Virus de Wuhan: L’espèce ne survit que grâce aux sacrifices (Guess who just got pilloried for calling out the false dilemma of lives vs. money?)


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Puis ils prirent Jonas, et le jetèrent dans la mer. Et la fureur de la mer s’apaisa. Jonas 1: 15
Le roi dit: Coupez en deux l’enfant qui vit, et donnez-en la moitié à l’une et la moitié à l’autre. Alors la femme dont le fils était vivant sentit ses entrailles s’émouvoir pour son fils, et elle dit au roi: Ah! mon seigneur, donnez-lui l’enfant qui vit, et ne le faites point mourir. Jugement de Salomon (I Rois 3: 25-26)
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Jésus (Jean 15: 13)
Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu. Que vous en semble? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée Et, s’il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits. Jésus (Matthieu 18: 10-14)
Vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Une nation ne se régénère que sur un  monceau de cadavres. Saint-Just
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Air connu
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Dionysos contre le ‘crucifié’ : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyre – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le ‘crucifié’ en tant qu’il est ‘innocent’, sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation.  (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Où est Dieu? cria-t-il, je vais vous le dire! Nous l’avons tué – vous et moi! Nous tous sommes ses meurtriers! Mais comment avons-nous fait cela? Comment avons-nous pu vider la mer? Qui nous a donné l’éponge pour effacer l’horizon tout entier? Dieu est mort! (…) Et c’est nous qui l’avons tué ! (…) Ce que le monde avait possédé jusqu’alors de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous nos couteaux (…) Quelles solennités expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer? Nietzsche
Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. Adolf Hitler
Le marxisme doit mourir pour que la nation renaisse. Banderole de la Grand messe nazie de Berlin (1933)
Nul ne peut ne pas mourir, mais l’homme seul peut donner sa vie. André Malraux
La vérité, dit-on, est la première victime de la guerre. Philip Snowden (1916)
Un jeune homme à cheveux longs grimpait le Golgotha. La foule sans tête était à la fête. Pilate a raison de ne pas tirer dans le tas. C’est plus juste en somme d’abattre un seul homme. Ce jeune homme a dit la vérité. Il doit être exécuté. Guy Béart (1968)
L’éthique de la victime innocente remporte un succès si triomphal aujourd’hui dans les cultures qui sont tombées sous l’influence chrétienne que les actes de persécution ne peuvent être justifiés que par cette éthique, et même les chasseurs de sorcières indonésiens y ont aujourd’hui recours. La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
Les banlieues ont inventé une nouvelle forme de sacrifice : la destruction de l’objet symbolique fondamental de la société de consommation qu’est l’automobile. On se passe les nerfs en détruisant des automobiles. C’est très mauvais. Je ne suis pas du tout partisan de cela, mais on ne s’en prend pas aux personnes. René Girard
Voici quelques semaines, nous connûmes en France, pour la seconde fois, des révoltes sans morts, des violences déchaînées sans victimes humaines. Avons-nous vu, nous, vieillards, témoins des horreurs de la guerre et à qui l’histoire enseigna, contre le message d’Abraham et de Jésus, le bûcher de Jeanne d’Arc ou celui de Giordano Bruno ; avons-nous vu les révoltés en question ne brûler, par mimétisme, que des automobiles ; avons-nous observé la police, postée devant eux, épargner aussi les vies humaines ? Je vois ici une suite immanquable de votre anthropologie, où la violence collective passa, jadis, de l’homme à l’animal et, maintenant, de la bête, absente de nos villes, à des objets techniques. Parmi ces révoltes fument des chevaux-vapeur. Michel Serres
Jésus s’appuie sur la Loi pour en transformer radicalement le sens. La femme adultère doit être lapidée : en cela la Loi d’Israël ne se distingue pas de celle des nations. La lapidation est à la fois une manière de reproduire et de contenir le processus de mise à mort de la victime dans des limites strictes. Rien n’est plus contagieux que la violence et il ne faut pas se tromper de victime. Parce qu’elle redoute les fausses dénonciations, la Loi, pour les rendre plus difficiles, oblige les délateurs, qui doivent être deux au minimum, à jeter eux-mêmes les deux premières pierres. Jésus s’appuie sur ce qu’il y a de plus humain dans la Loi, l’obligation faite aux deux premiers accusateurs de jeter les deux premières pierres ; il s’agit pour lui de transformer le mimétisme ritualisé pour une violence limitée en un mimétisme inverse. Si ceux qui doivent jeter » la première pierre » renoncent à leur geste, alors une réaction mimétique inverse s’enclenche, pour le pardon, pour l’amour. (…) Jésus sauve la femme accusée d’adultère. Mais il est périlleux de priver la violence mimétique de tout exutoire. Jésus sait bien qu’à dénoncer radicalement le mauvais mimétisme, il s’expose à devenir lui-même la cible des violences collectives. Nous voyons effectivement dans les Évangiles converger contre lui les ressentiments de ceux qu’ils privent de leur raison d’être, gardiens du Temple et de la Loi en particulier. » Les chefs des prêtres et les Pharisiens rassemblèrent donc le Sanhédrin et dirent : « Que ferons-nous ? Cet homme multiplie les signes. Si nous le laissons agir, tous croiront en lui ». » Le grand prêtre Caïphe leur révèle alors le mécanisme qui permet d’immoler Jésus et qui est au cœur de toute culture païenne : » Ne comprenez-vous pas ? Il est de votre intérêt qu’un seul homme meure pour tout le peuple plutôt que la nation périsse » (Jean XI, 47-50) (…) Livrée à elle-même, l’humanité ne peut pas sortir de la spirale infernale de la violence mimétique et des mythes qui en camouflent le dénouement sacrificiel. Pour rompre l’unanimité mimétique, il faut postuler une force supérieure à la contagion violente : l’Esprit de Dieu, que Jean appelle aussi le Paraclet, c’est-à-dire l’avocat de la défense des victimes. C’est aussi l’Esprit qui fait révéler aux persécuteurs la loi du meurtre réconciliateur dans toute sa nudité. (…) Ils utilisent une expression qui est l’équivalent de » bouc émissaire » mais qui fait mieux ressortir l’innocence foncière de celui contre qui tous se réconcilient : Jésus est désigné comme » Agneau de Dieu « . Cela veut dire qu’il est la victime émissaire par excellence, celle dont le sacrifice, parce qu’il est identifié comme le meurtre arbitraire d’un innocent — et parce que la victime n’a jamais succombé à aucune rivalité mimétique — rend inutile, comme le dit l’Épître aux Hébreux, tous les sacrifices sanglants, ritualisés ou non, sur lesquels est fondée la cohésion des communautés humaines. La mort et la Résurrection du Christ substituent une communion de paix et d’amour à l’unité fondée sur la contrainte des communautés païennes. L’Eucharistie, commémoration régulière du » sacrifice parfait » remplace la répétition stérile des sacrifices sanglants. René Girard
Le christianisme (…) nous a fait passer de l’archaïsme à la modernité, en nous aidant à canaliser la violence autrement que par la mort.(…) En faisant d’un supplicié son Dieu, le christianisme va dénoncer le caractère inacceptable du sacrifice. Le Christ, fils de Dieu, innocent par essence, n’a-t-il pas dit – avec les prophètes juifs : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice » ? En échange, il a promis le royaume de Dieu qui doit inaugurer l’ère de la réconciliation et la fin de la violence. La Passion inaugure ainsi un ordre inédit qui fonde les droits de l’homme, absolument inaliénables. (…) l’islam (…) ne supporte pas l’idée d’un Dieu crucifié, et donc le sacrifice ultime. Il prône la violence au nom de la guerre sainte et certains de ses fidèles recherchent le martyre en son nom. Archaïque ? Peut-être, mais l’est-il plus que notre société moderne hostile aux rites et de plus en plus soumise à la violence ? Jésus a-t-il échoué ? L’humanité a conservé de nombreux mécanismes sacrificiels. Il lui faut toujours tuer pour fonder, détruire pour créer, ce qui explique pour une part les génocides, les goulags et les holocaustes, le recours à l’arme nucléaire, et aujourd’hui le terrorisme. René Girard
Il me semblait que la définition traditionnelle de la Passion en termes de sacrifice fournissait des arguments supplémentaires à ceux qui voulaient assimiler le christianisme à une religion archaïque , et je l’ai longtemps rejetée. (…) Je voulais seulement dissiper chez les non-chrétiens et, de nos jours, chez les chrétiens eux-mêmes, l’équivoque entretenue par l’ambivalence du terme de ‘sacrifice’. Ce souci reste légitime à mes yeux mais il ne faut pas l’absolutiser. (…) le recours au même mot pour les deux types de sacrifice, si trompeur qu’il soit à un premier niveau, suggère, il me semble, quelque chose d’essentiel, à savoir l’unité paradoxale du religieux d’un bout à l’autre de l’histoire humaine. (…) Plus les extrêmes sont éloignés l’un de l’autre et plus leur union en un même mot, paradoxalement, suggère un au-delà de l’opposition. Le jugement de Salomon suggère cet au-delà. (…) Nous disons très bien nous-mêmes que la seconde femme sacrifie la rivalité à son enfant, alors que la première acceptait de sacrifier l’enfant à sa rivalité. Ce que dit le texte, c’est qu’on ne peut renoncer au sacrifice première manière, qui est sacrifice d’autrui, violence contre l’autre, qu’en assumant le risque du sacrifice deuxième manière, le sacrifice du Christ qui meurt pour ses amis. Le recours au même mot coupe court à l’illusion d’un terrain neutre complètement étranger à la violence. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère ‘post-chrétienne’ est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en ‘radicalisant’ le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et ‘radicalise’ le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Rappelons que, selon la tradition chinoise, les catastrophes naturelles peuvent annoncer que la dynastie régnante a perdu le « mandat du Ciel » et doit donc laisser la place. Jean-Philippe Béja
The world is in your debt. The people of that city have gone through an extraordinary period and they’re still going through it. Bruce Aylward (WHO)
Governments, citizens, media, key influencers and communities have an important role to play in preventing and stopping stigma surrounding people from China and Asia in general. WHO
Social stigma in the context of health is the negative association between a person or group of people who share certain characteristics and a specific disease. In an outbreak, this may mean people are labelled, stereotyped, discriminated against, treated separately, and/or experience loss of status because of aperceived linkwith a disease. Such treatment can negatively affect those with the disease, as well as their caregivers, family, friends and communities. People who don’t have the disease but share other characteristics with this group may also suffer from stigma. The current COVID-19 outbreak has provoked social stigma and discriminatory behaviours against people of certain ethnic backgrounds as well as anyone perceived to have been in contact with the virus. The level of stigma associated with COVID-19 is based on three main factors: 1) it is a disease that’s new and for which there are still many unknowns; 2) we are often afraid of the unknown; and 3) it is easy to associate that fear with ‘others’. It is understandable that there is confusion, anxiety, and fear among the public. Unfortunately, these factors are also fueling harmful stereotypes. Stigma can undermine social cohesion and prompt possible social isolation of groups, which might contribute to a situation where the virus is more, not less, likely to spread. This can result in more severe health problems and difficulties controlling a disease outbreak. WHO
When we give talks we’re careful to call it 1918 influenza – there’s no way its origin was Spain. There’s a joke that when an epidemic is said to emerge first in a place, it almost certainly didn’t. Except Wuhan might actually be right. Prof Julia Gog (Cambridge)
When did patient zero begin in US? How many people are infected? What are the names of the hospitals? It might be US army who brought the epidemic to Wuhan. Be transparent! Make public your data! US owe us an explanation! Zhao Lijian (Chinese foreign ministry spokesman)
It is highly irresponsible for some media to dub it « China virus ». We firmly oppose that. I want to stress two points. First, no conclusion has been reached yet on the origin of the virus, as relevant tracing work is still underway. The WHO has said many times that what we are experiencing now is a global phenomenon with its source still undetermined, and we should focus on containing it and avoid stigmatizing language toward certain places. The name COVID-19 was chosen by the WHO for the purpose of making no connections between the virus and certain places or countries. Dr. Zhong Nanshan, respiratory specialist and member of the Chinese Academy of Engineering, said that the epidemic was first reported in China but was not necessarily originated in China. Second, we should all say no to « information virus » and « political virus ». By calling it « China virus » and thus suggesting its origin without any supporting facts or evidence, some media clearly want China to take the blame and their ulterior motives are laid bare. The epidemic is a global challenge. The right move should be working together to fight it, which means no place for rumors and prejudice. We need science, reason and cooperation to drive out ignorance and bias.  Zhao Lijian (Chinese Foreign Ministry Spokesperson, March 4, 2020)
As China spares no efforts and makes huge sacrifices to fight the novel coronavirus (COVID-19) outbreak, some U.S. individuals and media outlets have alleged the virus « originated in China » and demanded an apology from the country. This kind of absurd argument smears the Chinese people and runs counter to the urgent need of international collaboration in the face of the epidemic. Such an argument, like a « political virus, » is even more dangerous than COVID-19. It reveals nothing but prejudice, arrogance and ignorance. The epidemic was first reported in China but that does not mean it necessarily originated in China, specialists have explained. The World Health Organization (WHO) has said many times that COVID-19 is a global phenomenon with its source still undetermined. The name COVID-19 was chosen by the WHO for the purpose of making no connections between the virus and certain places or countries. Moreover, no matter where the origin is, China and other countries hit by the epidemic are all victims of the virus and are faced with a serious battle against the outbreak. What is the point of blaming the victim and arguing that someone should apologize for it? However, there are people who ignore the facts, put political interests above public interests and science, spread rumors and incite ideological prejudices, even racial discrimination and xenophobia. What are they up to? Viruses know no borders. To protect the health and safety of the people across the world, the Chinese people have made huge sacrifices and major contributions. Since the outbreak, China has been fighting at the forefront against the epidemic. The country has taken the utmost effort to contain the epidemic and shared information and experience with the rest of the world. As WHO Director-General Tedros Adhanom Ghebreyesus said, China’s containment of the outbreak has bought time for the rest of the world. Bruce Aylward, an epidemiologist who recently headed the WHO-China Joint Mission on COVID-19, spelled out the impact of aggressive containment measures adopted by the Chinese government. He told reporters following his visit to Wuhan, the epicenter of the outbreak and an 11-million-metropolis that has been under lockdown for more than a month, that it is important to recognize the people of Wuhan. « The world is in your debt. » COVID-19 is a virus of humanity, not of any certain country. WHO has published data that over 17,000 cases have been confirmed in 88 countries and regions outside China by Friday, calling for early and aggressive measures to break the chain of transmission worldwide. As the saying goes, a small leak will sink a great ship. What we need in the face of the epidemic is not stigmatizing a country or attacking a country, but science, rationality and solidarity. These are the most powerful weapons against our common enemy. If there is anyone who owes the world an apology, it must be those who spread « political virus » that smears China. Xinhua
Despite the fact that the WHO has officially named this novel type of coronavirus, (a) certain American politician, disrespecting science and the WHO decision, jumped at the first chance to stigmatize China and Wuhan with it. We condemn this despicable practice. Geng Shuang
Given China’s relatively limited medical resources – its per capita number of intensive care beds and ventilators is far too small – Beijing can’t afford to fight a prolonged battle with the coronavirus. The county can only concentrate its fight on one front, and thus is transporting all the medical equipment it can there, and sending all the medical personnel it can as well. China can only mobilize its national medical resources to tackle the virus head-on in Wuhan. If this battle fails, the fate of the country is at stake. People in Wuhan and Hubei had no choice but to sacrifice themselves. This is the luck of the Chinese people and the misfortune of the people of Wuhan and Hubei. People blessed with luck need to be grateful. Wang Shuo
No less authority than the Chinese Communist Party said it came from Wuhan. So don’t take Mike Pompeo’s word for it. We have pretty high confidence that we know where this began. Mike Pompeo
We might be heading into first global recession caused by CCP mismanagement. Previous manmade disasters in China since 1949 never really spread outside the PRC’s borders in meaningful ways. This time looks to be different, and being the proximate cause of a global recession may not be helpful to the PRC’s global image and aspirations. And that is likely one of the reasons the propaganda apparatus and PRC officials are pushing so hard the idea that virus may not have originated in China. Now is not the time for apportioning blame, and the PRC government does deserve credit for its brutal, herculean and effective efforts to arrest the outbreak inside China, once it got past the initial coverup and missteps that allowed the epidemic to explode into something that threatens people everywhere. Bill Bishop
I think the consensus is still clearly that the virus did originate in China. This would appear to be a nationalist narrative aimed at countering criticism of the Chinese government for not better managing the outbreak in its early stages. Jane Duckett (University of Glasgow)
This is a propaganda effort aimed at the domestic audience. Among the Chinese public, there is a general awareness that delays in notifying the public led to many more infections in Wuhan. This campaign is aimed at distracting the public from the party’s delayed response. Victor Shih (UC, San Diego)
Tout ça, ce n’est pas de ma faute, c’est la faute de ceux d’en haut qui ne m’avaient pas donné le feu vert. Zhou Xianwang (maire de Wuhan)
Le point de départ de cette pandémie, c’est un marché ouvert de Wuhan dans lequel s’accumulent des animaux sauvages, serpents, chauves-souris, pangolins, conservés dans des caisses en osier. En Chine, ces animaux sont achetés pour la fête du Rat. Ils coûtent assez cher et ce sont des aliments de choix. Sur ce marché, ils sont touchés par les vendeurs, dépecés, alors qu’ils sont maculés d’urine et que les tiques et les moustiques font une sorte de nuage autour de ces pauvres animaux, par milliers. Ces conditions ont fait que quelques animaux infectés ont forcément infecté d’autres animaux en quelques jours. On peut faire l’hypothèse qu’un vendeur s’est blessé ou a touché des urines contaminantes avant de porter la main à son visage. Et c’est parti ! Ce qui me frappe toujours, c’est l’indifférence au point de départ. Comme si la société ne s’intéressait qu’au point d’arrivée : le vaccin, les traitements, la réanimation. Mais pour que cela ne recommence pas, il faudrait considérer que le point de départ est vital. Or c’est impressionnant de voir à quel point on le néglige. L’indifférence aux marchés d’animaux sauvages dans le monde est dramatique. On dit que ces marchés rapportent autant d’argent que le marché de la drogue. Au Mexique, il y a un tel trafic que les douaniers retrouvent même des pangolins dans des valises… (…) Les animaux sont (…) à l’origine de la plupart des crises épidémiques depuis toujours : le VIH, les grippes aviaires type H5N1, Ebola. Ces maladies virales viennent toujours d’un réservoir de virus animal. Et on ne s’y intéresse pratiquement pas. C’est la même chose pour la dengue. (…) C’est exactement comme le travail qui reste à faire sur les chauves-souris. Elles sont elles-mêmes porteuses d’une trentaine de coronavirus ! Il faut que l’on mène des travaux sur ces animaux. Evidemment, ce n’est pas très facile : aller dans des grottes, bien protégé, prendre des vipères, des pangolins, des fourmis, regarder les virus qu’ils hébergent, ce sont des travaux ingrats et souvent méprisés par les laboratoires. Les chercheurs disent : ‘Nous préférons travailler dans le laboratoire de biologie moléculaire avec nos cagoules de cosmonautes. Aller dans la jungle, ramener des moustiques, c’est dangereux.’ Pourtant, ce sont de très loin les pistes essentielles. Par ailleurs, on sait que ces épidémies vont recommencer dans les années à venir de façon répétée si on n’interdit pas définitivement le trafic d’animaux sauvages. Cela devrait être criminalisé comme une vente de cocaïne à l’air libre. Il faudrait punir ce crime de prison. Je pense aussi à ces élevages de poulet ou de porc en batterie que l’on trouve en Chine. Ils donnent chaque année de nouvelles crises grippales à partir de virus d’origine aviaire. Rassembler comme cela des animaux, ce n’est pas sérieux. C’est comme si l’art vétérinaire et l’art médical humain n’avaient aucun rapport. L’origine de l’épidémie devrait être l’objet d’une mobilisation internationale majeure. Il faut essayer de reconstituer le parcours épidémiologique qui fait que la chauve-souris tolère des coronavirus depuis des millions d’années, mais aussi qu’elle les disperse. Elle contamine ainsi d’autres animaux. Lorsque les chauves-souris sont accrochées dans les grottes et meurent, elles tombent par terre. Alors les serpents, les vipères en particulier, qui raffolent de leurs cadavres, les mangent. Tout comme les petits chauves-souriceaux enfants qui tombent et sont dévorés immédiatement par ces serpents qui sont donc probablement des hôtes intermédiaires des virus. En plus, il y a dans ces grottes des nuages de moustiques et de tiques et il faudrait essayer de voir quels sont les insectes qui sont aussi éventuellement transmetteurs du virus. Une autre hypothèse porte sur la transmission qui se produit quand les chauves-souris sortent la nuit manger des fruits, en particulier dans les bégoniacées. Elles ont un réflexe quasiment automatique, dès qu’elles déglutissent, elles urinent. Elles vont donc contaminer les fruits de ces arbres et les civettes, qui adorent les mêmes fruits, se contaminent en les mangeant. Les fourmis participent aux agapes et les pangolins – pour lesquels la nourriture la plus merveilleuse est constituée de fourmis – dévorent les fourmis et s’infectent à leur tour. C’est toute cette chaîne de contamination qu’il faut explorer. Les réservoirs de virus les plus dangereux sont probablement les serpents, car ce sont eux qui se nourrissent perpétuellement des chauves-souris, elles-mêmes porteuses des coronavirus. Il se pourrait donc que les serpents hébergent ces virus en permanence. Mais c’est justement cela qu’il faut savoir et vérifier. Il faudrait donc que des chercheurs capturent des chauves-souris, mais aussi qu’ils fassent le même travail sur les fourmis, les civettes, les pangolins et essayent de comprendre leur tolérance au virus. C’est un peu ingrat, mais essentiel. (…) Ce qui m’a frappé au Laos, où je vais souvent, c’est que la forêt primaire est en train de régresser parce que les Chinois y construisent des gares et des trains. Ces trains, qui traversent la jungle sans aucune précaution sanitaire, peuvent devenir le vecteur de maladies parasitaires ou virales et les transporter à travers la Chine, le Laos, la Thaïlande, la Malaisie et même Singapour. La route de la soie, que les chinois sont en train d’achever, deviendra peut-être aussi la route de propagation de graves maladies. Sur place, les grottes sont de plus en plus accessibles. Les humains ont donc tendance à s’approcher des lieux d’habitation des chauves-souris, qui sont de surcroît des aliments très recherchés. Les hommes construisent aussi désormais des parcs d’arbres à fruit tout près de ces grottes parce qu’il n’y a plus d’arbres en raison de la déforestation. Les habitants ont l’impression qu’ils peuvent gagner des territoires, comme en Amazonie. Et ils construisent donc des zones agricoles toutes proches de zones de réservoir de virus extrêmement dangereuses. (…) Le réseau des Instituts Pasteurs – qui existent dans plusieurs pays – est une structure que le monde nous envie. Mais des instituts comme celui du Laos ont besoin d’être aidé beaucoup plus qu’il ne l’est actuellement. Ces laboratoires ont du mal à boucler leur budget et ils ont aussi de la peine à recruter des chercheurs. La plupart d’entre eux préfèrent être dans leur laboratoire à l’Institut Pasteur à Paris ou dans un laboratoire Sanofi ou chez Merieux, mais se transformer en explorateur dans la jungle, il n’y a pas beaucoup de gens qui font cela. Or c’est ce que faisait Louis Pasteur, il allait voir les paysans dans les vignes, il allait voir les bergers et leurs moutons. Il sortait de son laboratoire. Tout comme Alexandre Yersin qui était sur le terrain, au Vietnam, quand il a découvert le bacille de la peste. (…) Parce que ce qui fascine les candidats au Prix Nobel, c’est de trouver un traitement ou un nouveau virus en biologie moléculaire et pas de reconstituer les chaînes épidémiologiques. Or les grandes découvertes infectieuses sont nées ainsi : l’agent du paludisme, le Plasmodium, a été découvert par un Français, Alphonse Laveran sur le terrain, en Tunisie. Et ce sont des recherches qui sont fondamentales et qui sont faites à une échelle qu’on a un peu oubliée. Comme si la vision micro avait fini par faire disparaître l’importance du macro. (…) La peste reste un exemple passionnant. Le réservoir de la peste, ce sont les rats. Il y a des populations de rats qui sont très résistantes et qui transmettent le bacille de la peste, mais s’en fichent complètement. Et puis, il y a des populations de rats très sensibles. Il suffit qu’un jour, quelques individus de la population de rats sensible rencontrent la population de rats qui est résistante pour qu’ils se contaminent. Les rats sensibles meurent. A ce moment là, les puces qui se nourrissent du sang des rats, désespérées de ne plus avoir de rats vivants, vont se mettre à piquer les hommes. Reconstituer ce tout début de la chaîne de transmission permet d’agir. Dans les endroits où la peste sévit encore, en Californie, à Madagascar, en Iran ou en Chine, lorsque l’on constate que quelques rats se mettent à mourir, c’est exactement le moment où il faut intervenir : c’est extrêmement dangereux car c’est le moment où les puces vont se mettre à vouloir piquer les humains. Dans les régions pesteuses, lorsque l’on voit des centaines de rats morts, c’est une véritable bombe. Heureusement, la peste est une maladie du passé. Il doit y avoir encore 4 000 ou 5 000 cas de peste dans le monde. Ce n’est pas considérable et puis les antibiotiques sont efficaces. Mais c’est un exemple, pour montrer que l’origine animale est fondamentale et toujours difficile à appréhender. Elle est néanmoins essentielle pour la compréhension et permet de mettre en place des politiques de prévention. Aujourd’hui, si l’on continue à vendre des animaux sauvages sur un marché, on est dans une situation délirante. Il faut appliquer le principe de précaution. (…) en Chine, notamment, cette convention internationale n’est pas respectée. Il faudrait créer une sorte de tribunal sanitaire international. On voit bien que si on demande à chaque pays de s’organiser nationalement, rien ne changera. La Chine a fait pression au début sur l’OMS pour qu’on ne dise pas qu’il s’agissait d’une pandémie. Elle a tenté de bloquer les choses, car elle contribue fortement au financement de l’OMS. Il serait donc important que ce soit un tribunal sanitaire totalement indépendant, comme un tribunal international pour les crimes de guerre, avec des inspecteurs indépendants qui vérifient ce qui se passe sur le terrain. Au Laos, dans la campagne, il y a beaucoup de marchés où les animaux sauvages sont vendus comme des poulets ou des lapins. Dans l’indifférence générale, car c’est la culture locale. Or la culture est la chose la plus difficile à faire évoluer dans un pays. Didier Sicard
Nous, les Cantonais, nous sommes convaincus depuis toujours que la viande de serpent guérit les maladies. En plus de cela, elle est nutritive et protège du rhume”. M. Qiu
L’appétit toujours plus grand des Cantonais pour les plats à base d’espèces rares pourrait bien entraîner l’éradication des pangolins, des serpents sauvages et autres salamandres géantes. (…) De nombreux Cantonais n’aiment rien tant que de prendre un bol de soupe au serpent bien chaude au petit déjeuner pour lutter contre le froid. (…) Le marché de la viande d’animaux sauvages est en plein essor. Ainsi, les restaurants font de bonnes affaires, même s’ils flirtent avec l’illégalité. Des espèces protégées comme les varans ou les pangolins sont chassées et vendues illégalement, puis finissent dans les assiettes des clients. La réputation qu’ont les Cantonais de manger des animaux sauvages n’est pas usurpée : cette tradition ancrée fait partie de la culture du Lingnan (la zone comprenant Canton et les provinces avoisinantes). Un salarié du bureau chinois de la Wildlife Conservation Society (WCS) affirme que les Cantonais “mangent absolument de tout” – les mets les plus recherchés étant des espèces en voie de disparition. Parmi les espèces les plus consommées à Canton, on trouve le varan, la salamandre géante de Chine, des serpents sauvages, des hiboux et le bruant auréole. Une fois préparé, un hibou entier peut valoir environ 1 800 yuans [221 euros]. Les pangolins se vendent à 500 yuans [61 euros] le jin [env. 500 grammes], les varans à environ 100 yuans [12 euros]. (…) Préparer ces mets délicats est une activité des plus sanguinaires. Un cuisinier d’un restaurant de Shenzhen (province de Canton), nous explique comment on tue et on prépare le pangolin : d’abord, on l’assomme d’un coup de marteau sur la tête, puis on le suspend au bout d’une corde, et on l’égorge à l’aide d’un couteau pour le saigner. Ensuite, on le plonge dans l’eau bouillante pour enlever les écailles – comme on plume un poulet. Puis, il faut le passer à feu doux pour enlever les poils fins. Enfin, on le vide, on le lave et on le cuit. La viande peut ensuite être braisée, cuite à la vapeur dans une soupe claire ou cuite en ragoût. “La plupart des habitués ne paient pas eux-mêmes la note, explique un patron de restaurant. Les hommes d’affaires qui doivent leur demander une faveur invitent lesdits habitués à dîner, soit pour étaler leur cash, soit pour régaler un fonctionnaire”. Et ce sont ces mêmes fonctionnaires qui protègent les restaurants où l’on vend de la viande illégale. La passion des Chinois pour la consommation d’animaux sauvages est liée aux propriétés médicinales qu’ils prêtent à ces aliments. D’anciens écrits médicaux attribuent de telles vertus à presque toutes les plantes et animaux – et même aux organes d’animaux, à leurs excréments, leurs humeurs, leur peau ou leurs plumes. La médecine chinoise considère que l’art médical et la nourriture puisent aux mêmes sources. Ces conceptions sont encore extrêmement répandues, et même les illettrés peuvent citer un certain nombre de “prescriptions” pour diverses affections : des alcools faits à partir de pénis de tigre ou de testicules de bélier pour la virilité, ou encore des os de tigre pour un squelette solide et des muscles vigoureux. Et il est généralement admis qu’on préserve mieux sa santé par son régime que par la médecine. Mais ces idées sont poussées de plus en plus loin. Presque toutes les plantes et les animaux rares ou inhabituels se voient maintenant conférer des propriétés médicinales ou nutritionnelles extraordinaires. (…) Feng Yongfeng, journaliste spécialisé dans l’environnement au Quotidien de Guangming, fait valoir que la plupart des bienfaits de ces aliments sont psychologiques. Il n’en reste pas moins que ces idées d’un autre âge entraînent encore l’abattage d’animaux sauvages. M. Luo, un habitant de Guangzhou avec qui nous nous sommes entretenus, reconnaît qu’il mange de la viande de ces animaux, mais qu’il aurait dû mal à changer ses habitudes du jour au lendemain. Par ailleurs, il estime que les autorités devraient davantage communiquer sur l’interdiction de consommer des espèces protégées. “Les pouvoirs publics et les médias ont incité les gens à ne pas manger d’aileron de requin, de pénis de tigre et de patte d’ours, alors je n’en mange pas”, concède-t-il. Mais il ajoute qu’il a mangé du pangolin pendant dix ans avant d’apprendre qu’il s’agissait d’une espèce protégée. A l’en croire, il faudrait dire clairement aux citoyens ce qu’ils peuvent et ce qu’ils ne peuvent pas manger.
La récente plainte déposée par Huawei France contre Valérie Niquet, chercheuse à la FRS et experte reconnue du monde asiatique, vient opportunément souligner la sensibilité du sujet et le caractère devenu épidermique de la question abordée par Antoine Izambard, journaliste au magazine économique Challenges. La Chine mène une politique expansionniste directement sous le contrôle de Xi Jinping et du Parti communiste chinois visant à établir un leadership mondial incontesté, et la France constitue une cible de choix de par sa puissance économique, industrielle et scientifique, même si celle-ci est en relatif déclin. Et ce n’est pas la reconnaissance historique de la RPC par le général de Gaulle en 1964 qui préserve encore notre pays des ambitions de Pékin et de l’emploi de méthodes plutôt discutables pour piller nos pépites technologiques. D’où l’intérêt de ce livre plutôt corrosif et remettant en cause certaines pratiques où l’aveuglement français laisse sans voix. S’appuyant sur des exemples et des faits très concrets, le constat est sévère en dévoilant de véritables failles sécuritaires. Les enjeux sont importants, car Pékin dispose d’une arme quasi absolue : sa puissance financière sans limites, lui permettant de financer toutes ses acquisitions et pouvant acheter une clientèle aveugle sur leurs compromissions potentielles. Antoine Izambard propose ainsi plusieurs approches illustrant ce rouleau compresseur chinois utilisant toutes les ressources du soft power, dont l’espionnage à outrance, notamment via l’envoi d’étudiants « bien sous tout rapport », mais qui permettent à Pékin de siphonner notre technologie. Le cas de Toulouse et de ses universités scientifiques en est une illustration. Pékin s’appuie aussi sur un réseau d’influenceurs, mêlant politiques, diplomates et hommes d’affaires souhaitant favoriser les échanges entre les deux pays, mais souvent à la naïveté confondante face à la prédation quasi systémique pilotée par la Chine. Le mirage du grand marché chinois a tant fasciné que les principes de précaution face à une future concurrence n’ont pas été respectés. Ainsi, nos laboratoires de recherche et nos universités accueillent pléthore d’étudiants et étudiantes dont certains sont très avides d’informations et pillent sans vergogne les travaux effectués. Curieusement, les universités à dominante SHS (sciences humaines et sociales) sont peu concernées, le risque étant pour le Parti communiste chinois d’avoir alors de futurs contestataires potentiels. Et si le rachat de grands crus bordelais peut contribuer à rééquilibrer notre balance commerciale, d’autres pratiques sont plus douteuses comme l’a démontré le fiasco autour de l’aéroport de Toulouse dont les propriétaires chinois ont pratiqué une gouvernance pour le moins baroque. Parmi les autres points soulevés par l’auteur, il y a l’intérêt suspect pour la Bretagne avec une présence importante dans les universités dont particulièrement l’UBO (université de Bretagne occidentale), mais aussi la présence d’un institut Confucius à Brest sur les 14 présents en France, deuxième port militaire de France avec notamment la Force océanique stratégique (Fost) basée dans la rade à l’île Longue. Cette coïncidence n’est pas due au hasard et soulève bien des interrogations. Il y a également le rachat du groupe Demos faisant de la formation professionnelle continue et qui possède entre autres la Revue d’études préparant les militaires à différents concours, avec environ 2 000 élèves par an, et dont le fichier pourrait être intéressant à exploiter. Faut-il pour autant cesser toute activité avec Pékin ? Ce serait impossible et inutile tant l’interdépendance est désormais irréversible. Par contre, il est urgent de faire preuve de plus de réalisme et d’exercer un contrôle accru sur les investissements chinois. Cela signifie également une réponse européenne plus solide et consciente des enjeux de souveraineté actuellement remis en cause par Pékin. En effet, les efforts chinois sont tous azimuts et visent également les instances internationales avec un succès certain favorisé par la candeur de nombreux États devenus « clients ». Ainsi, les Chinois sont à la tête de l’Organisation de l’aviation civile internationale (2015), de l’Union internationale des télécommunications (2018) et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (2019), pouvant d’ores et déjà influer sur les normes de régulation internationales de demain dans des domaines clés. Cette mainmise sur ces organisations doit désormais inquiéter. (…) La lucidité est indispensable alors que la naïveté de certains dirigeants politiques et économiques est une faute, et fragilise notre indépendance et notre souveraineté. Jérôme Pellistrandi
Décidément la Chine est placée sous le signe des catastrophes sanitaires à répétition. En 2003, ce fut l’épidémie du SRAS [syndrome respiratoire aigu sévère] qui se répandit à travers le monde et fit plus de huit cents morts. Durant l’année du cochon, qui vient de se terminer ce 24 janvier, ce sont plus de trois cents millions de porcs qui ont dû être abattus dans le pays, et maintenant que l’année du rat débute, on se demande si ce n’est pas la mauvaise habitude des gourmets chinois de rechercher des aliments « exotiques » comme le rat des bambous ou la chauve-souris qui ont provoqué l’irruption d’un nouveau virus mortel à Wuhan. Déjà en 2003, l’épidémie du SRAS avait été provoquée dans la province du Guangdong par la consommation de civettes qui avaient été infectées par les chauves-souris qui pullulent dans la province voisine du Yunnan. Quelles que soient les causes de l’épidémie, ce qui frappe le plus les observateurs, c’est la façon dont les autorités chinoises ne parviennent pas à se défaire d’un vieux réflexe bureaucratique issu de la tradition communiste : cacher les problèmes aussi longtemps que possible, afin d’éviter de porter la responsabilité du drame. La catastrophe de Tchernobyl est évoquée sur les réseaux chinois par les internautes qui discutent fiévreusement de l’évolution de ce qui ressemble de plus en plus à une pandémie. Si le gouvernement avait pris les mesures requises à temps, en serions-nous là aujourd’hui, se demandent-ils. L’épidémie du SRAS avait commencé à la fin de l’année 2002, mais il a fallu attendre que des victimes soient reconnues à Hongkong avant que Pékin ne décide de prendre des mesures à l’échelle nationale en février 2003. Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012, la liberté d’expression a été mise à rude épreuve. Aujourd’hui le seul média qui s’autorise encore à communiquer quelques informations est le journal en ligne Caixin. D’après ce média, le premier cas avéré de malade atteint par le coronavirus a été découvert à Wuhan le 8 décembre 2019. Les autorités locales ont choisi de ne pas transmettre l’information à la direction du Parti. A la fin du mois de décembre 2019, les autorités centrales commencent à s’inquiéter. Une information interne circule à Pékin, et des fuites parviennent à informer quelques Chinois actifs sur les réseaux. Le pot aux roses est dévoilé et c’est le 31 décembre seulement que les autorités de Wuhan envoient le virus pour le faire analyser à Pékin. Le 2 janvier, le virus est identifié et les annonces commencent : il y a bien une épidémie à Wuhan, mais « tout est sous contrôle ». Réaction locale ? Huit internautes sont accusés de « transmettre des rumeurs » et sont arrêtés à Wuhan. Aujourd’hui, l’exaspération de la population chinoise est à son comble. La décision de fermer la ville de Wuhan, ainsi qu’une dizaine de villes avoisinantes, c’est-à-dire à isoler près de soixante millions de Chinois passe d’autant plus mal qu’elle a été prise du jour au lendemain, et sans avertir au préalable la population. Et ceci dans les pires conditions, puisque le réveillon du Nouvel an était le 24 janvier et c’est le moment de l’année où plusieurs centaines de millions de migrants retournent dans leur village, et où de nombreux habitants de Wuhan sont en vacances. Les voyageurs dont la plaque d’immatriculation montrait qu’ils venaient de Wuhan ont été aussitôt interdits de séjour partout où ils passaient : ni les hôtels, ni les restaurants n’acceptaient de les laisser entrer dans leur établissement ! (…) Le problème fondamental en Chine aujourd’hui, c’est que plus personne ne croit en la parole officielle. Il existe du coup un nouveau type d’information privée créée par des intellectuels émigrés : des émissions sur YouTube commentent l’actualité chinoise avec un professionnalisme qui convainc le public chinois. Décryptant les reportages et l’actualité en Chine, ils parviennent à en donner une lecture objective. Désormais les seules informations non censurées viennent des réseaux sociaux. Avec des faits mais aussi des rumeurs même si colportées de bonne foi. Le nombre des contaminations n’en parait pas moins déjà beaucoup plus important que celui reconnu par les autorités. Le directeur de la faculté de médecine de Hongkong University assure que les malades se comptent par dizaine de milliers et non par milliers. Sans être démenti. Il a fallu attendre le 24 janvier pour que le gouvernement chinois se réunisse en urgence. Un groupe de commandement national a été créé pour gérer la crise, et le premier ministre Li Keqiang en a pris la direction. Il ne s’est rendu à Wuhan que le 27 janvier. Quelques jours plus tôt, le 20 janvier, le maire de Wuhan, qui n’a pourtant pas l’habitude de s’exprimer devant les médias, a accepté une interview de la chaîne officielle, CCTV 13, où il explique maladroitement pourquoi il n’a pas pu s’exprimer plus tôt. Traduction : « Tout ça, ce n’est pas de ma faute, c’est la faute de ceux d’en haut qui ne m’avaient pas donné le feu vert ». Comme l’écrivit en 2003 Liu Xiaobo [Prix Nobel de la paix 2010 mort en prison en juillet 2017] : « Les services de la santé du Parti communiste chinois ont caché des nouvelles déterminantes. Ce que ce genre de censure provoque, ce n’est pas seulement la mort de la presse, mais c’est aussi la vie des citoyens qui est mise en danger. » Cette déclaration n’a rien perdu de son actualité. Marie Holzman
