’élection présidentielle de dimanche1. Aussi solides que soient les analyses des chiffres disponibles. Mais dur de ne pas voir les dernières tendances de fond…

Les sondages mettent déjà Fillon, Le Pen et Macron au même niveau

OpinionWay sort avec Les Échos et Radio Classique depuis plusieurs mois désormais un rolling, un sondage quotidien des intentions de vote des Français pour le premier tour de la présidentielle. En voici la dernière livraison : Macron et Le Pen continuent leur baisse ininterrompue, à 22%, et Fillon est en embuscade immédiatement derrière à 21%, alors qu’il y a eu jusqu’à 6% d’écart plus tôt dans la campagne (et près de 10% selon d’autres instituts) :

Plus intéressant encore, les tendances de long terme : baisse de Macron (depuis début avril) et de Le Pen (depuis mi-mars), remontée de Fillon (depuis début avril) et stabilisation de Mélenchon (depuis début avril) après un siphonnage des voix de Benoit Hamon :

Si l’on sort des variations quotidiennes et qu’on ne regarde que la tendance, la conclusion « graphique » est la suivante : 3 candidats à 21% le soir du premier tour pour un résultat imprévisible. Macron, Le Pen & Fillon peuvent tous accéder au deuxième tour, voire Mélenchon même si cela parait compliqué (mais dans les marges d’erreur). On est encore loin d’une absence de Macron au second tour me direz-vous à juste titre…

Les pronostics de victoire sont alignés avec ces variations : Macron en tête mais au plus bas depuis début mars, Fillon qui remonte à son niveau de début mars (17%) et Le Pen au plus bas (13%), au niveau de Mélenchon.

Pour les Français, l’issue de l’élection ne fait donc aucun doute, ce sera Macron qui l’emportera. Je suis convaincu, moi, qu’il ne sera même pas au second tour, comme je le disais déjà il y a une semaine. Pourquoi ?

Pourquoi Macron peut encore baisser

Malgré sa baisse des dernières semaines, Emmanuel Macron peut encore baisser significativement. D’une part, les soutiens malheureux continuent à le fragiliser : entre un Hollande impopulaire qui le soutient de manière à peine voilée, les ministres du gouvernement socialiste, un BHL qui a officialisé son soutien ou une Nicole Notat qui s’est engagée aujourd’hui, toute la nomenklatura parisienne semble s’engager pour lui. Ce soutien des élites est tout sauf une bonne nouvelle pour l’ancien ministre de Hollande dans un monde post Brexit ou post Trump. Pire, ces soutiens, quasi-exclusivement de gauche, décrédibilisent le message centriste qu’il entend porter.

À l’inverse à droite, la remontée de Fillon a fait stopper net la fuite des cadres. Quand Aurore Bergé (ex-Juppé, ex-Fillon avant de finir (?) chez Macron) réussit à dégoter une dizaine de conseillers de droite prêts à s’engager pour Macron, aucun n’a eu de responsabilités depuis 2010, et aucun des noms n’est connu du grand public (voire du public averti !).

Enfin, même aujourd’hui, Macron est selon BVA le candidat le plus souvent choisi « par défaut », par 27% de ses électeurs potentiels contre 17-18% pour Le Pen, Fillon ou Mélenchon. Une grosse part de vote utile aussi, en particulier pour éviter Le Pen. Ça vous rappelle Juppé – Fillon ? C’est normal, et inquiétant pour Macron.

Présidentielle : pourquoi Macron ne sera pas au second tour

L’effritement des intentions de vote de Macron et le spectre de son élimination dès le premier tour affaiblissent en effet très nettement l’intérêt de voter pour l’ancien ministre socialiste, en particulier au centre droit pour qui le vote Fillon redevient une option. Une évolution visible sur les intentions de vote de second tour : face à Le Pen, Macron serait à 64%, Fillon à 60%. La différence est devenue minime là où elle était de 10 points il y a peu…

Pourquoi Fillon peut encore monter

À l’inverse, l’électorat de Fillon semble plus solide : le cœur de son électorat est chez les plus de 60 ans, qui se déplacent toujours massivement à l’isoloir. 61% de ceux qui disent vouloir voter pour lui le font pour son programme (contre 39% pour Emmanuel Macron). Une différence qui tient bien sûr en partie aux affaires, mais pas seulement.

La montée de Mélenchon est également une aide singulière pour le camp Fillon : l’épouvantail de l’accession de l’extrême gauche au pouvoir est une arme efficace pour faire voter à droite, et plus précisément faire voter Fillon au lieu des petits candidats comme Nicolas Dupont-Aignant, Jean Lassale ou François Asselineau (5% cumulés).

Quid de Le Pen ou Mélenchon alors ? L’absence de la première au second tour semble improbable malgré sa fin de campagne calamiteuse : ses électeurs restent toujours aussi largement motivés. La présence de Mélenchon semble hautement improbable : le réservoir de voix Hamon est quasiment épuisé, les intentions de vote stagnent et surtout, à juste titre, le candidat fait peur pour ses propositions d’extrême gauche.

Rien n’est écrit pour dimanche, mais la présence d’Emmanuel Macron dans le duo de tête serait la vraie surprise, malgré ce qu’annoncent les médias depuis des mois.

  1. Et le titre de cet article est à prendre avec les pincettes nécessaires évidemment.

Voir également:

Valeurs actuelles

17 avril 2017 

Présidentielle. Interrogé sur FranceInfo mercredi 12 avril, le cofondateur de l’application GOV, qui sonde gratuitement des milliers de Français, annonce que “François Fillon sera au second tour”.

N’en déplaise aux principaux instituts qui les font, les sondages traditionnels ont montré leurs limites. Réalisées presque quotidiennement auprès d’un nombre de personnes réduit, ces études particulièrement prisées en période électorale ont déjà prouvé qu’on ne pouvait pas s’y fier, comme l’a montré l’élection de Donald Trump aux États-Unis. Pourtant, un nouveau type de sondages voit peu à peu le jour, comme ceux proposés par GOV, une application “gratuite” et dépourvue de “business”, comme l’explique un des cofondateurs.

Plus de 150.000 utilisateurs” sur GOV

Invité sur le plateau de FranceInfo, mercredi 12 avril, Bobby Demri a présenté le concept de GOV : “une application de démocratie participative où les Français viennent chaque jour voter en temps réel pour tous les hommes et femmes politiques et où ils viennent lancer des propositions, des idées, des débats”, même si l’entrepreneur se défend d’être un sondeur “parce qu’on ne veut pas s’institutionnaliser dans un monde institutionnel qui meurt”.

Et à l’inverse des instituts de sondage, l’outil au “plus de 150.000 utilisateurs”, comme l’explique Bobby Demri, est une “application gratuite, sans publicité : il n’y aucun business ! GOV est un leader français de la civic tech, c’est la technologie au service de l’intérêt général. C’est un modèle qui perturbe les sondeurs parce qu’on est enfin dans un outil de transparence.

Une énorme dynamique pour François Fillon

À partir de ce nouvel outil, l’entrepreneur a également fait part d’une tendance que les sondages traditionnels ne reflètent pas encore : la présence du candidat des Républicains parmi les deux candidats retenus par les Français le 23 avril : “sur l’application GOV, François Fillon sera au second tour”, affirme-t-il.

Et Bobby Demri de préciser : “Il y a une très forte poussée de popularité, une énorme dynamique pour François Fillon sur l’application GOV, qui est d’ailleurs mesurée par d’autres outils comme FILTERIS […] et je crois en effet que François Fillon sera au second tour de l’élection présidentielle”.

Voir encore:

Problèmes de représentativité, rétributions pour fidéliser les sondés, redressement, incertitude du vote… Les biais des sondages sont nombreux. Les résultats du premier tour pourraient ne pas refléter les sondages. Il convient de les prendre avec prudence et surtout de savoir les lire et connaître leur élaboration.

François Vignal
Public Sénat
19 avril 2017

A quatre jours du premier tour de la présidentielle, jamais l’incertitude n’aura paru aussi grande. Le resserrement dans les sondages entre les quatre premiers – Marine Le  Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, François Fillon –incite à la prudence. Mais au-delà des résultats en eux-mêmes, l’incertitude sur les sondages est bien présente, à plusieurs titres. Elle est en réalité double : celle due au choix des Français et celle liée aux sondages eux-mêmes.

Une phase de transition politique cause d’incertitude

L’incertitude politique s’explique par « la phase de transition » actuelle, selon Emmanuel Rivière, directeur général France de Kantar Public (ex-TNS-Sofres). « Il y a un scénario possible où ni le candidat PS, ni le candidat LR, ne seraient au second tour. Le seul fait que ce soit possible montre bien qu’on est en train de passer d’un ordre politique à un autre. C’est probablement une élection de transition et ça crée une nouvelle incertitude. C’est dur à mesurer, sachant qu’il y a la possibilité d’une forme de réminiscence des structures anciennes », explique à publicsenat.fr le sondeur qui développe son idée dans une tribune publiée sur le site Délits d’opinion. La résistance de François Fillon, notamment dans l’électorat âgé, montre cette « réminiscence » des partis traditionnels.

Mais les choses bougent. « Est-ce que nos sondages tardent à mesurer ce qui se passe ? » s’interroge avec franchise Emmanuel Rivière. « On ne sait pas dire à l’heure actuelle s’il y a surestimation ou une sousestimation du phénomène Macron, au regard de l’expérience. C’est un élément de nouveauté » ajoute le responsable de Kantar, selon qui « il faut être prudent et modeste ». Si bien qu’« il y a une vraie incertitude du scrutin » conclut Emmanuel Rivière. Cette « incertitude politique », Jérôme Sainte-Marie, président de l’institut Pollingvox, la résume ainsi : « Les Français peuvent tout simplement changer d’avis et des gens peuvent se mobiliser et faire changer l’ordre d’arrivée ».

La marge d’erreur : « Quand on donne les chiffres absolus, on trompe toujours les gens. Il faut donner des fourchettes »

L’autre incertitude vient des sondages eux-mêmes. Sans faire un énième procès des instituts, les exemples d’écart entre chiffres des sondages et les résultats le jour de l’élection sont nombreux. Comment l’expliquer ?

Il y a déjà la fameuse marge d’erreur. Si l’on n’en tient pas compte, on tombe dans un biais de lecture et de compréhension du sondage. Par exemple, selon un tableau publié sur le site de l’Ifop avec son sondage quotidien (le « rolling »), sur un échantillon de 1.500 personnes, la marge d’erreur est de +/- 2 points pour un score autour de 20%. Cette marge d’erreur augmente quand on s’approche des 50%, pour atteindre 2,5 points.

capture_marge.jpg

Avec les résultats du 17 avril, cela donne Emmanuel Macron (23%), plutôt entre 21 et 25% avec la marge d’erreur, Marine Le Pen entre 20,5% et 24,5%, et François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, donnés à égalité à 19,5%, plutôt entre 17,5 et 21,5%. Soit potentiellement Fillon et/ou Mélenchon devant Macron… voir Marine Le Pen. Ce qui donne une lecture complètement différente des sondages.

Cette marge d’erreur devrait être annoncée et publiée par les médias à chaque sondage. C’est la loi qui le stipule. Elle n’est pourtant pas toujours respectée. Au grand dam du sénateur PS Jean-Pierre Sueur, auteur, avec le sénateur LR Hugues Portelli, d’une proposition de loi sur l’encadrement des sondages. Adoptée à l’unanimité en 2011 par le Sénat, le texte n’a pas été examiné à l’Assemblée. Mais à la faveur de la loi sur les nouvelles règles de la présidentielle, l’essentiel du texte a pu être repris sous forme d’amendement. L’Elysée n’y était pas trop favorable, à la différence de Matignon.

« La loi dit que les marges d’erreur doivent être données par les medias en même temps que les sondages et les informations détaillées transmises à la commission des sondages. Mais les journaux n’appliquent pas la loi, dans la plupart des cas. Et la commission ne fait pas du tout ce qu’elle peut faire pour appliquer la loi, loin sans faut, car elle a la possibilité de faire des mises au point ou même de saisir la justice » explique Jean-Pierre Sueur. Pour le sénateur du Loiret, « quand on donne les chiffres absolus, on trompe toujours les gens. Il faut donner des fourchettes, mais je sais bien que c’est un problème commercial. Mélenchon qui passe devant Fillon, c’est haletant. La vérité, c’est qu’ils sont entre 17 et 21 ». Sondeurs et surtout journalistes préfèrent présenter la politique vue comme une course de petits chevaux en somme, plutôt que des tendances.

« Les sondages doivent être pris pour ce qu’ils sont et pas pour ce qu’on aimerait qu’ils soient. Ce ne sont pas des outils de prévision, mais des outils qui permettent d’indiquer. Et ils sont d’autant plus efficaces qu’on en comprend la dynamique, plutôt que mesurer au demi-point près le score de chacun des candidats » souligne Jean-Daniel Levy, directeur du département politique et opinion de l’Institut Harris Interactive (voir la vidéo, sujet de Samia Dechir).

« Il y a un problème de représentativité qui touche les sondages en général »

Autre biais : la représentativité des sondages. La méthode la plus généralement utilisée aujourd’hui est celle des sondages par Internet. Une pratique qui s’explique « pour des raisons de rapidité, de coût et de qualité qui est aussi bonne » assure Jérôme Sainte-Marie, « on peut avoir un énorme échantillon beaucoup plus facilement ». « Les sondages en face à face donnent toujours de bons résultats au niveau politique, car les sondés peuvent expliquer leur vote. Mais c’est long et cher et de plus en plus difficile à réaliser » ajoute le sondeur. « Les sondages en ligne sont politiquement plus représentatifs » confirme Emmanuel Rivière. Son institut s’y est converti pour les législatives de 2012. « Les résultats sont meilleurs, notamment sur le vote FN » explique le directeur général de Kantar Public, car « quand on répond par téléphone, on peut préférer ne pas répondre à un inconnu, on raccroche, et on peut se retrouver avec moins de sympathisants FN dans les enquêtes par téléphone ». Ce qui ne serait pas le cas dans les enquêtes en ligne, encore plus anonymes.

Mais selon Nicolas Kaciaf, maître de conférences en science politique à Sciences Po Lille, « il y a des biais avec les sondages en ligne. Par exemple, l’échantillon d’âge risque de ne pas être représentatif sur les personnes âgées », moins connectées. Elles sont pourtant nombreuses à voter. « Il est compliqué de constituer un panel, car il y a beaucoup de conditions. Il faut avoir un accès fréquent à Internet, disposer d’un mail, tout un ensemble de conditions qui fait que la représentativité n’est pas garantie. Mais elle ne l’est plus depuis longtemps par téléphone non plus » ajoute le politiste. « Il n’y a pas de solution miracle », souligne Nicolas Kaciaf, « il y a un problème de représentativité qui touche les sondages en général, quelle que soit la méthode de composition de l’échantillon. Ou sinon il faudrait des techniques très lourdes, comme en utilise l’Insee ».

Les sondeurs ne nient pas cette question de la représentativité. Jérôme Sainte-Marie :

« Il y a le problème de la marge d’erreur, mais qui ne joue pas tant que ça. Le problème est plutôt un problème de recueil : est-ce qu’on couvre bien la population ? Est-ce que les populations les plus populaires, qui pourraient se mobiliser, sont bien couvertes ? On pourrait avoir un phénomène qui renforce Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ».

Le sondeur de Pollingvox ajoute : « Plus vous êtes intégré socialement, plus vous êtes représenté dans les échantillons des instituts. Moins vous êtes socialisé, moins vous êtes représentés dans les sondages. Par exemple, il y a toujours le risque qu’on ait des ouvriers d’un type particulier et qu’ils ne soient pas totalement représentatifs des ouvriers ». « Pour les plus âgés, c’est plus compliqué au-delà de 75 ans sur Internet. On peut s’interroger sur leur représentativité » confirme de son côté Emmanuel Rivière.

Des rétributions pour attirer les sondés : « 200 ou 300 euros maximum par an »

Pour répondre à ce biais, les sondeurs ont trouvé la solution : payer, ou plutôt rétribuer les sondés. Une technique qui semble étonnante, pour ne pas dire contestable. Aux yeux des instituts de sondages, elle est justifiée et maîtrisée.

« Il faut un petit effort supplémentaire sur les ouvriers et les jeunes pour avoir le bon quota. Ils ont tendance à répondre un peu moins. D’où le côté incitatif sous forme de points qu’on accumule. Nos panelistes recueillent des bons d’achat. Ça joue un peu plus chez les jeunes par exemple » explique, là encore avec une certaine transparence, Emmanuel Rivière. Le directeur général de Kantar Public précise bien que « ce n’est pas une manière d’arrondir ses fins de mois. C’est incitatif, juste un petit coup de pouce. Par exemple, ce sont des bons d’achat sur des boutiques en ligne. Tout cumulé, pour des gens assidus à nos enquêtes, c’est 200 ou 300 euros maximum par an ». Ce qui n’est pas totalement négligeable si les revenus sont faibles. Jérôme Sainte-Marie signale pour sa part que « la pratique de rémunération est totalement symbolique. C’est plutôt une compensation par rapport au temps passé. C’est une somme dérisoire, parfois un tirage au sort, des bons d’achat ».

Mais cette méthode n’a-t-elle pas des effets sur la qualité du sondage ? Ses effets sont-ils réellement neutres ? « Toutes les enquêtes ont des biais. Mais celui-ci est moins fort qu’avoir uniquement dans nos panels ceux qui adorent répondre aux sondages ou ceux qui aiment la politique » répond Emmanuel Rivière. Autrement dit, ce serait un moindre mal.

Profil bidonné

Les instituts peuvent sous-traiter le recueil des réponses à des entreprises comme « Maximiles », qui développe des panels de fidélisation. Dès la page d’accueil de son site, l’entreprise annonce la couleur : « Vos habitudes vous rapportent », « votre avis récompensé ». En « répondant à des sondages », on cumule des points qu’on échange « contre les cadeaux de (son) choix ».

Voir par ailleurs:

Fillon ou Macron : voter pour un programme ou pour un homme ?

Macron ou Fillon ? L’un a un programme fourre-tout mais il est servi par ce qu’il dégage ; l’autre semble politiquement plus aguerri mais a fait personnellement des erreurs. Alors, faut-il voter pour un homme ou pour un programme ?

Philippe Bilger

Contrepoints

Je sais, cette alternative est terriblement simpliste, sans doute le signe d’une immaturité politique qui ne sait pas s’attacher qu’aux seuls programmes comme les citoyens sérieux.

En même temps, pour moi qui rejette sur le bord de mon chemin démocratique Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, adversaires implacables mais étrangement semblables, on a le droit, dans un article d’opinion, d’exprimer ses états d’âme, ses doutes et, aussi, sa manière plus intuitive qu’élaborée de forger ses choix.

Je n’oublie pas la primaire de la droite et du centre que François Fillon n’avait pas gagnée seulement à cause de son propos sur l’intégrité mais grâce à la pertinence et à la cohérence de son programme qui visait, tous comptes faits, à ne plus faire vivre la France au-dessus de ses moyens.

Emmanuel Macron et son programme fourre-tout

Emmanuel Macron, avec son équipe, s’est efforcé, sur tous les sujets, d’édifier un système en définitive facile à identifier : une sorte de centrisme et d’équilibre, ne rejetant rien absolument mais compensant ici ce qu’il enlève là, prenant ici ce qu’il va annuler ailleurs. Ce n’est pas une démarche médiocre mais, pour refuser la rectitude trop froide de mesures sans concession, elle donne l’impression parfois d’une synthèse instable entre ce qui est nécessaire et ce qui est proposé.

Une conséquence négative de l’immense et contradictoire fourre-tout que paraît constituer aujourd’hui le vivier militant et humain au soutien de la cause d’Emmanuel Macron pourrait être d’infléchir dans un mauvais sens les avancées structurelles ou fortes que sa campagne a promues. Je suis par exemple inquiet que la présence de la gauche judiciaire altère ce qu’il y a de rigueur dans telle ou telle de ses propositions. C’est la rançon probable d’un salmigondis qui, perçu comme une richesse, risque de devenir un frein.

Sans sous-estimer le courage aussi bien intellectuel que physique d’Emmanuel Macron ni surestimer les enseignements et la sagesse d’une trop longue carrière politique, j’imagine davantage François Fillon qu’Emmanuel Macron dans les rapports de force internationaux et les crises susceptibles d’être créées par l’interventionnisme d’un Donald Trump. Parce qu’en l’occurrence l’expérience a du sens et la fraîcheur n’est pas forcément un atout.

Emmanuel Macron, par ailleurs, avec une spontanéité qui est sa face de lumière ou parfois d’ombre, sur la colonisation et la culture française a formulé quelques appréciations suffisamment provocatrices pour qu’il ait été contraint de les expliciter longuement et presque de les regretter.

Pour l’islam et sa perversion, l’islamisme, et son paroxysme, le terrorisme, le candidat d’En Marche ! donne l’impression, avec sa volonté de calme et de tranquillité, son refus de l’outrance et de la surenchère, son souci de l’apaisement, son désir respectable de ne jamais jeter de l’huile sur le feu social, qu’il serait prêt par accommodement à des faiblesses tactiques, à des compromis douteux. Qui feraient le lit des communautarismes plus qu’ils ne les interdiraient.

Alors que François Fillon sur ce point capital, comme pour l’immigration et notre quotidienneté menacée, est plus rassurant, plus convaincant.

Si son projet globalement emporte davantage l’adhésion, nous allons devoir tout de même oublier une personnalité qui a déçu le peuple de droite, quelles que soient les suites judiciaires des affaires et les péripéties vestimentaires entre autres. Notre problème qui manifestement n’a pas été le sien relève moins de la loi que de la décence. Il y a une forme d’inconscience ou de désinvolture – même si le donateur Bourgi par exemple a inquiété, mais trop tard – qui n’est pas loin d’une indifférence, voire pire, à l’égard du peuple et de son ordinaire. Quelque chose s’est cassé qui va conduire, sans enthousiasme, désabusé par l’homme, à espérer dans le président qu’il pourra être.

Le projet, on s’y tiendra, on votera pour lui, malgré François Fillon. Parce que le premier est bon et que le second nous a d’une certaine manière trahis. On ne pouvait pas deviner que cette splendide invocation de l’intégrité était de l’affichage pour gagner.

Emmanuel Macron, la séduction

Emmanuel Macron, à mon sens, est dans une configuration inverse. Il est un président de la République qu’on désirerait voir et avoir à la tête du pays. Son intelligence, sa culture, son empathie non fabriquée mais confirmée tout au long de son histoire, sa nature respectueuse, son aptitude républicaine, à quelques exceptions près qui sont pardonnables, à dialoguer et à accepter que le contradicteur ne soit pas un ennemi mortel et la démocratie une foire d’empoigne et de détestation, sa tenue, son honnêteté, sa jeunesse, tout garantirait une présidence, grâce à la personne qu’il est, aussi éloignée de celle frénétique de Nicolas Sarkozy que de celle faussement normale et tristement décevante de François Hollande. Contrairement à François Fillon, il vient au secours de son projet alors que celui-ci vient difficilement au secours de l’ancien Premier ministre.

François Hollande a implicitement avoué sa préférence pour Emmanuel Macron contre Hamon et Mélenchon. C’est un cadeau amer. Le président aurait mieux fait de ne pas se mêler de la campagne et de continuer à présider. C’est ce que lui avait conseillé avec culot Emmanuel Macron.

François Fillon : derrière l’homme, le programme

Malgré tout, François Fillon. Élu, sa réussite dans les premiers mois du quinquennat ferait oublier les lamentables épisodes en amont et la confiance des Français lui serait à nouveau acquise. Pas de meilleur remède que le succès !

Les Sarkozystes regroupés tactiquement autour de lui ont déjà fait une croix sur lui et intégré sa probable défaite. Ils ne sont préoccupés, sous l’égide du Parrain, que par les élections législatives. À toutes fins, ils se sont assurés de deux postes : François Baroin comme Premier ministre et Laurent Wauquiez comme chef du parti. Les Sarkozystes sortis par la porte de la primaire sont rentrés par la fenêtre de ses suites déprimantes.

Malgré tout donc, François Fillon au premier tour.

Depuis 2007, la personnalité des présidents ne pouvait qu’être appréhendée globalement. Il y avait leurs actes, leur politique, leur programme, les espérances, mais tout ensemble, leurs failles, leur tempérament, les déceptions, leurs faiblesses. L’action et le caractère.

Jamais, comme avec François Fillon et Emmanuel Macron, on n’avait eu aussi ostensiblement à dissocier le projet et la personne. À aimer autant la subjectivité sympathique et chaleureuse de l’un et la valeur objective du programme de l’autre. Décidément cette campagne est unique.

Voir enfin:

Comprendre le malheur français
Marcel Gauchet au chevet de l’Europe néolibérale

Joseph Savès

Hérodote

17.04. 2017

Dans le brouillard qui envahit les citoyens français à la veille des élections présidentielles, ce livre de Marcel Gauchet apporte une lumière bienvenue sur la tempête qui se prépare…

Publié l’an dernier, aujourd’hui disponible en édition de poche, Comprendre le malheur français est un livre clair et synthétique dans lequel l’illustre historien analyse avec perspicacité les bouleversements des dernières décennies et les resitue dans l’Histoire longue.

Marcel Gauchet part du constat que les Français seraient dans l’ensemble plus pessimistes que quiconque sur l’avenir de leur pays. Sans doute mais ils ont des raisons à cela. En premier lieu le fait que leurs élites ont tourné le dos à la nation et à ce qui a fait sa singularité au cours des siècles : sa capacité à développer des solutions originales et performantes, transposables à l’univers entier.

« Les Français n’ont jamais vécu leur manière d’être comme une exception, mais bien plutôt comme quelque chose destiné s’universaliser. Le sentiment français n’a jamais été celui du village gaulois assiégé par les Romains. Ce que les Français ont toujours ressenti, c’est l’idée d’une singularité bonne, donc susceptible d’être désirée hors de France, d’être universalisée. (…) Les gens savent bien que le monde a changé, mais leur rêve serait que nous restions ce que nous sommes en devenant modernes. »

Rien à voir avec la nostalgie de la puissance perdue. « La France ne sera jamais plus une grande puissance, c’est entendu, et il n’y a effectivement rien à regretter de ce côté-là. Toutefois, elle [pourrait] encore avoir son mot à dire, modestement, dans une invention moderne qui est loin d’être terminée. »

Mais ce n’est pas le chemin qu’elle prend car ses élites ont délibérément choisi de s’aligner sur les modèles étrangers sans d’ailleurs mesurer leur enracinement historique et culturel, qui les rend difficilement transposables. Par exemple, « l’idée qu’il y aurait un modèle allemand dont les autres devraient s’inspirer est une plaisanterie ! Sa force est dans sa singularité. On ne crée pas à volonté une société industrielle de type allemand. »

Ces élites se sont aussi détournées de leur propre langue au profit du globish. « Au lieu d’une langue universelle, nous n’avons plus qu’un patois local. Pour être barman dans une station touristique, il faut savoir l’anglais ! » L’historien déplore aussi leur trahison républicaine : « La partie la plus active de l’élite intellectuelle se met à cultiver une image noire du passé français. Comme s’il y avait eu une réactivation de l’imaginaire révolutionnaire où le passé républicain se met à faire figure d’Ancien Régime ! »

Fin de l’exception européenne

Le désarroi français s’est manifesté avec éclat en 1992, avec le référendum sur le traité de Maastricht, validé d’extrême justesse. C’est qu’avec ce traité, la construction européenne a changé de nature et, de coopérative (Airbus, Arianespace, Schengen, Erasmus), s’est faite directive.

« Le fait qu’à tout moment, dans quantité de métiers, une directive européenne soit introduite pour obliger à faire autrement qu’auparavant aboutit à écraser les uns et les autres sous des contraintes ubuesques. » Le philosophe donne en exemple une directive qui a mis fin à la profession d’infirmier psychiatrique, une spécificité française tout à fait appréciée, au profit d’une catégorie unique d’infirmier. « Comme si soigner un cancéreux en phase terminale et un schizophrène au long cours c’était la même chose ! »

« Alors que les gens avaient le sentiment d’avoir fait de considérables progrès dans toute une série de domaines, voilà que ces progrès semblent frappés de nullité par une insertion aussi incontrôlable qu’irréversible dans un monde extérieur qui les lamine. Avec au premier chef, l’injonction quotidienne et universelle de faire de l’argent à court terme. »

L’intuition de Marcel Gauchet rejoint nos propres observations : la civilisation européenne a tiré sa grandeur des qualités propres à chacune de ses composantes et à leur émulation. Tout le contraire de l’homogénéisation programmée par le traité de Maastricht. Au XVe siècle, les Portugais se sont lancés sur les mers avant que les Espagnols, puis les Hollandais et les Anglais ne viennent les concurrencer. Les Hollandais ont inventé le capitalisme, les Anglais la démocratie, les Français les droits de l’homme et du citoyen, les Allemands la science etc. Et le monde entier a pu profiter de ces différents apports.

L’émulation entre les nations européennes leur a été bien plus profitable qu’elle ne leur a coûté en guerres, si on fait la comparaison avec par exemple l’empire chinois, périodiquement ravagé par des guerres civiles plus meurtrières que les derniers conflits européens ! Toute la question est de savoir si cette diversité qui a fait notre richesse sera laminée par la rage normalisatrice de Bruxelles, comme la diversité chinoise l’a été par le Premier Empereur…

L’Europe, laboratoire du néolibéralisme

Marcel Gauchet voit l’origine de ce basculement dans l’émergence de l’idéologie néolibérale aux États-Unis, dans les années 1970.

Cette idéologie fait de l’économie l’alpha et l’oméga de la vie publique. Avec le triomphe de la démocratie et de la paix universelles, les États n’ont plus d’autre mission que de garantir l’épanouissement personnel des individus et la liberté des flux de personnes, de marchandises et de capitaux. « Tout le monde est persuadé, désormais, au sein des partis de gouvernement, que c’est l’économie qui commande, qu’il faut la laisser faire, et que le politique n’est là que pour encadrer sans diriger. » Et pour que les entreprises puissent croître et prospérer, il faut faire pleine confiance à leurs actionnaires, nécessairement intéressés à leur prospérité…

On s’apercevra très vite des limites de cette idéologie :

D’une part, note l’historien, le néolibéralisme conduit à une excroissance monstrueuse de l’État : il doit en effet réglementer, contrôler et judiciariser à n’en plus finir les rapports entre les individus livrés à eux-mêmes.

D’autre part, les actionnaires révèlent des intérêts à court terme opposés aux intérêts à long terme des entreprises, de leurs cadres et de leur salariés : soucieux de valoriser au plus vite leur mise, ils vendent les entreprises à la découpe et délocalisent les usines à tout va. La désindustrialisation et la perte de savoir-faire d’une bonne partie de l’Europe et des États-Unis sont le fruit amer de cette erreur de jugement.

Les États-Unis ont néanmoins toujours manifesté des réserves à l’égard du néolibéralisme. En 2009, quand le constructeur automobile General Motors s’est trouvé au bord du dépôt de bilan, le gouvernement américain l’a nationalisé sans état d’âme, et en 2016, l’élection de Donald Trump a signifié la fin de l’utopie néolibérale et de l’ouverture tous azimuts.

Curieusement, c’est en Europe, que le néolibéralisme a trouvé sa terre d’élection, en lien avec la déchristianisation du Vieux Continent selon Marcel Gauchet. L’historien est célèbre pour avoir défini le christianisme comme « la religion de la sortie de la religion », qui mène à la sécularisation de la société (Le Désenchantement du monde, 1985). Il observe que les États-Unis demeurent fortement structurés par la religion et la politique ; rien de tel par contre en Europe où l’affaiblissement des institutions tant religieuses que syndicales et politiques a rendu la société perméable à la nouvelle idéologie de l’individu-roi, défini par ses droits et ses intérêts.

« L’Europe devient tout autre chose que ce pour quoi elle a été conçue au départ, elle se transforme en laboratoire de la réalisation de l’utopie néolibérale dans son intégralité. Ce que les États-Unis, par exemple, ne permettent en aucun cas, en dépit de leur libéralisme constitutif à l’intérieur, parce qu’ils demeurent une nation et même aujourd’hui la nation par excellence, où le poids du politique, sous l’aspect du rayonnement américain, de la responsabilité extérieure, de l’ambition stratégique, est au cœur de la vie collective. »

Le résultat est sans appel pour Marcel Gauchet : « La construction européenne telle qu’elle existe aujourd’hui est un échec. De plus, c’est un échec français, au sens où c’est l’échec d’un projet spécialement voulu par les Français, donc spécialement dur à reconnaître et digérer pour la France. (…)
Sur le plan économique, l’avantage compétitif de l’industrie allemande en matière de biens d’équipement est l’arbre qui cache la forêt. La monnaie unique et le libre-échange ne sont sûrement pas les instruments qui permettront à l’Europe de se tailler une place enviable dans l’économie mondiale de demain. (…)
Politiquement, le constat du déficit démocratique est devenu un lieu commun, ce qui ne veut pas dire que l’on s’emploie à le corriger. »

L’historien, comme nous, ne craint pas de faire un parallèle entre l’URSS marxiste-léniniste et l’Europe néolibérale à quelques nuances près. « Le discours sur l’Europe est toujours incantatoire ; il ne porte pas sur la réalité… (…) S’ajoute à cela le faut que l’Europe est la chose des élites. Le communisme, même si l’idée a été partagée par une partie des élites, a d’abord été l’objet des masses. (…)
Du côté des populations, joue une argumentation négative, rarement formulée comme telle mais d’une puissance considérable : la construction européenne est loin d’être une merveille, mais on ne peut pas en sortir. (…)
L’estime de soi, de la part des Français d’aujourd’hui, est tombée à un niveau tellement bas qu’ils pensent que nous ne pourrions pas nous débrouiller par nos propres moyens. Les Suisses en sont capables, les Norvégiens ou les Islandais aussi, mais pas nous ! Ce pays, dans les profondeurs, n’a plus confiance en lui. »

Englués dans l’impasse d’une Europe néolibérale, les réformateurs de bonne volonté ont motif de désespérer : « Il ne suffit pas de proposer des réformes, si pertinentes soient-elles. Il faut commencer par les rendre possibles en faisant sauter le verrou qui les promet à l’échec. »

Mais une sortie par le haut est encore possible comme veut le croire Marcel Gauchet : « il nous faut une nuit du 4 août de la nomenklatura française. (…) Le propos n’est pas de sortir de l’Europe, il est de la repenser de fond en comble, sur la base d’un bilan froid de ses acquis et de ses impasses. Celles-ci sont tous les jours sur le devant de la scène, les européistes grand teint concèdent eux-mêmes désormais qu’il y a sans doute pas mal de choses à revoir. À quand le moment d’en tirer les conséquences ? La France a été à l’origine du projet européen, l’Union européenne n’aurait plus de sens sans elle, et elle n’y pèse plus rien. Est-elle devenue incapable de reformuler un programme qui a dégénéré, au lieu de subir honteusement le joug de bureaucrates aberrants et de juges égarés ? »


Présidentielle 2017: Et si les bobos se réjouissaient trop vite ? (Behind Valls’s sacrifice hit or hail Mary pass, the reality of the soon-coming Trumpian revenge of back row France ?)

30 mars, 2017

La vengeance est un plat qui se mange froid. Proverbe bien connu
Chassez le naturel: il revient au galop ! Autre proverbe bien connu
Aux États-Unis, les plus opulents citoyens ont bien soin de ne point s’isoler du peuple ; au contraire, ils s’en rapprochent sans cesse, ils l’écoutent volontiers et lui parlent tous les jours. Ils savent que les riches des démocraties ont toujours besoin des pauvres et que, dans les temps démocratiques, on s’attache le pauvre par les manières plus que par les bienfaits. La grandeur même des bienfaits, qui met en lumière la différence des conditions, cause une irritation secrète à ceux qui en profitent; mais la simplicité des manières a des charmes presque irrésistibles : leur familiarité entraîne et leur grossièreté même ne déplaît pas toujours. Ce n’est pas du premier coup que cette vérité pénètre dans l’esprit des riches. Ils y résistent d’ordinaire tant que dure la révolution démocratique, et ils ne l’abandonnent même point aussitôt après que cette révolution est accomplie. Ils consentent volontiers à faire du bien au peuple ; mais ils veulent continuer à le tenir à distance. Ils croient que cela suffit ; ils se trompent. Ils se ruineraient ainsi sans réchauffer le coeur de la population qui les environne. Ce n’est pas le sacrifice de leur argent qu’elle leur demande; c’est celui de leur orgueil. Tocqueville
Toutes les stratégies que les intellectuels et les artistes produisent contre les « bourgeois » tendent inévitablement, en dehors de toute intention expresse et en vertu même de la structure de l’espace dans lequel elles s’engendrent, à être à double effet et dirigées indistinctement contre toutes les formes de soumission aux intérêts matériels, populaires aussi bien que bourgeoises.  Bourdieu
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme dans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Obama
J’ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais, en même temps, elle doit s’ancrer dans l’immanence complète, de la matérialité. Emmanuel Macron
Nous qui vivons dans les régions côtières des villes bleues, nous lisons plus de livres et nous allons plus souvent au théâtre que ceux qui vivent au fin fond du pays. Nous sommes à la fois plus sophistiqués et plus cosmopolites – parlez-nous de nos voyages scolaires en Chine et en Provence ou, par exemple, de notre intérêt pour le bouddhisme. Mais par pitié, ne nous demandez pas à quoi ressemble la vie dans l’Amérique rouge. Nous n’en savons rien. Nous ne savons pas qui sont Tim LaHaye et Jerry B. Jenkins. […] Nous ne savons pas ce que peut bien dire James Dobson dans son émission de radio écoutée par des millions d’auditeurs. Nous ne savons rien de Reba et Travis. […] Nous sommes très peu nombreux à savoir ce qu’il se passe à Branson dans le Missouri, même si cette ville reçoit quelque sept millions de touristes par an; pas plus que nous ne pouvons nommer ne serait-ce que cinq pilotes de stock-car. […] Nous ne savons pas tirer au fusil ni même en nettoyer un, ni reconnaître le grade d’un officier rien qu’à son insigne. Quant à savoir à quoi ressemble une graine de soja poussée dans un champ… David Brooks
Well, my joke is that I consider myself a bobo with bad grades. If I’d studied more, I would have gotten into Harvard and I could afford the big kitchen and all that. But I am a bobo in some sense. You know, the essence of bobo life is people who consider themselves sort of artistic or writers or intellectuals but find themselves in the world of making money, in the world of commerce. And so I certainly am in that. You know, I consider myself a writer, and I live for ideas and things like that. But I also want a big house, so I’m caught between money and spirituality. David Brooks
I’ve written of the great divide in America as between the protected and the unprotected—those who more or less govern versus the governed, the facts of whose lives the protected are almost wholly unaware. Mr. Arnade sees the divide as between the front-row kids at school waving their hands to be called on, and the back-row kids, quiet and less advantaged. The front row, he says, needs to learn two things. “One is how much the rest of the country is hurting. It’s not just economic pain, it’s a deep feeling of meaninglessness, of humiliation, of not being wanted.” Their fears and anxieties are justified. “They have been excluded from participating in the great wealth of this country economically, socially and culturally.” Second, “The front-row kids need humility. They need to look in the mirror, ‘We messed this up, we’ve been in charge 30 years and haven’t delivered much.’ ” “They need to take stock of what has happened.” Of those falling behind: “They’re not lazy and weak, they’re dealing with bad stuff. Both conservative and progressive intellectuals say Trump voters are racist, dumb. When a conservative looks at a minority community and says, ‘They’re lazy,’ the left answers, ‘Wait a minute, let’s look at the larger context, the availability of jobs, structural injustice.’ But the left looks at white working-class poverty and feels free to judge and dismiss.” Peggy Noonan
It’s not just visual: In interview after interview in all corners of the state, I’ve found that Trump’s support across the ideological spectrum remains strong. Democrats, Republicans, independents, people who have not voted in presidential elections for years — they have not wavered in their support. Two components of these voters’ answers and profiles remain consistent: They are middle-class, and they do not live in a big city. They are suburban to rural and are not poor — an element I found fascinating, until a Gallup survey last week confirmed that what I’ve gathered in interviews is more than just freakishly anecdotal. The Gallup analysis, based on 87,000 interviews over the past year, shows that while economic anxiety and Trump’s appeal are intertwined, his supporters for the most part do not make less than average Americans (not those in New York City or Washington, perhaps, but their Main Street peers) and are less likely to be unemployed. The study backs up what many of my interviews across the state found — that these people are more concerned about their children and grandchildren. While Trump supporters here are overwhelmingly white, their support has little to do with race (yes, you’ll always find one or two who make race the issue) but has a lot to do with a perceived loss of power. Not power in the way that Washington or Wall Street board rooms view power, but power in the sense that these people see a diminishing respect for them and their ways of life, their work ethic, their tendency to not be mobile (many live in the same eight square miles that their father’s father’s father lived in). Thirty years ago, such people determined the country’s standards in entertainment, music, food, clothing, politics, personal values. Today, they are the people who are accused of creating every social injustice imaginable; when anything in society fails, they get blamed. The places where they live lack economic opportunities for the next generation; they know their children and grandchildren will never experience the comfortable situations they had growing up — surrounded by family who lived next door, able to find a great job without going to college, both common traits among many successful small-business owners in the state. These Trump supporters are not the kind you find on Twitter saying dumb or racist things; many of them don’t have the time or the patience to engage in social media because they are too busy working and living life in real time. These are voters who are intellectually offended watching the Affordable Care Act crumble because they warned six years ago that it was an unworkable government overreach. They are the same people who wonder why President Obama has not taken a break from a week of golfing to address the devastating floods in Louisiana. (As one woman told me, “It appears as if he only makes statements during tragedies if there is political gain attached.”) Voice such a remark, and you risk being labeled a racist in many parts of America. The Joe-Six-Pack stereotype of a Trump supporter was not created in a vacuum; it’s real and it’s out there. Yet, if you dig down deep into the Gallup survey — or, better yet, take a drive 15 minutes outside of most cities in America — you will learn a different story. That is, if you look and listen. Salena Zito
America is coming apart. For most of our nation’s history, whatever the inequality in wealth between the richest and poorest citizens, we maintained a cultural equality known nowhere else in the world—for whites, anyway. (…) But t’s not true anymore, and it has been progressively less true since the 1960s. People are starting to notice the great divide. The tea party sees the aloofness in a political elite that thinks it knows best and orders the rest of America to fall in line. The Occupy movement sees it in an economic elite that lives in mansions and flies on private jets. Each is right about an aspect of the problem, but that problem is more pervasive than either political or economic inequality. What we now face is a problem of cultural inequality. When Americans used to brag about « the American way of life »—a phrase still in common use in 1960—they were talking about a civic culture that swept an extremely large proportion of Americans of all classes into its embrace. It was a culture encompassing shared experiences of daily life and shared assumptions about central American values involving marriage, honesty, hard work and religiosity. Over the past 50 years, that common civic culture has unraveled. We have developed a new upper class with advanced educations, often obtained at elite schools, sharing tastes and preferences that set them apart from mainstream America. At the same time, we have developed a new lower class, characterized not by poverty but by withdrawal from America’s core cultural institutions. (…) Why have these new lower and upper classes emerged? For explaining the formation of the new lower class, the easy explanations from the left don’t withstand scrutiny. It’s not that white working class males can no longer make a « family wage » that enables them to marry. The average male employed in a working-class occupation earned as much in 2010 as he did in 1960. It’s not that a bad job market led discouraged men to drop out of the labor force. Labor-force dropout increased just as fast during the boom years of the 1980s, 1990s and 2000s as it did during bad years. (…) As I’ve argued in much of my previous work, I think that the reforms of the 1960s jump-started the deterioration. Changes in social policy during the 1960s made it economically more feasible to have a child without having a husband if you were a woman or to get along without a job if you were a man; safer to commit crimes without suffering consequences; and easier to let the government deal with problems in your community that you and your neighbors formerly had to take care of. But, for practical purposes, understanding why the new lower class got started isn’t especially important. Once the deterioration was under way, a self-reinforcing loop took hold as traditionally powerful social norms broke down. Because the process has become self-reinforcing, repealing the reforms of the 1960s (something that’s not going to happen) would change the trends slowly at best. Meanwhile, the formation of the new upper class has been driven by forces that are nobody’s fault and resist manipulation. The economic value of brains in the marketplace will continue to increase no matter what, and the most successful of each generation will tend to marry each other no matter what. As a result, the most successful Americans will continue to trend toward consolidation and isolation as a class. Changes in marginal tax rates on the wealthy won’t make a difference. Increasing scholarships for working-class children won’t make a difference. The only thing that can make a difference is the recognition among Americans of all classes that a problem of cultural inequality exists and that something has to be done about it. That « something » has nothing to do with new government programs or regulations. Public policy has certainly affected the culture, unfortunately, but unintended consequences have been as grimly inevitable for conservative social engineering as for liberal social engineering. The « something » that I have in mind has to be defined in terms of individual American families acting in their own interests and the interests of their children. Doing that in Fishtown requires support from outside. There remains a core of civic virtue and involvement in working-class America that could make headway against its problems if the people who are trying to do the right things get the reinforcement they need—not in the form of government assistance, but in validation of the values and standards they continue to uphold. The best thing that the new upper class can do to provide that reinforcement is to drop its condescending « nonjudgmentalism. » Married, educated people who work hard and conscientiously raise their kids shouldn’t hesitate to voice their disapproval of those who defy these norms. When it comes to marriage and the work ethic, the new upper class must start preaching what it practices. Charles Murray
We’re in the midst of a rebellion. The bottom and middle are pushing against the top. It’s a throwing off of old claims and it’s been going on for a while, but we’re seeing it more sharply after New Hampshire. This is not politics as usual, which by its nature is full of surprise. There’s something deep, suggestive, even epochal about what’s happening now. I have thought for some time that there’s a kind of soft French Revolution going on in America, with the angry and blocked beginning to push hard against an oblivious elite. It is not only political. Yes, it is about the Democratic National Committee, that house of hacks, and about a Republican establishment owned by the donor class. But establishment journalism, which for eight months has been simultaneously at Donald Trump’s feet (“Of course you can call us on your cell from the bathtub for your Sunday show interview!”) and at his throat (“Trump supporters, many of whom are nativists and nationalists . . .”) is being rebelled against too. Their old standing as guides and gatekeepers? Gone, and not only because of multiplying platforms. (…) All this goes hand in hand with the general decline of America’s faith in its institutions. We feel less respect for almost all of them—the church, the professions, the presidency, the Supreme Court. The only formal national institution that continues to score high in terms of public respect (72% in the most recent Gallup poll) is the military (…) we are in a precarious position in the U.S. with so many of our institutions going down. Many of those pushing against the system have no idea how precarious it is or what they will be destroying. Those defending it don’t know how precarious its position is or even what they’re defending, or why. But people lose respect for a reason. (…) It’s said this is the year of anger but there’s a kind of grim practicality to Trump and Sanders supporters. They’re thinking: Let’s take a chance. Washington is incapable of reform or progress; it’s time to reach outside. Let’s take a chance on an old Brooklyn socialist. Let’s take a chance on the casino developer who talks on TV. In doing so, they accept a decline in traditional political standards. You don’t have to have a history of political effectiveness anymore; you don’t even have to have run for office! “You’re so weirdly outside the system, you may be what the system needs.” They are pouring their hope into uncertain vessels, and surely know it. Bernie Sanders is an actual radical: He would fundamentally change an economic system that imperfectly but for two centuries made America the wealthiest country in the history of the world. In the young his support is understandable: They have never been taught anything good about capitalism and in their lifetimes have seen it do nothing—nothing—to protect its own reputation. It is middle-aged Sanders supporters who are more interesting. They know what they’re turning their backs on. They know they’re throwing in the towel. My guess is they’re thinking something like: Don’t aim for great now, aim for safe. Terrorism, a world turning upside down, my kids won’t have it better—let’s just try to be safe, more communal. A shrewdness in Sanders and Trump backers: They share one faith in Washington, and that is in its ability to wear anything down. They think it will moderate Bernie, take the edges off Trump. For this reason they don’t see their choices as so radical. (…) The mainstream journalistic mantra is that the GOP is succumbing to nativism, nationalism and the culture of celebrity. That allows them to avoid taking seriously Mr. Trump’s issues: illegal immigration and Washington’s 15-year, bipartisan refusal to stop it; political correctness and how it is strangling a free people; and trade policies that have left the American working class displaced, adrift and denigrated. Mr. Trump’s popularity is propelled by those issues and enabled by his celebrity. (…) Mr. Trump is a clever man with his finger on the pulse, but his political future depends on two big questions. The first is: Is he at all a good man? Underneath the foul mouthed flamboyance is he in it for America? The second: Is he fully stable? He acts like a nut, calling people bimbos, flying off the handle with grievances. Is he mature, reliable? Is he at all a steady hand? Political professionals think these are side questions. “Let’s accuse him of not being conservative!” But they are the issue. Because America doesn’t deliberately elect people it thinks base, not to mention crazy. Peggy Noonan
The furor of ignored Europeans against their union is not just directed against rich and powerful government elites per se, or against the flood of mostly young male migrants from the war-torn Middle East. The rage also arises from the hypocrisy of a governing elite that never seems to be subject to the ramifications of its own top-down policies. The bureaucratic class that runs Europe from Brussels and Strasbourg too often lectures European voters on climate change, immigration, politically correct attitudes about diversity, and the constant need for more bureaucracy, more regulations, and more redistributive taxes. But Euro-managers are able to navigate around their own injunctions, enjoying private schools for their children; generous public pay, retirement packages and perks; frequent carbon-spewing jet travel; homes in non-diverse neighborhoods; and profitable revolving-door careers between government and business. The Western elite classes, both professedly liberal and conservative, square the circle of their privilege with politically correct sermonizing. They romanticize the distant “other” — usually immigrants and minorities — while condescendingly lecturing the middle and working classes, often the losers in globalization, about their lack of sensitivity. On this side of the Atlantic, President Obama has developed a curious habit of talking down to Americans about their supposedly reactionary opposition to rampant immigration, affirmative action, multiculturalism, and political correctness — most notably in his caricatures of the purported “clingers” of Pennsylvania. Yet Obama seems uncomfortable when confronted with the prospect of living out what he envisions for others. He prefers golfing with celebrities to bowling. He vacations in tony Martha’s Vineyard rather than returning home to his Chicago mansion. His travel entourage is royal and hardly green. And he insists on private prep schools for his children rather than enrolling them in the public schools of Washington, D.C., whose educators he so often shields from long-needed reform. In similar fashion, grandees such as Facebook billionaire Mark Zuckerberg and Univision anchorman Jorge Ramos do not live what they profess. They often lecture supposedly less sophisticated Americans on their backward opposition to illegal immigration. But both live in communities segregated from those they champion in the abstract. The Clintons often pontificate about “fairness” but somehow managed to amass a personal fortune of more than $100 million by speaking to and lobbying banks, Wall Street profiteers, and foreign entities. The pay-to-play rich were willing to brush aside the insincere, pro forma social-justice talk of the Clintons and reward Hillary and Bill with obscene fees that would presumably result in lucrative government attention. Consider the recent Orlando tragedy for more of the same paradoxes. The terrorist killer, Omar Mateen — a registered Democrat, proud radical Muslim, and occasional patron of gay dating sites — murdered 49 people and wounded even more in a gay nightclub. His profile and motive certainly did not fit the elite narrative that unsophisticated right-wing American gun owners were responsible because of their support for gun rights. No matter. The Obama administration and much of the media refused to attribute the horror in Orlando to Mateen’s self-confessed radical Islamist agenda. Instead, they blamed the shooter’s semi-automatic .223 caliber rifle and a purported climate of hate toward gays. (…) In sum, elites ignored the likely causes of the Orlando shooting: the appeal of ISIS-generated hatred to some young, second-generation radical Muslim men living in Western societies, and the politically correct inability of Western authorities to short-circuit that clear-cut connection. Instead, the establishment all but blamed Middle America for supposedly being anti-gay and pro-gun. In both the U.S. and Britain, such politically correct hypocrisy is superimposed on highly regulated, highly taxed, and highly governmentalized economies that are becoming ossified and stagnant. The tax-paying middle classes, who lack the romance of the poor and the connections of the elite, have become convenient whipping boys of both in order to leverage more government social programs and to assuage the guilt of the elites who have no desire to live out their utopian theories in the flesh. Victor Davis Hanson
La mixité sociale, comme le précise Michel Pinçon, c’est le mélange des catégories sociales définies selon le revenu, le niveau de scolarisation, etc. Toutefois, on s’intéresse souvent à la mixité sociale de l’habitat, c’est-à-dire à une vision nocturne de Paris (où est-ce que les différents groupes sociaux dorment la nuit ?). Il faudrait tenir compte du million de banlieusards qui viennent chaque jour travailler dans Paris ; cette image diurne de Paris se fait alors plus mixte. On peut aussi se demander quelle est l’échelle pertinente pour apprécier la mixité sociale : est-ce l’immeuble ? l’îlot urbain ? le quartier ? la ville ? l’agglomération ? Pour les Pinçon – Charlot, Paris est une capitale assez petite en Europe (seulement 87 km2 sans les bois), une ville qu’on peut traverser à pied (aucun point de la ville est à moins d’une heure de marche du centre-ville), et une ville bien identifiée par ses boulevards périphériques : aussi ont-ils choisi l’aire de la ville pour évaluer cette mixité sociale. Alors qu’à la Libération, Paris comptait 65% d’ouvriers et d’employés pour 35% de cadres et de patrons, les proportions se sont aujourd’hui inversées, la mixité a changé. On est passé d’une ville populaire à une ville bourgeoise. Quel changement par rapport à l’après-guerre, où Paris était plus populaire que la moyenne nationale !
Monique Pinçon-Charlot insiste alors sur le terme de gentrification, à préférer au terme d’embourgeoisement. Les bourgeois bohèmes, ou bobos, sont très différents des bourgeois traditionnels de l’Ouest de Paris. La gentrification est un processus culturel et géographique qui transforme les quartiers populaires du centre et de l’est de Paris au bénéfice de cette nouvelle petite bourgeoisie émergente. Son mode de vie est très différent de celui des petits bourgeois traditionnels. Les bobos vivent de leur travail, non pas de leur patrimoine, ils se disent volontiers écolo et anti-racistes, favorables au PACS et à la parité, ou adeptes de la nourriture bio. Les Pinçon – Charlot ont un passage savoureux dans leur livre sur l’épicerie « Aux produits d’Auvergne », rue de Lappe, échoppe si appréciée par les bobos du Faubourg Saint-Antoine. Puisque le saucisson ou les fromages gras ne convenaient pas à ceux et celles qui veulent garder la ligne, le commerçant a dû s’adapter à la nouvelle clientèle et proposer du saucisson maigre et de la tomme maigre ! Peu représentatif de l’ensemble national à cet égard, Paris concentre énormément de métiers artistiques, de la mode, du cinéma, de la presse. Or, les « bobos » sont justement nés du développement de secteurs économiques comme les nouvelles technologies, la grande distribution, l’enseignement ou les médias, qui ont produit une nouvelle élite, des actifs plus jeunes que la moyenne, des diplômés assez à l’aise dans des familles recomposées avec une idéologie libertaire, menant des modes de vie très différents de la bourgeoisie de l’Ouest. Les bobos Faubourg Saint-Antoine n’ont rien à voir avec les bourgeois de l’Avenue Henri Martin. Parlons donc de gentrification plutôt que d’embourgeoisement, pour éviter les confusions. Les bobos profitent des espaces libérés à la faveur de la désindustrialisation de la capitale. Le parc André-Citroën laisse difficilement imaginer aujourd’hui les 17000 salariés de la marque automobile éponyme qui travaillaient sur les lieux mêmes en 1968. Aujourd’hui la verdure et les grands immeubles modernes ont biffé l’occupation ouvrière des lieux. Ironiquement, Paris a basculé à gauche au moment où elle devenait moins populaire que jamais. (…) Eric Maurin montre justement dans Le ghetto français que le phénomène de ségrégation commence par le haut de l’échelle sociale : les très riches ne veulent pas vivre avec les riches, les riches ne veulent pas vivre avec les moyennement riches, et ainsi de suite jusqu’aux chômeurs qui ne veulent pas vivre à côté des immigrés les plus récents… Tout en bas, les très pauvres n’ont plus que la possibilité de se loger là où il leur reste de la place. Sa recherche révèle donc en chacun de nous un complice plus ou moins actif de la ségrégation urbaine. On peut expliquer la concentration des plus riches par la recherche du contexte social le plus propice pour la réussite scolaire. Le milieu dans lequel on vit est ce qui fait la différence dans la réussite scolaire. En somme, si les enfants de votre voisinage réussissent à l’école, vos enfants réussiront aussi, quelles que soient les ressources de votre famille. Avec la démocratisation de l’enseignement, la compétition scolaire se fait plus importante. Comme les familles ont moins de pouvoir prescriptif aujourd’hui, elles comptent à présent sur le contexte favorable à la réussite scolaire pour assurer l’avenir de leurs enfants. Le contexte dans lequel on vit devient alors absolument crucial. (…) Monique Pinçon-Charlot souligne que les bobos de l’Est parisien ont un rapport assez particulier à l’école. Dans les interviews, ils se déclarent heureux de la mixité sociale, de vivre dans un quartier qui a des apparences populaires, mais quand on demande où ils scolarisent leurs enfants, leurs visages se ferment immédiatement ! Ils ne scolarisent pas les enfants dans leurs quartiers, mais contournent la carte scolaire et cherchent à bénéficier de dérogations. A contrario, les bourgeois traditionnels revendiquent explicitement de ne surtout pas scolariser leurs enfants avec des jeunes de milieux populaires. (…) Michel Sivignon s’étonne que l’on n’ait jamais autant parlé de mixité sociale – tout le monde semble pour ! – au moment où elle est la moins mise en pratique. Monique Pinçon – Charlot souligne que les grands bourgeois ne veulent pas de la mixité sociale. Ils habitent les beaux quartiers de l’Ouest, envoient leurs enfants dans des rallyes, tandis que les parents fréquentent des cercles fondés sur la cooptation sociale. En revanche, quand on a des responsabilités politiques, on ne peut pas se permettre de se proclamer contre la mixité sociale. (…) En fait, comme le précise Michel Pinçon, ceux qui prônent la mixité sociale sont simplement ceux qui ont la parole, notamment les bobos des milieux artistiques ou médiatiques. A cet égard, l’ouvrage des Pinçon – Charlot, Sociologie de Paris, relate les showrooms, magasins de mode et ateliers de la Goutte d’Or qui ont bousculé l’ambiance urbaine. Lors d’une inauguration, « le contraste était violent entre les journalistes (…) minces et légèrement vêtues de tenues estivales, et les femmes maghrébines portant, malgré la chaleur, voiles et djellabas. Dans les vitrines des mannequins présentaient des vêtements tout aussi peu gourmands en tissu, rendant leurs prix encore plus étonnants pour la population locale. Les jeunes créateurs disent apprécier ’’l’environnement pluri-ethnique, très favorable pour l’inspiration’’ » … (…) Les milieux populaires ne veulent pas forcément de la mixité sociale. Beaucoup d’anciens résidents du quartier de l’Horloge ont préféré quitter leur quartier après sa rénovation : il ne correspondait plus du tout à leur milieu de vie, la rénovation a mené à une gentrification fatale à son ambiance populaire. La ségrégation sociale est donc bien plus complexe que ce que l’on imagine. (…) L’idée de mixité sociale est née dans les milieux politiques, mais il y a un danger à mêler dans une même école des enfants d’origine sociale trop différente : les enfants de milieu populaire risquent de prendre en pleine face leur infériorité sociale et d’intérioriser leur situation de dominés et se persuader qu’ils sont mauvais. Monique Pinçon-Charlot rappelle l’expérience d’échanges d’élèves un jour par mois entre le lycée Janson de Sailly et le lycée de Goussainville. Les élèves favorisés de Janson ont beaucoup apprécié l’expérience, tandis que les élèves de Goussainville ont trouvé l’expérience beaucoup trop difficile pour eux. Tout y était question de violence symbolique : ce déplacement dans l’espace social leur faisait prendre conscience de leur infériorité… Le thème de la mixité sociale doit donc être manié avec des pincettes !D’autant que notre langage est remarquablement ambigu : quand un quartier populaire accueille des plus riches, donc quand la mixité sociale augmente, on parle positivement de gentrification ; quand un quartier riche accueille des plus pauvres, donc quand la mixité sociale augmente tout autant, on parle négativement de paupérisation ! Olivier Milhaud
Un ancien conseiller d’Hillary Clinton était à Paris la semaine dernière, John Podesta. Il racontait que la plupart, une grande partie, des électeurs américains se sont décidés dans la dernière semaine de campagne. Ce qui peut aussi se produire en France parce que (…) il y a beaucoup de gens qui sont indécis. Et sur la majeure partie de ces gens qui se sont décidés la dernière semaine, une grande partie d’entre eux ont voté pour Donald Trump. Que vont faire aujourd’hui les Français dont on dit aujourd’hui qu’ils vont s’abstenir? L’enquête Ipsos qui avait été publiée dans Le Monde début mars disait qu’il y avait à peu près (…) 32% d’abstentions. Et sur ces 32%, vous en avez 45% de gens qui s’autopositionnent à droite. C’est énorme ! Si ces gens-là décident, la dernière semaine, après le dernier débat le 20 avril de se dire: ‘Finalement, Fillon, oui, c’est mon candidat.» Ca change tout. Ca peut faire basculer. Carl Meeus (Figaro magazine)
Ce qu’on voit en tout cas dans les reportages – Le Monde a plein de reporters qui suivent tous les candidats ou ne suivent pas les candidats mais qui vont voir les Français. On voit deux, trois choses qui sont nouvelles quand même. Effectivement, un électorat de droite qui normalement avait toutes les chances  de voir son candidat arriver au pouvoir, qui est en partie tétanisé. Vraiment, et ça, c’est très frappant ! J’étais il y a une dizaine de jours dans la Sarthe, si vous voulez,  personne ne parlait de l’élection présidentielle tellement c’était un sujet tabou (…) Et on voit ça dans beaucoup de régions qui normalement votent à droite où là vous avez une partie des électeurs fillonistes qui restent fillonistes mais qui sont très radicalisés. Et puis une partie d’électeurs qui sont complètement perdus  et qui ne savent pas du tout où aller et qui vous demandent même: « Qu’est-ce qui peut se passer ? Qu’est-ce que je dois voter ? » Ca, c’est tout à fait nouveau, vraiment ! (…) Là, aujourd’hui, on voit vraiment de vraies difficultés sur l’électorat de droite. Et pour l’électorat d’Emmanuel Macron, il y a une partie des gens qui ne sont pas encore tout à fait sûrs. Et un paradoxe qui joue. Des gens qui aiment le renouvellement qu’incarne Emmanuel Macron et qui  ont peur de ce renouvellement parce qu’ils ne savent pas très bien où ils vont. Donc, ça, c’est vraiment les deux, je trouve, phénomènes nouveaux de cette campagne. Raphaelle Bacqué
Emmanuel Macron est le nom d’une bulle médiatico-sondagière qui éclatera dans le feu de la campagne électorale. Le candidat «En marche», novice en politique, finira bien par trébucher. Ces anticipations d’un affaissement inéluctable du champion d’un parler «et droite et gauche», qui résiste généralement mal à l’épreuve de vérité d’une campagne présidentielle, ont pour elles les leçons de l’histoire. Le candidat occupant la position la plus centrale dans le spectre politique part habituellement auréolé d’excellents sondages d’intentions de vote qui fondent au fur et à mesure que la bataille politique s’intensifie. (…) La malédiction du centre pèsera peut-être moins aujourd’hui en raison d’une configuration électorale très particulière. Une candidature centriste comme celle de Macron ne peut prospérer qu’en présence de candidats de droite et de gauche structurellement affaiblis. (…) La faiblesse personnelle du candidat de la droite républicaine et la faiblesse politique du candidat de la gauche socialiste se conjuguent pour offrir une exceptionnelle fenêtre de tir à une candidature authentiquement centriste. Tel est bien le positionnement du libéral de gauche Macron, adoubé par Bayrou, et qui aimante désormais les personnalités modérées de divers horizons. Un duel de second tour entre Le Pen et Macron exprimerait sans doute une certaine vérité de la période. Le clivage droite-gauche céderait la place à l’opposition ouverture-fermeture (version Macron) ou mondialistes-patriotes (version Le Pen). Qu’il s’agisse du libéralisme économique, du libre-échange, de l’Europe, de la mondialisation ou de l’immigration, l’affrontement se ferait presque terme à terme. Encore cette nouvelle polarité centre-extrême présenterait-elle sans doute un risque non négligeable pour la démocratie. Bénéficiaire de nombreuses complicités médiatiques et d’appuis importants dans les milieux économiques, Macron pourrait facilement faire alors figure de candidat des «élites». Les sondages qui le créditent d’une large victoire contre Le Pen au second tour n’ont, au stade actuel, guère de signification. Atypique, cette présidentielle pourrait bien l’être jusqu’au bout. Eric Dupin
En se focalisant sur les «ultras-riches» on loupe toujours le coche dans les débats sur la répartition des revenus: on montre du doigt certaines catégories étroites pour éviter une redistribution bien plus globale. Certes, l’enrichissement des très riches est indécent, mais se concentrer sur ce point est une façon pour les catégories aisées de se défausser, de repasser le mistrigri de la solidarité. Aujourd’hui, en France avec 3.000 euros nets par mois pour une personne seule (après impôts et prestations sociales), vous faites partie du club des 10% des plus favorisés. Vous êtes quoi? «Moyen»? Tout une partie des catégories aisées, qui peuvent se réclamer de la gauche, se déguisent en «classes moyennes», parfois «supérieures». Si tout le monde est moyen alors tout va bien, et il n’y a plus de domination sociale! (…) Une situation où les inégalités se creusent parce que les plus riches ont des revenus fous mais où les plus pauvres continuent à s’élever est très différente d’une situation où les écarts se creusent des deux côtés. Plus encore qu’au sein des classes moyennes, une partie des couches populaires sont exclues du progrès et le vivent très concrètement avec la baisse de leur niveau de vie. (…) L’école est génératrice d’inégalités sociales très structurantes. Avec le statut stable d’emploi, qui assure qu’on aura encore du travail demain, le diplôme est devenu l’une des protections majeures. Il sépare très souvent le monde des «stables» et celui des «flexibles». Les serviteurs des autres classes sont massivement des jeunes (parfois pas tant que cela) peu diplômés qui travaillent en horaires décalés, le dimanche, le soir pour des faibles salaires, ceux qui ont les emplois les plus difficiles et les tâches les plus épuisantes, sont massivement des gens qui n’ont pas réussi à obtenir le bon diplôme dans le système scolaire. Les stables ont besoin de toujours plus de flexibilité des flexibles, pour mieux les servir. Un diplômé peut aussi connaître une période de chômage, et son niveau de vie va peut-être baisser. Mais sa probabilité de retrouver un emploi n’a rien à voir avec celle des non diplômés, qui eux resteront sur le bord de la route. Au-delà de l’emploi, le formalisme du titre scolaire et son poids dans les parcours professionnels structure très fortement notre société. Un peu comme l’étiquette sociale dans l’Angleterre du XIXe siècle, le diplôme français joue cette forme d’étiquette beaucoup plus puissante que dans d’autres pays. (…) Comme pour les revenus, il faut remettre certaines pendules à l’heure. En France, 16% de la population française de plus de 25 ans a un diplôme supérieur au niveau Bac +2. Les classes moyennes du diplôme, c’est le CAP our le BEP, les pauvres, le certificat d’études. N’oublions pas que plus de la moitié des 25-29 ans ne sont pas diplômés de l’enseignement supérieur. Arrêtons de faire comme si c’était la règle. Le décalage est total entre la façon dont on se représente la société chez les diplômés et la société réelle: d’où notamment une incompréhension d’une partie de la classe politique, dont le discours s’adresse à une poignée de bac+5. Les autres ne comprennent pas son langage abscons. (…) Le discours sur la soi-disant précarisation en masse, les «intellos précaires», est un discours de réassurance des diplômés. Refuser de voir que les non diplômés sont bien plus souvent concernés est une manière de s’approprier la crise, de se placer parmi ses victimes et d’occulter la valeur du diplôme. (…) On confond donc des parcours de vie qui n’ont rien à voir en terme de statut et de position sociale, entre des Bac +5 dont une partie va effectivement avoir des difficultés quelques années avant de se stabiliser, et des sans diplôme qui vont galérer une grande partie de leur vie professionnelle et la terminer au niveau du Smic. S’apitoyer sur le déclassement des diplômés de l’enseignement supérieur est aussi une façon de ne pas parler de la vie des jeunes de milieux populaires, de les rendre invisibles. (…) Tout est une question d’accès à la parole publique: les Bac +5 peuvent se faire entendre, les autres beaucoup moins. La bourgeoisie culturelle –horrifiée si on la qualifie de «bobo»– refuse absolument de se voir bourgeoise, et tente de nier le rôle essentiel du titre scolaire qui forme son capital. Elle manifeste bruyamment contre le Grand Capital économique, mais pour elle ses titres ne sont pas du capital. Il y a aujourd’hui un discours de classe des diplômés ­–elle a toute une presse pour cela– qui occulte totalement la situation des couches populaires pour se concentrer sur sa prétendue misère. Arrêtons de nous cacher derrière notre petit doigt, on reste dans un système de domination de groupes sociaux par d’autres. Curieusement, on ne se demande pas qui est propriétaire du capital culturel, comment ses membres le conservent, avec quelles stratégies scolaires notamment. On le voit dès qu’on soulève la question de la démocratisation de l’école: essayez d’assouplir un tout petit peu la compétition scolaire ou de toucher à un cheveu de leur emblème, les «grandes écoles», et la réaction est immédiate. Ces classes diplômées ressortent leurs pancartes sur la complainte du niveau scolaire, en se servant de pseudo-intérêts des classes populaires pour justifier leur conservatisme. Le tour est joué. Notons que les porteurs de pancartes sont autant de gauche que droite, qu’ils sont très organisés, et d’une violence à la hauteur des enjeux pour eux: imaginez si leurs enfants n’étaient plus certains de prendre leur place! C’est tout l’ordre social qui serait alors bouleversé. C’est pour cela qu’aucun candidat à l’élection présidentielle n’a de projet de refonte sérieuse de notre système scolaire mais ne propose que des replâtrages. Il existe une forme de consensus des conservateurs de tous bords pour ne rien toucher au fond, pour ne pas transformer le système, se contenter d’empiler quelques dispositifs comme le nombre d’élèves par classe, de donner un peu plus dans quelques quartiers, mais ne pas toucher à la façon dont l’enseignement français est construit, à son élitisme, à son côté extrêmement académique, où tout est dans l’implicite pour les élèves, au système de notation sanction, etc. (…) Un système éducatif ne vise pas uniquement à produire l’excellence, il forme tout le monde. Il faut renverser notre mode de fonctionnement. L’école ne doit pas chercher à produire une élite soi-disant issue de tous les milieux (l’élitisme républicain, un mythe depuis le début) mais à faire progresser tout le monde, à ne laisser personne en chemin. Ce qui n’a rien d’incompatible avec des filières plus poussées. Mais il faut accepter d’en donner un peu moins à ceux qui ont déjà beaucoup et un peu plus à ceux qui ont peu. Regardez comment se lamentent les parents ultras diplômés dès qu’un de leur enfants soi-disant «s’ennuie» à l’école, et vous avez tout compris. Ou les tonnes de littérature sur nos pauvres «surdoués». C’est vrai que ceux qui dorment au fond de la classe, tout est de leur faute. Comme en plus une partie est d’origine immigrée… (…) Il y a également une lutte politique entre les formes d’inégalités, on pourrait parler d’une inégalité entre les inégalités. Pour ne pas voir les écarts de classe, on met en avant les «nouvelles inégalités» de la France dite «post-moderne». Très souvent, on s’inquiète de la parité entre femmes et hommes en oubliant la précarité. Vive les femmes au conseil d’administration du CAC 40, peu importe le temps partiel contraint, massivement féminin. Les femmes touchent 10% de moins que les hommes à poste équivalent, tout le monde connaît ce chiffre. Mais les femmes ouvrières gagnent trois fois moins que les femmes cadres, cela ne pose aucun problème. De la même façon, la mise en avant de la «diversité» sert souvent à faire diversion par rapport aux inégalités sociales. Plus de femmes ou de personnes de couleur dans les entreprises, cela ne remet pas en cause leur mode de fonctionnement, ni la répartition des revenus dans la société. On s’inquiète de l’égalité des «chances» pour mieux oublier à quoi mènent ces «chances», comment sont construites nos sociétés, leurs hiérarchies, les rapports de force qui s’y jouent. Tant que le système n’est pas bousculé, il a tout intérêt à mettre en avant quelques leurres. (…) Mais une forme d’inégalité ne doit pas en cacher une autre. Les tensions importantes de notre société naissent dans le refus de voir la situation de domination des catégories aisées, tant sur le plan des revenus que du diplôme, sur le reste de la population. Louis Maurin

Attention, une inégalité peut en cacher une autre !

A l’heure où tout à leur machiavélique et jusqu’ici redoutablement efficace machination contre la seule véritable alternance …

Nos médias et nos juges-justiciers nous ont déjà vendu, via leurs supplétifs de sondeurs-ventriloques, le résultat d’une élection qui n’a jamais connu autant d’indécis …

Et où perdu pour perdu, l’ancien premier ministre Manuel valls semble prêt à jouer la banque pour achever de plomber sa némésis et ancien collègue …

Déjà bien chargé avec dans ses fourgons pas moins de onze anciens ministres de Chirac (dixit Mélenchon) et on ne sait pas encore combien de Hollandais ..

En misant sur une (encore improbable) victoire Fillon avec lequel il s’est dit par ailleurs en ce cas prêt à collaborer

Qui prend encore la peine de rappeler non seulement la traditionnelle malédiction des candidats du centre …

Mais tout simplement le précédent Trump où se décidant la dernière semaine la majeure partie des indécis ont voté pour celui que tout le monde avait depuis longtemps condamné …

Ou même le véritable danger pour la démocratie que pourrait constituer au 2e tour voire après …

La non-prise en compte à nouveau, par un discours politique qui n’a que les mot parité et diversité à la bouche, de la véritable inégalité qui touche toute une population de précaires et de sous-diplômés

Par un candidat ou un vainqueur qui, fort de ses complicités médiatiques et économiques, n’apparaitrait alors que comme le candidat des élites ?

Une situation si extraordinaire qu’elle peut propulser un centriste à l’Elysée

Eric Dupin

Slate.fr

28.02.2017

Les précédents historiques montrent qu’un candidat centriste échoue généralement à conquérir la présidence. Mais Emmanuel Macron profite d’un contexte exceptionnel: le discrédit personnel du candidat de la droite conjugué à la faiblesse politique du candidat socialiste.

Emmanuel Macron est le nom d’une bulle médiatico-sondagière qui éclatera dans le feu de la campagne électorale. Le candidat «En marche», novice en politique, finira bien par trébucher. Ces anticipations d’un affaissement inéluctable du champion d’un parler «et droite et gauche», qui résiste généralement mal à l’épreuve de vérité d’une campagne présidentielle, ont pour elles les leçons de l’histoire.

Le candidat occupant la position la plus centrale dans le spectre politique part habituellement auréolé d’excellents sondages d’intentions de vote qui fondent au fur et à mesure que la bataille politique s’intensifie. C’est la mésaventure qu’ont connue Raymond Barre en 1988 et Edouard Balladur en 1995.

Un contre-exemple est cependant fourni par la campagne victorieuse de Valéry Giscard d’Estaing en 1974. Le candidat du «changement sans le risque» l’avait l’emporté grâce à la trahison de Jacques Chaban-Delmas par Jacques Chirac et ses amis, qui avait profondément divisé le camp gaulliste. Le soutien accordé à Macron par des personnalités socialistes droitières comme Gérard Collomb ou Christophe Caresche, s’il manifeste un réel trouble au sein du PS, n’a pas aujourd’hui la même portée.

Plus récemment, les candidatures présidentielles qui prétendaient chevaucher le clivage droite-gauche ont enregistré des résultats décevants après avoir eu leur heure de gloire. Jean-Pierre Chevènement, qui avait espéré réunir «les Républicains des deux rives», n’a obtenu que 5,3% des voix en 2002 après avoir culminé à 11-14% des intentions de vote.

En 2007, le centriste François Bayrou avait franchi la barre des 20% d’intentions de vote, se hissant parfois à 22-24% des suffrages potentiels, mais il n’a réalisé que 18,6% des voix le jour du scrutin. Un score tout de même honorable qui s’explique assez largement par les préventions suscitées, dans leur propre camp, par les deux principaux candidats de la droite et de la gauche, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal (ce qui nous rapproche un peu du cas présent).

Un potentiel électoral affermi

La fragilité des intentions de vote en faveur de Macron s’est longtemps lue dans la forte proportion de sondés qui le choisissaient mais déclaraient pouvoir encore changer d’avis. Il semble néanmoins que cette caractéristique, annonciatrice de futurs reculs, s’estompe.

Dans la dernière enquête Kantar-Sofres-OnePoint, 54% des électeurs de Macron se disent «sûrs de leur choix» (plus douze points par rapport à janvier), soit nettement moins que Marine Le Pen (78%) mais autant que Benoît Hamon (54%) et un peu moins que François Fillon (58%).

Le candidat «en marche» a également réussi à traverser sans dévisser ses premières polémiques électorales. Vers la mi-février, il pouvait s’être mis à dos, coup sur coup, son électorat de droite en qualifiant la colonisation de «crime contre l’humanité» et son électorat de gauche en estimant que les opposants au mariage homosexuel avaient été «humiliés».

Les intentions de vote en sa faveur ont effectivement glissé de 22 à 20% dans l’enquête en continu OpinionWay et de 19,5% à 18,5% dans celle de l’Ifop. Mais l’électorat semble y avoir moins vu des messages codés à destinations de certaines clientèles que l’expression de la franchise d’un non-professionnel de la politique.

Le ralliement de François Bayrou, porteur de la vraie croix centriste s’il en est, l’a aidé à se tirer de cette mauvaise passe pour renouer avec une dynamique ascendante qui le place désormais à 23-25% des intentions de vote selon les instituts, soit nettement au-dessus de François Fillon (20-21%).

Deux candidats entravés

La malédiction du centre pèsera peut-être moins aujourd’hui en raison d’une configuration électorale très particulière. Une candidature centriste comme celle de Macron ne peut prospérer qu’en présence de candidats de droite et de gauche structurellement affaiblis.

