Tintin/80e: Tous les travers de l’Amérique y sont représentés (Tintin in Amerikkka)

31 mai, 2009
Tintin in AmerikaTintin in Amerika (original black nanny)
Tintin in Amerika (whitened nanny)
African slaves on route to Mecca (Red Sea sharks)
Nous, Occidentaux, devons dénoncer fermement tout ce qui est américain dans sa maison, ses vêtements, son âme. George Duhamel (« Scènes de la vie future », 1930)
Il y a du grabuge en perspective parce que le capitalisme et les capitalistes français sont en train de craquer. Ce qu’il leur faudrait, c’est une bonne vieille révolution. Olivier Besancenot (2009)
Le seul endroit acceptable pour ce livre est dans un musée, avec un grand panneau indiquant ‘âneries racistes à l’ancienne’. Commission for Racial Equality
Pour le Congo tout comme pour Tintin au pays des Soviets, il se fait que j’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais… C’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : « Les nègres sont de grands enfants, heureusement que nous sommes là ! », etc. Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque en Belgique. George Rémy (dit Hergé, 1971)
Dans Coke en Stock, en montrant les Noirs promis à l’esclavage et des Arabes esclavagistes, je fais aussi du racisme, mais vis-à-vis des Arabes, cette fois! On en finira jamais!… (…) Et notez que, déjà dans Tintin en Amérique, je montrais la puissance blanche, la finance exploitant les Indiens. Pour un « raciste », je ne cachais pas mes sympathies, il me semble! Hergé (1971)
Moi, Monsieur, je ne veux pas aller à La Mecque. (…) Dans mon village, trois jeunes hommes sont partis pour La Mecque … Deux ans déjà déjà … Et jamais revenus … Ils sont sûrement esclaves maintenant… Je ne veux plus aller à la Mecque, moi, Monsieur. Personnage africain de « Coke en stock » (1958)
On a souvent dit d’Hergé qu’il était raciste dans Tintin au Congo ou anti-bolchevik dans Tintin au pays des Soviets mais ce sont deux oeuvres de jeunesse et de commande datant de 1930 – 1931 (commande émanant de son patron l’abbé Wallez) Hergé exprime enfin ses idées personnelles dans Tintin en Amérique, c’était son voeu initial d’envoyer Tintin dans le nouveau monde. Tous les travers de l’Amérique y sont représentés: L’alcoolisme, le début de la « malbouffe », la guerre des gangs stigmatisée par Al Capone (seul personnage authentique figurant sous son vrai nom dans les aventures de Tintin), le lynchage des Noirs, les exécutions sans procès et l’exploitation des indiens spoliés de leurs territoires.Dans Tintin et le lotus bleu (1936), Hergé s’engagera encore et y dénoncera cette fois l’impérialisme japonais qui occupe la Chine avec l’assentiment de la SDN (Société Des Nations) et le racisme des occidentaux envers le peuple chinois, il récidivera dans Coke en Stock (1958) en défendant les Noirs musulmans destinés à un trafic d’esclaves. Fontaine Peter
Et si, contre toute attente, le reporter du Petit Vingtième avait finalement plus en commun avec le petit facteur de Neuilly qu’avec le national-poujadiste, octogénaire lui aussi, de Trinité-sur-mer?

Au lendemain, en cette année du 80e anniversaire de Tintin, de l’inauguration (polémique à souhait avec l’interdiction des photos par ses héritiers) et à la veille de l’ouverture du Musée Tintin de Louvain-la-Neuve dans la banlieue de Bruxelles ….

Avant, suite à sa première incursion en 1931, son grand retour en Amérique dans deux ans et sur grand écran avec la très attendue adaptation du « Secret de la Licorne » par Steven Spielberg, une trilogie étant même prévue …

Machinisme, « malbouffe », alcoolisme, dérives de la prohibition, guerre des gangs, kidnappings, corruption policière, carences de la Justice, exécutions sans procès, exploitation et spoliation des Indiens, lynchage des Noirs …

Retour sur l’un des secrets apparemment les mieux gardés de l’auteur de « Tintin au Congo ».

A savoir, derrière les sempiternelles accusations d’anti-bolchévisme primaire (« Tintin aux pays des soviets ») et de racisme anti-noir (« Tintin au Congo »), le fait que Georges Rémy était en fait un anti-impérialiste et tiers-mondiste pur et dur digne de nos Georges Duhamel d’alors (« Scènes de la vie future » sont , avec le journal satirique Le Crapouillot, l’une de ses sources d’inspiration) ou de nos Besancenot actuels dont le Pleurnichard en chef de Chicago lui-même pourrait être fier.

Car, comme le montre un texte trouvé sur le net (d’un certain Fontaine Peter), après ses publications sous la Belgique occupée dans un journal aux mains des nazis qui lui valurent une interdiction de publier pendant deux ans après-guerre et l’album de commande contre la Russie stalinienne, y a-t-il un travers de l’Amérique qu’il n’ait dénoncé dans son « Tintin en Amérique » de 1931?

Sans parler, outre les centaines de corrections auxquelles il s’est dûment soumis tout au long de sa carrière (« Tintin au Congo » compris, mais aussi la blanchisation en 1973 des portier d’hôtel et porteuse du bébé de « Tintin en Amérique »!), sa dénonciation des trafiquants de diamants (organisé par Al-Capone ! – « Tintin au Congo »), de drogue (« Les Cigares du Pharaon », « Le Lotus bleu » et « Le Crabe aux pinces d’or ») et d’esclaves (« Coke en Stock »), l’invasion de la Chine par le Japon dans les années 1930 et la lâcheté des Européens retranchés dans leurs concessions de Shanghaï (« Le Lotus bleu »).

L’identité des cerveaux desdits trafics ne pouvant d’ailleurs prêter à confusion.

Outre le banquier Blumenstein financier new-yorkais de l’expédition concurrente de « l’Etoile mystérieuse « …

Et le marchand qui lui dispute le fétiche sacré de « L’Oreille cassée » (« nez crochu, cheveux huilés et crépus, petites bésicles et frottage de mains en signe manifeste d’avarice ») …

Ou le tristement célèbre Al Capone de « Tintin en Amérique » …

Le sinistre Rastatopoulos et faux producteur de cinéma des « Cigares du Pharaon » derrière l’odieuse filière esclavagiste de « Coke en stoke » comme de l’ignoble trafic d’opium du Lotus bleu, n’est autre, derrière le milliardaire américain d’origine grecque qui l’incarne, que le capitalisme américain le plus sauvage

Tintin en Amérique, une Bande Dessinée engagée?

Fontaine Peter
I) Critique du mode de vie des Américains
a) économie et Industrie
Hergé critique le mode de vie Américain dans Tintin en Amérique, notamment les usines alimentaires qui sortent de terre un peu partout à cette époque et le début de la nourriture industrielle de mauvaise qualité fabriquée à la chaine qu’on appelle aujourd’hui la « malbouffe »: Le patron de l’entreprise est prêt à jeter Tintin dans la broyeuse comme les animaux rentrent d’un coté sur un tapis roulant et ressortent de l’autre coté sans aucune intervention humaine « Vous voyez …Les bœufs arrivent par ici, sur un tapis roulant à la queue-leu-leu….. et ils sortent à l’autre bout, sous forme de corned beef, de saucisses, de saindoux, etc. »)

Il critique aussi l’apparition des »villes champignon » proches des lieux où l’ont trouve en abondance des ressources naturelles tels que le pétrole par exemple :

b) Gang, Police et Corruption
Hergé dénonce aussi la guerre des gangs qui fait rage depuis toujours dans ce pays. (« Je vous offre une prime de 20000 dollars si vous me tuez Al Capone »). La corruption policière est aussi représenté de plusieurs façon, dans un premier cas ce sera un policier qui salue un gangster. Dans d’autres cas on voit que les associations de malfaiteur ont pignon sur rue sans intervention de la police.

Dans les vignettes suivantes, on apprend que les kidnappings sont fréquents en Amérique. Les gangs les pratiquent afin de récolter des fonds (« votre chien ne vous sera rendu que contre une rançon de 100 000 dollars »).

c) Les dérives de la prohibition

L’alcoolisme des américains durant la prohibition est aussi critiqué dans cet album, ici Hergé nous montre avec humour le shérif tomber complètement ivre au pied d’un panneau qu’il a lui même planter afin de prévenir les citoyen des peines encourues en cas d’alcoolisme.

II) L’exploitation des Indiens

Hergé nous montre aussi dans cette case pathétique, la place des Indiens aux États-Unis, certains de ces Indiens ne sont là que pour être pris en photo tels des sites touristiques. Mais aussi, la facilité des Américains à spolier les Indiens de leurs terres lorsqu’il y a un intérêt financier derrière. Là on peut voir que l’américain achète pour vingt cinq dollars les terres (« Voici vingt-cinq dollars, vieil hibou ») avec le soutien de l’armée qui, une heure après l’achat, expulse les Indiens

III) Dénonciation des carences de la Justice américaine

Pour finir, Hergé dénonce aussi la justice Américaine, le lynchage et la pendaison arbitraire de Noirs (« J’ai donné l’alarme, on a immédiatement pendu sept nègres, mais le coupable s’est enfui… »,
« 44 nègres ont été lynchés »). Mais aussi l’auto-défense et la justice aveugle par les citoyens sans procès. Dans la vignette suivante Tintin se retrouve au bout d’une corde sans comprendre pourquoi. Le bourreau est encouragé par les spectateurs qui crient « A mort! »

Conclusion

On a souvent dit d’Hergé qu’il était raciste dans Tintin au Congo ou anti-bolchevik dans Tintin au pays des Soviets mais ce sont deux oeuvres de jeunesse et de commande datant de 1930 – 1931 (commande émanant de son patron l’abbé Wallez) Hergé exprime enfin ses idées personnelles dans Tintin en Amérique, c’était son voeu initial d’envoyer Tintin dans le nouveau monde. Tous les travers de l’Amérique y sont représentés: L’alcoolisme, le début de la « malbouffe », la guerre des gangs stigmatisée par Al Capone (seul personnage authentique figurant sous son vrai nom dans les aventures de Tintin), le lynchage des Noirs, les exécutions sans procès et l’exploitation des indiens spoliés de leurs territoires.Dans Tintin et le lotus bleu (1936), Hergé s’engagera encore et y dénoncera cette fois l’impérialisme japonais qui occupe la Chine avec l’assentiment de la SDN (Société Des Nations) et le racisme des occidentaux envers le peuple chinois, il récidivera dans Coke en Stock (1958) en défendant les Noirs musulmans destinés à un trafic
d’esclaves.

Le clou était sans conteste la tente de Bédouin installée dans les jardins de l’hôtel Marigny. Elle était incongrue, ce qui était probablement le but recherché. Elle ressemblait à celle que le petit Abdallah, avec tous ses serviteurs et sa panoplie de farces et attrapes, plante au beau milieu du salon du château de Moulinsart, au grand dam du capitaine Haddock, dans Coke en stock. Il y a un côté Abdallah chez Kadhafi.

Voir aussi:

Vu & commenté
Le petit Abdallah campe à Moulinsart
Dominique Dhombres
Le Monde
12.12.07

Question spectacle, le colonel Kadhafi n’a pas raté son entrée. Une heure de retard à Orly, qui a obligé Michèle Alliot-Marie, l’air renfrogné, à grelotter pour l’attendre dans le froid et sous la pluie.

Une limousine blanche interminable, un cortège d’une centaine de voitures, et bien sûr les athlétiques jeunes femmes en treillis qui lui servent de gardes du corps. Le clou était sans conteste la tente de Bédouin installée dans les jardins de l’hôtel Marigny. Elle était incongrue, ce qui était probablement le but recherché. Elle ressemblait à celle que le petit Abdallah, avec tous ses serviteurs et sa panoplie de farces et attrapes, plante au beau milieu du salon du château de Moulinsart, au grand dam du capitaine Haddock, dans Coke en stock.

Il y a un côté Abdallah chez Kadhafi. On pouvait suivre toutes ces facéties dans les journaux télévisés et sur les chaînes d’info, car le colonel était incontestablement, lundi 10 décembre, le héros du jour. On le voyait avancer lentement, et même très lentement, en gandoura brune et toque noire, dans la cour de l’Elysée. Il n’avait pas foulé ce gravier depuis 1973. Il savourait son plaisir. Question polémique, le colonel était également servi. Cela avait commencé tôt lundi matin avec l’entretien donné au Parisien par Rama Yade dans lequel celle-ci expliquait que la République n’était pas « un paillasson ». Plus tard dans la journée, la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, après avoir affirmé qu’elle ne démissionnerait pas, restait obstinément muette.

Bernard Kouchner ajoutait un gag à cet ensemble déjà fourni en déclarant, l’air mutin, qu’il ne pourrait se rendre au dîner donné lundi soir à l’Elysée en l’honneur du colonel car, « heureux hasard », il était retenu à Bruxelles pour des réunions importantes. Cela faisait un peu désordre, et Nicolas Sarkozy jugeait utile d’intervenir à son tour. « La France reçoit un chef d’Etat qui a choisi de renoncer définitivement au terrorisme », disait-il. L’argument selon lequel « la France parle à tout le monde » était classique. Les contrats industriels et d’armement aussi, d’ailleurs. Plus originale était la dénonciation des donneurs de leçons du Café de Flore. Nicolas Sarkozy visait probablement Bernard-Henri Lévy. Dans le flot de déclarations des uns et des autres, un propos se détachait. Il émanait d’un expert sur tout ce qui concerne le colonel Kadhafi. Sur LCI, Roland Dumas interprétait la phrase récemment prononcée par ce dernier à Lisbonne : « Il est normal que les faibles aient recours au terrorisme. » L’ancien ministre des affaires étrangères y voyait « davantage une tentative d’explication scientifique ou historique qu’une justification du terrorisme ». Le colonel a acquis de nouveaux fans, mais il en conserve quelques anciens.

Voir enfin:

Toutes les opinions sont libres, y compris celle de prétendre que je suis raciste… Mais enfin, soit! Il y a eu Tintin au Congo, je le reconnais. C’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque: «Les nègres sont de grands enfants… Heureusement pour eux que nous sommes là! etc…» Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le plus pur esprit qui était celui de l’époque, en Belgique. Plus tard, au contraire, dans Coke en Stock – et même si l’on parle «petit nègre» -, il me semble que Tintin fait assez la preuve de son anti-racisme, non?… C’est comme avec les romanichels des Bijoux. L’attitude de Tintin et celle du capitaine Haddock sont identiques: ils prennent leur défense, à l’encontre de tous les préjugés. Seulement dans Coke en Stock, en montrant les Noirs promis à l’esclavage et des Arabes esclavagistes, je fais aussi du racisme, mais vis-à-vis des Arabes, cette fois! On en finira jamais!… Pour le Congo, tout comme pour Tintin au Pays des Soviets, il se fait que j’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais. En fait, Les Soviets et le Congo ont été des péchés de jeunesse. Ce n’est pas que je les renie. Mais enfin, si j’avais à les refaire, je les referais tout autrement, c’est sûr. Et puis quoi qu’il en soit, à tout péché miséricorde!… Et notez que, déjà dans Tintin en Amérique, je montrais la puissance blanche, la finance exploitant les Indiens. Pour un «raciste», je ne cachais pas mes sympathies, il me semble! Et mes Chinois du Lotus Bleu? Souvenez-vous des avanies que les Blancs leur faisaient subir… Je ne cherche pas à m’excuser: j’avoue que mes livres de jeunesse étaient typiques de la mentalité bourgeoise belge d’alors: c’étaient des livres «belgicains»!…Blumenstein/Bohlwinckelc J’ai effectivement représenté un financier antipathique sous les apparences sémites, avec un nom juif: le Blumenstein de L’étoile mystérieuse. Mais cela signifie-t-il antisémitisme?… Il me semble que, dans ma panoplie d’affreux bonshommes, il y a de tout: j’ai montré pas mal de « mauvais » de diverses origines, sans faire un sort particulier à telle ou telle race. On a toujours raconté des histoires juives, des histoires marseillaises, des histoires écossaises. Ce qui, en soi, n’a rien de bien méchant. Mais qui aurait prévu que les histoires juives, elles, allaient se terminer, de la façon que l’on sait, dans les camps de la mort de Treblinka et d’Auschwitz?… A un moment donné, j’ai d’ailleirs supprimé le nom Blumenstein et je l’ai remplacé par un autre nom qui signifie, en bruxellois, une petite boutique de confiserie: bollewinkel. Pour faire plus « exotique » je l’ai ortographié Bohlwinckel. Et puis, plus tard, j’ai appris que ce nom était, lui aussi, un véritable patronyme israélite!

Numa Sadoul, Entretiens avec Hergé , 1971, pp, 74- 75.

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Présidence Obama: Obama va-t-il finir par demander pardon pour la 2e Guerre mondiale? (Will Obama Apologize for WWII?)