La fête des morts en Chine, c’est le 5 avril. Il faut que les gens soient enterrés, qu’ils puissent pleurer leurs morts. Les autorités avaient décidé que, pendant le pic de l’épidémie, il n’était pas question de remettre les urnes des morts aux familles parce que tout cela était en pleine épidémie. Les gens ne pouvaient pas venir chercher les urnes, donc elles ont été empilées et ils n’ont commencé à les distribuer que là, il y a quelques jours.  Marie Holzman
I wondered if [the municipal health authority] got it wrong. I had never expected this kind of thing to happen in Wuhan, in central China.  If coronaviruses were the culprit, could they have come from our lab? (…) The Wuhan outbreak is a wake-up call.” (…) What we have uncovered is just the tip of an iceberg. Bat-borne coronaviruses will cause more outbreaks. We must find them before they find us. Dr. Shi Zhengli
A Chinese doctor who exposed the cover-up of China’s SARS outbreak in 2003 has been barred from traveling to the United States to collect a human rights award, a friend of the doctor and a human rights group said this week. The doctor, Jiang Yanyong, a retired surgeon in the People’s Liberation Army, was awarded the Heinz R. Pagels Human Rights of Scientists Award by the New York Academy of Sciences. (…) Dr. Jiang rose to international prominence in 2003, when he disclosed in a letter circulated to international news organizations that at least 100 people were being treated in Beijing hospitals for severe acute respiratory syndrome, or SARS. At the time, the Chinese medical authorities were asserting that the entire nation had only a handful of cases of the disease. The revelation prompted China’s top leaders to acknowledge that they had provided false information about the epidemic. The health minister and the mayor of Beijing were removed from their posts. SARS eventually killed more than 800 people worldwide, and the government came under international scrutiny for failing to provide timely information that medical experts said might have saved lives. Dr. Jiang was initially hailed as a hero in Chinese and foreign news media. He used his new prestige in 2004 to press China’s ruling Politburo Standing Committee to admit that the leadership had made a mistake in ordering the military to shoot unarmed civilians on June 3 and 4, 1989, when troops were deployed to suppress democracy protests that began in Tiananmen Square in Beijing. Dr. Jiang, who treated Beijing residents wounded in the 1989 assault, contended that the official line that the crackdown was necessary to put down a rebellion was false. His statement antagonized party leaders, who consider the crackdown a matter of enormous political sensitivity. Jiang Zemin, then the leader of the military, ordered the detention of Dr. Jiang, who spent several months in custody, people involved in his defense say. Dr. Jiang was eventually allowed to return to his home but remained under constant watch. He has not been allowed to accept press requests for interviews or to visit family members who live in the United States, friends and human rights groups say. NYT (2007)
The Chinese government locked down Wuhan on Jan. 23, halting all public transportation going in and out of the city. The following day an order was issued suspending group travel within China. But in a blunder that would have far reaching consequences, China did not issue an order suspending group travel to foreign countries until three days later, on Jan. 27. In retrospect, it was a painful mistake. This is what happened in those critical three days: The weeklong Lunar New Year string of holidays began on Jan. 24, with the outbound traffic peak lasting through Jan. 27. The Chinese government let the massive exodus of group travelers continue despite the public health crisis. No explanation has been given. Furthermore, while suspending group travel, China did nothing to limit individuals traveling overseas. Groups account for less than half of all Chinese tourists heading abroad. Chinese travelers journeyed to Japan, South Korea, Italy, Spain, France, the U.K., Australia, North America and South America, one planeload after another. This was happening while many restaurants in China were unable to open for business due to the outbreak. It is said that once abroad, many Chinese prolonged their vacations as much as possible to avoid having to return home. The number of infections gradually increased at popular winter destinations, such as Japan’s Hokkaido. In other destinations like Thailand, cases have surged in recent days. A considerable number of Chinese individual travelers were staying put in the Hokkaido capital of Sapporo in mid-February, even after the annual Snow Festival ended. (…) And as the doctor predicted, infections spread to many people, and across the world. Now we are seeing the « second wave » that the team talked about. After the first wave hit China, the outbreak went on a second wave across the world, especially in Europe. The number of deaths from the coronavirus in Italy, home to many Chinese residents, has topped 2,100. The delay in the Chinese government’s ban on group travel to foreign countries may have helped to double or possibly triple the number of people infected. In the days before Wuhan was locked down on Jan. 23, as many as 5 million of its 11 million citizens had already left the city, as the mayor and others have testified.
Nous ne savons pas quel sera le niveau de décès supplémentaires dans l’épidémie, à savoir, à la fin de l’année, quelle proportion de personnes décédées du coronavirus seraient décédées [de toute façon] ? Cela pourrait représenter jusqu’à la moitié ou les deux tiers des décès que nous voyons, car ce sont des personnes en fin de vie ou ayant des conditions sous-jacentes, donc ce sont des considérations à avoir. Les décès sont probablement peu susceptibles de dépasser 20 000 avec les stratégies de distanciation sociale, mais cela pourrait être considérablement inférieur à cela et c’est là qu’une analyse en temps réel sera nécessaire. Professeur Neil Ferguson
The situation is tough for young people. They were hit hard by the Great Recession, and their labour market situation has improved only little since. This is a problem we must address now urgently. Kicking it down the road will hurt our children and society as a whole. Current working-age, middle-class groups are increasingly concerned with their and their children’s job prospects. An increasing number of people think children in their country will be worse off financially than their parents. Angel Gurría (OECD)
We’ve never had, since the dawn of capitalism really, this situation of a population that is ageing so much and in some countries also shrinking, and we just don’t know whether we can continue growing the economy in the same way we once have. Prof Diane Coyle
La Génération Y (composée de ceux qui sont nés entre 1980 et 1995) est la grande oubliée des trente dernières années de croissance dans les pays développés. Les journalistes britanniques se sont penchés sur la vaste base de données du Luxembourg Income Study, et en ont tirés plusieurs enseignements très intéressants sur les niveaux de richesse des différentes générations dans huit pays développés (la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Allemagne, le Canada, l’Australie, l’Italie et l’Espagne). Dans tous ces pays, exceptés l’Australie, le revenu disponible (c’est à dire celui qui reste après avoir payé ses impôts) des vingtenaires a progressé beaucoup plus lentement que celui des Baby-boomers et retraités. Pire, dans certains pays comme la France et les Etats-Unis, le revenu disponible de la Génération Y est inférieur de 20% à la moyenne nationale. Alors qu’en 1978, les jeunes de cet âge avaient plutôt tendance à être plus riches que la moyenne ! La situation est complètement inédite et explique le sentiment croissant de déclassement ressentis par certains jeunes comme l’exprime Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, au Guardian : “Un nombre croissant de gens pensent que dans leur pays les enfants gagneront moins bien leur vie que leurs parents”. Pour expliquer cette progression déséquilibrée du revenu disponible, le quotidien britannique avance plusieurs causes : la crise économique et le chômage bien sûr qui empêchent les jeunes d’accéder à un poste stable et rémunérateur, mais aussi le poids croissant de la dette, surtout pour les diplômés aux Etats-Unis, et la hausse des prix de l’immobilier. Les conséquences de ces inégalités entre générations pourraient se révéler dramatiques. D’abord parce qu’elles menacent la cohésion sociale mais aussi parce qu’elles aggravent les inégalités entre classes sociales, les jeunes étant de plus en plus dépendants de l’aide de leurs parents à un moment clé de leur vie, celui du passage à l’âge adulte. Enfin, la faiblesse des revenus des jeunes adultes peut les contraindre à rester plus longtemps chez leurs parents, les empêchant ainsi de fonder leur propre famille. En Espagne par exemple, 8 jeunes sur 10 vivent encore chez leurs parents à trente ans. Cela risque d’avoir un impact négatif plus large sur la natalité dans les pays développés déjà confrontés à une population vieillissante. Les Echos
I turn 70 next week. (…) So I’m automatically in the high risk pool. (…) I’m living smart. Listening to the president, the CDC guidelines like all people should. But I’m not living in fear of covid19. What I’m living in fear of is what’s happening to this country. And you know no one reached out to me and said: as a senior citizen, are you willing to take a chance for your survival in exchange for keeping the America that all America loves for your children and grandchildren? And if that’s the exchange, I’m all in. And that doesn’t make me nobler or braver or anything like that. I just think there are lots of grandparents out there in this country like me — I have 6 grandchildren — that, what we all care about, and what we love more than anything are those children. And I want to live smart and see through this, but I don’t want the whole country to be sacrificed. And that’s what I see. I’ve talked to hundreds of people in just the last week, making calls all the time. And everyone says pretty much the same thing. That we can’t lose our whole country. We’re having an economic collapse. I’m also a small businesman, I understand it. And I talk to business people all the time. My heart is lifted tonight by what I heard the president say, because we can’t do more than one thing at a time. We can’t do two things. So, my message is that, let’s get back to work. Let’s get back to living, let’s be smart about it, and those of us who are 70-plus, we’ll take care of ourselves. But don’t sacrifice the country. (…) Look, I’m going to do everything I can to live. But if you said, ‘Are you willing to take a chance’ — you know and if I get sick, I’ll go and try to get better. But if I don’t, I don’t. And I’m not trying to think in any kind of morbid way. But I’m just saying that we’ve got a choice here. We’re going to be in a total collapse, recession, depression, collapse in our society if this goes on another several months. There won’t be any jobs to come back to for many people. So I’m going to be smart. I think all of my fellow grand parents out there, they’re going be smart. We all want to live, we all want to live with our grand children as long as we can. But the point is, our biggest gift we give to our country and our children and our grand children is the legacy of a country. And right now that is at risk. And I feel, as the president said, the mortality rate is so low, do we have to shut down the whole country for this? I think we can get back to work. And I think we should wait out this time. And if he says we need we need another week, I trust his judgment. But we have to have a time certainty. We can’t say in three months or six months or twelve months. These businesses can’t wait that long.(…) I’m optimistic. We’re going to make it. Dan Patrick (Texas Lieutenant-governor)
Obviously we put life and this virus first, as the president does, but we also have to measure that and weigh that with people losing their jobs and losing their businesses. As a senior citizen, my focus is on my grandchildren and your grandchildren and the entire next generation, that we have an America to leave them. And on the path that we are on right now, if we close down America, that American dream is going to disappear very quickly. (…) If he needs more time, let’s trust his judgment. (…)  when people go back to work they will be smarter. Dan Patrick (Texas Lieutenant-governor)
Êtes-vous prêt à prendre le risque afin de conserver l’Amérique que tout le monde aime pour vos enfants et petits-enfants ? Si c’est le deal, je suis prêt à me lancer. Je ne veux pas que tout le pays soit sacrifié. Dan Patrick (vice-gouverneur du Texas)
Coronavirus : sacrifier les personnes âgées pour sauver l’économie ? Les propos chocs du vice-gouverneur du Texas La Dépêche
Selon Trump et ses amis, qui veulent remettre les travailleurs au boulot dès avril, le ralentissement de l’économie américaine est aussi dangereuse que le coronavirus. C’est aussi ce que pense Dan Patrick, le vice-gouverneur du Texas, qui a appelé les personnes âgées à aller travailler. Autrement dit, se sacrifier pour « conserver l’Amérique que tout le monde aime ». C’est vrai que les plus âgés sont aussi les plus susceptibles d’être touchée par le virus, alors foutu pour foutu, autant qu’ils aillent se tuer à la tâche ! « L’Amérique qu’on aime » : celle où les plus faibles sont sacrifiés sur l’autel des profits ? Convergences révolutionnaires
Covid-19: les grands parents prêts à «se sacrifier» afin de sauver l’économie, affirme un vice-gouverneur du Texas Le vice-gouverneur du Texas s’est déclaré prêt à donner sa vie plutôt que de voir l’économie américaine sombrer à cause des mesures sanitaires liées à la pandémie de Covid-19. Selon lui, «beaucoup de grands-parents» à travers le pays partagent cette position. Nombreux sont les Américains âgés qui sont prêts à «se sacrifier» afin d’empêcher la pandémie de coronavirus de porter un grave préjudice à l’économie nationale et par conséquent au bien-être de leurs petits-enfants, estime le vice-gouverneur du Texas Dan Patrick. «Mon message est le suivant: reprenons le travail, reprenons la vie normale, soyons intelligents, et ceux d’entre nous qui ont plus de 70 ans, nous nous occuperons de nous», a confié le responsable dans un entretien avec un journaliste de la chaîne Fox News. Lui-même âgé de 69 ans, il s’est dit prêt à mourir plutôt que de voir l’économie américaine détruite par les mesures sanitaires décrétées sur fond de pandémie. D’après lui, cette position est partagée par «beaucoup de grands-parents» à travers le pays. Sputnik
La crise sanitaire est rude pour les démocraties libérales. Impréparées face à une telle onde de choc, le défi est immense pour ces nations plus que jamais ouvertes à une mondialisation où le rôle de l’Etat se réduit à peau de chagrin. Désormais, les démocraties doivent résoudre une équation complexe ; entre garantie des libertés individuelles et efficacité de la gestion de la crise. L’action trop tardive des gouvernements européens lors des premières semaines a provoqué une propagation non maitrisée du Covid-19 sur plusieurs pays avec un foyer très actif en Italie. En France, le discours affirmant que le pays était largement équipé et que le virus n’était pas plus dangereux qu’une grippe saisonnière dominait largement. Comme du temps de la ligne Maginot et de la guerre éclair (Blitzkrieg), les certitudes d’une protection totalement étanche ont été battues en brèche par les faits. Désormais, la crise est au cœur du Vieux Continent et la politique de rigueur budgétaire et ses 3% de déficit semble bien dérisoire face aux funestes conséquences des fermetures de lits, des délocalisations de la production de denrées médicales et des baisses de commandes de masques. Au pied du mur, le gouvernement fait le choix d’un comité scientifique sur lequel il fonde ses décisions. Le rôle du politique est pourtant, en consultation étroite avec les experts, d’arbitrer selon des valeurs et avec humanité, il est impensable en démocratie de déléguer le pouvoir démocratique aux mêmes experts. En parallèle de cette gouvernance des experts, la tentation de la surveillance de masse devient l’un des remèdes qui s’instille insidieusement dans les esprits depuis quelques jours. Des drones sont ainsi déployés dans les rues de Nice ou Paris afin de rappeler à l’ordre les citoyens. Si ce type d’usages reste circonscrit en France, en Asie son usage est bien plus contestable. En Corée du Sud, la stratégie numérique d’identification des citoyens est mise en place et les déplacements des individus sont tracés et contrôlés à distance à l’aide des smartphones. A la manière des récits de science-fiction des années 1980, l’Asie du sud-est devient un terrain d’expérimentation pour une surveillance orwellienne profitant du climat de pandémie. Là-bas, les individus se déplacent sous l’œil acéré d’un « big brother étatique ». Partout dans le monde, le e-commerce devient incontournable en temps de crise et se donne quasiment une mission de service public auprès des citoyens ; derrière cette image vertueuse et bienveillante reste pourtant un nouveau pouvoir désormais incontournable, aux capacités de surveillance immenses. La France est aujourd’hui tentée d’emprunter cette voie. Certains experts réclament au comité scientifique français d’explorer ces mesures venues d’Asie. (…) Faire croire aux Français que face à la crise sanitaire, il serait incontournable de recourir à de telles méthodes constitue une grave menace. Ouvrir la voie à de telles mesures, quand bien même nous soyons face à une pandémie, est la garantie de décennies bien plus funestes à l’issue de la crise. Outre la dimension liberticide de la surveillance de masse, son efficacité très limitée doit être relevée. Les premiers retours d’expérience étrangers montrent que le confinement strict et la distribution massive de masques sont les seules façons d’endiguer le mal en attendant un remède. Ceci réclame de la part de la France deux réponses ; logistique et juridique. Le basculement réel et profond de l’économie nationale afin de mobiliser pleinement l’appareil productif (réquisition de sites industriels notamment) et l’utilisation de l’arsenal juridique dont la constitution de 1958 voulut par le Général de Gaulle permet de disposer en cas de crise. La sortie de crise nécessite un Etat fort s’inscrivant dans le strict respect des libertés publiques et dans une action politique au service des citoyens. C’est dans les temps de crise que les démocraties doivent demeurer des lueurs d’espoir, sans jamais éteindre leur humanité au nom d’une hypothétique rationalité, fussent-elles professées par des « experts ». L’après crise ne pourra se passer d’une réflexion collective, pour choisir les nouveaux fondamentaux qui demain orchestreront notre quotidien. Demain, l’expertise devra être citoyenne ! Paul Melun et Philippe Dorthe
Le Covid-19 prendra des milliers de vies et chaque vie perdue trop tôt est une mort de trop. Il fallait lutter de manière déterminée contre cette épidémie. Mais ne faut-il pas aussi raison garder? Selon les propos de Monsieur Macron, la situation prouverait que «la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe». N’est-ce pas l’inverse? Peut-être payons-nous aujourd’hui des décennies d’étatisation de la santé en France qui ont conduit à une insuffisance du nombre de généralistes et autres praticiens, des urgences en surchauffe permanente et des hôpitaux publics qui manquent de moyens par suite de quotas stupides imposés depuis des décennies aux examens de médecine, d’une sécurité sociale impotente et qui paupérise progressivement médecins et personnels hospitaliers, d’une politique centralisatrice, restrictive et néanmoins très onéreuse, représentant 11,2% du PIB en 2018, parmi les quatre pays dont le financement est le plus élevé de l’OCDE? Peut-on, doit-on faire confiance à cet État qui n’a pas prévu de stocks suffisants de masques et de tests, qui s’inquiète de l’insuffisance de lits respiratoire et tarde à en appeler aux lits inoccupés des hôpitaux privés? L’État ne sait pas tout! D’autres politiques étaient possibles. Sans confinement généralisé, la Corée du Sud et Taïwan, dont le système de santé est très largement privatisé, ont réussi à maîtriser la propagation de la maladie avec des distributions ou ventes massives de masques de protection et la multiplication des dépistages permettant un suivi des parcours du virus pour chaque patient. L’État pourtant s’institue désormais en grand ordonnateur. Puisqu’il a renvoyé les salariés chez eux et que d’autres utilisent leur droit de retrait, qui leur permet de quitter leur travail en cas de danger tout en étant payé, il lui faut venir au secours des entreprises en perdition. Va-t-il prendre en charge les loyers des commerces fermés, s’opposer aux cessations de paiement, réquisitionner… et à quel coût? Il a annoncé des dizaines de milliards et il en faudra peut-être des centaines… à la charge des contribuables bien sûr, car ce sont toujours eux qui payent à la fin. Pourtant, avec l’argent perdu par tant d’activités étouffées dans l’industrie et le commerce, combien d’autres vies aurions-nous pu sauver par la recherche, la découverte accélérée d’autres remèdes et vaccins? Et combien d’autres morts ou d’autres malades causeront indirectement ces faillites inévitables, le chômage qui s’ensuivra, la pauvreté et la détresse qui augmenteront? Il y a ce qui se voit et ce qui ne se voit pas! Mais l’État aura pris déjà soin des affaires de tous. Il se croira indispensable. Sûr que sa douce tyrannie est bonne, n’en profitera-t-il pas, comme en Chine, pour étendre son pouvoir sur les citoyens et bientôt sur leur esprit qu’il confinera aussi dans une pensée correcte? Pour le craindre, il suffit de lire le projet de loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19 selon lequel «la déclaration de l’état d’urgence sanitaire donne pouvoir au Premier ministre de prendre par décret pris sur le rapport du ministre chargé de la santé, les mesures générales limitant la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion et permettant de procéder aux réquisitions de tout bien et services nécessaires (…)». Il s’agit de nos libertés essentielles, constitutionnelles. Et on les supprime dans une loi d’urgence qui sera adoptée en catimini dans des hémicycles désertés par la peur! Il n’est pas sûr que ce soit conforme à la Constitution, mais qui osera s’y opposer puisque nous sommes en guerre! (…) Une nouvelle religion de précaution se sera répandue pour croire que l’héroïsme conduit à vivre chez soi s’il est dangereux d’en sortir. Tous se seront accoutumés à une présence publique plus tutélaire que jamais. Patrons, indépendants et salariés garderont tendue la main qui réclame l’aumône que l’État leur consent après en avoir prélevé le montant sur leur dos. Les libertés dédaignées seront amoindries et difficiles à recouvrer. Jean-Philippe Delsol
I’m deeply concerned that the social, economic and public health consequences of this near total meltdown of normal life” could be “graver than the direct toll of the virus itself. Dr. David Katz (Yale-Griffin Prevention Research Center)
Essentially, what flattening the curb does is keep people away from one another and away from the virus so the virus doesn’t spread. But you also don’t cultivate any immunity. If you do a really, effective job of locking everybody in place and preventing viral transmission, there’s still some low level potential for viral exposure out in the world. But very few of us get that exposure. The minute you release those clams and let people back into the world, we’re all vulnerable, so most of the models suggest that flattening the curve makes sense in phase one so you don’t overwhelm medical systems, for example, but you ve got to have a phase two. If you dont transition to a phase two, whenever you release the clamps, the virus is out in the world waiting for you, everybody’s vulnerable and that big peak in cases – that big peak you’re trying to avoid – it really just happens at a later date. (…) So let let me start by saying essentially what I reject, because I think we’re very polarized society. I think the way media hype things up actually amplifies the extremes. So one extreme, we ve got the lock everything down, hunker in a bunker, until a) there’s a vaccine, eighteen months or years or whenever; b) forever or c) you die of something else whichever comes first. That’s just horrible, it’s inhumane, makes no sense. But at the other extreme, we ve got the liberate blank fill in the name of the state, which is basically everybody in the water, including grandma, and never mind the riptides and the sharks, every man for himself. That’s also absurd. So in the middle, what you do is you identify who is at risk of a severe case of this infection and who’s not. Who is at risk of dying of this with a pretty high frequency and who’s at extremely low risk. So, this is just like risks we take every day: some young people will die of this, but sadly, tragically some young people die crossing the street or in a car crash every day. There are risks we willingly take on every day. Sweden’s approach is a little too close to the everybody in the water, don’t worry about the riptide end of the spectrum for my taste. I think we can do a little better. We can kind of look around the world and say: okay, if you don’t lock this down at all, if you don’t protect the vulnerable, mortality in Sweden does look to me to be higher, not massively higher than every place else, but higher. Why put those lives at risk. On the other hand, if you lock everything down, you destroy livelihoods, you destroy jobs. And what I was saying, and what I didn’t really think was a controversial oped at the beginning, is there’s really more than one way, Bill, for this situation, to hurt people or even kill them, and all of them are bad. And there’s more than one way to protect people and save them, and all of those are good. So one thing we want to do is keep those vulnerable to severe infection away from this nasty bug, but we don’t want to destroy people’s lives and livelihoods and means of feeding their families. And interestingly, I’m just back from three days in an emergency department, in the Bronx, where I was volunteering as a physician to support my colleagues who I applaud. You know they’ve been in there from the beginning, they’ll be there through the end. But this is exactly the view that prevails there, you know, there might be the notion that the frontline people, they’re much more concerned about staying away from the virus than they are about can we open society up. Not true, they’re parents. You know, I was talking to my colleague, who say I’m really struggling to balance my clinical duties with home schooling my kids. And think of a scenario like this: dad is a nurse, mom’s a paramedic. They’ve got two kids at home, and there’s no school, no daycare, no nannies, no au pairs, nothing for them to do. One of these frontline people who really wants to be in the battle has to stay home to take care of the kids and they’re really torn. So there’s a middle path and the middle path essentially is high risk people are protected from exposure, low risk people go out in the world early and here’s the odd part, though, that I think people have a hard time confronting and accepting we actually kind of want to get this and get it over with and be immune, because that is the path to the all clear that doesn’t require us to make way for a vaccine which optimistically is eighteen months away, but could be much longer.(…) But the simple fact is: we should come together in common cause, on common ground. Maybe there’s a real opportunity here for an American moment. that’s between the extremes of left and right, where we all say, yeah, actually, we want to save as many lives as possible. And one of the interesting things, Bill, is sort of the left side of the spectrum, the liberal ideology, that seems to be so resistant to talking at all about unemployment and the economy. But that’s the very same camp that tends to appreciate that the single leading driver of bad health outcomes is poverty. Social determinants of health are massively important, so, frankly, thirty million people unemployed, that falls disproportionately hard on the people, who can least bear the unemployed, wo are at most risk of food insecurity, who are at most risk of depression and addiction. All that’s important too, so maybe there is a real opportunity here to say: hey, there’s a middle path we’ve been neglecting it, it’s the way through this thing, and it leads to total harm minimization. We want to minimize deaths and severe cases of the infection We also want to minimize the fall out. The health fall out of societal collapse and economic ruin. (…) So from the beginning, we ve been posting materials, my colleagues and I, under the rubric total harm minimization, this is we want to achieve here. (…) But on the testing front, we’re making a mistake, Bill, because we do have testing. It’s not great by the way, one day, one of these twelve hours in the emergency room in the Bronx we admitted, maybe twenty people we were sure had Covid. You know there is no doubt about it. They absolutely positively had covered and either nineteen or twenty of them tested negative so that the testing not great and the false negative rate is high. Some of the tasks were pretty well there, certainly better than nothing and here’s the thing. What we are going to have any time soon is the capacity to test the whole population, but we deal with at all the time the CDC routinely does what’s called representative random sampling, randomly select people and make sure that day first, the gamut of age and so economics and zip code and health status, and you extrapolate the whole population. We could do that with ten thousand people, and we have the tests for that. So we really need grown ups in charge, need federal oversight. We need a commitment to getting the critical data and frightening. That could happen fast as the work of seventy two hours, in the absence of that were turning to state, so, for example, we just heard there is widespread testing in New York. I think the governor is doing a great job there and it looks like at least twenty percent of the population in Europe may have antibodies. Well, that’s close. The four million people and what that means is the death toll in New York, tragic though it is in again, These tests are real people and my condolences to the families, but just looking at the statistics for a minute, twenty thousand deaths out of four million people- that’s half a percent- you know what we’re starting to see that the mortality toll of this when you get the denominator, really small and I think the denominators even bigger than that, so we’re not totally blind yet I think we do have to fly in a bit of a fog but we’re not totally blind. (…) First of all, I just want people to understand. Again, I’m a physician, I do public health, I’m trained in epidemiology. It really still looks to me as it did that month ago, when I wrote my piece for the New York Times: 98 to 99 % of the cases of this infection are mild. Most people don’t even seem to know they have it, and this is true even in the emergency department. A small portion of the cases are potentially severe and that’s what makes your point so important, Bill. The severe cases occur in people who are old and people who are sick. Now, those things go together, but sadly in America, they also splay apart. There are a lot of young people with coronary disease, obesity, type 2 diabetes, hypertension. And by and large, those are diseases of lifestyle. I’m a past president of the American College of Lifestyle medicine. That’s what we advocate. Lifestyle is medicine because it can fix all of that. Here’s the interesting bit: the stuff we can’t sell to people: eat well, exercise, don’t smoke, don’t drink excessively, get enough sleep, manage your stress because it’s such potent medicine, we can’t sell it because the timeline for harm is too long. Essentially, heart disease stalks you in slow motion, type two diabetes stalks you in slow motion and our DNA is wired to fight or flight: if it’s not coming at me in minutes or days, I’m sort of blind to it. Well, Covid is coming at you in minutes and days and everybody is alarmed and all the same things are risk factors. So essentially, what this pandemic has done has turned America’s chronic health liabilities into an acute threat. There is an opportunity, a crisis is an opportunity, the very things that we’re always telling people to do to promote their long term health actually do fortify your immunity against this virus. If you start eating right, start fitting physical activity into your routine, if you get enough sleep, it can effect your immune system to function in hours, certainly in days and a whole lot in a span of weeks, there’s been no better time for America to get healthy. If I were one of the grown ups in charge of this mess, I would have a national health promotion campaign as part of what we do in an organised way look we’re all social distancing sheltering placed. Let’s make lemonade from the lemons. Let’s turn this into an opportunity to get healthy, it will protect you in the short run. It will protect your loved ones and when this is over we’ll be a healthier nation into the bargain. Dr. David Katz
By now, commentators have noted the similarities between our coronavirus crisis and the classic “trolley problem,” first formulated by the late philosopher Philippa Foot. Imagine there’s a runaway trolley heading straight for five people who will be killed. You’re standing next to a lever. If you pull it, the trolley will switch to a different track where only one person will be killed. Most people say the moral choice is to spare the five and sacrifice the one. This may be akin to how many conceive of extreme measures to limit the spread of the novel coronavirus: The right thing to do is to issue and enforce stay-at-home orders and shutter businesses for as long as it takes to spare the maximum number of people at greatest risk from the virus. For many of those who are certain that this is the only moral solution, the choice seems crystal clear. It appears to be a tradeoff between lives and money — that is, between a sacred value and a secular interest. This is what social scientist Philip Tetlock calls a “taboo tradeoff.” When a tradeoff is taboo, there is no discussion or debate possible. Choosing the sacred value is entirely uncontroversial. As New York Governor Andrew Cuomo put it, “I’m not willing to put a price on a human life,” and “we’re not going to accept a premise that human life is disposable.” (…) using this lens, skeptics aren’t the cold-hearted monsters they’re made out to be. It’s not that they care more about money than your grandmother’s life. Instead, they are thinking about the people who will suffer from unemployment, poverty, loneliness, and despair. And they are imagining some point in the future when an unknown number could die from increases in child and domestic abuse, addiction and overdose, unmet medical needs, suicide, and so on. Dr. David Katz of the Yale-Griffin Prevention Research Center articulated this view when he wrote about the “unemployment, impoverishment, and despair likely to result” from a long-term economic shutdown. He is “deeply concerned that the social, economic and public health consequences of this near total meltdown of normal life” could be “graver than the direct toll of the virus itself.” From this perspective, the tradeoff is not taboo. We aren’t talking about substituting lives for money, but one set of lives for another. We aren’t talking about substituting lives for money, but one set of lives for another. In all of these trolley scenarios tragedy ensues regardless of the choice. There is no happy solution. There are no uncontroversial answers. These are the hallmarks of a classic moral dilemma. (…) This brings us to the larger point. We urgently need to reject the idea that these choices are uncontroversial. It is all too easy to cast some people as saints and others as knaves. And we must get past the false debate of lives-versus-money. The harder but truer and more productive debate rejects casting moral aspersions. It involves recognizing that we share common goals but have different views about how to achieve them, based on our different ways of conceptualizing unknowables and prioritizing immediate versus future dangers. In order to solve pressing problems, we need to free our minds from the constraints that drive us to interpret and represent our ideological opponents’ ideas as attacks from enemies. Instead, we need to be able to use their ideas to test, strengthen, and build on our own. This requires habits of mind that in recent times we have practiced too seldom and valued too little: Approaching dissenters’ views with curiosity, critical thinking, intellectual humility, and a willingness to be wrong; using the principle of charity when evaluating ideological opponents’ ideas; thoroughly considering views before rejecting them; refusing to assign malign intentions to those whose ideas we dislike; accepting that for some problems there are no risk-free solutions; and welcoming dissent and disagreement as necessary to a functioning liberal democracy. One of the chief reasons these habits of a free mind are so essential is that without exercising them, we cannot even get to the point of having the right conversations. Having the right conversation doesn’t guarantee that we will get to the right answer, but at least it gives us a fighting chance. Pamela Paresky
Nous poursuivons nos efforts de préparation à la survenue d’une éventuelle pandémie, grâce à la constitution de stocks de masques et de vaccins. Nous serions, d’après certains observateurs, parmi les pays les mieux préparés au monde. Xavier Bertrand (ministre de la santé et des solidarités, 22 janvier 2007)
A la suite de l’épidémie de grippe aviaire (H5N1) de 2006 et à l’initiative du sénateur Francis Giraud (1932-2010), le gouvernement de l’époque a fait adopter, en mars 2007, une loi au titre prémonitoire : « Loi relative à la préparation du système de santé à des menaces sanitaires de grande ampleur ». Elle comportait deux dispositions essentielles. D’abord, la création du fameux corps de réserve sanitaire, sur lequel on ne s’attardera pas ici, et, ensuite, celle d’un nouvel établissement public, l’établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus), dont la mission principale était « l’acquisition, la fabrication, l’importation, le stockage, la distribution et l’exportation des produits et services nécessaires à la protection de la population face aux mesures sanitaires graves », y compris bien sûr les vaccins et les fameux masques chirurgicaux et FFP2 ! La crise H5N1 avait en effet mis en évidence diverses faiblesses dans la réponse logistique de l’Etat. Les moyens dévolus à cette toute petite structure (17 agents en 2007 et 30 en 2015), cofinancée par l’Etat et l’Assurance-maladie, étaient considérables. On ne résiste pas à l’envie de citer l’inventaire estimé à un milliard d’euros qu’en fait l’exposé des motifs de la loi : 70 millions de vaccins antivarioliques et autant d’aiguilles, embouts et pipettes ; 81,5 millions de traitements d’antibiotiques en cas d’attaque bioterroriste de charbon, peste ou tularémie ; 11,7 millions de traitements antiviraux et 11,5 tonnes de substance active (oseltamivir) en cas de pandémie grippale ; 285 millions de masques de filtration de type FFP2 et 20 millions de boîtes de 50 masques chirurgicaux (soit le milliard de masques après lequel le ministre de la santé, Olivier Véran, court aujourd’hui) ; 2 100 respirateurs et bouteilles d’oxygène ; 20 équipements de laboratoires d’analyse (automates PCR et extracteurs ADN/ARN) ; 11 000 tenues de protection NRBC et accessoires. (…) Comment est-on passé de la pléthore à la pénurie ? L’événement majeur est, à mon sens, la crise du H1N1 de 2008-2009. Au-delà des critiques politiques virulentes et souvent injustes adressées à la ministre de l’époque, Roselyne Bachelot, elle a fait naître dans une partie de la haute administration de la santé le sentiment d’en avoir trop fait, d’avoir surestimé la crise et, finalement, d’avoir inutilement gaspillé des fonds publics au profit des laboratoires pharmaceutiques. L’horreur ! La Cour des comptes a estimé à près de 450 millions d’euros l’ensemble des dépenses d’achat spécifiquement liées à la lutte contre la grippe H1N1, y compris une indemnisation de 48,5 millions due aux laboratoires pour rupture unilatérale de contrat. L’Etat s’est ainsi convaincu qu’une réduction de la voilure était nécessaire, d’autant que le déficit de la Sécurité sociale avait atteint ces années-là des records « abyssaux » : 27 milliards d’euros en 2010 ! Le budget de l’Eprus a donc été drastiquement réduit, passant de 281 millions en 2007 – avant la crise H1N1 – à 25,8 millions en 2015 (10,5 pour l’Etat et 15,3 pour l’Assurance-maladie) selon un rapport du sénateur Francis Delattre. Parallèlement, les stocks ont été considérablement réduits en ne renouvelant pas, par exemple, des marchés concernant des biens arrivés à leur date de péremption. Estimée à 992 millions d’euros en 2010, la valeur du stock avait été réduite de moitié en 2014, à 472 millions, avant la disparition de l’établissement. (…) Outre ces questions économiques, la crise due au H1N1 a poussé à une réflexion sur la gouvernance du système de réponse aux crises sanitaire. Le ministère de la santé a toujours confiné l’Eprus dans une simple fonction logistique, sans aucune marge d’autonomie. La convention-cadre avec l’Etat précise que celui-ci ne peut réaliser aucune opération d’acquisition de produits de santé sans en avoir préalablement reçu l’ordre par le ministre chargé de la santé. (…) [soit] la disparition pure et simple de l’Eprus, qui est intégré en 2016 dans le nouvel Institut national de prévention, de veille et d’intervention en santé publique, plus connu sous son nom « commercial » de Santé publique France. Il rejoignait ainsi l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Claude Le Pen