Or, c’est bien ce qui se passe actuellement. Les deux hommes qui portent les couleurs des deux partis qui ont dirigé le pays depuis plusieurs décennies –le Parti socialiste et les Républicains– mènent une campagne lourdement entravée malgré leur succès à leurs primaires respectives.

L’image personnelle de François Fillon a été gravement abîmée par ses affaires d’emplois fictifs. Pas moins de 64% des sondés ne l’aiment pas du tout ou peu contre seulement 17% d’appréciations positives, selon la dernière enquête Ipsos. Même Marine Le Pen est mieux notée, avec 23% de notes positives et 61% de négatives.

Et ce ne sont pas les déclarations excessives de l’ancien Premier ministre, décrivant un pays «en quasi-guerre civile», qui vont redorer son image dans l’électorat de la droite modérée. Politiquement, Fillon est en outre aux prises avec un exercice délicat de recentrage de son programme, comme il a commencé à le faire sur les questions de santé, pour tenter d’en gommer ses propositions les plus impopulaires.

Enfin, le candidat LR est contraint par la puissante menace lepéniste à regarder sur sa droite. Les accents sarkozystes de ses derniers discours de campagne, centrés autour des thématiques de la sécurité et de l’immigration, trahissent son souci de contenir la concurrence du FN. Ce faisant, Fillon laisse filer une partie de l’électorat de centre-droit vers Macron.

Le candidat socialiste est confronté à une problématique symétrique. Dans son cas, c’est la poussée de Jean-Luc Mélenchon qui contraint Hamon à regarder vers sa gauche. Le candidat de la «France insoumise» n’est qu’à deux à quatre points derrière celui du PS. Ce vif jeu de concurrence interne à la gauche permet à Macron de séduire les électeurs de centre-gauche.

Cette déperdition est d’autant plus forte que le programme de Hamon est très décentré à gauche par rapport à l’orientation et aux choix effectués par le PS tout au long de ce quinquennat. Cette contradiction reste le talon d’Achille du candidat socialiste. Elle explique que les sympathisants socialistes qui ont l’intention de voter Macron sont aussi nombreux sont que ceux qui choisissent Hamon.

Le retrait de Yannick Jadot permet au candidat socialiste de s’enlever une petite concurrence. Mais l’accord passé entre le PS et EELV, qui fait la part belle aux revendications écologistes, risque aussi d’ancrer Hamon sur une orientation de nature à inquiéter l’électorat de la gauche modérée.

Polarité centre-extrême

La faiblesse personnelle du candidat de la droite républicaine et la faiblesse politique du candidat de la gauche socialiste se conjuguent pour offrir une exceptionnelle fenêtre de tir à une candidature authentiquement centriste. Tel est bien le positionnement du libéral de gauche Macron, adoubé par Bayrou, et qui aimante désormais les personnalités modérées de divers horizons.

Un duel de second tour entre Le Pen et Macron exprimerait sans doute une certaine vérité de la période. Le clivage droite-gauche céderait la place à l’opposition ouverture-fermeture (version Macron) ou mondialistes-patriotes (version Le Pen). Qu’il s’agisse du libéralisme économique, du libre-échange, de l’Europe, de la mondialisation ou de l’immigration, l’affrontement se ferait presque terme à terme.

Encore cette nouvelle polarité centre-extrême présenterait-elle sans doute un risque non négligeable pour la démocratie. Bénéficiaire de nombreuses complicités médiatiques et d’appuis importants dans les milieux économiques, Macron pourrait facilement faire alors figure de candidat des «élites». Les sondages qui le créditent d’une large victoire contre Le Pen au second tour n’ont, au stade actuel, guère de signification. Atypique, cette présidentielle pourrait bien l’être jusqu’au bout.

Voir aussi:

«Les tensions de notre société naissent dans le refus de voir la situation de domination des catégories aisées»Les diplômés ont-ils pris en otage le discours sur les inégalités au détriment des classes populaires? C’est ce qu’explique Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

Slate.fr

Jean-Laurent Cassely

29.03.2017

Fondé en 2003, l’Observatoire des inégalités est devenu une référence sur le sujet pour tous ceux qui recherchent une information précise et fiable sur les multiples dimensions du phénomène. L’Observatoire s’apprête à lancer un Rapport sur les inégalités en France, panorama complet de la question pour lequel il fait appel aux dons des citoyens jusqu’au 24 avril. L’occasion de revenir avec son directeur, Louis Maurin, sur quelques idées reçues et de tenter de répondre à d’épineuses questions.

Alors que l’éducation supérieure devient l’atout primordial dans une économie de la connaissance, ce poids culturel est comme nié ou à tout le moins minoré au profit d’autres thématiques plus consensuelles, en particulier le déclassement des classes supérieures. Sans nier ces préoccupations, Louis Maurin invite à prendre du recul avec un discours qui risque de rendre invisibles des pans bien plus larges de la société française.

La représentation de la société française semble prisonnière de stéréotypes: un pays surprotégé ou, à l’inverse, malheureux et en déclin. Qu’en est-il réellement?

Le débat sur les inégalités reste complètement pollué. D’un côté, par ceux qui nous disent que tout va pour le mieux, de l’autre par ceux qui exagèrent. Prenons l’exemple de la pauvreté. On estime que notre pays compte 9 millions de pauvres dont les revenus sont de 60% du niveau de vie médian (niveau qui partage la population en deux), alors que pendant très longtemps la référence était la moitié du niveau de vie médian.

En changeant de seuil, on passe de 4,5 à 8,8 millions de pauvres… Or, ce seuil correspond à 2.500 euros de revenu (après impôts et prestations sociales) pour une famille avec deux enfants. On est très loin du niveau de vie de certaines familles parmi les plus démunies, qui doivent faire appel à des secours d’urgence ou à des associations caritatives. À force de tout confondre, on arrive à ces discours selon lesquels en fait, les pauvres sont riches, ils ont des téléphones portables et des écrans plats et donc tout va bien dans la société française.

Tout en restant un des pays où le taux de pauvreté est parmi les plus faibles au monde avec les pays du nord de l’Europe, la France a vu le nombre de pauvres augmenter d’un million en dix ans –au seuil de 50% du niveau de vie médian donc. Sans avoir connu une explosion des inégalités comparable à celle des pays anglo-saxons, la France a connu un phénomène d’accroissement des inégalités qui ne s’observe pas seulement «par le haut», au sommet des revenus, mais aussi «par le bas».

Un des lieux communs des inégalités consiste à opposer les ultrariches au reste de la population. Or, vous écrivez que cette focalisation sur le 1% nous exonère de réfléchir en profondeur aux questions qui fâchent…

En France, les «riches» sont tous ceux qui gagnent plus que nous… Tout le monde pense qu’il y a trop d’inégalités, c’est normal. Mais en se focalisant sur les «ultras-riches» on loupe toujours le coche dans les débats sur la répartition des revenus: on montre du doigt certaines catégories étroites pour éviter une redistribution bien plus globale. Certes, l’enrichissement des très riches est indécent, mais se concentrer sur ce point est une façon pour les catégories aisées de se défausser, de repasser le mistrigri de la solidarité. Aujourd’hui, en France avec 3.000 euros nets par mois pour une personne seule (après impôts et prestations sociales), vous faites partie du club des 10% des plus favorisés. Vous êtes quoi? «Moyen»? Tout une partie des catégories aisées, qui peuvent se réclamer de la gauche, se déguisent en «classes moyennes», parfois «supérieures». Si tout le monde est moyen alors tout va bien, et il n’y a plus de domination sociale!

Les inégalités augmentent-elles?

On peut faire trois constats.

En haut de l’échelle des revenus, le «festival» des années 2000, qui ont conjugué marasme économique, montée du chômage, baisses d’impôts et hausse des hauts revenus s’est un peu atténué. Les rendements financiers ne sont plus les mêmes et entre 2011 et 2013 la fiscalité s’est accrue pour les plus riches. Ils continuent de s’enrichir, mais plus avec les mêmes perspectives.

Les catégories moyennes, qui ne sont ni «martyrisées» ni «étranglées» contrairement à ce qu’on entend parfois, ont, en revanche, depuis 2008 un niveau qui n’augmente plus. Or, en matière de revenus comme dans bien des domaines, c’est moins le niveau lui-même qui compte que l’écart entre votre situation et ce à quoi vous aspirez. Vous n’êtes pas «étranglé», votre situation est meilleure que celle des catégories inférieures, mais le freinage est brusque: il marque une rupture.

On est depuis dix ans une société de stagnation des revenus, et c’est un changement historique. Depuis la Seconde Guerre mondiale, une partie des catégories sociales modestes (ouvriers, employés, agriculteurs), ont été aspirées par le haut et, à force de mobilité sociale, ont accédé aux couches moyennes. Elles arrivaient jusque récemment à obtenir des niveaux de consommation toujours plus élevés, une amélioration du logement, etc. Désormais, elles font du surplace.  Rien ne dit que cela durera toujours, mais il faut y prêter attention, ce phénomène de freinage est une source de tensions. Alors que les politiques publiques ont, c’est normal, comme priorité d’alléger le fardeau des plus démunis, une partie des classes moyennes ont tendance à se sentir oubliées.

«Le diplôme est devenu une des protections majeures, qui sépare le monde des “stables” et celui des “flexibles”.»

Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des Inégalités

En bas de l’échelle sociale, enfin, on observe un phénomène vraiment nouveau depuis notre précédent rapport de 2015: la baisse de niveau de vie réel des plus pauvres. Là, il ne s’agit plus de stagnation, mais bien de marche arrière. Jusqu’à présent, le modèle social a amorti en partie le choc, ce qui explique qu’on ne vive pas une situation à l’américaine avec un effondrement du niveau de vie. Mais avec le chômage, les indemnisations qui arrivent à leur terme, les jeunes qui arrivent à l’âge adulte et deviennent autonomes avec des niveaux de vie de plus en plus faibles et les familles qui en se séparant peuvent devenir deux foyers pauvres, le phénomène est inquiétant.

Une situation où les inégalités se creusent parce que les plus riches ont des revenus fous mais où les plus pauvres continuent à s’élever est très différente d’une situation où les écarts se creusent des deux côtés. Plus encore qu’au sein des classes moyennes, une partie des couches populaires sont exclues du progrès et le vivent très concrètement avec la baisse de leur niveau de vie.

Parmi les dimensions des inégalités sociales, lesquelles sont les plus handicapantes?

L’école est génératrice d’inégalités sociales très structurantes. Avec le statut stable d’emploi, qui assure qu’on aura encore du travail demain, le diplôme est devenu l’une des protections majeures. Il sépare très souvent le monde des «stables» et celui des «flexibles». Les serviteurs des autres classes sont massivement des jeunes (parfois pas tant que cela) peu diplômés qui travaillent en horaires décalés, le dimanche, le soir pour des faibles salaires, ceux qui ont les emplois les plus difficiles et les tâches les plus épuisantes, sont massivement des gens qui n’ont pas réussi à obtenir le bon diplôme dans le système scolaire. Les stables ont besoin de toujours plus de flexibilité des flexibles, pour mieux les servir.

Un diplômé peut aussi connaître une période de chômage, et son niveau de vie va peut-être baisser. Mais sa probabilité de retrouver un emploi n’a rien à voir avec celle des non diplômés, qui eux resteront sur le bord de la route. Au-delà de l’emploi, le formalisme du titre scolaire et son poids dans les parcours professionnels structure très fortement notre société. Un peu comme l’étiquette sociale dans l’Angleterre du XIXe siècle, le diplôme français joue cette forme d’étiquette beaucoup plus puissante que dans d’autres pays.

«Le discours sur la soi-disant précarisation en masse et les “intellos précaires”, est un discours de réassurance des diplômés. C’est une manière de s’approprier la crise, de se placer parmi ses victimes et d’occulter la valeur du diplôme.»

Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des Inégalités

Même avec la massification scolaire, il y a encore deux France dans le rapport aux études supérieures?

Comme pour les revenus, il faut remettre certaines pendules à l’heure. En France, 16% de la population française de plus de 25 ans a un diplôme supérieur au niveau Bac +2. Les classes moyennes du diplôme, c’est le CAP our le BEP, les pauvres, le certificat d’études. N’oublions pas que plus de la moitié des 25-29 ans ne sont pas diplômés de l’enseignement supérieur. Arrêtons de faire comme si c’était la règle. Le décalage est total entre la façon dont on se représente la société chez les diplômés et la société réelle: d’où notamment une incompréhension d’une partie de la classe politique, dont le discours s’adresse à une poignée de bac+5. Les autres ne comprennent pas son langage abscons.

Vous êtes vous-mêmes assez critique sur le «déclassement» social que connaîtraient les «intellos précaires» et plus généralement les catégories diplômées…

Le discours sur la soi-disant précarisation en masse, les «intellos précaires», est un discours de réassurance des diplômés. Refuser de voir que les non diplômés sont bien plus souvent concernés est une manière de s’approprier la crise, de se placer parmi ses victimes et d’occulter la valeur du diplôme.

Je ne veux surtout pas nier qu’il y a de vrais phénomènes de déclassement pour certains diplômes universitaires: les niveaux scolaires ne conduisent plus aux mêmes positions qu’hier. Comme pour les revenus, ce qui compte est l’écart entre les aspirations et la réalité. Au passage, c’est pour cela qu’il est totalement absurde de traiter les Français de «pessimistes», comme le laissait croire un rapport de France stratégie opposant la perception des inégalités par les Français à la «réalité».

Le Bac +5 ne vaut plus ce qu’il valait il y a vingt ans ou trente ans: que la jeunesse diplômée déclassée ait du ressentiment, c’est compréhensible. Mais il n’y a rien de commun entre la situation de ces classes-là et celles d’en dessous qui n’ont pas de diplôme. Certes, quand on part de rien et qu’on aboutit à rien, on tombe de moins haut, mais on vit avec rien. On confond donc des parcours de vie qui n’ont rien à voir en terme de statut et de position sociale, entre des Bac +5 dont une partie va effectivement avoir des difficultés quelques années avant de se stabiliser, et des sans diplôme qui vont galérer une grande partie de leur vie professionnelle et la terminer au niveau du Smic. S’apitoyer sur le déclassement des diplômés de l’enseignement supérieur est aussi une façon de ne pas parler de la vie des jeunes de milieux populaires, de les rendre invisibles.

Comment expliquer cette focalisation sur le «malheur» des plus diplômés? Est-ce le signe qu’ils vivent dans un «ghetto culturel» comme le formule Emmanuel Todd?

Tout est une question d’accès à la parole publique: les Bac +5 peuvent se faire entendre, les autres beaucoup moins. La bourgeoisie culturelle –horrifiée si on la qualifie de «bobo»– refuse absolument de se voir bourgeoise, et tente de nier le rôle essentiel du titre scolaire qui forme son capital. Elle manifeste bruyamment contre le Grand Capital économique, mais pour elle ses titres ne sont pas du capital. Il y a aujourd’hui un discours de classe des diplômés ­–elle a toute une presse pour cela– qui occulte totalement la situation des couches populaires pour se concentrer sur sa prétendue misère.

Arrêtons de nous cacher derrière notre petit doigt, on reste dans un système de domination de groupes sociaux par d’autres. Curieusement, on ne se demande pas qui est propriétaire du capital culturel, comment ses membres le conservent, avec quelles stratégies scolaires notamment. On le voit dès qu’on soulève la question de la démocratisation de l’école: essayez d’assouplir un tout petit peu la compétition scolaire ou de toucher à un cheveu de leur emblème, les «grandes écoles», et la réaction est immédiate. Ces classes diplômées ressortent leurs pancartes sur la complainte du niveau scolaire, en se servant de pseudo-intérêts des classes populaires pour justifier leur conservatisme. Le tour est joué.

Notons que les porteurs de pancartes sont autant de gauche que droite, qu’ils sont très organisés, et d’une violence à la hauteur des enjeux pour eux: imaginez si leurs enfants n’étaient plus certains de prendre leur place! C’est tout l’ordre social qui serait alors bouleversé. C’est pour cela qu’aucun candidat à l’élection présidentielle n’a de projet de refonte sérieuse de notre système scolaire mais ne propose que des replâtrages.

Il existe une forme de consensus des conservateurs de tous bords pour ne rien toucher au fond, pour ne pas transformer le système, se contenter d’empiler quelques dispositifs comme le nombre d’élèves par classe, de donner un peu plus dans quelques quartiers, mais ne pas toucher à la façon dont l’enseignement français est construit, à son élitisme, à son côté extrêmement académique, où tout est dans l’implicite pour les élèves, au système de notation sanction, etc.

«Les femmes touchent 10% de moins que les hommes à poste équivalent, tout le monde connaît ce chiffre. Mais les femmes ouvrières gagnent trois fois moins que les femmes cadres, cela ne pose aucun problème»

Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des Inégalités

Mais on va vous rétorquer qu’on vise l’excellence…

C’est tout le problème. Un système éducatif ne vise pas uniquement à produire l’excellence, il forme tout le monde. Il faut renverser notre mode de fonctionnement. L’école ne doit pas chercher à produire une élite soi-disant issue de tous les milieux (l’élitisme républicain, un mythe depuis le début) mais à faire progresser tout le monde, à ne laisser personne en chemin. Ce qui n’a rien d’incompatible avec des filières plus poussées. Mais il faut accepter d’en donner un peu moins à ceux qui ont déjà beaucoup et un peu plus à ceux qui ont peu. Regardez comment se lamentent les parents ultras diplômés dès qu’un de leur enfants soi-disant «s’ennuie» à l’école, et vous avez tout compris. Ou les tonnes de littérature sur nos pauvres «surdoués». C’est vrai que ceux qui dorment au fond de la classe, tout est de leur faute. Comme en plus une partie est d’origine immigrée…

La France a mis du temps pour ajouter les discriminations (ethniques, de genre) au logiciel des inégalités. Quels contasts l’Observatoire fait-il sur le caractère pluriel des inégalités?

Les inégalités se cumulent, et notre rapport donne toute leur place aux inégalités entre catégories sociales, entre femmes et hommes, entre Français et étrangers ou entre générations. Une femme noire originaire d’un pays extérieur à l’Union européenne et de parents ouvriers n’est pas dans la même situation qu’un homme blanc de plus de 50 ans.

Il y a également une lutte politique entre les formes d’inégalités, on pourrait parler d’une inégalité entre les inégalités. Pour ne pas voir les écarts de classe, on met en avant les «nouvelles inégalités» de la France dite «post-moderne». Très souvent, on s’inquiète de la parité entre femmes et hommes en oubliant la précarité. Vive les femmes au conseil d’administration du CAC 40, peu importe le temps partiel contraint, massivement féminin. Les femmes touchent 10% de moins que les hommes à poste équivalent, tout le monde connaît ce chiffre. Mais les femmes ouvrières gagnent trois fois moins que les femmes cadres, cela ne pose aucun problème.

De la même façon, la mise en avant de la «diversité» sert souvent à faire diversion par rapport aux inégalités sociales. Plus de femmes ou de personnes de couleur dans les entreprises, cela ne remet pas en cause leur mode de fonctionnement, ni la répartition des revenus dans la société. On s’inquiète de l’égalité des «chances» pour mieux oublier à quoi mènent ces «chances», comment sont construites nos sociétés, leurs hiérarchies, les rapports de force qui s’y jouent. Tant que le système n’est pas bousculé, il a tout intérêt à mettre en avant quelques leurres. Ça ne mange pas de pain.

Il ne s’agit pas d’occulter la domination masculine, le racisme, les discriminations et leur violence dans notre société. La femme dont les parents sont ouvriers, elle est aussi noire et en subit les conséquences. Aujourd’hui, les immigrés sont une cible facile pour l’homme blanc. Mais une forme d’inégalité ne doit pas en cacher une autre. Les tensions importantes de notre société naissent dans le refus de voir la situation de domination des catégories aisées, tant sur le plan des revenus que du diplôme, sur le reste de la population. Ces gourmands ont besoin de toujours plus de flexibilité à leur service. Ils risquent une indigestion.

Voir enfin:

Macron, confidences sacrées

Celui que ses adversaires accusent d’être un gourou « ne renie pas la dimension christique » du chemin qu’il suit. « La politique, c’est mystique. Mais je ne crois pas à la transcendance éthérée. Je ne sépare pas Dieu du reste ».

Le JDD

12 février 2017

C’est un petit rectangle de papier blanc très fin plié en quatre. Emmanuel Macron le sort de sa poche dans le TGV qui, vendredi, le conduit de Saint-Pierre-des-Corps à Paris. Et de le tendre à une collaboratrice : « C’est ce que m’a donné la dame qui avait une vision d’en haut… » Sourire suspendu du candidat d’En marche! On demande à lire. On n’est pas déçu. « Ce sera vous… Vous avez été choisi par ce qui est au-dessus de nous. Mais attention, restez toujours en harmonie avec votre âme. Annie M… » S’ensuivent un numéro de portable « 06 03… », et cette précision : « Candidature déposée dès votre appel du 19 janvier 2017. Troisième circonscription d’Indre-et-Loire. » Le mot, écrit à l’encre bleue, est daté du jour. Cette « Annie » qui tient « Emmanuel » pour un prophète le lui a remis pendant la séance de dédicaces de son livre.

«Il y a beaucoup de gens qui ont ça en tête. La politique, c’est mystique»

On demande à l’ancien ­ministre si cela lui arrive souvent. Il acquiesce : « Il y a beaucoup de gens qui ont ça en tête. La politique, c’est mystique. » Il est convaincu, Macron, que ce n’est pas parce qu’ils haïssent les politiques que les Français ont renoncé au sacré… « C’est tout mon combat. C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne. Les médias passent du commentaire d’un point de détail mineur du programme aux pires polémiques, et ainsi de suite. » Macron prend ce va-et-vient de haut. Il entend « construire une sacralité, selon l’un de ses amis, en ne s’abaissant pas à dire du mal des autres et en ne faisant pas de off avec les journalistes ». Il faut dire qu’il était à bonne école avec ­François Hollande : il lui suffit de faire l’inverse.

Macron a interdit à son public de siffler

« La politique, c’est comme la littérature, c’est un style, affirme l’ancien chouchou du Président. C’est une magie. Il faut définir le cœur de ce qu’on veut porter. » Ça ne nous en dit pas beaucoup plus. Un membre de son tout premier cercle risque un diagnostic : « Ce qui se passe entre Emmanuel et les Français repose non pas sur une idée choc qu’il aurait mise sur la table, mais sur une capacité de fascination de sa personne qui est l’émanation de ce qui l’anime. »

«J’ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais en même temps elle doit s’ancrer dans de l’immanence complète, de la matérialité»

L’intéressé, lui, se propose de répondre à une question que nous ne lui avions pas posée : « Comment se construit le pouvoir charismatique? C’est un mélange de choses sensibles et de choses intellectuelles. J’ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais en même temps elle doit s’ancrer dans de l’immanence complète, de la matérialité. Je ne crois pas à la transcendance éthérée. Il faut tresser les deux, l’intelligence et la spiritualité. Sinon l’intelligence est toujours malheureuse. Sinon les gens n’éprouvent de sensations que vers les passions tristes, le ressentiment, la jalousie, etc. Il faut donner une intensité aux passions heureuses. » En prêchant? « Dans mes discours, j’essaie de convaincre en donnant à voir. Contrairement aux autres, je n’ai pas un parti de gens qui réagissent de manière pavlovienne. Je leur ai interdit de siffler. Je leur donne à voir quelque chose d’autre. » Quoi? Un homme qui leur a hurlé sa ferveur, en décembre, à Paris, jusqu’à se casser la voix ; qui achève ses réunions publiques les bras en croix ; qui prône la « bienveillance » ; que Mélenchon accuse d’être « un champignon hallucinogène » et Fillon, « un gourou ».

« Je ne suis pas sûr que Dieu ait jamais parlé »

Dieu lui parle-t-il? À cet instant, il baisse la voix. Ne sourit plus. « Non. » Il tourne la tête vers la vitre de la voiture – de seconde classe, s’il vous plaît – et lance sans nous regarder, alors même qu’il n’aime rien tant, d’ordinaire, que planter ses pupilles dans celles de ses « semblables », comme il a dit en citant René Char, et les écarquiller un peu, un tout petit peu, juste ce qu’il faut pour vous faire sentir qu’il y a là de la profondeur et de l’étrangeté. « Je ne suis pas sûr que Dieu ait jamais parlé. À la fin, ce sont les voix qu’on crée soi-même. » Il a dit cela tellement vite. À croire qu’il se parle à lui-même.

C’est seulement après qu’il se retourne vers nous. On pense à Dominique de Villepin qui sature l’espace de ses mots empanachés et discourt de tout, sauf de Dieu : « Parce que c’est fondamental, nous avoua ce dernier il y a une poignée d’années. Je n’en parle jamais. C’est si fortement ancré en moi que ça ne se formalise pas politiquement. » On le raconte à Macron. Vous êtes pareil? on lui demande. « Je sais en parler de manière latérale. » Qu’est-ce à dire? « Je sais en dire ce qu’on peut en dire sans rien dévoiler. » Bigre. « Je ne sépare pas Dieu du reste. Je fais le lien entre la transcendance et l’immanence. » Dit autrement : là où Villepin ne s’adressait qu’à l’Histoire et aux étoiles, Macron se veut aussi en adéquation avec le monde réel.

«J’aime les gens qui ont un monde à part»

Mais le parallèle avec l’ancien Premier ministre ne le gêne ni ne le surprend. « Villepin reste d’une intelligence sur l’âme française qui est stupéfiante. On a une idée très semblable de ce qu’est la France. Je le vois régulièrement. J’aime beaucoup échanger avec lui. J’aime les gens qui ont un monde à part. » Estime-t-il, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, qu' »il y a quelque chose de christique dans ce qui lie l’électeur à l’élu »? « La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. » Ainsi soit-il.

Il insiste néanmoins : « Je ne cherche pas à être un prédicateur christique. » Dans la bouche de l’un de ses lieutenants, cela donne : « Attention, Macron n’est pas un déglingué qui vaticine. »

« Il faut osciller entre humilité et arrogance »

Depuis le début de la conversation, il n’a pas touché aux deux iPhone qu’il a posés à l’envers sur la tablette devant lui. Une politesse qui ne se fait (presque) plus. À l’instar de son refus du casse-croûte proposé par son équipe – « Je ne vais pas parler en mangeant, ce n’est pas correct » – ou encore de l’expression d’enfant de chœur qu’il emploie au sujet de cette bague qu’il porte à l’annulaire de la main droite, en parfaite symétrie avec son alliance – « parce que j’ai vécu longtemps hors mariage ». « Hors mariage », il a dit.

On sent que c’est important, ce talisman contre le sentiment d’avoir péché. La sémantique de communiant a contaminé ses proches. « Pour lui, cette campagne est un chemin de vie, assure l’un d’eux. Il suit ce chemin. » Depuis qu’il s’est mis en marche, la voie semble se dégager et les planètes s’aligner dans le ciel au-dessus de sa tête. « C’est ce que j’appelle la ruse de l’Histoire », confirme celui qui a l’œil ostentatoirement humble et le nez affûté par l’arrogance. « Il faut osciller entre humilité et arrogance. Si vous tombez d’un côté, vous devenez soit inefficace soit dangereux. » Amen.

Anna Cabana – Le Journal du Dimanche


FRANCOIS FILLON PRESIDENT ! (Contre le retour de la stasi maintenant, la seule véritable alternance, c’est François Fillon !)

26 mars, 2017
https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-0/p480x480/17553659_10154723700993978_588587224684283387_n.jpg?oh=4446cbdf8625e5cd7c2b9e8cd8ce0383&oe=595274B1

Il faut dire que la rivale victorieuse de Bartolone a fait de la lutte contre la drogue un de ses thèmes de campagne … Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé
«L’émission de France 2, c’est du jamais vu! Du début à la fin, ce sont des interlocuteurs à charge. On a atteint un sommet de la caricature. » «Ça me profite. Ça provoque chez les Français un réflexe démocratique. Plus on m’attaque, plus je suis en forme! Madame Angot m’a fait du bien. Je vais gagner cette élection en partie grâce à vous. Une partie de la presse a décidé d’une scénarisation et ne veut pas en sortir. Mais une grande partie des Français veut l’alternance, qui ne peut pas être Emmanuel Macron. Je ne crois pas un instant à ces sondages. Je ne dis pas qu’ils n’ont pas de sens. Mais la situation politique est tellement instable, la campagne est tellement perturbée que vous ne pouvez pas vous fier à un moment donné. J’ai l’expérience des campagnes. Je sais que quand il y a du monde, je sais quand les gens ne viennent pas. Il n’y a jamais eu autant de monde. Il y avait 4000 personnes (vendredi soir à Biarritz), ce sont des signes qui ne trompent pas.»(…) «Qu’est-ce que vous voulez que je leur dise. Ce sont des militants politiques. Pourquoi j’irai leur parler? Ils viennent pour empêcher ma campagne. Vous croyez vraiment que ce sont des gens sincères? La plupart du temps, ce sont des gens d’extrême gauche. Les gens qui tapent dans des casseroles, ce n’est pas de la démocratie.» (…) «Vous avez un candidat à la présidentielle qui a gagné 3,5 millions et qui a déclaré 350.000 euros de patrimoine. Et ça ne vous pose aucun problème. (…) il y a un mouvement de fond pour Emmanuel Macron comme il y avait un mouvement de fond pour Alain Juppé, parce que c’était rassembleur». «Mais la France ne correspond pas à ça et l’élection sera différente. «Son programme se socialise au fur et à mesure que le temps passe! On aurait pu penser qu’Emmanuel Macron avait une vraie politique à proposer, maintenant c’est fini. Sur tous les sujets c’est une stratégie qui consiste à faire plaisir à tout le monde».(…) «Il y a deux ans, Emmanuel Macron était sur les mêmes positions que moi ». «Il nous est même arrivé d’en parler tous les deux. Et à mesure que la campagne avance, il s’adapte aux discours de gauche. Mais le désir d’alternance (des Français) il va le prendre en pleine face!» (…) «Il va finir par être le candidat des socialistes» (…) ‘il y a un certain opportunisme. Les gens pas sélectionnés pour les législatives veulent tenter leur chance chez Macron» (…) «Dutreil, c’était le meilleur ami de Bourgi. C’est lui qui lui a obtenu la légion d’honneur!» (…) «Personne n’a envie de continuer avec François Hollande et ses amis» (…) «La gauche a fait une erreur magistrale en réclamant mon départ! Demander à trente jours de l’élection présidentielle du seul candidat qui représente la droite, c’est un déni de démocratie incroyable».(…) «le président a une responsabilité considérable». «Sa première responsabilité, c’est de faire en sorte que le débat démocratique se déroule dans des conditions normales». «Deuxième chose, des soupçons de plus en plus lourds pèsent sur le rôle de Français Hollande dans cette affaire»(…) ««Nous en sommes en train d’identifier toutes les infractions mentionnées dans le livre Bienvenue Place Beauvau et dans les jours qui viennent un certain nombre de mes amis rendront publiques ces infractions et demanderont qu’une enquête soit ouverte» (…) «On est dans une situation où il est probable que compte tenu des procédures judiciaires je sois sur écoute quand j’apprends que le Président se fait remonter les résultats des écoutes judiciaires à l’Elysée». «Cela veut dire que le président de la République peut potentiellement écouter un candidat à l’élection présidentielle. Mais attendez, on est dans quelle démocratie là?» (…) «Pour la petite histoire je ne reçois pas de SMS pendant le débat. D’ailleurs, je n’en ai pas besoin. Je regardais l’heure parce qu’il y a des moments où c’était un peu long. Et je regardais un compte WhatsApp». (…) «Je regardais les commentaires des députés sur le débat, ça m’amusait de voir comment ils réagissaient».François Fillon

Contre le retour de la stasi maintenant, la seule véritable alternance, c’est François Fillon !

Les confidences de François Fillon sur la campagne : «Je vais gagner»
Le candidat Les Républicains juge «probable» d’être sur écoute puisque dit-il, «le Président se fait remonter les résultats des écoutes judiciaires à l’Elysée».
Marion Mourgue
Le Figaro
25/03/2017

De notre envoyée spéciale à Biarritz

Alors qu’il finissait un déjeuner avec des agriculteurs et des élus locaux dans une cidrerie près de Biarritz, François Fillon est venu voir la presse un petit moment pour le café. Au milieu des assiettes non desservies, le candidat voit un reporter essayer de faire un peu de ménage. «Ce n’est pas la peine, je suis un homme du peuple», démarre-t-il dès le départ comme une réponse à la question jeudi soir de David Pujadas, «M. Fillon, êtes-vous un homme d’argent?»

De cette soirée, il en a été beaucoup question. Si le candidat à la présidentielle a expliqué qu’elle lui avait «consommé beaucoup d’énergie», il s’est surtout insurgé contre le traitement qu’il avait eu. «L’émission de France 2, c’est du jamais vu! Du début à la fin, ce sont des interlocuteurs à charge. On a atteint un sommet de la caricature», indique-t-il, convaincu qu’in fine ce sera bénéfice pour lui. «Ça me profite. Ça provoque chez les Français un réflexe démocratique. Plus on m’attaque, plus je suis en forme! Madame Angot m’a fait du bien», sourit-il.

Devant les journalistes qui l’entourent, François Fillon se dit convaincu d’être déjà «qualifié» pour le second tour et persuadé de l’emporter. «Je vais gagner cette élection en partie grâce à vous. Une partie de la presse a décidé d’une scénarisation et ne veut pas en sortir. Mais une grande partie des Français veut l’alternance, qui ne peut pas être Emmanuel Macron.»

Comme pendant la primaire, l’ancien premier ministre est persuadé que les enquêtes d’opinion ne veulent rien dire. «Je ne crois pas un instant à ces sondages. Je ne dis pas qu’ils n’ont pas de sens. Mais la situation politique est tellement instable, la campagne est tellement perturbée que vous ne pouvez pas vous fier à un moment donné», déclare-t-il. A ses yeux, le seul vrai indicateur reste le terrain et surtout les réunions publiques qu’il enchaîne désormais à un rythme plus soutenu. «J’ai l’expérience des campagnes. Je sais que quand il y a du monde, je sais quand les gens ne viennent pas. Il n’y a jamais eu autant de monde. Il y avait 4000 personnes (vendredi soir à Biarritz), ce sont des signes qui ne trompent pas.»

Et si désormais à chaque déplacement il est accueilli par un concert de casseroles, voire d’œufs comme samedi matin à Cambon-les-Bains, le candidat LR n’a pas l’intention d’y répondre. «Qu’est-ce que vous voulez que je leur dise, lâche-t-il. Ce sont des militants politiques. Pourquoi j’irai leur parler? Ils viennent pour empêcher ma campagne. Vous croyez vraiment que ce sont des gens sincères? La plupart du temps, ce sont des gens d’extrême gauche», juge-t-il. «Les gens qui tapent dans des casseroles, ce n’est pas de la démocratie.»

En pleine face

Si François Fillon se montre très critique à l’égard de la presse, il l’est encore plus à propos d’Emmanuel Macron dont il estime que les médias sont trop cléments avec lui. «Vous avez un candidat à la présidentielle qui a gagné 3,5 millions et qui a déclaré 350.000 euros de patrimoine. Et ça ne vous pose aucun problème», entame-t-il. Constatant que l’ancien ministre semble bénéficier d’une dynamique, il reconnaît «un mouvement de fond pour Emmanuel Macron comme il y avait un mouvement de fond pour Alain Juppé, parce que c’était rassembleur», expose-t-il sans laisser apparaître une quelconque inquiétude. «Mais la France ne correspond pas à ça et l’élection sera différente.»

A ses yeux, le candidat d’En Marche! se serait même affadi. «Son programme se socialise au fur et à mesure que le temps passe! On aurait pu penser qu’Emmanuel Macron avait une vraie politique à proposer, maintenant c’est fini. Sur tous les sujets c’est une stratégie qui consiste à faire plaisir à tout le monde». De plus en plus sévère à l’égard de l’ancien conseiller de François Hollande, François Fillon poursuit: «Il y a deux ans, Emmanuel Macron était sur les mêmes positions que moi», en détaillant plus particulièrement les 35 heures et l’ISF. «Il nous est même arrivé d’en parler tous les deux. Et à mesure que la campagne avance, il s’adapte aux discours de gauche. Mais le désir d’alternance (des Français) il va le prendre en pleine face!»

François Fillon dit ne pas s’inquiéter des ralliements qui se multiplient en faveur du candidat d’En Marche! «Il va finir par être le candidat des socialistes», s’amuse-t-il en rappelant les ralliements des ex-ministres. Et quand on lui rappelle le soutien d’élus de droite, il explique qu’il«y un certain opportunisme. Les gens pas sélectionnés pour les législatives veulent tenter leur chance chez Macron», souffle-t-il. Fillon s’arrête sur le nom de l’ancien ministre Renaud Duteil, ex-chiraquien rallié à Emmanuel Macron. «Dutreil, c’était le meilleur ami de Bourgi. C’est lui qui lui a obtenu la légion d’honneur!», lance-t-il en renvoyant la balle dans l’autre camp.

Car si François Fillon reconnaît que «l’avalanche de polémiques et d’affaires» le «fragilise» et que le «FN profite de tout ça» – bien qu’il ne voit pas Marine Le Pen «en mesure de gagner l’élection présidentielle» -, il parie sur «le besoin d’alternance dans le pays». «Personne n’a envie de continuer avec François Hollande et ses amis», martèle-t-il.

Justement, François Fillon en vient à parler de «l’acharnement contre» lui «fait pour (l’)éliminer» et du communiqué du PS de mercredi réclamant son retrait de la campagne. «La gauche a fait une erreur magistrale en réclamant mon départ!», s’indigne-t-il. «Demander à trente jours de l’élection présidentielle du seul candidat qui représente la droite, c’est un déni de démocratie incroyable».

Le candidat LR cite nommément François Hollande: «le président a une responsabilité considérable». «Sa première responsabilité, c’est de faire en sorte que le débat démocratique se déroule dans des conditions normales», insiste le candidat. «Deuxième chose, des soupçons de plus en plus lourds pèsent sur le rôle de Français Hollande dans cette affaire», affirme-t-il en reprenant les accusations qu’il avait portées jeudi soir contre le chef de l’Etat et l’existence d’un «cabinet noir» à l’Elysée. ««Nous en sommes en train d’identifier toutes les infractions mentionnées dans le livre Bienvenue Place Beauvau et dans les jours qui viennent un certain nombre de mes amis rendront publiques ces infractions et demanderont qu’une enquête soit ouverte», détaille-t-il.

Mais François Fillon va plus loin. «On est dans une situation où il est probable que compte tenu des procédures judiciaires je sois sur écoute quand j’apprends que le Président se fait remonter les résultats des écoutes judiciaires à l’Elysée», déclare Fillon. «Cela veut dire que le président de la République peut potentiellement écouter un candidat à l’élection présidentielle. Mais attendez, on est dans quelle démocratie là?», s’insurge-t-il.

Et parce qu’il avait son téléphone dans la main, François Fillon en profite pour faire passer un message. «Pour la petite histoire je ne reçois pas de SMS pendant le débat. D’ailleurs, je n’en ai pas besoin. Je regardais l’heure parce qu’il y a des moments où c’était un peu long. Et je regardais un compte WhatsApp», affirme-t-il. Le député LR Lionel Tardy qui l’accompagnait ce matin a créé un groupe de discussion pour les élus qui soutiennent François Fillon. «Je regardais les commentaires des députés sur le débat, ça m’amusait de voir comment ils réagissaient», glisse Fillon.

A trente jours du premier tour, François Fillon se veut plus «en forme» que jamais. «Je ne redoute rien du tout», conclut-il.


Présidentielle 2017: Contre le coup d’Etat des juges et des médias, tous au Trocadéro demain pour soutenir Fillon (As pressure grows on France’s conservative candidate to step down from the presidential race, who will deal with the country’s new faultline between globalization’s winners in the cosmopolitan cities and its losers in the periphery ?)

4 mars, 2017

fillontrocadero https://images.mperf.com/ASP0/0A7/ActionsMail/001FYK/c3vrab2waaayc9z.jpgtract-fillon

ZwastiskaRepubliqueplace-republique-paris-o-mouvement-nuit-debout-abritebayrou-marcon
C’est ma dernière élection. Après mon élection, j’aurai plus de flexibilité. Obama (à Medvedev, 27.03.12)
The average reporter we talk to is 27 years old, and their only reporting experience consists of being around political campaigns. That’s a sea change. They literally know nothing. (…) We created an echo chamber. They were saying things that validated what we had given them to say. Ben Rhodes (conseiller du président Obama)
During his first presidential campaign in 2008, Mr. Obama used a secret back channel to Tehran to assure the mullahs that he was a friend of the Islamic Republic, and that they would be very happy with his policies. The secret channel was Ambassador William G. Miller, who served in Iran during the shah’s rule, as chief of staff for the Senate Select Committee on Intelligence, and as ambassador to Ukraine. Ambassador Miller has confirmed to me his conversations with Iranian leaders during the 2008 campaign. JTA
When a Republican congressman on MSNBC brought up a 2012 incident where President Barack Obama was caught on a hot mic promising to give Russia’s Vladimir Putin a little more “flexibility” after the election, NBC journalist and MSNBC host Katy Tur seemed not to recall the incident. Tur pressed Florida Representative Francis Rooney about the number of Donald Trump advisors with close tie to Russia. “I see a lot of folks within Donald Trump’s administration who have a friendlier view of Russia than maybe past administrations did,” she noted. “Well, I think it was Obama that leaned over to Putin and said, ‘I’ll have a little more flexibility to give you what you want after the re-election,’” Rooney responded. Tur paused for a moment. “I’m sorry, I don’t know what you’re referring to, Congressman,” she said. “Remember when he leaned over at a panel discussion or in a meeting, and he said, ‘I’ll have more flexibility after the election’?” Rooney asked. “No one pushed the president on what he meant by that, but I can only assume for a thug like Putin that it would embolden him,” which gave Tur pause, again. In Tur’s defense, Rooney is slightly off in his retelling: it was then-Russian President Dmitry Medvedev who Obama whispered to, who then promised to relay Obama’s message to Putin. But his recollection of the content of Obama’s message was accurate: “This is my last election. After my election I have more flexibility,” he told the Russians. Obama’s hot mic comments were major news at the time, receiving widespread coverage. Obama’s Republican opponent Mitt Romney seized upon the gaffe and worked it into his stump speeches, even bringing it up during one of the presidential debates. Mediaite
The Obama administration sought, and eventually obtained, authorization to eavesdrop on the Trump campaign; continued monitoring the Trump team even when no evidence of wrongdoing was found; then relaxed the NSA rules to allow evidence to be shared widely within the government, virtually ensuring that the information, including the conversations of private citizens, would be leaked to the media. John Pollack
Emmanuel Macron, c’est moi! François Hollande
Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. Emmanuel Macron
Anne Hidalgo s’oppose à un rassemblement de 2h organisé ar un candidat après avoir laissé Nuit debout squatter pendant des mois. David Lisnard (maire de Cannes)
Des assistants parlementaires servent en réalité le parti politique et non le parlementaire… Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le Modem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes et d’autre part illégal. Le Modem n’a pas osé insister mais mes collègues ont été contraints de satisfaire cette exigence. Ainsi, durant cinq ans, la secrétaire particulière de François Bayrou a été payée… par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européen. Corinne Lepage
Quand vous êtes collaborateur parlementaire, quand vous êtes assistants parlementaires, vous pouvez même être payé à tricoter. Je ne dis pas que c’est bien mais ça veut dire que quand vous êtes sénateur ou député, c’est vous qui décidez de ce que vous donnez comme travail à votre collaborateur parlementaire. C’est une pratique qui existe pour tout le monde entre parenthèses, même si on ne cite que François Fillon. Dans le cas de François Fillon, on a parlé d’un livre politique, excusez-moi mais je ne vois pas en quoi écrire un livre ne fait pas partie du travail qui doit être fait. Sa fille est à ce moment-là payée pour assister un parlementaire donc si le parlementaire, dans le cadre de son travail, a besoin qu’on l’assiste pour faire un bouquin, c’est parfaitement dans les missions d’un collaborateur parlementaire. Florence Portelli (maire LR de Taverny et porte-parole de Fillon)
It has been many years since France last had a revolution, or even a serious attempt at reform. Stagnation, both political and economic, has been the hallmark of a country where little has changed for decades, even as power has rotated between the established parties of left and right. Until now. This year’s presidential election, the most exciting in living memory, promises an upheaval. The Socialist and Republican parties, which have held power since the founding of the Fifth Republic in 1958, could be eliminated in the first round of a presidential ballot on April 23rd. French voters may face a choice between two insurgent candidates: Marine Le Pen, the charismatic leader of the National Front, and Emmanuel Macron, the upstart leader of a liberal movement, En Marche! (On the Move!), which he founded only last year. The implications of these insurgencies are hard to exaggerate. They are the clearest example yet of a global trend: that the old divide between left and right is growing less important than a new one between open and closed. The resulting realignment will have reverberations far beyond France’s borders. It could revitalise the European Union, or wreck it. (…) One poll last year found that French people are the most pessimistic on Earth, with 81% grumbling that the world is getting worse and only 3% saying that it is getting better. Much of that gloom is economic. France’s economy has long been sluggish; its vast state, which absorbs 57% of GDP, has sapped the country’s vitality. A quarter of French youths are unemployed. Of those who have jobs, few can find permanent ones of the sort their parents enjoyed. In the face of high taxes and heavy regulation those with entrepreneurial vim have long headed abroad, often to London. But the malaise goes well beyond stagnant living standards. Repeated terrorist attacks have jangled nerves, forced citizens to live under a state of emergency and exposed deep cultural rifts in the country with Europe’s largest Muslim community. Many of these problems have built up over decades, but neither the left nor the right has been able to get to grips with them. France’s last serious attempt at ambitious economic reform, an overhaul of pensions and social security, was in the mid-1990s under President Jacques Chirac. It collapsed in the face of massive strikes. Since then, few have even tried. Nicolas Sarkozy talked a big game, but his reform agenda was felled by the financial crisis of 2007-08. Mr Hollande had a disastrous start, introducing a 75% top tax rate. He was then too unpopular to get much done. After decades of stasis, it is hardly surprising that French voters want to throw the bums out. (…) Look carefully, and neither insurgent is a convincing outsider. Ms Le Pen has spent her life in politics; her success has been to make a hitherto extremist party socially acceptable. Mr Macron was Mr Hollande’s economy minister. His liberalising programme will probably be less bold than that of the beleaguered Mr Fillon, who has promised to trim the state payroll by 500,000 workers and slash the labour code. Both revolutionaries would have difficulty enacting their agendas. Even if she were to prevail, Ms Le Pen’s party would not win a majority in the national assembly. Mr Macron barely has a party. The Economist
 Over the past few months almost all the most prominent of them, save Ms Le Pen, have thus been kicked. In the centre-right primary, held in November, voters rejected an ex-president, Nicolas Sarkozy, and an ex-prime minister, Alain Juppé. In January’s Socialist primary they turfed out another ex-prime minister, Manuel Valls. They would have rejected François Hollande, too, had he not already bowed out of the race—an unprecedented move for a sitting French president. This bonfire of the elites has left France with a slate of candidates all but one of whom were not considered serious contenders for any party’s nomination six months ago. One of them, Emmanuel Macron, a former Socialist economy minister, is a candidate without the backing of an established party but with a real chance of victory, another unprecedented development. Benoît Hamon, the Socialist Party’s candidate, is a former backbench rebel against his own party. The centre-right nominee, François Fillon, will be put under formal investigation on March 15th accused of abusing his office to pay unearned salaries to his family; nevertheless, he says he will fight on. And then there is Ms Le Pen. The populist leader, who has run the FN since 2011, leads The Economist’s poll of polls (…). There is a good chance that she will come top in the first round of the election—again, something for which there is no precedent. (…) In some ways, the emergence of Ms Le Pen matches a pattern of insurgent populism across Western liberal democracies. A fear of job losses due to automation and deindustrialisation; a backlash against immigration; a distrust of self-serving political elites; the echo-chamber effect of information spread on social media: common factors helping populist political movements elsewhere have touched France, too. Ms Le Pen’s support, like support for Mr Trump and Brexit, is well correlated with education. Only 8% of French citizens with a degree voted FN in 2014; 41% of those without a high-school diploma did. As with Mr Trump, men are better disposed to the FN than women. Ms Le Pen, like Mr Trump, is particularly popular in old industrial towns from which jobs and confidence have drained away, taking with them faith in parties of the left (…). Perhaps the most distinctive aspect of the FN vote, though, is the faultline it reveals between the country’s cosmopolitan cities, at ease with globalisation, and those in-between places where farmland gives way to retail sprawl and a sense of neglect. Between 2006 and 2011, the number of jobs in 13 big French cities—Lyon, Marseille, Toulouse, Lille, Bordeaux, Nantes, Nice, Strasbourg, Rennes, Grenoble, Rouen, Montpellier and Toulon—increased on average by 5%. In France as a whole, jobs were lost. These dynamic cities, with their elegant pedestrian centres, tech hubs and gourmet food, vote for the left (Lyon, Nantes, Rennes), the greens (Grenoble) or the centre-right (Bordeaux). They are not immune to France’s feeling of being fed up; in April and May, many of them may opt for Mr Macron. But none registers a strong vote for the FN. Around them, though, is what Christophe Guilluy, a geographer, calls “peripheral France”. This is the world of lost employers like the Lejaby lingerie factory in Bellegarde-sur-Valserine, in the foothills of the Alps, or the Moulinex factory in Alençon, in southern Normandy. It is a world where Uber, bike-share schemes and co-working spaces are nowhere to be found, and where people sense that globalisation has passed them by. It is a world where the FN is on the rise. The FN’s first base was in the south, where Mr Le Pen built support among French settlers returning from independent Algeria in the 1970s. Its second was the rust-belt of the north and east, where it scooped up the disappointed vote that once went to socialists or communists. Maps by Hervé Le Bras, a demographer, show that the FN now has a third home in Mr Guilluy’s peripheral areas—beyond the outskirts of the cities, but not deeply rural. In a ring of communes between 40km and 50km from the centre of Paris, for example, the FN’s candidate in the 2015 regional elections, Wallerand de Saint-Just, won 32% of the vote. In places 80km out or more, he scored fully 41% (…). Isolation boosts FN support. “The farther you live from a railway station”, says Mr Le Bras, “the more you are likely to vote FN.” France has high-quality public services, and its citizens have matching expectations for the fabric of their lives. When that fabric thins—when a local butcher closes, or a doctor leaves town—they feel neglect. A common factor behind the FN vote in such places, says Jérôme Fourquet, director of Ifop, is “a sense of abandonment, of being left behind by an elite that doesn’t care.” Ms Le Pen exploits this sentiment with uncanny skill. Born into politics and raised in a mansion in a swish Parisian suburb, she somehow manages to speak for those she calls the country’s “forgotten” in a way they find credible. The reason this works is partly Ms Le Pen’s shrewd feel for simple language and anti-elite slogans. But it is also because France has been going through an unusually unsettled time that has left people looking beyond the established parties and given French populism distinctive features. One is a sense that a great country, the cradle of human rights and the Enlightenment, has somehow lost its way. This is particularly obvious in economic terms. Since the end of the trente glorieuses, the three decades of strong growth that followed the second world war, it has been debt, rather than growth, that has financed the high-speed trains, the blooming municipal flower beds and the generous provisions for child care, ill health, job loss and old age that are the hallmark of France’s splendid public sector. French public spending now accounts for a greater share of GDP than it does in Sweden. But no French government has balanced its budget since 1974. Over the past 15 years, there has been a particular décrochage, or decoupling, between the French economy and that of Germany, its closest ally. In 2002 the two countries enjoyed comparable GDP per head. Germany, under Gerhard Schröder, began to reform itself. France, under Jacques Chirac, didn’t. Today, Germans have 17% more purchasing power per person. Labour costs in France have risen faster than in Germany, deterring the creation of permanent jobs and undermining competitiveness. The country’s share of all goods exports between EU countries has dropped from 13.4% to 10.5%. Most devastating is unemployment. In 2002, it was a tad higher in Germany. Today it has dropped to 4% on that side of the Rhine, but in France it remains stuck at 10%, and at 25% for the under-25s. Over 80% of new jobs are on short-term contracts, with “short-term” often meaning just a month. A generation of young French people has grown up outside the country’s famously protected job market. The votes for Mr Trump or Brexit were weakest among the under 25s; but the young French support the FN more than any other party. (Conversely, older voters have much less truck with Ms Le Pen than their Anglophone peers did with Brexit and Mr Trump; polls say they fear for their savings and pensions if France leaves the euro.) Economic self-doubt has been compounded by a sense of what Laurent Bouvet, a political scientist, calls “cultural insecurity”. Three big terrorist attacks within the space of 18 months, in 2015 and 2016, battered France’s confidence. The coming presidential election will be conducted under a state of emergency which has been renewed four times since November 2015. The French have had to learn to live with soldiers patrolling the streets and railway stations, a daily visual reminder of their vulnerability. Legitimate worries about terrorism have supplied fertile ground for insidious identity politics. As the home to one of Europe’s biggest Muslim minorities, France is more alert than, say, Italy or Spain to hints of religious extremism. Moreover, the country has a pre-existing and unforgiving framework for managing religious expression—known as laïcité—which recent governments, fearing a threat to secularism, have tightened up. When this provokes a row—over Muslim head-coverings, say—it plays straight into Ms Le Pen’s hands; she has little trouble persuading voters that their values are under threat. France, she tells her flag-waving rallies, faces nothing less than “submersion”. Ms Le Pen succeeds not because of the way her policies, which include a lower retirement age, more taxes on foreign workers and massive increases in spending on the armed forces, would tackle economic insecurity or the threat of terror (they wouldn’t). It is because of her talent for blending two strands of populism: anti-immigrant talk about values and churches, strong in the south, and anti-market discourse about jobs and the system, favoured in the north. On both counts, she can tap into French history. (…) A final ingredient gives French populism a further twist: Euroscepticism. Invaded three times by Germany since 1870, and on its fifth republic, France has a long disrupted history, insecure even in peace. After the second world war it dealt with this by building Europe—a project by which it sought to bind in Germany and to amplify its own power. The French regarded the ceding of sovereignty as a means of reinforcing, not undermining, their nation state. Europe remains an important part of French identity. But somewhere along the line the passion it once evoked cooled down, and the consensus supporting it faltered. Second thoughts spread long before the recent currency and refugee crises. In 1992, the French approved the launch of the union’s single currency by the slimmest of margins. In 2005 they rejected the draft EU constitution. The share of French people who see Europe favourably dropped from 69% in 2004 to 38% in 2016, according to Pew, a polling group; that makes the EU less popular in France than in Britain. This has given the FN a fresh electoral cause. Ms Le Pen speaks of Brexit as a model of emancipation from the shackles of what she calls the “European Soviet Union”. The feeling that France has lost its sense of purpose goes well beyond those tempted to vote for the FN. So does exasperation with the failures of both the left and the right to put the national interest first, and fix the country. At every national election for the past ten years, at all levels of government, the French have voted against the party in overall power; fully 89% of the French told a recent poll they thought the country was heading in the wrong direction. It is this that has opened the way for a party refusenik such as Mr Macron—who, should he win, will have to get the people to break their unerring habit of resisting the change they have just voted for, a habit that accounts for much of their frustration. In “Le Mal Français”, a book published in 1976, Alain Peyrefitte, a minister under Charles de Gaulle, lamented the fact that such a talented country had produced such a blocked system. Every now and then, it seems, France needs to go through convulsions of abrupt change in order to free itself from l’immobilisme (paralysis). History shows that such moments of upheaval can produce startling and creative forces for renewal. But they can also presage a slide into darkness. In Mr Macron’s cities, and Ms Le Pen’s peripheries, France is poised to go either way. The choice it makes could scarcely matter more. The Economist
Le Parlement européen a approuvé jeudi la levée de l’immunité parlementaire de la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen dans l’affaire liée à la diffusion d’images d’exactions du groupe État islamique (ou Daech). Cette levée d’immunité était réclamée par la justice française. (…) En décembre 2015, la cheffe de file du Front national avait diffusé trois images violentes, en réaction à des propos du journaliste de BFMTV Jean-Jacques Bourdin lors d’une interview du spécialiste de l’islam Gilles Kepel. «Je voudrais revenir sur les liens… euh… entre Daech et le Front… enfin les liens, pas les liens directs, entre Daech et le Front national, mais ce repli identitaire, qui finalement est une communauté d’esprit, parce que l’idée pour Daech c’est de pousser la société française au repli identitaire», avait déclaré le journaliste. Quelques minutes plus tard, Marine Le Pen avait alors posté sur son compte Twitter trois photos d’exactions commises par Daech, dont celles sur le journaliste américain James Foley et un pilote de l’armée de l’air de Jordanie, sans avertissement et sans masquer certaines zones des images. «Ça suffit. Cela commence à bien faire. Si ces attaques sont désormais la ligne de BFM, puisque Ruth Elkrief a osé le même rapprochement, il est temps que cela cesse», s’était justifiée l’eurodéputée auprès du Figaro. La présidente du FN avait finalement retiré les clichés dans la journée, sous la pression du ministère de l’Intérieur et de familles des victimes. Le Figaro
François Fillon a bénéficié, comme tant d’autres, d’un mode de fonctionnement inéquitable, incroyablement opaque, lui permettant d’employer des proches comme attachés parlementaires sans avoir de comptes à rendre ou presque sur leur salaire (plafonné à la moitié de l’enveloppe globale) et la nature de leur travail. Parce qu’il est devenu, du jour au lendemain, le favori de la présidentielle et qu’il a axé sa campagne sur la probité, de telles pratiques ont choqué, à juste titre. Mais il a payé pour tous les autres. Ceux qui avaient piqué dans la caisse, qui avaient nié leur évasion fiscale les yeux dans les yeux ou qui, simplement, s’étaient autoproclamés exemplaires alors qu’ils claquaient 10 000 euros par mois pour se faire shampouiner aux frais du contribuable. Dans une France qui totalise plus de six millions de chômeurs, près de neuf millions de pauvres et soixante-six millions de désenchantés, les petits arrangements comme les grosses arnaques ne passent plus. «Au début de l’année 2016, un député sur six employait parmi ses collaborateurs un membre de sa famille», rappelle pourtant René Dosière. Au-delà de cette dimension «morale», François Fillon a aussi essuyé les plâtres d’un projet sans doute mal ficelé, jugé par une partie de l’opinion trop libéral, trop imprécis et préjudiciable à la Sécurité sociale. En charge du dossier, le Parquet national financier a finalement ouvert une information judiciaire, de crainte que l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi ne prescrive les faits reprochés à François Fillon. Preuve que les éléments n’étaient sans doute pas si solides, en dépit du déchaînement médiatique qu’ils ont suscité. Trois juges d’instruction ont ainsi hérité de l’affaire, dont l’intraitable Serge Tournaire, réputé pour son intransigeance et sa ténacité, décrit par ses contempteurs comme «un type techniquement très compétent, avec une épouvantable mentalité d’inquisiteur». Nicolas Sarkozy peut en attester: c’est lui qui a décidé de le mettre en examen, dans le cadre du financement de sa campagne de 2012, contre l’avis de ses collègues Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loir. C’est encore lui qui a récemment tranché, dans l’affaire Bygmalion, pour son renvoi en correctionnelle, là aussi malgré le désaccord de Van Ruymbeke. On murmure que l’ambiance ne serait pas à la franche camaraderie entre les deux juges. Et là, patatras, le candidat des Républicains se voit convoqué le 15 mars prochain en vue d’une mise en examen. Soit deux jours avant la date limite des dépôts de candidature pour la présidentielle. C’est fou ce que la justice française a fait comme progrès en termes de vélocité ces dernières semaines. Enfin, pas pour tout le monde. Personne n’a eu l’idée de venir enquiquiner François Bayrou, dont la secrétaire particulière a, pendant cinq ans, «été payée par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européens», révélait en 2015 Corinne Lepage dans son livre Les mains propres. En revanche, le Parlement européen semble très enclin à lever l’immunité de Marine Le Pen pour une ridicule histoire de tweets: l’eurodéputée frontiste avait eu l’outrecuidance de poster des visuels de crimes barbares de l’État islamique. Un dénouement qui surgit décidément à point nommé, pour une enquête ouverte en France en …2015. Faute de pouvoir la coincer sur les emplois présumés fictifs de ses assistants parlementaires, on fait avec ce qu’on a sous le coude.  Personne n’a eu la curiosité d’enquêter sur la fortune d’Emmanuel Macron qui, comme le résume le blog d’Olivier Berruyer les-crises.fr, a omis de déclarer son ISF à plusieurs reprises, a engrangé plus de 3,3 millions d’euros de revenus en six ans, et dispose de 266 000 euros de liquidités. De même, quand l’ouvrage Dans l’enfer de Bercy, des journalistes Marion L’Hour et Frédéric Says, mentionne qu’à son départ de Bercy en août dernier, il avait utilisé «à lui seul 80 % de l’enveloppe annuelle des frais de représentation accordée à son ministère» beaucoup se demandent en vain si cet argent n’a pas servi à mettre sur pied son mouvement. Mais le vibrionnant énarque «en marche» est le candidat des médias et des milieux financiers. Pas touche. De telles inégalités de traitement laissent perplexe voire amer. «La justice est en train d’aller dans le mur», redoute Bernard Debré, fervent soutien de l’ex-premier ministre, qui parle, lui, d’un «assassinat politique» et d’un «État de droit violé». Comment ne pas lui donner raison, au vu de cette subite avalanche de procédures, d’accusations, de harcèlements, qui semblent n’avoir pour objectif que de confisquer le libre arbitre des votants, de jeter le trouble pour saborder tout discernement dans une course à l’Élysée de plus en plus abracadabrantesque, dont on voudrait nous imposer l’issue. François Fillon s’en remet au peuple, au fameux bon sens populaire. Le pari est risqué mais courageux. La posture se veut gaulliste pour remobiliser les troupes. Quelques rats s’empressent déjà de quitter le navire ; les fidèles, eux, devront faire bonne figure et «résister» aux intempéries. Il y a quelque chose de sacrément pourri dans les institutions françaises. Les voix de la démocratie auront le dernier mot. Eloïse Lenesley
C’est d’ailleurs au nom de cet enracinement qu’il [François Bayrou] a été le procureur le plus impitoyable de la candidature d’Emmanuel Macron, cet « hologramme » serviteur des plus gros intérêts financiers, selon ses propres mots. Il posait évidemment le bon diagnostic sur cette candidature hors-sol qui s’assumait, précisant, le front même pas rosi, que la culture française n’existait pas. (…) certes, il n’avait peut-être pas les moyens financiers, il ne pouvait peut-être pas prendre le risque d’être ruiné et de terminer sa carrière en dessous du seuil fatidique et symbolique des 5%. Mais à choisir, finalement, entre Fillon et Macron, n’était-il pas plus proche, par bien des égards, du Sarthois ? N’avait-il pas porté en 2012 le même projet que le candidat LR d’aujourd’hui, obsédé par le poids de la dette et de la remise en ordre des finances publiques ? N’avait-il pas plaidé à l’époque pour le même projet – sang et larmes compris ? Ce ralliement à la caricature du marketing électoral est bien piteux, François Bayrou. Vous voilà désormais avec Jacques Attali, l’homme qui peste contre l’enracinement, Pierre Bergé, l’homme qui explique qu’on peut bien prêter son utérus puisque les ouvriers prêtent leurs bras, et Patrick Drahi qui symbolise aujourd’hui la mainmise du fric sur les médias. Vous voilà condamné à subir une recomposition low-cost, et prendre le risque d’offrir à Marine Le Pen l’adversaire dont elle rêve nuit et jour. David Desgouilles
Alors que François Fillon et Marine Le Pen sont pointés du doigt pour leur implication présumée dans des affaires d’emplois fictifs, le MoDem de François Bayrou pourrait avoir eu recours à ce type de pratiques par le passé, comme l’indique un livre paru en 2014 et écrit par Corinne Lepage. (…) Dans son livre “Les mains propres”, paru en 2014, Corinne Lepage, ex-députée européenne aujourd’hui macroniste, évoquait les “nombreux emplois fictifs” du MoDem. “Des assistants parlementaires servent en réalité le parti politique, et non le parlementaire…” Précisément, l’ex-élue dénonçait dans l’ouvrage l’existence de “nombreux ’emplois fictifs’ pour assurer le secrétariat des uns ou des autres, grâce à des personnes payées par des entreprises publiques ou privées ‘amies’. […] C’est ainsi que des assistants parlementaires servent en réalité le parti politique, et non le parlementaire…” “Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le MoDem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes, et d’autre part illégal. Le MoDem n’a pas osé insister, mais mes collègues ont été contraints de satisfaire à cette exigence”, détaille aussi l’ancienne ministre. Valeurs actuelles
Le fondateur des Jeunes avec Macron est employé par le député macroniste Jean-Jacques Bridey, à mi-temps. Pratique : en deux jours, il gagne assez pour militer l’esprit léger les autres jours de la semaine. Ou comment dribbler la loi, qui interdit aux assistants parlementaires de participer à la campagne d’un candidat… Être bénévole sur une campagne électorale peut susciter des frustrations. Tant d’heures passées à militer, à se donner sans compter au service d’un candidat, le tout pour un résultat incertain… et zéro euro ! Il existe bien sûr la possibilité de demander à être salarié de l’association de financement de la campagne, mais les budgets sont si serrés que tout le monde ne peut y prétendre. Reste une alternative : trouver une autre source de salaire. Le tour de passe-passe réalisé par le député-maire macroniste de Fresnes (Val-de-Marne) Jean-Jacques Bridey et son nouveau collaborateur, le patron des « Jeunes avec Macron » Florian Humez, est à ce titre ingénieux. Depuis le 1er décembre, le jeune homme est salarié du parlementaire… tout en continuant à militer activement pour son candidat de cœur, Emmanuel Macron. La loi interdit pourtant aux collaborateurs parlementaires de participer à des campagnes politiques. Et ce, pour une raison facile à comprendre : le Parlement n’a pas vocation à financer, sur son budget, de campagnes électorales. Cette utilisation gratuite d’une main-d’œuvre qualifiée créerait de plus une inégalité entre les candidats. La Commission nationale des comptes de campagne rappelle donc tous les ans que les assistants parlementaires doivent « travailler uniquement pour le parlementaire dans le cadre de leur mission et leur participation à une campagne électorale pendant les heures de travail est proscrite ». Contacté par Marianne, Florian Humez réfute tout cumul illégal. S’il travaille bien pour Jean-Jacques Bridey, ce n’est qu’à temps partiel, assure-t-il, plus précisément « le mardi et le mercredi, soit 18 heures par semaine ». Magie du mi-temps, cet emploi rémunéré lui permet de militer – bénévolement – pour les Jeunes avec Macron le reste de la semaine. Pas question pour autant de parler d’emploi de complaisance, selon le nouveau collaborateur, qui assure être devenu « les yeux et les oreilles du député à l’Assemblée ». Des yeux et des oreilles particulièrement discrets. En dépit de cette fonction stratégique, Florian Humez n’avait en effet jamais jugé bon de rendre public ce nouvel engagement professionnel. Et il se présente uniquement, sur les réseaux sociaux, comme « militant » et « co-fondateur des Jeunes avec Macron ». Dans un récent portrait qui lui est consacré par les Inrocks, publié le 12 février dernier, ce jeune homme de 25 ans reçoit d’ailleurs la journaliste dans un bureau situé au QG d’En Marche, dans le quinzième arrondissement de Paris. Il y détaille ses fonctions auprès d’Emmanuel Macron et évoque les services d’une stagiaire qui l' »aide au niveau des territoires ». C’est dire si sa fonction est prenante… Pour que cette relation contractuelle insoupçonnée sorte au grand jour, il aura donc fallu que le bureau de l’Assemblée nationale prenne une décision importante, le mardi 21 février : les noms des collaborateurs parlementaires de chaque député sont désormais publiés, chaque mois, sur son site. Parmi eux, le patronyme de Florian Humez est apparu associé à celui de Jean-Jacques Bridey. Aujourd’hui, l’intéressé reconnaît s’être volontairement abstenu de communiquer sur cet emploi et ce, dit-il… pour ne pas prêter le flanc aux attaques. « Je ne voulais pas qu’on m’accuse de faire partie du système que je critique », nous explique-t-il en effet sans détour. Sollicité, Jean-Jacques Bridey nous assure également qu’il n’y aucune entourloupe : les missions de Florian Humez à ses côtés seraient particulièrement variées. « Il traite les courriers qui traînent, gère les relations avec les députés, il regarde les questions au gouvernement et me fait une revue de presse sur les questions de défense, qui relèvent de ma commission », égrène l’élu auprès de Marianne. Parmi ces tâches, un bon nombre n’ont plus lieu d’être, puisque la session parlementaire s’est achevée le jeudi 23 février. N’empêche, le jeune homme ne militera pas sur son temps de travail, maintient le député : « Ces deux activités sont indépendantes ». Florian Humez, lui voit les choses autrement : « Il y a un lien entre les deux activités. Je me sers de ce que j’ai appris à l’Assemblée quand je milite pour les Jeunes avec Macron, et inversement ».Pour tromper l’ennui le mardi et le mercredi, dans les prochains mois, le collaborateur-militant imagine « travailler sur des questions liées à l’actualité », en particulier en « discutant avec des députés ou collaborateurs » qu’il connaît. Une activité difficilement quantifiable, pour un salaire confortable : Florian Humez ne donne pas de chiffres mais confie gagner « suffisamment de quoi vivre dans une grande ville », grâce donc à ces deux journées par semaine. Concédant que cette somme dépasse, « malheureusement », ce que reçoivent bien des salariés pour un temps plein. Sur ce point, Jean-Jacques Bridey se refuse lui aussi à être précis : « Je rémunère mes collaborateurs comme je le veux et je ne donne pas les salaires », souffle-t-il, admettant simplement payer Florian Humez  » à un bon niveau ». Peu de doutes là-dessus puisque celui-ci est venu remplacer un collaborateur à temps-plein. Les deux autres collaborateurs parlementaires du député-maire, eux, sont de plus employés… à mi-temps par la mairie de Fresnes. L’élu se retrouve donc avec 9.561 euros à distribuer entre trois temps partiels. Ou quand le budget de l’Assemblée aide à militer l’esprit léger… Marianne
Des autorités judiciaires accusées de bafouer l’Etat de droit et de voler l’élection aux Français. Des journalistes hués. Mais jusqu’où est prêt à aller François Fillon pour se sauver ? Il en appelle au peuple contre le système. Les élus ? Rien à faire, le peuple est là. Le parti ? Idem… Lui, le pourfendeur de la France d’en haut ? Ne pas être énarque n’est pas un brevet d’anti-système… Quelle posture indigne pour un homme qui fait de la politique depuis 36 ans, qui a été conseiller général, maire, président de conseil général, président de région, député, sénateur, ministre… Qui est élu de l’arrondissement le plus huppé de France, le 7ème   arrondissement de Paris, après avoir abandonné sa circonscription historique dans la Sarthe  considérant qu’elle était  perdue, exfiltrant au Parlement européen son suppléant, qui avait eu la générosité d’embaucher Penelope Fillon…  Qui pratique un des sports les plus coûteux : la course automobile. Qui a, durant des années, passé des vacances dans les palais de Moubarak, chez Luca di Montezemolo, le richissime PDG de Ferrari ou dans le chalet de Courchevel de son ami et protecteur, le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière. Qui ne jure que par Arnys (6.000 euros le costume). Qui a comme proches conseillers et amis d’éminents inspecteurs des Finances reconvertis dans la finance, qu’il s’agisse de l’ex-président d’Axa, Henri de Castries ou d’Antoine Gosset-Grainville, fondateur d’un des cabinets d’affaires les plus influents de Paris. Qui a reçu des émoluments de dizaine de milliers d’euros pour ses conseils avisés. Rien de cela n’est ni interdit, ni honteux, mais alors que  François Fillon arrête de fustiger le système et de jouer au héros de la France profonde martyrisée par le microcosme. (…) Non, François Fillon n’est pas la victime d’un acharnement judiciaire. Il n’est pas rare que les puissants, quand ils sont confrontés pour la première fois à la Justice, découvrent qu’il n’y a pas d’échappatoire, que celle-ci suit son cours, quoiqu’il arrive et leur première réaction est de dénoncer une machination politico-judiciaire. La justice serait trop rapide ? Mais c’est ce que voulait François Fillon, il l’avait même réclamé et de toute façon, le Parquet national financier (PNF), créé dans la foulée de l’affaire Cahuzac, a fait de la célérité l’une de ses marques de fabrique, la justice financière étant régulièrement épinglée pour son manque de réactivité et ses délais d’enquête. Le candidat LR se plaint que la Chambre d’instruction de la cour d’appel n’ait pas accepté de statuer immédiatement sur les « irrégularités de la procédure ». Un reproche quelque peu étonnant. Durant l’enquête préliminaire, les avocats ne pouvaient pas déposer de recours. C’est la loi commune, celle du code de procédure pénale, qui s’applique à tous. C’est notamment pour cette raison que François Fillon réclamait l’ouverture d’une information judiciaire. Dès lors, ses avocats  ont le droit de contester tous les actes de l’instruction devant la Cour d’appel de Paris. Tout le reste n’est que fumée. (…) Alors, les conséquences juridiques des infractions qui lui sont reprochées sont disproportionnées ?  (…) Oui, la sanction est lourde. Mais il s’agit de la campagne présidentielle, du débat démocratique, de la France, de l’Europe… Et François Fillon  n’a cessé de prôner la probité. (…) Un dernier carré de fidèles à François Fillon est persuadé de pouvoir emporter la présidentielle en hystérisant une partie de l’électorat, en se  » trumpisant « . Même si 10.000 personnes, 30.000 personnes radicalisées et ameutées par la Manif pour tous se rendent au Trocadero, cela ne fera pas l’élection. Un noyau dur hystérique ne fait pas une élection. Et ceux qui soutiennent mordicus François Fillon, quitte à admettre un discours populiste dangereux, vont devoir réfléchir au sondage que publie Odoxa. François Fillon est donné largement battu. Il serait disqualifié au premier tour. En revanche, si François Fillon décidait finalement de renoncer, les Français comme les sympathisants de droite souhaiteraient que ce soit Alain Juppé qui le remplace (52% contre 19% pour François Baroin). Et le maire de Bordeaux arriverait en tête au premier tour ! Avec 26,5% d’intentions de vote, soit 7,5 points de plus que François Fillon. Il devancerait Macron d’1,5 point (25%) et Le Pen de 2,5 points (24%). Alors qui vole l’élection à qui ? Et au-delà, qui détruit le débat démocratique, l’image de la France? Challenges
Fillon veut «réduire l’immigration légale au strict minimum» et que le Parlement adopte chaque année des «quotas limitant le nombre d’étrangers qui pourront être admis en France, en fonction de nos besoins économiques et de nos capacités d’intégration.» Macron s’est rendu à Berlin pour y rendre un vibrant hommage à la politique d’accueil d’Angela Merkel. Rappelons que l’Allemagne a accueilli 1,1 million de demandeurs d’asile sur la seule année de 2015. L’approche de Macron est dangereuse. Concernant les propositions de François Fillon, je ferai observer, au vu de l’expérience qui a été la mienne au sein du Haut Conseil à l’intégration (HCI), que le Parlement n’est pas le mieux placé pour décider des entrées sur notre territoire. Cette décision, en raison même des conséquences sur le présent et l’avenir de la nation, doit relever du domaine réservé du chef de l’Etat. (…) Pour les citoyens, «intégration» signifie «intégration culturelle». C’est le résultat d’un processus qui conduit, lorsqu’il réussit, à l’assimilation. C’est l’appropriation des normes collectives et leur transmission à ses propres descendants. Or, Emmanuel Macron a décrété qu’«il n’y a pas de culture française». L’intégration est son angle mort, ce qui explique son positionnement par rapport à la laïcité. Manuel Valls balayé, plus aucun candidat de gauche ne porte l’exigence, incontournable pour préserver le vivre ensemble, du respect de la laïcité. François Fillon est dans une approche opposée. Référence aux valeurs, donc à l’identité française. Il évoque la nécessité de respecter le Code civil qui «fait mention à plusieurs reprises de l’exigence d’assimilation».  (…) [Macron] a précisé à plusieurs reprises avec clarté la ligne qui était la sienne: mondialiste et multiculturelle. D’où son positionnement cohérent sur les flux migratoires et la culture française: une France aux portes et fenêtres battantes placée sous le règne de la culture buffet. Chacun dépose ses plats sur la table et n’y puise que ce qui lui sied. [Sur l’Algérie] Une accusation qui alimente la bataille des mémoires et la pente victimaire. Une accusation lourde à l’encontre de la France qui se trouve invalidée dès qu’on compare la démographie algérienne entre 1930 et 1962. À l’évidence, l’objectif était de séduire une partie de l’électorat issu des anciennes colonies vibrant encore à l’unisson de la terre de ses ancêtres. Cette accusation susceptible de dresser les uns contre les autres est d’une gravité extrême à l’heure où la France se trouve en guerre, ciblée par des terroristes qui justifient leurs actes par ce qu’elle est et ce qu’elle a été. (…) Dans le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, François Hollande s’interroge: «Comment on peut éviter la partition? […] Car c’est quand même ça qui est en train de se produire: la partition.» Hollande «pense, depuis le début de l’année 2015, que le thème de l’identité sera au cœur de la prochaine échéance présidentielle.» Ma conviction est qu’aujourd’hui un certain nombre d’opérations de diversion sont mises en œuvre pour empêcher que ce thème soit versé au débat. En ce domaine, la gauche est la première responsable de la décomposition française. Malika Sorel-Sutter
Au cours de ce dernier quinquennat, la France n’a pas entrepris les réformes tant attendues. Quarante économistes avaient lancé un appel en faveur du candidat de la gauche, pour un résultat économique nul! Appel relayé avec bienveillance par la presse sans échange contradictoire possible. Le silence des «instances de contrôle» sur cette intervention partisane reste une énigme. Une fois élu, le président a laissé ses ministres et collaborateurs se déchaîner contre leurs collègues allemands, qui eux avaient réformé leur pays avec courage, détermination. Monsieur Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, n’a pas cessé de demander à la France de respecter ses engagements et de faire les réformes attendues. Il ne fait qu’exprimer le bon sens, ignoré des dogmatiques de gauche. Monsieur Schäuble n’est pas antifrançais, il a rendu un vibrant hommage à Jacques Rueff en préfaçant le livre de l’ancien rédacteur en chef de la Voix-du-Nord, Gérard Minart, «Jacques Rueff, un libéral français». Seul François Fillon parmi les candidats à l’élection présidentielle a compris le rôle que doit jouer un gouvernement pour créer un environnement propice à la croissance par une économie libérée, comme souhaité par nos partenaires européens. Il a annoncé un programme cohérent pour créer le cadre incitatif tant attendu et pour redresser impérativement notre économie. Les résultats de la primaire de la Droite et du Centre le plébiscitent, alors pour tous ses adversaires il est subitement devenu: l’homme à abattre! Depuis quatre décennies notre peuple a choisi de privilégier l’assistanat à l’effort, pensant que l’Etat n’avait qu’à redistribuer des richesses, fussent-elles éphémères ou fragiles. La France avait besoin de l’effort de tous pour plus de créativité. Les Français n’ont pas vu le danger d’affaiblir la compétitivité industrielle, déjà frappée et mise à mal par les deux chocs pétroliers. La gauche et les radicaux-socialistes préfèrent exploiter tout simplement les mouvements d’opinion. Les partis veulent conquérir le pouvoir à tout prix mais n’analysent jamais leurs erreurs. Emmanuel Macron partage la responsabilité de l’échec de l’exécutif sortant, il tente un rassemblement du peuple par l’exaltation affective tous azimuts, au milieu de nombreuses incohérences, il trouve le moyen d’insulter notre histoire. En économie, il faut comprendre que pour redistribuer quelque chose, seule la richesse créée le permet! Les politiciens aux idées de gauche méprisent les principes élémentaires de l’économie de Milton Friedman ou de Jacques Rueff. Le pragmatisme du général de Gaulle l’opposait à tout ce qui a été entrepris depuis 1981: «Les gens de gauche ont rarement de grands projets. Ils font de la démagogie et se servent des mouvements d’opinion. La gauche tire le haut de la société vers le bas, par idéal d’égalitarisme. C’est comme ça que l’on a fini dans l’abîme en 1940… Les socialistes sont d’éternels utopistes, des déphasés, des apatrides mentaux. Ils gaspillent toujours la plus grande partie des crédits. On ne les a jamais vus dépenser efficacement les crédits… Je n’aime pas les socialistes, car ils ne sont pas socialistes… parce qu’ils sont incapables, ils sont dangereux.» Le président sortant n’accepte pas l’idée que les Français se réveillent, sa gestion du pays est désavouée. Les performances économiques du pays placent la France en queue du classement européen. La Cour des Comptes n’est pas avare de critiques envers l’exécutif, le mot de Lamartine est à propos: «(…) Soit que déshérité de son antique gloire / De ses destins perdus il garde la mémoire (…)» (…) Ce n’est pas la première fois que des hommes politiques font usage de ces méthodes pour atteindre la sensibilité morale de l’électeur et orienter ou désorienter son vote au profit de leur candidat. La Ve République doit être ce que la république a toujours été, selon son fondateur: «La souveraineté du peuple, l’appel de la liberté, l’espérance de la justice.» En plébiscitant François Fillon lors de la primaire, les Français ont exprimé la force de leur raison, rien ne doit les distraire de la victoire. Arnaud Pineau-Valencienne
Macron suscite une ferveur réelle – même si elle semble faiblir. Mais il est aussi, et de plus en plus, le candidat du Parti des médias: non seulement, beaucoup de grands journaux, du Monde à l’Obs (sans oublier Marianne qui a récemment rejoint la chorale) le soutiennent, mais pas mal de ténors de la profession semblent avoir été personnellement maraboutés. Son entourage ayant refusé de nous accorder un entretien, suite à la parution sur le site Causeur.fr d’articles critiques sur lui (on est cools et ouverts mais quand même….), j’ignore si j’aurais été moi aussi touchée par la grâce. (…) Mais la possible victoire de Macron nous inquiète tous. Désolée, mais «une cuillère pour Jeanne d’Arc, une cuillère pour Steve Jobs», cela ne fait pas une vision pour la France. (…) Mais nous pensons tous que, si Fillon est battu, cela doit être à la loyale et pas au terme d’une opération de basse police politique. Quels que soient les faits qui lui sont reprochés, faits que pour ma part, je trouve assez véniels (position ultraminoritaire j’en conviens), l’alliance contre lui de juges qui se pensent investis d’une mission de purification et de journalistes qui jouent les arbitres des élégances morales me semble bien plus grave et menaçante pour nos libertés. Des documents confidentiels qui arrivent opportunément au Canard, une instruction menée à charge et au pas de charge, et dont des morceaux choisis s’étalent dans un quotidien proche du pouvoir, la mainmise sur un dossier simple du Parquet national Financier, créé pour traiter les affaires complexes (en réalité les affaires tout court) en court-circuitant le Parquet de Paris et pour finir, la nomination du juge Tournaire, pourtant déjà fort occupé avec Bygmalion -le même qui, depuis deux ans essaie de se payer Sarkozy: d’abord en 2013 avec une invraisemblable mise en examen pour «abus de faiblesse» (qui a abouti à un non-lieu), ensuite il y a quelques semaines avec une ordonnance de renvoi en correctionnelle que le juge Renaud Van Ruymbaeke, également en charge du dossier, a refusé de signer. Alors peut-être que Serge Tournaire est un magistrat très scrupuleux comme le clament ceux qui redoutent de se retrouver dans son bureau. Mais d’une part, il semble s’être donné pour mission de flinguer du politique, et d’autre part, il est tout de même étrange de nommer ce juge-là dans une affaire où la Justice devrait avoir à cœur de se montrer impartiale. «Ils n’oseront pas nommer Tournaire, ce serait un trop beau cadeau», me disait un proche du dossier il y a dix jours. Eh bien si, ils ont osé. Et au lieu de demander des comptes à ce sujet, les journalistes ânonnent le scénario concocté pour eux ailleurs. (…) Le mur des Cons, ça vous rappelle quelque chose? Cela dit, je ne crois pas qu’on ait affaire, dans le cas de Fillon, à des juges rouges ou à la botte du pouvoir. C’est pire: on dirait qu’ils sont en croisade et que l’idée d’intervenir dans le jeu politique ne les dérange pas du tout. En prime, ils sont du genre susceptible, presque autant que les journalistes. Il paraît que critiquer ces deux corporations, c’est attaquer la démocratie, la bonne blague. Voilà qui est bien pratique pour faire taire toute dissidence. Fillon a osé les attaquer frontalement. Ils ne le lui pardonneront pas. Certains journalistes sont aujourd’hui ivres de haine. Cela fait cinq semaines qu’ils répètent sur tous les tons qu’il ne peut pas tenir et il est encore là? Quel odieux crime de lèse-médias! Eh bien moi, pour cela, je suis prête à beaucoup lui pardonner – y compris d’avoir appuyé lui-même sur le bouton «vertu» avec, en prime, une grande inélégance à l’endroit de Nicolas Sarkozy. Je ne sais pas du tout s’il pourra tenir malgré la vague de défections – il y a des gens avec qui on ne partirait pas à la guerre… Mais s’il doit se retirer cela signifiera qu’une sorte de putsch médiatico-judiciaire a réussi à plomber l’élection présidentielle plus sûrement qu’une armée de trolls russes. (…) Du reste, si Macron était seulement un nouveau Hollande, il serait sans doute moins haut dans les sondages. En réalité, Macron, c’est un produit classique dans un emballage nouveau: il est à la fois un héritier fidèle du hollandisme et un OVNI politique. On connaît sa ligne économique: plus d’Europe, plus de mondialisation, et à l’intérieur plus de libéralisme et l’intégration des banlieues par l’ubérisation. Du Terranova réactualisé, en somme. Si nous avons choisi, pour la «une», cet angle d’attaque plutôt que son genre «Prophète de bonheur» (ou petit joueur de flûteau d’Amiens…), c’est pour dévoiler une entourloupe. Macron essaie de faire croire qu’il sort de nulle part alors qu’il possède l’un des carnets d’adresse les plus fournis de Paris (ce qu’il doit au demeurant à ses multiples talents) ; il prétend être porteur d’une rupture, voire de plusieurs révolutions (comme le suggère le titre de son livre) alors qu’il n’a aucunement l’intention de rompre avec les grandes orientations des quarante dernières années ; il pense qu’il n’y a pas de culture française, mais une culture en France, et aussi que notre pays est structurellement coupable: c’est l’une des opinions les plus communes dans la famille politique dont il vient. Finalement, Macron, c’est du vieux avec du neuf. (…) Peut-être que François Hollande, qui est d’une autre génération et qui a quarante ans de PS derrière lui, n’irait pas jusque-là, mais dans l’ensemble, les orientations de Macron sont celles qu’il aurait pu adopter s’il n’avait pas eu le boulet PS au pied. Sur le plan politique, Macron est en quelque sorte un Hollande accompli, un Hollande libéré. (…) Soyons honnêtes: on en a pas mal de signes, dont je donne des exemples, mais aucune preuve. Cela dit, cela serait au moins une preuve de cohérence idéologique de la part du président. Tout le monde pense que ce serait une transgression de sa part de ne pas donner son soutien à Benoît Hamon. Mais pourquoi choisirait-il la fidélité boutiquière (et à une boutique qui lui a pourri la vie depuis cinq ans) plutôt que la fidélité idéologique? (…) Macron n’a pas été fabriqué par les médias, mais peut-être est-il la quintessence parfaite d’un certain esprit du temps: c’est Homo Festivus qui a fait l’ENA! (…) C’est un élément de nouveauté: en transcendant le clivage droite-gauche, Macron espère fédérer le bloc central de la société française qui est aujourd’hui coupé en deux politiquement, alors qu’il a des intérêts communs. Le projet de Chevènement était en quelque sorte symétrique: lui aussi voulait casser le clivage droite-gauche, mais pour redonner de la voix à cette France oubliée qu’on n’appelait pas encore périphérique, cette France des classes populaires d’avant qui n’apparaît décidément pas dans le radar high-tech d’Emmanuel Macron. Hervé Algalarrondo, qui voit encore en lui le meilleur espoir de la gauche raisonnable, redoute qu’au lieu de réconcilier toutes les France, comme il l’a promis, Macron ne se soucie que des «France du politiquement correct» – les bobos et les immigrés pour faire court. Bref, malgré ses manières de télévangéliste et ses exhortations à nous aimer les uns les autres, on peut craindre qu’il n’aggrave les fractures françaises. [ses déclarations sur la guerre d’Algérie et sur l’inexistence de la culture française] révèlent une idée de la France qui, pour le coup, est en rupture avec toute notre histoire et qui est, en outre, en train de nous emmener dans le mur. (…) Précisons que le multiculturalisme ne réside pas dans la coexistence de plusieurs cultures -qui est une donnée -, mais dans les modalités de cette coexistence. Macron, ce n’est pas l’identité heureuse, c’est l’identité à la carte. Et sa façon de draguer le vote immigré n’est pas très reluisante. Alors qu’il faudrait appeler tous les Français, quelle que soit leur origine, à retrouver le sens profond de la République, avec ses déclarations, tant sur l’Algérie que sur l’inexistence de la culture française, Macron adresse un message aux enfants d’immigrés: surtout ne faites aucun d’effort d’adaptation, ne changez rien, venez comme vous êtes. Alain Finkielkraut rappelle que la France n’est pas un open-space. Elle n’est pas non plus un McDonalds! Elisabeth Lévy
Le match laissera des traces, et ceux qui se déplaceront dimanche, place du Trocadéro, voteraient-ils Juppé dans cinquante jours?  La vérité est qu’une fois encore les représentants de la droite et du centre pensent que leur électorat leur appartient. Ils oublient que les élus n’ont jamais été aussi éloignés idéologiquement d’une grande partie de leurs électeurs. Une phrase répétée depuis deux jours par les partisans d’Alain Juppé en témoigne. C’est la suivante: «Le danger Marine Le Pen se fait de plus en plus précis.» Les études d’opinion confirment ce constat. En revanche, on comprend mal comment une candidature d’Alain Juppé parviendrait à contenir ce danger. À l’inverse, elle pourrait même provoquer l’hémorragie d’une large partie de l’électorat conservateur vers le FN (qui semble avoir mieux analysé la primaire de la droite que la droite elle-même). Quant au centre droit favorable à un modèle libéral-libertaire tempéré, il risque de préférer le sourire éclatant du «chérubin d’En marche!» (Pascal Bruckner) à l’austérité heureuse du maire de Bordeaux. Vincent de Tresmolets
Il y a plusieurs paramètres à prendre en considération : le délai de mobilisation, la motivation des troupes, et d’autres paramètre sur lesquels les organisateurs ont plus ou moins de prise : la date, l’actualité à l’instant T, le lieu, la météo, etc. C’est tout un environnement qu’il faut prendre en compte, susciter, voire créer, de toute pièce. Les aléas sont nombreux : une averse peut décourager les familles à descendre dans la rue et diminuer par deux le nombre de manifestants. Une bonne organisation consiste avant tout à diminuer au maximum les risques. (…) Contrairement à certaines idées reçues, on ne descend pas dans la rue « pour » quelque chose, mais « contre ». Trois motifs peuvent conduire les gens à descendre massivement dans la rue : la remise en cause d’un intérêt personnel ou catégoriel ; l’émotion comme lors des marches blanches ; et la contestation, le refus catégorique voire l’exaspération face à un projet ou un événement. On observe depuis plusieurs mois dans cette campagne des rebondissements en série qui vont au-delà de  « House of cards » : la réalité dépasse la fiction. Rien n’est acquis. Tout peut arriver.  Il en va de même de l’issue de ce week-end où tout est possible. (…)Elle joue un rôle clé pour réussir une mobilisation massive. Qui est l’organisateur ? Quels sont les porte-paroles ? Quelle sera l’ambiance ? Quel est l’objectif ? Est-il atteignable ? Autant de questions dont les réponses doivent être claires dans l’esprit du public espéré. Il faut en faire l’événement où il faut être, « the place to be ». Dans ce domaine, la multiplicité des appels à manifester contribue à créer une dynamique. Lors de toutes les manifs pour tous, on a pu noter que la plupart des manifestants avaient reçu l’appel à battre le pavé de notre part, mais aussi de leurs amis, de leur famille, de leurs réseaux…. L’un des enjeux pour tout organisateur de manifestation est la viralité. Elle est amplifiée par une visibilité médiatique forte. En clair, il faut créer l’événement ! Il faut chercher le buzz. Le traitement par les chaines d’information en continu est un baromètre. Elles peuvent faire, volontairement ou involontairement, le succès d’une mobilisation. L’expérience montre qu’à trop en faire contre une cause ou un public, ils peuvent réveiller chez certains l’envie de descendre dans la rue. (…) Selon moi, les gens qui seront présents dimanche auront fait le déplacement avant tout pour des raisons de fond ; leur motivation n’est pas dans la défense de la personne de François Fillon, mais bien dans le soutien à son programme de droite tel qu’il a été présenté et plébiscité par les électeurs de la primaire. Ceux qui viendront au Trocadéro seront donc aussi là pour manifester leur refus d’un changement de candidat et donc de programme. Ils entendront affirmer leur attachement à un socle de valeurs. J’ajoute que le succès d’une manifestation repose sur de multiples facteurs. Si le nombre de manifestants est un indicateur, il n’est pas le seul. La détermination et l’enthousiasme en sont d’autres. Le défi à relever par François Fillon est simple : il doit réussir à transformer une foule de manifestants en une immense équipe de campagne. Albéric Dumont

