Verdict Chauvin: Merci, George Floyd, d’avoir sacrifié votre vie pour la justice (Homo sapiens is the only species capable of co-operating flexibly in large numbers, but revolutions are rare and can be easily hijacked because it’s not only numbers but flexible organization that counts)

23 avril, 2021

Iran's Leader Future -Nicolae Elena Ceausescu Execution - YouTube

Hold The Front Page: Romania's Ceausescu and Wife Executed (1989)

Il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Lorsqu’un Sanhédrin s’est déclaré unanime pour condamner, l’accusé sera acquitté. Le Talmud
Il arrive que les victimes d’une foule soient tout à fait aléatoires; il arrive aussi qu’elles ne le soient pas. Il arrive même que les crimes dont on les accuse soient réels, mais ce ne sont pas eux, même dans ce cas-là, qui joue le premier rôle dans le choix des persécuteurs, c’est l’appartenance des victimes à certaines catégories particulièrement exposées à la persécution. (…) il existe donc des traits universels de sélection victimaire (…) à côté des critères culturels et religieux, il y en a de purement physiques. La maladie, la folie, les difformités génétiques, les mutilations accidentelles et même les infirmités en général tendent à polariser les persécuteurs. (…) l’infirmité s’inscrit dans un ensemble indissociable du signe victimaire et dans certains groupes — à l’internat scolaire par exemple — tout individu qui éprouve des difficultés d’adaptation, l’étranger, le provincial, l’orphelin, le fils de famille, le fauché, ou, tout simplement, le dernier arrivé, est plus ou moins interchangeables avec l’infirme.(…) lorsqu’un groupe humain l’habitude de choisir ses victimes dans une certaine catégorie sociale, ethnique, religieuse, il tend à lui attribuer les infirmités ou les difformités qui renforceraient la polarisation victimaire si elles étaient réelles. (…) à la marginalité des miséreux, ou marginalité  du dehors, il faut en ajouter une seconde, la marginalité du dedans, celle des riches et du dedans. Le monarque et sa cour font parfois songer à l’oeil d’un ouragan. Cette double marginalité suggère une organisation tourbillonnante. En temps normal, certes, les riches et les puissants jouissent de toutes sortes de protections et de privilèges qui font défaut aux déshérités. Mais ce ne sont pas les circonstances normales qui nous concernent ici, ce sont les périodes de crise. Le moindre regard sur l’histoire universelle révèle que les risques de mort violente aux mains d’une foule déchaînée sont statistiquement plus élevés pour les que pour toute autre catégorie. A la limite ce sont toutes les qualités extrêmes qui attirent, de temps en temps, les foudres collectives, pas seulement les extrêmes de la richesse et de la pauvreté, mais également ceux du succès et de l’échec, de la beauté et de la laideur, du vice de la vertu, du pouvoir de séduire et du pouvoir de déplaire ; c’est la faiblesse des femmes, des enfants et des vieillards, mais c’est aussi la force des plus forts qui devient faiblesse devant le nombre. (…) On retrouve dans la révolution tous les traits caractéristiques des grandes crises qui favorisent les persécutions collectives.René Girard
Louis doit mourir, parce qu’il faut que la patrie vive. Robespierre (3 décembre 1792)
Une nation ne se régénère que sur un monceau de cadavres. Saint-Just
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Rouget de Lisle
Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust
Prévoyante, la ville d’Athènes entretenait à ses frais un certain nombre de malheureux […]. En cas de besoin, c’est-à-dire quand une calamité s’abattait ou menaçait de s’abattre sur la ville, épidémie, famine, invasion étrangère, dissensions intérieures, il y avait toujours un pharmakos à la disposition de la collectivité. […] On promenait le pharmakos un peu partout, afin de drainer les impuretés et de les rassembler sur sa tête ; après quoi on chassait ou on tuait le pharmakos dans une cérémonie à laquelle toute la populace prenait part. […] D’une part, on […] [voyait] en lui un personnage lamentable, méprisable et même coupable ; il […] [était] en butte à toutes sortes de moqueries, d’insultes et bien sûr de violences ; on […] [l’entourait], d’autre part, d’une vénération quasi-religieuse ; il […] [jouait] le rôle principal dans une espèce de culte.  René Girard
Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
Merci, George Floyd, d’avoir sacrifié votre vie pour la justice. Nancy Pelosi (présidente de la Chambre des Représentants)
Nous devons rester dans la rue et nous devons être plus actifs, nous devons devenir plus conflictuels. Nous devons nous assurer qu’ils savent que nous sommes sérieux. Maxine Waters représentante démocrate de Californie)
Je prie pour que le verdict soit le bon. À mon avis, c’est accablant. Je ne dirais pas cela si le jury ne s’était pas retiré pour délibérer. J’ai appris à connaître la famille de George (…). C’est une famille bien. Joe Biden
Le président Biden a parlé hier (lundi) avec la famille de George Floyd pour prendre de ses nouvelles et lui assurer qu’il priait pour elle. Jen Psaki (porte-parole de l’exécutif américain)
L’heure est venue pour ce pays de se rassembler.  Le verdict de culpabilité ne fera pas revenir George» mais cette décision peut être le moment d’un changement significatif. Joe Biden
Nous sommes tous tellement soulagés – pas seulement pour le verdict, mais parce qu’il a été reconnu coupable des trois chefs d’accusation, pas d’un seul. C’est très important. Nous allons faire beaucoup plus. Nous allons faire beaucoup de choses.C’est peut-être une première étape dans la lutte contre ce qui relève véritablement du racisme systémique. Joe Biden
Nous sommes tous tellement soulagés. J’aurais aimé être là pour vous prendre dans mes bras. Joe Biden
Aujourd’hui, nous poussons un soupir de soulagement. Cela n’enlève toutefois pas la douleur. Une mesure de justice n’est pas la même chose qu’une justice équitable. Ce verdict est un pas dans la bonne direction. Et, le fait est que nous avons encore du travail à faire. Nous devons encore réformer le système. Kamala Harris
Justice est faite. Adam Silver (patron de la NBA)
Je vais vous dire que la membre du Congrès Waters vous a peut-être donné quelque chose en appel qui pourrait entraîner l’annulation de tout ce procès. Juge Peter Cahill
L’avocat de Derek Chauvin a pour sa part demandé l’acquittement de son client. L’accusation «a échoué à apporter la preuve au-delà du doute raisonnable et Derek Chauvin doit par conséquent être déclaré non-coupable», a affirmé l’avocat du policier, Eric Nelson, après près de trois heures de plaidoirie. Le procès se tient dans un climat de fortes tensions, après la mort récente d’un jeune homme noir lors d’un contrôle routier près de Minneapolis. (…) Selon Eric Nelson, George Floyd est mort d’une crise cardiaque due à des problèmes de cœur, aggravés par la consommation de fentanyl, un opiacé, et de méthamphétamine, un stimulant, et par l’inhalation de gaz d’échappement pendant qu’il était allongé au sol. D’après la défense, le policier a utilisé une procédure autorisée pour maîtriser un individu qui se débattait et le maintenir au sol. Elle évoque aussi une «foule hostile» qui représentait une «menace» et aurait détourné l’attention du policier du sort de George Floyd. Le jury, qui s’est retiré lundi pour délibérer, doit rendre un verdict unanime sur chacune des trois charges. «Vous devez être absolument impartiaux», leur a dit le juge Peter Cahill, qui les a invités à «examiner les preuves, de les soupeser et d’appliquer la loi». Cela pourrait prendre des heures, des jours, voire des semaines. Les condamnations de policiers pour meurtre sont très rares, les jurés ayant tendance à leur octroyer le bénéfice du doute. Si le jury ne parvient pas à se mettre d’accord sur l’ensemble des charges, le procès sera déclaré «nul». Tout autre scénario qu’une condamnation inquiète les autorités locales. La tension est très forte à Minneapolis, qui s’était déjà embrasée après la mort de George Floyd. Plus de 400 personnes ont défilé lundi dans les rues de la ville pour demander la condamnation de Derek Chauvin, chantant «le monde observe, nous observons, faites ce qui est juste». Marchant derrière une banderole réclamant «justice pour George Floyd», ils ont croisé sur leur chemin des soldats de la Garde nationale, les observant près de véhicules blindés. Tenue de camouflage, et fusil mitrailleur en bandoulière, ces militaires patrouillent depuis plusieurs semaines dans les rues de la ville. La mort récente de Daunte Wright, un jeune Afro-Américain d’une vingtaine d’années tué par une policière blanche lors d’un banal contrôle routier dans la banlieue de Minneapolis, n’a fait qu’ajouter à la tension qui règne depuis le début du procès. Le Figaro
Cops are forming a conga line down at the pension section and I don’t blame them. NYPD cops are looking for better jobs with other departments or even embarking on new careers. Joseph Giacalone (retired NYPD sergeant and adjunct professor at John Jay College of Criminal Justice)
More than 5,300 NYPD uniformed officers retired or put in their papers to leave in 2020 — a 75 percent spike from the year before, department data show. The exodus — amid the pandemic, anti-cop hostility, riots and a skyrocketing number of NYC shootings — saw 2,600 officers say goodbye to the job and another 2,746 file for retirement, a combined 5,346. In 2019, the NYPD had 1,509 uniformed officers leave and 1,544 file for retirement, for a total of 3,053. The departures and planned departures of 5,300 officers represents about 15 percent of the force. Already, as of April 5, the NYPD headcount of uniformed officers has dropped to 34,974 from 36,900 in 2019. Through April 21 of this year, 831 cops have retired or filed to leave — and many more are expected to follow suit in the current anti-cop climate, according to Joseph Giacalone, a retired NYPD sergeant and adjunct professor at John Jay College of Criminal Justice. NYPost
Nous ne tolérons pas l’usage d’un langage raciste, qu’il soit intentionnel ou non. Le NYT
Qui d’entre nous veut vivre dans un monde, ou travailler dans un domaine, où l’intention est catégoriquement exclue comme circonstance atténuante ? Bret Stephens
I have never taken a salary from the Black Lives Matter Global Network Foundation and that’s important because what the right-wing media is trying to say is the donations that people have made to Black Lives Matter went toward my spending and that is categorically untrue and incredibly dangerous. I’m a college professor first of all, I’m a TV producer and I have had two book deals…. and also have had a YouTube deal. So all of my income comes directly from the work that I do. Organizers should get paid for the work that they do. They should get paid a living wage. And the fact that the right-wing media is trying to create hysteria around my spending is, frankly, racist and sexist and I also want to say that many of us that end up investing in homes in the black community often invest in homes to take care of their family. You can talk to so many black people and black women particularly that take care of their families, take care of their loved ones especially when they’re in a position to. The homes I have bought ‘directly support the people that I love and care about and I’m not ‘renting them out in some Airbnb operation. The way that I live my life is a direct support to black people, including my black family members, first and foremost. For so many black folks who are able to invest in themselves and their communities they choose to invest in their family and that is what I have chosen to do. I have a child, I have a brother who has a severe mental illness that I take care of, I support my mother, I support many other family members of mine and so I see my money as not my own. I see it as my family’s money, as well. The whole point of these articles and these attacks against me are to discredit me, but also to discredit the movement.We have to stay focused on white supremacy and see through the right-wing lies. I have not just been a target of white supremacists and the right in this moment but obviously since the beginning of when I started Black Lives Matter I have been a target and these folks have created a much more dangerous situation for me and my family. It is very serious. The minute we started to receive funding I looked at my team and said we have to get these dollars out the door now. Now that Black Lives Matter has money, we have to be a grantmaking body as well as a think tank, act tank. And so much of the work that BLM specifically has done has been reinvesting into the black community. (…) a quarter of our budget [is] going back into the community and also we have to build an organization,’. It’s the first time we’ve ever had real dollars and we have to build a black institution that can challenge policing, that can take care of the black community. [But] the organization is not a ‘charity'(….) I do understand why people expect that from us. But I think it’s important that people recognize there are other places they can also get grants. There are other places they can also get resources. And, most importantly, our target should be the United States government. Our target should be calling on Congress to pass reparations.’ Patrisse Cullors (BLM cofounder)
Les dirigeants noirs actuels en sont réduits à vivre des dernières bribes d’autorité morale qui leur restent de leurs jours de gloire des années 50 et 60. (…) Ce ne serait pas la première fois qu’un mouvement initié dans une profonde clarté morale, et qui avait atteint la grandeur, finirait par se perdre en une parodie de lui-même – terrassé non par l’échec mais par son succès même. Les dirigeants des droits civiques d’aujourd’hui refusent de voir l’évidence: la réussite de leurs ancêtres dans la réalisation de la transformation de la société américaine leur interdit aujourd’hui l’héroïsme alors inévitable d’un Martin Luther King, d’un James Farmer ou d’un Nelson Mandela. Jesse Jackson et Al Sharpton ne peuvent nous réécrire la lettre mémorable de la prison de Birmingham ou traverser à nouveau, comme John Lewis en 1965, le pont Edmund Pettus à Selma, en Alabama, dans un maelström de chiens policiers et de matraques. Cette Amérique n’est plus (ce qui ne veut pas dire que toute trace d’elle a disparu). Les Revs. Jackson et Sharpton sont voués à un destin difficile: ils ne peuvent plus jamais être que d’inutiles redondances, des échos des grands hommes qu’ils imitent parce que l’Amérique a changé. Difficile d’être un King ou un Mandela aujourd’hui alors que votre monstrueux ennemi n’a plus que le visage poupin d’un George Zimmerman. Le but de l’establishment des droits civiques d’aujourd’hui n’est pas de rechercher la justice, mais de rechercher le pouvoir des Noirs dans la vie américaine sur la base de la présomption qu’ils sont toujours, de mille manières subtiles, victimes du racisme blanc. Shelby Steele
Avant les années 1960, l’identité des noirs-américains (bien que personne n’ait jamais utilisé le mot) était basée sur notre humanité commune, sur l’idée que la race était toujours une division artificielle et abusive entre les gens. Après les années 60, dans une société coupable d’avoir abusé de nous depuis longtemps, nous avons pris notre victimisation historique comme le thème central de notre identité de groupe. Nous n’aurions pu faire de pire erreur. Cela nous a donné une génération de chasseurs d’ambulances et l’illusion que notre plus grand pouvoir réside dans la manipulation de la culpabilité blanche. Shelby Steele
Il faut se rappeler que les chefs militaires allemands jouaient un jeu désespéré. Néanmoins, ce fut avec un sentiment d’effroi qu’ils tournèrent contre la Russie la plus affreuse de toutes les armes. Ils firent transporter Lénine, de Suisse en Russie, comme un bacille de la peste, dans un wagon plombé. Winston Churchill
Quand Freud est arrivé aux États-Unis, en voyant New York il a dit: « Je leur apporte la peste. » Il avait tort. Les Américains n’ont eu aucun mal à digérer une psychanalyse vite américanisée. Mais en 1966, nous avons vraiment apporté la peste avec Lacan et la déconstruction… du moins dans les universités! Au point que je me suis senti soudain aussi étranger à Johns Hopkins qu’à Avignon au milieu de mes amis post-surréalistes. Un an plus tard, la déconstruction était déjà à la mode. Cela me mettait mal à l’aise. C’est la raison pour laquelle je suis parti pour Buffalo en 1968. René Girard
Ce racisme  antiraciste est le  seul chemin qui puisse  mener à l’abolition  des  différences de race. Jean-Paul Sartre (Orphée noir, 1948)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège: la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
La Wokeité est la nouvelle religion, qui grandit plus vite et plus fort que le christianisme lui-même. Son sacerdoce dépasse le clergé et exerce beaucoup plus de pouvoir. La Silicon Valley est le nouveau Vatican et Amazon, Apple, Facebook, Google et Twitter les nouveaux évangiles. Victor Davis Hanson
Quand j’ai écrit mon livre, je suis retourné à Max Weber et à Alexis de Tocqueville, car tous deux avaient identifié l’importance fondamentale de l’anxiété spirituelle que nous éprouvons tous. Il me semble qu’à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, nous avons oublié la centralité de cette anxiété, de ces démons ou anges spirituels qui nous habitent. Ils nous gouvernent de manière profondément dangereuse. (…) Tocqueville avait saisi l’importance du fait religieux et de la panoplie des Églises protestantes qui ont défini la nation américaine. Il a montré que malgré leur nombre innombrable et leurs querelles, elles étaient parvenues à s’unir pour être ce qu’il appelait joliment «le courant central des manières et de la morale». Quelles que soient les empoignades entre anglicans épiscopaliens et congrégationalistes, entre congrégationalistes et presbytériens, entre presbytériens et baptistes, les protestants se sont combinés pour donner une forme à nos vies: celle des mariages, des baptêmes et des funérailles ; des familles, et même de la politique, en cela même que le protestantisme ne cesse d’affirmer qu’il y a quelque chose de plus important que la politique. Ce modèle a perduré jusqu’au milieu des années 1960. (…) Pour moi, c’est avant tout le mouvement de l’Évangile social qui a gagné les Églises protestantes, qui est à la racine de l’effondrement. (…) Mais ils n’ont pas été remplacés. Le résultat de tout cela, c’est que l’Église protestante américaine a connu un déclin catastrophique. En 1965, 50 % des Américains appartenaient à l’une des 8 Églises protestantes dominantes. Aujourd’hui, ce chiffre s’établit à 4 %!  (…) Une partie de ces protestants ont migré vers les Églises chrétiennes évangéliques, qui dans les années 1970, sous Jimmy Carter, ont émergé comme force politique. On a vu également un nombre surprenant de conversions au catholicisme, surtout chez les intellectuels. Mais la majorité sont devenus ce que j’appelle dans mon livre des «post-protestants», ce qui nous amène au décryptage des événements d’aujourd’hui. Ces post-protestants se sont approprié une série de thèmes empruntés à l’Évangile social de Walter Rauschenbusch. Quand vous reprenez les péchés sociaux qu’il faut selon lui rejeter pour accéder à une forme de rédemption – l’intolérance, le pouvoir, le militarisme, l’oppression de classe… vous retrouvez exactement les thèmes que brandissent les gens qui mettent aujourd’hui le feu à Portland et d’autres villes. Ce sont les post-protestants. Ils se sont juste débarrassés de Dieu! Quand je dis à mes étudiants qu’ils sont les héritiers de leurs grands-parents protestants, ils sont offensés. Mais ils ont exactement la même approche moralisatrice et le même sens exacerbé de leur importance, la même condescendance et le même sentiment de supériorité exaspérante et ridicule, que les protestants exprimaient notamment vis-à-vis des catholiques. (…) Mais ils ne le savent pas. En fait, l’état de l’Amérique a été toujours lié à l’état de la religion protestante. Les catholiques se sont fait une place mais le protestantisme a été le Mississippi qui a arrosé le pays. Et c’est toujours le cas! C’est juste que nous avons maintenant une Église du Christ sans le Christ. Cela veut dire qu’il n’y a pas de pardon possible. Dans la religion chrétienne, le péché originel est l’idée que vous êtes né coupable, que l’humanité hérite d’une tache qui corrompt nos désirs et nos actions. Mais le Christ paie les dettes du péché originel, nous en libérant. Si vous enlevez le Christ du tableau en revanche, vous obtenez… la culpabilité blanche et le racisme systémique. Bien sûr, les jeunes radicaux n’utilisent pas le mot «péché originel». Mais ils utilisent exactement les termes qui s’y appliquent. (…) Ils parlent d’«une tache reçue en héritage» qui «infecte votre esprit». C’est une idée très dangereuse, que les Églises canalisaient autrefois. Mais aujourd’hui que cette idée s’est échappée de l’Église, elle a gagné la rue et vous avez des meutes de post-protestants qui parcourent Washington DC, en s’en prenant à des gens dans des restaurants pour exiger d’eux qu’ils lèvent le poing. Leur conviction que l’Amérique est intrinsèquement corrompue par l’esclavage et n’a réalisé que le Mal, n’est pas enracinée dans des faits que l’on pourrait discuter, elle relève de la croyance religieuse. On exclut ceux qui ne se soumettent pas. On dérive vers une vision apocalyptique du monde qui n’est plus équilibrée par rien d’autre. Cela peut donner la pire forme d’environnementalisme, par exemple, parce que toutes les autres dimensions sont disqualifiées au nom de «la fin du monde». C’est l’idée chrétienne de l’apocalypse, mais dégagée du christianisme. Il y a des douzaines d’exemples de religiosité visibles dans le comportement des protestataires: ils s’allongent par terre face au sol et gémissent, comme des prêtres que l’on consacre dans l’Église catholique. Ils ont organisé une cérémonie à Portland durant laquelle ils ont lavé les pieds de personnes noires pour montrer leur repentir pour la culpabilité blanche. Ils s’agenouillent. Tout cela sans savoir que c’est religieux! C’est religieux parce que l’humanité est religieuse. Il y a une faim spirituelle à l’intérieur de nous, qui se manifeste de différentes manières, y compris la violence! Ces gens veulent un monde qui ait un sens, et ils ne l’ont pas. (…) Le marxisme est une religion par analogie. Certes, il porte cette idée d’une nouvelle naissance. Certaines personnes voulaient des certitudes et ne les trouvant plus dans leurs Églises, ils sont allés vers le marxisme. Mais en Amérique, c’est différent, car tout est centré sur le protestantisme. Dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Max Weber, avec génie et insolence, prend Marx et le met cul par-dessus tête. Marx avait dit que le protestantisme avait émergé à la faveur de changements économiques. Weber dit l’inverse. Ce n’est pas l’économie qui a transformé la religion, c’est la religion qui a transformé l’économie. Le protestantisme nous a donné le capitalisme, pas l’inverse! Parce que les puritains devaient épargner de l’argent pour assurer leur salut. Le ressort principal n’était pas l’économie mais la faim spirituelle, ce sentiment beaucoup plus profond, selon Weber. Une faim spirituelle a mené les gens vers le marxisme, et c’est la même faim spirituelle qui fait qu’ils sont dans les rues d’Amérique aujourd’hui. (…) Ces gens-là veulent être sûrs d’être de «bonnes personnes». Ils savent qu’ils sont de bonnes personnes s’ils sont opposés au racisme. Ils pensent être de bonnes personnes parce qu’ils sont opposés à la destruction de l’environnement. Ils veulent avoir la bonne «attitude», c’est la raison pour laquelle ceux qui n’ont pas la bonne attitude sont expulsés de leurs universités ou de leur travail pour des raisons dérisoires. Avant, on était exclu de l’Église, aujourd’hui, on est exclu de la vie publique… C’est pour cela que les gens qui soutiennent Trump, sont vus comme des «déplorables», comme disait Hillary Clinton, c’est-à-dire des gens qui ne peuvent être rachetés. Ils ont leur bible et leur fusil et ne suivent pas les commandements de la justice sociale. (…) Il faut comprendre que l’idéologie «woke» de la justice sociale a pénétré les institutions américaines à un point incroyable. Je n’imagine pas qu’un professeur ayant une chaire à la Sorbonne soit forcé d’assister à des classes obligatoires organisées pour le corps professoral sur leur «culpabilité blanche», et enseignées par des gens qui viennent à peine de finir le collège. Mais c’est la réalité des universités américaines. Un sondage récent a montré que la majorité des professeurs d’université ne disent rien. Ils abandonnent plutôt toute mention de tout sujet controversé. Pourtant, des études ont montré que la foule des vigies de Twitter qui obtient la tête des professeurs excommuniés, remplirait à peine la moitié d’un terrain de football universitaire! Il y a un manque de courage. (…)  mes étudiants, et tous ces post-protestants dont je vous parle, sont absolument convaincus que tous les gens qui ont précédé, étaient stupides et sans doute maléfiques. Ils ne croient plus au projet historique américain. Ils sont contre les «affinités électives» qui, selon Weber, nous ont donné la modernité: la science, le capitalisme, l’État-nation. Si la théorie de la physique de Newton, Principia, est un manuel de viol, comme l’a dit une universitaire féministe, si sa physique est l’invention d’un moyen de violer le monde, cela veut dire que la science est mauvaise. Si vous êtes soupçonneux de la science, du capitalisme, du protestantisme, si vous rejetez tous les moteurs de la modernité la seule chose qui reste, ce sont les péchés qui nous ont menés là où nous sommes. Pour sûr, nous en avons commis. Mais si on ne voit pas que ça, il n’y a plus d’échappatoire, plus de projet. Ce qui passe aujourd’hui est différent de 1968 en France, quand la remise en cause a finalement été absorbée dans quelque chose de plus large. Le mouvement actuel ne peut être absorbé car il vise à défaire les États-Unis dans ses fondements: l’État-nation, le capitalisme et la religion protestante. Mais comme les États-Unis n’ont pas d’histoire prémoderne, nous ne pouvons absorber un mouvement vraiment antimoderne. (…) Il y a une phrase de Heidegger qui dit que «seulement un Dieu pourrait nous sauver»! On a le sentiment qu’on est aux prémices d’une apocalypse, d’une guerre civile, d’une grande destruction de la modernité. Est-ce à cause de la trahison des clercs? Pour moi, l’incapacité des vieux libéraux à faire rempart contre les jeunes radicaux, est aujourd’hui le grand danger. Quand j’ai vu que de jeunes journalistes du New York Times avaient menacé de partir, parce qu’un responsable éditorial avait publié une tribune d’un sénateur américain qui leur déplaisait, j’ai été stupéfait. Je suis assez vieux pour savoir que dans le passé, la direction aurait immédiatement dit à ces jeunes journalistes de prendre la porte s’ils n’étaient pas contents. Mais ce qui s’est passé, c’est que le rédacteur en chef a été limogé. Joseph Bottum
Le facteur crucial de notre conquête du monde a plutôt été notre capacité de relier de nombreux humains les uns aux autres. Si, de nos jours, les humains dominent sans concurrence la planète, ce n’est pas que l’individu humain soit plus malin et agile de ses dix doigts que le chimpanzé ou le loup, mais parce qu’Homo sapiens est la seule espèce sur terre capable de coopérer en masse et en souplesse. L’intelligence et la fabrication d’outils ont été aussi manifestement très importants. (…) Si la coopération est la clé, pourquoi les fourmis et les abeilles n’ont-elles pas inventé la bombe atomique avant nous, alors même qu’elles ont appris à coopérer toutes ensemble des millions d’années plus tôt ? Parce que leur coopération manque de souplesse. Les abeilles coopèrent avec une grande sophistication, mais sont incapables de réinventer leur système social du jour au lendemain. Si une ruche faisait face à une nouvelle menace ou à une nouvelle opportunité, les abeilles seraient par exemple incapables de guillotiner la reine ou d’instaurer une République. Des mammifères sociaux comme les éléphants et les chimpanzés coopèrent bien plus souplement que les abeilles, mais ils ne le font qu’avec un petit nombre de camarades et de membres de leur famille. Leur coopération repose sur ce lien personnel. (…) Pour autant qu’on le sache, seul Sapiens est en mesure de coopérer très souplement avec d’innombrables inconnus. Yuval Noah Harari
La Roumanie communiste s’effondra quand 80 000 personnes, sur la place centrale de Bucarest, comprirent qu’elles étaient beaucoup plus fortes que le vieil homme à la toque de fourrure sur le balcon. Ce qui est vraiment stupéfiant, cependant, ce n’est pas cet instant où le système s’est effondré, mais qu’il ait réussi à survivre des décennies durant. Pourquoi les révolutions sont-elles si rares ? Pourquoi les masses passent-elles des siècles à applaudir et acclamer, à faire tout ce que leur ordonne l’homme au balcon, alors même qu’elles pourraient en théorie charger à tout moment et le tailler en pièces ? Ceauşescu et les siens dominèrent trois décennies durant vingt millions de Roumains en remplissant trois conditions incontournables. Premièrement, ils placèrent de fidèles apparatchiks communistes à la tête de tous les réseaux de coopération, comme l’armée, les syndicats et même les associations sportives. Deuxièmement, ils empêchèrent la création d’organisations rivales – politiques, économiques et sociales – susceptibles de servir de base à une coopération anticommuniste. Troisièmement, ils comptèrent sur le soutien des partis frères d’Union soviétique et d’Europe de l’Est. (…) Ceauşescu ne perdit le pouvoir que le jour où ces trois conditions cessèrent d’être réunies. À la fin des années 1980, l’Union soviétique retira sa protection, et les régimes communistes commencèrent à tomber comme des dominos. En décembre 1989, Ceauşescu ne pouvait espérer aucune aide extérieure. Bien au contraire, les révolutions des paysans voisins donnèrent du cœur à l’opposition locale. Deuxièmement, le parti communiste lui-même commença à se scinder en camps rivaux, les modérés souhaitant se débarrasser de Ceauşescu et initier des réformes avant qu’il ne fût trop tard. Troisièmement, en organisant la réunion de soutien de Bucarest et en la diffusant à la télévision, Ceauşescu fournit aux révolutionnaires l’occasion idéale de découvrir leur pouvoir et de manifester contre lui. Quel moyen plus rapide de propager la révolution que de la montrer à la télévision ? Pourtant, quand le pouvoir échappa aux mains de l’organisateur maladroit sur son balcon, ce ne sont pas les masses populaires de la place qui le récupérèrent. (…) de même que dans la Russie de 1917, le pouvoir échut à un petit groupe d’acteurs politiques qui avaient pour seul atout d’être organisés. La révolution roumaine fut piratée par le Front de salut national (FSN) autoproclamé, qui n’était en réalité qu’un écran de fumée dissimulant l’aile modérée du parti communiste. (…) formé de cadres moyens du parti et dirigé par Ion Iliescu, ancien membre du Comité central du PC et un temps responsable de la propagande. Iliescu et ses camarades du FSN se métamorphosèrent en démocrates, proclamèrent devant tous les micros qu’ils étaient les chefs de la révolution, puis usèrent de leur longue expérience et de leurs réseaux de copains pour prendre le contrôle du pays et se mettre ses ressources dans la poche. (…) Ion Iliescu fut élu président ; ses collègues devinrent ministres, parlementaires, directeurs de banque et multimillionnaires. La nouvelle élite roumaine qui contrôle aujourd’hui encore le pays se compose essentiellement des anciens communistes et de leurs familles. Yuval Harari

Merci, George Floyd, d’avoir sacrifié votre vie pour la justice !

Au lendemain d’un verdict qui par son unanimité, sa rapidité, sa prédictiblité, son effet cathartique

Comme, sur fond de crise sanitaire en ces temps où la blancheur de peau et la profession de policier sont devenues les pires tares, les traits distinctifs de sa victime …

Au terme de mois d’émeutes et de pillage et d’une campagne médiatico-politique proprement orchestrée jusqu’au plus haut niveau de l’appareil d’Etat

Pour comme souvent, couleur de l’impétrant comprise, un banal refus d’optempérer tournant à la tragédie, suite à la malheureuse combinaison de certaines fragilités latentes et de la suringestion de drogues de celui-ci …

Avec les conséquences, que l’on sait, sur les forces de police et les résidents des quartiers les plus vulnérables

Aura jusqu’au dernier jour, au point même d’en inquiéter le juge et selon les mots mêmes de la présidente de la Chambre des représentants

Pris toutes les caractéristiques d’une expulsion de bouc émissaire réussie …

Comment ne pas voir …

Quelques mois après son accession aux pleins pouvoirs politiques …

Via l’instrumentalisation du virus chinois et de la mort accidentelle de George Floyd …

Et, entre deux mascarades de procédures de destitution, l’élection volée de Joe Biden

L’apothéose de cette  idéologie « woke » du racisme antiraciste et de la censure politiquement correcte …

Qui fonds de commerce d’une véritable « génération de chasseurs d’ambulances » condamnée à rejouer éternellement les luttes du passé

Avait patiemment pendant des décennies conquis l’université et les grands médias, puis ces dernières années les réseaux sociaux ?

Et comment ne pas repenser …

Avec le dernier best-seller de l’historien israélien Yuval Harari (« Homo deus »)…

Même si en bon postmoderne il en évacue totalement la dimension pourtant évidemment sacrificielle et quasi-religieuse …

A cette singulière capacité humaine de coopérer en masse et en souplesse …

Qui permet en certes de rares occasions et via une simple poignée d’hommes …

De produire le meilleur comme avec le processus civilisateur introduit par la révélation judéo-chrétienne …

Mais aussi pour peu que l’organisation soit suffisamment efficace et flexible ….

Comme avec leurs lots d’exécutions et de purges l’a tant de fois montré l’histoire …

De la France de 1789 et la Russie de 1917 …

A la Roumanie de 1989 ou l’Egypte de 2011 …

Etre si facilement détournée ?

VIVE LA REVOLUTION !

Yuval Noah Harari

Homo deus

2015

Pour monter une révolution, le nombre ne suffit jamais. Les révolutions sont généralement l’œuvre de petits réseaux d’agitateurs, non des masses. Si vous voulez lancer une révolution, ne vous demandez pas : « Combien de gens soutiennent mes idées ? », mais plutôt : « Parmi mes partisans, combien sont capables de coopérer efficacement ? » La révolution russe a fini par éclater non pas le jour où 180 millions de paysans se sont soulevés contre le tsar, mais quand une poignée de communistes se sont trouvés au bon endroit au bon moment. Début 1917, alors que l’aristocratie et la bourgeoisie russes comptaient au moins trois millions de personnes, la fraction bolchévique de Lénine (qui deviendrait le parti communiste) ne dépassait pas les 23 000 militants. Les communistes n’en prirent pas moins le contrôle de l’immense Empire russe, parce qu’ils surent s’organiser. Quand l’autorité échappa aux mains décrépites du tsar et à celles tout aussi tremblantes du gouvernement provisoire de Kerenski, les communistes s’en saisirent sans attendre, s’emparant des rênes du pouvoir tel un bulldog qui referme ses crocs sur un os.

Les communistes ne devaient relâcher leur emprise qu’à la fin des années 1980. L’efficacité de leur organisation leur permit de conserver le pouvoir plus de sept longues décennies, et s’ils finirent par tomber, ce fut en raison de leur organisation défaillante. Le 21 décembre 1989, Nicolae Ceauşescu, le dictateur roumain, organisa une grande manifestation de soutien au centre de Bucarest. Au cours des mois précédents, l’Union soviétique avait retiré son soutien aux régimes communistes d’Europe de l’Est, le mur de Berlin était tombé, et des révolutions avaient balayé la Pologne, l’Allemagne de l’Est, la Hongrie, la Bulgarie et la Tchécoslovaquie. Ceauşescu, qui dirigeait son pays depuis 1965, pensait pouvoir résister au tsunami, alors même que des émeutes contre son régime avaient éclaté dans la ville de Timişoara le 17 décembre. Voulant contre-attaquer, Ceauşescu organisa un vaste rassemblement à Bucarest afin de prouver aux Roumains et au reste du monde que la majorité de la population continuait de l’aimer, ou tout au moins de le craindre. L’appareil du parti qui se fissurait mobilisa 80 000 personnes sur la place centrale de la ville ; les citoyens roumains reçurent pour consigne de cesser toute activité et d’allumer leur poste de radio ou de télévision.

Sous les vivats d’une foule apparemment enthousiaste, Ceauşescu se présenta au balcon dominant la place, comme il l’avait fait à maintes reprises au cours des précédentes décennies. Flanqué de son épouse Elena, de dirigeants du parti et d’une bande de gardes du corps, il se mit à prononcer un de ces discours monotones qui étaient sa marque de fabrique, regardant d’un air très satisfait la foule qui applaudissait mécaniquement. Puis quelque chose dérapa. Vous pouvez le voir sur YouTube. Il vous suffit de taper « Ceauşescu, dernier discours », et de regarder l’histoire en action.

La vidéo YouTube montre Ceauşescu qui commence une énième longue phrase : « Je tiens à remercier les initiateurs et organisateurs de ce grand événement à Bucarest, y voyant un… » Puis il se tait, les yeux grands ouverts, et se fige, incrédule. Dans cette fraction de seconde, on assiste à l’effondrement de tout un monde. Dans le public, quelqu’un a hué. On débat encore aujourd’hui de l’identité de celui qui, le premier, a osé huer. Puis une autre personne a fait de même, puis une autre, et encore une autre ; quelques secondes plus tard, la masse se mit à siffler, crier des injures et scander « Ti-mi-şoa-ra ! Ti-mi-şoa-ra ! »

Tout cela se produisit en direct à la télévision roumaine sous les yeux des trois quarts de la population, scotchée au petit écran, le cœur battant la chamade. La Securitate, la sinistre police secrète, ordonna aussitôt l’arrêt de la retransmission, mais les équipes de télévision refusèrent d’obtempérer et l’interruption fut très brève. Le cameraman pointa la caméra vers le ciel, en sorte que les téléspectateurs ne puissent pas voir la panique gagnant les dirigeants du parti sur le balcon, mais le preneur de son continua d’enregistrer, et les techniciens de retransmettre la scène après un arrêt d’à peine plus d’une minute. La foule continuait à huer et Ceauşescu à crier « Hello ! Hello ! Hello ! », comme si le problème venait du micro. Sa femme Elena se mit à réprimander le public :« Taisez-vous ! Taisez-vous ! », jusqu’à ce que Ceauşescu se tourne vers elle et lui crie au vu et au su de tous : « Tais-toi ! » Après quoi il en appela à la foule déchaînée de la place en l’implorant : « Camarades ! Camarades ! Du calme, camarades ! »

Mais les camarades ne voulaient pas se calmer. La Roumanie communiste s’effondra quand 80 000 personnes, sur la place centrale de Bucarest, comprirent qu’elles étaient beaucoup plus fortes que le vieil homme à la toque de fourrure sur le balcon. Ce qui est vraiment stupéfiant, cependant, ce n’est pas cet instant où le système s’est effondré, mais qu’il ait réussi à survivre des décennies durant. Pourquoi les révolutions sont-elles si rares ? Pourquoi les masses passent-elles des siècles à applaudir et acclamer, à faire tout ce que leur ordonne l’homme au balcon, alors même qu’elles pourraient en théorie charger à tout moment et le tailler en pièces ?

Ceauşescu et les siens dominèrent trois décennies durant vingt millions de Roumains en remplissant trois conditions incontournables. Premièrement, ils placèrent de fidèles apparatchiks communistes à la tête de tous les réseaux de coopération, comme l’armée, les syndicats et même les associations sportives. Deuxièmement, ils empêchèrent la création d’organisations rivales – politiques, économiques et sociales – susceptibles de servir de base à une coopération anticommuniste. Troisièmement, ils comptèrent sur le soutien des partis frères d’Union soviétique et d’Europe de l’Est. Malgré des tensions occasionnelles, ces partis s’entraidèrent en cas de besoin ou, tout au moins, veillèrent à ce qu’aucun intrus ne vienne perturber le paradis socialiste. Dans ces conditions, malgré les épreuves et les souffrances que leur infligea l’élite dirigeante, les vingt millions de Roumains ne réussirent à organiser aucune opposition efficace.

Ceauşescu ne perdit le pouvoir que le jour où ces trois conditions cessèrent d’être réunies. À la fin des années 1980, l’Union soviétique retira sa protection, et les régimes communistes commencèrent à tomber comme des dominos. En décembre 1989, Ceauşescu ne pouvait espérer aucune aide extérieure. Bien au contraire, les révolutions des paysans voisins donnèrent du cœur à l’opposition locale. Deuxièmement, le parti communiste lui-même commença à se scinder en camps rivaux, les modérés souhaitant se débarrasser de Ceauşescu et initier des réformes avant qu’il ne fût trop tard. Troisièmement, en organisant la réunion de soutien de Bucarest et en la diffusant à la télévision, Ceauşescu fournit aux révolutionnaires l’occasion idéale de découvrir leur pouvoir et de manifester contre lui. Quel moyen plus rapide de propager la révolution que de la montrer à la télévision ?

Pourtant, quand le pouvoir échappa aux mains de l’organisateur maladroit sur son balcon, ce ne sont pas les masses populaires de la place qui le récupérèrent. Bien que nombreuse et enthousiaste, la foule ne savait pas s’organiser. Dès lors, de même que dans la Russie de 1917, le pouvoir échut à un petit groupe d’acteurs politiques qui avaient pour seul atout d’être organisés. La révolution roumaine fut piratée par le Front de salut national (FSN) autoproclamé, qui n’était en réalité qu’un écran de fumée dissimulant l’aile modérée du parti communiste. Le Front n’avait pas de lien véritable avec la foule des manifestants. Il était formé de cadres moyens du parti et dirigé par Ion Iliescu, ancien membre du Comité central du PC et un temps responsable de la propagande. Iliescu et ses camarades du FSN se métamorphosèrent en démocrates, proclamèrent devant tous les micros qu’ils étaient les chefs de la révolution, puis usèrent de leur longue expérience et de leurs réseaux de copains pour prendre le contrôle du pays et se mettre ses ressources dans la poche.

Dans la Roumanie communiste, l’État possédait presque tout. La Roumanie démocratique s’empressa de privatiser tous ses actifs, les vendant à des prix sacrifiés aux anciens communistes qui furent les seuls à comprendre ce qui se passait et s’aidèrent mutuellement à constituer leur magot. Les entreprises d’État qui contrôlaient l’infrastructure et les ressources naturelles furent bradées à d’anciens cadres communistes, tandis que les fantassins du parti achetaient maisons et appartements pour quelques sous.

Ion Iliescu fut élu président ; ses collègues devinrent ministres, parlementaires, directeurs de banque et multimillionnaires. La nouvelle élite roumaine qui contrôle aujourd’hui encore le pays se compose essentiellement des anciens communistes et de leurs familles. Les masses qui ont risqué leur peau à Timişoara et Bucarest ont dû se contenter des restes parce qu’elles n’ont pas su coopérer ni créer une organisation efficace pour prendre en main leurs intérêts.

La révolution égyptienne de 2011 a connu le même destin. Ce que la télévision avait fait en 1989, Facebook et Twitter l’ont fait en 2011. Les nouveaux médias ont aidé les masses à coordonner leurs activités : des milliers de gens ont inondé les rues et les places au bon moment et renversé le régime de Moubarak. Toutefois, faire descendre 100 000 personnes sur la place Tahrir est une chose ; c’en est une autre de s’emparer de la machine politique, de serrer les bonnes mains dans les bonnes arrière-salles et de diriger efficacement un pays. Dès lors, quand Moubarak est tombé, les manifestants n’ont pas pu combler le vide. L’Égypte n’avait que deux institutions assez organisées pour diriger le pays : l’armée et les Frères musulmans. La révolution a donc été récupérée d’abord par les Frères musulmans, puis par l’armée.

Les ex-communistes roumains et les généraux égyptiens n’étaient pas plus intelligents ou habiles que les anciens dictateurs ou les manifestants de Bucarest ou du Caire. Leur avantage résidait dans une coopération tout en souplesse. Ils coopéraient mieux que les foules et étaient disposés à se montrer bien plus souples que des hommes rigides comme Ceauşescu et Moubarak.

Voir aussi:

Mort de George Floyd : l’avocat de Derek Chauvin demande l’acquittement

Après l’ultime journée du procès, les jurés se sont retirés pour délibérer. Ils devront rendre un verdict unanime pour chacun des trois chefs d’inculpation. Tout autre scénario qu’une condamnation inquiète les autorités locales.

George Floyd «a appelé à l’aide dans son dernier souffle» avant de mourir sous le genou de Derek Chauvin, a affirmé lundi 19 avril le procureur dans son réquisitoire contre le policier accusé d’avoir tué le quadragénaire afro-américain le 25 mai 2020 à Minneapolis. «George Floyd a supplié jusqu’à ce qu’il ne puisse plus parler», a dit Steve Schleicher au jury. «Il fallait juste un peu de compassion, et personne n’en a montré ce jour-là», a ajouté le procureur.

Le policier blanc de 45 ans est jugé pour meurtre, homicide involontaire et violences volontaires ayant entraîné la mort de George Floyd, qui avait été interpellé pour une infraction mineure. Pendant plus de neuf minutes, il avait maintenu un genou sur le cou du quadragénaire qui était allongé sur le ventre, les mains menottées dans le dos. Sa mort a suscité des manifestations antiracistes d’une ampleur historique et une vague d’indignation mondiale contre les brutalités policières.

«Il a appelé à l’aide dans son dernier souffle mais l’agent n’a pas aidé, l’accusé est resté sur lui», a rappelé le procureur, affirmant que le policier avait enfreint le code de la police de Minneapolis en matière d’usage de la force. «George Floyd n’était une menace pour personne, il ne tentait de faire de mal à personne», a-t-il dit. Il a aussi fustigé l’inaction du policier, qui n’a rien fait pour ranimer George Floyd. «En tant que premier secours, vous devez faire un massage cardiaque, il ne l’a pas fait alors qu’il était formé à cela», a lancé le procureur. «L’accusé n’est pas jugé parce qu’il est policier» mais «il est jugé pour ce qu’il a fait», a souligné Steve Schleicher, estimant que Derek Chauvin avait «trahi son insigne».

L’avocat de Derek Chauvin a pour sa part demandé l’acquittement de son client. L’accusation «a échoué à apporter la preuve au-delà du doute raisonnable et Derek Chauvin doit par conséquent être déclaré non-coupable», a affirmé l’avocat du policier, Eric Nelson, après près de trois heures de plaidoirie. Le procès se tient dans un climat de fortes tensions, après la mort récente d’un jeune homme noir lors d’un contrôle routier près de Minneapolis. «C’était un meurtre, l’accusé est coupable des trois chefs d’accusation et il n’y a aucune excuse», a asséné le procureur en conclusion de son réquisitoire, qui a duré plus d’une heure et demie.

Le risque d’un verdict «nul»

Pour l’accusation, qui a appelé à la barre près de 40 témoins, c’est bien le policier qui a tué George Floyd, qui ne «pouvait pas respirer». Il est mort d’un «manque d’oxygène» provoqué par la pression de Derek Chauvin sur son cou et son dos, ont expliqué plusieurs médecins. L’Afro-Américain avait des problèmes cardiaques mais même une personne en bonne santé «serait morte de ce que George Floyd a subi», a affirmé le pneumologue Martin Tobin. Pour David Schultz, professeur de droit à l’université du Minnesota, les procureurs «ont fait du très bon travail» pour démontrer que le policier n’avait pas agi «de manière raisonnable».

Selon Eric Nelson, George Floyd est mort d’une crise cardiaque due à des problèmes de cœur, aggravés par la consommation de fentanyl, un opiacé, et de méthamphétamine, un stimulant, et par l’inhalation de gaz d’échappement pendant qu’il était allongé au sol. D’après la défense, le policier a utilisé une procédure autorisée pour maîtriser un individu qui se débattait et le maintenir au sol. Elle évoque aussi une «foule hostile» qui représentait une «menace» et aurait détourné l’attention du policier du sort de George Floyd. Derek Chauvin, lui, a refusé de s’expliquer, usant du droit de tout accusé aux États-Unis à ne pas apporter de témoignage susceptible de l’incriminer.

Le jury, qui s’est retiré lundi pour délibérer, doit rendre un verdict unanime sur chacune des trois charges. «Vous devez être absolument impartiaux», leur a dit le juge Peter Cahill, qui les a invités à «examiner les preuves, de les soupeser et d’appliquer la loi». Cela pourrait prendre des heures, des jours, voire des semaines. Les condamnations de policiers pour meurtre sont très rares, les jurés ayant tendance à leur octroyer le bénéfice du doute. Si le jury ne parvient pas à se mettre d’accord sur l’ensemble des charges, le procès sera déclaré «nul». Tout autre scénario qu’une condamnation inquiète les autorités locales.

La tension est très forte à Minneapolis, qui s’était déjà embrasée après la mort de George Floyd. Plus de 400 personnes ont défilé lundi dans les rues de la ville pour demander la condamnation de Derek Chauvin, chantant «le monde observe, nous observons, faites ce qui est juste». Marchant derrière une banderole réclamant «justice pour George Floyd», ils ont croisé sur leur chemin des soldats de la Garde nationale, les observant près de véhicules blindés. Tenue de camouflage, et fusil mitrailleur en bandoulière, ces militaires patrouillent depuis plusieurs semaines dans les rues de la ville. La mort récente de Daunte Wright, un jeune Afro-Américain d’une vingtaine d’années tué par une policière blanche lors d’un banal contrôle routier dans la banlieue de Minneapolis, n’a fait qu’ajouter à la tension qui règne depuis le début du procès.

Rodney Floyd, l’un des frères de George, a fait part plus tôt dans la journée, de sa gratitude pour les messages de soutien «venus du monde entier» à sa famille, dont plusieurs membres ont suivi les débats depuis le 29 mars. «J’espère que les jurés vont rendre le bon verdict», déclare Courtenay Carver, un travailleur social afro-américain de 56 ans. «Nous nous préparons au pire», confiait Janay Clanton, une habitante de Minneapolis. «Tout va exploser», a même prédit la sexagénaire, si Derek Chauvin n’est pas reconnu coupable. L’issue du procès aura aussi un impact sur celui de trois autres agents qui doivent être jugés en août pour «complicité de meurtre».


Présidentielle américaine: Quel étrangement interminable assassinat politique ? (Guess why with his final expulsion all but secured, the champions of borderlessness and contactlessness are still having such a hard time reconciling Americans and the world on Trump’s back ?)

19 novembre, 2020

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Jon McNaughton on Twitter: "My New Painting - "The Impeachment Mob" "You made your mark in history With your twisted, sorted lies. Beneath the Halls of Congress You plotted to disguise . . . "All-American US President Donald J. Trump - Painting By Jon McNaughton - YouTubeJon McNaughton donates Trump artwork to help Arizona GOP raise moneyPatriotic - Americana - Legacy of Hope - McNaughton Fine Art