Lorsqu’une question se pose, il faut toujours avoir la prudence de considérer attentivement la question qui est posée et le contexte dans lequel elle est posée. Très souvent, c’est là que se trouve la réponse. On s’interroge il est vrai à propos de la question de savoir ce qu’il faut sauver en priorité : l’économie ou les vies humaines ? Cette question appelle quatre remarques. – En premier lieu, formulée telle quelle, cette question date. Donald Trump aux États Unis et Boris Johnson en Angleterre se la sont posée il y a plus d’une semaine déjà en clamant haut et fort qu’il fallait penser avant tout à sauver l’économie. La réalité s’est chargée d’apporter elle même la réponse. Face à l’afflux des malades dans les hôpitaux, face à l’inquiétude des populations, face au fait pour Boris Johnson d’avoir été testé comme étant positif au virus du Covid 19, que ce soit Donald Trump ou bien encore Boris Johnson, tous deux ont fait machine arrière en décidant 1). de s’occuper des vies humaines en mettant les moyens pour cela, 2). de sauver l’économie autrement, par une intervention de l’État allant contre le dogme libéral de sa non intervention dans l’économie.- Par ailleurs, il importe de ne pas oublier le contexte. Qui pose la question de savoir ce qu’il faut sauver ? Les plus grands dirigeants de la planète à savoir le Président des Etats-Unis et le Premier Ministre de Grande Bretagne. Quand ils se posent cette question, comment le font ils ? Sous la forme d’une grande annonce extrêmement médiatisée. Pour qui ? Pour rassurer les milieux financiers. Sur le moment, ce coup d’éclat a l’effet de communication escompté. Il crée un choc psychologique qui rassure les milieux économiques avant de paniquer l’opinion publique. Moralité : la question de savoir s’il faut sauver les vies humaines ou l’économie est un coup politique qui commence sur le ton grandiloquent d’une tragédie cornélienne avant de s’effondrer lamentablement. On veut nous faire croire que certaines questions sont essentielles. Vu ceux qui la posent et le ridicule des réponses qui lui sont apportées qu’il soit permis d’en douter – Dans la façon dont la question et posée, quelque chose ne va pas. On oublie le temps. Lorsque l’épidémie du Corona virus a commencé, désireux de ne pas freiner l’économie, les autorités françaises ont reculé le plus possible la décision du confinement avant de ne pas pouvoir faire autrement. La nécessité économique a alors précédé l’urgence sanitaire. Aujourd’hui, l’urgence sanitaire est devenue première et l’urgence économique a été placée en second. Jusqu’au pic de l’épidémie cela va être le cas. Le temps sanitaire va l’emporter sur le temps économique. Dès que la décrue épidémiologique commencera, le temps économique va reprendre ses droits. En conséquence de quoi, qui décide de ce qui doit se faire ou pas ? Ce n’est pas l’économie ni la vie, mais l’opportunité et, derrière elle, c’est l’être humain capable de juger et d’avoir de la sagesse. – On oublie enfin les hommes. Dans le Cid de Corneille, Rodrigue le héros, se demande s’il doit choisir son amour contre l’honneur de sa famille ou l’honneur de sa famille contre son amour. Au théâtre, cette alternative est admirable. Elle crée le spectacle. Avec l’épreuve que l’humanité endure, on fera du bien à tout le monde en évitant de basculer dans le théâtre. Si on ne s’occupe pas des vies humaines, il y aura des morts et avec eux une inquiétude collective ainsi qu’un drame social qui pèsera sur l’économie. Si on ne s’occupe pas d’économie, il y aura des morts et un drame économique qui pèsera sur les vivants. Si on choisit l’économie contre la santé, il y aura des morts. Si on choisit la santé contre l’économie, il y aura des morts. De toute façon quoi que l’on choisisse et que l’on sacrifie, ne croyons pas qu’il n’y aura pas de morts. Il y en aura. Il est possible toutefois de limiter la casse. Entre la richesse et la mort, on oublie quelque chose d’énorme qui est plus riche que la richesse et plus vivant que la mort : il s’agit de nous. Il s’agit des hommes. Il s’agit des vivants. Si nous avons la volonté chevillée au corps de nous en sortir et si nous sommes solidaires, nous serons capables de surmonter cette crise. Nous devons être humains et forts comme jamais nous ne l’avons été. Nous avons la possibilité de l’être. La solidarité avec le personnel soignant tous les soirs à 20h montre que nous sommes capables de solidarité. L’humour qui circule montre que nous sommes capables de créativité. En ces temps de distanciation sociale, nous sommes en train de fabriquer des proximités inédites, totalement nouvelles et créatrices. Notre instinct de vie a parfaitement compris le message qui est lancé par ce qui se passe : soyez proches autrement. Là se trouve la richesse et la vie qui permettront de relever le défi économique et sanitaire qui est lancé. (…) Il y a deux façons de mesurer. La première se fait par le calcul et les mathématiques en appliquant des chiffres et des courbes à la réalité. La seconde se fait par l’émotion, la sensation, la sensibilité. Quand quelque chose plaît, je n’ai pas besoin de chiffres et de courbes pour savoir que cela plaît. Quand cela déplaît également. Lorsque Donald Trump a compris qu’il fallait s’occuper de la question sanitaire aux États-Unis et pas simplement d’économie, il n’a pas eu cette révélation à la suite d’un sondage. Il n’a pas utilisé les compétences d’instituts spécialisés. La réaction ne se faisant pas attendre, il a été plus rapide que les chiffres, les courbes et les sondages en changeant immédiatement son discours. Il a été découvert récemment que l’intelligence émotionnelle est infiniment plus rapide que l’intelligence mathématique, abstraite et calculatrice. On peut sur le papier démontrer que l’humain coûte trop cher. Lorsque dans la réalité concrète on ne s’en occupe pas assez et mal, on a immédiatement la réponse. Donald Trump s’en est très vite aperçu. (…) On veut des règles pour répondre à la question de savoir comment décider qui doit vivre ou pas et qui doit mourir ou pas. Les règles en la matière sont au nombre de deux : la première qui fonde toute notre civilisation consiste à dire que, par principe, on soigne tout le monde et on sauve tout le monde. Pour éviter la folie monstrueuse des régimes qui décident que telle classe de la population a le droit de vivre et pas telle autre, on n’a pas trouvé autre chose. La seconde règle est empirique. Tout médecin vous dira qu’en matière de vie et de mort aucun médecin ne sait. Ce qu’il faut faire est dicté par chaque malade, jour après jour. A priori, un médecin sauve tout le monde et soigne tout le monde, jusqu’au moment où, basculant du soin et du sauvetage dans l’acharnement et de l’acharnement dans l’absurde, il décide d’arrêter de soigner et de sauver. Ainsi, un médecin aujourd’hui soigne une vielle dame de quatre-vingt cinq ans grabataire et atteinte d’Alzheimer. Maintenant si dans une situation d’extrême urgence il faut choisir entre un jeune de vingt ans et cette vieille dame, le médecin choisira le jeune en plaçant la vie qui commence avant celle qui se termine. Il fera comme les médecins faisaient au XIXème siècle quand il s’agissait de savoir si, lors d’un accouchement qui se passe mal, il faut choisir la mère ou l’enfant. Il choisira l’enfant. Choix déchirant, tragique, insupportable, n’ayant aucune valeur de règle, la responsabilité face à la vie étant la règle. Et ce, parce qu’il ne faut jamais l’oublier : on choisit toujours la vie deux fois : la première contre la mort et la seconde contre la folie. D’où la complexité du choix, choisir la vie contre la folie n’allant jamais de soi. Relever la complexité de ce choix est risqué. On l’a par exemple vu sur tweeter, où de tels commentaires ont déchaîné la colère des internautes. Pourtant si la population grogne lorsqu’elle voit la courbe du chômage monter et les premières conséquences d’une économie au ralenti se concrétiser, n’est-ce pas également parce qu’elle est consciente que équation est impossible ? (…) L’expérience ne se transmet pas. Pour une raison très simple : c’est en ne se transmettant pas qu’elle transmet le message le plus essentiel qui soit afin de surmonter les crises : aucune crise ne ressemble à une autre. Chaque crise étant singulière, chaque crise a un mode de résolution qui lui est propre et qu’elle doit inventer. Quand une crise est résolue, cela vient de ce que ceux qui la traversent ont su inventer la solution qu’il faut pour cette crise précise. Le message des crises est de ce fait clair. Il convient de les étudier afin de comprendre l’originalité qui a été déployée pour sortir de la crise afin de cultiver sa propre originalité. Pour sortir de la crise que nous endurons, nous allons inventer une solution inédite et c’est cette invention qui nous permettra de sortir de cette crise. Bertrand Vergely
Le choix est tout sauf évident – même s’il s’impose d’une façon majoritaire en faveur d’un confinement. Un choix est fait, dont nous ne mesurons pas toutes les conséquences : étouffer l’économie, la mettre sous cloche, faire porter sur les générations futures la santé des contemporains, plutôt que de laisser la pandémie se dérouler comme toutes les pandémies en protégeant les individus. D’une certaine manière, nous nous donnons le choix, nous croyons avoir le choix, pour être des économies riches et pour faire porter par la solidarité collective une grosse partie du coût de cet étouffement économique. Et, dans des économies plus libérales que les nôtres, comme les pays anglo-saxons, ce choix, quand il est fait en faveur du confinement, pèse plus lourdement sur les individus eux-mêmes. Certains économistes vont même jusqu’à considérer que dans le monde cette crise va provoquer 25 millions de chômeurs. Je note que la Japon, par exemple, pour être plus prévoyant, pour avoir plus de masques, pour avoir une discipline sociale plus grande, ne pratique pas (du moins jusqu’à présent) ce confinement massif. De toute évidence, dans sa culture, comme dans celles de beaucoup de pays asiatiques, le souci du collectif prend le pas sur le souci individuel. Et le sens du sacrifice semble être accepté plus facilement. Dès lors, quatre facteurs semblent entrer en ligne de compte pour opter, ou non, pour une mise en quarantaine sur plusieurs semaines, des travailleurs et de l’activité économique : un niveau de protection social plus ou moins important pour prendre en charge le coût économique de cet arrêt d’activité ; un sens plus ou moins fort du collectif au détriment de l’individuel ; une discipline sociale plus ou moins naturelle qui fait que la population accepte plus aisément les « gestes-barrières » édictés par les autorités ; une anticipation (ou non) des Etats de ce genre de risques avec toute la panoplie des outils nécessaires pour y faire face. De toute évidence, en France, ces quatre facteurs nous ont conduits à choisir, sans hésiter pour le confinement et la mise à l’arrêt de l’économie. Nous misons sur l’Etat-Providence ; l’individu est privilégié ; nous manquons de discipline collective ; l’incurie de l’Etat est flagrante en matière de prévoyance d’un risque sanitaire pandémique. (…) Mourir d’une épidémie et les situations de détresse sociale qui peuvent pousser certains individus au désespoir, ne sont pas du même ordre. Ne confondons pas tout. Par contre, il est vrai que ce qui est fait d’un côté, avec des mesures d’urgence, pour tenter de gérer une épidémie, au point d’appuyer sur le frein de l’économie, avec l’espoir qu’une fois la crise passée, l’économie pourra repartir d’une bonne allure, aura, indéniablement, des conséquences lourdes, durables sur l’Economie – avec des conséquences catastrophiques sur bien des secteurs. Lesquels ? Affaiblissement de la santé des entreprises. Crise de trésorerie. Paupérisation des travailleurs. Augmentation du chômage. Diminution des revenus d’un grand nombre de salariés. Et tout cela aura pour conséquence, dans l’année 2020 et aussi dans les années à venir, d’exclure certains travailleurs, de les marginaliser, de les contraindre à une misère sociale accrue. La France des « gilets jaunes », des zones périphériques, des précaires, des auto-entrepreneurs, des indépendants, va trinquer plus que celle des grands groupes ou de la fonction publique. Si nous étions cyniques (ou d’une lucidité froide), (mais nos sociétés ne le sont plus), nous aurions pu, collectivement, examiner le « coût » de deux stratégies : le confinement avec une décroissance massive et des conséquences négatives en chaîne sur les années à venir ; le maintien au ralenti de l’économie avec des mesures de protection individuelle massive. Une question n’est jamais posée, quand on compare la stratégie du Japon et celle de l’Europe : les choix faits l’ont-ils été par souci des populations et de la pandémie (avec un virus que nous ne connaissons pas et qui évolue d’une manière plus incontrôe que ce que nous pouvions penser au début) ou pour suppléer l’incurie des politiques de santé publiques qui n’ont pas prévu ce genre de situation et n’ont rien fait pour nous donner les moyens d’y faire face. Nous sommes ravis que la médecine, en France, puisse apparaître excellente quand il faut faire des opérations extraordinaires comme, dernièrement, séparer deux sœurs siamoises ou faire des reconstructions faciales ou même dépenser beaucoup d’argent pour des recherches sur des maladies rares qui touchent peu de monde. Ces technologies médicales de haute précision sont superbes. Mais, en même temps, n’a-t-on pas oublié de faire provision d’outils simples qui nous auraient permis, aujourd’hui, d’envisager autrement cette pandémie : des centaines de millions de masques de protection, de tests de dépistages, de gels hydro-alcooliques, des équipements de protection, des respirateurs artificiels…. N’a-t-on pas oublié d’anticiper et d’établir, par avance, des « plans orsec » contre les pandémies ? N’a-t-on pas, en voulant faire des économies de bout de chandelle sur les stocks sanitaires, mis en danger des soignants et autres intervenants de première ligne ? (…) l’équation est impossible. Les choix tragiques. Qui pourrait dire qu’il « accepte » des morts aujourd’hui pour éviter du chômage demain ? Qui pourrait assumer de mettre la santé de l’Economie avant celle des Français ? Qui pourrait ne pas prendre les mesures adaptées aujourd’hui pour préserver les entreprises ? Qui ? Personne. Surtout dans nos démocraties compassionnelles. Surtout quand on croit que tout est possible et que « la santé n’a pas de prix » – pour reprendre les mots du président de la République. Surtout quand on croit que la générosité de l’État (et donc de la France de demain qui devra payer les dettes d’aujourd’hui) est sans limite, sans fond, sans contrainte. L’Etat se croit généreux pour les Français d’aujourd’hui en multipliant les amortisseurs sociaux, les prises en charge collectives, en creusant les déficits alors qu’il ne fait qu’arbitrer, sans le dire, entre la France d’aujourd’hui (qui se protège) et la France de demain qui devra payer, en remboursant la dette, les protections d’aujourd’hui. Si l’équation est impossible, n’est-elle pas, cependant, au cœur du politique et des choix à faire – qui, comme il se doit, ont de multiples composantes. Souvent, le « en même temps » est impossible pour, à terme, n’être gagnant sur aucun des deux tableaux. S’agit-il de déclarer une impossible guerre à un ennemi invisible que nous portons tous sans le savoir, ou d’arbitrer entre deux choix impossibles. Dura lex, sed lex. Dure est la loi politique, mais telle est la loi du politique : faire des choix tragiques, tous plus improbables, loin des évidences, pour le salut d’une nation. Si les responsables politiques se posent la question comme Donald Trump l’a mis en évidence et comme le gouvernement français l’exprime avec plus de subtilité, les citoyens seront probablement de moins en moins au clair sur leurs propres sentiments au fur et à mesure que les effets sociaux se feront sentir. Et que nous enseigne l’expérience des crises précédentes ? (…) Ce principe nous dit quelque chose qui est vrai sur le papier et inapplicable tel quel dans la réalité. Quand on a affaire aux êtres humains, rien ne se règle uniquement par un choix rationnel. La raison en est simple. Quand on fait un choix optimal, on sacrifie forcément un certain nombre de choses. Quand ce sont des hommes que l’on sacrifie pour faire exister ce choix optimal, les sacrifiés tôt ou tard vont réagir Et, réagissant, ils peuvent pourrir la vie. L’histoire a sacrifié beaucoup de monde. Aujourd’hui encore, les sacrifiés et la descendance de ces sacrifiés continue de crier sa colère et sa souffrance. On parle d’économie et de choix optimal. C’est bien. Il faut être rationnel. Mais il ne faut jamais oublier que l’on parle d’économie et de choix optimal dans un cadre humain et pour les hommes. Si on n’en tient pas compte, on est sûr à un moment ou à un autre de se retrouver avec une addition salée. C’est la raison pour laquelle l’économie est toujours associée à la politique. (…) La philosophie nous apprend la prudence. Les Grecs l’appelaient du nom de sophrosune. La prudence n’est pas la frilosité de la pensée et de l’action mais son acuité, c’est-à-dire son sens du détail. Quand il s’agit d’évaluer une situation, il convient de tenir compte de tout. Ainsi, dans les choix qui nous sont proposés, il importe de penser avec l’urgence sanitaire, avec l’économie, mais aussi avec le temps et avec les hommes ainsi que leurs ressources qui sont immenses. Quant à la théologie, elle nous enseigne à aller au plus profond en ne perdant jamais de vue que l’humanité est reliée à un plan céleste qui ne nous abandonne jamais, malgré les apparences qui peuvent laisser croire le contraire. Il y a eu par le passé une théologie accusatrice qui pensait d’abord à culpabiliser les hommes à propos de ce qui leur arrive. La véritable théologie pense non pas à accuser mais à dire et à redire en permanence que le monde peut être sauvé. Beaucoup de personnes aujourd’hui rentrent en elles-mêmes à l’occasion du confinement en faisant la découverte de ressources d’une force incroyable. Puisqu’il est demandé d’aller vers l’intérieur, elles vont vers l’intérieur et là où il y avait désespoir et colère montent force, confiance, solidarité. Cela va bientôt être Pâques pour les chrétiens, Pâques pour les juifs et le ramadan pour les musulmans. Pâques est la fête de la victoire de la vie sur l’enfer. Aujourd’hui, sans le savoir, toute l’humanité est en train de vivre une formidable marche vers la victoire de la vie sur les enfers. Aussi n’y a t-t-il qu’une seule chose qu’il importe de se dire et de dire parce qu’elle est la plus sage et la plus spirituelle qui soit : plus que jamais restons forts et unis. En ce sens, comment choisir ? Comment choisit-on de préférer une mort à une autre ? Comment justifier un tel choix auprès d’une population bouleversée par la crise sanitaire qu’elle traverse ? (…) Si l’art de gouverner est impossible, la critique est facile – et pourtant elle est nécessaire et ne doit en rien être étouffée sous une « union nationale » un peu trop martiale. Il est sûr que fermer les frontières de l’Europe en mars, en pleine crise sanitaire, semble risible, quand il eut été plus efficace de prendre cette même mesure mi-janvier. Il est sûr qu’envoyer dix-sept tonnes, prélevées sur les stocks français de masques, gel et autres matériels de protection (et plus de cinquante en Europe) mi-février pour la Chine, avec l’espoir, avéré faux, de « contenir » le Corona là-bas, semble une décision presque criminelle, quand on constate que depuis lors des médecins de premières ligne sont morts faute de protection et que nombreux sont les fonctionnaires ou les membres des équipes médicales qui n’arrivent toujours pas à se protéger autant qu’ils le devraient. Il est sûr que les atermoiements du discours gouvernemental, que les informations contradictoires de certains, que les promesses non-tenues, depuis des semaines, sur l’arrivée de masques de protection qui « arrivent » qui «seront-là à disposition », qui « vont être livrés », ne font rien pour renforcer l’autorité de la parole politique. Il est sûr que les déclarations de Madame Buzyn indiquant, après coup, qu’elle avait prévenu le Premier ministre, fin janvier, que la crise allait être gravissime, et qu’il fallait donc différer les élections municipales de mars, donnent l’impression d’un amateurisme au plus haut niveau de l’État. Alors, aujourd’hui, s’il fallait tenir un autre discours, mettant l’accent sur l’économie et la santé des entreprises, personne ne comprendrait pourquoi maintenant. Et donc malheureusement, nous aurons et la crise sanitaire et la crise économique – sans parler de la crise de l’épargne que nous avons déjà subie. Il n’est plus possible de faire machine arrière. Nous allons payer tout cela pendant des années – avec une reprise poussive, des déficits massifs, un chômage de masse, une épargne amputée durablement et le risque d’un retour de l’inflation. (…) Le problème (et nous le découvrons brutalement avec cette crise sanitaire) est que nous payons aujourd’hui une double défaillance : une défaillance stratégique de nos politiques publiques qui ont, en Europe, favorisé la mondialisation au détriment des intérêts stratégiques nationaux, sans définir des secteurs à protéger et sans mettre en place, au niveau des pays ou de l’Europe, des coordinations en cas de risques sanitaires ; une défaillance des entreprises pharmaceutiques et de santé publique qui ont cru qu’elles pouvaient se délester de secteurs entiers jugés « peu rentables », comme les systèmes de protections, la fabrication des médicaments génériques, les masques. La Chine, « usine du monde », détient ces marchés et ne peuvent répondre quand le monde entier passe d’énorme commande. La mondialisation se retourne contre les Nations en cas de crise. Elle se grippe avec une pandémie mondiale. Et les individus nationaux paient le prix de cette mondialisation défaillante. Pour toutes ces raisons, nous n’avons plus la possibilité d’avoir le choix. Nos défaillances collectives nous font faire des choix malgré nous. L’Etat imprévoyant, l’Europe tatillonne pour les détails et aveugle sur les grands défis de santé publique et, pour finir, les entreprises médicales inconséquentes, soucieuses d’augmenter leurs profits, ont décidé à notre place. Ils nous ont privés du choix d’avoir le choix. Damien Le Guay
Rappelons-nous tout d’abord que nous abordons la pandémie avec le regard d’une société individualiste. Nos ancêtres de 1914 ont accepté la mort pour la défense de la patrie parce qu’ils avaient le sentiment d’être un chaînon dans une lignée. Ils défendaient la terre de leurs ancêtres et ils la défendaient pour leurs enfants. Quelques générations plus tôt, quand il y avait encore des épidémies régulières, on prenait des mesures de précaution, on soignait, mais on acceptait la mort éventuelle parce qu’on avait le sentiment d’appartenir à une société. Aujourd’hui, il n’y a plus qu’un tout petit nombre de nos concitoyens qui a l’expérience de la guerre. Nous avons derrière nous 60 ans d’individualisme absolu. Le christianisme est devenu ultraminoritaire. Il s’agit donc, dans l’absolu, d’avoir « zéro mort ». Effectivement notre société semble prête à sacrifier l’économie. Sans se rendre compte que ce genre de mentalités n’amène pas le « zéro mort » mais une catastrophe sanitaire. Et qu’une crise économique aussi fait des morts. (…) L’une des leçons de la crise du COVID 19, c’est que nous avons sous nos yeux la preuve expérimentale des ravages causés par l’effondrement de l’Education Nationale. En particulier, l’enseignement de l’économie tel qu’il est dispensé dans nos lycées, depuis des années, très hostile à l’entreprise et incapable de faire comprendre la dynamique du capitalisme, aboutit aux discours que nous entendons aujourd’hui. Il y aurait des activités indispensables et d’autres qui ne le seraient pas ! En fait, une économie moderne repose sur un fonctionnement très complexe. Les fonctionnaires du Ministère de l’Economie ont pris peur quand ils ont vu le nombre de demandes de mise au chômage partiel ! Dans un Etat qui prélève et redistribue 57% du PIB, on redécouvre qu’il y a beaucoup plus d’emplois utiles que ce qu’on pensait ! Et l’on risque de découvrir, à ce rythme, qu’il y aura encore plus de personnes mourant du fait du ralentissement de l’économie qu’à cause de l’épidémie. On ne peut pas dire que l’histoire des crises et leur taux de mortalité ne soit pas connu: de la crise de 1929 à l’asphyxie de la Grèce par l’Eurogroupe depuis 2015, tout est documenté. (…) Nos gouvernants ne feront pas un choix, s’ils arbitrent entre deux maux. Actuellement, ils sont dans l’incapacité de choisir entre les personnes qu’ils doivent soigner quand elles arrivent à l’hôpital et qu’ils n’ont pas assez de lit. Donc ils appliquent une règle mécanique: au-dessus d’un certain âge, on n’est plus soigné. Ce n’est pas un choix, car choisir c’est faire exercice de sa liberté, c’est pouvoir se déterminer entre deux options. Pour pouvoir choisir, il faut « avoir le choix ». Nous pourrions choisir un type d’équilibre entre la lutte contre la pandémie et la protection de notre économie si nous avions agi en amont. Si nous avions fermé nos frontières, testé largement, distribué massivement des masques etc…Il ne peut pas y avoir, en bonne philosophie, de choix entre des catégories de morts qui seraient préférables. Quand on en est arrivé là c’est qu’on subit. En revanche, aujourd’hui, le gouvernement pourrait choisir d’autoriser la généralisation du traitement du Professeur Raoult. (…) En fait, je pense que le dilemme est entre le fatalisme et le désir d’échapper à un destin tracé. Rappelez-vous, il y a quelques semaines, Emmanuel Macron parlait des progrès « inexorables » de l’épidémie. Au contraire, Boris Johnson et Donald Trump, qui sont des lutteurs, des battants, des hommes de liberté, ont commencé par penser qu’il fallait laisser passer l’épidémie, en faisant confiance aux capacités d’immunisation de la population. Puis, ils ont compris que toutes les grippes ne se ressemblent pas et qu’il fallait prendre des mesures. Ils font passer leur société aux tests massifs et au confinement partiel. Le redémarrage de l’économie apparaîtra d’autant plus souhaitable à leurs concitoyens que l’épidémie aura été jugulée. Ce qui est à craindre en France, comme en Italie, c’est qu’on ait deux crises, sanitaire et économique, qui s’éternisent. (…) Si l’on se réfère à la tradition occidentale, née entre Jérusalem, Athènes et Rome, l’être humain est appelé à se libérer des déterminismes naturels ou sociaux. L’homme occidental est celui qui propose à toute l’humanité d’apprendre la liberté, c’est-à-dire le choix. De la Genèse, où l’homme se voit enjoindre de dominer la Création, à René Descartes (il nous faut devenir « comme maîtres et possesseurs de la nature »), on s’est efforcé d’émanciper l’individu. Le grand paradoxe du dernier demi-siècle a consisté dans l’introduction en Occident de philosophies profondément étrangères à la tradition de l’émancipation individuelle, des sagesses orientales à la vénération de la Terre-Mère. La crise du Coronavirus vient nous rappeler que la nature n’est pas cette force bienveillante envers l’humanité que décrivent les écologistes. Et le yoga et le New Age sont de peu de secours pour lutter contre la pandémie. Si j’avais à me tourner vers la théologie, pour dire la même pensée de l’émancipation individuelle, je citerais Saint Ignace: « Agis comme si tout dépendait de toi, en sachant qu’en réalité tout dépend de Dieu ». Quand on voit nos dirigeants avoir comme premier mouvement l’interdiction de la participation à un enterrement mais aussi la fermeture des églises, on se dit que ceux qui ne savent plus agir ne savent plus croire. (…) Tout doit être fait pour sortir du fatalisme ! C’est la seule possibilité de se garder une marge de manoeuvre. Le scénario le plus probable, actuellement dans notre pays est au contraire le cumul des crises, du fait de la passivité des gouvernants, qui prennent des décisions toujours trop tardives. Nous en revenons à la complexité des sociétés modernes. Elle peut être maîtrisée à condition, d’une part, de savoir traiter les innombrables données générées par chaque individu, chaque secteur d’activité; à condition, d’autre part, d’intégrer toutes les dimensions du problème à résoudre dans une stratégie unifiée. Réunir ces deux conditions, c’est commencer à pouvoir choisir ce qui servira le mieux la société et l’économie. Edouard Husson
Puisque les ressources sont rares (et pas seulement les FFP2 et le PQ), nous avons besoin de l’analyse économique (l’oral de rattrapage du pêché originel). Car une seule chose est sûre dans un monde qui (à cause d’Eve !) connait la rareté : l’absence de calcul économique tue. Vous savez déjà que l’absence de calcul conduit à des décisions à l’aveuglette, émotives, au petit bonheur la chance : car vous vous souvenez de la présidence de François Hollande. Il se trouve que l’inefficacité est aussi meurtrière, comme un satané virus, mais en pire : car il n’y a pas de pause dans ce genre d’épidémie, et le R0 est monstrueux, surtout en France où on observe une application très sporadique de l’analyse économique, n’incluant pas une véritable réflexion sur la valeur implicite donnée à la vie humaine au-delà de quelques calculs dans le domaine de l’évaluation de grands projets de transports publics. Il y a inefficacité (et donc des vies inutilement perdues) lorsque les moyens ne sont pas affectés aux actions qui apportent le meilleur « rendement » en termes de nombre de vies sauvées, quel que soit le domaine d’action. Le fait de ne pas adopter une valeur unique de la vie humaine, appliquée de manière cohérente dans tous les domaines de l’action, conduit à la mort de nombreux individus qui auraient pu être sauvés avec les mêmes moyens. (…) C’est particulièrement bien documenté pour l’action publique. En effet, nous ne sommes plus seulement des enfants de Dieu, mais aussi des citoyens-contribuables de l’Etat Providence, et vu l’état des ressources publiques, si vous dépensez des milliards sur un projet de radars qui sauve peu de vies (les 80km/h sur les départementales pour consoler un premier ministre qui ne sert à rien), vous ne pourrez pas les utiliser pour un projet qui en sauverait plus (des masques, des tests, au hasard) mais qui passait jusqu’ici sous les radars médiatiques. Il existe pourtant en France une valeur tutélaire, officielle, de la vie humaine : elle a été fixée en 2013 à 3 millions d’euros par tête (rapport Quinet : Commissariat Général à la Stratégie et à la Prospective, « Éléments pour une révision de la valeur de la vie humaine », 2013), et évolue depuis au rythme de la croissance du PIB par habitant. Je ne suis pas un spécialiste mais cette valeur me parait raisonnable, dans la lignée des chiffres antérieurs de Marcel Boiteux, proche de la médiane européenne et proche de ce que les agents économiques révèlent dans leurs choix concrets (par exemple, en matière d’assurance). Ce chiffre circule surtout dans les administrations pour évaluer les gains liés à un investissement. On dit souvent que c’est du cynisme (le cynique connait le prix de chaque chose et la valeur d’aucune), porté par des économistes impitoyables, mais quand une deux voies peut devenir une trois ou quatre voies plus sûre, mais que cela coûte cher, comment pourrez vous savoir si vous faîtes un bon choix, sans une approximation du prix du temps, et sans une valeur monétaire de la vie ? Notez qu’il existe sur le marché deux méthodes principales pour ce type de calcul, et que la 2e méthode tend à remplacer la première : 1/ la méthode du capital humain perdu par la société lors d’un décès : une mesure monétaire et tangible, la somme de la production future de l’individu (ici, l’analyste financier vaut plus que le laveur de carreaux, c’est dire si ce n’est pas incontestable). Elle reste à la base de la détermination de la valeur de la vie dans le contexte judiciaire, comme le montre les indemnités accordées aux familles des victimes des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis (les indemnités ont varié en fonction des salaires espérés, de 300 000$ pour un individu de 65 ans qui gagnait 10 000$/an, à 4,35 millions de dollars pour un trentenaire gagnant 175.000$/an). On en reparlera peut-être lors du procès Buzin… 2/ la méthode du consentement à payer des individus pour éviter un accroissement de risque : la méthode moderne, qui gagne du terrain car elle part du terrain, des choix opérés par les agents. Aux Etats-Unis, les données issues du marché de l’emploi concluent à un prix de la vie d’environ 9 millions de dollars, c’est à dire qu’un emploi donnant une chance sur 10 000 de mourir dans l’année donnera lieu à une compensation de 900$/an (par rapport à un emploi équivalent sans risque). Cet ordre de grandeur est globalement repris par les agences de régulation US, sans que cela empêche un certain nombre d’incohérences (mais au moins peut-on trouver plus de données explicites chez eux que chez nous) (honte, soi dit en passant, sur notre Parlement, qui devrait s’occuper de l’évaluation des politiques publiques mais qui ne sait pas ce qu’est un taux d’actualisation ou une valeur implicite de la vie) (et honte à la « sécurité » routière, qui base le plus gros de sa propagande sur une étude ancienne et partielle, et fait fi des études nombreuses qui démontent la formule de Nilsson). Bref. Nous valons 3 millions, mais nous n’utilisons que très imparfaitement cette valeur pour améliorer nos décisions publiques. (…) Continuons notre tentative de réponse. Maintenant que nous savons ce que l’on vaut économiquement parlant (ou à peu près), nous pouvons nous faire une idée plus juste de certaines politiques publiques. Deux exemples. L’argent placé dans la protection nucléaire est largement excessif, depuis le début, et même en tenant compte de toutes les redondances nécessaires : l’atome provoquera toujours une peur irrationnelle. Il en va de même pour le Sida dans le domaine de la santé (nul besoin de suivre le professeur Raoult dans son idée que le vaccin est illusoire : la comparaison avec d’autres virus ou maladie moins richement dotés sur le plan budgétaire suffit largement). Comment se situe le Coronavirus dans cette échelle du nombre de vies sauvées par milliard dépensé ? Il nous faut dessiner les contours d’un arbitrage et d’un pic de protection (ce qui n’est pas évident à ce stade, répétons que notre approche est une TENTATIVE). Kip Viscusi est l’universitaire américain de référence sur le sujet du prix de la vie humaine, et son analyse défend l’existence d’une « borne haute » au-delà de laquelle les efforts de sécurité mandatés par la collectivité sont contre-productifs. Selon lui, la mise en œuvre d’une nouvelle régulation de sécurité s’assimile à une réaffectation de moyens, depuis des revenus privés « libres » vers une dépense contrainte visant au respect de la régulation. Or l’espérance de vie des individus s’améliore systématiquement avec leur niveau de revenus (en devenant plus riches, les hommes et les femmes allouent une part croissante de leurs moyens à la santé, réduisant leurs risques de mortalité ; la santé est un « bien supérieur »). Il existe dès lors un point au-delà duquel à trop réduire les revenus privés « libres », on aboutit à réduire l’espérance de vie de la population de l’équivalent d’une vie statistique : ce point se situerait entre 15 et 50 millions de dollars aux USA (donc autour de 15 millions d’euros chez nous, si j’applique les estimations officielles qui toutes considèrent qu’un Américain « vaut » entre deux et trois Français). Au moins une « vie statistique » serait perdue à chaque fois qu’une régulation imposerait 15 millions de dépenses contraintes par tête ; car toute régulation d’amélioration portant une valeur de la vie humaine supérieure à 15 millions d’euros va en fait augmenter le nombre de morts puisque la dépense contrainte de la régulation apporte moins de vies sauvées que la dépense « libre ». Appliquons ce raisonnement à la régulation en cours de division par 4 ou 5 des interactions sociales (le « confinement »). Je fais un vol de concept et de nombreuses approximations, mais ne sommes-nous pas dans l’urgence ?? Cette mesure de sécurité qu’est le confinement ne doit donc pas conduire à plus de 15 millions par mort, c’est-à-dire ne pas coûter à la fin plus de 15M x 20 000 (je suppose que c’est le nombre de morts que nous aurons, en scénario central, sous cette régulation, une fois comptabilisés les morts à domicile et dans les EPAD) = 300 milliards d’euros. Comme l’INSEE nous dit qu’un mois de confinement coûte à l’économie 3 points de PIB annuel, et que nous serons isolés disons 2 mois, le coût économique est de 6% de 2500 milliards, disons 150 milliards (je ne compte pas les atteintes à la croissance potentielle car ici le choc est de court terme, sans grand impact sur le capital humain ou sur le capital physique). Pour l’heure, nous respectons donc largement la norme de Viscusi. Mais de toute façon nous n’avons pas vraiment le choix : compte tenu de la nocivité du virus, de son caractère exponentiel et résilient, un confinement moindre n’allègerait pas du tout la note finale ; si un Français sur 3 chope le virus, et en appliquant une mortalité de 2% (hypothèse très conservatrice, car à ce moment là tout le système sanitaire et politique aura déjà sauté depuis longtemps…), cela donne 500 000 morts (dont au moins 100 000 appartenant à la force de travail, soit 5% de notre main d’œuvre), et alors le plafond de Viscusi se situerait à trois années de PIB pour le pays, c’est-à-dire plus que le coût de la dernière guerre mondiale (l’appareil industriel était encore là, il suffisait de demander à nos industriels de ne plus produire de chars pour les Allemands). En fait, sacrifier deux trimestres de croissance aujourd’hui est une OBLIGATION, pas seulement morale et religieuse, mais aussi économique, et encore plus si on factorise un peu la croissance de long terme. C’est comme ça. Il est vrai que vous avez dans l’autre sens trois fois plus de risques de décéder si vous êtes chômeur. Quand on nous dit que le chômage américain pourrait passer de 3% à 20% (c’est très exagéré mais cela vient du secrétaire mafieux au Trésor, Steven Mnuchin), cela doit peser dans la balance. La crise des opioïdes (qui pour la seule année 2016 a tué plus d’Américains que l’ensemble de leurs soldats morts au Vietnam) a eu pour base la désespérance d’une partie de l’Amérique qui ne bénéficiait pas de la reprise économique. Pierre Meneton de l’INSERM a conclu en 2015 à environ 14 000 décès par an dus au chômage en France (mais c’est surtout valable pour le chômage de longue durée, moins pour les chômeurs conjoncturels liés à une crise du type covid19). A cause des suicides, des addictions, d’un moindre recours au système de santé, etc. Pour mémoire, « on » a imposé de rouler à 80 km/h pour éviter (selon une règle de trois archi-contestable) 400 morts par an, mais passons. 14 000 morts chaque année multipliés par 1,5 millions (si la vie d’un chômeur vaut 50% de la vie d’un non-chômeur, je sens que je vais encore me faire des amis), cela donne une vingtaine de milliards d’euros : vous comprenez pourquoi je ne suis pas néo-autrichien en matière de politique monétaire, pourquoi je milite depuis des années pour une action contra-cyclique déterminée, et pour la fin d’une BCE sponsorisée par Dunlopilo. Car ce petit calcul morbide ne vaut que si les chômeurs conjoncturels se transforment massivement en chômeurs structurels : ce n’est pas un appel à ne pas respecter un confinement strict, c’est à appel à agir rapidement par la politique monétaire et par tous les canaux possibles. Et au final c’est bien ainsi qu’ont calculé les Chinois à la mi-janvier, eux qui n’ont pas trop lu le Talmud mais qui savent compter : ils auraient aimé réduire l’addition de court terme, qui les obligeait à renoncer à leur prévision de croissance 2020 (un 5,7% était nécessaire pour respecter l’engagement d’un doublement du produit national sur 2010-2020), qui les exposait à une crise sociale, et qui leur faisait perdre la face. Mais imaginez 20% de votre population atteinte d’un virus 30 fois plus mortel que la grippe, et sans pouvoir compter de façon sûre sur une solution vaccinale avant un an ou deux : ce n’est pas seulement l’économie qui aurait sauté, mais aussi le régime. Même embourgeoisé, le Parti a encore un certain sens de la conservation : après quelques hésitations, transactions et cafouillages (que nous reverrons en Europe puis aux USA dans les semaines suivantes…), il a tout arrêté pour que tout puisse repartir, façon Lampudesa. Si les responsables politiques se posent la question comme Donald Trump l’a mis en évidence et comme le gouvernement français l’exprime avec plus de subtilité, les citoyens seront probablement de moins en moins au clair sur leurs propres sentiments au fur et à mesure que les effets sociaux se feront sentir. (…) L’utilitarisme est vraiment une position dégueulasse, et conduit souvent à jouer avec le feu : tous les sociologues efféminés nous le disent à longueur de colonnes, de même que nos philosophes universitaires, qui n’ont jamais connu le moindre conflit en dehors de la dialectique et à qui on ne demande jamais de procéder à de vraies décisions en dehors de la notation des copies. Mais la situation pourrait devenir très tendue dans les jours à venir, et relever plus de Jack Bauer que de la revue du MAUSS. « La décision est l’art d’être cruel à temps ». Quand les choses tournent vraiment mal, à la guerre comme à la guerre : et l’utilitarisme revient, ce même utilitarisme qui vers 1945 a sauvé la vie d’un demi million de jeunes Américains, et des millions de Japonais sur des années, au prix de 150 000 morts japonais en 72 heures. Il n’y a pas beaucoup de belles plages sur les côtes nippones, et plein de jolies montagnes propices à la guérilla. Plaçons-nous toutefois dans le pire des scénarios pour nous rendre compte que l’utilitarisme et le calcul économique pur et dur auront bien du mal à passer, ou du moins que ce sera compliqué. Dans ce cadre du pire, et le temps que le vaccin soit produit à grande échelle (un temps considérable), on a deux solutions. Soit « on » choisit un principe de tirage au sort, soit « on » hiérarchise les individus en fonction de leur utilité sociale (c’est déjà ce que font nos réanimateurs, sans trop le dire). On retrouvera ce choix, au-delà des urgences, pour distribuer les doses de vaccin (ou de chloroquine) : la première méthode, le hasard, la file d’attente (disons la méthode soviético-athénienne) a le mérite d’être aveugle, et donc juste, puisque la justice est aveugle (en théorie). Mais ce n’est pas la méthode la plus efficace : ce rationnement par les quantités est très inférieur au rationnement par les prix ; et ce dernier est souvent aussi, au final, plus juste, tant il est vrai que certains dans la file d’attente seront « plus égaux que d’autres » (de nombreuses expériences, tout au long du XXe siècle…). Seulement voilà : un vaccin pricé, quoté ou mis aux enchères provoquerait des remous tels qu’il échouerait certainement. De plus, il faudra bien que tout le monde reçoive sa dose, au final : si la courbe épidémique a été maitrisée par le confinement, le vaccin n’aura qu’une valeur-temps, qui se prête plutôt bien à la file d’attente. Ajoutons que, dans nos sociétés, ce sont les vieux qui ont l’argent, ce qui reviendrait une nouvelle fois à les privilégier en cas de recours au marché, comme depuis 40 ans, sur tout, des finances publiques au combat contre une inflation qui n’existe plus ; rappelons qu’ils sont certes plus exposés, mais qu’ils incorporent moins de vie potentielle. (…) On sait par avance qu’une forme ou une autre de tirage au sort ou de file d’attente sera privilégiée, de sorte que l’espace du marché serait limité à un marché noir par internet où les plus riches, les plus averses au risque ou les plus impatients se soigneront (ou se feront rouler) sous les crachats des médias et du grand public. Ce n’est pas un optimum, au sens de Pareto ou de n’importe qui. Mais ce n’est qu’un scénario, ce n’est qu’une ébauche de réflexion sur ce thème délicat, et, après avoir commencé par le Talmud, finissons par le folklore yiddish : « on doit continuer de vivre, ne serait-ce que par curiosité’. Mathieu Mucherie