Attention: un coup de force peut en cacher un autre !

A l’heure où l’on apprend qu’une Administration Obama qui avait passé dans l’indifférence générale sa première campagne électorale en pourparlers secrets avec un Iran complice des attentats du 11/9 …

Et été surprise lors de la seconde à faire passer des messages secrets à son homologue russe …

A aussi passé ses derniers mois à la Maison Blanche à écouter les communications de son successeur …

Et que fidèles à leur réputation de droite la plus bête du monde de ce côté-ci de l’Atlantique …

La plupart des pontes du parti républicain ou du centre abandonnent le navire …

Quand ils ne font pas de plateau en plateau campagne contre leur propre candidat …

Ou avec l’identité heureuse à la Juppé, tentent d’ajouter au hold up judiciaire et médiatique

Le casse politique d’une véritable alternance aux demies mesures socialistes incarnées par le chérubin et faux nez hollandais de l’austérité heureuse …

Sans parler pour l’autre candidate qui dérange du parti des bonnes questions et des mauvaises solutions …

D’une improbable et étonnamment opportune, à quelques semaines de l’élection, demande de levée d’immunité parlementaire européenne …

Pour trois photos de l’Etat islamique destinées à montrer ce qu’étaient vraiment des exactions à un prétendu journaliste qui s’était permis de comparer son parti à la barbarie djihadiste …

Comment ne pas voir contre les cris d’orfraie et l’étrange unanimité de nos médias et politiques réunis …

Les mêmes qui avaient laissé, sans compter les manifestations anti-Israël aux cris de mort au juif sous les drapeaux du djihad, des militants souvent violents squatter pendant des mois la place de la République à Paris …

La nécessité de la mobilisation de demain au Trocadéro …

Et à défaut d’un large sursaut comme pour l’élection de Trump avant lui dans l’isoloir des vrais patriotes …

La nouvelle catastrophe, entre votes Macron pour la sécurité ou FN pour l’économie, qui se profile pour l’avenir de notre pays ?

Albéric Dumont : « Fillon n’a pas d’autre choix que d’assumer ses valeurs de droite s’il veut réussir le pari du Trocadéro »
Valeurs actuelles

3 mars 2017

La Manif pour Tous. Accusée à tort de gérer le rassemblement prévu ce dimanche au Trocadéro pour soutenir François Fillon, La Manif pour Tous a cependant une grande expérience dans l’organisation de ce genre d’événements. Son vice-président, Albéric Dumont, estime que pour réussir son pari, François Fillon doit impérativement assumer devant ses troupes ses valeurs de droite, et fixer un objectif clair à la mobilisation.

Valeurs actuelles. Au printemps 2013, vous avez organisé les plus importantes manifestations de la Ve République, réunissant jusqu’à 1,4 million de personnes pour défendre le mariage, la filiation et la famille. Lors de tous les événements publics de La Manif Pour Tous, vous assurez la direction des opérations. Alors que l’équipe de campagne de François Fillon a annoncé il y a deux jours une manifestation dimanche prochain, pensez-vous possible de réussir une mobilisation massive dans un délai aussi court ?

Albéric Dumont. D’expérience, toute manifestation comporte naturellement une prise de risque. Il y a plusieurs paramètres à prendre en considération : le délai de mobilisation, la motivation des troupes, et d’autres paramètres sur lesquels les organisateurs ont plus ou moins de prise : la date, l’actualité à l’instant T, le lieu, la météo, etc. C’est tout un environnement qu’il faut prendre en compte, susciter, voire créer, de toute pièce. Les aléas sont nombreux : une averse peut décourager les familles à descendre dans la rue et diminuer par deux le nombre de manifestants. Une bonne organisation consiste avant tout à diminuer au maximum les risques.

VA. Quels sont les moteurs d’une telle mobilisation ?

Contrairement à certaines idées reçues, on ne descend pas dans la rue « pour » quelque chose, mais « contre ». Trois motifs peuvent conduire les gens à descendre massivement dans la rue : la remise en cause d’un intérêt personnel ou catégoriel ; l’émotion comme lors des marches blanches ; et la contestation, le refus catégorique voire l’exaspération face à un projet ou un événement. On observe depuis plusieurs mois dans cette campagne des rebondissements en série qui vont au-delà de  « House of cards » : la réalité dépasse la fiction. Rien n’est acquis. Tout peut arriver.  Il en va de même de l’issue de ce week-end où tout est possible.

VA. Alors qu’une large partie des médias et des personnalités politiques parlent négativement de ce rassemblement anti-coup d’Etat des juges, quel est l’impact de la communication de l’équipe Fillon ?

Elle joue un rôle clé pour réussir une mobilisation massive. Qui est l’organisateur ? Quels sont les porte-paroles ? Quelle sera l’ambiance ? Quel est l’objectif ? Est-il atteignable ? Autant de questions dont les réponses doivent être claires dans l’esprit du public espéré. Il faut en faire l’événement où il faut être, « the place to be ». Dans ce domaine, la multiplicité des appels à manifester contribue à créer une dynamique. Lors de toutes les manifs pour tous, on a pu noter que la plupart des manifestants avaient reçu l’appel à battre le pavé de notre part, mais aussi de leurs amis, de leur famille, de leurs réseaux….

L’un des enjeux pour tout organisateur de manifestation est la viralité. Elle est amplifiée par une visibilité médiatique forte. En clair, il faut créer l’événement ! Il faut chercher le buzz. Le traitement par les chaines d’information en continu est un baromètre. Elles peuvent faire, volontairement ou involontairement, le succès d’une mobilisation. L’expérience montre qu’à trop en faire contre une cause ou un public, ils peuvent réveiller chez certains l’envie de descendre dans la rue.

VA. Quels sont les facteurs qui, dans la dernière ligne droite, peuvent faire basculer ce rassemblement dans la catégorie des moments forts de la campagne, avec une mobilisation réussie?

Dans le cas précis de la manifestation de dimanche, certaines conditions sont déjà réunies : il y a un enjeu politique évident et une médiatisation importante. Mais il  reste un élément clé : il faut que la raison qui justifie l’effort de manifester soit claire et qu’elle rejoigne les aspirations profondes des manifestants potentiels. Seul un retour aux fondamentaux qui ont fait le succès écrasant de François Fillon à la primaire peut servir de déclic pour une mobilisation massive lui permettant de poursuivre sa campagne. Il n’a d’autre choix que d’assumer les valeurs qu’il a défendues lors de la primaire. Celles-ci doivent être réaffirmées par lui-même, ses soutiens et largement relayées par ses équipes d’ici dimanche. Il reste encore quelques heures.

Selon moi, les gens qui seront présents dimanche auront fait le déplacement avant tout pour des raisons de fond ; leur motivation n’est pas dans la défense de la personne de François Fillon, mais bien dans le soutien à son programme de droite tel qu’il a été présenté et plébiscité par les électeurs de la primaire. Ceux qui viendront au Trocadéro seront donc aussi là pour manifester leur refus d’un changement de candidat et donc de programme. Ils attendront que soit affirmé l’attachement à un socle de valeurs. J’ajoute que le succès d’une manifestation repose sur de multiples facteurs. Si le nombre de manifestants est un indicateur, il n’est pas le seul. La détermination et l’enthousiasme en sont d’autres. Le défi à relever par François Fillon est simple : il doit réussir à transformer une foule de manifestants en une immense équipe de campagne. C’est ce qui permettra de dire dimanche soir si son pari est réussi.

Voir aussi:

Affaire Fillon, «plan B», retour de Juppé : le chemin de croix des électeurs de droite
Vincent Tremolet de Villers
Le Figaro
03/03/2017

FIGAROVOX/ANALYSE- Alors que les démissions se multiplient autour de François Fillon, nombre de poids lourds et militants de droite se tournent vers Alain Juppé. Au risque d’oublier que pour les électeurs de la primaire, les candidats comme les programmes ne sont pas interchangeables.


Vincent Tremolet de Villers est rédacteur en chef des pages Débats/opinions du Figaro et du FigaroVox


«Pour 2 euros, t’as plus rien!»Cette réflexion prosaïque hante les esprits d’une large partie du peuple de droite. Que peuvent penser d’autre les électeurs de la primaire devant leurs élus qui, de plateau en plateau, font campagne contre leur propre candidat? Sont-ils dupes une fois encore de l’invocation des grands principes au nom des petits intérêts? Comprennent-ils qu’un perdant à la primaire qui a rallié François Fillon fasse désormais campagne pour le finaliste malheureux de cette élection? Qu’un ancien secrétaire généralde l’Élysée, qui citait Rimbaud quand les juges s’approchaient trop près de Jacques Chirac, rejoigne ce mouvement abracadabrantesque?

Qu’un candidat susceptible d’être mis en examen pour emploi fictif soit remplacé par un autre condamné pour les mêmes motifs?

On serait découragé pour moinsque ça. D’autant que ce bon électeur a dû supporter une à une les révélations sur François Fillon, son épouse, ses enfants. Les déclarations contradictoires sur la justice qui «doit faire vite» et qui désormais va trop vite. Les promesses de renoncement en cas de mise en examen avant de renoncer au renoncement…

C’était une élection imperdable, elle tourne au chemin de croix. Hollande qui a tout raté se pavane, son disciple Macron marche sur l’eau: on comprendrait que LR installe des cellules de soutien psychologiques dans toutes les fédérations.

Pourtant, une partie importante de l’électorat de droite continue de croire que François Fillon peut être l’instrument de l’alternance. Le champion d’hier n’avance plus. Il tient debout, péniblement, comme un pénitent, mais son discours parvient encore à saisir les ressorts de l’inconscient collectif de ses électeurs. Les politiques, comme nombre de commentateurs, semblent oublier que les candidats ne sont pas interchangeables, surtout quand leurs lignes sont opposées. On invoque les bons sondages d’Alain Juppé, on oublie qu’ils étaient excellents avant la primaire et que le mairede Bordeaux, qui devait triomphalement l’emporter, n’a réuni sur son nom que 35 % des votants du deuxième tour (chiffre qu’il faut réduire à 25 %, selon Jérôme Fourquet, si l’on écarte les électeurs de gauche venus voter à la primaire de la droite). Certes, ce n’est pas le même électorat, mais on imagine mal Alain Juppé prononcer le discours vigoureusement à droite que les militants des Républicains ont applaudi à tout rompre, à Nîmes, jeudi soir. On imagine encore moins le défenseur de l’identité heureuse se faire le porte-voix de l’inquiétude de la dépossession. Il a toujours fait le choix de la bienveillance médiatique, quand Fillon s’est fait l’écho de la défiance de ses électeurs pour le «parti des médias». Ce sont tous ces thèmes qui, dans les meetings du candidat, font s’agiter les drapeaux tricolores.

Enfin, la mêlée éprouvante qui oppose le pack des Fillonistes et le reste du personnel politico-médiatique divise les gradins depuis des semaines. Le match laissera des traces, et ceux qui se déplaceront dimanche, place du Trocadéro, voteraient-ils Juppé dans cinquante jours?

La vérité est qu’une fois encore les représentants de la droite et du centre pensent que leur électorat leur appartient. Ils oublient que les élus n’ont jamais été aussi éloignés idéologiquement d’une grande partie de leurs électeurs. Une phrase répétée depuis deux jours par les partisans d’Alain Juppé en témoigne. C’est la suivante: «Le danger Marine Le Pen se fait de plus en plus précis.» Les études d’opinion confirment ce constat. En revanche, on comprend mal comment une candidature d’Alain Juppé parviendrait à contenir ce danger. À l’inverse, elle pourrait même provoquer l’hémorragie d’une large partie de l’électorat conservateur vers le FN (qui semble avoir mieux analysé la primaire de la droite que la droite elle-même). Quant au centre droit favorable à un modèle libéral-libertaire tempéré, il risque de préférer le sourire éclatant du «chérubin d’En marche!» (Pascal Bruckner) à l’austérité heureuse du maire de Bordeaux.

Entre le protectionnisme intégral du FN et le libéralisme intégral de Macron subsiste un espace étroit (mais peut-être suffisant pour atteindre le second tour) pour un camp libéral-conservateur. Fillon en a été le représentant presque malgré lui. Il brouille aujourd’hui ce message par ses ennuis personnels, il est peu audible, certes, mais, dans cette campagne, qui peut tenir cette ligne? La sacrifier, c’est installer durablement la bipolarisation Le Pen-Macron.

Voir également:

Rassemblement du Trocadero: qui viendra à la recousse de Fillon, qui ne viendra pas?

François Fillon compte réunir des dizaines de milliers de militants ce dimanche. Mais il ne devrait pas y avoir beaucoup de cadres Républicains

Alexandre Boudet
HuffPost
04/03/2017

POLITIQUE – Combien seront-ils? Des dizaines de milliers, peut-être même 100.000 espère le camp Fillon. Combien de cadres seront là? Nettement moins. S’il compte sur « la base militante » pour tenir bon, l’ancien premier ministre doit faire face à la défection des cadres du parti Les Républicains. Et même parmi ceux qui le soutiennent encore, la manifestation prévue ce dimanche au Trocadéro est loin de faire l’unanimité.

Ce rassemblement qui sera la nouvelle rampe de lancement de sa campagne ou son baroud d’honneur a semé le trouble dès qu’il a été annoncé mercredi, notamment en raison d’un mot d’ordre très flou et des réseaux très conservateurs qui ont été mobilisés. Conséquence: on n’a pas du mal à savoir qui sera aux côtés de l’ancien premier ministre.

Parmi les ténors Républicains on peut faire ressortir trois catégories: ceux qui ont lâché François Fillon et voient dans ce rassemblement quelque chose de dangereux, ceux qui soutiennent encore le vainqueur de la primaire mais déplorent la tenue du meeting et ceux qui seront aux côtés du député de Paris.

Pour eux, le rassemblement a été la goutte d’eau

À l’annonce du meeting qui a eu lieu dans la foulée de la conférence de presse de François Fillon mercredi, le mot d’ordre du rassemblement a ébranlé la droite. Cette manifestation serait l’occasion pour le peuple de droite de dire sa colère vis-à-vis des juges et des médias qui nourriraient un complot visant à abattre le candidat; les propos sévères tenus jeudi lors d’un meeting à Nîmes ont renforcé cette idée.

Même si depuis, l’ancien premier ministre a adouci son propos et même si son camp évoque désormais un rassemblement de soutien à François Fillon, le mal a été fait. À l’image de Dominique Bussereau ou Pierre-Yves Bournazel, les juppéistes considèrent que la manifestation « fait le jeu du populisme » et qu’elle est donc une mauvaise idée. Après avoir lâché le candidat, ils continuent d’appeler les électeurs de droite à ne pas s’y rendre.

« Comment restaurer l’autorité de l’Etat en critiquant la justice. Ce n’est pas en faisant venir des cars qu’on va changer le destin du pays », dit aussi le lemairiste Franck Riester. Même chose pour Nadine Morano qui a commencé par dire que l’événement est une mauvaise idée avant de claquer finalement la porte. Le sarkozyste Georges Fenech craint pour sa part des affrontements au Trocadero.

Ils ne l’ont pas (encore) lâché mais n’y seront pas

Christian Estrosi est de ceux-là. Dans une interview à Nice Matin, le président LR de Paca ne demande pas encore à François Fillon de se retirer. Il l’invite cependant à renoncer au meeting de dimanche pour deux raisons: « Il apparaît clairement que La manif pour tous et Sens commun sont en première ligne dans l’organisation de cette manifestation, et cela me gêne », dit d’abord l’ancien maire de Nice. « Ce rendez-vous donne l’impression d’un défi aux institutions de notre pays. Après avoir pris la défense des policiers, je ne souhaite pas que l’on crée artificiellement des conditions susceptibles de générer des tensions », ajoute-t-il.

« On ne fait pas campagne contre les juges », explique pour sa part Jean-Frédéric Poisson qui invite les militants de son mouvement (Le Parti chrétien démocrate) à ne pas se rendre au Trocadéro même s’il garde encore personnellement son soutien au candidat. « C’est une mauvaise idée », a également confié l’entourage de NKM à BFMTV; si plusieurs de ses proches ont lâché le candidat, elle le soutient toujours officiellement. Même ligne chez Jean-François Copé. Quant à Xavier Bertrand, il passera son dimanche dans sa région des Hauts-de-France plutôt qu’au Trocadéro. Idem pour le filloniste de la première heure Gérard Larcher qui sera dans les Yvelines, ou Valérie Pécresse.

Les derniers fidèles qui seront là

Autour du candidat, il ne reste que sa garde historique de fidèles incarnée par le sénateur de Vendée Bruno Retailleau ou les députés Valérie Boyer, Jérôme Chartier et Lionel Tardy. Ils seront présents au Trocadéro tandis que son futur ex-directeur de campagne Patrick Stefanini reste l’organisateur de la manifestation avant de céder sa place.

Mais finalement François Fillon compte surtout sur la société civile pour montrer qu’il est soutenu; c’est d’ailleurs le président de ce comité de la société civile (l’ancien patron de Numéricable Pierre Danon) qui pilote la mobilisation. Cela s’incarnera aussi pas la présence de tous les cadres de Sens Commun (l’émanation de La Manif pour tous chez les Républicains) à commencer par son président Christophe Billan ou sa porte-parole Madeleine de Jessey.

Un rassemblement, des risques de débordements?

L’une des craintes de la droite est que l’événement donne lieu à des débordements. Pour l’éviter, l’organisateur Pierre Danon explique qu’il ne s’agit pas d’une manifestation mais un rassemblement. « C’est ni plus ni moins qu’un grand meeting en plein air », confirme au HuffPost le président de Sens Commun Christophe Billan. Pour sécuriser le périmètre, les équipes de François Fillon disent avoir prévu un contingent important de forces de sécurité avec des filtrages aux abords du parvis des droits de l’Homme. On a interdit toutes les pancartes. Comme ça on est sûr qu’il n’y aura pas de débordements. La seule chose que l’on a autorisée, ce sont les drapeaux bleu – blanc – rouge », dit encore sur France Info Pierre Danon.

Voir encore:

François Fillon et le grand bal des Tartuffes

Eloïse Lenesley
Le Figaro

01/03/2017

FIGAROVOX/TRIBUNE- François Fillon maintient sa candidature à la présidentielle, mais certains de ses soutiens l’abandonnent. Pour Eloise Lenesley, cet acharnement judiciaire montre que tout a été fait pour abattre le candidat dans sa course à l’Élysée.

Journaliste, Éloïse Lenesley collabore notamment à Causeur.


Il a dit non. Non au renoncement, non à l’acharnement judiciaire, non au diktat des médias qui exhibent à foison des pièces d’un dossier résolument à charge au mépris de la présomption d’innocence. Non à ceux qui cherchent à l’abattre depuis que les primaires l’ont mis sur orbite. François Fillon est entré en résistance et appelle les électeurs à faire bloc. «Je ne reconnais pas les faits. Je n’ai pas détourné d’argent public. Je n’ai pas été traité en justiciable comme les autres», martèle-t-il avec une âpre détermination.

François Fillon a bénéficié, comme tant d’autres, d’un mode de fonctionnement inéquitable, incroyablement opaque, lui permettant d’employer des proches comme attachés parlementaires sans avoir de comptes à rendre ou presque sur leur salaire (plafonné à la moitié de l’enveloppe globale) et la nature de leur travail. Parce qu’il est devenu, du jour au lendemain, le favori de la présidentielle et qu’il a axé sa campagne sur la probité, de telles pratiques ont choqué, à juste titre. Mais il a payé pour tous les autres. Ceux qui avaient piqué dans la caisse, qui avaient nié leur évasion fiscale les yeux dans les yeux ou qui, simplement, s’étaient autoproclamés exemplaires alors qu’ils claquaient 10 000 euros par mois pour se faire shampouiner aux frais du contribuable. Dans une France qui totalise plus de six millions de chômeurs, près de neuf millions de pauvres et soixante-six millions de désenchantés, les petits arrangements comme les grosses arnaques ne passent plus. «Au début de l’année 2016, un député sur six employait parmi ses collaborateurs un membre de sa famille», rappelle pourtant René Dosière. Au-delà de cette dimension «morale», François Fillon a aussi essuyé les plâtres d’un projet sans doute mal ficelé, jugé par une partie de l’opinion trop libéral, trop imprécis et préjudiciable à la Sécurité sociale.

En charge du dossier, le Parquet national financier a finalement ouvert une information judiciaire, de crainte que l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi ne prescrive les faits reprochés à François Fillon. Preuve que les éléments n’étaient sans doute pas si solides, en dépit du déchaînement médiatique qu’ils ont suscité. Trois juges d’instruction ont ainsi hérité de l’affaire, dont l’intraitable Serge Tournaire, réputé pour son intransigeance et sa ténacité, décrit par ses contempteurs comme «un type techniquement très compétent, avec une épouvantable mentalité d’inquisiteur». Nicolas Sarkozy peut en attester: c’est lui qui a décidé de le mettre en examen, dans le cadre du financement de sa campagne de 2012, contre l’avis de ses collègues Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loir. C’est encore lui qui a récemment tranché, dans l’affaire Bygmalion, pour son renvoi en correctionnelle, là aussi malgré le désaccord de Van Ruymbeke. On murmure que l’ambiance ne serait pas à la franche camaraderie entre les deux juges.

Et là, patatras, le candidat des Républicains se voit convoqué le 15 mars prochain en vue d’une mise en examen. Soit deux jours avant la date limite des dépôts de candidature pour la présidentielle. C’est fou ce que la justice française a fait comme progrès en termes de vélocité ces dernières semaines. Enfin, pas pour tout le monde. Personne n’a eu l’idée de venir enquiquiner François Bayrou, dont la secrétaire particulière a, pendant cinq ans, «été payée par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européens», révélait en 2015 Corinne Lepage dans son livre Les mains propres. En revanche, le Parlement européen semble très enclin à lever l’immunité de Marine Le Pen pour une ridicule histoire de tweets: l’eurodéputée frontiste avait eu l’outrecuidance de poster des visuels de crimes barbares de l’État islamique. Un dénouement qui surgit décidément à point nommé, pour une enquête ouverte en France en …2015. Faute de pouvoir la coincer sur les emplois présumés fictifs de ses assistants parlementaires, on fait avec ce qu’on a sous le coude.

Personne n’a eu la curiosité d’enquêter sur la fortune d’Emmanuel Macron qui, comme le résume le blog d’Olivier Berruyer les-crises.fr, a omis de déclarer son ISF à plusieurs reprises, a engrangé plus de 3,3 millions d’euros de revenus en six ans, et dispose de 266 000 euros de liquidités. De même, quand l’ouvrage Dans l’enfer de Bercy, des journalistes Marion L’Hour et Frédéric Says, mentionne qu’à son départ de Bercy en août dernier, il avait utilisé «à lui seul 80 % de l’enveloppe annuelle des frais de représentation accordée à son ministère» beaucoup se demandent en vain si cet argent n’a pas servi à mettre sur pied son mouvement. Mais le vibrionnant énarque «en marche» est le candidat des médias et des milieux financiers. Pas touche.

De telles inégalités de traitement laissent perplexe voire amer. «La justice est en train d’aller dans le mur», redoute Bernard Debré, fervent soutien de l’ex-premier ministre, qui parle, lui, d’un «assassinat politique» et d’un «État de droit violé». Comment ne pas lui donner raison, au vu de cette subite avalanche de procédures, d’accusations, de harcèlements, qui semblent n’avoir pour objectif que de confisquer le libre arbitre des votants, de jeter le trouble pour saborder tout discernement dans une course à l’Élysée de plus en plus abracadabrantesque, dont on voudrait nous imposer l’issue. François Fillon s’en remet au peuple, au fameux bon sens populaire. Le pari est risqué mais courageux. La posture se veut gaulliste pour remobiliser les troupes. Quelques rats s’empressent déjà de quitter le navire ; les fidèles, eux, devront faire bonne figure et «résister» aux intempéries. Il y a quelque chose de sacrément pourri dans les institutions françaises. Les voix de la démocratie auront le dernier mot.

Voir de même:

Malika Sorel-Sutter «Fillon veut continuer la France quand, pour Macron, la culture française n’existe pas»
Alexandre Devecchio
Le Figaro

04/03/2017

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN- Malika Sorel-Sutter compare les programmes des deux candidats en matière d’éducation, d’immigration et d’intégration. Selon elle, Fillon défend l’héritage culturel national tandis que Macron rêve d’une « France aux portes et fenêtres battantes ».

Ingénieur de l’École polytechnique d’Alger, diplômée de Sciences Po Paris, Malika Sorel est ancien membre du Haut Conseil à l’intégration, institution rattachée au Premier ministre. Elle est l’auteur de Décomposition française (éd. Fayard, 2015) qui a reçu le prix «Honneur et Patrie» des Membres de la Société de la Légion d’honneur et qui vient de paraître en édition «poche».


FIGAROVOX.- Quelles sont les orientations de Macron et Fillon à propos des questions régaliennes et culturelles, en particulier concernant la question de l’intégration?

Malika SOREL-SUTTER.- Avant l’intégration, il convient d’aborder l’immigration. Fillon veut «réduire l’immigration légale au strict minimum» et que le Parlement adopte chaque année des «quotas limitant le nombre d’étrangers qui pourront être admis en France, en fonction de nos besoins économiques et de nos capacités d’intégration.» Macron s’est rendu à Berlin pour y rendre un vibrant hommage à la politique d’accueil d’Angela Merkel. Rappelons que l’Allemagne a accueilli 1,1 million de demandeurs d’asile sur la seule année de 2015. L’approche de Macron est dangereuse. Concernant les propositions de François Fillon, je ferai observer, au vu de l’expérience qui a été la mienne au sein du Haut Conseil à l’intégration (HCI), que le Parlement n’est pas le mieux placé pour décider des entrées sur notre territoire. Cette décision, en raison même des conséquences sur le présent et l’avenir de la nation, doit relever du domaine réservé du chef de l’Etat.

Venons-en à l’intégration. Pour les citoyens, «intégration» signifie «intégration culturelle». C’est le résultat d’un processus qui conduit, lorsqu’il réussit, à l’assimilation. C’est l’appropriation des normes collectives et leur transmission à ses propres descendants. Or, Emmanuel Macron a décrété qu’«il n’y a pas de culture française». L’intégration est son angle mort, ce qui explique son positionnement par rapport à la laïcité. Manuel Valls balayé, plus aucun candidat de gauche ne porte l’exigence, incontournable pour préserver le vivre ensemble, du respect de la laïcité. François Fillon est dans une approche opposée. Référence aux valeurs, donc à l’identité française. Il évoque la nécessité de respecter le Code civil qui «fait mention à plusieurs reprises de l’exigence d’assimilation». Il lui reste à en tirer les conséquences. La démocratie suppose l’existence d’un corps politique. Or, citoyenneté et identité ont été dissociées. Elles doivent de nouveau coïncider. Il est aujourd’hui bien plus aisé d’obtenir la nationalité française qu’un titre de séjour. C’est une hérésie.

Le programme de Macron reste flou. A-t-il réellement une ligne définie sur ces questions?

Son programme n’est ni flou ni inconnu. Il a précisé à plusieurs reprises avec clarté la ligne qui était la sienne: mondialiste et multiculturelle. D’où son positionnement cohérent sur les flux migratoires et la culture française: une France aux portes et fenêtres battantes placée sous le règne de la culture buffet. Chacun dépose ses plats sur la table et n’y puise que ce qui lui sied.

Existe-t-il également un vrai clivage en matière d’éducation?

Ils se rejoignent dans la prise de conscience que la réussite ou l’échec scolaire se jouent très tôt. Mais ni l’un ni l’autre n’identifient les vraies sources de ce drame. Et, en effet, cela se joue dès la maternelle, en grande partie au travers du dictionnaire de mots maîtrisés par le jeune enfant ainsi que par l’attitude des parents vis-à-vis de la culture de l’école. Vont-ils l’accompagner ou, sans le vouloir, entraver les enseignants dans leur mission en raison de l’existence de problèmes de «compatibilité culturelle entre l’école et la maison» (voir le rapport Bentolila de 2007)?

Concernant leurs programmes, je distingue deux volets: la transmission culturelle et la pure gestion. Dans le premier, il n’y a guère de point commun entre les deux candidats, et pour cause. Pour l’un, la culture française n’existe pas, quand l’autre s’inscrit dans une volonté de continuer la France d’un point de vue culturel. Par contre, tous deux prônent une plus grande autonomie du système éducatif, pensant – à tort – que là réside l’un des principaux remèdes à la régression scolaire. Or les innombrables alertes remontées au HCI ont montré que l’urgence commande, tout au contraire, de tourner le dos à la libéralisation de notre système éducatif. De veiller à l’unicité des programmes et à un contrôle effectif des connaissances à travers tout le territoire. De faire en sorte que le corps enseignant continue de dépendre hiérarchiquement du ministère, et non des chefs d’établissement. Si l’État avait promptement réagi pour soutenir les enseignants à chaque fois que l’un d’eux s’est trouvé confronté à une remise en cause des contenus ou du bien-fondé des principes républicains (laïcité, égalité filles-garçons), nous n’en serions pas là! Combien d’enseignants, voulant signaler des situations anormales, se sont vu accuser de ne pas savoir «tenir leur classe», de ne pas être suffisamment «accommodants», parfois abandonnés par leurs chefs d’établissement et leurs autorités académiques. Certains ont abdiqué, quand ils ne se sont pas convertis au relativisme culturel pour avoir la paix. Si j’avais été ministre de l’Éducation nationale, j’aurais aussitôt installé une ligne directe entre le cabinet et le corps enseignant afin que chacun puisse obtenir écoute et soutien. L’Éducation est le domaine régalien par excellence.

Que vous inspirent les propos de Macron sur la guerre d’Algérie?

Du sel sur des plaies non cicatrisées. Une accusation qui alimente la bataille des mémoires et la pente victimaire. Une accusation lourde à l’encontre de la France qui se trouve invalidée dès qu’on compare la démographie algérienne entre 1930 et 1962. À l’évidence, l’objectif était de séduire une partie de l’électorat issu des anciennes colonies vibrant encore à l’unisson de la terre de ses ancêtres. Cette accusation susceptible de dresser les uns contre les autres est d’une gravité extrême à l’heure où la France se trouve en guerre, ciblée par des terroristes qui justifient leurs actes par ce qu’elle est et ce qu’elle a été.

Macron rejoue-t-il la stratégie Terra Nova de François Hollande?

Il suffit d’analyser ses propositions et l’électorat qu’il cible pour le comprendre. Macron s’inscrit dans la continuité de cette stratégie qui avait donné lieu à la refondation des politiques d’intégration en 2013 par Jean-Marc Ayrault. Avant d’accoucher de cinq rapports qui nous promettaient, en guise de projet de société, l’«apprentissage d’un savoir-faire avec l’hétérogénéité et dans la conflictualité», cette refondation s’était d’abord appuyée sur le rapport «La grande nation pour une société inclusive» du conseiller d’État Thierry Tuot, qui y moquait l’attachement des Français à leurs grands principes: «Droits et Devoirs! Citoyenneté! Histoire! Œuvre! Civilisation Française! Patrie! Identité! France! […] Au XXIe siècle, on ne peut plus parler en ces termes à des générations de migrants […] on ne peut plus leur tenir un discours qui fait sourire nos compatriotes par son archaïsme et sa boursouflure.» Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, c’est au même Thierry Tuot qu’Emmanuel Macron confie une mission de réflexion et de propositions.

D’après les sondages, les Français jugent Marine Le Pen plus crédible sur ces questions…

Marine Le Pen a beaucoup fait évoluer son parti sur les points abordés ici depuis l’époque où le député Jean-Marie Le Pen déclarait, à l’Assemblée nationale, le 28 janvier 1958: «Ce qu’il faut dire aux Algériens, si nous voulons en faire des Français, ce n’est pas qu’ils ont besoin de la France, mais que la France a besoin d’eux.» Il y affirmait que «sur l’essentiel, les préceptes de la religion musulmane sont les mêmes que la religion chrétienne» et s’interrogeait: «Qui peut évaluer en milliards de dollars ou de roubles ce que vaut pour une nation le fait d’avoir dix millions de citoyens de plus?» Aujourd’hui, Marine Le Pen regarde un certain nombre de réalités en face. Mais le «on est chez nous» scandé à tout-va dans ses meetings signale que le logiciel de ses troupes est resté à l’heure du seul droit du sang. Or les véritables artisans de la décomposition française sont les apprentis-sorciers occidentaux (donc «de souche») de la mondialisation, pour qui l’immigration a été une véritable aubaine. Ce sujet ne se réglera pas par un lapidaire «on est chez nous».

Le FN est au plus haut. François Hollande a-t-il une responsabilité dans cet état de fait?

Dans le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, François Hollande s’interroge: «Comment on peut éviter la partition? […] Car c’est quand même ça qui est en train de se produire: la partition.» Hollande «pense, depuis le début de l’année 2015, que le thème de l’identité sera au cœur de la prochaine échéance présidentielle.» Ma conviction est qu’aujourd’hui un certain nombre d’opérations de diversion sont mises en œuvre pour empêcher que ce thème soit versé au débat. En ce domaine, la gauche est la première responsable de la décomposition française. Or, François Hollande le dit: «Emmanuel Macron, c’est moi!» Si ce thème venait à être versé au débat, Macron en serait comptable.

Voir de plus:

Emplois fictifs au Modem ? Les grandes lignes de l’affaire qui agite les réseaux sociaux

Le Modem aurait-il employé ses assistants parlementaires européens au siège parisien du parti ? C’est ce qu’affirmait Corinne Lepage dans un livre paru en 2015. Maintenant que l’écologiste se retrouve dans la même équipe que les membres du parti de François Bayrou, force est de constater que ces accusations passées sont beaucoup plus gênantes pour Emmanuel Macron et ses nouveaux soutiens…

Ok Central

Atlantico

1 Mars 2017

La redécouverte de quelques lignes oubliées a provoqué une avalanche de réactions dans la matinée du 28 février. Sur Twitter, un court extrait du livre de Corinne Lepage, Les Mains Sales (2015) est partagé par des centaines de personnes.

Son contenu a de quoi faire bondir de nombreux soutiens de François Fillon et de Marine Le Pen, tous les deux mis en cause dans des affaires d’emplois fictifs, à l’Assemblée Nationale pour l’un et au Parlement européen pour l’autre. Évoquant son éloignement du Modem qu’elle avait fondé avec Bayrou en 2008, la présidente de LRC-Cap21 y dénonçait un étrange manège au sein du parti de François Bayrou. Une pétition en ligne est même lancée, comptant le 28 février au soir près de 1 000 signataires et demandant que le parquet se saisisse du dossier. L’affaire – qui ne date donc pas d’hier – est loin d’être anodine, surtout quand on sait que Corinne Lepage puis François Bayrou et la majorité de ses équipes du Modem se retrouvent depuis peu au sein d’En Marche ! , et sont donc à priori nouveaux alliés dans cette campagne.

« Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le Modem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes et d’autre part illégal. Le Modem n’a pas osé insister mais mes collègues ont été contraints de satisfaire cette exigence. Ainsi, durant cinq ans, la secrétaire particulière de François Bayrou a été payée… par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européen. »

Contactée pour connaître son avis, Corinne Lepage a indiqué ne pas vouloir faire de commentaire et s’est contentée de rappeler que le livre a reçu le Prix du Livre Politique du Barreau de Paris en 2015.

Si la plupart des députés Modem de l’époque n’ont pas répondu à nos appels, Marielle de Sarnez, vice-présidente du Modem, a en revanche tenu à s’exprimer. « Tout ce que [Corinne Lepage] a dit est faux », s’étonnant de voir resurgir cette affaire en 2017 et indiquant l’avoir déjà commentée en 2015 dans un communiqué (que nous avons par ailleurs cherché sans succès). Pour elle, il s’agirait d’une rumeur aux motifs troubles « Ce qui est intéressant, c’est de voir que tout cela semble venir d’un milieu composé de soutiens de François Fillon […] Je n’ai jamais vu ça, c’est le degré zéro de la politique ! »

Jean-François Kahn, ancien rédacteur en chef de Marianne et ancien élu Modem -avant de se désister- en 2009 dit ne pas avoir eu connaissance ni de tels agissements, ni d’une telle demande de la part de la formation centriste. Il exprime d’ailleurs son étonnement : lors de ses différentes rencontres avec les parlementaires européens du Modem, ceux-ci étaient bel et bien accompagnés d’assistants, et donc non consacrés aux activités nationales du parti. Faut-il encore rappeler qu’il est prévu pour les députés européens une enveloppe de 21 209 euros, à répartir entre trois assistants au maximum par élu.

Nicolas Hervieu, juriste en droit public et européen affirme que si l’affaire était avérée, il s’agirait de fait d’un cas en tout point similaire à celui qui touche Marine Le Pen aujourd’hui. Comme pour la présidente du Front National, l’affaire serait entre les mains de l’Office européen de la lutte contre la fraude, qui a le pouvoir de sanctionner financièrement et disciplinairement mais non pénalement. Passer au pénal demanderaient des éléments plus précis (par exemple l’usage de faux) et serait alors du ressort du Parquet national financier, également impliqué dans l’enquête sur les emplois présumés fictifs des membres de la famille Fillon.

Les retrouvailles des anciens fondateurs du Modem sous la bannière d’En Marche! pourraient être plus compliquées que prévues… Le vent de fraîcheur que souhaite insuffler le mouvement d’Emmanuel Macron résistera-t-il aux vieilles rancœurs ? Le mouvement de l’ancien ministre, contacté lui-aussi, n’a pas souhaité réagir.

Voir de même:

L’emploi parlementaire sur mesure du fondateur des Jeunes avec Macron

Le fondateur des Jeunes avec Macron est employé par le député macroniste Jean-Jacques Bridey, à mi-temps. Pratique : en deux jours, il gagne assez pour militer l’esprit léger les autres jours de la semaine. Ou comment dribbler la loi, qui interdit aux assistants parlementaires de participer à la campagne d’un candidat…

Être bénévole sur une campagne électorale peut susciter des frustrations. Tant d’heures passées à militer, à se donner sans compter au service d’un candidat, le tout pour un résultat incertain… et zéro euro ! Il existe bien sûr la possibilité de demander à être salarié de l’association de financement de la campagne, mais les budgets sont si serrés que tout le monde ne peut y prétendre. Reste une alternative : trouver une autre source de salaire.

Le tour de passe-passe réalisé par le député-maire macroniste de Fresnes (Val-de-Marne) Jean-Jacques Bridey et son nouveau collaborateur, le patron des « Jeunes avec Macron » Florian Humez, est à ce titre ingénieux. Depuis le 1er décembre, le jeune homme est salarié du parlementaire… tout en continuant à militer activement pour son candidat de cœur, Emmanuel Macron.

Magie du mi-temps

La loi interdit pourtant aux collaborateurs parlementaires de participer à des campagnes politiques. Et ce, pour une raison facile à comprendre : le Parlement n’a pas vocation à financer, sur son budget, de campagnes électorales. Cette utilisation gratuite d’une main-d’œuvre qualifiée créerait de plus une inégalité entre les candidats. La Commission nationale des comptes de campagne rappelle donc tous les ans que les assistants parlementaires doivent « travailler uniquement pour le parlementaire dans le cadre de leur mission et leur participation à une campagne électorale pendant les heures de travail est proscrite« .

Contacté par Marianne, Florian Humez réfute tout cumul illégal. S’il travaille bien pour Jean-Jacques Bridey, ce n’est qu’à temps partiel, assure-t-il, plus précisément « le mardi et le mercredi, soit 18 heures par semaine ». Magie du mi-temps, cet emploi rémunéré lui permet de militer – bénévolement – pour les Jeunes avec Macron le reste de la semaine. Pas question pour autant de parler d’emploi de complaisance, selon le nouveau collaborateur, qui assure être devenu « les yeux et les oreilles du député à l’Assemblée« .

Des yeux et des oreilles particulièrement discrets. En dépit de cette fonction stratégique, Florian Humez n’avait en effet jamais jugé bon de rendre public ce nouvel engagement professionnel. Et il se présente uniquement, sur les réseaux sociaux, comme « militant » et « co-fondateur des Jeunes avec Macron ». Dans un récent portrait qui lui est consacré par les Inrocks, publié le 12 février dernier, ce jeune homme de 25 ans reçoit d’ailleurs la journaliste dans un bureau situé au QG d’En Marche, dans le quinzième arrondissement de Paris. Il y détaille ses fonctions auprès d’Emmanuel Macron et évoque les services d’une stagiaire qui l' »aide au niveau des territoires« . C’est dire si sa fonction est prenante…

« Activités indépendantes »

Pour que cette relation contractuelle insoupçonnée sorte au grand jour, il aura donc fallu que le bureau de l’Assemblée nationale prenne une décision importante, le mardi 21 février : les noms des collaborateurs parlementaires de chaque député sont désormais publiés, chaque mois, sur son site. Parmi eux, le patronyme de Florian Humez est apparu associé à celui de Jean-Jacques Bridey. Aujourd’hui, l’intéressé reconnaît s’être volontairement abstenu de communiquer sur cet emploi et ce, dit-il… pour ne pas prêter le flanc aux attaques. « Je ne voulais pas qu’on m’accuse de faire partie du système que je critique« , nous explique-t-il en effet sans détour.

Je ne voulais pas qu’on m’accuse de faire partie du système que je critique.

Sollicité, Jean-Jacques Bridey nous assure également qu’il n’y aucune entourloupe : les missions de Florian Humez à ses côtés seraient particulièrement variées. « Il traite les courriers qui traînent, gère les relations avec les députés, il regarde les questions au gouvernement et me fait une revue de presse sur les questions de défense, qui relèvent de ma commission« , égrène l’élu auprès de Marianne. Parmi ces tâches, un bon nombre n’ont plus lieu d’être, puisque la session parlementaire s’est achevée le jeudi 23 février. N’empêche, le jeune homme ne militera pas sur son temps de travail, maintient le député : « Ces deux activités sont indépendantes« . Florian Humez, lui voit les choses autrement : « Il y a un lien entre les deux activités. Je me sers de ce que j’ai appris à l’Assemblée quand je milite pour les Jeunes avec Macron, et inversement ».Pour tromper l’ennui le mardi et le mercredi, dans les prochains mois, le collaborateur-militant imagine « travailler sur des questions liées à l’actualité« , en particulier en « discutant avec des députés ou collaborateurs » qu’il connaît. Une activité difficilement quantifiable, pour un salaire confortable : Florian Humez ne donne pas de chiffres mais confie gagner « suffisamment de quoi vivre dans une grande ville », grâce donc à ces deux journées par semaine. Concédant que cette somme dépasse, « malheureusement« , ce que reçoivent bien des salariés pour un temps plein.

Sur ce point, Jean-Jacques Bridey se refuse lui aussi à être précis : « Je rémunère mes collaborateurs comme je le veux et je ne donne pas les salaires« , souffle-t-il, admettant simplement payer Florian Humez  » à un bon niveau« . Peu de doutes là-dessus puisque celui-ci est venu remplacer un collaborateur à temps-plein. Les deux autres collaborateurs parlementaires du député-maire, eux, sont de plus employés… à mi-temps par la mairie de Fresnes. L’élu se retrouve donc avec 9.561 euros à distribuer entre trois temps partiels. Ou quand le budget de l’Assemblée aide à militer l’esprit léger…

Voir encore:

Élisabeth Lévy : «Si Fillon est battu, cela doit être à la loyale»

  • Vianney Passot
  • Le Figaro
  • 04/03/2017

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN- A l’occasion de la sortie du dernier numéro de Causeur, «Au secours, Hollande revient!» Élisabeth Lévy a accordé un entretien fleuve à FigaroVox. Elle revient sur l’affaire Fillon et sur Emmanuel Macron, «un vieux produit dans un emballage nouveau».


Élisabeth Lévy est journaliste et directrice de la rédaction de Causeur. Son dernier numéro affiche en une Emmanuel Macron, et est titré «Au secours, Hollande revient!»


FIGAROVOX.- Ce mois-ci, c’est Emmanuel Macron qui fait la une de Causeur, comme de tant de magazines… Ne cédez-vous pas à la facilité?

Élisabeth LÉVY.- Emmanuel Macron est l’un des favoris, voire le favori de l’élection présidentielle, cela mérite bien une «une» de Causeur, non? De surcroît, il est sans doute celui dont les Français connaissent le moins les intentions, à la fois à cause de sa jeunesse, de sa faible expérience en politique et de sa stratégie qui fait prévaloir la personnalité sur le programme. Enfin, peut-être ne vous a-t-il pas échappé que nous ne partageons pas l’enthousiasme d’une grande partie de nos confrères. Macron suscite une ferveur réelle – même si elle semble faiblir. Mais il est aussi, et de plus en plus, le candidat du Parti des médias: non seulement, beaucoup de grands journaux, du Monde à l’Obs (sans oublier Marianne qui a récemment rejoint la chorale) le soutiennent, mais pas mal de ténors de la profession semblent avoir été personnellement maraboutés. Son entourage ayant refusé de nous accorder un entretien, suite à la parution sur le site Causeur.fr d’articles critiques sur lui (on est cools et ouverts mais quand même….), j’ignore si j’aurais été moi aussi touchée par la grâce. Si ça se trouve, je serais en train de crier «Macron président!» au signal (par tweet) de la «team Ambiance».

En somme, vous vous vengez parce qu’il vous a refusé une interview?

Mais non au contraire, je dis merci! Vincent Castagno écrit drôlement que, «si Macron pouvait serrer la main de tous les Français, il serait élu avec 100 % des voix». Est-ce parce que, à Causeur, on n’a pas pu faire l’expérience quasiment ontologique de cette fameuse poignée de main? Malgré notre diversité idéologique, Macron fait quasiment l’unanimité – contre lui. Notre joyeuse équipe comptait trois ou quatre macronistes farouches il y a un mois. Aujourd’hui, il en reste un, de raison plus que de passion. Quoi qu’il en soit, tout l’arc électoral étant représenté dans la rédaction, Causeur ne soutient aucun candidat. Mais la possible victoire de Macron nous inquiète tous. Désolée, mais «une cuillère pour Jeanne d’Arc, une cuillère pour Steve Jobs», cela ne fait pas une vision pour la France.

Vous ne soutenez aucun candidat, la bonne blague. Causeur ne cesse de défendre Fillon!

Vous vous trompez, d’ailleurs le plus énervé par l’affaire Fillon est Régis de Castelnau, qui est avocat et communiste…Mais nous pensons tous que, si Fillon est battu, cela doit être à la loyale et pas au terme d’une opération de basse police politique. Quels que soient les faits qui lui sont reprochés, faits que pour ma part, je trouve assez véniels (position ultraminoritaire j’en conviens), l’alliance contre lui de juges qui se pensent investis d’une mission de purification et de journalistes qui jouent les arbitres des élégances morales me semble bien plus grave et menaçante pour nos libertés. Des documents confidentiels qui arrivent opportunément au Canard, une instruction menée à charge et au pas de charge, et dont des morceaux choisis s’étalent dans un quotidien proche du pouvoir, la mainmise sur un dossier simple du Parquet national Financier, créé pour traiter les affaires complexes (en réalité les affaires tout court) en court-circuitant le Parquet de Paris et pour finir, la nomination du juge Tournaire, pourtant déjà fort occupé avec Bygmalion -le même qui, depuis deux ans essaie de se payer Sarkozy: d’abord en 2013 avec une invraisemblable mise en examen pour «abus de faiblesse» (qui a abouti à un non-lieu), ensuite il y a quelques semaines avec une ordonnance de renvoi en correctionnelle que le juge Renaud Van Ruymbaeke, également en charge du dossier, a refusé de signer. Alors peut-être que Serge Tournaire est un magistrat très scrupuleux comme le clament ceux qui redoutent de se retrouver dans son bureau. Mais d’une part, il semble s’être donné pour mission de flinguer du politique, et d’autre part, il est tout de même étrange de nommer ce juge-là dans une affaire où la Justice devrait avoir à cœur de se montrer impartiale. «Ils n’oseront pas nommer Tournaire, ce serait un trop beau cadeau», me disait un proche du dossier il y a dix jours. Eh bien si, ils ont osé. Et au lieu de demander des comptes à ce sujet, les journalistes ânonnent le scénario concocté pour eux ailleurs.

Vous accusez la Justice de partialité?

Le mur des Cons, ça vous rappelle quelque chose? Cela dit, je ne crois pas qu’on ait affaire, dans le cas de Fillon, à des juges rouges ou à la botte du pouvoir. C’est pire: on dirait qu’ils sont en croisade et que l’idée d’intervenir dans le jeu politique ne les dérange pas du tout. En prime, ils sont du genre susceptible, presque autant que les journalistes. Il paraît que critiquer ces deux corporations, c’est attaquer la démocratie, la bonne blague. Voilà qui est bien pratique pour faire taire toute dissidence. Fillon a osé les attaquer frontalement. Ils ne le lui pardonneront pas. Certains journalistes sont aujourd’hui ivres de haine. Cela fait cinq semaines qu’ils répètent sur tous les tons qu’il ne peut pas tenir et il est encore là? Quel odieux crime de lèse-médias! Eh bien moi, pour cela, je suis prête à beaucoup lui pardonner – y compris d’avoir appuyé lui-même sur le bouton «vertu» avec, en prime, une grande inélégance à l’endroit de Nicolas Sarkozy. Je ne sais pas du tout s’il pourra tenir malgré la vague de défections – il y a des gens avec qui on ne partirait pas à la guerre… Mais s’il doit se retirer cela signifiera qu’une sorte de putsch médiatico-judiciaire a réussi à plomber l’élection présidentielle plus sûrement qu’une armée de trolls russes.

Revenons à Macron qui apparaît sur votre une avec ce titre: «Au secours Hollande revient!» Pourtant, le patron d’En Marche! est ultralibéral, voire libertaire, en plus d’être jeune et séduisant… La comparaison tient-elle vraiment la route?

Oui, et plus que la comparaison physique pourrait le laisser penser. Ceci étant, une «une» est un raccourci, parfois une blague et celle-ci, je vous l’accorde volontiers, ne dit que la moitié du personnage. Du reste, si Macron était seulement un nouveau Hollande, il serait sans doute moins haut dans les sondages. En réalité, Macron, c’est un produit classique dans un emballage nouveau: il est à la fois un héritier fidèle du hollandisme et un OVNI politique. On connaît sa ligne économique: plus d’Europe, plus de mondialisation, et à l’intérieur plus de libéralisme et l’intégration des banlieues par l’ubérisation. Du Terranova réactualisé, en somme. Si nous avons choisi, pour la «une», cet angle d’attaque plutôt que son genre «Prophète de bonheur» (ou petit joueur de flûteau d’Amiens…), c’est pour dévoiler une entourloupe. Macron essaie de faire croire qu’il sort de nulle part alors qu’il possède l’un des carnets d’adresse les plus fournis de Paris (ce qu’il doit au demeurant à ses multiples talents) ; il prétend être porteur d’une rupture, voire de plusieurs révolutions (comme le suggère le titre de son livre) alors qu’il n’a aucunement l’intention de rompre avec les grandes orientations des quarante dernières années ; il pense qu’il n’y a pas de culture française, mais une culture en France, et aussi que notre pays est structurellement coupable: c’est l’une des opinions les plus communes dans la famille politique dont il vient. Finalement, Macron, c’est du vieux avec du neuf.

Permettez-moi d’insister, mais Macron est favorable aux réductions de la taxe d’habitation et de l’ISF.

Peut-être que François Hollande, qui est d’une autre génération et qui a quarante ans de PS derrière lui, n’irait pas jusque-là, mais dans l’ensemble, les orientations de Macron sont celles qu’il aurait pu adopter s’il n’avait pas eu le boulet PS au pied. Sur le plan politique, Macron est en quelque sorte un Hollande accompli, un Hollande libéré.

En tout cas, on ne peut plus dire, comme vous l’écrivez que «le programme, c’est lui»!

Macron a fini par publier un projet, mais ce qui compte, c’est qu’il fait don de sa jeune et accorte personne à la France. Alors on a envie de savoir de quel bois se chauffe cette personne.

Vous sous-entendez dans votre article que Macron et Hollande travaillent ensemble en sous-main.

Soyons honnêtes: on en a pas mal de signes, dont je donne des exemples, mais aucune preuve. Cela dit, cela serait au moins une preuve de cohérence idéologique de la part du président. Tout le monde pense que ce serait une transgression de sa part de ne pas donner son soutien à Benoît Hamon. Mais pourquoi choisirait-il la fidélité boutiquière (et à une boutique qui lui a pourri la vie depuis cinq ans) plutôt que la fidélité idéologique?

Causeur, comme FigaroVox, avait prédit l’éclatement de la bulle médiatique Macron, qui ne s’est toujours pas produit. Vous êtes-vous trompés?

Face à un phénomène auquel on se sent étranger et qu’on ne comprend pas, comme le succès de Macron, on peut être tenté d’adopter des explications rassurantes. Toutefois, je n’ai jamais pensé ni écrit que Macron était une bulle médiatique, je ne crois pas que les médias aient le pouvoir de créer cet engouement, même si, aujourd’hui, il est clairement leur candidat. Normal: il est un peu à la politique ce que Mathieu Pigasse est à la presse. Macron n’a pas été fabriqué par les médias, mais peut-être est-il la quintessence parfaite d’un certain esprit du temps: c’est Homo Festivus qui a fait l’ENA!

Emmanuel Macron souhaite incarner le candidat hors du système, qui dépasse les lignes politiques classiques. Vous, la chevènementiste de 2002, vous n’êtes pas séduite?

C’est un élément de nouveauté: en transcendant le clivage droite-gauche, Macron espère fédérer le bloc central de la société française qui est aujourd’hui coupé en deux politiquement, alors qu’il a des intérêts communs. Le projet de Chevènement était en quelque sorte symétrique: lui aussi voulait casser le clivage droite-gauche, mais pour redonner de la voix à cette France oubliée qu’on n’appelait pas encore périphérique, cette France des classes populaires d’avant qui n’apparaît décidément pas dans le radar high-tech d’Emmanuel Macron. Hervé Algalarrondo, qui voit encore en lui le meilleur espoir de la gauche raisonnable, redoute qu’au lieu de réconcilier toutes les France, comme il l’a promis, Macron ne se soucie que des «France du politiquement correct» – les bobos et les immigrés pour faire court. Bref, malgré ses manières de télévangéliste et ses exhortations à nous aimer les uns les autres, on peut craindre qu’il n’aggrave les fractures françaises.

Que vous inspirent ses déclarations sur la guerre d’Algérie et sur l’inexistence de la culture française?

De l’inquiétude et de la colère, car elles révèlent une idée de la France qui, pour le coup, est en rupture avec toute notre histoire et qui est, en outre, en train de nous emmener dans le mur. Permettez-moi de citer le très beau texte d’Alain Finkielkraut: «Les conservateurs défendent la culture française, les progressistes célèbrent la culture en France. De «français» à «en France», il y a la distance qui sépare une nation d’une société multiculturelle.» Précisons que le multiculturalisme ne réside pas dans la coexistence de plusieurs cultures -qui est une donnée -, mais dans les modalités de cette coexistence. Macron, ce n’est pas l’identité heureuse, c’est l’identité à la carte. Et sa façon de draguer le vote immigré n’est pas très reluisante. Alors qu’il faudrait appeler tous les Français, quelle que soit leur origine, à retrouver le sens profond de la République, avec ses déclarations, tant sur l’Algérie que sur l’inexistence de la culture française, Macron adresse un message aux enfants d’immigrés: surtout ne faites aucun d’effort d’adaptation, ne changez rien, venez comme vous êtes. Alain Finkielkraut rappelle que la France n’est pas un open-space. Elle n’est pas non plus un McDonalds!

Voir aussi:

L’affaire François Fillon? Un complot pour éloigner la France du redressement économique

Deux interventions de personnalités hautement respectables viennent confirmer leur soutien à François Fillon et démontrent une machination indigne orchestrée dans l’orbite du pouvoir, avance Arnaud Pineau-Valencienne, partisan affirmé du candidat de la droite et du centre

Arnaud Pineau-Valencienne, consultant
2 mars 2017

Au cours de ce dernier quinquennat, la France n’a pas entrepris les réformes tant attendues. Quarante économistes avaient lancé un appel en faveur du candidat de la gauche, pour un résultat économique nul! Appel relayé avec bienveillance par la presse sans échange contradictoire possible. Le silence des «instances de contrôle» sur cette intervention partisane reste une énigme.

Une fois élu, le président a laissé ses ministres et collaborateurs se déchaîner contre leurs collègues allemands, qui eux avaient réformé leur pays avec courage, détermination. Monsieur Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, n’a pas cessé de demander à la France de respecter ses engagements et de faire les réformes attendues. Il ne fait qu’exprimer le bon sens, ignoré des dogmatiques de gauche. Monsieur Schäuble n’est pas antifrançais, il a rendu un vibrant hommage à Jacques Rueff en préfaçant le livre de l’ancien rédacteur en chef de la Voix-du-Nord, Gérard Minart, «Jacques Rueff, un libéral français».

Un programme cohérent

Seul François Fillon parmi les candidats à l’élection présidentielle a compris le rôle que doit jouer un gouvernement pour créer un environnement propice à la croissance par une économie libérée, comme souhaité par nos partenaires européens. Il a annoncé un programme cohérent pour créer le cadre incitatif tant attendu et pour redresser impérativement notre économie. Les résultats de la primaire de la Droite et du Centre le plébiscitent, alors pour tous ses adversaires il est subitement devenu: l’homme à abattre!

Depuis quatre décennies notre peuple a choisi de privilégier l’assistanat à l’effort, pensant que l’Etat n’avait qu’à redistribuer des richesses, fussent-elles éphémères ou fragiles. La France avait besoin de l’effort de tous pour plus de créativité. Les Français n’ont pas vu le danger d’affaiblir la compétitivité industrielle, déjà frappée et mise à mal par les deux chocs pétroliers. La gauche et les radicaux-socialistes préfèrent exploiter tout simplement les mouvements d’opinion. Les partis veulent conquérir le pouvoir à tout prix mais n’analysent jamais leurs erreurs. Emmanuel Macron partage la responsabilité de l’échec de l’exécutif sortant, il tente un rassemblement du peuple par l’exaltation affective tous azimuts, au milieu de nombreuses incohérences, il trouve le moyen d’insulter notre histoire.

Les principes de Jacques Rueff et Milton Friedman

En économie, il faut comprendre que pour redistribuer quelque chose, seule la richesse créée le permet! Les politiciens aux idées de gauche méprisent les principes élémentaires de l’économie de Milton Friedman ou de Jacques Rueff.

Le pragmatisme du général de Gaulle l’opposait à tout ce qui a été entrepris depuis 1981: «Les gens de gauche ont rarement de grands projets. Ils font de la démagogie et se servent des mouvements d’opinion. La gauche tire le haut de la société vers le bas, par idéal d’égalitarisme. C’est comme ça que l’on a fini dans l’abîme en 1940… Les socialistes sont d’éternels utopistes, des déphasés, des apatrides mentaux. Ils gaspillent toujours la plus grande partie des crédits. On ne les a jamais vus dépenser efficacement les crédits… Je n’aime pas les socialistes, car ils ne sont pas socialistes… parce qu’ils sont incapables, ils sont dangereux.»

Le président sortant n’accepte pas l’idée que les Français se réveillent, sa gestion du pays est désavouée. Les performances économiques du pays placent la France en queue du classement européen. La Cour des Comptes n’est pas avare de critiques envers l’exécutif, le mot de Lamartine est à propos: «(…) Soit que déshérité de son antique gloire / De ses destins perdus il garde la mémoire (…)»

L’assassinat politique démasqué révèle l’exécutif à la manœuvre

Deux interventions de personnalités hautement respectables, aux compétences morales et juridiques incontestables, viennent confirmer leur soutien à François Fillon et démontrent une machination indigne orchestrée dans l’orbite du pouvoir. Elles décortiquent le processus mis en œuvre à la lumière des principes de droit et des dispositions constitutionnelles. Une pression sournoise est exercée sur le peuple pour orienter son jugement, capter son vote, cela par instruction judiciaire interposée…

– Aline Lizotte philosophe, théologienne et enseignante nous interpelle: «Une seule issue, la colère du peuple».

– Treize juristes de haut vol, professeurs de droit, avocats, se réunissent pour dénoncer ensemble «un coup d’Etat institutionnel» de l’exécutif contre François Fillon.

Ce n’est pas la première fois que des hommes politiques font usage de ces méthodes pour atteindre la sensibilité morale de l’électeur et orienter ou désorienter son vote au profit de leur candidat.

La Ve République doit être ce que la république a toujours été, selon son fondateur: «La souveraineté du peuple, l’appel de la liberté, l’espérance de la justice.» En plébiscitant François Fillon lors de la primaire, les Français ont exprimé la force de leur raison, rien ne doit les distraire de la victoire.


La liste des juristes cités par Atlantico est composée de: André Decocq, Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas, Geoffroy de Vries Avocat au barreau de Paris, Yves Mayaud, Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas, Serge Guinchard, Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas, ancien recteur, Pauline Corlay, Professeur agrégé des facultés de droit, avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, Guillaume Drago, Professeur à l’Université Panthéon-Assas Paris II, Guillaume Masse, Avocat au barreau de Paris, Jean-Luc Elhoueiss, Avocat au barreau de Paris, Maître de conférences, Georges Bonet, Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas, Raymonde Vatinet, Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas, Anne-Marie Le Pourhiet, Professeur de droit public à l’université Rennes-I, Bernard de Froment, Avocat au barreau de Paris.

Voir par ailleurs:

Présidentielle 2017
L’édito
Non, Monsieur Fillon, vous n’êtes pas une victime !
Le candidat LR se fait passer pour la victime d’une machination et se fait le héros du peuple contre le microcosme, alors qu’il en est l’incarnation. Ce faisant, il abîme la démocratie.
Challenges
03.03.2017

Des autorités judiciaires accusées de bafouer l’Etat de droit et de voler l’élection aux Français. Des journalistes hués. Mais jusqu’où est prêt à aller François Fillon pour se sauver ? Il en appelle au peuple contre le système. Les élus ? Rien à faire, le peuple est là. Le parti ? Idem… Lui, le pourfendeur de la France d’en haut ? Ne pas être énarque n’est pas un brevet d’anti-système… Quelle posture indigne pour un homme qui fait de la politique depuis 36 ans, qui a été conseiller général, maire, président de conseil général, président de région, député, sénateur, ministre… Qui est élu de l’arrondissement le plus huppé de France, le 7ème   arrondissement de Paris, après avoir abandonné sa circonscription historique dans la Sarthe  considérant qu’elle était  perdue, exfiltrant au Parlement européen son suppléant, qui avait eu la générosité d’embaucher Penelope Fillon…  Qui pratique un des sports les plus coûteux : la course automobile. Qui a, durant des années, passé des vacances dans les palais de Moubarak, chez Luca di Montezemolo, le richissime PDG de Ferrari ou dans le chalet de Courchevel de son ami et protecteur, le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière. Qui ne jure que par Arnys (6.000 euros le costume). Qui a comme proches conseillers et amis d’éminents inspecteurs des Finances reconvertis dans la finance, qu’il s’agisse de l’ex-président d’Axa, Henri de Castries ou d’Antoine Gosset-Grainville, fondateur d’un des cabinets d’affaires les plus influents de Paris. Qui a reçu des émoluments de dizaine de milliers d’euros pour ses conseils avisés. Rien de cela n’est ni interdit, ni honteux, mais alors que  François Fillon arrête de fustiger le système et de jouer au héros de la France profonde martyrisée par le microcosme.

