Musique: Ni rouge ni mort (Why you probably never heard of one-of-a-kind Jean-Pax Méfret: « chanteur engagé « with over 300 songs and 50-plus year career, former Figaro journalist and staunch anti-communist with a populist and military-like following, deeply patriotic and devout Christian with a pied noir background and a very strong nostalgia for Algeria)

8 juin, 2021
Musique : l'indémodable Jean-Pax

Puisque la guitare est devenue une arme […] Puisque l’un de vous a chanté Potemkine Moi je viens chanter Soljenytsine […] Je chante contre le Grand Soir […] Je chante pour l’Occident. Jean-Pax Méfret
Je viens le dire très fort, ma devise, c’est ni rouge, ni mort ! J’ n’ai pas l’frisson du pacifisme Face aux armées du communisme, pour qu’il n’y ai plus d’autres Boeings, je crie « Bienvenue aux Pershings » ! Jean-Pax Méfret
Quand les droits des hommes sont en danger, c’est toujours vers l’ouest que le peuple s’évade, garde ça en mémoire, camarade, quand tu vas défiler pour la paix, et demande aux Afghans, camarade, toi qui parle pour les peuples opprimés car le sang des enfants tués à la grenade a la couleur de tes idées. Jean-Pax Méfret
Sous les pavés, ‘y a la plage, elle aimait bien cette image, elle ne chantait que des chansons de Dylan, elle ne parlait que de la guerre du Vietnam, San Francisco, Katmandou, Woodstock, Hanoï et Moscou, c’était sa géographie, ses frontières, toute sa vie, quand les maisons bleues accrochées aux collines la faisaient planer jusqu’au mont de Palestine, manipulation sur fond de mélodie, la nuit, sur l’île Saint-Louis, fini, le temps du Népal, plus d’ oeillets au Portugal là-bas, en Mer de Chine, les boat-people sont nés sous Ho Chi Minh, Mai 68, c’est loin d’ici… Jean-Pax Méfret
Il tremblait pour sa carcasse devant le fusil des rebelles, sur le quai d’une gare, certains chantaient le déserteur A Saint-Lazare. Lui il avait l’esprit ailleurs, (…) pour ses enfants C’est un mot qui ne veut rien dire, pour ses parents, c’est un bien cruel souvenir, pour ses amis, c’est une carte de combattant, mais ça reste pour lui « trente-six mois à vingt ans »… Jean-Pax Méfret
Dans son coeur, il y a de la vaillance, ça ne s’entend pas, mais il est toujours là, prêt à se lever pour la France, le vieux soldat, Ca lui fait mal, toutes ces insultes, cracher sur la France que l’on traite de pute, ça lui fait mal, le drapeau brûlé, le drapeau souillé, la mémoire tachée, ça lui fait mal, il l’a mauvaise, lorsque l’on siffle la Marseillaise, ça lui fait mal, voir son pays livré au mépris, il en est meurtri, le respect, il veut du respect, juste du respect, le respect, Il faut dire que ça n’arrive qu’en France … Jean-Pax Méfret
Vous brouillez les radios, vous régentez l’école, vous jouez aux prolos, j’en connais qui rigolent. Jean-Pax Méfret
Garçon, si par hasard sur ton livre d’histoire Tu tombes sur ce nom: Camérone! Garçon, regarde bien cette page d’histoire Et n’oublies pas ce nom: Camérone! Le ciel de feu du Mexique A jamais se souviendra De ce combat héroïque Garçon, sur le chemin qui conduit à la gloire Tu dois trouver ce nom: Camérone! Garçon, si ton destin exige une victoire N’oublies jamais ce nom: Camérone! Pour l’honneur de la légion, Sachant qu’ils allaient mourir Jusqu’au bout de leur mission, Fiers de tomber pour l’empire. Ils étaient 62, face à 2000 cavaliers,  Le soleil baissa les yeux lorsqu’ils furent exterminés… Jean-Pax Méfret
Au grand matin du mois de juin, Lorsque dans Sainte-Mère-Eglise Sont entrés les Américain, Ils sont tombés du ciel Comme s’ils avaient des ailes, Ils apportaient un air de liberté. Ils venaient de Virginie, D’Oklahoma, du Tennessee, Le jour le plus long les attendait ici, Tous unis pour nous délivrer, Sur la Normandie, Faut jamais oublier… Qu’un jour à Sainte-Mère-Eglise, Sont entrés les Américains ! Jean-Pax Méfret
Derrière lui, le rideau de pierre, Les miradors, les VoPos armés, Les tilleuls ne forment plus la frontière, Il y a un mur à Berlin, professeur Müller, Il s’avance, dans le décor sinistre, De cette ville de prisonniers, Et il se dit que, si la Vierge existe C’est elle seule qui pourra les sauver, Chez nous, soyez Reine, Nous sommes à vous, Il y a 20 ans qu’on l’appelle « camarade », Mais il sait bien que ce n’est qu’un mot. Jean-Pax Méfret
Je viens d’un pays qui n’existe plus, je viens d’un paradis perdu. Jean-Pax Méfret
Des petites filles de 10 ans m’ont chanté “Professeur Muller”, qui leur a fait découvrir l’histoire du mur de Berlin. Et les garçons m’ont tous parlé du “Jour J”, ma chanson sur le débarquement américain en Normandie. Un jeune m’a même dit que j’avais été son meilleur prof d’histoire.  Jean-Pax Méfret
Pour un jeune soldat de 18, 19 ans, voir Jean-Pax Méfret, ça valait des courriers de la famille. Dominique (militaire à Beyrouth dans les années 1980)
On n’a plus Johnny mais on a encore Jean-Pax !  Spectateur
On avait besoin qu’il y ait des voix qui disent autre chose. Quand vous aperceviez un de ses disques chez quelqu’un, c’était presque un signe de reconnaissance. Bernard Lehideux (cadre du Parti républicain et du Modem)
On est tellement heureux de voir qu’on n’est pas seul, que c’est une grande famille. Isabelle
[Ma première chanson] C’était après l’exécution du lieutenant Roger Degueldre. J’avais 16 ans, j’étais en prison, à Rouen, dans le quartier des activistes, j’y suis resté entre mai 1961 et septembre 1962, j’ai été le plus jeune détenu de France – pour cause d’Algérie française – en compagnie des plus grands seigneurs de l’armée française : les officiers avaient mis leurs décorations sur la porte de leur cellule. C’est dans cette atmosphère, quand j’ai appris l’exécution de Degueldre, c’est à ce moment que j’ai composé, en son honneur, ma première chanson.  (…) Je remonte à Paris, où je suis libre, sans rien. Enfin si : avec mon casier judiciaire. On est quelques copains pieds-noirs, on se regroupe, on commence à chanter le soir dans les cafés. Une Américaine tombe amoureuse de moi. J’habite avec elle Place du Tertre, ça ne s’invente pas. Je commence à chanter, je rencontre un garçon qui s’appelle Jean-Claude Camus, qui sera l’impresario de Johnny et de beaucoup d’autres. Je me fais faire une carte de visite : « secrétaire artistique de Jean-Claude Camus ». Je compose quelques chansons, cinq disques paraissent chez Decca, dont un titre, “La prière”, qui retient l’attention et obtient en 1965 le grand prix Âge tendre et tête de bois. J’ai 20 ans. À l’époque j’ai pris un pseudonyme : Jean-Noël Michelet. Jean est mon prénom. Noël le prénom de mon père. Quant à Michelet, c’est le nom de la rue centrale d’Alger. (…)  je mène une vie de galère (…) J’enchaîne les petits boulots. Notre réseau pieds-noirs est un soutien. Mon premier journal, dirigé par le colonel Pierre Battesti, président de l’Anfanoma, s’appelle France-Horizon, c’est le mensuel des Rapatriés d’Algérie. Plus tard, je serai journaliste d’investigation à Minute, puis à L’Aurore (où je suis grand reporter et spécialiste de politique étrangère). J’atterris enfin au Figaro puis au Figaro magazine où je serai directeur des magazines régionaux et responsable des grands dossiers. Je n’ai jamais vraiment fait de politique politicienne, je suis dans l’action, dans l’engagement, mais pas dans les idées. Je préfère les grands sentiments aux grandes idées. (…) Spirituellement, ce qui m’a marqué, (…), ce sont les veillées scoutes, c’est aussi la vie des grands missionnaires, et, dans les grands reportages que j’ai eu l’occasion de mener, la souffrance des enfants et puis l’impuissance de populations entières, incapables de sortir de leur misère. En Afrique, ce sont ces gens qui croient, quand vous arrivez que le Blanc peut tout. Le Christ permet de supporter tout ça… (…)  Ma foi a toujours été là mais j’ai moins de pudeur à la manifester. J’ai longtemps pensé qu’il fallait la garder pour soi. C’était familial : ma mère me mettait des médailles dans la doublure de ma veste. Chez moi, on n’entamait pas le pain, sans faire une croix dessus avec le couteau. Et en même temps, en Algérie, on respectait toutes les religions, on participait aux fêtes des uns et des autres. Les partisans de l’Algérie française n’ont jamais profané de mosquées. (…) Il est vrai que pour les Arabes la guerre était religieuse. Le FLN déjà avait interdit aux populations de fumer et de boire, sous peine de couper le nez et les lèvres… La chirurgie esthétique a fait des progrès énormes à cette triste occasion… Mais nous n’avons pas encore tout vu en France ! En Algérie, des Bataclan, il y en avait tous les jours ! Jean-Pax Méfret
[Les chrétiens d’Orient] c’est un sujet encore trop tu. J’ai hésité avant d’en faire une chanson. (…) Après, j’ai décidé de faire un disque autour du récit des chrétiens d’Orient. Ce n’est pas la première fois que j’écris un récit. Déjà dans mon album Camerone je glissais un livret afin d’expliquer aux auditeurs l’histoire de la bataille de Camerone. Imaginez la scène: soixante-deux légionnaires ont résisté face à deux mille Mexicains. Refusant de se rendre, ils se sont battus jusqu’au bout. Dès lors, chaque année les légionnaires fêtent cet événement et louent le courage de leurs prédécesseurs le 30 avril. Je crois que le vrai défi, c’est la foi. «Sommes-nous condamnés à subir le même sort que les chrétiens d’Orient?» tel est le problème. De toute évidence, leur martyre pourrait très bien annoncer le nôtre. Partout dans le monde les chrétiens sont persécutés, c’est pourquoi, nous, de tradition et de culture chrétienne, devons relever ce défi. C’est autrement plus ambitieux que de lutter contre le communisme: notre époque est encore plus exigeante. (…) À l’occasion des attentats de Londres en 2005, j’ai fait une chanson qui s’appelle «Au nom d’Allah» où je demande si le terrorisme islamiste agit vraiment au nom d’Allah. Quand je l’ai chantée à l’Olympia j’ai raconté avant l’histoire du capitaine Kheliff, cet officier de l’armée française musulman qui a sauvé des pieds noirs lors du massacre d’Oran du 5 juillet 1962 en enfreignant ses ordres et qui, une fois en France, a créé une association des anciens combattants musulmans. Il faut bien savoir qu’en Algérie, tous les anciens combattants musulmans se faisaient égorger par le FLN après l’indépendance. Kheliff a aussi créé une mosquée à Lyon. Cette histoire, racontée avant «Au nom d’Allah», visait à éviter les amalgames qu’aurait pu engendrer ma chanson. En effet, il faut reconnaître qu’il y a une vraie diversité au sein du monde musulman et que ces jeunes des banlieues, délaissés par la société, ne connaissant pas vraiment leur religion. J’ai du mal à voir quoique ce soit de «divin» dans les actes terroristes, c’est quelque chose de plus humain, de plus misérable. Mais tôt ou tard, nous allons être confrontés à cette violence et nous avons le devoir de nous y préparer. Figure du contre-exemple: l’Angleterre et son modèle communautariste étaient une pépinière pour les radicaux. De fait, dès le début des années 2000 nous avions fait les gros titres sur cette menace islamiste, nourrie par des prêcheurs à Londres. Ces derniers appelaient déjà la mort des chrétiens, nous avions déjà senti le danger. Mais paradoxalement, cette haine pour les chrétiens nous rappelle aussi notre héritage, notre identité chrétienne puisqu’ils nous appellent «les croisés». Ils nous obligent à retrouver nos racines. Peut-être aussi oublient-ils qu’avant d’être musulman, l’orient, berceau de la naissance du Christ, était chrétien? On oublie trop souvent que la première église fut construite à Antioche. Tout comme l’Algérie qui fut d’abord chrétienne avant les invasions arabes. Saint-Augustin et sa mère, la bien-aimée Monique, en sont la plus parfaite illustration. [la Légion Étrangère, l’Algérie et les Chouans] Ce sont des causes dont on parle peu et qui forment un ensemble de valeurs. Je suis pied-noir, l’Histoire de l’Algérie m’a marqué. Ma musique parle de grands faits d’Histoire parfois oubliés: Budapest, le mur de Berlin… Je pense être le seul à chanter en m’inspirant de ces événements. À part moi, personne n’a chanté la révolution hongroise par exemple. L’originalité de ces thèmes est aussi ce qui me définit. Je ne fais pas de chansons d’amour ou alors, si je parle d’amour, c’est pour dire que je ne suis pas du genre à chanter des chansons d’amour. (…) Je ne sais pas si je suis un chanteur de droite, mais je suis sûr de ne pas être un chanteur de gauche! Être de gauche pour les chanteurs, c’est parfois une volonté artistique, voire un snobisme. Pourtant il faut savoir que les chanteurs du siècle dernier n’étaient pas automatiquement de gauche. En tout cas, ils ne l’étaient pas sur le mode «grandes consciences» d’aujourd’hui, ils faisaient moins la leçon: regardez Boris Vian, je l’aime beaucoup. Moi, je ne voulais pas travailler dans la chanson à l’origine: mon objectif était de remettre au goût du jour des faits qui étaient ignorés. Je n’ai pas de message particulier à faire passer, je préfère rappeler des situations. Il n’y a rien de mieux que la chanson pour faire découvrir ces faits. J’ai appris récemment que des élèves d’une banlieue parisienne, visitant le musée du débarquement américain en Normandie, avaient chanté ma chanson sur le débarquement: «Ils sont tombés du ciel comme s’ils avaient des ailes/ Ils ont apporté un air de liberté.» Une chanson s’écoute toujours plus facilement qu’un cours d’Histoire, c’est une autre manière de transmettre. (…) Je m’étonne toujours que l’on me présente comme le chanteur d’Occident alors que je viens d’orient. À l’époque, c’était parce que je m’opposais au communisme. On aurait mieux fait de parler de «chanteur du monde libre». Je ne pense pas qu’il y ait eu de combats plus forts que celui opposant les deux blocs pendant la Guerre Froide. Dans «Ni rouge ni mort» j’explique les raisons de mon opposition au communisme, le danger qu’il représentait avec notamment l’armée rouge! On oublie que le mur de Berlin, c’étaient des dalles dressées, prêtes à tout moment à être aplaties vers l’ouest pour faire passer les chars! C’était à mon sens un vrai combat pour la liberté que la lutte contre le communisme et les goulags dont personne ne parlait. On a tout de même eu un parti communiste français qui prenait ses ordres à Moscou. D’ailleurs, je trouve inouï qu’il y ait encore en France un parti communiste. Rouges de honte, ils ont changé de nom dans toutes les nations occidentales mais pas en France! (…) Je n’étais pas dans l’OAS. Quand j’ai été arrêté l’OAS n’existait même pas. Mais on peut dire que j’étais pour l’Algérie Française. Je suis né là-bas. Mes ancêtres du côté de ma mère ont fait partie des déportés de la première commune en 1848 que l’on a exilés en Kabylie. L’Algérie, à ce titre, n’était pas un pays de droite. D’ailleurs, c’étaient les bastions communistes, ayant des quartiers populaires, qui étaient les plus virulents lors de la guerre d’Algérie. Mon père lui n’était pas du pays: il était venu afin de préparer le débarquement américain. Il travaillait pour l’OSS qui étaient les services secrets américains. C’est là qu’il a rencontré ma mère. Pour revenir à mon parcours, lors du putsch de 1961, les autorités avaient besoin de voix pour lire les messages et, comme j’avais une voix radiophonique, j’ai été invité à travailler à la RTF Télévision d’Alger qui était pro-Algérie Française. Et donc j’ai été accusé de participation à un mouvement insurrectionnel, d’intelligence avec les chefs de l’insurrection, d’attentat contre l’autorité de l’État: vingt-cinq chefs d’inculpation en tout. Je suis donc passé directement des frères maristes à la prison d’Alger, puis à la Santé à Paris, enfermé pendant dix-huit mois. Ce fut une épreuve pour ma mère, bien qu’elle partageât mes convictions comme beaucoup. Je suis persuadé que ce n’était pas un combat politique, ou alors circonscrit à l’antigaullisme. De nos jours, c’est d’ailleurs une vérité reconnue et acceptée: de Gaulle a trahi les pieds-noirs. Cependant je ne suis pas non plus opposé à l’aura du Général. Si j’avais eu 16 ans en 1940 je pense que je me serai engagé dans la Résistance. Le problème donc n’est pas politique, le problème, c’est l’Algérie. Comprenez: les gens souhaitaient simplement rester là où ils étaient nés. C’était finalement plus une guerre franco-française que contre les Algériens. Les autorités françaises se sont complètement engagées contre les partisans de l’Algérie française. Le 26 mars 1962, l’armée française n’a pas hésité à mitrailler la foule, faisant 80 morts et 200 blessés, ce dont plus personne ne se souvient aujourd’hui. (…) [retourné] Non, jamais, je n’ai pas envie. Dans une chanson j’ai chanté «Je viens d’un pays qui n’existe plus». (…) [comme journaliste] J’ai commencé au journal l’Aurore dans la rubrique «faits divers», puis dans celle concernant les affaires étrangères où j’ai couvert les conflits. J’ai ainsi pu décrypter toutes les guerres d’Amérique centrale puis celles du Liban. Ensuite, je suis resté quelque temps au Figaro Magazine dirigé par Louis Pauwels. La grande époque! Je n’entends pas le journalisme comme une éducation de la pensée mais plutôt comme une révélation de faits sur des affaires. J’ai eu la chance de traiter des grosses affaires comme l’arrestation d’Escobar. Tout en étant journaliste je continuais de chanter, j’ai gagné le grand prix de l’émission télévisée Âge tendre et tête de bois avec «La Prière». (…) Je suis persuadé que croire en quelque chose est primordial dans la vie d’un homme, que c’est une force intérieure. Croire au Christ, c’est encore plus fort. Quant à «La Force», curieusement je n’ai jamais mis un point d’honneur à écrire une chanson dédiée au Christ, l’envie m’est venue naturellement. Le titre provient de la supplication «Donne-moi la force» qui ponctue les cantiques dans la Bible. La lecture de l’Histoire des chrétiens d’Orient et du massacre des Arméniens, de ces gens jetés vers la mort qui s’accrochent à la pensée de Dieu, m’a inspiré cette chanson. (…) Je crois que nous avions besoin d’un changement, un changement radical pour bouleverser l’ordre établi. Je salue ce rafraîchissement du personnel politique. Mais je ne crois ni au miracle Macron, ni que son système peut tenir sur la durée. Aujourd’hui ce qui est exaspérant, c’est la médiocrité de la droite, la gauche n’est pas mieux, mais il m’est désespérant de voir une droite sans repère et frileuse quand il faut défendre ses idées. Jean-Pax Méfret
Méfret peut servir d’analyseur à plusieurs titres. D’abord, il donne de voir fonctionner une forme de chanson politique : plus que la conviction, l’illustration, la construction d’un univers politique par l’appui sur des éléments métapolitiques faisant sens avec cet univers. Ensuite, historiquement, enraciné dans l’Algérie française, évoluant vers un fort anticommunisme en raison de l’évolution du contexte géopolitique, vivant un combat presque apocalyptique dans la France dirigée par le Parti socialiste, il montre l’existence, voire la vivacité, d’un populisme républicain dont on peut se demander s’il ne pourrait se retrouver chez d’autres personnalités, hebdomadaires ou organisations de droite dans les années 1980 (Alain Griotteray, Figaro Magazine, CNI, MIL, UNI). Il amène à s’interroger aussi sur la possible fonction d’interface que peut jouer ce républicanisme particulier dans les relations de la droite avec l’extrême droite, voire sa contribution à la vulgarisation de thèmes qui ont fait le succès de cette dernière à partir de 1984. Enfin, utilisant les formes musicales issues des années 1950-1960, se distinguant de la mouvance skinhead des années 1970, il précède le rock identitaire français des années 1990-2000, engagé de manière beaucoup plus explicite, lié à une génération née après 1970-1975 et à une politisation accompagnée par le poids du Front national. Paul Airiau

Attention: un chanteur rebelle peut en cacher un autre !

Chanteur aux disques introuvables, vendus par correspondance, non diffusés à la radio, voire interdits dans les casernes, journaliste ayant travaillé à Minute, L’Aurore, au Figaro Magazine ou à Valeurs actuelles, chanteur anticommuniste des pieds-noirs et des trouffions, de l’Algérie française et de l’Occident, invité à la fête des Bleu-blanc-rouge du FN ou pour SOS Chrétiens d’Orient, ayant participé en 1961 à l’occupation de la radio d’Alger lors du putsch des généraux, agent de liaison de l’OAS, prisonnier politique dès l’âge de 16 ans, dénonciateur du Mur de Berlin, du goulag, de l’internement des refuniks, du génocide khmer rouge, de l’extermination des chouans, chantre des GI’s du Débarquement,  des Harkis abandonnés, des soldats français oubliés sur les champs de bataille …

Au lendemain d’un anniversaire du Débarquement

Sans parler des bouchers de Tiananmen d’il y a  32 ans…

Que le président américain ne s’est même pas donné la peine d’évoquer …

Et à l’heure où après l’assassinat politique du président Trump et le hold up électoral du 8 novembre …

Les  génuflexions de Joe Biden face à l’Iran ou ses supplétifs palestiniens …

Viennent comme pour les mois d’émeutes des Black Lives Matter et des antifas

De relancer la violence à Gaza et en Israël

Et d’imposer, au sein même du gouvernement israélien nouvel assassinat politique, à la fois l’éviction de Netanyahou et l’entrée du loup islamique dans la bergerie

Pendant qu’entre la censure politique et les attaques ou pannes à répétition

L’expression publique semble de plus en plus fragile …

Mais qu’en France, sur fond, entre attentats, égorgements ou même décapitations, d’islamisation rampante de nombre de nos quartiers …

Et après l’assassinat politique de Fillon il y a quatre ans, notre propre lot de surenchère et de violence politique

Un philosophe bien-pensant tel que Raphaël Enthoven

Se voit contraint de choisir Marine Le Pen contre la basse démagogie d’un Jean-Luc Mélenchon

Peut-on imaginer meilleur contenu …

Pour l’étiquette ô combien galvaudée de chanteur rebelle …

Contre la pensée autrefois d’avant-garde devenue aujourd’hui pire des bien-pensances ..

Que cette réapparition sur le plateau de Cnews ce matin …

De cette sorte d’ovni dans la chanson française

Face au communisme d’un Ferrat ou l’antimilitarisme d’un Vian et d’un Le Forestier

Combinant anticommunisme et antisoviétisme, rejet de la gauche et des compagnons de route, défense du peuple et des pays martyrs, nostalgie de l’Algérie française et christianisme revendiqué …

Mais défendant aussi des valeurs d’un autre temps telles que vérité, engagement pour les valeurs, grandeur militaire

Et bien qu’en partie décalé de son public plutôt d’extrême droite et plutôt militaire …

Promoteur d’un populisme et d’un attachement à l’histoire de France tout à fait unique …

Et passeur pour plusieurs générations d’adolescents comme d’adultes de toute une culture politique …

Et surtout, à  l’instar d’un Camus ou d’un Aron opposé à Sartre ……

D’une rare lucidité et connaissance de l’histoire contemporaine ?

Jean-Pax Méfret, le chanteur qui fait taper des mains Zemmour et Madelin

Ses textes parlent aux nostalgiques de l’Indochine ou encore de l’Algérie française. Parmi les fans qui assistaient au concert de l’artiste au Casino de Paris les 13 et 14 janvier, on pouvait croiser quelques personnalités.
François Krug
Le Monde
19 janvier 2018

Le polémiste Eric Zemmour est en plein selfie avec des jeunes qui viennent de le reconnaître. Quelques mètres plus haut, on a déjà croisé l’ancien ministre de l’économie Alain Madelin ou le directeur des rédactions du Figaro Alexis Brézet. Ce samedi 13 janvier au soir, il y a du beau monde devant le Casino de Paris. Le lendemain après-midi sur le même trottoir, des familles bourgeoises côtoient des bikers, d’anciens soldats baraqués dans des blousons de cuir aux couleurs du Veterans Motorcycle Club.

« Diên Biên Phu » repris en chœur

Tous viennent fêter un chanteur aux disques introuvables, non diffusés à la radio. A son dernier passage à Paris, en 2012, il a rempli l’Olympia. Les billets pour ses deux concerts au Casino de Paris, une salle de 1 500 places, se sont vite envolés. Dans la queue, un blagueur fait rire un prêtre en soutane : « On n’a plus Johnny mais on a encore Jean-Pax ! »

Jean-Pax Méfret, 73 ans, monte sur scène sous les vivats. Le public enchaîne les standing ovations, reprend en chœur Diên Biên Phu (« Ils attendaient/Dans la cuvette/Le tout dernier/Assaut des Viets… »). Quand la sonnerie aux morts conclut Le Vieux Soldat, la salle se lève, le garde-à-vous pas loin. Même les plus jeunes connaissent les paroles du Chanteur de l’Occident, sorti en 1975 (« Je viens chanter l’espoir/Je chante contre le Grand Soir… »). Pour introduire Djebel Amour, un de ses nombreux hommages à l’Algérie française, le chanteur évoque « le gouvernement socialiste de l’époque » mais recadre vite les spectateurs qui huent : « C’est pas un meeting ! »

Ne dites pas à Jean-Pax Méfret qu’il est chanteur. Son vrai métier, insiste-t-il quand on le rencontre, c’est le journalisme. Il a travaillé à Minute, L’Aurore et surtout Le Figaro Magazine, couvrant tous les terrains de guerre. Il a brièvement repris du service il y a quelques années pour Valeurs actuelles. Ne lui dites pas non plus qu’il est de droite, même s’il en a séduit les courants musclés et même extrêmes sur plusieurs générations : il assure se méfier de la politique.

Il a chanté à la fête des Bleu-blanc-rouge du FN dans les années 1980 ou plus récemment pour SOS Chrétiens d’Orient, association proche de l’extrême droite ? « Il suffit de voir la liste des chanteurs qui ont participé à la Fête de l’Humanité sans être communistes », répond-il. Devoir convaincre qu’il est « profondément républicain » et « contre le nationalisme » le blesse :

« A partir du moment où des gens adhèrent à mes chansons, je ne demande pas autre chose. S’ils ont des idées extrémistes, moi, je n’y adhère pas. »

Hommages aux pieds-noirs et à l’OAS

Adolescent, il participe en 1961 à l’occupation de la radio d’Alger lors du putsch des généraux et découvre la prison. Agent de liaison de l’Organisation armée secrète (OAS), il est à nouveau arrêté l’année suivante, et découvre cette fois la Santé à Paris, puis la prison de Rouen. Au milieu des années 1960, il enregistre plusieurs 45-tours chez Decca et participe au télé-crochet de l’époque, « Age tendre et tête de bois ». Entre twist et ballades mélancoliques sur l’Algérie, il se cherche. Il opte pour la chanson engagée, enregistrant sur des labels confidentiels des hommages aux pieds-noirs et à l’OAS.

« Quand je l’ai connu, j’étais en terminale. Je l’ai entendu chanter des chansons anticommunistes chez des copains », raconte Anne Méaux. La future communicante des grands patrons et de la campagne de François Fillon milite alors à l’extrême droite. Elle n’aurait raté pour rien au monde ce retour sur scène : « C’est un homme libre qui n’a jamais renié ses valeurs. » Au tournant des années 1980, la petite bande entourant Jean-Pax Méfret se cotise pour financer ses disques. « On avait besoin qu’il y ait des voix qui disent autre chose, se souvient Bernard Lehideux, devenu plus tard cadre du Parti républicain et du Modem. Quand vous aperceviez un de ses disques chez quelqu’un, c’était presque un signe de reconnaissance. »

Vendus par correspondance, ses titres resteront confidentiels mais, dans les casernes ou les écoles catholiques, les chansons circuleront, piratées sur des cassettes. Aujourd’hui, Jean-Pax Méfret est distribué par Diffusia, qui édite aussi des « Vies de saints » et des récits militaires mis en musique. Sur son site, elle annonce combattre pour « la survie même de notre identité ». Le chanteur peut compter sur la fidélité d’une bonne partie des troufions. Dominique, 60 ans, ancien du 3e régiment parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa) de Carcassonne, se souvient de la visite du reporter à Beyrouth, au début des années 1980 : « Pour un jeune de 18, 19 ans, voir Jean-Pax Méfret, ça valait des courriers de la famille. »

A la sortie du Casino de Paris, une dizaine de fans attendent le chanteur. Jean-Pierre, 66 ans, est venu d’Aix-en-Provence. « A l’époque, il y avait une petite notion d’interdit à cause de ses liens avec l’OAS, raconte cet ancien militaire. Dans ma caserne, quand on écoutait Jean-Pax Méfret, il ne s’agissait pas que nos officiers l’entendent. » Sa fille Isabelle, 43 ans, est venue de Nîmes. Elle affirme voter à gauche et se souvient de ces copains de classe qui traitaient son chanteur préféré de « facho ». Ce soir, elle ne cache pas son émotion : « On est tellement heureux de voir qu’on n’est pas seul, que c’est une grande famille. »

Voir aussi:

Jean-Pax Méfret : « Le martyre des Chrétiens d’Orient pourrait annoncer le nôtre »

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Il chantait contre le communisme et pour l’Algérie française. Le « chanteur d’Occident » prête aujourd’hui sa voix aux Chrétiens d’Orient, à qui il consacre un nouveau disque. Il a accordé un entretien au Figarovox. Vous allez (encore) le traiter de réac.


Jean-Pax Méfret est un journaliste, écrivain et auteur-compositeur-interprète français. Il a donné à nombre de ses chansons un fort contenu historique et politique. Il a récemment sorti un album: Noun, dédié aux chrétiens d’Orient dont il jouera quelques morceaux le jeudi 29 juin 2017 lors de la soirée caritative du Val-de-Grâce organisée par l’association SOS Chrétiens d’Orient.


FIGAROVOX. – Vous dédiez votre dernier disque «Noun» aux chrétiens d’Orient, est-ce vous avez l’impression que c’est un sujet dont on ne parle pas assez?

Jean-Pax MÉFRET. – Oui c’est un sujet encore trop tu. J’ai hésité avant d’en faire une chanson. C’est, au volant de ma voiture, en allant donner un concert à Fréjus que j’ai trouvé une mélodie, immédiatement enregistrée sur mon portable. Pour l’anecdote, j’ai terminé d’écrire les derniers vers dans la loge, quelques minutes avant d’entrer sur scène: «Ils meurent victimes de leur Foi/ Ils tombent à l’ombre de la Croix:/ Dans un silence qui fait douter du cœur des hommes». Après, j’ai décidé de faire un disque autour du récit des chrétiens d’Orient. Ce n’est pas la première fois que j’écris un récit. Déjà dans mon album Camerone je glissais un livret afin d’expliquer aux auditeurs l’histoire de la bataille de Camerone. Imaginez la scène: soixante-deux légionnaires ont résisté face à deux mille Mexicains. Refusant de se rendre, ils se sont battus jusqu’au bout. Dès lors, chaque année les légionnaires fêtent cet événement et louent le courage de leurs prédécesseurs le 30 avril.

À votre époque, le combat principal était contre le communisme, aujourd’hui quelle est la menace?

Je crois que le vrai défi, c’est la foi. «Sommes-nous condamnés à subir le même sort que les chrétiens d’Orient?» tel est le problème. De toute évidence, leur martyre pourrait très bien annoncer le nôtre. Partout dans le monde les chrétiens sont persécutés, c’est pourquoi, nous, de tradition et de culture chrétienne, devons relever ce défi. C’est autrement plus ambitieux que de lutter contre le communisme: notre époque est encore plus exigeante.

Le problème c’est l’islamisme?

À l’occasion des attentats de Londres en 2005, j’ai fait une chanson qui s’appelle «Au nom d’Allah» où je demande si le terrorisme islamiste agit vraiment au nom d’Allah. Quand je l’ai chantée à l’Olympia j’ai raconté avant l’histoire du capitaine Kheliff, cet officier de l’armée française musulman qui a sauvé des pieds noirs lors du massacre d’Oran du 5 juillet 1962 en enfreignant ses ordres et qui, une fois en France, a créé une association des anciens combattants musulmans. Il faut bien savoir qu’en Algérie, tous les anciens combattants musulmans se faisaient égorger par le FLN après l’indépendance. Kheliff a aussi créé une mosquée à Lyon.

Avant d’être musulman, l’orient, berceau de la naissance du Christ, était chrétien.

Cette histoire, racontée avant «Au nom d’Allah», visait à éviter les amalgames qu’aurait pu engendrer ma chanson. En effet, il faut reconnaître qu’il y a une vraie diversité au sein du monde musulman et que ces jeunes des banlieues, délaissés par la société, ne connaissant pas vraiment leur religion. J’ai du mal à voir quoique ce soit de «divin» dans les actes terroristes, c’est quelque chose de plus humain, de plus misérable. Mais tôt ou tard, nous allons être confrontés à cette violence et nous avons le devoir de nous y préparer. Figure du contre-exemple: l’Angleterre et son modèle communautariste étaient une pépinière pour les radicaux. De fait dès le début des années 2000 nous avions fait les gros titres sur cette menace islamiste, nourrie par des prêcheurs à Londres. Ces derniers appelaient déjà la mort des chrétiens, nous avions déjà senti le danger. Mais paradoxalement, cette haine pour les chrétiens nous rappelle aussi notre héritage, notre identité chrétienne puisqu’ils nous appellent «les croisés». Ils nous obligent à retrouver nos racines. Peut-être aussi oublient-ils qu’avant d’être musulman, l’orient, berceau de la naissance du Christ, était chrétien? On oublie trop souvent que la première église fut construite à Antioche. Tout comme l’Algérie qui fut d’abord chrétienne avant les invasions arabes. Saint-Augustin et sa mère, la bien-aimée Monique, en sont la plus parfaite illustration.

Entre la Légion Étrangère, l’Algérie et les Chouans, l’Histoire prend une très grande place dans votre œuvre. Quelle est l’unité entre toutes ces périodes évoquées?

Ce sont des causes dont on parle peu et qui forment un ensemble de valeurs. Je suis pied-noir, l’Histoire de l’Algérie m’a marqué. Ma musique parle de grands faits d’Histoire parfois oubliés: Budapest, le mur de Berlin… Je pense être le seul à chanter en m’inspirant de ces événements. À part moi, personne n’a chanté la révolution hongroise par exemple. L’originalité de ces thèmes est aussi ce qui me définit. Je ne fais pas de chansons d’amour ou alors, si je parle d’amour, c’est pour dire que je ne suis pas du genre à chanter des chansons d’amour.

Peut-on dire que vous êtes un chanteur de droite?

Je n’ai pas de message particulier à faire passer, je préfère rappeler des situations.

Je ne sais pas si je suis un chanteur de droite, mais je suis sûr de ne pas être un chanteur de gauche! Être de gauche pour les chanteurs, c’est parfois une volonté artistique, voire un snobisme. Pourtant il faut savoir que les chanteurs du siècle dernier n’étaient pas automatiquement de gauche. En tout cas, ils ne l’étaient pas sur le mode «grandes consciences» d’aujourd’hui, ils faisaient moins la leçon: regardez Boris Vian, je l’aime beaucoup. Moi, je ne voulais pas travailler dans la chanson à l’origine: mon objectif était de remettre au goût du jour des faits qui étaient ignorés. Je n’ai pas de message particulier à faire passer, je préfère rappeler des situations. Il n’y a rien de mieux que la chanson pour faire découvrir ces faits. J’ai appris récemment que des élèves d’une banlieue parisienne, visitant le musée du débarquement américain en Normandie, avaient chanté ma chanson sur le débarquement: «Ils sont tombés du ciel comme s’ils avaient des ailes/ Ils ont apporté un air de liberté.» Une chanson s’écoute toujours plus facilement qu’un cours d’Histoire, c’est une autre manière de transmettre.

On vous appelle le chanteur d’Occident, c’est comme ça que vous vous voyez?

Je m’étonne toujours que l’on me présente comme le chanteur d’Occident alors que je viens d’orient. À l’époque, c’était parce que je m’opposais au communisme. On aurait mieux fait de parler de «chanteur du monde libre». Je ne pense pas qu’il y ait eu de combats plus forts que celui opposant les deux blocs pendant la Guerre Froide. Dans «Ni rouge ni mort» j’explique les raisons de mon opposition au communisme, le danger qu’il représentait avec notamment l’armée rouge! On oublie que le mur de Berlin, c’étaient des dalles dressées, prêtes à tout moment à être aplaties vers l’ouest pour faire passer les chars! C’était à mon sens un vrai combat pour la liberté que la lutte contre le communisme et les goulags dont personnes ne parlait. On a tout de même eu un parti communiste français qui prenait ses ordres à Moscou. D’ailleurs, je trouve inouï qu’il y ait encore en France un parti communiste. Rouges de honte, ils ont changé de nom dans toutes les nations occidentales mais pas en France!

À bien des égards on peut dire que vous avez eu plusieurs vies. Comment passe-t-on de l’OAS à journaliste puis à chanteur?

Je n’étais pas dans l’OAS (Organisation de l’Armée secrète, NDLR). Quand j’ai été arrêté l’OAS n’existait même pas. Mais on peut dire que j’étais pour l’Algérie Française. Je suis né là-bas. Mes ancêtres du côté de ma mère ont fait partie des déportés de la première commune en 1848 que l’on a exilés en Kabylie. L’Algérie, à ce titre, n’était pas un pays de droite. D’ailleurs c’étaient les bastions communistes, ayant des quartiers populaires, qui étaient les plus virulents lors de la guerre d’Algérie. Mon père lui n’était pas du pays: il était venu afin de préparer le débarquement américain. Il travaillait pour l’OSS qui étaient les services secrets américains. C’est là qu’il a rencontré ma mère.

C’est une vérité reconnue et acceptée : de Gaulle a trahi les pieds-noirs.

Pour revenir à mon parcours, lors du putsch de 1961, les autorités avaient besoin de voix pour lire les messages et, comme j’avais une voix radiophonique, j’ai été invité à travailler à la RTF Télévision d’Alger qui était pro-Algérie Française. Et donc j’ai été accusé de participation à un mouvement insurrectionnel, d’intelligence avec les chefs de l’insurrection, d’attentat contre l’autorité de l’État: vingt-cinq chefs d’inculpation en tout. Je suis donc passé directement des frères maristes à la prison d’Alger, puis à la Santé à Paris, enfermé pendant dix-huit mois. Ce fut une épreuve pour ma mère, bien qu’elle partageât mes convictions comme beaucoup. Je suis persuadé que ce n’était pas un combat politique, ou alors circonscrit à l’antigaullisme. De nos jours, c’est d’ailleurs une vérité reconnue et acceptée: de Gaulle a trahi les pieds-noirs. Cependant je ne suis pas non plus opposé à l’aura du Général. Si j’avais eu 16 ans en 1940 je pense que je me serai engagé dans la Résistance. Le problème donc n’est pas politique, le problème c’est l’Algérie. Comprenez: les gens souhaitaient simplement rester là où ils étaient nés. C’était finalement plus une guerre franco-française que contre les Algériens. Les autorités françaises se sont complètement engagées contre les partisans de l’Algérie française. Le 26 mars 1962, l’armée française n’a pas hésité à mitrailler la foule, faisant 80 morts et 200 blessés, ce dont plus personne ne se souvient aujourd’hui.

Vous y êtes retourné?

Non, jamais, je n’ai pas envie. Dans une chanson j’ai chanté «Je viens d’un pays qui n’existe plus».

Comment êtes-vous devenu journaliste?

J’ai commencé au journal l’Aurore dans la rubrique «faits divers», puis dans celle concernant les affaires étrangères où j’ai couvert les conflits. J’ai ainsi pu décrypter toutes les guerres d’Amérique centrale puis celles du Liban. Ensuite je suis resté quelque temps au Figaro Magazine dirigé par Louis Pauwels. La grande époque! Je n’entends pas le journalisme comme une éducation de la pensée mais plutôt comme une révélation de faits sur des affaires. J’ai eu la chance de traiter des grosses affaires comme l’arrestation d’Escobar. Tout en étant journaliste je continuais de chanter, j’ai gagné le grand prix de l’émission télévisée Âge tendre et tête de bois avec «La Prière».

Dans votre dernier album il y a une chanson, «La Force», qui s’adresse au Christ. Quelle est la place de la Foi dans votre vie et dans votre œuvre?

Je suis persuadé que croire en quelque chose est primordial dans la vie d’un homme, que c’est une force intérieure. Croire au Christ c’est encore plus fort. Quant à «La Force», curieusement je n’ai jamais mis un point d’honneur à écrire une chanson dédiée Christ, l’envie m’est venue naturellement. Le titre provient de la supplication «Donne-moi la force» qui ponctue les cantiques dans la Bible. La lecture de l’Histoire des chrétiens d’Orient et du massacre des Arméniens, de ces gens jetés vers la mort qui s’accrochent à la pensée de Dieu, m’a inspiré cette chanson. Dans un passage, je dis que je vois «Briller les âmes des compagnons qui sont morts dans les flammes». Ce parallèle m’a beaucoup ému, ce qui m’est assez rare quand il s’agit de mes écrits. De fait, je n’ai pas pour habitude d’écouter mes propres chansons. Celle-là, pourtant, il m’arrive de la réécouter.

Aujourd’hui ce qui est exaspérant c’est la médiocrité de la droite.

Comment qualifieriez-vous la situation politique actuelle en France?

Je crois que nous avions besoin d’un changement, un changement radical pour bouleverser l’ordre établi. Je salue ce rafraîchissement du personnel politique. Mais je ne crois ni au miracle Macron, ni que son système peut tenir sur la durée. Aujourd’hui ce qui est exaspérant c’est la médiocrité de la droite, la gauche n’est pas mieux, mais il m’est désespérant de voir une droite sans repère et frileuse quand il faut défendre ses idées.

Jean-Pax Méfret, chanteur anticommuniste et républicain populiste

Paul Airiau

Histoire et politique

Résumé :

Journaliste et chanteur engagé à droite, Jean-Pax Méfret traduit en chanson les tensions idéologiques et géopolitiques des années 1980. Son univers politique est typé : anticommunisme et antisoviétisme, rejet de la gauche au pouvoir après 1981, défense du peuple opprimé par les puissants, nostalgie de l’Algérie française. Il défend aussi des valeurs métapolitiques : vérité, engagement pour des valeurs, gloire militaire. Il peut être rapproché d’une forme de populisme républicain. Bien qu’en partie décalé de son public plutôt d’extrême droite et plutôt militaire, il participe à la politisation d’adolescents et à l’entretien d’une culture politique chez les adultes.

La chanson politique en France, depuis le XIXe siècle, relève davantage de la contestation ou de la subversion de l’ordre établi que de la conservation ou de la réaction politiques [1] . Rares furent les chansons politiques de droite largement diffusées, notamment à partir des années 1960, même si certains chanteurs populaires sont réputés de droite, comme Michel Sardou [2] . Aussi peut-on se pencher sur Jean-Pax Méfret, dont l’itinéraire, du combat pour l’Algérie française au début des années 1960 à la chanson bientôt politique dans les années 1970 et au Figaro Magazine dans les années 1980, en fait une figure originale d’une droite populiste et un témoin significatif des mutations idéologiques de la fin du XXe siècle français.

Matricielle est en effet dans l’identité de Jean-Pax Méfret sa naissance à Alger en 1944 [3] . Son père, installé à Marseille, passé en Algérie en 1942 comme résistant lié à l’OSS, y rencontre sa mère, issue d’une famille franco-italienne. Méfret grandit dans le quartier populaire de Belcourt, socialisé dans le catholicisme et le patriotisme. Les « événements » le font anti-indépendantiste. S’il accueille avec joie de Gaulle en 1958, il se retrouve aux côtés des insurgés des barricades en janvier 1960, fréquente le Front de l’Algérie française et devient agent de renseignement et de liaison de l’OAS après le putsch d’avril 1961 ; il est interné quelques semaines pour avoir occupé la radio-télévision d’Alger. Arrêté en février 1962, libéré à l’automne, il achève ses études et se lance dans le journalisme et la chanson pour les rapatriés [4] . Promu par Decca en 1964 comme chanteur-auteur-compositeur, avec deux 45 tours et quatre chansons, sous le nom de Jean-Noël Michelet, il participe à l’émission « Âge tendre et têtes de bois » dont il remporte en juin 1965 le prix du public, puis enregistre en 1966 six nouveaux titres en deux 45 tours et connaît une certaine médiatisation [5] .

Decca aurait-elle tenté d’exploiter le filon « rapatriés » ouvert par Enrico Macias en 1962 ? Peut-être. Mais sa carrière ne décolle pas après 1966 [6] . Avec l’amnistie des partisans de l’Algérie française, sa chanson se politise nettement : trois 45 tours en 1968, dont Messages prisons exil où sa musique accompagne les propos de six anciens dirigeants de l’OAS, et en 1969 un 45 tours d’hommage au Lieutenant Roger Degueldre, un des chefs des commandos Delta de l’OAS, devenu une figure martyrielle des milieux d’Algérie française en raison des conditions de son exécution en 1962 – la salve ne fait que le blesser et il faut six coups de grâce pour l’achever. Journaliste à France Horizon, organe de l’ANFANOMA, association de rapatriés, il entre en 1970 à l’hebdomadaire Minute, passe à L’Aurore en 1974 comme grand reporter de politique intérieure puis internationale, et participe aux tentatives de suppléments dominicaux du Figaro. De 1980 à 2000, il est grand reporter au Figaro Magazine. Inséré dans une presse de droite libérale relancée par Robert Hersant, il n’oublie pas la chanson. En 1974, sous son nom, Le Chanteur de l’Occident (45 tours chez Barclay, diffusion Decca) bénéficie d’une certaine couverture médiatique, profitant de L’Archipel du goulag [7] .

Puis, de 1980 à 1986, il enregistre une cinquantaine de compositions. L’essentiel se concentre en 1980-1982, avec 32 titres : Vous allez me traiter de réac (1980, 33 tours et cassette de dix morceaux), trois 45 tours consacrés à l’Algérie (1980, sept compositions reprises en cassette), trois 45 tours d’une série intitulée « Combats » (six chansons dont une reprise, partiellement éditées en cassette), Faits divers (1982, 33 tours et cassette de neuf titres) dont est extrait le 45 tours Solidarité. Un album réunit les versions espagnoles de certaines chansons. La production est plus étalée ensuite (20 morceaux) : Ni rouge ni mort (1984, 33 tours et cassettes de dix compositions), un maxi-45 tours Calédonie  (1985, deux chansons), Pour mémoire (1986, 33 tours et cassette de huit titres). Après 1986, il compose peu (neuf chansons) et propose essentiellement des compilations [8] . Internet renouvelle le lien avec son public, grâce à un site lancé par un fan en 1999, agréé par lui en 2000, et connaissant sa troisième version en 2007. Cela le conduit à donner un concert parisien en 2004, puis d’autres jusqu’en 2008 [9] . Trois livres lui valent une certaine médiatisation au milieu des années 2000 : une biographie de Bastien-Thiry, un récit de jeunesse et une enquête sur l’affaire Markovic [10] 

L’essentiel de sa carrière musicale se déroule ainsi dans la première partie des années 1980. C’est donc sur les chansons de cette période que se focalisera l’analyse : déclinant anticommunisme, populisme et mémoire pied-noire sur les musiques des années 1960-1980, elles sont les plus significatives politiquement. La considération de caractéristiques communes à toutes les chansons préludera à une étude plus circonstanciée de l’anticommunisme et de sa déclinaison à la France, avant d’aborder les dimensions métapolitiques de l’univers de Méfret, le tout permettant alors de le situer précisément sur l’échiquier politique. Enfin, une approche de la diffusion et de la réception pourra conclure l’analyse.

Des thèmes

Le Chanteur de l’Occident “1980” le clame : « Puisque la guitare est devenue une arme […] Puisque l’un de vous a chanté Potemkine Moi je viens chanter Soljenytsine […] Je chante contre le Grand Soir […] Je chante pour l’Occident. » « Les démagos » vilipende les responsables de la levée du « soleil noir » et du « sang qui coule sur nos têtes » car il a sa source « dans [leur] esprit ». Si les intellectuels et les chanteurs engagés à gauche sont dénoncés comme meurtriers, seules trois allusions visent des chanteurs précis : Jean Ferrat pour Potemkine (dans Le Chanteur de l’Occident), Boris Vian pour Le Déserteur (dans Djebel Amour), et Maxime Le Forestier pour San Francisco (dans L’Île Saint-Louis) [11] . L’univers de Méfret est ainsi circonscrit : l’anticommunisme qui conduit à combattre les intellectuels homicides complices du totalitarisme soviétique et de tout régime anti-occidental.

A cet anticommunisme revendiqué s’ajoutent la lutte contre la gauche et pour les pays martyrs (Liban, Cambodge) ; l’Algérie ; les histoires exemplaires d’individus, et la grandeur militaire ; les sujets de société, des inspirations diverses et des notes personnelles. Ces thèmes se recoupent parfois – combat politique et anticommunisme, qui dominent les deux premiers albums, la grandeur militaire imprégnant l’Algérie et les destins –, certains ont une connotation politique sous-jacente (drogue, violence urbaine). Au final, combat politique, anticommunisme et Algérie sont les sujets principaux, dans le prolongement des engagements de Méfret et du contexte des années 1970-1980. Celui-ci rend aussi compte des sujets de société liés aux difficultés socio-économiques, ce qui conduit à un éparpillement de l’inspiration en 1986, avec la diminution des tensions idéologiques et internationales et l’affirmation de la droite depuis le début des années 1980.

Le caractère politique donne aux chansons une dimension pamphlétaire de martèlement des convictions politiques, pour un tiers à un quart d’entre elles. Mais, bien plus efficacement, les idées sont véhiculées par des récits d’une vie ou d’un épisode significatif prenant toute leur dimension une fois contextualisés. L’assimilation au personnage et la sympathie visent à convaincre en utilisant la sphère existentielle et émotive. Ce procédé appuie un manichéisme latent : Bien et Mal s’opposent dans un combat sans merci où la vie et la mort sont en jeu. Y est fréquemment associé le rapport entre « maintenant » et « autrefois », « ici » et « ailleurs ». Typique est Djebel Amour. Un ancien combattant d’Algérie se heurte à l’incompréhension de ses amis et de ses parents, comme trente ans auparavant quand on « chantait Le Déserteur à Saint-Lazare », alors que pour lui, cela représente « dix-huit mois à vingt ans », matérialisés dans « une rose des sables Qu’il pose sur la table Et il a le cœur lourd ».

La guitare est-elle « devenue une arme » ? Cette phrase est en effet chantée sur une mélodie de piano… Cependant, présente, la guitare crée le pathos, afin de convaincre sans utiliser la raison (Dien Bien Phû), ou assure un rythme (Les Barricades). Ce dernier prédomine, avec la guitare basse, la batterie et les percussions – l’exemple accompli en est Parole d’homme. A partir de 1985, la musique se rapproche de la « chanson FM ». Méfret suit en partie l’évolution des genres musicaux : son premier album contenait Goulag, un disco, alors sur son déclin. Il demeure ainsi loin des formes issues du rock à partir de la fin des années 1960 et en partie utilisées par la contestation socio-politique (hard-rock, punk). Il se glisse dans les musiques commercialement dominantes, entre « variétés », chanson d’auteur et pop-rock mainstream.

De l’anticommunisme au populisme

Anticommunisme : le thème est omniprésent. Il est abordé, avec l’URSS, par son aspect meurtrier, répressif et liberticide, ou par le biais de faits et d’événements symboliques. Le goulag est chanté trois fois (Le Camp 36, Sibérie, Goulag). Prenons quelques citations : « Les commissaires politiques ont estimé qu’il était fou » (car il chantait Yesterday des Beatles : Le Camp 36) ; « L’eau est sale Elle sort d’un égout », « Dehors ils ont creusé sa fosse La croix porte son numéro », on récite dans les camps « Je vous salue Staline » (Goulag) ; « Les femmes Avec des barbelés Tressent des colliers et des bagues Elles font les bijoux du Goulag » (Sibérie). Utilisation politique de la psychiatrie, internement pour avoir remis en cause le système soviétique, isolement sans contacts avec l’extérieur, souffrance, conditions de vie terribles, travail dur, mort qui fait définitivement sombrer dans l’anonymat, ultime négation de la personne, le goulag incarne le communisme annihilant liberté, droit et justice. Lieu de la perversion parfaite, de la déification du tyran, la résistance y demeure cependant possible : par la foi, l’inventivité et l’espérance matérialisée dans l’Ouest, « le paradis qui existe là-bas ».

Autre lieu symbolique, Berlin est traité dramatiquement avec Veronika, récit de la rencontre d’une jeune Allemande de l’Est, morte en tentant de franchir le Mur, symbole de ceux qui veulent se libérer du communisme et refusent la partition de la ville. Cette variation sur un topos, l’homme de l’Ouest rencontrant la femme de l’Est, faite à la première personne, renforce l’assomption existentielle de la déchirure qu’est le Mur, accentuée par l’insertion du « As a free man I take pride in these words : Ich bin ein Berliner » de John Kennedy à Berlin le 26 juin 1963, la fin de la chanson lui faisant écho. Professeur Müller propose une évasion spirituelle de Berlin, par la musique et la prière, Dieu devenant le seul recours dans un monde menteur et factice. Budapest affirme le caractère foncièrement liberticide du communisme en rapprochant la Hongrie de 1956 de la Pologne de 1981, où, dans les prisons, « On se tourne vers la terre française En criant “Solidarité” ». Cuba est traitée par le biais de l’humour. Dans Miss America, la fille de purs militants castristes, qui rêve des Etats-Unis et de devenir Miss America, « tiendra le drapeau » lors des fêtes officielles, pied de nez secret à Castro.

L’anticommunisme débouche dans un combat politique en France même, abordé à égalité par le pamphlet et le récit exemplaire. Parmi ces derniers, Antoine et L’Enfant du flic dénoncent l’antimilitarisme et la haine de la police. D’un côté, l’ancien combattant d’Algérie, clochardisé, castré par les fellaghas ; de l’autre, les enfants de policiers attaqués par leurs camarades sous l’œil indifférent de l’ « instit’ qui a fait 68 » et « tire sur son shit ». La Manif’ et L’Île Saint-Louis opposent l’espoir de mai 1981 à son impossible réalisation : l’électrice de gauche, blessée lors d’une manifestation, finit par considérer qu’on l’a trompée, que les chansons de mai 1968 ont « perdu leur magie ». Quant aux pamphlets, leur violence n’a d’égale que leur virulence : « Garde ça en mémoire camarade Quand tu vas défiler pour la paix Le sang des enfants tués à la grenade A la couleur de tes idées » (Camarade). Et pour n’être Ni rouge ni mort, il faut s’armer avec les missiles nucléaires Pershing II. Cet anticommuniste atteint les socialistes au pouvoir. Solidarité et Libertés dénoncent un totalitarisme larvé (« Vous brouillez les radios Vous régentez l’école »), l’hypocrisie (« Vous jouez au prolo J’en connais qui rigolent ») et la responsabilité du PS dans ses difficultés, en liant le combat de Solidarnosc, l’aspiration à la liberté et la situation française.

Méfret mène donc une lutte dont la violence répond à celle prêtée aux adversaires : non pas débattre, mais se battre. Cette violence verbale, au service du combat politique, répond en fait à une violence sociale, qui est le trait principal des années 1980. Elle est toujours abordée par le biais de l’histoire d’une victime, dans Faire-part, Faits divers, La Colère et L’Enfant otage. Des gens simples, ouvriers, retraités, anonymes, en situation de faiblesse accentuée parfois par leur solitude et leur état (une personne âgée dans son appartement, un collégien face à une bande, une jeune femme sur un quai de gare, un enfant otage de braqueurs de banque), sont la proie d’agresseurs, des hommes en groupe volant, cassant, rackettant, torturant, violant. La violence est gratuite et injuste. Ainsi, l’ouvrier de Faits divers est tué la veille des vacances parce que « le loubard le plus moche » a parié « dix sacs Il a les foies le bourgeois Il ne passera pas ». Elle est aussi mesquine : elle obtient un plaisir facile, le viol, et un peu d’argent. Flash présente dans ce cadre le cas particulier de raconter l’histoire d’une droguée exploitée par un dealer.

Méfret dénonce ainsi « la peur sur la zone », dont sont responsables des marginaux, des hommes politiques et des fonctionnaires inactifs (La Colère). La justice rendue par soi-même (dans Faits divers, le fils tue le meurtrier de son père) et la révolte politique enracinée dans une colère croissante sont légitimées. Les citoyens livrés à l’insécurité par l’incurie politique, les couches populaires souffrant de l’irresponsable politique socialiste après 1981, les nations privées de liberté par le communisme, les pieds-noirs abandonnés par des gouvernants inconséquents, tous petites gens, victimes innocentes, peuvent et vont se soulever, demander des comptes aux responsables de la situation et se libérer. Sous des modalités diverses s’affirme ainsi une catégorie centrale, le « peuple ». Pensé comme consistant, il est construit par la mise en avant d’une situation de victime appelée à se révolter pour construire un ordre nouveau, sûr et libre. Le populisme se révèle bien ici modalité particulière d’organisation du politique [12] .

