Miss France 2019: A quand le QI comme critère d’admission ? (Bikinis are like statistics: guess what’s left when post-Weinstein and metoo beauty contests drop beauty as a criterion ?)

16 décembre, 2018

San Remo (Italie, 1949)San Remo (Italie, 1949)San Remo (Italie, 1949)Break the dull steak habit poster (1968)Image result for social origins of Miss America winners since 1920Miss France 2016 IMCMonique Lemaire (Miss France 1962)Irène Tunc (Miss France 1954)Sonia Rolland (Miss France 2000)Sylvie Tellier (Miss France 2002)Iris Mittenaere (Miss France/Miss Universe 2016)Miss France 2019 Vaimalama Chaves (Miss France 2019)

Car on donnera à celui qui a; mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. Jésus (Marc 4: 25)
Il y a autant de racismes qu’il y a de groupes qui ont besoin de se justifier d’exister comme ils existent, ce qui constitue la fonction invariante des racismes. Il me semble très important de porter l’analyse sur les formes du racisme qui sont sans doute les plus subtiles, les plus méconnaissables, donc les plus rarement dénoncées, peut-être parce que les dénonciateurs ordinaires du racisme possèdent certaines des propriétés qui inclinent à cette forme de racisme. Je pense au racisme de l’intelligence. (…) Ce racisme est propre à une classe dominante dont la reproduction dépend, pour une part, de la transmission du capital culturel, capital hérité qui a pour propriété d’être un capital incorporé, donc apparemment naturel, inné. Le racisme de l’intelligence est ce par quoi les dominants visent à produire une « théodicée de leur propre privilège », comme dit Weber, c’est-à-dire une justification de l’ordre social qu’ils dominent. (…) Tout racisme est un essentialisme et le racisme de l’intelligence est la forme de sociodicée caractéristique d’une classe dominante dont le pouvoir repose en partie sur la possession de titres qui, comme les titres scolaires, sont censés être des garanties d’intelligence et qui ont pris la place, dans beaucoup de sociétés, et pour l’accès même aux positions de pouvoir économique, des titres anciens comme les titres de propriété et les titres de noblesse. Pierre Bourdieu
Dans le débat sur la parité (…) on risque de remplacer des hommes bourgeois par des femmes encore plus bourgeoises. Si du moins on se dispense de faire ce qu’il faudrait pour que cela change vraiment : par exemple, un travail systématique, notamment à l’école, pour doter les femmes des instruments d’accès à la parole publique, aux postes d’autorité. Sinon, on aura les mêmes dirigeants politiques, avec seulement une différence de genre. Bourdieu
One of the more fascinating aspects of beauty pageants is that virtually everyone involved with pageants, including the contestants, deny that beauty is the driving force behind the pageant. This denial is stunning, considering that the events are called, after all, beauty pageants. Beauty is a four-letter word in the pageant business. But it wasn’t always that way. Up until the 1960’s, no one seemed to have a problem acknowledging the importance of « beauty » in beauty pageants. It was during that decade that feminists became particularly vocal in their criticism of judging beauty, especially within the context of a beauty pageant. (…) debutante balls, unlike the more egalitarian and working class ritual of beauty pageants, are more controlled and influenced by money than looks alone, though beauty is a dominant factor in both. Anthony Napoleon
Beauty pageants are an extension of the competition between women that begins at birth. All women are in competition with other women to get themselves a good husband. Alfred Patricelli (Miss World-USA)
Les statistiques, c’est comme le bikini: ça donne des idées mais ça cache l’essentiel! Aaron Levenstein (repris par Coluche)
Well, obviously it’s great outer beauty. I mean, we could say politically correct that look doesn’t matter, but the look obviously matters. Like you wouldn’t have your job if you weren’t beautiful. Donald Trump (2014)
Since the late ’80s, Miss America has been adjusting its image to maintain relevance and keep viewership. Part of that is about the culture around it. At some point people didn’t need to see scantily clad ladies on the stage anymore — they could see it on their computers. Margot Mifflin (City University of New York)
Nous ne sommes plus un concours de beauté, nous sommes une compétition. Gretchen Carlson (gagnante 1989, présidente du conseil d’administration de la Miss America Organization)
Le nouvel objectif de Miss America est de préparer de grandes femmes pour le monde, et de préparer les grandes femmes au monde. Regina Hopper (présidente de Miss America)
J’ai du mal à saisir le sens de ces déclarations. Si ce n’est plus un concours de beauté alors il faudrait définir ce que c’est. Une compétition d’éloquence, de talent, de chant ? Ce sont des costumes qui font partie du spectacle. Nous sommes là pour offrir du beau et transmettre le folklore de cette élection. (…) Avant le test de culture générale importait peu, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La future Miss France a un rôle d’ambassadrice même si on ne fait pas de politique. (…) L’interview au micro fait souvent basculer les voix, preuve que les téléspectateurs ne sont pas uniquement dans une recherche esthétique. (…) c’est surtout le reflet de la massification scolaire. (…) Je connais bien l’élection de Miss USA, à ne pas confondre avec l’élection de Miss America qui est moins médiatisée. C’est peut-être un levier d’action pour revenir sur le devant de la scène. Sylvie Tellier (directrice de l’Organisation Miss France)
Cette élection sera un moment pour prendre la parole et sensibiliser les téléspectateurs sur les violences faites aux femmes. (…) L’élection de Miss France, c’est quand même trente jeunes femmes en direct à la télévision pendant trois heures, à une heure de grande écoute. C’est l’occasion de parler de la femme et de dénoncer les violences faites aux femmes qui sont encore beaucoup trop importantes en France aujourd’hui et dont on ne parle pas assez. (…) Miss France 2018 permet de soutenir des causes et de les faire avancer, la prise de parole des Miss au Pérou en est la preuve. Elles agissent à leur niveau pour améliorer la condition féminine. Sylvie Tellier (directrice générale de la société Miss France)
Il est dommage que la seule soirée de l’année dédiée aux femmes à la télévision, cultive l’idée de la femme objet. L’élection Miss France est un concours qui repose sur des critères de beauté réducteurs et ridicules. Il serait plus judicieux de valoriser les talents, plutôt que des stéréotypes physiques irréels. Raphaëlle Rémy-Leleu (Osez le féminisme)
Ne pas être mariée, ne pas avoir d’enfant, ne pas avoir de tatouage, mesurer 1,70 mètres minimum et avoir moins de 26 ans font partie des règles imposées aux candidates et jugées archaïques et sexistes par les associations. L’Express
C’est en tout cas ce qui permet de rendre le concours socialement plus acceptable. (…) Il y a une injonction à affirmer son ‘je’. Il faut être capable de monter sur scène et prouver que l’on est la meilleure, que l’on est engagée. Pour le moment ce tempérament self-woman est surtout américain, dans la version française nous n’avons d’ailleurs pas de compétition de talents. (…) On veut que la question du jugement esthétique soit plus floue, mais elle ne recule pas. Elle est simplement davantage combinée à la personnalité. Camille Couvry
Je pense qu’un maillot une pièce ouvert sur les hanches et couvrant un peu plus les fessiers éviterait que les candidates deviennent des exhibitionnistes. Geneviève de Fontenay
Encore une fois, le corps des femmes est un objet, comme dans la publicité. Ce sont des corps souvent nus, et l’épreuve du maillot de bain est celle qui est la plus attendue. Éléonore Stévenin (Osez le féminisme)
Il est très curieux qu’en 2016, on éprouve encore le besoin de mettre en concurrence des femmes non pas sur des critères intellectuels ou de mérites, mais sur des critères purement physiques. Le plus problématique est que le concours Miss France, ultra médiatisé, impose des stéréotypes physiques irréels, sans compter le culte de la pureté avec des concurrentes sans petits amis. Cette mise en concurrence à une heure de grande écoute, entraîne beaucoup de souffrance pour d’autres femmes qui ne font pas 1,75m pour 50 kilos. Claire Serre-Combe (Osez le féminisme)
C’est un concours de beauté avec juste une limite de taille. Les critères ne sont pas seulement physiques. Sylvie Tellier
Ces concours se présentent comme de véritables fabriques : le corps des jeunes femmes est façonné par de nombreuses épreuves combinant des exercices de modelage et d’expression corporelle à des séances d’évaluation. L’appréciation de la beauté semble s’effectuer dans le double mouvement du corps regardé et du corps exposé, qui aboutit au classement des postulantes. Les progressives éliminations des candidates (dans les étapes régionales et nationales des compétitions) conduisent à la consécration de la lauréate qui a réussi à incarner l’idéal esthétique de la parfaite féminité. (…) La poursuite du rêve de la parfaite « gynométrie » (…) semble traverser les siècles et les continents. Ainsi, dans l’Inde traditionnelle, la danseuse doit exhiber autour de sa taille trois plis arrondis et gracieux. En France, les seins de Joséphine Bonaparte auraient donné la forme de la coupe à champagne. Si le corps sert de modèle, il est aussi mesuré : par exemple, les « bonnes » proportions des beautés nordiques, et en particulier de leurs jambes et de leur buste (2/3 et 1/3 de la hauteur totale de la femme), font fantasmer les hommes méditerranéens. De façon plus extrême, il peut être modelé pour approcher un idéal culturel et historique de vénusté. Jacques Gélis [1984] et France Borel [1992] rappellent les différentes formes de manipulations possibles et les objets utilisés (habits, postiches, chaussures, bandages, bistouris…), en conséquence, pour le transformer. Leur liste variée et complexe semble négliger les outils de mesure et de calibrage, indispensables à l’estimation des interventions esthétiques souhaitées. Le corps de la Miss est, a fortiori, soumis à la mesure, le rôle des jurys est essentiel dans cette opération, souvent préliminaire, de contrôle. Au sein d’un même concours se succèdent plusieurs instances de jugement : une fois passé les sélections régionales, les jeunes femmes doivent se montrer à des yeux de plus en plus qualifiés, choisis pour leur compétence ; en effet, la spécialisation du jury s’accroît au fil des étapes : les professionnels de la beauté et de la santé, les artistes et les spectateurs réunis décortiquent la jeune fille « sous toutes les coutures », préparant leur vote. Pour l’élection de Miss Italia, les instances de jugements sont multiples ; le jury technique a été composé, après la Seconde Guerre mondiale, par des professionnels de la santé chargés de vérifier les mensurations des concurrentes. En 1949, l’Institut d’éducation physique « Physicol » assurera, au nom de ses compétences, cette visite médicale. Un reportage photographique réalisé par Federico Patellani [Bolognesi, Calvenzi, 2002] nous montre des médecins et des infirmières qui, parés de blouses blanches, inspectent la dentition, pèsent et mesurent (poitrine, taille, hanche, cuisse, cheville). Comme le fait remarquer Paul Ginzborg [1989], l’Italie de l’après-guerre est sensible à l’image d’efficacité et de performance qui vient des États-Unis, les attitudes des experts et leurs équipements renvoient volontairement à ce modèle. La toise, le mètre, le compas sont sortis pour l’occasion. Toute la rigueur de la mesure est mobilisée pour offrir, à la Nation, une Miss aussi belle que saine. Le chiffre magique 90/60/90, indiquant les tours de poitrine, de taille et de hanches, a formalisé pendant longtemps la silhouette recherchée. Il n’est aboli qu’en 1990, à l’initiative du président du jury, étant considéré désuet et insuffisant quant à la définition de la beauté contemporaine. Depuis cette date, la commission technique est formée par des professionnels du monde de la mode et du show-business ayant, pour tout instrument de mesure, leur regard d’experts. Cependant, avant les finales de Salsomaggiore, d’autres présélections, régionales et nationales, sont effectuées dans le peloton des concurrentes : d’une manière radicale sont exclues de la compétition les jeunes trop maigres, celles qui ont un handicap défigurant ou encore celles à la morale douteuse. (…) Aujourd’hui, les instruments de mesure sont utilisés avec plus de discrétion lors des présélections. Toujours présents, ils s’enrichissent de cartes signalétiques et de photographies. Le comité de Miss France, dès le formulaire d’inscription – structuré comme une véritable fiche technique – demande à la candidate de fournir sur l’honneur une longue liste de renseignements, entre autres, sur sa constitution physique, son état de santé et sur sa conduite. Bien que les règlements des concours stipulent que les mensurations ne sont pas des critères exclusifs, parmi les membres du comité de Miss France 2002, on comptait le paléontologue Yves Coppens. (…)Autrefois, la candidate devait effectuer seule les choix de ses tenues et de ses coiffures, tout en se conformant au modèle attendu, voire imposé par le comité. Aujourd’hui, les nombreux sponsors, parfois membres du jury, prennent en charge avec les organisateurs la garde-robe, le « styling » et le maquillage des concurrentes pour lier leur marque à l’événement. L’économique est donc loin d’être absent dans les critères de choix : par exemple, les jambes peuvent être à l’honneur quand les sponsors du concours sont des fabricants de collants. Le port de maillots ou de toilettes « griffés » suscite des émotions dont les publicitaires et les industriels mesurent l’impact commercial. Parfois, les préférences esthétiques pour l’une ou l’autre des parties du corps se combinent à des intérêts politiques. Ainsi, dans l’Allemagne de l’après-guerre, il faut attendre 1957 pour assister au retour des blondes la blondeur ayant été considérée comme le stigmate de l’aryanité. (…) À la lecture des mensurations des élues entre 1920 et 1970, on remarque tout de suite la différence de taille des concurrentes américaines, sensiblement plus grande que celle des Européennes. On assiste, par ailleurs, à leur progressif amincissement, bien que, depuis les débuts du concours, la gagnante ait généralement présenté un poids inférieur à la moyenne nationale. Il faut voir dans ce diktat de la minceur l’influence d’une mode qui trouvait en Poirier et Coco Chanel ses créateurs, et dans les stars et les femmes du « beau monde », ses égéries. Dans le contexte des échanges globalisés, peut-on encore parler de stéréotypes localisés du beau et de ses critères spécifiques ? Ou doit-on plutôt convenir d’une uniformisation de la beauté mondiale, qui impliquerait une mondialisation [Assayag : 1999] des critères de mesure ? Le questionnement reste ouvert. Cependant, on peut remarquer dans le concours français l’émergence de « types exotiques » représentés par les ressortissantes des départements d’outre-mer, et dans le concours « Miss Italia nel mondo », la recherche du « type italien » à travers les jeunes femmes de la communauté vivant à l’étranger. (…) Les organisateurs utilisent l’uniforme, soulignant efficacement les caractéristiques propres à chaque corps, ce qui rend possible la comparaison. Les jeunes femmes défilent dans différentes tenues, souvent semblables, voire identiques. Habillée du simple maillot de bain, la candidate s’expose et est exposée parmi ses camarades. Elle est identifiée par un numéro qui permet de la reconnaître sans véritablement la connaître ; on évalue son corps comme on pourrait évaluer les proportions d’un bel animal. Paradoxalement, les instruments des juges sont aussi les armes de séduction de la Miss. Par exemple, le maillot de bain, apparat le plus simple de la manifestation, sert à la fois les logiques de l’évaluation et celle de la mise en spectacle de la Miss. (…) Appartenir au groupe et s’en distancier caractérise les attitudes que les candidates auront à tenir. Tout au long du concours, les différentes séquences des élections conduisent chacune à un progressif dévoilement, à la déclinaison de son identité : elles tenteront de séduire le public, se présenteront sous différentes facettes, suivant les critères d’un modèle idéal imposé ou affirmant des qualités personnelles. Oscillant entre subjectif et objectif, entre la norme et l’exception [Monjaret, Tamarozzi, à paraître], on passe du mesurable au non-mesurable. (…) À travers la danse, les défilés et tout type d’exercice physique, les concurrentes exposent leurs atouts et les membres du jury évaluent d’autres caractéristiques que la simple plastique : la grâce, l’équilibre des masses musculaires, l’élégance… Le « tout » est une autre clé de lecture et, par là même, de distinction des candidates. (…) Les règlements des concours sont, sur ce point, très différents. Celui de Miss Italia, par exemple, permet aux candidates qui n’ont pas atteint le podium de se représenter à deux ou plusieurs années d’intervalle. Plus récemment (1994), il consent l’accès aux jeunes épouses et mères. Quand la maturité n’est pas là, elle se fabrique de la même manière que les photographies de presse (…) la lauréate est d’abord attachée à l’année de son élection et le restera à vie. Elle représente une époque. Ainsi, les idéaux esthétiques fluctuent [Hubert, 2000]. (…) Selon François Dagognet, « la richesse de la mesure vient de ce qu’elle impose un esprit communautaire : non seulement les expérimentateurs pourront, grâce à elle, échanger leurs résultats et les comparer, mais l’intelligence d’une chose ne peut jaillir que de la comparaison avec ses semblables : il n’est pas de compréhension possible de la “particularité”, encore moins de la “singularité” qui étonne. Il faut, donc, apprendre à rapporter toute chose à ses proches (le rationnel entraîne le relationnel) » [… La règle de la beauté n’est pas absolue [Morin, 1987 : 61]. Elle se fait et se défait au gré des nouveaux impératifs de mode, des représentations du corps, pérennes ou émergentes, ainsi que de principes moraux. Le concours est, donc, avant tout, une mise à l’épreuve, physique et morale, de la jeune fille : le corps est l’instrument de sa métamorphose en femme, mais aussi le porteur des codes sociaux. L’identification au canon est un travail délicat pour la candidate qui doit conjointement jouer entre se conformer au modèle du beau et dévoiler juste le nécessaire de sa personne. (…) Malgré cette liberté, elle est cependant guidée dans son parcours. Les bulletins qu’elle aura à remplir ou les questions qui lui seront posées par le comité d’organisation donnent un aperçu des critères de sélection qui formalisent le canon idéal. Ainsi, dans celui du Comité Miss France (Geneviève de Fontenay, Endemol) disponible sur Internet, parmi les nombreuses rubriques ayant trait à la morphologie des jeunes femmes, l’une d’elles confirme son souci d’une recherche esthétique : « Avez-vous une imperfection physique ? Si oui, laquelle ? » (…) Tout du moins, la Miss doit être en bonne santé, ni trop grosse, ni trop maigre, ce qui sous-entend qu’elle suit un régime alimentaire équilibré où la gourmandise, quand elle est sage, est un signe de vitalité. (…) Dans certains concours comme celui de Miss World France, les conditions médicales sont clairement posées dans le règlement : « Attention, afin de lutter contre l’anorexie (maladie malheureusement à la mode), nous refusons toute candidate qui accusera un rapport poids/taille anormal, ou qui nous semblera trop maigre sur ses photos. » Une fois admise à concourir, la candidate ne doit plus être suspectée d’être malade. (…) Aujourd’hui, sans doute par réaction à ces diktats de la minceur et de la santé, se développent des concours du type Miss obèse, Miss transsexuel. Comme le corps, l’esprit est sondé. Les atouts physiques ne suffisent pas à faire une Miss, il lui faut des bagages intellectuels. Les fiches d’inscription détaillées, quand elles existent, ce qui n’est pas le cas pour Miss Italia, sont en cela significatives. Diplômes, langues étrangères, formations en cours, professions font partie des rubriques mentionnées. Les loisirs et les passions peuvent être aussi demandés. Le comité d’organisation se chargera par la suite de tester leur culture générale qui doit, précise le règlement de Miss World France, « correspondre à leur âge et à leur milieu social ». Jusqu’où va donc la mesure de l’esprit, de l’intelligence ? Le qi deviendra-t-il un critère d’admission ? Les candidates ne doivent donc pas se présenter comme des poupées écervelées, elles doivent également faire preuve de « bonne moralité », de savoir-vivre autant que de savoir-être. Ne pas avoir posé nues pour des photographies de charme ou pornographiques est l’une des conditions. La pudeur est de bon ton. La convenance se joue dans l’équilibre du montré et du caché. Esthétique et qualités morales se combinent pour définir les caractères de la beauté idéale. (…) La Miss est donc une femme intègre. Après la mise à plat de ces données identitaires, en quelque sorte mesurables, l’examen se poursuit pour départager les lauréates sans intégrer, en principe, les critères sociaux, confessionnels et raciaux. (…) La subjectivité et l’objectivité conjointes établissent les modalités de choix de la Miss, qui réussit à se singulariser dans l’uniformité. La souplesse de l’expertise peut conduire le public à s’étonner de la proposition finale, susciter les jalousies. Certains s’amusent à la remettre en question. Sur Internet, une rumeur circule à propos de la non-conformité de la taille de Miss France 2002. Geneviève de Fontenay aurait affirmé « qu’il était exclu que Miss France 2002 se fasse re-mesurer », comme le demandait une candidate évincée. (…) « Explicites ou implicites, connues ou secrètes, les normes de la beauté existent. Elles permettent aux cultures de forger leur identité dans un modèle » [Borel]. Le corps et ses normes deviennent étalons de la société. « C’est donc le corps, le seul instrument de mesure dont on ne puisse se passer, celui que les autres supposent, à la fois sensible et raisonnable, mesureur et mesuré […] » [Comte-Sponville, 1995 : 94]. Les modèles féminins changent ou se reproduisent selon les époques et les valeurs associées à la féminité [Fourmaux, 2001 ; Duret, Roussel, 2003]. (…) Les images du corps ne sont pas des entités rigides : nous construisons et reconstruisons sans cesse notre image » [Borel]. C’est ce qui faire dire à Desmond Morris [1978] que le titre de Miss Monde est dépourvu de sens, qu’il efface les données culturelles et peut contredire les stéréotypes locaux. De nos jours, dans les concours, nationaux ou internationaux, les critères qui permettent de classer les candidates visent principalement à la valorisation de canons qui véhiculés par les médias sont propices au développement des marchés mondiaux de la mode et de la beauté. La mesure des corps appartient à des logiques d’organisation sociale [Baudrillard, 1970], économique et, sans doute, politique. « Il est dans la nature de la mesure de devenir “commune mesure” […]. La commune mesure est une réalité éminemment politique. C’est ce à partir de quoi un groupe s’institue comme société, ce qui définit ses codes, ce qui les pacifie et lui fournit les instruments de sa régularisation. C’est aussi bien ce pour quoi on se bat, on se dispute, on se déchire, ce qu’il faut contrôler si l’on veut détenir le pouvoir et se rendre maître de la norme. Ainsi donc, les élections de Miss sont de bons observatoires de la formalisation des normes, en particulier de la norme d’exception qui s’élabore dans la tension entre mesurable et non-mesurable, universel et culturel, global et local. Anne Monjaret et Federica Tamarozzi
Au milieu des critères esthétiques d’un concours de beauté, il en est un que l’organisation se garde bien d’évoquer. Celui du poids. L’organisation a donc logiquement refusé de nous communiquer, pour ces mêmes raisons, ces données. Mais sur internet, la question continue d’être débattue. Des chiffres circulent sur les pages Wikipédia des anciennes miss France, sans que celles-ci n’interviennent. Des blogs listent inlassablement le poids des jeunes filles, sans que l’on sache le vrai du faux. Les miss livrent parfois un chiffre au détour d’une interview. Sur le modèle du travail du site américain PsychGuides, nous avons cherché à connaître l’évolution de l’indice de masse corporel, cette combinaison entre le poids et la taille d’une personne, des miss à travers le temps. Nos recherches ont permis de lister le poids de 16 miss. Cinq proviennent de sources de confiance. Le graphique ci-dessous est donc purement indicatif, mais il a le mérite de compiler et de mettre en forme les données circulant sur la question. Il en ressort qu’avec un IMC moyen de 18,1 depuis 1954, miss France n’est pas une Française comme les autres. Elle est même beaucoup plus mince. Pour les Françaises de 18 à 35 ans, l’Insee relevait un IMC de 22,4 en 2002, toujours très loin des miss France qui ne sont pas sorties d’un couloir allant de 18,5 à 16,4 entre 2000 et 2017. Plus globalement, en 2016, l’IMC d’une Française était de 23,1 selon les relevés de l’Organisation mondiale de la santé. Cette même organisation évalue l’IMC normal entre 18,5 et 25. Seules cinq miss se trouvent dans cette fourchette. Onze d’entre elles se situent par contre entre 16,5 et 18,5 et seraient donc en situation de maigreur selon l’OMS. Des chiffres inquiétants ? Pas forcément. « Il s’agit plutôt d’une situation de minceur, recadre Emmanuelle Couturier, diététicienne-nutritionniste à Marcq-en-Barœul. L’IMC n’est pas forcément très parlant, car il ne fait pas la différence entre masse graisseuse et masse musculaire. Il ne prend pas non plus en compte l’ossature. Par contre si elles font un régime pour entretenir cette minceur, c’est là que cela peut être compliqué. » La Voix du nord
Je l’ai vécue. On a moins de chance d’être élue car il n’y a pas d’identité régionale en Ile-de-France. Avant l’élection Miss France, aucun média ne s’est intéressé à moi. Je n’ai fait aucune interview, eu aucun soutien. Ça plombe le moral. Margaux Savarit (Miss Ile-de-France 2014 et 11e du concours Miss France)
Beaucoup de Parisiens ou de Franciliens viennent d’autres régions. Moi en tant qu’ancienne Miss Bourgogne vivant à Paris, j’avais tendance à soutenir Miss Bourgogne. Laure Mattioli (Comité Miss Ile-de-France)
La dimension affective liée à sa région d’origine peut se retrouver dans les votes. Le succès au concours Miss France des régions à forte identité locale ne colle pas aux revendications régionales, culturelles ou politiques. Camille Couvry
Le 16 décembre 2017, Maëva Coucke a été élue Miss France 2018, décrochant un troisième sacre pour le Nord-Pas-de-Calais. Si la beauté des jeunes filles originaires du Nord a séduit les téléspectateurs de l’élection à trois reprises ces quatre dernières années, aucune Miss originaire du Nord-Pas-de-Calais n’avait remporté le concours qui existe depuis 1919 avant…2015. Il y a 99 ans, la première Miss France élue, Agnès Souret, venait de Bayonne et portait l’écharpe de Miss Aquitaine. En tout, six jeunes femmes de cette région du Sud-Ouest ont été nommées plus belle femme de France, la dernière en 1995. Il s’agissait de Mélody Vilbert, native de Toulouse. L’Aquitaine a le même palmarès que l’Alsace et la Normandie. Tout en haut du palmarès des régions qui ont remporté l’élection de Miss France le plus grand nombre de fois : l’Ile-de-France. Entre 1933 (date de la première victoire) et 1997 (date de la dernière victoire), l’Ile-de-France a été couronnée 13 fois au concours, loin devant la région Rhône-Alpes qui totalise quant à elle 7 victoires. A l’autre bout du classement, on retrouve la Guyane, le Centre-Val-de-Loire, la Provence et la Corse qui ont chacune une victoire. Les moins bien loties sont les Miss originaires d’Auvergne, de Mayotte, de la Martinique, Champagne-Ardenne, du Limousin, de Saint-Pierre-et-Miquelon, ou encore de Saint-Martin-Saint-Barthélemy, qui n’ont jamais eu la chance de porter l’écharpe tant convoitée de Miss France. Paris Match
Depuis 1929, les Miss Paris ou Ile-de-France ont remporté 15 fois le concours Miss France. Mais la plupart des titres ont été gagnés entre 1930 et 1950. La dernière Miss France francilienne remonte à 1997 avec l’élection de Patricia Spehar. L’an dernier Lison Di Martino avait terminé 2e dauphine de Maëva Coucke. Alors que l’Ile-de-France compte 12 millions d’habitants, pourquoi sa Miss ne profite-t-elle pas du vote du public pour gagner la couronne? L’Ile-de-France aime-t-elle sa miss ? La région est la plus peuplée de France avec 12 millions d’habitants, pourtant quand Lison Di Martino, Miss Ile-de-France 2017, est arrivée dans les cinq finalistes l’an dernier, ce n’est pas elle qui a reçu le plus de votes du public mais la Nordiste Maëva Coucke. Une région avec une identité bien plus forte que l’Ile-de-France… C’est là l’une des faiblesses de la candidature francilienne. 20 minutes
Comme chaque année depuis 1920, date de création du concours de beauté par le journaliste et écrivain belge Maurice de Waleffe, une jeune femme sera en décembre élue Miss France parmi les 30 candidates en lice. Un show présenté pour la 23e année par Jean-Pierre Foucault, accompagné de Sylvie Tellier, directrice générale de la Société Miss France depuis 2010. La cérémonie, bien qu’organisée « dans le respect de la tradition », a connu bien des changements depuis sa naissance il y a près d’un siècle. Aux prémices de l’élection, Maurice de Waleffe avait choisi le terme « La plus belle femme de France » pour désigner le concours. Les portraits des candidates de la première édition étaient publiés dans le quotidien Le Journal. Chacune était présentée sous un pseudo de nom de fleur, de pierre, d’oiseau ou de déesse, révèle Le Figaro Archives dans un article réalisé en partenariat avec l’INA. Entre 1922 et 1926, le concours de beauté n’a pas lieu. Il ne reprend qu’en 1927 sous le nom qu’on lui connaît aujourd’hui : Miss France. Roberte Cusey, Miss Jura 1926, est élue cette année-là. Les jeunes femmes en lice pour le concours Miss France représentent chacune une région de l’Hexagone. Elles étaient 45 en 2006, 33 pour l’élection de Miss France 2011. Cette année, elles seront 30. La réforme territoriale de 2016 n’a pourtant pas eu d’impact sur le nombre de candidates. « Ce nouveau découpage est une affaire politique et économique et nous sommes loin de ces considérations. Notre concours est indépendant du gouvernement », avait confié Sylvie Tellier à L’Express, rappelant que sa priorité était que tous les Français « se retrouvent dans l’élection ».  D’ailleurs, le nombre de candidates n’a jamais véritablement collé à la carte administrative de la France. Pour la directrice du comité Miss France, le but est surtout « d’avoir des identités fortes ». Raison pour laquelle certaines provinces sont absorbées pour renforcer certaines identités territoriales. Les titres de Miss Centre et de Miss Orléanais ont ainsi fusionné pour devenir Miss Centre-Val-de-Loire. Les critères depuis la création de l’élection Miss France excluent une bonne partie de la population féminine. Il faut être une femme -mais pas transsexuelle- et avoir entre 18 et 24 ans. Il faut également mesurer 1,70 mètre minimum, ne pas avoir d’enfant, ni être mariée, et posséder un casier judiciaire vierge. Les tatouages sont également interdits, l’éviction de Miss Martinique en 2017 pour cause de colibri sur l’omoplate avait d’ailleurs suscité l’incompréhension des internautes. Pour Sylvie Tellier, le concours ne repose plus uniquement sur des mensurations. « Les critères ont évolué depuis la création de l’élection pour être plus en accord avec les femmes d’aujourd’hui et correspondre au rôle qui incombe à la future reine de beauté. On porte de l’attention sur la façon de se mouvoir, l’éloquence et le parcours de la jeune femme », nous expliquait la directrice dans un article consacré à la fascination des miss.  Leur temps de parole a d’ailleurs été allongé. « Cette épreuve est parfois décisive pour les candidates », affirme Sylvie Tellier. L’esthétique des jeunes femmes se combine à la personnalité. Le comité du concours Miss America a préféré remplacer le défilé en robe du soir par un exercice d’éloquence durant lequel les jeunes femmes sont habillées de la tenue de leur choix. Pour Camille Couvry, docteure en sociologie et qui a réalisé sa thèse sur les concours de beauté, « c’est surtout une manière de rendre la question du jugement esthétique plus floue et de rendre le concours socialement acceptable ». On attend aujourd’hui de la future Miss France qu’elle soit capable d’argumenter et de s’informer sur l’actualité. « J’élabore avec mes équipes le test de culture générale. Une note en-dessous de la moyenne est pour moi éliminatoire », explique Sylvie Tellier. Une épreuve qui existait déjà aux débuts du concours mais que l’ancienne Miss France 2002 a adapté en s’appuyant sur l’actualité.  (…) Une niveau d’exigence accru en adéquation avec l’augmentation du niveau d’études des candidates. Il faut remonter jusqu’en 2000 pour trouver une Miss qui n’a pas obtenu le baccalauréat. Les diplômes seraient-ils devenus un critère de sélection non-officiel pour espérer décrocher la couronne ? Pour Sylvie Tellier, c’est surtout « le reflet de la massification scolaire ». (…) Depuis 2017, les miss bénéficient de cours de bonnes manières enseignés par Jérémy Côme, auteur de L’Art de maîtriser les codes pour se sentir bien partout en toutes circonstances (éd. Michel Lafon). La future ambassadrice doit être capable de se comporter en parfaite maîtresse de maison et se doit d’être élégante en toute circonstance. Si l’on a envie de crier au sexisme, Jérémy Côme voit plutôt son intervention comme une manière « d’enlever du stress » à la future gagnante. « Je leur donne des tuyaux pour trouver de l’assurance, pour maîtriser l’art de la conversation notamment devant des assemblées -que ce soit pour remettre un prix aux NRJ Music Awards ou pour participer à l’inauguration d’un musée en local-, pour avoir une bonne posture quand on est face à quelqu’un », explique-t-il au site Pure People. Il ajoute également qu’une Miss doit « savoir être chaleureuse, ponctuelle, soignée. Il ne faut pas parler de soi. Globalement, elles n’ont pas besoin de parler d’elles puisqu’on sait qu’elles sont Miss. » Peut-on manger ou non sa salade avec un couteau, à quelle heure arriver à un dîner, comment déguster des huîtres ou qu’apporter à un hôte à l’occasion d’un repas font également partie des conseils distillés par le spécialiste. L’épreuve du passage en bikini cristallise les accusations de sexisme des associations féministes à l’encontre du concours Miss France.  Un défilé supprimé de l’élection Miss America l’année dernière mais qui sera maintenu dans la version française du concours. « Ce sont des costumes qui font partie du spectacle. Nous sommes là pour offrir du beau et transmettre le folklore de cette élection », souligne Sylvie Tellier.  L’épreuve du bikini est récente en France : elle n’a été mise en place qu’après la démission de Geneviève de Fontenay de son titre de directrice du comité Miss France en 2010. Le défilé est d’ailleurs critiqué chaque année par la dame au chapeau qui réclame le retour du maillot une pièce. (…) Le système de vote a été modifié après le départ de Geneviève de Fontenay pour l’élection de Miss France 2010. Le jour du concours, douze miss ont déjà été désignées par le jury -présidé cette année par l’actrice de 90 ans, Line Renaud- durant la semaine précédant l’élection. Pour la sélection des cinq finalistes, se mêlent le vote du public et celui du jury, composé de six célébrités. Enfin, pour déterminer la gagnante et les dauphines, les compteurs sont remis à zéro et c’est uniquement aux téléspectateurs de voter. Lancé en 1993, l’élection de Mister France, le versant masculin, peine à se faire une place sur la scène médiatique. « C’est un spectacle qui ne prend pas. La notion de compétition autour de la beauté de l’homme n’est pas assez enracinée dans notre Histoire », explique l’anthropologue Élisabeth Azoulay, qui a dirigé l’ouvrage 100 000 ans de beauté (éd. Gallimard). Il y a des choses qui ne changent pas. L’Express
Le 15 décembre, une nouvelle jeune française sera couronnée Miss France de l’année 2019. Pour la 89e année consécutive, le concours de beauté le plus célèbre de l’hexagone élira « la plus belle femme de France » devant plusieurs millions de téléspectateurs (7 millions lors de l’édition précédente). Pourtant, l’heureuse élue reste encore très éloignée du physique de la femme française. Pour devenir Miss France, plusieurs critères très précis sont à respecter. Les candidates doivent avoir entre 18 et 24 ans, être françaises de naissance (ou naturalisées) célibataires, ni veuves ni pacsées, sans enfant. Côté physique, elles doivent mesurer au minimum 1m70, ne pas avoir eu recours à la chirurgie esthétique, ne pas avoir de tatouage visible, de piercing, perruque, faux-cils ou autre « artifice tendant à transformer son aspect naturel », comme il est inscrit dans le règlement officiel. Si la liste des recommandations s’étend sur plusieurs pages, un critère important n’est jamais mentionné : le poids minimum ou maximum des futures Miss. France 24
Le critère n’existe pas, c’est sans doute qu’il n’y a aucune justification socialement acceptable par les personnes qui organisent les concours. Cela n’empêche pas les personnes qui sont engagées dans des concours – et une partie au moins de celles qui les regardent – de considérer qu’avoir un poids ‘moyen’ (relatif à la taille minimale de 1m70) est un critère de beauté et d’élégance. (…) Les processus de sélection dans les concours ne sont pas extérieurs à la société dans laquelle ils s’insèrent. Les jurés, tout comme les candidates qui évaluent leurs chances – et peuvent parfois s’auto-éliminer – sont évidemment influencés. (…) Il y a eu dans l’histoire des élections de Miss, et plus largement de la beauté, un souci de la mesure du corps et des critères de beauté. (…) Le changement pourrait venir du bas. J’ai déjà assisté à des concours locaux qui avaient éliminé le défilé en maillot de bain lors d’une ou deux éditions. Camille Couvry (Université de Rouen)
Il y a des différences entre les régions mais il est clair qu’en envoyant des photos de soi, on donne déjà une indication de ses mensurations. Ce ne sont pas seulement les comités qui votent, mais aussi le public, à 50 – 50. Si les gens votaient pour d’autres physiques, ça changerait peut-être. Il n’y a pas de régime imposé mais une observation de comment on se nourrit, ce que l’on choisit au buffet de l’hôtel par les chaperons. Si l’on se ressert plusieurs fois, ça va être remarqué. (…) C’est l’inconscient collectif qui valide des normes de beauté. Si les gens votaient pour d’autres physiques, ça pourrait changer. Pauline Darles (Miss Ile-de-France 2011)
Les métisses sont un peu plus visibles cette année dans le concours et représentent une tendance de fond de la société française, rappelle l’autrice. C’est assez intéressant parce que ça montre la réalité de la société française qui est mélangée quoi qu’on veuille nous faire croire, issue de vagues d’immigration​ très anciennes. Un Francais sur quatre a au moins un de ses grands-parents qui n’est pas né en France. C’est révélateur du métissage progressif de la société française.  Elles viennent toutes plus ou moins de la classe moyenne, et les vagues d’immigration sont souvent dans les classes populaires. Là, le fait que la plupart de ces jeunes femmes soient de classe moyenne montre l’intégration des anciens immigrés à la société française. Ces jeunes filles sont un vrai panel de ce qu’est la société française. (…) C’est un concours lié à l’apparence. Montrer davantage de femmes noires dans ce cadre ne lutte pas contre les stéréotypes parce que ça rentre dans les stéréotypes de la femme et encore plus de la femme noire [une femme très érotisée dans l’imaginaire collectif]. Il faudrait un concours sur la personnalité, le charme, la façon de s’exprimer en public, pas que sur la beauté pour que ça lutte contre les stéréotypes. Les noirs devraient intervenir comme médecin ou ministres à la télévision, pas que dans les concours de beauté et dans le foot. Jessie Magana (autrice d’ouvrages jeunesse autour de la lutte contre les stéréotypes et le sexisme)
“Miss America 2.0.” The new version of the 97-year-old pageant, Carlson and its other organizers announced, will aim to be “empowering.” And “inclusive.” And “transparent” about its own workings. “We are no longer a pageant,” Carlson said on Good Morning America. “We are a competition.”Which means, among other things, as the Times’ and so many other headlines emphasized on Tuesday morning: no more swimsuits. (Which means, even more specifically: no more bikinis.) And also: no more mandatory evening gowns. Instead, contestants will be able to choose clothing that “makes them feel confident, expresses their personal style, and shows how they hope to advance the role of Miss America.” The Tracy Flicks will have their moment. “We want you,” Carlson told prospective pageant participants, “and we want to celebrate your accomplishments and your talents and then we want to hand you scholarships.The updates are a combination of admirable and inevitable. Miss America 2.0, after all, steps onto the American stage after a scandal that involved the publication of misogynistic emails exchanged among Sam Haskell, then the CEO of the pageant organization, and his staffers: notes that critiqued the intelligence—and the sexual behaviors—of pageant contestants. Miss America 2.0 arrives, as well, after news organizations reported on the ways the pageants of Miss America’s fellow organizations, Miss Teen USA and Miss Universe, allegedly served as hunting grounds for their former owner Donald Trump. (…) On the one hand, there is Miss America, the organization that declares, “Miss America is more than a title, it’s a movement of empowering young women everywhere to achieve their dreams” … and on the other, there is Miss America, the show that equates the fulfillment of dreams with the ability to fill out a bikini top.The pageant began as a marketing ploy—in 1921, business owners in Atlantic City, looking for ways to extend the summer season, established a September competition that sought to find “The Most Beautiful Bathing Girl in America”—and the event that was eventually dubbed the “Miss America” pageant remains true to that initial vision. The event that still takes place in late summer is an extended advertisement not for taffy shops on the boardwalk, or even for particular Beautiful Bathing Girls, but indeed for the opposite: for the Beautiful Bathing Girl, as a general idea. For feminine beauty itself—as a standard. As a structure. As a set of rigidly enforced rules. (…) What might a pageant, shed of the myth, actually look like? When Gretchen Carlson announces that Miss America 2.0 will help young women “learn leadership skills and pay for college and be able to show the world who you are as a person from the inside of your soul” … what, realistically, will that mean? Will Miss America become a speech contest? Will it become a talent show? An essay competition? A spelling bee? A platform for young women to share their visions for a better world—ted, but with better clothes? The NewYorker
Fifty years ago, the swimsuit-wearing beauties of the Miss America pageant were confronted with a spectacle on the Atlantic City boardwalk: 100 feminists throwing bras, girdles, curling irons, false eyelashes and other “instruments of female torture” into a trash can labeled “Freedom.” The protesters had planned to set the can on fire but could not get the right permits — so, alas, no bras were burned that summer day, though it is the origin of the term “bra burning.” They were condemning what even then they saw as an antiquated institution, which had mostly male judges scrutinize women’s bodies, women of color at one point not allowed to compete, corporations profiting on the event, and three in four American households watching it all happen on television. “Everybody tuned into Miss America back then — this was like the Oscars,” said the author Alix Kates Shulman, 85, one of the organizers of that 1968 protest. Fifty years later, it appears that #MeToo has done what a protest could not: eradicate one of the most derided aspects of the competition, the swimsuit. The Miss America Organization — whose chief executive resigned in December over lewd emails and whose new chairwoman, Gretchen Carlson, once sued Fox News for sexual harassment — on Tuesday announced it would scrap both the swimsuit and evening gown portion of the competition, replacing them with “a live interactive session with the judges” in which a contestant “will highlight her achievements and goals in life.” (…) The changes will take effect at the national finals, again in Atlantic City, in September. State and local competitions will follow suit after that, but they are likely to continue including swimsuits during the current season. Ms. Carlson said the decision was made in March by a unanimous vote from the organization’s leadership committee. This, of course, is Miss America’s new leadership committee, the one appointed after chief executive Sam Haskell was ousted and replaced by a woman, and a new board was reappointed. Seven of the nine board members are women. (…) Contestants take part in community service, and the organization said it awarded more than $2 million in scholarships last year. But swimsuits have for at least as long defined the pageant — and been at the heart of the debate over its place in American culture. “Speaking for myself, when I competed 20 years ago, I found the swimsuit competition oddly empowering, because once I could walk across the stage in a two-piece swimsuit and high heels I could do just about anything,” said Kate Shindle, the 1998 Miss America who is now a board member of the organization. “But I also don’t think I processed everything at the time. It’s strange — it gives strangers a kind of ownership over your body that you don’t quite anticipate.” The Miss America competition began in Atlantic City in 1921 — one year after women gained the right to vote in the United States — as a way to extend the summer tourist season beyond Labor Day. It “was, literally, about the use of women’s bodies to sell a product — or a place,” the author Jennifer Weiner recently wrote in a column in The New York Times. At the time, it was not only rare to see a woman in a swimsuit in public, it was barred — and so the event, with eight contestants, required the temporary suspension of a ban on revealing beachwear. It was all beauty pageant until 1936, when a talent portion was added. The competition was limited to never-married women ages 18 to 28, and for a time, until 1940, it was written in the guidelines that they must be “of good health and of the white race.” The organization would not have its first African-American winner until Vanessa Williams earned the 1984 crown. “The Miss America state and national process was — and maybe still is — the single largest source of scholarship money for women in the U.S., yet the crucial requirements were physical, not intellectual,” the author and feminist Gloria Steinem said in an interview on Tuesday. “If the same were true for men, people would be saying, ‘No wonder China is winning!’” “It’s not just the bathing suits, it’s physical appearance, irrelevant talents and, until very recently, being white,” Ms. Steinem added. “It’s also less about being unique than conformist.” (…) And in 1995, Miss America encouraged its viewers to call a 1-900 number to say whether swimsuits should be scrapped: two out of three said no. “We are not stupid,” Leonard Horn, then the organization’s chief executive, said in 1993. “We are very sensitive to the fact that the swimsuit competition has always been our Achilles’ heel. The swimsuit competition has been controversial since the early 1920s, but it’s been retained because the majority of the people like it.” Appearing on ABC News to announce the change on Tuesday, Ms. Carlson declared, “We are not going to judge you on your outward appearance.” But it is hard to imagine what Miss America would be without conventional beauty standards at its core. The 2017 Judges’ Manual lists the qualities and attributes required of titleholders, in this order: “beautiful, well-spoken, intelligent, talented, able to relate to young people, reflective of women her age (she should not be a 35-year-old trapped inside a 20-year-old body), charismatic, dynamic/energetic — that ‘IT’ quality that is so hard to define, mature enough to handle the job and all of its responsibilities, comfortable ‘in her own skin,’ manageable, punctual and flexible.” “The American public has an expectation that she will be beautiful and physically fit,” the manual continues. “This is the same expectation they have for all of their celebrities, from music and film to sports, and Miss America is no exception. You must look at her physical beauty as well as her physical fitness. » (…) Tuesday’s announcement was quickly added to the lengthy list of stunning changes that have reverberated through Hollywood, politics and workplaces around the world in the wake of #MeToo. It was a ripple effect, so to speak — one that expanded the conversation from sexual harassment to the larger way that women’s bodies are viewed and consumed. Still, it seemed like a small step to some. “If Miss America wants to get out of the sexism game, it should probably end Miss America,” the writer Jill Filipovic posted on Twitter. NYT
Les candidates à l’élection Miss America ne défileront pas en bikini lors de la prochaine édition du concours. Dans un communiqué publié le 5 juin, les organisateurs ont annoncé la suppression de la présentation des candidates en maillot de bain qui comptait pour 10% de la note finale. Elle est remplacée par un dialogue avec les membres du jury. Le temps pour les participantes d’évoquer les causes pour lesquelles elles souhaiteraient s’investir si elles étaient élues. Autre changement dans les règles du concours dont l’édition 2019 sera diffusé le 9 septembre prochain sur la chaîne américaine ABC, le passage des jeunes femmes en robe de soir -15% de la note finale- deviendra une présentation des candidates, habillées dans une tenue de leur choix. Gretchen Carlson, gagnante du concours Miss America en 1989 et nommée présidente du conseil d’administration de la Miss America Organization affiche clairement sa volonté de nettoyer l’élection de son image sexiste. (…) Une prise de décision qui ne trouve pas écho auprès de Sylvie Tellier. (…) Impossible pour la directrice de l’Organisation Miss France d’envisager le concours annuel sans le défilé en robe couture ou sans le passage en maillot de bain. (…) Mais peut-on encore parler de concours de beauté si la majorité des critères pour remporter l’élection tendent à s’orienter sur des qualités intellectuelles et sur la personnalité plus que sur le physique ? (…) En France aussi, les règles ont évolué. Une note inférieure à la moyenne au test de culture générale est éliminatoire. (…) Le temps de parole consacré aux Miss a été augmenté et c’est désormais le vote des téléspectateurs à 100% qui décide de la gagnante. (…) Le niveau d’études des candidates a lui aussi augmenté. Il faut remonter le temps jusqu’en 2000 pour trouver une gagnante qui n’a pas obtenu le bac. Ces dernières années, la grande majorité des jeunes femmes en lice pour remporter la couronne étaient diplômées d’un BTS, d’une licence ou d’un master. Marine Lorphelin -Miss France 2013- était étudiante en médecine, Iris Mittenaere -Miss France 2016- étudiante en cinquième année de chirurgie dentaire et plus récemment Maëva Coucke – actuelle Miss France 2018- est étudiante en licence de droit. Les diplômes sont-ils devenus un critère de sélection pour redorer le blason d’un rendez-vous qui a mauvaise presse du côté des féministes ? (…) L’appréciation physique tend à être reléguée au second plan, pour laisser place à une recherche de personnalité. (…) L’actualisation des règles du concours de Miss America est aussi une façon de s’adapter -sous-couvert de féminisme- à une évolution de la représentation des femmes dans notre société. Sylvie Tellier s’interroge sur la sincérité de l’organisation américaine à l’origine de la polémique (…) Paradoxalement, les critères de sélection pour se présenter au concours de Miss France, eux, ne bougent pas d’un iota. Il faut avoir entre 18 et 24 ans, mesurer minimum 1m70 et n’avoir jamais eu recours à la chirurgie esthétique. La personnalité et les éventuels engagements des jeunes femmes sont évidemment un plus, mais ne sont pas mentionnés dans le règlement. L’évaluation du corps des femmes demeure omniprésente dans ce type de concours, même si l’on supprime le défilé en bikini. (…) Les Miss ne sont plus soumises à la maxime « sois belle et tais toi ». L’art oratoire en France et la maîtrise d’un talent artistique aux Etats-Unis -chant, théâtre- pèsent considérablement dans la balance. Si la beauté est un avantage considérable et demeure une condition sine qua non pour accéder à ce type de concours, cela ne suffit plus. L’Express

A quand le QI comme critère d’admission ?

Jury entièrement féminin, présidé par Line Renaud, moitié des candidates noires, métisses ou issues de l’immigration dont la gagnante, costumes de super-héroïnes …

Au lendemain d’une bientôt centenaire élection Miss France

Qui met fin non seulement à la propre malédiction de surpoids de la gagnante

Mais à 20 ans de malédiction des candidates tahitiennes « éternelles dauphines du concours » …

Avec, six mois après sa suppression par Miss America, le maintien de l’épreuve non plus seulement du maillot de bain mais du bikini …

Confirmation avec l’élection d’une titulaire d’un master en management derrière le vernis multiculturel de rigueur …

Et face, sur fond de crise de gilets jaunes vite oubliée, à celles qui n’avaient que leur physique …

De la domination désormais non plus seulement physique et sociale (à la minceur dument contrôlée) mais proprement intellectuelle de la classe moyenne diplômée …

Concours de beauté

L’épreuve du bikini est-elle indispensable aux Miss ?

Les organisateurs de l’élection Miss America ont décrété la fin du passage en maillot de bain des candidates.

Camille Moreau

Les candidates à l’élection Miss America ne défileront pas en bikini lors de la prochaine édition du concours. Dans un communiqué publié le 5 juin, les organisateurs ont annoncé la suppression de la présentation des candidates en maillot de bain qui comptait pour 10% de la note finale. Elle est remplacée par un dialogue avec les membres du jury. Le temps pour les participantes d’évoquer les causes pour lesquelles elles souhaiteraient s’investir si elles étaient élues.

Autre changement dans les règles du concours dont l’édition 2019 sera diffusé le 9 septembre prochain sur la chaîne américaine ABC, le passage des jeunes femmes en robe de soir -15% de la note finale- deviendra une présentation des candidates, habillées dans une tenue de leur choix.

« Nous ne sommes plus un concours de beauté »

Gretchen Carlson, gagnante du concours Miss America en 1989 et nommée présidente du conseil d’administration de la Miss America Organization affiche clairement sa volonté de nettoyer l’élection de son image sexiste. « Nous ne sommes plus un concours de beauté, nous sommes une compétition », a-t-elle déclaré dans un communiqué. Et Regina Hopper, présidente de Miss America d’ajouter : « Le nouvel objectif de Miss America est de préparer de grandes femmes pour le monde, et de préparer les grandes femmes au monde. »

Une prise de décision qui ne trouve pas écho auprès de Sylvie Tellier. « J’ai du mal à saisir le sens de ces déclarations. Si ce n’est plus un concours de beauté alors il faudrait définir ce que c’est. Une compétition d’éloquence, de talent, de chant ? » Impossible pour la directrice de l’Organisation Miss France d’envisager le concours annuel sans le défilé en robe couture ou sans le passage en maillot de bain. « Ce sont des costumes qui font partie du spectacle. Nous sommes là pour offrir du beau et transmettre le folklore de cette élection. »

Une évolution des critères de sélection

Mais peut-on encore parler de concours de beauté si la majorité des critères pour remporter l’élection tendent à s’orienter sur des qualités intellectuelles et sur la personnalité plus que sur le physique ? C’est en tout cas ce « qui permet de rendre le concours socialement plus acceptable », explique Camille Couvry, docteure en sociologie et qui a réalisé sa thèse sur les concours de beauté.

En France aussi, les règles ont évolué. Une note inférieure à la moyenne au test de culture générale est éliminatoire. « Avant le test de culture générale importait peu, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La future Miss France a un rôle d’ambassadrice même si on ne fait pas de politique », souligne Sylvie Tellier. Le temps de parole consacré aux Miss a été augmenté et c’est désormais le vote des téléspectateurs à 100% qui décide de la gagnante. « L’interview au micro fait souvent basculer les voix, preuve que les téléspectateurs ne sont pas uniquement dans une recherche esthétique », ajoute la directrice du comité Miss France.

Le niveau d’études des candidates a lui aussi augmenté. Il faut remonter le temps jusqu’en 2000 pour trouver une gagnante qui n’a pas obtenu le bac. Ces dernières années, la grande majorité des jeunes femmes en lice pour remporter la couronne étaient diplômées d’un BTS, d’une licence ou d’un master. Marine Lorphelin -Miss France 2013- était étudiante en médecine, Iris Mittenaere -Miss France 2016- étudiante en cinquième année de chirurgie dentaire et plus récemment Maëva Coucke – actuelle Miss France 2018- est étudiante en licence de droit. Les diplômes sont-ils devenus un critère de sélection pour redorer le blason d’un rendez-vous qui a mauvaise presse du côté des féministes ? Pour Sylvie Tellier, « c’est surtout le reflet de la massification scolaire ».

Laisser plus de place à la personnalité

L’appréciation physique tend à être reléguée au second plan, pour laisser place à une recherche de personnalité. « Il y a une injonction à affirmer son ‘je’. Il faut être capable de monter sur scène et prouver que l’on est la meilleure, que l’on est engagée. Pour le moment ce tempérament self-woman est surtout américain, dans la version française nous n’avons d’ailleurs pas de compétition de talents », note Camille Couvry.

L’actualisation des règles du concours de Miss America est aussi une façon de s’adapter -sous-couvert de féminisme- à une évolution de la représentation des femmes dans notre société. Sylvie Tellier s’interroge sur la sincérité de l’organisation américaine à l’origine de la polémique : « Je connais bien l’élection de Miss USA, à ne pas confondre avec l’élection de Miss America qui est moins médiatisée. C’est peut-être un levier d’action pour revenir sur le devant de la scène. »

La question esthétique, toujours bien présente

Paradoxalement, les critères de sélection pour se présenter au concours de Miss France, eux, ne bougent pas d’un iota. Il faut avoir entre 18 et 24 ans, mesurer minimum 1m70 et n’avoir jamais eu recours à la chirurgie esthétique. La personnalité et les éventuels engagements des jeunes femmes sont évidemment un plus, mais ne sont pas mentionnés dans le règlement.

L’évaluation du corps des femmes demeure omniprésente dans ce type de concours, même si l’on supprime le défilé en bikini. « On veut que la question du jugement esthétique soit plus floue, mais elle ne recule pas, estime Camille Couvry. Elle est simplement davantage combinée à la personnalité. » Les Miss ne sont plus soumises à la maxime « sois belle et tais toi ». L’art oratoire en France et la maîtrise d’un talent artistique aux Etats-Unis -chant, théâtre- pèsent considérablement dans la balance. Si la beauté est un avantage considérable et demeure une condition sine qua non pour accéder à ce type de concours, cela ne suffit plus.

Voir aussi:

Les Miss France et le poids : une omerta qui perdure en 2018

Si l’on ne connaît pas encore le visage de la future Miss France, sa silhouette ne sera certainement pas une surprise. Décryptage de ce qui modèle le corps de « la plus belle femme de France ».