30 mai, 2009
Apologizer in chief

Apparemment, la diplomatie française rêvait d’images où l’on verrait, seuls, Nicolas Sarkozy et Barack Obama, les pans de vestes balayés par le vent de la liberté. Mais la diplomatie française devrait réviser ses classiques. Impossible d’honorer la mémoire des morts sans associer les dirigeants des pays qui ont participé au sacrifice. Ne pas inviter la reine d’Angleterre, voire même le premier ministre canadien, et pourquoi pas l’australien, serait insupportable, et presque honteux. (…) Ce loupé trahit une obsession du pouvoir français. Il s’agit, encore et toujours, aujourd’hui comme hier, de se mesurer à la puissance américaine. Nous continuons à vivre dans l’illusion d’un tête-à-tête avec l’Amérique. Nous continuons, au fond de nos consciences, car nos intelligences bien sûr l’ont enregistré, à refuser la domination d’un pays si jeune et sans histoire, deux siècles à peine, des blancs becs, sur un pays saturé d’épreuves et qui a naguère illuminé le monde par la puissance de ses idées. Alors, chaque fois que nous le pouvons, dans la célébration de l’amitié le plus souvent, mais parfois aussi dans l’opposition, nous organisons des rencontres avec l’Amérique pour montrer à la planète que le dialogue se fait à égalité, entre pairs, entre grands du monde, France et Amérique, car la France ne saurait être en rien inférieure à l’Amérique. (…) dans l’esprit des décideurs et des organisateurs, l’important n’était peut-être pas tant la célébration de la mémoire que la mise en scène de la rencontre de deux présidents fraîchement installés, partenaires et rivaux à la fois, concurrents et alliés, figure classique de la relation franco-américaine. Jean-Michel Aphatie

Obama va-t-il finir par demander pardon pour la 2e Guerre mondiale?

Après Hiroshima, le « génocide indien », l’esclavage, la discrimination …

Et, pour faire oublier les GI’s barbares, notre Chirac national qui la dernière fois avait invité Poutine et Schroeder à Omaha beach …

Telle est la très judicieuse question que pose John Rosenthal (merci No pasaran!) à l’heure où l’Europe s’apprête à recevoir à nouveau le Pleurnicheur en chef.

Officiellement pour célébrer le 65e anniversaire du Débarquement de Normandie pour lequel, curieusement (mais il ne fallait peut-être pas trop encombrer les photos de notre Sarko national avec la rock star de Chicago?) le chef de l’Etat britannique, Elizabeth II dont les troupes formaient quand même la moitié des forces, ne sera pas invitée.

Mais les premiers contacts de l’équipe de la Maison Blanche avec les autorités de Dresde semblent pointer vers autre chose …

Comme, après le fameux rappel des mérites de l’islam et au train où le révisionnisme avance,… celui peut-être des incontournables apports du nazisme?

The Next Europe Trip: Will Obama Apologize for WWII?
John Rosenthal
Pajamas Media
May 12, 2009

According to reports in the German media, President Obama is planning a trip to Germany in the first week in June. The Germany trip would precede Obama’s June 6 participation in ceremonies in France marking the 65th anniversary of the Allied invasion of Normandy.

That Obama would be planning a trip to Germany in connection with ceremonies marking the anniversary of the Normandy invasion is already rather odd. Following the turning point represented by the Battle of Stalingrad, the invasion was, after all, the crucial event that all but guaranteed Germany’s defeat in the Second World War.

But when one considers just where exactly in Germany Obama is headed, then the significance of the visit becomes more clear. There is some talk of Obama visiting the Buchenwald concentration camp outside Weimar, in whose liberation Obama’s great uncle Charlie Payne is famously supposed to have taken part. But the Buchenwald visit appears not to be the main event and indeed it can be presumed to have been included in discussions as something of an alibi.

The latest German reports suggest Obama’s principal German destination will be Dresden. According to [1] an article in the local paper Die Dresdner Neueste Nachrichten, representatives of the German and American governments met in Dresden last Wednesday to discuss preparations for the visit. An American security detail is reported to have already scoped out sites in the city: presumably for a public speech.

The symbolic significance of a visit to Dresden by the American president — especially one undertaken in connection with a D-Day commemoration in France — may be missed by some Americans, but it is absolutely unmistakable for the German public. For Germans, Dresden is the symbol bar none of German suffering at the hands of the Allies. The city was heavily bombed by British and American air forces in February 1945, toward the end of the war. According to the most recent estimates of professional historians, anywhere from 18,000 to at most 25,000 persons died in the attacks. These numbers come from a historical commission established by the city of Dresden itself. But far higher numbers — ranging into the hundreds of thousands — have long circulated in Germany and beyond. The bombing of Dresden is commonly described as a “war crime” in German discussions.

Alleged crimes committed by the Allies against Germans and Germany have indeed become a sort of German literary obsession in recent years, with numerous books being devoted to the subject. The taste of the German public for the theme was made particularly clear by the enormous success of author Jörg Friedrich’s 2002 volume The Fire [Der Brand], which is about the Allied bombardment of Germany. The book’s success was so great that Friedrich and his publisher quickly followed up with [2] a picture book on the same topic titled Scenes of the Fire: How the Bombing Looked.

The rhetoric employed by Friedrich went so far as to suggest an equivalence between the Allied bombing of German cities and the genocidal conduct of Nazi Germany itself. In keeping with this rhetoric, the publisher’s original blurb for the volume described the Allied bombing campaign as a “campaign of extermination [Vernichtungskampagne] that was systemically planned and carried out by the British and Americans.” In the meanwhile, the publisher has toned down the formulation. [3] The current version of the blurb “merely” speaks of a “terror campaign against German cities and their residents that was systematically planned and carried out by the British and Americans.”

As a result of the passions provoked or released by Friedrich’s book, the expression “Bombing-Holocaust” has passed into the German lexicon. Although especially favored by so-called “extreme right” circles (i.e., more-or-less openly neo-Nazi ones), the term merely expresses what is implicit in ostensibly more mainstream discourse.

It is virtually unthinkable that Obama could give a speech in Dresden and not allude to the bombing of the city. Most of the city’s historical monuments — which Obama’s advance team were apparently inspecting — were severely damaged or destroyed in the bombing and had to be rebuilt. Moreover, for Obama to visit both Dresden and Buchenwald would suggest precisely the sort of outrageous parallels that have become commonplace in Germany at least since the publication of Friedrich’s The Fire.

(As so happens, although tens of thousands of persons died there, Buchenwald was not one of the camps specifically devoted to the extermination of Jews. But far be it from Obama to know that. When, during the election campaign, he first referred to his Uncle Charlie’s WWII exploits, he said that his uncle had helped to liberate “Auschwitz.” Moreover, Charlie Payne did not really participate in the liberation of Buchenwald either, but rather in that of Ohrdruf: a lesser-known, affiliated camp some sixty kilometers away.)

As discussed in my earlier PJM report [4] here, the principal sponsor of Obama’s literary career has been Germany’s Bertelsmann Corporation, which offered him a reported $2 million advance when he was still largely unknown. Obama’s 2004-2008 tax returns list over $6 million in income from the Bertelsmann subsidiary Random House (and over $2 million in what appears to be indirect income from Random House). This would not be worth mentioning here, were it not the case that the “in-house” historian of Bertelsmann and the Mohn family, which controls the corporation, is none other than Dirk Bavendamm. As likewise discussed in [4] my earlier report, Bavendamm is an openly revisionist historian of the Second World War who, among other things, describes WWII as “Roosevelt’s war.”

As bizarre as it may seem, President Obama’s impending trip to Dresden suggests that German revisionists have a friend in the White House.

Voir aussi:

Obama and Dresden
What is he doing there? Making apologies for World War II?
Daniel Schwammenthal
The Wall Street Journal
June 5, 2009

On his way to the 65th D-Day commemorations in France, President Obama plans a curious stop-over in Germany, my home country. He will travel to Buchenwald, the concentration camp his great uncle helped liberate, a visit that makes personal and historical sense. It is his other German destination, Dresden, that seems out of place. Will the president, who likes to apologize for America’s alleged sins, now also apologize for World War II?

For many Germans, the destruction of Dresden in February 1945 has become a symbol of Allied « bombing terror. » Many still believe the true number of deaths is closer to the Nazi propaganda of 200,000 than the 20,000 to 35,000 historians believe is correct.

Google « Dresden » and « Kriegsverbrechen, » the German word for « war crimes, » and you’ll get almost 26,000 results. Neo-Nazis marched through the streets of Dresden this February commemorating the « Bombing Holocaust. » A flood of recent books, articles and documentaries has shifted Germany’s historical debate from its war crimes to its own war victims. As part of this trend, in 2006 public TV station ZDF broadcast « Dresden: The Inferno, » the most expensive German television production at the time. Its graphic display of carnage and burning people is at odds with German movie tradition. Films about the Holocaust tend to be more subtle and less emotional.

Mr. Obama’s visit to Dresden is an unfortunate gesture. Even if the president were not to make an outright apology for the allied bombings, he could hardly not mention them in this city so preoccupied with its wartime history. And even if he were not to give any speech at all and just toured the city, he’d inevitably be led to the many landmarks that were once reduced to rubble.

His mere presence in Dresden — on the heels of a visit to Buchenwald and just before attending the Normandy commemorations — would boost the revisionist cause. It would suggest a sort of moral equivalence between industrialized genocide and the bombings of German cities — bombings, remember, that were designed to bring an end to the genocidal regime.

Mr. Obama’s encounter with the reality of governing does not seem to have tempered his appetite for second-guessing past U.S. presidents. Having already come close to a mea culpa for America’s use of atomic bombs against Japan, he may now add Dresden to the revisionist charges against the U.S. Even if the president doesn’t say that America lost its moral bearings by bombing Dresden, people will read between the lines of his visit.

Mr. Schwammenthal is an editorial writer for The Wall Street Journal Europe.


Guerre d’Obama: Les choses ne sont pas désespérées mais… (Obama’s war: From quagmire of choice to quagmire of necessity)

29 mai, 2009
Obama's warMener une guerre claire contre des ennemis est dangereux. Ne pas mener clairement une guerre contre des ennemis pourrait être plus dangereux. Mais mener un peu une guerre tout en faisant un peu comme si on ne la menait pas pourrait être la chose la plus dangereuse de toutes. Victor Davis Hanson
L’Anbar n’a basculé que lorsque les insurgés sunnites ont été convaincus que les Américains étaient là pour rester et que l’alternative à l’arrangement avec les Américains et le gouvernement de Bagdad était une défaite sunnite garantie et générale. Les Talibans en sont très très loin. Et encore, les hésitations actuelles de Washington ne peuvent que les encourager à attendre, avec l’espoir que les Américains se lassent. Fouad Ajami

La différence entre le Vietnam et les jihadistes, c’est que les Viet Congs ne nous ont pas suivis jusque chez nous. Cité par Herschel Smith

Seul un naïf interpréterait la révolte des tribus sunnites comme le signe de leur soutien au gouvernement irakien ou aux forces de la Coalition. David Kilcullen
Les choses ne sont pas désespérées mais elles sont extrêmement graves. Dave Kilcullen (février 2009)
On peut forer un puits en un jour et construire une école en un mois, mais ça prend très longtemps pour construire une route. Quand on lance le chantier d’une route, on envoie le message que ce n’est pas une association pour un mois mais pour le très long terme. Colonel américain en Afghanistan
Si les Américains utilisaient nos méthodes, personne ne tirerait sur eux, mais ils sont trop cool avec eux et ils facilitent ainsi la tâche des terroristes. Capitaine Hassan (forces irakiennes, défendant les méthodes d’interrogation musclées)
Si nous avons des informations exploitables sur des cibles terroristes importantes et que le président Musharraf n’agit pas, nous le ferons. Obama (août 2008)

Quand le « bourbier choisi » se transforme en « bourbier nécessaire »…

173 million d’habitants, 100 têtes nucléaires, armée plus nombreuse que l’Armée américaine, quartier-général d’al-Qaeda situé dans les deux tiers du pays que ne contrôle plus son gouvernement, double jeu des forces de sécurité et de renseignement, réconciliation des chefs talibans afghans et pakistanais (à qui l’on devait déjà probablement l’assassinat de Benazir Bhutto), possibilité de la chute dans les six mois du pays aux mains des jihadistes …

A l’heure où, à la veille d’une nouvelle saison des combats et à un mois d’élections présidentielles afghanes plus que compromises, la nouvelle guerre de choix d’un président Obama toujours plus obsédé de se démarquer de son prédécesseur est en train d’accoucher d’une méga-guerre à l’échelle du Pakistan tout entier

Retour sur les récentes déclarations d’un des principaux conseillers du Général Petraeus pour sa victorieuse stratégie irakienne (qui, redécouvrant les méthodes de David Galula, a eu la chance de coïncider avec la volte-face des Sunnites irakiens face aux exactions d’Al Qaeda), l’ancien officier australien et auteur d’un récent livre sur la contre-insurrection David Kilcullen (« The Accidental Guerrilla ») qui vient d’appeler à l’arrêt des attaques de drones sur le Pakistan…

Où l’on découvre, de la part de quelqu’un qui était opposé à l’intervention en Irak (sans jamais nous dire comment il aurait réglé la question des ADM de Saddam), que la capture ou l’élimination de Ben Laden dont l’ancien sénateur de l’Illinois et actuel locataire de la maison Blanche n’avait pas arrêté de nous rabattre les oreilles, ne servirait en fait qu’à en faire un martyr …

Que la fameuse distinction obamienne entre les troupes combattantes et non-combattantes sur laquelle est basée la fameuse promesse de campagne d’évacuer toute troupe américiane d’Irak avant 18 mois est parfaitement « théorique » et qu’il faudra au moins encore 3 à 5 ans avant quue les Irakiens puissent se défendre eux-mêmes …

Que, sans le général Petraeus et les deux rares sénateurs McCain et Lieberman, la fameuse et victorieuse stratégie du « surge » , aurait probablement été tuée dans l’œuf par l’hostilité d’un Congrès dont l’actuel Pleurnicheur en chef était l’un des plus énergiques membres …

Et enfin que non seulement l’idée évoquée par l’actuelle Administration de négocier avec les Talibans « modérés » ne peut que renforcer leur engagement mais que la nouvelle stratégie afghano-pakistanaise d’éliminations ciblées des chefs talibans et d’Al Qaeda est le meilleur agent recruteur de nos ennemis …

A Conversation With David Kilcullen
Interview by Carlos Lozada
Washington Post
March 22, 2009

Why is an Aussie anthropologist coaching American generals on how to win wars? David Kilcullen, an Australian army reservist and top adviser to Gen. David H. Petraeus during the troop surge in Iraq, has spent years studying insurgencies in countries from Indonesia to Afghanistan, distinguishing hard-core terrorists from « accidental guerrillas » — and his theories are revolutionizing military thinking throughout the West. Kilcullen spoke with Outlook’s Carlos Lozada on why Pakistan is poised for collapse, whether catching Osama bin Laden is really a good idea and how the Enlightenment and Lawrence of Arabia helped Washington shift course in Iraq. Excerpts:

What is the real central front in the war on terror?

Pakistan. Hands down. No doubt.

Why?

Pakistan is 173 million people, 100 nuclear weapons, an army bigger than the U.S. Army, and al-Qaeda headquarters sitting right there in the two-thirds of the country that the government doesn’t control. The Pakistani military and police and intelligence service don’t follow the civilian government; they are essentially a rogue state within a state. We’re now reaching the point where within one to six months we could see the collapse of the Pakistani state, also because of the global financial crisis, which just exacerbates all these problems. . . . The collapse of Pakistan, al-Qaeda acquiring nuclear weapons, an extremist takeover — that would dwarf everything we’ve seen in the war on terror today.

How important is it to kill or capture Osama bin laden?

Not very. It depends on who does it. Let me give you two possible scenarios. Scenario one is, American commandos shoot their way into some valley in Pakistan and kill bin Laden. That doesn’t end the war on terror; it makes bin Laden a martyr. But here’s scenario two: Imagine that a tribal raiding party captures bin Laden, puts him on television and says, « You are a traitor to Islam and you have killed more Muslims than you have killed infidels, and we’re now going to deal with you. » They could either then try and execute the guy in accordance with their own laws or hand him over to the International Criminal Court. If that happened, that would be the end of the al-Qaeda myth.

President Obama has said that he will be « as careful getting out of Iraq as we were careless getting in. » Is his decision to remove combat forces by August 2010 and leave 50,000 non-combat troops careful or careless?

I think it is politically careful. The distinction between combat and non-combat forces in a counterinsurgency environment is largely theoretical. Anyone who is still in Iraq will actually or potentially be engaged in combat.

How much longer will the war last?

The intervention ends when the locals can handle it. Right now they can’t. I think that within three to five years, we can say that the chance that the Iraqis will be able to hold their own against their internal threats is pretty high. So I’d say we have another three to five years of substantial engagement in Iraq. But one other factor here is external interference. What are the Iranians doing, what are the Saudis doing, what are the Jordanians and the Syrians doing? The Iraq part is not the problem, it’s the regional security part that is the problem.

When history has its say, who will be the real father of the surge? Is it Jack Keane, David Petraeus, Raymond Odierno, Fred Kagan? Someone else?

It’s Petraeus. If this thing had [expletive] up, everyone would be blaming Petraeus. You wouldn’t find Keane and Odierno and Kagan and President Bush and everyone else stepping forward. So I think the true father of the thing was and is Petraeus.

You argue in your book, « The Accidental Guerrilla, » that if Petraeus had been killed in Iraq, the impact on morale alone could have lost the war. Do you fault President Bush for feeding the cult of Petraeus?

Our biggest problem during the surge was a hostile American Congress. They could have killed the thing. There was really nobody except [Senators] McCain and Lieberman arguing for a continued commitment. So I don’t fault President Bush for pushing General Petraeus forward. I think what he was trying to do was to find a figure with sufficient credibility to restore hope within Congress and to gain a measure of support for the effort from the U.S. domestic population.

What are the lessons of Iraq that most apply to Afghanistan?

I would say there are three. The first one is you’ve got to protect the population. Unless you make people feel safe, they won’t be willing to engage in unarmed politics. The second lesson is, once you’ve made people safe, you’ve got to focus on getting the population on your side and making them self-defending. And then a third lesson is, you’ve got to make a long-term commitment.

Obama has suggested that it might be possible to reach out to moderate elements of the Taliban, along the lines of the Anbar Awakening in Iraq. Would that work?