Lorsqu’un Sanhédrin s’est déclaré unanime pour condamner, l’accusé sera acquitté. Le Talmud
Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice. Exode 23: 2
Suis-je vraiment intègre? Je ne saurais le dire (…) Que m’importe, après tout! C’est pourquoi j’ose dire: ‘Dieu détruit aussi bien l’innocent que l’impie.’ Quand survient un fléau qui tue soudainement, Dieu se rit des épreuves qui atteignent les justes. (…) Et si ce n’est pas lui, alors, qui est-ce donc? Job (Job 9: 20-24)
Mon Dieu! mon Dieu! Pourquoi m’as-tu abandonné, et t’éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes? (…) De nombreux taureaux sont autour de moi, des taureaux de Basan m’environnent. Ils ouvrent contre moi leur gueule, semblables au lion qui déchire et rugit. Psaumes 22: 2-13
Vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Si les princes de ce monde avaient connu [la sagesse de Dieu] ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. Paul (première lettre aux Corinthiens 2: 8)
[Le Christ] a effacé, au détriment des commandements, l’accusation qui se retournait contre nous ; il l’a fait disparaître, il l’a clouée à la croix, il a dépouillé les Principautés et les Puissances, il les a données en spectacle à la face du monde, en les traînant dans son cortège triomphal. Paul (lettre aux Colossiens 2: 14-15)
Je peux le dire devant mon Père éternel: je suis innocente et Dieu révèlera mon innocence. Rebecca Nurse
Louis doit mourir pour que la patrie vive. Robespierre
Une nation ne se régénère que sur un monceau de cadavres. Saint-Just
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Air connu
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Il y a 82 ans cette semaine avait eu lieu la Nuit de Cristal. Cela avait été le coup de semonce des nazis en direction de notre civilisation humaine, un tir d’avertissement qui avait entraîné le génocide d’une identité toute entière. Ces autodafés avaient entraîné aussi une attaque contre les faits, le savoir, l’histoire et la vérité. Après quatre ans d’attaques actuelles menées par Donald Trump contre ces mêmes valeurs, l’équipe formée par Biden et Harris promet un retour à la normale – et un retour à la vérité. Christiane Amanpour (CNN)
J’ai marqué le 82e anniversaire de la Nuit de Cristal, comme je le fais souvent. C’est l’événement qui a été le point de départ des horreurs de la Shoah. J’ai également noté les attaques du président Trump contre l’histoire, les faits, la connaissance et la vérité. Je n’aurais pas dû juxtaposer ces deux réflexions. Hitler et ses démons sont uniques, bien entendu, dans l’Histoire. Je regrette la douleur que mes mots ont pu causer. Ce que je voulais évoquer, c’est la manière dont la démocratie peut potentiellement disparaître et comment nous devons toujours et avec zèle défendre nos valeurs démocratiques. Christiane Amanpour (CNN)
Avant ce vote historique, une semaine avant Noël, gardez cela en tête: lorsque Jésus a été faussement accusé de trahison, Ponce Pilate a donné à Jésus l’opportunité d’être face à ces accusateurs. Pendant ce simulacre de procès, Ponce Pilate a accordé à Jésus plus de droits que les Démocrates n’en ont donné au président dans cette procédure. Barry Loudermilk
Je veux que les Démocrates qui votent en faveur de la destitution sachent que je prierai pour eux. Dans l’évangile selon Luc, chapitre 23, verset 34, Jésus dit: ‘Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.’ Fred Keller
Je pense qu’il est également essentiel de comprendre que, comme je l’ai dit aux candidats qui sont venus me voir, vous pouvez mener la meilleure campagne, vous pouvez même devenir le candidat et vous pouvez vous faire voler l’élection. Hillary Clinton (6 mai 2019)
Joe Biden ne devrait en aucun cas reconnaitre sa défaite, car je pense que cela va s’éterniser, et finalement je crois qu’il gagnera si nous ne cédons pas un pouce, et si nous sommes aussi concentrés et implacables que l’autre partie. Je pense qu’ils envisagent plusieurs scénarios. Le premier est de gâcher le vote par correspondence. Ils pensent que cela les aide à obtenir un avantage limité au collège électoral le jour du scrutin. Nous devons donc avoir une opération légale massive, et je sais que la campagne Biden y travaille. Hillary Clinton (25 août 2020)
Je suis entouré d’une presse hostile, comme aucun autre président n’en a jamais eu. Celui qui en a été le plus proche, c’est le monsieur juste ici. Ils ont toujours dit que personne n’avait jamais été traité aussi mal que Lincoln. Je pense que je suis plus mal traité encore. Ils viennent vers moi avec des questions honteuses, pour être honnête. Honteuses. Leur façon de présenter les choses et leurs mots – j’ai l’impression que si j’étais gentil avec eux, je me ferai dégager. Président Trump (4 mai, 2020)
Étudiez feu Joseph McCarthy parce que nous sommes en ce moment dans une période avec Mueller et son gang qui fait passer Joseph McCarthy pour un débutant. Chasse aux Sorcières Truquée.  Président Trump
Le procès des sorcières de Salem ne comptait pas tant d’irrégularités. Président Trump
Je vous écris pour protester avec la plus forte et plus vive énergie contre la croisade de destitution partisane déclenchée par les démocrates de la Chambre des Représentants. Cette procédure d’impeachment constitue un abus de pouvoir sans précédent et inconstitutionnel de la part des législateurs démocrates, sans équivalent en près de deux siècles et demi d’histoire législative américaine. (…) En décidant d’aller de l’avant avec votre procédure de destitution invalide, vous violez votre serment, vous rompez avec votre allégeance envers la Constitution, et vous déclarez ouvertement la guerre à la démocratie américaine. Vous osez invoquer les Pères fondateurs au nom de cette combine qui vise à annuler l’élection — et pourtant, vos actions malveillantes font preuve d’un mépris sans borne pour la fondation de l’Amérique et votre conduite scandaleuse menace de détruire ce que nos Fondateurs avaient consacré leurs vies mêmes à bâtir. Pire encore que d’offenser les Pères fondateurs, vous offensez les Américains qui ont la foi en ne cessant de dire “je prie pour le président”, alors que vous savez que cette déclaration est mensongère, à moins qu’elle n’ait une intention négative. (…) Vous transformez un désaccord politique entre deux branches du gouvernement en un crime passible de destitution — ce n’est pas plus légitime que si l’exécutif accusait des membres du Congrès de crimes pour avoir exercé leur pouvoir législatif légal. (…) Tout le monde, vous comprise, sait ce qui est en train de se passer en réalité. Votre candidate a perdu l’élection en 2016, de façon écrasante au Collège électoral (306-227), et vous et votre parti ne vous êtes jamais remis de cette défaite. Vous avez contracté une forme aiguë de ce que beaucoup dans les médias appellent le Syndrome de démence de Trump et malheureusement, vous ne vous en sortirez jamais ! Vous ne voulez pas, vous ne pouvez pas accepter le verdict des urnes lors de la grande Élection de 2016. Donc, vous avez passé trois années d’affilée à tenter de revenir sur la décision du peuple américain et d’annuler son vote. Vous considérez la démocratie comme votre ennemie ! Présidente Pelosi, la semaine dernière encore, lors d’un forum public, vous avez admis que la campagne de destitution de votre parti durait depuis deux ans et demi, longtemps avant d’avoir entendu parler d’un coup de téléphone avec l’Ukraine. Il y avait dix-neuf minutes que j’avais prêté serment quand le Washington Post a publié un article intitulé La campagne de destitution du président Trump a commencé. Moins de trois mois après mon investiture, la députée Maxine Waters a lancé : “Je me battrai tous les jours jusqu’à ce qu’il soit destitué.” Les démocrates de la Chambre ont présenté la première résolution de destitution contre moi quelques mois après mon investiture, pour ce qui sera considéré comme l’une des meilleures décisions de notre pays, le renvoi de [l’ex directeur du FBI] James Comey (voir les rapports de l’Inspecteur général) — qui, le monde le sait aujourd’hui, est un des flics les plus corrompus que notre Nation ait jamais connu. Une députée du Congrès, Rashida Tlaib, a hurlé et déliré quelques heures après avoir pris ses fonctions : “On va y aller, et on va destituer ce fils de p…” En mai, le député Al Green a dit : “Je redoute que si nous ne destituons pas ce président, il va être réélu.” Encore une fois, vous et vos alliés avez fait et dit toutes ces choses longtemps avant d’avoir jamais entendu parler du président Zelensky ou de quoi que ce soit en lien avec l’Ukraine. Comme vous le savez très bien, la campagne de destitution n’a rien à voir avec l’Ukraine, ou avec la conversation tout à fait appropriée que j’ai eue avec son nouveau président. Elle n’a à voir qu’avec votre tentative d’annuler l’élection de 2016 et de voler l’élection de 2020 ! (…) Vous et votre parti cherchez désespérément à détourner l’attention de l’extraordinaire économie, du boom incroyable de l’emploi, des records sur les marchés, de la confiance en hausse et de la prospérité des citoyens en Amérique. Votre parti ne peut tout simplement pas concurrencer notre réussite : 7 millions de nouveaux emplois ; le taux de chômage le plus bas jamais enregistré pour les Africains-Américains, les Hispaniques-Américains, et les Asiatiques-Américains ; une armée reconstruite ; une réforme complète du ministère des Anciens combattants avec Choix et Responsabilité pour nos formidables vétérans ; plus de 170 nouveaux juges fédéraux et deux juges à la Cour suprême ; des réductions historiques d’impôts et de réglementation ; la suppression du mandat individuel [principale disposition de la réforme de l’assurance-maladie d’Obama] ; la première baisse des prix des médicaments sur ordonnance en cinquante ans ; la première nouvelle arme de l’armée de États-Unis depuis 1947 : la Force spatiale ; une vigoureuse protection du Deuxième Amendement [de la Constitution qui garantit le droit au port d’armes] ; la réforme de la justice pénale ; la défaite du califat de l’Etat Islamique et l’élimination du chef terroriste numéro un au monde, Al-Baghdadi ; le remplacement de l’ALENA, cet accord commercial désastreux, par le merveilleux USMCA (Mexique et Canada) ; un accord commercial de Phase Un avec la Chine, ce qui est une percée ; de nouveaux gigantesques accords commerciaux avec le Japon et la Corée du Sud ; le retrait du terrible accord sur le nucléaire avec l’Iran ; l’annulation de l’Accord de Paris sur le climat, injuste et coûteux ; le fait d’être devenu le premier producteur mondial d’énergie ; la reconnaissance de la capitale d’Israël, l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, et la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur les hauteurs du Golan ; une réduction colossale des passages illégaux à la frontière, la fin du système de remise en liberté des clandestins arrêtés, et la construction du Mur de la Frontière sud — et ce n’est que le début, il y a tellement d’autres choses. Vous ne pouvez pas défendre votre politique extrémiste — l’ouverture des frontières, les migrations massives, la criminalité élevée, les impôts écrasants, le système de santé socialisé, la destruction de l’énergie américaine, l’avortement tardif aux frais du contribuable, l’élimination du Deuxième Amendement, les théories radicales d’extrême gauche sur la loi et la justice, et l’obstruction partisane constante tant au sens commun qu’au bien de tous. (…) Au bout de trois ans d’enquêtes injustes et injustifiées, 45 millions de dollars dépensés, 18 procureurs démocrates furieux, toute la force du FBI, dirigé par une hiérarchie dont il est aujourd’hui prouvé qu’elle est totalement incompétente et corrompue, vous n’avez RIEN trouvé ! Peu de gens qui occupent de hautes fonctions auraient enduré ou passé ce test. Vous ne savez pas, et vous vous en moquez, quels terribles dommages et quelles souffrances vous avez infligés aux membres merveilleux et aimants de ma famille. Vous avez mené une enquête bidon sur le président démocratiquement élu des États-Unis, et vous êtes en train de recommencer. Il n’y a pas beaucoup de gens qui auraient accepté le châtiment infligé pendant ce laps de temps, et qui auraient pourtant autant fait pour le succès de l’Amérique et de ses citoyens. Mais au lieu de faire passer notre pays en premier, vous avez décidé de déshonorer un peu plus notre pays. Vous avez complètement échoué avec le rapport Mueller parce qu’il n’y avait rien à trouver, donc vous avez décidé de prendre le premier canular qui se présentait, la conversation téléphonique avec l’Ukraine — alors même que c’était un appel parfait. Et d’ailleurs, quand je parle à des pays étrangers, il y a beaucoup de gens, autorisés, qui écoutent l’appel des deux côtés de la conversation. C’est vous qui manipulez les élections des États-Unis. C’est vous qui corrompez la Démocratie américaine. C’est vous qui êtes coupable d’Entrave à la justice. C’est vous qui portez préjudice à notre République dans le but de servir vos égoïstes intérêts individuels, politiques et militants. Avant le Canular de la Destitution, il y a eu la Chasse aux sorcières russe. En dépit du bon sens, au mépris de la vérité, vous et vos collaborateurs avez affirmé que mon équipe de campagne avait comploté avec les Russes – un mensonge calomnieux, malicieux et gravissime, une invention sans pareil. Vous avez contraint notre Nation à subir tracas et tourments à cause d’une histoire montée de toutes pièces, achetée illégalement par Hillary Clinton et le Comité national démocrate à un espion étranger dans le but de porter atteinte à notre démocratie. Et pourtant, quand ce mensonge monstrueux a été mis au jour et que le complot des démocrates a été anéanti, vous n’avez pas présenté d’excuses. Vous ne vous êtes pas rétractée. Vous n’avez pas demandé pardon. Vous n’avez fait preuve d’aucun remords, d’aucune forme d’introspection. Non, vous avez entamé une nouvelle croisade malveillante et diffamatoire – vous avez imaginé une façon de coincer et de calomnier un innocent. Vous avez agi uniquement par calcul politique personnel. Votre présidence de la Chambre des représentants et votre parti sont pris en otage par les éléments les plus dérangés et radicaux de l’extrême gauche. Chacun de vos membres vit dans la crainte qu’un adversaire socialiste ne les défient aux primaires – voilà ce qui motive en vérité la procédure de destitution. (…) Si vous vous souciiez réellement de la liberté au sein de notre Nation, alors vous chercheriez, avec vos considérables moyens d’enquête, à faire toute la lumière sur les abus de pouvoir scandaleux du FBI avant, pendant et après l’élection de 2016 – notamment l’espionnage de mon équipe de campagne, la remise de fausses preuves au Tribunal de surveillance du renseignement étranger, et la dissimulation de preuves à décharge en vue de piéger l’innocent. Le FBI compte dans ses rangs des employés très honorables, mais ses dirigeants sont incompétents et corrompus. Je pensais que vous seriez personnellement scandalisée par ces révélations, car lors de votre conférence de presse, le jour où vous avez ouvert l’enquête pour impeachment, vous avez lié directement cette initiative au Canular Russe qui avait été complètement discrédité. Vous avez par deux fois déclaré que “toutes les routes mènent à Poutine” en sachant pertinemment que c’était un mensonge abject. Je me suis montré bien plus intraitable avec la Russie que ne l’a jamais envisagé le président Obama. Tout parlementaire qui votera en faveur de l’impeachment – au mépris de la vérité, des faits, des preuves et de la règle de droit – révélera son profond dédain pour les électeurs et sa véritable aversion pour l’ordre constitutionnel des États-Unis. Nos fondateurs craignaient le tribalisme provoqué par la politique de parti et vous donnez vie à leurs pires craintes. Pire encore, j’ai été privé d’une Procédure Respectueuse de la Constitution dès le début de cette farce et jusqu’à aujourd’hui. J’ai été privé des droits les plus élémentaires prévus par la Constitution, notamment le droit de présenter des éléments de preuve, d’être représenté par un avocat, de faire face à mes accusateurs, et de convoquer et de contre-interroger des témoins – en particulier le supposé lanceur d’alerte qui a déclenché ce canular par sa fausse déclaration sur une conversation téléphonique sans aucun lien avec la conversation qui a réellement eu lieu. Dès que j’ai présenté la transcription de l’appel, ce qui a surpris et choqué les escrocs (ils n’avaient pas imaginé que ce type de document serait révélé), le soi-disant lanceur d’alerte, et aussi le deuxième lanceur d’alerte, ont disparu car ils s’étaient fait prendre, leur signalement était frauduleux et il n’a plus été possible d’être en contact avec eux. (…) Le procès des sorcières de Salem ne comptait pas tant d’irrégularités. Vous et les membres de vos commissions affirmez depuis longtemps que la procédure de destitution doit avoir le soutien des deux partis – en l’occurrence ce n’est pas le cas. Vous avez déclaré que la procédure était source de divisions – c’est le moins qu’on puisse dire, et ces divisions sont bien plus profondes que vous n’osiez l’imaginer – et ça ne fera qu’empirer ! Tout cela n’est autre qu’une tentative de coup d’État illégale et militante, qui, si l’on en croit l’opinion publique ces derniers temps, se soldera par un échec cuisant dans les urnes. Vous n’en voulez pas qu’à moi, le président, vous en voulez au Parti républicain tout entier. Mais en raison de cette injustice colossale, l’unité de notre parti n’a jamais été si forte. Le jugement de l’Histoire sera impitoyable face à cette comédie que vous jouez. On ne retiendra de vous que la transformation de la Chambre des représentants, vénérable organe législatif, en tribunal arbitraire présidant à des persécutions partiales. (…) Dès l’instant où j’ai été élu, le Parti démocrate a été en proie à la Fièvre de la Destitution. Vous n’affichez aucune réticence. Cette affaire n’a rien de grave. Vous tournez en dérision la procédure d’impeachment et vous masquez à peine la haine que vous inspire ma personne, le Parti républicain et des dizaines de millions d’Américains patriotes. Les électeurs font preuve de sagesse et ils voient clair dans votre jeu creux, stérile et dangereux. Nul doute que les citoyens américains vous mettront, ainsi que le Parti démocrate, face à vos responsabilités lors de l’élection de 2020. Ils ne sont pas près d’oublier la subversion de la justice et les abus de pouvoir dont vous vous rendez coupables. Il y a tant d’autres choses à faire pour améliorer la vie de nos concitoyens. Vous et les démocrates militants qui siègent au Congrès devez sans délai mettre un terme à ce fantasme de destitution ; vous devez vous remettre au service des citoyens américains. Je ne m’attends pas à ce que vous vous exécutiez, mais je vous adresse la présente lettre pour l’histoire et afin de consigner mes pensées de manière immuable et indélébile. Dans un siècle, quand les gens repenseront à cette affaire, je souhaite qu’ils la comprennent et qu’ils en tirent des leçons, afin qu’aucun autre président ne puisse vivre la même chose. Donald Trump (Président des États-Unis d’Amérique)
We’re asking everybody that when you are not able to socially distance, wear a mask, get a mask. Whether you like the mask or not, they have an impact. They’ll have an effect. And we need everything we can get. (…) If you’re close to each other, if you’re in a group, I would put it on. (…) I view it this way: Anything that potentially can help — and that certainly can potentially help — is a good thing. I have no problem. I carry it. I wear it. … I’m getting used to the mask, and the reason is — think about patriotism. Maybe it is. It helps. It helps. Now, we have experts that have said, in the recent past, that masks aren’t necessarily good to wear. You know that. But now they’ve changed their mind. If they change their mind, that’s good enough for me. President Trump
My supporters are very smart and they do, a lot of them wear masks and some don’t, that’s their choice. But they’re, you know, when you’re outside, you have a lot of room, and everything that I’ve read and everything that I’ve seen is outside is better in terms of COVID or as I call it the China virus. President Trump
Now we take Georgia, then we change the world. Now we take Georgia, then we change America. Chuck Schumer (Senate Minority Leader)
Senate Minority Leader Chuck Schumer may have taken the crown with his yelling on the streets of New York that “Now we take Georgia, then we change the world. Now we take Georgia, then we change America.”It is a quote that will live in infamy — and endlessly in Georgia. Now adding to the Democratic problems are liberal figures openly encouraging Democrats to move to Georgia to stack the vote in the runoff elections. So Georgia just started a hand recount in the midst of claims of voting irregularities but figures like New York Times columnist Thomas L. Friedman are calling for liberals to move to Georgia to influence their election. In other words, Friedman and others are sending the self-destructive message is that Jon Ossoff and Raphael G. Warnock might not have enough Georgians to vote for them so they need New Yorkers and Californians to come and vote as Georgians. The New York Times, which has run repeated pieces on alleged vote suppression by the GOP, has had nothing to say about Friedman’s call for vote stacking in Georgia. I recently wrote about the irony of the runoff election starting on the anniversary of Sherman’s March Through Georgia. I did not think it would literally involve Northerners invading the state to carry out the campaign. One of the recurring arguments made by Trump supporters is that Democrats have so demonized Trump and his supporters (including calling them Nazis) that it gives license to supporters to take any measure to ensure a Biden victory. As if on cue, Friedman then took to the airways to reinforce that concern. He told CNN, “I hope everybody moves to Georgia, you know, in the next month or two, registers to vote and votes for these two Democratic senators.”He is not alone. New York Magazine’s Eric Levitz wrote “These run-offs will decide which party controls the Senate, and this, whether we’ll have any hope of a large stimulus/climate bill. If you have the means and fervor to make a temporary move to GA, believe anyone who registers by Dec 7 can vote in these elections.”It appears that people told Levitz that he was saying the quiet part out loud and he deleted his post. Voting stacking with out-of-staters is the type of thing that you are supposed to do quietly, not openly. Georgians might not take too kindly to New Yorkers voting on their representatives. For his part, former presidential candidate Andrew Yang has announced that he is moving his family to Georgia to push for Ossoff and Warnock. Now that will help. A leading California politician is moving to Georgia to push for the runoff. Georgians will be thrilled. What is fascinating is that, even if some people follow these directions, a hundred times that number of actual Georgians will be left irate over these calls. Of course, the New York Times offered not even a hint of concern with one of its writers calling for people to manipulate the voting count in Georgia. It is all too familiar. The Times was fine with forcing out an editor for simply running an opinion piece by a conservative senator on the recent protests while later running a piece by “Hong Kong enforcer” supporting the crushing of freedom protests. It denounces Trump for what it considers suppression tactics while remaining silent as Friedman calls for dilution tactics in the election. It is also a curious call for the media which has been denouncing the effort not to count every vote. It now appears that counting every vote includes counting New Yorkers in Georgia.Under Georgia law, you must be a “legal resident of the county” and meet other requirements to register to vote. Potential voters are required to provide either a Georgia driver’s license or a Social Security number and fill out a form online or in-person to send to the secretary of state by Dec. 7. It is a felony to vote in Georgia if you are not a legal resident or only plan to be in the state temporarily for an election. The Georgia Attorney General is mandated with enforcing these voter fraud rules. Friedman of course has slammed Trump, which is his right and Trump deserved criticism on many of these occasions. However, he has portrayed himself as different from Trump despite calling him names because he is “respectful even with people I disagree with.” Except when he does not trust them to elect their own representatives and seeks to negate their votes in the name of the greater good. Jonathan Turley
It’s not just that he eats cheeseburgers at a big celebratory dinner. It’s not just that he does things that the common man can kind of appreciate. And it’s not even because he uses kind of simplistic language—he doesn’t use complicated, wonky language, the way a lot of Democrats do. (…) We sometimes make people feel like they aren’t conscientious enough. They aren’t thoughtful enough. They aren’t “woke” enough. They aren’t smart enough or educated enough to just understand what’s good for them. (…) It’s talking down to people. It’s alienating them. And there’s just certain voters who feel so distant from the political process—it’s not their life, it’s not their world. They hate it. They don’t like all that politics stuff. Trump speaks to them, because he includes them. Elissa Slotkin (Michigan Democratic Rep.)
Il est devenu possible, à partir [des années 60], de disqualifier d’entrée de jeu toute pensée conservatrice, c’est-à-dire la moitié de la population du pays et la majorité du reste du monde! Il m’a fallu du temps pour comprendre «à quel point cet ostracisme était dangereux. S’est mise en place une sorte de forteresse théorique parfaite qui se défend en accusant toute personne qui exprime un désaccord d’être conservatrice. Tant que la proportion des libéraux et des conservateurs était de 3 pour 1, il restait des garde-fous, mais on en est aujourd’hui à quelque 30 pour 1! Les conservateurs ayant peu à peu quitté la place parce qu’ils estimaient que l’université devait rester à l’extérieur de la politique. Une fois l’exclusion pratiquée à l’encontre des conservateurs, il a été facile de l’étendre à d’autres groupes, au fur et à mesure qu’il devenait légitime de disqualifier les hommes, les Blancs, les hétéros…, comme un «trou sans fond engloutissant de plus en plus de monde». Au final, dans cette logique d’exclusion qui s’auto-nourrit, 100 % de la population finira par être excommuniée! On commence à voir des hommes noirs menacés de disqualification parce qu’ils sont hommes. (…) Le fait que Trump ait porté le combat contre l’idéologie woke, dénonçant «un poison toxique» et antipatriotique qui veut jeter l’opprobre sur «tout le projet américain», empêche les démocrates centristes de bouger activement sur cette question. Même si Trump a eu raison sur ces thèmes, son comportement et son style inacceptables sur le reste vont au contraire retarder la mobilisation du centre. Greg Lukianoff
La woke culture est devenue le fléau de la liberté de pensée. Elle pose comme principe la vision du monde identitaire que le libéralisme avait tenté d’éradiquer, l’idée que nous ne sommes pas fondamentalement définis par la communauté dans laquelle nous sommes nés, notre orientation sexuelle, notre couleur de peau. Elle nie le libre arbitre et la complexité de la morale. Elle est l’ennemie de la créativité. Seth Greenland
Le wokisme refuse l’idée fondamentale du libéralisme selon laquelle deux valeurs incompatibles peuvent être autorisées à cohabiter. Pour les justiciers sociaux, cette tolérance des désaccords n’est qu’un instrument brandi par l’oppresseur pour soumettre l’opprimé. (…) Les réseaux sociaux ont tout changé, car c’est là que se cristallise le lien entre la meute idéologique, les élites et l’ensemble des institutions. Les réseaux sociaux dictent le ton à tous, y compris aux journaux, pas l’inverse. (…) Ils ont déjà gagné. Toutes les institutions cèdent les unes après les autres. Jacob Siegel
Le wokisme a commencé avec le deuxième mandat de la présidence Obama, au confluent de deux causes: la première, c’est le progressisme technocratique du président lui-même, qui pensait que la bureaucratie de l’État pouvait contribuer à la perfectibilité morale, comme le montre la bataille des discriminations menée sous le Titre IX. L’autre est le courant idéologique identitariste qui souffle sur les universités. Le danger, c’est la fusion des deux en une forme de bureaucratie qui s’autoradicalise sans cesse. Le corps professoral est dans son écrasante majorité libéral et reste attaché à la méthode du débat contradictoire. Mais il a peur de s’interposer. c’est aussi le cas de la majorité des étudiants, qui seraient largement «centristes», selon ses enquêtes d’opinion. On est donc dans le cas d’une sorte de kidnapping du débat par un groupe minoritaire issu de l’administration des campus. Beaucoup de professeurs ont peur d’être mis au ban ou de perdre leur travail, surtout s’ils n’ont pas de chaire. Le fait de vivre à New York, une mégapole, lui permet d’échapper à la pression, mais «c’est beaucoup plus difficile dans les petites villes universitaires de Nouvelle-Angleterre, où les risques de harcèlement sont bien supérieurs. (…) Quand je me promène dans les campus pour des tournées de conférences, les salles sont bondées, surtout dans les petites villes de province, où l’on a soif de vérité et de nouvelles approches. (…) Ça fait tellement de bien de savoir que chez vous les parents peuvent encore dire à leurs enfants qu’ils sont un petit garçon ou une petite fille. Chez nous, on dirait: comment osez-vous assigner un genre? Sam Abrams
La prétendue culture woke est cool. C’est à la mode, et, soyons honnêtes, le libéralisme est difficile. Tolérer des idées inconfortables est plus dur que de rejoindre la horde pour s’enfermer dans une bulle d’opinions et de pensées tout à fait agréables. Thomas Chatterton Williams
Je commence à penser que nous avons besoin d’une nouvelle métaphore pour décrire le “Great Awokening”. Ce n’est pas tant un mouvement qui avance qu’une tache qui se répand. Une fois que ce processus a commencé, il est très difficile de l’inverser, tout ce qu’on peut espérer, c’est d’empêcher qu’il ne se propage davantage et de protéger les choses précieuses. Non, il n’y a pas de mouvement d’opposition de quelque importance à ce phénomène, et, s’il y en avait un, il ne réussirait pas. Nous sommes face à des passions morales très puissantes qui inspirent en particulier les jeunes. Nous devrons attendre qu’elles se dissipent avant d’espérer pouvoir réparer une partie des dégâts. Mark Lilla
In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles. (…) Aristotle defined tragedy as “an imitation of persons above the common level,” in Greek “better than ourselves” (beltionon hemas). But in Aristotle’s vocabulary, these are not merely relative terms. The tragic protagonist is not “better” because he is smarter or richer than the anonymous citizens watching the play, but because his role is central to the welfare of the state. He is in a position of sacred centrality, yet ontologically, merely a human being among others. Thus he is forced to function, as Barack Obama once put it, “above my pay grade,” solving transcendental problems on the fallible basis of individual intuition. If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. Our republic has its roots in the Athenian agon, and it is no coincidence that its most agonistic recent moment has produced its most tragic political figure. No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case. To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy. What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.” This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions. Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas. Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it. But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves. No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations. Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice, highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats. After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class. I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority. The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis. Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump. (…) The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause. Hence every leader is potentially a tragic figure: Uneasy lies the head that wears the crown. But real-life and even legendary tragic figures are few. (…) Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve. Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties: (…) « Trump speaks to them, because he includes them. » Slotkin’s point is that, like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt. Which leads us back to our point of departure. As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street). Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves. That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable. It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence. If Trump still refuses to concede (…) this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place. May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.” Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians. Eric Gans
La liste des personnalités victimes de la censure progressiste ne cesse de s’allonger, surtout en terre anglo-saxonne. Ce processus de désintégration sociale menée au nom du bien porte un nom: la «cancel culture» ou «culture de l’annulation» , qui consiste à appeler explicitement au boycott et à l’effacement de l’espace public de personnes jugées racistes, homophobes ou sexistes. On pourrait croire que cette fièvre dénonciatrice n’est pas nouvelle et considérer avec Philip Roth dans son célèbre incipit de La Tache, que «le vertige de l’indignation hypocrite» est «la plus vieille passion fédératrice de l’Amérique». Cependant, la cancel culture, si elle reprend les codes du «politiquement correct» tel qu’il a émergé sur les campus américains dès les années 1960, modernise l’ostracisme qui s’adosse désormais à la puissance des réseaux sociaux et à une nouvelle mentalité militante. Dans leur livre The Coddling of the American Mind: How Good Intentions and Bad Ideas Are Setting Up a Generation for Failure («Le chouchoutage de l’âme américaine: comment de bonnes intentions et de mauvaises idées préparent une génération à l’échec»), Jonathan Haidt et Gregory Lukianoff qualifient de «culture of safetysm» (que l’on pourrait traduire par «culture de l’obsession d’être protégé») cette mentalité d’une nouvelle génération qui ne supporte plus d’être offensée et pour laquelle le moindre propos caricatural et le scepticisme quant au bienfait illimité du progressisme multiculturaliste sont considérés comme autant de «micro-agressions» exigeant la création d’espaces sécurisés (safe spaces) où aucune parole blessante ne puisse les atteindre. Cette nouvelle censure est différente du vieux sectarisme marxiste en ce qu’elle repose quasi exclusivement sur le «ressenti» victimaire. «Je me sens blessé»: tel est désormais l’argument qui justifie toutes les excommunications. Avoir conscience que l’on est blessé ou que l’on blesse, c’est être «éveillé», «woke». Ce terme d’argot, «woke», s’est généralisé après les premières émeutes de Black Lives Matter («les vies noires comptent») en 2014, et notamment le film Stay Woke: The Black Lives Matter Movement, de l’acteur Jesse Williams. Être «woke», pour un Afro-Américain qui adhère à la cause, c’est être en permanence vigilant quant au racisme et aux discriminations que l’on peut subir. L’être pour un Blanc, c’est avoir conscience de ses privilèges. Ainsi, à l’université d’Evergreen, les professeurs étaient-ils conviés à énumérer leurs «privilèges» (blanc, mâle, «validiste», c’est-à-dire non handicapé, etc.), avec une étiquette collée sur leur torse déclinant les pronoms qu’il fallait utiliser en s’adressant à eux (him/her/she/he), pratique mise en place pour ne pas risquer de «mégenrer» certaines personnes – et que la nouvelle vice-présidente, Kamala Harris, emploie elle-même sur son compte Twitter. Ces séances d’«autocritique», dont le grotesque n’a curieusement pas encore été vraiment exploité par les humoristes («parce qu’ils sont terrifiés», estime le rédacteur en chef de Tablet, Jacob Siegel), sont désormais obligatoires ou fortement recommandées au corps professoral dans un nombre croissant d’universités. «La woke culture est devenue le fléau de la liberté de pensée. Elle pose comme principe la vision du monde identitaire que le libéralisme avait tenté d’éradiquer, l’idée que nous ne sommes pas fondamentalement définis par la communauté dans laquelle nous sommes nés, notre orientation sexuelle, notre couleur de peau. Elle nie le libre arbitre et la complexité de la morale. Elle est l’ennemie de la créativité», affirme l’écrivain Seth Greenland, auteur de Mécanique de la chute, un roman où il raconte le lynchage d’un milliardaire accusé de racisme. «Le wokisme refuse l’idée fondamentale du libéralisme selon laquelle deux valeurs incompatibles peuvent être autorisées à cohabiter. Pour les justiciers sociaux, cette tolérance des désaccords n’est qu’un instrument brandi par l’oppresseur pour soumettre l’opprimé!», renchérit Jacob Siegel, auteur d’un article de Tablet sur le sujet qui a fait grand bruit. Parfois, le lynchage psychologique conduit à la mort physique, comme dans le cas de Mike Adams. Ce professeur de l’université de Caroline du Nord très critique du mouvement identitariste, «qui avait eu le malheur de publier un tweet dénonçant les mesures prises par le gouverneur démocrate de son État en matière de Covid, n’a pas résisté à la pression», raconte Greg Lukianoff. «Laissez mon peuple aller», avait-il écrit, parlant «de l’État esclavagiste de Caroline du Nord». Une formule jugée inacceptable par la meute antiraciste. Harcelé et menacé, il a fini par se suicider en juillet. «On lui a dit qu’il était le Mal», note, horrifié, Lukianoff, qui était son ami. Le succès stupéfiant de cette culture de la contestation, fondée sur la revendication d’un sectarisme effréné qui peut aller jusqu’à tuer dans l’indifférence générale, reste en partie une énigme au pays de la libre parole, même si Tocqueville avait averti dans son opus De la démocratie en Amérique sur la propension de l’opinion publique américaine à «tracer un cercle de la pensée» au-delà duquel il est très dangereux de s’aventurer. Lukianoff, un libéral de gauche de 48 ans, qui milita longtemps au sein du bastion progressiste de la puissante Union américaine pour les libertés civiques (Aclu), mais dirige aujourd’hui une fondation qui se bat pour la liberté d’expression sur les campus (Fire), juge indispensable de remonter à l’attitude des écoles de pensée postmodernistes des années 1960 pour comprendre la situation actuelle. «Il est devenu possible, à partir de ces années-là, de disqualifier d’entrée de jeu toute pensée conservatrice, c’est-à-dire la moitié de la population du pays et la majorité du reste du monde!», explique-t-il, reconnaissant qu’il lui a fallu «du temps» pour comprendre «à quel point cet ostracisme était dangereux». «S’est mise en place une sorte de forteresse théorique parfaite qui se défend en accusant toute personne qui exprime un désaccord d’être conservatrice», poursuit-il. «Tant que la proportion des libéraux et des conservateurs était de 3 pour 1, il restait des garde-fous, mais on en est aujourd’hui à quelque 30 pour 1!», note Lukianoff, précisant que les conservateurs ont peu à peu quitté la place «parce qu’ils estimaient que l’université devait rester à l’extérieur de la politique». Une fois l’exclusion pratiquée à l’encontre des conservateurs, il a été facile de l’étendre à d’autres groupes, au fur et à mesure qu’il devenait légitime de disqualifier les hommes, les Blancs, les hétéros…, explique-t-il, parlant d’un «trou sans fond engloutissant de plus en plus de monde». «Au final, dans cette logique d’exclusion qui s’auto-nourrit, 100 % de la population finira par être excommuniée!», dit Lukianoff, soulignant qu’«on commence à voir des hommes noirs menacés de disqualification parce qu’ils sont hommes». Une armada de personnels administratifs destinés à gérer les questions de discrimination et d’inclusivité s’est installée au cœur des dortoirs, avec les étudiants. Sam Abrams, 40 ans, professeur de science politique au collège Sarah Lawrence de New York, un établissement connu pour son progressisme, est devenu l’une des cibles du mouvement woke pour avoir milité pour «la diversité de valeurs» au lieu de réserver ce terme à la diversité ethnique ou raciale. Spécialiste d’enquêtes d’opinion et hostile aux labels politiques, cet amoureux «des faits» est depuis deux ans sur son campus l’objet de campagnes de harcèlement et d’une démarche administrative visant à le priver de sa chaire. «Jamais je n’aurais pu monter au créneau si je n’avais pas eu de chaire», note-t-il, soulignant qu’il avait attendu cette sécurité de l’emploi pour s’engager. Pour lui, si le mouvement woke, né dans les départements d’études critiques énamourés du philosophe Michel Foucault et de la théoricienne du genre Judith Butler, vient de loin, comme le raconte Lukianoff, «les dix dernières années ont été cruciales». (…) Tout a changé pendant la présidence Obama, avec la montée en puissance des efforts de l’administration des universités pour lutter contre les discriminations sexuelles, avec la mise en place du fameux Titre IX (un amendement interdisant toute discrimination sur la base du sexe et obligeant à la création de bureaux de lutte contre le harcèlement sexuel dans chaque université), un processus supervisé par un certain vice-président… Joe Biden. «Parallèlement, une armada de personnels administratifs destinés à gérer les questions de discrimination et d’inclusivité s’est installée au cœur des dortoirs, avec les étudiants», raconte Abrams. Arrivés avec des diplômes en études raciales ou de genre, ils ont instauré un mélange de règles bureaucratiques et d’interdits idéologiques qui représentent «un véritable lavage de cerveau» et leur permettent de faire la pluie et le beau temps sur les campus, en liaison avec certaines associations étudiantes communautaristes ultrapolitisées, dénonce l’enseignant. Le rédacteur en chef de la revue Tablet, Jacob Siegel, souligne lui aussi cette alliance de la bureaucratie d’État et d’une idéologie qui se dit révolutionnaire mais «fait corps avec le pouvoir». «Le wokisme a commencé avec le deuxième mandat de la présidence Obama, au confluent de deux causes: la première, c’est le progressisme technocratique du président lui-même, qui pensait que la bureaucratie de l’État pouvait contribuer à la perfectibilité morale, comme le montre la bataille des discriminations menée sous le Titre IX. L’autre est le courant idéologique identitariste qui souffle sur les universités. Le danger, c’est la fusion des deux en une forme de bureaucratie qui s’autoradicalise sans cesse», explique-t-il. «Le corps professoral est dans son écrasante majorité libéral et reste attaché à la méthode du débat contradictoire. Mais il a peur de s’interposer», ajoute Sam Abrams. Pour lui, c’est aussi le cas de la majorité des étudiants, qui seraient largement «centristes», selon ses enquêtes d’opinion. On est donc dans le cas d’une sorte de kidnapping du débat par un groupe minoritaire issu de l’administration des campus. Beaucoup de professeurs ont peur d’être mis au ban ou de perdre leur travail, surtout s’ils n’ont pas de chaire, affirme Abrams. Le fait de vivre à New York, une mégapole, lui permet d’échapper à la pression, mais «c’est beaucoup plus difficile dans les petites villes universitaires de Nouvelle-Angleterre, où les risques de harcèlement sont bien supérieurs». À ces inquiétudes très concrètes s’ajoute «la peur des anciens de ne pas être aimés des plus jeunes» et d’être moralement condamnés, ajoute Greg Lukianoff. Une volonté d’échapper à la culpabilité occidentale en se mettant du côté des «purs», que le professeur de théorie politique Joshua Mitchell décrit dans son nouveau livre, American Awakening («réveil américain»), consacré à la nature religieuse de cette idéologie des «identités» qui donne des «bons points» aux différents groupes humains en faveur de leur degré d’«innocence» sociale. Les réseaux sociaux, en permettant la mobilisation immédiate d’activistes sur des causes ponctuelles et en facilitant l’organisation communautaire, ont par ailleurs donné une vigueur nouvelle aux revendications identitaires présentes dans la gauche radicale depuis les années 1960. «Ils ont tout changé, car c’est là que se cristallise le lien entre la meute idéologique, les élites et l’ensemble des institutions. Les réseaux sociaux dictent le ton à tous, y compris aux journaux, pas l’inverse», analyse Jacob Siegel. Comme le souligne Lisa Nakamura, professeur à l’université du Michigan, la cancel culture est rendue possible par une nouvelle «économie de l’attention», où «priver quelqu’un d’audience, c’est le priver d’existence». Elle est portée par un repli individualiste sur l’identité plutôt que par l’héritage commun ou l’universalisme. Et également par une culture d’emballement suiviste, qui fait partie de l’essence des réseaux sociaux. «La prétendue culture woke est cool. C’est à la mode, et, soyons honnêtes, le libéralisme est difficile. Tolérer des idées inconfortables est plus dur que de rejoindre la horde pour s’enfermer dans une bulle d’opinions et de pensées tout à fait agréables», explique Thomas Chatterton Williams, auteur d’Autoportrait en noir et blanc, un essai qui sortira en janvier en français, où ce métis afro-américain exprime sa dissidence envers les obsédés de la race. Comme lui, de nombreux intellectuels de la gauche libérale commencent à se rebeller contre cette idéologie étouffante, «qui ressemble à un nouveau bolchevisme ou à une forme de révolution culturelle à la chinoise», guettant tous les «traîtres» potentiels à la cause, nous confie Bret Weinstein. L’université de Chicago a pris la tête de la fronde, mettant noir sur blanc son engagement à défendre la liberté d’expression en 2015, un «serment» repris par plus de 50 autres établissements universitaires. Le très libéral Wellesley College a également réagi avec vigueur en créant un «projet liberté» destiné à encourager un débat d’idées libre et contradictoire. Et l’université de Berkeley, pourtant très progressiste, a créé un Centre pour la liberté d’expression. On voit aussi apparaître de nouveaux îlots de liberté intellectuelle, comme le magazine en ligne Quillette ou la revue Tablet, au fur et à mesure que les journaux mainstream comme le New York Times basculent dans le camp de la «justice sociale». «Le seul fait que nous n’ayons pas peur a fait énormément pour le succès de Tablet», affirme Siegel. Sam Abrams dit recevoir des dizaines de lettres, montrant que «beaucoup de gens en ont assez». «J’aime à penser que nous sommes nombreux», dit aussi Greg Lukianoff. En juillet 2020, un collectif de plus de 150 écrivains, artistes et journalistes, parmi lesquels J.K. Rowling, mais aussi la romancière Margaret Atwood, auteur du best-seller La Servante écarlate, le linguiste et psychologue Steven Pinker, la féministe Gloria Steinem, a signé une tribune dans Harper’s Magazine pour dénoncer «une intolérance à l’égard d’opinions opposées, une vogue pour la dénonciation publique et l’ostracisme, et la tendance à dissoudre des questions politiques complexes dans une certitude morale aveugle». En réaction à cette tribune, Alexandria Ocasio-Cortes (AOC) l’égérie woke du Parti démocrate, a aussitôt relativisé sur Twitter: «Ceux qui se plaignent de la cancel culture pensent que tout leur est dû – comme si on avait le droit à un large public captif et que l’on deviendrait victime si les gens choisissaient de nous écarter. Il y a de fortes chances que vous ne soyez pas réellement annulé, que vous soyez simplement mis au défi, tenu pour responsable ou peu apprécié.» Même Obama, qui avait rêvé d’une présidence postraciale avant de participer à la montée woke en installant la question de la moralisation des discriminations au sein du processus bureaucratique, a eu droit à des tirs de barrage intenses de la frange radicale quand il s’est mêlé du débat. «Si tout ce que vous faites, c’est jeter des pierres, vous n’irez pas très loin», avait déclaré l’ex-président en octobre 2019. «Le monde est en désordre, il y a des ambiguïtés. Les gens qui font de bonnes choses ont des défauts. Les gens que vous combattez aiment leurs enfants, ils partagent certaines choses avec vous», a rappelé l’ancien président, blâmant «cette idée de la pureté, de n’être jamais compromis, d’être toujours politiquement “éveillé” (woke)». Tout autre que lui aurait sans doute été agoni d’injures après de tels propos. Le président conserve d’ailleurs une position ambiguë sur tous ces sujets sociétaux et n’a nullement condamné les excès révolutionnaires de Black Lives Matter quand, après la mort de George Floyd, cette organisation a vite abandonné le thème des violences policières pour appeler à mettre à bas le capitalisme et à démanteler tout l’héritage américain, jusqu’à ses Pères fondateurs. En réalité, les voix dissidentes restent très isolées, un peu comme «un samizdat du XXIe siècle», affirme le géographe Joel Kotkin, résumant le point de vue des autres «rebelles». Le fait que la vague woke ait quitté le champ strictement universitaire pour déborder dans les médias grand public, le monde des affaires et les institutions de l’État a laissé les libéraux de la vieille école largement désemparés. «Je commence à penser que nous avons besoin d’une nouvelle métaphore pour décrire le “Great Awokening”. Ce n’est pas tant un mouvement qui avance qu’une tache qui se répand. Une fois que ce processus a commencé, il est très difficile de l’inverser, tout ce qu’on peut espérer, c’est d’empêcher qu’il ne se propage davantage et de protéger les choses précieuses. Non, il n’y a pas de mouvement d’opposition de quelque importance à ce phénomène, et, s’il y en avait un, il ne réussirait pas», s’inquiète Mark Lilla, un libéral de gauche qui a été l’un des premiers à sonner l’alarme. «Nous sommes face à des passions morales très puissantes qui inspirent en particulier les jeunes. Nous devrons attendre qu’elles se dissipent avant d’espérer pouvoir réparer une partie des dégâts», ajoute-t-il. Social-démocrate à l’ancienne et opposé à la vague identitariste montante, Joel Kotkin s’alarme tout particulièrement de l’alliance des campus avec l’industrie de la tech, cette nouvelle oligarchie omniprésente qui prête allégeance au mouvement woke en forçant notamment ses employés à organiser des séminaires d’inclusivité et à signer avec les fameux «pronoms» – «manière pour elle d’éluder les sujets plus embarrassants d’inégalité, de classe et de positions monopolistiques». Pour lui, cette alliance rend quasiment impossible une rébellion des démocrates centristes contre les radicaux. Si certains observateurs continuent d’espérer que les modérés, comme l’élue du Congrès Elissa Slotkin, relèveront la tête, la plupart sont très sceptiques. Le fait que Trump ait porté le combat contre l’idéologie woke, dénonçant «un poison toxique» et antipatriotique qui veut jeter l’opprobre sur «tout le projet américain», empêche les démocrates centristes de bouger activement sur cette question, regrette Greg Lukianoff. «Même si Trump a eu raison sur ces thèmes, son comportement et son style inacceptables sur le reste vont au contraire retarder la mobilisation du centre», pronostique-t-il. Un point de vue que partage le professeur Bret Weinstein, persuadé que l’équipe Biden utilisera «cyniquement l’énergie révolutionnaire née sur les campus», mais finira par perdre le contrôle du «tigre» woke. «Ils ont déjà gagné, pense Jacob Siegel. Toutes les institutions cèdent les unes après les autres.» Dans ce tableau bien sombre, Sam Abrams voit une lueur d’espoir venir potentiellement de la nouvelle «génération Z» (nés entre 1997 et 2000), «beaucoup moins idéologue que les millennials» (nés entre 1980 et 2000), fatiguée de la polarisation et peu convaincue par la racialisation galopante. «Quand je me promène dans les campus pour des tournées de conférences, les salles sont bondées, surtout dans les petites villes de province, où l’on a soif de vérité et de nouvelles approches.» Sam n’en reste pas moins très envieux de «l’approche française»,qui résiste tant bien que mal à la vague woke anglo-saxonne. «Ça fait tellement de bien de savoir que chez vous les parents peuvent encore dire à leurs enfants qu’ils sont “un petit garçon ou une petite fille”. Chez nous, on dirait: comment osez-vous assigner un genre?» Mais la différence est-elle si grande que Sam le pense? L’Amérique et la France ont beau plaider pour deux modèles radicalement opposés de république, sur le plan des idées, les chassés-croisés entre nos deux pays sont incessants. Ainsi avons-nous exporté la French Theory sur les campus d’Amérique dans les années 1960, semence qui allait faire fleurir le politiquement correct. Aujourd’hui, celui-ci nous revient en boomerang sous les nouveaux habits de la cancel culture et du wokisme qui s’implantent dans nos universités. Et, là-bas comme ici, l’intelligentsia libérale se réveille face aux excès et au déni d’une révolution qui dévore ses enfants. Aux États-Unis comme en France, cette guerre idéologique ne fait que commencer. Laure Mandeville et Eugénie Bastié
In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles. (…) If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. (…) No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case. To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy. What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.” This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions. Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas. Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it. But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves. No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations. Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice, highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats. After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class. I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority. The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis. Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump. (…) The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause. (…) Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve. (…) Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties: ‘It’s not just that he eats cheeseburgers at a big celebratory dinner (…) or uses kind of simplistic language (…) We sometimes make people feel like they aren’t conscientious enough. (…) They aren’t smart enough or educated enough to just understand what’s good for them. It’s talking down to people. (…) Trump speaks to them, because he includes them. Slotkin’s point like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt. (…) As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street). Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves. That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable. It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence. If Trump still refuses to concede—and we need not deny a priori the claims of his lawyer Sidney Powell, whose recent statements (…) at least express confidence—this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place. May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.” Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians. Eric Gans
Nos modes intellectuelles ne veulent voir de la violence que dans les textes, mais d’où vient réellement la menace ? Aujourd’hui, nous vivons dans un monde dangereux où tous les mouvements de foule sont violents. Cette foule était déjà violente dans les Psaumes. Elle l’est dans le récit de Job. Elle demande à Job de se reconnaître coupable : c’est un vrai procès de Moscou qu’on lui fait. Procès prophétique. N’est-ce pas celui du Christ adulé par les foules, puis rejeté au moment de la Passion ? Ces récits annoncent la croix, la mort de la victime innocente, la victoire sur tous les mythes sacrificiels de l’Antiquité. René Girard
Il y avait vraiment des gens qui s’agitaient devant des courts-bouillons de grenouilles et de scorpions, mais nous savons que leurs manigances n’empêcheraient pas les avions de voler (…) C’est bien pourquoi, même lorsqu’elles étaient condamnées, même lorsqu’elles étaient techniquement coupables, les sorcières étaient des boucs émissaires. René Girard
La métaphore principale est celle du triomphe au sens romain, c’est-à-dire la récompense que Rome accordait à ses généraux victorieux. Debout sur son char le triomphateur faisait une entrée solennelle dans la Ville sous les acclamations de la foule. Dans son cortège figuraient les chefs ennemis enchaînés. Avant de faire exécuter ces derniers, on les exhibait, telles des bêtes féroces réduites à l’impuissance. Vercingétorix joua ce rôle dans le triomphe de César. Le général victorieux est ici le Christ et sa victoire, c’est la Croix. Ce dont le christianisme triomphe c’est de l’organisation païenne du monde. Les chefs ennemis enchaînés derrière leur vainqueur sont les principautés et les puissances. L’auteur compare les effets irrésistibles de la Croix à ceux de la force militaire encore toute-puissante au moment où il écrivait, l’armée romaine. (…) Mais il y a dans cette triomphante métaphore un paradoxe trop évident pour ne pas être délibéré, pour ne pas relever d’une intention ironique. La violence militaire est aussi étrangère que possible à ce dont parle réellement l’épître. La victoire du Christ n’a rien à voir avec celle d’un général victorieux : au lieu d’infliger sa violence aux autres, le Christ la subit. Ce qu’il faut retenir ici dans l’idée du triomphe ce n’est pas l’aspect militaire, c’est l’idée d’un spectacle offert à tous les hommes, c’est l’exhibition publique de ce que l’ennemi aurait dû dissimuler afin de se protéger, afin de persévérer dans son être que lui dérobe la Croix. Loin d’être obtenu par la violence, le triomphe de la Croix est le fruit d’un renoncement si total que la violence peut se déchaîner tout son saoul sur le Christ, sans se douter qu’en se déchaînant, elle rend manifeste ce qu’il lui importe de dissimuler, sans soupçonner que ce déchaînement va se retourner contre elle cette fois car il sera enregistré et représenté très exactement dans les récits de la Passion. (…) L’idée du triomphe de la Croix paraît tellement absurde aux yeux des exégètes soi-disant scientifiques qu’ils y voient volontiers une de ces inversions complètes auxquelles les désespérés soumettent le réel lorsque leur univers s’effondre et qu’ils ne peuvent plus affronter la vérité… C’est ce que les psychiatres appellent un phénomène de compensation. Les êtres dévastés par une catastrophe irréparable, privés de tout espoir concret, intervertissent tous les signes qui les renseignent sur le réel : de tous les moins ils font des plus et de tous les plus ils font des moins. C’est ce qui est arrivé aux disciples de Jésus après la crucifixion, c’est ce que les croyants appellent la Résurrection. (…) La plupart des hommes, lorsqu’ils réfléchissent à la Croix, ne voient que l’événement dans sa brutalité, la mort terrible de Jésus qui s’est déroulée, semble-t-il, de façon à infliger au triomphalisme de notre épître le démenti le plus cinglant. (…) En clouant le Christ sur la Croix les puissances croyaient faire ce qu’elles font d’habitude en déclenchant le mécanisme victimaire, elles croyaient écarter une menace de révélation, elles ne se doutaient pas qu’en fin de compte,, elles faisaient tout le contraire, elles travaillaient à leur propre anéantissement, elles se clouaient elles-mêmes sur la Croix en quelque sorte, dont elles ne soupçonnaient pas le pouvoir révélateur. En privant le mécanisme victimaire des ténèbres dont il doit s’entourer pour gouverner toutes choses, la Croix bouleverse le monde. Sa lumière prive Satan de son pouvoir principal, celui d’expulser Satan. (…) La souffrance de la Croix est le prix que Jésus accepte de payer pour offrir à l’humanité cette représentation vraie de l’origine dont elle reste prisonnière, et pour priver à la longue le mécanisme victimaire de son efficacité. Dans le triomphe d’un général victorieux, l’exhibition humiliante du vaincu est seulement une conséquence de la victoire, alors qu’ici c’est cette victoire elle-même, c’est le dévoilement de l’origine violente. Ce n’est pas parce qu’elles sont défaites que les puissances sont données en spectacle, c’est parce qu’elles sont données en spectacle qu’elles sont défaites. Il y a de l’ironie donc dans la métaphore du triomphe militaire et ce qui la rend savoureuse, c’est le fait que Satan et ses cohortes ne respectent que la puissance. Ils ne pensent qu’en termes de triomphe militaire. Ils sont donc battus par une arme dont l’efficacité leur est inconcevable, elle contredit toutes leurs croyances, toutes leurs valeurs. C’est l’impuissance la plus radicale qui triomphe du pouvoir d’auto-expulsion satanique. (…) Pour appréhender le malentendu dans son énormité, il faut le transposer dans une affaire de victime injustement condamnée, une affaire si bien éclaircie désormais qu’elle exclut tout malentendu. À l’époque où le capitaine Dreyfus, condamné pour un crime qu’il n’avait pas commis, purgeait sa peine à l’autre bout du monde, d’un côté il y avait les « antidreyfusards » extrêmement nombreux et parfaitement sereins et satisfaits car ils tenaient leur victime collective et se félicitaient de la voir justement châtiée. De l’autre côté il y avait les défenseurs de Dreyfus, très peu nombreux d’abord et qui passèrent longtemps pour des traîtres patentés ou, au mieux, pour des mécontents professionnels, de véritables obsédés, toujours occupés à remâcher toutes sortes de griefs et de soupçons dont personne autour d’eux ne voyait le bien-fondé. On cherchait dans la morbidité personnelle ou dans les préjugés politiques la raison du comportement dreyfusard. En réalité, l’antidreyfusisme était un véritable mythe, une accusation fausse universellement confondue avec la vérité, entretenue par une contagion mimétique si surexcitée par le préjugé antisémite qu’aucun fait pendant des années ne parvint à l’ébranler. Ceux qui célèbrent l’« innocence » des mythes, leur joie de vivre, leur bonne santé et qui opposent tout cela au soupçon maladif de la Bible et des Évangiles commettent la même erreur, je pense, que ceux qui optaient hier pour l’antidreyfusisme contre le dreyfusisme. C’est bien ce que proclamait à l’époque un écrivain nommé Charles Péguy. Si les dreyfusards n’avaient pas combattu pour imposer leur point de vue, s’ils n’avaient pas souffert, au moins certains d’entre eux, pour la vérité, s’ils avaient admis, comme on le fait de nos jours, que le fait même de croire en une vérité absolue est le vrai péché contre l’esprit, Dreyfus n’aurait jamais été réhabilité, le mensonge aurait triomphé. Si on admire les mythes qui ne voient de victimes nulle part, et si on condamne la Bible et les Évangiles parce qu’au contraire ils en voient partout, on renouvelle l’illusion de ceux qui, à l’époque héroïque de l’Affaire, refusaient d’envisager la possibilité d’une erreur judiciaire. Les dreyfusards ont fait triompher à grand-peine une vérité aussi absolue, intransigeante et dogmatique que celle de Joseph dans son opposition à la violence mythologique. (…) La preuve qu’il est difficile de comprendre ce que je viens de dire ou trop facile peut-être, c’est que Satan lui-même ne l’a pas compris. Ou plutôt, il l’a compris trop tard pour protéger son royaume. Son manque de rapidité a eu, sur l’histoire humaine, des conséquences formidables. Dans sa première épître aux Corinthiens, Paul écrit : « Si les princes de ce monde avaient connu [la sagesse de Dieu] ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire » (1 Co 2, 8). « Les princes de ce monde », qui sont ici la même chose que Satan, ont crucifié le Seigneur de gloire parce qu’ils attendaient de cet événement certains résultats favorables à leurs intérêts. Ils espéraient que le mécanisme fonctionnerait comme d’habitude, à l’abri des regards indiscrets, et qu’ils seraient débarrassés de Jésus et de son message. (…) Les Évangiles eux-mêmes attirent notre attention sur la perte de l’unanimité mythique partout où Jésus intervient. Jean en particulier signale à maintes reprises la division entre les témoins après les paroles et les actes de Jésus. Après chaque intervention de Jésus, les témoins se querellent et, loin d’unifier les hommes, son message suscite le désaccord et la division. C’est dans la crucifixion surtout que cette division joue un rôle capital. Sans elle il n’y aurait pas de révélation évangélique ; le mécanisme victimaire ne serait pas représenté. Comme dans les mythes, il serait transfiguré en action juste et légitime. René Girard
There are a lot of clear emotions that come with this and it caused a big knee jerk reaction. A lot of Americans, when they see his (Trump’s) face will come up with an opinion of liking or disliking him before reading an article or hearing the news. Both the liberal and conservative response to the artist was how sacrilegious the painting came off as. (…) When you hear a democrat calling for the investigation of Trump and a republican calling for the investigation of Pelosi or Biden and neither asks what might be wrong with their own affiliation, just shows how devout that person has become. (…) It is as though they are arguing dogmatic religious doctrine rather than having an honest debate. (…) One side wishes to see violent animosity released on Donald Trump and the other half shows him to be this infallible savior. That won’t get us anywhere but getting people to think outside the box at what they are looking at could potentially begin to turn around how we see and react to the idea of politics in our country. Orvis
Art is a subjective term used to describe the viewer’s thoughts and feelings towards a specific piece of work. However, an artist in Jacksonville only received negative responses to a painting he made but when he examined closer, it was exactly what he expected all along. The artist goes by his initials B.S. and chose to do so after witnessing the backlash and alleged death threats given to local art broker Tristan Orvis when the two placed the painting up for sale on Facebook marketplace. B.S. created controversy and hysteria from his painting titled “An Emotional Mirror” which shows President Donald Trump, as Jesus Christ, being crucified on the cross. He said he was inspired by the events surrounding President Donald Trump’s impeachment trial in January. At first glance, you can see Congresswoman Nancy Pelosi as a Roman Soldier piercing Trump’s right side with a spear, wife Melania praying at his feet like the Virgin Mary, along with members of the media and several foreign presidents and dictator such as Vladimir Putin and Kim Jung-Un looking on. The controversy is obvious as both liberals and conservatives showed their disgust at what they described as an abomination. The artist explained the meaning behind the painting is far more telling of how the viewer is supposed to see it.      B.S. described the painting as his intent to highlight and call into question within the viewer such notions as belief in religion and politics, along with how narrow the bridge is between the two. He also wished to spark the viewers’ thoughts on nationalism and the media influence on the country. Its purpose? To start conversations between both parties while using the “emotional mirror” to look inside one’s self in order to take personal responsibility for how the country looks when discussing politics. What was made to be thought-provoking turned to bashing, according to Orvis. (…) What was seemingly missed by the several thousand people who commented, shared or liked Orvis’s Facebook post, was almost no one responded by questioning themselves or their own party. Instead, they came together to chastise the artist and broker responsible for its content. Things began to reach a boiling point when residents around Onslow began giving out Orvis’s address and kid’s names in an attempt to cause harm. Although he said none of the threats sounded like they held any weight, he will remain cautious until more time has passed. The surprising part is that the two men claim they should have seen it coming, but it proved the point of the painting and that in the current state we live in, seeing is believing and no one is taking the time to actually look and see before believing their own preconceived notions about the political and religious climate.  (…) What Orvis said he learned from this experience is that it reminded him of a time where individuals were labeling themselves as Americans first and not by their race or political affiliations. He also hopes moving forward, people can come together for the betterment of the voters. Newsbreak
Lorsque la rivalité se généralise, que la communauté est en proie à une crise de violence mimétique, elle désigne un individu responsable de la crise. Elle l’accuse puis le tue. Aussitôt la communauté se réconcilie et retrouve la paix en s’unifiant contre ce bouc émissaire. (…) [Mais] la Crucifixion du Christ révèle le mécanisme sacrificiel qui fonde toute société humaine. Désormais, nous savons tous que la victime est innocente. Le texte évangélique au lieu de dénoncer la culpabilité de la victime comme le fait le récit mythique – Œdipe a commis le parricide et l’inceste – nous dévoile l’innocence complète de la victime. Le christianisme dit pour la première fois notre culpabilité, et non celle de la victime aussi divine serait-elle. ‘La Passion a dévoilé une fois pour toute l’origine sacrificielle de l’humanité. Elle a défait le sacré en révélant sa violence’. Désormais, nous devons vivre avec cette impossibilité de désigner des boucs-émissaires la conscience tranquille. Nous sommes privés des processus de différenciation liée à l’émergence d’une culture: ‘il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous tous, vous êtes un en Jésus-Christ’ écrit Saint Paul aux Galates. Désormais on ne sacrifie plus des victimes innocentes pour nous permettre de vivre en paix. Désormais, nous devons nous passer des rites, des interdits et du sacré, qui s’ils conservent une part de violence, sont avant tout des freins à la violence et surtout les fondements de toute culture. Certains ont si parfaitement compris le danger que le christianisme fait courir aux Nations qu’ils s’efforcent de ressusciter le paganisme. Archaïques, sommes-nous, archaïques, voulons-nous rester. Sauf que la désacralisation du monde a ouvert la route à des moyens techniques nous donnant les moyens de destruction inimaginable. Certains s’y sont essayés, ils ont succombé sous le poids de leur propre puissance après avoir fait des millions de victimes. Difficile de jouer à l’homme archaïque lorsque l’on tient en main la bombe atomique. La page blanche est impossible. D’autres rejettent tout ce qui ramène l’humanité à ses origines sacrificielles comme autant de preuve de la culpabilité humaine. Ils réclament toujours moins de rites, moins d’interdits, moins de frontières. Pour eux, les différences culturelles sont autant de traces d’un passé archaïque déshonorant. Ce faisant, ils oublient que ce qui est un remède certes imparfait, est tout de même un remède à une violence pire encore. Quoi qu’on dise, nous sommes toujours aussi mimétiques que nos primitifs ancêtres. Il y a fort à parier que dans ces conditions, nous retournions en deçà de la culture. L’humanité, à l’échelle planétaire, redeviendrait un de ces groupements d’humains indifférenciés soumis à des rivalités internes permanentes. Le pire nous menace encore puisque ces rivalités ne peuvent se résoudre dans un mécanisme sacrificiel désormais interdit. À moins que, comble d’ironie, l’interdit de l’interdit vienne remplacer comme une simagrée de l’Antéchrist l’interdit archaïque et devienne à son tour un argument d’exclusion. D’autres encore, ayant si bien lu René Girard au point de savoir que la violence prolifère parmi les frères, cherchent à mimer la mise à distance archaïque créée par les rites et les interdits, par le truchement de la puissance technologique. Les écrans d’ordinateur ne sont pas des fenêtres sur le monde, contrairement à ce que la publicité nous laisse croire. Ce sont de véritables écrans, nous protégeant de la vraie rencontre, celle qui nous fait prendre le risque de la rivalité lorsque nous appelons notre prochain, frère. Les relations seront régulées par le sans-contact. Les réseaux sociaux seront érigés en temple des nouveaux rites, les centres de big data en tabernacle dont les employés seront les grands prêtres sans visage. Grimace de rite dont le ridicule n’a d’égal que le sacré dont nous entourons nos ordinateurs et les chiffres qu’ils produisent. L’alliance de l’archaïque et de la technique risque fort d’accoucher d’une humanité qui n’aura plus d’humanité que le nom. Marie Girard
Quel étrangement interminable assassinat politique ?
En ce cinquième anniversaire de la disparition de l’anthropologue franco-américain René Girard
Et après une chasse au sorcières et même un quasi-procès de Moscou en direct et en continu de plus de quatre ans …
Sans parler d’une élection où, entre votes sans contact et sans contrôle sous prétexte d’épidémie, tous les coups auront décidément été permis
Qui en une rare unanimité, sur fond d’incessants appels à l’unité, aura réuni élites politiques, économiques, médiatiques, universitaires, artistiques et culturelles …
Accompagnée comme il se doit, entre ultime diabolisation de l’hitlérisation, véritable peste, iconoclasme, autodafés, processions de génuflexants et antisémitisme, de tous les signes et prodiges immémoriaux …
Cette étrangement interminable mise à mort d’un président américain …
Qui y compris contre son propre intérêt ou message, comme la provocation systématique sur les masques et dans le premier débat
Aura décidément jusqu’au bout refusé de jouer le jeu
Comment ne pas voir …
A l’instar de la polémique qui a suivi aux Etats-Unis il y a un an la vente d’un tableau de Trump en Christ
Alors que nous achevons d’éradiquer tous les Christs de nos lieux publics …
Au-delà, en ces temps de victimisation triomphante, de la légendaire propensité de l’impétrant à la chose …
Au moment même où ils semblent enfin avoir obtenu son expulsion définitive …
La proprement extraordinaire difficulté des tenants du sans-frontières et du sans-contact …
Sur fond de révélation aussi paradoxale que potentiellement désastreuse pour les pouvoirs en place …
A réconcilier les Américains et le monde …
Sur le dos du seul Trump honni ?

Il y a cinq ans René Girard, grand penseur de la violence et du sacré, nous quittait…
FIGAROVOX/TRIBUNE – La disparition de René Girard en novembre 2015 fut vite éclipsée, quelques jours plus tard, par les attentats du 13 novembre. Sa petite-nièce Marie Girard, présidente de la Société des amis de Joseph et René Girard, rend hommage à l’incontounable anthropologue qu’il fut et à son oeuvre qu’elle juge essentielle pour comprendre le déchaînement de la violence religieuse aujourd’hui.
Marie Girard
Le Figaro
17 novembre 2020
Marie Girard, petite-nièce de René Girard, est présidente de la Société des amis de Joseph & René Girard.

Le 4 novembre 2015, René Girard était enlevé à l’affection des siens. Dix jours après sa mort, on entendait des tirs de Kalachnikov en plein cœur de Paris. La France vivait en direct la tuerie du Bataclan. Encore quelques jours et des troupes d’élite donnaient l’assaut à deux pas de la basilique Saint Denis. Souvenirs inséparables: René Girard, le penseur de la violence et du sacré, n’a pas connu l’épisode tragique que toute son œuvre permettait de penser.

1947, René Girard, jeune chartiste, quittait sa terre natale et l’Europe ensanglantée. Il est hanté par le déferlement de violence qui a saisi l’humanité durant ces années: les camps de concentrations, les ruines fumantes de Nagasaki et Hiroshima, la pluie des bombes incendiaires qui mit l’Allemagne à genou. Affrontement entre deux blocs tétanisés par leur propre puissance de feu, croissance économique époustouflante anesthésiant les consciences, tels semblent être les nouveaux atours de la paix.

Pourtant René Girard ne s’en laisse pas conter par les chantres du progrès, il pressent que ce n’est pas la fin de l’histoire. Il voit que le monde se défait, que l’Occident se désintègre. Il sait que cela ne se fera pas sans violence. Mais quel sera le visage de cette violence à l’heure où la guerre et ses codes ont disparu? Il sait que ce ne seront pas les sciences politiques qui lui donneront le sens de ce qui nous arrive. Non, il doit aller chercher au plus profond de la nature humaine pour comprendre.

1961, publication de Mensonge romantique et vérité romanesque: ce n’est pas l’érudition «des sages et des savants» que René Girard convoque, mais la lucidité des romanciers. Don Quichotte, Mme Bovary, À la recherche du temps perdu ou Le rouge et le noir lui révèlent que l’Homme est le plus mimétique, le plus imitateur des animaux et donc le plus violent. Si les Hommes s’imitent pour le meilleur rendant possible l’apprentissage c’est-à-dire l’intelligence et le langage, ils imitent aussi leur désir. Ils entrent alors en rivalité autour du même objet désiré.

Lorsque la rivalité se généralise, que la communauté est en proie à une crise de violence mimétique.

1972, publication de La violence et le sacré : après la littérature, René Girard prend les mythes au sérieux et montre que la culture et le religieux sont évitement de la violence. Lorsque la rivalité se généralise, que la communauté est en proie à une crise de violence mimétique, elle désigne un individu responsable de la crise. Elle l’accuse puis le tue. Aussitôt la communauté se réconcilie et retrouve la paix en s’unifiant contre ce bouc émissaire.

Du chaos et du désordre émerge l’ordre: «À travers la violence qui les terrifie c’est la non-violence que vise toujours l’adoration des fidèles. La non-violence apparaît comme un don gratuit de la violence et cette apparence n’est pas sans raison puisque les hommes ne sont jamais capables de se réconcilier qu’aux dépens d’un tiers. Ce que les hommes peuvent faire de mieux dans l’ordre de la non-violence, c’est l’unanimité moins un de la victime émissaire.» Apparaissent alors le sacré et le religieux.

En effet la victime qui, par sa mort, soude la collectivité, est divinisée puisqu’elle sauve la communauté de la destruction. C’est l’émergence du dieu archaïque. Mais la vertu apaisante du meurtre fondateur s’amenuise petit à petit. On replonge alors dans de nouvelles crises. Pour les éviter, on reproduit le meurtre fondateur sous une forme moins violente avec des victimes de substitution que l’on considère comme sacrées. Le sacrifice rituel est une violence cathartique.

René Girard donne, à partir de l’imitation du désir, de la rivalité puis de la violence qu’elle génère, une explication des deux piliers de l’organisation des sociétés archaïques: les interdits qui séparent les rivaux potentiels et les sacrifices qui leur permettent de se réconcilier. Nous apprenons que «l’homme est issu du sacrifice, il est donc fils du religieux» . Le religieux est seul capable de contenir des conflits capables de détruire des groupes humains.

La Crucifixion du Christ révèle le mécanisme sacrificiel qui fonde toute société humaine.

1978, publication de Des choses cachées depuis la fondation du monde : René Girard, à la suite de Simone Weil et au grand dam des universitaires patentés, découvre que la Bible avant d’être une science de Dieu est une anthropologie, une science de l’Homme. Après avoir montré que nous n’étions pas libres face à nos propres désirs, le voilà commentant des fratricides, le meurtre d’Abel par Caïn, le lynchage de Joseph par ses frères, et cela à la lumière de la théorie du bouc émissaire dit-on, mais surtout à la lumière de la Passion du Christ.

La Crucifixion du Christ révèle le mécanisme sacrificiel qui fonde toute société humaine. Désormais, nous savons tous que la victime est innocente. Le texte évangélique au lieu de dénoncer la culpabilité de la victime comme le fait le récit mythique – Œdipe a commis le parricide et l’inceste – nous dévoile l’innocence complète de la victime. Le christianisme dit pour la première fois notre culpabilité, et non celle de la victime aussi divine serait-elle. «La Passion a dévoilé une fois pour toute l’origine sacrificielle de l’humanité. Elle a défait le sacré en révélant sa violence» .

Désormais, nous devons vivre avec cette impossibilité de désigner des boucs-émissaires la conscience tranquille. Nous sommes privés des processus de différenciation liée à l’émergence d’une culture: «il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous tous, vous êtes un en Jésus-Christ» écrit Saint Paul aux Galates. Désormais on ne sacrifie plus des victimes innocentes pour nous permettre de vivre en paix.

Désormais, nous devons nous passer des rites, des interdits et du sacré, qui s’ils conservent une part de violence, sont avant tout des freins à la violence et surtout les fondements de toute culture. Nous pourrions, à première vue, nous en réjouir. Mais René Girard nous prévient. Dans l’introduction d’Achever Clausewitz, il écrit: «le verrou du meurtre fondateur, levé par la Passion, libère aujourd’hui une violence planétaire, sans qu’on puisse refermer ce qui a été ouvert» . Désormais, comment nos crises mimétiques pourront-elles se résoudre? Nous sommes débarrassés des massacres rituels sanglants et nous nous perdons.

Avec René Girard, nous comprenons que l’Occident et le monde cherchent désespérément une issue.

À la barbe des tenants de la laïcité la plus rigide, René Girard est un immense apologète du christianisme, mais d’un christianisme qui est «la seule religion qui aura prévu son propre échec» puisqu’il ne crée plus le sacré qui nous sauverait. Mais surtout, il montre que nous pensons et nous agissons tous, chrétiens ou non, à travers ce qui s’est passé, il y a deux mille ans au Golgotha. Même les pires contempteurs de l’Occident chrétien tiennent un discours chrétien lorsqu’ils viennent demander réparation au nom de l’innocence des victimes. Avec René Girard, nous comprenons que l’Occident et le monde cherchent désespérément une issue.

Certains ont si parfaitement compris le danger que le christianisme fait courir aux Nations qu’ils s’efforcent de ressusciter le paganisme. Archaïques, sommes-nous, archaïques, voulons-nous rester. Sauf que la désacralisation du monde a ouvert la route à des moyens techniques nous donnant les moyens de destruction inimaginable. Certains s’y sont essayés, ils ont succombé sous le poids de leur propre puissance après avoir fait des millions de victimes. Difficile de jouer à l’homme archaïque lorsque l’on tient en main la bombe atomique. La page blanche est impossible.

D’autres rejettent tout ce qui ramène l’humanité à ses origines sacrificielles comme autant de preuve de la culpabilité humaine. Ils réclament toujours moins de rites, moins d’interdits, moins de frontières. Pour eux, les différences culturelles sont autant de traces d’un passé archaïque déshonorant. Ce faisant, ils oublient que ce qui est un remède certes imparfait, est tout de même un remède à une violence pire encore. Quoi qu’on dise, nous sommes toujours aussi mimétiques que nos primitifs ancêtres.

Il y a fort à parier que dans ces conditions, nous retournions en deçà de la culture. L’humanité, à l’échelle planétaire, redeviendrait un de ces groupements d’humains indifférenciés soumis à des rivalités internes permanentes. Le pire nous menace encore puisque ces rivalités ne peuvent se résoudre dans un mécanisme sacrificiel désormais interdit. À moins que, comble d’ironie, l’interdit de l’interdit vienne remplacer comme une simagrée de l’Antéchrist l’interdit archaïque et devienne à son tour un argument d’exclusion.

D’autres encore, ayant si bien lu René Girard au point de savoir que la violence prolifère parmi les frères, cherchent à mimer la mise à distance archaïque créée par les rites et les interdits, par le truchement de la puissance technologique. Les écrans d’ordinateur ne sont pas des fenêtres sur le monde, contrairement à ce que la publicité nous laisse croire. Ce sont de véritables écrans, nous protégeant de la vraie rencontre, celle qui nous fait prendre le risque de la rivalité lorsque nous appelons notre prochain, frère.

Les relations seront régulées par le sans-contact. Les réseaux sociaux seront érigés en temple des nouveaux rites, les centres de big data en tabernacle dont les employés seront les grands prêtres sans visage. Grimace de rite dont le ridicule n’a d’égal que le sacré dont nous entourons nos ordinateurs et les chiffres qu’ils produisent. L’alliance de l’archaïque et de la technique risque fort d’accoucher d’une humanité qui n’aura plus d’humanité que le nom.

En aucun cas, il ne faut chercher dans l’œuvre de René Girard un manifeste politique pour un monde meilleur.

En aucun cas, il ne faut chercher dans l’œuvre de René Girard un manifeste politique pour un monde meilleur. «Je cherche à montrer que le monde actuel est impensable sans le christianisme. Un point, c’est tout» . René Girard est un catholique, il n’attend pas la fin de l’Église comme accomplissement du christianisme: «les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle» (Mt, 16-18).

Il connaît la valeur du rite, mais il le renvoie à une position seconde, comme un outil de l’amour: «Quand donc tu présentes ton offrande à l’autel, si là tu te souviens d’un grief que ton frère a contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis revient, et alors présente ton offrande» (Mt, 5-23).

René Girard est le disciple d’un Dieu capable de renoncer à sa toute-puissance pour nous laisser libres. Inlassablement, il dira que nous ne sommes pas assez chrétiens. Il sait que «la Passion a libéré la violence autant que la Sainteté». René Girard nous engage sur une voie radicale, celle de l’humilité: «Comprendre les hommes, leur constant paradoxe, leur innocence, leur culpabilité, c’est comprendre que nous sommes tous responsables de cet état de choses puisque, à la différence du Christ, nous n’en mourrons pas» .

Il ne cherche pas à nous rassurer. Il cherche à donner un sens à ce qui nous arrive: «plus que jamais, j’ai la conviction que l’histoire a un sens ; que ce sens est redoutable ; mais qu’ ‘’aux lieux du péril, croît aussi ce qui sauve’’». Sur ces derniers mots d’espérance nous laissant à nos responsabilités d’Hommes libérés, le crayon lui glissa des mains.

Voir aussi:

The Washington Post
December 18, 2019

With hours of debate to fill before President Trump is impeached and only a minute or two for each member to make an impact, there is a premium on getting your point across.

Hence, a series of vivid metaphors.

Republicans, in particular, have set about comparing Trump’s impeachment to all manner of historical atrocities. Trump got the ball rolling Tuesday by comparing his treatment unfavorably to the Salem witch trials. “More due process was afforded to those accused in the Salem Witch Trials,” he wrote.

But his GOP colleagues believed they had some even better comparisons.

Rep. Barry Loudermilk (R-Ga.) decided that Trump was denied even the feeble due process that Pontius Pilate granted Jesus before his crucifixion.

“When Jesus was falsely accused of treason, Pontius Pilate gave Jesus the opportunity to face his accusers,” Loudermilk said. “During that sham trial, Pontius Pilate afforded more rights to Jesus than Democrats have afforded this president in this process.”

Rep. Fred Keller (R-Pa.) invoked Jesus’ crucifixion — specifically when Jesus, on the cross, asked God to forgive those who had wronged him.

“So I want Democrats voting for impeachment today to know that I’ll be praying for them,” Keller said. “From the Gospel of Luke, the 23rd chapter, verse 34: And Jesus said, ‘Father, forgive them, for they know not what they do.’ ”

There are, of course, problems with these comparisons. One is that the accused witches in Salem were systematically violated — including physically — and that, while they were afforded at least some theoretical ability to defend themselves, they were essentially required to prove a negative while the evidence against them was accepted at face value. The argument with Jesus is apparently that Trump hasn’t been able to confront the anonymous whistleblower who first brought the Ukraine scandal to light. But the gospels of Matthew and Mark suggest Jesus was essentially found guilty before the trial began. He was also crucified, while the alleged witches were hanged, so the punishment involved there is on a slightly different level. Trump, by contrast, will have a trial in which the rules will be determined by his allies and he will be allowed to remain as president.

Shortly after Loudermilk spoke, Rep. Mike Kelly (R-Pa.) offered his own comparison, saying Trump’s impeachment was more like Pearl Harbor. Here are his comments:

In addition to Christmas being something we celebrate, the Boston Tea Party took place in December, but also on December 7, 1941, a horrific act happened in the United States. And this one that President Roosevelt said, ‘This is a date that will live in infamy.’ Today, December the 18th, 2019, is another date that will live in infamy — when just because you hate the president of the United States and you can find no other reason other than the fact that you’re so blinded by your hate that you can’t see straight that you’ve decided the only way we can make sure this president doesn’t get elected again is to impeach him.

Rep. Clay Higgins (R-La.) offered his own vivid imagery without going for historical metaphors.

“I have descended into the belly of the beast. I have witnessed a terror within,” he began. “And I was committed to oppose the insidious forces which threaten our republic. America has been severely injured by this betrayal, by this unjust and weaponized impeachment brought upon us by the same socialists who threaten unborn life in the womb, who threaten First Amendment rights of conservatives, who threaten Second Amendment protections of every American patriot, and who have long ago determined that they would organize and conspire to overthrow President Trump.

Democrats certainly spoke in stark terms about the harm Trump has done and about the danger of allowing what he has done to go unpunished. But they were generally focused on appearing solemn.

At one point, though, Rep. Cedric L. Richmond (D-La.) did compare what Trump is doing to shooting the Constitution.

“Donald Trump recently said I can do anything I want. He also bragged that he could shoot someone on Fifth Avenue and get away with it,” Richmond said. “Well, he’s shooting holes in our Constitution on Pennsylvania Avenue.”

Rep. Hakeem Jeffries (D-N.Y.) also responded to GOP arguments that Democrats were unnecessarily dividing the country by comparing this moment in history to abolishing slavery and Jim Crow and to giving women the right to vote.

“There are some who cynically argue that the impeachment of this president will further divide an already-fractured union,” he said. “But there is a difference between division and clarification. Slavery once divided the nation, but emancipation rose up to clarify that all men are created equally. Suffrage once divided the nation, but women rose up to clarify that all voices must be heard in our democracy. Jim Crow once divided the nation, but civil rights champions rose up to clarify that all are entitled to equal protection under the law. There is a difference between division and clarification. »

Voir également:

Le 17 décembre 2019

À l’Honorable Nancy Pelosi

Présidente de la Chambre des Représentants

Washington, D.C. 20515

Chère Madame la Présidente

Je vous écris pour protester avec la plus forte et plus vive énergie contre la croisade de destitution partisane déclenchée par les démocrates de la Chambre des Représentants. Cette procédure d’impeachment constitue un abus de pouvoir sans précédent et inconstitutionnel de la part des législateurs démocrates, sans équivalent en près de deux siècles et demi d’histoire législative américaine.

Les articles de mise en accusation avancés par la Commission aux affaires judiciaires de la Chambre sont inadmissibles au regard de toute jurisprudence, interprétation ou théorie constitutionnelle. Ils n’incluent absolument aucun crime, infraction ou délit. Vous avez dévalorisé l’importance de ce si vilain mot, la destitution !

En décidant d’aller de l’avant avec votre procédure de destitution invalide, vous violez votre serment, vous rompez avec votre allégeance envers la Constitution, et vous déclarez ouvertement la guerre à la démocratie américaine. Vous osez invoquer les Pères fondateurs au nom de cette combine qui vise à annuler l’élection — et pourtant, vos actions malveillantes font preuve d’un mépris sans borne pour la fondation de l’Amérique et votre conduite scandaleuse menace de détruire ce que nos Fondateurs avaient consacré leurs vies mêmes à bâtir. Pire encore que d’offenser les Pères fondateurs, vous offensez les Américains qui ont la foi en ne cessant de dire “je prie pour le président”, alors que vous savez que cette déclaration est mensongère, à moins qu’elle n’ait une intention négative. Ce que vous faites est terrible, mais c’est vous qui allez devoir vivre avec, pas moi !

Votre première affirmation, “Abus de pouvoir”, est une invention complètement hypocrite, sans valeur et infondée de votre imagination. Vous savez que j’ai eu une conversation tout à fait innocente avec le président de l’Ukraine. Puis j’ai eu une deuxième conversation dont les citations ont été détournées, déformées et présentées de manière frauduleuse. Heureusement, une transcription de la conversation a été réalisée, et vous savez, à partir de cette transcription (qui a été immédiatement rendue accessible), que le paragraphe en question était parfait. J’ai dit au président Zelensky : “Mais je voudrais que nous rendiez un service, parce que notre pays a connu beaucoup de difficultés et que l’Ukraine en sait beaucoup là-dessus.” Je lui ai dit de nous rendre service, pas à moi, et à notre pays, pas à une campagne. Puis j’ai mentionné le ministre de la Justice des États-Unis. Chaque fois que je parle avec un dirigeant étranger, je fais passer les intérêts de l’Amérique en premier, exactement comme je l’ai fait avec le président Zelensky.

Vous transformez un désaccord politique entre deux branches du gouvernement en un crime passible de destitution — ce n’est pas plus légitime que si l’exécutif accusait des membres du Congrès de crimes pour avoir exercé leur pouvoir législatif légal.

Vous savez parfaitement que le vice-président Biden a utilisé ses fonctions et 1 milliard de dollars d’aide américaine pour obliger l’Ukraine à limoger le procureur qui enquêtait sur l’entreprise qui versait à son fils des millions de dollars. Vous le savez parce que Biden s’en est vanté en vidéo. Biden a déclaré ouvertement : “J’ai dit : ‘Je vous préviens, vous ne l’aurez pas, le milliard de dollars’… je les ai regardés et j’ai dit : ‘Je pars dans six heures. Si le procureur n’est pas limogé, vous ne toucherez pas l’argent.’ Eh bien, nom de Dieu, il a été viré.” Même Joe Biden a admis il y a quelques jours à peine dans une interview avec [la radio publique] NPR, que ça la “fichait mal”. Et maintenant, vous voulez me destituer en m’accusant à tort de faire ce que Joe Biden admet avoir vraiment fait.

