14 juillet/229e: De la Bastille au goulag (Looking back at Charles Krauthammer’s reflections on the revolution in France)

14 juillet, 2018

The Whore of Babylon (Hans Burgkmair the Elder, 1523)The Fireside angel (Max Ernst, 1937)

Liberty leading the people (Yue Minjun, 1996)
Puis je vis monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème. La bête que je vis était semblable à un léopard; ses pieds étaient comme ceux d’un ours, et sa gueule comme une gueule de lion. Le dragon lui donna sa puissance, et son trône, et une grande autorité. Et je vis l’une de ses têtes comme blessée à mort; mais sa blessure mortelle fut guérie. Et toute la terre était dans l’admiration derrière la bête. Et ils adorèrent le dragon, parce qu’il avait donné l’autorité à la bête; ils adorèrent la bête, en disant: Qui est semblable à la bête, et qui peut combattre contre elle? Et il lui fut donné une bouche qui proférait des paroles arrogantes et des blasphèmes; et il lui fut donné le pouvoir d’agir pendant quarante-deux mois. Et elle ouvrit sa bouche pour proférer des blasphèmes contre Dieu, pour blasphémer son nom, et son tabernacle, et ceux qui habitent dans le ciel. Et il lui fut donné de faire la guerre aux saints, et de les vaincre. Et il lui fut donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue, et toute nation. Et tous les habitants de la terre l’adoreront, ceux dont le nom n’a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l’agneau qui a été immolé. Si quelqu’un a des oreilles, qu’il entende! Apocalypse 13: 1-7
Et je vis une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, ayant sept têtes et dix cornes. Cette femme était vêtue de pourpre et d’écarlate, et parée d’or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d’or, remplie d’abominations et des impuretés de sa prostitution. Sur son front était écrit un nom, un mystère: Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. Et je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. Apocalypse 17: 2-6
Une nation ne se régénère que dans un bain de sang. Saint Just
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Qu’un sang impur abreuve nos sillons … La Marseillaise
La guillotine n’était qu’un épouvantail qui brisait la résistance active. Cela ne nous suffit pas. (…) Nous ne devons pas seulement « épouvanter » les capitalistes, c’est-à-dire leur faire sentir la toute-puissance de l’Etat prolétarien et leur faire oublier l’idée d’une résistance active contre lui. Nous devons briser aussi leur résistance passive, incontestablement plus dangereuse et plus nuisible encore. Nous ne devons pas seulement briser toute résistance, quelle qu’elle soit. Nous devons encore obliger les gens à travailler dans le cadre de la nouvelle organisation de l’Etat. Lénine
La reine appartient à plusieurs catégories victimaires préférentielles; elle n’est pas seulement reine mais étrangère. Son origine autrichienne revient sans cesse dans les accusations populaires. Le tribunal qui la condamne est très fortement influencé par la foule parisienne. Notre premier stéréotype est également présent: on retrouve dans la révolution tous les traits caractéristiques des grandes crises qui favorisent les persécutions collectives. (…) Je ne prétends pas que cette façon de penser doive se substituer partout à nos idées sur la Révolution française. Elle n’en éclaire pas moins d’un jour intéressant une accusation souvent passée sous silence mais qui figure explicitement au procès de la reine, celui d’avoir commis un inceste avec son fils. René Girard
Le communisme, c’est le nazisme, le mensonge en plus. Jean-François Revel
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux. Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
En dépit du fait que tous les historiens sérieux, fussent-ils ardemment républicains, conviennent que la Révolution française pose un problème, l’imagerie officielle, celle des manuels scolaires du primaire et du secondaire, celle de la télévision, montre les événements de 1789 et des années suivantes comme le moment fondateur de notre société, en gommant tout ce qu’on veut cacher : la Terreur, la persécution religieuse, la dictature d’une minorité, le vandalisme artistique, etc. Aujourd’hui, on loue 1789 en reniant 1793. On veut bien de la Déclaration des Droits de l’homme, mais pas de la Loi des suspects. Mais comment démêler 1789 de 1793, quand on sait que le phénomène terroriste commence dès 1789 ? (…) L’idée de base du Livre noir de la Révolution est de montrer cette face de la réalité qui n’est jamais montrée, et rappeler qu’il y a toujours eu une opposition à la Révolution française, mais sans trahir l’Histoire. Qu’on le veuille ou non, qu’on l’aime ou non, la Révolution, c’est un pan de l’Histoire de la France et des Français. On ne l’effacera pas: au moins faut-il la comprendre. Jean Sévillia
The painting which I did after the defeat of the Republicans was L’ange du foyer (Fireside angel). This is, of course, an ironic title for a clumsy figure devastating everything that gets in its way. At the time, this was my impression of what was happening in the world, and I think I was right. Max Ernst (1948)
The war began in July 1936, when General Francisco- Franco led a revolt against the Spanish Republic. The Spanish Left had won a parliamentary majority but was unable to restrain those among them who were deter-mined that their turn in power should be used to destroy the Right. Franco’s revolt became a civil war, and Franco received the support of Mussolini’s Italy and Hitler’s Germany, which went so far as to send troops — using the Spanish war to try out new weapons and tactics. The Republicans were supported by volunteers from all over the world, as well as by Stalin’s Soviet Union. Horrifying and sadistic atrocities were committed by both sides After Franco’s victory the German painter Max Ernst created his spectral L’ange du foyer (Fireside angel), an apocalyptic monster bursting with destructive energy, a King-Kong-like Angel of Death spreading fear and terror. All art
The people now armed themselves with such weapons as they could find in armourer shops & privated houses, and with bludgeons, & were roaming all night through all parts of the city without any decided & practicable object. The next day the states press on the King to send away the troops, to permit the Bourgeois of Paris to arm for the preservation of order in the city, & offer to send a deputation from their body to tranquilize them. He refuses all their propositions. A committee of magistrates & electors of the city are appointed, by their bodies, to take upon them its government. The mob, now openly joined by the French guards, force the prisons of St. Lazare, release all the prisoners, & take a great store of corn, which they carry to the corn market. Here they get some arms, & the French guards begin to to form & train them. The City committee determine to raise 48,000 Bourgeois, or rather to restrain their numbers to 48,000, On the 16th they send one of their numbers (Monsieur de Corny whom we knew in America) to the Hotel des Invalides to ask arms for their Garde Bourgeoise. He was followed by, or he found there, a great mob. The Governor of the Invalids came out & represented the impossibility of his delivering arms without the orders of those from whom he received them. De Corny advised the people then to retire, retired himself, & the people took possession of the arms. It was remarkable that not only the invalids themselves made no opposition, but that a body of 5000 foreign troops, encamped with 400 yards, never stirred. Monsieur De Corny and five others were then sent to ask arms of Monsieur de Launai, Governor of the Bastille. They found a great collection of people already before the place, & they immediately planted a flag of truce, which was answered by a like flag hoisted on the parapet. The depositition prevailed on the people to fall back a little, advanced themselves to make their demand of the Governor. & in that instant a discharge from the Bastille killed 4 people of those nearest to the deputies. The deputies retired, the people rushed against the place, and almost in an instant were in possession of a fortification, defended by 100 men, of infinite strength, which in other times had stood several regular sieges & had never been taken. How they got in, has as yet been impossible to discover. Those, who pretend to have been of the party tell so many different stories as to destroy the credit of them all. They took all the arms, discharged the prisoners & such of the garrison as were not killed in the first moment of fury, carried the Governor and Lieutenant Governor to the Greve (the place of public execution) cut off their heads, & sent them through the city in triumph to the Palais royal… I have the honor to be with great esteem & respect, Sir, your most obedient and most humble servant. Thomas Jefferson (lettre à John Jay, 19 juillet 1789)
Les journées les plus décisives de la Révolution française sont contenues, sont impliquées dans ce premier fait qui les enveloppe : le 14 juillet 1789. Et voilà pourquoi aussi c’est la vraie date révolutionnaire, celle qui fait tressaillir la France ! On comprend que ce jour-là notre Nouveau Testament nous a été donné et que tout doit en découler. Léon Gambetta (14 juillet 1872)
Les légitimistes s’évertuent alors à démonter le mythe du 14 Juillet, à le réduire à l’expression violente d’une foule (pas du peuple) assoiffée de sang (les meurtres des derniers défenseurs de la Bastille malgré la promesse de protection) allant jusqu’au sacrilège du cadavre (des têtes dont celle du gouverneur Launay parcourant Paris plantée au bout d’une pique) (…) la Bastille n’était pas un bagne, occupée qu’elle était par quelques prisonniers sans envergure, elle n’était pas la forteresse du pouvoir royal absolu tourné contre le peuple à travers l’instrumentalisation des canons, elle n’était pas la forteresse à partir de laquelle la reconquête de la ville pouvait être envisagée puisqu’elle n’était défendue que par quelques soldats qui du reste se sont rendus en fin d’après-midi. Le mythe de la prise de la Bastille tombe de lui-même pour les monarchistes et même plus il est une création politique construisant artificiellement le mythe du peuple s’émancipant, plus encore il apparaît comme annonciateur de la Terreur, justifiant les surnoms de « saturnales républicaines », de « fête de l’assassinat »… Pierrick Hervé
Dans les grandes démocraties du monde, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les Etats-unis, le Canada, les fêtes nationales se fêtent sans défilé militaire. Ce sont les dictatures qui font les défilés militaires. C’est l’URSS, c’est la Chine, c’est l’Iran; ce sont des pays non démocratiques. Et la France est l’une des seules démocraties à organiser sa fête nationale autour d’un défilé militaire: ça n’a aucune justification même historique. Sylvain Garel (élu vert de Paris, 02.07.10)
Le défilé du 14 Juillet tel que nous le connaissons aujourd’hui n’a été instauré qu’en 1880, grâce à un vote de l’Assemblée nationale faisant du 14 juillet le jour de la Fête nationale française. La jeune IIIe République cherche à créer un imaginaire républicain commun pour souder le régime, après des décennies d’instabilité (Directoire, Consulat, premier et second Empire, IIe République …). C’est dans la même période que la Marseillaise sera adoptée comme hymne national. La date a pourtant fait polémique au sein de l’hémicycle. Pouvait-on adopter comme acte fondateur de la Nation la sanglante prise de la Bastille? Les conservateurs s’y opposent. Le rapporteur de la loi, Benjamin Raspail, propose alors une autre date : le 14 juillet 1790, jour de la Fête de la Fédération. Le premier anniversaire de la prise de la Bastille avait été célébré à Paris par le défilé sur le Champ-de-Mars de milliers de «fédérés», députés et délégués venus de toute la France. Louis XVI avait prêté serment à la Nation, et avait juré de protéger la Constitution. (…) Convaincue, l’Assemblée nationale a donc adopté le 14 Juillet comme Fête nationale, mais sans préciser si elle se réfèrait à 1789 ou 1790. (…) La IIIe République est née en 1870 après la défaite de l’Empereur Napoléon III à Sedan contre la Prusse. La France y a perdu l’Alsace et la Lorraine, ce qui sera vécu comme un traumatisme national. Dix ans après la défaite, le régime veut montrer que le pays s’est redressé. Jules Ferry, Léon Gambetta et Léon Say remettent aux militaires défilant à Longchamp de nouveaux drapeaux et étendards, remplaçant ceux de 1870. L’armée est valorisée comme protectrice de la Nation et de la République. Hautement symbolique, ce premier défilé du 14 Juillet permet également de montrer à l’opinion nationale et internationale le redressement militaire de la France, qui compte bien reconquérir les territoires perdus. Le caractère militaire du 14 Juillet est définitivement acquis lors du «Défilé de la victoire» de 1919 sur les Champs-Elysées. Le Figaro (16.07.11)
The line from from the Bastille to the gulag is not straight, but the connection is unmistakable. Modern totalitarianism has its roots in 1789. Indeed, the French Revolution was such a model for future revolutions that it redefined the word. That is why 1776 has long been treated as a kind of pseudo-revolution, as Irving Kristol pointed out in a prescient essay written during America’s confused and embarrassed bicentennial celebration of 1776. The American Revolution was utterly lacking in the messianic, bloody-minded idealism of the French. It rearranged the constitutional furniture. Its revolutionary leaders died in their own beds. What kind of a revolution was that?” The French Revolution failed …. because it tried to create the impossible: a regime both of liberty and of “patriotic” state power. The history of the revolution is proof that these goals are incompatible. The American Revolution succeeded because it chose one, liberty. The Russian Revolution became deranged when it chose the other, state power. The French Revolution, to its credit and sorrow, wanted both. (T)heir revolution, with its glamour and influence, did not only popularize, it deified revolution. There are large parts of the world where even today the worst brutality and arbitrariness are justified by the mere invocation of the word revolution – without reference to any other human value. For the Chinese authorities to shoot a dissident in the back of the head, they have only to show that he is a “counterrevolutionary.” The fate then, of all messianic revolution – revolution, that is, on the French model – is that in the end it can justify itself and its crimes only by reference to itself. In Saint-Just’s famous formulation: “The Republic consists in the extermination of everything that opposes it.” This brutal circularity of logic is properly called not revolution but nihilism. Charles Krauthammer (1989)
Attention: une fête peut en cacher une autre !
En ces temps désormais dits post-modernes et post-historiques …
Où sous le poids du progressisme le plus échevelé et d’une réalité migratoire proprement apocalyptique …
Les idées de nation et de patriotisme sont passés de gros mots à fictions objectives …
Et en ce jour où entre défilé militaire soviétique et débauche de drapeaux nationaux en d’autres temps proscrits …
Nous Français ne savons plus très bien ce que nous sommes censés fêter …
Comment ne pas repenser …
A ces fortes paroles du chroniqueur américain qui vient tout juste de disparaitre Charles Krauthammer
Rappelant lors du bicentenaire de la Révolution française …
La longue filiation pressentie dès 1937 par le peintre allemand Marx Ernst
Mais déjà prophétisée 2 000 ans plus tôt par l’Apocalypse …
Et hélas bien confirmée par l’histoire depuis …
Entre la Bastille et le goulag ?

A FAILED REVOLUTION
Charles Krauthammer
The Washington Post
July 14, 1989

Two hundred years ago today a mob stormed the Bastille and freed its seven prisoners: four forgers, two lunatics and an aristocrat imprisoned at his family’s request for « libertinism. » It might have been eight had not the Marquis de Sade — whose cell contained a desk, a wardrobe, a dressing table, tapestries, mattresses, velvet cushions, a collection of hats, three kinds of fragrances, night lamps and 133 books — left a week earlier.

When the battle was lost, the governor of the Bastille, a minor functionary named Bernard-Rene’ de Launay, could have detonated a mountain of gunpowder, destroying himself, the mob, and much of the surrounding faubourg Saint-Antoine. He chose instead to surrender. His reward was to be paraded through the street and cut down with knives and pistol shots. A pastry cook named Desnot, declining a sword, sawed off his head with a pocket knife. For the French Revolution, it was downhill from there on.

Now, after 200 years, the French themselves seem finally to be coming to terms with that reality. There is a tentativeness to this week’s bicentennial celebration that suggests that French enthusiasm for the revolution has tempered. This circumspection stems from two decades of revisionist scholarship that stresses the reformist impulses of the ancien regime and the murderous impulses of the revolutionary regime that followed.

Simon Schama’s « Citizens » is but the culmination of this trend. But the receptivity to such revisionism stems from something deeper: the death of doctrinaire socialism, which in France had long claimed direct descent from the revolution. Disillusion at the savage failure of the revolutions in our time — Russian, Chinese, Cuban, Vietnamese — has allowed reconsideration of the event that was father to them all. One might say that romance with revolution died with Solzhenitsyn.

The line from the Bastille to the gulag is not straight, but the connection is unmistakable. Modern totalitarianism has its roots in 1789. « The spirit of the French Revolution has always been present in the social life of our country, » said Gorbachev during his visit to France last week. Few attempts at ingratiation have been more true or more damning.

Indeed, the French Revolution was such a model for future revolutions that it redefined the word. That is why 1776 has long been treated as a kind of pseudo-revolution, as Irving Kristol pointed out in a prescient essay written during America’s confused and embarrassed bicentennial celebration of 1976. The American Revolution was utterly lacking in the messianic, bloody-minded idealism of the French. It rearranged the constitutional furniture. Its revolutionary leaders died in their own beds. What kind of revolution was that? Thirteen years later, Kristol’s answer has become conventional wisdom: a successful revolution, perhaps the only successful revolution of our time.

The French Revolution failed, argues Schama, because it tried to create the impossible: a regime both of liberty and of « patriotic » state power. The history of the revolution is proof that these goals are incompatible. The American Revolution succeeded because it chose one, liberty. The Russian Revolution became deranged when it chose the other, state power. The French Revolution, to its credit and sorrow, wanted both.

Its great virtue was to have loosed the idea of liberty upon Europe. Its great vice was to have created the model, the monster, of the mobilized militarized state — revolutionary France invented universal conscription, that scourge of the 20th century only now beginning to wither away.

The French cannot be blamed for everything, alas, but their revolution, with its glamour and influence, did not only popularize, it deified revolution. There are large parts of the world where even today the worst brutality and arbitrariness are justified by the mere invocation of the word revolution — without reference to any other human value. For the Chinese authorities to shoot a dissident in the back of the head, they have only to show that he is a « counterrevolutionary. » In Cuba, Gen. Arnaldo Ochoa Sanchez, erstwhile hero of the revolution, is condemned to death in a show trial and upon receiving his sentence confesses his sins and declares that at his execution his « last thought would be of Fidel and of the great revolution. »

The fate, then, of all messianic revolution — revolution, that is, on the French model — is that in the end it can justify itself and its crimes only by reference to itself. In Saint-Just’s famous formulation: « The Republic consists in the extermination of everything that opposes it. » This brutal circularity of logic is properly called not revolution but nihilism.

Voir par ailleurs:

The French Revolution

Quartz

July 14, 2018

Bloody beginnings and a long legacy


July 14 marks the 229th anniversary of the Storming of the Bastille and the symbolic start of the French Revolution. The bloody revolt toppled the 200-year-old Bourbon dynasty, and ushered in a radical new government, reshaping European history forever.

The French Revolution brought the world the terror of the guillotine and the ravages of the Napoleonic Wars. But in its radical reimagining of society, it swept away the conventions and structures that had governed France since the end of the Roman era, and introduced systems based on the enlightenment principles of reason and science.

Some of those ideas persist to this day—like the metric system, which emerged from the National Assembly’s desire to standardize weights and measures. Other, equally ambitious ideas, like the Republican calendar—with 10 months and 10-day weeks—somehow failed to catch on. More enduring were the radical concepts of the innate rights of men and women that run throughout western systems of law, philosophy, and political theory.

So on this Bastille Day, pop open the champagne, spread the brie thick, and run a kilometer or deux to celebrate two centuries of liberté, égalité, and fraternité.

By the digits

693: Deputies, out of the 745 in the National Assembly, who voted to convict King Louis XVI of treason on January 15, 1793. None voted to acquit. He was beheaded six days later.

16,594: Death sentences given to counter-revolutionaries during the Reign of Terror of 1793-94.

300,000: Estimated total number of French aristocrats, or 1% of the population, in 1789.

800: Estimated different standards for weights and measures in France before the introduction of the metric system.

100: Seconds in the metric minute, used for 17 months during the French Revolution.

7: Countries that don’t use the metric system as the official system of weights and measures. (Myanmar, Liberia, Palau, Micronesia, Samoa, the Marshall Islands, and the United States.)

fun fact!

Interstate 19 in Arizona is the only stretch of federal highway in the US to use kilometers exclusively. The signs, initially part of a pilot program by the Carter Administration to introduce the metric system, have been kept in place in part because the local tourism industry wants them to greet visitors from Mexico.

Brief history

The metric system


1215: The Magna Carta declares that there should be national standards for the measurement of wine, beer, and cloth.

1678: Anglican clergyman and philosopher John Wilkins publishes An Essay towards a Real Character, and a Philosophical Language, which proposes a universal language and system of measurement, based on units of 10.

1790: The National Assembly of France drafts a committee to establish a new standard for weights and measures that would be valid “for all people, for all time,” in the words of mathematician (and revolutionary) Marquis de Condorcet.

1799: The distance of the meter—named after metron, the Greek word for measure—is fixed at 1/10,000,000 of the length between the North Pole and the Equator, arrived at after two French surveyors spent six years measuring the distance between Dunkirk and Barcelona, which was used to calculate the longer distance. A platinum bar officially one meter long is cast.

1840: The metric system becomes compulsory in France.

1875: Seventeen nations (including the US) sign the Treaty of the Meter, creating international bodies to standardize weights and measurements worldwide, according to the metric system.

1975: US president Gerald Ford signs the Metric Conversion Act, declaring the metric system the preferred (but voluntary) system and establishing the US Metric Board, to speed America’s conversion.

1982: US president Ronald Reagan dismantles the Metric Board.

1999: Mars Climate Orbiter, a $328 million satellite, disintegrates over Mars because software produced by Lockheed Martin, the contractor, generated numbers in the English system instead of the metric system, as specified by its agreement with NASA.

The rights of women


When the revolutionaries of France wrote about égalité, few, if any, extended that right to women. One observer across the English Channel, however, saw that the principles of the revolution applied to women as well as men.

Mary Wollstonecraft—a British author who established herself when few women earned a living by writing—wrote A Vindication of the Rights of Women in 1791 in response to Edmund Burke’s Reflections on the French Revolution. While Burke argued the revolution would fail because society was inherently traditional and hierarchical, Wollstonecraft made the case not only for the rights of men, but for women as well—a radical position at the end of the 18th century.

In his book Emile, or On Education, Enlightenment philosopher Jean-Jacques Rousseau wrote that women should be educated only to the extent they could serve men. But Wollstonecraft argued that women “ought to cherish a nobler ambition, and by their abilities and virtues exact respect.” Women, she wrote, deserved the same opportunities as men, and should be able to earn a living and support themselves with dignity.

Wollstonecraft, the mother of Frankenstein author Mary Shelley, had a messy personal life, which was used to discredit her ideas in the 19th century. But her ideas inspired writers from Jane Austen to Virginia Woolf, and suffragists like Elizabeth Cady Stanton. By the 20th century, Wollstonecraft was rightly regarded as a pioneering feminist.

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Pop quiz

Which is not another name for the guillotine?

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save the date!

How to make time


The Republican Calendar was one of the more radical innovations of the revolution. Born out of a desire to wipe the slate of clean of aristocratic and religious references and start history afresh, the new calendar began on the autumn solstice of September 22, 1792, or 1 Vendemiaire I, the day the new Republic was proclaimed.

Instead of the seven-day week of the Bible, the Republican Calendar was based on the 10-day week, with the tenth day, decadi, devoted to rest and play. There were 10 months, each three weeks long, with five special days (or six, in a leap year) devoted to celebrations used to round out the year to 365 days. Those days bore names such as the Fête de la Vertu (Celebration of Virtues) and Fête de l’Opinion (Celebration of Convictions).

The calendar was designed by a committee that included mathematicians, astronomers, and poets, who based the naming of days and months after the agricultural cycle, and borrowed heavily from Latin. The winter months, for example, became Nivôse (snowy), Pluviôse (rainy), and Ventôse (windy). Each day also got a name—360 in all—replacing the Catholic convention of each day bearing the name of a saint. The fifth, 15th, and 25th days of each month were named after farm animals (bull, ram, duck), the 10th and 20th were named after farm implements (rakes, spades), while the rest were named after trees, fruits, vegetables and herbs. According to one modern calculation, today is 25 Messidor CCXXVI, named for the Guinea hen. (There’s a Twitter account that will help you keep up.)

As you might expect, there were problems. Starting each year on the autumnal equinox proved tricky, since the timing of astronomical events can vary and leap days had to be inserted to even things up, confusing everyone. Farm workers, the ostensible heroes the calendar celebrated, hated having a day off every 10 days instead of every seven. So 12 years after its introduction, it was abolished by Napoleon in 1806.

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Quotable

“Long usage of the Gregorian calendar has filled the people’s memory with a considerable number of images that they have long revered, and which today remain the source of their religious errors. It is therefore necessary to replace these visions of ignorance with the realities of reason, and this sacerdotal prestige with nature’s truth.”

— Committee to draft a new calendar

Watch this!

The French Revolution’s decimal time wasn’t the last attempt to rationalize timekeeping. A more recent effort was Swatch Internet Time in 1998. Part of a (not very successful) marketing campaign for a new line of watches, the system divided the 24-hour day into 1,000 “.beats” (yes, with a period—trés moderne).

The time, which was displayed on Swatches alongside boring old Gregorian time, was given as @416, which would be read as 416 beats after midnight, or 4am. Since it was the same all over the world, it was touted as being a new way of telling time that negated the need for translating pesky time zones.

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Hommage: De la seule nation qui vénère le même Dieu qu’il y a 3 000 ans au seul pays fondé sur une idée (On the Fourth of July, honoring American exceptionalism and an exceptional American, Charles Krauthammer)

4 juillet, 2018
Israël est l’incarnation pure et simple de la continuité juive : c’est la seule nation au monde qui habite la même terre, porte le même nom, parle la même langue et vénère le même Dieu qu’il y a 3000 ans. En creusant le sol, on peut trouver des poteries du temps de David, des pièces de l’époque de Bar Kochba, et des parchemins vieux de 2000 ans, écrits de manière étonnamment semblable à celle qui, aujourd’hui, vante les crèmes glacées de la confiserie du coin. Charles Krauthammer

En ce nouvel anniversaire du « seul pays fondé sur une idée, l’idée de liberté » …

Comment ne pas avoir une pensée …

Pour l’un de ses plus fidèles et regrettés hérauts

Issu justement de la seule nation qui vénère le même Dieu qu’il y a 3 000 ans ?

On the Fourth of July, Honoring American Exceptionalism and an Exceptional American, Charles Krauthammer

Amid all the pomp and parades, the fireworks and other illuminations, the hot dogs and the ice cream, the home runs and the World Cup goals, let us be sure to pause on this Fourth of July holiday and say with grateful hearts and proud voices, “Happy birthday, America!”

This land—our land—is 242 years young today.

Led by Thomas Jefferson, John Adams, and Ben Franklin, our Founding Fathers signed a document that raised high the banner of independence and challenged England, at the time the most powerful nation in the world.

Remarked one delegate as he signed the Declaration of Independence, “My hand trembles, but my heart does not.”

What was the central idea of this revolutionary declaration that Jefferson, its author, called “an expression of the American mind”? Here is what Charles Krauthammer, the TV commentator and syndicated columnist, said: “America is the only country ever founded on an idea … and the idea is liberty.”

Many of us in Washington, D.C., are still lamenting the June 21 death of Krauthammer, who had a commanding grasp of politics, including foreign policy, that sprang from his intellect, his medical training and practice, and his formation in the Jewish tradition.

Krauthammer was very much like a Founder. Whether they agreed with him or not, those who knew him commented on his grace, civility, and humor. He combined the character of George Washington, the prudential mind of James Madison, and the wit of Franklin.

Asked how he could go from being a speechwriter for Walter Mondale to a political commentator on Fox News, he replied, “I was young once.”  He was a happy warrior even though he dealt with more difficulties—he was a quadriplegic from the age of 22—than most of us can imagine.

He could sum up a politician or a historical trend in just a few words. One year into the Obama administration, he wrote, “Fairness through leveling is the essence of Obamaism.” Toward the end of President Barack Obama’s first term, he summed up the four years: “The greatest threat to a robust, autonomous civil society is the ever-growing Leviathan state and those like Obama who see it as the ultimate expression of the collective.”