If the Taliban sees that we’re negotiating for a stay of execution or to stave off defeat, that’s going to harden their resolve. . . . I’m all for negotiating, but I think the chances of achieving a mass wave of people turning against the Taliban are somewhat lower in Afghanistan than they were in Iraq.

Did the U.S. military take too long to change course in Iraq?

I think it took them a historically standard period of time. In Vietnam it took three to four years to reorient. In Malaya the British took about the same amount of time. In Northern Ireland they took longer. The British in Iraq took longer than the Americans in Iraq. And again, it was Petraeus. . . . He put forward this whole change movement within the military. We were almost like insurgents within the U.S. government. My marker of success is that when I first arrived, we had to talk in whispers about stuff that is now considered commonplace. The conventional wisdom now was totally unorthodox in ’04, ’05.

Does having a medieval scholar as a father affect how you see war?

My father is a true believer in the Enlightenment. He always encouraged me to develop an evidence-based approach to whatever you do. But the other thing is, when I was 10 years old, my dad gave me a copy of a book by Robert Graves called « Good-Bye to All That, » which is about the first World War. That was where I first encountered T.E. Lawrence, Lawrence of Arabia. And as a child I was steeped in Lawrence’s way of thinking about tribes. In tribal warfare you don’t go directly to your objectives, you work through a ladder of tribes. You go from one tribe to the next tribe to the next tribe to get to your objective. That’s what we tried to do in Iraq.

In 2006 you wrote an essay on counterinsurgency called « 28 Articles, » one-upping Lawrence’s « 27 Articles. » Do you consider yourself a modern-day Lawrence of Arabia?

No. I don’t think there is a modern equivalent of Lawrence of Arabia. But we can all learn from his thinking about insurgency. The other thing about Lawrence is he understood and worked with the cultures that he dealt with, and he spent the rest of his life advocating policies to support the welfare of those people. He was one the biggest advocates of Arab independence, even when his own nation’s policies were against that.

Voir aussi:

Guerrillas in the midst
Jay Nordlinger
The New Criterion
March 2009

A review of The Accidental Guerrilla: Fighting Small Wars in the Midst of a Big One, by David Kilcullen.

Last fall, an army of brass in Iraq briefed a few journalists in a windowless room. These were Coalition brass—men from a variety of Western countries. And around the table were about ten generals; behind them were about fifteen officers supporting them. For two hours they held forth: on how they were bolstering the Iraqi government, and how they were combating the enemy. Our men were impressively bright, experienced, shrewd, well organized, and well funded. Their briefing was something like a shock-and-awe performance.

After they were done, I posed a peculiar question: “How does the enemy stand a chance? I mean, how can they possibly hope to prevail against you? Al Qaeda doesn’t have a room like this. I assume the Shiite militias do not. Why are these people so hard to put down?” And the commanding general said, “Don’t underestimate them: They are sophisticated, resilient, and absolutely ruthless.”

So they are. And one man who knows this very well is David Kilcullen, an Aus- tralian officer and military intellectual. A few years ago, he was seconded to the United States: as a counterterrorism and counterinsurgency adviser to the State Department, and then to General Petraeus. This reminds us of the unusually—almost uniquely—close relationship between Australia and the United States, for many generations. You may have noticed that one of the last things George W. Bush did as president was hang the Medal of Freedom around the neck of John Howard, the former prime minister of Australia. (At the same time, with the same medal, he honored Britain’s Tony Blair and Colombia’s µlvaro Uribe.)

Kilcullen has written a book called The Accidental Guerrilla: Fighting Small Wars in the Midst of a Big One. And, as you remember, the Cold War featured many small wars—and less-small wars—in the midst of that big, overarching one. What of “the accidental guerrilla”?

That is Kilcullen’s term for the fighter who does not really wish to harm the West or subjugate other people, but who gets caught up in the current global conflict anyway—and on the wrong side. What happens is this: Al Qaeda moves into his environs and establishes its hideous presence. Then it provokes some kind of intervention by the West. This, our man resents, and he winds up fighting alongside al Qaeda—“accidentally.” Our task is to wean him away or prevent him from joining up in the first place.

Kilcullen’s book is about more than the accidental guerrilla—it is about a global insurgency and how to deal with it—but the term makes a handy title. Kilcullen says, “This book … is the result of my wanderings, physical and intellectual, over the past several years.” It is part memoir, part treatise, part anthropology textbook. And it is highly interesting. There are brilliant things and questionable things, and they all make you think.

Much of the book is devoted to two “small wars” within the “big one”: Afghanistan and Iraq. Kilcullen points out that people have seen Afghanistan as “the good war,” a war truly of necessity. They also take for granted that we will win there. The media have given the impression that Afghanistan is going well while Iraq is going badly. In fact, the opposite may be true. Kilcullen says that the Afghan war is “winnable,” but requires a “concerted long-term effort,” lasting “five to ten years at least.”

And he emphasizes that many of the enemy fighters—the great majority of them—are co-optable and reformable. They can be persuaded to put down their arms and live normal, nonviolent lives. I have heard two presidents, Karzai and Musharraf, say this on many occasions. The problem is that the extremists—the to-the-death jihadists—are absolutely diabolical in their tactics. For example, they terrorize farmers into growing poppy: not because the extremists want more opium, but because the growing of poppy separates the farmers from legitimate society. When this happens, al Qaeda or the Taliban can own them.

What can the Coalition do (besides kill the extremists, which, although insufficient, is not unimportant)? Kilcullen gives the example of building a road. And what matters most is, not the road, but the process by which it is built. Anything that separates the insurgents from the people—that clutches the people to society—is helpful. Kilcullen speaks of a “political maneuver,” with “the road as a means to a political end.”

He further counsels a “population-centric approach to security”: “We must focus on providing human security to the Afghan population, where they live, twenty-four hours a day.” Is that all? “This, rather than destroying the enemy, is the central task in counterinsurgency.” I was amazed, in Iraq, to discover all that our militaries are doing there. One general told our group how hard he had worked to get Baghdadis to reopen a particular amusement park: “It was a return-to-normalcy issue.” I said, “Is that what you went to West Point for?” He grinned and replied, “We’re a full-service military.”

Kilcullen was opposed to the Iraq War, resolutely. He regards it as “an extremely severe strategic error.” What he does not address, in this book, is the issue of weapons of mass destruction: the main purpose of our going in. The civilized world was blind to what Saddam Hussein was doing; when we went in, we saw. In any case, Kilcullen believes that, once in, you must win. And he provides an explanation of the “surge” of 2007.

Later in the book, he turns to Europe, a special theater in the War on Terror. Muslims on the continent, and in the United Kingdom, are ripe for exploitation by al Qaeda. And Kilcullen says that a new radicalization among Muslims “has brought a backlash from nonimmigrant populations.” Some might argue that there has not been backlash enough. If I have read him correctly, Kilcullen favors a more gingerly approach to Muslim radicalism in Europe. I myself am not sure how the authorities, and society at large, could be more gingerly. Not long ago, London police ran—literal- ly ran—from Islamist demonstrators who were throwing things at them.

In a final chapter, Kilcullen gives us his bedrock views. He is of the school that says we have turned a mouse into an elephant: The mouse is terrorism, and the elephant is what we have caused it to become. We have overreacted, says Kilcullen, making the terrorists bigger and therefore more dangerous than they should be. We have played a “zero tolerance” game—insisting on no terrorism—rather than practicing a more grownup “risk management.” Kilcullen quotes John Kerry with approval on this score. And it seems to me he pooh-poohs the threats against us, sometimes sarcastically—for example, “[T]he 2001 anthrax attacks in the United States killed a grand total of five.”

Reading Kilcullen, I was reminded of a clear lesson from the Cold War: Finland was “Finlandized” instead of Sovietized only because it fought like hell against being Sovietized. Finland did not set Finlandization as a goal; it resisted Sovietization with all its might—and wound up, best-case scenario, being Finlandized (that is, retaining national sovereignty while having to toe the Soviet line in foreign policy and some other respects). Perhaps only by trying for no terrorism can we achieve an “acceptable level” (shudder-making phrase) of terrorism.

http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1233304815871&pagename=JPost%2FJPArticle%2FPrinter

To me, there are many annoying and objectionable things in this book: I will cite just a few of them. Throughout, Kilcullen puts the term “war on terrorism” in quotes, and those quotes are sneering. Sometimes he says “so-called war on terrorism.” Okay, he doesn’t like this term, thinking it stupid. What would he like to say instead? He comes up with no substitute—he just keeps sneering. He is also capable of writing such sentences as “[I]n invading Iraq, we set out to re-make the Middle East in our own image …” I doubt a single human being had this intent; the sentence is unworthy of Kilcullen.

Sometimes there is a mood of “I told you so,” which is always unbecoming (even if true). And the author likes to paint himself as the one native-knower—the Malinowski of the warrior class—amid oafish and insensitive palefaces. This, too, is unbecoming (even if occasionally—occasionally—true).

Yet this is a fine book, and, what’s more, a contribution to what Kilcullen hates to call the War on Terror. He is a smart, smart guy. There are other smart guys—and they should all be taken into account, as we proceed in a vexingly difficult war.

Jay Nordlinger is a Senior Editor at National Review, writing on a variety of subjects.

Voir enfin:

Raising Jihad
Andrew J. Bacevich
The National Interest
03.02.2009

David Kilcullen, The Accidental Guerrilla: Fighting Small Wars in the Midst of a Big One (New York: Oxford University Press, 2009), 384 pp., $27.95.

IN WASHINGTON, protracted crisis creates opportunities. The cold war gave rise to a national-security elite whose members flourished for decades while rotating in and out of government. To this very day, the Arab-Israeli “peace process” performs a similar function, supporting the existence of various research institutes and advocacy groups while providing fodder for endless conferencing and endlessly repetitive studies, essays and op-eds.

The Long War—the Pentagon’s preferred name for the global war on terror—promises to do much the same. Whatever else one may say of this conflict, it has demonstrated a remarkable capacity to generate jobs. Established federal agencies have expanded. New ones have come into existence. Think tanks have proliferated. Contractors and lobbyists have prospered. Given the assumption—shared by mainstream Democrats and Republicans alike—that the Long War will continue for decades if not generations, its potential as an engine for career opportunities appears vast indeed.

Protracted crisis also produces its own cult of celebrity, exalting the status of figures perceived to possess inside knowledge or to exercise particular clout. During the early days of the cold war, functionaries like George Kennan and Paul Nitze suddenly became boldfaced names. As the great struggle with the Soviet Union dragged on, the list of notable cold warriors lengthened. Some of these Washington celebrities—presidential assistants, politically savvy generals, agency heads, and “whiz kids” with sharp elbows and a knack for self-promotion—quickly flamed out, left town and were soon forgotten. Others fell from grace and yet continued to haunt the city where they once exercised power. (A few years ago I came across Robert McNamara lunching alone at the Old Ebbitt Grill; it was like suddenly encountering a spirit from the netherworld—and about as welcome.) A few celebs manage to retain enduring influence. The peace process may be a niche market, but even today on just about anything related to Arabs and Israelis, Martin Indyk and Dennis Ross head the short list of go-to guys. Like Cher and Madonna—or like Zbig and Henry—they’ve been at it so long that surnames are no longer required: Martin and Dennis will do just fine.

So too with the Long War. It is producing its own constellation of celebrities, of whom General David Petraeus is far and away the brightest, but that also includes the likes of Colonel H. R. McMaster, the hero of Tal Afar; retired–Lieutenant Colonel John Nagl, author of the influential book Learning to Eat Soup with a Knife and now a senior fellow at the Center for a New American Security (CNAS), the best of the think tanks spawned by the Long War; and Dr. David Kilcullen, who is perhaps the most interesting of this select group.

Kilcullen was once a soldier and now classifies himself as a “counterinsurgency professional.” A former officer in the Australian army with a PhD from the University of New South Wales (his dissertation dealt with Indonesian terrorists and guerrilla movements), Kilcullen has served as an adviser to General Petraeus in Baghdad and to former–Secretary of State Condoleezza Rice in Washington. As the Bush administration left office, he signed on with CNAS and also became a partner with the Crumpton Group, a Washington-based consulting firm founded by former–CIA official and terrorism specialist Henry “Hank” Crumpton. The Long War has been good to Dr. Kilcullen.

For perhaps just that reason, when it comes to taking stock of that conflict, Kilcullen is someone to reckon with. In his new book The Accidental Guerrilla, we actually encounter three Kilcullens. First there is Kilcullen the practitioner, who draws on considerable firsthand experience to offer his own take on the conflicts in Iraq and Afghanistan. In this regard, Accidental Guerrilla resembles dozens of other Washington books, blending memoir with policy analysis, generously laced with spin. Then there is Kilcullen the scholar, presenting his own grand theory of insurgency and prescribing a set of “best practices” to which counterinsurgents should adhere. In this regard, the book falls somewhere between academic treatise and military field manual: it is dry, repetitive and laced with statements of the obvious. Last, however, there is Kilcullen the apostate. With the administration whose policies he sought to implement now gone from office, Kilcullen uses Accidental Guerrilla to skewer those he served for gross strategic ineptitude. His chief finding—that through its actions the Bush administration has managed to exacerbate the Islamist threat while wasting resources on a prodigious scale—is not exactly novel. Yet given Kilcullen’s status as both witness and participant, his indictment carries considerable weight. Here lies the real value of his book.

ON IRAQ, Kilcullen the practitioner is generally bullish. As a member of Petraeus’s inner circle during the period of the so-called surge, he makes two points. First, the surge is working. Second, credit for this success belongs to those who served in Baghdad, above all General David Petraeus and Ambassador Ryan Crocker, rather than to paper pushers back in the White House or kibitzers congregating over lunch at the American Enterprise Institute.

The surge, Kilcullen contends, pulled Iraqi “society back from the brink of total collapse.” In terms of security, he describes the progress achieved as “substantive and significant.” U.S. efforts prior to February 2007, when Petraeus took command in Baghdad, had been almost entirely counterproductive. An excessive reliance on force had accomplished little apart from “progressively alienating village after village” while “creating a pool of people who hate the U.S.” Sectarian violence was driving the minority Sunni community into the arms of al-Qaeda in Iraq (AQI) and other extremist groups. As a result, by 2006 Iraq was drowning in “an immense tide of blood.”

The Joint Campaign Plan for 2007 and 2008, devised under Petraeus’s direction, reversed that tide. The new approach, according to Kilcullen, began with a detailed political strategy aimed at reconciling Iraq’s various sectarian and ethnic factions. Improved security would create conditions making reconciliation possible. The key to improving security was to pay less attention to killing the enemy and more attention to protecting the Iraqi people. This in turn required a wholesale shift in the way that U.S. and other coalition forces were doing business. President Bush’s decision to deploy a half-dozen additional brigades combined with Petraeus’s implementation of a newly revised (or freshly rediscovered) counterinsurgency doctrine made all the difference.

Here the triumphal narrative constructed by the Bush White House (and enshrined in neoconservative circles) ends. Kilcullen makes it clear that the actual story is more complicated and by implication more problematic.

Napoleon once remarked that the best generals were the ones favored by good luck. Petraeus is clearly a capable general; in Iraq circa 2007 he may well have been an especially lucky one as well.

Some months prior to his arrival in Baghdad, the character of the Iraq War had begun to change. Beginning in western Anbar Province, Sunni tribal leaders, whose followers provided the insurgent rank and file, began to turn on AQI. The Americans misleadingly dubbed this the Sunni Awakening, as if our adversaries had begun to see the light. As Kilcullen makes clear, Sunni behavior was utterly pragmatic. “Only a naif,” he writes, would interpret the Sunni tribal revolt as “indicating support for the Iraqi government or for Coalition forces.” Still, in exchange for guns and money, Sunni sheikhs promised to desist from attacking U.S. troops and to collaborate in efforts to target AQI. They proved as good as their word. In terms of reducing the overall level of violence, this development—which U.S. officials stumbled on belatedly and then scrambled to harness—proved crucial.

How long will this marriage of convenience endure and what sort of offspring will it produce? The truth is that it’s probably too soon to tell. When it comes to anything touching on Iraq’s future, Kilcullen, whose usual mode of expression does not suggest a want of self-confidence, becomes notably circumspect. He concedes that expectations of improved security producing a top-down political settlement have not panned out: the Iraqi government in Baghdad remains divided and dysfunctional. Yet as a stalwart defender of the surge, he nurtures hopes that deals being cut with local tribal leaders might foster an “Iraqi-led, bottom-up” process of reconciliation.

Kilcullen makes no promises on that score, instead acknowledging the self-evident: despite six years of prodigious effort, the Americans are along for the ride. The Iraqis are in charge. The Sunni Awakening, he writes, “was their idea, they started it, they are leading it, it is happening on their terms and their timeline.” By extension, the Iraqis will decide where things go from here, with Kilcullen venturing only that events “will play out in ways that may be good or bad, but are fundamentally unpredictable.” In short, the second-order benefits of a success that Kilcullen hails as undeniable, substantive and significant turn out to be partial, precarious and shrouded in ambiguity—a pretty meager return on a very substantial American investment.

In 2008, Kilcullen left Baghdad and turned his attention to Afghanistan, surveying the situation there at the behest of then-Secretary Rice. More than seven years after U.S. forces first arrived, the news coming out of Kabul is almost uniformly bad. Kilcullen knows this but insists that the war “remains winnable.” In this case, winning will require the United States and its allies to commit themselves to an intensive effort, lasting “five to ten years at least,” aimed at “building a resilient Afghan state and civil society” capable of fending off the Taliban. The key to success, in his view, is to extend “an effective, legitimate government presence into Afghanistan’s 40,020 villages.” Such a presence, he concedes, is something that has never existed.