L’engagement, valeur métapolitique enracinée dans l’expérience algérienne ?

La violence légitime répond ainsi à la violence imposée et subie, les chansons pamphlétaires n’en étant qu’une expression. Mais la lutte est rarement couronnée de succès, comme si l’essentiel était de combattre, la réaction exprimant l’existence, manifestant une dignité que rien ne peut abolir. Le combat devenant le mode de témoignage du spirituel, peu importe qu’il soit gagné ou ait lieu physiquement. Car le combat premier est celui de l’esprit contre le Mal : le chanteur de Camp 36 est interné dans un hôpital psychiatrique, le moribond de Goulag demande le Credo. Le combat, donc l’engagement, étant essentiel, les chansons de destin et de grandeur militaire prennent un sens nouveau, entre résurrection politique et mythification cosmique : d’un côté la France se réconcilie avec son armée grâce à Kolwezi, et Le Jour J exalte les soldats alliés du 6 juin 1944 ; de l’autre, à Camerone, « Le soleil baissa les yeux [lorsque les légionnaires] furent exterminés [13] . » La résistance désespérée devient accomplissement exemplaire. Les « gosses de dix-huit ans Pour la France Meurent en chantant » à Dien Bien Phû, Camerone est le modèle pour un « petit » qui veut « marcher sur le chemin qui mène à la gloire ». Mais l’on ne revient pas sans blessure de la guerre, puisque Le Fou, traumatisé en Indochine, est incompris même des prostituées, et l’échec est récurrent. Cependant, transformant les morts en symboles (Le Béret amarante), il permet de témoigner efficacement, ce qui en fait une réussite.

Cet engagement total, lié à une exaltation des destins, est aussi esthétisé, ainsi dans Le Camp des solitaires où la radicalité absolue d’une camaraderie renversant tout sur son passage, et Les Oies sauvages ou Le Messager, qui transfigure Jean-Paul II. Car Méfret veut susciter un désir tendu de tout l’être. Mais cette esthétisation de la militance est balancée par l’irréversibilité des catégories morales : il faut choisir le bien, la liberté, la patrie, l’honneur. Pourtant, un certain désenchantement pointe finalement, exprimé à travers la situation libanaise. Le Béret amarante relate le départ volontaire d’un jeune homme parti accomplir son « destin », son appui aux Phalanges chrétiennes, sa mort finale. Cinq ans plus tard, Beyrouth est sans illusion : « Soldat de la paix on l’appelle Soldat cible serait moins trompeur », dans une ville en ruines où la violence des adultes a perverti les enfants.

Ces dimensions se retrouvent toutes dans les chansons sur l’Algérie, avec des tonalités particulières. Les Barricades (de janvier 1960) et Le Loup de guerre (un officier parachutiste devenu mercenaire) unissent nombre d’éléments de la mythologie Algérie française : l’abandon par le gouvernement, les pieds-noirs patriotes se défendant légitimement, les soldats rebelles par honneur (le mercenaire voulut rester fidèle « au serment qu’on lui fit prêter ») réduits à survivre comme ils le peuvent, les parachutistes. S’y ajoute la vie marquée à jamais. Le mercenaire, devenu machine à tuer dans les guerres idéologiques, passant du Biafra indépendantiste aux milices chrétiennes du Liban, sans oublier la guérilla antimarxiste en Angola ou anti-islamiste au Soudan, est spirituellement misérable, comme l’ancien conscrit incompris de Djebel Amour que « Ses souvenirs […] entraînent, ses souvenirs […] enchaînent ». Ces victimes, marquées par leur engagement sans retour, ont vécu une tragédie, « le temps du malheur » : l’indépendance algérienne (Santa Cruz). Les notations personnelles se font alors plus fortes, Méfret devenant acteur de ce qu’il chante. L’exode crée la douloureuse nostalgie difficilement exprimable de la terre aimée (Le Pain de la misère, Un Noël à Alger, Santa Cruz). Le scandale, la révolte, « la colère », font interpeller Dieu pour tenter de comprendre (La Prière). Seule la statue de la Vierge d’Oran rapatriée en France demeure un point d’ancrage (Santa Cruz), alors que la geste pied-noire est magnifiée (L’Hymne des Pieds-Noirs, La Médaille – avec dénonciation de l’antimilitarisme).

Il est alors possible de penser que l’échec du combat pour l’Algérie française devient la matrice du positionnement métapolitique et politique de Méfret. Les pieds-noirs, victimes qui se sont battues envers et contre tout et dont les souffrances sont la promesse d’un renversement à venir, anticipent et permettent de penser ceux qui souffrirent du communisme et les gens de peu ignorés des puissants.

Un chanteur populiste et républicain

De quel univers politique relève alors Méfret ? En 1982, il se présente implicitement comme « nationaliste français [14] ». A partir de 2003, son site internet affirme qu’il « n’appartient à aucun parti politique. Il est avant tout attaché aux valeurs traditionnelles de la République dans le respect des droits, mais aussi des devoirs des hommes et des citoyens. Jean-Pax Méfret est d’abord un non-conformiste qui chante “vrai” [15] . » Tendance populiste, non-conformisme revendiqué, esthétique de l’engagement, anticommunisme, Algérie française, République des droits et des devoirs : tout pousse vers l’extrême droite.

Mais, entre 1999 et 2002, il s’est rapproché de Démocratie libérale d’Alain Madelin [16] ; et surtout, le nationalisme xénophobe est totalement absent. La descriptive « main d’ébène » du dealer de Flash est seule face aux légionnaires « Français par le sang versé » (Kolwezi) et à l’absence de l’immigration extra-européenne, question nettement politique depuis le début des années 1980. Le patriotisme, où l’armée incarne la nation, est républicain : La Marseillaise est « morceau d’histoire française » (Budapest), le casque bleu risque sa vie pour « Marianne » (Beyrouth). Au plan économique, ni libéralisme du Front national, ni organicisme corporatiste, ni allusion aux débats des années 1980 sur la politique industrielle, les nationalisations et les privatisations. Seules les conséquences des difficultés sont traitées, avec le suicide d’un chômeur dans Faire-part. Les grands combats, défaites et références de l’extrême droite et des contre-révolutions royalistes ou catholiques sont absents [17] . Sauf l’Algérie. Car domine l’origine algéroise : milieu populaire, patriote, rapproché de l’armée par la Guerre d’Algérie, éloigné des responsables politiques et radicalement opposé à la gauche socialiste et communiste – une sorte de Barrès pied-noir, le Barrès d’après-1919 où ont disparu les ennemis extérieurs, battus, et intérieurs, intégrés par le sacrifice militaire, la « nostalgérie » représentant l’enracinement.

Ce populiste républicain anticommuniste s’inscrit dans les conflits géopolitiques et idéologiques des années 1960-1980. Multiples sont les références à l’actualité internationale : révolution portugaise (1974) dans L’Île Saint-Louis, Soljenitsyne (1974-1975) dans Le Chanteur de l’Occident, guérilla bolivienne dans Feliciano, accords d’Helsinki (1975) dans Le Chanteur de l’Occident, Kampuchéa démocratique (1975-1978) dans Et la musique s’est arrêtée et Les Démagos, révolution iranienne dans Les Démagos et révolte katangaise (1978) dans Parole d’homme, boat people fuyant le Viêtnam dans L’Île Saint-Louis, syndicat libre polonais Solidarnosc (1980-1981) dans Solidarité et Budapest, dissidence d’Andreï Sakharov dans Le Chanteur de l’Occident, renouveau de la tension Est-Ouest (invasion de l’Afghanistan par l’URSS en 1979, crise des euromissiles de 1981 à 1984, Boeing des Korean Airlines abattu par la chasse soviétique dans la nuit du 1er-2 septembre 1983) dans Camarade et Ni Rouge ni mort, guerre civile libanaise (1975-1986, avec l’assassinat du président Béchir Gemayel le 14 septembre 1982 et les attentats contre la Force multinationale de sécurité le 23 octobre 1983) dans Le Béret amarante et Beyrouth. Pour la France domine la donne politique issue de la présidentielle de 1981 : « changement » après le 10 mai dans L’Île Saint-Louis et Solidarité, congrès du PS à Valence qui demande un renouvellement des cadres de l’administration (23-25 octobre 1981, avec référence au discours de Paul Quilès du 23), naissance des « radios libres » autorisées de manière dérogatoire (1982) et projets éducatifs du ministre Alain Savary (1984) dans Solidarité, et, anecdotiquement, l’Îlot Châlon, lieu de squat et de trafic de drogue parisien avant sa rénovation (décidée en 1984) dans Flash. Les revendications kanakes de 1984 à 1989 permettent de croiser anticommunisme et patriotisme dans Calédonie, le FLNKS se revendiquant du marxisme.

Méfret participe donc du renouvellement des droites et d’un révisionnisme intellectuel à partir du milieu des années 1970. La poussée monétariste ne s’accompagne pas d’une rénovation politique ou culturelle, malgré les tentatives de Valéry Giscard d’Estaing. La Nouvelle Droite tente de s’affirmer, profitant du lancement par Hersant en 1978 du Figaro Magazine, où confluent plusieurs pensées de droite, unies par leur volonté nette d’en découdre avec les gauches [18] . 1981 accentue le mouvement, en plaçant la droite dans l’opposition, violente et active, au Parlement et dans la presse – notamment dans les journaux du groupe Hersant, visé en 1983-1984 par une loi « anti-concentration » âprement débattue. La désidéologisation de l’exercice socialiste du pouvoir, avec le tournant de la rigueur en 1983, la pratique de la désinflation compétitive après 1988, le difficile renoncement de la droite gaulliste au dirigisme économique, le réchauffement des relations Est-Ouest après 1986, atténuent les polémiques à visée identitaire. Les conflits se déplacent vers des thèmes plus « sociétaux » ou partiellement nationaux, comme l’indépendantisme kanak, ce que Méfret traduit à sa manière [19] .

De manière plus marginale, ses chansons n’interviennent pas dans les tensions agitant le monde rapatrié dans la décennie 1980. Mais il participe à la construction de la mythologie pied-noire : religion populaire dans Santa Cruz avec la statue de la Vierge d’Oran installée désormais à Nîmes, patriotisme et fierté de la participation à la libération de la métropole lors de la Seconde Guerre mondiale et revendiqués dans La Médaille et L’Hymne des pieds-noirs, pieds-noirs définis comme des pionniers sans s’interroger sur la colonisation dans L’Hymne des pieds-noirs, « nostalgérie » recomposant, par le biais de l’exil, en un peuple solidaire un monde qui fut et demeure traversé de failles politico-sociales – entre grands colons et petits artisans et employés urbains, entre partisans du Parti socialiste, des partis centristes ou de droite modérée, et ceux du Front national [20] .

Diffusion et réception [21]

Un univers aussi circonscrit et au message politique si fort jusque dans les voies indirectes qu’il emprunte, et dont l’expression dépendait assez largement des circonstances même s’il s’y trouve des éléments métapolitiques en partie intemporels, pouvait-il connaître le succès dans les années 1980 face à la chanson de divertissement, qui représente plus que l’écrasante majorité de la production et marginalise radicalement, au moins en France, toute forme de chanson militante ? La diffusion à la radio ou à la télévision, avec pour cette dernière quatre passages retrouvés dont deux en 1975, fut donc faible [22] . Les concerts occasionnels, à l’occasion de reportages ou de manifestations politiques, comme les journées d’Amitié française du Centre Charlier, les fêtes Bleu Blanc Rouge du Front national, servent aussi à la popularisation. Mais la diffusion repose largement sur le contact individuel et non sur une commercialisation de masse appuyée sur la médiatisation radio-télévisée – Méfret dénonce une censure [23] . Les disques et cassettes, achetés par exemple par le biais de la SERP de Jean-Marie Le Pen, sont écoutés entre amis ou camarades, prêtés, dupliqués – comme les CD ensuite. Ce fonctionnement réticulaire se double d’une transmission familiale, accentuée dans les années 2000, les rééditions, les nouvelles productions et le site Internet permettant une relance de la diffusion.

La spécificité des thèmes explique ce type de diffusion et la réceptivité sélective en fonction des milieux. Le monde militaire est un vivier très important, avec 16% des messages du site jean-pax.com en avril 2005, des années 1980 aux années 2000, plus peut-être parmi les militaires en opération que parmi les encasernés. Sont ensuite atteints les proches des soldats et des adolescents idéalisant l’armée – lycéens militaires, certaines unités scoutes de zones de classes moyennes supérieures, ainsi l’ouest des Yvelines. Le monde pied-noir est plus discret. Nationalistes, royalistes et catholiques contre-révolutionnaires accueillent un renouvellement pop-rock des chansons de droite, jusqu’à présent royalistes, vendéennes, chouannes, fascistes, antibolcheviques, militaires [24] . Ces publics sont plus ou moins segmentés, y compris au plan socio-économique : les militaires, plus souvent soldats ou sous-officiers, appartiennent davantage à un milieu populaire, de formation inférieure au baccalauréat. Ils sont fédérés par l’aspect militaro-esthétique et la contestation de la gauche, et se positionnent massivement à droite ou à l’extrême droite. La dimension populiste et républicaine n’est presque jamais perçue. L’univers politique de Méfret est ainsi partiellement décalé de celui de ses auditeurs.

Les chansons ont une fonction mobilisatrice et identificatoire, illustrant des idées ou des références déjà acceptées et défendues. Chantées à plusieurs, pour affirmer une communauté de vues ou de vie, rarement discutées, ou écoutées solitairement, elles ne diffèrent pas de la musique habituellement écoutée [25] , tout en ayant une portée politique, construisant un anticommunisme et une défense de l’Algérie française, et métapolitique, alimentant une esthétique de l’engagement et une valorisation de l’honneur. Chez les adolescents, illustrant musicalement un univers politique, elles participent à la politisation. Chez les adultes, elles entretiennent cet univers dans la durée. Ici réside leur efficacité, plus que dans un retournement ou une opposition politiques ponctuels [26] . Aussi Méfret peut-il être, à ce titre, l’objet d’un investissement important, avec l’initiation des enfants et amis, l’achat de tous les disques, des livres, la recherche d’informations.

Ainsi, Méfret peut servir d’analyseur à plusieurs titres. D’abord, il donne de voir fonctionner une forme de chanson politique : plus que la conviction, l’illustration, la construction d’un univers politique par l’appui sur des éléments métapolitiques faisant sens avec cet univers. Ensuite, historiquement, enraciné dans l’Algérie française, évoluant vers un fort anticommunisme en raison de l’évolution du contexte géopolitique, vivant un combat presque apocalyptique dans la France dirigée par le Parti socialiste, il montre l’existence, voire la vivacité, d’un populisme républicain dont on peut se demander s’il ne pourrait se retrouver chez d’autres personnalités, hebdomadaires ou organisations de droite dans les années 1980 (Alain Griotteray, Figaro Magazine, CNI, MIL, UNI). Il amène à s’interroger aussi sur la possible fonction d’interface que peut jouer ce républicanisme particulier dans les relations de la droite avec l’extrême droite, voire sa contribution à la vulgarisation de thèmes qui ont fait le succès de cette dernière à partir de 1984. Enfin, utilisant les formes musicales issues des années 1950-1960, se distinguant de la mouvance skinhead des années 1970, il précède le rock identitaire français des années 1990-2000, engagé de manière beaucoup plus explicite, lié à une génération née après 1970-1975 et à une politisation accompagnée par le poids du Front national [27] .

Notes :

[1] Sur le rapport entre chanson et politique : Chansons en politique : journée d’étude du 29 novembre 2002, Paris, Bibliothèque nationale de France, coll. « Conférences de la Bibliothèque nationale de France », 2003, 5 CD (dont Marc-Olivier Baruch, « Histoire, chanson et politique : remarques en forme de synthèse », CD 4, Anthony Pecqueux, « Chansons politiques : tendances actuelles », CD 5) ; « La politique en chanson », Mots. Les langages du politique, n° 70, novembre 2002 (http://mots.revues.org).

Approche plus factuelle dans Daniel Pantchenko, « Vous avez dit “chanson engagée” ? », Textes et documents pour la classe, n° 894, « La chanson française », 15-30  avril 2005 (http://www.cndp.fr/revueTDC/894-72891.htm, consulté le 3 février 2009) ; Chantons l’affiche. Quarante années de notre histoire illustrées par l’affiche et la chanson, documents réunis par Bernard Champelovier, Chambéry, Editions Jean-Jacques Rousseau, 1996 (Méfret, p. 15, 121, 125) ; Serge Dillaz, La Chanson française de contestation des barricades de la Commune à celles de mai 1968, Paris, Seghers, 1973 ; Le Choc du mois, n° 14, « Chanson française : engagez-vous », juillet 2007.

Pour les chansons sur les colonies : Alain Ruscio, Que la France était belle au temps des colonies… : anthologie de chansons coloniales et exotiques, Paris, Maisonneuve et Larose, coll. « Actualité de l’histoire », 2001 (Méfret, p. 283, 284) ; Claude Liauzu, Josette Liauzu, Quand on chantait les colonies, Paris, Editions Syllepse, coll. « Histoire : enjeux et débats », 2002 (Méfret, p. 149, 171-172).

[2] Polémique de Louis-Jean Calvet, Jean-Claude Klein, Faut-il brûler Sardou ?, Paris, Editions Savelli, 1978.

[3] « Regarde les hommes changer », Europe 1, 20 juin 2007.

[4] Il avait participé à un radio-crochet en 1960 ; le catalogue BN Opale Plus lui attribue un « slow-rock », « Chérie », en 1956.

[5] « Âge tendre et têtes de bois », ORTF, 10 novembre 1964, 10 juin 1965. Il participe au concert télévisé « MusicHall de France » (9 avril 1966) et à « Jeunesse oblige » (19 juillet 1966, où il côtoie Rika Zaraï, Serge Lama et Michel Polnareff).

[6] Valérie Esclangon-Morin, Les Rapatriés d’Afrique du Nord de 1956 à nos jours, avant-propos de Claude Liauzu, Paris, L’Harmattan, coll. « Histoire et perspectives méditerranéennes », 2007, p. 337-338.

[7] Selon Renaud, il participe avec lui à un « Midi Première » (déclaration à « Les enfants de la télé », Antenne 2, 25 mars 1995). Selon les archives de l’Inathèque, Méfret chante dans « IT1 Magazine » de Yves Mourousi (TF1, 11 mai 1975), Renaud participe à « Midi Première » de Danielle Gilbert (TF1, 17 mai 1975) : « Rapport du Chef de chaîne », TF1, 11, 17 mai 1975 et « Conducteurs Actualités », TF1, 11 mai 1975. Un reportage sur Méfret est diffusé dans « FR3 Dernière » le 21 juin 1975 (« Rapport Chef de chaîne » de FR3, dactyl., 21 juin 1975, avec surcharges manus. : « Occident » remplacé par « Occitan », Inathèque).

[8] 1995 : Les années froides (double-CD, 40 titres), Algérie – Nostalgie (double-CD, neuf morceaux) ; 1999 : Le soir du neuf novembre ; 2002 : Méfret chante Saint-Cyr (CD de deux compositions) et Quand les souvenirs reviennent (CD collector de trois titres et un récit) ; 2003 : Là-bas (CD de neuf chansons  sur l’Algérie), deux double-CD reprenant les 33 tours, un quintuple-CD reprenant ces double-CD et les versions espagnoles ; 2004 : Sainte Mère Eglise (CD collector de trois titres), Chansons d’histoire militaire, (CD de dix chansons) ; 2006 : Guerres de Vendée (CD de cinq morceaux et récits).

[9] http://www.jean-pax.com . Début du concert de 2004 sur http://www.dailymotion.fr  Exemple de mise en valeur par Internet : http://pagesperso-orange.fr/jeunepiednoir/jpn.wst/Jean-Pax_Mefret.htm [lien consulté le 3 février 2009]. Le concert d’Issy-les-Moulineaux du 11 octobre 2008 a été édité en DVD par la société Diffusia.

[10] Tous publiés à Paris chez Pygmalion : Bastien-Thiry, jusqu’au bout de l’Algérie française, 2002 (rééd. 2007 : Jusqu’au bout de l’Algérie française : Bastien-Thiry) ; 1962, l’été du malheur, 2007 ; Une sale affaire. Markovic, Marcantoni, Delon, Pompidou et les autres, 2007.

[11] La présence de Le Forestier peut s’expliquer par Le parachutiste (1972) ; selon Le Forestier, Méfret se présentait comme l’anti-Le Forestier (L.-J. Calvet, J.-C. Klein, Faut-il…, op. cit.). Miss Cuba pourrait répondre à Cuba si (1967) de Ferrat.

[12] Ernesto Laclau, On Populist Reason, London, Verso, 2005, traduit de l’anglais par Jean-Pierre Ricard, La raison populiste, Paris, Editions du Seuil, coll. « L’ordre philosophique », 2008 ; Pierre-André Taguieff, L’Illusion populiste : essai sur les démagogies de l’âge démocratique, Paris, Flammarion, coll. « Champs », nouvelle éd. revue et augmentée, 2007 ; Guy Hermet, Les populismes dans le monde. Une histoire sociologique, XIXe-XXe siècles Paris, Fayard, coll. « L’espace du politique », 2001 ; Yves Demy, Yves Surel, Par le peuple, pour le peuple. Le populisme et les démocraties, Paris, Fayard, coll. « L’espace du politique », 2001 ; Vingtième siècle. Revue d’histoire, n° 56, « Les populismes », novembre-décembre 1997. Intéressante comparaison : Christian Le Bart, « La figure du peuple dans les chansons de Renaud. De l’exploitation à l’aliénation », Mots. Les langages du politique, n° 70, « La politique en chanson », novembre 2002 (http://mots.revues.org/index9763.html, lien consulté le 3 février 2009).

[13] Le 30 avril 1863, lors de la guerre du Mexique, le capitaine Danjou et 62 soldats de la Légion étrangère, encerclés par deux mille Mexicains dans le hameau de Camerone, refusent de se rendre. Survécurent cinq soldats. L’anniversaire de la bataille est devenu la fête traditionnelle de la Légion.

[14] « Passez donc me voir », Antenne 2, 2 janvier 1982.

[15] http://www.jean-pax.com/page=faq (sans changements entre 2005 et 2007).

[16] Il chante « Le soir du 9 novembre » lors de la célébration de la chute du mur de Berlin organisée par Démocratie libérale (9 novembre 1999), et compose Aux couleurs de la vie qui clôt les meetings de la campagne présidentielle de Madelin en 2002 (« Décibels », France Culture, 6 mai 2002)

[17] Seules allusions : le phalangiste José Antonio Primo de Rivera dans Le Chanteur de l’Occident (1975), les Guerres de Vendée (2006). Les Oies sauvages renvoie aux missions de l’armée de l’air en Afrique, non à l’arrière-plan nationaliste allemand.

[18] Séverine Nikel, Culture, valeurs et art de vivre dans « Le Figaro Magazine », mémoire de DEA d’histoire du XXe siècle, sous la direction de Michel Winock, IEP de Paris, 1993, 134 f.

[19] Jean-Marie Donegani, Marc Sadoun, « 1958-1992. Le jeu des institutions », François Bourricaud, « 1945-1992. La crise des référents », dans Jean-François Sirinelli (dir.), Histoire des droites. 1. Politique, avant-propos de Jean-François Sirinelli, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 2006 (1992), p. 426-481, 567-598.

[20] Daniel Leconte, Les pieds-noirs. Histoire et portrait d’une communauté, Paris, Seuil, coll. « L’Histoire immédiate », 1980 ; Joëlle Hureau, La mémoire des pieds-noirs, Paris, Perrin, coll. « Pour l’histoire », 2001 (Olivier Orban, 1987) ; Jeanine Verdès-Leroux, Les Français d’Algérie de 1830 à aujourd’hui. Une page d’histoire déchirée, Paris, Fayard, 2001 ; Eric Savarèse, L’invention des pieds-noirs, Paris, Séguier, coll. « Les Colonnes d’Hercule », 2002, p. 147-179 ; Valérie Esclangon-Morin, Les rapatriés…, op. cit., p. 326-330. La pochette de L’Hymne des pieds-noirs est la seule allusion à la colonisation (une photographie d’un groupe de pieds-noirs, d’officiers et d’Algériens décorés, à la fin du XIXe siècle).

[21] Sont utilisés des éléments collectés par contacts amicaux avec une dizaine de personnes ayant écouté Méfret durant leur adolescence, envoi d’un questionnaire en mai 2005 à des personnes ayant posté des messages sur le site http://www.jean-pax.com (32 réponses, pas toutes complètes), exploitation du livre d’or de http://www.jean-pax.com (au 18 avril 2005, 542 messages), consultation de forums Internet évoquant Méfret. La représentativité est biaisée : utilisation d’Internet, connaissance des sites parlant de Méfret, postage d’un avis ou témoignage.

[22] Télévision : reportage dans « FR3 Dernière », 21 juin 1975 , « Passez donc me voir » de Philippe Bouvard, Antenne 2, 2 janvier 1982 : interview et chant en direct de « Un Noël à Alger » ; « Chantez-le moi » de Jean-François Kahn, Antenne 2, 21 mars 1982 : vidéo de « Solidarité ». Radio : Radio France Melun, Radio France Belfort, RTL, Radio Solidarité – cette radio, fondée en août 1981 par des militants et hommes politiques de droite, s’engagea nettement contre la gauche au pouvoir ; rapides éléments à http://www.schoop.fr/histos/solidarite.php, lien consulté le 3 février 2009).

[23] « FR3 Dernière », 21 juin 1975 ; « Passez donc me voir », 2 janvier 1982.

[24] « La première fois que j’ai entendu “le chanteur de l’Occident” un midi à la télé sur TF1, j’ai pensé : enfin une chanson engagée qui dit la Vérité, cela change de tout ce tissu d’âneries gauchistes » (Paul, 8 décembre 2002, témoignage présent dans le livre d’or du site http://www.jean-pax.com en 2005, disparu dans la version de 2007).

Les catholiques contre-révolutionnaires s’opposent à la Révolution pour des raisons religieuses, et, même s’ils ont souvent une préférence pour la monarchie, s’accommodent de tout régime conforme au droit public ecclésiastique (reconnaissance de la souveraineté de Dieu, législation civile inspirée par le catholicisme).

[25] Dans les trente-deux réponses au questionnaire sont mentionnés chanson et variété francophones (Brel, Brassens, Sardou, Halliday, Fersen), rock, « musiques du monde », classique ; le rap est absent.

[26] « En mission à Nouméa, j’ai appris à connaître les chansons de Jean Pax par une personnalité ministérielle qui en 1988 nous a réuni pour nous avertir qu’il y avait des documents subversifs qui circulaient sous le manteau » (Yvan Rednak, 11 octobre 2004, témoignage présent dans le livre d’or du site http://www.jean-pax.com en 2005, disparu dans la version de 2007) ; « Respect a Mr Mefret [sic] de la part d’un vieux gaucho que JPM a su faire reflechir [sic]. Je […] suis moins “stalinien” dans ma façon de penser la gauche. ! » (Alexis, 8 mars 2005, témoignage présent dans le livre d’or du site http://www.jean-pax.com en 2005, disparu dans la version de 2007).

[27] Enquêtes militantes : Rock Haine Roll. Origine, histoire et acteurs du Rock Identitaire Français. Une tentative de contre-culture d’extrême droite, Paris, Éditions No Pasaran, 2004 ; Ras l’front, Sur les terres du rock identitaire français. Acte II, dossier n° 2, sans date.

Paul Airiau

Agrégé et docteur en histoire, maître de conférences à l’IEP de Paris et enseignant dans le secondaire, Paul Airiau croise l’histoire religieuse à l’histoire politique (L’antisémitisme catholique aux XIXe et XXe siècles, Paris, Berg International, 2000 ; Cent ans de laïcité française, 1905-2005, Paris, Presses de la Renaissance, 2005) et culturelle (« Le prêtre catholique : masculin, neutre, autre ? », dans Hommes et masculinités de 1789 à nos jours, Paris, Editions Autrement, 2007, p. 192-207 ; « Catholicisme et actualisation du merveilleux médiéval. Le cas de J. R. R. Tolkien et Louis Bouyer », dans Fantasy : le merveilleux médiéval aujourd’hui, Paris, Bragelonne, 2007, p. 131-142 ; « Catholiques français versus rock’n’roll », dans L’Église et la culture, Montpellier, Centre régional d’histoire des mentalités, université Paul Valéry – Montpellier III, 1996, p. 233-264).

Entretien avec Jean-Pax Méfret

Jean-Pax Méfret, le chanteur d’Occident, qui a bercé notre adolescence de cinquantenaires, sort un nouvel album : deux chansons poignantes, l’une sur le martyre des chrétiens d’Orient, “Noun”, l’autre en forme de prière, intitulée sobrement : “La force”. Mais d’où vient cette voix ? De quelle histoire poignante est-elle l’écho irremplaçable ?

Vous avez toujours chanté, Jean-Pax, mais à quelle occasion avez-vous composé votre première chanson ?

C’était après l’exécution du lieutenant Roger Degueldre. J’avais 16 ans, j’étais en prison, à Rouen, dans le quartier des activistes, j’y suis resté entre mai 1961 et septembre 1962, j’ai été le plus jeune détenu de France – pour cause d’Algérie française – en compagnie des plus grands seigneurs de l’armée française : les officiers avaient mis leurs décorations sur la porte de leur cellule. C’est dans cette atmosphère, quand j’ai appris l’exécution de Degueldre, c’est à ce moment que j’ai composé, en son honneur, ma première chanson. Elle commençait ainsi : « Dans le quartier des activistes, derrière une porte de fer, un officier parachutiste vient de coiffer son béret vert ». Qui est cet officier ? On le comprend très vite : « En entonnant la Marseillaise, il lève la tête et sourit aux onze balles, toutes françaises, qui luttent pour lui ôter la vie ».

Voix chaude, passionnée, comme au premier jour : Jean-Pax aujourd’hui est encore là bas, dans la prison de Rouen, là où s’est élaborée la poésie rude de son existence… Je lui parle des matons, qui gardaient comme un criminel l’adolescent qu’il était encore.

Ils en avaient vu d’autre. C’était des professionnels, qui vous disaient : « J’ai gardé des résistants ; j’ai gardé des collabos ; maintenant je garde l’OAS ». Je me souviens, beaucoup plus tard, je travaillais à L’Aurore comme reporter et on me demande un sujet sur les émeutes dans les prisons. Je vais à Caen. Les gardiens étaient tous alignés dans la cour, pour montrer le visage de l’ordre au journaliste en visite. J’en reconnais un, de belles joues rouges comme des pommes, pas d’erreur. Je m’avance vers lui et un court dialogue s’engage : « – Vous vous souvenez de moi ? – Vous étiez à Rouen… – Oui – Méfret ! Ça alors ». Lui était un maton sympa. Mais quelques-uns restaient dans la doctrine. Nous étions des méchants pour eux. Je me souviens, une fois, nous étions réunis dans une salle, dans laquelle nous apportions un tabouret léger, pour écrire. J’oublie mon tabouret, je demande à aller le chercher et je m’entends répondre : « Mettez-vous à genoux. Pour écrire, c’est la position qui vous convient le mieux ». Un autre, à qui je demandais de ne pas être enchaîné avec la racaille des droit commun, me répondit durement : « C’est ceux que tu appelles la racaille qui devraient refuser d’être enchaînés avec toi ». Heureusement, en prison ma mère venait me voir deux fois par semaine, six kilomètres à pied. Elle a conservé mes lettres et me piquait les siennes. Après sa mort, j’ai retrouvé l’échange de missives, souvent légendées. À ce moment, j’étais assez dur et intransigeant. Je me souviens d’un mot d’elle, écrivant en marge : « Que peut répondre une mère à la souffrance de son enfant ? ». Quant à mon père, il n’était pas là… Il travaillait au SDECE, au service 7. Il a d’ailleurs été décoré, en particulier pour son action contre le trafic d’armes en Algérie. Il disait souvent, sans illusion : « On m’a décoré pour avoir gardé l’Algérie à la France et on met mon fils en prison pour la même raison ».

Que faites-vous en sortant de prison ?

Ma mère avait trouvé refuge chez les Pivert, une famille catholique de Rouen, qui, par conviction, logeait plusieurs femmes d’officiers détenus. J’ai donc été assigné à résidence chez les Pivert. Désormais, je peux suivre des cours, mais uniquement par correspondance. Que faire ? Je me souviens de ce Noël 1962, où, avec quelques camarades, et des autorisations administratives circonstanciées, j’ai organisé mon premier spectacle. Le préfet Chaussade avait été coopératif. J’avais composé pour la circonstance un poème récité sur fond sonore : « Toi Rouen, ville sainte par ton histoire, ville hérissée de clochers pointés vers le ciel, semblant symboliser l’ultime appel de Jeanne vers Dieu, témoin de son sort cruel. Écoute Rouen, cet humble et court hommage à la continuité de ton histoire ». Et encore : « Le souffle et la main de Jeanne t’ont-ils inspiré, Rouen, pour que dans leur malheur et désespoir, ces damnés de la grandeur puissent encore te dire : Merci Rouen ».

L’allusion aux détenus politiques, « damnés de la grandeur », est claire. Jean-Pax récite. Il déclame un peu. Sans note. Ces premiers textes, comme tous les autres, sont gravés dans sa mémoire, comme s’ils étaient marqués du sceau de sa trop précoce solitude. Je lui demande d’où lui vient ce souffle…

Je ne m’en suis pas rendu compte. “La Force” par exemple [sa dernière chanson en forme de prière], c’est direct. Mais dans beaucoup de chansons, on sent cette inspiration divine. Il y a sans doute mes années chez les maristes à Alger et puis les veillées scoutes, mon passage à la troupe Général de Sonis…

Que se passe-t-il une fois que vous en avez fini avec cette assignation à résidence ?

Le préfet, dont j’ai déjà parlé, m’avait accordé la permission d’aller à Marseille voir ma grand-mère. J’arrive de Rouen. Ma grand-mère n’est plus à l’adresse qu’elle nous avait indiquée. Je suis dans la rue. Je dors à l’Armée du salut et le lendemain, je rencontre la maman d’une petite amie : « Viens manger à la maison ». Elle insiste pour me raccompagner et découvre que je suis à l’Armée du salut. Ambiance ! Je remonte à Paris, où je suis libre, sans rien. Enfin si : avec mon casier judiciaire. On est quelques copains pieds-noirs, on se regroupe, on commence à chanter le soir dans les cafés. Une Américaine tombe amoureuse de moi. J’habite avec elle Place du Tertre, ça ne s’invente pas. Je commence à chanter, je rencontre un garçon qui s’appelle Jean-Claude Camus, qui sera l’impresario de Johnny et de beaucoup d’autres. Je me fais faire une carte de visite : « secrétaire artistique de Jean-Claude Camus ». Je compose quelques chansons, cinq disques paraissent chez Decca, dont un titre, “La prière”, qui retient l’attention et obtient en 1965 le grand prix Âge tendre et tête de bois. J’ai 20 ans. À l’époque j’ai pris un pseudonyme : Jean-Noël Michelet. Jean est mon prénom. Noël le prénom de mon père. Quant à Michelet, c’est le nom de la rue centrale d’Alger. Quelle était ma prière ? « Sainte Marie, seul dans la nuit, j’allais vers l’infini sans argent, j’allais vers le néant. Mais toi, alors que j’étais là sur la route dans le froid, tu es venue vers moi, toi au détour d’un chemin, cachée par les buissons, tu m’attendais. Moi pourtant je n’étais rien de plus qu’un jeune homme perdu dans l’abime du chagrin. Moi ne sachant plus pourquoi je retrouvais la foi, je me suis prosterné devant toi, sainte Marie seul dans la nuit, je suis là, je te prie sans un bagage et sans argent »…

Vous êtes en train de nous dire que vous menez la vie de Bohême…

Je dirais, et j’ai chanté cela aussi, je mène une vie de galère : « Je suis né les pieds dans l’eau et la tête au soleil. On voulait me faire taire je suis toujours debout ». J’enchaîne les petits boulots. Notre réseau pieds-noirs est un soutien. Mon premier journal, dirigé par le colonel Pierre Battesti, président de l’Anfanoma, s’appelle France-Horizon, c’est le mensuel des Rapatriés d’Algérie. Plus tard, je serai journaliste d’investigation à Minute, puis à L’Aurore (où je suis grand reporter et spécialiste de politique étrangère). J’atterris enfin au Figaro puis au Figaro magazine où je serai directeur des magazines régionaux et responsable des grands dossiers. Je n’ai jamais vraiment fait de politique politicienne, je suis dans l’action, dans l’engagement, mais pas dans les idées. Je préfère les grands sentiments aux grandes idées.

C’est sans doute pour cela que vous aimez le Christ…

Je m’appelle Jean-Pax Marie Ange : mon prénom est un chrisme. Vous savez, puisque vous en parlez, il n’est pas sûr que je ne finisse pas moine. J’y ai vraiment pensé, et il n’y a pas longtemps encore. Je me souviens, tout jeune, j’ai connu un officier, rentrant au monastère. Toute sa compagnie l’avait accompagné. Son geste m’a beaucoup frappé. Spirituellement, ce qui m’a marqué, je vous l’ai dit, ce sont les veillées scoutes, c’est aussi la vie des grands missionnaires, et, dans les grands reportages que j’ai eu l’occasion de mener, la souffrance des enfants et puis l’impuissance de populations entières, incapables de sortir de leur misère. En Afrique, ce sont ces gens qui croient, quand vous arrivez que le Blanc peut tout. Le Christ permet de supporter tout ça… J’ai une amie à Lourmarin qui est peintre. Elle a fait un tableau du Christ, qui m’a beaucoup inspiré pour ma chanson “La force”. Voir le monde tel qu’il est, cela vous donne envie de prier. La vie spirituelle c’est peut-être de l’évasion. Cela l’a toujours été pour moi, un peu plus maintenant. Ma foi a toujours été là mais j’ai moins de pudeur à la manifester. J’ai longtemps pensé qu’il fallait la garder pour soi. C’était familial : ma mère me mettait des médailles dans la doublure de ma veste. Chez moi, on n’entamait pas le pain, sans faire une croix dessus avec le couteau. Et en même temps, en Algérie, on respectait toutes les religions, on participait aux fêtes des uns et des autres. Les partisans de l’Algérie française n’ont jamais profané de mosquées.

Et pourtant les Algériens ont fait la guerre, eux, pour des raisons religieuses…

Il est vrai que pour les Arabes la guerre était religieuse. Le FLN déjà avait interdit aux populations de fumer et de boire, sous peine de couper le nez et les lèvres… La chirurgie esthétique a fait des progrès énormes à cette triste occasion… Mais nous n’avons pas encore tout vu en France ! En Algérie, des Bataclan, il y en avait tous les jours !

Propos recueillis par l’abbé G. de Tanoüarn

Un nouvel album de Jean-Pax Méfret : Noun éd. Diffusia 20 € (commandes ici ).

Voir également:

Méfret : le chanteur d’Occident

Le 6 juillet 1962, le lieutenant Roger Degueldre est fusillé au fort d’Ivry. Le soir,dans la petite chapelle de la prison de Rouen, à la messe des morts dite en mémoire…

Le 6 juillet 1962, le lieutenant Roger Degueldre est fusillé au fort d’Ivry. Le soir,dans la petite chapelle de la prison de Rouen, à la messe des morts dite en mémoire du lieutenant, le détenu Jean-Pax Méfret entonne le De profundis.Depuis la veille, le drapeau vert et blanc au croissant rouge flotte sur Alger. L’Algérie française est morte. Méfret n’a pas 18 ans. C’était il y a longtemps, presque dans un autre monde, celui que réveille Jean-Pax Méfret dans 1962, l’été du malheur, bouleversante alchimie de souvenirs personnels et d’un immense drame collectif.

Jean-Pax? le prénom qu’il reçut à sa naissance le 9 septembre 1944 à Alger. Un père marseillais résistant venu en Algérie pour préparer le débarquement américain de 1942. Une mère pied-noir, d’une famille installée depuis le XIXe siècle. Les Méfret habitent Belcourt, un faubourg populaire d’Alger. C’est là que grandit Jean-Pax, entre les maristes, les scouts et les copains musulmans, entre la ville et le bled. Des couleurs, des odeurs, des saveurs, des paysages,des attitudes,une attention aux gens modestes, le goût des petits bonheurs de la vie qui irradient la mémoire de Méfret.

Première fêlure, à la rentrée 1955, son ami de classe, un Chaoui des Aurès, est absent. Les temps changent : massacres, tel celui d’El-Alia, et attentats ensanglantent le pays. Jean- Pax en est le témoin direct. Élevé dans le culte de la France, il s’accroche à de Gaulle, l’acclame sur le Forum le 4 juin 1958. Son désespoir sera à la hauteur de ses espérances. En janvier 1960, pendant les “Barricades”, l’adolescent s’introduit dans le camp retranché d’Ortiz. Lors du putsch du 22 avril 1961, il participe à l’occupation de la radio d’Alger, rebaptisée Radio France. Arrêté, à peine libéré, le voilà agent de liaison de l’OAS. Deuxième arrestation le 13 février 1962, transfert en métropole, la Santé, puis Rouen. Sorti de prison à l’automne de la même année, assigné à résidence, il poursuit ses études et monte un groupe musical pour distraire les rapatriés parqués dans des centres d’accueil.

Chez Decca, il sort cinq disques sous le nom de Jean-Noël Michelet (le prénom de son père et le nom d’une grande rue d’Alger), gagne en 1965 le grand prix Âge tendre et têtes de bois, l’émission qui découvre les nouveaux talents. En 1968, le chanteur Jean-Pax voit le jour avec la Prière du pied-noir et l’Hymne des pieds-noirs, des chansons engagées en faveur de l’amnistie des prisonniers politiques et des exilés. Silence radio. Mais les disques se vendent, les succès s’enchaînent, le Chanteur d’Occident sert de mot de passe entre amis. Avec des paroles simples, soutenu par un remarquable accompagnement musical, Jean-Pax chante des histoires d’où sourd une émotion intense. Une bouffée d’air frais. Méfret crève les baudruches des démagos de tous poils. Loin de ruminer des défaites, il exalte le courage, le respect de soi et des autres, l’énergie, l’honneur, la force de la parole donnée, la foi aussi.

À partir de 1970, le journalisme.Pour l’Aurore,puis pour le Figaro Magazine, Méfret couvre la plupart des conflits de la fin du siècle, se spécialise dans les enquêtes politico-criminelles et les grands dossiers. Pourtant, il ne délaisse pas la chanson. Encouragé par des amis, il crée sa propre société de production. En octobre 2004, plusieurs milliers de spectateurs l’acclament au Kino, à Paris.Surprise:des jeunes gens fredonnent ses airs. Ses chansons ont franchi une génération et lui ont échappé. Un sentiment déjà ressenti à Berlin- Est. À la veille de la chute du Mur, de jeunes Allemands se rassemblaient, bougie à la main, en chantant Professeur Müller.

1962, l’été du malheur, Pygmalion, 216 pages, 19 euros

Prochain concert le 6 octobre, à Carnoux-en-Provence. Rés. : 04.42.73.30.21. Pour commander les disques : http://www.jean-pax.com.

MOI, JE VIENS CHANTER SOLJENITSYNE (Puisqu’il faut le dire en chanson et que la guitare est devenue une arme, je chante contre le grand soir et pour l’occident, )
https://www.youtube.com/watch?v=Aj5poDXMBdw

Puisqu’il faut le dire en chanson
Puisque la guitare est devenue une arme
Je viens chanter l’espoir
Je chante contre le grand soir
Je viens chanter pour l’occident
Puisque l’un de vous a chanté Potemkine
Moi je viens chanter Soljenitsyne
Je dénonce les camps
Les camps du temps présent
Ignorés par les nouveaux bien-pensants
Même si l’un de vous parle de calomnie
Moi je chante les accords d’Helsinki
Je chante pour Sakharov et contre les tyrans
Qui lancent leurs Antonovs
Sur le pays afghan
Vous n’avez pas le monopole du mot liberté
Vous n’avez pas le monopole du mot vérité
Budapest en Hongrie,
Prague en Tchécoslovaquie,
Les juifs en Sibérie, le mur de Berlin,
Et maintenant Kaboul
Sont là pour témoigner
Puisqu’il faut choisir entre deux camps
Puisqu’il faut s’engager en chantant
Moi je chante l’espoir
Je chante contre le grand soir
Je suis un chanteur d’occident
Alors chante l’espoir
Chante contre le grand soir
Chante fort, chante pour l’occident
Chante chante, chante pour l’occident

Chante chante, chante pour l’occident

JE SUIS BERLINOIS (Veronika, Jean-Pax Méfret, 1980)
 
Elle avait des cheveux blonds fous, Veronika
Des yeux bleus tristes et un air doux, Veronika
A Berlin Est elle balayait les allées
Lorsque je l’ai rencontrée
Je me suis approché d’elle, Veronika
J’ai trouvé qu’elle était belle, Veronika
Sous ses gants de laine usée, j’ai caressé
Les petits doigts froids, comme ce mur droit
Souviens toi John Kennedy
Une journée de juin l’a dit
Devant le mur hérissé de barbelés
Il s’est écrié: « Moi, je suis Berlinois! »
Lorsqu’il parle humanité je pense a toi
Qui vivait de l’autre coté de ce mur là
Et qui rêvait un jour d’aller respirer
Le parfum de la liberté
Elle avait des cheveux blonds fous, Veronika
Les yeux bleus tristes et un air doux, Veronika
A Berlin Est elle balayait les allées
Elle a voulu s’évader
Aujourd’hui il ne reste rien de Veronika
Un peu de terre, une petite croix de bois
La rose rouge et l’œillet sont fanés
Près de ce mur droit, de ce mur froid
La rose rouge et l’œillet sont fanés
Près de ce mur droit, de ce mur froid
Je suis Berlinois
 
LE SANG QUI COULE SUR PHNOM PENH A PRIS SA SOURCE DANS VOS ESPRITS
 
https://www.youtube.com/watch?v=F5gwP6wwJvY

 

Depuis que ma mémoire existe,
Je vous ai entendus vanter
Toutes les solutions marxistes
Au nom des peuples à libérer.
Mais quand le jour maudit arrive
Que vos régimes sont au pouvoir,
Le pays part à la dérive,
Et puis se lève le soleil noir.
Vous allez me traiter de réac’
Vous allez dire que je suis facho.
Mais vous n’ me filez pas le trac,
Vous, les pros de la démago,
Je sais ce que valent vos mots.
Le sang qui coule sur Phnom-Penh
A pris sa source dans vos esprits.
Vous avez fait germer la haine
En soutenant Khomeiny.
Vous êtes tous responsables
De ces horizons sans espoirs,
Et vos consciences de coupables
Portent la tâche du soleil noir.
Vous allez me traiter de réac’
Vous allez dire que je suis facho.
Mais vous n’ me filez pas le trac,
Vous, les pros de la démago,
Je sais ce que valent vos mots.
Avant de reprendre vos plumes,
Pour creuser de nouveau abimes,
Traversez les rideaux de brume,
Venez dénombrer vos victimes.
Ca vous évitera d’écrire
Pour faire pardonner vos mouroirs.
Je n’savais pas que ce serait pire
Lorsque se lève le soleil noir.
Vous allez me traiter de réac’
Vous allez dire que je suis facho.
Mais vous n’ me filez pas le trac,
Vous, les pros de la démago,
Je sais ce que valent vos mots.
Vous allez me traiter de réac’
Vous allez dire que je suis facho.
Mais vous n’ me filez pas le trac,
Vous, les pros de la démago,
Je sais ce que valent vos mots.
Moi, je ne suis pas un réac’
Moi, je ne suis pas un facho.
Et je ne crains pas vos attaques,
Vous, les pros de la démago,
Soldats de l’armée des Charlots.
Je sais ce que valent vos mots,

Soldats de l’armée des Charlots.

L’Île Saint-Louis

Elle fume toujours des Camel
Quand elle remonte Saint Michel.
Elle a les yeux qui s’ennuient
Aux reflets de l’île Saint-Louis.
Sous les pavés, ‘y a la plage :
Elle aimait bien cette image
Quand elle désertait la fac
Pour courir rue Gay-Lussac.

Elle ne chantait que des chansons de Dylan,
Elle ne parlait que de la guerre du Vietnam,
Elle transformait les restos en amphis,
La nuit, sur l’île Saint-Louis.

San Francisco, Katmandou,
Woodstock, Hanoï et Moscou,
C’était sa géographie,
Ses frontières, toute sa vie.

Quand les maisons bleues accrochées aux collines
La faisaient planer jusqu’au mont de Palestine,
Manipulation sur fond de mélodie,
La nuit, sur l’île Saint-Louis.

Je l’ai rencontrée hier,
Elle marchait en solitaire.
Elle avait un peu vieilli,
Elle avait beaucoup compris.

Fini, le temps du Népal,
Plus d’ oeillets au Portugal,
Là-bas, en Mer de Chine,
Les boat-people sont nés sous Ho Chi Minh.

Elle a tout raté, elle revient de Corrèze,
Elle a tout laissé, elle n’écoute plus Joan Baez,
Certaines chansons ont perdu leur magie,
Fait gris sur l’île Saint-Louis.

Paradis artificiel,
Elle s’en va de Saint Michel.
Elle veut d’autres harmonies.
Mai 68, c’est loin d’ici…

 

Djebel Amour

En ce temps-là,
Dans un village loin d’ici,
Jeune soldat
L’avait un peu peur pour sa vie.
Drôle de bidasse !
Qui avançait dans le Djebel.
Il tremblait pour sa carcasse
Devant le fusil des rebelles.

Sur le quai d’une gare,
Certains chantaient le déserteur
A Saint-Lazare.
Lui il avait l’esprit ailleurs,

Il regardait
Une femme et un petit garçon
Qui ne comprenait pas
Les mots de la chanson.

Alors, il pose sur la table
Une rose des sables
Et il a le coeur lourd.

Car tous ses souvenirs l’entrainent,
Ses souvenirs l’enchaînent
A ce Djebel Amour.

Ca fait longtemps
Qu’il est revenu d’Algérie,
Y’a des moments
Qui marquent à jamais une vie.

Et quelques soirs,
Quand il traine un peu au comptoir,
Il peut pas s’empêcher
D’raconter son histoire.

Pour ses enfants
C’est un mot qui ne veut rien dire,
Pour ses parents
C’est un bien cruel souvenir,

Pou ses amis
C’est une carte de combattant.
Mais ça reste pour lui
« Trente-six mois à vingt ans ».
Alors, il pose sur la table
Une rose des sables
Et il a le coeur lourd.

Car tous ses souvenirs l’entrainent,
Ses souvenirs l’enchaînent
A ce Djebel Amour.

C’est une fille
Au bout d’un quai.
Un pays qui s’en va,
Un cadeau emporté.

Ce n’est qu’une rose des sables
Qu’il pose sur la table.
Quand il a le coeur lourd.

Et puis les souvenirs l’entrainent,
Ses souvenirs l’enchaînent
A ce Djebel Amour.

Le Jour J

Au grand matin du mois de juin,
Julien préparait le troupeau ;
Dans la cuisine, Marie-Martine
Venait d’allumer les fourneaux.

La vieille Louise était assise,
Elle réchauffait ses pauvres mains.
Lorsque dans Sainte-Mère-Eglise
Sont entrés les Américains.

Ils sont tombés du ciel
Comme s’ils avaient des ailes,
Ils apportaient un air de liberté.
Ils venaient de Virginie,
D’Oklahoma, du Tennessee,
Le jour le plus long les attendait ici.

Les Écossais se distinguaient
Marchant au son des cornemuses,
Dans les marais, les SAS anglais,
Progressaient souvent par la ruse.

Et les balises, dans la nuit grise,
Regroupaient tous les Canadiens,
Tandis qu’à Sainte-Mère-Eglise,
Avançaient les américains.

Ils sont tombés du ciel
Comme s’ils avaient des ailes,
lls apportaient un air de liberté.
Ils venaient de Géorgie,
De l’Iowa, du Kentucky
Le jour le plus long les attendait ici.

Soldats des armées alliées
Tous unis pour nous délivrer,
Sur la Normandie,
Se levait le Jour J.

La vieille Louise était assise,
Elle réchauffait ses pauvres mains.
Lorsque dans Sainte-Mère-Eglise
Sont entrés les Américains.

Ils sont tombés du ciel
Comme s’ils avaient des ailes,
Ils apportaient un air de liberté.

Soldats des armées alliées
Tous unis pour nous délivrer.
Sur la Normandie,
Faut jamais oublier…
Qu’un jour à Sainte-Mère-Eglise,
Sont entrés les Américains !

Professeur Muller

Chaque soir, revenant de l’école
Il passe par Alexander platz
Personne n’écoute ses paroles
Quand il s’engage allée Karl Marx
Derrière lui, le rideau de pierre
Les miradors, les VoPos armés
Les tilleuls ne forment plus la frontière
Il y a un mur à Berlin, professeur Müller
Il s’avance, dans le décor sinistre
De cette ville de prisonniers
Et il se dit que, si la Vierge existe
C’est elle seule qui pourra les sauver
Chez nous, soyez Reine
Nous sommes à vous
Il y a 20 ans qu’on l’appelle « camarade »
Mais il sait bien que ce n’est qu’un mot
à l’image de toutes ces façades
Aux balcons vides, aux volets clos
Dans sa chambre, il oublie ses misères
Sur son violon au bois usé
Le vieil homme s’évade par la prière
La nuit s’achève loin des barbelés
Soyez la Madonne
Qu’on prie à genoux
Les tilleuls ne forment plus la frontière
Il y a un mur à Berlin, professeur Müller
Chaque soir, revenant de l’école
Il passe par Alexander platz
Les tilleuls ne forment plus la frontière
Il y a un mur à Berlin, professeur Müller

Camerone

Garçon, si par hasard sur ton livre d’histoire
Tu tombes sur ce nom:
Camérone!
Garçon, regarde bien cette page d’histoire
Et n’oublies pas ce nom:
Camérone!
Le ciel de feu du Mexique
A jamais se souviendra
De ce combat héroïque
Dans les murs de l’acienda.
Dans ce décor gigantesque,
La terre se désaltérait
Du sang qui courrait, dantesque,
Sur la prairie qui brûlait.
A Camérone! (bis)
Garçon, sur le chemin qui conduit à la gloire
Tu dois trouver ce nom:
Camérone!
Garçon, si ton destin exige une victoire
N’oublies jamais ce nom:
Camérone!
Pour l’honneur de la légion,
Sachant qu’ils allaient mourir
Jusqu’au bout de leur mission,
Fiers de tomber pour l’empire.
Ils étaient 62, face à 2000 cavaliers
Le soleil baissa les yeux lorsqu’ils furent exterminés
A Camérone! (bis)
Ce nom qui sonne et qui résonne,
Ce nom qui tonne et qui t’étonne…
Camérone!

Ni rouge ni mort

Forces du Pacte de Varsovie :
Six millions d’hommes, tenue kaki
Pour que l’Europe reste libre,
Il faut rétablir l’équilibre.
Pendant qu’les écolos défilent,
Ils dressent leurs barrières de missiles.
Je ne crois pas aux idées molles
De sécurité sur parole.A moins de trois cent kilomètres,
Ils rêvent de devenir nos maîtres.
Sur ordre du Kremlin,
Ils peuvent franchir le Rhin,
Et si c’est pour demain,
Tu peux me dire ce qu’il faut faire ?Alors je viens le dire très fort,
Ma devise, c’est ni rouge, ni mort !
J’ n’ai pas l’frisson du pacifisme
Face aux armées du communisme.
Ils ont des milliers de canons
Pointés dans notre direction.
Et tous leurs SS 20,
Et tous leurs sous-marins,
Bombardiers nucléaires,
Tu peux me dire c’est pour quoi faire ?
A moins de trois cent kilomètres,
Ils rêvent de devenir nos maîtres.
Sur ordre du Kremlin,
Ils peuvent franchir le Rhin,
Et si c’est pour demain,
Tu peux me dire ce qu’il faut faire ?
Camarade
Révolution bolchevique :
De terribles statistiques,
C’est vrai… c’est vrai.Douze millions de victimes
Pour imposer un régime,
C’est vrai… c’est vrai.Les ouvriers, les moujiks
Sous la violence étatique
L’ère de la grande famine
Sous le règne de Lénine
C’est vrai… c’est vrai.Au nom du Parti unique,
Plus de vie démocratique,
C’est vrai… c’est vrai.Dissidents et refuzniks
En hôpitaux psychiatriques ,
C’est vrai… c’est vrai.Et dans tous leurs satellites,
Ils forcent les plébiscites
En envoyant les blindés
Ecraser la dignité,Garde ça en mémoire, camarade
Quand les droits des hommes sont en danger
C’est toujours vers l’ouest que le peuple s’évade
Sur les allées des libertés
C’est vrai… c’est vraiDes camps pour les terroristes
Derrière les frontières marxistes
C’est vrai… c’est vrai.Des conseillers militaires
Pour « guerre révolutionnaire »
C’est vrai… c’est vrai.Des « Fronts de libération »
Pour servir leurs ambitions
Et sous couvert d’humanisme,
Ils marquent leur expansionnisme.Garde ça en mémoire, camarade
Quand tu vas défiler pour la paix,
L’armée rouge qui marche sur la grande esplanade
Est programmée pour attaquer.
C’est vrai… c’est vrai
C’est vrai… c’est vrai.Et demande aux Afghans, camarade
Toi qui parle pour les peuples opprimés
Car le sang des enfants tués à la grenade
A la couleur de tes idées.Solidarité

Salut, les tout-puissants,
Les livreurs de promesses,
Les hommes du changement,
C’est à vous qu’je m’adresse.
Ecoutez, solidarité !