Le 15 décembre, une nouvelle jeune française sera couronnée Miss France de l’année 2019. Pour la 89e année consécutive, le concours de beauté le plus célèbre de l’hexagone élira « la plus belle femme de France » devant plusieurs millions de téléspectateurs (7 millions lors de l’édition précédente). Pourtant, l’heureuse élue reste encore très éloignée du physique de la femme française.

Un règlement strict, mais qui ne mentionne pas le poids

Pour devenir Miss France, plusieurs critères très précis sont à respecter. Les candidates doivent avoir entre 18 et 24 ans, être françaises de naissance (ou naturalisées) célibataires, ni veuves ni pacsées, sans enfant. Côté physique, elles doivent mesurer au minimum 1m70, ne pas avoir eu recours à la chirurgie esthétique, ne pas avoir de tatouage visible, de piercing, perruque, faux-cils ou autre « artifice tendant à transformer son aspect naturel », comme il est inscrit dans le règlement officiel. Si la liste des recommandations s’étend sur plusieurs pages, un critère important n’est jamais mentionné : le poids minimum ou maximum des futures Miss.

« Si le critère n’existe pas, c’est sans doute qu’il n’y a aucune justification socialement acceptable par les personnes qui organisent les concours », suggère à France 24 Découvertes Camille Couvry, enseignante et chercheuse au Laboratoire des Dynamiques Sociales de l’Université de Rouen. Une absence qui aurait pu être saluée, si les Miss ne faisaient pas toutes un poids plume, largement en dessous de l’IMC de la française moyenne comme le rapportait La Voix du Nord dans un article daté de décembre 2017. « Cela n’empêche pas les personnes qui sont engagées dans des concours – et une partie au moins de celles qui les regardent – de considérer qu’avoir un poids ‘moyen’ (relatif à la taille minimale de 1m70) est un critère de beauté et d’élégance », ajoute Camille Couvry.

À qui la faute ?

Pauline Darles, Miss Ile-de-France 2011, avait quitté l’aventure Miss France en plein voyage préparatoire aux Maldives car elle n’était « pas en accord » avec l’esprit du concours. Quand on l’interroge sur l’uniformité du poids des Miss, la jeune femme nous explique le processus par lequel elle est passée. « Il y a des différences entre les régions mais il est clair qu’en envoyant des photos de soi, on donne déjà une indication de ses mensurations », dit-elle avant de préciser que lors des sélections, « ce ne sont pas seulement les comités qui votent, mais aussi le public, à 50 – 50. Si les gens votaient pour d’autres physiques, ça changerait peut-être ».

Pour elle, cette omerta vient donc d’une responsabilité collective. Idée que partage Camille Couvry, qui nous rappelle que « les processus de sélection dans les concours ne sont pas extérieurs à la société dans laquelle ils s’insèrent. Les jurés, tout comme les candidates qui évaluent leurs chances – et peuvent parfois s’auto-éliminer – sont évidemment influencés. » Influencés par les réseaux sociaux, les arts, la publicité… En bref, tout ce qui ce qui prône l’idéal d’un corps féminin fin et élancé joue un rôle dans cette injonction à la minceur.

Enfin, Pauline Darles se souvient à propos de son expérience au sein de Miss France : « Il n’y a pas de régime imposé mais une observation de comment on se nourrit, ce que l’on choisit au buffet de l’hôtel par les chaperons. Si l’on se ressert plusieurs fois, ça va être remarqué ». Une loi du silence qui règne jusque dans les comportements des participantes, au sein même de la compétition. Contacté par France 24 Découvertes à plusieurs reprises, le Comité Miss France n’a pour le moment pas donné suite à nos questions.

Discours engagés et défilé en bikini 

Certes, les jeunes prétendantes au titre de Miss sont, à certains moments de l’émission, mises en valeur autrement que physiquement. Lors de leurs discours par exemple, ou des courts portraits réalisés par la production. Mais s’en suivra le traditionnel défilé en bikini, exercice très paradoxal puisqu’il consiste à juger les candidates exclusivement sur leurs corps.

À titre de comparaison, le concours Miss America avait annoncé en juin dernier que ce défilé en maillot de bain ne figurerait dorénavant plus dans leur compétition. Sylvie Tellier, directrice de l’organisation Miss France, avait quant à elle indiqué que la France ne suivrait pas cette décision, puisque ledit exercice fait « partie de la magie Miss France ».

« Il y a eu dans l’histoire des élections de Miss, et plus largement de la beauté, un souci de la mesure du corps et des critères de beauté », ajoute Camille Couvry. Des propos qui font écho à ceux des chercheuses Anne Monjaret et Frederica Tamarozzi dans l’article « Pas de demi-mesure pour les Miss : la beauté en ses critères », publié dans  la revue « Ethnologie Française » : « Il faut voir dans ce diktat de la minceur l’influence d’une mode qui trouvait en Poirier et Coco Chanel ses créateurs, et dans les stars et les femmes du ‘beau monde’, ses égéries ».

Certains milieux responsables en partie de ce culte de la minceur commencent pourtant à faire des efforts : Mattel, maison-mère de Barbie, propose depuis 2016 une poupée « plus size » aux mensurations plus généreuses que l’originale. En 2017, deux grands groupes de luxe français LVMH et Kering ont signé une charte les engageant à ne plus faire défiler de mannequin de taille 32. De petits pas en avant, mais des avancées quand même.

Pourra-t-on voir un jour une femme aux proportions plus réalistes être élue Miss France ? « Oui, c’est envisageable », affirme Pauline Darles. « C’est l’inconscient collectif qui valide des normes de beauté. Si les gens votaient pour d’autres physiques, ça pourrait changer ». De son côté, Camille Couvry pense que « le changement pourrait venir du bas ». « J’ai déjà assisté à des concours locaux qui avaient éliminé le défilé en maillot de bain lors d’une ou deux éditions », nous raconte-t-elle. Affaire à suivre, donc.

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Miss France 2018 Des miss à l’IMC si éloigné de la moyenne des Françaises

Au milieu des critères esthétiques d’un concours de beauté, il en est un que l’organisation se garde bien d’évoquer. Celui du poids. En 2016, l’association Osez le féminisme avait, une nouvelle fois, soulevé la question en dénonçant «  cette mise en concurrence à une heure de grande écoute  » entraînant «  beaucoup de souffrance pour d’autres femmes qui ne font pas 1,75 m pour 50 kilos ». « C’est un concours de beauté avec juste une limite de taille. Les critères ne sont pas seulement physiques  » avait alors répondu Sylvie Tellier, directrice générale de la société organisatrice.

Pas un mot sur l’IMC des lauréates

L’organisation a donc logiquement refusé de nous communiquer, pour ces mêmes raisons, ces données. Mais sur internet, la question continue d’être débattue. Des chiffres circulent sur les pages Wikipédia des anciennes miss France, sans que celles-ci n’interviennent. Des blogs listent inlassablement le poids des jeunes filles, sans que l’on sache le vrai du faux. Les miss livrent parfois un chiffre au détour d’une interview.

Sur le modèle du travail du site américain PsychGuides, nous avons cherché à connaître l’évolution de l’indice de masse corporel, cette combinaison entre le poids et la taille d’une personne, des miss à travers le temps. Nos recherches ont permis de lister le poids de 16 miss. Cinq proviennent de sources de confiance. Le graphique ci-dessous est donc purement indicatif, mais il a le mérite de compiler et de mettre en forme les données circulant sur la question.

Cliquez ici pour ouvrir cette infographie en plein écran.

Il en ressort qu’avec un IMC moyen de 18,1 depuis 1954, miss France n’est pas une Française comme les autres. Elle est même beaucoup plus mince. Pour les Françaises de 18 à 35 ans, l’Insee relevait un IMC de 22,4 en 2002, toujours très loin des miss France qui ne sont pas sorties d’un couloir allant de 18,5 à 16,4 entre 2000 et 2017.

« Plutôt une situation de minceur »

Plus globalement, en 2016, l’IMC d’une Française était de 23,1 selon les relevés de l’Organisation mondiale de la santé. Cette même organisation évalue l’IMC normal entre 18,5 et 25. Seules cinq miss se trouvent dans cette fourchette. Onze d’entre elles se situent par contre entre 16,5 et 18,5 et seraient donc en situation de maigreur selon l’OMS. Des chiffres inquiétants ? Pas forcément. « Il s’agit plutôt d’une situation de minceur, recadre Emmanuelle Couturier, diététicienne-nutritionniste à Marcq-en-Barœul. L’IMC n’est pas forcément très parlant, car il ne fait pas la différence entre masse graisseuse et masse musculaire. Il ne prend pas non plus en compte l’ossature. Par contre si elles font un régime pour entretenir cette minceur, c’est là que cela peut être compliqué. »

Pour mieux se rendre compte de l’évolution des miss. Le diaporama vidéo ci-dessous permet de remonter le temps d’Agnès Souret à Alicia Aylies.

Miss France dédié à la cause des femmes, une hypocrisie selon des féministes
Camille Moreau

L’Express

14/12/2017

Sylvie Tellier, directrice générale de la société Miss France, affirme que l’élection Miss France 2018 aura pour objectif majeur de dénoncer les violences faites aux femmes. Des propos qui passent mal auprès des associations féministes.

L’élection de Miss France 2018 qui se tiendra le 16 décembre à Châteauroux s’inspirera-t-elle de l’élection de Miss Pérou dont les candidates avaient dénoncé les violences faites aux femmes dans le pays? C’est en tout cas ce qu’a annoncé Sylvie Tellier, directrice générale de la société Miss France, lors de la conférence de presse du concours de beauté. « Cette élection sera un moment pour prendre la parole et sensibiliser les téléspectateurs sur les violences faites aux femmes. »

Une volonté confirmée lors d’un entretien donné à nos confrères du Parisien. « L’élection de Miss France, c’est quand même trente jeunes femmes en direct à la télévision pendant trois heures, à une heure de grande écoute. C’est l’occasion de parler de la femme et de dénoncer les violences faites aux femmes qui sont encore beaucoup trop importantes en France aujourd’hui et dont on ne parle pas assez », affirme Sylvie Tellier.

« Des critères de beauté réducteurs »
Des propos qui font grincer des dents les associations féministes, jugeant le concours Miss France sexiste et dégradant. « Il est dommage que la seule soirée de l’année dédiée aux femmes à la télévision, cultive l’idée de la femme objet. L’élection Miss France est un concours qui repose sur des critères de beauté réducteurs et ridicules. Il serait plus judicieux de valoriser les talents, plutôt que des stéréotypes physiques irréels », s’est par exemple exprimée Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole de l’association Osez le féminisme.

Ne pas être mariée, ne pas avoir d’enfant, ne pas avoir de tatouage, mesurer 1,70 mètres minimum et avoir moins de 26 ans font partie des règles imposées aux candidates et jugées archaïques et sexistes par les associations. « Je ne vois pas comment on peut se battre pour l’égalité des sexes, revendiquer le respect de la femme tout en cautionnant ce genre de concours », s’indignait il y a quelques semaines une lectrice de la Styles Room.

« Miss France permet de soutenir et faire avancer des causes »

Des critiques qui n’ont pas lieu d’être pour Sylvie Tellier. « Miss France 2018 permet de soutenir des causes et de les faire avancer, la prise de parole des Miss au Pérou en est la preuve. Elles agissent à leur niveau pour améliorer la condition féminine. »

La 88e édition de Miss France sera animée pour la 23e fois par Jean-Pierre Foucault et présidée par Iris Mittenaere, Miss Univers 2017, et le couturier Jean-Paul Gaultier.

Voir également:

VIDEO. Miss France 2019: Pourquoi l’Ile-de-France, région la plus titrée, ne gagne-t-elle plus le concours?
BEAUTE Miss Ile-de-France n’a plus été élue Miss France depuis 1996. Et si cela changeait cette année? Réponse samedi soir au micro de Jean-Pierre Foucault….

Floréal Hernandez

20 minutes

le 14/12/18

Depuis 1929, les Miss Paris ou Ile-de-France ont remporté 15 fois le concours Miss France. Mais la plupart des titres ont été gagnés entre 1930 et 1950.

La dernière Miss France francilienne remonte à 1997 avec l’élection de Patricia Spehar. L’an dernier Lison Di Martino avait terminé 2e dauphine de Maëva Coucke.
Alors que l’Ile-de-France compte 12 millions d’habitants, pourquoi sa Miss ne profite-t-elle pas du vote du public pour gagner la couronne?

L’Ile-de-France aime-t-elle sa miss ? La région est la plus peuplée de France avec 12 millions d’habitants, pourtant quand Lison Di Martino, Miss Ile-de-France 2017, est arrivée dans les cinq finalistes l’an dernier, ce n’est pas elle qui a reçu le plus de votes du public mais la Nordiste Maëva Coucke. Une région avec une identité bien plus forte que l’Ile-de-France

C’est là l’une des faiblesses de la candidature francilienne. « Je l’ai vécue, avoue Margaux Savarit, Miss Ile-de-France 2014 et 11e du concours Miss France. On a moins de chance d’être élue car il n’y a pas d’identité régionale en Ile-de-France. Avant l’élection Miss France, aucun média ne s’est intéressé à moi. Je n’ai fait aucune interview, eu aucun soutien. Ça plombe le moral. »

Présidente depuis 2014 du comité Miss Ile-de-France, le plus titré avec 15 miss, Laure Mattioli rejoint l’avis de Margaux Savarit. « Beaucoup de Parisiens ou de Franciliens viennent d’autres régions. Moi en tant qu’ancienne Miss Bourgogne vivant à Paris, j’avais tendance à soutenir Miss Bourgogne. » Chercheuse en sociologie à l’université Rouen-Normandie, Camille Couvry reconnaît que « la dimension affective liée à sa région d’origine peut se retrouver dans les votes ».

L’auteure de la thèse Beauté, classe sociale et empowerment : les jeunes femmes de classes populaires dans les élections de Miss en Normandie estime possible l’hypothèse que les miss issues d’une région à forte identité soient avantagée pour capter les votes locaux. « Le succès au concours Miss France des régions à forte identité locale ne colle pas aux revendications régionales, culturelles ou politiques », souligne-t-elle. Et, elle rappelle les victoires depuis 2010 des Miss Normandie, Bourgogne ou Orléanais.

Laure Mattioli incite tout de même « les Franciliens à se sentir investis par rapport à leur miss ». Ça a été le cas pour Lison Di Martino l’an passé mais c’est resté circonscrit à son département d’origine. « La Seine-et-Marne s’est vraiment bougée pour elle, note celle qui est de la promo de Sylvie Tellier en 2002. Elle était l’une des favorites dans la presse, sur les réseaux sociaux. Ça n’a pas suffi. »

Cela va-t-il se répéter pour Alice Quérette, Miss Ile-de-France 2018, 24 ans et originaire de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) ? Margaux Savarit ne l’espère pas. « Elle est dans mon top 3 avec Franche-Comté et Languedoc-Rousillon. Je la vois aller très loin, comme l’an dernier. »

Comme en 2017, Miss Ile-de-France – « quelqu’un de bien physiquement et moralement », selon la présidente du comité régional – est l’une des favorites du concours, selon une partie de la presse présente à l’Ile Maurice avec les miss. A Lille, ce samedi, Alice Quérette sera soutenue par quinze personnes, issues de sa famille et du comité, qui s’est mobilisé sur les réseaux sociaux.

Mais, d’après une étude réalisée pour 20 Minutes sur ces mêmes réseaux sociaux à 7 jours de l’élection, et qui sera dévoilée samedi, elle ne figure pas parmi les miss les plus populaires. Si elle souhaite la victoire de sa protégée, Laure Mattioli appelle à « un vote objectif pour faire gagner la plus méritante ». Et l’ex-Miss Bourgogne de conclure : « Le public se trompe rarement. »

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Miss France 2019: La moitié des miss noires ou métisses, une avancée pour le concours?

DIVERSITE Cette année, nombreuses sont les miss noires et métisses et « 20 Minutes » s’est demandé si ça pourrait aider à combattre les stéréotypes…

Claire Barrois

20 minutes

  • Cette année, la moitié des candidates à Miss France 2019 sont noires et métisses.
  • L’élection faisant partie des programmes télé les plus regardés de l’année, nous nous sommes demandé si cela signifiait une avancée de la diversité à la télévision.

L’avez-vous remarqué ? Cette année, la moitié des candidates à la couronne de Miss France 2019 sont noires, métisses ou issues de l’immigration. Près de 8 millions de téléspectateurs vont donc assister à un concours plus proche de la société telle qu’elle est alors que la télévision ne montre quasiment que des blancs. Cette soirée peut-elle porter un message ?

Du côté des miss concernées, on n’en est pas convaincues. Miss Guadeloupe, Ophély Mézino, et Miss Picardie, Assia Kerim, partagent plutôt l’avis de Miss Guyane, Laureline Decocq, pour qui « c’est important d’être nombreuses parce que la France d’aujourd’hui c’est beaucoup de métissages. On montre toutes les facettes de la beauté française. »

« Ça représente la France d’aujourd’hui »

Pour Miss Limousin, Aude Destour, mi-Ch’ti mi-Martiniquaise, l’intérêt c’est que « nous ne sommes pas du tout les mêmes métisses. Par exemple, Miss Provence a des origines algériennes. C’est super bien pour le concours parce que ça représente la France d’aujourd’hui. Il y a aussi des origines d’autres pays d’Europe. » Un constat que partage Jessie Magana, autrice d’ouvrages jeunesse autour de la lutte contre les stéréotypes et le sexisme.

« Les métisses sont un peu plus visibles cette année dans le concours et représentent une tendance de fond de la société française, rappelle l’autrice. C’est assez intéressant parce que ça montre la réalité de la société française qui est mélangée quoi qu’on veuille nous faire croire, issue de vagues d’immigration​ très anciennes. Un Francais sur quatre a au moins un de ses grands-parents qui n’est pas né en France. C’est révélateur du métissage progressif de la société française. »

Mais selon l’autrice, ce qui est aussi intéressant dans le métissage des miss, c’est leur origine sociale. « Elles viennent toutes plus ou moins de la classe moyenne, et les vagues d’immigration sont souvent dans les classes populaires. Là, le fait que la plupart de ces jeunes femmes soient de classe moyenne montre l’intégration des anciens immigrés à la société française. Ces jeunes filles sont un vrai panel de ce qu’est la société française. » Mais cela ne suffira pas forcément à faire évoluer les mentalités.

« Les noirs devraient intervenir comme médecin ou ministres à la télévision »

« C’est un concours lié à l’apparence, rappelle Jessie Magana. Montrer davantage de femmes noires dans ce cadre ne lutte pas contre les stéréotypes parce que ça rentre dans les stéréotypes de la femme et encore plus de la femme noire [une femme très érotisée dans l’imaginaire collectif]. Il faudrait un concours sur la personnalité, le charme, la façon de s’exprimer en public, pas que sur la beauté pour que ça lutte contre les stéréotypes. Les noirs devraient intervenir comme médecin ou ministres à la télévision, pas que dans les concours de beauté et dans le foot. »

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Têtes couronnées

Miss France: ce qui a changé depuis le début de l’élection

Près de 100 ans après sa création, le concours Miss France a connu plusieurs évolutions.

Camille Moreau

L’Express

Comme chaque année depuis 1920, date de création du concours de beauté par le journaliste et écrivain belge Maurice de Waleffe, une jeune femme sera en décembre élue Miss France parmi les 30 candidates en lice. Un show présenté pour la 23e année par Jean-Pierre Foucault, accompagné de Sylvie Tellier, directrice générale de la Société Miss France depuis 2010. La cérémonie, bien qu’organisée « dans le respect de la tradition », a connu bien des changements depuis sa naissance il y a près d’un siècle.

« La plus belle femme de France »

Aux prémices de l’élection, Maurice de Waleffe avait choisi le terme « La plus belle femme de France » pour désigner le concours. Les portraits des candidates de la première édition étaient publiés dans le quotidien Le Journal. Chacune était présentée sous un pseudo de nom de fleur, de pierre, d’oiseau ou de déesse, révèle Le Figaro Archives dans un article réalisé en partenariat avec l’INA.

Entre 1922 et 1926, le concours de beauté n’a pas lieu. Il ne reprend qu’en 1927 sous le nom qu’on lui connaît aujourd’hui : Miss France. Roberte Cusey, Miss Jura 1926, est élue cette année-là.

Une baisse du nombre de candidates

Les jeunes femmes en lice pour le concours Miss France représentent chacune une région de l’Hexagone. Elles étaient 45 en 2006, 33 pour l’élection de Miss France 2011. Cette année, elles seront 30. La réforme territoriale de 2016 n’a pourtant pas eu d’impact sur le nombre de candidates. « Ce nouveau découpage est une affaire politique et économique et nous sommes loin de ces considérations. Notre concours est indépendant du gouvernement », avait confié Sylvie Tellier à L’Express, rappelant que sa priorité était que tous les Français « se retrouvent dans l’élection ».

D’ailleurs, le nombre de candidates n’a jamais véritablement collé à la carte administrative de la France. Pour la directrice du comité Miss France, le but est surtout « d’avoir des identités fortes ». Raison pour laquelle certaines provinces sont absorbées pour renforcer certaines identités territoriales. Les titres de Miss Centre et de Miss Orléanais ont ainsi fusionné pour devenir Miss Centre-Val-de-Loire.

Des critères qui ne sont pas uniquement physiques

Les critères depuis la création de l’élection Miss France excluent une bonne partie de la population féminine. Il faut être une femme -mais pas transsexuelle- et avoir entre 18 et 24 ans. Il faut également mesurer 1,70 mètre minimum, ne pas avoir d’enfant, ni être mariée, et posséder un casier judiciaire vierge. Les tatouages sont également interdits, l‘éviction de Miss Martinique en 2017 pour cause de colibri sur l’omoplate avait d’ailleurs suscité l’incompréhension des internautes.

Pour Sylvie Tellier, le concours ne repose plus uniquement sur des mensurations. « Les critères ont évolué depuis la création de l’élection pour être plus en accord avec les femmes d’aujourd’hui et correspondre au rôle qui incombe à la future reine de beauté. On porte de l’attention sur la façon de se mouvoir, l’éloquence et le parcours de la jeune femme », nous expliquait la directrice dans un article consacré à la fascination des miss.

Leur temps de parole a d’ailleurs été allongé. « Cette épreuve est parfois décisive pour les candidates », affirme Sylvie Tellier. L’esthétique des jeunes femmes se combine à la personnalité. Le comité du concours Miss America a préféré remplacer le défilé en robe du soir par un exercice d’éloquence durant lequel les jeunes femmes sont habillées de la tenue de leur choix. Pour Camille Couvry, docteure en sociologie et qui a réalisé sa thèse sur les concours de beauté, « c’est surtout une manière de rendre la question du jugement esthétique plus floue et de rendre le concours socialement acceptable ».

Des miss en prise avec l’actualité

On attend aujourd’hui de la future Miss France qu’elle soit capable d’argumenter et de s’informer sur l’actualité. « J’élabore avec mes équipes le test de culture générale. Une note en-dessous de la moyenne est pour moi éliminatoire », explique Sylvie Tellier. Une épreuve qui existait déjà aux débuts du concours mais que l’ancienne Miss France 2002 a adapté en s’appuyant sur l’actualité. « Lorsque j’avais passé le test, je me souviens qu’on m’avait demandé de décrire ma chambre. Mais aussi, quel Beatles était mort », se souvient la directrice générale dans une interview accordée au Figaro.

Une niveau d’exigence accru en adéquation avec l’augmentation du niveau d’études des candidates. Il faut remonter jusqu’en 2000 pour trouver une Miss qui n’a pas obtenu le baccalauréat. Les diplômes seraient-ils devenus un critère de sélection non-officiel pour espérer décrocher la couronne ? Pour Sylvie Tellier, c’est surtout « le reflet de la massification scolaire ».

Des cours de bonnes manières

Depuis 2017, les miss bénéficient de cours de bonnes manières enseignés par Jérémy Côme, auteur de L’Art de maîtriser les codes pour se sentir bien partout en toutes circonstances (éd. Michel Lafon). La future ambassadrice doit être capable de se comporter en parfaite maîtresse de maison et se doit d’être élégante en toute circonstance. Si l’on a envie de crier au sexisme, Jérémy Côme voit plutôt son intervention comme une manière « d’enlever du stress » à la future gagnante. « Je leur donne des tuyaux pour trouver de l’assurance, pour maîtriser l’art de la conversation notamment devant des assemblées -que ce soit pour remettre un prix aux NRJ Music Awards ou pour participer à l’inauguration d’un musée en local-, pour avoir une bonne posture quand on est face à quelqu’un », explique-t-il au site Pure People. Il ajoute également qu’une Miss doit « savoir être chaleureuse, ponctuelle, soignée. Il ne faut pas parler de soi. Globalement, elles n’ont pas besoin de parler d’elles puisqu’on sait qu’elles sont Miss. »

Peut-on manger ou non sa salade avec un couteau, à quelle heure arriver à un dîner, comment déguster des huîtres ou qu’apporter à un hôte à l’occasion d’un repas font également partie des conseils distillés par le spécialiste.

Quid du défilé en maillot de bain

L’épreuve du passage en bikini cristallise les accusations de sexisme des associations féministes à l’encontre du concours Miss France. « Encore une fois, le corps des femmes est un objet, comme dans la publicité. Ce sont des corps souvent nus, et l’épreuve du maillot de bain est celle qui est la plus attendue », dénonce Éléonore Stévenin, porte-parole d’Osez le féminisme. Un défilé supprimé de l’élection Miss America l’année dernière mais qui sera maintenu dans la version française du concours. « Ce sont des costumes qui font partie du spectacle. Nous sommes là pour offrir du beau et transmettre le folklore de cette élection », souligne Sylvie Tellier.

L’épreuve du bikini est récente en France : elle n’a été mise en place qu’après la démission de Geneviève de Fontenay de son titre de directrice du comité Miss France en 2010. Le défilé est d’ailleurs critiqué chaque année par la dame au chapeau qui réclame le retour du maillot une pièce. « Je pense qu’un maillot une pièce ouvert sur les hanches et couvrant un peu plus les fessiers éviterait que les candidates deviennent des exhibitionnistes », expliquait-elle dans une lettre envoyée à Sylvie Tellier, publiée sur le site de Jean-Marc Morandini.

Le public souverain dans le choix de la future Miss France

Le système de vote a été modifié après le départ de Geneviève de Fontenay pour l’élection de Miss France 2010. Le jour du concours, douze miss ont déjà été désignées par le jury -présidé cette année par l’actrice de 90 ans, Line Renaud- durant la semaine précédant l’élection. Pour la sélection des cinq finalistes, se mêlent le vote du public et celui du jury, composé de six célébrités. Enfin, pour déterminer la gagnante et les dauphines, les compteurs sont remis à zéro et c’est uniquement aux téléspectateurs de voter.

Lancé en 1993, l’élection de Mister France, le versant masculin, peine à se faire une place sur la scène médiatique. « C’est un spectacle qui ne prend pas. La notion de compétition autour de la beauté de l’homme n’est pas assez enracinée dans notre Histoire », explique l’anthropologue Élisabeth Azoulay, qui a dirigé l’ouvrage 100 000 ans de beauté (éd. Gallimard). Il y a des choses qui ne changent pas.

Miss France 2019 : quelle région a le plus souvent remporté le concours ?
A.B.

Quelle région de France a été couronnée le plus de fois à l’élection de Miss France? Quelles autres, au contraire, ont eu le moins les faveurs des Français? Paris Match fait les comptes.

Le 16 décembre 2017, Maëva Coucke a été élue Miss France 2018, décrochant un troisième sacre pour le Nord-Pas-de-Calais. Si la beauté des jeunes filles originaires du Nord a séduit les téléspectateurs de l’élection à trois reprises ces quatre dernières années, aucune Miss originaire du Nord-Pas-de-Calais n’avait remporté le concours qui existe depuis 1919 avant…2015.

Il y a 99 ans, la première Miss France élue, Agnès Souret, venait de Bayonne et portait l’écharpe de Miss Aquitaine. En tout, six jeunes femmes de cette région du Sud-Ouest ont été nommées plus belle femme de France, la dernière en 1995. Il s’agissait de Mélody Vilbert, native de Toulouse. L’Aquitaine a le même palmarès que l’Alsace et la Normandie. Tout en haut du palmarès des régions qui ont remporté l’élection de Miss France le plus grand nombre de fois : l’Ile-de-France. Entre 1933 (date de la première victoire) et 1997 (date de la dernière victoire), l’Ile-de-France a été couronnée 13 fois au concours, loin devant la région Rhône-Alpes qui totalise quant à elle 7 victoires.

L’Auvergne, Mayotte ou encore la Champagne-Ardenne attendent toujours une victoire

A l’autre bout du classement, on retrouve la Guyane, le Centre-Val-de-Loire, la Provence et la Corse qui ont chacune une victoire. Les moins bien loties sont les Miss originaires d’Auvergne, de Mayotte, de la Martinique, Champagne-Ardenne, du Limousin, de Saint-Pierre-et-Miquelon, ou encore de Saint-Martin-Saint-Barthélemy, qui n’ont jamais eu la chance de porter l’écharpe tant convoitée de Miss France.

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Phénomènes mimétiques: Quand les villes tombent malades (After Jerusalem, Florence, Paris, Goa and Tahiti, Havana gets its own syndrome)

31 janvier, 2018
L’opprobre me brise le coeur et je suis malade. Psaumes 69: 21
J’étais incapable de voir ce dont le désir n’avait pas été éveillé en moi par quelque lecture (…) Que de fois, je le savais bien, même si cette page de Goncourt ne me l’eût pas appris, je suis resté incapable d’accorder mon attention à des choses ou à des gens qu’ensuite, une fois que leur image m’avait été présentée dans la solitude par un artiste, j’aurais fait des lieues, risqué la mort pour retrouver. Marcel Proust
La violence collective passa, jadis, de l’homme à l’animal et, maintenant, de la bête, absente de nos villes, à des objets techniques. Parmi ces révoltes fument des chevaux-vapeur. Michel Serres
Plus d’un siècle après que Charcot a démontré que les hystériques n’étaient pas des simulateurs et que Freud a découvert l’inconscient, il nous est difficile d’accepter que nos souffrances puissent être à la fois réelles et sans cause matérielle. Georges Saline (responsable du département santé environnement de l’INVS)
Chacun a bien compris que « syndrome du bâtiment malsain » est la traduction politiquement correcte d’ »hystérie collective ». Le Monde
J’étais dans une sorte d’extase, par l’idée d’être à Florence, et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber. Stendhal (1817)
Devant tant de beauté et de spiritualité, je me suis effondré en pleurs. J’avais des tremblements nerveux. C’était une douleur jouissive. Je ne sais pas combien de temps je suis resté là, peut-être un quart d’heure. Pierre Josse (Guide du routard)
Jérusalem attire toutes sortes de gens. Des fanatiques religieux et des excentriques dérangés mentalement à divers degrés, qui semblent être attirés comme par un aimant dans la ville sainte. Certains d’entre-eux […] étaient des hommes et des femmes qui se prenaient pour des saints, des prophètes, des prêtres, des messies et des rois. Bertha Spafford-Vester
Au rythme où l’on va, toutes les capitales auront bientôt leur syndrome. Pourquoi pas le syndrome de Ouagadougou? Youcef Mahmoudia (psychiatre, Hôtel-Dieu)
C’est une fumisterie. Ils s’inscrivent dans deux contextes particuliers. Soit les patients sont déjà atteints d’un trouble psychiatrique et sont dans un processus délirant à thématique persécutive, messianique ou politique. Soit ce sont des sujets qui sont pré-délirants, qui présentent des troubles minimes qui pour l’œil non avisé passent pour un état dépressif, une angoisse, un ras-le-bol, alors que le délire commence à s’élaborer progressivement. Quand ils arrivent à destination, il s’installe au bout de 24 ou 48 heures. Youcef Mahmoudia (Hôtel-Dieu, Paris)
Ce n’est pas le lieu qui est pathogène. Croire qu’un endroit fait qu’on décompense, ce serait nous ramener à la psychiatrie du 19ème, où l’on croyait aux miasmes. Federico A. Caro (psychiatre, Pôle Paris Centre)
Il s’agit d’un petit nombre de touristes, dont la plupart ont des antécédents psychiatriques importants, qui viennent chaque année à Jérusalem et se prennent pour des personnages bibliques ou des messies. Ils utilisent Jérusalem comme une scène ou une arène pour jouer leur rôle. Moshe Kalian
C’est très difficile de poser l’étiquette de « syndrome du voyageur », on ne le reconnaît pas de façon formelle. Des pétages de plombs, on en a partout, dans le monde entier. On en a eu dernièrement en Chine, au Maroc et en Turquie. Il y a des gens qui, dans un contexte hors habitudes, peuvent déclencher un épisode délirant. Catherine Port-Arondelle (Mondial Assistance)
Ils comptent parmi les curiosités locales de Jérusalem. On les croise dans la vieille ville, aux abords du Mur des lamentations et du dôme du Rocher. Certains sont accoutrés comme Jésus ou Abraham, portant une toge ou enroulés dans des draps piqués à l’hôtel, traînent parfois une croix, tandis que d’autres courent nus dans les rues, sur un mode Adam et Ève. Ils errent en prêchant au milieu des touristes et se lancent dans de grands sermons rarement intelligibles, persuadés qu’ils sont investis d’une mission divine. Chaque année, une trentaine de touristes en visite dans la ville trois fois sainte sont hospitalisés au Centre psychiatrique de Kfar Shaul, situé dans la vieille ville. Le «syndrome de Jérusalem» a été identifié dans les années 1930 par le psychiatre Heinz Herman, après avoir vu défiler plusieurs patients en proie au même délire. Deux tiers des victimes sont de confession juive, les autres sont chrétiennes. (…) Contrairement aux psychiatres Graziella Magherini et Régis Airault, qui affirment respectivement que le syndrome de Stendhal et le syndrome indien frapperaient des voyageurs en bonne santé mentale, Yaïr Bar-El considère qu’il touche à la fois des personnes avec et sans antécédents psychiatriques. Il a établi une typologie précise distinguant trois grands profils de victimes: les psychotiques, les personnes présentant divers troubles mentaux —le voyage de ces deux catégories de personnes étant motivé par une conviction délirante ou bizarre—, et enfin celles qui n’avaient pas de pathologie déclarée. Ces dernières sont rares: selon les résultats de l’étude, sur les 470 victimes recensées entre 1979 et 1993, seules 42 n’avaient pas d’antécédents psychiatriques. La plupart venaient de l’Amérique rurale et avaient reçu une éducation protestante très stricte. Le psychiatre a donc émis l’hypothèse que ces personnes auraient eu un choc en arrivant à Jérusalem car la ville ne correspondait pas à la représentation idéalisée qu’elles en avaient. Sept étapes cliniques ont par ailleurs été identifiées, telles que, par exemple, «l’expression du désir de se détacher du groupe ou de la famille et de visiter Jérusalem seul», «l’obsession d’être pur et propre, avec prise de bains et douches, taille compulsive des ongles de mains et de pieds» ou encore «le besoin de crier, de hurler ou de chanter à haute voix des psaumes, des versets de la Bible, des hymnes religieux ou des negro spirituals». Après une à deux semaines de traitement, les patients sont en général capables de rentrer chez eux. (…) Mais certains refusent de quitter la ville. (…) Au cours de ses recherches, Moshe Kalian a trouvé des  premières descriptions du syndrome remontant au 19ème siècle, extraites des mémoires d’habitants de Jérusalem et de récits de pèlerins. (…) La «capitale éternelle» d’Israël semble donc condamnée à continuer d’attirer année après année, parmi le flot ininterrompu de pèlerins, une poignée d’illuminés à la recherche d’un décor à la hauteur de leur démesure. Annabelle Georgen
J’ai craqué dans le Palais des Doges. J’étais dans la salle du Grand Conseil, dont les murs et les plafonds sont entièrement recouverts de peintures. Je me suis sentie submergée par la beauté des lieux. Le décalage avec les autres visiteurs, qui passaient dans la salle en regardant à peine les murs, m’a frappée. J’ai fondu en larmes. C’était comme si je devais porter toute cette beauté à moi toute seule. Séverine (hypnothérapeute, 31 ans)
J’applique ce terme à une série d’attaques soudaines de souffrance mentale aiguë, qui peuvent durer quelques heures ou quelques jours. Les crises vont de l’attaque de panique à l’inconfort physique, comme la peur de s’évanouir, de suffoquer, de mourir ou de devenir fou, avec des vertiges ou de la tachycardie, et dans certains cas la sensation extrêmement désagréable de se trouver dans un environnement hostile. Graziella Magherini
Magherini a choisi le terme de syndrome de Stendhal en référence à l’écrivain français, qui fut l’un des premiers à décrire la vive émotion que peut provoquer la contemplation d’une œuvre d’art lorsqu’il partit à la découverte du berceau de la Renaissance en 1816 (…) Après avoir vu défiler à l’hôpital de Florence une centaine de touristes «en bonne condition mentale» et qui étaient pourtant pris d’une bouffée délirante alors qu’ils visitaient un musée, une église ou un monument, Graziella Magherini a élaboré l’hypothèse que ces crises seraient provoquées par la confrontation à la beauté des œuvres d’art. La majorité de ses patients étant européens, la psychiatre est arrivée à la conclusion qu’ils étaient plus susceptibles d’être victimes du syndrome car ils maîtrisaient les références culturelles permettant d’apprécier les œuvres et de percevoir leurs significations cachées, contrairement à d’autres touristes venus de régions éloignées, comme l’Amérique du Nord ou l’Asie, et aux Italiens eux-mêmes, en quelque sorte «immunisés» à force de vivre entourés d’œuvres d’art. Ce syndrome frapperait surtout les touristes qui visitent Florence en raison de sa concentration exceptionnelle de chefs-d’œuvre artistiques, mais aurait aussi été observé à Ravenne et à Venise. (…) La définition du syndrome de Stendhal proposée par Magherini va à l’encontre de celle du voyage pathologique en cela qu’elle considère que ses victimes ne souffraient pas de troubles psychiatriques avant leur voyage. Communément admise en psychiatrie, la notion de voyage pathologique est considérée comme un trouble du comportement. Au regard de cette définition, l’existence du syndrome de Stendhal est vivement contestée par de nombreux psychiatres pour qui les voyages ne peuvent pas rendre fou. «C’est une fumisterie», lance Youcef Mahmoudia, psychiatre à l’Hôtel-Dieu à Paris. Selon lui, seul le concept de voyages pathologiques est pertinent (…) Au-delà du débat, reste une certitude, à voir les foules qui se pressent devant le David à Florence ou devant la Joconde à Paris: l’art peut éblouir et provoquer une émotion intense même chez les plus sceptiques. Annabelle Georgen
Très souvent, cette déception concerne des étudiantes qui viennent avec une vision de la France assez liée aux films de Godard. Philippe Adam
Il y a pas mal de grèves, les gens peuvent être un peu agressifs verbalement, on peut se faire voler son porte-feuille dans le métro, le taxi peut arriver avec un quart d’heure de retard. C’est quelque chose d’inconcevable au Japon car c’est un pays où tout fonctionne dans la vie quotidienne. On peut par exemple se donner rendez-vous à 13h01 sur le quai et être sûr d’arriver à l’heure. Les Japonais qui sont fragiles peuvent donc devenir très dépressifs à Paris, avoir le sentiment d’être rejetés, ignorés. Eriko Thibierge-Nasu (psychanalyste japonaise)
Identifié dans les années 1980 par le psychiatre japonais Hiroaki Ota, ce syndrome frapperait des Japonais choqués par le décalage entre le Paris romantique et raffiné qu’ils pensaient découvrir et la réalité qu’ils arpentent. (…) Qualité de service laissant à désirer, insécurité et impolitesse sont les principaux griefs des Japonais qui séjournent dans la Ville-Lumière. (…) Difficile d’obtenir des informations précises sur les observations d’Hiroaki Ota, ancien médecin-conseil auprès de l’ambassade du Japon à Paris et attaché à l’hôpital Saint-Anne: il se refuse à toute interview depuis plusieurs années et son livre consacré au sujet n’a été publié qu’en japonais. Ses travaux parallèles sur les voyages pathologiques de Japonais à Paris, qui sont le fait de patients souffrant d’un trouble psychiatrique antérieur au voyage, sont en revanche consultables dans la revue psychiatrique Nervure. Une étude publiée en 2004, et dont Ota est co-auteur, indique que 63 patients japonais ont été admis à l’Hôpital Sainte-Anne «dans un état aigu» entre 1988 et 2004. Il s’agissait de personnalités fragiles «en quête d’une liberté ou d’une libération illusoires» ou de personnes souffrant d’une psychose et dont la venue était motivée par des convictions délirantes. La plupart des patients avaient moins de 30 ans, près d’un sur trois était schizophrène. À l’instar d’une Japonaise de 39 ans, qui s’était rendue à Paris après avoir vu une affiche touristique dans le métro de Tokyo avec pour slogan «La France vous attend», persuadée que cette injonction lui était personnellement destinée. L’étude pointe les obstacles auxquels sont confrontés les Japonais qui viennent s’installer à Paris, au-delà de la déception liée à la ville, telles que la barrière de la langue et les différences de comportements en société. «Ces difficultés, qui peuvent créer très vite une incapacité de communication ou être sources d’erreurs grossières, entraînent sentiment d’étrangeté, angoisse, isolement», notent les chercheurs. (…) Le syndrome de Paris continue d’être le sujet de nombreux reportages dans les journaux du monde entier, mais il est largement remis en cause par la communauté psychiatrique française. «Ça n’existe pas», laisse choir avec une pointe de lassitude dans la voix Youcef Mahmoudia, psychiatre à l’Hôtel-Dieu, pour qui «il ne faut pas confondre un état d’angoisse passager qui peut survenir chez quelqu’un qui est en voyage et n’arrive pas à s’adapter et un état délirant entraînant des troubles du comportement sur la voie publique». Sur la cinquantaine de «voyageurs pathologiques» qui sont hospitalisés chaque année à l’Hôtel-Dieu, à deux pas des principaux sites touristiques, la majorité ne sont d’ailleurs pas des Japonais mais des provinciaux, fait remarquer Youcef Mahmoudia: «Il y a aussi des Italiens, des Belges, des Allemands… Seuls 3 à 5 % sont des Japonais. » Annabelle Georgen
Je n’avais plus aucun repères, tout ce que je regardais était différent, les odeurs et les goûts aussi. Je n’étais jamais seule, il se passait toujours quelque chose autour de moi. L’absence d’hygiène m’a aussi rendu dingue car je n’arrivais plus à aller aux toilettes. J’étais saoulée, hypnotisée, je ne me rendais plus compte de la réalité, je me laissais aller. (…) J’étais au bout du rouleau… Je pensais que j’allais mourir, alors j’ai écrit un journal au cas où ma famille retrouverait mon corps… Claire Kaczynski (artiste)
Le syndrome indien peut toucher tout le monde, j’ai vu des gens qui ne prenaient pas de drogue et qui étaient délirants, qui avaient essayé de partir à la nage pour rentrer chez leurs parents. Heureusement que les proches les avaient entendu hurler au téléphone, sinon on aurait pu croire que je me faisais payer un voyage aux frais de la princesse! Chaque culture semble désigner à ses membres des lieux où il est plus facile de « vaciller ». Pour les Occidentaux, c’est l’axe oriental, avec le grand tour en Italie, Jérusalem, les îles et enfin le syndrome indien, sur les traces de Marco Polo. Ce sera la France pour les Japonais, les pays du Nord pour d’autres ou les lieux chargés de mysticisme… Régis Ayraut
L’évocation de l’Inde fait jaillir une ribambelle de clichés hauts en couleur mêlant le merveilleux à l’affreux, des temples somptueux du Rajasthan aux bûchers de Bénarès, des énigmatiques sadous drapés d’orange aux lépreux endormis sur les trottoirs de Bombay. Dans l’imagerie occidentale, l’Inde est aussi associée aux hippies qui s’y installèrent à partir des années 1960, ce qui fait d’elle le décor idéal du voyage initiatique qu’entreprennent chaque année des milliers de jeunes à travers le monde. Le psychiatre Régis Airault la compare au monde enchanté d’Alice au pays des merveilles ou de Peter Pan dans l’imaginaire des jeunes. Ils ont la vingtaine et c’est souvent leur premier grand trip. Et leur premier choc, à en voir les témoignages qui abondent sur les forums de voyage, évoquant «des regards intenses voire un peu effrayants», «une sensation d’insécurité permanente due à un manque de repères» ou encore «un mal-être devant la misère et le harcèlement perpétuel»… Confrontés à la spiritualité qui imprègne le quotidien, à la foule et à la misère, de nombreux touristes sont victimes d’un choc culturel: ils sont angoissés, certains vont jusqu’à ne plus quitter leur chambre d’hôtel. (…) Certains voyageurs seraient eux victimes du «syndrome indien», décrit par le psychiatre Régis Airault comme une «bouffée délirante avec des mécanismes interprétatifs, hallucinatoires, à thématique persécutive, mystique, qui apparaît après un séjour de quelques semaines». Les principales personnes concernées seraient des jeunes d’une vingtaine d’années. Les histoires de touristes persuadés d’entendre la voix de Kali ou Shiva et qui jettent leurs billets dans la rue en faisant vœu de pauvreté sont légion dans les ambassades en Inde. Lorsqu’il travaillait au consulat de France à Bombay dans les années 1980, Airault a rencontré de nombreux illuminés du bord des routes de l’Inde et procédé à plusieurs rapatriements. Une expérience surprenante qu’il raconte dans un livre passionnant, Fous de l’Inde. Comme la psychiatre italienne Graziella Magherini lorsqu’elle décrit le syndrome de Stendhal, il fait l’hypothèse que le voyage n’est pas pathologique mais pathogène, c’est-à-dire que le syndrome indien frappe des personnes qui n’ont pas d’antécédents psychiatriques. L’Inde rendrait donc fou. Une position contestée par de nombreux psychiatres qui considèrent que les pétages de plombs fréquemment observés chez les touristes circulant en Inde sont à imputer à des pathologies préexistantes ou à une fragilité psychologique favorable à l’éclosion d’un délire, ou encore, dans bien des cas, à la prise de drogues, comme à Goa ou Manali. Annabelle Georgen
Il s’agit de gens qui sont en errance, qui débarquent avec un sac à dos et sont souvent en rupture de traitement. Ils viennent sur un nom qui fait rêver, sur un mythe. Ils se disent: « Pourquoi pas essayer de recommencer ailleurs? » Ils espèrent mettre une aussi grande distance entre eux et leurs problèmes que la distance kilométrique qu’il y a entre la métropole et Tahiti. Michel Mardina (infirmier psychiatrique)
L’île telle qu’on la voit représentée sur les dépliants touristiques, avec ses plages de sable blanc et ses eaux turquoises, est un mythe à elle seule. Dans l’imaginaire de ceux qui vivent sur un continent, elle est la destination de rêve par excellence, le symbole absolu du dépaysement. Ce «fantasme occidental» dont parle le psychiatre Régis Airault, qui a lui-même vécu plusieurs années sur une île, à Mayotte, convoque une imagerie assez naïve et désuète. Dans une étude consacrée aux voyages pathologiques à Tahiti, co-écrite en 1993 par des psychiatres du Centre hospitalier de Polynésie française, trois mythes «qui sous-tendent les velléités des voyageurs en partance pour la Polynésie» ont été dégagés. Le mythe du Robinson, tout d’abord, concerne les «exilés volontaires à la recherche de l’île déserte, où ils pourront se retrouver et mesurer l’essentiel de leur être dans un grand face-à-face avec une nature vierge et rebelle». Le mythe du bout du monde fait lui appel aux «lieux mystérieux et lointains, en général difficiles d’accès, qui apparaissent en communication par des canaux, plus ou moins mystérieux, avec les forces vives du cosmos, où se situent les restes de civilisations disparues, civilisations « mères » détentrices du grand secret». Les auteurs citent l’île de Pâques ou celle de Rapa en exemple. Enfin, le mythe de la Nouvelle Cythère, «le plus connu et le plus galvaudé», notent les auteurs, s’inscrit lui dans la pensée rousseauiste: «C’est le mythe de « l’île de Félicité, où règne la volupté », chère à la pensée du XVIIIème siècle; celui du bon sauvage sans vice parce qu’innocent, et encore à l' »état de nature »: l’enfance de l’humanité.» Les auteurs donnent l’exemple d’un Belge en proie à un état délirant qui s’était rendu sur l’île de Rapa pour «redresser l’axe de la Terre» et «conduire le peuple d’Israël sur le continent Antarctique», puis d’un jeune métropolitain sans antécédents psychiatriques qui était venu à Tahiti pour y refaire sa vie, et qui, face à une «désillusion totale», avait sombré dans la dépression et fait une tentative de suicide. «Il s’agit d’un voyage non pathologique chez un sujet ayant développé par la suite une pathologie […] suite à la confrontation avec la réalité des antipodes», estime l’étude. Pour autant, aucun terme spécifique n’a été établi à ce jour pour désigner les voyageurs en proie à un état délirant lors d’un séjour sur une île tropicale. Régis Airault parle ainsi à la fois de «syndrome des îles ou insulaire, d’Hawaï, de Tahiti, de la Réunion et de Mayotte». Au Centre hospitalier de Polynésie française, «environ quatre ou cinq voyageurs ont été admis ces dernières années», estime Michel Mardina, infirmier psychiatrique. Tous avaient un profil semblable: des jeunes métropolitains âgés de 18 à 35 ans, présentant des troubles psychiatriques, instables sur le plan affectif et souvent sans emploi. (…) Des rêves de vie facile et d’abondance plein la tête, ces jeunes routards sont vite confrontés à la réalité à leur arrivée: un marché de l’emploi saturé et un coût de la vie très élevé. «La pathologie refait alors surface parce qu’ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchaient. Ils décompensent et arrivent à l’hôpital en état de crise, sur un mode qui ressemble à une bouffée délirante», poursuit l’infirmier. Déprime et sentiment de solitude attendraient aussi souvent au tournant les métropolitains sans antécédents psychiatriques qui plaquent tout pour aller vivre au soleil, dans les Dom-Tom. (…) Les forums de métropolitains expatriés sous les tropiques évoquent souvent ce spleen, et il existe même un guide pratique destiné à ceux qui partent s’installer aux Antilles. Là encore, la carte postale s’avère trompeuse. (…) Au terme de ce voyage dans les folies touristiques, de l‘Italie à l’Inde en passant par la France et Israël, une question demeure: sommes-nous donc prédisposés à décompenser dans certains endroits plus qu’ailleurs? Dans des lieux chargés d’histoire, de spiritualité ou tout simplement idéalisés quand on les contemple de loin, depuis chez soi? La communauté psychiatrique est divisée à ce sujet et peu de travaux actuels tentent de l’aborder d’un point de vue global. La classification de «syndrome du voyageur» n’est d’ailleurs pas utilisée aujourd’hui chez les assureurs. (…) L’utilisation du terme de syndrome est considérée comme abusive par de nombreux psychiatres, et son rattachement à des lieux spécifiques fait craindre une surenchère de son emploi. Annabelle Georgen

Après les syndromes de Jérusalem, FlorenceParis, Goa et Tahiti…

Voici, entre  le syndrome de La Havane !

A l’heure où après les diplomates américains à Cuba …

Et entre troubles auditifs et douleurs cérébrales …

C’est à présent aux touristes d’être touchés …

Comment ne pas repenser …

A ces fameux syndromes du voyageur

Dont Anabelle Georgen avait fait il y a quelques années une intéressante recension sur Slate …

Avec naturellement comme pour les bâtiments qui tombent malades

Et derrière les termes médicaux qui se multiplient (hystérie collective ou de masse, contagion comportementale, psychose collective, réaction collective au stress, dérangement psychique transitoire, contextuel et épidémique réaction de conversion collective, psychopathologie de groupe, panique de masse, épidémie de symptômes psychiatriques, malaises de masse sociogéniques ou psychogéniques) …

Les manifestations de somatisation étrangement récurrentes voire stéréotypées (douleurs et malaises musculo-squelettiques, difficultés à respirer, nausées, faiblesses, étourdissements, maux de tête, embrouillement de la vision) …

Le même mode de déroulement: convergence (plusieurs personnes développent des symptômes indépendamment les unes des autres), déclencheur (l’occurrence ou la perception d’un événement précis et inhabituel ou souvent une odeur étrange) et la contagion (propagation soit par rayonnement via les travailleurs-euses voisins soit par le réseau des individus intimement liés, compliqué à nouveau par l’accès à l’internet) …

Et le contexte de tension sociale ou internationale (crises sociales ou économiques, guerres, bouleversement sociaux ou religieux, etc.) …

Depuis les « maladies dansantes » de l’Europe médiévale (danse de Saint-Guy, intoxications ergotées, « feu Saint-Antoine » ou « mal des ardents »),  les épidémies de couvents (manie de morsure dans des couvents allemands au moment de l’éclatement du monde religieux de la Réforme), les renouveaux protestants américains (phénomènes collectifs extatiques), ou européens (sainte Bernadette, sainte Thérèse) …

Les hystéries collectives des établissement d’enseignement et des usines et manufactures (Hodder Bridge, écoles de garçons 1860, réactions de panique dans l’armée, évanouissements en chaîne des campagnes de collecte de sang, suicides collectifs, poussées de violence, émeutes raciales …

Tous les ingrédients des crises mimétiques si bien décrites par René Girard …

A partir de la nature notoirement mimétique des animaux supérieurs que nous sommes (« monkey see monkey do »), comme on le voit quotidiennement autour de nous que ce soit les épidémies de quintes de toux dans les concerts ou de fous rires en classe de nos enfants ou de nos enfances ou, plus contrôlés, pendant les spectacles des humoristes, mais aussi les « épidémies » de symptômes des maladies étudiées dans les écoles de médecine …

Mais surtout sur ce besoin d’exutoire et d’externalisation des surcharges de stress, au niveau individuel comme de tout un groupe social, que l’on retrouve dans toutes les sociétés sacrificielles mais qui, avec la disparition desdits sacrifices ou de leurs substituts sociaux (les pogroms de juifs et autres cagots servant de boucs émissaires) tendraient à s’internaliser et à se somatiser?

Cuba : des touristes se plaignent du même mal que les diplomates américain

Le département d’État des États-Unis a reçu « une poignée » de plaintes de touristes américains à Cuba qui disent avoir souffert de symptômes similaires à ceux des diplomates affectés à La Havane par de mystérieuses « attaques », a annoncé un responsable. Le gouvernement américain n’est cependant pas en mesure de vérifier les informations communiquées par ces ressortissants.

L’administration Trump a ordonné mardi l’expulsion de 15 diplomates de l’ambassade de Cuba à Washington après le rapatriement de la moitié du personnel diplomatique américain en poste à La Havane la semaine passée, en raison de ces « attaques » auditives.

La semaine dernière, le département d’Etat avait émis un avertissement, déconseillant aux touristes américains de se rendre à Cuba en raison de ces attaques inexpliquées, sources de pertes d’audition, de vertiges et de fatigue chez 22 diplomates américains.

Cuba dément toute implication. Les enquêtes lancées sur place n’ont pour le moment donné aucun résultat.

Voir aussi:

Jérusalem ou le choc messianique

Annabelle Georgen

[FOLIES DE VOYAGE 4/5] Chaque année, quelques centaines de touristes craquent à l’étranger, incitant certains spécialistes à parler de «syndromes du voyageur» très contestés. Quatrième étape de notre cartographie de ce phénomène avec les crises mystiques observées en Israël.

Touristes pris d’un étrange accès de folie face à un tableau de maître, routards en plein délire mystique sur les routes de l’Inde, Japonais qui dépriment à Paris, vagabonds se prenant pour le Messie à Jérusalem, Robinsons occidentaux échoués sur les plages de Tahiti… Quelques centaines de voyageurs «décompensent» chaque année à divers points du globe au cours de ce que les psychiatres appellent «voyages pathologiques», la grande majorité de ces touristes ou expatriés souffrant déjà d’un trouble psychiatrique avant leur départ. Certains spécialistes font eux l’hypothèse de l’existence d’un «syndrome du voyageur». Au-delà des définitions, une cartographie culturelle se dessine en pointillés, comme si «là où l’on allait» délirer dépendait aussi de «là d’où l’on venait». Tour du monde en cinq étapes.

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Ils comptent parmi les curiosités locales de Jérusalem. On les croise dans la vieille ville, aux abords du Mur des lamentations et du dôme du Rocher. Certains sont accoutrés comme Jésus ou Abraham, portant une toge ou enroulés dans des draps piqués à l’hôtel, traînent parfois une croix, tandis que d’autres courent nus dans les rues, sur un mode Adam et Ève. Ils errent en prêchant au milieu des touristes et se lancent dans de grands sermons rarement intelligibles, persuadés qu’ils sont investis d’une mission divine.