Krauthammer excelled at explaining our times. He coined the phrase “the Reagan Doctrine” to explain President Ronald Reagan’s support of anti-communist forces in Afghanistan and Nicaragua, and extolled Winston Churchill as the 20th century’s most indispensable leader. Paraphrasing the Nobel laureate Milton Friedman, he said, “The free lunch is the essence of modern liberalism.”

He was ever generous toward the rising generation. The co-author of this commentary will be always grateful for his support at the start of her academic career. Krauthammer would meet with her students who learned much about politics from him, although nearly all disagreed with him—at least at the beginning.

On one occasion, she took her students to see the satirical troupe “Capitol Steps,” and Krauthammer was there with his family, laughing at the anti-conservative sallies.

In the introduction to his book “Things That Matter,” Krauthammer referred to Adams and Jefferson and their tempered hopes for the durability of liberty.

He was not pessimistic, but realistic, about the future, writing: “The lesson of our history is that the task of merely maintaining strong and sturdy the structures of a constitutional order is unending, the continuing and ceaseless work of every generation.”

He was a prime example of someone who knows that man does not live by politics alone. His favorite diversion (after chess) was baseball, specifically the up-and-down, in-and-out, always unpredictable Washington Nationals, about whom he would wax poetic.

You get there [to the park], and the twilight’s gleaming, the popcorn’s popping, the kids’re romping, and everyone’s happy. The joy of losing consists in this: Where there are no expectations, there is no disappointment.

But Krauthammer, liberal-turned-conservative, psychiatrist-turned-political commentator, expected good things from the people. He wrote of the tea party revolt, “No matter how far the ideological pendulum swings in the short term, in the end, the bedrock common sense of the American people will prevail.”

In his final column, he wrote: “I believe that the pursuit of truth and right ideas through honest debate and rigorous argument is a noble undertaking. I am grateful to have played a small role in the conversations that have helped guide this extraordinary nation’s destiny.”

Of course, his was not a small, but rather a leading, role, one that will serve as a model for those with the right ideas who take up the responsibility of keeping this exceptional nation on the road to liberty.

So—along with “Happy Birthday, America!”—we say to Charles Krauthammer, a mentor and an inspiration who will be missed beyond measure: “May God bless you and keep you.”

At Last, Zion

The Weekly Standard

I. A SMALL NATION

Milan Kundera once defined a small nation as « one whose very existence may be put in question at any moment; a small nation can disappear, and it knows it. »

The United States is not a small nation. Neither is Japan. Or France. These nations may suffer defeats. They may even be occupied. But they cannot disappear. Kundera’s Czechoslovakia could — and once did. Prewar Czechoslovakia is the paradigmatic small nation: a liberal democracy created in the ashes of war by a world determined to let little nations live free; threatened by the covetousness and sheer mass of a rising neighbor; compromised fatally by a West grown weary « of a quarrel in a far-away country between people of whom we know nothing »; left truncated and defenseless, succumbing finally to conquest. When Hitler entered Prague in March 1939, he declared, « Czechoslovakia has ceased to exist. »

Israel too is a small country. This is not to say that extinction is its fate. Only that it can be.

Moreover, in its vulnerability to extinction, Israel is not just any small country. It is the only small country — the only period, period — whose neighbors publicly declare its very existence an affront to law, morality, and religion and make its extinction an explicit, paramount national goal. Nor is the goal merely declarative. Iran, Libya, and Iraq conduct foreign policies designed for the killing of Israelis and the destruction of their state. They choose their allies (Hamas, Hezbollah) and develop their weapons (suicide bombs, poison gas, anthrax, nuclear missiles) accordingly. Countries as far away as Malaysia will not allow a representative of Israel on their soil nor even permit the showing of Schindler’s List lest it engender sympathy for Zion.

Others are more circumspect in their declarations. No longer is the destruction of Israel the unanimous goal of the Arab League, as it was for the thirty years before Camp David. Syria, for example, no longer explicitly enunciates it. Yet Syria would destroy Israel tomorrow if it had the power. (Its current reticence on the subject is largely due to its post-Cold War need for the American connection.)

Even Egypt, first to make peace with Israel and the presumed model for peacemaking, has built a vast U.S.-equipped army that conducts military exercises obviously designed for fighting Israel. Its huge « Badr ’96 » exercises, for example, Egypt’s largest since the 1973 war, featured simulated crossings of the Suez Canal.

And even the PLO, which was forced into ostensible recognition of Israel in the Oslo Agreements of 1993, is still ruled by a national charter that calls in at least fourteen places for Israel’s eradication. The fact that after five years and four specific promises to amend the charter it remains unamended is a sign of how deeply engraved the dream of eradicating Israel remains in the Arab consciousness.

II. THE STAKES

The contemplation of Israel’s disappearance is very difficult for this generation. For fifty years, Israel has been a fixture. Most people cannot remember living in a world without Israel.

Nonetheless, this feeling of permanence has more than once been rudely interrupted — during the first few days of the Yom Kippur War when it seemed as if Israel might be overrun, or those few weeks in May and early June 1967 when Nasser blockaded the Straits of Tiran and marched 100,000 troops into Sinai to drive the Jews into the sea.

Yet Israel’s stunning victory in 1967, its superiority in conventional weaponry, its success in every war in which its existence was at stake, has bred complacency. Some ridicule the very idea of Israel’s impermanence. Israel, wrote one Diaspora intellectual, « is fundamentally indestructible. Yitzhak Rabin knew this. The Arab leaders on Mount Herzl [at Rabin’s funeral] knew this. Only the land-grabbing, trigger-happy saints of the right do not know this. They are animated by the imagination of catastrophe, by the thrill of attending the end. »

Thrill was not exactly the feeling Israelis had when during the Gulf War they entered sealed rooms and donned gas masks to protect themselves from mass death — in a war in which Israel was not even engaged. The feeling was fear, dread, helplessness — old existential Jewish feelings that post- Zionist fashion today deems anachronistic, if not reactionary. But wish does not overthrow reality. The Gulf War reminded even the most wishful that in an age of nerve gas, missiles, and nukes, an age in which no country is completely safe from weapons of mass destruction, Israel with its compact population and tiny area is particularly vulnerable to extinction.

Israel is not on the edge. It is not on the brink. This is not ’48 or ’67 or ’73. But Israel is a small country. It can disappear. And it knows it.

It may seem odd to begin an examination of the meaning of Israel and the future of the Jews by contemplating the end. But it does concentrate the mind. And it underscores the stakes. The stakes could not be higher. It is my contention that on Israel — on its existence and survival — hangs the very existence and survival of the Jewish people. Or, to put the thesis in the negative, that the end of Israel means the end of the Jewish people. They survived destruction and exile at the hands of Babylon in 586 B.C. They survived destruction and exile at the hands of Rome in 70 A.D., and finally in 132 A.D. They cannot survive another destruction and exile. The Third Commonwealth — modern Israel, born just 50 years ago — is the last.

The return to Zion is now the principal drama of Jewish history. What began as an experiment has become the very heart of the Jewish people — its cultural, spiritual, and psychological center, soon to become its demographic center as well. Israel is the hinge. Upon it rest the hopes — the only hope – – for Jewish continuity and survival.

III. THE DYING DIASPORA

In 1950, there were 5 million Jews in the United States. In 1990, the number was a slightly higher 5.5 million. In the intervening decades, overall U.S. population rose 65 percent. The Jews essentially tread water. In fact, in the last half-century Jews have shrunk from 3 percent to 2 percent of the American population. And now they are headed for not just relative but absolute decline. What sustained the Jewish population at its current level was, first, the postwar baby boom, then the influx of 400,000 Jews, mostly from the Soviet Union.

Well, the baby boom is over. And Russian immigration is drying up. There are only so many Jews where they came from. Take away these historical anomalies, and the American Jewish population would be smaller today than today. In fact, it is now headed for catastrophic decline. Steven Bayme, director of Jewish Communal Affairs at the American Jewish Committee, flatly predicts that in twenty years the Jewish population will be down to four million, a loss of nearly 30 percent. In twenty years! Projecting just a few decades further yields an even more chilling future.

How does a community decimate itself in the benign conditions of the United States? Easy: low fertility and endemic intermarriage.

The fertility rate among American Jews is 1.6 children per woman. The replacement rate (the rate required for the population to remain constant) is 2.1. The current rate is thus 20 percent below what is needed for zero growth. Thus fertility rates alone would cause a 20 percent decline in every generation. In three generations, the population would be cut in half.

The low birth rate does not stem from some peculiar aversion of Jewish women to children. It is merely a striking case of the well-known and universal phenomenon of birth rates declining with rising education and socio- economic class. Educated, successful working women tend to marry late and have fewer babies.

Add now a second factor, intermarriage. In the United States today more Jews marry Christians than marry Jews. The intermarriage rate is 52 percent. (A more conservative calculation yields 47 percent; the demographic effect is basically the same.) In 1970, the rate was 8 percent.

Most important for Jewish continuity, however, is the ultimate identity of the children born to these marriages. Only about one in four is raised Jewish. Thus two-thirds of Jewish marriages are producing children three-quarters of whom are lost to the Jewish people. Intermarriage rates alone would cause a 25 percent decline in population in every generation. (Math available upon request.) In two generations, half the Jews would disappear.

Now combine the effects of fertility and intermarriage and make the overly optimistic assumption that every child raised Jewish will grow up to retain his Jewish identity (i.e., a zero dropout rate). You can start with 100 American Jews; you end up with 60. In one generation, more than a third have disappeared. In just two generations, two out of every three will vanish.

One can reach this same conclusion by a different route (bypassing the intermarriage rates entirely). A Los Angeles Times poll of American Jews conducted in March 1998 asked a simple question: Are you raising your children as Jews? Only 70 percent said yes. A population in which the biological replacement rate is 80 percent and the cultural replacement rate is 70 percent is headed for extinction. By this calculation, every 100 Jews are raising 56 Jewish children. In just two generations, 7 out of every 10 Jews will vanish.

The demographic trends in the rest of the Diaspora are equally unencouraging. In Western Europe, fertility and intermarriage rates mirror those of the United States. Take Britain. Over the last generation, British Jewry has acted as a kind of controlled experiment: a Diaspora community living in an open society, but, unlike that in the United States, not artificially sustained by immigration. What happened? Over the last quarter- century, the number of British Jews declined by over 25 percent.

Over the same interval, France’s Jewish population declined only slightly. The reason for this relative stability, however, is a one-time factor: the influx of North African Jewry. That influx is over. In France today only a minority of Jews between the ages of twenty and forty-four live in a conventional family with two Jewish parents. France, too, will go the way of the rest.

« The dissolution of European Jewry, » observes Bernard Wasserstein in Vanishing Diaspora: The Jews in Europe since 1945, « is not situated at some point in the hypothetical future. The process is taking place before our eyes and is already far advanced. » Under present trends, « the number of Jews in Europe by the year 2000 would then be not much more than one million — the lowest figure since the last Middle Ages. »

In 1990, there were eight million.

The story elsewhere is even more dispiriting. The rest of what was once the Diaspora is now either a museum or a graveyard. Eastern Europe has been effectively emptied of its Jews. In 1939, Poland had 3.2 million Jews. Today it is home to 3,500. The story is much the same in the other capitals of Eastern Europe.

The Islamic world, cradle to the great Sephardic Jewish tradition and home to one-third of world Jewry three centuries ago, is now practically Judenrein. Not a single country in the Islamic world is home to more than 20,000 Jews. After Turkey with 19,000 and Iran with 14,000, the country with the largest Jewish community in the entire Islamic world is Morocco with 6, 100. There are more Jews in Omaha, Nebraska.

These communities do not figure in projections. There is nothing to project. They are fit subjects not for counting but for remembering. Their very sound has vanished. Yiddish and Ladino, the distinctive languages of the European and Sephardic Diasporas, like the communities that invented them, are nearly extinct.

IV. THE DYNAMICS OF ASSIMILATION

Is it not risky to assume that current trends will continue? No. Nothing will revive the Jewish communities of Eastern Europe and the Islamic world. And nothing will stop the rapid decline by assimilation of Western Jewry. On the contrary. Projecting current trends — assuming, as I have done, that rates remain constant — is rather conservative: It is risky to assume that assimilation will not accelerate. There is nothing on the horizon to reverse the integration of Jews into Western culture. The attraction of Jews to the larger culture and the level of acceptance of Jews by the larger culture are historically unprecedented. If anything, the trends augur an intensification of assimilation.

It stands to reason. As each generation becomes progressively more assimilated, the ties to tradition grow weaker (as measured, for example, by synagogue attendance and number of children receiving some kind of Jewish education). This dilution of identity, in turn, leads to a greater tendency to intermarriage and assimilation. Why not? What, after all, are they giving up? The circle is complete and self-reinforcing.

Consider two cultural artifacts. With the birth of television a half- century ago, Jewish life in America was represented by The Goldbergs: urban Jews, decidedly ethnic, heavily accented, socially distinct. Forty years later The Goldbergs begat Seinfeld, the most popular entertainment in America today. The Seinfeld character is nominally Jewish. He might cite his Jewish identity on occasion without apology or self- consciousness — but, even more important, without consequence. It has not the slightest influence on any aspect of his life.

Assimilation of this sort is not entirely unprecedented. In some ways, it parallels the pattern in Western Europe after the emancipation of the Jews in the late 18th and 19th centuries. The French Revolution marks the turning point in the granting of civil rights to Jews. As they began to emerge from the ghetto, at first they found resistance to their integration and advancement. They were still excluded from the professions, higher education, and much of society. But as these barriers began gradually to erode and Jews advanced socially, Jews began a remarkable embrace of European culture and, for many, Christianity. In A History of Zionism, Walter Laqueur notes the view of Gabriel Riesser, an eloquent and courageous mid-19th-century advocate of emancipation, that a Jew who preferred the non-existent state and nation of Israel to Germany should be put under police protection not because he was dangerous but because he was obviously insane.

Moses Mendelssohn (1729-1786) was a harbinger. Cultured, cosmopolitan, though firmly Jewish, he was the quintessence of early emancipation. Yet his story became emblematic of the rapid historical progression from emancipation to assimilation: Four of his six children and eight of his nine grandchildren were baptized.

In that more religious, more Christian age, assimilation took the form of baptism, what Henrich Heine called the admission ticket to European society. In the far more secular late-20th century, assimilation merely means giving up the quaint name, the rituals, and the other accouterments and identifiers of one’s Jewish past. Assimilation today is totally passive. Indeed, apart from the trip to the county courthouse to transform, say, (shmattes by) Ralph Lifshitz into (Polo by) Ralph Lauren, it is marked by an absence of actions rather than the active embrace of some other faith. Unlike Mendelssohn’s children, Seinfeld required no baptism.

We now know, of course, that in Europe, emancipation through assimilation proved a cruel hoax. The rise of anti-Semitism, particularly late-19th- century racial anti-Semitism culminating in Nazism, disabused Jews of the notion that assimilation provided escape from the liabilities and dangers of being Jewish. The saga of the family of Madeleine Albright is emblematic. Of her four Jewish grandparents — highly assimilated, with children some of whom actually converted and erased their Jewish past — three went to their deaths in Nazi concentration camps as Jews.

Nonetheless, the American context is different. There is no American history of anti-Semitism remotely resembling Europe’s. The American tradition of tolerance goes back 200 years to the very founding of the country. Washington’s letter to the synagogue in Newport pledges not tolerance — tolerance bespeaks non-persecution bestowed as a favor by the dominant upon the deviant — but equality. It finds no parallel in the history of Europe. In such a country, assimilation seems a reasonable solution to one’s Jewish problem. One could do worse than merge one’s destiny with that of a great and humane nation dedicated to the proposition of human dignity and equality.

Nonetheless, while assimilation may be a solution for individual Jews, it clearly is a disaster for Jews as a collective with a memory, a language, a tradition, a liturgy, a history, a faith, a patrimony that will all perish as a result.

Whatever value one might assign to assimilation, one cannot deny its reality. The trends, demographic and cultural, are stark. Not just in the long-lost outlands of the Diaspora, not just in its erstwhile European center, but even in its new American heartland, the future will be one of diminution, decline, and virtual disappearance. This will not occur overnight. But it will occur soon — in but two or three generations, a time not much further removed from ours today than the founding of Israel fifty years ago.

V. ISRAELI EXCEPTIONALISM

Israel is different. In Israel the great temptation of modernity — assimilation — simply does not exist. Israel is the very embodiment of Jewish continuity: It is the only nation on earth that inhabits the same land, bears the same name, speaks the same language, and worships the same God that it did 3,000 years ago. You dig the soil and you find pottery from Davidic times, coins from Bar Kokhba, and 2,000-year-old scrolls written in a script remarkably like the one that today advertises ice cream at the corner candy store.

Because most Israelis are secular, however, some ultra-religious Jews dispute Israel’s claim to carry on an authentically Jewish history. So do some secular Jews. A French critic (sociologist Georges Friedmann) once called Israelis « Hebrew-speaking gentiles. » In fact, there was once a fashion among a group of militantly secular Israeli intellectuals to call themselves  » Canaanites, » i.e., people rooted in the land but entirely denying the religious tradition from which they came.

Well then, call these people what you will. « Jews, » after all, is a relatively recent name for this people. They started out as Hebrews, then became Israelites. « Jew » (derived from the Kingdom of Judah, one of the two successor states to the Davidic and Solomonic Kingdom of Israel) is the post- exilic term for Israelite. It is a latecomer to history.

What to call the Israeli who does not observe the dietary laws, has no use for the synagogue, and regards the Sabbath as the day for a drive to the beach — a fair description, by the way, of most of the prime ministers of Israel? It does not matter. Plant a Jewish people in a country that comes to a standstill on Yom Kippur; speaks the language of the Bible; moves to the rhythms of the Hebrew (lunar) calendar; builds cities with the stones of its ancestors; produces Hebrew poetry and literature, Jewish scholarship and learning unmatched anywhere in the world — and you have continuity.

Israelis could use a new name. Perhaps we will one day relegate the word Jew to the 2,000-year exilic experience and once again call these people Hebrews. The term has a nice historical echo, being the name by which Joseph and Jonah answered the question: « Who are you? »

In the cultural milieu of modern Israel, assimilation is hardly the problem. Of course Israelis eat McDonald’s and watch Dallas reruns. But so do Russians and Chinese and Danes. To say that there are heavy Western (read: American) influences on Israeli culture is to say nothing more than that Israel is as subject to the pressures of globalization as any other country. But that hardly denies its cultural distinctiveness, a fact testified to by the great difficulty immigrants have in adapting to Israel.

In the Israeli context, assimilation means the reattachment of Russian and Romanian, Uzbeki and Iraqi, Algerian and Argentinian Jews to a distinctively Hebraic culture. It means the exact opposite of what it means in the Diaspora: It means giving up alien languages, customs, and traditions. It means giving up Christmas and Easter for Hanukkah and Passover. It means giving up ancestral memories of the steppes and the pampas and the savannas of the world for Galilean hills and Jerusalem stone and Dead Sea desolation. That is what these new Israelis learn. That is what is transmitted to their children. That is why their survival as Jews is secure. Does anyone doubt that the near- million Soviet immigrants to Israel would have been largely lost to the Jewish people had they remained in Russia — and that now they will not be lost?

Some object to the idea of Israel as carrier of Jewish continuity because of the myriad splits and fractures among Israelis: Orthodox versus secular, Ashkenazi versus Sephardi, Russian versus sabra, and so on. Israel is now engaged in bitter debates over the legitimacy of conservative and reform Judaism and the encroachment of Orthodoxy upon the civic and social life of the country.

So what’s new? Israel is simply recapitulating the Jewish norm. There are equally serious divisions in the Diaspora, as there were within the last Jewish Commonwealth: « Before the ascendancy of the Pharisees and the emergence of Rabbinic orthodoxy after the fall of the Second Temple, » writes Harvard Near East scholar Frank Cross, « Judaism was more complex and variegated than we had supposed. » The Dead Sea Scrolls, explains Hershel Shanks, « emphasize a hitherto unappreciated variety in Judaism of the late Second Temple period, so much so that scholars often speak not simply of Judaism but of Judaisms. »

The Second Commonwealth was a riot of Jewish sectarianism: Pharisees, Sadducees, Essenes, apocalyptics of every stripe, sects now lost to history, to say nothing of the early Christians. Those concerned about the secular- religious tensions in Israel might contemplate the centuries-long struggle between Hellenizers and traditionalists during the Second Commonwealth. The Maccabean revolt of 167-4 B.C., now celebrated as Hanukkah, was, among other things, a religious civil war among Jews.

Yes, it is unlikely that Israel will produce a single Jewish identity. But that is unnecessary. The relative monolith of Rabbinic Judaism in the Middle Ages is the exception. Fracture and division is a fact of life during the modern era, as during the First and Second Commonwealths. Indeed, during the period of the First Temple, the people of Israel were actually split into two often warring states. The current divisions within Israel pale in comparison.

Whatever identity or identities are ultimately adopted by Israelis, the fact remains that for them the central problem of Diaspora Jewry — suicide by assimilation — simply does not exist. Blessed with this security of identity, Israel is growing. As a result, Israel is not just the cultural center of the Jewish world, it is rapidly becoming its demographic center as well. The relatively high birth rate yields a natural increase in population. Add a steady net rate of immigration (nearly a million since the late 1980s), and Israel’s numbers rise inexorably even as the Diaspora declines.

Within a decade Israel will pass the United States as the most populous Jewish community on the globe. Within our lifetime a majority of the world’s Jews will be living in Israel. That has not happened since well before Christ.

A century ago, Europe was the center of Jewish life. More than 80 percent of world Jewry lived there. The Second World War destroyed European Jewry and dispersed the survivors to the New World (mainly the United States) and to Israel. Today, 80 percent of world Jewry lives either in the United States or in Israel. Today we have a bipolar Jewish universe with two centers of gravity of approximately equal size. It is a transitional stage, however. One star is gradually dimming, the other brightening.

Soon an inevitably the cosmology of the Jewish people will have been transformed again, turned into a single-star system with a dwindling Diaspora orbiting around. It will be a return to the ancient norm: The Jewish people will be centered — not just spiritually but physically — in their ancient homeland.

VI. THE END OF DISPERSION

The consequences of this transformation are enormous. Israel’s centrality is more than just a question of demography. It represents a bold and dangerous new strategy for Jewish survival.

For two millennia, the Jewish people survived by means of dispersion and isolation. Following the first exile in 586 B.C. and the second exile in 70 A. D. and 132 A.D., Jews spread first throughout Mesopotamia and the Mediterranean Basin, then to northern and eastern Europe and eventually west to the New World, with communities in practically every corner of the earth, even unto India and China.

Throughout this time, the Jewish people survived the immense pressures of persecution, massacre, and forced conversion not just by faith and courage, but by geographic dispersion. Decimated here, they would survive there. The thousands of Jewish villages and towns spread across the face of Europe, the Islamic world, and the New World provided a kind of demographic insurance. However many Jews were massacred in the First Crusade along the Rhine, however many villages were destroyed in the 1648-1649 pogroms in Ukraine, there were always thousands of others spread around the globe to carry on.

This dispersion made for weakness and vulnerability for individual Jewish communities. Paradoxically, however, it made for endurance and strength for the Jewish people as a whole. No tyrant could amass enough power to threaten Jewish survival everywhere.

Until Hitler. The Nazis managed to destroy most everything Jewish from the Pyrenees to the gates of Stalingrad, an entire civilization a thousand years old. There were nine million Jews in Europe when Hitler came to power. He killed two-thirds of them. Fifty years later, the Jews have yet to recover. There were sixteen million Jews in the world in 1939. Today, there are thirteen million.

The effect of the Holocaust was not just demographic, however. It was psychological, indeed ideological, as well. It demonstrated once and for all the catastrophic danger of powerlessness. The solution was self-defense, and that meant a demographic reconcentration in a place endowed with sovereignty, statehood, and arms.

Before World War II there was great debate in the Jewish world over Zionism. Reform Judaism, for example, was for decades anti-Zionist. The Holocaust resolved that debate. Except for those at the extremes — the ultra-Orthodox right and far left — Zionism became the accepted solution to Jewish powerlessness and vulnerability. Amid the ruins, Jews made a collective decision that their future lay in self-defense and territoriality, in the ingathering of the exiles to a place where they could finally acquire the means to defend themselves.

It was the right decision, the only possible decision. But oh so perilous. What a choice of place to make one’s final stand: a dot on the map, a tiny patch of near-desert, a thin ribbon of Jewish habitation behind the flimsiest of natural barriers (which the world demands that Israel relinquish). One determined tank thrust can tear it in half. One small battery of nuclear- tipped Scuds can obliterate it entirely.

To destroy the Jewish people, Hitler needed to conquer the world. All that is needed today is to conquer a territory smaller than Vermont. The terrible irony is that in solving the problem of powerlessness, the Jews have necessarily put all their eggs in one basket, a small basket hard by the waters of the Mediterranean. And on its fate hinges everything Jewish.

VII. THINKING THE UNTHINKABLE

What if the Third Jewish Commonwealth meets the fate of the first two? The scenario is not that far-fetched: A Palestinian state is born, arms itself, concludes alliances with, say, Iraq and Syria. War breaks out between Palestine and Israel (over borders or water or terrorism). Syria and Iraq attack from without. Egypt and Saudi Arabia join the battle. The home front comes under guerilla attack from Palestine. Chemical and biological weapons rain down from Syria, Iraq, and Iran. Israel is overrun.

Why is this the end? Can the Jewish people not survive as they did when their homeland was destroyed and their political independence extinguished twice before? Why not a new exile, a new Diaspora, a new cycle of Jewish history?

First, because the cultural conditions of exile would be vastly different. The first exiles occurred at a time when identity was nearly coterminous with religion. An expulsion two millennia later into a secularized world affords no footing for a reestablished Jewish identity.

But more important: Why retain such an identity? Beyond the dislocation would be the sheer demoralization. Such an event would simply break the spirit. No people could survive it. Not even the Jews. This is a people that miraculously survived two previous destructions and two millennia of persecution in the hope of ultimate return and restoration. Israel is that hope. To see it destroyed, to have Isaiahs and Jeremiahs lamenting the widows of Zion once again amid the ruins of Jerusalem is more than one people could bear.

Particularly coming after the Holocaust, the worst calamity in Jewish history. To have survived it is miracle enough. Then to survive the destruction of that which arose to redeem it — the new Jewish state — is to attribute to Jewish nationhood and survival supernatural power.

Some Jews and some scattered communities would, of course, survive. The most devout, already a minority, would carry on — as an exotic tribe, a picturesque Amish-like anachronism, a dispersed and pitied remnant of a remnant. But the Jews as a people would have retired from history.

We assume that Jewish history is cyclical: Babylonian exile in 586 B.C., followed by return in 538 B.C. Roman exile in 135 A.D., followed by return, somewhat delayed, in 1948. We forget a linear part of Jewish history: There was one other destruction, a century and a half before the fall of the First Temple. It went unrepaired. In 722 B.C., the Assyrians conquered the other, larger Jewish state, the northern kingdom of Israel. (Judah, from which modern Jews are descended, was the southern kingdom.) This is the Israel of the Ten Tribes, exiled and lost forever.