Les enfants du 10 mai,
Qui sont né sous l’orage,
Commencent à déchanter,
Ils brûlent vos images.

Ecoutez, solidarité !

Je n’suis pas de vot’ camp,
Ca vous vous en doutez,
Laissez-moi cependant
Un instant m’exprimer.

Ecoutez, solidarité !
Liberté ! Solidarité !
Liberté !

A tous ceux qui refusent
Le pouvoir d’un parti,
Radeau de la Méduse
Sur les flots du mépris,

Je dirai : Solidarité !

Aux victimes des vengeances
Que l’on hisse sur les charettes
Des furieux de Valence
Qui réclamaient des têtes,

Je dirai : Solidarité !

Solidaire des exclus
De ce sinistre bal,
Où les roses ne sont plus
Que d’étranges fleurs du Mal,

Je dirai : Solidarité !
Liberté ! Solidarité !

Interdit d’interdire,
C’est encore sur les murs,
Y fallait pas l’écrire,
Maint’nant y a des bavures,

Ecoutez, solidarité !
Liberté ! Solidarité !
Liberté !
Vous brouillez les radios,
Vous régentez l’école,
Vous jouez aux prolos,
J’en connais qui rigolent.

Ecoutez, solidarité !

Il n’y a pas si longtemps,
Vous semiez des leçons,
Il vous faut maintenant
Récolter les moissons.

Ecoutez, solidarité !

Faites gaffe au populo,
Il en a ras la casquette,
Y a pas qu’les aristos
Qui sont pas à la fête,

Ecoutez, solidarité !
Liberté ! Solidarité !
Liberté !

Miss America

Son père est un vieux révolutionnaire.
Avec le Che, il a pris le maquis.
Sa mère est dans la milice auxiliaire.
Elle lit Lénine, le soir, à la bougie.
Tout ça pour dire que dans cette famille,
Ca bloque un peu au niveau des idées,
Tout ça pour dire, au nom de la faucille,
Qu’ils sont marteaux, complètement sonnés.

Ils ont une fille qui s’appelle Maria,
Elle rêve d’être Miss America.
Qu’est-ce qu’il va dire, Fidel, quand il saura?
Qu’est-ce qu’il va faire pour empêcher tout ça?

Elle a la peau couleur de pain d’épices,
la mer des Caraïbes dans les yeux.
Elle sait rouler le tabac sur ses cuisses.
Pour les Cubains, c’est un cadeau des Dieux.

Oui, mais la fille qui s’appelle Maria,
Elle rêve d’être Miss America.
Y’en a qui disent que c’est la CIA.
Elle porte des jeans, boit du Coca-Cola.
Le jour de la grande fête nationale,
C’est elle qui doit porter le drapeau.
Et des faubourg, jusqu’à la capitale,
Y’a la rumeur qui prévient l’Maximo

Oui, mais la fille qui s’appelle Maria,
Elle rêve d’être Miss America.
Elle se trémousse en dansant la salsa.
Elle dit qu’elle rêve d’être Miss USA.

 

Le vieux Soldat

Dans ses yeux, il y a de la souffrance,
ça ne se voit pas.
Dans son coeur, il y a de la vaillance,
ça ne s’entend pas.
Ses bras ont perdu leur puissance,
mais il est toujours là,
prêt à se lever pour la France,
le vieux soldat.

Derrière lui, il y a une existence,
que je n’te raconte pas.
ça commence dans la Résistance,
c’est loin déjà.
Il sortait à peine de l’enfance,
en ce temps là,
quand les nazis crevaient la France,
et c’est pour ça

Ca lui fait mal, toutes ces insultes,
cracher sur la France que l’on traite de pute.
Ca lui fait mal, le drapeau brûlé, le drapeau souillé
la mémoire tachée.

Ca lui fait mal, il l’a mauvaise,
lorsque l’on siffle la Marseillaise
Ca lui fait mal, voir son pays livré au mépris,
il en est meurtri.
Le respect, il veut du respect,
juste du respect, le respect.

Les symboles ont de l’importance,
pour cet homme là.
La vision de toutes les offenses,
Fait du dégât.
Il faut dire que ça n’arrive qu’en France,
Toutes ces souffrances, là.
Il vient défier l’irrévérence,
le vieux soldat.

 

Le pays qui n’existe plus

Même s’il y a toujours mon village
Où les enfants du quinzième âge
sautaient les feux de la Saint Jean.
Même s’il y a toujours le cimetière
où les filles faisaient des prières
et repartaient en se signant.
Je ne le reconnaîtrai plus
Ils ont changé le nom des rues !

Je viens d’un pays qui n’existe plus
Je viens d’un paradis perdu.

Même s’il y a toujours mon école
Où j’ai vécu des années folles,
lorsque j’étais adolescent.
Même s’il y a toujours les arcades
pleine des odeurs de grenades
et des cris des manifestants.
Le drapeau que l’on voit flotter
Il n’a plus les mêmes reflets !

Je viens d’un pays qui n’existe plus
Je viens d’un paradis perdu.

Le terrain vague de mon enfance
Les carrioles et les oliviers.
Mes souvenirs, mon existence
passent leur temps à se croiser.
C’est une étrange destinée.

Je viens d’un pays qui n’existe plus
Je viens d’un paradis perdu.

C’est une étrange destinée.
Oh eh…

Je viens d’un pays qui n’existe plus
Je viens d’un paradis perdu.


Nostalgie: Quand la pierre qui roule n’amassait pas mousse (But that’s not how it used to be: looking back at Don McLean’s classic song about America’s loss of innocence)

3 octobre, 2020


Rebel Without a Cause R2005 U.S. One Sheet Poster | Posteritati Movie Poster Gallery | New YorkThe Rolling Stones - Altamont Raceway - Livermore, - Catawiki10+ Best Funny Ads images | funny ads, copywriting ads, ads

Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? Jésus (Luc 18: 8)
Christianity will go. It will vanish and shrink. I needn’t argue about that; I’m right and I’ll be proved right. We’re more popular than Jesus now; I don’t know which will go first – rock ‘n’ roll or Christianity. Jesus was all right but his disciples were thick and ordinary. It’s them twisting it that ruins it for me. John Lennon (1966)
Who wrote the book of love? Tell me, tell me… I wonder, wonder who … Was it someone from above? The Monotones (1958)
Well, that’ll be the day, when you say goodbye Yes, that’ll be the day, when you make me cry You say you’re gonna leave, you know it’s a lie ‘Cause that’ll be the day when I die. Buddy Holly (1957)
Well, ya know a rolling stone don’t gather no moss. Buddy Holly (1958)
Now, for ten years we’ve been on our own And moss grows fat on a rolling stone But, that’s not how it used to be. (…) The Father, Son, and the Holy Ghost, they caught the last train for the coast, the day the music died. Don McLean
C’était une sorte de Woodstock, le genre de truc qui marchait à l’époque, mais cette mode allait sur sa fin. Si Woodstock a lancé la mode, elle a pris fin ce jour-là. Charlie Watts
Ça a été horrible, vraiment horrible. Tu te sens responsable. Comment cela a-t-il pu déraper de la sorte ? Mais je n’ai pas pensé à tous ces trucs auxquels les journalistes ont pensé : la grande perte de l’innocence, la fin d’une ère… C’était davantage le côté effroyable de la situation, le fait horrible que quelqu’un soit tué pendant un concert, combien c’était triste pour sa famille, mais aussi le comportement flippant des Hell’s Angels. Mick Jagger
J’y suis pas allé pour faire la police. J’suis pas flic. Je ne prétendrai jamais être flic. Ce Mick Jagger, il met tout sur le dos des Angels. Il nous prend pour des nazes. En ce qui me concerne, on s’est vraiment fait entuber par cet abruti. On m’a dit que si je m’asseyais sur le bord de la scène, pour bloquer les gens, je pourrais boire de la bière jusqu’à la fin du concert. C’est pour ça que j’y suis allé. Et tu sais quoi ? Quand ils ont commencé à toucher nos motos, tout a dérapé. Je sais pas si vous pensez qu’on les paie 50 $ ou qu’on les vole, ou que ça coûte cher ou quoi. Personne ne touche à ma moto. Juste parce qu’il y a une foule de 300 000 personnes ils pensent pouvoir s’en sortir. Mais quand je vois quelque chose qui est toute ma vie, avec tout ce que j’y ai investi, la chose que j’aime le plus au monde, et qu’un type lui donne des coups de pied, on va le choper. Et tu sais quoi ? On les a eus. Je ne suis pas un pacifiste minable, en aucun cas. Et c’est peut-être des hippies à fleurs et tout ça. Certains étaient bourrés de drogue, et c’est dommage qu’on ne l’ait pas été, ils descendaient la colline en courant et en hurlant et en sautant sur les gens. Et pas toujours sur des Angels, mais quand ils ont sauté sur un Angel, ils se sont fait mal.  Sonny Barger
SOS Racisme. SOS Baleines. Ambiguïté : dans un cas, c’est pour dénoncer le racisme ; dans l’autre, c’est pour sauver les baleines. Et si dans le premier cas, c’était aussi un appel subliminal à sauver le racisme, et donc l’enjeu de la lutte antiraciste comme dernier vestige des passions politiques, et donc une espèce virtuellement condamnée. Jean Baudrillard (1987)
I had an idea for a big song about America, and I didn’t want to write that this land is your land or some song like that. And I came up with this notion that politics and music flow parallel together forward through history. So the music you get is related somehow to the political environment that’s going on. And in the song, « American Pie, » the verses get somewhat more dire each time until you get to the end, but the good old boys are always there singing and singing, « Bye-bye Miss American Pie » almost like fiddling while Rome is burning. This was all in my head, and it sort of turned out to be true because, you now have a kind of music in America that’s really more spectacle, it owes more to Liberace than it does to Elvis Presley. And it’s somewhat meaningless and loud and bloviating and, and yet — and then we have this sort of spectacle in Washington, this kind of politics, which has gotten so out of control. And so the theory seems to hold up, but again, it was only my theory, and that’s how I wrote the song. That was the principle behind it. Don McLean
For some reason I wanted to write a big song about America and about politics, but I wanted to do it in a different way. As I was fiddling around, I started singing this thing about the Buddy Holly crash, the thing that came out (singing), ‘Long, long time ago, I can still remember how that music used to make me smile.’ I thought, Whoa, what’s that? And then the day the music died, it just came out. And I said, Oh, that is such a great idea. And so that’s all I had. And then I thought, I can’t have another slow song on this record. I’ve got to speed this up. I came up with this chorus, crazy chorus. And then one time about a month later I just woke up and wrote the other five verses. Because I realized what it was, I knew what I had. And basically, all I had to do was speed up the slow verse with the chorus and then slow down the last verse so it was like the first verse, and then tell the story, which was a dream. It is from all these fantasies, all these memories that I made personal. Buddy Holly’s death to me was a personal tragedy. As a child, a 15-year-old, I had no idea that nobody else felt that way much. I mean, I went to school and mentioned it and they said, ‘So what?’ So I carried this yearning and longing, if you will, this weird sadness that would overtake me when I would look at this album, The Buddy Holly Story, because that was my last Buddy record before he passed away. Don McLean
I was headed on a certain course, and the success I got with ‘American Pie’ really threw me off. It just shattered my lifestyle and made me quite neurotic and extremely petulant. I was really prickly for a long time. If the things you’re doing aren’t increasing your energy and awareness and clarity and enjoyment, then you feel as though you’re moving blindly. That’s what happened to me. I seemed to be in a place where nothing felt like anything, and nothing meant anything. Literally nothing mattered. It was very hard for me to wake up in the morning and decide why it was I wanted to get up. Don McLean
I’m very proud of the song. It is biographical in nature and I don’t think anyone has ever picked up on that. The song starts off with my memories of the death of Buddy Holly. But it moves on to describe America as I was seeing it and how I was fantasizing it might become, so it’s part reality and part fantasy but I’m always in the song as a witness or as even the subject sometimes in some of the verses. You know how when you dream something you can see something change into something else and it’s illogical when you examine it in the morning but when you’re dreaming it seems perfectly logical. So it’s perfectly okay for me to talk about being in the gym and seeing this girl dancing with someone else and suddenly have this become this other thing that this verse becomes and moving on just like that. That’s why I’ve never analyzed the lyrics to the song. They’re beyond analysis. They’re poetry. Don McLean
By 1964, you didn’t hear anything about Buddy Holly. He was completely forgotten. But I didn’t forget him, and I think this song helped make people aware that Buddy’s legitimate musical contribution had been overlooked. When I first heard ‘American Pie’ on the radio, I was playing a gig somewhere, and it was immediately followed by ‘Peggy Sue.’ They caught right on to the Holly connection, and that made me very happy. I realized that it was actually gonna perform some good works. Don McLean
It means never having to work again for the rest of my life. Don McLean (1991)
A month or so later I was in Philadelphia and I wrote the rest of the song. I was trying to figure out what this song was trying to tell me and where it was supposed to go. That’s when I realized it had to go forward from 1957 and it had to take in everything that has happened. I had to be a witness to the things going on, kind of like Mickey Mouse in Fantasia. I didn’t know anything about hit records. I was just trying to make the most interesting and exciting record that I could. Once the song was written, there was no doubt that it was the whole enchilada. It was clearly a very interesting, wonderful thing and everybody knew it. Don McLean (2003)
Basically in ‘American Pie’ things are heading in the wrong direction… It is becoming less idyllic. I don’t know whether you consider that wrong or right but it is a morality song in a sense. I was around in 1970 and now I am around in 2015… there is no poetry and very little romance in anything anymore, so it is really like the last phase of ‘American Pie’. Don McLean (2015)
The song has nostalgic themes, stretching from the late 1950s until the late 1960s. Except to acknowledge that he first learned about Buddy Holly’s death on February 3, 1959—McLean was age 13—when he was folding newspapers for his paper route on the morning of February 4, 1959 (hence the line « February made me shiver/with every paper I’d deliver »), McLean has generally avoided responding to direct questions about the song’s lyrics; he has said: « They’re beyond analysis. They’re poetry. » He also stated in an editorial published in 2009, on the 50th anniversary of the crash that killed Holly, Ritchie Valens, and J. P. « The Big Bopper » Richardson (who are alluded to in the final verse in a comparison with the Christian Holy Trinity), that writing the first verse of the song exorcised his long-running grief over Holly’s death and that he considers the song to be « a big song … that summed up the world known as America ». McLean dedicated the American Pie album to Holly. It was also speculated that the song contains numerous references to post-World War II American events (such as the murders of civil rights workers Chaney, Goodman, and Schwerner), and elements of culture, including 1960s culture (e.g. sock hops, cruising, Bob Dylan, The Beatles, Charles Manson, and much more). When asked what « American Pie » meant, McLean jokingly replied, « It means I don’t ever have to work again if I don’t want to. » Later, he stated, « You will find many interpretations of my lyrics but none of them by me … Sorry to leave you all on your own like this but long ago I realized that songwriters should make their statements and move on, maintaining a dignified silence. » He also commented on the popularity of his music, « I didn’t write songs that were just catchy, but with a point of view, or songs about the environment. In February 2015, McLean announced he would reveal the meaning of the lyrics to the song when the original manuscript went for auction in New York City, in April 2015. The lyrics and notes were auctioned on April 7, and sold for $1.2 million. In the sale catalogue notes, McLean revealed the meaning in the song’s lyrics: « Basically in American Pie things are heading in the wrong direction. … It [life] is becoming less idyllic. I don’t know whether you consider that wrong or right but it is a morality song in a sense. » The catalogue confirmed some of the better known references in the song’s lyrics, including mentions of Elvis Presley (« the king ») and Bob Dylan (« the jester »), and confirmed that the song culminates with a near-verbatim description of the death of Meredith Hunter at the Altamont Free Concert, ten years after the plane crash that killed Holly, Valens, and Richardson. Wikipedia
« The Jester » is probably Bob Dylan. It refers to him wearing « A coat he borrowed from James Dean, » and being « On the sidelines in a cast. » Dylan wore a red jacket similar to James Dean’s on the cover of The Freewheeling Bob Dylan, and got in a motorcycle accident in 1966 which put him out of service for most of that year. Dylan also made frequent use of jokers, jesters or clowns in his lyrics. The line, « And a voice that came from you and me » could refer to the folk style he sings, and the line, « And while the king was looking down the jester stole his thorny crown » could be about how Dylan took Elvis Presley’s place as the number one performer. The line, « Eight miles high and falling fast » is likely a reference to The Byrds’ hit « Eight Miles High. » Regarding the line, « The birds (Byrds) flew off from a fallout shelter, » a fallout shelter is a ’60s term for a drug rehabilitation facility, which one of the band members of The Byrds checked into after being caught with drugs. The section with the line, « The flames climbed high into the night, » is probably about the Altamont Speedway concert in 1969. While the Rolling Stones were playing, a fan was stabbed to death by a member of The Hells Angels who was hired for security. The line, « Sergeants played a marching tune, » is likely a reference to The Beatles’ album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. The line, « I met a girl who sang the blues and I asked her for some happy news, but she just smiled and turned away, » is probably about Janis Joplin. She died of a drug overdose in 1970. The lyric, « And while Lenin/Lennon read a book on Marx, » has been interpreted different ways. Some view it as a reference to Vladimir Lenin, the communist dictator who led the Russian Revolution in 1917 and who built the USSR, which was later ruled by Josef Stalin. The « Marx » referred to here would be the socialist philosopher Karl Marx. Others believe it is about John Lennon, whose songs often reflected a very communistic theology (particularly « Imagine »). Some have even suggested that in the latter case, « Marx » is actually Groucho Marx, another cynical entertainer who was suspected of being a socialist, and whose wordplay was often similar to Lennon’s lyrics. « Did you write the book of love » is probably a reference to the 1958 hit « Book Of Love » by the Monotones. The chorus for that song is « Who wrote the book of love? Tell me, tell me… I wonder, wonder who » etc. One of the lines asks, « Was it someone from above? » Don McLean was a practicing Catholic, and believed in the depravity of ’60s music, hence the closing lyric: « The Father, Son, and the Holy Ghost, they caught the last train for the coast, the day the music died. » Some, have postulated that in this line, the Trinity represents Buddy Holly, Ritchie Valens, and the Big Bopper. « And moss grows fat on our rolling stone » – Mick Jagger’s appearance at a concert in skin-tight outfits, displaying a roll of fat, unusual for the skinny Stones frontman. Also, the words, « You know a rolling stone don’t gather no moss » appear in the Buddy Holly song « Early in the Morning, » which is about his ex missing him early in the morning when he’s gone. « The quartet practiced in the park » – The Beatles performing at Shea Stadium. « And we sang dirges in the dark, the day the music died » – The ’60s peace marches. « Helter Skelter in a summer swelter » – The Manson Family’s attack on Sharon Tate and others in California. « We all got up to dance, Oh, but we never got the chance, ’cause the players tried to take the field, the marching band refused to yield » – The huge numbers of young people who went to Chicago for the 1968 Democratic Party National Convention, and who thought they would be part of the process (« the players tried to take the field »), only to receive a violently rude awakening by the Chicago Police Department nightsticks (the commissions who studied the violence after-the-fact would later term the Chicago PD as « conducting a full-scale police riot ») or as McLean calls the police « the marching band. » (…)The line « Jack be nimble, Jack be quick, Jack Flash sat on a candle stick » is taken from a nursery rhyme that goes « Jack be nimble, Jack be quick, Jack jump over the candlestick. » Jumping over the candlestick comes from a game where people would jump over fires. « Jumpin’ Jack Flash » is a Rolling Stones song. Another possible reference to The Stones can be found in the line, « Fire is the devils only friend, » which could be The Rolling Stones « Sympathy For The Devil, » which is on the same Rolling Stones album. (…) McLean wrote the opening verse first, then came up with the chorus, including the famous title. The phrase « as American as apple pie » was part of the lexicon, but « American Pie » was not. When McLean came up with those two words, he says « a light went off in my head. » (…) Regarding the lyrics, « Jack Flash sat on a candlestick, ’cause fire is the devil’s only friend, » this could be a reference to the space program, and to the role it played in the Cold War between America and Russia throughout the ’60s. It is central to McLean’s theme of the blending of the political turmoil and musical protest as they intertwined through our lives during this remarkable point in history. Thus, the reference incorporates Jack Flash (the Rolling Stones), with our first astronaut to orbit the earth, John (common nickname for John is Jack) Glenn, paired with « Flash » (an allusion to fire), with another image for a rocket launch, « candlestick, » then pulls the whole theme together with « ’cause fire is the Devil’s (Russia’s) only friend, » as Russia had beaten America to manned orbital flight. At 8 minutes 32 seconds, this is the longest song in length to hit #1 on the Hot 100. The single was split in two parts because the 45 did not have enough room for the whole song on one side. The A-side ran 4:11 and the B-side was 4:31 – you had to flip the record in the middle to hear all of it. Disc jockeys usually played the album version at full length, which was to their benefit because it gave them time for a snack, a cigarette or a bathroom break. (…) When the original was released at a whopping 8:32, some radio stations in the United States refused to play it because of a policy limiting airplay to 3:30. Some interpret the song as a protest against this policy. When Madonna covered the song many years later, she cut huge swathes of the song, ironically to make it more radio friendly, to 4:34 on the album and under 4 minutes for the radio edit. In 1971, a singer named Lori Lieberman saw McLean perform this at the Troubadour theater in Los Angeles. She claimed that she was so moved by the concert that her experience became the basis for her song « Killing Me Softly With His Song, » which was a huge hit for Roberta Flack in 1973. When we spoke with Charles Fox, who wrote « Killing Me Softly » with Norman Gimbel, he explained that when Lieberman heard their song, it reminded her of the show, and she had nothing to do with writing the song. This song did a great deal to revive interest in Buddy Holly. Says McLean: « By 1964, you didn’t hear anything about Buddy Holly. He was completely forgotten. But I didn’t forget him, and I think this song helped make people aware that Buddy’s legitimate musical contribution had been overlooked. When I first heard ‘American Pie’ on the radio, I was playing a gig somewhere, and it was immediately followed by ‘Peggy Sue.’ They caught right on to the Holly connection, and that made me very happy. I realized that it was actually gonna perform some good works. » In 2002, this was featured in a Chevrolet ad. It showed a guy in his Chevy singing along to the end of this song. At the end, he gets out and it is clear that he was not going to leave the car until the song was over. The ad played up the heritage of Chevrolet, which has a history of being mentioned in famous songs (the line in this one is « Drove my Chevy to the levee »). Chevy used the same idea a year earlier when it ran billboards of a red Corvette that said, « They don’t write songs about Volvos. » Weird Al Yankovic did a parody of this song for his 1999 album Running With Scissors. It was called « The Saga Begins » and was about Star Wars: The Phantom Menace written from the point of view of Obi-Wan Kenobi. Sample lyric: « Bye, bye this here Anakin guy, maybe Vader someday later but now just a small fry. » It was the second Star Wars themed parody for Weird Al – his first being « Yoda, » which is a takeoff on « Lola » by The Kinks. Al admitted that he wrote « The Saga Begins » before the movie came out, entirely based on Internet rumors. (…) This song was enshrined in the Grammy Hall of Fame in 2002, 29 years after it was snubbed for the four categories it was nominated in. At the 1973 ceremony, « American Pie » lost both Song of the Year and Record of the year to « First Time Ever I Saw Your Face. » (…) Fans still make the occasional pilgrimage to the spot of the plane crash that inspired this song. It’s in a location so remote that tourists are few. The song starts in mono, and gradually goes to stereo over its eight-and-a-half minutes. This was done to represent going from the monaural era into the age of stereo. This song was a forebear to the ’50s nostalgia the became popular later in the decade. A year after it was released, Elton John scored a ’50s-themed hit with « Crocodile Rock; in 1973 the George Lucas movie American Graffiti harkened back to that decade, and in 1978 the movie The Buddy Holly Story hit theaters. One of the more bizarre covers of this song came in 1972, when it appeared on the album Meet The Brady Bunch, performed by the cast of the TV show. This version runs just 3:39. This song appears in the films Born on the Fourth of July (1989), Celebrity (1998) and Josie and the Pussycats (2001). Don McLean’s original manuscript of « American Pie » was sold for $1.2 million at a Christie’s New York auction on April 7, 2015. Songfacts

Nostalgie quand tu nous tiens !

En ces jours étranges ….

Où, à l’instar d’une espèce condamnée comme l’avait bien vu Baudrillard …

Le racisme devient « l’enjeu de la lutte antiraciste comme dernier vestige des passions politiques » …

Et SOS racisme attaque à nouveau Eric Zemmour en justice …

Pendant qu’au Sénat ou dans les beaux quartiers parisiens, ses notables de créateurs coulent des jours paisibles …

Comment ne pas repenser …

A la fameuse phrase de la célébrissime chanson de Don McLean …

Qui  entre la mort de Buddy Holly et celle, quatre mois après Woodstock, d’un fan au festival d’Altamont pendant le passage des Rolling Stones ….

Revenait, il y a 50 ans sur la perte d’innocence du rock et de l’Amérique de son adolescence …

Regrettant le temps proverbial …

Où « la pierre qui roule n’amassait pas mousse » ?

What is Don McLean’s song “American Pie” all about?

Dear Cecil:

I’ve been listening to Don McLean sing « American Pie » for twenty years now and I still don’t know what the hell he’s talking about. I know, I know, the « day the music died » is a reference to the Buddy Holly/Ritchie Valens/Big Bopper plane crash, but the rest of the song seems to be chock full of musical symbolism that I’ve never been able to decipher. There are clear references to the Byrds ( » … eight miles high and fallin’ fast … ») and the Rolling Stones (« … Jack Flash sat on a candlestick … »), but the song also mentions the « King and Queen, » the « Jester » (I’ve heard this is either Mick Jagger or Bob Dylan), a « girl who sang the blues » (Janis Joplin?), and the Devil himself. I’ve heard there is an answer key that explains all the symbols. Is there? Even if there isn’t, can you give me a line on who’s who and what’s what in this mediocre but firmly-entrenched-in-my-mind piece of music?

Scott McGough, Baltimore

Cecil replies:

Now, now, Scott. If you can’t clarify the confused, certainly the pinnacle of literary achievement in my mind, history (e.g., the towering rep of James Joyce) instructs us that your next best bet is to obfuscate the obvious. Don McLean has never issued an “answer key” for “American Pie,” undoubtedly on the theory that as long as you can keep ’em guessing, your legend will never die.

He’s probably right. Still, he’s dropped a few hints. Straight Dope musicologist Stefan Daystrom taped the following intro from Casey Kasem’s American Top 40 radio show circa January 1972: “A few days ago we phoned Don McLean for a little help in interpreting his great hit ‘American Pie.’ He was pretty reluctant to give us a straight interpretation of his work; he’d rather let it speak for itself. But he explained some of the specific references that he makes. The most important one is the death of rockabilly singer Buddy Holly in 1959; for McLean, that’s when the music died. The court jester he refers to is Bob Dylan. The Stones and the flames in the sky refer to the concert at Altamont, California. And McLean goes on, painting his picture,” blah blah, segue to record.

Not much to go on, but at least it rules out the Christ imagery. For the rest we turn to the song’s legion of freelance interpreters, whose thoughts were most recently compiled by Rich Kulawiec into a file that I plucked from the Internet. (I love the Internet.) No room to reprint all the lyrics, which you probably haven’t been able to forget anyway, but herewith the high points:

February made me shiver: Holly’s plane crashed February 3, 1959.

Them good ole boys were singing “This’ll be the day that I die”: Holly’s hit “That’ll Be the Day” had a similar line.

The Jester sang for the King and Queen in a coat he borrowed from James Dean: ID of K and Q obscure. Elvis and Connie Francis (or Little Richard)? John and Jackie Kennedy? Or Queen Elizabeth and consort, for whom Dylan apparently did play once? Dean’s coat is the famous red windbreaker he wore in Rebel Without a Cause; Dylan wore a similar one on “The Freewheeling Bob Dylan” album cover.

With the Jester on the sidelines in a cast: On July 29, 1966 Dylan had a motorcycle accident that kept him laid up for nine months.

While sergeants played a marching tune: The Beatles’ “Sergeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band.”

And as I watched him on the stage/ my hands were clenched in fists of rage/ No angel born in hell/ Could break that Satan’s spell/ And as the flames climbed high into the night: Mick Jagger, Altamont.

I met a girl who sang the blues/ And I asked her for some happy news/ But she just smiled and turned away: Janis Joplin OD’d October 4, 1970.

The three men I admire most/ The Father, Son, and Holy Ghost/ They caught the last train for the coast: Major mystery. Holly, Bopper, Valens? Hank Williams, Elvis, Holly? JFK, RFK, ML King? The literal tripartite deity? As for the coast, could be the departure of the music biz for California. Or it simply rhymes, a big determinant of plot direction in pop music lyrics (which may also explain “drove my Chevy to the levee”). Best I can do for now. Just don’t ask me to explain “Stairway to Heaven.”

The last word (probably) on “American Pie”

Dear Cecil:

As you can imagine, over the years I have been asked many times to discuss and explain my song “American Pie.” I have never discussed the lyrics, but have admitted to the Holly reference in the opening stanzas. I dedicated the album American Pie to Buddy Holly as well in order to connect the entire statement to Holly in hopes of bringing about an interest in him, which subsequently did occur.

This brings me to my point. Casey Kasem never spoke to me and none of the references he confirms my making were made by me. You will find many “interpretations” of my lyrics but none of them by me. Isn’t this fun?

Sorry to leave you all on your own like this but long ago I realized that songwriters should make their statements and move on, maintaining a dignified silence.

— Don McLean, Castine, Maine

Cecil Adams

Voir aussi:

It had been a while since I’d seen “Gimme Shelter,” one of the early classics of the Maysles brothers, Albert and David, and I watched it again on the occasion of the passing of Albert Maysles last Thursday. To my surprise, I found that a big part of the story of “Gimme Shelter” is in the end credits, which say that the movie was filmed by “the Maysles Brothers and (in alphabetical order)” the names of twenty-two more camera operators. By way of contrast, the brothers’ previous feature, “Salesman,” credited “photography” solely to Albert Maysles, and “Grey Gardens,” from 1976, was “filmed by” Albert Maysles and David Maysles. The difference is drastic: it’s the distinction between newsgathering and relationships, and relationships are what the Maysleses built their films on.

The Maysleses virtually lived with the Bible peddlers on the road, they virtually inhabited Grey Gardens with Big Edie and Little Edie, but—as Michael Sragow reports in this superb study, from 2000, on the making of “Gimme Shelter”—the Maysleses didn’t and couldn’t move in with the Rolling Stones. Stan Goldstein, a Maysles associate, told Sragow, “In the film there are virtually no personal moments with the Stones—the Maysles were not involved with the Stones’ lives. They did not have unlimited access. It was an outside view.”

It’s a commonplace to consider the documentary filmmaker Frederick Wiseman’s films to be centered on the lives of institutions and those of the Maysleses to be centered on the lives of people, but “Gimme Shelter” does both. Though it’s replete with some exhilarating concert footage—notably, of the Stones performing on the concert tour that led up to the Altamont disaster—its central subject is how the Altamont concert came into being. “Gimme Shelter” is a film about a concert that is only incidentally a concert film. Yet the Maysleses’ vision of the unfolding events is distinctive—and, for that matter, historic—by virtue of their distinctive directorial procedure.

Early on, Charlie Watts, the Stones drummer, is seen in the editing room, watching footage with David Maysles, who tells him that it will take eight weeks to edit the film. Watts asks whether Maysles thinks he can do it in that time, and Maysles answers, waving his arm to indicate the editing room, “This gives us the freedom, you guys watching it.”

Filming in the editing room (which, Sragow reports, was the idea of Charlotte Zwerin, one of the film’s editors and directors, who had joined the project after the rest of the shoot) gave them the freedom to break from the strict chronology of the concert season that went from New York to Altamont while staying within the participatory logic of their direct-cinema program. It’s easy to imagine another filmmaker using a voice-over and a montage to introduce, at the start, the fatal outcome of the Altamont concert and portentously declare the intention to follow the band on their American tour to see how they reached that calamitous result. The Maysleses, repudiating such ex-cathedra interventions, instead create a new, and newly personal, sphere of action for the Stones and themselves that the filmmakers can use to frame the concert footage.

The editing-room sequences render the concert footage archival, making it look like what it is—in effect, found footage of a historical event. The result is to turn the impersonal archive personal and to give the Maysles brothers, as well as the Rolling Stones, a personal implication in even the documentary images that they themselves didn’t film.

Among those images are those of a press conference where Mick Jagger announced his plans for a free concert and his intentions in holding it, which are of a worthy and progressive cast: “It’s creating a microcosmic society which sets examples for the rest of America as to how one can behave at large gatherings.” (Later, though, he frames it in more demotic terms: “The concert is an excuse for everyone to talk to each other, get together, sleep with each other, hold each other, and get very stoned.”)

A strange convergence of interests appears in negotiations filmed by the Maysleses between the attorney Melvin Belli, acting on the Stones’ behalf; Dick Carter, the owner of the Altamont Speedway; and other local authorities. The intense pressure to make the concert happen is suggested in a radio broadcast from the day before the concert, during which the announcer Frank Terry snarks that “apparently it’s one of the most difficult things in the world to give a free concert.” The Stones want to perform; their fans want to see them perform a free concert; the local government wants to deliver that show and not to stand in its way; Belli wants to facilitate it; and the Stones don’t exactly renounce their authority in the process but do, in revealing moments, lay bare to the Maysleses’ cameras their readiness to engage with a mighty system of which they themselves aren’t quite the masters.

Within this convergence of rational interests, one element is overlooked: madness. Jagger approaches the concert with constructive purpose and festive enthusiasm, but he performs like a man possessed, singing with fury of a crossfire hurricane and warning his listeners that to play with him is to play with fire. No, what happened at Altamont is not the music’s fault. Celebrity was already a scene of madness in Frank Sinatra’s first flush of fame and when the Beatles were chased through the train station in “A Hard Day’s Night.” But the Beatles’ celebrity was, almost from the start, their subject as well as their object, and they approached it and managed it with a Warholian consciousness, as in their movies; they managed their music in the same way and became, like Glenn Gould, concert dropouts. By contrast, the Stones were primal and natural performers, whose music seemed to thrive, even to exist, in contact with the audience. That contact becomes the movie’s subject—a subject that surpasses the Rolling Stones and enters into history at large.

The Maysleses and Zwerin intercut the discussions between Belli, Carter, and the authorities with concert footage from the Stones’ other venues along the way. The effect—the music running as the nighttime preparations for the Altamont concert occur, with fires and headlights, a swirling tumult—suggests the forces about to be unleashed on the world at large. A cut from a moment in concert to a helicopter shot of an apocalyptic line of cars winding through the hills toward Altamont and of the crowd already gathered there suggests that something wild has escaped from the closed confines of the Garden and other halls. The Maysleses’ enduring theme of the absent boundary between theatre and life, between show and reality, is stood on its head: art as great as that of the Stones is destined to have a mighty real-world effect. There’s a reason why the crucial adjective for art is “powerful”; it’s ultimately forced to engage with power as such.

What died at Altamont was the notion of spontaneity, of the sense that things could happen on their own and that benevolent spirits would prevail. What ended was the idea of the unproduced. What was born there was infrastructure—the physical infrastructure of facilities, the abstract one of authority. From that point on, concerts were the tip of the iceberg, the superstructure, the mere public face and shining aftermath of elaborate planning. The lawyers and the insurers, the politicians and the police, security consultants and fire-safety experts—the masters and mistresses of management—would be running the show.

The movie ends with concertgoers the morning after, walking away, their backs to the viewer, leaving a blank natural realm of earth and sky; they’re leaving the state of nature and heading back to the city, from which they’ll never be able to leave innocently again. What emerges accursed is the very idea of nature, of the idea that, left to their own inclinations and stripped of the trappings of the wider social order, the young people of the new generation will somehow spontaneously create a higher, gentler, more loving grassroots order. What died at Altamont is the Rousseauian dream itself. What was envisioned in “Lord of the Flies” and subsequently dramatized in such films as “Straw Dogs” and “Deliverance” was presented in reality in “Gimme Shelter.” The haunting freeze-frame on Jagger staring into the camera, at the end of the film, after his forensic examination of the footage of the killing of Meredith Hunter at the concert, reveals not the filmmakers’ accusation or his own sense of guilt but lost illusions.


Musées: Beyonce made me do it (Like works of art themselves: With a little help from its music friends’ gospel of acquisition, the world’s top museum breaks its attendance record)

6 janvier, 2019

 


Image result for Radeau de la méduse géricaultImage result for Radeau de la méduse géricaultDétail de l'affiche annonçant l'exposition
Paolo Veronese 008.jpghttps://jcdurbant.files.wordpress.com/2019/01/de3af-39344352_2284751188419864_7681177876476985344_n.jpgThe Carters – Apeshit
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
And moss grows fat on a rollin’ stone but that’s not how it used to be. Don McLean
The Obamas are “Becoming” — billionaires. The launch of Michelle Obama’s cross-country book tour for her new memoir, “Becoming,” last week is just the latest marker on the road to fabulous wealth for the former first couple, who are on their way to becoming a billion-dollar brand. In addition to a $65 million book advance and an estimated $50 million deal with Netflix, both of which she shares with husband Barack Obama, the former first lady is poised to rake in millions from appearances on her 10-city US tour and sales of merchandise connected to her autobiography. And like her husband, Michelle Obama is currently in demand as a speaker for corporations and nonprofits, commanding $225,000 per appearance, The Post has learned. Forbes estimated the couple made $20.5 million in salaries and book royalties between 2005 — when Barack Obama became a US senator and they first arrived in Washington — and 2016. They are now worth more than $135 million. And that figure does not include the cash they are raking in for public speaking. (…) Barack Obama currently rakes in $400,000 per speech, and earned at least $1.2 million for three talks to Wall Street firms in 2017. The fees come on top of his $207,800 annual presidential pension, which he began receiving as soon as he left office. (…) Prices for Obama’s appearance at Brooklyn’s Barclay’s Center next month currently range from $307 to $4,070, which includes a photo with Michelle Obama and a signed copy of “Becoming.” In addition to cash from appearances and book sales, Obama will reap the benefits of hawking 25 different items of merchandise connected to the book, many of which bear her likeness and feature inspirational messages. The items include T-shirts and hoodies, a $20 “Find Your Voice” mug, and “Find Your Flame and Keep It Lit” candles, which retail for $35 each. (…) Barack Obama raked in a combined $8.8 million for “The Audacity of Hope,” published in 2006, and his children’s book, which was released in 2010. He also made nearly $7 million from “Dreams from My Father.” In addition to their multimillion-dollar literary empire, the couple is set to reap the benefits of a creative production deal they signed with Netflix earlier this year. The $50 million, multi-year deal calls on the Obamas “to produce a diverse mix of content, including the potential for scripted series, unscripted series, docuseries, documentaries and features,” which will be broadcast in 190 countries, according to a statement from the streaming service, which has 125 million subscribers around the globe. NY Post
Step my money fast and go (Fast, fast, go) Fast like a Lambo (Skrrt, skrrt, skrrt) Crowd better savor (Crowd goin’ heavy) I can’t believe we made it (This is what we made, made) Have you ever seen the crowd goin’ apeshit? (…) Rah, gimme my check Put some respeck on my check Or pay me in equity, pay me in equity We live it lavish, lavish I got expensive fabrics (…) You ain’t ownin’ this Don’t think they ownin’ this Bought him a jet Shut down Colette Phillippe Patek Get off my dick (…) Motor cade when we came through Presidential with the planes too One better get you with the residential Undefeated with the king too I said no to the Superbowl You need me, I don’t need you Every night we in the endzone Tell the NFL we in stadiums too Last night was a fucking zoo Stagediving in a pool of people Ran through Liverpool like a fucking Beatle Smoke gorilla glue like it’s fucking legal Tell the Grammy’s fuck that 0 for 8 shit Have you ever seen the crowd goin’ apeshit? Beyonce and Jay-Z
I just want a Picasso, in my casa No, my castle I’m a hassa, no I’m a asshole I’m never satisfied, can’t knock my hustle I wanna Rothko, no I wanna brothel No, I want a wife that fuck me like a prostitute Let’s make love on a million, in a dirty hotel With the fan on the ceiling, all for the love of drug dealing Marble Floors, gold Ceilings Oh what a feeling, fuck it I want a billion Jeff Koons balloons, I just wanna blow up Condos in my condos, I wanna row of Christie’s with my missy, live at the MoMA Bacons and turkey bacons, smell the aroma Oh what a feeling Picasso Baby, Ca Picasso baby Ca ca Picasso Baby, Ca ca Picasso baby Oh what a feeling Picasso Baby, Ca Picasso baby Ca ca Picasso Baby, Ca ca Picasso baby It ain’t hard to tell I’m the new Jean Michel Surrounded by Warhols My whole team ball Twin Bugattis outside the Art Basel I just wanna live life colossal Leonardo Da Vinci flows Riccardo Tisci Givenchy clothes See me throning at the Met Vogueing on these niggas Champagne on my breath, yes House like the Louvre or the Tate Modern Because I be going ape at the auction Oh what a feeling Aw fuck it I want a trillion Sleeping every night next to Mona Lisa The modern day version With better features Yellow Basquiat in my kitchen corner Go ahead lean on that shit Blue You own it I never stuck my cock in the fox’s box but I’m still the man to watch, Hublot On my left hand or not I’m like god damn enough I put down the cans and they ran amok Niggas even talk about your baby crazy Eventually the pendulum swings Don’t forget America this how you made me Come through with the ‘Ye mask on Spray everything like SAMO I won’t scratch the Lambo What’s it gon take For me to go For you to see I’m the modern day Pablo Picasso baby … Jay-Z
Une piaule à cent millions, une montre à trois millions, ce sont les faits Pas de limite, faux, négro, t’est pas un patron, t’as un patron Des négros maltraités, toute cette merde me blesse, je le prends personnellement, les Négros préfèrent travailler pour le blanc que pour moi, travaillez plutôt pour moi Au moins vous ne prétendrez pas être au même niveau que moi, toute cette merde m’irrite  La fierté précède toujours la chute, c’est presque sûr Mes revenus sont bouleversants (bouleversants !) Les enquêtes disent que tu en es loin (vraiment loin) Chacun joue au boss, jusqu’au moment où il faut payer pour l’entreprise  Envoie les factures par-ci, sépare les hommes des garçons par-là
Nous mesurons le succès au nombre de personnes accomplies que tu côtoies…
Jay-Z
C’est pas compliqué, j’suis le boss, donc j’ai acheté un bolide à ma maman Mes arrière-arrière-petits-enfants sont déjà riches Et ça fait beaucoup de petits noirs sur ta liste du Forbes… Beyonce
La blaxploitation — ou blacksploitation — est un courant culturel et social propre au cinéma américain des années 1970 qui a revalorisé l’image des Afro-Américains en les présentant dans des rôles dignes et de premier plan et non plus seulement dans des rôles secondaires et de faire-valoir. Le mot est la contraction, sous forme de mot-valise, des mots « black » » (qui signifie noir) et « exploitation ». (…) Dans les productions blaxploitation, les films n’engageaient que des noirs et ne s’adressaient qu’à la même communauté sur des thèmes de prédilection en utilisant tous les stéréotypes possibles. Que ce soient les films policiers (trilogie des Shaft) ou les enquêtes par des détectives privés (Shaft, les nuits rouges de Harlem), le cinéma d’horreur (Blacula, le vampire noir, Abby), les arts martiaux (Black Belt Jones de Robert Clouse), le péplum (The Arena (en) de Steve Carver), le western (Boss Nigger), l’espionnage (Cleopatra Jones de Jack Starrett), le film politique engagé (The Spook Who Sat by the Door d’Ivan Dixon), le comique (Uptown Saturday Night). (…) Ces films sont populaires dans la communauté noire car ils montrent des acteurs afro-américains dans des situations d’hommes fiers et libres de leurs choix de vie. Ces personnages noirs résistent aux blancs et leur répondent. Le personnage noir est souvent associé au bien, et le blanc au mal.  Les films de la blaxploitation reflètent les aspirations des noirs aux droits civiques, leurs difficultés quotidiennes, mais aussi la prostitution, la drogue, la corruption, le racisme de la part des policiers, les viols… Une grande majorité des films de blaxploitation sont de qualité plutôt médiocres, souvent violents et remplis de clichés et préjugés. Ils parlent de prostitution, de drogue, et de meurtre, des stéréotypes repris depuis dans le gangsta rap. On y portrait également les macs flamboyants aussi appelés pimps. Wikipedia
I’d sit there in these art history survey classes and think, ‘but where are all the black people?’ I remember the first time I saw an image of Olympia flash on the screen as a graduate student. My heart was pounding and I wondered what would be said about the black servant … and was really concerned that nothing at all was mentioned. As I did that, I understood that she was not just the subject of Manet’s work, but of works by many successive generations of artists. As I looked more deeply into the archival and anecdotal material about her, I became aware of how extensive her legacy was with a pattern of images that exist across the last 160 or so years. This show is so relevant now. By rendering Laure visible and giving her a voice, it opens pathways for other women of color. Denise Murrell
The lyrics of Picasso Baby are a roll-call of artists, including Mark Rothko, Jean-Michel Basquiat, Jeff Koons and Francis Bacon. Art venues aren’t left out either: Christie’s, MoMA and Tate Modern are all referenced. Jay-Z grew up in one of the art capitals of the world, New York, but if the narratives of his early work are anything to go by, he wouldn’t have spent his weekends wandering around MoMA or the Met. The references to the art world in Picasso Baby show the evolution of Shawn Carter from Queens to Jay-Z, the global musician, businessman, and Mr Beyoncé: someone who can not only spend time wandering around MoMA, if he so chooses, but can go to Christie’s and buy the art on sale. The video for the song was entitled Picasso Baby: A Performance Art Film and was created at the Pace Gallery in New York. Inspired by (and featuring) Marina Abramović, Jay-Z invited members of the public up to perform with him over a period of six hours. ‘It ain’t hard to tell, I’m the new Jean-Michel Surrounded by Warhols, my whole team ball Twin Bugattis outside the Art Basel I just wanna live life colossal Leonardo da Vinci flows’. When performed live you’re able to witness the rare treat of hip-hop fans repeatedly yelling the chorus ‘Picasso Baby!’. Artuk
“Have you ever seen the crowd goin’ apeshit? – Why museums need to encourage dialogue in gallery spaces and not just at lates because silence is more [intimidating] than the audience going ‘apeshit’ over an exhibition that touches their soul. Black Blossoms
Beyonce is helping museums increase their Black Audiences… any smart person in museum marketing team would see the opp and act quickly and correctly… #APESHIT. Blossoms
Brillante élève de David, l’artiste s’affirme ici avec audace : peindre la carnation noire était un exercice rare et peu enseigné car jugé ingrat. Le regard grave, la pose calme et le sein dénudé donnent au modèle anonyme la noblesse d’une allégorie, peut-être celle de l’esclavage récemment aboli. Le Louvre
Née à Paris le 18 décembre 1768, Marie Guillemine Leroulx-Delaville est la fille d’un fonctionnaire royal. Elle étudie d’abord avec Élisabeth Vigée-Lebrun vers 1781-1782 et, plus tard, vers 1786, avec Jacques-Louis David. Elle présente des portraits et des peintures de genre à l’Exposition de la Jeunesse, où elle débute en 1784, mais on trouve aussi des tableaux d’histoire parmi les oeuvres qu’elle expose aux Salons parisiens, de 1791 à 1812. (…) Connue pour ses portraits, Benoist avait de plus hautes aspirations, manifestes dans un autoportrait de ses débuts, où l’artiste, vêtue à l’antique, peint une copie du Bélisaire de David. A la fois portrait et peinture d’histoire, cette oeuvre mêle le style de ses deux maîtres: ombres et lumières douces, couleurs pâles avec des draperies aux plis lourds qui mettent en valeur le corps sous-jacent. Son oeuvre la plus célèbre est le Portrait d’une négresse (Salon de 1800). Inspiré par les oeuvres de David, ce tableau est une étude du clair et du foncé: une femme noire -probablement rencontrée dans la maison de son beau-frère, officier de marine qui s’était marié à la Guadeloupe- portant un vêtement et un turban blanc, et placée sur un fond clair. (…) À son meilleur, l’oeuvre de Benoist se caractérise par des poses élégantes, des gestes gracieux, des contours fluides mais fermes, des draperies disposées avec élégance et une utilisation harmonique des couleurs. Ses talents de portraitiste sont fréquemment relevés par les critiques et son Portrait d’une négresse est devenu l’icône de la femme noire du XIXe siècle. Grâce aux récentes recherches d’Oppenheimer, le talent de Benoist commence à être mieux reconnu. Vivian P. Cameron
Œuvre majeure dans la peinture française du XIXe siècle, Le Radeau de la Méduse fait figure de manifeste du Romantisme. Il représente un fait divers qui intéressa beaucoup Géricault pour ses aspects humains et politiques, le naufrage d’une frégate en 1816 près des côtes du Sénégal, avec à son bord plus de 150 soldats. Le peintre se documenta précisément puis réalisa de nombreuses esquisses avant de camper sa composition définitive qui illustre l’espoir d’un sauvetage. Géricault s’inspira du récit de deux rescapés de La Méduse, frégate de la marine royale partie en 1816 pour coloniser le Sénégal. Son commandement fut confié à un officier d’Ancien Régime qui n’avait pas navigué depuis plus de vingt ans, et qui ne parvint pas à éviter son échouage sur un banc de sable. Ceux qui ne purent prendre place sur les chaloupes en nombre insuffisant durent construire un radeau pour 150 hommes, emportés vers une odyssée sanglante qui dura 13 jours et n’épargna que 10 vies. A la détresse du naufrage s’ajoutèrent les règlements de comptes et l’abomination du cannibalisme. Géricault représente le faux espoir qui précéda le sauvetage des naufragés : le bateau parti à leur secours apparaît à l’horizon mais s’éloigne sans les voir. La composition est tendue vers cette espérance, dans un mouvement ascendant vers la droite qui culmine avec l’homme noir, figure de proue de l’embarcation. Géricault donne une vision synthétique de l’existence humaine abandonnée à elle même. (…) Le Radeau de Géricault est la vedette du Salon de 1819 : « Il frappe et attire tous les regards », (Le Journal de Paris) et divise les critiques. L’horreur, la terribilità du sujet, fascinent. Les chantres du classicisme disent leur dégoût pour cet « amas de cadavres », dont le réalisme leur paraît si éloigné du beau idéal, incarné par la Galatée de Girodet qui fait un triomphe la même année. En effet, Géricault exprime un paradoxe : comment faire un tableau fort d’un motif hideux, comment concilier l’art et le réel ? Coupin tranche « M. Géricault semble s’être trompé. Le but de la peinture est de parler à l’âme et aux yeux, et non pas de repousser. ». Le tableau a aussi ses zélateurs, comme Jal qui exalte en lui le sujet politique, le manifeste libéral (la promotion du « nègre », la critique de l’ultra-royalisme), et le tableau moderne, œuvre d’actualité. Pour Michelet, « c’est notre société toute entière qui embarqua sur ce radeau de la Méduse (…) ». Le Louvre
Le 2 juillet 1816, la frégate La Méduse s’échoue sur un banc de sable au large des côtes sénégalaises à la suite d’une erreur de navigation. Elle a près de 400 personnes à son bord – l’équipage, des fonctionnaires et deux compagnies de soldats. La Méduse fait partie d’une flottille envoyée de France au Sénégal pour y affirmer l’autorité du roi Louis XVIII. Les soldats sont des anciens des troupes napoléoniennes dont la monarchie cherche à se débarrasser par ce moyen. Le coupable du naufrage est le capitaine Hugues Duroy de Chaumareys, qui n’a obtenu ce commandement que parce qu’il est un émigré royaliste. Quand il monte à bord de La Méduse, il n’a plus navigué depuis vingt-cinq ans. Après avoir essayé de remettre à flot le navire, il est décidé de l’abandonner et de construire un radeau, les canots étant trop peu nombreux pour la foule des passagers. Le 5 juillet, les chaloupes, où sont les officiers et les fonctionnaires, et le radeau prennent la mer, les chaloupes étant censées remorquer le radeau. Très vite, Chaumareys ordonne de couper les cordes, abandonnant les 147 personnes entassées dessus. Pour cela et l’ensemble de ses fautes, il sera jugé en cour martiale en 1817, condamné à la prison et déchu de son grade et de ses décorations. Du 6 au 17 juillet, le radeau dérive. Quand L’Argus, autre navire de la flottille, le retrouve, il reste quinze survivants, dont cinq meurent dans les jours qui suivent. Entre-temps, les chaloupes ont atteint Saint-Louis du Sénégal sans peine. Sur le naufrage et sur ce qui s’est passé sur le radeau, deux rescapés, l’ingénieur-géographe Corréard et le chirurgien Savigny, publient, dès novembre 1817, un récit, réédité en 1818. On y apprend non seulement l’incompétence et la lâcheté de Chaumareys, mais aussi les combats sur le radeau entre hommes ivres et terrorisés. Le 9 juillet, il ne reste déjà plus qu’une trentaine de survivants. Le 13, ils jettent à la mer les malades et les blessés, dont la cantinière, une femme noire. Dès le 7 juillet, il a fallu recourir au cannibalisme pour se nourrir. On peut imaginer l’effet de ce livre, les implications politiques, l’émoi de l’opinion publique. Des gravures du drame circulent vite, et le Théâtre de la Porte-Saint-Martin en fait un mélodrame, joué en avril 1819. Le 25 août 1819, s’ouvre le Salon. Une toile, dont le titre a été censuré, suscite le scandale : Le Radeau de La Méduse, de Théodore Géricault, évidemment – « un jeune homme », écrit la critique, car il a 28 ans. Depuis, elle est demeurée au premier plan de l’histoire, au point même que l’on oublie trop souvent que Géricault est l’auteur d’autres chefs-d’oeuvre, un portraitiste et un dessinateur de premier ordre. (…) Sans hésiter longtemps, il choisit un moment décisif du récit de Corréard et Savigny, l’approche de l’Argus. Ce n’est pas le plus tragique, puisqu’il aurait pu peindre le carnage sur le radeau, les blessés jetés à la mer ou les scènes de cannibalisme. Il ne le fait pas parce que, dans ce cas, son oeuvre n’aurait pas été exposée au Salon, pour des raisons de décence. Mais il introduit des détails explicites, armes abandonnées, corps mutilés, plaies mal pansées. En attirant l’attention sur eux, l’exposition incite à une compréhension plus complète de tout ce qui constitue l’oeuvre, aussi bien du point de vue artistique que du point de vue politique et moral. Les dessins de musculatures d’après modèle confirment ce qui est flagrant au Louvre : Géricault se mesure en toute simplicité à Michel-Ange et démontre, face à l’hégémonie de David et du néoclassicisme, qu’il n’est pas obligatoire d’aller prendre dans l’histoire grecque et romaine ou dans la Bible des sujets héroïques et tragiques. Le présent en propose qu’il faut avoir l’audace de saisir et de porter aux dimensions d’une très grande toile. Delacroix et Manet s’en sont souvenus – Delacroix qui, du reste, pose pour l’un des naufragés. Autre remarque : Géricault place trois figures d’hommes noirs sur le radeau – et la cantinière jetée à l’eau -, alors qu’il n’y en avait en réalité qu’un seul. Cette décision est liée à la lutte contre la traite des Noirs, qui se pratique toujours alors en dépit de son interdiction supposée. La lecture politique en est précisée. On sait en effet que le Radeau est une œuvre hostile à la Restauration et aux émigrés, mais moins qu’elle est aussi une dénonciation de l’esclavage. Philippe Dagen
Géricault, revenant à Paris après un long voyage d’étude en Italie, découvre par hasard la première édition du naufrage qui date du 22 novembre 1817, il s’agit de la publication de deux survivants du naufrage, l’aide-chirurgien Henri Savigny et le gadzarts, ingénieur-géographe Alexandre Corréard16. Les horreurs du naufrage sont aussi connues du public grâce à l’indiscrétion du ministre de la police Élie Decazes qui relâche volontairement la censure en laissant le rapport de Savigny (destiné normalement uniquement aux autorités maritimes) parvenir à la presse, ce qui lui permet de torpiller le ministre ultra de la Marine François-Joseph de Gratet. Stupéfait de l’ampleur médiatique que prend le naufrage, Géricault pense que la réalisation d’une représentation picturale de l’événement pourrait contribuer à établir sa réputation. Après avoir pris la décision de réaliser le tableau, il entreprend des recherches approfondies avant de commencer la peinture. Au début de l’année 1818, il rencontre Savigny et Alexandre Corréard ; le récit de leur ressenti lors de l’expérience du naufrage influence grandement la tonalité du tableau final. (…) Lors de voyages effectués dans sa jeunesse, Géricault est déjà confronté à la vue de déments ou de pestiférés. Durant ses recherches préparatoires pour Le Radeau de La Méduse, son ambition de vérité historique et de réalisme vire à l’obsession d’observer le phénomène de rigidité cadavérique. Afin de réaliser la représentation la plus authentique possible des différents aspects de la chair des cadavres, il réalise plusieurs esquisses de dépouilles à la morgue de l’hôpital Beaujon, étudie le visage de patients sur le point de mourir, et emporte même dans son atelier quelques membres humains pour observer leur décomposition. Géricault dessine également une tête coupée empruntée à un asile et qu’il conserve dans le grenier de son atelier. Avec trois survivants, dont Savigny et Corréard, ainsi qu’avec le charpentier Lavillette, il construit un modèle réduit extrêmement détaillé du radeau, lequel est reproduit avec la plus grande fidélité sur la toile finale – même les espaces entre les planches sont représentés. Géricault fait également poser des modèles, réalise un dossier comportant de la documentation sur l’événement, copie des tableaux d’autres artistes s’approchant du même thème, et se rend au Havre pour y observer la mer et le ciel. Bien que fiévreux, il se rend très fréquemment sur la côte afin de voir des tempêtes balayer le littoral. En outre, son voyage en Angleterre, durant lequel il rencontre d’autres artistes, est l’occasion pour lui d’étudier divers éléments du paysage marin lors de la traversée de la Manche. Il dessine et peint plusieurs esquisses alors qu’il choisit quel moment il souhaite représenter dans le tableau final. La conception de l’œuvre est lente et difficile, car Géricault hésite même à choisir un moment emblématique du naufrage, qui rendrait au mieux l’intensité dramatique de l’événement. Parmi les scènes qu’il pense choisir se trouvent notamment la mutinerie contre les officiers, survenue le deuxième jour passé sur le radeau ; les actes de cannibalisme, qui ne surviennent qu’après quelques jours ; et le sauvetage. Géricault opte finalement pour l’instant, raconté par l’un des survivants, où les naufragés voient L’Argus approcher à l’horizon et tentent une première fois en vain de lui adresser un appel au secours. Le bateau est représenté par une petite forme de couleur grise au centre-droit du tableau. Comme l’exprime un des survivants, « nous passâmes de l’euphorie à une grande déception, à de profonds tourments ». Dans la mesure où le public est alors bien informé des causes du désastre, le choix de la scène relève d’une volonté de figurer les conséquences de l’abandon de l’équipage sur le radeau, en se focalisant sur l’instant où tout espoir semblait perdu – l’Argus paraît à nouveau deux heures après et secourt les survivants. Un critique remarque cependant que le tableau comporte plus de personnages qu’il ne devait y en avoir à bord du radeau au moment du sauvetage. De plus, l’auteur note que le sauvetage se déroule un matin ensoleillé, avec une mer calme : Géricault choisit cependant de peindre le radeau en pleine tempête, avec un ciel noir et une mer démontée, sans doute pour renforcer le caractère dramatique de la scène. (…) Géricault réalise une esquisse de la composition finale sur la toile. Il fait alors poser chaque modèle séparément, et peint les personnages à la suite les uns des autres, à l’inverse de la méthode traditionnelle suivant laquelle le peintre travaille d’emblée sur la composition entière. Son attention particulière portée à des éléments ainsi individualisés donne à l’œuvre « une matérialité troublante » et témoigne d’une recherche de théâtralité – ce que certains critiques de l’époque considèrent comme un défaut. (…) Le Radeau de La Méduse dépeint le moment où, après treize jours passés à dériver sur le radeau, les quinze survivants voient un bateau approcher au loin, alors même que l’état de l’embarcation de fortune est proche de la ruine. La monumentalité du format (491 cm × 716 cm) fait que les personnages en arrière-plan sont à échelle humaine, et que ceux au premier plan sont même deux fois plus grands qu’un homme : proches du plan de l’œuvre, entassés, les personnages créent un effet d’immersion du spectateur dans l’action du tableau. Le radeau de fortune semble sur le point de sombrer, voguant dans une mer déchaînée, tandis que les naufragés sont représentés totalement anéantis et désemparés. Un vieil homme tient la dépouille de son fils sur ses jambes ; un autre pleure de rage, abattu ; un cadavre sans jambes à gauche évoque les pratiques anthropophages qui ont eu lieu sur le radeau réel tandis que des taches éparses de rouge sang rappellent les affrontements. Plusieurs corps jonchent le radeau, au premier plan, sur le point de tomber à l’eau en raison des vagues. Les hommes au milieu de l’embarcation viennent d’apercevoir un bateau au loin ; l’un d’entre eux le montre du doigt, tandis qu’un membre africain de l’équipage, Jean-Charles, se tient debout sur une barrique vide et agite sa chemise en l’air afin d’attirer l’attention du navire. La composition picturale est essentiellement basée sur trois structures pyramidales. La première est formée par le mât et les cordes qui le tiennent. Elle englobe la seconde à la gauche du tableau, formée par des hommes morts ou désespérés. La troisième met en scène, à sa base, des cadavres et des mourants, desquels émergent les survivants ; à son sommet culmine l’espoir de sauvetage, avec la figure centrale d’un homme noir agitant sa chemise. Certains y ont vu une critique de l’Empire Colonial Français conservateur et esclavagiste. Géricault peint comme héros central un homme Noir. Son modèle sera Joseph, un Haïtien qui a posé pour lui et d’autres artistes. Il s’agit du premier héros de la peinture occidentale sans nom et vu de dos. Le tableau serait une œuvre hostile à la Restauration et aux émigrés, mais aussi une dénonciation de l’esclavage. C’est pourquoi Géricault y peint trois figures d’hommes noirs, alors qu’il n’y en aurait eu qu’un seul parmi les rescapés en plus d’une cantinière jetée à l’eau le 13 juillet en compagnie d’autres blessés. L’artiste semble prendre position contre la traite négrière, qui se pratique toujours malgré son interdiction supposée. Wikipedia
The video is stunning with its wide shots of halls of art with no tourists in them – only Jay-Z and Beyoncé standing looking serene, like works of arts themselves, in front of “The Mona Lisa.” And then the beat kicks in, with a shot of them on a staircase with nearly nude bodies strewn about the steps that contract and move to the rhythm. “I can’t believe we made it,” she sings, a little Autotune in her voice, over a hard-hitting beat. “This is why we thankful, hey, hell, see a crowd going apeshit.” The couple are shown in front of “The Winged Victory of Samothrace,” “The Coronation of Napoleon,” among many other famed pieces of priceless artworks and antiquities, while dancing and posing… Rolling Stone
From the off, shots of Beyoncé, Jay Z and the rest of the entirely black cast of dancers from the Ricky Saiz-directed video serve as responses to well-known pieces in the art canon. Almost obstructing the famous works behind them, kneeling, swaying and smiling in the process, black bodies directly challenge the limited portrayals of blackness that we’re used to seeing in museums and force us to take in an entirely new narrative, one that shies away from respectability and fosters an (often intensely capitalist) sense of the many virtues of blackness.In a clear challenge to celebrations of colonial rule and wealth, for example, we see a shot of a defiant Beyoncé dancing in formation against the backdrop of Jacques Louis David’s extravagant painting, The Coronation Of Napoleon. Here, Napoleon’s legacy and, by extension, David’s art is forced to take a backseat, making way instead for an indisputably black celebration of womanhood and Beyoncé’s own lavishness in the process. And with a nod to one of the most consistent themes of the album – black love – there are also shots of black couples embracing, as well as modern takes on Marie-Guillemine Benoist’s Portrait of a Negress, the only painting in the video that doesn’t depict a black subject as a slave. (…) Conversations about the lack of inclusion in art museums have long raged on, inspiring important, but typically short-lived, appeals to black people every once in a while. But rarely, as Black Blossoms said, do they extend beyond one-off lates and exhibitions. In a 2015/16 study of adults visiting museums in the UK, for example, black people were the least likely to have visited a museum in the past year, compared with white and Asian visitors. And, when collections do not focus solely on European art, curators of African art in larger institutions are typically white. (…) Just as Beyoncé and Jay Z have demonstrated, there is no reason why pop culture shouldn’t serve as a vehicle for bringing more black people into the fold when it comes to museums. By occupying what looks like the entirety of the Louvre, Beyoncé and Jay Z have made a clear a statement as any about the importance of taking up space in typically white institutions – institutions that, evidently, could learn a thing or two from them. Kuba Shand-Baptiste 
The six-minute “Apeshit” video is a feast of juxtapositions. Directed by Ricky Saiz, it opens with the image of a black man, in fashionably torn jeans and worn sneakers, with giant white wings attached to his back. He crouches outside the museum, like an artwork that has been brought to life and set loose. He rubs his hands, bells gong, and then a wide shot captures the celestial activity on the ceilings of the Galerie d’Apollon, filtered through a multi-colored glow of music-video light. Saiz slowly pans to our power couple. Wearing complementary suits—Beyoncé’s pink, Jay’s seafoam green—they are flanking the “Mona Lisa” once again. In the past, the Carters have been accused of being art fetishists. On “Drunk in Love,” Jay-Z raps that their foreplay ruined one of his Warhols; Beyoncé shot the music video for “7/11” on an iPhone in the Tribeca apartment that they once owned, where works by Richard Prince and David Hammons were unceremoniously on view. “Apeshit” is a gospel of acquisition, recalling in spirit the luxury-brand name-checking of the couple’s duet “Upgrade U,” from 2006. Twelve years ago, it was all about the Audemars Piguet watch; now it’s G8 jets and diamonds as translucent as glass. But the video is a display of something that can’t be so easily quantified: influence. Beyoncé and Jay-Z seem to suggest that their own footprint will be as indelible as that of the entire canon of Western art. (“My great-great-grandchildren already rich / That’s a lot of brown on your Forbes list,” Beyoncé raps, haughtily.) Saiz often captures the couple standing or sitting still, holding court with the same air of permanence as the art-historical treasures around them. In one exception, Beyoncé and her dancers, with a synchronicity that immediately recalls the choreography of “Formation,” body-roll in front of “The Coronation of Napoleon.” A crew of black women gyrating in front of a massive colonial scene is the sort of heavy-handed image that the Internet salivates over. Already, overheated readings of the “Apeshit” video have attempted to glom onto one of two opposing ideologies: either Beyoncé and Jay-Z are priests of capitalism who appreciate art only to the extent that it reflects their wealth, or they are radicals who have smuggled blackness into a space where it has traditionally been overlooked or exploited. Both interpretations seem to me too prescriptive, and belie the video’s actual verve. The Carters are omnivorous in their relationship to media, equally influenced by the Hellenistic era’s religious ecstasies as by Deana Lawson’s fantasies of black intimacy, by Pipilotti Rist’s warped ebullience as by the cultural legacy of Basquiat. Their engagement with the European canon housed in the Louvre, their physical proximity to it, shouldn’t be flattened into a shorthand for transgression. It is not presented that way. They are interested, instead, in playing with tableaux. Beyoncé does not blot out the Venus de Milo; she dances next to it. The Carters are not like the beleaguered black museum worker in Essex Hemphill’s poem “Visiting Hours,” “protecting European artwork / that robbed color and movement / from my life.” Jay-Z’s demand on his song “That’s My Bitch” to “Put some colored girls in the moma” is not only about correcting an erasure but about his own potential power to ordain a new status quo. It brings to mind the ambiguity in the project of Kehinde Wiley, whose years of situating everyday black men into settings of colonial wealth culminated in his portrait of the first black President. The Carters are their own protagonists in a grand narrative of establishing a black élite. But then there’s a tableau, reminiscent of a Deana Lawson composition, that briefly takes us into the transportive place of subversion. In the “Everything Is Love” album art, cribbed from a moment in the “Apeshit” video, the “Mona Lisa” is shown blurred in the distance, while in the foreground a black woman uses an Afro pick to freshen a man’s hair. That image gave me a primal political thrill. Beyoncé and Jay-Z have enlisted surrogates, knowing that the effect wouldn’t have been the same if the man and woman in the scene were them. Doreen St. Félix
The Carters’ latest offering is set in the Louvre – for one day the art gallery was occupied by people you usually never see in its paintings. (…) Beyoncé and her husband, Jay-Z, have arrived at the Louvre for a sightseeing day that coincides with the making of their Apeshit video. Referencing the Louvre’s world-renowned permanent collection, juxtaposed with contemporary dancers occupying this hallowed space, Apeshit makes some pithy, if scattershot, comments on racism, slavery and the dominance of western neoclassical aesthetic standards. (…) The video is topped and tailed by the Mona Lisa. Smirking, tight lipped, she side-eyes Jay-Z and Beyoncé, whose bright blaxploitation power suits outshine her matron’s weeds and announce that, just for one day, the Louvre is going to be occupied by people you usually never see in its paintings. You just know that Lisa’s going to call security. Dancers of all colours gyrate in front of the image of French pomp, Imperial arrogance and self-gratification: The Consecration of the Emperor Napoleon and the Coronation of Empress Joséphine. Of the painting, I’ve never seen so many white people in one place before and I’ve been to Bestival. That said, replacing painted, sprawled, objectified, naked, white, nameless, historical women with writhing, objectified, naked, nameless, 21st-century women of all colours (as they are 40 seconds later, when they’re lying like logs on the steps) doesn’t seem a great leap forward to me. One of the most potent moments is the image of the reclining Madame Recamier. Painted in the 1800s, it shows a rich wife in neo-classical garb reclining on a couch. Beyonce adds what is not in the picture but would have been: two black dancers posing as servants, in head-wraps, still and docile, at the woman’s feet; the silent, unremembered and invisible labour behind the woman’s wealth and finery. Indeed, Apeshit is partly a reminder of all the non-white faces that have been erased from history or dropped in tokenistically to add a bit of exotic colour. The aftermath of colonialism and slavery, and the ongoing scandal of the refugee crisis, is beautifully referenced in a shot of The Raft of the Medusa as Jay-Z sings: “Can’t believe we made it.” The Raft is an image of enslaved and subjugated people who have lost all hope but that of life; luckily for Beyoncé and Mister Beyoncé they are now “living lavish” on top of that. But how far have we come? Apeshit rounds off with the Portrait D’Une Négresse, whose sardonic look implies that plus ca change, plus c’est la meme chose. She and so many other women of colour have seen it all before, and the pace of change is painfully slow. Painted six years after the abolition of slavery, this woman is given a painting of her own – but remains nameless and inert, with one breast out for everyone to ogle. The Guardian