Stripped to its essentials, this is a call for Western-engineered nation building on a stupendous scale—in Kilcullen’s own words, “building an effective state structure, for the first time in modern Afghan history.” Yet even that will not suffice. Given the porous Afghan-Pakistani border, unless the United States and its partners also fix Pakistan, “a military victory in Afghanistan will simply shift the problem a few miles to the east.” With this is mind, Kilcullen calls for a “full-spectrum strategy” designed to “improve governance, security, and economic conditions” throughout the region. Although he illustrates this approach anecdotally, he offers no estimates of costs or who will pay them. Nor does Kilcullen explain why the results to be achieved in Afghanistan-Pakistan, even in the very best case, would produce an outcome any more definitive than the one he foresees in Iraq.

KILCULLEN THE practitioner, intent on transforming Afghanistan and Pakistan, is not entirely on the same page with Kilcullen the scholar, whose grand theory of insurgency emphasizes the unintended consequences of mucking around in traditional societies.

Mucking around by outsiders converts small problems into big ones. An appreciation of this phenomenon lies at the heart of al-Qaeda’s strategy, which Kilcullen describes as “fundamentally one of bleeding the United States to exhaustion, while simultaneously using U.S. reaction to incite a mass uprising within the Islamic world.” With that end in mind, al-Qaeda conspires to lure the West into launching ill-advised military actions, confident that one result will be to antagonize the local population, which will then respond to al-Qaeda’s calls to expel the intruders. In essence, Western intervention serves as al-Qaeda’s best recruiting tool. This is Kilcullen’s Accidental Guerrilla Syndrome.

Kilcullen emphasizes that accidental guerrillas fight not to reinstitute the caliphate or to convert nonbelievers, but “principally to be left alone.” What they want above all is to preserve their way of life. The vast majority of those who take up arms against the United States and its allies do so “not because they hate the West and seek our overthrow, but because we have invaded their space to deal with a small extremist element.”

Of course, rather than depicting the threat posed by al-Qaeda as small, the Bush administration chose to cast it as equivalent to Nazi Germany. The premise underlying the administration’s Long War was that the Islamic world could not be “left alone.” Instead, it had to be coerced into changing. The administration invaded Afghanistan and then Iraq to jump-start that process of change. In doing so, however, the United States was playing directly into enemy hands. The decision to go after Saddam Hussein in particular, Kilcullen writes, was “a deeply misguided and counterproductive undertaking, an extremely severe strategic error.” The ostensible success of the surge notwithstanding, the Iraq War remains a “sorry adventure.”

The improved counterinsurgency techniques now being implemented by the United States military do not redeem that error. They merely offer, in the judgment of Kilcullen the apostate, “the best way out of a bad situation that we should never have gotten ourselves into.”

Here we arrive at the nub of the matter. According to a currently fashionable view, the chief operative lesson of the Iraq War is that counterinsurgency works, with U.S. forces having now mastered the best practices required to prevail in conflicts of this nature. Those who adhere to this view expect the Long War to bring more such challenges, with the neglected Afghan conflict even now presenting itself as next in line. Given this prospect, they want the Pentagon to gear itself up for a succession of such trials, enshrining counterinsurgency as the preferred American way of war in place of discredited concepts like “shock and awe.” Doing so will have large implications for how defense dollars are distributed among the various armed services and for how U.S. forces are trained, equipped and configured. Ask yourself how many fighter-bombers or nuclear submarines it takes to establish an effective government presence in each of Afghanistan’s 40,020 villages and you get the gist of what this might imply.

Yet given the costs of Iraq—now second only to World War II as the most expensive war in all U.S. history—and given the way previous efforts to pacify the Afghan countryside have fared, how much should we expect to spend in redeeming Afghanistan’s forty thousand villages? Having completed that task five or ten years hence, how many other villages in Pakistan, Iran, Syria and Egypt will require similar ministrations? And how many more accidental guerrillas will we inadvertently create along the way?

Kilcullen the apostate knows full well that an approach that hinges on wholesale societal transformation makes no sense. The consummate counterinsurgency professional understands that the application of technique, however skillful, will not suffice to salvage the Long War. Yet as someone deeply invested in that conflict, he cannot bring himself to acknowledge the conclusion to which his own analysis points: the very concept of waging a Long War as the antidote to Islamism is fundamentally and irrevocably flawed.

If counterinsurgency is useful chiefly for digging ourselves out of holes we shouldn’t be in, then why not simply avoid the holes? Why play al-Qaeda’s game? Why persist in waging the Long War when that war makes no sense?

When it comes to dealing with Islamism, containment rather than transformation should provide the cornerstone of U.S. (and Western) strategy. Ours is the far stronger hand. The jihadist project is entirely negative. Apart from offering an outlet for anger and resentment, Osama bin Laden and others of his ilk have nothing on offer. Time is our ally. With time, our adversary will wither and die—unless through our own folly we choose to destroy ourselves first.

Andrew J. Bacevich, a contributing editor to The National Interest, is a professor of history and international relations at Boston University. His most recent book is The Limits of Power: The End of American Exceptionalism (New York: Metropolitan Books, 2008).


Irak: Quand l’Université rivalisait d’ignorance avec l’Elysée (Gog and Magog: The day academic ignorance came to the rescue of political ignorance)

27 mai, 2009
The blind leading the blind
La parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots: Fils de l’homme, tourne ta face vers Gog, au pays de Magog, Vers le prince de Rosch, de Méschec et de Tubal, Et prophétise contre lui! Ezechiel 38: 1-2
Puis je vis descendre du ciel un ange, qui avait la clef de l’abîme et une grande chaîne dans sa main. Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il le lia pour mille ans. Il le jeta dans l’abîme, ferma et scella l’entrée au-dessus de lui, afin qu’il ne séduisît plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis. Après cela, il faut qu’il soit délié pour un peu de temps. Et je vis des trônes; et à ceux qui s’y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n’avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n’avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans. Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis. C’est la première résurrection. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection! La seconde mort n’a point de pouvoir sur eux; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans. Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison. Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre; leur nombre est comme le sable de la mer. Et ils montèrent sur la surface de la terre, et ils investirent le camp des saints et la ville bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel, et les dévora. Apocalypse 20: 1-9
Le soir, vous dites: Il fera beau, car le ciel est rouge; et le matin: Il y aura de l’orage aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre. Vous savez discerner l’aspect du ciel, et vous ne pouvez discerner les signes des temps. Jésus (Matthieu 16 : 2-3)
Jusqu’à présent, les textes de l’Apocalypse faisaient rire. Tout l’effort de la pensée moderne a été de séparer le culturel du naturel. La science consiste à montrer que les phénomènes culturels ne sont pas naturels et qu’on se trompe forcément si on mélange les tremblements de terre et les rumeurs de guerre, comme le fait le texte de l’Apocalypse. Mais, tout à coup, la science prend conscience que les activités de l’homme sont en train de détruire la nature. C’est la science qui revient à l’Apocalypse. René Girard
J’annonce au monde entier, sans la moindre hésitation, que si les dévoreurs du monde se dressent contre notre religion, nous nous dresserons contre leur monde entier et n’auront de cesse avant d’avoir annihilé la totalité d’entre eux. Ou nous tous obtiendrons la liberté, ou nous opterons pour la liberté plus grande encore du martyre. Ou nous applaudirons la victoire de l’Islam dans le monde, ou nous tous irons vers la vie éternelle et le martyre. Dans les deux cas, la victoire et le succès nous sont assurés. Ayatollah Khomeiny
La possibilité d’une annihilation existe. Le projet sioniste entier est apocalyptique. Il existe dans un environnement hostile et dans un certain sens son existence n’est pas raisonnable. (…) Oui, je pense à Armageddon. C’est possible. Dans les vingt prochaines années, il pourrait y avoir une guerre atomique ici. Benny Morris
Dans l’Islam, de même que dans le Judaïsme et le Christianisme, certaines croyances portent sur une bataille cosmique marquant la fin des temps – Gog et Magog, l’Antéchrist, Armageddon et, pour les Musulmans chiites, le retour tant attendu de l’Imam caché, qui doit déboucher sur la victoire finale des forces du bien sur celles du mal, quelle qu’en soit la définition. Il est évident qu’Ahmadinejad et ses adeptes croient que ce temps est venu et que la lutte finale est déjà entamée, et même bien avancée. Bernard Lewis
Vous comprendrez d’autant mieux la perplexité de Jacques Chirac qui a entendu, un jour de 2003, George W. Bush lui expliquer qu’il fallait intervenir militairement en Irak, parce que Gog et Magog y étaient à l’œuvre. Quand il livre ses convictions les plus intimes sur la politique proche-orientale, George W. Bush ne pense donc pas au pétrole ou à des bases susceptibles d’accueillir ses GI. Il ne parle ni d’économie ni de géostratégie. Il réagit comme un croyant qui attend que se réalise une prophétie biblique… Jocelyn Rochat
Comme ni Jacques Chirac ni ses services n’ont compris la référence du président américain, Paris s’est mis au travail. George W. Bush appartenant à la mouvance chrétienne évangélique, l’Élysée s’est orienté vers les protestants de France, qui ont transmis la requête à Thomas Römer. Jocelyn Rochat

Attention: une ignorance peut en cacher une autre!

En ces temps où 60 ans après Auschwitz, un chef d’Etat en exercice se permet d’évoquer explicitement et publiquement la solution finale de l’Etat juif tout en s’en préparant ostensiblement les moyens …

Et où moins de 25 ans après l’accident nucléaire de Tchernobyl, « la première société qui sache qu’elle peut se détruire de façon absolue » (y compris à travers des « formes douces » comme « l’extinction démographique qui guette l’Europe ») n’en finit pas d’afficher son mépris pour ces textes bibliques qui ont le mauvais goût de révéler la dimension proprement apocalyptique des temps que nous vivons

Retour, avec sa (re)sortie dans la blogosphère bien-pensante américaine, sur une énième confirmation que, des palais de nos gouvernants aux tours d’ivoire de nos universitaires, l’ignorance n’est décidément pas réservée au plus grand nombre.

Ainisi, cet article de 2007 de la revue de l’Université de Lausanne revenant, quatre ans après les faits en ces temps bénis de crasse ignorance et d’équivalence morale de la préparation à la guerre d’Irak où il était de bon ton de renvoyer dos à dos « le jihad évangélique de Bush » (dixit Le Figaro !) et celui de son soi-disant pendant islamiste Ben Laden à l’occasion d’une demande d’informations de l’Elysée à l’un de ses chercheurs, sur « les ahurissantes confidences de W. à Jacques Chirac » censées « révéler les soubassements religieux de la politique de Bush ».

Et qui avait beau jeu de moquer, derrière l’évocation par le président américain de la prophétie du livre biblique d’Ezéchiel sur une coalition de nations assemblées contre le peuple d’Israël, la vision effectivement naïve d’un partie très réduite des chrétiens américains de l’Apocalypse comme destruction divine.

Sans voir, comme le montre amplement l’histoire et en témoignent justement dans leur langue plus ou moins cryptique les textes bibliques eux-mêmes, que la destinée du peuple juif n’a jamais manqué d’épisodes similaires de tentatives de destruction de la part de ses voisins et que, comme le rappelait Reagan, « l’existence de la bombe atomique pouvait rendre réalisable ladite prophétie ».

Sans compter que, contrairement à la vulgate médiatique à laquelle n’échappe apparemment pas notre éminent bibliste, le président américain n’a jamais « appartenu à la mouvance chrétienne évangélique », les autorités de sa propre église – méthodiste – ayant, comme la plupart des autres églises américaines protestantes comme chrétiennes, dûment condamné l’intervention.

Et que, comme le révéleront plus tard deux journalistes du Parisien (“Chirac contre Bush, l’autre guerre“, Vernet et Cantaloube, 2004), le délinquant multirécidiviste qui squattait alors l’Elysée et n’en revenait pas des niveaux stratosphériques de ses sondages avait en fait dès la mi-décembre 2002, envoyé à Washington, dans le plus grand secret, le général Jean-Patrick Gaviard, sous-chef « opérations » à l’état-major des armées, pour qu’il présente des offres de service pour une guerre en Irak

Ce vent de Gog qui nous vient d’Amérique
Jocelyn Rochat
ALLEZ SAVOIR!
SEPTEMBRE 2007

Qui a entendu parler de Gog et de Magog? Rassurez-vous, cher lecteur ou chère lectrice, vous êtes une très large majorité à hausser les sourcils. Vous comprendrez d’autant mieux la perplexité de Jacques Chirac qui a entendu, un jour de 2003, George W. Bush lui expliquer qu’il fallait intervenir militairement en Irak, parce que Gog et Magog y étaient à l’œuvre. Ne cherchez pas ces désaxés du mal parmi l’état-major de Saddam Hussein. Ils n’y ont jamais travaillé. Et pour cause: Gog et Magog sont les vedettes d’une obscure prophétie, que l’on doit à un certain Ezéchiel et qui figure dans l’Ancien Testament. Quand il livre ses convictions les plus intimes sur la politique proche-orientale, George W. Bush ne pense donc pas au pétrole ou à des bases susceptibles d’accueillir ses GI. Il ne parle ni d’économie ni de géostratégie. Il réagit comme un croyant qui attend que se réalise une prophétie biblique…

Si «Allez savoir!» a choisi d’évoquer ces ahurissantes confidences de W. à Jacques Chirac dans ce numéro, c’est parce qu’un chercheur de l’UNIL s’est trouvé impliqué dans l’affaire. Le professeur de théologie Thomas Römer a ainsi été appelé par l’Elysée, qui cherchait à éclaircir les références ésotériques du président des Etats-Unis. Jacques Chirac ayant pris sa retraite, le chercheur lausannois peut s’exprimer librement sur cet entretien, qui appartient désormais à l’histoire.

Outre l’intérêt qu’il y a à découvrir les coulisses de la politique internationale, cet extrait des échanges Bush-Chirac sur l’Irak doit encore attirer notre attention sur les conséquences problématiques de notre méconnaissance de plus en plus crasse en matière de culture chrétienne.

Car, comme Jacques Chirac, nombre d’Européens n’auraient pas su que répondre à la référence biblique invoquée par George W. Bush en 2003. Par inculture religieuse, mais aussi parce que nous sommes nombreux à croire, en Suisse romande comme dans la France voisine, si fière de sa laïcité, que le religieux a été définitivement chassé de la conduite des affaires des Etats démocratiques avancés. Nous sommes aussi nombreux à imaginer que ce sentiment est désormais confiné à la sphère privée, où il peut s’exprimer sans (trop) faire couler de sang. Un espoir qu’il faudra relativiser très vite, sous peine de ne plus rien comprendre à la marche actuelle du monde.

Le 11 septembre nous avait rappelé que, dans le monde musulman, certains fanatiques sont prêts aux pires extrémités pour remettre leur Dieu au pouvoir. Et les références surréalistes de George W. Bush (c’est en page34 de ce magazine) achèveront de vous convaincre, si besoin en était, qu’il existe aussi des chrétiens qui travaillent à remettre l’Eglise au milieu du village planétaire.

Le hic, c’est que la bonne réponse à ces nouveaux fous de dieu passe par un retour aux textes religieux. Histoire de rappeler aux uns que le Coran interdit notamment d’attaquer des non-combattants, les femmes et les enfants, et d’expliquer aux autres que l’Irak d’hier et que l’Iran demain ne sont pas cette Perse ennemie de Dieu dont parlait le prophète Ezéchiel, quand il imaginait la fin des temps, il y a plus de 2000 ans. Davantage de paix dans le monde passe par cet effort d’explication. Le problème, c’est qu’il faut une excellente connaissance des Ecritures pour y parvenir. Un domaine qui n’est vraiment plus notre point fort. Et là, ce ne sont ni Gog, ni Magog, qui nous contrediront.

Gog et Magog
Le professeur Thomas Römer renseigne le président Jacques Chirac
Jocelyn Rochat
Allez savoir
Université de Lausanne
septembre 2007

Le téléphone a sonné. C’était la responsable du Service biblique de la Fédération protestante de France. Elle m’a demandé si je pouvais « écrire une page sur Gog et Magog pour l’Élysée. »

Professeur de théologie à l’Université de Lausanne (UNIL) et spécialiste de l’Ancien Testament, Thomas Römer vient de plonger dans les coulisses de la politique internationale. Car cette requête théologique apparemment banale a des ramifications insoupçonnées, puisqu’elle a été suscitée par George W. Bush.

« Les prophéties s’accomplissent »

J’ai encore appris durant ce coup de fil que le président des États-Unis avait évoqué Gog et Magog dans une conversation avec Jacques Chirac. La discussion portait sur l’actualité au Proche-Orient. Après avoir expliqué qu’il voyait Gog et Magog à l’œuvre, George W. Bush a ajouté que les prophéties bibliques étaient en train de s’accomplir, poursuit Thomas Römer.

Cette conversation, qui porta encore sur l’axe du mal, eut lieu au début 2003, quelques semaines avant l’intervention américaine en Irak. George W. Bush tentait alors, une fois de plus, de convaincre Jacques Chirac de le suivre dans son «opération Juste Cause», ce que la France refusait avec obstination.

Comme ni Jacques Chirac ni ses services n’ont compris la référence du président américain, Paris s’est mis au travail. George W. Bush appartenant à la mouvance chrétienne évangélique, l’Élysée s’est orienté vers les protestants de France, qui ont transmis la requête à Thomas Römer. « Il n’y a là rien d’inhabituel, poursuit le chercheur de l’UNIL. Nous collaborons souvent sur le plan scientifique avec nos voisins. »
Voilà donc le théologien lausannois chargé d’éclairer l’Élysée sur Gog et Magog. Un travail que ce spécialiste de l’Ancien Testament effectue de bonne grâce, et dont il parle pour la première fois aujourd’hui, maintenant que Jacques Chirac a pris sa retraite et que cet épisode appartient à l’histoire.