Tout cela n’est que fumée

Il est insupportable d’entendre dans les rangs de ses militants, des exaltés qui véhiculent les pires rumeurs colportées jusqu’alors par le FN. Ces jusqu’au-boutistes nous accusent nous les médias (qualifiés de « merdias ») de ne pas dénoncer les 3 millions volés par Emmanuel Macron ! Volés ? Il a gagné cela en brut dans une banque, c’est beaucoup, mais légal. Légal. Ce mot veut encore dire quelque chose. Et si François Fillon voulait gagner de l’argent, rien ne l’empêchait d’aller dans le privé ! Et quand on dit cela, quand on dit qu’Emmanuel Macron n’a pas volé d’argent, on se fait insulter par mail, ou dans les réseaux sociaux, on se fait traiter de salope vendue à Macron ! François Fillon cautionne-t-il ces comportements de caniveaux ? Comme ce dirigeant d’un micro-parti d’extrême droite qui appelle à manifester au Trocadéro contre  » l’oligarchie cosmopolite  » ! Même dans l’entourage de François Fillon on reconnait  » oui, il y a des relents malsains « .

Non, François Fillon n’est pas la victime d’un acharnement judiciaire. Il n’est pas rare que les puissants, quand ils sont confrontés pour la première fois à la Justice, découvrent qu’il n’y a pas d’échappatoire, que celle-ci suit son cours, quoiqu’il arrive et leur première réaction est de dénoncer une machination politico-judiciaire. La justice serait trop rapide ? Mais c’est ce que voulait François Fillon, il l’avait même réclamé et de toute façon, le Parquet national financier (PNF), créé dans la foulée de l’affaire Cahuzac, a fait de la célérité l’une de ses marques de fabrique, la justice financière étant régulièrement épinglée pour son manque de réactivité et ses délais d’enquête. Le candidat LR se plaint que la Chambre d’instruction de la cour d’appel n’ait pas accepté de statuer immédiatement sur les « irrégularités de la procédure ». Un reproche quelque peu étonnant. Durant l’enquête préliminaire, les avocats ne pouvaient pas déposer de recours. C’est la loi commune, celle du code de procédure pénale, qui s’applique à tous. C’est notamment pour cette raison que François Fillon réclamait l’ouverture d’une information judiciaire. Dès lors, ses avocats  ont le droit de contester tous les actes de l’instruction devant la Cour d’appel de Paris. Tout le reste n’est que fumée.

Un noyau dur hystérique ne fait pas une élection

Alors, les conséquences juridiques des infractions qui lui sont reprochées sont disproportionnées ? Alors, voir échapper une élection présidentielle qui devait couronner sa carrière, perdue pour avoir simplement tordu les règles de rémunération des assistants parlementaires, c’est trop cher payé ? On a vu, dans d’autres démocraties des carrières défaites pour beaucoup moins, une carte bancaire utilisée à mauvais escient, une photo sur un yacht avec des mannequins… Et les faits reprochés à François Fillon ne sont pas anodins, comme il le laisse entendre. Embaucher des membres de sa famille serait chose courante, dit-il. Un tiers des députés auraient recours à cette pratique. D’abord ce n’est pas un tiers, mais 20%. Et pour la plupart, il s’agit d’un travail effectif, ce n’est pas la même chose. Or le moins qu’on puisse dire c’est que le candidat LR n’a pas réussi à convaincre que son épouse effectuait un travail réel, auprès de lui, ou de son suppléant Marc Joulaud, ou au sein de la Revue des deux mondes… Et ne parlons pas du niveau des salaires accordés à ses enfants ou à son épouse, hors de proportion. D’ailleurs dans son entourage, on reconnait que c’est indéfendable. Oui, la sanction est lourde. Mais il s’agit de la campagne présidentielle, du débat démocratique, de la France, de l’Europe… Et François Fillon  n’a cessé de prôner la probité.

Un dernier carré de fidèles à François Fillon est persuadé de pouvoir emporter la présidentielle en hystérisant une partie de l’électorat, en se  » trumpisant « . Même si 10.000 personnes, 30.000 personnes radicalisées et ameutées par la Manif pour tous se rendent au Trocadero, cela ne fera pas l’élection. Un noyau dur hystérique ne fait pas une élection. Et ceux qui soutiennent mordicus François Fillon, quitte à admettre un discours populiste dangereux, vont devoir réfléchir au sondage que publie Odoxa. François Fillon est donné largement battu. Il serait disqualifié au premier tour. En revanche, si François Fillon décidait finalement de renoncer, les Français comme les sympathisants de droite souhaiteraient que ce soit Alain Juppé qui le remplace (52% contre 19% pour François Baroin). Et le maire de Bordeaux arriverait en tête au premier tour ! Avec 26,5% d’intentions de vote, soit 7,5 points de plus que François Fillon. Il devancerait Macron d’1,5 point (25%) et Le Pen de 2,5 points (24%).

Alors qui vole l’élection à qui ? Et au-delà, qui détruit le débat démocratique, l’image de la France?

Voir en contrepoint:

Choix personnel
EDLF
5 février 2017

Deux commentaires sur un article précédent me demandent pourquoi je me suis rallié à Emmanuel Macron. Ils s’interrogent aussi sur son programme et son équipe.
J’avais commencé à répondre à leur commentaire, mais la réponse prenant de la longueur je pense plus simple d‘en faire un article.

J’ai été assez long à me rallier à Emmanuel Macron, dont je ne voyais pas ce qui dans son passé pouvait justifier son ambition. J’étais pourtant progressivement obligé de constater qu’il était le seul à occuper une place de centre gauche, sociale libérale pour simplifier, qui correspond de fait à mon positionnement politique. A la suite de Pascal Lamy, je trouve que F Hollande n’a pas fait une si mauvaise politique, mais qu’il l’a fait trop tard et pas assez fort. C’était apparemment aussi le positionnement de l’ancien ministre des finances.

Ce qui m’a fait sauter le pas, c’est qu’il déclarait avoir fait un diagnostic avec son mouvement En Marche, avant de se lancer dans la construction de propositions.
Or je suis convaincu, et je l’ai écrit sur la page d’accueil de ce site, que c’est le diagnostic qui est essentiel, et que c’est d’abord sur cela que se distinguent les partis et les candidats. L’article publié récemment par Protéos sur le programme de Benoit Hamon l’illustre encore une fois: c’est le diagnostic du candidat que Protéos remet en cause (à mon avis avec raison). Après, on peut toujours discuter les mesures, mais de toutes manières il faudra s’adapter à la réalité et les événements peuvent modifier les mesures, pas les orientations.
Donc une bonne démarche, et ce que j’en voyais m’allait bien.

J’ai lu ensuite son livre et je m’y suis retrouvé à plus de 90 %. Et le meeting de Lyon que j’ai regardé hier m’a confirmé dans mon point de vue. Je cite quelques-uns des points que je trouve essentiels comme E Macron :
• La révolution numérique en cours est en train de transformer en profondeur notre économie, avec le risque que les GAFA ne confisquent le plus important de la valeur ajoutée et que les pays européens (qui sont très en retard sur le sujet) ne soient plus que des exécutants
• Cette révolution va puissamment accélérer un phénomène annoncé depuis plusieurs décennies : la transformation régulière des emplois qui va obliger des millions de travailleurs à se recycler voire à se reconvertir. Revoir en profondeur la formation professionnelle continue est incontournable
• Les jeunes qui sortent du système sans qualification ont une « chance » sur deux d’être au chômage plutôt qu’en emploi. Il en sort 100 000 par an. Renforcer fortement l’encadrement du CP et du CE dans les ZEP fait partie de la réponse à donner.
• On ne peut pas relancer l’Europe sans relancer le couple Franco-Allemand, et on ne le fera pas en continuant à renvoyer à plus tard le respect des critères de Maastricht. Si on veut malgré tout investir plus, il faut réduire les dépenses de fonctionnement
• Il faut revoir le fonctionnement du système politique : la défiance envers notre classe politique est en train de menacer gravement la démocratie. E Macron estime que l’affaire Pénélope prouve que le candidat de la droite vit encore avec le logiciel du 20ème siècle. Il est très loin d’être le seul au sein de la classe politique française, quels que soient les partis !
• Il est nécessaire de libérer l’économie des contraintes qui laissent des secteurs entiers dormir sans progresser car la concurrence n’existe pas, comme il faut absolument aider tous ceux qui veulent créer de l’activité (voir ce que je dis sur Colbert et Lénine)

S’il y avait d’autres candidats qui avaient un diagnostic semblable, je pourrais encore me poser des questions. Ce n’est malheureusement pas le cas, et ce qu’on voit ce sont plutôt des programmes qui semblent montrer surtout une incompréhension totale de ce qui se passe.

Le mouvement En Marche a lancé un processus participatif de réflexion pour alimenter le programme. C’est utile, parce qu’il peut en sortir des idées intéressantes et que cela montre aussi ce que les citoyens préfèrent. Mais honnêtement, c’est surtout les experts dont j’attends qu’ils fassent leur travail (le programme est annoncé pour début mars). Tout en étant conscient de l’importance de la manière dont on « vend » un programme.

L’un des risques majeurs du participatif, c’est l’addition de propositions coûteuses. A Lyon, E Macron a été clair : il veut respecter nos engagements européens, et pas de temps en temps, toujours. Donc un déficit de moins de 3% Il a été également dit que des économistes comme Elie Cohen ou Hervé Lorenzi ont rejoint Macron, en plus de Jean Pisani Ferry. Cela me rassure beaucoup.

J’ai aussi été rassuré au niveau des valeurs par ceux que je rencontre dans le mouvement En Marche, lesquels sont de vrais démocrates. Et j’ai apprécié le soutien apporté par Macron à Merkel lors de son voyage à Berlin, à propos de sa politique migratoire.
Enfin, l’Europe, à laquelle je suis très profondément attaché : lors du meeting de Lyon, comme aux précédents, il y avait de nombreux drapeaux européens, en plus des drapeaux français. Et on a entendu plusieurs fois la foule scander « Europe, Europe », au cours du discours du candidat. Sur le sujet, il est bien seul parmi les candidats : il n’y a que des eurosceptiques (sauf peut être le candidat écologique ?) !

Quelle équipe ? Il a promis d’avoir la moitié de nouveaux parmi les candidats. Sur le terrain, je rencontre des hommes et des femmes de valeur. Je pense qu’on devrait trouver. Et quand je vois certains ministres de ce quinquennat et du précédent, je pense qu’il ne sera pas si difficile de faire mieux, surtout sans la contrainte des logiques de courants !
A l’heure où j’écris, le site du mouvement En Marche affiche 182 505 adhérents. 17 500 de plus que la semaine précédente à la même heure, 29 000 de plus que deux semaines avant ! Je ne crois pas vraiment que trouver des équipes sera un problème.

Voir de même:

jeudi 2 mars 2017

Un moment clé de la vie politique

La campagne présidentielle de 2017, bien qu’elle ne soit pas encore terminée, est un moment clé de l’histoire politique de la Cinquième République. Le nombre de personnalités de premier plan qui se sont fait dégager est absolument impressionnant : Hollande, Valls, Sarkozy, Juppé, Bayrou, Duflot, Montebourg, Copé. S’ils n’ont pas été purement et simplement battus à une primaire, c’est qu’ils ont renoncé, avec plus ou moins d’élégance, à se présenter. François Fillon est en train de subir le même sort, et s’il se débat encore, en utilisant toutes les ficelles du populisme, le lacet se resserre implacablement. De plus en plus, c’est un deuxième tour Macron-Le Pen qui se dessine, une perspective encore impensable il y a 6 mois.

Cette situation ne me surprend pas, voire même me rassure. La colère et le désarroi de la population française face à ses dirigeants politiques sont palpables depuis de longs mois. Tous ceux qui sont en contact, un tant soit peu, avec le « terrain » sentent cette immense aspiration au changement. Il est vrai que le degré de déliquescence des élites françaises a atteint un niveau jamais atteint. Il est donc rassurant qu’au moment du grand rendez-vous électoral qu’est la présidentielle, cela se traduise très concrètement par une série de baffes distribuées à tous les sortants. Cela permet d’éviter que l’aspiration des électeurs à un changement profond ne se traduise autrement que dans le cadre du processus électoral. En terme de renouvellement des têtes, Macron devrait pouvoir faire l’affaire. Certes, il vient du cœur du système avec un bon profil « blanc-propre sur lui », mais on dit souvent que les vraies révolutions, celles qui arrivent à atterrir sans trop de dommages, viennent de l’intérieur même du système. Il faut quand même s’en assurer, car Marine Le Pen à la présidence, c’est la sortie de route assurée.

Reste par contre à traiter un autre aspect, celui du renouvellement des pratiques, car l’attente ne se limite pas à de nouvelles têtes. C’est le fonctionnement même du système politique qui doit changer, sinon, tout cela ne servira à rien, et ouvrira toutes grandes les portes du pouvoir à Marine Le Pen en 2022.

Sur ce plan, je suis plus inquiet. En cas de victoire de Macron à la présidentielle, sa majorité législative ne pourra être composée que de ces deux mouvements, avec éventuellement quelques supplétifs au centre, mais cela restera marginal. Même battue, la droite conservatrice restera ce qu’elle est, un parti qui considère être le seul légitime à gouverner, et qui donc refuse toute collaboration avec le camp d’en face. Une grande coalition à l’allemande n’est tout simplement pas envisageable en France. Je vois mal Wauquiez, Bertrand ou Baroin entrer au gouvernement aux cotés des centristes et des socialistes. Je crains qu’il ne soit difficile au futur président d’avoir une majorité parlementaire solide, et donc une capacité à faire voter les lois nécessaires à la mise en œuvre des réformes promises. Si c’est une coalition de droite qui se dégage, et que l’on entre en cohabitation, ce sera un échec majeur.

Je suis également un peu inquiet quand je lis les programmes des partis qui pourraient composer la coalition gouvernementale. On y trouve plein de belles idées très généreuses, mais pas toujours très applicables, ainsi que des trucs assez farfelus. Pour le point qui m’intéresse plus particulièrement, l’exercice du pouvoir et l’organisation des institutions, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. Aucun candidat ne revient, quoi qu’ils en disent, sur l’équilibre actuel, avec une omniprésidence, où le Parlement est écrasé. Rien sur l’équilibre entre président et premier ministre, sur l’indépendance de la justice et la montée en puissance d’un véritable pouvoir judiciaire. Le programme de Macron serait même une régression pour le Parlement, qui serait voué à devenir un mélange entre le CESE et la Cour des Comptes, qui ne doit surtout pas passer trop de temps à légiférer. Peu de choses réalistes sur les moyens de limiter l’emprise de la haute fonction publique sur les circuits de décision, qui est pourtant un problème. Enfin, rien, absolument rien, sur le déverrouillage de la vie politique, cadenassée par les lois sur le financement de la vie politique.

Cela ne veut pas dire que rien ne sera fait. On a souvent vu des candidats ne pas tenir leurs promesses, et faire des choses qu’ils n’avaient pas promises. Cela pose un problème politique et démocratique, car c’est au moment de l’élection qu’il faut annoncer la couleur, et à défaut de formuler des propositions précises, il faut au moins donner la philosophie et les grands axes de la politique qui sera menée. Il reste encore 50 jours de campagne pour arriver à cela. J’espère que la période qui s’ouvre va permettre aux différents partis qui pourraient être amenés à gouvernement, d’être plus précis sur ces sujets.

Cette élection présidentielle est donc cruciale, car le changement ne peut se faire que par le haut, la « société civile » française ayant malheureusement montré qu’elle n’est pas suffisamment forte pour imposer des réformes par le bas. Nous n’attendrons pas 5 ans de plus dans l’immobilisme et le conservatisme, c’est dès l’été 2017 que le signal du changement réel doit être donné. Le pays est prêt à suivre, il faut juste que le personnel politique soit à la hauteur, sur le fond comme sur la forme.

Voir aussi:

On passe à coté des vrais enjeux de l’affaire Fillon

Depuis la révélation de l’affaire « Pénélope Fillon » les regards sont tournés brutalement vers la situation des collaborateurs parlementaires ayant un lien familial avec le parlementaire qui les emploient. On ne découvre rien, cette pratique est connue et a été chiffrée. Le seul apport des enquêtes lancées par des journalistes, comme par exemple les décodeurs du Monde, est d’affiner un peu les chiffres. Et encore, on reste dans l’ordre de grandeur qui a été précédemment défini. Pour le reste, l’analyse est absente, et c’est un peu ça le drame. Mis à part Mathilde Mathieu de Médiapart, qui bosse le sujet depuis des années, et qui cherche à faire parler les données, le reste de la troupe se contente de publier des statistiques. Ce n’est malheureusement pas cela qu’on attend des journalistes, et dans le cas qui nous intéresse, se contenter de ça est même très mauvais, les journalistes passant complètement à coté des vrais enjeux.

La question des collaborateurs parlementaires « familiaux » n’est pas nouvelle, loin de là même, et périodiquement, elle resurgit. Les journalistes des médias « mainstream » ne s’y intéressent malheureusement que lorsqu’un scandale éclate. C’est le premier problème, car ils sont alors en réaction par rapport à une demande de leur lectorat. Le biais par lequel l’information est traitée est imposé par le lecteur. Dans le cas de l’affaire « Pénélope Fillon », c’est même flagrant. Le public est scandalisé, à juste titre, par le fait qu’on ait pu payer de telles sommes à une personne, sans contrepartie effective. Quand en plus, le « coupable » est un homme politique qui aspire aux plus hautes fonctions, et qui s’est présenté comme un parangon de vertu et d’honnêteté, cela donne un retentissement particulier à l’affaire. De manière quasi automatique, la demande du rédacteur en chef à ses journalistes va être de creuser ce sillon, de « documenter » le cas et d’aller chercher si d’autres ne font pas pareil. On va donc aller chercher des données (par ailleurs disponibles depuis 2014) de manière plus ou moins efficace et respectueuse des personnes concernées. Que les parlementaires et leurs collaborateurs aient eu le sentiment d’une chasse, dont ils sont le gibier, n’est pas infondé. Les journalistes auront beau se récrier que c’est faux (et le pire, c’est qu’ils sont souvent de bonne foi), le fait est qu’en se contentant d’apporter de l’eau au moulin du public, sans toucher aux questionnements et aux biais selon lesquels le débat a été posé, ils n’ont pas fait leur job.

De cette affaire, va juste ressortir un peu plus de ressentiment de la population envers les élus. Comme si on avait besoin de cela ! Par contre, les vrais enjeux n’auront pas été abordés, les bonnes questions n’auront pas été posées, et donc des solutions n’auront pas été proposées. Cette affaire « Pénélope Fillon » permet pourtant de poser la question qui fâche : « qu’est ce qu’on doit attendre du travail d’un assistant parlementaire ? » et derrière cette question, une deuxième encore plus importante « Quel doit être le travail d’un parlementaire ? ». Autant de questions qui amènent à l’enjeu de la « redevabilité », l’accountability des anglo-saxons. Un élu doit rendre des comptes à ses électeurs, sur un bilan concret, bien entendu, mais également sur la manière dont il exerce son mandat. C’est sur ce deuxième aspect que le bât blesse très sérieusement, car les parlementaires refusent, avec une obstination phénoménale, que la question soit même posée. Ils partent du principe qu’ils sont totalement libres de s’organiser comme ils le veulent, que cette question est hors du champ démocratique, avec un discours bien rôdé autour de la liberté de l’élu, du refus du mandat impératif. On est dans un véritable trou noir démocratique, où la demande citoyenne est de plus en plus forte, et se heurte à un refus catégorique.

Pour moi, le parlementaire doit des comptes sur la manière dont il exerce son mandat, notamment sur l’efficience de l’utilisation des fonds publics qui sont mis à sa disposition pour l’exercice de son mandat. Une grande partie de cet argent sert à payer les collaborateurs. Les citoyens sont donc fondés à demander aux élus des comptes sur la manière dont travaillent leurs collaborateurs. C’est là qu’on se rend compte que Pénélope Fillon est l’arbre qui cache la forêt, car comme le montre un chercheur, les parlementaires qui emploient un membre de leur famille sont ceux qui ont les plus mauvaises statistiques d’activité sur nosdéputés.fr. Cela est corroboré par des constatations de terrain que peuvent faire tous les assistants en poste : beaucoup d’épouses de députés, si elles sont présentes et travaillent, ne « foutent pas lourd » et sont clairement très bien payées au regard de la masse de travail fourni. Le vrai coupable est le député, qui peut se permettre d’employer une équipe peu ou pas efficace, car lui-même ne bosse pas beaucoup…

Quand on tire le fil, on arrive à s’interroger sur ce que doit être le travail d’un député (et donc les tâches de ses collaborateurs), et sur la manière de l’évaluer. Se focaliser sur le fait qu’un député salarie sa femme, c’est passer à coté de l’enjeu essentiel, qui est celui du travail que doit faire un député et des comptes qu’il doit rendre à ses électeurs sur la manière dont il remplit le contrat passé au moment de l’élection. On est malheureusement devant une page blanche, où tout ou presque est à écrire et à inventer.

Voir par ailleurs:

France’s next revolution
The vote that could wreck the European Union
Why the French presidential election will have consequences far beyond its borders
The Economist
Mar 4th 2017

IT HAS been many years since France last had a revolution, or even a serious attempt at reform. Stagnation, both political and economic, has been the hallmark of a country where little has changed for decades, even as power has rotated between the established parties of left and right.

Until now. This year’s presidential election, the most exciting in living memory, promises an upheaval. The Socialist and Republican parties, which have held power since the founding of the Fifth Republic in 1958, could be eliminated in the first round of a presidential ballot on April 23rd. French voters may face a choice between two insurgent candidates: Marine Le Pen, the charismatic leader of the National Front, and Emmanuel Macron, the upstart leader of a liberal movement, En Marche! (On the Move!), which he founded only last year.

The implications of these insurgencies are hard to exaggerate. They are the clearest example yet of a global trend: that the old divide between left and right is growing less important than a new one between open and closed. The resulting realignment will have reverberations far beyond France’s borders. It could revitalise the European Union, or wreck it.

Les misérables

The revolution’s proximate cause is voters’ fury at the uselessness and self-dealing of their ruling class. The Socialist president, François Hollande, is so unpopular that he is not running for re-election. The established opposition, the centre-right Republican party, saw its chances sink on March 1st when its standard-bearer, François Fillon, revealed that he was being formally investigated for paying his wife and children nearly €1m ($1.05m) of public money for allegedly fake jobs. Mr Fillon did not withdraw from the race, despite having promised to do so. But his chances of winning are dramatically weakened.

Further fuelling voters’ anger is their anguish at the state of France (see article). One poll last year found that French people are the most pessimistic on Earth, with 81% grumbling that the world is getting worse and only 3% saying that it is getting better. Much of that gloom is economic. France’s economy has long been sluggish; its vast state, which absorbs 57% of GDP, has sapped the country’s vitality. A quarter of French youths are unemployed. Of those who have jobs, few can find permanent ones of the sort their parents enjoyed. In the face of high taxes and heavy regulation those with entrepreneurial vim have long headed abroad, often to London. But the malaise goes well beyond stagnant living standards. Repeated terrorist attacks have jangled nerves, forced citizens to live under a state of emergency and exposed deep cultural rifts in the country with Europe’s largest Muslim community.

Many of these problems have built up over decades, but neither the left nor the right has been able to get to grips with them. France’s last serious attempt at ambitious economic reform, an overhaul of pensions and social security, was in the mid-1990s under President Jacques Chirac. It collapsed in the face of massive strikes. Since then, few have even tried. Nicolas Sarkozy talked a big game, but his reform agenda was felled by the financial crisis of 2007-08. Mr Hollande had a disastrous start, introducing a 75% top tax rate. He was then too unpopular to get much done. After decades of stasis, it is hardly surprising that French voters want to throw the bums out.

Both Mr Macron and Ms Le Pen tap into that frustration. But they offer radically different diagnoses of what ails France and radically different remedies. Ms Le Pen blames outside forces and promises to protect voters with a combination of more barriers and greater social welfare. She has effectively distanced herself from her party’s anti-Semitic past (even evicting her father from the party he founded), but she appeals to those who want to shut out the rest of the world. She decries globalisation as a threat to French jobs and Islamists as fomenters of terror who make it perilous to wear a short skirt in public. The EU is “an anti-democratic monster”. She vows to close radical mosques, stanch the flow of immigrants to a trickle, obstruct foreign trade, swap the euro for a resurrected French franc and call a referendum on leaving the EU.

Mr Macron’s instincts are the opposite. He thinks that more openness would make France stronger. He is staunchly pro-trade, pro-competition, pro-immigration and pro-EU. He embraces cultural change and technological disruption. He thinks the way to get more French people working is to reduce cumbersome labour protections, not add to them. Though he has long been short on precise policies (he was due to publish a manifesto as The Economist went to press), Mr Macron is pitching himself as the pro-globalisation revolutionary.

Look carefully, and neither insurgent is a convincing outsider. Ms Le Pen has spent her life in politics; her success has been to make a hitherto extremist party socially acceptable. Mr Macron was Mr Hollande’s economy minister. His liberalising programme will probably be less bold than that of the beleaguered Mr Fillon, who has promised to trim the state payroll by 500,000 workers and slash the labour code. Both revolutionaries would have difficulty enacting their agendas. Even if she were to prevail, Ms Le Pen’s party would not win a majority in the national assembly. Mr Macron barely has a party.

La France ouverte ou la France forteresse?

Nonetheless, they represent a repudiation of the status quo. A victory for Mr Macron would be evidence that liberalism still appeals to Europeans. A victory for Ms Le Pen would make France poorer, more insular and nastier. If she pulls France out of the euro, it would trigger a financial crisis and doom a union that, for all its flaws, has promoted peace and prosperity in Europe for six decades. Vladimir Putin would love that. It is perhaps no coincidence that Ms Le Pen’s party has received a hefty loan from a Russian bank and Mr Macron’s organisation has suffered more than 4,000 hacking attacks.

With just over two months to go, it seems Ms Le Pen is unlikely to clinch the presidency. Polls show her winning the first round but losing the run-off. But in this extraordinary election, anything could happen. France has shaken the world before. It could do so again.

Voir encore:

Fractured France
An unprecedented election, with unprecedented risks
A new social faultline in France has reshaped the country’s politics and sidelined its main parties
The Economist
Mar 4th 2017

Cogolin and Paris: With its shuttered façades, narrow streets and shaded main square, this small southern town has a certain Provençal charm. It boasts a twice-weekly market, two well-equipped sports halls, a public library and a narrow strip of beach. Yet an intangible air of disappointment hangs over Cogolin. Its poverty rate is well above the national average. Unemployment, at 18%, is nearly twice that of France as a whole. Many of those with jobs belong to the army of workers who repaint, clean, mow and cook at the villas and yachts of nearby Saint-Tropez. In 2014 the town elected a mayor from the xenophobic National Front (FN) with 53% of the vote.

Nearly three years into his term, Marc Etienne Lansade embodies the new-look FN. There are no shaven heads to be found at the town hall. With his monogrammed shirts and leather loafers, this former property developer from a chic suburb of Paris talks at length of his plans to develop Cogolin’s marina. He has taken on debt, partly to pay for extra local policemen. He is unapologetic about favouring expressions of Roman Catholic identity, such as a Christmas nativity scene in the town hall, dismissing critics of such gestures as “leftist Islamophiles”. He may come across as a hard-right deal-maker, but not as a thug.

Local opponents accuse him of financing his development plans in “opaque” ways and an “ideological” hostility to cultural diversity, such as North African songs or dances in schools. The voters, though, seem undeterred. The year after they elected Mr Lansade, 54% of voters in Cogolin backed the FN candidate, Marion Maréchal-Le Pen, niece of Marine Le Pen, the FN’s leader, at regional elections. And a great many will vote for Ms Le Pen herself in the first round of the forthcoming presidential election on April 23rd.

No precedents for the president

At a Cogolin bakery where Algerian pastries are nestled next to the baguettes, a middle-aged woman, asked about her country’s politicians, says she has “a real desire to kick them all up the backside”. Over the past few months almost all the most prominent of them, save Ms Le Pen, have thus been kicked. In the centre-right primary, held in November, voters rejected an ex-president, Nicolas Sarkozy, and an ex-prime minister, Alain Juppé. In January’s Socialist primary they turfed out another ex-prime minister, Manuel Valls. They would have rejected François Hollande, too, had he not already bowed out of the race—an unprecedented move for a sitting French president.

This bonfire of the elites has left France with a slate of candidates all but one of whom were not considered serious contenders for any party’s nomination six months ago. One of them, Emmanuel Macron, a former Socialist economy minister, is a candidate without the backing of an established party but with a real chance of victory, another unprecedented development. Benoît Hamon, the Socialist Party’s candidate, is a former backbench rebel against his own party. The centre-right nominee, François Fillon, will be put under formal investigation on March 15th accused of abusing his office to pay unearned salaries to his family; nevertheless, he says he will fight on.

And then there is Ms Le Pen. The populist leader, who has run the FN since 2011, leads The Economist’s poll of polls (see chart 1). There is a good chance that she will come top in the first round of the election—again, something for which there is no precedent. (When her father, Jean-Marie Le Pen, the FN’s founder and former leader, got into the second round in 2002 it was as the first-round runner-up, with just 17% of the vote). For the other candidates the election has become a race to stand against her in the second round on May 7th, and the campaign a test of the ability of mainstream politicians to shape a response to renascent nationalism.

Ms Le Pen will find it difficult to win in the second round; as yet, no poll has shown her doing so. One recently found her losing to Mr Macron by 42% to 58%; against Mr Fillon she does a bit better. But the margins leave little room for complacency. She is a strong campaigner, with a well organised party. Mr Macron, for all that he is fighting an insurgent campaign, can be painted as a very establishment character—of the sort who came off much worse in the votes for Brexit and Donald Trump than elite opinion expected. Many voters remain undecided, and more may still be biddable. Over two-fifths of those who have made a choice admit that they may yet change it.

Nicolas Baverez, a lawyer and commentator, compares France’s mood to that of 1930, when fascism was on the rise, or even 1789, the eve of the French revolution. In the parquet-floored salons of Paris, conversation readily turns to such sombre parts of history. “The historian in me is very pessimistic,” says Dominique Moïsi, of the Institut Montaigne, a think-tank, “because I know that these things can happen.”

The election of Ms Le Pen would not only bring to power a leader who has compared Muslims praying in the street to the Nazi occupation of France. It would prompt a crisis of government: the FN is highly unlikely to win a majority in June’s legislative elections, even if she is president. And it would threaten the future of Europe. Ms Le Pen has promised to abandon the euro in favour of a new franc and to hold a referendum on leaving the EU within her first six months (though she would need parliamentary approval to do so). The EU can survive the loss of Britain; the loss of France would bring the project that has underpinned the European order for the past 60 years to a close.

The new geography puts all in doubt

In some ways, the emergence of Ms Le Pen matches a pattern of insurgent populism across Western liberal democracies. A fear of job losses due to automation and deindustrialisation; a backlash against immigration; a distrust of self-serving political elites; the echo-chamber effect of information spread on social media: common factors helping populist political movements elsewhere have touched France, too.

Ms Le Pen’s support, like support for Mr Trump and Brexit, is well correlated with education. Only 8% of French citizens with a degree voted FN in 2014; 41% of those without a high-school diploma did. As with Mr Trump, men are better disposed to the FN than women. Ms Le Pen, like Mr Trump, is particularly popular in old industrial towns from which jobs and confidence have drained away, taking with them faith in parties of the left (see chart 2).

Perhaps the most distinctive aspect of the FN vote, though, is the faultline it reveals between the country’s cosmopolitan cities, at ease with globalisation, and those in-between places where farmland gives way to retail sprawl and a sense of neglect. Between 2006 and 2011, the number of jobs in 13 big French cities—Lyon, Marseille, Toulouse, Lille, Bordeaux, Nantes, Nice, Strasbourg, Rennes, Grenoble, Rouen, Montpellier and Toulon—increased on average by 5%. In France as a whole, jobs were lost. These dynamic cities, with their elegant pedestrian centres, tech hubs and gourmet food, vote for the left (Lyon, Nantes, Rennes), the greens (Grenoble) or the centre-right (Bordeaux). They are not immune to France’s feeling of being fed up; in April and May, many of them may opt for Mr Macron. But none registers a strong vote for the FN.

Around them, though, is what Christophe Guilluy, a geographer, calls “peripheral France”. This is the world of lost employers like the Lejaby lingerie factory in Bellegarde-sur-Valserine, in the foothills of the Alps, or the Moulinex factory in Alençon, in southern Normandy. It is a world where Uber, bike-share schemes and co-working spaces are nowhere to be found, and where people sense that globalisation has passed them by. It is a world where the FN is on the rise.

The FN’s first base was in the south, where Mr Le Pen built support among French settlers returning from independent Algeria in the 1970s. Its second was the rust-belt of the north and east, where it scooped up the disappointed vote that once went to socialists or communists. Maps by Hervé Le Bras, a demographer, show that the FN now has a third home in Mr Guilluy’s peripheral areas—beyond the outskirts of the cities, but not deeply rural. In a ring of communes between 40km and 50km from the centre of Paris, for example, the FN’s candidate in the 2015 regional elections, Wallerand de Saint-Just, won 32% of the vote. In places 80km out or more, he scored fully 41% (see chart 3).

Isolation boosts FN support. “The farther you live from a railway station”, says Mr Le Bras, “the more you are likely to vote FN.” France has high-quality public services, and its citizens have matching expectations for the fabric of their lives. When that fabric thins—when a local butcher closes, or a doctor leaves town—they feel neglect. A common factor behind the FN vote in such places, says Jérôme Fourquet, director of Ifop, is “a sense of abandonment, of being left behind by an elite that doesn’t care.”

Ms Le Pen exploits this sentiment with uncanny skill. Born into politics and raised in a mansion in a swish Parisian suburb, she somehow manages to speak for those she calls the country’s “forgotten” in a way they find credible. The reason this works is partly Ms Le Pen’s shrewd feel for simple language and anti-elite slogans. But it is also because France has been going through an unusually unsettled time that has left people looking beyond the established parties and given French populism distinctive features.

One is a sense that a great country, the cradle of human rights and the Enlightenment, has somehow lost its way. This is particularly obvious in economic terms. Since the end of the trente glorieuses, the three decades of strong growth that followed the second world war, it has been debt, rather than growth, that has financed the high-speed trains, the blooming municipal flower beds and the generous provisions for child care, ill health, job loss and old age that are the hallmark of France’s splendid public sector. French public spending now accounts for a greater share of GDP than it does in Sweden. But no French government has balanced its budget since 1974.

Over the past 15 years, there has been a particular décrochage, or decoupling, between the French economy and that of Germany, its closest ally. In 2002 the two countries enjoyed comparable GDP per head. Germany, under Gerhard Schröder, began to reform itself. France, under Jacques Chirac, didn’t. Today, Germans have 17% more purchasing power per person. Labour costs in France have risen faster than in Germany, deterring the creation of permanent jobs and undermining competitiveness. The country’s share of all goods exports between EU countries has dropped from 13.4% to 10.5%.

Most devastating is unemployment. In 2002, it was a tad higher in Germany. Today it has dropped to 4% on that side of the Rhine, but in France it remains stuck at 10%, and at 25% for the under-25s. Over 80% of new jobs are on short-term contracts, with “short-term” often meaning just a month. A generation of young French people has grown up outside the country’s famously protected job market. The votes for Mr Trump or Brexit were weakest among the under 25s; but the young French support the FN more than any other party. (Conversely, older voters have much less truck with Ms Le Pen than their Anglophone peers did with Brexit and Mr Trump; polls say they fear for their savings and pensions if France leaves the euro.)

Shame isn’t a strong enough emotion

Economic self-doubt has been compounded by a sense of what Laurent Bouvet, a political scientist, calls “cultural insecurity”. Three big terrorist attacks within the space of 18 months, in 2015 and 2016, battered France’s confidence. The coming presidential election will be conducted under a state of emergency which has been renewed four times since November 2015. The French have had to learn to live with soldiers patrolling the streets and railway stations, a daily visual reminder of their vulnerability.

Legitimate worries about terrorism have supplied fertile ground for insidious identity politics. As the home to one of Europe’s biggest Muslim minorities, France is more alert than, say, Italy or Spain to hints of religious extremism. Moreover, the country has a pre-existing and unforgiving framework for managing religious expression—known as laïcité—which recent governments, fearing a threat to secularism, have tightened up. When this provokes a row—over Muslim head-coverings, say—it plays straight into Ms Le Pen’s hands; she has little trouble persuading voters that their values are under threat. France, she tells her flag-waving rallies, faces nothing less than “submersion”.

Ms Le Pen succeeds not because of the way her policies, which include a lower retirement age, more taxes on foreign workers and massive increases in spending on the armed forces, would tackle economic insecurity or the threat of terror (they wouldn’t). It is because of her talent for blending two strands of populism: anti-immigrant talk about values and churches, strong in the south, and anti-market discourse about jobs and the system, favoured in the north. On both counts, she can tap into French history.

Ms Le Pen may have purged the FN of the overt anti-Semitism and neo-Nazi imagery of her father’s era. Yet her party remains originally rooted in a nostalgia for colonial Algeria and supporters of Marshal Pétain, who collaborated with the Nazis. Churches, flags and the homeland remain potent symbols in this world. Campaigning in Provence Ms Maréchal-Le Pen frequently recalls the country’s roots in Christendom. At her aunt’s political rallies, supporters can be heard chanting: “On est chez nous” (This is our home).

At the same time, anti-establishment politics fits her compatriots’ self-image as a nation of revolutionaries, pitchforks in hand. When Mr Le Pen was first elected to the National Assembly, in 1956, it was on a list led by Pierre Poujade, who evoked this tradition when he spoke up for “the little people”: “The downtrodden, the trashed, the ripped off, the humiliated.” It is no coincidence that Ms Le Pen’s campaign slogan is “In the name of the people”.

A final ingredient gives French populism a further twist: Euroscepticism. Invaded three times by Germany since 1870, and on its fifth republic, France has a long disrupted history, insecure even in peace. After the second world war it dealt with this by building Europe—a project by which it sought to bind in Germany and to amplify its own power. The French regarded the ceding of sovereignty as a means of reinforcing, not undermining, their nation state.

Europe remains an important part of French identity. But somewhere along the line the passion it once evoked cooled down, and the consensus supporting it faltered. Second thoughts spread long before the recent currency and refugee crises. In 1992, the French approved the launch of the union’s single currency by the slimmest of margins. In 2005 they rejected the draft EU constitution. The share of French people who see Europe favourably dropped from 69% in 2004 to 38% in 2016, according to Pew, a polling group; that makes the EU less popular in France than in Britain. This has given the FN a fresh electoral cause. Ms Le Pen speaks of Brexit as a model of emancipation from the shackles of what she calls the “European Soviet Union”.

The feeling that France has lost its sense of purpose goes well beyond those tempted to vote for the FN. So does exasperation with the failures of both the left and the right to put the national interest first, and fix the country. At every national election for the past ten years, at all levels of government, the French have voted against the party in overall power; fully 89% of the French told a recent poll they thought the country was heading in the wrong direction. It is this that has opened the way for a party refusenik such as Mr Macron—who, should he win, will have to get the people to break their unerring habit of resisting the change they have just voted for, a habit that accounts for much of their frustration.

In “Le Mal Français”, a book published in 1976, Alain Peyrefitte, a minister under Charles de Gaulle, lamented the fact that such a talented country had produced such a blocked system. Every now and then, it seems, France needs to go through convulsions of abrupt change in order to free itself from l’immobilisme (paralysis). History shows that such moments of upheaval can produce startling and creative forces for renewal. But they can also presage a slide into darkness. In Mr Macron’s cities, and Ms Le Pen’s peripheries, France is poised to go either way. The choice it makes could scarcely matter more.

Voir enfin:

Presswire

Dec 23, 2011

NEW YORK, Dec. 23, 2011 /PRNewswire-USNewswire/ — A federal district court in Manhattan yesterday entered a historic ruling that reveals new facts about Iran‘s support of al Qaeda in the 9/11 attacks.  U.S. District Judge George B. Daniels ruled yesterday that Iran and Hezbollah materially and directly supported al Qaeda in the September 11, 2001 attacks and are legally responsible for damages to hundreds of family members of 9/11 victims who are plaintiffs in the case.

Judge Daniels had announced his ruling in Havlish, et al. v. bin Laden, et al., in open court on Thursday, December 15, 2011, following a three-hour courtroom presentation by the families’ attorneys.  Judge Daniels entered a written Order of Judgment yesterday backed by 53 pages of detailed Findings of Fact and Conclusions of Law.

Fiona Havlish, whose husband Donald perished in the World Trade Center North Tower on 9/11 said, « This is a historic day.  For ten years we’ve wanted the truth to be known about who was responsible for our losses.  Now we have that answer. »

Ellen Saracini, the wife of United Airlines 175 pilot Victor Saracini, which the hijackers crashed into the WTC South Tower, said after the hearing last Thursday, « We just came from Judge Daniels’ court where he ruled in favor of holding accountable those who perpetrated the attacks of 9/11… I just smiled up to Victor and I said we’re still thinking about you … we’re there for you … we’ll always be there for you.  But today‘s very special. »

In Havlish, et al. v. bin Laden, et al., Judge Daniels held that the Islamic Republic of Iran, its Supreme Leader Ayatollah Ali Hosseini Khamenei, former Iranian president Ali Akbar Hashemi Rafsanjani, and Iran‘s agencies and instrumentalities, including, among others, the Iranian Revolutionary Guard Corps (« IRGC »), the Iranian Ministry of Intelligence and Security (« MOIS »), and Iran‘s terrorist proxy Hezbollah, all materially aided and supported al Qaeda before and after 9/11.

« The families have waited a very long time for this day and they have been through a lot.  So I was greatly relieved that the families received an answer to the question that they asked me ten years ago: they asked who was the responsible party?  How did this happen?  Today a federal court judge has said that a principal responsible party is the Islamic Republic of Iran, » said Thomas E. Mellon, Jr. of Doylestown, Pennsylvania, law firm of Mellon Webster & Shelly, the lead attorney for the Havlish plaintiffs.

The evidence was developed over a seven-year international investigation by the Havlish attorneys who pursued the 9/11 Commission’s recommendation regarding an apparent link between Iran, Hezbollah, and the 9/11 hijackers, following the Commission’s own eleventh-hour discovery of significant National Security Agency (« NSA ») intercepts: « We believe this topic requires further investigation by the U.S. government. »  9/11 Commission Report, p. 241.  The Havlish evidence included sworn testimony and affidavits from the following:

  • Ten expert witnesses including three former 9/11 Commission staff members, two former CIA case officers, two investigative journalists, and an Iran analyst who has testified in 25 cases involving Iranian terrorism.
  • Three Iranian defectors who were operatives of MOIS and the IRGC.  Witness X, whose dramatic testimony was previously filed under seal, was revealed to be Abolghasem Mesbahi, a former MOIS operative in charge of Iran‘s espionage operations in Western Europe.  Judge Daniels found that Mesbahi has testified in numerous prosecutions of Iranian and Hezbollah terrorists, including the Mykonos case in Germany and the AMIA case in Argentina, and found to be highly reliable and credible.  Judge Daniels also credited Mesbahi’s testimony that he received messages during the summer of 2001 from inside the Iranian government that an Iranian contingency plan for unconventional warfare against the U.S. called « Shaitan dar Atash » had been activated.  « This is compelling proof that Iran was deeply involved in the 9/11 conspiracy, » said Tim Fleming, lead investigative attorney for the Havlish group.

Included among Judge Daniels’ findings in Havlish are the following:

  • Members of the 9/11 Commission staff testified that Iran aided the hijackers by concealing their travel through Iran to access al Qaeda training camps in Afghanistan.  Iranian border inspectors refrained from stamping the passports of 8 to 10 of the 9/11 hijackers because evidence of travel through Iran would have prevented the hijackers from obtaining visas at U.S. embassies abroad or gaining entry into the United States.  The 9/11 Commission Report addressed these facts and called for further investigation.  9/11 Commission Report at pp. 240-41.
  • Expert and U.S. government evidence also confirmed that Iran facilitated the escape of al Qaeda leaders and members from the U.S. invasion of Afghanistan into Iran and provided safe haven inside Iran after 9/11.
  • Abolghasem Mesbahi testified he was part of an IRGC-MOIS task force that designed contingency plans for unconventional warfare against the U.S., code-named « Shaitan dar Atash » (« Satan in Flames ») which included crashing hijacked passenger airliners into the World Trade Center, the Pentagon, and the White House.  During the weeks before 9/11, Mesbahi received three coded messages from a source inside Iran‘s government indicating that the Shaitan dar Atash plan had been activated.
  • Mesbahi also testified that in 2000 Iran used front companies to obtain a Boeing 757-767-777 flight simulator for training the terrorists.  Due to U.S. trade sanctions, Iran has never had any Boeing 757-767-777 aircraft, but all the airplanes hijacked on 9/11 were Boeing 757 or 767 aircraft.
  • A May 14, 2001 memorandum from inside the Iranian government demonstrating that Iran‘s Supreme Leader, Ayatollah Khamenei, was aware of the impending attacks and instructing intelligence operatives to restrict communications to existing contacts with al Qaeda’s Ayman al Zawahiri and Hizballah’s Imad Mughniyah.
  • Documents obtained from German federal prosecutors showing that 9/11 coordinator Ramzi Binalshihb traveled to Iran in January 2001 on his way to Afghanistan to brief Osama bin Laden on the plot’s progress.
  • Evidence from the 9/11 Commission Report that a « senior Hezbollah operative, » which the Havlish evidence identifies as Hezbollah terrorist chief Imad Mughniyah, coordinated activities in Saudi Arabia and was present (or his associate) on flights the hijackers took to and from Beirut and Iran.  9/11 Commission Report at pp. 240-41.  Mughniyah, a longtime agent of Iran, orchestrated a string of terror operations against the U.S. and Israel during the 1980s and 1990s.  He was assassinated in Syria in February of 2008.

Attorneys emphasized that it is important to understand that Iran, Hezbollah, and al Qaeda formed a terror alliance in the early 1990s.  The attorneys cited their national security and intelligence experts, including Dr. Patrick Clawson, Dr. Bruce Tefft, Clare Lopez, Kenneth Timmerman, Dr. Ronen Bergman, Edgar Adamson, and 9/11 Commission staff members Dietrich Snell, Dr. Daniel Byman, and Janice Kephart, as well as the published writings of Robert Baer, to explain how the pragmatic terror leaders overcame the Sunni-Shi’a divide in order to confront the U.S. (the « Great Satan ») and Israel (the « Lesser Satan »).  Iran and Hezbollah then provided training to members of al Qaeda in, among other things, the use of explosives to destroy large buildings.  The Iran-Hezbollah-al Qaeda alliance led to terror strikes against the U.S. at Khobar Towers, Saudi Arabia (1996), the simultaneous U.S. embassy bombings in Kenya and Tanzania (1998), and the USS Cole (2000).  Shortly after the Cole attack, Iran was facilitating the international travel of the 9/11 hijackers.

« It was a wonderful day.  A great day where the truth was finally revealed in a court of law with strong, strong evidence.  The judge allowed us to put on and present all the evidence that we had filed directly or under seal and he accepted it and made a ruling in our favor, » said Dennis Pantazis, one of the Havlish attorneys.  « Now we go on to prove damages for each one of the family members, » he added.

The case is Fiona Havlish, et al v. Usama Bin Laden, et al,  03-CV-9848 (GBD), and is part of the consolidated proceeding In Re Terrorist Attacks on September 11, 2001, Civil Action No. 03 MDL 1570 (GBD).

For full story information, background documents, and links to broadcast quality footage, including soundbites from Havlish attorneys and plaintiffs, please visit the case website at www.Iran911case.com.


Héritage Obama: Attention, un monstre peut en cacher un autre ! (The “Legacy of Obama” can be explained in one word: Trump)

20 février, 2017
osmonster obamaangel
Obamastein

Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois […] la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. Marx
Il faut constamment se battre pour voir ce qui se trouve au bout de son nez. George Orwell
Le plus difficile n’est pas de dire ce que l’on voit mais d’accepter de voir ce que l’on voit. Charles Péguy
Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. La Fontaine
Nous crions d’un bout à l’autre de l’Afrique : Attention, l’Amérique a la rage. Tranchons tous les liens qui nous rattachent à elle, sinons nous serons à notre tour mordus et enragés. Sartre (1953)
The average reporter we talk to is 27 years old, and their only reporting experience consists of being around political campaigns. That’s a sea change. They literally know nothing. (…) We created an echo chamber. They were saying things that validated what we had given them to say. Ben Rhodes (conseiller du président Obama)
When a Republican congressman on MSNBC brought up a 2012 incident where President Barack Obama was caught on a hot mic promising to give Russia’s Vladimir Putin a little more “flexibility” after the election, NBC journalist and MSNBC host Katy Tur seemed not to recall the incident. Tur pressed Florida Representative Francis Rooney about the number of Donald Trump advisors with close tie to Russia. “I see a lot of folks within Donald Trump’s administration who have a friendlier view of Russia than maybe past administrations did,” she noted. “Well, I think it was Obama that leaned over to Putin and said, ‘I’ll have a little more flexibility to give you what you want after the re-election,’” Rooney responded. Tur paused for a moment. “I’m sorry, I don’t know what you’re referring to, Congressman,” she said. “Remember when he leaned over at a panel discussion or in a meeting, and he said, ‘I’ll have more flexibility after the election’?” Rooney asked. “No one pushed the president on what he meant by that, but I can only assume for a thug like Putin that it would embolden him,” which gave Tur pause, again. In Tur’s defense, Rooney is slightly off in his retelling: it was then-Russian President Dmitry Medvedev who Obama whispered to, who then promised to relay Obama’s message to Putin. But his recollection of the content of Obama’s message was accurate: “This is my last election. After my election I have more flexibility,” he told the Russians. Obama’s hot mic comments were major news at the time, receiving widespread coverage. Obama’s Republican opponent Mitt Romney seized upon the gaffe and worked it into his stump speeches, even bringing it up during one of the presidential debates. Mediaite
Donald Trump est ici ce soir et je sais qu’il s’est pris des critiques ces derniers temps, mais personne n’est plus heureux, plus fier, que cette affaire de certificat de naissance soit enfin réglée que le Donald. Et c’est parce qu’il va maintenant pouvoir se concentrer sur les problèmes importants. Par exemple, notre vol sur la Lune était-il un faux? Qu’est-il vraiment arrivé à Roswell? Et où sont Biggie et Tupac ?  Barack Obama
Cette soirée d’humiliation publique, plutôt que d’éloigner M. Trump (de la scène politique), a accéléré ses efforts féroces pour gagner en stature au sein du monde politique. Et cela illustre jusqu’à quel point la campagne de Trump est inspirée par un besoin profond (qui est) parfois obscurci par ses fanfaronnades et vantardises : un désir d’être pris au sérieux. The NY Times
La présidence Obama a inventé une propagande branchée, une communication cool. Au cœur de cette stratégie  : les réseaux sociaux, qui ont largement porté sa victoire en 2008. L’engagement numérique de la campagne du «Yes We Can» a d’ailleurs été décortiqué par les équipes de com du monde entier. Tandis que la droite américaine propageait son venin conspirationniste par de bonnes vieilles chaînes de mails –  le candidat démocrate aurait menti sur son certificat de naissance, serait musulman…  –, Obama prenait mille longueurs d’avance, touchant un public beaucoup plus large, plus jeune. «En 2008, les efforts de son adversaire, John McCain, pour tenter de le rattraper sur les réseaux sociaux étaient presque pathétiques», se souvient Michael Barris, coauteur de The Social Media President (Palgrave, 2013). L’équipe du sénateur de l’Illinois a compris l’intérêt de Facebook, de Twitter –  plus tard viendront Instagram, Snapchat, LinkedIn…  – pour lever des fonds, diffuser des messages, obtenir des soutiens, grâce à ce porte-à-porte virtuel d’un nouveau genre. «Obama s’est fait élire sur des promesses de démocratie participative via les réseaux sociaux, rappelle Michael Barris. Mais finalement, les réseaux sociaux ont surtout été pour lui un formidable outil de diffusion, de validation par le public, et de promotion d’une image très positive : celle d’un président branché, connecté, proche des gens.» Viser un public, via le bon médium, avec le bon ton : huit ans que le président américain, avec son équipe de quatorze personnes dédiée à la stratégie numérique, montre sa maîtrise. Et son adaptation à l’évolution des usages. La Maison Blanche est devenue une véritable boîte de production, avec plus de 500 vidéos réalisées chaque année (infographies, coulisses…), distribuées sur les différentes plateformes (site officiel, YouTube, Facebook…). «Le premier président de l’ère des médias sociaux a fixé les règles d’interactions numériques entre politiques et électeurs, écrit le Washington Post. Certains chefs d’Etat se préoccupaient des chaînes d’info ; Obama est le président ­Netflix.» (….) Mais le président américain ne laisse rien au hasard : cette spontanéité est surtout parfaitement chorégraphiée, écrite à l’avance par des équipes d’auteurs talentueux. D’autodérision, il en a beaucoup fait preuve lors du dîner annuel des correspondants à la Maison Blanche, véritable scène de stand-up pour le président sortant. Maîtrise des silences, des regards, intonations, vidéos bien ficelées… Ces soirs-là, Obama fait de l’humour une technique de dégoupillage imparable des critiques. Comme en 2011, alors que la droite le harcèle une nouvelle fois sur son certificat de naissance. Pour faire taire les rumeurs, il annonce la «diffusion exclusive de la vidéo de sa mise au monde» –  en fait, le début du Roi Lion de Disney. Dans la salle, Donald Trump, déjà porte-voix de ces allégations, ne moufte pas. Les journalistes, qui rient à gorge déployée, ont laissé leurs armes au vestiaire. Libération
Chacun sait que notre époque de fausse liberté a accouché d’une tyrannie de la pensée dont la sage-femme devenue folle était déguisée en antiraciste diplômée. Valeurs Actuelles en a fait les frais en osant voiler Marianne pour défendre la laïcité républicaine contre les menées islamistes et Pascal Bruckner comme Georges Bensoussan payeront peut-être le prix pour des raisons voisines. Silence dans les rangs de la gauche paraît-il démocratique. Mais aujourd’hui vient d’éclater une tout autre affaire dans laquelle, au contraire, le racisme comme l’antisémitisme n’ont rien d’imaginaire. Et je prends le pari, qu’ici, précisément, les organisations prétendument antiracistes resteront aux abris. La vedette s’appelle Mehdi Meklat, hier encore il était la coqueluche de la famille islamo-gauchiste et de tous ses compagnons de chambrée. Dans le numéro du 1er février des Inrockuptibles il partageait la une avec l’icône Taubira. Il collaborait aussi avec le Bondy Blog, très engagé dans le combat actuel contre les policiers considérés uniment comme des tortionnaires racistes. Il était encore récemment chroniqueur de la radio active de service public France Inter. Oui mais voilà, patatras, on a retrouvé parmi les milliers de tweets qu’il n’a pas réussi à effacer des gazouillis racistes du dernier cri strident. Échantillons choisis : “je crache des glaires sur la sale gueule de Charb et tous ceux de Charlie hebdo”. “Sarkozy = la synagogue = les juifs = Shalom = oui, mon fils = l’argent”, “Faites entrer Hitler pour tuer les juifs”, “j’ai gagné 20 $ au PMU, je ne les ai pas rejoués parce que je suis un juif”, “les Blancs vous devez mourir asap” etc. Avec une touchante spontanéité, à présent qu’ils ont été découverts, voici ce que notre Mehdi a tweeté samedi dernier : “je m’excuse si ces tweets ont pu choquer certains d’entre vous : ils sont obsolètes”. Bah voyons, certains datent de 2012, autant dire le déluge. J’en connais qui vont fouiller les poubelles du père Le Pen, d’autres qui reprochent à un ancien conseiller de Sarkozy d’avoir dirigé Minute il y a 30 ans, mais dans notre cas, certains plaident déjà l’Antiquité… Gilles-William Goldnadel
Mehdi Meklat, 24 ans, était jusqu’ici connu pour son ton décalé. Du Bondy Blog, à France Inter en passant par Arte, le chroniqueur, journaliste et auteur, s’est taillé, avec son compère Badrou (« les Kids », époque France Inter) une réputation de porte-voix de la jeunesse, « à l’avant garde d’une nouvelle génération venue de banlieue » écrivaient encore Les Inrocks le 1er février. Sauf qu’entre temps, des internautes ont exhumé des tweets de Meklat : injures antisémites, homophobes, racistes, misogynes. Un florilège qui provoque la sidération. De son côte, le jeune homme s’excuse, dépublie, et assure qu’il s’agissait « de questionner la notion d’excès et de provocation » à travers un « personnage fictif ». Faire mentir les stéréotypes sur les-jeunes-de-banlieue. Sans rien renier de soi. Depuis ses débuts au Bondy Blog en 2008, c’est ce que Mehdi Meklat tente de faire, au gré d’une exposition médiatique précoce. A 24 ans désormais, après avoir fait ses premiers pas de journaliste au Bondy Blog à 16 ans, puis tenu chronique pendant six ans chez France Inter en duo avec son ami Badrou (« les Kids »), Meklat le touche à tout (réalisateur, blogueur, reporter) est en promo pour un second livre. Mehdi et Badrou « l’avant-garde d’une nouvelle génération venue de banlieue qui compte bien faire entendre sa voix » écrivaient les Inrocks qui leur consacraient une couverture le 1er février en compagnie de Christiane Taubira. Un binôme qui avait tapé dans l’œil de l’animatrice de France Inter Pascale Clark dès 2010, pour son ton « décalé », sa capacité à chroniquer avec autant d’acuité la vie de l’autre côté du périph (Meklat a grandi à Saint-Ouen, Badrou à la Courneuve) que le tout venant de l’actualité plus « médiatique ». Et voilà que depuis quelques jours, après son passage sur le plateau de l’émission la Grande Librairie (France 5) pour la promo de son second livre, le roman « Minute » (co-écrit avec Badrou), Meklat est dans l’œil du cyclone Twitter. Propulsé dans les sujets les plus discutés non pas pour la promotion de son nouvel ouvrage dédié à Adama Traoré. Mais pour des tweets, exhumés ces derniers jours par plusieurs internautes. Pas quelques tweets isolés. Mais des messages par dizaines, anciens (2012) et pour certains plus récents (2016) dans lesquels Meklat tape tous azimuts sur « les Français », « les juifs », « les homos », Alain Finkelkraut, Charlie Hebdo, les séropositifs, les « travelos »… La liste est longue, et les messages à même d’interpeller. Une prose en 140 signes qui tranche avec l’image de jeune talent à la plume « poétique » et acérée que Meklat s’était jusqu’ici taillée et qui lui a valu jusqu’à aujourd’hui des articles dithyrambiques dans la presse culturelle. Quelques heures auront suffit pour que, soient exhumés et massivement partagés des dizaines de messages issus de son compte twitter personnel @mehdi_meklat. (…) Parmi les premiers et les plus zélés chasseurs de tweets, la fachosphère s’est ruée sur l’occasion. Le blog d’extrême droite Fdesouche publie à tout-va plus d’une cinquantaine de messages de Meklat « journaliste homophobe et antisémite du Bondy blog ». Le site d’extrême droite Boulevard Voltaire, fondé par Robert Ménard, trouve là prétexte à acculer la « gauchosphère sous son vrai visage », quand l’ex-porte parole de génération identitaire s’en donne, lui aussi, à coeur joie. Très vite rejoint dans cette avalanche d’indignation par Marion Maréchal Le Pen. Ce dimanche, la twitta-éditorialiste du Figaro Eugénie Bastié y allait aussi de ses commentaires en 140 signes, suivis d’un article corrosif, soulignant bien au passage que Meklat avait fondé il y a peu avec le journaliste Mouloud Achour (CliqueTV) les « éditions du grand Remplacement » qui ont lancé en juin dernier un magazine baptisé « Téléramadan ». Cette nouvelle revue annuelle qui entend parler d’islam de façon dépassionnée, avait su trouver un titre pied-de-nez déjà à même de faire bondir certains. Mais dans le cas des tweets de Meklat, de fait, la sidération dépasse de loin la sphère des militants de droite et d’extrême droite. D’autres aussi s’indignent : de simples twittos, mais aussi des journalistes, tels Françoise Laborde, Claude Askolovitch, des élus PS comme la ministre de la Famille Laurence Rossignol, ou encore la conseillère municipale Elodie Jauneau sans compter le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme Gille Clavreul. Ils interpellent les Inrocks qui ont placé Meklat en Une de leur numéro du 1er février au côté de Taubira. Ils apostrophent également les éditions du Seuil où Meklat vient de publier son ouvrage, et font part de leur stupéfaction. A l’image de l’auteur de bande dessinée, romancier et réalisateur, Joann Sfar qui s’étrangle : « Je découvre tout ça ce matin, il semble que c’est authentique. Je trouve ça inexcusable quand on se veut représentant de la jeunesse. » Face à l’avalanche de messages indignés, sommé de s’expliquer, samedi après-midi, Meklat se fend finalement de quatre tweets d’excuse et d’explication : « je m’excuse si ces tweets ont pu choquer certains d’entre vous : ils sont obsolètes », assure Meklat qui supprimera dans la foulée la totalité de ses tweets d’avant février 2017 (plus de 30 000). Surtout, il affirme que ces messages ne reflètent en rien sa pensée. Il ne nie pas en être l’auteur, mais assure qu’il s’agit de messages parodiques. « Jusqu’en 2015, sous le pseudo Marcelin Deschamps, j’incarnais un personnage honteux raciste antisémite misogyne homophobe sur Twitter ». Marcellin Deschamps ? Un « personnage fictif », assure-t-il par lequel il avait entrepris de « questionner la notion d’excès et de provocation ». Mais, il l’affirme : les propos de ce personnage « ne représentent évidemment pas ma pensée et en sont tout l’inverse. » Sur Twitter, une fois troqué son pseudo contre son vrai patronyme, le jeune homme n’a pas supprimé ces anciens messages, apparaissant depuis sous son vrai nom Mehdi Meklat. Dans la foulée, ce samedi, l’animatrice radio Pascale Clark, ex chaperonne de Meklat à France Inter (2010-2015) a pris sa défense « Son personnage odieux, fictif, ne servait qu’à dénoncer », assure-t-elle sur Twitter avant de préciser dans un second message : « Les comiques font ça à longueur d’antenne et tout le monde applaudit ». Un peu facile de se cacher derrière un personnage fictif ? A la remarque de plusieurs internautes, le journaliste Claude Askolovitch tempère : « c’est même piteux. Mais cela ne change pas la nature de ses messages pourris – une énorme connerie, pas des appels au meurtre ». Si le journaliste ne cache pas son dégoût pour ces messages qu’il assimile à « des excréments verbaux », « des blagues absolument laides, impardonnables, perverses », « dans un jeu périlleux », il se refuse à y voir de « vraies prises de position ». Tout en tançant « un mec qui s’est cru assez malin pour twitter des immondices ». « Twitter des immondices », sous pseudo dans « un jeu périlleux » ? Yagg, le site de presse LGBT y avait vu davantage qu’un jeu. Le site avait bondi en mars 2014 quand Meklat écrivait sur Twitter : « Christophe Barbier a des enfants séropo ». Yagg le taxe alors d’ « humour sérophobe », « au goût douteux » (visant des personnes séropositives). Le site avait contacté Meklat pour qu’il s’en explique. Réponse de l’intéressé : « J’ai un pseudo sur Twitter, il ne faut pas faire d’amalgame entre mon personnage et moi-même ». Contacté par Yagg, il développait : « Je peux comprendre qu’on se sente insulté par mes tweets, car ils sont parfois extrêmes, provocants ou insultants, mais il ne faut pas en faire des tonnes(…) J’ai créé un personnage violent, provocant, méchant. Pourquoi? Je ne me l’explique pas à moi-même, alors je ne peux pas l’expliquer aux autres. Mais je ne suis pas du tout homophobe. » En octobre 2012, les Inrocks consacraient un portrait élogieux (comme beaucoup) aux gamins précoces Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah, alias « les Kids » de France inter qui entamaient leur quatrième saison sur les ondes de la radio publique. « Un matin, ils partent avec leur micro enregistrer la plainte de la vallée de Florange abandonnée, le lendemain ils sont à l’Elysée et tapent la discute avec Michael Haeneke » écrivent les Inrocks qui dressent le portrait de deux « gamins « talentueux », de « vrais passe-murailles ». Comme beaucoup, l’hebdo s’enthousiasme de leur « reportages poétiques » et de leur « style unique ». Les Inrocks notent : « ils attirent les sympathies ». Quant à Meklat ? Au passage, l’hebdo raconte que c’est « le plus provoc » de deux. « Il faut le voir sur Twitter, vaguement caché derrière un pseudo depuis longtemps éventé : c’est une vraie terreur. Il se pose en métallo furieux, insulte à tout va, se moque de tout et de tous avec une férocité indécente » écrivent les Inrocks qui commentent : « Ça peut aller trop loin (France Inter lui a déjà demandé de retirer un tweet) mais la plupart du temps, c’est drôle à mourir. » Et Meklat d’expliquer déjà que sur le réseau social il « joue un personnage » : « Je ne suis attaché à rien, je n’ai de comptes à rendre à personne, j’ai la liberté de dire ce que je veux. C’est un terrain de jeu, j’y abuse de tout, je ne me mets pas de limite. » Trois ans plus tard. Octobre 2015. Les « Kids » de Pascale Clark ont grandi. Lorsque Le Monde les interviewe pour la sortie de leur premier livre, la journaliste s’attarde sur le cas Meklat. « Si doux et poli à la ville, Mehdi s’est inventé sur Twitter un double diabolique, qui insulte à tout-va », écrit Le Monde. Meklat commente alors : « Tout est trop convenu, on n’ose plus s’énerver. L’idée de casser ça en étant méchant gratuitement me plaît ». En septembre 2016, dans un long article, la journaliste Marie-France Etchegoin revenait pour M le magazine du Monde sur le parcours et l’état d’esprit du tandem Mehdi-Badrou, « une nouvelle génération, à la fois cool et dure, investissant le champ de la culture plutôt que celui des partis politiques, et extrêmement engagée ». Engagée, brillante et convoitée. Comme l’explique M, le duo Mehdi-Badrou est sollicité de toutes parts, ces dernier temps. Ici pour pour un projet avec la Fondation Cartier, là pour écrire un dossier de presse pour un long-métrage avec Depardieu. Ou encore pour mettre en scène la pièce d’un auteur suédois. Quant à leur magazine Téléramadan, la revue annuelle « des musulmans qui ne veulent plus s’excuser d’exister », la journaliste explique que « Pierre Bergé mais aussi Agnès b ont accepté de soutenir la revue ». Parfait. Seul bémol dans la success story, observe la journaliste : « Les bonnes fées qui accompagnent les deux garçons depuis l’adolescence observent leur évolution, avec parfois une pointe d’inquiétude, qui n’empêche ni bienveillance ni compréhension. » Concrètement ? Il est question notamment de Meklat et de son usage de Twitter. « Un troll déchaîné qui déconne et dézingue à tout-va. «Giclez-lui sa mère», «On s’en bat les couilles», «Elle est pas morte, celle-là?» « , énumère la journaliste qui constate : « il se défoule sur des personnalités dont les manières ou les prises de position sur l’islam n’ont pas l’heur de lui plaire ». Certains parrains et autres bonnes fées, explique la journaliste, s’en soucient : « «Arrête ces Tweets! Tu n’es pas dans une cour de récréation!» Mouloud Achour le met en garde: «Les écrits restent, un jour on te les ressortira.». Quant à Mehdi, raconte la journaliste, il « se défend, la main sur le cœur: «Ce n’est pas moi, c’est un personnage que j’ai inventé», ne pouvant s’empêcher d’ajouter, comme dans un lapsus: «Mes Tweets sont des pulsions!» » Meklat et son avatar pulsionnel, une histoire qui ne date pas d’hier. Un double « je » qui ne semble pas géner Meklat, mais qui ne met pas tout le monde à l’aise. Ce dimanche, l’animateur de la Grande Librairie (France 5) François Busnel, qui avait invité Meklat cette semaine publie un communiqué pour prendre ses distances avec son invité. Busnel y affirme que si il avait eu connaissance de ces messages, il n’aurait pas invité le jeune homme dans son émission. Samedi, le Bondy Blog, pressé par une foule d’internautes de réagir, avait également publié un message sur Twitter , expliquant que « les tweets de Meklat n’engagent en aucun cas la responsabilité de la rédaction ». Et le média de préciser : « Puisqu’il y a des évidences qu’il faut affirmer, le Bondy Blog ne peut cautionner des propos antisémites, sexistes, homophobes, racistes, ou tout autre propos discriminatoires et stigmatisants, même sur le ton de l’humour ». Arrêt sur images
Des milliers de manifestants anti-Trump ont défilé à New York lundi et dans plusieurs villes américaines à l’occasion du « Presidents Day », un jour férié en l’honneur des présidents des Etats-Unis. Au cri de « Pas mon président! », quelque 10’000 manifestants  – selon une estimation officieuse de la police – de tous âges et toutes origines se sont rassemblés devant le Trump International Hotel de New York près de Central Park, pour exprimer une nouvelle fois leur opposition au milliardaire républicain un mois jour pour jour après son entrée en fonction.  Les activistes anti-Trump avaient appelé à détourner les célébrations du « Presidents Day » au profit d’un « Not My President Day » avec des rassemblements dans plusieurs villes, dont Los Angeles, Chicago, Atlanta et Washington. Par ailleurs, environ 7000 opposants à Donald Trump ont manifesté lundi aux abords du parlement britannique contre le projet de visite d’Etat du président américain à Londres. Cela au moment même où les députés débattaient du sujet. Une pétition demandant que sa visite ne soit pas « d’Etat » – ce qui pourrait mettre la reine dans l’embarras -, a recueilli 1,8 million de signatures. RTS info
Fuir Washington, le temps d’un week-end de trois jours. Donald Trump attendait impatiemment cette escapade en Floride, devant ses irréductibles supporteurs, fidèles de la première heure, qui se font si rares depuis un mois à Washington. Oublier le froid, le crachin pendant le discours d’investiture, ces médias «malhonnêtes», ces manifestants acrimonieux, les fuites des services secrets, la fronde de la Justice face à son décret sur l’immigration, celle du Congrès face à ses plans grandioses de mur à la frontière mexicaine, le limogeage à contrecœur du général Michael Flynn, son conseiller à la sécurité nationale, éclaboussé par la «Russian Connection», et les centaines de nominations gouvernementales en souffrance. Mais tout cela n’a que peu d’importance pour le «peuple de Trump». «Nous l’aimons et nous sommes venus le lui dire», s’exclame Sheila Gaylor, une résidente de Melbourne, où le président fait escale le temps d’un rassemblement populaire. Comme durant la campagne, lorsque l’adrénaline le poussait de l’avant. Cette ivresse s’est tarie, mais voici l’occasion de la ressusciter, grâce à un bain de foule régénérateur, et de remettre le tribun sur orbite, loin du «marigot» fédéral si difficile à «assécher». Dans le hangar 6 de l’aérodrome local, plusieurs milliers de Floridiens, blancs pour la plupart, se pressent pour apercevoir la tignasse blonde la plus célèbre du monde, et la silhouette élégante de sa femme, Melania. C’est ici, à Melbourne, en septembre 2016, que 15 000 supporteurs déchaînés ont offert au candidat républicain l’une de ses escales les plus mémorables. Peu importe que les opposants se fassent entendre au dehors, réclamant la destitution du président milliardaire.«Ils ne sont que quelques milliers, alors que nous sommes 50 000. Vous croyez que les médias malhonnêtes vont parler de quoi?» gronde une femme à crinière blonde, reprenant le discours officiel.Les pro-Trump ne sont en réalité que 9 000, selon la police de Melbourne sur Twitter, mais leur enthousiasme, débordant, est récompensé par un vrombissement dans le ciel: le Boeing présidentiel Air Force One surgit en rase-mottes, déclenchant les vivats. Le quadriréacteur s’immobilise dans le soleil couchant, et le couple présidentiel apparaît. Dans un tonnerre d’ovations, le chef de l’État s’empresse de révéler la raison de sa venue sur la Space Coast: «Je suis ici parce que je veux être parmi mes amis, et parmi le peuple. Je veux être au même endroit que des patriotes travailleurs qui aiment leur pays, qui saluent le drapeau et prient pour un avenir meilleur.» Ce même peuple qui l’a porté au pouvoir et continue de lui vouer une loyauté sans faille. Ce soutien est inestimable, et probablement fondamental: apprenant à naviguer dans l’air vicié de Washington, le milliardaire va devoir pérenniser sa base militante, surtout s’il compte briguer une réélection en 2020. C’est d’ailleurs son comité de soutien officiel, lancé le 20 janvier, qui finance l’événement du jour, annonciateur de raouts semblables à l’avenir. Bronzé et visiblement détendu, Donald Trump s’amuse avec la foule. Il recycle ses thèmes les plus populaires et désigne ses boucs émissaires habituels. (…) Un mot, un seul, à l’adresse des médias, une allusion (erronée) à «tous ces grands présidents, comme Thomas Jefferson, qui se sont souvent battus avec les médias, ont dénoncé leurs mensonges», et des centaines de poings rageurs se dressent vers la forêt de caméras. Que ses ouailles se rassurent: «La Maison-Blanche tourne comme sur des roulettes!» «CNN craint!» renchérit la foule en chœur. «Je peux vous parler directement, sans le filtre des fausses informations», poursuit Trump. (…) À l’applaudimètre, celui que «nous attendions depuis si longtemps», selon Claudia, une mère au foyer venue de Titusville, un rejeton assoupi dans les bras, ce «héros qui va se dresser», selon l’expression imprimée sur les badges d’accès, l’emporte en évoquant les emplois, le business, qui vont décoller sous son mandat, ces contrats militaires bons pour la région, et, surtout, ce «fichu islamisme radical que nous allons tenir à distance de notre pays». (…) «Il est vraiment formidable, il est comme nous, il parle comme nous, confient d’une seule voix Jake et Colleen, un couple de retraités débonnaire exhibant toute la panoplie du parfait petit supporteur, croisé dans la pénombre en bordure d’aérodrome, pour voir s’envoler le Boeing présidentiel. Il est en train de tenir toutes ses promesses, encore plus vite que prévu. Au-delà de toutes nos attentes!» Le Figaro
Thank you, President Barack Obama, for serving the country for the past eight years. (…) Thank you for the Iran deal. Before the deal, Iran was weeks from attaining nuclear bomb capability. Now the world has a decade before the mullahs have the capability of developing a bomb. (…) Thank you for killing Osama bin Laden. And for taking out al-Qaida’s senior leadership. And for stopping and reversing gains by ISIS. (…) Thank you for standing up to Vladimir Putin. You saw the expansionist, anti-democratic nature of Putin’s actions in Ukraine and quickly confronted him. Perhaps that opposition slowed what may have been an inevitable march through the Baltics. (….) Thank you for recognizing our Cuba embargo was a failed policy and that the time for change had come. Thank you for steering the country through the recession. Thank you for cutting unemployment in half. And for doing so in the face of Republican obstructionism on the kind of infrastructure bill that your successor now likely will get through. Thank you for doubling clean energy production. For recognizing that our dependence on fossil fuels can’t help but degrade our environment and hold us back from being competitive in the green energy future, and embolden corrupt and backward regimes from Venezuela to the Middle East to Russia. (…) Thank you for the Affordable Care Act. It has brought the security of health care to millions. It has saved lives. It has kept the rate of cost increases in premiums lower in the past eight years than they were in the previous eight years. It needs to be fixed — what doesn’t? — but only with better ideas, not worse ones. (…) Thank you for trying to get immigration reform through Congress, and for pursuing the policy known as Deferred Action for Childhood Arrivals, which let 5 million people already living and working here come out of the shadows. (…) Thank you for trying. You grappled with one great chaos after another, and sometimes you fell short. In Syria, you needed a smarter course of action. In Israeli-Palestinian peacemaking, you underestimated the need, early on, to deal with Israeli fears and Palestinian obstructionism. As for ending the Sudan embargo, the jury is out. (…) Thank you. Thank you for not embarrassing us, your family or yourself. Though your opponents and their friends at “Fox and Friends” tried to pin scandals to you, none could stick. In my lifetime, there has never been an administration so free from personal and professional moral stain. Thank you for the seriousness, dignity, grace, humor and cool you brought to the Oval Office. Thank you for being my president. Rob Eshman
I think it’s important not to dismiss the president’s reply simply as dumb. We ought to assume that it’s darkly brilliant — if not in intention than certainly in effect. The president is responding to a claim of fact not by denying the fact, but by denying the claim that facts are supposed to have on an argument. He isn’t telling O’Reilly that he’s got his facts wrong. He’s saying that, as far as he is concerned, facts, as most people understand the term, don’t matter: That they are indistinguishable from, and interchangeable with, opinion; and that statements of fact needn’t have any purchase against a man who is either sufficiently powerful to ignore them or sufficiently shameless to deny them — or, in his case, both. (…) But the most interesting conversation is not about why Donald Trump lies. Many public figures lie, and he’s only a severe example of a common type. The interesting conversation concerns how we come to accept those lies. Nearly 25 years ago, Daniel Patrick Moynihan, the great scholar and Democratic Senator from New York, coined the phrase, “defining deviancy down.” His topic at the time was crime, and how American society had come to accept ever-increasing rates of violent crime as normal. “We have been re-defining deviancy so as to exempt much conduct previously stigmatized, and also quietly raising the ‘normal’ level in categories where behavior is now abnormal by any earlier standard,” Moynihan wrote. You can point to all sorts of ways in which this redefinition of deviancy has also been the story of our politics over the past 30 years, a story with a fully bipartisan set of villains. I personally think we crossed a rubicon in the Clinton years, when three things happened: we decided that some types of presidential lies didn’t matter; we concluded that “character” was an over-rated consideration when it came to judging a president; and we allowed the lines between political culture and celebrity culture to become hopelessly blurred. But whatever else one might say about President Clinton, what we have now is the crack-cocaine version of that. If a public figure tells a whopping lie once in his life, it’ll haunt him into his grave. If he lies morning, noon and night, it will become almost impossible to remember any one particular lie. Outrage will fall victim to its own ubiquity. It’s the same truth contained in Stalin’s famous remark that the death of one man is a tragedy but the death of a million is a statistic. One of the most interesting phenomena during the presidential campaign was waiting for Trump to say that one thing that would surely break the back of his candidacy. Would it be his slander against Mexican immigrants? Or his slur about John McCain’s record as a POW? Or his lie about New Jersey Muslims celebrating 9/11? Or his attacks on Megyn Kelly, on a disabled New York Times reporter, on a Mexican-American judge? Would it be him tweeting quotations from Benito Mussolini, or his sly overtures to David Duke and the alt-right? Would it be his unwavering praise of Vladimir Putin? Would it be his refusal to release his tax returns, or the sham that seems to been perpetrated on the saps who signed up for his Trump U courses? Would it be the tape of him with Billy Bush? None of this made the slightest difference. On the contrary, it helped him. Some people became desensitized by the never-ending assaults on what was once quaintly known as “human decency.” Others seemed to positively admire the comments as refreshing examples of personal authenticity and political incorrectness. (…) Donald Trump’s was the greatest political strip-tease act in U.S. political history: the dirtier he got, the more skin he showed, the more his core supporters liked it. Abraham Lincoln, in his first inaugural address, called on Americans to summon “the better angels of our nature.” Donald Trump’s candidacy, and so far his presidency, has been Lincoln’s exhortation in reverse. Bret Stephens
Barack Obama is the Dr. Frankenstein of the supposed Trump monster. If a charismatic, Ivy League-educated, landmark president who entered office with unprecedented goodwill and both houses of Congress on his side could manage to wreck the Democratic Party while turning off 52 percent of the country, then many voters feel that a billionaire New York dealmaker could hardly do worse. If Obama had ruled from the center, dealt with the debt, addressed radical Islamic terrorism, dropped the politically correct euphemisms and pushed tax and entitlement reform rather than Obamacare, Trump might have little traction. A boring Hillary Clinton and a staid Jeb Bush would most likely be replaying the 1992 election between Bill Clinton and George H.W. Bush — with Trump as a watered-down version of third-party outsider Ross Perot. But America is in much worse shape than in 1992. And Obama has proved a far more divisive and incompetent president than George H.W. Bush. Little is more loathed by a majority of Americans than sanctimonious PC gobbledygook and its disciples in the media. And Trump claims to be PC’s symbolic antithesis. Making Machiavellian Mexico pay for a border fence or ejecting rude and interrupting Univision anchor Jorge Ramos from a press conference is no more absurd than allowing more than 300 sanctuary cities to ignore federal law by sheltering undocumented immigrants. Putting a hold on the immigration of Middle Eastern refugees is no more illiberal than welcoming into American communities tens of thousands of unvetted foreign nationals from terrorist-ridden Syria. In terms of messaging, is Trump’s crude bombast any more radical than Obama’s teleprompted scripts? Trump’s ridiculous view of Russian President Vladimir Putin as a sort of « Art of the Deal » geostrategic partner is no more silly than Obama insulting Putin as Russia gobbles up former Soviet republics with impunity. Obama callously dubbed his own grandmother a « typical white person, » introduced the nation to the racist and anti-Semitic rantings of the Rev. Jeremiah Wright, and petulantly wrote off small-town Pennsylvanians as near-Neanderthal « clingers. » Did Obama lower the bar for Trump’s disparagements? Certainly, Obama peddled a slogan, « hope and change, » that was as empty as Trump’s « make America great again. » (…) How does the establishment derail an out-of-control train for whom there are no gaffes, who has no fear of The New York Times, who offers no apologies for speaking what much of the country thinks — and who apparently needs neither money from Republicans nor politically correct approval from Democrats? Victor Davis Hanson
To me, the “Legacy of Obama” can be explained in one word: Trump. Hallie Lerman
Once hailed as a political genius, Obama’s radicalism led his party into disarray, and repeated electoral disaster, with some 1000 national and state legislative seats and many Governorships lost during his tenure. Ungenerous to his political opponents, he ultimately was quite uncaring about his own political party too. The black community faired quite economically poorly during his two terms. And, abandoning his roots, Barack Obama has sadly accepted no accountability for the years-long murder wave gripping Chi-town. Barack Hussein Obama chose purposefully to assail American allies abroad, befriend tyrannies, abandon dissidents and victims abroad, and attack traditional Americans and economic growth at home. He was also never a truth teller about Islamic Jihad and the challenge of radical Islam’s assaults on Americans within our own borders. His legacy is to have made America less safe and sovereign, less prosperous and entrepreneurial, and less united than the promised hope and change campaign of 2008. Larry Greenfield
Tiré à quatre épingles, col blanc éclatant et cravate rouge vif, l’homme grand, noir, élégant, fait son apparition sur scène devant des milliers de drapeaux américains portés par une marée humaine en délire. Des applaudissements se mélangent aux cris hystériques, pleurs et voix hurlant en chœur « Yes we can ». Les larmes coulent sur les joues du révérend Jesse Jackson qui vient d’apprendre que le rêve de Martin Luther King s’est réalisé en ce 4 novembre 2008. Et le monde entier assiste, le souffle coupé, à cette scène inédite de l’histoire. « Hello Chicago », lance le quadragénaire avec un sourire tiré des publicités de dentifrice. « S’il y a encore quelqu’un qui doute que l’Amérique est un endroit où tout est possible, ce soir, vous avez votre réponse. » Et la foule s’enflamme. Ce soir-là, Barack Obama a réussi son pari en devenant le premier président noir des Etats-Unis. Aux yeux de ses électeurs, il n’était pas seulement l’incarnation de l’ » American dream ». Il était aussi celui qui allait tendre l’oreille aux difficultés des minorités, sortir une nation de la pire crise économique depuis la Grande Dépression, ramasser les pots cassés de George W. Bush, soigner les plaies d’un pays hanté par la guerre et l’insécurité, rendre aux familles leurs soldats partis en Irak et en Afghanistan, offrir des soins de santé aux plus démunis… La liste est sans fin. (…) Les attentes étaient particulièrement grandes au sein de la communauté afro-américaine (…) « Tout le monde a cru qu’avec Obama nous allions rentrer dans une ère post-raciale. C’est donc assez ironique que la race soit devenue un problème majeur sous sa présidence », affirme Robert Shapiro, politologue à l’université new-yorkaise de Columbia. (…) Outre quelques discours, le Président se distingue par le peu d’initiatives prises en faveur de sa communauté. Certes, il a nommé un nombre sans précédent de juges noirs. Et, paradoxalement, cette reprise de la lutte pour l’égalité est parfois notée comme une victoire du Président, malgré lui. (…) Dans un premier temps, l’ancien sénateur a aussi suscité la colère des immigrés en situation irrégulière en autorisant un nombre record d’expulsions. Barack Obama finira par faire volte-face et s’engagera dans une lutte féroce pour faire passer au Congrès le « Dream Act », projet de loi légalisant 2 millions de jeunes sans-papiers. En vain. Furieux, le chef d’Etat signera alors un décret permettant à ceux-ci d’obtenir un permis de travail et donc de les protéger. Aussi, peu de présidents américains peuvent se targuer d’avoir fait autant progresser la protection des droits des homosexuels. En mai 2012, « Newsweek » surnommait Barack Obama « the first gay president », pour saluer sa décision de soutenir le mariage homosexuel. Quelques mois plus tard, la loi « Don’t ask, don’t tell », interdisant aux militaires d’afficher leur homosexualité, était abrogée. Et, en 2015, Barack Obama criait « victoire », alors que la Cour suprême venait de légaliser le mariage gay. Reste que le natif de Hawaii n’est pas parvenu à réduire les inégalités sociales et raciales qui sévissent toujours aux Etats-Unis. En 2012, 27,2 % des Afro-Américains et 25,6 % des Latinos vivaient sous le seuil de pauvreté, contre 9,7 % des Blancs. Autre épine dans le pied du Démocrate : la débâcle de la ville de Detroit, majoritairement peuplée par des Noirs et déclarée en banqueroute de 2013 à 2014. (…) Peut-être était-il trop dépensier. Surnommé « Monsieur 20 trillions », Barack Obama est accusé d’avoir doublé la dette publique. (…) L’histoire se souviendra d’Obama comme de celui qui aura doté les Etats-Unis d’un système d’assurance santé universelle. L’ »Affordable Care Act », lancé en 2010 après quinze mois de tractations, est « la » grande victoire du Démocrate. (…) Mais (…) le système montre-t-il ses limites puisque (…) il comprend (…) trop de personnes malades, nécessitant des soins, et pas assez de personnes en bonne santé. Ce problème est devenu récurrent et des compagnies d’assurances quittent le programme », explique Victor Fuchs, spécialiste américain de l’économie de la santé. (…) En 2009, le Président envoie 30 000 hommes supplémentaires en Afghanistan, pour ensuite déclarer la fin des opérations militaires en Irak, avant de bombarder la Libye. (…) Sa crédibilité en prend un coup lorsqu’il refuse de frapper la Syrie, même après que Bachar Al-Assad eut franchi la fameuse ligne rouge, tracée par Obama lui-même, en utilisant des armes chimiques contre les rebelles. En huit ans, le prix Nobel de la paix, arrivé au pouvoir comme un Président antiguerre, aura entériné le recours à la force militaire dans neuf pays (Afghanistan, Irak, Syrie, Pakistan, Libye, Yémen, Somalie, Ouganda et Cameroun). Le « New York Times » indique d’ailleurs que « si les Etats-Unis restent au combat en Afghanistan, Irak et Syrie jusqu’à la fin de son mandat […] il deviendra de façon assez improbable le seul président dans l’histoire du pays à accomplir deux mandats entiers à la tête d’un pays en guerre ». Le Congrès aura été le talon d’Achille de Barack Obama. (…) Résultat : l’adepte du « centrisme » laissera derrière lui un paysage politique plus polarisé que jamais. « Il n’y a pas une Amérique libérale et une Amérique conservatrice, il y a les Etats-Unis d’Amérique. Les érudits aiment à découper notre pays entre Etats rouges et Etats bleus […] mais j’ai une nouvelle pour eux. Nous formons un seul peuple », avait-il pourtant déclaré lors de la Convention démocrate de Boston le 27 juillet 2004. Ce jour-là, une star politique était née. Barack Obama avait tout : la rhétorique enflammée, le charisme hors norme, l’intelligence, le parcours au parfum de rêve américain et la famille idéale. Avec son style châtié, son allure juvénile, sa capacité à susciter l’enthousiasme des jeunes électeurs, il était le candidat parfait du XXIe siècle. Trop parfait, peut être. A tel point qu’il aura suscité plus d’espoirs qu’il ne pouvait en porter. « Il a été meilleur candidat en campagne qu’il n’a été président », regrette M. McKee. La Libre Belgique

Attention: un monstre peut en cacher un autre !