Hors du sacrifice point de salut !

En ces temps étranges …

Où pour faire la guerre, l’on se voit sommé par un gouvernement « En marche »… de rester chez soi !

Où, en un incroyable rituel 500 ans après les sanguinaires Aztèques, nos populations entières se voient conviées chaque soir à la même heure au décompte des victimes sacrificiées du jour …

Où reprenant les prédictions proprement apocalyptiques d’un expert britannique qui annonce à présent que du fait qu’elles étaient en fin de vie ou de leurs conditions sous-jacentes jusqu’à deux tiers des victimes du coronavirus seraient mortes n’importe comment à la fin de l’année

Le conseiller scientifique du président américain annonce à son pays et au monde entier la mort possible, pour sa propre nation, de l’équivalent des victimes combinées d’Hiroshima et de Nagasaki

Où la planète entière se lance au même moment dans la plus folle des surenchères au harakiri économique

Où l’origine géographique même d’un virus ne peut plus être mentionnée …

Alors qu’en un véritable  Etat voyou chinois prêt, comme la dernière fois après ses criminelles semaines de mensonges du départ, à reprendre ses pires habitudes

Et en train de régler définitivement à elle toute seule, en une sorte de potlatch proprement planétaire, le problème des espèces animales protégées

Un journal  confirme, ce qu’a pu représenter pour la ville-martyre de Wuhan, le prix du sauvetage des bouchers de Tiananmen

Comment ne pas voir …

Dans le scandale même qu’ont soulevé les propos chocs du vice-gouverneur du Texas …

Appelant non comme on l’a dit à sacrifier les personnes âgées sur l’autel des profits

Ni même à exiger que lesdites personnes âgées se sacrifient

Mais annonçant tout simplement sa résolution à lui et à d’autres membres de sa génération, à se battre, au prix de sa vie pour éviter le sacrifice de l’avenir de toute une génération

La vérité que tiennent tant à cacher, première victime de toute guerre comme on le sait, nos dirigeants les mieux-pensants …

Derrière la fausse alternative entre les vies et l’économie …

Et le véritable potlatch, en centaines de milliards d’euros sans compter nos libertés, qu’ils se préparent à faire …

A savoir comme le rappelait hier même le philosophe Damien Le Guay sur le site Atlantico …

Qu’une crise économique fait aussi des morts …

Et que derrière la générosité jour après jour exhibée de l’Etat pour ses citoyens peut aussi se cacher sans le dire …

Au-delà de la nécessité de dissimuler, à présent éclatante, l’incurie et l’imprévision de décennies …

Un « arbitrage entre la France d’aujourd’hui qui se protège et la France de demain qui devra payer, en remboursant la dette, les protections d’aujourd’hui » … ?

Mais surtout comment ne pas voir …

En cette veille de Pâques …

La vérité bien plus profonde enfin toute nue et crue …

Si brillamment redécouverte, cachée depuis la fondation du monde on s’en souvient, par le philosophe René Girard …

Et regrettée par à la fois Nietzche et Hitler …

Mais déjà évoquée bien avant tout au long des Ecritures sacrées juives…

Notamment dans le fameux jugement de Salomon …

Puis énoncée, sans le savoir nous dit le texte, par le sacrificateur Caïphe il y a 2 000 ans…

Et enfin parfaitement explicitée, en paroles comme dans le don suprême de sa propre vie, par le Christ lui-même …

A savoir contre « l’illusion d’un terrain neutre complètement étranger à la violence » …

L’incontournable fait …

Que l’ « on ne peut renoncer au sacrifice première manière, qui est sacrifice d’autrui, violence contre l’autre, qu’en assumant le risque du sacrifice deuxième manière, le sacrifice du Christ qui meurt pour ses amis »  ?

La palme du cynisme

Convergences révolutionnaires

30 mars 2020

Selon Trump et ses amis, qui veulent remettre les travailleurs au boulot dès avril, le ralentissement de l’économie américaine est aussi dangereuse que le coronavirus. C’est aussi ce que pense Dan Patrick, le vice-gouverneur du Texas, qui a appelé les personnes âgées à aller travailler. Autrement dit, se sacrifier pour « conserver l’Amérique que tout le monde aime ». C’est vrai que les plus âgés sont aussi les plus susceptibles d’être touchée par le virus, alors foutu pour foutu, autant qu’ils aillent se tuer à la tâche !

« L’Amérique qu’on aime » : celle où les plus faibles sont sacrifiés sur l’autel des profits ?

Voir aussi:

Sputnik

Le vice-gouverneur du Texas s’est déclaré prêt à donner sa vie plutôt que de voir l’économie américaine sombrer à cause des mesures sanitaires liées à la pandémie de Covid-19. Selon lui, «beaucoup de grands-parents» à travers le pays partagent cette position.

Nombreux sont les Américains âgés qui sont prêts à «se sacrifier» afin d’empêcher la pandémie de coronavirus de porter un grave préjudice à l’économie nationale et par conséquent au bien-être de leurs petits-enfants, estime le vice-gouverneur du Texas Dan Patrick.

«Mon message est le suivant: reprenons le travail, reprenons la vie normale, soyons intélligents, et ceux d’entre nous qui ont plus de 70 ans, nous nous occuperons de nous», a confié le responsable dans un entretien avec un journaliste de la chaîne Fox News

Lui-même âgé de 69 ans, il s’est dit prêt à mourir plutôt que de voir l’économie américaine détruite par les mesures sanitaires décrétées sur fond de pandémie. D’après lui, cette position est partagée par «beaucoup de grands-parents» à travers le pays.Selon les dernières évaluations de l’Université John-Hopkins, les États-Unis comptent pour le moment 46.450 cas confirmés d’infection au coronavirus, soit le troisième pays le plus touché au monde, ainsi que près de 600 décès.

Voir également:

Coronavirus : Le vice-gouverneur du Texas estime que les personnes âgées devraient se sacrifier pour l’économie

Dan Patrick, lieutenant-gouverneur du Texas (équivalent de vice-gouverneur), a estimé que les grands-parents, comme lui, devaient être prêts à mourir pour sauver l’économie du pays.

Invité lundi soir sur Fox News, il a assuré que le confinement de la population, et donc le ralentissement général de l’économie, était la plus grande menace pour les Etats-Unis.

«Êtes-vous prêt à prendre le risque [d’être malade] afin de conserver l’Amérique que tout le monde aime pour vos enfants et petits-enfants ?» a lancé celui qui est âgé de 69 ans et a six petits-enfants. «Si c’est le deal, je suis prêt à me lancer», a-t-il expliqué, assurant qu’il ne voulait pas «que tout le pays soit sacrifié».

Devant ce discours peu ordinaire, le journaliste a souhaité être sûr de ce que Dan Patrick pensait. «Donc, vous dites essentiellement que cette maladie pourrait vous tuer, mais que ce n’est pas la chose la plus effrayante pour vous. Il y a quelque chose qui serait pire que de mourir ?», a-t-il demandé. Ce à quoi le lieutenant-gouverneur répondu par l’affirmative.

Cette position du responsable républicain, qui peut paraître étonnante, est pourtant en accord avec celle de Donald Trump. Lundi, le président américain a exprimé des doutes sur les restrictions mises en place face au coronavirus, déplorant leur impact sur l’économie. «Nous ne pouvons laisser le remède être pire que le problème lui-même», a-t-il tweeté.

Voir de même:

Texas Lt. Gov. Dan Patrick spurns shelter in place, urges return to work, suggests grandparents should sacrifice

“My message is that let’s get back to work,” Patrick said on Fox News. “And those of us who are 70 plus, we’ll take care of ourselves. But don’t sacrifice the country.”

« Crise sanitaire: les libertés abandonnées ne seront pas retrouvées intactes »
Avec les meilleures intentions, l’Etat devient plus tutélaire que jamais, s’inquiète l’essayiste Jean-Philippe Delsol. Dans quel état sera, demain, la liberté en France?
Jean-Philippe Delsol
Le Figaro
30 mars 2020

Jean-Philippe Delsol est avocat et président de l’Institut de Recherches Économiques et Fiscales (think-tank libéral). Il a notamment publié Éloge de l’inégalité (Manitoba, 2019).


Le Covid-19 prendra des milliers de vies et chaque vie perdue trop tôt est une mort de trop. Il fallait lutter de manière déterminée contre cette épidémie. Mais ne faut-il pas aussi raison garder? Selon les propos de Monsieur Macron, la situation prouverait que «la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe». N’est-ce pas l’inverse? Peut-être payons-nous aujourd’hui des décennies d’étatisation de la santé en France qui ont conduit à une insuffisance du nombre de généralistes et autres praticiens, des urgences en surchauffe permanente et des hôpitaux publics qui manquent de moyens par suite de quotas stupides imposés depuis des décennies aux examens de médecine, d’une sécurité sociale impotente et qui paupérise progressivement médecins et personnels hospitaliers, d’une politique centralisatrice, restrictive et néanmoins très onéreuse, représentant 11,2% du PIB en 2018, parmi les quatre pays dont le financement est le plus élevé de l’OCDE?

Taïwan, dont le système de santé est très largement privatisé, a réussi à maîtriser la propagation de la maladie sans confinement généralisé

Peut-on, doit-on faire confiance à cet État qui n’a pas prévu de stocks suffisants de masques et de tests, qui s’inquiète de l’insuffisance de lits respiratoire et tarde à en appeler aux lits inoccupés des hôpitaux privés? L’État ne sait pas tout! D’autres politiques étaient possibles. Sans confinement généralisé, la Corée du Sud et Taïwan, dont le système de santé est très largement privatisé, ont réussi à maîtriser la propagation de la maladie avec des distributions ou ventes massives de masques de protection et la multiplication des dépistages permettant un suivi des parcours du virus pour chaque patient.

L’État pourtant s’institue désormais en grand ordonnateur. Puisqu’il a renvoyé les salariés chez eux et que d’autres utilisent leur droit de retrait, qui leur permet de quitter leur travail en cas de danger tout en étant payé, il lui faut venir au secours des entreprises en perdition. Va-t-il prendre en charge les loyers des commerces fermés, s’opposer aux cessations de paiement, réquisitionner… et à quel coût? Il a annoncé des dizaines de milliards et il en faudra peut-être des centaines… à la charge des contribuables bien sûr, car ce sont toujours eux qui payent à la fin.

Pourtant, avec l’argent perdu par tant d’activités étouffées dans l’industrie et le commerce, combien d’autres vies aurions-nous pu sauver par la recherche, la découverte accélérée d’autres remèdes et vaccins? Et combien d’autres morts ou d’autres malades causeront indirectement ces faillites inévitables, le chômage qui s’ensuivra, la pauvreté et la détresse qui augmenteront? Il y a ce qui se voit et ce qui ne se voit pas!

Sûr que sa douce tyrannie est bonne, l’État n’en profitera-t-il pas pour étendre son pouvoir sur les citoyens et bientôt sur leur esprit?

Mais l’État aura pris déjà soin des affaires de tous. Il se croira indispensable. Sûr que sa douce tyrannie est bonne, n’en profitera-t-il pas, comme en Chine, pour étendre son pouvoir sur les citoyens et bientôt sur leur esprit qu’il confinera aussi dans une pensée correcte? Pour le craindre, il suffit de lire le projet de loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19 selon lequel «la déclaration de l’état d’urgence sanitaire donne pouvoir au Premier ministre de prendre par décret pris sur le rapport du ministre chargé de la santé, les mesures générales limitant la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion et permettant de procéder aux réquisitions de tout bien et services nécessaires (…)». Il s’agit de nos libertés essentielles, constitutionnelles. Et on les supprime dans une loi d’urgence qui sera adoptée en catimini dans des hémicycles désertés par la peur! Il n’est pas sûr que ce soit conforme à la Constitution, mais qui osera s’y opposer puisque nous sommes en guerre!

Certes, je n’imagine pas que MM. Macron et Philippe instituent aujourd’hui un État totalitaire, mais ils habituent la politique française à ces mesures sur la base d’une situation décrétée d’urgence absolue dans des conditions qui ne le méritaient peut-être pas. Ils augurent mal de l’avenir pour lequel déjà ils parlent de nationaliser, de contrôler la production…

Les libertés dédaignées seront amoindries.

Une nouvelle religion de précaution se sera répandue pour croire que l’héroïsme conduit à vivre chez soi s’il est dangereux d’en sortir. Tous se seront accoutumés à une présence publique plus tutélaire que jamais. Patrons, indépendants et salariés garderont tendue la main qui réclame l’aumône que l’État leur consent après en avoir prélevé le montant sur leur dos. Les libertés dédaignées seront amoindries et difficiles à recouvrer. La puissance publique régnera et aura pris plaisir à son obésité. Sauf si nous savons réagir bien sûr et prendre mesure de toutes choses. Face au Coronavirus, gardons en tête ces mots de Corneille dans Polyeucte: «Je ne hais point la vie, et j’en aime l’usage, / Mais sans attachement qui sente l’esclavage.»

Voir encore:

Crise sanitaire : la dangereuse tentation de la surveillance de masse

Paul Melun et Philippe Dorthela mettent en garde contre la tentation de la surveillance de masse pour régler la crise en cours.

La crise sanitaire est rude pour les démocraties libérales. Impréparées face à une telle onde de choc, le défi est immense pour ces nations plus que jamais ouvertes à une mondialisation où le rôle de l’Etat se réduit à peau de chagrin. Désormais, les démocraties doivent résoudre une équation complexe ; entre garantie des libertés individuelles et efficacité de la gestion de la crise.

L’Europe en crise

L’action trop tardive des gouvernements européens lors des premières semaines a provoqué une propagation non maitrisée du Covid-19 sur plusieurs pays avec un foyer très actif en Italie. En France, le discours affirmant que le pays était largement équipé et que le virus n’était pas plus dangereux qu’une grippe saisonnière dominait largement. Comme du temps de la ligne Maginot et de la guerre éclair (Blitzkrieg), les certitudes d’une protection totalement étanche ont été battues en brèche par les faits.

Désormais, la crise est au cœur du Vieux Continent et la politique de rigueur budgétaire et ses 3% de déficit semble bien dérisoire face aux funestes conséquences des fermetures de lits, des délocalisations de la production de denrées médicales et des baisses de commandes de masques. Au pied du mur, le gouvernement fait le choix d’un comité scientifique sur lequel il fonde ses décisions. Le rôle du politique est pourtant, en consultation étroite avec les experts, d’arbitrer selon des valeurs et avec humanité, il est impensable en démocratie de déléguer le pouvoir démocratique aux mêmes experts.

Faire croire aux Français que face à la crise sanitaire il serait incontournable de recourir à de telles méthodes constitue une grave menace

En parallèle de cette gouvernance des experts, la tentation de la surveillance de masse devient l’un des remèdes qui s’instille insidieusement dans les esprits depuis quelques jours. Des drones sont ainsi déployés dans les rues de Nice ou Paris afin de rappeler à l’ordre les citoyens. Si ce type d’usages reste circonscrit en France, en Asie son usage est bien plus contestable. En Corée du Sud, la stratégie numérique d’identification des citoyens est mise en place et les déplacements des individus sont tracés et contrôlés à distance à l’aide des smartphones. A la manière des récits de science-fiction des années 1980, l’Asie du sud-est devient un terrain d’expérimentation pour une surveillance orwellienne profitant du climat de pandémie.

Là-bas, les individus se déplacent sous l’œil acéré d’un « big brother étatique ». Partout dans le monde, le e-commerce devient incontournable en temps de crise et se donne quasiment une mission de service public auprès des citoyens ; derrière cette image vertueuse et bienveillante reste pourtant un nouveau pouvoir désormais incontournable, aux capacités de surveillance immenses.

La France est aujourd’hui tentée d’emprunter cette voie. Certains experts réclament au comité scientifique français d’explorer ces mesures venues d’Asie. Face à cela Jacques Toubon le défenseur des droits appelle, à raison, à la plus grande prudence sur les libertés individuelles. Faire croire aux Français que face à la crise sanitaire il serait incontournable de recourir à de telles méthodes constitue une grave menace. Ouvrir la voie à de telles mesures, quand bien même nous soyons face à une pandémie, est la garantie de décennies bien plus funestes à l’issue de la crise.

Une tentation liberticide et inefficace

Outre la dimension liberticide de la surveillance de masse, son efficacité très limitée doit être relevée. Les premiers retours d’expérience étrangers montrent que le confinement strict et la distribution massive de masques sont les seules façons d’endiguer le mal en attendant un remède. Ceci réclame de la part de la France deux réponses ; logistique et juridique. Le basculement réel et profond de l’économie nationale afin de mobiliser pleinement l’appareil productif (réquisition de sites industriels notamment) et l’utilisation de l’arsenal juridique dont la constitution de 1958 voulut par le Général de Gaulle permet de disposer en cas de crise.

Demain, l’expertise devra être citoyenne !

La sortie de crise nécessite un Etat fort s’inscrivant dans le strict respect des libertés publiques et dans une action politique au service des citoyens. C’est dans les temps de crise que les démocraties doivent demeurer des lueurs d’espoir, sans jamais éteindre leur humanité au nom d’une hypothétique rationalité, fussent-elles professées par des « experts ». L’après crise ne pourra se passer d’une réflexion collective, pour choisir les nouveaux fondamentaux qui demain orchestreront notre quotidien. Demain, l’expertise devra être citoyenne !

Voir par ailleurs:

Two thirds of coronavirus victims may have died this year anyway, government adviser says

Professor Neil Ferguson said experts were now expecting around 20,000 deaths, although said it may turn out to be a lot less

Up to two thirds of people who die from coronavirus in the next nine months are likely to have died this year from other causes, a government advisor has said.

Professor Neil Ferguson, who is recovering at home from Covid-19, told the Science and Technology Committee that experts were now expecting around 20,000 deaths, although said it may turn out to be a lot less.

But he said that many of those deaths were likely to be old and seriously ill people who would have died from other conditions before the end of the year.

Appearing via videolink, and drinking from a Keep Calm and Carry On mug, Prof Ferguson said: “We don’t know what the level of excess deaths will be in the epidemic, in that, by the end of the year what proportion of people who died from covid would have died? It might be as much as half or two thirds of the deaths we see, because these are people at the end of their lives or have underlying conditions so these are considerations. Fatalities are probably unlikely to exceed 20,000 with social distancing strategies but it could be substantially lower than that and that’s where real time analysis will be needed.”

Prof Ferguson, who sits on the government’s Scientific Advisory Group for Emergencies (Sage) said that the decision to lockdown Britain had been taken because the NHS simply could not have coped with the surge in demand, which would have had a huge knock-on effect for other health services, potentially having unintended consequences.

He said that he expected the virus to peak within 2.5 to three weeks before tailing off and said that the warmer weather could also see transmision dip by up to 20 per cent.

The government’s strategy is to keep people apart to flatten the peak so that the health service can cope with the cases until a vaccine or anti-viral is ready, which is unlikely before the end of the year.

Prof Ferguson said that the new social distancing measures announced by Boris Johnson earlier in the week meant the NHS would now be able to handle the incoming cases of coronavirus.

“The strategy being done now in some areas ICUs will get close to capacity but it won’t be reached at a national level,” he said.

“We are reasonably confident that at a national level we will be within capacity.”

The government has faced widespread criticism for failing to test people in the community and trace the people they have come into contact with, unlike other countries such as South Korea, which managed to contain the virus far more quickly.

But Prof Ferguson said they were unable to adopt a similar strategy because Public Health England (PHE) had informed the Sage committee in January that there was not the capacity to test that number of people.

Instead, the current strategy aim is to suppress transmission indefinitely until other counter-measures are put in place, including a vaccine.

Prof Ferguson said it was clear that widespread testing was needed to help move the country from suppression measures and lockdown into something the country can manage longer-term.

He suggested that local areas may face lockdown if they have especially high rates of infection.

« There will be some resurgence of transmission but the hope is that by employing more focused policies to suppress those local outbreaks, we can maintain infection levels at low levels in the country as a whole indefinitely,” he said.

« It remains to be seen how we achieve this and how practical it proves to be. The long-term exit from this is clearly the hopes around a vaccine.”

However Sage was criticised for its slow response by the Editor of the medical journal the Lancet, who said experts had failed to appreciate just how serious the situation was in China by January, and the risk to Britain.

Richard Horton, said the group did not seem to have read important modelling papers that Chinese scientists had produced early in the epidemic.

There was a mismatch between the urgent warning that was coming from the frontline in China and the pedestrian evaluation of what the likely severity of the outbreak would be,” he told MPs.

“That suggests to me that we didn’t understand fully what was taking place. I think the perspective was largely on the UK but I haven’t seen an outreach to the scientists in China,

“China has top scientists who are doing cutting edge work and have responded in the most unbelievably rapid way so if I had been chair of sage I would have wanted to go to those scientists on the frontline to find out what is coming for us in the UK.”