Un texte peu sûr et peu clair

«J’ai rédigé une page A4 qui expliquait les fondements théologiques de Gog et Magog, deux créatures qui apparaissent dans la Genèse, et surtout dans deux chapitres très obscurs du « Livre d’Ézéchiel » dans l’Ancien Testament, se souvient le théologien de l’UNIL. Avant d’ajouter qu’à plus d’un titre, « Ézéchiel » est un livre déroutant. La transcription qui nous est parvenue est peu sûre, les noms qui sont cités posent problème et le texte est difficile », ajoute Thomas Römer. Si cela ne suffisait pas à embrouiller le lecteur du XXIe siècle, ce livre « contient encore un message un peu dissimulé. Il fait partie d’un genre d’écrits qui spéculent sur l’avenir, dans une langue cryptique, et qui sont destinés à des initiés », précise-t-il.

Toutefois, il n’est pas nécessaire d’être un expert en ésotérisme pour saisir les grandes lignes de cette prophétie apocalyptique. Les rédacteurs du Livre d’Ézéchie» ont ajouté dans les chapitres 38 et 39 du livre une vision, selon laquelle une grande armée mondiale va se former, et que cette coalition de peuples viendra livrer une bataille finale à Israël.

«Cette confrontation est voulue par Dieu, qui veut profiter de ce conflit pour faire table rase des ennemis de son peuple, avant que ne débute un âge nouveau », poursuit Thomas Römer.

Gog, allié ou prince de Magog ?

L’auteur de ce texte place dans sa coalition des peuples connus des archéologues, comme les Perses et les Nubiens, les Assyriens et les Kushites. Il y ajoute d’autres noms qui rendent les historiens perplexes, mais qui ne laissent aucun doute sur le sens de la prophétie. L’armée qui se met en route est importante, et rassemble des peuples venus de loin à la ronde, mais majoritairement du nord d’Israël.

Selon ce texte, Ézéchiel annonce encore que cette grande coalition sera emmenée par un certain Gog, peut-être épaulé par Magog. Dans les différentes traductions de la Bible, on peut lire « Gog et Magog », « Gog de Magog » ou « Gog, au pays de Magog », voire « Gog, prince de Magog».

« Ces noms sont difficiles à décoder, souligne Thomas Römer, tout comme les noms de Mèshek et Toubal, qui sont aussi associés à la coalition et qui restent également énigmatiques. »

Des hypothèses récentes

Ce Gog énigmatique suscite des spéculations depuis plus de vingt siècles. George W. Bush le cherche probablement aujourd’hui du côté de cet Iran qui convoite l’arme atomique, après l’avoir traqué en Irak. Mais il n’est pas le seul à s’interroger. Avant lui, un autre président américain a cru à l’imminence de la réalisation de la prophétie d’Ézéchiel.

«Comme Ronald Reagan connaissait bien la Bible, il avait estimé que la guerre froide et l’existence de la bombe atomique rendaient réalisable la prophétie d’Ézéchiel, donc que le moment était venu », poursuit Thomas Römer.

« Parce que Gog est un ennemi qui vient du nord d’Israël, et parce que Mèshek peut facilement être apparenté à Moscou, les lecteurs d’Ézéchiel d’il y a vingt – vingt-cinq ans ont souvent associé Gog à la Russie communiste. Ils avaient également remarqué que le texte biblique dit que Gog est appelé « à la tête » de cette coalition. Or, en hébreu, la « tête » se dit rosh. De rosh, on passe facilement à « Russia », donc à la Russie communiste », sourit le théologien de l’UNIL.

La chute du Mur de Berlin ayant balayé cette hypothèse, l’imminence de l’apocalypse semble s’estomper. Pour des lecteurs rationalistes comme Thomas Römer, la « menace » a même disparu depuis plus de deux mille ans.

Gygos, Alexandre et Néron

Car tous les lecteurs d’Ézéchiel ne décortiquent pas l’actualité dans le but d’y déceler des signes de l’arrivée de Gog et de ses armées d’apocalypse. Nombre d’historiens et de théologiens recherchent plutôt sa trace dans le passé.

« Certains chercheurs ont identifié Gog avec un certain Gygos, qui fut un roi d’Anatolie au VIIe siècle av. J.-C. Il pourrait être à. l’origine de ce texte apocalyptique. Je pense que c’est le même procédé que dans le cas des prophéties apocalyptiques de Daniel, qui portent, elles, sur le grand ennemi de l’époque, Antiochus IV »

Si l’on ajoute à cela que de nombreux chercheurs estiment que l’empereur Néron est le fameux 666 évoqué dans l’Apocalypse de Jean, que la Grande Prostituée est Rome et que la chute annoncée est celle de l’Empire romain, on constate que le passé peut expliquer toutes ces prophéties apocalyptiques bibliques. Une analyse historique que privilégie Thomas Römer.

La prophétie d’Ézéchiel serait donc liée, si l’on en croit le chercheur de l’UNIL, au périple d’Alexandre le Grand. « L’arrivée de l’hellénisme au Proche-Orient a constitué un choc culturel majeur, explique Thomas Römer. Au point que la Bible a conservé plusieurs traces de l’équipée du roi macédonien, notamment des oracles sur la prise de Tyr. Cet épisode a sans doute amené les gens à développer une chronologie, à réfléchir à des successions de règnes, à évoquer l’avènement de forces et à spéculer sur la fin des temps et l’irruption d’un temps nouveau. »

Pas d’apocalypse sans reconstruction du Temple

Reste que tout le monde ne lit pas l’Ancien Testament aussi rationnellement que Thomas Römer. Il nous faut donc préciser aux plus inquiets de nos lecteurs qu’il ne suffit pas qu’une coalition de pays attaque Israël pour que la fin des temps intervienne. « Il y est longuement question du Temple reconstruit et cette reconstruction est, pour certains courants du judaïsme, la condition nécessaire pour le retour du Messie. »

Cette reconstruction du Temple de Jérusalem est longuement détaillée par Ézéchiel, qui y consacre des chapitres interminables. Avant de préciser que le Temple devra être reconstruit à son emplacement initial, soit la célèbre Esplanade du Temple, à Jérusalem, où s’élève désormais un des lieux les plus saints de l’islam, la Mosquée Al-Aqsa.

Autant dire qu’il faudra un concours de circonstances réellement apocalyptiques pour que les conditions évoquées dans la prophétie soient réunies.

Ézéchiel facilite le soutien américain à Israël

Plus largement, ce texte d’Ézéchiel explique les liens très forts qui se sont tissés entre les États-Unis et l’État d’Israël.

«Pour George W. Bush, ce texte a des conséquences politiques, poursuit Thomas Römer. Comme de nombreux chrétiens américains. il croit que Dieu sera auprès d’Israël lors de la confrontation finale, donc que les ennemis de ce pays seront dans le camp de l’Antéchrist. Il soutiendra donc Israël sans faiblir, parce qu’il est intimement persuadé que, quand la fin des temps arrivera, il faudra être du côté d’Israël. »

Voilà qui surprendra plus d’un Européen, habitué à des analyses davantage fondées sur la géopolitique, les rapports de force, la carte des pipelines transportant du pétrole que sur le religieux, quand il est question de la politique étrangère des États-Unis.

« Cette lecture américaine échappe effectivement aux Européens, qui ont perdu ce rapport aux textes bibliques, poursuit le théologien de l’UNIL. Les Allemands comprennent plus facilement George W. Bush que les Français ou les Suisses. Pour un Américain, ces questions sont centrales. Si on oublie le religieux dans l’analyse du soutien des États-Unis à Israël, on se trompe. »

Ces réflexions politiciennes figuraient-elles sur la page A4 que Thomas Römer a transmise à Élysée, au début 2003 ? « Non. J’ai envoyé une note biblique. Sur une page, j’ai situé ce texte, j’ai précisé qu’il s’agissait d’une prophétie de type apocalyptique, avec une bataille cosmique qui met en scène des peuples. J’ai parlé de Gygos et j’ai donné l’époque de sa rédaction. Et je n’ai plus eu de nouvelles, ni de Jacques Chirac, ni de ses conseillers. »

George W. Bush et le Code Ezéchiel Quand il évoque la situation politique au Proche-Orient, le président des Etats-Unis voit Gog et Magog à l’œuvre. Deux créatures qui apparaissent dans une vision apocalyptique de l’Ancien Testament! Les explications de Thomas Römer, un expert de l’UNIL qui a été contacté par l’Elysée en 2 003

«Seule une minorité de croyants voient l’Iran actuel comme la Perse dont parlait la Bible» Olivier Favreest docteur ès sciences sociales de l’UNIL et pasteur de l’Eglise évangélique apostolique. Il est le coauteur de la première étude empirique sur l’évolution du mouvement évangélique en Suisse*. Nous lui avons demandé comment les textes d’Ezéchiel étaient lus par les évangéliques helvétiques.

Allez savoir!: Les évangéliques suisses s’intéressent-ils autant que George W. Bush aux prophéties d’Ezéchiel?

Olivier Favre:En Suisse, les thématiques apocalyptiques sont bien moins présentes aujourd’hui que durant la période de la guerre froide. J’observe une prise de distance par rapport à cette manière de lire l’histoire et de croire en l’avenir. La tendance, dans les communautés évangéliques helvétiques, est plutôt de réinvestir le politique, de développer leur message sur l’ici-bas. On le voit notamment avec leur récent engagement (certes conservateur) dans la politique. Ces croyants ont pris conscience qu’ils ne sont pas réduits au fatalisme.

Les communautés évangéliques font-elles la même lecture de ces textes apocalyptiques que George W. Bush?

La grande majorité reste très prudente à ce propos. Mais, dans les extrêmes, on trouve effectivement une petite minorité de gens qui voient l’Iran actuel comme la Perse dont parlait la Bible, donc comme un ennemi d’Israël. Cette minorité croit que les prophéties bibliques s’accomplissent. Et à l’autre extrême, il y a des évangéliques qui considèrent George W. Bush comme l’Antéchrist, et qui voient dans les attentats du 11 septembre 2001 la preuve que Dieu désapprouve le matérialisme américain.

Ce sont des visions sensiblement différentes…

Oui, parce que les évangéliques ont des lectures sensiblement différentes de ces textes apocalyptiques, que ce soit Ezéchiel, mais aussi Daniel. En simplifiant, on peut dire qu’il y a deux positions, diamétralement opposées, sur les temps de la fin. Mais elles sont très minoritaires. La majorité s’attend simplement au retour du Christ sans se prononcer sur le reste.

Il y a des optimistes et des pessimistes? Ceux que j’appelle les évangéliques prémillénaristes sont effectivement catastrophistes. Ils pensent que le retour du Christ doit être précédé par la montée de l’Antéchrist dont le règne nous vaudra une longue période de catastrophes. A l’opposé de cette vision, il y a les postmillénaristes, qui, eux, croient que l’Eglise triomphera, et que le Christ reviendra dans une planète en paix. Enfin, très éloignée de ces positions, il y a la vision des protestants traditionnels, mais aussi d’évangéliques modérés, qui font une lecture symbolique de ces textes apocalyptiques et pensent que la Bible annonce la chute d’un empire, notamment celui de Rome.

A quel point le président des Etats-Unis est-il représentatif des idées évangéliques?

Il faut être prudent avec la figure de George W. Bush. Il est extrêmement difficile de savoir ce qui, dans ses discours et dans ses actes, relève de convictions personnelles, et ce qui relève d’une instrumentalisation de la foi évangélique. Notez enfin que l’électorat évangélique américain est aujourd’hui divisé à son égard. Si certains l’approuvent, d’autres le critiquent désormais, notamment à cause du réchauffement de la planète. ce qui frappe, quand on lance une recherche sur Gog et magog sur Wikipedia, l’encyclopédie sur Internet, c’est la différence entre les informations contenues dans les versions française et anglaise.I l y a cinq lignes en fançais et cinq pages en anglais. cela montre bien que ces relectures d’Ezéchiel sont surtout une thématique américaine. Le développement des évangélqies dans l’hémisphère sud (Amérique du sud, Afrique) a marginalisé ces thématiques apocalyptiques et a apporté d’autres priorités, car ces communautés sont plus soucieuses dss problèmes socaiaux et écologiques. On a tendance à croire que pluqss personne ne raisonne en trmes religieux. Or nous avons ds popuations qui restent croyantes dde diverses manières. La pr!ère es toujours pratiquée et les gens conservent la foi dans une vie après la mort. On peut donc s’aendre, à l’avenir, à c que la composante religieuse ressurgisse également chez nous dans l’espace public.te.

TEXTE D’EZECHIEL:

Il y eut une parole du SEIGNEUR pour moi : « Fils d’homme, dirige ton regard vers Gog, au pays de Magog, grand prince de Mèshek et Toubal; prononce un oracle contre lui. Tu diras : ainsi parle le Seigneur DIEU :
Je viens contre toi, Gog, grand prince de Mèshek et Toubal, et je t’entraînerai, je mettrai des crochets à tes mâchoires, je te ferai sortir avec toute ton armée : chevaux, cavaliers superbement vêtus, vaste troupe portant écu et bouclier, tous maniant l’épée. La Perse, la Nubie, Pouth seront avec eux ayant tous bouclier et casque – Gomer et tous ses escadrons, Beth-Togarma, à l’extrême nord, avec tous ses escadrons: de nombreux peuples seront avec toi. »
[…] Depuis bien des jours, on aurait dû intervenir contre toi (Gog) ! Cela arrivera à la fin des ans, sur une terre dont la population a été entraînée après le passage de l’épée. Venue de pays très peuplés, elle a été rassemblée sur les montagnes d’Israël qui avaient été longtemps en ruines. Cette population a été retirée des peuples et elle habitera tout entière en sécurité. Tu monteras, tu arriveras en tempête, tu seras comme une nuée recouvrant le pays, toi, tous tes escadrons et les nombreux peuples qui seront avec toi.
Ainsi parle DIEU : en ce jour-là, de nombreux projets te monteront au cœur, tu inventeras un plan malfaisant, tu diras : Je monterai contre un pays sans défense, j’arriverai vers des gens tranquilles, vivant en sécurité : ils habitent des villes sans murailles, ils n’ont ni verrou ni portes. Tu viendras pour entasser du butin, pour piller et pour tourner ta main contre des ruines repeuplées […]
C’est pourquoi, prononce un oracle, fils d’homme, tu diras à Gog : Ainsi parle le Seigneur DIEU […] Tu viendras de ton pays, de l’extrême nord, toi et de nombreux peuples avec toi ; tous montés sur des chevaux, vous formerez une grande assemblée, une immense armée.
Tu monteras contre mon peuple d’Israël, au point de recouvrir le pays comme une nuée. Cela se passera à la fin des temps ; je te ferai venir contre mon pays, afin que les nations me connaissent quand, sous leurs yeux, ô Gog, j’aurai montré ma sainteté à tes dépens.
[…] Ce jour-là, le jour où Gog arrivera sur la terre d’Israël[…] – il y aura un grand tremblement de terre sur le sol d’Israël […] J’exercerai le jugement contre lui (Gog) par la peste et le sang ; je ferai pleuvoir sur lui, sur ses escadrons et sur les nombreux peuples qui seront avec lui une pluie diluvienne, du grésil, du feu et du soufre.
Je montrerai ma grandeur et ma sainteté; je me ferai connaître aux yeux de nombreuses nations. Alors elles connaîtront que je suis le SEIGNEUR. Ézéchiel 38, traduction de la TOB


Présidence Obama: Plus ça change, plus c’est la même chose (Innocent abroad, Slick Obama at home: Will the real President please stand up?)

25 mai, 2009
https://jcdurbant.files.wordpress.com/2009/05/64fab-6a010536b72a74970b01156fa02e40970c-pi.jpg?w=448&h=713http://caveviews.blogs.com/.a/6a00d8341bffd953ef0133f18f7729970b-800wiL’irrespect conscient est à mon avis le vrai créateur et protecteur de la liberté humaine, au même titre que son contraire est le créateur et protecteur déterminé de toutes les formes de servage humain, corporel et spirituel. Mark Twain
We cannot play innocents abroad in a world that is not innocent. Ronald Reagan
Au cours de sa visite à la Maison Blanche Benjamin Netanyahu a finalement offert une bible à Barack Obama. Avant le départ pour Washington, la Présidence du conseil à Jérusalem avait laissé entendre que ce serait un livre moins sacré: « Le voyage des Innocents, un pique-nique dans l’ancien monde ». Charles Enderlin
Cheney et Obama peuvent bien affirmer le contraire, mais ce n’est pas l’Administration Obama qui a arrêté la torture. (…) Est-ce que je souhaite qu’il ait été plus élégant et plus honnête envers les fonctionnaires de l’Administration Bush dont il bénéficie aujourd’hui des mesures qu’ils avaient alors prises ? Oui. David Brooks
Le maintien de ces (…) programmes par Obama n’a entraîné aucune réaction hostile de la presse, des organisations non-gouvernementales ou des bonnes consciences européennes. (…) Des réactions aussi diamétralement opposées aux mêmes mesures, selon qu’elles sont décidées par un Républicain ou un Démocrate, montrent, une fois de plus, ce qui est évident pour tout observateur: les bonnes consciences se moquent éperdument des droits de l’homme. Sébastien Castellion

Plus ça change, plus c’est la même chose!