En ce Washington’s Day devenu Presidents’ Day

Et, si l’on en croit nos valeureux journalistes,  Not my Presidents’ Day

Pendant qu’en Floride la part maudite de l’Amérique encensait son élu …

Dont on se souvient la part qu’avait pu avoir dans sa décision de briguer la Maison Blanche …

L’humiliation qu’il avait reçue de son prédecesseur il y a six ans lors d’un tristement fameux dîner annuel des correspondants …

Et qu’en France nos propres juges comme nos médias montrent le vrai prix, selon la tête du client, qu’ils attachent à la vérité

Comment ne pas voir …

Par l’un de ces effets de balancier dont l’histoire est friande …

La radicalité encouragée par la trop grande adulation et indulgence de toute une presse et finalement tant d’entre nous

D’un certain Dr. Frankenstein dont l’actuel président américain ne serait au bout du compte que la créature ?

Voir aussi:

Le bilan Obama
Barack Obama, le président dont on attendait trop
Maria Udrescu
La Libre Belgique
2016

Le Président n’a pas pu sortir de baguette magique pour laisser derrière lui une Amérique idéale.

Tiré à quatre épingles, col blanc éclatant et cravate rouge vif, l’homme grand, noir, élégant, fait son apparition sur scène devant des milliers de drapeaux américains portés par une marée humaine en délire. Des applaudissements se mélangent aux cris hystériques, pleurs et voix hurlant en chœur « Yes we can ». Les larmes coulent sur les joues du révérend Jesse Jackson qui vient d’apprendre que le rêve de Martin Luther King s’est réalisé en ce 4 novembre 2008. Et le monde entier assiste, le souffle coupé, à cette scène inédite de l’histoire. « Hello Chicago », lance le quadragénaire avec un sourire tiré des publicités de dentifrice. « S’il y a encore quelqu’un qui doute que l’Amérique est un endroit où tout est possible, ce soir, vous avez votre réponse. » Et la foule s’enflamme.

Ce soir-là, Barack Obama a réussi son pari en devenant le premier président noir des Etats-Unis. Aux yeux de ses électeurs, il n’était pas seulement l’incarnation de l’ » American dream ». Il était aussi celui qui allait tendre l’oreille aux difficultés des minorités, sortir une nation de la pire crise économique depuis la Grande Dépression, ramasser les pots cassés de George W. Bush, soigner les plaies d’un pays hanté par la guerre et l’insécurité, rendre aux familles leurs soldats partis en Irak et en Afghanistan, offrir des soins de santé aux plus démunis…

La liste est sans fin. Et huit ans plus tard, d’aucuns applaudissent les réussites du Démocrate malgré un contexte hostile – un Congrès aux mains des Républicains – et une situation dramatique héritée de son prédécesseur. D’autres s’étonnent de voir que ce Président, qui aura suscité un enthousiasme quasi messianique, n’ait pas sorti sa baguette magique pour laisser derrière lui une Amérique idéale, ou même pour tenir toutes ses promesses de campagne.

La désillusion des minorités

Les attentes étaient particulièrement grandes au sein de la communauté afro-américaine, même si Barack Obama, né d’un père kenyan, ne s’est jamais présenté comme un « président des Noirs ». « Tout le monde a cru qu’avec Obama nous allions rentrer dans une ère post-raciale. C’est donc assez ironique que la race soit devenue un problème majeur sous sa présidence », affirme Robert Shapiro, politologue à l’université new-yorkaise de Columbia.

En 2014, des vagues de protestation ont secoué la ville de Ferguson après la mort de Michael Brown, un Afro-Américain tué par un policier blanc. Un an plus tôt, le « Black Lives Matter » naissait dans la foulée de l’acquittement de George Zimmerman, policier ayant abattu Trayvon Martin, un jeune Noir. Barack Obama avait alors célèbrement déclaré : « Trayvon Martin, ça aurait pu être moi il y a trente-cinq ans »

Outre quelques discours, le Président se distingue par le peu d’initiatives prises en faveur de sa communauté. Certes, il a nommé un nombre sans précédent de juges noirs. Et, paradoxalement, cette reprise de la lutte pour l’égalité est parfois notée comme une victoire du Président, malgré lui. « Le ‘Black Lives Matter’ rappelle enfin que des problèmes liés à l’héritage de discrimination raciale existent encore aux Etats-Unis, comme dans la justice ou la distribution des richesses », explique William Howell, professeur de sciences politiques à l’université de Chicago. Mais, « Barack Obama a été réticent à prendre des mesures qui affectent uniquement les Afro-Américains, au risque de voir les électeurs blancs l’accuser de se charger uniquement de ‘ses gens’ », observe Seth McKee, de la Texas Tech University. Dans un premier temps, l’ancien sénateur a aussi suscité la colère des immigrés en situation irrégulière en autorisant un nombre record d’expulsions. Barack Obama finira par faire volte-face et s’engagera dans une lutte féroce pour faire passer au Congrès le « Dream Act », projet de loi légalisant 2 millions de jeunes sans-papiers. En vain. Furieux, le chef d’Etat signera alors un décret permettant à ceux-ci d’obtenir un permis de travail et donc de les protéger.

Aussi, peu de présidents américains peuvent se targuer d’avoir fait autant progresser la protection des droits des homosexuels. En mai 2012, « Newsweek » surnommait Barack Obama « the first gay president », pour saluer sa décision de soutenir le mariage homosexuel. Quelques mois plus tard, la loi « Don’t ask, don’t tell », interdisant aux militaires d’afficher leur homosexualité, était abrogée. Et, en 2015, Barack Obama criait « victoire », alors que la Cour suprême venait de légaliser le mariage gay.

Une croissance florissante, mais inégale

Reste que le natif de Hawaii n’est pas parvenu à réduire les inégalités sociales et raciales qui sévissent toujours aux Etats-Unis. En 2012, 27,2 % des Afro-Américains et 25,6 % des Latinos vivaient sous le seuil de pauvreté, contre 9,7 % des Blancs. Autre épine dans le pied du Démocrate : la débâcle de la ville de Detroit, majoritairement peuplée par des Noirs et déclarée en banqueroute de 2013 à 2014.

Barack Obama peut néanmoins rétorquer que c’est le bien-être économique de tout un pays qu’il a dû relever, à la sueur de son front. En effet, »personne ne peut dire, objectivement, que l’économie est dans un pire état aujourd’hui que lorsqu’Obama est devenu président. En 2008, le taux de chômage présentait deux chiffres, la Bourse était en chute libre, les banques fermaient, c’était un chaos total », rappelle M. Howell. Aujourd’hui, l’Amérique s’est remise de la grande récession de 2008, présentant un taux de chômage de 5 %, une croissance de 2,4 % et une Bourse au plus haut. Pendant ses mandats, l’Amérique a créé près de 16 millions d’emplois et le rachat de General Motors et Chrysler en a sauvé 3 millions.

Peut-être aurait-il pu faire plus. « Mais gardez à l’esprit qu’il a dû faire avec un Congrès qui ne voulait lui accorder aucune victoire », rappelle M. Howell. A défaut de convaincre les Républicains de relever le salaire minimum bloqué à 7,25 dollars de l’heure, le Président a dû se résoudre à le faire par décret pour les employés des sociétés privées au service de l’Etat.

Peut-être était-il trop dépensier. Surnommé « Monsieur 20 trillions », Barack Obama est accusé d’avoir doublé la dette publique. Mais ce phénomène est en grande partie dû aux dépenses liées au paiement des retraites et, surtout, à la santé.

L’Obamacare, légendaire, mais sur la sellette

L’histoire se souviendra d’Obama comme de celui qui aura doté les Etats-Unis d’un système d’assurance santé universelle. L’ »Affordable Care Act », lancé en 2010 après quinze mois de tractations, est « la » grande victoire du Démocrate. Honni des Républicains et traîné par trois fois devant la Cour suprême, l’Obamacare a malgré tout accordé une couverture médicale à près de 20 millions de personnes. « La réforme a aussi interdit aux compagnies d’assurances de refuser de couvrir une personne en raison de son état de santé et relevé l’âge en dessous duquel les enfants peuvent être couverts par l’assurance de leurs parents. Mais est-ce tout ce dont Obama a rêvé ? Sûrement pas. Est-ce que ça a résolu la crise des soins de santé aux Etats-Unis ? Sûrement pas », analyse M. Howell.

Tout d’abord parce que la Cour suprême a donné, en 2012, le choix aux Etats d’adopter ou non Medicaid, assurance santé destinée aux Américains les plus pauvres. Aussi, le système montre-t-il ses limites puisque « l’amende infligée à ceux qui n’y participent pas n’est pas suffisamment élevée (1 % du salaire brut la première année et en augmentation les années suivantes, NdlR). Il comprend donc trop de personnes malades, nécessitant des soins, et pas assez de personnes en bonne santé. Ce problème est devenu récurrent et des compagnies d’assurances quittent le programme », explique Victor Fuchs, spécialiste américain de l’économie de la santé.

De façon générale, selon Seth McKee, « l’‘Affordable Care Act’ est une législation polarisante. Mais c’est une réforme massive telle qu’on n’en a plus vu depuis le président Johnson, dans les années 60 ».

Un Président engagé contre le réchauffement climatique

Le locataire de la Maison-Blanche s’était aussi lancé le défi de convaincre les Etats-Unis de mieux préserver la planète. En juin 2008, Obama s’exclamait : « Nous pourrons nous souvenir de ce jour et dire à nos enfants qu’alors la montée des océans a commencé à ralentir et la planète à guérir ».

Huit ans plus tard, les Américains sont loin d’avoir adopté un esprit vert, malgré des signes alarmants tels que la sécheresse en Californie ou les inondations en Louisiane. La majorité des tentatives du chef d’Etat pour limiter la pollution – comme son projet de loi plafonnant les émissions de carbone – ont été torpillées par les Républicains.

Mais Barack Obama n’en est pas au point de décoller son étiquette de « green president ». Ainsi, le « New York Times » l’a-t-il surnommé le « monument maker », soulignant que le Démocrate a créé 23 espaces protégés et la plus grande réserve naturelle marine au monde. Il a été le premier chef d’Etat américain à se rendre en Alaska pour y mettre en relief les effets du changement climatique, même si, peu après sa visite, il décida maladroitement d’autoriser Shell à forer dans la mer des Tchouktches. En novembre 2015, il a mis son veto à l’oléoduc Keystone, qui devait relier le Canada au golfe du Mexique. « Last but not least », le président américain a convaincu Pékin de s’engager à ses côtés pour permettre aux négociations climatiques d’aboutir à Paris.

Une diplomatie tantôt gauche, tantôt fructueuse

La politique internationale est d’ailleurs le domaine où Barack Obama a accumulé le plus de victoires… et d’échecs. Ni messianique ni indifférent, le Démocrate dit être un « réaliste », prêt à faire la balance entre les intérêts des Etats-Unis et ceux de ses alliés. Lorsqu’il prend place derrière le Bureau ovale, l’Amérique a mauvaise presse. Le pays avait sorti le plus grand mensonge de l’histoire de l’espionnage pour envahir l’Irak et était en passe de perdre une guerre en Afghanistan.

Les premiers pas du leader américain sur la scène internationale sont prometteurs. Quelques mois après son investiture, il prononce le discours du Caire visant à améliorer les relations entre Washington et le monde musulman. Mais entre une Amérique plus modeste, recentrée sur ses défis nationaux, et un interventionnisme militaire digne de la plus grande puissance mondiale, son cœur balance.

En 2009, le Président envoie 30 000 hommes supplémentaires en Afghanistan, pour ensuite déclarer la fin des opérations militaires en Irak, avant de bombarder la Libye. Barack Obama avait pourtant promis de tourner la page des années George W. Bush. Et l’exécution d’Oussama Ben Laden, le chef d’Al Qaïda, devait y mettre le point final. Mais le printemps arabe lui force la main et rappelle les Etats-Unis au Proche-Orient. Sa crédibilité en prend un coup lorsqu’il refuse de frapper la Syrie, même après que Bachar Al-Assad eut franchi la fameuse ligne rouge, tracée par Obama lui-même, en utilisant des armes chimiques contre les rebelles.

En huit ans, le prix Nobel de la paix, arrivé au pouvoir comme un Président antiguerre, aura entériné le recours à la force militaire dans neuf pays (Afghanistan, Irak, Syrie, Pakistan, Libye, Yémen, Somalie, Ouganda et Cameroun). Le « New York Times » indique d’ailleurs que « si les Etats-Unis restent au combat en Afghanistan, Irak et Syrie jusqu’à la fin de son mandat […] il deviendra de façon assez improbable le seul président dans l’histoire du pays à accomplir deux mandats entiers à la tête d’un pays en guerre ».

Le dirigeant américain ne manque pas pour autant de faire honneur à son prix Nobel. Le 10 décembre 2013, il échange une poignée de main historique avec le dirigeant cubain Raúl Castro. C’est le début du dégel des relations entre les deux pays, après plus d’un demi-siècle d’animosités et de sanctions économiques. Autre grand succès diplomatique de l’ancien sénateur : l’accord sur le nucléaire iranien, que les Républicains n’ont pas réussi à bloquer.

Ces derniers parviendront par contre à tuer dans l’œuf un autre de ses projets : la fermeture de Guantanamo. S’il ne reste plus que 61 prisonniers dans le centre ouvert à Cuba en 2002, Barack Obama aura échoué à verrouiller définitivement les portes de ce site.

Une Amérique divisée

Le Congrès aura été le talon d’Achille de Barack Obama. La droite ne pouvait avaler sa double défaite face à un Démocrate, noir et fils d’un immigré musulman, qui plus est. Le cœur du Parti républicain a presque fait de la dénonciation du Président son seul programme politique. « De façon générale, pour toute une partie de l’Amérique, avoir un Président afro-américain, issu des grandes universités de la côte Est, qui est ouvert sur le monde et prône le multiculturalisme et la tolérance vis-à-vis de l’islam, c’est insupportable », observe Marie-Cécile Naves, chercheuse associée à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

De son côté, Barack Obama a voulu effacer ce qui avait fait de lui l’homme providentiel, symbole d’une nouvelle ère, pour apparaître comme un « président normal ». Aussi, « il n’a pas eu la motivation suffisante de travailler avec le Congrès, raison pour laquelle il ne s’est pas donné les moyens de le faire. Il a presque abandonné avant même d’essayer », estime Seth McKee. Résultat : l’adepte du « centrisme » laissera derrière lui un paysage politique plus polarisé que jamais.

« Il n’y a pas une Amérique libérale et une Amérique conservatrice, il y a les Etats-Unis d’Amérique. Les érudits aiment à découper notre pays entre Etats rouges et Etats bleus […] mais j’ai une nouvelle pour eux. Nous formons un seul peuple », avait-il pourtant déclaré lors de la Convention démocrate de Boston le 27 juillet 2004. Ce jour-là, une star politique était née. Barack Obama avait tout : la rhétorique enflammée, le charisme hors norme, l’intelligence, le parcours au parfum de rêve américain et la famille idéale. Avec son style châtié, son allure juvénile, sa capacité à susciter l’enthousiasme des jeunes électeurs, il était le candidat parfait du XXIe siècle. Trop parfait, peut être. A tel point qu’il aura suscité plus d’espoirs qu’il ne pouvait en porter. « Il a été meilleur candidat en campagne qu’il n’a été président », regrette M. McKee.

« Barack Obama ne figurera pas sur la liste des grands présidents américains, réservée à ceux qui étaient en fonction pendant les grandes guerres », estime M. Shapiro. « Mais plutôt sur celle des bons présidents, aux côtés de Truman, Reagan ou encore Jefferson. Parce qu’il a engrangé beaucoup de réussites, parce qu’il a fait face à de grands défis économiques et militaires, et parce qu’il est le premier Président noir des Etats-Unis. »

Voir aussi:

A legacy of O
Larry Greenfield
JTA
Jan 17, 2017

When he ran for President, Barack Obama promoted “we are not red states or blue states, but the United States.” He didn’t mean it.

Radicalized by his prolific communist mentor Frank Marshall Davis, Barry (Soetero) enjoyed his pot-smoking “choom gang” in high school, and then regularly attended socialist conferences while in college.

He became a community organizer in Chicago and close friend of the radical Rev. Jeremiah Wright, and the domestic terrorist Bill Ayers, his philosophical and political influencers. Obama’s “Dreams from My Father” were calculations against the American Dream.

As Presidential candidate in 2008, Senator Obama declared the cumulative national debt, at 8 Trillion dollars, “unpatriotic.” But his unprecedented generational assault on America’s children has now resulted in a staggering debt of 20 Trillion dollars, and all-time high levels of government dependency in “food stamp nation”.

For that bill, taxpayers could have easily covered all the medical care of the uninsured without imposing the Obamacare disaster. But the Affordable Care Act was never about affordability, access, reducing health care costs, or keeping your insurance or your doctor.  It was always about federal control and a path to socialized health care through an eventual single-payer system.

Obama’s legacy therefore is a decline of consumer choice and health care competition, with providers and doctors walking away, and middle class Americans shocked at their skyrocketing insurance premiums and extremely high insurance deductibles.

Since 1790, the annual average domestic economic growth rate in our nation is just under 4%. Having never worked in the private sector, Barack Obama has presided over the poorest-ever 8 year national economic performance, a mere 1.5% annual growth.

Declaring “I won”, President Obama promoted an extreme and often petty partisanship, incessantly castigating, and never compromising with Congress.

He demoralized entrepreneurs (“you didn’t build that”), demonized the “bitter clingers” to their guns and religion, opposed domestic energy production (Keystone pipeline) and ridiculed doctors “seeking profit”.

A former adjunct law professor, Obama’s executive over-reach was repeatedly repudiated by the Courts.

Mr. Obama promised transparency, but his administration produced a stunning collection of scandals:

Fast & Furious gun running to Mexican drug lords, the IRS assault on Conservatives, the targeting of James Rosen and AP reporters, released GITMO terrorists returning to battle, the Benghazi failure to anticipate, protect, defend, or admit the truth about the planned 9/11 anniversary assault on U.S. assets, Healthcare Insurance Fraud, the woeful Bo Berghdahl trade, Auto Dealergate, the DOJ Black Panther whitewash, the NEA Art scandal, the Sestak affair, Inspector General Gerald Walpin’s firing, the mis-spending of Stimulus Funds , the DOJ propaganda unit, Solyndra, the Attorney General held in contempt of Congress, and massive failures at the Veterans Administration, the CDC, and the Secret Service.  The list goes on and on.

As Commander in Chief, Mr. Obama, absent any national security experience or credentials, called our troops “corpsemen” and oversaw significant declines in military preparedness and troops, tanks, planes, and warship levels.

His human rights record is a disaster — diffidence about assaults on Christians, and Yazidi and Nigerian girls sold into slavery without rescue, and unforgivable decisions to side against dissidents from Tehran to Eastern Europe.  Mr. Obama took the wrong side in Honduras and Egypt (Moslem Brotherhood), and sought to appease and empower the Castro regime in Cuba and the Mullah tyranny in Iran.  He didn’t extract concessions; he conceded, over and over, to our enemies.

The Russian re-set was an historic blunder (“Tell Vladimir I’ll have more flexibility after I’m re-elected”) and Obama failed to retaliate against Chinese cyber hacking, a lesson Russians must have learned.

The Nobel Peace Prize winner managed a tripling of US combat deaths in Afghanistan over his predecessor, and his most unfortunate withdrawal of all U.S. troops from Iraq, which VP Biden had declared stable, helped to unleash the barbarism of ISIS (“a JV Team”, “contained”).

Secretaries of State Clinton and Kerry exhibited remarkable ineffectiveness in promoting stability in the Middle East, encouraging Palestinian irredentism and resulting in failed states in Libya and Yemen.

UN Ambassador Samantha Power who literally wrote the book on R2P, the “responsibility to protect” against genocide, failed her mission. Responsibility was abandoned to beg favor with the Iranians, who received not further sanction but billions of American dollars and a green light to continue regional domination and terror, support of Assad in Syria, and threats against Israel.

Most egregiously, President Obama failed to enforce his own red line in Syria or even create no fly zones, after the Assad regime used chemical weapons. There is no more Syrian state, 500,000 are dead, and millions of refugees are flooding into Europe, destabilizing the West.  History will judge this administration harshly.

The Obama Doctrine (“offend friends and hug thugs”) was perhaps most calculated to undermine Bibi Netanyahu, (including Obama sending his political team and U.S. taxpayer funds to influence the Israeli elections).  Seeking “daylight” between special allies, Mr. Obama used every opportunity to destroy the bi-partisan tradition of U.S. diplomatic and political support for the Jewish state.  During the Iran Deal debate, Mr. Obama sank to new lows, castigating opponents (the majority in Congress and in public opinion) as dual loyalists.

Once hailed as a political genius, Obama’s radicalism led his party into disarray, and repeated electoral disaster, with some 1000 national and state legislative seats and many Governorships lost during his tenure. Ungenerous to his political opponents, he ultimately was quite uncaring about his own political party too.

The black community faired quite economically poorly during his two terms.  And, abandoning his roots, Barack Obama has sadly accepted no accountability for the years-long murder wave gripping Chi-town.

Barack Hussein Obama chose purposefully to assail American allies abroad, befriend tyrannies, abandon dissidents and victims abroad, and attack traditional Americans and economic growth at home.

He was also never a truth teller about Islamic Jihad and the challenge of radical Islam’s assaults on Americans within our own borders.

His legacy is to have made America less safe and sovereign, less prosperous and entrepreneurial, and less united than the promised hope and change campaign of 2008.


Larry Greenfield has served as executive director of the Reagan Legacy Foundation, the Jewish Institute for National Security Affairs, and the Republican Jewish Coalition of California. He is long associated with the Claremont Institute for the Study of Statesmanship & Political Philosophy.

Voir également:

Thank you, Obama

Thank you, President Barack Obama, for serving the country for the past eight years.

Thank you, Obama, for not moving the American embassy in Tel Aviv to Jerusalem. You were wise enough to follow the lead of your Democratic and Republican predecessors and realize the chaos such a move could cause would not be worth the cost. There is no doubt the embassy should be in Jerusalem. There is no question that Jerusalem is the eternal and contemporary capital of Israel. But thank you for knowing that not every right must be claimed at any cost.

Thank you for protecting Israel when and where it mattered most: with off-budget millions for Iron Dome, for standing up for Israel’s right to defend itself in the Gaza war, for a record-setting $38 billion in aid.

Thank you for declaring as eloquently as any president ever has, and in as many international forums as possible, the value and justice of a Jewish state. Thank you for trying to protect that state from pursuing policies that will endanger its own existence.

Thank you for the Iran deal. Before the deal, Iran was weeks from attaining nuclear bomb capability. Now the world has a decade before the mullahs have the capability of developing a bomb. You tackled a problem that only had gotten worse under previous American and Israeli leaders. Despite fierce opposition, you found a solution that even those Israelis who hated it have grown to see as beneficial.

Thank you for killing Osama bin Laden. And for taking out al-Qaida’s senior leadership. And for stopping and reversing gains by ISIS. You know who’s really happy to see you go? Abu Bakr al-Baghdadi.

Thank you for standing up to Vladimir Putin. You saw the expansionist, anti-democratic nature of Putin’s actions in Ukraine and quickly confronted him. Perhaps that opposition slowed what may have been an inevitable march through the Baltics. There is nothing wrong with having positive relations with Russia, but “positive” cannot mean giving the Putin regime a pass.

Thank you for recognizing our Cuba embargo was a failed policy and that the time for change had come.

Thank you for steering the country through the recession. Thank you for cutting unemployment in half. And for doing so in the face of Republican obstructionism on the kind of infrastructure bill that your successor now likely will get through.

Thank you for doubling clean energy production. For recognizing that our dependence on fossil fuels can’t help but degrade our environment and hold us back from being competitive in the green energy future, and embolden corrupt and backward regimes from Venezuela to the Middle East to Russia.

Thank you for saving the American auto industry. You revived General Motors with $50 billion in loans, saving 1.2 million jobs and creating $35 billion in tax revenue so far. Have you checked out GM’s Chevy Bolt? All electric, 240 miles per charge, drives like a rocket and made in Detroit. They should call it the “Obamacar.”

Thank you for the Paris Agreement to address climate change. Thank you for throwing America’s lot in with the rest of the planet.

Thank you for the Affordable Care Act. It has brought the security of health care to millions. It has saved lives. It has kept the rate of cost increases in premiums lower in the past eight years than they were in the previous eight years. It needs to be fixed — what doesn’t? — but only with better ideas, not worse ones.

Thank you for Merrick Garland. It was a great idea while it lasted.

Thank you for trying to get immigration reform through Congress, and for pursuing the policy known as Deferred Action for Childhood Arrivals, which let 5 million people already living and working here come out of the shadows.

Thanks for Michelle. Not just her brains and biceps, but her choice of causes. Your wife saw all the good the food movement had accomplished from the grass roots up and planted it squarely in the front yard of the White House, where it would grow even more from the top down.

Thank you for trying. You grappled with one great chaos after another, and sometimes you fell short. In Syria, you needed a smarter course of action. In Israeli-Palestinian peacemaking, you underestimated the need, early on, to deal with Israeli fears and Palestinian obstructionism. As for ending the Sudan embargo, the jury is out. Stateside, your administration should have put some of the bad guys of the recession behind bars and found fixes that better addressed the wealth gap.

Time will reveal more blemishes — and heal some of the scars. But in the meantime:

Thank you. Thank you for not embarrassing us, your family or yourself. Though your opponents and their friends at “Fox and Friends” tried to pin scandals to you, none could stick. In my lifetime, there has never been an administration so free from personal and professional moral stain.

Thank you for the seriousness, dignity, grace, humor and cool you brought to the Oval Office. Thank you for being my president.


ROB ESHMAN is publisher and editor-in-chief of TRIBE Media Corp./Jewish Journal. Email him at robe@jewishjournal.com. You can follow him on Instagram and Twitter @foodaism and @RobEshman.

Voir encore:

Media
Bret Stephens
Time
Feb 18, 2017

Bret Stephens writes the foreign-affairs column of the Wall Street Journal, for which he won the 2013 Pulitzer Prize for commentary.

Bret Stephens delivered the Daniel Pearl Memorial Lecture this week at the University of California, Los Angeles. Read the full text of his remarks below:

I’m profoundly honored to have this opportunity to celebrate the legacy of Danny Pearl, my colleague at The Wall Street Journal.

My topic this evening is intellectual integrity in the age of Donald Trump. I suspect this is a theme that would have resonated with Danny.

When you work at The Wall Street Journal, the coins of the realm are truth and trust — the latter flowing exclusively from the former. When you read a story in the Journal, you do so with the assurance that immense reportorial and editorial effort has been expended to ensure that what you read is factual.

Not probably factual. Not partially factual. Not alternatively factual. I mean fundamentally, comprehensively and exclusively factual. And therefore trustworthy.

This is how we operate. This is how Danny operated. This is how he died, losing his life in an effort to nail down a story.

In the 15 years since Danny’s death, the list of murdered journalists has grown long.

Paul Klebnikov and Anna Politkovskaya in Russia.

Zahra Kazemi and Sattar Behesti in Iran.

Jim Foley and Steve Sotloff in Syria.

Five journalists in Turkey. Twenty-six in Mexico. More than 100 in Iraq.

When we honor Danny, we honor them, too.

We do more than that.

We honor the central idea of journalism — the conviction, as my old boss Peter Kann once said, “that facts are facts; that they are ascertainable through honest, open-minded and diligent reporting; that truth is attainable by laying fact upon fact, much like the construction of a cathedral; and that truth is not merely in the eye of the beholder.”

And we honor the responsibility to separate truth from falsehood, which is never more important than when powerful people insist that falsehoods are truths, or that there is no such thing as truth to begin with.

So that’s the business we’re in: the business of journalism. Or, as the 45th president of the United States likes to call us, the “disgusting and corrupt media.”

Some of you may have noticed that we’re living through a period in which the executive branch of government is engaged in a systematic effort to create a climate of opinion against the news business.

The President routinely describes reporting he dislikes as FAKE NEWS. The Administration calls the press “the opposition party,” ridicules news organizations it doesn’t like as business failures, and calls for journalists to be fired. Mr. Trump has called for rewriting libel laws in order to more easily sue the press.

This isn’t unprecedented in U.S. history, though you might have to go back to the Administration of John Adams to see something quite like it. And so far the rhetorical salvos haven’t been matched by legal or regulatory action. Maybe they never will be.

But the question of what Mr. Trump might yet do by political methods against the media matters a great deal less than what he is attempting to do by ideological and philosophical methods.

Ideologically, the president is trying to depose so-called mainstream media in favor of the media he likes — Breitbart News and the rest. Another way of making this point is to say that he’s trying to substitute news for propaganda, information for boosterism.

His objection to, say, the New York Times, isn’t that there’s a liberal bias in the paper that gets in the way of its objectivity, which I think would be a fair criticism. His objection is to objectivity itself. He’s perfectly happy for the media to be disgusting and corrupt — so long as it’s on his side.

But again, that’s not all the president is doing.

Consider this recent exchange he had with Bill O’Reilly. O’Reilly asks:

Is there any validity to the criticism of you that you say things that you can’t back up factually, and as the President you say there are three million illegal aliens who voted and you don’t have the data to back that up, some people are going to say that it’s irresponsible for the President to say that.

To which the president replies:

Many people have come out and said I’m right.

Now many people also say Jim Morrison faked his own death. Many people say Barack Obama was born in Kenya. “Many people say” is what’s known as an argumentum ad populum. If we were a nation of logicians, we would dismiss the argument as dumb.

We are not a nation of logicians.

I think it’s important not to dismiss the president’s reply simply as dumb. We ought to assume that it’s darkly brilliant — if not in intention than certainly in effect. The president is responding to a claim of fact not by denying the fact, but by denying the claim that facts are supposed to have on an argument.

He isn’t telling O’Reilly that he’s got his facts wrong. He’s saying that, as far as he is concerned, facts, as most people understand the term, don’t matter: That they are indistinguishable from, and interchangeable with, opinion; and that statements of fact needn’t have any purchase against a man who is either sufficiently powerful to ignore them or sufficiently shameless to deny them — or, in his case, both.

If some of you in this room are students of political philosophy, you know where this argument originates. This is a version of Thrasymachus’s argument in Plato’s Republic that justice is the advantage of the stronger and that injustice “if it is on a large enough scale, is stronger, freer, and more masterly than justice.”

Substitute the words “truth” and “falsehood” for “justice” and “injustice,” and there you have the Trumpian view of the world. If I had to sum it up in a single sentence, it would be this: Truth is what you can get away with.

If you can sell condos by claiming your building is 90% occupied when it’s only 20% occupied, well, then—it’s 90% occupied. If you can convince a sufficient number of people that you really did win the popular vote, or that your inauguration crowds were the biggest—well then, what do the statistical data and aerial photographs matter?

Now, we could have some interesting conversations about why this is happening—and why it seems to be happening all of a sudden.

Today we have “dis-intermediating” technologies such as Twitter, which have cut out the media as the middleman between politicians and the public. Today, just 17% of adults aged 18-24 read a newspaper daily, down from 42% at the turn of the century. Today there are fewer than 33,000 full-time newsroom employees, a drop from 55,000 just 20 years ago.

When Trump attacks the news media, he’s kicking a wounded animal.

But the most interesting conversation is not about why Donald Trump lies. Many public figures lie, and he’s only a severe example of a common type.

The interesting conversation concerns how we come to accept those lies.

Nearly 25 years ago, Daniel Patrick Moynihan, the great scholar and Democratic Senator from New York, coined the phrase, “defining deviancy down.” His topic at the time was crime, and how American society had come to accept ever-increasing rates of violent crime as normal.

“We have been re-defining deviancy so as to exempt much conduct previously stigmatized, and also quietly raising the ‘normal’ level in categories where behavior is now abnormal by any earlier standard,” Moynihan wrote.

You can point to all sorts of ways in which this redefinition of deviancy has also been the story of our politics over the past 30 years, a story with a fully bipartisan set of villains.

I personally think we crossed a rubicon in the Clinton years, when three things happened: we decided that some types of presidential lies didn’t matter; we concluded that “character” was an over-rated consideration when it came to judging a president; and we allowed the lines between political culture and celebrity culture to become hopelessly blurred.

But whatever else one might say about President Clinton, what we have now is the crack-cocaine version of that.

If a public figure tells a whopping lie once in his life, it’ll haunt him into his grave. If he lies morning, noon and night, it will become almost impossible to remember any one particular lie. Outrage will fall victim to its own ubiquity. It’s the same truth contained in Stalin’s famous remark that the death of one man is a tragedy but the death of a million is a statistic.

One of the most interesting phenomena during the presidential campaign was waiting for Trump to say that one thing that would surely break the back of his candidacy.

Would it be his slander against Mexican immigrants? Or his slur about John McCain’s record as a POW? Or his lie about New Jersey Muslims celebrating 9/11? Or his attacks on Megyn Kelly, on a disabled New York Times reporter, on a Mexican-American judge? Would it be him tweeting quotations from Benito Mussolini, or his sly overtures to David Duke and the alt-right? Would it be his unwavering praise of Vladimir Putin? Would it be his refusal to release his tax returns, or the sham that seems to been perpetrated on the saps who signed up for his Trump U courses? Would it be the tape of him with Billy Bush?

None of this made the slightest difference. On the contrary, it helped him. Some people became desensitized by the never-ending assaults on what was once quaintly known as “human decency.” Others seemed to positively admire the comments as refreshing examples of personal authenticity and political incorrectness.

Shameless rhetoric will always find a receptive audience with shameless people. Donald Trump’s was the greatest political strip-tease act in U.S. political history: the dirtier he got, the more skin he showed, the more his core supporters liked it.

Abraham Lincoln, in his first inaugural address, called on Americans to summon “the better angels of our nature.” Donald Trump’s candidacy, and so far his presidency, has been Lincoln’s exhortation in reverse.

Here’s a simple truth about a politics of dishonesty, insult and scandal: It’s entertaining. Politics as we’ve had it for most of my life has, with just a few exceptions, been distant and dull.

Now it’s all we can talk about. If you like Trump, his presence in the White House is a daily extravaganza of sticking it to pompous elites and querulous reporters. If you hate Trump, you wake up every day with some fresh outrage to turn over in your head and text your friends about.

Whichever way, it’s exhilarating. Haven’t all of us noticed that everything feels speeded up, more vivid, more intense and consequential? One of the benefits of an alternative-facts administration is that fiction can take you anywhere.

Earlier today, at his press conference, the president claimed his administration is running like a “fine-tuned machine.” In actual fact, he just lost his Labor Secretary nominee, his National Security Adviser was forced out in disgrace, and the Intelligence Community is refusing to fully brief the president for fear he might compromise sources and methods.

But who cares? Since when in Washington has there been a presidential press conference like that? Since when has the denial of reality been taken to such a bald-faced extreme?

At some point, it becomes increasingly easy for people to mistake the reality of the performance for reality itself. If Trump can get through a press conference like that without showing a hint of embarrassment, remorse or misgiving—well, then, that becomes a new basis on which the president can now be judged.

To tell a lie is wrong. But to tell a lie with brass takes skill. Ultimately, Trump’s press conference will be judged not on some kind of Olympic point system, but on whether he “won”—which is to say, whether he brazened his way through it. And the answer to that is almost certainly yes.

So far, I’ve offered you three ideas about how it is that we have come to accept the president’s behavior.

The first is that we normalize it, simply by becoming inured to constant repetition of the same bad behavior.

The second is that at some level it excites and entertains us. By putting aside our usual moral filters—the ones that tell us that truth matters, that upright conduct matters, that things ought to be done in a certain way—we have been given tickets to a spectacle, in which all you want to do is watch.

And the third is that we adopt new metrics of judgment, in which politics becomes more about perceptions than performance—of how a given action is perceived as being perceived. If a reporter for the New York Times says that Trump’s press conference probably plays well in Peoria, then that increases the chances that it will play well in Peoria.

Let me add a fourth point here: our tendency to rationalize.

One of the more fascinating aspects of last year’s presidential campaign was the rise of a class of pundits I call the “TrumpXplainers.” For instance, Trump would give a speech or offer an answer in a debate that amounted to little more than a word jumble.

But rather than quote Trump, or point out that what he had said was grammatically and logically nonsensical, the TrumpXplainers would tell us what he had allegedly meant to say. They became our political semioticians, ascribing pattern and meaning to the rune-stones of Trump’s mind.

If Trump said he’d get Mexico to pay for his wall, you could count on someone to provide a complex tariff scheme to make good on the promise. If Trump said that we should not have gone into Iraq but that, once there, we should have “taken the oil,” we’d have a similarly high-flown explanation as to how we could engineer this theft.

A year ago, when he was trying to explain his idea of a foreign policy to the New York Times’s David Sanger, the reporter asked him whether it didn’t amount to a kind of “America First policy”—a reference to the isolationist and anti-Semitic America First Committee that tried to prevent U.S. entry into World War II. Trump clearly had never heard of the group, but he liked the phrase and made it his own. And that’s how we got the return of America First.

More recently, I came across this headline in the conservative Washington Times: “How Trump’s ‘disarray’ may be merely a strategy,” by Wesley Pruden, the paper’s former editor-in-chief. In his view, the president’s first disastrous month in office is, in fact, evidence of a refreshing openness to dissent, reminiscent of Washington and Lincoln’s cabinet of rivals. Sure.

Overall, the process is one in which explanation becomes rationalization, which in turn becomes justification. Trump says X. What he really means is Y. And while you might not like it, he’s giving voice to the angers and anxieties of Z. Who, by the way, you’re not allowed to question or criticize, because anxiety and anger are their own justifications these days.

Watching this process unfold has been particularly painful for me as a conservative columnist. I find myself in the awkward position of having recently become popular among some of my liberal peers—precisely because I haven’t changed my opinions about anything.

By contrast, I’ve become suddenly unpopular among some of my former fans on the right—again, because I’ve stuck to my views. It is almost amusing to be accused of suffering from something called “Trump Derangement Syndrome” simply because I feel an obligation to raise my voice against, say, the president suggesting a moral equivalency between the U.S. and Vladimir Putin’s Russia.

The most painful aspect of this has been to watch people I previously considered thoughtful and principled conservatives give themselves over to a species of illiberal politics from which I once thought they were immune.

In his 1953 masterpiece, “The Captive Mind,” the Polish poet and dissident Czeslaw Milosz analyzed the psychological and intellectual pathways through which some of his former colleagues in Poland’s post-war Communist regime allowed themselves to be converted into ardent Stalinists. In none of the cases that Milosz analyzed was coercion the main reason for the conversion.

They wanted to believe. They were willing to adapt. They thought they could do more good from the inside. They convinced themselves that their former principles didn’t fit with the march of history, or that to hold fast to one’s beliefs was a sign of priggishness and pig-headedness. They felt that to reject the new order of things was to relegate themselves to irrelevance and oblivion. They mocked their former friends who refused to join the new order as morally vain reactionaries. They convinced themselves that, brutal and capricious as Stalinism might be, it couldn’t possibly be worse than the exploitative capitalism of the West.

I fear we are witnessing a similar process unfold among many conservative intellectuals on the right. It has been stunning to watch a movement that once believed in the benefits of free trade and free enterprise merrily give itself over to a champion of protectionism whose economic instincts recall the corporatism of 1930s Italy or 1950s Argentina. It is no less stunning to watch people who once mocked Obama for being too soft on Russia suddenly discover the virtues of Trump’s “pragmatism” on the subject.

And it is nothing short of amazing to watch the party of onetime moral majoritarians, who spent a decade fulminating about Bill Clinton’s sexual habits, suddenly find complete comfort with the idea that character and temperament are irrelevant qualifications for high office.

The mental pathways by which the new Trumpian conservatives have made their peace with their new political master aren’t so different from Milosz’s former colleagues.

There’s the same desperate desire for political influence; the same belief that Trump represents a historical force to which they ought to belong; the same willingness to bend or discard principles they once considered sacred; the same fear of seeming out-of-touch with the mood of the public; the same tendency to look the other way at comments or actions that they cannot possibly justify; the same belief that you do more good by joining than by opposing; the same Manichean belief that, if Hillary Clinton had been elected, the United States would have all-but ended as a country.

This is supposed to be the road of pragmatism, of turning lemons into lemonade. I would counter that it’s the road of ignominy, of hitching a ride with a drunk driver.

So, then, to the subject that brings me here today: Maintaining intellectual integrity in the age of Trump.

When Judea wrote me last summer to ask if I’d be this year’s speaker, I got my copy of Danny’s collected writings, “At Home in the World,” and began to read him all over again. It brought back to me the fact that, the reason we honor Danny’s memory isn’t that he’s a martyred journalist. It’s that he was a great journalist.

Let me show you what I mean. Here’s something Danny wrote in February 2001, almost exactly a year before his death, from the site of an earthquake disaster in the Indian town of Anjar.

What is India’s earthquake zone really like? It smells. It reeks. You can’t imagine the odor of several hundred bodies decaying for five days as search teams pick away at slabs of crumbled buildings in this town. Even if you’ve never smelled it before, the brain knows what it is, and orders you to get away. After a day, the nose gets stuffed up in self-defense. But the brain has registered the scent, and picks it up in innocent places: lip balm, sweet candy, stale breath, an airplane seat.

What stands out for me in this passage is that it shows that Danny was a writer who observed with all his senses. He saw. He listened. He smelled. He bore down. He reflected. He understood that what the reader had to know about Anjar wasn’t a collection of statistics; it was the visceral reality of a massive human tragedy. And he was able to express all this in language that was compact, unadorned, compelling and deeply true.

George Orwell wrote, “To see what is in front of one’s nose needs a constant struggle.” Danny saw what was in front of his nose.

We each have our obligations to see what’s in front of one’s nose, whether we’re reporters, columnists, or anything else. This is the essence of intellectual integrity.

Not to look around, or beyond, or away from the facts, but to look straight at them, to recognize and call them for what they are, nothing more or less. To see things as they are before we re-interpret them into what we’d like them to be. To believe in an epistemology that can distinguish between truth and falsity, facts and opinions, evidence and wishes. To defend habits of mind and institutions of society, above all a free press, which preserve that epistemology. To hold fast to a set of intellectual standards and moral convictions that won’t waver amid changes of political fashion or tides of unfavorable opinion. To speak the truth irrespective of what it means for our popularity or influence.

The legacy of Danny Pearl is that he died for this. We are being asked to do much less. We have no excuse not to do it.

Thank you.

Voir par ailleurs:

Trump retrouve «son» peuple, le temps d’un meeting en Floride

Maurin Picard

19/02/2017

VIDÉO – À Melbourne, le président américain s’est remis sur orbite le temps d’une escale devant des supporters de la première heure, soutien inestimable.

De notre envoyé spécial à Melbourne (Floride)

Fuir Washington, le temps d’un week-end de trois jours. Donald Trump attendait impatiemment cette escapade en Floride, devant ses irréductibles supporteurs, fidèles de la première heure, qui se font si rares depuis un mois à Washington. Oublier le froid, le crachin pendant le discours d’investiture, ces médias «malhonnêtes», ces manifestants acrimonieux, les fuites des services secrets, la fronde de la Justice face à son décret sur l’immigration, celle du Congrès face à ses plans grandioses de mur à la frontière mexicaine, le limogeage à contrecœur du général Michael Flynn, son conseiller à la sécurité nationale, éclaboussé par la «Russian Connection», et les centaines de nominations gouvernementales en souffrance.

Mais tout cela n’a que peu d’importance pour le «peuple de Trump». «Nous l’aimons et nous sommes venus le lui dire», s’exclame Sheila Gaylor, une résidente de Melbourne, où le président fait escale le temps d’un rassemblement populaire. Comme durant la campagne, lorsque l’adrénaline le poussait de l’avant. Cette ivresse s’est tarie, mais voici l’occasion de la ressusciter, grâce à un bain de foule régénérateur, et de remettre le tribun sur orbite, loin du «marigot» fédéral si difficile à «assécher».

Dans le hangar 6 de l’aérodrome local, plusieurs milliers de Floridiens, blancs pour la plupart, se pressent pour apercevoir la tignasse blonde la plus célèbre du monde, et la silhouette élégante de sa femme, Melania. C’est ici, à Melbourne, en septembre 2016, que 15 000 supporteurs déchaînés ont offert au candidat républicain l’une de ses escales les plus mémorables. Peu importe que les opposants se fassent entendre au dehors, réclamant la destitution du président milliardaire.«Ils ne sont que quelques milliers, alors que nous sommes 50 000. Vous croyez que les médias malhonnêtes vont parler de quoi?» gronde une femme à crinière blonde, reprenant le discours officiel.Les pro-Trumpne sont en réalité que 9 000, selon la police de Melbourne sur Twitter, mais leur enthousiasme, débordant, est récompensé par un vrombissement dans le ciel: le Boeing présidentiel Air Force One surgit en rase-mottes, déclenchant les vivats. Le quadriréacteur s’immobilise dans le soleil couchant, et le couple présidentiel apparaît. Dans un tonnerre d’ovations, le chef de l’État s’empresse de révéler la raison de sa venue sur la Space Coast: «Je suis ici parce que je veux être parmi mes amis, et parmi le peuple. Je veux être au même endroit que des patriotes travailleurs qui aiment leur pays, qui saluent le drapeau et prient pour un avenir meilleur.» Ce même peuple qui l’a porté au pouvoir et continue de lui vouer une loyauté sans faille. Ce soutien est inestimable, et probablement fondamental: apprenant à naviguer dans l’air vicié de Washington, le milliardaire va devoir pérenniser sa base militante, surtout s’il compte briguer une réélection en 2020. C’est d’ailleurs son comité de soutien officiel, lancé le 20 janvier, qui finance l’événement du jour, annonciateur de raouts semblables à l’avenir.

Bronzé et visiblement détendu, Donald Trump s’amuse avec la foule. Il recycle ses thèmes les plus populaires et désigne ses boucs émissaires habituels. Puis, il invite à ses côtés Gene Huber, un inconditionnel fier d’avoir patienté depuis 4 heures du matin et autorisé par le président en personne à enjamber la barrière, au grand dam du Secret Service. Un mot, un seul, à l’adresse des médias, une allusion (erronée) à «tous ces grands présidents, comme Thomas Jefferson, qui se sont souvent battus avec les médias, ont dénoncé leurs mensonges», et des centaines de poings rageurs se dressent vers la forêt de caméras. Que ses ouailles se rassurent: «La Maison-Blanche tourne comme sur des roulettes!» «CNN craint!» renchérit la foule en chœur. «Je peux vous parler directement, sans le filtre des fausses informations», poursuit Trump. «Je ne regarde même plus le Saturday Night Live!» s’esclaffe une supportrice tout de rouge vêtue, affichant son soutien au site conspirationniste infowars.com.

À l’applaudimètre, celui que «nous attendions depuis si longtemps», selon Claudia, une mère au foyer venue de Titusville, un rejeton assoupi dans les bras, ce «héros qui va se dresser», selon l’expression imprimée sur les badges d’accès, l’emporte en évoquant les emplois, le business, qui vont décoller sous son mandat, ces contrats militaires bons pour la région, et, surtout, ce «fichu islamisme radical que nous allons tenir à distance de notre pays». «Ce gouvernement va tenir toutes ses promesses», martèle le chef de l’État, sur un air des Rolling Stones, avant de rembarquer à bord d’Air Force One.

«Il est vraiment formidable, il est comme nous, il parle comme nous, confient d’une seule voix Jake et Colleen, un couple de retraités débonnaire exhibant toute la panoplie du parfait petit supporteur, croisé dans la pénombre en bordure d’aérodrome, pour voir s’envoler le Boeing présidentiel. Il est en train de tenir toutes ses promesses, encore plus vite que prévu. Au-delà de toutes nos attentes!»

Voir encore

Donald Trump’s Presidential Run Began in an Effort to Gain Stature

Donald J. Trump arrived at the White House Correspondents’ Association Dinner in April 2011, reveling in the moment as he mingled with the political luminaries who gathered at the Washington Hilton. He made his way to his seat beside his host, Lally Weymouth, the journalist and socialite daughter of Katharine Graham, longtime publisher of The Washington Post.

A short while later, the humiliation started.

The annual dinner features a lighthearted speech from the president; that year, President Obama chose Mr. Trump, then flirting with his own presidential bid, as a punch line.

He lampooned Mr. Trump’s gaudy taste in décor. He ridiculed his fixation on false rumors that the president had been born in Kenya. He belittled his reality show, “The Celebrity Apprentice.”

Mr. Trump at first offered a drawn smile, then a game wave of the hand. But as the president’s mocking of him continued and people at other tables craned their necks to gauge his reaction, Mr. Trump hunched forward with a frozen grimace.

After the dinner ended, Mr. Trump quickly left, appearing bruised. He was “incredibly gracious and engaged on the way in,” recalled Marcus Brauchli, then the executive editor of The Washington Post, but departed “with maximum efficiency.”

That evening of public abasement, rather than sending Mr. Trump away, accelerated his ferocious efforts to gain stature within the political world. And it captured the degree to which Mr. Trump’s campaign is driven by a deep yearning sometimes obscured by his bluster and bragging: a desire to be taken seriously.

That desire has played out over the last several years within a Republican Party that placated and indulged him, and accepted his money and support, seemingly not grasping how fervently determined he was to become a major force in American politics. In the process, the party bestowed upon Mr. Trump the kind of legitimacy that he craved, which has helped him pursue a credible bid for the presidency.

“Everybody has a little regret there, and everybody read it wrong,” said David Keene, a former chairman of the American Conservative Union, an activist group Mr. Trump cultivated. Of Mr. Trump’s rise, Mr. Keene said, “It’s almost comical, except it’s liable to end up with him as the nominee.”

Repeatedly underestimated as a court jester or silly showman, Mr. Trump muscled his way into the Republican elite by force of will. He badgered a skittish Mitt Romney into accepting his endorsement on national television, and became a celebrity fixture at conservative gatherings. He abandoned his tightfisted inclinations and cut five- and six-figure checks in a bid for clout as a political donor. He courted conservative media leaders as deftly as he had the New York tabloids.

At every stage, members of the Republican establishment wagered that they could go along with Mr. Trump just enough to keep him quiet or make him go away. But what party leaders viewed as generous ceremonial gestures or ego stroking of Mr. Trump — speaking spots at gatherings, meetings with prospective candidates and appearances alongside Republican heavyweights — he used to elevate his position and, eventually, to establish himself as a formidable figure for 2016.

In an interview on Friday, Mr. Trump acknowledged that he had encountered many who doubted or dismissed him as a political force before now. “I realized that unless I actually ran, I wouldn’t be taken seriously,” he said. But he denied having been troubled by Mr. Obama’s derision.

“I loved that dinner,” Mr. Trump said, adding, “I can handle criticism.”

Phantom Campaign

Even before the correspondents’ dinner, Mr. Trump had moved to grab a bigger role in political affairs. In February, he addressed the annual Conservative Political Action Conference. Organizers gave Mr. Trump an afternoon speaking slot, and Mr. Keene perceived him as an entertaining attraction, secondary to headliners like Mitch Daniels, then the governor of Indiana.

But Mr. Trump understood his role differently. Reading carefully from a prepared text, he tested the themes that would one day frame his presidential campaign: American economic decline, and the weakness and cluelessness of politicians in Washington.

Over the next few months, Mr. Trump met quietly with Republican pollsters who tested a political message and gauged his image across the country, according to people briefed on his efforts, some of whom would speak about them only on the condition of anonymity.

One pollster, Kellyanne Conway, took a survey that showed Mr. Trump’s negative ratings were sky-high, but advised him there was still an opening for him to run.

Another, John McLaughlin, who had been recommended to Mr. Trump by the former Clinton adviser Dick Morris, drew up a memo that described how Mr. Trump could run as a counterpoint to Mr. Obama in 2012, and outshine Mr. Romney with his relentless antagonism of the president.

Roger Stone, a longtime Trump adviser, wrote a column on his website envisioning a Trump candidacy steamrolling to the nomination, powered by wall-to-wall media attention.

After all that preparation, Mr. Trump rejected two efforts to “draft” him set up by close advisers. If his interest in politics was growing, he was not yet prepared to abandon his career as a reality television host: In mid-May, Mr. Trump announced that he would not run and canceled a planned speech to a major Republican fund-raising dinner in Iowa.

Latching On to Romney

Having stepped back from a campaign of his own, Mr. Trump sought relevance through Mr. Romney’s. Again, Mr. Trump’s determination to seize a role for himself collided with the skepticism of those he approached: While he saw himself as an important spokesman on economic issues and a credible champion for the party, the Romney campaign viewed him as an unpredictable attention-seeker with no real political foundation.

Still, given his expansive media platform — in addition to his reality-show franchise, Mr. Trump was a frequent guest on Fox News — and a fortune that he could theoretically bestow upon a campaign, Mr. Trump was drawing presidential candidates seeking his support to his Fifth Avenue high-rise. In September 2011, Mr. Romney made the trip, entering and exiting discreetly, with no cameras on hand to capture the event.

The decision to court Mr. Trump, former Romney aides said in interviews, stemmed partly from the desire to use him for fund-raising help, but also from the conviction that it would be more dangerous to shun such an expert provocateur than to build a relationship with him and try to contain him.

The test of that strategy came in January 2012, before the make-or-break Florida primary, when Mr. Trump reached out to say he wanted to endorse Mr. Romney at a Trump property in the state. Wary of such a spectacle in a crucial state, Mr. Romney’s aides began a concerted effort to relegate Mr. Trump’s endorsement to a sideshow.

The Romney campaign conducted polling in four states that showed Mr. Trump unpopular everywhere but Nevada, and suggested to Mr. Trump that they hold an endorsement event there, far away from Florida voters.

On the day he was to deliver the endorsement in Las Vegas, according to Mr. Romney’s advisers, Mr. Trump met with Romney aides and said he hoped to hold a joint news conference with Mr. Romney, raising for the campaign the terrifying possibility that Mr. Romney might end up on camera responding to reporters’ questions next to a man who had spent months questioning whether the president was an American citizen.

In an appeal to Mr. Trump’s vanity, the Romney campaign stressed that his endorsement was so vital — with such potential to ripple in the media — that it would be a mistake to dilute the impact with a question-and-answer session.

“The self-professed genius was just stupid enough to buy our ruse,” said Ryan Williams, a former spokesman for the Romney campaign. While they agreed to hold the event in a Trump hotel, the campaign put up blue curtains around the ballroom when the endorsement took place, so that Mr. Romney did not appear to be standing “in a burlesque house or one of Saddam’s palaces,” Mr. Williams said. On stage, as the cameras captured the moment, Mr. Romney seemed almost bewildered. “There are some things that you just can’t imagine happening in your life,” he told reporters as he took the podium, taking in his surroundings. “This is one of them.”

Mr. Trump insisted in the interview that the Romney campaign had strenuously lobbied for his support, and described his own endorsement as the biggest of that year. “What they’re saying is not true,” he said.

But if Mr. Trump expected a major role in the Romney campaign, he was mistaken. While Mr. Trump hosted fund-raising events for Mr. Romney, the two men never hit the campaign trail together. The campaign allowed Mr. Trump to record automated phone calls for Mr. Romney, but drew the line at his demand for a prominent speaking slot at the Republican National Convention. (Mr. Trump recorded a video to be played on the first day of the convention, but the whole day’s events were canceled because of bad weather.)

Stuart Stevens, a senior strategist for Mr. Romney, believed that Mr. Trump had been strictly corralled. “He wanted to campaign with Mitt,” Mr. Stevens wrote in an email. “Nope. Killed. Wanted to speak at the convention. Nope. Killed.”

Still, to Mr. Romney’s opponent that year, the accommodation of Mr. Trump looked egregious. Mr. Obama, in a speech on Friday, said Republicans had long treated Mr. Trump’s provocations as “a hoot” — just as long as they were directed at the president.

Building an Operation

Only a handful of people close to Mr. Trump understood the depth of his interest in the presidency, and the earnestness with which he eyed the 2016 campaign. Mr. Trump had struck up a friendship in 2009 with David N. Bossie, the president of the conservative group Citizens United, who met Mr. Trump through the casino magnate Steve Wynn.

Mr. Trump conferred with Mr. Bossie during the 2012 election and, as 2016 approached, sought his advice on setting up a campaign structure. Mr. Bossie made recommendations for staff members to hire, and Mr. Trump embraced them.

Mr. Trump also carefully cultivated relationships with conservative media outlets, reaching out to talk radio personalities and right-wing websites like Breitbart.com.

By then, Mr. Trump had won a degree of acceptance as a Republican donor. Advised by Mr. Stone, one of his longest-serving counselors, he had abandoned his long-held practice of giving modest sums to both parties, and opened his checkbook for Republicans with unprecedented enthusiasm.

Mr. Trump began a relationship with Reince Priebus, the Republican National Committee chairman, who was trying to rescue the party from debt. He gave substantial donations to “super PACs” supporting Republican leaders on Capitol Hill.

In 2014, he cut a quarter-million dollar check to the Republican Governors Association, in response to a personal entreaty from the group’s chairman — Chris Christie. Still, Mr. Trump’s intentions seemed opaque.

In January 2015, Mr. Trump met for breakfast in Des Moines with Newt and Callista Gingrich. Having traveled to Iowa to speak at a conservative event, Mr. Trump peppered Mr. Gingrich with questions about the experience of running for president, asking about how a campaign is set up, what it is like to run and what it would cost.

Mr. Gingrich said he had seen Mr. Trump until then as “a guy who is getting publicity, playing a game with the birther stuff and enjoying the limelight.” In Iowa, a different reality dawned.

“That’s the first time I thought, you know, he is really thinking about running,” Mr. Gingrich said.

On June 16, 2015, after theatrically descending on the escalator at Trump Tower, Mr. Trump announced his candidacy for president, hitting the precise themes he had laid out in the Conservative Political Action Conference speech five years earlier.

“We are going to make our country great again,” Mr. Trump declared. “I will be the greatest jobs president that God ever created.”

Still, rival campaigns and many in the news media did not regard him seriously, predicting that he would quickly withdraw from the race and return to his reality show. Pundits seemed unaware of the spade work he had done throughout that spring, taking a half dozen trips to early voting states of Iowa, New Hampshire and South Carolina and using forums hosted by Mr. Bossie’s group to road test a potential campaign.

Even as he jumped to an early lead, opponents suggested that he was riding his celebrity name recognition and would quickly fade. It was only late in the fall, when Mr. Trump sustained a position of dominance in the race — delivering a familiar, nationalist message about immigration controls and trade protectionism — that his Republican rivals began to treat him as a mortal threat.

Mr. Trump, by then, had gained the kind of status he had long been denied, and seemed more and more gleeful as he took in the significance of what he had achieved.

“A lot of people have laughed at me over the years,” he said in a speech days before the New Hampshire primary. “Now, they’re not laughing so much.”

Voir de même:

Hélène Garçon
Femmes.orange.fr

Personne ne pensait cela possible. Et pourtant ! Donald Trump a bel et bien coiffé Hillary Clinton au poteau en remportant les élections présidentielles américaines dans la nuit du mardi 8 novembre 2016. Comment ce puissant businessman sorti de nulle part, a-t-il pu accéder au rang de président des États-Unis ? Une question sur toutes les bouches, à laquelle la rédaction a tenté de répondre.

Théorie n°1 : il se laisse tenter par le défi d’un twittos

Si la moitié des électeurs américains n’ont pas fermé l’oeil dans la nuit du 8 novembre 2016, Russell Steinberg, lui, a dû passer une soirée plus compliquée encore que celle des autres. Cet internaute pourrait, en effet, avoir instillé dans l’esprit de Donald Trump l’idée de se présenter, et ce, par la force d’un seul tweet. L’histoire remonte à février 2013. À cette époque, Donald Trump prend un malin plaisir à descendre en flèche les moindres faits et gestes du président démocrate Barack Obama sur les réseaux sociaux. Lassé des diatribes du businessman critiquant en permanence le pays, Russel Steinberg a jugé bon de lui répondre sur Twitter en optant pour la carte de l’ironie dans un tweet aujourd’hui supprimé.

« Si vous détestez tant l’Amérique, vous devriez vous présenter à la présidentielle et arranger les choses« . Ce à quoi Donald Trump a répondu par une menace : « Faites attention !« . Résultat : l’homme d’affaires l’a visiblement pris au pied de la lettre, en déposant sa candidature deux ans plus tard, en 2015, et en remportant les élections en novembre 2016. Il y en a un qui doit se mordre les doigts !

Théorie n°2 : humilié par Obama, il prend sa revanche

Donald Trump n’a jamais caché son aversion pour Barack Obama. Lequel n’a pas non plus été tendre avec lui. Alors que le milliardaire enchaînait les apparitions télé en 2011, demandant à consulter le certificat de naissance du président pour vérifier s’il était vraiment américain, celui-ci décidait de contre-attaquer lors du dîner des correspondants à la Maison Blanche, le 30 avril 2011. Le chef d’État s’en est alors donné à coeur joie en humiliant, avec sa verve légendaire, le milliardaire.

« Donald Trump est ici ce soir et je sais qu’il a encaissé des critiques ces derniers temps, mais personne n’est plus heureux, plus fier que cette affaire d’acte de naissance soit enfin réglée que le Donald« , lançait Barack Obama au moment de son discours. « Et c’est parce qu’il va maintenant pouvoir se concentrer sur les problèmes importants. Par exemple, notre vol sur la Lune était-il un faux? Qu’est-il vraiment arrivé à Roswell? Et où sont Biggie et Tupac ?« . Une pique qui aurait servi de déclic au businessman, lequel ne supporterait pas l’humiliation selon Isabelle Hanne, journaliste à Libération, qui a rapporté la scène. La vengeance est un plat qui se mange froid : cinq ans après, Donald Trump a finalement eu sa revanche sur Barack Obama.

Théorie n°3 : il souhaite détruire le parti Républicain

C’est la rumeur la plus folle qui a fait trembler la toile pendant la course à la présidentielle américaine : Donald Trump, serait en réalité un partisan d’Hillary Clinton, et se serait lancé dans la course à l’investiture dans l’unique but de devenir président et de détruire le parti républicain, sous la bannière duquel il a mené toute sa campagne. Une théorie complètement tirée par les cheveux, mais à laquelle ont adhéré de nombreux internautes après que l’ancienne amitié des Trump et des Clinton ait été révélée au grand jour, au début de l’année 2016.

En plus de partager le même cercle d’amis que sa rivale Hillary Clinton, qu’il a d’ailleurs invitée au mariage de sa fille, il a été découvert que Donald Trump et sa famille ont participé financièrement à la campagne de la démocrate en 2008, et ont également fait un don de 100 000 dollars à la Fondation Clinton. Un geste généreux qui aurait mis la puce à l’oreille de nombreux internautes, qui ont alors immédiatement crié au complot.

Voir de plus:

Obama blues

Obama et la com : la politique du rire

Sur les réseaux sociaux ou sur les plateaux des late-night shows, Obama aura démontré son talent d’humoriste et un grand sens de l’autodérision, inventant une communication bien à lui pour toucher un public plus jeune.

Isabelle Hanne

Libération
20 janvier 2017 

Cet article a été publié fin octobre dans notre supplément «Obama Blues».

Un président qui vient dérouler son bilan en musique, devant des millions de téléspectateurs, un public applaudissant à tout rompre et un présentateur acquis à sa cause. Vous n’êtes pas dans une dictature d’Asie centrale, mais sur le plateau du Tonight Show de Jimmy Fallon sur NBC, le late-night show (émission de troisième partie de soirée) le plus regardé des Etats-Unis. Avec, dans le rôle de l’autocrate-crooner, Barack Obama, venu en juin se prêter à une session de «slow jam the news» – les invités racontent l’actu en musique, «slow jams» désignant ces romantiques ballades r’n’b. Economie, santé, mariage gay, accord transpacifique… Les années Obama y passent en sept minutes, ponctuées de blagues de Fallon et soulignées par la mélodie sensuelle des Roots, le groupe résident du show. La vidéo a été vue 11 millions de fois sur YouTube.

Evidemment, le «Preezy of the United Steezy», comme l’appelle Jimmy Fallon, ne fait pas ça que pour s’amuser. En deux mandats, l’entertainer Obama s’est servi des shows comiques –  lisant les «méchants tweets» à son encontre chez Jimmy Kimmel, remplaçant Stephen Colbert pour son Colbert Report sur Comedy Central  – pour appuyer sa communication. Avec, dans le viseur, les jeunes, plus prompts à partager des vidéos marrantes qu’à écouter des longs discours.

Porte-à-porte virtuel

Fin 2013, le démarrage des plateformes en ligne de mutuelles privées, au cœur de l’Obamacare, son emblématique réforme de la santé, est catastrophique. Bugs, méfiance du public, peu d’inscrits… «Barry» prend alors sa perche à selfie de pèlerin. A coups de vidéos et de GIF sur Buzzfeed –  Things Everybody Does But Doesn’t Talk About («Les choses que tout le monde fait, mais dont personne ne parle»), 60 millions de vues  –, ou lors d’une interview lunaire et hilarante à Between Two Ferns, le faux talk-show de Zach Galifianakis diffusé sur la plateforme Funny or Die, le commander-in-chief se plie à l’exercice pour promouvoir sa réforme. Au passage, il renforce sa street cred.

La présidence Obama a inventé une propagande branchée, une communication cool. Au cœur de cette stratégie  : les réseaux sociaux, qui ont largement porté sa victoire en 2008. L’engagement numérique de la campagne du «Yes We Can» a d’ailleurs été décortiqué par les équipes de com du monde entier. Tandis que la droite américaine propageait son venin conspirationniste par de bonnes vieilles chaînes de mails –  le candidat démocrate aurait menti sur son certificat de naissance, serait musulman…  –, Obama prenait mille longueurs d’avance, touchant un public beaucoup plus large, plus jeune. «En 2008, les efforts de son adversaire, John McCain, pour tenter de le rattraper sur les réseaux sociaux étaient presque pathétiques», se souvient Michael Barris, coauteur de The Social Media President (Palgrave, 2013). L’équipe du sénateur de l’Illinois a compris l’intérêt de Facebook, de Twitter –  plus tard viendront Instagram, Snapchat, LinkedIn…  – pour lever des fonds, diffuser des messages, obtenir des soutiens, grâce à ce porte-à-porte virtuel d’un nouveau genre.

«Obama s’est fait élire sur des promesses de démocratie participative via les réseaux sociaux, rappelle Michael Barris. Mais finalement, les réseaux sociaux ont surtout été pour lui un formidable outil de diffusion, de validation par le public, et de promotion d’une image très positive : celle d’un président branché, connecté, proche des gens.» Viser un public, via le bon médium, avec le bon ton : huit ans que le président américain, avec son équipe de quatorze personnes dédiée à la stratégie numérique, montre sa maîtrise. Et son adaptation à l’évolution des usages. La Maison Blanche est devenue une véritable boîte de production, avec plus de 500 vidéos réalisées chaque année (infographies, coulisses…), distribuées sur les différentes plateformes (site officiel, YouTube, Facebook…). «Le premier président de l’ère des médias sociaux a fixé les règles d’interactions numériques entre politiques et électeurs, écrit le Washington Post. Certains chefs d’Etat se préoccupaient des chaînes d’info ; Obama est le président ­Netflix.»

«Un humour naturel»

Il use, sur Twitter comme dans les late-night shows, d’un humour contemporain, ultra-référencé, abreuvé de culture web et de culture populaire tout court. Pour le Washington Post, il est même le «premier président alt comedy», cette catégorie d’humour alternatif maniant l’ironie, centré sur soi. «Pour la plupart des chefs d’Etat, l’humour est considéré comme une marque de faiblesse, avance l’universitaire Arie Sover, qui dirige l’Israeli Society for Humor Studies. Il faut montrer qu’on est dur, qu’on ne plaisante pas. Vous avez déjà vu rire, même sourire, Erdogan ou Poutine  ?»

A l’autre bout du spectre, Obama rit, montre ses émotions, fait des vannes questionnant son hétérosexualité –  il raconte que son vice-président, Joe Biden, et lui sont «si proches» qu’ils ne pourraient pas aller dans une pizzeria de l’Indiana, en référence à un restaurant qui refusait ses services de traiteur pour les mariages gays. «Non seulement Obama a de l’humour, mais en plus c’est un humour naturel, spontané, décrit Arie Sover. L’humour en politique permet de toucher son public au cœur. Et Obama pratique l’autodérision, la forme la plus élevée d’humour.»