Chaque année, une trentaine de touristes en visite dans la ville trois fois sainte sont hospitalisés au Centre psychiatrique de Kfar Shaul, situé dans la vieille ville. Le «syndrome de Jérusalem» a été identifié dans les années 1930 par le psychiatre Heinz Herman, après avoir vu défiler plusieurs patients en proie au même délire. «Il s’agit d’un petit nombre de touristes, dont la plupart ont des antécédents psychiatriques importants, qui viennent chaque année à Jérusalem et se prennent pour des personnages bibliques ou des messies. Ils utilisent Jérusalem comme une scène ou une arène pour jouer leur rôle», explique le docteur Moshe Kalian, psychiatre au ministère de la Santé israélienne et spécialiste du syndrome de Jérusalem.

Deux tiers des victimes sont de confession juive, les autres sont chrétiennes. Contacté afin de savoir si des ressortissants français avaient été touchés par ce syndrome ces dernières années, le consulat général de France à Jérusalem n’a pas souhaité répondre à nos questions.

«Besoin de chanter des psaumes»

Contrairement aux psychiatres Graziella Magherini et Régis Airault, qui affirment respectivement que le syndrome de Stendhal et le syndrome indien frapperaient des voyageurs en bonne santé mentale, Yaïr Bar-El considère qu’il touche à la fois des personnes avec et sans antécédents psychiatriques. Il a établi une typologie précise distinguant trois grands profils de victimes: les psychotiques, les personnes présentant divers troubles mentaux —le voyage de ces deux catégories de personnes étant motivé par une conviction délirante ou bizarre—, et enfin celles qui n’avaient pas de pathologie déclarée.

Ces dernières sont rares: selon les résultats de l’étude, sur les 470 victimes recensées entre 1979 et 1993, seules 42 n’avaient pas d’antécédents psychiatriques. La plupart venaient de l’Amérique rurale et avaient reçu une éducation protestante très stricte. Le psychiatre a donc émis l’hypothèse que ces personnes auraient eu un choc en arrivant à Jérusalem car la ville ne correspondait pas à la représentation idéalisée qu’elles en avaient.

Sept étapes cliniques ont par ailleurs été identifiées, telles que, par exemple, «l’expression du désir de se détacher du groupe ou de la famille et de visiter Jérusalem seul», «l’obsession d’être pur et propre, avec prise de bains et douches, taille compulsive des ongles de mains et de pieds» ou encore «le besoin de crier, de hurler ou de chanter à haute voix des psaumes, des versets de la Bible, des hymnes religieux ou des negro spirituals».

Après une à deux semaines de traitement, les patients sont en général capables de rentrer chez eux. «Le traitement dépend de l’état du patient, de son passé psychiatrique et de la capacité d’établir un contact verbal avec lui», explique Moshe Kalian. «Lorsque ceci est possible, nous essayons toujours de l’aider à comprendre le contexte ou la raison de ce qu’il lui est arrivé».

Aimant à fanatiques et excentriques

Mais certains refusent de quitter la ville. Dans un reportage paru dans la revue israélienne Ariel, Leah Abramowitz décrit quelques illuminés qui se sont installés à Jérusalem et qu’on croise aux heures tardive aux abords du Mur des lamentations, à l’instar de Motelé, «toujours de blanc vêtu, portant barbe fleurie et grisonnante»:

«Des fois, pour la frime, il se tient sur le toit du grand rabbinat pour vociférer une prière. Les non-initiés s’imaginent que c’est une voix céleste et on en a vu même qui s’engagent au repentir, du moins pour la demi-heure qui suit.»

Au cours de ses recherches, Moshe Kalian a trouvé des  premières descriptions du syndrome remontant au 19ème siècle, extraites des mémoires d’habitants de Jérusalem et de récits de pèlerins. Bertha Spafford-Vester, fille de colons américains établis en Israël à la fin du 19ème siècle, raconte ainsi dans ses mémoires:

«Jérusalem attire toutes sortes de gens. Des fanatiques religieux et des excentriques dérangés mentalement à divers degrés, qui semblent être attirés comme par un aimant dans la ville sainte. Certains d’entre-eux […] étaient des hommes et des femmes qui se prenaient pour des saints, des prophètes, des prêtes, des messies et des rois.»

La «capitale éternelle» d’Israël semble donc condamnée à continuer d’attirer année après année, parmi le flot ininterrompu de pèlerins, une poignée d’illuminés à la recherche d’un décor à la hauteur de leur démesure.

Voir également:

Florence ou le choc esthétique

Annabelle Georgen

[FOLIES DE VOYAGE 1/5] Chaque année, quelques centaines de touristes craquent à l’étranger, incitant certains spécialistes à parler de «syndromes du voyageur» très contestés. Première étape de notre cartographie de ce phénomène en Italie.

Touristes pris d’un étrange accès de folie face à un tableau de maître, routards en plein délire mystique sur les routes de l’Inde, Japonais qui dépriment à Paris, vagabonds se prenant pour le Messie à Jérusalem, Robinsons occidentaux échoués sur les plages de Tahiti… Quelques centaines de voyageurs «décompensent» chaque année à divers points du globe au cours de ce que les psychiatres appellent «voyages pathologiques», la grande majorité de ces touristes ou expatriés souffrant déjà d’un trouble psychiatrique avant leur départ. Certains spécialistes font eux l’hypothèse de l’existence d’un «syndrome du voyageur». Au-delà des définitions, une cartographie culturelle se dessine en pointillés, comme si «là où l’on allait» délirer dépendait aussi de «là d’où l’on venait». Tour du monde en cinq étapes.

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Il s’en souvient comme si c’était hier:

«Les couleurs se sont mises à éclater, à exploser!»

Pierre Josse, rédacteur en chef du Routard, le célèbre guide de voyage, a été submergé par une émotion intense lors d’un voyage à Florence il y a vingt-cinq ans, alors qu’il contemplait une vierge à l’enfant peinte par Fra Angelico:

«Devant tant de beauté et de spiritualité, je me suis effondré en pleurs. J’avais des tremblements nerveux. C’était une douleur jouissive. Je ne sais pas combien de temps je suis resté là, peut-être un quart d’heure.»

A-t-il été victime du «syndrome de Stendhal» identifié à la fin des années 1980 par la psychiatre italienne Graziella Magherini? «Je l’ai effectivement vécu. C’est mieux « vécu » plutôt que victime, car j’en garde un souvenir ému!»

«Attaques soudaines»

Sa description est en effet assez éloignée des symptômes signalés par Magherini: «J’applique ce terme à une série d’attaques soudaines de souffrance mentale aiguë, qui peuvent durer quelques heures ou quelques jours», explique la psychiatre. «Les crises vont de l’attaque de panique à l’inconfort physique, comme la peur de s’évanouir, de suffoquer, de mourir ou de devenir fou, avec des vertiges ou de la tachycardie, et dans certains cas la sensation extrêmement désagréable de se trouver dans un environnement hostile.» Dans son livre La Sindrome di Stendhal, elle décrit entre autres le cas d’une jeune femme en état de grande confusion mentale, qui errait dans le jardin de Boboli deux dessins à la main, inspirés par des peintures de Botticelli.

Magherini a choisi le terme de syndrome de Stendhal en référence à l’écrivain français, qui fut l’un des premiers à décrire la vive émotion que peut provoquer la contemplation d’une œuvre d’art lorsqu’il partit à la découverte du berceau de la Renaissance en 1816:

«J’étais dans une sorte d’extase par l’idée d’être à Florence et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber.»

Les Européens en première ligne

Après avoir vu défiler à l’hôpital de Florence une centaine de touristes «en bonne condition mentale» et qui étaient pourtant pris d’une bouffée délirante alors qu’ils visitaient un musée, une église ou un monument, Graziella Magherini a élaboré l’hypothèse que ces crises seraient provoquées par la confrontation à la beauté des œuvres d’art.

La majorité de ses patients étant européens, la psychiatre est arrivée à la conclusion qu’ils étaient plus susceptibles d’être victimes du syndrome car ils maîtrisaient les références culturelles permettant d’apprécier les œuvres et de percevoir leurs significations cachées, contrairement à d’autres touristes venus de régions éloignées, comme l’Amérique du Nord ou l’Asie, et aux Italiens eux-mêmes, en quelque sorte «immunisés» à force de vivre entourés d’œuvres d’art.

Ce syndrome frapperait surtout les touristes qui visitent Florence en raison de sa concentration exceptionnelle de chefs-d’œuvre artistiques, mais aurait aussi été observé à Ravenne et à Venise. C’est ainsi que Séverine, hypnothérapeute de 31 ans, a succombé à la beauté de la Sérénissime il y a quatre ans, lors d’un séjour en amoureux:

«J’ai craqué dans le Palais des Doges. J’étais dans la salle du Grand Conseil, dont les murs et les plafonds sont entièrement recouverts de peintures. Je me suis sentie submergée par la beauté des lieux. Le décalage avec les autres visiteurs, qui passaient dans la salle en regardant à peine les murs, m’a frappée. J’ai fondu en larmes. C’était comme si je devais porter toute cette beauté à moi toute seule.»

Mais comme Pierre Josse, elle n’a ni fini à l’hôpital ni été rapatriée en France. Elle préfère parler d’un «choc émotionnel».

Vivement contesté

La définition du syndrome de Stendhal proposée par Magherini va à l’encontre de celle du voyage pathologique en cela qu’elle considère que ses victimes ne souffraient pas de troubles psychiatriques avant leur voyage. Communément admise en psychiatrie, la notion de voyage pathologique est considérée comme un trouble du comportement.

Au regard de cette définition, l’existence du syndrome de Stendhal est vivement contestée par de nombreux psychiatres pour qui les voyages ne peuvent pas rendre fou. «C’est une fumisterie», lance Youcef Mahmoudia, psychiatre à l’Hôtel-Dieu à Paris. Selon lui, seul le concept de voyages pathologiques est pertinent:

«Ils s’inscrivent dans deux contextes particuliers. Soit les patients sont déjà atteints d’un trouble psychiatrique et sont dans un processus délirant à thématique persécutive, messianique ou politique. Soit ce sont des sujets qui sont pré-délirants, qui présentent des troubles minimes qui pour l’œil non avisé passent pour un état dépressif, une angoisse, un ras-le-bol, alors que le délire commence à s’élaborer progressivement. Quand ils arrivent à destination, il s’installe au bout de 24 ou 48 heures.»

Federico A. Caro, psychiatre au Pôle Paris Centre et auteur d’un mémoire consacré au voyage pathologique, enfonce le clou:

«Ce n’est pas le lieu qui est pathogène. Croire qu’un endroit fait qu’on décompense, ce serait nous ramener à la psychiatrie du 19ème, où l’on croyait aux miasmes.»

Au-delà du débat, reste une certitude, à voir les foules qui se pressent devant le David à Florence ou devant la Joconde à Paris: l’art peut éblouir et provoquer une émotion intense même chez les plus sceptiques.

Voir de même:

Paris ou le choc de la réalité

Annabelle Georgen

[FOLIES DE VOYAGE 3/5] Chaque année, quelques centaines de touristes craquent à l’étranger, incitant certains spécialistes à parler de «syndromes du voyageur» très contestés. Troisième étape de notre cartographie de ce phénomène avec le supposé «syndrome japonais».

Touristes pris d’un étrange accès de folie face à un tableau de maître, routards en plein délire mystique sur les routes de l’Inde, Japonais qui dépriment à Paris, vagabonds se prenant pour le Messie à Jérusalem, Robinsons occidentaux échoués sur les plages de Tahiti… Quelques centaines de voyageurs «décompensent» chaque année à divers points du globe au cours de ce que les psychiatres appellent «voyages pathologiques», la grande majorité de ces touristes ou expatriés souffrant déjà d’un trouble psychiatrique avant leur départ. Certains spécialistes font eux l’hypothèse de l’existence d’un «syndrome du voyageur». Au-delà des définitions, une cartographie culturelle se dessine en pointillés, comme si «là où l’on allait» délirer dépendait aussi de «là d’où l’on venait». Tour du monde en cinq étapes.

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«Arrêtez de croire que tout le monde vous regarde. Arrêtez de croire que tout le monde vous juge et que tout le monde vous en veut. Vous êtes à Paris, vous avez de la chance», s’entend répéter chaque fois qu’elle se rend à l’ambassade du Japon l’étudiante japonaise déprimée qu’imagine l’écrivain français Philippe Adam dans sa nouvelle Le Syndrome de Paris.

Identifié dans les années 1980 par le psychiatre japonais Hiroaki Ota, ce syndrome frapperait des Japonais choqués par le décalage entre le Paris romantique et raffiné qu’ils pensaient découvrir et la réalité qu’ils arpentent. «Très souvent, cette déception concerne des étudiantes qui viennent avec une vision de la France assez liée aux films de Godard», estime Philippe Adam, qui a séjourné au Japon et rencontré des Japonaises vivant à Paris avant d’écrire sa nouvelle consacrée au sujet. Qualité de service laissant à désirer, insécurité et impolitesse sont les principaux griefs des Japonais qui séjournent dans la Ville-Lumière.

«Il y a pas mal de grèves, les gens peuvent être un peu agressifs verbalement, on peut se faire voler son porte-feuille dans le métro, le taxi peut arriver avec un quart d’heure de retard», indique la psychanalyste japonaise Eriko Thibierge-Nasu. «C’est quelque chose d’inconcevable au Japon car c’est un pays où tout fonctionne dans la vie quotidienne. On peut par exemple se donner rendez-vous à 13h01 sur le quai et être sûr d’arriver à l’heure. Les Japonais qui sont fragiles peuvent donc devenir très dépressifs à Paris, avoir le sentiment d’être rejetés, ignorés», ajoute la psychanalyste, qui trouve le terme de «syndrome» exagéré et lui préfère celui de «malaise».

Différences de comportement

Difficile d’obtenir des informations précises sur les observations d’Hiroaki Ota, ancien médecin-conseil auprès de l’ambassade du Japon à Paris et attaché à l’hôpital Saint-Anne: il se refuse à toute interview depuis plusieurs années et son livre consacré au sujet n’a été publié qu’en japonais. Ses travaux parallèles sur les voyages pathologiques de Japonais à Paris, qui sont le fait de patients souffrant d’un trouble psychiatrique antérieur au voyage, sont en revanche consultables dans la revue psychiatrique Nervure.

Une étude publiée en 2004, et dont Ota est co-auteur, indique que 63 patients japonais ont été admis à l’Hôpital Sainte-Anne «dans un état aigu» entre 1988 et 2004. Il s’agissait de personnalités fragiles «en quête d’une liberté ou d’une libération illusoires» ou de personnes souffrant d’une psychose et dont la venue était motivée par des convictions délirantes. La plupart des patients avaient moins de 30 ans, près d’un sur trois était schizophrène. À l’instar d’une Japonaise de 39 ans, qui s’était rendue à Paris après avoir vu une affiche touristique dans le métro de Tokyo avec pour slogan «La France vous attend», persuadée que cette injonction lui était personnellement destinée.

L’étude pointe les obstacles auxquels sont confrontés les Japonais qui viennent s’installer à Paris, au-delà de la déception liée à la ville, telles que la barrière de la langue et les différences de comportements en société. «Ces difficultés, qui peuvent créer très vite une incapacité de communication ou être sources d’erreurs grossières, entraînent sentiment d’étrangeté, angoisse, isolement», notent les chercheurs.

Le suivi du patient par un psychiatre de langue japonaise et une médication adaptée aux troubles permettent de calmer la crise. La plupart des patients n’étant pas en état de rentrer seuls au Japon, ils sont généralement accompagnés par un proche dépêché à Paris ou bien rapatriés. Contactée à ce sujet, l’ambassade du Japon à Paris indique ne pas avoir «procédé à des rapatriements de ressortissants japonais touchés par ce type de syndrome» en 2011, contrairement à ce qu’affirmait récemment le magazine américain The Atlantic, sans citer ses sources.

«Ça n’existe pas»

Le syndrome de Paris continue d’être le sujet de nombreux reportages dans les journaux du monde entier, mais il est largement remis en cause par la communauté psychiatrique française. «Ça n’existe pas», laisse choir avec une pointe de lassitude dans la voix Youcef Mahmoudia, psychiatre à l’Hôtel-Dieu, pour qui «il ne faut pas confondre un état d’angoisse passager qui peut survenir chez quelqu’un qui est en voyage et n’arrive pas à s’adapter et un état délirant entraînant des troubles du comportement sur la voie publique».

Sur la cinquantaine de «voyageurs pathologiques» qui sont hospitalisés chaque année à l’Hôtel-Dieu, à deux pas des principaux sites touristiques, la majorité ne sont d’ailleurs pas des Japonais mais des provinciaux, fait remarquer Youcef Mahmoudia:

«Il y a aussi des Italiens, des Belges, des Allemands… Seuls 3 à 5 % sont des Japonais.»

Ce phénomène ne semble en tout cas pas décourager les Japonais: 700.000 d’entre eux se sont rendus en France en 2010 et la plupart sont bien informés de la réalité parisienne avant le départ, et munis de plans de Paris mentionnant les quartiers dans lesquels Amélie Poulain n’irait jamais se perdre.

Voir de plus:

Annabelle Georgen

[FOLIES DE VOYAGE 2/5] Chaque année, quelques centaines de touristes craquent à l’étranger, incitant certains spécialistes à parler de «syndromes du voyageur» très contestés. Deuxième étape de notre cartographie de ce phénomène en Inde.

Touristes pris d’un étrange accès de folie face à un tableau de maître, routards en plein délire mystique sur les routes de l’Inde, Japonais qui dépriment à Paris, vagabonds se prenant pour le Messie à Jérusalem, Robinsons occidentaux échoués sur les plages de Tahiti… Quelques centaines de voyageurs «décompensent» chaque année à divers points du globe au cours de ce que les psychiatres appellent «voyages pathologiques», la grande majorité de ces touristes ou expatriés souffrant déjà d’un trouble psychiatrique avant leur départ. Certains spécialistes font eux l’hypothèse de l’existence d’un «syndrome du voyageur». Au-delà des définitions, une cartographie culturelle se dessine en pointillés, comme si «là où l’on allait» délirer dépendait aussi de «là d’où l’on venait». Tour du monde en cinq étapes.

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L’évocation de l’Inde fait jaillir une ribambelle de clichés hauts en couleur mêlant le merveilleux à l’affreux, des temples somptueux du Rajasthan aux bûchers de Bénarès, des énigmatiques sadous drapés d’orange aux lépreux endormis sur les trottoirs de Bombay. Dans l’imagerie occidentale, l’Inde est aussi associée aux hippies qui s’y installèrent à partir des années 1960, ce qui fait d’elle le décor idéal du voyage initiatique qu’entreprennent chaque année des milliers de jeunes à travers le monde.

Le psychiatre Régis Airault la compare au monde enchanté d’Alice au pays des merveilles ou de Peter Pan dans l’imaginaire des jeunes. Ils ont la vingtaine et c’est souvent leur premier grand trip. Et leur premier choc, à en voir les témoignages qui abondent sur les forums de voyage, évoquant «des regards intenses voire un peu effrayants», «une sensation d’insécurité permanente due à un manque de repères» ou encore «un mal-être devant la misère et le harcèlement perpétuel»…

Confrontés à la spiritualité qui imprègne le quotidien, à la foule et à la misère, de nombreux touristes sont victimes d’un choc culturel: ils sont angoissés, certains vont jusqu’à ne plus quitter leur chambre d’hôtel. L’écrivain anglais William Sutcliffe décrit ce choc d’une façon hilarante dans le roman Vacances indiennes, carnet d’anti-voyage initiatique d’un étudiant cynique, coincé en Inde en compagnie de backpackers en mal de spiritualité.

«Le syndrome peut toucher tout le monde»

Certains voyageurs seraient eux victimes du «syndrome indien», décrit par le psychiatre Régis Airault comme une «bouffée délirante avec des mécanismes interprétatifs, hallucinatoires, à thématique persécutive, mystique, qui apparaît après un séjour de quelques semaines». Les principales personnes concernées seraient des jeunes d’une vingtaine d’années.

Les histoires de touristes persuadés d’entendre la voix de Kali ou Shiva et qui jettent leurs billets dans la rue en faisant vœu de pauvreté sont légion dans les ambassades en Inde. Lorsqu’il travaillait au consulat de France à Bombay dans les années 1980, Airault a rencontré de nombreux illuminés du bord des routes de l’Inde et procédé à plusieurs rapatriements. Une expérience surprenante qu’il raconte dans un livre passionnant, Fous de l’Inde.

Comme la psychiatre italienne Graziella Magherini lorsqu’elle décrit le syndrome de Stendhal, il fait l’hypothèse que le voyage n’est pas pathologique mais pathogène, c’est-à-dire que le syndrome indien frappe des personnes qui n’ont pas d’antécédents psychiatriques. L’Inde rendrait donc fou. Une position contestée par de nombreux psychiatres qui considèrent que les pétages de plombs fréquemment observés chez les touristes circulant en Inde sont à imputer à des pathologies préexistantes ou à une fragilité psychologique favorable à l’éclosion d’un délire, ou encore, dans bien des cas, à la prise de drogues, comme à Goa ou Manali.

«Le syndrome indien peut toucher tout le monde, j’ai vu des gens qui ne prenaient pas de drogue et qui étaient délirants, qui avaient essayé de partir à la nage pour rentrer chez leurs parents», affirme Airault, qui a constaté que les troubles disparaissaient subitement dès que les gens étaient rentrés chez eux, dans leur culture d’origine. «Heureusement que les proches les avaient entendu hurler au téléphone, sinon on aurait pu croire que je me faisais payer un voyage aux frais de la princesse!»

«Des lieux où il est plus facile de « vaciller »»

Le psychiatre va plus loin en émettant l’hypothèse que «chaque culture semble désigner à ses membres des lieux où il est plus facile de « vaciller ». Pour les Occidentaux, c’est l’axe oriental, avec le grand tour en Italie, Jérusalem, les îles et enfin le syndrome indien, sur les traces de Marco Polo. Ce sera la France pour les Japonais, les pays du Nord pour d’autres ou les lieux chargés de mysticisme… »

Amoureuse de l’Inde, Claire Kaczynski, artiste, considère qu’elle n’est plus la même depuis son premier séjour là-bas, en 2007. Elle avait 26 ans:

«Je n’avais plus aucun repères, tout ce que je regardais était différent, les odeurs et les goûts aussi. Je n’étais jamais seule, il se passait toujours quelque chose autour de moi. L’absence d’hygiène m’a aussi rendu dingue car je n’arrivais plus à aller aux toilettes. J’étais saoulée, hypnotisée, je ne me rendais plus compte de la réalité, je me laissais aller».

De cette expérience traumatisante, elle a ramené un livre, Journal d’une parisienne à Jaïpur, qu’elle a commencé à écrire après que sa compagnie d’assurance a refusé de la rapatrier en France. Elle était alors effrayée par l’idée de devoir rester encore plusieurs semaines en Inde, jusqu’à la date de retour inscrite sur son billet:

«J’étais au bout du rouleau… Je pensais que j’allais mourir, alors j’ai écrit un journal au cas où ma famille retrouverait mon corps…»

Étrangement, comme Claire, qui est repartie en Inde six mois à peine après son retour en France, la plupart des voyageurs soumis à «l’épreuve de l’Inde» dont parle Airault n’ont qu’une idée en tête une fois rentrés chez eux: y retourner. Bien que leur voyage ait tourné au cauchemar, l’Inde ne semble pas à leurs yeux avoir perdu de sa force d’attraction.

Voir encore:

Annabelle Georgen

[FOLIES DE VOYAGE 5/5] Chaque année, quelques centaines de touristes craquent à l’étranger, incitant certains spécialistes à parler de «syndromes du voyageur» très contestés. Cinquième et dernière étape de notre cartographie de ce phénomène avec les crises observées sous les tropiques.

Touristes pris d’un étrange accès de folie face à un tableau de maître, routards en plein délire mystique sur les routes de l’Inde, Japonais qui dépriment à Paris, vagabonds se prenant pour le Messie à Jérusalem, Robinsons occidentaux échoués sur les plages de Tahiti… Quelques centaines de voyageurs «décompensent» chaque année à divers points du globe au cours de ce que les psychiatres appellent «voyages pathologiques», la grande majorité de ces touristes ou expatriés souffrant déjà d’un trouble psychiatrique avant leur départ. Certains spécialistes font eux l’hypothèse de l’existence d’un «syndrome du voyageur». Au-delà des définitions, une cartographie culturelle se dessine en pointillés, comme si «là où l’on allait» délirer dépendait aussi de «là d’où l’on venait». Tour du monde en cinq étapes.

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L‘île telle qu’on la voit représentée sur les dépliants touristiques, avec ses plages de sable blanc et ses eaux turquoises, est un mythe à elle seule. Dans l’imaginaire de ceux qui vivent sur un continent, elle est la destination de rêve par excellence, le symbole absolu du dépaysement. Ce «fantasme occidental» dont parle le psychiatre Régis Airault, qui a lui-même vécu plusieurs années sur une île, à Mayotte, convoque une imagerie assez naïve et désuète.

Dans une étude consacrée aux voyages pathologiques à Tahiti, co-écrite en 1993 par des psychiatres du Centre hospitalier de Polynésie française, trois mythes «qui sous-tendent les velléités des voyageurs en partance pour la Polynésie» ont été dégagés. Le mythe du Robinson, tout d’abord, concerne les «exilés volontaires à la recherche de l’île déserte, où ils pourront se retrouver et mesurer l’essentiel de leur être dans un grand face-à-face avec une nature vierge et rebelle».

Le mythe du bout du monde fait lui appel aux «lieux mystérieux et lointains, en général difficiles d’accès, qui apparaissent en communication par des canaux, plus ou moins mystérieux, avec les forces vives du cosmos, où se situent les restes de civilisations disparues, civilisations « mères » détentrices du grand secret». Les auteurs citent l’île de Pâques ou celle de Rapa en exemple.

Enfin, le mythe de la Nouvelle Cythère, «le plus connu et le plus galvaudé», notent les auteurs, s’inscrit lui dans la pensée rousseauiste: «C’est le mythe de « l’île de Félicité, où règne la volupté », chère à la pensée du XVIIIème siècle; celui du bon sauvage sans vice parce qu’innocent, et encore à l' »état de nature »: l’enfance de l’humanité.»

Distance kilométrique

Les auteurs donnent l’exemple d’un Belge en proie à un état délirant qui s’était rendu sur l’île de Rapa pour «redresser l’axe de la Terre» et «conduire le peuple d’Israël sur le continent Antarctique», puis d’un jeune métropolitain sans antécédents psychiatriques qui était venu à Tahiti pour y refaire sa vie, et qui, face à une «désillusion totale», avait sombré dans la dépression et fait une tentative de suicide. «Il s’agit d’un voyage non pathologique chez un sujet ayant développé par la suite une pathologie […] suite à la confrontation avec la réalité des antipodes», estime l’étude.

Pour autant, aucun terme spécifique n’a été établi à ce jour pour désigner les voyageurs en proie à un état délirant lors d’un séjour sur une île tropicale. Régis Airault parle ainsi à la fois de «syndrome des îles ou insulaire, d’Hawaï, de Tahiti, de la Réunion et de Mayotte».

Au Centre hospitalier de Polynésie française, «environ quatre ou cinq voyageurs ont été admis ces dernières années», estime Michel Mardina, infirmier psychiatrique. Tous avaient un profil semblable: des jeunes métropolitains âgés de 18 à 35 ans, présentant des troubles psychiatriques, instables sur le plan affectif et souvent sans emploi. «Il s’agit de gens qui sont en errance, qui débarquent avec un sac à dos et sont souvent en rupture de traitement», note l’infirmier. «Ils viennent sur un nom qui fait rêver, sur un mythe. Ils se disent: « Pourquoi pas essayer de recommencer ailleurs? » Ils espèrent mettre une aussi grande distance entre eux et leurs problèmes que la distance kilométrique qu’il y a entre la métropole et Tahiti.»

Absence d’échappatoire

Des rêves de vie facile et d’abondance plein la tête, ces jeunes routards sont vite confrontés à la réalité à leur arrivée: un marché de l’emploi saturé et un coût de la vie très élevé. «La pathologie refait alors surface parce qu’ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchaient. Ils décompensent et arrivent à l’hôpital en état de crise, sur un mode qui ressemble à une bouffée délirante», poursuit l’infirmier.

Déprime et sentiment de solitude attendraient aussi souvent au tournant les métropolitains sans antécédents psychiatriques qui plaquent tout pour aller vivre au soleil, dans les Dom-Tom. «Si l’on devait identifier un syndrome insulaire, ce serait plutôt un syndrome dépressif réactionnel à l’isolement, le sentiment d’absence d’échappatoire, d’étouffement communautaire, d’impossibilité de communiquer», estime à Tahiti le psychiatre Stéphane Amadeo, co-auteur de l’étude précitée. Les forums de métropolitains expatriés sous les tropiques évoquent souvent ce spleen, et il existe même un guide pratique destiné à ceux qui partent s’installer aux Antilles. Là encore, la carte postale s’avère trompeuse.

«Des pétages de plombs, on en a partout»

Au terme de ce voyage dans les folies touristiques, de l’Italie à l’Inde en passant par la France et Israël, une question demeure: sommes-nous donc prédisposés à décompenser dans certains endroits plus qu’ailleurs? Dans des lieux chargés d’histoire, de spiritualité ou tout simplement idéalisés quand on les contemple de loin, depuis chez soi? La communauté psychiatrique est divisée à ce sujet et peu de travaux actuels tentent de l’aborder d’un point de vue global.

La classification de «syndrome du voyageur» n’est d’ailleurs pas utilisée aujourd’hui chez les assureurs. Catherine Port-Arondelle, directrice médicale adjointe chez Mondial Assistance, utilise les termes d’«épisodes délirants» pour désigner les voyageurs qui sont rapatriés après avoir craqué lors d’un séjour à l’étranger:

«C’est très difficile de poser l’étiquette de « syndrome du voyageur », on ne le reconnaît pas de façon formelle. Des pétages de plombs, on en a partout, dans le monde entier. On en a eu dernièrement en Chine, au Maroc et en Turquie. Il y a des gens qui, dans un contexte hors habitudes, peuvent déclencher un épisode délirant.»

L’utilisation du terme de syndrome est considérée comme abusive par de nombreux psychiatres, et son rattachement à des lieux spécifiques fait craindre une surenchère de son emploi. Comme le dit avec humour Youcef Mahmoudia, psychiatre à l’Hôtel-Dieu:

«Au rythme où l’on va, toutes les capitales auront bientôt leur syndrome. Pourquoi pas le syndrome de Ouagadougou?»

Voir par ailleurs:

American tourists suffered same strange symptoms as diplomats after visiting Cuba

NY Post

January 30, 2018

The State Department did not say whether the U.S. citizens reported hearing strange noises — as some of the 24 diplomats did — nor whether they stayed at the Nacional or Capri hotels. The State Department also did not clarify whether U.S. doctors and investigators have determined that these travelers had suffered the same kind of attacks as the diplomats.

“We are not in a position to medically evaluate or provide individual medical advice,” the spokesperson said. “However, we encourage private U.S. citizens who have traveled to Cuba and are concerned about their symptoms to seek medical attention.”

The State Department representative said they still don’t have “definitive answers” about these attacks and that the investigation continues. U.S. officials, however, have addressed the issue at several bilateral meetings held in Washington this month with members of the Cuban government.

“We take advantage of every opportunity to remind the Cuban government of its obligations under the Vienna Convention to take all appropriate steps to protect our diplomats,” she said.

The Cuban government, which has emphatically denied any responsibility and called the attacks “science fiction,” is trying to counteract the travel alert with a message of its own. In an event titled CubaMediaDay on Monday in Havana, representatives of U.S. travel agencies reiterated to the i

Almost two dozen Americans who traveled to Cuba have reported experiencing similar symptoms to those suffered by US diplomats serving at the American Embassy.

“Since September 29, the Department of State has been contacted by 19 US citizens who reported experiencing symptoms similar to those listed in the Travel Warning after visiting Cuba,” a spokesperson for the State Department’s Bureau of Western Hemisphere Affairs told the Miami Herald via email.

At least 24 US Embassy officials in Cuba had reported hearing loud, grating noises before experiencing ear issues, hearing loss, dizziness, headache, fatigue, cognitive issues and difficulty sleeping.

Doctors reportedly discovered the diplomats suffered from brain abnormalities, as the white matter in their brains had “developed changes.”

The US has stood by their allegations that Cuba in some way deliberately attacked the American officials — which Cuba has adamantly denied — and earlier this month raised the possibility that a virus was deployed intentionally to infect workers.

Voir aussi:

19 American travelers to Cuba report symptoms similar to those suffered by diplomats

The Miami Herald

January 29, 2018

Recording sheds light on Cuba sonic attacks targeting US workers

The Associated Press has obtained a recording of what some U.S. embassy workers heard in Havana as they were attacked by what investigators initially believed was a sonic weapon.

AP

Voir enfin:

 Michael Weissenstein

AP News

Jan. 06, 2018

HAVANA (AP) — Republican Sen. Jeff Flake says the U.S. has found no evidence that American diplomats in Havana were the victims of attacks with an unknown weapon.

Flake, a Senae Foreign Relations Committee member and a longtime leading advocate of detente with Cuba, met Friday with high-ranking Cuban officials including Foreign Minister Bruno Rodriguez and officials from the Interior Ministry, which oversees domestic security and works with foreign law-enforcement agencies.

The Cubans told Flake the FBI has told them that, after four trips to Cuba, its agents have found no evidence that mysterious illnesses suffered by U.S. diplomats were the result of attacks.

Flake told The Associated Press on Saturday morning that classified briefings from U.S. officials have left him with no reason to doubt the Cuban account, although he declined to discuss the contents of those briefings.

Cuban and FBI officials did not immediately respond to requests for comment on Saturday.

Washington says 24 U.S. government officials and spouses fell ill in Havana in their homes and some hotels starting in 2016.

Secretary of State Rex Tillerson has said he’s “convinced these were targeted attacks,” but the U.S. doesn’t know who’s behind them. The U.S. has withdrawn most of its diplomats from Havana, citing a health risk, and forced many Cuban diplomats to leave Washington.

Cuba has decried the reductions as an unjustified blow to U.S.-Cuban relations that were restored under President Barack Obama.

“The Cuban Interior Ministry is saying the FBI has told them there is no evidence of a sonic attack, even though that term is being used, attack, there is no evidence of it,” Flake told the AP. “There’s no evidence that somebody purposefully tried to harm somebody. Nobody is saying that these people didn’t experience some event, but there’s no evidence that that was a deliberate attack by somebody, either the Cubans or anybody else.

“As I said, I won’t talk about what I have seen in a classified setting, but nothing is inconsistent with what the Cubans have said, and I think the FBI would say that.”

Flake, one of President Donald Trump’s toughest Republican critics, announced last year that he would not seek re-election as Senator from Arizona. He has not ruled out running against Trump in 2020.

Several of the 24 U.S. diplomats and spouses reported hearing loud, mysterious sounds followed by hearing loss and ear-ringing, leading some U.S. officials to describe the incidents as “sonic attacks.” But officials are now carefully avoiding that m.

Medical testing has revealed that some embassy workers had apparent abnormalities in their white matter tracts that let different parts of the brain communicate, several U.S. officials said, and acoustic waves have never been shown to alter those tracts

Cuba’s defenders have argued the US can’t be certain anyone was harmed intentionally because no proof has been publicly presented.

It was earlier reported that officials believed the Americans were the victims of “sonic attacks,” but an FBI report, revealed by The Associated Press, said the US has found no evidence that sonic waves were used to harm Americans in Havana.

The State Department’s latest Cuba travel advisory is at a “level 3,” which advises US citizens to avoid traveling to the Caribbean nation “due to serious risks to safety and security.”

The Associated Press contributed to this report.


Mal de dos : Attention, un mal peut en cacher un autre (Back pain: When your mind uses physical pain to protect you from psychic pain)

8 septembre, 2015
https://i0.wp.com/ecx.images-amazon.com/images/I/51yvtnNhYYL._SX331_BO1,204,203,200_.jpghttps://i1.wp.com/livingmaxwell.com/wp-content/uploads/2011/02/john-sarno-767x1024.jpghttps://i2.wp.com/www.macroeditions.com/data/prodotti/cop/galleria/big/g/guerir-le-mal-de-dos.jpgUn coeur joyeux est un bon remède, Mais un esprit abattu dessèche les os. Proverbes 17: 22
L’opprobre me brise le coeur et je suis malade. Psaumes 69: 21
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
Plus d’un siècle après que Charcot a démontré que les hystériques n’étaient pas des simulateurs et que Freud a découvert l’inconscient, il nous est difficile d’accepter que nos souffrances puissent être à la fois réelles et sans cause matérielle. Georges Saline (responsable du département santé environnement de l’INVS)
Chacun a bien compris que « syndrome du bâtiment malsain » est la traduction politiquement correcte d’ »hystérie collective ». Le Monde
Musculoskeletal pain is very common. A review of prevalence studies indicated that in adult populations almost one fifth reported widespread pain, one third shoulder pain, and up to
one half reported low back pain in a 1-month period
(McBeth & Jones 2007)
Les muscles sont riches en terminaisons nerveuses, et lorsque le cerveau «en situation de stress», transmet trop d’informations aux nerfs, ils se trouvent alors saturés. Le muscle va y répondre par une crispation, une contraction musculaire, qui peut être la cause d’une douleur locale ou d’une douleur projetée. Et l’état de stress chronique favorise les poussées inflammatoires sur les articulations par la libération dans le sang de substances inflammatoires. Il suffit d’avoir un peu d’arthrose et d’être stressé pour que les articulations se mettent à exprimer une souffrance. Dr Gilles Mondoloni
We have incredible healing mechanisms that have evolved over millions of years. No matter how severe, injuries heal. Continuing pain is always the signal that TMS has begun. Consider that a fracture of the largest bone in the body, the femur (thigh bone), takes only six weeks to heal and will be stronger at the fracture site than it was before the break. Strong support that whiplash is part of TMS came to my attention in the Medical Science section of the New York Times from a piece published in the May 7, 1996, issue titled « In One Country, Chronic Whiplash Is Uncompensated (and Unknown). John E. Sarno
In a survey done in 1975 it was found that 88 per cent of patients with TMS had histories of up to five common mindbody disorders, including a variety of stomach symptoms, such as, heartburn, acid indigestion, gastritis and hiatal hernia; problems lower in the intestinal tract, such as spastic colon, irritable bowel syndrome and chronic constipation; common allergic conditions, such as hay fever and asthma; a variety of skin disorders, such as ecema, acne, hives and psoriasis; tension or migraine headache; frequent urinary tract or respiratory infections; and dizziness or ringing in the ears. . . . » (…) Even when there are structural abnormalities found in the back and in arthritic joints, many with such pathology have no symptoms; others have pain symptoms disproportionate to the actual pathology of the normal aging process. Even after surgeries to correct these « abnormalities » the pain continues. (…) . . . insight oriented therapy is the choice for people with TMS or its equivalents. The therapists to whom I refer patients are trained to help them explore the unconscious and become aware of feelings that are buried there, usually because they are frightening, embarrassing or in some way unacceptable. These feelings, and the rage to which they often give rise, are responsible for the many mindbody symptoms I have described. When we become aware of these feelings, in some cases by gradually becoming able to feel them, the physical symptoms because unnecessary and go away. (…) . . . insight oriented therapy is the choice for people with TMS or its equivalents. The therapists to whom I refer patients are trained to help them explore the unconscious and become aware of feelings that are buried there, usually because they are frightening, embarrassing or in some way unacceptable. These feelings, and the rage to which they often give rise, are responsible for the many mindbody symptoms I have described. When we become aware of these feelings, in some cases by gradually becoming able to feel them, the physical symptoms because unnecessary and go away. John Sarno (…) The pain will not stop unless you are able to say, « I have a normal back; I now know that the pain is due to a basically harmless condition, initiated by my brain to serve a psychological purpose. (…) The brain tries desperately to divert our attention from rage in the unconscious. . . . So we must bring reason to the process! This is the heart of the very important concept. . . . (…) Remember, the purpose of the pain is to divert attention from what’s going on emotionally and to keep you focused on the body. (…) For some people simply shifting attention from the physical to the psychological will do the trick. Others need more information on how the strategy works, and still others require psychotherapy. John Sarno
Our results suggest that chronic symptoms were not usually caused by the car accident. Expectation of disability, a family history, and attribution of pre-existing symptoms to the trauma may be more important determinants for the evolution of the late whiplash syndrome. Dr. Harald Schrader et al
The study in Lithuania provides a healthy reminder to Western societies that a heavy price is paid when a culture of self-imposed victimhood and self-serving litigation develops. One part of that price appears in impersonal numbers: lost efficiency, soaring costs, unfair usurpation of health-care resources. But a far more tragic cost is personal: individuals shackled for years by their belief that inescapable pain rules their lives day after day. Christian Science Monitor
I’ve seen patients 25 years down the road still having problems. The condition can become chronic, he said, when people alter their posture to relieve the pain of injured tendons and muscles. « They begin to compensate. and these compensations also cause problems. Dr. Barry August (New York University Medical Center)
And then, in an instant, I started to cry. Not little tears, not sad, quiet oh-my-back-hurts-so-much tears, but the deepest, hardest tears I’ve ever cried. Out of control tears, anger, rage, desperate tears. And I heard myself saying things like, Please take care of me, I don’t ever want to have to come out from under the covers, I’m so afraid, please take care of me, don’t hurt me, I want to cut my wrists, please let me die, I have to run away, I feel sick-and on and on, I couldn’t stop and R–, bless him, just held me. And as I cried, and as I voiced these feelings, it was, literally, as if there was a channel, a pipeline, from my back and out through my eyes. I FELT the pain almost pour out as I cried. It was weird and strange and transfixing. I knew–really knew–that what I was feeling at that moment was what I felt as a child, when no one would or could take care of me, the scaredness, the grief, the loneliness, the shame, the horror. As I cried, I was that child again and I recognized the feelings I have felt all my life which I thought were crazy or at the very best, bizarre. Maybe I removed myself from my body and never even allowed myself to feel when I was young. But the feelings were there and they poured over me and out of me. TMS Patient
Dr. Sarno’s theory can be stated simply: Most muscular/ skeletal pain is usually the result of early infantile and childhood trauma which has been repressed. The emotion involved is invariably that of profound anger and rage. Our mind plays tricks and confuses us into focusing our attention on physical pain while the real problem is in our not facing and uncovering our repressed emotions, particular deep rage. Sarno’s thesis is quite different from Janov’s in that the cure to Sarno’s Tension Myositis Syndrome (TMS) is simply to come to realize that the origin of the pain is from the unconscious mind and not from any bodily abnormality. Janov’s primal theory, on the other hand, emphasizes that this insightful knowledge is not curative; that what is needed for cure is a full re-living of the original repressed trauma. The disorders which are encompassed by this syndrome include, low back and leg pain, most neck and shoulder pain, fibromyalgia, and chronic fatigue syndrome. The author believes that anxiety and depression are both TMS equivalents. (…) The author surmises that the source of the pain in TMS is mild oxygen deprivation to the involved tissues and organ systems. At a very deep unconscious level repressed rage is the cause of the pain. Sarno takes issue with the medical profession since most physicians do not accept that the primary cause of many such chronic pain syndromes are psychological problems. Most physicians recognize that emotions play a role in such problems but are quick to find an inconsequential abnormality which they believe to be the cause of the TMS symptoms. (…) Unless the patient can become convinced that his back or neck is normal, the pain will continue. They must be reassured and then really come to believe that « . . . structural abnormalities that have been found on X ray, CT scan or MRI are normal changes associated with activity and aging. »  This newly acquired belief, Dr. Sarno writes, will thwart the strategy of the brain to make one become fixated on the body and instead begin to understand that the problem is an unfelt trauma stored in one’s unconscious. It is as though the mind fears the release of the repressed rage. To make the pain go away the patient must acknowledge and accept the true basis of the pain. Think psychologically and talk to your brain! This will divert attention from the body. Insight, knowledge, and understanding are the cures for the TMS symdrome. (…) This was a patient, who at first despite knowing and accepting the source of her back pain, did not improve. Instead, the author writes, this patient’s pain became worse. He believes that her symptoms were exacerbated in a desperate attempt by the body to prevent their being released into consciousness — into her knowing their actual source. « The feelings would not be denied expression, » he wrote, « and when they exploded into consciousness the pain disappeared. It no longer had a purpose; it had failed in its mission. » (…) It is the unconscious repressed rage which is the source of the chronic pain, not the anger and rage which is consciously known by the patient. (…) There is an inexorable press by the unconscious to release and reveal its past traumas. When the patient understands the repressed presence of rage the feelings will stop trying to become conscious and « removal of that threat eliminates the need for physical distraction, and the pain stops. » John A. Speyrer
Quand un patient arrive dans une consultation d’hopital, la routine est de faire un scanner IRM. Invariablement, on observe une quelconque anormalité anatomique comme un disque déplacé, une sténose spinale, ou de l’arthrite spinale. Alors le docteur déclare quelque chose comme : « C’est à cause du disque que vous avez mal » et dirige le patient vers la thérapie physiologique destinée à traiter le disque, avec de faibles résultats à long terme. En étudiant la littérature médicale, le Dr Sarno avait remarqué que si vous prenez une centaine de patients entre 40 et 60 ans ne présentant aucune douleur du dos et que vous leur faites passer un scanner IRM, dans 65% des cas vous constatez qu’il existe un disque déplacé ou une sténose spinale SANS douleur (New England Journal of Medicine, article 1994). Alors il s’est posé la question : « Si ce n’est pas le disque qui cause la douleur, alors c’est quoi ? » Il a découvert que les gens qui souffraient avaient des tensions chroniques et des spasmes musculaires dans le cou, le dos, les épaules ou les fessiers. Il affirme que lorsqu’un muscle est tendu de façon chronique, le sang ne peut pas circuler normalement à cet endroit ; il y a un manque d’oxygène et cela cause une douleur sévère. Vous pouvez aussi imaginer un muscle tendu enserrant un nerf et provoquant les symptômes de la sciatique. L’important ici, c’est que le Dr Sarno ne dit pas à ses patients que la douleur est dans leur tête. Il leur donne une véritable explication physiologique. Et nous allons bientôt voir la connexion logique avec les émotions. Le Dr Sarno s’est demandé : « Et d’abord, pourquoi est-ce que les gens ont les muscles tendus de façon chronique ? » Il a trouvé l’explication suivante. C’est que nombre de nos concitoyens grandissent dans des familles dans lesquelles ils apprennent, à un certain niveau (inconscient), que ce n’est pas bien d’exprimer sa colère ou sa peur. C’est un problème parce qu’en grandissant nous traversons des événements spécifiques ou des traumatismes qui suscitent la colère ou la peur. Et dès que ces émotions émergent dans le corps, notre inconscient dit en substance : « Ce n’est pas bien ni sécurisant de ressentir ces choses ». Alors, selon Sarno, l’inconscient provoque la crispation et le raidissement des muscles afin que la douleur nous détourne de ce qui nous met en colère ou nous fait peur. Quelquefois, ce processus de douleur peut continuer pendant des dizaines d’années. Dr Eric Robins

Attention: un mal peut en cacher un autre !

« Dorsalgies », « lombalgies », « lumbago », « mal de reins », « tour de rein », « sciatiques » …

Alors qu’en ce meilleur des mondes où les bébés se vendent désormais sur catalogue

Et où même les bâtiments tombent malades …

Nos thérapeutes et nos médias multiplient, sur fond de victimisation devenue folle, les appellations et les spécialités médicales comme les thérapies et les formules pharmacologiques censées y remédier …

Comment ne pas s’étonner de l’étrange consensus autour de cette quasi-épidémie qu’il est devenu normal d’appeler mal du siècle ?

Et du tout autant singulier silence sur les travaux du Dr Sarno (seulement traduit en français l’an dernier) …

Qui, remarquant le fréquent décalage entre les anormalités anatomiques et les douleurs ressenties ou la tendance desdites douleurs à se déplacer à mesure qu’elles étaient « guéries » ..

A depuis longtemps montré que nombre de nos douleurs physiques chroniques …

Ne sont souvent qu’une manière pour notre cerveau de nous détourner de douleurs psychiques plus profondes ou plus anciennes ?

Book Review: The Mindbody Prescription: Healing the Body, Healing the Pain by John E. Sarno, M.D. Warner Books, 1998, pp. 210

Reviewed by John A. Speyrer

I first learned of Dr. John E. Sarno when he was a guest on Larry King’s television show a few years ago. The author is professor of Clinical Rehabilitation Medicine at the New York University School of Medicine and an attending physician at the Howard A. Rusk Institute of Rehabilitation Medicine at New York University Medical Center. His theories seemed to be related to primal therapy so I had intended to eventually read what he had to say about the cause and cure of back ailments. Then recently while surfing the internet I ran across a website with book reviews of both Sarno’s book and Janov’s The Primal Scream. I thought that perhaps Sarno’s theories were closer related to Janov’s primal theory than I had originally surmised so I decided to read his book, The Mindbody Prescription.

Dr. Sarno’s theory can be stated simply: Most muscular/ skeletel pain is usually the result of early infantile and childhood trauma which has been repressed. The emotion involved is invariably that of profound anger and rage. Our mind plays tricks and confuses us into focusing our attention on physical pain while the real problem is in our not facing and uncovering our repressed emotions, particular deep rage. Sarno’s thesis is quite different from Janov’s in that the cure to Sarno’s Tension Myositis Syndrome (TMS) is simply to come to realize that the origin of the pain is from the unconscious mind and not from any bodily abnormality. Janov’s primal theory, on the other hand, emphasizes that this insightful knowledge is not curative; that what is needed for cure is a full re-living of the original repressed trauma.

The disorders which are encompassed by this syndrome include, low back and leg pain, most neck and shoulder pain, fibromyalgia, and chronic fatigue syndrome. The author believes that anxiety and depression are both TMS equivalents.

Dr. Sarno writes:

« In a survey done in 1975 it was found that 88 per cent of patients with TMS had histories of up to five common mindbody disorders, including a variety of stomach symptoms, such as, heartburn, acid indigestion, gastritis and hiatal hernia; problems lower in the intestinal tract, such as spastic colon, irritable bowel syndrome and chronic constipation; common allergic conditions, such as hay fever and asthma; a variety of skin disorders, such as ecema, acne, hives and psoriasis; tension or migraine headache; frequent urinary tract or respiratory infections; and dizziness or ringing in the ears. . . . » p. 29
Even when there are structural abnormalities found in the back and in arthritic joints, many with such pathology have no symptoms; others have pain symptoms disproportionate to the actual pathology of the normal aging process. Even after surgeries to correct these « abnormalities » the pain continues.

The author surmises that the source of the pain in TMS is mild oxygen deprivation to the involved tissues and organ systems. At a very deep unconscious level repressed rage is the cause of the pain. Sarno takes issue with the medical profession since most physicians do not accept that the primary cause of many such chronic pain syndromes are psychological problems. Most physicians recognize that emotions play a role in such problems but are quick to find an inconsequential abnormality which they believe to be the cause of the TMS symptoms.

If the cause of the pain is oftentimes repressed rage, what is the role of psychotherapy in the elimination of the chronic pains of TMS? After giving his patient a physical exam to eliminate any gross physical abnormality from consideration, Dr. Sarno primarily uses education to explain the operation and power of repressed feelings. He believes that the pain, weakness, stiffness, burning pressure and numbness caused by a reduced a blood flow causes no permanent damage to the tissues.

Unless the patient can become convinced that his back or neck is normal, the pain will continue. They must be reassured and then really come to believe that « . . . structural abnormalities that have been found on X ray, CT scan or MRI are normal changes associated with activity and aging. »

This newly acquired belief, Dr. Sarno writes, will thwart the strategy of the brain to make one become fixated on the body and instead begin to understand that the problem is an unfelt trauma stored in one’s unconscious. It is as though the mind fears the release of the repressed rage. To make the pain go away the patient must acknowledge and accept the true basis of the pain. Think psychologically and talk to your brain! This will divert attention from the body. Insight, knowledge, and understanding are the cures for the TMS symdrome.

Psychotherapy is rarely used. Dr. Sarno explains its role:

« . . . insight oriented therapy is the choice for people with TMS or its equivalents. The therapists to whom I refer patients are trained to help them explore the unconscious and become aware of feelings that are buried there, usually because they are frightening, embarrassing or in some way unacceptable. These feelings, and the rage to which they often give rise, are responsible for the many mindbody symptoms I have described. When we become aware of these feelings, in some cases by gradually becoming able to feel them, the physical symptoms because unnecessary and go away. » p. 161
On page 13 one of his patients described what seems to have been a primal regression encouraged by her husband’s support: »And then, in an instant, I started to cry. Not little tears, not sad, quiet oh-my-back-hurts-so-much tears, but the deepest, hardest tears I’ve ever cried. Out of control tears, anger, rage, desperate tears. And I heard myself saying things like, Please take care of me, I don’t ever want to have to come out from under the covers, I’m so afraid, please take care of me, don’t hurt me, I want to cut my wrists, please let me die, I have to run away, I feel sick-and on and on, I couldn’t stop and R–, bless him, just held me. And as I cried, and as I voiced these feelings, it was, literally, as if there was a channel, a pipeline, from my back and out through my eyes. I FELT the pain almost pour out as I cried. It was weird and strange and transfixing. I knew–really knew–that what I was feeling at that moment was what I felt as a child, when no one would or could take care of me, the scaredness, the grief, the loneliness, the shame, the horror. As I cried, I was that child again and I recognized the feelings I have felt all my life which I thought were crazy or at the very best, bizarre. Maybe I removed myself from my body and never even allowed myself to feel when I was young. But the feelings were there and they poured over me and out of me. »
This was a patient, who at first despite knowing and accepting the source of her back pain, did not improve. Instead, the author writes, this patient’s pain became worse. He believes that her symptoms were exacerbated in a desperate attempt by the body to prevent their being released into consciousness — into her knowing their actual source. « The feelings would not be denied expression, » he wrote, « and when they exploded into consciousness the pain disappeared. It no longer had a purpose; it had failed in its mission. » (The author’s emphasis.) It is the unconscious repressed rage which is the source of the chronic pain, not the anger and rage which is consciously known by the patient.

There is an inexorable press by the unconscious to release and reveal its past traumas. When the patient understands the repressed presence of rage the feelings will stop trying to become conscious and « removal of that threat eliminates the need for physical distraction, and the pain stops. »

Sarno claims the rate of « cure » is between 90 and 95 per cent and yet his practice is comprised mostly of sufferers who have gone to him as a last resort — those who have been suffering for decades. He has treated over 10,000 patients and will only accept a patient who he believes can accept the psychological explanation as the cause of their distress. Being convinced and coming to believe that the pain has its origins in repressed feelings is essential for the treatment to be successful. This is a maxim of the treatment and is repeated throughout the book. It is not a form of denial of the existence of the pain but only an affirmation and acceptance of its true origin.

Dr. Sarno writes that one must accept the emotional explanation in order to get well.

« Increasingly, we discussed the pain with the patient, where it came from and why it would go away once the psychological poison was revealed. » p. 105
« He (the patient) understood and accepted the principle of psychological causation as applicable to his symptoms — and he got better. » p. 111
« In many cases merely acknowledging that a symptom may be emotional in origin is enough to stop it. » p. 113.
« I would tell patients their backaches were induced by stress and tension, and if they were open to that idea, they got better. » p. 113
« The pain will not stop unless you are able to say, « I have a normal back; I now know that the pain is due to a basically harmless condition, initiated by my brain to serve a psychological purpose. . . . » p. 142
« The brain tries desperately to divert our attention from rage in the unconscious. . . . So we must bring reason to the process! This is the heart of the very important concept. . . . » p. 144
« I tell my patients that they must consciously think about repressed rage and the reasons for it whenever they are aware of the pain. » p. 145
« Remember, the purpose of the pain is to divert attention from what’s going on emotionally and to keep you focused on the body. » p. 148
« For some people simply shifting attention from the physical to the psychological will do the trick. Others need more information on how the strategy works, and still others require psychotherapy. » p. 149
An extensive bibliography is contained in The Mindbody Prescription. Sections of the book include discussions of the the psychosomatic theories of Walter B. Canon, Heinz Kohut, Franz Alexander, Stanley Coen, Candace Pert, Sigmund Freud, Graeme Taylor, and others. A technical appendix with more indepth studies is included.