Comme de véritables oeuvres d’art eux-mêmes !

A l’heure où fort de ses 10 millions de visiteurs par  an, le premier musée d’art du monde …

Se vante du super coup de pub qu’il s’est payé l’an passé …

En y laissant le couple le plus glamour de la planète rap y tourner l’un de ses clips …

Pendant que du côté politique et les costards de mac en moins, la mousse pousse drue sur les ex-pierres qui roulent de Washington  …

Comment à l’image des foules en pâmoison auxquelles il y est fait question …

Ne pas s’extasier à notre tour …

Au-delà du sentiment certes compréhensible d’une population jusque là étrangement absente des couloirs du premier musée du monde …

Sinon mis à part la domestique ramenée de Guadeloupe au lendemain de la première abolition de l’esclavage par le beau-frère d’une ancienne élève de Vigé-Lebrun et David …

Ou la figure de proue alors proprement révolutionnaire du fameux Radeau suite au naufrage d’un navire parti rétablir la domination coloniale française en Afrique de l’Ouest …

A travers les rôles de serviteurs et d’esclaves que leur avaient imposés leurs revendeurs premièrement africains et arabes …

Devant ce cri du coeur de si américains nouveaux riches …

S’efforçant entre compte en banque, voitures de luxe, privilèges de jet setters, dévotion des fans qui leur ont permis d’en arriver là …

Et leurs costumes de macs et de bimbos comme leurs profondes paroles de bites et de putes …

De refaire ce que la blaxploitation avait fait pour le monde du cinéma des années 70 …

A savoir relire et réécrire du seul point de vue noir rien de moins que l’ensemble de l’histoire de l’art occidental ?

 

Grâce à Beyoncé et Jay-Z, le Louvre a battu son record de fréquentation
RTBF
3 janvier 2019

« Pour la première fois de son histoire, et je pense pour la première fois dans l’histoire des musées, plus de dix millions de visiteurs ont fréquenté le Louvre en 2018 « , a affirmé ce jeudi 3 janvier à l’AFP Jean-Luc Martinez, président-directeur du Louvre.

Outre les travaux d’aménagement qui ont permis d’augmenter la capacité de l’accueil du musée, Le clip, Apes**t de Beyoncé et Jay-Z aurait également contribué au succès du Louvre.« Le clip de Beyoncé comme l’ouverture du musée du Louvre à Abu Dhabi a fait qu’on a beaucoup parlé du Louvre partout dans le monde », explique Jean-Luc Martinez au micro de Franceinfo. Résultat, ce sont plus de 10,2 millions de visiteurs qui se sont précipités cette année au musée. Le précédent record s’élevait à 9,7 millions de visiteurs en 2012.

Afin d’attirer un plus jeune public, le musée a également profité du succès d’Apes**t pour carrément  proposer une visite guidée thématique calquée sur le parcours de Jay-Z et Bey. De plus, le Louvre aimerait inviter ceux qui disposent d’un budget limité pour la culture en lançant une nocturne gratuite chaque premier samedi du mois. Un accompagnement sera même prévu dans certaines salles pour les plus frileux d’entre nous. « Il y a des gens qui ont peur de ne pas comprendre le musée; cette nocturne veut répondre à ce besoin (…) avec des explications, des commentaires, des spectacles, des concerts », souligne Jean-Luc Martinez. La première nocturne aura lieu le 5 janvier. Toutes les infos sont disponibles ici.

Voir aussi:

The Carters’ latest offering is set in the Louvre – for one day the art gallery was occupied by people you usually never see in its paintings. Here are some key moments to watch out for

Beyoncé and her husband, Jay-Z, have arrived at the Louvre for a sightseeing day that coincides with the making of their Apeshit video. Referencing the Louvre’s world-renowned permanent collection, juxtaposed with contemporary dancers occupying this hallowed space, Apeshit makes some pithy, if scattershot, comments on racism, slavery and the dominance of western neoclassical aesthetic standards. Here are a few key moments to look out for:

Mona Lisa

The Carters – Apeshit

The video is topped and tailed by the Mona Lisa. Smirking, tight lipped, she side-eyes Jay-Z and Beyoncé, whose bright blaxploitation power suits outshine her matron’s weeds and announce that, just for one day, the Louvre is going to be occupied by people you usually never see in its paintings. You just know that Lisa’s going to call security.

The Consecration of the Emperor Napoleon and the Coronation of Empress Joséphine

The Carters – Apeshit

Dancers of all colours gyrate in front of the image of French pomp, Imperial arrogance and self-gratification: The Consecration of the Emperor Napoleon and the Coronation of Empress Joséphine. Of the painting, I’ve never seen so many white people in one place before and I’ve been to Bestival. That said, replacing painted, sprawled, objectified, naked, white, nameless, historical women with writhing, objectified, naked, nameless, 21st-century women of all colours (as they are 40 seconds later, when they’re lying like logs on the steps) doesn’t seem a great leap forward to me.

The Carters – Apeshit

Portrait of Madame Récamier

The Carters – Apeshit

One of the most potent moments is the image of the reclining Madame Recamier. Painted in the 1800s, it shows a rich wife in neo-classical garb reclining on a couch. Beyonce adds what is not in the picture but would have been: two black dancers posing as servants, in head-wraps, still and docile, at the woman’s feet; the silent, unremembered and invisible labour behind the woman’s wealth and finery. Indeed, Apeshit is partly a reminder of all the non-white faces that have been erased from history or dropped in tokenistically to add a bit of exotic colour.

The Raft of the Medusa

The Raft of the Medusa (Le Radeau de la M duse), 1818-1819. Found in the collection of the Louvre, Paris.The Raft of the Medusa (Le Radeau de la M duse), 1818-1819. Artist: G ricault, Th odore (1791-1824) (Photo by Fine Art Images/Heritage Images/Getty Images) survival|G ricault|Th odore M duse|M duse

The aftermath of colonialism and slavery, and the ongoing scandal of the refugee crisis, is beautifully referenced in a shot of The Raft of the Medusa as Jay-Z sings: “Can’t believe we made it.” The Raft is an image of enslaved and subjugated people who have lost all hope but that of life; luckily for Beyoncé and Mister Beyoncé they are now “living lavish” on top of that.

Portrait D’Une Négresse

The Carters – Apeshit

But how far have we come? Apeshit rounds off with the Portrait D’Une Négresse, whose sardonic look implies that plus ca change, plus c’est la meme chose. She and so many other women of colour have seen it all before, and the pace of change is painfully slow. Painted six years after the abolition of slavery, this woman is given a painting of her own – but remains nameless and inert, with one breast out for everyone to ogle.

Voir de même:

The Power and Paradox of Beyoncé and Jay-Z Taking Over the Louvre

Doreen St. Félix

The NewYorker

June 19, 2018

In 2014, Beyoncé, Jay-Z, and their first daughter, Blue Ivy, went to the Louvre. It was a private tour, conducted on a Tuesday, the day the museum is closed to the public. (“Louvre Us Alone!” TMZ’s headline read.) The couple, both art lovers, documented the visit with a series of touristy selfies—re-creating the poses of the Hellenic statues around them—and sweet, staged candids, one of which showed the two swinging their daughter at the base of the Daru staircase, which leads to the Winged Victory of Samothrace. The most widely shared photograph showed Jay-Z and Beyoncé flanking the “Mona Lisa,” approximating her elusive expression. It was a playful dispatch from a marriage; were it not for the lack of crowds, the Carters might have seemed like any other giddy American family.

They aren’t. The music video for “Apeshit,” a song from “Everything Is Love,” their new joint album, finds Jay-Z and Beyoncé back in the Louvre, but much has changed since their visit in 2014. The album, which the couple surprise-released on Saturday, during their “On the Run II Tour,” completes a meditative trilogy about infidelity and forgiveness. The previous two installments, Beyoncé’s “Lemonade” and Jay-Z’s “4:44,” were labors of gut-wrenching introspection, chronicling the crisis in the couple’s marriage after Jay-Z’s admissions of cheating. “Everything Is Love,” by contrast, is slick and effervescent, triumphant, a return to the outlaw motif that the couple embraced years before. The storm has been weathered, Beyoncé and Jay-Z want us to know, and it has made their unit stronger. To celebrate, and to make ostentatiously official their consolidation of power, they’ve returned to the Louvre, not as tourists but as bosses.

The six-minute “Apeshit” video is a feast of juxtapositions. Directed by Ricky Saiz, it opens with the image of a black man, in fashionably torn jeans and worn sneakers, with giant white wings attached to his back. He crouches outside the museum, like an artwork that has been brought to life and set loose. He rubs his hands, bells gong, and then a wide shot captures the celestial activity on the ceilings of the Galerie d’Apollon, filtered through a multi-colored glow of music-video light. Saiz slowly pans to our power couple. Wearing complementary suits—Beyoncé’s pink, Jay’s seafoam green—they are flanking the “Mona Lisa” once again.

In the past, the Carters have been accused of being art fetishists. On “Drunk in Love,” Jay-Z raps that their foreplay ruined one of his Warhols; Beyoncé shot the music video for “7/11” on an iPhone in the Tribeca apartment that they once owned, where works by Richard Prince and David Hammons were unceremoniously on view. “Apeshit” is a gospel of acquisition, recalling in spirit the luxury-brand name-checking of the couple’s duet “Upgrade U,” from 2006. Twelve years ago, it was all about the Audemars Piguet watch; now it’s G8 jets and diamonds as translucent as glass. But the video is a display of something that can’t be so easily quantified: influence. Beyoncé and Jay-Z seem to suggest that their own footprint will be as indelible as that of the entire canon of Western art. (“My great-great-grandchildren already rich / That’s a lot of brown on your Forbes list,” Beyoncé raps, haughtily.) Saiz often captures the couple standing or sitting still, holding court with the same air of permanence as the art-historical treasures around them.

In one exception, Beyoncé and her dancers, with a synchronicity that immediately recalls the choreography of “Formation,” body-roll in front of “The Coronation of Napoleon.” A crew of black women gyrating in front of a massive colonial scene is the sort of heavy-handed image that the Internet salivates over. Already, overheated readings of the “Apeshit” video have attempted to glom onto one of two opposing ideologies: either Beyoncé and Jay-Z are priests of capitalism who appreciate art only to the extent that it reflects their wealth, or they are radicals who have smuggled blackness into a space where it has traditionally been overlooked or exploited. Both interpretations seem to me too prescriptive, and belie the video’s actual verve.

The Carters are omnivorous in their relationship to media, equally influenced by the Hellenistic era’s religious ecstasies as by Deana Lawson’s fantasies of black intimacy, by Pipilotti Rist’s warped ebullience as by the cultural legacy of Basquiat. Their engagement with the European canon housed in the Louvre, their physical proximity to it, shouldn’t be flattened into a shorthand for transgression. It is not presented that way. They are interested, instead, in playing with tableaux. Beyoncé does not blot out the Venus de Milo; she dances next to it. The Carters are not like the beleaguered black museum worker in Essex Hemphill’s poem “Visiting Hours,” “protecting European artwork / that robbed color and movement / from my life.” Jay-Z’s demand on his song “That’s My Bitch” to “Put some colored girls in the moma” is not only about correcting an erasure but about his own potential power to ordain a new status quo. It brings to mind the ambiguity in the project of Kehinde Wiley, whose years of situating everyday black men into settings of colonial wealth culminated in his portrait of the first black President. The Carters are their own protagonists in a grand narrative of establishing a black élite.

But then there’s a tableau, reminiscent of a Deana Lawson composition, that briefly takes us into the transportive place of subversion. In the “Everything Is Love” album art, cribbed from a moment in the “Apeshit” video, the “Mona Lisa” is shown blurred in the distance, while in the foreground a black woman uses an Afro pick to freshen a man’s hair. That image gave me a primal political thrill. Beyoncé and Jay-Z have enlisted surrogates, knowing that the effect wouldn’t have been the same if the man and woman in the scene were them.

In 2014, Beyoncé, Jay-Z, and their first daughter, Blue Ivy, went to the Louvre. It was a private tour, conducted on a Tuesday, the day the museum is closed to the public. (“Louvre Us Alone!” TMZ’s headline read.) The couple, both art lovers, documented the visit with a series of touristy selfies—re-creating the poses of the Hellenic statues around them—and sweet, staged candids, one of which showed the two swinging their daughter at the base of the Daru staircase, which leads to the Winged Victory of Samothrace. The most widely shared photograph showed Jay-Z and Beyoncé flanking the “Mona Lisa,” approximating her elusive expression. It was a playful dispatch from a marriage; were it not for the lack of crowds, the Carters might have seemed like any other giddy American family.

They aren’t. The music video for “Apeshit,” a song from “Everything Is Love,” their new joint album, finds Jay-Z and Beyoncé back in the Louvre, but much has changed since their visit in 2014. The album, which the couple surprise-released on Saturday, during their “On the Run II Tour,” completes a meditative trilogy about infidelity and forgiveness. The previous two installments, Beyoncé’s “Lemonade” and Jay-Z’s “4:44,” were labors of gut-wrenching introspection, chronicling the crisis in the couple’s marriage after Jay-Z’s admissions of cheating. “Everything Is Love,” by contrast, is slick and effervescent, triumphant, a return to the outlaw motif that the couple embraced years before. The storm has been weathered, Beyoncé and Jay-Z want us to know, and it has made their unit stronger. To celebrate, and to make ostentatiously official their consolidation of power, they’ve returned to the Louvre, not as tourists but as bosses.

The six-minute “Apeshit” video is a feast of juxtapositions. Directed by Ricky Saiz, it opens with the image of a black man, in fashionably torn jeans and worn sneakers, with giant white wings attached to his back. He crouches outside the museum, like an artwork that has been brought to life and set loose. He rubs his hands, bells gong, and then a wide shot captures the celestial activity on the ceilings of the Galerie d’Apollon, filtered through a multi-colored glow of music-video light. Saiz slowly pans to our power couple. Wearing complementary suits—Beyoncé’s pink, Jay’s seafoam green—they are flanking the “Mona Lisa” once again.

In the past, the Carters have been accused of being art fetishists. On “Drunk in Love,” Jay-Z raps that their foreplay ruined one of his Warhols; Beyoncé shot the music video for “7/11” on an iPhone in the Tribeca apartment that they once owned, where works by Richard Prince and David Hammons were unceremoniously on view. “Apeshit” is a gospel of acquisition, recalling in spirit the luxury-brand name-checking of the couple’s duet “Upgrade U,” from 2006. Twelve years ago, it was all about the Audemars Piguet watch; now it’s G8 jets and diamonds as translucent as glass. But the video is a display of something that can’t be so easily quantified: influence. Beyoncé and Jay-Z seem to suggest that their own footprint will be as indelible as that of the entire canon of Western art. (“My great-great-grandchildren already rich / That’s a lot of brown on your Forbes list,” Beyoncé raps, haughtily.) Saiz often captures the couple standing or sitting still, holding court with the same air of permanence as the art-historical treasures around them.

In one exception, Beyoncé and her dancers, with a synchronicity that immediately recalls the choreography of “Formation,” body-roll in front of “The Coronation of Napoleon.” A crew of black women gyrating in front of a massive colonial scene is the sort of heavy-handed image that the Internet salivates over. Already, overheated readings of the “Apeshit” video have attempted to glom onto one of two opposing ideologies: either Beyoncé and Jay-Z are priests of capitalism who appreciate art only to the extent that it reflects their wealth, or they are radicals who have smuggled blackness into a space where it has traditionally been overlooked or exploited. Both interpretations seem to me too prescriptive, and belie the video’s actual verve.

The Carters are omnivorous in their relationship to media, equally influenced by the Hellenistic era’s religious ecstasies as by Deana Lawson’s fantasies of black intimacy, by Pipilotti Rist’s warped ebullience as by the cultural legacy of Basquiat. Their engagement with the European canon housed in the Louvre, their physical proximity to it, shouldn’t be flattened into a shorthand for transgression. It is not presented that way. They are interested, instead, in playing with tableaux. Beyoncé does not blot out the Venus de Milo; she dances next to it. The Carters are not like the beleaguered black museum worker in Essex Hemphill’s poem “Visiting Hours,” “protecting European artwork / that robbed color and movement / from my life.” Jay-Z’s demand on his song “That’s My Bitch” to “Put some colored girls in the moma” is not only about correcting an erasure but about his own potential power to ordain a new status quo. It brings to mind the ambiguity in the project of Kehinde Wiley, whose years of situating everyday black men into settings of colonial wealth culminated in his portrait of the first black President. The Carters are their own protagonists in a grand narrative of establishing a black élite.

But then there’s a tableau, reminiscent of a Deana Lawson composition, that briefly takes us into the transportive place of subversion. In the “Everything Is Love” album art, cribbed from a moment in the “Apeshit” video, the “Mona Lisa” is shown blurred in the distance, while in the foreground a black woman uses an Afro pick to freshen a man’s hair. That image gave me a primal political thrill. Beyoncé and Jay-Z have enlisted surrogates, knowing that the effect wouldn’t have been the same if the man and woman in the scene were them.

Voir encore:

Apeshit has sparked an overdue conversation about blackness in art institutions

Beyoncé and Jay Z’s first single from their new album has already been heralded as a potential marketing tool for largely white art museums

Kuba Shand-Baptiste

The Pool

18.06.18

There’s a lot that can be said about Everything Is Love, Beyoncé and Jay Z’s latest highly anticipated joint project and fans have wasted no time in sharing conspiracy theories and wild analyses about the power couple’s latest effort since it dropped on Saturday evening. But perhaps the most interesting observation to have emerged over the last few days came from Black Blossoms, a platform dedicated to amplifying black womanhood in the art world.

Offering their own astute observations on Apeshit, the first single from the album, Black Blossoms tweeted about the video’s capacity to dramatically shift museums’ marketing approach towards the black community.

In a tweet accompanied by a screenshot from the video, in which the couple sit stoically before Jacques Louis David’s The Intervention of the Sabine Women, Black Blossoms said:

“Beyoncé is helping museums increase their Black Audiences… any smart person in museum marketing team would see the opp and act quickly and correctly… #APESHIT”

Examine the video closely – which, in keeping with the couple’s iconic status, was filmed in the Louvre, an institution that boasts an overwhelmingly white art collection – and it’s easy to see their point. From the off, shots of Beyoncé, Jay Z and the rest of the entirely black cast of dancers from the Ricky Saiz-directed video serve as responses to well-known pieces in the art canon.

Almost obstructing the famous works behind them, kneeling, swaying and smiling in the process, black bodies directly challenge the limited portrayals of blackness that we’re used to seeing in museums and force us to take in an entirely new narrative, one that shies away from respectability and fosters an (often intensely capitalist) sense of the many virtues of blackness.

There is no reason why pop culture shouldn’t serve as a vehicle for bringing more black people into the fold when it comes to museums

In a clear challenge to celebrations of colonial rule and wealth, for example, we see a shot of a defiant Beyoncé dancing in formation against the backdrop of Jacques Louis David’s extravagant painting, The Coronation Of Napoleon. Here, Napoleon’s legacy and, by extension, David’s art is forced to take a backseat, making way instead for an indisputably black celebration of womanhood and Beyoncé’s own lavishness in the process. And with a nod to one of the most consistent themes of the album – black love – there are also shots of black couples embracing, as well as modern takes on Marie-Guillemine Benoist’s Portrait of a Negress, the only painting in the video that doesn’t depict a black subject as a slave.

With the usual meticulous precision that fans are used to seeing in projects from the duo, Beyoncé and Jay Z have, as Black Blossoms observed, carved their own artistic standards as black artists, rather than playing into definitions of success as outlined by the white status quo.

Conversations about the lack of inclusion in art museums have long raged on, inspiring important, but typically short-lived, appeals to black people every once in a while. But rarely, as Black Blossoms said, do they extend beyond one-off lates and exhibitions.

In a 2015/16 study of adults visiting museums in the UK, for example, black people were the least likely to have visited a museum in the past year, compared with white and Asian visitors. And, when collections do not focus solely on European art, curators of African art in larger institutions are typically white.

“Have you ever seen the crowd goin’ apeshit? – Why museums need to encourage dialogue in gallery spaces and not just at lates because silence is more [intimidating] than the audience going ‘apeshit’ over an exhibition that touches their soul,” Black Blossoms´ tweeted.

And they’re right. Just as Beyoncé and Jay Z have demonstrated, there is no reason why pop culture shouldn’t serve as a vehicle for bringing more black people into the fold when it comes to museums. By occupying what looks like the entirety of the Louvre, Beyoncé and Jay Z have made a clear a statement as any about the importance of taking up space in typically white institutions – institutions that, evidently, could learn a thing or two from them.

Voir de plus:

Géricault, reporter du naufrage de « La Méduse »

Une exposition fait le point sur la genèse d’un des tableaux les plus politiques et polémiques du XIXe siècle.

Philippe Dagen

16 juillet 2012 

Le 2 juillet 1816, la frégate La Méduse s’échoue sur un banc de sable au large des côtes sénégalaises à la suite d’une erreur de navigation. Elle a près de 400 personnes à son bord – l’équipage, des fonctionnaires et deux compagnies de soldats. La Méduse fait partie d’une flottille envoyée de France au Sénégal pour y affirmer l’autorité du roi Louis XVIII. Les soldats sont des anciens des troupes napoléoniennes dont la monarchie cherche à se débarrasser par ce moyen. Le coupable du naufrage est le capitaine Hugues Duroy de Chaumareys, qui n’a obtenu ce commandement que parce qu’il est un émigré royaliste. Quand il monte à bord de La Méduse, il n’a plus navigué depuis vingt-cinq ans.Après avoir essayé de remettre à flot le navire, il est décidé de l’abandonner et de construire un radeau, les canots étant trop peu nombreux pour la foule des passagers. Le 5 juillet, les chaloupes, où sont les officiers et les fonctionnaires, et le radeau prennent la mer, les chaloupes étant censées remorquer le radeau. Très vite, Chaumareys ordonne de couper les cordes, abandonnant les 147 personnes entassées dessus. Pour cela et l’ensemble de ses fautes, il sera jugé en cour martiale en 1817, condamné à la prison et déchu de son grade et de ses décorations. Du 6 au 17 juillet, le radeau dérive. Quand L’Argus, autre navire de la flottille, le retrouve, il reste quinze survivants, dont cinq meurent dans les jours qui suivent. Entre-temps, les chaloupes ont atteint Saint-Louis du Sénégal sans peine.CANNIBALISMESur le naufrage et sur ce qui s’est passé sur le radeau, deux rescapés, l’ingénieur-géographe Corréard et le chirurgien Savigny, publient, dès novembre 1817, un récit, réédité en 1818. On y apprend non seulement l’incompétence et la lâcheté de Chaumareys, mais aussi les combats sur le radeau entre hommes ivres et terrorisés. Le 9 juillet, il ne reste déjà plus qu’une trentaine de survivants. Le 13, ils jettent à la mer les malades et les blessés, dont la cantinière, une femme noire. Dès le 7 juillet, il a fallu recourir au cannibalisme pour se nourrir.On peut imaginer l’effet de ce livre, les implications politiques, l’émoi de l’opinion publique. Des gravures du drame circulent vite, et le Théâtre de la Porte-Saint-Martin en fait un mélodrame, joué en avril 1819. Le 25 août 1819, s’ouvre le Salon. Une toile, dont le titre a été censuré, suscite le scandale : Le Radeau de La Méduse, de Théodore Géricault, évidemment – « un jeune homme« , écrit la critique, car il a 28 ans. Depuis, elle est demeurée au premier plan de l’histoire, au point même que l’on oublie trop souvent que Géricault est l’auteur d’autres chefs-d’oeuvre, un portraitiste et un dessinateur de premier ordre.
UNE ŒUVRE POLITIQUE ET UN MESSAGE CONTRE L’ESCLAVAGE
De même que l’on connaît le détail des événements, on connaît celui de la genèse de la peinture. C’est elle que retrace l’exposition actuelle, en une cinquantaine de dessins et d’études peintes. Pourquoi au Musée de Clermont-Ferrand ? Parce qu’y a été retrouvé récemment dans ses réserves un portrait d’homme, attribué à Géricault par Bruno Chenique, spécialiste de l’artiste et auteur de l’exposition. Celle-ci traite successivement de la composition, des travaux préparatoires pour les nus et leurs postures expressives, des études de visages et de celles que Géricault a consacrées à la décomposition des corps en peignant sur le motif des fragments anatomiques qui lui étaient donnés par l’hôpital Beaujon.Sans hésiter longtemps, il choisit un moment décisif du récit de Corréard et Savigny, l’approche de l’Argus. Ce n’est pas le plus tragique, puisqu’il aurait pu peindre le carnage sur le radeau, les blessés jetés à la mer ou les scènes de cannibalisme. Il ne le fait pas parce que, dans ce cas, son oeuvre n’aurait pas été exposée au Salon, pour des raisons de décence. Mais il introduit des détails explicites, armes abandonnées, corps mutilés, plaies mal pansées. En attirant l’attention sur eux, l’exposition incite à une compréhension plus complète de tout ce qui constitue l’oeuvre, aussi bien du point de vue artistique que du point de vue politique et moral.Les dessins de musculatures d’après modèle confirment ce qui est flagrant au Louvre : Géricault se mesure en toute simplicité à Michel-Ange et démontre, face à l’hégémonie de David et du néoclassicisme, qu’il n’est pas obligatoire d’aller prendre dans l’histoire grecque et romaine ou dans la Bible des sujets héroïques et tragiques. Le présent en propose qu’il faut avoir l’audace de saisir et de porter aux dimensions d’une très grande toile. Delacroix et Manet s’en sont souvenus – Delacroix qui, du reste, pose pour l’un des naufragés.Autre remarque : Géricault place trois figures d’hommes noirs sur le radeau – et la cantinière jetée à l’eau -, alors qu’il n’y en avait en réalité qu’un seul. Cette décision est liée à la lutte contre la traite des Noirs, qui se pratique toujours alors en dépit de son interdiction supposée. La lecture politique en est précisée. On sait en effet que le Radeau est une œuvre hostile à la Restauration et aux émigrés, mais moins qu’elle est aussi une dénonciation de l’esclavage.L’analyse et la démonstration sont donc efficaces et précises. Sans doute pour qu’elles le soient encore plus, les oeuvres sont prises dans un réseau dense de textes muraux et une scénographie très visible. Trop, beaucoup trop : cette insistance, cette indiscrétion, ces supports dessinés comme des « sucettes » pour affichage publicitaire gênent le regard et le distraient. Il est dommage qu’un projet dont la qualité scientifique et didactique est si certaine souffre d’une aussi vilaine présentation.


Géricault, au cœur de la création romantique. Etudes pour « Le Radeau de la Méduse »,Musée d’art Roger-Quilliot, place Louis-Deteix, Clermont-Ferrand (63). Tél. : 04-73-16-11-30. Du mardi au vendredi de 10 heures à 18 heures, samedi et dimanche de 10 heures à 12 heures et de 13 heures à 18 heures. Entrée : 5 €. Jusqu’au 2 septembre.

Voir par ailleurs:

Top sign of an art bubble? Jay Z raps about Warhol

Plenty of economists, art dealers and collectors have warned of an art bubble over the past year. But there is one sure sign that the art market is overdone: Jay Z is now rapping about Warhol, Basquiat and Art Basel.

“It ain’t hard to tell
I’m the new Jean-Michel
Surrounded by Warhols
My whole team ball
Twin Bugattis outside
Art Basel ”

Market guru James Grant quotes Jay Z’s “Picasso Baby” in his latest Grant’s Interest Rate Observer, arguing that prices in the contemporary art market may not be justified by long-term value. While well-hyped artists like Jeff Koons, Damien Hirst and Jean-Michel Basquiat are fetching eight-digit prices, it’s unclear whether their work will withstand the test of time, art critics and museums.

It’s hard to tell, for instance, whether one of Koons’ famous pieces, “New Hoover”—four vacuum cleaners in an acrylic case —will be valued as a work of genius or “just another vacuum cleaner,” Grant said.

“Modern art is valued in terms of modern money,” he wrote. The Fed’s low-interest-rate policies have driven the wealthy increasingly to collectibles of all kinds, including art, cars and jewels. “Miniature interest rates have reduced the opportunity cost of investing in any kind of nonyielding asset.”

And while Koons and Basquiat are hot now, they might end up like the English portraits of the early 19th century, whose frenzied boom was followed by a spectacular bust. Prices never recovered.

So how can a smart investor play the collectible game without getting sucked into the Koons hype?

Grant suggests buying historical documents: letters from Abraham Lincoln, bills signed by Thomas Jefferson and even public credit reports from Alexander Hamilton. Of course, prices for historical documents have soared along with art.

And a yellowed letter doesn’t look as good over the mansion mantelpiece than a Hirst or Barnett Newman. But the names Jefferson and Lincoln may be more likely to hold up over time.

“Sell Newman, we say, and Jeff Koons, too: buy the Founding Fathers and—as far as that goes—Abraham Lincoln,” Grant writes.

Voir aussi:

June 19, 2018

Beyoncé and Jay Z stunned the world on June 16 when they dropped their epic new joint album, Everything Is Love and the music video for the track, “Apesh-t.”

The majestic video features the power couple — who are billed on the album simply as “The Carters” — in none other than the Louvre, where they flex on the Mona Lisa in pastel suits and throw a dance party in front of the Great Sphinx of Tanis. Plus, if you were ever unsure that you needed Queen Bey to tell you that she needs to be paid in “equity” while reclining in front of the Winged Victory of Samothrace, consider this video all the confirmation that you’ll ever need.

Because the Carters had the entire Louvre and its incredible art collection at their disposal, it should come as no surprise that some of the world’s most prized artwork and the museum space plays a major role in the video.


Tuerie de Las Vegas: Attention, un déni peut en cacher un autre (Sow the wind: After nearly a year of calls and wishes for Trump’s death, guess whose supporters end up victims of the worst mass shooting in US history ?)

6 octobre, 2017

Amok headhunterhttps://pbs.twimg.com/media/CBFT8WZUUAAGlLX.jpg

Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point. Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante. Matthieu 12 : 43-45
Il y a plus de larmes versées sur les prières exaucées que sur celles qui ne le sont pas. Thérèse d’Avila
Quand les dieux veulent nous punir, ils exaucent nos prières. Oscar Wilde
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. André Breton
Il faut avoir le courage de vouloir le mal et pour cela il faut commencer par rompre avec le comportement grossièrement humanitaire qui fait partie de l’héritage chrétien. (..) Nous sommes avec ceux qui tuent. Breton
Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Kidnapper des personnages célèbres pour leurs activités artistiques, sportives ou autres et qui n’ont pas exprimé d’opinions politiques peut vraisemblablement constituer une forme de propagande favorable aux révolutionnaires. ( …) Les médias modernes, par le simple fait qu’ils publient ce que font les révolutionnaires, sont d’importants instruments de propagande. La guerre des nerfs, ou guerre psychologique, est une technique de combat reposant sur l’emploi direct ou indirect des médias de masse.( …) Les attaques de banques, les embuscades, les désertions et les détournements d’armes, l’aide à l’évasion de prisonniers, les exécutions, les enlèvements, les sabotages, les actes terroristes et la guerre des nerfs sont des exemples. Les détournements d’avions en vol, les attaques et les prises de navires et de trains par les guérilleros peuvent également ne viser qu’à des effets de propagande. Carlos Marighela (« Mini manuel de guérilla urbaine », 1969)
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents, » their study contends. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers ». Bruno S. Frey (University of Zurich) et Dominic Rohner (Cambridge)
Un des jeunes tueurs de Littleton, Eric Harris, avait passé une centaine d’heures à reprogrammer le jeu vidéo Doom pour que tout corresponde plus ou moins à son école (…) [jusqu’à] « incorporer le plan du rez-de-chaussée du lycée Columbine dans son jeu. En outre, il l’avait reprogrammé pour fonctionner « en mode Dieu », où le joueur est invincible. (…) Le 1er décembre 1997, à Paducah (Kentucky), Michael Carneal, alors âgé de 14 ans et armé de six pistolets, avait attendu la fin de la session quotidienne de prière à l’école pour tuer trois fillettes (…) et d’en blesser cinq autres. Lorsque la police a saisi son ordinateur, on a découvert qu’il en était un usager assidu, recherchant souvent sur Internet les films obscènes et violents. Parmi ses favoris, Basketball Diaries et Tueurs nés, film qui a influencé aussi les tueurs de Littleton. (…) En examinant l’ordinateur de Michael Carneal, la police a également découvert qu’il était un passionné de Doom, le fameux jeu qui consiste pour l’essentiel à passer rapidement d’une cible à l’autre et à tirer sur ses « ennemis » en visant surtout la tête. Le jeune Carneal, qui n’avait jamais utilisé d’arme auparavant, a réussi à toucher huit personnes, cinq à la tête, trois à la poitrine, avec seulement huit balles – un exploit considérable même pour un tireur bien entraîné. (…) Le colonel David Grossman, psychologue militaire, qui donne des cours sur la psychologie du meurtre à des Bérets verts et des agents fédéraux, est un témoin-expert dans ce procès. Il fait remarquer que les jeux vidéos consistant à viser et à tirer ont le même effet que les techniques d’entraînement militaire utilisées pour amener le soldat à surmonter son aversion à tuer. Selon lui, ces jeux sont encore plus efficaces que les exercices d’entraînement militaire, si bien que les Marines se sont procurés une version de « Doom » pour entraîner leurs soldats.  Helga Zepp-LaRouche
La tuerie de la Columbine High School a mis en lumière une double forme de criminalité qui ne retient pas habituellement l’attention du public. Il s’agit pourtant d’un acte sur lequel la police intervient à intervalles réguliers.  Le Violence Policy Center estime que près de 1 500 « meurtres-suicides » (murder suicides) ont lieu chaque année. L’acte en question consiste à tuer un parent, un proche ou un étranger avant de se faire justice. Dans les vingt dernières années, quelques cas ont frappé par leur aspect aussi horrible que gratuit. Ils ont tous été ponctués par le suicide du meurtrier. En 1986, le postier Patrick Sherrill qui est menacé de licenciement abat dans l’Oklahoma 14 collègues et en blesse six autres.  En 1991, George Hennard, un routier texan, lance son camion dans un restaurant. 23 clients sont tués et 20 autres blessés. En 1999, à Atlanta, Géorgie, Mark Barton tue sa femme et ses enfants avec un marteau et se rend ensuite chez un courtier où il abat neuf personnes et en blesse 13 autres. Au Texas en 1999, Larry Ashbrook pénètre dans une église baptiste avant un concert, tue sept spectateurs et lance des explosifs sans faire de victimes. En 2001, un employé de la firme Navistar en Illinois est armé jusqu’aux dents quand il tue quatre collègues et en blesse quatre autres. (…) La majorité des meurtres-suicides révèle que l’acte prétendument vengeur précède immédiatement l’autodestruction. Daniel Royot
Les images violentes accroissent (…) la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes (…) rendent la violence ‘ordinaire’ en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Serge Tisseron
L’effet cliquet, ou effet de cliquet, est un phénomène ou procédé énoncé par Thomas M. Brown, qui empêche le retour en arrière d’un processus une fois un certain stade dépassé.Il est parfois lié à un « effet mémoire » : « une consommation atteinte est difficilement réduite du fait des habitudes et des engagements qui ont été pris ». L’« effet cliquet » fait analogiquement et métaphoriquement référence au cliquet d’horlogerie (mécanisme d’échappement à ancre interdisant tout retour en arrière d’une roue dentée). Cette métaphore est utilisée dans de nombreux domaines, de la politique au management et à la théorie de l’évolution. (…) Il est parfois lié à la théorie de l’effet de démonstration ou d’imitation développée par James Stemble Duesenberry en 1949. La consommation peut dépendre de la consommation de la classe sociale ou du groupe social de référence. Selon lui, c’est un effet de « démonstration » : il y a une démonstration des classes aisées sur les classes inférieures qui les imitent. De par ce fait, la classe immédiatement inférieure consomme alors de la même manière. Pour Duesenberry, la consommation, à une période donnée dépend non seulement du revenu de cette période, mais aussi des habitudes de consommation acquises antérieurement. Si la consommation dépend du revenu courant mais aussi de la consommation passée (…) Duesenberry évoque également l’effet d’imitation — « tout citoyen d’une classe sociale donnée tend à acquérir le comportement de la classe immédiatement au-dessus. ». De ce point de vue, le club des « privilégiés » servirait de modèle de référence aux autres catégories sociales qui tentent de suivre ses dépenses lorsque leurs revenus augmentent ou lorsque la production de masse banalise les objets. Pour Duesenberry, il s’agit donc d’une course poursuite au modèle supérieur. (…) L’hypothèse faite par Duesenberry est que la consommation dépend du plus haut niveau de consommation durant la période précédente. (…) Dans ce domaine, ce terme permet de décrire l’incapacité d’un gouvernement à réduire les énormes bureaucraties, une fois que celles-ci ont été mises en place, comme par exemple en temps de guerre pour couvrir l’ensemble des besoins des troupes. On peut retrouver ce phénomène dans la réforme des organisations internationales due aux nombreuses couches de bureaucratie créées précédemment. L’économiste Robert Higgs de l’école autrichienne a lui aussi utilisé le terme pour décrire l’apparente expansion irréversible du gouvernement en temps de crise dans son livre Crise et Leviathan. Le phénomène de cliquet a également été théorisé par Yves-Marie Adeline dans son ouvrage La Droite impossible paru en 2012 (édition modifiée de La Droite piégée datant de 1996) : il y démontre comment, dans un système démocratique dont les fondements sont de gauche, les lois sociétales de la gauche sont irréversibles, car la droite, quand elle revient au pouvoir, ne se sent pas libre de les abroger. Cela ne vaut pas pour l’économie (comme le montre le Thatcherisme qui a pu défaire l’Etat-providence issu de la guerre ), mais cela vaut pour les évolutions sociétales. (…) L’effet cliquet désigne « l’irréversibilité du progrès technique ». Wikipedia
D’après les premiers éléments de l’enquête disponible, Andreas Lubitz, le co-pilote qui a réalisé la catastrophe, a toutes les caractéristiques du profil d’un tueur de masse. Par tueur de masse, faut-il entendre en criminologie tout individu qui tue au moins trois personnes, sans en viser spécifiquement une en particulier, en un même lieu et lors d’un événement unique, comme par exemple les auteurs de la tuerie sur le campus de Columbine Eric Harris et Dylan Klebold en 1999. Dernièrement, un article scientifique est paru dans le Justice Quaterly sur le sujet. L’auteur de l’article, le professeur Adam Lankford, fait une différence claire entre les tueurs de masse qui se donnent la mort au moment de l’acte et ceux qui cherchent à survivre afin de bénéficier « des profits » de leur acte, à savoir notamment bénéficier d’une « reconnaissance » médiatique. Dans la première catégorie, catégorie à laquelle appartient selon nous, Andreas Lubitz, et qui est une catégorie moins importante que la seconde, le criminologue tente de cerner le profil de ces tueurs sur la base d’un échantillon de 88 cas. En moyenne, ils sont relativement jeunes puisqu’ils ont au alentour de 37 ans. Le copilote était un peu plus jeune. Il avait 28 ans. Ce sont dans 96% des cas, des hommes ayant des symptômes de dépression (ce qui semble être le cas de celui-ci) et qui se serait senti victime d’injustice, souvent au travail (à l’heure actuelle nous n’avons aucun élément qui démontrerait que le copilote était en conflit avec des personnes de l’entreprise). Ce phénomène, contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’est pas nouveau. Par le passé, plusieurs pilotes se sont écrasés (ou ont tenté de s’écraser) de la sorte. 6 exemples au moins peuvent être recensés depuis 1982 et qui n’ont rien avoir avec des actes terroristes. Ainsi, pouvons nous citer par exemple trois événements marquants. Le premier qui s’est produit en 1994 sur un vol de Royal Air Maroc et qui entraina la mort de 44 personnes à bord. Le pilote aurait agi de manière intentionnelle suite à des problèmes sentimentaux. Le deuxième a eu lieu également en 1994. Un employé de la FedEx, qui allait se faire licencier, avait tenté de détourner un avion cargo de la compagnie pour le faire s’écraser. Il fut maîtrisé à temps par l’équipage. Enfin, le cas peut être le plus marquant fut certainement celui du crash provoqué par le pilote du vol Silk Air 185, le 19 décembre 1997. L’avion s’était écrasé dans une rivière, faisant 104 morts. Le pilote était un ancien aviateur militaire, traumatisé par un accident qui avait tué plusieurs de ses collègues lors d’un entrainement. Il connaissait des soucis financiers. Le crash n’a pas été reconnu comme intentionnel, mais des forts doutes subsistent. Ces actes n’ont donc rien avoir avec des actes terroristes, même si dans certains cas on peut se demander si les terroristes ne s’en inspirent pas (on pense naturellement au 11 septembre 2001). Mais ils se produisent, certes rarement, mais leur probabilité est non nulle. Tout porte à croire que le crash de l’A320 s’inscrive dans cette lignée de tuerie de masse que l’on appelle également « amok ». Olivier Hassid
Oui, je suis scandalisée. Oui, j’ai songé à de nombreuses reprises à faire exploser la Maison Blanche. Mais je sais que cela ne changera rien. Madonna
Trump est un traître. Trump a détruit notre démocratie. Il est temps de détruire Trump et compagnie. James Hodgkinson
Le tireur accusé d’avoir ouvert le feu sur les élus républicains s’entraînant au baseball à Alexandria, se nommait James Hodgkinson, selon les informations des médias américains, confirmées par les services de police. Il avait 66 ans et venait de Belleville, dans l’État de l’Illinois.Une page Facebook portant son nom montre des photos du candidat démocrate à la présidentielle Bernie Sanders et une grande hostilité à Donald Trump et sa politique. Le 22 mars dernier, il publiait notamment un article avec le statut: « Trump est un traître. Trump a détruit notre démocratie. Il est temps de détruire Trump et compagnie. » James Hodgkinson affichait ses idées sur les réseaux sociaux et signait activement des pétitions sur change.org, grande plateforme progressiste américaine en ligne. Fervent supporter du sénateur du Vermont, le tireur s’était même engagé dans sa campagne, comme le confirme Charles Orear, un autre volontaire au Washington Post. Il a d’ailleurs décrit son ami comme un « homme tranquille, très doux et très réservé. » Une information confirmée par Bernie Sanders, lui-même. The Huffington Post (14.06.2017)
Encore une chose à garder à l’esprit, je pense: beaucoup de ces supporters de country music étaient probablement des supporters de Donald Trump. Jeff Zeleny (CNN)
J’ai en fait aucune compassion vu que c’est souvent des Républicains porteurs d’armes. Hayley Geftman-Gold (vice-présidente de CBS)
Les enfants de Trump doivent reprendre l’entreprise avec le conflit d’intérêt, ils pourront vendre des gratte-ciels au gouvernement israélien. Des immeubles luxueux à construire dans les territoires occupés, que le Président des États-Unis les aidera à occuper et il leur enverra des Mexicains pour nettoyer les chiottes. Charline Vanhoenacker 
Je ne resterai jamais allongé quand le président de ce grand pays vient me serrer la main ! Il a beau y avoir beaucoup de problèmes dans ce pays, je respecterai toujours mon pays, mon président et mon drapeau. Thomas Gunderson (survivant de la tuerie de Las Vegas)
The gunman who opened fire on a crowd in Las Vegas had an arsenal of weapons worth tens of thousands of dollars, with at least one made-to-order firearm from built by a high-end manufacturer. Stephen Paddock, who killed 58 people at a concert from his hotel room on the 32nd floor of the Mandalay Bay casino, was found dead in his hotel room with 24 weapons, including at least 12 semi-automatic rifles outfitted with « bump stocks » to increase their rate of fire. He purchased 33 weapons between October 2016 and Sept. 28 of this year, when he checked into the Vegas suite. Investigators found thousands of rounds of ammunition in addition to the weapons in his hotel room, as well as several dozen more firearms in his residence in Mesquite, Nevada. A law enforcement source tells CBS News senior investigative producer Pat Milton that some of the weapons recovered by investigators were high-quality, expensive firearms with custom-made add-ons including scopes. At least one of the weapons was a made-to-order firearm made by Lewis Machine & Tool Company (LMT), the source said. LMT is a specialty guns manufacturer that provides weapons to the U.S. military and law enforcement agencies, according to the company’s website. Individual made-to-order weapons can cost several thousands of dollars, depending on the add-ons included. LMT did not immediately respond to a request for comment. Paddock was a frequent gambler and multimillionaire who earned much of his fortune through real estate investments, according to his brother Eric Paddock. He began purchasing firearms in 1982 and had purchased more than 50 legally, according to Jill Snyder, special agent in charge at the Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (ATF). Snyder told « CBS This Morning » co-host Norah O’Donnell that Paddock’s purchases didn’t set off any alarms at the ATF. « We wouldn’t get notified of the purchases of the rifles, » Snyder said. « We would only get notified if there was a multiple sale, which would be two or more handguns in an individual purchase. » Snyder said there is no federal law requiring notification of sales of multiple semi-automatic rifles. CBS news
Hodgkinson is the logical culmination of the campaign of demonization and dehumanization of Republicans and Trump-supporters that the left has been waging for decades, a campaign that leftists have been ratcheting up as of late, even since Trump and the Deplorables defied the world and defeated Hillary Clinton. Partisan differences aside, it is high time for all decent Americans, irrespectively of political affiliation, to have a sober dialogue as to why it is that the lion’s share of the violence, vitriol, and contempt in this country stems from the ideological left.  Hodgkinson is the second Sanders supporter in just a few weeks to go on a killing spree.  The first was Jeremy Christian, who the media tried to depict as a “white supremacist” Trump supporter (Christian stabbed three men on a Portland train, killing two of them).  What is it about the vision and message of Bernie Sanders that attracts homicidal followers? These are the sorts of questions that honest and good people who want to stop the hatred and violence must address at this time, for if not, and if the left continues with its reckless and venomous rhetoric, there will be more James Hodgkinsons in the future. Jack Kerwick (June 16, 2017)
Thirty thousand feet above, could be Oklahoma Just a bunch of square cornfields and wheat farms Man, it all looks the same Miles and miles of back roads and highways Connecting little towns with funny names Who’d want to live down there in the middle of nowhere? They’ve never drove through Indiana Met the man who plowed that earth Planted that seed, busted his ass for you and me Or caught a harvest moon in Kansas They’d understand why God made Those fly over states. Jason Aldean
Well, I won’t worry if the world don’t like me, I won’t let ’em waste my time There ain’t nothin’ goin’ to change my mind, I feel fine gettin’ by on Central time. Pokey Lafarge
Because we live in flyover country, we try to figure out what is going on elsewhere by subscribing to magazines. Thomas McGuane (Esquire)
This must have come from the time I worked in movies, an industry that seemed to acknowledge only two places, New York and Los Angeles. I recall being annoyed that the places I loved in America were places that air travel allowed you to avoid. Thomas McGuane
Ces Etats au-dessus desquels les avions ne font que passer en reliant la Côte Est et la Côte Ouest, mais où on n’imagine jamais s’arrêter. The Middle
The term « flyover country » is often used to derisively refer to the vast swath of America that’s not near the Atlantic or Pacific coasts. It sounds like the ultimate putdown to describe places best seen at cruising altitude, the precincts where political and cultural sophisticates visit only when they need to. But in fact, (…) “It’s a stereotype of other people’s stereotypes,” lexicographer Ben Zimmer says. But it’s not as if the stereotypes are entirely imagined. Zimmer says the concept behind flyover country is present in older phrases, like middle America, “which has been used to talk about, geographically, the middle part of the U.S. since 1924, but then also has this idea of not only the geographic middle but the economic and social middle of the country as well, that kind of middle-ness that’s associated with the Midwest.” Another term for the same place, Zimmer notes, is heartland, which is “for people who want to valorize a particular social or political value.” And the heartland gets a lot of attention when it has votes that can be won. Politicians across the spectrum paint this place as more real than the coasts. (…) All this is a way of championing a set of values that is imagined to exist outside of big urban centers. It treats middle America like a time capsule from a simpler era, which, when you consider the Dust Bowl, the circumstances that led to the existence of Rust Belt, and the Civil Rights struggles before and after the Great Migration, never really existed for many people. Romanticizing can also read as patronizing for people in the middle of the country. (…) Hence the self-coining of flyover country—it’s a way for Midwesterners (and Southerners and people from the plains and mountains) to define themselves relative to the rest of the country. It’s defensive but self-deprecating, a way of shouting out for attention but also a means for identifying yourself by your home region’s lack of attention. It’s the linguistic nexus of Minnesota nice and Iowa stubborn. This self-identification has become a celebration. (…) Aldean, LaFarge, Kendzior, and McGuane all come from different parts of the middle of the country, but they all belong to the same, self-identified place, a place rooted more in attitude than in soil. As a concept, flyover country can exist almost anywhere in the United States. As a phrase, it’s become almost a dare, a way for Midwesterners to cajole the coastal elites into paying attention to a place they might otherwise overlook. But it’s also a bond for Midwesterners—a way of forging an identity in a place they imagine being mocked for its lack of identity. It’s a response to an affront, real or imagined, and a way to say “Well, maybe we don’t think that much of you, either. National Geographic
What I was hearing was this general sense of being on the short end of the stick. Rural people felt like they’re not getting their fair share. (…)  First, people felt that they were not getting their fair share of decision-making power. For example, people would say: All the decisions are made in Madison and Milwaukee and nobody’s listening to us. Nobody’s paying attention, nobody’s coming out here and asking us what we think. Decisions are made in the cities, and we have to abide by them. Second, people would complain that they weren’t getting their fair share of stuff, that they weren’t getting their fair share of public resources. That often came up in perceptions of taxation. People had this sense that all the money is sucked in by Madison, but never spent on places like theirs. And third, people felt that they weren’t getting respect. They would say: The real kicker is that people in the city don’t understand us. They don’t understand what rural life is like, what’s important to us and what challenges that we’re facing. They think we’re a bunch of redneck racists. So it’s all three of these things — the power, the money, the respect. People are feeling like they’re not getting their fair share of any of that. (…)  It’s been this slow burn. Resentment is like that. It builds and builds and builds until something happens. Some confluence of things makes people notice: I am so pissed off. I am really the victim of injustice here. (…) Then, I also think that having our first African American president is part of the mix, too. (…) when the health-care debate ramped up, once he was in office and became very, very partisan, I think people took partisan sides. (…) It’s not just resentment toward people of color. It’s resentment toward elites, city people. (…) Of course [some of this resentment] is about race, but it’s also very much about the actual lived conditions that people are experiencing. We do need to pay attention to both. As the work that you did on mortality rates shows, it’s not just about dollars. People are experiencing a decline in prosperity, and that’s real. The other really important element here is people’s perceptions. Surveys show that it may not actually be the case that Trump supporters themselves are doing less well — but they live in places where it’s reasonable for them to conclude that people like them are struggling. Support for Trump is rooted in reality in some respects — in people’s actual economic struggles, and the actual increases in mortality. But it’s the perceptions that people have about their reality are the key driving force here. (…) One of the key stories in our political culture has been the American Dream — the sense that if you work hard, you will get ahead. (…) But here’s where having Bernie Sanders and Donald Trump running alongside one another for a while was so interesting. I think the support for Sanders represented a different interpretation of the problem. For Sanders supporters, the problem is not that other population groups are getting more than their fair share, but that the government isn’t doing enough to intervene here and right a ship that’s headed in the wrong direction. (…) There is definitely some misinformation, some misunderstandings. But we all do that thing of encountering information and interpreting it in a way that supports our own predispositions. Recent studies in political science have shown that it’s actually those of us who think of ourselves as the most politically sophisticated, the most educated, who do it more than others. So I really resist this characterization of Trump supporters as ignorant. There’s just more and more of a recognition that politics for people is not — and this is going to sound awful, but — it’s not about facts and policies. It’s so much about identities, people forming ideas about the kind of person they are and the kind of people others are. Who am I for, and who am I against? Policy is part of that, but policy is not the driver of these judgments. There are assessments of, is this someone like me? Is this someone who gets someone like me? (…) All of us, even well-educated, politically sophisticated people interpret facts through our own perspectives, our sense of what who we are, our own identities. I don’t think that what you do is give people more information. Because they are going to interpret it through the perspectives they already have. People are only going to absorb facts when they’re communicated from a source that they respect, from a source who they perceive has respect for people like them. And so whenever a liberal calls out Trump supporters as ignorant or fooled or misinformed, that does absolutely nothing to convey the facts that the liberal is trying to convey. Katherine Cramer

Attention: un déni peut en cacher un autre !