So enduring is their mystery that when Lewis and Clark set off on their expedition, one of the many questions prepared for them by Dr. Benjamin Rush at Jefferson’s behest was this: « What Affinity between their [the Indians’] religious Ceremonies & those of the Jews? » « Jefferson and Lewis had talked at length about these tribes, » explains Stephen Ambrose. « They speculated that the lost tribes of Israel could be out there on the Plains. »

Alas, not. The Ten Tribes had melted away into history. As such, they represent the historical norm. Every other people so conquered and exiled has in time disappeared. Only the Jews defied the norm. Twice. But never, I fear, again.


Israël/70e: Chose promise, chose due (Remember that the journey to peace started with a strong America recognizing the truth)

14 mai, 2018
Ton nom est Jacob; tu ne seras plus appelé Jacob, mais ton nom sera Israël. Genèse 35: 10
Gaza: a la « densité démographique la plus élevée du monde ». Cliché journalistique inepte mais fréquent. Les chiffres officiels: Gaza, 3 823 habitants par kilomètre carré, Paris XIème arrondissement: 41 053 hab./km2 … Laurent Murawiec
En novembre 2004, des civils ivoiriens et des soldats français de la Force Licorne se sont opposés durant quatre jours à Abidjan dans des affrontements qui ont fait des dizaines de morts et de blessés. À la suite d’une mission d’enquête sur le terrain, Amnesty International a recueilli des informations indiquant que les forces françaises ont, à certaines occasions, fait un usage excessif et disproportionné de la force alors qu’elles se trouvaient face à des manifestants qui ne représentaient pas une menace directe pour leurs vies ou la vie de tiers. Amnesty international (26.10.05)
Des tirs sont partis sur nos forces depuis les derniers étages de l’hôtel ivoire de la grande tour que nous n’occupions pas et depuis la foule. Dans ces conditions nos unités ont été amenées à faire des tirs de sommation et à forcer le passage en évitant bien évidemment de faire des morts et des blessés parmi les manifestants. Mais je répète encore une fois les premiers tirs n’ont pas été de notre fait. Général Poncet (Canal Plus 90 minutes 14.02.05)
Nous avons effectivement été amenés à tirer, des tirs en légitime défense et en riposte par rapport aux tireurs qui nous tiraient dessus. Colonel Gérard Dubois (porte-parole de l’état-major français, le 15 novembre 2004)
On n’arrivait pas à éloigner cette foule qui, de plus en plus était débordante. Sur ma gauche, trois de nos véhicules étaient déjà immergés dans la foule. Un manifestant grimpe sur un de mes chars et arme la mitrailleuse 7-62. Un de mes hommes fait un tir d’intimidation dans sa direction ; l’individu redescend aussitôt du blindé. Le coup de feu déclenche une fusillade. L’ensemble de mes hommes fait des tirs uniquement d’intimidation. (…) seuls les COS auraient visé certains manifestants avec leurs armes non létales. (…) Mes hommes n’ont pu faire cela. Nous n’avions pas les armes pour infliger de telles blessures. Si nous avions tiré au canon dans la foule, ça aurait été le massacre. Colonel Destremau (Libération, 10.12.04)
L’armée française admet avoir tué par accident 4 civils afghans le 6 avril. AFP
Afghanistan: l’armée française tue par erreur quatre jeunes garçons. Jean-Dominique Merchet (blog de journaliste)
Les insurgés utilisent habituellement les villages pour mener leurs opérations contre la coalition. Ils s’abritent ainsi au sein de la population civile. Jean-Dominique Merchet
Quatre enfants et leur mère tués à Gaza: Un char israélien a tiré un obus sur leur maison lors d’une incursion à Beit Hanoun. Le Figaro (avec AFP, 28/04/2008)
Of course, Abbas well knows that the United States of America is the one and only power that can pressure Israel to make concessions. So, after a decent interval, Abbas inexorably will mumble apologies, lavish praise on Trump, fire up the Palestinians’ horde of proxies, « talk peace » with Israel, and worm his way into the administration’s good graces. When that happens, the current U.S.-Israel honeymoon will likely crash and burn, replaced by the usual bickering, where Washington wants Israelis to « take chances for peace » and « make painful concessions, » and they resist those pressures. Trump reiterated prior warning about « hard compromises » ahead for Israel, giving warnings about Israeli towns on the West Bank, and saying that relations with Israel will improve after reaching an agreement with the Palestinians. Perhaps most significantly, he expressed doubts about Israelis even wanting peace. ≠≠≠≠≠Taken as a whole, these comments confirm my prediction that U.S.-Israel relations could go seriously awry with Trump as president. (…) Without going into details, Liberman himself has confirmed the general point I am making here, that the Palestinians have a major gift awaiting them. In his words, « There is no free lunch, » « There will be a price for the national ambition and the realization of a vision. There will be a price for the opening of the US Embassy in Jerusalem and it is worth paying it » because the embassy relocation « is important, historic and dramatic. » Daniel Pipes
Israël sème le terrorisme d’Etat. Israël est un Etat terroriste; Ce qu’Israël a fait est un génocide. Je condamne ce drame humanitaire, ce génocide, d’où qu’il vienne, d’Israël ou d’Amérique. Recep Tayyip Erdogan
Il y a exactement 70 ans, les Etats-Unis sous la présidence de Harry Truman ont été la première nation à reconnaître l’État d’Israël. Aujourd’hui nous ouvrons officiellement l’ambassade américaine à Jérusalem, félicitations, cela a été long. Presque immédiatement après la déclaration de l’État en 1948,  Israël a désigné la ville de Jérusalem comme sa capitale, la capitale que le peuple juif avait établie dans les temps anciens, si importante. Aujourd’hui Jérusalem est le site du gouvernement israélien, c’est l’endroit où se trouve la législature israélienne, la Cour suprême israélienne, le Premier ministre et le Président d’Israël. Israël est une nation souveraine avec le droit comme toutes les autres nations de déterminer sa propre capitale, pourtant durant de nombreuses années nous avons échoué à reconnaître l’évidence, la réalité que la capitale d’Israël est bien Jérusalem. Le 6 décembre 2017 sous ma direction, les Etats-Unis ont finalement et officiellement reconnu Jérusalem comme la véritable capitale d’Israël. Aujourd’hui nous poursuivons cette reconnaissance et ouvrons notre ambassade sur la terre sacrée et historique de Jérusalem et nous l’ouvrons beaucoup beaucoup d’année après ce qui avait été prévu. Comme je l’ai dit en décembre, notre plus grand espoir c’est la paix. Les Etats-Unis sont pleinement engagés à faciliter un traité de paix durable et nous continuons à soutenir le status-quo dans les Lieux Saints de Jérusalem y compris sur le Mont du Temple connu également comme le Haram el Sharif. Cette ville et cette nation est le témoignage de l’esprit indestructible du peuple juif et les Etats-Unis seront toujours de grands amis d’Israël et partenaires pour la cause de la liberté et de la paix. Nous souhaitons à l’ambassadeur Friedman bonne chance alors qu’il prend ses fonctions dans cette belle ambassade de Jérusalem et nous tendons la main en signe d’amitié à Israël, aux Palestiniens et à tous leurs voisins, que la Paix advienne, que Dieu bénisse cette ambassade, que Dieu bénisse tous ceux qui y servent et que Dieu bénisse les Etats-Unis d’Amérique. Donald Trump
Quand il y aura la paix dans cette région, nous pourrons nous rappeler qu’elle a commencé avec une Amérique forte qui a su reconnaître la vérité. Jared Kushner

Contre les mensonges du Hamas et de ses idiots utiles

Qui n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer les seuls Israéliens

Maitres ès génocide et négationnisme, entre leur 40 ans d’occupation de Chypre et leurs actuels massacres de kurdes, compris

Pour nous gâcher la joie de cette journée doublement historique …

Et surtout, 70 ans – à quelques milliers d’années près – après les faits, nier la vérité de cette double reconnaissance …

Par le premier président américain qui – même si les pressions ne vont pas manquer de venir après – tient ses promesses …

De la nation d’Israël et de sa capitale éternelle !

Inauguration de l’ambassade à Jérusalem: « Notre plus grand espoir est celui de la paix » (Trump)

i24NEWS
14/05/2018

La cérémonie d’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis en Israël s’est ouverte lundi à Jérusalem en présence de centaines de responsables américains et israéliens.

« Aujourd’hui, nous tenons la promesse faite au peuple américain et nous accordons à Israël le même droit que nous accordons à tout autre pays, le droit de désigner sa capitale », a déclaré l’ambassadeur des Etats-Unis David Friedman à l’ouverture de la cérémonie.

Le président Donald Trump a quant à lui assuré que les Etats-Unis restaient « pleinement » engagés dans la recherche d’un accord de paix durable entre Israéliens et Palestiniens, dans un message aux participants présents à l’inauguration.

« Notre plus grand espoir est celui de la paix. Les Etats-Unis restent pleinement engagés à faciliter un accord de paix durable », a-t-il dit dans un message vidéo.

Ivanka Trump et Jared Kushner, la fille et le gendre mais aussi conseillers du président américain, ont pris part avec des centaines de dignitaires des deux pays à la cérémonie qui concrétise l’une des promesses les plus controversées du président Donald Trump.

« Nous prouvons au monde que l’on peut faire confiance aux Etats-Unis pour faire ce qui est bon et juste », a affirmé Jared Kushner.

« Quand il y aura la paix dans cette région, nous pourrons nous rappeler qu’elle a commencé avec une Amérique forte qui a su reconnaître la vérité », a-t-il ajouté.

Enfin, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s’est répandu en marques de gratitude envers le président Donald Trump, qui a « en reconnaissant l’histoire, a fait l’histoire » en transférant l’ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.

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« Ceci est un moment d’Histoire. Président Trump, en reconnaissant ce qui appartient à l’Histoire, vous avez écrit l’Histoire », a dit M. Netanyahou à la cérémonie d’inauguration de la mission diplomatique.

Et de rappeler que « c’est un grand jour pour la paix ».

Le 6 décembre dernier, le président américain a annoncé qu »‘il est temps d’officiellement reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël », rompant avec ses prédécesseurs et passant outre aux mises en garde venues de toutes parts.

Une plaque et un sceau américain ont été dévoilés lundi pour signifier officiellement l’ouverture de la mission, dans les locaux de ce qui était jusqu’alors le consulat américain.

Voir aussi:

L’ouverture de l’ambassade US à Jérusalem suscite de très vives critiques

Le président français Emmanuel Macron « condamne les violences des forces armées israéliennes »

AFP et Times of Israel
14 mai 2018

La communauté internationale, dont la Grande-Bretagne, plus proche allié des Etats-Unis, la France, l’Union européenne et la Russie, a réprouvé lundi l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, dont le déplacement avait été désavoué par 128 des 193 pays membres de l’ONU.

De violents affrontements entre émeutiers palestiniens et soldats israéliens ont fait lundi plus de 50 morts et des centaines de blessés dans la bande de Gaza, où les Palestiniens protestent contre l’inauguration de l’ambassade prévue dans l’après-midi. Un comité de l’ONU a dénoncé l’usage « disproportionné » de la force par Israël contre les manifestants palestiniens.

Union européenne 

L’UE a exhorté toutes les parties à « la plus grande retenue » à la suite des violents affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens lors des manifestations dans la bande de Gaza contre l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.

« Des dizaines de Palestiniens, dont des enfants, ont été tués et des centaines blessés par des tirs israéliens durant les manifestations massives en cours près de la barrière de Gaza. Nous demandons à toutes les parties d’agir avec la plus grande retenue afin d’éviter des pertes de vie humaine supplémentaires », a affirmé la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué.

Elle a mis en garde contre « toute nouvelle escalade » dans une situation « complexe et déjà très tendue » qui rendrait « les perspectives de paix encore plus éloignées ».

« Israël doit respecter le droit à manifester pacifiquement et le principe de la proportionnalité dans l’usage de la force », a-t-elle insisté.

« Le Hamas [le mouvement terroriste islamiste au pouvoir à Gaza] et ceux qui conduisent les manifestations à Gaza doivent faire en sorte qu’elles restent strictement non violentes et ne pas les exploiter à d’autres fins », a-t-elle ajouté.

La haute-représentante pour les Affaires étrangères réitère l’engagement de l’UE à oeuvrer en faveur d’une « reprise de négociations constructives » visant à une solution à deux Etats, palestinien et israélien, « dans les lignes de 1967 et avec Jérusalem comme capitale de chacun des deux Etats ».

Enfin, sur la question brûlante du statut de Jérusalem, Federica Mogherini rappelle « la position claire et unie » de l’Union, conforme au consensus international, selon laquelle le transfert des ambassades de Tel Aviv à Jérusalem ne pourra pas advenir avant que le statut de la Ville sainte ne soit réglé dans le cadre d’un règlement final du conflit israélo-palestinien.

France

« Alors que les tensions sur le terrain sont vives (..) la France appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de responsabilité afin de prévenir un nouvel embrasement », a souligné le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian dans une déclaration écrite.

« Il est urgent de recréer les conditions nécessaires à la recherche d’une solution politique, dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions », a-t-il ajouté en référence au retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien et à la récente escalade militaire entre Israël et l’Iran en Syrie.

La France a notamment appelé l’Etat hébreu à « faire preuve de discernement » dans l’usage de la force et a insisté sur le « devoir de protection des civils ».

« Après plusieurs semaines de violences, et face au nombre croissant de victimes palestiniennes dans la bande de Gaza aujourd’hui encore, la France appelle de nouveau les autorités israéliennes à faire preuve de discernement et de retenue dans l’usage de la force qui doit être strictement proportionné », a souligné le ministre.

« Elle rappelle le devoir de protection des civils, en particulier des mineurs, et le droit des Palestiniens à manifester pacifiquement », a ajouté Jean-Yves Le Drian.

La France désapprouve le transfert de l’ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel Aviv à Jérusalem, une décision qui « contrevient au droit international et en particulier aux résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations unies », a-t-il poursuivi.

Elle appelle à des négociations « afin de parvenir à une solution juste et durable, à savoir deux Etats, vivant côte à côte en paix et en sécurité, ayant l’un et l’autre Jérusalem comme capitale », a noté le chef de la diplomatie française.

Le président français Emmanuel Macron a « condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants » palestiniens à Gaza, lundi soir lors d’entretiens téléphoniques avec le président palestinien Mahmoud Abbas et le roi de Jordanie Abdallah II, selon un communiqué de l’Elysée.

M. Macron a également réaffirmé auprès de ses interlocuteurs « la désapprobation de la France à l’encontre de la décision américaine d’ouvrir une ambassade à Jérusalem » et souligné que le statut de la ville « ne pourra être déterminé qu’entre les parties, dans un cadre négocié sous l’égide de la communauté internationale ».

M. Macron a également, selon l’Elysée, « souligné le droit des Palestiniens à la paix et à la sécurité », rappelant par ailleurs « son attachement à la sécurité d’Israël et la position française constante en faveur d’une solution à deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans des frontières sûres et reconnues ».

Emmanuel Macron s’est entretenu « avec le roi Abdallah II de Jordanie, gardien selon la tradition des Lieux saints de Jérusalem et avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ». Il échangera également « dans la journée de mardi » avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, a précisé la présidence de la République.

Faisant part de « la vive préoccupation de la France sur la situation à Gaza, à Jérusalem et dans les villes palestiniennes », le président Macron « a déploré le grand nombre de victimes civiles palestiniennes à Gaza (lundi) et ces dernières semaines » et « condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants ».

« Il a appelé tous les responsables à la retenue et à la désescalade et a insisté sur la nécessité que les manifestations des prochains jours demeurent pacifiques », poursuit le communiqué.

« Dans le contexte particulier du 70e anniversaire de l’indépendance d’Israël et de la commémoration de l’exil pour de nombreuses familles palestiniennes », M. Macron a rappelé « la désapprobation de la France à l’encontre de la décision américaine d’ouvrir une ambassade à Jérusalem », soulignant que « le statut de Jérusalem ne pourra être déterminé qu’entre les parties, dans un cadre négocié sous l’égide de la communauté internationale ».

Grande-Bretagne 

« Nous désapprouvons la décision des Etats-Unis de déplacer son ambassade à Jérusalem et de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël avant un accord final sur le statut », a déclaré le porte-parole de la Première ministre Theresa May. « L’ambassade britannique en Israël est basée à Tel Aviv et nous n’avons pas le projet de la déplacer ».

Russie

Interrogé lundi lors d’un briefing pour savoir si le transfert de l’ambassade américaine faisait craindre à la Russie une aggravation de la situation dans la région, le porte-parole du président russe Vladimir Poutine, Dmitri Peskov a répondu : « Oui, nous avons de telles craintes, nous l’avons déjà dit ».

Turquie

« Nous rejetons cette décision qui viole le droit international et les résolutions des Nations unies », a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan. « Avec cette décision, les Etats-Unis ont choisi d’être une partie du problème, et perdent leur rôle de médiateur dans le processus de paix » au Proche Orient.

Le porte-parole du gouvernement turc, Bekir Bozdag, a par ailleurs dénoncé sur Twitter un « massacre » à la frontière avec la bande de Gaza, dont « l’administration américaine est autant responsable qu’Israël ». « En transférant son ambassade à Jérusalem, l’administration américaine a sapé les chances d’un règlement pacifique et provoqué un incendie qui causera davantage de pertes humaines, des destructions et des catastrophes dans la région ».

Maroc

Le roi Mohammed VI a dénoncé une « décision unilatérale », qui « s’oppose au droit international et aux décisions du Conseil du sécurité », lit-on dans une lettre adressée lundi au président palestinien Mahmoud Abbas, relayée par l’agence officielle MAP. Le roi y dit « suivre avec préoccupation » la situation.

Egypte

Le grand mufti Shawki Allam a dénoncé « un affront direct et clair aux sentiments de plus d’un milliard et demi de musulmans sur terre », qui « ouvre la porte à davantage de conflits et de guerres dans la région ».

Voir également:

La fragile lune de miel entre les États-Unis et Israël

Daniel Pipes
The Times of Israel
27 février 2018

Version originale anglaise: The US-Israel Honeymoon May Not Last

Le président Trump a pris deux décisions sans précédent et des plus favorables à Israël, à savoir la reconnaissance de Jérusalem comme capitale israélienne et l’arrêt du financement de l’Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA), une organisation vouée foncièrement à l’élimination de l’État juif. Ces décisions attendues depuis longtemps mettent fin à un blocage vieux de près de 70 ans et offrent de nouvelles opportunités pour la résolution du conflit israélo-palestinien. Bravo à Donald Trump qui a décidé de braver les flèches et autres quolibets de la pensée conventionnelle pour prendre des mesures courageuses et s’y tenir.

Ceci dit, il y a un problème. Les deux mesures ont été prises pour ce qui s’avère être de mauvaises raisons. Cette préoccupation, qui ne relève pas de l’abstraction, implique que ce qui est célébré aujourd’hui comme une fête pourrait demain virer au fiasco.

Premier problème pour Israël : Trump a dit qu’il reconnaissait Jérusalem comme capitale d’Israël afin de régler la question de Jérusalem, une question sur laquelle il convient d’écouter son raisonnement : « Le sujet le plus difficile sur lequel devaient discuter les négociateurs israéliens et palestiniens était Jérusalem. On a sorti Jérusalem des négociations, on n’a donc plus eu à en discuter. Ils n’ont jamais passé le cap de Jérusalem. »

On dirait que Trump pense que la reconnaissance a suffi à résoudre le dossier épineux de Jérusalem, comme s’il s’agissait d’une transaction immobilière passée à New York et assortie d’un accord connexe sur les réglementations de zonage et la représentation syndicale. Mais la réalité est bien différente. Loin d’être « sorti des négociations », Jérusalem est devenu, par l’action de Trump, un point d’attention et de controverse sans précédent.

Ainsi les membres de l’Organisation de la Coopération islamique ont dans leur immense majorité condamné sa décision tout comme les membres du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations unies. En outre la reconnaissance de Jérusalem a provoqué la multiplication par trois des actes de violence palestiniens dirigés contre des Israéliens. Par son action, Trump a donc fait de Jérusalem un enjeu autrement plus disputé qu’auparavant.Comment Trump va-t-il réagir quand il réalisera que Jérusalem demeure en fin de compte un sujet très sensible et que son coup d’éclat a l’effet contraire à celui qu’il escomptait ? À mon avis, cela pourrait engendrer chez lui une frustration et une colère qui pourraient le rendre amer par rapport à la reconnaissance de Jérusalem et à Israël. Cela pourrait même inciter cette personne au caractère spontané et imprévisible à revenir sur sa décision.

Deuxième problème : Trump tente d’exiger d’Israël un prix non spécifié pour la reconnaissance, déclarant qu’Israël « payera pour ça » et « aurait dû payer davantage. » Pour le moment, ce paiement reste en suspens étant donné que l’Autorité palestinienne boycotte la médiation américaine et insulte Trump personnellement. Mais les États-Unis laissent la porte constamment ouverte aux Palestiniens et quand ces derniers auront compris la situation, la Maison Blanche les accueillera avec de magnifiques cadeaux (cette dynamique consistant à exiger des compensations de la part d’Israël explique pourquoi je préfère d’une manière générale un climat de faible tension entre Washington et Jérusalem).

Troisième problème : si Trump a privé l’UNRWA de 65 millions de dollars sur une tranche programmée de 125 millions de dollars, ce n’est pas dans le but de punir une organisation exécrable pour son action menée depuis 1949 auprès des Palestiniens, à savoir l’incitation à la haine contre Israël et à la violence contre les juifs, les affaires de corruption et l’augmentation (plutôt que la diminution) de la population de réfugiés. Non, s’il a retenu tout cet argent c’est pour faire pression sur l’Autorité palestinienne et l’inciter à reprendre les négociations avec Israël. Comme Trump lui-même l’a tweeté : « si les Palestiniens ne veulent plus parler de paix, pourquoi devrions-nous leur verser à l’avenir des sommes importantes ? »

Ainsi une fois que le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, aura surmonté son indécrottable frustration à propos de Jérusalem et aura accepté de « parler paix », c’est une pléthore d’avantages qui l’attend : la possible annulation de la reconnaissance de Jérusalem, plusieurs récompenses fabuleuses et la reprise intégrale voire l’augmentation des financements américains. À ce moment-là, le pape, la chancelière, le prince héritier et le New York Times féliciteront un Trump éclatant et Israël se verra privé de toute faveur.

Abbas a d’ores et déjà mis un bémol à ses envolées qui ne servent de toute façon qu’à son public pour montrer à un corps politique palestinien radicalisé qu’il est tout aussi dur, malfaisant et trompeur que ses rivaux du Hamas. Bien entendu, il sait bien que les États-Unis d’Amérique sont la seule et unique puissance qui puisse faire pression sur Israël et forcer celui-ci à faire des concessions. Ainsi après un délai raisonnable, Abbas va immanquablement formuler des excuses du bout des lèvres, couvrir Trump d’éloges, relancer la horde des agents palestiniens, « parler paix » avec Israël et louvoyer pour obtenir les bonnes grâces de l’administration américaine.

Quand cela se produira, la lune de miel que traversent actuellement les États-Unis et Israël va certainement sombrer pour faire place aux chamailleries habituelles où d’une part, Washington exigera des Israéliens qu’ils « saisissent les opportunités en faveur de la paix » et « fassent des concessions douloureuses », et d’autre part les Israéliens résisteront à ces pressions.

Par le passé, je me suis trompé plus d’une fois à propos de Trump. Espérons que je fasse erreur une fois encore.

Voir encore:

Bataille d’Afrin : «Silence, on ne massacre que des Kurdes…»

Pierre Rehov
Le Figaro
13/03/2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Pierre Rehov dresse un tragique état des lieux de l’élimination des Kurdes à Afrin par le régime d’Erdogan. Dans le silence presque complet des États et des organisations internationales, Ankara se livre à des massacres qui rappellent l’effroyable génocide commis par la Turquie contre les Arméniens.

Pierre Rehov est reporter de guerre, réalisateur de documentaires sur le conflit israélo-arabe, et expert en contre-terrorisme.

Qui veut tuer son chien, l’accuse de la rage. Cet adage n’a peut-être pas sa traduction en langue turque, mais cela fait plusieurs décennies que les Ottomans l’ont adapté à leur façon contre la population kurde. Pour Erdogan, cela ne présente aucun doute: afin d’éliminer librement cette minorité sans provoquer l’opprobre, il suffit de l’accuser de terrorisme.

Étant donné le peu de réactions de l’Occident, alors qu’au moment où sont rédigées ces lignes les forces turques, malgré leur démenti, se livrent à un nettoyage ethnique majeur autour d’Afrin, ville située au nord de la Syrie, il semble que la technique continue de faire ses preuves.

Des centaines de vies innocentes ont déjà été perdues sous les bombardements et les opérations coups de poing des milices affiliées à l’armée d’Ankara. Les hôpitaux sont débordés et le nombre de blessés augmente chaque heure dans des proportions affligeantes.

Pourtant, personne ne fait rien. Pas même l’ONU, qui se contente, par la voix de son coordinateur humanitaire régional Panos Moumtzis, d’émettre des «rapports troublants».

Tragiquement, les Kurdes, peuple d’environ 34 millions d’âmes réparties essentiellement entre quatre pays, la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie, ont déjà souffert plusieurs massacres. Notamment en 1988, sous le joug de Saddam Hussein, lorsque ce dernier chargea son cousin, Ali Hassan Al Majid de leur «solution finale». La tentative de génocide, connue sous le nom d’Anfal, dont le point culminant fut le bombardement au gaz toxique d’Halabja le 16 mars 1988, provoqua la mort de 100 000 à 180 000 civils selon les estimations, tous seulement coupables d’être Kurdes.

Arrêté pendant l’intervention américaine, puis appelé à répondre de ses crimes devant la cour pénale internationale, Al Majid, surnommé «Ali le chimique» se serait emporté en entendant ces chiffres: «C’est quoi cette exagération? 180 000? Il ne pouvait pas y en avoir plus de 100 000!»

Seulement, si la majorité des médias a couvert les deux interventions américaines en Irak, pour réfuter l’hypothèse de la possession d’armes de destruction massives par Saddam Hussein lors de la seconde invasion, il est difficile de retrouver des unes scandalisées, de grands placards accusateurs, ou des archives d’émissions consacrées à cette tragédie.

Pour comprendre la raison derrière les massacres à répétition des Kurdes de Turquie et maintenant de Syrie par le gouvernement d’Ankara, il faut remonter au début du vingtième siècle.

La création d’un État Kurde est une vieille promesse, datant de la conférence de Paris de 1919, où une frontière proposée par la délégation kurde devait couvrir quelques morceaux de la Turquie et de l’Iran et empiéter en Irak et en Syrie. Une nouvelle limite territoriale, plus réduite, fut proposée l’année suivante au traité de Sèvres. Seulement l’espoir d’un Kurdistan indépendant fut immédiatement étouffé par le refus de Mustafa Kemal de signer le traité. En 1945, un second tracé, couvrant cette fois une plus grande partie de la Turquie, fut proposé lors de la première conférence des Nations Unies à San Francisco.

Une nouvelle fois, non suivi d’effet.

Le seul État véritablement kurde ne vit le jour que pendant quelques mois dans une toute petite partie de l’Iran, sous le nom de République de Mahabad, dirigée par Mustafa Barzani, avant d’être écrasée avec une brutalité effroyable par le régime du Shah.