Le président Zelensky a déclaré à plusieurs reprises que je n’avais rien fait de mal, et qu’il n’y avait eu Aucune Pression. En plus, il a souligné que ça avait été une “bonne conversation”, “je ne ressens pas de pression” [a-t-il dit], et il a explicitement insisté sur le fait que “personne ne [l’a] bousculé”. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a clairement déclaré : “Je n’ai jamais vu de lien direct entre les enquêtes et l’aide dans le domaine de la sécurité.” Lui aussi a dit qu’il n’y avait “Aucune Pression”. Le sénateur [républicain] Ron Johnson, du Wisconsin, qui soutient l’Ukraine et a rencontré le président Zelensky en privé, a dit : “À aucun moment pendant cette rencontre […], Zelensky ni aucun autre Ukrainien n’ont mentionné avoir l’impression d’être pressurés afin de faire quelque chose en échange de l’aide militaire.” Il y a eu beaucoup de rencontres entre des représentants de l’Ukraine et notre pays. Pas une fois l’Ukraine ne s’est plainte d’être victime de pressions — pas une fois ! L’ambassadeur Sondland a témoigné que je lui avais dit : “Pas de prêté pour un rendu. Je ne veux rien. Je ne veux rien. Je veux que le président Zelensky fasse ce qu’il faut, ce pour quoi il avait fait campagne.”

La deuxième affirmation, la prétendue “Obstruction au Congrès”, est grotesque et dangereuse. Les démocrates de la Chambre cherchent à destituer le président légitimement élu des États-Unis pour avoir revendiqué des privilèges inscrits dans la Constitution revendiqués sur une base bi-partisane par les gouvernements des deux partis politiques tout au long de l’histoire de notre Nation. Selon ce critère, tous les présidents américains auraient été destitués plusieurs fois. Comme avait prévenu le professeur de droit Jonathan Turley, qui est de gauche, en s’adressant aux démocrates du Congrès : “Je ne saurais trop insister […] si vous destituez un président, si vous commettez le crime grave d’aller devant les tribunaux, c’est un abus de pouvoir. C’est votre abus de pouvoir. Vous faites justement ce que vous reprochez au président de faire.”

Tout le monde, vous comprise, sait ce qui est en train de se passer en réalité. Votre candidat [la démocrate Hillary Clinton] a perdu l’élection en 2016, de façon écrasante au Collège électoral (306-227), et vous et votre parti ne vous êtes jamais remis de cette défaite. Vous avez contracté une forme aiguë de ce que beaucoup dans les médias appellent le Syndrome de démence de Trump et malheureusement, vous ne vous en sortirez jamais ! Vous ne voulez pas, vous ne pouvez pas accepter le verdict des urnes lors de la grande Élection de 2016. Donc, vous avez passé trois années d’affilée à tenter de revenir sur la décision du peuple américain et d’annuler son vote. Vous considérez la démocratie comme votre ennemie !

Présidente Pelosi, la semaine dernière encore, lors d’un forum public, vous avez admis que la campagne de destitution de votre parti durait depuis deux ans et demi, longtemps avant d’avoir entendu parler d’un coup de téléphone avec l’Ukraine. Il y avait dix-neuf minutes que j’avais prêté serment quand le Washington Post a publié un article intitulé La campagne de destitution du président Trump a commencé. Moins de trois mois après mon investiture, la députée [démocrate] Maxine Waters a lancé : “Je me battrai tous les jours jusqu’à ce qu’il soit destitué.”

Les démocrates de la Chambre ont présenté la première résolution de destitution contre moi quelques mois après mon investiture, pour ce qui sera considéré comme l’une des meilleures décisions de notre pays, le renvoi de [l’ex directeur du FBI] James Comey (voir les rapports de l’Inspecteur général) — qui, le monde le sait aujourd’hui, est un des flics les plus corrompus que notre Nation ait jamais connu. Une députée [démocrate] du Congrès, Rashida Tlaib, a hurlé et déliré quelques heures après avoir pris ses fonctions : “On va y aller, et on va destituer ce fils de p…” En mai, le député [démocrate] Al Green a dit : “Je redoute que si nous ne destituons pas ce président, il va être réélu.” Encore une fois, vous et vos alliés avez fait et dit toutes ces choses longtemps avant d’avoir jamais entendu parler du président Zelensky ou de quoi que ce soit en lien avec l’Ukraine. Comme vous le savez très bien, la campagne de destitution n’a rien à voir avec l’Ukraine, ou avec la conversation tout à fait appropriée que j’ai eue avec son nouveau président. Elle n’a à voir qu’avec votre tentative d’annuler l’élection de 2016 et de voler l’élection de 2020 !

Le député [démocrate à la tête de la commission du renseignement de la Chambre des représentants] Adam Schiff n’a cessé de mentir et tricher jusqu’à aujourd’hui, allant même jusqu’à inventer de manière frauduleuse, à partir de rien, ma conversation avec le président Zelensky de l’Ukraine, et de lire cette fantaisie au Congrès comme si c’était moi qui l’avais dit. Ses mensonges et ses tromperies honteuses, qui remontent jusqu’au canular sur [l’ingérence de la] Russie, sont une des principales raisons pour lesquelles nous en sommes là aujourd’hui.

Vous et votre parti cherchez désespérément à détourner l’attention de l’extraordinaire économie, du boom incroyable de l’emploi, des records sur les marchés, de la confiance en hausse et de la prospérité des citoyens en Amérique. Votre parti ne peut tout simplement pas concurrencer notre réussite : 7 millions de nouveaux emplois ; le taux de chômage le plus bas jamais enregistré pour les Africains-Américains, les Hispaniques-Américains, et les Asiatiques-Américains ; une armée reconstruite ; une réforme complète du ministère des Anciens combattants avec Choix et Responsabilité pour nos formidables vétérans ; plus de 170 nouveaux juges fédéraux et deux juges à la Cour suprême ; des réductions historiques d’impôts et de réglementation ; la suppression du mandat individuel [principale disposition de la réforme de l’assurance-maladie d’Obama] ; la première baisse des prix des médicaments sur ordonnance en cinquante ans ; la première nouvelle arme de l’armée de États-Unis depuis 1947 : la Force spatiale ; une vigoureuse protection du Deuxième Amendement [de la Constitution qui garantit le droit au port d’armes] ; la réforme de la justice pénale ; la défaite du califat de l’Etat Islamique et l’élimination du chef terroriste numéro un au monde, Al-Baghdadi ; le remplacement de l’ALENA, cet accord commercial désastreux, par le merveilleux USMCA (Mexique et Canada) ; un accord commercial de Phase Un avec la Chine, ce qui est une percée ; de nouveaux gigantesques accords commerciaux avec le Japon et la Corée du Sud ; le retrait du terrible accord sur le nucléaire avec l’Iran ; l’annulation de l’Accord de Paris sur le climat, injuste et coûteux ; le fait d’être devenu le premier producteur mondial d’énergie ; la reconnaissance de la capitale d’Israël, l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, et la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur les hauteurs du Golan ; une réduction colossale des passages illégaux à la frontière, la fin du système de remise en liberté des clandestins arrêtés, et la construction du Mur de la Frontière sud — et ce n’est que le début, il y a tellement d’autres choses. Vous ne pouvez pas défendre votre politique extrémiste — l’ouverture des frontières, les migrations massives, la criminalité élevée, les impôts écrasants, le système de santé socialisé, la destruction de l’énergie américaine, l’avortement tardif aux frais du contribuable, l’élimination du Deuxième Amendement, les théories radicales d’extrême gauche sur la loi et la justice, et l’obstruction partisane constante tant au sens commun qu’au bien de tous.

Je n’aimerais rien tant que cesser d’appeler votre parti “les Démocrates qui ne font rien”. Malheureusement, je ne crois pas que vous m’en donnerez jamais l’occasion.

Au bout de trois ans d’enquêtes injustes et injustifiées, 45 millions de dollars dépensés, 18 procureurs démocrates furieux, toute la force du FBI, dirigé par une hiérarchie dont il est aujourd’hui prouvé qu’elle est totalement incompétente et corrompue, vous n’avez RIEN trouvé ! Peu de gens qui occupent de hautes fonctions auraient enduré ou passé ce test. Vous ne savez pas, et vous vous en moquez, quels terribles dommages et quelles souffrances vous avez infligés aux membres merveilleux et aimants de ma famille. Vous avez mené une enquête bidon sur le président démocratiquement élu des États-Unis, et vous êtes en train de recommencer.

Il n’y a pas beaucoup de gens qui auraient accepté le châtiment infligé pendant ce laps de temps, et qui auraient pourtant autant fait pour le succès de l’Amérique et de ses citoyens. Mais au lieu de faire passer notre pays en premier, vous avez décidé de déshonorer un peu plus notre pays. Vous avez complètement échoué avec le rapport [du procureur spécial chargé de l’enquête sur l’ingérence russe Robert] Mueller parce qu’il n’y avait rien à trouver, donc vous avez décidé de prendre le premier canular qui se présentait, la conversation téléphonique avec l’Ukraine — alors même que c’était un appel parfait. Et d’ailleurs, quand je parle à des pays étrangers, il y a beaucoup de gens, autorisés, qui écoutent l’appel des deux côtés de la conversation.

C’est vous qui manipulez les élections des États-Unis. C’est vous qui corrompez la Démocratie américaine. C’est vous qui êtes coupable d’Entrave à la justice. C’est vous qui portez préjudice à notre République dans le but de servir vos égoïstes intérêts individuels, politiques et militants.

Avant le Canular de la Destitution, il y a eu la Chasse aux sorcières russe. En dépit du bon sens, au mépris de la vérité, vous et vos collaborateurs avez affirmé que mon équipe de campagne avait comploté avec les Russes – un mensonge calomnieux, malicieux et gravissime, une invention sans pareil. Vous avez contraint notre Nation à subir tracas et tourments à cause d’une histoire montée de toutes pièces, achetée illégalement par Hillary Clinton et le Comité national démocrate à un espion étranger dans le but de porter atteinte à notre démocratie. Et pourtant, quand ce mensonge monstrueux a été mis au jour et que le complot des démocrates a été anéanti, vous n’avez pas présenté d’excuses. Vous ne vous êtes pas rétractée. Vous n’avez pas demandé pardon. Vous n’avez fait preuve d’aucun remords, d’aucune forme d’introspection. Non, vous avez entamé une nouvelle croisade malveillante et diffamatoire – vous avez imaginé une façon de coincer et de calomnier un innocent. Vous avez agi uniquement par calcul politique personnel. Votre présidence de la Chambre des représentants et votre parti sont pris en otage par les éléments les plus dérangés et radicaux de l’extrême gauche. Chacun de vos membres vit dans la crainte qu’un adversaire socialiste ne les défient aux primaires – voilà ce qui motive en vérité la procédure de destitution. Regardez celle qui veut prendre la place du député Jerry Nadler. Regardez-vous, regardez votre entourage. N’entraînez pas votre pays dans la chute de votre parti.

Si vous vous souciiez réellement de la liberté au sein de notre Nation, alors vous chercheriez, avec vos considérables moyens d’enquête, à faire toute la lumière sur les abus de pouvoir scandaleux du FBI avant, pendant et après l’élection de 2016 – notamment l’espionnage de mon équipe de campagne, la remise de fausses preuves au Tribunal de surveillance du renseignement étranger, et la dissimulation de preuves à décharge en vue de piéger l’innocent. Le FBI compte dans ses rangs des employés très honorables, mais ses dirigeants sont incompétents et corrompus. Je pensais que vous seriez personnellement scandalisée par ces révélations, car lors de votre conférence de presse, le jour où vous avez ouvert l’enquête pour impeachment, vous avez lié directement cette initiative au Canular Russe qui avait été complètement discrédité. Vous avez par deux fois déclaré que “toutes les routes mènent à Poutine” en sachant pertinemment que c’était un mensonge abject. Je me suis montré bien plus intraitable avec la Russie que ne l’a jamais envisagé le président Obama.

Tout parlementaire qui votera en faveur de l’impeachment – au mépris de la vérité, des faits, des preuves et de la règle de droit – révélera son profond dédain pour les électeurs et sa véritable aversion pour l’ordre constitutionnel des États-Unis. Nos fondateurs craignaient le tribalisme provoqué par la politique de parti et vous donnez vie à leurs pires craintes.

Pire encore, j’ai été privé d’une Procédure Respectueuse de la Constitution dès le début de cette farce et jusqu’à aujourd’hui. J’ai été privé des droits les plus élémentaires prévus par la Constitution, notamment le droit de présenter des éléments de preuve, d’être représenté par un avocat, de faire face à mes accusateurs, et de convoquer et de contre-interroger des témoins – en particulier le supposé lanceur d’alerte qui a déclenché ce canular par sa fausse déclaration sur une conversation téléphonique sans aucun lien avec la conversation qui a réellement eu lieu. Dès que j’ai présenté la transcription de l’appel, ce qui a surpris et choqué les escrocs (ils n’avaient pas imaginé que ce type de document serait révélé), le soi-disant lanceur d’alerte, et aussi le deuxième lanceur d’alerte, ont disparu car ils s’étaient fait prendre, leur signalement était frauduleux et il n’a plus été possible d’être en contact avec eux.

En d’autres termes, dès que la conversation téléphonique a été rendue publique, votre petit complot a volé en éclats, mais ça ne vous a pas empêché de continuer.

Le procès des sorcières de Salem ne comptait pas tant d’irrégularités.

Vous et les membres de vos commissions affirmez depuis longtemps que la procédure de destitution doit avoir le soutien des deux partis – en l’occurrence ce n’est pas le cas. Vous avez déclaré que la procédure était source de divisions – c’est le moins qu’on puisse dire, et ces divisions sont bien plus profondes que vous n’osiez l’imaginer – et ça ne fera qu’empirer !

Tout cela n’est autre qu’une tentative de coup d’État illégale et militante, qui, si l’on en croit l’opinion publique ces derniers temps, se soldera par un échec cuisant dans les urnes. Vous n’en voulez pas qu’à moi, le président, vous en voulez au Parti républicain tout entier. Mais en raison de cette injustice colossale, l’unité de notre parti n’a jamais été si forte. Le jugement de l’Histoire sera impitoyable face à cette comédie que vous jouez. On ne retiendra de vous que la transformation de la Chambre des représentants, vénérable organe législatif, en tribunal arbitraire présidant à des persécutions partiales.

Vous feignez la solennité et c’est sans doute ce qui m’est le plus insultant. Vous avez, semble-t-il, si peu de respect pour les citoyens des États-Unis que vous les croyez dupes de votre démarche soi-disant grave, réservée et réticente. Toute personne dotée d’intelligence n’en croit pas un mot. Dès l’instant où j’ai été élu, le Parti démocrate a été en proie à la Fièvre de la Destitution. Vous n’affichez aucune réticence. Cette affaire n’a rien de grave. Vous tournez en dérision la procédure d’impeachment et vous masquez à peine la haine que vous inspire ma personne, le Parti républicain et des dizaines de millions d’Américains patriotes. Les électeurs font preuve de sagesse et ils voient clair dans votre jeu creux, stérile et dangereux.

Nul doute que les citoyens américains vous mettront, ainsi que le Parti démocrate, face à vos responsabilités lors de l’élection de 2020. Ils ne sont pas près d’oublier la subversion de la justice et les abus de pouvoir dont vous vous rendez coupables.

Il y a tant d’autres choses à faire pour améliorer la vie de nos concitoyens. Vous et les démocrates militants qui siègent au Congrès devez sans délai mettre un terme à ce fantasme de destitution ; vous devez vous remettre au service des citoyens américains. Je ne m’attends pas à ce que vous vous exécutiez, mais je vous adresse la présente lettre pour l’histoire et afin de consigner mes pensées de manière immuable et indélébile.

Dans un siècle, quand les gens repenseront à cette affaire, je souhaite qu’ils la comprennent et qu’ils en tirent des leçons, afin qu’aucun autre président ne puisse vivre la même chose.

Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués,

Donald Trump

Président des États-Unis d’Amérique

Voir de même:

Jacksonville artist’s Trump Messiah painting misunderstood by the masses

Art is a subjective term used to describe the viewer’s thoughts and feelings towards a specific piece of work.

However, an artist in Jacksonville only received negative responses to a painting he made but when he examined closer, it was exactly what he expected all along.

The artist goes by his initials B.S. and chose to do so after witnessing the backlash and alleged death threats given to local art broker Tristan Orvis when the two placed the painting up for sale on Facebook marketplace.

B.S. created controversy and hysteria from his painting titled “An Emotional Mirror” which shows President , as Jesus Christ, being crucified on the cross. He said he was inspired by the events surrounding President ’s impeachment trial in January.

At first glance, you can see Congresswoman Nancy Pelosi as a Roman Soldier piercing Trump’s right side with a spear, wife Melania praying at his feet like the Virgin Mary, along with members of the media and several foreign presidents and dictator such as and Kim Jung-Un looking on.

The controversy is obvious as both liberals and conservatives showed their disgust at what they described as an abomination. The artist explained the meaning behind the painting is far more telling of how the viewer is supposed to see it.

B.S. described the painting as his intent to highlight and call into question within the viewer such notions as belief in religion and politics, along with how narrow the bridge is between the two. He also wished to spark the viewers’ thoughts on nationalism and the media influence on the country.

Its purpose? To start conversations between both parties while using the “emotional mirror” to look inside one’s self in order to take personal responsibility for how the country looks when discussing politics. What was made to be thought-provoking turned to bashing, according to Orvis.

“There are a lot of clear emotions that come with this and it caused a big knee jerk reaction. A lot of Americans, when they see his (Trump’s) face will come up with an opinion of liking or disliking him before reading an article or hearing the news,” Orvis said. “Both the liberal and conservative response to the artist was how sacrilegious the painting came off as.”

One man, claiming to be a catholic Christian crusader said the $5,000 price tag would be worth paying if he (Orvis) killed himself along with destroying the painting. Another individual joked that all conservative followers see Trump as a messiah and is the second coming of Jesus.

What was seemingly missed by the several thousand people who commented, shared or liked Orvis’s Facebook post, was almost no one responded by questioning themselves or their own party. Instead, they came together to chastise the artist and broker responsible for its content.

Things began to reach a boiling point when residents around Onslow began giving out Orvis’s address and kid’s names in an attempt to cause harm. Although he said none of the threats sounded like they held any weight, he will remain cautious until more time has passed.

The surprising part is that the two men claim they should have seen it coming, but it proved the point of the painting and that in the current state we live in, seeing is believing and no one is taking the time to actually look and see before believing their own preconceived notions about the political and religious climate.

“When you hear a democrat calling for the investigation of Trump and a republican calling for the investigation of Pelosi or (jJ Biden and neither asks what might be wrong with their own affiliation, just shows how devout that person has become,” explained B.S. “It is as though they are arguing dogmatic religious doctrine rather than having an honest debate.”

Unbelievably enough, the painting sold for $4,200 to a collector in Florida after only being on the market for a day and a half.

What Orvis said he learned from this experience is that it reminded him of a time where individuals were labeling themselves as Americans first and not by their race or political affiliations. He also hopes moving forward, people can come together for the betterment of the voters.

“One side wishes to see violent animosity released on ad the other half shows him to be this infallible savior. That won’t get us anywhere but getting people to think outside the box at what they are looking at could potentially begin to turn around how we see and react to the idea of politics in our county,” Orvis said.

Voir enfin:
The White house

Washington

December 17, 2019

The Honorable Nancy Pelosi
Honorable Nancy Pelosi

Speaker of the House of Representatives

Dear Madam Speaker:

I write to express my strongest and most powerful protest against the partisan impeachment crusade being pursued by the Democrats in the House of Representatives. This impeachment represents an unprecedented and unconstitutional abuse of power by Democrat Lawmakers, unequaled in nearly two and a half centuries of American legislative history.

The Articles of Impeachment introduced by the House Judiciary Committee are not recognizable under any standard of Constitutional theory, interpretation, or jurisprudence. They include no crimes, no misdemeanors, and no offenses whatsoever. You have cheapened the importance of the very ugly word, impeachment!

By proceeding with your invalid impeachment, you are violating your oaths of office, you are breaking your allegiance to the Constitution, and you are declaring open war on American Democracy. You dare to invoke the Founding Fathers in pursuit of this election-nullification scheme — yet your spiteful actions display unfettered contempt for America’s founding and your egregious conduct threatens to destroy that which our Founders pledged their very lives to build. Even worse than offending the Founding Fathers, you are offending Americans of faith by continually saying « I pray for the President, » when you know this statement is not true, unless it is meant in a negative sense. It is a terrible thing you are doing, but you will have to live with it, not I!
Founding Fathers

Your first claim, « Abuse of Power, » is a completely disingenuous, meritless, and baseless invention of your imagination. You know that I had a totally innocent conversation with the President of Ukraine. I then had a second conversation that has been misquoted, mischaracterized, and fraudulently misrepresented. Fortunately, there was a transcript of the conversation taken, and you know from the transcript (which was immediately made available) that the paragraph in question was perfect. I said to President Zelensky: « I would like you to do us a favor, though, because our country has been through a lot and Ukraine knows a lot about it. » I said do us a favor, not me, and our country, not a campaign. I then mentioned the Attorney General of the United States. Every time I talk with a foreign leader, I put America’s interests first, just as I did with President Zelensky.

You are turning a policy disagreement between two branches of government into an impeachable offense — it is no more legitimate than the Executive Branch charging members of Congress with crimes for the lawful exercise of legislative power.
Executive Branch

You know full well that Vice President Biden used his office and $1 billion dollars of U.S. aid money to coerce Ukraine into firing the prosecutor who was digging into the company paying his son millions of dollars. You know this because Biden bragged about it on video. Biden openly stated: « I said, ‘I’m telling you, you’re not getting the billion dollars’… I looked at them and said: ‘I’m leaving in six hours. If the prosecutor is not fired, you’re not getting the money.’ Well, son of a bitch. He got fired. » Even Joe Biden admitted just days ago in an interview with NPR that it « looked bad. » Now you are trying to impeach me by falsely accusing me of doing what Joe Biden has admitted he actually did.

President Zelensky has repeatedly declared that I did nothing wrong, and that there was No Pressure. He further emphasized that it was a « good phone call, » that « I don’t feel pressure, » and explicitly stressed that « nobody pushed me. » The Ukrainian Foreign Minister stated very clearly: « I have never seen a direct link between investigations and security assistance. » He also said there was « No Pressure. » Senator Ron Johnson of Wisconsin, a supporter of Ukraine who met privately with President Zelensky, has said: « At no time during this meeting … was there any mention by Zelensky or any Ukrainian that they were feeling pressure to do anything in return for the military aid. » Many meetings have been held between representatives of Ukraine and our country. Never once did Ukraine complain about pressure being applied — not once! Ambassador Sondland testified that I told him: « No quid pro quo. I want nothing. I want nothing. I want President Zelensky to do the right thing, do what he ran on. »

The second claim, so-called « Obstruction of Congress, » is preposterous and dangerous. House Democrats are trying to impeach the duly elected President of the United States for asserting Constitutionally based privileges that have been asserted on a bipartisan basis by administrations of both political parties throughout our Nation’s history. Under that standard, every American president would have been impeached many times over. As liberal law professor Jonathan Turley warned when addressing Congressional Democrats: « I can’t emphasize this enough … if you impeach a president, if you make a high crime and misdemeanor out of going to the courts, it is an abuse of power. It’s your abuse of power. You’re doing precisely what you’re criticizing the President for doing. »

Everyone, you included, knows what is really happening. Your chosen candidate lost the election in 2016, in an Electoral College landslide (306-227), and you and your party have never recovered from this defeat. You have developed a full-fledged case of what many in the media call Trump Derangement Syndrome and sadly, you will never get over it! You are unwilling and unable to accept the verdict issued at the ballot box during the great Election of 2016. So you have spent three straight years attempting to overturn the will of the American people and nullify their votes. You view democracy as your enemy!
straight years

Speaker Pelosi, you admitted just last week at a public forum that your party’s impeachment effort has been going on for « two and a half years, » long before you ever heard about a phone call with Ukraine. Nineteen minutes after I took the oath of office, the Washington Post published a story headlined, « The Campaign to Impeach President Trump Has Begun. » Less than three months after my inauguration, Representative Maxine Waters stated, « I’m going to fight every day until he’s impeached. » House Democrats introduced the first impeachment resolution against me within months of my inauguration, for what will be regarded as one of our country’s best decisions, the firing of James Comey (see Inspector General Reports) — who the world now knows is one of the dirtiest cops our Nation has ever seen. A ranting and raving Congresswoman, Rashida Tlaib, declared just hours after she was sworn into office, « We’re gonna go in there and we’re gonna impeach the motherf****r. » Representative Al Green said in May, « I’m concerned that if we don’t impeach this president, he will get re-elected. » Again, you and your allies said, and did, all of these things long before you ever heard of President Zelensky or anything related to Ukraine. As you know very well, this impeachment drive has nothing to do with Ukraine, or the totally appropriate conversation I had with its new president. It only has to do with your attempt to undo the election of 2016 and steal the election of 2020!

Congressman Adam Schiff cheated and lied all the way up to the present day, even going so far as to fraudulently make up, out of thin air, my conversation with President Zelensky of Ukraine and read this fantasy language to Congress as though it were said by me. His shameless lies and deceptions, dating all the way back to the Russia Hoax, is one of the main reasons we are here today.
Congressman Adam Schiff

You and your party are desperate to distract from America’s extraordinary economy, incredible jobs boom, record stock market, soaring confidence, and flourishing citizens. Your party simply cannot compete with our record: 7 million new jobs; the lowest-ever unemployment for African Americans, Hispanic Americans, and Asian Americans; a rebuilt military; a completely reformed VA with Choice and Accountability for our great veterans; more than 170 new federal judges and two Supreme Court Justices; historic tax and regulation cuts; the elimination of the individual mandate; the first decline in prescription drug prices in half a century; the first new branch of the United States Military since 1947, the Space Force; strong protection of the Second Amendment; criminal justice reform; a defeated ISIS caliphate and the killing of the world’s number one terrorist leader, al-Baghdadi; the replacement of the disastrous NAFTA trade deal with the wonderful USMCA (Mexico and Canada); a breakthrough Phase One trade deal with China; massive new trade deals with Japan and South Korea; withdrawal from the terrible Iran Nuclear Deal; cancellation of the unfair and costly Paris Climate Accord; becoming the world’s top energy producer; recognition of Israel’s capital, opening the American Embassy in Jerusalem, and recognizing Israeli sovereignty over the Golan Heights; a colossal reduction in illegal border crossings, the ending of Catch-and-Release, and the building of the Southern Border Wall — and that is just the beginning, there is so much more. You cannot defend your extreme policies — open borders, mass migration, high crime, crippling taxes, socialized healthcare, destruction of American energy, late-term taxpayer-funded abortion, elimination of the Second Amendment, radical far-left theories of law and justice, and constant partisan obstruction of both common sense and common good.

There is nothing I would rather do than stop referring to your party as the Do-Nothing Democrats. Unfortunately, I don’t know that you will ever give me a chance to do so. After three years of unfair and unwarranted investigations, 45 million dollars spent, 18 angry Democrat prosecutors, the entire force of the FBI, headed by leadership now proven to be totally incompetent and corrupt, you have found NOTHING! Few people in high position could have endured or passed this test. You do not know, nor do you care, the great damage and hurt you have inflicted upon wonderful and loving members of my family. You conducted a fake investigation upon the democratically elected President of the United States, and you are doing it yet again.

There are not many people who could have taken the punishment inflicted during this period of time, and yet done so much for the success of America and its citizens. But instead of putting our country first, you have decided to disgrace our country still further. You completely failed with the Mueller report because there was nothing to find, so you decided to take the next hoax that came along, the phone call with Ukraine — even though it was a perfect call. And by the way, when I speak to foreign countries, there are many people, with permission, listening to the call on both sides of the conversation.

You are the ones interfering in America’s elections. You are the ones subverting America’s Democracy. You are the ones Obstructing Justice. You are the ones bringing pain and suffering to our Republic for your own selfish personal, political, and partisan gain.

Before the Impeachment Hoax, it was the Russian Witch Hunt. Against all evidence, and regardless of the truth, you and your deputies claimed that my campaign colluded with the Russians — a grave, malicious, and slanderous lie, a falsehood like no other. You forced our Nation through turmoil and torment over a wholly fabricated story, illegally purchased from a foreign spy by Hillary Clinton and the DNC in order to assault our democracy. Yet, when the monstrous lie was debunked and this Democrat conspiracy dissolved into dust, you did not apologize. You did not recant. You did not ask to be forgiven. You showed no remorse, no capacity for self-reflection. Instead, you pursued your next libelous and vicious crusade — you engineered an attempt to frame and defame an innocent person. All of this was motivated by personal political calculation. Your Speakership and your party are held hostage by your most deranged and radical representatives of the far left. Each one of your members lives in fear of a socialist primary challenger — this is what is driving impeachment. Look at Congressman Nadler’s challenger. Look at yourself and others. Do not take our country down with your party.

If you truly cared about freedom and liberty for our Nation, then you would be devoting your vast investigative resources to exposing the full truth concerning the FBI’s horrifying abuses of power before, during, and after the 2016 election — including the use of spies against my campaign, the submission of false evidence to a FISA court, and the concealment of exculpatory evidence in order to frame the innocent. The FBI has great and honorable people, but the leadership was inept and corrupt. I would think that you would personally be appalled by these revelations, because in your press conference the day you announced impeachment, you tied the impeachment effort directly to the completely discredited Russia Hoax, declaring twice that « all roads lead to Putin, » when you know that is an abject lie. I have been far tougher on Russia than President Obama ever even thought to be.

Any member of Congress who votes in support of impeachment — against every shred of truth, fact, evidence, and legal principle — is showing how deeply they revile the voters and how truly they detest America’s Constitutional order. Our Founders feared the tribalization of partisan politics, and you are bringing their worst fears to life.

Worse still, I have been deprived of basic Constitutional Due Process from the beginning of this impeachment scam right up until the present. I have been denied the most fundamental rights afforded by the Constitution, including the right to present evidence, to have my own counsel present, to confront accusers, and to call and cross-examine witnesses, like the so-called whistleblower who started this entire hoax with a false report of the phone call that bears no relationship to the actual phone call that was made. Once I presented the transcribed call, which surprised and shocked the fraudsters (they never thought that such evidence would be presented), the so-called whistleblower, and the second whistleblower, disappeared because they got caught, their report was a fraud, and they were no longer going to be made available to us. In other words, once the phone call was made public, your whole plot blew up, but that didn’t stop you from continuing.

More due process was afforded to those accused in the Salem Witch Trials.

You and others on your committees have long said impeachment must be bipartisan — it is not. You said it was very divisive — it certainly is, even far more than you ever thought possible — and it will only get worse!

This is nothing more than an illegal, partisan attempted coup that will, based on recent sentiment, badly fail at the voting booth. You are not just after me, as President, you are after the entire Republican Party. But because of this colossal injustice, our party is more united than it has ever been before. History will judge you harshly as you proceed with this impeachment charade. Your legacy will be that of turning the House of Representatives from a revered legislative body into a Star Chamber of partisan persecution.

Perhaps most insulting of all is your false display of solemnity. You apparently have so little respect for the American People that you expect them to believe that you are approaching this impeachment somberly, reservedly, and reluctantly. No intelligent person believes what you are saying. Since the moment I won the election, the Democrat Party has been possessed by Impeachment Fever. There is no reticence. This is not a somber affair. You’re making a mockery of impeachment and you are scarcely concealing your hatred of me, of the Republican Party, and tens of millions of patriotic Americans. The voters are wise, and they are seeing straight through this empty, hollow, and dangerous game you are playing.

I have no doubt the American people will hold you and the Democrats fully responsible in the upcoming 2020 election. They will not soon forgive your perversion of justice and abuse of power.
American people

There is far too much that needs to be done to improve the lives of our citizens. It is time for you and the highly partisan Democrats in Congress to immediately cease this impeachment fantasy and get back to work for the American People. While I have no expectation that you will do so, I write this letter to you for the purpose of history and to put my thoughts on a permanent and indelible record.

One hundred years from now, when people look back at this affair, I want them to understand it, and learn from it, so that it can never happen to another President again.

Sincerely yours,

Donald J. Trump

Voir enfin:

The Washington Post
May 15, 2018

AMERICAN FORK, UTAH — Jon McNaughton did not intend to become the country’s most famous pro-Trump, mass-market painter of the 21st century. But then, to achieve such an identity does require a modicum of cultivation; it does not happen overnight.

In 2008, the Utah artist was selling landscapes out of a gallery in a shopping mall. Then the presidential election happened and McNaughton, who didn’t like John McCain or Barack Obama, was struck with inspiration. The result, “One Nation Under God,” was a massive canvas featuring Jesus Christ holding a copy of the Constitution, surrounded by Davy Crockett, Ronald Reagan and 61 other historical figures dismayed by the direction of the country (Satan, also in the painting, was pleased). It wasn’t particularly subtle, but something about the work spoke to people and a new creative doorway was opened.

You might have seen, for example, “The Forgotten Man,” in which Obama ignores a weeping citizen on a park bench while the Founding Fathers implore him to pay attention. Or, “The Demise of America,” in which he fiddles while the U.S. Capitol burns. Or, “One Nation Under Socialism,” in which he has lit the Constitution on fire.

After the 2016 election, McNaughton’s paintings gained a hero in Donald Trump instead of just a villain in Obama: a sequel to “The Forgotten Man,” “You Are Not Forgotten,” features the same weeping citizen, now planting a tree as Trump looks on benevolently.

Yes. McNaughton is that guy.

It’s pure id art. Which means, in the sense that art can reveal truths about the undercarriage of the psyche, McNaughton is one of the most significant painters of the current era. The New Yorker’s art critic analyzed the influence of McNaughton’s work and dubbed 2016 “The year of ‘The Forgotten Man.’ ”

“I’m just honestly a little perplexed,” says McNaughton, 50, a soft-spoken Mormon father. “I have no idea where [buyers] are hanging them; I just know I sell a ton. Sometimes I’m shocked at how many I sell. That one I told you about, Obama burning the Constitution? When I painted it, I worried, this thing is just hideous — why would anybody hang that in their living room?”

It’s not, he says, the kind of “warm, happy” work people typically want in their homes.

But they sell. McNaughton is a repeat guest on “Fox and Friends.” Sean Hannity owns several originals, including “The Forgotten Man.” McNaughton won’t say how much Hannity paid (it’s been reported as $300,000, which the artist says is too high), but the majority of his income comes not from originals but reproductions: $30 for an 11-by-14 lithograph, $700 for something large, framed and signed.

Rob Dickerson, the account manager at the printing outlet that fills McNaughton’s orders, says when customers submit orders, they often include personal notes: Your work has meant so much to me. You are my favorite artist. Sometimes orders come in with a shipping address of Trump Tower. These aren’t Trump employees, Dickerson thinks: just regular citizens spending $250-$300 on a painting they’ll never hold, sent to a man who has more money than they ever will, because the art is doing . . . something . . . for their souls.

The other day, we flew to Utah to watch McNaughton put the finishing touches on his latest work, which he planned to release by the end of the week. Over the phone, he’d said only that the painting would be « Mueller-themed. »

American Fork, a Salt Lake City suburb, is an interesting town, a backdrop of ridiculous beauty and a foreground of bland chain restaurants. The address he’d provided led to Altus Fine Arts, an art consortium specializing in Mormon paintings, where McNaughton rents warehouse space. In the backroom of the nondescript white building, the painter had already set up his easel.

The new painting was “Mueller-themed” in the same way a banana is “fruit-themed”: there might have been a layer to peel back, but for the most part, the thing was just the thing. In the work, which McNaughton had tentatively titled “Exposing the Truth,” Trump grabbed special counsel Robert S. Mueller III by the necktie, roughly pulling him close while Mueller shrank back in fear. In Trump’s other hand was a magnifying glass, which he held inches from Mueller’s face.

“It’s about how it’s all kind of coming to a head,” McNaughton explained. “How Trump is turning the tables on Mueller. It does have a bit of a bully feel — Trump is saying, ‘I’m not going to be the victim here.’ ” McNaughton thinks that the president will end up firing Mueller, and the painting reflects that.

As McNaughton sat at his easel, painting the shadows on Trump’s sleeve, he explained that this wasn’t his regular studio. Normally, he works from his basement, which is also where he stages paintings (a lanky neighbor is the regular stand-in for Obama; McNaughton’s brother is the recurring “Forgotten Man”). But as his fame has grown, his wife’s tolerance for the circus has shrunk; no interviews in the house.

McNaughton talked about his faith: the Mormon mission he did in Japan in his youth. He talked about working as a financial planner for eight years until he’d saved enough money to pursue art full time. He talked about his art training at Brigham Young University, where a frustrated professor chastised him for not taking instruction better.

He talked about how he wakes up every morning and turns on the news, perpetually seeking out angles for future projects.

“I have a great idea for an immigration-themed painting,” he said. “I have a great idea for a foreign-policy-themed painting. I have an idea for a Second Amendment-themed painting, and an idea that involves a lot of past presidents, and a Christmas painting that’s going to be crazy.”

A good bellwether for if a painting would sell well was whether someone like Rachel Maddow, the liberal MSNBC host, was offended by it. Her blog once held a cheeky caption contest for one of his works. “My sales spiked after,” McNaughton said cheerfully.

While watching McNaughton paint, we told him that “Exposing the Truth” seemed tame compared with his earlier works. Nobody was burning or tearing the Constitution. Abraham Lincoln was not weeping in the background. Jesus Christ wasn’t presiding over the halls of Congress.

Several hours later we realized these standards were off. If a painting of the president of the United States physically threatening the special prosecutor didn’t seem downright wacky, then what did that say about what passes for normal in this country?

It’s perhaps not surprising to know that coastal critics don’t believe in McNaughton’s work. New York magazine’s Jerry Saltz has called it « visually dead as a doornail. » Stephen Colbert once did a whole segment lampooning the obvious metaphors in the painting: « Barack Obama represents President Obama, » Colbert deadpanned. « The burning Constitution represents a Constitution that is on fire. »

What isn’t entirely clear is whether McNaughton believed in it himself. The Trump world is populated by disciples — Michael Cohen, Diamond & Silk — whose ideology can seem both deeply felt as well as performative and opportunistic.

McNaughton’s art shapes perceptions of the president. It stokes anger in Trump’s supporters. But had McNaughton himself jumped on the Trump Train, or had he merely set up a lemonade stand at the station?

McNaughton didn’t support Trump at first; he liked Ted Cruz in the primaries. Ask what he thinks about Trump now, and he’s measured: “He gets away with stuff nobody else can get away with,” McNaughton says. “I laugh when I see it. I cringe and laugh at just about anything I see.” He says that his works do come from an emotional place but that he doesn’t view himself as a Trump supporter so much as a Trump observer.

“Take this painting,” he says at his makeshift studio, gesturing to “You Are Not Forgotten,” which hangs on an easel nearby. As a regal Trump gestures toward the Forgotten Man, who is planting a tree, a crowd of mostly veterans and law enforcement look on with approval. McNaughton asks, “Based on this painting, what do you think McNaughton thinks of Trump?”

The symbolism seems pretty bonk-you-on-the-head: tree as hope, Trump as savior, audience as grateful.

McNaughton says, No, that’s wrong. No, that’s not what he intended. “The point of the painting is that here are all the people who got him elected,” McNaughton says. “It’s, ‘Okay Mr. Trump, now you’re here, what are you going to do?’ ” The painting is not an endorsement of Trump, McNaughton says, so much as it’s a snapshot of the country in a moment in time. More than anything, he considers himself a “historical painter.”

“The way I look at it, these paintings will either be swept under the rug, or they’ll represent this era. The same with Trump, really.”

But if that’s true, it’s not really what comes across in his work. When people buy a painting, they don’t also buy McNaughton to come to their house and explain how “You Are Not Forgotten” is merely an observational statement about the demographics who elected Trump. The people who buy the painting are buying it because the message seems to be, “#MAGA #MAGA #MAGA,” in big neon lights.

This prompts a thoughtful interrogation into the meaning and purpose of art: How much ownership does a painter have over his messaging? How much should the artist’s intent inform the works’ perception?

Perhaps McNaughton is trying a little bit to have it both ways — to benefit from the fervor of Trump’s supporters, while leaving himself some plausible deniability about whether he’s a supporter himself. Perhaps it’s just about money?

To spend all day, every day, creating beatific images of Donald Trump would be exhausting, if you didn’t believe in Donald Trump at least a little. So McNaughton must believe in him at least a little.

But it’s complicated. As McNaughton talks, with some thoughtful sadness, about being the “whipping boy” of the art world he spent a lifetime hoping to join, he’s not the person you expect him to be.

Dickerson, the account manager, says that he doesn’t share the political views espoused in McNaughton’s paintings. Dickerson considers himself moderate-to-liberal, at least by Utah standards. “But,” he says, “I do have one of Jon’s paintings. I really like it. It’s in my office — should I go get it?”

He returns a few minutes later carrying a small square artwork, maybe 8 by 8 inches, that doesn’t look like anything else in the studio. It’s of John F. Kennedy. It’s a simple black-and-white sketch, and it’s accompanied by the JFK quote, “Let us not seek the Republican answer or the Democratic answer. Let us not seek to fix the blame for the past. Let us accept our own responsibility for the future.”

On McNaughton’s website, this painting does pop up, but it’s not featured prominently. The Kennedy drawing cost only $10, when it was for sale, but it’s no longer for sale. A note says that only 50 copies were made.

The next day, McNaughton brings a finished canvas of the Mueller painting back into the warehouse. He’d stayed up until 3 a.m. completing it, he says, and it’s changed quite a bit. Now, there are faces watching the Trump-Mueller altercation: James B. Comey, Rod Rosenstein, Jeff Sessions. McNaughton has also changed the name: Instead of « Exposing the Truth, » the painting is now titled « Expose the Truth » — a swap that makes the depiction seem less observational and more directive.

“A little more in-your-face,” McNaughton allows.

Whether he fully believes in what he’s doing or not, he’s chosen to lean into it, without hesi­ta­tion. He spends the afternoon composing the text that will accompany the painting on his website: “Robert Mueller leads a special council of at least 17 partisan Democrat attorneys who have yet to find a single piece of evidence against the President, yet they ignore the mounting verifiable evidence against Russian collusion with the DNC and the Clinton Foundation,” the text says. “There comes a time when you have to take a stand to Expose the Truth!”

McNaughton puts the painting up for sale on his website, and almost immediately people respond on Twitter: “GREAT PAINTING.” “WAKE UP, AMERICA!” “Time to take this country back from the arrogant minions of the LEFT.”

Scrolling through the online response to “Expose the Truth” — the McNaughton fans who can’t wait to order their own copies, and it’s hard not to think back to one of McNaughton’s earlier statements, about how his paintings didn’t provide the “warm, happy” vibe that people typically want out of their living-room artwork.

Maybe his work doesn’t make people feel good in the way we’ve traditionally defined “feeling good.” It doesn’t provide a sense of calmness, peace, and amity toward our fellow man. But his art does make people feel good under the new definitions of feeling good. It provides a self-fulfilling sense of self-righteousness. It assuages people, telling them that they are upset about the right things. It feels good because feeling angry and justified is the new feeling good.

McNaughton used to paint something new every few months. He says that’s changed, recently — now he’s painting something every few weeks, because it seems like that’s how often there is appetite for a new outrage.

Before leaving, we ask McNaughton for a tour of the warehouse, where all of his stock is kept, and he provides a copy of an out-of-date calendar: 12 of his greatest hits, consolidated in one item. It’s too large to fit in a carry-on, and at the airport gate, a few fellow passengers ask to flip through it.

“Oh, that guy,” one says wearily.

“Oh, that guy!” says another. “I think he’ll be famous for a long time. I think he gets America right.”

Voir par ailleurs:

In Calmer Debate, Biden and Trump Offer Sharply Different Visions for Nation
In a more restrained appearance, President Trump depicted Joseph R. Biden Jr. as an ineffectual Washington insider. Mr. Biden accused the president of heartlessness for separating migrant families and inflaming racial tensions.
Alexander Burns and Jonathan Martin
The New York Times
Oct. 22, 2020

President Trump and Joseph R. Biden Jr. delivered starkly divergent closing arguments to the country in the final presidential debate on Thursday, offering opposite prognoses for the coronavirus pandemic and airing irreconcilable differences on subjects from rescuing the economy and bolstering the health care system to fighting climate change and reshaping the immigration policy.

The debate was, on the whole, a more restrained affair than the first encounter between the two candidates last month, when Mr. Trump harangued Mr. Biden for most of an hour and a half and effectively short-circuited any policy debate. But if the tenor of Thursday’s forum was more sedate, the conflict in matters of substance and vision could not have been more dramatic.

From the opening minutes, the two candidates took opposing stances on the pandemic, with Mr. Trump promising, in defiance of evidence, that the disease was “going away” while Mr. Biden called for much more aggressive federal action for the “dark winter” ahead.

Mr. Trump, who badgered Mr. Biden with increasing aggression over the course of the debate, appeared determined to cast his opponent as a career politician who was, as he jabbed toward the end of the debate, “all talk and no action.” And the president used the event as his most prominent platform yet for airing unsubstantiated or baseless attacks about the finances of Mr. Biden and members of his family.

Mr. Trump, however, did little to lay out an affirmative case for his own re-election, or to explain in clear terms what he would hope to do with another four years in the White House. He frequently misrepresented the facts of his own record, and Mr. Biden’s. And on his most important political vulnerability — his mismanagement of the pandemic — Mr. Trump hewed unswervingly to a message that happy days are nearly here again, even as polls show that a majority of voters believe the worst of the coronavirus crisis is still ahead.

Trailing in a series of crucial swing states, and with 48 million Americans having already voted, the president was under more pressure. But while he proved he can engage in a more conventional political jousting, it was less clear whether his performance could prompt people who dislike him to reconsider their well-ingrained perceptions.

Mr. Biden, for his part, stuck to the core of the argument that has propelled his campaign from the start, denouncing Mr. Trump as a divisive and unethical leader who has botched the federal response to a devastating public-health crisis. Though Mr. Trump pushed him onto the defensive repeatedly, the former vice president also laid out a fuller version of his own policy agenda than he managed in the first debate, calling for large-scale economic stimulus spending, new aid to states battling the pandemic and a muscular expansion of health care and worker benefits nationwide.

Significantly, Mr. Biden made no serious error of the sort that could haunt him in the final days of a race in which he’s leading.

Of all the disagreements between the two candidates, none blazed more brightly than their assessments of the American experience battling the coronavirus.

Prompted by the moderator, Kristen Welker of NBC News, to explain his plan for the coming months, Mr. Trump stuck to the sunny message he has delivered at recent campaign rallies, promising a vaccine in short order and citing his own recovery from a bout with the virus as an example of medical progress. The president boasted that he was now “immune” to the disease, and insisted that states like Texas and Florida had seen the virus fade away, even as case counts are on the rise across the country.

“I’ve been congratulated by the heads of many countries on what we’ve been able to do,” Mr. Trump said, without offering any specifics.

Mr. Biden, in response, pressed a focused and familiar line of attack against the president, faulting him for doing “virtually nothing” to head off the pandemic early this year and heading into the coldest part of the year with no defined plan to control the virus. Holding up a face mask, Mr. Biden said he would encourage all Americans to don them and would ramp up rapid testing on a national scale.

“We’re about to go into a dark winter, a dark winter, and he has no clear plan,” Mr. Biden said. Mr. Trump shot back: “I don’t think we’re going to have a dark winter at all — we’re opening up our country.”

But when the president said “we’re learning to live with” the coronavirus, Mr. Biden pounced. “We’re learning to die with it,” he said.

“Anyone who’s responsible for that many deaths should not remain as president of the United States of America,” he said. “I will end this. I will make sure we have a plan.”

The president did, however, say for the first time, “I take full responsibility” for the impact of the virus. Then he quickly sought to skirt blame. “It’s not my fault that it came here — it’s China’s fault,” he said.

The debate on Thursday, at Belmont University in Nashville, represented perhaps the last opportunity for Mr. Trump to shake up the presidential campaign and claw his way into closer contention against Mr. Biden with just 11 days remaining.

Mr. Trump was more coherent than in the first debate, getting off a series of attack lines depicting Mr. Biden as a career politician and avoiding harsh personal critiques of his children.

With the candidates’ microphones turned off at times while the other was speaking, a new rule implemented to avoid a repeat of Mr. Trump’s constant interruptions in the first debate, their facial expressions often did the talking. When Mr. Biden said Rudolph W. Giuliani, Mr. Trump’s lawyer, was being “used as a Russian pawn,” the president gaped and jarred his head to the right. And when Mr. Trump insisted, not for the first time, that he would release his tax returns after an I.R.S. audit, Mr. Biden let out a wide, here-we-go-again grin.

It was in the second segment of the debate that the exchanges turned sharply personal, as the focus shifted to foreign interference in American elections. Mr. Biden spoke first, warning that countries like Russia and Iran would “pay a price” for tampering with the campaign. Alluding to unsubstantiated stories about him that have circulated in conservative media, Mr. Biden chided Mr. Trump for the actions of “his buddy Rudy Giuliani.”

Mr. Trump rapidly escalated matters, brandishing the unproven allegations about Mr. Biden’s son to accuse his rival of personally taking money from foreign interests. “They were paying you a lot of money and they probably still are,” Mr. Trump said, leveling a charge for which no evidence has surfaced. An investigation by Senate Republicans found no evidence that Mr. Biden, the former vice president, engaged in wrongdoing over his son’s business dealings.

Mr. Biden rejected the charge, saying he had “not taken a penny from any foreign source ever in my life.” Pushing back on the president, he cited a New York Times report that Mr. Trump maintained a Chinese bank account and challenged the president to let the American people see his tax returns. “Release your tax returns,” Mr. Biden said, “or stop talking about corruption.”

The extended back-and-forth was the most prominent airing so far of the negative message that Mr. Trump clearly sees as his best chance of undermining Mr. Biden in the final days of the presidential campaign. But the clash did not yield the kind of explosive confrontation that strategists on both sides had anticipated, and in some cases feared.

As Mr. Trump peppered Mr. Biden with exaggerated or baseless charges, Mr. Biden repeatedly countered, “Not true,” sometimes without elaboration, and the segment took on a kind of flat and circular shape.

After the protracted back-and-forth, Mr. Biden sought to pivot with a rehearsed line, saying: “It’s not about his family and my family. It’s about your family.”

Mr. Biden’s strongest moment may have been when he looked into the camera and knowingly addressed voters. “You know who he is,” he said, alluding to Mr. Trump. “You know his character. You know my character. You know our reputations for honor and telling the truth.”

At times, the debate resembled a more conventional political clash between a Democrat and a Republican, albeit with an incumbent president quick to distort his opponent’s positions.

“He wants socialized medicine,” Mr. Trump insisted of Mr. Biden, citing the stances of more liberal Democrats, including Mr. Biden’s running mate, Senator Kamala Harris, and Senator Bernie Sanders, both former primary foes of Mr. Biden.

“He thinks he’s running against somebody else,” Mr. Biden said, adding, “I beat all those other people because I disagreed with them.”

The candidates both expressed support for new federal spending on a large scale to help prop up the economy and aid distressed individuals and households, an initiative still gridlocked on Capitol Hill. Mr. Trump again blamed House Speaker Nancy Pelosi for the holdup, promising that if a deal were arranged, lawmakers from his own party would fall in line.

But he continued to draw a firm line against Democratic-backed plans to help distressed states and cities close immense budget gaps. That aspect of the Democrats’ legislation, the president said, was merely “a big bailout for badly run Democrat cities and states.”

Mr. Biden called state relief an urgent priority and defended his party’s congressional wing, pointing out that it passed new relief legislation months ago that had languished before the Republican Senate. And he put the onus on Mr. Trump to drum up support in that chamber. “Why isn’t he talking to his Republican friends?” Mr. Biden said.

Days after it was reported that the government had failed to locate the parents of more than 500 migrant children separated from them by the Trump administration, the president repeatedly evaded questions about how he intended to reunite those families. “We are trying very hard,” Mr. Trump said, before attempting to pivot into an attack on the Obama administration’s border policies.

But Mr. Biden castigated the president for imposing a family separation policy in the first place. “Those kids are alone — nowhere to go,” Mr. Biden said. “It is criminal. It is criminal.”

And he also suggested he would be more effective at addressing the issue than the president he served — Barack Obama.

“I’ll be president of the United States, not vice president of the United States,” Mr. Biden said, vowing to deliver an immigration overhaul that offers unauthorized migrants a pathway to legal status in the first 100 days of his administration.

After Mr. Biden described climate change as an “existential threat” requiring an all-out government response, Mr. Trump made a counterargument riddled with inaccuracies and some allegations that were simply perplexing. He claimed falsely that the construction of renewable-energy facilities created more emissions than traditional fuels, and accused Mr. Biden of trying to mandate that buildings be constructed with “little, tiny, small windows.” And he again insisted that wind energy is “extremely expensive” and “kills all the birds.”

In a debate that was originally planned as a forum on national security, the two candidates devoted only a few glancing exchanges to the subject. In one, Mr. Trump took credit for averting war on the Korean Peninsula, touting his “good relationship” with the North Korean leader, Kim Jong-un, and faulting the Obama administration for failing to establish such relations. Mr. Kim, he said, “didn’t like Obama.”

Mr. Biden defended the Obama administration’s view of Korean diplomacy, explaining that it had not wanted to “legitimize” Mr. Kim.

At the end of the debate, Mr. Biden said he would push the country to “transition from the oil industry,” adding that “the oil industry pollutes significantly” and that he would end federal subsidies. Sensing an opening, Mr. Trump said “that’s a big statement” and then invoked a series of states with energy-heavy industries. “Will you remember that Texas? Will you remember that Pennsylvania, Oklahoma?”

Voir enfin:

Trump Has Not Been ‘Clear’ in Support of Masks

Health and Human Services Secretary Alex Azar says President Donald Trump has been “clear” in calling for the public to “wear face coverings when you can’t social distance.”

The official messaging from the White House has been, as Azar put it, “clear and unambiguous” since early April. But the president’s statements have been anything but.

In the last two weeks, Trump has offered tepid endorsement for masks, saying: “The mask, perhaps, helps.” He has also raised doubts about the science, noting that health experts who now advocate public mask-wearing were once opposed to it. “I guess I’m somewhere in the middle,” Trump said recently. And: “I understand both sides of the argument.”

“There are a lot of people think that masks are not good,” Trump said at a town hall on Sept. 15. Adding at a press conference the next day, “Masks have problems, too.”

He has repeatedly mocked Democratic presidential nominee Joe Biden’s appearance in a mask and for wearing one in circumstances that Trump doesn’t think is necessary. He also accused one reporter of being “politically correct” for declining to take off his mask to ask a question.

And, of course, the president has continued to hold densely packed rallies where many supporters are not wearing masks. Trump has said little to discourage them. For example, Trump held an indoor rally in Nevada on Sept. 13 in defiance of the governor’s order limiting the size of gatherings. Press reports noted that few in the densely packed crowd wore masks, though Trump made no mention of the subject.

We reviewed all of Trump’s comments going back to April 3 when the Centers for Disease Control and Prevention issued recommendations for public mask-wearing. Announcing the new guidance that day, Trump repeatedly reminded that the recommendation was voluntary and that he personally would not be wearing a mask. In the following months, his position on masks remained lukewarm — saying he had “no problem” with mask-wearing — but refusing to be seen wearing one himself.

His stance evolved some over the summer, as the coronavirus continued to spread around the country. On July 20, he released a photo of himself in a mask. And he repeatedly made unequivocal calls for the public to wear masks, particularly when he appeared to be reading from prepared notes. But his waffling returned late in the summer around the time he began to stage rallies.

Since then, his public comments have been inconsistent, toggling between advocacy and casting doubt, sometimes in the same speech or interview.

Azar’s Spin

In an interview with Azar on Sept. 24, the “Today” show’s Savannah Guthrie said Trump’s statements on masks have been “all over the place,” and she asked Azar if masks are “going to make this pandemic less terrible than it is, basically.” (Starting at the 6:40 mark.)

“Masks are important,” Azar said. “We have been clear since the, the president has been clear since his April guidance on reopening the economy.”

When Guthrie responded that Trump “hasn’t been clear,” Azar referred to the government’s coronavirus.gov website. “It’s right there, coronavirus.gov, the president’s guidance on reopening: wear face coverings when you can’t social distance. Very clear. He says it, I say it, every health leader says it.”

When Guthrie countered, asking if Trump’s voice wasn’t louder than a government website, Azar again said, “Well, he says it. I say it. The FDA, CDC, NIH, that’s all we talk about is ‘Wear face coverings when you cannot social distance.’”

The government’s guidance has been “clear and unambiguous,” Azar said: “Wear your face coverings when you can’t be socially distant.”

The official government messaging may be consistent, but as we said, the president’s rhetoric is not. In an interview just two days prior, Trump said the guidance from health experts was originally for the public not to wear masks. After scientists began to learn more about the asymptomatic spread of the virus, that guidance changed. But Trump often brings up this change in position from the scientific community, as he did in an interview on Sept. 22, to express doubts about mask-wearing.

“Everybody was talking about like masks were a bad thing. Then they come like masks are the greatest thing you can do,” Trump said. “You know, you get all these different messages. And I guess I’m somewhere in the middle, to be honest with you.”

CDC’s April Guidance

As Trump has often pointed out, members of the scientific community — including Dr. Anthony Fauci, director of the National Institute of Allergy and Infectious Diseases, and U.S. Surgeon General Dr. Jerome Adams — were in the early months of 2020 telling the general public not to wear face masks.

However, as health officials learned more about the virus, and how often it was being transmitted by asymptomatic carriers, the CDC reversed course on April 3 and recommended that people begin “wearing cloth face coverings in public settings where other social distancing measures are difficult to maintain.” (Trump on Feb. 7 acknowledged privately in an interview recently made public that he knew the virus is transmitted through the air and it’s much deadlier than the flu.)

In a coronavirus task force briefing in which the new CDC recommendation was announced, Trump repeatedly stressed that the CDC’s recommendation was voluntary, and that he wouldn’t personally be following it.

Trump, April 3: In light of these studies [on asymptomatic spread], the CDC is advising the use of non-medical cloth face covering as an additional voluntary public health measure. So it’s voluntary; you don’t have to do it. They suggested for a period of time. But this is voluntary. I don’t think I’m going to be doing it …

So with the masks, it’s going to be, really, a voluntary thing. You can do it. You don’t have to do it. I’m choosing not to do it, but some people may want to do it, and that’s okay. It may be good. Probably will. They’re making a recommendation. It’s only a recommendation. It’s voluntary.

Adams, the surgeon general, went into detail at the press conference about why the change to recommending public use of masks was made.

“Well, it’s important to know that we now know from recent studies that a significant portion of individuals with coronavirus lack symptoms,” Adams said. “They’re what we call asymptomatic. And that even those who eventually become pre-symptomatic, meaning that they will develop symptoms in the future, can transmit the virus to others before they show symptoms. This means that the virus can spread between people interacting in close proximity: for example, coughing, speaking, or sneezing, even if those people were not exhibiting symptoms. In light of this new evidence, CDC recommends and the task force recommends wearing cloth face coverings in public settings where other social distancing measures are difficult to maintain. These include places like grocery stores and pharmacies. We especially recommend this in areas of significant community-based transmission. It is critical.”

The official White House messaging — aside from Trump — has been consistent since then in advocating for the public to wear masks when social distancing is not possible.

‘No Problem’ with Masks

In the ensuing weeks, Trump repeatedly said he had “no problem with face masks,” but that he would leave it up to states’ governors to decide whether to mandate their use. He also said he, personally, would “have no problem wearing a mask,” if the conditions were appropriate. Trump told reporters he wore a mask briefly while touring Honeywell in early May, though the press did not see it, or photograph it.

On May 11, Trump told reporters that he had begun requiring that White House staffers wear masks. But during the same press conference, Trump said the public had “learned about facemasks — the good and the bad, by the way. It’s not a one-sided thing, believe it or not.”

On June 20, Trump held an indoor rally in Tulsa. Although there was little social distancing and few in the relatively sparse crowd wore masks, Trump made no appeal to the crowd to wear masks. To the contrary, Trump complained only that the media did not highlight when Black Lives Matter protesters were not wearing masks.

In an interview on July 1 on the Fox Business Network, Trump said he’d “absolutely” wear a mask “if I were in a tight situation with people.” And he said he had worn a mask and liked the way it looked on him. “It was a dark black mask, and I thought it looked OK,” Trump said. “Looked like the Lone Ranger.”

Trump again added that he had “no problem” with masks “and if people feel good about it, they should do it.”

Raising Doubts

In a telephone interview with Sean Hannity of Fox News on July 9, Trump again brought up the reversal by the scientific community on masks, and framed it as an ongoing debate (even though by then there was consensus from his health advisers advocating public mask-wearing).

“They have been wrong about a lot of things, including face masks,” Trump said. “Maybe they are wrong, maybe not. But a lot of them said, don’t wear a mask, don’t wear a mask. And now they are saying, wear a mask. So, a lot of mistakes were made, a lot of mistakes.”

Trump added that “it’s fine to wear a mask, if it makes you feel comfortable” and that mask-wearing was appropriate in some situations, like when someone visits a hospital.

During the interview, Trump took the opportunity to ridicule Biden for the way he wears his masks, and for wearing one even when he is socially distanced from others. It became a familiar refrain for Trump in interviews and speeches.

Trump, July 9: I watched Biden walk onto a stage with his — practically — like, today, there was almost nobody in the room. He’s making a speech. And they have these massive circles. And the circles are very far away from each other to start off with. And then they have just a few people in the audience. And he makes a speech. And he walks onto the stage wearing this massive mask. There’s nobody on the stage. And then he takes it off. He likes to have it hang off usually the left ear. I think it makes him feel good, frankly, if you want to know the truth. And I guess that’s OK. But when there’s nobody around, you don’t really have to do that. But he feels it’s good. And I’m OK with it, if he wants to do that. He’s got the largest mask I think I have ever seen. It covers up a big proportion of his face. And I think he feels he looks good that way.

Biden has defended his decision to wear masks in those situations, saying it is part of “setting the example that I’ve tried to set since this began, of being responsible.”

Trump was finally photographed in a mask two days later while visiting Walter Reed National Military Medical Center. In a CBS interview on July 14, Trump said he felt an “obligation” to wear a mask in the hospital, because some patients had just come out of operations, and he wanted to be close to them.

Asked if he would tell the American people to wear a mask, Trump hedged.

Trump, July 14: Well, I’d say listen to that instruction, listen to your governors. But I have to say the same people that say wear a mask are people that said, a long time ago, don’t wear a mask, masks are bad. They said they’re not good. So, you know, like Dr. Fauci, surgeon general, a lot of people — a lot of people — the surgeon general said that also.

And right now that [the CDC guideline] is saying wear a mask, and that’s okay with me. That’s good. Those guidelines are good. I’m not stopping them from saying it. I do say this, originally people were saying don’t wear a mask. People that we all respect were saying don’t wear a mask because, look, you know, it’s got certain drawbacks and they say don’t wear a mask. Now they’re saying wear a mask. I’m okay. And it does evolve. You know, I mean, the thought process evolves. So let’s see what happens.

In an interview with Fox News’ Chris Wallace four days later, Trump offered this mixed message: “I don’t agree with the statement that if everybody wear a mask everything disappears. Hey, Dr. Fauci said don’t wear a mask. Our surgeon general — terrific guy — said don’t wear a mask. Everybody who is saying don’t wear a mask — all of sudden everybody’s got to wear a mask, and as you know masks cause problems, too. With that being said, I’m a believer in masks. I think masks are good. But I leave it up to the governors.”

Wearing Masks ‘Patriotic’

Perhaps Trump’s strongest appeal for mask-wearing came via a tweet on July 20, in which he suggested it was patriotic to don one.

In a press conference the following day, Trump continued his full-throated advocacy for masks.

Trump, July 21: We’re asking everybody that when you are not able to socially distance, wear a mask, get a mask. Whether you like the mask or not, they have an impact. They’ll have an effect. And we need everything we can get. …

If you’re close to each other, if you’re in a group, I would put it on. …

I view it this way: Anything that potentially can help — and that certainly can potentially help — is a good thing. I have no problem. I carry it. I wear it. … I’m getting used to the mask, and the reason is — think about patriotism. Maybe it is. It helps. It helps.

Now, we have experts that have said, in the recent past, that masks aren’t necessarily good to wear. You know that. But now they’ve changed their mind. If they change their mind, that’s good enough for me.

In an interview the following day on Fox News, Trump continued to lobby for mask-use.

“I believe that you should wear it, even if there’s a 1% chance it helps,” Trump said. “You know, when you look at Dr. Fauci and others — and this isn’t a knock, because this is just the way it — if you look, early on, they were all saying, don’t wear a mask. Don’t wear a mask. That didn’t make total sense to me, but don’t wear a mask. Now they’re all saying, wear a mask. My attitude is, it probably helps. Give it a shot, because we have to win this thing. So, it’s not a question of pride. It’s not a question of anything. We have to win this. So, when you’re in a certain situation, I think you should wear a mask.”

In more than a half dozen coronavirus press briefings from late July through mid-August Trump was consistently unequivocal in calling for the public to “wear a mask if you cannot socially distance.

In a TV interview on Aug. 4, Trump said, “People question masks, but there’s no downside in wearing them.”

In a coronavirus briefing on Aug. 13, Trump tried to draw a distinction between his approach and Biden’s on masks, claiming that Biden wanted a federal mask mandate, while he has left it up to states to decide. (Biden in August said, “Every governor should mandate mandatory mask wearing.” He later clarified that “there’s a constitutional issue whether federal government could issue such a mandate. I don’t think constitutionally they could, so I wouldn’t issue a mandate.”)

“My administration has a different approach: We have urged Americans to wear masks,” Trump said. “And I emphasized this is a patriotic thing to do. Maybe they’re great and maybe they’re just good. Maybe they’re not so good. But frankly, what do you have to lose?”

In a campaign speech in Old Forge, Pennsylvania, on Aug. 20, Trump said, “Do the masks. I mean, it’s just not going to hurt. Do them. Do them. If you feel it, do them.”

Back to Waffling

Trump resumed his in-person rallies in September, and with them began his hedging on masks.

In a campaign speech in Latrobe, Pennsylvania, on Sept. 3, Trump was back to mocking Biden for the way he wears his masks, and when.

“I’ve never seen a man that like the mask more,” Trump said of Biden. “Look, I’m all for it … but did you ever see a man that likes a mask as much as him? And then he makes a speech and he always has it, not always but a lot of times he has it hanging down because you know what, it gives him a feeling of security. If I were a psychiatrist — right? No, I would say — I would say this guy has got some big issues.”

And Trump’s waffling on using masks returned in an ABC News town hall on Sept. 15.

“But whether it’s Dr. Fauci or anybody else, a lot of people got it wrong,” Trump said. “They talked about don’t wear masks, and now they say wear masks. Although some people say don’t wear masks. I mean you have a lot of different ideas.”

“Now there are, by the way, a lot of people don’t want to wear masks,” Trump said later. “There are a lot of people think that masks are not good.”

Trump went on to talk about waiters who touch their masks “and then they’re touching the plate. That can’t be good. … The concept of a mask is good, but it also does … you’re constantly touching it, you’re touching your face, you’re touching plates. There are people that don’t think masks are good.”

In a press briefing the next day, Trump continued to express doubt about the efficacy of wearing masks, and then later said he thought they work.

Trump’s comments came in response to a question about Dr. Robert Redfield, the head of the CDC. Redfield testified about masks, saying: “We have clear scientific evidence they work, and they are our best defense. I might even go so far as to say that this face mask is more guaranteed to protect me against Covid than when I take a Covid vaccine.”

Trump challenged that comment, saying, “Number one, it’s not more effective, by any means, than a vaccine.”

“On masks — masks have problems, too,” Trump said. “And I talked about the masks about to be handled very gently, very carefully. I see that, in restaurants, they have people with masks and they’re playing around with their mask, and they have it — their fingers are in their mask and then they’re serving with plates. I mean, I think there’s a lot of problems with masks.”

“The mask, perhaps, helps,” Trump said minutes later. “Don’t forget: A lot of people didn’t like the concept of masks initially. Dr. Fauci didn’t like them, and a lot of people didn’t. And I’m not knocking anybody, because I understand both sides of the argument.”