The author has also written:

Healing Back Pain: The Mind-Body Connection
Mind over Back Pain : A Radically New Approach to the Diagnosis and Treatment of Back Pain

Voir aussi:

Health
Pain Relief
When Back Pain Starts In Your Head
Is repressed anger causing your back pain?

Mike McGrath

Prevention.com

November 3, 2011
John Sarno, MD, thinks that virtually all lower back pain is caused not by structural abnormalities but by repressed rage.

He’s written three books about it, including The Mindbody Prescription. A professor of clinical rehabilitation medicine at the New York University School of Medicine in New York City, Dr. Sarno believes that to protect you from acting on—or being destroyed by—that rage, your unconscious mind distracts you from the anger by creating a socially acceptable malaise: lower back pain.

Noted integrative medicine specialist and Prevention advisor Andrew Weil, MD, is a big fan of Dr. Sarno’s theory. So are actress Anne Bancroft and ABC-TV correspondent John Stossel—three of the thousands who report that Dr. Sarno cured their back pain.

What is the cure? In a word, awareness. Accept that your brain is trying to protect you from the rage, and the pain will go away. How’s that for « instant »?

Dr. Sarno has coined the term TMS— »Tension Myositis Syndrome »—to describe this « psychophysiological » condition. The brain, he says, mildly oxygen-deprives our back muscles and certain nerves and tendons to distract us and prevent our repressed anger from lashing out.

He readily acknowledges that this diagnosis is controversial. In fact, he tells Prevention, « Most people won’t buy it. But my TMS patients who do accept it cure themselves. » John Stossel was a hard sell. « I tried chiropractic. I tried acupuncture. I tried every back chair and special pillow I could find, » he recalls. His back still hurt so much that he spent entire meetings stretched out on the floor. This went on for 15 years, until a colleague told him about Dr. Sarno.

Stossel, the kind of reporter who would normally try to debunk such a theory, says that « it sounded ridiculous » to him. « But my back really hurt, and my medical insurance paid for 80%. So I went to see him, read one of his books, and—except for some occasional twinges—got better immediately. »

But it didn’t last. « Six months later, the pain came back, and Dr. Sarno gave me a kind of ‘I told you so’ look. I hadn’t done one thing he had strongly suggested, which was to attend one of his seminars. So I went, got better again, and I’ve been virtually pain-free for 10 years. »

Are you at risk for rage-induced back pain? Dr. Sarno has found that people with certain personality traits are at higher risk for this back pain disorder, specifically intelligent, talented, compulsive perfectionists and those who tend to put the needs of others first.

Voir encore:

In One Country, Chronic Whiplash Is Uncompensated (and Unknown)
Denise Grady
The New York Times

May 7, 1996

In, Lithuania, rear-end collisions happen much as they do in the rest of the world. Cars crash, bumpers crumple and tempers flare. But drivers in cars that have been hit there do not seem to suffer the long-term complaints so common in other countries: the headaches or lingering neck pains that have come to be known as chronic whiplash, or whiplash syndrome.

Cars are no safer in Lithuania, and the average neck is not any stronger. The difference, a new study says, might be described as a matter of indemnity.

Drivers in Lithuania did not carry personal-injury insurance at the time of the study, and people there were not in the habit of suing one another. Most medical bills were paid by the government. And although some private insurance is now appearing, at the time there were no claims to be filed, no money to be won and nothing to be gained from a diagnosis of chronic whiplash. Most Lithuanians, in fact, had never heard of whiplash.

The circumstances in Lithuania are described in the current issue of The Lancet, a British medical journal, by a team of Norwegian researchers who conducted a study there. The results, they wrote, suggest that the chronic whiplash syndrome « has little validity. »

The study was prompted by « an explosion of chronic-whiplash cases in Norway, » said Dr. Harald Schrader, a neurologist at University Hospital in Trondheim. He explained: « We are topping the world list. In a country of 4.2 million, we have 70,000 people in a patients’ organization who feel they have chronic disability because of whiplash. People are claiming compensation for injuries from mechanical forces not more than you would get in daily life, from coughing, sneezing, running down the steps, plopping into a chair. And they are getting millions of kroner in compensation. It’s mass hysteria. »

Dr. Schrader said he and his colleagues had chosen Lithuania for a study of whiplash « because there is no awareness there about whiplash or potential disabling consequences, and no, or very seldom, insurance for personal injury. »

Without disclosing the purpose of the study, the researchers gave health questionnaires to 202 drivers whose cars had been struck from behind one to three years earlier. The accidents varied in severity; 11 percent of the cars had severe damage, and the rest had either mild or moderate damage.

The drivers were questioned about symptoms, and their answers were compared with the answers of a control group, made up of the same number of people, of similar ages and from the same town, who had not been in a car accident. The study found no difference between the two groups.

Thirty-five percent of the accident victims reported neck pain, but so did 33 percent of the controls. Similarly, 53 percent who had been in accidents had headaches, but so did 50 percent of the controls. The researchers concluded, « No one in the study group had disabling or persistent symptoms as a result of the car accident. »

Dr. Schrader said he and his colleagues had been astounded by the results. Even though they were skeptical about chronic whiplash, they had expected that a few genuine cases would turn up. But not one did, not even among the 16 percent of drivers who recalled having neck pain shortly after their accidents.

When the subjects were finally told the real purpose of the study, they were amazed to learn that anyone could think that an accident that had happened more than a year ago could still be causing health problems. Dr. Schrader recalled, « They said, ‘Headaches? Why don’t you ask me why after two years I still haven’t got the spare part for my bumper?’ « 

When the findings were publicized in Norway, Dr. Schrader said, the leader of the whiplash patients’ organization threatened to sue him. Questions were also raised about whether the research had been financed by the insurance industry. The answer is no, he said; the money came from his university.

Dr. Schrader said he did not doubt the existence of short-term whiplash injuries but did doubt the validity of chronic cases. His conclusions agree with those of a study, published a year ago in the journal Spine, that concluded that about 90 percent of whiplash injuries healed on their own in days or a few weeks and needed very little treatment.

But other injuries may persist, physicians say. « You can’t conclude from this small study that whiplash syndrome doesn’t exist, » said Dr. Paul McCormick, an associate professor of neurosurgery at the Columbia University College of Physicians and Surgeons. « But the researchers are right on in questioning the prevalence. »

Dr. McCormick said that some patients sustained lasting, identifiable injuries from whiplash but that milder cases were hard to diagnose. « We don’t have objective criteria for those, » he said. « There’s no lab test. » Soft-tissue injuries do not show up clearly on X-rays or in M.R.I. scans. The diagnosis is based on symptoms reported by the patient, who may or may not be reliable. « We have to be careful as scientists and human beings not to see everyone as scheming and lying, » Dr. McCormick said.

Other specialists also say that some chronic whiplash cases are real. « I’ve seen patients 25 years down the road still having problems, » said Dr. Barry August, a dentist who is a director of the head and facial pain-management program at New York University Medical Center. The condition can become chronic, he said, when people alter their posture to relieve the pain of injured tendons and muscles. « They begin to compensate, » he said, « and these compensations also cause problems. »

Dr. August also questioned the methods in the Lancet study. Even though the people in the control group had not been in car accidents, they might have had other injuries, he said. « Falling down the stairs, slipping on the ice, can set off a whiplash injury, » he said, « and it can be longstanding. For controls, you’d need to look at people without any injuries, even in childhood. »

Whiplash is the bane of the insurance industry. From half to two-thirds of all the people who file injury claims from car accidents report back and neck sprains. Insurers say some of those claims are false, or exaggerated.

The National Insurance Crime Bureau estimates that $16 of every $100 paid out in auto injury claims is for fraudulent claims and that half of that amount is paid for « exaggerated soft-tissue claims, » which include whiplash. Phony medical claims cost the insurance industry billions of dollars; those expenses are passed on to the public and add from $100 to $130 to the price of each car-insurance policy, said Carolyn Gorman, a spokeswoman for the Insurance Information Institute in Washington.

« Whiplash is a claim that’s growing, » Ms. Gorman said. « But you can’t be glib and think everybody’s faking it. For someone who really has whiplash, it is painful and it can last a long time and cost a lot of money. But it’s hard to tell whether someone has it. You can’t prove it. »

Voir également:

Necessary Pain?
Christian ScienceMonitor

May 14, 1996

You might say personal-injury lawyers are feeling the lash of The Lancet.

In an era when a tiny slice of the American electorate – plaintiff’s lawyers – are vetoing legislation through massive political contributions and backstage lobbying, it’s of more than passing interest to see a rebuke from the scientific community.

This comes in the form of a study of whiplash published in the British medical journal, The Lancet.

A team of Norwegian researchers studied the cases of 202 Lithuanian drivers involved in rear-ended car accidents of varying seriousness. Those studied reported an incidence of neck and headache problems similar to that of a control group not involved in auto accidents. But in no case did any of the collision victims report the kind of persisting pain known in lawsuits as whiplash.

Almost no private auto insurance is available in Lithuania. And people generally haven’t heard of whiplash. So the researchers drew the undeniably logical conclusion that chronic whiplash exists only where people are mentally conditioned to expect and/or benefit financially from it. And also where the insurance and legal system provides a framework to nourish its supposed existence.

Not surprisingly, when the study results were announced, Dr. Harald Schrader, a hospital neurologist on the research team, was threatened with suit by the head of a whiplash-patients organization in Norway. (There are some 70,000 people in that organization who claim chronic disability.)

No one, of course, should suggest singling out the victims for blame. A whole system is geared to reinforce their belief in their continuing infirmity. That system includes well-intentioned lawmakers, fee-seeking lawyers, and busy (and sometimes unethical) health-care providers.

But the study in Lithuania provides a healthy reminder to Western societies that a heavy price is paid when a culture of self-imposed victimhood and self-serving litigation develops.

One part of that price appears in impersonal numbers: lost efficiency, soaring costs, unfair usurpation of health-care resources. But a far more tragic cost is personal: individuals shackled for years by their belief that inescapable pain rules their lives day after day. Instead of threatening suit, those people might spare a word of gratitude to Dr. Shrader and his colleagues. His team offers them the beginning of knowledge to set them free.

Voir enfin:EFT et le modèle de Sarno
Extrait d’un communiqué de presse présenté par le Dr Eric Robins, urologue californien.
http://www.emofree.com/Pain-management/pain-sarno-eric.htm

3 juillet 2008

Le Docteur John Sarno, professeur de médecine à l’Université de New York, voit quotidiennement des patients atteints des pires douleurs chroniques au monde. La plupart souffrent de douleurs graves (cou, dos, épaules, fessiers) depuis 10 à 30 ans, la plupart ont reçu de multiples injections épidurales, subi une ou plusieurs opérations chirurgicales et se sont soumis à des séances de kinésithérapie pendant des années. Tous ont été victimes de mécanismes d’action terribles (par exemple, passer sous un camion ou un boeing) et leurs radios ressemblent à celles d’Elephant Man : ils auraient donc de bonnes raisons de souffrir.
Avec cette cohorte de patients, Sarno obtient un pourcentage de guérison de 70% (à la fois pour la douleur et pour la fonctionnalité), ainsi qu’un taux supplémentaire de 15% de patients se sentant beaucoup mieux (avec 40 à 80% d’amélioration). Et il a eu ces résultats avec environ 12 000 patients.

Quand un patient arrive dans une consultation d’hopital, la routine est de faire un scanner IRM. Invariablement, on observe une quelconque anormalité anatomique comme un disque déplacé, une sténose spinale, ou de l’arthrite spinale. Alors le docteur déclare quelque chose comme : « C’est à cause du disque que vous avez mal » et dirige le patient vers la thérapie physiologique destinée à traiter le disque, avec de faibles résultats à long terme.

En étudiant la littérature médicale, le Dr Sarno avait remarqué que si vous prenez une centaine de patients entre 40 et 60 ans ne présentant aucune douleur du dos et que vous leur faites passer un scanner IRM, dans 65% des cas vous constatez qu’il existe un disque déplacé ou une sténose spinale SANS douleur (New England Journal of Medicine, article 1994). Alors il s’est posé la question : « Si ce n’est pas le disque qui cause la douleur, alors c’est quoi ? »
Il a découvert que les gens qui souffraient avaient des tensions chroniques et des spasmes musculaires dans le cou, le dos, les épaules ou les fessiers. Il affirme que lorsqu’un muscle est tendu de façon chronique, le sang ne peut pas circuler normalement à cet endroit ; il y a un manque d’oxygène et cela cause une douleur sévère. Vous pouvez aussi imaginer un muscle tendu enserrant un nerf et provoquant les symptômes de la sciatique.
L’important ici, c’est que le Dr Sarno ne dit pas à ses patients que la douleur est dans leur tête. Il leur donne une véritable explication physiologique. Et nous allons bientôt voir la connexion logique avec les émotions.

Le Dr Sarno s’est demandé : « Et d’abord, pourquoi est-ce que les gens ont les muscles tendus de façon chronique ? » Il a trouvé l’explication suivante. C’est que nombre de nos concitoyens grandissent dans des familles dans lesquelles ils apprennent, à un certain niveau (inconscient), que ce n’est pas bien d’exprimer sa colère ou sa peur.
C’est un problème parce qu’en grandissant nous traversons des événements spécifiques ou des traumatismes qui suscitent la colère ou la peur. Et dès que ces émotions émergent dans le corps, notre inconscient dit en substance : « Ce n’est pas bien ni sécurisant de ressentir ces choses ». Alors, selon Sarno, l’inconscient provoque la crispation et le raidissement des muscles afin que la douleur nous détourne de ce qui nous met en colère ou nous fait peur. Quelquefois, ce processus de douleur peut continuer pendant des dizaines d’années.

Alors, comment le Dr Sarno obtient-il ses merveilleux résultats ? Il amène ses patients à deux conférences. Dans la première, il dit aux gens : « Ce n’est pas le disque déplacé ni une autre anormalité anatomique qui cause votre douleur. La plupart des gens de votre âge qui vivent sans douleur ont aussi un disque déplacé ou une sténose spinale. Ce qui vous cause de la douleur, c’est l’état chronique de tension et de spasme de vos muscles. »
Dans la deuxième conférence, le Dr Sarno leur dit : « Quand vous avez mal, je veux que vous remarquiez contre quoi vous êtes en colère ou de quoi vous avez peur. » Ensuite, il leur fait tenir un journal, ou bien il les inscrit à des séances de thérapie de groupe, ou encore il leur fait suivre une psychothérapie (« behavioral therapy », psychothérapie comportementale). Il dit que 20% de ses patients n’étaient pas conscients de ce qui les mettait en colère ou les rendait anxieux ; ils avaient besoin de travailler avec un thérapeute pour entrer en contact avec leur matériel réprimé ou inconscient.

Le Dr Eric Robins commente :
« J’explique le modèle de Sarno quand je fais une conférence à cause des résultats étonnants qu’il obtient. Dans l’un de ses livres les plus récents, Sarno explique que ce modèle émotionnel ne concerne pas seulement la douleur musculo-squelettale, mais qu’il peut être utilisé pour la plupart des maladies chroniques ou fonctionnelles. Je suis certain qu’il est évident pour vous que certaines des méthodes qu’il utilisait sont archaiques comparées à la rapidité et à l’efficacité d’EFT. Nous pouvons nous attendre à des résultats meilleurs et plus rapides avec EFT puisque cette dernière technique est la meilleure et la plus rapide des techniques mental-corps utilisées cliniquement à l’heure actuelle dans le monde. »

Voir enfin:

Pour en finir avec le mal de dos
Martine Betti-Cusso

Le Figaro

27/02/2015
Le médecin ostéopathe et acupuncteur, Dr Gilles Mondoloni nous parle du mal du siècle, le mal de dos. Il prône un traitement global pour prévenir et guérir de ce mal. Les habitudes de vie, le stress ou l’alimentation sont aussi responsables.

LE FIGARO MAGAZINE – Pourquoi souffre-t-on du dos?

Dr Gilles MONDOLONI – Parce que nous sommes de plus en plus sédentaires, nous faisons peu de sport et ce déconditionnement à l’effort a pour effet d’affaiblir les muscles. Il y a aussi les postures inadéquates et une alimentation favorable à la prise de poids et nuisible aux articulations. De plus, nous vivons avec un stress répété qui participe à la survenue du mal de dos et à sa chronicisation. Enfin, il y a l’usure des disques et des articulations consécutive au vieillissement… L’état de notre dos reflète notre hygiène de vie et notre santé psychique et physique.

Toutes les tranches d’âges sont affectées, des enfants aux seniors…

Les enfants et les adolescents peuvent ressentir des douleurs dans le dos dues à une croissance rapide et à la pratique de sports intenses. Il s’agit le plus souvent de spondylolisthésis, ce qui correspond à une petite fracture de la dernière vertèbre lombaire suivie de son glissement sur celle située au-dessous. Lorsque les douleurs se situent en haut du dos, derrière les omoplates, ce peut être la maladie de Scheuermann, laquelle se caractérise par une altération des disques. Elle se traite notamment par des exercices de rééducation.

Et quels sont les problèmes les plus fréquents chez l’adulte?

Eux souffrent de discopathies. Les problèmes de disques dont font partie les lumbagos (fissure du disque intervertébral), les hernies discales (déplacement d’une partie des disques intervertébraux) et les sciatiques (compression d’un nerf) apparaissent autour de la quarantaine. Le senior, lui, sera atteint plus souvent d’arthrose, ce qui entraînera des douleurs localisées dans le dos et limitera ses mouvements. Mais il faut savoir que les maux de dos les plus fréquents sont les tensions musculaires, souvent liées à des facteurs de stress et à des mauvaises positions lesquels vont provoquer des contractions musculaires qui vont bloquer des pans entiers du rachis.

Comment diagnostiquez-vous l’origine d’un mal de dos?

Je commence par questionner mon patient sur ses antécédents, sur sa manière de vivre, sur les circonstances d’apparition de ses douleurs, sur le cheminement de son mal de dos. Ce qui me permet de connaître son hygiène de vie, ses faiblesses et les causes probables de son mal de dos. Puis je l’examine. En croisant les informations obtenues par l’interrogatoire et l’examen clinique, et sans recourir systématiquement à des radios, scanners ou IRM, j’aboutis à un diagnostic précis. Ceci est fondamental: on ne doit pas traiter un mal de dos sans en connaître précisément la cause. La plupart du temps, le mal provient d’un ensemble de facteurs où se mêlent les habitudes de vie, l’émotionnel, l’alimentation. C’est une erreur que de ne s’attacher qu’aux symptômes. On doit considérer le patient comme un tout et soigner autant la cause que la conséquence du mal.

Comment les facteurs psychologiques, le stress ou l’anxiété agissent-ils sur le dos?

Il y a différentes explications. Les muscles sont riches en terminaisons nerveuses, et lorsque le cerveau «en situation de stress», transmet trop d’informations aux nerfs, ils se trouvent alors saturés. Le muscle va y répondre par une crispation, une contraction musculaire, qui peut être la cause d’une douleur locale ou d’une douleur projetée. Et l’état de stress chronique favorise les poussées inflammatoires sur les articulations par la libération dans le sang de substances inflammatoires. Il suffit d’avoir un peu d’arthrose et d’être stressé pour que les articulations se mettent à exprimer une souffrance.
Comment soignez-vous vos patients?

Je propose toujours une prise en charge globale, avec fréquemment des manipulations lorsqu’il n’y a pas de contre-indications. Elles sont très efficaces, en particulier pour soigner les cervicalgies, dorsalgies et lombalgies communes, lesquelles sont liées à l’usure d’un disque entre les vertèbres, à l’arthrose ou à des tensions musculaires ou ligamentaires. Lorsqu’il y a une inflammation dans le dos (poussée d’arthrose, crise de sciatique…) et si la situation l’exige, je vais prescrire des anti-inflammatoires. Si l’inflammation est de faible intensité, je vais recourir aux oligoéléments, à la phytothérapie, à la micronutrition, à l’acupuncture, qui agit sur la douleur, sur la contracture musculaire mais aussi sur le stress, l’anxiété, la circulation de l’énergie. Cette approche globale, sans effet indésirable, optimise l’efficacité des soins. Pour preuve, des patients en stade préopératoire qui me sont adressés par des neurochirurgiens sont une fois sur deux suffisamment améliorés pour éviter l’opération ou la reporter à plus tard.

Dans quels cas les manipulations sont-elles recommandées et contre-indiquées?

Elles sont incontournables pour traiter les douleurs mécaniques, qu’elles soient cervicales, dorsales ou lombaires. Souvent, ces douleurs apparaissent à l’effort, lorsque la personne est en mouvement, et durent moins d’une demi-heure lorsque l’on se lève le matin. Les manipulations vont permettre de détendre les muscles coincés qui bloquent les articulations. En revanche, les manipulations sont non recommandées voire contre-indiquées en cas de douleurs inflammatoires. Celles-ci surviennent ou persistent au repos et s’installent la nuit, en exigeant plus d’une demi-heure de «dérouillage» le matin. Elles sont aussi contre-indiquées en cas d’ostéoporose, de tumeurs osseuses et d’infection des vertèbres.

Comment bien manipuler?
D’abord en restant à l’écoute des sensations et des réactions du patient. Je manipule à contre-sens de la douleur, en partant des zones les moins douloureuses et les moins raides. Les pressions doivent être mesurées, douces, progressives. Et j’ajouterai qu’il faut faire preuve d’une grande prudence au niveau des cervicales. Ce sont des articulations fragiles qui, à la faveur d’une manipulation brutale, peuvent se fissurer et entraîner de rares mais graves accidents vasculaires cérébraux. Théoriquement, les manipulations au niveau des cervicales sont du seul ressort des médecins et doivent être précédées de radios du cou. Avant toute manipulation, il faut exiger un diagnostic médical précis. On ne manipule pas à tout va. Il est indispensable de se renseigner sur la formation suivie par le praticien. Le titre de docteur en médecine est une précaution supplémentaire pour profiter au mieux des bienfaits des manipulations sans s’exposer à des risques.

Quelle différence entre l’ostéopathie et la chiropractie?

Ce sont des techniques proches et complémentaires. La chiropractie est plutôt centrée sur la colonne vertébrale et utilise des techniques généralement plus appuyées. L’ostéopathie a un champ d’action plus large. Elle va traiter l’ensemble des affections neuromusculaires mais aussi des pathologies viscérales. Les deux méthodes sont efficaces. C’est le thérapeute qui fait la différence. Or beaucoup ne sont pas suffisamment formés, ce qui jette un discrédit sur ces disciplines tout à fait nobles.

Que pensez-vous des méthodes de Mézières ou de Mc Kenzie?

La méthode Mc Kenzie consiste à faire travailler la colonne vertébrale en extension et donne des résultats intéressants. La méthode Mézières est une technique de rééducation qui opère sur l’ensemble de la musculature du corps. Chaque approche est pertinente. Elles visent à corriger les déséquilibres et à tonifier les muscles.

Quels sont les gestes et postures à privilégier?

Pour commencer, il est nécessaire d’adopter des gestes souples et d’avoir le réflexe de se tenir droit le plus souvent possible. Lorsque l’on se penche au sol pour ramasser un objet lourd, il faut utiliser la position du balancier. On prend appui en mettant une main sur un point fixe et on lève la jambe opposée en arrière pour tenir l’équilibre. Les charges lourdes doivent être portées au plus près du corps, au niveau du centre de gravité. En position debout, il s’agit de répartir le poids du corps sur les deux jambes, en gardant les pieds suffisamment écartés pour maintenir une bonne stabilité. Ces simples postures suffisent à économiser les muscles et les articulations.

Vous affirmez que l’alimentation joue un rôle dans le mal de dos. Dans quelle mesure?

Déjà, être en surpoids ne peut qu’aggraver les maux de dos ou les provoquer parce que les kilos en trop entraînent une plus forte pression du corps sur les vertèbres et les disques intervertébraux. Mais il faut savoir aussi qu’une carence en oligoéléments favorise la survenue de discopathies: le disque moins bien nourri aura tendance à se fissurer plus facilement. Par ailleurs, des composés comme les oméga 3 ou des épices comme le curcuma ont des effets anti-inflammatoires naturels qui vont participer à réduire la douleur. Je conseille de limiter les viandes grasses, les fromages, les charcuteries, les viennoiseries et tout ce qui acidifie l’organisme. Evidemment, je recommande d’arrêter le tabac: les études montrent que les personnes qui fument ont plus de douleurs dorsales et lombaires que les non-fumeurs.

Quand faut-il recourir aux médicaments et aux infiltrations?

Je recours aux anti-inflammatoires en cas de sciatique, de lumbago, de névralgie cervico-brachiale… Sinon, je prescris des antalgiques – paracétamol, codéine ou tramadol – en fonction de l’intensité de la douleur, lorsque l’approche ostéopathique et acupuncture ne suffit pas à soulager le patient. Je propose les infiltrations , qui sont efficaces quand elles sont bien utilisées, en cas de fortes poussées inflammatoires d’arthrose ou de sciatiques douloureuses ou paralysantes. Je les prescris rarement pour les lumbagos, car l’ostéopathie suffit à les traiter.
Et quand faut-il recourir à la chirurgie?

Elle est nécessaire dans le cas d’importantes hernies discales qui vont entraîner des douleurs permanentes et intolérables. Mais aussi dans le cas de certaines sciatiques paralysantes, de canal lombaire rétréci ou d’arthrose très invalidante qui étrangle véritablement le nerf… Quand les traitements médicamenteux et naturels ont été bien réalisés pendant suffisamment de temps mais sont restés inefficaces, il faut s’orienter rapidement vers une chirurgie, car un nerf trop comprimé pendant trop longtemps peut parfois ne plus cicatriser et laisser des séquelles comme des paralysies.

Le Dr Gilles Mondoloni est attaché des hôpitaux de Paris (service du Dr Jean-Yves Maigne), chargé d’enseignement en ostéopathie à la faculté de médecine et l’auteur de Stop au mal de dos, à paraître le 5 avril aux éditions Solar.
La bonne position au bureau
Passer huit heures par jour mal assis derrière un bureau est destructeur pour le dos. D’où l’importance de veiller au confort de sa chaise et à sa posture. La chaise doit être réglable, disposer d’un dossier qui maintienne fermement le dos et d’un siège pivotant pour éviter les torsions.
Il faut se tenir droit, les fesses calées au fond du siège et les pieds bien à plat. Un repose-pieds permet de diminuer les tensions. Les avant-bras doivent reposer sur la table. Evitez la position penchée pour écrire. L’écran de l’ordinateur doit être face à vous et son milieu doit se situer à la hauteur des yeux de façon à permettre de garder la tête droite. Il est déconseillé de rester assis plus de deux heures d’affilée. Alors, prenez un temps d’arrêt pour faire quelques pas ou pour vous étirer afin de détendre votre dos.
Plein le dos du stress!
Le stress chronique est responsable de bien des maux, des troubles digestifs aux problèmes de peau, des troubles cardiaques aux douleurs lombaires. Le mal de dos serait en effet un signe d’alerte, signifiant que nous avons dépassé nos limites. Le stress participe à l’apparition du mal de dos et à sa chronicisation, car il augmente les contractures musculaires et la sensibilité à la douleur. Selon le rhumatologue Jean-Yves Maigne, le stress «est capable de déclencher, d’entretenir ou d’amplifier un mal de dos. Il augmente la tension musculaire et peut être responsable de cervicalgies ou de dorsalgies de tension.
Il peut aussi dérégler le système nerveux qui commande la douleur. Un grand nombre de souffrances trouvent ainsi leur origine. Cela crée un état douloureux chronique qui se manifeste particulièrement au niveau du dos.» De plus, il participe à affaiblir les défenses immunitaires de l’organisme, ce qui pourrait contribuer à la survenue de zones d’inflammation sur des disques intervertébraux. Et cela crée un cercle vicieux, car souffrir du mal de dos constitue en soi un facteur de stress. Pour préserver son dos, il faut donc savoir se détendre: par des exercices de respiration, des massages ou en recourant à des méthodes de relaxation comme la sophrologie.

Voir pa ailleurs

Designer babies? It looks like racism and eugenics to me
Julie Bindel
The case of a lesbian couple suing a sperm bank over their black donor has laid bare the ethical minefield of the ‘gayby’ boom
Jennifer Cramblett is taking legal action against a Chicago-area sperm bank after she became pregnant with sperm donated by a black man instead of a white man as she had intended. Photograph: Mark Duncan/AP
3 October 2014

The designer baby trend has been laid bare with the case of a lesbian couple who are suing a sperm bank after one of them became pregnant with sperm donated by an African American instead of the white donor they had chosen. The birth mother, Jennifer Cramblett, was five months pregnant in 2012 when she and her partner learned that the Midwest Sperm Bank near Chicago had selected the wrong donor. Cramblett said she decided to sue to prevent the sperm bank from making the same mistake again, and is apparently seeking a minimum of $50,000 (£30,000) in damages.

I understand concerns about mixed-race babies being raised by white parents in white neighbourhoods. Suffering racism at school or in the streets and having to go home to a white family that cannot properly understand or offer informed support can make it significantly worse. But those that make use of commercial services in order to reproduce should be prepared to move house if something unexpected arises. After all, a child can be born with a disability that requires care that is unavailable locally.

I know white people who have adopted black children. They tend to ensure that the children have black peers and elders to contribute to their upbringing. At least one of these couples, when told a black child would be placed with them, quite seriously considered whether they would be doing right by the child. This is a million miles away in terms of attitude and actions from the Cramblett case.

I can only wonder what the damages, if the case is successful, will be used for. Relocation to an area more ethnically diverse, perhaps? The reality is that house prices in white areas in the US are generally more expensive than those in mixed areas, so I am unsure what the money is needed for. Hurt feelings? Whichever way this issue is approached, it smacks of racism.

With the designer “gayby” boom looking set to expand even further, there are some important questions to ask about the ethics of commercialised reproduction. In London alone there are a number of clinics offering sperm for sale; brokers that arrange wombs-to-rent, often in countries where women are desperately poor and sometimes coerced into being surrogates; and egg donation that can cause significant pain and health risks to the donors. There is also the “mix and match” temptation that comes with choosing eggs and sperm from a catalogue. There is even an introduction agency for those who wish to meet the sperm while it is encased in a body.

In the 1970s and 80s, before commercialisation, lesbians who wanted a baby of their own would often ask male friends to donate sperm, but – like anything where money can be made – the product began to be sold. I recall more than one white lesbian couple opting for sperm from a black or Asian donor because they thought mixed-race babies more attractive than white ones. I have interviewed gay men, who opted for IVF with an egg donor, who flicked through catalogues of Ivy league, blonde, posh young women trying to decide what type of nose they would prefer their baby to have. This smacks of eugenics to me.

And if something unexpectedly happens in such circumstances, just remember: if the child you end up with does not exactly fit your ideal requirements, you can’t give it back – and nor should you even suggest that something bad has happened to you.

Voir enfin:

Une femme lesbienne porte plainte pour avoir accouché d’une enfant métis
Valeurs actuelles

07 Septembre 2015

Faits divers. Une lesbienne de l’Ohio aux Etats-Unis a porté plainte après avoir accouché d’une petite-fille métis, qui ne correspondait pas au sperme commandé.
Un enfant à la carte ? C’est que réclamait Jennifer Cramblett déçue par le « service après-vente » de la clinique dans laquelle elle s’est rendue pour une GPA dans l’Ohio.

Une erreur dans le numéro du donneur

La femme de 37 ans, homosexuelle et en couple avec Amanda Zinkon, voulait un enfant et A eu recours à une banque de sperme de l’Illinois en 2011. Auprès de celle-ci, Jennifer avait « commandé » le numéro 380, c’est-à-dire le sperme d’un donneur de race blanche, blond aux yeux bleus. Mais le numéro, écrit à la main par l’employé, a été mal écrit et pris pour le numéro 330, celui d’un donneur afro-américain. La blonde Jennifer a alors accouché d’une petite-fille métis, Payton.

« Tout le soin qu’elles avaient mis à sélectionner la bonne parenté du donneur était réduit à néant »

Apprendre que l’enfant commandé n’allait pas être le bon a dévasté la jeune femme lors de sa grossesse. Selon son avocat, « Tout le soin qu’elles avaient mis à sélectionner la bonne parenté du donneur était réduit à néant. En un instant. L’excitation qu’elle avait ressentie pendant sa grossesse, ses projections, s’étaient muées en colère, en déception et en peur. »

Une peur de l’exclusion

Parmi ses motifs de craintes, emmener sa fille… chez le coiffeur : « pour Jennifer, ce n’est pas quelque chose d’anodin, parce que Payton a les cheveux crépus d’une petite Africaine », « pour que sa fille ait une coupe de cheveu décente, Jennifer doit se rendre dans un quartier noir où son apparence diffère des autres et où elle n’est pas la bienvenue » explique son avocat.

En outre, les deux femmes habitent dans une communauté très peu mélangée et craignent que leur fille soit l’une des seuls enfants métis et soit exclue en raison de sa couleur de peau, notamment au sein de sa famille.

Des dommages et intérêts exigés pour avoir accouché du mauvais donneur

La banque de sperme avait envoyé un mot d’excuses et remboursé tous les frais. Mais ce n’est pas suffisant pour Jennifer qui a décidé de poursuivre en justice la banque de sperme pour obtenir des dommages et intérêts supplémentaires. Si sa demande a été rejetée par un juge la semaine dernière, les jeunes femmes sont décidées à resoumettre l’affaire à la cour pour négligences au mois de décembre.


Eclipse solaire 2015: Par quelle pensée magique ou peur digne du Moyen Age certains adultes vont parquer les enfants à l’abri du Soleil ? (No eclipse, please, we’re French)

20 mars, 2015
https://anilmachado.files.wordpress.com/2012/05/islam.jpg?w=451&h=353https://i1.wp.com/md1.libe.com/photo/724403-dessin-lepithec-eclipse.jpgUne observation directe du soleil sans protection adéquate peut engendrer des lésions oculaires graves et irréversibles. La seule vraie prévention est de ne pas regarder le soleil. En conséquence, il est recommandé d’éviter que les élèves et les personnels de votre établissement soient tentés d’observer le phénomène en se trouvant à l’extérieur des bâtiments pendant cette période. Inspection académique du Val-d’Oise
Les élèves présents dans l’établissement ne pourront pas observer l’éclipse, ils seront confinés dans les bâtiments. Des pauses seront effectuées dans les classes en remplacement de la récréation. Les cours d’EPS de la matinée se dérouleront en salle vidéo. Consignes du Rectorat de Metz
Lunettes ou pas lunettes, nuages ou pas nuages, il est une forteresse de notre société qui n’entend pas se laisser entraîner dans un enthousiasme scientifique possiblement délétère pour les précieux petits yeux de ses ouailles. Je parle bien sûr du ministère de l’Education nationale. Dans sa très grande sagesse de protecteur, non pas du savoir, mais de l’intégrité physique et morale de nos enfants, il a décidé de les confiner dans leur classe pendant la récréation, qui tombe, Ô merveille (Ô malheur et catastrophe, se dit le ministère), au moment de l’éclipse maximale. On va aboutir à la situation ridicule où tout le monde sera de sortie entre 9 h 30 et 11 h 30, sauf  les élèves, plus calfeutrés que jamais dans leur établissement scolaire, plus éloignés que jamais d’une occasion unique de découvrir en direct une des subtilités de l’univers, plus ballotés que jamais entre leur curiosité naturelle complètement bridée et des décisions administratives étroites et hors sujet. Rien n’est trop beau pour la semaine de l’Education contre le racisme et l’antisémitisme qui a justement lieu en ce moment (du 16 au 21 mars). C’est pourquoi je parlais de l’intégrité morale de nos enfants, qui semble être devenue l’unique préoccupation pédagogique de la ministre de l’Education nationale. Le projet de réforme du collège envisagé pour 2016 confirme du reste un terrible abandon des savoirs fondamentaux. Mais rien ne sera tenté pour faire avancer les élèves sur le chemin du savoir au prétexte fallacieux des lésions oculaires. Tant pis pour eux, et c’est bien dommage, car la prochaine éclipse visible depuis la France avec ce degré d’occultation n’aura pas lieu avant 2026 ! (…) On est purement et simplement dans le contrôle de l’Etat sur nos gestes et nos attitudes. Peut-on imaginer plus intrusif ? Peut-on imaginer plus absurde ? C’était ma troisième éclipse du vendredi 20 mars 2015 : après l’éclipse du soleil et l’éclipse du savoir, l’éclipse de la raison. Et le sentiment de plus en plus net d’être gouvernée par des fous du contrôle. Ce n’est pas la loi sur le renseignement présentée hier en Conseil des ministres qui pourrait me rassurer sur ce point. Faudra-t-il prochainement en France déplorer l’éclipse de toutes nos libertés individuelles une par une ? Nathalie MP
Dès lors que des moyens sûrs et simplissimes d’observer l’éclipse existent, pourquoi certaines circonscriptions ou écoles interdisent aux élèves d’observer le phénomène ? Par quelle pensée magique ou peur digne du Moyen Age certains adultes vont parquer les enfants à l’abri du Soleil ? Notre société est-elle à ce point malade que personne ne fait la différence entre le plan Vigipirate et une éclipse ? A ces messieurs qui prétendent protéger nos enfants, sachez plusieurs choses. Premièrement, hier en Ile-de-France le taux de pollution aux particules fines a été scandaleusement élevé. Que n’a t-on alerté les familles et les enfants de ne plus respirer, afin de garder la santé ? Alors que les embouteillages fleurissaient en toute impunité, que ne les a-t-on informés de ce danger quotidien ? Secondement, les sorties scolaires à la piscine sont notoirement dangereuses : outre les passages piétons létaux, qui pourrait dire que respirer dans l’eau est possible ? Nos enfants frôlent la mort à chaque brasse, et personne ne s’en alarme ? Quelles mesures sont engagées pour contrer ces risques majeurs ? Peu… Heureusement, un risque a bien été identifié et correctement traité, celui de la très dangereuse éclipse ! Comment former l’esprit critique de nos enfants, citoyens de demain, si notre société actuelle post-Charlie, déjà bien traumatisée, ne leur propose que des remèdes infantilisants et injustifiés – ici, se cacher dans une classe pour ne pas observer l’éclipse ? Certains cadres de notre pays sont-ils à ce point incultes scientifiquement qu’ils ignorent la capacité essentiellement sans limite de curiosité et de passion des élèves exposés à des phénomènes naturels de toute nature (de la structure d’un cheveu à la moisissure, de la fourmi jusqu’à l’éclipse) ? Nos jeunes générations ont aussi droit à être exposées, dans tous les domaines, à la découverte, la passion, l’expérimentation. Hervé Dole

Attention: un obscurantisme peut en cacher un autre !

En cette journée où pour la première fois depuis et avant longtemps …

Nos enfants devraient pouvoir « goûter à l’excitation » d’assister à une manifestation unique du « grand ballet cosmique » …

Comment, avec l’astrophysicien Hervé Dole, ne pas être atterré devant l’obscurantisme carrément moyenageux d’un ministère de l’Education nationale …

Qui après avoir flouté ses manuels scolaires

Et s’être largement couché (pas d’amalgame et surtout de vagues, s’il vous plait !) devant la loi islamique suite aux attentats et au prétendu sursaut républicain de janvier dernier …

Et avant son apparent revirement de dernière minute avant-hier  …

Avait ordonné le cloîtrement de nos enfants, tous rideaux fermés, dans leurs salles de classe ?

Eclipse : non à l’obscurantisme dans certaines écoles de la République !
Hervé Dole
Le Monde
19.03.2015

Vendredi matin, entre environ 9 h 30 et 11 h 30 en France métropolitaine, aura lieu une éclipse partielle de Soleil, durant laquelle la Lune masquera en grande partie notre étoile – jusqu’à 80 % lors du maximum vers 10 h 30. Ce phénomène naturel est assez impressionnant à voir, surtout quand c’est la première fois qu’il est observé, par exemple par des enfants. Cela tombe bien, cette éclipse aura lieu durant le temps scolaire, voire même durant la récréation : idéal pour les élèves des écoles élémentaires. Bon nombre d’enseignants prennent cette opportunité rare pour proposer à leurs élèves d’effectuer de véritables observations, avec leurs aléas possibles – ainsi en est-il de toute mesure ou expérience scientifique. Quelle chance de pouvoir, à peu de frais et dans le cadre scolaire, goûter à l’excitation d’assister à un phénomène unique, de comparer prédictions et observations, et de tenter de comprendre ce grand ballet cosmique ?

Des précautions doivent évidemment être prises. L’observation directe du Soleil est interdite – sous peine de lésions oculaires irréversibles – en toute occasion, et pas seulement durant une éclipse. A moins, comme quelques écoles, de disposer de lunettes spéciales « éclipse » qui, elles seules, à l’exclusion de tout autre moyen, absorbent les rayons UV, infrarouges et visibles, comment observer le phénomène ? Simplement par projection, c’est-à-dire en regardant sur le sol les ombres portées par nos doigts croisés, ou des écumoires, ou passoires, ou encore des feuilles cartonnées dans lesquelles sont pratiqués des petits trous au compas ou au stylo-bille. Vous serez émerveillés de voir que les ombres prennent la forme… d’un Soleil éclipsé ! On peut même dessiner la forme sur une feuille de papier déposée sur le sol, et observer la progression du phénomène. Rester dans une classe est également possible, si les rideaux tirés laissent passer quelques rais de lumière qui formeront sur le sol l’image tant convoitée. De nombreux sites Internet, et même une BD, illustrent ces conseils.

Par quelle pensée magique ou peur digne du Moyen Age certains adultes vont parquer les enfants à l’abri du Soleil ?
Dès lors que des moyens sûrs et simplissimes d’observer l’éclipse existent, pourquoi certaines circonscriptions ou écoles interdisent aux élèves d’observer le phénomène ? Par quelle pensée magique ou peur digne du Moyen Age certains adultes vont parquer les enfants à l’abri du Soleil ? Notre société est-elle à ce point malade que personne ne fait la différence entre le plan Vigipirate et une éclipse ? A ces messieurs qui prétendent protéger nos enfants, sachez plusieurs choses. Premièrement, hier en Ile-de-France le taux de pollution aux particules fines a été scandaleusement élevé. Que n’a t-on alerté les familles et les enfants de ne plus respirer, afin de garder la santé ? Alors que les embouteillages fleurissaient en toute impunité, que ne les a-t-on informés de ce danger quotidien ? Secondement, les sorties scolaires à la piscine sont notoirement dangereuses : outre les passages piétons létaux, qui pourrait dire que respirer dans l’eau est possible ? Nos enfants frôlent la mort à chaque brasse, et personne ne s’en alarme ? Quelles mesures sont engagées pour contrer ces risques majeurs ? Peu… Heureusement, un risque a bien été identifié et correctement traité, celui de la très dangereuse éclipse !

Comment former l’esprit critique de nos enfants, citoyens de demain, si notre société actuelle post-Charlie, déjà bien traumatisée, ne leur propose que des remèdes infantilisants et injustifiés – ici, se cacher dans une classe pour ne pas observer l’éclipse ? Certains cadres de notre pays sont-ils à ce point incultes scientifiquement qu’ils ignorent la capacité essentiellement sans limite de curiosité et de passion des élèves exposés à des phénomènes naturels de toute nature (de la structure d’un cheveu à la moisissure, de la fourmi jusqu’à l’éclipse) ? Nos jeunes générations ont aussi droit à être exposées, dans tous les domaines, à la découverte, la passion, l’expérimentation.

Un seul remède : sortez tous voir l’éclipse. Faites des ombres chinoises avec vos doigts et regardez les ombres, vous ne le regretterez pas ; partagez le mot et les images, soyez curieux du monde qui vous entoure.

Hervé Dole, astrophysicien, professeur à l’université Paris-Sud et directeur adjoint de l’Institut d’astrophysique spatiale (CNRS et Paris-Sud), et conseiller municipal d’Orsay.

Voir aussi:

Vendredi matin, la Lune passera devant le Soleil, masquant les trois quarts de sa surface sous nos yeux ébahis. Un passionnant phénomène astronomique que cette éclipse partielle, et qui ne se reproduira pas à une telle ampleur avant onze ans. N’est-ce pas l’occasion rêvée d’organiser des activités scientifiques pour les enfants ? Leur expliquer le fonctionnement d’une étoile, la différence avec un satellite naturel, le principe d’une orbite ? Non, attends, j’ai une meilleure idée. On n’a qu’à enfermer tous les mômes de France dans une pièce, fermer les volets et leur passer un Disney. Ha ! Bien fait pour eux.

Inutile de faire ces grands yeux effarouchés ; cette idée sadique n’est même pas sortie de notre imagination. C’est le message qu’a envoyé cette semaine l’inspection académique du Val-d’Oise à ses établissements scolaires : «Une observation directe du soleil sans protection adéquate peut engendrer des lésions oculaires graves et irréversibles. La seule vraie prévention est de ne pas regarder le soleil. En conséquence, il est recommandé d’éviter que les élèves et les personnels de votre établissement soient tentés d’observer le phénomène en se trouvant à l’extérieur des bâtiments pendant cette période.»

Dessin du blogueur BD Sylvain Rivaud, qui résume très bien la situation.

Et les petits Valdoisiens ne seront pas les seuls punis, d’après les témoignages que parents d’élèves et professeurs choqués transmettent à Libération. Dans l’académie de Nancy-Metz, par exemple, les collégiens sont rentrés à la maison munis d’un mot du Principal ainsi rédigé : «Les élèves présents dans l’établissement ne pourront pas observer l’éclipse, ils seront confinés dans les bâtiments. Des pauses seront effectuées dans les classes en remplacement de la récréation. Les cours d’EPS de la matinée se dérouleront en salle vidéo». Rien de tel pour convaincre les enfants ainsi cloîtrés que hors les murs, un rayonnement extraterrestre mortel est en train de décimer la population.

Comment observer l’éclipse à l’école sans danger

Si les inspections académiques ont raison de dire que l’observation du Soleil à l’œil nu est dangereuse, il n’est pas indispensable pour autant d’enfermer tout le monde en salle de classe. Comme ce n’est pas une éclipse totale, la baisse de luminosité ne sera pas assez importante pour qu’on la remarque : les enfants non prévenus ne se rendront même pas compte qu’il se passe quelque chose au-dessus de leur tête ! Aux élèves d’école maternelle, on peut donc choisir de ne rien dire du tout. Pendant qu’ils joueront dans la cour, personne n’aura l’idée saugrenue de se mettre à fixer notre étoile. En plus, ça fait mal aux yeux, et les tout-petits ne sont pas du genre à combattre le réflexe qui les pousse à détourner le regard.

En primaire, au collège et au lycée, il serait vraiment dommage de ne pas profiter de l’occasion pour organiser une observation pédagogique de l’éclipse. Problème : il y a une pénurie de lunettes de protection spéciales éclipse assez généralisée en France (et puis le temps presse). Solutions : plein !

Le sténopé

Il suffit d’observer le soleil indirectement. La méthode la plus simple est la mise en place d’un sténopé, ce procédé vieux comme le monde qui permet de former une image inversée de la réalité en faisant passer les rayons lumineux par un petit trou.

Prenez un morceau de carton, un couvercle de boîte à chaussures ou, encore mieux, une canette en aluminium comme le suggère le bédéblogueur Sylvain Rivaud. Percez-y un trou bien propre à l’aide d’un clou (entre 2 et 3 millimètres de diamètre). Orientez le carton ou le métal vers le Soleil, et fixez-le. Placez une surface unie (comme une feuille) un ou deux mètres plus loin : la forme du Soleil y apparaîtra. Et quand la Lune viendra le grignoter, elle s’amincira en direct !

Mode d’emploi par Sylvain Rivaud.

Et voilà le travail. C’est tout petit, mais on voit bien ! (Photo reedwade, CC BY SA)

NB : ça marche aussi avec les doigts de la main.

La projection

Plus impressionnante, la technique de la projection permet d’obtenir une image nette et précise du Soleil. On utilise pour cela un télescope (et puis quoi encore ?), une lunette astronomique, une longue-vue (pas facile) ou des jumelles (aucune excuse). L’appareil est braqué vers le soleil, et une feuille blanche placée de l’autre côté. Magie, ça marche !

On fera en revanche très attention à ne laisser personne d’autre que le professeur manipuler les jumelles, et qu’aucun enfant ne puisse mettre son œil derrière l’oculaire.

La magie de l’Internet

Si vous tenez vraiment à suer dans une salle de classe alors que Météo France prévoit plutôt du beau temps, il est toujours possible de suivre l’éclipse sur un vidéoprojecteur.

Le site Slooh sera connecté aux îles Féroé (au Sud de l’Islande) d’où l’éclipse sera totale : le direct vidéo commencera à 9h30. A la même heure, les scientifiques du projet Virtual Telescope filmeront et diffuseront eux aussi l’éclipse en direct. Vu les télescopes de compétition qu’ils ont à leur disposition, les images risquent d’être magnifiques (et la vidéo sera sûrement mise en ligne après coup sur YouTube).

Objectif pas de regrets

Si vos enfants rentrent chez eux vendredi sans avoir vu l’éclipse alors que même leur chat s’est offert une observation à domicile grâce aux stores de la fenêtre, ça sera vraiment la honte.

Finalement, les élèves français ont permis d’éclipse
Camille GÉVAUDAN

Libération

19 mars 2015

A CHAUD

Après avoir conseillé aux écoles et collèges de cloîtrer leurs élèves en classe vendredi matin, l’Éducation nationale décide à la dernière minute d’assouplir ses consignes, et d’encourager les classes à observer le phénomène astronomique.

Jamais on n’aurait cru qu’il puisse y avoir autant de rebondissements dans l’histoire d’une éclipse solaire. Après avoir conseillé aux écoles et collèges de cloîtrer leurs élèves en classe, après avoir essuyé la frustration de nombreux parents et professeurs puis été grondée par les syndicats enseignants, voilà que l’Education nationale décide à la dernière minute d’assouplir ses consignes, et d’encourager les classes à observer l’éclipse.

Jusqu’à aujourd’hui, les directives envoyées aux directeurs d’établissement par les inspections académiques étaient alarmistes et anxiogènes. Pour éviter les brûlures de rétine chez les enfants têtus et trop tentés de planter leur regard sur notre étoile, «les élèves seront confinés dans les bâtiments, a-t-on ainsi averti les parents d’élèves dans l’Académie de Nancy-Metz. Des pauses seront effectuées dans les classes en remplacement de la récréation. Les cours d’EPS de la matinée se dérouleront en salle vidéo.» Même dans les crèches, où les bambins sont évidemment trop jeunes pour avoir l’idée d’«observer» le soleil, c’est la panique à bord : «Les rideaux occultants seront baissés partout où les fenêtres sont équipées et en particulier chez les « grands »», prévient-on à Paris.

Bien que prévenue à l’avance du phénomène solaire par de nombreux professeurs enthousiastes, l’Education nationale a clairement été dépassée par la situation. La semaine dernière, il était déjà trop tard pour équiper des dizaines d’élèves en lunettes de protection spéciales. Dans la précipitation et devant l’inquiétude des parents, les services d’éducation régionaux ont donc préféré tout verrouiller pour éviter le moindre risque d’accident.

Mais les parents et instituteurs déçus ont réussi à faire remonter le message : il est parfaitement possible d’observer l’éclipse sans lunettes ! Le SNUipp-FSU, syndicats des professeurs des écoles, a donc envoyé une lettre à la ministre Najat Vallaud-Belkacem en début d’après-midi : «S’il est tout à fait nécessaire d’informer largement sur les mesures de précaution, il est également essentiel d’autoriser l’observation de l’éclipse lorsque celle-ci a été préparée en respectant les règles de sécurité. Nous souhaitons que les directeurs et les équipes enseignantes soient soutenus et épaulés en ce sens. Ils sont des professionnels aptes à mesurer les risques et les intérêts d’une activité pédagogique.»

L’éclipse durera deux heures au total. Il est parfaitement possible, par exemple, de faire sortir les élèves en petits groupes pour qu’ils soient bien surveillés durant les activités d’observation.

Le ministère de l’Education nationale a bien reçu le message, et y a répondu à 18 heures par un communiqué : «Dans le cadre de leurs activités pédagogiques, les écoles et les établissements peuvent organiser l’observation de ce phénomène astronomique exceptionnel en mettant à la disposition des élèves des lunettes portant le marquage CE de conformité ou en utilisant des dispositifs simples et appropriés (sténopés, solarscopes, …). Ces initiatives sont vivement encouragées.»

«Vivement encouragées» : quel retournement de situation ! Ces nouvelles consignes «ont été diffusées à l’ensemble des personnels d’encadrement de l’Éducation nationale» : les écoles se sentant capables d’organiser des activités autour de l’éclipse sont donc désormais officiellement autorisées à le faire. Des explications sur les méthodes d’observation sont disponibles sur Educsol.

Vivement demain !

Voir enfin:

Paignton school pupils banned from watching eclipse outside

BBC

19 March 2015

School children have been banned from watching Friday’s solar eclipse outside over fears they may stare at the sun.

Pupils at Oldway Primary School in Paignton, Devon, will watch inside on televisions or the internet instead.

Head teacher Jane Smythe said she had 700 children to look after and she « could not guarantee that they would not look at the sun ».

Some parents said it was « bizarre », « a shame » and a « missed opportunity » for the pupils.

On Friday, the UK will experience a partial solar eclipse – the moon will pass in front of the sun, blotting out up to 98% of its disc and putting much of the UK into a morning twilight.

‘Potentially blinded’Ms Smythe said: « If parents want to keep their children home to watch the eclipse and then bring them in afterwards that is fine. »

Parent Sophie Bertorelli said: « It’s a bit of a shame having to watch it on a computer. I would have thought they would have maybe supplied some protective glasses. »

But another parent, Fiona Bullman, said: « It’s too much of a risk. You can’t risk 700 children potentially being blinded. Unless there’s one adult to one child, you can’t [risk it]. »

Pupils can arrive late for class if parents want them to watch the eclipse at home, the headteacher said
A spokesman from Devon County Council said: « Obviously the eclipse is timed to start when many children are still on their way to school so we’ll be advising head teachers to tell them not to look at the sun without sufficient protection. »

Torbay Council said it had not sent out any guidance to schools.

The Department for Education said it was a matter for individual schools.

Voir par ailleurs:

Sanction levée pour le professeur suspendu après avoir montré en classe des caricatures
Le Monde.fr avec AFP
22.01.2015

Il n’y aura pas de sanction prise à l’encontre du professeur d’un collège de Mulhouse qui avait été suspendu après un incident avec des élèves, auxquels il avait montré des caricatures de Mahomet. « J’ai décidé qu’il n’y aurait pas de procédure disciplinaire », a déclaré, jeudi 22 janvier, Jacques-Pierre Gougeon, recteur de l’académie de Strasbourg, effectuant une volte-face.

Dans un premier temps, en effet, ce professeur d’arts plastiques du collège François-Villon, situé dans une zone d’éducation prioritaire (ZEP), avait été suspendu pour quatre mois. Il lui était reproché d’avoir fait circuler dans une classe de quatrième des caricatures montrant Mahomet nu, jeudi 8 janvier, au lendemain de l’attentat qui a visé la rédaction de Charlie Hebdo.

Le cours prend alors des allures de joute verbale entre le professeur et quelques collégiens. Dès le lendemain, des parents d’élèves protestent. Une mère d’élève serait venue montrer à la principale de l’établissement un texte échangé entre parents et dans lequel certains « appellent à manifester si le professeur reste là ».

ENSEIGNANT SANCTIONNÉ

Le cours « n’était pas maîtrisé, c’était violent », juge alors le recteur de l’académie, sur la base des témoignages d’une « vingtaine d’élèves ». L’enseignant s’est comporté « sans stratégie pédagogique », renchérit un cadre du rectorat. « Elèves et parents ont été choqués. » La sanction tombe rapidement : quatre mois de suspension. « La décision de le suspendre n’a pas été prise à la légère, explique alors le recteur. C’est une mesure visant à veiller au bon fonctionnement du service public, à protéger la communauté éducative et l’enseignant lui-même. »

La suspension du professeur suscite à son tour une vive émotion parmi ses collègues de la région. Quelque deux cents enseignants se rassemblent, mardi 20 janvier, à Mulhouse devant la sous-préfecture pour manifester leur soutien au professeur, et un appel à la grève est lancé par une intersyndicale pour la journée de vendredi 23 janvier dans toute l’académie.