Malgré leur situation dramatique, et le refus de reconnaître jusqu’à leur identité par les régimes turcs successifs, leur langue et leurs coutumes faisant même l’objet d’interdiction par Ankara, les Kurdes de Turquie n’ont commencé à se révolter qu’à partir des années soixante-dix, avec la création du «Parti des Travailleurs Kurdes», le PKK, d’essence marxiste-léniniste.

Mais, même si leurs méthodes étaient issues de concepts révolutionnaires violents et dépassés, c’est leur velléité d’indépendance et leur idée de société calquée sur les valeurs humaines de l’Occident, notamment concernant l’égalité entre les sexes, qui représentaient le vrai danger pour Ankara.

S’ensuivirent donc une guérilla et un cycle de violences soigneusement exploités par la Turquie qui a consacré des millions de dollars en communication jusqu’à obtenir l’inscription du PKK sur la lise des organisations terroristes, en Europe et aux USA.

L’étiquette «terroriste» appliquée aux dissidents kurdes permit aussitôt à la Turquie de se livrer sereinement à des purges visant tous les secteurs de la société, sans recevoir la moindre condamnation. Il suffisait désormais à Ankara d’accuser un contestataire de «sympathie envers le terrorisme» pour le jeter en prison, où il croupirait pendant des mois dans l’attente de l’ouverture d’un procès.

En 1999, l’arrestation d’Abdullah Öcalan, leader du PKK, permit l’établissement d’un cessez-le-feu précaire, jusqu’à l’élection d’Erdogan, déjà bien décidé à régner d’une main de fer et à étouffer toute forme de dissidence, ainsi qu’il l’a prouvé depuis.

Les hostilités ont repris en 2004, un an après son arrivée au pouvoir, la Turquie affirmant que 2 000 combattants du PKK en exil avaient franchi la frontière, tandis que l’organisation mise en sommeil reprenait son nom et accusait l’armée de ne pas avoir respecté la trêve.

Les atrocités commises par le gouvernement turc contre sa minorité kurde ne sont pas sans rappeler le génocide arménien, nié jusqu’à ce jour par le gouvernement d’Ankara, bien que largement documenté par des observateurs extérieurs et désormais reconnu par un grand nombre de pays occidentaux. La méthode est sensiblement la même: accusations sans fondement, procès expéditifs, épuration locale sans témoins, négation ou justification auprès de la communauté internationale.

La cause kurde, trahie par Obama dès son arrivée au pouvoir malgré les promesses faites par son prédécesseur, trouva cependant un certain regain par sa participation à la lutte contre l’État Islamique à partir de 2014.

Cela nous conduit à Kobane, où hommes et femmes kurdes, armés seulement de kalachnikovs, résistèrent pendant des jours aux tanks et à l’artillerie de Daech, pour remporter une incroyable victoire, célébrée dans le monde entier comme le triomphe du bien sur le mal.

Les images désormais célèbres de ces femmes aux traits farouches et au regard fier, vêtues d’un vieux treillis, les cheveux dans le vent, sous fond de carcasses d’automitrailleuses et de tous-terrains carbonisés, inspirent le film en cours de production de Caroline Fourest, «Red snake» qui veut rendre hommage à leur courage exemplaire, contre la lâcheté et l’ignominie des combattants du khalifat.

Malheureusement, les mêmes idées d’indépendance, de liberté et d’égalité sur fond de féminisme, qui stimulèrent la résistance kurde contre l’obscurantisme génocidaire de Daech, sont devenues les causes du carnage actuel, perpétré sous prétexte de lutter contre le «terrorisme» par le dirigeant Turc.

En s’attaquant à l’YPG et à l’YPJ (les unités de protection des femmes et du peuple) qui avaient réussi à établir une enclave de paix relative dans la région d’Afrin, Erdogan, en passe de rétablir une forme de dictature islamique dans une Turquie pourtant moderne, envoie un message clair au reste du monde.

Hors de question que des minorités non acquises à sa version de l’Islam puissent se targuer d’avoir obtenu la moindre victoire. Et surtout, aucune velléité d’indépendance ne saurait être tolérée par son gouvernement.

L’YPG et YPJ étant soutenus, du moins logistiquement, par le gouvernement américain, le premier souci d’Erdogan est de faire passer sous silence les atrocités commises par son armée. Tandis que l’accès aux réseaux sociaux a progressivement été limité dans toute la Turquie, les arrestations des protestataires se multiplient.

En janvier de cette année, des centaines d’universitaires du monde entier ont signé une pétition appelant le gouvernement turc à «arrêter le massacre». La seule réaction d’Ankara a été d’arrêter trois professeurs de l’université d’İstanbul signataires de la pétition et de les faire condamner pour «propagande terroriste».

Alors, tandis que les tanks turcs encerclent Afrin et que l’armée de l’air pilonne les positions de l’YPG et de l’YPJ, sans se soucier du nombre de victimes civiles, des rapports signalant même l’utilisation du napalm, il reste à se demander combien de temps les alliés de la Turquie continueront à détourner un regard pudique des exactions commises par ce membre de l’OTAN.

De son côté, frustré dans son incapacité à résoudre rapidement son problème kurde par une solution finale, Erdogan, que rien ne semble retenir dans sa volonté avouée de reconstituer l’Empire Ottoman, a été jusqu’à s’emporter contre ses alliés de l’Alliance Atlantique: «Nous sommes en permanence harcelés par des groupes terroristes à nos frontières. Malheureusement, jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas eu une seule voix ou un seul mot positif de l’OTAN» s’est-il agacé.

Erdogan ne connaît sans doute pas la phrase célèbre du politicien et philosophe Edmond Burke: «Pour que le mal triomphe, seule suffit l’inaction des hommes de bien.»


La Rose blanche/75e: Après la tragédie, la farce (75 years after the WWII anti-nazi student group, Hollywood’s joke of an anti-sexual harassment movement picks up the white rose symbol)

26 février, 2018
Hans et Sophie Scholl et leur ami Christoph ProbstHegel fait remarquer quelque part que, dans l’histoire universelle, les grands faits et les grands personnages se produisent, pour ainsi dire, deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde comme farce. Marx
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
La Rose blanche (en allemand Die Weiße Rose) est le nom d’un groupe de résistants allemands, fondé en juin 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, et composé de quelques étudiants et de leurs proches. Ce nom aurait été choisi par Hans Scholl en référence à la romance de Clemens Brentano (Les Romances du Rosaire, 1852), ou au roman de B. Traven La Rose blanche (1929). Ce groupe a été arrêté en février 1943 par la Gestapo et ses membres ont été exécutés. Wikipedia
We choose the white rose because historically it stands for hope, peace, sympathy and resistance. Voices in Entertainment
 The colour white, of course, represents peace, but it is also has history in the women’s movement. White was one of the trio of colours adopted by the suffragette movement, along with green and purple; white stood for purity. Hillary Clinton’s white pantsuit, which she wore to accept the nomination as Democratic candidate for the 2016 election, was seen making a feminist statement. The Guardian
When he landed in New Delhi last Saturday, Trudeau was greeted on the tarmac, not by the Prime Minister or Foreign Minister but by the junior minister for agriculture and farmers’ welfare. Other world leaders, including Barack Obama and Benjamin Netanyahu, have been given a personal welcome by Narendra Modi. Prime Minister Modi, a savvy social media user, failed even to note Trudeau’s arrival on Twitter, though on the same day he found time to tweet about plans to unveil a new shipping container terminal. He did not acknowledge Trudeau until five days later and only met him the day before the Canadian PM and his family were to return home. Why were the Indians so frosty in their reception? They suspect Trudeau’s government of private sympathy for the Khalistani separatist movement, which wants to form a breakaway Sikh state in Punjab. Thankfully, Trudeau didn’t do anything to inflame those suspicions. Well, unless you count inviting a notorious Khalistani separatist to a reception. And then to dinner. With the Prime Minister. Not just any separatist, either. Jaspal Atwal is a former member of the International Sikh Youth Federation, proscribed as a terror group in both India and Canada, and was convicted of the attempted assassination of Indian cabinet minister Malkiat Singh Sidhu. Best of all, he even got a photo taken with Trudeau’s wife Sophie. But there were still a few Indians unoffended by the image-obsessed Canadian PM and he quickly remedied that. He turned up for one event in a gaudy golden kurta, churidars and chappals. At another, he broke into the traditional Bhaṅgṛā dance only to stop midway through when no one else joined in. Only after the local press pointed out that this was a little condescending and a lot tacky was Justin-ji finally photographed wearing a suit. It was less like a state visit and more like a weeklong audition for the next Sanjay Leela Bhansali movie. Here was Justin Trudeau, the progressive’s progressive, up to his pagṛi in cultural appropriation. At least he achieved his goal of bringing Indians and Canadians closer together: both have spent the past week cringing at this spectacle of well-meaning minstrelsy. I want to like Justin Trudeau. I really do. He’s a centrist liberal in an age where neither the adjective nor the noun is doing very well. Trump to his south, Brexit and Corbyn across the water, Putin beyond that: Trudeau should be a hero for liberal democrats. Instead, from his Eid Mubarak socks at Toronto Pride to his preference for ‘peoplekind’ over ‘mankind’, Trudeau presents like an alt-right parody of liberalism. He’s gender-neutral pronouns. He’s avocado toast and flaxseed soy smoothies. He’s safe spaces and checked privileges. Trudeau is a cuck. And all that would be fine. In fact, it would be a hoot to have a liberal standard-bearer who could troll the 4chan pale males in their overvaped, undersexed basements. But far from an icon for the middle ground, Trudeau is the sort of right-on relativist who gives liberals a bad name. He has spoken of his ‘admiration’ for China’s dictatorship for ‘allowing them to turn their economy around on a dime’. He called Fidel Castro ‘larger than life’ and ‘a remarkable leader’ who showed ‘tremendous dedication and love for the Cuban people’. Trudeau’s government refused to accept the Islamic State’s ethnic cleansing of the Yazidis was a genocide until the UN formally recognised it as such. In 2016 he issued a statement on Holocaust Remembrance Day that neglected to mention Jewish victims of the Shoah and the following year unveiled a memorial plaque with the same omission. Trudeau’s problem is that he always agrees with the last good intention he encountered. He seems to have picked up his political philosophy from Saturday morning cartoons: by your powers combined, I am Captain Snowflake. There is no spine of policy, no political compass, no vision beyond the next group hug or national apology. The centre ground needs a champion and instead it got an inspirational quote calendar with abs. Trudeau’s not a Grit, he’s pure mush. The Spectator
On y voit comment pousse sous nos yeux, non pas un simple fascisme local, mais un racisme proche du nazisme à ses débuts. Comme toute idéologie, le racisme allemand, lui aussi, avait évolué, et, à l’origine, il ne s’en était pris qu’aux droits de l’homme et du citoyen des juifs. Il est possible que sans la seconde guerre mondiale, le « problème juif » se serait soldé par une émigration « volontaire » des juifs des territoires sous contrôle allemand. Après tout, pratiquement tous les juifs d’Allemagne et d’Autriche ont pu sortir à temps. Il n’est pas exclu que pour certains à droite, le même sort puisse être réservé aux Palestiniens. Il faudrait seulement qu’une occasion se présente, une bonne guerre par exemple, accompagnée d’une révolution en Jordanie, qui permettrait de refouler vers l’Est une majeure partie des habitants de la Cisjordanie occupée. Les Smotrich et les Zohar, disons-le bien, n’entendent pas s’attaquer physiquement aux Palestiniens, à condition, bien entendu, que ces derniers acceptent sans résistance l’hégémonie juive. Ils refusent simplement de reconnaître leurs droits de l’homme, leur droit à la liberté et à l’indépendance. Dans le même ordre d’idées, d’ores et déjà, en cas d’annexion officielle des territoires occupés, eux et leurs partis politiques annoncent sans complexe qu’ils refuseront aux Palestiniens la nationalité israélienne, y compris, évidemment, le droit de vote. En ce qui concerne la majorité au pouvoir, les Palestiniens sont condamnés pour l’éternité au statut de population occupée. La raison en est simple et clairement énoncée : les Arabes ne sont pas juifs, c’est pourquoi ils n’ont pas le droit de prétendre à la propriété d’une partie quelconque de la terre promise au peuple juif. Pour Smotrich, Shaked et Zohar, un juif de Brooklyn, qui n’a peut-être jamais mis les pieds sur cette terre, en est le propriétaire légitime, mais l’Arabe, qui y est né, comme ses ancêtres avant lui, est un étranger dont la présence est acceptée uniquement par la bonne volonté des juifs et leur humanité. Le Palestinien, nous dit Zohar, « n’a pas le droit à l’autodétermination car il n’est pas le propriétaire du sol. Je le veux comme résident et ceci du fait de mon honnêteté, il est né ici, il vit ici, je ne lui dirai pas de s’en aller. Je regrette de le dire mais [les Palestiniens] souffrent d’une lacune majeure : ils ne sont pas nés juifs ». Ce qui signifie que même si les Palestiniens décidaient de se convertir, commençaient à se faire pousser des papillotes et à étudier la Torah et le Talmud, cela ne leur servirait à rien. Pas plus qu’aux Soudanais et Erythréens et leurs enfants, qui sont israéliens à tous égards – langue, culture, socialisation. Il en était de même chez les nazis. Ensuite vient l’apartheid, qui, selon la plupart des « penseurs » de la droite, pourrait, sous certaines conditions, s’appliquer également aux Arabes citoyens israéliens depuis la fondation de l’Etat. Pour notre malheur, beaucoup d’Israéliens, qui ont honte de tant de leurs élus et honnissent leurs idées, pour toutes sortes de raisons, continuent à voter pour la droite. Zeev Sternhell
The central complaint of Netanyahu’s critics is that he has failed to make good on the promise of his 2009 speech at Bar-Ilan University, where he claimed to accept the principle of a Palestinian state. Subsidiary charges include his refusal to halt settlement construction or give former Palestinian Prime Minister Salam Fayyad a sufficient political boost. It should go without saying that a Palestinian state is a terrific idea in principle — assuming, that is, that it resembles the United Arab Emirates. But Israelis have no reason to believe that it will look like anything except the way Gaza does today: militant, despotic, desperate and aggressive. Netanyahu’s foreign critics are demanding that he replicate on a large scale what has failed catastrophically on a smaller scale. It’s an absurd ask. It’s also strange that the same people who insist that Israel help create a Palestinian state in order to remain a democracy seem so indifferent to the views of that democracy. Israel’s political left was not destroyed by Netanyahu. It was obliterated one Palestinian suicide bombing, rocket salvo, tunnel attack and rejected statehood offer at a time. Bibi’s long tenure of office is the consequence, not the cause, of this. Specifically, it is the consequence of Israel’s internalization of the two great lessons of the past 30 years. First, that separation from the Palestinians is essential — in the long term. Second, that peace with the Palestinians is impossible — in the short term. The result is a policy that amounts to a type of indefinite holding pattern, with Israel circling a runway it knows it cannot yet land on even as it fears running out of gas. The risks here are obvious. But it’s hard to imagine any other sort of approach, which is why any successor to Netanyahu will have to pursue essentially identical policies — policies whose chief art will consist in fending off false promises of salvation. There’s a long Jewish history of this. For all of his flaws, few have done it as well as Bibi, which is why he has endured, and will probably continue to do so. Bret Stephens
Un Israélien qui compare Israël au « nazisme des débuts », voilà qui ne peut qu’enchanter, du Monde à France Inter, de Mediapart au Muslim Post. D’autant plus que Zeev Sternhell a l’avantage de conférer une pseudo-scientificité à deux grandes causes, la détestation de la France et la haine d’Israël – quel autre sentiment peut inspirer un pays en voie de nazification ? En effet, avant de devenir le savant utile de l’antisionisme extrême gauchiste européen, Sternhell s’est rendu célèbre avec Ni droite, ni gauche, publié en 1983, une analyse du fascisme français qui est à peu près partout et toujours prête à resurgir, thèse assez proche de celle de L’idéologie française de BHL, paru deux ans plus tôt, et recyclée depuis en mépris du populo et de ses idées nauséabondes. Bref, avec Shlomo Sand, l’historien qui considère que le peuple juif est un mythe, et quelques autres, Sternhell fait partie des Israéliens fréquentables. Et pour les sites islamistes il est le « bon juif » idéal. Ce qui est marrant, c’est que, même concernant le fascisme français, Shlomo Sand lui conteste la qualité d’historien. De fait, outre qu’elle est abjecte, sa comparaison est idiote car elle oublie un léger détail : il n’y avait pas, en 1930, de conflit entre les Juifs et l’Allemagne, ni de Juifs souhaitant bruyamment la disparition de l’Allemagne ou célébrant la mort de petites filles allemandes. Le plus écœurant, c’est la gourmandise avec laquelle notre radio publique s’est jetée sur cette bonne feuille. En dépit d’une actualité chargée, sur France Culture, on lui a accordé l’honneur des titres, honneur inédit pour un texte de cette nature. Emportée par son élan – ou son inconscient-, la journaliste a annoncé : « Un intellectuel israélien compare Israël au nazisme des années 1940. » Sternhell, et c’est déjà dingue, parle du nazisme des débuts. Celui des années 1940, c’est celui de la fin – de l’extermination. Peu importent ces distinctions, nombre de journalistes, imbus de leurs grands sentiments et de leur méconnaissance totale du dossier, étaient trop heureux de trouver, sous une plume israélienne, cette confirmation de tous les poncifs qu’ils ont en tête. (…) Surtout, tout occupé qu’il est à déceler les germes de nazisme chez ses concitoyens, Sternhell oublie de porter son regard un peu plus loin. S’il l’avait fait, il aurait pu entendre et voir des expressions beaucoup plus inquiétantes du nationalisme trempé dans l’antisémitisme le plus crasse, expressions qui vont jusqu’au poignard, à la roquette, sans oublier la volonté de destruction tranquillement assumée dans des mosquées ou des salles de classe. Ajoutons qu’en Israël, Sternhell et les autres ont pignon sur rue et c’est très bien. S’il y a des partisans de la paix avec Israël dans le monde arabe, ils rasent les murs, ou sont menacés de mort. Et dans les pays arabes, il n’y a pas de question juive. S’il avait vu tout cela, Sternhell aurait compris que la volonté de conserver une majorité juive ne révèle nullement une haine raciale. La plupart des Israéliens le savent, sans majorité juive, il n’y a plus d’Etat juif. Fin du sionisme, chapitre clos. C’est d’ailleurs ce souci qui devrait conduire le gouvernement israélien à rechercher une séparation négociée avec les Palestiniens, qu’ils soient ou pas (et ils ne le sont pas) les partenaires idéaux. Oui, l’occupation qui pourrit la vie des Palestiniens opère un travail de sape souterrain dans la société israélienne. Mais le danger, pour Israël, n’est pas de sombrer dans le nazisme. Il est de perdre le sens de la pluralité – et de finir par ressembler à ses voisins. Elisabeth Lévy
 Attention: une rose blanche peut en cacher une autre !

Au lendemain du 75e anniversaire de la décapitation du groupe de résistance d’étudiants antinazis dit de la Rose blanche

Et la reprise du même symbole par Hollywood et le monde de la chanson pour symboliser sa lutte contre le harcèlement sexuel …
Pendant que déguisé en acteur de Bollywood, la véritable caricature de progressisme qui sert actuellement de premier ministre à nos pauvres amis canadiens achevait de ridiculiser son pays sur la scène internationale …
Et qu’oubliant qu’il n’y avait pas dans les années 30 de « Juifs souhaitant bruyamment la disparition de l’Allemagne ou célébrant la mort de petites filles allemandes », un historien israélien qui compare Israël au « nazisme des débuts » se voit gratifié d’une tribune du Monde
Comment ne pas repenser …
Pour qualifier cette étrange époque que nous vivons entre « Génération Flocon de neige » et « idées chrétiennes devenues folles » …
Au fameux mot de Marx sur la répétition tragi-comique, par son premier président et dernier monarque de la nation française de neveu, du coup d’État du 18 brumaire par Napoléon un demi-siècle après ?

Zeev Sternhell, savant utile de l’antisionisme
L’historien israélien a comparé l’Etat hébreu au « nazisme à ses débuts »…
Elisabeth Lévy
Causeur
20 février 2018

Un Israélien qui compare Israël au « nazisme des débuts », voilà qui ne peut qu’enchanter, du Monde à France Inter, de Mediapart au Muslim Post. D’autant plus que Zeev Sternhell a l’avantage de conférer une  pseudo-scientificité à deux grandes causes, la détestation de la France et la haine d’Israël – quel autre sentiment peut inspirer un pays en voie de nazification ? En effet, avant de devenir le savant utile de l’antisionisme extrême gauchiste européen, Sternhell s’est rendu célèbre avec Ni droite, ni gauche, publié en 1983, une analyse du fascisme français qui est à peu près partout et toujours prête à resurgir, thèse assez proche de celle de L’idéologie française de BHL, paru deux ans plus tôt, et recyclée depuis en mépris du populo et de ses idées nauséabondes.

Sternhell, leur « bon juif » idéal

Bref, avec Shlomo Sand, l’historien qui considère que le peuple juif est un mythe, et quelques autres, Sternhell fait partie des Israéliens fréquentables. Et pour les sites islamistes il est le « bon juif » idéal. Ce qui est marrant, c’est que, même concernant le fascisme français, Shlomo Sand lui conteste la qualité d’historien. De fait, outre qu’elle est abjecte, sa comparaison est idiote car elle oublie un léger détail : il n’y avait pas, en 1930, de conflit entre les Juifs et l’Allemagne, ni de Juifs souhaitant bruyamment la disparition de l’Allemagne ou célébrant la mort de petites filles allemandes.

Le plus écœurant, c’est la gourmandise avec laquelle notre radio publique s’est jetée sur cette bonne feuille. En dépit d’une actualité chargée, sur France Culture, on lui a accordé l’honneur des titres, honneur inédit pour un texte de cette nature. Emportée par son élan – ou son inconscient-, la journaliste a annoncé : « Un intellectuel israélien compare Israël au nazisme des années 1940. » Sternhell, et c’est déjà dingue, parle du nazisme des débuts. Celui des années 1940, c’est celui de la fin – de l’extermination. Peu importent ces distinctions, nombre de journalistes, imbus de leurs grands sentiments et de leur méconnaissance totale du dossier, étaient trop heureux de trouver, sous une plume israélienne, cette confirmation de tous les poncifs qu’ils ont en tête. Saluons donc Bernard Guetta qui, ce mardi matin, a remis les pendules à l’heure.

Tout n’est pas faux, bien sûr, dans le libelle publié, lundi 19 février, par Le Monde sous le titre accrocheur : « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts ». Sternhell s’appuie sur des projets du gouvernement de geler par la loi et pour toujours le statut de Jérusalem, ainsi que sur des signes réels de la montée d’un nationalisme raciste. Mais, faute de regard historique (ou, dit plus simplement, de la prise en compte du contexte), il sort subrepticement de la route de l’argumentation pour dérouler un scénario qui conduit au mieux à l’apartheid et au pire suivez mon regard.

La hallalisation des esprits fait son chemin

Il y a en effet en Israël des rabbins qui ont appelé à l’assassinat d’Yitzhak Rabin, ou des élus qui réclament des salles d’accouchement séparées pour les Arabes et pour les Juives. Le nationalisme extrémiste, volontiers raciste sur les bords, progresse, y compris dans l’armée. En tout cas, la hallalisation des esprits (c’est-à-dire la propension à diviser le monde entre pur et impur) fait son chemin chez pas mal de juifs.

Mais il y a aussi des juifs pour la Palestine, des soldats militant pour la paix, une presse déchaînée, des ONG brailleuses et une intelligentsia raffinée, sans oublier une justice, une police et tout le reste, pour défendre l’Etat de droit s’il est menacé. Bref, toute une cacophonie judéo-israélienne dans laquelle on souhaite bonne chance à un dictateur.

Surtout, tout occupé qu’il est à déceler les germes de nazisme chez ses concitoyens, Sternhell oublie de porter son regard un peu plus loin. S’il l’avait fait, il aurait pu entendre et voir des expressions beaucoup plus inquiétantes du nationalisme trempé dans l’antisémitisme le plus crasse, expressions qui vont jusqu’au poignard, à la roquette, sans oublier la volonté de destruction tranquillement assumée dans des mosquées ou des salles de classe. Ajoutons qu’en Israël, Sternhell et les autres ont pignon sur rue et c’est très bien. S’il y a des partisans de la paix avec Israël dans le monde arabe, ils rasent les murs, ou sont menacés de mort. Et dans les pays arabes, il n’y a pas de question juive.

Sans majorité juive, il n’y a plus d’Etat juif

S’il avait vu tout cela, Sternhell aurait compris que la volonté de conserver une majorité juive ne révèle nullement une haine raciale. La plupart des Israéliens le savent, sans majorité juive, il n’y a plus d’Etat juif. Fin du sionisme, chapitre clos. C’est d’ailleurs ce souci qui devrait conduire le gouvernement israélien à rechercher une séparation négociée avec les Palestiniens, qu’ils soient ou pas (et ils ne le sont pas) les partenaires idéaux.

Oui, l’occupation qui pourrit la vie des Palestiniens opère un travail de sape souterrain  dans la société israélienne. Mais le danger, pour Israël, n’est pas de sombrer dans le nazisme. Il est de perdre le sens de la pluralité – et de finir par ressembler à ses voisins.

Voir aussi:

Zeev Sternhell : « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts »
Dans une tribune au « Monde », l’historien spécialiste du fascisme, se lance dans une comparaison entre le sort des juifs avant la guerre et celui des Palestiniens aujourd’hui.
Zeev Sternhell (Historien, membre de l’Académie israélienne des sciences et lettres, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, spécialiste de l’histoire du fascisme)
Le Monde
18.02.2018

[L’annonce est autant symbolique que contestée à l’international : le 6 décembre 2017, le président américain Donald Trump a décidé de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. L’ambassade américaine, actuellement établie à Tel-Aviv, ouvrira ses portes avant fin 2019. L’initiative a rapidement été saluée par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Depuis, à la Knesset, le Parlement, la droite mène une offensive sur plusieurs fronts. Le 2 janvier, les députés ont voté un amendement à la loi fondamentale, c’est-à-dire constitutionnelle, rendant impossible toute cession d’une partie de Jérusalem sans un vote emporté à la majorité des deux-tiers. Plusieurs députés ont aussi avancé des projets de loi visant à redéfinir le périmètre de la ville, en rejetant des quartiers arabes entiers se trouvant au-delà du mur de séparation, ou bien en intégrant de vastes colonies. Pour l’historien Zeev Sternhell, ces décisions visent à imposer aux Palestiniens d’accepter sans résistance l’hégémonie juive sur le territoire, les condamnant pour l’éternité au statut de population occupée.]

Tribune. Je tente parfois d’imaginer comment essaiera d’expliquer notre époque l’historien qui vivra dans cinquante ou cent ans. A quel moment a-t-on commencé, se demandera-t-il sans doute, à comprendre en Israël que ce pays, devenu Etat constitué lors de la guerre d’indépendance de 1948, fondé sur les ruines du judaïsme européen et au prix du sang de 1 % de sa population, dont des milliers de combattants survivants de la Shoah, était devenu pour les non-juifs, sous sa domination, un monstre ? Quand, exactement, les Israéliens, au moins en partie, ont-ils compris que leur cruauté envers les non-juifs sous leur emprise en territoires occupés, leur détermination à briser les espoirs de liberté et d’indépendance des Palestiniens ou leur refus d’accorder l’asile aux réfugiés africains commençaient à saper la légitimité morale de leur existence nationale ?