At a campaign rally in Bedmidji, Minnesota, on Sept. 18, Trump argued that he ought to call his rallies a protest, to get around mask-restrictions.

“You don’t have to wear masks at protests,” Trump claimed. “So I said, ‘You know, we can’t have a rally.’ The most we can have is 10 people, but why don’t we just call it a protest because this is a protest. It’s a protest against stupidity. ”

In an interview with a local Fox station in Detroit on Sept. 22, the reporter noted that at some recent Trump rallies, there appeared to be many people “almost celebrating the fact that they didn’t have to wear a mask.”

Trump said he “didn’t see that.”

“No I think people should wear a mask if they can, if they feel they can, they should,” Trump added. “But I don’t think it should be a mandatory policy.”

“But when you look out into the audience when you’re doing these rallies, and you see the number of people who don’t have masks, does that concern you about the future and this fall?” the reporter asked.

“I must be honest, I see a lot of people with masks,” Trump said. “I also see a little bit of a spreading out. One of the reasons I do the rallies in outside settings is because it’s much better. It’s, you know, recommended. I don’t know if they know what they’re recommending, but they recommend being outside like we’re outside right now.”

In an interview with WGN America at the White House the same day, Trump was again pressed about whether he was concerned about so many maskless people at rallies being exposed to COVID-19.

“No,” Trump said. “Because my supporters are very smart and they do, a lot of them wear masks and some don’t, that’s their choice. But they’re, you know, when you’re outside, you have a lot of room, and everything that I’ve read and everything that I’ve seen is outside is better in terms of COVID or as I call it the China virus.”

Trump accused the CDC of sending mixed messages on masks.

“You know, at one point they were saying, don’t wear a mask,” Trump said. “Dr. Fauci said, don’t wear a mask — everybody was talking about like masks were bad thing. Then they come like masks are the greatest thing you can do. You know, you get all these different messages. And I guess I’m somewhere in the middle, to be honest with you.”

“There is a mixed message there,” Trump said. “But if you remember the original message was don’t wear masks.”

Azar is right that the White House messaging has been “clear and unambiguous” — and consistent since early April — that people should wear a mask when they can’t social distance. But as the many comments above reflect, the president has not always been “clear” in delivering that message.

FactCheck.org fellows Caitlin Quinn and Bala Thenappan contributed to this article.

COMPLEMENT:

The Earth itself is rejoicing at the prospect of Dumping Trump. How could over 70,000,000 people still vote for such ignorant scum after four years of vapid hateful and puerile rhetoric! – A fellow Santa Monica resident on Nextdoor.com


This Chronicle presupposes that Donald Trump’s challenges to the election results, whether or not well founded, will not succeed.

There is something called force majeure that supersedes all rules of procedure. When Kennedy won in 1960, it was known at the time or soon after that the Illinois electoral votes that decided the election were fixed by Chicago’s legendary Mayor Daley—that is, that in objective terms, it was Nixon who won the election. Just as we can be pretty sure that Jeffrey Epstein did not hang himself in his cell; that Harry Reid’s 2015 “accident” was not a fall from his exercise bike; or that Hillary Clinton committed a felony by using a personal mail server that no doubt helped her to conceal, among other things, the conspiracy against Trump. But to these and other “slips” we can only say, c’est la vie. There’s nothing to do about them. Somehow the welfare of the state depends, if not on their consequences, then on the consequences of not raising questions about them in such a way as to produce embarrassing answers.

Assuming this is also the case for the allegations of voter fraud to explain all these states switching from one column to the other after the election-day votes had been counted, I will therefore assume that, whether or not his challenges are legitimate, Donald Trump will not begin a second term in 2021.


In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles.

We are accustomed to seeing tragedy as either a literary form or a vision of the human condition, as in Unamuno’s Tragic Sense of Life. But in such literary and/or anthropological generalizations, the importance of tragedy as a critical interaction between leader and community is lost.

Tragedy is compatible neither with acephalous tribal society, nor with the archaic empires in which the godlike pharaoh cannot be conceived in dialogue with others. It is a product of the post-theocratic society of Athens and other city-states, one in which kings and tyrants interact with their subjects as fellow humans, not as sacred beings.

Aristotle defined tragedy as “an imitation of persons above the common level,” in Greek “better than ourselves” (beltionon hemas). But in Aristotle’s vocabulary, these are not merely relative terms. The tragic protagonist is not “better” because he is smarter or richer than the anonymous citizens watching the play, but because his role is central to the welfare of the state. He is in a position of sacred centrality, yet ontologically, merely a human being among others. Thus he is forced to function, as Barack Obama once put it, “above my pay grade,” solving transcendental problems on the fallible basis of individual intuition.


If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. Our republic has its roots in the Athenian agon, and it is no coincidence that its most agonistic recent moment has produced its most tragic political figure.

No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case.

To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy.

What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.”

This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions.

Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas.

Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it.

But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class (Coming Apart, Crown Forum, 2012; see, e.g., Chronicles 424, 449) to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves.

No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations (see Chronicle 674).

Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice (see Chronicle 493), highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats.


After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class.

I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority.

The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis.

Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump.


What lesson does this teach us about tragedy, not as a “literary form,” but as a category of cultural acts?

What we call the “tragic flaw” (hamartia) should not be understood, as does Aristotle, as a characterological imperfection in one who might otherwise have been perfect. It is the mark of the protagonist’s ineluctable individuality, the non-identity between his own scene of representation and that of his community, whose welfare, in classical tragedy as in the American presidency, he is charged to uphold, yet which could only be grasped in its totality by a mind that transcended the human sphere.

The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause.

Hence every leader is potentially a tragic figure: Uneasy lies the head that wears the crown. But real-life and even legendary tragic figures are few. Classical tragedy’s dramatis personae, even taking into account the many lost plays, were quite limited; the same figures constantly reappeared. The “serious actions” that tragedies “imitate” are not fictions open to the author’s invention; in principle they must have a basis in their potential spectators’ knowledge prior to the play itself, whether in history (the oldest extant tragedy is Aeschylus’ The Persians) or myth. La tragédie ne s’invente pas.

Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve.


Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties:

It’s not just that he eats cheeseburgers at a big celebratory dinner. It’s not just that he does things that the common man can kind of appreciate. And it’s not even because he uses kind of simplistic language—he doesn’t use complicated, wonky language, the way a lot of Democrats do. . . .

We sometimes make people feel like they aren’t conscientious enough. They aren’t thoughtful enough. They aren’t “woke” enough. They aren’t smart enough or educated enough to just understand what’s good for them. . . . It’s talking down to people. It’s alienating them. And there’s just certain voters who feel so distant from the political process—it’s not their life, it’s not their world. They hate it. They don’t like all that politics stuff. Trump speaks to them, because he includes them.

(https://www.foxnews.com/politics/elissa-slotkin-dem-urges-party-act-more-like-trump)

Slotkin’s point is that, like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt.


Which leads us back to our point of departure. As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street).

Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves.

That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable.

It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence.

If Trump still refuses to concede—and we need not deny a priori the claims of his lawyer Sidney Powell, whose recent statements: “We’re getting ready to overturn election results in multiple states,” and “I don’t make comments without having the evidence to back it up” (see https://www.ntd.com/trump-lawyer-sidney-powell-were-getting-ready-to-overturn-election-results-in-multiple-states_528748.html) at least express confidence—this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place.

May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.”

Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians.

COMPLEMENT:

« Cancel culture », « woke »: quand la gauche américaine devient folle

ENQUÊTE – Le mouvement, parti des campus américains, pratique une censure agressive, au nom du droit à ne pas être offensé. Il inquiète une partie de l’intelligentsia libérale qui voudrait défendre la liberté d’expression.

La scène, filmée par un téléphone portable, est surréaliste. Nous sommes au printemps 2017 et, dans les couloirs du collège universitaire Evergreen State, dans l’État de Washington, un professeur est encerclé par une horde hurlante d’étudiants. Tee-shirt noir, barbiche poivre et sel, Bret Weinstein, 48 ans, se démène pour essayer de dialoguer avec la foule déchaînée. Peine perdue.

Alors que l’enseignant tente de s’expliquer, les jeunes gens s’esclaffent et chantent «Hey Hey Ho Ho, Bret Weinstein has to go» (« Bret Weinstein doit démissionner»). Qu’a donc fait ce professeur de biologie pour mériter un tel opprobre? Juif démocrate, supporteur de Bernie Sanders et du mouvement Occupy Wall Street, se définissant comme «profondément progressiste», Bret Weinstein n’est pas conservateur. Il n’a pas manifesté son soutien à Trump ou dérapé sur Twitter. Il n’a même pas, comme son alter ego littéraire Coleman Silk, le héros de La Tache de Philip Roth, utilisé un mot vexant.

Non, le crime de ce professeur est de s’être opposé à l’organisation d’un «Jour d’absence» dans son établissement, où les «Blancs» de l’université étaient invités à rester chez eux pour laisser les «personnes de couleur» seules sur le campus. Ce jour de ségrégation raciale imposé relevait selon lui d’une forme de racisme antiblancs.

Victime d’une campagne virale, Bret Weinstein a fini par démissionner, après que le chef d’établissement, prenant le parti des étudiants, lui eut affirmé qu’il ne pouvait plus assurer sa sécurité. «Ma femme et moi avons vécu une véritable tornade personnelle qui était annonciatrice de la tornade qui a balayé tout le pays. Evergreen est maintenant partout», confie-t-il trois ans plus tard.

Contrairement à une presse généraliste à l’époque très silencieuse sur l’événement, l’éditorialiste du New York Times Bari Weiss avait pressenti l’importance de l’affaire Evergreen. «Quand la gauche se retourne contre les siens», titrait-elle sa tribune pour décrire cette invraisemblable purge, menée par une nouvelle génération progressiste obsédée par la question des discriminations, envers un professeur issu des rangs de la gauche libérale. «Faire taire les conservateurs était devenu une habitude. Mais, maintenant, voilà que les militants anti-liberté d’expression tournent leur colère de plus en plus vers les progressistes libéraux», notait Bari Weiss.

Elle ne croyait pas si bien dire: moins de trois ans plus tard, cette rédactrice en chef adjointe des pages opinion, qui avait été débauchée du Wall Street Journal pour apporter davantage de pluralisme dans le prestigieux quotidien libéral new-yorkais, dut, elle aussi, démissionner dans le sillage de son patron, James Bennett. Ce dernier avait été licencié pour avoir laissé passer une tribune du sénateur républicain Tom Cotton, qui appelait à envoyer l’armée contre les émeutiers après la mort de George Floyd, un point de vue alors partagé par une majorité d’Américains, mais qui avait choqué ses jeunes collègues. Son cas rappelle celui de Ian Buruma, ex-directeur de la prestigieuse New York Review of Books, poussé à la démission à l’automne 2018 parce qu’il avait osé publier la tribune d’un homme accusé d’agressions sexuelles, puis relaxé, qui témoignait de la difficulté à refaire sa vie.

Comme Bari Weiss, une journaliste du quotidien britannique The Guardian, Suzanne Moore, a claqué la porte de son journal, poussée à bout après avoir été harcelée par ses propres collègues pour avoir publié un article supposément «transphobe». La romancière britannique J.K. Rowling a elle aussi été traitée de Terf (trans-exclusionary radical feminist), c’est-à-dire de féministe anti-trans pour avoir affirmé sur Twitter que la différence des sexes était une réalité biologique. La créatrice de Harry Potter, admirée et connue dans le monde entier pour sa saga, fut brutalement jetée à bas de son piédestal par une frange minoritaire d’activistes inondant les réseaux sociaux de messages haineux à son encontre. L’acteur Daniel Radcliffe, qui doit sa carrière au rôle du jeune sorcier qu’il a incarné au cinéma, a cru bon de présenter ses excuses pour «la souffrance que ces commentaires (ceux de J.K. Rowling) [avaient] causée».

Une forme moderne d’ostracisme

La liste des personnalités victimes de la censure progressiste ne cesse de s’allonger, surtout en terre anglo-saxonne. Ce processus de désintégration sociale menée au nom du bien porte un nom: la «cancel culture» ou «culture de l’annulation» , qui consiste à appeler explicitement au boycott et à l’effacement de l’espace public de personnes jugées racistes, homophobes ou sexistes. On pourrait croire que cette fièvre dénonciatrice n’est pas nouvelle et considérer avec Philip Roth dans son célèbre incipit de La Tache, que «le vertige de l’indignation hypocrite» est «la plus vieille passion fédératrice de l’Amérique». Cependant, la cancel culture, si elle reprend les codes du «politiquement correct» tel qu’il a émergé sur les campus américains dès les années 1960, modernise l’ostracisme qui s’adosse désormais à la puissance des réseaux sociaux et à une nouvelle mentalité militante.

Dans leur livre The Coddling of the American Mind: How Good Intentions and Bad Ideas Are Setting Up a Generation for Failure («Le chouchoutage de l’âme américaine: comment de bonnes intentions et de mauvaises idées préparent une génération à l’échec»), Jonathan Haidt et Gregory Lukianoff qualifient de «culture of safetysm» (que l’on pourrait traduire par «culture de l’obsession d’être protégé») cette mentalité d’une nouvelle génération qui ne supporte plus d’être offensée et pour laquelle le moindre propos caricatural et le scepticisme quant au bienfait illimité du progressisme multiculturaliste sont considérés comme autant de «micro-agressions» exigeant la création d’espaces sécurisés (safe spaces) où aucune parole blessante ne puisse les atteindre.

Cette nouvelle censure est différente du vieux sectarisme marxiste en ce qu’elle repose quasi exclusivement sur le «ressenti» victimaire. «Je me sens blessé»: tel est désormais l’argument qui justifie toutes les excommunications. Avoir conscience que l’on est blessé ou que l’on blesse, c’est être «éveillé», «woke». Ce terme d’argot, «woke», s’est généralisé après les premières émeutes de Black Lives Matter («les vies noires comptent») en 2014, et notamment le film Stay Woke: The Black Lives Matter Movement, de l’acteur Jesse Williams.

Être «woke», pour un Afro-Américain qui adhère à la cause, c’est être en permanence vigilant quant au racisme et aux discriminations que l’on peut subir. L’être pour un Blanc, c’est avoir conscience de ses privilèges. Ainsi, à l’université d’Evergreen, les professeurs étaient-ils conviés à énumérer leurs «privilèges» (blanc, mâle, «validiste», c’est-à-dire non handicapé, etc.), avec une étiquette collée sur leur torse déclinant les pronoms qu’il fallait utiliser en s’adressant à eux (him/her/she/he), pratique mise en place pour ne pas risquer de «mégenrer» certaines personnes – et que la nouvelle vice-présidente, Kamala Harris, emploie elle-même sur son compte Twitter.

La woke culture nie le libre arbitre et la complexité de la morale. Elle est l’ennemie de la créativité

Seth Greenland, auteur de «Mécanique de la chute»

Ces séances d’«autocritique», dont le grotesque n’a curieusement pas encore été vraiment exploité par les humoristes («parce qu’ils sont terrifiés», estime le rédacteur en chef de Tablet, Jacob Siegel), sont désormais obligatoires ou fortement recommandées au corps professoral dans un nombre croissant d’universités. «La woke culture est devenue le fléau de la liberté de pensée. Elle pose comme principe la vision du monde identitaire que le libéralisme avait tenté d’éradiquer, l’idée que nous ne sommes pas fondamentalement définis par la communauté dans laquelle nous sommes nés, notre orientation sexuelle, notre couleur de peau. Elle nie le libre arbitre et la complexité de la morale. Elle est l’ennemie de la créativité», affirme l’écrivain Seth Greenland, auteur de Mécanique de la chute, un roman où il raconte le lynchage d’un milliardaire accusé de racisme. «Le wokisme refuse l’idée fondamentale du libéralisme selon laquelle deux valeurs incompatibles peuvent être autorisées à cohabiter. Pour les justiciers sociaux, cette tolérance des désaccords n’est qu’un instrument brandi par l’oppresseur pour soumettre l’opprimé!», renchérit Jacob Siegel, auteur d’un article de Tablet sur le sujet qui a fait grand bruit.

Parfois, le lynchage psychologique conduit à la mort physique, comme dans le cas de Mike Adams. Ce professeur de l’université de Caroline du Nord très critique du mouvement identitariste, «qui avait eu le malheur de publier un tweet dénonçant les mesures prises par le gouverneur démocrate de son État en matière de Covid, n’a pas résisté à la pression», raconte Greg Lukianoff. «Laissez mon peuple aller», avait-il écrit, parlant «de l’État esclavagiste de Caroline du Nord». Une formule jugée inacceptable par la meute antiraciste. Harcelé et menacé, il a fini par se suicider en juillet. «On lui a dit qu’il était le Mal», note, horrifié, Lukianoff, qui était son ami.

De la French Theory à la bureaucratie d’État

Le succès stupéfiant de cette culture de la contestation, fondée sur la revendication d’un sectarisme effréné qui peut aller jusqu’à tuer dans l’indifférence générale, reste en partie une énigme au pays de la libre parole, même si Tocqueville avait averti dans son opus De la démocratie en Amérique sur la propension de l’opinion publique américaine à «tracer un cercle de la pensée» au-delà duquel il est très dangereux de s’aventurer.

Lukianoff, un libéral de gauche de 48 ans, qui milita longtemps au sein du bastion progressiste de la puissante Union américaine pour les libertés civiques (Aclu), mais dirige aujourd’hui une fondation qui se bat pour la liberté d’expression sur les campus (Fire), juge indispensable de remonter à l’attitude des écoles de pensée postmodernistes des années 1960 pour comprendre la situation actuelle. «Il est devenu possible, à partir de ces années-là, de disqualifier d’entrée de jeu toute pensée conservatrice, c’est-à-dire la moitié de la population du pays et la majorité du reste du monde!», explique-t-il, reconnaissant qu’il lui a fallu «du temps» pour comprendre «à quel point cet ostracisme était dangereux». «S’est mise en place une sorte de forteresse théorique parfaite qui se défend en accusant toute personne qui exprime un désaccord d’être conservatrice», poursuit-il. «Tant que la proportion des libéraux et des conservateurs était de 3 pour 1, il restait des garde-fous, mais on en est aujourd’hui à quelque 30 pour 1!», note Lukianoff, précisant que les conservateurs ont peu à peu quitté la place «parce qu’ils estimaient que l’université devait rester à l’extérieur de la politique».

Une fois l’exclusion pratiquée à l’encontre des conservateurs, il a été facile de l’étendre à d’autres groupes, au fur et à mesure qu’il devenait légitime de disqualifier les hommes, les Blancs, les hétéros…, explique-t-il, parlant d’un «trou sans fond engloutissant de plus en plus de monde». «Au final, dans cette logique d’exclusion qui s’auto-nourrit, 100 % de la population finira par être excommuniée!», dit Lukianoff, soulignant qu’«on commence à voir des hommes noirs menacés de disqualification parce qu’ils sont hommes».

Une armada de personnels administratifs destinés à gérer les questions de discrimination et d’inclusivité s’est installée au cœur des dortoirs, avec les étudiants

Sam Abrams, professeur de science politique au collège ­Sarah Lawrence de New York

Sam Abrams, 40 ans, professeur de science politique au collège Sarah Lawrence de New York, un établissement connu pour son progressisme, est devenu l’une des cibles du mouvement woke pour avoir milité pour «la diversité de valeurs» au lieu de réserver ce terme à la diversité ethnique ou raciale. Spécialiste d’enquêtes d’opinion et hostile aux labels politiques, cet amoureux «des faits» est depuis deux ans sur son campus l’objet de campagnes de harcèlement et d’une démarche administrative visant à le priver de sa chaire. «Jamais je n’aurais pu monter au créneau si je n’avais pas eu de chaire», note-t-il, soulignant qu’il avait attendu cette sécurité de l’emploi pour s’engager. Pour lui, si le mouvement woke, né dans les départements d’études critiques énamourés du philosophe Michel Foucault et de la théoricienne du genre Judith Butler, vient de loin, comme le raconte Lukianoff, «les dix dernières années ont été cruciales».

Sam Abrams se souvient encore de ses propres années d’étudiant, il y a vingt ans, époque «révolue», quand «dans les dortoirs universitaires, on pouvait encore avoir des discussions contradictoires sur tous les sujets sensibles liés à la race, l’identité ou le genre». Tout a changé pendant la présidence Obama, avec la montée en puissance des efforts de l’administration des universités pour lutter contre les discriminations sexuelles, avec la mise en place du fameux Titre IX (un amendement interdisant toute discrimination sur la base du sexe et obligeant à la création de bureaux de lutte contre le harcèlement sexuel dans chaque université), un processus supervisé par un certain vice-président… Joe Biden.

«Parallèlement, une armada de personnels administratifs destinés à gérer les questions de discrimination et d’inclusivité s’est installée au cœur des dortoirs, avec les étudiants», raconte Abrams. Arrivés avec des diplômes en études raciales ou de genre, ils ont instauré un mélange de règles bureaucratiques et d’interdits idéologiques qui représentent «un véritable lavage de cerveau» et leur permettent de faire la pluie et le beau temps sur les campus, en liaison avec certaines associations étudiantes communautaristes ultrapolitisées, dénonce l’enseignant. Le rédacteur en chef de la revue Tablet, Jacob Siegel, souligne lui aussi cette alliance de la bureaucratie d’État et d’une idéologie qui se dit révolutionnaire mais «fait corps avec le pouvoir». «Le wokisme a commencé avec le deuxième mandat de la présidence Obama, au confluent de deux causes: la première, c’est le progressisme technocratique du président lui-même, qui pensait que la bureaucratie de l’État pouvait contribuer à la perfectibilité morale, comme le montre la bataille des discriminations menée sous le Titre IX. L’autre est le courant idéologique identitariste qui souffle sur les universités. Le danger, c’est la fusion des deux en une forme de bureaucratie qui s’autoradicalise sans cesse», explique-t-il.

«Le corps professoral est dans son écrasante majorité libéral et reste attaché à la méthode du débat contradictoire. Mais il a peur de s’interposer», ajoute Sam Abrams. Pour lui, c’est aussi le cas de la majorité des étudiants, qui seraient largement «centristes», selon ses enquêtes d’opinion. On est donc dans le cas d’une sorte de kidnapping du débat par un groupe minoritaire issu de l’administration des campus. Beaucoup de professeurs ont peur d’être mis au ban ou de perdre leur travail, surtout s’ils n’ont pas de chaire, affirme Abrams. Le fait de vivre à New York, une mégapole, lui permet d’échapper à la pression, mais «c’est beaucoup plus difficile dans les petites villes universitaires de Nouvelle-Angleterre, où les risques de harcèlement sont bien supérieurs».

Tolérer des idées inconfortables est plus dur que de rejoindre la horde pour s’enfermer dans une bulle d’opinions et de pensées tout à fait agréables

Thomas Chatterton Williams, auteur d’«Autoportrait en noir et blanc»

À ces inquiétudes très concrètes s’ajoute «la peur des anciens de ne pas être aimés des plus jeunes» et d’être moralement condamnés, ajoute Greg Lukianoff. Une volonté d’échapper à la culpabilité occidentale en se mettant du côté des «purs», que le professeur de théorie politique Joshua Mitchell décrit dans son nouveau livre, American Awakening («réveil américain»), consacré à la nature religieuse de cette idéologie des «identités» qui donne des «bons points» aux différents groupes humains en faveur de leur degré d’«innocence» sociale.

Les réseaux sociaux, en permettant la mobilisation immédiate d’activistes sur des causes ponctuelles et en facilitant l’organisation communautaire, ont par ailleurs donné une vigueur nouvelle aux revendications identitaires présentes dans la gauche radicale depuis les années 1960. «Ils ont tout changé, car c’est là que se cristallise le lien entre la meute idéologique, les élites et l’ensemble des institutions. Les réseaux sociaux dictent le ton à tous, y compris aux journaux, pas l’inverse», analyse Jacob Siegel. Comme le souligne Lisa Nakamura, professeur à l’université du Michigan, la cancel culture est rendue possible par une nouvelle «économie de l’attention», où «priver quelqu’un d’audience, c’est le priver d’existence». Elle est portée par un repli individualiste sur l’identité plutôt que par l’héritage commun ou l’universalisme. Et également par une culture d’emballement suiviste, qui fait partie de l’essence des réseaux sociaux.

«La prétendue culture woke est cool. C’est à la mode, et, soyons honnêtes, le libéralisme est difficile. Tolérer des idées inconfortables est plus dur que de rejoindre la horde pour s’enfermer dans une bulle d’opinions et de pensées tout à fait agréables», explique Thomas Chatterton Williams, auteur d’Autoportrait en noir et blanc, un essai qui sortira en janvier en français, où ce métis afro-américain exprime sa dissidence envers les obsédés de la race.

La gauche libérale se rebiffe

Comme lui, de nombreux intellectuels de la gauche libérale commencent à se rebeller contre cette idéologie étouffante, «qui ressemble à un nouveau bolchevisme ou à une forme de révolution culturelle à la chinoise», guettant tous les «traîtres» potentiels à la cause, nous confie Bret Weinstein. L’université de Chicago a pris la tête de la fronde, mettant noir sur blanc son engagement à défendre la liberté d’expression en 2015, un «serment» repris par plus de 50 autres établissements universitaires. Le très libéral Wellesley College a également réagi avec vigueur en créant un «projet liberté» destiné à encourager un débat d’idées libre et contradictoire. Et l’université de Berkeley, pourtant très progressiste, a créé un Centre pour la liberté d’expression. On voit aussi apparaître de nouveaux îlots de liberté intellectuelle, comme le magazine en ligne Quillette ou la revue Tablet, au fur et à mesure que les journaux mainstream comme le New York Times basculent dans le camp de la «justice sociale».

«Le seul fait que nous n’ayons pas peur a fait énormément pour le succès de Tablet», affirme Siegel. Sam Abrams dit recevoir des dizaines de lettres, montrant que«beaucoup de gens en ont assez». «J’aime à penser que nous sommes nombreux», dit aussi Greg Lukianoff. En juillet 2020, un collectif de plus de 150 écrivains, artistes et journalistes, parmi lesquels J.K. Rowling, mais aussi la romancière Margaret Atwood, auteur du best-seller La Servante écarlate, le linguiste et psychologue Steven Pinker, la féministe Gloria Steinem, a signé une tribune dans Harper’s Magazine pour dénoncer «une intolérance à l’égard d’opinions opposées, une vogue pour la dénonciation publique et l’ostracisme, et la tendance à dissoudre des questions politiques complexes dans une certitude morale aveugle».

En réaction à cette tribune, Alexandria Ocasio-Cortes (AOC) l’égérie woke du Parti démocrate, a aussitôt relativisé sur Twitter: «Ceux qui se plaignent de la cancel culture pensent que tout leur est dû – comme si on avait le droit à un large public captif et que l’on deviendrait victime si les gens choisissaient de nous écarter. Il y a de fortes chances que vous ne soyez pas réellement annulé, que vous soyez simplement mis au défi, tenu pour responsable ou peu apprécié.» Même Obama, qui avait rêvé d’une présidence postraciale avant de participer à la montée woke en installant la question de la moralisation des discriminations au sein du processus bureaucratique, a eu droit à des tirs de barrage intenses de la frange radicale quand il s’est mêlé du débat. «Si tout ce que vous faites, c’est jeter des pierres, vous n’irez pas très loin», avait déclaré l’ex-président en octobre 2019. «Le monde est en désordre, il y a des ambiguïtés. Les gens qui font de bonnes choses ont des défauts. Les gens que vous combattez aiment leurs enfants, ils partagent certaines choses avec vous», a rappelé l’ancien président, blâmant «cette idée de la pureté, de n’être jamais compromis, d’être toujours politiquement “éveillé” (woke)».

Tout autre que lui aurait sans doute été agoni d’injures après de tels propos. Le président conserve d’ailleurs une position ambiguë sur tous ces sujets sociétaux et n’a nullement condamné les excès révolutionnaires de Black Lives Matter quand, après la mort de George Floyd, cette organisation a vite abandonné le thème des violences policières pour appeler à mettre à bas le capitalisme et à démanteler tout l’héritage américain, jusqu’à ses Pères fondateurs.

«Une tache qui se répand»

En réalité, les voix dissidentes restent très isolées, un peu comme «un samizdat du XXIe siècle», affirme le géographe Joel Kotkin, résumant le point de vue des autres «rebelles». Le fait que la vague woke ait quitté le champ strictement universitaire pour déborder dans les médias grand public, le monde des affaires et les institutions de l’État a laissé les libéraux de la vieille école largement désemparés. «Je commence à penser que nous avons besoin d’une nouvelle métaphore pour décrire le “Great Awokening”. Ce n’est pas tant un mouvement qui avance qu’une tache qui se répand. Une fois que ce processus a commencé, il est très difficile de l’inverser, tout ce qu’on peut espérer, c’est d’empêcher qu’il ne se propage davantage et de protéger les choses précieuses. Non, il n’y a pas de mouvement d’opposition de quelque importance à ce phénomène, et, s’il y en avait un, il ne réussirait pas», s’inquiète Mark Lilla, un libéral de gauche qui a été l’un des premiers à sonner l’alarme. «Nous sommes face à des passions morales très puissantes qui inspirent en particulier les jeunes. Nous devrons attendre qu’elles se dissipent avant d’espérer pouvoir réparer une partie des dégâts», ajoute-t-il.

Social-démocrate à l’ancienne et opposé à la vague identitariste montante, Joel Kotkin s’alarme tout particulièrement de l’alliance des campus avec l’industrie de la tech, cette nouvelle oligarchie omniprésente qui prête allégeance au mouvement woke en forçant notamment ses employés à organiser des séminaires d’inclusivité et à signer avec les fameux «pronoms» «manière pour elle d’éluder les sujets plus embarrassants d’inégalité, de classe et de positions monopolistiques». Pour lui, cette alliance rend quasiment impossible une rébellion des démocrates centristes contre les radicaux. Si certains observateurs continuent d’espérer que les modérés, comme l’élue du Congrès Elissa Slotkin, relèveront la tête, la plupart sont très sceptiques.

Le fait que Trump ait porté le combat contre l’idéologie woke, dénonçant «un poison toxique» et antipatriotique qui veut jeter l’opprobre sur «tout le projet américain», empêche les démocrates centristes de bouger activement sur cette question, regrette Greg Lukianoff. «Même si Trump a eu raison sur ces thèmes, son comportement et son style inacceptables sur le reste vont au contraire retarder la mobilisation du centre», pronostique-t-il. Un point de vue que partage le professeur Bret Weinstein, persuadé que l’équipe Biden utilisera «cyniquement l’énergie révolutionnaire née sur les campus», mais finira par perdre le contrôle du «tigre» woke. «Ils ont déjà gagné, pense Jacob Siegel. Toutes les institutions cèdent les unes après les autres.»

Les salles sont bondées, surtout dans les petites villes de province, où l’on a soif de vérité et de nouvelles approches

Sam Abrams, professeur de science politique au collège ­Sarah Lawrence de New York

Dans ce tableau bien sombre, Sam Abrams voit une lueur d’espoir venir potentiellement de la nouvelle «génération Z» (nés entre 1997 et 2000), «beaucoup moins idéologue que les millennials» (nés entre 1980 et 2000), fatiguée de la polarisation et peu convaincue par la racialisation galopante. «Quand je me promène dans les campus pour des tournées de conférences, les salles sont bondées, surtout dans les petites villes de province, où l’on a soif de vérité et de nouvelles approches.» Sam n’en reste pas moins très envieux de «l’approche française»,qui résiste tant bien que mal à la vague woke anglo-saxonne. «Ça fait tellement de bien de savoir que chez vous les parents peuvent encore dire à leurs enfants qu’ils sont “un petit garçon ou une petite fille”. Chez nous, on dirait: comment osez-vous assigner un genre?»

Mais la différence est-elle si grande que Sam le pense? L’Amérique et la France ont beau plaider pour deux modèles radicalement opposés de république, sur le plan des idées, les chassés-croisés entre nos deux pays sont incessants. Ainsi avons-nous exporté la French Theory sur les campus d’Amérique dans les années 1960, semence qui allait faire fleurir le politiquement correct. Aujourd’hui, celui-ci nous revient en boomerang sous les nouveaux habits de la cancel culture et du wokisme qui s’implantent dans nos universités. Et, là-bas comme ici, l’intelligentsia libérale se réveille face aux excès et au déni d’une révolution qui dévore ses enfants. Aux États-Unis comme en France, cette guerre idéologique ne fait que commencer.

COMPLEMENT:

Sans commentaire:The Earth itself is rejoicing at the prospect of Dumping Trump. How could over 70,000,000 people still vote for such ignorant scum after four years of vapid hateful and puerile rhetoric! – A fellow Santa Monica resident on Nextdoor.com


This Chronicle presupposes that Donald Trump’s challenges to the election results, whether or not well founded, will not succeed.

There is something called force majeure that supersedes all rules of procedure. When Kennedy won in 1960, it was known at the time or soon after that the Illinois electoral votes that decided the election were fixed by Chicago’s legendary Mayor Daley—that is, that in objective terms, it was Nixon who won the election. Just as we can be pretty sure that Jeffrey Epstein did not hang himself in his cell; that Harry Reid’s 2015 “accident” was not a fall from his exercise bike; or that Hillary Clinton committed a felony by using a personal mail server that no doubt helped her to conceal, among other things, the conspiracy against Trump. But to these and other “slips” we can only say, c’est la vie. There’s nothing to do about them. Somehow the welfare of the state depends, if not on their consequences, then on the consequences of not raising questions about them in such a way as to produce embarrassing answers.

Assuming this is also the case for the allegations of voter fraud to explain all these states switching from one column to the other after the election-day votes had been counted, I will therefore assume that, whether or not his challenges are legitimate, Donald Trump will not begin a second term in 2021.


In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles.

We are accustomed to seeing tragedy as either a literary form or a vision of the human condition, as in Unamuno’s Tragic Sense of Life. But in such literary and/or anthropological generalizations, the importance of tragedy as a critical interaction between leader and community is lost.

Tragedy is compatible neither with acephalous tribal society, nor with the archaic empires in which the godlike pharaoh cannot be conceived in dialogue with others. It is a product of the post-theocratic society of Athens and other city-states, one in which kings and tyrants interact with their subjects as fellow humans, not as sacred beings.

Aristotle defined tragedy as “an imitation of persons above the common level,” in Greek “better than ourselves” (beltionon hemas). But in Aristotle’s vocabulary, these are not merely relative terms. The tragic protagonist is not “better” because he is smarter or richer than the anonymous citizens watching the play, but because his role is central to the welfare of the state. He is in a position of sacred centrality, yet ontologically, merely a human being among others. Thus he is forced to function, as Barack Obama once put it, “above my pay grade,” solving transcendental problems on the fallible basis of individual intuition.


If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. Our republic has its roots in the Athenian agon, and it is no coincidence that its most agonistic recent moment has produced its most tragic political figure.

No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case.

To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy.

What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.”

This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions.

Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas.

Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it.

But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class (Coming Apart, Crown Forum, 2012; see, e.g., Chronicles 424, 449) to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves.

No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations (see Chronicle 674).

Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice (see Chronicle 493), highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats.


After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class.

I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority.

The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis.

Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump.


What lesson does this teach us about tragedy, not as a “literary form,” but as a category of cultural acts?

What we call the “tragic flaw” (hamartia) should not be understood, as does Aristotle, as a characterological imperfection in one who might otherwise have been perfect. It is the mark of the protagonist’s ineluctable individuality, the non-identity between his own scene of representation and that of his community, whose welfare, in classical tragedy as in the American presidency, he is charged to uphold, yet which could only be grasped in its totality by a mind that transcended the human sphere.

The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause.

Hence every leader is potentially a tragic figure: Uneasy lies the head that wears the crown. But real-life and even legendary tragic figures are few. Classical tragedy’s dramatis personae, even taking into account the many lost plays, were quite limited; the same figures constantly reappeared. The “serious actions” that tragedies “imitate” are not fictions open to the author’s invention; in principle they must have a basis in their potential spectators’ knowledge prior to the play itself, whether in history (the oldest extant tragedy is Aeschylus’ The Persians) or myth. La tragédie ne s’invente pas.

Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve.


Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties:

It’s not just that he eats cheeseburgers at a big celebratory dinner. It’s not just that he does things that the common man can kind of appreciate. And it’s not even because he uses kind of simplistic language—he doesn’t use complicated, wonky language, the way a lot of Democrats do. . . .

We sometimes make people feel like they aren’t conscientious enough. They aren’t thoughtful enough. They aren’t “woke” enough. They aren’t smart enough or educated enough to just understand what’s good for them. . . . It’s talking down to people. It’s alienating them. And there’s just certain voters who feel so distant from the political process—it’s not their life, it’s not their world. They hate it. They don’t like all that politics stuff. Trump speaks to them, because he includes them.

(https://www.foxnews.com/politics/elissa-slotkin-dem-urges-party-act-more-like-trump)

Slotkin’s point is that, like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt.


Which leads us back to our point of departure. As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street).

Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves.

That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable.

It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence.

If Trump still refuses to concede—and we need not deny a priori the claims of his lawyer Sidney Powell, whose recent statements: “We’re getting ready to overturn election results in multiple states,” and “I don’t make comments without having the evidence to back it up” (see https://www.ntd.com/trump-lawyer-sidney-powell-were-getting-ready-to-overturn-election-results-in-multiple-states_528748.html) at least express confidence—this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place.

May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.”

Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians.


Présidentielle américaine: Attention, une fraude peut en cacher une autre ! (Despite all the money and clout of America’s corrupt Establishment, the people’s rebellion started by Trump will not so easily go away)

7 novembre, 2020

Donald Trump, Counterrevolutionary | AllSidesTJ3 Founder & Writer of the Deloration of Indie. #Jefferson | This or that questions, Lettering, The republicNo, Donald Trump is not Adolf Hitler - New York Daily NewsKing: Donald Trump has gone full blown Nazi on us - New York Daily NewsDonald Trump Has Escalated His Rhetoric. So Has The Press Covering Him : NPR