Voir aussi:

 

26 Responses to Virus de Wuhan: L’espèce ne survit que grâce aux sacrifices (Guess who just got pilloried for calling out the false dilemma of lives vs. money?)

  1. jcdurbant dit :

    FOOLISH OR BRAVE UNWITTING CONTROL GROUP ? (With more than half of all coronavirus patients and casualties, Israel’s ultra-orthodox communities show that social isolation works both at combating the virus and destroying the economy)

    Finally, after daily persuasion and the threat of fines for violators, we began to get the message. Whether or not we thought that destroying the Israeli (and global) economy was a cure far worse than the disease—with a sudden soaring unemployment rate and a virtual demolition of small businesses—we began to follow the directives. We remain apart from family and friends. We stray only 100 meters (328 feet) from our buildings. We do not attend synagogue services, weddings or circumcisions with more than 10 people, a number that the government just lowered to two. We are not able to visit loved ones in the hospital. When one dies, only a handful of us is at liberty to attend his or her funeral.

    The conversations we hold by phone, Skype or Zoom always include a discussion of the latest draconian measure imposed on us to prevent the virus from becoming unmanageable. Arguments abound about the effectiveness of practically impossible quarantines, particularly in small apartments with multiple children and single bathrooms.

    Social media, too, is rife with cynical comments about the futile and oppressive lockdown, with some skeptics going as far as to consider it arbitrary at best and a plot by politicians to exert power at worst.

    The anti-haredi sentiment has reached fever pitch (no pun intended). If the kind of vitriol spewed at the ultra-Orthodox community as a whole had been uttered by non-Jews, it would have been considered anti-Semitic—and rightly so.

    The anger in Israel stems from two emotional impulses: blame and resentment. The current statistics show that more than half of all coronavirus patients and casualties are from haredi communities. We alternate between fearing that they are endangering our health, and fuming at the idea that the government in general and ultra-Orthodox Health Minister Yaakov Litzman in particular are treating them with unjustifiable lenience.

    The truth is more complicated. Unlike the rest of us, who spend all day in front of cell-phone and TV screens, many haredim are off the information grid. So getting the message to them about COVID-19 has been more challenging.

    This is slowly changing, with more rabbis issuing decrees to their congregants to obey the health directives. Even Litzman is now pushing to isolate Bnei Brak completely from its surroundings.

    Whether the campaign to educate the haredi community to practice social distancing will work is questionable, as many live in cramped quarters with 10 or more children. Parents of two children are climbing the walls these days. Imagine what it must be like for those who have a dozen rug rats to keep occupied, not to mention fed, in the confines of small flats. All day, every day.

    Turning against the haredim may be a national pastime, but in this case, we would do better to learn an important lesson from their lack of social distancing: that isolation is an effective policy. In other words, the haredim have served unwittingly as a control group in the experiment to combat the pandemic.

    It is of little comfort to those whose lives are at risk, to be sure. But it should provide us with a degree of confidence that the disruption in our lives and livelihoods hasn’t been for naught.

    Ruthie Blum

    https://www.jns.org/opinion/haredi-statistics-show-that-social-distancing-works/

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  2. jcdurbant dit :

    WAITING FOR THE LORD’S BIG FISH (And Jonah said cast me forth into the sea)

    And he said unto them, Take me up, and cast me forth into the sea; so shall the sea be calm unto you: for I know that for my sake this great tempest is upon you. Nevertheless the men rowed hard to bring it to the land; but they could not: for the sea wrought, and was tempestuous against them. Wherefore they cried unto the Lord, and said, We beseech thee, O Lord, we beseech thee, let us not perish for this man’s life, and lay not upon us innocent blood: for thou, O Lord, hast done as it pleased thee. So they took up Jonah, and cast him forth into the sea: and the sea ceased from her raging. Then the men feared the Lord exceedingly, and offered a sacrifice unto the Lord, and made vows. Now the Lord had prepared a great fish to swallow up Jonah. And Jonah was in the belly of the fish three days and three nights….

    Jonah 1: 13-17

    What bothers me is this forced choice between radical, totalitarian lockdown and silly nothing: what if there were a third, possibly riskier but smarter middle way where you’d minimize contagion while preserving our economy and way of life for our younger generations ?

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  3. jcdurbant dit :

    EN ATTENDANT LE GROS POISSON DU SEIGNEUR (Et Jonas leur dit jetez-moi dans la mer)

    Il leur répondit: Prenez-moi, et jetez-moi dans la mer, et la mer se calmera envers vous; car je sais que c’est moi qui attire sur vous cette grande tempête. Ces hommes ramaient pour gagner la terre, mais ils ne le purent, parce que la mer s’agitait toujours plus contre eux. Alors ils invoquèrent l’Éternel, et dirent: O Éternel, ne nous fais pas périr à cause de la vie de cet homme, et ne nous charge pas du sang innocent! Car toi, Éternel, tu fais ce que tu veux. Puis ils prirent Jonas, et le jetèrent dans la mer. Et la fureur de la mer s’apaisa. Ces hommes furent saisis d’une grande crainte de l’Éternel, et ils offrirent un sacrifice à l’Éternel, et firent des voeux. L’Éternel fit venir un grand poisson pour engloutir Jonas, et Jonas fut dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits.

    Jonas 1: 13-17

    Ce qui me gêne, c’est ce choix forcé entre d’un côté un confinement radical et totalitaire et de l’autre, un total laissez-faire stupide: et s’il y avait une troisième voie, plus risquée mais plus intelligente où on minimiserait la contagion tout en préservant notre économie et notre mode de vie pour nos jeunes générations?

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  4. jcdurbant dit :

    SPUNKY SWEDES

    Unlike nearly every other country in the EU, their children are still attending school, businesses remain open and public parks and playgrounds are as crowded as ever. They are counting on herd immunity to give them long term protection in exchange for some short term risks… Sweden is still in the relatively early stages of having the virus sweep over the nation, but the curve is beginning to climb for them. One Twitter user posted a graph showing the progress of the disease in terms of deaths for both that nation and a couple of their neighbors.

    Over the past week alone the death toll has been starting to climb in all three countries. Norway is faring the best, with a total of just over 30 lives lost as of yesterday. Denmark is doing slightly worse, with just under 80. But Sweden is leading the pack by a wide margin with almost 150.

    Now, it’s worth noting that both Denmark and Norway have roughly half the population (around 5 million) that Sweden does (a little over 10 million). And Denmark’s population is considerably denser, being packed into a much smaller geographic area. So you might expect Sweden’s numbers to be a bit higher. But the slope on the yellow line in that graph has got to be worrisome for them.

    Anders Tegnell, Sweden’s state epidemiologist, is still defending the government’s decision to hold off on any restrictive measures, citing the Public Health Agency of Sweden’s ability to offer expert advice and the government’s hesitancy to override them. But at the same time, he admits that if things go very badly for them as happened in Italy, he will certainly be among those to take the blame.

    This brings us back to the ongoing debate we’ve been having in the United States. We repeatedly hear contradicting claims from people who are supposed to be experts in the field. When looking at the speakeasies currently operating in Manhattan, one doctor claimed that epidemics of respiratory ailments pass quickly, and once 80% of the people have contracted and recovered from the disease, the crisis has passed. Other health officials caution that such a theory may be true, but the American body count will be well into the millions if we did that and it could take all year for the wave to wash over the entire country.

    The bottom line is that Sweden has chosen a very different course from America and most of Europe. It may prove to be the laboratory where we see how effective that method is as compared to nations that are locking down their populations and shutting down their economies. We can only pray that the body count for their experiment doesn’t turn into a complete catastrophe for them…

    https://hotair.com/archives/jazz-shaw/2020/03/31/sweden-going-herd-immunity-will-work/

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  5. jcdurbant dit :

    EN PLUS, C’EST NUTRITIF ET CA PROTEGE DU RHUME (Plus c’est rare ou inhabituel, meilleur c’est pour la santé: comment, entre deux pandémies mondiales, la Chine est en train de régler, définitivement et à elle toute seule à l’échelle de la planète, le problème des espèces protégées)

    « Nous, les Cantonais, nous sommes convaincus depuis toujours que la viande de serpent guérit les maladies. En plus de cela, elle est nutritive et protège du rhume. »

    M. Qiu

    « Sur ce marché, [les animaux] sont touchés par les vendeurs, dépecés, alors qu’ils sont maculés d’urine et que les tiques et les moustiques font une sorte de nuage autour de ces pauvres animaux, par milliers. Ces conditions ont fait que quelques animaux infectés ont forcément infecté d’autres animaux en quelques jours. »

    Didier Sicard

    Alors que la machine de propagande du Parti communiste chinois bat son plein sur les réseaux sociaux, le coronavirus continue à se répandre en Europe. D’après les estimations du Premier ministre Edouard Phillipe, le pic de contamination devrait être atteint en France entre le 4 et le 5 avril. Selon Catherine Hill, épidémiologiste interrogée par RTL, le nombre de décès pourrait lui s’élever à 64 000 dans l’Hexagone.

    Pour combattre l’épidémie, la communauté scientifique s’acharne depuis des mois à retrouver la source première du Covid-19. Après un long travail de recherche, de nombreux experts ont fini par s’accorder sur une piste : l’origine animale. Pour le moment, il n’y a aucune certitude sur la première espèce porteuse du virus. Toutefois, une hypothèse concernant la contagion de l’homme par le virus a été retenue. D’après Didier Sicard, spécialiste des maladies infectieuses interrogé par France Culture, les « marchés d’animaux sauvages » de Wuhan, en Chine, seraient en cause : « Le point de départ de cette pandémie, c’est un marché ouvert de Wuhan dans lequel s’accumulent des animaux sauvages, serpents, chauves-souris, pangolins, conservés dans des caisses en osier. »
    Au menu : grenouilles écorchées vivantes, soupes de serpent, rats et têtes de louveteaux

    A Wuhan, comme dans bien d’autres villes chinoises, pullulent des marchés douteux, quand ils ne sont pas illégaux. « Lorsque j’habitais en Chine, je me suis rendu à Xi An. Une fois arrivé dans la ville, j’ai cherché un endroit pour manger. Naturellement, je me suis dirigé vers le marché. C’est alors que j’ai vu la scène la plus sale de ma vie, confie Marwan, un Français qui a séjourné dans « l’Empire du milieu ». C’était surréaliste. La place croulait de monde, il n’y avait aucune mesure d’hygiène. » Pour décrire l’étendue de son abasourdissement, il peine même à trouver les mots, préférant laisser parler les images.

    Bien que choquante à l’œil occidental, cette photographie n’est pourtant pas la plus représentative des marchés d’animaux sauvages chinois. A Wuhan, épicentre de la pandémie de coronavirus, le marché aux fruits de mer vendait des « louveteaux, des serpents et des rats », selon Les Echos. Encore une fois, ces exemples, déjà poignants, ne sont pas ceux qui alarmeraient le plus les consciences européennes. Néanmoins, ce tweet pourrait bel et bien faire l’affaire…

    Ces pratiques culinaires pour le moins particulières ne se limitent pas uniquement à la Chine. Théodore, un étudiant français en Erasmus au Vietnam, décrit des scènes similaires : « Quand je me promenais sur les marchés, je voyais des grenouilles écorchées vivantes et des chiens éventrés. C’était très sale. » Toutefois, il préfère se garder de tous préjugés “ethnocentristes” : « Déjà, le Vietnam est un pays du tiers-monde. Ses habitants ne bénéficient pas des mêmes infrastructures que nous. D’autre part, il faut aussi souligner que ce type d’alimentation fait partie intégrante de la culture nationale. Ce n’est pas étrange, c’est seulement différent », tente-t-il de justifier.

    Une alimentation ancrée dans la médecine traditionnelle, les coutumes et les croyances populaires

    Loin d’être anecdotique, la consommation d’animaux sauvages est au centre des traditions en Asie. En 2013, Courrier international interrogeait des Cantonais sur leurs pratiques alimentaires. Intrigués par un très populaire vendeur de soupe de serpents, les journalistes questionnaient les clients à son sujet : « Nous, les Cantonais, nous sommes convaincus depuis toujours que la viande de serpent guérit les maladies, souligne M. Qiu. En plus de cela, elle est nutritive et protège du rhume. »

    Ces pratiques traditionnelles servent en effet à justifier les croyances populaires les plus absurdes. En Chine, on trouve « des alcools faits à partir de pénis de tigre ou de testicules de bélier pour la virilité, ou encore des os de tigre pour un squelette solide et des muscles vigoureux »… D’après les journalistes, « ces idées sont poussées de plus en plus loin. Presque toutes les plantes et les animaux rares ou inhabituels se voient maintenant conférer des propriétés médicinales ou nutritionnelles extraordinaires. »

    Au centre des pratiques médicinales et des coutumes traditionnelles, la consommation d’animaux sauvages est un marqueur de classe. Au sujet du fameux pangolin, animal suspecté d’avoir transmis le virus à l’homme, Les Echos précisent que « le pangolin – mammifère le plus braconné au monde – se vend environ 500 yuans (60 euros) les 500 grammes. Pour un animal vivant, les prix doublent. »
    La consommation d’animaux sauvages : une des causes premières des maladies infectieuses

    Selon Christian Walter de la Wild Life Conservation Society, 70% des maladies infectieuses seraient à l’origine issues des animaux sauvages. Selon lui, des marchés comme ceux de Wuhan ou Xi An sont des terrains privilégiés pour provoquer des épidémies. Sur France Culture, la description que fait Didier Sicard du marché de Wuhan semble confirmer la théorie de son collègue américain : « Sur ce marché, [les animaux] sont touchés par les vendeurs, dépecés, alors qu’ils sont maculés d’urine et que les tiques et les moustiques font une sorte de nuage autour de ces pauvres animaux, par milliers. Ces conditions ont fait que quelques animaux infectés ont forcément infecté d’autres animaux en quelques jours. »

    Consciente du haut risque que représentent ces potentiels foyers d’infection, la communauté internationale a plusieurs fois voulu faire interdire la consommation de ces animaux en Chine. En 2003, après l’épidémie du SRAS, un autre coronavirus de source animale, le régime s’était déjà engagé à arrêter momentanément ce commerce dangereux. Malgré tout, les marchés ont rouvert très vite après la fin de la crise. Fin février, quelques mois après le début de l’épidémie, le Parti communiste a renouvelé son engagement en annonçant réfléchir à la fin définitive de ces commerces : « [Il faut] interdire complètement (…), abolir la mauvaise habitude de trop consommer des animaux sauvages et protéger efficacement la santé et la vie de la population. »

    Enième promesse en l’air. Le 29 mars, le quotidien britannique The DailyMail révélait que les marchés avaient déjà repris à Dongguan. Après avoir provoqué plusieurs épidémies mondiales de coronavirus, le gouvernement chinois ne paraît toujours avoir tiré les leçons de ses échecs en matière de politique sanitaire…

    Si l’Europe est désunie, la Chine s’impose.

    Loin d’afficher son pessimisme devant l’absence de réaction chinoise, un proche du ministre de l’Economie Bruno Le Maire semble même confiant pour l’avenir. Selon lui, l’Europe pourrait être un antidote efficace face à l’immobilisme de la Chine. A contre-courant d’un grand nombre de commentateurs prenant le pli du souverainisme, Bercy prétend ainsi que seule l’Union européenne soudée pourrait imposer de nouvelles normes sanitaires à la Chine : « Une Union forte pourrait favoriser un dialogue fructueux avec nos homologues chinois. Mais si l’Europe est désunie, la Chine s’impose. »

    https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/monde/chine-plongee-terrifiante-au-coeur-des-marches-aux-animaux-accuses-detre-les-foyers-de-la-pandemie-117672

    https://www.dailymail.co.uk/news/article-8163761/Chinese-markets-selling-bats.html

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  6. jcdurbant dit :

    WHAT COMPARING OF APPLES AND ORANGES ? (When every death is « with » the coronavirus, how do you know which death is « of » the coronavirus ?)

    « The distinction between dying ‘with’ COVID-19 and dying ‘due to’ COVID-19 is not just splitting hairs. Consider some examples: an 87-year-old woman with dementia in a nursing home; a 79-year-old man with metastatic bladder cancer; a 29-year-old man with leukemia treated with chemotherapy; a 46-year-old woman with motor neurone disease for two years. All develop chest infections and die. All test positive for COVID-19. Yet all were vulnerable to death by chest infection from any infective cause (including the flu). COVID-19 might have been the final straw, but it has not caused their deaths. Consider two more cases: a 75-year-old man with mild heart failure and bronchitis; a 35-year-old woman who was previously fit and well with no known medical conditions. Both contract a chest infection and die, and both test positive for COVID-19. In the first case it is not entirely clear what weight to place on the pre-existing conditions versus the viral infection — to make this judgement would require an expert clinician to examine the case notes. The final case would reasonably be attributed to death caused by COVID-19, assuming it was true that there were no underlying conditions. It should be noted that there is no international standard method for attributing or recording causes of death. Also, normally, most respiratory deaths never have a specific infective cause recorded, whereas at the moment we can expect all positive COVID-19 results associated with a death to be recorded. Again, this is not splitting hairs. Imagine a population where more and more of us have already had COVID-19, and where every ill and dying patient is tested for the virus. The deaths apparently due to COVID-19, the COVID trajectory, will approach the overall death rate. It would appear that all deaths were caused by COVID-19 — would this be true? No. The severity of the epidemic would be indicated by how many extra deaths (above normal) there were overall. Colleagues in Germany feel sure that their numbers are nearer the truth than most, because they had plenty of testing capacity ready when the pandemic struck. Currently the death rate is 0.8 percent in Germany. If we assume that about one-third of the recorded deaths are due to COVID-19 and that they have managed to test a third of all cases in the country who actually have the disease (a generous assumption), then the death rate for COVID-19 would be 0.08 percent. That might go up slightly, as a result of death lag. If we assume at present that this effect might be 25 percent (which seems generous), that would give an overall, and probably upper limit, of death rate of 0.1 percent, which is similar to seasonal flu. Let’s look at the UK numbers. As of 9 a.m. on Saturday there were 1,019 deaths and 17,089 confirmed cases — a death rate of 6.0 percent. If one third of the deaths are caused by COVID-19 and the number of cases is underestimated by a factor of say 15, the death rate would be 0.13 percent and the number of deaths due to COVID-19 would be 340. This number should be placed in perspective with the number of deaths we would normally expect in the first 28 days of March — roughly 46,000. »

    John Lee (former NHS consultant pathologist)

    We often see a ratio expressed: deaths, as a proportion of cases. The figure is taken as a sign of how lethal COVID-19 is, but the ratios vary wildly. In the US, 1.8 percent (2,191 deaths in 124,686 confirmed cases), Italy 10.8 percent, Spain 8.2 percent, Germany 0.8 percent, France 6.1 percent, UK 6.0 percent. A 15-fold difference in death rate for the same disease seems odd among such similar countries: all developed, all with good healthcare systems. All tackling the same disease.

    You might think it would be easy to calculate death rates. Death is a stark and easy-to-measure end point. In my working life (I’m a retired pathology professor) I usually come across studies that express it comparably and as a ratio: the number of deaths in a given period of time in an area, divided by that area’s population. For example, 10 deaths per 1,000 population per year. So just three numbers:

    The trouble is that in the COVID-19 crisis each one of these numbers is unclear.

    1. Why the figures for COVID-19 infections are a vast underestimate

    Say there was a disease that always caused a large purple spot to appear in the middle of your forehead after two days — it would be easy to measure. Any doctor could diagnose this, and national figures would be reliable. Now, consider a disease that causes a variable raised temperature and cough over a period of 5 to 14 days, as well as variable respiratory symptoms ranging from hardly anything to severe respiratory compromise. There will be a range of symptoms and signs in patients affected by this disease; widely overlapping with similar effects caused by many other infectious diseases. Is it COVID-19, seasonal flu, a cold — or something else? It will be impossible to tell by clinical examination.

    The only way to identify people who definitely have the disease will be by using a lab test that is both specific for the disease (detects this disease only, and not similar diseases) and sensitive for the disease (picks up a large proportion of people with this disease, whether severe or mild). Developing accurate, reliable, validated tests is difficult and takes time. At the moment, we have to take it on trust that the tests in use are measuring what we think they are.

    So far in this pandemic, test kits have mainly been reserved for hospitalized patients with significant symptoms. Few tests have been carried out in patients with mild symptoms. This means that the number of positive tests will be far lower than the number of people who have had the disease. Sir Patrick Vallance, the UK government’s chief scientific adviser, has been trying to stress this. He suggested that the real figure for the number of cases could be 10 to 20 times higher than the official figure. If he’s right, the headline death rate due to this virus (all derived from lab tests) will be 10 to 20 times lower than it appears to be from the published figures. The more the number of untested cases goes up, the lower the true death rate.

    2. Why COVID-19 deaths are a substantial over-estimate

    Next, what about the deaths? Many UK health spokespersons have been careful to repeatedly say that the numbers quoted in the UK indicate death with the virus, not death due to the virus — this matters. When giving evidence in parliament a few days ago, Prof. Neil Ferguson of Imperial College London said that he now expects fewer than 20,000 COVID-19 deaths in the UK but, importantly, two-thirds of these people would have died anyway. In other words, he suggests that the crude figure for ‘COVID deaths’ is three times higher than the number who have actually been killed by COVID-19. (Even the two-thirds figure is an estimate — it would not surprise me if the real proportion is higher.)

    This nuance is crucial ­— not just in understanding the disease, but for understanding the burden it might place on the health service in coming days. Unfortunately nuance tends to be lost in the numbers quoted from the database being used to track COVID-19: the Johns Hopkins Coronavirus Resource Center. It has compiled a huge database, with COVID-19 data from all over the world, updated daily — and its figures are used, world over, to track the virus. This data is not standardized and so probably not comparable, yet this important caveat is seldom expressed by the (many) graphs we see. It risks exaggerating the quality of data that we have.

    The distinction between dying ‘with’ COVID-19 and dying ‘due to’ COVID-19 is not just splitting hairs. Consider some examples: an 87-year-old woman with dementia in a nursing home; a 79-year-old man with metastatic bladder cancer; a 29-year-old man with leukemia treated with chemotherapy; a 46-year-old woman with motor neurone disease for two years. All develop chest infections and die. All test positive for COVID-19. Yet all were vulnerable to death by chest infection from any infective cause (including the flu). COVID-19 might have been the final straw, but it has not caused their deaths. Consider two more cases: a 75-year-old man with mild heart failure and bronchitis; a 35-year-old woman who was previously fit and well with no known medical conditions. Both contract a chest infection and die, and both test positive for COVID-19. In the first case it is not entirely clear what weight to place on the pre-existing conditions versus the viral infection — to make this judgement would require an expert clinician to examine the case notes. The final case would reasonably be attributed to death caused by COVID-19, assuming it was true that there were no underlying conditions.

    It should be noted that there is no international standard method for attributing or recording causes of death. Also, normally, most respiratory deaths never have a specific infective cause recorded, whereas at the moment we can expect all positive COVID-19 results associated with a death to be recorded. Again, this is not splitting hairs. Imagine a population where more and more of us have already had COVID-19, and where every ill and dying patient is tested for the virus. The deaths apparently due to COVID-19, the COVID trajectory, will approach the overall death rate. It would appear that all deaths were caused by COVID-19 — would this be true? No. The severity of the epidemic would be indicated by how many extra deaths (above normal) there were overall.

    3. COVID-19 and a time period

    Finally, what about the time period? In a fast-moving scenario such as the COVID-19 crisis, the daily figures present just a snapshot. If people take quite a long time to die of a disease, it will take a while to judge the real death rate and initial figures will be an underestimate. But if people die quite quickly of the disease, the figures will be nearer the true rate. It is probable that there is a slight lag — those dying today might have been seriously ill for some days. But as time goes by this will become less important as a steady state is reached.

    Let me finish with a couple of examples. Colleagues in Germany feel sure that their numbers are nearer the truth than most, because they had plenty of testing capacity ready when the pandemic struck. Currently the death rate is 0.8 percent in Germany. If we assume that about one-third of the recorded deaths are due to COVID-19 and that they have managed to test a third of all cases in the country who actually have the disease (a generous assumption), then the death rate for COVID-19 would be 0.08 percent. That might go up slightly, as a result of death lag. If we assume at present that this effect might be 25 percent (which seems generous), that would give an overall, and probably upper limit, of death rate of 0.1 percent, which is similar to seasonal flu.

    Let’s look at the UK numbers. As of 9 a.m. on Saturday there were 1,019 deaths and 17,089 confirmed cases — a death rate of 6.0 percent. If one third of the deaths are caused by COVID-19 and the number of cases is underestimated by a factor of say 15, the death rate would be 0.13 percent and the number of deaths due to COVID-19 would be 340. This number should be placed in perspective with the number of deaths we would normally expect in the first 28 days of March — roughly 46,000.

    The number of recorded deaths will increase in the coming days, but so will the population affected by the disease — in all probability much faster than the increase in deaths. Because we are looking so closely at the presence of COVID-19 in those who die — as I look at in more detail in my article in this week’s UK edition of The Spectator — the fraction of those who die with COVID-19 (but not of it) in a population where the incidence is increasing, is likely to increase even more. So the measured increase in numbers of deaths is not necessarily a cause for alarm, unless it demonstrates excess deaths — 340 deaths out of 46,000 shows we are not near this at present. Britain has prepared for the worst, but it has not yet happened. The widespread testing of National Health Service staff recently announced may help provide a clearer indication of how far the disease has already spread within the population.

    The UK and other governments have no control over how their data is reported, but they can minimize the potential for misinterpretation by making absolutely clear what its figures are, and what they are not. After this episode is over, there is a clear need for an internationally coordinated update of how deaths are attributed and recorded, to enable us to better understand what is happening more clearly, when we need to.

    John Lee is a recently retired professor of pathology and a former NHS consultant pathologist. This article was originally published on The Spectator’s UK website.

    How to understand — and report — figures for ‘COVID deaths’
    Nuance is crucial — not just in understanding the disease, but for understanding the burden it might place on health services in coming days
    Dr John Lee
    The Spectator
    March 29, 2020

    https://spectator.us/understand-report-figures-covid-deaths/

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  7. jcdurbant dit :

    ET ILS MOURURENT TOUS GUERIS (Cherchez l’erreur quand en trois mois, on passe de l’insouciance conviviale à l’alerte sanitaire et au confinement indifférencié avant… le suicide économique ?)

    « On se croirait revenu après la Nouvelle Politique Économique dans l’URSS de Joseph Staline. L’activité économique n’est pas divisible et arrêtable selon des critères administratifs. Toutes les activités économiques sont indispensables, elles sont reliées, et les productions sont innombrables qui contribuent à la valeur ajoutée finale. Les entreprises sont des plateformes aux interconnexions multiples et surtout il faut continuer, accélérer et valoriser l’innovation qu’elle soit liée à l’épidémie ou non. Seules les activités économiques produisant des biens et des services liés à des loisirs, des mobilités ou des évènements où existent des risques d’augmentation de la transmission doivent être stoppées. Cependant il est nécessaire de les réévaluer si les acteurs inventent une organisation parfaitement sécuritaire et conforme aux prescriptions. Ceci doit être encouragé car la gestion de cette épidémie peut être longue en particulier si des résurgences apparaissent et la soutenabilité des restrictions d’activité est inversement proportionnelle à leur nombre.
    Le confinement total ou le faux espoir de triompher du virus pour périr économiquement

    Le Conseil d’état (CE) a été saisi par un collectif de “jeunes médecins”, l’Ordre et le syndicat des Internes la semaine dernière. Le but était de contraindre l’état à imposer un lockdown à durée indéterminée et à fournir des tests. La décision est parue hier. Pour la première requête c’est bien parti, le CE qui ne connaît rien à la transmissibilité virale ni aux effets bénéfiques de l’activité physique sur l’immunité ne veut pas que vous sortiez et encore moins que vous courriez. Les bases scientifiques de sa décision sont absentes de l’arrêt. Il suggère fortement au PM de revoir sa copie et de l’écrire de manière à ce que l’état, dont l’impéritie a été grande, reprenne le contrôle de vos sorties devant chez vous en marchant, en courant ou en vélo. Le CE apparaît favorable dans son raisonnement à un lockdown économique mais ne l’impose pas car il estime que l’état est incapable d’y pourvoir. Enfin pour les tests, instrument essentiel d’une politique intelligente, le CE considère que le gouvernement a tout fait et qu’il impossible de le contraindre puisqu’il a rempli cette obligation de moyens. Nous allons donc aller vers plus de contraintes et moins de diagnostics certains. Sera-ce vers plus d’efficacité? Il est rationnel d’en douter.

    Nous recommençons à entendre ceux qui n’ont pas vu arriver le TGV qui décime l’Europe, Mrs Hulot, Jadot ou d’autres. Ils n’ont pas de solution mais voudraient culpabiliser encore un peu plus les populations de cette planète alors que c’est une épidémie qui ne doit son génie maléfique qu’à sa capacité de survie et de mutation comme toutes les autres dans notre histoire, HIV, Zyka, Ebola, SRAS, MERS, Influenza… Pour autant ils ne sont pas au pouvoir et ce qui est inquiétant c’est le discours officiel. En effet lors de son intervention le président de la république a évoqué le chômage partiel dans des termes qui conduisent aujourd’hui à considérer que l’état prendra en charge le chômage partiel dans tous les cas sans exception. Il n’en fallait pas plus pour que certains acteurs économiques choisissent l’aléa moral. L’aléa moral consiste pour une entreprise assurée contre un risque à se comporter de manière plus risquée que si elle était totalement exposée au risque. L’arrêt de l’activité doit être dissuadé.

    Partie de Wuhan (Hubei, Chine) l’épidémie se développe vers l’ouest, destination des échanges avec l’Europe et vers l’est c’est à dire les USA. Non seulement l’Europe est touchée mais elle est l’épicentre de l’épidémie et le nombre de morts a dépassé celui de toute la Chine. L’Italie du Nord est le siège d’une catastrophe avec une mortalité élevée comme l’Espagne. Dans le Grand Est de la France un foyer épidémique de grande ampleur s’est déclaré depuis le rassemblement d’une église évangélique… Le système de soins public est dépassé ce qui était prévisible. Pourtant toutes les ressources ne sont pas mobilisées. Comment peut on imaginer que le secteur hospitalier privé puisse avoir été tenu à l’écart? Comme pour la mise à l’écart des médecins généralistes, c’est un choix délibéré. En effet ce n’est pas au moment d’une demande maximale que l’offre de soins doit être réduite. Plusieurs dizaines de lits de réanimation sont disponibles et restent disponibles dans les hôpitaux privés en raison du report des interventions programmées. Pourquoi l’ARS, dont le rôle devrait se cantonner à ces situations d’urgence sanitaire, n’a-t-elle pas coordonné toutes les capacités d’hospitalisation? Ce sont là des questions extrêmement importantes qui ne doivent pas faire oublier que le pays de tant de réussites industrielles n’a pas de masques, de solutions hydro-alcooliques, de tests diagnostique et peine à en produire. Tout semble dicté par la pénurie d’un système de santé publique abandonné et inspiré par une vision exclusive hospitalo-centrée qui ne repose sur aucune base scientifique. Les errements du discours officiel sur les masques, sur la fermeture des frontières, sur l’école, sur les tests en témoigne.

    Plusieurs pays ont rapidement mis en place une communication adaptée en temps réel en parlant plus tôt que l’OMS de pandémie. C’était approprié car la réalité très fidèlement imagée par les tableaux de bord de la diffusion planétaire du virus permettaient de l’affirmer.

    Ce sujet a divisé les pays de l’UE. Il est évident aujourd’hui que le contrôle des frontières est un instrument de sécurité dans une pandémie. On ne peut pas affirmer l’évidence que les virus ne se déplacent que dans un hôte biologique et refuser de contrôler intelligemment les flux aux frontières physiques. Là aussi, par idéologie des erreurs ont été commises.

    Depuis le début les tentatives de justifications rationnelles à propos des tests diagnostics n’a abusé personne. C’est l’absence de tests qui en est la cause. L’Allemagne a conservé le système de soins dans son organisation habituelle et les tests ont été pratiqués sur prescription des médecins généralistes par plus de 400 laboratoires. Comme pour tout autre pathologie. Il n’est jamais trop tard pour bien faire car nous nous installons peu à peu dans la durée de la pandémie. Faire des tests diagnostic pour rechercher le virus ou les signes d’une réponse immunitaire protectrice est fondamental pour les patients et pour le contrôle différencié de l’épidémie en France.

    Une grande confusion règne sur les définitions des mesures et c’est préjudiciable. Nous étions bien partis après le rapatriement de nos ressortissants de Wuhan. L’organisation fut presque parfaite. Nos ressortissants n’ont pas contribué à la transmission. Dès lors que ce schéma a été expliqué et compris par tous comment justifier la suite? Comment refuser aux Français les tests qui permettent un diagnostic plus fiable et la mise en quarantaine (avec l’organisation qui va avec) des personnes contaminantes? Comment faire comprendre que l’on impose un confinement indifférencié voire un lockdown à tous alors que le diagnostic des personnes contaminantes est possible et nécessaire car elles sont les plus nombreuses?
    Le confinement indifférencié est uniquement une mesure de protection immédiate dont il faut sortir au plus vite.

    À l’école, l’instituteur sait qu’il ne faut pas punir tout le monde quand on peut identifier les fauteurs de trouble. C’est pareil pour l’épidémie, il faut contraindre au confinement jusqu’à ce que les comportements, les organisations, les mobilités soient en place pour casser la transmission et permettre de travailler en sécurité. Il faut organiser le dépistage par les tests et ainsi mettre en quarantaine les individus positifs. Il faut confiner strictement les fragiles, dont les critères sont connus et que les médecins peuvent alerter pour qu’ils ne prennent aucun risque. Enfin, le confinement différencié s’adresse aux personnes qui travaillent à l’extérieur et qui doivent rentrer directement à la maison. Il s’adresse aussi dans le cadre familial aux vecteurs qui peuvent effectuer des télé-activités, du télé-enseignement, du télétravail depuis leur domicile mais sans leur interdire de sortir seul pour des activités comme les courses, le sport et ce à pied ou en vélo. Ainsi la société civile redevient capable de fonctionner, de fournir les biens et services sans favoriser la transmission et ce pour plusieurs semaines. Car il y a une courbe d’apprentissage individuel et si nous ne faisons pas cet apprentissage le risque de résurgence augmentera. À l’inverse, le confinement indifférencié dans la durée sera un échec par non observance et/ou effondrement économique. Il n’est pas possible que l’état incapable de faire respecter les consignes et les conditions de fonctionnement qui cassent la transmission par une minorité impose à tous des restrictions d’activité qui au final sont excessives et délétères. Certains pays l’ont compris qu’il s’agisse de l’activité physique ou des marchés.