La réponse, dira peut-être l’historien, se trouve en microcosme dans les idées et les activités de deux importants députés de la majorité, Miki Zohar (Likoud) et Bezalel Smotrich (Le Foyer juif), fidèles représentants de la politique gouvernementale, récemment propulsés sur le devant de la scène. Mais ce qui est plus important encore, c’est le fait que cette même idéologie se trouve à la base des propositions de loi dites « fondamentales », c’est-à-dire constitutionnelles, que la ministre de la justice, Ayelet Shaked, avec l’assentiment empressé du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, se propose de faire adopter rapidement par la Knesset.

Shaked, numéro deux du parti de la droite religieuse nationaliste, en plus de son nationalisme extrême, représente à la perfection une idéologie politique selon laquelle une victoire électorale justifie la mainmise sur tous les organes de l’Etat et de la vie sociale, depuis l’administration jusqu’à la justice, en passant par la culture. Dans l’esprit de cette droite, la démocratie libérale n’est rien qu’un infantilisme. On conçoit facilement la signification d’une telle démarche pour un pays de tradition britannique qui ne possède pas de Constitution écrite, seulement des règles de comportement et une armature législative qu’une majorité simple suffit pour changer.

« Il s’agit d’un acte constitutionnel nationaliste dur, que Mme Le Pen n’oserait pas proposer »

L’élément le plus important de cette nouvelle jurisprudence est une législation dite « loi sur l’Etat-nation » : il s’agit d’un acte constitutionnel nationaliste dur, que le nationalisme intégral maurrassien d’antan n’aurait pas renié, que Mme Le Pen, aujourd’hui, n’oserait pas proposer, et que le nationalisme autoritaire et xénophobe polonais et hongrois accueillera avec satisfaction. Voilà donc les juifs qui oublient que leur sort, depuis la Révolution française, est lié à celui du libéralisme et des droits de l’homme, et qui produisent à leur tour un nationalisme où se reconnaissent facilement les plus durs des chauvinistes en Europe.

L’impuissance de la gauche

En effet, cette loi a pour objectif ouvertement déclaré de soumettre les valeurs universelles des Lumières, du libéralisme et des droits de l’homme aux valeurs particularistes du nationalisme juif. Elle obligera la Cour suprême, dont Shaked, de toute façon, s’emploie à réduire les prérogatives et à casser le caractère libéral traditionnel (en remplaçant autant que possible tous les juges qui partent à la retraite par des juristes proches d’elle), à rendre des verdicts toujours conformes à la lettre et à l’esprit de la nouvelle législation.

Mais la ministre va plus loin encore : elle vient juste de déclarer que les droits de l’homme devront s’incliner devant la nécessité d’assurer une majorité juive. Mais puisque aucun danger ne guette cette majorité en Israël, où 80 % de la population est juive, il s’agit de préparer l’opinion publique à la situation nouvelle, qui se produira en cas de l’annexion des territoires palestiniens occupés souhaitée par le parti de la ministre : la population non-juive restera dépourvue du droit de vote.

Grâce à l’impuissance de la gauche, cette législation servira de premier clou dans le cercueil de l’ancien Israël, celui dont il ne restera que la déclaration d’indépendance, comme une pièce de musée qui rappellera aux générations futures ce que notre pays aurait pu être si notre société ne s’était moralement décomposée en un demi-siècle d’occupation, de colonisation et d’apartheid dans les territoires conquis en 1967, et désormais occupés par quelque 300 000 colons.

Aujourd’hui, la gauche n’est plus capable de faire front face à un nationalisme qui, dans sa version européenne, bien plus extrême que la nôtre, avait presque réussi à anéantir les juifs d’Europe. C’est pourquoi il convient de faire lire partout en Israël et dans le monde juif les deux entretiens faits par Ravit Hecht pour Haaretz (3 décembre 2016 et 28 octobre 2017) avec Smotrich et Zohar. On y voit comment pousse sous nos yeux, non pas un simple fascisme local, mais un racisme proche du nazisme à ses débuts.

Comme toute idéologie, le racisme allemand, lui aussi, avait évolué, et, à l’origine, il ne s’en était pris qu’aux droits de l’homme et du citoyen des juifs. Il est possible que sans la seconde guerre mondiale, le « problème juif » se serait soldé par une émigration « volontaire » des juifs des territoires sous contrôle allemand. Après tout, pratiquement tous les juifs d’Allemagne et d’Autriche ont pu sortir à temps. Il n’est pas exclu que pour certains à droite, le même sort puisse être réservé aux Palestiniens. Il faudrait seulement qu’une occasion se présente, une bonne guerre par exemple, accompagnée d’une révolution en Jordanie, qui permettrait de refouler vers l’Est une majeure partie des habitants de la Cisjordanie occupée.

Le spectre de l’apartheid

Les Smotrich et les Zohar, disons-le bien, n’entendent pas s’attaquer physiquement aux Palestiniens, à condition, bien entendu, que ces derniers acceptent sans résistance l’hégémonie juive. Ils refusent simplement de reconnaître leurs droits de l’homme, leur droit à la liberté et à l’indépendance. Dans le même ordre d’idées, d’ores et déjà, en cas d’annexion officielle des territoires occupés, eux et leurs partis politiques annoncent sans complexe qu’ils refuseront aux Palestiniens la nationalité israélienne, y compris, évidemment, le droit de vote. En ce qui concerne la majorité au pouvoir, les Palestiniens sont condamnés pour l’éternité au statut de population occupée.

Pour Miki Zohar, les Palestiniens “souffrent d’une lacune majeure : ils ne sont pas nés juifs”

La raison en est simple et clairement énoncée : les Arabes ne sont pas juifs, c’est pourquoi ils n’ont pas le droit de prétendre à la propriété d’une partie quelconque de la terre promise au peuple juif. Pour Smotrich, Shaked et Zohar, un juif de Brooklyn, qui n’a peut-être jamais mis les pieds sur cette terre, en est le propriétaire légitime, mais l’Arabe, qui y est né, comme ses ancêtres avant lui, est un étranger dont la présence est acceptée uniquement par la bonne volonté des juifs et leur humanité. Le Palestinien, nous dit Zohar, « n’a pas le droit à l’autodétermination car il n’est pas le propriétaire du sol. Je le veux comme résident et ceci du fait de mon honnêteté, il est né ici, il vit ici, je ne lui dirai pas de s’en aller. Je regrette de le dire mais [les Palestiniens] souffrent d’une lacune majeure : ils ne sont pas nés juifs ».

Ce qui signifie que même si les Palestiniens décidaient de se convertir, commençaient à se faire pousser des papillotes et à étudier la Torah et le Talmud, cela ne leur servirait à rien. Pas plus qu’aux Soudanais et Erythréens et leurs enfants, qui sont israéliens à tous égards – langue, culture, socialisation. Il en était de même chez les nazis. Ensuite vient l’apartheid, qui, selon la plupart des « penseurs » de la droite, pourrait, sous certaines conditions, s’appliquer également aux Arabes citoyens israéliens depuis la fondation de l’Etat. Pour notre malheur, beaucoup d’Israéliens, qui ont honte de tant de leurs élus et honnissent leurs idées, pour toutes sortes de raisons, continuent à voter pour la droite.

Voir de même:
Don’t Count Bibi Out — Yet
Bret Stephens
The NYT
Feb. 23, 2018

If you follow the news from Israel, you might surmise that Benjamin Netanyahu’s days as prime minister are numbered. The police recommend that he be charged on multiple counts of bribery, fraud and breach of trust. Fresh charges may yet be brought in additional investigations. A former top aide to Netanyahu agreed this week to serve as a witness against him. Press reports suggest a man clinging to power.

Don’t be so sure. If an election were held tomorrow, Bibi — as Netanyahu is universally known in Israel — and his Likud party would likely win, according to recent polls. Roughly half of Israelis think the prime minister should quit, but that’s down from 60 percent in December. Netanyahu has no intention of resigning, even if the attorney general chooses to indict him. The Likud rank-and-file remain loyal to their leader. His coalition partners may detest him, but for now they see greater political advantage in a wounded prime minister than in a fresh one.

Besides, Bibi has been, for Israelis, a pretty good prime minister. Some indicators:

Economy: Since Netanyahu returned to power in 2009, the economy has grown by nearly 30 percent in constant dollars — nearly twice the growth rate of Germany or the United States. Some 3.6 million tourists visited Israel in 2017, a record for the Jewish state. On Monday, Israel announced a $15 billion dollar deal to export natural gas to Egypt from its huge offshore fields.

Diplomacy: Netanyahu’s personal ties to Indian Prime Minister Narendra Modi are exceptionally close, as they are with Japan’s Shinzo Abe. Israel’s relations with African countries and the Arab world are the best they’ve been in decades; reaction in Riyadh and Cairo to the Trump administration’s decision to move the U.S. embassy to Jerusalem amounted to a shrug. Netanyahu’s 2015 speech to Congress opposing the Iran deal, billed as an affront to the Obama administration, turned out to be an inspiration for Israel’s neighbors. And Netanyahu’s arguments against the deal now prevail in the current White House.

Security: In 2002, at the height of the second intifada, Israelis suffered more than 400 terrorism fatalities. In 2017 there were fewer than two dozen. Two wars in and around Gaza, both initiated by Hamas, were devastating for Palestinians but resulted in relatively few Israeli casualties. The Israeli Air Force lost an F-16 after coming under heavy Syrian antiaircraft fire, but that seems to have been a fluke. For the most part, Israel has been able to strike Syrian, Iranian and Hezbollah targets at will.

None of this makes much of an impression on non-Israelis. Diaspora Jews were infuriated last year by the government’s backtracking on a plan to let men and women pray together at the Western Wall. Israel’s bad decision to forcibly deport African migrants has stirred additional, and warranted, indignation.

And then there are the Palestinians. The central complaint of Netanyahu’s critics is that he has failed to make good on the promise of his 2009 speech at Bar-Ilan University, where he claimed to accept the principle of a Palestinian state. Subsidiary charges include his refusal to halt settlement construction or give former Palestinian Prime Minister Salam Fayyad a sufficient political boost.

It should go without saying that a Palestinian state is a terrific idea in principle — assuming, that is, that it resembles the United Arab Emirates. But Israelis have no reason to believe that it will look like anything except the way Gaza does today: militant, despotic, desperate and aggressive. Netanyahu’s foreign critics are demanding that he replicate on a large scale what has failed catastrophically on a smaller scale. It’s an absurd ask.

It’s also strange that the same people who insist that Israel help create a Palestinian state in order to remain a democracy seem so indifferent to the views of that democracy. Israel’s political left was not destroyed by Netanyahu. It was obliterated one Palestinian suicide bombing, rocket salvo, tunnel attack and rejected statehood offer at a time. Bibi’s long tenure of office is the consequence, not the cause, of this.

Specifically, it is the consequence of Israel’s internalization of the two great lessons of the past 30 years. First, that separation from the Palestinians is essential — in the long term. Second, that peace with the Palestinians is impossible — in the short term. The result is a policy that amounts to a type of indefinite holding pattern, with Israel circling a runway it knows it cannot yet land on even as it fears running out of gas.

The risks here are obvious. But it’s hard to imagine any other sort of approach, which is why any successor to Netanyahu will have to pursue essentially identical policies — policies whose chief art will consist in fending off false promises of salvation.

There’s a long Jewish history of this. For all of his flaws, few have done it as well as Bibi, which is why he has endured, and will probably continue to do so. ☐

Voir également:

Justin Trudeau takes his Captain Snowflake act to India
Stephen Daisley
The Spectator
24 February 2018

If your week was less than fun, spare a thought for Justin Trudeau. The Canadian Prime Minister’s seven-day visit to India went down like an undercooked biriyani on the subcontinent.

When he landed in New Delhi last Saturday, Trudeau was greeted on the tarmac, not by the Prime Minister or Foreign Minister but by the junior minister for agriculture and farmers’ welfare. Other world leaders, including Barack Obama and Benjamin Netanyahu, have been given a personal welcome by Narendra Modi. Prime Minister Modi, a savvy social media user, failed even to note Trudeau’s arrival on Twitter, though on the same day he found time to tweet about plans to unveil a new shipping container terminal. He did not acknowledge Trudeau until five days later and only met him the day before the Canadian PM and his family were to return home.

Why were the Indians so frosty in their reception? They suspect Trudeau’s government of private sympathy for the Khalistani separatist movement, which wants to form a breakaway Sikh state in Punjab. Thankfully, Trudeau didn’t do anything to inflame those suspicions. Well, unless you count inviting a notorious Khalistani separatist to a reception. And then to dinner. With the Prime Minister. Not just any separatist, either. Jaspal Atwal is a former member of the International Sikh Youth Federation, proscribed as a terror group in both India and Canada, and was convicted of the attempted assassination of Indian cabinet minister Malkiat Singh Sidhu. Best of all, he even got a photo taken with Trudeau’s wife Sophie.

But there were still a few Indians unoffended by the image-obsessed Canadian PM and he quickly remedied that. He turned up for one event in a gaudy golden kurta, churidars and chappals. At another, he broke into the traditional Bhaṅgṛā dance only to stop midway through when no one else joined in. Only after the local press pointed out that this was a little condescending and a lot tacky was Justin-ji finally photographed wearing a suit.

It was less like a state visit and more like a weeklong audition for the next Sanjay Leela Bhansali movie. Here was Justin Trudeau, the progressive’s progressive, up to his pagṛi in cultural appropriation. At least he achieved his goal of bringing Indians and Canadians closer together: both have spent the past week cringing at this spectacle of well-meaning minstrelsy.

I want to like Justin Trudeau. I really do. He’s a centrist liberal in an age where neither the adjective nor the noun is doing very well. Trump to his south, Brexit and Corbyn across the water, Putin beyond that: Trudeau should be a hero for liberal democrats. Instead, from his Eid Mubarak socks at Toronto Pride to his preference for ‘peoplekind’ over ‘mankind’, Trudeau presents like an alt-right parody of liberalism. He’s gender-neutral pronouns. He’s avocado toast and flaxseed soy smoothies. He’s safe spaces and checked privileges. Trudeau is a cuck.

And all that would be fine. In fact, it would be a hoot to have a liberal standard-bearer who could troll the 4chan pale males in their overvaped, undersexed basements. But far from an icon for the middle ground, Trudeau is the sort of right-on relativist who gives liberals a bad name. He has spoken of his ‘admiration’ for China’s dictatorship for ‘allowing them to turn their economy around on a dime’. He called Fidel Castro ‘larger than life’ and ‘a remarkable leader’ who showed ‘tremendous dedication and love for the Cuban people’. Trudeau’s government refused to accept the Islamic State’s ethnic cleansing of the Yazidis was a genocide until the UN formally recognised it as such. In 2016 he issued a statement on Holocaust Remembrance Day that neglected to mention Jewish victims of the Shoah and the following year unveiled a memorial plaque with the same omission.

Trudeau’s problem is that he always agrees with the last good intention he encountered. He seems to have picked up his political philosophy from Saturday morning cartoons: by your powers combined, I am Captain Snowflake. There is no spine of policy, no political compass, no vision beyond the next group hug or national apology. The centre ground needs a champion and instead it got an inspirational quote calendar with abs. Trudeau’s not a Grit, he’s pure mush.

Voir encore:

White roses and black velvet: the Grammys red carpet
Monochrome dominated the award ceremony last night, as politics remained fashionable for celebrities
Lauren Cochrane
The Guardian
29 Jan 2018

On the Grammys red carpet on Sunday, celebrities spelt out messages in black and white. While the Golden Globes earlier this month saw black dominate as a protest in line with the Times Up campaign, music’s biggest award ceremony switched to monochrome as default setting.

Some stuck to the black dress code, such as Miley Cyrus, Beyoncé, Lady Gaga and Sarah Silverman.

Others went for the impact of white. SZA, Cardi B and Childish Gambino were in this camp, while Lana Del Rey took the angelic angle further. She wore a gown embroidered with silver stars, accessorised with a halo.

Some celebrities carried white roses with them, with men including Kendrick Lamar and Trevor Noah pinning them to their lapels, and Cyrus licking hers with that famous tongue.

This was a campaign in support of the Times Up initiative. The rose idea was pushed by Meg Harkins, senior vice president of marketing at Roc Nation, Karen Rait, head of rhythm promotions at Interscope Geffen A&M Records, and other high-profile women in the music industry. “We all agreed it was really necessary,” Harkins said. “We’ve all felt the political and cultural change in the last couple of months.” In an email sent to attendees of the Grammys, the collective explained their choice of the flower. “We choose the white rose because historically it stands for hope, peace, sympathy and resistance,” it read.

The colour white, of course, represents peace, but it is also has history in the women’s movement. White was one of the trio of colours adopted by the suffragette movement, along with green and purple; white stood for purity. Hillary Clinton’s white pantsuit, which she wore to accept the nomination as Democratic candidate for the 2016 election, was seen making a feminist statement.

Beyoncé, never one to miss an opportunity to win at visual statements, skipped the red carpet and the white rose, but her six-year-old daughter, Blue Ivy, was dressed in head-to-toe white. Kesha – an artist who has firsthand experience of sexual misconduct – performed all in white, with a supporting cast including Cyndi Lauper and Camilla Cabelo also in the colour.

Other microtrends were noted too – there was an upswing of trousers for women, with Janelle Monae, Anna Kendrick and Kesha wearing them. This in itself is a protest against the pageant-y end of the red carpet. Burgundy seemed to be a sleeper colour, worn by both multiple winner Bruno Mars and Hillary Clinton during an onscreen cameo. Rihanna saw the opportunity to wear three outfits – a brown PVC wrap dress, pink slipdress and black and gold metallic co-ords.

White roses might be more discreet, and politics might have been less in the foreground for fashion at the Grammys, but the 2018 red carpet remains a place where protest can be signposted. These visual statements arguably stand with the signs on the Women’s March last weekend. As images that will be broadcast around the world, the optics are undeniable. This award season, a political issue remains the best accessory.

Voir enfin:

22 février 1943
Décapitation de la « Rose blanche »

Le 22 février 1943, trois étudiants allemands d’une vingtaine d’années sont guillotinés dans la prison de Stadelheim, près de Munich. Leur crime est d’avoir dénoncé le nazisme dans le cadre d’un mouvement clandestin, « La Rose blanche » (Die Weiße Rose en allemand).

Comment, de juin 1942 à février 1943 une poignée de jeunes étudiants chrétiens ont-ils pu défendre les valeurs démocratiques au prix de leur vie ? Comment ont-ils pu diffuser six tracts incendiaires tout en écrivant le soir des slogans pacifistes et antinazis sur les murs de Munich ?

Pierre Le Blavec de Crac’h
Hérodote
2018-02-18

Les prémices de la résistance

Résidant à Ulm et âgé de 14 ans en 1933, le lycéen Hans Scholl n’est pas au début insensible aux discours de Hitler. Comme tous les jeunes Allemands de son âge, il s’engage avec sa soeur Sophie (12 ans) dans les Jeunesses Hitlériennes mais prend assez vite ses distances.

Aidé par ses parents et encouragé par l’éditeur Carl Muth du mensuel catholique Hochland, il rompt avec le national-socialisme et se consacre à ses études de médecine. Il lit les penseurs chrétiens (Saint Augustin, Pascal) et l’écriture sainte. Mais il est arrêté et emprisonné en 1938 pour sa participation à un groupe de militants catholiques.

Quatre ans plus tard, sa décision est prise. Il décide d’entrer en résistance par l’écrit après avoir lu des sermons de l’évêque de Münster Mgr von Galen dénonçant  la politique du gouvernement à l’égard des handicapés.

Un noyau dur se constitue autour de Hans et Sophie Scholl (protestants) et de trois étudiants en médecine que lie une solide amitié : Alexander Schmorell (25 ans, orthodoxe et fils d’un médecin de Munich) ; Christoph Probst (23 ans marié et père de trois jeunes enfants), et Willi Graf (24 ans, catholique). Il est bientôt rejoint par Traute Lafrenz, une amie de Hans.

En juin 1942, alors que Hitler est au sommet de sa puissance, le petit groupe décide d’appeler les étudiants de Munich à la résistance contre le régime nazi, qualifié de « dictature du mal ». Sophie se garde d’informer de ses actions son fiancé, un soldat engagé sur le front de l’Est.

La rose s’épanouit

En moins de quinze jours, les jeunes gens rédigent et diffusent 4 tracts, signés « La Rose blanche » (Die Weiße Rose). Imprimés dans l’atelier de Munich mis à leur disposition par l’écrivain catholique Théodore Haecker, ils sont diffusés de la main à la main, déposés chez des restaurateurs de la ville ou adressés par la poste à des intellectuels non-engagés, des écrivains, des professeurs d’université, des directeurs d’établissements scolaires, des libraires ou des médecins soigneusement choisis.

Les tracts font référence à d’éminents penseurs (Schiller, Goethe, Novalis, Lao Tseu, Aristote) et citent parfois la Bible. Leurs lecteurs sont invités à participer à une « chaîne de résistance de la pensée » en les reproduisant et en les envoyant à leur tour au plus grand nombre possible de gens.

Willi Graf est enrôlé dans l’armée en juillet 1942 et découvre à cette occasion nombre d’atrocités. Quant à Hans Scholl et Alexander Schmorell, incorporés comme maréchal des logis dans la Wehrmacht en tant qu’étudiants en médecine, ils passent trois mois sur le front russe et constatent avec effroi l’horreur des traitements infligés aux juifs, aux populations locales et aux prisonniers soviétiques.

À partir de novembre 1942, les résistants de La Rose Blanche bénéficient du soutien de leur professeur Kurt Huber (49 ans, catholique convaincu) de l’université de Munich, qui devient leur mentor. Ils impriment et diffusent leurs tracts à des milliers d’exemplaires dans les universités allemandes et autrichiennes d’Augsbourg, Francfort, Graz, Hambourg, Linz, Salzburg, Sarrebruck, Stuttgart, Vienne et même de Berlin !

Le petit groupe collecte en même temps du pain pour les détenus de camps de concentration et s’occupe de leurs familles. Il est toutefois déçu par le peu d’écho de ses initiatives au sein de la population étudiante.

Un cinquième tract intitulé « Tract du mouvement de résistance en Allemagne » est distribué à plusieurs milliers d’exemplaires dans les rues, sur les voitures en stationnement et les bancs de la gare centrale de Munich ! Plus fort encore, en février 1943, Hans Scholl et Alexander Schmorell écrivent la nuit des slogans sur les murs du quartier universitaire : « Liberté ! Hitler massacreur des masses ! A bas Hitler !… »

Imprimé à plus de 2.000 exemplaires, distribué et envoyé par la poste, le sixième et dernier tract commente la défaite de Stalingrad, condamne les méthodes nazies et invite la jeunesse du pays à se mobiliser. Comme quelques centaines de ces tracts n’ont pu être expédiés, Hans Scholl décide de les diffuser dans l’Université de médecine.

Malheureusement, le matin du 18 février 1943, Hans et sa soeur Sophie sont aperçus par le concierge de l’université en train de jeter un dernier paquet de tracts du haut du deuxième étage donnant sur le hall. Ils sont aussitôt arrêtés avec leurs amis, livrés à la Gestapo (la police politique) et emprisonnés à Stadelheim.

Un procès expéditif

Le 22 février 1943, après une rapide instruction, le Tribunal du peuple (Volksgerichtshof) chargé des « crimes politiques » se réunit pour un procès expéditif de trois heures.

Il est présidé par Roland Freisler, venu exprès de Berlin. Cet ancien communiste est l’un des chefs nazis les plus brutaux qui soient. Sophie Scholl, qui a eu une jambe brisée au cours de son « interrogatoire » par la Gestapo et comparaît sur des béquilles, lui fait face avec un courage inébranlable.

Freisler prononce lui-même la condamnation à mort pour trahison de Hans Scholl, de sa soeur et de leur ami Christoph Probst – baptisé quelques heures avant son exécution par un prêtre de la prison.

Sophie et Hans sont exécutés par les fonctionnaires de la prison de Stadelheim après avoir revu une dernière fois leurs parents, Robert et Magdalene Scholl. Hans Scholl s’écrie « Vive la Liberté ! » avant de mourir sur la guillotine (cet instrument a été importé de France en Bavière au XIXe siècle, à la suite des guerres napoléoniennes). Depuis, les trois jeunes martyrs reposent les uns à côté des autres dans le cimetière voisin de la forêt de Perlach.

Quelques mois plus tard, un second procès frappe quatorze accusés pris dans la même vague d’arrestations : le professeur Kurt Huber, Alexander Schmorell et son camarade Willi Graf sont condamnés à mort. À l’automne 1943, le réseau de Hambourg est lui aussi démantelé par la Gestapo.

Dix autres membres de la Rose Blanche – amis des Scholl, jeunes étudiants des universités d’Ulm et de Sarrebruck, ou sympathisants actifs comme Eugen Grimminger qui les avait aidés financièrement – sont envoyés en camp de concentration où ils paieront aussi de leur vie leur participation aux activités du mouvement.

Malgré son caractère confidentiel, la Rose Blanche bénéficie d’une notoriété nationale et même mondiale. Le 27 juin 1943, parlant de « la naissance d’une foi nouvelle, celle de l’honneur et de la liberté », l’écrivain allemand en exil Thomas Mann lui rend hommage sur les ondes de la BBC tandis que durant l’été 1943, l’aviation anglaise jette sur le pays un million d’exemplaires du dernier tract rédigé par le professeur Huber.

L’ami de coeur de Sophie, qui était sur le front de l’Est, obtient une permission sitôt qu’il apprend son arrestation mais il arrive à Munich deux heures après son exécution. Il va entrer dès lors dans la résistance au péril de sa vie…

La Rose Blanche a vécu à peine un an mais la mémoire d’une lutte héroïque – contre la résignation et pour la défense de la liberté d’opinion lorsqu’elle est menacée -, elle, ne s’éteindra jamais.

Un film émouvant et vrai

Sophie Scholl, le dernier jourLe cinéaste allemand Marc Rothemund a réalisé en 2005 un film émouvant et rigoureux, Sophie Scholl, les derniers jours (en allemand Sophie Scholl, die letzten Tage). Il relate l’arrestation du groupe de jeunes gens, l’instruction de leur procès et leur exécution.

Son film suit fidèlement la réalité historique telle que relatée dans le livre de souvenirs publié en 1953 par la soeur de Hans et Sophie Scholl : Die weisse Rose (mal traduit, l’ouvrage a répandu dans le public français quelques erreurs factuelles, notamment en traduisant le mot allemand Fallbeil par hache au lieu de guillotine).