Mais le président américain ne laisse rien au hasard : cette spontanéité est surtout parfaitement chorégraphiée, écrite à l’avance par des équipes d’auteurs talentueux. D’autodérision, il en a beaucoup fait preuve lors du dîner annuel des correspondants à la Maison Blanche, véritable scène de stand-up pour le président sortant. Maîtrise des silences, des regards, intonations, vidéos bien ficelées… Ces soirs-là, Obama fait de l’humour une technique de dégoupillage imparable des critiques. Comme en 2011, alors que la droite le harcèle une nouvelle fois sur son certificat de naissance. Pour faire taire les rumeurs, il annonce la «diffusion exclusive de la vidéo de sa mise au monde» –  en fait, le début du Roi Lion de Disney. Dans la salle, Donald Trump, déjà porte-voix de ces allégations, ne moufte pas. Les journalistes, qui rient à gorge déployée, ont laissé leurs armes au vestiaire.

Voir enfin:

‘I Don’t Know What You’re Referring To’: NBC’s Katy Tur Doesn’t Remember Obama Promising Putin ‘Flexibility’

 Alex Griswold

When a Republican congressman on MSNBC brought up a 2012 incident where President Barack Obama was caught on a hot mic promising to give Russia’s Vladimir Putin a little more “flexibility” after the election, NBC journalist and MSNBC host Katy Tur seemed not to recall the incident.

Tur pressed Florida Representative Francis Rooney about the number of Donald Trump advisors with close tie to Russia. “I see a lot of folks within Donald Trump’s administration who have a friendlier view of Russia than maybe past administrations did,” she noted.

“Well, I think it was Obama that leaned over to Putin and said, ‘I’ll have a little more flexibility to give you what you want after the re-election,’” Rooney responded.

Tur paused for a moment. “I’m sorry, I don’t know what you’re referring to, Congressman,” she said.

“Remember when he leaned over at a panel discussion or in a meeting, and he said, ‘I’ll have more flexibility after the election’?” Rooney asked. “No one pushed the president on what he meant by that, but I can only assume for a thug like Putin that it would embolden him,” which gave Tur pause, again.

In Tur’s defense, Rooney is slightly off in his retelling: it was then-Russian President Dmitry Medvedev who Obama whispered to, who then promised to relay Obama’s message to Putin. But his recollection of the content of Obama’s message was accurate: “This is my last election. After my election I have more flexibility,” he told the Russians.

Obama’s hot mic comments were major news at the time, receiving widespread coverage. Obama’s Republican opponent Mitt Romney seized upon the gaffe and worked it into his stump speeches, even bringing it up during one of the presidential debates.

Voir par ailleurs:

Goldnadel : “Lorque Medhi s’éclate…”

Gilles-William Goldnadel

Valeurs actuelles

20 février 2017

Il y a évidemment pire que les excès de la liberté d’expression : son absence. Mais il y a le pire du pire: la liberté d’expression à la tête du client. Du racisme à l’état pur. L’hypocrisie en prime. Chacun sait que notre époque de fausse liberté a accouché d’une tyrannie de la pensée dont la sage-femme devenue folle était déguisée en antiraciste diplômée. Valeurs Actuelles en a fait les frais en osant voiler Marianne pour défendre la laïcité républicaine contre les menées islamistes et Pascal Bruckner comme Georges Bensoussan payeront peut-être le prix pour des raisons voisines. Silence dans les rangs de la gauche paraît-il démocratique. Mais aujourd’hui vient d’éclater une tout autre affaire dans laquelle, au contraire, le racisme comme l’antisémitisme n’ont rien d’imaginaire. Et je prends le pari, qu’ici , précisément, les organisations prétendument antiracistes resteront aux abris. La vedette s’appelle Mehdi Meklat, hier encore il était la coqueluche de la famille islamo-gauchiste et de tous ses compagnons de chambrée. Dans le numéro du 1er février des Inrockuptibles il partageait la une avec l’icône Taubira. Il collaborait aussi avec le Bondy Blog, très engagé dans le combat actuel contre les policiers considérés uniment comme des tortionnaires racistes. Il était encore récemment chroniqueur de la radio active de service public France Inter.

Oui mais voilà, patatras, on a retrouvé parmi les milliers de tweets qu’il n’a pas réussi à effacer des gazouillis racistes du dernier cri strident. Échantillons choisis : “je crache des glaires sur la sale gueule de Charb et tous ceux de Charlie hebdo”. “Sarkozy = la synagogue = les juifs = Shalom = oui, mon fils = l’argent”, “Faites entrer Hitler pour tuer les juifs”, “j’ai gagné 20 $ au PMU, je ne les ai pas rejoués parce que je suis un juif”, “les Blancs vous devez mourir asap” etc.

Avec une touchante spontanéité, à présent qu’ils ont été découverts, voici ce que notre Mehdi a tweeté samedi dernier : “je m’excuse si ces tweets ont pu choquer certains d’entre vous : ils sont obsolètes”.

Bah voyons, certains datent de 2012, autant dire le déluge. J’en connais qui vont fouiller les poubelles du père Le Pen, d’autres qui reprochent à un ancien conseiller de Sarkozy d’avoir dirigé Minute il y a 30 ans, mais dans notre cas, certains plaident déjà l’Antiquité.

Car le plus grave n’habite pas dans la tête dérangée d’un islamo-gauchiste finalement assez classique, il demeure dans le silence gêné de la gauche donneuse de leçons. Il réside plus encore dans les combles du gauchisme médiatique façon France Inter. Ainsi, Pascale Clark maîtresse d’école antiraciste en chef et qui a eu l’effronterie de tenter d’expliquer que son petit Mehdi était dans la provocation… D’autres expliquent qu’il faut prendre cela au troisième degré… Evidemment, puisque c’est de gauche , c’est plus subtil… Il arrive parfois que l’ignoble atteigne les sommets du sublime.

Que cela plaise ou non à Madame Clark, Mehdi Meklat a rejoint Messieurs de Lesquen et Bourbon dans le même bataillon. Il y a encore pire que l’absence de liberté d’expression : la liberté d’expression à la tête du client.

Voir de même:

Mehdi Meklat, jeune écrivain prodige, et son double antisémite et homophobe
L’ex-chroniqueur (France Inter, Bondy Blog) pris à son double « Je » : sidération sur Twitter

Manuel Vicuña

Arrêt sur images

20/02/2017

Mehdi Meklat, 24 ans, était jusqu’ici connu pour son ton décalé. Du Bondy Blog, à France Inter en passant par Arte, le chroniqueur, journaliste et auteur, s’est taillé, avec son compère Badrou (« les Kids », époque France Inter) une réputation de porte-voix de la jeunesse, « à l’avant garde d’une nouvelle génération venue de banlieue » écrivaient encore Les Inrocks le 1er février. Sauf qu’entre temps, des internautes ont exhumé des tweets de Meklat : injures antisémites, homophobes, racistes, misogynes. Un florilège qui provoque la sidération. De son côte, le jeune homme s’excuse, dépublie, et assure qu’il s’agissait « de questionner la notion d’excès et de provocation » à travers un « personnage fictif ».

Faire mentir les stéréotypes sur les-jeunes-de-banlieue. Sans rien renier de soi. Depuis ses débuts au Bondy Blog en 2008, c’est ce que Mehdi Meklat tente de faire, au gré d’une exposition médiatique précoce. A 24 ans désormais, après avoir fait ses premiers pas de journaliste au Bondy Blog à 16 ans, puis tenu chronique pendant six ans chez France Inter en duo avec son ami Badrou (« les Kids »), Meklat le touche à tout (réalisateur, blogueur, reporter) est en promo pour un second livre. Mehdi et Badrou « l’avant-garde d’une nouvelle génération venue de banlieue qui compte bien faire entendre sa voix » écrivaient les Inrocks qui leur consacraient une couverture le 1er février en compagnie de Christiane Taubira. Un binôme qui avait tapé dans l’œil de l’animatrice de France Inter Pascale Clark dès 2010, pour son ton « décalé », sa capacité à chroniquer avec autant d’acuité la vie de l’autre côté du périph (Meklat a grandi à Saint-Ouen, Badrou à la Courneuve) que le tout venant de l’actualité plus « médiatique ».

Et voilà que depuis quelques jours, après son passage sur le plateau de l’émission la Grande Librairie (France 5) pour la promo de son second livre, le roman « Minute » (co-écrit avec Badrou), Meklat est dans l’œil du cyclone Twitter. Propulsé dans les sujets les plus discutés non pas pour la promotion de son nouvel ouvrage dédié à Adama Traoré. Mais pour des tweets, exhumés ces derniers jours par plusieurs internautes.

Pas quelques tweets isolés. Mais des messages par dizaines, anciens (2012) et pour certains plus récents (2016) dans lesquels Meklat tape tous azimuts sur « les Français », « les juifs », « les homos », Alain Finkelkraut, Charlie Hebdo, les séropositifs, les « travelos »… La liste est longue, et les messages à même d’interpeller. Une prose en 140 signes qui tranche avec l’image de jeune talent à la plume « poétique » et acérée que Meklat s’était jusqu’ici taillée et qui lui a valu jusqu’à aujourd’hui des articles dithyrambiques dans la presse culturelle. Quelques heures auront suffit pour que, soient exhumés et massivement partagés des dizaines de messages issus de son compte twitter personnel @mehdi_meklat.

Ici un tweet de 2011 dans lequel Meklat « regrette que Ben Laden soit mort. Il aurait pu tout faire péter ». Là, Meklat au sujet du dessinateur de Charlie Hebdo, Charb : « Je crache des glaires sur la sale gueule de Charb et de Charlie Hebdo » (le 30 décembre 2012, avant la tuerie qui a décimé la rédaction). Plus récemment, Alain Finkelkraut qui pointe son nez à un rassemblement de Nuit Debout en avril 2016 : « fallait lui casser la jambe à ce fils de putes ». Plus en amont dans son fil Twitter : « Vive les PD vive le sida avec Hollande » (3 décembre 2013). La campagne de Sarkozy en 2012 ? « Sarkozy = la synagogue = les juifs = shalom = oui, mon fils = l’argent ». La remise des Césars la même année ? « Faites entrer Hitler pour tuer les juifs » (24/02/2012). Toute cette vaste littérature en 140 caractères est subitement remontée à la surface de Twitter et a été, depuis, copieusement documentée.

Parmi les premiers et les plus zélés chasseurs de tweets, la fachosphère s’est ruée sur l’occasion. Le blog d’extrême droite Fdesouche publie à tout-va plus d’une cinquantaine de messages de Meklat « journaliste homophobe et antisémite du Bondy blog ». Le site d’extrême droite Boulevard Voltaire, fondé par Robert Ménard, trouve là prétexte à acculer la « gauchosphère sous son vrai visage », quand l’ex-porte parole de génération identitaire s’en donne, lui aussi, à coeur joie. Très vite rejoint dans cette avalanche d’indignation par Marion Maréchal Le Pen.

Ce dimanche, la twitta-éditorialiste du Figaro Eugénie Bastié y allait aussi de ses commentaires en 140 signes, suivis d’un article corrosif, soulignant bien au passage que Meklat avait fondé il y a peu avec le journaliste Mouloud Achour (CliqueTV) les « éditions du grand Remplacement » qui ont lancé en juin dernier un magazine baptisé « Téléramadan ». Cette nouvelle revue annuelle qui entend parler d’islam de façon dépassionnée, avait su trouver un titre pied-de-nez déjà à même de faire bondir certains.

« excréments verbaux »

Mais dans le cas des tweets de Meklat, de fait, la sidération dépasse de loin la sphère des militants de droite et d’extrême droite. D’autres aussi s’indignent : de simples twittos, mais aussi des journalistes, tels Françoise Laborde, Claude Askolovitch, des élus PS comme la ministre de la Famille Laurence Rossignol, ou encore la conseillère municipale Elodie Jauneau sans compter le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme Gille Clavreul.

Ils interpellent les Inrocks qui ont placé Meklat en Une de leur numéro du 1er février au côté de Taubira. Ils apostrophent également les éditions du Seuil où Meklat vient de publier son ouvrage, et font part de leur stupéfaction. A l’image de l’auteur de bande dessinée, romancier et réalisateur, Joann Sfar qui s’étrangle : « Je découvre tout ça ce matin, il semble que c’est authentique. Je trouve ça inexcusable quand on se veut représentant de la jeunesse. »

Face à l’avalanche de messages indignés, sommé de s’expliquer, samedi après-midi, Meklat se fend finalement de quatre tweets d’excuse et d’explication : « je m’excuse si ces tweets ont pu choquer certains d’entre vous : ils sont obsolètes », assure Meklat qui supprimera dans la foulée la totalité de ses tweets d’avant février 2017 (plus de 30 000). Surtout, il affirme que ces messages ne reflètent en rien sa pensée. Il ne nie pas en être l’auteur, mais assure qu’il s’agit de messages parodiques. « Jusqu’en 2015, sous le pseudo Marcelin Deschamps, j’incarnais un personnage honteux raciste antisémite misogyne homophobe sur Twitter ».

Marcellin Deschamps ? Un « personnage fictif », assure-t-il par lequel il avait entrepris de « questionner la notion d’excès et de provocation ». Mais, il l’affirme : les propos de ce personnage « ne représentent évidemment pas ma pensée et en sont tout l’inverse. » Sur Twitter, une fois troqué son pseudo contre son vrai patronyme, le jeune homme n’a pas supprimé ces anciens messages, apparaissant depuis sous son vrai nom Mehdi Meklat.

Dans la foulée, ce samedi, l’animatrice radio Pascale Clark, ex chaperonne de Meklat à France Inter (2010-2015) a pris sa défense « Son personnage odieux, fictif, ne servait qu’à dénoncer », assure-t-elle sur Twitter avant de préciser dans un second message : « Les comiques font ça à longueur d’antenne et tout le monde applaudit ».

Un peu facile de se cacher derrière un personnage fictif ? A la remarque de plusieurs internautes, le journaliste Claude Askolovitch tempère : « c’est même piteux. Mais cela ne change pas la nature de ses messages pourris – une énorme connerie, pas des appels au meurtre ». Si le journaliste ne cache pas son dégoût pour ces messages qu’il assimile à « des excréments verbaux », « des blagues absolument laides, impardonnables, perverses », « dans un jeu périlleux », il se refuse à y voir de « vraies prises de position ». Tout en tançant « un mec qui s’est cru assez malin pour twitter des immondices ».

« Twitter des immondices », sous pseudo dans « un jeu périlleux » ? Yagg, le site de presse LGBT y avait vu davantage qu’un jeu. Le site avait bondi en mars 2014 quand Meklat écrivait sur Twitter : « Christophe Barbier a des enfants séropo ». Yagg le taxe alors d’ « humour sérophobe », « au goût douteux » (visant des personnes séropositives). Le site avait contacté Meklat pour qu’il s’en explique. Réponse de l’intéressé : « J’ai un pseudo sur Twitter, il ne faut pas faire d’amalgame entre mon personnage et moi-même ». Contacté par Yagg, il développait : « Je peux comprendre qu’on se sente insulté par mes tweets, car ils sont parfois extrêmes, provocants ou insultants, mais il ne faut pas en faire des tonnes(…) J’ai créé un personnage violent, provocant, méchant. Pourquoi? Je ne me l’explique pas à moi-même, alors je ne peux pas l’expliquer aux autres. Mais je ne suis pas du tout homophobe. »

« C’est un terrain de jeu, j’y abuse de tout »

En octobre 2012, les Inrocks consacraient un portrait élogieux (comme beaucoup) aux gamins précoces Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah, alias « les Kids » de France inter qui entamaient leur quatrième saison sur les ondes de la radio publique. « Un matin, ils partent avec leur micro enregistrer la plainte de la vallée de Florange abandonnée, le lendemain ils sont à l’Elysée et tapent la discute avec Michael Haeneke » écrivent les Inrocks qui dressent le portrait de deux « gamins « talentueux », de « vrais passe-murailles ».

Comme beaucoup, l’hebdo s’enthousiasme de leur « reportages poétiques » et de leur « style unique ». Les Inrocks notent : « ils attirent les sympathies ». Quant à Meklat ? Au passage, l’hebdo raconte que c’est « le plus provoc » de deux. « Il faut le voir sur Twitter, vaguement caché derrière un pseudo depuis longtemps éventé : c’est une vraie terreur. Il se pose en métallo furieux, insulte à tout va, se moque de tout et de tous avec une férocité indécente » écrivent les Inrocks qui commentent : « Ça peut aller trop loin (France Inter lui a déjà demandé de retirer un tweet) mais la plupart du temps, c’est drôle à mourir. » Et Meklat d’expliquer déjà que sur le réseau social il « joue un personnage » : « Je ne suis attaché à rien, je n’ai de comptes à rendre à personne, j’ai la liberté de dire ce que je veux. C’est un terrain de jeu, j’y abuse de tout, je ne me mets pas de limite. »

Trois ans plus tard. Octobre 2015. Les « Kids » de Pascale Clark ont grandi. Lorsque Le Monde les interviewe pour la sortie de leur premier livre, la journaliste s’attarde sur le cas Meklat. « Si doux et poli à la ville, Mehdi s’est inventé sur Twitter un double diabolique, qui insulte à tout-va », écrit Le Monde. Meklat commente alors : « Tout est trop convenu, on n’ose plus s’énerver. L’idée de casser ça en étant méchant gratuitement me plaît ».

En septembre 2016, dans un long article, la journaliste Marie-France Etchegoin revenait pour M le magazine du Monde sur le parcours et l’état d’esprit du tandem Mehdi-Badrou, « une nouvelle génération, à la fois cool et dure, investissant le champ de la culture plutôt que celui des partis politiques, et extrêmement engagée ». Engagée, brillante et convoitée. Comme l’explique M, le duo Mehdi-Badrou est sollicité de toutes parts, ces dernier temps. Ici pour pour un projet avec la Fondation Cartier, là pour écrire un dossier de presse pour un long-métrage avec Depardieu. Ou encore pour mettre en scène la pièce d’un auteur suédois.

Quant à leur magazine Téléramadan, la revue annuelle « des musulmans qui ne veulent plus s’excuser d’exister », la journaliste explique que « Pierre Bergé mais aussi Agnès b ont accepté de soutenir la revue ». Parfait. Seul bémol dans la success story, observe la journaliste : « Les bonnes fées qui accompagnent les deux garçons depuis l’adolescence observent leur évolution, avec parfois une pointe d’inquiétude, qui n’empêche ni bienveillance ni compréhension. » Concrètement ? Il est question notamment de Meklat et de son usage de Twitter. « Un troll déchaîné qui déconne et dézingue à tout-va. «Giclez-lui sa mère», «On s’en bat les couilles», «Elle est pas morte, celle-là?» « , énumère la journaliste qui constate : « il se défoule sur des personnalités dont les manières ou les prises de position sur l’islam n’ont pas l’heur de lui plaire ». Certains parrains et autres bonnes fées, explique la journaliste, s’en soucient : « «Arrête ces Tweets! Tu n’es pas dans une cour de récréation!» Mouloud Achour le met en garde: «Les écrits restent, un jour on te les ressortira.». Quant à Mehdi, raconte la journaliste, il « se défend, la main sur le cœur: «Ce n’est pas moi, c’est un personnage que j’ai inventé», ne pouvant s’empêcher d’ajouter, comme dans un lapsus: «Mes Tweets sont des pulsions!» »

Meklat et son avatar pulsionnel, une histoire qui ne date pas d’hier. Un double « je » qui ne semble pas géner Meklat, mais qui ne met pas tout le monde à l’aise. Ce dimanche, l’animateur de la Grande Librairie (France 5) François Busnel, qui avait invité Meklat cette semaine publie un communiqué pour prendre ses distances avec son invité. Busnel y affirme que si il avait eu connaissance de ces messages, il n’aurait pas invité le jeune homme dans son émission.

Samedi, le Bondy Blog, pressé par une foule d’internautes de réagir, avait également publié un message sur Twitter , expliquant que « les tweets de Meklat n’engagent en aucun cas la responsabilité de la rédaction ».

Et le média de préciser : « Puisqu’il y a des évidences qu’il faut affirmer, le Bondy Blog ne peut cautionner des propos antisémites, sexistes, homophobes, racistes, ou tout autre propos discriminatoires et stigmatisants, même sur le ton de l’humour ».

Voir aussi pour mémoire:

Les réactions en France

Le Nouvel Obs

07 novembre 2008

LES POLITIQUES 

A droite :

Jacques Chirac, ancien président : « Alors que votre élection suscite dans le monde émotion et espoir en ces temps difficiles, je ne doute pas que la France et le peuple français auront à coeur d’entretenir et d’approfondir avec votre pays et le peuple américain, les liens d’amitié et de coopération si intenses qu’une longue histoire commune a forgés ». « En récompensant votre inlassable engagement en faveur des valeurs fondamentales de liberté, de démocratie et de progrès, le peuple américain a adressé au monde un message d’ouverture et d’optimisme », affirme également Jacques Chirac, en adressant à Barack Obama ses « félicitations les plus vives et les plus chaleureuses pour cette très brillante victoire ». (Lettre adressée à Barack Obama)

Nicolas Sarkozy chef de l’Etat français : « Quel que soit le pays, quelle que soit la région du monde, c’est le changement qui avait gagné, qu’Obama avait dans cette campagne incarné la rupture. L’Amérique a fait hier soir le choix de la rupture ». « Les Etats-Unis avaient vécu une belle campagne présidentielle avec un taux de participation record de 66%, une campagne entre un fils d’immigré kenyan d’un côté, et de l’autre un héros de la guerre, John McCain ».
« Toute cette campagne et son dénouement traduisaient la capacité de la démocratie américaine à se renouveler, à se régénérer. Il a indiqué que le nouveau président, Barack Obama, avait compris que l’Amérique devait à nouveau se tourner vers le monde et qu’il y aurait incontestablement des opportunités de renforcement des liens transatlantiques ». (Porte-parole de Nicolas Sarkozy)

Jean-Marie Le Pen, président du Front national : « Le sénateur Obama n’a pas fait sa campagne électorale sur sa couleur, au contraire. Ce n’est pas le fils d’un Noir américain, c’est un métis, fils d’un Noir africain, qui ne porte donc pas sur les épaules le poids de l’esclavage et qui par conséquent est beaucoup plus à l’aise que quiconque ». Il s’agit « d’une victoire conjoncturelle, c’est-à-dire que c’est la présidence de Bush qui est condamnée ». Jean-Marie le Pen dit ne pas être « choqué » par l’élection d’un Noir. « Ca me choque d’autant moins que la première fois que j’ai été élu député, en 1956, mon deuxième de liste était un Noir. (…) Je n’ai pas de leçons à recevoir ». (Vidéo mise en ligne sur son site).

Brice Hortefeux, le ministre de l’Immigration : L’élection de Barak Obama allait « changer le regard des Français et en général des Européens sur les Etats-Unis ». « Il y a aussi un côté symbolique puisque chacun sait que Barak Obama est d’une famille issue de l’immigration ». « C’est le témoignage que le défi de l’intégration peut être relevé ». « L’apport de l’immigration est lié intrinsèquement à l’histoire des Etats Unis ». « En Europe, même si les politiques d’intégration ont globalement échoué, je pense qu’on peut être optimiste ». « En France et en Europe, ces politiques sont à bout de souffle. C’est pour cela que j’ai organisé la conférence européenne de Vichy ». « La démarche d’Obama symbolise le renouvellement et sans doute la rupture après deux mandats d’administration républicaine et aussi la crise financière ». (Déclaration à la presse)

François Bayrou, président du Mouvement démocrate (MoDem) : « Après le désastre des années Bush (…), l’élection de Barack Obama fait que le monde respire mieux ». « Nous savons que le nouveau président n’aura pas une baguette magique, qu’il ne résoudra pas tous les problèmes en un jour », et que « dans l’ombre, de puissants intérêts ne se laisseront pas oublier ». « Mais au moins pouvons-nous espérer qu’une nouvelle vision, plus ouverte, plus généreuse, plus sociale, inspire la politique américaine ». « Nous pouvons espérer qu’Europe et Etats-Unis, avec les autres grandes régions du monde, inventent ensemble un partenariat pour la planète ». « Ensemble, ils peuvent répondre à la grande question : la démocratie peut-elle gouverner le monde, au lieu de la force militaire ou de la force de l’argent ? ». Cette élection représente également « un message personnel à des centaines de millions d’hommes et de femmes, de garçons et de filles, à la peau noire, qui ont vécu l’expérience de la discrimination ». « Pour eux, ce n’est pas seulement une grande nouvelle politique, c’est une grande nouvelle humaine, un grand espoir pour leur vie ». (Communiqué)

Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi: « On a l’impression que tout à coup, on a ouvert les fenêtres sur une politique américaine qui sentait la naphtaline » (Déclaration à la sortie du conseil des ministres).
« On a la même analyse des choses. Ca devrait permettre d’avoir des points de convergence (entre la France et les Etats-Unis) mais ce n’est pas parce qu’Obama est génial – ce dont je suis convaincu – que c’est nécessairement bon pour notre pays ». Il faut « qu’on regarde comment le travail ensemble va se faire. Notre job, c’est de s’assurer que les intérêts des Etats-Unis convergent avec les nôtres. » (Déclaration sur Canal +)

Nadine Morano
, secrétaire d’Etat en charge de la Famille: « En élisant Barack Obama, le peuple américain a changé le visage du monde (…) Un président métis à la Maison Blanche, c’est le sens de l’histoire qui est en marche ». (Communiqué)

Alain Juppé, ancien Premier ministre : « Il y a une espèce d’enthousiasme un peu partout, (mais) il faut quand même se dire que le monde ne va pas changer du jour au lendemain et que la tâche qui attend Obama est formidable, dans tous les sens du mot : à la fois enthousiasmante et un peu effrayante ». (Déclaration sur Canal+)

Dominique de Villepin, ancien Premier ministre : « c’est une formidable victoire pour les Etats-Unis, pour la démocratie américaine mais c’est surtout la fierté retrouvée pour les Américains. (…) (Il y a une) incertitude parce que se retrouver président des Etats-Unis dans un moment de crise sans avoir eu d’expérience préalable de grande fonction dans l’administration américaine, c’est évidemment un pari ». (Déclaration sur LCI)

Axel Poniatowski (UMP), président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale : « C’est avant tout l’espoir d’une approche américaine plus multilatérale dans les affaires internationales. C’est aussi l’espoir de sortir plus vite de la crise économique et financière en parvenant à un accord consensuel sur une économie de marché mieux régulée et mieux encadrée ». (Communiqué)
« Notre vie politique n’a pas connu encore le renouvellement que connaissent aujourd’hui les Etats-Unis: nous avons d’un côté un parti de mouvement et de rupture, de l’autre côté un parti de contestation, il reste à inventer un grand mouvement de réconciliation. Mais force est de constater qu’en France, personne ne revendique aujourd’hui cette stratégie ».
Selon l’ancien Premier ministre, la différence entre Nicolas Sarkozy et le président américain élu Barack Obama, c’est que le premier prône « la rupture » là où le deuxième incarne « la réconciliation ». (Déclaration sur Europe 1)

Valérie Létard
, secrétaire d’Etat à la solidarité: La victoire de Barack Obama est « un espoir pour l’évolution du droit des femmes » car il « s’est engagé pour la prévention et la lutte contre les violences faites aux femmes » (Communiqué)

Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la politique de la Ville: salue « un formidable exemple d’un renouveau du rêve américain, où chacun, quelle que soit son origine sociale ou ethnique, peut se dire que c’est possible. Barack Obama, incarne pour toute une jeunesse, notamment celle des quartiers populaires, le symbole d’un espoir, d’un changement pour le progrès de l’humanité ». (Déclaration)

Mouvement national républicain (MNR, extrême-droite) : « S’étonne des réactions outrancières voire parfois délirantes de la classe politico-journalistique après l’élection de Barack Obama (qui) relèvent d’un parti pris idéologique dépourvu de toute rationalité puisqu’elles ne se fondent que sur la personne du nouveau président et nullement sur son programme » (Communiqué).

Bernard Accoyer, le président de l’Assemblée nationale : « L’élection de Barack Obama ouvre une ère nouvelle pour l’Amérique et marque la force et la vitalité de la démocratie américaine ». « Lors de sa première visite en France, j’aurai le plaisir et l’honneur de l’inviter à s’exprimer devant l’Hémicycle de l’Assemblée nationale ».

Nicolas Sarkozy, chef de l’Etat français, félicite Barack Obama pour sa « victoire brillante ». « Recevez mes félicitations les plus chaleureuses, et à travers moi, celles du peuple français tout entier. Votre victoire brillante récompense un engagement inlassable au service du peuple américain. Elle couronne également une campagne exceptionnelle, dont le souffle et l’élévation ont prouvé au monde entier la vitalité de la démocratie américaine, en même temps qu’ils le tenaient en haleine », écrit le chef de l’Etat. « En vous choisissant, c’est le choix du changement, de l’ouverture et de l’optimisme qu’a fait le peuple américain. Alors que le monde est dans la tourmente et qu’il doute, le peuple américain, fidèle à ses valeurs qui font depuis toujours l’identité même de l’Amérique, a exprimé avec force sa foi dans le progrès et dans l’avenir », juge-t-il. « Ce message du peuple américain résonne bien au-delà de vos frontières. Au moment où nous devons faire face tous ensemble à d’immenses défis, votre élection soulève en France, en Europe et au-delà dans le monde un immense espoir. Celui d’une Amérique ouverte, solidaire et forte qui montrera à nouveau la voie, avec ses partenaires, par la force de l’exemple et l’adhésion à ses principes ». « La France et l’Europe, qui sont unies depuis toujours aux Etats-Unis par les liens de l’histoire, des valeurs et de l’amitié, y puiseront une énergie nouvelle pour travailler avec l’Amérique à préserver la paix et la prospérité du monde. Soyez assuré que vous pourrez compter sur la France et sur mon soutien personnel ».

François Fillon, Premier ministre : « Votre si belle victoire est historique. Elle illustre la vitalité et la maturité de la démocratie américaine. Elle consacre votre parcours exceptionnel qui constitue un symbole éclatant de renouveau et de rassemblement ». « Votre succès est le signe que le rêve américain continue d’inspirer votre peuple. Et ce rêve transcende aujourd’hui les frontières. Votre victoire adresse au monde un message d’espoir et d’ouverture ». « Votre élection célèbre la force des idéaux américains. Elle vous place devant de très hautes responsabilités. Face aux défis de notre temps – qu’il s’agisse de la crise financière, du changement climatique ou de la paix au Proche-Orient – je tiens à vous assurer de l’importance qu’attache mon gouvernement au lien transatlantique. La France sera à vos côtés pour répondre à ces défis, comme elle l’a toujours été au cours de la longue histoire qui unit fraternellement nos deux pays ».

Christine Lagarde, la ministre de l’Economie a salué l’élection « symboliquement extraordinaire » de Barack Obama et estimé que l’arrivée au pouvoir d’un représentant d’une minorité s’était déjà « un peu produite en France » avec l’élection de Nicolas Sarkozy.
« C’est symboliquement extraordinaire de voir un représentant d’une minorité prendre les commandes d’un pays qui est la première puissance économique, la première puissance militaire au monde ».
« Le président de la République aujourd’hui, à plusieurs reprises, a indiqué qu’il était lui-même le représentant d’une minorité ». Concernant l’impact de l’élection de Barack Obama sur la crise économique, Christine Lagarde a estimé qu' »il ne (fallait) pas soulever trop d’espérance », ajoutant que le nouveau président américain devra faire face « à une situation sur le plan financier et économique extrêmement détériorée ». « Je serais très étonnée qu’il ne souhaite pas avancer dans la même direction que nous : c’est-à-dire plus de supervision, des marchés organisés (…), pas de produits financiers à risque et puis pas d’acteurs financiers qui opèrent (…) sans surveillance ». (Déclaration sur France 2)

Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères : L’élection de Barack Obama est une « occasion historique de conjuguer nos efforts ». Il salue la victoire d' »un homme attaché au dialogue ». « J’adresse mes plus chaleureuses et très amicales félicitations au sénateur Barack Obama pour son élection à la présidence des Etats-Unis d’Amérique et lui souhaite le plus grand succès pour son action future à la tête de son pays ». « Ensemble, nous devons saisir l’occasion historique de conjuguer nos efforts pour relever les défis économiques, climatiques ou de sécurité auxquels nous sommes tous également confrontés ». « Je rends hommage à l’esprit d’engagement, de générosité et de tolérance qui anime Barack Obama ». Le monde a « besoin de son dynamisme, de son refus des injustices et de sa volonté d’aller de l’avant pour bâtir un monde plus stable, plus sûr et plus juste ».

Patrick Devedjian, secrétaire général de l’UMP : « Les Américains ont aujourd’hui élu le rêve américain. En quelques heures, les Etats-Unis sont redevenus aux yeux du monde ce qu’ils ont commencé d’être au jour de leur création : le pays de la jeunesse et de l’égalité, la nation de tous les possibles, un modèle pour les peuples démocratiques et ceux qui aspirent à le devenir ». « A l’heure où, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, l’Europe propose de fonder un nouvel ordre mondial, nous avions besoin que la première puissance du monde recouvrât son autorité morale : Barack Obama, parce qu’il est l’enfant du métissage, l’incarnation du mérite et de l’effort, avait le pouvoir d’opérer ce changement en un jour ». « Un point décisif a donc été marqué ; il faut à présent transformer l’essai. Il faut que le président Obama soit à la hauteur de l’espérance immense qu’il a suscitée de part et d’autre de l’Atlantique ». « Nul doute que le phénomène Obama aura une influence en Europe et en France ».

Bruno Gollnisch
vice-président exécutif du FN aux relations internationales: « je présente nos félicitations à M. Barack Obama pour son élection à la présidence des Etats-Unis d’Amérique. (…) Attaché à la souveraineté des Etats et à la liberté des nations, le Front national portera avant tout son attention » à « sa politique étrangère, dont les conséquences importent à la France », et notamment à « son respect des règles du droit international » et « son action en faveur d’une paix véritable au Moyen-Orient« .

Hervé Morin, président du Nouveau Centre, ministre de la Défense: « Demain, nous retiendrons que 2008 fut cette année où l’élection du président américain a débouché sur une grande leçon pour le monde entier : une leçon de liberté. Une leçon également pour la démocratie française et sa capacité à porter l’égalité des chances et l’accès de tous aux fonctions politiques, quel que soit son continent d’origine ou la couleur de sa peau ». (communiqué)

Rama Yade, secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme: « L’Amérique d’aujourd’hui, de 2008, n’est pas la même qu’avant. Nous assistons à la fin d’un monde et au début d’un autre, plein de promesses ». « Ce qui s’est passé là, c’est une chute du mur de Berlin fois dix ». « Je crois que ce matin, nous avons tous envie d’être Américains ». « J’ai le cœur, pardon, alourdi par l’émotion, une émotion qui me fait dire que si elle est comme ça la vie, elle vaut la peine d’être vécue ». Rama Yade a estimé que cette élection était « un défi qui est lancé à une bonne partie du monde ». « C’est à nous de relever le gant pour ne pas vieillir trop vite ». « Je crois que Barack Obama n’appartient pas ce matin à l’Amérique seulement, mais à l’ensemble du monde ». ( Déclaration sur Europe 1 et France Info)
« On sort de l’unilatéralisme de combat, on sort de l’idéologie dans les relations internationales, il (M. Obama) est dans une logique beaucoup plus pragmatique, de dialogue et d’ouverture » dans un monde « instable et dangereux. On vérifiera la mise en pratique sur certains dossiers très chauds, la fermeture de Guantanamo bien évidemment, le retrait des troupes en Irak (…), l’Afghanistan (…) ». Elle a également cité la question « des menaces plus précises au niveau de certains Etats ». (Déclaration à l’émission Questions d’info (LCP-France Info-AFP)

Yves Jégo, secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-Mer: « Dans un monde bouleversé, il n’est pas anodin que l’homme réputé le plus puissant de la planète soit un métis qui plonge une partie de ses racines en Afrique. Un nouvel espoir est né pour l’Amérique bien sûr qui aspirait au changement mais pour le monde entier qui espère que Barack Obama saura être un artisan de la paix et de la prospérité partagée. Il faut saluer la démocratie américaine qui sait ouvrir de telles perspectives ». (communiqué)

Parti radical (associé à l’UMP) : « Symbole de l’évolution de la société américaine vers une plus grande égalité des chances », la victoire d’Obama « constitue un exemple et apporte un espoir pour les communautés à l’écart de l’accès aux plus hautes fonctions ». (Communiqué)

Nicolas Dupont-Aignan
, président de Debout la République : « Après huit années d’une présidence Bush catastrophique, la victoire de Barack Obama prouve qu’il ne faut jamais désespérer de la démocratie. (…) Cette belle leçon de démocratie aux Etats-Unis oblige la France et l’Europe à une réelle rénovation de leur projet et de leurs pratiques politiques ». (Communiqué)

Roger Karoutchi, secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement : « La victoire d’Obama est celle de la rupture. En cela, elle rappelle celle de Nicolas Sarkozy en mai 2007 ». (Communiqué)

Jean-François Copé
, président du groupe UMP à l’Assemblée : « Ce qui est très intéressant, c’est d’aller un peu au-delà de cette Obamania, parce qu’il y a un petit côté (…) un peu naïf. Il faut éviter de tomber dans une trop grande naïveté », a ajouté Jean-François Copé, pour qui Barack Obama « a surtout créé une espérance formidable. Et du coup, comme tous les présidents élus qui créent ces espérances, (…) assez vite il faut éviter de la décevoir.Etre capable de réconcilier l’Amérique avec elle-même, et en même temps la réconcilier avec le monde, parfois, ce sont deux objectifs qui peuvent être contradictoires. Attendons de voir le résultat. »

A gauche

Arlette Laguiller
, porte-parole de LO: « On peut éprouver une certaine satisfaction à l’élection d’Obama, car elle signifie l’échec du camp (…) du conservatisme social et de la bigoterie affichée. C’est le désaveu de Bush ». Mais « Obama gouvernera, comme tous ses prédécesseurs, en fonction des intérêts de la grande bourgeoisie américaine ». (Communiqué)

Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR : Aux Etats-Unis, cette élection « est vécue comme une victoire symbolique majeure contre le racisme. Une page se tourne ». Mais « Barack Obama, c’est le candidat qu’a choisi une grande partie de la classe possédante et des milieux d’affaire de ce pays, pour prendre des mesures de sauvetage du capitalisme et de leurs intérêts ». « Aucune mesure favorable aux travailleurs ne figure à son programme ».
Il souhaite que « la liesse populaire ouvre la voie » à « la mobilisation pour imposer des mesures sociales » et « le retrait immédiat des troupes américaines d’Irak et d’Afghanistan ». (Communiqué, vendredi 7 novembre)
« Ce qu’on peut espérer en tous les cas, c’est que la classe politique française ne se rue pas sur l’effet Obama pour en faire un effet marketing, et nous sortir une belle unanimité qui ne sera qu’une unanimité de façade ». « Avant qu’en France, il y ait des Noirs, des Arabes, des ouvriers, des femmes, et des jeunes sur les bancs de l’Assemblée nationale, il y a encore du chemin ». (Déclaration sur France 3)

Marie-George Buffet
, secrétaire nationale du PCF: « Pour celles et ceux qui se battent contre le racisme, les discriminations, dans le combat pour l’égalité, il y aura un avant et un après 4 novembre 2008. (…) Le défi est immense et le plus dur reste à faire, à savoir ne pas décevoir les attentes que la campagne du sénateur de l’Illinois a suscité aux Etats-Unis mais aussi dans le monde ». (Communiqué)

Jean-Michel Baylet, président du Parti Radical de gauche : « La victoire historique de Barack Obama est celle de la générosité, de la fraternité et de l’espoir de paix dans le monde. Après huit ans de présidence Bush l’attente est forte d’une Amérique réconciliée avec elle-même et avec les autres nations ». (Déclaration à la presse)

Les Verts : « C’est un symbole d’une portée immense pour un pays marqué par l’histoire de l’esclavage et la discrimination, et pour le monde entier. La victoire de Barack Obama est une formidable leçon pour la classe politique en France qui peine encore à élire des représentants issus de la diversité. Au-delà même de ce symbole, l’élection de Barack Obama est porteuse d’espoirs ». (Déclaration à la presse)

Laurent Fabius, ancien Premier ministre : « Il va y avoir sûrement plus de multilatéralisme, mais en même temps Obama sera un partenaire très coriace. (…) Il y a une grande inconnue, c’est quelle va être son attitude vis-à-vis de la crise économique. Les Etats-Unis sont quand même à l’origine d’une grande partie de la crise économique par leur endettement. » (Déclaration sur Canal+)

François Hollande, le premier secrétaire du Parti socialiste a salué l’élection « si symbolique » de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, et appelé à « un dialogue nouveau » de l’Europe et de la France avec l’Amérique. « L’élection de Barack Obama est une victoire, d’abord, du peuple américain. Il a eu cette audace, ce courage, cette force de choisir, non pas simplement le camp du progrès (…) mais un homme dont chacun connaissait les origines, les positions, la couleur de peau ». « C’est un choix qui a une résonance au-delà même des Etats-Unis d’Amérique ». Cependant, a-t-il souligné, « si le monde est forcément concerné par cette belle élection si symbolique, l’élection du président des Etats-Unis n’est pas l’élection du président du monde ». « Barack Obama est un grand président des Etats-Unis mais il est le président des Etats-Unis. Il défendra – et c’est son devoir – les Etats-Unis d’Amérique et non pas le monde ». « Le rôle de l’Europe, le rôle de la France, est d’engager un dialogue nouveau avec l’Amérique, de le faire avec le respect qui s’attache à ce qui a été la volonté du peuple américain, avec l’admiration qui peut être vouée à Barack Obama, mais aussi avec le sens des intérêts du monde ». (Déclaration à la presse)

Ségolène Royal, en lice pour la conquête du PS au congrès de Reims : « L’élection de Barack Obama est un extraordinaire message d’espoir. C’est un changement d’époque car le monde vient de franchir un nouveau cap ». « Je forme le vœu que l’Amérique métissée fasse du même coup progresser partout la fraternité mondiale ».
« Trois chantiers doivent désormais avancer en partenariat avec l’Europe. Premièrement, résoudre la crise sociale et financière en changeant les règles du jeu; deuxièmement, agir pour la paix; troisièmement, lutter contre le réchauffement planétaire ». (Communiqué à la presse)

La maire de Lille, Martine Aubry : « C’est avec une grande émotion que j’ai appris avec des millions de Français l’éclatante victoire de Barack Obama ». « Le grand peuple américain a réalisé le formidable rêve de Martin Luther King, en portant un homme noir à la présidence des Etats-Unis d’Amérique ». « L’élection de Barack Obama est un message de paix, de justice et de fraternité au monde entier. C’est aussi un espoir d’une vie meilleure pour des millions d’Américains ». (Déclaration à la presse)

Bertrand Delanoë, maire de Paris et candidat au poste de premier secrétaire du PS, a vu dans l’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis « un formidable message d’espoir et de sursaut dans un monde en proie au doute et à la confusion ».
« Au nom de Paris et en mon nom personnel, je salue donc sa magnifique victoire et je forme des voeux pour que sa présidence fasse écho à l’espérance de paix, de progrès et de justice à laquelle son projet, son nom, et son image sont désormais associés ».
« Symboliquement », cette élection « illustre la force et la richesse d’une société multi-culturelle, quand elle sait puiser dans toutes ses ressources ».
« Les Européens peuvent voir dans la remarquable victoire du candidat démocrate, la perspective de rapports plus fructueux, plus constructifs, plus solidaires et d’un dialogue indispensable à la résolution des grands problèmes internationaux, dont le combat universel pour la défense de l’environnement ». (Communiqué)

Jack Lang
 (PS), député et ancien ministre : « L’Amérique que nous aimons est de retour: l’Amérique de l’audace, de la générosité. C’est un grand et beau jour pour le monde. (…) L’élection de Barack Obama aura un effet électrochoc et sera porteuse d’une révolution des esprits et des pratiques politiques. Puisse cet exemple inciter les pays d’Europe à s’engager à leur tour sur la voie de vrais changements. Dans ce nouveau contexte, la métamorphose de la gauche française s’impose plus que jamais ».

Arnaud Montebourg, député PS : « Cette victoire est une immense émotion pour le monde entier qui observe un grand peuple, le peuple américain, porter un homme de gauche, noir, jeune, à la tête de la première puissance mondiale. En rejetant massivement les abus, les dangers et les injustices du pouvoir républicain, les Américains viennent de montrer la générosité dont ils savent faire preuve dans les moments difficiles de l’Histoire. C’est un nouveau chemin pour le monde que nous pourrons, espérons-le, à nouveau tracer avec le peuple américain pour le reste de la planète ». (déclaration à l’AFP)

Victorin Lurel, député socialiste et président du Conseil régional de la Guadeloupe : « Cette élection, la première d’un homme noir, métis, démontre que les Etats-Unis s’acceptent comme une nation multiculturelle et multiethnique, qui plus est autour de valeurs très progressistes. Il faut croire en la puissante valeur symbolique de cet exemple, en particulier dans notre République ». (communiqué)

Le Parti communiste français: « L’élection d’un président noir est un fait de grande portée dans l’histoire des Etats-Unis et un facteur d’encouragement pour toutes celles et ceux qui agissent, partout, contre le racisme et les discriminations ». (communiqué)

Harlem Désir, eurodéputé PS, ancien président de SOS Racisme : « C’est l’ensemble du peuple qui vient d’élire un homme en dépit de la couleur de sa peau ou y compris à cause de la couleur de sa peau, pour envoyer un signal d’optimisme et d’espoir au monde. C’est un peu une prise de la Bastille: elle a une portée universelle, elle nous parle de notre propre rapport à la diversité ». (Déclaration sur RTL)

Benoît Hamondéputé européen : « Les Américains ont pris la mesure du renversement de cycle auquel est confronté le monde, notamment en raison de la faillite du système libéral. Ils ont clairement fait le choix du changement ». « Les Français déclarent que s’ils étaient Américains, ils voteraient Obama. Pour vérifier si cela serait possible en France encore faudrait-il que les partis présentent des Obama, déjà à des élections locales pour commencer.Je ne suis pas Noir mais j’ai quand même trois défauts au parti socialiste: je suis issu d’un milieu modeste, je suis fils d’ouvrier et pas énarque et je suis de gauche et je l’assume » (Conférence de presse)

AUTRES

Pierre Henry, directeur de France Terre d’asile: C’est « un moment d’espoir et d’émotion pour les progressistes du monde entier ».(Communiqué).

François Chérèque (CFDT): « J’espère qu’on aura enfin un chef d’Etat de la plus grande puissance mondiale qui amènera ses collègues chefs d’Etat vers une politique de justice au niveau mondial » et que « son origine africaine le fera agir pour une meilleure répartition des richesses dans le monde et chez lui » (Déclaration).

CFTC: Cette élection « fait germer une grande espérance en même temps qu’une exigence pour une autre politique, un autre modèle de société plus équitable, plus solidaire et plus humain » (Communiqué)

Agir contre le chômage: « Nous souhaitons au président Obama bonne chance, mais lui disons aussi que les lobbies financiers et économiques demeurent très puissants » (Communiqué)

Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples): Cette victoire est « un défi à l’ensemble de la société française, qui n’arrive pas à assumer sa diversité et à la traduire dans la représentation nationale ». « Il est urgent de regarder en face l’immense décalage entre les proclamations des valeurs universelles et leurs pratiques, et de passer des paroles aux actes » (Communiqué).

Samuel Solvit, président du comité français de soutien à Barack Obama: « lorsqu’on a su qu’Obama avait gagné, ça a été de la folie, une formidable explosion. En vérité, les mots je ne les trouve pas, c’est tout simplement historique, quel espoir et quels challenges à accomplir, pour les Etats-Unis et pour le monde, même si évidemment ce sera dur! Ce qui compte ce matin c’est l’espoir ». (déclaration à l’AFP)

Le Conseil représentatif des institutions juives de France : « Convaincu que le nouveau président s’attachera à renforcer les relations avec la France pour consolider la paix et la démocratie dans le monde », le Crif « espère que le nouveau chef de l’exécutif américain s’opposera avec détermination et sans angélisme aux projets nucléaires du régime iranien fanatique, agressif et négationniste ». Il « émet des vœux pour que la nouvelle administration américaine favorise par des mesures réalistes la paix au Proche Orient ». (Communiqué)

Le MEDEF a salué « l’élection historique de Barack Obama qui devient le 44e président des Etats-Unis d’Amérique ». « Comme ils l’ont fait à de nombreuses reprises au cours de leur histoire, les citoyens américains ont su renouveler hier la promesse du rêve américain ». Pour Laurence Parisot, présidente du MEDEF, « cette élection prouve l’extraordinaire capacité de l’Amérique à se réinventer et être toujours à la pointe de la modernité ». « C’est la victoire de la jeunesse et de la diversité. C’est l’image d’une Amérique qui croit en elle-même et qui adresse par cette élection un message d’espoir au monde ». Le MEDEF « souhaite que cette élection donne une nouvelle impulsion à la relation transatlantique pour que des solutions communes puissent être élaborées et mises en œuvre dans le difficile contexte financier et économique auquel le monde doit faire face ». (Communiqué)

Le Conseil représentatif des organisations noires (Cran), son président, Patrick Lozès salue un résultat qui « soulève un immense espoir non seulement pour les Noirs mais pour la justice dans le monde ». Aujourd’hui, les Noirs de France regardent vers les Etats-Unis où le rêve américain est à nouveau relancé. Une délégation du Cran, qui demande à Nicolas Sarkozy de ne pas « ignorer cette revendication urgente d’égalité des noirs de France », se rendra « aujourd’hui (mercredi) à 16H00 à l’Elysée afin de porter de vive voix, son message à Nicolas Sarkozy« . (Communiqué)

Dominique Sopo, président de SOS Racisme : « Par son parcours qui en fait aujourd’hui le premier président ‘noir’ des Etats-Unis, Barack Obama nous montre la valeur de l’engagement citoyen » après que « plusieurs générations se sont battues pour l’égale dignité entre les citoyens ».Dominique Sopo souhaite que le succès d’Obama inspire « les responsables politiques d’autres pays – dont le nôtre – quant à la possibilité de concilier l’honnêteté du discours politique et la capacité à soulever des rêves et des espoirs fondés sur le vivre-ensemble et sur le progrès pour tous ». (communiqué)

Fodé Sylla, ancien président de SOS racisme : « Mieux qu’une leçon, c’est un conseil que nous donnent les citoyens nord-américains : celui d’ouvrir les portes des institutions de la République aux Français issus de l’immigration (…) depuis les mairies jusqu’à l’Assemblée nationale ou encore au Parlement européen. Les prochaines élections européennes seront un premier test qui montrera si les partis politiques français ont compris ce message ». (Communiqué)

Lilian Thuram, ancien capitaine de l’équipe de France de football, originaire de Guadeloupe : « Un président noir, la première femme des Etats-Unis noire, c’est une grande leçon de la société américaine. Cela va dans le sens qu’il faut sur la réflexion qu’on doit avoir sur l’homme ».
« C’est extraordinaire quand on connaît l’histoire des Etats-Unis, l’esclavage, la lutte des Noirs pour exister dans cette société, avec Rosa Parks la première à avoir dit non, les mouvements civiques qu’il a fallu ». « Cela donne envie d’avoir confiance en l’avenir, il faut espérer une réelle réflexion sur notre société en mouvement. Il faut espérer qu’il en découle une société plus juste et un visage du monde plus équitable ». (Déclaration à la presse)


Affaire Fillon: A qui profite le crime ? (French presidential election: Hope and change now so things can stay as they are tomorrow)

9 février, 2017

francois fillon penelope juges medias
Sondage : Macron le plus capable pour l\'Elysée, Hamon le plus honnête
https://www.thesun.co.uk/wp-content/uploads/2017/02/nintchdbpict000300125351.jpg?strip=all&w=960

‘All further migration from mainly Muslim countries should be stopped’

Il faut que tout change pour que rien ne change. Le Guépard
Is France on the brink of a political revolution? Already, four established candidates for the presidency — two former presidents and two former prime ministers — have backed out or been rejected by the voters, and another, François Fillon, is on the ropes. The campaign is being taken over by outsiders, principally the Front National’s Marine Le Pen and a youthful former banker, Emmanuel Macron, while the Socialists have chosen an eccentric radical, Benoît Hamon. Should we welcome a shake-up in the cradle of European revolutions? What kind of shake-up might it be — socialist (the least likely), liberal with Macron or nationalist with Le Pen? Or can the outsiders still be beaten by an electoral system designed to keep them out of power? France in its modern history has worn out five monarchies, five republics and 16 constitutions — and two of this year’s presidential hopefuls are demanding a 17th. Its people are still more ready than most to go into the streets. It was, and is, a country in which rhetoric and visions play a prominent part in politics. (…) This is because France fluctuates between short spasms of change and longer periods of immobility. It has developed institutional barriers and tacit compromises to hold things steady. Its current Fifth Republic is a ‘republican monarchy’, with parliament downgraded and a powerful president supposed to unite the nation — a task sadly beyond most politicians. Another, less noticed, institution goes back even further than Enjolras’s fictional death on the barricades: the two-round ballot, designed in the 1820s to prevent hotheads like him from winning elections. It gives voters and politicians a second chance, not so much to reconsider their own choices as to react against the choices of others. In the first round you vote for the person you want; in the second you vote against the person you fear. (…) Consider the long-term consequences of the two-round voting system. Many British commentators — and indeed some in France — call periodically for a ‘French Thatcher’ to sweep away institutional barriers to economic dynamism. Nicolas Sarkozy was one who briefly claimed this mantle. The latest is Emmanuel Macron, a former economics minister of Blairite tinge in François Hollande’s socialist government. But Margaret Thatcher could never have been elected in a French-style second round. The British system not only can but regularly does give power to a united minority over a divided majority. Mrs Thatcher could carry out a peaceful revolution without ever having the clear support of a majority of voters. In a French-style system, she and her parliamentary supporters would inevitably have been defeated in second-round ballots by a combination of Labour and the Liberals: Jim Callaghan would have been triumphantly re-elected. In short, precisely because of its turbulent political history, France has developed a series of barriers against radical change. A leading sociologist, Michel Crozier, described it in 1970 as a ‘société bloquée’ — a ‘stalemate society’. Of course, much in France does change: but the price of political stability is that certain fundamental rights and privileges remain untouched. Advantageous retirement rights and pensions. Certain influential professions. Farmers, sheltered by the Common Agricultural Policy. People in permanent employment, protected by laws penalising redundancy and limiting hours of work. The public sector — in French le service public, significantly in the singular — is the core of this system: schools, public hospitals, railways, universities, local government, the post office. All are arms of the state. Think of le service public as the NHS multiplied by five. The politics of its workforce, combining a real sense of public service with a jealous defence of rights and privileges, explains why France is the most anti-capitalist country in Europe. There are benefits. Many British people have happy memories of French hospitals, schools or trains. But one does not need very right-wing views to see the accumulating disadvantages. The highest taxes in the developed world, especially on businesses. Chronic unemployment, worst among the young and ethnic minorities. Slow growth, including among small companies afraid of the burden of regulation incurred by getting too big. Crumbling infrastructure. Anyone who arrives at the Gare du Nord must see that something is amiss. People in France do too, and have done for years. Even in the 1980s President Mitterrand lamented national ‘moroseness’. Bookshops have long been piled high with works by economists, politicians and academics warning that France was in accelerating decline. Young people emigrate, over 200,000 to London alone. On top of this chronic malaise has come the tension between republican secularism and Islam, sparked off three decades ago by a row about girls wearing headscarves in a provincial secondary school. It is a fraught mixture of cultural difference, social deprivation and historic mistrust, but none can doubt its brooding presence, hugely inflamed by a series of terrorist attacks. (…) None of these observations is unique to France. Characteristic of France, however, is the seeming inability of the political system to do much about them, even over many years. Here we come back to the ‘stalemate society’ problem. Even limited reforms — by British standards minor tinkering — with the education system or the labour market have caused huge and prolonged student demonstrations and sit-ins, and damaging strikes by public-sector unions. They often produce complicated half-measures that create a destabilising sense of unresolved problems and leave continuing tensions. A ‘French Thatcher’ — assuming that there is one, however diluted — faces not only the electoral barrier but a wider ideological polarisation than that of Britain in the 1980s. Then a large minority, even at times a majority, felt that something radical had to be done, and accepted that this included weakening the trade unions and increasing the freedom of the market. There is little sign that any such consensus exists in France, where both left and right are deeply suspicious of economic liberalism. Marine Le Pen thunders against free trade and ‘unfair’ competition. The very word ‘liberal’ has long been a political kiss of death: we shall see whether Macron is immune. So there is widespread dissatisfaction, but no accepted solution. Robert Tombs
If Macron’s unique selling point is unclear, his unique talking point is that he married his former school teacher, a lady 24 years older than him. This startling fact, when first encountered, tends to bring political discussion to a halt, while all pause for a few moments of profound reflection. His latest fan is Ségolène Royal. Ségolène is the current minister of the environment, and, by chance, she too is 24 years older than the dynamic new arrival. She has repeatedly spoken of her affection and admiration for Macron. Ségolène was the defeated Socialist presidential candidate of 2007, but last week she urged the party’s voters to ignore their own candidate, Benoît Hamon — a hardline leftist sacked as education minister by Valls in 2014 — and back Macron instead. Macron has not just divided the Socialists, he has replaced them. So how has this apparently isolated and underfunded individual managed all this in such a short time? It is clear that Macron has powerful supporters behind the scenes, and a clue may lie in the little-discussed fact that some years ago he was identified as a member of ‘les Gracques’ — a discreet centre-left pressure group loosely staffed by influential chief executives and civil service mandarins. They are pro-market socialists who long ago gave up on the Socialist party. Many are fellow ‘énarques’ (graduates of ENA) and every step of Macron’s career could have been directed by them. Spotted as a brilliant and charming student, Macron could first have been launched into the prestigious state Finance Inspectorate, then switched into Rothschild to gain business experience (and wealthy support) and then placed like a time bomb in Hollande’s outer office, where he ticked away until he could be moved into the heart of the Valls government. Last August he finally exploded into action at the perfect moment to cause maximum damage to Hollande, Valls and the entire Socialist presidential election campaign. Macron’s rise bears all the hallmarks of a classic ENA undercover operation, a fundamental part of the énarques’ stock-in-trade and one in which the country’s leading bureaucrats are cynically trained. Now that the Socialists have lumbered themselves with a dinosaur — Hamon — as their candidate, Macron is in an even stronger position. He will be able to tune his campaign to attract moderate Socialist voters as well as the centrists and centre-rightists who flock to his meetings and are having second thoughts about François Fillon. Mr Fillon and his British wife Penelope are currently under investigation for misuse of public funds. The Spectator
No one in France disputes Fillon’s right to have paid his wife as an “assistant” over the course of eight years. While nepotism laws in America prohibit such practices — unless you are president — not so in France. More than one-fifth of French parliamentary representatives — 115 of 577 — employ one or more family members as “assistants.” Yet, while it is not illegal for political officeholders in France to hire family members, it is illegal to create so-called emplois fictifs, or make-believe jobs where you pay relatives for work they have not, are not, and never intend to do. Herein lies the rub with the Fillons. Until the Canard’s scoop, there was no reason to believe that the Welsh-born Penelope Fillon devoted her life to anything other than her family of five (unless you count the five horses stabled near the family’s 12th-century chateau). Mme Fillon has previously conceded that she had extra time on her hands. (…) Fillon did not help his cause by revealing in the same interview that, while a senator, he had also paid two of his children to handle specific cases for him because of “their particular competence as lawyers.” (The problem, as several newspapers quickly pointed out, is that neither child was a lawyer yet; the latest Canard story reports that they were paid approximately $90,000 for their work.) Over the weekend, fresh news broke out that between 2005 and 2007, Fillon had written himself seven checks totaling about $28,000 from an account earmarked for paying assistants; then came the new revelations that his wife’s pay had been even more than first thought. The two pillars of Fillon’s candidacy have been the economic imperative of scaling back the state’s social protections, and the political imperative of being untouched by scandal. The two are interconnected; the former relies on the latter. That Penelope Fillon drew an exorbitant salary for reading her husband’s speeches before saddling up for a morning canter will not go down well with an electorate being asked to make financial sacrifices. At the same time, Fillon has always emphasized that his hands, unlike those of his fellow Gaullist contenders, were clean. (…) France is not a particularly corrupt country, in global terms, but in the West it is something of an outlier. According to Transparency International’s 2016 “corruption perception” index, France ranked 23rd among 176 nations, just behind Estonia and just ahead of the Bahamas. It is not, of course, Somalia or Syria. But neither is it Denmark, New Zealand, Canada, or even the United States. In Western Europe, it outranks only Portugal, Italy, and Spain. What may make matters worse is that French corruption is particularly high-profile: It doesn’t come in the form of cops asking for petty bribes, or companies buying off bureaucrats. Rather, thanks to the peculiarly French principle of a republican monarchy, French corruption involves vast sums and takes place at the highest levels of government. Created by De Gaulle in 1958, the Fifth Republic hands vast power and prestige to the presidency. The president, in principle, is not answerable to Parliament; the president, in essence, reigns and his ministers merely rule. While De Gaulle also endowed the office with his personal imperiousness and incorruptibility, his descendants have held tight to the former while mostly trashing the latter. From the late 1970s, when Central African Republic Emperor Jean-Bedel Bokassa showered Valéry Giscard d’Estaing with diamonds, through the 1980s, when Chirac, while mayor of Paris, embezzled public funds for his presidential campaign, to Sarkozy and the kaleidoscope of court cases confronting him, ranging from influence peddling to accepting $54 million in campaign financing from former Libyan dictator Muammar al-Qaddafi, the French presidency has been consistently mired in scandals worthy of the Bourbons. (François Hollande, for all his fecklessness, has — to give credit where it’s due — kept his hands relatively clean during his time in office; his scandals have been of the personal sort.) This relentless drip of scandals both dampens public attitudes toward the mainstream parties — a Transparency International poll taken late last year revealed that three-quarters of the French believe that parliamentary deputies and government ministers are corrupt — and continues to raise the boat of the far-right National Front (FN). Marine Le Pen’s party has its own instances of financial misbehavior: The European Union had determined that the FN defrauded the European Parliament budget of more than $324,000, which it used to illicitly pay FN staffers. Perhaps because the victim was Brussels, however, and because Le Pen was not enriching herself personally, the scandal has had little traction in France; this week, while Fillon was busy battling for his political life, Le Pen was scoffing at the notion that she might return the funds. More to the point, it hasn’t stopped Le Pen from positioning herself as the only candidate able to drain the French swamp. Given the steady 25 to 26 percent support her party attracts in polls, a sizable group, it seems, believes her. The reluctance of French governments to address the problem of corruption is well known. In 2014, a European Union report rapped France’s knuckles for its faulty firewalls in campaign financing, its judiciary’s relative lack of independence, and the absence of political willpower to tackle a culture of corruption. Until recently, moreover, the foot-dragging of politicians over these issues has not unduly bothered French voters. As Jean-Christophe Picard of the watchdog group Anticor notes, through the 1980s and 1990s the public mostly tolerated such wheeling and dealing. “In France, there is the idea that defrauding and wasting public money is not too serious a problem as long as there are no direct victims,” he said in a recent interview with the weekly French magazine L’Obs. There have been some recent attempts to remedy the problem: Last year, the country enacted the Sapin II Law, which, for the first time, creates an anti-corruption agency, requires members of Parliament to render public the names of everyone listed on their official payrolls, and affords fuller legal protection to lanceurs d’alerte, the rather awkward French term for whistleblowers. The law has been hailed as an important step by transparency advocacy groups, but much of the law is aimed at targets lower down than the Élysée. It is still too early to tell if the recent revelations will bar Fillon from the presidency, but it is looking increasingly likely. He has already vowed that he will end his campaign if formal charges are brought against him; on Tuesday, police were spotted at his parliamentary office looking for evidence. Even if the courts do not act before this spring’s election, Fillon’s reputation has already taken a serious hit. In an Odoxa poll taken after the Canard’s scoop, 61 percent of respondents had a bad opinion of Fillon, while just 38 percent thought favorably of him — a 4 percent drop since Jan. 8. An even more recent poll, conducted by Elabe, shows that Fillon is now in danger of not even making it past the first round of France’s two-stage election process. One of the beneficiaries of his decline will be Le Pen, who even before Penelope-gate had overtaken Fillon in a Le Monde poll; another may be Emmanuel Macron, the center-left independent whose campaign continues to gain momentum. French politics is looking more unpredictable than ever, and much can still happen between now and the first round of the election, which is slated for late April. But one thing does seem clear: With Penelope-gate, a long French tradition looks set to continue. Foreign Policy
Trois pays qui ont profondément modernisé leur administration dans les vingt dernières années, le Canada, la Suède et la Nouvelle-Zélande (…) ont en commun d’avoir mis en œuvre cette réforme en réponse justement à des situations de crise économique profonde. (…) L’expérience de ces trois pays montre que plusieurs éléments doivent se conjuguer pour mener à bien ces transformations : tout d’abord la légitimité sortie des urnes pour une équipe qui place le redressement de l’économie et la défense d’un contrat social comme objectif prioritaire à atteindre, la réforme de l’État n’étant qu’un moyen d’y parvenir. Ensuite, la prise de conscience à travers une grave crise économique et budgétaire de la rareté de la ressource publique et de la nécessité d’en « avoir pour son argent ». Désormais, les exigences des citoyens sont renforcées, ce qui rend impossible le maintien de prélèvements obligatoires élevés et le blocage des réformes indispensables. Enfin, la réforme implique une attitude pragmatique des parties prenantes : c’est la recherche d’une plus grande efficacité du modèle social qui doit être mise en avant par les pouvoirs publics, plus qu’une simple logique comptable. Pour les syndicats, c’est un changement de stratégie qui passe par la négociation des réformes plutôt qu’une opposition systématique. C’est au prix de ces efforts que l’on pourra, en France, réussir la réforme de l’État et des politiques publiques. Sandrine Gorreri (2009)
Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. Emmanuel Macron
Que voulez-vous que j’en pense? Il est cynique. Un peu homme, un peu femme, c’est la mode du moment. Androgyne. Ce qui vous plait chez Macron, c’est que vous aimez toujours ceux qui ne vous obligent pas à choisir. Nicolas Sarkozy
Sur les « qualités nécessaires » pour être chef de l’Etat, le candidat de la droite est certes à la deuxième place. L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy est cité en premier ou deuxième par 36% des personnes interrogées. Seul Emmanuel Macron fait mieux, cité en premier ou deuxième par 46%. Benoît Hamon est cité par 34% des Français, devant Marine Le Pen (28%) et Jean-Luc Mélenchon (18%). François Fillon est même celui qui est le plus cité en premier, par 22% des personnes interrogées, contre 21% à l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande. Sur la question de l’honnêteté, le palmarès est radicalement différent, même si Emmanuel Macron reste bien placé puisqu’il est sur la deuxième marche du podium, cité (en premier ou second) par 30% des Français. Cette-fois, c’est Benoît Hamon qui arrive en tête. Le candidat du PS est cité (toujours en premier ou deuxième) par 33% des personnes interrogées. Suivent Marine Le Pen (25%), Jean-Luc Mélenchon (23%) et François Bayrou (21%). Plombé par la polémique sur les emplois présumés fictifs de son épouse Penelope, François Fillon est à la peine : 17% seulement le citent en premier ou deuxième parmi les candidats « les plus honnêtes ». Il ne devance que les petits candidat (Nicolas Dupont-Aignan, Philippe Poutou, Nathalie Artaud, Jannick Jadot), qui pâtissent, eux, de leur manque de notoriété dans l’opinion. Les Echos (01.02.2017)
Poland showed the strongest opposition to migrants arriving from Muslim countries, with 71 per cent supporting the ban. Opposition to further migration was also intense in Austria (65 per cent), Belgium (64 per cent), Hungary (64 perc cent) and France (61 per cent) and Greece (58 per cent). The idea of a Trump-style ban also received support in Germany, with 53 per cent calling for increased curbs and 51 per cent in Italy. But there was not majority support in Britain or Spain, which was most opposed to the idea of a ban with only 41 per cent voicing support. Overall, across all ten of the European countries an average of 55 per cent agreed that all further migration from mainly Muslim countries should be stopped. The Sun
Selon une étude menée par l’institut de recherche britannique Chatham House, les Européens seraient majoritairement favorables à la fermeture de leurs frontières aux individus originaires de pays musulmans. 55% des personnes interrogées ont ainsi déclaré être d’accord avec cette affirmation : “Toute immigration supplémentaire venant de pays à majorité musulmane doit cesser”. Un chiffre impressionnant. Dans le commentaire de l’étude, l’institut livre ses conclusions : “Nos résultats sont frappants et donnent à réfléchir. Ils suggèrent que l’opposition à l’immigration venant de pays à majorité musulmane n’est pas confinée à l’électorat de Donald Trump aux Etats-Unis mais est largement répandue”. Largement, mais plus spécialement dans les pays qui “ont été au centre de la crise migratoire ou ont vécu des attaques terroristes ces dernières années”. La Pologne (71%), l’Autriche (65%), la Hongrie et la Belgique (64%), ainsi que la France (61%), sont ainsi parmi les plus favorables à l’assertion de départ. Valeurs actuelles
Jusqu’en 2012, les députés pouvaient conserver le reliquat du crédit collaborateurs qui leur était attribué. Vincent Goyet
Marine Le Pen bénéfice d’un électorat fidèle et déjà très mobilisé: 76% de ses anciens électeurs en 2012 se disent d’ores-et-déjà certains d’aller voter à la présidentielle, 90% de ses anciens électeurs en 2012 voteraient à nouveau pour elle en 2017 et parmi eux, près de huit sur dix se disent sûrs de leur choix. (…) Telle n’est pas la situation d’Emmanuel Macron, dont l’électorat potentiel apparaît sensiblement plus incertain, une personne sur deux exprimant une intention de vote en sa faveur nous disant qu’elle peut encore changer d’avis. Ceci s’explique par la nouveauté qu’incarne Emmanuel Macron et la structure politique de son électorat potentiel. Sa volonté de transcender les clivages politiques traditionnels séduit une partie des électeurs, et nos récents sondages attestent de sa capacité à attirer sur son nom d’anciens électeurs de François Hollande, de Nicolas Sarkozy et François Bayrou. Reste à savoir si cette alliance perdurera jusqu’au au premier tour de l’élection présidentielle, ce qui n’est pas acquis. Un moment de vérité sera certainement le jour où il dévoilera officiellement son programme, ce qui est annoncé pour fin février ou début mars. C’est à ce moment-là que l’on pourra juger avec davantage de certitude de sa capacité à fédérer sur son nom des électeurs venus de divers horizons politiques, et donc de la solidité de son électorat potentiel. (…) Dans notre enquête, ce sont 72% à 75% des électeurs potentiels de François Fillon qui se déclarent d’ores-et-déjà sûrs de leur choix. C’est un peu moins que Marine Le Pen, et nettement plus que pour Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Ce résultat doit toutefois être mis en perspective avec l’érosion qu’a connue le socle électoral de François Fillon ces dernières semaines, nous rapprochant d’un noyau dur d’électeurs qui lui sont acquis quoiqu’il arrive. Ceci contribue à augmenter mécaniquement la proportion d’électeurs se disant certains de leur choix. Notons d’ailleurs que ceci tendrait à valider l’hypothèse selon laquelle le potentiel à la baisse pour François Fillon est désormais limité. Reste à savoir dans quelle mesure il lui sera possible, d’ici au premier tour, d’inverser la tendance et de regagner les parts de voix qu’il a subitement perdues. Alexis Feertchak
François Fillon (…) a vigoureusement posé les termes du débat et de l’affrontement. D’un côté le tribunal médiatique – il a affirmé sa confiance pour l’issue judiciaire -, de l’autre le peuple français. François Fillon de retour n’a été animé par rien d’autre que le souci de rendre à une part importante de celui-ci une victoire qu’on croyait déjà lui avoir volée. Philippe Bilger
Le lynchage médiatique de François Fillon et l’écho qu’il semble rencontrer dans l’opinion montrent à quel point le système politico-médiatico-judiciaire tombe en déliquescence. Mise à mal par le gouvernement des juges et des médias la démocratie représentative est en danger. (…) Il est stupéfiant de constater la façon dont certaines des allégations sorties par Le Canard enchaîné et Médiapart sont reprises en boucle par presque tous les médias. Ces affirmations sont totalement à charge et peu de rédactions osent donner des arguments à décharge, alors que ceux-ci existent et sont d’importance. Il est encore plus stupéfiant de constater que la justice s’est emparée de cette affaire alors que rien ne justifie qu’elle le fasse. (…) A tel point que même les plus ardents supporters de François Fillon se sont mis à douter de son honnêteté. Et l’information est devenue un feuilleton quotidien. (…) Pourquoi cette affaire sort-elle précisément en janvier 2017 alors que les faits reprochés remontent à plusieurs années ? Pourquoi la justice s’en empare-t-elle avec une telle diligence ? Quel objectif cherchent à atteindre ceux qui ont manipulé et fabriqué l’opinion, ceux qui l’ont mise sous tutelle ? La réponse est évidente. Dans un premier temps, il s’agit de faire baisser François Fillon dans les sondages et dans les intentions de vote pour arriver au constat que le candidat de la droite et du centre ne sera pas qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle. L’objectif suivant étant de l’obliger, sous la pression des mauvais sondages, à renoncer à se présenter à l’élection pour laisser le champ libre au duel rêvé par les médias – entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron (ce dernier est d’ailleurs une pure fabrication du système médiatique). Dès que l’objectif sera atteint, la presse cessera de s’intéresser au cas de François Fillon. Le « PénélopeGate » disparaîtra immédiatement des radars médiatiques. Concernant la justice, notons que c’est le parquet national financier (PNF) qui s’est autosaisi de l’affaire, 24 heures seulement après les révélations du Canard enchaîné. Le PNF, présenté comme « autonome », a été installé par le gouvernement socialiste le 6 décembre 2013, et son procureur, la magistrate Éliane Houlette – une proche de Ségolène Royal – a été choisie et nommée à la discrétion de François Hollande. Marc Joncour
François Fillon fait l’objet d’un lynchage en règle depuis plusieurs semaines. Chaque nouvelle information sur lui, même la plus anodine, est présentée comme un délit potentiel. Quoi qu’il dise, on considère qu’il aggrave son cas. Les circonstances commanderaient pourtant que l’on fasse le tri entre ce qui doit lui être reproché et ce qui est sans conséquence, et que l’on aille jusqu’à faire l’effort de ne pas publier dans la presse les faits et gestes relevant de la seconde catégorie. Comment peut-on accepter que cet homme et sa famille soient scannés avec une telle obsession, un tel niveau de détails, une telle suspicion ? Ce délire donne la nausée. Si François Fillon a octroyé un emploi fictif à sa femme et/ou à ses enfants, il est normal qu’il soit sanctionné. La décision relèvera d’un tribunal et sera prise à la lumière du contexte dans lequel ces contrats ont été conclus, des éléments fournis par les personnes mises en cause et des éclairages apportés par les enquêteurs. Ce n’est pas aux journaux, même les plus prestigieux, d’en décider. En attendant, il conviendrait de ne pas faire preuve d’une mauvaise foi telle qu’elle ne pourrait que révéler une forme d’animosité. Certains ont écrit que la fille de M. Fillon, lorsqu’elle travaillait à ses côtés au Sénat, était sortie de ses fonctions en participant à l’écriture d’un ouvrage publié par son père, comme si François Fillon était le seul responsable politique à se faire aider pour écrire ses livres ! On a pareillement reproché au fils de M. Fillon d’avoir planché sur le programme … Charles Consigny
Les réseaux sociaux s’en donnent à cœur joie, ces temps-ci. Les twittos lynchent comme ils respirent. Bienvenue dans le monde de Dark Vador, chez les aigris, les haineux en furie. Dommage qu’on ne puisse pas marcher dessus, ça porterait bonheur. Il paraît que cette meute électronique incarne la modernité. Mille excuses, mais elle n’a pas le pouvoir qu’elle croit. Sous l’Occupation, ses ancêtres parvenaient à leurs fins quand ils envoyaient leurs lettres de dénonciation à la Kommandantur. Aujourd’hui, son hystérie a tendance à se retourner contre elle : l’élection de sa bête noire, Donald Trump l’a hélas confirmé. Nous voilà sommés de condamner sans autre forme de procès François Fillon, qui, de tout évidence,a fauté, comme nous l’avons écrit la semaine dernière.  Les bois de justice sont déjà dressés, il est urgent de raccourcir le prévenu. Depuis peu, il règne sur la France un climat qui rappelle, à certains égards, celui de la terreur de 1793. Sauf que la guillotine est devenue métaphorique. Les médias, ces nouveaux dieux ont soif. Franz-Olivier Giesbert
Macron, c’est tout ce que les Français sensibles à la fragilité du pays rejettent. Annoncer vouloir voter pour lui, même en dernier recours, est incompatible avec la défense d’une nation unifiée et assimilatrice. Son usage du mot « hexagone », vocabulaire désincarné qu’il partage avec Hamon, fait comprendre la froide distance qui sépare Macron de l’âme française. Samedi, à Lyon, le faux rebelle d’un Système qui le soutient a défendu le modèle multiculturel, qui est au cœur de la crise identitaire abordée par Fillon, mais aussi Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan. Il a déclaré : « Il n’y a pas une culture française ; il y a une culture en France : elle est diverse, elle est multiple ». Il a aussi dénoncé l’ »obscurantisme », mais il le voit chez Donald Trump, et non dans l’idéologie islamiste qui nargue la République et a pris le monde occidental pour cible. Macron dit refuser les murs, les quotas, les frontières, les conflits. Un tel homme à l’Elysée signifierait l’abandon de la société d’intégration au profit d’une « inclusion » dans un espace ouvert et bienveillant. Pour le leader d’En Marche!, le FN représente « une France qui n’a jamais existé ». Mais le communautariste qu’il avalise, et qui se consolide dans les cités, est celui qui produit les tensions et annonce les guerres civiles. Lundi soir, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) des policiers encerclés ont dû tirer en l’air à balles réelles. Si la droite ne s’affirme pas, elle poussera nombre d’électeurs dans les bras de Marine. Ivan Rioufol
Dans l’affaire Fillon, le « plan B » s’appelle Marine Le Pen : voilà à quoi ont conduit les justiciers qui, depuis deux semaines, chargent le dossier contre le candidat de la droite, plébiscité par la primaire. S’il y a un scandale à ce stade c’est celui qui consiste à faire taire, à moins de trois mois de la présidentielle, un homme qui a su désigner le libéralisme comme allié et le totalitarisme islamique comme ennemi. La tentative de kidnapping du favori pour l’Elysée, devenu le symbole d’une classe politique déconnectée de la vie des gens, n’est pas plus respectable que les pratiques dénoncées, sans preuve pour l’instant, par les donneurs de leçons. Le spectacle donné par ceux qui, chez Les Républicains paniqués, pressent Fillon de céder la place, illustrent la pusillanimité qui habite les opportunistes et les carriéristes. Alain Juppé est resté, ce lundi, à la bonne hauteur quand il a une nouvelle fois rejeté les appels du pied pour remplacer Fillon : « Clairement et définitivement, c’est non ! ». Ni lui, ni Nicolas Sarkozy, ne seraient acceptés d’un électorat qui les a clairement éliminés, dans un jeu de massacre qui n’est pas terminé. Pour ces raisons, Fillon a raison de tenir bon. Lui qui refusait le « tribunal médiatique » donnera, ce lundi à 16 heures, une conférence de presse. Il est attendu de lui qu’il dise tout, de ses erreurs de jugement comme de ceux qui veulent l’abattre. Le hold-up électoral peut encore être déjoué, tant les méthodes de chasse à l’homme sont odieuses. Ivan Rioufol
Une constatation se dégage du « Pénélopegate » : le troublant amateurisme de François Fillon. Cette impréparation apparaît d’autant plus que, comme il l’a souligné mardi, il doit faire front à « une opération de calomnies très professionnelles, d’une extrême ampleur, sans précédent sous la Ve République ». Ses fautes de communication et ses imprécisions dans des faits qu’il a tardé à reconnaître s’ajoutent aux maladresses de ses porte-paroles qui, avant même cette affaire, avaient déjà laissé voir un manque de coordination et une impréparation au sommet. Face aux révélations du Canard Enchaîné, qui en remet une louche ce mercredi sur les sommes perçues par l’épouse du candidat Les Républicains (près d’un million d’euros au final) et deux de leurs enfants (84.000 euros), Fillon a fait le choix, erroné selon moi, de se draper dans sa dignité bafouée et sa présomption d’innocence. Or le tribunal médiatique, cette régression démocratique, est pareil aux anciens Comités de salut public : il juge et condamne sur le champ celui qui ne sait se défendre dans l’urgence. Ce qui est en cause ici dépasse le népotisme de Fillon, qui est commun à d’autres hommes politiques, de droite ou de gauche. François Mitterrand faisait travailler ses fils à l’Elysée, et Jacques Chirac sa fille. Le problème se situe dans les largesses annexes que se sont accordés les parlementaires, ces nouveaux fermiers généraux. Rien ne semblait interdire à Fillon de puiser dans les fonds mis à sa disposition pour rémunérer des assistants. Mais cette pratique doit être réformée. Sa position de nouveau « paria de la République », que dénonce Maxime Tandonnet, en fait le bouc-émissaire d’un système politique qui a trop longtemps vécu dans l’entre-soi des carriéristes. Cette relative injustice s’ajoute à l’acharnement visant à faire taire un homme ayant choisi de répondre à la crise identitaire qui taraude la société. Ceux qui, derrière Le Canard, veulent méthodiquement abattre Fillon, qui se défend mal pour l’instant, sont à deux doigts de réussir leur dessein. Les dégâts sont déjà considérables dans l’opinion. Cependant, la gauche à la manœuvre suit là une stratégie agressive à courte vue. Rien ne dit qu’elle sera profitable à Macron, cet avatar d’un hollandisme rhabillé de neuf. Seule Marine Le Pen partage avec Fillon, au-delà des divergences économiques, la même inquiétude sur la crise de civilisation et les moyens d’y répondre. Forcer Fillon à renoncer à représenter le courant conservateur, très majoritairement choisi par les électeurs de la primaire, donnerait au FN l’opportunité de se placer en recours pour la droite orpheline. La chasse à l’homme lancée par les Fouquier-Tinville peut amener Le Pen à l’Elysée. Ivan Rioufol
L’éviction de Valls laisse un boulevard aux défenseurs du multiculturalisme, cheval de Troie de la charia. Emmanuel Macron partage avec Hamon la vision irénique d’un « Hexagone » ouvert à tous. À droite, Alain Juppé défendait cette posture, qui récuse l’exigence d’assimilation. La large victoire de François Fillon à la primaire était venue porter un coup d’arrêt à cette défrancisation voulue par les « modernistes ». Mais, depuis, les accusations qu’il subit l’affaiblissent dangereusement. Oui, la droite, majoritaire dans le pays, peut perdre. Il suffit de lire les satisfactions de la twittosphère islamiste après l’élection de Hamon pour constater la proximité entre le candidat du PS et la partie militante de l’électorat musulman. La mouvance fondamentaliste peut se frotter les mains : l’élimination de Valls, coupable d’avoir nommé le djihadisme comme fauteur de guerre, est une aubaine qui s’ajoute à l’avenir incertain de Fillon, pourfendeur du nouveau totalitarisme coranique. L’autre jour, à Paris, l’historien de la Shoah, Georges Bensoussan, a comparu en correctionnelle pour avoir décrit l’antisémitisme culturel qui s’exprime dans des banlieues : à côté du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), qui milite pour rendre l’islam intouchable, s’étaient joints, comme accusateurs, la Licra, SOS-Racisme, le Mrap, la Ligue des droits de l’homme. Et c’est Bensoussan que la jeune procureur a éreinté. La trahison des mouvements antiracistes, qui trouvent chez des magistrats l’appui pour poursuivre ceux qui dénoncent la nouvelle judéophobie, fait mesurer l’emprise de l’idéologie conquérante sur les esprits… Ivan Rioufol
Une victoire de Macron en mai viendrait concrétiser la stratégie du trou de souris, cette opportunité que François Hollande se réservait pour lui-même. Macron serait surtout la victoire des minorités militantes qui voient dans la consolidation d’une France multiculturelle l’opportunité d’affirmer encore davantage leur visibilité. Ceux qui, de ce point de vue, soutiennent Hamon sont les mêmes qui espèrent en une victoire de Macron. C’est donc bien un choix de société, capital, qui est en jeu dans la présidentielle. Mais alors que la société civile fait savoir, majoritairement, son attachement à la nation unitaire et assimilatrice, l’option communautariste peut espérer l’emporter en jouant sur les droites divisées. Ivan Rioufol
Macron incarnerait la gauche moderne, européenne, mondialisée, affranchie des traditions politiques françaises : ceux qui rêvent du postnational l’adulent. D’un coup, n’importe quelle occasion semble bonne pour lui tresser des lauriers. La dernière en date, c’est ce discours en anglais, prononcé en Allemagne, qui selon l’expression employée par certains journalistes, aurait « ringardisé » la majorité de la classe politique … il y a dans les élites françaises une agaçante fascination pour l’anglais, et même une délirante anglomanie. À la télévision comme au quotidien, on parlera des « news », de son « smartphone », de la « battle de France », de la « society », du « Coca light », des « mails », des « guests », comme si ces termes ne trouvaient aucune correspondance en français. Qu’on me pardonne cette référence personnelle : on peut comprendre les Québécois d’intégrer plus de mots anglais qu’ils ne le devraient dans leur vocabulaire courant : ils vivent aux marches de l’empire américain, et, dans la mesure du possible, ils y résistent, même si la tentation est forte de s’y laisser dissoudre. Mais la France est moins soumise à l’impérialisme américain qu’elle ne semble hypnotisée par lui. Comment ne pas voir dans l’anglomanie des élites françaises une forme de dévalorisation de soi, comme si le français était la langue d’un monde déclassé ? Mathieu Bock-Côté
La droite française, déstabilisée à la première bourrasque alors qu’elle se veut, à juste titre, majoritaire dans le pays, devrait réfléchir à sa fragilité. Elle semble ne pas comprendre le moment historique, ni même savoir ce qu’elle est dans ce moment, au point que, incapable de faire bloc, elle se laisse manœuvrer par toutes les opérations de l’adversaire. Pourtant, la théorie gramscienne du «bloc historique», qu’on cite sans cesse mais en ne l’effleurant que du bout de l’aile, et sous son acception la plus lapidaire (l’idée que la pensée précède le combat politique – «Au fond des victoires d’Alexandre, on trouve toujours Aristote» comme disait de Gaulle) donnerait de fameuses clefs, si du moins on se donnait la peine de l’étudier de plus près. Le théoricien italien observait que les générations constituaient à tour de rôle des «blocs historiques» soudant l’ensemble d’une société autour de paradigmes communs – subversifs d’abord, puis peu à peu dominants, avant de se faner et décliner. Ces ensembles idéologiques sont d’abord élaborés par les «intellectuels centraux» (écrivains, universitaires, autorités morales qui, par des livres ou des revues, «donnent les mots») avant de faire peu à peu système et «d’infuser» par degrés l’ensemble de la population: les intellectuels de seconde ligne (professeurs, instituteurs, journalistes…), puis les dirigeants politiques, les hauts-fonctionnaires et les magistrats, les chefs d’entreprise, les professions libérales, et, par degrés, l’ensemble d’un peuple ainsi soudé autour de «points de communion». S’est de la sorte constitué, dans les années 70 (en France, les dates majeures sont 1968, 1974 et 1981), un bloc historique progressiste, fait de cette gauche particulière que Chevènement nomma «gauche américaine», celle qui tient que la «modernité» a toujours raison et le passé toujours tort, et qui croit même que l’on peut tout changer, peuples, hommes, femmes, institutions etc. -voir son slogan de 1974, «Tout est possible». En quelques années, une jeune escouade de «déconstructeurs» (de la langue, des codes et, surtout, du socle politique classique – Etat, nation, civilisation), donna mots et paradigmes à la vaste ruche des professions intellectuelles ; ils finirent par devenir omniprésents à l’université, dans l’édition, puis dans les médias, parmi les cléricatures et les magistratures, et même chez les grands patrons, lesquels trouvèrent grand intérêt au fameux «jouir sans entrave» qui fut le passeport du consumérisme à outrance, comme le «sans frontiérisme» festif fut celui du libre-échange généralisé. La doxa moderniste conquit finalement l’immense majorité des politiques, y compris de la dite «droite» – celle-ci finit même par accepter de se lire dans une typologie extérieure, et très contestable, celle de René Rémond dont deux des trois branches l’orléanisme et le bonapartisme sont en fait des centrismes… La droite perdit ainsi jusqu’à son nom, ce légitimisme ou, pour mieux dire, ce classicisme politique qui ne sut jamais actualiser ses paradigmes et mots de passe, ni conséquemment se rassembler, et qui, divisée, se laissa exclure du débat public. Une génération intellectuelle domine en général une trentaine d’années -telle la génération précédente, que l’on peut dire «de la reconstruction», qui fut dominante entre 1944 et 1970, déclinante ensuite. Celle qui prit tous les pouvoirs dans les années 70 et 80 devrait donc disparaître depuis quelques années. Certes, elle s’épuise: le Non de 2005 prit à angle droit la pensée unique – les oligarques se revanchant vite à Lisbonne. Plusieurs de ses bastions se lézardent: il n’est un secret pour personne que la presse de gauche vit sous perfusion d’argent public, tandis que celle de droite progresse. L’éclatante réussite de la Manif Pour Tous, celle du Puy du Fou exhumant l’archaïque national (est archaïque non ce qui est vieux et passé, mais au contraire ce qui fonde et ne passe pas), les succès de librairie de Patrick Buisson, Philippe de Villiers ou Eric Zemmour sont autant de signes ; par dessus tout, on voit peu à peu ressurgir une droite classique (Patrick Buisson parla de «révolution conservatrice») dont la manifestation fut la victoire aux «primaires» de François Fillon, le catholique qui refuse Babel, ne croit pas que les arbres montent au ciel ni que l’on puisse dépenser sans limite, qui entend restaurer les frontières, l’Europe des nations, les enseignements classiques -on pourrait dire un «identitaire», comme le fut de Gaulle. Hélas, si le grand reversement idéologique est différé, et si la victoire politique est conséquemment si difficile, c’est que la droite française, qui n’a soutenu nul écrivain, nulle revue, nul grand média capable de jouer le rôle décisif que joua par exemple, dans la génération précédente le Nouvel Observateur, a négligé un travail intellectuel qu’elle ne regarde encore qu’avec un profond mépris -ou non moins profonde paresse. (…)  On comprend la violence des jours que nous vivons, qui sont peut-être ceux de la crise maximale: le bloc UMPS disparaît (qui peut encore assimiler Hamon et Fillon?), la droite, en son cœur légitimiste, menace directement, et au moment crucial des présidentielles, un bloc soixante-huitard attardé qui jette ses dernières forces de ses derniers bastions et cela sans préparation idéologique sérieuse, de sorte que, comme on voit hélas, elle se débande assez vite – à commencer par les parlementaires «républicains» qui révèlent à cette occasion combien la presse de gauche a prise sur eux, et si profondément qu’ils utilisent le vocabulaire même de leur adversaire. Pendant ce temps, la complicité entre puissances d’argent, médias et magistrature joue encore à fond: un article le mercredi, une audition le vendredi, un mauvais sondage le dimanche, une perquisition le lundi puis vient le pilonnage médiatique, certes disproportionné (les problèmes qui font sous nos yeux disparaître la France comme nation, comme Etat et comme civilisation sont sans rapport de gravité avec la façon dont le candidat a utilisé son enveloppe parlementaire) mais capable de faire vaciller le favori, issu pour la première fois depuis longtemps d’une droite assumée – mais si mal préparée au combat idéologico-judiciaro-médiatique qu’elle n’a pour arme qu’internet, ou des manifestations de rue. Bref: les mains nues. C’est pour cela que M. Fillon doit tenir coûte que coûte ; et qu’il faut toutes affaires cessantes reconstruire une droite idéologique, à commencer par ses paradigmes, qui réunira ses composantes et permettra de conquérir les places décisives, à l’université, dans l’édition, dans les médias et la haute fonction publique sans lesquelles il n’est pas de légitimité forte, donc par de puissance de gouvernement. (Au passage, souhaitons que la droite étourdie, du coup la plus bête du monde, sache enfin sortir du piège de Mitterrand qui la coupant depuis trente ans en deux camps, en commençant par jouer des porosités avec le FN. Si, alors que la relève est pourtant là, et que les jeunes plumes ne manquent pas, nous échouons à opérer ce grand renversement qui est dans els rythmes mêmes de l’Histoire, il est possible qu’une nouvelle relève, un modernisme plus violent encore (tel le trans-humanisme) prenne sa place, et nous partons alors vers une «civilisation» qui n’aura plus rien à voir avec ce que nous appelons encore la France. Pendant ce temps la gauche perdure alors que toute sa matrice est disqualifiée, tirant encore de fameuses salves sur une droite sans leviers ni relais et plongée dans l’hébétude. Il est donc temps de lire Gramsci, puis, comme disait Boutang, de «reprendre le Pouvoir» -de le reprendre réellement, et de l’exercer. Paul-Marie Coûteaux Les masques tombent : l’affaire François Fillon se révèle être un véritable assassinat politique, mené tambour battant et avec une efficacité redoutable. (…) Ce matin, sur France Info, un journaliste s’indignait de la réaction de ceux qui critiquent la charge médiatique sur François Fillon en vociférant (enfin presque) « mais on fait notre travail de journaliste ! ». Cette proclamation « On fait notre travail de journaliste » m’a laissé rêveur quand on songe à ce que nous dit, en creux, cette affaire Fillon sur le mode de fonctionnement de notre démocratie. (…) La plupart des élus, si ce n’est la totalité, emploient des proches sur des postes directement rattachés à l’exercice de leur mandat électif : la femme, l’époux, les enfants, la maitresse ou l’amant et parfois d’autres parents, sont rémunérés sur des postes d’attaché parlementaire. La pratique est courante, non interdite par la loi et connue de la presse depuis des lustres. C’est légal, mais évidemment moralement douteux dans un pays où tant de gens sont au chômage et où on invoque à tout bout de champ la nécessité de faire ses preuves. Certains, dans notre République, bénéficient de piston, de rente de situation en étant les parents ou ami(e)s intimes d’un élu. C’est triste mais ce n’est affreusement pas nouveau. Ce que l’on peut reprocher à François Fillon sur ce point, c’est d’avoir été comme les autres élus, ni plus, ni moins vertueux. Or, on attend d’un candidat à la présidence de la République une droiture certaine et une exemplarité de fait. Bon, ça c’est dans un monde idéal. Dans nos démocraties du 21ème siècle, la droiture et la moralité sont en dose limitée dans le sang du politique. En somme, sur la question du principe de la rémunération de Pénélope Fillon par François Fillon, il est difficile de faire les vierges effarouchées qui découvrent comment on fait des enfants sauf à avoir une sacré dose d’hypocrisie. (…) Les parlementaires rémunèrent leurs collaborateurs en puisant dans une enveloppe mise à leur disposition par les institutions. Le montant mensuel de cette enveloppe est de 9 561 euros (si l’Assemblée Nationale est en charge de la gestion du contrat de travail et paye les charges sociales) ou de 14 341 euros (dans ce cas c’est l’élu qui gère le contrat de travail et qui verse lui-même les charges patronales à prélever dans cette enveloppe). Mme Fillon a été rémunérée de 1989 à 2013 pour un montant de 830 000 euros…..bruts ! Et oui, la presse brandit ce montant proche du million d’euros en omettant de préciser que la somme est en euros bruts. En net, Mme Fillon a perçu 639 000 euros et l’Etat a récupéré 191 000 euros ! En salaire mensuel net, sur la période considérée, Mme Fillon a donc perçu 2 218,75 euros. C’est une jolie somme, mais le travail d’un attaché parlementaire correspond à un travail d’agent de catégorie A de la fonction publique et le montant du salaire net n’est pas manifestement choquant ni déraisonnable. (…) François Fillon, à la différence de M. Macron, n’est pas un jeune nouveau dans le paysage politique. Il a détenu différents portefeuilles ministériels et il a été Premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant cinq années… Cinq années au cours desquelles son épouse a perçu une rémunération d’attaché parlementaire. Etrange que la presse qui fait son travail ne se soit pas emparée de cette question à l’époque. Curieusement, ce sujet qui est un vrai sujet légitime, n’est évoqué qu’au lendemain de la primaire de la droite et à quelques mois de l’élection présidentielle. Les Français et les électeurs ne sont pas des gens dénués de sens critique. Il est clair que tout ce remue ménage à un but : tuer politiquement François Fillon. Pourquoi le tuer ? Assurément pour l’empêcher d’accéder au poste de Président de la République. Pour comprendre les vrais motifs du lynchage médiatique de François Fillon, il convient de voir en quoi François Fillon se distingue des autres candidats et quel(s) autre(s) candidat(s) à l’élection présidentielle est susceptible de tirer les marrons du feu. Sans se lancer dans une analyse approfondie du programme de François Fillon, ce qu’il conviendrait de faire pour mettre en parallèle ce programme avec celui du (des) candidat(s) avantagé(s) par cette affaire, on peut déjà identifier quelques lignes de force qui distingue François Fillon des autres : sa volonté de réforme, sa vision d’un monde multipolaire, son catholicisme affiché, sa volonté de renouer les liens avec Moscou et la Syrie, sortir le pays d’une situation d’endettement, l’idée de redonner à la France une place forte au sein de l’Union européenne. En clair, François Fillon est une « horreur » pour le système qui depuis des décennies est aux commandes. (…) Dans cette affaire, François Fillon a eu le tort de ne pas être le candidat du système en place. Les électeurs de la primaire ont placé en tête de leur choix un candidat qui ne satisfaisait pas aux critères du système. (…) La désignation inattendue de Fillon par les électeurs de la primaire a coupé l’herbe sous le pied de ceux qui attendaient la désignation d’Alain Juppé, un candidat en tout point conforme aux désirs du système. Il était donc nécessaire de virer Fillon et nous assistons aujourd’hui à son assassinat politique pour que ce dernier n’accède pas à la fonction présidentielle. Cette mise à l’écart de Fillon est d’autant plus nécessaire qu’un autre beau et jeune candidat, sorti de presque nulle part, est en vogue et correspond en tout point au profil du candidat du système : Emmanuel Macron. Méditons sur le beau travail des journalistes qui laissent dans l’ombre cette fameuse histoire des 120 000 euros (80% de l’enveloppe budgétaire de représentation du ministère de l’économie) consommée par Macron avant son départ de Bercy pour financer des prestations sans lien avec le ministère de l’économie mais en très fort lien avec la préparation de sa candidature présidentielle. Sur ce sujet, mutisme de la presse. On objectera que si 120 000 euros c’est une somme, elle est toujours inférieure aux 639 000 euros de Mme Fillon, heu pardon, reprenons la méthode de désinformation des médias… les 830 000 euros de Mme Fillon. C’est moins important mais cela s’est produit sur une échelle de temps bien plus courte. Mais vu l’efficacité de la dépense de M. Macron, je vous laisse calculer ce que cela aurait représenté sur 24 ans d’activités politiques…cela donne des frissons.. (…) Enfin la chronologie des évènements parle de façon assez claire : le 25 janvier 2017, le Canard enchaîné publie son article sur l’affaire « Pénélope Fillon », le 26 janvier 2017, le Parquet national financier ouvre une enquête judiciaire et le lendemain plusieurs témoins sont auditionnés….il faut vite virer Fillon. En conclusion, vous l’avez compris : la démocratie a « dérapé » en plaçant François Fillon candidat de la droite française. Le système a vite réagi pour sortir ce candidat gênant de la scène politique et tracer un boulevard à un autre candidat construit, façonné et adulé par le système. Si ce dernier candidat ne devait pas percer, alors ce n’est pas un problème car le nouveau candidat de la droite fera l’affaire car, quel qu’il soit, il sera forcement le candidat désigné de force par le système. Sauf erreur d’analyse de ma part, François Fillon va être sommé de renoncer à l’élection présidentielle pour être remplacé par un candidat cautionné par le système. Les millions d’électeurs qui se sont prononcés lors de la primaire sont donc désavoués et rappelés à l’ordre : vous deviez désigner celui qui était le favori des sondages ! Regis Desmarais 
Depuis janvier 2015, il a été le sujet de plus de 8 000 articles dans Libération, l’Obs, le Monde et l’Express. C’est plus que tout autre candidat, sans parler des multiples couvertures de Paris Match ou VSD façon couple glamour avec sa femme. Et personne ne pourra l’accuser de ne pas savoir trouver les mots qui font rêver et galvanisent les foules (…) De fait, trouver les mots, aussi creux soient-ils, fut le grand travail de sa campagne et dans ce domaine, rien ne fut laissé au hasard. Là encore, on ne pourra pas reprocher à Emmanuel Macron de ne pas avoir exploité à fond toutes les possibilités de la magie du verbe pour captiver un auditoire prêt à tomber en pâmoison. Au cours d’une « grande marche » qui s’est déroulée en porte-à-porte cet été, des « Marcheurs » ont eu « 100 000 conversations » et ont recueilli « 25 000 questionnaires », constituant autant de verbatim dont les mots – pardon on dit « prédicats » à présent – furent analysés via des algorithmes complexes, par la société Liegey Muller Pons, la « première start-up de stratégie électorale en Europe » et par Proxem dont le métier consiste à « changer les conversations en données » (au contraire des journalistes dont le métier consiste à transformer des conversations en courants d’air chaud). (…) Ce discours, ce style, ce show bien orchestré plaisent beaucoup, aux médias, aux socialistes en mal de représentation politique, à tous ceux qui cherchent une nouvelle tête, à tous ceux qui attendent un discours rassurant du type « Yes We Can », à tous ceux qui veulent gagner en liberté sans perdre en protection tutélaire de l’État, à tout ceux qui pensent qu’il suffit d’améliorer la gestion de nos structures sans les remettre en cause fondamentalement. Bonne pioche ! Emmanuel Macron se dit d’une « gauche qui se confronte au réel », c’est-à-dire typiquement d’une gauche sociale-démocrate façon Rocard et même Hollande, le style et la persuasion en plus. Forcément, ça attire : d’après les responsables, En marche ! aurait à ce jour 170 000 adhérents. L’adhésion gratuite, en ligne, ça aide. Bonne pioche toujours, lorsque Benoît Hamon est désigné candidat du PS. Bonne pioche encore, lorsque les affaires embourbent Fillon dans des emplois présumés fictifs. Et super bonne pioche, lorsque les sondages placent finalement notre héros en deuxième position au premier tour de la présidentielle ! (…) Aux grincheux qui pointent régulièrement l’absence d’un vrai programme politique derrière les envolées lyriques, les « Marcheurs », tendrement hypnotisés par leur candidat, rétorquent que si Macron les attire, c’est justement parce qu’il « fédère une vision, il y a une espèce de fluide ». Lubrifiant qui permet d’éviter les frottements douloureux et de rêver à son aise à un monde meilleur (…) C’est ainsi que les 35 heures sont « une avancée sociale non contestable » qui présente « un bilan contrasté » qu’il faudra « adapter sans remettre en cause le principe ». Jolie bourrasque d’air tiède. On souhaite bon courage au futur ministre de l’économie si d’aventure Emmanuel était élu ! Si le mystère reste entier quant au programme de gouvernement de Macron, on a cependant quelques idées sur ce qu’il sera en observant les soutiens qui s’agglutinent à lui. (…) À gauche, on peut citer Gérard Collomb et tous les députés socialistes orphelins de la candidature Valls, les hommes d’affaires Marc Simoncini (Meetic), Xavier Niel (Free) et Pierre Bergé, les deux derniers étant de plus co-propriétaires de l’Obs qui a largement ouvert ses pages à Macron, l’écrivain Erik Orsenna, ancienne plume de Mitterrand, Daniel Cohn-Bendit, Alain Minc, Bernard Kouchner, sans oublier Ségolène Royal qui apporte indirectement le parrainage de François Hollande et une caution de sérieux assez originale dans la gestion des affaires publiques, et sans oublier non plus Geneviève de Fontenay, génialissime caution populaire, venue spécialement à Lyon pour vérifier que Macron n’avait pas  ♥ «  une banque à la place du cœur  » ♥ ! À cette brochette de cadors, ajoutons la droite énarchiste et étatiste représentée par Renaud Dutreil, ancien ministre responsable de la création du pitoyable RSI (que Macron veut réformer, pas forcément pour le bien des Indépendants) et Anne-Marie Idrac, ancienne secrétaire d’État aux transports sous Chirac et ex-présidente de ces fleurons de la réussite nationale que sont la RATP et la SNCF. (…) Il n’en reste pas moins que le vide grandiloquent de ses propos associé au déjà-vu, au progressisme revendiqué et à l’étatisme assumé de l’équipe qui l’entoure fait irrésistiblement penser à la réflexion de Tancrède à son oncle le prince Salina dans le Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change. » Nathalie MP et H16