Calendrier et modalités du retrait d’Irak très exactement repris de ceux de son prédécesseur, renforcement des éliminations ciblées en Afghanistan, redémarrage des commissions militaires, maintien du programme d’écoute des citoyens américains, continuation du programme de livraison de terroristes à des pays alliés pour interrogatoires plus discrets, refus de publication dans la presse de nouvelles photos d’Abou Ghraib, maintien de fait, sans parler de Bagram, de Guantanamo en opération devant le refus de ses amis au Congrès comme de ses alliés en Europe …

Alors que nos mollahs de service comme leurs compères nord-coréens rivalisent d’ingéniosité (via de toujours nouveaux missiles dont on ne sait certes pas toujours où ils retombent?) pour « ramener au principe de réalité » notre « innocent en voyage » de la Maison Blanche …

Qu’Israël est maintenant traité avec tout le mépris exigé pour apaiser le reste du monde dont notre nouveau Carter tient tant à être aimé …

Et qu’avec la sortie des premiers prisonniers du goulag tropical de Guantanamo (à la limite d’une scandaleuse obésité pour certains!), apparaissent enfin au grand jour les sévices subis pendant les longues années Bush …

Retour, en ce jour où nos amis américains fêtent leurs morts au service de la liberté dont leur actuel Pleurnicheur en chef semble faire si peu de cas et avec Sébastien Castellion de la Mena, sur la situation tout à fait inédite du maitre ès opportunisme et double langage que la planète entière s’est choisi pour diriger le Monde libre en novembre dernier.

Qui, tout en évitant par des fuites bien orchestrées toutes les solutions qui pourraient présenter le moindre risque politique, « sait qu’il peut revenir sur sa parole dans tous les domaines, sans payer pour cela aucun prix politique dans la presse ou parmi ses alliés »

Guantanamo ne sera pas fermé
Sébastien Castellion
13 mai 2009
Metula News Agency

Qui se souvient encore de Guantanamo ?

Quand George W. Bush était Président, le centre de détention installé sur la base militaire américaine à Cuba était décrit, dans la presse anti-Bush (mais je me répète), comme une honte pour la civilisation. Les journalistes rapportaient, sans le moindre esprit critique, les histoires d’anciens détenus sur les méthodes que l’armée américaine était censée pratiquer dans l’interrogation des détenus. Démocrates américains et bonnes âmes européennes de tous bords présentaient l’existence du camp comme une insulte à l’humanité.

La secrétaire générale d’Amnesty International, Mme Irène Khan, avait fait sensation en 2005 en appelant ce centre de détention « le goulag des temps modernes ». Personne n’avait trouvé bon de lui faire remarquer la différence entre les millions de victimes du goulag et le nombre des détenus morts à Guantanamo, c’est-à-dire zéro à la date des déclarations de Mme Khan (il y a eu cependant, au cours des quatre dernières années, quatre suicides de détenus dans le camp).

Personne n’avait trouvé bon de rappeler, non plus, la différence entre les prisonniers du Goulag – dont la vie était irrémédiablement détruite pour une plaisanterie, un équipement défectueux ou une prière – et celle des détenus de Guantanamo. Plus de quatre cent de ces détenus ont été libérés à ce jour, et le même nombre, environ, y reste détenu (un taux de libération dont, là encore, les zeks du goulag auraient rêvé).

Ces hommes sont tous accusés d’action armée au sein du terrorisme islamiste ; ils ont été arrêtés soit sur le champ de bataille en Afghanistan, soit dans d’autres régions du monde, à la suite d’actions des services de renseignement des Etats-Unis ou de leurs alliés.

L’analyse juridique de l’administration américaine est que ces détenus ne sont pas des « prisonniers de guerre » au sens de la troisième Convention de Genève, adoptée en 1929 et révisée pour la dernière fois en 1949. En effet, cette appellation est réservée par l’article 4 de la convention aux combattants portant un uniforme militaire distinctif, portant leurs armes en évidence et conduisant leurs opérations selon le droit et les coutumes de la guerre.

Il est clair que les combattants d’al Qaeda ne respectent aucun élément de cette définition – et surtout pas la dernière, qui est la plus importante. Les conventions de Genève, dont le but était de réduire les horreurs de la guerre par des obligations réciproques entre combattants, n’ont de sens que sous cette condition de réciprocité. Face à des combattants qui, lorsqu’ils font un prisonnier, le décapitent au couteau de cuisine devant les caméras, les finesses de ces conventions deviennent quelque peu superflues.

En refusant aux détenus de Guantanamo le statut de prisonnier de guerre (les Américains parlent de « combattants illégitimes »), l’objectif de l’administration Bush n’était pas de les priver de tous droits, mais de pouvoir les juger selon des règles de procédure prenant en compte la particularité du temps de guerre.

Plus précisément, il fallait pouvoir prendre en compte des informations anonymes (celles que fournissent les services de renseignement, dont les sources doivent évidemment rester cachées) et limiter la possibilité, pour les juristes, de faire fuiter des informations à la presse et de faire traîner les procès en longueur.

L’administration Bush mit donc en place, pour juger les détenus de Guantanamo, des commissions militaires spécialisées, qui pouvaient juger selon des règles de procédure simplifiées.

Cela ne veut pas dire, naturellement, que les détenus n’ont aucun droit. Même s’ils ne sont pas des prisonniers de guerre au sens de l’article 4 de la convention, ils restent couverts par son article 3, qui définit les droits humanitaires de tous les prisonniers en temps de guerre (droit à une cour de justice régulièrement constituée, interdiction des atteintes à la dignité humaine). Contrairement à l’article 4, cet article 3 est n’est pas soumis à une obligation de réciprocité, car il est inspiré par des considérations purement humanitaires.

Dans le fonctionnement des commissions militaires elles-mêmes, les détenus bénéficient par ailleurs de la présomption d’innocence ; d’une charge de la preuve mise sur l’accusation ; du droit à un avocat, soit militaire et fourni par l’Etat, soit civil, si c’est le choix du prisonnier ; du droit d’accéder au dossier de l’accusation et à tout élément de preuve disculpatoire connu par l’accusation ; de l’accès à des interprètes ; de la liberté de témoigner ou non, sans qu’un refus de témoigner puisse être retenu contre l’accusé ; du droit de présenter des témoins, d’interroger les témoins de la partie adverse et de faire procéder à des enquêtes ; et de plusieurs niveaux d’appel pour contester les jugements des commissions. Après tout cela, ceux qui osent encore parler de Goulag ne font que prouver combien l’inculture peut être proche de l’insulte.

Ce qui, naturellement, nous conduit au cas de Barack Obama, actuel Président des Etats-Unis.

Au cours de sa campagne, le Président avait appelé Guantanamo « un triste chapitre de l’histoire américaine » et avait promis de fermer le camp. Deux jours après sa prise de fonctions, le 22 janvier dernier, il a signé l’ordre d’interrompre le fonctionnement des commissions militaires pour quatre mois et de mettre à l’étude un plan pour la fermeture du camp avant janvier 2010.

La Ména est aujourd’hui en mesure d’affirmer, avec un haut degré de probabilité, que cette fermeture ne se fera pas et que Guantanamo restera en opération pendant, au moins, la plus grande partie du mandat d’Obama.

Vendredi dernier, 8 mai, l’administration Obama a discrètement prévenu la presse que les commissions militaires allaient reprendre leur travail. La presse pro-Obama (décidément, je me répète beaucoup…) a accepté, sans aucune question, l’explication de l’administration – selon laquelle de nouvelles règles de procédure permettraient aux commissions d’être soudainement plus respectueuse des droits de l’homme.

Même si les nouvelles règles ne sont pas encore connues, ce qui en a filtré (« interdiction d’utiliser des témoignages obtenus sous torture, restreindre l’admissibilité des témoignages par ouï-dire, plus de liberté de choisir son avocat », selon Peter Finn du Washington Post) peut être résumé en quatre mots :

Exactement. Comme. Sous. Bush.

La décision de redémarrer les commissions militaires est donc déjà prise. Celle de maintenir Guantanamo en opération n’est pas encore officielle, mais elle est probablement imminente comme le montrent les faits suivants.

En premier lieu, Obama a déjà décidé plusieurs fois, sur les questions de sécurité nationale, de reprendre à son compte les politiques de son prédécesseur. Il en profite généralement pour prétendre qu’il y a une différence et pour critiquer celui dont il reprend toutes les conclusions, mais cela ne change rien aux faits.

Le calendrier et les modalités du retrait d’Irak par Obama sont, très exactement, ceux que Bush avait décidés avant son entrée en fonctions. Le programme d’écoute, sans décision judiciaire préalable, des citoyens américains parlant avec des terroristes connus basés à l’étranger, a été maintenu, à l’encontre des promesses de campagne du candidat Obama.

Le programme dit de « délivrance exceptionnelle » (dans lequel des terroristes présumés sont livrés pour interrogatoire à des pays alliés de l’Amérique, mais où des méthodes d’interrogatoire efficaces peuvent être utilisées sans qu’aucun juge ou journaliste n’ait jamais à le savoir) est également toujours en cours.

Le maintien de ces deux programmes par Obama n’a entraîné aucune réaction hostile de la presse, des organisations non-gouvernementales ou des bonnes consciences européennes. Mme Khan, pourtant toujours secrétaire générale d’Amnesty International, est restée remarquablement discrète.

Des réactions aussi diamétralement opposées aux mêmes mesures, selon qu’elles sont décidées par un Républicain ou un Démocrate, montrent, une fois de plus, ce qui est évident pour tout observateur : les bonnes consciences se moquent éperdument des droits de l’homme.

Leur seul et unique critère pour décider si une politique doit être critiquée est de savoir si cette critique est favorable ou non aux intérêts Démocrates. La haine de l’ennemi (qui est naturellement, pour eux, le Parti Républicain et non al Qaeda) l’emportera toujours sur les principes.

Obama sait donc qu’il peut revenir sur sa parole dans tous les domaines, sans payer pour cela aucun prix politique dans la presse ou parmi ses alliés. Au contraire, toutes les solutions qu’il a laissé fuiter pour organiser la fermeture du camp présentent, elles, un certain risque politique.

Les prisonniers pourraient être transférés dans d’autres pays. Au cours des derniers mois, Barak Obama a cherché à convaincre ses alliés d’en accepter certains sur leur sol. Cette proposition a évidemment été rejetée ; et le Président, qui tient tant à être aimé à l’étranger, n’a pas insisté.

Ils pourraient être jugés sur le territoire américain, selon le système judiciaire qui se charge des criminels. L’idée a des charmes pour une partie de la gauche, qui voudrait ne voir dans des terroristes que des criminels comme les autres, à traiter selon le droit. Elle a un seul défaut : tous les spécialistes américains de la sécurité savent que, si l’on charge les juges de la guerre contre le terrorisme, cette guerre sera perdue.

Les juges pourront exiger l’indentification des sources du renseignement américain, sous peine de relâcher les terroristes sur le territoire des Etats-Unis. Ils pourront décider que tout détenu brutalisé pendant sa détention, ou qui prétend l’être, doit être libéré par principe. Et, quand on connaît la culture gauchiste d’une grande partie de l’appareil judiciaire américain, tous ces « pourront » doivent en fait se comprendre « agiront, avec une certitude absolue ».

Enfin, une autre solution envisagée un moment par Obama serait de relâcher les détenus sur le territoire américain, avec une surveillance policière adaptée. Mais, naturellement, rien ne les empêcherait de contester immédiatement, devant les mêmes juges, cette surveillance. Et puis, les membres Démocrates du Congrès – dont Obama dépend pour le succès de son programme législatif – ont clairement fait savoir au Président qu’il n’était pas question d’imposer à leurs électeurs un voisin djihadiste.

Le Congrès a fait passer ce message de la manière la plus claire possible mercredi 6 mai, lorsque la Commission du Budget de la Chambre des Représentants (dominée par les Démocrates) a voté la suppression de 80 millions dollars de crédits alloués à la fermeture du camp de Guantanamo dans la loi de finances supplémentaire pour 2009.

Le président de la Commission, le Démocrate David Obey, a déclaré « je suis en faveur de ce que l’Administration propose, mais autant que je sache, il n’y a pas de programme concret pour cela ». Et comme, sans argent, il est impossible de préparer un programme concret, le message du Congrès est assez clair.

Il serait étonnant – et contraire à toutes les indications disponibles sur le caractère d’Obama – que le Président résiste aux pressions du Congrès et impose, conformément à ses promesses électorales, la fermeture du camp.

Le Président n’a jamais été un homme de principes – sauf, cependant, sur la question de la place de l’Etat dans l’économie, qu’il veut absolument augmenter. Pour le reste, il est un homme d’habileté politique, sans scrupules dès qu’il s’agit de gagner une voix supplémentaire et, aussi, très talentueux dans le double langage. Aujourd’hui, la solution politiquement la moins coûteuse est de revenir, une fois de plus, sur ses promesses électorales et de maintenir ouvert le camp de Guantanamo. Elle est donc, selon toute vraisemblance, celle qu’Obama va prendre.

Voir aussi:

Le pire président de l’histoire des Etats-Unis est à la Maison Blanche
Guy Millière
MENA
24 mai 2009

Obama est le premier président des Etats-Unis essentiellement et fondamentalement hostile à Israël

Il est très difficile d’être premier ministre d’Israël. Particulièrement après les années où Ehoud Olmert a occupé ce poste et mené une politique erratique qui a laissé des traces. C’est tout spécialement difficile maintenant que Barack Obama est à la Maison Blanche.

J’avais, suivant en cela l’avis de plusieurs commentateurs américains, considéré jusque là que Jimmy Carter avait été le pire président de l’histoire des Etats-Unis. C’était exact jusqu’à une date récente : Obama a, en quatre mois, montré qu’on pouvait faire pire encore que Jimmy Carter.

En ce court laps, Obama a permis au régime des mollahs de réaliser qu’il lui était possible de poursuivre son avancée vers l’arme nucléaire sans le moindre risque ; poussé le gouvernement pakistanais à abandonner une région du pays aux talibans, avant de lui demander de faire machine arrière ; distendu les liens de partenariat avec l’Inde, noués sous George Bush ; montré au Japon que les Etats-Unis n’étaient pas prêts à le défendre face à la menace nord-coréenne ; fait savoir aux dirigeants de Pékin que l’administration américaine ne prêtait plus aucune attention à la situation des droits de l’homme en Chine, et déclaré, à plusieurs reprises, que les Américains avaient, humblement, beaucoup à apprendre de l’islam et du monde musulman.

Je pourrais ajouter à la liste la promotion, en partenariat avec Hugo Chavez, d’un livre marxiste inepte d’Eduardo Galeano sur l’Amérique latine, un ensemble de décisions économiques engageant les Etats-Unis sur la voie d’un socialisme à l’européenne, ou l’invitation, comme oratrice au dîner annuel de la presse, d’une comédienne gauchiste, militante de la cause lesbienne, Wanda Sykes.

Cette dernière a beaucoup fait rire Barack et Michelle en souhaitant, en direct, la mort du commentateur conservateur Rush Limbaugh.

Mais je ne veux pas faire un catalogue exhaustif des facéties dangereuses du nouveau président. En ce qui concerne Israël, Obama procède à des glissements progressifs vers la trahison, et, si des présidents ont, auparavant, eu des attitudes assez nettement anti-israéliennes, Obama est le premier président des Etats-Unis essentiellement et fondamentalement hostile à Israël.

Si l’on prend les propos tenus lors de la brève conférence de presse qui a suivi sa rencontre avec Benyamin Netanyahu, on peut noter, outre le ton général paternaliste utilisé par Obama, et au-delà de l’hypocrisie évidente de ce dernier, plusieurs messages nets, constitutifs d’une « doctrine Obama » en gestation.

Parmi ceux-ci, le refus de fixer des dates limites aux pourparlers avec la République Islamique d’Iran, le refus de dire que l’option militaire reste sur la table (les seules menaces évoquées par Obama sont des sanctions supplémentaires, ce qui a dû faire beaucoup rire Ahmedinejad).

La condamnation des mesures de surveillance étroite et de sanctions mises en œuvre par Israël (accusé de ne laisser « aucun espoir aux Gazaouis ») ; les pressions pour que Netanyahu saisisse l’ « opportunité historique » présente et fasse des « gestes sérieux », non pas vers l’avancée du processus de paix, mais vers « la paix » tout court, donc vers la création rapide d’un Etat palestinien.

Dès lors qu’Obama a fait savoir, de manière redondante, qu’il était favorable au plan de paix arabe proposé par l’Arabie Saoudite, il n’est pas du tout difficile de savoir ce que la « paix » en question signifierait.

Abba Eban avait parlé autrefois des frontières de 1967 comme des « frontières d’Auschwitz » : Obama est favorable aux frontières d’Auschwitz. Les Etats-Unis, par ailleurs, viennent de réintégrer le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies : oui, celui qui vient d’organiser la si remarquable conférence de Durban II à Genève.

Ils entendent participer, dans le cadre de l’Onu, comme l’a confirmé récemment Susan Rice, dans la lignée de Rose Goettenmoeller, à un désarmement nucléaire et à une mise en œuvre stricte de la non prolifération, dans le cadre de laquelle Israël se verrait demander des comptes, ce qui rompt avec quarante années d’accords entre Israël et les Etats-Unis sur ce point.

Très significativement, lors de son voyage vers l’Europe et l’Egypte, où il va lire, au Caire, sur son téléprompteur, début juin, un discours que je n’ose imaginer à l’avance, Obama ne passera pas par Israël.

Lors de sa récente visite à Washington, Shimon Peres n’a, contrairement aux usages en vigueur et au minimum protocolaire, pas été invité à donner une conférence de presse en compagnie de son hôte, ce qui n’a pas été du tout une marque d’amitié : lui demandera-t-on passer par la porte de service la prochaine fois ?