Noël/2017e: Un film de Noël qui parle de Jésus ? (You know something’s wrong when truth is the new fake news or hate speech)

25 décembre, 2017
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Voici, je ferai de Jérusalem une coupe d’étourdissement pour tous les peuples d’alentour, et aussi pour Juda dans le siège de Jérusalem. En ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples; tous ceux qui la soulèveront seront meurtris; et toutes les nations de la terre s’assembleront contre elle. Zacharie 12: 2-3
La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle. C’est de l’Éternel que cela est venu: C’est un prodige à nos yeux. Psaume 118: 22-23
N’avez-vous jamais lu dans les Écritures: La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle; c’est du Seigneur que cela est venu, et c’est un prodige à nos yeux? C’est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à une nation qui en rendra les fruits. Celui qui tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé. Jésus (Matthieu 21: 43-44)
Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? Jésus (Luc 18: 8)
Les nations (occidentales) voudraient réduire les revendications d’Israël sur la Judée et la Samarie à un problème politique. Mais pour Israël, le problème n’est pas politique, il est essentiellement moral, celui de la reconnaissance de son identité historique et métahistorique. (…) Le combat d’Israël contre la prétention palestinienne est en fait le combat de l’histoire contre l’anti-histoire, de la mémoire contre l’anti-mémoire, de l’homme contre l’illusion et le mensonge politiques. (…) Le temps du Retour est aussi un temps de rupture et de cassure… le monde nouveau du Retour surgit ainsi lentement du sein de la dégradation d’un monde moralement désemparé. (…)  La libération du Retour ne concerne d’ailleurs pas seulement le peuple juif. Au-delà d’Israël, elle concerne l’ensemble des peuples. Car le Retour d’Israël est, en vérité, l’espérance du monde. Avraham Livni
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Ce grand changement de population est particulièrement vrai en ce qui concerne la Seine-Saint-Denis, au nord de la capitale. Un grand nombre de juifs en sont partis en raison de l’insécurité ressentie après de multiples incidents de harcèlement, de pressions ou d’agressions physiques pures et simples. Partout dans la zone, en particulier au cours de la seconde Intifada en Israël [2001-2005], il y a eu des incendies de synagogues, des agressions de rabbins, des voitures béliers qui fonçaient sur les fidèles quittant la synagogue à Kippour, des bus scolaires incendiés. Les incidents continuent et, dans la majorité de ces lieux, le phénomène de l’antisémitisme de banlieue doit beaucoup au fait que les maires de nombre de ces localités étaient des communistes qui poussaient les Arabes à soutenir les Palestiniens. La Seine-Saint-Denis est le premier département musulman de France [environ 40 % sur 1,6 million d’habitants] avec des mosquées qui peuvent accueillir 6 000 à 8 000 fidèles. (…) Conséquence des tensions inévitables dans un tel environnement, les communautés juives de banlieues telles que La Courneuve, Aubervilliers, Stains, Pierrefitte-sur-Seine, Trappes, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil et Saint-Denis sont en train de disparaître. En raison de l’insécurité, dans des endroits comme La Courneuve où il y avait 600 à 700 familles juives, il y en a maintenant moins de 100. Et, à Saint-Denis même, là où il y avait 500 familles juives, ils ont de la difficulté à réunir un minyan pour Kippour. Dans quelques années, il n’y aura plus un seul juif dans le département. Sammy Ghozlan (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme)
Plus de 70 % du demi-million estimé de juifs de France sont des Séfarades, débarqués entre 1956 et 1962, au moment où leurs terres ancestrales d’Algérie, du Maroc et de Tunisie obtiennent leur indépendance. Souvent sans le sou à leur arrivée, beaucoup s’installent dans les banlieues relativement défavorisées du nord et de l’est de Paris, où ils créent d’importantes communautés juives fortes de dizaines de synagogues et de centres communautaires. Mais les Arabes musulmans les rejoignent, fuyant les difficultés économiques de ces mêmes pays qu’ils ont quittés. Rapidement, ils les dépassent en nombre. On estime aujourd’hui à quelque six millions les musulmans de France, soit environ 10 % des 66 millions d’habitants du pays. Si les premiers immigrants arabes, en général, s’engageaient peu en politique et préféraient ne pas s’attirer d’ennuis, beaucoup de leurs enfants n’ont pas eu de tels scrupules : nés sur le sol français, ils bénéficient automatiquement de la nationalité et ne peuvent être expulsés. En désaccord avec la société française dans son ensemble, se sentant victimes de discriminations en tous genres, nombre d’enfants d’immigrants arabes musulmans des deuxième et troisième générations ont eu à cœur de venger la cause palestinienne, lorsque la seconde Intifada a éclaté en Israël et dans les territoires palestiniens en 2000. Ils n’ont depuis cessé de rendre la vie misérable à nombre de juifs vivant autour d’eux. Résultat : beaucoup de juifs français ont fait le choix de venir en Israël. Pour la première fois, en 2014, la France a pris la tête des pays d’origine des nouveaux immigrants, avec près de 7 000 arrivées, soit le double des 3 400 enregistrées en 2013. Entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2014, 36 800 juifs français ont fait leur aliya. Et près de 8 000 pour la seule année 2015. Des chiffres qu’il faut toutefois mettre en balance avec les estimations officieuses selon lesquelles ils seraient jusqu’à 30 % à repartir en France dans les cinq ans qui suivent leur arrivée, généralement en raison de difficultés d’intégration. Parallèlement, environ 4 000 juifs français se dirigent chaque année vers d’autres destinations, comme la province canadienne de langue française du Québec. Environ 20 000 des 93 000 juifs de Montréal sont des Séfarades d’Afrique du Nord, immigrés de France. Londres constitue une autre porte de sortie. Ces derniers temps, elle attire des milliers de jeunes juifs hautement qualifiés qui y trouvent des emplois dans le secteur financier. La capitale britannique et son économie dynamique agissent comme un aimant sur les jeunes Français, toutes origines confondues, et compte aujourd’hui entre 300 000 et 400 000 expatriés français. Selon Albert Myara, militant de la communauté juive, sur quelque 350 000 juifs de la région parisienne, environ 60 000 ont déménagé ces dix-quinze dernières années, soit pour quitter leurs voisins arabes, soit tout simplement parce qu’ayant étoffé leurs revenus, ils peuvent désormais se permettre d’habiter des secteurs plus aisés. L’exceptionnel succès économique et professionnel de nombreux juifs séfarades, et leur ascension au sein de la société française ont fait que certains quartiers cossus de Paris accueillent de nouvelles communautés juives sans cesse croissantes. En particulier dans le très chic 17e arrondissement, à proximité de l’avenue des Champs-Elysées et de l’Arc de Triomphe.  (…) Deux récents lauréats français du prix Nobel de physique, Claude Cohen-Tannoudji (1996), né à Alger, et Serge Haroche (2014), né à Casablanca, sont des Séfarades installés en France. L’un des philosophes français vivants les plus connus n’est autre que Bernard-Henri Lévy, né en Algérie. Et les noms juifs séfarades abondent dans l’industrie du film et dans les universités. (…) Si le 17e compte désormais la plus grande concentration de juifs de France, d’autres secteurs ont récemment engrangé d’importantes minorités juives. C’est le cas de l’adjacent 16e arrondissement, avec près de 25 000 juifs, de la banlieue ultra-bourgeoise de Neuilly-sur-Seine, ou encore des localités de Boulogne et Levallois, toutes situées à l’ouest de Paris. Et le caractère juif de la zone devrait encore s’intensifier en 2017 avec l’ouverture du Centre européen du judaïsme, une structure de 10 millions d’euros, qui combinera centre communautaire et synagogue sur une superficie de 5 000 mètres carrés sur l’animée rue de Courcelles, là encore, dans le 17e arrondissement. (…) Une présence juive accrue est également à noter dans les banlieues sud-est que constituent Saint-Mandé, Saint-Maur, Vincennes et Charenton, où des dizaines de milliers de juifs se sont regroupés ces dernières années. Ainsi que dans le 12e arrondissement voisin, proche de la porte de Vincennes où s’est déroulé l’attentat de l’Hypercacher en janvier 2015. A Saint-Mandé, banlieue verdoyante en bordure du bois de Vincennes, les dirigeants communautaires estiment qu’environ 40 % des habitants de la ville sont juifs. Les incidents antisémites ne sont pas les seuls moteurs de ces mouvements géographiques. Dans certains cas, les juifs font le choix de quitter les quartiers où les populations arabes musulmanes et originaires d’Afrique noire ont considérablement augmenté. C’est le cas du Kremlin-Bicêtre, une banlieue vivante du sud de Paris (…)  L’avenue de Fontainebleau, axe principal qui mène à Paris, est maintenant bordé de cafés et restaurants arabes. (…) On estime à 100 000 le nombre de jeunes juifs en âge d’être scolarisés en France. Un tiers fréquente les écoles juives. Mais selon Elbaz, certains parents redoutent désormais d’y scolariser leurs enfants, inquiets de la présence de soldats et de policiers qui accentuent la visibilité de ces établissements. Un second tiers est inscrit dans des établissements publics laïques, généralement dans des zones aisées où ils ne seront pas pris pour cible par des adolescents arabes. Et le reste étudie dans des écoles privées catholiques, souvent dans des endroits sans structures scolaires juives, et où les institutions publiques comptent de nombreux musulmans. Ces établissements catholiques sont également fréquentés par les enfants d’une certaine classe moyenne arabe émergente, qui veut assurer à ses enfants un diplôme et une scolarité sans problème. Car il faut dire que nombre de jeunes musulmans des écoles publiques abandonnent le système scolaire en cours de route, et se retrouvent sans emploi. En outre, selon les statistiques officielles, près des trois quarts des détenus français sont d’origine musulmane. Mais si une grande partie de la communauté juive a prospéré, environ 10 % sont encore trop pauvres pour quitter les zones potentiellement dangereuses où ils résident. La communauté en a toutefois aidé des centaines à déménager vers des quartiers plus sûrs, en coordination avec les services sociaux du gouvernement français. The Jerusalem Post
L’assemblée générale (…) considère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. Résolution 379 (ONU, le 10 novembre 1975)
L’assemblée générale décide de déclarer nulle la conclusion contenue dans le dispositif de sa résolution 3379 (XXX) du 10 novembre 1975. Résolution 4686 (ONU, le 16 décembre 1991)
Les États-Unis ont essuyé jeudi à l’Assemblée générale de l’ONU une large condamnation de leur reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, après avoir multiplié les menaces financières contre les pays opposés à leur position. Sur les 193 pays membres des Nations unies, 128 ont voté en faveur d’une résolution condamnant la décision annoncée le 6 décembre par Donald Trump sur Jérusalem, à rebours de la position américaine traditionnelle et du consensus de la communauté internationale qui n’a jamais reconnu l’annexion de la partie orientale de la ville par l’État hébreu. De nombreux alliés de Washington ont approuvé la résolution, dont la France et le Royaume-Uni. Neuf pays, parmi lesquels les États-Unis et Israël, mais aussi le Guatemala et le Togo, ont voté contre ce texte qui répond à une initiative des Palestiniens. Signe que les menaces et pressions de Washington ont pesé ? Trente-cinq États, dont le Canada, le Mexique, l’Argentine, la Pologne ou la Hongrie, se sont abstenus et 21 n’ont pas pris part au scrutin. Avant le vote, plusieurs ambassadeurs interrogés par l’AFP tablaient pour une adoption plus large, avec un score oscillant entre 165 et 190 votes pour. Le vote n’est pas contraignant et l’administration américaine a fait savoir qu’elle ne changerait pas d’avis. (…) Les États-Unis ne cachent pas leur colère depuis un premier vote, lundi, au niveau du Conseil de sécurité. Ce vote « est une insulte que nous n’oublierons pas », avait lancé, l’œil noir, Nikki Haley à ses 14 partenaires du Conseil, dont ses alliés européens, qui avaient unanimement approuvé la condamnation de la décision américaine. In fine, cette résolution-là n’avait pas été adoptée, les États-Unis ayant utilisé leur veto de membre permanent, mais l’unité des autres membres avait résonné comme un cinglant désaveu pour Washington. À l’Assemblée générale de l’ONU, aucun pays n’a de droit de veto. Le Devoir
Alors que l’administration américaine a décidé de récompenser l’injustice et de menacer ceux qui ne la soutiennent pas, nous continuerons notre chemin vers la liberté et l’indépendance. Nous appelons les chrétiens du monde à écouter les vraies voix des chrétiens autochtones de Terre Sainte. Les mêmes voix qui ont fermement rejeté la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël à travers leurs chefs d’églises. Ils sont les descendants des premiers disciples de Jésus-Christ et font partie intégrante du peuple palestinien. Nous sommes inspirés par le message de Jésus, qui a refusé l’injustice et répandu une parole d’espoir. Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront comblés. Mahmoud Abbas
Âgée de 17 ans, la jeune activiste palestinienne a comparu aujourd’hui devant un tribunal militaire israélien. Son crime? Avoir bousculé et provoqué des soldats qui patrouillaient dans le village de Nabi Saleh, sous occupation israélienne. L’affront avait été filmé et la vidéo est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux. Les faits filmés se seraient déroulés devant la maison de la famille Tamimi, en marge d’une manifestation contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, vendredi dernier. Ahed et sa cousine Nour s’approchent de deux soldats israéliens appuyés sur un muret, les bousculent et leur donnent quelques coups pour les faire partir. Les soldats, armés et casqués, restent impassibles aux coups assenées et s’éloignent à reculons. Dans la nuit de lundi à mardi, à 4h du matin, des soldats israéliens entrent dans la maison familiale de la jeune fille pour l’embarquer au poste de garde militaire, près de Ramallah. Ahed Tamimi a comparu ce mercredi 20 décembre devant un tribunal militaire. Sa mère et sa cousine Nour, qui étaient avec elle au moment des faits, auraient également été arrêtées. (…) Derrière l’apparence angélique de Ahed se cache une redoutable activiste qui n’a pas froid aux yeux. Elle se fait connaître, depuis son plus jeune âge, pour ses actes de résistance face à l’occupation israélienne. En 2012, une photo d’elle brandissant son poing sous le nez de soldats israéliens lui ont valu d’être reçue en 2012 par Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre turc. En 2015, d’autres photos d’elle font le tour du monde et suscitent la curiosité des médias. On y voit l’adolescente et sa mère qui tentent de faire lâcher prise à un soldat plaquant son petit frère contre un rocher. Elle devient alors un symbole de la lutte contre l’occupation israélienne. Aujourd’hui, elle risque sept ans de prison, selon Naftali Bennett, ministre israélien de l’Éducation. De quoi mobiliser la twittosphère où les messages de soutien se multiplient. Huff Post Maroc
#nycattack Expect more Muslims driving into crowds. This is the easiest way for them to kill multitudes. And they will not stop until they kill us all or we surrender. The solution is to declare Islam a terrorist creed and ban its practice. Faithfreedom.org
La journaliste de Canal + : Que pensez-vous de l’islam « modéré »? Moi: L’islam n’est pas arrivé à ce stade et on ne peut pas parler d’islam modéré. Journaliste: Mais j’ai des amis musulmans qui boivent de l’alcool et n’ont pas de problèmes. Comment ne pas les appeler « musulmans modérés »? Moi: Ce sont des musulmans pacifiques à ce stade, ni plus ni moins. Regardez les terroristes qui ont endeuillé Paris il y a deux ans. Vous auriez pu dire qu’ils étaient modérés, car ils fréquentaient les boites de nuits et buvaient de l’alcool jusqu’à quelques semaines avant de basculer et de commettre le massacre. Ils ont basculé dès que l’opportunité leur était offerte car ils ont reçu la violence à travers l’éducation islamique. Le problème c’est que l’islam est violent par définition, il est violent dans ses textes sacrés. Aujourd’hui, cette conversation a été coupée à l’antenne. Censure, crainte ou complaisance? Peu importe, le résultat est le même. On enterre la tête dans le sable pour ne pas voir le problème et continuer à dire qu’il n’existe pas. Al-Husseini Waalid
Le média politique américain Politico a publié lundi une enquête approfondie sur les efforts qui auraient été déployés par l’administration de l’ancien président Barack Obama, pour mettre des bâtons dans les roues d’une opération d’investigation de grande envergure, baptisée Projet Cassandra, ciblant les activités illégales du Hezbollah en matière de trafic de drogues, d’armes et de blanchiment d’argent sur la scène internationale. Selon Politico, la mise en veille du projet Cassandra aurait été décidée par l’Administration Obama pour permettre l’aboutissement des négociations sur le nucléaire iranien, et la conclusion de l’accord de Vienne, le 14 juillet 2015. (…) Selon Politico, des agents issus de 30 agences de sécurité américaines et étrangères ont coopéré dans le cadre de ce projet, menant notamment des opérations d’infiltration et de mises sur écoute. Les agents « ont suivi des cargaisons de cocaïne, certaines allant d’Amérique latine vers l’Afrique de l’ouest ou vers l’Europe et le Moyen-Orient, d’autres partant du Venezuela ou du Mexique, vers les Etats-unis. Ils ont suivi des rivières d’argent sale dont le blanchiment passait par l’achat de véhicules américains d’occasion envoyés en Afrique. Et avec l’aide de témoins clés coopératifs, les agents ont pu mettre en lumière la vaste conspiration remontant, selon eux, au premier cercle des responsables du Hezbollah et à l’Iran », écrit Politico. L’Orient du jour
When Donald Trump made good this month on his campaign promise to recognize Jerusalem as the capital of Israel, it changed almost nothing on the ground: The reality is that Jerusalem has been Israel’s capital for decades. Likewise for the United Nations’ vote Thursday to condemn the U.S. for the move. It changes nothing, because the U.N. doesn’t get to decide which capitals America recognizes and where it puts its embassies. But the resolution is a reminder of how deep anti-American and anti-Israel sentiment runs at Turtle Bay. Only seven countries—Guatemala, Honduras, Togo, Nauru, Palau, Micronesia and the Marshall Islands—were willing to stand with Uncle Sam and Israel and vote against the resolution. Thirty-five nations abstained, including Canada and the Czech Republic, which is at least better than outright condemnation. But 128 countries voted yes, with Britain, France, Japan and Germany joining Iran, Russia, China and North Korea to condemn the U.S. The question is what comes next. Before the measure passed, Nikki Haley, the U.S. Ambassador to the U.N., delivered a speech reminiscent of Daniel Patrick Moynihan’s rebuttal in 1975 when he was the American Ambassador and the U.N. passed a resolution declaring Zionism a form of racism. These are welcome reminders to an assembly that has long been an embarrassment to its founding principles. Ms. Haley was joined in her reaction to this insult by some members of Congress. Sen. Marco Rubio (R., Fla.) also said the U.S. ought to reconsider the money the U.S. pays to keep the U.N. going. The feeling is understandable, and we hope the Trump Administration finds ways to make clear its displeasure to the friends who abandoned the U.S. A complete pullout from the U.N. is unlikely, if only because the U.S. is a member to serve America’s interests, not the U.N.’s. Without the U.S. as a check, the United Nations would allow the Palestinians and others to write their own terms for the Middle East, and denunciations of America would be as common as denunciations of Israel. This is the reason Israel remains in the body, notwithstanding the routine insults from countries with obscene human-rights violations. The best way for America to show the hollowness of this U.N. stunt is by proceeding with its plans to build an Embassy in Jerusalem—and demonstrate to the U.N. that America is one nation that stands by its friends. The WSJ
Trois heures à peine après que le président américain Donald Trump a informé le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de son intention de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, un certain nombre de reporters et de photographes palestiniens ont été conviés à Bethléem. Un « événement important » allait s’y produire. A Bethléem, les journalistes ont découvert que « l’événement » en question consistait en une poignée d’« activistes » palestiniens qui réclamaient d’être filmés en train de brûler des affiches de Trump. Les « activistes » ont patiemment attendu que photographes et cameramen installent leur équipement. Ce n’est qu’ensuite que l’ « événement important » a commencé. Aussitôt l’évènement mis en boite, les médias ont été bombardés d’images « de manifestants palestiniens en colère descendus dans les rues pour protester » contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et contre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Cet incident illustre la collusion qui existe de longue date entre les Palestiniens et les médias. Une fois de plus, les journalistes ont été heureux de jouer les porte-voix de la machine de propagande palestinienne, et de répandre aussi haut et fort que possible les menaces des Palestiniens à l’encontre d’Israël et des Etats-Unis. (…) les militants palestiniens (…) savent combien les correspondants locaux et étrangers sont avides de sensationnel – et que rien ne peut mieux les satisfaire que la mise à feu des affiches de Trump sur le lieu de naissance de Jésus, à la veille de Noël quand des milliers de pèlerins chrétiens et de touristes convergent sur la ville. (…) Cette stratégie d’intimidation par médias interposés n’est pas nouvelle. Le scénario dure depuis des décennies ; il repose sur l’adhésion des grands médias occidentaux. (…) Récemment, plus de 300 fidèles musulmans ont été massacrés par des terroristes islamiques alors qu’ils priaient dans une mosquée du Sinaï, en Égypte. Cette tragédie a probablement été couverte par moins de journalistes que l’autodafé de Trump à Bethléem. Le monde arabe et islamique a-t-il réagi ? Ces mêmes Arabes et musulmans qui parlent de « jours de rage » contre Trump ont-ils émis une quelconque protestation ? Où sont les « jours de rage » arabes et islamiques quand plus de 300 fidèles, dont de nombreux enfants, sont assassinés un vendredi de prière ? (…) Des centaines de milliers de musulmans et de chrétiens ont été massacrés depuis le début du « printemps arabe » voilà six ans. Ils ont été tués par des terroristes musulmans et par d’autres Arabes. L’effusion de sang se poursuit à ce jour au Yémen, en Libye, en Syrie, en Irak et en Egypte. Mais que l’on ne s’y trompe pas : les « rivières de sang » que l’on nous promet coulent déjà. Mais c’est le couteau que les Arabes et les musulmans lèvent contre d’autres Arabes et musulmans qui est à l’origine de ce fleuve cramoisi. Et pas la déclaration d’un président américain. Ne serait-il pas temps que les correspondants en poste au Moyen Orient s’intéressent réellement à ce qui se passe dans la région ? Bassam Tawil
Once again, the Palestinians are disappointed with their Arab brothers. A declaration of war on the US, in the Palestinians’ view, would have been the appropriate response to US President Donald Trump’s December 6 announcement recognizing Jerusalem as Israel’s capital. (…) All they have gotten so far from the Arab and Islamic leaders and governments are demonstrations on the streets and statements of condemnations. Moreover, it does not look as if the Palestinians should be expecting more from their Arab and Muslim brothers. (…) Welcome to the Palestinian mindset, where an Arab leader who talks about peace with Israel is a traitor, while an Arab leader who talks about destroying Israel or launching rockets at it, like Saddam Hussein, is a « hero. » (…) The Palestinians have placed themselves on a collision course not only with the US, but also with the Arab world. The question now is: How will the Arab regimes respond to this latest charge of fratricide leveled against them by their Palestinian brothers? Khaled Abu Toameh
Les peuples de toute l’humanité ou presque se liguent pour interdire à Israël, au petit peuple d’Israël (cependant – on le voit- grand, très grand, immense, par son nom) pour lui interdire toute légitimité et toute légalité, tout antécédent et tout futur à Jérusalem: pour lui interdire de resurgir dans l’histoire des hommes sous les traits de l’Israël éternel, d’un peuple de 30 siècles d’histoire, matrice des religions qui ont été adoptées par la majeure partie de l’humanité et qui avait déjà Jérusalem pour capitale au temps où Paris n’était qu’un bourg du bout du monde. Objectivement, sur le plan des rapports de forces, on ne comprend pas que toute la planète ait à se prononcer contre Jérusalem et la décision de Trump. Il n’y a dans cette question aucun enjeu réel si ce n’est la crainte diffuse (notamment dans l’Union Européenne) du djihad, quoique l’Etat du monde musulman ne semble pas la rendre crédible. Et pourtant Israël existait déjà depuis bientôt 70 ans, régissant Jérusalem depuis 51 ans! (…) L’Occident avait fini par accepter l’idée d’une résurgence du peuple d’Israël, certes, mais dans ses habits de deuil, à titre d’Etat-refuge, d’Etat dans les limites d’une cause humanitaire. La décision de Trump l’a fait se lever désormais dans ses habits de lumière. C’était plus que le concert des nations pouvait supporter. Trump a révélé au monde que cet Israël n’était pas le reste misérable d’un Israël pourchassé et coupable, mais le surgeon d’une histoire de 30 siècles. Il y a là des données de grande signification, d’une ampleur spirituelle considérable: comme un air d’”histoire sainte” , qui souligne aussi la dimension profondément religieuse et métaphysique de l’inimitié envers Israël, dans ses déclinaisons différentes dans les mondes chrétien, musulman, voire confucianiste et bouddhiste, déclinaisons clairement lisibles au prisme de la concurrence identitaire et spirituelle de ces univers avec l’Israël éternel. Un oracle du prophète Zacharie (12) revient naturellement à l’esprit: il se fait l’écho de la Divinité “qui déploie les cieux, fonde la terre et crée le souffle de l’Homme en son sein“: “Je ferai de Jérusalem une coupe de poison pour tous les peuples alentour, et aussi pour Juda, il y aura le siège de Jérusalem. En ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples. Tous ceux qui la soulèveront s’écorcheront. Toutes les nations de la Terre s’assembleront contre elle“. La cause avouée de ce branle-bas de combat mondial est aussi étrange et démesurée. On oppose à la légitimité d’Israël un peuple qui n’existait pas il y a 40 ans, qui n’a jamais constitué une entité dans l’histoire, un peuple qu’il faudrait à tout prix lier à l’existence d’Israël pour que celui ci soit légitime. En fait, il s’agit de marquer à jamais Israël de la petitesse et de la banalité du peuple le plus favorisé par les nations. Shmuel Trigano
Ouf ! On a évité le pire : des enfants auraient pu apprendre l’origine d’une des traditions les plus importantes de notre pays. Heureusement que les enseignants ont réagi à temps… Léo Castellote
Le 13 décembre, un groupe scolaire de 83 écoliers du Langonnais assistait à une projection du film d’animation américain « L’Étoile de Noël » au cinéma Le Rio de Langon quand celle-ci a été interrompue à la demande des enseignantes. Elles se sont en effet aperçues qu’il y avait un problème de thématique et qu’il ne correspondait pas au choix qu’elles avaient fait. Il est vrai que le synopsis de ce film de Timothy Reckart parle avant tout d’une histoire d’animaux : « Un petit âne courageux, Bo, rêve d’une vie meilleure loin du train-train quotidien du moulin du village. Un jour, il trouve le courage de se libérer pour vivre enfin la grande aventure avec une brebis, une colombe, trois chameaux déjantés et des animaux de la ferme, très excentriques… » Mais on se rend compte au fil de l’histoire qu’il ne s’agit pas d’un film sur une légende de Noël mais sur l’histoire de la nativité, de la naissance de Jésus, du périple de Marie et Joseph jusqu’à Bethléem… Le film puise d’ailleurs son contenu dans les Évangiles, ce qui n’est pas laïque… Le Républicain-sud-Gironde

Attention: une énormité peut en cacher une autre !