Vous avez dit déjà vu ?

A l’heure où sur l’immigration, l’Europe vote Trump

Et où comme pour ledit Trump et à l’aide de violations sytématiques et continues du secret judiciaire, se déchaine la curée médiatique contre le seul véritable espoir d’alternative pour la prochaine présidentielle française …

Coupable certes d’avoir largement profité, avec nombre de ses confrères, de pratiques longtemps légales de maximisation (récupération comprise, jusqu’à 2012, des reliquats non utilisés ?) de ses enveloppes d’assistance parlementaire …

Mais seul, 20 ou 30 ans après la Suède, la Nouvelle-Zélande ou le Canada, à avoir le courage d’affronter enfin au nom d’une plus grande efficacité du modèle social …

La véritable réforme de l’État et des politiques publiques qui pourra enfin sortir notre pays du chômage de masse qui le mine …

Comment ne pas voir avec l’excellent billet de nos confrères des blog Nathalie MP et H16 …

Et face tant à l’irrationnalité mariniste qu’à l’honnêteté hamoniste à 300 milliards …

Le véritable bénéficiaire de tant d’acharnement et dernier avatar en date, après ses versions Obama, Hollande ou Trudeau …

A savoir, selon la formule du célébrissime film de Visconti

Celui du changement maintenant pour que rien ne change vraiment ?

Avec Macron, le changement, c’est mollement !

Nathalie MP
9 février 2017

Article écrit en commun par   h16 et Nathalie MP.

Personne ne pourra accuser Emmanuel Macron de ne pas soigner tous les détails de sa candidature présidentielle. Ainsi, fini les petits couinements et le passage aux ultrasons éraillés comme à la fin de son grand meeting de la porte de Versailles en décembre dernier : il suit maintenant les cours d’un chanteur d’opéra ! ♫♪♬ ! 

Macron Couv Maris Match 110816Personne ne pourra l’accuser non plus de négligence avec les médias. Depuis janvier 2015, il a été le sujet de plus de 8 000 articles dans Libération, l’Obs, le Monde et l’Express. C’est plus que tout autre candidat, sans parler des multiples couvertures de Paris Match ou VSD façon couple glamour avec sa femme.

Et personne ne pourra l’accuser de ne pas savoir trouver les mots qui font rêver et galvanisent les foules :

Notre révolution est En Marche… On ne peut plus faire comme avant, il faut dépasser les clivages, rebattre les cartes, remettre la France en mouvement, libérer les forces et apporter l’espérance… Je compte sur votre mobilisation et votre engagement, c’est notre force ! etc…

Pour Manu, qui s’adresse ♫♪♬ « à tous les recalés de l’âge et du chômage, les privés du gâteau, les exclus du partage » ♫♪♬,  il faut dépasser les clivages ♥ et le chacun pour soi. Quand il pense à eux, il pense à lui ❥ et la coïncidence avec les Restos du Cœur ♥ n’est pas tout à fait fortuite parce que c’est de cœur ♥qu’il s’agit, mes amis, mes amours, mes enfants, ♥♥♥♫♪♬ ! 

Voici en substance la teneur de ses appels (vidéo ci-dessous), voici ce qu’il martèle de meeting en meeting sous les applaudissements frénétiques (ou médusés) de milliards milliers de personnes.

Lorsqu’il parade au Palais des Sports de Lyon, des millions milliers de personnes viennent boire ses paroles : 8 000 selon les organisateurs, 800 000 selon les médias et plusieurs milliers d’autres, massées aux abords. Telle une rock-star, Macron fend la foule en musique (vidéo ci-dessous), voit dans « ce mur de présence » un désir d’avenir, une « démonstration d’envie de sa candidature », et, se prenant manifestement pour Napoléon Ier à Austerlitz et prenant visiblement ses « Marcheurs » (le petit nom des « adhérents ») pour les fantassins de sa campagne, lance avec cette modestie onctueuse de ceux qui osent tout (et c’est à ça qu’on les reconnaît) :

« Vous pourrez dire : ‘J’étais là’. Parce que nous allons changer les choses encore aujourd’hui et nous continuerons à avancer. Ensemble ! »

Dans la même veine, voici une petite vidéo hautement réjouissante alignant les « meilleurs moments » d’Emmanuel Macron aux instruments à vent : « Ce que nous ferons pour la culture, mes amis, c’est un chemin » – « Je veux réconcilier la France avec le Monde » – etc … etc…

De fait, trouver les mots, aussi creux soient-ils, fut le grand travail de sa campagne et dans ce domaine, rien ne fut laissé au hasard. Là encore, on ne pourra pas reprocher à Emmanuel Macron de ne pas avoir exploité à fond toutes les possibilités de la magie du verbe pour captiver un auditoire prêt à tomber en pâmoison.

Au cours d’une « grande marche » qui s’est déroulée en porte-à-porte cet été, des « Marcheurs » ont eu « 100 000 conversations » et ont recueilli « 25 000 questionnaires », constituant autant de verbatim dont les mots – pardon on dit « prédicats » à présent – furent analysés via des algorithmes complexes, par la société Liegey Muller Pons, la « première start-up de stratégie électorale en Europe » et par Proxem dont le métier consiste à « changer les conversations en données » (au contraire des journalistes dont le métier consiste à transformer des conversations en courants d’air chaud).

Cette « grande marche », au-delà du côté proximité, écoute et rencontre avec la France « vraie de vraie », a surtout eu pour objectif de définir au mieux le discours qui sera « le plus intelligible possible pour le plus de monde possible. » En clair, le discours qui ratissera le plus large, déclenchera le plus de réactions positives et transformera les auditeurs en adhérents scotchés.

Ajoutez qu’Emmanuel Macron est jeune, intelligent, tout beau et tout nouveau. Il n’a jamais été élu, mais l’Elysée direct, ça ne lui fait même pas peur ! Mieux encore : il est de gauche (il l’a dit cent fois) mais il peut aussi être de droite si besoin est, d’autant qu’il n’est plus membre du PS tout en étant socialiste, et ayant participé à un gouvernement de gauche, « mais quelle importance ? » (vidéo 01′ 10″) :

Ce discours, ce style, ce show bien orchestré plaisent beaucoup, aux médias, aux socialistes en mal de représentation politique, à tous ceux qui cherchent une nouvelle tête, à tous ceux qui attendent un discours rassurant du type « Yes We Can », à tous ceux qui veulent gagner en liberté sans perdre en protection tutélaire de l’État, à tout ceux qui pensent qu’il suffit d’améliorer la gestion de nos structures sans les remettre en cause fondamentalement.

Bonne pioche ! Emmanuel Macron se dit d’une « gauche qui se confronte au réel », c’est-à-dire typiquement d’une gauche sociale-démocrate façon Rocard et même Hollande, le style et la persuasion en plus. Forcément, ça attire : d’après les responsables, En marche ! aurait à ce jour 170 000 adhérents. L’adhésion gratuite, en ligne, ça aide.

Bonne pioche toujours, lorsque Benoît Hamon est désigné candidat du PS. Bonne pioche encore, lorsque les affaires embourbent Fillon dans des emplois présumés fictifs. Et super bonne pioche, lorsque les sondages placent finalement notre héros en deuxième position au premier tour de la présidentielle !

Décidément, Manu Macron, c’est de la très bonne pioche !

Aux grincheux qui pointent régulièrement l’absence d’un vrai programme politique derrière les envolées lyriques, les « Marcheurs », tendrement hypnotisés par leur candidat, rétorquent que si Macron les attire, c’est justement parce qu’il « fédère une vision, il y a une espèce de fluide ». Lubrifiant qui permet d’éviter les frottements douloureux et de rêver à son aise à un monde meilleur :

« Un président, ce n’est pas un épicier. L’important, c’est d’avoir une vision, pas forcément d’être dans les détails de la comptabilité. » (un participant au meeting de Lyon, 4 février 2017)

Malgré tout, ce programme trop diaphane gêne certains militants. Sa divulgation ayant été souvent annoncée puis repoussée, pour être finalement fixée à début mars, les « Jeunes avec Macron » ont pris sur eux de construire un site internet reprenant les principales déclarations de leur leader pour leur donner un semblant de consistance.

Ça ne s’invente pas, ce site s’appelle « Vision Macron » et surfe avec application sur un océan de lieux communs des plus vagues, dispatchés en une partie « Diagnostic » puis une partie « Action ». La partie « Réaction » est laissée comme exercice au lecteur.

C’est ainsi que les 35 heures sont « une avancée sociale non contestable » qui présente « un bilan contrasté » qu’il faudra « adapter sans remettre en cause le principe ». Jolie bourrasque d’air tiède. On souhaite bon courage au futur ministre de l’économie si d’aventure Emmanuel était élu !

Si le mystère reste entier quant au programme de gouvernement de Macron, on a cependant quelques idées sur ce qu’il sera en observant les soutiens qui s’agglutinent à lui.

Au-delà de sa tendresse pour le socialisme du réel qui signe son tropisme social-démocrate, on constate sans trop de surprise que les ralliements qu’il enregistre en nombre sont tous le fait d’individus extrêmement à l’aise dans « le système » dont il prétend s’affranchir et que certains d’entre eux sont de vieux routards de la politique depuis des dizaines d’années.

À gauche, on peut citer Gérard Collomb et tous les députés socialistes orphelins de la candidature Valls, les hommes d’affaires Marc Simoncini (Meetic), Xavier Niel (Free) et Pierre Bergé, les deux derniers étant de plus co-propriétaires de l’Obs qui a largement ouvert ses pages à Macron, l’écrivain Erik Orsenna, ancienne plume de Mitterrand, Daniel Cohn-Bendit, Alain Minc, Bernard Kouchner, sans oublier Ségolène Royal qui apporte indirectement le parrainage de François Hollande et une caution de sérieux assez originale dans la gestion des affaires publiques, et sans oublier non plus Geneviève de Fontenay, génialissime caution populaire, venue spécialement à Lyon pour vérifier que Macron n’avait pas  ♥ «  une banque à la place du cœur  » ♥ !

À cette brochette de cadors, ajoutons la droite énarchiste et étatiste représentée par Renaud Dutreil, ancien ministre responsable de la création du pitoyable RSI (que Macron veut réformer, pas forcément pour le bien des Indépendants) et Anne-Marie Idrac, ancienne secrétaire d’État aux transports sous Chirac et ex-présidente de ces fleurons de la réussite nationale que sont la RATP et la SNCF.

Le vrai défi, maintenant, consistera à croire que ce sont ces personnes qui seront capables de mettre en marche une révolution vertueuse, alors qu’elles sont toutes liées à tout ce que la France fait sans succès depuis quarante ans en terme de chômage, de dépenses publiques, de déficit et de dette.

Il va en falloir, de la foi, pour imaginer que l’État, gonflé d’orgueil à l’idée d’être stratège, va continuer à l’être sans se fracasser sur des catastrophes financières qui se chiffrent en milliards d’euros.

Il va en falloir, de la ferveur, pour voir en Emmanuel Macron l’artisan d’une transformation libérale de la France, lui dont le bilan se résume à des conseils catastrophiques pendant un quinquennat calamiteux et à une loi qui aura permis d’ouvrir quelques lignes d’autocars et quelques magasins un nombre limité de dimanches.

Conclusion

Certes, Emmanuel Macron s’est montré particulièrement habile à mobiliser médias et public autour de lui. Certes, il a su trouver les mots les plus susceptibles de toucher des Français désorientés et désireux de changement, mais aussi de protection et d’attention. Certes, il a su faire passer un message de nouveauté et de modernité en menant une campagne aussi originale que calibrée au millimètre comme s’il vendait le produit Macron à des consommateurs et non pas un programme politique à des électeurs. Soit.

Il n’en reste pas moins que le vide grandiloquent de ses propos associé au déjà-vu, au progressisme revendiqué et à l’étatisme assumé de l’équipe qui l’entoure fait irrésistiblement penser à la réflexion de Tancrède à son oncle le prince Salina dans le Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change. »

Emmanuel Macron n’est rien d’autre que la nouvelle frimousse « hors-système » choisie par le « système », coterie de médias et de politiciens qui nous gouvernent. C’est un changement purement formel, sans rien de fondamental pour la France et les Français, qui préservera nos élites au pouvoir.

Le navire de gauche a coulé. Celui de droite prend l’eau. Les rats quittent ces navires incertains pour courir chez Macron, ce « révolutionnaire » qui rassure tous les étatistes et leur promet qu’il suffit de dire que tout va changer pour que finalement rien ne change. ♫♪♬ !

Voir aussi:

Lynchage de Fillon: la France est-elle encore une démocratie?

Non au gouvernement des juges et des médias
Marc Joncour est retraité de l’informatique.

09 février 2017

Le lynchage médiatique de François Fillon et l’écho qu’il semble rencontrer dans l’opinion montrent à quel point le système politico-médiatico-judiciaire tombe en déliquescence. Mise à mal par le gouvernement des juges et des médias la démocratie représentative est en danger

Jusqu’à une date récente, le lynchage médiatique était plutôt une spécialité anglo-saxonne. La presse française pouvait s’honorer d’être plus mesurée et plus équilibrée que ses consœurs britanniques ou américaines. Mais l’arrivée d’Internet, des réseaux sociaux, des chaînes d’informations permanentes, a bouleversé le paysage médiatique partout dans le monde. La France n’y échappe pas.

Il est stupéfiant de constater la façon dont certaines des allégations sorties par Le Canard enchaîné et Médiapart sont reprises en boucle par presque tous les médias. Ces affirmations sont totalement à charge et peu de rédactions osent donner des arguments à décharge, alors que ceux-ci existent et sont d’importance. Il est encore plus stupéfiant de constater que la justice s’est emparée de cette affaire alors que rien ne justifie qu’elle le fasse.

Quelles sont les accusations formulées ? François Fillon aurait employé son épouse et deux de ses enfants au cours de ses mandats successifs de député puis de sénateur. Et ces emplois ne seraient pas réels mais fictifs.

Collaborateur parlementaire, tout un métier

Quels sont les journalistes qui ont étudié la loi concernant le statut et les fonctions des collaborateurs parlementaires ? Quels sont les journalistes qui ont rapporté à leurs lecteurs ces éléments de base permettant de se faire une opinion éclairée sur les allégations formulées par les accusateurs ? Quasiment aucun ! Ce qui montre la partialité de la majorité des organes de presse et leur absence éhontée de déontologie !

Alors rappelons la loi telle qu’elle existe. Chaque député dispose d’un crédit mensuel forfaitaire de 9.561 € lui permettant de recruter et rémunérer jusqu’à cinq collaborateurs. Quant au sénateur, il dispose d’un crédit de 7.593 € pour la rémunération, lui aussi, d’un maximum de cinq collaborateurs. Pour la simplicité du propos, je me limite ci-après au seul cas des députés.

Chacun des députés a la qualité d’employeur. Le collaborateur est le salarié du député, non celui de l’Assemblée nationale. Les collaborateurs sont recrutés sur la base d’un contrat de travail de droit privé. Le député recrute librement ses collaborateurs, licencie, fixe les conditions de travail et le salaire de son personnel, dans le respect des dispositions du code du travail. Les contrats de travail comportent deux stipulations directement liées au mode de gestion du crédit collaborateur. La première, relative à l’objet du contrat, dispose que « le député-employeur, agissant pour son compte personnel, engage le salarié qui lui est juridiquement et directement subordonné et a toute sa confiance pour l’assister dans l’exercice de son mandat parlementaire ». La seconde précise que « la cessation, pour quelque cause que ce soit, du mandat du député-employeur constitue une juste cause de rupture automatique du contrat ». Depuis 1978, des indemnités de fin de contrat, financées par l’Assemblée nationale,  sont allouées aux collaborateurs en cas de cessation du mandat du député-employeur (ce qui justifie les indemnités – qualifiées de « licenciement » par le Canard enchaîné – perçues deux fois par Pénélope Fillon).

La fiction des emplois fictifs

Certains prétendent qu’il s’agirait d’emplois fictifs. Dès lors que les contrats de travail et les feuilles de paie existent en bonne et due forme – ce qui semble être le cas – il ne peut pas y avoir emploi fictif puisque la seule personne à pouvoir juger et contrôler le contenu et la valeur du travail effectué est le parlementaire lui-même. Imagine-t-on la justice intervenir dans une entreprise pour vérifier la réalité du travail d’un de ses salariés ? Seul l’employeur a qualité pour le faire.

On reproche à François Fillon de ne pas apporter de preuves du travail réel effectué par Pénélope. Peut-être en a-t-il d’ailleurs fourni à la justice. Mais en tout état de cause, comment prouver qu’on a préparé un discours du député, qu’on l’a corrigé à plusieurs reprises, qu’on a préparé les réponses aux nombreux courriers des administrés, qu’on a mené un travail de réflexion ou de recherche sur un sujet donné ?

La façon dont les médias ont traité cette affaire est assez exceptionnelle. Les accusations à l’encontre de François et Pénélope Fillon ont monopolisé depuis plus de deux semaines la quasi-totalité de l’information en France. Paul Valéry affirmait à juste titre : « Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’opinion ». Jamais ces paroles n’ont été aussi vraies. A tel point que même les plus ardents supporters de François Fillon se sont mis à douter de son honnêteté. Et l’information est devenue un feuilleton quotidien, chacun cherchant à justifier les propos de Samuel Butler, cet écrivain britannique du XIXe siècle : « Le meilleur menteur est celui qui fait servir le même mensonge le plus longtemps possible ».

L’opinion sous influence

Pourquoi cette affaire sort-elle précisément en janvier 2017 alors que les faits reprochés remontent à plusieurs années ? Pourquoi la justice s’en empare-t-elle avec une telle diligence ? Quel objectif cherchent à atteindre ceux qui ont manipulé et fabriqué l’opinion, ceux qui l’ont mise sous tutelle ?

La réponse est évidente. Dans un premier temps, il s’agit de faire baisser François Fillon dans les sondages et dans les intentions de vote pour arriver au constat que le candidat de la droite et du centre ne sera pas qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle. L’objectif suivant étant de l’obliger, sous la pression des mauvais sondages, à renoncer à se présenter à l’élection pour laisser le champ libre au duel rêvé par les médias – entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron (ce dernier est d’ailleurs une pure fabrication du système médiatique). Dès que l’objectif sera atteint, la presse cessera de s’intéresser au cas de François Fillon. Le « PénélopeGate » disparaîtra immédiatement des radars médiatiques.

Concernant la justice, notons que c’est le parquet national financier (PNF) qui s’est autosaisi de l’affaire, 24 heures seulement après les révélations du Canard enchaîné. Le PNF, présenté comme « autonome », a été installé par le gouvernement socialiste le 6 décembre 2013, et son procureur, la magistrate Éliane Houlette – une proche de Ségolène Royal – a été choisie et nommée à la discrétion de François Hollande.

La démocratie confisquée

François Fillon risque d’être la dernière victime en date de cette presse uniquement motivée par la réussite des lynchages médiatiques qu’elle met en œuvre. Dans la série des assassinats politiques, il succédera ainsi à Jacques Chaban-Delmas (l’affaire de sa feuille de paye et de l’avoir fiscal), à Valéry Giscard d’Estaing (l’affaire des diamants de Bokassa), à Pierre Bérégovoy (l’affaire de son prêt à taux zéro qui le conduira au suicide), mais aussi à Dominique Baudis, Michèle Alliot-Marie ou Nicolas Sarkozy.

À propos de l’action du PNF dans l’affaire Fillon, un ancien juge interrogé par Valeurs actuelles dénonce une « très belle opération de déstabilisation » et « un coup d’État de droit ! ». Il ajoute : « Ces officines pensent qu’elles peuvent disqualifier un candidat à la présidentielle, c’est extrêmement choquant. » Dans le même journal, un ancien ministre s’indigne : « Pour la première fois dans l’histoire dela Ve République, on a créé un “cabinet noir légal” au service de l’exécutif. »

La question est désormais simple : sommes-nous en train de glisser vers une dictature des médias et des juges, auquel cas la démocratie représentative serait en grand danger ! Notre démocratie, qui donne au peuple le pouvoir ultime, va-t-elle être confisquée par ceux qui se prétendent être ses défenseurs, à savoir les juges et les médias ?

Quatre millions et demi de Français se sont déplacés au mois de novembre dernier pour désigner – à une très large majorité – François Fillon comme candidat de la droite et du centre à la prochaine élection présidentielle. Ils ont voté pour un programme et ils ont voté pour l’homme en capacité de le mener à bien. Si cet homme devait se trouver dans l’impossibilité de poursuivre sa candidature, le peuple français vivrait alors un véritable déni de démocratie.

Le risque, après toute cette affaire, c’est de faire le jeu de Marine Le Pen au second tour de l’élection, en amenant tous les électeurs qui se seront fait confisquer leur élection par le retrait forcé de François Fillon, à voter en masse pour elle. Dès lors, bonjour le destin de la France !

Voir également:

L’assassinat politique de François Fillon
Regis Desmarais
4 févr. 2017

Les masques tombent : l’affaire François Fillon se révèle être un véritable assassinat politique, mené tambour battant et avec une efficacité redoutable. Pourtant, un léger recul permet de voir cette affaire d’une façon différente et instructive. Ce qui se passe n’est rien de moins que la révélation des simulacres dans lesquels nos démocraties ont sombré.

Ce matin, sur France Info, un journaliste s’indignait de la réaction de ceux qui critiquent la charge médiatique sur François Fillon en vociférant (enfin presque) « mais on fait notre travail de journaliste ! ». Cette proclamation « On fait notre travail de journaliste » m’a laissé rêveur quand on songe à ce que nous dit, en creux, cette affaire Fillon sur le mode de fonctionnement de notre démocratie.

Pour décrypter et comprendre ce que cache l’affaire Fillon, il convient évidemment de s’abstraire du tumulte médiatique pour poser à plat les données de cette affaire, en apprécier la portée, voir les mécanismes de pouvoir en jeu et essayer d’identifier qui sera bénéficiaire de tout ce brouhaha médiatique.

Que se passe-t-il dans la maison Fillon ? La révélation, au moment où François Fillon est devenu le candidat de la droite à l’élection présidentielle française, d’une pratique commune dans le microcosme politique : rémunérer ses proches à des postes laissés à discrétion de l’élu.

La rémunération de Pénélope Fillon par François Fillon

M. Fillon a ainsi rémunéré sa femme sur un poste d’attaché parlementaire. Sur ce sujet, rien de neuf dans le monde politique. La plupart des élus, si ce n’est la totalité, emploient des proches sur des postes directement rattachés à l’exercice de leur mandat électif : la femme, l’époux, les enfants, la maitresse ou l’amant et parfois d’autres parents, sont rémunérés sur des postes d’attaché parlementaire. La pratique est courante, non interdite par la loi et connue de la presse depuis des lustres. C’est légal, mais évidemment moralement douteux dans un pays où tant de gens sont au chômage et où on invoque à tout bout de champ la nécessité de faire ses preuves. Certains, dans notre République, bénéficient de piston, de rente de situation en étant les parents ou ami(e)s intimes d’un élu. C’est triste mais ce n’est affreusement pas nouveau.

Ce que l’on peut reprocher à François Fillon sur ce point, c’est d’avoir été comme les autres élus, ni plus, ni moins vertueux. Or, on attend d’un candidat à la présidence de la République une droiture certaine et une exemplarité de fait. Bon, ça c’est dans un monde idéal. Dans nos démocraties du 21ème siècle, la droiture et la moralité sont en dose limitée dans le sang du politique. En somme, sur la question du principe de la rémunération de Pénélope Fillon par François Fillon, il est difficile de faire les vierges effarouchées qui découvrent comment on fait des enfants sauf à avoir une sacré dose d’hypocrisie.

Un autre argument est abondamment déversé par la presse afin d’effarer le citoyen électeur : le montant des salaires versés.

Des salaires pharamineux perçus par Mme Fillon ?

Les parlementaires rémunèrent leurs collaborateurs en puisant dans une enveloppe mise à leur disposition par les institutions. Le montant mensuel de cette enveloppe est de 9 561 euros (si l’Assemblée Nationale est en charge de la gestion du contrat de travail et paye les charges sociales) ou de 14 341 euros (dans ce cas c’est l’élu qui gère le contrat de travail et qui verse lui-même les charges patronales à prélever dans cette enveloppe).

Mme Fillon a été rémunérée de 1989 à 2013 pour un montant de 830 000 euros…..bruts ! Et oui, la presse brandit ce montant proche du million d’euros en omettant de préciser que la somme est en euros bruts. En net, Mme Fillon a perçu 639 000 euros et l’Etat a récupéré 191 000 euros ! En salaire mensuel net, sur la période considérée, Mme Fillon a donc perçu 2 218,75 euros. C’est une jolie somme, mais le travail d’un attaché parlementaire correspond à un travail d’agent de catégorie A de la fonction publique et le montant du salaire net n’est pas manifestement choquant ni déraisonnable.

Les salaires perçus par Mme Fillon sont-il pharamineux ? La réponse est non et cette réponse résulte des chiffres eux-mêmes et non d’un sentiment ou d’une opinion personnelle sur ce que devrait être le salaire d’un attaché parlementaire.

Autre argument avancé pour déstabiliser la candidature de François Fillon : l’effectivité du travail réalisé par Mme Fillon.

Mme Fillon a-t-elle perçu une rémunération de complaisance ?

Une interview de Mme Fillon circule dans laquelle elle dit qu’elle n’avait pas travaillé pour son mari. Là, c’est désastreux. Ou bien Mme Fillon a perçu 2 218,75 euros nets par mois pour un travail effectif ou bien elle a perçu cet argent sans contrepartie. Comment répondre à cette question à la place du principal et de la principale intéressée ? En essayant de suivre un raisonnement logique. Si Mme Fillon n’a pas travaillé pour son mari pendant 24 ans alors quelqu’un d’autre a exercé ces fonctions d’attaché parlementaire car il est impossible à un élu national d’exercer son mandat électif sans l’aide d’un attaché. Or, que pouvons-nous observer ? Un grand silence de la presse à ce sujet. Personne ne nous dit qui a réellement travaillé et surtout qui a travaillé pendant 24 ans pour les beaux yeux de François Fillon, c’est-à-dire gratuitement puisque l’enveloppe réservée à la rémunération de l’attaché parlementaire de M. Fillon servait à rémunérer une femme qui ne faisait rien.

Vous connaissez beaucoup de gens qui travaillent pendant 24 ans sans percevoir de salaire ? Moi non. La logique veut que Mme Fillon ait bel et bien travaillé pour son mari. Alors cette interview ? Rappelons que cette interview a été sortie de son contexte, est ancienne et est l’interview d’une femme qui ne considérait sans doute pas que travailler pour son mari était un travail classique, voire un travail tout court. Je ne vais pas écrire que le couple Fillon est innocent et que le travail a été effectif en l’absence de preuves matérielles mais le bon sens et la logique doivent nous interpeller et nous conduire à poser les bonnes questions. Qui aurait alors travaillé pendant 24 ans sans rémunération pour François Fillon ? Personne assurément. De fait, Mme Fillon n’est certainement pas restée inerte pendant toute cette période. Avant de hurler à la mort politique du candidat Fillon, les journalistes qui font leur travail devraient creuser cette question.

Tout ceci nous interpelle sur le contexte dans lequel surgit cette affaire…

Le contexte

François Fillon, à la différence de M. Macron, n’est pas un jeune nouveau dans le paysage politique. Il a détenu différents portefeuilles ministériels et il a été Premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant cinq années… Cinq années au cours desquelles son épouse a perçu une rémunération d’attaché parlementaire. Etrange que la presse qui fait son travail ne se soit pas emparée de cette question à l’époque. Curieusement, ce sujet qui est un vrai sujet légitime, n’est évoqué qu’au lendemain de la primaire de la droite et à quelques mois de l’élection présidentielle. Les français et les électeurs ne sont pas des gens dénués de sens critique. Il est clair que tout ce remue ménage à un but : tuer politiquement François Fillon. Pourquoi le tuer ? Assurément pour l’empêcher d’accéder au poste de Président de la République. Pour comprendre les vrais motifs du lynchage médiatique de François Fillon, il convient de voir en quoi François Fillon se distingue des autres candidats et quel(s) autre(s) candidat(s) à l’élection présidentielle est susceptible de tirer les marrons du feu.

Sans se lancer dans une analyse approfondie du programme de François Fillon, ce qu’il conviendrait de faire pour mettre en parallèle ce programme avec celui du (des) candidat(s) avantagé(s) par cette affaire, on peut déjà identifier quelques lignes de force qui distingue François Fillon des autres : sa volonté de réforme, sa vision d’un monde multipolaire, son catholicisme affiché, sa volonté de renouer les liens avec Moscou et la Syrie, sortir le pays d’une situation d’endettement, l’idée de redonner à la France une place forte au sein de l’Union européenne. En clair, François Fillon est une « horreur » pour le système qui depuis des décennies est aux commandes. Quel est ce système : celui du monde financier dont le seul dieu est l’argent et dont le moteur est la consommation des masses sans cesse développée grâce à l’endettement. Système dont le rêve est celui d’un monde globalisé où les populations se distinguent par leur indistinction car toutes soumises au dictat de la dépense avec pour finalité à l’existence : consommer pour vivre et vivre pour s’endetter. Je sais, je force le trait mais il n’est pas nécessaire de trop appuyer le feutre sur le papier pour le forcer.

Dans cette affaire, François Fillon a eu le tort de ne pas être le candidat du système en place. Les électeurs de la primaire ont placé en tête de leur choix un candidat qui ne satisfaisait pas aux critères du système. Or, vous le savez bien, qui a l’argent possède le pouvoir. Dans un monde ou plus de 99% des richesses planétaires sont entre les mains de 1% de la population mondiale, il est hors de question que la démocratie, qui par nature est la loi de la majorité donc des moins fortunée, laisse passer des candidats qui ne sont pas autorisés et souhaités par le système. Ce que les électeurs citoyens doivent comprendre dans cette affaire, c’est que nos démocraties contemporaines sont des simulacres. Oui, on choisit les candidats puis celui qui occupe la fonction suprême mais à la condition que ces candidats soient validés et pré-filtrés par le système lequel est le système financier et le lieu de pouvoir de ces 1% de la population qui possède plus de 99% de la richesse mondiale (8 personnes au monde possèdent même en patrimoine ce que possède la moitié de la population planétaire la plus pauvre cela donne le vertige et permet de comprendre que nos démocraties sont aujourd’hui des simulacres).

La désignation inattendue de Fillon par les électeurs de la primaire a coupé l’herbe sous le pied de ceux qui attendaient la désignation d’Alain Juppé, un candidat en tout point conforme aux désirs du système. Il était donc nécessaire de virer Fillon et nous assistons aujourd’hui à son assassinat politique pour que ce dernier n’accède pas à la fonction présidentielle.

Cette mise à l’écart de Fillon est d’autant plus nécessaire qu’un autre beau et jeune candidat, sorti de presque nulle part, est en vogue et correspond en tout point au profil du candidat du système : Emmanuel Macron. Méditons sur le beau travail des journalistes qui laissent dans l’ombre cette fameuse histoire des 120 000 euros (80% de l’enveloppe budgétaire de représentation du ministère de l’économie) consommée par Macron avant son départ de Bercy pour financer des prestations sans lien avec le ministère de l’économie mais en très fort lien avec la préparation de sa candidature présidentielle. Sur ce sujet, mutisme de la presse. On objectera que si 120 000 euros c’est une somme, elle est toujours inférieure aux 639 000 euros de Mme Fillon, heu pardon, reprenons la méthode de désinformation des médias… les 830 000 euros de Mme Fillon. C’est moins important mais cela s’est produit sur une échelle de temps bien plus courte. Mais vu l’efficacité de la dépense de M. Macron, je vous laisse calculer ce que cela aurait représenté sur 24 ans d’activités politiques…cela donne des frissons.. M. Macron ne vient pas vraiment de nulle part mais de la banque Rothschild…eh oui M. Macron est un pur produit du système financier et du monde de l’argent. Regardons ses soutiens : Jacques Attali, Pierre Bergé ou le maire de Lyon qui récemment hurlait sa douleur existentielle en déclarant que vivre qu’avec 4 000 euros par mois était insupportable… Jamais un candidat se déclarant anti-système n’aura été un candidat à ce point issu du système et validé par ce système.

Enfin la chronologie des évènements parle de façon assez claire : le 25 janvier 2017, le Canard enchaîné publie son article sur l’affaire « Pénélope Fillon », le 26 janvier 2017, le Parquet national financier ouvre une enquête judiciaire et le lendemain plusieurs témoins sont auditionnés….il faut vite virer Fillon.

En conclusion, vous l’avez compris : la démocratie a « dérapé » en plaçant François Fillon candidat de la droite française. Le système a vite réagi pour sortir ce candidat gênant de la scène politique et tracer un boulevard à un autre candidat construit, façonné et adulé par le système. Si ce dernier candidat ne devait pas percer, alors ce n’est pas un problème car le nouveau candidat de la droite fera l’affaire car, quel qu’il soit, il sera forcement le candidat désigné de force par le système. Sauf erreur d’analyse de ma part, François Fillon va être sommé de renoncer à l’élection présidentielle pour être remplacé par un candidat cautionné par le système. Les millions d’électeurs qui se sont prononcés lors de la primaire sont donc désavoués et rappelés à l’ordre : vous deviez désigner celui qui était le favori des sondages ! Pour la première fois, jamais le simulacre de la démocratie ne se sera dévoilé avec autant de pertinence aux citoyens qui acceptent d’ouvrir les yeux et de raisonner en dehors de tout mouvement d’humeur. Un conseil, pour l’élection présidentielle, comme tout est joué d’avance, autant aller à la pêche et conserver en vous une place pour le souvenir de François Fillon, martyr du simulacre de démocratie.

Voir encore:

Philippe Bilger : «François Fillon est de retour !»
Philippe Bilger
Le Figaro

06/02/2017

FIGAROVOX/OPINION – Le magistrat honoraire, Philippe Bilger, a regardé la conférence de presse de François Fillon. Il a trouvé la plaidoirie du candidat LR convaincante.

Magistrat honoraire, président de l’Institut de la parole, Philippe Bilger a été plus de vingt ans avocat général à la Cour d’Assises de Paris. Auteur de très nombreux ouvrages, il tient le blog Justice au singulier et vient de publier La parole, rien qu’elle (éd. Le Cerf, 2017).
Depuis ses remarquables prestations politiques et médiatiques pour la primaire de la droite et du centre, François Fillon avait en quelque sorte disparu.

Comme si l’éclat de sa victoire l’avait presque déstabilisé à cause des immenses responsabilités qu’elle faisait peser sur lui.

Puis il y a eu l’article sur les prétendus emplois fictifs de son épouse Pénélope dans le Canard enchaîné du 25 janvier. Cet hebdomadaire, dont on aimerait qu’il s’attachât avec tant d’obstination et de malignité à d’autres responsables politiques de haut niveau, n’a jamais cessé de s’en prendre à François Fillon et ce depuis longtemps. Mediapart s’est associé à cette entreprise qui ressemblait plus à de la démolition qu’à de l’investigation.

Il y a eu, cette campagne lancée contre lui, un flot inouï d’attaques, d’insinuations, d’absurdités, de partialités et de trahisons qui avaient tous pour objectifs de présumer François Fillon coupable, de désespérer la droite qui avait enfin trouvé un candidat à la fois intègre, courageux et digne et de laisser croire à certains ambitieux qu’ils avaient leurs chances à sa place. Il faudra retenir leur nom si la campagne présidentielle confirme le prélude de la primaire.

Comment n’y aurait-il pas eu de la part de François Fillon plus qu’un flottement, comme un bouleversement, des variations, des tentatives presque désespérées pour faire admettre sa bonne foi et l’ignoble du procès médiatique intenté à la famille Fillon?

Qui aurait pu résister à ce terrifiant cumul d’une autorité judiciaire se saisissant dans l’urgence après un simple article, de quelques médias acharnés à sa perte, de la honte et de l’indignité déversées sur un couple et ses enfants, du lynchage voluptueux d’une personnalité à laquelle il fallait faire payer le fait qu’elle avait eu le droit de donner des leçons de morale, de prétendus soutiens se plaisant à distiller le doute et le soupçon à son encontre, d’un pouvoir qui à l’évidence n’était pas resté indifférent à ce qui se déroulait et qui aurait pu aboutir à rien de moins qu’à l’élimination du candidat de la droite honorable et heureusement radicale du second tour de l’élection présidentielle? Qui aurait pu affronter sans faiblesse ni approximations ce maelstrom de quelques jours?

D’autant plus que le moins qu’on puisse dire est que la cellule de communication auprès de François Fillon a connu des ratés qu’un amateur aurait su prévenir, notamment dans la distinction trop lentement appréhendée entre le légal et le décent, au cœur de l’affaire Fillon.

François Fillon a eu le courage de l’avouer lors de la conférence de presse qui a marqué son retour. Il a été assommé, il a pris un coup dans l’estomac et a perdu un temps sa réactivité et sa lucidité. Encore troublé, ému, affecté, mais sa maîtrise recouvrée, il a offert non seulement une défense mais une justification de qualité. Non seulement il n’a transgressé aucune loi mais il a toujours favorisé, par son action politique, l’élévation de la morale publique.

Je ne me fais aucune illusion. On ne le laissera quitte de rien. Les officines du pouvoir et les médias ne désirant l’impartialité que pour leurs amis continueront à le harceler.
Lors de cette rencontre avec les journalistes qui n’a duré que 45 minutes, il a été si convaincant, si clair, si net, si vigoureux dans certaines de ses répliques, si lucide dans l’analyse politique de cette machine de guerre lancée contre lui, son programme et donc le peuple de droite auquel on prétendait voler son enthousiasme d’avoir enfin une personnalité à soutenir par adhésion et non plus par défaut que les professionnels du questionnement sont vite demeurés cois.

Rien sur La Revue des Deux Mondes, des interrogations répétées sur un éventuel remboursement. S’ils n’ont pas été à la hauteur, cela tenait d’abord au fait qu’une baudruche enflée jusqu’à la démesure avait éclaté et surtout à ce constat qu’ayant enfin décidé de s’expliquer et de tout dire, François Fillon avait réduit à néant tout un dispositif qui se plaisait, sans véritable contradiction, à l’accabler alors que l’honnêteté, la sincérité et peut-être une certaine maladresse étaient de l’autre côté.

Pour ma part, j’ai apprécié que François Fillon ait maintenu sa phrase sur la mise en examen, qu’un remboursement serait injuste pour ses proches et qu’en définitive il soit parvenu à faire réapparaître celui qu’il avait été lors de la primaire.

Je ne me fais aucune illusion. On ne le laissera quitte de rien. Les officines du pouvoir et les médias ne désirant l’impartialité que pour leurs amis continueront à le harceler.

Mais quelque chose a changé.

Enfin il a compris. Il ne s’agissait pas seulement de Français troublés mais de bien plus. Il a présenté ses regrets, des excuses. Il l’a affirmé avec force: ce qui est légal peut être perçu comme peu moral.

Il a vigoureusement posé les termes du débat et de l’affrontement. D’un côté le tribunal médiatique – il a affirmé sa confiance pour l’issue judiciaire -, de l’autre le peuple français.

François Fillon de retour n’a été animé par rien d’autre que le souci de rendre à une part importante de celui-ci une victoire qu’on croyait déjà lui avoir volée.

Voir de plus:

«François Fillon doit lire Gramsci»

Paul-Marie Coûteaux

Le Figaro
06/02/2017

FIGAROVOX/TRIBUNE – Avec Benoît Hamon et François Fillon, l’opposition historique entre droite et gauche est redevenue maximale. Pour l’ancien eurodéputé souverainiste, «il faut toutes affaires cessantes reconstruire une droite idéologique».


Paul-Marie Coûteaux, né le 31 juillet 1956 à Paris, est un haut fonctionnaire, essayiste et homme politique français. Il a été député européen souverainiste de 1999 à 2009.


La droite française, déstabilisée à la première bourrasque alors qu’elle se veut, à juste titre, majoritaire dans le pays, devrait réfléchir à sa fragilité. Elle semble ne pas comprendre le moment historique, ni même savoir ce qu’elle est dans ce moment, au point que, incapable de faire bloc, elle se laisse manœuvrer par toutes les opérations de l’adversaire. Pourtant, la théorie gramscienne du «bloc historique», qu’on cite sans cesse mais en ne l’effleurant que du bout de l’aile, et sous son acception la plus lapidaire (l’idée que la pensée précède le combat politique – «Au fond des victoires d’Alexandre, on trouve toujours Aristote» comme disait de Gaulle) donnerait de fameuses clefs, si du moins on se donnait la peine de l’étudier de plus près.

Le théoricien italien observait que les générations constituaient à tour de rôle des «blocs historiques» soudant l’ensemble d’une société autour de paradigmes communs – subversifs d’abord, puis peu à peu dominants, avant de se faner et décliner. Ces ensembles idéologiques sont d’abord élaborés par les «intellectuels centraux» (écrivains, universitaires, autorités morales qui, par des livres ou des revues, «donnent les mots») avant de faire peu à peu système et «d’infuser» par degrés l’ensemble de la population: les intellectuels de seconde ligne (professeurs, instituteurs, journalistes…), puis les dirigeants politiques, les hauts-fonctionnaires et les magistrats, les chefs d’entreprise, les professions libérales, et, par degrés, l’ensemble d’un peuple ainsi soudé autour de «points de communion». S’est de la sorte constitué, dans les années 70 (en France, les dates majeures sont 1968, 1974 et 1981), un bloc historique progressiste, fait de cette gauche particulière que Chevènement nomma «gauche américaine», celle qui tient que la «modernité» a toujours raison et le passé toujours tort, et qui croit même que l’on peut tout changer, peuples, hommes, femmes, institutions etc. -voir son slogan de 1974, «Tout est possible».

En quelques années, une jeune escouade de «déconstructeurs» (de la langue, des codes et, surtout, du socle politique classique – Etat, nation, civilisation), donna mots et paradigmes à la vaste ruche des professions intellectuelles ; ils finirent par devenir omniprésents à l’université, dans l’édition, puis dans les médias, parmi les cléricatures et les magistratures, et même chez les grands patrons, lesquels trouvèrent grand intérêt au fameux «jouir sans entrave» qui fut le passeport du consumérisme à outrance, comme le «sans frontiérisme» festif fut celui du libre-échange généralisé. La doxa moderniste conquit finalement l’immense majorité des politiques, y compris de la dite «droite» – celle-ci finit même par accepter de se lire dans une typologie extérieure, et très contestable, celle de René Rémond dont deux des trois branches l’orléanisme et le bonapartisme sont en fait des centrismes… La droite perdit ainsi jusqu’à son nom, ce légitimisme ou, pour mieux dire, ce classicisme politique qui ne sut jamais actualiser ses paradigmes et mots de passe, ni conséquemment se rassembler, et qui, divisée, se laissa exclure du débat public.

Vers le grand renversement

Une génération intellectuelle domine en général une trentaine d’années -telle la génération précédente, que l’on peut dire «de la reconstruction», qui fut dominante entre 1944 et 1970, déclinante ensuite. Celle qui prit tous les pouvoirs dans les années 70 et 80 devrait donc disparaître depuis quelques années. Certes, elle s’épuise: le Non de 2005 prit à angle droit la pensée unique – les oligarques se revanchant vite à Lisbonne. Plusieurs de ses bastions se lézardent: il n’est un secret pour personne que la presse de gauche vit sous perfusion d’argent public, tandis que celle de droite progresse. L’éclatante réussite de la Manif Pour Tous, celle du Puy du Fou exhumant l’archaïque national (est archaïque non ce qui est vieux et passé, mais au contraire ce qui fonde et ne passe pas), les succès de librairie de Patrick Buisson, Philippe de Villiers ou Eric Zemmour sont autant de signes ; par dessus tout, on voit peu à peu ressurgir une droite classique (Patrick Buisson parla de «révolution conservatrice») dont la manifestation fut la victoire aux «primaires» de François Fillon, le catholique qui refuse Babel, ne croit pas que les arbres montent au ciel ni que l’on puisse dépenser sans limite, qui entend restaurer les frontières, l’Europe des nations, les enseignements classiques -on pourrait dire un «identitaire», comme le fut de Gaulle.

Hélas, si le grand reversement idéologique est différé, et si la victoire politique est conséquemment si difficile, c’est que la droite française, qui n’a soutenu nul écrivain, nulle revue, nul grand média capable de jouer le rôle décisif que joua par exemple, dans la génération précédente le Nouvel Observateur, a négligé un travail intellectuel qu’elle ne regarde encore qu’avec un profond mépris -ou non moins profonde paresse. Significative fut la mésaventure d’une revue lancée en 1998 par Philippe Séguin, Une certaine Idée, que j’eus l’honneur de diriger aux cotés de Jean de Boishue, et qui releva le gant du «débat d’idées» jusqu’à ce que, dès sa création, l’UMP la fasse disparaitre au profit d’une Fondation, la FondaPol, confiée à… un homme de gauche.

On comprend la violence des jours que nous vivons, qui sont peut-être ceux de la crise maximale: le bloc UMPS disparaît (qui peut encore assimiler Hamon et Fillon?), la droite, en son cœur légitimiste, menace directement, et au moment crucial des présidentielles, un bloc soixante-huitard attardé qui jette ses dernières forces de ses derniers bastions et cela sans préparation idéologique sérieuse, de sorte que, comme on voit hélas, elle se débande assez vite – à commencer par les parlementaires «républicains» qui révèlent à cette occasion combien la presse de gauche a prise sur eux, et si profondément qu’ils utilisent le vocabulaire même de leur adversaire. Pendant ce temps, la complicité entre puissances d’argent, médias et magistrature joue encore à fond: un article le mercredi, une audition le vendredi, un mauvais sondage le dimanche, une perquisition le lundi puis vient le pilonnage médiatique, certes disproportionné (les problèmes qui font sous nos yeux disparaître la France comme nation, comme Etat et comme civilisation sont sans rapport de gravité avec la façon dont le candidat a utilisé son enveloppe parlementaire) mais capable de faire vaciller le favori, issu pour la première fois depuis longtemps d’une droite assumée – mais si mal préparée au combat idéologico-judiciaro-médiatique qu’elle n’a pour arme qu’internet, ou des manifestations de rue. Bref: les mains nues.

C’est pour cela que M. Fillon doit tenir coûte que coûte ; et qu’il faut toutes affaires cessantes reconstruire une droite idéologique, à commencer par ses paradigmes, qui réunira ses composantes et permettra de conquérir les places décisives, à l’université, dans l’édition, dans les médias et la haute fonction publique sans lesquelles il n’est pas de légitimité forte, donc par de puissance de gouvernement. (Au passage, souhaitons que la droite étourdie, du coup la plus bête du monde, sache enfin sortir du piège de Mitterrand qui la coupant depuis trente ans en deux camps, en commençant par jouer des porosités avec le FN. Si, alors que la relève est pourtant là, et que les jeunes plumes ne manquent pas, nous échouons à opérer ce grand renversement qui est dans els rythmes mêmes de l’Histoire, il est possible qu’une nouvelle relève, un modernisme plus violent encore (tel le trans-humanisme) prenne sa place, et nous partons alors vers une «civilisation» qui n’aura plus rien à voir avec ce que nous appelons encore la France. Pendant ce temps la gauche perdure alors que toute sa matrice est disqualifiée, tirant encore de fameuses salves sur une droite sans leviers ni relais et plongée dans l’hébétude. Il est donc temps de lire Gramsci, puis, comme disait Boutang, de «reprendre le Pouvoir» -de le reprendre réellement, et de l’exercer.

Voir également:

Pourquoi M. Fillon sera élu président de la République
Maxime Tandonnet

7 février 2017

Paradoxalement, les événements de ces derniers jours me confortent dans l’idée que F Fillon sera élu président de la République en mai prochain. Sept raisons me font dire qu’il est aujourd’hui le mieux placé des grands candidats pour gagner la présidentielle.

Le lynchage médiatique qu’il subit depuis deux semaines a pris une tournure caricaturale. Presse, télévisions, radios, sites Internet, réseaux sociaux, dans une sorte de délire mimétique et d’acharnement, se livrent à une chasse à l’homme rituelle qui va provoquer une réaction naturelle de victimisation du paria et un retournement de l’opinion en sa faveur, en tant que gibier de potence d’un système politico-médiatique dont les Français ne veulent plus.

Malgré cette curée d’une violence sans précédent lors d’une campagne, il a tenu bon dans la tempête. Au plus fort de cette tentative d’assassinat politique, son niveau dans les sondages n’est pas descendu à moins de 18%, signe d’un socle de popularité solide.

L’opposition républicaine a tenu bon autour de lui, aucun des grands leaders battus des primaires n’a manqué à la solidarité, bien au contraire, notamment A. Juppé et N. Sarkozy qui lui ont apporté un soutien sans failles. L’assise politique est solide.

Le néant de ses principaux adversaires est effarant. Le succès de M. Macron est spectaculaire, mais au-delà de son visage avenant et de son sourire, nul n’a la moindre idée des orientations qu’il propose, surtout sur le régalien (sécurité, terrorisme, international, frontières). Les propositions lepénistes sont sidérantes d’irréalisme: par exemple le « référendum d’initiative populaire » à la demande de 500 000 signataires (à la portée de tout groupuscule et de toutes les démagogies) plongerait l’Etat de droit dans un chaos permanent et une banalisation destructrice de la procédure référendaire. Un jour ou l’autre, la torpeur générale à cet égard prendra fin.

Fillon est le seul à pouvoir espérer disposer d’une majorité parlementaire cohérente et à réussir l’alternance que souhaitent les Français. M. Macron qui se dit « ni droite ni gauche », détesté par une partie de la gauche,  ne disposerait pas d’une majorité socialiste stable et devrait compter sur une vague alliance centriste de circonstance, totalement instable. Quant à la candidate lepéniste, élue, elle se trouverait face à un Parlement  presque unanimement hostile et serait radicalement paralysée.

Seul F. Fillon se présente comme un personnage expérimenté, ayant une longue expérience du sommet de l’Etat et en politique étrangère. Or les Français n’attendent pas un président « zébulon », bavard et gesticulant, faute de pouvoir agir, mais une forme de sagesse et de recul à l’Elysée. Le temps des super communicants est passé et celui de la vérité et de l’action est venu. A cet égard, il semble mieux placé que les autres candidats pour rendre de la hauteur à la fonction présidentielle, même s’il doit encore donner des gages à ce sujet.

Lui seul offre une forme de troisième voie entre le repli nationaliste qu’exprime le lepénisme (thème de la « préférence nationale » ou de la taxe à 3% sur les importations qui entraînerait des représailles foudroyantes sur les exportations) et la grande ouverture à tous les vents, sans limite ni protection, que reflète M. Macron.

Voir de plus:

Affaire Fillon : un ex-attaché parlementaire témoigne

Vincent Goyet
02-02-2017

Titulaire à la Sorbonne d’une licence de philosophie politique et d’une maîtrise d’Histoire contemporaine, puis d’un master en stratégie et décision publiques et politiques de l’ISMaPP , Vincent Goyet a travaillé durant cinq ans, comme attaché parlementaire à l’Assemblée nationale. Il nous confie son témoignage.

Parce que j’ai été attaché parlementaire, beaucoup de ceux qui me connaissent m’ont demandé comment faire le tri entre tous les éléments qu’ils ont lus dans la presse ces derniers jours à propos du fonctionnement de l’équipe qui entoure chaque député. Je tiens à préciser tout de suite que si je soutiens François Fillon depuis la défaite et le départ de Nicolas Sarkozy en mai 2012, les éléments que je donne ci-dessous sont ma propre analyse et mon propre ressenti. Je laisse chacun y puiser ce qu’il voudra.

Avant tout, le cabinet parlementaire fonctionne de fait comme une TPE. Le député embauche et rémunère librement ses collaborateurs, sur la base de contrats de travail de droit privé, qui prennent automatiquement fin en cas d’interruption du mandat parlementaire. Pour rémunérer ses collaborateurs, chaque député dispose d’une enveloppe mensuelle de 9 561 € (lorsqu’il laisse l’Assemblée nationale gérer ces contrats et payer les charges patronales), 14 341 € s’il décide de tout gérer lui-même. Sur les 9 561 €, il doit donc encore acquitter les charges salariales (précision technique pour les puristes). Dans les faits, l’immense majorité des députés laisse l’Assemblée s’occuper de tout.