    Finalement, il faut s’intéresser au moral des français. Les conséquences psychologiques d’une telle pandémie sont inévitables. En minimisant cette dernière, le gouvernement a fait fausse route. Annoncer chaque semaine ou chaque jour que ce qui a été affirmé la veille n’est plus vrai a, le plus souvent, été la conséquence de cette volonté politique de ne pas dire la vérité plutôt qu’un principe de réalité. Or l’excès d’optimisme est pire que la panique. La peur est un sentiment naturel qui comme la douleur ne doit pas être supprimé complètement car le prix à payer est élevé. C’est ce qui s’est passé lorsque les Français ont massivement ignoré le danger en ne respectant pas les consignes visant casser la transmission. En dehors des hors la loi habituels, ce comportement traduisait l’ignorance, une forme de déni ou l’excès de confiance dans des déclarations imprudemment rassurantes qui d’ailleurs ne venaient pas uniquement du gouvernement. Plus que jamais, il faut traiter les Français d’abord comme des adultes. C’est très bon pour leur moral.

    Guy-André Pelouze

    Décryptages » Lutte contre le Coronavirus : ces failles intellectuelles qui fragilisent la méthode française
    La pandémie du SARS Cov-2 à surpris le monde entier et révélé ses fragilités. Notamment en France, où la réponse des dirigeants à l’épidémie, parcellaire et risquée, démontre leurs nombreuses lacunes.
    Guy-André Pelouze
    Atlantico
    24 mars 2020

    https://www.atlantico.fr/decryptage/3588257/lutte-contre-le-coronavirus–ces-failles-intellectuelles-qui-fragilisent-la-methode-francaise-guy-andre-pelouze

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  8. jcdurbant dit :

    EN ATTENDANT LE VACCIN (Contre le virus qui consiste à renvoyer à l’extrême droite quiconque a le mauvais goût de ne pas applaudir à ce système dont les incuries apparaissent de plus en plus au grand jour)

    « Depuis vingt ans, on explique au peuple français que ceux qui alertent sur la folie de la désindustrialisation, ceux qui parlent de filières stratégiques à protéger, sont d’affreux nationalistes, des nostalgiques ringards à l’idéologie nauséabonde, des suppôts de l’extrême droite. Et visiblement, certains ont comme des aigreurs à reconnaître qu’ils se sont plantés. Alors, il faut à tout prix démontrer que ça n’a rien à voir. (…) La « projection des fantasmes », c’est l’argument ultime. Le même qu’on avait vu apparaître avec la crise des gilets jaunes. Vous pensez que les gilets jaunes sont le résultat de trente ans d’abandon des territoires, de recul des services publics, de destruction du tissu de PME dans les villes moyennes ? Voyons, vous projetez vos fantasmes ! (…) Ceux qui ont alerté, ceux qui alerteront, sont d’insupportables idéologues. (…) Les défenseurs de la souveraineté, donc de la capacité à ne pas dépendre d’autres pays pour la production de biens essentiels, sont depuis longtemps qualifiés de « souverainistes », ce qui, en langage médiatique, signifie « d’extrême droite », accusés de vouloir fermer les frontières, assimilés aux identitaires de tous poils. Et bien sûr, quand Emmanuel Macron constate qu’on « a abandonné trop de choses au marché » et qu’il est temps de « reprendre le contrôle », ça n’a rien à voir. Lui, il n’est pas souverainiste, il dresse un constat raisonnable. Et comme il prônait l’inverse il y a quelques semaines encore, il n’est pas soupçonnable d’être dans le mauvais camp. (…) Le virus le plus fréquent en France, celui qui consiste à renvoyer à l’extrême droite quiconque a le mauvais goût de ne pas applaudir à ce système dont les incuries apparaissent de plus en plus au grand jour, n’a pas encore trouvé de vaccin. »

    Natacha Polony

    Aujourd’hui, nombre de commentateurs déploient des trésors de rhétorique pour démontrer que non, les méchants « souverainistes » n’avaient pas raison de plaider pour le maintien de capacités de production en France. Admettre qu’on s’est planté, c’est visiblement douloureux.

    « Union nationale ». Ça sonnerait presque comme une injonction. Malheur à qui viendrait rompre cette belle union. C’est vrai, on est en guerre, il ne faudrait pas commencer à poser des questions ou détourner l’effort des combattants. Contentez-vous d’applaudir les soignants, et, quand on vous le demande, de revenir travailler. D’ailleurs, effort de guerre oblige, on en profitera pour vous rogner quelques droits et quelques libertés. Mais on est en guerre, n’est-ce pas…

    La posture du chef de guerre, hélas, a des ratés. L’air martial et le ton grave, la mobilisation générale, demandent un minimum de crédibilité. Et ce qui semble s’imposer dans une part de l’opinion, c’est que le Président fait ce qu’il peut (pour ceux qui lui accordent au moins ce crédit), mais qu’il ne peut pas grand-chose.

    L’état d’esprit des Français

    Qui se promène sur les réseaux sociaux (seul lieu de « promenade » autorisé en ce moment) y voit, non pas un condensé mais un concentré de l’état d’esprit des Français. Des états d’âmes et des opinions amplifiés, exacerbés, poussés à l’extrême. Bien sûr, il y a les élans de solidarité. Tous ces gens, de quelque milieu que ce soit, qui se mobilisent, parfois en toute discrétion, pour agir, pour faire leur part. Et puis il y a le reste. Le débat, tout à fait justifié, mais aussi les assauts de haines, de jalousie, de soupçon. Les mots-dièse accusateurs, les délires complotistes, les obsessions revanchardes. Les fractures béantes qui se manifestaient depuis des mois ne disparaissent pas. Une crise comme celle que nous vivons est au contraire une centrifugeuse. Et c’est la Nation qui se disloque un peu plus.

    Emmanuel Macron est en train de comprendre ce à quoi est réduit un président français. Appuyer sur des boutons, seul dans le cockpit, et constater que rien ne se passe.

    La grandiloquence présidentielle n’y fera rien. Elle agit plutôt comme un révélateur de l’impuissance. Personne n’ira soupçonner le Président de ne pas faire tout ce qu’il peut pour limiter les effets de cette pandémie. Il faudra bien évidemment discuter les choix, enquêter sur les procédures, une fois l’urgence passée, mais la volonté, elle, est indéniable. Le problème est autre. Emmanuel Macron est en train de comprendre ce à quoi est réduit un président français. Appuyer sur des boutons, seul dans le cockpit, et constater que rien ne se passe.

    « – Faites livrer des masques, des tests, qu’on sache tout de suite qui est malade.
    – Monsieur le Président, on n’en a même pas assez pour les soignants.
    – Mais il faut en fabriquer ! Faites tourner les usines.
    – Mais Monsieur le Président, il n’y a plus d’usine en France depuis longtemps. Souvenez-vous, on trouvait ça génial, une société de services. L’industrie, les usines, c’était ringard. Il fallait que tout le monde devienne autoentrepreneur…
    – Alors on fait quoi?
    – On fait une intervention télé, vous leur dites que les masques, ça sert à rien, mais qu’on est en guerre et qu’on va gagner. »

    Il est des éléments que nul ne pouvait prévoir. La Chine a sous-estimé l’épidémie dans une proportion effarante. Les 45.000 urnes funéraires remises à des familles chinoises de Wuhan, alors que le chiffre officiel des morts chinois est de 3.298, laissent imaginer l’ampleur du mensonge. Et des médecins, supposés spécialistes, ont expliqué durant tout le mois de février que les médias en faisaient trop avec cette épidémie. L’humilité est donc de mise, et les « ils savaient et n’ont rien fait » sont stupides.

    Gouverner, c’est prévoir

    En revanche, il est un principe face à l’incertitude : gouverner, c’est prévoir. Et prévoir même l’imprévisible. C’est-à-dire préparer les instruments pour lutter contre une menace qu’on n’identifie pas encore. « Si tu veux la paix, prépare la guerre ». Et ce qui scandalise nombre de citoyens est l’impression que nous abordons cette supposée guerre totalement désarmés. Pas de respirateurs, pas de masques, pas de réactifs pour les tests. Et la seule usine de production de bouteilles d’oxygène fermée en 2019. La fatalité ? C’est ce qu’essaient de nous faire croire certains commentateurs. Alors que tout cela résulte des politiques mises en œuvres depuis vingt ou trente ans, avec l’assentiment de tout un système politico-médiatique. Emmanuel Macron ne fait qu’hériter d’une situation dont il est loin d’être le principal responsable – mais responsable tout de même, puisqu’il n’a eu de cesse de sanctifier et perpétuer ce système, d’abord en tant que conseiller puis ministre de l’Economie de François Hollande, ensuite comme candidat et président.

    La « projection des fantasmes », c’est l’argument ultime

    Seulement voilà, depuis vingt ans, on explique au peuple français que ceux qui alertent sur la folie de la désindustrialisation, ceux qui parlent de filières stratégiques à protéger, sont d’affreux nationalistes, des nostalgiques ringards à l’idéologie nauséabonde, des suppôts de l’extrême droite. Et visiblement, certains ont comme des aigreurs à reconnaître qu’ils se sont plantés. Alors, il faut à tout prix démontrer que ça n’a rien à voir. Sur France Inter, le 20 mars, on entendait Léa Salamé regretter que « chacun projette ses fantasmes sur cette crise. Les souverainistes, les décroissants, les anti-mondialistes… » Dans Libération, Laurent Joffrin tient à peu près le même genre de discours, quitte à caricaturer la pensée de Marcel Gauchet.

    La « projection des fantasmes », c’est l’argument ultime. Le même qu’on avait vu apparaître avec la crise des gilets jaunes. Vous pensez que les gilets jaunes sont le résultat de trente ans d’abandon des territoires, de recul des services publics, de destruction du tissu de PME dans les villes moyennes ? Voyons, vous projetez vos fantasmes ! D’ailleurs, il n’y a rien à comprendre de cette crise, et surtout pas que les défenseurs du système actuel se sont vautrés dans les grandes largeurs.

    « Reprendre le contrôle »

    Aujourd’hui, même chose. Puisqu’on vous dit qu’on n’aurait pas pu faire mieux ! Et puis, ce n’est pas le moment, on parlera de ça plus tard, pour l’instant, il faut être solidaires et lutter tous ensemble. Et plus tard, quand ce sera fini, on vous dira qu’il n’est plus temps de revenir sur cette crise, qu’elle est derrière nous, qu’il ne faut pas vivre en permanence tourné vers le passé. Ceux qui ont alerté, ceux qui alerteront, sont d’insupportables idéologues. Quand on appartient au cercle de la raison, aux gens propres sur eux qui pensent comme il faut, on s’interdit d’analyser… enfin, surtout quand une analyse honnête obligerait à remettre en cause les dogmes dudit cercle.

    Les défenseurs de la souveraineté, donc de la capacité à ne pas dépendre d’autre pays pour la production de biens essentiels, sont depuis longtemps qualifiés de « souverainistes », ce qui, en langage médiatique, signifie « d’extrême droite », accusés de vouloir fermer les frontières, assimilés aux identitaires de tous poils. Et bien sûr, quand Emmanuel Macron constate qu’on « a abandonné trop de choses au marché » et qu’il est temps de « reprendre le contrôle », ça n’a rien à voir. Lui, il n’est pas souverainiste, il dresse un constat raisonnable. Et comme il prônait l’inverse il y a quelques semaines encore, il n’est pas soupçonnable d’être dans le mauvais camp…

    Temps de guerre ?

    D’ailleurs, fort de cette idée que l’idéologue, c’est toujours l’autre, on peut, dans un journal raisonnable, titrer un article, en dehors de toute idéologie : « Les droites accros à la chloroquine ». Les droites, dont l’extrême droite, mais aussi les mélenchonistes, ce qui prouve bien, n’est-ce pas… Mais en dehors de toute idéologie, bien sûr…

    On peut ne pas goûter les capacités d’autopromotion du professeur Raoult et pour autant se demander si l’allergie légitime du milieu médical aux figures médiatiques ne serait pas, cette fois, un frein dommageable

    Entendons-nous bien. Il est actuellement impossible pour un non-spécialiste d’avoir un avis éclairé sur l’efficacité ou non de la chloroquine. Les discours scientifiques sont éminemment contradictoires et devraient inciter chacun à cultiver l’art de la nuance. En revanche, il est possible de s’interroger sur la façon dont les différents pays s’organisent pour avancer dans les recherches, sur les délais administratifs. Il est permis de se demander si, dans une crise d’une telle ampleur, il ne faut pas prendre davantage de risques qu’en temps normal. On peut ne pas goûter les capacités d’autopromotion du professeur Raoult et pour autant se demander si l’allergie légitime du milieu médical aux figures médiatiques ne serait pas, cette fois, un frein dommageable. De même, on peut avoir conscience de ses limites en matière de recherche biologique et comprendre que la pesanteur administrative explique, bien mieux que la prudence scientifique, le temps qu’il faut à la France pour mettre en route la production de tests efficaces. Quatre laboratoires vétérinaires départementaux se sont ainsi vu refuser l’offre qu’ils faisaient de produire plus de mille tests par jour, au motif qu’on ne mélange pas la santé animale et la santé humaine. Étrange façon de mener une guerre…

    Le virus le plus fréquent en France

    Pointer tout cela relève-t-il du complotisme ou de la déviance idéologique ? A chaque crise, les esprits éclairés nous expliquent que les Cassandre, qui avaient alerté dans l’indifférence générale, sont un peu responsables du malheur qui survient. Qu’ils se taisent, les oiseaux de mauvaise augure, et que la fête reprenne de plus belle ! Le virus le plus fréquent en France, celui qui consiste à renvoyer à l’extrême droite quiconque a le mauvais goût de ne pas applaudir à ce système dont les incuries apparaissent de plus en plus au grand jour, n’a pas encore trouvé de vaccin.

    C’est la guerre, malheur à celui qui se pose des questions !
    Natacha Polony
    Marianne
    30/03/2020

    https://www.marianne.net/debattons/editos/c-est-la-guerre-malheur-celui-qui-se-pose-des-questions

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  9. jcdurbant dit :

    WHEN THE WAFFLE HOUSE CLOSES (The Waffle House index going red tells you everything about the current state of things)

    « When our cathedrals are locked, we worry and wonder if we will ever get back to our idea of normal. »

    Salena Zito

    « We referred to the index as a way to help people understand how big of an impact this virus has had on the restaurant industry. With so few customers visiting our restaurants, we are rapidly losing the ability to offer enough work hours for our associates to earn money needed to live their lives and pay their bills. Hardest hit so far are our restaurants in the Midwest and along parts of the Gulf Coast. »

    Njeri Boss (Waffle house)

    The 24-hour diner chain, born in the Atlanta suburbs 65 years ago and now spreading across 25 states with nearly 2,000 locations, is primarily known for its ability to serve as a touchstone in every community it serves. It feeds a cultlike following among foodies and road warriors. But it is also known for another remarkable distinction: It closes for no disaster.

    Yet at store No. 1673, the doors are now locked. It is one of 418 diners the chain has closed, an announcement made through social media last Wednesday with the hashtag #WaffleHouseIndexRed. The reference is to the Waffle House Index, an informal metric created by the Federal Emergency Management Agency as a measure of the effect a natural disaster is having on a community. A green index means full menu service. Yellow means services have been limited. Red indicates closures — a major disaster. A whole bunch of Waffle Houses including this one hit red on Sunday due to the novel coronavirus.

    The shuttered doors along the first coast-to-coast U.S. highway tells you everything about the state of things. The coronavirus’ spread is likely to get worse in the coming weeks before it gets better — before we get better.

    Waffle House was founded in 1955 by partners Joe Rogers and Tom Forkner. Both men died in their late 90s in 2017, just more than a month apart. The privately held company is now headed by Joe Rogers Jr.

    The Waffle House is a lot of things to a lot of people: It is where the regular guys or gals go after a long Saturday night on the town, and where they go back to on Sunday morning after seeking redemption for Saturday night at church.

    It is a night out for a family of four; the beacon on the highway for the hungry long-distance driver; the place where you and your friends went after the prom; and maybe where you or your child had his or her first job.

    You are never alone at the Waffle House, even if you spend your time contemplating life, staring at the white subway tiles trimmed with black diamonds on a yellow background. In normal times, the odds are good that you’ll walk out with three new friends and hope for the future. But not now.

    Njeri Boss, the director of public relations for the chain, said in a statement that the closures were all related to COVID-19. « We referred to the index as a way to help people understand how big of an impact this virus has had on the restaurant industry, » Boss said. « With so few customers visiting our restaurants, we are rapidly losing the ability to offer enough work hours for our associates to earn money needed to live their lives and pay their bills. Hardest hit so far are our restaurants in the Midwest and along parts of the Gulf Coast. »

    The closure of store No. 1673 here in Chambersburg is listed online as temporary.

    America’s idea of normal is like listening to an old folk song. It is filled with all of the sounds that make up our heritage — the banjo from Africa, the fiddle from Europe and the gospel sounds from the mountain people who first carved out the frontier.

    The lyrics are the stories we tell when we sit at the Waffle House counter alone and together as the jukebox plays.

    We all come from a different place, but we all end up at the same destination, usually at places such as this diner. When our cathedrals are locked, we worry and wonder if we will ever get back to our idea of normal.

    Salena Zito

    https://eu.detroitnews.com/story/opinion/2020/04/02/opinion-coronavirus-even-closed-waffle-house/5097970002/

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  10. jcdurbant dit :

    WHAT CHINA TRAVEL BAN ? (Guess who’s now supporting a racist and useless travel ban ?)

    “We have right now a crisis with the coronavirus, emanating from China. A national emergency worldwide alerts. The American people need to have a president who they can trust what he says about it, that he is going to act rationally about it. In moments like this, this is where the credibility of the president is most needed, as he explains what we should and should not do. This is no time for Donald Trump’s record of hysteria and xenophobia – hysterical xenophobia – and fearmongering to lead the way instead of science.”

    Joe Biden (Biden, Fort Madison, Iowa, Jan. 31, 2020)

    Downplaying it, being overly dismissive or spreading misinformation is only going to hurt us and further advantage the spread of the disease. But neither should we panic, or fall back on xenophobia. Labeling COVID-19 a foreign virus does not displace accountability for the misjudgments that have been taken thus far by the Trump administration. »

    Joe Biden

    https://www.nbcnews.com/politics/2020-election/biden-seeking-project-competence-amid-crisis-announces-coronavirus-plan-n1156946

    « Joe Biden supports travel bans that are guided by medical experts, advocated by public health officials, and backed by a full strategy. Science supported this ban, therefore he did too. Biden’s reference to xenophobia was about Trump’s long record of scapegoating others at a time when the virus was emerging from China and not a reference to the travel ban. »

    Kate Bedingfeld (Biden’s deputy campaign manager)

    Biden campaign says he backs Trump’s China travel ban
    https://edition.cnn.com/2020/04/03/politics/joe-biden-trump-china-coronavirus/index.html

    “The United States and other countries around the world have put in place unprecedented travel restrictions in response to the virus. These measures have not proven to improve public health outcomes, rather they tend to cause economic harm and to stoke racist and discriminatory responses to this epidemic. »

    Democratic Rep. Eliot L. Engel

    https://foreignaffairs.house.gov/2020/2/engel-statement-at-coronavirus-outbreak-subcommittee-hearing

    « This is a virus that happened to pop up in China. But the virus doesn’t discriminate between Asian versus non-Asian. In our response we can’t create prejudices and harbor anxieties toward one population. We shouldn’t have an antagonistic relationship with the Chinese. We should be working hand in hand. Besides the diplomatic blowback, the travel ban probably doesn’t make sense, since the outbreak has already spread to several other countries. »

    Rep. Ami Bera (D-Calif.)

    https://www.politico.com/news/2020/02/04/coronavirus-quaratine-travel-110750

    « We need to seriously reexamine the current policy of banning travel from China and quarantining returning travelers. All of the evidence we have indicates that travel restrictions and quarantines directed at individual countries are unlikely to keep the virus out of our borders. These measures may exacerbate the epidemic’s social and economic tolls and can make us less safe. Simply put, this virus is spreading too quickly and too silently, and our surveillance is too limited for us to truly know which countries have active transmission and which don’t. The virus could enter the U.S. from other parts of the world not on our restricted list, and it may already be circulating here. The U.S. was a target of travel bans and quarantines during the 2009 flu pandemic. It didn’t work to stop the spread, and it hurt our country. I am concerned that by our singling out China for travel bans, we are effectively penalizing it for reporting cases. This may diminish its willingness to further share data and chill other countries’ willingness to be transparent about their own outbreaks. Travel bans and quarantines will make us less safe if they divert attention and resources from higher priority disease mitigation approaches that we know are needed to respond to cases within the United States. … We often see, when we have emerging disease outbreaks, our first instinct is to try to lock down travel to prevent the introduction of virus to our country. And that is a completely understandable instinct. I have never seen instances in which that has worked when we are talking about a virus at this scale. Respiratory viruses like this one, unlike others–they just move quickly. They are hard to spot because they look like many other diseases. It’s very difficult to interrupt them at borders. You would need to have complete surveillance in order to do that. And we simply don’t have that. »

    Dr. Jennifer Nuzzo (Johns Hopkins, Democrat House subcommittee hearing, Feb. 5 2020)

    https://foreignaffairs.house.gov/hearings?ID=41B2E5E9-E5F8-4869-94F0-019DB3DFD037

    NO FEAR AND STIGMA, PLEASE

    « We reiterate our call to all countries not to impose restrictions inconsistent with the International Health Regulations. Such restrictions can have the effect of increasing fear and stigma, with little public health benefit. So far, 22 countries have reported such restrictions to WHO. »

    WHO chief Tedros Adhanom Ghebreyesus

    https://www.who.int/dg/speeches/detail/who-director-general-s-opening-remarks-at-the-technical-briefing-on-2019-novel-coronavirus

    https://www.voanews.com/science-health/coronavirus-outbreak/beijing-denounces-international-restrictions-planes-china

    WHAT NOT ONLY USELESS BUT TOO-LATE CHINA TRAVEL BAN ? (430 000 – 40 000 = 390 000)

    Since Chinese officials disclosed the outbreak of a mysterious pneumonialike illness to international health officials on New Year’s Eve, at least 430,000 people have arrived in the United States on direct flights from China, including nearly 40,000 in the two months after President Trump imposed restrictions on such travel, according to an analysis of data collected in both countries. The bulk of the passengers, who were of multiple nationalities, arrived in January, at airports in Los Angeles, San Francisco, New York, Chicago, Seattle, Newark and Detroit. Thousands of them flew directly from Wuhan, the center of the coronavirus outbreak, as American public health officials were only beginning to assess the risks to the United States…Mr. Trump has repeatedly suggested that his travel measures impeded the virus’s spread in the United States. “I do think we were very early, but I also think that we were very smart, because we stopped China,” he said at a briefing on Tuesday, adding, “That was probably the biggest decision we made so far.” Last month, he said, “We’re the ones that kept China out of here.” But the analysis of the flight and other data by The New York Times shows the travel measures, however effective, may have come too late to have “kept China out,” particularly in light of recent statements from health officials that as many as 25 percent of people infected with the virus may never show symptoms. Many infectious-disease experts suspect that the virus had been spreading undetected for weeks after the first American case was confirmed, in Washington State, on Jan. 20, and that it had continued to be introduced. In fact, no one knows when the virus first arrived in the United States. During the first half of January, when Chinese officials were underplaying the severity of the outbreak, no travelers from China were screened for potential exposure to the virus. Health screening began in mid-January, but only for a number of travelers who had been in Wuhan and only at the airports in Los Angeles, San Francisco and New York. By that time, about 4,000 people had already entered the United States directly from Wuhan, according to VariFlight, an aviation data company based in China. The measures were expanded to all passengers from China two weeks later…

    NYT

    https://www.realclearpolitics.com/video/2020/03/12/dr_anthony_fauci_travel_ban_to_china_absolutely_made_a_difference.html

    https://abcnews.go.com/Politics/government-response-coronavirus-fauci-backs-trump-travel-ban/story?id=69557417

    WHAT BORDERS ?

    Sanders also slammed President Trump’s response to the coronavirus outbreak – and said that he would not consider closing the border, no matter what. « If you had to, would you close down the borders? » Baier asked, referring to efforts to stop the spread of coronavirus. « No, » Sanders replied flatly. He went on to condemn xenophobia and suggest that scientists would need to outline the appropriate approach…

    https://www.foxnews.com/politics/bernie-sanders-fox-news-town-hall-michigan

    WHAT NO TRAVEL BAN ACT ?

    https://thehill.com/homenews/house/486825-gop-leaders-call-on-pelosi-to-pull-travel-ban-bill-over-coronavirus

    https://www.nytimes.com/…/opi…/china-travel-coronavirus.html

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  11. jcdurbant dit :

    WHAT SOCIAL DISTANCING ? (With well under a million people spread across 77,000 square miles and a population density 200 times lower than New York City, South Dakota was practicing social distancing long before the Chinese virus came along)

    The prisoners were panicking in Pierre. On March 23, an inmate at the Pierre Community Work Center, South Dakota’s minimum-security prison for women, was taken to be tested for Covid-19. Her fellow prisoners decided they were doomed. At 8:43 p.m. they jimmied open an exterior door, and nine of them escaped into the night, fleeing the disease.
    The escapees were among the few Dakotans showing much sign of concern. Reading about China, New York and Italy, it’s tempting to believe the end times have come. Prairie people aren’t so apocalyptic.

    In February, government officials and newspaper columnists were mulling the possibility of riots and looting, as though the Great Plains were about to become the set of “Mad Max.” A few weeks later and things have settled. These days the mood is surprisingly relaxed. Chalk it up to a simple fact: South Dakota has seen few cases of coronavirus. As of April 3, it had some of the lowest numbers in the country, with 165 confirmed cases, two deaths, 57 recoveries and 4,217 negative tests.
    Perhaps something more elemental explains the lack of alarm. “Midwesterners aren’t really panickers,” says José-Marie Griffiths, president of Dakota State University. South Dakota is an agricultural state, a place where the foundation of local culture remains the old farms and ranches. People are taught from an early age to keep their feelings to themselves, work hard and expect that something will go wrong. A deadly pandemic threatening lives and livelihoods only confirms everybody’s worldview. The social expectation is impassivity.

    This sangfroid irritates some. “We’ve been sitting here for two hours listening to public comments, and the majority of them were against taking harsh actions,” complained Rapid City Mayor Steve Allender at a City Council meeting on March 22. Nonetheless, Rapid City did order the closing of some public businesses, even while Mr. Allender tried to reassure his constituents that he was not planning a citywide shutdown. Sioux Falls, on the other hand, has prohibited gatherings in bars, restaurants and city-owned property.

    With well under a million people spread across 77,000 square miles, South Dakota was practicing its own form of social distancing long before the coronavirus came along. Most of the state’s current measures are prophylactic, drawn more from national and international news than from anything local. What works in a big coastal city may not be helpful in a place like Custer, population 2,067. South Dakota’s population density is around 11 people per square mile. For comparison, New York City has more than 26,000 people per square mile.

    Even in a place where life moves slower, things are slowing down. “We are seeing huge increases at the state level in unemployment, people that do not have jobs, that are needing help to pay their bills,” Gov. Kristi Noem said on Thursday. Still, the rural Midwest may suffer less than other regions, with demand for livestock, wheat and corn likely to remain strong.

    It’s no consolation to the business owners and workers who are already suffering to say that things aren’t as bad as they could be, but the real effect on the state’s economy won’t be felt until summer. Tourism supports roughly 55,000 jobs in South Dakota, and last summer visitors spent $4.1 billion. Note that the total state budget in 2019 was only $4.9 billion.
    Tourists won’t be coming from overseas to see Mount Rushmore or the Badlands this year. Americans from other states might not risk visiting either. Hundreds of thousands could skip the annual Sturgis Motorcycle Rally in August, which usually puts a bulge in state coffers. Businesses that cater to tourists typically carry winter losses in anticipation of summer sales. Their lines of credit are already stretched as far as they will go.

    For now, at least, South Dakotans seem to be pressing on in their usual way. After 150 years, something of the prairie—the open spaces, the distant horizons—has worked its way into the stoic souls and laconic speech of those who live here. People here know how to keep their distance. It comes naturally.

    By the end of the week, seven of the nine women who escaped the Pierre Community Work Center had been recaptured. The warden resigned, of course. But even at the women’s prison, life goes on pretty much as usual.

    Ms. Bottum is a civil-engineering student at the South Dakota School of Mines.

    https://www.wsj.com/articles/social-distancing-comes-naturally-in-south-dakota-11585953135

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  12. jcdurbant dit :

    WHAT ECONOMIC ELITISM ? (Staying home privilege: Spot the error when the ability to panic becomes a privilege among those who rarely have to do it)

    “Less than one in five black workers and roughly one in six Hispanic workers are able to work from home. Only 9.2 percent of workers in the lowest quartile of the wage distribution can telework, compared with 61.5 percent of workers in the highest quartile.”

    Economic Policy Institute

    People like to say that the coronavirus is no respecter of race, class or country, that the disease Covid-19 is mindless and will infect anybody it can. In theory, that is true. But, in practice, in the real world, this virus behaves like others, screeching like a heat-seeking missile toward the most vulnerable in society. And this happens not because it prefers them, but because they are more exposed, more fragile and more ill. What the vulnerable portion of society looks like varies from country to country, but in America, that vulnerability is highly intersected with race and poverty. Early evidence from cities and states already shows that black people are disproportionately affected by the virus in devastating ways. As ProPublica reported, in Milwaukee County, Wis., as of Friday morning, 81 percent of the deaths were black people. Black people make up only 26 percent of that county. As for Chicago, WBEZ reported Sunday that “70 percent of Covid-19 deaths are black,” and pointed out about surrounding Cook County, “While black residents make up only 23 percent of the population in the county, they account for 58 percent of the Covid-19 deaths.” The Detroit News reported last week, “At least 40 percent of those killed by the novel coronavirus in Michigan so far are black, a percentage that far exceeds the proportion of African-Americans in the Detroit region and state.” If this pattern holds true across other states and cities, this virus could have a catastrophic impact on black people in this country.

    And yet, we are still not seeing an abundance of news coverage or national governmental response that center on these racial disparities. Many states haven’t even released race-specific data on cases and deaths. The federal government hasn’t either. Partly for this reason, we are left with deceptive and deadly misinformation. The perception that this is a jet-setters’ disease, or a spring breakers’ disease, or a “Chinese virus” as President Trump likes to say, must be laid to rest. The idea that this virus is an equal-opportunity killer must itself be killed.

    And, we must dispense with the callous message that the best defense we have against the disease is something that each of us can control: We can all just stay home and keep social distance.

    As a report last month by the Economic Policy Institute pointed out, “less than one in five black workers and roughly one in six Hispanic workers are able to work from home.”

    As the report pointed out, “Only 9.2 percent of workers in the lowest quartile of the wage distribution can telework, compared with 61.5 percent of workers in the highest quartile.”

    If you touch people for a living, in elder care or child care, if you cut or fix their hair, if you clean their spaces or cook their food, if you drive their cars or build their houses, you can’t do that from home.

    Staying at home is a privilege. Social distancing is a privilege.

    The people who can’t must make terrible choices: Stay home and risk starvation or go to work and risk contagion.

    And, this isn’t just happening here, it is happening with poor people around the world, from New Delhi to Mexico City.

    If they go to work, they must often use crowded mass transportation, because low-wage workers can’t necessarily afford to own a car or call a cab.

    Such is the life of the working poor, or those slightly above poverty, but still struggling. Our entire discussion around this virus is stained with economic elitism. In social media commentary about images of packed buses and crowds of delivery workers outside restaurants, people chastise black and brown people for not always being inside, but many of those doing the chastising do so from comfortable homes with sufficient money and food.

    People can’t empathize with what it truly means to be poor in this country, to live in a too-small space with too many people, to not have enough money to buy food for a long duration or anywhere to store it if they did. People don’t know what it’s like to live in a food desert where fresh fruit and vegetables are unavailable and nutrient-deficient junk food is cheap and exists in abundance.

    People are quick to criticize these people for crowding into local fast food restaurants to grab something to eat. Not everyone can afford to order GrubHub or FreshDirect.

    Furthermore, in a nation where too many black people have been made to feel that their lives are constantly under threat, the existence of yet another produces less of a panic. The ability to panic becomes a privilege existing among those who rarely have to do it.

    I wholeheartedly encourage everyone who can to stay home, but I’m also aware enough to know that not everyone can or will, and that it is not simply a pathological disregard for the common good.

    If you are sheltering in place in an ivory tower, or even a comfortable cul-de-sac or a smartly well-appointed apartment, and your greatest concern is boredom and leftover food, please stop scolding those scratching to survive.

    Charles Blow

    QUEL ELITISME ECONOMIQUE ? (Rester à la maison est un privilège: cherchez l’erreur quand la possibilité de paniquer devient un privilège réservé aux personnes qui ont rarement à le faire)

    « Moins d’un travailleur noir sur cinq et environ un travailleur hispanique sur six est en mesure de travailler à son domicile. Seulement 9,2 % des personnes faisant partie du quart inférieur de l’échelle des rémunérations peuvent travailler à distance, contre 61,5 % des personnes appartenant au quart le plus élevé.”

    Economic Policy Institute

     » La possibilité de paniquer est un privilège réservé aux personnes qui ont rarement à le faire. (…) J’encourage du fond du cœur tous ceux qui le peuvent à rester chez eux, mais je suis aussi conscient que tout le monde ne le peut pas et qu’il ne s’agit pas simplement d’un mépris pathologique pour l’intérêt général. Si vous êtes réfugiés dans une tour d’ivoire ou un appartement douillet et que votre plus grande préoccupation est l’ennui et les restes de nourriture, cessez de vous en prendre à ceux qui font ce qu’ils peuvent pour survivre. »

    Charles Blow

    On entend dire que le Covid-19 ne respecte ni races, ni classes sociales ni pays, qu’il ne fait pas de distinguo et touchera tous ceux qu’il peut. C’est vrai en théorie, mais en pratique, dans le monde réel, le nouveau coronavirus se comporte comme tous les autres et fonce en hurlant comme un missile thermoguidé sur les membres les plus vulnérables de la société. Et ce n’est pas parce qu’il les préfère mais parce qu’ils sont plus exposés, plus fragiles et plus malades. Les catégories les plus vulnérables de la société varient selon les pays mais, aux États-Unis, la vulnérabilité est fortement liée à la race et à la pauvreté. Les premières données en provenance des villes et des États montrent que les Noirs sont affectés de façon disproportionnée par le virus, avec des conséquences dramatiques. D’après le [site d’investigation] ProPublica, au 3 avril, les Noirs représentaient 81 % des décès dans le comté de Milwaukee, dans le Wisconsin, alors qu’ils ne constituent que 26 % de la population de ce comté. La station de radio locale WBEZ a annoncé le 5 avril que “70 % des personnes mortes du Covid-19” à Chicago étaient “noires” et que “si les Noirs ne constituaient que 23 % de la population” du comté de Cook, qui entoure la ville, ils représentaient “58 % des décès dus au Covid-19”. Le quotidien local The Detroit News a rapporté la semaine dernière que “40 % au moins des personnes tuées par le Covid-19 dans le Michigan” étaient “noires, un pourcentage qui dépasse de loin la proportion d’Africains-Américains dans la région de Detroit et dans l’État du Michigan.” Si ce schéma se retrouve dans d’autres États et d’autres villes, ce virus risque d’avoir un impact catastrophique sur les Noirs américains. Pourtant, la couverture médiatique et la réponse des autorités ne semblent pas se concentrer sur ces disparités raciales. On se retrouve donc face à une désinformation aux conséquences mortelles. Il faut arrêter de penser que cette maladie ne touche que les membres de la “jet-set” ou les gens qui partent en vacances, ou que c’est un “virus chinois” comme se plaît à l’affirmer le président Trump. Il faut également arrêter de s’imaginer que ce virus tue sans distinction. Et il faut arrêter de déclarer simplement que la meilleure défense que l’on ait vis-à-vis de cette maladie consiste à faire quelque chose que tout le monde peut faire : rester chez soi et maintenir une distance sociale.