En cette nouvelle fête de la Nativité

Qui ressemble toujours plus étouffée par sa gangue de guimauve et de papas Noël …

A un enterrement de première classe …

De l’énormité du décalage que 2 000 après l’on peine encore à mesurer …

Entre l’incroyable humilité d’une naissance de « pierre rejetée » et le véritable statut de « pierre angulaire »

Que paradoxalement à travers l’extrême abjection de sa mise à mort celle-ci a fini par acquérir …

Jusque dans ses dérives pour nos sociétés désormais mondialisées …

Tout en se demandant lucidement si à la fin des temps il « trouverait de la foi sur la terre » …

En ce monde étrangement inversé …

Où le président de la première puissance mondiale se voit mis au pilori …

Par la même ONU qui nous avait donné il y a  42 ans (et abrogée 16 ans après) sa tristement fameuse résolution sionisme = racisme

Abandonné par ses soi-disant alliés, Grande-Bretagne, France, Japon et Allemagne, se joignant pour cela à ses pires ennemis, Iran, Chine et Corée du nord …

D’abord pour avoir voulu, contrairement à son prédécesseur, préserver son territoire du terrorisme …

Quand nombre de pays musulmans peuvent interdire tout Israélien de leur sol pour leur simple appartenance nationale …

Puis sur Jérusalem avoir reconnu la simple réalité …

Et pointé les habits neufs du président Abbas …

Où le même empereur nu revendique haut et fort son inspiration de Jésus

Tout en redoublant, avec nos médias en mal d’images fortes, dans son incitation quotidienne à la violence

Pendant qu’entre Syrie, Yémen, Libye, Irak et Egypte et depuis six ans, c’est par centaines de milliers que se comptent les victimes des musulmans entre eux …

Où les seuls pays qui refusent de hurler avec les loups onusiens …

Se  font pour cause de fascisme présumé mettre au ban de l’Europe …

Où se voit traitée en victime une jeune Palestinienne prise en flagrant délit de gifle à un soldat israélien …

Qui lui tend christiquement l’autre joue …

Où pour avoir osé dire à la télévision, à l’instar d’un twitter américain, la vérité violente de l’islam …

Un dissident musulman réfugié au Pays des droits de l’homme voit ses paroles coupées au montage …

Où après avoir nettoyé ethniquement le Moyen-Orient de la quasi-totalité de ses juifs et chrétiens d’origine …

La Religion de paix vide, soutenue par ses idiots utiles, les banlieues françaises de leurs juifs

Pendant que dans un magazine pour les petits l’on apprend que comme la Corée du nord, Israël n’est « pas un vrai pays »

Quel meilleur et plus révélateur conte de Noël …

Que celui de ces écoliers d’une petite ville du sud-ouest de la France …

Qui sans l’incroyable sang froid et présence d’esprit de leurs enseignantes et projectionniste …

Auraient pu découvrir que le film de Noël que celles-ci par mégarde les avaient amenés voir …

Parlait en fait… de la naissance de Jésus ?

Langon : le film « L’Étoile de Noël » arrêté en pleine séance scolaire

Une séance scolaire du film d’animation américain sur la nativité « L’Étoile de Noël » a été stoppée en pleine projection au cinéma Le Rio à Langon.
Le Républicain-sud-Gironde
22 Déc 2017

Le 13 décembre, un groupe scolaire de 83 écoliers du Langonnais assistait à une projection du film d’animation américain « L’Étoile de Noël » au cinéma Le Rio de Langon quand celle-ci a été interrompue à la demande des enseignantes.

Elles se sont en effet aperçues qu’il y avait un problème de thématique et qu’il ne correspondait pas au choix qu’elles avaient fait.

Il est vrai que le synopsis de ce film de Timothy Reckart parle avant tout d’une histoire d’animaux : « Un petit âne courageux, Bo, rêve d’une vie meilleure loin du train-train quotidien du moulin du village. Un jour, il trouve le courage de se libérer pour vivre enfin la grande aventure avec une brebis, une colombe, trois chameaux déjantés et des animaux de la ferme, très excentriques… »

L’histoire de la nativité

Mais on se rend compte au fil de l’histoire qu’il ne s’agit pas d’un film sur une légende de Noël mais sur l’histoire de la nativité, de la naissance de Jésus, du périple de Marie et Joseph jusqu’à Bethléem… Le film puise d’ailleurs son contenu dans les Évangiles, ce qui n’est pas laïque…

« J’avoue que je n’avais pas vu le film avant, il vient d’un grand studio américain », reconnaît le responsable du Rio, Emmanuel Raymond, qui a remboursé la séance.

Les écoliers sont retournés en classe et une autre séance de cinéma aura lieu l’an prochain.

Voir aussi:

Jérusalem: le retour des temps bibliques

Shmuel Trigano

Nous sommes aujourd’hui les témoins et les acteurs d’une histoire vraiment fascinante quand on l’approche à la lumière de l’histoire juive.

Je fais référence, bien sûr, à ce qui se passe sur le plan international, autour de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le pays le plus puissant du monde, les Etats-Unis.

En soi, cette reconnaissance est déjà un fait majeur, mais ce qui est encore plus impressionnant, c’est l’unité de la planète contre cette décision, comme on a pu la constater au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale de l’ONU.

Réfléchissons à l’énormité de cet événement.
Reformulons-le objectivement: les peuples de toute l’humanité ou presque [1]se liguent pour interdire à Israël, au petit peuple d’Israël (cependant – on le voit- grand, très grand, immense, par son nom) pour lui interdire  toute légitimité et toute légalité, tout antécédent et tout futur à Jérusalem: pour lui interdire de resurgir dans l’histoire des hommes sous les traits de l’Israël éternel, d’un peuple de 30 siècles d’histoire, matrice des religions qui ont été adoptées par la majeure partie de l’humanité et qui avait déjà Jérusalem pour capitale au temps où Paris n’était qu’un bourg du bout du monde.

Objectivement, sur le plan des rapports de forces, on ne comprend pas que toute la planète ait à se prononcer contre Jérusalem et la décision de Trump.

Il n’y a dans cette question aucun enjeu réel si ce n’est la crainte diffuse (notamment dans l’Union Européenne) du djihad, quoique l’Etat du monde musulman ne semble pas la rendre crédible.

Et pourtant Israël existait déjà depuis bientôt 70 ans, régissant Jérusalem depuis 51 ans!  Il y avait sans doute méprise sur son sens.

Et pas seulement auprès des non Juifs  – essentiellement les Occidentaux car le déni islamique est entier sur ce point-là – mais aussi de cette frange du peuple juif qui conçoit I’aventure israélienne comme une rupture avec l’histoire juive et la civilisation judaïque.

L’Occident avait fini par accepter l’idée d’une résurgence du peuple d’Israël, certes, mais dans ses habits de deuil, à titre d’Etat-refuge, d’Etat dans les limites d’une cause humanitaire.

La décision de Trump l’a fait se lever désormais dans ses habits de lumière. C’était plus que le concert des nations pouvait supporter. Trump a révélé au monde que cet Israël n’était pas le reste misérable d’un Israël pourchassé et coupable, mais le surgeon d’une histoire de 30 siècles.

Il y a là des données de grande signification, d’une ampleur spirituelle considérable: comme un air d’”histoire sainte” , qui souligne aussi la dimension profondément religieuse et métaphysique de l’inimitié envers Israël, dans ses déclinaisons différentes dans les mondes chrétien, musulman,  voire confucianiste et bouddhiste, déclinaisons clairement lisibles au prisme de la concurrence identitaire et spirituelle de ces univers avec l’Israël éternel.

Un oracle du prophète Zacharie (12) revient naturellement à l’esprit: il se fait l’écho de la Divinité “qui déploie les cieux, fonde la terre et crée le souffle de l’Homme en son sein“:

Je ferai de Jérusalem une coupe de poison pour tous les peuples alentour, et aussi pour Juda, il y aura le siège de Jérusalem. En ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples. Tous ceux qui la soulèveront s’écorcheront. Toutes les nations de la Terre s’assembleront contre elle“.

La cause avouée de ce branle-bas de combat mondial est aussi étrange et démesurée. On oppose à la légitimité d’Israël un peuple qui n’existait pas il y a 40 ans, qui n’a jamais constitué une entité dans l’histoire, un peuple qu’il faudrait à tout prix lier à l’existence d’Israël pour que celui ci soit légitime. En fait, il s’agit de marquer à jamais Israël de la petitesse et de la banalité du peuple le plus favorisé par les nations.

Mais c’est ce peuple, l’Etat fantoche de Palestine, qui mobilisent la scène internationale et obtiennent l’assentiment de super-puissances pour faire d’Israël un hors-la-loi universel. Ici, c’est la figure d’Amalek qui resurgit dont le tradition nous dit qu’il avait fédéré toutes les nations de la terre pour détruire Israël au moment même où il se constituait, au sortir de la servitude égyptienne…

Le fait que tant de nations se liguent contre la réapparition d’Israël dans son lieu électif, celui où son existence prend tout son sens historique, a, certes, quelque chose d’accablant et d’inquiétant pour ce qu’il révèle de la haine à l’encontre des Juifs, mais si l’on reste dans l’esprit de cette philosophie de l’histoire, l’oracle biblique nous donne à privilégier une tout autre attitude: il nous enjoint, face à ce défi métaphysique, symbolique autant que politique, à ne pas abandonner nos habits de lumière.

*À partir d’une chronique sur Radio J, le 22 décembre 2017.

[1] 128 nations sur 193 (35 abstentions)

Voir également:

Next Year in Jerusalem
The U.N. reveals the depth of its anti-U.S., anti-Israel politics.
The Wall Street Journal
Dec. 22, 2017

When Donald Trump made good this month on his campaign promise to recognize Jerusalem as the capital of Israel, it changed almost nothing on the ground: The reality is that Jerusalem has been Israel’s capital for decades.
Likewise for the United Nations’ vote Thursday to condemn the U.S. for the move. It changes nothing, because the U.N. doesn’t get to decide which capitals America recognizes and where it puts its embassies. But the resolution is a reminder of how deep anti-American and anti-Israel sentiment runs at Turtle Bay.

Only seven countries—Guatemala, Honduras, Togo, Nauru, Palau, Micronesia and the Marshall Islands—were willing to stand with Uncle Sam and Israel and vote against the resolution. Thirty-five nations abstained, including Canada and the Czech Republic, which is at least better than outright condemnation. But 128 countries voted yes, with Britain, France, Japan and Germany joining Iran, Russia, China and North Korea to condemn the U.S.
The question is what comes next. Before the measure passed, Nikki Haley, the U.S. Ambassador to the U.N., delivered a speech reminiscent of Daniel Patrick Moynihan’s rebuttal in 1975 when he was the American Ambassador and the U.N. passed a resolution declaring Zionism a form of racism.
“We will remember [this vote],” Ms. Haley said, “when we are called upon to once again make the world’s largest contribution to the United Nations. And we will remember it when so many countries come calling on us, as they so often do, to pay even more and to use our influence for their benefit.” President Trump said something similar at his cabinet meeting, that “we’ll save a lot” by cutting aid to countries that went against us.

These are welcome reminders to an assembly that has long been an embarrassment to its founding principles. Ms. Haley was joined in her reaction to this insult by some members of Congress. Sen. Marco Rubio (R., Fla.) also said the U.S. ought to reconsider the money the U.S. pays to keep the U.N. going.
The feeling is understandable, and we hope the Trump Administration finds ways to make clear its displeasure to the friends who abandoned the U.S. A complete pullout from the U.N. is unlikely, if only because the U.S. is a member to serve America’s interests, not the U.N.’s. Without the U.S. as a check, the United Nations would allow the Palestinians and others to write their own terms for the Middle East, and denunciations of America would be as common as denunciations of Israel. This is the reason Israel remains in the body, notwithstanding the routine insults from countries with obscene human-rights violations.

The best way for America to show the hollowness of this U.N. stunt is by proceeding with its plans to build an Embassy in Jerusalem—and demonstrate to the U.N. that America is one nation that stands by its friends.

Voir encore:

Statut de Jérusalem: les États-Unis condamnés à l’ONU malgré les menaces de Trump
Francesco Fontemaggi – Agence France-Presse à Washington
Carole Landry – Agence France-Presse aux Nations unies

Le Devoir
21 décembre 2017

Le vote n’est pas contraignant et l’administration américaine a fait savoir qu’elle ne changerait pas d’avis.

« Les États-Unis se souviendront de cette journée qui les a vus cloués au pilori devant l’Assemblée générale pour le seul fait d’exercer notre droit de pays souverain », a déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley. « Nous nous en souviendrons quand on nous demandera encore une fois de verser la plus importante contribution » financière à l’ONU, a-t-elle lancé, menaçant à nouveau de « mieux dépenser » l’argent des Américains à l’avenir.

Donald Trump avait pris les devants mercredi. « Ils prennent des centaines de millions de dollars et même des milliards de dollars et, ensuite, ils votent contre nous », avait tempêté le président américain. « Laissez-les voter contre nous, nous économiserons beaucoup, cela nous est égal. »

Un deuxième désaveu en moins d’une semaine

Les États-Unis ne cachent pas leur colère depuis un premier vote, lundi, au niveau du Conseil de sécurité.

Ce vote « est une insulte que nous n’oublierons pas », avait lancé, l’œil noir, Nikki Haley à ses 14 partenaires du Conseil, dont ses alliés européens, qui avaient unanimement approuvé la condamnation de la décision américaine.

In fine, cette résolution-là n’avait pas été adoptée, les États-Unis ayant utilisé leur veto de membre permanent, mais l’unité des autres membres avait résonné comme un cinglant désaveu pour Washington.

À l’Assemblée générale de l’ONU, aucun pays n’a de droit de veto.

Les États-Unis se souviendront de cette journée qui les a vus cloués au pilori devant l’Assemblée générale pour le seul fait d’exercer notre droit de pays souverain.

Les États-Unis ont essuyé jeudi à l’Assemblée générale de l’ONU une large condamnation de leur reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, après avoir multiplié les menaces financières contre les pays opposés à leur position.

Sur les 193 pays membres des Nations unies, 128 ont voté en faveur d’une résolution condamnant la décision annoncée le 6 décembre par Donald Trump sur Jérusalem, à rebours de la position américaine traditionnelle et du consensus de la communauté internationale qui n’a jamais reconnu l’annexion de la partie orientale de la ville par l’État hébreu.

De nombreux alliés de Washington ont approuvé la résolution, dont la France et le Royaume-Uni.

Neuf pays, parmi lesquels les États-Unis et Israël, mais aussi le Guatemala et le Togo, ont voté contre ce texte qui répond à une initiative des Palestiniens.

Signe que les menaces et pressions de Washington ont pesé ? Trente-cinq États, dont le Canada, le Mexique, l’Argentine, la Pologne ou la Hongrie, se sont abstenus et 21 n’ont pas pris part au scrutin. Avant le vote, plusieurs ambassadeurs interrogés par l’AFP tablaient pour une adoption plus large, avec un score oscillant entre 165 et 190 votes pour.

Le texte adopté jeudi affirme que toute décision sur le statut de Jérusalem « n’a pas de force légale, est nulle et non avenue et doit être révoquée ». Il souligne que cet épineux statut doit faire partie d’un accord de paix final entre Israéliens et Palestiniens, ces derniers voulant établir à Jérusalem-Est la capitale de l’État auquel ils aspirent.

Menaces et pressions américaines

À l’approche du scrutin, Washington, qui assure que sa décision ne préjuge pas de l’issue de futures négociations de paix, a multiplié menaces et pressions. Des avertissements qui ont sidéré nombre de diplomates onusiens.

En réponse à la menace de Nikki Haley de « noter les noms » de ceux qui ont voté la résolution, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Malki, a estimé que « l’Histoire note les noms » de « ceux qui défendent ce qui est juste » et de « ceux qui mentent ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, parmi les opposants les plus virulents à la position américaine malgré l’alliance entre Washington et Ankara, avait lui exhorté la communauté internationale à ne pas se « vendre » pour « une poignée de dollars » face aux menaces de Donald Trump de couper des aides financières.

L’impact des pressions américaines était diversement apprécié après le vote.

Les Palestiniens ont salué un « revers cinglant » pour les États-Unis. Cela « réaffirme que la juste cause des Palestiniens bénéficie du soutien du droit international », a réagi le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, qui espère ainsi maximiser son poids lors d’une éventuelle reprise du processus de paix.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rejetant la décision de l’Assemblée générale de l’ONU, qualifiée de « maison des mensonges », a lui au contraire réagi « avec satisfaction face au nombre important de pays qui n’ont pas voté en faveur » de la résolution.

« Il est clair que de nombreux pays ont donné la priorité à leur relation avec les États-Unis par rapport à une tentative vaine de nous isoler », s’est aussi réjoui un porte-parole de la mission américaine à l’ONU à la lecture des résultats détaillés du vote.

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Abbas: “Nous sommes inspirés par le message de Jésus ..”

Le chef de l’entité terroriste “Autorité palestinienne”, Mahmoud Abbas, a présenté vendredi Jésus comme une source d’inspiration pour les Palestiniens luttant contre la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël.

“Alors que l’administration américaine a décidé de récompenser l’injustice et de menacer ceux qui ne la soutiennent pas, nous continuerons notre chemin vers la liberté et l’indépendance”, a déclaré le dirigeant palestinien dans ses vœux de Noël adressés aux Chrétiens.

“Nous appelons les chrétiens du monde à écouter les vraies voix des chrétiens autochtones de Terre Sainte. Les mêmes voix qui ont fermement rejeté la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël à travers leurs chefs d’églises. Ils sont les descendants des premiers disciples de Jésus-Christ et font partie intégrante du peuple palestinien”, a-t-il expliqué

“Nous sommes inspirés par le message de Jésus, qui a refusé l’injustice et répandu une parole d’espoir”, a-t-il poursuivi. “Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront comblés”, a cité le dirigeant palestinien, en référence au Sermon sur la montagne prononcé par Jésus.

En 2015, un prêtre orthodoxe israélien, le Père Gabriel Naddaf, avait fustigé l’instrumentalisation politique de Jésus par les Palestiniens.

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Qui est Ahed Tamimi, l’activiste palestinienne jugée pour avoir giflé des soldats israéliens

PALESTINE – Âgée de 17 ans, la jeune activiste palestinienne a comparu aujourd’hui devant un tribunal militaire israélien. Son crime? Avoir bousculé et provoqué des soldats qui patrouillaient dans le village de Nabi Saleh, sous occupation israélienne. L’affront avait été filmé et la vidéo est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux.

Les faits filmés se seraient déroulés devant la maison de la famille Tamimi, en marge d’une manifestation contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, vendredi dernier. Ahed et sa cousine Nour s’approchent de deux soldats israéliens appuyés sur un muret, les bousculent et leur donnent quelques coups pour les faire partir. Les soldats, armés et casqués, restent impassibles aux coups assenées et s’éloignent à reculons.

Dans la nuit de lundi à mardi, à 4h du matin, des soldats israéliens entrent dans la maison familiale de la jeune fille pour l’embarquer au poste de garde militaire, près de Ramallah. Ahed Tamimi a comparu ce mercredi 20 décembre devant un tribunal militaire. Sa mère et sa cousine Nour, qui étaient avec elle au moment des faits, auraient également été arrêtées.

Selon l’agence de presse palestinienne Maan, les soldats israéliens ont saisi des téléphones cellulaires, des organisateurs portables et des appareils photos au domicile de la jeune fille. D’après son père, Bassem Tamimi, les militaires auraient fait irruption dans la maison familiale avec « une extrême brutalité », auraient frappé Nariman Tamimi, la mère d’Ahed, ainsi que ses frères et sœurs, avant d’embarquer la jeune fille sans leur préciser où elle serait emmenée.

Le père a ajouté sur Facebook que sa fille était visée depuis qu’elle avait été attaquée par les médias israéliens, pour avoir protesté contre les soldats qui avaient abattu un adolescent de 14 ans d’une balle enrobée de caoutchouc à Nabi Saleh. Elle aurait pris la défense du jeune garçon, Mohammed Tamimi, plongé actuellement dans un coma artificiel.

Derrière l’apparence angélique de Ahed se cache une redoutable activiste qui n’a pas froid aux yeux. Elle se fait connaître, depuis son plus jeune âge, pour ses actes de résistance face à l’occupation israélienne. En 2012, une photo d’elle brandissant son poing sous le nez de soldats israéliens lui ont valu d’être reçue en 2012 par Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre turc.

En 2015, d’autres photos d’elle font le tour du monde et suscitent la curiosité des médias. On y voit l’adolescente et sa mère qui tentent de faire lâcher prise à un soldat plaquant son petit frère contre un rocher. Elle devient alors un symbole de la lutte contre l’occupation israélienne.

Aujourd’hui, elle risque sept ans de prison, selon Naftali Bennett, ministre israélien de l’Éducation. De quoi mobiliser la twittosphère où les messages de soutien se multiplient.

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La vraie réponse palestinienne au discours de Jérusalem de Trump
Bassam Tawil
Gatestone institute
21 décembre 2017
Traduction du texte original: The Real Palestinian Response to Trump’s Jerusalem Speech

Trois heures à peine après que le président américain Donald Trump a informé le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de son intention de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, un certain nombre de reporters et de photographes palestiniens ont été conviés à Bethléem. Un « événement important » allait s’y produire.

A Bethléem, les journalistes ont découvert que « l’événement » en question consistait en une poignée d’« activistes » palestiniens qui réclamaient d’être filmés en train de brûler des affiches de Trump.

Les « activistes » ont patiemment attendu que photographes et cameramen installent leur équipement. Ce n’est qu’ensuite que l’ « événement important » a commencé. Aussitôt l’évènement mis en boite, les médias ont été bombardés d’images « de manifestants palestiniens en colère descendus dans les rues pour protester » contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et contre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Cet incident illustre la collusion qui existe de longue date entre les Palestiniens et les médias. Une fois de plus, les journalistes ont été heureux de jouer les porte-voix de la machine de propagande palestinienne, et de répandre aussi haut et fort que possible les menaces des Palestiniens à l’encontre d’Israël et des Etats-Unis.

Si les photographes et les cameramen avaient boycotté l’embrasement « spontané » de la rue palestinienne et la mise à feu de l’effigie de Trump, les activistes palestiniens auraient tranquillement battu en retraite en direction de l’un ou l’autre des excellents cafés de Bethléem.

Mais les militants palestiniens n’avaient aucune inquiétude : ils savent combien les correspondants locaux et étrangers sont avides de sensationnel – et que rien ne peut mieux les satisfaire que la mise à feu des affiches de Trump sur le lieu de naissance de Jésus, à la veille de Noël quand des milliers de pèlerins chrétiens et de touristes convergent sur la ville.

En laissant croire que la « cérémonie » du bucher de Trump était l’expression de la rage palestinienne, les médias internationaux ont à nouveau agi en complices des propagandistes palestiniens. Les dirigeants palestiniens et leurs porte-paroles veulent faire croire que la décision de Trump concernant Jérusalem va enflammer la région. Ils cherchent également à faire croire au peuple américain que la politique de leur président met leur vie de citoyens en danger. Là, encore et toujours, les médias se mettent au service des campagnes d’intimidation palestiniennes. Et l’écho qu’ils ont donné à la farce des affiches de Bethléem n’est que le début.

Maintenant que les Palestiniens ont réussi, avec l’aide des médias, à incruster ces images dans l’esprit de millions d’Américains, ils envisagent des manifestations plus importantes. L’objectif : terrifier le public américain et faire reculer Trump sur le statut de Jérusalem. Cette stratégie d’intimidation par médias interposés n’est pas nouvelle. Le scénario dure depuis des décennies ; il repose sur l’adhésion des grands médias occidentaux.

Aujourd’hui, journalistes palestiniens et occidentaux ont été invités à couvrir une série de manifestations que les Palestiniens ont organisé pour les jours et les semaines à venir. Photographes et reporters de télévision se sont vu remettre la liste et les horaires détaillés des événements prévus en différents endroits de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les Palestiniens leur ont promis encore plus d’effigies de Trump et de drapeaux américains en flammes. Certains journalistes ont été informés des meilleurs « affrontements » entre émeutiers palestiniens et soldats des Forces de défense israéliennes. En d’autres termes, ils savent exactement ou se rendre pour filmer des Palestiniens en train de lapider les soldats – avec la riposte prévisible de Tsahal.

Le plus drôle est que si, pour une raison ou une autre, les caméras sont absentes, les « activistes » ne se montreront pas non plus. Dans le monde palestinien, il s’agit seulement d’enrôler et de manipuler les médias pour une cause unique : dénigrer Israël – et Trump avec.

Oui, les Palestiniens vont manifester contre Trump. Oui, ils descendront dans les rues et lanceront des pierres sur les soldats de Tsahal. Oui, ils vont brûler des images de Trump et des drapeaux américains. Oui encore, ils tenteront des attaques terroristes contre les Israéliens.,

Mais quand, confortablement installés ans nos salons nous verrons les « informations » en provenance de Cisjordanie et de la bande de Gaza, nous devrons nous poser la question : ces « événements » ne sont-ils pas en réalité des farces médiatiques ? Une question qui entraîne d’autres questions. Pourquoi les journalistes se laissent-ils duper par la machine de propagande palestinienne, qui crache haine et violence du matin au soir ? Et, pourquoi les journalistes amplifient-ils et aggravent-ils les menaces de violence et d’anarchie proférées par les Palestiniens ?

La première réponse à ces questions est que de nombreux journalistes répondent à la demande de leurs lecteurs et rédacteurs en chef en proposant des articles négatifs sur Israël. Certains journalistes sont également convaincus qu’une couverture anti-israélienne représente une voie royale pour obtenir les trophées et récompenses que décernent diverses organisations bien pensantes. Troisièmement, de nombreux journalistes pensent que des articles anti-israéliens leur donne la possiblité de copiner avec la gauche intellectuelle et de fréquenter des coteries soi-disant « éclairées » persuadées d’être dans « le sens de l’histoire ». Ils ne veulent surtout pas voir que, depuis plusieurs décennies, 21 États musulmans tentent de détruire un État juif ; ces plumitifs « de gauche » et à l’ « esprit ouvert » préfèrent se raconter l’histoire qu’il est de leur devoir de soutenir l’« opprimé », qui est selon eux « le Palestinien ». Enfin, la plupart des journalistes réduisent le conflit a une opposition entre les méchants (les Israéliens) et les gentils (les Palestiniens) ; ils croient de leur devoir de se ranger du côté des « gentils », peu importe que ces « gentils » pratiquent la violence et le terrorisme.

Récemment, plus de 300 fidèles musulmans ont été massacrés par des terroristes islamiques alors qu’ils priaient dans une mosquée du Sinaï, en Égypte. Cette tragédie a probablement été couverte par moins de journalistes que l’autodafé de Trump à Bethléem. Le monde arabe et islamique a-t-il réagi ? Ces mêmes Arabes et musulmans qui parlent de « jours de rage » contre Trump ont-ils émis une quelconque protestation ? Où sont les « jours de rage » arabes et islamiques quand plus de 300 fidèles, dont de nombreux enfants, sont assassinés un vendredi de prière ?

Il serait temps que les médias se livrent à un minimum d’introspection : veulent-ils vraiment continuer à « servir la soupe » aux Arabes et aux musulmans qui intimident et terrorisent l’Occident ?

Les journalistes entrent en collusion avec l’Autorité palestinienne et le Hamas pour créer la fausse impression que la troisième guerre mondiale va éclater si l’ambassade américaine est déplacée à Jérusalem. Des centaines de milliers de musulmans et de chrétiens ont été massacrés depuis le début du « printemps arabe » voilà six ans. Ils ont été tués par des terroristes musulmans et par d’autres Arabes. L’effusion de sang se poursuit à ce jour au Yémen, en Libye, en Syrie, en Irak et en Egypte.

Mais que l’on ne s’y trompe pas : les « rivières de sang » que l’on nous promet coulent déjà. Mais c’est le couteau que les Arabes et les musulmans lèvent contre d’autres Arabes et musulmans qui est à l’origine de ce fleuve cramoisi. Et pas la déclaration d’un président américain. Ne serait-il pas temps que les correspondants en poste au Moyen Orient s’intéressent réellement à ce qui se passe dans la région ?

Bassam Tawil est un musulman basé au Moyen-Orient.

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400 attaques contre des Israéliens ont été déjouées en 2017 (Shin Bet)


Police israélienne
Selon la sécurité intérieure, le Hamas tente par tous les moyens de mener des attaques en Cisjordanie

Près de 400 attaques terroristes contre des Israéliens ont été déjoués en 2017, a indiqué dimanche le chef du service de sécurité intérieure (Shin Bet), Nadav Argaman.