VoterID | U.S. Embassy in SwedenImage

Nous avons mis en place, je pense, l’organisation d’une fraude électorale la plus vaste et la plus inclusive de l’histoire de la politique américaine. Joe Biden
Lorsqu’un Sanhédrin s’est déclaré unanime pour condamner, l’accusé sera acquitté. Le Talmud
Ce n’est pas en refusant de mentir que nous abolirons le mensonge : c’est en usant de tous les moyens pour supprimer les classes. (…) Tous les moyens sont bons lorsqu’ils sont efficaces. Aujourd´hui, c´est le meilleur moyen. (Un temps.) Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains. Eh bien, reste pur ! A qui cela servira-t-il et pourquoi viens-tu parmi nous ? La pureté, c´est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j´ai les mains sales. Jusqu´aux coudes. je les ai plongées dans la merde et dans le sang. Et puis après ? Est-ce que tu t´imagines qu´on peut gouverner innocemment? Jean-Paul Sartre (Les mains sales, 1948)
That’s our motto. We want freedom by any means necessary. We want justice by any means necessary. We want equality by any means necessary. Malcom Little alias X
The revolution will not be televised, the revolution will be live. Gil Scott-Heron
Vous semblez … considérer les juges comme les arbitres ultimes de toutes les questions constitutionnelles; doctrine très dangereuse en effet, et qui nous placerait sous le despotisme d’une oligarchie. Nos juges sont aussi honnêtes que les autres hommes, et pas plus. Ils ont, avec d’autres, les mêmes passions pour le parti, pour le pouvoir et le privilège de leur corps. Leur maxime est boni judicis est ampliare jurisdictionem [un bon juge élargit sa compétence], et leur pouvoir est d’autant plus dangereux qu’ils détiennent leur fonction à  vie et qu’ils ne sont pas, comme les autres fonctionnaires, responsables devant un corps électoral. La Constitution n’a pas érigé un tribunal unique de ce genre, sachant que, quelles que soient les mains confiées, avec la corruption du temps et du parti, ses membres deviendraient des despotes. Il a plus judicieusement rendu tous les départements co-égaux et co-souverains en eux-mêmes. Thomas Jefferson (lettre à William Charles Jarvis, 28 septembre 1820)
Si le juge avait pu attaquer les lois d’une façon théorique et générale ; s’il avait pu prendre l’initiative et censurer le législateur, il fût entré avec éclat sur la scène politique ; devenu le champion ou l’adversaire d’un parti, il eût appelé toutes les passions qui divisent le pays à prendre part à la lutte. Mais quand le juge attaque une loi dans un débat obscur et sur une application particulière, il dérobe en partie l’importance de l’attaque aux regards du public. Son arrêt n’a pour but que de frapper un intérêt individuel ; la loi ne se trouve blessée que par hasard. Tocqueville
Qu’on y prenne garde, un pouvoir électif qui n’est pas soumis à un pouvoir judiciaire échappe tôt ou tard à tout contrôle ou est détruit. (…) L’extension du pouvoir judiciaire dans le monde politique doit donc être corrélative à l’extension du pouvoir électif. Si ces deux choses ne vont point ensemble, l’État finit par tomber en anarchie ou en servitude. Tocqueville (1835)
Est-ce qu’une erreur humaine, des bugs informatiques, un piratage ou d’autres problèmes ont modifié l’issue du vote ? Même si, à ce stade, il n’existe aucune preuve, les informations sur le hack [de la campagne démocrate] et l’interférence délibérée [de la Russie] font que cela vaut le coup d’enquêter. Ron Rivest et Philip Star (professeurs au MIT et à l’université de Californie, USA Today, 2016)
Voici un scénario possible. D’abord, les instigateurs enquêtent sur les bureaux de vote très en amont pour trouver comment pénétrer dans les ordinateurs. A l’approche de l’élection, quand les sondages montrent dans quels Etats les résultats seront serrés, ils diffusent un logiciel malveillant dans certaines machines de vote pour favoriser un candidat. Ce logiciel est conçu pour rester inactif pendant les tests préélection, fait son sale boulot le jour du scrutin, puis s’autoefface quand le bureau ferme. Les machines à voter américaines ont de sérieux problèmes de sécurité informatique. Cela fait des années que nous soulignons que ces machines sont des ordinateurs, avec des logiciels reprogrammables, et que si des pirates peuvent les modifier en infectant la machine avec un programme malveillant, ils peuvent lui faire dire absolument ce qu’ils veulent. (…) Je crois que l’explication la plus plausible est que les sondages étaient systématiquement erronés, non que le système électoral a été manipulé. John Alex Halderman (2016)
Et si l’élection surprise de Donald Trump s’expliquait par une fraude ciblée à la machine électronique ? C’est l’hypothèse qu’avancent plusieurs experts aux Etats-Unis, dont l’avocat en droit électoral John Bonifaz et le professeur en informatique de l’université du Michigan John Alex Halderman. Selon un article du New York Magazine du 22 novembre, l’entourage de Hillary Clinton a été alerté de possibles manipulations dans les Etats du Wisconsin, du Michigan et de Pennsylvanie, et pressé de déposer un recours pour contester les résultats. Selon leurs analyses, dans le Wisconsin, la candidate démocrate a obtenu en moyenne 7 % de voix de moins dans les bureaux de vote équipés de machines électroniques que dans les bureaux pratiquant le décompte manuel. Un écart équivalent à 30 000 électeurs, dans un Etat où l’ancienne première dame des Etats-Unis n’a été battue que de 27 000 voix. Or, plusieurs observateurs relèvent que quelques centaines de bureaux de vote suffisent à faire changer l’issue d’un scrutin serré. Les machines de vote électronique américaines ne sont pas réputées pour leur niveau de sécurité drastique. Comme le rappelle l’ingénieure et mathématicienne Emily Gorcenski sur Twitter, alors qu’un simple capteur de pouls nécessite pas moins d’une dizaine d’étapes de certification, il n’y a ni évaluation du code informatique, ni recherche de faille, ni suivi des versions du logiciel pour les urnes électroniques. Pirater les systèmes informatiques des machines à voter n’a dès lors rien d’impossible, détaille le spécialiste en sécurité informatique John Alex Halderman dans une tribune sur le réseau social Medium (…) Pour cela, la machine n’a pas besoin d’être connectée à Internet : il suffit que l’ordinateur à partir duquel elle a été configurée pour le scrutin du jour soit infecté pour qu’elle puisse l’être à son tour, par l’actualisation de ses données par carte mémoire ou clé USB. (…) Ces doutes se font jour dans un contexte particulièrement tendu, où non seulement la victoire de Donald Trump a fait beaucoup de mécontents, mais aussi où des soupçons d’interventions russes ont pesé dès la primaire démocrate. Des irrégularités et cyberattaques combinées aux positions prorusses du candidat républicain ont rapidement suscité des suspicions d’une interférence de Moscou en faveur de Donald Trump. John Alex Halderman le reconnaît, ce scénario aurait encore relevé de la science-fiction il y a quelques années. Mais pas en 2016, notamment depuis le piratage du Comité national démocrate et de la messagerie électronique de John Podesta, le responsable de campagne de Hillary Clinton. Donald Trump, lors d’une interview en juillet, a publiquement invité la Russie à « fouiller » les e-mails de Mme Clinton afin de révéler au grand jour ceux qu’elles n’auraient pas transmis au FBI. Washington a affirmé voir la main de la Russie derrière ces intrusions, ce dont Moscou s’est défendu. Par ailleurs, dès octobre, l’administration Obama a accusé Moscou d’avoir piraté le système informatique électoral. « Ces vols et ces piratages ont pour but d’interférer dans le processus électoral américain », ont affirmé le département de la sécurité intérieure (DHS) et la direction du renseignement américain (ODNI) dans un communiqué commun. Lors des élections elles-mêmes, des dysfonctionnements ont rapidement été observés dans plusieurs Etats. Dans certains bureaux de la banlieue de Pittsburgh, en Pennsylvanie, plusieurs machines ont notamment inversé les votes qui leur étaient soumis. Ce dysfonctionnement a toutefois touché indifféremment les deux partis, et la source du problème a rapidement été identifiée, puis corrigée. D’autres alertes concernant des machines en panne ou défectueuses ont également été signalées dans l’Utah et le Colorado. Même si ce ne furent que des événements courts et isolés, ils ont suffi à éveiller la méfiance des républicains, persuadés que le système leur était hostile et essayerait de leur barrer la route. Certains organes de presse d’extrême droite, comme OnlineMagazin, ont pour leur part diffusé des vidéos de dysfonctionnement de machines de vote en Pennsylvanie, et suggéré un complot ourdi par le milliardaire George Soros. Le jour du scrutin, à l’antenne de Fox News, Donald Trump lui-même s’était montré inquiet des vulnérabilités du vote électronique, quelques heures avant d’apprendre qu’il avait remporté l’élection. « Est-ce qu’une erreur humaine, des bugs informatiques, un piratage ou d’autres problèmes ont modifié l’issue du vote ? Même si, à ce stade, il n’existe aucune preuve, les informations sur le hack [de la campagne démocrate] et l’interférence délibérée [de la Russie] font que cela vaut le coup d’enquêter », affirment à leur tour dans une tribune parue sur USA Today Ron Rivest et Philip Star, professeurs au MIT et à l’université de Californie, et membres du comité d’assistance technique aux élections américaines. Alors que Hillary Clinton a jusqu’à vendredi 25 novembre pour déposer un recours, faut-il croire à une cyberattaque ? A priori non, affirme Nate Silver, analyste et prévisionniste électoral réputé, fondateur du site FiveThirtyEight, à partir d’une analyse non pas informatique ou géopolitique du scrutin, mais sociologique et démographique. Pour tenter d’isoler l’éventuelle influence du système de vote, manuel ou électronique, le statisticien a rapporté les différences de vote dans les comtés du Wisconsin à d’autres critères plus classiques : couleur de peau, niveau d’éducation et revenu. Les résultats, observe-t-il, ne sont généralement pas significativement différents lorsque le bureau fonctionne avec des appareils électroniques et lorsque le vote et le dépouillement se font à la main. Mais alors, pourquoi 7 % de différence dans le vote Clinton, d’un type de vote à un autre ? Là encore, pour Nate Silver, ce sont les différences démographiques entre les comtés équipés de systèmes électroniques et les autres qui pourraient expliquer les écarts de résultats. Selon l’analyste américain, un seul cas de figure très précis pourrait expliquer cette absence de corrélation sans invalider l’hypothèse d’un piratage : que les pirates aient anticipé les variables électorales par couleur de peau, par niveau d’éducation et par revenu, et choisi précisément de viser les bureaux de vote où la sociologie des électeurs rende mathématiquement indétectable l’effet d’une intrusion informatique. Par exemple, si la forte proportion d’individus peu diplômés augmente le score républicain, et que seuls les bureaux de vote de ce type sont piratés, l’impact du piratage est indétectable. Le scientifique J. Alex Halderman lui-même reste prudent, en dépit des multiples indices de vulnérabilité des machines à voter. « Je crois que l’explication la plus plausible est que les sondages étaient systématiquement erronés, non que le système électoral a été manipulé », estime-t-il. Il réclame néanmoins une enquête pour en avoir le cœur net et rappelle que seul le vote papier peut prémunir les électeurs contre le risque d’un détournement du système électronique. Le Monde (25.11.2006)
Plusieurs sites d’extrême droite français ont repris une rumeur sur la supposée découverte d’un ancien enquêteur du FBI censée prouver une triche organisée par le candidat démocrate. Un système de fraude massive à l’occasion de l’élection présidentielle américaine aurait-il été découvert par deux enquêteurs, dont un ancien du FBI ? C’est la rumeur reprise, sans le moindre élément de preuve, par plusieurs médias français pro-Trump. Ce que dit la rumeur. Deux enquêteurs américains, dont un ancien employé du Federal Bureau of Investigation (FBI), auraient découvert, avec « des preuves vidéo, des documents et des témoins » pour l’attester, l’existence d’une « opération illégale de récolte de bulletins de vote [qui] pourrait détourner 700 000 bulletins ». Cette affirmation a notamment été popularisée par les sites d’extrême droite Resistances 2020 et Europe Israël. Cette accusation, très populaire dans les cercles trumpistes américains, s’appuie sur une attestation sur l’honneur qui existe bel et bien. Signée par un détective privé républicain, Charles F. Marler, elle date du mois de septembre. Celui-ci y expliquait qu’un système de fraude avait été mis en place par les démocrates dans le comté de Harris, dans le Texas. Problème : le détective privé prétend posséder de nombreuses preuves et témoignages, mais n’en produit aucun. L’attestation, jugée vague et dépourvue de fondements suffisants, a donc été estimée peu crédible par les responsables du comté, relate le site de vérification américain Snopes. Faute d’élément, rien ne permet d’affirmer que des manipulations électorales ont eu lieu au Texas. Du reste, l’issue du vote n’accrédite pas l’idée qu’une triche de grande ampleur aurait profité au Parti démocrate. L’Etat a en effet été remporté par Donald Trump avec 52,8 % des votes. Les décodeurs du Monde (06.11.2020)
Des soutiens de Donald Trump profitent de l’incertitude qui entoure l’issue du scrutin pour accuser Joe Biden et les démocrates de fraude. (…) L’élection présidentielle américaine de 2020, dont le résultat n’était pas encore connu vendredi 6 novembre dans l’après-midi, a apporté son lot de rumeurs et suspicions sur la bonne tenue du scrutin. Celles-ci vont toutes dans le même sens : reprenant un argumentaire lancé très en amont par Donald Trump, elles accusent le camp démocrate de truquer l’élection pour faire perdre l’actuel président. (…) Une rumeur sur Facebook affirme que les listes électorales dans l’Etat du Michigan, remporté mercredi 4 novembre par le candidat démocrate, Joe Biden, sont frauduleuses. Des soutiens de Donald Trump partagent sur les réseaux sociaux une image diffusée à la télévision américaine, pour confirmer les allégations du président sortant qui dénonce un supposé « vol » du scrutin. La capture d’écran, qui provient de la chaîne locale Fox 2 Detroit, indique qu’une action en justice a été ouverte pour enquêter sur les électeurs de la plus grande ville du Michigan. Elle détaille les irrégularités observées sur les listes électorales : « 4 788 inscriptions en double, 32 519 électeurs inscrits de plus que ce que l’Etat en compte, 2 503 personnes décédées inscrites, un électeur né en 1823. » Pourquoi c’est faux. L’image est authentique, et les informations aussi. Sauf que cette action en justice n’a pas été intentée pendant les élections américaines de 2020. Elle a été initiée en 2019 par la Public Interest Legal Foundation, une organisation conservatrice proche de Donald Trump, et hostile au vote par correspondance, qui a intenté des poursuites judiciaires dans le pays pour s’assurer de la mise à jour des listes électorales, comme l’explique le site américain Politifact. En décembre 2019, la Public Interest Legal Foundation a attaqué la ville de Détroit, l’accusant de détenir des listes électorales frauduleuses. Six mois plus tard, en juin 2020, les poursuites judiciaires ont été abandonnées, car l’organisation a estimé que les listes électorales avaient été finalement corrigées. En résumé, l’image date de 2019 et n’a donc pas été diffusée à la télévision pendant l’élection présidentielle actuelle. De plus, les listes électorales à Détroit ont été mises à jour avant l’élection. A l’heure où nous écrivons ces lignes, aucun soupçon de fraude électorale n’a été documenté dans le Michigan en ce qui concerne le scrutin du 4 novembre. (…) Dans un court extrait vidéo d’une vingtaine de secondes, repris notamment en France par le site de « réinformation » Dreuz, Joe Biden en personne déclare face caméra (la traduction est de Dreuz) : « Deuxièmement, nous sommes dans une situation où nous avons mis en place – et vous l’avez fait pour notre administration, celle du président Obama, avant celle-ci – nous avons mis en place, je pense, l’organisation de fraude électorale la plus étendue et la plus inclusive de l’histoire de la politique américaine. » L’extrait provient d’un podcast diffusé fin octobre, dans lequel Joe Biden répond aux questions de Crooked Media, un média de gauche fondé par des proches de Barack Obama. Sorti de son contexte, il ressemble à un aveu. Remis dans son contexte, il est tout le contraire : le candidat démocrate explique comment son équipe compte lutter contre les tentatives du camp républicain pour dissuader les électeurs démocrates. Cette stratégie de « suppression des électeurs », fort bien expliquée par Franceinfo, consiste par exemple à refuser les cartes d’étudiants mais à accepter les permis de port d’arme comme pièce d’identité à l’entrée des bureaux de vote pour favoriser les électeurs républicains. Face à ces techniques, qui visent notamment les électeurs noirs, traditionnellement enclins à voter démocrate, Joe Biden explique que son équipe a mis en place un site pour faciliter les démarches des électeurs concernés, Iwillvote.com (Je vais voter). Ce qu’il décrit [au-delà de son lapsus] n’est donc pas un système de fraude, mais au contraire un système de lutte contre la fraude électorale que l’ancien vice-président attribue à son adversaire. (…) 700 000 bulletins en faveur de Joe Bien « seraient apparus miraculeusement ». Selon cette infox, née en août et ravivée depuis début novembre, respectivement 500 000 et 200 000 bulletins auraient été attribués frauduleusement à des personnes mortes et des animaux de compagnie en Virginie et au Nevada. La rumeur s’est diffusée sur les réseaux sociaux en France, où l’on peut lire, par exemple, que « même les morts ont voté pour Biden ». Faux. Ce qui est vrai, c’est que 700 000 bulletins ont été envoyés de manière incorrecte. D’une part, en Virginie, 500 000 bulletins comportaient l’adresse du mauvais bureau de vote sur l’enveloppe de retour : les électeurs étaient encouragés à envoyer leur courrier à la ville de Fairfax, et non au comté de Fairfax, entité administrative compétente pour l’élection. Le comté de Fairfax s’est excusé pour cette erreur et s’est engagé à prendre à ses frais le transport des bulletins vers le bon bureau de vote. Absolument rien ne permet d’affirmer que les votes en question allaient dans le sens du candidat Joe Biden ou de Donald Trump. La seconde erreur s’est produite au Nevada, où des bulletins avaient été envoyés systématiquement à tous les électeurs en raison de la pandémie. 226 000 enveloppes de vote ont été renvoyées aux autorités en charge du processus électoral, car elles étaient arrivées à des adresses où ne résidaient plus leurs destinataires, pour une raison ou une autre (décès, déménagement, erreur administrative, etc.). Certains, dans le lot, ont donc pu arriver chez des personnes mortes. Deb Wake, présidente de la ligue des électrices de Virginie, interrogée par la radio WTop, explique que quelqu’un lui a rapporté qu’un mort et un animal de compagnie avaient reçu un courrier électoral. Le site de vérification américain Politifact rappelle toutefois qu’il s’agit d’un cas de figure très fréquent dans une élection. « Si on envoie un bulletin de vote aujourd’hui et que l’électeur meurt demain, il recevra quand même le courrier », explique Wayne Torley, secrétaire adjoint aux élections du Nevada. Cela ne constitue pas une fraude, sauf si une personne remplit le bulletin au nom du mort – mais rien ne permet d’affirmer que cela a été le cas. (…) La courbe des votes en faveur du candidat démocrate Joe Biden est caractérisée par des envolées abruptes, à la verticale, signe que le scrutin a été truqué pour le faire remonter d’un coup. C’est du moins ce qu’estiment les relais français du candidat républicain. « Les démocrates, quand vous fraudez soyez discrets svp », interpelle ainsi Damien Rieu, figure de la fachosphère française. Le magistrat Charles Prats, ancien soutien de François Fillon, suggère lui aussi un trucage, « ni vu ni connu », dans un Tweet qui reprend les mêmes graphiques. Trompeur. Ces deux graphiques affichant une remontée spectaculaire sont authentiques. Ils ont été publiés par les journalistes de FiveThirtyEight, un site américain d’analyse politique reconnu, sur leur blog de suivi en direct de l’élection. Cette courbe est due à un biais statistique : au lieu d’égrener progressivement les scrutins au fur et à mesure de la journée, certains Etats publient les résultats par à-coups, en faisant remonter en même temps un très grand nombre de votes dépouillés, d’où ce bond. Mais ces augmentations soudaines ne profitent pas au seul camp démocrate, explique Curt Villarosa, responsable des affaires publiques d’ABC News, le média propriétaire de FiveThirtyEight, au site de vérification américain Politifact : « Tous n’étaient pas 100 % pour Biden. Sous la ligne bleue, il y a aussi une ligne rouge représentant les milliers de votes pour Trump. Il y a par ailleurs des contre-exemples où la courbe de Trump explose soudainement quand un lot de scrutins favorables est pris en compte. » En effet, d’autres graphiques publiés par FiveThirtyEight permettent de retrouver le même phénomène d’envolée soudaine de la courbe. Celui-ci est décorrélé du candidat. Ainsi dans Iowa (IA sur le graphique), Biden comme Trump ont vu leur nombre de votes exploser dans des proportions quasi égales en milieu de journée, et relativement similaires en début de journée dans le Kansas (KS). Dans le Montana (MT), les lots tardifs ont plutôt été en faveur de Trump, se traduisant par des bonds à la verticale dans la courbe du président sortant. (…) Alors que l’issue de l’élection américaine demeure incertaine, rien n’est en mesure de corroborer les accusations de fraude de Donald Trump. Les exemples cités plus haut, relayés en nombre par les supporteurs du président américain sortant, sont faux. Comme la vidéo d’un homme qui brûle fièrement des bulletins de vote pro-Trump. En réalité, ces bulletins sont des échantillons qui ne sont pas utilisés pour le vote. Eric Trump, lui, n’a toujours pas supprimé son Tweet. La rumeur sur les 40 000 bulletins de votes non pris en compte en Géorgie est également une infox. Sur Twitter, le comté de DeKalb a qualifié cette information d’« erronée » et expliqué que seuls 200 bulletins, et non pas 40 000, avaient été mis de côté provisoirement. Chacun des électeurs concernés sera contacté afin de confirmer les votes, a assuré le comté. (…) Un autre élément de discours récurrent consiste à s’étonner que des lots entiers de votes soient intégralement en faveur de l’ancien vice-président, comme dans le Michigan, où Joe Biden s’est vu créditer de plus de 138 339 voix d’un coup. Une anomalie statistique qui prouverait une magouille électorale. (…) Vrai, mais l’erreur a été corrigée. La carte qui circule est celle de Decision Desk HQ, une entreprise d’agrégation de résultats électoraux. Celle-ci a reconnu une erreur de saisie dans les données envoyées par l’Etat du Michigan. L’origine précise de l’erreur a été repérée par un internaute : dans le comté de Shiawassee (68 122 habitants), Joe Biden a été crédité de 153 710 votes (notez le zéro à la fin) au lieu de 15 371. Entre les deux chiffres, un différentiel de 138 339, soit pile le nombre de scrutins erronés attribués au niveau du Michigan à Joe Biden. « Cela arrive les nuits d’élection et nous pensons que d’autres agrégateurs de votes du Michigan ont rencontré la même erreur et l’ont corrigée en temps réel comme nous l’avons fait », s’est justifié un porte-parole à BuzzFeed. Les résultats ont depuis été corrigés. Malgré cela, le candidat démocrate a tout de même remporté d’une courte tête les 16 grands électeurs du Michigan. L’actuel locataire de la Maison Blanche a annoncé qu’il déposerait un recours pour contester le résultat. Les décodeurs du Monde
Ce qui est vraiment stupéfiant, c’est l’hubris qui se reflète dans le Putsch judiciaire d’aujourd’hui. Antonio Scalia
J’ai été commis au juge Scalia il y a plus de 20 ans, mais les leçons que j’ai apprises résonnent toujours. Sa philosophie judiciaire est aussi la mienne: un juge doit appliquer la loi telle qu’elle est écrite. Les juges ne sont pas des décideurs politiques, et ils doivent être résolus à mettre de côté toutes les opinions politiques qu’ils pourraient avoir. Amy Coney Barrett
The Court has needlessly created conditions that could lead to serious post-election problems. The Supreme Court of Pennsylvania has issued a decree that squarely alters an important statutory provision enacted by the Pennsylvania Legislature pursuant to its authority under the Constitution of the United States to make rules governing the conduct of elections for federal office, Act 77, which permitted all voters to cast their ballots by mail but unambiguously required that all mailed ballots be received by 8 p.m. on election day. The law also specified that if this provision was declared invalid, much of the rest of Act 77, including its liberalization of mail-in voting, would be void. Yet in the face of Act 77’s deadline, a divided Pennsylvania court “decreed that mailed ballots need not be received by election day.” Instead, it confected a new rule — that ballots “are to be treated as timely if they are postmarked on or before election day and are received within three days thereafter.” Quaker State sages also ordered that a ballot with no postmark must be accepted if received on time. A month ago, the GOP in Pennsylvania and the Quaker State Senate’s leaders asked the U.S. Supreme Court to stay the Pennsylvania’ Supreme Court’s decision. They argued the state court decision violated the U.S. constitution and “the federal statute setting a uniform date for federal elections.” Yet the our high court denied the stay — “by an equally divided vote. Justice Alito (October 28, 2020)
Quelques semaines avant une élection nationale, un juge de district fédéral a décrété que la loi du Wisconsin enfreignait la Constitution en obligeant les électeurs absents à retourner leur bulletin de vote au plus tard le jour du scrutin. Le tribunal a rendu sa décision même si plus de 30 États appliquent depuis longtemps la même date limite de vote par procuration – et pour des raisons compréhensibles: les élections doivent se terminer à un moment donné, une seule date limite fournit un avis clair et l’exigence que les bulletins de vote aient lieu le jour du scrutin met tous les électeurs sur le même pied. «Le bon sens, ainsi que le droit constitutionnel, obligent à la conclusion ce gouvernement doit jouer un rôle actif dans la structuration des élections », et les États ont toujours exigé des électeurs« qu’ils agissent en temps opportun s’ils souhaitent exprimer leur point de vue dans l’isoloir ». Burdick v. Taku-shi, 504 US 428, 433, 438 (1992). Pourquoi le tribunal de district a-t-il cherché à saborder une tradition si ancienne dans ce domaine? COVID. En raison de la pandémie actuelle, le tribunal a suggéré qu’il était libre de substituer sa propre date limite électorale à celle de l’État. Peu importe qu’en réponse à la pandémie, la Commission électorale du Wisconsin ait décidé d’envoyer par courrier aux électeurs inscrits une demande de vote par correspondance et une enveloppe de retour au cours de l’été, de sorte que personne n’ait eu à en demander une. Qu’importe que les électeurs soient également libres de rechercher et de renvoyer les bulletins de vote par correspondance depuis septembre. Peu importe que les électeurs puissent renvoyer leurs bulletins de vote non seulement par la poste, mais aussi en les apportant au bureau du greffier du comté ou dans diverses boîtes de dépôt «sans contact» organisé localement ou dans certains bureaux de vote le jour du scrutin. N’oubliez pas que ceux qui ne sont pas en mesure de voter le jour du scrutin ont encore d’autres options dans le Wisconsin, comme voter en personne pendant une période de vote de deux semaines avant le jour du scrutin. Et n’oubliez pas que le tribunal lui-même a trouvé que la pandémie constituait une menace insuffisante pour la santé et la sécurité des électeurs pour justifier la refonte des procédures du vote en personne de l’État. Il est donc incontestable que le Wisconsin a fait des efforts considérables pour accueillir le vote anticipé et répondre à la COVID. Le seul grief possible du tribunal de district est que l’État n’a pas fait assez. Mais à quel moment en a-t-on fait assez ? Si le délai légal de vote par procuration du Wisconsin peut être écarté du fait du statut de l’État en tant que «hotspot» COVID, qu’en est-il des délais identiques dans 30 autres États? Dans quelle mesure un État (ou peut-être une partie de celui-ci) doit-il être un «point chaud» avant que les juges décident d’improviser une nouvelle législation ? Ensuite, il y a la question de savoir ce que devraient être ces nouvelles échéances ad hoc. Le juge dans cette affaire a ajouté 6 jours à la date limite des élections de l’État, mais pourquoi pas 3, 7 ou 10, et qu’est-ce qui empêcherait différents juges de choisir (comme ils le feraient sûrement) des délais différents dans différentes juridictions? Une politique étatique largement partagée cherchant à concrétiser le jour des élections céderait la place à une Babel de décrets. Et comment empêcher les tribunaux de modifier également les règles du vote en personne? Ce juge a refusé d’aller aussi loin, mais les plaignants pensaient qu’il aurait dû le faire, et il n’est pas difficile d’imaginer que d’autres juges acceptent des invitations à élargir les cartes de la circonscription et à décider si les États devraient ajouter des bureaux de vote, réviser leurs horaires, réorganiser les isoloirs en leur sein, ou peut-être même compléter les protocoles existants de distanciation sociale, de lavage des mains et de ventilation. La Constitution dicte une approche différente de ces questions d’où on met la barre. La Constitution stipule que les législatures des États – et non ni les juges fédéraux, ni les juges des États, ni les gouverneurs des États, ni les autres représentants de l’État – portent la responsabilité principale de l’établissement des règles électorales. Art. I, §4, cl. 1. Et la Constitution offre également un deuxième niveau de protection. Si les règles de l’État doivent être révisées, le Congrès est libre de les modifier. Ibid. («Les heures, les lieux et les modalités de tenue des élections des sénateurs et des représentants sont prescrits dans chaque État par la législature de celui-ci; mais le Congrès peut à tout moment par la loi établir ou modifier de tels règlements…»). Rien dans notre document fondateur n’envisage le type d’intervention judiciaire qui a eu lieu en l’espèce, et il n’y a pas non plus de précédent en 230 ans de décisions de cette Cour. Et avec raison. Les législateurs peuvent être tenus responsables par les citoyens des règles qu’ils écrivent ou ne parviennent pas à rédiger; mais généralement, pas les juges. Les législatures élaborent des politiques et mettent en œuvre la sagesse collective de tout le peuple lorsqu’elles le font, tandis que les tribunaux ne rendent le jugement que pour une seule personne ou une poignée d’individus. Les législatures disposent de ressources beaucoup plus importantes pour la recherche et l’établissement des faits sur les questions de science et de sécurité que celles qui peuvent habituellement être réunies dans un litige entre des parties distinctes devant un juge unique. En prenant leurs décisions, les législateurs doivent faire des compromis pour parvenir au large consensus social nécessaire pour promulguer de nouvelles lois, ce qui n’est pas facilement reproductible dans les salles d’audience où généralement une partie doit gagner et l’autre perdre. Bien entendu, les processus démocratiques peuvent s’avérer frustrants. Parce qu’ils ne peuvent pas facilement agir sans un large consensus social, les législatures sont souvent lentes à réagir et tièdes quand elles le font. La clameur pour que les juges interviennent et abordent les problèmes émergents, et la tentation pour les juges individuels de combler le vide de l’inaction perçue peut être grande. Mais ce qui semble parfois être une faute dans la conception constitutionnelle était une caractéristique pour les rédacteurs, un moyen de garantir que tout changement du statu quo ne serait pas fait à la hâte, sans délibération minutieuse, consultation approfondie et consensus social. Nous ne pouvons pas non plus annuler cet arrangement simplement parce que nous pourrions être frustrés. Notre serment de respecter la Constitution est mis à l’épreuve par les temps difficiles, pas par les temps faciles. Et céder à la tentation de contourner les règles constitutionnelles habituelles n’est jamais gratuit. Cela porte atteinte à la foi en la Constitution écrite en tant que loi, au pouvoir du peuple de superviser son propre gouvernement et à l’autorité des législatures, car plus nous assumons leurs devoirs, moins ils sont incités à les remplir. Les modifications de dernière minute des règles électorales de longue date risquent également de générer d’autres problèmes, suscitant la confusion et le chaos et érodant la confiance du public dans les résultats électoraux. Personne ne doute que la tenue d’élections nationales en période de pandémie pose de sérieux défis. Mais rien de tout cela ne signifie que les juges individuels peuvent improviser avec leurs propres règles électorales à la place de celles que les représentants du peuple ont adoptées. Justice Neil Gorsuch (October 26, 2020)
U.S. Supreme Court Justice Samuel Alito on Friday night ordered county election boards in Pennsylvania to comply with a state directive to separate mail-in ballots received after 8 p.m. on Election Day from other ballots. The order came in a case pending before the justices to invalidate a September decision by the state’s highest court that allowed election officials to count mail-in ballots postmarked by Tuesday’s Election Day that are delivered through Friday. Alito granted the request by Pennsylvania Republicans to separate the ballots without first referring the request to the other justices. The decision comes as Democrat Joe Biden edged closer to winning the White House on Friday, expanding his narrow leads over President Donald Trump in battleground states including Pennsylvania. The Supreme Court had twice rebuffed Pennsylvania Republicans in the case, rejecting a request in October to block the lower court ruling and later refusing to fast-track their consideration of an appeal. The justices said they might revisit the case after Nov. 3. In its request on Friday, the Republican Party of Pennsylvania said it was unclear whether all 67 county election boards were complying with Secretary of the Commonwealth Kathy Boockvar’s Oct. 28 directive to separate late-arriving ballots. Late-arriving ballots are a tiny proportion of the overall vote in the state, Boockvar has said. Reuters
Tout au long de l’été, plusieurs cours suprêmes étatiques ont en effet pris des mesures autorisant la réception et le comptage des bulletins de vote même arrivés jusqu’à plusieurs jours après le 3 novembre. Au motif que l’extension permettrait une meilleure prise en compte des votes à distance en période de pandémie, la cour de Pennsylvanie a ainsi autorisé les votes arrivant jusqu’au 6 novembre. Dans le Nevada, le délai court jusqu’au 10 novembre. En Caroline du Nord, c’est jusqu’au 12 novembre que les votes envoyés peuvent être réceptionnés. Environ vingt états ont vu cette tolérance mise en place, parfois contre l’avis des parlements. Des décisions qui avaient été très controversées : pour le parti républicain, le contexte sanitaire ne justifiait en rien une extension du délai de vote à distance, de toute façon sans risque. De plus, selon les équipes de campagne du président en exercice, les cours suprêmes locales outrepassaient leurs pouvoirs, car le choix des modalités de vote revient normalement aux assemblées législatives de chaque État. Les possibilités de fraude électorale par ce biais avaient également été soulevées : dans le Minnesota, les avocats du parti républicain, cités par MPRNews, avaient souligné que les modalités locales «[autorisaient] les votes reçus jusqu’à huit jours après le scrutin et sans cachet postal à être pris en compte». En réponse, plusieurs médias soulignaient que, le vote à distance étant traditionnellement plutôt utilisé par les électeurs démocrates aux États-Unis, les Républicains refusaient un mécanisme défavorable pour eux. Consultée sur la mesure de ce type prise en Pennsylvanie, la Cour suprême des États-Unis a botté en touche le 28 octobre, refusant de bloquer la décision, tout en indiquant qu’elle se réservait le droit de revenir sur sa position après l’élection. Dans le détail, quatre juges conservateurs (Clarence Thomas, Samuel Alito Jr, Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh) avaient défendu la requête républicaine, tandis que quatre autres juges (les libéraux Stephen H. Breyer, Sonia Sotomayor et Elena Kagan et le président conservateur de la Cour John Roberts) souhaitaient la rejeter. Précision d’importance, la nouvelle juge Amy Coney Barrett, tout juste nommée par Donald Trump, n’avait pas pris part à ce débat, selon CNN. Hier mardi, Donald Trump est revenu sur l’affaire et a déclaré dans un tweet que la décision de la Cour suprême était «TRÈS dangereuse […]. Cela va permettre une triche effrénée et incontrôlée et saper l’ensemble de notre État de droit. (…) Donald Trump et son équipe de campagne avaient déjà prévenu qu’ils pourraient entamer une action juridique pour interdire la prise en compte de ces bulletins postaux en retard, en interrogeant la capacité des cours suprêmes locales à imposer ces mécanismes, au regard de la Constitution américaine. Justin Clark, gestionnaire de campagne de Trump, affirmait dès lundi : «Ne vous y trompez pas, le président et son équipe continueront de se battre pour des élections libres et équitables et des résultats fiables que tous les Américains méritent». Selon The Hill , les actions juridiques de contestation devront commencer au niveau local avant d’atteindre, éventuellement, la Cour suprême. Si les votes pris en compte malgré leur retard s’avèrent déterminants pour l’élection, cela pourrait rallonger d’autant la période d’incertitude commencée cette nuit. Luc Lenoir
Contrairement à certaines observations, les protestations de Donald Trump ne se concentrent pas tant sur l’avantage politique du vote par courrier, que sur les risques de fraude. Et il semble qu’il y ait quelques raisons d’organisation à cela. L’actuel président n’est en effet pas opposé à la procédure à distance, mais pourfend la procédure du « mail-in ballot », qu’on peut traduire par scrutin postal, lui préférant l' »absentee ballot » ou vote par procuration. Les détails peuvent varier en fonction des États, mais généralement, le vote par procuration requiert d’abord une demande de vote à distance, puis un renvoi de son bulletin. Dans le scrutin postal, tous les électeurs reçoivent sans la demander une enveloppe, qu’ils doivent simplement renvoyer avec leur choix électoral. Une procédure qui pourrait selon Donald Trump encourager les fraudes : dans une interview à Fox News, le président citait un problème sur des courriers de vote spontané en Virginie avec «500.000 lettres envoyées à n’importe qui. À des chiens, à des morts… Personne ne sait ce qui est arrivé». Ses opposants ont répondu que les lettres frauduleuses ne l’étaient pas et n’étaient viciées que par des erreurs sur l’adresse de retour en cas de problème, différente de l’adresse du destinataire. Si la plupart des États pratiquent avec plus ou moins de restrictions le vote par procuration, cinq d’entre eux utilisent déjà le scrutin postal, et quatre nouveaux (Californie, Nevada, New-Jersey et Vermont) envisagent de le faire. Inscrit sur les listes électorales en Floride mais ne pouvant se rendre sur place le 3 novembre, Donald Trump a défendu le vote par procuration en août, en insistant sur la distinction avec les scrutins postaux, qui «encouragent la fraude électorale». (…) Une affaire récente pourrait donner un écho aux inquiétudes du camp présidentiel : le New York Post a en effet publié la « confession » d’un fraudeur engagé à gauche, qui affirme avoir truqué de nombreuses élections fédérales. C’est en évoquant le scrutin postal que le témoin du New York Post affirme que la fraude y « est plus une règle qu’une exception ». À l’appui de sa démonstration, un véritable mode d’emploi de la fraude, avec plusieurs procédés possibles. (…) Le doute subsiste en outre sur les listes utilisées dans le cadre d’un scrutin postal, et l’utilisation qui pourrait être faite d’adresses frauduleuses ou inventées. Sur les réseaux sociaux, des partisans de Donald Trump relèvent des différences visibles entre les enveloppes envoyées aux électeurs enregistrés au parti démocrate et celles des républicains, y voyant des « manœuvres », tandis que plusieurs journalistes soulignent que les fraudes au scrutin postal restent statistiquement faibles. L’affaire du vote par courrier semble donc surtout illustrer le fossé politique et la méfiance qui règne désormais entre camps d’opinion aux États-Unis… et qui pourraient amener à des controverses sérieuses en novembre prochain. Luc Lenoir
Le vol de suffrages est en quelque sorte légalisé depuis l’institution du vote par correspondance et les abus commis en son nom. Joseph Tramoni (maire communiste de Sartène, 1975)
C’est un système qui permet totalement la fraude, car vous n’êtes sûr ni de l’émetteur ni du récepteur. Jean-Pierre Camby (université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)
Je pense qu’il est également essentiel de comprendre que, comme je l’ai dit aux candidats qui sont venus me voir, vous pouvez mener la meilleure campagne, vous pouvez même devenir le candidat et vous pouvez vous faire voler l’élection. Hillary Clinton (6 mai 2019)
Joe Biden ne devrait en aucun cas reconnaitre sa défaite, car je pense que cela va s’éterniser, et finalement je crois qu’il gagnera si nous ne cédons pas un pouce, et si nous sommes aussi concentrés et implacables que l’autre partie. Je pense qu’ils envisagent plusieurs scénarios. Le premier est de gâcher le vote par correspondence. Ils pensent que cela les aide à obtenir un avantage limité au collège électoral le jour du scrutin. Nous devons donc avoir une opération légale massive, et je sais que la campagne Biden y travaille. Hillary Clinton (25 août 2020)
J’espère que tout le monde va déménage en Géorgie, vous savez, dans un mois ou deux, et s’inscrire pour voter et voter pour ces deux sénateurs démocrates. Thomas Friedman (NYT)
Evelyn et moi déménageons en Géorgie pour aider @ossoff et @ReverendWarnock à gagner ! Andrew Yang
These run-offs will decide which party controls the Senate, and this, whether we’ll have any hope of a large stimulus/climate bill. If you have the means and fervor to make a temporary move to GA, believe anyone who registers by Dec 7 can vote in these elections.Eric Levitz (New York Magazine)
I will go to GA to help win these Senate seats. I will get a Covid test every day. I will live at Tyler Perry’s movie studio. I will get re-bar mitzvah’ed at whichever synagogue Jon Ossoff and his wife attend. We MUST win these Senate seats. I WILL DO WHAT NEEDS TO BE DONE! U in? Billy Eichner (Hollywood actor)
Nous allons continuer ce processus sur tous les plans permis par la loi pour garantir que le peuple américain ait confiance en notre gouvernement. Je ne renoncerai jamais au combat pour vous et pour notre nation. Président Trump
I won the largest share of non-white voters of any Republican in 60 years, including historic numbers of Latino, African American, Asian American, and Native American voters — the largest ever in our history. We grew our party by 4 million voters, the greatest turnout in Republican Party history. Democrats are the party of the big donors, the big media, the big tech, it seems. And Republicans have become the party of the American worker, and that’s what’s happened. And we’re also, I believe, the party of inclusion. (…) Democrat officials never believed they could win this election honestly. I really believe that. That’s why they did the mail-in ballots, where there’s tremendous corruption and fraud going on. That’s why they mailed out tens of millions of unsolicited ballots without any verification measures whatsoever. And I’ve told everybody that these things would happen, because I’ve seen it happen. I watched a lot of different elections before they decided to go with this big, massive election with tens of millions of ballots going out to everybody — in many cases, totally unsolicited. This was unprecedented in American history. This was by design. Despite years of claiming to care about the election security, they refuse to include any requirement to verify signatures, identities, or even determine whether they’re eligible or ineligible to vote. (…) In Pennsylvania, partisan Democrats have allowed ballots in the state to be received three days after the election, and we think much more than that. And they are counting those without even postmarks or any identification whatsoever. So you don’t have postmarks; you don’t have identification. (…) I want every legal vote counted. We want openness and transparency — no secret count rooms, no mystery ballots, no illegal votes being cast after Election Day. You have Election Day, and the laws are very strong on that. You have an Election Day. And they don’t want votes cast after Election Day, and they want the process to be an honest one. It’s so important. We want an honest election, and we want an honest count, and we want honest people working back there because it’s a very important job. (…) I have been talking about this for many months with all of you. And I’ve said very strongly that mail-in ballots are going to end up being a disaster. President Trump
Bon, nous voilà encore dans la position inhabituelle de devoir non seulement interrompre le président des États-Unis, mais aussi de le corriger. Il n’y aucun vote illégal selon nos informations. Il n’y a pas non plus de victoire pour Monsieur Trump. Brian Williams (MSNBC)
Quelle triste nuit pour les États-Unis d’Amérique de voir leur président faussement accuser les gens d’essayer de voler l’élection, d’essayer d’attaquer la démocratie de cette façon avec son tissu de mensonges. Jake Tapper
Notre travail est de diffuser la vérité, pas des théories du complot infondées. Nicole Carrol (USA Today)
Il a fait mieux qu’à mon avis, il aurait dû faire avec les hommes noirs et hispaniques, ce qui signifie qu’il faut que nous réfléchissions vraiment dans la communauté des droits civiques, à la fois du côté latino et afro-américain, à une vraie conversation dans nos communautés sur ce que signifie d’être différent en termes de cette aspiration à l’esprit d’entreprise et à l’équité. Al Sharpton
C’est tellement dévastateur pour moi: le vote des hommes noirs pour Trump est passé de 13% en 2016 à 18% cette année. Le vote des femmes noires pour Trump a doublé, passant de 4% en 2016 à 8% cette année. De plus, une fois de plus, les sondages de sortie des urnes montrent qu’une majorité de femmes blanches votent pour Trump. De plus, le pourcentage de LGBT votant pour Trump a doublé par rapport à 2016. DOUBLÉ !!! C’est pourquoi les personnes LGBT de couleur ne font pas vraiment confiance aux homosexuels blancs. Oui, j’ai dit ce que j’ai dit. Un point, c’est tout. En outre, le pourcentage de Latinos et d’Asiatiques votant pour Trump a augmenté par rapport à 2016, selon les sondages de sortie des urnes. Encore plus de preuves que nous ne pouvons pas compter sur le «brunissement de l’Amérique» pour démanteler la suprémacie blanche et effacer l’anti-noirceur. Charles Blow (NYT)
Depuis 2017, David Faris, politologue à l’Université Roosevelt de Chicago, martèle ce message dans des articles, des entrevues et un livre intitulé It’s Time to Fight Dirty. Au cours des 20 dernières années, fait-il valoir, les républicains ont utilisé tous les moyens nécessaires pour renforcer leur représentation au Congrès et à la Cour suprême. Ils ont adopté des mesures pour réduire la participation électorale des minorités, des pauvres et des étudiants, qui tendent à voter pour les démocrates. Ils ont maximisé leur propre vote en découpant les circonscriptions électorales de certains États de façon hyper partisane. Ils ont privé les démocrates d’un siège à la Cour suprême en refusant d’examiner la nomination du juge Merrick Garland pour remplacer Antonin Scalia en 2016. La liste ne s’arrête pas là. Mais ce siège « volé » à la Cour suprême a convaincu David Faris que les démocrates devaient envisager des mesures de représailles. Dans It’s Time to Fight Dirty, publié en 2018, il leur a proposé une série d’actions pour assurer que le système de gouvernement américain reflète la volonté d’une majorité d’électeurs. Figurent parmi ces actions : l’ajout de sièges à la Cour suprême ; l’attribution du statut d’État à la capitale fédérale (le district de Columbia) et à Porto Rico ; l’abolition du « filibuster », technique d’obstruction parlementaire permettant à une minorité de 40 sénateurs de bloquer l’adoption d’un projet de loi. Les propositions de David Faris ont vite gagné des adeptes au sein de la gauche démocrate. Mais elles semblaient d’emblée trop radicales pour les plus modérés. Deux ans plus tard, ce n’est plus tout à fait le cas. Et la détermination des républicains de confirmer la nomination de la juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême avant même l’élection présidentielle n’est pas étrangère à ce changement. (…) Mais David Faris se garde aussi de se réjouir trop vite. Pour que l’une ou l’autre de ses idées se concrétisent, Joe Biden doit succéder à Donald Trump en tant que président, Chuck Schumer doit remplacer Mitch McConnell comme chef de la majorité au Sénat et Nancy Pelosi doit rester présidente de la Chambre des représentants. (…) Comment expliquer la différence entre la façon dont les républicains et les démocrates mènent leurs combats ? (…) David Faris évoque d’abord la menace existentielle que font peser sur le Parti républicain les changements démographiques. Il soulève ensuite la question de la polarisation politique, qui a contribué à son avis à une plus grande radicalisation des républicains que des démocrates. (…) De leur côté, a-t-il ajouté, les démocrates ont tendance à croire que « le temps joue en leur faveur » et que « le public punira l’hypocrisie ». (…)  la Chambre des représentants à majorité démocrate a adopté fin juin un projet de loi destiné à donner le statut d’État à la capitale fédérale. Barack Obama s’est pour sa part montré favorable à l’idée d’abolir le « filibuster » pour permettre l’adoption de nouvelles mesures pour protéger le droit de vote. « Si tout cela demande d’éliminer l’obstruction systématique, une autre relique de Jim Crow, afin de garantir les droits de chaque Américain, alors c’est ce que nous devrions faire », a déclaré l’ancien président lors des funérailles de la figure des droits civiques John Lewis, fin juillet. Il n’y a pas longtemps, Joe Biden écartait la plupart de ces idées du revers de la main, disant notamment se méfier des conséquences imprévues. Aujourd’hui, il qualifie de « légitimes » les questions sur le sujet, mais refuse d’y répondre. Richard Hétu
For four years now, Democrats and their media allies have tarred President Trump as a reprehensible white supremacist leading a dying party. The Trumpian, populist GOP, they claimed, was doomed to become a regional rump party, whose electoral prospects were tied to a shrinking share of bitter, downscale whites. That narrative was always bunk. It finally died, once and for all, on Tuesday evening. Team Trump and Republicans nationwide made unprecedented inroads with black and Hispanic voters. Nationally, preliminary numbers indicated that 26 percent of Trump’s voting share came from nonwhite voters — the highest percentage for a GOP presidential candidate since 1960. In Florida’s Miami-Dade County, the heartland of Cuban America, Trump turned a 30-plus-point Hillary Clinton romp in 2016 into a narrow single-digit Joe Biden win. Texas’ Starr County, overwhelmingly Mexican American and positioned in the heart of the Rio Grande Valley, barely delivered for the Democrats. Biden’s Hispanic support in other key swing states, like Ohio and Georgia, tailed off from Clinton’s 2016 benchmarks. Overall, exit polls indicated that 32 to 35 percent of Latinos voted for the president. And young black men are gravitating to the GOP at a remarkable pace (given the baseline). It turns out that minorities aren’t so infatuated with the brand of unrepentant progressive “woke-ism” now peddled by the Alexandria Ocasio-Cortez wing of the Democratic Party. The political, legal, media, corporate and academic establishments have gone all-in on the woke agenda, peddling a toxic brew of intersectionality, socialism lite and Black Lives Matter anarchism. Latinos and many blacks aren’t buying it. (…) The progressive elites are genuinely incapable of understanding why it is that their nostrums have been rejected by a growing share of the populace. They can’t come to grips with the fact that their shambolic policy initiatives — and their unjust and fundamentally anti-American identity politics — are simply not all that popular with the fly-over country rubes, including “country rubes” of color. The 2020 election, in which the GOP defied the odds by maintaining the Senate and actually picking up seats in the House, was an emphatic rejection of the left-wing vision for America. No one wants AOC’s “Squad” — including Hispanic and black voters. (…) The GOP, which already has its strong base of support among non-college-educated white voters, must learn to govern like a working-class, multiethnic, multiracial party. This more populist variety of conservatism will be unabashedly traditionalist, humbler in its approach to America’s role on the world stage and economically attuned to the aspirations and needs of ordinary Americans — not those of Wall Street, Hollywood or Silicon Valley. It is a vision with real crossover appeal — a vision that can, and will, win. Republicans have every reason to be optimistic about the future. The hectoring “demography-is-destiny” dolts have been shot down. A substantial chunk of minority voters rejected the lies that GOP populism is rooted in racism. They rejected the slanders that the president himself is a white supremacist. The media establishment won’t admit it anytime soon, but the GOP’s future is bright — and browner than many may have previously thought possible. Josh Hammer
In an ideal world, political parties would be about different approaches to governing. Yet too often in our nation’s history they’ve been about tribalism along regional, economic and, most divisively, racial lines. Then came 2020: This Election Day, President Trump garnered the highest percentage of non-white votes for a Republican presidential candidate in 60 years. This movement toward balance should be celebrated by all, but not surprisingly, that is not what is happening. Take MSNBC anchor Joy Reid, who claims that the election showed a “great amount of racism, anti-blackness and anti-wokeness.” Or The New York Times’ Charles Blow, who somehow sees this election as confirming the power of the “White Patriarchy.” Writer Bree Newsome Bass conceded that some white voters had chosen Joe Biden but voted Republican down ballot to preserve “white rule. » These people view everything through a racial lens. They’re convinced Trump is a racist and regard his broad support — half the country voted for him — as proof that the nation, as a whole, is likewise hopelessly racist. A kind way to describe such reactions would be “unhinged.” Another way: terrified. Between 2004 and 2016, black men and women gave between 88 percent and 95 percent of their votes to the Democratic candidate for president. This year, Trump won 18 percent of the vote among black men — a staggering number for a Republican. To put that in visceral terms, of every six black men who voted, one voted for Trump. He also made significant gains with Hispanic voters and even Muslim voters. Trump has had significant accomplishments as president — halting the liberal, activist tilt of the courts, standing up to China, striking peace treaties that offer fresh hope in the Middle East peace, firing up the economy — but perhaps none is as important or has more far-reaching implications than his transformation of the GOP into a multiracial party. For all of his high principles and good hair, the last Republican candidate for president, Mitt Romney, could never have dreamed of such success among non-white voters. So why are so many progressive and black intellectual elites so upset about the American political parties achieving so much more racial balance? Some cynics might see it as simply sour grapes over the left’s loss of power and influence. Democrats assumed only they could speak for minorities, who it now turns out have their own ideas. But it also reflects a fundamental difference between how Americans view race and racism. Over the past few decades, progressives have insisted racism is built into the system and the system must change (in progressive ways) to curb it — though it’s never been clear if they think it can ever be satisfactorily defeated. Those on the right, meanwhile, view racism as an issue of individuals holding irrational beliefs regarding minorities, which can be organically overcome. In the 2020 election, we now see that millions of minority voters rejected the idea that their votes should be bound by identity politics, or as Joe Biden put it, that if you don’t vote Democratic, you ain’t black. That remark didn’t come out of nowhere. He was simply saying out loud what many on the left have long believed. Fact is, Trump made the most direct appeal to non-white voters we’ve seen from a Republican in most of our lifetimes. And it worked. This is also good news for America, and especially minorities. We now have a GOP that will be eager to maintain these gains, and a Democratic Party that can no longer take minority votes for granted. And we can now stop believing the color of a person’s skin gives us certainty about their political affiliation — and that in and of itself strikes a blow at racism. It’s exciting: Individuals can be treated as individuals, rather than lumped into political boxes based on their racial group. Some may find it ironic that it was Trump, of all people, who’s most responsible for this. But what matters is that the body politic has landed in a better, more equal and more promising place. David Marcus
Pennsylvania, Michigan and Wisconsin pose particular challenges because of their ballot-counting rules. None have yet begun tallying millions of mail-in ballots, as other states have done, and election officials in these states say they may report results on Wednesday and beyond. Election law experts warn that any period of uncertainty over the election’s winner could spark legal fights. Adding to the focus on Pennsylvania, Wisconsin and Michigan: They are all split between Democratic governors and Republican-run legislatures, teeing up a partisan clash over counting votes. (…) In a year when Covid-19 upended the rules for ballots, partisan disputes over voting rules and deadlines have resulted in lawsuits in at least 44 states, according to the Stanford-MIT Healthy Elections Project. Minnesota has also emerged as a potential postelection field of battle after a federal appeals court suggested Thursday that its extension of a mail-in vote deadline was unconstitutional. But Pennsylvania, Wisconsin and Michigan stand out for their distinct rules for counting mail-in ballots. All three have received a record number of mail-in ballots, but laws in Pennsylvania and Wisconsin prohibit officials from counting them until Election Day. In Michigan, election officials in larger districts can process ballots—meaning opening and sorting them—during a 10-hour window on Nov. 2. Election officials have said the vote-counting rules mean they won’t know who won the state until the next day or later in the event of a close result. Meanwhile, states like Florida have been tabulating absentee ballots for weeks and will disclose those results on Tuesday evening. In recent weeks, a lawsuit filed by Pennsylvania Republicans reached the U.S. Supreme Court. A 4-4 order let stand a state Supreme Court decision allowing officials to count mail-in ballots received up to three days after Election Day. The court on Wednesday refused Republicans’ second request to hear the case before Election Day, but left open the possibility for postelection litigation. Justice Samuel Alito, who backed the Pennsylvania Republicans’ position, suggested in a statement accompanying the order that considering those mail-in votes valid would allow state courts to undercut election rules set by the state’s GOP-controlled Legislature. Newly sworn-in Justice Amy Coney Barrett could be a decisive vote when she begins hearing cases. Pennsylvania’s attorney general, a Democrat, has directed county election boards to separate ballots received after Nov. 3. Meanwhile, the U.S. Supreme Court rejected Democrats’ request to extend Wisconsin’s ballot-receipt deadline past Election Day. In Michigan, a state appeals court ruled in Republicans’ favor earlier this month and blocked a 14-day extension for votes postmarked by Nov. 2. Lawyers are gaming out what happens if prolonged ballot battles cause Pennsylvania, Wisconsin and Michigan to have no clear result before Dec. 8, the deadline for states to appoint presidential electors, and the Electoral College vote on Dec. 14. If vote counting collides with these deadlines, it is possible for a governor and state legislature to send different electors to Congress. “We’re in uncharted legal territory,” said Mark Medish, co-founder of Keep Our Republic, a nonprofit formed this summer to preserve election integrity. Wall Street Journal
In a week of surprises, California’s rejection of a ballot measure that would have allowed the state to resume its affirmative action program was among the most significant. The measure, known as Proposition 16, wasn’t defeated by shy Trump voters. Polling showed Hispanic and other minority voters evenly split on the measure, and on Tuesday it was defeated in California’s most Latino counties. California’s result is just one piece of the mounting evidence that voters on Tuesday threw a wrench in the progressive plan to leverage a « coalition of the ascendant » and an « emerging Democratic majority » to turn the country into a woke utopia. The 2020 election was in large part a referendum on Democrats’ race baiting and pandering, starting with the party’s own elevation of Biden to the top of the ticket. Democrats’ rejection of Sens. Elizabeth Warren, Bernie Sanders, and Kamala Harris was a leading indicator that the media missed. Millions of voters of all races made clear that they instead prefer the old ideals: equality of opportunity, economic freedom, and a society that judges its citizens not by the color of our skin, but the content of our character. Beyond that, the president whom Democrats have lambasted for four years as a racist and a xenophobe turned out more minority voters than any Republican candidate in decades. It’s not just that right-wing Cubans handed Trump a surprise victory in south Florida; he clinched some of the nation’s most Latino counties, improved his margins with black men and women, and even earned commanding majorities in some Native American counties. And that exit poll data does not account for the shy Trump voters, an effect we presume may well be exaggerated among black and Hispanic voters. Senate races yielded more bad news for the progressive left. Even if Joe Biden wins the White House, Sen. Mitch McConnell (R., Ky.), who easily overcame an $80 million challenge, will serve as a check on the ascendance of socialists such as Sens. Bernie Sanders (I., Vt.) and Elizabeth Warren (D., Mass.) to the Biden cabinet. Voters may have wanted Biden, but there’s a whole wing of his party they’d prefer to do without. Some House Democrats can see the writing on the wall. Rep. Abigail Spanberger (D., Va.) reportedly told her caucus that the progressive push to defund the police and embrace « socialism » almost cost them the majority. Rep. Ruben Gallego (D., Ariz.) advised Democrats to drop the woke speak, starting with the bizarre « Latinx. » Tuesday’s results should shatter the Democratic presumption that their party is destined to command the overwhelming and eternal support of minority voters—but it won’t. The politics fueled by racial grievance and personified by the « squad » of Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, and Rashida Tlaib is a cancer on the Democratic Party that it indulges at its own peril. Free Beacon
Until Donald Trump’s arrival, the globalist revolution was almost solidified and institutionalized—with the United States increasingly its greatest and most “woke” advocate. We know its bipartisan establishment contours. China would inherit the world in 20 or 30 years. The self-appointed task of American elites—many of whom had already been enriched and compromised by Chinese partners and joint ventures—was to facilitate this all-in-the-family transition in the manner of the imperial British hand-off of hegemony to the United States in the late 1940s. Our best and brightest like the Biden family, Senator Dianne Feinstein (D-Calif.), Bill Gates, or Mark Zuckerberg would enlighten us about the “real” China, so we yokels would not fall into Neanderthal bitterness as they managed our foreordained decline. We would usher China into “the world community”—grimacing at, but overlooking the destruction it wrought on the global commercial order and the American interior. We would politely forget about Hong Kong, Taiwan, Tibet, and the Uyghurs. Hollywood would nod as it put out more lucrative comic-book and cartoonish films for the Chinese markets, albeit with mandated lighter-skinned actors. The NBA would nod twice and trash a democratic United States, while praising genocidal China—becoming richer and more esteemed abroad to make up for becoming boring and poorer at home. The universities would nod three times, and see a crime not in Chinese espionage and security breaches, but in the reporting of them as crimes. So our revolutionary role would be to play stuffy and snooty Athenian philosophers to the new muscular Roman legions of China. Given our elites’ superior morality, genius, and sense of self, we would gently chide and cajole our Chinese masters into becoming enlightened world overseers and democrats—all the easier, the richer and more affluent Chinese became. For now, Trump has stopped that revolution. Until Trump’s arrival, Big Tech was three-quarters home on the road to Nineteen Eighty-Four. Five or six companies monopolized most American—and indeed the world’s—access and use of the internet. In cynical fashion, Silicon Valley grandees patronized naïve conservatives that they were the supposed embodiment of Milton Friedman libertarianism and 19th century robber baron daring. Yet to their leftist kindred, the moguls of Menlo Park simultaneously whispered, “Don’t worry about such necessary disinformation: we will enrich only your candidates, only your agendas, only your foundations, only your universities—in exchange for your exemptions.” Antitrust legislation was as much an anathema to good liberals as rigging searches, institutionalizing the cancel culture, and censoring thoughts and ideas were welcomed. For now Trump, almost alone, is battling that revolution. Until Trump’s arrival, there was increasingly no border at all. Fifty-million foreign-born resided, both legally and illegally, in the United States. Nearly a million annually walked northward across the border with ease and without legal sanction or invitation. To object to illegal immigration and decry its deleterious effects on the entry-level wages of our working poor, on the social safety net of the American needy, and on the sanctity of the law was to be smeared as racist, xenophobic, and nativist. More than a quarter of California’s current resident population were not born in the United States. That desirous “new demography” since 1988 had flipped California into a caring blue state. Open borders and the end of immigration law enforcement had pushed Nevada, New Mexico, and Colorado into just Democratic societies, and was supposedly soon to transform Texas and Arizona into enlightened states. For now, Trump—with his soon-to-be 400-mile wall, his beefed up ICE, and his war on sanctuary nullification zones—has nearly stopped the revolution to end borders. Until Trump, the American interior was loser country. In-between the two gilded coasts resided the deplorables, irredeemables, clingers, the smelly Walmart patrons decried in the Page-Strzok text echanges, those John McCain called “crazies,” and Joe Biden has variously called the “dregs,” the “chumps” and the “ugly folks.” They were written off as Morlocks, who were occasionally seen poking about the rotting, rusting skeletons of abandoned steel plants, and for some reason never had proper orthodontics as children. (…) on the eve of the Chinese takeover, our clueless deplorables never learned to code, or to borrow $200,000 to get a woke-studies education, and so deserved the opioids they took and the trailers they crashed in. Few apostates said, “Wait a minute! The United States has cheaper energy than anywhere on earth, a skilled workforce, a huge domestic market, and a still-viable infrastructure. There was a reason why Michigan, Ohio, and Pennsylvania once led the world and why they can again.” Through tax reform, deregulation, trade rebooting, a new foreign policy, and loud jawboning, Trump for a while has stopped the revolution that was destroying our once greatest states. Until Trump, the woke cultural wars were just about won by the elites. Seeking unity was dead; chest-pounding diversity, often the spark that had ignited history’s multiracial societies, was ascendent. The melting pot that sought to make race incidental was deemed racist; the salad bowl that made our superficial appearances essential was celebrated. Quite affluent, self-appointed minority leaders, with their quite wealthy white liberal counterparts, established who is, and who “ain’t,” “really” black—the definition resting on whether one was loyally left-wing or disloyally independent-minded. The success of civil rights was not to be calibrated by black unemployment figures, household income, family businesses, dignity in having leverage over employers, access to competitive parochial and charter schools, or descending abortion rates, but in electing more activists as progressive mayors, liberal city councilmembers, and leftist district attorneys to garner more redistributive state money to hire more careerists like themselves. Trump, branded a bigot and racist, for now has sought to end that revolution, and measure race relations not by how many minority elites have choice jobs and high incomes, but by how well the entire minority community reaches income and employment parity with the general population—an idea that will earn the “racist” Trump far greater minority support than was expressed for John McCain and Mitt Romney. We are in the midst of a cultural revolution, for the most part driven by angry middle-and upper-class white youth of Antifa and its sympathizers, wannabes, and enablers. Many are humiliated that they have college pedigrees, lots of multi thousand-dollar debt, plenty of woke-studies classes to their credit, but still have no real jobs, no real knowledge, and no real immediate chances of buying a house, marrying, and raising a family in their 20s. Nothing in history is more dangerous than the underemployed wannabe intellectual or college graduate, whose cultivated sense of superiority is not matched by his income or standard of living, but who blames “them” for his own self-inflicted miseries and unappreciated genius. The revolution toppled statues, renamed what it did not like, Trotskyized the past, photoshopped the present, and used language, government, and cultural intimidation to do its best to make America into Animal Farm. Corporate CEOs in terror washed the feet of the woke. University presidents, fearful for their status and careers, wrote incomprehensible memos admitting their past sins and asking how best to do present penance. Hollywood studio owners promised race and gender quotas, with ample provisions that—in the manner of NBA and NFL owners—adjustments and exceptions could be worked out for themselves. Somewhere, somehow graduations, dorms, and campus spaces, all segregated by race, became “liberal.” Intermarriage, integration, and assimilation were shamefully illiberal. Standing for the National Anthem was unpatriotic; sitting in disdain for it, cool. Donald Trump fought that revolution too. What tools did Donald Trump have to wage these many counterrevolutions? The media? America’s Fortune 400? Academia? The great foundations? The nation’s think tanks? The bipartisan government establishment? The international community? The banks? Wall Street? Corporate CEOs? Silicon Valley? Professional sports? The entertainment industry? Hollywood? The intelligence community? The current and retired top military brass? (…) Against all that money and clout, the counterrevolutionary Trump had only one asset, the proverbial people. He had solely the under-polled and the written-off. They came out to his rallies in the tens of thousands, deluded the pollsters, and told the media less than nothing, but voted and will vote in waves to save America from what it was becoming. Victor Davis Hanson
When a man takes on the role of the gunslinger arriving in the town to clean up the mess, one must expect that his methods and comportment will offend his supporters as much as they terrified his adversaries, all the more so as he succeeds and thus the beneficiaries see an end on the horizon to their embarrassing need to have called in the unorthodox to do what their own polite conventionality should have done, but choose not (or did not have the courage) to do. We can sense the viability of Trumpism by the current lack of coherent attacks on its principles and achievements. (…) Biden most certainly would raise taxes, restore cumbersome regulations, strangle the fossil fuel industry, and return to identity politics pandering. But after the 2017-20 Trump boom, he would do so without any expectation that the economy would grow or the country would heal or the world would suddenly cool down and the seas cease to rise. (…) And what about the NeverTrumper (…) At the end of Trump, whether in 2020 and 2024, (…) Elite Republicanism would fail because the white working classes would return either to political hibernation in the swing states or rejoin the Democratic Party. Growing minority support would vanish because blacks and Latinos would see platitudinous and pandering Republicans as far more injurious to their futures than was a crudely talking, Queens-accented populist Trump. Trumpism did not dismantle Republican conservatism. It simply enhanced conservative appeal by closing the border, confronting China, demanding fair trade, avoiding optional military expeditions, emphasizing the concerns of the working class, and redefining presidential behavior as boisterously honoring promises rather than mellifluously reneging on them. Whatever Trump’s fate, the NeverTrump faction will not succeed in rebuilding a new-old Republican Party under the Bush-McCain-Romney paradigm. Biden and his leftist masters would not be able to lower minority unemployment to Trump levels. Neither would they declare an end to containing China and claim such past confrontation was an unnecessary provocation. Like it or not, Trump hit on a great truth that no leader can write off his country’s vast industrial interior, destroy his nation’s borders, willingly cede global leadership to a Communist dictatorship, manipulate intelligence agencies to destroy political opponents, prefer to manage decline rather than to seek renewal, and meanwhile, as he did all that, call himself moral and presidential. Victor Davis Hanson
Le décalage entre les attentes grandioses d’une vague bleue annoncée par les sondages à grand renfort de médias comme en 2016 et l’incertitude caractérisée qui a régné hier rapporte la preuve éclatante qu’aucune des leçons de l’élection de 2016 n’ont été apprises. Pire, le zèle appliqué à ne pas comprendre ce qui s’est passé il y a quatre ans a conduit tous les leviers d’influence gravitant autour du Parti démocrate à se persuader qu’ils pouvaient propulser au-delà de la ligne d’arrivée un candidat sans programme, sans faire campagne et à la faveur de la seule détestation de Trump. Faut-il le rappeler? Trump a été élu en tant qu’incarnation d’un rejet d’une grande partie d’Américains de la corruption d’une classe dirigeante fondant son titre à gouverner sur une expertise technocratique, et compensant son manque de légitimité par une revendication de plus en plus stridente d’expertise morale. Contrairement aux craintes maintes et maintes fois exprimées, Trump n’a pas troqué sa dépouille d’animateur de téléréalité pour celle de dictateur, pas même de dictateur d’opérette. De dictature nous n’avons point vu venir. En revanche, nous avons vu la classe dirigeante destituée du bien qu’elle croyait lui revenir de droit se comporter comme un «gouvernement impérial en exil» se drapant dans sa supériorité morale pour se lancer dans une inquisition prolongée mêlant espionnage politique, mensonges constants au public sur des complots inexistants, et remise au goût du jour d’expressions maccarthystes comme la «déloyauté au pays». De toutes les institutions abîmées non pas par Trump, mais plutôt par le sentiment de panique collective des élites nommé «Trump Derangement Syndrome», nulle n’en ressort moins affaiblie que les médias d’informations. Pour preuve du caractère endémique et banal du mensonge installé au cœur d’institutions hier saluées comme des modèles d’éthique journalistique, on citera les propos édifiants d’un chroniqueur du Washington Post à propos des révélations du New York Post sur l’affaire Hunter Biden: «Nous devons traiter les fuites sur Hunter Biden comme s’il s’agissait d’une opération menée par des services de renseignement étrangers – même si ça n’est probablement pas le cas.» (…) le rôle de la presse avait été reformulé dès l’entre-deux-guerres sous l’impulsion de l’intellectuel néolibéral Walter Lippmann comme une mission de «manufacture du consentement des masses» à des choix publics décidés de façon de plus en plus technocratique du fait de la complexité croissante de la «grande société» advenue avec l’ère industrielle. A une presse d’opinion très marquée au XIXe siècle et au début du XXe siècle succédait une presse se revendiquant de l’autorité de la science, organisée autour d’une éthique de «neutralité objective» qui a survécu cahin-caha jusqu’en 2016. La victoire de Trump à la primaire républicaine de 2016 a fait voler cet équilibre en éclats pour des raisons autant éthiques que commerciales. Sur le plan éthique, ce changement est méthodiquement explicité dans un article de Jim Rutenberg paru dans le New York Times le 7 août 2016 intitulé «Trump met à l’épreuve les normes d’objectivité dans le journalisme». Selon Rutenberg, la perspective d’une présidence Trump était si dangereuse que le rôle du journaliste n’était plus de présenter les faits de façon neutre, mais «de se conformer aux attentes de vérité de ses lecteurs et spectateurs, et à la vérité factuelle, d’une façon qui tienne face au jugement de l’histoire.» Il s’agissait d’un abandon pur et simple du critère de la neutralité objective au profit de celui de la clarté morale. Ce choix éthique était d’autant plus facile à faire qu’il se justifiait commercialement pour des médias alors menacés existentiellement du fait de l’éclatement du paysage médiatique en bulles cognitives partisanes consécutif à l’apparition de l’information en continu et de l’internet. Traiter copieusement du phénomène Trump tout en dénonçant l’installation de l’Antéchrist à la Maison-Blanche s’est révélé un extraordinaire gisement de contenus et de profits pour les médias mainstream. Un autre article du New York Times daté du 23 juin 2020 signé de Wesley Lowery titré «Une redéfinition de l’objectivité, dirigée par des journalistes noirs», permet d’en comprendre les aboutissants. Son auteur expose que l’objectivité est toujours jugée à l’aune d’un hypothétique lecteur impartial, invariablement assumé comme étant blanc. Appliquant ce traitement à l’Administration Trump, Lowery en déduit que Trump étant ontologiquement un raciste entouré de suprémacistes blancs, la clarté morale impose de traiter toute information concernant la Maison-Blanche, non pas sous l’angle de l’objectivité factuelle ou encore moins du respect d’institutions elles-mêmes souillées par le racisme, mais en prenant en compte à tout moment le racisme indélébile de l’homme occupant la fonction et du parti le soutenant. Complétant les pièces du puzzle, c’est au nom de ce même principe de clarté morale que deux sénateurs démocrates, Mark Warner et Mazie Hirono, ont eu la brillante idée, après les révélations du scandale Cambridge Analytica, de menacer les grandes entreprises de la Silicon Valley de réglementation, à moins qu’elles ne s’engagent à «débusquer» les contenus fomentant la «discorde». Une recommandation que Twitter et Facebook ont appliqué à la lettre en censurant moins de deux semaines avant l’élection les contenus du New York Post rapportant des faits de corruption allégués à l’encontre de Hunter et Joe Biden, alors qu’ils se sont fait depuis quatre ans la chambre d’écho des allégations non vérifiées les plus folles concernant l’influence russe dans la vie politique américaine. Plus que le choix de la personne qui occupera la Maison-Blanche à partir de janvier prochain, c’est cette question du rapport à la vérité que Trump, à la fois le plus grand bonimenteur de l’histoire américaine et la personne sur laquelle on a le plus menti, est parvenu à inviter au cœur des débats de la dernière ligne droite. Quoi qu’il se passe, tous les Américains sont les perdants de cette dialectique tragique. Renaud Beauchard
Alors que la tension monte aux États-Unis autour de l’élection présidentielle, et des risques pesant sur le vote dans le contexte de lutte publique contre le coronavirus, le New York Post a (…) publié la «confession» d’un fraudeur engagé à gauche, qui affirme avoir truqué de nombreuses élections fédérales. Essentiellement dans le New Jersey, où il réside, mais en décrivant un système de manipulation existant dans de nombreux autres États. Le mobile du passage aux aveux ? Le militant serait un soutien acharné de Bernie Sanders et ne se voit pas soutenir la candidature de Joe Biden.Le récit est d’importance car, sous la pression de la lutte contre le coronavirus, de nombreux électeurs annoncent avoir choisi cette année le vote à distance. Celui-ci existe sous deux formes dans les États américains. La première est le vote par procuration, plébiscité par le Président actuel pour sa sécurité, nécessitant une demande de la part du votant. Le second est le scrutin postal, pour lequel il suffit de renvoyer un formulaire dans une enveloppe spécifique prédistribuée. Et c’est dans ce type de votes que le témoin du New York Post affirme que la fraude «est plus une règle qu’une exception». À l’appui de sa démonstration, un véritable mode d’emploi de la fraude, avec plusieurs procédés possibles. La première technique consiste à utiliser l’enveloppe d’un votant, pour y mettre un bulletin obligatoirement démocrate. Il faut au préalable faire le tour des domiciles et convaincre les citoyens de laisser les fraudeurs poster leur courrier de vote à leur place. Une mission «beaucoup plus facile qu’on ne le pense», d’après le fraudeur cité par le journaliste Jonathan Levine, en se faisant passer pour une association de service public. Ensuite, l’enveloppe est ouverte à la vapeur, puis on y glisse un nouveau bulletin en falsifiant la signature. Pour éviter toute suspicion, les enveloppes rouvertes sont ensuite disséminées dans toutes les boîtes postales de la ville. Les employés des postes peuvent également influer facilement sur l’élection, selon le témoin. «Vous avez un facteur qui est un type anti-Trump enragé et travaille à Bedminster ou dans un bastion républicain… Il peut prendre les bulletins de vote [remplis], et sachant que 95% sont en faveur d’un républicain, il peut simplement les jeter à la poubelle», explique-t-il. Un écho à l’histoire de certains lots de courriers électoraux retrouvés après le vote, lors d’élections locales à New York en 2017 ? Autre «mine d’or» de votes à disposition, les lieux de vie accueillant des personnes fragiles. «Il y a des maisons de retraite où l’infirmière est en fait un opérateur rémunéré. Et elle va pièce par pièce voir ces personnes âgées, qui souhaitent voter pour se sentir utiles», déclare ainsi le lanceur d’alerte. Il suffit alors de remplir le bulletin pour eux et de leur faire signer ce que l’on veut… Enfin, le témoin précise que, la plupart du temps, l’historique de participation aux élections est une information publique aux États-Unis. Une dernière technique, encore plus sauvage, consiste donc à aller voter, un jour d’élection, à la place d’un citoyen recensé comme abstentionniste, et qui ne risque pas de venir. Certains États ne demandent en effet pas de pièce d’identité. Une information déconcertante vue de France qui légitime la méfiance de certains observateurs pour ce type de scrutin. Le Figaro
Dans le secret du confessionnal médiatique, un fidèle citoyen américain, démocrate convaincu, est venu avouer au NewYork Post avoir truqué de nombreuses élections fédérales, relate Le Figaro. Le sacripant se prétend soutien inconditionnel de Bernie Sanders, candidat battu aux primaires par Joe Biden. Et plutôt tout révéler que suivre cet oiseau de malheur. Ainsi, coronavirus oblige, le bidouillage aurait sévi au sein du vote par correspondance, particulièrement massif en ces temps de contagion. Selon le faussaire repenti, le camp anti-Trump se serait livré à diverses combines que voici que voilà. La première triche aurait consisté, pour les fraudeurs, à faire la tournée des votants à distance en se faisant passer pour membres d’une association de service public, puis à les convaincre de poster leur enveloppe électorale à leur place. Opération qui serait « beaucoup plus facile qu’on ne le pense », d’après le traître démocrate. Il ne restait plus, à ces gens très serviables, qu’à falsifier la signature et remplacer l’éventuel vote Trump par un bulletin Biden. Et hop ! Pour éviter toute suspicion, les enveloppes trafiquées auraient été disséminées sur l’ensemble des boîtes à lettres des villes concernées. Le souci du détail. L’autre technique, plus directe, concerne les facteurs anti-Trump qui, travaillant dans un secteur républicain, se seraient contentés de jeter à la poubelle les enveloppes contenant, par définition, 95 % de bulletins en faveur du président en place. Pourquoi faire compliqué ? L’histoire ne dit pas si ces éboueurs électoraux de gauche prenaient soin de sauver la planète en déversant leur butin dans la poubelle papier-carton du pléonasmant « tri sélectif ». Par ailleurs, les lieux de vie accueillant des personnes fragiles auraient été particulièrement choyés. « Il y a des maisons de retraite où l’infirmière est en fait un opérateur rémunéré. Et elle va pièce par pièce voir ces personnes âgées, qui souhaitent voter pour se sentir utiles », affirme le délateur anonyme. Tour de passe-passe… Signez ici. Merci et bonjour chez vous. Re-hop ! Pour clore son inventaire des trucages utilisés lors de cette l’élection, le vengeur masqué de Bernie Sanders affirme qu’à partir de l’historique de participation consultable à loisir, de vaillants partisans de Joe Biden auraient usurpé l’identité d’abstentionnistes pour glisser les bulletins ad hoc « into the box ». La présentation d’une pièce d’identité n’étant pas demandée dans de nombreux États, ces ersatz d’électeurs s’en seraient donné à cœur joie. Boulevard Voltaire
Au moment d’écrire ces lignes, les États de la ceinture rouillée des États-Unis, Michigan, Pennsylvanie, Wisconsin, comptabilisaient leurs derniers bulletins pour départager un scrutin nettement plus serré que ne l’avaient prédit experts et sondeurs. Une fois de plus, l’élection sera déterminée par ces électeurs d’une classe ouvrière blanche autrefois acquise au Parti démocrate, victimes de la désindustrialisation, de la concurrence asiatique, qui avaient offert la victoire il y a quatre ans à Donald Trump, sensibles à son discours protectionniste et antiglobalisation, à rebours du consensus libre-échangiste des deux partis. Si Joe Biden est toujours plutôt favori pour remporter l’élection présidentielle américaine, les quatre dernières années et ce scrutin indécis légueront un héritage qui ne devrait pas laisser les Européens indifférents. Vainqueur ou vaincu, Donald Trump aura changé le monde et le rapport des États-Unis à celui-ci. Il aura servi d’accélérateur et de révélateur de tendances profondes. L’Amérique abandonne progressivement son universalisme, se comportant comme une puissance normale défendant ses intérêts sur une scène internationale morcelée, dans un système multilatéral inopérant, actant la fin des espoirs de la mondialisation triomphante et de l’après-guerre froide. Au Moyen-Orient, en Asie, dans la relation transatlantique, il aura fait voler en éclat mythes et antiennes des chancelleries diplomatiques. Dans un entretien au Financial Times, en 2018, Henry Kissinger décrivait Trump comme une de ces figures «qui apparaissent dans l’histoire de temps en temps pour marquer la fin d’une époque et la forcer à abandonner ses vieilles prétentions. Ça ne veut pas dire qu’il s’en rende compte ou qu’il ait envisagé des alternatives.» Sur de nombreux sujets, les années Trump lieront Biden. Joe Biden a fait campagne contre le bilan de politique étrangère de Trump, lui reprochant son hostilité aux alliances traditionnelles et sa proximité avec les adversaires autoritaires de l’Amérique, comme la Russie. À n’en pas douter, les prochaines semaines d’une Administration Biden marquerait une embellie des relations transatlantiques: retour dans l’accord de Paris sur le climat, grands discours sur les valeurs communes, l’Otan, etc. Le candidat Biden a même promis la tenue d’un «sommet des démocraties» dans les premiers mois de son mandat. Son Administration ne montrerait pas l’hostilité idéologique vis-à-vis de l’Union européenne manifestée par le président Trump. Si les différends commerciaux sur des sujets comme les Gafa perdureront, on ne verra probablement pas la même instrumentalisation de l’arme des tarifs douaniers dans la relation transatlantique. Pour autant, la nouvelle carte électorale américaine et le succès des candidats populistes des deux bords, de Trump à Bernie Sanders, ont forcé les élites américaines à prendre conscience des conséquences négatives des accords de libre-échange sur certaines régions. Le mandat de Trump aura mis fin au mythe de la «convergence» de la Chine, l’idée d’une ouverture politique qui aurait suivi la libéralisation économique du pays. C’était l’espoir de ceux qui, comme Joe Biden, avait soutenu l’intégration de la Chine dans l’OMC: faire de Beijing un acteur responsable (responsible stakeholder) des relations internationales. Le durcissement autoritaire du régime sous Xi Jinping, les ambitions géopolitiques annoncées par les «nouvelles routes de la soie», les abus dans le comportement commercial comme les mensonges des premières semaines de la pandémie ont fait voler en éclats ces espoirs. Biden, longtemps favorable à une coopération prudente avec Beijing, comme une grande partie de l’élite américaine, qualifie aujourd’hui le dirigeant chinois de «voyou». La doctrine stratégique de l’Administration Trump, qui assumait la «compétition de grandes puissances» avec Beijing, fait aujourd’hui l’objet d’un consensus bipartisan à Washington. Une Administration Biden placera elle aussi la rivalité stratégique avec la Chine au centre de ses priorités et attendra, à cet égard, un alignement des Européens sur le plan commercial, technologique ou militaire. Au Moyen-Orient, qui peut douter que la politique de Donald Trump a rebattu les cartes régionales? Joe Biden ne redéplacera certainement pas l’ambassade des États-Unis en Israël à Tel-Aviv. De nombreux commentateurs avaient prédit un embrasement régional en cas de reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Il n’en a rien été. Au contraire, l’Administration Trump a profité du rapprochement entre puissances arabes sunnites, autour de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, et d’Israël face à la menace commune iranienne pour faire signer des accords de reconnaissance mutuels, là aussi un bilan durable. Les experts avaient prédit l’impossibilité de tels accords sans processus de paix israélo-palestinien. La méthode transactionnelle et le rapport de force établi avec l’Iran (brutalement comme l’a montré la mort du général Soleimani) aura peut-être mieux fonctionné que les politiques de ses prédécesseurs. Au détriment peut-être durable de la cause palestinienne.Enfin, la présidence Trump aura révélé les limites de la relation transatlantique, là aussi un accélérateur du désintérêt marqué par Obama pour l’Europe et ses enjeux de sécurité, en Syrie par exemple. Il aura répété, avec brutalité, les critiques de ses prédécesseurs sur le partage de fardeau et le comportement «passager clandestin» vis-à-vis de la puissance américaine. Les Européens peuvent-ils vraiment laisser la sécurité de leurs citoyens entre les mains de quelques dizaines de milliers d’électeurs de Pennsylvanie tous les quatre ans? En Libye, en Méditerranée orientale face à la Turquie, face au terrorisme, l’Europe a ses propres enjeux de sécurité et doit se donner les moyens d’assumer sa puissance. Trump a changé le monde ; aux Européens de ne pas devenir les derniers gardiens du monde d’hier. Benjamin Haddad
Cela avait commencé comme un mauvais remake pour les démocrates. Celui qui ne pouvait pas être élu allait être réélu. Après une improbable remontée de Biden dans les États clés du Wisconsin et du Michigan, Trump pourrait finalement échouer à prolonger son bail à la Maison-Blanche. Mais, si défaite il y a, elle se sera jouée sur le fil au terme d’une des batailles électorales les plus disputées de ces cinquante dernières années. Et contre tous les pronostics, les Républicains devraient conserver leur majorité au Sénat, notamment grâce à l’élection de proches du président sortant. Une fois encore les sondeurs et les médias se sont donc trompés. Loin d’être rejeté par l’ensemble des Américains, Trump a été porté par une lame de fond qui a toutes les chances de s’avérer durable. D’autant qu’il est permis d’imaginer qu’elle a été atténuée par la crise sanitaire sans laquelle Donald Trump aurait probablement été aisément victorieux. Battu par Biden en termes de vote populaire, le président sortant progresse néanmoins en nombre de voix par rapport à 2016. Fait notable, il améliore ses scores auprès de toutes les «minorités», y compris les hommes et les femmes noirs, ce qui confirme les limites de la politique des identités démocrate et montre que le phénomène Trump n’est pas réductible à un vote de «petits blancs». Son élection de 2016, comme le Brexit en 2015, n’était pas un accident de l’Histoire et sera sans doute bien plus qu’une parenthèse dans la marche que d’aucuns pensent inéluctable vers un monde toujours plus globalisé. L’élection américaine est un nouveau symptôme de la recomposition politique occidentale, qui, depuis la crise financière de 2008 bouleverse les clivages traditionnels au sein des démocraties libérales et dont les mouvements dits «populistes» sont souvent la traduction. Au clivage droite-gauche se substitue l’opposition «Anywhere» – «Somewhere», théorisée par le politologue britannique David Goodhart, c’est-à-dire l’affrontement entre ceux qui sont à l’aise dans «le village global» et adhèrent au multiculturalisme et ceux pour qui la mondialisation est source d’insécurité économique et culturelle. Le fait que les électeurs de Biden aient massivement voté par correspondance tandis que ceux de Trump se déplaçaient physiquement dans les urnes sonne comme un symbole de cette séparation entre «mondialisés» et «enracinés». Dans son nouvel essai, Le Temps des gens ordinaires (Flammarion), Christophe Guilluy montre que les «invisibles» sont en train de devenir «incontournables». Ces derniers forment désormais, selon lui, «un bloc autonome, puissant et sûr de son diagnostic. Un socle solide né de l’implosion de la classe moyenne»… C’est ce dont semble témoigner la spectaculaire résistance du vote Trump. Il serait donc simpliste et illusoire de voir dans une éventuelle victoire de Biden le début de la fin de l’ère populiste et le retour à l’époque antérieure. Bien au contraire, la parenthèse de la mondialisation heureuse est définitivement refermée. D’autant que si la crise sanitaire, peut, à court terme, déstabiliser certains «populistes» au pouvoir, à moyen et long terme, elle débouchera sur une crise économique et sociale qui ne fera qu’exacerber les fractures. L’édito du Time ce jeudi résumait bien la situation: «Même si Joe Biden gagne, il gouvernera dans l’Amérique de Donald Trump ». Alexandre Devecchio
Quand vous avez réussi à corrompre la quasi totalité des grands médias, quand vous avez dans la poche les milliardaires de Wall Street, Hollywood et Silicon Valley, quand vous avez réussi à laver le cerveau des masses en vous faisant passer pour le camp du bien et de la générosité, quand pendant huit ans, sous la direction d’un Islamiste antisémite avoué qui s’est fait passer pour un Chrétien libéral, vous avez installé des agents dans toutes les administrations, créant de la sorte un « Etat Profond » impossible à contourner, il ne vous reste plus qu’à emporter les élections par tous moyens, au détriment du peuple et pour le plus grand profit de vos alliés. Les fascistes corrompus démocrates ont pu bénéficier, comme c’est étrange, d’une épidémie à l’échelle mondiale provoquée par leur allié principal, la Chine, pour infliger une peur panique quotidienne au peuple américain et leur faire croire que leur président légalement élu était responsable des morts qu’ils avaient eux-mêmes provoquées, parfois volontairement (gestion criminelle de la crise par Cuomo et De Blazio à New York par exemple), ou inventées. (Les chiffres officiels des morts dues au COVID19 restent sujets à caution). Ils ont évidemment créé un tel niveau de panique que l’économie américaine, en plein essort grâce au président Trump, s’est brusquement effondrée (avant de se reprendre et de remonter). Cette panique leur a permis de convaincre les Américains de rester chez eux et de voter par correspondance, sans preuve d’identité, ouvrant ainsi la porte à une fraude massive, préparée  et organisée dans les moindres détails. (…) Ce vol de l’élection a ciel ouvert n’a pu être organisé que grâce à la complicité des médias et des GAFA, aux ordres des fascistes corrompus démocrates car c’est l’intérêt de leurs dirigeants de transformer la planète en un camp d’aliénés géant, au sein duquel seul leur groupe de privilégiés pourrait continuer à tirer des profits. Travaillez, rentrez chez vous, regardez les plus absurdes programmes télévisés, gavez vous de fausses nouvelles, payez vos impôts, de plus en plus d’impôts, métissez-vous, oubliez votre genre sexuel, sentez-vous honteux d’aller à l’église, construisez des mosquées, propagez l’antisémitisme dans les universités, acceptez la domination de la Chine, soyez indulgent avec l’Iran, crachez sur Israël, et, surtout, soyez soumis. (…) Si le président Trump ne parvient pas à démontrer l’ampleur de cette tricherie qui a pris la forme d’un coup d’état, les années à venir seront de plus en plus sombres tandis que le bien le plus précieux de chaque être humain sera progressivement confisqué : sa liberté. Pierre Rehov
Attention: une fraude peut en cacher un autre !
A l’heure où au lendemain d’une des élections américaines les plus disputées …
Qui a vu en une rare unanimité digne des expulsions les plus réussies de bouc émissaire …
Y compris de médias français comme le Monde qu’on avait connu en d’autre temps moins catégorique
Celui que pendant quatre ans une presse ayant troqué l’objectivité pour le miltantisme
Mais aussi, malgré les risques de perte du Sénat, des transfuges républicains au sein de son propre camp comme Romney ou Bush …
Ont tenté, entre le faux dossier de collusion russe et l’instrumentalisation de l’épidémie et des émeutes anti-policiers, de diaboliser comme « marionnette de Moscou » et raciste champion du suprémacisme blanc
Tout en « protégeant » le grand public tant de ses points forts que des fragilités de leur propre candidat …
Mobiliser sept millions de nouveaux républicains dans les urnes, conserver le Sénat, renforcer son camp à la Chambre, complètement révolutionner la carte électorale en attirant vers lui 33 % des Latinos et 18 % des Noirs…
Et à la fin, crime ultime de lèse-majesté, leur contester leur victoire dans des machines électorales notoirement corrompues …
Comment ne pas voir …
Au-delà des probables erreurs de lecture et magouilles de bas niveau
Mais à l’image d’un particulièrement révélateur lapsus du candidat démocrate …
Ou même, d’appels explicites à la fausse résidence dans un état-pivot, de la part d’un journaliste réputé ou d’un ancien candidat démocrate
Le véritable casse du siècle et nouveau putsch judiciaire
Consistant à faire sauter, selon la formule de Malcolm X empruntée à Sartre du « tous les moyens sont bons », à quelques mois de l’élection sous couvert de coronavirus …
Entre envois non sollicités et collecte de bulletins, non-contrôle des signatures ou des pièces d’identité
Dans des états-clé au fonctionnement, entre gouverneurs républicains et législatures démocrates ou l’inverse, particulièrement compliqué …
Sans compter les menaces d’abolir le Collège électoral, doubler ou tripler le nombre de juges à la Cour suprême et même, pour avoir plus de sénateurs à leur botte, d’ « étatifier » le District of Columbia et Porto Rico …

Tout un ensemble de règles centenaires protégeant l’intégrité du scrutin

Pour déverser massivement, y compris après le scrutin lui-même, quelque 70 millions de bulletins postaux (d’ailleurs interdits en France depuis 45 ans) sur des centres de votes impréparés …
Sans compter depuis quatre ans, entre médias partisans et sondages idoines …
Un véritable tsunami de propagande et de censure anti-Trump et pro-Biden digne des plus beaux jours des régimes communistes …
Tendant à faire passer pour fascisme contre toute évidence et à leurs risques et périls
Le rappel proprement révolutionnaire qu’aucun pays digne de ce nom …
Ne pourra désormais recommencer à faire passer par pertes et profits son vaste intérieur industriel, détruire ses frontières ou préférer au renouveau la résignation au déclin ?
Anatomie de l’escroquerie du siècle
Pendant 4 ans, les Démocrates ont pu impunément insulter, attaquer, mentir, voler, tout en vous préparant au plus grand vol d’élection de l’histoire du monde libre. Ils ont transformé tranquillement le système électoral américain et organisé, comme Joe le senile l’a annoncé lors d’une de ses fameuses gaffes, « la plus grande machine à tricher de l’histoire »
Pierre Rehov
Dreuz
7 novembre 2020

Quand vous avez réussi à corrompre la quasi totalité des grands médias, quand vous avez dans la poche les milliardaires de Wall Street, Hollywood et Silicone Valley, quand vous avez réussi à laver le cerveau des masses en vous faisant passer pour le camp du bien et de la générosité, quand pendant huit ans, sous la direction d’un Islamiste antisémite avoué qui s’est fait passer pour un Chrétien libéral, vous avez installé des agents dans toutes les administrations, créant de la sorte un « Etat Profond » impossible à contourner, il ne vous reste plus qu’à emporter les élections par tous moyens, au détriment du peuple et pour le plus grand profit de vos alliés.

Les fascistes corrompus Démocrates ont pu bénéficier, comme c’est étrange, d’une épidémie à l’échelle mondiale provoquée par leur allié principal, la Chine, pour infliger une peur panique quotidienne au peuple américain et leur faire croire que leur président légalement élu était responsable des morts qu’ils avaient eux-mêmes provoquées, parfois volontairement (gestion criminelle de la crise par Cuomo et De Blazio à New York par exemple), ou inventées. (Les chiffres officiels des morts dues au COVID19 restent sujets à caution).

Ils ont évidemment créé un tel niveau de panique que l’économie américaine, en plein essort grâce au président Trump, s’est brusquement effondrée (avant de se reprendre et de remonter). Cette panique leur a permis de convaincre les Américains de rester chez eux et de voter par correspondance, sans preuve d’identité, ouvrant ainsi la porte à une fraude massive, préparée  et organisée dans les moindres détails.

Les fascistes corrompus démocrates auraient donc convaincu les Américains de voter pour eux parce qu’ils allaient :

  • Augmenter les impôts
  • Légaliser 11 millions d’immigrés illégaux (autant de votants pour eux)
  • Arrêter l’exploitation des énergies fossiles et rendre de nouveau l’Amérique dépendante du pétrole étranger
  • Reprendre date avec la Chine et laisser les emplois de nouveau s’évader dans les camps de travaux forcés communistes
  • Arrêter le processus de paix au Moyen Orient et recommencer à financer les organisations terroristes dirigées par Mahmud Abbas
  • Revenir à l’accord infernal qui autoriserait l’Iran à obtenir la bombe atomique dans moins d’une décennie tout en poursuivant son hégémonie régionale et en finançant le terrorisme
  • Effacer le second amendement et confisquer les armes individuelles de sorte que plus personne ne puisse se défendre

Et il est vrai que des millions d’idiots utiles, au sens léninien du terme, se sont laissé suffisamment laver le cerveau pour tomber dans le panneau et accepter béatement de devenir un troupeau d’esclaves, avec le sentiment d’appartenir au camp du bien et de la générosité. Un peu comme certains allemands qui, dans les années 30, ont voté pour Hitler de bonne foi, sans comprendre à qui ils avaient affaire ni savoir ce qu’ils faisaient.

Biden n’est pas Hitler, c’est vrai. Ce n’est qu’un pantin corrompu jusqu’à la moëlle et sénile, qui s’est enrichi pendant 47 ans sur le dos des travailleurs américains. Le système qui le protège n’est pas un système nazi, même si le National Socialisme était une idéologie de gauche contrairement aux « libéraux » qui s’acharnent à réécrire l’Histoire à leur profit. Il ressemblerait plutôt aux systèmes qui ont été mis en place dans les républiques bananières d’Afrique ou d’Amérique du Sud avec la bénédiction des grands profiteurs et des partis communistes.

Malheureusement pour les fascistes corrompus démocrates, une fraude à telle échelle ne peut exister sans quelques couacs. Les racailles et les idiots utiles qui ont participé à cette fraude n’ont pas tous le cerveau d’Einstein. Ce n’est qu’un doux euphémisme…  Quand on dit à une racaille qu’il a les mains libres pour tricher ou voler, le ciel est la limite de ce qu’il est capable de faire.

C’est la raison pour laquelle des tonnes d’erreurs ont été commises: de l’apparition magique du nombre exact de bulletins de votes dont les fascistes corrompus démocrates avaient besoin pour voler les élections dans certains états, au blocage d’observateurs républicains ou impartiaux malgré les jugements dans certains centres de tris, en passant par l’envoi massif de bulletins à des fausses adresses, au vote des morts, des plus que centenaires et des immigrés illégaux. Pour ne citer, évidemment, que quelques-unes des manipulations honteuses qui ont été découvertes.

Ce vol de l’élection a ciel ouvert n’a pu être organisé que grâce à la complicité des médias et du GAFA, aux ordres des fascistes corrompus Démocrates car c’est l’intérêt de leurs dirigeants de transformer la planète en un camp d’aliénés géant, au sein duquel seul leur groupe de privilégiés pourrait continuer à tirer des profits.