    Comme le pointait un rapport de l’Economic Policy Institute [Institut de politique économique] publié fin mars, “moins d’un travailleur noir sur cinq et environ un travailleur hispanique sur six est en mesure de travailler à son domicile”. Le rapport précisait : “Seulement 9,2 % des personnes faisant partie du quart inférieur de l’échelle des rémunérations peuvent travailler à distance, contre 61,5 % des personnes appartenant au quart le plus élevé.”

    Si on exerce un métier qui implique de toucher des gens, parce qu’on s’occupe de personnes âgées ou qu’on garde des enfants, si on leur coupe les cheveux, si on nettoie leur logement ou si on prépare leurs repas, si on conduit leur voiture ou si on construit leur maison, on ne peut pas faire ça de chez soi.

    Les personnes qui ne peuvent pas faire de télétravail doivent faire des choix terribles : rester à la maison et risquer de mourir de faim ou aller travailler et risquer d’attraper la maladie. Et c’est la même chose pour les pauvres du monde entier, de New Delhi à Mexico.

    S’ils vont travailler, ils doivent souvent emprunter des transports publics bondés parce qu’un travailleur percevant un bas salaire ne peut pas nécessairement se permettre d’avoir une voiture ou d’appeler un taxi.

    Telle est la vie des travailleurs pauvres ou de ceux qui sont légèrement au-dessus du seuil de pauvreté mais ont quand même du mal à s’en sortir.

    Tout le débat sur ce virus est entaché d’élitisme économique. Les commentaires postés sur les réseaux sociaux sous les images de bus bondés et de grappes de livreurs qui attendent devant les restaurants reprochent aux Noirs et aux minorités de ne pas rester confinés, mais beaucoup de ces donneurs de leçons sont installés dans des logements confortables avec suffisamment d’argent et de nourriture.

    Ils sont incapables de comprendre ce que c’est vraiment que d’être pauvre, de vivre dans un espace trop petit, avec trop de gens, de ne pas avoir assez d’argent pour faire des provisions de nourriture ni de place où entreposer ses stocks si on pouvait en faire. Ils ne savent pas ce que c’est que de vivre dans un désert alimentaire où les fruits et légumes frais sont introuvables mais la malbouffe, bon marché et abondante.

    Ils s’empressent de reprocher à ces gens de s’entasser dans les fast-foods pour trouver quelque chose à manger, mais tout le monde n’a pas les moyens de s’approvisionner auprès de plateformes comme GrubHub ou FreshDirect.
    La possibilité de paniquer

    En outre, dans ce pays où on a fait sentir à trop de Noirs que leur vie était constamment menacée, l’existence d’une menace de plus ne provoque pas vraiment la panique. La possibilité de paniquer est un privilège réservé aux personnes qui ont rarement à le faire.

    J’encourage du fond du cœur tous ceux qui le peuvent à rester chez eux, mais je suis aussi conscient que tout le monde ne le peut pas et qu’il ne s’agit pas simplement d’un mépris pathologique pour l’intérêt général.

    Si vous êtes réfugiés dans une tour d’ivoire ou un appartement douillet et que votre plus grande préoccupation est l’ennui et les restes de nourriture, cessez de vous en prendre à ceux qui font ce qu’ils peuvent pour survivre.

    Charles Blow

    https://www.courrierinternational.com/article/inegalites-aux-etats-unis-les-noirs-et-les-plus-pauvres-touches-de-plein-fouet-par-lepidemie

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  13. jcdurbant dit :

    QUEL PRINCIPE TUEUR-PAYEUR ? (Cherchez l’erreur quand le pyromane donne des leçons de morale aux grands brûlés et le Figaro compare le désastre planétaire du virus chinois à la guerre d’Irak ?)

    La responsabilité de la Chine est avérée dans la pandémie que nous subissons. Le Covid-19 est une zoonose, c’est-à-dire une maladie où un agent infectieux propre aux animaux parvient à passer à l’homme. Le virus actuel – comme ses prédécesseurs ayant provoqué le sras (syndrome respiratoire aigu sévère, 2003), la grippe aviaire (2004) et la grippe porcine H1N1 (2009) – est né sur un marché traditionnel chinois, où s’entassent animaux domestiques et sauvages vivants dans des conditions d’hygiène répugnantes, avant d’être abattus sur place après leur achat.

    Ces marchés sont qualifiés d’«humides», car y coulent quantité de liquides d’origine animale. Or, dès 2010, des médecins chinois, dont Zhong Nanshan (l’un des plus grands pneumologues au monde, héros de la lutte contre le sras et ancien président de l’Association médicale chinoise) avaient publiquement demandé la fermeture de ce genre de marchés, sans recevoir la moindre écoute.

    Alors que cette maladie très contagieuse est apparue à Wuhan en novembre 2019, le Parti communiste chinois (PCC), faisant passer l’idéologie avant la science, a commis trois forfaits. Il a, le 1er janvier 2020, arrêté les médecins de l’hôpital central qui sonnaient l’alarme. Puis il a déclaré à l’OMS, le 13 janvier 2020, qu’il n’y avait pas de preuve que la maladie était transmissible d’homme à homme. Enfin, il a autorisé, le 18 janvier 2020, que se tienne à Wuhan un banquet patriotique géant de 40.000 personnes. Ces trois semaines perdues dans le combat initial contre le virus pèsent aujourd’hui très lourd. Si la maladie avait été traitée dès qu’elle a surgi, il n’y aurait pas aujourd’hui de pandémie.

    Mais, au lieu de reconnaître sa responsabilité, le PCC se livre à une pratique bien connue des psychologues: l’inversion accusatoire, où l’on accuse autrui de ses propres turpitudes. Le 13 mars 2020, Zhao Lijian, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a osé tweeter que «l’armée américaine pourrait avoir apporté l’épidémie à Wuhan», à la faveur de jeux sportifs militaires. De même, dans une série de tweets à proprement parler incroyables, l’ambassade de Chine à Paris a osé se vanter que la Chine gère mieux le Covid-19 car elle a «ce sens de la collectivité et du civisme qui fait défaut aux démocraties occidentales.» C’est le pyromane qui vient donner des leçons de morale aux grands brûlés…

    En développant son pharaonique projet commercial de «nouvelles routes de la soie», le président Xi Jinping nous avait promis un scénario gagnant-gagnant. Or, la mondialisation à la chinoise se traduit aujourd’hui par un sinistre d’ampleur mondial parce que le PCC a refusé de prendre en compte des éléments sanitaires et épidémiologiques cruciaux, fort anciens et bien connus.

    Il serait donc légitime que la Chine accorde des compensations financières aux États touchés par la pandémie. Ce malheur planétaire n’offre-t-il pas une belle occasion d’introduire en droit le principe d’une «responsabilité internationale»?

    De même que les entreprises se sont vues imposer le principe du pollueur-payeur, il ne serait pas anormal que les États doivent aussi payer quand, refusant de tenir compte des alertes qui leur sont prodiguées, ils commettent des erreurs qui aboutissent à des désastres. Le problème est qu’il n’existe aucune institution au monde capable de fixer le montant d’une telle indemnité globale puis de l’imposer à un pays aussi puissant que la Chine.

    Cependant, aux États-Unis, des sénateurs ont déjà commencé à demander que la Chine «paie les dégâts» provoqués par son impéritie. On imagine aisément quelle pourra être la réponse des diplomates chinois. Ils demanderont des comptes à l’Amérique pour sa catastrophique invasion militaire de l’Irak de mars 2003, alors qu’elle avait été solennellement invitée à y renoncer par un discours à l’Onu du ministre des Affaires étrangères de la France, son plus vieil allié.

    La Chine pourrait aussi considérer qu’afin de réparer sa réputation internationale, elle aurait intérêt à proposer le paiement d’une indemnité globale. Hélas, même si c’est moralement regrettable, la Chine ne paiera pas. En effet, payer signifierait pour Pékin reconnaître sa responsabilité. Or, un tel aveu serait suicidaire pour le PCC, qui cherche à dissimuler sa mauvaise gestion initiale de la crise à sa propre population.

    Si faire payer Pékin n’est pas en notre pouvoir, nous pouvons en revanche réduire drastiquement notre dépendance à l’égard de la Chine, en relocalisant nos productions stratégiques sur le territoire national et européen, à commencer par celle des médicaments. La relocalisation industrielle est le vrai pari gagnant-gagnant de la décennie. Les Occidentaux y retrouveraient prospérité économique et souveraineté. La Chine, elle, en se recentrant sur son marché intérieur, pourrait mieux s’occuper de sa propre population.

    https://www.lefigaro.fr/vox/monde/renaud-girard-helas-la-chine-ne-paiera-pas-20200413

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  14. jcdurbant dit :

    SPOT THE ERROR !

    Apr. 14: WHO official says she suspected human-to-human transmission ‘right from the start’

    https://www.theblaze.com/news/who-official-human-transmission-coronavirus

    « Based on the preliminary information from the Chinese investigation team, no evidence of significant human-to-human transmission and no health care worker infections have been reported. At this stage, there is no infection among healthcare workers, and no clear evidence of human to human transmission. »

    WHO news release (Jan 12)

    https://www.who.int/csr/don/12-january-2020-novel-coronavirus-china/en/

    « To date, there has been no suggestion of human to human transmission of this new coronavirus. There have been no infections reported among health care workers, which can be an early indicator of person to person spread. At present, WHO does not recommend any specific health measures for travelers in relation to this event. WHO advises against the application of any travel or trade restrictions on China based on the information available. »

    WHO news release (Jan 13)

    https://www.who.int/thailand/news/detail/13-01-2020-thailand-responding-to-the-novel-coronavirus

    « To date, China has not reported any cases of infection among healthcare workers or contacts of the cases. Based on the available information there is no clear evidence of human-to-human transmission. No additional cases have been detected since 3 January 2020 in China. Additional investigation is needed to ascertain the presence of human-to-human transmission, modes of transmission, common source of exposure and the presence of asymptomatic or mildly symptomatic cases that are undetected. It is critical to review all available information to fully understand the potential transmissibility among humans.

    WHO news release (Jan 14)

    https://www.who.int/csr/don/14-january-2020-novel-coronavirus-thailand-ex-china/en/

    RIGHT FROM THE START (Dec. 27: Wuhan health officials are told that a new coronavirus is causing the illness; Jan. 18: Annual Wuhan Lunar New Year banquet: tens of thousands of people gathered for a potluck; Jan. 23: Wuhan and three other cities are put on lockdown, some 5 million people leave the city without being screened for the illness)

    Dec. 10: Wei Guixian, one of the earliest known coronavirus patients, starts feeling ill.

    Dec. 16: Patient admitted to Wuhan Central Hospital with infection in both lungs but resistant to anti-flu drugs. Staff later learned he worked at a wildlife market connected to the outbreak.

    Dec. 27: Wuhan health officials are told that a new coronavirus is causing the illness.

    Dec. 30:

    Ai Fen, a top director at Wuhan Central Hospital, posts information on WeChat about the new virus. She was reprimanded for doing so and told not to spread information about it.
    Wuhan doctor Li Wenliang also shares information on WeChat about the new SARS-like virus. He is called in for questioning shortly afterward.
    Wuhan health commission notifies hospitals of a “pneumonia of unclear cause” and orders them to report any related information.

    Dec. 31:

    Wuhan health officials confirm 27 cases of illness and close a market they think is related to the virus’ spread.
    China tells the World Health Organization’s China office about the cases of an unknown illness.

    Jan. 1: Wuhan Public Security Bureau brings in for questioning eight doctors who had posted information about the illness on WeChat.

    An official at the Hubei Provincial Health Commission orders labs, which had already determined that the novel virus was similar to SARS, to stop testing samples and to destroy existing samples.

    Jan. 2: Chinese researchers map the new coronavirus’ complete genetic information. This information is not made public until Jan. 9.

    Jan. 7: Xi Jinping becomes involved in the response.

    Jan. 9: China announces it has mapped the coronavirus genome.

    Jan. 11–17: Important prescheduled CCP meeting held in Wuhan. During that time, the Wuhan Health Commission insists there are no new cases.

    Jan. 13: First coronavirus case reported in Thailand, the first known case outside China.

    Jan. 14: WHO announces Chinese authorities have seen « no clear evidence of human-to-human transmission of the novel coronavirus. »

    Jan. 15: The patient who becomes the first confirmed U.S. case leaves Wuhan and arrives in the U.S., carrying the coronavirus.

    Jan. 18:

    The Wuhan Health Commission announces four new cases.
    Annual Wuhan Lunar New Year banquet. Tens of thousands of people gathered for a potluck.

    Jan. 19: Beijing sends epidemiologists to Wuhan.

    Jan. 20:

    The first case announced in South Korea.
    Zhong Nanshan, a top Chinese doctor who is helping to coordinate the coronavirus response, announces the virus can be passed between people.

    Jan. 21:

    The U.S. Centers for Disease Control and Prevention confirms the first coronavirus case in the United States.
    CCP flagship newspaper People’s Daily mentions the coronavirus epidemic and Xi’s actions to fight it for the first time.
    China’s top political commission in charge of law and order warns that “anyone who deliberately delays and hides the reporting of [virus] cases out of his or her own self-interest will be nailed on the pillar of shame for eternity. »

    Jan. 23: Wuhan and three other cities are put on lockdown. Right around this time, approximately 5 million people leave the city without being screened for the illness.

    Jan. 24–30: China celebrates the Lunar New Year holiday. Hundreds of millions of people are in transit around the country as they visit relatives.

    Jan. 24: China extends the lockdown to cover 36 million people and starts to rapidly build a new hospital in Wuhan. From this point, very strict measures continue to be implemented around the country for the rest of the epidemic.

    https://www.axios.com/timeline-the-early-days-of-chinas-coronavirus-outbreak-and-cover-up-ee65211a-afb6-4641-97b8-353718a5faab.html

    Mar. 12: WHO announces Covid19 a pandemic

    http://www.euro.who.int/en/health-topics/health-emergencies/coronavirus-covid-19/news/news/2020/3/who-announces-covid-19-outbreak-a-pandemic

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  15. jcdurbant dit :

    QUAND TRUMP POINTE LA CHINE, DEVINEZ QUI L’IDIOT REGARDE ? (Critiquer Trump est trop facile et permet de continuer à ignorer les tabous et faux-semblants de l’ordre international sur lesquels brutalement celui-ci met le doigt)

    « Il serait trop simple de se focaliser sur la méthode sans s’interroger sur le fond de la critique trumpienne. Comme souvent, celui-ci met le doigt brutalement sur des tabous et faux-semblants de l’ordre international. L’OMS n’a pas été exemplaire dans sa gestion de crise. Dans les premières semaines de l’épidémie, l’organisation a répété sans distance les éléments de langage de Beijing. Ainsi le 14 janvier, dans un tweet, l’OMS affirme «qu’il n’existe aucune preuve claire de transmission d’homme à homme». Le Dr Tedros a loué la réponse chinoise offrant, selon lui, «un nouveau standard» dans la lutte contre les épidémies, malgré l’opacité et les mensonges du régime chinois. Certes, les organisations internationales doivent, par définition, trouver un équilibre entre les intérêts des États qui les composent, en particulier les grandes puissances, mais la proximité entre la propagande chinoise et le langage officiel de l’organisation mérite débat. (…) critiquer la réponse de Trump est insuffisant et facile sans une réflexion exigeante sur la réforme de l’OMS et plus généralement des organisations internationales. Une fois le pic de la crise sanitaire passée, il faudra étudier, de façon indépendante, la performance de l’OMS et en tirer les conclusions. Les Européens peuvent jouer un rôle d’équilibre pour promouvoir cet effort de réforme. (…) Il existe un risque de fragmentation de l’ordre international. La crise du Coronavirus va accélérer des tensions et tendances préexistantes. Et la rivalité stratégique sino-américaine n’y échappera pas. C’est d’ailleurs l’un des rares sujets d’accord bipartisan à Washington. À la Conférence de Sécurité de Munich en février par exemple, la présidente de la Chambre de Représentants Nancy Pelosi, opposante démocrate à Trump, responsable de la procédure d’impeachment contre lui, mettait en garde les Européens contre l’adoption de la technologie 5G de l’opérateur chinois Huawei, répétant ainsi les mises en garde de l’administration républicaine. Les partisans d’un “découplage” économique avec la Chine sont renforcés dans l’administration tandis que certains suggèrent la mise en place d’organisations internationales alternatives composées des États-Unis et de leurs alliés, ou leur contournement pur et simple avec des arrangements ad hoc (ce qui est déjà le cas dans le domaine commercial). La Chine quant à elle, avec la mise en place de la Route de la Soie ou de la Banque Asiatique de Développement, crée ses propres rapports de dépendance avec ses partenaires, en dehors des institutions post 1945. (…) L’option d’un découplage sino-américain est peu réaliste au vu des interdépendances entre les deux pays, mais le coronavirus va renforcer les appels, à gauche comme à droite, à un reflux de la globalisation, déjà alimentés par les effets de la désindustrialisation de la Rust Belt du nord des États-Unis et l’exigence de la lutte contre le changement climatique. Par ailleurs, en Europe comme aux États-Unis, il faut s’attendre à une définition plus large de la souveraineté et de la sécurité nationale qui influera la sécurité alimentaire, les approvisionnements médicaux, la recherche scientifique, le digital, le rapatriement de certaines chaînes de productions. Réconcilier cette volonté de souveraineté avec l’exigence de coopération globale sera une tâche ardue pour les dirigeants au lendemain de la crise. »

    Benjamin Haddad

    https://www.lefigaro.fr/vox/monde/oms-trump-met-le-doigt-brutalement-sur-les-tabous-de-l-ordre-international-20200417

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  16. jcdurbant dit :

    ONE VIRUS TOO FAR (Paper tiger and sick man of the world: If the upside of strongman rule is the ability to make difficult decisions quickly, the downside is that it greatly raises the odds of making costly blunders)

    « It would be one of history’s greatest ironies [that] despite the lessons the CCP has learned from the Soviet implosion and the steps it has taken since 1991 to avoid the same fate, the end of one-party rule in China could follow an eerily similar script. »

    Minxin Pei

    Over the past few years, the United States’ approach to China has taken a hard-line turn, with the balance between cooperation and competition in the U.S.-Chinese relationship tilting sharply toward the latter. Most American policymakers and commentators consider this confrontational new strategy a response to China’s growing assertiveness, embodied especially in the controversial figure of Chinese President Xi Jinping. But ultimately, this ongoing tension—particularly with the added pressures of the new coronavirus outbreak and an economic downturn—is likely to expose the brittleness and insecurity that lie beneath the surface of Xi’s, and Beijing’s, assertions of solidity and strength.The United States has limited means of influencing China’s closed political system, but the diplomatic, economic, and military pressure that Washington can bring to bear on Beijing will put Xi and the Chinese Communist Party (CCP) he leads under enormous strain.

    Indeed, a prolonged period of strategic confrontation with the United States, such as the one China is currently experiencing, will create conditions that are conducive to dramatic changes.

    As tension between the United States and China has grown, there has been vociferous debate about the similarities and, perhaps more important, the differences between U.S.-Chinese competition now and U.S.-Soviet competition during the Cold War. Whatever the limitations of the analogy, Chinese leaders have put considerable thought into the lessons of the Cold War and of the Soviet collapse. Ironically, Beijing may nevertheless be repeating some of the most consequential mistakes of the Soviet regime.

    During the multidecade competition of the Cold War, the rigidity of the Soviet regime and its leaders proved to be the United States’ most valuable asset. The Kremlin doubled down on failed strategies—sticking with a moribund economic system, continuing a ruinous arms race, and maintaining an unaffordable global empire—rather than accept the losses that thoroughgoing reforms might have entailed. Chinese leaders are similarly constrained by the rigidities of their own system and therefore limited in their ability to correct policy mistakes. In 2018, Xi decided to abolish presidential term limits, signaling his intention to stay in power indefinitely. He has indulged in heavy-handed purges, ousting prominent party officials under the guise of an anticorruption drive. What is more, Xi has suppressed protests in Hong Kong, arrested hundreds of human rights lawyers and activists, and imposed the tightest media censorship of the post-Mao era. His government has constructed “reeducation” camps in Xinjiang, where it has incarcerated more than a million Uighurs, Kazakhs, and other Muslim minorities. And it has centralized economic and political decision-making, pouring government resources into state-owned enterprises and honing its surveillance technologies. Yet all together, these measures have made the CCP weaker: the growth of state-owned enterprises distorts the economy, and surveillance fuels resistance. The spread of the novel coronavirus has only deepened the Chinese people’s dissatisfaction with their government.

    The economic tensions and political critiques stemming from U.S.-Chinese competition may ultimately prove to be the straws that broke this camel’s back. If Xi continues on this trajectory, eroding the foundations of China’s economic and political power and monopolizing responsibility and control, he will expose the CCP to cataclysmic change.

    Since taking power in 2012, Xi has replaced collective leadership with strongman rule. Before Xi, the regime consistently displayed a high degree of ideological flexibility and political pragmatism. It avoided errors by relying on a consensus-based decision-making process that incorporated views from rival factions and accommodated their dueling interests. The CCP also avoided conflicts abroad by staying out of contentious disputes, such as those in the Middle East, and refraining from activities that could encroach on the United States’ vital national interests. At home, China’s ruling elites maintained peace by sharing the spoils of governance. Such a regime was by no means perfect. Corruption was pervasive, and the government often delayed critical decisions and missed valuable opportunities. But the regime that preceded Xi’s centralization had one distinct advantage: a built-in propensity for pragmatism and caution.

    In the last seven years, that system has been dismantled and replaced by a qualitatively different regime—one marked by a high degree of ideological rigidity, punitive policies toward ethnic minorities and political dissenters at home, and an impulsive foreign policy embodied by the Belt and Road Initiative (BRI), a trillion-dollar infrastructure program with dubious economic potential that has aroused intense suspicion in the West. The centralization of power under Xi has created new fragilities and has exposed the party to greater risks. If the upside of strongman rule is the ability to make difficult decisions quickly, the downside is that it greatly raises the odds of making costly blunders. The consensus-based decision-making of the earlier era might have been slow and inefficient, but it prevented radical or risky ideas from becoming policy.

    Under Xi, correcting policy mistakes has proved to be difficult, since reversing decisions made personally by the strongman would undercut his image of infallibility. (It is easier politically to reverse bad decisions made under collective leadership, because a group, not an individual, takes the blame.) Xi’s demand for loyalty has also stifled debate and deterred dissent within the CCP. For these reasons, the party lacks the flexibility needed to avoid and reverse future missteps in its confrontation with the United States. The result is likely to be growing disunity within the regime. Some party leaders will no doubt recognize the risks and grow increasingly alarmed that Xi has needlessly endangered the party’s standing. The damage to Xi’s authority caused by further missteps would also embolden his rivals, especially Premier Li Keqiang and the Politburo members Wang Yang and Hu Chunhua, all of whom have close ties to former President Hu Jintao. Of course, it is nearly impossible to remove a strongman in a one-party regime because of his tight control over the military and the security forces. But creeping discord would at the very least feed Xi’s insecurity and paranoia, further eroding his ability to chart a steady course.

    A strongman who has suffered setbacks—as Mao Zedong did after the Great Leap Forward, a modernization program that centralized food production, leading to some 30 million deaths by famine in the early 1960s—naturally fears that his rivals will seize the opportunity to conspire against him. To preempt such threats, the strongman typically resorts to purges, which Mao did four years after the end of the Great Leap Forward by launching the Cultural Revolution, a movement intended to eliminate “bourgeois elements” in society and in the government. In the years ahead, Xi may come to rely on purges more than he already does, further heightening tensions and distrust among the ruling elites.

    A key component of Washington’s strategic confrontation with Beijing is economic “decoupling,” a significant reduction of the extensive commercial ties that the United States and China have built over the last four decades. Those advocating decoupling—such as U.S. President Donald Trump, who launched a trade war with China in 2018—believe that by cutting China off from the United States’ vast market and sophisticated technology, Washington can greatly reduce the potential growth of China’s power. In spite of the truce in the trade war following the interim deal that Trump struck with Xi in January 2020, U.S.-Chinese economic decoupling is almost certain to continue in the coming years regardless of who is in the White House, because reducing the United States’ economic dependence on China and constraining the growth of China’s power are now bipartisan aims.

    Since the Chinese economy today is less dependent on exports as an engine of growth—exports in 2018 accounted for 19.5 percent of GDP, down from 32.6 percent in 2008—decoupling may not depress China’s economic growth as much as its proponents have hoped. But it will certainly have a net negative impact on the Chinese economy, one that may be amplified by the country’s domestic economic slowdown, which is itself the product of a ballooning debt, the exhaustion of investment-driven growth, and a rapidly aging population. The slowdown may be further exacerbated by Beijing’s attempt to shore up near-term growth with unsustainable policies, such as increased bank lending and investment in wasteful infrastructure projects.

    As their standard of living stalls, middle-class Chinese may turn against the party.

    As the economy weakens, the CCP may have to contend with the erosion of popular support resulting from a falling or stagnant standard of living. In the post-Mao era, the CCP has relied heavily on economic overperformance to sustain its legitimacy. Indeed, the generations born after the Cultural Revolution have experienced steadily rising living standards. A prolonged period of mediocre economic performance—say, a few years in which the growth rate hovers around three or four percent, the historical mean for developing countries—could severely reduce the level of popular support for the CCP, as ordinary Chinese grapple with rising unemployment and an inadequate social safety net.

    In such an adverse economic environment, signs of social unrest, such as riots, mass protests, and strikes, will become more common. The deepest threat to the regime’s stability will come from the Chinese middle class. Well-educated and ambitious college graduates will find it difficult to obtain desirable jobs in the coming years because of China’s anemic economic performance. As their standard of living stalls, middle-class Chinese may turn against the party. This won’t be obvious at first: the Chinese middle class has traditionally shied away from politics. But even if members of the middle class do not participate in anti-regime protests, they may well express their discontent indirectly, in demonstrations over such issues as environmental protection, public health, education, and food safety. The Chinese middle class could also vote with its feet by emigrating abroad in large numbers.

    An economic slowdown would also disrupt the CCP’s patronage structure, the perks and favors that the government provides to cronies and collaborators. In the recent past, a booming economy provided the government with abundant revenue—total revenue in absolute terms tripled between 2008 and 2018—providing the resources the CCP needed to secure the loyalty of midlevel apparatchiks, senior provincial leaders, and the managers of state-owned enterprises. As the Chinese economic miracle falters, the party will find it harder to provide the privileges and material comforts that such officials have come to expect. Party elites will also need to compete harder among themselves to get approval and funding for their pet projects. Dissatisfaction among the elites may spiral if Xi’s prized priorities, such as the BRI, continue to receive preferential treatment and everyone else must economize.

    Finally, in the event of a dramatic slowdown, the Chinese government will most likely find itself confronting greater resistance in the country’s restive periphery, especially in Tibet and Xinjiang, which contain China’s most vocal ethnic minorities, and in Hong Kong, which was British territory until 1997 and retains a different system of governance with far more civil liberties. To be sure, escalating tensions in China’s periphery will not bring the CCP down. But they can be costly distractions. Should the party resort to overly harsh responses to assert its control, as is likely to be the case, the country will incur international criticism and harsh new sanctions. The escalation of human rights violations in China would also help push Europe closer to the United States, thus facilitating the formation of a broad anti-China coalition, which Beijing has been desperately trying to prevent.

    Although middle-class discontent, ethnic resistance, and pro-democracy protests won’t force Xi out of power, such pervasive malaise would undoubtedly further erode his authority and cast doubts on his capacity to govern effectively. Economic weakness and elite demoralization could then push Beijing over the edge, leading the CCP toward calamity.

    In theory, the CCP should be capable of avoiding or mitigating the damage from an economic slowdown. An effective strategy would incorporate some of the valuable lessons Xi’s predecessors learned from the collapse of the Soviet Union. Moscow continued to provide significant aid to Cuba, Vietnam, and several vassal states in Eastern Europe well into the Soviet Union’s twilight years. The regime also pursued a costly military intervention in Afghanistan and funded proxies in Angola and Southeast Asia. To avoid those kinds of mistakes, Beijing should prioritize the conservation of its limited financial resources to sustain the open-ended great-power conflict. In particular, China should retrench from its expansionist projects, above all the BRI, and other foreign assistance programs, such as the grants and concessional loans it has provided to Cambodia, Cuba, Venezuela, and several developing countries in Africa. Beijing might incur considerable short-term costs—namely, the loss of prestige and goodwill—but over the long term, China would avoid the perils of imperial overreach and preserve enough funds to recapitalize its banking system, which has been exhausted by excessive lending in the last decade.

    Beijing should also build stronger ties with U.S. allies to prevent Washington from recruiting them into a broad anti-China coalition. To do so, the regime will have to offer enormous economic, diplomatic, military, and political concessions, such as opening the Chinese market to Japan, South Korea, and Europe; ensuring the protection of intellectual property; making significant improvements in human rights; and abandoning certain territorial claims. Xi’s government has already taken steps to repair ties with Japan. But to truly court U.S. allies and avert a slowdown, either Xi or his successors will need to go further, undertaking market-oriented reforms to offset the economic losses caused by decoupling. The large-scale privatization of state-owned enterprises is a good place to start. These inefficient behemoths control nearly $30 trillion in assets and consume roughly 80 percent of the country’s available bank credit, but they contribute only between 23 and 28 percent of GDP. The efficiency gains that would be unleashed by reining in the state’s direct role in the economy would be more than enough to compensate for the loss of the U.S. market. The economist Nicholas Lardy has estimated that genuine economic reforms, in particular those targeting state-owned enterprises, could boost China’s annual GDP growth by as much as two percentage points in the coming decade.

    Xi will probably beat the drums of Chinese nationalism to counter the United States.

    Unfortunately, Xi is unlikely to embrace this strategy. After all, it runs against his deeply held ideological views. Most of China’s recent foreign and security policy initiatives bear his personal imprint. Curtailing or abandoning them would be seen as an admission of failure. As a result, the CCP might be limited to tactical adjustments: promoting public-private partnerships in the economy, deregulating certain sectors, or reducing government spending. Such steps would represent an improvement but would probably neither raise sufficient revenue nor appeal strongly enough to U.S. allies to decisively alter the course of the U.S.-Chinese confrontation.

    Instead, Xi will probably beat the drums of Chinese nationalism to counter the United States. Ever since the 1989 Tiananmen Square protests—which shook the party to its core and resulted in a government crackdown on dissent—the CCP has ceaselessly exploited nationalist sentiment to shore up its legitimacy. In the event of decoupling and an economic slowdown, the party will likely ramp up those efforts. This should not be hard at first: most Chinese are convinced that the United States started the current conflict to thwart China’s rise. But ironically, fanning the flames of nationalism could eventually make it harder for the party to switch to a more flexible strategy, since taking a vigorous anti-American stance will lock in conflict and constrain Beijing’s policy options.

    The party would then have to turn to social control and political repression. Thanks to its vast and effective security apparatus, the party should have little difficulty suppressing internal challenges to its authority. But repression would be costly. Faced with rising unrest fueled by economic stagnation, the party would have to devote substantial resources to stability, largely at the expense of other priorities. Strict social control would also likely alienate some elites, such as private entrepreneurs and high-profile academics and writers. Escalating repression could generate greater resistance in China’s periphery—Tibet, Xinjiang, and Hong Kong—and elicit international criticism, especially from the European countries that China needs to court.

    The CCP is still far from dead. Short of China’s losing a direct military conflict with the United States, the party can conceivably hang on to power. That said, a regime beset by economic stagnation and rising social unrest at home and great-power competition abroad is inherently brittle. The CCP will probably unravel by fits and starts. The rot would set in slowly but then spread quickly.

    It is possible, but unlikely, that mounting dissatisfaction within the regime could motivate senior members to organize a palace coup to replace Xi. The party, however, has adopted sophisticated coup-proofing techniques: the General Office of the Central Committee monitors communication among members of the committee, the only body that could conceivably remove Xi. What is more, Xi’s loyalists dominate the membership of the Politburo and the Central Committee, and the military is firmly under his control. Under such circumstances, a conspiracy against the top leader would be exceedingly difficult to pull off.

    Typically, the fight for power that follows the end of strongman rule produces a weak interim leader.

    Another possible scenario is a crisis that creates a split among China’s top elites, which in turn paralyzes the regime’s fearsome repressive apparatus. Such an event could be precipitated by mass protests that the security forces are unable to contain. As with the Tiananmen protests, divisions could emerge among top leaders over how to deal with the protesters, thus allowing the movement to gain momentum and attract broad-based support nationwide. But this scenario, although tantalizing, is unlikely to materialize, since the party has invested heavily in surveillance and information control and has developed effective methods to suppress mass protests.

    The scenario that would entail the greatest likelihood of radical change is a succession struggle that would occur if Xi were to pass away or resign owing to infirmity. Typically, the fight for power that follows the end of strongman rule produces a weak interim leader: consider Soviet Premier Georgy Malenkov, who followed Stalin, or CCP Chair Hua Guofeng, who followed Mao. Such leaders are often pushed out by a stronger contender with a transformative vision: think Nikita Khrushchev in the Soviet Union and Deng Xiaoping in China. Given this new leader’s need to assert his authority and offer a different, more appealing agenda, it is unlikely that Xi’s hard authoritarianism would survive the end of his rule.

    That would leave the new leader with only two options. He could return to the survival strategy that the party had before Xi by restoring collective leadership and a risk-averse foreign policy. But he might find this to be a hard sell, as the party and all its previous survival strategies might have been discredited by this point. So he might instead opt for more radical reforms to save the party. Although stopping short of liberal democracy, he would, in this case, roll back repression, relax social control, and accelerate economic reform, just as the Soviet Union did between 1985 and its collapse in 1991. Such a course of action might be more attractive to a party elite traumatized by two decades of strongman rule; it might also resonate with Chinese youth yearning for a new direction.