MENACE DE GRÈVE

Le rectorat prend alors la décision de revenir sur la sanction. Après un rapport remis la veille par deux inspecteurs envoyés à Mulhouse, le rectorat a finalement décidé de lever la sanction. Le recteur a précisé avoir tenu compte du dossier pédagogique du professeur, « un enseignant engagé qui a toujours œuvré dans l’éducation prioritaire ».

« Il y a eu un phénomène d’émotion, mais cela n’implique pas une sanction, ce serait trop », a souligné le recteur, qui adressera, cette fois « une lettre de rappel à la loi » à l’enseignant, soulignant que «  dans un contexte particulier, il faut faire attention aux mots que l’on utilise ».

Le professeur, « à sa demande », ne retournera pas dans son établissement, mais ira enseigner ailleurs. Quant à la grève, elle « n’a plus lieu d’être puisque nous avons obtenu gain de cause », tranche José Pozuelo, secrétaire départemental au SNES-FSU (Syndicat national des enseignements de second degré-Fédération syndicale unitaire). « La raison l’a donc emporté », a commenté le syndicat dans un communiqué, tout en regrettant que « la mise en cause d’un professeur sur une rumeur et la précipitation à lui imputer une faute, sans l’avoir entendu, [aient] conduit à une sorte de scandale public. »


Guerre des sexes: Les transports new-yorkais s’attaquent à la fertilité masculine (Dude, close your legs: From manspreading to infertility spreading ?)

7 janvier, 2015

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https://pbs.twimg.com/media/B6v_v-bCEAAcP5s.jpgLe monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui calomnient le prophète de l’Islam. Barack Obama (président américain, issu d’une minorité opprimée, siège de l’ONU, New York, 26.09.12)
On a vengé le prophète Mohammed ! On a tué Charlie hebdo ! Cherif Kouachi (jeune victime de l’islamophobie, Paris, 07.01.15)
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
Le privilège masculin est aussi un piège et il trouve sa contrepartie dans la tension et la contention permanentes, parfois poussées jusqu’à l’absurde, qu’impose à chaque homme le devoir d’affirmer en toute circonstance sa virilité. (…) Tout concourt ainsi à faire de l’idéal impossible de virilité le principe d’une immense vulnérabilité. C’est elle qui conduit, paradoxalement, à l’investissement, parfois forcené, dans tous les jeux de violence masculins, tels dans nos sociétés les sports, et tout spécialement ceux qui sont les mieux faits pour produire les signes visibles de la masculinité, et pour manifester et aussi éprouver les qualités dites viriles, comme les sports de combat. Pierre Bourdieu
C’est très difficile de se comporter correctement quand on a une jupe. Si vous êtes un homme, imaginez-vous en jupe, plutôt courte, et essayez donc de vous accroupir, de ramasser un objet tombé par terre sans bouger de votre chaise ni écarter les jambes… La jupe, c’est un corset invisible, qui impose une tenue et une retenue, une manière de s’asseoir, de marcher. Elle a finalement la même fonction que la soutane. Revêtir une soutane, cela change vraiment la vie, et pas seulement parce que vous devenez prêtre au regard des autres. Votre statut vous est rappelé en permanence par ce bout de tissu qui vous entrave les jambes, de surcroît une entrave d’allure féminine. Vous ne pouvez pas courir ! Je vois encore les curés de mon enfance qui relevaient leurs jupes pour jouer à la pelote basque. La jupe, c’est une sorte de pense-bête. La plupart des injonctions culturelles sont ainsi destinées à rappeler le système d’opposition (masculin/féminin, droite/gauche, haut/bas, dur/mou…) qui fonde l’ordre social. Des oppositions arbitraires qui finissent par se passer de justification et être enregistrées comme des différences de nature. Par exemple, avec » tiens ton couteau dans la main droite « , se transmet toute la morale de la virilité, où, dans l’opposition entre la droite et la gauche, la droite est » naturellement » le côté de la virtus comme vertu de l’homme (vir). La jupe, ça montre plus qu’un pantalon et c’est difficile à porter justement parce que cela risque de montrer. Voilà toute la contradiction de l’attente sociale envers les femmes : elles doivent être séduisantes et retenues, visibles et invisibles (ou, dans un autre registre, efficaces et discrètes). On a déjà beaucoup glosé sur ce sujet, sur les jeux de la séduction, de l’érotisme, toute l’ambiguïté du montré-caché. La jupe incarne très bien cela. Un short, c’est beaucoup plus simple: ça cache ce que ça cache et ça montre ce que ça montre. La jupe risque toujours de montrer plus que ce qu’elle montre. Il fut un temps où il suffisait d’une cheville entr’aperçue!… Les injonctions en matière de bonne conduite sont particulièrement puissantes parce qu’elles s’adressent d’abord au corps et qu’elles ne passent pas nécessairement par le langage et par la conscience. Les femmes savent sans le savoir que, en adoptant telle ou telle tenue, tel ou tel vêtement, elles s’exposent à être perçues de telle ou telle façon. Le gros problème des rapports entre les sexes aujourd’hui, c’est qu’il y a des contresens, de la part des hommes en particulier, sur ce que veut dire le vêtement des femmes. Beaucoup d’études consacrées aux affaires de viol ont montré que les hommes voient comme des provocations des attitudes qui sont en fait en conformité avec une mode vestimentaire. (…) Les études montrent que, de manière générale, les femmes sont très peu satisfaites de leur corps. Quand on leur demande quelles parties elles aiment le moins, c’est toujours celles qu’elles trouvent trop » grandes » ou trop » grosses » ; les hommes étant au contraire insatisfaits des parties de leur corps qu’ils jugent trop » petites « . Parce qu’il va de soi pour tout le monde que le masculin est grand et fort et le féminin petit et fin. Ajoutez les canons, toujours plus stricts, de la mode et de la diététique, et l’on comprend comment, pour les femmes, le miroir et la balance ont pris la place de l’autel et du prie-dieu. Pierre Bourdieu
À quoi ressemble l’homme idéal ? Il s’épile. Il achète des produits de beauté. Il porte des bijoux. Il rêve d’amour éternel. Il croit dur comme fer aux valeurs féminines. Il préfère le compromis à l’autorité et privilégie le dialogue, la tolérance, plutôt que la lutte. L’homme idéal est une vraie femme. Il a rendu les armes. Le poids entre ses jambes est devenu trop lourd. Certaines féministes se sont emparées de cette vacance du pouvoir, persuadées que l’égalité c’est la similitude.  Aujourd’hui, les jeunes générations ont intégré cette confusion. Les fils ne rêvent que de couple et de féminisation longue durée. Ils ne veulent surtout pas être ce qu’ils sont : des garçons. Tout ce qui relève du masculin est un gros mot. Une tare. Mais la révolte gronde. Les hommes ont une identité à reprendre. Une nouvelle place à conquérir. Pour ne plus jamais dire à leurs enfants : «Tu seras une femme, mon fils. Eric Zemmour
Depuis quelques années, en France, des intellectuels, journalistes, psychologues et militants cherchent à attirer l’attention sur la difficulté d’être un homme, dans une société soi-disant dominée par les femmes en général, et les féministes en particulier. À les écouter, les hommes seraient en perte de repères, et il serait temps de contre-attaquer celles – et parfois ceux – qui ont travaillé au bouleversement de la société traditionnelle : les féministes. C’est la thèse, par exemple, du journaliste Éric Zemmour dans son livre Le Premier Sexe ; de l’énarque psychanalyste Michel Schneider dans son livre Big mother : Psychopathologie de la vie politique, ou encore de l’ex-candidat au poste d’idéologue du Front national, Alain Soral, dans son ouvrage Vers la féminisation ? Ce discours, que nous qualifions de « masculiniste », est, pour beaucoup, un phénomène marginal véhiculé par quelques individus isolés, voire dérangés. Mais à y regarder de plus près, il s’agit bel et bien d’un mouvement idéologique, dynamique en Grande-Bretagne ou au Québec, mais qui s’active également en France. (…) La tactique du masculinisme est, souvent, de récupérer les outils d’analyse et le vocabulaire féministe pour les retourner contre les féministes en dénonçant un système d’oppression imaginaire. Ainsi, le matriarcat aurait désormais remplacé le patriarcat. Ce n’est pas sans faire penser à ces journalistes défenseurs du système capitaliste qui, inversant les rôles, n’ont de cesse de dénoncer « la dictature des syndicats »… Cette mauvaise foi, c’est celle d’un Patrick Guillot, auteur de La Cause des hommes, et pour qui il a suffi qu’une seule femme soit devenue pilote de Concorde, en 2000, pour affirmer que la profession s’était féminisée et que les hommes n’avaient « plus de modèle ». Plus magnanime, Michel Schneider reconnaît que les hommes dominent largement les sphères du pouvoir, mais… qu’ils gouvernent comme des « mères », imposant des « valeurs féminines » à la France. Des héros comme Zidane ne sont plus des modèles masculins parce que, selon Zemmour – qui ne se prive pas de flirter avec l’homophobie –, ils jouent « comme des femmes », avec un esprit d’entraide, et adoptent une esthétique homosexuelle… Pour théoriser la « crise des hommes », les masculinistes développent systématiquement quatre arguments : les filles réussissent mieux à l’école ; des hommes sont également victimes de violences conjugales ; les hommes se suicident plus que les femmes ; et en cas de divorce les tribunaux attribuent généralement la garde des enfants à la mère. Examinons chacun de ces arguments. Primo, si les filles ont tendance à obtenir de meilleurs résultats scolaires, cette donnée fluctue selon les écoles, et les milieux favorisés ne présentent pas ce type d’écart. Dans les écoles qui le sont moins, les filles seraient en moyenne plus studieuses parce qu’elles savent, consciemment ou non, que le marché de l’emploi est généralement bien plus favorable aux hommes. Secundo, les masculinistes brandissent des chiffres selon lesquels les hommes sont autant, sinon davantage, victimes de violence conjugale que les femmes. Ils s’abstiennent toutefois de se pencher sur le contexte des violences conjugales. La violence des hommes est majoritairement plus brutale et répétitive – s’inscrivant dans une logique de pouvoir sur les femmes –, et celle des femmes relève davantage de la défense. Tertio, le taux de suicide des hommes serait plus élevé que celui des femmes. Cette affirmation est, encore une fois, isolée de son contexte. En fait la proportion de tentatives de suicide est quasi la même pour les femmes que pour les hommes même si ces derniers « réussissent » davantage. Et c’est sans compter que d’autres phénomènes de désespoir, comme la dépression, touchent majoritairement les femmes. Quarto, en réalité, dans la grande majorité des cas, les divorces se concluent à l’amiable, et la grande majorité des pères délèguent volontiers à la mère la garde des enfants. Certes, lorsque les tribunaux doivent trancher, les juges attribuent plus souvent la garde des enfants aux mères qu’aux pères, mais c’est bien le patriarcat qui est en cause, la magistrature considérant qu’il est plus « naturel » qu’une femme s’occupe des enfants. Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri
Dès leur plus jeune âge, on apprend aux filles à croiser ou à serrer les jambes alors que les hommes les écartent pour affirmer leur virilité. Sophie Bouchet (Glamour)
Pour faire simple, un homme croisant les jambes est catalogué “efféminé” depuis la petite école ; une femme se tenant les jambes écartées est jugée ou bien “masculine” (vulgaire) ou bien “aguicheuse” (surtout si elle porte une jupe)… Margot Baldassi
Le taux moyen de spermatozoïdes (…) a décliné toute la seconde moitié du XXe siècle, avec en France une accélération dans les années 1970 : en 20 ans, les donneurs de sperme du CECOS de Paris ont perdu — en moyenne — 40 % de leurs spermatozoïdes (− 2,1 %/an) ; le nombre de spermatozoïdes chutant de 89×106/mL de sperme en 1973 à 60×106/mL en 1992. Après ajustement (âge et durée de l’abstinence sexuelle), sur ces 20 ans, chaque nouvelle génération (par année civile de naissance) a perdu 2,6 % des spermatozoïdes de la cohorte née l’année précédente, et le taux de spermatozoïdes mobiles a diminué de 0,3 % par an, et celui des spermatozoïdes de forme normale a diminué de 0,7 %/an. (…)  À ce rythme, en 2070 (dans les pays d’où proviennent les études) toute la population masculine devrait être infertile, et dès 2025, le sperme ne serait plus assez fécondant pour qu’un couple puisse se passer d’une fécondation assistée. Cette tendance ne peut cependant être qu’indicative, car la cause du phénomène est encore mal cernée, et pourrait peut-être avoir été corrigée dans les prochaines décennies, avant un seuil fatal. Wikipedia
La température joue un rôle primordial dans la spermatogenèse.  La cigarette, la cannabis, l’alimentation et le fait d’être assis, ont une incidence. Pour fabriquer des petits soldats, les glandes génitales masculines doivent rester à une température idéale de 22 degrés -voilà pourquoi elles sont à l’extérieur du corps, contrairement aux ovaires chez la femme. A 37 degrés, la spermatogenèse se bloque. Stéphane Droupy (professeur d’urologie, CHU de Nîmes)
There are anecdotal reports that men who wear (Scottish) kilts have better sperm quality and better fertility. But how much is true? Total sperm count and sperm concentration reflect semen quality and male reproductive potential. It has been proven that changes in the scrotal temperature affect spermatogenesis. We can at least affirm that clothing increases the scrotal temperature to an abnormal level that may have a negative effect on spermatogenesis. Thus, it seems plausible that men should wear skirts and avoid trousers, at least during the period during which they plan to conceive children. Methods and results Analysis of literature concerning scrotal temperature and spermatogenesis and fertility. Wearing a Scottish kilt in a traditional (‘regimental’) way may have clear health-related benefits. Kilt wearing likely produces an ideal physiological scrotal environment, which in turn helps maintain normal scrotal temperature, which is known to be beneficial for robust spermatogenesis and good sperm quality. Based on literature on scrotal temperature, spermatogenesis and fertility, the hypothesis that men who regularly wear a kilt during the years in which they wish to procreate will, as a group, have significantly better rates of sperm quality and higher fertility. EJO Kompanjie
A half-hour train ride with legs crossed might raise testicular temperatures, but not long enough to do any harm. Dr. Marc Goldstein (director of the center for male reproductive medicine and microsurgery at New York-Presbyterian Hospital Weill Cornell Medical Center)
You have been taught to grow out, I have been taught to grow in. You learn from our father how to emit, how to produce, to roll each thought off your tongue with confidence. You used to lose your voice every other week from shouting so much. I learned to absorb. I took lessons from our mother in creating space around myself. I learned to read the knots in her forehead while the guys went out for oysters. Lily Myers
Have I ever thought that I’m taking up too much space? Not really. But maybe now I am. Manspreader
Of course, hogging space in a crowded subway car is rude and inconsiderate. But are men really the worst offenders? After years of subway riding, I can say I’ve never noticed this to be the case. Neither have some of my female friends in New York City; others have said that while they’ve noticed male leg-spread, women can be just as bad with purses and shopping bags. In the past year, I’ve tried to watch for subway space-hogging patterns myself. The worst case I saw was a woman sitting at a half turn with her purse next to her, occupying at least two and possibly three seats. Granted it was in a half-empty car, but the same seems to be true in most photos posted by activists to shame « manspreaders. » Incidentally, in some of those photos, you can spot female passengers taking up extra space — sometimes because of the way they cross their legs. Yes, men tend to sit with their legs apart. (Many will tell you it’s an issue of comfort and, well, male anatomy.) I haven’t seen many do so in a way that inconveniences others. Indeed, the supposed offenders in some of the shaming photos are clearly not spreading beyond their own seats. It’s also worth noting that when criticisms of bad subway manners first began to show up on the Internet five years ago, no one seemed particularly exercised about male postures. When street artist Jason Shelowitz (or Jay Shells) surveyed New Yorkers about subway etiquette violations for a series of posters in 2010, nail clipping topped the list, followed by religion and noise pollution. « Physical contact » and disregard of seating priority were also mentioned, but with no regard to gender. The anti-spread campaign has little to do with etiquette. It’s part of a recent surge in a noxious form of feminism — or pseudo feminism — preoccupied with male misbehavior, no matter how trivial. The activists believe that « man-sitting, » as it has also been dubbed, is a matter of male entitlement, display of power or even sexual harassment. That says far more about feminist paranoia than it does about male conduct. This brand of feminism is not about equality; it’s about shaming directed at males, as the subway seating issue makes abundantly clear. Even the word « manspreading, » with its nasty and somewhat obscene overtones, is a gender-based slur. Imagine the reaction if men took photos of inconsiderate women with large purses or shopping bags and posted them with exhortations to « stop the womanspread. » You can bet such activism would not get positive media coverage or a sympathetic response from the MTA. A public service campaign against space-hogging — and other forms of incivility on the subway — would be welcome. Selective male-shaming is not. Stop the bashing, please; it’s a human issue. Cathy Young
I am glad that the government is finally taking action. This is clearly not the kind of thing that could be solved by asking people to scoot over and make room for you to sit down, and I am glad the government is finally doing something about it. Katherine Timpf
I see these guys all the time. Legs spread wide, taking up the space of three or four people, leaning against the train doors and blocking the entrance, stretched out so no one sit next to them. It all plays out like an assertion of male dominance, in which every one of them feels as if they have to claim their territory and their manhood in this public space, even at the discomfort of all the other passengers. Who gives a fuck if you can’t sit, they are men. See their balls. I never thought about the way I sit or stand in public before now. I never felt the need to sit with my legs wider than the shoulders of an NFL linebacker to feel comfortable. When I stand, I sometimes cross my legs. I move to accommodate people. And now I wonder what people see when they look at me doing so. Perhaps they think I’m exceedingly polite. Maybe I’m a docile black man. I may be read as effeminate. I never worried about these things from behind the driver’s seat of a car. But now people can see me, and as much as I want to divorce myself from the idea of there being a proper way to perform masculinity, I find myself burdened with thinking I’m doing it wrong. And this is what our culture does. It takes the most mundane of activities and turns them into performances that are supposed to articulate or worthiness as human beings. When I stand with my legs crossed on a train where people can clearly see me, I’m supposed to feel bad about myself. I’m supposed to adjust into a more “manly” pose, whether no regard for whether it feels natural or comfortable. Apply that to things more important than how one looks riding the subway, and the crisis of masculinity becomes a real, dangerous one that requires our introspection. Mychal Denzel Smith
Research in environmental sciences has found that the ergonomic design of human-made environments influences thought, feeling and action. (…) The first three experiments found that individuals who engaged in expansive postures (either explicitly or inadvertently) were more likely to steal money,cheat on a test, and commit traffic violations in a driving simulation. Results suggested that participants’ self-reported sense of power mediated the link between postural expansiveness and dishonesty. Study 4 revealed that automobiles with more expansive driver’s seats were more likely to be illegally parked on New York City streets. Taken together, results suggest that:(1) environments that expand the body can inadvertently lead us to feel more powerful, and (2) these feelings of power can cause dishonest behavior. Andy J. Yap (MIT)
In groups of men, those with higher status typically assume looser and more relaxed postures; the boss lounges comfortably behind the desk while the applicant sits tense and rigid on the edge of his seat.  Higher-status individuals may touch their subordinates more than they themselves get touched; they initiate more eye contact and are smiled at by their inferiors more than they are observed to smile in return.  What is announced in the comportment of superiors is confidence and ease… Sandra Lee Bartky
Psychologist Andy Yap and his colleagues tested whether “expansive body postures” like the ones associated with masculinity increase people’s sense of powerfulness and entitlement.  They did.  In laboratory experiments, people who were prompted to take up more space were more likely to steal, cheat, and violate traffic laws in a simulation.  A sense of powerfulness, reported by the subjects, mediated the effect (a robust finding that others have documented as well). In a real world test of the theory, they found that large automobiles with greater internal space were more likely than small ones to be illegally parked in New York City.  Lisa Wade
By virtue of being occupied by both men and women, space is inherently gendered. The way women and men interact is guided by norms and scripts that steer our behavior in a way that is so powerful that it is often unconscious. Research shows that when in public, women tend to occupy less space, holding legs closer together and keeping their arms closer to their bodies. Men on the other hand are more likely to have their legs spread at a 10- to 15-degree angle and keep their arms 5 to 10 degrees away from their bodies. But this isn’t just about space. Researchers have found that taking expansive body postures doesn’t just make people feel more entitled, it also makes them more likely to steal, cheat and fail to respect traffic laws. So manspreading can breed bigger problems than just crowded subway cars: It reinforces attitudes and behaviors that are harmful for society as a whole. Elizabeth Plank

Et après on s’étonne de la baisse de fertilité des hommes !

En ces temps étranges, entre marche des salopes et bataille des toilettes, de mariage et de gestation assistée pour tous mais aussi d’euthanasie peut-être bientôt remboursée par la Sécurité sociale …

Pendant qu’entre polluants, sédentarisation, vêtements et sous-vêtements serrés voire ordinateurs portables, la baisse de la fertilité masculine des pays riches depuis 50 ans pourrait à terme rendre nécessaire la fécondation assistée, poussant déjà certains à prôner pour les hommes le retour  de cette conquête sociale devenue désormais corset invisible pour les femmes …

Et que longtemps tolérée voire encouragée quand il s’agissait d‘Israël, la barbarie islamiste atteint à présent nos propres rues

Comment à l’heure où le métro de New York lance une campagne de sensibilisation contre les incivilités et notamment l’étalement masculin (pardon: le « manspreading »)  …

Ne pas voir la grandeur d’une société occidentale en voie de mondialisation toujours plus soucieuse du plus faible

Mais aussi les dérives victimaires de ces idées chrétiennes devenues folles dont Chesterton parlait déjà au siècle dernier ?

« Manspreading »: une campagne de sensibilisation dans les transports new-yorkais s’attaque aux incivilités masculines
Morgane Fabre-Bouvier
Le HuffPost
23/12/2014

SOCIÉTÉ- Le vendredi 19 décembre, la Metropolitan Transportation Authority de New-York, l’équivalent de la RATP parisienne ou de la RTM marseillaise, a dévoilé les visuels de sa nouvelle campagne « courtesy counts », soit « l’importance de la courtoisie ». La campagne entend éduquer les voyageurs et combattre l’incivilité. En ligne de mire ceux qui mangent dans les rames de métro, les porteurs de sacs à dos à l’heure de pointe, mais surtout les « manspreaders », ces usagers qui se rendent coupables de « man-spreading ».

Le man-spreading ? C’est le fameux Urban Dictionnary, le dictionnaire en ligne des mots argotiques anglophones, qui popularise le terme. « Lorsqu’un mec s’assoit en étalant ses jambes au maximum, avec la forme d’un V » peut-on lire sur le site. Le terme dénonce ces hommes envahissants qui s’assoient en écartant les jambes, prenant parfois l’équivalent de deux places dans les trains, métros ou bus, souvent au détriment de leurs voisines.

En France, le terme apparaît pour la première en 2013, lorsque le succès du Tumblr Men taking up too much space on the train (ces hommes qui prennent trop de place dans le métro) traverse l’Atlantique. Sur le site du Monde, un billet de blog affirmait déjà à l’époque: « Constatée dans le ‘subway’ de New York, la domination masculine sur les bancs du métro est également avérée à Paris, voire dans les trains du quotidien, en France’.

De fait, sur internet, les témoignages, photos et articles sur le sujet affluent. Dans Glamour, on peut lire: « Dès leur plus jeune âge, on apprend aux filles à croiser ou à serrer les jambes alors que les hommes les écartent pour affirmer leur virilité ». Le débat se poursuit sur Twitter. Le blog pop-up urbain résume : « Pour faire simple, un homme croisant les jambes est catalogué ‘efféminé’ depuis la petite école; une femme se tenant les jambes écartées est jugée ‘masculine’ (vulgaire) ou bien ‘aguicheuse’ (surtout si elle porte une jupe) « .

Sur Kombini, on essaye tant bien que mal d’avancer des explications : « la tendance masculine à écarter les cuisses en position assise relève avant tout d’un réflexe physiologique », tente l’auteur. « Mon grand, je doute que ton sexe soit si énorme qu’il ait besoin de sa propre banquette » réplique le blog féministe Jezebel. Sur le tumblr Saving room for cats (je garde la place pour des chats) des internautes photoshopent des chats entre les jambes des « manspreaders ».

Libérer la parole

Avec cette campagne de publicité, la Metropolitan Transportation Authority tente avant tout d’ouvrir le débat. « Il va sans dire que l’objectif de cet exercice n’est pas de bêtement pointer du doigt les manspreaders », peut-on lire sur le site Distractify. « Il s’agit d’ouvrir le dialogue et d’essayer de comprendre pourquoi quelque chose d’aussi énervant continue d’exister », poursuit l’auteur.

Lorsque la journaliste Lauren Evans part à la rencontre des manspreaders du métro new-yorkais, nombreux sont ceux qui affirment ne tout simplement pas se rendre compte que leur position est gênante (vidéo en anglais)…

Quel effet pour cette campagne ? Le métro new-yorkais ne prévoit aucune sanction pour les contrevenants. Dans le New-York Times, la majorité des hommes abordés semble prendre la question à la légère. Interrogé, un jeune homme de 20 ans répond « je ne vais pas croiser mes jambes comme le font les femmes. Je vais continuer de m’asseoir de la façon dont je veux ».

Dans le même article toutefois, une jeune femme affirme que grâce à ces affiches, elle a enfin l’impression d’être prise au sérieux et d’avoir l’autorité de son côté. « De cette façon, j’oserai davantage demander à ces hommes de me faire de la place » explique-t-elle. De fait, les langues se délient progressivement autour du problème. Au Japon, des affiches representant les « manspreaders » en envahisseur venus de l’espace pullulent dans le métro. En Turquie, une organisation féministe a lancé en Février un mouvement sur les réseaux sociaux pour inciter les hommes à laisser de la place aux femmes dans les transports en commun.

Voir aussi:

N.Y. / Region
A Scourge Is Spreading. M.T.A.’s Cure? Dude, Close Your Legs.
‘Manspreading’ on New York Subways Is Target of New M.T.A. Campaign
Emma G. Fitzimmons
NYT

Dec. 20, 2014

It is the bane of many female subway riders. It is a scourge tracked on blogs and on Twitter.

And it has a name almost as distasteful as the practice itself.

It is manspreading, the lay-it-all-out sitting style that more than a few men see as their inalienable underground right.

Now passengers who consider such inelegant male posture as infringing on their sensibilities — not to mention their share of subway space — have a new ally: the Metropolitan Transportation Authority.

Taking on manspreading for the first time, the authority is set to unveil public service ads that encourage men to share a little less of themselves in the city’s ever-crowded subways cars.

The targets of the campaign, those men who spread their legs wide, into a sort of V-shaped slouch, effectively occupying two, sometimes even three, seats are not hard to find. Whether they will heed the new ads is another question.

Riding the F train from Brooklyn to Manhattan on a recent afternoon, Fabio Panceiro, 20, was unapologetic about sitting with his legs spread apart.
Manspreading in action. The Metropolitan Transportation Authority will address the practice as part a new ad campaign. Credit Hiroko Masuike/The New York Times
“I’m not going to cross my legs like ladies do,” he said. “I’m going to sit how I want to sit.”

And what if Mr. Panceiro, an administrative assistant from Los Angeles, saw posters on the train asking him to close his legs? “I’d just laugh at the ad and hope that someone graffitis over it,” he said.

For Kelley Rae O’Donnell, an actress who confronts manspreaders and tweets photos of them, her solitary shaming campaign now has the high-powered help of the transportation authority, whose ads will be plastered inside subway cars.

“It drives me crazy,” she said of men who spread their legs. “I find myself glaring at them because it just seems so inconsiderate in this really crowded city.”

When Ms. O’Donnell, who lives in Brooklyn and is in her 30s, asks men to move, she said, they rarely seem chastened: “I usually get grumbling or a complete refusal.”

Kelley Rae O’Donnell, who confronts manspreaders and posts their photos online, captured an image of one on a train this month. Credit Hiroko Masuike/The New York Times
The new ads — aimed at curbing rude behavior like manspreading and wearing large backpacks on crowded trains — are set to go up in the subways next month. They will all carry the slogan, “Courtesy Counts: Manners Make a Better Ride.”

One of the posters is likely to be especially welcome to women — as well as to men who frown on manspreading: “Dude… Stop the Spread, Please” reads the caption next to an image of riders forced to stand as a man nearby sits so that he takes up two seats.

The campaign is the latest in a long line of courtesy-themed crusades by the authority going back to at least the 1940s. One such ad urged women annoyed by impolite male riders to, “Hit Him Again Lady, We Don’t Like Door-Blockers Either.”

The new ads come as more riders are crowding onto the subways than at any time in recent history. In 2014, the system logged as many as 6.1 million riders on a single day, up from just under 5.1 million riders on the busiest day a decade ago. The city’s population, meanwhile, has swelled to more than 8.4 million people, pushing everyone closer and closer.

With crime no longer rampant on the subway, the campaign is the latest sign that other unwelcome behavior is getting attention.

A poster taking aim at the practice of manspreading is part of a new civility-themed campaign by the Metropolitan Transportation Authority. Credit Metropolitan Transportation Authority.
Several blogs regularly highlight instances of manspreading where knees stretch several feet apart. On some sites, images of large objects like the Death Star from “Star Wars” have been added with Photoshop into the space between the splayed legs. While there are women who take up more than their share of space, the offenders are usually men.

One admitted manspreader, John Hubbard, sat with his legs wide apart on an F train as it traveled through Manhattan recently.

“It’s more comfortable,” he said with a shrug.

Mr. Hubbard, 45, an engineer who lives in New Jersey, said he might move his leg, but not for just anyone. For an older person, he would. And for an attractive woman, he said, he definitely would.

Sherod Luscombe shook his head when he saw two men sitting with their legs spread on another train, taking up three seats between them. Mr. Luscombe, 58, a clinical social worker, said he thought the men should move, but he was not about to confront them.

“I’m not going to say, ‘Bro, there is a lady standing up right there. Cross your legs, young man,’ ” he said.

Women have theories about why some men sit this way. Some believe it is just a matter of comfort and may not even be intentional. Others consider it an assertion of power, or worse.

Bridget Ellsworth, a 28-year-old music teacher, views manspreading as sexual harassment because some men engage in it near her even when the subway car is not packed.

“They could move over and spread out their legs all they want,” she said, “but they’re squeezing next to me and doing it.”

For men who think that sitting with their legs spread is socially acceptable, manners experts say it is not. Peter Post, the author of the book “Essential Manners for Men” and great-grandson of etiquette guru Emily Post, said the proper way for men to sit is with their legs parallel rather than in a V-shape.

“I’m baffled by people who do that kind of thing, who take other people’s space,” he said.

Olof Hansson, a director of the Manhattan men’s spa John Allan’s, put it more succinctly. “A true gentleman doesn’t sit on the subway, he stands.”

As for men who may worry that crossing their legs could hurt their virility, doctors say there is nothing to fear. A half-hour train ride with legs crossed might raise testicular temperatures, but not long enough to do any harm, said Dr. Marc Goldstein, director of the center for male reproductive medicine and microsurgery at NewYork-Presbyterian Hospital Weill Cornell Medical Center.

Philadelphia has a new etiquette campaign, too, with posters that say, “Dude It’s Rude… Two Seats — Really?”

But Kristin Geiger, a spokeswoman for the Southeastern Pennsylvania Transportation Authority, said the campaign in the City of Brotherly Love is aimed at passengers with bags on seats, not people spreading their legs too far apart. Manspreading, she said, may be a “localized” problem in New York. “I don’t know of any complaints that have come through customer service about manspreading,” she said. Transit officials in Chicago and Washington said the phenomenon is not a major concern for riders in those cities either.

In New York, the transportation authority went back and forth about what tone to take when tackling the topic, said Paul Fleuranges, the authority’s senior director for corporate and internal communications. Officials knew it could be ripe for parody on late night television and did not want their approach to be too snarky. But Mr. Fleuranges said he knew that the ads had to speak directly to the spreaders.

“I had them add the dude part,” he said, “because I think, ‘Dude, really?’ « 

Voir également:

Why ‘Manspreading’ Is Definitely a Serious Issue, as Explained by the Feminist Internet
The government should maybe do even more.

Katherine Timpf

National review online

January 6, 2015

You might not think that it’s appropriate for the government to launch a campaign telling men how to sit on the subway. Well guess what? You’re wrong.

If you “manspread” on the subway (which, by the way, means to sit with your legs apart, in case you are a fixture of the patriarchy who doesn’t educate himself on important women’s issues), you are doing so much more than taking up space.

Here’s what’s really going on with manspreading, as explained by some of the bright, forward-thinking minds on the Feminist Internet:

1. Manspreading is saying, “Who gives a fuck if you can’t sit, [we] are men. See [our] balls.”

This is as explained by a man, Mychal Denzel Smith, for the blog Feministing. (Finally a man courageous enough to cue the rest of the world in to the secret language of the subway brotherhood!)

2. Manspreading is “an assertion of male dominance,” and “every one” of the manspreaders does it because he feels like he has to “claim [his] territory and [his] manhood in this public space, even at the discomfort of all the other passengers.”

Another great point by Smith. Who, by the way, also wrote: “When I stand, I sometimes cross my legs.” Sexy, sexy, sexy! Amirite ladies?!

3. “Let’s talk about these f***ing guys for a second because they’re f***ing everywhere. The MTA is full of them.”

Madeleine Davies of Jezebel really makes a great point here. In her brilliant piece, titled “F*** You, Dudes Who Sit With Their Legs Spread So Wide That They Take Up Two Seats,” Davies explains that it’s not just like two or three dudes who sit this way. Seeing as literally millions of people ride the subway every day, I might have been able to use context clues to figure out that probably there are a lot of people doing this, but she deserves praise for putting it so eloquently.

4. “There is no worse, man-centric behavior than manspreading on the subway.”

Seriously — Brian Moylan is totally right. There is nothing worse than manspreading. I would much rather be sneezed on or purposely verbally sexually harassed. I wonder if he crosses his legs when he stands the way Smith does. If so, there are wayyyyy more sexy men in NYC than I thought!

See, it’s so much worse than just being rude. It’s the patriarchy. I’m pretty angry that the MTA campaign will also cover people taking up space with backpacks and stuff as if it’s even close to the same thing. Stupid idiot female traitors like Cathy Young, who wrote a piece called “‘Manspreading’? But Women Hog Subway Space, Too,” don’t help. But I guess some people just don’t get it. Manspreading is nothing like when I sometimes come on the train with a giant backpack, because my backpack does not metaphorically spit on your face for your gender.

I am glad that the government is finally taking action. This is clearly not the kind of thing that could be solved by asking people to scoot over and make room for you to sit down, and I am glad the government is finally doing something about it.

— Katherine Timpf is a reporter at National Review Online.

Voir encore:

‘Manspreading’? But women hog subway space, too

Cathy Young

Newsday

January 5, 2015

As we enter 2015, the latest feminist crusade seems to come straight from the life-imitates-satire department. It has everything one could want in a caricature of feminism: petty grievances, gleeful male-bashing, egregious double standards. And it also seems to have the official blessing of the Metropolitan Transportation Authority. It’s the war on « manspreading, » the male habit of sitting with legs apart and (supposedly) taking up too much space on the subway.

Gripes about this alleged offense have been cropping up on feminist blogs for a couple of years. Now it is the target of a new public service ad campaign. MTA posters will show a figure seated with wide-open legs next to two standing passengers, with the tagline, « Dude . . . Stop the spread, please. It’s a space issue. »

Of course, hogging space in a crowded subway car is rude and inconsiderate. But are men really the worst offenders? After years of subway riding, I can say I’ve never noticed this to be the case. Neither have some of my female friends in New York City; others have said that while they’ve noticed male leg-spread, women can be just as bad with purses and shopping bags.
CartoonMatt Davies’ latest cartoon: ‘Broken windows’

In the past year, I’ve tried to watch for subway space-hogging patterns myself. The worst case I saw was a woman sitting at a half turn with her purse next to her, occupying at least two and possibly three seats. Granted it was in a half-empty car, but the same seems to be true in most photos posted by activists to shame « manspreaders. » Incidentally, in some of those photos, you can spot female passengers taking up extra space — sometimes because of the way they cross their legs.

Yes, men tend to sit with their legs apart. (Many will tell you it’s an issue of comfort and, well, male anatomy.) I haven’t seen many do so in a way that inconveniences others. Indeed, the supposed offenders in some of the shaming photos are clearly not spreading beyond their own seats. It’s also worth noting that when criticisms of bad subway manners first began to show up on the Internet five years ago, no one seemed particularly exercised about male postures. When street artist Jason Shelowitz (or Jay Shells) surveyed New Yorkers about subway etiquette violations for a series of posters in 2010, nail clipping topped the list, followed by religion and noise pollution. « Physical contact » and disregard of seating priority were also mentioned, but with no regard to gender.

The anti-spread campaign has little to do with etiquette. It’s part of a recent surge in a noxious form of feminism — or pseudo feminism — preoccupied with male misbehavior, no matter how trivial. The activists believe that « man-sitting, » as it has also been dubbed, is a matter of male entitlement, display of power or even sexual harassment. That says far more about feminist paranoia than it does about male conduct.

This brand of feminism is not about equality; it’s about shaming directed at males, as the subway seating issue makes abundantly clear. Even the word « manspreading, » with its nasty and somewhat obscene overtones, is a gender-based slur. Imagine the reaction if men took photos of inconsiderate women with large purses or shopping bags and posted them with exhortations to « stop the womanspread. » You can bet such activism would not get positive media coverage or a sympathetic response from the MTA.

A public service campaign against space-hogging — and other forms of incivility on the subway — would be welcome. Selective male-shaming is not. Stop the bashing, please; it’s a human issue.

Voir de plus:

Shrinking Women
Lily Myers
2013

Across from me at the kitchen table, my mother smiles over red wine that she drinks out of a measuring glass.
She says she doesn’t deprive herself,
but I’ve learned to find nuance in every movement of her fork.
In every crinkle in her brow as she offers me the uneaten pieces on her plate.
I’ve realized she only eats dinner when I suggest it.
I wonder what she does when I’m not there to do so.

Maybe this is why my house feels bigger each time I return; it’s proportional.
As she shrinks the space around her seems increasingly vast.
She wanes while my father waxes. His stomach has grown round with wine, late nights, oysters, poetry. A new girlfriend who was overweight as a teenager, but my dad reports that now she’s « crazy about fruit. »

It was the same with his parents;
as my grandmother became frail and angular her husband swelled to red round cheeks, round stomach,
and I wonder if my lineage is one of women shrinking,
making space for the entrance of men into their lives,
not knowing how to fill it back up once they leave.

I have been taught accommodation.
My brother never thinks before he speaks.
I have been taught to filter.
« How can anyone have a relationship to food? » he asks, laughing, as I eat the black bean soup I chose for its lack of carbs.
I want to say: we come from difference, Jonas,
you have been taught to grow out,
I have been taught to grow in.
You learned from our father how to emit, how to produce, to roll each thought off your tongue with confidence, you used to lose your voice every other week from shouting so much.
I learned to absorb.
I took lessons from our mother in creating space around myself.
I learned to read the knots in her forehead while the guys went out for oysters,
and I never meant to replicate her, but
spend enough time sitting across from someone and you pick up their habits-

that’s why women in my family have been shrinking for decades.
We all learned it from each other, the way each generation taught the next how to knit,
weaving silence in between the threads
which I can still feel as I walk through this ever-growing house,
skin itching,
picking up all the habits my mother has unwittingly dropped like bits of crumpled paper from her pocket on her countless trips from bedroom to kitchen to bedroom again.
Nights I hear her creep down to eat plain yogurt in the dark, a fugitive stealing calories to which she does not feel entitled.
Deciding how many bites is too many.
How much space she deserves to occupy.

Watching the struggle I either mimic or hate her,
And I don’t want to do either anymore,
but the burden of this house has followed me across the country.
I asked five questions in genetics class today and all of them started with the word « sorry. »
I don’t know the requirements for the sociology major because I spent the entire meeting deciding whether or not I could have another piece of pizza,
a circular obsession I never wanted, but

inheritance is accidental,
still staring at me with wine-soaked lips from across the kitchen table.

Voir par ailleurs:

Les sous-vêtements ont-ils un impact sur la fertilité masculine?
Anaïs Giroux
L’Express
26/04/2013

Alors qu’une récente étude prône l’absence de sous-vêtements pour favoriser la fertilité, Stéphane Droupy, professeur d’urologie, nous explique le réel impact des slips et des caleçons sur la fecondité masculine.

Des sous-vêtements trop serrés peuvent-ils réellement nuire à la production de spermatozoïdes?

Le port du kilt favoriserait la fertilité, affirme une étude publiée le 24 avril 2013 dans une revue scientifique… écossaise. Tiens donc. Derrière le trait d’humour, les chercheurs avancent néanmoins que les sous-vêtements et pantalons serrés nuiraient à la production de spermatozoïdes en tenant les testicules trop au chaud. « La température joue un rôle primordial dans la spermatogenèse », confirme Stéphane Droupy, professeur d’urologie au CHU de Nîmes.

La cigarette, la cannabis, l’alimentation et le fait d’être assis, ont une incidence
Pour fabriquer des petits soldats, les glandes génitales masculines doivent rester à une température idéale de 22 degrés, explique Pr Droupy -voilà pourquoi elles sont à l’extérieur du corps, contrairement aux ovaires chez la femme. « A 37 degrés, la spermatogenèse se bloque, poursuit le spécialiste. Certains chercheurs ont donc proposé comme méthodes de contraception le port d’un slip chauffant ou des opérations pour rentrer les testicules à l’intérieur du corps en les faisant remonter dans le canal inguinal. »

Les sous-vêtements n’ont aucun impact sur la fertilité
Entre ce genre d’intervention et le fait d’être à l’étroit du paquet, il y a une marge. Boxer, slip ou caleçon, le type de sous-vêtement n’a donc aucune incidence réelle sur votre futur de papa -« à moins d’être en fourrure, et encore », plaisante l’urologue. La cigarette, le cannabis, l’alimentation et le fait d’être assis sur une longue durée ont en revanche un impact scientifiquement prouvé. Parmi ses patients traités pour des problèmes de fertilité, Stéphane Droupy compte notamment des chauffeurs routiers, qui passent le plus clair de leur temps assis au volant de leur véhicule.

Le boxer plébiscité par les hommes
Coupes ou matières, vous êtes donc libre de choisir ce qui vous sied le mieux. En gardant peut-être en tête que, comme le rappelle avec humour le professeur, « pour faire des enfants, la première étape reste de trouver une partenaire. » Sur les forums comme au sein de la rédaction du site de L’Express, le boxer moulant de couleur sobre fait presque l’unanimité.
Le slip, boudé par tous
Message reçu pour 57% des hommes qui en portent d’ailleurs quotidiennement, selon un sondage de Kantar Worldpanel réalisé à l’occasion du salon de la lingerie 2011. Si le caleçon est apprecié par la gent masculine pour son confort, le slip, quant à lui, ne fait plus rêver personne. Il faut croire que Jean-Claude Dusse dans Les Bronzés ou encore Gros Dégueulasse, héros de la bande-dessinée de Reiser qui porte parfaitement son nom, ont réussi à ternir sa réputation à jamais.

L’urologue Stéphane Droupy est responsable d’andrologie et de médecine sexuelle de l’Association Française d’Urologie.

Voir de plus:

Renouveau de l’antiféminisme : L’éclosion du phénomène « masculiniste »
Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri
Alternative libertaire
3 octobre 2008

De ce côté-ci de l’Atlantique, on ne les prend pas vraiment au sérieux. Pourtant, l’expérience nord-américaine montre que les provocations d’un énergumène comme Eric Zemmour ou d’un plumitif aigri comme Alain Soral peuvent être les signes avant-coureurs d’une vague antiféministe plus large.

Depuis quelques années, en France, des intellectuels, journalistes, psychologues et militants cherchent à attirer l’attention sur la difficulté d’être un homme, dans une société soi-disant dominée par les femmes en général, et les féministes en particulier. À les écouter, les hommes seraient en perte de repères, et il serait temps de contre-attaquer celles – et parfois ceux – qui ont travaillé au bouleversement de la société traditionnelle : les féministes. C’est la thèse, par exemple, du journaliste Éric Zemmour dans son livre Le Premier Sexe ; de l’énarque psychanalyste Michel Schneider dans son livre Big mother : Psychopathologie de la vie politique, ou encore de l’ex-candidat au poste d’idéologue du Front national, Alain Soral, dans son ouvrage Vers la féminisation ?

Ce discours, que nous qualifions de « masculiniste », est, pour beaucoup, un phénomène marginal véhiculé par quelques individus isolés, voire dérangés. Mais à y regarder de plus près, il s’agit bel et bien d’un mouvement idéologique, dynamique en Grande-Bretagne ou au Québec, mais qui s’active également en France.

Actions spectaculaires
Comme tout mouvement social, le masculinisme adopte différentes stratégies et tactiques pour promouvoir « la cause des hommes » : lobbying et dépôt de mémoires en commissions parlementaires, publication de livres, création de sites web et réseautage sur Internet, activisme juridique et actions directes. Au Québec, c’est le mouvement masculiniste qui a réussi les actions de perturbation les plus spectaculaires ces dernières années. En septembre 2005, par exemple, un militant a escaladé la structure du pont Jacques-Cartier, à Montréal pour bloquer la voie rapide et attirer l’attention sur la prétendue « crise des hommes ».

Une étude menée auprès d’environ 80 groupes de femmes au Québec (maisons d’hébergement, comités de femmes de quartier, etc.) a révélé que près de la moitié ont été la cibles de menaces diverses, allant de coups de fil anonymes à des courriels haineux, en passant par des intimidations physiques, de la part de militants masculinistes ou, à tout le moins, antiféministes.

En plus des intellectuels et des militants radicaux de groupes de pères qui mènent des actions chocs, comme Fathers for Justice (F4J), le mouvement masculiniste peut compter sur le relais de certains éditorialistes, de professeurs d’université, de professionnels de la santé, de députés et même de militants de gauche et d’extrême gauche qui reprennent leur discours selon lequel le féminisme serait « allé trop loin ».

Inversion des rôles
La tactique du masculinisme est, souvent, de récupérer les outils d’analyse et le vocabulaire féministe pour les retourner contre les féministes en dénonçant un système d’oppression imaginaire. Ainsi, le matriarcat aurait désormais remplacé le patriarcat. Ce n’est pas sans faire penser à ces journalistes défenseurs du système capitaliste qui, inversant les rôles, n’ont de cesse de dénoncer « la dictature des syndicats »…

Cette mauvaise foi, c’est celle d’un Patrick Guillot, auteur de La Cause des hommes, et pour qui il a suffi qu’une seule femme soit devenue pilote de Concorde, en 2000, pour affirmer que la profession s’était féminisée et que les hommes n’avaient « plus de modèle ». Plus magnanime, Michel Schneider reconnaît que les hommes dominent largement les sphères du pouvoir, mais… qu’ils gouvernent comme des « mères », imposant des « valeurs féminines » à la France. Des héros comme Zidane ne sont plus des modèles masculins parce que, selon Zemmour – qui ne se prive pas de flirter avec l’homophobie –, ils jouent « comme des femmes », avec un esprit d’entraide, et adoptent une esthétique homosexuelle…

Quatre arguments structurants
Pour théoriser la « crise des hommes », les masculinistes développent systématiquement quatre arguments : les filles réussissent mieux à l’école ; des hommes sont également victimes de violences conjugales ; les hommes se suicident plus que les femmes ; et en cas de divorce les tribunaux attribuent généralement la garde des enfants à la mère. Examinons chacun de ces arguments.

Primo, si les filles ont tendance à obtenir de meilleurs résultats scolaires, cette donnée fluctue selon les écoles, et les milieux favorisés ne présentent pas ce type d’écart. Dans les écoles qui le sont moins, les filles seraient en moyenne plus studieuses parce qu’elles savent, consciemment ou non, que le marché de l’emploi est généralement bien plus favorable aux hommes.

Secundo, les masculinistes brandissent des chiffres selon lesquels les hommes sont autant, sinon davantage, victimes de violence conjugale que les femmes. Ils s’abstiennent toutefois de se pencher sur le contexte des violences conjugales. La violence des hommes est majoritairement plus brutale et répétitive – s’inscrivant dans une logique de pouvoir sur les femmes –, et celle des femmes relève davantage de la défense.

Tertio, le taux de suicide des hommes serait plus élevé que celui des femmes. Cette affirmation est, encore une fois, isolée de son contexte. En fait la proportion de tentatives de suicide est quasi la même pour les femmes que pour les hommes même si ces derniers « réussissent » davantage. Et c’est sans compter que d’autres phénomènes de désespoir, comme la dépression, touchent majoritairement les femmes.

Quarto, en réalité, dans la grande majorité des cas, les divorces se concluent à l’amiable, et la grande majorité des pères délèguent volontiers à la mère la garde des enfants. Certes, lorsque les tribunaux doivent trancher, les juges attribuent plus souvent la garde des enfants aux mères qu’aux pères, mais c’est bien le patriarcat qui est en cause, la magistrature considérant qu’il est plus « naturel » qu’une femme s’occupe des enfants.

En somme, le masculinisme constitue une menace pour les femmes et pour le mouvement féministe qui, en plus de lutter contre le patriarcat, doit se défendre des violences diverses à son endroit.

• Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri ont dirigé l’ouvrage Le Mouvement masculiniste au Québec, l’antiféminisme démasqué, 264 pages, Remue-ménage, 2008.
Plus d’information sur la toile :
deux analyses de E. Morraletat, de la Nefac (communistes libertaires canadiens) : « Qui sont les masculinistes ? » et « Masculinisme : ressac identitaire patriarcal » sur http://www.nefac.net.
un dossier très complet sur http://www.arte-tv.com/masculinisme.
d’Hélène Palma, « La percée de la mouvance masculiniste en Occident » sur http://sisyphe.org.

Et sur papier :
Susan Falludi, Backlash, La guerre froide contre les femmes, éditions Des femmes, 1993, 576 pages, 37 euros.
Dorain Dozolme, Maud Gelly, « L’offensive masculiniste », in Femmes, genre, féminisme , Syllepse, 2007, 120 pages, 7 euros.
Patrizia Romito, Un silence de mortes : la violence masculine occultée, Syllepse, 2006, 298 pages, 25 euros.

Voir enfin:

Eric Zemmour, le « suicide français » et la haine des femmes
Martine Storti
Mediapart
24 octobre 2014

Ce sont les pages sur le régime de Vichy qui ont suscité la majeure partie des critiques faites au dernier livre d’Eric Zemmour, Le suicide français. Et à juste titre beaucoup ont pris la parole et la plume pour rappeler ce qu’il convenait, à savoir que, contrairement à ce qu’affirme Zemmour, c’est bien le régime pétainiste qui a envoyé des Juifs de France et des Juifs français dans les camps de la mort.
Cette réhabilitation de Vichy n’est pas un accident ou bien une provocation collatérale, elle est en cohérence avec le reste du livre. En effet rendre Vichy responsable, c’est rendre la France responsable, donc la salir, donc contribuer à la détruire. Et tel est bien l’enjeu de ce gros livre : dresser la liste de tous les responsables de « la mort de la France ».
Certes, pour Eric Zemmour le déclin de la France remonte à bien des décennies, quasiment deux siècles puisqu’il a commencé avec la défaite de Waterloo et la fin du Premier empire. Déclin car la France n’est vraiment elle-même que si elle est impériale, non pas à travers un empire colonial ou une domination par la culture et par la langue, mais seulement comme une puissance dominante en Europe, et même de préférence dominante de l’Europe, la « grandeur de la France se confondant avec la gloire de ses armées ».

Si le déclin de la France a commencé avec Waterloo, il s’accélère, selon Eric Zemmour, avec mai 68 et les décennies qui suivent cet épouvantable évènement, réduit, soit dit en passant, à quelques slogans et aux « enragés » alors qu’il s’est agi d’une très grande et très longue grève ouvrière, une grève faite par ce « peuple » que Zemmour prétend tellement aimer et tellement défendre. Il est vrai que pour lui, le « peuple » – on a la précision à la page 525 du livre – se compose aujourd’hui plutôt des « bonnets rouges bretons » et des « manifestants contre le mariage pour tous ».

Le puzzle zemmourien du « suicide français » comprend de nombreuses pièces : la mondialisation libérale, le capitalisme financiarisé, l’Europe bruxelloise, l’euro, l’Angleterre, l’Allemagne forcément « hégémonique », les USA, les anglo-saxons, les protestants, mais aussi mai 68, les gauchistes, la gauche (mais pas les communistes qui ont eu le courage de défendre le « produire français » et la nation française), la droite (de l’extrême droite rien n’est dit), le centre, les antiracistes, les différents communautarismes, surtout juif et musulman, les écologistes, les homosexuels, les technocrates, les bobos, les immigrés, les féministes, j’en oublie sûrement, forcément le livre fait plus de 500 pages !

Comme Zemmour fait feu de tout bois, pioche chez les uns et les autres, s’en prend à beaucoup et aborde de nombreux sujets, il est possible de trouver telle ou telle partie de l’exercice pertinente et juste. Mais c’est l’ensemble, le systématisme du réquisitoire qui fait problème, tout se passant en effet comme si les nombreux responsables énoncés ci-dessus étaient les multiples composantes d’un vaste complot visant à détruire la France, multiples composantes alliées les unes aux autres, complémentaires les unes des autres. J’ajoute que dans le logiciel de Zemmour, pas de place pour la nuance, la complexité, la reconnaissance qu’il peut y avoir, au sein de tel ou tel courant de pensée, de tel ou tel mouvement des différences, des divergences, des désaccords. Non, il faut s’en tenir au global, et même globaliser à outrance, les partisans de l’Europe par exemple étant forcément tous complices de la dérive libérale, les soixanthuitards pensant forcément tous la même chose, les antiracistes aussi, les bobos aussi, eux qui d’ailleurs habitent, n’est-ce pas, les mêmes quartiers (c’est-à-dire sous la plume de Zemmour aussi bien, pour les parisiens, le Marais que Belleville, comme si le prix de l’immobilier y était le même !).

Il serait trop long de passer en revue dans cet article toutes les pièces du puzzle, je m’en tiens à l’une d’entre elles, parce qu’elle me concerne de près mais aussi parce que Eric Zemmour fait du féminisme et même des femmes en général l’une des causes principales de cette « mort » de la France qui le chagrine tant.

Résumons : dans l’alliance mortifère « du libéralisme économique et du libéralisme sociétal », le féminisme tient une place centrale puisqu’il est responsable de la fin du patriarcat, de la mort du père, (c’est un leitmotiv), de la fin du mariage, de la fin de la famille, de la fin de la virilité, de la féminisation de la France et donc de son avachissement (les deux sont synonymes), et même du développement de la société de consommation et de la financiarisation de l’économie. Les pères d’avant « contenaient les pulsions consommatrices » tandis que les femmes, elles, sont des agents du consumérisme et donc du grand marché libéral ! Ainsi les femmes qui font souvent et depuis très longtemps le marché et les courses font aussi, qui l’eut cru, le grand marché !
Bref le féminisme, les femmes, les mères, confondues les unes aux autres sont des contributrices principales de la destruction de la société et de la France.

Mort du patriarcat, avec un mariage contractuel entre égaux, mais « la contractualisation du mariage de deux êtres égaux méconnait la subtilité des rapports entre les hommes et les femmes. Le besoin des hommes de dominer – au moins formellement- pour se rassurer sexuellement. Le besoin des femmes d’admirer pour se donner sans honte ».On appréciera le « au moins formellement ». Quant à la « subtilité », sans doute existe-t-elle dans le si « subtil » « manifeste des 343 salauds : touche pas à ma pute ! » dont Zemmour a été, en 2013, l’un des premiers signataires.Mais le patriarcat n’a pas disparu pour laisser place à l’égalité, non, à lui s’est substitué le matriarcat qui fait disparaître les pères, sommés de devenir « des mères comme les autres », tandis que l’Etat fort, garant de la force de la France, est remplacé par un « Etat maternel » donc « infantilisant » et « culpabilisant ». Le féminisme a aussi détruit « la famille occidentale », nous faisant ainsi revenir à « une humanité d’avant la loi qu’elle s’était donnée en interdisant l’inceste : une humanité barbare, sauvage, inhumaine ». Rien que ça !
Pour Eric Zemmour, la famille est patriarcale ou elle n’est pas. Cependant il y a encore des familles patriarcales où les enfants reçoivent « une éducation patriarcale », ce sont par exemple les « familles maghrébines ». Mais alors, pas de chance, ce maintien « détériore les relations avec les indigènes – les ouvriers et leurs familles, issus de l’exode rural ou de l’immigration européenne » qui sont en train de rejeter la dite éducation patriarcale. Pas de chance non plus, malgré cette éducation patriarcale, les garçons « volent et violent », sans doute parce qu’ils ne sont pas de vrais Français.