Chaque député organise à sa guise le travail de son équipe, avec des collaborateurs dont le travail peut être très divers : agenda, logistique, courriers, dossiers législatifs, dossiers locaux, réunions, questions au Gouvernement, amendements, relations presse, relations avec les élus, relations avec la population, communication, rendez-vous, représentation, conseil, etc. Ce travail répond en fait aux trois fonctions remplies par un parlementaire : 1/ il représente le peuple ; 2/ il vote les lois ; 3/ il contrôle l’action du Gouvernement et des administrations.                             Bref, le travail est gigantesque, et la politique est bien souvent le lieu où les militants viennent donner un coup de main bénévole (mise sous pli, distribution de documents à la population, logistique des réunions publiques, réseaux sociaux, etc.). Il y a plutôt trop de travail que pas assez !

François Fillon est aujourd’hui attaqué non pas pour avoir rémunéré son épouse et deux de ses enfants, mais parce que certains soupçonnent qu’il s’agirait d’emplois fictifs, sans travail réalisé en contrepartie. Comme je viens de le souligner, ce n’est pas le travail qui manque autour d’un député. J’ai croisé des dizaines et des dizaines de parlementaires, davantage encore de collaborateurs, et la plupart d’entre eux sont des passionnés, qui ne comptent pas leurs heures. De même, il est inimaginable qu’un élu fasse une carrière politique durant 35 ans (François Fillon a été élu pour la première fois en 1981) sans que sa / son conjoint(e) ne lui apporte au quotidien un soutien et une aide de tous les instants, surtout si elle / il n’a pas une autre activité professionnelle à côté.

Quid du niveau de rémunération pour le conjoint non salarié du chef d’entreprise ? Comme dans n’importe quelle TPE, il est fréquent que le conjoint participe de fait à l’activité sans percevoir de salaire. Quand la structure trouve l’espace d’une rémunération, il peut y avoir ensuite une forme de rattrapage salarial, en contrepartie de toutes les années de bénévolat. S’agissant de Pénélope Fillon, elle n’a pas été rémunérée entre 1981 et 1988. Puis elle a bénéficié d’un salaire comme attachée parlementaire jusqu’en 2013 (avec manifestement un rattrapage salarial). Elle a perçu 639 000 euros net sur cette période (les médias parlent en brut pour gonfler la somme). Ramené à 35 années de travail aux côtés de son mari, nous arrivons à l’équivalent d’un salaire net mensuel de 1521 €.                                                                                                            Tous ceux qui se scandalisent du montant de 830 000 € brut devraient méditer sur la période concernée… Si j’avais travaillé durant 35 ans aux côtés de François Fillon, sur la base du salaire de 2600 € net que je touchais en 2007, j’aurais coûté bien plus de 830 000 € brut (faites le calcul : 1,4 million d’euros brut – et par souci de simplicité, je n’ai pas tenu compte du 13e mois…).

Mais quel travail a donc bien pu réaliser Pénélope Fillon ? Sans doute un travail de petite main pour un grand nombre de courriers reçus au domicile (François Fillon n’avait pas de permanence parlementaire en circonscription). Un soutien logistique également. Un travail de conseil, relecture (c’est ce qui semble ressortir de la bouche de l’avocat de François Fillon). Un travail de représentation, aussi, accompagnant son mari, ou se substituant à lui quand il n’était pas disponible.                                                                                                                                   Pénélope Fillon n’aurait-elle pas pu remplir toutes ces tâches sans être rémunérée ? Si, sans doute. Mais en France, la loi autorise les parlementaires à salarier leurs proches. De très, très nombreux élus le font, ponctuellement ou de façon pérenne. C’est fréquemment le cas pour les enfants étudiants des députés ou sénateurs, dont les parents mettent ainsi le pied à l’étrier professionnel.

Mais alors, pourquoi cette brusque poussée de fièvre concernant François Fillon ? Qui ne voit pas l’opération de déstabilisation à quelques semaines de la présidentielle ? « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose » proclame Francis Bacon dans son Essai sur l’athéisme.

Interrogeons-nous maintenant sur le niveau de rémunération des enfants de parlementaires : n’est-il pas excessif ? On peut parfaitement le penser dans certains cas. Mais 1/ ce montant reste à la discrétion du parlementaire et 2/ on sort du débat sur le caractère fictif de l’emploi. Les enfants de Fillon avaient fait des études de droit, l’un d’eux a d’ailleurs obtenu son diplôme d’avocat l’année suivante. Ils avaient donc des compétences utiles pour aider leur père dans ses missions parlementaires. Il ne s’agit pas d’emplois fictifs. Or, c’est là-dessus que Fillon est attaqué.

Certains s’étonnent aussi que Pénélope Fillon n’avait pas de badge pour accéder à l’Assemblée, ni d’adresse e-mail personnalisée. J’ai travaillé durant 5 ans à l’Assemblée (entre 2002 et 2007), j’avais évidemment un badge pour accéder à mon lieu de travail, mais ce n’était pas le cas de tous mes collègues de circonscription. Je n’ai par ailleurs jamais eu d’adresse e-mail professionnelle à mon nom : j’ai toujours utilisé l’adresse des parlementaires pour lesquels j’ai travaillé.

Autres questions légitimes que se posent beaucoup de gens : pourquoi Pénélope Filllon a-t-elle été rémunérée par le suppléant de François Fillon ? A quel travail est-ce que cela correspond ? Pourquoi un salaire si élevé ? Lorsqu’un parlementaire devient ministre, il conserve un lien avec le territoire d’où il est originaire. Les collaborateurs du suppléant devenu député font souvent le lien et la navette entre la circonscription et le ministère. Et Pénélope Fillon a pu être d’autant plus sollicitée dans ce cadre que l’agenda de son mari le rendait beaucoup moins disponible. Le suppléant de François Fillon était par ailleurs peut-être davantage présent en circonscription qu’à Paris, n’ayant pas forcément les mêmes ambitions et appétences pour le travail législatif que son prédécesseur.                                                                                                                     Enfin, un élément important : jusqu’en 2012, les députés pouvaient conserver le reliquat du crédit collaborateurs qui leur était attribué. Cet argent ne serait donc pas resté dans les caisses de l’Assemblée. Ceux qui demandent à Pénélope Fillon de « rendre l’argent » ignorent manifestement qu’il s’agirait de le rendre… à François Fillon lui-même.

Mais alors, pourquoi Pénélope Filllon a-t-elle dit qu’elle ne travaillait pas et ne s’était jamais mêlée de politique ? Peut-être simplement parce qu’elle ne considérait pas son action comme un travail, mais comme un engagement aux côtés de son mari. Il n’empêche que si elle n’avait pas été là, toutes les tâches qu’elle a accomplies auraient dû l’être par quelqu’un d’autre. En outre, un attaché parlementaire ne fait pas de politique : il travaille dans le domaine politique, mais c’est le parlementaire qui fait de la politique. Pas ses collaborateurs.

Posons-nous maintenant la question de l’orchestration de cette affaire politico-médiatique :

– le mercredi 25 janvier, le Canard Enchaîné publie un article

– le jeudi 26 janvier, le Parquet national financier ouvre une enquête judiciaire

– le vendredi 27 janvier, ce même parquet auditionne plusieurs témoins

Une vitesse absolument stupéfiante !

Pour rappel, le parquet national financier a été créé par Christiane Taubira en 2014, qui y a placé ses amis : le procureur du PNF, Eliane Houlette, était commissaire du gouvernement auprès du Conseil des ventes volontaires. Elle doit son incroyable et fulgurante promotion au Garde des Sceaux de l’époque, laquelle a également constitué une équipe de procureurs adjoints et vice-procureurs parmi ses très proches (Michel Pelegry, Ulrika Delaunay-Weiss, Patrice Amar, Monica d’Onofrio…). Rappelons aussi qu’en France, le parquet (a fortiori le parquet national financier) n’est pas indépendant du pouvoir exécutif : les procureurs dépendent directement du ministre de la Justice, ce qui est d’ailleurs pointé du doigt par la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

La vitesse avec laquelle le parquet s’est jeté sur François Fillon ne manquera pas d’interpeller tous ceux qui déplorent les lenteurs habituelles de la Justice. La perquisition de l’Assemblée nationale qui a eu lieu hier après-midi relève là encore de l’exceptionnel. Parallèlement, quand des journalistes publient dans le livre « Nos très chers émirs » des accusations nominatives de corruption envers un ministre du Gouvernement, le même parquet reste curieusement muet. Pourquoi une telle différence de traitement ?

Face à cette situation, je suis persuadé de l’impossibilité pour Pénélope Fillon de ne pas avoir participé au travail parlementaire de son mari. Son travail n’a pas été fictif, et il dure depuis 35 ans. Je suis aussi persuadé que cette opération de déstabilisation a été sciemment préparée et orchestrée. Je n’ai pas voulu croire à une machination envers DSK en 2011, ses propres turpitudes étant suffisantes pour provoquer la chute d’un candidat annoncé par tous comme le prochain président français. La similitude de l’acharnement qu’il a subi alors, avec l’acharnement subi aujourd’hui par François Fillon, fait naître le doute. Les mêmes officines semblent à l’oeuvre. D’ailleurs, ce sont les mêmes qui en furent et en seraient les grands bénéficiaires : François Hollande et ses proches, du PS à Macron.

Et toute cette agitation éloigne les citoyens de ce qui devrait nous préoccuper à titre principal : la situation de la France, qui compte un nombre record de chômeurs, dont la dette n’a jamais été aussi élevée, et qui n’offre aux jeunes générations que le choix entre le déclassement ou l’émigration.

Voilà pourquoi je continue plus que jamais à soutenir François Fillon. Parce que le projet qu’il porte me semble nécessaire pour redresser notre pays. Parce qu’il faut desserrer l’étau de l’étatisme. Parce qu’il faut permettre à chacun de travailler davantage s’il le souhaite pour gagner davantage. Parce qu’il faut améliorer le financement et la couverture maladie de notre assurance sociale. Parce que la France doit redevenir un interlocuteur crédible sur la scène internationale. Et parce que je ne suis pas dupe du matraquage médiatique actuel.

Voir encore:

Sondage : Macron le plus capable pour l’Elysée, Hamon le plus honnête
Pierre-Alain Furbury

Les Echos

Le 01/02/17

EXCLUSIF + DOCUMENT et VIDEO – Pour les Français sondés par Elabe pour « Les Echos », le leader d’En Marche est celui qui a le plus « les capacités nécessaires » pour l’Elysée et le porte-drapeau du PS celui qui est le plus « honnête ». Victime de l’« affaire Penelope », Fillon apparaît capable, moins honnête.

Quels sont les candidats à la présidentielle qui ont, dans l’opinion publique, « les qualités nécessaires » pour être à l’Elysée ? Et quels sont « les plus honnêtes ». L’institut Elabe a interrogé ces lundi et mardi les Français et les résultats, pour « Les Echos » et Radio classique, illustrent à la fois la progression d’Emmanuel Macron et Benoît Hamon, qui accèdent respectivement à la deuxième et quatrième places dans les intentions de vote. Et la chute de François Fillon, qui, à 19-20%, serait aujourd’hui éliminé dès le premier tour .

Sur les « qualités nécessaires » pour être chef de l’Etat, le candidat de la droite est certes à la deuxième place. L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy est cité en premier ou deuxième par 36% des personnes interrogées. Seul Emmanuel Macron fait mieux, cité en premier ou deuxième par 46%. Benoît Hamon est cité par 34% des Français, devant Marine Le Pen (28%) et Jean-Luc Mélenchon (18%). François Fillon est même celui qui est le plus cité en premier, par 22% des personnes interrogées, contre 21% à l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande.

Sur la question de l’honnêteté, le palmarès est radicalement différent, même si Emmanuel Macron reste bien placé puisqu’il est sur la deuxième marche du podium, cité (en premier ou second) par 30% des Français. Cette-fois, c’est Benoît Hamon qui arrive en tête. Le candidat du PS est cité (toujours en premier ou deuxième) par 33% des personnes interrogées. Suivent Marine Le Pen (25%), Jean-Luc Mélenchon (23%) et François Bayrou (21%).

Plombé par la polémique sur les emplois présumés fictifs de son épouse Penelope, François Fillon est à la peine : 17% seulement le citent en premier ou deuxième parmi les candidats « les plus honnêtes ». Il ne devance que les petits candidat (Nicolas Dupont-Aignan, Philippe Poutou, Nathalie Artaud, Jannick Jadot), qui pâtissent, eux, de leur manque de notoriété dans l’opinion.

Voir par ailleurs:

Who’s behind the mysterious rise of Emmanuel Macron?

Until recently, he had no visible record of political commitment. But he might be about to destroy the Socialist party

The Spectator

4 February 2017

Before the horrified gaze of its militants, the French Socialist party — which has been a major force in French politics since 1981, and forms the present government — is falling to pieces.

There are many reasons behind this catastrophe. They go back to 2005 and the dithering leadership of the then secretary-general, François Hollande, at a time when the party was dangerously divided after the referendum on a European constitution. And they continue up to 1 December last year, when President Hollande, after again dithering for months, announced on national television, in tears, that he had bowed to the inevitable — his own failure and unpopularity — and would not run for re-election. But the most significant reason for the Socialist implosion is the sudden arrival of a man from nowhere called Emmanuel Macron.

Macron, at 39, would normally be considered at least 15 years too young to mount a serious presidential challenge in France, but the most recent polls show him in third place, just behind the front-runner, the far-right Front National’s leader, Marine Le Pen, and François Fillon, the candidate of the conservative party, Les Républicains.

His rapid rise makes Macron a genuine original in French politics and his opponents do not know what to make of him. Unlike all other serious contenders, he has no visible record of political commitment. In 2004 he graduated from the National School of Administration (ENA) and joined the upper civil service. Then, in 2008, he paid €50,000 to buy himself out of his government contract and became an investment banker with Rothschild, where he was highly regarded and quickly made a small fortune. Then, in 2012, with the election of President Hollande, his career took another unexpected change of direction: he left Rothschild to become deputy secretary-general at the Elysée. When Manuel Valls became Hollande’s second prime minister in 2014, with instructions to deregulate the French economy, Macron was catapulted into the economics ministry.

Hollande and Valls congratulated themselves on an imaginative choice, and Macron set out to please Brussels by cutting France’s deficit while encouraging business activity. In 2015 he introduced la loi Macron, a measure designed to stimulate growth by abolishing public service monopolies and union restrictions on hours. This had to be forced through the National Assembly by decree, against the opposition of Socialist deputies, an unpopular move that consecrated Macron as the bête noire of the left.

As the months in office passed, Macron openly developed a separate political agenda, often disagreeing in public with Valls. Soon after his appointment, a mysterious movement appeared called ‘Les Jeunes avec Macron’ (‘Young people for Macron’). This was launched as a ‘spontaneous’ internet site, but quickly grew into a well-organised group numbering several thousand activists whose average age was said to be 33.

Macron then began to dominate the debate on European and welfare policy — but Hollande and Valls did nothing to rein him in. In 2015, a few days after Hollande insisted that Macron was ‘respecting his authority’, the maverick minister attacked the wealth tax — a central plank of Socialist fiscal policy since it was introduced in 1989. Meanwhile, party leaders mocked his inexperience and lack of support on the left, and estimated his electoral appeal at 6 per cent.

Undaunted, the economics minister announced that he was forming his own political ‘movement’, ‘En Marche!’ (Let’s Go!), ‘open to everyone of progressive views’ and ‘aimed at younger voters’. Last August he started touring French holiday resorts appealing for a vision that would ‘re-forge the country’s politics, culture and ideology’. At the end of the month he announced his resignation, and in November he launched the presidential campaign that he must have been secretly preparing ever since he joined the government.

While the seven hapless candidates for the Socialist party’s nomination were struggling throughout December to achieve three-figure attendance at their meetings, Macron — with no party machine behind him — was attracting thousands. In Clermont-Ferrand it was 2,500, in Lille 4,000, and in Paris last month 12,000 people packed into the hall to hear him speak.

As a presidential candidate, Macron is seen as an outsider, someone who will ‘break the system’ and challenge the stifling consensus of unions, over-entitled functionaries and remarkably youthful pensioners that prevents France from responding to the challenges of globalisation. He usually describes himself as ‘centrist’ but he also objects to being called ‘anti-socialist’.

If Macron’s unique selling point is unclear, his unique talking point is that he married his former school teacher, a lady 24 years older than him. This startling fact, when first encountered, tends to bring political discussion to a halt, while all pause for a few moments of profound reflection. His latest fan is Ségolène Royal. Ségolène is the current minister of the environment, and, by chance, she too is 24 years older than the dynamic new arrival. She has repeatedly spoken of her affection and admiration for Macron. Ségolène was the defeated Socialist presidential candidate of 2007, but last week she urged the party’s voters to ignore their own candidate, Benoît Hamon — a hardline leftist sacked as education minister by Valls in 2014 — and back Macron instead.

Macron has not just divided the Socialists, he has replaced them. So how has this apparently isolated and underfunded individual managed all this in such a short time? It is clear that Macron has powerful supporters behind the scenes, and a clue may lie in the little-discussed fact that some years ago he was identified as a member of ‘les Gracques’ — a discreet centre-left pressure group loosely staffed by influential chief executives and civil service mandarins. They are pro-market socialists who long ago gave up on the Socialist party. Many are fellow ‘énarques’ (graduates of ENA) and every step of Macron’s career could have been directed by them. Spotted as a brilliant and charming student, Macron could first have been launched into the prestigious state Finance Inspectorate, then switched into Rothschild to gain business experience (and wealthy support) and then placed like a time bomb in Hollande’s outer office, where he ticked away until he could be moved into the heart of the Valls government. Last August he finally exploded into action at the perfect moment to cause maximum damage to Hollande, Valls and the entire Socialist presidential election campaign. Macron’s rise bears all the hallmarks of a classic ENA undercover operation, a fundamental part of the énarques’ stock-in-trade and one in which the country’s leading bureaucrats are cynically trained.

Now that the Socialists have lumbered themselves with a dinosaur — Hamon — as their candidate, Macron is in an even stronger position. He will be able to tune his campaign to attract moderate Socialist voters as well as the centrists and centre-rightists who flock to his meetings and are having second thoughts about François Fillon.

Mr Fillon and his British wife Penelope are currently under investigation for misuse of public funds. Both deny the accusations. Interestingly, the information that has placed him under suspicion seems to have come from dissident members of Les Républicains, his own party — angry that neither ex–president Nicolas Sarkozy nor Alain Juppé, mayor of Bordeaux, won the nomination. If Mr Fillon is formally charged, he has said that he will not run. In which case the most likely solution for his party, at this short notice, would be to select Mr Juppé in his place.

Voir encore:

The French election is now Marine Le Pen vs a collapsing French establishment

A Le Pen victory would be the worst crisis for half a century. Even if she doesn’t, the system is in deep trouble

The Spectator

11 February 2017

Is France on the brink of a political revolution? Already, four established candidates for the presidency — two former presidents and two former prime ministers — have backed out or been rejected by the voters, and another, François Fillon, is on the ropes. The campaign is being taken over by outsiders, principally the Front National’s Marine Le Pen and a youthful former banker, Emmanuel Macron, while the Socialists have chosen an eccentric radical, Benoît Hamon. Should we welcome a shake-up in the cradle of European revolutions? What kind of shake-up might it be — socialist (the least likely), liberal with Macron or nationalist with Le Pen? Or can the outsiders still be beaten by an electoral system designed to keep them out of power?

France in its modern history has worn out five monarchies, five republics and 16 constitutions — and two of this year’s presidential hopefuls are demanding a 17th. Its people are still more ready than most to go into the streets. It was, and is, a country in which rhetoric and visions play a prominent part in politics. In Victor Hugo’s Les Misérables, the romantic revolutionary Enjolras waxes lyrical from the top of his barricade about the glorious time when ‘thinkers will be completely free, believers completely equal, no more hatred, fraternity in the workshop and the school, jobs and rights for all’. But Enjolras gets killed, and his wish list is still at the top of the agenda nearly two centuries on.

This is because France fluctuates between short spasms of change and longer periods of immobility. It has developed institutional barriers and tacit compromises to hold things steady. Its current Fifth Republic is a ‘republican monarchy’, with parliament downgraded and a powerful president supposed to unite the nation — a task sadly beyond most politicians. Another, less noticed, institution goes back even further than Enjolras’s fictional death on the barricades: the two-round ballot, designed in the 1820s to prevent hotheads like him from winning elections. It gives voters and politicians a second chance, not so much to reconsider their own choices as to react against the choices of others. In the first round you vote for the person you want; in the second you vote against the person you fear.

This evolved historically into what was called ‘republican discipline’: in the first round there could be a range of competing candidates of all shades, but in the second round all loyal republicans, from the mildest liberal to the reddest communist, would vote for the candidate best placed to beat the enemy of the republic — usually a royalist or authoritarian nationalist. The apparition of Jean-Marie Le Pen’s Front National in the 1970s, combining traditionalist conservatives, embittered nationalists and nostalgic fascists, met the same response. When Le Pen shocked France by getting through to the second round of the 2002 presidential election, he was crushed by Jacques Chirac, who got 82 per cent of the vote. Good republicans rallied, including those on the far left: ‘Better a crook than a fascist’ said one slogan. The crucial question in this election is whether the republican reflex still operates. If not, Marine Le Pen could win.

Consider the long-term consequences of the two-round voting system. Many British commentators — and indeed some in France — call periodically for a ‘French Thatcher’ to sweep away institutional barriers to economic dynamism. Nicolas Sarkozy was one who briefly claimed this mantle. The latest is Emmanuel Macron, a former economics minister of Blairite tinge in François Hollande’s socialist government. But Margaret Thatcher could never have been elected in a French-style second round. The British system not only can but regularly does give power to a united minority over a divided majority. Mrs Thatcher could carry out a peaceful revolution without ever having the clear support of a majority of voters. In a French-style system, she and her parliamentary supporters would inevitably have been defeated in second-round ballots by a combination of Labour and the Liberals: Jim Callaghan would have been triumphantly re-elected.

In short, precisely because of its turbulent political history, France has developed a series of barriers against radical change. A leading sociologist, Michel Crozier, described it in 1970 as a ‘société bloquée’ — a ‘stalemate society’. Of course, much in France does change: but the price of political stability is that certain fundamental rights and privileges remain untouched. Advantageous retirement rights and pensions. Certain influential professions. Farmers, sheltered by the Common Agricultural Policy. People in permanent employment, protected by laws penalising redundancy and limiting hours of work. The public sector — in French le service public, significantly in the singular — is the core of this system: schools, public hospitals, railways, universities, local government, the post office. All are arms of the state. Think of le service public as the NHS multiplied by five. The politics of its workforce, combining a real sense of public service with a jealous defence of rights and privileges, explains why France is the most anti-capitalist country in Europe.

There are benefits. Many British people have happy memories of French hospitals, schools or trains. But one does not need very right-wing views to see the accumulating disadvantages. The highest taxes in the developed world, especially on businesses. Chronic unemployment, worst among the young and ethnic minorities. Slow growth, including among small companies afraid of the burden of regulation incurred by getting too big. Crumbling infrastructure. Anyone who arrives at the Gare du Nord must see that something is amiss. People in France do too, and have done for years. Even in the 1980s President Mitterrand lamented national ‘moroseness’. Bookshops have long been piled high with works by economists, politicians and academics warning that France was in accelerating decline. Young people emigrate, over 200,000 to London alone.

On top of this chronic malaise has come the tension between republican secularism and Islam, sparked off three decades ago by a row about girls wearing headscarves in a provincial secondary school. It is a fraught mixture of cultural difference, social deprivation and historic mistrust, but none can doubt its brooding presence, hugely inflamed by a series of terrorist attacks. Had I risked forgetting this, I would have been dramatically reminded a few weeks ago when in a quiet street in Paris I walked into a 25-man military patrol in full combat gear.

None of these observations is unique to France. Characteristic of France, however, is the seeming inability of the political system to do much about them, even over many years. Here we come back to the ‘stalemate society’ problem. Even limited reforms — by British standards minor tinkering — with the education system or the labour market have caused huge and prolonged student demonstrations and sit-ins, and damaging strikes by public-sector unions. They often produce complicated half-measures that create a destabilising sense of unresolved problems and leave continuing tensions.

A ‘French Thatcher’ — assuming that there is one, however diluted — faces not only the electoral barrier but a wider ideological polarisation than that of Britain in the 1980s. Then a large minority, even at times a majority, felt that something radical had to be done, and accepted that this included weakening the trade unions and increasing the freedom of the market. There is little sign that any such consensus exists in France, where both left and right are deeply suspicious of economic liberalism. Marine Le Pen thunders against free trade and ‘unfair’ competition. The very word ‘liberal’ has long been a political kiss of death: we shall see whether Macron is immune. So there is widespread dissatisfaction, but no accepted solution.

The party structure, always weak in France, has struggled to produce agreed strategies or new generations of politicians. Party funding problems have produced endless financial scandals, in which Sarkozy is now again entangled. Many politicians have roots in local government, and in one way that’s a strength. But it also creates what the French call fiefs — feudal domains — which can provide impregnable political bases for big beasts and questionable sources of funds. Not untypical is Alain Juppé, mayor of the great city of Bordeaux — and, despite his advanced age and conviction for corruption, until recently regarded as the leading presidential candidate. He has memorably remarked that only death ends a political career in France: he might still prove it again.

Parties struggle to clear out the dead wood and choose new people. It is telling that the charismatic Macron, astonishingly young for French politics at 39, has never held elected office and must stand as an independent, having created his own party. However, the recent introduction of party primaries, which started with the Socialists, has unexpectedly let the frustrated grass roots see off a succession of ‘big-beast’ candidates including Juppé, Sarkozy and the former Socialist prime minister Manuel Valls, whose defeat marks the Corbynisation of the Socialist party under the evidently unelectable Benoît Hamon.

So is France in crisis? It remains one of the world’s richest, most powerful and most active states, which should make us beware excessive pessimism. The historian Emile Chabal has noted that the French often talk up crisis as ‘a key catalyst’ for change. But this time the crisis is more than just rhetoric: many voters really have lost faith in the established parties and see change as coming from outside the system. The main embodiment of disillusion is Marine Le Pen. Her Front National continues to grow in rust-belt regions and those with high levels of immigration, largely by attracting disaffected working-class voters. It is probably France’s largest party, supported by nearly a third of the electorate.

Le Pen has laboured since taking over from her father in 2011 to convince voters that the Front National, though still radical, is no longer ‘anti-republican’, and indeed is the staunchest upholder of republican secularism against Islamic encroachment. The message is that voting for her is not a betrayal of the republican heritage so central to France’s self-image.

She has added to her nationalist agenda vehement denunciation of the European Union as a foreign capitalist plot. Nearly the whole French establishment unquestioningly accepts the EU as France’s historic destiny. The Front National’s denunciation makes support for it a shibboleth of progressive values. The country is more polarised than Britain: more people strongly support the EU, but also more people strongly reject it. So while Brexit provoked some asperity in private and a few polite demonstrations in public, any attempt at a French exit would cause mayhem.

Le Pen will surely win through to the second round of the election, and it is quite possible that she will head the poll in the first round on 23 April. Fillon was supposed to be able to rally moderate conservative and moderate Socialist voters and beat her in the second round. But a tawdry financial scandal (which many suspect was leaked by a vengeful and still ambitious Sarkozy) has damaged and may eliminate him. He fought back by producing his diffident Welsh-born wife Penelope — accused of being paid for a fake job — at a rally where she tearfully held his hand while supporters shouted ‘Je suis Penelope!’ Polls indicate that two thirds of conservative voters still support him. How many of the other third might defect to Le Pen?

Brexit and Trump have created a sense that the unthinkable is possible, which could further weaken the taboo against voting for her. But it will mobilise her opponents too. I cannot believe that enough moderate voters will stay away from the second-round poll to let ‘the fascists’ win. ‘Republican discipline’ should still rally support for whoever polls best against Le Pen, which at the moment looks likely to be Macron.

Nevertheless, few now rule out a Le Pen victory completely, and if Macron’s campaign runs into serious trouble, all bets are off. Every new scandal or terrorist incident plays into her hands. If she did become president, France would face a genuine crisis, the worst for half a century. There would certainly be strikes and violent demonstrations by those who would see themselves as defending the republic against fascism. How she could form a viable government or win a majority in parliament is unclear. We would see a conflict between the Fifth Republic’s powerful president and its parliament under a constitutional system that one liberal critic has called dangerous even in the hands of a saint. The consequences for the euro, the EU, western security and Britain’s relations with one of its closest allies would be dire.

More likely is that a very different kind of outsider, Emmanuel Macron, will win in the second round. This would gain him goodwill and authority — for a time. But his, and France’s, problems would not be over. He is committed to liberal economic reforms likely to arouse widespread and even turbulent opposition. He is a one-man band, and established politicians of right and left have an interest in his failure. He himself will have won only because people who dislike him have seen him as a barrier to Le Pen. She will probably get a higher vote than ever and will continue working inexorably towards the next election. A French friend recently said to me, ‘I am not voting for anyone. I’m only voting against.’ This is the depressing mantra of French politics today.

Robert Tombs is professor of French history at St John’s College, Cambridge. He discusses the fate of the Fifth Republic in this week’s Spectator podcast, available at www.spectator.co.uk/podcast. He is the author of The English and Their History, and, with his wife, Isabelle, That Sweet Enemy: the British and the French from the Sun King to the Present.

Voir enfin:

Why Is France So Corrupt?
France’s lax ethical standards are catching up with Francois Fillon — and boosting Marine Le Pen’s campaign for president.
Robert Zaretsky
Foreign Policy
February 1, 2017

Last week, France’s Les Républicains had an American Republican moment — namely, they relived Richard Nixon’s televised 1952 Checkers speech. Just as the U.S. vice presidential candidate responded to charges that he and his family had dipped into a political campaign fund, so too did François Fillon, the French Républicains’ presidential candidate, appear on television to defend himself against similar charges.

Nixon’s gamble paid off. His remark that his wife, Pat, wore a “respectable Republican cloth coat” instead of mink won over enough Republican voters to salvage his place on Dwight Eisenhower’s ticket. Whether Fillon’s will do the same remains to be seen. He faces greater odds. As the satirical and investigative weekly Le Canard Enchaîné revealed last Wednesday, Fillon had funneled enough money — about $540,000 — from his taxpayer-funded parliamentary account into his wife’s private bank account for her to buy plenty of fur, should she so choose. One week later, the news got worse: turns out, according to Canard, the figure was closer to $900,000.

No one in France disputes Fillon’s right to have paid his wife as an “assistant” over the course of eight years. While nepotism laws in America prohibit such practices — unless you are president — not so in France. More than one-fifth of French parliamentary representatives — 115 of 577 — employ one or more family members as “assistants.” Yet, while it is not illegal for political officeholders in France to hire family members, it is illegal to create so-called emplois fictifs, or make-believe jobs where you pay relatives for work they have not, are not, and never intend to do. Herein lies the rub with the Fillons. Until the Canard’s scoop, there was no reason to believe that the Welsh-born Penelope Fillon devoted her life to anything other than her family of five (unless you count the five horses stabled near the family’s 12th-century chateau). Mme Fillon has previously conceded that she had extra time on her hands. In 2007, she told an interviewer with The Telegraph that she had just enrolled in a Shakespeare class: “I realized that my children have only known me as just a mother but I did a French degree, I qualified as a lawyer and I thought ‘Look here, I’m not that stupid.’ This will get me working and thinking again.”

During his televised interview, Fillon insisted that his wife’s work was real: Penelope Fillon reviewed his speeches, met with associates, gathered and collated news stories, and the like. And yet not only was she never seen in the halls of the National Assembly, even the residents of Sablé-sur-Sarthe (the village that is home to chateau Fillon ) were astonished to learn she was her husband’s assistant. As one local official told a journalist, “The separation was always clear: He took care of politics, she took care of the family.”

And if the goal of appearing on television was to contain the damage, it does not appear to have worked: Fillon did not help his cause by revealing in the same interview that, while a senator, he had also paid two of his children to handle specific cases for him because of “their particular competence as lawyers.” (The problem, as several newspapers quickly pointed out, is that neither child was a lawyer yet; the latest Canard story reports that they were paid approximately $90,000 for their work.) Over the weekend, fresh news broke out that between 2005 and 2007, Fillon had written himself seven checks totaling about $28,000 from an account earmarked for paying assistants; then came the new revelations that his wife’s pay had been even more than first thought.

The two pillars of Fillon’s candidacy have been the economic imperative of scaling back the state’s social protections, and the political imperative of being untouched by scandal. The two are interconnected; the former relies on the latter. That Penelope Fillon drew an exorbitant salary for reading her husband’s speeches before saddling up for a morning canter will not go down well with an electorate being asked to make financial sacrifices. At the same time, Fillon has always emphasized that his hands, unlike those of his fellow Gaullist contenders, were clean. During his primary debate with Alain Juppé, who was found guilty in 2004 of creating phony jobs while serving under Jacques Chirac, Fillon announced: “One cannot lead France if one is not irreproachable.” Fillon also blasted his rival Nicolas Sarkozy’s many entanglements over alleged campaign finance shenanigans by evoking the moral rectitude of the national conservative patriarch Charles de Gaulle: “Who could imagine the Général ever being taken in for a police questioning?” Now that finance inspectors have begun a preliminary investigation into Fillon’s case, the General seems more alone than ever.

France is not a particularly corrupt country, in global terms, but in the West it is something of an outlier. According to Transparency International’s 2016 “corruption perception” index, France ranked 23rd among 176 nations, just behind Estonia and just ahead of the Bahamas. It is not, of course, Somalia or Syria. But neither is it Denmark, New Zealand, Canada, or even the United States. In Western Europe, it outranks only Portugal, Italy, and Spain.

What may make matters worse is that French corruption is particularly high-profile: It doesn’t come in the form of cops asking for petty bribes, or companies buying off bureaucrats. Rather, thanks to the peculiarly French principle of a republican monarchy, French corruption involves vast sums and takes place at the highest levels of government. Created by De Gaulle in 1958, the Fifth Republic hands vast power and prestige to the presidency. The president, in principle, is not answerable to Parliament; the president, in essence, reigns and his ministers merely rule. While De Gaulle also endowed the office with his personal imperiousness and incorruptibility, his descendants have held tight to the former while mostly trashing the latter. From the late 1970s, when Central African Republic Emperor Jean-Bedel Bokassa showered Valéry Giscard d’Estaing with diamonds, through the 1980s, when Chirac, while mayor of Paris, embezzled public funds for his presidential campaign, to Sarkozy and the kaleidoscope of court cases confronting him, ranging from influence peddling to accepting $54 million in campaign financing from former Libyan dictator Muammar al-Qaddafi, the French presidency has been consistently mired in scandals worthy of the Bourbons. (François Hollande, for all his fecklessness, has — to give credit where it’s due — kept his hands relatively clean during his time in office; his scandals have been of the personal sort.)

This relentless drip of scandals both dampens public attitudes toward the mainstream parties — a Transparency International poll taken late last year revealed that three-quarters of the French believe that parliamentary deputies and government ministers are corrupt — and continues to raise the boat of the far-right National Front (FN). Marine Le Pen’s party has its own instances of financial misbehavior: The European Union had determined that the FN defrauded the European Parliament budget of more than $324,000, which it used to illicitly pay FN staffers. Perhaps because the victim was Brussels, however, and because Le Pen was not enriching herself personally, the scandal has had little traction in France; this week, while Fillon was busy battling for his political life, Le Pen was scoffing at the notion that she might return the funds. More to the point, it hasn’t stopped Le Pen from positioning herself as the only candidate able to drain the French swamp. Given the steady 25 to 26 percent support her party attracts in polls, a sizable group, it seems, believes her.

The reluctance of French governments to address the problem of corruption is well known. In 2014, a European Union report rapped France’s knuckles for its faulty firewalls in campaign financing, its judiciary’s relative lack of independence, and the absence of political willpower to tackle a culture of corruption. Until recently, moreover, the foot-dragging of politicians over these issues has not unduly bothered French voters. As Jean-Christophe Picard of the watchdog group Anticor notes, through the 1980s and 1990s the public mostly tolerated such wheeling and dealing. “In France, there is the idea that defrauding and wasting public money is not too serious a problem as long as there are no direct victims,” he said in a recent interview with the weekly French magazine L’Obs.

There have been some recent attempts to remedy the problem: Last year, the country enacted the Sapin II Law, which, for the first time, creates an anti-corruption agency, requires members of Parliament to render public the names of everyone listed on their official payrolls, and affords fuller legal protection to lanceurs d’alerte, the rather awkward French term for whistleblowers. The law has been hailed as an important step by transparency advocacy groups, but much of the law is aimed at targets lower down than the Élysée.

It is still too early to tell if the recent revelations will bar Fillon from the presidency, but it is looking increasingly likely. He has already vowed that he will end his campaign if formal charges are brought against him; on Tuesday, police were spotted at his parliamentary office looking for evidence. Even if the courts do not act before this spring’s election, Fillon’s reputation has already taken a serious hit. In an Odoxa poll taken after the Canard’s scoop, 61 percent of respondents had a bad opinion of Fillon, while just 38 percent thought favorably of him — a 4 percent drop since Jan. 8. An even more recent poll, conducted by Elabe, shows that Fillon is now in danger of not even making it past the first round of France’s two-stage election process. One of the beneficiaries of his decline will be Le Pen, who even before Penelope-gate had overtaken Fillon in a Le Monde poll; another may be Emmanuel Macron, the center-left independent whose campaign continues to gain momentum. French politics is looking more unpredictable than ever, and much can still happen between now and the first round of the election, which is slated for late April. But one thing does seem clear: With Penelope-gate, a long French tradition looks set to continue.


Trump: L’improbable champion d’une revanche des bouseux que personne n’avait vu venir (How a lifelong New Yorker became tribune of the rustics and deplorables)

25 janvier, 2017
trump-gothic chart-presidents-rankedamerican-tragedy
static2-politico-comstatic-politico-comAux États-Unis, les plus opulents citoyens ont bien soin de ne point s’isoler du peuple ; au contraire, ils s’en rapprochent sans cesse, ils l’écoutent volontiers et lui parlent tous les jours. Ils savent que les riches des démocraties ont toujours besoin des pauvres et que, dans les temps démocratiques, on s’attache le pauvre par les manières plus que par les bienfaits. La grandeur même des bienfaits, qui met en lumière la différence des conditions, cause une irritation secrète à ceux qui en profitent; mais la simplicité des manières a des charmes presque irrésistibles : leur familiarité entraîne et leur grossièreté même ne déplaît pas toujours. Ce n’est pas du premier coup que cette vérité pénètre dans l’esprit des riches. Ils y résistent d’ordinaire tant que dure la révolution démocratique, et ils ne l’abandonnent même point aussitôt après que cette révolution est accomplie. Ils consentent volontiers à faire du bien au peuple ; mais ils veulent continuer à le tenir à distance. Ils croient que cela suffit ; ils se trompent. Ils se ruineraient ainsi sans réchauffer le coeur de la population qui les environne. Ce n’est pas le sacrifice de leur argent qu’elle leur demande; c’est celui de leur orgueil. Tocqueville
Last night I stood at your doorstep, trying to figure out what went wrong. It’s gonna be a long walk home. Bruce Springsteen 
Les gens  attendaient  Trump  et  son  discours franc, qui dit les choses comme elles sont et qui promet de défendre les intérêts du peuple.  Il  ne  tourne  pas  autour  du  pot  et c’est ça qu’on aime. (…)  et même si Trump ne le sait pas,  je  suis  persuadé  qu’il  a  été  envoyé par Dieu pour réparer ce pays et lui rendre  sa  grandeur  !  Le  système  est  corrompu,  nous  devons  revenir  aux  fondamentaux  :  les  valeurs  américaines,  le travail, le respect. Obama  est  allé  s’excuser  autour  du  monde, et  résultat,  personne  ne  nous  respecte. Cela va changer. Kelly Lee
Les choses vont changer avec Trump car ce  n’est  pas  un  politicien,  il  ne  doit rien à cette élite qui vit entre elle depuis si longtemps. Mike Costello
Les médias sont en embuscade, mais nous ne sommes pas inquiets parce que le peuple a vraiment vu le vrai visage partisan  de  ces  médias.  Trump  ne  se  laissera pas  faire.  Au  début  j’ai  été  choquée  de voir   son   usage   de   Twitter   car   je   suis conservatrice. Mais maintenant, je comprends.  Il  déjouera  leurs  plans  et  dira aux gens ce qu’il pense vraiment s’ils déforment    ses    propos. Nous avons besoin de lois. Aujourd’hui, les  gardes-frontières  n’ont  pas  le  droit d’arrêter les illégaux et laissent des villes sanctuaires  les  protéger  sans  la  moindre sanction.  Est-ce  normal  ?  La  presse  dit que c’est raciste de penser ce que je vous dis,   mais   c’est   ridicule   !   Nous   serions donc devenus une nation de racistes par- ce   que   nous   ne   sommes   pas   d’accord avec  ce   laxisme ? Annette
Ce  qui  nous  plaît   chez Trump, c’est qu’il ne doit rien à personne. Il est milliardaire mais il accepte de faire  ce  job  pour  sauver  le  pays.  Il  n’en   avait pas besoin. C’est son atout. Car il va  pouvoir  se  concentrer  sur  l’essentiel,  au   lieu de penser à être réélu.  Obama  s’est  trop  excusé, nous devons montrer notre force. Nous espérons  que  Trump  sera  le  Reagan  de   notre  génération. James Mack (ouvrier machiniste de Pennsylvanie)
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme ans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Obama (2008)
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton
It’s not just visual: In interview after interview in all corners of the state, I’ve found that Trump’s support across the ideological spectrum remains strong. Democrats, Republicans, independents, people who have not voted in presidential elections for years — they have not wavered in their support. Two components of these voters’ answers and profiles remain consistent: They are middle-class, and they do not live in a big city. They are suburban to rural and are not poor — an element I found fascinating, until a Gallup survey last week confirmed that what I’ve gathered in interviews is more than just freakishly anecdotal. The Gallup analysis, based on 87,000 interviews over the past year, shows that while economic anxiety and Trump’s appeal are intertwined, his supporters for the most part do not make less than average Americans (not those in New York City or Washington, perhaps, but their Main Street peers) and are less likely to be unemployed. The study backs up what many of my interviews across the state found — that these people are more concerned about their children and grandchildren. While Trump supporters here are overwhelmingly white, their support has little to do with race (yes, you’ll always find one or two who make race the issue) but has a lot to do with a perceived loss of power. Not power in the way that Washington or Wall Street board rooms view power, but power in the sense that these people see a diminishing respect for them and their ways of life, their work ethic, their tendency to not be mobile (many live in the same eight square miles that their father’s father’s father lived in). Thirty years ago, such people determined the country’s standards in entertainment, music, food, clothing, politics, personal values. Today, they are the people who are accused of creating every social injustice imaginable; when anything in society fails, they get blamed. The places where they live lack economic opportunities for the next generation; they know their children and grandchildren will never experience the comfortable situations they had growing up — surrounded by family who lived next door, able to find a great job without going to college, both common traits among many successful small-business owners in the state. These Trump supporters are not the kind you find on Twitter saying dumb or racist things; many of them don’t have the time or the patience to engage in social media because they are too busy working and living life in real time. These are voters who are intellectually offended watching the Affordable Care Act crumble because they warned six years ago that it was an unworkable government overreach. They are the same people who wonder why President Obama has not taken a break from a week of golfing to address the devastating floods in Louisiana. (As one woman told me, “It appears as if he only makes statements during tragedies if there is political gain attached.”) Voice such a remark, and you risk being labeled a racist in many parts of America. The Joe-Six-Pack stereotype of a Trump supporter was not created in a vacuum; it’s real and it’s out there. Yet, if you dig down deep into the Gallup survey — or, better yet, take a drive 15 minutes outside of most cities in America — you will learn a different story. That is, if you look and listen. Salena Zito
America is coming apart. For most of our nation’s history, whatever the inequality in wealth between the richest and poorest citizens, we maintained a cultural equality known nowhere else in the world—for whites, anyway. (…) But t’s not true anymore, and it has been progressively less true since the 1960s. People are starting to notice the great divide. The tea party sees the aloofness in a political elite that thinks it knows best and orders the rest of America to fall in line. The Occupy movement sees it in an economic elite that lives in mansions and flies on private jets. Each is right about an aspect of the problem, but that problem is more pervasive than either political or economic inequality. What we now face is a problem of cultural inequality. When Americans used to brag about « the American way of life »—a phrase still in common use in 1960—they were talking about a civic culture that swept an extremely large proportion of Americans of all classes into its embrace. It was a culture encompassing shared experiences of daily life and shared assumptions about central American values involving marriage, honesty, hard work and religiosity. Over the past 50 years, that common civic culture has unraveled. We have developed a new upper class with advanced educations, often obtained at elite schools, sharing tastes and preferences that set them apart from mainstream America. At the same time, we have developed a new lower class, characterized not by poverty but by withdrawal from America’s core cultural institutions. (…) Why have these new lower and upper classes emerged? For explaining the formation of the new lower class, the easy explanations from the left don’t withstand scrutiny. It’s not that white working class males can no longer make a « family wage » that enables them to marry. The average male employed in a working-class occupation earned as much in 2010 as he did in 1960. It’s not that a bad job market led discouraged men to drop out of the labor force. Labor-force dropout increased just as fast during the boom years of the 1980s, 1990s and 2000s as it did during bad years. (…) As I’ve argued in much of my previous work, I think that the reforms of the 1960s jump-started the deterioration. Changes in social policy during the 1960s made it economically more feasible to have a child without having a husband if you were a woman or to get along without a job if you were a man; safer to commit crimes without suffering consequences; and easier to let the government deal with problems in your community that you and your neighbors formerly had to take care of. But, for practical purposes, understanding why the new lower class got started isn’t especially important. Once the deterioration was under way, a self-reinforcing loop took hold as traditionally powerful social norms broke down. Because the process has become self-reinforcing, repealing the reforms of the 1960s (something that’s not going to happen) would change the trends slowly at best. Meanwhile, the formation of the new upper class has been driven by forces that are nobody’s fault and resist manipulation. The economic value of brains in the marketplace will continue to increase no matter what, and the most successful of each generation will tend to marry each other no matter what. As a result, the most successful Americans will continue to trend toward consolidation and isolation as a class. Changes in marginal tax rates on the wealthy won’t make a difference. Increasing scholarships for working-class children won’t make a difference. The only thing that can make a difference is the recognition among Americans of all classes that a problem of cultural inequality exists and that something has to be done about it. That « something » has nothing to do with new government programs or regulations. Public policy has certainly affected the culture, unfortunately, but unintended consequences have been as grimly inevitable for conservative social engineering as for liberal social engineering. The « something » that I have in mind has to be defined in terms of individual American families acting in their own interests and the interests of their children. Doing that in Fishtown requires support from outside. There remains a core of civic virtue and involvement in working-class America that could make headway against its problems if the people who are trying to do the right things get the reinforcement they need—not in the form of government assistance, but in validation of the values and standards they continue to uphold. The best thing that the new upper class can do to provide that reinforcement is to drop its condescending « nonjudgmentalism. » Married, educated people who work hard and conscientiously raise their kids shouldn’t hesitate to voice their disapproval of those who defy these norms. When it comes to marriage and the work ethic, the new upper class must start preaching what it practices. Charles Murray
We’re in the midst of a rebellion. The bottom and middle are pushing against the top. It’s a throwing off of old claims and it’s been going on for a while, but we’re seeing it more sharply after New Hampshire. This is not politics as usual, which by its nature is full of surprise. There’s something deep, suggestive, even epochal about what’s happening now. I have thought for some time that there’s a kind of soft French Revolution going on in America, with the angry and blocked beginning to push hard against an oblivious elite. It is not only political. Yes, it is about the Democratic National Committee, that house of hacks, and about a Republican establishment owned by the donor class. But establishment journalism, which for eight months has been simultaneously at Donald Trump’s feet (“Of course you can call us on your cell from the bathtub for your Sunday show interview!”) and at his throat (“Trump supporters, many of whom are nativists and nationalists . . .”) is being rebelled against too. Their old standing as guides and gatekeepers? Gone, and not only because of multiplying platforms. (…) All this goes hand in hand with the general decline of America’s faith in its institutions. We feel less respect for almost all of them—the church, the professions, the presidency, the Supreme Court. The only formal national institution that continues to score high in terms of public respect (72% in the most recent Gallup poll) is the military (…) we are in a precarious position in the U.S. with so many of our institutions going down. Many of those pushing against the system have no idea how precarious it is or what they will be destroying. Those defending it don’t know how precarious its position is or even what they’re defending, or why. But people lose respect for a reason. (…) It’s said this is the year of anger but there’s a kind of grim practicality to Trump and Sanders supporters. They’re thinking: Let’s take a chance. Washington is incapable of reform or progress; it’s time to reach outside. Let’s take a chance on an old Brooklyn socialist. Let’s take a chance on the casino developer who talks on TV. In doing so, they accept a decline in traditional political standards. You don’t have to have a history of political effectiveness anymore; you don’t even have to have run for office! “You’re so weirdly outside the system, you may be what the system needs.” They are pouring their hope into uncertain vessels, and surely know it. Bernie Sanders is an actual radical: He would fundamentally change an economic system that imperfectly but for two centuries made America the wealthiest country in the history of the world. In the young his support is understandable: They have never been taught anything good about capitalism and in their lifetimes have seen it do nothing—nothing—to protect its own reputation. It is middle-aged Sanders supporters who are more interesting. They know what they’re turning their backs on. They know they’re throwing in the towel. My guess is they’re thinking something like: Don’t aim for great now, aim for safe. Terrorism, a world turning upside down, my kids won’t have it better—let’s just try to be safe, more communal. A shrewdness in Sanders and Trump backers: They share one faith in Washington, and that is in its ability to wear anything down. They think it will moderate Bernie, take the edges off Trump. For this reason they don’t see their choices as so radical. (…) The mainstream journalistic mantra is that the GOP is succumbing to nativism, nationalism and the culture of celebrity. That allows them to avoid taking seriously Mr. Trump’s issues: illegal immigration and Washington’s 15-year, bipartisan refusal to stop it; political correctness and how it is strangling a free people; and trade policies that have left the American working class displaced, adrift and denigrated. Mr. Trump’s popularity is propelled by those issues and enabled by his celebrity. (…) Mr. Trump is a clever man with his finger on the pulse, but his political future depends on two big questions. The first is: Is he at all a good man? Underneath the foul mouthed flamboyance is he in it for America? The second: Is he fully stable? He acts like a nut, calling people bimbos, flying off the handle with grievances. Is he mature, reliable? Is he at all a steady hand? Political professionals think these are side questions. “Let’s accuse him of not being conservative!” But they are the issue. Because America doesn’t deliberately elect people it thinks base, not to mention crazy. Peggy Noonan
The furor of ignored Europeans against their union is not just directed against rich and powerful government elites per se, or against the flood of mostly young male migrants from the war-torn Middle East. The rage also arises from the hypocrisy of a governing elite that never seems to be subject to the ramifications of its own top-down policies. The bureaucratic class that runs Europe from Brussels and Strasbourg too often lectures European voters on climate change, immigration, politically correct attitudes about diversity, and the constant need for more bureaucracy, more regulations, and more redistributive taxes. But Euro-managers are able to navigate around their own injunctions, enjoying private schools for their children; generous public pay, retirement packages and perks; frequent carbon-spewing jet travel; homes in non-diverse neighborhoods; and profitable revolving-door careers between government and business. The Western elite classes, both professedly liberal and conservative, square the circle of their privilege with politically correct sermonizing. They romanticize the distant “other” — usually immigrants and minorities — while condescendingly lecturing the middle and working classes, often the losers in globalization, about their lack of sensitivity. On this side of the Atlantic, President Obama has developed a curious habit of talking down to Americans about their supposedly reactionary opposition to rampant immigration, affirmative action, multiculturalism, and political correctness — most notably in his caricatures of the purported “clingers” of Pennsylvania. Yet Obama seems uncomfortable when confronted with the prospect of living out what he envisions for others. He prefers golfing with celebrities to bowling. He vacations in tony Martha’s Vineyard rather than returning home to his Chicago mansion. His travel entourage is royal and hardly green. And he insists on private prep schools for his children rather than enrolling them in the public schools of Washington, D.C., whose educators he so often shields from long-needed reform. In similar fashion, grandees such as Facebook billionaire Mark Zuckerberg and Univision anchorman Jorge Ramos do not live what they profess. They often lecture supposedly less sophisticated Americans on their backward opposition to illegal immigration. But both live in communities segregated from those they champion in the abstract. The Clintons often pontificate about “fairness” but somehow managed to amass a personal fortune of more than $100 million by speaking to and lobbying banks, Wall Street profiteers, and foreign entities. The pay-to-play rich were willing to brush aside the insincere, pro forma social-justice talk of the Clintons and reward Hillary and Bill with obscene fees that would presumably result in lucrative government attention. Consider the recent Orlando tragedy for more of the same paradoxes. The terrorist killer, Omar Mateen — a registered Democrat, proud radical Muslim, and occasional patron of gay dating sites — murdered 49 people and wounded even more in a gay nightclub. His profile and motive certainly did not fit the elite narrative that unsophisticated right-wing American gun owners were responsible because of their support for gun rights. No matter. The Obama administration and much of the media refused to attribute the horror in Orlando to Mateen’s self-confessed radical Islamist agenda. Instead, they blamed the shooter’s semi-automatic .223 caliber rifle and a purported climate of hate toward gays. (…) In sum, elites ignored the likely causes of the Orlando shooting: the appeal of ISIS-generated hatred to some young, second-generation radical Muslim men living in Western societies, and the politically correct inability of Western authorities to short-circuit that clear-cut connection. Instead, the establishment all but blamed Middle America for supposedly being anti-gay and pro-gun. In both the U.S. and Britain, such politically correct hypocrisy is superimposed on highly regulated, highly taxed, and highly governmentalized economies that are becoming ossified and stagnant. The tax-paying middle classes, who lack the romance of the poor and the connections of the elite, have become convenient whipping boys of both in order to leverage more government social programs and to assuage the guilt of the elites who have no desire to live out their utopian theories in the flesh. Victor Davis Hanson
Barack Obama is the Dr. Frankenstein of the supposed Trump monster. If a charismatic, Ivy League-educated, landmark president who entered office with unprecedented goodwill and both houses of Congress on his side could manage to wreck the Democratic Party while turning off 52 percent of the country, then many voters feel that a billionaire New York dealmaker could hardly do worse. If Obama had ruled from the center, dealt with the debt, addressed radical Islamic terrorism, dropped the politically correct euphemisms and pushed tax and entitlement reform rather than Obamacare, Trump might have little traction. A boring Hillary Clinton and a staid Jeb Bush would most likely be replaying the 1992 election between Bill Clinton and George H.W. Bush — with Trump as a watered-down version of third-party outsider Ross Perot. But America is in much worse shape than in 1992. And Obama has proved a far more divisive and incompetent president than George H.W. Bush. Little is more loathed by a majority of Americans than sanctimonious PC gobbledygook and its disciples in the media. And Trump claims to be PC’s symbolic antithesis. Making Machiavellian Mexico pay for a border fence or ejecting rude and interrupting Univision anchor Jorge Ramos from a press conference is no more absurd than allowing more than 300 sanctuary cities to ignore federal law by sheltering undocumented immigrants. Putting a hold on the immigration of Middle Eastern refugees is no more illiberal than welcoming into American communities tens of thousands of unvetted foreign nationals from terrorist-ridden Syria. In terms of messaging, is Trump’s crude bombast any more radical than Obama’s teleprompted scripts? Trump’s ridiculous view of Russian President Vladimir Putin as a sort of « Art of the Deal » geostrategic partner is no more silly than Obama insulting Putin as Russia gobbles up former Soviet republics with impunity. Obama callously dubbed his own grandmother a « typical white person, » introduced the nation to the racist and anti-Semitic rantings of the Rev. Jeremiah Wright, and petulantly wrote off small-town Pennsylvanians as near-Neanderthal « clingers. » Did Obama lower the bar for Trump’s disparagements? Certainly, Obama peddled a slogan, « hope and change, » that was as empty as Trump’s « make America great again. » (…) How does the establishment derail an out-of-control train for whom there are no gaffes, who has no fear of The New York Times, who offers no apologies for speaking what much of the country thinks — and who apparently needs neither money from Republicans nor politically correct approval from Democrats? Victor Davis Hanson
In 1978, the eminent sociologist William Julius Wilson argued confidently that class would soon displace race as the most important social variable in American life. As explicit legal barriers to minority advancement receded farther into the past, the fates of the working classes of different races would converge. By the mid 2000s, Wilson’s thesis looked pretty good: The black middle class was vibrant and growing as the average black wealth nearly doubled from 1995 to 2005. Race appeared to lose its salience as a political predictor: More and more blacks were voting Republican, reversing a decades-long trend, and in 2004 George W. Bush collected the highest share of the Latino (44 percent) vote of any Republican ever and a higher share of the Asian vote (43 percent) than he did in 2000. Our politics grew increasingly ideological and less racial: Progressives and the beneficiaries of a generous social-welfare state generally supported the Democratic party, while more prosperous voters were more likely to support Republicans. Stable majorities expressed satisfaction with the state of race relations. It wasn’t quite a post-racial politics, but it was certainly headed in that direction. But in the midst of the financial crisis of 2007, something happened. Both the white poor and the black poor began to struggle mightily, though for different reasons. And our politics changed dramatically in response. It’s ironic that the election of the first black president marked the end of our brief flirtation with a post-racial politics. By 2011, William Julius Wilson had published a slight revision of his earlier thesis, noting the continued importance of race. The black wealth of the 1990s, it turned out, was built on the mirage of house values. Inner-city murder rates, which had fallen for decades, began to tick upward in 2015. In one of the deadliest mass shootings in recent memory, a white supremacist murdered nine black people in a South Carolina church. And the ever-present antagonism between the police and black Americans — especially poor blacks whose neighborhoods are the most heavily policed — erupted into nationwide protests. Meanwhile, the white working class descended into an intense cultural malaise. Prescription-opioid abuse skyrocketed, and deaths from heroin overdoses clogged the obituaries of local papers. In the small, heavily white Ohio county where I grew up, overdoses overtook nature as the leading cause of death. A drug that for so long was associated with inner-city ghettos became the cultural inheritance of the southern and Appalachian white: White youths died from heroin significantly more often than their peers of other ethnicities. Incarceration and divorce rates increased steadily. Perhaps most strikingly, while the white working class continued to earn more than the working poor of other races, only 24 percent of white voters believed that the next generation would be “better off.” No other ethnic group expressed such alarming pessimism about its economic future. And even as each group struggled in its own way, common forces also influenced them. Rising automation in blue-collar industries deprived both groups of high-paying, low-skill jobs. Neighborhoods grew increasingly segregated — both by income and by race — ensuring that poor whites lived among poor whites while poor blacks lived among poor blacks. As a friend recently told me about San Francisco, Bull Connor himself couldn’t have designed a city with fewer black residents. Predictably, our politics began to match this new social reality. In 2012, Mitt Romney collected only 27 percent of the Latino vote. Asian Americans, a solid Republican constituency even in the days of Bob Dole, went for Obama by a three-to-one margin — a shocking demographic turn of events over two decades. Meanwhile, the black Republican became an endangered species. Republican failures to attract black voters fly in the face of Republican history. This was the party of Lincoln and Douglass. Eisenhower integrated the school in Little Rock at a time when the Dixiecrats were the defenders of the racial caste system.(…) For many progressives, the Sommers and Norton research confirms the worst stereotypes of American whites. Yet it also reflects, in some ways, the natural conclusions of an increasingly segregated white poor. (…) The reality is not that black Americans enjoy special privileges. In fact, the overwhelming weight of the evidence suggests that the opposite is true. Last month, for instance, the brilliant Harvard economist Roland Fryer published an exhaustive study of police uses of force. He found that even after controlling for crime rates and police presence in a given neighborhood, black youths were far likelier to be pushed, thrown to the ground, or harassed by police. (Notably, he also found no racial disparity in the use of lethal force.) (…) Getting whipped into a frenzy on conspiracy websites, or feeling that distant, faceless elites dislike you because of your white skin, doesn’t compare. But the great advantages of whiteness in America are invisible to the white poor, or are completely swallowed by the disadvantages of their class. The young man from West Virginia may be less likely to get questioned by Yale University police, but making it to Yale in the first place still requires a remarkable combination of luck and skill. In building a dialogue around “checking privilege,” the modern progressive elite is implicitly asking white America — especially the segregated white poor — for a level of social awareness unmatched in the history of the country. White failure to empathize with blacks is sometimes a failure of character, but it is increasingly a failure of geography and socialization. Poor whites in West Virginia don’t have the time or the inclination to read Harvard economics studies. And the privileges that matter — that is, the ones they see — are vanishing because of destitution: the privilege to pay for college without bankruptcy, the privilege to work a decent job, the privilege to put food on the table without the aid of food stamps, the privilege not to learn of yet another classmate’s premature death. (…) Because of this polarization, the racial conversation we’re having today is tribalistic. On one side are primarily white people, increasingly represented by the Republican party and the institutions of conservative media. On the other is a collection of different minority groups and a cosmopolitan — and usually wealthier — class of whites. These sides don’t even speak the same language: One side sees white privilege while the other sees anti-white racism. There is no room for agreement or even understanding. J. D. Vance
Est-ce le plus beau cadeau qu’Hillary Clinton ait fait à son adversaire ? En traitant “la moitié” des électeurs de Trump de “basket of deplorables”, Hillary a donné à l’équipe Trump un nouveau slogan de campagne : Les Deplorables (en français sur l’affiche avec le “e” sans accent, et aussi sur les t-shirts, sur les pots à café, dans la salle, etc.) ; avec depuis hier une affiche empruntée au formidable succès de scène de 2012 à Broadway Les Misérables (avec le “é” accentué, ou Les Mis’, tout cela en français sur l’affiche et sur la scène), et retouchée à la mesure-Trump (drapeau US à la place du drapeau français, bannière avec le nom de Trump). Grâce soit rendue à Hillary, le mot a une certaine noblesse et une signification à la fois, – étrangement, – précise et sophistiqué, dont le sens négatif peut aisément être retourné dans un contexte politique donné (le mot lui-même a, également en anglais, un sens négatif et un sens positif), surtout avec la référence au titre du livre de Hugo devenu si populaire aux USA depuis 2012…  L’équipe Trump reprend également la chanson-standard de la comédie musicale “Do You Hear the People Sing”, tout cela à partir d’une idée originale d’un partisan de Trump, un artiste-graphiste qui se désigne sous le nom de Keln : il a réalisé la composition graphique à partir de l’affiche des Misérables et l’a mise en ligne en espérant qu’elle serait utilisée par Trump. Depuis quelques jours déjà, les partisans de Trump se baptisent de plus en plus eux-mêmes Les Deplorables (comme l’on disait il y a 4-5 ans “les indignés”) et se reconnaissent entre eux grâce à ce mot devenu porte-drapeau et slogan et utilisé sur tous les produits habituels (“nous sommes tous des Deplorables”, comme d’autres disaient, dans le temps, “Nous sommes tous des juifs allemands”). De l’envolée de Clinton, – dont elle s’est excusée mais sans parvenir à contenir l’effet “déplorable” pour elle, ni l’effet-boomerang comme on commence à le mesurer, –nous écrivions ceci le 15 septembre : « L’expression (“panier” ou “paquet de déplorables”), qui qualifie à peu près une moitié des électeurs de Trump, est assez étrange, sinon arrogante et insultante, voire sophistiquée et devrait être très en vogue dans les salons progressistes et chez les milliardaires d’Hollywood ; elle s’accompagne bien entendu des autres qualificatifs classiques formant le minimum syndical de l’intellectuel-Système, dits explicitement par Hillary, de “racistes”, xénophobes”, et ajoutons comme sous-entendus “crétins absolus” ou bien “sous-hommes”, et ajoutons encore implicitement “irrécupérables” et de la sorte “à liquider” ou à envoyer en camp de rééducation ou plutôt à l’asile, comme l’éclairé Bacri conseille de faire avec Zemmour. » Récupéré par les électeurs de Trump eux-mêmes puis par l’équipe Trump, le slogan peu résonner comme un cri de révolte qui pourrait donner un formidable rythme et un atout considérable de communication à la campagne du candidat républicain. Philippe Grasset
In another eerie ditto of his infamous 2008 attack on the supposedly intolerant Pennsylvania “clingers,” Obama returned to his theme that ignorant Americans “typically” become xenophobic and racist: “Typically, when people feel stressed, they turn on others who don’t look like them.” (“Typically” is not a good Obama word to use in the context of racial relations, since he once dubbed his own grandmother a “typical white person.”) Too often Obama has gratuitously aroused racial animosities with inflammatory rhetoric such as “punish our enemies,” or injected himself into the middle of hot-button controversies like the Trayvon Martin case, the Henry Louis Gates melodrama, and the “hands up, don’t shoot” Ferguson mayhem. Most recently, Obama seemed to praise backup 49ers quarterback and multimillionaire Colin Kaepernick for his refusal to stand during the National Anthem, empathizing with Kaepernick’s claims of endemic American racism. (…) Even presidential nominee and former Secretary of State Hillary Clinton is not really defending the Obama administration’s past “red line” in Syria, the “reset” with Vladimir Putin’s Russia, the bombing of Libya, the Benghazi tragedy, the euphemistic rebranding of Islamic terrorism as mere “violent extremism,” the abrupt pullout from (and subsequent collapse of) Iraq, or the Iran nuclear deal that so far seems to have made the theocracy both rich and emboldened. (…) Racial relations in this country seem as bad as they have been in a half-century. (…) Following the Clinton model, a post-presidential Obama will no doubt garner huge fees as a “citizen of the world” — squaring the circle of becoming fabulously rich while offering sharp criticism of the cultural landscape of the capitalist West on everything from sports controversies to pending criminal trials. What, then, is the presidential legacy of Barack Obama? It will not be found in either foreign- or domestic-policy accomplishment. More likely, he will be viewed as an outspoken progressive who left office loudly in the same manner that he entered it — as a critic of the culture and country in which he has thrived. But there may be another, unspoken legacy of Obama, and it is his creation of the candidacy of Donald J. Trump. Trump is running as an angry populist, fueled by the promise that whatever supposed elites such as Obama have done to the country, he will largely undo. Obama’s only legacy seems to be that “hope and change” begat “make America great again.” Victor Davis Hanson
Hillary Clinton’s comment that half of Donald Trump’s supporters are “racist, sexist, homophobic, xenophobic, Islamophobic”—a heck of a lot of phobia for anyone to lug around all day—puts back in play what will be seen as one of the 2016 campaign’s defining forces: the revolt of the politically incorrect. They may not live at the level of Victor Hugo’s “Les Misérables,” but it was only a matter of time before les déplorables—our own writhing mass of unheard Americans—rebelled against the intellectual elites’ ancien régime of political correctness. (…) Mrs. Clinton’s (…) dismissal, at Barbra Streisand’s LGBT fundraiser, of uncounted millions of Americans as deplorables had the ring of genuine belief. Perhaps sensing that public knowledge of what she really thinks could be a political liability, Mrs. Clinton went on to describe “people who feel that the government has let them down, the economy has let them down, nobody cares about them . . . and they’re just desperate for change.” She is of course describing the people in Charles Murray’s recent and compelling book on cultural disintegration among the working class, “Coming Apart: The State of White America, 1960-2010.” This is indeed the bedrock of the broader Trump base. Mrs. Clinton is right that they feel the system has let them down. There is a legitimate argument over exactly when the rising digital economy started transferring income away from blue-collar workers and toward the “creative class” of Google and Facebook employees, no few of whom are smug progressives who think the landmass seen from business class between San Francisco and New York is pocked with deplorable, phobic Americans. Naturally, they’ll vote for the status quo, which is Hillary. But in the eight years available to Barack Obama to do something about what rankles the lower-middle class—white, black or brown—the non-employed and underemployed grew. A lot of them will vote for Donald Trump because they want a radical mid-course correction. (…) The progressive Democrats, a wholly public-sector party, have disconnected from the realities of the private economy, which exists as a mysterious revenue-producing abstraction. Hillary’s comments suggest they now see much of the population has a cultural and social abstraction. (…) Donald Trump’s appeal, in part, is that he cracks back at progressive cultural condescension in utterly crude terms. Nativists exist, and the sky is still blue. But the overwhelming majority of these people aren’t phobic about a modernizing America. They’re fed up with the relentless, moral superciliousness of Hillary, the Obamas, progressive pundits and 19-year-old campus activists. Evangelicals at last week’s Values Voter Summit said they’d look past Mr. Trump’s personal résumé. This is the reason. It’s not about him. The moral clarity that drove the original civil-rights movement or the women’s movement has degenerated into a confused moral narcissism. (…) It is a mistake, though, to blame Hillary alone for that derisive remark. It’s not just her. Hillary Clinton is the logical result of the Democratic Party’s new, progressive algorithm—a set of strict social rules that drives politics and the culture to one point of view. (…) Her supporters say it’s Donald Trump’s rhetoric that is “divisive.” Just so. But it’s rich to hear them claim that their words and politics are “inclusive.” So is the town dump. They have chopped American society into so many offendable identities that only a Yale freshman can name them all. If the Democrats lose behind Hillary Clinton, it will be in part because America’s les déplorables decided enough of this is enough. Bret Stephens
This year there’s a new name on our list of the Eight Greats: Israel. A small country in a chaotic part of the world, Israel is a rising power with a growing impact on world affairs. Although 2016 saw the passage of yet another condemnation of Israel at the United Nations, this time in the Security Council thanks to an American decision to abstain rather than veto, overall the Jewish state continues to develop diplomatic, economic and military power and to insert itself into the heart of regional politics. Three factors are powering Israel’s rise: economic developments, the regional crisis, and diplomatic ingenuity. Looking closely at these tells us something about how power works in the contemporary world. The economic developments behind Israel’s new stature are partly the result of luck and location, and partly the result of smart choices. As to the luck and location factor, large, off-shore discoveries of natural gas and oil are turning Israel into an energy exporter. Energy self-sufficiency is a boost to Israel’s economy; energy exports boost Israel’s foreign policy clout. In 2016 Erdogan’s Turkey turned on most of its NATO and Western allies; ties with Israel strengthened. Turkey’s Islamist ruler wants gas, and he wants to limit Turkey’s dependence on Russia. Israel is part of the answer. But beyond luck, Israel’s newfound clout on the world stage comes from the rise of industrial sectors and technologies that good Israeli schools, smart Israeli policies and talented Israeli thinkers and entrepreneurs have built up over many years. In particular, Israel’s decision to support the rise of a domestic cybersecurity and infotech economy has put Israel at the center of the ongoing revolution in military power based on the importance of information control and management to 21st century states. It is not just that private investors all over the world look to invest in Israel’s tech startups; access to Israeli technology (like the technology behind the Iron Dome missile system) matters to more and more countries. It’s not just America; India, China and Russia all want a piece of Israeli tech wizardry. Other, less glamorous Israeli industries, like the irrigation, desalinization and dry land farming tech that water poor Israel has developed over the decades play their part. Israel’s diplomatic outreach to Africa and its deepening (and increasingly public) relationship with India benefit from Israel’s ability to deliver what people in other countries and governments want. The second factor in Israel’s appearing on our list is the change in the Middle Eastern balance of power that has transformed Israel from a pariah state to a kingmaker. On the one hand, Syria, one of Israel’s most vociferous enemies and biggest security threats in the old days, has now been broken on the wheel. What has happened in Syria is a terrible human tragedy; but in the cold light of realpolitik the break up of Syria further entrenches Israel’s military supremacy in its immediate neighborhood. Egypt hates Hamas, ISIS and Islamic Jihad as much as Israel does; never has Egyptian-Israeli security cooperation been as close as it is today. Even more consequentially, the rise of Iran and its aspirations to regional hegemony on the one hand and the apparent support for its dreams from the Obama administration made Israel critical to the survival of the Sunni Arabs, including the Gulf states, who loathe Iran and fear a Shia victory in the religious conflict now raging across the Middle East. The Arab Establishment today has two frightening enemies: radical jihadi groups like ISIS on one side, and Iran on the other. Israel has a mix of intelligence and military capabilities that can help keep the regional balance stable; privately and even not so privately many prominent Arab officials today will say that Israeli support is necessary for the survival of Arab independence. Finally, Israel has managed, uncharacteristically, to advance its global political agenda through effective and even subtle diplomacy. Just as Israel was able to strengthen its relationship with Turkey even as Turkish-U.S. and Turkish EU relations grew distant, Israel has been able to build a realistic and fruitful relationship with Russia despite Russia’s standoff with the west over Ukraine, and Russia’s ties with Iran. The deepening Israel-India relationship has also required patience and skill. Israel’s diplomatic breakthroughs in relations with African countries who have been hostile to Israel since the 1967 war were also built through patient and subtle diplomacy, often working behind the scenes. That behind-the-scenes outreach diplomacy has also helped Israel achieve new levels of contact and collaboration with many Arab countries. It is not, of course, all sweetness and light. Hezbollah has tens of thousands of missiles aimed at Israel and, thanks to Iran’s victories in Syria, it can now enjoy much more reliable supplies from its patron. The Palestinian Question is as far from a solution as possible, and even as they fragment and squabble among themselves, the Palestinians continue to fight for Israel’s delegitimation in the UN and elsewhere. Israeli politics are as volatile and bitter as ever. The kaleidoscopic nature of Middle East politics means that today’s hero can be tomorrow’s goat. While the breakdown of regional order has so far been a net positive for Israel’s security and power, things could change fast. In ISIS coup in Saudi Arabia, the collapse of Jordan, the fall of the Sisi government in Egypt: it is not hard to come up with scenarios that would challenge Israel in new and dangerous ways. Former President Obama and his outgoing Secretary of State, John Kerry (neither widely regarded these days as a master of geopolitics), frequently warned Israel that its policies were leaving it isolated and vulnerable. This is to some degree true: European diplomats, American liberals and many American Jews are much less sympathetic to Israel today than they have been in the past. Future Israeli leaders may have to think hard about rebuilding links with American Democrats and American Jews. But for now at least, Israel can afford to ignore the dismal croaking of the outgoing American administration. One of a small handful of American allies to be assiduously courted by the Trump campaign, Israel begins 2017 as the keystone of a regional anti-Iran alliance, a most-favored-nation in the White House, and a country that enjoys good relations with all of the world’s major powers bar Iran. Teodor Herzl would be astonished to see what his dream has grown into; David Ben-Gurion would be astounded by the progress his poor and embattled nation has made.
We’re at a space shuttle moment. The most vulnerable time for the space shuttle is when it re-enters the environment, so that when it comes back into the environment it doesn’t blow up. The tiles need to be tight. I’m concerned about the tightness of the tiles on the space shuttle right now. We have to get through this heat. Atlanta Mayor Kasim Reed
What happened the next night shocked even the most pessimistic Democrats. But in another sense, it was the reckoning the party had been expecting for years. They were counting on a Clinton win to paper over a deeper rot they’ve been worrying about—and to buy them some time to start coming up with answers. In other words, it wasn’t just Donald Trump. Or the Russians. Or James Comey. Or all the problems with how Clinton and her aides ran the campaign. Win or lose, Democrats were facing an existential crisis in the years ahead—the result of years of complacency, ignoring the withering of the grass roots and the state parties, sitting by as Republicans racked up local win after local win. (…) What’s clear from interviews with several dozen top Democratic politicians and operatives at all levels, however, is that there is no comeback strategy—just a collection of half-formed ideas, all of them challenged by reality. And for whatever scheme they come up with, Democrats don’t even have a flag-carrier. Barack Obama? He doesn’t want the job. Hillary Clinton? Too damaged. Bernie Sanders? Too socialist. Joe Biden? Too tied to Obama. Nancy Pelosi and Chuck Schumer? Too Washington. Elizabeth Warren? Maybe. And all of them old, old, old. The Democrats’ desolation is staggering. But part of the problem is that it’s easy to point to signs that maybe things aren’t so bad. After all, Clinton did beat Trump by 2.8 million votes, Obama’s approval rating is nearly 60 percent, polls show Democrats way ahead of the GOP on many issues and demographics suggest that gap will only grow. But they are stuck in the minority in Congress with no end in sight, have only 16 governors left and face 32 state legislatures fully under GOP control. Their top leaders in the House are all over 70. Their top leaders in the Senate are all over 60. Under Obama, Democrats have lost 1,034 seats at the state and federal level—there’s no bench, no bench for a bench, virtually no one able to speak for the party as a whole. (…) There are now fewer than 700 days until Election Day 2018, as internal memos circulating among Democratic strategists point out with alarm. They differ in their prescriptions, but all boil down to the same inconvenient truth: If Republicans dominate the 2018 midterms, they will control the Senate (and with it, the Supreme Court) for years, and they will draw district lines in states that will lock in majorities in the House and across state capitals, killing the next generation of Democrats in the crib, setting up the GOP for an even more dominant 2020 and beyond. Most doubt Democrats have the stamina or the stomach for the kind of cohesive resistance that Republicans perfected over the years. In their guts, they want to say yes to government doing things, and they’re already getting drawn in by promises to work with Trump and the Republican majorities. They’re heading into the next elections with their brains scrambled by Trump’s win, side-eyeing one another over who’s going to sell out the rest, nervous the incoming president will keep outmaneuvering them in the media and throw up more targets than they could ever hope to shoot at—and all of this from an election that was supposed to cement their claim on the future. (…) everyone from Obama on down is talking about going local, focusing on the kinds of small races and party-building activities Republicans have been dominating for cycle after cycle. But all that took decades, and Democrats have no time. What are they going to do next? There hasn’t been an American political party in worse shape in living memory. And there may never have been a party less ready to confront it. Politico
Are you scratching your head and wondering, Since when did liberals and the Left embrace a sunny, light-filled vision of the United States? If so, you’re not misremembering things. These are the same liberal elites who have been telling us for decades that America is shot through with an ever-expanding array of hatreds and injustice that disenfranchise large portions of the population and force them to live in fear. (…) These thoroughly representative members — and products — of the cultural elite are the same people who have given us “safe spaces” and “allyship” on college campuses, under the preposterous notion that any American college student who is not white, male, and heterosexual is “unsafe.” The Left has developed a typology of American students as victims, their allies, and their presumed oppressors. (…) The press, the campus-rape bureaucracy, and an army of federal regulators proclaim that terrified college co-eds are living through a rape tsunami, which can be eradicated only by campus kangaroo courts. So rapidly does American oppression metastasize