Travaillez, rentrez chez vous, regardez les plus absurdes programmes télévisés, gavez vous de fausses nouvelles, payez vos impôts, de plus en plus d’impôts, métissez-vous, oubliez votre genre sexuel, sentez-vous honteux d’aller à l’église, construisez des mosquées, propagez l’antisémitisme dans les universités, acceptez la domination de la Chine, soyez indulgent avec l’Iran, crachez sur Israël, et, surtout, soyez soumis.

« BIG BROTHER veille sur votre sécurité et sur bonheur. Nous sommes les Démocrates ! »

Si le président Trump ne parvient pas à démontrer l’ampleur de cette tricherie qui a pris la forme d’un coup d’état, les années à venir seront de plus en plus sombres tandis que le bien le plus précieux de chaque être humain sera progressivement confisqué : sa liberté.

Les multinationales ne veulent pas de la liberté d’entreprendre qui nuit à leurs profits.

Le GAFA ne veut pas de la liberté de s’exprimer qui nuit à leur main prise totale sur chaque humain hypnotisé par son ordinateur et son téléphone portable.

Les médias ne veulent pas de la liberté de penser qui nuit à leur traitement inique de l’information au profit de leurs commanditaires.

Les Démocrates ne veulent pas de la liberté tout court, qui nuit à leurs malversations, à leurs alliances avec les dictatures, à leur programme « social » destiné à provoquer davantage de soumission et de dépendance.

Contre cette « vague bleue » qui ressemble davantage au remugle vomi par l’antre infernal des privilégiés, il n’y a qu’un homme pour se battre envers et contre tous. Cet homme n’était pas un politicien mais un courageux patriote amoureux de son pays et de son peuple. Un homme qui s’était fait élire pour nettoyer le marécage infesté par les bactéries du parti de l’esclavage et qui était bien près d’y arriver.

Il reste encore une chance d’empêcher ce scénario catastrophe de se produire.  Elle passe par un combat juridique avec le soutien de tout le peuple.

  • Contre les médias
  • Contre le GAFA
  • Contre BLM et Antifa
  • Contre le Big Tech
  • Contre Wall Street
  • Contre les Islamistes aux visages d’ange
  • Contre les soit disant « bien-pensants »

Le peuple américain doit se dresser sur ses jambes et crier : LIBERTE

Voir aussi:

Donald Trump, Counterrevolutionary
Against all the money and clout of America’s revolutionary forces, the counterrevolutionary Trump had only one asset, the proverbial people.
Victor Davis Hanson
American greatness
November 1, 2020

Until Donald Trump’s arrival, the globalist revolution was almost solidified and institutionalized—with the United States increasingly its greatest and most “woke” advocate. We know its bipartisan establishment contours.

China would inherit the world in 20 or 30 years. The self-appointed task of American elites—many of whom had already been enriched and compromised by Chinese partners and joint ventures—was to facilitate this all-in-the-family transition in the manner of the imperial British hand-off of hegemony to the United States in the late 1940s.

Our best and brightest like the Biden family, Senator Dianne Feinstein (D-Calif.), Bill Gates, or Mark Zuckerberg would enlighten us about the “real” China, so we yokels would not fall into Neanderthal bitterness as they managed our foreordained decline.

We would usher China into “the world community”—grimacing at, but overlooking the destruction it wrought on the global commercial order and the American interior.

We would politely forget about Hong Kong, Taiwan, Tibet, and the Uyghurs. Hollywood would nod as it put out more lucrative comic-book and cartoonish films for the Chinese markets, albeit with mandated lighter-skinned actors.

The NBA would nod twice and trash a democratic United States, while praising genocidal China—becoming richer and more esteemed abroad to make up for becoming boring and poorer at home. The universities would nod three times, and see a crime not in Chinese espionage and security breaches, but in the reporting of them as crimes.

So our revolutionary role would be to play stuffy and snooty Athenian philosophers to the new muscular Roman legions of China.

Given our elites’ superior morality, genius, and sense of self, we would gently chide and cajole our Chinese masters into becoming enlightened world overseers and democrats—all the easier, the richer and more affluent Chinese became.

For now, Trump has stopped that revolution.

Internal Counterrevolutions
Until Trump’s arrival, Big Tech was three-quarters home on the road to Nineteen Eighty-Four. Five or six companies monopolized most American—and indeed the world’s—access and use of the internet. In cynical fashion, Silicon Valley grandees patronized naïve conservatives that they were the supposed embodiment of Milton Friedman libertarianism and 19th century robber baron daring. Yet to their leftist kindred, the moguls of Menlo Park simultaneously whispered, “Don’t worry about such necessary disinformation: we will enrich only your candidates, only your agendas, only your foundations, only your universities—in exchange for your exemptions.”

Antitrust legislation was as much an anathema to good liberals as rigging searches, institutionalizing the cancel culture, and censoring thoughts and ideas were welcomed. For now Trump, almost alone, is battling that revolution.

Until Trump’s arrival, there was increasingly no border at all. Fifty-million foreign-born resided, both legally and illegally, in the United States. Nearly a million annually walked northward across the border with ease and without legal sanction or invitation. To object to illegal immigration and decry its deleterious effects on the entry-level wages of our working poor, on the social safety net of the American needy, and on the sanctity of the law was to be smeared as racist, xenophobic, and nativist.

More than a quarter of California’s current resident population were not born in the United States. That desirous “new demography” since 1988 had flipped California into a caring blue state. Open borders and the end of immigration law enforcement had pushed Nevada, New Mexico, and Colorado into just Democratic societies, and was supposedly soon to transform Texas and Arizona into enlightened states. For now, Trump—with his soon-to-be 400-mile wall, his beefed up ICE, and his war on sanctuary nullification zones—has nearly stopped the revolution to end borders.

Until Trump, the American interior was loser country. In-between the two gilded coasts resided the deplorables, irredeemables, clingers, the smelly Walmart patrons decried in the Page-Strzok text echanges, those John McCain called “crazies,” and Joe Biden has variously called the “dregs,” the “chumps” and the “ugly folks.” They were written off as Morlocks, who were occasionally seen poking about the rotting, rusting skeletons of abandoned steel plants, and for some reason never had proper orthodontics as children.

Obama laughed about the “magic wand” needed to revive these unrevivable people. Larry Summers reportedly called such an idea a “fantasy.” He was said to have  praised the meritocracy that properly gives to such losers what they justly deserve. Very caring and very humane elites felt very little for supposedly very expendable riffraff.

Translated, that meant on the eve of the Chinese takeover, our clueless deplorables never learned to code, or to borrow $200,000 to get a woke-studies education, and so deserved the opioids they took and the trailers they crashed in.

Few apostates said, “Wait a minute! The United States has cheaper energy than anywhere on earth, a skilled workforce, a huge domestic market, and a still-viable infrastructure. There was a reason why Michigan, Ohio, and Pennsylvania once led the world and why they can again.” Through tax reform, deregulation, trade rebooting, a new foreign policy, and loud jawboning, Trump for a while has stopped the revolution that was destroying our once greatest states.

Until Trump, the woke cultural wars were just about won by the elites. Seeking unity was dead; chest-pounding diversity, often the spark that had ignited history’s multiracial societies, was ascendent.

The melting pot that sought to make race incidental was deemed racist; the salad bowl that made our superficial appearances essential was celebrated. Quite affluent, self-appointed minority leaders, with their quite wealthy white liberal counterparts, established who is, and who “ain’t,” “really” black—the definition resting on whether one was loyally left-wing or disloyally independent-minded.

The success of civil rights was not to be calibrated by black unemployment figures, household income, family businesses, dignity in having leverage over employers, access to competitive parochial and charter schools, or descending abortion rates, but in electing more activists as progressive mayors, liberal city councilmembers, and leftist district attorneys to garner more redistributive state money to hire more careerists like themselves.

Trump, branded a bigot and racist, for now has sought to end that revolution, and measure race relations not by how many minority elites have choice jobs and high incomes, but by how well the entire minority community reaches income and employment parity with the general population—an idea that will earn the “racist” Trump far greater minority support than was expressed for John McCain and Mitt Romney.

Can the Revolution Be Stopped?
We are in the midst of a cultural revolution, for the most part driven by angry middle-and upper-class white youth of Antifa and its sympathizers, wannabes, and enablers. Many are humiliated that they have college pedigrees, lots of multi thousand-dollar debt, plenty of woke-studies classes to their credit, but still have no real jobs, no real knowledge, and no real immediate chances of buying a house, marrying, and raising a family in their 20s.

Nothing in history is more dangerous than the underemployed wannabe intellectual or college graduate, whose cultivated sense of superiority is not matched by his income or standard of living, but who blames “them” for his own self-inflicted miseries and unappreciated genius.

The revolution toppled statues, renamed what it did not like, Trotskyized the past, photoshopped the present, and used language, government, and cultural intimidation to do its best to make America into Animal Farm.

Corporate CEOs in terror washed the feet of the woke. University presidents, fearful for their status and careers, wrote incomprehensible memos admitting their past sins and asking how best to do present penance. Hollywood studio owners promised race and gender quotas, with ample provisions that—in the manner of NBA and NFL owners—adjustments and exceptions could be worked out for themselves.

Somewhere, somehow graduations, dorms, and campus spaces, all segregated by race, became “liberal.” Intermarriage, integration, and assimilation were shamefully illiberal. Standing for the National Anthem was unpatriotic; sitting in disdain for it, cool. Donald Trump fought that revolution too.

What tools did Donald Trump have to wage these many counterrevolutions?

The media? America’s Fortune 400? Academia? The great foundations? The nation’s think tanks? The bipartisan government establishment? The international community? The banks? Wall Street? Corporate CEOs? Silicon Valley? Professional sports? The entertainment industry? Hollywood? The intelligence community? The current and retired top military brass?

In fact, none of them. All had joined or enabled the revolution, on the theory either that their wealth and influence would shield them and their own from its excesses, or like naïve Kerenskyites their status would impress and win over even those who targeted them, or they were inner revolutionaries themselves all along, just waiting to be freed at last by BLM and Antifa.

Against all that money and clout, the counterrevolutionary Trump had only one asset, the proverbial people. He had solely the under-polled and the written-off. They came out to his rallies in the tens of thousands, deluded the pollsters, and told the media less than nothing, but voted and will vote in waves to save America from what it was becoming.

Voir également:

Trumpism: Then, Now—and in the Future?
Victor Davis Hanson

What was, is, and will be the Trump agenda?

Against all odds, what elected Trump in 2016 was a recalibration of American foreign and domestic policy—and the art of politicking itself.

Doctrine and Policy

In foreign affairs, the United States would no longer adhere to every aspect of the 75-year-old postwar order it created—given the world now bore little resemblance to the world of 1945.

Prior bipartisan foreign policy had often ossified to the point of enhancing the power of our enemies, weakening our complacent friends, and terribly damaging our own power. When Trump entered office, ISIS was proving that it was hardly a “JV” organization. North Korea was recklessly testing missiles and bragging of its nuclear-tipped rockets pointed at our West Coast.

Israel and the moderate Arab regimes were ostracized as part of the insane Obama empowerment of theocratic Iran and its quest for a radical crescent encompassing Syria, Lebanon, Hezbollah, and Hamas.

Russian reset was an utter failure. Unhinged, we were hectoring Vladimir Putin on human rights while agreeing to dismantle missile defense in Europe, if he would just please behave for a bit, and give Obama space during his 2012 reelection bid. The Asian pivot was laughable. Our friendly and hostile trading partners praised the Obama Administration in direct proportion to their manipulation of it.

In the 1950s, it was understandable that the United States would spend blood and treasure abroad to resurrect the destroyed economies after World War II and contain Soviet Communism. Its policy of allowing recovering allies to run up huge trade deficits to reenter the world community was seen both as desirable and affordable, as was putting down Communist insurrections the world over to contain the Soviet Union.

Western Europe, Japan, Taiwan, and South Korea became powerhouses, often with wide open, one-sided access to U.S. markets. China would never have achieved its 40-year stunning ascendence had America applied to Chinese trade the same mercantilism that China applied to the United States.

By 2016, it was clear that a host of world and international trade and development organizations took for granted U.S. moral and financial support, while assuming wide open entrance for all into the U.S. market.

The result of the globalist project was the destruction of much of the American interior’s manufacturing and assembly industries. Those whose labor could not be so easily xeroxed—Silicon Valley, Wall Street, banking and insurance, big law, the media, entertainment, professional sports, and large research universities—saw their markets expand to 7 billion consumers. Coastal elites got rich. Interior deplorables and clingers were said to have deserved their fate by not going to college or failing to learn how to code.

They were lectured that not even a magic wand could save their jobs, or, in the words of Lawrence Summers, former Harvard president and the architect of President Obama’s team of economic advisers, they deserved their unfortunate fates, which in our meritocracy matched their meager abilities. “One of the challenges in our society is that the truth is a kind of disequalizer,”  Summers reportedly once said. “One of the reasons that inequality has probably gone up in our society is that people are being treated closer to the way that they’re supposed to be treated.”.

Into that comfortable matrix of easing into decline, Trump stormed in. He damned globalists as elites who cared more about abstractions abroad than unfairness and the poor at home right under their noses.

To restore U.S. primacy, he greenlighted gas and oil production. When the United States became the largest producer of both, much of the world changed. The Middle East no longer had a political stranglehold over U.S. foreign policy. Russia, and illiberal regimes like Iran, lost hundreds of billions in carbon income. American consumers and industry enjoyed the cheapest energy prices in the Westernized world. And the elite dismissed all that as too damaging to the planet.

Tax reform and deregulation lured back to U.S. shores offshored money and opened up trillions of dollars for investment that had been inert—the owners of which had been understandably worried by the redistributionist rhetoric and policies of the increasingly leftwing second-term Obama Administration and its recalibration of the Democratic Party.

Closing the border with Mexico slowly tapered off the once-endless supplies of cheap imported labor. For the first time in a half-century, the American worker was courted by needy employers who paid record entry-level wages, as unemployment fell to near historic peacetime lows.

Minority youth were no longer begging employers for a chance of a job, but rather were being begged by them to come to work. Ancient fights over unions and minimum wages faded as an increasingly wealthy America saw middle-class income soar for the first time in years as employers paid whatever was necessary to land American workers.

Trump stopped most optional military interventions that did not pencil out in a cost-benefit advantage for the United States—or for regional stability. Instead, don’t-tread-on-me realism bombed ISIS out of existence and took out the terrorist Iranian mastermind Qasem Soleimani, or threatened Kim Jong-un with massive retaliation if he dared launch a missile toward the United States.

At no time did Trump think he should remove Bashar al-Assad and try to create a Western democracy in Syria, or invade and overthrow the Iranian regime—as opposed to slowly strangle them with sanctions, new alliances, and military deterrence. There was no desire to return to spend money or lives in Libya or Iraq to establish or reboot democratic institutions.

There were two final pillars of the new Trump foreign policy. One was to talk honestly to allies about investing in their own defense as promised. Most not only counted on U.S. protection but often loudly seemed to resent their ensuing dependence by opportunistically ankle-biting the United States for its global policeman role.

Western Europe and Asia, and especially Germany and Japan, were told that if Russia and China really were existential threats, then such front-line states had to commensurately invest in their own defense first—at least if they to expected 19-year-olds from rural Michigan or northern Florida to fly over to their defense.

Unpredictability was seen as safer deterrence in a dangerous world than predictable and ossified policy.

So, against all advice, Trump called China to account for its commercial cheating and insidious infiltration into Western banking, corporate, media, entertainment, and academic institutions. He cut off aid to Palestinians who refused to recognize Israel, moved the U.S. embassy to Jerusalem, reminded the Assad regime that it would never recover the Golan Heights to launch another war on Israel, encouraged the moderate Arab world to ally with Israel to protect against revolutionary Shiite Iran, and reminded Canada and Mexico that one reason why they had small militaries, and growing economies, was their proximity to the United States—and thus such magnanimity should be reciprocated with symmetry rather than seen as naïveté that explained its continuance.

Class, Not Race

The second pillar of Trumpism was a shift in Republican orthodoxy to reemphasize class differences and in radically different ways.

No longer was there talk of privatizing Social Security, institutionalizing free (but not fair) trade, or following international commercial accords against the interest of an increasingly hollowed out American middle class. Deregulation and cuts in corporate taxes galvanized the economy and indeed profits “trickled down” to the hoi polloi. But such necessary free-market reforms were not the be-all and end-all of Republican orthodoxy, which was now readjusted to be more in the interest of the factory worker, not just the Wall Street investor.

Closing the border cut off the easy supply of cheap labor for corporations. Only that way would wages of entry-level and largely minority workers rise. More radially, Trumpism did not see the middle classes as spent, addicted, eroding and doomed, much less as deplorables, clingers, irredeemables, dregs, and chumps as the coastal elites increasingly liked to smear them. And Trump certainly did not see poor whites, without much influence, as privileged, and thus in need of making atonement for supposed sins of the past or the present.

One reason why Trump is libeled as a racist is that he saw through the white elite con of blaming those without advantage for bias and prejudice, in order to win psychological exemption for the elite’s own near-monopoly on blue-chip university admissions, corporate, media and academic old-boy access and cultural influence.

Bull-in-the-China-Shopism

Aside from fundamental changes in foreign and democratic policy, and renewed emphasis on class instead of race, Trumpism changed the political dialectic.

Of course, Trump could be crude, even at times bullying and profane. But much of his braggadocio and vulgarity were designed as chemotherapy to kill the cancer of the administrative state and the lock-hold on permanent government by the revolving-door, bipartisan coastal elite.

The reasons why Trump just days after his inauguration faced a failed impeachment, or calls for his removal by the 25th Amendment, or even talk of a military coup, or the Steele dossier hoax that led to a $40 million, 22-month effort by progressives to destroy his presidency, his person and his family, were manifold. But one cause surely was that Trump was orphaned from the hard-Left Democratic Party and the Republican establishment and seemed either to welcome the ostracism or not be fully cognizant of the cost that it entailed.

True, Trump may have defined presidential comportment down with his “sleepy,” “crooked,” “lying,” and “low-energy” epithets and with his crowds cheering to “lock her up.” But then again, what was so moral in the past about mellifluously assuring Americans they would lose neither their doctor nor their health plan—to the amusement of the likes of Jonathan Gruber who knew all along that they would? Or ramming through the Iran Deal by bypassing the treaty duties of the U.S. Senate, while deluding the country with a “know-nothing” media echo chamber? If we learned anything from the Obama years, supposedly “scandal-free” presidents might do anything from weaponizing the IRS and siccing the FBI on opponents to dismantling viable allied missile defense to leverage foreign leaders to aid their reelection campaigns—and then call all that moral, with a chorus of media assent.

When a man takes on the role of the gunslinger arriving in the town to clean up the mess, one must expect that his methods and comportment will offend his supporters as much as they terrified his adversaries, all the more so as he succeeds and thus the beneficiaries see an end on the horizon to their embarrassing need to have called in the unorthodox to do what their own polite conventionality should have done, but choose not (or did not have the courage) to do.

The Fate of Trumpism 

We can sense the viability of Trumpism by the current lack of coherent attacks on its principles and achievements. Would a President Mitt Romney demand that the U.S. embassy now leave Jerusalem? Would a President Nikki Haley cease the new containment of China? Would a President Marco Rubio return to the Bush-Obama coaxing of NATO partners to please, pretty please pay up what they had promised?

Or alternatively, would a President Joe Biden warn the Arab countries to cease their “destabilizing” new partnership with Israel?

Would he jawbone them to return the autocratic Palestinians to front and center of the Middle East “peace” plan? Would a President Biden begin dismantling 400 miles of border wall and return to open borders?

At home, Biden most certainly would raise taxes, restore cumbersome regulations, strangle the fossil fuel industry, and return to identity politics pandering. But after the 2017-20 Trump boom, he would do so without any expectation that the economy would grow or the country would heal or the world would suddenly cool down and the seas cease to rise.

Biden knows that under Obama a natural recovery stagnated, a uniter president ignited the country with his team of racial arsonists, and the government wasted billions of dollars in green boondoggles even as a hamstrung private sector did far more than Washington to expand the use of solar energy and electric cars.

And what about the NeverTrumper—always wrong that Trump would not be nominated or not be elected or be destroyed by “Russian collusion”? At the end of Trump, whether in 2020 and 2024, would they resurrect the Weekly Standard or return to the Sunday talk shows? Would the legions of handlers, operatives and advisors return to recalibrate all the party Senate and House races along the lines of a Mitt Romney or John McCain orthodoxy? Would the NeverTrump Phoenix arise to save the Republican Party from the ashes of Trumpism—on the principle that deplorables would always support RINO candidates, but RINOS would bolt the minute a deplorable candidate appeared. Could a Jeff Flake or a Ben Sasse or a John Kasich candidacy shatter the Blue Wall?

Probably not at all. Elite Republicanism would fail because the white working classes would return either to political hibernation in the swing states or rejoin the Democratic Party. Growing minority support would vanish because blacks and Latinos would see platitudinous and pandering Republicans as far more injurious to their futures than was a crudely talking, Queens-accented populist Trump.

Trumpism did not dismantle Republican conservatism. It simply enhanced conservative appeal by closing the border, confronting China, demanding fair trade, avoiding optional military expeditions, emphasizing the concerns of the working class, and redefining presidential behavior as boisterously honoring promises rather than mellifluously reneging on them.

Whatever Trump’s fate, the NeverTrump faction will not succeed in rebuilding a new-old Republican Party under the Bush-McCain-Romney paradigm. Biden and his leftist masters would not be able to lower minority unemployment to Trump levels. Neither would they declare an end to containing China and claim such past confrontation was an unnecessary provocation.

Like it or not, Trump hit on a great truth that no leader can write off his country’s vast industrial interior, destroy his nation’s borders, willingly cede global leadership to a Communist dictatorship, manipulate intelligence agencies to destroy political opponents, prefer to manage decline rather than to seek renewal, and meanwhile, as he did all that, call himself moral and presidential.

Voir de même:

Présidentielle américaine : pourquoi Donald Trump veut-il saisir la Cour suprême ?

DÉCRYPTAGE – Après une journée de vote à l’issue très incertaine, le président américain a annoncé vouloir saisir la Cour suprême, pour que «la loi soit respectée et utilisée de manière appropriée». Explications.

Luc Lenoir
Le Figaro

«C’est une fraude contre le peuple américain» : l’accusation faite par Donald Trump, dans une conférence improvisée à deux heures du matin, est grave. «Franchement, nous avons gagné ces élections. Notre but est d’en assurer l’intégrité, nous allons gagner cela», attaquait le président américain, annonçant dans la foulée saisir la Cour suprême, pour que «la loi soit respectée et utilisée de manière appropriée». Mais de quoi parlait-il?

L’action juridique que s’apprête à entamer le camp républicain est très concrète : l’enjeu est de faire arrêter la réception des bulletins au jour du vote, dans le cadre de la procédure du vote par correspondance. «Nous souhaitons que les votes soient arrêtés, on ne veut pas qu’ils retrouvent des votes à 4 heures du matin», a ainsi détaillé le candidat dans sa prise de parole, évoquant une controverse juridique qui dure depuis plusieurs mois, et qui pourrait faire basculer l’élection.

Plusieurs cours locales ont autorisé la réception de votes en retard

Tout au long de l’été, plusieurs cours suprêmes étatiques ont en effet pris des mesures autorisant la réception et le comptage des bulletins de vote même arrivés jusqu’à plusieurs jours après le 3 novembre. Au motif que l’extension permettrait une meilleure prise en compte des votes à distance en période de pandémie, la cour de Pennsylvanie a ainsi autorisé les votes arrivant jusqu’au 6 novembre. Dans le Nevada, le délai court jusqu’au 10 novembre. En Caroline du Nord, c’est jusqu’au 12 novembre que les votes envoyés peuvent être réceptionnés. Environ vingt états ont vu cette tolérance mise en place, parfois contre l’avis des parlements.

Des décisions qui avaient été très controversées : pour le parti républicain, le contexte sanitaire ne justifiait en rien une extension du délai de vote à distance, de toute façon sans risque. De plus, selon les équipes de campagne du président en exercice, les cours suprêmes locales outrepassaient leurs pouvoirs, car le choix des modalités de vote revient normalement aux assemblées législatives de chaque État. Les possibilités de fraude électorale par ce biais avaient également été soulevées : dans le Minnesota, les avocats du parti républicain, cités par MPRNews, avaient souligné que les modalités locales «[autorisaient] les votes reçus jusqu’à huit jours après le scrutin et sans cachet postal à être pris en compte». En réponse, plusieurs médias soulignaient que, le vote à distance étant traditionnellement plutôt utilisé par les électeurs démocrates aux États-Unis, les Républicains refusaient un mécanisme défavorable pour eux.

Plusieurs actions juridiques à prévoir

Consultée sur la mesure de ce type prise en Pennsylvanie, la Cour suprême des États-Unis a botté en touche le 28 octobre, refusant de bloquer la décision, tout en indiquant qu’elle se réservait le droit de revenir sur sa position après l’élection. Dans le détail, quatre juges conservateurs (Clarence Thomas, Samuel Alito Jr, Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh) avaient défendu la requête républicaine, tandis que quatre autres juges (les libéraux Stephen H. Breyer, Sonia Sotomayor et Elena Kagan et le président conservateur de la Cour John Roberts) souhaitaient la rejeter. Précision d’importance, la nouvelle juge Amy Coney Barrett, tout juste nommée par Donald Trump, n’avait pas pris part à ce débat, selon CNN.

Hier mardi, Donald Trump est revenu sur l’affaire et a déclaré dans un tweet que la décision de la Cour suprême était «TRÈS dangereuse […]. Cela va permettre une triche effrénée et incontrôlée et saper l’ensemble de notre État de droit. Cela va également entraîner des violences dans les rues. Quelque chose doit être fait!» ajoutait le président candidat.

Donald Trump et son équipe de campagne avaient déjà prévenu qu’ils pourraient entamer une action juridique pour interdire la prise en compte de ces bulletins postaux en retard, en interrogeant la capacité des cours suprêmes locales à imposer ces mécanismes, au regard de la Constitution américaine. Justin Clark, gestionnaire de campagne de Trump, affirmait dès lundi : «Ne vous y trompez pas, le président et son équipe continueront de se battre pour des élections libres et équitables et des résultats fiables que tous les Américains méritent». Selon The Hill , les actions juridiques de contestation devront commencer au niveau local avant d’atteindre, éventuellement, la Cour suprême. Si les votes pris en compte malgré leur retard s’avèrent déterminants pour l’élection, cela pourrait rallonger d’autant la période d’incertitude commencée cette nuit. Les résultats n’ont en effet pas encore été annoncés dans huit États.

La Cour suprême, déjà arbitre de l’élection en 2000

La situation actuelle rappelle naturellement le bras de fer qui avait suivi l’élection présidentielle de 2000, opposant George W. Bush à son rival démocrate Al Gore. Les résultats de la Floride avaient été contestés car l’écart ne dépassait pas quelques centaines de voix. Le code électoral de l’État avait alors permis de relancer de nouveaux décomptes pour vérification. Pendant 36 jours, plusieurs changements de vainqueur avaient eu lieu en fonction des dépouillements des comtés. La Cour suprême avait finalement, le 12 décembre 2000, rendu une décision donnant la victoire à George W. Bush, après avoir interrompu un énième décompte. Les juges s’étaient profondément divisés sur la question, cinq d’entre eux remportant la majorité, les quatre autres ayant fait état de leur dissidence dans le texte final. Le scénario pourrait-il se rejouer ces prochaines semaines ?

Voir de plus:

Aux États-Unis, les confessions d’un «fraudeur électoral» démocrate alimentent les soupçons

Dans un article du New York Post, un militant détaille ses techniques pour trafiquer le vote par correspondance. Des révélations mises en doute par des partisans démocrates.

Luc Lenoir

La démocratie américaine menacée ? Oui, mais par les démocrates ! Voilà une démonstration qui pourrait surprendre bien des spectateurs, habitués aux analyses sur les risques de confiscation du pouvoir par Donald Trump. Alors que la tension monte aux États-Unis autour de l’élection présidentielle, et des risques pesant sur le vote dans le contexte de lutte publique contre le coronavirus, le New York Post a en effet publié la «confession» d’un fraudeur engagé à gauche, qui affirme avoir truqué de nombreuses élections fédérales. Essentiellement dans le New Jersey, où il réside, mais en décrivant un système de manipulation existant dans de nombreux autres États. Le mobile du passage aux aveux ? Le militant serait un soutien acharné de Bernie Sanders et ne se voit pas soutenir la candidature de Joe Biden.

Le récit est d’importance car, sous la pression de la lutte contre le coronavirus, de nombreux électeurs annoncent avoir choisi cette année le vote à distance. Celui-ci existe sous deux formes dans les États américains. La première est le vote par procuration, plébiscité par le Président actuel pour sa sécurité, nécessitant une demande de la part du votant. Le second est le scrutin postal, pour lequel il suffit de renvoyer un formulaire dans une enveloppe spécifique prédistribuée.

Ouverture d’enveloppes à la vapeur, destruction de votes dans les quartiers républicains…

Et c’est dans ce type de votes que le témoin du New York Post affirme que la fraude «est plus une règle qu’une exception». À l’appui de sa démonstration, un véritable mode d’emploi de la fraude, avec plusieurs procédés possibles. La première technique consiste à utiliser l’enveloppe d’un votant, pour y mettre un bulletin obligatoirement démocrate. Il faut au préalable faire le tour des domiciles et convaincre les citoyens de laisser les fraudeurs poster leur courrier de vote à leur place. Une mission «beaucoup plus facile qu’on ne le pense», d’après le fraudeur cité par le journaliste Jonathan Levine, en se faisant passer pour une association de service public. Ensuite, l’enveloppe est ouverte à la vapeur, puis on y glisse un nouveau bulletin en falsifiant la signature. Pour éviter toute suspicion, les enveloppes rouvertes sont ensuite disséminées dans toutes les boîtes postales de la ville.

Les employés des postes peuvent également influer facilement sur l’élection, selon le témoin. «Vous avez un facteur qui est un type anti-Trump enragé et travaille à Bedminster ou dans un bastion républicain… Il peut prendre les bulletins de vote [remplis], et sachant que 95% sont en faveur d’un républicain, il peut simplement les jeter à la poubelle», explique-t-il. Un écho à l’histoire de certains lots de courriers électoraux retrouvés après le vote, lors d’élections locales à New York en 2017 ?

Autre «mine d’or» de votes à disposition, les lieux de vie accueillant des personnes fragiles. «Il y a des maisons de retraite où l’infirmière est en fait un opérateur rémunéré. Et elle va pièce par pièce voir ces personnes âgées, qui souhaitent voter pour se sentir utiles», déclare ainsi le lanceur d’alerte. Il suffit alors de remplir le bulletin pour eux et de leur faire signer ce que l’on veut…

Enfin, le témoin précise que, la plupart du temps, l’historique de participation aux élections est une information publique aux États-Unis. Une dernière technique, encore plus sauvage, consiste donc à aller voter, un jour d’élection, à la place d’un citoyen recensé comme abstentionniste, et qui ne risque pas de venir. Certains États ne demandent en effet pas de pièce d’identité. Une information déconcertante vue de France qui légitime la méfiance de certains observateurs pour ce type de scrutin.

L’investigation mise en doute par un observatoire progressiste

Interrogé par Fox News, le journaliste est revenu sur l’origine de l’article, soulignant que le fraudeur est venu à sa rencontre et a livré des «détails impressionnants» de crédibilité, requérant l’anonymat au vu des risques encourus. Rapidement, le camp républicain a mis en avant la publication. Les deux fils de Donald Trump ont tweeté un lien vers l’article, Eric Trump qualifiant le travail de «must-read».

Du côté de l’opposition, le témoignage semble plutôt gêner l’establishment démocrate. De même, les reprises de l’information viennent pour l’instant de médias à dominante pro-Trump. Media Matters for America (MMfA), une organisation progressiste spécialisée dans la veille des médias pro-républicains, s’est toutefois penchée sur le travail du New York Post. Elle liste d’abord une série de journalistes, activistes et personnalités républicaines en tout genre qui ont publié l’article sur leur compte twitter, soulignant que «les médias de droite et le GOP [Grand Old Party, parti Républicain] poussent depuis plusieurs années le mythe de la fraude électorale pour affaiblir la participation». Avant de citer une étude du «Brennan Center for Justice», un think-tank progressiste, qui certifiait en avril dernier que la fraude via «scrutin postal» est un «discours trompeur».

L’observatoire va jusqu’à questionner l’anonymat du témoin, un principe pourtant sacro-saint dans le journalisme d’investigation. En filigrane, une dénonciation de l’engagement partisan du New York Post, de ligne conservatrice et de Jonathan Levine, l’auteur de l’article. Sans donner d’éléments de réponse concrets, cette contre-offensive montre surtout la polarisation extrême atteinte par le système médiatique américain… et la méfiance régnant sur le scrutin du 3 novembre prochain.

Voir encore:

Woke Faced the Voters—and Lost

The 2020 election was a referendum on the progressive elite, and they were soundly defeated

In a week of surprises, California’s rejection of a ballot measure that would have allowed the state to resume its affirmative action program was among the most significant.

The measure, known as Proposition 16, wasn’t defeated by shy Trump voters. Polling showed Hispanic and other minority voters evenly split on the measure, and on Tuesday it was defeated in California’s most Latino counties.

California’s result is just one piece of the mounting evidence that voters on Tuesday threw a wrench in the progressive plan to leverage a « coalition of the ascendant » and an « emerging Democratic majority » to turn the country into a woke utopia.

The 2020 election was in large part a referendum on Democrats’ race baiting and pandering, starting with the party’s own elevation of Biden to the top of the ticket. Democrats’ rejection of Sens. Elizabeth Warren, Bernie Sanders, and Kamala Harris was a leading indicator that the media missed.

Millions of voters of all races made clear that they instead prefer the old ideals: equality of opportunity, economic freedom, and a society that judges its citizens not by the color of our skin, but the content of our character.

Beyond that, the president whom Democrats have lambasted for four years as a racist and a xenophobe turned out more minority voters than any Republican candidate in decades. It’s not just that right-wing Cubans handed Trump a surprise victory in south Florida; he clinched some of the nation’s most Latino counties, improved his margins with black men and women, and even earned commanding majorities in some Native American counties. And that exit poll data does not account for the shy Trump voters, an effect we presume may well be exaggerated among black and Hispanic voters.

Senate races yielded more bad news for the progressive left. Even if Joe Biden wins the White House, Sen. Mitch McConnell (R., Ky.), who easily overcame an $80 million challenge, will serve as a check on the ascendance of socialists such as Sens. Bernie Sanders (I., Vt.) and Elizabeth Warren (D., Mass.) to the Biden cabinet. Voters may have wanted Biden, but there’s a whole wing of his party they’d prefer to do without.

Some House Democrats can see the writing on the wall. Rep. Abigail Spanberger (D., Va.) reportedly told her caucus that the progressive push to defund the police and embrace « socialism » almost cost them the majority. Rep. Ruben Gallego (D., Ariz.) advised Democrats to drop the woke speak, starting with the bizarre « Latinx. »

Tuesday’s results should shatter the Democratic presumption that their party is destined to command the overwhelming and eternal support of minority voters—but it won’t. The politics fueled by racial grievance and personified by the « squad » of Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, and Rashida Tlaib is a cancer on the Democratic Party that it indulges at its own peril.

Voir aussi:

Despite ‘racist’ charges, Trump did better with minorities than any GOP candidate in 60 years

That narrative was always bunk. It finally died, once and for all, on Tuesday evening.

Team Trump and Republicans nationwide made unprecedented inroads with black and Hispanic voters. Nationally, preliminary numbers indicated that 26 percent of Trump’s voting share came from nonwhite voters — the highest percentage for a GOP presidential candidate since 1960.

In Florida’s Miami-Dade County, the heartland of Cuban America, Trump turned a 30-plus-point Hillary Clinton romp in 2016 into a narrow single-digit Joe Biden win. Texas’ Starr County, overwhelmingly Mexican American and positioned in the heart of the Rio Grande Valley, barely delivered for the Democrats. Biden’s Hispanic support in other key swing states, like Ohio and Georgia, tailed off from Clinton’s 2016 benchmarks.

Overall, exit polls indicated that 32 to 35 percent of Latinos voted for the president. And young black men are gravitating to the GOP at a remarkable pace (given the baseline).

It turns out that minorities aren’t so infatuated with the brand of unrepentant progressive “woke-ism” now peddled by the Alexandria Ocasio-Cortez wing of the Democratic Party. The political, legal, media, corporate and academic establishments have gone all-in on the woke agenda, peddling a toxic brew of intersectionality, socialism lite and Black Lives Matter anarchism. Latinos and many blacks aren’t buying it. As one Twitter wit quipped, Democrats may have won the “Latinx vote,” but they didn’t fare well with actual Latinos.

The cognitive dissonance on the part of our bicoastal ruling class is, and will be over the ensuing months, astonishing. The ruling elite is incapable of processing the notion that the MAGA hat-clad Bad Orange Man is not, in fact, an avatar for racist whites and a harbinger of impending fascism.

“Racism is Trump’s brand — but he outperformed the polls in large part with Hispanic and some black votes,” noted the New York Times’ Paul Krugman — apparently incapable of processing the possibility that racism isn’t, in fact, Trump’s brand.

Similar lamentations are ubiquitous among the blue-checked Twitterati. Many have taken to ­rationalizing the Latino shift by ­asserting that recent immigrants from Latin America secretly pine for a caudillo-style “strong man” — a laughable and intellectually dishonest exercise in denialism.

The progressive elites are genuinely incapable of understanding why it is that their nostrums have been rejected by a growing share of the populace. They can’t come to grips with the fact that their shambolic policy initiatives — and their unjust and fundamentally anti-American identity politics — are simply not all that popular with the fly-over country rubes, including “country rubes” of color. The 2020 election, in which the GOP defied the odds by maintaining the Senate and actually picking up seats in the House, was an emphatic rejection of the left-wing vision for America. No one wants AOC’s “Squad” — including Hispanic and black voters.

It’s yet unclear whether Team Trump will get a second term. But the path forward for the Republican Party is clear, regardless. The GOP, which already has its strong base of support among non-college-educated white voters, must learn to govern like a working-class, multiethnic, multiracial party.

This more populist variety of conservatism will be unabashedly traditionalist, humbler in its approach to America’s role on the world stage and economically attuned to the aspirations and needs of ordinary Americans — not those of Wall Street, Hollywood or Silicon Valley. It is a vision with real crossover appeal — a vision that can, and will, win.

Republicans have every reason to be optimistic about the future. The hectoring “demography-is-destiny” dolts have been shot down. A substantial chunk of minority voters rejected the lies that GOP populism is rooted in racism. They rejected the slanders that the president himself is a white supremacist. The media establishment won’t admit it anytime soon, but the GOP’s future is bright — and browner than many may have previously thought possible.

Voir encore:

Trump won record minority support — yet the left is calling it ‘racism’

In an ideal world, political parties would be about different approaches to governing. Yet too often in our nation’s history they’ve been about tribalism along regional, economic and, most divisively, racial lines.

Then came 2020: This Election Day, President Trump garnered the highest percentage of non-white votes for a Republican presidential candidate in 60 years. This movement toward balance should be celebrated by all, but not surprisingly, that is not what is happening.

Take MSNBC anchor Joy Reid, who claims that the election showed a “great amount of racism, anti-blackness and anti-wokeness.” Or The New York Times’ Charles Blow, who somehow sees this election as confirming the power of the “White Patriarchy.”

Writer Bree Newsome Bass conceded that some white voters had chosen Joe Biden but voted Republican down ballot to preserve “white rule.”

These people view everything through a racial lens. They’re convinced Trump is a racist and regard his broad support — half the country voted for him — as proof that the nation, as a whole, is likewise hopelessly racist.

A kind way to describe such reactions would be “unhinged.” Another way: terrified.

Between 2004 and 2016, black men and women gave between 88 percent and 95 percent of their votes to the Democratic candidate for president. This year, Trump won 18 percent of the vote among black men — a staggering number for a Republican.

To put that in visceral terms, of every six black men who voted, one voted for Trump.

He also made significant gains with Hispanic voters and even Muslim voters.

Trump has had significant accomplishments as president — halting the liberal, activist tilt of the courts, standing up to China, striking peace treaties that offer fresh hope in the Middle East peace, firing up the economy — but perhaps none is as important or has more far-reaching implications than his transformation of the GOP into a multiracial party. For all of his high principles and good hair, the last Republican candidate for president, Mitt Romney, could never have dreamed of such success among non-white voters.

So why are so many progressive and black intellectual elites so upset about the American political parties achieving so much more racial balance?

Some cynics might see it as simply sour grapes over the left’s loss of power and influence. Democrats assumed only they could speak for minorities, who it now turns out have their own ideas. But it also reflects a fundamental difference between how Americans view race and racism.

Over the past few decades, progressives have insisted racism is built into the system and the system must change (in progressive ways) to curb it — though it’s never been clear if they think it can ever be satisfactorily defeated. Those on the right, meanwhile, view racism as an issue of individuals holding irrational beliefs regarding minorities, which can be organically overcome.

In the 2020 election, we now see that millions of minority voters rejected the idea that their votes should be bound by identity politics, or as Joe Biden put it, that if you don’t vote Democratic, you ain’t black. That remark didn’t come out of nowhere. He was simply saying out loud what many on the left have long believed.

Fact is, Trump made the most direct appeal to non-white voters we’ve seen from a Republican in most of our lifetimes. And it worked.

This is also good news for America, and especially minorities. We now have a GOP that will be eager to maintain these gains, and a Democratic Party that can no longer take minority votes for granted.

And we can now stop believing the color of a person’s skin gives us certainty about their political affiliation — and that in and of itself strikes a blow at racism. It’s exciting: Individuals can be treated as individuals, rather than lumped into political boxes based on their racial group.

Some may find it ironic that it was Trump, of all people, who’s most responsible for this. But what matters is that the body politic has landed in a better, more equal and more promising place.

May our parties now be about politics, not racial division, and may every American feel free, regardless of skin color, to embrace the party of their choice.

Voir de même:

Présidentielle américaine: « Comme en 2016, les médias ont confondu prétention morale et réalité des faits »

TRIBUNE – La vague bleue annoncée par les sondeurs et espérée par des journalistes américains majoritairement anti-Trump n’a pas eu lieu, estime l’essayiste Renaud Beauchard*, qui regrette que la presse ait troqué l’objectivité pour le militantisme.

Renaud Beauchard

Leçons d’une élection américaine chaotique

Au terme d’une élection extraordinairement serrée, deux certitudes se dégagent: Trump n’était pas un accident de l’histoire, et l’intelligentsia prodémocrate qui a fait de sa détestation un programme a sous-estimé sa résilience. Benjamin Haddad dresse le bilan géopolitique du sortant contesté, tandis que Renaud Beauchard souligne que Trump est «à la fois le plus grand bonimenteur de l’histoire américaine et la personne sur laquelle on a le plus menti».


Le décalage entre les attentes grandioses d’une vague bleue annoncée par les sondages à grand renfort de médias comme en 2016 et l’incertitude caractérisée qui a régné hier rapporte la preuve éclatante qu’aucune des leçons de l’élection de 2016 n’ont été apprises. Pire, le zèle appliqué à ne pas comprendre ce qui s’est passé il y a quatre ans a conduit tous les leviers d’influence gravitant autour du Parti démocrate à se persuader qu’ils pouvaient propulser au-delà de la ligne d’arrivée un candidat sans programme, sans faire campagne et à la faveur de la seule détestation de Trump.

Faut-il le rappeler? Trump a été élu en tant qu’incarnation d’un rejet d’une grande partie d’Américains de la corruption d’une classe dirigeante fondant son titre à gouverner sur une expertise technocratique, et compensant son manque de légitimité par une revendication de plus en plus stridente d’expertise morale.

Contrairement aux craintes maintes et maintes fois exprimées, Trump n’a pas troqué sa dépouille d’animateur de téléréalité pour celle de dictateur, pas même de dictateur d’opérette. De dictature nous n’avons point vu venir. En revanche, nous avons vu la classe dirigeante destituée du bien qu’elle croyait lui revenir de droit se comporter comme un «gouvernement impérial en exil» se drapant dans sa supériorité morale pour se lancer dans une inquisition prolongée mêlant espionnage politique, mensonges constants au public sur des complots inexistants, et remise au goût du jour d’expressions maccarthystes comme la «déloyauté au pays».

De toutes les institutions abîmées non pas par Trump, mais plutôt par le sentiment de panique collective des élites nommé «Trump Derangement Syndrome», nulle n’en ressort moins affaiblie que les médias d’informations. Pour preuve du caractère endémique et banal du mensonge installé au cœur d’institutions hier saluées comme des modèles d’éthique journalistique, on citera les propos édifiants d’un chroniqueur du Washington Post à propos des révélations du New York Post sur l’affaire Hunter Biden: «Nous devons traiter les fuites sur Hunter Biden comme s’il s’agissait d’une opération menée par des services de renseignement étrangers – même si ça n’est probablement pas le cas.»

«Consentement des masses»

Quelques éclaircissements sont nécessaires pour montrer comment le journalisme américain a abandonné toute prétention à la vérité pour investir le champ moral et le rôle joué par l’accession de Trump à la présidence dans ce drame. Nous savions que le rôle de la presse avait été reformulé dès l’entre-deux-guerres sous l’impulsion de l’intellectuel néolibéral Walter Lippmann comme une mission de «manufacture du consentement des masses» à des choix publics décidés de façon de plus en plus technocratique du fait de la complexité croissante de la «grande société» advenue avec l’ère industrielle. une presse d’opinion très marquée au XIXe siècle et au début du XXe siècle succédait une presse se revendiquant de l’autorité de la science, organisée autour d’une éthique de «neutralité objective» qui a survécu cahin-caha jusqu’en 2016.

La victoire de Trump à la primaire républicaine de 2016 a fait voler cet équilibre en éclats pour des raisons autant éthiques que commerciales. Sur le plan éthique, ce changement est méthodiquement explicité dans un article de Jim Rutenberg paru dans le New York Times le 7 août 2016 intitulé «Trump met à l’épreuve les normes d’objectivité dans le journalisme». Selon Rutenberg, la perspective d’une présidence Trump était si dangereuse que le rôle du journaliste n’était plus de présenter les faits de façon neutre, mais «de se conformer aux attentes de vérité de ses lecteurs et spectateurs, et à la vérité factuelle, d’une façon qui tienne face au jugement de l’histoire.»

Il s’agissait d’un abandon pur et simple du critère de la neutralité objective au profit de celui de la clarté morale. Ce choix éthique était d’autant plus facile à faire qu’il se justifiait commercialement pour des médias alors menacés existentiellement du fait de l’éclatement du paysage médiatique en bulles cognitives partisanes consécutif à l’apparition de l’information en continu et de l’internet. Traiter copieusement du phénomène Trump tout en dénonçant l’installation de l’Antéchrist à la Maison-Blanche s’est révélé un extraordinaire gisement de contenus et de profits pour les médias mainstream.

Quoi qu’il se passe, tous les Américains sont les perdants de cette dialectique tragique

Un autre article du New York Times daté du 23 juin 2020 signé de Wesley Lowery titré «Une redéfinition de l’objectivité, dirigée par des journalistes noirs», permet d’en comprendre les aboutissants. Son auteur expose que l’objectivité est toujours jugée à l’aune d’un hypothétique lecteur impartial, invariablement assumé comme étant blanc. Appliquant ce traitement à l’Administration Trump, Lowery en déduit que Trump étant ontologiquement un raciste entouré de suprémacistes blancs,la clarté morale impose de traiter toute information concernant la Maison-Blanche, non pas sous l’angle de l’objectivité factuelle ou encore moins du respect d’institutions elles-mêmes souillées par le racisme, mais en prenant en compte à tout moment le racisme indélébile de l’homme occupant la fonction et du parti le soutenant.

Complétant les pièces du puzzle, c’est au nom de ce même principe de clarté morale que deux sénateurs démocrates, Mark Warner et Mazie Hirono, ont eu la brillante idée, après les révélations du scandale Cambridge Analytica, de menacer les grandes entreprises de la Silicon Valley de réglementation, à moins qu’elles ne s’engagent à «débusquer» les contenus fomentant la «discorde». Une recommandation que Twitter et Facebook ont appliqué à la lettre en censurant moins de deux semaines avant l’élection les contenus du New York Post rapportant des faits de corruption allégués à l’encontre de Hunter et Joe Biden, alors qu’ils se sont fait depuis quatre ans la chambre d’écho des allégations non vérifiées les plus folles concernant l’influence russe dans la vie politique américaine.

Plus que le choix de la personne qui occupera la Maison-Blanche à partir de janvier prochain, c’est cette question du rapport à la vérité que Trump, à la fois le plus grand bonimenteur de l’histoire américaine et la personne sur laquelle on a le plus menti, est parvenu à inviter au cœur des débats de la dernière ligne droite. Quoi qu’il se passe, tous les Américains sont les perdants de cette dialectique tragique.

* Professeur associé à l’American University Washington College of Law, à Washington DC, Renaud Beauchard est l’auteur de «Christopher Lasch. Un populisme vertueux» (Michalon, collection «Le bien commun», 2018).

Voir encore:

Lawyers Prepare for Court Battles in Pennsylvania, Michigan and Wisconsin

The Republican and Democratic parties have poured legal resources into three swing states where litigation could slow the tally of millions of mail-in ballots

Democrats, Republicans and voting-rights groups are readying for postelection legal battles in Pennsylvania, Michigan and Wisconsin—closely contested states where the late tallying of absentee ballots could result in litigation.

The Trump and Biden campaigns and the two major parties have poured legal resources into these three states, which President Trump crucially flipped from Democrats in his 2016 victory, and where he is closely trailing former Vice President Joe Biden, according to Real Clear Politics polling averages.

While other swing states are also seeing election litigation, Pennsylvania, Michigan and Wisconsin pose particular challenges because of their ballot-counting rules. None have yet begun tallying millions of mail-in ballots, as other states have done, and election officials in these states say they may report results on Wednesday and beyond.

Election law experts warn that any period of uncertainty over the election’s winner could spark legal fights. Adding to the focus on Pennsylvania, Wisconsin and Michigan: They are all split between Democratic governors and Republican-run legislatures, teeing up a partisan clash over counting votes.

Justin Riemer, the Republican National Committee’s chief counsel, said Pennsylvania is “certainly the epicenter, I think right now, for problems,” and a focus for both parties. The Republican Party has dozens of people deployed to Pennsylvania to monitor the situation and communicate with election officials at the state and county level, Mr. Riemer said.

Pennsylvania voters have requested a record number of more than 3 million absentee ballots this year. The state chapter of Common Cause, a left-leaning voting-rights advocacy group, has assigned 2,000 volunteers to voting sites in 11 counties that the group believes could have election-day problems. This army of poll watchers can funnel complaints to lawyers working with Common Cause, which has been involved in pre-election lawsuits over voting laws this year.

In Michigan, top Democratic attorneys will spend Election Day holed up in a “boiler room” at a hotel in Detroit, watching for problems across the state. Michigan has the country’s most decentralized election system, with different clerks and ballots in 1,600 districts. Each will have one poll watcher from each party, plus more for the absentee-ballot counting room. Republican lawyers said they would raise any issues with state officials, while bracing for possible litigation.

In Wisconsin, Democrats and Republicans have election-day litigation teams on standby. “If we have to document or challenge anything, we’ll do it,” said Wisconsin GOP Chairman Andrew Hitt.

Those efforts track with national moves by the Democratic and Republican parties, which have retained attorneys across the country with experience in election law, both nationally and at home. “We have been planning for any postelection litigation and recounts for well over a year,” said the RNC’s Mr. Riemer.

The Democratic Party began building what it calls voter-protection infrastructure much earlier than in previous election cycles, spreading tens of thousands of lawyers across the country and staffing programs in battlegrounds—like Pennsylvania, Wisconsin and Michigan—in early 2020.

“Our job is to make sure voters know all their options for voting and to protect their vote and make sure it’s counted,” said David Bergstein, director of battleground-state communications for the Democratic National Committee.

In a year when Covid-19 upended the rules for ballots, partisan disputes over voting rules and deadlines have resulted in lawsuits in at least 44 states, according to the Stanford-MIT Healthy Elections Project. Minnesota has also emerged as a potential postelection field of battle after a federal appeals court suggested Thursday that its extension of a mail-in vote deadline was unconstitutional.

But Pennsylvania, Wisconsin and Michigan stand out for their distinct rules for counting mail-in ballots. All three have received a record number of mail-in ballots, but laws in Pennsylvania and Wisconsin prohibit officials from counting them until Election Day. In Michigan, election officials in larger districts can process ballots—meaning opening and sorting them—during a 10-hour window on Nov. 2.

In recent weeks, a lawsuit filed by Pennsylvania Republicans reached the U.S. Supreme Court. A 4-4 order let stand a state Supreme Court decision allowing officials to count mail-in ballots received up to three days after Election Day. The court on Wednesday refused Republicans’ second request to hear the case before Election Day, but left open the possibility for postelection litigation.

Justice Samuel Alito, who backed the Pennsylvania Republicans’ position, suggested in a statement accompanying the order that considering those mail-in votes valid would allow state courts to undercut election rules set by the state’s GOP-controlled Legislature.

Newly sworn-in Justice Amy Coney Barrett could be a decisive vote when she begins hearing cases.

Pennsylvania’s attorney general, a Democrat, has directed county election boards to separate ballots received after Nov. 3.

Meanwhile, the U.S. Supreme Court rejected Democrats’ request to extend Wisconsin’s ballot-receipt deadline past Election Day.

In Michigan, a state appeals court ruled in Republicans’ favor earlier this month and blocked a 14-day extension for votes postmarked by Nov. 2.

Lawyers are gaming out what happens if prolonged ballot battles cause Pennsylvania, Wisconsin and Michigan to have no clear result before Dec. 8, the deadline for states to appoint presidential electors, and the Electoral College vote on Dec. 14. If vote counting collides with these deadlines, it is possible for a governor and state legislature to send different electors to Congress.

“We’re in uncharted legal territory,” said Mark Medish, co-founder of Keep Our Republic, a nonprofit formed this summer to preserve election integrity.

Voir enfin:

Les démocrates en ont-ils ?

(New York) Le temps est venu pour les démocrates de se battre comme des républicains, c’est-à-dire de frapper en dessous de la ceinture.

Depuis 2017, David Faris, politologue à l’Université Roosevelt de Chicago, martèle ce message dans des articles, des entrevues et un livre intitulé It’s Time to Fight Dirty.

Au cours des 20 dernières années, fait-il valoir, les républicains ont utilisé tous les moyens nécessaires pour renforcer leur représentation au Congrès et à la Cour suprême.

Ils ont adopté des mesures pour réduire la participation électorale des minorités, des pauvres et des étudiants, qui tendent à voter pour les démocrates.

Ils ont maximisé leur propre vote en découpant les circonscriptions électorales de certains États de façon hyper partisane.

Ils ont privé les démocrates d’un siège à la Cour suprême en refusant d’examiner la nomination du juge Merrick Garland pour remplacer Antonin Scalia en 2016.

La liste ne s’arrête pas là. Mais ce siège « volé » à la Cour suprême a convaincu David Faris que les démocrates devaient envisager des mesures de représailles. Dans It’s Time to Fight Dirty, publié en 2018, il leur a proposé une série d’actions pour assurer que le système de gouvernement américain reflète la volonté d’une majorité d’électeurs.

Figurent parmi ces actions : l’ajout de sièges à la Cour suprême ; l’attribution du statut d’État à la capitale fédérale (le district de Columbia) et à Porto Rico ; l’abolition du « filibuster », technique d’obstruction parlementaire permettant à une minorité de 40 sénateurs de bloquer l’adoption d’un projet de loi.

Les propositions de David Faris ont vite gagné des adeptes au sein de la gauche démocrate. Mais elles semblaient d’emblée trop radicales pour les plus modérés. Deux ans plus tard, ce n’est plus tout à fait le cas.

Et la détermination des républicains de confirmer la nomination de la juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême avant même l’élection présidentielle n’est pas étrangère à ce changement.

« Ils sont faibles »

David Faris se garde de se réjouir trop fort de la popularité soudaine de ses idées.

« Dans un sens, c’est décevant et, d’une certaine façon, effrayant que nous ayons atteint le point où nous devons en parler, dit-il en entrevue. Je pense que les républicains auraient pu endiguer ce mouvement en faveur de l’élargissement de la Cour suprême s’ils avaient fait preuve d’un peu plus de retenue dans la façon dont ils ont traité cette instance. »

D’un autre côté, c’est encourageant dans la mesure où, au moment d’écrire mon livre, je pensais moi-même que l’élargissement de la Cour suprême était improbable. Or, le fait de voir que des gens au Congrès comme Chuck Schumer et Jerry Nadler parlent aujourd’hui de ces idées signifie que nous avons parcouru beaucoup de chemin pour qu’elles deviennent réalité.

Mais David Faris se garde aussi de se réjouir trop vite.

Pour que l’une ou l’autre de ses idées se concrétisent, Joe Biden doit succéder à Donald Trump en tant que président, Chuck Schumer doit remplacer Mitch McConnell comme chef de la majorité au Sénat et Nancy Pelosi doit rester présidente de la Chambre des représentants.

Si ce trifecta devient réalité, les démocrates devront en outre prouver qu’ils en ont. Or, certains sont sceptiques à ce sujet.

« Ils sont faibles, ce sont des poules mouillées et ils ont peur », a déclaré l’analyste Jeffrey Toobin sur CNN lundi dernier. « Il y a une différence dans la façon dont les démocrates et les républicains mènent ces combats, et nous verrons si les démocrates apprennent quelque chose des républicains ici. Oui, c’est intéressant que Chuck Schumer ait dit que rien n’est exclu, mais ce n’est pas un engagement à faire quoi que ce soit. »

Comment expliquer la différence entre la façon dont les républicains et les démocrates mènent leurs combats ?

L’avis d’Obama

En répondant à cette question, David Faris évoque d’abord la menace existentielle que font peser sur le Parti républicain les changements démographiques. Il soulève ensuite la question de la polarisation politique, qui a contribué à son avis à une plus grande radicalisation des républicains que des démocrates.

« La droite comprend mieux à l’heure actuelle que certaines des choses qu’elle veut faire ne sont pas très populaires et qu’elle pourrait avoir besoin de violer les normes pour les faire passer au Congrès, ou pour faire en sorte que le pouvoir judiciaire ait l’apparence qu’elle souhaite », a-t-il dit.

De leur côté, a-t-il ajouté, les démocrates ont tendance à croire que « le temps joue en leur faveur » et que « le public punira l’hypocrisie ».

Cette attitude pourrait ne pas survivre à la confirmation de la juge Amy Coney Barrett, dont la philosophie juridique est aux antipodes de celle de Ruth Bader Ginsburg, icône féministe. Il y a même lieu de se demander si elle n’appartient pas déjà au passé, dans une certaine mesure. Après tout, la Chambre des représentants à majorité démocrate a adopté fin juin un projet de loi destiné à donner le statut d’État à la capitale fédérale. Barack Obama s’est pour sa part montré favorable à l’idée d’abolir le « filibuster » pour permettre l’adoption de nouvelles mesures pour protéger le droit de vote.

« Si tout cela demande d’éliminer l’obstruction systématique, une autre relique de Jim Crow, afin de garantir les droits de chaque Américain, alors c’est ce que nous devrions faire », a déclaré l’ancien président lors des funérailles de la figure des droits civiques John Lewis, fin juillet.

Il n’y a pas longtemps, Joe Biden écartait la plupart de ces idées du revers de la main, disant notamment se méfier des conséquences imprévues. Aujourd’hui, il qualifie de « légitimes » les questions sur le sujet, mais refuse d’y répondre. Sa prudence ne permet pas encore de conclure qu’il n’en a pas.

Voir par ailleurs:

Solution miracle ou fausse bonne idée ? Sept questions sur le vote par correspondance, qui fait débat avant le second tour des municipales

Pour l’heure, le gouvernement a rejeté l’idée de rétablir ce système supprimé en 1975 à cause des nombreuses fraudes qu’il générait. Mais plusieurs personnalités appellent à le réactiver pour le 28 juin, en raison des incertitudes autour de l’épidémie de Covid-19.

Ilan Caro
France Télévisions

Permettre au plus grand nombre de voter sans prendre le risque de relancer l’épidémie. Pour éviter l’abstention massive observée le 15 mars lors du premier tour des élections municipales, de plus en plus d’élus ou d’observateurs politiques militent pour la possibilité de voter par correspondance le 28 juin, date choisie par l’exécutif pour le second tour malgré les incertitudes sur l’évolution du Covid-19. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’est montré prêt à étudier cette possibilité, mardi 26 mai. Répondant à une question de la députée LR Josiane Corneloup sur le recours au vote par correspondance, Christophe Castaner a affirmé que l’objectif du gouvernement était de faire « en sorte qu’un maximum de Français puissent voter », dans « un cadre légal ou dans un cadre réglementaire qui peut évoluer d’ici au jour de l’élection« .

Si elle s’engageait dans cette voie, la France imiterait ainsi d’autres pays comme l’Allemagne, la Suisse ou les Etats-Unis. Pour l’heure, le gouvernement a rejeté l’idée de rétablir ce système supprimé en 1975 à cause des nombreuses fraudes qu’il générait. Pour ses promoteurs, le temps presse, puisque le scrutin doit se tenir dans seulement un mois.

Pourquoi certains demandent-ils la possibilité de voter à distance ?

« Si chacun d’entre nous peut décider en son âme et conscience de voter ou de ne pas voter, aucun d’entre nous ne saurait être empêché de voter. C’est ce qui s’est passé le 15  mars et c’est une injustice, une rupture du contrat démocratique », estime le maire de Nancy, Laurent Hénart, dans une interview au JDD. Le 15 mars, le premier tour du scrutin a en effet été marqué par une forte abstention (55,34%, contre 36,45% au premier tour des municipales 2014), liée en grande partie aux craintes face à l’épidémie de coronavirus.

Laurent Hénart demande donc, comme d’autres élus, « la possibilité d’expérimenter le vote par correspondance dans les communes volontaires ». Une solution qui permettrait selon lui « à chacun de s’exprimer sans risque ». Et qui éviterait aux communes d’organiser un scrutin physique. « Tous les bureaux de vote ne pourront pas respecter les préconisations du Conseil scientifique », explique-t-il à franceinfo. « A Nancy, j’ai 57 bureaux, 700 à 800 assesseurs dont les trois quarts ont plus de 65 ans. Comment faire fonctionner les bureaux dans ces conditions ? » s’interroge le patron du Mouvement radical.

Le maire de Nancy n’est pas le seul à plaider pour un vote par correspondance le 28 juin. « Je propose que – s’il y a des communes volontaires – l’on puisse expérimenter le vote par correspondance que l’on a utilisé en France pendant longtemps et qui a été abandonné, et le vote numérique, le vote par internet », a plaidé François Bayrou sur BFMTV. « On le fait pour les associations, les organisations syndicales, la totalité des consultations pour désigner des représentants notamment chez les enseignants », rappelle le patron du MoDem. Selon lui, « rien n’est plus facile que de garantir la sincérité du scrutin car toutes les listes électorales sont numérisées ».

Même demande du côté de Rachida Dati. Il faut que tous ceux qui veulent voter puissent voter. « Quel message on enverrait aux Français si on disait aux plus vulnérables qu’on n’a pas besoin d’eux pour la démocratie ? » a lancé l’ancienne garde des Sceaux sur RTL, réclamant entre autres « le rétablissement du vote par correspondance ».

Pour Sylvain Brouard, directeur de recherches à Science Po, « le risque, c’est qu’en faisant coûte que coûte un second tour dans les mêmes conditions et avec l’expérience du premier tour, le taux d’abstention sera encore plus fort ». Interrogé par franceinfo, il estime que le vote postal serait « la seule bonne solution ».

Le vote par correspondance, comment ça marcherait ?

Cette modalité de vote est actuellement possible en France pour l’élection des députés par les Français de l’étranger. Les partisans du vote par correspondance expliquent qu’il pourrait être mis facilement en oeuvre, par exemple via la propagande électorale.

Avant chaque scrutin, les électeurs reçoivent à domicile les professions de foi des candidats. Il suffirait d’y ajouter les bulletins de vote, l’enveloppe bleue que l’on met habituellement dans l’urne, ainsi que l’enveloppe permettant l’envoi postal, comportant le numéro de l’électeur et sa signature. « Ensuite, il y a plusieurs modalités de retour. Soit vous le faites par la poste, soit vous le déposez dans des boîtes dédiées », par exemple en mairie, détaille Sylvain Brouard.

Une fois reçus en mairie, les bulletins seraient alors mis dans des urnes, et le dépouillement serait organisé selon la procédure classique.

Dans quels pays est-il utilisé ?

La crise du Covid-19 a poussé certains pays à faciliter le recours au vote postal, mais la plupart d’entre eux l’utilisaient déjà auparavant. L’exemple le plus cité concerne les élections municipales en Bavière (Allemagne). Le premier tour, organisé le 18 mars en pleine épidémie, a enregistré une hausse de la participation, grâce à un plus fort taux de vote par correspondance. Un succès, à tel point que pour le second tour, le 29 mars, les bureaux de vote sont restés fermés, le vote postal devenant l’unique moyen d’accomplir son devoir de citoyen.

Instauré en 1957 en Allemagne pour faciliter le vote des personnes âgées ou handicapées, il a connu un succès grandissant à chaque élection, jusqu’à atteindre 28,6% des votes aux élections fédérales de 2017, note Le Monde.

En Suisse, chaque électeur est également libre de se rendre aux urnes ou de voter par correspondance, et même par voie électronique dans certains cantons. Aux Etats-Unis, où Donald Trump refuse sa généralisation à l’ensemble du territoire, l’Utah, l’Oregon, le Colorado, Hawaï et l’Etat de Washington sont passés depuis plusieurs années au vote postal à 100%, sans fraudes majeures.

Pourquoi la France l’a banni en 1975 ?

En France, le vote par correspondance a existé de l’après-guerre à 1975, date à laquelle une loi l’a interdit. Principale raison invoquée : les fraudes que ce système permettait. La presse de l’époque regorge d’histoires de scrutins truqués, notamment en Corse. Comme cette élection de 1973, dans une petite commune de l’île, où 200 votes par correspondance avaient été jugés irréguliers. « Trente-cinq d’entre eux avaient pu être décomptés grâce à des certificats médicaux établis par un médecin de Marseille décédé en 1971… deux ans plus tôt », relatait ainsi Le Monde.

Autre cas emblématique : le 2 novembre 1975, lors du premier tour des municipales à Ajaccio, la liste du parti bonapartiste avait recueilli 603 voix sur les 670 votes par correspondance. Mais en englobant le vote physique, ce même parti ne recueillait au total que 3 799 suffrages sur 11 308 suffrages exprimés

Quelques années plus tôt, des élus corses, principalement de gauche, avaient demandé l’abolition de ce système. « Le vol de suffrages est en quelque sorte légalisé depuis l’institution du vote par correspondance et les abus commis en son nom », critiquait ainsi le maire communiste de Sartène, Joseph Tramoni.

Fin 1975, un projet de loi est donc déposé pour mettre fin au vote par correspondance. Le 4 décembre, devant l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Michel Poniatowski, détaillait le type de fraudes relevées aux quatre coins de la France : bourrages d’urnes, « oubli » de bulletins dans le pli envoyé aux électeurs, faux certificats médicaux (à l’époque nécessaire pour voter par correspondance), etc. La loi fut définitivement votée le 19 décembre.

Extrait d'une intervention du ministre de l'Intérieur, Michel Poniatowski, le 4 décembre 1975 devant l'Assemblée nationale. (ASSEMBLEE NATIONALE)

Extrait d’une intervention du ministre de l’Intérieur, Michel Poniatowski, le 4 décembre 1975 devant l’Assemblée nationale. (ASSEMBLEE NATIONALE)

Entre les fraudes potentielles des électeurs eux-mêmes et celles réalisées une fois les bulletins arrivés en mairie, le vote par correspondance est jugé peu sécurisé par les spécialistes du droit électoral. « C’est un sytème qui permet totalement la fraude, car vous n’êtes sûr ni de l’émetteur ni du récepteur », tranche Jean-Pierre Camby, professeur associé à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, ancien haut fonctionnaire à l’Assemblée nationale et auteur de Bureau de vote, mode d’emploi (éditions Dalloz).