Vous ne trouverez pas une ligne, pas un mot sur ce qu’était, en France, la situation des femmes dans ces années tant regrettées par Zemmour, avant les mouvements féministes, avant la libéralisation de l’avortement, avant les luttes pour l’émancipation, pour l’égalité, ou contre les violences, luttes qui sont d’ailleurs sans cesse à reprendre. Pas un mot, ah non j’exagère ; de ce passé idyllique, il  parle, quand il évoque par exemple, « le jeune chauffeur de bus qui glisse une main concupiscente sur un charmant fessier féminin » sans que « la jeune femme ne porte plainte pour harcèlement sexuel » !

Réquisitoire contre le féminisme et obsession des femmes sur lesquelles Zemmour  ne peut s’empêcher de glisser une allusion, et parfois avec une grande élégance, n’est-ce pas, ainsi : «  les débats sont comme les femmes, les meilleurs sont ceux qu’on n’a pas eus », ou encore les hommes virils « préfèrent prendre les femmes sans les comprendre plutôt que de les comprendre sans les prendre », ou encore « la jeunesse diplômée qui tient « le rôle du gibier féminin face au chasseur viril ». Obsession de la virilité, par exemple celle des« soldats allemands qui sont impressionnants de virilité conquérante » et au charme desquels « beaucoup de femmes succombent ». Ne pas oublier aussi que « la domination sociale à chez elles (les femmes) un fort pouvoir érotique ».

Il serait trop long de tout citer ici. Je ne sais pas quand on touche le fond. Est-ce quand, à la revendication avancée par les féministes dans la lutte pour la liberté de l’avortement, « le droit de disposer de son corps », Zemmour ajoute « même avec un soldat ennemi » ? Est-ce quand il souligne l’évidence, après un « homosexuel assumé » maire de Paris, de la candidature en 2014 de deux femmes à sa succession, soit un pas de plus dans la dégradation de la capitale ? Pire qu’un gay, une femme !

Cependant, en parlant des femmes, il ne faut pas oublier les différences de classe, puisque l’un des objectifs de l’ouvrage est de séduire ceux que Zemmour appelle tantôt « les classes populaires », tantôt les « petits blancs ». J’ignorais quant à moi que le divorce entre adultes consentants avait été imposé par « la petite bourgeoisie montante » aux « classes populaires qui n’en pouvaient mais », comme si les dites classes populaires n’avaient droit qu’au divorce conflictuel ! Ou encore que la lutte pour la liberté de l’avortement et plus largement les luttes d’émancipation des femmes n’étaient qu’une lutte de « bourgeoises volant indûment aux prolétaires mâles le rôle envieux de victimes et d’exploitées », comme si aucune prolétaire n’était jamais morte d’un avortement clandestin, (d’ailleurs plus souvent justement que les dites « bourgeoises » qui avaient les moyens d’aller en Suisse ou en Angleterre pour avorter dans de bonnes conditions), comme si aucune ouvrière n’avait jamais été victime d’un viol…Il faut flatter aussi les jeunes prolétaires, et là encore ce sont les filles qui tiennent le mauvais rôle puisqu’aux « petits blancs » elles « préfèrent le bagout de la jeunesse des écoles ou même la virilité ostentatoire des racailles de banlieue ».

Il y a dans les pages du « suicide français », une misogynie affichée, une haine des féministes mais plus largement des femmes que je ne soupçonnais pas pouvoir encore exister ainsi.
J’ajoute que dans les quarante dernières années telles que les raconte Eric Zemmour, dansla France telle qu’il la voit, pas un tout petit coin de ciel bleu, pas un pâle rayon de soleil, pas même une lueur. Non, tout est négatif, sombre, noir, moche. Pas non plus l’ombre d’une proposition pour sortir la France de l’épouvantable situation dans laquelle, selon lui, elle se trouve. A quoi bon d’ailleurs puisque « la France se meurt, la France est morte » ?  A la fin de son livre, Zemmour, devenu prophète, annonce « la guerre civile » à venir. A se demander s’il ne la souhaite pas. S’il ne la veut pas.

PS : Comme Zemmour emprunte à beaucoup et que nombreuses sont les citations non référencées, tout vérifier demande un long travail. Mais il y en a au moins une immédiatement corrigible, ce n’est pas « Bien creusé, la taupe », c’est « Bien creusé, vieille taupe » !

Voir aussi:

http://mta-nyc.custhelp.com/app/ask_sh

http://web.mta.info/nyct/safety/#harassment

http://gothamist.com/2014/09/30/worst_subway_etiquette_ever.php


Ebola: C’est Sarkozy qui avait raison (Perfect storm: Outdated beliefs and funeral rituals, witch craftery, denial, conspiracy theories, suspicion of local governments, distrust of western medicine, civil war, corrupt dictatorship, collapsed health systems)

18 octobre, 2014
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Nous sommes là pour dire et réclamer : laissez entrer les peuples noirs sur la grande scène de l’Histoire. Aimé Césaire
Ebola (…) J’ai l’impression qu’il y a vraiment un programme d’extermination qui est en train d’être mis en place … Dieudonné
Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire, où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. Le problème de l’Afrique, et permettez à un ami de l’Afrique de le dire, il est là. Guaino-Sarkozy
Moi, je pense que non seulement l’homme africain est entré dans l’histoire mais qu’il a même été le premier à y entrer. Rama Yade
Quelqu’un est venu ici vous dire que ‘l’Homme africain n’est pas entré dans l’histoire’. Pardon, pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et – je vous le dis en confidence – qui n’engagent ni la France, ni les Français. Ségolène Royal
Et si Sarkozy avait raison… (…) L’opinion africaine dite intellectuelle s’est mobilisée, depuis quelques temps, contre le discours de Dakar du président français Nicolas Sarkozy, considéré, à notre avis, sans raison, de discours raciste, méprisant, humiliant. Et pourtant il ne faisait que nous rappeler, amicalement, sans doute d’une manière brutale et maladroite, qu’il était temps que nous sortions de la préhistoire pour entrer dans l’histoire contemporaine d’un monde qui est faite d’imagination, de techniques, de sciences, au lieu de nous complaire dans la médiocrité actuelle de nos choix. Il nous faut, en effet, sortir de notre logique fataliste, fondée sur un ancrage intellectuel, philosophique et culturel dans un passé plusieurs fois centenaire alors que le siècle qui frappe à notre porte exige notre entrée dans l’histoire contemporaine. Baba Diouf (Le Soleil)
Aid, by itself, has never developed anything, but where it has been allied to good public policy, sound economic management, and a strong determination to battle poverty, it has made an enormous difference in countries like India, Indonesia, and even China. Those examples illustrate another lesson of aid. Where it works, it represents only a very small share of the total resources devoted to improving roads, schools, heath services, and other things essential for raising incomes. Aid must not overwhelm or displace local efforts; instead, it must settle with being the junior partner. Because of Africa’s needs, and the stubborn nature of its poverty, the continent has attracted far too much aid and far too much interfering by outsiders. (…) In the last 20 years, some states — like Ghana, Uganda, Tanzania, Mozambique, and Mali — have broken the mould, recognized the importance of taking charge, and tried to use aid more strategically and efficiently. Some commentators would add Benin, Zambia, and Rwanda to that list. But most African governments remain stuck in a culture of dependence or indifference. There are still too many dictators in Africa (six have been in office for more than 25 years) and many elected leaders behave no differently. (…) The Blair Commission Report on Africa in 2005 reported that 70,000 trained professionals leave Africa every year, and until they — and the 40 percent of the continent’s savings that are held abroad — start coming home, we need to use aid more restrictively. An obvious solution is to focus aid on the small number of countries that are trying seriously to fight poverty and corruption. Other countries will need to wait — or settle with only small amounts of aid — until their politics or policies or attitudes to the private sector are more promising. We should also consider introducing incentives for countries to match outside assistance with greater progress in raising local funds. (…) We must not be distracted by recent news of Africa’s « spectacular » growth and its sudden attractiveness to private investment. Some basic things are changing on the continent, with real effects for the future; above all, Africans are speaking out and refusing to accept tired excuses from their governments. But the truth is that most of Africa’s growth — based on oil and mineral exports — has not made a whit of difference to the lives of most Africans. Political freedoms shrank on the continent last year, according to the U.S.-based Freedom House index. A quarter of school-age children are still not enrolled, according to World Bank statistics; many of those that are, are receiving a very mediocre education. And agricultural productivity — the key to reducing poverty — is essentially stagnant. The really good news is likely to stay local and seep out in small doses, until it eventually overwhelms the inertia and indifference of governments. Five years ago, Kenya managed to double its tax revenues because a former businessman, appointed to head the national revenue agency, took a hatchet to the dishonest practices of many tax collectors. He had every reason to do so. Only five percent of Kenya’s budget comes from foreign aid, compared with 40 percent in neighboring countries. This is a good example of the sometimes-perverse effects of aid, but also of the importance of imagination and individual initiative in promoting a better life for Africans. Robert Calderisi
A month ago I visited Kibera, the largest slum in Africa. This suburb of Nairobi, the capital of Kenya, is home to more than one million people, who eke out a living in an area of about one square mile — roughly 75% the size of New York’s Central Park. (…)  Kibera festers in Kenya, a country that has one of the highest ratios of development workers per capita. This is also the country where in 2004, British envoy Sir Edward Clay apologized for underestimating the scale of government corruption and failing to speak out earlier. Giving alms to Africa remains one of the biggest ideas of our time — millions march for it, governments are judged by it, celebrities proselytize the need for it. Calls for more aid to Africa are growing louder, with advocates pushing for doubling the roughly $50 billion of international assistance that already goes to Africa each year. Yet evidence overwhelmingly demonstrates that aid to Africa has made the poor poorer, and the growth slower. The insidious aid culture has left African countries more debt-laden, more inflation-prone, more vulnerable to the vagaries of the currency markets and more unattractive to higher-quality investment. It’s increased the risk of civil conflict and unrest (the fact that over 60% of sub-Saharan Africa’s population is under the age of 24 with few economic prospects is a cause for worry). Aid is an unmitigated political, economic and humanitarian disaster. Few will deny that there is a clear moral imperative for humanitarian and charity-based aid to step in when necessary, such as during the 2004 tsunami in Asia. Nevertheless, it’s worth reminding ourselves what emergency and charity-based aid can and cannot do. Aid-supported scholarships have certainly helped send African girls to school (never mind that they won’t be able to find a job in their own countries once they have graduated). This kind of aid can provide band-aid solutions to alleviate immediate suffering, but by its very nature cannot be the platform for long-term sustainable growth. Whatever its strengths and weaknesses, such charity-based aid is relatively small beer when compared to the sea of money that floods Africa each year in government-to-government aid or aid from large development institutions such as the World Bank. Over the past 60 years at least $1 trillion of development-related aid has been transferred from rich countries to Africa. Yet real per-capita income today is lower than it was in the 1970s, and more than 50% of the population — over 350 million people — live on less than a dollar a day, a figure that has nearly doubled in two decades. Even after the very aggressive debt-relief campaigns in the 1990s, African countries still pay close to $20 billion in debt repayments per annum, a stark reminder that aid is not free. In order to keep the system going, debt is repaid at the expense of African education and health care. Well-meaning calls to cancel debt mean little when the cancellation is met with the fresh infusion of aid, and the vicious cycle starts up once again. (…) The most obvious criticism of aid is its links to rampant corruption. Aid flows destined to help the average African end up supporting bloated bureaucracies in the form of the poor-country governments and donor-funded non-governmental organizations. In a hearing before the U.S. Senate Committee on Foreign Relations in May 2004, Jeffrey Winters, a professor at Northwestern University, argued that the World Bank had participated in the corruption of roughly $100 billion of its loan funds intended for development. As recently as 2002, the African Union, an organization of African nations, estimated that corruption was costing the continent $150 billion a year, as international donors were apparently turning a blind eye to the simple fact that aid money was inadvertently fueling graft. With few or no strings attached, it has been all too easy for the funds to be used for anything, save the developmental purpose for which they were intended. (…) A constant stream of « free » money is a perfect way to keep an inefficient or simply bad government in power. As aid flows in, there is nothing more for the government to do — it doesn’t need to raise taxes, and as long as it pays the army, it doesn’t have to take account of its disgruntled citizens. No matter that its citizens are disenfranchised (as with no taxation there can be no representation). All the government really needs to do is to court and cater to its foreign donors to stay in power. Stuck in an aid world of no incentives, there is no reason for governments to seek other, better, more transparent ways of raising development finance (such as accessing the bond market, despite how hard that might be). The aid system encourages poor-country governments to pick up the phone and ask the donor agencies for next capital infusion. It is no wonder that across Africa, over 70% of the public purse comes from foreign aid. (…) Africa remains the most unstable continent in the world, beset by civil strife and war. Since 1996, 11 countries have been embroiled in civil wars. According to the Stockholm International Peace Research Institute, in the 1990s, Africa had more wars than the rest of the world combined. (…) Proponents of aid are quick to argue that the $13 billion ($100 billion in today’s terms) aid of the post-World War II Marshall Plan helped pull back a broken Europe from the brink of an economic abyss, and that aid could work, and would work, if Africa had a good policy environment. Dambisa Moyo
En Afrique, oui, il y a un risque d’épidémisation, mais je ne pense pas qu’elle puisse s’étendre au reste du monde. Bien sûr, il y aura des cas sporadiques en Occident, on recensera encore quelques personnes contaminées venues d’Afrique, ainsi que quelques cas d’infections survenues au contact de ces malades. Mais cela restera très rare. D’une part, les conditions du cycle de propagation naturelle du virus ne sont pas réunies comme c’est le cas en Afrique, où nous avons un parasite porteur du virus, de fortes concentrations humaines, certains comportements humains ou rites particuliers (comme toucher les morts), des conditions sanitaires défavorables, un certain type d’alimentation, etc. D’autre part, le développement de la médecine occidentale permet de mettre en place des moyens d’action pour éviter une généralisation, avec notamment l’isolement absolu du patient, un strict protocole, des équipements médicaux pointus et le développement de stratégies de détection rapide du virus. Malgré un manque au niveau des traitements à l’heure actuelle, le risque n’est donc pas majeur dans les pays développés, mais Ebola sera l’une des plus grandes épidémies africaines. Le XXe siècle a marqué le retour des épidémies : dans les années 70, sont apparues les fièvres hémorragiques (dont Ebola); dans les années 80, le VIH; dans les années 90, l’hépatite C; et dans les années 2000, le Sras, la grippe H1N1, le chikungunya, etc. Ces maladies n’ont pas toutes les mêmes caractéristiques épidémiologiques ni la même transmission vectorielle, mais elles se sont propagées à cause d’une série de facteurs, comportementaux et environnementaux. Les échanges, les migrations, les voyages intercontinentaux, mais aussi la pénétration humaine en forêt et la déforestation, qui ont amené les hommes à entrer en contact avec une faune sauvage porteuse d’agents pathogènes, ont favorisé la contamination. Et l’Afrique est un continent qui a un lot considérable d’agents infectieux. Il ne faut d’ailleurs pas oublier qu’Ebola n’est pas le seul fléau en Afrique. Des études ont montré que ce continent concentre 70% des cas de VIH et 90% des cas de choléra. Et 90% des décès de paludisme surviennent en Afrique. Mais il y a aussi toute une conjonction qui fait que c’est un continent malade. La structure sanitaire y est déficitaire, du fait des régimes instables ou des zones de guerre. C’est aussi un territoire de migration. Et encore une fois, les comportements humains sont souvent responsables de la propagation des virus. L’éducation en général, et l’éducation sanitaire en particulier, joue un rôle fondamental. De simples gestes d’hygiène permettraient de réduire les fléaux médicaux qui touchent l’Afrique. Par exemple, les diarrhées «normales» tuent chaque année des centaines de milliers d’enfants. Se laver les mains permettrait de réduire de 50% le taux de mortalité.(…)  Mais Ebola est plus dangereux dans le sens où tous les émonctoires (l’urine, la salive, le liquide séminal…) sont vecteurs de transmission. Le simple fait de toucher le patient est dangereux, ce qui n’est pas le cas avec le sida. Néanmoins, le sida est une maladie chronique de longue durée, tandis qu’Ebola est une maladie très aiguë, avec un très fort taux de mortalité, très rapide. Avec Ebola, l’épidémisation est donc moins forte. (…) J’espère en tout cas qu’Ebola servira de déclencheur pour les différents régimes politiques, qu’ils deviendront plus désireux d’investir l’argent dans un système de santé efficace, sans détourner les fonds. J’espère aussi que cette épidémie va faire prendre conscience aux organisations internationales qu’il faut accorder une aide majeure à l’Afrique, et lui apporter une aide logistique et humaine plus importante. On a commencé, mais c’est encore timide. Pour ce qui est de la société elle-même, des efforts considérables d’information sont à faire. Mais passé une période d’incompréhension et la recherche de responsables (la population met notamment en cause les pouvoirs politiques), la société pourra peut-être aussi changer beaucoup de comportements. Jean-Pierre Dedet
« After the typhoon, we got flooded with calls asking, ‘How do I give?' » Sweeny said. « With this (Ebola), we’re not getting those kinds of requests. » Why the difference? For starters, it’s been evident that national governments will need to shoulder the bulk of the financial burden in combatting Ebola, particularly as its ripple effects are increasingly felt beyond the epicenter in West Africa. Regine A. Webster of the Center for Disaster Philanthropy, which advises nonprofits on disaster response strategies, said the epidemic blurred the lines in terms of the categories that guide some big donors. « This is a confusing issue for the private donor community — is it a disaster, or a health problem? » Webster said. « Institutions and individuals have been quite slow to respond. » Officials at InterAction, an umbrella group for U.S. relief agencies active abroad, see other intangible factors at work, including the video and photographic images emerging from West Africa. Joel Charny, InterAction’s vice president for humanitarian policy, said it was clear from the imagery out of Haiti and the Philippines that donations could help rebuild shattered homes and schools, while the images of Ebola are more frightening and less conducive to envisioning a happy ending. « People give when they see that there’s a plausible solution, » Charny said. « They can say, ‘If I give my $50 or $200, it’s going to translate in some tangible way into relieving suffering.’ … That makes them feel good. » « With Ebola, there’s kind of a fear factor, » he said. « Even competent agencies are feeling somewhat overwhelmed, and the nature of the disease — being so awful — makes it hard for people to engage. » Huffington Post
Le drame avec Ebola, c’est que cette épidémie s’attaque cruellement et insidieusement à nos valeurs culturelles ! Il y a par exemple la question des enterrements traditionnels, où les familles touchent le corps pendant les rites funéraires. Qui, à présent, pour s’occuper d’une personne emportée par le virus Ebola ? Au Liberia, de nombreux malades atteints par le virus Ebola, préfèrent rester chez eux plutôt que de se rendre dans les centres de santé. La psychose s’est répandue partout. Nul ne se sent désormais à l’abri, dans une Afrique lacérée par des traditions hétéroclites et des pratiques religieuses tenaces. Combattre le virus Ebola, que d’engagements, d’implications mais surtout de renoncements ! Des marchés aux rassemblements qu’occasionnent les naissances, les mariages, les baptêmes, les deuils, les prières et autres rites funéraires, les Africains aiment à s’illustrer comme de bons exemples. Qu’ils soient simples fidèles, parents, amis, connaissances ou voisins, ils ne veulent pas se voir rejetés pour avoir failli un tant soit peu.(…) Avec Ebola, au-delà des modes de vie, c’est aussi le mode de fonctionnement de la cellule familiale et de la société tout entière qu’il faudra revoir. Il faudra oser s’attaquer à des valeurs ancrées dans la cosmogonie africaine, revisiter nos croyances et nos comportements. De vrais défis ! Au Nigeria, on a dû incinérer le cadavre d’une victime d’Ebola. Le médecin qui l’avait soigné a aussi été mis en quarantaine. Pourra-t-on intégrer ces pratiques dans les nouvelles habitudes ? Il le faut pourtant. Pire que la peste et le choléra réunis, l’épidémie d’Ebola détruit les espaces de solidarité. Les pesanteurs socioculturelles ajoutées au manque de moyens (humains, matériels, financiers), le manque de coordination des actions, font de la fièvre rouge, une maladie aussi redoutable qu’effroyable sur le continent. Le médecin traitant, lui-même, est vulnérable. Une implication de l’Occident est requise. Elle doit être forte. Mais, parce qu’il engloutit des sommes colossales, l’Occident doit exiger en contrepartie que les dirigeants africains s’assument plus sérieusement que face au SIDA. En effet, le problème de la délinquance politique et économique reste toujours posé du côté de l’Afrique. Outre les questions relatives à l’hygiène publique et à l’assainissement, des problèmes de mal gouvernance se trouvent au cœur même de la gestion de nos grands fléaux. Pour le cas d’Ebola, celle-ci se propage parce que les politiques africaines de développement, de santé, d’environnement, de population tout court, sont généralement inadéquates. A preuve, des mesures préventives sont recommandées, sans que des dispositions ne soient toujours prises pour annihiler les conséquences fâcheuses au plan socio-économique. Il est bien de défendre aux gens de manger de la viande de brousse ou de chauves-souris, pour se prémunir contre l’infection au virus d’Ebola. Mais, que faire pour compenser les pertes au niveau des chasseurs, des intermédiaires et des vendeurs de viandes prisées de certaines populations ? Il faudra veiller à une saine utilisation des fonds qui seront mis à la disposition des Etats frappés par le mal. Le passé est à ce sujet suffisamment lourd d’enseignements. Face au SIDA, que n’a-t-on pas vu sur ce continent? La délinquance à tous les étages, impliquant des personnes insignifiantes et des hauts cadres, y compris le sommet de l’Etat. Face à l’épidémie d’Ebola, des dispositions plus rigoureuses doivent être prises. Si Ebola fait des ravages au point d’ébranler l’âme de l’Afrique, il faut éviter que les délinquants à col blanc ne perpétuent continuellement la saignée du continent, en profitant sans vergogne et impunément des efforts de la communauté internationale. L’expérience de fléaux comme celle du SIDA montre qu’en Afrique, une saine gestion des fonds, sur fond de bonne gouvernance politique, est un bon préalable au recul de l’épidémie. Le Pays
L’état de vétusté des infrastructures sanitaires, la faiblesse des ressources humaines, les problèmes d’hygiène et les traditions funéraires, entre autres, font des pays africains un terreau fertile à la propagation de ce virus. Dans le domaine culturel justement, cette épidémie est en train de détruire l’âme africaine. Les efforts pour contenir les infections commandent, entre autres, une attitude à la limite du rejet des victimes. Les parents et voisins sont invités à éviter de toucher aux corps des personnes ayant succombé, afin d’éviter tout risque de contamination par le virus. Nul doute que cette capacité du virus à se transmettre même après la mort de sa victime, est une cause de panique au sein des populations et cela sape les valeurs légendaires de solidarité africaine de même que des pans de la culture en ce qui concerne le traitement des corps des personnes décédées. (…) la vérité c’est que l’Afrique a, une fois de plus, failli. Comme à son habitude, elle aura manqué de prospective. Si non, comment comprendre qu’un virus qui a fait son apparition depuis 1976 et fait jusque-là de nombreuses victimes en Afrique centrale, n’ait pas, près de 40 ans après, encore été pris au sérieux au point qu’il puisse ressurgir et faire autant de victimes ? Comment comprendre que malgré tous les discours sur la souveraineté de l’Afrique, le sort et le salut du continent soient encore entre les mains des mêmes Occidentaux régulièrement conspués ? Que reste-t-il vraiment encore de la fierté des Africains ? Hélas, tout ce qui intéresse vraiment les dirigeants africains, c’est le pouvoir. (…) Aux Africains donc de se ressaisir, à commencer par leurs dirigeants, pour mériter le respect qu’ils réclament des autres, mais aussi et surtout pour prendre en main eux-mêmes leur destin. Le Pays
Ebola met à nu les tares des systèmes sanitaires africains La gouvernance des Etats africains présente beaucoup d’insuffisances. (…) Une des illustrations les plus frappantes de ce fait est la situation chaotique dans laquelle se trouvent nos systèmes de santé. En effet, la propagation du virus Ebola a contribué à mettre à nu toute l’étendue de cette triste réalité, qui doit désormais interpeller toutes les consciences. Lorsque l’on fait l’état des lieux, l’on peut avoir des raisons objectives d’être remonté contre nos gouvernants.Les zones d’ombre sont nombreuses. Elles se rapportent notamment à l’insuffisance du personnel soignant qualifié, au niveau rudimentaire des plateaux techniques, à la gestion artisanale des structures de santé, au manque de professionnalisme et de motivation des agents de santé, etc. Dans ces conditions, l’on comprend pourquoi la moindre épidémie peut constituer une véritable épreuve pour les autorités sanitaires. (…) Lorsque l’on prend le cas du Libéria qui est l’un des pays le plus touché par le virus, l’on peut tomber des nues de constater que ce pays, qui est indépendant depuis 1847, dispose seulement de 250 médecins, soit un ratio effroyable d’un ou de deux médecins pour 100 000 habitants. Il n’est donc pas étonnant que le pays de William Tolbert ait beaucoup de mal à déployer un personnel qualifié suffisant, pour la prise en charge des personnes infectées et affectées. Que l’on n’aille surtout pas brandir l’insuffisance de moyens financiers pour justifier cet état de fait. En effet, le Libéria regorge d’énormes richesses minières dont l’exploitation judicieuse pourrait permettre au peuple libérien de sortir la tête de l’eau. Malheureusement, ces richesses sont exploitées au profit d’une caste politique qui vit sur un îlot d’opulence, dans un océan de misère et d’indigence indescriptibles. L’exemple du Libéria est celui de la plupart des Etats africains. Lorsqu’il s’agit de répondre aux besoins de base des populations en termes d’éducation, de santé, de logement, l’on n’hésite pas en haut lieu à invoquer le manque de moyens financiers et à tendre sans gêne la sébile à la communauté internationale. Par contre, lorsqu’il s’agit de dépenser pour réaliser des activités dont l’intérêt pour les populations n’est pas évident, l’argent est vite mobilisé. Pour revenir à la propagation de la fièvre rouge, l’on a envie de dire que l’Afrique est en train de payer pour son manque de vision. Gouverner, dit-on, c’est prévoir. Mais en Afrique, c’est tout le contraire. C’est le pilotage à vue qui est érigé en mode de gouvernance. Lorsque survient la moindre urgence, c’est le sauve-qui-peut, nos Etats donnant l’impression d’être complètement désarmés. D’ailleurs, le fait qui consiste pour les princes qui nous gouvernent de courir, toutes affaires cessantes, en Occident, même pour soigner leurs petits bobos, est un aveu du peu d’intérêt et de crédit qu’ils accordent à nos structures sanitaires et à nos spécialistes de la santé. La tendance est loin d’être inversée. En effet, nos hôpitaux se présentent de plus en plus comme des antichambres de la mort : les urgences médicales sont difficilement assurées, l’encombrement et l’insalubrité crèvent les yeux. Le Pays
It is traditional beliefs and modern expressions of Christianity that is contributing to the spread of Ebola. This is not just a biomedical crisis, this is driven by beliefs, behaviours and denial. (…) It is enough to have one person who, for example, is at a funeral and can go on to contaminated 10 to 20 people, and it all starts again. (…) We thought it was over, and then a very well known person, a woman who was a powerful traditional practitioner and the head of a secret society, died (…) ‘People from three countries came to her funeral, there dozens of people got infected. From there the virus spread to Sierra Leone and Liberia. (…) It took about 1,000 Africans dying and two Americans being repatriated. That’s basically the equation in the value of life and what triggers an international response. Professor Peter Piot (director of the London School of Hygiene and Tropical Medicine)
Ultimately the spread is due to different cultural practices, as well as infrastructure. Chief among these is how people handle disease, from the avoidance, to the treatment, containment, and the handling of the victims. One aspect of certain beliefs and practices in the area is a deep distrust of medicine, as accusations of cannibalism by doctors, alongside suspicion that the disease is caused by witchcraft, and other conspiracy theories have caused riots outside treatment centres in Sierra Leone, and families to break into hospital to remove patients. The primary issue, however, is the funerary practices. The virus is able to capitalize on the tenderness in West African traditions, with devastating results. Traditional funeral proceedings in West Africa in involve lots of touching, kissing, and general handling (like washing) of the deceased; each victim, in effect, becomes far more dangerous after the virus has killed. A big part of this containment is the fact that urban centres are both better able to handle dangerous cases, and less likely to host them in the first place. This is especially bad, because it means that the most deadly strains are spread the most, and milder variants go extinct. The good news? It’s unlikely that Ebola will become a global pandemic. While there is some possibility of mutations occurring that increase the ability to spread, the fundamental mechanism that makes it deadly would likely be interrupted. The bad news is that until the population is educated in hygiene, the medical establishment, and the dangers of eating carrier species (pig, monkeys, and bats) the virus will continue to ravage these smaller villages. Oneclass
The idea is to train these people here to go back and disseminate the main instructions about the disease.” An Ebola infection often looks like malaria at first, so people may not suspect they have it. It later progresses to the classic symptoms of a hemorrhagic fever, with vomiting, diarrhea, high fever and both internal and external bleeding. With so many bodily fluids pouring from a patient, it is easy to see how caregivers could become infected. we’ve shown people how to do a traditional burial, only wearing gloves. And you can allow the body to be washed briefly. Workers have been attentive to the traditions, allowing the body to be wrapped without exposing people to the virus.” Genetic analysis of the virus causing the current outbreaks show it’s distinct from the virus seen in east Africa. This suggests it may be from a local source. No one’s sure just where Ebola cames from. It can affect great apes but fruit bats are a prime suspect. Today

 C’est Sarkozy qui avait raison !

Croyances et rites funéraires d’un autre âge, sorcellerie, déni, théories du complot, suspicion généralisée des administrations locales, méfiance à l’égard de la médecine occidentale, guerres civiles, dictatures corrompues, effondrement des systèmes de santé, attaques de centres d’isolement  …

A l’heure où 50 ans après les indépendances et des dizaines de milliards de ressources et d’aide détournées (pour un total d’au moins mille milliards de dollars sur 60 ans pour la seule aide au développement !) …

Un continent qui continue à concentrer les misères du monde (70% des cas de VIH, 90% des cas de choléra et des décès de paludisme, entre 26 et 40% d’alphabétisation, sans parler des filles, pour les pays les plus pauvres) 

Est en train, avec l’une des pires épidémies de son histoire et pendant qu’à l’instar de leurs coreligionnaires d’Irak les djihadistes sahéliens multiplient les exactions, de démontrer au monde toute l’étendue de son sous-développement …

Pendant que jusqu’en Occident même certains propagent les pires théories du complot

Comment ne pas repenser aux paroles, qui avait tant été dénoncées, du discours de Dakar de l’ancien président Sarkozy de juillet 2007 sur la non-entrée dans l’histoire de l’homme noir ?

Et ne pas voir, comme l’ont bien perçu nombre de commentateurs en Afrique même, que c’était bien Sarkozy qui avait raison ?

RAVAGES DE LA FIEVRE ROUGE : Quand Ebola ébranle l’âme de l’Afrique
Avec le virus Ebola, l’identité culturelle est dangereusement remise en cause par une épidémie qui, du début de l’année à ce jour, a fait 887 morts en Afrique subsaharienne. Des cas ont été signalés aux Etats-Unis.

Le Pays

5 août 2014

Si les deux cas révélés aux Etats-Unis étaient effectivement hors de danger, cela augurerait de bonnes perspectives pour la recherche. Celle-ci semble piétiner depuis la découverte du virus en 1976. A ce propos, l’Occident n’est point exempt de critique. Pourquoi avoir tant négligé les risques de propagation du mal qui avait d’abord sévi en Afrique centrale ? Sans aller jusqu’à jeter l’anathème sur l’Occident, il conviendrait de s’interroger sur le manque patent de médicaments à ce jour : insuffisance de ressources ou tout simplement manque de volonté politique ? Avec les révélations de cas en Occident (Etats-Unis), il faut souhaiter de meilleures dispositions, afin que la recherche vienne à bout de ce fléau.

Ebola s’attaque à nos valeurs culturelles

En tout cas, selon l’OMS, il existe des traitements, même si aucun vaccin homologué n’a encore vu le jour. Cela vient ainsi contredire les idées reçues selon lesquelles la maladie est mortelle à 100%. Que dire du docteur Kent Brantly et de son assistante Nancy Writebol, de retour aux Etats-Unis, après avoir contracté le virus lors de leur mission au Liberia ? Hospitalisés, ils avaient reçu plusieurs injections d’un mystérieux sérum baptisé ZMapp, conçu à San Diego en Californie. Les deux coopérants qui se trouvaient dans un état critique, seraient aujourd’hui dans un état « stable ». Jusque-là, le sérum n’avait été testé que sur quatre singes infectés par Ebola. Ils ont survécu après avoir reçu une dose du produit.Malheureusement, des membres des personnels de santé d’Afrique n’auront pas eu la chance des deux experts américains. Tombés les armes à la main, ces médecins, infirmiers ou sages-femmes méritent d’être célébrés. Le drame avec Ebola, c’est que cette épidémie s’attaque cruellement et insidieusement à nos valeurs culturelles ! Il y a par exemple la question des enterrements traditionnels, où les familles touchent le corps pendant les rites funéraires. Qui, à présent, pour s’occuper d’une personne emportée par le virus Ebola ? Au Liberia, de nombreux malades atteints par le virus Ebola, préfèrent rester chez eux plutôt que de se rendre dans les centres de santé.

La psychose s’est répandue partout. Nul ne se sent désormais à l’abri, dans une Afrique lacérée par des traditions hétéroclites et des pratiques religieuses tenaces. Combattre le virus Ebola, que d’engagements, d’implications mais surtout de renoncements ! Des marchés aux rassemblements qu’occasionnent les naissances, les mariages, les baptêmes, les deuils, les prières et autres rites funéraires, les Africains aiment à s’illustrer comme de bons exemples. Qu’ils soient simples fidèles, parents, amis, connaissances ou voisins, ils ne veulent pas se voir rejetés pour avoir failli un tant soit peu.

La lutte contre Ebola est difficile, mais pas impossible ! Elle devra se mener vaille que vaille, au plan individuel et collectif. Avec Ebola, au-delà des modes de vie, c’est aussi le mode de fonctionnement de la cellule familiale et de la société tout entière qu’il faudra revoir. Il faudra oser s’attaquer à des valeurs ancrées dans la cosmogonie africaine, revisiter nos croyances et nos comportements. De vrais défis ! Au Nigeria, on a dû incinérer le cadavre d’une victime d’Ebola. Le médecin qui l’avait soigné a aussi été mis en quarantaine. Pourra-t-on intégrer ces pratiques dans les nouvelles habitudes ? Il le faut pourtant. Pire que la peste et le choléra réunis, l’épidémie d’Ebola détruit les espaces de solidarité.

Des dispositions plus rigoureuses doivent être prises

Les pesanteurs socioculturelles ajoutées au manque de moyens (humains, matériels, financiers), le manque de coordination des actions, font de la fièvre rouge, une maladie aussi redoutable qu’effroyable sur le continent. Le médecin traitant, lui-même, est vulnérable. Une implication de l’Occident est requise. Elle doit être forte. Mais, parce qu’il engloutit des sommes colossales, l’Occident doit exiger en contrepartie que les dirigeants africains s’assument plus sérieusement que face au SIDA. En effet, le problème de la délinquance politique et économique reste toujours posé du côté de l’Afrique. Outre les questions relatives à l’hygiène publique et à l’assainissement, des problèmes de mal gouvernance se trouvent au cœur même de la gestion de nos grands fléaux. Pour le cas d’Ebola, celle-ci se propage parce que les politiques africaines de développement, de santé, d’environnement, de population tout court, sont généralement inadéquates. A preuve, des mesures préventives sont recommandées, sans que des dispositions ne soient toujours prises pour annihiler les conséquences fâcheuses au plan socio-économique. Il est bien de défendre aux gens de manger de la viande de brousse ou de chauves-souris, pour se prémunir contre l’infection au virus d’Ebola. Mais, que faire pour compenser les pertes au niveau des chasseurs, des intermédiaires et des vendeurs de viandes prisées de certaines populations ?

Il faudra veiller à une saine utilisation des fonds qui seront mis à la disposition des Etats frappés par le mal. Le passé est à ce sujet suffisamment lourd d’enseignements. Face au SIDA, que n’a-t-on pas vu sur ce continent? La délinquance à tous les étages, impliquant des personnes insignifiantes et des hauts cadres, y compris le sommet de l’Etat. Face à l’épidémie d’Ebola, des dispositions plus rigoureuses doivent être prises. Si Ebola fait des ravages au point d’ébranler l’âme de l’Afrique, il faut éviter que les délinquants à col blanc ne perpétuent continuellement la saignée du continent, en profitant sans vergogne et impunément des efforts de la communauté internationale. L’expérience de fléaux comme celle du SIDA montre qu’en Afrique, une saine gestion des fonds, sur fond de bonne gouvernance politique, est un bon préalable au recul de l’épidémie.

Voir aussi:

PROPAGATION DE LA FIEVRE ROUGE : Ebola ou la désintégration des peuples
C’est le branle-bas de combat dans tous les pays ou presque. Ceux qui sont touchés cherchent les voies et moyens de contenir le virus ; les autres pays prennent des mesures nécessaires pour prévenir une quelconque infection. En plus de la sous-région ouest-africaine où le cap des 1 000 morts d’Ebola a été dépassé, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les Etats-Unis d’Amérique, l’Inde et le Canada font face à la menace Ebola à travers leurs ressortissants vivant dans les pays touchés. Le virus fait des ravages au point d’être classé ennemi public à l’échelle mondiale.

Le Pays

10 août 2014

Pour l’Afrique, la situation est critique

En effet, face à la propagation de la fièvre rouge, la communauté internationale est à présent sur le pied de guerre. L’OMS, au regard de l’ampleur que prend l’épidémie, a estimé que «les conditions d’une urgence de santé publique de portée mondiale sont réunies » et a sonné la mobilisation générale.

Pour l’Afrique particulièrement, la situation est critique. L’état de vétusté des infrastructures sanitaires, la faiblesse des ressources humaines, les problèmes d’hygiène et les traditions funéraires, entre autres, font des pays africains un terreau fertile à la propagation de ce virus. Dans le domaine culturel justement, cette épidémie est en train de détruire l’âme africaine. Les efforts pour contenir les infections commandent, entre autres, une attitude à la limite du rejet des victimes. Les parents et voisins sont invités à éviter de toucher aux corps des personnes ayant succombé, afin d’éviter tout risque de contamination par le virus. Nul doute que cette capacité du virus à se transmettre même après la mort de sa victime, est une cause de panique au sein des populations et cela sape les valeurs légendaires de solidarité africaine de même que des pans de la culture en ce qui concerne le traitement des corps des personnes décédées. Les mesures prises de part et d’autre pour limiter la propagation du virus sont, bien entendu, fort compréhensibles. Les contrôles des passagers dans bien des pays en Afrique de l’Ouest, participent des moyens de contenir l’épidémie. Mais, on peut s’interroger sur l’efficacité de telles mesures. Les frontières en Afrique, faut-il le rappeler, sont très poreuses et il n’est pas évident de pouvoir soumettre à des tests toutes les personnes qui vont d’un pays à un autre. Cela est surtout vrai pour ceux qui voyagent en train, en bus ou par divers autres moyens de déplacement. Ils sont difficiles à passer au scanner des forces de contrôle. C’est le cas notamment des voyageurs qui empruntent de simples pistes et sentiers reliant des pays. Cela dit et loin de jouer les oiseaux de mauvais augure, il est certain que le virus touche déjà bien plus de pays ouest-africains que la Sierra Leone, le Liberia, la Guinée et le Nigeria. Il ne faut pas se leurrer, le mal touche probablement plus de pays qu’on ne le pense. Et cela n’est pas sans conséquence sur l’intégration des peuples et les activités économiques. En effet, les mesures de riposte ou de prévention prises par la plupart des pays, ont un impact certain sur la libre circulation des personnes. Les entrées étant plus contrôlées aux frontières terrestres ou aériennes des pays, les voyages sont rendus de facto, plus difficiles. De plus, la psychose des contaminations amène des populations à limiter par elles-mêmes leurs déplacements vers d’autres pays, à défaut de les annuler purement et simplement.

La volonté politique et les moyens ne sont pas à la hauteur

En cela, on peut dire que le virus Ebola est un facteur de désintégration des peuples. Et cette désintégration s’accompagne d’une morosité des activités économiques. En témoigne la suspension des liaisons aériennes entre certains pays. L’espoir une fois de plus pourrait venir de l’Occident, notamment de l’Amérique. En tout cas, il est attendu beaucoup du sérum expérimental développé par les Etats-Unis d’Amérique. Il faut croiser les doigts pour que ce vaccin soit le plus rapidement possible, disponible avant 2015, comme initialement prévu et qu’il soit efficace. Certes, on peut se dire qu’il aura fallu que les économies et des vies occidentales soient en danger pour que la réponse s’organise à l’échelle mondiale et que des esquisses de solution voient le jour. Mais ce serait faire un faux procès à l’Occident que de ne voir la situation que sous ce prisme. Les Occidentaux défendent leurs intérêts et c’est, le moins du monde, normal. Il est de bon ton que les Etats-Unis d’Amérique se préoccupent du sort de leurs compatriotes contaminés par un virus de l’autre côté de la planète et cela devrait donner à réfléchir à bien des gouvernants. Car, la vérité c’est que l’Afrique a, une fois de plus, failli. Comme à son habitude, elle aura manqué de prospective. Si non, comment comprendre qu’un virus qui a fait son apparition depuis 1976 et fait jusque-là de nombreuses victimes en Afrique centrale, n’ait pas, près de 40 ans après, encore été pris au sérieux au point qu’il puisse ressurgir et faire autant de victimes ? Comment comprendre que malgré tous les discours sur la souveraineté de l’Afrique, le sort et le salut du continent soient encore entre les mains des mêmes Occidentaux régulièrement conspués ? Que reste-t-il vraiment encore de la fierté des Africains ? Hélas, tout ce qui intéresse vraiment les dirigeants africains, c’est le pouvoir. C’est le moins que l’on puisse dire au regard du fait qu’ils sont incapables de résoudre les problèmes de santé et d’éducation des populations pour ne citer que cela. L’Afrique devrait pouvoir prendre en charge elle-même la recherche dans des domaines où ses intérêts sont en jeu. Elle a la matière grise pour cela. Seulement, l’esprit d’anticipation fait largement défaut. On attend toujours que la situation soit hors de contrôle ou en passe de l’être, pour réagir. De plus, la volonté politique et les moyens ne sont pas à la hauteur pour des pays qui rêvent d’émergence. Il n’y a qu’à observer les parts des budgets réservées à la recherche qui, comme on le sait, sont généralement modiques sous nos tropiques. Pourtant, il est évident que dans la lutte contre le virus Ebola et les autres maladies qui écument le continent, si les chercheurs africains arrivaient à mettre au point des vaccins ou des remèdes dont la qualité scientifique est éprouvée, le reste du monde ne pourrait que s’incliner devant de telles découvertes. C’est dire que le respect et la reconnaissance des autres en matière de recherches scientifiques comme dans bien d’autres domaines, se méritent. Aux Africains donc de se ressaisir, à commencer par leurs dirigeants, pour mériter le respect qu’ils réclament des autres, mais aussi et surtout pour prendre en main eux-mêmes leur destin.

Voir encore:

PROPAGATION DE LA FIEVRE ROUGE : Quand Ebola met à nu les tares des systèmes sanitaires africains
La gouvernance des Etats africains présente beaucoup d’insuffisances. Il n’y a que les personnes de mauvaise foi qui peuvent en douter. Une des illustrations les plus frappantes de ce fait est la situation chaotique dans laquelle se trouvent nos systèmes de santé. En effet, la propagation du virus Ebola a contribué à mettre à nu toute l’étendue de cette triste réalité, qui doit désormais interpeller toutes les consciences. Lorsque l’on fait l’état des lieux, l’on peut avoir des raisons objectives d’être remonté contre nos gouvernants.

Pousdem Pickou

Le Pays
21 août 2014

L’Afrique est en train de payer pour son manque de vision

Les zones d’ombre sont nombreuses. Elles se rapportent notamment à l’insuffisance du personnel soignant qualifié, au niveau rudimentaire des plateaux techniques, à la gestion artisanale des structures de santé, au manque de professionnalisme et de motivation des agents de santé, etc. Dans ces conditions, l’on comprend pourquoi la moindre épidémie peut constituer une véritable épreuve pour les autorités sanitaires. Certes, Ebola n’est pas comme les autres maladies infectieuses, mais la précarité et le dénuement dans lesquels évoluent les systèmes sanitaires de bien des Etats africains, peuvent expliquer en partie sa propagation. Lorsque l’on prend le cas du Libéria qui est l’un des pays le plus touché par le virus, l’on peut tomber des nues de constater que ce pays, qui est indépendant depuis 1847, dispose seulement de 250 médecins, soit un ratio effroyable d’un ou de deux médecins pour 100 000 habitants. Il n’est donc pas étonnant que le pays de William Tolbert ait beaucoup de mal à déployer un personnel qualifié suffisant, pour la prise en charge des personnes infectées et affectées. Que l’on n’aille surtout pas brandir l’insuffisance de moyens financiers pour justifier cet état de fait. En effet, le Libéria regorge d’énormes richesses minières dont l’exploitation judicieuse pourrait permettre au peuple libérien de sortir la tête de l’eau. Malheureusement, ces richesses sont exploitées au profit d’une caste politique qui vit sur un îlot d’opulence, dans un océan de misère et d’indigence indescriptibles. L’exemple du Libéria est celui de la plupart des Etats africains. Lorsqu’il s’agit de répondre aux besoins de base des populations en termes d’éducation, de santé, de logement, l’on n’hésite pas en haut lieu à invoquer le manque de moyens financiers et à tendre sans gêne la sébile à la communauté internationale. Par contre, lorsqu’il s’agit de dépenser pour réaliser des activités dont l’intérêt pour les populations n’est pas évident, l’argent est vite mobilisé. Pour revenir à la propagation de la fièvre rouge, l’on a envie de dire que l’Afrique est en train de payer pour son manque de vision. Gouverner, dit-on, c’est prévoir.

Il y a urgence à repenser les systèmes de santé des pays africains

Mais en Afrique, c’est tout le contraire. C’est le pilotage à vue qui est érigé en mode de gouvernance. Lorsque survient la moindre urgence, c’est le sauve-qui-peut, nos Etats donnant l’impression d’être complètement désarmés. D’ailleurs, le fait qui consiste pour les princes qui nous gouvernent de courir, toutes affaires cessantes, en Occident, même pour soigner leurs petits bobos, est un aveu du peu d’intérêt et de crédit qu’ils accordent à nos structures sanitaires et à nos spécialistes de la santé. La tendance est loin d’être inversée. En effet, nos hôpitaux se présentent de plus en plus comme des antichambres de la mort : les urgences médicales sont difficilement assurées, l’encombrement et l’insalubrité crèvent les yeux. Ces réalités laissent de marbre certains gouvernants. C’est dans ce contexte que certains Etats africains poussent l’indécence jusqu’à l’extrême, en parlant d’émergence. Face à un tel ridicule qui consiste à se chatouiller pour rire, l’on a envie de se poser la question suivante : Sacrée Afrique, quand est-ce que tu vas cesser d’être la risée des autres ? Cela dit, aujourd’hui plus jamais, il y a urgence à repenser les systèmes de santé des pays africains. Cela nécessite certes des moyens financiers, mais surtout de l’ingéniosité et de la volonté politique. L’Afrique a certainement des chercheurs de qualité. Mais encore faut-il qu’ils aient le minimum de moyens pour mener leurs recherches. C’est en adoptant de nouvelles résolutions, en termes de bonne gouvernance, que l’on pourra dire que l’Afrique a tiré leçon des ravages que la fièvre rouge est en train de faire sur son sol.

Voir de plus:

L’homme africain et l’histoire

Henri Guaino
Le Monde

26.07.2008

Il y a un an à Dakar, le président de la République française prononçait sa première grande allocution en terre africaine. On sait le débat qu’elle a provoqué. Jamais pourtant un président français n’avait été aussi loin sur l’esclavage et la colonisation : « Il y a eu la traite négrière. Il y a eu l’esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l’homme, ce fut un crime contre l’humanité tout entière (…). Jadis les Européens sont venus en Afrique en conquérants. Ils ont pris la terre de vos ancêtres. Ils ont banni les dieux, les langues, les croyances, les coutumes de vos pères. Ils ont dit à vos pères ce qu’ils devaient penser, ce qu’ils devaient croire, ce qu’ils devaient faire. Ils ont eu tort. »

Mais il a voulu rappeler en même temps que, parmi les colons, « il y avait aussi des hommes de bonne volonté (…) qui ont construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles (…) ». Il doit beaucoup à Senghor, qui proclamait : « Nous sommes des métis culturels. » C’est sans doute pourquoi il a tant déplu à une certaine intelligentsia africaine qui trouvait Senghor trop francophile. Il ne doit en revanche rien à Hegel. Dommage pour ceux qui ont cru déceler un plagiat. Reste que la tonalité de certaines critiques pose une question : faut-il avoir une couleur de peau particulière pour avoir le droit de parler des problèmes de l’Afrique sans être accusé de racisme ?

A ceux qui l’avaient accusé de racisme à propos de Race et culture (1971), Lévi-Strauss avait répondu : « En banalisant la notion même de racisme, en l’appliquant à tort et à travers, on la vide de son contenu et on risque d’aboutir à un résultat inverse de celui qu’on recherche. Car qu’est-ce que le racisme ? Une doctrine précise (…). Un : une corrélation existe entre le patrimoine génétique d’une part, les aptitudes intellectuelles et les dispositions morales d’autre part. Deux : ce patrimoine génétique est commun à tous les membres de certains groupements humains. Trois : ces groupements appelés « races » peuvent être hiérarchisés en fonction de la qualité de leur patrimoine génétique. Quatre : ces différences autorisent les « races » dites supérieures à commander, exploiter les autres, éventuellement à les détruire. »

Où trouve-t-on une telle doctrine dans le discours de Dakar ? Où est-il question d’une quelconque hiérarchie raciale ? Il est dit, au contraire : « L’homme africain est aussi logique et raisonnable que l’homme européen. » Et « le drame de l’Afrique n’est pas dans une prétendue infériorité de son art, de sa pensée, de sa culture, car pour ce qui est de l’art, de la pensée, de la culture, c’est l’Occident qui s’est mis à l’école de l’Afrique ».

Est-ce raciste de dire : « En écoutant Sophocle, l’Afrique a entendu une voix plus familière qu’elle ne l’aurait cru et l’Occident a reconnu dans l’art africain des formes de beauté qui avaient jadis été les siennes et qu’il éprouvait le besoin de ressusciter » ?

Parler de « l’homme africain » était-il raciste ? Mais qui a jamais vu quelqu’un traité de raciste parce qu’il parlait de l’homme européen ? Nul n’ignore la diversité de l’Afrique. A Dakar, le président a dit : « Je veux m’adresser à tous les Africains, qui sont si différents les uns des autres, qui n’ont pas la même langue, la même religion, les mêmes coutumes, la même culture, la même histoire, et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme Africains. »

Chercher ce que les Africains ont en commun n’est pas plus inutile ni plus sot que de chercher ce que les Européens ont en partage. L’anthropologie culturelle est un point de vue aussi intéressant que celui de l’historien sur la réalité du monde.

UN DISCOURS POUR LA JEUNESSE

Revenons un instant sur le passage qui a déchaîné tant de passions et qui dit que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ». Nulle part il n’est dit que les Africains n’ont pas d’histoire. Tout le monde en a une. Mais le rapport à l’histoire n’est pas le même d’une époque à une autre, d’une civilisation à l’autre. Dans les sociétés paysannes, le temps cyclique l’emporte sur le temps linéaire, qui est celui de l’histoire. Dans les sociétés modernes, c’est l’inverse.

L’homme moderne est angoissé par une histoire dont il est l’acteur et dont il ne connaît pas la suite. Cette conception du temps qui se déploie dans la durée et dans une direction, c’est Rome et le judaïsme qui l’ont expérimentée les premiers. Puis il a fallu des millénaires pour que l’Occident invente l’idéologie du progrès. Cela ne veut pas dire que dans toutes les autres formes de civilisation il n’y a pas eu des progrès, des inventions cumulatives. Mais l’idéologie du progrès telle que nous la connaissons est propre à l’héritage des Lumières.

En 1947, Emmanuel Mounier partait à la rencontre de l’Afrique, et en revenant il écrivit : « Il semble que le temps inférieur de l’Africain soit accordé à un monde sans but, à une durée sans hâte, que son bonheur soit de se laisser couler au fil des jours et non pas de brûler les espaces et les minutes. » Raciste, Mounier ?

A propos du paysan africain, le discours parle d’imaginaire, non de faits historiques. Il ne s’agissait pas de désigner une classe sociale, mais un archétype qui imprègne encore la mentalité des fils et des petits-fils de paysans qui habitent aujourd’hui dans les villes.

L’Afrique est le berceau de l’humanité, et nul n’a oublié ni l’Egypte ni les empires du Ghana et du Mali, ni le royaume du Bénin, ni l’Ethiopie. Mais les grands Etats furent l’exception, dit Braudel, qui ajoute : « L’Afrique noire s’est ouverte mal et tardivement sur le monde extérieur. » Raciste, Braudel ?

L’homme africain est entré dans l’histoire et dans le monde, mais pas assez. Pourquoi le nier ?

Ce discours ne s’adressait pas aux élites installées, aux notables de l’Afrique. Mais à sa jeunesse qui s’apprête à féconder l’avenir. Et il lui dit : « Vous êtes les héritiers des plus vieilles traditions africaines et vous êtes les héritiers de tout ce que l’Occident a déposé dans le coeur et dans l’âme de l’Afrique », la liberté, la justice, la démocratie, l’égalité vous appartiennent aussi.

L’Afrique n’est pas en dehors du monde. D’elle aussi, il dépend que le monde de demain soit meilleur. Mais l’engagement de l’Afrique dans le monde a besoin d’une volonté africaine, car « la réalité de l’Afrique, c’est celle d’un grand continent qui a tout pour réussir et qui ne réussit pas parce qu’il n’arrive pas à se libérer de ses mythes ». Cessons de ressasser le passé et tournons-nous ensemble vers l’avenir. Cet avenir a un nom : l’Eurafrique, et l’Union pour la Méditerranée en est la première étape. Voilà ce que le président de la République a dit en substance à Dakar.

On a beaucoup parlé des critiques, moins de ceux qui ont approuvé, comme le président de l’Afrique du Sud, M. Thabo Mbeki. On n’a pas parlé du livre si sérieux, si honnête d’André Julien Mbem, jeune philosophe originaire du Cameroun. Parlera-t-on du livre si savant à paraître bientôt à Abidjan de Pierre Franklin Tavares, philosophe spécialiste de Hegel, originaire du Cap-Vert ?

L’éditorial du quotidien sénégalais Le Soleil du 9 avril dernier était intitulé : « Et si Sarkozy avait raison ? » Bara Diouf, grande figure du journalisme africain, qui fut l’ami de Cheikh Anta Diop (1923-1986, historien et anthropologue sénégalais), écrivait : « Le siècle qui frappe à notre porte exige notre entrée dans l’histoire contemporaine. »

Raciste, Bara Diouf ou mauvais connaisseur de l’Afrique ?

Toute l’Afrique n’a pas rejeté le discours de Dakar. Encore faut-il le lire avec un peu de bonne foi. On peut en discuter sans mépris, sans insultes. Est-ce trop demander ? Et si nous n’en sommes pas capables, à quoi ressemblera demain notre démocratie ?