Alors que suite à la folle tuerie de Las Vegas du weekend dernier …

Nos médias et nos experts nous rebattent les oreilles avec le déni des Américains sur les armes à feu ou sur le terrorisme …

Et que l’on apprend qu’à l’instar du tueur d’élus républicains de Virginie de juin dernier …

Le tueur de las Vegas en question et heureux propriétaire accessoirement de pas moins de 24 clones d’armes de guerre aurait lui aussi été filmé dans une récente manifestation anti-Trump …

Et qu’à l’instar de ce tweet peut-être parodique d’une enseignante priant, à la Charlie hebdo, pour la mort des supporters de Trump parmi les victimes …

C’est un journaliste de CNN et une vice-présidente de CBS news qui se font rabrouer …

Pour avoir rappelé l’évidence de l’appartenance politique majoritairement pro-Trump des victimes du massacre en question …

Ces fans qui écoutaient justement, au moment où les balles ont commencé à pleuvoir, l’auteur-compositeur de la célèbre chanson « Flyover states » …

Comment ne pas voir …

Derrière cet acte digne des fameux accès de folie meurtrière dont nous parlaient déjà les sagas nordiques (le bersek) ou indonésiennes (l’amok) …

La récolte de la tempête que militants comme membres du show biz ou journalistes …

Ont semée ou laissé semer depuis l’élection-surprise du président Trump il y a bientôt un an ?

Et comment ne pas vouloir repenser …

A ces oubliés dont Jason Aldean comme le candidat Donald Trump s’étaient justement fait les champions …

Comme la revanche depuis si longtemps attendue …

Du « pays que l’on survole sans s’arrêter » ?

James Hodgkinson: Leftist Hate’s Poster Man

A quite standard “hard core” Democrat and “passionate progressive”.

In the early morning of Wednesday, June 14, while House Majority Whip Steve Scalise, Republican Congressman from Louisiana, was practicing with his GOP colleagues for the Congress’s annual baseball game, James Hodgkinson opened fire — hitting Scalise, a staffer, and two Capitol Hill police officers.

Thankfully, the brave police officers saved lives that would otherwise have been taken while sending the would-be assassin off to meet his maker.

Scalise and his cohorts were prey to the worst act of domestic political violence that this country has witnessed in a very long time.  Hodgkinson, you see, was “a passionate progressive,” as a neighbor, Aaron Mueller, described him, a “hard core Democrat” who avidly supported Bernie Sanders’ presidential campaign.

In fact, Hodgkinson worked on Sanders’ campaign.

A glimpse at Hodgkinson’s Facebook account reveals the depths of his hatred for all things Republican—particularly and especially President Donald J. Trump. Yet he clearly detested the GOP long before the rise of Trump.

Trump, Hodgkinson posted, is an “a**h***,” “Truly the Biggest A**h*** We Have Ever Had in the Oval Office.” He is “a Mean, Disgusting Person” who is “Guilty & Should Go to Prison for Treason.”

Georgia Republican Karen Handel, who is in a tight race in a special election, Hodgkinson referred to as a “Republican B**ch” who “Wants People to Work for Slave Wages [.]”

Republicans have turned America into a “Fascist State.”  The only way to save it is to “Vote Blue,” for “It’s Right for You!”  After all, this self-avowed proponent of “Democratic Socialism” assures us that the Republicans, who Hodgkinson characterizes as “the American Taliban,” “Hate Women, Minorities, Working Class People, & Most All (99%) of the People of the Country.”

In other words, Hodgkinson shares Hillary Clinton’s assessment that Republicans (at least of the Trump-supporting variety, i.e. most of them) are “irredeemables” and “deplorables.”

“Republican Law Makers,” he tells us elsewhere, “Don’t Give a Damn About the Working Class in this Country.”

Hodgkinson believed in anthropogenic “climate change” or “global warming” and exorbitant taxes “for the rich.”  He urged Senate Democrats to “filibuster” the confirmation of Neil Gorsuch and mocked what he called “trickle-down” economics.

He also belonged to an on-line group, “Terminate the Republican Party” (whose members are now celebrating their fallen comrade’s shooting spree).

The morning of June 14 wasn’t the first time that Hodgkinson took aim, so to speak, at Scalise.  On his Facebook wall, not long ago, Hodgkinson shared a cartoon designed to link Scalise with “white supremacy.”

Hodgkinson was an admirer of MSNBC’s Rachel Maddow, Bill Maher, and, generally, exactly those leftist talking heads and celebrities who have been routinely, incessantly, expressing precisely the same thoughts about Republicans and Trump that filled Hodgkinson with a murderous hatred toward his political opponents.

Politically or ideologically speaking, Hodgkinson is no different than the leftists in Washington D.C., the media, Hollywood, and academia.  His ideology is one and the same as that of the Obamas, Schumers, Pelosis, Clintons, Sanders, Maddows, Mahers, Robert DeNiros, Meryl Streeps, Kathy Griffins, Madonnas, Snoop Doggs, and so on ad infinitum.

In fact, it was first Barack Obama who tried to tie Scalise to “white supremacists.”

Obama’s Press Secretary, Josh Earnest, said in September of 2015 that Scalise, in effect, once admitted to being a KKK member of sorts. “You’ll recall,” Earnest proceeded, “that one Republican congressman told a reporter that he was ‘David Duke without the baggage.” Earnest brought this up in order to blast the whole GOP, but especially Trump, as “racist” and “white supremacist.”

“Mr. Trump isn’t the first Republican politician to countenance these kinds of views in order to win votes.”

Back in 2002, Scalise had addressed the European-American Unity and Rights Organization (EURO), where he made the remark in question. He subsequently referred to his comment as “a mistake” that he “regret[s].”

Nevertheless, as Charlie Spiering of Breitbart reminds us, it was with frequency that Obama’s administration “used Scalise as a punching bag” to advance its agenda.  If Republicans were blocking the “immigration reform” that the Democrats wanted, Obama’s team would hold up Scalise as the poster boy for the GOP’s “white supremacy” and “racism.”  This is the trick that Team Obama continued to pull from its collective sleeve, whether it was in order to remove the Confederate flag from military cemeteries or reauthorize the Voting Rights Act.

Less than a year ago, Earnest brought up Scalise’s David Duke comment to smear Trump.

James Hodgkinson was a leftist Democrat.  There was nothing unusual about him. He was not “mentally ill.”  Hodgkinson had imbibed hook, line, and sinker all of the DNC, left-wing talking points that “the Resistance” has been cranking out from long before its members began describing themselves in these terms.

Hodgkinson is the logical culmination of the campaign of demonization and dehumanization of Republicans and Trump-supporters that the left has been waging for decades, a campaign that leftists have been ratcheting up as of late, even since Trump and the Deplorables defied the world and defeated Hillary Clinton.

Partisan differences aside, it is high time for all decent Americans, irrespectively of political affiliation, to have a sober dialogue as to why it is that the lion’s share of the violence, vitriol, and contempt in this country stems from the ideological left.  Hodgkinson is the second Sanders supporter in just a few weeks to go on a killing spree.  The first was Jeremy Christian, who the media tried to depict as a “white supremacist” Trump supporter (Christian stabbed three men on a Portland train, killing two of them).  What is it about the vision and message of Bernie Sanders that attracts homicidal followers?

These are the sorts of questions that honest and good people who want to stop the hatred and violence must address at this time, for if not, and if the left continues with its reckless and venomous rhetoric, there will be more James Hodgkinsons in the future.

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Wonkblog
A new theory for why Trump voters are so angry — that actually makes sense
Jeff Guo
The Washington Post
November 8, 2016

Regardless of who wins on Election Day, we will spend the next few years trying to unpack what the heck just happened. We know that Donald Trump voters are angry, and we know that they are fed up. By now, there have been so many attempts to explain Trumpism that the genre has become a target of parody.

But if you’re wondering about the widening fissure between red and blue America, why politics these days have become so fraught and so emotional, Kathy Cramer is one of the best people to ask. For the better part of the past decade, the political science professor has been crisscrossing Wisconsin trying to get inside the minds of rural voters.

Well before President Obama or the tea party, well before the rise of Trump sent reporters scrambling into the heartland looking for answers, Cramer was hanging out in dairy barns and diners and gas stations, sitting with her tape recorder taking notes. Her research seeks to understand how the people of small towns make sense of politics — why they feel the way they feel, why they vote the way they vote.

There’s been great thirst this election cycle for insight into the psychology of Trump voters. J.D. Vance’s memoir “Hillbilly Elegy” offers a narrative about broken families and social decay. “There is a lack of agency here — a feeling that you have little control over your life and a willingness to blame everyone but yourself,” he writes. Sociologist Arlie Hochschild tells a tale of perceived betrayal. According to her research, white voters feel the American Dream is drifting out of reach for them, and they are angry because they believe minorities and immigrants have butted in line.

Cramer’s recent book, “The Politics of Resentment,” offers a third perspective. Through her repeated interviews with the people of rural Wisconsin, she shows how politics have increasingly become a matter of personal identity. Just about all of her subjects felt a deep sense of bitterness toward elites and city dwellers; just about all of them felt tread on, disrespected and cheated out of what they felt they deserved.

Cramer argues that this “rural consciousness” is key to understanding which political arguments ring true to her subjects. For instance, she says, most rural Wisconsinites supported the tea party’s quest to shrink government not out of any belief in the virtues of small government but because they did not trust the government to help “people like them.”

“Support for less government among lower-income people is often derided as the opinions of people who have been duped,” she writes. However, she continues: “Listening in on these conversations, it is hard to conclude that the people I studied believe what they do because they have been hoodwinked. Their views are rooted in identities and values, as well as in economic perceptions; and these things are all intertwined.”

Rural voters, of course, are not precisely the same as Trump voters, but Cramer’s book offers an important way to think about politics in the era of Trump. Many have pointed out that American politics have become increasingly tribal; Cramer takes that idea a step further, showing how these tribal identities shape our perspectives on reality.

It will not be enough, in the coming months, to say that Trump voters were simply angry. Cramer shows that there are nuances to political rage. To understand Trump’s success, she argues, we have to understand how he tapped into people’s sense of self.

Recently, Cramer chatted with us about Trump and the future of white identity politics.

(As you’ll notice, Cramer has spent so much time with rural Wisconsinites that she often slips, subconsciously, into their voice. We’ve tagged those segments in italics. The interview has also been edited for clarity and length.)

For people who haven’t read your book yet, can you explain a little bit what you discovered after spending so many years interviewing people in rural Wisconsin?

Cramer: To be honest, it took me many months — I went to these 27 communities several times — before I realized that there was a pattern in all these places. What I was hearing was this general sense of being on the short end of the stick. Rural people felt like they’re not getting their fair share.

That feeling is primarily composed of three things. First, people felt that they were not getting their fair share of decision-making power. For example, people would say: All the decisions are made in Madison and Milwaukee and nobody’s listening to us. Nobody’s paying attention, nobody’s coming out here and asking us what we think. Decisions are made in the cities, and we have to abide by them.

Second, people would complain that they weren’t getting their fair share of stuff, that they weren’t getting their fair share of public resourcesThat often came up in perceptions of taxation. People had this sense that all the money is sucked in by Madison, but never spent on places like theirs.

And third, people felt that they weren’t getting respect. They would say: The real kicker is that people in the city don’t understand us. They don’t understand what rural life is like, what’s important to us and what challenges that we’re facing. They think we’re a bunch of redneck racists.

So it’s all three of these things — the power, the money, the respect. People are feeling like they’re not getting their fair share of any of that.

Was there a sense that anything had changed recently? That anything occurred to harden this sentiment? Why does the resentment seem so much worse now?

Cramer: These sentiments are not new. When I first heard them in 2007, they had been building for a long time — decades.

Look at all the graphs showing how economic inequality has been increasing for decades. Many of the stories that people would tell about the trajectories of their own lives map onto those graphs, which show that since the mid-’70s, something has increasingly been going wrong.

It’s just been harder and harder for the vast majority of people to make ends meet. So I think that’s part of this story. It’s been this slow burn.

Resentment is like that. It builds and builds and builds until something happens. Some confluence of things makes people notice: I am so pissed off. I am really the victim of injustice here.

So what do you think set it all off?

Cramer: The Great Recession didn’t help. Though, as I describe in the book, people weren’t talking about it in the ways I expected them to. People were like,Whatever, we’ve been in a recession for decades. What’s the big deal?

Part of it is that the Republican Party over the years has honed its arguments to tap into this resentment. They’re saying: “You’re right, you’re not getting your fair share, and the problem is that it’s all going to the government. So let’s roll government back.”

So there’s a little bit of an elite-driven effect here, where people are told: “You are right to be upset. You are right to notice this injustice.”

Then, I also think that having our first African American president is part of the mix, too. Now, many of the people that I spent time with were very intrigued by Barack Obama. I think that his race, in a way, signaled to people that this was different kind of candidate. They were keeping an open mind about him. Maybe this person is going to be different.

But then when the health-care debate ramped up, once he was in office and became very, very partisan, I think people took partisan sides. And truth be told, I think many people saw the election of an African American to the presidency as a threat. They were thinking: Wow something is going on in our nation and it’s really unfamiliar, and what does that mean for people like me?

I think in the end his presence has added to the anxieties people have about where this country is headed.

One of the endless debates among the chattering class on Twitter is whether Trump is mostly a phenomenon related to racial resentment, or whether Trump support is rooted in deeper economic anxieties. And a lot of times, the debate is framed like it has to be one or the other — but I think your book offers an interesting way to connect these ideas.

Cramer: What I heard from my conversations is that, in these three elements of resentment — I’m not getting my fair share of power, stuff or respect — there’s race and economics intertwined in each of those ideas.

When people are talking about those people in the city getting an “unfair share,” there’s certainly a racial component to that. But they’re also talking about people like me [a white, female professor]. They’re asking questions like, how often do I teach, what am I doing driving around the state Wisconsin when I’m supposed to be working full time in Madison, like, what kind of a job is that, right?

It’s not just resentment toward people of color. It’s resentment toward elites, city people.

And maybe the best way to explain how these things are intertwined is through noticing how much conceptions of hard work and deservingness matter for the way these resentments matter to politics.

We know that when people think about their support for policies, a lot of the time what they’re doing is thinking about whether the recipients of these policies are deserving. Those calculations are often intertwined with notions of hard work, because in the American political culture, we tend to equate hard work with deservingness.

And a lot of racial stereotypes carry this notion of laziness, so when people are making these judgments about who’s working hard, oftentimes people of color don’t fare well in those judgments. But it’s not just people of color. People are like: Are you sitting behind a desk all day? Well that’s not hard work. Hard work is someone like me — I’m a logger, I get up at 4:30 and break my back. For my entire life that’s what I’m doing. I’m wearing my body out in the process of earning a living.

In my mind, through resentment and these notions of deservingness, that’s where you can see how economic anxiety and racial anxiety are intertwined.

The reason the “Trumpism = racism” argument doesn’t ring true for me is that, well, you can’t eat racism. You can’t make a living off of racism. I don’t dispute that the surveys show there’s a lot of racial resentment among Trump voters, but often the argument just ends there. “They’re racist.” It seems like a very blinkered way to look at this issue.

Cramer: It’s absolutely racist to think that black people don’t work as hard as white people. So what? We write off a huge chunk of the population as racist and therefore their concerns aren’t worth attending to?

How do we ever address racial injustice with that limited understanding?

Of course [some of this resentment] is about race, but it’s also very much about the actual lived conditions that people are experiencing. We do need to pay attention to both. As the work that you did on mortality rates shows, it’s not just about dollars. People are experiencing a decline in prosperity, and that’s real.

The other really important element here is people’s perceptions. Surveys show that it may not actually be the case that Trump supporters themselves are doing less well — but they live in places where it’s reasonable for them to conclude that people like them are struggling.

Support for Trump is rooted in reality in some respects — in people’s actual economic struggles, and the actual increases in mortality. But it’s the perceptionsthat people have about their reality are the key driving force here. That’s been a really important lesson from this election.

I want to get into this idea of deservingness. As I was reading your book it really struck me that the people you talked to, they really have a strong sense of what they deserve, and what they think they ought to have. Where does that come from?

Cramer: Part of where that comes from is just the overarching story that we tell ourselves in the U.S. One of the key stories in our political culture has been the American Dream — the sense that if you work hard, you will get ahead.

Well, holy cow, the people I encountered seem to me to be working extremely hard. I’m with them when they’re getting their coffee before they start their workday at 5:30 a.m. I can see the fatigue in their eyes. And I think the notion that they are not getting what they deserve, it comes from them feeling like they’re struggling. They feel like they’re doing what they were told they needed to do to get ahead. And somehow it’s not enough.

Oftentimes in some of these smaller communities, people are in the occupations their parents were in, they’re farmers and loggers. They say, it used to be the case that my dad could do this job and retire at a relatively decent age, and make a decent wage. We had a pretty good quality of life, the community was thriving. Now I’m doing what he did, but my life is really much more difficult.

I’m doing what I was told I should do in order to be a good American and get ahead, but I’m not getting what I was told I would get.

The hollowing out of the middle class has been happening for everyone, not just for white people. But it seems that this phenomenon is only driving some voters into supporting Trump. One theme of your book is how we can take the same reality, the same facts, but interpret them through different frames of mind and come to such different conclusions.

Cramer: It’s not inevitable that people should assume that the decline in their quality of life is the fault of other population groups. In my book I talk about rural folks resenting people in the city. In the presidential campaign, Trump is very clear about saying: You’re right, you’re not getting your fair share, and look at these other groups of people who are getting more than their fair share. Immigrants. Muslims. Uppity women.

But here’s where having Bernie Sanders and Donald Trump running alongside one another for a while was so interesting. I think the support for Sanders represented a different interpretation of the problem. For Sanders supporters, the problem is not that other population groups are getting more than their fair share, but that the government isn’t doing enough to intervene here and right a ship that’s headed in the wrong direction.

One of the really interesting parts of your book is where you discuss how rural people seem to hate government and want to shrink it, even though government provides them with a lot of benefits. It raises the Thomas Frank question — on some level, are people just being fooled or deluded?

Cramer: There is definitely some misinformation, some misunderstandings. But we all do that thing of encountering information and interpreting it in a way that supports our own predispositions. Recent studies in political science have shown that it’s actually those of us who think of ourselves as the most politically sophisticated, the most educated, who do it more than others.

So I really resist this characterization of Trump supporters as ignorant.

There’s just more and more of a recognition that politics for people is not — and this is going to sound awful, but — it’s not about facts and policies. It’s so much about identities, people forming ideas about the kind of person they are and the kind of people others are. Who am I for, and who am I against?

Policy is part of that, but policy is not the driver of these judgments. There are assessments of, is this someone like me? Is this someone who gets someone like me?

I think all too often, we put our energies into figuring out where people stand on particular policies. I think putting energy into trying to understand the way they view the world and their place in it — that gets us so much further toward understanding how they’re going to vote, or which candidates are going to be appealing to them.

All of us, even well-educated, politically sophisticated people interpret facts through our own perspectives, our sense of what who we are, our own identities.

I don’t think that what you do is give people more information. Because they are going to interpret it through the perspectives they already have. People are only going to absorb facts when they’re communicated from a source that they respect, from a source who they perceive has respect for people like them.

And so whenever a liberal calls out Trump supporters as ignorant or fooled or misinformed, that does absolutely nothing to convey the facts that the liberal is trying to convey.

If, hypothetically, we see a Clinton victory on Tuesday, a lot of people have suggested that she should go out and have a listening tour. What would be her best strategy to reach out to people?

Cramer: The very best strategy would be for Donald Trump, if he were to lose the presidential election, to say, “We need to come together as a country, and we need to be nice to each other.”

That’s not going to happen.

As for the next best approach … well I’m trying to be mindful of what is realistic. It’s not a great strategy for someone from the outside to say, “Look, we really do care about you.” The level of resentment is so high.

People for months now have been told they’re absolutely right to be angry at the federal government, and they should absolutely not trust this woman, she’s a liar and a cheat, and heaven forbid if she becomes president of the United States. Our political leaders have to model for us what it’s like to disagree, but also to not lose basic faith in the system. Unless our national leaders do that, I don’t think we should expect people to.

Maybe it would be good to end on this idea of listening. There was this recent interview with Arlie Hochschild where someone asked her how we could empathize with Trump supporters. This was ridiculed by some liberals on Twitter. They were like, “Why should we try to have this deep, nuanced understanding of people who are chanting JEW-S-A at Trump rallies?” It was this really violent reaction, and it got me thinking about your book.

Cramer: One of the very sad aspects of resentment is that it breeds more of itself. Now you have liberals saying, “There is no justification for these points of view, and why would I ever show respect for these points of view by spending time and listening to them?”

Thank God I was as naive as I was when I started. If I knew then what I know now about the level of resentment people have toward urban, professional elite women, would I walk into a gas station at 5:30 in the morning and say, “Hi! I’m Kathy from the University of Madison”?

I’d be scared to death after this presidential campaign! But thankfully I wasn’t aware of these views. So what happened to me is that, within three minutes, people knew I was a professor at UW-Madison, and they gave me an earful about the many ways in which that riled them up — and then we kept talking.

And then I would go back for a second visit, a third visit, a fourth, fifth and sixth. And we liked each other. Even at the end of my first visit, they would say, “You know, you’re the first professor from Madison I’ve ever met, and you’re actually kind of normal.” And we’d laugh. We got to know each other as human beings.

ple from a different walk of life, from a different perspective. There’s nothing like it. You can’t achieve it through online communication. You can’t achieve it through having good intentions. It’s the act of being witThat’s partly about listening, and that’s partly about spending time with peoh other people that establishes the sense we actually are all in this together.

As Pollyannaish as that sounds, I really do believe it.

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Anhony Berthelier
HuffPost
14/06/2017

ÉTATS-UNIS – Le président des Etats-Unis Donald Trump a annoncé que l’auteur de la fusillade ayant visé un élu républicain à Alexandria, près de Washington, était décédé. Le député Steve Scalise, touché à la hanche est actuellement à l’hôpital, dans un « état critique. »

Le tireur accusé d’avoir ouvert le feu sur les élus républicains s’entraînant au baseball à Alexandria, se nommait James Hodgkinson, selon les informations des médias américains, confirmées par les services de police. Il avait 66 ans et venait de Belleville, dans l’État de l’Illinois.

Une page Facebook portant son nom montre des photos du candidat démocrate à la présidentielle Bernie Sanders et une grande hostilité à Donald Trump et sa politique. Le 22 mars dernier, il publiait notamment un article avec le statut: « Trump est un traître. Trump a détruit notre démocratie. Il est temps de détruire Trump et compagnie. »

James Hodgkinson affichait ses idées sur les réseaux sociaux et signait activement des pétitions sur change.org, grande plateforme progressiste américaine en ligne.

Fervent supporter du sénateur du Vermont, le tireur s’était même engagé dans sa campagne, comme le confirme Charles Orear, un autre volontaire au Washington Post. Il a d’ailleurs décrit son ami comme un « homme tranquille, très doux et très réservé. » Une information confirmée par Bernie Sanders, lui-même.

« Je viens d’être informé que le tireur présumé est quelqu’un qui s’est apparemment porté volontaire pour ma campagne présidentielle. Cet acte méprisable me rend malade. Permettez-moi d’être aussi clair que possible. La violence de quelque nature que ce soit est inacceptable dans notre société et je condamne cette action de la manière la plus ferme », a déclaré Bernie Sanders avant d’envoyer « ses prières » aux personnes blessées dans l’attaque.

Les photos présentes sur sa page Facebook montrent un homme au physique plutôt replet, au nez épaté, portant un bouc et des lunettes fumées. Toujours selon cette même page, James Hodgkinson est originaire de Belleville, une banlieue de la métropole de St. Louis. Il gérait là-bas une société d’inspection de travaux à domicile. Sa licence a expiré en novembre dernier.

Selon sa femme, citée par ABC, il s’était installé depuis deux mois à Alexandria, ville de l’Etat de Virginie située non loin de Washington.

Voir également:

‘He Was Surprised as Anyone’
Michael Kruse
Politico
November 11, 2016

It was supposed to be the year of the Latino voter. Unfortunately for Hillary Clinton, white rural voters had an even bigger moment.

Now Democrats are second-guessing the campaign’s decision to largely surrender the rural vote to the GOP. With their eyes turned anxiously toward 2018, they’re urging a new strategy to reach out to rural voters to stave off another bloodbath when a slew of farm-state Democrats face tough reelection battles.

« Hillary lost rural America 3 to 1, » said one Democratic insider, granted anonymity to speak candidly about the campaign. « If she had lost rural America 2 to 1, it would have broken differently. »

After years of declining electoral power, driven by hollowed-out towns, economic hardship and a sustained exodus, rural voters turned out in a big way this presidential cycle — and they voted overwhelmingly for Donald Trump, fueling the real estate mogul’s upset victory. The billionaire New Yorker never issued any rural policy plans, but he galvanized long-simmering anger by railing against trade deals, the Environmental Protection Agency and the « war on American farmers.”

When Trump’s digital team was analyzing early absentee returns in swing states, they weren’t fixated on what turned out to be an overhyped Latino voter surge. They were zeroing in on signs of an “extremely high” rural turnout, said Matthew Oczkowski, head of product at Cambridge Analytica, who led Trump’s digital team.

The Trump campaign had banked on a strong showing from what it called the “hidden Trump voters,” a demographic that’s largely white, disengaged and non-urban. Based on that premise, they weighted their polling predictions to reflect a higher rural turnout. The surge, as it turned out, exceeded even their expectations.

The rural voting bloc, long a Republican stronghold, has shrunk dramatically over the years, as farms have become more efficient and jobs have migrated to cities and suburbs. About 20 percent of the country, just less than 60 million people, live in rural America. This year, rural voters made up 17 percent of the electorate, according to exit polling.

But in a year with lackluster urban turnout for Clinton, the rural vote ended up playing a key role in Trump’s sweep of crucial Rust Belt swing states, which also tend to have much larger rural populations.

Voir encore:

In Michigan, Trump appears to have won rural and small towns 57 percent to 38 percent, exit polls analyzed by NBC show, faring much better than Mitt Romney in 2012, who won the same group 53-46. In Pennsylvania, Trump blew Clinton out of the water among rural and small-town voters, 71-26 percent, according to exit polls. In 2012, Romney pulled 59 percent. In Wisconsin, Trump won the demographic 63-34 percent.

It will be weeks before more granular data show the full extent of the rural-urban divide, but initial calculations from The Daily Yonder, a website dedicated to rural issues, shows Clinton’s support among rural voters declined more than 8 percentage points from President Barack Obama’s in 2012.

Obama’s support in rural America also eroded between 2008 and 2012, from a high of 41 percent to 38 percent. But Clinton took it to a new low: 29 percent.

« Trump supporters are more rural than even average Republicans,” Oczkowski said. “What we saw on Election Day is that they’re even more rural than we thought. »

But numerous Democrats in agriculture circles buzzed with frustration over what they regarded as halfhearted efforts to engage rural voters. Agriculture Secretary Tom Vilsack had urged the Clinton campaign to shore up rural outreach, multiple sources said, beating the same drum he has for several cycles as Democrats have seen their rural support steadily erode.

By all accounts, the Clinton campaign didn’t think it really needed rural voters, a shrinking population that’s reliably Republican. The campaign never named a rural council, as Obama did in 2012 and 2008. It also didn’t build a robust rural-dedicated campaign infrastructure. In 2008, Obama had a small staff at campaign headquarters dedicated to rural messaging and organizing efforts and had state-level rural coordinators in several battleground states throughout the Midwest and Rust Belt.

“There was an understanding that these were places where we needed to play and we needed to be close,” said a source familiar with the effort.

The Clinton campaign did not respond to questions about whether it had a rural strategy. One source said a staffer in Brooklyn was dedicated to rural outreach, but the assignment came just weeks before the election.

The campaign did some targeted mail and used surrogates like Vilsack to campaign in rural battlegrounds, a Clinton aide said. The aide noted that Trump got the same number of overall votes as Romney — although he did not dispute that Trump did far better in rural areas.

Voir de plus:

“The issue was, we did not see the turnout we needed in the cities and suburbs where our supporters were concentrated,” the aide said. “We underperformed in places like Bucks County in Pennsylvania and Wayne County in Michigan. We believe we were on pace for high turnout based on the opening weeks of early voting in states like Florida, Nevada, even Ohio. But it fell off on Election Day, based on — we think — the Comey letter dimming enthusiasm in the final week, » a reference to FBI Director James Comey’s announcement 11 days before the election that investigators were examining new evidence in the probe of Clinton’s email server. (Nine days later, Comey wrote a second letter saying the review had turned up nothing to change his earlier conclusion that there had been no criminal conduct.)

It’s not altogether surprising that Democratic campaign strategists might overlook the rural vote. In 2012, turnout in rural communities dropped off precipitously, and demographic shifts occurring largely in cities and suburbs have given Democrats a sense of a growing advantage. Also, rural communities are, almost by definition, not densely populated, so it requires much more time and effort to do outreach.

“It’s a tough slog,” lamented one young Democrat who asked for anonymity to talk candidly. “It’s hard to speak to rural America. It’s very regionally specific. It feels daunting. You have these wings of the party, progressives, and it’s hard to talk to those people and people in rural America, and not seem like you’re talking out of both sides of your mouth.”

But Trump’s blowout in rural America is seen as a warning sign for Democrats in 2018. Several farm-state lawmakers will be up for reelection, including Sens. Heidi Heitkamp of North Dakota, Joe Donnelly of Indiana, Debbie Stabenow of Michigan, Claire McCaskill of Missouri, Sherrod Brown of Ohio, Amy Klobuchar of Minnesota and Jon Tester of Montana.

Beyond 2018, there are deep concerns the party is losing the already weak support it had in rural America, and there don’t appear to be any serious efforts to stop the bleeding.

Advocates for more rural engagement say it’s not that Democrats have a real shot at winning in these communities, but they can’t let Republicans run up the score unchecked.

There’s been a sense that Democrats could largely write off the rural vote, as rural voters have left the party because the exodus was offset by demographic growth among urban and nonwhite voters, among others, said Tom Bonier, CEO of Target Smart, a Democratic data and polling firm.

« That calculus didn’t work this time,” he said. “The dropoff was steep. There does need to be a strategy to reach out to these rural and blue-collar white voters. »

The irony is that Clinton actually has a long track record of engaging rural voters. She was popular in rural New York when she served as senator. She dedicated tremendous staff resources and time visiting upstate communities, talking to farmers and working with rural development leaders. Over time, she won over even staunch Republicans who had been extremely skeptical of a « carpetbagging » former first lady coming to their neck of the woods.

Voir de même:

“She was so engaged on the details of the issues,” said Mark Nicholson, owner of Red Jacket Orchards in New York. Nicholson was a registered Republican but was so impressed with Clinton’s work that he campaigned for her this cycle. “She won me over.”

In the lead-up to the Iowa primary, Clinton unveiled her rural platform in a speech in front of a large green John Deere tractor parked inside a community college hall. She advocated for more investment in rural businesses, infrastructure and renewable energy and for increased spending on agriculture, health and education programs. She also slammed Republicans for not believing in climate change and for opposing a “real path to citizenship” for the undocumented workers upon which agriculture relies.

But while Clinton released policy plans, Trump did campaign stops in small towns.

Dee Davis, founder of the Center for Rural Strategies, a non-partisan organization, said he believes the Trump appeal across the heartland has almost nothing to do with policy.

“What Trump did in rural areas was try to appeal to folks culturally, » Davis said, contrasting that with Clinton’s comments about « deplorables » and putting coal mines out of business.

Those two slip-ups were particularly problematic in economically depressed communities that already felt dismissed by Washington and urban elites, he said.

« A lot of us in rural areas, our ears are tuned to intonation,” said Davis, who lives in Whitesburg, Kentucky, a Trump stronghold. “We think people are talking down to us. What ends up happening is that we don’t focus on the policy — we focus on the tones, the references, the culture. »

Voir par ailleurs:

Revenge of the rural voter

Rural voters turned out in a big way this presidential cycle — and they voted overwhelmingly for Donald Trump.

11/13/16

It was supposed to be the year of the Latino voter. Unfortunately for Hillary Clinton, white rural voters had an even bigger moment.

Now Democrats are second-guessing the campaign’s decision to largely surrender the rural vote to the GOP. With their eyes turned anxiously toward 2018, they’re urging a new strategy to reach out to rural voters to stave off another bloodbath when a slew of farm-state Democrats face tough reelection battles.

« Hillary lost rural America 3 to 1, » said one Democratic insider, granted anonymity to speak candidly about the campaign. « If she had lost rural America 2 to 1, it would have broken differently. »

After years of declining electoral power, driven by hollowed-out towns, economic hardship and a sustained exodus, rural voters turned out in a big way this presidential cycle — and they voted overwhelmingly for Donald Trump, fueling the real estate mogul’s upset victory. The billionaire New Yorker never issued any rural policy plans, but he galvanized long-simmering anger by railing against trade deals, the Environmental Protection Agency and the « war on American farmers.”

When Trump’s digital team was analyzing early absentee returns in swing states, they weren’t fixated on what turned out to be an overhyped Latino voter surge. They were zeroing in on signs of an “extremely high” rural turnout, said Matthew Oczkowski, head of product at Cambridge Analytica, who led Trump’s digital team.

The Trump campaign had banked on a strong showing from what it called the “hidden Trump voters,” a demographic that’s largely white, disengaged and non-urban. Based on that premise, they weighted their polling predictions to reflect a higher rural turnout. The surge, as it turned out, exceeded even their expectations.

The rural voting bloc, long a Republican stronghold, has shrunk dramatically over the years, as farms have become more efficient and jobs have migrated to cities and suburbs. About 20 percent of the country, just less than 60 million people, live in rural America. This year, rural voters made up 17 percent of the electorate, according to exit polling.

But in a year with lackluster urban turnout for Clinton, the rural vote ended up playing a key role in Trump’s sweep of crucial Rust Belt swing states, which also tend to have much larger rural populations.

In Michigan, Trump appears to have won rural and small towns 57 percent to 38 percent, exit polls analyzed by NBC show, faring much better than Mitt Romney in 2012, who won the same group 53-46. In Pennsylvania, Trump blew Clinton out of the water among rural and small-town voters, 71-26 percent, according to exit polls. In 2012, Romney pulled 59 percent. In Wisconsin, Trump won the demographic 63-34 percent.

It will be weeks before more granular data show the full extent of the rural-urban divide, but initial calculations from The Daily Yonder, a website dedicated to rural issues, shows Clinton’s support among rural voters declined more than 8 percentage points from President Barack Obama’s in 2012.

Obama’s support in rural America also eroded between 2008 and 2012, from a high of 41 percent to 38 percent. But Clinton took it to a new low: 29 percent.

« Trump supporters are more rural than even average Republicans,” Oczkowski said. “What we saw on Election Day is that they’re even more rural than we thought. »

But numerous Democrats in agriculture circles buzzed with frustration over what they regarded as halfhearted efforts to engage rural voters. Agriculture Secretary Tom Vilsack had urged the Clinton campaign to shore up rural outreach, multiple sources said, beating the same drum he has for several cycles as Democrats have seen their rural support steadily erode.

By all accounts, the Clinton campaign didn’t think it really needed rural voters, a shrinking population that’s reliably Republican. The campaign never named a rural council, as Obama did in 2012 and 2008. It also didn’t build a robust rural-dedicated campaign infrastructure. In 2008, Obama had a small staff at campaign headquarters dedicated to rural messaging and organizing efforts and had state-level rural coordinators in several battleground states throughout the Midwest and Rust Belt.

“There was an understanding that these were places where we needed to play and we needed to be close,” said a source familiar with the effort.

The Clinton campaign did not respond to questions about whether it had a rural strategy. One source said a staffer in Brooklyn was dedicated to rural outreach, but the assignment came just weeks before the election.

The campaign did some targeted mail and used surrogates like Vilsack to campaign in rural battlegrounds, a Clinton aide said. The aide noted that Trump got the same number of overall votes as Romney — although he did not dispute that Trump did far better in rural areas.

“The issue was, we did not see the turnout we needed in the cities and suburbs where our supporters were concentrated,” the aide said. “We underperformed in places like Bucks County in Pennsylvania and Wayne County in Michigan. We believe we were on pace for high turnout based on the opening weeks of early voting in states like Florida, Nevada, even Ohio. But it fell off on Election Day, based on — we think — the Comey letter dimming enthusiasm in the final week, » a reference to FBI Director James Comey’s announcement 11 days before the election that investigators were examining new evidence in the probe of Clinton’s email server. (Nine days later, Comey wrote a second letter saying the review had turned up nothing to change his earlier conclusion that there had been no criminal conduct.)

It’s not altogether surprising that Democratic campaign strategists might overlook the rural vote. In 2012, turnout in rural communities dropped off precipitously, and demographic shifts occurring largely in cities and suburbs have given Democrats a sense of a growing advantage. Also, rural communities are, almost by definition, not densely populated, so it requires much more time and effort to do outreach.

“It’s a tough slog,” lamented one young Democrat who asked for anonymity to talk candidly. “It’s hard to speak to rural America. It’s very regionally specific. It feels daunting. You have these wings of the party, progressives, and it’s hard to talk to those people and people in rural America, and not seem like you’re talking out of both sides of your mouth.”

But Trump’s blowout in rural America is seen as a warning sign for Democrats in 2018. Several farm-state lawmakers will be up for reelection, including Sens. Heidi Heitkamp of North Dakota, Joe Donnelly of Indiana, Debbie Stabenow of Michigan, Claire McCaskill of Missouri, Sherrod Brown of Ohio, Amy Klobuchar of Minnesota and Jon Tester of Montana.

Beyond 2018, there are deep concerns the party is losing the already weak support it had in rural America, and there don’t appear to be any serious efforts to stop the bleeding.

Advocates for more rural engagement say it’s not that Democrats have a real shot at winning in these communities, but they can’t let Republicans run up the score unchecked.

There’s been a sense that Democrats could largely write off the rural vote, as rural voters have left the party because the exodus was offset by demographic growth among urban and nonwhite voters, among others, said Tom Bonier, CEO of Target Smart, a Democratic data and polling firm.

« That calculus didn’t work this time,” he said. “The dropoff was steep. There does need to be a strategy to reach out to these rural and blue-collar white voters. »

The irony is that Clinton actually has a long track record of engaging rural voters. She was popular in rural New York when she served as senator. She dedicated tremendous staff resources and time visiting upstate communities, talking to farmers and working with rural development leaders. Over time, she won over even staunch Republicans who had been extremely skeptical of a « carpetbagging » former first lady coming to their neck of the woods.

“She was so engaged on the details of the issues,” said Mark Nicholson, owner of Red Jacket Orchards in New York. Nicholson was a registered Republican but was so impressed with Clinton’s work that he campaigned for her this cycle. “She won me over.”

In the lead-up to the Iowa primary, Clinton unveiled her rural platform in a speech in front of a large green John Deere tractor parked inside a community college hall. She advocated for more investment in rural businesses, infrastructure and renewable energy and for increased spending on agriculture, health and education programs. She also slammed Republicans for not believing in climate change and for opposing a “real path to citizenship” for the undocumented workers upon which agriculture relies.

But while Clinton released policy plans, Trump did campaign stops in small towns.

Dee Davis, founder of the Center for Rural Strategies, a non-partisan organization, said he believes the Trump appeal across the heartland has almost nothing to do with policy.

“What Trump did in rural areas was try to appeal to folks culturally, » Davis said, contrasting that with Clinton’s comments about « deplorables » and putting coal mines out of business.

Those two slip-ups were particularly problematic in economically depressed communities that already felt dismissed by Washington and urban elites, he said.

« A lot of us in rural areas, our ears are tuned to intonation,” said Davis, who lives in Whitesburg, Kentucky, a Trump stronghold. “We think people are talking down to us. What ends up happening is that we don’t focus on the policy — we focus on the tones, the references, the culture. »

Voir aussi:


Affaire David Hamilton: It’s no rock ‘n’ roll show (Looking back at the dark side of rock music’s magnetism)