Lors des entretiens que Peres a eu avec Obama, Hillary Clinton a, semble-t-il, été invitée à ne pas venir (parce qu’elle serait trop « pro-israélienne », dit-on à Washington : c’est dire ce que sont les positions des autres). Les discours tenus à Peres sur les implantations israéliennes ont été si durs et si blessants, qu’il s’est, lui, le modéré d’entre les modérés, légitimement mis en colère.

Ce qui rassure un peu est que le projet de deux Etats ne peut, au delà des formules verbales, avancer. En dehors des hurluberlus qui ont participé aux « accords de Genève » il y a quelques années, nul ne peut voir sérieusement comment Jérusalem pourrait être divisée : un immeuble pour le Hamas, celui d’à côté pour Israël, bien sûr…

Je doute très fortement que la Jordanie, quoi que dise le roi Abdallah, ait l’ardent désir de voir se constituer un Etat contrôlé par le Hamas en Judée-Samarie. Et je pense que ni l’Egypte, ni l’Arabie Saoudite ne veulent voir la République Islamique d’Iran accroître son influence et son emprise dans leur jardin.

Dois-je l’ajouter : seuls les antisémites européens et les membres de l’administration Obama font semblant de croire que la Judée-Samarie, laissée aux mains de l’Autorité Palestinienne, ne serait pas très vite contrôlée par le Hamas.

Ce ne sont que des paroles, donc.

Néanmoins, l’administration Obama contribue à la délégitimation et à la diabolisation internationale d’Israël, qui gagne du terrain sur la planète, et cela est, en soi, un crime moral impardonnable. L’administration Obama permet à toutes les dictatures, et plus particulièrement à l’Iran, de se renforcer, ce qui est un crime concret tout aussi impardonnable.

Ceux qui voudront prendre au mot les propos hypocrites, pourront retenir les mots d’ « amitié » prononcés par Obama. Dans la mafia, comme dans la diplomatie, on peut embrasser sa future victime juste avant de la poignarder : c’est ce que fait Obama.

Netanyahu a répondu en prenant au mot les propos hypocrites qui lui étaient tenus, faisant comme s’il n’avait pas entendu le reste.

Sa position, je l’ai dit, est très difficile. Obama reste populaire et jouit du soutien de la majorité de la communauté juive américaine. En Israël, une bonne partie de la population rêve d’une solution reposant sur deux Etats pour deux peuples. Tôt ou tard, quelqu’un devra oser parler comme Menahem Begin en son temps, et dire que le peuple juif ne se laissera pas écraser une seconde fois, et qu’Israël n’est pas un Etat servile, soumis au bon vouloir pervers des antisémites et des antisionistes : il se trouvera des millions de gens en Amérique pour entendre ce discours.

Une vieille phrase de Benjamin Disraeli dit que l’ignorance et l’aveuglement ne sont jamais le bon moyen de résoudre un problème, et c’est exactement ce que je pense. L’aveuglement volontaire de millions de gens, qui se croient amis d’Israël ou qui se font encore des illusions sur Obama, ne contribuera pas à une avancée vers la résolution du problème, sauf si on veut penser que la résolution du problème serait une victoire accordée à l’islamisme et une nouvelle solution finale.

Rien ne doit être cédé à l’ignorance, et beaucoup trop lui a été accordé depuis les accords d’Oslo : la plupart des commentateurs ne savent rien de l’histoire de la région et de la généalogie de la renaissance d’Israël. Quasiment tous les commentateurs en viennent à croire qu’il existe un peuple palestinien qui a été spolié de ses terres.

Benyamin Netanyahu, dit la presse, a fait un cadeau à Obama : Pleasure Excursion to the Holy Land, un extrait du livre de Mark Twain, The Innocents Abroad. C’est une excellente idée. Si Obama lit le récit de voyage de Twain, il verra que la Terre d’Israël, au dix-neuvième siècle, était peuplée de Juifs et de quelques Arabes, dont aucun ne se disait Palestinien.

Il verra que le territoire était, très largement, un désert. S’il lit quelques autres ouvrages que, j’en suis sûr, le premier ministre israélien sera prêt à lui recommander, il découvrira que c’est quand le foyer national juif s’est reconstitué que des Arabes sont arrivés en nombre. Il verra que les Juifs ont mis les terres en culture et que, très vite, les Arabes ont été imprégnés de dogmes haineux et racistes.

Il pourra être conduit à se demander pourquoi tous les racismes sont condamnés sur la planète, sauf la haine anti-juive, qui imprègne assez largement le monde arabe, et les Palestiniens en particulier.

Mais attendre d’Obama qu’il se pose des questions est attendre bien trop de sa part. Il n’a pas besoin des questions : il possède les réponses. Il les a depuis qu’il a fréquenté Jeremiah Wright et Rachid Khalidi. Il les avait même avant, au temps où il se rendait au Pakistan pour des voyages d’études, au temps où il était musulman, il y a un peu plus de vingt ans et où, comme s’en souviennent ceux qui l’ont connu lorsqu’il était étudiant à l’Occidental College à Los Angeles, il priait vers La Mecque cinq fois par jour.


ONU: Quand j’entends le mot culture, je sors mon Farouk! (UN: When I hear the word culture, I reach for my Farouk!)

24 mai, 2009
(The Office of War Information, 1943)Quand j’entends le mot culture, j’arme mon Browning! Thiemann (personnage de la pièce de 1933 du poète lauréat d’Hitler Hanns Johst sur le « martyr nazi » Albert Leo Schlageter exécuté pour sabotage dans la Ruhr par les Français en 1923)
S’ils disent la même chose que le Coran, ils sont inutiles; s’ils le contredisent, ils sont nuisibles; dans les deux cas, il faut les détruire. Calife Omar Al-Farouk (bâtisseur de la Mosquée du Rocher et brûleur de la Bibliothèque d’Alexandrie en 642)
J’ai dit: “Je brûlerai tous les livres israéliens moi-même, si jamais j’en trouvais un seul” ; c’était une hyperbole, une manière un peu populaire de dire qu’il n’y en a pas. Je suis sémite, comment serais-je antisémite? Farouk Hosni (ministre de la Culture égyptien)
Israël n’a jamais contribué à la civilisation à quelque époque que ce soit car il n’a jamais fait que s’approprier le bien des autres. Farouk Hosni (avril 2001)
La culture israélienne est une culture inhumaine; c’est une culture agressive, raciste, prétentieuse, qui se base sur un principe tout simple : voler ce qui ne lui appartient pas pour prétendre ensuite se l’approprier. Farouk Hosni (juin 2001)
Nous avons vécu avec nos mères qui nous ont élevés et éduqués tout en allant à l’université ou au travail sans hidjab. Pourquoi revenons-nous aujourd’hui en arrière? Des crimes se commettent aujourd’hui au nom du hidjab et du niqab. Le monde va de l’avant et nous ne progresserons pas tant que nous continuerons à penser de façon rétrograde et à aller écouter des fetwas de cheikhs à “trois millimes”. Farouk Hosni (novembre 2006)
Chaque année se tiennent en France des célébrations pour les “homosexuels” et il s’y rend pour célébrer avec eux. Ragab Helal Hemeida (député égyptien)
Je tends personnellement à croire que les porcs en vie aujourd’hui descendent de ces Juifs, et c’est pourquoi Allah nous en a interdit la consommation en ces termes: ‘Seront pour vous interdits [à la consommation] les charognes, le sang et la chair du porc [Coran 5:3].’ En outre, l’une des actions de Jésus quand il reviendra sur terre au Jour du Jugement sera de tuer tous les porcs, et c’est là la preuve qu’ils descendent des Juifs. Tous les porcs de la Terre seront détruits par Jésus au Jour du Jugement. Cheikh Ahmad Ali Othman (inspecteur des affaires relatives à la Dawa au ministère égyptien des cultes, extrait d’une fatwa demandant l’abattage des porcs, 9 mai 2009)
L’Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture –ISESCO- a appelé tous les Etats membres à boycotter le Salon international du Livre à Paris dont l’invité d’honneur est Israël à l’occasion du 60e anniversaire de sa création. ISESCO (le 26 février 2008)
Plasticien ayant longtemps vécu à Rome et à Paris, cet homme, qui ne fait pas vraiment mystère d’une discrète homosexualité, cultive une image de progressiste ouvert à la modernité occidentale et luttant avec ténacité contre l’obscurantisme et le fanatisme religieux. Yves Gonzalez-Quijano
Il faut, sans délai, en appeler à la conscience de chacun pour éviter que l’Unesco ne tombe aux mains d’un homme qui, lorsqu’il entend le mot culture, répond par l’autodafé. Bernard-Henri Lévy, Claude Lanzmann et Elie Wiesel

A l’heure où le pays qui avait jadis recueilli la Sainte famille détruit aujourd’hui les églises, vitriole les jeunes chrétiennes et, profitant de la menace de l’épidémie de grippe porcine, appelle à détruire le seul moyen de subsistance d’une partie de sa population chrétienne

Appel à l’autodafé de livres israéliens, invitation de négationnistes à venir mettre en doute la Shoah à la télé, bloquage de l’ouverture d’un musée juif, interdiction de la présentation d’un film israélien au festival de cinéma du Caire, opposition à toute normalisation culturelle avec Israël 30 ans après les accords de Camp David …

Après la résolution « sionisme= racisme », le pogrom symbolique de Durban, la Libye à la présidence de la commission des droits de l’homme (depuis 2003) et tout récemment une conférence sur le racisme présidée par la Lybie, l’Iran et Cuba et ouverte par le rayeur de cartes en personne …

Devinez qui l’ONU nous propose, avec le soutien des pays arabes et de l ‘Europe (dont l’Italie, l’Espagne et la France – date de clôture des candidatures le 30 mai prochain!), à l’un des postes de responsabilité culturelle les plus importants de la planète?

Comme nous le rappelions il y a un an et quelques rares personnalités françaises dans Le Monde il y a quelques jours, il ne s’agit rien de moins que l’inamovible ministre de la culture égyptien Farouk Hosni.

Qui depuis plus de 15 ans (entre – cherchez l’erreur ! – une courageuse condamnation du voile et une visite à nos fêtes sodomites?) multiplie les déclarations les plus littéralement incendiaires contre l’Etat avec lequel son propre pays a signé un traité de paix il y a maintenant 30 ans …

Unesco: la honte d’un naufrage annoncé

Bernard-Henri Lévy, Claude Lanzmann et Elie Wiesel
Le Monde
21.05.09

Qui a déclaré en avril 2001 : « Israël n’a jamais contribué à la civilisation à quelque époque que ce soit car il n’a jamais fait que s’approprier le bien des autres » – et a réitéré deux mois plus tard : « La culture israélienne est une culture inhumaine ; c’est une culture agressive, raciste, prétentieuse, qui se base sur un principe tout simple : voler ce qui ne lui appartient pas pour prétendre ensuite se l’approprier » ?

Qui a expliqué en 1997, et l’a répété ensuite sur tous les tons, qu’il était « l’ennemi acharné » de toute tentative de normalisation des rapports de son pays avec Israël ? Ou encore, en 2008, qui a répondu à un député du Parlement égyptien qui s’alarmait que des livres israéliens puissent être introduits à la bibliothèque d’Alexandrie : « Brûlons ces livres ; s’il s’en trouve, je les brûlerai moi-même devant vous » ?

Qui, en 2001, dans le journal Ruz Al-Yusuf, a dit qu’Israël était « aidé », dans ses sombres menées, par « l’infiltration des juifs dans les médias internationaux » et par leur habileté diabolique à « répandre des mensonges » ? A qui devons-nous ces déclarations insensées, ce florilège de la haine, de la bêtise et du conspirationnisme le plus échevelé ?

INCENDIAIRE DES COEURS

A Farouk Hosni, ministre de la culture égyptien depuis plus de quinze ans et, à coup sûr, le prochain directeur général de l’Unesco si rien n’est fait avant le 30 mai, date de clôture des candidatures, pour arrêter sa marche irrésistible vers l’un des postes de responsabilité culturelle les plus importants de la planète.

Pire : les phrases que nous venons de citer ne sont que quelques-unes – et pas les plus nauséabondes – des innombrables déclarations de même teneur qui jalonnent la carrière de Farouk Hosni depuis une quinzaine d’années, et qui, par conséquent, le précèdent lorsqu’il prétend à un rôle culturel fédérateur à l’échelle du monde contemporain.

L’évidence est donc là : Farouk Hosni n’est pas digne de ce rôle ; Farouk Hosni est le contraire d’un homme de paix, de dialogue et de culture ; Farouk Hosni est un homme dangereux, un incendiaire des coeurs et des esprits ; il ne reste que très peu de temps pour éviter de commettre la faute majeure que serait l’élévation de Farouk Hosni à ce poste éminent entre tous.

Nous appelons donc la communauté internationale à s’épargner la honte que serait la désignation, déjà donnée pour quasiment acquise par l’intéressé lui-même, de Farouk Hosni au poste de directeur général de l’Unesco. Nous invitons tous les pays épris de liberté et de culture à prendre les initiatives qui s’imposent afin de conjurer cette menace et d’éviter à l’Unesco le naufrage que constituerait cette nomination.

Nous invitons le président égyptien lui-même, en souvenir de son compatriote Naguib Mahfouz, Prix Nobel de littérature, qui doit, à l’heure qu’il est, se retourner dans sa tombe, nous l’invitons, pour l’honneur de son pays et de la haute civilisation dont il est l’héritier, à prendre conscience de la situation, à désavouer de toute urgence son ministre et à retirer, en tout cas, sa candidature.

L’Unesco a, certes, commis d’autres fautes dans le passé – mais cette forfaiture-ci serait si énorme, si odieuse, si incompréhensible, ce serait une provocation si manifeste et si manifestement contraire aux idéaux proclamés de l’Organisation qu’elle ne s’en relèverait pas. Il n’y a pas une minute à perdre pour empêcher que soit commis l’irréparable.

Il faut, sans délai, en appeler à la conscience de chacun pour éviter que l’Unesco ne tombe aux mains d’un homme qui, lorsqu’il entend le mot culture, répond par l’autodafé.

Bernard-Henri Lévy, philosophe ;

Claude Lanzmann, cinéaste et directeur de la revue Les Temps modernes ;

Elie Wiesel, écrivain et Prix Nobel de la paix en 1986.


Médias: Si vous ne pouvez pas charger Bush, chargez Cheney! (The buck will NEVER stop here!)

23 mai, 2009
When in doubt, blame Bush!L’enquête sur le 11/9 aura au moins mis à jour comment, un mois après que Bush a reçu un dossier des renseignements intitulé « Ben Laden déterminé à frapper aux États-Unis », 3 000 Américains ont été massacrés pendant son mandat et celui de Cheney. Frank Rich
Cheney et Obama peuvent bien affirmer le contraire, mais ce n’est pas l’Administration Obama qui a arrêté la torture. (…) L’investiture de Barack Obama n’a tout simplement pas marqué un changement radical dans la substance de la politique anti-terroriste américaine. Elle a marqué un changement dans la crédibilité publique de cette politique. (…) Est-ce que je souhaite qu’il ait été plus élégant et plus honnête envers les fonctionnaires de l’Administration Bush dont il bénéficie aujourd’hui des mesures qu’ils avaient alors prises ? Oui. David Brooks
La Cour estime (…)que s’il avait été mis à exécution, le traitement dont le requérant a été menacé aurait été constitutif de torture. Cependant, l’interrogatoire n’a duré qu’une dizaine de minutes et, comme la procédure pénale dirigée contre les policiers a permis de l’établir (…), a eu lieu dans une atmosphère empreinte d’une tension et d’émotions exacerbées car les policiers, totalement épuisés et soumis à une pression extrême, croyaient ne disposer que de quelques heures pour sauver la vie de J. ; ce sont des éléments qui doivent être considérés comme des circonstances atténuantes (…) D’ailleurs, les menaces de mauvais traitements ne furent pas mises à exécution et il n’a pas été démontré qu’elles aient eu de graves répercussions à long terme sur la santé du requérant. Cour européenne des Droits de l’Homme (Strasbourg, le 30 juin 2008)

Si vous ne pouvez pas charger Bush, chargez Cheney!

New York, Washington, Israël, Islamabad, Daniel Pearl, Bali, Moscou,
John Allen Mohammed, Madrid, Londres, Istanbul, Djerba …

Comment reconnaître, sans le reconnaître (même si l’amnésie générale ambiante aide beaucoup), que l’auteur du hold up du siècle nous mène en bateau depuis le début ?

Tel est le problème de tous ces journalistes, NYT en tête, qui ont combattu sept ans durant la politique anti-terroriste de l’Administration Bush ayant permis la sanctuarisation de leur pays dont ils profitent encore aujourd’hui avec la nouvelle administration et qui, après avoir largement contribué à l’élection de ladite administration, sont bien obligés de reconnaître l’évidence que leur héros a non seulement repris la même politique mais n’a en plus ni la bonne foi ni l’élégance de le reconnaître.

D’où, puisqu’il n’est pas question de reconnaître qu’après un bref recours à une probablement inévitable forme de torture dans l’urgence de l’immédiat après-11/9, l’équipe Bush est largement revenue aux pratiques que propose de reprendre aujourd’hui le président Obama, l’évidente solution: charger le baudet Cheney!

Cheney Lost to Bush
David Brooks
The New York Times
May 22, 2009

President Obama and Dick Cheney conspired on Thursday to propagate a myth. The myth is that we lived through an eight-year period of Bush-Cheney anti-terror policy and now we have entered a very different period called the Obama-Biden anti-terror policy. As both Obama and Cheney understand, this is a completely bogus distortion of history.