Y a-t-il des obstacles juridiques ?

Rétablir la possibilité de voter par correspondance nécessite le vote d’une loi. « Comme cette possibilité a déjà existé en 1975, il suffit d’un article de rétablissement », plaide Laurent Hénart. Début avril, la députée LR Josiane Corneloup a d’ailleurs déposé une proposition de loi en ce sens, proposition qui n’a aucune chance d’aboutir tant que le gouvernement s’y oppose.

Le vote d’une loi en un temps très resserré n’est en réalité pas un véritable obstacle, puisqu’il est toujours possible de légiférer en urgence. Le principal souci est plutôt d’ordre constitutionnel, du fait de la variation des modalités de vote entre le premier et le second tour d’une même élection, souligne Jean-Pierre Camby. Dans une note publiée sur internet, le professeur de droit public Romain Rambaud, met en avant « le principe de stabilité du droit électoral », qui consiste à ne pas changer les règles du scrutin trop peu de temps (par exemple moins d’un an) avant l’échéance.

Un risque d’inconstitutionnalité plus que relatif, selon le chercheur Sylvain Brouard. « Le Conseil constitutionnel a su se montrer assez coulant sur les derniers textes compte tenu de l’urgence sanitaire », remarque-t-il.

Les mairies seraient-elles capables de l’organiser ?

Laurent Hénart l’assure : centraliser les bulletins des 57 bureaux de vote de la ville de Nancy par courrier ne serait pas un problème. Pour Sylvain Brouard, c’est aussi « quelque chose de relativement simple, qui va plus vite que le déroulement d’un scrutin sur une journée dans les bureaux de vote ». D’ailleurs, avance le chercheur, les Etats américains qui l’ont adopté « l’ont fait avant tout pour des questions de coût ».

Si le vote par correspondance venait à être choisi pour le 28 juin, les agents territoriaux se verraient contraints d’appliquer des procédures bien différentes de celles qu’ils ont l’habitude de suivre scrutin après scrutin. « En termes de logistique, ce serait très lourd », estime un fonctionnaire rompu à l’organisation des élections dans sa commune, interrogé par franceinfo. « Il faudrait être sûr que les plis avec les professions de foi et les bulletins arrivent au moins deux semaines en amont afin d’être sûr qu’ils puissent être renvoyés dans les temps. » Le fonctionnaire rappelle en outre qu’une part non négligeable des électeurs n’habitent plus à l’adresse indiquée sur les listes électorales. « Et imaginez une grève de La Poste pile à ce moment-là ! »

Qu’envisage de faire le gouvernement ?

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a évacué la possibilité de rétablir le vote par correspondance. A moins que la pression des élus et de l’opinion ne s’amplifie dans les jours à venir, il ne faudra donc compter que sur un assouplissement des règles de vote existantes.

L’idée d’autoriser un même électeur à disposer de deux procurations (au lieu d’une seule actuellement), donc à voter à la place de deux autres électeurs qui lui ont donné procuration, pourrait recevoir les faveurs du gouvernement. Cette idée est notamment soutenue par la droite sénatoriale. Dans une interview au Parisien, Christophe Castaner propose également « d’élargir le nombre de personnes habilitées à établir des procurations », par exemple les directeurs d’Ehpad.

Voir aussi:

Le vote par correspondance peut-il faire capoter la présidentielle américaine ?

On s’attend à un record de bulletins envoyés par la poste. Des voix qui pourraient être contestées, surtout si le résultat est serré entre Trump et Biden.

Le Point.fr avec AFP


Présidentielle américaine: Quels débats biaisés et déséquilibrés ? (What if for a change questions were NOT primarily aimed at asking Trump about things that paint him poorly, then asking Biden how he would fix it ?)

24 octobre, 2020

Rukmini Callimachi interviewée par MSNBC en 2017The 1619 Project | 1APolitical Cartoons by Bob Gorrell

Soudain, Norman se sentit fier. Tout s’imposait à lui, avec force. Il était fier. Dans ce monde imparfait, les citoyens souverains de la première et de la plus grande Démocratie Electronique avaient, par l’intermédiaire de Norman Muller (par lui), exercé une fois de plus leur libre et inaliénable droit de vote. Le Votant (Isaac Asimov, 1955)
Yes. The media is biased. Biased against hatred, sexism, racism, incompetence, belligerence, inequality, To name a few. Jim Roberts (New York Times, 2016)
The first episode of Caliphate appeared on April 19, 2018, marking a major step toward The Times’s realization of its multimedia ambitions. It was promoted with a glossy marketing campaign that featured an arresting image, with the rubble of Mosul on one side and Ms. Callimachi’s face on the other. The series was 10 parts in all, including a new, sixth episode released on May 24 of that year detailing doubts about Abu Huzayfah’s story and The Times’s efforts to confirm it. The presentation carried an obvious, if implicit assumption: the central character of the narrative wasn’t making the whole story up. That assumption appeared to blow up a couple of weeks ago, on Sept. 25, when the Canadian police announced that they had arrested the man who called himself Abu Huzayfah, whose real name is Shehroze Chaudhry, under the country’s hoax law. The details of the Canadian investigation aren’t yet public. But the recriminations were swift among those who worked with Ms. Callimachi at The Times in the Middle East. “Maybe the solution is to change the podcast name to #hoax?” tweeted Margaret Coker, who left as The Times’s Iraq bureau chief in 2018 after a bitter dispute with Ms. Callimachi and now runs an investigative journalism start-up in Georgia. The Times has assigned a top editor, Dean Murphy, who heads the investigations reporting group, to review the reporting and editing process behind Caliphate and some of Ms. Callimachi’s other stories, and has also assigned an investigative correspondent with deep experience in national security reporting, Mark Mazzetti, to determine whether Mr. Chaudhry ever set foot in Syria and other questions opened by the arrest in Canada. The crisis now surrounding the podcast is as much about The Times as it is about Ms. Callimachi. She is, in many ways, the new model of a New York Times reporter. She combines the old school bravado of the parachuting, big foot reporter of the past, with a more modern savvy for surfing Twitter’s narrative waves and spotting the sorts of stories that will explode on the internet. She embraced audio as it became a key new business for the paper, and linked her identity and her own story of fleeing Romania as a child to her work. And she told the story of ISIS through the eyes of its members. Ms. Callimachi’s approach and her stories won her the support of some of the most powerful figures at The Times: early on, from Joe Kahn, who was foreign editor when Ms. Callimachi arrived and is now managing editor and viewed internally as the likely successor to the executive editor, Dean Baquet; and later, an assistant managing editor, Sam Dolnick, who oversees the paper’s successful audio team and is a member of the family that controls The Times. She was seen as a star — a standing that helped her survive a series of questions raised over the last six years by colleagues in the Middle East, including the bureau chiefs in Beirut, Anne Barnard, and Iraq, Ms. Coker, as well as the Syrian journalist who interpreted for her on a particularly contentious story about American hostages in 2014, Karam Shoumali. And it helped her weather criticism of specific stories from Arabic-speaking academics and other journalists. Many of those arguments have been re-examined in recent days in The Daily Beast, The Washington Post, and The New Republic. C.J. Chivers, an experienced war correspondent, clashed particularly bitterly with Mr. Kahn over Ms. Callimachi’s work, objecting to her approach to reporting on Western hostages taken by Islamic militants. Mr. Chivers warned editors of what he saw as her sensationalism and inaccuracy, and told Mr. Slackman, three Times people said, that turning a blind eye to problems with her work would “burn this place down.” Ms. Callimachi’s approach to storytelling aligned with a more profound shift underway at The Times. The paper is in the midst of an evolution from the stodgy paper of record into a juicy collection of great narratives, on the web and streaming services. And Ms. Callimachi’s success has been due, in part, to her ability to turn distant conflicts in Africa and the Middle East into irresistibly accessible stories. She was hired in 2014 from The Associated Press after she obtained internal Al Qaeda documents in Mali and shaped them into a darkly funny account of a penny-pinching terrorist bureaucracy. But the terror beat lends itself particularly well to the seductions of narrative journalism. Reporters looking for a terrifying yarn will find terrorist sources eager to help terrify. And journalists often find themselves relying on murderous and untrustworthy sources in situations where the facts are ambiguous. If you get something wrong, you probably won’t get a call from the ISIS press office seeking a correction. “If you scrutinized anyone’s record on reporting at Syria, everyone made grave, grave errors,” said Theo Padnos, a freelance journalist held hostage for two years and now working on a book, who said that The Times’s coverage of his cellmate’s escape alerted his captors to his complicity in it. “Rukmini is on the hot seat at the moment, but the sins were so general.” Terrorism coverage can also play easily into popular American hostility toward Muslims. Ms. Callimachi at times depicted terrorist supersoldiers, rather than the alienated and dangerous young men common in many cultures. That hype shows up in details like The Times’s description of the Charlie Hebdo shooters acting with “military precision.” By contrast, The Washington Post’s story suggested that the killers were, in fact, untrained, and noted a video showing them “cross each other’s paths as they advance up the street — a type of movement that professional military personnel are trained to avoid.” On Twitter, where she has nearly 400,000 followers, Ms. Callimachi speculated on possible ISIS involvement in high-profile attacks, including the 2017 Las Vegas shooting, which has not been attributed to the group. At one moment in the Caliphate podcast, Ms. Callimachi hears the doorbell ring at home and panics that ISIS has come for her, an effective dramatic flourish but not something American suburbanites had any reason to fear. Ms. Callimachi told me in an email that she’d received warnings from the F.B.I. of credible threats against her, and that in any event, that moment in the podcast “is not about ISIS or its presence in the suburbs, but about how deeply they had seeped into my mind.” Her work had impact at the highest levels. A former Trump aide, Sebastian Gorka, a leading voice for the White House’s early anti-Muslim immigration policies, quoted Ms. Callimachi’s work to reporters to predict a wave of ISIS attacks in the United States. Two Canadian national security experts wrote in Slate that the podcast “profoundly influenced the policy debate” and pushed Canada to leave the wives and children of ISIS fighters in Kurdish refugee camps. The haziness of the terrorism beat also raises the question of why The Times chose to pull this particular tale out of the chaotic canvas of Syria’s collapse. “The narrative her work perpetuates sensationalizes violence committed by Arabs or Muslims by focusing almost exclusively on — even pathologizing — their culture and religion,” said Alia Malek, the director of international reporting at the Newmark Graduate School of Journalism at CUNY and the author of a book about Syria. That narrative, she said, often ignores individuals’ motives and a geopolitical context that includes decades of American policy. “That might make for much more uncomfortable listening, but definitely more worthwhile.” Ms. Callimachi told me that she has been focused on “just how ordinary ISIS members are” and that her work “has always made a hard distinction between the faith practiced by over a billion people and the ideology of extremism.” Mr. Baquet declined to comment on the specifics of Ms. Callimachi’s reporting or the internal complaints about it, but he defended the sweep of her work on ISIS. “I don’t think there’s any question that ISIS was a major important player in terrorism,” he said, “and if you look at all of The Times’s reporting over many years, I think it’s a mix of reporting that helps you understand what gives rise to this.” (Mr. Baquet and Mr. Kahn, I should note here, are my boss’s boss’s boss and my boss’s boss, respectively, and my writing about The Times while on its payroll brings with it all sorts of potential conflicts of interest and is generally a bit of a nightmare.) While some of her colleagues in the Middle East and Washington found Ms. Callimachi’s approach to ISIS coverage overzealous, others admired her relentless work ethic. “Is she aggressive? Yes, and so are the best reporters,” said Adam Goldman, who covers the F.B.I. for The Times and has argued in favor of the kind of reporting on hostages that alienated Ms. Callimachi from other colleagues like Mr. Chivers. “None of us are infallible.” What is clear is that The Times should have been alert to the possibility that, in its signature audio documentary, it was listening too hard for the story it wanted to hear — “rooting for the story,” as The Post’s Erik Wemple put it on Friday. And while Mr. Baquet emphasized in an interview last week that the internal review would examine whether The Times wasn’t keeping to its standards in the audio department, the troubling patterns surrounding Ms. Callimachi’s reporting were clear before Caliphate. (…) Last month, that same cloud of doubt descended on Caliphate. And Ms. Callimachi now faces intense criticism from inside The Times and out — for her style of reporting, for the cinematic narratives in her writing and for The Times’s place in larger arguments about portrayals of terrorism. But while some of the coverage has portrayed her as a kind of rogue actor at The Times, my reporting suggests that she was delivering what the senior-most leaders of the news organization asked for, with their support. Ben Smith
La reporter Rukmini Callimachi, spécialiste de Daech, voit sa déontologie journalistique contestée. Son employeur, le New York Times, lance une enquête interne. (…) C’est un article d’un format très rare, que publiait hier le grand quotidien new-yorkais, puisqu’il émet des doutes sur certains articles et podcasts de Rukmini Callimachi, une pointure dans le journalisme international cette dernière décennie, particulièrement réputée pour sa couverture du groupe Etat islamique en Syrie et en Irak. « Il y a bien un problème Callimachi, et c’est un problème qui met en cause directement le New York Times », reconnaît donc son collègue Ben Smith qui signe l’article d’hier dont on sent bien que chaque mot a été savamment pesé. Rukmini Callimachi est contestée suite à l’arrestation au Canada d’un homme, un Canadien, qui prétendait avoir été combattant de Daech en Syrie et dont le témoignage avait alimenté le podcast de la journaliste du Times diffusé depuis deux ans, 10 épisodes de reportage audio intitulé « Califat » centrés justement sur des récits d’anciens djihadistes. Sauf que la justice canadienne a de bonnes raisons de croire que l’homme qu’elle a arrêté est un mythomane, qui n’a jamais mis les pieds au Moyen-Orient ni combattu pour le groupe Etat islamique. A partir de là, la question se pose : « Comment une journaliste censée avoir documenté d’aussi près l’horreur de Daech, et connaître son idéologie, son fonctionnement dans les moindres détails, a-t-elle pu se faire piéger par un faux terroriste ? » Cette question est formulée par Jacob Silvermann, dans The New Republic. Loin de conclure que Callimachi a sciemment fait confiance au Canadien malgré les zones d’ombres assez évidentes que présentait son témoignage, il s’interroge sur son rapport à ses sources et à ces histoires, vivantes, humaines, cette quête des récits incarnés au cœur du chaos qui a fait la signature et la gloire de la journaliste ces sept dernières années. Depuis l’arrestation du soi-disant djihadiste au Canada, le New York Times a lancé une enquête interne confiée à l’un de ses plus prestigieux enquêteurs qui va donc disséquer tout le travail de Rukimini Callimachi pour déterminer si elle a pu manquer de prudence et de déontologie sur d’autres reportages. Et si aucune conclusion n’est encore tirée de cette enquête, le quotidien peut faire autrement que d’entendre ce qu’il avait essayé d’ignorer jusque-là, les critiques émises depuis des années déjà par d’autres journalistes spécialistes du Moyen-Orient sur les méthodes de sa reporter-vedette : critiques sur sa quête effrénée et parfois « agressive » de l’histoire la plus édifiante ; critiques pour avoir sorti discrètement d’Irak, en 2018, des tonnes de documents récupérés dans les archives de Daech ; doutes sur le fait qu’elle ne maîtrisait pas la langue arabe ; sur l’hyper-personnalisation de ses reportages qui la mettaient très souvent en scène pour accentuer l’aspect sensationnel des sujets. Autant d’alertes qui n’avaient pas réussi à égratigner à l’époque l’aura de Rukmini Callimachi, mais qui trouvent, forcément, un écho à présent. La réaction du New York Times, qui ne cache rien aujourd’hui de cette crise, nous montre à quel point le journal prend la chose au sérieux et accepte de se remettre en question et notamment sur les travers de ce « journalisme narratif » qui s’impose depuis quelques années mais qui pose de vrais défis en terme de vérification des sources, sur des terrains de conflits complexes et dangereux, face à des personnages et des organisations aux motivations troubles, et connaissant l’habileté perverse avec laquelle Daech détourne nos codes et nos fantasmes journalistiques occidentaux. « Le travail de Rukmini Callimachi perpétue un récit qui sensationnalise la violence commise par des Arabes et des Musulmans, en mettant l’accent presque exclusivement, et maladivement, sur les dimensions religieuses et culturelles de cette violence » : c’est la responsable d’une prestigieuse école de journalisme new-yorkaise qui formule ainsi les reproches fait à la journaliste-star… laquelle, reconnaît enfin le New York Times, a « toujours travaillé avec l’approbation totale de son employeur ». Voilà au moins un quotidien qui n’élude pas (mais certes, a posteriori) sa part de responsabilité dans la tourmente. France Culture
Octobre 2020 restera dans l’histoire du « New York Times », fondé 169 ans plus tôt, comme l’un des mois les plus éprouvants pour la crédibilité de cette institution de la presse américaine. Shehroze Chaudhry, un Canadien de 25 ans qui prétendait avoir combattu dans les rangs de Daech en Syrie sous le surnom d’Abou Huzayfa, a en effet été arrêté par la police fédérale, non loin de Toronto. Mis en examen pour « incitation à craindre des activités terroristes » sur la base d’informations fabriquées (hoax), il risque jusqu’à cinq ans de prison pour ses affabulations. Or Abou Huzayfa a été, avec ses récits glaçants de décapitation et ses témoignages « de l’intérieur » de Daech, une des sources principales de reportages du « New York Times » sur l’organisation alors dirigée par Abou Bakr al-Baghdadi. Rukmini Callimachi est depuis 2014 la spécialiste des enquêtes du « New York Times » sur la mouvance jihadiste. Journaliste expérimentée, elle a débuté sa carrière comme freelance en Inde en 2001 et a, entre autres, dirigé le bureau de l’Associated Press pour l’Afrique occidentale (son travail sur des documents internes à Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), découverts à Tombouctou en 2013, lui avait alors valu une nomination au prix Pulitzer).  En 2016, elle avait été la première à publier une investigation approfondie sur l’Emni, le service de « sécurité » de Daech, chargé entre autres d’organiser des attentats sur le continent européen. Deux ans plus tard, le podcast « Caliphate » de Callimachi, diffusé sur dix épisodes, est une des émissions-phares censées marquer le tournant du « New York Times » vers de nouveaux supports multimédias. Shehroze Chaudhry, alias Abou Huzayfa, est l’un des témoins les plus retentissants de cette série sur les horreurs perpétrées par Daech. Il est vrai qu’il fournit complaisamment tous les détails qui permettent à l’auditeur américain de mieux se figurer une telle barbarie. L’importance accordée à cette seule source avait conduit la direction du « New York Times », peu avant le lancement de « Caliphate », à mobiliser des ressources conséquentes pour s’assurer de la fiabilité d’Abou Huzayfa. C’est ainsi que le journaliste indépendant Derek Henry Flood fut envoyé dans la ville de Manbij, pourtant libérée de l’emprise jihadiste par les forces kurdes dès 2016, et qu’il y prit la photo ci-dessus. Ni Flood, ni les autres journalistes sollicités ne purent confirmer l’engagement effectif de Chaudhry dans Daech, ce qui n’empêcha pas la série « Caliphate » d’être diffusée et de recueillir un grand succès. Deux ans et demi après le lancement de cette série, la mise en examen de Chaudhry a conduit la direction du « New York Times » à diligenter une enquête interne, toujours en cours. Elle a par ailleurs publié un sévère exercice d’introspection, confié à Ben Smith, un des spécialistes média du quotidien. Smith ne cache pas que « toutes sortes de conflits d’intérêt » sont ouverts par une telle investigation sur son propre journal. Il révèle que des vétérans du terrain moyen-oriental au « New York Times », dont les correspondantes à Beyrouth et à Bagdad, avaient alerté leur hiérarchie sur les méthodes de Callimachi. Un journaliste syrien qui fut son interprète en arabe pour un reportage sur des otages de Daech témoigne: « elle recherchait quelqu’un pour lui dire ce qu’elle croyait déjà ». Forte de ses 400.000 abonnés sur Twitter, Callimachi laisse ainsi planer le doute sur la responsabilité de Daech dans la tuerie de Las Vegas, en 2017, alors que cette revendication est à l’évidence mensongère. Certes, l’officier canadien chargé du suivi de la « déradicalisation » de Chaudhry avoue avoir été, lui aussi, dupe de son imposture. L’immersion du pseudo-repenti dans les réseaux sociaux a apparemment entraîné un tel dédoublement de sa personnalité que le mythe d’Abou Huzayfa en est sorti conforté. Les macabres affabulations de Chaudhry ont même pesé dans le débat public au Canada, où le gouvernement a décidé de refuser tout rapatriement de ses ressortissants liés à Daech au Moyen-Orient, y compris les femmes et les enfants.  Mais c’est bel et bien le « New York Times » qui a permis à Abou Huzayfa d’acquérir une aussi formidable aura médiatique. Et Ben Smith conclut son enquête en refusant de tenir Callimachi pour seule responsable d’avoir « produit (deliver) ce que les plus hauts dirigeants (du « New York Times ») demandaient, avec leur soutien ». Qu’une telle polémique éclate dans la dernière phase d’une campagne présidentielle où Donald Trump et ses partisans ont banalisé les « fake news » n’en est que plus troublant. Jean-Pierre Filiu
Peu d’événements façonneront le monde à venir plus que le résultat de la prochaine élection présidentielle des États-Unis. Pour souligner ce moment historique, qui est sans doute une décision comme n’importe lequel d’entre nous l’a jamais prise dans les urnes, nous avons pour la première fois en presque 100 ans remplacé notre logo sur la couverture de notre édition américaine pour faire comprendre qu’il est impératif pour nous tous d’exercer le droit de vote. Edward Felsenthal (rédacteur en chef et président du Time)
Je suis désolé d’être le porteur de mauvaises nouvelles, mais je crois avoir été assez clair l’été dernier lorsque j’ai affirmé que Donald Trump serait le candidat républicain à la présidence des États-Unis. Cette fois, j’ai des nouvelles encore pires à vous annoncer: Donald J. Trump va remporter l’élection du mois de novembre. Ce clown à temps partiel et sociopathe à temps plein va devenir notre prochain président. (…) Jamais de toute ma vie n’ai-je autant voulu me tromper. (…) Voici 5 raisons pour lesquelles Trump va gagner : 1. Le poids électoral du Midwest, ou le Brexit de la Ceinture de rouille 2. Le dernier tour de piste des Hommes blancs en colère 3. Hillary est un problème en elle-même 4. Les partisans désabusés de Bernie Sanders 5. L’effet Jesse Ventura. Michael Moore
Je vous préviens presque 10 semaines à l’avance. Le niveau d’enthousiasme pour les 60 millions de la base de Trump FAIT EXPLOSER TOUS LES COMPTEURS ! Michael Moore (Aug. 28, 2020)
The polls are badly skewed for several reasons. Once adjustments are made for oversampling Democrats and polling ‘all adults’ instead of ‘likely voters’, the polls are actually much closer than the published results. The second part is that polls are a snapshot. We watch the movie. Where we are today does not necessarily bear much resemblance to where things will end up in November. (…) The same is true in the favourability ratings. (…) The Democrats do look stronger in the national average polls. They had a 4.3-point lead in 2016 and today that lead is wider at 7.6 points. Still, it’s important to bear in mind that national polls don’t matter because the US does not have national elections. Instead, it has 51 separate elections in the 50 states, plus the District of Columbia. The national poll lead reflects huge voter support for Biden in states like California and New York. Hillary Clinton beat Donald Trump by four million votes in California in 2016. Biden may beat Trump by an even wider amount in California in 2020. The problem is you can’t win California twice. You can only win it once, no matter how many extra votes you receive. Every vote for Biden in California over 50.1% is a wasted vote; the same is true in New York. It does seem highly likely that Biden will win California and New York, but the huge excess popular vote in those states won’t do him any good in battlegrounds like Michigan, Ohio, and Pennsylvania. That’s why national polls don’t matter while battleground state polls matter a lot. Looking just at the battleground states, Trump is polling better today than he was at this stage in the 2016 race. That’s a very good sign for Trump. The other aspect of the polls that is good news for Trump is that the gap between Biden and Trump is narrowing and moving in Trump’s direction. While Biden maintains a lead by most measures, Trump is gaining and is within the margin of error in many of the battleground states where Biden is ahead. This trend towards Trump has been noticeable in the past two weeks. Polls will likely move more in Trump’s favour because polling works with a lag. (…) a well-constructed and valid poll can take two weeks from start to finish. The results may be solid, but they are out of date by the time they are final. This means that polls we are seeing today may have been conducted weeks ago. If the trend was moving in Trump’s direction two weeks ago, don’t be surprised to see much better results for Trump a week or two from now. (…) in October and early November 2016, I predicted Donald Trump would defeat Hillary Clinton in the presidential election. (…) My forecast came at a time when Hillary was ahead in all the polls, when betting markets were giving her a 90% chance of winning, and when pundits like Nate Silver and those at The New York Times were giving Hillary odds of winning at 93%. The TV anchors would turn pale or gasp for breath when I gave my predictions, but they were kind enough to give me time to explain why the polls were skewed, why betting markets are not good predictors of political outcomes, and why anecdotal evidence — which I had gathered on road trips in Spokane, Washington, and the Ozark Mountains — all pointed in Trump’s favour. Jim Rickards
Les jours sont comptés pour les sondages politiques traditionnels en Amérique et la divergence entre les votes réels de mardi et ce qui était attendu dans les sondages semble indiquer qu’ils ont probablement fait leur temps. Le fait que les sondages n’ont apparemment pas réussi à repérer les préférences d’une grande partie de l’électorat américain indique un problème plus vaste et plus systématique, qui ne sera probablement pas réglé de sitôt. Le problème fondamental – et la raison pour laquelle les sondeurs sont inquiets à propos de ce type d’échec des sondages à grande échelle – vient des faibles taux de réponse qui ont affecté même les meilleurs sondages depuis l’utilisation généralisée de la technologie d’identification des appelants [dite « présentation du numéro » en France]. L’identification de l’appelant, plus que tout autre facteur unique, signifie que moins d’Américains décrochent le téléphone lorsqu’un sondeur appelle. Cela signifie qu’il faut plus d’appels pour qu’un sondage atteigne suffisamment de répondants pour constituer un échantillon valide, mais cela signifie également que les Américains s’auto-sélectionnent avant de décrocher le téléphone. Ainsi, même si notre capacité à analyser les données s’est améliorée de plus en plus, grâce à l’informatique avancée et à une augmentation de la quantité de données disponibles pour les analystes, notre capacité à collecter des données s’est détériorée. Et si les données d’entrée sont mauvaises, l’analyse ne sera pas non plus bonne. Cette auto-sélectio est extrêmement problématique pour les sondeurs. Un échantillon n’est valide que dans la mesure où les individus atteints sont un échantillon aléatoire de la population globale en question. Il n’est pas du tout problématique pour certaines personnes de refuser de décrocher le téléphone, tant que leur refus est motivé par un processus aléatoire. Si celui-ci est aléatoire, les personnes qui décrochent le téléphone seront toujours un échantillon représentatif de la population globale, et le sondeur devra simplement passer plus d’appels. De même, ce n’est pas un problème sérieux pour les sondeurs si les gens refusent de répondre au téléphone selon des caractéristiques connues. Par exemple, les sondeurs savent que les Afro-Américains sont moins susceptibles de répondre à une enquête que les Américains blancs et que les hommes sont moins susceptibles de décrocher le téléphone que les femmes. Grâce au recensement américain, nous savons quelle proportion de ces groupes est censée être dans notre échantillon, donc lorsque la proportion d’hommes, ou d’Afro-Américains, est insuffisante dans l’échantillon, les sondeurs peuvent utiliser des techniques de pondération pour corriger le déficit. Le vrai problème survient lorsque les répondants potentiels à un sondage refusent systématiquement de décrocher le téléphone en fonction de caractéristiques que les sondeurs ne mesurent ou ne peuvent ajuster pour correspondre à la population. (…) Rien de tout cela ne poserait de problème si les taux de réponse étaient au niveau où ils étaient dans les années 80, voire 90. Mais avec les taux de réponse aux sondages téléphoniques modernes stagnant en dessous de 15%, il devient de plus en plus difficile de déterminer si on a même affaire ou non à des problèmes de non-réponse systématiques. Mais ces problèmes deviennent carrément inquiétants lorsque les caractéristiques qui poussent les gens à s’exclure des sondages sont corrélées avec le principal résultat que le sondage tente de mesurer. Par exemple, si les électeurs de Donald Trump étaient plus susceptibles de décider de ne pas participer aux sondages parce qu’ils sont truqués, et ce d’une manière qui n’était pas corrélée avec des caractéristiques connues comme la race et le sexe, les sondeurs n’auraient aucun moyen de le savoir. Bien sûr, si la non-réponse non observée entraîne des erreurs de sondage, il est nécessaire de se demander comment les sondages se sont si bien déroulés jusqu’à présent. Après tout, les taux de réponse ont été tout aussi bas au moins lors des quatre dernières élections présidentielles, et les sondages se sont assez bien comportés dans ces élections. Une partie du problème, et ce qui rend cette élection différente, est un échec apparent des modèles d’électeurs probables. L’une des tâches les plus difficiles auxquelles doit faire face tout enquêteur électoral est de déterminer qui votera et qui ne votera pas le jour du scrutin. Les gens ayant tendance à dire qu’ils vont voter même quand ils ne le feront pas, il est donc nécessaire de poser plus de questions. Chaque grand institut de sondage a sa propre série de questions pour repérer les électeurs probables, mais elles incluent généralement des éléments sur l’intérêt pour l’élection, le comportement de vote passé et la connaissance de l’emplacement d’un bureau de vote. Utiliser ces questions pour repérer qui votera et qui ne votera pas est une affaire délicate; l’échec d’un modèle d’électeur probable complexe est la raison pour laquelle Gallup a quitté les sondages électoraux. (…) Il se peut que les techniques standard d’échantillonnage et de pondération soient capables de corriger les problèmes d’échantillonnage lors d’une élection normale – une élection dans laquelle les modèles de participation électorale restent prévisibles – mais échouent lorsque les sondages n’arrivent plus à repérer des parties de l’électorat susceptibles de participer à une élection mais pas aux précédentes. Imaginez qu’il existe un groupe d’électeurs qui ne votent généralement pas et qui sont systématiquement moins susceptibles de répondre à un sondage. Tant qu’ils continuent de ne pas voter, il n’y a pas de problème. Mais si un candidat arrive à mobiliser ces électeurs, les sondages sous-estimeront systématiquement le soutien au candidat, ce qui semble s’être passé mardi soir. Dan Cassino (2016)
Alors que Joe Biden est le favori des sondages dans la course à la Maison-Blanche, les commentateurs politiques rivalisent de prudence quatre ans après la victoire surprise de Donald Trump. Pour le Time, l’enjeu est d’abord de préserver la démocratie américaine en appelant au vote et à l’unité nationale. Quatre lettres qui n’avaient pas bougé depuis près de cent ans. “Time”, ancré en haut de la couverture du prestigieux hebdomadaire américain depuis 1923, a été remplacé par “Vote”, quatre autres lettres qui se veulent un rempart à l’effondrement démocratique tant redouté aux États-Unis. Dessous, un immense portrait de femme, bas du visage masqué, regard inquiet, humblement tourné vers le passé. (…) Pour illustrer ce numéro “historique”, le magazine a choisi l’artiste Shepard Fairey. Connu sous le nom d’Obey, il est notamment célèbre pour son affiche Hope, réalisée pour la campagne de Barack Obama en 2008 ou pour sa Marianne réalisée en hommage à la France après les attentats de 2015. Il propose cette fois un portrait de femme aux yeux légèrement bridés, un clin d’œil à l’électorat issu de l’immigration, déterminant dans l’élection en cours. Elle est vêtue d’un débardeur rouge étoilé et masquée d’un bandana bleu. (…) Après plusieurs mois de pandémie, la rédaction du Time présente le moment comme “une occasion de changer de cap comme cela n’arrive qu’une fois tous les vingt ans” et de faire société. Dans une tribune, le journaliste politique Molly Ball espère que “le 3 novembre (ou peu après, espérons-le), nous saurons enfin ce que signifiaient ces quatre années incompréhensibles […] Désireux de se montrer rassembleur en cette période de crise sanitaire et politique, le Time évacue le nom des candidats et des partis pour n’incarner la république qu’à travers son expression démocratique. “Vote” donc, tout simplement. Courrier international
L’heure est grave pour les États-Unis à l’approche de l’élection présidentielle qui aura lieu le 3 novembre prochain. À tel point que pour la première fois en près d’un siècle d’existence, le célèbre magazine Time a décidé de changer son titre en remplaçant « TIME » par « VOTE ». Créé en 1923, le magazine généraliste est devenu une véritable institution dans le monde entier grâce à ses articles fouillés et ses reportages particulièrement bien documentés, mais aussi pour sa Une son titre charismatique. De nos jours, le prestigieux hebdomadaire est également ancré dans l’inconscient collectif pour l’imposant cadre rouge qui entoure sa photo de couverture. Et pour la première fois donc, la rédaction a fait le choix symbolique de changer son titre dans l’objectif d’inciter chaque Américain à voter le mardi 3 novembre prochain, soit dans moins de 10 jours. Si au premier abord cet appel au vote peut sembler dénué de toute orientation politique, à lire entre les lignes, on se rend rapidement compte du candidat que soutient le magazine. En effet, la réponse se cache derrière l’artiste qui a réalisé le visuel présent en couverture. Il s’agit d’une création originale de l’artiste Shepard Fairey, le même qui avait dessiné la très populaire affiche « HOPE » de la campagne d’un certain Barack Obama, candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine de 2008. On y voit une femme porter un bandana orné d’une urne accompagnée du message « VOTE! » en guise de masque. Subtilement, le Time affiche donc sa préférence envers Joe Biden (Parti démocrate) qui affrontera le président sortant : Donald Trump (Parti républicain). Pour l’occasion, les lecteurs de ce numéro une édition spéciale sur les derniers rebondissements de cette campagne présidentielle 2020 et un guide pour voter en toute sécurité à l’heure du coronavirus. Démotivateur
Le fait même de poser une question peut inventer un résultat car elle fait appel à l’imaginaire du sondé qui n’y avait pas encore réfléchi. Alain Garrigou
D’après les journaux, les sondages montrent que la plupart des gens croient les journaux qui déclarent que la plupart des gens croient les sondages qui montrent que la plupart des gens ont lu les journaux qui conviennent que les sondages montrent qu’il va gagner. Mark Steyn
Une fois de plus, les médias ont péché par une couverture triviale des débats et une crédulité manifeste face à la propagande de John McCain. La tactique des républicains consiste à taper sans relâche sur la presse sous prétexte qu’elle pencherait « naturellement » à gauche. Cette stratégie d’intimidation explique l’obséquiosité de certains journalistes face à McCain, même si une petite lueur d’espoir est apparue récemment avec les reportages d’investigation publiés sur Sarah Palin, la colistière du candidat républicain. (…) le journalisme bien compris est un militantisme ! En clarifiant le monde, il construit une image sur laquelle les citoyens pourront agir. Todd Gitlin (ancien gauchiste et professeur de sociologie et journalisme à l’université Columbia)
La polarisation sur les sondages est dangereuse. Les sondages ont cet impact insidieux du goutte-à-goutte quotidien. L’effet cumulatif est de créer autant que refléter l’opinion publique. C’est d’ailleurs pour cette raison que certains pays interdisent les sondages dans les deux dernières semaines qui précèdent une élection. (…) Les médias essayent de prouver qu’Obama est tellement en avance que cela l’aide à récolter de l’argent, à obtenir plus de soutiens et démoralise les conservateurs. Ce qui se passe, c’est que les journalistes se servent maintenant des sondages pour conforter leurs articles comme pour dire aux gens: Regardez, 52% du pays votent pour Obama, pourquoi pas vous ? Allez-vous voter contre un homme de couleur ? Allez-vous voter pour un vieux type ? Pourquoi n’êtes-vous pas dans l’air du temps? (…) Ils vous demandent de réagir à une phraséologie bien-pensante au lieu de sonder votre idéologie fondamentale. Ainsi ils posent des questions comme, Etes-vous pour ou contre l’amélioration de la qualité de l’éducation publique ? Etes-vous pour ou contre des soins de santé universels ? Etes-vous pour ou contre la protection de l’environnement? Et vous voyez ces sondages qui indiquent 88 % d’Américains pour la protection de l’environnement. Mais bigre, qui peuvent bien être les 12 autres pour cent ? Autrement dit, qui ne veut pas que tous les enfants aient une éducation de qualité et mangent à leur faim? Et que l’air et l’eau ne soient pas pollués ? Mais alors ces gens-là regardent ces résultats de sondage et disent : vous voyez? Le réchauffement climatique est le problème numéro un. Vous voyez? (…) ACORN et Wright sont des questions plus pertinentes pour les gens qu’Ayers, parce que ACORN, c’est ici et maintenant. Les gens ont vu les images de Wright dénonçant l’Amérique. Les gens seraient incapables de reconnaitre Ayers dans une file de suspects. Les gens n’apprécient pas trop l’idée d’être privés par qui que ce soit de leur droit de vote. La campagne de McCain a gaspillé trois semaines sur Ayers, au lieu de chercher à toucher les électeurs sur l’économie. L’impôt est toujours un gros mot. (…) Joe le plombier et Sarah Palin étaient des moments inattendus et imprévisibles pour la campagne d’Obama. Mais ce que Joe le plombier et Sarah Palin ont en commun, c’est qu’ils ont ce lien intangible avec la plupart des gens qui n’est pas facile à surmonter. Et ils représentent également la classe moyenne qu’Obama dit représenter, mais au sein de laquelle il n’a pas vécu depuis des années. Je crois que cette élection est beaucoup plus serrée que certains dans les médias sont disposés à l’admettre. Les ouvriers blancs, qui tendent à aimer Joe le plombier et Sarah Palin, seront décisifs. Si les conservateurs ne sont pas contents du manque d’équité et d’objectivité de la couverture médiatique, pourquoi regardent-ils ces sondages ? Pourquoi leur permettent-ils de dicter ce qu’ils pensent de l’élection présidentielle avant qu’un seul vote soit déposé dans l’urne? Kellyanne Conway
Comme je l’ai dit depuis le début, notre campagne n’en était pas simplement une, mais plutôt un grand mouvement incroyable, composé de millions d’hommes et de femmes qui travaillent dur, qui aiment leur pays, et qui veulent un avenir plus prospère et plus radieux pour eux-mêmes et leur famille. C’est un mouvement composé d’Américains de toutes races, de toutes religions, de toutes origines, qui veulent et attendent que le gouvernement serve le peuple. Ce gouvernement servira le peuple. J’ai passé toute ma vie dans le monde des affaires et j’ai observé le potentiel des projets et des personnes partout dans le monde. Aujourd’hui, c’est ce que je veux faire pour notre pays. Il y a un potentiel énorme, je connais bien notre pays, il y a potentiel incroyable, ce sera magnifique. Chaque Américain aura l’opportunité de vivre pleinement son potentiel. Ces hommes et ces femmes oubliés de notre pays, ces personnes ne seront plus oubliées. Donald Trump (2016)
Je suis désolé d’être le porteur de mauvaises nouvelles, mais je crois avoir été assez clair l’été dernier lorsque j’ai affirmé que Donald Trump serait le candidat républicain à la présidence des États-Unis. Cette fois, j’ai des nouvelles encore pires à vous annoncer: Donald J. Trump va remporter l’élection du mois de novembre. Ce clown à temps partiel et sociopathe à temps plein va devenir notre prochain président. (…) Jamais de toute ma vie n’ai-je autant voulu me tromper. (…) Voici 5 raisons pour lesquelles Trump va gagner : 1. Le poids électoral du Midwest, ou le Brexit de la Ceinture de rouille 2. Le dernier tour de piste des Hommes blancs en colère 3. Hillary est un problème en elle-même 4. Les partisans désabusés de Bernie Sanders 5. L’effet Jesse Ventura. Michael Moore
L’effet Bradley (en anglais Bradley effect) (…) est le nom donné aux États-Unis au décalage souvent observé entre les sondages électoraux et les résultats des élections américaines quand un candidat blanc est opposé à un candidat non blanc (noir, hispanique, latino, asiatique ou océanien). Le nom du phénomène vient de Tom Bradley, un Afro-Américain qui perdit l’élection de 1982 au poste de gouverneur de Californie, à la surprise générale, alors qu’il était largement en tête dans tous les sondages. L’effet Bradley reflète une tendance de la part des votants, noirs aussi bien que blancs, à dire aux sondeurs qu’ils sont indécis ou qu’ils vont probablement voter pour le candidat noir ou issu de la minorité ethnique mais qui, le jour de l’élection, votent pour son opposant blanc. Une des théories pour expliquer l’effet Bradley est que certains électeurs donnent une réponse fausse lors des sondages, de peur qu’en déclarant leur réelle préférence, ils ne prêtent le flanc à la critique d’une motivation raciale de leur vote. Cet effet est similaire à celui d’une personne refusant de discuter de son choix électoral. Si la personne déclare qu’elle est indécise, elle peut ainsi éviter d’être forcée à entrer dans une discussion politique avec une personne partisane. La réticence à donner une réponse exacte s’étend parfois jusqu’aux sondages dits de sortie de bureau de vote. La façon dont les sondeurs conduisent l’interview peut être un déterminant dans la réponse du sondé. Wikipedia
The phenomenon of voters telling pollsters what they think they want to hear, however, actually has a name: the Bradley Effect, a well-studied political phenomenon. In 1982, poll after poll showed Tom Bradley, Los Angeles’ first black mayor and a Democrat, with a solid lead over George Deukmejian, a white Republican, in the California gubernatorial race. Instead, Bradley narrowly lost to Deukmejian, a stunning upset that led experts to wonder how the polls got it wrong. Pollsters, and some political scientists, later concluded that voters didn’t want to say they were voting against Bradley, who would have been the nation’s first popularly-elected African-American governor, because they didn’t want to appear to be racist. (…) In December, a Morning Consult poll examined whether Trump supporters were more likely to say they supported him in online polls than in polls conducted by live questioners. Their finding was surprising: « Trump performs about six percentage points better online than via live telephone interviewing, » according to the study. At the same time, « his advantage online is driven by adults with higher levels of education, » the study says, countering data showing Trump’s bedrock support comes from voters without college degrees. « Importantly, the differences between online and live telephone [surveys] persist even when examining only highly engaged, likely voters. » But Galston says while the study examines « a legitimate question, » the methodology is unclear, and « it’s really important to compare apples to apples. You need to be sure that the online community has the same demographic profile » as phone polling. « It may also be the case that people who are online and willing to participate in that study are already, in effect, a self-selected sample » of pro-Trump voters, Galston says. (…) Ultimately, Trump’s claim « is more of a way to try to explain poor polling numbers. Trump is losing at the moment and he’s trying to explain it off, » Skelley says. « This doesn’t really hold up under scrutiny. » US News & world report (July 2016)
Silicon Valley these days is a very intolerant place for people who do not hold so called ‘socially liberal’ ideas. In Silicon Valley, because of the high prevalence of highly smart people, there is a general stereotype that voting Republican is for dummies. So many people see considering supporting Republican candidates, particularly Donald Trump, anathema to the whole Silicon Valley ethos that values smarts and merit. A couple of friends thought that me supporting Trump made me unworthy of being part of the Silicon Valley tribe and stopped talking to me. At the end of the day, we choose our politics the way we choose our lovers and our friends — not so much out a rational analysis, but based on impressions and our own personal backgrounds. My main reason for supporting Trump is that I basically agree with the notion that unless the trend is stopped, our country is going to hell … The Silicon Valley elite is highly hypocritical on this matter. One of the reasons, I assume, they don’t like Trump is because on this area, as in many others, he is calling a spade a spade. I believe Trump is right in this case. … supporting Trump only offers [an] upside. Electing Hillary Clinton would keep the status quo. If Trump wins, there’s a whole set of new possibilities that would emerge for the nation. Even if it remains socially liberal, it would be good for it if the president were to be a Republican so that the Valley could recover a little bit of its rebel spirit (that was the case during the Bush years for instance). I believe that the increased relevance in national politics of companies like Google (whose Chairman [Eric] Schmidt has been very cozy with the Obama administration) and Apple (at the center of several political disputes) has been bad for the Valley. A Trump presidency would allow the Valley to focus on what it does best: dreaming and building the technology of the future, leaving politics for DC types. Silicon valley software engineer
Many people are saying to maybe their friends while they’re having a sip of Chardonnay in Washington or Boston, ‘Oh, I would never vote for him, he’s so – not politically correct,’ or whatever, but then they’re going to go and vote for him. Because he’s saying things that they would like to say, but they’re not politically courageous enough to say it and I think that’s the real question in this election. Trump is kind of a combination of the gun referendum, because he’s an emotional energy source for people who want to make sure that they’re voicing their concerns about all these issues – immigration, et cetera – but then I think there’s this other piece. They don’t find it to be correct or acceptable to a lot of their friends, but when push comes to shove, they’re going to vote for him. Gregory Payne (Emerson College)
Donald Trump performs consistently better in online polling where a human being is not talking to another human being about what he or she may do in the election. It’s because it’s become socially desirable, if you’re a college educated person in the United States of America, to say that you’re against Donald Trump. Kellyanne Conway (Trump campaign manager)
They’ll go ahead and vote for that candidate in the privacy of a [voting] booth But they won’t admit to voting for that candidate to somebody who’s calling them for a poll. Joe Bafumi (Dartmouth College)
Trump’s advantage in online polls compared with live telephone polling is eight or nine percentage points among likely voters. Kyle A. Dropp
It’s easier to express potentially ‘unacceptable’ responses on a screen than it is to give them to a person. Kathy Frankovic
This may be due to social desirability bias — people are more willing to express support for this privately than when asked by someone else. Douglas Rivers
In a May 2015 report, Pew Research analyzed the differences between results derived from telephone polling and those from online Internet polling. Pew determined that the biggest differences in answers elicited via these two survey modes were on questions in which social desirability bias — that is, “the desire of respondents to avoid embarrassment and project a favorable image to others” — played a role. In a detailed analysis of phone versus online polling in Republican primaries, Kyle A. Dropp, the executive director of polling and data science at Morning Consult, writes: Trump’s advantage in online polls compared with live telephone polling is eight or nine percentage points among likely voters. This difference, Dropp notes, is driven largely by more educated voters — those who would be most concerned with “social desirability.” These findings suggest that Trump will head into the general election with support from voters who are reluctant to admit their preferences to a live person in a phone survey, but who may well be inclined to cast a ballot for Trump on Election Day. The NYT (May 2016)
Les analystes politiques, les sondeurs et les journalistes ont donné à penser que la victoire d’Hillary Clinton était assurée avant l’élection. En cela, c’est une surprise, car la sphère médiatique n’imaginait pas la victoire du candidat républicain. Elle a eu tort. Si elle avait su observer la société américaine et entendre son malaise, elle n’aurait jamais exclu la possibilité d’une élection de Trump. Pour cette raison, ce n’est pas une surprise. (…) Sans doute, ils ont rejeté Donald Trump car ils le trouvaient – et c’est le cas – démagogue, populiste et vulgaire. Je n’ai d’ailleurs jamais vu une élection américaine avec un tel parti pris médiatique. Même le très réputé hebdomadaire britannique « The Economist » a fait un clin d’oeil à Hillary Clinton. Je pense que la stigmatisation sans précédent de Donald Trump par les médias a favorisé chez les électeurs américains la dissimulation de leur intention de vote auprès des instituts de sondage. En clair, un certain nombre de votants n’a pas osé admettre qu’il soutenait le candidat américain. Ce phénomène est classique en politique. Souvenez du 21 avril 2002 et de la qualification surprise de Jean-Marie Le Pen, leader du Front national, au second tour de l’élection présidentielle française. Dominique Reynié
Biden now has gone full-circle: last year bragging about banning fracking and ending fossil fuels, then in the general campaign denying that, and now reaffirming it. Biden also hurt himself with his base, by blaming Obama for not getting more crime reform for drug sentencing while accusing Bernie Sanders of pushing a socialist health plan and suggesting his own opposition to it had boosted him over his leftwing rivals in the primaries (perhaps true, but not wise to ensure the base turns out). Americans know by now that treatments are improving on COVID-19, that death rates are declining, and that it is true that about 99.8 percent of the infected under 65 will survive the virus. Trump did well in pointing all that out. (…) Trump, then, after four years in the White House, nonetheless successfully returned to his role as the outsider cleanser of Biden’s Augean insider stables. His theme was can-do Americanism, Biden’s was timidity and caution and worries that there is little hope anywhere to be found, an attitude consistent with his own hibernation. Final thoughts on the debate: The moderator Kristen Welker was far better than the prior debate and town-hall moderators, in avoiding the scripted stuff like the Charlottesville distortions and ‘when did you stop beating your wife’ questions. That said, she interrupted Trump far more than she did Biden, and focused more on Biden-friendly questions. But most importantly, Trump kept his cool, was deferential to Welker, and was tough but not cruel to Biden. The final question is not whether Trump won and will be seen to have won bigly by next week, but to what degree Biden’s suicidal talk of ending fossil fuels and denial of the Hunter Biden evidence that cannot be denied implode his campaign early next week or not until Election Day. Victor Davis Hanson
Robert Cahaly, stratège principal du groupe Trafalgar, s’est fait un nom en 2016  pour avoir été le seul sondeur à correctement repérer l’avance de Donald Trump au Michigan et en Pennsylvanie – deux États clés qu’il a emportés – à l’approche du jour du scrutin. (Il n’a pas sondé le Wisconsin, une autre victoire surprenante pour Trump.) Cahaly a également repéré l’avance de Trump en Caroline du Nord et en Floride, qu’il a toutes deux gagnées, assurant sa victoire improbable 304-227 au collège électoral sur Hillary Clinton. Après avoir demandé aux électeurs qui ils soutenaient en 2016, le sondeur a poursuivi en leur demandant qui, selon eux, leurs voisins soutenaient, Trump ou Clinton. Cahaly a constamment constaté un degré élevé de variance entre les personnes pour lesquelles les répondants ont déclaré voter et celles pour lesquelles ils pensaient que leurs voisins votaient, ce qui suggère qu’il y avait en fait un «effet Trump » en jeu. Deux ans plus tard, la méthode de Cahaly s’est une fois de plus révélée solide. Dans l’une des courses les plus sondées du cycle, Trafalgar était la seule société de sondage à montrer correctement une victoire au poste de gouverneur de Ron DeSantis en Floride – ainsi que Rick Scott y remportant la course au Sénat. Real Clear politics
L’enquête est conçue pour être représentative des électeurs inscrits qui ont regardé le débat de mardi, elle ne représente pas les vues de tous les Américains. Les électeurs qui ont regardé le débat étaient plus partisans que les Américains dans leur ensemble – 36% se sont identifiés comme indépendants ou non-partisans contre environ 40% dans le grand public, et le groupe d’observateurs du débat était plus démocrate qu’un sondage typique de tous. adultes, avec 39% s’identifiant comme démocrates et 25% comme républicains. (..) Le sondage post-débat de CNN a été mené par le SSRS par téléphone et comprend des entretiens avec 568 électeurs inscrits qui ont regardé le débat du 29 septembre. Les résultats parmi les observateurs du débat ont une marge d’erreur d’échantillonnage de plus ou moins 6,3 points de pourcentage. CNN
Vous savez quoi? Je suis blanc. Je suis juif. Quand j’étais enfant, ma mère avait aussi « La Conversation » avec moi: ‘Dov, tu dois toujours montrer du respect à un policier, même quand il a tort. Ne leur réponds jamais. Fais ce qu’ils te disent. S’ils se trompent, nous pourrons le dire au juge plus tard. Mais ne t’énerve jamais avec un flic. » Trente ans plus tard, j’ai également eu cette conversation avec mes enfants: ‘Si jamais vous êtes arrêté par un flic dans la circulation et qu’il ou elle vous demande votre immatriculation ou votre assurance auto, n’ouvrez tout simplement pas la boîte à gants ou ne mettez pas la main dans votre veste pour la chercher. Le flic est peut-être fou, peut-être même antisémite, sait-on jamais et peut penser que vous allez chercher une arme. Alors, demandez d’abord au flic: « Officier, puis-je fouiller dans ma poche ou ma boîte à gants parce que c’est là que se trouvent les papiers? » Et puis laissez le flic vous dire quoi faire.  » Si un flic vous dit de rester assis dans la voiture, restez assis. Si un flic vous dit de vous taire, alors taisez-vous. (Il ne m’est jamais venu à l’esprit d’ajouter, comme il faut l’ajouter en cet « Age de Ferguson et de Michael Brown: «Ne luttez pas contre un flic pour son arme. Ne tirez pas avec un pistolet Taser sur un flic.») Dov Fischer
President Trump, before the terrible COVID pandemic arrived from China, you had created the strongest economy with the lowest unemployment numbers in history for Blacks, Latinos, and Asian Americans. How will you return us to the economic powerhouse you brought about before the plague? President Trump, can you share with us how in the heck you ever got two Arab Muslim countries to sign peace deals with Israel, the first in a quarter century, and are any more coming in soon? President Trump, how did you feel when New York’s Governor Cuomo praised your leadership in helping New York fight the coronavirus? What was it like getting those military hospital ships to New York and California, and how did you ever manage to turn our peace-time economy into a war-time footing that got more ventilators manufactured than we ever needed? President Trump, polls are showing that your approval numbers among Black and Hispanic voters are the highest that any Republican president has seen in recent memory. How do you explain that turn-around? President Trump, since you already have fulfilled your pledge to build 400 miles of border wall so far, how has that impacted the efforts to control immigration? Vice President Biden, do you have anything you would like to say to Black voters to apologize for calling their school districts a “jungle,” for working with former Ku Klux Klan Exalted Cyclops Robert Byrd, for saying that Black mothers do not give their children a working vocabulary, and for telling African Americans that, if they do not vote as you want them to, then they “ain’t Black”? Vice President Biden, the President has released all his medical records. When will you disclose to the American people the state of medical assessment of your cognitive functions and whether you are being treated medically for that purpose? And will you be disclosing to the American people all pharmaceuticals and other medications you take or that have been injected into you during the past twelve months? Dov Fischer

Et si, pour changer, les questions ne visaient PAS principalement à interroger Trump sur des choses qui le montrent sous un mauvais jour, puis à demander à Biden comment il réglerait le problème ?

En ces temps étranges …

Où avec l’aide de la censure ouverte des réseaux sociaux

A l’image du magazine Time qui pour la première fois de son histoire bientôt centenaire

Fait pour sa couverture de la semaine de l’élection une entorse à sa règle et change en « VOTE » son légendaire logo

Via, on ne peut plus subtilement, le portrait par le créateur des célébrissimes affiches « Hope » et « Change » de la première campagne Obama d’une jeune membre des minorités dûment encagoulé d’un bandana à la antifa

Ou du prétendu quotidien de référence américain, réécrivant, entre un faux reportage et un dessin antisémite, rien de moins que l’histoire américaine

Le journalisme bien compris est, désormais ouvertement, devenu un militantisme

Et au lendemain, après le premier débat très controversé que l’on sait, d’un brillant débat du Président Trump …

Où, surprise selon un sondage d’après débat CNN repris par la plupart de nos médias …
Si Trump améliore son score de 11 points (de 28 à 39), Biden est à nouveau donné large gagnant et améliore même son score …
Comment ne pas s’étonner que personne ne semble s’étonner …
Sans compter leur effet « ventriloque » par leur goutte à goutte permanent tout au long de la campagne …
Que de tels sondages puissent être repris comme véritable information par tous les médias américains comme internationaux …
Quand on sait que comme le précise la chaine elle-même en bas de ses articles que personne ne lit …
Ils sont fondés sur une surdistribution de Démocrates dans l’échantillon (39% contre 25%) …
Et que leur marge d’erreur sur un échantillon de moins de 600 personnes, dépasse, excusez du peu, les 6% pour le  premier et 5% pour le dernier …
Comment ne pas s’étonner …
Que parmi les prétendus historiens ou spécialistes des Etats-Unis invités d’une émission d’information dite de qualité comme C dans l’air composée …
Tous étrangement, quand une rare vraie professionnelle comme Laure Mandeville n’est pas disponible, alignés à gauche …
Personne ne tique quand l’une d’entre eux observe cette remarquable continuité de résultats entre les deux débats …
Que bien sûr personne ne prenne la peine de mentionner ces problèmes d’échantillon …
Que, relayant allègrement les accusations démocrates de prétendues tentatives de suppression du votre noir par les Républicains, personne ne rappelle que nombre d’états américains n’exigent même pas de pièce d’identité avec photo pour voter …
Que, dénonçant régulièrement le système du Collège électoral, personne ne signale que sans celui-ci, les candidats n’auraient même plus besoin de se déplacer dans les petits états …
Que, ramenant systématiquement les accusations démocrates de non-paiement d’impôts du président Trump, personne ne tente non plus d’expliquer, notamment dans l’immobilier, le système des impôts pré-payés  …
Que, minimisant tout aussi systématiquement les inquiétudes républicaines par rapport au vote massif par correspondance, personne ne mentionne que l’autorisation, par la Cour suprême,  des dépouillements de votes plusieurs jours APRES le jour du scrutin dans nombre d’états, ne peut qu’augmenter les risques de contestations …
Que, nous rebattant les oreilles avec des écarts invraisemblables dans les sondages offiiciels (de 0 à 14 points !) …
Malgré les avertissements à nouveau du réalisateur Michael Moore
Personne ne rappelle même l’existence d’instituts de sondage moins connus (Zogby, Trafalgar, Democracy Institute ou Rasmussen) mais qui notamment en 2016 s’étaient beaucoup moins trompés …
Et qui aujourd’hui ont des écarts bien plus raisonnables (mais qui prendra la peine d’expliquer l’effet Bradley, autrement dit, dissimulation d’intention de vote pour cause de pression sociale oblige, de la question des « électeurs cachés » de Trump ?) voire pour certains une prédiction de victoire du président américain …
Et enfin, sans parler le silence radio sur l’immense mensonge de Biden sur la fracturation hydraulique …
Que personne ne s’inquiète, sans compter l’éviction pour le moins inhabituelle de la politique étrangère, de l’incroyable biais, la plupart du temps, des questions du débat elles-mêmes …
Alors qu’il suffirait d’imaginer pour s’en convaincre …
Comme le fait brillamment l’avocat Dov Fischer dans l’American Spectator …
Ce que pourraient donner des questions comme les suivantes :
– Président Trump, avant l’arrivée de la terrible pandémie COVID de Chine, vous aviez créé l’économie la plus forte avec le taux de chômage le plus bas de l’histoire pour les Noirs, les Latinos et les Américains d’origine asiatique. Comment allez-vous nous ramener à la puissance économique que vous avez créée avant la peste?
– Président Trump, pouvez-vous nous dire comment diable vous êtes-vous arrivé à ce que deux pays arabo-musulmans signent des accords de paix avec Israël, le premier depuis un quart de siècle, et que d’autres arriveront bientôt?
– Président Trump, qu’avez-vous ressenti lorsque le gouverneur de New York Cuomo a salué votre leadership pour aider New York à lutter contre le coronavirus? Comment était-ce de déplacer ces navires-hôpitaux militaires à New York et en Californie, et comment avez-vous réussi à transformer notre économie en temps de paix en une base de guerre qui a fabriqué plus de respirateurs que nous n’en avions jamais besoin?
– Président Trump, les sondages montrent que votre taux d’approbation parmi les électeurs noirs et hispaniques est le plus élevé que tout président républicain a jamais vu de mémoire récente. Comment expliquez-vous ce revirement?
– Président Trump, puisque vous avez déjà rempli votre promesse de construire jusqu’à présent 600 km de mur frontalier, comment cela a-t-il eu un impact sur les efforts de contrôle de l’immigration?
– Vice-président Biden, avez-vous quelque chose à dire aux électeurs noirs pour vous excuser d’avoir qualifié leurs districts scolaires de « jungle », d’avoir travaillé avec l’ancien chef exalté du Ku Klux Klan, Robert Byrd, pour avoir dit que les mères noires ne donnent pas à leurs enfants un vocabulaire fonctionnel, et pour avoir dit aux Afro-Américains que s’ils ne votent pas comme vous le souhaitez, alors ils « ne sont pas noirs »?
– Vice-président Biden, le président a publié tous ses dossiers médicaux. Quand allez-vous divulguer au peuple américain l’état de l’évaluation médicale de vos fonctions cognitives et si vous êtes traité médicalement à cette fin? Et allez-vous divulguer au peuple américain tous les produits pharmaceutiques et autres médicaments que vous prenez ou qui vous ont été injectés au cours des douze derniers mois?
For the first debate, the question was whether Joe Biden is now so senile that he would implode on stage. Would he call Blacks people of “the jungle” as he has before? Would he speak derisively of people from India as he has before? Would he forget why he was on the stage: Running for U.S. Senate? Trying out for a school play? Lost in space? To his credit, he made it through very coherently, partly because he was not allowed to speak for four minutes straight, his usual implosion point. That ostensible coherence alone boosted his numbers. The thing is, now that he established at the first debate that his senility has not left him unable to speak in two-minute sound-bites, his appearance at the second debate was not as impressive. We knew he could make it through two minutes. And he did have moments of brief faltering, but nothing to move the dial.
By contrast, the President came in with a different question mark lingering on his head: Can this guy engage in a debate with a gentlemanly etiquette? Is he even capable of controlling himself — ever — and especially when insulted? Besides being a so-called blustering blowhard who tries to mow down his opponent, does he have it in him, if push comes to shove, to debate masterfully, to pause, to contemplate, to abide by rules … and nevertheless to beat his opponent by mastering data, history, facts, and polemic — all in a charming tone? If so, can he maintain a focus on the big stuff and not get side-tracked on the petty? That was President Trump’s task, and he could not have done better.
Yes, he missed inserting one or two unplanned solid zingers he might have thrown in, but every debater misses something. I have been in debates and on TV panels for thirty years, and no matter how well I have prepared I always kick myself afterwards for missing something. So when Biden, towards the end, spoke of “growing up in Delaware,” I wanted Trump to ask: “But Joe, I thought you told the Pennsylvania union workers whose jobs you shipped overseas, and whose high-paying energy jobs you have promised to kill, that you grew up in Pennsylvania? So where was it, Joe — Delaware or Pennsylvania? — or are you still changing your life’s fables every day like the time you stole the biography of that Labour Party leader in England and were forced to withdraw from a presidential race because of your constant plagiarizing?”
But Trump was great. I loved that he asked Biden: “Who built the cages, Joe?” And when Biden would not respond, I love that Trump asked it again: “Who built the cages, Joe?” And a third time. And when Biden just would not respond, I loved that Trump asked the moderator to ask Biden who built the cages.
Of course she was not going to put Biden on the spot. Like all the “moderators,” she is a leftist Democrat. But Trump got the point in. As he did, again and again, reminding viewers that Biden had 47 years in Washington to perform the initiatives he now says he will undertake. And Trump likewise pounded in, again and again, that Biden was just recently Vice President for eight years. Just very recently. Indeed, not only did Biden fail to do any of the things he now promises to do, but Trump even brought home that he sought the presidency in 2016 out of disgust over Biden’s failures.
Trump got in that Biden failed on H1N1, a much less devastating illness. He got in that, on the issue of taxes, he may have paid $750 in the last phase of tax filing because he previously had paid tens of millions of dollars in advance tax payments. Americans can understand that; we just had not heard it before. As Biden went after Trump on Putin and on whether Trump profits from hotels in China, the door was opened for Trump to get into the Biden Family Criminal Enterprise: the son and siblings who all have profited in the many millions by leveraging their Biden Family Enterprise connections to extort millions implicitly from China and Russia and Ukraine. He had Biden lying all over the place — denying they had made millions from the wife of the Moscow mayor, from China, and even from Burisma. I listened carefully as Biden denied that he benefited corruptly from Burisma, but did not deny as explicitly that Hunter did. Trump even got Biden to lie about his oft-repeated pledge to kill hydraulic fracturing (“fracking”).
Biden was good and at times strong, too. He was prepared. He did not shoot whoppers. But Trump had more to prove this time, and Trump aced it. That is why this debate moves the needle in Trump’s direction.
Sure, the debate was tilted and imbalanced. A darned shame, but that is going to happen forever until the GOP standard bearer pays more attention in advance to getting the debates conducted fairly. So the questions primarily were aimed at asking Trump about things that paint him poorly, then asking Biden how he would fix it. And the topics — climate change? Y’know what? If you are so concerned about heat, how about California’s annual forest fires that result from crazy and irresponsible liberal Democrat forestry practices that ban removal of dead leaves, dry branches, and that ban lumber companies from clearing out wide swaths of trees — both to reduce fire spread and to allow sufficient width for emergency fire-fighting vehicles to reach hot points? If you are concerned about heat, what about Antifa and Black Lives Matter riots that see whole neighborhoods set ablaze? That was not on the agenda. Instead, the President was asked what he would tell Black parents who have “The Talk” with their children.
Y’know what? I am White. I am Jewish. When I was a boy, my Mother had “The Talk” with me, too: “Dov, you must always show respect to a police officer, even when they are wrong. Don’t ever talk back to them. Do what they tell you. If they are wrong, then we can tell it to the judge later. But don’t ever start up with a cop.” Thirty years later I had that talk with my kids, too: “If you ever get stopped by a cop in traffic, and he or she asks you for your auto registration or insurance, do not just open the glove compartment or reach into your jacket to get it. The cop may be crazy, maybe even a Jew-hater for all you know, and may think you are going for a gun. So first ask the cop: ‘Officer, may I reach into my pocket or glove compartment because that is where the papers are?’ And then let the cop tell you what to do.” If a cop tells you to stay seated in the car, stay seated. If a cop tells you to shut up, then shut up. (It never occurred to me to add, as should be added in the Age of Ferguson’s Michael Brown: “Don’t wrestle a cop for his gun. Don’t shoot a taser gun at a cop.”)
But this is the Left media, and Trump was asked. He answered exceptionally well. He has done more for Blacks than have most presidents other, maybe, than Lincoln. Could be. Prison reform. Criminal reform. Enterprise zones. Ten-year grants to Historically Black Universities and Colleges. Lowest Black unemployment numbers — ever. Compare that to Biden’s 47 years of incompetence and mediocrity. When Biden responded that he had been hampered by a Republican Congress, I wanted Trump to say: “You had complete Democrat control of the House, the Senate, and the White House for two whole years — how about that, Joe?” But Trump still retorted well: I got criminal reform done by negotiating with the other side; that’s how it’s done, Joe.
Finally, I was glad that, by my count, Trump repeated three times that he will guarantee covering pre-existing conditions in any health-insurance program that emerges. He always says that, just as he always says that he opposes racism, White Supremacists, and neo-Nazis. Indeed, it was refreshing to hear an entire debate go by without a single lie about — or even reference to — Charlottesville.
Sure, I would have loved some questions like these:
President Trump, before the terrible COVID pandemic arrived from China, you had created the strongest economy with the lowest unemployment numbers in history for Blacks, Latinos, and Asian Americans. How will you return us to the economic powerhouse you brought about before the plague?
President Trump, can you share with us how in the heck you ever got two Arab Muslim countries to sign peace deals with Israel, the first in a quarter century, and are any more coming in soon?
President Trump, how did you feel when New York’s Governor Cuomo praised your leadership in helping New York fight the coronavirus? What was it like getting those military hospital ships to New York and California, and how did you ever manage to turn our peace-time economy into a war-time footing that got more ventilators manufactured than we ever needed?
President Trump, polls are showing that your approval numbers among Black and Hispanic voters are the highest that any Republican president has seen in recent memory. How do you explain that turn-around?
President Trump, since you already have fulfilled your pledge to build 400 miles of border wall so far, how has that impacted the efforts to control immigration?
Vice President Biden, do you have anything you would like to say to Black voters to apologize for calling their school districts a “jungle,” for working with former Ku Klux Klan Exalted Cyclops Robert Byrd, for saying that Black mothers do not give their children a working vocabulary, and for telling African Americans that, if they do not vote as you want them to, then they “ain’t Black”?
Vice President Biden, the President has released all his medical records. When will you disclose to the American people the state of medical assessment of your cognitive functions and whether you are being treated medically for that purpose? And will you be disclosing to the American people all pharmaceuticals and other medications you take or that have been injected into you during the past twelve months?
In the end, Trump occasionally had to grab an extra moment or two, but he did it properly. His mike never had to be cut off. There were falsehoods that had to be corrected. Biden did it also, and that was fair.
Finally, I continue to resent how, every time the two candidates really get into a serious substantive disagreement, laying out two contrasting visions, the moderator always intercedes and says: “I have to get to new questions on a new topic.” Frankly, I suspect that most Americans do not give a rat’s patootie about what next topic the moderator wants to move to. They want to let the two guys talk, debate, and lay out their plans. One of these days…
Voir aussi:

Twitter et Facebook accusés de censurer un article gênant pour Biden, Trump monte au créneau
Depuis mercredi matin, la campagne est agitée par les révélations du New York Post qui publie des emails qu’aurait écrits Hunter Biden, le fils du candidat démocrate Joe Biden.
Julie Cloris
Le Parisien
15 octobre 2020

À chaque élection son affaire de piratage… Quatre ans après la publication de mails de Hillary Clinton, piratés par des hackers russes et diffusés par WikiLeaks – une bourde dont son adversaire Trump avait fait son miel -, c’est au tour de Joe Biden d’être au cœur d’une polémique, à deux semaines et demi de l’élection présidentielle. Des mails qu’aurait écrits son fils ont été publiés par un journal et ils relancent l’affaire ukrainienne, qui a été le cœur de la tentative d’impeachment contre le président Trump.