    If reformers gained the upper hand and embarked on such a path, the most critical issue would be whether they could avoid “the Tocqueville paradox,” named after the political theorist Alexis de Tocqueville, who observed that the reforms that a weakened dictatorship pursues have a tendency to trigger a revolution that eventually topples the reformist dictatorship itself.

    Moderate reforms might be more effective in China than they were in the Soviet Union, however, because a new Chinese leader would not have to deal with a collapsing external empire, as the last Soviet leader, Mikhail Gorbachev, did in Eastern Europe. Nor would a new leader face national disintegration, as the Soviet Union did in the late 1980s and early 1990s, when all 15 Soviet republics bolted from the center, because non-Chinese ethnic minorities make up less than ten percent of China’s population. They may cause serious problems in Tibet and Xinjiang, but otherwise, ethnic minorities pose no real threat to China’s territorial integrity.

    Whatever the outcome after Xi’s political exit, the CCP will likely undergo dramatic changes. In the best-case scenario, the party may succeed in transforming itself into a “kinder, gentler” regime, one that endorses economic and political reforms and seeks a geopolitical reconciliation with the United States. By the end, the CCP could be unrecognizable. In the worst-case scenario, deep institutional rot, inept leadership, and the mobilization of anti-regime movements could very well cause a hard landing. Should that happen, it would be one of history’s greatest ironies. Despite the lessons the CCP has learned from the Soviet implosion and the steps it has taken since 1991 to avoid the same fate, the end of one-party rule in China could follow an eerily similar script.

    Such a scenario will likely be dismissed as pure fantasy by those who believe in the durability and resilience of CCP rule. But the Chinese party-state’s botched initial response to the outbreak of the novel coronavirus and the subsequent eruption of public outrage should make them think again. The worst public health crisis in the history of the People’s Republic of China has revealed a number of significant weaknesses. The regime’s capacity to collect, process, and act on critical information is much less impressive than most would have anticipated. Considering the enormous investments in disease control and prevention that China has made since the SARS outbreak in 2002–3 and the implementation of laws on emergency management in 2007, it has been staggering to see how thoroughly the Chinese government initially mishandled the new coronavirus epidemic. Local authorities in Wuhan—the epicenter of the outbreak—concealed critical information from the public even after medical professionals sounded the alarm, just as Jiang Yanyong, a veteran army doctor, did in 2003 about SARS. Although they received reports from Wuhan about the spread of the virus in early January, most members of the senior leadership did not take any serious action for two weeks.

    The crisis has also revealed the fragility of Xi’s strongman rule. One likely reason that Beijing failed to take aggressive action to contain the outbreak early on was that few crucial decisions can be made without Xi’s direct approval, and he faces heavy demands on his limited time and attention. A strongman who monopolizes decision-making can also be politically vulnerable during such a crisis. A series of decisions Xi made after the Wuhan lockdown began—such as sending Li, the premier, to the epicenter of the virus instead of going himself and remaining unseen in public for nearly two weeks—undermined his image as a decisive leader at precisely the moment the system seemed to be rudderless. He reasserted control only weeks after the crisis began—by firing the party chiefs in charge of the city and the province where the outbreak started and imposing tight censorship rules on the press and social media.

    But the brief window during which Chinese social media and even the official press erupted in outrage revealed just how tenuous the CCP’s control over information has become and highlighted the latent power of Chinese civil society. For unknown reasons, China’s censorship system performed poorly for about two weeks after the lockdown in Wuhan was announced. During that period, people were able to learn how the government had muzzled medical professionals who had tried to warn the public. Criticism of the government reached a peak when Li Wenliang—a doctor who in late December was among the first to warn Chinese authorities about the danger of COVID-19, the disease caused by the novel coronavirus, and who was subsequently interrogated and silenced by local police—died of the illness on February 7, showing that the CCP could lose public support quickly in a crisis situation.

    The events of the past few months have shown that CCP rule is far more brittle than many believed. This bolsters the case for a U.S. strategy of sustained pressure to induce political change. Washington should stay the course; its chances of success are only getting better and better.

    Minxin Pei

    https://www.foreignaffairs.com/articles/united-states/2020-04-03/chinas-coming-upheaval

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  17. jcdurbant dit :

    WHY TRUMP DIDN’T LISTEN TO TRUMP (How contrary to his early supporters, the prospect of a market crash prevented the US president from taking up an issue that was literally built for him as it vindicated everything he had said about China)

    “If you were an early Trump adopter, then this China coronavirus is a vindication of everything you’ve said. Like, hey, supply chains are a problem. Let’s bring back massive manufacturing. Everything we’ve been screaming about, warning about, for five years is right there.”

    Mike Cernovich

    “I think the people who understood the Party of Davos cynicism, and about Chinese factories and all that, were early to understand that this was going to be a massive issue. »

    Steve Bannon

    “In many ways the coronavirus crisis was built for insurgent information and sense-making networks, regardless of which side of the spectrum you were on. There’s a lot more noise and a lot more signal, but many of the people who went through the 2016 cycle have developed antennae for filtering signal from noise. I was surprised China lobbed Trump a softball and he didn’t hit a home run. And I was also furious.”

    Jeff Giesea

    When my coronavirus monitoring first kicked into high gear, it happened to be thanks to an alarmed thread of tweets from pro-Trump blogger Mike Cernovich in late January. Because I’d spent several frightening weeks in China and Hong Kong during the SARS outbreak in 2003, I needed no further encouragement to obsess over something reminiscent of it. In the weeks that followed, I began to look for the pronouncements of others who were most out in front of the pack in expressing concern. These included angel investor Balaji S. Srinivasan, geneticist Razib Khan, Dilbert cartoonist Scott Adams, Trump White House veteran Steve Bannon, Ars Technica cofounder Jon Stokes, Quillette editor Claire Lehmann, entrepreneur Jeff Giesea, author Matt Stoller, and Fox host Tucker Carlson. All of them, I noticed, stood at least a little outside of the mainstream. And a fair number of them were associated with the grassroots energy of Donald Trump’s campaign in 2016.

    Here’s what was curious about this final point. Donald Trump, as we all know, spent several weeks downplaying the coronavirus problem and two crucial weeks, starting on February 26, when he suggested the number of cases was soon “going to be down to close to zero,” in outright denial. A whole host of Trump supporters joined the president in pooh-poohing the problem. “Healthy people, generally, 99% recover very fast, even if they contract it,” offered Fox’s Sean Hannity on March 10. Lots of man in the street Trump supporters were just as dismissive. But people like Bannon and Cernovich were not at all on board with Trump’s sinking ship of a message, and in some ways they’re more Trumpist than Trump. What, then, was the difference between Trumpists who followed the president into denial and Trumpists who, 180 degrees to the contrary, were in a vanguard of alarm?

    It took me some thought and conversations about this question before I came up with an answer that turned out to be simple: It was Trump’s early adopters, the ones who supported him before he looked like a winner to the rest of the world, who were ahead of the average in expressing alarm over the coronavirus. It was Trump’s late adopters, the ones who would have lined up behind any Republican in power, who carried water for the message of denial. Early Trump adopter Tucker Carlson (who has compared supporting Donald Trump to rooting for “the old Chicago Cubs,” because of the embarrassment that goes with it) began making coronavirus coverage a staple of his show in late January, something that made him unique in cable news. Late Trump adopters like Sean Hannity and Rush Limbaugh first ignored the problem and then amplified Trump’s losing message. As late as March 11, Limbaugh was insisting that “this virus is the common cold.”

    For Trump’s early adopters, the issue of the coronavirus was a perfect fit. “If you were an early Trump adopter, then this China coronavirus is a vindication of everything you’ve said,” says Cernovich. “Like, hey, supply chains are a problem. Let’s bring back massive manufacturing. Everything we’ve been screaming about, warning about, for five years is right there.” If your preoccupations have been over manufacturing capacity, border control, or globalism, then coronavirus hits on all three at once. “I think the people who understood the Party of Davos cynicism, and about Chinese factories and all that, were early to understand that this was going to be a massive issue,” says Bannon, who began devoting his podcast, War Room, to the coronavirus already in late January.

    And though there was lots of newspaper coverage of the coronavirus as it crippled China and spread to the rest of the world, the early Trump adopters tended to be in the crowd of people who were ahead of the conventional wisdom in their sense of the threat level. “In many ways the coronavirus crisis was built for insurgent information and sense-making networks, regardless of which side of the spectrum you were on,” says Jeff Giesea, a 2016 Trump supporter who began tweeting about coronavirus in early February. “There’s a lot more noise and a lot more signal” in those alternative networks, says Giesea, “but many of the people who went through the 2016 cycle have developed antennae for filtering signal from noise.”

    Now, to be sure, you didn’t have to be an early adopter of Donald Trump—or a supporter at all—to be ahead of the curve in your alarm over the coronavirus. Plenty of people who worry about China or pandemics or public health or global economics, of which there are people of all sorts of professions and political persuasions, monitored the coronavirus with as much concern as, say, Tucker Carlson. Two of the writers I found most useful and prescient over the past several weeks were Matt Stoller and Jon Stokes, who are not Trumpists but populists on the left. Both have thought a lot about our systems of production. Stoller’s recently published book, Goliath, warns that “our industrial supply chains are fragile, concentrated and full of dangerous and hidden risks.” And both stood out for the prescience of their predictions, some of which were mocked as far-fetched when they were made. (In early February, Stokes was already warning at The Prepared, where he is deputy editor, of the possibility of “severe disruption” that might involve school closings, remote work, voluntary lockdowns, and internet slowdowns because of simultaneous streaming.) But populism and concern over outsourced production meant that an especially high share of early Trumpists were going to be early coronavirus criers.

    If it makes sense why Trumpists would find such a resonant issue in the coronavirus, then the real mystery is why Donald Trump, for whom the issue was built, wound up playing the role of leading denialist, costing what will become many lives. “I was surprised China lobbed Trump a softball and he didn’t hit a home run,” says Cernovich. “And I was also furious.” Giesea calls Trump “an unfit character for this situation” (although he says that Trump has been improving). And Bannon, albeit more reserved in his criticism, speculates that the White House blanched at the prospect of a market crash.

    But the simplest answer may be that Trump, if he was ever Trumpist to begin with, became something else once he came to Washington. It was Trump’s late adopters who came to prevail in most of the power struggles in the White House. Cutting taxes, worrying about Iran more than China, easing up on the border hawkishness, and siding more with business than workers—these are some of the preferences of the later adopters. By contrast the early Trump adopters are mostly on the outside today. Whether you think that’s a good or bad thing overall will depend on your ideology—whether you find the outlook of the early supporters or the late supporters easier to take. What’s clear is that on the issue of this pandemic, though, we’d all have been better off if Trump had listened to the former.

    https://www.vanityfair.com/news/2020/03/why-some-early-maga-adopters-went-against-trumps-virus-doctrine

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  18. jcdurbant dit :

    DIEU EST MORT, VIVE LA SECU ! (Sortir du CDI: « Il n’y a pas d’argent magique », disait le même Macron avant la pandémie)

    « Ce qui me gêne le plus, c’est que le confinement vise surtout à protéger les plus vieux (moyenne d’âge des décès liés au Covid-19 : 81 ans), alors le coût immense sera payé par les actifs et leurs enfants. Je me fais plus de soucis pour les jeunes, et pour la dette que nous allons leur laisser, que pour ma santé de presque septuagénaire ! »

    André Comte-Sponville

    « Plus je vieillis, moins j’ai peur de la mort. Et c’est normal : il est moins triste de mourir à 68 ans, c’est mon âge, qu’à 20 ans. Ensuite, parce que mes enfants sont moins exposés que moi. Je n’arrive pas, enfin, à m’effrayer d’une maladie qui n’est mortelle que pour 1 % des cas (un peu plus pour les gens de mon âge). Il meurt, en France, 600 000 personnes par an, dont 150 000 de cancer. En vérité, je crains beaucoup plus la maladie d’Alzheimer, dont mon père est mort après des années d’une tristesse infinie. Il y a 225 000 nouveaux cas d’Alzheimer chaque année, avec un taux de guérison de 0 %. (…) Même à deux, le confinement reste une privation de liberté – la plus grave, de très loin, que les gens de ma génération aient jamais connue ! J’ai dit qu’il fallait respecter scrupuleusement le confinement, et je le fais. Mais, comme tout le monde, j’ai hâte d’en sortir ! Heureusement qu’Emmanuel Macron n’a pas suivi l’avis de certains médecins, qui voulaient nous confiner, nous les vieux, pour une durée indéterminée ! (…) Ce sont les politiques qui décident, et c’est bien ainsi ! Qu’ils demandent l’avis des médecins, c’est d’évidence nécessaire. Mais ils doivent aussi demander celui des économistes, des chefs d’entreprise et des syndicats de salariés. Ce qui m’a inquiété, c’est qu’on n’entendait plus, sur nos radios et télévisions, que des médecins. Comme si c’étaient eux seuls qui devaient décider. Il n’en est rien ! La démocratie, c’est le pouvoir du peuple et de ses élus, pas celui des experts ! Attention de ne pas tomber dans ce que j’appelle l’« ordre sanitaire » (au sens où l’on parle d’« ordre moral ») ! (…) L’État paiera », dit Macron, et ce, « quel qu’en soit le coût ». Il a raison. Mais l’État, c’est nous. « Il n’y a pas d’argent magique », disait le même Macron avant la pandémie. Les 100 milliards d’euros dépensés pour soutenir nos entreprises, il faudra les financer. Notre dette publique qui s’envole, il faudra la rembourser. Ce qui me gêne le plus, c’est que le confinement vise surtout à protéger les plus vieux (moyenne d’âge des décès liés au Covid-19 : 81 ans), alors le coût immense sera payé par les actifs et leurs enfants. Je me fais plus de soucis pour les jeunes, et pour la dette que nous allons leur laisser, que pour ma santé de presque septuagénaire ! (…) Ce n’est pas le principe de précaution qui me gêne, quand il est bien appliqué. C’est plutôt ce que j’appelle le « pan-médicalisme » : faire de la santé la valeur suprême (ce qu’elle n’est pas : je mets plus haut la justice, l’amour ou la liberté). Cela conduit à déléguer à la médecine la gestion non seulement de nos maladies, ce qui est normal, mais aussi de nos vies et de notre société, ce qui est beaucoup plus inquiétant ! Souvenez-vous de ce dessin de Sempé : dans une église vide, une femme, seule devant l’autel, est en train de prier : « Mon Dieu, mon Dieu, j’ai tellement confiance en vous que, des fois, je voudrais vous appeler Docteur ! » Dieu est mort, vive la Sécu ! C’est une boutade, mais qui dit quelque chose d’essentiel. Ne comptez pas sur la médecine pour tenir lieu de morale, de politique ou de spiritualité ! Pour résoudre les maux de notre société, je compte plus sur la politique que sur la médecine. Pour guider ma vie, je compte plus sur moi-même que sur mon médecin. »

    André Comte-Sponville

    https://www.letelegramme.fr/france/andre-comte-sponville-il-faut-sortir-du-confinement-a-duree-indeterminee-23-04-2020-12542774.php

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  19. jcdurbant dit :

    DIEU EST MORT, VIVE LA SECU !

    « C’est aussi un effet de la laïcisation de notre société. L’essentiel n’est plus de se préoccuper de la vie après la mort mais de notre vie ici-bas. Les progrès médicaux ont fortifié cette tendance. (…) La place de la médecine dans nos vies croissant proportionnellement à ses progrès, on finit par lui demander des choses qui ne sont pas de son ressort. Le bonheur, par exemple. Voltaire a le premier formulé le problème en une boutade : « J’ai décidé d’être heureux, parce que c’est bon pour la santé. » En un clin d’œil, il balaye vingt-cinq siècles au cours desquels on croyait, à l’inverse, que la santé était un moyen d’atteindre le bonheur. Aujourd’hui, beaucoup demandent le bonheur à leurs médecins. Voilà comment la France se retrouve l’une des plus grosses consommatrices de psychotropes tandis que la moitié des dépressions ne sont pas soignées. (…) Avec les psychotropes, conçus pour aider à retrouver une « humeur normale ». Je pense à cette vieille dame de 85 ans, mère d’un ami qui me dit : « Elle est étonnamment en forme, en même temps, ça fait quinze ans qu’elle est sous Prozac (ou autre) » ; à cette amie qui a foncé se faire prescrire un antidépresseur après un chagrin d’amour — mais est-ce une maladie ? Et le Viagra, cette molécule développée pour permettre une « érection normale », dont un médecin m’a dit un jour l’avoir lui-même essayé et jugé « intéressant ». Qu’est-ce que le normal ? Le progrès peut ainsi déplacer la frontière, déjà poreuse, entre médecine — faite pour soigner le pathologique — et dopage pour améliorer le normal. (…) J’aime citer ce dessin de Sempé qui figure une église gothique, vide. Seule devant l’autel, une petite dame, son sac serré sur la poitrine, s’écrie : « Mon Dieu, j’ai tellement confiance en vous que j’ai envie de vous appeler docteur. » Alors, Dieu est mort, vive la Sécu ? Le problème, c’est que la Sécu ne peut pas tenir lieu de spiritualité… A mesure qu’on en demande trop, on ne peut qu’ouvrir la porte à la déception. Les gens voudraient au fond que la médecine les empêche de vieillir, de mourir. Mais rêver de ce pouvoir est illusoire. Quand bien même le progrès nous ferait demain vivre mille ans, il faudra bien mourir ! La mort fait partie de la vie, et une partie de la sagesse humaine consiste à l’accepter.

    André Compte-Sponville

    http://www.leparisien.fr/societe/le-docteur-n-est-pas-un-dieu-01-09-2016-6084189.php

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  20. jcdurbant dit :

    PAS DE SANTE SANS ECONOMIE

    « Imaginez que tout le corps médical, les soignants, fassent une grève totale pendant un an. Qu’est-ce qui se passe pour l’économie ? De gros problèmes ! Mais enfin il y a quand même du pain chez votre boulanger, de la viande chez votre boucher et de l’essence dans votre voiture. Autrement dit, si toute la médecine s’arrête, la vie continue. Imaginez à l’inverse que tout le monde fasse grève pendant un an sauf les médecins et les soignants. Qu’est-ce qui se passe ? Il n’y a plus de patients, il n’y a plus de médecins, tout le monde est mort de faim. Autrement dit, arrêtons de dire la santé, c’est formidable, l’économie, c’est mal, c’est de l’argent, c’est pour les méchants. Il n’y a pas de santé sans économie. »

    André Comte-Sponville

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  21. jcdurbant dit :

    CHERCHEZ L’ERREUR ! (Devinez la réaction quand l’André Comte-Sponville américain n’est plus philosophe mais vice-gouverneur du Texas et s’exprime sur Fox news ?)

    “Il y a des choses plus importantes que la vie. Et c’est de sauver ce pays, pour mes enfants et mes petits-enfants. C’est de sauver ce pays pour nous tous.

    Dan Patrick (Vice-gouverneur du Texas)

    Je suis désolé de dire que j’avais raison sur ce point […]. Cela aurait dû être fait depuis longtemps. (…) 500 personnes [mortes] sur 29 millions et nous sommes confinés, et nous broyons le travailleur lambda. Nous broyons les petites entreprises. Nous broyons les marchés financiers. Nous broyons ce pays. Je ne veux pas mourir, personne ne veut mourir, mais nous devons prendre des risques et remettre ce pays sur pied. Nous ne pouvons pas supporter cette situation plus longtemps. Chaque mois où nous restons confinés, il va falloir deux à trois mois pour reconstruire l’économie. Alors, il est temps de se remettre au travail.”

    Dan Patrick (Vice-gouverneur du Texas)

    Au Texas, la vie humaine compte moins que l’économie

    Il avait déjà défrayé la chronique le mois dernier en affirmant qu’à 70 ans, il était prêt à donner sa vie “pour aider à maintenir l’économie à flot”, rappelle le Fort Worth Star Telegram. Le vice-gouverneur du Texas, Dan Patrick, a récidivé dans la soirée du lundi 20 avril. Interviewé sur la chaîne conservatrice Fox News, Patrick a expliqué qu’il était “satisfait que le Texas prenne les premières mesures pour rouvrir l’économie en pleine pandémie de Covid-19”, indique le quotidien texan.

    “Je suis désolé de dire que j’avais raison sur ce point […]. Cela aurait dû être fait depuis longtemps”, a confié Dan Patrick à l’animateur Tucker Carlson.

    Le vice-gouverneur, membre du Parti républicain, a voulu relativiser le nombre de décès liés au Covid-19 au Texas, soit 495 à la date de lundi (517 au 22 avril). Selon le Fort Worth Star Telegram, il a souligné que “chaque vie a de la valeur” mais a comparé le nombre de victimes à la population de l’État, qui est de 29 millions d’habitants :

    500 personnes [mortes] sur 29 millions et nous sommes confinés, et nous broyons le travailleur lambda. Nous broyons les petites entreprises. Nous broyons les marchés financiers. Nous broyons ce pays.”

    “Je ne veux pas mourir, personne ne veut mourir, mais nous devons prendre des risques et remettre ce pays sur pied”, a encore affirmé Patrick sur Fox News.

    Ses déclarations ont été vertement critiquées par le président du parti démocrate du Texas, Gilberto Hinojosa, qui a déclaré mardi 21 avril que, “pour s’enrichir et faire prospérer leurs portefeuilles d’actions”, les républicains du Texas étaient prêts à demander aux Texans de prendre des risques.

    “Nous ne pouvons pas supporter cette situation plus longtemps”, a souligné Dan Patrick sur Fox News. “Chaque mois où nous restons confinés, il va falloir deux à trois mois pour reconstruire l’économie. Alors, il est temps de se remettre au travail.”

    Le 17 avril, le gouverneur Greg Abbott a dévoilé des directives qui permettent aux commerces de proposer de la vente à emporter, et de nouvelles directives concernant le déconfinement du Texas devraient être communiquées le 27 avril.

    https://www.courrierinternational.com/article/verbatim-au-texas-la-vie-humaine-compte-moins-que-leconomie

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  22. jcdurbant dit :

    NOBODY WANTS TO DIE BUT WE’VE GOT TO TAKE RISKS AND SAVE THIS COUNTRY FOR OUR CHILDREN AND GRANDCHILDREN

    At the end of January, Dr. Fauci, who I have great respect for, said this wasn’t a big issue. Three weeks later, we were going to lose two million people. Another few weeks later, it was one- to two-hundred thousand. Now it’s under 60,000, and we’ve had the wrong numbers, the wrong science. And I don’t blame them, but let’s face [the] reality of where we are. In Texas, we have 29 million people, [and] we’ve lost 495. Every life is valuable, but 500 people out of 29 million and we’re locked down. And we’re crushing the average worker, we’re crushing small business, we’re crushing the markets, we’re crushing this country. And what I said when I was with you that night, there are more important things than living, and that’s saving this country for my children, and my grandchildren, and saving this country for all of us. And I don’t wanna die. Nobody wants to die. But we gotta take some risks, and get back in the game, and get this country back up and running.

    Dan Patrick

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  23. jcdurbant dit :

    QUEL SACRIFICE DES JEUNES POUR SAUVER LES VIEUX ? (Jugement dernier sur la mondialisation: on envoie les usines en Chine, elle nous envoie un virus, mais garde la production de masques et de médicaments)

    Il m’est pénible de parler avec la froideur du démographe d’une pandémie qui cause des centaines de milliers de morts dans le monde. Mais je vais essayer. Dans les premiers temps, on a eu l’impression que la maladie touchait les élites mondialisées. Puis ce fut le tour des vieux. Et ensuite, des pauvres, sur tous les continents. Le Covid-19 va passer la planète au scanner, en montrant les privilèges et les rapports de force. Dans l’Hexagone, par exemple, 60% des décès ont eu lieu dans le Grand Est et la région parisienne, et 30% dans les Hauts-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes, Paca et Bourgogne-Franche-Comté. Ces zones dessinent la carte de la France des tempêtes que j’ai décrite dans mon livre, celle qui est bousculée par les crises industrielle ou migratoire, par contraste avec la France « abritée » et plus favorisée de l’Ouest.

    Si on élargit à l’international, l’une des premières choses qui m’ont frappé comme anthropologue est l’alignement de la mortalité sur des critères culturels. Au 22 avril, le pays le plus touché était la Belgique, avec 55 décès pour 100 000 habitants. Venaient ensuite l’Espagne (46), puis l’Italie (42), la France (32) et le Royaume-Uni (27). Tandis que l’Allemagne et l’Autriche en étaient à 6. Si vous ajoutez le faible nombre de décès en Corée et au Japon, on voit se dessiner une ligne de partage entre les cultures individualistes libérales (monde anglo-américain ou latin), très frappées par la pandémie, et les pays de tradition autoritaire – Japon, Corée, Vietnam – ou attachés à la discipline – l’Allemagne ou l’Autriche.

    J’ai beau croire que l’individualisme à tous crins est une erreur, je reste un Occidental qui vit entre la France, l’Angleterre et les Etats-Unis, et qui sait parfaitement que ces pays de tradition libérale sont ceux où le statut de la femme est le plus reconnu et où la liberté d’expression ne sera pas menacée. Les sociétés les plus touchées par ce virus ne sont d’ailleurs pas forcément plus en échec sur le long terme.

    La France, l’Angleterre ou la Suède ont des taux de reproduction démographique raisonnables, contrairement à l’Allemagne et au Japon. Les taux de fécondité tournent autour de 1,8 pour les premières, contre 1,5 pour les deuxièmes. Les naissances sont bien plus déterminantes pour la survie d’un pays que certains décès. Nous devons donc garder le sens des proportions : au moment où je vous parle, l’Allemagne enregistre 5315 décès par Covid-19, et la France 21 373. Mais, en 2019, l’Allemagne a eu un déficit de 201 000 naissances par rapport aux décès, et la France un excédent de 141 000. Je vous prie d’excuser la sécheresse de mon analyse, mais la vitalité d’une société se mesure par sa capacité à enfanter plutôt que par sa capacité à sauver ses personnes âgées, même si sauver les anciens est un impératif moral.

    Etant moi-même dans le « coeur de cible », avec mes presque 69 ans et une santé en rapport, il m’est difficile de vous dire le contraire. Mais tout de même. L’épidémie de sida avait causé 40 000 morts en France de 1982 à 2002, des jeunes adultes surtout. Soit une fois et demie à deux fois plus que le Covid, dont on va sans doute mesurer dans quelque temps qu’il touche dans 80% des cas des gens de plus de 75 ans. Il faut bien admettre que l’impact démographique de la pandémie ne sera pas extrêmement important.

    Maintenant, il faut sortir. On ne peut pas sacrifier la vie des jeunes et des actifs pour sauver les vieux. Mais, dans un premier temps, nous devions confiner parce que les gouvernements qui se sont succédé depuis Nicolas Sarkozy nous ont désarmés sur le plan sanitaire. L’exemple de l’Allemagne est terrible : il montre que le Covid-19 n’a pas un taux de mortalité « intrinsèque ». Si une maladie peut tuer 6 000 personnes dans un pays de 82 millions d’habitants et plus de 20 000 dans un autre – le nôtre – de 67 millions, cela veut dire que l’essentiel n’est pas d’ordre épidémique.

    L’essentiel, en France, c’est la destruction de l’hôpital et la déconnexion avec le réel dont ont fait preuve nos dirigeants. Le sida, la vache folle, le Sras, Ebola avaient pourtant donné l’alerte. Au tournant du troisième millénaire, tout gouvernant se devait d’intégrer le risque épidémiologique comme une donnée permanente. On sait mes critiques envers les énarques, et spécialement envers Hollande et Macron. Mais là, je dois dire que je suis quand même stupéfait de constater dans quel état de vulnérabilité nos hauts fonctionnaires politiciens nous ont mis.

    Des copies de l’ENA. De l’enfilage de poncifs contradictoires. Macron dit : souveraineté européenne plus souveraineté nationale, ce qui est un non-sens pratique. J’en déduis que Macron est hors de la réalité, idiot ou psychotique. Un gouvernement doit immédiatement régler le problème du déficit de production des biens essentiels. Investir. Planifier dès la sortie de crise. Nous dire : « Nous avons dégagé X milliards pour construire Y usines. »

    Le problème, c’est que, comme le montre de façon éclatante la pandémie, nous n’avons plus d’appareil industriel. Aucun système, qu’il soit libéral, social-démocrate ou je ne sais quoi, ne peut assurer la sécurité de ses citoyens sans appareil industriel. Le problème n’est pas de savoir si on a besoin de plus de Benoît Hamon ou de moins d’Emmanuel Macron, mais de pouvoir à nouveau compter sur des usines, des ouvriers, des ingénieurs. Mais pour ça, il faut retrouver la capacité de création monétaire, se libérer de la dette par un défaut partiel, et de l’euro.

    Cette pandémie le prouve : les gens n’ont pas des utilités sociales équivalentes. Les camionneurs, les caissières, les infirmières, les médecins, les enseignants permettent au pays de rester debout, contrairement aux financiers et aux virtuoses du droit. Le débat intellectuel que nous devons avoir aujourd’hui est un très vieux débat, c’est celui qui opposait jadis les libéraux aux marxistes et aux protectionnistes : quel arbitrage opérer entre le travail productif et le travail non productif ?

    [l’idée de revenu universel] Là encore, on est dans les slogans. Le problème, je le répète, c’est la production matérielle. D’un côté, vous avez les pays naïfs qui ont joué pleinement le jeu de la globalisation, et de l’autre ceux qui sont encore capables de fabriquer l’équipement dont ils ont besoin (tests, masques, respirateurs) parce qu’ils ont su préserver leur industrie. L’Angleterre ou la France ont sacrifié leur capacité industrielle et leur système de santé, par la faute de la pensée magique du « signe monétaire ».

    « L’avenir appartient aux manipulateurs de symboles », disait Robert Reich, ministre du Travail de la première administration Clinton, dans les années 1990. Sauf que la manipulation des symboles, contre le Covid-19, ça ne marche pas. Ce qui impressionne la maladie, ce sont les respirateurs et les masques. Le coronavirus est le jugement dernier sur la globalisation. On envoie les usines en Chine, elle nous envoie un virus, mais garde la production de masques et de médicaments. Nous sommes ridicules.

    Nous saurons que le monde a changé quand ceux qui nous ont mis dans ce pétrin en supprimant les stocks de masques seront devant un tribunal – et je ne parle pas d’une simple commission parlementaire. On nous demande de croire que les gens qui ont péché sous les régimes précédents et qui sont toujours là ont fait leur examen de conscience. C’est trop facile ! Il faut en finir avec l’impunité.

    Olivier Todd

    https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/emmanuel-todd-on-ne-peut-pas-sacrifier-les-jeunes-et-les-actifs-pour-sauver-les-vieux_2124472.html

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  24. jcdurbant dit :

    QUEL SACRIFICE GENERATIONNEL ? (L’événement, c’est moins l’épidémie, que la réponse politique et le prix extravagant que la jeunesse a payé)

    « On est ramené aux conditions singulières de l’expérience, chacun confronté à sa propre solitude (…) On a pas tous les mêmes fondations, sûres, et il est temps de descendre à la cave pour voir les dégâts (…) Il y a un gouffre qui s’ouvre devant nous, la responsabilité politique c’est l’autre temps, qui vient. (…) Je me méfie spontanément des intellectuels à thèse (…) il y a une opportunité formidable, l’histoire n’est pas là pour nous rassurer sur nos certitudes, mais pour nous dire ‘là, il y a une entaille’ : ce qui va avoir lieu, c’est à nous d’en décider collectivement, politiquement. La terre entière a pris une décision incroyable au regard de l’Histoire : défendre toutes les vies, quoi qu’il en coûte (…) la vie est un bien inconditionnel, aujourd’hui, si on doit sauver des vies, ça vaut pour tout le monde, c’est à ce moment-là qu’il faut vérifier qu’on est bien d’accord, pour ceux qui rament dans la vie, ceux qui sont sur des canots en Méditerranée ». (…) Je ne vais pas dire que j’ai eu le confinement heureux, parce que franchement me séparer des autres, c’est m’affaiblir (…) La jeunesse a payé un prix extravagant, et encore aujourd’hui : il y a eu un sacrifice générationnel, enfants compris, et les étudiants. Dans les annonces gouvernementales, les universités venaient toujours en dernier, après les terrasses et le Puy du Fou de fou, on leur disait : ‘elles ne rouvriront pas’. Mais quel scandale! (…) On ne parle que des exams, on s’assure qu’ils n’ont pas triché, on utilise leurs webcam comme outil de télésurveillance. Ils [le gouvernement] ne sont pas très précis ni très pressés (…) La population étudiante n’est pas qu’une question sanitaire : ce sont des lieux de vie et de production du savoir, et on n’a jamais autant parlé de sciences que pendant cette crise ». (…) On doit dire à la jeunesse qu’elle a peut-être la solution à des questions que leurs ainés ont été incapables de poser (…) J’ai 54 ans, et je suis dans une société ou l’on considère que je suis jeune ! Ça ne va pas ! On encombre ! On doit penser à la jeunesse, il ne faut pas la pousser à la révolte, c’est absurde ! (…) On ne peut pas se laisser désigner par une catastrophe, la jeunesse ne peut [accepter de se faire appeler la génération Covid], à eux de donner le nom du temps qu’ils ont vécu (…) l’événement, c’est moins l’épidémie, que la réponse politique : ce sont les jeunes qui doivent dire, aujourd’hui, de quelle génération ils veulent être. (…) Aujourd’hui ça n’a pas de sens, quand on est expert de rien, comme moi, [de prendre la parole] que pour dire ‘ça commence’. (…) [autrefois] on avait compris que les médecins avaient besoin de sociologues et d’ anthropologues. (…) Aujourd’hui, [certains] disent qu’ils ont raison parce que les Français ne leur donnent pas tort, comme Raoult : moi, je ne comprends pas ce qu’il dit (…) On a vu comment se construit la science, c’est compliqué. (…) On s’est tous autoproclamés virologues, on a l’impression qu’il n’y a plus que ce métier. Or il y a aussi ceux des sciences sociales, qui consistent à douter (…) On a rien à attendre d’une maladie, sinon qu’elle ne nous tue pas et qu’elle passe le plus vite possible, ce sont les malades, les marqueurs sociaux, ça veut dire qu’on va en discuter en commun (…) La recherche publique : c’est en faire un enjeu commun. »

    Patrick Boucheron

    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-03-juin-2020

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  25. jcdurbant dit :

    VIVE L’INTERDICTION DEROGATOIRE ! (Après avoir sacrifié leur avenir pour nos septuagénaires et octogénaires, devinez qui se dévoue à présent pour maximiser notre immunité collective ?)

    Alors que les rassemblements de plus de 10 personnes sont toujours interdits dans le cadre de l’épidémie du Covid-19, certaines manifestations pouvaient néanmoins «faire l’objet d’un régime dérogatoire», avec une «autorisation préalable du préfet de département, en lien avec le Maire», selon le ministère de la Culture…

    https://www.lefigaro.fr/musique/fete-de-la-musique-des-milliers-de-personnes-bravent-l-interdiction-a-paris-20200621

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