The reality is that after Sept. 11, we entered a two- or three-year period of what you might call Bush-Cheney policy. The country was blindsided. Intelligence officials knew next to nothing about the threats arrayed against them. The Bush administration tried just about everything to discover and prevent threats. The Bush people believed they were operating within the law but they did things most of us now find morally offensive and counterproductive.

The Bush-Cheney period lasted maybe three years. For Dick Cheney those might be the golden years. For Democrats, it is surely the period they want to forever hang around the necks of the Republican Party. But that period ended long ago.

By 2005, what you might call the Bush-Rice-Hadley era had begun. Gradually, in fits and starts, a series of Bush administration officials — including Condoleezza Rice, Stephen Hadley, Jack Goldsmith and John Bellinger — tried to rein in the excesses of the Bush-Cheney period. They didn’t win every fight, and they were prodded by court decisions and public outrage, but the gradual evolution of policy was clear.

From 2003 onward, people like Bellinger and Goldsmith were fighting against legal judgments that allowed enhanced interrogation techniques. By 2006, Rice and Hadley brought Khalid Shaikh Mohammed in from a secret foreign prison to regularize detainee procedures. In 2007, Rice refused to support an executive order reviving the interrogation program. Throughout the second Bush term, officials were trying to close Guantánamo, pleading with foreign governments to take some prisoners, begging senators to allow the transfer of prisoners onto American soil. (It didn’t occur to them that they could announce the closure of Gitmo first, then figure out what to do with prisoners.)

Cheney and Obama might pretend otherwise, but it wasn’t the Obama administration that halted the practice of waterboarding. It was a succession of C.I.A. directors starting in March 2003, even before a devastating report by the C.I.A. inspector general in 2004.

When Cheney lambastes the change in security policy, he’s not really attacking the Obama administration. He’s attacking the Bush administration. In his speech on Thursday, he repeated in public a lot of the same arguments he had been making within the Bush White House as the policy decisions went more and more the other way.

The inauguration of Barack Obama has simply not marked a dramatic shift in the substance of American anti-terror policy. It has marked a shift in the public credibility of that policy.

In the first place, it is absurd to say this administration doesn’t take terrorism seriously. Obama has embraced the Afghan surge, a strategy that was brewing at the end of the Bush years. He has stepped up drone activity in Pakistan. He has promoted aggressive counterinsurgency fighters and racked up domestic anti-terror accomplishments.

As for the treatment of terror suspects, Jack Goldsmith has a definitive piece called “The Cheney Fallacy” online at The New Republic. He lists a broad range of policies — Guantánamo, habeas corpus, military commissions, rendition, interrogation and so on. He shows how, in most cases, the Obama policy represents a continuation of or a gradual evolution from the final Bush policy.

What Obama gets, and what President Bush never got, is that other people’s opinions matter. Goldsmith puts it well: “The main difference between the Obama and Bush administrations concerns not the substance of terrorism policy, but rather its packaging. The Bush administration shot itself in the foot time and time again, to the detriment of the legitimacy and efficacy of its policies, by indifference to process and presentation. The Obama administration, by contrast, is intensely focused on these issues.”

Obama has taken many of the same policies Bush ended up with, and he has made them credible to the country and the world. In his speech, Obama explained his decisions in a subtle and coherent way. He admitted that some problems are tough and allow no easy solution. He treated Americans as adults, and will have won their respect.

Do I wish he had been more gracious with and honest about the Bush administration officials whose policies he is benefiting from? Yes. But the bottom line is that Obama has taken a series of moderate and time-tested policy compromises. He has preserved and reformed them intelligently. He has fit them into a persuasive framework. By doing that, he has not made us less safe. He has made us more secure.

Voir aussi:

Obama Can’t Turn the Page on Bush
Frank Rich
The New York Times
May 17, 2009

TO paraphrase Al Pacino in “Godfather III,” just when we thought we were out, the Bush mob keeps pulling us back in. And will keep doing so. No matter how hard President Obama tries to turn the page on the previous administration, he can’t. Until there is true transparency and true accountability, revelations of that unresolved eight-year nightmare will keep raining down drip by drip, disrupting the new administration’s high ambitions.

That’s why the president’s flip-flop on the release of detainee abuse photos — whatever his motivation — is a fool’s errand. The pictures will eventually emerge anyway, either because of leaks (if they haven’t started already) or because the federal appeals court decision upholding their release remains in force. And here’s a bet: These images will not prove the most shocking evidence of Bush administration sins still to come.

There are many dots yet to be connected, and not just on torture. This Sunday, GQ magazine is posting on its Web site an article adding new details to the ample dossier on how Donald Rumsfeld’s corrupt and incompetent Defense Department cost American lives and compromised national security. The piece is not the work of a partisan but the Texan journalist Robert Draper, author of “Dead Certain,” the 2007 Bush biography that had the blessing (and cooperation) of the former president and his top brass. It draws on interviews with more than a dozen high-level Bush loyalists.

Draper reports that Rumsfeld’s monomaniacal determination to protect his Pentagon turf led him to hobble and antagonize America’s most willing allies in Iraq, Britain and Australia, and even to undermine his own soldiers. But Draper’s biggest find is a collection of daily cover sheets that Rumsfeld approved for the Secretary of Defense Worldwide Intelligence Update, a highly classified digest prepared for a tiny audience, including the president, and often delivered by hand to the White House by the defense secretary himself. These cover sheets greeted Bush each day with triumphal color photos of the war headlined by biblical quotations. GQ is posting 11 of them, and they are seriously creepy.

Take the one dated April 3, 2003, two weeks into the invasion, just as Shock and Awe hit its first potholes. Two days earlier, on April 1, a panicky Pentagon had begun spreading its hyped, fictional account of the rescue of Pvt. Jessica Lynch to distract from troubling news of setbacks. On April 2, Gen. Joseph Hoar, the commander in chief of the United States Central Command from 1991-94, had declared on the Times Op-Ed page that Rumsfeld had sent too few troops to Iraq. And so the Worldwide Intelligence Update for April 3 bullied Bush with Joshua 1:9: “Have I not commanded you? Be strong and courageous. Do not be terrified; do not be discouraged, for the LORD your God will be with you wherever you go.” (Including, as it happened, into a quagmire.)

What’s up with that? As Draper writes, Rumsfeld is not known for ostentatious displays of piety. He was cynically playing the religious angle to seduce and manipulate a president who frequently quoted the Bible. But the secretary’s actions were not just oily; he was also taking a risk with national security. If these official daily collages of Crusade-like messaging and war imagery had been leaked, they would have reinforced the Muslim world’s apocalyptic fear that America was waging a religious war. As one alarmed Pentagon hand told Draper, the fallout “would be as bad as Abu Ghraib.”

The GQ article isn’t the only revelation of previously unknown Bush Defense Department misbehavior to emerge this month. Just two weeks ago, the Obama Pentagon revealed that a major cover-up of corruption had taken place at the Bush Pentagon on Jan. 14 of this year — just six days before Bush left office. This strange incident — reported in The Times but largely ignored by Washington correspondents preparing for their annual dinner — deserves far more attention and follow-up.

What happened on Jan. 14 was the release of a report from the Pentagon’s internal watchdog, the inspector general. It had been ordered up in response to a scandal uncovered last year by David Barstow, an investigative reporter for The Times. Barstow had found that the Bush Pentagon fielded a clandestine network of retired military officers and defense officials to spread administration talking points on television, radio and in print while posing as objective “military analysts.” Many of these propagandists worked for military contractors with billions of dollars of business at stake in Pentagon procurement. Many were recipients of junkets and high-level special briefings unavailable to the legitimate press. Yet the public was never told of these conflicts of interest when these “analysts” appeared on the evening news to provide rosy assessments of what they tended to call “the real situation on the ground in Iraq.”

When Barstow’s story broke, more than 45 members of Congress demanded an inquiry. The Pentagon’s inspector general went to work, and its Jan. 14 report was the result. It found no wrongdoing by the Pentagon. Indeed, when Barstow won the Pulitzer Prize last month, Rumsfeld’s current spokesman cited the inspector general’s “exoneration” to attack the Times articles as fiction.

But the Pentagon took another look at this exoneration, and announced on May 5 that the inspector general’s report, not The Times’s reporting, was fiction. The report, it turns out, was riddled with factual errors and included little actual investigation of Barstow’s charges. The inspector general’s office had barely glanced at the 8,000 pages of e-mail that Barstow had used as evidence, and interviewed only seven of the 70 disputed analysts. In other words, the report was a whitewash. The Obama Pentagon officially rescinded it — an almost unprecedented step — and even removed it from its Web site.

Network news operations ignored the unmasking of this last-minute Bush Pentagon cover-up, as they had the original Barstow articles — surely not because they had been patsies for the Bush P.R. machine. But the story is actually far larger than this one particular incident. If the Pentagon inspector general’s office could whitewash this scandal, what else did it whitewash?

In 2005, to take just one example, the same office released a report on how Boeing colluded with low-level Pentagon bad apples on an inflated (and ultimately canceled) $30 billion air-tanker deal. At the time, even John Warner, then the go-to Republican senator on military affairs, didn’t buy the heavily redacted report’s claim that Rumsfeld and his deputy, Paul Wolfowitz, were ignorant of what Warner called “the most significant defense procurement mismanagement in contemporary history.” The Pentagon inspector general who presided over that exoneration soon fled to become an executive at the parent company of another Pentagon contractor, Blackwater.

But the new administration doesn’t want to revisit this history any more than it wants to dwell on torture. Once the inspector general’s report on the military analysts was rescinded, the Obama Pentagon declared the matter closed. The White House seems to be taking its cues from the Reagan-Bush 41 speechwriter Peggy Noonan. “Sometimes I think just keep walking,” she said on ABC’s “This Week” as the torture memos surfaced. “Some of life has to be mysterious.” Imagine if she’d been at Nuremberg!

The administration can’t “just keep walking” because it is losing control of the story. The Beltway punditocracy keeps repeating the cliché that only the A.C.L.U. and the president’s “left-wing base” want accountability, but that’s not the case. Americans know that the Iraq war is not over. A key revelation in last month’s Senate Armed Services Committee report on detainees — that torture was used to try to coerce prisoners into “confirming” a bogus Al Qaeda-Saddam Hussein link to sell that war — is finally attracting attention. The more we learn piecemeal of this history, the more bipartisan and voluble the call for full transparency has become.

And I do mean bipartisan. Both Dick Cheney, hoping to prove that torture “worked,” and Nancy Pelosi, fending off accusations of hypocrisy on torture, have now asked for classified C.I.A. documents to be made public. When a duo this unlikely, however inadvertently, is on the same side of an issue, the wave is rising too fast for any White House to control. Court cases, including appeals by the “bad apples” made scapegoats for Abu Ghraib, will yank more secrets into the daylight and enlist more anxious past and present officials into the Cheney-Pelosi demands for disclosure.

It will soon be every man for himself. “Did President Bush know everything you knew?” Bob Schieffer asked Cheney on “Face the Nation” last Sunday. The former vice president’s uncharacteristically stumbling and qualified answer — “I certainly, yeah, have every reason to believe he knew…” — suggests that the Bush White House’s once-united front is starting to crack under pressure.

I’m not a fan of Washington’s blue-ribbon commissions, where political compromises can trump the truth. But the 9/11 investigation did illuminate how, a month after Bush received an intelligence brief titled “Bin Laden Determined to Strike in U.S.,” 3,000 Americans were slaughtered on his and Cheney’s watch. If the Obama administration really wants to move on from the dark Bush era, it will need a new commission, backed up by serious law enforcement, to shed light on where every body is buried.

Voir enfin:

Once Upon a Time in 2002
Victor Davis Hanson
Tribune Media Services
May 20, 2009

For over a year after the murder of 3,000 innocent people in New York and Washington on Sept. 11, 2001, shell-shocked Americans were gripped by other horrific images of terrorism across the globe.

Palestinian suicide bombers blew up Israeli civilians during a renewed intifada. Pakistani terrorists attacked India’s parliament over the disputed Kashmir region. Other terrorists in Pakistan beheaded U.S. journalist Daniel Pearl.

Islamists killed over 200 at a nightclub in Bali, Indonesia. Chechnyan separatists stormed a Moscow theater and took over 800 hostages; over 100 died before the nightmare was over.

In the U.S., John Allen Mohammed and his young partner were busy murdering citizens in counties adjoining Washington, D.C. — a city still jittery from anonymous anthrax-laced letters sent in late 2001 to various media organizations and two senators.

In other words, Americans in 2002 were scared of the spreading worldwide conflagration of radical Islam, and looked to the president to keep them safe. And he did — to bipartisan applause of most in government.

By the end of Nov. 2002, the Bush administration had created the new Department of Homeland Security. We all began removing belts and shoes, as well as surrendering any liquids in our carry-on luggage, at the airport. Air marshals began flying selected routes. The recently passed Patriot Act allowed American anti-terrorism agents to intercept phone calls and e-mails of suspected jihadists.

At the newly opened Guantanamo Bay Detention Center, jihadists were detained. While specific dates of who was briefed when concerning the waterboarding of certain detainees is now being debated, it seems clear that select members of Congress, on both sides of the aisle, became aware of the practice — and that no objections were publicly voiced.

And former Clinton Justice Department official Eric Holder — now the attorney general — even declared in a 2002 interview that none of the terrorists detained at Guantanamo were protected by the Geneva Convention statutes concerning prisoners of war.

In Oct. 2002, Congress, with a majority of both Democratic senators and representatives, authorized the removal of Saddam Hussein.

A number of liberal journalists also endorsed the Iraq war. By Nov. 2002, after almost two years in office, George Bush enjoyed an approval rating of over 60 percent.

Now, seven years later, we live in a different world. Since then, some unforeseen events have transpired — and other predicted events have not.

The U.S. has not been attacked again in the manner of 9/11 — although almost all terrorist experts had assured us we would be.

After a three-week victory in Iraq that removed Saddam Hussein and won the support of nearly 80 percent of the American people, an insurgency grew that would eventually claim over 4,000 American lives. Terrorists almost toppled Iraq’s nascent democracy until Gen. David P. Petraeus’ troop « surge » quelled the violence.

By then, politics had begun to change. Most who called for invading Iraq long ago abandoned their own zeal and advocacy — and loudly blamed the Bush administration for the violence of the postwar occupation. (Now, they are largely silent about the quiet in Iraq that the Obama administration inherited.)

Of course, had we suffered another major terrorist attack between 2001-09, critics would have damned the Bush administration for its perceived laxity as vehemently as they now do in quieter times for its supposed extremism.

Opportunism, not principles, guides most in Washington. Almost no proponents of the Iraq war withdrew their support right after the successful three-week effort to remove Saddam. Had there been little Iraqi violence during the transition to democracy, former supporters would probably still be vying to take credit for the war’s success.

Consider also the dexterous Obama administration’s own about-face. It still finds it useful to damn the old Bush government’s embrace of wiretaps, military tribunals and renditions — even as it dares not drop or completely discount these apparently useful Bush policies, albeit under new names and with new qualifiers.

What does this political opportunism teach us?

If we get hit again by a major terrorist attack, you can bet that today’s cooing doves will flip a third time and revert to the screeching hawks of 2002 — and once again scream that their president must do something to keep us safe.

Cheney Agonistes
Victor Davis Hanson
NRO
May 17, 2009

What is strange about the furor over the Cheney interviews is that so many of the arguments against them simply have no precedent or logic.

If one were to say the vice president emeritus, as a matter of understood decorum, should refrain from criticism of the subsequent administration, then why did former vice president Al Gore — to the delight of much of the media — go on a virtual barnstorming crusade against the Bush administration in language far more partisan and hysterical (e.g., « He [Bush] lied to us! He betrayed this country! He played on our fears! »)?

If one were to say that the vice president was representing some fringe position on the status of detainees at Guantánamo, then one need only review the transcript of Attorney General Eric Holder’s 2002 CNN interview when Holder explicitly said those at Guantánamo could be held indefinitely for the duration of the war and were without the benefit of the protections offered by the Geneva Convention Accords.

If one were to argue Cheney is simply covering his tracks on the subject of waterboarding, then one need only be reminded that Cheney admits he was briefed and approved the techniques and now candidly tells us why he did so — while the Speaker of the House was likewise briefed, and by her silence as a congressional overseer approved de facto the techniques, but now quite disingenuously denied such complicity at the very time she seeks to ruin the careers of lawyers who merely offered opinions rather than set or oversaw policy.

If one were to believe that Cheney was selectively trying to refashion the past, then consider that (a) his points are clearly in reply to the Obama’s administration’s own prior selective release of Bush-administration legal counsel briefs, done for partisan political purposes and over the objections of career CIA officers, and (b) Cheney is asking for full, let-the-chips-fall-where-they-may disclosure in his requests to make the entire record public of both the interrogations and their relevance to preventing further attacks.

In short, while pundits still believe Cheney is a marginalized figure and an easy target of scorn, in fact, his methodical defense of the past is both logical and principled, and is beginning to illustrate, in quite painful fashion, the utter hypocrisy of the entire Democratic position on enhanced interrogations techniques and Guantánamo Bay. The American people more likely agree with Cheney than not; and even if they did not, they still prefer a candid and honest opponent to a disingenuous and self-serving ally.

As a footnote: In these Machiavellian times, it almost seems that the White House and some in the Democratic Congress who are still calling for hearings are at ease embarrassing Nancy Pelosi, whose prior value to the party as anti-Bush bomb thrower has now been eclipsed, since she appears as a looney, undisciplined partisan that can do far more damage to the cause than she ever did to Bush.


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