L’affaire ukrainienne

Pour comprendre, il faut remonter un peu le temps. Été 2019 : Donald Trump s’entretient avec son homologue ukrainien et il conditionne le versement d’une importante aide financière à l’Ukraine de Volodymyr Zelensky : Trump lui demande de trouver des éléments peu reluisants sur Hunter Biden, le fils de Joe Biden, que tous les pronostics annoncent comme son rival de la présidentielle de 2020. Hunter Biden, membre du conseil de surveillance du groupe gazier ukrainien Burisma pendant cinq ans, aurait permis au groupe d’échapper à des enquêtes pour corruption. Les leaders démocrates lancent une procédure de destitution contre le président Trump.

Devant le Congrès, le président est mis en accusation pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès. Les auditions de diplomates se succèdent, elles révèlent le fonctionnement de Trump en matière d’affaires étrangères, s’appuyant sur un cercle ultra-restreint, dont son avocat personnel Rudy Giuliani. Début février, le Sénat, en votant contre la destitution, clôt l’affaire.

Le New York Post publie des messages du fils Biden

Mais l’histoire a donc rebondi ce mercredi à l’aube. Le New York Post publie des e-mails récupérés illégalement sur un ordinateur présenté comme celui d’Hunter Biden. Ces messages proviennent du disque dur d’un ordinateur portable saisi en décembre dernier par le FBI chez un réparateur. Il contient des messages, des photos et des vidéos personnelles de Hunter Biden. Un courriel prouverait, selon le quotidien conservateur, que le jeune homme a présenté à son père un responsable du groupe gazier Burisma. Dans un courriel daté du 17 avril 2015, Vadim Pojarskïi, un membre de la direction, remercie Hunter Biden d’une invitation à Washington lui « donnant l’occasion de rencontrer votre père et de passer du temps ensemble ».

« Dear Hunter, thank you for inviting me to DC and giving me an opportunity to meet your father and spent some time together. » Vadim Pozharzkyi

L’ancien vice-président a toujours nié avoir discuté avec son fils de ses activités à l’étranger quand il était en poste. Mercredi, un porte-parole de Joe Biden a démenti les allégations du tabloïd, affirmant qu’aucune rencontre avec M. Pojarskïi n’avait eu lieu, selon son programme officiel de l’époque.

Le NY Post raconte aussi avoir découvert que le disque dur contient aussi une vidéo de 12 minutes dans laquelle on voit Hunter Biden fumer du crack tout en ayant une relation sexuelle, et d’autres documents explicites. Il explique aussi comment il a récupéré la copie du disque dur : selon le quotidien, le propriétaire du magasin de réparation d’ordinateurs qui a sollicité le FBI avait, avant de transmettre l’ordinateur, copié le disque dur et donné la copie à Robert Costello, l’avocat de l’ancien maire Rudy Giuliani. Steve Bannon, ancien conseiller sulfureux du président Trump, a parlé au Post de l’existence du disque dur fin septembre et Giuliani en a fourni une copie dimanche.

Twitter bloque le partage de l’article

L’article a été très lu et partagé sur les réseaux sociaux. Mais de nombreux internautes se sont retrouvés sous la menace d’une fermeture de leur compte Twitter. La responsable des relations presse de la Maison Blanche, Kayleigh McEnany, a ainsi été exclue mercredi de son compte Twitter personnel pour avoir partagé l’article. Pour déverrouiller le compte, elle devait supprimer son tweet renvoyant vers le Post. Le compte de Kayleigh McEnany est suivi par plus d’un million d’abonnés.

Après une journée de tempête médiatique, Twitter a expliqué dans la soirée avoir bloqué le partage de l’article parce qu’il contient des documents qui enfreignent deux de ses règles : ne pas publier de données personnelles (e-mails, numéros de téléphone) et ne pas publier d’éléments piratés. « Nous ne voulons pas encourager le piratage en autorisant la diffusion de documents obtenus illégalement », a expliqué l’entreprise via son compte dédié à la sécurité, rappelant que discuter de l’article n’était pas interdit, seulement le partage.

L’un des dirigeants de Facebook, Andy Stone, a mis en doute la véracité des mails publiés et annoncé que les informations du quotidien allaient faire l’objet d’une vérification. En attendant ses résultats, leur visibilité serait réduite sur la plateforme.

Le New York Post et Trump crient à la censure

Dans un éditorial, le journal, l’un des quotidiens les plus lus dans le pays, dénonce ce jeudi la « censure de Facebook pour aider la campagne de Joe Biden ». « Censurez d’abord, poser les questions après : c’est une attitude scandaleuse pour l’une des plateformes les plus puissantes aux Etats-Unis », poursuit l’éditorial, accusant Facebook d’être devenu « une machine de propagande ».

Cette histoire sert le camp Trump qui peut, dans un même élan, dénoncer les « mensonges » de Joe Biden et la connivence des « médias mainstream » avec lui, deux arguments qui font mouche auprès des partisans de l’actuel président.

« Affreux que Twitter et Facebook aient retiré l’article sur les courriels […] liés à Sleepy Joe Biden et son fils, Hunter, dans le New York Post », s’est indigné Donald Trump sur son réseau favori, avant d’y consacrer de longues minutes lors d’un meeting dans l’Iowa.

« Joe Biden doit immédiatement divulguer tous les courriels, réunions, appels téléphoniques, transcriptions et documents liés à sa participation aux affaires de sa famille et au trafic d’influence dans le monde entier – y compris en Chine », a-t-il martelé.

« Notre communication sur nos actions concernant l’article du New York Post n’a pas été super. Et bloquer le partage de l’adresse Internet de l’article avec zéro contexte expliquant pourquoi : inacceptable », a reconnu Jack Dorsey, le fondateur de Twitter, mercredi soir, pour tenter de calmer l’incendie. Mais les flammes brûlent encore.

Chinese citizens watched President Xi Jinping deliver an important speech this week not far from Hong Kong. Well, not the whole speech: Xi apparently is ill, and every time he went into coughing spasms, China’s state media cut away so that he would be shown only in perfect health.

Xi’s coughs came to mind as Twitter and Facebook prevented Americans from being able to read the New York Post’s explosive allegations of influence-peddling by Hunter Biden. The articles cited material reportedly recovered from a laptop; it purportedly showed requests for Hunter Biden to use his influence on his father, then-Vice President Joe Biden, as well as embarrassing photos of Hunter Biden.

Many of us have questioned the sketchy details of how the laptop reportedly was left by Hunter Biden with a nearly blind computer repairman and then revealed just weeks before the presidential election. There are ample reasons to question whether this material was the product of a foreign intelligence operation, which the FBI apparently is investigating.

Yet the funny thing about kompromat — a Russian term for compromising information — is that often it is true. Indeed, it is most damaging and most useful when it is true; otherwise, you deny the allegations and expose the lie. Hunter Biden has yet to deny these were his laptop, his emails, his images. If thousands of emails and images were fabricated, then serious crimes were committed. But if the emails and images are genuine, then the Bidens appear to have lied for years as a raw influence-peddling scheme worth millions stretched from China to Ukraine to Russia. Moreover, these countries likely have had the compromising information all along while the Bidens — and the media — were denying reports of illicit activities.

Either way, this was major news.

The response of Twitter and Facebook, however, was to shut it all down. Major media companies also imposed a virtual blackout on the allegations. It didn’t matter that thousands of emails were available for review or that the Bidens did not directly address the material. It was all declared to be fake news.

The tech companies’ actions are an outrageous example of open censorship and bias. It shows how private companies effectively can become state media working for one party. This, of course, was more serious than deleting coughs, but it was based on the same excuse of “protecting” the public from distractions or distortions. Indeed, it was the realization of political and academic calls that have been building for years.

Democratic leaders from Hillary Clinton to Rep. Adam Schiff (D-Calif.) have long demanded such private censorship from social media companies, despite objections from some of us in the free speech community; Joe Biden himself demanded that those companies remove President Trump’s statements about voting fraud as fake news. Academics have lined up to support calls for censorship, too. Recently, Harvard law professor Jack Goldsmith and University of Arizona law professor Andrew Keane Woods called for Chinese-style internet censorship and declared that “in the great debate of the past two decades about freedom versus control of the network, China was largely right and the United States was largely wrong.”

It turns out traditional notions of journalism and a free press are outdated, too, and China again appears to be the model for the future. Recently, Stanford communications Professor Emeritus Ted Glasser publicly denounced the notion of objectivity in journalism as too constraining for reporters seeking “social justice.” In an interview with The Stanford Daily, Glasser insisted that journalism needed to “free itself from this notion of objectivity to develop a sense of social justice.” He said reporters must embrace the role of “activists” and that it is “hard to do that under the constraints of objectivity.” Problem solved.

Such views make Twitter and Facebook’s censorship of the Post not simply justified but commendable — regardless of whether the alleged Biden material proves to be authentic. As Twitter buckled under criticism of its actions, it shifted its rationale from combating fake news to barring hacked or stolen information. (Putting aside that the information allegedly came from a laptop, not hacking, this rule would block the public from reviewing any story based on, say, whistleblowers revealing nonpublic information, from the Pentagon Papers to Watergate. Moreover, Twitter seemingly had no qualms about publishing thousands of stories based on the same type of information about the Trump family or campaign.) Twitter now says it will allow hacked information if not posted by the hacker.

Social media companies have long enjoyed protection, under Section 230 of the federal Communications Decency Act, from liability over what users post or share. The reason is that those companies are viewed as neutral platforms, a means for people to sign up to read the views or thoughts of other people. Under Section 230, a company such as Twitter was treated as merely providing the means, not the content. Yet for Twitter to tag tweets with warnings or block tweets altogether is akin to the telephone company cutting into a line to say it doesn’t like what two callers are discussing.

Facebook and Twitter have now made the case against themselves for stripping social media companies of immunity. That would be a huge loss not only to these companies but to free speech as well. We would lose the greatest single advance in free speech via an unregulated internet.

At the same time, we are seeing a rejection of journalistic objectivity in favor of activism. The New York Times apologized for publishing a column by a conservative U.S. senator on using national guardsmen to quell rioting — yet it later published a column by a Chinese official called “Beijing’s enforcer” who is crushing protests in Hong Kong. The media spent years publishing every wacky theory of alleged Trump-Russia collusion; thousands of articles detailed allegations from the Steele dossier, which has been not only discredited but also shown to be based on material from a known Russian agent.

When the Steele dossier was revealed, many of us agreed on the need to investigate because, even if it was the work of foreign intelligence, the underlying kompromat could be true. Today, in contrast, the media is not only dismissing the need to investigate the Biden emails, but ABC News’s George Stephanopoulos didn’t ask Biden about the allegations during a two-hour town hall event on Thursday.

This leaves us with a Zen-like question: If social media giants prevent the sharing of a scandal and the media refuses to cover it, did a scandal ever occur? After all, an allegation is a scandal only if it is damaging. No coverage, no damage, no scandal. Just deleted coughs lost in the ether of a controlled media and internet.

Jonathan Turley is the Shapiro Professor of Public Interest Law at George Washington University. You can find his updates online @JonathanTurley.

Voir aussi:

Google whistleblower says the company IS politically biased and says bosses’ claims that they are neutral are ‘ridiculous’ as he warns ‘algorithms don’t write themselves’

  • Greg Coppola, who says he has worked for Google for five years, spoke to Project Veritas 
  • Coppola has worked for Google since 2014 and he says it was fine until the 2016 presidential election when the site turned against Trump  
  • He says he ‘just knows how algorithms are’ and said it was ‘ridiculous’ to suggest that Google is unbiased
  • He says there are people whose jobs are dedicated to promoting certain sites 
  • Coppola works on Google Assistant which he insists has no bias 
  • He however wanted to speak out, he said, after listening to his company deny that it influences what people see 
  • He said it had made his job less ‘fun’ because he does not ‘buy’ that it’s unbiased  

A Google whistle blower has spoken out to expose the company’s ‘biased’ algorithms and insist that it is politically motivated despite bosses’ repeated claims that it is neutral.

Greg Coppola spoke to Project Veritas to share his views and said that while he ‘respects’ his manager, Google CEO Sundar Pichai, his comments on bias are inaccurate.

He claims to be based in New York and says he has worked for Google since 2014.

Coppola said that there were a ‘small number’ of people whose jobs were dedicated to promoting certain news sites over others and that the bias is left-leaning, favoring CNN and The New York Times.

‘A small number of people do work on making sure that certain new sites are promoted.  And in fact, I think it would only take a couple out of an organization of 100,000, you know, to make sure that the product is a certain way,’ he said.

Coppola added: ‘I think it’s, you know, ridiculous to say that there’s no bias.

‘I think everyone who supports anything other than the Democrats, anyone who’s pro-Trump or in any way deviates from what CNN and the New York Times are pushing, notices how bad it is,’ he said.

‘I’m very concerned to see big tech and big media merge basically with a political party, with the Democrat party. I know how algorithms are.

‘They don’t write themselves. We write them to do what we want them to do,’ he said.

‘I look at search and I look at Google News and I see what it’s doing and I see Google executives go to Congress and say that it’s not manipulated. It’s not political. And I’m just so sure that’s not true,’ he said.

‘We are seeing tech use its power to manipulate people…. it’s time to decide – do we run the tech or does the tech run us?

 ‘We are seeing tech use its power to manipulate people…. it’s time to decide – do we run the tech or does the tech run us?’

‘Are we going to just let the biggest tech companies decide who wins every election from now on?’ he said.

Though he works on Google Assistant – which he insists truly does not have a bias – he said he ‘just knows’ how the algorithms work.

For the last 10 years, he said, the company operated on a fairly unbiased basis however that has changed recently.

‘I started in 2014. 2014 was an amazing time to be at Google. We didn’t talk about politics. No one talked about politics.

‘You know, it was just a chance to work with the best computer scientists in the world, the best facilities, the best computers and free food.

‘I think as the election started to ramp up, the angle that the Democrats and the media took was that anyone who liked Donald Trump was a racist…

‘And that got picked up everywhere. I mean, every tech company, everybody in New York, everybody in the field of computer science basically believed that.

‘I think we had a long period, of ten years, let’s say, where we had search and social media that didn’t have a political bias and we kind of got used to the idea that the top search results at Google is probably the answer.’

He said what was worrying, given the company’s history for being unbiased, was that now people had come to trust what it pushes to the top of its search results as the most likely to be true.

‘And Robert Epstein who testified before Congress last week, um, looked into it and showed that, you know, the vast majority of people think that if something is higher rated on Google Search than another story, that it would be more important and more correct.

‘And you know, we haven’t had time to absorb the fact that tech might have an agenda.

‘I mean, it’s something that we’re only starting to talk about now,’ he said.

Coppola’s credentials could not be immediately verified by DailyMail.com.

He claims to have started working for Google as an engineer in 2014.

His LinkedIn page says he worked before that for Business Objects, in Vancouver.

He studied in the UK in London and Edinburgh, it says.

Google has come under intense scrutiny in recent months over its algorithms and how they select what people see.

CEO Sundar Pichai has been questioned by members of Congress over the company’s systems and insisted that despite what critics say, it does not promote left-leaning, Democratic news over that of more Conservative outlets or merely outlets it does not rate.

In December, he painstakingly testified before Congress that the algorithms were driven by the popularity of things on the internet and not engineers or employees’s personal beliefs.

The company is under a magnifying glass, along with other tech giants, and is facing an antitrust investigation which will examine whether they have too much power.

Voir également:

Mr. Flood didn’t know it at the time, but he was part of a frantic effort at The New York Times to salvage the high-profile project the paper had just announced. Days earlier, producers had sent draft scripts of the series, called Caliphate, to the international editor, Michael Slackman, for his input. But Mr. Slackman instead called the podcast team into the office of another top Times editor, Matt Purdy, a deputy managing editor who often signs off on investigative projects. The editors warned that the whole story seemed to depend on the credibility of a single character, the Canadian, whose vivid stories of executing men while warm blood “sprayed everywhere” were as lurid as they were uncorroborated. (This scene and others were described to me in interviews with more than two dozen people at The Times, many of whom spoke on condition of anonymity because of the sensitive internal politics.)

The Times was looking for one thing: evidence that the Canadian’s story was true. In Manbij, Mr. Flood wandered the marketplace until a gold merchant warned him that his questions were attracting dangerous attention, prompting him to quickly board a bus out of town. Across the Middle East, other Times reporters were also asked to find confirmation of the source’s ties to ISIS, and communicated in WhatsApp channels with names like “Brilliant Seekers” and “New emir search.” But instead of finding Abu Huzayfah’s emir, they found that ISIS defectors had never heard of him.

In New York, Malachy Browne, a senior producer of visual investigations at The Times, managed to confirm that an image from Abu Huzayfah’s phone had been taken in Syria — but not that he had traveled there.

Still more Times reporters in Washington tried to find confirmation. And one of them, Eric Schmitt, pulled a thread that appeared to save the project: “What two different officials in the U.S. government at different agencies have told me is that this individual, this Canadian, was a member of ISIS,” he says on the podcast. “They believe that he joined ISIS in Syria.” But Mr. Schmitt and his colleagues, Times journalists told me, never determined why those government officials viewed him as part of ISIS, or if indeed they had any evidence of his ISIS connections other than the professed terrorist’s own social media pronouncements.

A month later, The Times’s audio team moved forward. The first episode of Caliphate appeared on April 19, 2018, marking a major step toward The Times’s realization of its multimedia ambitions. It was promoted with a glossy marketing campaign that featured an arresting image, with the rubble of Mosul on one side and Ms. Callimachi’s face on the other. The series was 10 parts in all, including a new, sixth episode released on May 24 of that year detailing doubts about Abu Huzayfah’s story and The Times’s efforts to confirm it. The presentation carried an obvious, if implicit assumption: the central character of the narrative wasn’t making the whole story up.

That assumption appeared to blow up a couple of weeks ago, on Sept. 25, when the Canadian police announced that they had arrested the man who called himself Abu Huzayfah, whose real name is Shehroze Chaudhry, under the country’s hoax law. The details of the Canadian investigation aren’t yet public. But the recriminations were swift among those who worked with Ms. Callimachi at The Times in the Middle East.

“Maybe the solution is to change the podcast name to #hoax?” tweeted Margaret Coker, who left as The Times’s Iraq bureau chief in 2018 after a bitter dispute with Ms. Callimachi and now runs an investigative journalism start-up in Georgia.

The Times has assigned a top editor, Dean Murphy, who heads the investigations reporting group, to review the reporting and editing process behind Caliphate and some of Ms. Callimachi’s other stories, and has also assigned an investigative correspondent with deep experience in national security reporting, Mark Mazzetti, to determine whether Mr. Chaudhry ever set foot in Syria and other questions opened by the arrest in Canada.

The crisis now surrounding the podcast is as much about The Times as it is about Ms. Callimachi. She is, in many ways, the new model of a New York Times reporter. She combines the old school bravado of the parachuting, big foot reporter of the past, with a more modern savvy for surfing Twitter’s narrative waves and spotting the sorts of stories that will explode on the internet. She embraced audio as it became a key new business for the paper, and linked her identity and her own story of fleeing Romania as a child to her work. And she told the story of ISIS through the eyes of its members.

Ms. Callimachi’s approach and her stories won her the support of some of the most powerful figures at The Times: early on, from Joe Kahn, who was foreign editor when Ms. Callimachi arrived and is now managing editor and viewed internally as the likely successor to the executive editor, Dean Baquet; and later, an assistant managing editor, Sam Dolnick, who oversees the paper’s successful audio team and is a member of the family that controls The Times.

She was seen as a star — a standing that helped her survive a series of questions raised over the last six years by colleagues in the Middle East, including the bureau chiefs in Beirut, Anne Barnard, and Iraq, Ms. Coker, as well as the Syrian journalist who interpreted for her on a particularly contentious story about American hostages in 2014, Karam Shoumali. And it helped her weather criticism of specific stories from Arabic-speaking academics and other journalists. Many of those arguments have been re-examined in recent days in The Daily Beast, The Washington Post, and The New Republic. C.J. Chivers, an experienced war correspondent, clashed particularly bitterly with Mr. Kahn over Ms. Callimachi’s work, objecting to her approach to reporting on Western hostages taken by Islamic militants. Mr. Chivers warned editors of what he saw as her sensationalism and inaccuracy, and told Mr. Slackman, three Times people said, that turning a blind eye to problems with her work would “burn this place down.”

Ms. Callimachi’s approach to storytelling aligned with a more profound shift underway at The Times. The paper is in the midst of an evolution from the stodgy paper of record into a juicy collection of great narratives, on the web and streaming services. And Ms. Callimachi’s success has been due, in part, to her ability to turn distant conflicts in Africa and the Middle East into irresistibly accessible stories. She was hired in 2014 from The Associated Press after she obtained internal Al Qaeda documents in Mali and shaped them into a darkly funny account of a penny-pinching terrorist bureaucracy.

But the terror beat lends itself particularly well to the seductions of narrative journalism. Reporters looking for a terrifying yarn will find terrorist sources eager to help terrify. And journalists often find themselves relying on murderous and untrustworthy sources in situations where the facts are ambiguous. If you get something wrong, you probably won’t get a call from the ISIS press office seeking a correction.

“If you scrutinized anyone’s record on reporting at Syria, everyone made grave, grave errors,” said Theo Padnos, a freelance journalist held hostage for two years and now working on a book, who said that The Times’s coverage of his cellmate’s escape alerted his captors to his complicity in it. “Rukmini is on the hot seat at the moment, but the sins were so general.”

Terrorism coverage can also play easily into popular American hostility toward Muslims. Ms. Callimachi at times depicted terrorist supersoldiers, rather than the alienated and dangerous young men common in many cultures. That hype shows up in details like The Times’s description of the Charlie Hebdo shooters acting with “military precision.” By contrast, The Washington Post’s story suggested that the killers were, in fact, untrained, and noted a video showing them “cross each other’s paths as they advance up the street — a type of movement that professional military personnel are trained to avoid.” On Twitter, where she has nearly 400,000 followers, Ms. Callimachi speculated on possible ISIS involvement in high-profile attacks, including the 2017 Las Vegas shooting, which has not been attributed to the group. At one moment in the Caliphate podcast, Ms. Callimachi hears the doorbell ring at home and panics that ISIS has come for her, an effective dramatic flourish but not something American suburbanites had any reason to fear.

Ms. Callimachi told me in an email that she’d received warnings from the F.B.I. of credible threats against her, and that in any event, that moment in the podcast “is not about ISIS or its presence in the suburbs, but about how deeply they had seeped into my mind.”

Her work had impact at the highest levels. A former Trump aide, Sebastian Gorka, a leading voice for the White House’s early anti-Muslim immigration policies, quoted Ms. Callimachi’s work to reporters to predict a wave of ISIS attacks in the United States. Two Canadian national security experts wrote in Slate that the podcast “profoundly influenced the policy debate” and pushed Canada to leave the wives and children of ISIS fighters in Kurdish refugee camps.

The haziness of the terrorism beat also raises the question of why The Times chose to pull this particular tale out of the chaotic canvas of Syria’s collapse.

“The narrative her work perpetuates sensationalizes violence committed by Arabs or Muslims by focusing almost exclusively on — even pathologizing — their culture and religion,” said Alia Malek, the director of international reporting at the Newmark Graduate School of Journalism at CUNY and the author of a book about Syria. That narrative, she said, often ignores individuals’ motives and a geopolitical context that includes decades of American policy. “That might make for much more uncomfortable listening, but definitely more worthwhile.”

Ms. Callimachi told me that she has been focused on “just how ordinary ISIS members are” and that her work “has always made a hard distinction between the faith practiced by over a billion people and the ideology of extremism.”

Mr. Baquet declined to comment on the specifics of Ms. Callimachi’s reporting or the internal complaints about it, but he defended the sweep of her work on ISIS.

“I don’t think there’s any question that ISIS was a major important player in terrorism,” he said, “and if you look at all of The Times’s reporting over many years, I think it’s a mix of reporting that helps you understand what gives rise to this.” (Mr. Baquet and Mr. Kahn, I should note here, are my boss’s boss’s boss and my boss’s boss, respectively, and my writing about The Times while on its payroll brings with it all sorts of potential conflicts of interest and is generally a bit of a nightmare.)

While some of her colleagues in the Middle East and Washington found Ms. Callimachi’s approach to ISIS coverage overzealous, others admired her relentless work ethic.

“Is she aggressive? Yes, and so are the best reporters,” said Adam Goldman, who covers the F.B.I. for The Times and has argued in favor of the kind of reporting on hostages that alienated Ms. Callimachi from other colleagues like Mr. Chivers. “None of us are infallible.”

What is clear is that The Times should have been alert to the possibility that, in its signature audio documentary, it was listening too hard for the story it wanted to hear — “rooting for the story,” as The Post’s Erik Wemple put it on Friday. And while Mr. Baquet emphasized in an interview last week that the internal review would examine whether The Times wasn’t keeping to its standards in the audio department, the troubling patterns surrounding Ms. Callimachi’s reporting were clear before Caliphate.

Take, for example, one story from 2014.

The article, which led the front page on Dec. 28, describes a Syrian captive of ISIS, who was going by the name of Louai Abo Aljoud, who “made eye contact with the American hostages being held by the Islamic State militant group” at a prison at an abandoned potato chip factory in Aleppo and tried to report them to an indifferent American government.

“I thought that I had truly important information that could be used to save these people,” Ms. Callimachi quoted him as saying. “But I was deeply disappointed.”

The story is told with verve and confidence. As a reader, you feel as if you were there.

But elements of the story were shaky: By the time, in Mr. Abo Aljoud’s telling, that he was trying to alert the U.S. government that he had seen the hostages, the Islamic State no longer controlled the area the prison was said to be in. Mr. Abo Aljoud had told The Wall Street Journal the same story, and The Journal passed on it because journalists there didn’t believe him, two of those involved told me. And the Syrian journalist who assisted Ms. Callimachi on the story and interpreted the interview, Mr. Shoumali, told me that he “warned” her not to trust Mr. Abo Aljoud “before, during and after” the interview, in vain. (Ms. Callimachi said that she didn’t recall the warnings before publication, and noted that they don’t appear in correspondence between her and Mr. Shoumali before publication.)

Mr. Shoumali said he came away from the experience alarmed by her methods.

“I worked for so many reporters, and we were seeking facts. With Rukmini, it felt like the story was pre-reported in her head and she was looking for someone to tell her what she already believed, what she thought would be a great story,” said Mr. Shoumali, who was a reporter for The Times from 2012 to 2019 and had a freelance byline this August. He spoke to me by phone from Berlin, where he is now working on a project for a think tank.

Eight days after the story was published, Mr. Shoumali wrote to Ms. Callimachi and other Times reporters, in an email exchange I obtained, saying that “Syrian contacts are raising more and more questions about the credibility of one of our sources” and that Mr. Abo Aljoud had changed details of the story in a conversation the two men had after the story was published.

Ms. Callimachi emailed back that details of the prison scene were “confirmed independently by European hostages held in the same location or else by the State Department” — a response that seems puzzling, given that the story presented Mr. Abo Aljoud’s observations as his eyewitness account.

The Times was worried enough about that 2014 story to send a different reporter, Tim Arango, back to southern Turkey soon after it was published to re-interview Mr. Abo Aljoud, who gamely repeated his story to him and Mr. Shoumali. I tried again in early October. Like Ms. Callimachi, I don’t speak Arabic and hired another Syrian journalist to ask Mr. Abo Aljoud my questions. In that interview, he told a version of the story that appeared in The Times, but with elements that muddied the clean narrative. He said he had only seen one hostage, not the three The Times suggests. And he said he didn’t realize until after his release that he’d seen any of them — contrary to the impression left by The Times article.

Ms. Callimachi said in an email that she wished that the story had been clearer about the “limitations” of reporting on terrorists. “Looking back, I wish I had added more attribution so that readers could know the steps I took to corroborate details of his account,” she said.

Mr. Kahn, the International editor at the time, continues to stand by the story.

“Questions that were raised about a source in a story Rukmini wrote about American hostages in Syria were thoroughly examined at the time by reporters and editors on the International desk and by The Times’s public editor, and the results of those reviews were published,” he said in an email. “I am not aware of new information that casts doubt on the way it was handled.”

Those questions aside, the article arguably had an impact in Washington, pushing the United States government to reconsider its ban on paying ransom. But the piece itself now rests under an uncomfortable cloud of doubt. It remains on The Times website, with no acknowledgment of the questions surrounding the opening anecdote. The only correction says that the story, when first published, did not make clear that Mr. Abo Aljoud had used a pseudonym.

Last month, that same cloud of doubt descended on Caliphate. And Ms. Callimachi now faces intense criticism from inside The Times and out — for her style of reporting, for the cinematic narratives in her writing and for The Times’s place in larger arguments about portrayals of terrorism.

But while some of the coverage has portrayed her as a kind of rogue actor at The Times, my reporting suggests that she was delivering what the senior-most leaders of the news organization asked for, with their support.

Mousab Alhamadee contributed reporting.

Voir aussi:

Covid-19: Ralliez-vous à mon panache blanc ! (The coronavirus crisis has shown the limits of brio in a French high administration and political class where scientific culture cruelly shines by its absence)

18 septembre, 2020

https://media.marianne.net/sites/default/files/10572_665820_k3_k1_1597874.jpg
Agnes C. Poirier on Twitter: "Great double issue of #Marianne ...on French # panache… "The dogs bark, but the dove of peace flies on

 Benjamin Netanyahu a parlé d’une « nouvelle ère » entre Israël et les pays arabes et appelé les voisins des EAU à suivre le même chemin. Opinion | Black Voters Are Coming for Trump - The New York TimesDemocrats attacked for cultural appropriation, publicity stunt after Kente cloth kneeling - Tampa Dispatch

Une nation fatiguée de longs débats consent volontiers qu’on la dupe, pourvu qu’on la repose.Tocqueville
Pour un colonel en retraite qui, avec brio, a commandé un régiment devant l’ennemi, rien n’est plus démoralisant ni plus déprimant que de se voir réduit à commander une choucroute avec un demi dans une brasserie. Pierre Dac
La grande histoire du panache français Au fil de notre histoire, beaucoup de femmes et d’hommes, réels ou fictifs, ont incarné le brio à la française. Le courage, le sens de l’honneur et l’élégance ne leur ont jamais fait défaut. « Marianne » leur consacre son numéro double de fin d’année, disponible en kiosques du 21 décembre au 4 janvier. Marianne
Il est tout à fait naturel qu’on ressente la nostalgie de ce qui était l’Empire, tout comme on peut regretter la douceur des lampes à huile, la splendeur de la marine à voile, le charme du temps des équipages. Mais, quoi ? Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités. Charles de Gaulle (1960)
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique de Villepin (Paris, automne 2001)
Je ne le regarde pas et je conseille vivement à l’ensemble des responsables européens de ne même pas ouvrir ce dossier pour une raison simple, on n’achète pas l’indépendance d’un peuple, on n’achète pas la dignité d’un peuple, 50 milliards pourquoi faire, pour fermer sa gueule et accepter d’être dépouillé de ses droits, c’est ignoble. Dominique de Villepin (25.06.2019)
Il n’y aura pas de paix séparée entre Israël et le monde arabe. Je veux que cela soit très clair avec vous tous. J’ai entendu plusieurs politiciens de premier plan en Israël dire parfois: ‘Eh bien, le monde arabe est dans un endroit différent maintenant Nous devons juste leur tendre la main. Nous pouvons travailler certaines choses avec le monde arabe et nous traiterons avec les Palestiniens. Non, non et non. Je peux vous dire que, comme l’ont confirmé les conversations que j’ai eues avec des dirigeants de la communauté arabe la semaine dernière, il n’y aura pas de paix avancée et séparée avec le monde arabe sans le processus palestinien et la Paix palestinienne. Tout le monde doit comprendre cela. C’est une dure réalité. John Kerry
« Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités », a dit Charles de Gaulle. Cette maxime guide la politique des États-Unis à l’égard de la République islamique d’Iran. Nous reconnaissons ce régime pour ce qu’il est: le premier État commanditaire du terrorisme au monde et la principale source d’instabilité au Moyen-Orient. (…) Malheureusement, la France refuse de désigner l’ensemble du Hezbollah comme une organisation terroriste, comme l’ont fait d’autres pays européens, et freine les progrès de l’Union européenne dans ce sens. Au lieu de cela, Paris s’en tient à cette fiction qu’il existe une «aile politique» du Hezbollah, alors que celui-ci est entièrement contrôlé par un seul terroriste, Hassan Nasrallah. Je partage la frustration des vingt-sept personnalités publiques françaises qui, dans une tribune collective publiée dans Le Figaro , ont récemment appelé la France à adopter cette désignation. (…) Les calculs politiques entrent également en jeu dans les prises de position de l’Europe, où plusieurs dirigeants refusent d’agir avant l’issue de la prochaine élection présidentielle américaine. Cette manœuvre cynique considère les mutilations et les massacres commis par l’Iran comme des dommages collatéraux acceptables, et estime que Washington, ce qui est regrettable, est plus dangereux pour le monde que Téhéran. Je me demande si les habitants de Beyrouth, de Riyad ou de Jérusalem, les villes les plus exposées à l’Iran, seraient d’accord. Comment est-il possible que la France vote contre l’embargo sur les armes, et que la semaine suivante le président Macron rencontre un haut représentant du Hezbollah à Beyrouth? (…)  Le scepticisme manifesté par de nombreux dirigeants français à l’égard de l’accord durant les négociations semble aujourd’hui plus justifié que jamais. Mike Pompeo (2020)
Cinq minutes pour comprendre l’accord « historique » entre Israël et les Emirats arabes unis Le Parisien
Nous sommes en guerre. J’appelle tous les acteurs politiques, économiques, sociaux, associatifs, tous les Français à s’inscrire dans cette union nationale qui a permis à notre pays de surmonter tant de crises par le passé. Nous sommes en guerre et la Nation soutiendra ses enfants qui, personnels soignants en ville, à l’hôpital, se trouvent en première ligne dans un combat qui va leur demander énergie, détermination, solidarité. Ils ont des droits sur nous. Nous leur devons évidemment les moyens, la protection. Nous serons là. Nous leur devons, des masques, du gel, tout le matériel nécessaire. Et nous y veillons et y veillerons. (…) Nous sommes en guerre, oui. Le pays accompagnera dans cette période les régions les plus touchées aujourd’hui, comme celles qui le seront demain. A ce titre, je veux assurer les habitants, les personnels soignants du Grand-Est que nous serons au rendez-vous pour les appuyer face à l’afflux de patients et à la saturation des hôpitaux. Je sais ce qu’ils vivent depuis des jours et des jours. Nous sommes avec eux. J’ai décidé pour cela qu’un hôpital de campagne du service de santé des armées serait déployé dans les jours à venir en Alsace. Les armées apporteront aussi leur concours pour déplacer les malades des régions les plus affectées et ainsi réduire la congestion des hôpitaux de certains territoires. Nous sommes en guerre. Aussi, comme je vous l’ai dit jeudi, pour nous protéger et contenir la dissémination du virus, mais aussi préserver nos systèmes de soins, nous avons pris ce matin, entre Européens, une décision commune. Dès demain midi, les frontières à l’entrée de l’Union européenne et de l’espace Schengen seront fermées. Concrètement, tous les voyages entre les pays non européens et l’Union européenne seront suspendus pendant trente jours. (…) Mes chers compatriotes, en étant unis, solidaires, je vous demande d’être responsables tous ensemble et de ne céder à aucune panique, d’accepter ces contraintes, de les porter, de les expliquer, de vous les appliquer à vous-mêmes. Nous nous les appliquerons tous, il n’y aura pas de passe-droits. Mais là aussi de ne céder ni à la panique ni au désordre. Nous gagnerons, mais cette période nous aura beaucoup appris. Beaucoup de certitudes, de convictions seront balayées, seront remises en cause. Beaucoup de choses que nous pensions impossibles adviennent. Ne nous laissons pas impressionner, agissons avec force, mais retenons cela, le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour aux jours d’avant. Nous serons plus forts moralement. Nous aurons appris et je saurai aussi avec vous en tirer toutes conséquences, toutes les conséquences. Hissons-nous, individuellement et collectivement, à la hauteur du moment. Je sais, mes chers compatriotes, pouvoir compter sur vous. Vive la République ! Vive la France ! Emmanuel Macron
Je salue la décision courageuse des Émirats arabes unis et souhaite qu’elle contribue à l’établissement d’une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens. Je l’ai dit au Président Trump, au Premier ministre Netanyahou et au Prince héritier Mohamed bin Zayed. Emmanuel Macron
Je me suis entretenu avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Je lui ai dit ma détermination à oeuvrer pour la paix au Proche-Orient. La reprise des négociations pour parvenir à une solution juste et respectueuse du droit international reste une priorité. Emmanuel Macron
Les manifestations ne sont pas (autorisées) dans les faits car il y a un décret du premier ministre dans le cadre de la deuxième phase du déconfinement qui interdit les rassemblements de plus de dix personnes. Mais je crois que l’émotion mondiale, qui est une émotion saine sur ce sujet, dépasse au fond les règles juridiques qui s’appliquent. Il n’y aura pas de sanction et de procès-verbal. Nous ne souhaitons pas réaffirmer l’interdiction qui est de droit, qui est de fait. Je sais que ceux qui vont ne considèrent pas, dans leur très grande majorité, qu’il y a une police raciste, antisémite ou homophobe», a souligné le ministre qui voit avant tout dans ces rassemblements un «combat contre le racisme. Je crois que la politique est faite de symbole. Si ce symbole [poser un genou à terre] est utile pour combattre le racisme, je serai particulièrement à l’aise de le faire. François Castaner
[Je n’exclus pas que] ce qui se passe en France [aujourd’hui] s’y produise dans un mois. (…) Le modèle suédois, basé sur des mesures moins drastiques qu’ailleurs, mais qui restent les mêmes et s’inscrivent dans la durée, commence à fonctionner. Les dispositifs un peu moins drastiques prennent plus de temps à agir. Peut-être aussi que nous avions une telle propagation du virus qu’il a fallu attendre avant de voir une réponse importante aux mesures que nous avions mis en place dans les régions les plus touchées par le virus, celle de Stockholm et de Göteborg. Le virus ne va pas disparaître. A l’avenir, il sera sans doute plus facile à gérer, notamment quand nous aurons un vaccin. Mais nous allons devoir vivre longtemps avec et il est important que les mesures que nous prenons fonctionnent sur le long terme, sans avoir de conséquences trop négatives sur d’autres aspects de la santé. (…) [Quant au masque] Garder ses distances est bien plus important [mais je n’exclus pas] pour une courte période, dans un endroit spécifique, si les cas augmentent et que les mesures habituelles ne fonctionnent pas. [Mais] on voit bien que dans les pays qui l’ont rendu obligatoire, les contaminations ne baissent pas de façon drastique. Anders Tegnell
Notre stratégie repose sur une relation de confiance entre les autorités et les citoyens. Plutôt que de donner des ordres ou de pointer du doigt, nous faisons des recommandations, mais c’est à eux d’agir, sur la base des informations que nous leur fournissons. Et même si tous ne suivent pas les recommandations en permanence, la plupart des Suédois ont changé leur comportement. Dan Eliasson
On voit une augmentation en Europe et en France de sujets positifs, je ne parle pas de malades, et cette pente est quinze fois plus faible qu’en mars. (…) Le nombre de décès ne réaugmente pas de manière significative alors qu’on nous le promet tous les quinze jours depuis le début du mois d’avril. En France, la réaugmentation que l’on perçoit a une pente 300 fois inférieure à celle du tsunami du mois de mars (…) [En Europe] nous sommes depuis début juillet entre 200 et 250 décès par jour sans augmentation, alors que nous étions à 5.000 décès mi-avril. Il n’y a aucune réaugmentation significative par rapport à l’ensemble des données européennes (…). Il y a eu une seule vague, celle de mars-avril qui a augmenté à peu près 115.000 décès surnuméraires par rapport à 2019 et 2018 sur l’ensemble des pays européens. Sur les 30.000 décès [attribués au Covid], il faut voir que l’excès de mortalité en France n’est compris qu’entre 12.000 et 15.000 par rapport aux autres années. (…) L’institut national des études démographiques divise par deux le nombre total de décès attribués actuellement au Covid, on n’est pas à 30.000 décès, on est à 12.000 à 15.000 décès supplémentaires. En réalité, le confinement est un instrument sociétal majeur, c’est la seule arme de destruction massive qui a été utlisée au 21ème siècle puisque c’est la seule qui a concerné quasiment la moitié de l’humanité. (…) Les conséquences socio-économiques qui vont maintenant se dégager vont concerner non pas les conseillers qui sont assis sur leurs certitudes, mais les jeunes générations qui vont devoir ramer. (…) Et quand on n’est pas capable d’assumer ces conséquences, alors on continue à faire croire à une crise sanitaire qui n’est plus présente. Pr Jean-François Toussaint
Tout le monde s’est mis à s’intéresser aux débats! (…) Les gens ne sont pas contre les migrants, mais nous voulons un processus légal. On n’a pas le droit d’avoir une opinion. On est tout de suite des nazis, des déplorables non éduqués… C’est franchement la raison pour laquelle Donald Trump a été élu. Les gens en ont marre d’être méprisés. Ils ne cessent de l’attaquer, quoiqu’il fasse. Nous appelons ça le syndrome de dérangement trumpien. Il ne fait «que se défendre» et j’adore ses tweets« parce qu’ils lui permettent de contourner le mur médiatique. Nous, les partisans de Trump, ne prenons pas ses paroles de manière littérale. Il faut regarder ses actes. Mais la presse, elle, s’attache à chaque mot. Elle ne comprend pas son humour! Les enfants ne peuvent même plus porter un costume de Halloween en se peignant le visage en noir sans être soupçonnés de racisme… C’est comme ce mouvement #MeToo. Ça va trop loin. On a tous des maris, des fils, voudrions-nous les voir accusés sans preuves? (…) C’est la première fois que je peux imaginer comment la guerre civile a commencé en Amérique. Les passions sont tellement fortes. Lynette Vilano (activiste républicaine de Pennsylvanie)
Depuis le premier jour, ils ne lui donnent aucune chance. Alors nous n’écoutons plus. Lynette Vilano
Bien sûr, il y a le Covid, les 200.000 morts, les masques, le virus qui continue de courir, les frontières fermées, le business qui souffre. Toutes ces circonstances qui font de l’élection qui approche un défi gigantesque pour le président sortant. Mais pour l’essentiel, la musique de fond de cette drôle de campagne 2020, où les démocrates mobilisent en ligne pour montrer qu’ils sont «responsables» et «respectueux des experts», tandis que Trump s’en va en chair et en os chez ses électeurs pour leur dire que l’Amérique est vivante et «toujours grande», ressemble à s’y tromper à celle de 2016: pour ou contre Trump, jusqu’à la caricature. D’un côté, une polyphonie orchestrée par tout ce que l’élite compte de sommités monte au créneau, avec tambours et trompettes médiatiques, pour affirmer que le président est «inapte à gouverner». De l’autre, les chœurs du peuple trumpien scandent «quatre ans de plus» sans prêter la moindre attention à la cascade de livres et de révélations censés accabler leur héros. Du coup, le pays vit en schizophrène, dans deux salles de «concert électoral» qui ne communiquent pas, comme c’est le cas depuis quatre ans. Dans la première – journaux, télés, Twitter – on parle des dernières révélations du livre Rage du journaliste Bob Woodward, ancien «tombeur de Nixon». Il est sorti de ses 17 conversations avec le président «effaré», notamment après que ce dernier lui ait confié avoir «sous-estimé» publiquement la dangerosité du Covid, parce qu’il ne voulait pas semer la panique. Preuve de son incapacité et de son amoralité, dénoncent les éditorialistes. «Un mélange de couard, raciste, menteur, frimeur, narcisse, arnaqueur et vantard», écrit notamment Roger Cohen à la une du New York Times. Mais cette propension à diaboliser Trump pourrait paradoxalement s’avérer contre-productive, les démocrates donnant le sentiment de n’avoir tiré aucune leçon de l’échec essuyé en 2016. Pour l’instant, l’essentiel des analystes parient toujours sur Joe Biden. La plus singulière surprise de 2020 est en effet que, malgré le Covid, les ratages, les innombrables défauts de Trump, et les grincements de dents de l’élite, il continue de porter les espoirs de quelque 45 % de la population! Les démocrates s’acharnent sur l’homme. Mais lui chevauche une colère réelle qui ne passe pas. C’est ainsi que dans les provinces profondes, personne ou presque ne prête attention à la charge de la cavalerie antitrumpiste. (…) Même le fait que Trump ait fait la paix entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn, n’a été pas mis à son crédit, regrette l’activiste, qui affirme que «CNN a totalement sous-couvert» la percée diplomatique car elle ne colle pas à leur discours sur le désastre de sa politique étrangère. Lynette Vilano affirme que le soutien à Trump dans son comté, «ne cesse de grandir» et que «de nombreux démocrates continuent de migrer vers le Parti républicain». Comme en 2016. Un constat intéressant mais qui reste à l’échelle locale, se hâte-t-elle de dire. Pour l’instant, l’essentiel des analystes parient toujours sur Joe Biden qui, selon la militante républicaine, ressemble à son mari «quand il s’est mis à vieillir et à ne plus trop s’orienter». Mais les sondages se resserrent. Les débats seront sans doute déterminants. Laure Mandeville
Quand Emmanuel Macron dramatisait les enjeux et en appelait à l’union nationale, Angela Merkel emportait la conviction en expliquant aux Allemands comment agir pour ralentir la progression du virus. La crise sanitaire a montré que la capacité d’analyse, la rigueur et la pédagogie sont des qualités plus utiles que le brio. C’est une leçon dont nous devrons nous souvenir. Annick Steta

Derrière le brio des formules, la démission du politique !

Fiasco du confinement aveugle, économie dévastée, ensauvagement de la population, immigration hors de contrôle, ingérence au Liban, collusion avec des Etats et mouvements terroristes, refus de soutenir ses alliés …

A l’heure où après la relative insouciance de l’été …

La psychose, entre annonces catastrophistes et obligation aussi liberticide qu’inepte du masque en extérieur, a repris à tous les étages …

Où après deux mois de restriction sévèrement sanctionnée des libertés de mouvement, réunion et  manifestation, l’on a vu un ministre de l’Intérieur renoncer publiquement, au nom s’il vous plait de l’émotion, à sa mission de maintien de l’ordre face à des mouvements racialistes …

Et où l’on découvre qu’un président français qui avait avait pris des airs si martiaux au début de la crise sanitaire et avait au Liban même appelé à un réveil du peuple libanais …

Avait au même moment eu un rendez-vous secret avec le mouvement terroriste du Hezbollah et, à l’instar de la presse hexagonale,  a réduit au service minimum sa réaction à l’accord proprement historique entre Israël et plusieurs pays arabes …

Pendant que fatiguée par les effets conjugués du virus chinois et du chaos générés par les racialistes de Black lives matter de l’autre côté de l’Atlantique, une Amérique semble tentée par la non-candidature d’un vieux gâteux à la limite de la sénilité et son parti de génuflecteurs

Comment ne pas voir avec ce début de bilan de l’épidémie …

Dans le dernier numéro de la Revue des deux mondes

Derrière le panache si facile et si français des formules …

Non seulement les limites du brio en une haute administration et une classe politique françaises où la culture scientifique brille cruellement par son absence …

Mais la véritable démission et l’épuisement de tout un système politique …

Et peut-être même d’une nation ou d’un Occident tout entier ?

Annick Steta
Revue des deux mondes
septembre 2020

Il est encore trop tôt pour faire le bilan de la pandémie de Covid-19. Nul ne peut exclure qu’une nouvelle vague de contaminations se produise à l’automne. Peut-être même devrons-nous apprendre à vivre avec le SARS-CoV-2 jusqu’à ce que ce virus disparaisse. Le temps n’est pas non plus venu d’établir la responsabilité individuelle des dirigeants politiques et administratifs français dans la réponse apportée à une crise sanitaire d’une brutalité et d’une gravité inédites depuis l’émergence de la grippe espagnole(… Mais il est impossible de nier que cette réponse a été tardive et qu’elle a manqué de pertinence durant les premières semaines de la pandémie, c’est-à-dire au stade où les mesures destinées à casser les chaînes de transmission d’un virus sont les plus efficaces. D’autres pays ont réagi dès que la République populaire de Chine a confirmé, le 31 décembre 2019, l’existence de douzaines de cas graves de pneumonie d’origine inconnue à Wuhan, la capitale de la province du Hubei. La République de Chine (Taïwan) a affirmé avoir soulevé le jour même auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) – dont elle n’est pas membre en raison de l’opposition de Pékin – la possibilité d’une transmission interhumaine de l’agent pathogène en cause. Sans attendre la réponse de l’OMS, Taïwan a imposé des contrôles sanitaires à bord des avions en provenance de Wuhan. Elle a également demandé le 6 janvier que les personnels soignants portent des masques filtrant au moins 95 % des particules de diamètre égal ou supérieur à 0,3 micron. La population taïwanaise, qui a gardé un souvenir cuisant de l’épidémie de SARS-CoV-1 de 2003, a par ailleurs rapidement adopté le port du masque. Grâce à ces mesures, Taïwan a enrayé la progression du SARS-CoV-2 : fin juin 2020, ce pays de 23 millions d’habitants dénombrait 447 cas d’infection et sept décès. Plus près de nous, l’Allemagne s’est préparée dès janvier 2020 à l’arrivée du nouveau coronavirus sur son territoire. L’hôpital universitaire de la Charité de Berlin a développé dès la mi-janvier un test diagnostique du SARS-CoV-2. À partir de la fin janvier, les médecins de ville ont commencé à tester les personnes présentant des symptômes d’infection par ce virus ainsi que les individus avec lesquels elles avaient été en contact. Cette campagne de dépistage a permis d’isoler les personnes infectées et de limiter la propagation du virus, en particulier aux sujets les plus vulnérables. Durant la seconde quinzaine de mars, les laboratoires allemands ont réalisé entre 350 000 et 500 000 tests par semaine. En France, où le matériel permettant de procéder aux prélèvements et de les analyser manquait cruellement, environ 225 000 tests ont été effectués entre le 24 février et le 27 mars. Plus de 85 % d’entre eux ont été réalisés par des laboratoires hospitaliers. L’Allemagne, où la population a eu largement accès au dépistage du SARS-CoV-2 et où le confinement a été moins strict qu’en France, recensait fin juin 194 864 cas d’infection et 9 029 décès pour une population de 83 millions d’habitants. À la même époque, la France, qui compte un peu moins de 67 millions d’habitants, dénombrait 162 936 cas d’infection et 29 778 décès. Le retard avec lequel les autorités françaises ont réagi à la menace représentée par le nouveau coronavirus est d’autant plus surprenant que le premier décès dû au Covid-19 hors d’Asie a eu lieu le 14 février dans un hôpital parisien. En Allemagne, cette maladie a fait ses deux premières victimes le 9 mars, soit trois semaines plus tard. À l’évidence, les autorités françaises ont tardé à prendre la mesure des conséquences potentielles de la propagation du SARS-CoV-2. Durant de longues semaines, les responsables politiques et administratifs se sont efforcés de rassurer la population en minorant les risques encourus et en affirmant que les moyens nécessaires pour enrayer une telle épidémie étaient disponibles. Le débat entourant la question du port du masque a été particulièrement révélateur à cet égard. Le 26 janvier, Agnès Buzyn, qui était alors ministre des Solidarités et de la Santé, a affirmé que la France disposait de stocks de dizaines de millions de masques destinés à être distribués en cas d’épidémie. Moins de deux mois plus tard, son successeur, Olivier Véran, a reconnu qu’il ne restait que 110 millions de masques dans les stocks de l’État alors qu’il y en avait plus d’un milliard dix ans plus tôt. Il s’est ensuivi une longue polémique, ponctuée par la publication dans la presse d’enquêtes détaillées consacrées à l’évolution de la stratégie nationale de réponse aux épidémies. Peu à peu, le grand public a compris que les mesures prises par le gouvernement français pour faire face à l’irruption du SARS-CoV-2 avaient été dictées par la pénurie de masques, de matériel de prélèvement, de réactifs et d’instruments de laboratoire permettant de réaliser les tests diagnostiques. Dans ce contexte, le confinement de l’ensemble de la population durant près de deux mois, du 17 mars au 11 mai 2020, est apparu comme le seul moyen de ralentir la progression de l’épidémie.L’exécutif a tenté de rejeter la responsabilité du défaut de préparation de la France sur les gouvernements précédents. Les données disponibles n’appuient pas cette thèse. La réduction des stocks étatiques de masques chirurgicaux s’est en effet accélérée à partir de 2017. La destruction de centaines de millions de masques jugés périmés a été décidée en 2018 – mais les stocks n’ont pas été reconstitués. Les débats sur la nécessité de relocaliser la production de matériel médical et de produits pharmaceutiques ont par ailleurs occulté une question essentielle : celle de la raison pour laquelle la France a, comme d’autres pays, renoncé dans les années soixante-dix à utiliser des masques de protection réutilisables, dont les performances étaient au moins équivalentes à celles des masques jetables. Quelques jours avant sa mort, le 6 avril 2020, l’économiste de la santé Claude Le Pen avait évoqué le rôle de l’administration dans ce désarmement sanitaire. Son analyse rejoignait celle du professeur Philippe Juvin, chef du service des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou et membre du parti Les Républicains. Celui-ci a mis en cause « la médiocrité de la haute administration, avec des hauts fonctionnaires qui sont dans l’entre-soi, et une classe politique qui manque de caractère pour s’opposer ». En dépit de leur brutalité, les propos du professeur Juvin ne sauraient être écartés d’un revers de main. Ils conduisent à s’interroger sur les raisons profondes qui ont porté les responsables publics français à ne pas prendre suffisamment au sérieux ceux qui mettaient en garde contre la survenue d’une pandémie majeure. De la difficulté à mobiliser face à une menace lointaine L’idée qu’un tel phénomène était appelé à se produire s’est diffusée après l’épidémie de SARS-CoV-1 de 2003. En 2005, Michael T. Osterholm, directeur du Center for Infectious Disease Research and Policy de l’université du Minnesota, publia un article dans lequel il soulignait que la probabilité d’une pandémie dévastatrice s’était significa-tivement accrue. Il appelait les pays avancés à s’y préparer en stockant du matériel de protection et des médicaments antiviraux, en augmentant le nombre de respirateurs disponibles, en développant la capacité de production de vaccins, mais aussi en anticipant les conséquences de la survenue d’une pandémie sur les processus de production (4). Un an plus tôt, l’historien américain John M. Barry, professeur à l’École de santé publique et de médecine tropicale de l’université Tulane (La Nouvelle-Orléans), avait fait paraître un essai consacré à la pandémie de grippe espagnole de 1918-1919. La lecture de The Great Influenza conduisit le président George W. Bush à demander à ses collaborateurs de concevoir une stratégie permettant de répondre à une pandémie comparable. Le souvenir du 11 septembre 2001 facilita leur mobilisation : ils savaient par expérience que des événements totalement inattendus aux conséquences extrêmement graves pouvaient survenir. Dans un discours prononcé en novembre 2005 au National Institutes of Health, l’agence du gouvernement des États-Unis qui supervise la recherche biomédicale, le président Bush dévoila leurs premières conclusions en décrivant de façon très précise la façon dont une épidémie progresserait sur le territoire national et en identifiant les problèmes auxquels les pouvoirs publics seraient confrontés. Pendant trois ans, des moyens financiers importants furent consacrés à ce projet. Celui-ci fut toutefois délaissé après le second mandat du président Bush. L’essai de John M. Barry convainquit également Bill Gates qu’une pandémie de grande ampleur se produirait presque certainement. Le fondateur de Microsoft, qui consacre désormais le meilleur de son temps à la fondation qu’il a créée afin d’améliorer l’accès aux soins de santé et de réduire la pauvreté, exhorta à plu-sieurs reprises les responsables publics du monde entier à développer des moyens de lutte contre des agents pathogènes encore inconnus. Il tint le même discours lors d’une conférence TED de mars 2015, dont l’enregistrement a été abondamment partagé sur les réseaux sociaux lors de la pandémie de Covid-19. Ses appels sont restés lettre morte.Michael T. Osterholm et Mark Olshaker, qui ont mis en garde dans un livre paru en 2017 contre la menace grandissante représentée par différents agents pathogènes, ont récemment analysé dans Foreign Affairs la réponse des autorités américaines à l’émergence du SARS-CoV-2. Ils utilisent pour ce faire une notion issue de l’économie comportementale : la dévaluation hyperbolique (hyperbolic discounting), qui désigne l’augmentation brutale de l’évaluation d’une récompense lorsqu’on s’en rapproche. Le cas d’un individu impatient qui préfère une petite récompense proche dans le temps à une récompense importante mais lointaine en constitue une illustration. L’existence d’un tel phénomène explique la difficulté qu’éprouvent les responsables publics à placer la possibilité d’une pandémie au premier rang de leurs préoccupations. Michael T. Osterholm et Mark Olshaker constatent par ailleurs que le gouvernement des États-Unis n’a pas interprété correctement les signes indiquant que le SARS-CoV-2 pourrait provoquer une pandémie – signes qui, selon eux, étaient présents dès le début de l’année 2020. L’ampleur des ravages causés par la pandémie de Covid-19 contraint les pouvoirs publics à réviser en profondeur la manière dont ils appréhendent l’incertitude. Dans un ouvrage intitulé « Risque, incertitude et profit », publié en 1921, l’économiste américain Frank Knight a proposé de distinguer les situations risquées, où la distribution de probabilité des cas possibles est connue, des situations incertaines, où les cas possibles ne sont pas connus. Or le risque est beaucoup plus facile à gérer que l’incertitude. Il est par exemple nettement plus aisé de concevoir les dégâts susceptibles d’être provoqués par une tempête ou une marée noire que de se projeter dans une situation où la présence d’un agent pathogène fait courir un risque potentiellement létal à une partie de la population. De façon à se préparer à une telle éventualité, il est indispensable que les pouvoirs publics – qu’il s’agisse de l’administration ou des responsables politiques – renforcent leurs liens avec la communauté scientifique. En France, l’absence quasi totale de culture scientifique aux échelons les plus élevés de l’administration comme au sein de la classe politique constitue un frein majeur à un tel rapprochement. Pour ce qui concerne la fonction publique, les conditions de recrutement des hauts fonctionnaires expliquent largement ce qui apparaît désormais comme une faiblesse dangereuse. Le rapport de la Mission haute fonction publique remis au Premier ministre le 18 février 2020 contient à cet égard des informations et des propositions très révélatrices. Les diplômés de Sciences Po Paris représentent les trois quarts des candidats admis au concours externe de l’École nationale d’administration (ENA). Or les disciplines scientifiques sont presque totalement étrangères au cursus de Sciences Po. Cet établissement ne dote pas davantage les étudiants ayant choisi la filière « Affaires publiques » d’une véritable formation disciplinaire. La formation par la recherche y est enfin réservée aux étudiants s’engageant dans la préparation d’un master recherche ou d’un doctorat. Autre-ment dit, les trois quarts des admis au concours externe de l’ENA – et une proportion plus importante encore si l’on tient compte des admis issus des autres instituts d’études politiques – n’ont pas bénéficié d’une formation intellectuelle rigoureuse permettant d’apprendre à chercher et à identifier des informations pertinentes, à les hiérarchiser, à quantifier et qualifier les liens unissant des variables, et, in fine, à bâtir une pensée originale sur des bases solides. Si les membres de la Mission haute fonction publique soulignent les vertus de la formation par la recherche, « qui développe la créativité, la ténacité, voire l’humilité », ils jugent toutefois préférable que la voie de recrutement réservée aux titulaires d’un doctorat soit limitée à quelques postes par an dans l’école d’administration publique dont ils préconisent la création. Cette conclusion est d’autant plus stupéfiante que le doctorat est, comme le souligne ce rapport, le diplôme de référence dans les organisations internationales. Pour tenter de résoudre cette contradiction, les membres de la Mission haute fonction publique proposent d’encourager les hauts fonctionnaires à préparer un doctorat, par exemple en aménageant leurs premières affectations de façon à ce qu’ils puissent mener une recherche en parallèle. Ceux qui connaissent le mode de fonctionnement de l’administration française savent que la diffusion à dose homéopathique de la formation par la recherche ne changera pas la donne. Pour préparer l’administration à répondre aux défis d’un monde de plus en plus incertain, il est devenu nécessaire de procéder à une révolution culturelle consistant à réduire la place accordée aux gestionnaires et à accroître celle attribuée aux « têtes chercheuses ». La formation par la recherche a une vertu supplémentaire : elle produit des esprits indépendants, qui placent la quête de la vérité scientifique avant toute autre considération. François Mitterrand aurait dit qu’il fallait avoir la nuque raide pour ce que l’on estime juste. Quand le monde devient dangereux, les « nuques raides » sont plus précieuses que les adeptes du consensus mou. Là encore, la comparaison de la façon dont les responsables politiques français et allemands ont répondu à la crise sanitaire du Covid-19 est éclairante. En France, une classe politique déboussolée n’a guère trouvé d’arguments à opposer à la rhétorique guerrière embrassée par le président de la République. En Allemagne, la chancelière s’est appuyée sur son expérience de physicienne pour comprendre les risques associés à la propagation du SARS-CoV-2 et concevoir une stratégie permettant d’enrayer l’épidémie. Quand Emmanuel Macron dramatisait les enjeux et en appelait à l’union nationale, Angela Merkel emportait la conviction en expliquant aux Allemands comment agir pour ralentir la progression du virus. La crise sanitaire a montré que la capacité d’analyse, la rigueur et la pédagogie sont des qualités plus utiles que le brio. C’est une leçon dont nous devrons nous souvenir.

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Mike Pompeo: « Ce que veut vraiment le président Donald Trump au sujet du nucléaire iranien »

TRIBUNE EXCLUSIVE – Dans Le Figaro, le secrétaire d’État des États-Unis défend la politique «dure» adoptée par Washington à l’égard de l’Iran.

Mike Pompeo

«Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités», a dit Charles de Gaulle. Cette maxime guide la politique des États-Unis à l’égard de la République islamique d’Iran. Nous reconnaissons ce régime pour ce qu’il est: le premier État commanditaire du terrorisme au monde et la principale source d’instabilité au Moyen-Orient. Je pense que nos amis français perçoivent eux aussi la véritable nature de Téhéran. Reste à savoir si la France est disposée à se joindre à nous pour s’opposer à l’Iran afin d’assurer la paix et la stabilité de la région.

La brutalité du régime actuel frappe en premier lieu le peuple iranien lui-même. Au cours de la seule année dernière, les forces de sécurité ont tué au moins 1500 manifestants pacifiques descendus dans les rues de tout le pays après une augmentation du prix des carburants. Le harcèlement, la discrimination et l’emprisonnement abusif sont choses courantes pour les membres de minorités religieuses, les femmes qui refusent de porter le hijab, les homosexuels et ceux qui dénoncent les autorités.

On compte également parmi les victimes de Téhéran certains de mes compatriotes américains. Le Hezbollah, soutenu par l’Iran, a tué des centaines d’Américains (et de nombreux ressortissants français) au cours d’attaques menées au Liban dans les années 1980, notamment lors de l’attentat à la bombe contre la caserne des marines à Beyrouth en 1983. Dix-neuf autres Américains ont péri en Arabie saoudite dans l’attentat des tours de Khobar commis par le Hezbollah en 1996. Et plus de 600 militaires américains ont été tués par des militants soutenus par les Iraniens au cours de la deuxième guerre d’Irak. Aujourd’hui, Téhéran retient trois Américains en otage.

Et cependant, les attentats qui ont fait couler le sang américain et commandités par l’Iran ne sont qu’une des formes de malveillance dans l’histoire de l’Iran au Moyen-Orient. En 2015, les pays libres espéraient que le Plan d’action global commun (PAGC) mettrait fin au comportement néfaste du régime – et en particulier à ses activités nucléaires illicites. Ils espéraient que le renforcement économique de l’Iran modérerait la violence subversive du régime.

Loin de rejoindre la communauté des nations, l’Iran a réagi à l’apaisement de l’Ouest par des massacres et une défiance accrus. Ce sont, l’an dernier, des missiles iraniens qui ont frappé des installations pétrolières saoudiennes, et des mines iraniennes qui ont explosé sur des navires marchands dans le golfe Persique. Au Yémen, les rebelles houthis appuyés par l’Iran alimentent l’une des pires crises humanitaires mondiales. Les milices chiites soutenues par l’Iran, telles que les Kataeb Hezbollah, portent atteinte à la souveraineté nationale et étouffent la démocratie en Irak. Les sables de Syrie sont gorgés du sang d’innocents à cause des forces iraniennes, du régime Assad appuyé par l’Iran et du Hezbollah.

Aucun pays n’a autant souffert que le Liban sous le talon de l’Iran. Le Hezbollah, mercenaire de l’Iran, y est depuis quelque trois décennies le principal acteur politique. Aujourd’hui, à Beyrouth, la corruption règne, le système financier et politique délabré fonctionne à peine, et les jeunes Libanais manifestent dans les rues au son de slogans comme «Iran dehors!».

Malheureusement, la France refuse de désigner l’ensemble du Hezbollah comme une organisation terroriste, comme l’ont fait d’autres pays européens, et freine les progrès de l’Union européenne dans ce sens. Au lieu de cela, Paris s’en tient à cette fiction qu’il existe une «aile politique» du Hezbollah, alors que celui-ci est entièrement contrôlé par un seul terroriste, Hassan Nasrallah. Je partage la frustration des vingt-sept personnalités publiques françaises qui, dans une tribune collective publiée dans Le Figaro , ont récemment appelé la France à adopter cette désignation.

Les faits sont les suivants: une fois le PAGC en place, le budget militaire de l’Iran est monté en flèche et les milices et terroristes soutenus par le pays ont obtenu davantage de fonds pour tuer et affermir leur présence dans tout le Moyen-Orient. L’Iran s’est doté de la plus grande force de missiles balistiques de la région et a enfreint de multiples dispositions de l’accord concernant les questions nucléaires. Le scepticisme manifesté par de nombreux dirigeants français à l’égard de l’accord durant les négociations semble aujourd’hui plus justifié que jamais.

Le président Trump pense que seule une pression maximale exercée sur le régime, et non l’apaisement, peut induire les changements de comportement que nous recherchons tous. C’est pourquoi les États-Unis ont imposé à l’Iran des sanctions économiques sans précédent et rétabli les mesures de dissuasion militaires à son encontre, notamment par l’élimination de Qassem Soleimani.

Notre campagne vise également à nous assurer que l’Iran ne puisse ni acheter ni vendre des armes conventionnelles – chars d’assaut lourds, avions de combat, missiles et autres. C’est ce qu’a fait le Conseil de sécurité de l’ONU en imposant à l’Iran des limites de