Henri Guaino est conseiller spécial du président de la République

Voir encore:

Ebola : « Le risque n’est pas majeur dans les pays développés »
Tatiana Salvan

Libération

17 octobre 2014

INTERVIEW Selon le microbiologiste Jean-Pierre Dedet, les conditions d’une épidémie ne sont pas réunies en Occident. Mais Ebola sera bien l’une des plus grandes épidémies africaines.

Avec l’annonce d’un deuxième cas d’infection par le virus Ebola aux Etats-Unis, l’Occident redoute plus que jamais qu’Ebola ne franchisse les frontières. La France vient d’annoncer la mise en place d’un dispositif de contrôle sanitaire dans les aéroports français. Mais pour Jean-Pierre Dedet, professeur émérite à l’université Montpellier I et microbiologiste, auteur de Epidémies, de la peste noire à la grippe A/H1N1 (2010), l’épidémie d’Ebola restera concentrée en Afrique.

Sur le même sujetLe Sénégal n’est plus touché par Ebola
Selon l’OMS, l’épidémie d’Ebola pourrait faire 10 000 nouveaux cas par semaine. Existe-il un véritable risque de pandémie ?

En Afrique, oui, il y a un risque d’épidémisation, mais je ne pense pas qu’elle puisse s’étendre au reste du monde. Bien sûr, il y aura des cas sporadiques en Occident, on recensera encore quelques personnes contaminées venues d’Afrique, ainsi que quelques cas d’infections survenues au contact de ces malades. Mais cela restera très rare. D’une part, les conditions du cycle de propagation naturelle du virus ne sont pas réunies comme c’est le cas en Afrique, où nous avons un parasite porteur du virus, de fortes concentrations humaines, certains comportements humains ou rites particuliers (comme toucher les morts), des conditions sanitaires défavorables, un certain type d’alimentation, etc. D’autre part, le développement de la médecine occidentale permet de mettre en place des moyens d’action pour éviter une généralisation, avec notamment l’isolement absolu du patient, un strict protocole, des équipements médicaux pointus et le développement de stratégies de détection rapide du virus. Malgré un manque au niveau des traitements à l’heure actuelle, le risque n’est donc pas majeur dans les pays développés, mais Ebola sera l’une des plus grandes épidémies africaines.

Comment situer Ebola par rapport aux autres grandes épidémies ?

Le XXe siècle a marqué le retour des épidémies : dans les années 70, sont apparues les fièvres hémorragiques (dont Ebola); dans les années 80, le VIH; dans les années 90, l’hépatite C; et dans les années 2000, le Sras, la grippe H1N1, le chikungunya, etc. Ces maladies n’ont pas toutes les mêmes caractéristiques épidémiologiques ni la même transmission vectorielle, mais elles se sont propagées à cause d’une série de facteurs, comportementaux et environnementaux. Les échanges, les migrations, les voyages intercontinentaux, mais aussi la pénétration humaine en forêt et la déforestation, qui ont amené les hommes à entrer en contact avec une faune sauvage porteuse d’agents pathogènes, ont favorisé la contamination. Et l’Afrique est un continent qui a un lot considérable d’agents infectieux.

Il ne faut d’ailleurs pas oublier qu’Ebola n’est pas le seul fléau en Afrique. Des études ont montré que ce continent concentre 70% des cas de VIH et 90% des cas de choléra. Et 90% des décès de paludisme surviennent en Afrique. Mais il y a aussi toute une conjonction qui fait que c’est un continent malade. La structure sanitaire y est déficitaire, du fait des régimes instables ou des zones de guerre. C’est aussi un territoire de migration. Et encore une fois, les comportements humains sont souvent responsables de la propagation des virus.

Les fléaux médicaux en Afrique en 2012 comparés à l’épidémie d’Ebola en 2014

L’éducation est donc essentielle pour éviter les épidémies ?

L’éducation en général, et l’éducation sanitaire en particulier, joue un rôle fondamental. De simples gestes d’hygiène permettraient de réduire les fléaux médicaux qui touchent l’Afrique. Par exemple, les diarrhées «normales» tuent chaque année des centaines de milliers d’enfants. Se laver les mains permettrait de réduire de 50% le taux de mortalité.

Peut-on comparer le virus Ebola au VIH ?

Ils ont un point commun : la transmission directe interhumaine. Mais Ebola est plus dangereux dans le sens où tous les émonctoires (l’urine, la salive, le liquide séminal…) sont vecteurs de transmission. Le simple fait de toucher le patient est dangereux, ce qui n’est pas le cas avec le sida. Néanmoins, le sida est une maladie chronique de longue durée, tandis qu’Ebola est une maladie très aiguë, avec un très fort taux de mortalité, très rapide. Avec Ebola, l’épidémisation est donc moins forte.

Cette épidémie peut influencer le mode de fonctionnement de la société africaine ?

J’espère en tout cas qu’Ebola servira de déclencheur pour les différents régimes politiques, qu’ils deviendront plus désireux d’investir l’argent dans un système de santé efficace, sans détourner les fonds. J’espère aussi que cette épidémie va faire prendre conscience aux organisations internationales qu’il faut accorder une aide majeure à l’Afrique, et lui apporter une aide logistique et humaine plus importante. On a commencé, mais c’est encore timide.

Pour ce qui est de la société elle-même, des efforts considérables d’information sont à faire. Mais passé une période d’incompréhension et la recherche de responsables (la population met notamment en cause les pouvoirs politiques), la société pourra peut-être aussi changer beaucoup de comportements.

Voir de même:

Peur
Le virus Ebola alimente les théories du complot
Pierre Haski
Rue 89
03/08/2014

Obama veut imposer une « tyrannie médicale » et des médecins apportent la maladie en Afrique. Voilà les explications qui émergent alors que l’épidémie s’amplifie, et menacent prévention et mesures de précaution.

Une épidémie d’une maladie incurable, mystérieuse, alimente toujours les théories du complot ou les thèses farfelues. Ce fut le cas du sida dans les années 80, avant que le monde devienne -hélas- familier de ce virus ; c’est aujourd’hui le cas d’Ebola, qui sévit en Afrique de l’ouest.

Le rapatriement aux Etats-Unis, samedi, d’un médecin américain contaminé par le virus Ebola, a donné un nouvel élan aux amateurs de complots, jouant avec le risque de prolifération de l’épidémie sur le sol américain.

Le Dr Kent Brantly, qui travaillait au Libéria avec les patients d’Ebola, a été contaminé et rapatrié samedi à Atlanta, où il est arrivé revêtu d’un scaphandre de protection, suffisamment fort pour descendre seul de l’ambulance. Une deuxième américaine contaminée devrait être rapatriée dans les prochains jours, dans les mêmes conditions.

« Complot eugéniste et mondialiste »
Dès samedi, l’un des « complotistes » les plus célèbres des Etats-Unis, Alex Jones, qui débusque le « globaliste » derrière chaque geste de l’administration américaine et a l’oreille du « Tea Party », s’en est ému dans une vidéo sur son site Infowars.com et sur YouTube. Il s’insurge :

« Mesdames, Messieurs, c’est sans précédent pour un gouvernement occidental d’amener une personne atteinte de quelque chose d’aussi mortel qu’Ebola dans leur propre pays. (…) C’est le signe qu’on cherche à susciter la terreur et l’effroi, afin d’imposer une tyrannie médicale encore plus forte. »

Pour ce « guerrier de l’info », comme il se décrit, qui n’a pas moins de 250 000 abonnés à son compte Twitter, le virus ne restera pas confiné à l’hôpital et s’échappera. « Il s’agit d’un gouvernement et d’un système politique qui se moquent des gens », accusant les « eugénistes “ et les ‘mondialistes’ de déployer un scénario catastrophe.

Au même moment, pourtant, les autorités américaines expliquent qu’elles ont ramené le Dr Brantly à Atlanta pour lui donner une chance de survivre, en renforçant ses défenses dans l’espoir qu’il surmonte l’attaque du virus. Le taux de mortalité de cette souche d’Ebola n’est ‘que’ de 60% environ, contre plus de 90% pour d’autres épidémies antérieures en Afrique.

Et ils le font dans l’endroit le plus adapté : Atlanta est le siège du Centre de contrôle des maladies infectieuses (CDC) aux Etats-Unis, et de l’un des seuls labos au monde spécialisés dans les virus, un laboratoire de niveau P4, le plus élevé et dans lequel la sécurité est la plus rigoureuse, avec plusieurs sas de décontamination pour s’y déplacer. L’autre labo du même type au monde se trouve … à Lyon.

‘Ebola, Ebola’
Il n’y a pas qu’aux Etats-Unis que la menace d’Ebola suscite fantasmes et peurs quasi-millénaristes : Adam Nossiter, l’envoyé spécial du New York Times racontait il y a quelques jours de Guinée –l’un des pays les plus touchés par Ebola– comment des villageois ont constitué des groupes d’autodéfense pour empêcher les équipes médicales d’approcher. ‘Partout où elles passent, on voit apparaître la maladie’, dit un jeune Guinéen interdisant l’accès de son village.

Son récit se poursuit :

‘Les travailleurs [sanitaires] et les officiels, rendus responsables par des populations en panique pour la propagation du virus, ont été menacés avec des couteaux, des pierres et des machettes, et leurs véhicules ont parfois été entourés par des foules menaçantes. Des barrages de troncs d’arbre interdisent l’accès aux équipes médicales dans les villages où l’on soupçonne la présence du virus. Des villageois malades ou morts, coupés de toute aide médicale, peuvent dès lors infecter d’autres personnes.

C’est très inhabituel, on ne nous fait pas confiance, dit Marc Poncin, coordinateur pour la Guinée de Médecins sans Frontières, le principal groupe luttant contre le virus. Nous ne pouvons pas stopper l’épidémie.’
Le journaliste ajoute que les gens s’enfuient à la vue d’une croix rouge, et crient ‘Ebola, Ebola’ à la vue d’un Occidental. Un homme en train de creuser une tombe pour un patient décédé du virus conclut : ‘nous ne pouvons rien faire, seul Dieu peut nous sauver’.

Sur le site du New Yorker, Richard Preston, auteur d’un livre sur Ebola dont nous avons cité de larges extraits récemment, raconte qu’au Libéria, les malades d’Ebola quittent la capitale, Monrovia, dont le système de santé est dépassé par l’épidémie, et retournent dans leur village d’origine pour consulter des guérisseurs ou simplement rejoindre leurs familles. Au risque de diffuser un peu plus le virus.

Le sida pour ‘décourager les amoureux’
Peurs, fantasmes, parano sont fréquents à chaque nouvelle maladie. Ce fut le cas lors de l’apparition du sida au début des années 80. A Kinshasa, durement touchée par la pandémie, la population n’a pas cru aux explications officielles sur la transmission sexuelle du virus, et avait rebaptisé le sida ‘Syndrome inventé pour décourager les amoureux’… Les églises évangélistes s’en étaient emparées pour parler de ‘punition divine’ et recruter un peu plus de brebis égarées.

Pire, en Afrique du Sud, la méfiance vis-à-vis de la médecine occidentale a gagné jusqu’au Président de l’époque, Thabo Mbeki, qu’on aurait cru plus prudent, et qui avait encouragé le recours à des remèdes traditionnels plutôt que les antirétroviraux qui commençaient à faire leur apparition et ont, depuis, fait leurs preuves. Un temps précieux, et beaucoup de vies humaines, ont été sacrifiés dans cette folie.

Avec le temps, la connaissance de la maladie et de ses modes de transmission a progressé, même s’il reste de nombreuses inégalités dans les accès aux soins.

Bien que le virus ait été identifié en 1976, il y a près de quatre décennies, les épidémies ont été très localisées, et de brève durée. Elle reste donc peu connue en dehors des spécialistes, et surtout entourée d’une réputation terrifiante : pas de remède, fort taux de mortalité, virus mutant…

Avec retard, la mobilisation internationale se met en place pour contenir l’épidémie apparue en Afrique de l’Ouest. L’information des populations n’est pas la tache la moins importante. Même s’il est probable qu’aucun argument rationnel ne pourra convaincre Alex Jones et ses disciples que l’administration Obama, malgré tous ses défauts, n’est pas en train d’importer Ebola pour quelque projet d’eugénisme au sein de la population américaine…

Voir par ailleurs:

Kissing the Corpses in Ebola Country
Ebola victims are most infectious right after death—which means that West African burial practices, where families touch the bodies, are spreading the disease like wildfire.

Abby Hagelage

The Daily beast
08.13.14

From 8 a.m. to midnight, wearing three pairs of gloves, the young men of Sierra Leone bury Ebola casualities. An activity that’s earned the Red Cross recruits an unwelcome designation: The Dead Body Management Team.

Some days, just one call to collect a newly deceased victim comes in from the Kailahun district. Some days, the team receives nine. The calls from medical professionals at isolation centers are met with relief. These bodies have been quarantined. The infection can—with copious amounts of disinfectant (bleach) and meticulous attention to detail—end there. Once cleaned and sealed in two body bags, the corpse will be driven to a fresh row of graves. In gowns, boots, goggles, and masks, the men will lower the body into a 6-foot grave below. In these burials, safety trumps tradition.

The harder phone calls that the Dead Body Management Team receives, and the more dangerous burials they perform, take place in the communities themselves. Here, they must walk a delicate line between allowing the family to perform goodbye rituals and safeguarding the living from infecting themselves. The washing, touching, and kissing of these bodies—typical in many West African burials—can be deadly. But prohibiting communities from properly honoring their dead ones—and thereby worsening their distrust in medical professionals—can be deadly, too.

Insufficient medical care, shortage of supplies, and lack of money are undoubtedly contributing to an epidemic the World Health Organization has a deemed a “national disaster.” But with a death toll now topping 1,000 in four countries, it’s the battle over dead bodies that is fueling it.

***

In the remains of a deceased victim, Ebola lives on. Tears, saliva, urine, blood—all are inundated with a lethal viral load that threatens to steal any life it touches. Fluids outside the body (and in death, there are many) are highly contagious. According to the World Health Organization, they remain so for at least three days.

Dr. Terry O’Sullivan, director of the Center for Emergency Management and Homeland Security Policy Research, spent three years volunteering in Sierra Leone. He hasn’t witnessed an Ebola outbreak directly, but has watched a hemorrhagic fever overtake the body—which he describes in vivid detail. “Those that have just died are teeming with virus, in all their fluids,” says O’Sullivan. “That is in fact the worst point because their immune systems are failed…they are leaking out of every orifice. They are extremely dangerous.” A passage in the 2004 paper Containing a Haemorrhagic Fever Epidemic published in the International Journal of Infectious Diseases paints an even bleaker picture. Citing two specific studies, the authors suggest that a “high concentration of the virus is secreted on the skin of the dead.”

With fluids seeping out of every body opening, and potentially every pore, it’s no mystery why the burial rituals of West Africa pose such a danger. In a pamphlet on safety methods for treating victims of Ebola, The World Health Organization outlines proper procedures to prevent infection from spreading outward from a deceased Ebola victim. “Be aware of the family’s cultural practices and religious beliefs,” the WHO document reads. “Help the family understand why some practices cannot be done because they place the family or others at risk for exposure…explain to the family that viewing the body is not possible.”

Villagers began running from the ambulances, trying to burn down hospitals, and attacking humanitarian workers.

Telling this to the families of deceased is one thing—making sure they understand is entirely another. In Sierra Leone, a country whose literacy rate in 2013 was just over 35 percent, it’s particularly challenging. In neighboring Guinea and Liberia, two places with similar levels of poverty and illiteracy, education alone isn’t a viable solution either.

It’s a phenomenon O’Sullivan witnessed firsthand in Sierra Leone. “People have no idea how infectious diseases work. They see people go into the hospital sick and come out dead—or never come out at all,” he says. “They think if they can avoid the hospital they can survive.” This mistrust of the medical world seems to be validated when a family is prohibited from honoring the dead, participating in the funeral, or even seeing the body.

Prior Ebola outbreaks in Africa, specifically in Uganda in 2000, have yielded similar reactions among afflicted communities. Dr. Barry Hewlett and Dr. Bonnie Hewlett, the first anthropologist to be invited by WHO to join a medical intervention team, studied the Ugandan Ebola outbreak. In a book cataloging their experience—Ebola, Culture, and Politics: The Anthropology of an Emerging Disease— they explore the dangers of African burial rituals, as well as the dangers of prohibiting them.

In the Ugandan ceremonies the Hewletts witnessed, the sister of the deceased’s father is responsible for bathing, cleaning, and dressing the body in a “favorite outfit.” This task, they write, is “too emotionally painful” for the immediate family. In the event that no aunt exists, a female elder in the community takes this role on. The next step, the mourning, is where the real ceremony takes place. “Funerals are major cultural events that can last for days, depending on the status of the deceased person,” they write. As the women “wail” and the men “dance,” the community takes time to “demonstrate care and respect for the dead.” The more important the person, the longer the mourning. When the ceremony is coming to a close, a common bowl is used for ritual hand-washing, and a final touch or kiss on the face of the corpse (which is known as a “a love touch”) is bestowed on the dead. When the ceremony has concluded, the body is buried on land that directly adjoins the deceased’s house because “the family wants the spirit to be happy and not feel forgotten.”

According to the Hewletts’ analysis, these burial rituals and funerals are a critical way for the community to safely transfer the deceased into the afterlife. Prohibiting families from performing such rites is not only viewed as an affront to the deceased, but as actually putting the family in danger. “In the event of an improper burial, the deceased person’s spirit (tibo) will cause harm and illness to the family,” the Hewletts write. In Sierra Leone, O’Sullivan experienced similar sentiments when proper burials were not performed. “It is tragic. In those countries they feel very strongly about being able to say goodbye to their ancestors. To not be able to have that ritual, or treat them with the respect they traditionally give for those who passed away is very difficult,” says O’Sullivan. “Especially in concert with the fear of the disease in general.”

Worse than stopping burial rites, found the Hewletts, is keeping the body (and the burial) hidden. Barring relatives from seeing the dead in Uganda fueled hostility and fear—leading some communities to believe that medical professionals were keeping the corpses for nefarious purposes. A mass graveyard near an airfield—an attempt to remedy the problem by allowing families to see, but not touch, the graves—didn’t help. Villagers began running from the ambulances, trying to burn down hospitals, and attacking humanitarian workers. They feared the disease—but they feared the medicine even more, as well as the people delivering it.

***

In a July 28 interview with ABC News, Dr. Hilde de Clerck of Doctors Without Borders described resistance from residents in Sierra Leone, who, he says, accused him and his colleagues of bringing the disease to the country. “To control the chain of disease transmission it seems we have to earn the trust of nearly every individual in an affected family,” de Clerck said. It is, in this case, a seemingly impossible feat.

There aren’t enough health-care workers in all of West Africa to ensure that community burials are performed safely. There aren’t enough in the world to convince every family that banning such a burial isn’t the work of the devil. “It’s gotten out of control,” says O’Sullivan of this new outbreak. “So many people involved who have responded to this in the past are completely overwhelmed. They can’t get the messages out.” Until the medical community can win the trust of West Africans, the infected will miss their chance at potentially life-saving medicine.

Without it, their family members will likely face the same fate.

Voir aussi:

 As Ebola epidemic tightens grip, west Africa turns to religion for succour
Fears evangelical churches that hold thousands and services promising ‘healing’ could ignite new chains of transmission

Monica Mark, west Africa correspondent

The Guardian

17 October 2014

Every Sunday since she can remember, Annette Sanoh has attended church in Susan’s Bay, a slum of crowded tin-roofed homes in Freetown. Now as the Ebola epidemic mushrooms in the capital of Sierra Leone, Sanoh has started going to church services almost every night.

“I believe we are all in God’s hands now. Business is bad because of this Ebola problem, so rather than sit at home, I prefer to go to church and pray because I don’t know what else we can do,” said Sanoh, a market trader. At the church she attends, a small building jammed between a hairdresser’s and two homes, she first washes her hands in a bucket of chlorinated water before joining hands with fellow church members as they pray together.

“We pray Ebola will not be our portion and we pray for hope,” said Sanoh, as the disease this week reached the last remaining district that hadn’t yet recorded a case.

By any measure, West Africa is deeply religious and the region is home to some of the world’s fastest-growing Muslim and Christian populations. Posters and banners strewn across the city are constant reminders of the hope many find in spirituality amid a fearful and increasingly desperate situation. In one supermarket, a notice asking customers to pray for Ebola to end was taped on to a fridge full of butter. It urged Muslims to recite the alfathia; Christians, Our Father; and Hindus Namaste. “For non-believers, please believe in God. Amen, Amina,” it finished.

But officials have fretted about the impact of influential spiritual leaders, worrying that evangelical churches which sometimes hold thousands of faithful and services promising “healing” could ignite new chains of transmission.

As the outbreak races into its eleventh month, leaving behind almost 4,500 dead across Guinea, Liberia and Sierra Leone, experts have warned that an influx of international aid can only contain the epidemic alongside other measures in communities.

“Control of transmission of Ebola in the community, that’s going to be the key for controlling this epidemic,” said Professor Peter Piot, director of the London School of Hygiene and Tropical Medicine, speaking at Oxford University on Thursday.

“Will it be possible without the vaccine? We really don’t know, because it supposes a massive behavioural change in the community; behavioural change about funeral rites, so people don’t touch dead bodies any longer, in carers, as people could be infected while transporting someone to a hospital.”

But there are signs that messages are filtering through. Some churches are playing a critical role in educating their congregations about the disease, which is spread through direct contact with body fluids of those already showing symptoms.

In Liberia, pastor Amos Teah, said once full pews were now largely empty as members feared gathering in crowds, while he has changed the way he conducts his Methodist church services.

“These days we go to church, we sing, but we no longer carry out the tradition of passing the peace. We no longer shake hands. We are even thinking about using spoons to serve communion … to drop the bread into a person’s palm, avoiding all contacts with that person. The church has placed strong emphasis on prevention,” he said.

Among other changes, women no longer wore veils to church, as they were often shared among churchgoers.

In Guinea, an 85% Muslim country, Abou Fofana said he had stopped going to mosque for another reason. “Even though I survived Ebola, nobody wants to come near me. Even my children have faced problems as a result.”

He said he still continued to pray at home. Like many survivors, he credits his faith in helping him pull through.

At the MSF centre in Sierra Leone’s forested interior of Kailahun, Malcolm Hugo, a psychologist, said he hadn’t been able to find an imam willing to visit the centre. So the church services are “mainly filled with Muslims attending,” said Hugo, one particularly bad afternoon in which several children had died.

Health experts and officials warn that the longer the epidemic is left unchecked, the greater the risk of it spreading to other countries in a region where families extend across porous borders.

However, in one piece of rare good news, the UN health agency officially declared an end on Friday to the Ebola outbreak in Senegal. The WHO commended the country on its “diligence to end the transmission of the virus,” citing Senegal’s quick and thorough response.

A case of Ebola in Senegal was confirmed on 29 August in a young man who had travelled by road to Dakar from Guinea, where he had direct contact with an Ebola patient. By 5 September laboratory samples from the patient tested negative, indicating that he had recovered from Ebola. The declaration from WHO came because Senegal made it past the 42-day mark, which is twice the maximum incubation period for Ebola, without detecting more such cases.

“Senegal’s response is a good example of what to do when faced with an imported case of Ebola,” the WHO said in a statement. “The government’s response plan included identifying and monitoring 74 close contacts of the patient, prompt testing of all suspected cases, stepped-up surveillance at the country’s many entry points and nationwide public awareness campaigns.”

“While the outbreak is now officially over, Senegal’s geographical position makes the country vulnerable to additional imported cases of Ebola virus disease,” WHO said.

Additional reporting by Wade Williams in Monrovia

Voir également:

Why foreign aid and Africa don’t mix
Robert Calderisi, Special to CNN
August 18, 2010

Editor’s note: Robert Calderisi has 30 years of professional experience in international development, including senior positions at the World Bank. He is the author of « The Trouble with Africa: Why Foreign Aid Isn’t Working. » He writes for CNN as part of Africa 50, a special coverage looking at 17 African nations marking 50 years of independence this year.

Friday, Charles Abugre of the UN Millennium Campaign writes for CNN about why aid is important for Africa and how it can be made more effective.

(CNN) — I once asked a president of the Central African Republic, Ange-Félix Patassé, to give up a personal monopoly he held on the distribution of refined oil products in his country.

He was unapologetic. « Do you expect me to lose money in the service of my people? » he replied.

That, in a nutshell, has been the problem of Africa. Very few African governments have been on the same wavelength as Western providers of aid.

Aid, by itself, has never developed anything, but where it has been allied to good public policy, sound economic management, and a strong determination to battle poverty, it has made an enormous difference in countries like India, Indonesia, and even China.

Those examples illustrate another lesson of aid. Where it works, it represents only a very small share of the total resources devoted to improving roads, schools, heath services, and other things essential for raising incomes.

Aid must not overwhelm or displace local efforts; instead, it must settle with being the junior partner.

Because of Africa’s needs, and the stubborn nature of its poverty, the continent has attracted far too much aid and far too much interfering by outsiders.

From the start, Western governments tried hard to work with public agencies, but fairly soon ran up against the obvious limitations of capacity and seriousness of African states.

Early solutions were to pour in « technical assistance, » i.e. foreign advisers who stayed on for years, or to try « enclave » or turn-key projects that would be independent of government action.

More recently, Western agencies have worked with non-government organizations or the private sector. Or, making a virtue of necessity, they have poured large amounts of their assistance directly into government budgets, citing the need for « simplicity » and respect for local « sovereignty. »

Through all of this, the development challenge was always on somebody else’s shoulders and governments have been eager receivers, rather than clear-headed managers of Western generosity.

In the last 20 years, some states — like Ghana, Uganda, Tanzania, Mozambique, and Mali — have broken the mould, recognized the importance of taking charge, and tried to use aid more strategically and efficiently. Some commentators would add Benin, Zambia, and Rwanda to that list.

But most African governments remain stuck in a culture of dependence or indifference. There are still too many dictators in Africa (six have been in office for more than 25 years) and many elected leaders behave no differently.

In Zambia last year, journalist Chansa Kabwela sent photographs of a woman giving birth on the street outside a major hospital (where she had been refused admission) to the president’s office, hoping he would look into why this had happened.

Instead, the president, Rupiah Banda, ordered the journalist prosecuted for promoting pornography. She was later acquitted.

Government callousness is one thing. Discouraging investors is even worse. No aid professional ever suggested that outside help was more important than private effort; on the contrary, foreign aid was intended to help lay the foundations for greater public confidence and private savings and investment.

Few economists thought that aid would create wealth, although most hoped that it would help distribute the benefits of growth more evenly. It was plain that institutions, policy, and individual effort were more important than money.

So, where — despite decades of aid — the conditions for private savings and investment are still forbidding, it is high time we ask ourselves why we are still trying to improve them.

The Blair Commission Report on Africa in 2005 reported that 70,000 trained professionals leave Africa every year, and until they — and the 40 percent of the continent’s savings that are held abroad — start coming home, we need to use aid more restrictively.

An obvious solution is to focus aid on the small number of countries that are trying seriously to fight poverty and corruption. Other countries will need to wait — or settle with only small amounts of aid — until their politics or policies or attitudes to the private sector are more promising.

We should also consider introducing incentives for countries to match outside assistance with greater progress in raising local funds.

President Obama is being criticized for increasing U.S. contributions to the international fight against HIV/AIDS by only two percent, with the result that people in Uganda are already being turned away from clinics and condemned to die.

When challenged, U.S. officials have had a fairly solid answer. Uganda has recently discovered oil and gas deposits but has gone on a spending spree, reportedly ordering fighter planes worth $300 million from Russia, according to a recent report in the New York Times.

Does a government that shows such wanton disregard for common sense or even good taste really have the moral basis for insisting on more help with AIDS?

We must not be distracted by recent news of Africa’s « spectacular » growth and its sudden attractiveness to private investment. Some basic things are changing on the continent, with real effects for the future; above all, Africans are speaking out and refusing to accept tired excuses from their governments.

But the truth is that most of Africa’s growth — based on oil and mineral exports — has not made a whit of difference to the lives of most Africans.

Political freedoms shrank on the continent last year, according to the U.S.-based Freedom House index.

A quarter of school-age children are still not enrolled, according to World Bank statistics; many of those that are, are receiving a very mediocre education. And agricultural productivity — the key to reducing poverty — is essentially stagnant.

The really good news is likely to stay local and seep out in small doses, until it eventually overwhelms the inertia and indifference of governments.

Five years ago, Kenya managed to double its tax revenues because a former businessman, appointed to head the national revenue agency, took a hatchet to the dishonest practices of many tax collectors. He had every reason to do so. Only five percent of Kenya’s budget comes from foreign aid, compared with 40 percent in neighboring countries.

This is a good example of the sometimes-perverse effects of aid, but also of the importance of imagination and individual initiative in promoting a better life for Africans.

The opinions expressed in this commentary are solely those of Robert Calderisi.

Development aid to Africa
Top 10 « official development assistance » recipients in 2008:

1 Ethiopia $3.327 billion
2 Sudan $2.384 billion
3 Tanzania $2.331 billion
4 Mozambique $1.9994 billion
5 Uganda $1.657 billion
6 DR Cong $1.610 billion
7 Kenya $1.360 billion
8 Egypt $1.348 billion
9 Ghana $1.293 billion
10 Nigeria $1.290 billion

Net official development assistance to Africa in 2008: $44 billion.

Source: Organization for Economic Co-operation and Development.

Voir encore:

Why Foreign Aid Is Hurting Africa
Money from rich countries has trapped many African nations in a cycle of corruption, slower economic growth and poverty. Cutting off the flow would be far more beneficial, says Dambisa Moyo.
Dambisa Moyo
WSJ

March 21, 2009

A month ago I visited Kibera, the largest slum in Africa. This suburb of Nairobi, the capital of Kenya, is home to more than one million people, who eke out a living in an area of about one square mile — roughly 75% the size of New York’s Central Park. It is a sea of aluminum and cardboard shacks that forgotten families call home. The idea of a slum conjures up an image of children playing amidst piles of garbage, with no running water and the rank, rife stench of sewage. Kibera does not disappoint.

What is incredibly disappointing is the fact that just a few yards from Kibera stands the headquarters of the United Nations’ agency for human settlements which, with an annual budget of millions of dollars, is mandated to « promote socially and environmentally sustainable towns and cities with the goal of providing adequate shelter for all. » Kibera festers in Kenya, a country that has one of the highest ratios of development workers per capita. This is also the country where in 2004, British envoy Sir Edward Clay apologized for underestimating the scale of government corruption and failing to speak out earlier.

Giving alms to Africa remains one of the biggest ideas of our time — millions march for it, governments are judged by it, celebrities proselytize the need for it. Calls for more aid to Africa are growing louder, with advocates pushing for doubling the roughly $50 billion of international assistance that already goes to Africa each year.

Yet evidence overwhelmingly demonstrates that aid to Africa has made the poor poorer, and the growth slower. The insidious aid culture has left African countries more debt-laden, more inflation-prone, more vulnerable to the vagaries of the currency markets and more unattractive to higher-quality investment. It’s increased the risk of civil conflict and unrest (the fact that over 60% of sub-Saharan Africa’s population is under the age of 24 with few economic prospects is a cause for worry). Aid is an unmitigated political, economic and humanitarian disaster.

Few will deny that there is a clear moral imperative for humanitarian and charity-based aid to step in when necessary, such as during the 2004 tsunami in Asia. Nevertheless, it’s worth reminding ourselves what emergency and charity-based aid can and cannot do. Aid-supported scholarships have certainly helped send African girls to school (never mind that they won’t be able to find a job in their own countries once they have graduated). This kind of aid can provide band-aid solutions to alleviate immediate suffering, but by its very nature cannot be the platform for long-term sustainable growth.

Whatever its strengths and weaknesses, such charity-based aid is relatively small beer when compared to the sea of money that floods Africa each year in government-to-government aid or aid from large development institutions such as the World Bank.

Over the past 60 years at least $1 trillion of development-related aid has been transferred from rich countries to Africa. Yet real per-capita income today is lower than it was in the 1970s, and more than 50% of the population — over 350 million people — live on less than a dollar a day, a figure that has nearly doubled in two decades.

Even after the very aggressive debt-relief campaigns in the 1990s, African countries still pay close to $20 billion in debt repayments per annum, a stark reminder that aid is not free. In order to keep the system going, debt is repaid at the expense of African education and health care. Well-meaning calls to cancel debt mean little when the cancellation is met with the fresh infusion of aid, and the vicious cycle starts up once again.

In Zambia, former President Frederick Chiluba (with wife Regina in November 2008) has been charged with theft of state funds. AFP/Getty Images
In 2005, just weeks ahead of a G8 conference that had Africa at the top of its agenda, the International Monetary Fund published a report entitled « Aid Will Not Lift Growth in Africa. » The report cautioned that governments, donors and campaigners should be more modest in their claims that increased aid will solve Africa’s problems. Despite such comments, no serious efforts have been made to wean Africa off this debilitating drug.

The most obvious criticism of aid is its links to rampant corruption. Aid flows destined to help the average African end up supporting bloated bureaucracies in the form of the poor-country governments and donor-funded non-governmental organizations. In a hearing before the U.S. Senate Committee on Foreign Relations in May 2004, Jeffrey Winters, a professor at Northwestern University, argued that the World Bank had participated in the corruption of roughly $100 billion of its loan funds intended for development.

As recently as 2002, the African Union, an organization of African nations, estimated that corruption was costing the continent $150 billion a year, as international donors were apparently turning a blind eye to the simple fact that aid money was inadvertently fueling graft. With few or no strings attached, it has been all too easy for the funds to be used for anything, save the developmental purpose for which they were intended.

In Zaire — known today as the Democratic Republic of Congo — Irwin Blumenthal (whom the IMF had appointed to a post in the country’s central bank) warned in 1978 that the system was so corrupt that there was « no (repeat, no) prospect for Zaire’s creditors to get their money back. » Still, the IMF soon gave the country the largest loan it had ever given an African nation. According to corruption watchdog agency Transparency International, Mobutu Sese Seko, Zaire’s president from 1965 to 1997, is reputed to have stolen at least $5 billion from the country.

It’s scarcely better today. A month ago, Malawi’s former President Bakili Muluzi was charged with embezzling aid money worth $12 million. Zambia’s former President Frederick Chiluba (a development darling during his 1991 to 2001 tenure) remains embroiled in a court case that has revealed millions of dollars frittered away from health, education and infrastructure toward his personal cash dispenser. Yet the aid keeps on coming.

A nascent economy needs a transparent and accountable government and an efficient civil service to help meet social needs. Its people need jobs and a belief in their country’s future. A surfeit of aid has been shown to be unable to help achieve these goals.

A constant stream of « free » money is a perfect way to keep an inefficient or simply bad government in power. As aid flows in, there is nothing more for the government to do — it doesn’t need to raise taxes, and as long as it pays the army, it doesn’t have to take account of its disgruntled citizens. No matter that its citizens are disenfranchised (as with no taxation there can be no representation). All the government really needs to do is to court and cater to its foreign donors to stay in power.

Stuck in an aid world of no incentives, there is no reason for governments to seek other, better, more transparent ways of raising development finance (such as accessing the bond market, despite how hard that might be). The aid system encourages poor-country governments to pick up the phone and ask the donor agencies for next capital infusion. It is no wonder that across Africa, over 70% of the public purse comes from foreign aid.

In Ethiopia, where aid constitutes more than 90% of the government budget, a mere 2% of the country’s population has access to mobile phones. (The African country average is around 30%.) Might it not be preferable for the government to earn money by selling its mobile phone license, thereby generating much-needed development income and also providing its citizens with telephone service that could, in turn, spur economic activity?

Look what has happened in Ghana, a country where after decades of military rule brought about by a coup, a pro-market government has yielded encouraging developments. Farmers and fishermen now use mobile phones to communicate with their agents and customers across the country to find out where prices are most competitive. This translates into numerous opportunities for self-sustainability and income generation — which, with encouragement, could be easily replicated across the continent.

To advance a country’s economic prospects, governments need efficient civil service. But civil service is naturally prone to bureaucracy, and there is always the incipient danger of self-serving cronyism and the desire to bind citizens in endless, time-consuming red tape. What aid does is to make that danger a grim reality. This helps to explain why doing business across much of Africa is a nightmare. In Cameroon, it takes a potential investor around 426 days to perform 15 procedures to gain a business license. What entrepreneur wants to spend 119 days filling out forms to start a business in Angola? He’s much more likely to consider the U.S. (40 days and 19 procedures) or South Korea (17 days and 10 procedures).

Even what may appear as a benign intervention on the surface can have damning consequences. Say there is a mosquito-net maker in small-town Africa. Say he employs 10 people who together manufacture 500 nets a week. Typically, these 10 employees support upward of 15 relatives each. A Western government-inspired program generously supplies the affected region with 100,000 free mosquito nets. This promptly puts the mosquito net manufacturer out of business, and now his 10 employees can no longer support their 150 dependents. In a couple of years, most of the donated nets will be torn and useless, but now there is no mosquito net maker to go to. They’ll have to get more aid. And African governments once again get to abdicate their responsibilities.

In a similar vein has been the approach to food aid, which historically has done little to support African farmers. Under the auspices of the U.S. Food for Peace program, each year millions of dollars are used to buy American-grown food that has to then be shipped across oceans. One wonders how a system of flooding foreign markets with American food, which puts local farmers out of business, actually helps better Africa. A better strategy would be to use aid money to buy food from farmers within the country, and then distribute that food to the local citizens in need.

Then there is the issue of « Dutch disease, » a term that describes how large inflows of money can kill off a country’s export sector, by driving up home prices and thus making their goods too expensive for export. Aid has the same effect. Large dollar-denominated aid windfalls that envelop fragile developing economies cause the domestic currency to strengthen against foreign currencies. This is catastrophic for jobs in the poor country where people’s livelihoods depend on being relatively competitive in the global market.

To fight aid-induced inflation, countries have to issue bonds to soak up the subsequent glut of money swamping the economy. In 2005, for example, Uganda was forced to issue such bonds to mop up excess liquidity to the tune of $700 million. The interest payments alone on this were a staggering $110 million, to be paid annually.

The stigma associated with countries relying on aid should also not be underestimated or ignored. It is the rare investor that wants to risk money in a country that is unable to stand on its own feet and manage its own affairs in a sustainable way.

Africa remains the most unstable continent in the world, beset by civil strife and war. Since 1996, 11 countries have been embroiled in civil wars. According to the Stockholm International Peace Research Institute, in the 1990s, Africa had more wars than the rest of the world combined. Although my country, Zambia, has not had the unfortunate experience of an outright civil war, growing up I experienced first-hand the discomfort of living under curfew (where everyone had to be in their homes between 6 p.m. and 6 a.m., which meant racing from work and school) and faced the fear of the uncertain outcomes of an attempted coup in 1991 — sadly, experiences not uncommon to many Africans.

Civil clashes are often motivated by the knowledge that by seizing the seat of power, the victor gains virtually unfettered access to the package of aid that comes with it. In the last few months alone, there have been at least three political upheavals across the continent, in Mauritania, Guinea and Guinea Bissau (each of which remains reliant on foreign aid). Madagascar’s government was just overthrown in a coup this past week. The ongoing political volatility across the continent serves as a reminder that aid-financed efforts to force-feed democracy to economies facing ever-growing poverty and difficult economic prospects remain, at best, precariously vulnerable. Long-term political success can only be achieved once a solid economic trajectory has been established.

“ The 1970s were an exciting time to be African. Many of our nations had just achieved independence, and with that came a deep sense of dignity, self-respect and hope for the future. ”

Proponents of aid are quick to argue that the $13 billion ($100 billion in today’s terms) aid of the post-World War II Marshall Plan helped pull back a broken Europe from the brink of an economic abyss, and that aid could work, and would work, if Africa had a good policy environment.

The aid advocates skirt over the point that the Marshall Plan interventions were short, sharp and finite, unlike the open-ended commitments which imbue governments with a sense of entitlement rather than encouraging innovation. And aid supporters spend little time addressing the mystery of why a country in good working order would seek aid rather than other, better forms of financing. No country has ever achieved economic success by depending on aid to the degree that many African countries do.

The good news is we know what works; what delivers growth and reduces poverty. We know that economies that rely on open-ended commitments of aid almost universally fail, and those that do not depend on aid succeed. The latter is true for economically successful countries such as China and India, and even closer to home, in South Africa and Botswana. Their strategy of development finance emphasizes the important role of entrepreneurship and markets over a staid aid-system of development that preaches hand-outs.

African countries could start by issuing bonds to raise cash. To be sure, the traditional capital markets of the U.S. and Europe remain challenging. However, African countries could explore opportunities to raise capital in more non-traditional markets such as the Middle East and China (whose foreign exchange reserves are more than $4 trillion). Moreover, the current market malaise provides an opening for African countries to focus on acquiring credit ratings (a prerequisite to accessing the bond markets), and preparing themselves for the time when the capital markets return to some semblance of normalcy.

Governments need to attract more foreign direct investment by creating attractive tax structures and reducing the red tape and complex regulations for businesses. African nations should also focus on increasing trade; China is one promising partner. And Western countries can help by cutting off the cycle of giving something for nothing. It’s time for a change.

Dambisa Moyo, a former economist at Goldman Sachs, is the author of « Dead Aid: Why Aid Is Not Working and How There Is a Better Way for Africa. »

Corrections & Amplifications

In the African nations of Burkina Faso, Rwanda, Somalia, Mali, Chad, Mauritania and Sierra Leone from 1970 to 2002, over 70% of total government spending came from foreign aid, according to figures from the World Bank. This essay on foreign aid to Africa incorrectly said that 70% of government spending throughout Africa comes from foreign aid.

Voir de même:

This Is Why Americans Are Donating Less To Fight Ebola Than Other Recent Disasters
Associated Press
10/16/2014

NEW YORK (AP) — Individual Americans, rich or not, donated generously in response to many recent international disasters, including the 2010 earthquake in Haiti and last year’s Typhoon Haiyan in the Philippines. The response to the Ebola epidemic is far less robust, and experts are wondering why.

There have been some huge gifts from American billionaires — $50 million from the Bill & Melinda Gates Foundation, $11.9 million from Microsoft co-founder Paul Allen’s foundation, and a $25 million gift this week from Facebook CEO Mark Zuckerberg and his wife, Priscilla Chan. Their beneficiaries included the Centers for Disease Control and Prevention, the World Health Organization and the U.S. Fund for UNICEF.

But the flow of smaller donations has been relatively modest.

The American Red Cross, for example, received a $2.8 million share of Allen’s donations. But Jana Sweeny, the charity’s director of international communications, said that’s been supplemented by only about $100,000 in gifts from other donors. By comparison, the Red Cross received more than $85 million in response to Typhoon Haiyan.

« After the typhoon, we got flooded with calls asking, ‘How do I give?' » Sweeny said. « With this (Ebola), we’re not getting those kinds of requests. »

Why the difference? For starters, it’s been evident that national governments will need to shoulder the bulk of the financial burden in combatting Ebola, particularly as its ripple effects are increasingly felt beyond the epicenter in West Africa.

Regine A. Webster of the Center for Disaster Philanthropy, which advises nonprofits on disaster response strategies, said the epidemic blurred the lines in terms of the categories that guide some big donors.

« This is a confusing issue for the private donor community — is it a disaster, or a health problem? » Webster said. « Institutions and individuals have been quite slow to respond. »

Officials at InterAction, an umbrella group for U.S. relief agencies active abroad, see other intangible factors at work, including the video and photographic images emerging from West Africa. Joel Charny, InterAction’s vice president for humanitarian policy, said it was clear from the imagery out of Haiti and the Philippines that donations could help rebuild shattered homes and schools, while the images of Ebola are more frightening and less conducive to envisioning a happy ending.

« People give when they see that there’s a plausible solution, » Charny said. « They can say, ‘If I give my $50 or $200, it’s going to translate in some tangible way into relieving suffering.’ … That makes them feel good. »

« With Ebola, there’s kind of a fear factor, » he said. « Even competent agencies are feeling somewhat overwhelmed, and the nature of the disease — being so awful — makes it hard for people to engage. »

Gary Shaye, senior director for emergency operations with Save The Children, suggested that donors were moved to help after recent typhoons, tsunamis and earthquakes because of huge death tolls reported in the first wave of news reports. The Ebola death toll, in contrast, has been rising alarmingly but gradually over several months.

Like other organizations fighting Ebola, Save the Children is trying to convey to donors that it urgently needs private gifts — cherished because they can be used flexibly — regardless of how much government funding is committed.

« We need both — it’s not either/or, » said Shaye. He said Save the Children was particularly reliant on private funding to underwrite child-protection work in the three worst-hit countries — Guinea, Liberia and Sierra Leone — where many children have been isolated and stigmatized after their parents or other relatives got Ebola.

By last count, Shaye said, Save the Children had collected about $500,000 in private gifts earmarked for the Ebola crisis.

« We’re proud that we raised $500,000 — but we’re talking about millions in needs that we will have, » he said.

Another group working on the front lines in West Africa is the Los Angeles-based International Medical Corps, which runs a treatment center in Liberia and plans to open one soon in Sierra Leone.

Rebecca Milner, a vice president of the corps, said it had been a struggle to raise awareness when Ebola-related fundraising efforts began in earnest in midsummer.

« It took a while before people began to respond, but now there’s definitely increased concern, » she said.

Thus far, Milner said, gifts and pledges earmarked for the Ebola response have totaled about $2.5 million — compared with about $6 million that her organization received in the first three months after the Haiti earthquake.

Among the groups most heartened by donor response is Doctors without Borders, which is widely credited with mounting the most extensive operations of any non-governmental organization in the Ebola-stricken region.

Thomas Kurmann, director of development for the organization’s U.S. branch, said American donors had given $7 million earmarked for the Ebola response, a portion of the roughly $40 million donated worldwide.

« It’s very good news, » Kurmann said. « There’s been significantly increased interest in the past three months. »

Doctors Without Borders said this week that 16 of its staff members have been infected with Ebola and nine have died.

A smaller nonprofit, North Carolina-based SIM USA, found itself in the headlines in August and September, when two of its American health workers were infected with Ebola in Liberia. Both survived.

SIM’s vice president for finance and operations, George Salloum, said the missionary organization — which typically gets $50 million a year in donations — received several hundred thousand dollars in gifts specifically linked to those Ebola developments.

Even as the crisis worsens, Salloum said nonprofits active in the Ebola zone need to be thinking long-term.

« At some point, we’ll be beyond the epidemic, » he said. « Then the challenge will be how to deal with the aftermath, when thousands of people have been killed. What about the elders, the children? There will be a lot of work for years. »

Support UNICEF’s efforts to combat Ebola through the fundraising widget below.

Voir enfin:

‘SNL’ Has One of the Year’s Most Surprisingly Sharp Critiques of Poverty Aid in Africa
Zak Cheney-Rice

Mic

October 15, 2014

Saturday Night Live still manages to surprise once in a while. The long-running sketch comedy show has drawn criticism for its lack of diversity and questionable joke decisions of late, but this past weekend saw its satirical gears in rare form:

The sketch features guest host Bill Hader as Charles Daniels, a soft-voiced, thick-bearded incarnation of a common late night infomercial trope, the philanthropy fund spokesperson. The clip opens with shots of an unnamed African village, where residents pass the time by gazing longingly into the camera and dolefully stirring pots of stew.

« For only 39 cents a day, » Daniels says to his viewers, « you can provide water, food and medicine for these people … That’s less than a small cup of coffee. »

« Ask for more, » whispers a villager played by Jay Pharoah. « Why you starting so low? »

So begins a three-minute interrogation around why this « cheap-ass white man » is asking for so little money — « [the] number has been decided by very educated and caring people, » Daniels claims — and more importantly, why he thinks throwing money at this problem will solve it in the first place.

The sketch ends with Daniels’ implied abduction, along with demands for a larger sum in exchange for his release. The question of where he’s getting a 39-cent cup of coffee remains unanswered.

While it’s unclear why the black performers are talking like they’re in a Good Times parody, the sketch brings up some valid political points. For one, the long-term effectiveness of foreign aid has been questioned for years, with critics at outlets ranging from CNN to the Wall Street Journal claiming it can foster a relationship of « dependence » while ultimately providing cosmetic solutions that fail to address systemic issues.

Even CARE, one of the biggest charities in the world, rejected $45 million a year in federal funding in 2007 because American food aid was so « plagued with inefficiencies » as to be detrimental, according to the New York Times (by the same token, many such organizations disagree).

SNL illustrates this perfectly when Daniels implies the villagers are ungrateful when they ask for more. « You know, for a starving village, you people have a lot of energy, » he says.

The sketch also touches on monolithic Western views of African diversity: When the villagers ask Daniels which country he thinks he’s in, he simply responds, « Africa. »

Considering SNL’s less than sterling record on racial humor, the overall pointedness of this skit is a pleasant surprise. Best-case scenario, it indicates that producer Lorne Michaels’ recent emphasis on casting and writer diversity is incrementally starting to pay dividends.