26 octobre, 2016

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Si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin et qu’on le jetât au fond de la mer. Jésus (Matthieu 18: 6)
Il faut peut-être entendre par démocratie les vices de quelques-uns à la portée du plus grand nombre. Henry Becque
Il nous arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer (…) ce contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. Proust
There’s only three of us in this business. Nabokov penned it, Balthus painted it, and I photographed it. David Hamilton
Had I done to Dolly, perhaps, what Frank Lasalle, a fifty-year-old mechanic, had done to eleven-year-old Sally Horner in 1948? Vladimir Nabokov
I found myself maturing amid a civilization which allows a man of twentyfive to court a girl of sixteen but not a girl of twelve. Humbert Humbert (Lolita, Vladimir Nabokov, 1955)
Ici, on vous met en prison si vous couchez avec une fille de 12 ans alors qu’en Orient, on vous marie avec une gamine de 11 ans. C’est incompréhensible! Klaus Kinski (1977)
Did you hear about the midnight rambler Well, honey, it’s no rock ‘n’ roll show (…) Well you heard about the Boston… It’s not one of those Well, talkin’ ’bout the midnight…sh… The one that closed the bedroom door  I’m called the hit-and-run raper in anger  The knife-sharpened tippie-toe…  Or just the shoot ’em dead, brainbell jangler  You know, the one you never seen before. Mick Jagger
Young teacher, the subject of schoolgirl fantasy She wants him so badly Knows what she wants to be Inside her there’s longing This girl’s an open page Book marking – she’s so close now This girl is half his age (…) Don’t stand so close to me (…) Strong words in the staffroom The accusations fly It’s no use, he sees her He starts to shake and cough Just like the old man in That book by Nabokov. Sting
Sweet Little Sixteen. She’s got the grown-up blues tight dresses and lipstick. She’s sportin’ high-heel shoes. Oh but tomorrow morning, she’ll have to change her trend and be sweet sixteen. And back in class again. Chuck Berry (“Sweet Little Sixteen”)
I slept with Sable when she was 13. Her parents were too rich to do anything, She rocked her way around L.A., ‘Til a New York Doll carried her away. Iggy Pop (Look away)
I can see that you’re fifteen years old No I don’t want your I.D. And I can see that you’re so far from home But it’s no hanging matter It’s no capital crime Oh yeah, you’re a strange stray cat. Mick Jagger-Keith Richards
Long ago, and, oh, so far away I fell in love with you before the second show Your guitar, it sounds so sweet and clear But you’re not really here, it’s just the radio Don’t you remember, you told me you loved me baby? You said you’d be coming back this way again baby Baby, baby, baby, baby, oh baby I love you, I really do Loneliness is such a sad affair And I can hardly wait to be with you again. Leon Russell and Bonnie Bramlet
From the window of your rented limousine, I saw your pretty blue eyes One day soon you’re gonna reach sixteen, Painted lady in the city of lies. (…) Lips like cherries and the brow of a queen, Come on, flash it in my eyes Said you dug me since you were thirteen, then you giggle as you heave and sigh. Robert Plant-Jimmy Page (Sick again, Led Zeppelin)
It’s a shame to see these young chicks bungle their lives away in a flurry and rush to compete with what was in the old days the goodtime relationships we had with the GTOs and people like that. When it came to looning, they could give us as much of a looning as we could give them. It’s a shame, really. If you listen to ‘Sick Again,’ a track from Physical Graffiti, the words show I feel a bit sorry for them. ‘Clutching pages from your teenage dream in the lobby of the Hotel Paradise/Through the circus of the L.A. queen how fast you learn the downhill slide.’ One minute she’s 12 and the next minute she’s 13 and over the top. Such a shame. They haven’t got the style that they had in the old days… way back in ’68. Robert Plant
Tomorrow brings another town, another girl like you. Have you time before you leave to greet another man. Richard Wright
Yeah! You’re a star fucker (…) Yeah, I heard about your Polaroids Now that’s what I call obscene Your tricks with fruit was kind a cute I bet you keep your pussy clean (…) Yeah, Ali McGraw got mad with you For givin’ head to Steve McQueen, Yeah, and me we made a pretty pair Fallin’ through the Silver Screen Yeah, I’m makin’ bets that you gonna get John Wayne before he dies. Mick Jagger
People always give me this bit about us being a macho band, and I always ask them to give me examples. « Under My Thumb »… Yes, but they always say Starf–ker, and that just happened to be about someone I knew. There’s really no reason to have women on tour, unless they’ve got a job to do. The only other reason is to f–k. Otherwise they get bored, they just sit around and moan. It would be different if they did everything for you, like answer the phones, make the breakfast, look after your clothes and your packing, see if the car was ready, and f–k. Sort of a combination of what (road manager) Alan Dunn does and a beautiful chick. Mick Jagger
Some girls take my money Some girls take my clothes Some girls get the shirt off my back And leave me with a lethal dose French girls they want Cartier Italian girls want cars American girls want everything in the world You can possibly imagine English girls they’re so prissy I can’t stand them on the telephone Sometimes I take the receiver off the hook I don’t want them to ever call at all White girls they’re pretty funny Sometimes they drive me mad Black girls just wanna get fucked all night I just don’t have that much jam Chinese girls are so gentle They’re really such a tease You never know quite what they’re cookin’ Inside those silky sleeves  (…) Some girls they’re so pure Some girls so corrupt Some girls give me children I only made love to her once Give me half your money Give me half your car Give me half of everything I’ll make you world’s biggest star So gimme all your money Give me all your gold Let’s go back to Zuma beach I’ll give you half of everything I own. Mick Jagger
Goodbye Ruby Tuesday Who could hang a name on you? When you change with every new day Still I’m gonna miss you. Brian Jones
She’s my little rock ‘n’ roll My tits and ass with soul baby Keith Richards
The plaster’s gettin’ harder and my love is perfection A token of my love for her collection, her collection Plaster caster, grab a hold of me faster And if you wanna see my love, just ask her And my love is the plaster And yeah, she’s the collector. Gene Simmons
Come on, babe on the round about, ride on the merry-go-round We all know what your name is, so you better lay your money down. Led Zeppelin
Like to tell ya about my baby You know she comes around She about five feet four A-from her head to the ground Van Morrison
Well, she was standing by my dressing room after the show Asking for my autograph and asked if she could go Back to my motel room But the rest is just a tragic tale Because five short minutes of lovin’ Done brought me twenty long years in jail Well, like a fool in a hurry I took her to my room She casted me in plaster while I sang her a tune. Jim Croce
This girl is easy meat I seen her on the street See-through blouse an’ a tiny little dress Her manner indiscreet…i knew she was Easy, easy, easy meat (…) She wanna take me home Make me sweat and moan Rub my head and beat me off With a copy of rollin’ stone Frank Zappa
Hey all you girls in these Industrial towns I know you’re prob’ly gettin’ tired Of all the local clowns They never give you no respect They never treat you nice So perhaps you oughta try A little friendly advice And be a CREW SLUT Hey, you ‘ll love it Be a CREW SLUT It’s a way of life Be a CREW SLUT See the world Don’t make a fuss, just get on the bus CREW SLUT Add water, makes its own sauce Be a CREW SLUT So you don’t forget, call before midnite tonite The boys in the crew Are fust waiting for you. Frank Zappa
I was an innocent girl, but the way it happened was so beautiful. I remember him looking like God and having me over a table. Who wouldn’t want to lose their virginity to David Bowie? Lorie Maddox
It’s not about being physically mature. It’s emotional maturity that matters. I don’t think most 16-year-olds are ready. I think the age of consent should be raised to 18 at a minimum, and some girls aren’t even ready then. I know, I know. People will find that odd, coming from me. But I think I do know what I’m talking about here. You are still a child, even at 16. You can never get that part of your life, your childhood, back. I never could. Mandy Smith
What happened was I got this class assignment from my college art teacher on the same weekend that a bunch of rock bands were due to come into town for a big ‘Dick Clark Caravan’ show. Back then, I was just a teen-age virgin dying to meet rock stars. When the teacher suggested we go out and make a plaster cast of something hard, I knew exactly what I wanted to do. What started out as a way to meet rock bands ended up turning into a pop art form. I mean, you really ought to see these casts all lined up together in a row. Seriously, it looks like some amazing chorus line. Cynthia Plaster Caster
They had groupies too, just like rock stars and movie stars. they were world heroes, and there wer women – especially down at the Cape – who chased them. I was at a party one night in Houston. A woman standing behind me, who had no idea who I was, said ‘I’ve slept with every astronaut who has been to the Moon.’ … I said ‘Pardon me, but I don’t think so. Joan Roosa
The Bible loves a good redemption story, but forgiveness only goes so far. These religious leaders who fell from grace shocked the world when their crimes and scandals became public. The fallen pastors and leaders include famous men like Ted Haggard, one of many anti-gay activitists caught being gay, and Tony Alamo, who was sentenced to 175 years in prison for pedophilia and marrying an eight-year-old girl. The pastors who have fallen into sin have all kinds of excuses: it wasn’t technically illegal, it was a youthful mistake, it was a conspiracy orchestrated by the Vatican. But none of that excuses the hypocrisy of religious « authorities » preaching one standard for their flock and then flaunting those rules in their private lives. The names of fallen pastors are famous, from Bill Gothard to Jim Bakker. And don’t forget Josh Duggar––apparently molesting his own sisters isn’t one of the things the Duggars can’t do. Genevieve Carlton
They’re known in rugby social circles as « jersey pullers ». Unabashed about their targets and dismissive of other halves, they are the stuff of which WAGs’ nightmares are made. The new phenomenon, which has spawned a range of T-shirts, mugs and social networking sites, is defined in the urban dictionary as girls who attach themselves to a member of a team. And they’re stalking a player near you. Their maxim? « If she can’t keep him – she shouldn’t have him. » And they’re not about to let a little stumbling block such as a girlfriend – or even a wife – get in their way. (…) Lions coach Warren Gatland was the first in the camp to acknowledge the issue publicly during the recent tour of Australia. He baulked at how a group of girls – dolled up to the nines – would « happen to be passing through » a restaurant or pub every time one of the players made the mistake of tweeting their location. « It’s crazy, » he said, wide-eyed at the phenomenon. The jersey pullers have even followed players to far-flung destinations, jetting thousands of miles for the chance to hang out by the pool or in a nightclub while the stars are in holiday mood. And far away from the prying eyes of home. Such was the intense interest in the Lions rugby players that Gatland was moved to hire a team of burly security guards for the tour in order to « control » the situation. The Independent
Sable Starr (born Sable Hay Shields; August 15, 1957 – April 18, 2009) was a noted American groupie, often described as the « queen of the groupie scene » in Los Angeles during the early 1970s. She admitted during an interview published in the June 1973 edition of Star Magazine that she was closely acquainted with Iggy Pop, Mick Jagger, Rod Stewart, Alice Cooper, David Bowie, and Marc Bolan. Starr first attended concerts around Los Angeles with older friends who had dropped out of school in late 1968. She lost her virginity at age 12 with Spirit guitarist Randy California after a gig at Topanga, California. She had a younger sister, Corel Shields (born 1959), who was involved with Iggy Pop at age 11, although he was also acquainted with Starr. Iggy Pop later immortalized his own involvement with Starr, in the 1996 song « Look Away » (…) Starr became one of the first « baby groupies » who in the early 1970s frequented the Rainbow Bar and Grill, the Whiskey A Go Go, and Rodney Bingenheimer’s English Disco; these were trendy nightclubs on West Hollywood’s Sunset Strip. The girls were named as such because of their young age. She got started after a friend invited her to the Whiskey A Go Go at the age of 14. (…) In 1973 she gave a candid interview for the short-lived Los Angeles-based Star Magazine, and boasted to the journalist that she considered herself to be « the best » of all the local groupies. She also claimed that she was closely acquainted with some of rock music’s leading musicians such as Jeff Beck, David Bowie, Mick Jagger, Rod Stewart, Marc Bolan, and Alice Cooper, adding that her favorite rock star acquaintance was Led Zeppelin’s lead singer, Robert Plant. When asked how she attracted the attention of the musicians, she maintained it was because of the outrageous glam rock clothing she habitually wore. She was often photographed alongside well-known rock musicians; these photos appeared in American rock magazines such as Creem and Rock Scene. (…) She ran away from home when she was 16 after meeting Johnny Thunders, guitarist in the glam rock band the New York Dolls. Wikipedia
Pamela Des Barres, connue comme groupie des groupes rock dans les années 1960 et 1970, est une femme de lettres, née Pamela Ann Miller à Reseda, Californie le 9 septembre 1948. (…) Lorsqu’elle était encore enfant, elle idolâtrait les Beatles et Elvis Presley, et fantasmait à l’idée de rencontrer son Beatle favori, Paul McCartney. Un amie du secondaire a introduit Des Barres auprès de Don Van Vliet, mieux connu sous le pseudonyme de Captain Beefheart, un musicien et ami de Frank Zappa. Vliet l’a, à son tour, introduite auprès de Charlie Watts et Bill Wyman des Rolling Stones, qui l’ont conduite à la scène rock au Sunset Strip de Los Angeles. Pamela a donc ensuite commencé à passer son temps avec The Byrds et quelques autres groupes. Quand elle est diplômée du secondaire, en 1966, elle multiplie les petits boulots qui lui permettent d’habiter près du Sunset Strip et d’entretenir plus de relations avec des musiciens rock : Nick St. Nicholas, Mick Jagger, Keith Moon, Jim Morrison, Jimmy Page, Chris Hillman, Noel Redding, Jimi Hendrix, Ray Davies, Frank Zappa et l’acteur Don Johnson. Membre des GTO’s (Girls Together Outrageously), un groupe uniquement constitué de chanteuses, formé par Frank Zappa. Le groupe a commencé sous le nom de Laurel Canyon Ballet Company, et a commencé par des premières parties des concerts de Zappa et des Mothers of Invention. Le spectacle était principalement constitué par des « performances », mélange de musique et de paroles parlées, puisqu’aucun de ses membres ne savait chanter ou jouer correctement d’un instrument. Elles ont sorti un album, Permanent Damage en 1969, couvertes par Zappa et Jeff Beck. Le groupe a été dissous par Zappa un mois après le lancement de l’album parce que quelques-uns de ses membres avaient été arrêtés pour possession de drogue. Elle se marie avec Michael Des Barres, chanteur principal de Power Station et de Detective, le 29 octobre 1977. Ils ont un enfant, Nicholas Dean Des Barres, né le 30 septembre 1978. Le couple divorce en 1991, en raison des infidélités répétées de Michael Des Barres. Des Barres a écrit deux livres à propos de son expérience de groupie : I’m With The Band (1987) (publié en Allemagne sous le titre anglophone Light my fire) et Take Another Little Piece of My Heart: A Groupie Grows Up (1993), ainsi qu’un autre livre, Rock Bottom: Dark Moments in Music Babylon.Wikipedia
Annie aime les sucettes Les sucett’s à l’anis Les sucett’s à l’anis D’Annie Donn’nt à ses baisers Un goût ani-Sé lorsque le sucre d’orge Parfumé à l’anis Coule dans la gorge d’Annie Elle est au paradis Pour quelques pennies Annie A ses sucettes à L’anis Ell’s ont la couleur de ses grands yeux La couleur des jours heureux … Serge Gainsbourg (Les Sucettes, 1966)
Les Sucettes est une chanson écrite par Serge Gainsbourg pour France Gall en 1966. Cette chanson est principalement connue pour ses deux niveaux de lecture : l’un décrit la scène innocente d’une fillette, Annie, friande de sucettes qu’elle va acheter au drugstore, l’autre décrit implicitement d’une fellation. Wikipedia
Je n’en compre­nais pas le sens et je peux vous certi­fier qu’à l’époque personne ne compre­nait le double sens. (…) Avant chaque disque (…), Serge me deman­dait de lui racon­ter ma vie (…) ce que vous avez fait pendant les vacances. Alors, je lui ai dit que j’avais été à Noir­mou­tier chez mes parents. Là-bas, il n’y a pas grand-chose à faire, sauf que, tous les jours, j’al­lais m’ache­ter une sucette à l’anis…(….) Et quand il a écrit la petite chan­son, je me voyais aller ache­ter ma sucette. C’était l’his­toire d’une petite fille qui allait ache­ter ses sucettes à l’anis, et quand elle n’en avait plus, elle allait retourner en acheter… Mais en même temps, je sentais que ce n’était pas clair… C’était Gainsbourg quand même !  (…) Mais (…) il me l’a jouée au piano, comme ça, et je l’ai tout de suite trou­vée très jolie, je lui ai dit : Serge, j’adore ta chanson !  (…) Et puis, je pars au Japon et là j’apprends qu’il y a tout un truc là-dessus, c’était horrible. (…) Ça a changé mon rapport aux garçons. (…) Ça m’a humiliée, en fait. France Gall
La mort a pour moi le visage d’une enfant Au regard transparent Son corps habile au raffinement de l’amour Me prendra pour toujours Elle m’appelle par mon nom Quand soudain je perds la raison Est-ce un maléfice Ou l’effet subtil du cannabis? (…) La mort ouvrant sous moi ses jambes et ses bras S’est refermée sur moi Son corps m’arrache enfin les râles du plaisir Et mon dernier soupir. Serge Gainsbourg (Cannabis, 1970)
Avoir pour premier grand amour un tel homme fait que le retour à la réalité est terrible. A seize ans je découvrais des sommets et ne pouvais ensuite que tomber de ce piédestal. Constance Meyer
Pendant les cinq dernières années de sa vie, de 1985 à 1991, Serge Gains­bourg a fréquenté une jeune femme alors qu’il vivait avec Bambou. Elle s’ap­pelle Cons­tance Meyer, avait à l’époque 16 ans, soit quarante-et-un de moins que le chan­teur, et raconte tout dans un livre qui paraît demain, La Jeune Fille Et Gains­bourg, aux éditions de L’Ar­chi­pel.En 1985, cette fan de l’homme à la tête de chou se pointe comme de nombreux, et surtout nombreuses, fans au domi­cile du chan­teur pour y dépo­ser une lettre accom­pa­gnée de son numéro de télé­phone. Visi­ble­ment touché, Gains­bourg appelle la jeune fille et l’in­vite à dîner. Suivront cinq années d’une histoire d’amour qui durera presque jusqu’au décès de l’ar­tiste en 1991. Cons­tance Meyer précise que Bambou, qui parta­geait la vie de Gains­bourg à l’époque, était au courant de la situa­tion et s’en accom­mo­dait : à elle les week-ends, à Cons­tance le reste de la semaine. Gala (2010)
The suggestion that I’d slept with Tony Leung on set was a disgusting allegation. Jean-Jacques Annaud had a lot to do with that – he was trying to promote the film. Now, I would handle things very differently, but back then – when I was in the middle of it, and a kid, really – it was very, very hard. I felt exploited by him. He never dispelled the rumours. He would walk into a room and be ambiguous, which ignited the fire. Everywhere I went in the world, the rumour followed me. Jane March
L’Indochine, dans les années 1930. Une Française de 15 ans et demi vit avec sa mère, une institutrice besogneuse, et ses deux frères, pour lesquels elle éprouve un étrange mélange de tendresse et de mépris. Sur le bac qui la conduit vers Saïgon et son pensionnat, elle fait la connaissance d’un élégant Chinois au physique de jeune premier. L’homme a l’air sensible à son charme et le lui fait courtoisement savoir. Elle accepte de le revoir régulièrement. Dans sa garçonnière, elle découvre le vertige des sens. Il est follement épris, elle prétend n’en vouloir qu’à son argent. La mère de la jeune fille tolère tant bien que mal cette liaison… Télérama
She was only 18 when she made the movie, after being spotted by Annaud on the cover of Just Seventeen. He said he was captivated by ‘this little girl with a faintly bored air and the look of revolt in her eyes’. It was a look he set out to exploit. Within days of the film’s release in 1992, rumours abounded that Jane had actually made love on the set with her co-star Tony Leung during steamy scenes. To add fuel to the fire, Annaud suggested that his young star had been a virgin, but had gained experience before filming began. Jane was pursued on a worldwide promotional tour by the question: ‘Did she or didn’t she?’ Annaud did absolutely nothing to put an end to the speculation and Jane was dubbed ‘the Sinner from Pinner’, after the rather dreary London suburb in which she grew up. Meanwhile, those who had known her in Pinner became rich on stories sold to tabloid newspapers and Annaud grew in stature on the back of Jane’s ignominy, which generated huge publicity for the film. Jane says she felt violated, prostituted and abandoned by Annaud. She sobbed herself into a nervous breakdown and couldn’t bring herself to speak to the director for ten years. The Daily Mail
The elements in the story are the basic stuff of common erotic fantasies: Sex between strangers separated by age, race and social convention, and conducted as a physical exercise without much personal communication. (…) Jean-Jacques Annaud’s film treats them in much the same spirit as « Emmanuelle » or the Playboy and Penthouse erotic videos, in which beautiful actors and elegant photography provide a soft-core sensuality. As an entry in that genre, « The Lover » is more than capable, and the movie is likely to have a long life on video as the sort of sexy entertainment that arouses but does not embarrass. (…) Annaud and his collaborators have got all of the physical details just right, but there is a failure of the imagination here; we do not sense the presence of real people behind the attractive facades of the two main actors. (…) Like classic pornography, it can isolate them in a room, in a bed: They are bodies that have come together for our reveries. Roger Ebert
Smooth, hard and satiny-brown, the two bodies mesh with color-coordinated seamlessness, like a pants-shirt combo purchased at the Gap. The camera looks on from a respectful middle distance, lingering with discreet languor over the puddingy smoothness of breasts, buttocks, and bellies, the whole scene bathed in a late-afternoon haze of sunlight and shadow. Sex! Passion! Voluptuous calendar-art photography! It’s time, once again, for the highfalutin cinema tease — for one of those slow-moving European-flavored specials that promise to be not merely sexy but ”erotic,” that keep trying to turn us on (but tastefully, so tastefully), that feature two beautiful and inexpressive actors doing their best to look tortured, romantic, obsessed. (…) The Lover isn’t exactly Emmanuelle — the characters do appear to be awake when they’re coupling — yet it’s one more movie that titillates us with the prospect of taking sex seriously and then dampens our interest by taking it too seriously. Why do so many filmmakers insist on staging erotic encounters as if they were some sort of hushed religious ritual? The answer, of course, is that they’re trying to dignify sex. But sex isn’t dignified — it’s messy and playful and abandoned. In The Lover, director Jean-Jacques Annaud gives us the sweating and writhing without the spontaneity and surprise. (…) In The Lover, these two are meant to be burning their way through a thicket of taboos. Yet as characters, they’re so thinly drawn that it’s hard to see anything forbidden in what they’re doing. We’re just watching two perfect bodies intertwine in solemn, Calvin Klein rapture (which, admittedly, has its charm). Owen Gleiberman
Sur un sujet dérangeant – la prostitution d’une lycéenne des beaux quartiers –, le réalisateur signe un film élégant qui s’appuie sur le talent de Marine Vacth. La Croix (2013)
François Ozon’s new film is a luxurious fantasy of a young girl’s flowering: a very French and very male fantasy, like the pilot episode of the world’s classiest soap opera. There’s some softcore eroticism and an entirely, if enjoyably, absurd final scene with Charlotte Rampling, whose cameo lends a grandmotherly seal of approval to the drama’s sexual adventure. The Guardian
Palme d’Or à Cannes, le cinquième film d’Abdellatif Kechiche, secoué par plusieurs polémiques, évoque le devenir de deux jeunes femmes traversées par une passion amoureuse. (…) Au début du récit, Emma est étudiante aux Beaux-Arts, désireuse de s’inventer un avenir d’artiste-peintre ; Adèle, lycéenne, se rêve institutrice. L’une a les cheveux bleus, de l’assurance, de l’ambition et assume son orientation sexuelle. L’autre, plus jeune, plus terrienne, moins égocentrée, se découvre, reçoit de plein fouet cette passion « hors norme » qui la plonge dans un indicible trouble, au milieu de ses amis comme de sa famille.  La quête de jouissance qui accompagne cette relation donne lieu à deux longues scènes particulièrement explicites qui, elles aussi, ont suscité et susciteront la discussion. On peut les trouver crues, extrêmement appuyées, choquantes (le film, en salles, est interdit aux moins de 12 ans). Il en va ainsi du cinéma – aussi intransigeant que dérangeant – d’Abdellatif Kechiche, expérience émotionnelle, sensorielle, travail d’imprégnation progressive du spectateur, plutôt que de suggestion ou de démonstration. La Croix (2013)
Quand on a vu le film mercredi en public, quand on a découvert les scènes de sexe sur grand écran, on a été… choquées. On les a pourtant tournées. Mais, j’avoue, c’était gênant. (…) [Les conditions de tournage] C’était horrible. Léa Seydoux
C’était… bestial ! Il y a un truc électrique, un abandon… c’est chaud franchement ! (…) Je ne savais pas que la scène de cul allait durer 7 minutes, qu’il n’y aurait pas de musique. Là, il n’y a que nos respirations et le claquement de nos mains sur nos fesses ». (…) Il y avait parfois une sorte de manipulation, qu’il était difficile de gérer. Mais c’était une bonne expérience d’apprentissage, en tant qu’actrice. Adèle Exarchopoulos
Léa: The thing is, in France, it’s not like in the States. The director has all the power. When you’re an actor on a film in France and you sign the contract, you have to give yourself, and in a way you’re trapped.
Adèle: He warned us that we had to trust him—blind trust—and give a lot of ourselves. He was making a movie about passion, so he wanted to have sex scenes, but without choreography—more like special sex scenes. He told us he didn’t want to hide the character’s sexuality because it’s an important part of every relationship. So he asked me if I was ready to make it, and I said, “Yeah, of course!” because I’m young and pretty new to cinema. But once we were on the shoot, I realized that he really wanted us to give him everything. Most people don’t even dare to ask the things that he did, and they’re more respectful—you get reassured during sex scenes, and they’re choreographed, which desexualizes the act.
Léa: For us, it’s very embarrassing.
Adèle: At Cannes, all of our families were there in the theater so during the sex scenes I’d close my eyes. [Kechiche] told me to imagine it’s not me, but it’s me, so I’d close my eyes and imagined I was on an island far away, but I couldn’t help but listen, so I didn’t succeed in escaping. The scene is a little too long.
Léa: No, we had fake pussies that were molds of our real pussies. It was weird to have a fake mold of your pussy and then put it over your real one. We spent 10 days on just that one scene. It wasn’t like, “OK, today we’re going to shoot the sex scene!” It was 10 days.
Adèle: One day you know that you’re going to be naked all day and doing different sexual positions, and it’s hard because I’m not that familiar with lesbian sex.
Léa: The first day we shot together, I had to masturbate you, I think?
Adèle: [Laughs] After the walk-by, it’s the first scene that we really shot together, so it was, “Hello!” But after that, we made lots of different sex scenes. And he wanted the sexuality to evolve over the course of the film as well, so that she’s learning at the beginning, and then becomes more and more comfortable. It’s really a film about sexual passion—about skin, and about flesh, because Kechiche shot very close-up. You get the sense that they want to eat each other, to devour each other.
Adèle: (…) And the shoot was very long in general.
Léa: Five-and-a-half months. What was terrible on this film was that we couldn’t see the ending. It was supposed to only be two months, then three, then four, then it became five-and-a-half. By the end, we were just so tired.
Adèle: For me, I was so exhausted that I think the emotions came out more freely. And there was no makeup artist, stylist, or costume designer. After a while, you can see that their faces are started to get more marked. We shot the film chronologically, so it helped that I grew up with the experiences my character had.
Léa: It was horrible.
Adèle: In every shoot, there are things that you can’t plan for, but every genius has his own complexity. [Kechiche] is a genius, but he’s tortured. We wanted to give everything we have, but sometimes there was a kind of manipulation, which was hard to handle. But it was a good learning experience for me, as an actor.
Marlowe Stern: Would you ever work with Kechiche again?
Léa: Never.
Adèle: I don’t think so.
Adèle: Yeah, because you can see that we were really suffering. With the fight scene, it was horrible. She was hitting me so many times, and [Kechiche] was screaming, “Hit her! Hit her again!”
Léa: In America, we’d all be in jail.Adèle: (…) She was really hitting me. And once she was hitting me, there were people there screaming, “Hit her!” and she didn’t want to hit me, so she’d say sorry with her eyes and then hit me really hard.
Léa: [Kechiche] shot with three cameras, so the fight scene was a one-hour continuous take. And during the shooting, I had to push her out of a glass door and scream, “Now go away!” and [Adèle] slapped the door and cut herself and was bleeding everywhere and crying with her nose running, and then after, [Kechiche] said, “No, we’re not finished. We’re doing it again.”
Adèle: She was trying to calm me, because we shot so many intense scenes and he only kept like 10 percent of the film. It’s nothing compared to what we did. And in that scene, she tried to stop my nose from running and [Kechiche] screamed, “No! Kiss her! Lick her snot!” The Daily Beast
Nous devrions, a priori, nous réjouir (…) Hélas, et indépendamment de la qualité artistique du film, nous ne pourrons pas participer de cet enthousiasme : nos collègues ayant travaillé sur ce film nous ont rapporté des faits révoltants et inacceptables. La majorité d’entre eux, initialement motivés, à la fois par leur métier et le projet du film en sont revenus écœurés, voire déprimés. (…)  Certains ont abandonné « en cours de route », « soit parce qu’ils étaient exténués, soit qu’ils étaient poussés à bout par la production, ou usés moralement par des comportements qui dans d’autres secteurs d’activités relèveraient sans ambiguïté du harcèlement moral ». Le Spiac-CGT
On ne vient pas faire la promo à L.A quand on a un problème avec le réalisateur. Si Léa n’était pas née dans le coton, elle n’aurait jamais dit cela. Léa n’était pas capable d’entrer dans le rôle. J’ai rallongé le tournage pour elle. Léa Seydoux fait partie d’un système qui ne veut pas de moi, car je dérange. Abdellatif Kechiche
Je n’ai pas critiqué Abdel Kechiche, j’ai parlé de son approche. On ne travaillera plus ensemble. Léa Seydoux
Muet puisque absent des César du Cinéma 2014 d’où son film La Vie d’Adèle n’est reparti qu’avec un seul prix, soulevant bien des interrogations, Abdellatif Kechiche était en revanche tout sourire, en chair et en os, du côté de Las Vegas où se déroule actuellement le salon AVN, le rendez-vous incontournable de la planète porno. (…) Abdellatif Kechiche n’aurait pas tiré un trait sur un biopic immortalisant à l’écran Marylin Chambers. En septembre dernier, on apprenait en effet que Kechiche voulait adapter à l’écran « l’histoire de Marilyn Chambers, une star du porno américain des années 1970 qui a fait scandale en couchant à l’écran avec un Noir et qui est morte l’année de l’élection d’Obama ». Au salon de Las Vegas, Carla Cat résume sa rencontre avec le réalisateur : « Il s’intéresse beaucoup au porno. Il aurait apparemment un projet. » Pour Kechiche, comme il l’avait déclaré dans Télérama, l’histoire de Marylin Chambers est « une histoire magnifique, qui raconte l’Amérique moderne et montre comment des hommes et des femmes exerçant un métier que tout le monde regarde de travers ont fait bouger les mentalités ». Pure people
I think working with actors is a little bit how a chef would work with a potato or a piece of meat. You have to kind of have a look at the potato or the piece of meat and see what kind of possibilities are in the ingredient. I know I’m using the wrong metaphor. I think my job is to see what potato is there and from there, just work under their conditions. I don’t think I have forced anybody. Bjork I may have forced here and there. For the good of the film, I just need to give them what they need. Lars von Trier
Les cinéastes et auteurs français, européens, américains et du monde entier, tiennent à affirmer leur consternation. Il leur semble inadmissible qu’une manifestation culturelle internationale, rendant hommage à l’un des plus grands cinéastes contemporains, puisse être transformée en traquenard policier. Forts de leur extraterritorialité, les festivals de cinéma du monde entier ont toujours permis aux œuvres d’être montrées et de circuler et aux cinéastes de les présenter librement et en toute sécurité, même quand certains États voulaient s’y opposer. L’arrestation de Roman Polanski dans un pays neutre où il circulait et croyait pouvoir circuler librement jusqu’à ce jour, est une atteinte à cette tradition: elle ouvre la porte à des dérives dont nul aujourd’hui ne peut prévoir les effets. Pétition pour Romain Polanski (28.09.09)
Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : « Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses? » Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même. Daniel Cohn-Bendit (Grand Bazar, 1975)
La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. (…) Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre. Frédéric Mitterrand (”La mauvaise vie”, 2005)
J’étais chaque fois avec des gens de mon âge ou de cinq ans de moins. (…) Que vienne me jeter la première pierre celui qui n’a pas commis ce genre d’erreur. Parmi tous les gens qui nous regardent ce soir, quel est celui qui n’aurait pas commis ce genre d’erreur au moins une seule fois ? (…) Ce n’est ni un roman, ni des Mémoires. J’ai préféré laissé les choses dans le vague. C’est un récit, mais au fond, pour moi, c’est un tract : une manière de raconter une vie qui ressemble à la mienne, mais aussi à celles de beaucoup d’autres gens. Frédéric Mitterrand
C’est pas vrai. Quand les gens disent les garçons, on imagine alors les petits garçons. Ça fait partie de ce puritanisme général qui nous envahit qui fait que l’on veut toujours noircir le tableau, ça n’a aucun rapport. (…) Evidemment, je cours le risque de ce genre d’amalgame. Je le cours d’autant plus facilement ce risque-là puisqu’il ne me concerne pas. (…) Il faudrait que les gens lisent le livre et ils se rendraient compte qu’en vérité c’est très clair. Frédéric Mitterrand (émission « Culture et dépendances », le 6 avril 2005)
J’aurai raconté des histoires avec des filles, personne n’aurait rien remarqué. Frédéric Mitterrand
En tant que ministre de la Culture, il s’illustre en prenant la défense d’un cinéaste accusé de viol sur mineure et il écrit un livre où il dit avoir profité du tourisme sexuel, je trouve ça a minima choquant (…) On ne peut pas prendre la défense d’un cinéaste violeur au motif que c’est de l’histoire ancienne et qu’il est un grand artiste et appartenir à un gouvernement impitoyable avec les Français dès lors qu’ils mordent le trait. (…) Au moment où la France s’est engagée avec la Thaïlande pour lutter contre ce fléau qu’est le tourisme sexuel, voilà un ministre du gouvernement qui explique qu’il est lui-même consommateur. Benoît Hamon (porte-parole du Parti socialiste)
On ne peut pas donner le sentiment qu’on protège les plus forts, les connus, les notables, alors qu’il y a les petits qui subissent la justice tous les jours. Ce sentiment qu’il y a deux justices est insupportable.Manuel Valls (député-maire PS)
Qu’est-ce qu’on peut dire aux délinquants sexuels quand Frédéric Mitterrand est encore ministre de la Culture? Marine Le Pen (vice-présidente du FN)
A ce propos d’ailleurs, nous n’avons rien contre les homosexuels à Rue89 mais nous aimerions savoir comment Frédéric Mitterrand a pu adopter trois enfants, alors qu’il est homosexuel et qu’il le revendique, à l’heure où l’on refuse toujours le droit d’adopter aux couples homosexuels ? Pourquoi cette différence de traitement? Rue 89
C’est une affaire très française, ou en tout cas sud-européenne, parce que dans les cultures politiques protestantes du nord, Mitterrand, âgé de 62 ans, n’aurait jamais décroché son travail. Son autobiographie sulphureuse, publiée en 2005, l’aurait rendu impensable. (…) Si un ministre confessait avoir fréquenté des prostituées par le passé, peu de gens en France s’en offusquerait. C’est la suspicion de pédophilie qui fait toute la différence. (…) Sarkozy, qui a lu livre en juin [et] l’avait trouvé  » courageux et talentueux » (…) s’est conformé à une tradition bien française selon laquelle la vie privée des personnes publiques n’est généralement pas matière à discussion. Il aurait dû se douter, compte tenu de la médiatisation de sa vie sentimentale, que cette vieille règle qui protège les élites avait volé en éclats. Charles Bremmer (The Times)
David Bowie was a musical genius. He was also involved in child sexual exploitation. In the 1970s, David Bowie, along with Iggy Pop, Jimmy Page, Bill Wyman, Mick Jagger and others, were part of the ‘Baby Groupies’ scene in LA. The ‘Baby Groupies’ were 13 to 15 year old girls who were raped by male rock stars. The names of these girls are easily searchable online but I will not share them here as all victims of rape deserve anonymity. The ‘Baby Groupie‘ scene was about young girls being prepared for sexual exploitation (commonly refereed to as grooming) and then sexually assaulted and raped. Even articles which make it clear that the music industry ” ignor(ed), and worse enabl(ed), a culture that still allows powerful men to target young girls” celebrate that culture and minimise the choices of adult men to rape children and those who chose to look away. This is what male entitlement to sexual access to the bodies of female children and adults looks like. It is rape culture. David Bowie is listed publicly as the man that one teenage girl ‘lost her virginity’ too.* We need to be absolutely clear about this, adult men do not ‘have sex’ with 13 to 15 year old girls. It is rape. Children cannot consent to sex with adult men – even famous rock stars. Suggesting this is due to the ‘context’ of 70s LA culture is to wilfully ignore the history of children being sexually exploited by powerful men. The only difference to the context here was that the men were musicians and not politicians, religious leaders, or fathers. David Bowie was an incredible musician who inspired generations. He also participated in a culture where children were sexually exploited and raped. This is as much a part of his legacy as his music. Louise Pennington
When we treat public figures like gods, we enable the dangerous dynamic in which famous men prey on women and girls. Bowie is part of a long line of male stars who have used their fame to take advantage of vulnerable women. Among the many celebrities who have allegedly slept with girls under the age of consent are Elvis Presley (Priscilla Beaulieu, 14), Marvin Gaye (Denise Gordy, 15), Iggy Pop (Sable Starr, 13) and Chuck Berry (Janice Escalanti, 14). R. Kelly, Woody Allen and Roman Polanski, have all been accused or convicted of sexually assaulting minors, which differs from statutory rape in that it involves force. And of course, celebrities’ sexual crimes are not limited to teenagers. The cases of Bill Cosby and Jian Ghomeshi, who both allegedly used their high profiles to sexually abuse women, are currently before the legal system. Obviously, Bowie is not in the same league as Bill Cosby, if only because Mattix, known as one of the famous “baby groupies,” doesn’t seem remotely unhappy about her experiences with Bowie. They were both part of the ‘70s rock star scene on L.A’s Sunset Strip, where blowjobs and quaaludes were given out like handshakes. Mattix looks back fondly on the experience, calling it “beautiful” in a recent interview with Thrillist. She looks back less fondly on her relationship with Jimmy Page, who allegedly kidnapped and locked her up in a hotel room. But it’s still important to acknowledge that what Bowie did was illegal. Consent laws are in place because, unlike Mattix, too many underage girls end up traumatized by the sexual experiences they have with older men. Many of those who “consented” as teens realize later that they were exploited and controlled by their older lovers. It’s incredibly hard for any victim of sexual assault to come forward, but when your perpetrator is a beloved public figure, your story becomes even more unbelievable. We know rapists don’t fit one mould, yet we’re incredulous when a person’s crimes don’t match our image of them. This phenomenon is particularly heightened with celebrities. (…) You can both write a catchy pop song and like underage sex. But too often we mistake a person’s talent for who they are as people. Celebrities know this and take advantage of the protection that comes with being a beloved public figure. As a result, their victims suffer in silence. We should acknowledge that Bowie slept with an underage woman to acknowledge his humanity. Yes, his talent was exceptional. No, he was not a monster. But we should never glorify celebrities to the point that we refuse to acknowledge that they’re capable of ugly acts. Otherwise, we send a message to the alleged victims of Roman Polanski, R. Kelly and Jian Ghomeshi that entertainment is more valuable than justice. Angelina Chapin
Since the death of David Bowie on January 10th, fans and media have dissected much of his musical and cultural legacy. Bowie stands as a towering figure over the last 45 years of music, and as a celebrity famous for an ever-changing, enigmatic approach to his life and art, there is much to be analyzed in the wake of his passing. But not all of it is pleasant or even musical. One uncomfortable facet of the iconic rocker’s past has suddenly been thrust into the center of the dialogue, and it’s raised questions about both Bowie and the world that has enabled him and so many others. The high-profile controversies surrounding contemporary stars like R. Kelly (who was famously accused of statutory rape and taken to court on child pornography charges in the early 2000s) and the backlash against rapper Tyga (following his relationship with a then-underage Kylie Jenner) have led to a broader discussion surrounding legal consent and adult male stars who engage in predatory behavior. And since his death, more fans and commentators have had to question Bowie’s own past with teen girls as well. (…) Rock star escapades from that period have been glamorized for decades with no regard for how disturbing or illegal the behavior was. It became a part of the mythos—a disgusting testament to how little the writers documenting the happenings of the day cared about taking their heroes to task. And it was right there in the music itself: The Rolling Stones sang about underage girls in “Stray Cat Blues” and Chuck Berry glorified the teenage “groupie” in “Sweet Little Sixteen” a decade earlier. But we can’t look at it with those same eyes today—not if we are sincere about protecting victims and holding celebrities accountable. It’s convenient to go after Tyga and R. Kelly when we see hashtags or trending stories, and their behavior warrants every bit of scrutiny and criticism it’s gotten. But we cannot write off the alarming behavior of superstars past just because they’re now older, greyer or in the case of Bowie, newly-departed. Because this behavior didn’t start with contemporary hip-hop and R&B acts. In addition to her time with Bowie, Mattix was also statutory raped by Led Zeppelin guitarist Jimmy Page. In the book Hammer Of the Gods, former Zeppelin road manager Richard Cole claimed that the rocker tasked him with kidnapping the teen girl. He allegedly escorted her from a nightclub and thrust her into the back of Page’s limo with the warning of stay put or “I’ll have your head.” Page kept Mattix hidden for three years to avoid legal trouble. Mattix still romanticizes her experiences with these very adult men (“It was magnificent. Can you believe it? It was just like right out of a story! Kidnapped, man, at 14!” she stated in Hammer Of the Gods) but there is no doubt that what both Page and Bowie did was unacceptable. That it was glamorized in magazines like Creem and glossed over in films like Almost Famous speaks to cultural irresponsibility. So much of our culture turns a blind eye or gleefully endorses the hypersexualizing of teen girls. And when the stories are anecdotal as opposed to ripped from the headlines, it can be easy to dismiss and minimize the acts of artists like Bowie and Page as something “of the time.” But statutory rape laws existed even in the coke-fueled hedonism of the 1970s—because someone had to be protective of young girls who were susceptible to predators with big hair and loud guitars. But as it turns out, no one cared about protecting these girls; they were too busy mythologizing the rockers who were abusing them. Early rock ‘n’ rollers Chuck Berry and Jerry Lee Lewis both saw their careers sullied by headlines involving underage girls: Lewis revealed that he was married to his 13-year-old cousin in 1958 and was subsequently blacklisted from radio, while Berry was arrested and found guilty of transporting an underage girl across state lines for immoral purposes, spending two years in jail in 1960. Eagles drummer and vocalist Don Henley was arrested in 1980 in Los Angeles and charged with contributing to the delinquency of a minor after paramedics were called to his home to save a naked 16-year-old girl who was overdosing on cocaine and Quaaludes. He was fined $2,000, given two years’ probation, and ordered into a drug counseling program. Rocker turned right-wing caricature Ted Nugent sought out underage girls, going so far as to become the legal guardian of Pele Massa when she was 17 just to be able to duck kidnapping charges. Prince kept Anna Garcia, aka “Anna Fantastic,” with him at his Paisley Park compound when she was a teenager. She would ultimately become the subject of several of his late ‘80s/early ‘90s works, like “Vicki Waiting” and “Pink Cashmere,” which he wrote for Anna on her 18th birthday. (…) Prince dated Mayte Garcia shortly thereafter, a dancer he met when she was 16. “When we met I was a virgin and had never been with anybody,” she told The Mirror last year. The two would marry in 1996, when Mayte was 22. Unlike Anna, Mayte insists Prince didn’t pursue her seriously until she was 18. (…) There have been varying stories surrounding the relationship between a young Aretha Franklin and the late Sam Cooke. She has indicated in interviews that things between them became romantic, but in his unauthorized biography, David Ritz indicated that their first encounter occurred when she was only 12 years old and visited Cooke in his motel room in Atlanta. In the Sam Cooke Legends television documentary, Aretha recalled an incident involving her being in Cooke’s room, but indicated that her father interrupted what was likely going to be a sexual encounter. (…) Marvin Gaye met Janis Hunter around the time of her 17th birthday, and the still-married Motown star pursued the teenager immediately. According to Hunter’s 2015 memoir After The Dance, Gaye took her to an Italian restaurant in Hollywood and bribed the waiter $20 to bring the underage girl apricot sours. He had sex with her shortly thereafter, and the two began a relationship, despite a 17-year age difference and the fact that Marvin was still legally married to his first wife, Anna Gordy. Gaye would famously write “Let’s Get It On” in tribute to his lust for Jan. Shortly after giving birth to a daughter, Nona, Jan and Marvin were featured in a November 1974 issue of Ebony when she was 18. They would marry in 1977, after Marvin’s divorce from Anna was finalized; but Janis would leave the singer in 1981. We can dismiss all of this as just the “way things were back then.” We can pretend that we haven’t heard countless songs about young “Lolitas” who were “just seventeen—you know what I mean.” We can ignore the racial implications in the mainstream media’s relative silence on rockers’ histories of statutory rape and its glorification. But the next time you watch Almost Famous, take note of how much younger most of the Band Aids seem compared to the world-weary rockers that are repeatedly shown taking them to bed (Kate Hudson’s Penny Lane says she’s 16 in the film). Note how the movie casually nods to Page and Mattix in a scene at the infamous Hyatt “Riot House” on Sunset Strip. And think about how many girls would’ve been better off had someone given a damn way back when, as opposed to just fawning over a guitarist with some hit songs. Former Rolling Stones bassist Bill Wyman infamously began seeing 13-year-old Mandy Smith in 1983. According to Smith, Wyman had sex with her when she was 14. They married when she turned 18 in 1989; they divorced in 1991. She spoke about her time with the ex-Stone in an interview with The Daily Mail in 2010. “It’s not about being physically mature. It’s emotional maturity that matters,” she stated, after making it clear that she regrets what happened to her. “I don’t think most 16-year-olds are ready. I think the age of consent should be raised to 18 at a minimum, and some girls aren’t even ready then.” The Daily Beast
While the UK in 2015 inexplicably draws a line at girlhood sexuality on screen, it’s San Francisco in the 1970s that provides the film’s own context – with all the temptation for nostalgic glaze that this could offer a contemporary mindset. But elsewhere in California in those years, certain teenage girls went way beyond a cut-out-and-keep relationship to the frenzied rock scene’s most desirable. They hung out on Sunset Boulevard, L.A. There you’d find the self-dubbed foxy ladies, better known in the backstage of our cultural consciousness as baby groupies: the group of teenage high schoolers who ruled over a particular mile of Sunset Boulevard in the early 70s. The queens of the scene were close confidantes Sable Starr and Lori Lightning, who, along with other teen-aged names like Shray Mecham and Queenie Glam, slept with and dated the likes of David Bowie, Jimmy Page, Mick Jagger, Jeff Beck, Marc Bolan, Alice Cooper, Robert Plant and Iggy Pop. They were, in news that will destroy your idols, very young: Starr was 14 years old when she started hanging out on the Strip, with a 13 year old Lori Lightning (real name Mattix) joining the now established gang soon afterwards. The hangouts of choice were spots like the Rainbow Bar and Grill, Whiskey a Go Go and the E Club ­– later renamed Rodney Bingenheimer’s English Disco. The latter club was the preferred enclave for the era’s strange new musical breed – where, as Bowie would later enthuse to Details magazine, glam rock stars and their devotees could parade their “sounds of tomorrow” dressed in “clothes of derision.” The scene was documented by the controversial, short-lived publication Star, a tome that took teenage magazine tropes to their extreme: inside, you’ll find all the usual short stories, style guides and “How to approach your crush” articles, except in this case the stories tell of romantic backstage fantasies, how to dress to catch your “superfox”, and even a step-by-step nose-job diary (in the mag’s own words, “no dream is too far-out”). Beloved by adolescent aficionados everywhere, it wasn’t long, of course, before concerned parents were knocking the publisher’s door down – five issues long, in fact. Thanks to dedicated archive digger Ryan Richardson you can gape at every single issue online – including an interview with Starr and Queenie, in the final issue, that records for posterity the startling, angsty conviction of these ultimate mean girls. (…) But even more striking than the magazine’s laugh out loud, irreverent take on the scene – in its own words, “relief from all that moral-spiritual-ethical-medical-advice” – are the clothes. (…) Star was, needless to say, a heavily glamorised chronicle of the teenage groupie girls who frequented its pages – wilfully ignoring, and worse enabling, a culture that still allows powerful men to target young girls. But like any history that plays out in the margins – in the backstage of rock music’s mythmaking – there are conflicting accounts as to how well or badly off the girls were. Lori Lightning, who claims to have fallen in love with Jimmy Page aged 14, has no regrets. As she tells fellow ex-groupie Pamela des Barres in the latter’s book, “It was such a different time – there was no AIDS – and you were free to experiment.” Nobody can ask Starr, now – the ballsy queen of the babies eventually got clean and had kids, but died aged 51 in 2009. Even now, there’s a kind of power to be found somewhere amid the gushing interviews and romanticised editorials of Star. Addressing its teen readers without patronising them, Star cut straight to the heart of the sexual desires of girlhood like no other magazine would dare. Sexually forward in their dress and their attitude, the groupies adopted acceptable male traits to go out and get what they wanted. By channelling the stars of the Sunset Strip, the magazine empowered readers to approach humdrum high school life with the same fearlessness. Though not exactly feminist in its boy-getting tips – “I’d scratch any girl’s eyes out for a guy I want” – the message that boys shouldn’t have all the fun is loud and clear. As one reader writes in of the frustrating sexual double standard, “Guys can take their going steady rings and rules and shove it up their noses!” (…) Iggy Pop (…) slept with Starr when she was just 13, and, horribly, later wrote a song about it. His words are worryingly relevant to our own fetish for history’s visuals without their story – style divorced from context, worth a fleeting Instagram like and then on to the next. Our preference for rose-tinted glasses – especially de rigour heart-shaped ones, fit for a foxy lady – is hugely problematic. But flicking through Star magazine, you begin to see its role as a link between the innocent teenyboppers of the 60s, and the rise of badass female frontwomen in the 70s and beyond. Joan Jett was first spotted on the Boulevard, outside the Rainbow Grill. Later on, Grace Jones and Courtney Love are just two examples of powerful artists who were sexually upfront in their fashion, and did things entirely on their own terms. Dazed (Aug. 10, 2015)
The dregs of the sexual revolution were what remained, and it was really sort of a counterrevolution (guys arguing that since sex was beautiful and everyone should have lots everything goes and they could go at anyone; young women and girls with no way to say no and no one to help them stay out of harmful dudes’ way). The culture was sort of snickeringly approving of the pursuit of underage girls (and the illegal argument doesn’t carry that much weight; smoking pot is also illegal; it’s about the immorality of power imbalance and rape culture). It was completely normalized. Like child marriage in some times and places. Which doesn’t make it okay, but means that, unlike a man engaged in the pursuit of a minor today, there was virtually no discourse about why this might be wrong. It’s also the context for what’s widely regarded as the anti-sex feminism of the 1980s: those women were finally formulating a post-sexual-revolution ideology of sex as another arena of power and power as liable to be abused; we owe them so much. Lori Maddox
For San Francisco in particular and for California generally, 1978 was a notably terrible year, the year in which the fiddler had to be paid for all the tunes to which the counterculture had danced. The sexual revolution had deteriorated into a sort of free-market free-trade ideology in which all should have access to sex and none should deny access. I grew up north of San Francisco in an atmosphere where once you were twelve or so hippie dudes in their thirties wanted to give you drugs and neck rubs that were clearly only the beginning, and it was immensely hard to say no to them. There were no grounds. Sex was good; everyone should have it all the time; anything could be construed as consent; and almost nothing meant no, including “no.” “It was the culture,” she wrote. “Rock stars were open about their liaisons with underage groupies.” It doesn’t excuse these men to note that there was an overwhelming, meaningful, non-dismissible sense in this decade that sex with young female teenagers was if not explicitly desirable then certainly OK. Louis Malle released “Pretty Baby” in 1978, in which an 11-year-old and sometimes unclothed Brooke Shields played a child prostitute; in Manhattan, released the following year, director Woody Allen paired his middle-aged character with a 17-year old; color photographer David Hamilton’s prettily prurient photographs of half-undressed pubescent girls were everywhere…at the end of the decade Playboy attempted to release nude photographs of a painted, vamping Shields at the age of 10 in a book titled Sugar and Spice. […] In 1977, Roman Polanski’s implicit excuse for raping a 13-year-old girl he had plied with champagne and quaaludes was that everyone was doing it. Polanski had sequestered his victim at Jack Nicholson’s Bel Air house on the grounds that he was going to take pictures of her for French Vogue. Polanski’s victim pretended she had asthma to try to get out of his clutches. It didn’t work. Afterward, he delivered the dazed, glassy-eyed child to her home, he upbraided her big sister for being unkind to the family dog. Some defended him on the grounds that the girl looked 14. Reading Solnit on this, you can understand how Lori Maddox could have possibly developed not just a sincere desire to fuck adult men but the channels to do it basically in public; why an entire scene encouraged her, photographed her, gave her drugs that made all of it feel better, loved her for it, celebrated her for it, for years. (…) It is Maddox who interests me, in the end, not Bowie. But if there’s an argument for labeling Bowie a rapist that gets me, it’s how much I owe to the inflexible spirit that calls for it. Look, what a miracle; we are talking about this, when out of all the interviews Bowie gave in his life, he seems to never have been asked on the record about Maddox or any of the other “baby groupies,” or to have said a thing about Wanda Nichols after the case was dismissed. Jezabel

Attention, un scandale peut en cacher bien d’autres  !

En ces temps étranges …

Où l’on dénonce d’un côté comme le plus rétrograde les mutilations sexuelles que l’on prône de l’autre comme summum du progrès

Où l’on fustige chez certains les mariages forcés d’enfants tout en imposant par la loi à d’autres le mensonge et l’aberration de l’imposition de « parents de même sexe »

Où le long silence coupable sur la pédophilie que l’on condamne dans l’Eglise catholique se mue en complaisance douteuse pour les relations proprement incestueuses de certains de nos happy few, responsables politiques compris  …

l’irresponsabilité la plus débridée dans l’habillement comme dans le comportement ou le langage cotoie la pudibonderie la plus rétrograde dans les relations hommes-femmes …

Et à l’heure où la vérité semble enfin sortir sur les pratiques supposées du photographe David Hamilton

Alors que dans la plupart des pays les plus problématiques de ses oeuvres continuent à être publiées …

Qui rappelle …

Dans le climat général qui a permis de tels actes …

Et notamment dans la tant célébrée révolution sexuelle des années 60 …

La part de la musique et du cinéma qui l’ont si fièrement portée …

De ces Rolling Stones ou Bowie (ou notre propre Gainsbourg), Woodie Allen ou Malle, De Niro,  Kinski ou Annaud

Qu’oubliant leurs multiples Lorie Maddox ou Sheryl Brookes, l’on continue de fêter ou d’enterrer royalement …

Et surtout derrière l’inévitable phénomène de « groupies » que produit, sport, politique, religion et conquête spatiale compris, toute adulation des foules …

La vérité suggérée dans tant de chansons …

Mais explicitée dans le célèbre « Midnight rambler » des Rolling Stones …

Et d’ailleurs déjà envisagée dans le non moins célèbre « Lolita » de Nabokov …

Derrière le rock ‘n’ roll show …

A savoir, outre l’évidente apologie de la pédophilie, la violence sexuelle, voire le viol ?

Chapin: David Bowie’s magnetism had a dark side

Propos recueillis par Marie-France Chatrier

Il y a vingt-cinq ans, Constance Meyer a vécu une histoire avec le chanteur qu’elle raconte dans un livre paru récemment, « La jeune fille et Gainsbourg » (éd. l’Archipel). Nous avons rencontré cette jeune femme aujourd’hui amoureuse et mère de famille. A peine assise, avant que l’on pose la première question, elle s’inquiète : « Surtout ne faites pas un papier trash sur notre relation qui ne ressemblait en rien à cela »… Extraits.

La rencontre

En 1985, Constance a 16 ans. Ses parents sont professeurs de faculté, elle est bonne élève au lycée Victor Duruy. « Je deviens adulte doucement auprès de ma mère, divorcée, entourée de mes frères. Un jour, sur mon Walkman, j’entends « Love on the Beat ». Le choc. Vacances en Californie l’été qui suit, je ne fais qu’écouter ce titre qui, pour moi, est une révolution. »

A la rentrée des classes, elle découvre que Gainsbourg chante au Casino de Paris. « J’enfourne mon Ciao, une heure avant le concert, il reste quelques places dans le fond de la salle. Je prends. Quand la lumière s’éteint, je rampe jusqu’au premier rang, jusqu’à toucher la scène. » « Pour moi ce type sur scène c’est une évidence, il m’est familier. On est comme cela à l’adolescence, entier. » Elle retourne le voir quatre fois.

Un signe du destin

« Ma prof d’italien nous dit qu’elle habite rue de Lille, à côté de chez Serge… Je suis dubitative, je le lui dis. « Allez donc au 5 bis, rue de Verneuil si vous ne me croyez pas », me répond-t-elle. Je m’y précipite, la maison, les tags, aucun doute. Je sonne. Pas de réponse… Sur le trottoir d’en face, j’ouvre mon sac à dos et je lui écris. Cinq pages pour dire toute ma passion, mon engouement pour sa musique, je donne mon numéro de téléphone et je termine par « Quelle folie !»  »

Il est 14 h 30 à quand elle glisse la lettre sous la porte. Elle rentre chez elle faire ses devoirs.

17 h, le téléphone sonne, elle répond.

– Pourrais-je parler à Constance ?

– C’est moi…

– C’est l’homme qui a reçu la lettre… Elle est bien écrite, elle m’a touché. J’aimerais bien te rencontrer. Tu veux venir dîner avec moi ce soir?

Elle lui propose le lendemain, sa mère doit sortir….

Le RDV

5 décembre, 20 heures: elle sonne trois fois chez lui (c’est le code).

« Si je suis intimidée , il l’est plus que moi encore. Les silences s’enchaînent, il me propose d’écouter le dernier disque de Jane « Quoi ». Il met la musique à fond. Il m’emmène Chez Ravi, un indien délicieux rue de Verneuil. Tout le monde le connaît. En entrant dans le restaurant je repère un garçon qui est dans ma classe : Bertil Scali. Au restaurant, Serge, toujours timide, me raconte une foule d’histoires drôles parce qu’il ne sait trop quoi me dire. Moi je le trouve irrésistible. A la fin du repas, je lui avoue que je ne comprends pas ce que veut dire « Je t’aime moi non plus ». Une Chanson devenue un film. Il me propose de venir le voir chez lui, en cassette.

Je découvre l’étage de son hôtel particulier: moquette noire au sol avec de gros motifs blancs. Je visite sa petite bibliothèque : livres précieux, objets et sa vieille machine à écrire Remington… Il y a aussi sa collection de poupées anciennes, la salle de bain de Jane restée intacte depuis leur séparation… Serge me dit de m’installer sur le lit et je découvre les merveilles d’une technique ultra inconnue de moi : un écran descend du plafond, il lance le film et s’en va téléphoner, vaquer à ses occupations. Quand le film est terminé, il me propose de voir « Equateur », son second long-métrage…

Je suis épuisée quand le film se termine. Serge me propose de rester dormir, nous dormons ensemble. Au matin, Fulbert son homme de ménage a préparé du café… Serge a du travail … on se quitte… Sur le pas de la porte, il me fait un signe de la main quand je démarre mon Ciao .

Ils deviennent amants

Mars 1986 : « Je passe chez lui, sonne trois fois, pas de réponse. J’écris sur son mur un poème pour qu’il le voit… Il me rappelle… Me propose notre second dîner. Après le restaurant créole, cette fois, rue de Verneuil, on rentre, on parle, on se rapproche. Je découvre sa gentillesse, sa douceur, sa faculté à mettre en valeur la personne avec laquelle il se trouve… D’une certaine façon il me rend plus belle, plus importante en me mettant tellement en valeur… Sa chambre, son film préféré « Les sentiers de la gloire » de Kubrick, le lit gigantesque recouvert de vison, les bouteilles de parfum Guerlain. Je me sens bien, déjà familière en ce lieu. Après le film, il me demande si je veux faire « dodo avec lui »… J’en meurs d’envie. C’est tendre… »

« J’ai presque 17 ans, une vraie maturité, Serge ne fait pas son âge, il n’a pas d’âge. »

L’histoire se poursuit cinq ans « régulièrement », dit-elle. Beaucoup de lettres (il n’y a pas de portable à l’époque), beaucoup de télégrammes.

« Je le retrouve en fin d’après-midi, chez lui, en studio, en tournage, à l’hôtel. On reste toute la nuit ensemble, on dort peu, on parle énormément… Il me raconte sa vie, me parle de sa solitude, de ses moments de déprime, de ses doutes. »

«Il dit ne pas connaître le bonheur… Il a un stock d’anecdotes incroyables que j’adore écouter… Quand il parle de sa mère, il pleure. Il parle de sa première femme, de ses enfants, de Jane et de sa rencontre avec Bambou… et aussi de Charlotte et de Lulu. »

Elle assiste à de nombreux épisodes connus, souvent cachée dans les coulisses. Elle est ainsi présente sur le plateau de Michel Drucker quand il dit à Whitney Houston « I want to fuck you ». Malgré, ou peut-être à cause de l’éducation stricte qu’il a reçu, Serge adore la trangression. Sur « Tenue de Soirée » , elle est en studio avec Bertrand Blier, Serge compose sur un clavier électronique. Elle dit l’avoir vu dicter d’une traite le synopsis de « Charlotte Forever » à une dactylo.

Au fur et à mesure que leur histoire avance, Serge la transforme physiquement, lui demande de s’habiller autrement, de ne plus porter de vêtements informes, de se couper les cheveux.

Elle dit n’avoir que très peu connu Gainsbarre… Ce qu’elle a vu elle c’est un homme qui n’a jamais cessé d’être un enfant, timide, doux. Jamais blasé.. Quand un gamin de six ans le reconnaît dans la rue, cela le met en joie, de même lorsqu’il entend ses chansons à la radio.

« De ma vie je n’ai jamais rencontré un homme aussi généreux, attentionné et drôle. Dépourvu de vulgarité, de méchanceté. Un dandy, avec une allure folle et unique. Depuis je n’ai jamais cessé de chercher un tel homme. Si je pense à Serge , je pense à son eau de toilette Van Cleef &Arpels pour homme , bouteille noire. Il a en six exemplaires, la même veste, le même jean, les mêmes Repetto. Et détail important: il relève toujours le col de sa veste ou de sa chemise.

Il a beaucoup souffert de sa laideur; d’elle il dit : « Elle a ceci de supérieur sur la beauté c’est qu’elle dure. » Les deux dernière années, Serge fume de plus en plus, des Gitanes qu’il allume avec un Zippo, boit de l’alcool, beaucoup de pastis.

C’est en tournant « Charlotte For Ever » que la fille de Gainsbourg rencontre Constance. Celle-ci est couchée dans une chambre de l’hôtel Raphaël où elle a dormi avec Serge. « J’ai beaucoup attendu les appels de Serge pendant toutes ces années. Je ne sais jamais quand je vais le revoir. »

Dernier Acte

1989 à 1991: Plusieurs hospitalisations. Serge doit arrêter de fumer, de boire. Il est déprimé, il a peur de perdre la vue. Il se referme sur lui-même.

Dernier appel en décembre 1990… Il fume et boit à nouveau. Parle de la mort en blaguant. Dit qu’il faudrait faire un musée de sa maison, après.

« Il est mort avant de vieillir, tu es encore jeune, tu as 62 ans », lui dit-elle.

« Avoir pour premier grand amour un tel homme fait que le retour à la réalité est terrible. A seize ans je découvrais des sommets et ne pouvais ensuite que tomber de ce piédestal. »

« La jeune fille et Gainsbourg », de Constance Meyer, éd. de l’Archipel, 160 pages. 14,95 euros.

Voir de même:

Masterpiece

The Stars of ‘Blue is the Warmest Color’ On the Riveting Lesbian Love Story
It’s the interview that sparked a huge fight between director Abdellatif Kechiche and actress Léa Seydoux. The 10-minute graphic lesbian sex scene in the masterful French Drama ‘Blue is the Warmest Color,’ winner of the Palme d’Or, stunned Cannes. At Telluride, Marlow Stern spoke to the film’s two onscreen lovers about ‘that scene’ and why they’ll never work with Kechiche again.
Marlow Stern
The Daily Beast
09.01.13

Film festival reviews are, as is their wont, often prone to hyperbole. Even the most weathered of movie critics can get swept up in the wonder of it all.

But make no mistake about it: the French drama Blue is the Warmest Color is filmmaking—and acting—of the highest order.

Directed by Abdellatif Kechiche, and based on a graphic novel by Julie Maroh, Blue tells the story of Adèle (Adèle Exarchopoulos), an awkward but beautiful 15-year-old girl whose initial sexual forays leave much to be desired. All that changes when she crosses paths with Emma (Léa Seydoux), a blue-haired college student studying art. It’s love—or is it lust?—at first sight, and before long, the two are inseparable. But, like any first love, the pair’s hidden quirks and desires begin to reveal themselves, and they struggle to remain afloat.

In a Cannes Film Festival first, the Palme d’Or was awarded to the entire Blue is the Warmest Color team—Kechiche, Exarchopoulos, and Seydoux—and the three-hour film has received universal praise from critics and audiences alike for its honest and poignant portrayal of first love.

The film’s two stars, who deliver two of the best performances of the year, sat down with Marlow Stern at the Telluride Film Festival to discuss the hellish-sounding making of the film, including why they’re embarrassed by the film’s talked-about 10-minute sex scene, and how they were terrorized on set by Kechiche. 

Do you remember the first time you thought you were in love?

Léa: For me, I was maybe ten years old. I was in love with my cousin, I remember. Every time he came in, I could feel my heart beating so fast. At the time, I was crazy about Barbie but I was kind of a tomboy, so I was hiding my passion for Barbie’s because he said, “I hate girls who like Barbies.” I told him my favorite color was blue, even though it was pink. Once, I remember he came in and saw me playing with my Barbies and I turned red and felt so embarrassed.

Adèle: The first people that I started to feel something for in that way were my cousins, too. You go on vacation with them, spend a lot of time with them, and they’re a little bit older than you. But when I really fell in love and discovered how stupid you can be and everything, I was about 14. But it was a bad story. I regret it.

This is a very immersive role that demanded a lot from both of you. You must have had a lot of trust in Kechiche before signing on to this.

Léa: The thing is, in France, it’s not like in the States. The director has all the power. When you’re an actor on a film in France and you sign the contract, you have to give yourself, and in a way you’re trapped.