Bigorexie: Les garçons ont trouvé leur anorexie à eux (Bigorexia: a new lost generation of angry young men ready to die for the perfect beach body)

14 juillet, 2014

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6pak zyzz1 Zyzz leanbulk differentaseveryoneelseCertes, il était sûr qu’on s’intéressait un jour à nouveau à l’art de la faim, mais cela ne pouvait consoler ceux qui étaient en vie. Franz Kafka
Don’t be afraid of different. Be afraid of being different as everybody else. D’après un slogan publicitaire
Pourquoi l’anorexie frappe-t-elle certaines femmes plus que d’autres ? Les individus sont plus ou moins rivalitaires, il n’en va pas autrement dans le cas de la minceur que dans d’autres domaines. Les femmes anorexiques veulent être championnes de leur catégorie. C’est pareil dans le monde de la finance. La différence, c’est que le désir d’être plus riche que les autres n’apparaît pas comme pathologique. Par contre, le désir d’être plus mince, s’il est poussé à l’extrême, a des effets funestes visibles sur le plan physique.(…) Le résultat final est tragique dans les cas extrêmes, mais cela ne doit pas nous faire perdre de vue le fait que l’obsession de la minceur caractérise toute notre culture, ce n’est nullement quelque chose qui distingue ces jeunes filles. L’impératif qui pousse ces femmes à se laisser mourir de faim vient de toute la société. C’est un impératif unanime. De ce point de vue, donc, c’est organisé comme un sacrifice. (…) L’étape critique est atteinte quand la compétition se nourrit exclusivement d’elle-même, oubliant ses objectifs initiaux. Les femmes anorexiques ne s’intéressent pas du tout aux hommes; tout comme ces hommes, elles concourent entre elles, simplement pour la compétition elle-même. (…) Nous vivons dans un monde où manger trop et ne pas manger assez sont deux moyens opposés mais inséparables de faire face à l’impératif de minceur qui domine l’imaginaire collectif. La plupart d’entre nous oscillent, la vie durant, entre des formes atténuées de ces deux pathologies. (…° Nous vivons à une époque où les actions les plus saines comme les plus malsaines peuvent avoir la même motivation. La véritable raison pour laquelle beaucoup de jeunes gens, et particulièrement de jeunes femmes, rejoignent de nos jours le banc des fumeurs, ou n’arrêtent pas de fumer, malgré les recommandations des pouvoirs publics, c’est la crainte de prendre du poids, une crainte que ces mêmes pouvoirs publics, curieusement, s’évertuent à encourager et à renforcer.(…) Nos péchés sont inscrits dans notre chair et nous devons les expier jusqu’à la dernière calorie, à travers une privation plus sévère qu’aucune religion n’en a jamais imposé à ses adeptes.(…) Il y a une grande ironie dans le fait que le processus moderne d’éradication de la religion en produit d’innombrables caricatures. On nous dit souvent que nos problèmes sont dus à notre incapacité à nous débarrasser de notre tradition religieuse mais ce n’est pas vrai. Ils sont enracinés dans la débâcle de cette tradition, qui est nécessairement suivie par la réapparition, dans des habits modernes, de divinités plus anciennes et plus féroces nées du processus mimétique. (…) Quand les riches s’habituent à leur richesse, la simple consommation ostentatoire perd de son attrait et les nouveaux riches se métamorphosent en anciens riches. Ils considèrent ce changement comme le summum du raffinement culturel et font de leur mieux pour le rendre aussi visible que la consommation qu’ils pratiquaient auparavant. C’est à ce moment-là qu’ils inventent la non-consommation ostentatoire, qui paraît, en surface, rompre avec l’attitude qu’elle supplante mais qui n’est, au fond, qu’une surenchère mimétique du même processus. (…) Dans notre société la non-consommation ostentatoire est présente dans bien des domaines, dans l’habillement par exemple. Les jeans déchirés, le blouson trop large, le pantalon baggy, le refus de s’apprêter sont des formes de non-consommation ostentatoire. La lecture politiquement correcte de ce phénomène est que les jeunes gens riches se sentent coupables en raison de leur pouvoir d’achat supérieur ; ils désirent, si ce n’est être pauvres, du moins le paraitre. Cette interprétation est trop idéaliste. Le vrai but est une indifférence calculée à l’égard des vêtements, un rejet ostentatoire de l’ostentation. Plus nous sommes riches en fait, moins nous pouvons nous permettre de nous montrer grossièrement matérialistes car nous entrons dans une hiérarchie de jeux compétitifs qui deviennent toujours plus subtils à mesure que l’escalade progresse. A la fin, ce processus peut aboutir à un rejet total de la compétition, ce qui peut être, même si ce n’est pas toujours le cas, la plus intense des compétitions. (…) La rivalité s’intensifie à mesure que le nombre d’imitateurs augmente.(…) Mais il est peu probable qu’un de nos contemporains égale jamais L’Artiste de la faim de Franz Kafka. Pour comprendre cette nouvelle, il faut savoir qu’au XIXe et au début du XXe siècle, on exhibait dans les foires et les cirques ce qu’on appelait des « squelettes vivants » et des « artistes du jeûne ». Sortes d’hybrides entre monstres et champions sportifs qui se vantaient tous d’avoir battu les records précédents d’émaciation. René Girard
In the 1930s, men’s nipples were just as provocative, shameful, and taboo as women’s are now, and men were protesting in much the same way. In 1930, four men went topless to Coney Island and were arrested. In 1935, a flash mob of topless men descended upon Atlantic City, 42 of whom were arrested. Men fought and they were heard, changing not only laws but social consciousness. And by 1936, men’s bare chests were accepted as the norm. So why is it that 80 years later women can’t seem to achieve the same for their chests? Scout Willis
By the early 1900s men’s bathing suits had become more streamlined but still covered much of the body. In 1916 beaches on Chicago’s Lake Michigan required men’s bathing costumes to be cut no lower on the chest than the armpits. Bathing suit bottoms had to have a « skirt effect » or a long shirt had to be worn over the suit. The bottoms themselves could be no more than four inches above the knee. A possible alternative was flannel knee pants with a belt and fly front worn with a vest. Failure to obey these rules could result in arrest for indecent exposure. Such modest styles began to change during the 1930s. The invention of a rubberized thread called lycra made a new type of snug-fitting bathing suit possible, and a « nude look » came into fashion on beaches everywhere, with tight, one-piece suits that looked glamorous and made swimming easier. However, men still wanted to swim and relax on beaches bare-chested. In 1933 a men’s suit called « the topper » was introduced with a removable tank top that allowed daring men to expose their chests when they wished. That same year the BVD company, which made men’s underwear, introduced a line of men’s swimwear designed by Olympic swimming champion Johnny Weismuller (1904–1984). The new BVD suit was a tight-fitting one piece with a top made of a series of thin straps that exposed much of the chest, while still remaining within the law. In the summer of 1936 a male « no shirt movement » led many men to protest the chest-covering requirements. Although topless men were banned from beaches from Atlantic City, New Jersey, to Galveston, Texas, the men eventually swayed the legislature, and by 1937 it was legal for men to appear in public wearing only swim trunks. Since that time men’s swimwear styles have changed little. Into the twenty-first century swim trunks have been either loose-fitting shorts in a « boxer » style or the tighter fitting « brief » style. Fashion encyclopedia
Baring your beer belly is off the menu in Southend this summer, as visitors to the Adventure Island funfair are being told to please keep their clothes on. The park’s new ‘Wear Your Shirt’ rule will be enforced no matter how high the temperatures rise, and has been inspired by similiar dress codes used in U.S. theme parks which urge men to stay covered up in a bid to maintain family-friendly standards. A spokesman for the park said: ‘We don’t have a strict dress code as such, but would like our male customers to show some decorum. Not welcome: Funfair Adventure Island in Southend is banning bare chests this summer. In recent years, we’ve seen increasing numbers of lads and men whipping their tops off, eager to make the most of the sun – which is understandable, of course, as Southend is the warmest and driest part of the UK. ‘That’s absolutely fine in the right environment, but we try very hard to be a family-focused business and not everybody is a fan of bare chests. ‘We simply want to make sure that Adventure Island maintains its status as the best place to bring the whole family for a fun, safe, reasonably-priced great day out.’ Have some decorum: Marc Miller, managing director, has instructed signs to be posted around the park Signs are now being put up around the park and security staff will politely challenge individuals who have removed their tops and ask them to put them back on again. Those who refuse will be asked to leave. Mr Miller added: ‘Of course, we don’t want people to think we’re introducing a nightclub-style policy of no jeans or trainers. There definitely won’t be Adventure Island fashion police criticising people for wearing double denim combinations, spots with stripes or inappropriate shades of purple.  ‘We’ll simply point out that if you want to pose semi-naked, then Southend has miles of glorious beaches on which to do that.’ Daily Mail
Les savants américains ont fait une découverte surprenante. Pour se sentir heureux il faut être sûr que votre vie intime est meilleure et plus régulière que celle de vos voisins. (…) Les spécialistes ont analysé les données d’une grande recherche, menée depuis 1972. On a étudié l’information de la recherche reçue en 1993-2006 où 15 386 personnes ont pris part. Les personnes interrogées devaient apprécier l’état de leur âme (très heureux, assez heureux, malheureux). Les savants ont pris en considération les facteurs du bonheur : l’âge, la santé et la situation familiale. Les plus heureuses étaient les personnes qui avaient le sexe au moins 2-3 fois par mois. Leur état du bonheur était de 33% plus haut que chez ceux qui n’avaient pas le sexe depuis un an. Plus régulières étaient les relations intimes chez les personnes interrogées, plus heureuses elles étaient dans leur vie. Avoir des relations sexuelles 3 fois par semaine, une personne augmente le niveau de son bonheur de 55%. Les experts assurent que le sexe peut nous rendre plus heureux, mais la pensée que nous avons plus de relations sexuelles que nos amis, nos collègues et nos voisins nous réjouit d’avantage. Top rencontres
Here’s a little trick I use in my training, it may be of use to you. Pretend there is a crowd of thousands watching you, and if you pull out as many reps or pull the weight that you hope (say 200kg deadlift 3 reps) you win a million dollars, and actually believe in your mind that it is true. Watch yourself push harder for reasons that I cannot explain. Try it in your sets tonight. When you think you can’t even push a single more rep out, picture this in your mind and you will push out. Or even up the stakes, pretend a gunman is pointing a gun at someone you love and you MUST complete the reps or push the weight to let them live. That’s seriously the lengths I go to in my workouts, sets, and reps, to push myself as hard as possible. It’s as much of a mind game as a physical one. Zyzz Shreddedshian
À l’occasion de la Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires, Mme Noël remarque que depuis deux ans, le phénomène de l’anorexie, qui affecte surtout les femmes, a maintenant son pendant masculin avec le développement de la bigorexie. Ce comportement incite les hommes à vouloir développer démesurément leur musculature afin de diminuer l’apport graisseux de leur corps. La consommation de diurétiques, laxatifs et autres produits présents dans les cas d’anorexie se traduit par la consommation de protéines, produits anabolisants circulant dans les gymnases. «C’est un phénomène nouveau, une mode dont on parle peu parce que les jeunes hommes parlent peu», explique Mme Noël. Pourtant, selon Mme Noël, les conséquences de la bigorexie sont aussi nocives ou sinon pires puisque l’abus de consommation de protéines disponibles sur l’internet peut avoir des impacts permanents sur les systèmes immunitaire et reproductif des jeunes hommes. La Presse
‘I am increasingly seeing a new breed of extremely narcissistic, under-fathered adolescent male, » says the psychologist Michael Carr-Gregg.  »He is beset with rigid, inflexible thinking, has no respect for authority, little exposure to tradition or ritual and has few, if any, skills in anger management. » For teenage boys, violence has become a  »sport », says Father Chris Riley, the founder of Youth Off the Streets. The latest  »game », he says, is for groups of men to board trains and see how severely they can bash a lone commuter before he can escape at the next stop. Experts say this culture of anger and casual violence is the result of a toxic confluence of factors, among them increasing alcohol intake, the breakdown of the family unit, the normalisation of violence in popular culture and a show-off culture fostered by social networking. There is a typical profile of a violent teenager, says Professor Paul Mazerolle, the director of the Violence Research and Prevention Program at Griffith University. He often has an absent father or a violent one. He mimics those traits or adopts his idea of masculinity from Hollywood and from his peers. He is often disengaged from school or work. He feels he has little to contribute to society. He is disconnected from the structures that might lead him away from violence.  »They’re connected differently now, » Mazerolle says.  »They might not be as connected to their neighbours but they are connected to 600 people on Facebook. If you don’t know your neighbours, you’re less likely to care if you blast your music loudly until 2am. » Two other factors have become part of the mix. One is black-market guns.  »The difference between a serious assault and a homicide is often access to a weapon, » Mazerolle says. The other is a growing emphasis on fitness and working out, influenced by the subculture of amateur bodybuilding dubbed  »aesthetics » by its poster boy, the late Eastwood entrepreneur Aziz  »Zyzz » Shavershian. Zyzz, with 300,000 Facebook  »fans », died last year after an apparent heart attack in a Bangkok sauna. Seizures of steroids and hormones increased 106 per cent in 2010-11 on the previous year, the Australian Crime Commission’s data show. Anecdotal evidence suggests the burgeoning industry has fostered  »roid rage », as scores of pumped-up, amped-up men roam night-time hotspots. Carr-Gregg says the frontal cortex, which controls impulsiveness, develops fully in males only in their late 20s.  »His body and physical strength have outgrown his brain.  »He has feasted from an early age on a diet of violence as entertainment … he has an armoury of communication aids, which enable him to maintain 24/7 contact with similarly disaffected peers who are bonded by a fondness for, and access to, disinhibiting drugs and the money to pay for them. » On top of this swirling mix is alcohol consumption. More than half of boys aged 15 to 17 drink alcohol and the proportion of 12- to 15-year-olds drinking at risky levels has doubled since 1990. A recent study by the Australian Institute of Criminology found the median number of standard drinks consumed by young men arrested for assault on a Friday or Saturday night was 22. Alcohol increases bravado and distorts perceptions. The tiniest thing, such as a spilt drink or a purposeful glance, can set a man off. Sydney Morning Herald
The recent death of a 22-year-old amateur Sydney bodybuilder has put the spotlight on a sub-culture that places emphasis on getting bigger at all costs – and experts warn the problem is affecting more young men than previously thought. Facebook sensation Aziz ‘Zyzz’ Sergeyevich Shavershian suffered a fatal heart attack in a Thai sauna last week. He gained a Facebook following of more than 80,000 fans, gaining popularity through workout videos posted on YouTube. Sydney University researcher and psychologist Stuart Murray said he believed instances of muscle dysmorphia, or “bigorexia,” are increasing and that the use of image-enhancing drugs is becoming the norm. “Steroid use is definitely on the rise but there isn’t enough research being done into this growing problem. I’m one of only two or three researchers in Australia working on this,” he said. Surry Hills Police Crime Prevention Officer Constable Craig Parkinson said that steroid use and dealing often flew under the radar and it wasn’t as easily detected as drugs like cocaine or ecstasy. “Recent reports in the media have highlighted the dangers of steroid use,” Constable Parkinson said. “The death of an otherwise fit, young Australian in Thailand has been related to steroid use and illustrates the negative effects of these supposed ‘performance enhancing’ drugs.” “Although customs have reported an increase in seizures of the drug, its use is somewhat understated. The dangers are real and potentially lethal.” Last month a man jumped four floors out of a Bondi apartment window when police knocked on his door. He was found in possession of steroids, illegal drugs and weapons. Mr Murray described bigorexia as “the pathological pursuit of muscularity”. “The thing with bigorexia is that people who suffer from it see it as a good thing. They will get anxiety if they can’t make it to the gym on a particular day, and they see that as a positive, the fact that they’re so committed,” he said. Mr Murray was particularly concerned with a rise in popularity of clenbuterol. The drug is used to treat asthma in horses, but gym junkies and even women looking to slim down are using it to shed fat and build muscle. “We don’t know too much about it because its popularity has only grown in the last five to ten years,” he said. And the quest for the perfect beach body isn’t just restricted to drugs that enhance the muscles. An unregulated tanning drug named Melanotan is increasing in popularity. It is injected into the skin, but the NSW Health Department has warned that it is a largely unknown substance and unlicensed for use in Australia. ABC
Back in the day when men’s chests were considered « erotically neutral » (to quote the English writer Mark Simpson), blokes could be casual or even blase about their torsos, no matter what shape they were in.
Shirtlessness can still be casual or blase, or – for want of a better word – ‘innocent’. But shirtlessness can also be a form of showcasing. And it seems that the more a guy has to showcase, the more likely he’ll be to wander about topless, and the further he’ll stray from the beach. But how far is too far? If the respondents to the vox pop on page 25 are any indication, everyone has their own view on that, showing that male toplessness runs its own jagged faultline through our community norms. The issue would seem almost entirely inconsequential, but the level of interest shown in steroid use and the Zyzz story suggests that the shirtless dudes on our streets are the visible tip of an iceberg; an iceberg that is probably bigger, and more destructive, than many of us realise. David Mills

 Anorexie, boulimie, bigorexie, anorexie athlétique, orthorexie, hyperphagie boulimique, prégorexie, dysmorphophobie  …

Au lendemain d’un mois de Coupe du monde de football et au début d’un nouveau Tour de France cycliste où l’on a pu et peut encore admirer, grâce on ne sait plus à quelles potions miracle et jusqu’aux morsures, les prouesses proprement surhumaines de nos nouveaux gladiateurs …

Mais aussi où, avec l’horrible lynchage à mort, sous prétexte de vengeance pour l’enlèvement et assassinat de trois jeunes Israéliens, d’un jeune Palestinien par une bande de supporters d’un club de football israélien, l’on a pu voir jusqu’où pouvait mener parmi nos jeunes l’addiction à la violence gratuite …

Pendant que, dernière marotte en date de nos stars désoeuvrées, c’est aux seins nus en plein centre-ville que se vouent nos nouvelles féministes …

Alors que se confirment la dimension addictive de l’exposition au soleil ou la part mimétique de la satisfaction sexuelle

Et qu’à coup de néologismes, nos spécialistes de la médecine ou de la psychiatrie multiplient les fausses explications …

Comment ne pas voir, dans cette sorte d’anorexie inversée qu’est la bigorexie, autre chose qu’une énième variation principalement masculine de ces conduites mimétiques bien mises au jour par René Girard dont l’anorexie était jusqu’à présent la forme plutôt féminine ?

Surtout, comme en témoigne le véritable culte dont, jusqu’à son décès récent en Thaïlande (suite à la prise d’anabolisants ?), était l’objet sur les réseaux sociaux cet Australien d’origine kurde Zyzz Shreddedshian

Quand ces conduites se greffent non seulement sur l’évidente dimension compétitive de la musculation et du sport …

Mais s’accompagnent souvent, comme on l’a vu récemment en Australie, d’une fascination pour les armes à feu et la violence gratuite ?

Sydney’s newest sport – beat someone senseless or kill them for the heck of it
Violent, disconnected young men have become part of the city’s culture.
Rachel Olding
Sunday Morning Herald
July 28, 2012

IT TOOK a single punch to spur a city into action, but the blow to Thomas Kelly was far from a one-off.

The man accused of murdering Kelly, 18-year-old Kieran Loveridge, allegedly assaulted three other strangers in Kings Cross on the night of July 7. When he appeared in court last week, a 17-year-old friend shoulder-charged a cameraman, knocking him unconscious.

On Monday, it emerged that Loveridge’s cousin stands accused of a 2010 rampage that began with the bashing of a grandmother and ended with the stabbing death of a teenager. At a committal hearing it was alleged Corrie Loveridge told his friends he  »wanted to stab and kill someone tonight ».

Across Sydney, it is an increasingly familiar story.

This week’s police media alerts included a 19-year-old and a 20-year-old arrested for stabbing a man in Campbelltown, a 20-year-old man arrested for assaulting a police officer in Cronulla, a teenager stabbed at a Parramatta bus stop and a 22-year-old man arrested for assaulting a 19-year-old man and headbutting a 21-year-old woman outside a pub in Windsor.

Why are some young men so angry? Psychologists speak of a lost generation of teenage boys with little engagement or purpose in life and a worryingly blase attitude to violence and authority.

Police took legal action against one in 10 18-year-old men last year, a slight increase on previous years. Crime rates have declined in almost every category over the past decade, but assaults remain stable or rising slightly. It is estimated two-thirds of assaults go unreported.

 »I am increasingly seeing a new breed of extremely narcissistic, under-fathered adolescent male, » says the psychologist Michael Carr-Gregg.  »He is beset with rigid, inflexible thinking, has no respect for authority, little exposure to tradition or ritual and has few, if any, skills in anger management. »

For teenage boys, violence has become a  »sport », says Father Chris Riley, the founder of Youth Off the Streets. The latest  »game », he says, is for groups of men to board trains and see how severely they can bash a lone commuter before he can escape at the next stop.

Experts say this culture of anger and casual violence is the result of a toxic confluence of factors, among them increasing alcohol intake, the breakdown of the family unit, the normalisation of violence in popular culture and a show-off culture fostered by social networking.

There is a typical profile of a violent teenager, says Professor Paul Mazerolle, the director of the Violence Research and Prevention Program at Griffith University.

He often has an absent father or a violent one. He mimics those traits or adopts his idea of masculinity from Hollywood and from his peers. He is often disengaged from school or work. He feels he has little to contribute to society. He is disconnected from the structures that might lead him away from violence.

 »They’re connected differently now, » Mazerolle says.  »They might not be as connected to their neighbours but they are connected to 600 people on Facebook. If you don’t know your neighbours, you’re less likely to care if you blast your music loudly until 2am. »

Two other factors have become part of the mix. One is black-market guns.  »The difference between a serious assault and a homicide is often access to a weapon, » Mazerolle says.

The other is a growing emphasis on fitness and working out, influenced by the subculture of amateur bodybuilding dubbed  »aesthetics » by its poster boy, the late Eastwood entrepreneur Aziz  »Zyzz » Shavershian. Zyzz, with 300,000 Facebook  »fans », died last year after an apparent heart attack in a Bangkok sauna.

Seizures of steroids and hormones increased 106 per cent in 2010-11 on the previous year, the Australian Crime Commission’s data show. Anecdotal evidence suggests the burgeoning industry has fostered  »roid rage », as scores of pumped-up, amped-up men roam night-time hotspots.

Carr-Gregg says the frontal cortex, which controls impulsiveness, develops fully in males only in their late 20s.  »His body and physical strength have outgrown his brain.

 »He has feasted from an early age on a diet of violence as entertainment … he has an armoury of communication aids, which enable him to maintain 24/7 contact with similarly disaffected peers who are bonded by a fondness for, and access to, disinhibiting drugs and the money to pay for them. »

On top of this swirling mix is alcohol consumption. More than half of boys aged 15 to 17 drink alcohol and the proportion of 12- to 15-year-olds drinking at risky levels has doubled since 1990.

A recent study by the Australian Institute of Criminology found the median number of standard drinks consumed by young men arrested for assault on a Friday or Saturday night was 22.

Alcohol increases bravado and distorts perceptions. The tiniest thing, such as a spilt drink or a purposeful glance, can set a man off.

For one 19-year-old who spoke to the Herald, it was being refused entry on a bus because he was drunk. He turned around and put his fist through a glass shopfront in Ryde.

 »It was just a f–k you to the driver, » he said.  »It was complete drunk idiocy. »

A criminal lawyer, William Vahl, says alcohol is involved in 98 per cent of his young clients’ assault cases.  »The link is blatant, » he says.  »Without alcohol, a lot of criminal lawyers would be out of a job. »

Writing on The Conversation website this week, a University of Western Sydney criminologist, Stephen Tomsen, said the crackdown on licensed venues in Kings Cross in the wake of Mr Kelly’s death would do little to curb  »the monoculture of aggressive heavy drinking in a night-time economy ».

Father Riley believes a mix of early intervention and service provision can work. He says when Youth Off the Streets built a $7.4 million drop-in centre in Macquarie Fields, the crime rate fell by 40 per cent.  »I wish I’d gotten to this kid [Loveridge] sooner. All kids want is a connection. When you connect a kid you can turn them around. »

It will come as cold comfort for the parents of Thomas Kelly, who continue to turn on the bedside lamp in their son’s empty bedroom every night.

Voir aussi:

Young men dying for the perfect beach body
Alex Cauchi
Wentworth Courier
18 Aug 2011

The recent death of a 22-year-old amateur Sydney bodybuilder has put the spotlight on a sub-culture that places emphasis on getting bigger at all costs – and experts warn the problem is affecting more young men than previously thought.

Facebook sensation Aziz ‘Zyzz’ Sergeyevich Shavershian suffered a fatal heart attack in a Thai sauna last week. He gained a Facebook following of more than 80,000 fans, gaining popularity through workout videos posted on YouTube.

Sydney University researcher and psychologist Stuart Murray said he believed instances of muscle dysmorphia, or “bigorexia,” are increasing and that the use of image-enhancing drugs is becoming the norm.

“Steroid use is definitely on the rise but there isn’t enough research being done into this growing problem. I’m one of only two or three researchers in Australia working on this,” he said.

Surry Hills Police Crime Prevention Officer Constable Craig Parkinson said that steroid use and dealing often flew under the radar and it wasn’t as easily detected as drugs like cocaine or ecstasy.

“Recent reports in the media have highlighted the dangers of steroid use,” Constable Parkinson said.

“The death of an otherwise fit, young Australian in Thailand has been related to steroid use and illustrates the negative effects of these supposed ‘performance enhancing’ drugs.”

“Although customs have reported an increase in seizures of the drug, its use is somewhat understated. The dangers are real and potentially lethal.”

Last month a man jumped four floors out of a Bondi apartment window when police knocked on his door. He was found in possession of steroids, illegal drugs and weapons.

Mr Murray described bigorexia as “the pathological pursuit of muscularity”.

“The thing with bigorexia is that people who suffer from it see it as a good thing. They will get anxiety if they can’t make it to the gym on a particular day, and they see that as a positive, the fact that they’re so committed,” he said.

Mr Murray was particularly concerned with a rise in popularity of clenbuterol.

The drug is used to treat asthma in horses, but gym junkies and even women looking to slim down are using it to shed fat and build muscle.

“We don’t know too much about it because its popularity has only grown in the last five to ten years,” he said.

And the quest for the perfect beach body isn’t just restricted to drugs that enhance the muscles.

An unregulated tanning drug named Melanotan is increasing in popularity. It is injected into the skin, but the NSW Health Department has warned that it is a largely unknown substance and unlicensed for use in Australia.

CLENBUTEROL
Known as “clen”, it’s unique in that it has both anabolic and catabolic properties. Used to treat asthma in horses, it builds muscle but also burns body fat. It’s a stimulant that has a similar effect on the body as amphetamines. It places increased strain on the heart and can leave users with tachycardia, or heart palpations and prevent them from sleeping. Increasingly being used by women to shed weight. Available in liquid or gel form. Can cost between $150-$250 for 100ml.

ANABOLIC STEROIDS
Increases protein synthesis within the body’s cells. Primary dangers are cardiac related. Can cause the heart muscle to grow too big, leading to congestive heart failure, heart attacks, and sudden cardiac death. Users can also develop gynecomastia or “man boobs”. Sold in injectable liquid or tablet form. Can cost between $150-$250 for 10ml in various forms such as Sustagen 250, Deca-Durabolin or Trenabol.

HUMAN GROWTH HORMONE (HGH)
A substance that can be attained by prescription, HGH increases testosterone production but can provoke growth in a wide range of body tissue, not just muscles. Is more difficult to obtain than steroids and is more expensive. Users pay around $400 for 10ml.

MELANOTAN
An unregulated tanning product that is injected into the skin. Is available from drug dealers and online. Side effects include increased number of dark moles on the skin, suppressed appetite and nausea. Costs $20 for 0.1ml.

Voir encore:

Generation V buff, but not so pretty after dark
Jordan Baker
The Sydney Morning Herald
September 2, 2011

If plastic Six Million Dollar Man met plastic Wolverine in a dark alley, there’s no doubt who’d come off best. While they both have super-human powers, Wolverine has the distinct advantage of rolling off the production line almost 40 years later than Steve Austin.

By today’s standards, the Six Million Dollar Man action figure is a weed. His stomach is flat, his muscle definition non-existent and there’s no inverted pyramid to speak of. The Wolverine figure, however, has arms bigger than his legs, trapeziuses like wings and shoulders three times wider than his waist. If it came down to size, plastic Wolverine wouldn’t even need his famous claws to tear plastic Six Million Dollar Man apart.

Action figures show just how much the ideal male body has changed in the past 40 years. In the 1970s, it was athletic and lean; now, it’s all about size and definition. A figure like plastic Wolverine’s figure is almost impossible to achieve naturally, but with easier and cheaper access to steroids and growth hormones, it’s possible for even the skinniest man to become  »big » and  »ripped », if he’s willing to risk his health.

The problem for the rest of us is that the risks he takes with his health have underrated flow-on effects in the community.

The most obvious is aggression. We’ve all read the stories about violence in Sydney on Saturday nights, which is usually blamed on alcohol, illegal drugs, and, this week, cage fighting. But there’s another factor at play, and that’s steroids. Illegal steroid and growth hormone use is booming in Sydney, and if you take a pack of young men who are not only drunk, but irritable from the steroids and puffed up with the bravado of newly minted muscles, you put a flame to a tinderbox.

Customs seized more than twice as many steroids and growth hormones in the year to July 10 than they did in 2004-05. They are cheaper and more accessible than ever before, so their use is more widespread and therefore more acceptable. Buying steroids used to involve a visit to a creepy bikie dealer, but they’re now available from a guy at the gym, over the internet or from a mate. Internet forums offer tips on how best to use different cycles of steroids to get the right look, and users share tips and admire each other’s bodies. It’s the male equivalent of pro-anorexia websites.

This isn’t news to anyone who trains regularly at a gym in Sydney, or knows young men dedicated to the body beautiful. « At the place I train, every day I hear someone talking about what cycle of steroids they’re on, » says one male gym-goer. « No one is trying to hide it. It used to be very hush-hush, but now no one cares who knows. »

It’s easy to spot them. They’re the ones parading in shirtless packs at music festivals or down George Street on Saturday nights, often mixing their cocktail of steroids with booze, illegal drugs and Viagra. Or they’re the guys on the doors at nightclubs telling these packs of men that they can’t come in. When these two clash, it’s explosive.

Most guys taking steroids go through two stages. The first is the bulking phase, where they pile on as much muscle as possible by using human growth hormone and testosterone. If they train hard, they can put on 15 to 20 kilograms of muscle. Then, they start a  »cutting cycle », taking drugs like Anavar and Stanozolol to lose body fat without losing muscles, thereby getting that  »ripped », or defined, look. A course of testosterone costs $500-$600. Unfortunately, steroids and growth hormones do much more than create muscle or cut fat. According to the Australian Institute of Criminology, they can increase aggression and irritability, and prompt mood swings, paranoia and depression. They cause hair loss, acne, liver problems, insomnia and high cholesterol. The possession, use and supply of steroids, other than by prescription, is illegal throughout Australia.

Guys are putting themselves through this physical torture for the same reason that young women starve themselves. They’re insecure about the way they look; they think girls find muscles attractive; and they compare their bodies with their friends’. But a Chesty Bonds-style bulge is as impossible an ideal for most young men as Kate Moss’s figure is for most young women, so they can only achieve it through artificial means.

A poignant example of how steroids can improve a young man’s confidence is a chap known as Zyzz, a 22-year-old bodybuilder who died of a heart attack during a holiday in Thailand recently. Zyzz was an inspiration to young Australian bodybuilders, having transformed himself from a skinny kid to a  »ripped » Adonis. Zyzz emphatically denied his physique was due to steroids after his older brother, Said, 25, a trainer at a Fitness First gym, was found in possession of an anabolic steroid during a police raid (he pleaded guilty and was fined $479). Zyzz’s mother said his heart attack was due to an undiagnosed heart condition. But a spokesman for Sydney Hotshots, which employed him as a stripper, told the Herald Zyzz was a lovely guy, « aside from the steroids ».

The lingo on Zyzz’s fan sites gives an insight into why young men want enormous muscles. They  »aquire [sic] aesthetics ». They  »mire » (admire) each other. They feel  »jelly » (jealous) of each other’s physiques. After Zyzz died, one fan wrote: « Zyzz changed by life, I’ve never met him. But, when my life was hard and I felt like there was nowhere left to go, Zyzz showed me a new world, showed me that we are what we put into life, and that you can change yourself into whatever you wish to be. »

Only a small percentage of the young men out in Sydney on Saturday night will be on steroids. But only a small percentage get involved in fights, too, and I’d wager there’s a fair crossover. I don’t have a solution; tackling steroid abuse is no easier than tackling the causes of dangerous dieting among young women, or stopping illegal drug use (although random drug tests for security guards by external testers would be a good start).

But it’s an under-acknowledged factor in debates about social violence in Sydney. It’s worth being mindful that the reasons are complex, and that it’s a good idea to avoid packs of muscled men on a Saturday night out.

Voir encore:

Un petit (t)rail ?
Bigorexie : le sport crée des junkies presque comme les autres
Sébastien Billard | Journaliste
Rue 89
10/11/2011

Alain est suivi depuis sept mois par un psychiatre pour soigner sa dépendance. Il a commencé à courir il y a une quinzaine d’années et a fini par ne plus pouvoir s’arrêter.

Que ressentait-il ? Un irrépressible besoin de course quotidien et une véritable sensation de manque lorsqu’il n’était pas assouvi.

« J’enchaînais près de 25 heures de footing par semaine. Et cela me procurait un bien fou. Mais il m’en fallait toujours plus. »

Ce cadre dans une société de télécommunication, âgé de 44 ans, raconte son agenda à l’époque de son addiction.

« J’organisais mon emploi du temps professionnel et familial de façon à me dégager des moments libres pour courir. Le sport dominait mon quotidien. »

Alain n’est pas un cas isolé. Si aucune donnée sur le nombre de personnes « addict » au sport n’existe, de l’avis de nombreux spécialistes, cette dépendance a fait une forte irruption dans les centres d’addictologie depuis le début des années 2000, au même titre que d’autres addictions dites « sans substance », comme les jeux d’argent ou les jeux vidéo.
Une dépendance psychologique

Selon la définition donnée par le Centre d’études et de recherche en psychopathologie de Toulouse (CERPP), l’addiction au sport est :

« Un besoin irrépressible et compulsif de pratiquer régulièrement et intensivement une ou plusieurs activités physiques et sportives en vue d’obtenir des gratifications immédiates et ce malgré des conséquences négatives à long terme sur la santé physique, psychologique et sociale. »

Addiction dite « sans substance », la dépendance au sport est loin de pouvoir s’expliquer par la seule libération par le cerveau d’endorphines, sources de bien-être pour l’athlète, comme l’explique le psychiatre Dan Véléa :

« La dimension psychologique de cette dépendance est essentielle. Bien plus importante que sa dimension biochimique. On ne peut pas définir un individu comme “ addict ” en fonction du nombre d’heures qu’il consacre à son sport.

C’est davantage le rapport à l’activité physique en question qui pose problème. Quand faire du sport devient une obsession, il y a dépendance. »

Une pathologie longtemps jugée « positive »

Méconnue, la dépendance au sport a même longtemps été considérée comme une pathologie « positive » par le corps médical. Introduite par le psychiatre américain William Glasser dans les années 70, cette dénomination avait pour objectif de la distinguer des addictions classiques comme la toxicomanie. Dan Véléa :

« C’est une addiction silencieuse, plus difficile à faire reconnaître car davantage acceptée par la société. Pratiquer un sport est valorisé et valorisant.

Or, on sait aujourd’hui que cette dépendance occasionne chez l’individu des souffrances aussi désastreuses qu’une addiction “ classique ”. »

Etat dépressif en cas de sevrage, comportement « jusqu’au-boutiste » occasionnant des blessures graves voire irréversibles, délaissement de la vie familiale et professionnelle conduisant parfois à des divorces et à des pertes d’emploi, les souffrances physiques et psychologiques sont souvent extrêmes, comme le confirme Alain :

« C’est une sorte de tunnel. Vous vous isolez de vos proches sans vraiment vous en rendre compte. Mes heures de courses augmentaient et dans le même temps, j’en consacrais de moins en moins à mes proches, à mon travail.

Le plus difficile, c’était quand je me blessais. J’éprouvais une vraie sensation de manque, je devenais irritable. Lorsque que cette indisponibilité se prolongeait, j’étais en détresse, proche d’un état dépressif. »

Toujours plus fort malgré la douleur

L’addiction conduit surtout ces athlètes à aller toujours plus loin, toujours plus fort malgré la douleur et les blessures, souligne Isabelle Müller, psychiatre au centre d’accompagnement et de prévention pour les sportifs de Bordeaux (CREPS) :

« A force de repousser leurs limites, ils arrivent à une phase d’épuisement total. Une de mes patientes continuait à faire du vélo malgré une fracture au pied…

Ce besoin d’aller encore plus loin en pousse même certains à prendre des risques importants pour leur santé en ayant parfois recours à des produits dopants pour tenir le coup. »

Chez les sportifs professionnels, la prise de conscience survient souvent au moment de la retraite sportive. L’arrêt du jour au lendemain d’une activité physique intense laisse apparaître une véritable dépendance. Pour les sportifs amateurs, ce sont souvent les proches qui donnent le signal d’alarme.

Particulièrement touchés, les sportifs pratiquant une activité d’endurance ou obéissant à des séances d’entraînement très stéréotypées comme le vélo, la course à pied ou le culturisme. Mais la dépendance à l’activité physique touche des profils très hétérogènes : hommes, femmes, sportifs amateurs, sportifs professionnels, de tous les âges, de toutes les classes sociales.
« Ca touche souvent des personnes rigides »

Seule constante, tous cherchent à valoriser leur image à travers le sport. Pratiquer une activité physique avec excès est un moyen pour eux d’augmenter leur estime d’eux-mêmes, de combler un vide affectif et/ou de modifier leur apparence corporelle. Isabelle Müller :

« Cette addiction touche souvent des personnes rigides, perfectionnistes. Elles se surinvestissent dans cette activité, le plus souvent pour faire face à un stress, à une image d’elles-mêmes qui ne les satisfait pas »

L’addiction est ainsi le produit d’une composante sociale très forte. Une réponse, souvent, à la culture de la performance, aux sollicitations compétitives ou aux insatisfactions récurrentes de la vie sociale.

L’athlète recherche sans cesse un idéal de perfection et d’harmonie dans l’espoir d’en tirer une reconnaissance individuelle et sociale. Le sport apparaît dès lors comme une réponse aux différentes anxiétés rencontrées.

Les troubles de l’image jouent un rôle essentiel dans le développement de cette pathologie, dans une société où le poids de l’esthétique est grandissant. Ces troubles les conduisent le plus souvent à éprouver un fort besoin à prendre toujours plus de masse corporelle afin de se façonner une silhouette parfaite. C’est ce que l’on nomme la bigorexie (par opposition à l’anorexie), qui n’est qu’une facette de l’addiction.
Les cas de rechute sont courants

Pour sortir de l’addiction, le travail est souvent long et nécessite des mois, voire parfois même des années, comme le rappelle Isabelle Müller :

« Il est très difficile d’en sortir et les cas de rechute sont courants. Il faut mener un long travail psychologique pour faire prendre conscience aux patients des dommages que cette pathologie occasionne, les rassurer sur leur image, les aider à gérer leur stress autrement. »

Suivi depuis de longs mois par un psychiatre, Alain lui ne court plus ou presque plus, le temps de retrouver un équilibre dans sa vie familiale et professionnelle.

« Les premiers mois ont été très compliqués. Pénibles. Après avoir arrêté, j’ai connu la dépression. Il est difficile de prendre conscience que l’on est bel et bien malade. C’est quelque chose de très dur à accepter. »

Si beaucoup de personnes se voient dans l’obligation d’abandonner à jamais toute pratique sportive afin d’éviter une rechute, Alain espère, quant à lui, parvenir à recourir régulièrement un jour. Mais de façon beaucoup plus mesurée.

Voir par ailleurs:

Le BRONZAGE peut-il devenir une addiction?

24-06-2014

Prendre un bain de soleil procure un certain bien-être. Au-delà de la sensation de chaleur et de détente, ces chercheurs de Harvard soutenus par les US National Institutes of Health montrent que le bronzage aurait aussi une dimension addictive. Leur étude tente d’expliquer pourquoi, malgré tous ses risques avérés, l’exposition de son corps aux U.V. artificiels ou solaires pour bronzer reste un objectif rituel pour des millions de personnes. Est-ce à des fins purement esthétiques, dans un curieux esprit autodestructeur ou encore une véritable addiction ? Réponse, sur l’animal, dans la revue Cell.

Les chercheurs de la Harvard Medical School avec des scientifiques de la Melanoma Research Alliance, de la US-Israel Binational Science Foundation ont exposé des souris rasées à la lumière UV, 5 jours par semaine pendant 6 semaines. Ce modèle d’exposition était équivalent à 20 à 30 minutes d’exposition pour une personne à la peau claire, au soleil de Floride, durant l’été.

Préférence esthétique ou dépendance biologique ? Les chercheurs constatent ici sur la souris, à la suite de cette exposition, l’animal présente des niveaux augmentés de certaines substances chimiques dans le corps. Or ces substances sont déjà connues pour déclencher un sentiment d’euphorie, comparable, écrivent les auteurs, à celui ressenti avec la prise d’un opiacé. Mais ce n’est pas tout, l’animal montre également une plus forte tolérance à la douleur.

En cause des endorphines bêta ou hormones du bien-être : Lorsque les chercheurs transforment ces souris modèles pour supprimer toute production d’endomorphines bêta, ces effets disparaissent. Des résultats qui suggèrent que ces endorphines naturelles, « dynamisées » par l’exposition aux UV sont à l’origine des effets d’euphorie. Ainsi, lorsque la peau est exposée aux U.V., une protéine, la pro-opiomélanocortine (ou POMC) est décomposée en petits peptides. L’un de ces peptides est une hormone qui stimule les mélanocytes, un autre est une endorphine bêta, un opioïde naturel de l’organisme. Comme tout opioïde, il se lie à des récepteurs opioïdes, entraînant un soulagement de la douleur mais va renforcer un circuit de récompense qui sous-tend la dépendance. Ainsi, ici, les chercheurs constatent que les souris exposées montrent une augmentation de la tolérance aux opiacés, nécessitant des doses beaucoup plus élevées de morphine.

Cette étude chez l’animal montre donc comment une exposition régulière aux U.V. entraîne une augmentation de la production d’opioïdes naturels, induisant une augmentation des seuils de douleur et des signes de la dépendance et de tolérance aux opiacés. Cependant les auteurs notent aussi que les souris, contrairement aux humains sont des animaux nocturnes. Ces effets de l’exposition aux UV pourraient donc tout à fait avoir un tout autre effet sur l’Homme.

Voir aussi:

De quoi dépend la satisfaction sexuelle ?

Top rencontres

10/062013

Les savants américains ont fait une découverte surprenante. Pour se sentir heureux il faut être sûr que votre vie intime est meilleure et plus régulière que celle de vos voisins.

Il existe une opinion que le manque d’argent, l’absence d’immobilier ou de vêtements de marque, la solitude rendent la personne malheureuse. Néanmoins, les savants américains affirment que le sexe est le facteur principal du bonheur. Il suffit d’apprendre que votre vie intime est plus régulière que celle des voisins et le niveau du bonheur augmente.

Les spécialistes ont analysé les données d’une grande recherche, menée depuis 1972. On a étudié l’information de la recherche reçue en 1993-2006 où 15 386 personnes ont pris part. Les personnes interrogées devaient apprécier l’état de leur âme (très heureux, assez heureux, malheureux). Les savants ont pris en considération les facteurs du bonheur : l’âge, la santé et la situation familiale. Les plus heureuses étaient les personnes qui avaient le sexe au moins 2-3 fois par mois. Leur état du bonheur était de 33% plus haut que chez ceux qui n’avaient pas le sexe depuis un an. Plus régulières étaient les relations intimes chez les personnes interrogées, plus heureuses elles étaient dans leur vie. Avoir des relations sexuelles 3 fois par semaine, une personne augmente le niveau de son bonheur de 55%. Les experts assurent que le sexe peut nous rendre plus heureux, mais la pensée que nous avons plus de relations sexuelles que nos amis, nos collègues et nos voisins nous réjouit d’avantage.

Voir enfin:

Dossier : corps, sport et dépendance
Le sport aide à se forger son identité, car il peut apporter à un individu les certitudes qui lui manquent. Toutefois, quand la pratique sportive est excessive et l’image du corps obsessionnelle, le sport plaisir risque de devenir addiction sportive.

Stéphane Abadie

L’auteur
Stéphane ABADIE est doctorant à l’ufr-staps de Nancy et fait partie de l’équipe accorps – lhsp – umr7117 – Archives Poincaré – cnrs.

Mens sana in corpore sano. Un esprit sain dans un corps sain. Cette citation extraite des Satires de Juvénal (vers 60 à 128) prône la complémentarité du corps et de l’esprit, et souligne le rôle du sport dans la santé. Les activités physiques s’adressent au corps dans toutes ses dimensions : physiques, physiologiques, psychologiques. Mode de défoulement, moyen de se ressourcer, outil de bien-être, de satisfaction ou au contraire de mise en danger (potentiel ou réel) et de souffrance, ces pratiques émergent d’une volonté de répondre à un besoin ou de satisfaire un désir. Quel est ce besoin ? D’où vient-il ? Pourquoi un individu accepte-t-il des entraînements toujours plus longs, toujours plus fréquents, toujours plus intenses, où l’épuisement et la douleur finissent par avoir raison de son acharnement ?

Après avoir examiné comment se forge l’image du corps e d’où vient le besoin de pratique sportive, nous verrons comment le sport plaisir se transforme parfois en sport passion, comment l’investissement peut alors devenir surinvestissement. Et quand le sportif surinvestit sa pratique, c’est que bien souvent il en est devenu dépendant : le sport est sa drogue. Tel un drogué, il a besoin de pratiquer sans cesse. Il pense, mange, dort pour son sport. Et lorsqu’il est dans l’impossibilité de pratiquer, certains symptômes de manque risquent d’apparaître.

Quel est le rapport des sportifs à leur corps ? Le corps, l’image du corps et les représentations que l’on s’en fait ont connu de nombreux bouleversements au cours de l’histoire de l’humanité. Durant la Grèce antique, le corps était considéré comme objet de toute puissance. Cette belle forme, ce cadre esthétique impitoyable trouve toute son essence dans ce qu’on nomme l’idéal platonicien. Puis la morphologie des individus s’est imposée comme une carte indiquant au reste de la société l’appartenance de l’individu à tel ou tel groupe social. La représentation du corps a évolué au cours de l’histoire, mais elle évolue aussi chez chaque individu au fil de sa construction et de sa maturation. Entre la vie prénatale et la vie adulte, l’idée que l’on se fait de son corps connaît de réelles révolutions : nous apprenons peu à peu à l’identifier et à l’habiter.

Le corps a trois fonctions : le corps des besoins, le corps des désirs, le corps des symboles. Le corps des besoins, c’est le corps matériel, avec ses exigences élémentaires automatiques : respirer, manger, boire, uriner, etc. Le corps du désir, érogène ou libidinal, organise les fantasmes. Le corps du symbole participe aux échanges avec le monde extérieur, agit sur la scène sociale, s’engage dans un langage. Il condense les exigences du corps des besoins et du corps des désirs, les soumet à la censure, à la raison. Il est l’expression de l’individu avec ses caractéristiques propres, mais aussi de l’espèce avec ses traits universels.

Les compétitions et les entraînements sont souvent considérés comme des rites initiatiques. Ils permettraient aux athlètes d’intégrer progressivement le monde des sportifs. La transformation lente du corps en machine à performance, le passage d’une division à une autre, les différentes formes d’investissement de la pratique sont autant d’étapes qui classent, hiérarchisent et intègrent les individus dans cette microsociété. Pourquoi le jeune sportif cherche-t-il à s’intégrer dans ce nouveau groupe de référence ? Pourquoi a-t-il la sensation de faire lui-même partie de ces « êtres d’exception » que sont les sportifs…
Selon la psychiatre et psychanalyste Annie Birraux, le jeune a besoin de consolider son narcissisme – l’amour qu’un individu a pour lui-même – dans un groupe : cela l’aide à renforcer sonidentité précaire et à traverser cette phase de transition qu’est l’adolescence. Les idéaux du groupe remplacent les idéaux familiaux, constituant une prothèse substitutive. C’est une des raisons pour lesquelles les images du corps véhiculées par les médias ont toujours un impact sur les idéaux du corps que le jeune se construit. Cet impact est variable, mais inévitable.

Au cours de l’adolescence, le jeune est tiraillé entre la peur de perdre son corps infantile (souvent source de satisfactions narcissiques) et l’acceptation de sa sexualité. Face à cette perte du corps infantile, et, afin d’intégrer une image de soi sur le plan psychique et corporel, l’adolescent doit répondre à un besoin de contrôle et de réappropriation de son corps. L’investissement de la pratique sportive est pour certains une réponse aux questions liées à la puberté et aux modifications corporelles qui l’accompagnent : l’armure musculaire – le néocorps – que se forge l’adolescent est utilisée comme une arme pour combattre les angoisses des changements pubertaires. En tentant d’abandonner rapidement son corps infantile, l’adolescent cherche à fuir l’ensemble des questions et des angoisses qui s’en raccrochent.

La pratique sportive donne une justification objective à l’étrangeté de ce nouveau corps : l’évolution de l’enveloppe corporelle n’est plus vécue comme monstrueuse, mais au contraire comme quelque chose de désiré et de contrôlé. La sensation d’une toute puissance retrouvée permet de renforcer le narcissisme de l’individu, indispensable à son équilibre identitaire. Quand le sport plaisir devient sport passion Dès lors, le pas est vite franchi entre une pratique sportive limitée – dont le but est le défoulement et une hygiène de santé – et une pratique sportive excessive, pour laquelle l’enjeu principal serait l’équilibre somato-psychique, et qui pourrait ouvrir la porte à une dépendance vis-à-vis du sport. Les études scientifiques américaines faites à la fin des années 1970 et au début des années 1980 furent les premières à évoquer l’existence de dépendances physiologiques et de dépendances comportementales, quel que soit l’objet de l’addiction. Qu’en est-il des dépendances à la pratique sportive ? Sont-elles physiologiques ? Psychologiques ? Ont- elles une double appartenance ?
Plusieurs études montrent que les comportements de dépendance à la pratique physique sontà la fois physiologiques et psychiques. L’exercice physique serait accompagné de la libération d’une hormone, la bêta-endorphine. Cette hormone, sécrétée spontanément par l’organisme, a des effets analgésiques et aurait aussi des effets euphorisants, qui seraient la cause de la dépendance. La dépendance à l’exercice physique serait un processus contraignant un individu à pratiquer son sport malgré les obstacles ; des symptômes physiques et psychologiques surviendraient à l’arrêt de l’exercice.

Ainsi, la dépendance sportive s’appuie, d’une part, sur l’impérieuse nécessité (la compulsion) de pratiquer son sport et la mise en place de symptômes somatiques lors de l’arrêt de la pratique (le manque). Cette addiction n’est pas différente des autres. Prenons un exemple : un individu plutôt sédentaire s’engage dans un premier temps dans un programme de course à pied. À la suite des premières séances, cette pratique est souvent vécue
comme une expérience désagréable avec, par exemple, un essoufflement marqué, des nausées, des douleurs musculaires (crampes, courbatures). Progressivement, la distance de course s’accroît pour passer de un à quatre kilomètres par jour. Puis la perception de l’effort change progressivement jusqu’à devenir positive, en s’accompagnant notamment d’une baisse du sentiment d’anxiété et d’une hausse de l’estime de soi. L’individu parcourt différentes étapes qui conduisent à l’investissement, voire au surinvestissement de la pratique sportive.

Mais la dépendance sportive fait aussi partie des addictions comportementales. Comme pour d’autres comportements addictifs, elle commence par des excès, par la recherche de sensations de plaisir et de désinhibition qui aboutit à l’installation d’un besoin irrépressible et, dans certains cas, des signes de sevrage. Pour certains sportifs, la répétition des entraînements, l’accoutumance du corps au mouvement, la ritualisation et la répétition obsessionnelle des gestes peuvent prendre une dimension d’addiction au geste. Ces sportifs ressentent la nécessité de remplir un vide de la pensée ou un vide affectif. En résulte ce besoin compulsif qui se manifeste souvent par la nécessité de pratiquer sans relâche son sport, de contrôler sans cesse son image dans la glace et dans le regard des autres. Cette conduite addictive est nommée bigorexie.

Cette conduite comportementale repose, d’une part, sur une perte de la maîtrise de soi et, d’autre part, sur le besoin de répétitions compulsives. La notion de répétition est inhérente à la pratique sportive intensive. L’athlète multiplie sans relâche ses entraînements : c’est le prix à payer pour augmenter ses performances. Au cours de ces nombreux entraînements, l’athlète doit s’accoutumer à un autre visage de la répétition, celui de la douleur, car le corps en travail est aussi souvent un corps en souffrance. En effet les modalités de l’entraînement et de la performance de haut niveau reposent sur le dépassement de soi, révélé par l’apparition de la douleur. La répétition fait partie des incontournables de la pratique physique intensive, que ce soit au niveau de la douleur ou du mouvement. Cette répétition autorise l’individu à s’extraire dans un état second, « hors conscience », caractérisé par une hyperconcentration sur le geste efficace, d’où est bannie toute subjectivité. L’entraînement est avant tout la recherche de gestes automatisés qui réduisent les temps de réaction de l’athlète.

Aujourd’hui, le comportement de dépendance à la pratique sportive n’est pas inhérent à un niveau de pratique, à un âge ou à un sexe, mais elle est bien l’apanage d’une qualité singulière d’investissement. En d’autres termes, la dépendance à la pratique sportive toucherait aussi bien les sportifs de haut niveau que les pratiquants de loisir, puisqu’elle dépend avant tout de la place de cette pratique dans la vie du sujet.

Perturbation du sentiment esthétique de soi

Outre les difficultés de la construction identitaire, la fragilité à la dépendance, un vide affectif qu’il faut combler, il existerait une autre cause possible d’addiction à la pratique sportive : la dysmorphophobie, c’est-à-dire la peur obsessionnelle d’être ou de devenir laid. Les sujets atteints de ce type de psychopathologie souffrent de troubles obsessionnels de l’image du corps. Ils ont une image déformée et déformante de leur propre corps. Cette vision imaginaire de ce « mauvais corps » s’accompagne d’une peur illégitime de se voir rejeter socialement. Les sujets développent des pratiques rituelles compulsives pour couvrir leur(s) défaut(s). Ils peuvent rester un temps considérable en face d’un miroir pour tenter de se rassurer, mais l’effet est souvent inverse. Pour faire face à l’émergence de telles angoisses, ces personnes n’hésitent pas à recourir à des conduites à risque, où le respect du corps et de son intégrité est régulièrement mis en jeu : conduites addictives, chirurgie plastique par exemple.

Outre la dysmorphophobie, il existe aussi la dysmorphesthésie. D’après la classification internationale des troubles mentaux de l’Organisation mondiale de la santé, les dysmorphesthésies sont des troubles hypocondriaques : « C’est une préoccupation durable concernant l’apparence physique. » La dysmorphesthésie enrichit la définition de la dysmorphophobie en incluant la notion d’esthétique corporelle ; elle nous renvoie le regard de l’autre. C’est dans cette trilogie – image du corps, idéal du moi et construction de l’identité – que viendrait se nourrir la peur du rejet social. Aussi nommée obsession de l’image corporelle, la dysmorphophobie regroupe plusieurs états psychologiques dont le corps est l’objet. Les malades atteints de dysmorphophobie sont persuadés qu’une partie de leur corps est déformée et ont peur d’impressionner défavorablement leur entourage. La disgrâce du corps (tout ou partie) est généralement légère, voire imaginaire, mais elle a pourtant des conséquences notables : elle est source d’angoisse, perturbe la vie personnelle, sociale et professionnelle. Cette psychopathologie peut être causée par une mauvaise perception de son image corporelle, l’écart entre cette image et son idéal du moi étant trop important. La dysmorphophobie commence souvent après les remaniements psychologiques de l’adolescence.

Au lieu de disparaître comme c’est généralement le cas, les interrogations sur le corps se renforcent et envahissent de façon plus ou moins obsédante les pensées du sujet. Il en garde longtemps le secret avec un sentiment de honte. D’un point de vue psychopathologique, il s’agit d’une perturbation du sentiment esthétique de l’image de soi qui oblige le sujet à s’interroger sur son identité esthétique et, par conséquent, sur son narcissisme. La perturbation du sentiment esthétique de l’image de soi est souvent précoce. Une distorsion, une carence lors des différentes étapes de l’élaboration de ce sentiment esthétique qui participe à l’élaboration et au maintien du narcissisme, et par voie de conséquence à l’élaboration de l’identité, peuvent altérer durablement la perception et la représentation de sa propre apparence. La crainte d’une dysmorphie corporelle va des préoccupations normales pour son apparence physique jusqu’aux idées délirantes. L’une des principales caractéristiques de la pratique sportive réside dans le travail du corps à partir d’un corps au travail. La période dite d’affûtage est un condensé de ce type d’approche. Au cours de ce temps particulier, le sportif se trouve être en hypervigilance vis-à-vis de son corps. Il y supprime les quelques masses grasses restantes, contrôle et rééquilibre les forces. Il réoriente ses mobilisations corporelles dans l’espace et dans le temps en fonction des perceptions ressenties lors des derniers entraînements. En résumé, telle une formule 1, le sportif écoute, contrôle et paramètre son corps afin d’optimiser ses performances. L’ensemble des séances de travail, qui se succèdent tout au long de la saison, permettent à l’athlète de mieux comprendre ses modalités de fonctionnement face à l’exercice, de jauger de façon relativement précise la qualité et la quantité de temps de récupération dont il a besoin en fonction de l’intensité des entraînements. L’entraînement sportif offre à l’individu une voie particulière vers la découverte de ses
limites, physiques et/ou psychologiques, ce qui permet une meilleure appropriation de son corps.

La pratique sportive entraîne une modification de la morphologie de l’athlète. Même si elle n’est pas toujours spectaculaire, elle n’en reste pas moins une réalité. L’image du corps sculpté a une conno- tation positive dans nos sociétés où le paraître est, pour beaucoup, d’une importance capitale. Selon Maurice Corcos, qui dirige le Département de psychiatrie de l’Institut mutualiste Montsouris, à Paris, « Nous pouvons nous demander comment s’organise aujourd’hui un sujet en regard d’une société qui attribue une importance croissante à la valorisation narcissique au détriment de la relation à l’autre, qui cultive la performance et la réussite au détriment de la recherche intérieure ? Il nous semble en effet que s’est développée, en grande partie, une société donnant priorité aux images, au détriment de la mise en mots et en récits, où l’apparence et l’acquisition des choses sont volontiers promues ».

Avoir un corps parfait ou ne plus exister

Comme nous l’avons évoqué, l’adolescence est une période de bouleversement des assises identitaires et structurantes de l’individu. Les changements pubertaires s’accompagnent d’une réémergence de tout un ensemble de pulsions, venant ébranler l’équilibre du corps et de l’esprit. Suivant les individus, cette fragilisation peut être source d’angoisse, d’état dépressif, de fragilisation narcissique, etc. La pratique sportive peut proposer une réponse satisfaisante à ces attentes. Pour surmonter les difficultés et pouvoir se construire une identité, les athlètes s’investissent totalement dans leur pratique. Malheureusement cette construction identitaire fonctionne tant que les performances sportives et les capacités physiques, réelles ou symboliques, restent satisfaisantes. Les athlètes se contraignent à l’excellence sportive, et les moindres signes de défaillance ou de faiblesse, la prise de
poids, par exemple, sont souvent vécus comme annonciateurs d’une fin imminente. Grâce à son rôle particulier dans la construction identitaire de certains sportifs, l’exercice physique leur apparaît souvent comme une source de satisfaction. Ce statut les pousse à un investissement total. Pour certains de ces athlètes, force est de constater que leur identité propre se résume au seul objet sportif. Comme pour toutes les addictions, le sevrage est difficile, et près d’un tiers des sportifs de haut niveau est contraint de subir une cure de désintoxication après l’arrêt de leur pratique sportive.

Ainsi, le geste sportif performant permet à l’athlète de se construire l’image du corps à laquelle il aspire. Les sensations de force et de puissance, gage de performance se transforment, pour certains, en sensation d’existence : ils n’existent que par leur performance sportive. Face à cette construction identitaire particulière, les sportifs se trouvent dans l’obligation de continuer toujours et encore leur pratique, sans laquelle le spectre d’une perte identitaire et, par conséquent, celui d’une mort symbolique ressurgissent. Leur corps étant le baromètre de leur niveau d’expertise, l’image du corps devient une obsession.

Entre l’enfance et la fin de l’adolescence, le narcissisme – l’amour qu’un individu a pour lui-même – évolue. La pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto identifiait trois stades : le narcissisme primordial, le narcissisme primaire et le narcissisme secondaire. Le narcissisme primordial est lié à la rupture du cordon ombilical, au moment où le nouveau-né acquiert son autonomie respiratoire, olfactive, fonctionnelle. Le narcissisme primaire résulte de l’expérience du miroir qui révèle à l’enfant son visage. Cette expérience du miroir coïncide avec la découverte du corps sexué. C’est le moment où l’enfant investit toute sa libido sur lui-même. L’interdit de l’inceste, source d’un narcissisme secondaire, impose la maîtrise des pulsions sexuelles. À ce stade, l’enfant doit maîtriser ses désirs et faire la différence entre penser et agir. Le besoin que ressent l’adolescent d’appartenir à un groupe résulte aussi d’une nécessité d’ancrage affectif face à un complexe œdipien qui ressurgit. L’intégration dans un groupe de référence lui permet de retrouver les sentiments de sécurité et d’amour qu’il a connus quand il était enfant.

L’adolescence est-elle un moment spécifique du développement de l’enfant, inscrit dans la continuité du développement ? S’agit-il davantage d’un processus de maturation en rupture avec les étapes antérieures, qui remettrait en cause l’ensemble des assises antérieures ? Avant d’être à l’âge de la rébellion, l’adolescence est surtout une phase dans la vie de tout individu. L’adolescence se juxtapose généralement à un autre temps fort du passage de l’enfance à l’âge adulte : la puberté. Durant cette phase, le corps « enfantin » connaît des bouleversements physiques et physiologiques. Tous ces changements, souvent vécus comme brutaux, soulèvent chez les adolescents des questions d’identité. Les remaniements qui vont devoir être opérés seront centrés sur la relation à autrui et sur la relation à son propre corps. Les changements pubertaires rendent l’inceste théoriquement
réalisable, de sorte que l’adolescent, afin de se protéger de ses pulsions, rompt avec les points d’identification antérieurs, avec les assises narcissiques de l’enfance. L’adolescent doit donc réinvestir ses pulsions, notamment sexuelles, sur d’autres objets, lesquels acquièrent une place particulière dans le travail de construction identitaire de l’adolescent.

Que ce soient les objets culturels ou un groupe de copains, tous ces objets médiateurs constituent des sources importantes d’identification en miroir, d’identification narcissique. Au cours de cette période de doute et d’interrogations, les adolescents se dirigent naturellement vers des personnes qui répondent aux exigences de leur propre idéal. La rencontre avec un autre soi-même, hétérosexuel et non incestueux, permet de réduire momentanément au silence les résurgences pulsionnelles. Les modifications morphologiques qui surviennent à la puberté bouleversent profondément la relation aux autres et l’image que l’adolescent a de lui-même. L’évolution de son corps et les nouvelles potentialités sexuelles qui en découlent engendrent souvent peurs ou angoisses. Elles entraînent parfois les adolescents vers des troubles du comportement et/ou des troubles psychologiques, tels que l’anorexie, la boulimie ou certaines formes de dysmorphophobies (le sujet est persuadé que son corps présente des difformités).


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