Adèle: He warned us that we had to trust him—blind trust—and give a lot of ourselves. He was making a movie about passion, so he wanted to have sex scenes, but without choreography—more like special sex scenes. He told us he didn’t want to hide the character’s sexuality because it’s an important part of every relationship. So he asked me if I was ready to make it, and I said, “Yeah, of course!” because I’m young and pretty new to cinema. But once we were on the shoot, I realized that he really wanted us to give him everything. Most people don’t even dare to ask the things that he did, and they’re more respectful—you get reassured during sex scenes, and they’re choreographed, which desexualizes the act.

Right. They pause the action for new camera angles, etc.

Adèle: Exactly. I didn’t know [Léa] in the beginning, and during the first sex scene, I was a little bit ashamed to touch her where I thought I wanted, because he didn’t tell us what to do. You’re free, but at the same time you’re embarrassed because I didn’t really know her that well.

Wait. You two didn’t meet at all before filming?

Adèle: We met once for a camera test before, since she was already cast, but that was it until the shoot.

And was it difficult to shoot that 10-minute sex scene? I don’t remember the last time I’ve seen a sex scene that long in a movie—gay or hetero.

Léa: For us, it’s very embarrassing.

Adèle: At Cannes, all of our families were there in the theater so during the sex scenes I’d close my eyes. [Kechiche] told me to imagine it’s not me, but it’s me, so I’d close my eyes and imagined I was on an island far away, but I couldn’t help but listen, so I didn’t succeed in escaping. The scene is a little too long.

Were the sex scenes between you two unsimulated? They look so real.

Léa: No, we had fake pussies that were molds of our real pussies. It was weird to have a fake mold of your pussy and then put it over your real one. We spent 10 days on just that one scene. It wasn’t like, “OK, today we’re going to shoot the sex scene!” It was 10 days.

Adèle: One day you know that you’re going to be naked all day and doing different sexual positions, and it’s hard because I’m not that familiar with lesbian sex.

Me either.

Léa: The first day we shot together, I had to masturbate you, I think?

Adèle: [Laughs] After the walk-by, it’s the first scene that we really shot together, so it was, “Hello!” But after that, we made lots of different sex scenes. And he wanted the sexuality to evolve over the course of the film as well, so that she’s learning at the beginning, and then becomes more and more comfortable. It’s really a film about sexual passion—about skin, and about flesh, because Kechiche shot very close-up. You get the sense that they want to eat each other, to devour each other.

So are you two really good friends now? You know each other a lot more intimately than I know most of my friends.

Adèle: Yeah! [Laughs] Thankfully we’re friends.

And the shoot was very long in general.

Léa: Five-and-a-half months. What was terrible on this film was that we couldn’t see the ending. It was supposed to only be two months, then three, then four, then it became five-and-a-half. By the end, we were just so tired.

Adèle: For me, I was so exhausted that I think the emotions came out more freely. And there was no makeup artist, stylist, or costume designer. After a while, you can see that their faces are started to get more marked. We shot the film chronologically, so it helped that I grew up with the experiences my character had.

And same-sex marriage wasn’t legalized in France until May—well before you finished shooting the film. This is an important film. It’s rare to see such an honest depiction of the love between two young women onscreen.

Léa: It is amazing. In France, it’s not out yet but at Cannes it was huge, and I think this is one of the reasons. This film is very modern. It’s a new way to make films. We never saw a film like this before—a love story this realistic. And it says a lot about the youth of today. It’s a film about love. I don’t really think it’s a film about homosexuality—it’s more than that. Homosexuality is not taboo anymore—even if it isn’t considered “moral” by everyone—which is how it should be.

Adèle: Without being a militant, Adèle was already very partial towards this movement because of how she was brought up. So for her, it’s just normal. There are some things that you can’t control, so she thinks it’s very bizarre when people say it’s against nature, and has no idea why anybody would give a fuck. Before gay marriage was legalized in France, there were huge demonstrations in France with even mothers with small children shouting terrible insults.

Right. I grew up around plenty of gay people, so it’s all about experience. People are afraid of what they aren’t familiar with, or don’t understand. But sex scenes aside, what was the toughest scene for you two to film? 

Léa: Any emotional scenes. [Kechiche] was always searching, because he didn’t really know what he wanted. We spent weeks shooting scenes. Even crossing the street was difficult. In the first scene where we cross paths and it’s love at first sight, it’s only about thirty seconds long, but we spent the whole day shooting it—over 100 takes. By the end of it, I remember I was dizzy and couldn’t even sit. And by the end of it, [Kechiche] burst into a rage because after 100 takes I walked by Adele and laughed a little bit, because we had been walking by each other doing this stare-down scene all day. It was so, so funny. And [Kechiche] became so crazy that he picked up the little monitor he was viewing it through and threw it into the street, screaming, “I can’t work under these conditions!”

Adèle: We were like, “Sorry, we’ve shot this 100 times and we just laughed once.” And it was a Friday and we wanted to go to Paris and see our families, but he wouldn’t let us. But me, I always took trains in secret to see my boyfriend.

So… was this filmmaking experience enjoyable for you at all? It doesn’t sound like it.

Léa: It was horrible.

Adèle: In every shoot, there are things that you can’t plan for, but every genius has his own complexity. [Kechiche] is a genius, but he’s tortured. We wanted to give everything we have, but sometimes there was a kind of manipulation, which was hard to handle. But it was a good learning experience for me, as an actor.

Would you ever work with Kechiche again?

Léa: Never.

Adèle: I don’t think so.

But you don’t think that the proof is in the pudding at all? It is such a brilliant film.

Adèle: Yeah, because you can see that we were really suffering. With the fight scene, it was horrible. She was hitting me so many times, and [Kechiche] was screaming, “Hit her! Hit her again!”

Léa: In America, we’d all be in jail.

You were really hitting her?

Adèle: Of course! She was really hitting me. And once she was hitting me, there were people there screaming, “Hit her!” and she didn’t want to hit me, so she’d say sorry with her eyes and then hit me really hard.

Léa: [Kechiche] shot with three cameras, so the fight scene was a one-hour continuous take. And during the shooting, I had to push her out of a glass door and scream, “Now go away!” and [Adèle] slapped the door and cut herself and was bleeding everywhere and crying with her nose running, and then after, [Kechiche] said, “No, we’re not finished. We’re doing it again.”

It’s funny that you mention the runny nose, because watching the scene with you two in the diner, I was really worried that the stream of snot was going to go into your mouth.

Adèle: She was trying to calm me, because we shot so many intense scenes and he only kept like 10 percent of the film. It’s nothing compared to what we did. And in that scene, she tried to stop my nose from running and [Kechiche] screamed, “No! Kiss her! Lick her snot!”

So this was clearly a grueling shoot. What was the first thing you did when shooting wrapped?

Léa: Well, thank god we won the Palme d’Or, because it was so horrible. So now it’s cool that everyone likes the film and it’s a big success. But I took five days off and did like… three films in a row.

Adèle: I went to Thailand with my boy with no cellphone, no one to tell me “do this” and “do that” and “hit her again.” I was like [flips two birds], smoking weed, massages, woo!

Voir enfin:

Des techniciens racontent le tournage difficile de « La Vie d’Adèle »

Sept intermittents du spectacle, embauchés sur le  film d’Abdellatif Kechiche, décrivent un climat lourd et des comportements proches du « harcèlement moral ».

Clarisse Fabre

Le Monde

24.05.2013

Il faut parler, vider son sac, fouiller dans sa mémoire pour que certains détails finissent par revenir, enfin. Le tournage de La Vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche, sélectionné en compétition officielle à Cannes, est fini depuis neuf mois. Les souvenirs se sont estompés. Mais ils ont été ravivés subitement, jeudi 23 mai, par la publication d’un communiqué musclé du Spiac-CGT. Le Syndicat des professionnels de l’industrie de l’audiovisuel et du cinéma a dénoncé tous les manquements au Code du travail durant les cinq de mois de tournage, de mars à août 2012.

Il a aussi déploré un climat lourd, des comportements proches du « harcèlement moral », au point que certains ouvriers et techniciens auraient abandonné le navire en cours de route. Chose rare, et terriblement frustrante. Le syndicat a choisi de taper fort le jour où l’équipe du film montait les marches du Palais des festivals pour la « première mondiale ».

Hier, sur la Croisette, Abdellatif Kechiche savourait les critiques dithyrambiques, tandis qu’à l’autre bout du pays, dans la région Nord-Pas-de-Calais, certains se repassaient le film du tournage. « Une grosse, grosse galère », témoigne ce salarié. « On n’a même pas été invités à la projection. Il paraît, aussi, qu’il n’y a pas de générique de fin. C’est comme si nos noms avaient été effacés, on n’existe plus ! », s’indigne un autre. Dans un communiqué, l’association regroupant les techniciens et ouvriers du cinéma du Nord-Pas-de-Calais, l’Atocan, fait cette remarque grinçante : « Si ce long-métrage devait devenir une référence artistique, nous espérons qu’il ne devienne jamais un exemple en termes de production. »

Bien sûr, un tournage n’est jamais un fleuve tranquille. Il y a toujours des moments de tension. Mais, bien souvent, il reste le sentiment joyeux d’avoir participé à une belle aventure. C’est le plus important, et ça permet d’oublier le reste. Visiblement, tout le monde n’a pas réussi à sublimer le tournage de La Vie d’Adèle. Des intermittents du spectacle, embauchés sur le tournage, ont accepté de témoigner, sous couvert d’anonymat, car ils tiennent à retrouver du travail. L’un d’eux résume : « Le tournage était prévu pour deux mois et demi. Finalement il a duré le double, à budget constant. Et pour faire du Kechiche, il faut être là à 100 %. Sur cinq mois, c’est pas tenable. »

Commençons par les tarifs au rabais, et autres entorses au droit social. Certes, La Vie d’Adèle ne sera pas le premier tournage à avoir contourné les règles. La future convention collective du cinéma, quelle qu’elle soit, est d’ailleurs censée mettre de l’ordre dans les contrats de travail. Mais, dans La Vie d’Adèle, « les choses sont allées beaucoup trop loin », constate ce technicien, rompu à tous les arrangements sur les films d’auteurs fauchés. Figurants embauchés à l’arrache, au coin d’une rue, devant le magasin d’un disquaire lillois ; planning modifiés avec des cycles de travail sur six jours payés cinq jours, etc.

BEAUCOUP DE STAGIAIRES…

La Vie d’Adèle a pourtant bénéficié d’une enveloppe de 4 millions d’euros, ce qui n’est pas rien. Mais le tournage s’est éternisé. Est arrivé le moment où il n’y avait plus d’argent : du moins, c’est ce que disait la personne chargée de la paie, issue de la société Quat’ Sous du réalisateur. Abdellatif Kechiche est aussi coproducteur du film, ce qui n’a pas arrangé les choses. « Il avait tout pouvoir », comme le dit un technicien. Il ne restait plus qu’à faire le bras de fer pour obtenir son chèque, quand une journée déclarée huit heures avait été « oubliée ». Du travail bénévole a même été proposé à certains sur le thème : travailler auprès de Kechiche est une si belle carte de visite. « C’est vrai qu’il s’entoure de jeunes, leur confie des responsabilités. On apprend énormément. Mais c’est aussi parce qu’il cherche des gens malléables. Pour lui, quelqu’un qui a trop d’expérience est formaté. » Il y avait donc beaucoup de stagiaires…

Certains, en revanche, n’ont eu « aucun problème d’argent » avec la production. Tous leurs frais ont été payés. Mais ils gardent un sentiment mêlé : l’atmosphère sur le tournage n’était « pas humaine ». « Il y a eu un mépris pour les conditions de travail, pour le repos de l’équipe, et sa vie privée, je n’ai jamais vu ça », dit cet ancien collaborateur. C’est ce qui le rend le plus mélancolique. « Kechiche peut être chaleureux avec l’équipe, demander aux uns et aux autres s’ils vont bien. Il travaille au plus près des comédiens, il y passe un temps fou. Il peut filmer un repas de famille pendant une heure et demie, en laissant improviser les acteurs, pour capter des éclats du réel, de l’intime. Le résultat est magnifique. Mais quand on connaît l’envers du décor, on se demande vraiment : ‘Elle est où cette beauté ?’ C’est à désespérer de tout. »

Le style Kechiche est mal passé, et même a fait souffrir. Sa « méthode », si l’on peut dire, consiste souvent à improviser. Le souci de privilégier l’instant est très important pour ce cinéaste qui recherche par-dessus tout l’authenticité. « Le soir, quand on quittait le plateau, parfois tard, vers 23 heures, on ne savait pas ce qui allait se passer le lendemain. » Il est arrivé à l’équipe de recevoir un courriel, dans la foulée, annonçant l’heure de la reprise. Parfois, c’est un SMS qui arrivait pendant la nuit…

Les proches du réalisateur, qui le placent très haut dans leur estime, et qui pour rien au monde ne rateraient l’aventure, se sont accommodés de ce rythme foutraque. Un technicien du Nord raconte : « Dès que Kechiche demande quelque chose, ils rappliquent autour de lui. C’est une véritable cour, ils supportent tout ! » Quitte à reporter le stress sur les autres. « Un jour, Kechiche a renvoyé une de ses fidèles. Tu es trop nerveuse, tu empêches tout le monde de travailler. Rentre chez toi ! » Une image vient à l’esprit de ce témoin : « On ne nous donnait pas les moyens de travailler. C’est comme si on vous demandait de repeindre un immense hangar avec un petit pinceau. »

« C’EST INCROYABLE LE TEMPS QU’ON A GÂCHÉ »

La nécessité de tout faire « à l’arrache » est en cause, une fois de plus. Le décor ne plaît plus à Kechiche, ou l’empêche de faire le plan dont il rêve ? Une heure avant le « prêt à tourner », le PAT, il faut démolir le mur. Autre exemple , un jour de tournage au lycée Pasteur, à Lille. « Il pleuvait, et bizarrement les costumes des comédiennes traînaient par terre. Pourquoi ? Tout simplement parce que quelqu’un a décidé d’emprunter le camion qui transportait les costumes. Et les vêtements ont été posés là, par terre, sans prévenir. Et tant pis pour ceux qui doivent ramasser ! »

Le mépris pour les techniciens revient comme un refrain. « L’histoire de la montre » est restée dans les esprits. Voici la scène : Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos sont habillées, assises sur un banc, prêtes à jouer. Soudain Kechiche dit à l’une d’elles : « Dans la scène, tu dois regarder l’heure, alors il te faut une montre. Allez chercher une montre ! », ordonne-t-il. Dans ces cas-là, il faut courir comme un lapin, partir toute affaire cessante. Quelqu’un fonce, donc. A son retour, il y a comme un malaise : Kechiche ne regarde même pas la montre qui vient d’être achetée. Car entre-temps, il a changé d’avis. Une autre fois, l’équipe a attendu huit heures que le tournage commence. Kechiche n’était pas prêt, ou réfléchissait. Mais personne n’avait été prévenu et tout le monde tournait en rond. « C’est incroyable le temps qu’on a gâché », se remémore un ancien salarié.

Parfois, le témoignage vire à la rigolade, ou au rire nerveux, tellement c’est gros. Cette fois-ci, l’équipe est sur le plateau. Les deux comédiennes principales ont puisé dans le stock de costumes et ont choisi elles-mêmes leurs vêtements. De toute façon, il n’y avait pas de consigne. Mais la tenue ne plaît pas au réalisateur. « Kechiche a dévisagé tous les membres de l’équipe, détaillant la façon dont chacun était habillé. Soudain, il a dit : ‘Le pull rouge, là, je le veux !' » Quelqu’un est allé négocier, demandant à la fille en question de bien vouloir prêter son pull le temps de la scène.

Morale de l’histoire ? « Je pense que Kechiche a un immense respect pour les comédiens. Mais pas pour les techniciens. » La preuve, poursuit-il, « c’était un jour de tournage dans un appartement. On était persuadés qu’on allait filmer. Au lieu de ça, Kechiche s’est assis à table, dans le décor de la cuisine, avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos. Il a demandé à l’un de ses proches d’aller chercher des huîtres et du champagne. Et ils se sont mis à manger. Nous autres, on attendait ». Heureusement, l’espace était suffisamment grand pour que chacun vaque à ses occupations, ailleurs que dans la cuisine. « On n’était pas collés devant la table, à les regarder manger ! Mais il régnait un sentiment bizarre. »

L’heure tourne. Ce technicien pourrait passer la nuit au téléphone à raconter « des tonnes d’anecdotes ». Une dernière avant de raccrocher. C’était un jour où Wild Bunch, producteur principal du film, venait assister au tournage, avec d’autres responsables. Il fallait faire bonne figure, donner l’impression que tout était sous contrôle. Il a donc été décidé de filmer quelques scènes bien ciblées, au lycée Pasteur, ou de refaire des prises qui avaient déjà été faites. A la fin de la journée, un des visiteurs a lâché : « Ben, ça se passe plutôt bien en fait… »

Voir de plus:

Muet puisque absent des César du Cinéma 2014 d’où son film La Vie d’Adèle n’est reparti qu’avec un seul prix, soulevant bien des interrogations, Abdellatif Kechiche était en revanche tout sourire, en chair et en os, du côté de Las Vegas où se déroule actuellement le salon AVN, le rendez-vous incontournable de la planète porno.

Un invité surprise découvert au détour d’une vidéo relayée ici par L’Express, où l’on suit les tribulations d’une jeune actrice X, Carla Cat, et dont c’est la première participation à ce prestigieux rendez-vous du hard. Parmi ses rencontres, un certain Abdellatif Kechiche, dont on entend une bribe de conversation, face caméra. « Je vous ai rencontrée chez un réalisateur de… Qui nous avait fait la cuisine un soir », lâche le cinéaste français. Ce à quoi l’actrice lui répond : « Vous étiez chez John B. Root [un réalisateur porno arty, NDLR] ? » « Oui, c’est mon pote », avouera le metteur en scène franco-tunisien, très souriant.

La discussion va ensuite porter sur la sulfureuse Palme d’or La Vie d’Adèle – alors même qu’Abdellatif Kechiche n’est pas venu à ce salon du X promouvoir son très beau film un brin érotique – que Carla Cat et sa complice Nikita ont découvert peu de temps auparavant. « Les scènes de sexe ont été coupées pour l’avion« , informe Abdellatif Kechiche devant le début d’enthousiasme des deux filles à propos des scènes très chaudes entre Léa Seydoux et la jeune césarisée, Adèle Exarchopoulos. Tous trois se quittent alors sur une promesse : les deux complices reverront La Vie d’Adèle dans la version sortie en salles en octobre dernier.

Mais alors, que venait faire Abdellatif Kechiche dans un lieu si éloigné de son univers artistique ? Bien qu’on sache déjà que son prochain long métrage portera sur une histoire d’amour impossible prenant place en plein Moyen Âge, Abdellatif Kechiche n’aurait pas tiré un trait sur un biopic immortalisant à l’écran Marylin Chambers. En septembre dernier, on apprenait en effet que Kechiche voulait adapter à l’écran « l’histoire de Marilyn Chambers, une star du porno américain des années 1970 qui a fait scandale en couchant à l’écran avec un Noir et qui est morte l’année de l’élection d’Obama« . Au salon de Las Vegas, Carla Cat résume sa rencontre avec le réalisateur : « Il s’intéresse beaucoup au porno. Il aurait apparemment un projet. »

Pour Kechiche, comme il l’avait déclaré dans Télérama, l’histoire de Marylin Chambers est « une histoire magnifique, qui raconte l’Amérique moderne et montre comment des hommes et des femmes exerçant un métier que tout le monde regarde de travers ont fait bouger les mentalités ». Mais bousculé avant la sortie de La Vie d’Adèle, il confiait ses envies d’abandon : « On m’encourage à la réaliser aujourd’hui, mais je crois que je vais dire non. Je n’ai plus envie de cinéma, j’ai besoin de calme. » Mais à en croire sa présence à Las Vegas, il semblerait que le metteur en scène n’ait pas totalement fermé la porte à ce biopic…

Voir par ailleurs:

Les 25 groupies qui ont marqué le rock

“Un rocker peut se sentir une vraie star quand il a au moins une groupie” : le succès des stars du rock s’évalue avec des applaudissements, des ventes d’albums et la plupart du temps avec le nombre de groupies qu’ils possèdent. Ces divas fanatiques représentent le glamour d’une époque. Certaines d’entre elles ont survécu aux excès de ce temps révolu. Voici les plus célèbres reines des coulisses…

1. Pamela Des Barres –  Mick Jagger, Gram, Parsons, Jimmy Page

Pamela était connue pour sa beauté, sa personnalité captivante. Pamela a été la groupie de Mick Jagger des Rolling Stones, Gram Parsons, Jimmy Page, Keith Moon et bien d’autres…

2. Tawny Kitaen – David Coverdale, Tommy Lee

Tawny a eu une relation avec David Coverdale, Tommy Lee du groupe Motley Crue, Robbin “Ratt” Crosby et John Taylor de Duran Duran. Elle a été introduite sur la scène glam metal par son petit ami du lycée, Robbin Crosby, fondateur du groupe Ratt.

3. “Cynthia Plaster Caster” Albritton – Frank Zappa, Eric Burdon

Cynthia Albritton a obtenu son nom parce qu’elle a plâtré les membres des musiciens avec lesquels elle a couché. Albritton a couché avec beaucoup de musiciens et a même un plâtre des parties génitales de Jimi Hendrix. Le groupe KISS à dédié une chanson à Cynthia Plaster Caster. Cette chanson est intitulée à juste titre “Caster Plaster”.

4. “Sweet Connie” Connie Hamzy – David Lee Roth,  Alice Cooper

Connie Hamzy était aussi connue comme “Sweet Connie” parmi les musiciens pour être une groupie très entreprenante… Elle a même été immortalisée dans une chanson de Grand Funk Railroad appelée “We’re An American Band”.

5. Bebe Buell – Steven Tyler

Bebe Buell est connue pour être l’une des plus belles et célèbres groupies, mais aussi pour être la mère de Liv Tyler. Buell lui a dit la vérité sur son vrai père (le chanteur d’Aerosmith, Steven Tyler) quand elle était adolescente. Bebe est tombée enceinte de Liv en 1977. Mais avant cela, elle était groupie et muse de nombreuses stars du rock dans les années 70.

6. Roxana Shirazi – Steven Adler, Dizzy Reed

Roxana Shirazi a détaillé ses exploits en tant que groupie dans son livre The Last Living Slut. Née en Iran, mais scolarisée en Angleterre, elle a couché avec Steven Adler, Dizzy Reed et Matt Sorum de Guns N Roses, Nikki Sixx de Motley Crue, Joe Leste de Bango Tango, The Rev de Avenged Sevenfold, Tracii Guns de LA Guns et la totalité de la bande Buckcherry.

7. Tura Santana – Elvis Presley

Tura Santana est principalement connue pour avoir couché avec le jeune Elvis. Elle a commencé comme danseuse burlesque et elle a même joué dans quelques films, y compris dans “Des friandises Pussycat!”

8. Sable Starr – Johnny Sable, David Bowie, Iggy Pop

Sable Starr était une célèbre groupie américaine, elle a été vue avec Iggy Pop, Sylvain Sylvain, Stiv Bators, BP Fallon, et plus encore… Une jeune blonde sexy avec une attitude brillante, elle était très appréciée dans le milieu de la musique. Malheureusement Sable est morte à son domicile dans le Nevada le 18 Avril 2009 d’un cancer du cerveau à l’âge de 51 ans.

9. Chris O’Dell – Ringo Starr, Bob Dylan

Chris O’Dell était la célèbre groupie et confidente de certaines des stars de la musique des années 60. Elle était connue pour sa relation avec Ringo Starr des Beatles, même si elle a aussi séduit George Harrison et Paul McCartney.

10. Lori Maddox – Jimmy Page, David Bowie, Bebe Buell

Lori Maddox a commencé à fréquenter le guitariste de Led Zeppelin, Jimmy Page, quand elle avait tout juste 14 ans. Elle a été la source d’inspiration de la chanson “Sick Again”.

11. Marianne Faithfull – Mick Jagger, Brian Jones, Jimi Hendrix, Keith Richards, David Bowie

Connue pour avoir été la petite amie de Mick Jagger. Elle était l’un des emblèmes de la révolution sexuelle. Elle a quitté son premier mari pour Jagger, leur relation était un mix de drogue et de sexe. Elle a eu de graves problèmes de dépendance à l’héroïne qui l’ont amené à vivre dans la rue.

12. Bianca Jagger – Michael Caine, Mick Jagger.

Elle a séduit l’acteur britannique Michael Caine et ensuite, le chanteur Mick Jagger.

13. Anita Pallenberg – Michael Caine, Mick Jagger

Elle est connue pour avoir été la maîtresse de trois des membres fondateurs des Rolling Stones : Brian Jones (en 1965) puis Keith Richards, et elle a eu une liaison avec Mick Jagger.

14. Incident du Mud Shark

Elle est la plus connue de toutes les groupies. En 1969, selon le livre “Hammer of the Gods” Led Zeppelin souille une groupie sans nom à Edgewater Inn Seattle.

http://www.snopes.com/music/artists/mudshark.asp

15. Nico la chanteuse – Lou Reed, Brian Jones, Jim Morrison et Iggy Pop

Nico était une icône du rock. Les conquêtes de la chanteuse allemande incluent Lou Reed, Brian Jones, Jim Morrison et Iggy Pop. Elle est morte en 1988 à 49 ans, après avoir fait une crise cardiaque alors qu’elle circulait à vélo à Ibiza.

16. Cleo Odzer la journaliste

Une journaliste spécialisée dans la musique, originaire d’une famille aisée de New York, Cleo Odzer a été surnommée par le magazine “Time” la “super Groupie”. Elle est ensuite devenue un modèle en Europe, une hippie en Inde et enfin une anthropologue aux USA.

17. Penny Trumble – Jimmy Page, Robert Palmer, Eric Clapton, Rick Springfield, Roger Daltrey, Peter Wolf

Elle s’est permise trois années sabbatiques, de 17 à 20 ans pour répondre et satisfaire les rock stars qui ont croisé son chemin. À 20 ans, elle est allée à l’université, puis s’est mariée et a écrit sa biographie. Le livre a été adapté dans le film “Almost Famous“.

18. Jane Asher – Paul McCartney

A seulement 17 ans, elle a eu la chance d’être embauchée par une émission de la BBC, où les Beatles jouaient et ils ont été captivés par sa beauté. Un an plus tard elle vivait avec Paul McCartney. Elle était très aimée par les fans qui ont vu en elle la compagne parfaite pour leur idole. Mais une nuit Jane trouva Paul avec une autre groupie, Francie Schwartz, et la relation a éclaté à partir de ce moment.

19. Pattie Boyd – Georges Harrison, Ron Wood, Eric Swayne, Mick Jagger, Rod Weston, Eric Clapton

Elle a épousé George Harrison, membre des Beatles. Leur relation a été affectée par les infidélités présumées de l’ancien Beatle. Pattie a alors quitté son mari pour se marier avec Clapton.

20. Uschi Obermaier – Mick Jagger, Keith Richards, Rainer Langhans, Matthias Schweighöfer

Elle est tombée amoureuse de Langhans et est allée vivre dans une communauté hippie. Là, elle a connu la révolution sexuelle. Elle a connu une grande passion pour Jimi Hendrix qui l’a quittée quand elle est devenue accro aux drogues dures et à l’héroïne.

21. Edie Sedgwick – Bob Dylan

Elle était l’exemple type des filles riches et bien éduquées. Elle est arrivée à New York avec l’intention de connaître le monde fou du rock et de la mode. Elle a obtenu des jobs en tant que modèle et a été la muse de nombreux musiciens. Elle est morte d’une overdose à 28 ans. Bob Dylan était le plus célèbre de ses amants.

22. Morgana Welch – Led Zeppelin

Elle a été la chef de file des groupies appelé L.A. Queens au début des années 70. A seulement 16 ans elle a été la favorite de Led Zeppelin. Elle a écrit un livre sur ses expériences appelé Hollywood Daily.

22. Morgana Welch – Led Zeppelin

Elle a été la chef de file des groupies appelé L.A. Queens au début des années 70. A seulement 16 ans elle a été la favorite de Led Zeppelin. Elle a écrit un livre sur ses expériences appelé Hollywood Daily.

24. Kim Kerrigan – Keith Moon, Rod Stewart, Ian Mclagan

Keith et Kim se sont réunis quand ils étaient encore jeunes. Kim, qui avait alors déjà passé plusieurs nuits dans le lit de Rod Stewart, était une belle et jeune femme peu timide… L’année où Keith Moon est mort, elle a épousé le pianiste Ian McLagan.

25. Chrissie Shrimpton – Mick Jagger

Ce fut la première petite amie officielle de Mick Jagger. Le chanteur avait de nombreuses maîtresses et Chrissie, furieuse, l’a quitté à de multiples reprises.. Jagger l’aura d’ailleurs suppliée de revenir avec lui, sans succès.

Voir aussi:

Lars von Trier: “I think working with actors is a little bit how a chef would work with a potato…”

It is well known that Danish director Lars von Trier has not visited America, though many of his films are set here, including his latest feature, “Antichrist,” starring Willem Dafoe and Charlotte Gainsbourg. While his films are not generally known for being light viewing, the current film, which debuted earlier this year in Cannes and screened at the recent Toronto and New York film festivals, is especially layered with disturbing (yet beautiful) imagery and psychological trauma. Seeing the expressions on people’s faces as they exited screenings in Cannes gave a slight hint that, no matter what one ultimately thought of it, “Antichrist” certainly would not be forgettable. Screenings in North America have also been polarizing with critics falling strongly on both ends of the love/hate scale.

The only two characters in the film, Dafoe and Gainsbourg play a grieving couple who retreat to “Eden,” their isolated cabin in the woods, where they hope to repair their troubled marriage and broken hearts following the accidental death of their young son. Despite their effort, things go from bad to worse, with a surreal degeneration into madness. It debuts on VOD tomorrow (October 21st) and in theaters this Friday (October 23rd) from IFC Films.

“Two years ago, I suffered from depression. It was a new experience for me. Everything, no matter what, seemed unimportant, trivial,” von Trier wrote in a statement. “I couldn’t work. Six months later, just as an exercise, I wrote a script. It was a kind of therapy, but also a search, a test to see if I would ever make another film.”

While von Trier does not travel to America, he nevertheless manages to make a presence, and insists on seeing his interviewers. So with the miracle Skype video, indieWIRE spoke with him from his Zentropa offices in Copenhagen last week. Though he speaks openly of debilitating depression and dishes out dark humor, von Trier is surprisingly funny and even jovial – at least during our 20 minutes with him.

In anticipation of speaking with him, indieWIRE solicited questions from our readers. We also threw in a few of our own for good measure. In the interview, von Trier speaks of his depression, airplanes, working with actors, and not wearing pants.

Lars von Trier: Sorry you can only see the top half of me, but I’m not wearing any pants.

Brian Brooks: (Laughs) Neither am I. I’m Brian and this is my colleague Eugene. This is my second time seeing you on video, talking about [“Antichrist”]. The first was at the Toronto [International Film Festival in September], and I know you did the same at the New York Film Festival. I’m just wondering what you think of the reactions in North America to “Antichrist” so far?

Lars von Trier: They are much more positive than I would have thought. Actually, I’m quite fine with any reaction, but I think they’ve seemed a bit more interested in the film. There was a tendency in Cannes, I think, to go a little bit after the man instead of after the ball — that it was very important, what I meant and what I felt — which is, you know, maybe not the best way to see a film.

Brian Brooks: So, as you may know, we solicited our readers for questions to ask you. So I’m gonna go ahead and start that…

Lars von Trier: Okay, so let’s see what happens… [laughs]

Brian Brooks: This is from a film student. His name is Jason Cooper. He said, “I felt that ‘Antichrist’ was very reminiscent of your early work, ‘The Element of Crime,’ and I was wondering if, at least stylistically, you were consciously moving away from your more stripped-down methods that were used in ‘The Idiots’ and ‘Breaking the Waves’?”

Lars von Trier: Yes, I must say I am. You know, doing “Dogville” and “Mandalay” kind of was an example of, you know, going to an extreme where you couldn’t go any further. So I had to kind of went one step back and used only some of the techniques I’ve used before.

Brian Brooks: This was a follow-up question from Jason. “Are you aware of the undercurrent of themes in your work (specifically in ‘Antichrist’), such as nature and its relationship with sexuality, as you write your scripts? Or is this something that comes about after the script?”

Lars von Trier: Yes, I am aware of that, but what I’m not aware of is that suddenly something turns out very simple.

Brian Brooks: Finally, was there a purpose behind only having two actors with this film thematically, or was this the ideal option because you know you would have to direct this film while suffering from depression?

Lars von Trier: No no no. It had nothing to do with that. But I think that any director at a certain time has a dream of making a film with only two persons in it. It’s almost a mini-Dogme thing. It’s interesting to see if you can make it work somehow. It’s egoistic.

Brian Brooks: Alright, different person. From Luke Moses — “Death takes grief and depression to an entirely new level. Knowing your portrayal of what a mother will do to save her child (as shown in ‘Dancer in the Dark’), is ‘Antichrist’ your view on what a mother can be capable of once these incredibly strong and forceful feelings become displaced?”

Lars von Trier: That’s a very good question. I can only say yes, I think so. Yeah, I have thought about that, but she was also in the same situation. Yeah, I can only apologize.

Eugene Hernandez: What do you mean by that?

Lars von Trier: When you put it like that, the film has the tendency to be more banal than it really is. The film is much more than just a foundation for a film. Of course, I work very much with the collisions between different things — sexuality and nature, sexuality and morals — all of these things, but when you have a mention like this, I hope the film is better than that.

Brian Brooks: Okay, probably a more straightforward question from our reader Michael Mohan, “How do you work with actors?” Has that process changed? Is the process different film to film?

Lars von Trier: Yeah, it’s different from film to film. I think working with actors is a little bit how a chef would work with a potato or a piece of meat. You have to kind of have a look at the potato or the piece of meat and see what kind of possibilities are in the ingredient. I know I’m using the wrong metaphor. I think my job is to see what potato is there and from there, just work under their conditions. I don’t think I have forced anybody. Bjork I may have forced here and there. For the good of the film, I just need to give them what they need.

Brian Brooks: Was the experience of working with Willem Dafoe different this time?

Lars von Trier: I was not feeling extremely well, so I didn’t have so much energy for the actors, and they knew that before going in. They were extremely kind to me. I think there’s an interesting thing going on with a director who’s made more than one film or a couple of films [in that] that the actors have a tendency to read your way of filmmaking. A Bergman film becomes a Bergman film because of the expectations of the actors and everyone involved [know] what they expect.

Brian Brooks: The next is from Mike Jones, a writer, “Would you ever make a horror film about flying?”

Lars von Trier: I don’t think so. If I should make a film about flying, it would be fantastic. I have been in airplanes a few times, and it is really a fantastic experience. And that’s not why I don’t go in them. You don’t need a lot of imagination to tell what could go wrong.

Eugene Hernandez: Is it that you don’t like to travel or are there means of travel that you like to avoid?

Lars von Trier: I’m very antisocial actually. Not with you guys, right now, but I’d rather stay home. I do have an auto camper. It would take me some years to be able to get back in a plane. I’m not very proud of this. It would have been nice for me to go take a look at the real world and then see the world and then tell stories about it, but that’s not how it is.

Brian Brooks: The next question is from a reader, Lucas Kollauf – a general question about Dogme. Why did you move away from the Dogme95 movement that you helped create? How does that experience influence or affect your work today if at all?

Lars von Trier: I make rules for all of my films. The Dogme rules were decided to make me concentrate on all the things I was beginning to get good at, like tracking shots. And so for every film, I had rules, I just change them so I don’t make the same film again. “Antichrist” was more of a miss in that sense. I was not on the top of my ability. But normally I would make some rules. There were rules in this film like how panning shots would turn into still shots, but not that many.

Eugene Hernandez: You’ve mentioned that you felt tormented during the film, that it was very challenging for you. Why did you feel like you had to continue making it if it was such a challenge?

Lars von Trier: First of all, I co-own the company and I couldn’t face the financial result of that. And for me, right now, I’m in a situation where I have a lot of mental problems and to me, it was important to make the film to prove to myself that I could make a film.

Eugene Hernandez: Do you feel good about the film now?

Lars von Trier: Some parts of the film I feel good about, but it took me a very long time to feel good at all about this film.

Brian Brooks: Now from Arin Crumley, he’s a filmmaker – and this is sort of a general question: “What is your belief about where fictional stories come from? How do you tap into stories when you write? And, what is the general intrigue of storytelling?”

Lars von Trier: These are questions I’m asking myself now, because I’m working on a new project. Some things that were much easier when we were younger are now much more difficult. It’s like an erection. I can’t really answer that. I wish I could because I would be better off right now.

Eugene Hernandez: What are you working on now?

Lars von Trier: I’m working on a script for a film called “Melancholia,” which has to do with some planets colliding with Earth, which is of course maybe not a happy ending, but an ending. But that doesn’t make me feel depressed at all. That’s fine. I’m just not as cheerful and good at things right now as I could be.

Brian Brooks: This is from the director of programming at Hot Docs, Sean Farnel, “What do you think is the funniest film ever made?”

Lars von Trier: There’s been some Marx Brothers film. I like very much this “Airplane!” The first time I saw it, it was extremely funny (laughs).

Eugene Hernandez: Do you watch a lot of movies while you’re in the writing process?

Lars von Trier: I might watch them, but they don’t [influence my] films. What I do is wrong right now, so maybe I should not watch films. Okay, I hope you guys cheer up before I talk to you again. [laughs]

Voir encore:

De Niro, retour sur un pseudo-martyr judiciaire. L’enquête de Frédéric N’Gguyen sur un réseau de prostitution inquiète beaucoup de monde.
Guy Benhamou
Libération
2 mars 1998

La longue plainte de Robert De Niro n’en finit pas de résonner.

Depuis trois semaines, la star américaine se livre à une véritable attaque en règle contre «la France des droits de l’homme», sa justice en général et le juge d’instruction parisien Frédéric N’Guyen en particulier. Lequel juge a osé mettre la star en garde à vue, le 10 février, afin de l’entendre à titre de témoin dans une affaire de proxénétisme international. Imprudemment soutenus dans leur croisade par le microcosme artistico-médiatique, l’artiste et ses alliés multiplient les déclarations incendiaires dénonçant la «chasse aux sorcières», le pouvoir «déplorable» accordé aux juges, la «sale besogne» d’un magistrat «narcissique», avide de «publicité». Au point que, vendredi, le Syndicat de la magistrature a fini par demander à la ministre de la Justice, Elisabeth Guigou, «d’assurer publiquement sa protection» au juge Frédéric N’Guyen, «qui fait l’objet, sans pouvoir y répondre, d’attaques personnalisées proprement inacceptables».

Injures. Pourtant, le sieur De Niro a bien bénéficié d’un traitement judiciaire particulier. Mais plutôt en sa faveur. C’est du moins ce qu’avouent en sourdine les enquêteurs, face à la multiplication des entorses aux règles judiciaires qui ont émaillé l’interpellation du célèbre témoin.

Ainsi, le mardi 10 février, lorsque les sept hommes de la Brigade de répression du proxénétisme (BRP), accompagnés d’une interprète assermentée, se présentent à l’hôtel Bristol, rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris, De Niro refuse obstinément de leur ouvrir la porte de la suite numéro 450 qu’il occupe. Lorsqu’ils peuvent enfin pénétrer dans l’appartement, ouvert par un membre du personnel de l’hôtel, ils essuient sans broncher et pendant de longues minutes les bordées d’injures de l’artiste, visiblement très énervé. Ils laissent même Robert De Niro téléphoner à son avocat, Me Georges Kiejman, avant de recevoir l’ordre de quitter les lieux. Il n’existe qu’un précédent célèbre. C’était en juin 1996, lorsque les policiers accompagnant le juge Halphen s’étaient vu intimer l’ordre par leur hiérarchie de ne pas assister le magistrat lors de sa perquisition au domicile du maire de Paris, Jean Tiberi. Pour avoir couvert cette irrégularité, le patron de la police judiciaire, Olivier Foll, avait été privé pendant six mois de son habilitation de police judiciaire par la chambre d’accusation.

Au coeur du dossier. Au Bristol, les choses rentreront dans l’ordre vers 10 h 45, après l’arrivée d’un des patrons de la BRP muni d’une nouvelle commission rogatoire du juge. Robert De Niro consent alors à suivre les policiers, mais ni la fouille à corps, ni la perquisition de l’appartement, pourtant notifiées, ne seront exécutées. Alors même que ces deux exigences justifient le mode opératoire adopté. En effet, s’il s’était agi d’entendre De Niro à titre de témoin, une simple convocation aurait suffit. «Mais ce n’est pas un témoin de circonstance, explique un avocat du dossier. Monsieur De Niro n’est pas le quidam qui passe par hasard sur le lieu d’une infraction et à qui on demande de venir raconter ce qu’il a vu. Il est au coeur du dossier.» L’artiste est en effet l’un des clients présumés d’un réseau de prostitution qu’auraient mis sur pied le photographe de charme Jean-Pierre Bourgeois et une ex-mannequin suédoise, Anika Brumarck. La filière a été dénoncée par un informateur anonyme de la BRP en octobre 1996. Elle fonctionnait depuis 1994, comme l’établira rapidement l’information judiciaire, confiée au juge N’Guyen le 24 octobre 1996. Anika Brumarck gérait les opérations depuis son appartement du XVIe arrondissement parisien. Usant de sa profession de photographe, Bourgeois se serait occupé de recruter les jeunes filles, alléchées par des propositions de petits rôles au cinéma ou de modèle photo pour des campagnes publicitaires. «Il a un vrai don pour repérer des proies faciles», assure un enquêteur, qui évoque avec dégoût l’exploitation de ce «sous-prolétariat d’aspirantes à une carrière de figurantes». Catalogue. Etudiantes sans le sou, vendeuses de fast-food, filles de la Ddass se laissent attirer dans l’appartement de Bourgeois, pour une première séance de photos nues, au Polaroïd. Ces clichés sont la base du catalogue qui sera proposé aux «clients». Il comporte sept ou huit noms de prostituées professionnelles haut de gamme, et une quarantaine d’autres, non professionnelles. Ensuite, selon les témoignages de plusieurs filles, Bourgeois propose aux modèles de leur raser une partie du sexe, pour des raisons «esthétiques». Opération généralement suivi d’un rapport sexuel. A ce stade, certaines candidates se rebiffent. Quelques-unes portent plainte pour viol et tentative de viol. D’autres passent le cap, afin de préserver leurs chances de décrocher un contrat, sans savoir qu’elles vont se retrouver dans un réseau de prostitution. Et une partie de celles-ci, confrontées à la réalité de leur premier client, iront également se confier à la justice. Les accusations de violences sexuelles sont d’ailleurs si nombreuses dans ce dossier que le parquet de Paris a décidé de le couper en deux. Le juge N’Guyen instruit donc en parallèle le proxénétisme aggravé et les viols et tentatives liées au réseau, pour lequel il dispose d’une multitude de plaintes de gamines, à l’encontre des instigateurs comme de certains clients.

Branche américaine. Bourgeois se serait essentiellement occupé de la clientèle moyen-orientale, grâce notamment à ses relations avec Nazihabdulatif Al-Ladki, secrétaire du neveu du roi d’Arabie Saoudite. Bourgeois, Brumarck et Al-Ladki sont actuellement incarcérés à Fleury-Mérogis. La partie américaine aurait été l’affaire du Polonais Wojtek Fibak, ex-tennisman de renom et ex-entraîneur de Lendl et de Leconte. C’est notamment lui qui aurait présenté Bourgeois à De Niro et qui aurait assuré le développement de la clientèle américaine, tout en recrutant de son côté quelques candidates. Pas toutes consentantes, apparemment, puisque Fibak fait lui aussi l’objet d’une mise en examen pour «agression sexuelle et tentative de viol». Carnet d’adresses. La déposition de De Niro était nécessaire afin d’établir les faits de proxénétisme. Car l’artiste reconnaît avoir eu des relations sexuelles avec au moins deux jeunes femmes qui lui auraient été présentées par Bourgeois. «Dans ce cas très précis, explique un avocat de la partie civile, c’est le client qui induit le proxénétisme.» Habituellement, le client s’adresse à une fille, la paie et s’en va. Aux policiers de démontrer que le souteneur présumé reçoit une partie des sommes et qu’il vit aux crochets de la belle. «Là, c’est l’inverse, poursuit l’avocat. Le client est d’abord au contact de l’intermédiaire. Le proxénétisme est établi d’emblée. Et le juge était sans doute très intéressé par le carnet d’adresses et les agendas de l’artiste, qui auraient pu révéler d’autres contacts. Il lui fallait donc ordonner une perquisition, ce qui excluait le recours à la convocation ordinaire.»

Lors de son audition par le juge, Robert De Niro a longuement répondu aux questions. Ces informations, Frédéric N’Guyen les attendait depuis le 14 novembre 1997, date de la délivrance de sa première commission rogatoire visant l’acteur. Trois longs mois avant que les enquêteurs ne se décident. Le 6 février, ils se présentent au Bristol une heure après le départ de De Niro, retourné aux Etats-Unis pour quelques jours. Pas de chance. D’autant que ce ratage est accompagné d’une première fuite bien préparée vers la presse, qui évente l’opération. Fuite réitérée lors de l’interpellation de l’acteur, qui se retrouvera face à une meute d’objectifs et de caméras à sa sortie du palais de justice, vers 21 heures.

Offensive médiatique. A partir de ce moment, les choses tournent au vinaigre pour le juge N’Guyen. Le soir même de l’audition de De Niro, Me Kiejman dépose une plainte contre le magistrat pour «violation du secret de l’instruction» et «entrave à la liberté d’aller et venir». Après quelques jours de répit, l’offensive repart du Festival cinématographique de Berlin, passe par les pages du Monde, qui publie une longue interview de De Niro, et s’étale sur Canal +, lorsque Guillaume Durand invite la star dans Nulle part ailleurs. En fait, on apprend, grâce au Canard enchaîné, que Durand a reçu De Niro chez lui quelques jours avant. Et que, lors de cette petite sauterie organisée pour l’anniversaire de l’animateur télé, Elisabeth Guigou, ministre de la Justice, invitée elle aussi, s’est entretenue une demi-heure en tête à tête avec l’acteur, comme en convient le cabinet de la ministre. Sans compter une mystérieuse visite nocturne au bureau du juge, constatée par les gendarmes du palais de justice le 17 février. Show business. «Il y a une réelle tentative de déstabiliser le juge et de plomber le dossier, estime un avocat du côté des parties civiles. Et De Niro n’est qu’un prétexte dans cette opération.» Il pourrait dissimuler une tentative de sauvetage du producteur de cinéma Alain Sarde. Client présumé du réseau, Sarde est accusé de viol et de tentative de viol par deux jeunes femmes que lui aurait présentées Bourgeois. Sarde, qui nie les faits, est défendu par Georges Kiejman. Comme De Niro. Sarde bénéficie du soutien de grands noms du show business. Dont une partie de ceux qui défendent De Niro. Le patron de Canal +, Pierre Lescure, a adressé au juge une attestation de moralité en faveur d’Alain Sarde. Canal +, qui contrôle la société de production les Films Alain Sarde-Canal +, assure la défense de De Niro, via les interventions de Kiejman et de l’acteur sur son antenne. Effets du hasard, ou scénario bien écrit?

Voir enfin:

The sex scandal that wouldn’t lie down
John Lichfield
The Independent
15 November 1998

IT READS like the synopsis of a trashy airport novel: sex, movie stars, politicians, Arab princes, arms deals and the courageous investigation of an obstinate, incorruptible – and publicity-hungry – judge. But the evidence to be presented to a criminal court in Paris this week also has a disturbing side – or, rather, two disturbing sides.

The case uncovers the brutal methods used to snare young women – some as young as 15 – into a call-girl agency specialising in wealthy, high- profile clients. It also exposes attempts by the French government machine to block an investigation which might embarrass senior politicians and damage French interests abroad.

Six people are charged with the running of an international prostitution ring, whose call-girls entertained the actor Robert de Niro, the former tennis player, Wojtek Fibak, two senior (but unnamed) French politicians and several Gulf princes. The agency specialised in tricking, or trapping, star-struck teenage girls into selling their bodies with the promise of careers as models or actresses.

At one point, according to the report of the investigating judge, the agency became a kind of approved dealer in girls, operating with the connivance, if not the blessing, of the French foreign ministry and French secret services. By steering Middle East arms clients towards girls from a known, and closely watched, agency, there was thought to be a reduced risk of blackmail, or the leaking of secret negotiations.

Leaks from the French investigation last year suggested that the agency once brokered a $1m (pounds 625,000) deal for an Arab prince to spend a night with a Hollywood actress. The woman named by French magazines at the time has adamantly denied the story. The allegation does not form part of the final judicial report.

The two principal accused are Jean-Pierre Bourgeois, 51, a failed fashion and glamour photographer and Annika Brumark, 50, a Swedish former model and one-time beauty queen. They, and four others, will be charged before the Tribunal Correctionel in Paris tomorrow with procurement or complicity in procurement. (Prostitution is legal in France; procurement is not.) Mr Bourgeois also faces possible additional charges of rape.

The French Brigade de Repression de Proxenetisme (the equivalent of the Vice Squad) traced 89 young women – would-be models or actresses – who said they had been tricked or sometimes physically constrained by Ms Brumark and Mr Bourgeois into working for them. According to the judicial report, the girls were sometimes « sold on like cattle » to other call- girl agencies.

The files of clients’ names seized by the police are said to include many well-known members of the sports and show-business jet-set on both sides of the Atlantic. The only names to emerge so far are De Niro, Fibak and the French film producer, Alain Sarde.

De Niro, despite a much publicised « arrest » in Paris while filming a movie earlier this year, was questioned only as a witness and occasional client of the network’s prostitutes. He is suing the investigating magistrate, Frederic N’Guyen Duc Quang, following his highly publicised interrogation; the actor’s lawyers accuse the investigator of deliberate publicity-seeking. Messrs Fibak and Sarde are the subject of a separate judicial investigation.

The client list is also said to have included two senior French centre- right politicians, whose names have not been leaked. Both the French foreign and interior ministries tried to squash or limit the investigation in its early months – the interior ministry because of the possible embarrassment to senior politicians, the foreign ministry because it did not want to upset Middle Eastern buyers of French armaments.

Judge N’Guyen is one of a new breed of judicial investigators in France who refuse to bow (as their predecessors routinely did) to political pressure. Even so, he only began to make real progress when the centre- right French government fell in June last year and was replaced by a Socialist- led government.

According to Judge N’Guyen’s report, the photographer, Mr Bourgeois, hung about Parisian night clubs or casting agencies, scouting for possible victims. He picked on young women, often teenagers – mostly French, but also from Britain and eastern Europe – and invited them to his apartment in the respectable 17th arrondissement to take trial shots.

After gaining their confidence, the judge alleges, he persuaded them to pose for more revealing pictures. The girls were then convinced, if possible, that prostitution was the best way to get into modelling or movie careers. If they refused, they were blackmailed with the threat that the photographs would be sent to their families. In some cases, they were simply abducted. Several girls cited in the investigating judge’s report accuse Mr Bourgeois of rape.

Pictures of the girls were then circulated among possible clients. The presence on the client list of a well-known movie producer such as Mr Sarde allegedly helped Mr Bourgeois and Ms Brumark to perpetuate the myth that prostitution was a prelude to stardom.

The agency’s downfall came soon after it expanded to the lucrative Gulf market in 1996, with the alleged help of a third accused, Nazihbdullatif al-Ladki, a Lebanese businessman. Mr Bourgeois, according to the indictment, travelled to Latvia to scout for more victims, but his activities were reported by a local model agency and the French vice squad was alerted.


Dylan nobélisé: C’est du sampling, imbécile ! (Born sampler tries his hand at painting but gets caught copying other works)

20 octobre, 2016

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dylantrade
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dylanbonze
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woman-dylan
packhorse-dylan
trax
rescue-team
2sis
drawn-blank-seriesLes bons artistes copient, les grands artistes volent. Picasso
Though you might hear laughing, spinning
Swinging madly across the sun
It’s not aimed at anyone, it’s just escaping on the run
And but for the sky, there are no fences facing
And if you hear vague traces of skipping reels of rhyme
To your tambourine in time, it’s just a ragged clown behind
I wouldn’t pay it any mind, it’s just a shadow
You’re seeing that he’s chasing … Bob Dylan
In folk and jazz, quotation is a rich and enriching tradition. That certainly is true. It’s true for everybody, but me. I mean, everyone else can do it but not me. There are different rules for me. And as far as Henry Timrod is concerned, have you even heard of him? Who’s been reading him lately? And who’s pushed him to the forefront? Who’s been making you read him? And ask his descendants what they think of the hoopla. And if you think it’s so easy to quote him and it can help your work, do it yourself and see how far you can get. Wussies and pussies complain about that stuff. It’s an old thing – it’s part of the tradition. It goes way back. These are the same people that tried to pin the name Judas on me. Judas, the most hated name in human history! If you think you’ve been called a bad name, try to work your way out from under that. Yeah, and for what? For playing an electric guitar? As if that is in some kind of way equitable to betraying our Lord and delivering him up to be crucified. All those evil motherfuckers can rot in hell. (…) I’m working within my art form. It’s that simple. I work within the rules and limitations of it. There are authoritarian figures that can explain that kind of art form better to you than I can. It’s called songwriting. It has to do with melody and rhythm, and then after that, anything goes. You make everything yours. We all do it. (…) I’m not going to limit what I can say. I have to be true to the song. It’s a particular art form that has its own rules. It’s a different type of thing. All my stuff comes out of the folk tradition – it’s not necessarily akin to the pop world. (…) I try to get past all that. I have to. When you ask me if I find criticism of my work irrelevant or silly, no, not if it’s constructive. If someone could point out here or there where my work could be improved upon, I guess I’d be willing to listen. The people who are obsessed with criticism – it’s not honest criticism. They are not the people who I play to anyway. (…) People have tried to stop me every inch of the way. They’ve always had bad stuff to say about me. Newsweek magazine lit the fuse way back when. Newsweek printed that some kid from New Jersey wrote « Blowin’ in the Wind » and it wasn’t me at all. And when that didn’t fly, people accused me of stealing the melody from a 16th-century Protestant hymn. And when that didn’t work, they said they made a mistake and it was really an old Negro spiritual. So what’s so different? It’s gone on for so long I might not be able to live without it now. Fuck ’em. I’ll see them all in their graves. Everything people say about you or me, they are saying about themselves. They’re telling about themselves. Ever notice that? In my case, there’s a whole world of scholars, professors and Dylanologists, and everything I do affects them in some way. And, you know, in some ways, I’ve given them life. They’d be nowhere without me. Bob Dylan
Additional information has come to our attention about the handwritten poem submitted by Bob Dylan to his camp newspaper, written when he was 16, entitled « Little Buddy’. The words are in fact a revised version of lyrics of a Hank Snow song. This still remains among the earliest known handwritten lyrics of Bob Dylan and Christie’s is pleased to offer them in our Pop Culture auction. Christie’s
Les reprises dans le folk et le jazz sont une tradition enrichissante (…) Tout le monde peut le faire sauf moi. Bob Dylan
Mon inspiration doit commencer avec quelque chose de tangible. Bob Dylan
Raeben taught me how to see in a way that allowed me to do consciously what I unconsciously felt… When I started doing it, it the first album I made was Blood on the Tracks. Everybody agrees that was pretty different, and what’s different about it is there’s a code in the lyrics, and also there’s no sense of time. Bob Dylan
I was just trying to make it like a painting where you can see the different parts but then you also see the whole of it. With that particular song, that’s what I was trying to do… with the concept of time, and the way the characters change from the first person to the third person, and you’re never quite sure if the third person is talking or the first person is talking. But as you look at the whole thing, it really doesn’t matter. Bob Dylan
 Bob Dylan écrit une poésie pour l’oreille, qui doit être déclamée. Si l’on pense aux Grecs anciens, à Sappho, Homère, ils écrivaient aussi de la poésie à dire, de préférence avec des instruments. Il est extrêmement doué pour la rime. C’est un sampleur littéraire qui convoque la grande tradition et peut marier de façon absolument novatrice des musiques de genres différents, des textes de genres différents.  Sara Danius (secrétaire générale de l’Académie Nobel)
Ce Nobel ouvre aussi la porte aux grands paroliers, y compris aux artistes de hip-hop, un style de musique que je considère souvent très proche de la poésie. Il va peut-être permettre à d’autres genres d’écriture d’être appréciés comme des vecteurs de changements littéraires et sociaux. (…) la composition de chansons sera désormais considérée comme un genre littéraire. Un enfant pourra maintenant amener à l’école une chanson de hip-hop, ou d’un autre style musical, et en débattre comme d’une autre forme de littérature. Gabrielle Calvocoressi
Questionné sur ses plagiats de Mémoires d’un Yakuza de Junichi Saga et de l’oeuvre du poète américain Henry Timrod, il avance que sans lui, personne ne parlerait de ces auteurs, ces citations leur permettant d’être mis sur le devant de la scène. Et d’ajouter: « Puisque vous pensez qu’il est si facile de citer Henry Timrod pour écrire ses textes, faites le vous-même, nous verrons ce que vous en faites ». Plusieurs fois accusé de plagiats, Bob Dylan n’a jamais changé sa ligne de conduite. Récemment, les peintures du chanteur étaient exposées à la Gagosian Gallery de New York et provoquaient un tollé. Et pour cause, elles étaient similaires en tout point aux photographies d’un artiste japonais. L’Express
Si la composition de certaines peintures de Bob Dylan s’est fondée sur une variété de sources, comme des archives, des images historiques, la fraîcheur et le dynamisme des peintures proviennent des couleurs et textures des scènes de la vie quotidienne observées durant ces voyages. Galerie
Dylan’s drawings and paintings are marked by the same constant drive for renewal that characterizes his legendary music. He often draws and paints while on tour, and his motifs bear corresponding impressions of the many different environments and people that he encounters. A keen observer, Dylan works from real life to depict everyday phenomena in such a way that they appear fresh, new, and mysterious. The Asia Series, a visual journal of his travels in Japan, China, Vietnam, and Korea, comprises firsthand depictions of people, street scenes, architecture and landscape, which can be clearly identified by title and specific cultural details, such as Mae Ling, Cockfight, The Bridge, and Hunan Province. Conversely, there are more cryptic paintings often of personalities and situations, such Big Brother and Opium, or LeBelle Cascade, which looks like a riff on Manet’s Le Déjeuner sur l’Herbe but which is, in fact, a scenographic tourist photo-opportunity in a Tokyo amusement arcade. The most celebrated singer-songwriter of our time, Dylan has been making visual art since the 1960s, but his work had not been publicly exhibited until 2007, when an exhibition of The Drawn Blank Series was held in Chemnitz, Germany, followed by The Brazil Series at the Statens Museum, Copenhagen, 2008. The Asia Series will be his first exhibition in New York. Art Daily
The most striking thing is that Dylan has not merely used a photograph to inspire a painting: he has taken the photographer’s shot composition and copied it exactly. He hasn’t painted the group from any kind of different angle, or changed what he puts along the top edge, or either side edge, or the bottom edge of the picture. He’s replicated everything as closely as possible. That may be a (very self-enriching) game he’s playing with his followers, but it’s not a very imaginative approach to painting. It may not be plagiarism but it’s surely copying rather a lot. Michael Gray
The paintings—well I can only say they were disappointing. Not because of all the hoopla being made over Dylan’s alleged copying, but because the works themselves had a kind of amateurish quality. It was clear to me that if Bob Dylan’s name was not on these paintings, they would never have gotten such a prestigious showing. Back to the hoopla, which not only surprised me, but demonstrated again just how gullible many of Dylan’s fans actually are. The man, himself, admitted he had done some of the paintings from other images. So what? Dylan’s been doing that in his music since the early 1960s. What I think is confusing to some critics with no sense of creative history is the recording industry’s misleading campaign against music copyright infringement. The Recording Industry of America (RIAA) would have people think that all songs are completely original and come out of thin air. This has led many, especially younger people, to believe the use of other works of art is outright theft. Most art is copied and reinterpreted. Pete Seeger calls it the “folk process,” the phenomenon in which folk music, folk tales and folklore come into being or are passed from one person or generation to the next. We Shall Overcome, a key anthem of the civil rights movement, is a good example of the folk process. The lyrics of the song originated from a gospel song published in 1947 by Rev. Charles Tindley. Originally titled We Will Overcome, it was a favorite of Zilphia Horton, then music director of the Highlander Folk School of Monteagle, Tennessee, a school that trained union organizers. She taught it to Seeger. The song then became associated with the civil rights movement from 1959, when Guy Carawan stepped in as song leader at Highlander, and the school was the focus of student non-violent activism. It quickly became the movement’s unofficial anthem. Seeger and other famous folk singers in the early 1960s, including Joan Baez, sang the song at rallies, folk festivals, and concerts and helped make it widely known. It was at Highlander that Dr. Martin Luther King Jr. first heard We Shall Overcome. Today, the song, with the “shall” contributed by Seeger, is copyrighted by Seeger and Carawan. That’s how the folk process works. The passing of traditional tales and music among musicians from ear to ear. So is it OK that Bob Dylan copied photographs by Henri Cartier-Bresson, Leon Busy and Dimitri Kessel? It’s fine with me, as long as he does a masterpiece like he has done with so many songs. However, his paintings, I’m afraid, don’t live up to that high standard. Bob Dylan has engaged in the folk process all his life. A few years ago, a poem, written by a 16-year-old Dylan and submitted to his Jewish summer camp’s newspaper, was going up for auction at Christies when alarms went off.  The auction house failed to detect that this “Dylan Original,” with a few minor alterations, was actually the words of Hank Snow’s previously recorded song, Little Buddy. Now 70, Dylan has continuously borrowed lyrics and melodies.  (…) Blowin’ in the Wind (…) had come from the melody of a spiritual called No More Auction Block for Me, a song that Dylan had probably heard first on a Carter Family record. (…) In a motel room at Newport with Joan Baez, Sandy Bull, Jack Elliott and some others, Dylan and Cash sat on the floor trading songs. Baez set up a portable audio player, and that’s where Bob gave Johnny It Ain’t Me, Babe and Mama, You’ve Been On My Mind. In 1965, Johnny Cash and June Carter, released It Ain’t Me Babe. It became a hit for them. And, in case you wonder, It Ain’t Me Babe was also part of the folk process. The song’s opening line (“Go away from my window…”) was allegedly influenced by musicologist/folk-singer John Jacob Niles’ composition Go ’Way From My Window. Niles was referred to by Dylan as an early influence in Chronicles. (…)  Don’t Think Twice (…) was actually traced to a number that was exactly the same as the one by Paul Clayton. It was called Who’s Gonna Buy Your Chickens When I’m Gone.  (…) So, does using the folk process diminish Bob Dylan’s music?  Hardly. In virtually all cases, what Dylan borrowed, he improved. Blowin’ in the Wind is most certainly better than No More Auction Block for Me. It’s the way the greatest artists have always worked and will continue to work. Dylan’s paintings are something else. Frank Beacham
C’est signé Bobby Zimmerman, 15 ans. C’est écrit pendant une colonie de vacances au milieu des années 50, avec comme seul but une publication dans le journal de la colo. Un demi siècle plus tard, le bout de papier, fautes d’ortographe et tout, se retrouve aux enchères chez Christie’s sous le titre très alléchant de plus vielle trace du génie de ce bon vieux Bob Dylan. Le titre du poème c’est Little Buddy, l’histoire d’un chien qui se fait frapper à mort pour s’être trop approché d’un clochard. « C’est un exemple de son génie », s’extasie Simeon Lipman, le « spécialiste de la culture pop » chez Christies. Sauf que…Sauf que le poème n’est pas de Dylan, mais presque complètement pompé sur la chanson éponyme de Hank Snow, un chanteur country canadien. Sans jeter la pierre sur Dylan (à quinze ans, quoi de plus normal que de copier ses idoles), jetons un rocher entier à la gueule de Christies, qui, sans broncher et en reconnaissant les faits, garde la même présentation et demande entre 10 000 et 15 000 dollars pour deux pages et des mots en encre bleue signés Bobby Zimmerman. Luc Vino
Dylan est une encyclopédie musicale, un expert de musique américaine et il serait trop long de répertorier toutes ses influences, tous ses emprunts, tous les groupes obscurs qu’il cite sans arrêt sans qu’on s’en aperçoive forcément. (…) Charlie Patton : Troubadour à la voix de canard qui chante l’apocalypse, le « père du delta blues » est une influence majeure. Dylan va fréquemment piller l’enfant du Mississippi qui, à sa mort d’une crise cardiaque en 1934, était loin de se douter qu’un fils spirituel chanterait 70 ans plus tard sur l’inondation de 1927 dans un texte qui porte son nom (High Water For Charley Patton). Hank Williams : Le plus grand songwriter country et une grosse influence pour le jeune Robert Zimmerman, écoutant les complaintes du lonesome cowboy en collant son oreille à la petite radio près de son lit. Il le reprendra fréquemment sur scène (« Lonesome Whistle ») et ira même jusqu’à enregistrer un texte posthume sur le disque hommage The Lost Notebooks (2011). Dylan a hérité de quelques maniérismes country, en particulier lors de la période Nashville Skyline/Selfportrait (1969). Allez aussi voir du côté de Jimmie Rodgers et Hank Snow. Woody Guthrie : Le père spirituel. Le barde des opprimés qui, plus proche d’un Jack London que d’un Jack Kerouac, traversait l’Amérique de la Grande Dépression avec ses ballades poussiéreuses pour cowboys et ouvriers. C’est en l’écoutant et en allant lui rendre visite sur son lit d’hôpital à New York que le jeune Bobby a découvert l’art du talkin’ blues, de la complainte universelle et de la crise d’identité. Au départ, c’est comme lui qu’il va s’habiller et chanter et c’est pour lui qu’il écrira « Song To Woody », l’une de ses premières compositions. Pete Seeger : Le vieux sage, lien entre la bande de Woody et ses héritiers du Greenwhich Village. Un musicien ancré dans la tradition orale qui aura écrit et préservé des centaines de tranches d’Amérique. S’il aura du mal à supporter la transition électrique de son jeune protégé, il restera jusqu’à sa mort en 2014 une figure bienveillante. Et pas le seul troubadour militant à avoir inspiré les meilleurs protest-songs de Dylan : voir aussi Lead Belly et la bibliothèque musicale recueillie par l’explorateur Alan Lomax. Allen Ginsberg : Quand il débarque à Minneapolis pour faire ses études, Dylan va surtout passer du temps à traîner avec des musiciens et à plonger tête baissée dans la culture beat affectionnée par ses potes hipsters. La lecture de Kerouac est cruciale bien entendu tout comme celle du poète Allen Ginsberg. L’auteur de Howl profite des sixties pour jouer le trublion et faire le lien entre les beatnicks et les hippies. Bouleversé à l’écoute d’un morceau comme « Hard Rain », il deviendra un apôtre de Dylan, le suivant en Angleterre lors de sa tournée 65 et jouant le rôle du grand gourou lors de la Rolling Thunder Review. En 71, il demandera même au chanteur d’enregistrer un album avec lui dont il reste aujourd’hui quelques sessions expérimentales… Frank Sinatra : On n’a pas encore évoqué le dernier album en date de Dylan, Shadows in the Night (2015), une collection de reprises de Sinatra. De la pochette aux arrangements, c’est un projet old-fashionned où Bob s’applique et livre l’une de ses plus belles performances vocales sur des morceaux intemporels. L’ambiance feutrée et la mélancolie ambiante vont à merveille au vieillard qui en fera les moments les plus incontournables de son répertoire scénique (« Autumn Leaves« , « Why Try To Change Me Now »). Sinatra était déjà dans ses valises depuis longtemps (« Lucky Old Sun » est un classique du Never Ending Tour) tout comme Nat King Cole et Bing Crosby (voir Christmas in the Heart), les grandes voix américaines. (…) Et ce n’est pas fini puisque le prochain LP, Fallen Angels (2016) sera lui aussi consacré à Sinatra. Elvis Presley : Les bonnes ondes du King n’ont pas mis longtemps à se téléporter de Memphis jusqu’à Hibbing, dans les oreilles du petit Robert. Fan de la première heure, le gamin a même tenté de monter son groupe rockabilly au lycée (les Golden Chords) et d’accompagner Bobby Vee, une copie locale de Presley. Ce dernier sera mentionné dans « Went To See The Gypsy » (oui Julie, c’est bien sur l’album New Morning en 70 !) et repris sur disque (« Can’t Help Falling in Love », « Blue Moon« ) et sur scène (« Blue Suede Shoes« ). Elvis lui rendra la pareille en s’accaparant « Tomorrow is a Long Time« . (…) Johnny Cash : C’est en 64, au Newport Festival, que le jeune Dylan croise pour la première fois la route de celui qui lui offrira sa guitare et quelques bons conseils. L’homme en Noir venait de reprendre et populariser « It Ain’t Me, Babe » avec June Carter. Ils se recroiseront en 66 pour une jam enivrée et en 69 pour de nouvelles sessions bancales à Nashville. Seule une jolie reprise de « Girl From the North Country » sera officialisée ainsi qu’un « Wanted Man » écrit à deux mains. Cash n’est pas le seul outlaw country à s’associer avec le Zim : Willie Nelson et Merle Haggard suivront à l’occasion le Never Ending Tour. LES FRÈRES D’ARMES C’est pas facile d’être l’ami ou le collaborateur de Dylan. Il faut supporter rivalité, coups bas, lunatisme et indifférence. Il faut savoir rester dans l’ombre, s’effacer. Certains y sont parvenus le temps d’une tournée ou de plusieurs décennies (les fidèles Bob Neuwirth et Victor Maymudes, le groupe scénique mené par le bassiste Tony Garnier). D’autres ont réussi à faire carrière avec ou malgré lui. Et puis il y a ceux qui ne s’en sont toujours pas remis (…). Dinkytown : On oublie souvent qu’avant de partir à New York, Dylan a fait ses premiers pas à Minneapolis (et reviendra y enregistrer Blood on the Tracks en 74). Après avoir abandonné rapidement ses études pour se consacrer à la musique, il a pu sceller quelques amitiés décisives, des potes à qui il volera des morceaux ou des collections de disques. Parmi eux, citons les érudits John Koerner et Tony Glover à qui Dylan rend hommage dans ses Chroniques.  Le Greenwich Village : Dans le quartier bohème où il se produisait dans divers cafés-concerts (le Gaslight, le Café Wha), Dylan a fait quelques belles rencontres. Qu’il s’agisse de vieux bluesmen (il fit les premières parties de Lonnie Johnson et John Lee Hooker) ou d’irlandais bourrus (les Clancy Brothers), son esprit a pu éponger un bon paquet de styles et de chansons. C’est à Dave Van Ronk qu’il piquera les arrangements du House of the Rising Sun entendu sur son premier album et c’est avec Peter LaFarge qu’il se mettra à écrire ses premiers textes. On a pu entendre son harmonica auprès de la douze-cordes de Karen Dalton, de Mavis Staples (qu’il rejoindra en tournée l’été prochain) ou des New Lost City Ramblers. La plupart de ses frères d’armes lui rendront hommage devant la caméra de Scorsese dans le docu No Direction Home et le suivront dans d’autres aventures (Ramblin’ Jack Elliott au casting de la Rolling Thunder). Mais sa rapide ascension attira bien vite la jalousie de certains. Le très engagé Phil Ochs ne s’en remettra jamais. Victime des sautes d’humeur de Dylan (qui le considérait plus comme un journaliste qu’un poète) et d’une dépression accentuée par l’alcool, il se suicidera en 1976. L’écurie Grossman : Si Dylan est son client le plus connu (il le signera en 62, le rendra célèbre et s’en ira avec la caisse), Albert Grossman a eu d’autres clients célèbres. La chanteuse Odetta dont le style unique a influencé le jeune Bobby. Peter, Paul & Mary, trio fabriqué de toutes pièces par Grossman et qui permettra au revival folk de bien se vendre, notamment en propulsant « Blowin’ in the Wind » sur toutes les radios. Le bluesman John Lee Hooker avec lequel Dylan a pu partager l’affiche au Greenwich Village. Et on peut également citer The Band, Richie Havens, Todd Rundgren et Janis Joplin. (…) Joan Baez (…) prend le jeune Bobby sous son aile et (paraît-il) dans son lit, Dylan ne lui renverra pas l’ascenseur quand elle le suivra lors de la tournée anglaise de 65 (voir le docu Don’t Look Back) et, malgré une brève réconciliation lors de la Rolling Thunder Revue (voir le film Renaldo & Clara), leurs chemins vont se séparer. Si Dylan s’en remettra, Baez continuera à reprendre ses chansons, à écrire des albums entier sur ses regrets (Diamonds & Rusts en 75) et à parler de lui à chaque interview… (…) Neil Young : En terme de discographie imposante et de carrière pleine de virages, Neil Young n’a rien à envier à Dylan. (…) Si Dylan a suspecté son rival de le plagier avec « Heart of Gold », leur relation s’est par la suite améliorée. Ils ont partagé la scène à un concert de charité en 75, lors des adieux du Band en 76 et pour l’anniversaire de Dylan en 92. Tandis qu’on a pu entendre « Old Man » lors du NET, le Loner reprendra régulièrement sur scène et en studio des classiques comme « Blowin’ in the Wind » ou « Girl From the North Country« . The Grateful Dead : Une admiration mutuelle entre Dylan et les hippies de San Francisco qui, comme on l’a vu la semaine dernière, occasionnera le meilleur comme le pire. Le pire, c’est donc la tournée 87 et surtout son témoignage live, Dylan & The Dead (1988). Le meilleur, ce sont les reprises du Dead lors du Never Ending Tour (« Friend of the Devil« , Alabama Getaway »). Jerry Garcia était un vrai pote pour lui, l’un des rares pour lequel il s’est pointé à l’enterrement. LES FIDÈLES MUSICIENS  En cinquante ans et malgré ses sautes d’humeurs, Dylan a réussi à s’entourer d’une légion de musiciens. Le temps d’un album, d’une collaboration ou d’une vie toute entière. Difficile d’établir une liste complète mais vous avez intérêt à retenir les plus fidèles, ceux qui ont su s’accommoder des méthodes pas toujours diplomates d’un patron pas comme les autres. (…) La loyauté est également requise pour être choriste et même plus si affinités. Embauchée dès Slow Train Coming et présente sur Saved et Empire Burlesque, Carolyn Dennis va épouser son boss en 86, un mariage qui va durer six ans et un enfant. Durant la tournée gospel, ça n’empêche pas le prophète de coucher avec une autre choriste, Clydie King, qui restera dans le coin de Saved à Empire Burlesque. LES HÉRITIERS Donovan : Il y a ce passage terrible dans le docu Don’t Look Back. Le jeune barde écossais rencontre son idole dans un hôtel luxueux  et, à la recherche d’approbation, lui interprète une ritournelle à la limite du plagiat. En réponse, un Dylan plus arrogant que jamais se lance dans It’s All Over Now, Baby Blue et prouve à son disciple qu’il est inimitable. Heureusement, Donovan n’est pas qu’une simple copie et saura tirer son épingle du jeu que ce soit avec de jolies ballades ou des choses plus psychédéliques. The Byrds : L’influence va dans les deux sens. En donnant une couleur « folk-rock » aux morceaux de leur idole, les Byrds lui donneront envie de rebrancher les guitares et d’agrandir son registre sonore. On n’a jamais su aussi bien retranscrire l’atmosphère carillonnante de « Mr Tambourine Man » qu’avec la Rickenbacker douze cordes et les harmonies du trio McGuinn/Clark/Crosby.  Bruce Springsteen : Régulièrement, la presse désigne le moindre type qui joue de la guitare comme le nouveau Dylan. Au milieu des années 70, Springsteen méritait vraiment ce raccourci, en particulier en tant que songwriter et porte-parole d’une génération (un fardeau qu’il n’a jamais refusé). Il y a du respect entre l’élève et le maître et c’est le petit gars du New Jersey qui introduira le petit gars du Minnesota au « Rock & Roll Hall of Fame » avec ce joli discours. Dylanesquetv
Dans le monde anglo-saxon (…) l’intensité de la polémique est au moins aussi haute que chez nous. Mais vous mettez d’emblée le doigt sur un des principaux problèmes, celui de la langue. Les textes de Bob Dylan, souvent obscurs, sont très difficiles à saisir pour quiconque ne parle pas anglais très couramment. Et pourtant, ses chansons nous paraissent familières. Pensez ! Dans un très grand nombre de pays, elles sont sur ondes des radios ondes depuis une soixantaine d’années. L’écrivain et traducteur Tim Parks explique ainsi, dans la New York Review of Books, pourquoi cette impression de proximité que nous éprouvons en face de ces chansons, fausse le jugement que nous pouvons porter sur l’œuvre de Dylan. Le public a fait confiance aux jurés du Prix Nobel lorsqu’ils ont couronné des poètes comme Octavio Paz ou Wislawa Szymborska. La plupart d’entre nous n’avait jamais eu l’occasion de lire un de leurs poèmes. Au contraire, dans le cas de Bob Dylan, tout le monde a chantonné un jour ou l’autre Mr. Tambourine Man, sans en comprendre le sens complet. Qu’on lui attribue le Prix Nobel est donc bien plus troublant. On a la fausse impression de voir décerner la plus haute distinction littéraire à un faiseur de chansonnettes. Tim Parks pointe un autre problème : les chansons de Dylan prennent véritablement leur sens à travers la manière dont leur auteur les a interprétées. Elles comportent souvent un élément de sarcasme que seule, sa manière chanter rend perceptible. C’est un aspect sur lequel insiste un grand dylanologue, Ron Rosenbaum, auteur de plusieurs essais sur le chanteur : Dylan, dit-il, mine et sape le langage. Il a d’ailleurs exercé une subtile influence sur sur la façon dont nous parlons, ce côté contrefait et pince-sans-rire. Bref, selon Tim Parks, ses textes sont d’abord des chansons jouées à la manière d’une performance , et non pas principalement des poèmes. La secrétaire permanente de l’Académie suédoise a répondu d’avance aux critiques qui ont estimé qu’un auteur de chansons ne pouvait pas être considéré comme un poète. Les textes d’Homère comme de Sappho, a dit Sara Danius, étaient eux aussi destinés à être déclamés ou probablement chantés en public. Pareil pour ceux de Dylan ». Alors, ces chansons relèvent-elles ou non de la littérature ? Il est évident, selon Spencer Kornhaber, dans The Atlantic, que les jurés du Nobel ont voulu élargir la notion de littérature, afin d’y introduire la chanson à texte. « On peut le lire et il devrait être lu », a encore déclaré Sara Danius, insistant ainsi sur la qualité proprement littéraire des textes de Bob Dylan. En réalité, cela fait déjà bien longtemps que ses œuvres sont étudiées dans les départements d’anglais des universités du monde entier. Un « fond Bob Dylan » sera ouvert aux étudiants par l’Université de Tulsa au printemps prochain. De nombreuses thèses et études lui ont été consacrées. Les unes pour les situer dans le contexte de la Beat Generation, d’autres adoptant des angles d’attaque beaucoup plus inattendus. Ainsi, le grand dylanologue et éminent professeur de Boston Christopher Ricks, a étudié la notion de péché chez Dylan. Son œuvre, de par les oscillations permanentes de son auteur entre le judaïsme de ses origines et l’évangélisme protestant, est pétrie de références bibliques. Mais (…) « On décerne un Prix littéraire à quelqu’un qui est un grand folk-singer, peut-être même le plus grand de tous, mais qui n’a jamais écrit une ligne de littérature ». Voilà ce qu’écrit Tim Stanley dans The Telegraph, le grand quotidien conservateur britannique. A ses yeux, Dylan n’est pas situé sur le même barreau de l’échelle – c’est la métaphore qu’il emploie – que les Nobels d’autrefois. Les jurés auraient cédé au « snobisme anti-élitiste ». Ils ont voulu caresser le grand public dans le sens de sa nostalgie des sixties ; courir après la foule. Ils ont suivi l’idéologie du moment selon laquelle tout se vaut et la distinction entre haute et basse culture appartient au passé. Si Bob Dylan a mérité le Prix Nobel pour ses chansons, pourquoi, dans l’avenir, ne pas penser à Donald Trump pour ses twitts tellement lyriques ? ironise-t-il ? Si les jurés suédois pensaient que le tour des Américains était venu, ils auraient mieux fait de décerner leur prix à Don DeLillo, à Philip Roth, ou même à Thomas Pynchon. Eux au moins écrivent des livres… Ce sont des écrivains. Pas Bob Dylan. D’autres personnalités critiquent non pas la qualité littéraire de l’oeuvre dylanesque, mais le fait d’avoir attribué un prix littéraire à un musicien. C’est le cas d’Irvine Welsh, l’auteur de Transpotting. Il a twitté : « Si vous êtes un fan de musique, regardez dans le dictionnaire à « musique ». Puis à « littérature ». Comparez et contrastez. » D’autres accusent Bob Dylan de plagiat. Dans ses Chroniques Volume 1 – car Dylan a aussi publié ce livre – on a repéré des recopiages manifestes de Jack London. Et l’album Love and Theft (2001) comporte de larges passages d’un livre du romancier japonais Junichi Saga. Quant à l’album de sa « renaissance », Blood on the Tracks », que tout le monde a pris, lors de sa parution, en 1975, comme de part en part autobiographique, il serait entièrement basé sur des nouvelles de Tchekhov, que Dylan dévorait à New York, au cours des mois précédant son enregistrement. Qu’est-ce que cela prouve ? Que Dylan a de bonnes lectures. Qu’il a toujours baigné dans la littérature. Et pas seulement dans le protest-song. Brice Couturier

Après la réécriture de l’histoire, celle de la peinture !

Recopiage d’une chanson de Hank Snow dès l’âge de 16 ans, pillages de toute une génération de chanteurs folk, emprunts à des écrivains (London, Chekov, Junichi Saga), à des photographes (Cartier-Bresson, James Ricalton, Bruce Gilden, Dmitri Kessel, Léon Busy) et à des peintres, et peut-être bientôt à des sculpteurs ?

Au lendemain de la polémique – parfaitement résumée par Brice Couturier – soulevée par la première attribution à un auteur-compositeur du prix Nobel de littérature …

Confirmation du jugement de la secrétaire de l’Académie Nobel …

Bob Dylan est bien un « sampleur »

Mais dès l’âge de 16 ans et tout particulièrement suite à sa rencontre avec le peintre russo-américain Norman Raeben …

Un « sampleur » qui …

Reprenant le mot d’ordre du « voleur » de génie Picasso et à condition bien sûr de faire mieux que l’original …

Va bien au-delà de la littérature !

Dylan, Prix Nobel de littérature. La polémique

Brice Couturier

France Culture

20.10.2016

Il n’y a pas qu’en France que cette attribution fait débat.

L’attribution du Prix Nobel de littérature a indisposé bien des intellectuels français – Pierre Assouline et notre collègue Alain Finkielkraut, pour ne citer qu’eux. Qu’en est-il dans le monde anglo-saxon, où, par définition, ses textes sont mieux compris ?

Eh bien, l’intensité de la polémique est au moins aussi haute que chez nous. Mais vous mettez d’emblée le doigt sur un des principaux problèmes, celui de la langue. Les textes de Bob Dylan, souvent obscurs, sont très difficiles à saisir pour quiconque ne parle pas anglais très couramment. Et pourtant, ses chansons nous paraissent familières. Pensez ! Dans un très grand nombre de pays, elles sont sur ondes des radios ondes depuis une soixantaine d’années.

L’écrivain et traducteur Tim Parks explique ainsi, dans la New York Review of Books, pourquoi cette impression de proximité que nous éprouvons en face de ces chansons, fausse le jugement que nous pouvons porter sur l’œuvre de Dylan. Le public a fait confiance aux jurés du Prix Nobel lorsqu’ils ont couronné des poètes comme Octavio Paz ou Wislawa Szymborska. La plupart d’entre nous n’avait jamais eu l’occasion de lire un de leurs poèmes. Au contraire, dans le cas de Bob Dylan, tout le monde a chantonné un jour ou l’autre Mr. Tambourine Man, sans en comprendre le sens complet. Qu’on lui attribue le Prix Nobel est donc bien plus troublant. On a la fausse impression de voir décerner la plus haute distinction littéraire à un faiseur de chansonnettes.

Tim Parks pointe un autre problème : les chansons de Dylan prennent véritablement leur sens à travers la manière dont leur auteur les a interprétées. Elles comportent souvent un élément de sarcasme que seule, sa manière chanter rend perceptible. C’est un aspect sur lequel insiste un grand dylanologue, Ron Rosenbaum, auteur de plusieurs essais sur le chanteur : Dylan, dit-il, mine et sape le langage. Il a d’ailleurs exercé une subtile influence sur sur la façon dont nous parlons, ce côté contrefait et pince-sans-rire. Bref, selon Tim Parks, ses textes sont d’abord des chansons jouées à la manière d’une performance , et non pas principalement des poèmes.

La secrétaire permanente de l’Académie suédoise a répondu d’avance aux critiques qui ont estimé qu’un auteur de chansons ne pouvait pas être considéré comme un poète. Les textes d’Homère comme de Sappho, a dit Sara Danius, étaient eux aussi destinés à être déclamés ou probablement chantés en public. Pareil pour ceux de Dylan ».

Alors, ces chansons relèvent-elles ou non de la littérature ? Il est évident, selon Spencer Kornhaber, dans The Atlantic, que les jurés du Nobel ont voulu élargir la notion de littérature, afin d’y introduire la chanson à texte. « On peut le lire et il devrait être lu », a encore déclaré Sara Danius, insistant ainsi sur la qualité proprement littéraire des textes de Bob Dylan.

En réalité, cela fait déjà bien longtemps que ses œuvres sont étudiées dans les départements d’anglais des universités du monde entier. Un « fond Bob Dylan » sera ouvert aux étudiants par l’Université de Tulsa au printemps prochain. De nombreuses thèses et études lui ont été consacrées. Les unes pour les situer dans le contexte de la Beat Generation, d’autres adoptant des angles d’attaque beaucoup plus inattendus. Ainsi, le grand dylanologue et éminent professeur de Boston Christopher Ricks, a étudié la notion de péché chez Dylan. Son œuvre, de par les oscillations permanentes de son auteur entre le judaïsme de ses origines et l’évangélisme protestant, est pétrie de références bibliques. Heureusement qu’il n’existe pas de Prix Nobel de théologie, vous allez dire…

Mais quels sont les arguments de ceux qui regrettent que ce Prix Nobel ait été décerné à Bob Dylan ?

« On décerne un Prix littéraire à quelqu’un qui est un grand folk-singer, peut-être même le plus grand de tous, mais qui n’a jamais écrit une ligne de littérature ». Voilà ce qu’écrit Tim Stanley dans The Telegraph, le grand quotidien conservateur britannique. A ses yeux, Dylan n’est pas situé sur le même barreau de l’échelle – c’est la métaphore qu’il emploie – que les Nobels d’autrefois. Les jurés auraient cédé au « snobisme anti-élitiste ». Ils ont voulu caresser le grand public dans le sens de sa nostalgie des sixties ; courir après la foule. Ils ont suivi l’idéologie du moment selon laquelle tout se vaut et la distinction entre haute et basse culture appartient au passé. Si Bob Dylan a mérité le Prix Nobel pour ses chansons, pourquoi, dans l’avenir, ne pas penser à Donald Trump pour ses twitts tellement lyriques ? ironise-t-il ? Si les jurés suédois pensaient que le tour des Américains était venu, ils auraient mieux fait de décerner leur prix à Don DeLillo, à Philip Roth, ou même à Thomas Pynchon. Eux au moins écrivent des livres… Ce sont des écrivains. Pas Bob Dylan.

D’autres personnalités critiquent non pas la qualité littéraire de l’oeuvre dylanesque, mais le fait d’avoir attribué un prix littéraire à un musicien. C’est le cas d’Irvine Welsh, l’auteur de Transpotting. Il a twitté : « Si vous êtes un fan de musique, regardez dans le dictionnaire à « musique ». Puis à « littérature ». Comparez et contrastez. »

D’autres accusent Bob Dylan de plagiat. Dans ses Chroniques Volume 1 – car Dylan a aussi publié ce livre – on a repéré des recopiages manifestes de Jack London. Et l’album Love and Theft (2001) comporte de larges passages d’un livre du romancier japonais Junichi Saga. Quant à l’album de sa « renaissance », Blood on the Tracks », que tout le monde a pris, lors de sa parution, en 1975, comme de part en part autobiographique, il serait entièrement basé sur des nouvelles de Tchekhov, que Dylan dévorait à New York, au cours des mois précédant son enregistrement. Qu’est-ce que cela prouve ? Que Dylan a de bonnes lectures. Qu’il a toujours baigné dans la littérature. Et pas seulement dans le protest-song.

Voir aussi:

Bob Dylan: The Music Travels, the Poetry Stays Home
Tim Parks
The NY Review of books
10.16. 2016

No one has been a fiercer critic of the Nobel Prize in Literature than I. It’s not the choices that are made, though some (Elfriede Jelinek, Dario Fo) have been truly bewildering; it’s just the silliness of the idea that a group of Swedish judges, always the same, could ever get their minds round literature coming from scores of different cultures and languages, or that anyone could ever sensibly pronounce on the best writers of our time. The best for whom? Where? Does every work cater to everybody? The Nobel for literature is an accident of history, dependent on the vast endowment that fuels its million-dollar award. What it reveals more than anything else is the collective desire, at least here in the West, that there be winners and losers, at the global level, that a story be constructed about who are the greats of our era, regardless of the impossibility of doing this in any convincing way.

At times I have even thought the prize has had a perverse influence. The mere thought that there are writers who actually write towards it, fashioning their work, and their networking, in the hope of one day wearing the laurels, is genuinely disturbing. And everyone is aware of course of that sad figure, the literary great who in older age eats his or her heart out because, on top of all the other accolades, the Swedish Academy has never called. They would be better off if the prize did not exist. As for the journalists, one might say that the more they are interested in the prize, the less they are interested in literature.

All that said, this year I have to admit that the judges have done something remarkable. And you have to say, chapeau! For they have thrown the cat among the pigeons in a most delightful manner. First they have given the prize to someone who wasn’t courting it in any way, and that in itself is cheering. Second, in provoking the backlash of the purists who demand that the Nobel go to a novelist or poet, and the diehard fans who feel their literary hero has been short changed, they have revealed the pettiness, and boundary drawing that infests literary discourse. Why can’t these people understand? Art is simply not about a solemn attachment to this or that form. The judge’s decision to celebrate a greatness that also involves writing is a welcome invitation to move away from wearisome rivalries and simply take pleasure in contemplating one man’s awesome achievement.

But the most striking thing about the choice of Dylan has little to do with his primary status as a musician rather than novelist or poet. Far more interesting, at least from my point of view, as a long-term resident in Italy, translator, and teacher of translation, is that this prize divides the world, geographically and linguistically, in a way no other Nobel has done. Which is quite something when you think that the Nobel was invented precisely to establish an international consensus on literary greatness.

Why? Because while Dylan’s greatness seems evident in English-speaking countries, even to those scandalized that he has been given the Nobel, this is simply not the case in all those places where Dylan’s music is regularly heard, but his language only partially understood. Which is to say, in most of the world.

When the prize is given to a foreign poet—Tomas Tranströmer, Wisława Szymborska, Octavio Paz—whose work one perhaps has not read, or is not even available in English, one takes it on trust that the judges know a thing or two. For however arbitrary and absurd the prize might be, the judges themselves no doubt take it seriously and do their best. Even in those cases where there are translations, those few people who read and think about poetry are usually sophisticated enough to realize that a poem in translation is not, or only rarely, the real thing. More a shadow, a pointer, a savoring of impossibility.

But everyone has heard Dylan, everyone who has a radio or watches television, worldwide. In this sense the jury has exposed itself as never before. And they have heard him in the pop culture mix alongside other musicians and bands whose lyrics are perhaps banal and irrelevant. Outside the English-speaking world people are entirely used to hearing popular songs in English and having only the vaguest notions of what they might be about. They do not even ask themselves whether these are fine lyrics or clichés, just as we wouldn’t if we heard a song in Polish or Chinese. Even those who do speak English to a certain level and have heard “Mr. Tambourine Man” a thousand times, will very likely not react to it in the same way that a native English speaker would.

Though you might hear laughing, spinning, swinging madly across the sun
It’s not aimed at anyone
It’s just escaping on the run
And but for the sky there are no fences facing
And if you hear vague traces of skipping reels of rhyme
To your tambourine in time
It’s just a ragged clown behind
I wouldn’t pay it any mind
It’s just a shadow you’re seeing that he’s chasing.
Dylan sings the words clearly enough. But for the foreign listener this is hard work. He doesn’t see them written down. He can’t linger over them. He doesn’t know if they exhibit great facility or are merely nonsense. In particular, when he gets three verbs in a row ending in “ing”—laughing, spinning, swinging—it isn’t clear to him whether they are gerunds or participles. How to parse this phrase? And how to understand the charm of “But for the sky there are no fences facing,” if you don’t immediately grasp that in English we can say that fences “face” each other.

Let’s not even begin to imagine the difficulties with “Subterranean Homesick Blues.”

When we read poetry on the page we take time over it. We puzzle over it. We relish it. When we hear poetry sung, and sung intensely as Dylan sings, drivingly, with a snarl and a drawl, which is also a sophisticated form of irony, how can we, if we are not native speakers, be expected to appreciate it?

So we have this fantastic paradox. Of all Nobel winners, Dylan is surely and by far the best known worldwide. Hurrah. But only known in the sense that people have heard the songs, not understood, not relished the words. So, barely an hour after the Swedish Academy made its announcement., I was receiving messages and mails from Italian friends, of the variety, “I’ve always loved Dylan, but what on earth has he got to do with literature?” And these are people who know English fairly well. Until finally someone wrote, “I’ve always suspected Dylan’s words were something special.” And in this message there was an element of pride, in knowing English well enough to recognize this.

Needless to say, there are some translated versions of Dylan in Italy. In 2015 the excellent singer-songwriter Francesco De Gregori came out with an album Amore e furto, (Love and Theft), which has some fine renderings of Dylan, or “stolen” from Dylan, in Italian. He calls “Subterannean Homesick Blues” Acido Seminterrato and does his best to keep up with Dylan’s mad rhymes:

ragazzino cosa fai
guarda che è sicuro che lo rifarai
scappa nel vicolo,
scansa il pericolo
nel parco uno con un cappello ridicolo
ti dà la mano

vuole qualcosa di strano
But this kind of virtuosity is the exception that proves the rule, and even then, one is mainly marveling at De Gregori’s getting so near, while remaining so far away. For the most part cover translations are just a trite dumbing down of the original, entirely at the whim of the music’s rhythm and the need for rhyme. I would argue that they actually undermine rather than enhance the singer’s reputation.

We should hardly be surprised then if outside the English-speaking world the controversy over this Nobel is even fiercer than within it. For the award has laid bare a fact that international literary prizes usually ignore, or were perhaps designed to overcome: that a work of art is intimately bound up to the cultural setting in which it was created. And language is a crucial part of that. Quite simply Dylan’s work means more and more intensely in the world that produced Dylan. To differing degrees, and in the teeth of internationalism and globalization, this will be true of every literary work.

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I visited the Gagosian Gallery in Manhattan this weekend to see Bob Dylan’s Asia Series paintings. The viewing rooms were nearly empty when I was there and the paintings—well I can only say they were disappointing.Not because of all the hoopla being made over Dylan’s alleged copying, but because the works themselves had a kind of amateurish quality. It was clear to me that if Bob Dylan’s name was not on these paintings, they would never have gotten such a prestigious showing.

Back to the hoopla, which not only surprised me, but demonstrated again just how gullible many of Dylan’s fans actually are. The man, himself, admitted he had done some of the paintings from other images. So what? Dylan’s been doing that in his music since the early 1960s.

What I think is confusing to some critics with no sense of creative history is the recording industry’s misleading campaign against music copyright infringement. The Recording Industry of America (RIAA) would have people think that all songs are completely original and come out of thin air. This has led many, especially younger people, to believe the use of other works of art is outright theft.

Most art is copied and reinterpreted. Pete Seeger calls it the “folk process,” the phenomenon in which folk music, folk tales and folklore come into being or are passed from one person or generation to the next.

We Shall Overcome, a key anthem of the civil rights movement, is a good example of the folk process. The lyrics of the song originated from a gospel song published in 1947 by Rev. Charles Tindley. Originally titled We Will Overcome, it was a favorite of Zilphia Horton, then music director of the Highlander Folk School of Monteagle, Tennessee, a school that trained union organizers. She taught it to Seeger.

The song then became associated with the civil rights movement from 1959, when Guy Carawan stepped in as song leader at Highlander, and the school was the focus of student non-violent activism. It quickly became the movement’s unofficial anthem.

Seeger and other famous folk singers in the early 1960s, including Joan Baez, sang the song at rallies, folk festivals, and concerts and helped make it widely known. It was at Highlander that Dr. Martin Luther King Jr. first heard We Shall Overcome.

Today, the song, with the “shall” contributed by Seeger, is copyrighted by Seeger and Carawan. That’s how the folk process works. The passing of traditional tales and music among musicians from ear to ear.

So is it OK that Bob Dylan copied photographs by Henri Cartier-Bresson, Leon Busy and Dimitri Kessel? It’s fine with me, as long as he does a masterpiece like he has done with so many songs. However, his paintings, I’m afraid, don’t live up to that high standard.

Bob Dylan has engaged in the folk process all his life. A few years ago, a poem, written by a 16-year-old Dylan and submitted to his Jewish summer camp’s newspaper, was going up for auction at Christies when alarms went off.  The auction house failed to detect that this “Dylan Original,” with a few minor alterations, was actually the words of Hank Snow’s previously recorded song, Little Buddy.

Now 70, Dylan has continuously borrowed lyrics and melodies. At one of Bob Levinson’s Dylan classes that I took, Billy Altman, the music and pop culture writer, did an analysis of Dylan’s album, Together Through Life. Though Altman very much likes Dylan’s work, he traced how songs on the record originated from other artists. For example, Beyond Here Lies Nothin’ channels back to Otis Rush’s All Your Love (I Miss Loving) and If You Ever Go to Houston extends to Leadbelly’s Midnight Special.

One song, My Wife’s Home Town, got special mention. Altman noted from the liner notes that the song gives a compositional co-credit to the late Willie Dixon. That’s because Dixon wrote Muddy Water’s sound-alike hit, I Just Want to Make Love to You. Perhaps Dixon’s estate wasn’t so keen on allowing the folk process to work in this case.

Bob Cohen, another guest with Altman at Levinson’s class, was a member of 1960’s folk group, “The New World Singers” with Happy Traum, Gil Turner and Delores Dixon. When they played in the early 60s at Gerde’s Folk City in Greenwich Village, a young Bob Dylan was often present. Not only did he like the group’s music, but—as Dylan wrote in his memoir, Chronicles—his “part-time girlfriend” at the time was Dixon, a black woman and New York City schoolteacher with a deep alto voice.

One day, Cohen said, Dylan announced that he had a new song and invited the group to the rat and roach-infested basement of Gerdes to hear Blowin’ in the Wind. The rest is history. The New World Singers were the  first to record the song, which, Cohen noted, that Ahmet Ertegun of Atlantic Records refused to record unless they changed the words to make it into a love song.

Interestingly, when Cohen talked with Delores Dixon ten years later, after she had left the group, she revealed her then secret relationship with Dylan and told of his writing Blowin’ in the Wind. The song had come from the melody of a spiritual called No More Auction Block for Me, a song that Dylan had probably heard first on a Carter Family record.

Also, Dylan knew it because Delores sang it often at Gerde’s. It was a moving song of freedom written during slavery times, insisting “no more, no more” and sadly reflecting on the “many thousands gone.” Cohen sang it for the class, noting that in the Civil War an abolitionist wrote it down from Negro Union soldiers.

Delores told Cohen that Dylan had gone home with her one night and the next morning was working on Blowin’ in the Wind. When she heard it, she said “Bobby, you just can’t do that.” To Delores, one should not take a traditional song and write new words for it.

But the group felt otherwise and quickly adopted Blowin’ in the Wind. They sang it on stage at Gerdes and asked Dylan to join them. Later, in 1963 and 64, the New World Singers took the song to Mississippi, where it became a civil rights anthem.

Cohen revealed another interesting fact about that first recording. When Ertegun refused to use Blowin’ in the Wind, Moe Asch of Folkways decided to release the song on Broadside Records. It came out even before Dylan’s own version.

However, Delores insisted on singing the chorus as “The answer my friend is blown in the wind.” Cohen said the group couldn’t talk her out of it, and it stands today on that first recording. Apparently, as a school teacher, Delores thought Dylan had used improper English with his use of “blowin.’”

Altman revealed another side of Dylan to the class, one as an aggressive promoter of his compositions from the earliest days. At the Newport Folk Festival in 1964, when Dylan really got to know Johnny Cash for the first time, Altman said the young singer/songwriter used the occasion to vigorously push his songs to the country legend.

In a motel room at Newport with Joan Baez, Sandy Bull, Jack Elliott and some others, Dylan and Cash sat on the floor trading songs. Baez set up a portable audio player, and that’s where Bob gave Johnny It Ain’t Me, Babe and Mama, You’ve Been On My Mind. In 1965, Johnny Cash and June Carter, released It Ain’t Me Babe. It became a hit for them.

And, in case you wonder, It Ain’t Me Babe was also part of the folk process. The song’s opening line (“Go away from my window…”) was allegedly influenced by musicologist/folk-singer John Jacob Niles’ composition Go ’Way From My Window. Niles was referred to by Dylan as an early influence in Chronicles.

The folk process stories go on and on in Dylan’s life. Barry Kornfeld, a guitarist who played on Dylan’s Blood on the Tracks, noted that Paul Clayton had a copyright on a song called Who’s Gonna Buy Your Ribbons When I’m Gone. The lyrics are “Ain’t no use to sit and sigh; ain’t no use to sit and wonder why… tell me, who’s gonna buy your ribbons when I’m gone.”

Kornfeld wrote that he was with Clayton one day and Dylan wandered by and said, “Hey, man, that’s a great song. I’m going to use that song.” Dylan then wrote Don’t Think Twice.

When it became a legal issue, the song was actually traced to a number that was exactly the same as the one by Paul Clayton. It was called Who’s Gonna Buy Your Chickens When I’m Gone.  So, in effect, everything that Dylan took was actually in the public domain. Dylan and Clayton remained friends even though their publishing companies sued each other.

So, does using the folk process diminish Bob Dylan’s music?  Hardly. In virtually all cases, what Dylan borrowed, he improved. Blowin’ in the Wind is most certainly better than No More Auction Block for Me. It’s the way the greatest artists have always worked and will continue to work.

Dylan’s paintings are something else. I read that before the Gagosian show Dylan wanted assurances that his art would not embarrass him. The advice he was given was it would not. Sadly, these voices of commerce misled Dylan.

As Altman wrote in his review of Dylan’s Together Through Life, « our reactions say more about us than about him. » Only a few good critics truly analyze Dylan’s work well, perhaps because most are lazy, unquestioning, and know little about their subject. Today, we live in a thumbs “up” or “down” media culture. It’s the same with the Asia series paintings.

The Mysterious Norman Raeben
Bert Cartwright
Geocities

Norman Raeben was one of the most influential people in Bob Dylan’s life. It was Norman Raeben, Dylan said, who, in the mid ‘70s, renewed his ability to compose songs. Dylan also suggested that Norman’s teaching and influence so altered his outlook upon life that Sara, his wife, could no longer understand him, and this was a contributory factor in the breakdown of the Dylans’ marriage. It’s strange that, given the importance of Norman Raeben’s influence on Bob Dylan, he isn’t even mentioned in either of the big biographies published in the 1980.

Dylan first began to talk about Raeben in the round of interviews he did in 1978 to promote his movie, Renaldo & Clam, though for a while he wouldn’t specifically identify him. “There ain’t nobody like him,” Dylan told Pete Oppel, of the Dallas Morning News. “I’d rather not say his name. He’s really special, and I don’t want to create any heat for He was, Dylan told Playboys Ron Rosenbaum, “just an old man. His name wouldn’t mean anything to you.

Dylan’s interest in Norman began sometime in 1974, when several friends of Sara came to visit:

They were talking about truth and love and beauty and all these words I had heard for years, and they had ‘em all defined. I couldn’t believe it… I asked them, ‘Where do you come up with all those definitions?’ and they told me about this teacher.

Sufficiently impressed, Dylan looked up the teacher the next time he was in New York. It was the spring of 1974 when Dylan popped his head around Norman’s door:

He says, ‘You wanna paint?’ So I said, ‘Well, I was thinking about it, you know.’ He said, ‘Well, I don’t know if you even deserve to be here. Let me see what you can do.’ So he put this vase in front of me and he says, ‘You see this vase?’ And he put it there for 30 seconds or so and then he took it away and he said, ‘Draw It’. Well, I mean, I started drawing it and I couldn’t remember shit about this vase — I’d looked at it but I didn’t see it. And he took a look at what I drew and he said, ‘OK, you can be up here.’ And he told me 13 paints to get… Well, I hadn’t gone up there to paint, I’d just gone up there to see what was going on. I wound up staying there for maybe two months. This guy was amazing…

When Dylan looked back upon what happened during those two months, he came to believe that he was so transformed as to become a stranger to his wife:

It changed me. I went home after that and my wife never did understand me ever since that day. That’s when our marriage started breaking up. She never knew what I was talking about, what I was thinking about. And I couldn’t possibly explain it.

Dylan talked about Norman at length to Pete Oppel, describing in more-than-casual words how Norman taught in his eleventh-floor studio in Carnegie Hall:

Five days a week I used to go up there, and I’d just think about It the other two days of the week. I used to be up there from eight o’clock to four. That’s all I did for two months…

In this class there would be people like old ladies — rich old ladies from Florida, – standing next to an off-duty policeman, standing next to a bus driver, a lawyer. Just all kinds. Some art student who had been kicked out of every art university. Young girls who worshipped him. A couple of serious guys who went up there to clean up for him afterwards — just clean up the place. A lot of different kinds of people you’d never think would be into art or painting. And it wasn’t art or painting, it was something else…

He talked all the time, from eight-thirty to four, and he talked in seven languages. He would tell me about myself when I was doing something, drawing something. I couldn’t paint. I thought I could. I couldn’t draw. I don’t even remember 90 per cent of the stuff he drove into me.

It seems, then, that Norman was more interested in metaphysics than in technique. His teaching dealt with ultimate realities which could be expressed in a variety of modes. It is not certain that Norman made Dylan a better painter, but he clearly changed Dylan:

I had met magicians, but this guy Is more powerful than any magician I’ve ever met. He looked into you and told you what you were. And he didn’t play games about it. If you were interested in coming out of that, you could stay there and force yourself to come out of it. You yourself did all the work. He was just some kind of guide, or something like that…

It was some time later when I was finally able to identify Dylan’s mysterious man called Norman as Norman Raeben, born in Russia in 1901, who visited the USA with his family when be was three years old and emigrated for permanent residence when he was about 14. Norman’s father was the noted Yiddish writer, Sholem Aleichem (1859-1916), a man best known today for having created the character Tvye, whose fictional life-story was adapted for the musical, Fiddler On The Roof. The most remarkable change brought about by the months Dylan spent in Norman Raeben’s studio was upon the way Dylan composed lyrics.

Dylan told Rolling Stone’s Jonathan Cott that following his motorcycle accident on July 29, 1968, he found himself no longer able to compose as freely as before:

Since that point, I more or less had amnesia. Now you can take that statement as literally or as metaphysically as you need to, but that’s what happened to me. It took me a long time to get to do consciously what I used to do unconsciously.

Dylan reiterated the point to Malt Damsker:

It’s like I had amnesia all of a sudden…I couldn’t learn what I had been able to do naturally — like Highway 61 Revisited. I mean, you can’t sit down and write that consciously because it has to do with the break-up of time…

In the interview with Jonathan Cott, Dylan described his albums John Wesley Harding and Nashville Skyline as attempts:

…to grasp something that would lead me on to where I thought I should be, and it didn’t go nowhere — it just went down, down, down… I was convinced I wasn’t going to do anything else.

It was in this mood of near-despair of ever composing as he once had, that Dylan had the “good fortune” to meet Norman, “who taught me how to see”:

He put my mind and my hand and my eye together, in a way that allowed me to do consciously what I unconsciously felt.

The time with Norman helped Dylan’s psyche be redirected sufficiently for him to write some new songs, the songs that were included on what is still his most celebrated LP, Blood On The Tracks:

Everybody agrees that that was pretty different, and what’s different about it is that there’s a code in the lyrics, and there’s also no sense of time…

Dylan made further efforts to explain the concept of “no time” in the new songs to Matt Damsker:

 Blood On The Tracks did consciously what I used to do unconsciously. I didn’t perform it well. I didn’t have the power to perform it well. But I did write the songs… the ones that have the break-up of time, where there Is no time, trying to make the focus as strong as a magnifying glass under the sun. To do that consciously is a trick, and I did it on Blood On The Tracks for the first time. I knew how to do it because of the technique I learned — I actually had a teacher for it…

In the Biograph booklet, Cameron Crowe’s comment on Blood On The Tracks seems to be the product of an uncredited observation by Dylan himself:

Reportedly inspired by the breakup of his marriage, the album derived more of its style from Dylan’s interest in painting. The songs cut deep, and their sense of perspective and reality was always changing.

“Always changing” is the product of the LP’s sense of no-time. Speaking to Mary Travers on April 26, 1975, Dylan commented upon the concept of time, the point he tried to make being not only that “the past, the present and the future all exists”, but that “it’s all the same” — something learned from Norman, Dylan told Jonathan Cott, who used to teach that:

You’ve got yesterday, today and tomorrow all in the same room, and there’s very little that you can’t imagine happening.

Dylan’s assertion to Malt Damsker that he didn’t perform the songs on Blood On The Tracks particularly well may be surprising but, he went on, “they can be changed… “. In fact, Dylan has continually reworked the songs, changing the lyrics again and again in such songs as “Simple Twist Of Fate” and “Tangled Up In Blue”. Dylan ties up ideas of time and change to the idea of song-as-painting with specific reference to “Tangled Up In Blue” on the jacket notes to Biograph, where he says of the song:

I was just trying to make it like a painting where you can see the different parts but then you also see the whole of it. With that particular song, that’s what I was trying to do… with the concept of time, and the way the characters change from the first person to the third person, and you’re never quite sure if the third person is talking or the first person is talking. But as you look at the whole thing, it really doesn’t matter.

The dissolving of persons and of time in the Blood On The Tracks songs was a remarkable achievement; Dylan was to try to apply the same technique when he made his film Renaldo 8’ Clara. In tracing the influence of Norman Raeben’s thinking, Dylan called Jonathan Cott’s attention to Renaldo & Clara:

 …in which I also used that quality of no-time. And I believe that that concept of creation is more real and true than that which does have time…The movie creates and holds the time. That’s what it should do —it should hold that time, breathe in that time and stop time in doing that. It’s like if you look at a painting by Cézanne, you get lost in that painting for that period of time. And you breathe — yet time is going by and you wouldn’t know it. You’re spellbound.

Small wonder, then, that Dylan was most annoyed by those who criticized the film’s length, and perhaps it is not inappropriate to mention a more recent statement of annoyance — at those who tried to pin down one of his no-time, no-person songs from Blood On The Tracks:

“You’re A Big Girl Now”, well, I read that this was supposed to be about my wife. I wish somebody would ask me first before they go ahead and print stuff like that.

Dylan once unconsciously created songs with the no-time quality of painting. Many times he spoke of parallels between song and painting — one recalls, for example, Dylan’s introduction of “Love Minus Zero/No Limit” in concerts in 1965 as “a painting in maroon and silver” or “a painting in purple”, but only after studying with Norman Raeben was he to recapture his apparently lost ability to write such songs, now with the notable difference of conscious composition. And if Blood On The Tracks was to be the first attempt to translate what Dylan had learned from Norman into song, it was Street-Legal which Dylan would come to regard as the culmination of the insights into the nature of time as no-time. As he told Matt Damaker:

Never until I got to Blood On The Tracks did I finally get a hold of what I needed to get a hold of, and once I got hold of it, Blood On The Tracks wasn’t it either, and neither was Desire. Street-Legal comes the closest to where my music Is going for the rest of time. It has to do with an illusion of time. I mean, what the songs are necessarily about is the illusion of time. It was an old man who knew about that, and I picked up what I could…

Dylan’s Bloody-Best Album: 40 Facts About the 40-Year-Old ‘Blood on the Tracks’

For the landmark album’s 40th anniversary, here are 40 facts about Blood on the Tracks:

As the years go on, more and more fans and critics regard it as Dylan’s best album.

When Rolling Stone magazine’s editors made a list of the 500 Greatest Albums of all time in the early 2000s, Blood on the Tracks came in at a mere No. 16, trailing top 10 choices Blonde on Blonde and Highway 61 Revisited. But in a 2012 reader poll, fans voted for Blood as his finest work.

Prior to Blood on the Tracks, Dylan hadn’t had a critical success since 1966.

His late ‘60s work was described as “pastoral,” which was not what most fans wanted from rock’s greatest fire-breathing poet. His first proper studio album after years of reclusion, Planet Waves, had reestablished him as a commercial force in 1974, debuting at No. 1, but “Forever Young” was the only classic that stuck.

Rolling Stone initially ran a mixed review of the album.

Then-critic Jon Landau, later to be Bruce Springsteen’s producer/manager, praised Dylan’s vocal work but not the instrumentation, saying it “would only sound like a great album for a while” and was “impermanent.”

Is the album really a secret tribute to a Russian playwright?

In his memoir, Chronicles, Dylan was assumed to be referring to Blood on the Tracks when he wrote: “I would even record an entire album based on Chekhov short stories. Critics thought it was autobiographical – that was fine.” No one was certain whether he was serious about the Chekhov.

Novelist Rick Moody is an evangelist for the album, frequently proclaiming it the greatest album ever recorded.

In a 2001 speech that was subsequently anthologized, Moody rhapsodized: “Of thee I sing, best album ever made, or that’s my hypothesis, best rock &roll record ever — more heroic than The Sun Sessions, more consistent than Exile on Main Street, more serious than Never Mind the Bollocks, better than Revolver because there’s no ‘Good Day Sunshine’ on it, more discerning in its rage than Nevermind, more accepting than What’s Going On, less desperate than Pet Sounds, and more adult than Blonde on Blonde and Highway 61 Revisited.”

Another huge fan: Miley Cyrus.

Cyrus released her version of “You’re Gonna Make Me Lonesome When You Go” in 2012 and subsequently made the song a staple of her touring. No longer was the focus on which lost love Dylan wrote the song about. Hollywood Life spotlighted Miley’s cover version with the headline: “Is She Singing About Liam Hemsworth?”

Miley may not be the strangest artist to have covered one of the songs from the album.

In 2002, Great White released their version of “Tangled Up in Blue.”

“Tangled Up in Blue” also has a special honor in the Rock Band 2 game.

It’s the Mount Everest of Rock Band 2 songs, being the last hurdle to overcome in the “Impossible Vocal Challenge” section.

Hootie and the Blowfish paid serious tribute to the album… and paid for it.

Their 1994-5 smash “Only Wanna Be With