« Le Hamas tente par tous les moyens de mener des attaques en Judée et en Samarie (Cisjordanie) et de porter atteinte à la stabilité » dans la région, a affirmé le responsable sécuritaire israélien lors d’une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Sécurité du Parlement.

« Le calme relatif que nous vivons est un calme trompeur. Sous la surface, les choses sont préoccupantes », a souligné Nadav Argaman.

Selon le chef du Shin Bet, 400 attaques terroristes significatives contre des Israéliens ont été déjouées en 2017, dont treize attentats-suicides, huit enlèvements et 94 attentats « sacrifices », qui désignent ceux au terme desquels les terroristes savent que leurs chances d’être encore en vie sont faibles.

Près de 100 terroristes isolés potentiels ont été neutralisés, et seulement 54 sont parvenus à mener une attaque, contre 108 l’année dernière.

« La période à venir va être très difficile », a conclu Argaman. « Il y a des troubles sur le terrain et une incitation à la violence de l’Autorité palestinienne qui fait descendre les Palestiniens dans la rue ».

« Il faut analyser la signification de l’échec du processus de réconciliation », a-t-il affirmé, faisant allusion au difficile rapprochement entre le Hamas et le Fatah, qui laisse présager ‘ »une période instable dans les prochains mois ».

Depuis l’annonce de la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël le 6 décembre dernier, des affrontements quasi-quotidiens entre émeutiers palestiniens et soldats israéliens ont eu lieu en Cisjordanie et à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, faisant des centaines de blessés.

Onze Palestiniens ont perdu la vie au cours de ces violences, et des dizaines d’autres ont été arrêtés.

Lors d’une rare apparition télévisée, le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, a exhorté jeudi les Palestiniens à attaquer les soldats israéliens et les civils qui vivent en Cisjordanie.

Cependant, malgré les appels à une troisième intifada des dirigeants du Hamas, les affrontements restent limités et le nombre d’émeutiers ne constituent pas une menace sérieuse pour l’instant, selon l’appareil sécuritaire israélien.

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L’Administration Obama a tenté d’entraver une vaste opération d’investigation visant le Hezbollah, assure Politico

Le magazine américain publie une grande enquête dans laquelle il explique pourquoi l’ancienne administration américaine a mis des bâtons dans les roues d’une vaste investigation visant les « activités criminelles » du Hezbollah à travers le monde.

L’Orient le jour

18/12/2017

Le média politique américain Politico a publié lundi une enquête approfondie sur les efforts qui auraient été déployés par l’administration de l’ancien président Barack Obama, pour mettre des bâtons dans les roues d’une opération d’investigation de grande envergure, baptisée Projet Cassandra, ciblant les activités illégales du Hezbollah en matière de trafic de drogues, d’armes et de blanchiment d’argent sur la scène internationale. Selon Politico, la mise en veille du projet Cassandra aurait été décidée par l’Administration Obama pour permettre l’aboutissement des négociations sur le nucléaire iranien, et la conclusion de l’accord de Vienne, le 14 juillet 2015.

Politico, fondé en 2007, est un grand média américain qui se concentre sur l’actualité de la Maison Blanche, du Congrès américain et de la politique gouvernementale des États-Unis.

Le résultat de cette enquête, menée par Josh Meyer, est un long article divisé en trois parties. Dans la première, intitulée « L’émergence d’une menace mondiale », le journaliste décrit l’évolution du Hezbollah, la présentant comme une milice agissant principalement, dans un premier temps, pour des raisons politiques au Moyen-Orient, avant de se transformer en une plateforme de trafic de drogues et d’armes, finançant son expansion et blanchissant ses rentrées financières via un trafic de voitures en direction de plusieurs pays d’Afrique.

Dans cette première partie, Politico évoque notamment le Projet Cassandra, une campagne lancée en 2008, « après que la Drug Enforcement Administration (DEA) ait rassemblé des preuves que le Hezbollah s’était transformé d’organisation militaire et politique focalisée sur le Moyen-Orient en organisation criminelle internationale dont certains enquêteurs estimaient qu’elle tirait d’opérations de trafic de drogue, d’armes, de blanchiment et d’autres activités criminelles un bénéfice d’un milliard de dollars par an ».

Selon Politico, des agents issus de 30 agences de sécurité américaines et étrangères ont coopéré dans le cadre de ce projet, menant notamment des opérations d’infiltration et de mises sur écoute. Les agents « ont suivi des cargaisons de cocaïne, certaines allant d’Amérique latine vers l’Afrique de l’ouest ou vers l’Europe et le Moyen-Orient, d’autres partant du Venezuela ou du Mexique, vers les Etats-unis. Ils ont suivi des rivières d’argent sale dont le blanchiment passait par l’achat de véhicules américains d’occasion envoyés en Afrique. Et avec l’aide de témoins clés coopératifs, les agents ont pu mettre en lumière la vaste conspiration remontant, selon eux, au premier cercle des responsables du Hezbollah et à l’Iran », écrit Politico.

Des bâtons dans les roues
La seconde partie de l’article, intitulée « Partout et nulle part », revient sur l’expansion des réseaux criminels du Hezbollah en Amérique latine, en Afrique, en Europe et aux Etats-Unis et sur les moyens déployés par le Projet Cassandra pour en découvrir toutes les ramifications.

Dans la troisième et dernière partie de son article, M. Meyer explique en détail les différents moyens mis en œuvre par l’administration Obama pour freiner l’avancée des enquêtes menées dans le cadre du Projet Cassandra, notamment en rejetant les demandes de poursuites criminelles contre des personnalités-clés du parti chiite libanais ou en refusant de mettre en place des stratégies pour les attirer vers des pays où ils auraient pu être arrêtés.

Les réticences de Barack Obama et de son administration étaient surtout liées à leur volonté de ne pas mettre à mal les négociations, alors en cours, avec Téhéran concernant le nucléaire, et qui ont mené, en juillet 2015 à la signature d’un accord entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu (Etats-Unis, Chine, Royaume-Uni, France et Russie), l’Allemagne et l’Iran. Les obstacles placés par l’administration américaine de l’époque visaient également, selon des sources, la plupart anonymes, interrogées par Politico, à faciliter les pourparlers en cours pour la libération d’Américano-iraniens détenus par l’Iran. Politico évoque enfin le fait que l’Administration Obama voulait pouvoir compter sur l’Iran dans la lutte contre le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak.

Kerry réfute
L’ancien secrétaire d’Etat, John Kerry, qui a supervisé tout le processus de négociations avec l’Iran, rejette les conclusions de l’enquête. « Les négociations nucléaires se sont faites de façon indépendante, aucune discussion n’a jamais eu lieu sur les liens existant entre ces négociations et d’autres dossiers », affirme-t-il. Mais un ancien officier de la CIA, qui était basé à l’époque au Moyen-Orient, assure à Politico que « très tôt dans les négociations, les Iraniens ont dit +Écoutez, vous devez relâcher la pression sur le Hezbollah+, ce que l’administration Obama a accepté de faire ». « Il s’agissait d’une décision stratégique visant (pour les Américains) à faire preuve de bonne volonté envers les Iraniens dans le cadre de la recherche d’un accord (sur le nucléaire iranien), ajoute-t-il. Et l’équipe d’Obama voulait vraiment, vraiment, vraiment, cet accord ».

Cet article intervient alors que l’Administration de Donald Trump est en passe de renforcer les sanctions contre le Hezbollah, et alors que le président américain dénonce régulièrement l’accord sur le nucléaire iranien, le « pire » conclu par les Etats-unis selon lui. Le 13 octobre dernier, il avait refusé d’endosser son application. S’il avait, à cette occasion, prononcé un discours virulent aux accents de déclaration de guerre contre Téhéran, M. Trump n’était cependant pas allé jusqu’à « déchirer » l’accord, comme il s’y était engagé pendant la campagne.

Lire ici l’intégralité de l’enquête de Politico

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Israël «pas un vrai pays» : le magazine Youpi retiré des ventes

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) s’était ému auprès du groupe Bayard d’une carte du monde ne reconnaissant pas l’État hébreu comme un «vrai pays». L’éditeur a choisi de retirer la publication des kiosques dès mardi.
Le Figaro
25/12/2017

Le numéro de janvier du magazine pour enfants Youpi va être retiré de la vente mardi, après avoir écrit qu’Israël n’était «pas un vrai pays», a annoncé lundi le groupe Bayard, répondant favorablement à la requête du président du Crif, Francis Kalifat. L’édition de janvier du mensuel contient une carte du monde avec la légende suivante: «On appelle ces 197 pays des États, comme la France, l’Allemagne ou l’Algérie. Il en existe quelques-uns de plus, mais tous les autres pays du monde ne sont pas d’accord pour dire que ce sont de vrais pays (par exemple l’État d’Israël ou la Corée du Nord)».

«Une maladresse»

«On reconnaît une erreur, une maladresse, nous ne voulions évidemment en aucun cas contester l’existence de l’État d’Israël», a déclaré Pascal Ruffenach, président du groupe Bayard, qui édite le magazine Youpi. «Nous faisons acte de bonne volonté, c’est important de contribuer à l’esprit de pacification et d’apaisement», a-t-il ajouté. Contacté un peu plus tôt par l’AFP, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Francis Kalifat avait annoncé qu’à sa demande, le groupe Bayard allait retirer le numéro 352 de Youpi de la vente. Francis Kalifat avait été avisé par des lecteurs de cette «contrevérité historique livrée à l’esprit de jeunes enfants entre 5 et 10 ans. Je me suis empressé d’écrire au rédacteur en chef du magazine et au président du groupe Bayard sur cette erreur flagrante qui y figurait et leur demander de rétablir les choses».

Francis Kalifat estime désormais qu’il s’agit d’«un non-évènement», jugeant qu’il n’y avait «plus matière à polémique». Le Crif a en outre demandé la publication dans le prochain numéro d’un «rectificatif ainsi qu’un article expliquant ce qu’est Israël et comment et pourquoi il est né», indique-t-il sur Facebook. Pascal Ruffenach n’a pas dit s’il donnerait suite à cette requête. «On a sorti le numéro de décembre dans lequel on expliquait les religions aux enfants. Nos publications suivent le rythme d’enfants de six ans, on verra comment faire au mieux pour les prochaines fois», a-t-il réagi.

L’État d’Israël a été proclamé en mai 1948 à la suite d’un vote de l’ONU sur le partage de la Palestine. Israël est membre de l’ONU depuis mai 1949.

Voir enfin:

A l’université, attention à « la banalisation de l’antisémitisme »
Dans une tribune au « Monde », un collectif d’intellectuels s’indigne de la multiplication de colloques à visées militantes. Un nouvel antiracisme assimile juifs et oppresseurs et ravive ainsi des clichés antisémites.
Alain Policar (Sociologue) et Emmanuel Debono (Historien)
Le Monde
30.11.2017

« Comment dès lors s’étonner que l’antisémitisme soit relativisé voire invisibilisé, les juifs étant assimilés, dans la pensée indigéniste, à un groupe auxiliaire des « dominants » et à des colonialistes ? » (Université de La Rochelle).

Tribune. Nous souhaitons vivement attirer l’attention sur certains ­processus de banalisation de l’antisémitisme à l’université depuis quelques années. Fin 2012, à l’université de La Rochelle, des étudiants voulant critiquer la marchandisation du monde montaient une pièce de théâtre dans laquelle le prétendu rapport des juifs à l’argent était présenté comme une évidence. Malgré les protestations, l’université était restée impassible.

L’invitation d’Houria Bouteldja à l’université de Limoges, le 24 novembre, obéit à une logique semblable. Pour en défendre l’opportunité, le président de l’université – qui a dû, face aux protestations, se résoudre à annuler l’événement – a argué que « les séminaires de recherche doivent être l’occasion de discuter sans préjugés de l’ensemble des idées aujourd’hui présentes dans notre société et, si elles sont contraires à nos valeurs, c’est aussi l’occasion de les combattre, mieux que par la censure ».

Discuter de tout est une chose. La question est de savoir avec qui et dans quel but. Quand approfondit-on la recherche et la visée de connaissance ? A partir de quand bascule-t-on dans l’idéologie et la propagande ? Peut-on suggérer, pour une prochaine rencontre, un débat entre un représentant du créationnisme et un théoricien de l’évolution ? Ou ­entre un négationniste et un historien de la Shoah ?

Car après avoir officiellement soutenu la « résistance du Hamas », déclaré, en 2012, « Mohamed Merah, c’est moi », après avoir fièrement posé à côté d’un graffiti « Les sionistes au goulag » et ­condamné les mariages mixtes, Houria Bouteldja a pu, dans son dernier livre, Les Blancs, les Juifs et nous (La Fabrique, 2016), renvoyer à longueur de pages les Blancs à leur indépassable « blanchité » et exprimer son obsession des juifs.

Elle se dit capable de reconnaître les juifs « entre mille », par leur « soif de vouloir se fondre dans la blanchité ». L’antisémitisme serait l’apanage des Blancs, l’antisionisme étant au contraire un instrument d’émancipation : « L’antisionisme est notre terre d’asile. Sous son haut patronage, nous résistons à l’intégration par l’antisémitisme tout en poursuivant le combat pour la ­libération des damnés de la terre. » Propos présentant l’intérêt d’être discutés « sans préjugés » ou appels caractérisés au mépris sinon à la haine ?

L’université et certains de ses acteurs ne distinguent plus la recherche scientifique de l’activisme

Certains chercheurs ont répondu à cette question en trouvant quelque vertu à la pensée de la présidente du Parti des indigènes de la République (PIR). Déjà le 19 juin, sur Le Monde.fr, ils furent quelques-uns à lui témoigner leur soutien dans ce qui se voulait une vi­goureuse défense de l’antiracisme politique. La pensée de la militante était alors promue comme le début d’un travail d’émancipation à l’égard des catégories oppressives.

Critiquer cette perspective, c’était se détourner de la lutte en faveur des plus démunis, « prolétaires, paysans, chômeurs, laissés-pour-compte, sacrifiés de l’Europe des marchés et de l’Etat ». Qui trop embrasse… On voit mal pourtant comment concilier la mixophobie revendiquée et la « politique de l’amour ­révolutionnaire » chantée par l’auteure. Aveuglés, nous avions osé penser qu’il s’agissait là d’idées incompatibles !
D’étranges syndicalistes

La banalisation de l’antisémitisme emprunte le chemin d’une confusion des genres, d’un refus de hiérarchiser, lorsque l’université et certains de ses acteurs ne distinguent plus la recherche scientifique de l’activisme. La multi­plication, depuis quelque temps, de ­colloques ou de journées d’études à visées militantes, faisant intervenir des proches du PIR ou des partisans de ses théories, a de quoi inquiéter.

Le phénomène a son pendant dans l’enseignement secondaire, où d’étranges syndicalistes ont tenté d’organiser des ateliers « en non-mixité raciale ». Car ce nouvel « antiracisme » a la particularité de réinvestir la pensée essentialisante et racisante, en circonscrivant la pro­blématique du racisme dans un rapport dominants-dominés que nourriraient l’ethnocentrisme, le capitalisme et les survivances du colonialisme.

Comment dès lors s’étonner que l’antisémitisme soit relativisé voire invisibilisé, les juifs étant assimilés, dans la pensée indigéniste, à un groupe auxiliaire des « dominants » et à des colonialistes ? Force est alors de constater que les antisémites sont légion, mais que l’antisémitisme a disparu.

Lire aussi : En France, l’antisémitisme « du quotidien » s’est ancré et se propage

Il y a des chercheurs pour lesquels l’obsession d’une « question juive », l’idée d’un affrontement émancipateur entre « sionistes » et « indigènes », le recours à la racialisation et à la séparation en fonction des origines constitueraient des bases d’échange acceptables dans l’espace universitaire ou l’institution scolaire. Aussi ne sait-on plus vraiment si les propos antisémites, sexistes, homophobes ou encore xénophobes font partie des « opinions » ouvertes à la discussion ou, à l’opposé, sont condamnables au nom de la loi et des principes de la démocratie.

Le texte publié ce 24 novembre par ­Libération (« Contre le lynchage médiatique et les calomnies visant les anti­racistes ») participe de ce brouillage. Il ne serait pas permis de condamner, comme nous venons de le faire, les vecteurs de l’antisémitisme ordinaire sans être englobés dans la sphère identitaire fondamentalement xénophobe. Nous ne sommes pas de ceux-là : notre combat contre les idéologies d’exclusion profondément antirépublicaines, lesquelles témoignent de l’intolérance à la diversité visible, est sans concession.

Sont également co-signataires de cette tribune : Joëlle Allouche (psychosociologue), Claudine Attias-Donfut (sociologue), Martine Benoit (historienne), Antoine Bevort (sociologue), Claude Cazalé Bérard (italianiste), Vincenzo Cicchelli (sociologue), André Comte-Sponville (philosophe), Claudine Cohen (philosophe et historienne), Patricia Cotti (psychopathologue), Stéphanie Courouble Share (historienne), Laurence Croix (psychologue), Danielle Delmaire (historienne), Gilles Denis (historien et épistémologue), Michel Dreyfus (historien), Alexandre Escudier (historien et politiste), Christian Gilain (mathématicien), Yana Grinshpun (linguiste), Valérie Igounet (historienne), Gunther Jikeli (historien), Yann Jurovics (juriste), Andrée Lerousseau (germaniste), Jean-Claude Lescure (historien), Françoise Longy (philosophe), Marylène Mante Dunat (juriste), Céline Masson (psychopathologue), Isabelle de Mecquenem (philosophe), Sylvie Mesure (sociologue et philosophe), Denis Peschanski (historien), Christine Pietrement (pédiatre), Valéry Rasplus (sociologue), Bernard Reber (philosophe), Myriam Revault d’Allonnes (philosophe), Sophie Richardot (psychosociologue), Maryse Souchard (sciences de la communication), Christophe Tarricone (historien), Francis Wolff (philosophe), et Paul Zawadzki (politiste).


Mai 68/50e: Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es (1968 all over again or peaking leftism ? – After the silly and shallow “inequality” talk of the Obama years, the signs of progressivism in decadence are everywhere)

29 octobre, 2017
CRSS = SS
 
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. René Girard
Somebody who speaks to common-sense American values — that is what the Democrats need. A Democratic Party that can’t tell me how many genders there are, that ain’t flying in this country. Chuck Coughlin (Republican political consultant)
Trump had that “kind of bluntness and occasionally even crass language which, if nothing else, at least meant authenticity. The president just hit a lot of nerves that a lot of conventional politicians didn’t even know were there. (…) Many African-Americans are focused on a particular set of facts and circumstances” that “drive that conduct, that protest. But when many other Americans see it, and Americans of all races, they think “gosh, these guys all have it pretty good. You know they make a really good living, playing football. This country’s been really good to them. And so, even if they have an ax to grind, they shouldn’t grind it against the country or its symbol or its anthem. there’s simply no getting around that when you make that choice you’re going to alienate a lot of Americans. Jay Heiler (lawyer)
The Democratic Party has not yet begun a serious reckoning with its defeat last year. It hasn’t grasped the degree to which it lives, still, in a coastal echo chamber of identity politics and Trump-bashing. Just being anti-Trump won’t cut it … Trump winks at white supremacists, thrives on confrontation and debases the Oval Office. But it would be a huge mistake to conclude from this that his defeat is inevitable; or that his supporters do not include millions of decent, smart Americans who just view the world differently. Americans who feel culturally alienated from the globalized metropolis (and sense that their worldview elicits contempt in a Democratic Party that often seems to have lost touch with ordinary Americans). An overriding lesson of 2016 for liberals is that without hard-nosed realism about the state of the country and Trump’s talents, you lose. And that’s the truth. Roger Cohen
 Il faut se rappeler que les chefs militaires allemands jouaient un jeu désespéré. (…) Néanmoins, ce fut avec un sentiment d’effroi qu’ils tournèrent contre la Russie la plus affreuse de toutes les armes. Ils firent transporter Lénine, de Suisse en Russie, comme un bacille de la peste, dans un wagon plombé. Winston Churchill
Un des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis. Thérèse Delpech (« L’Ensauvagement: le retour de la barbarie au XXIe siècle », 2005)
L’URSS a connu en 1932-1933 une sérieuse disette conduisant à un strict renforcement du rationnement, pas une famine et en tout cas pas une famine à « six millions de morts… Annie Lacroix-Riz
“In the spring of 1932 desperate officials, anxious for their jobs and even their lives, aware that a new famine might be on its way, began to collect grain wherever and however they could. Mass confiscations occurred all across the U.S.S.R. In Ukraine they took on an almost fanatical intensity. » I am quoting a few lines from “Red Famine,” Anne Applebaum’s brilliant new history of the deliberate policy of mass starvation inflicted on Ukraine by Joseph Stalin in the early 1930s. An estimated five million or more people perished in just a few years. Walter Duranty, The Times’s correspondent in the Soviet Union, insisted the stories of famine were false. He won a Pulitzer Prize in 1932 for reportage the paper later called “completely misleading.” How many readers, I wonder, are familiar with this history of atrocity and denial, except in a vague way? How many know the name of Lazar Kaganovich, one of Stalin’s principal henchmen in the famine? What about other chapters large and small in the history of Communist horror, from the deportation of the Crimean Tatars to the depredations of Peru’s Shining Path to the Brezhnev-era psychiatric wards that were used to torture and imprison political dissidents? Why is it that people who know all about the infamous prison on Robben Island in South Africa have never heard of the prison on Cuba’s Isle of Pines? Why is Marxism still taken seriously on college campuses and in the progressive press? Do the same people who rightly demand the removal of Confederate statues ever feel even a shiver of inner revulsion at hipsters in Lenin or Mao T-shirts? These aren’t original questions. But they’re worth asking because so many of today’s progressives remain in a permanent and dangerous state of semi-denial about the legacy of Communism a century after its birth in Russia. (…) they will insist that there is an essential difference between Nazism and Communism — between race-hatred and class-hatred; Buchenwald and the gulag — that morally favors the latter. They will attempt to dissociate Communist theory from practice in an effort to acquit the former. They will balance acknowledgment of the repression and mass murder of Communism with references to its “real advances and achievements.” They will say that true communism has never been tried. They will write about Stalinist playwright Lillian Hellman in tones of sympathy and understanding they never extend to film director Elia Kazan. (…) intellectuals have a long history of making fools of themselves with their political commitments, and that the phenomenon is fully bipartisan. But the consequences of the left’s fellow-traveling and excuse-making are more dangerous. Venezuela is today in the throes of socialist dictatorship and humanitarian ruin, having been cheered along its predictable and unmerry course by the usual progressive suspects. One of those suspects, Jeremy Corbyn, may be Britain’s next prime minister, in part because a generation of Britons has come of age not knowing that the line running from “progressive social commitments” to catastrophic economic results is short and straight. (…) It’s a bitter fact that the most astonishing strategic victory by the West in the last century turns out to be the one whose lessons we’ve never seriously bothered to teach, much less to learn. An ideology that at one point enslaved and immiserated roughly a third of the world collapsed without a fight and was exposed for all to see. Yet we still have trouble condemning it as we do equivalent evils. And we treat its sympathizers as romantics and idealists, rather than as the fools, fanatics or cynics they really were and are. Winston Churchill wrote that when the Germans allowed the leader of the Bolsheviks to travel from Switzerland to St. Petersburg in 1917, “they turned upon Russia the most grisly of all weapons. They transported Lenin in a sealed truck like a plague bacillus.” A century on, the bacillus isn’t eradicated, and our immunity to it is still in doubt. Bret Stephens
A progressive panic attack begins as the Obama era wanes. If it seems to you that the Left has, collectively, lost its damned mind as the curtain rises on the last act of the Obama administration, you are not imagining things. Barack Obama has been extraordinarily successful in his desire to — what was that phrase? — fundamentally transform the country, but the metamorphosis is nonetheless a good deal less than his congregation wanted and expected. (…) We have seen an extraordinary outburst of genuine extremism — and genuine authoritarianism — in the past several months, and it will no doubt grow more intense as we approach the constitutional dethroning of the mock messiah to whom our progressive friends literally sang hymns of praise and swore oaths of allegiance. (“I pledge to be a servant to our president” — recall all that sieg heil creepiness.) There is an unmistakable stink of desperation about this, as though the Left intuits what the Right dares not hope: that the coming few months may in fact see progressivism’s cultural high-water mark for this generation. If there is desperation, it probably is because the Left is starting to suspect that the permanent Democratic majority it keeps promising itself may yet fail to materialize. (…) With young people trending pro-life, that old black magic ain’t what it used to be. It feels like time is running out. So it isn’t sufficient that same-sex marriages be legalized; bakers and florists must be locked in prison if they decline to participate in a gay couple’s ceremony. It isn’t sufficient that those wishing to undergo sex-change surgery be permitted to go their own way; the public must pay for it, and if Bruce Jenner is still “Bruce” to you, you must be driven from polite society. It isn’t enough that the Left dominate the media and pop culture; any attempt to compete with it must be criminalized in the name of “getting big money out of politics.” Not the New York Times’s money, or Hollywood’s money, or the CEO of Goldman Sachs’s money — just the wrong sort of people’s money. Every major Democratic presidential candidate and every Democratic senator is on record supporting the repeal of the First Amendment’s free-speech protections — i.e., carving the heart out of the Bill of Rights — to clear the way for putting all public debate under political discipline. Like it or not, you will be shackled to hope and change. The hysterical shrieking about the fictitious rape epidemic on college campuses, the attempts to fan the unhappy events in Ferguson and Baltimore into a national racial conflagration, the silly and shallow “inequality” talk — these are signs of progressivism in decadence. So is the brouhaha over the Confederate flag in South Carolina in the wake of the horrific massacre at Emanuel AME Church.  (…) Yet Lost Cause romanticism was very much in fashion for a moment, and not only among Confederate revanchists; Joan Baez, no redneck she, made a great deal of money with her recording of “The Night They Drove Old Dixie Down” in 1971. (…) It is strange and ironic that adherents of the Democratic party — which was, for about 140 years, not only the South’s but the world’s leading white-supremacist organization — should work themselves up over one flag, raised by their fellow partisans, at this late a date; but, well, welcome to the party. Yet Democratic concern about racist totems is selective: The Democrats are not going to change the name of their party, cancel the annual Jefferson-Jackson dinner, or stop naming things after Robert Byrd, senator and Exalted Cyclops of the Ku Klux Klan. Hillary Clinton is not going to be made to answer for her participation in a political campaign that featured Confederate-flag imagery. The Confederate flag, and other rebel iconography, is a marker of Southern distinctiveness, which, like American distinctiveness, is inextricably bound up with the enslavement and oppression of black people. But only the South is irredeemable in the Left’s view, and it has been so only since about 1994, when it went Republican. Which is to say, the Confederate flag is an emblem of regional distinctiveness disapproved of by 21st-century Democrats. Their reinvigorated concern is awfully nice: When the South actually was a segregationist backwater that African-Americans were fleeing by the million — when Democrats were running the show — they were ho-hum. Today the South is an economic powerhouse, dominated by Republicans, and attracting new African-American residents by the thousands. And so the Left and its creature, the Democratic party, insist that Southern identity as such must be anathematized. The horrific crime that shocked the nation notwithstanding, black life in Charleston remains very different, in attractive ways, from black life in such Left-dominated horror shows as Cleveland and Detroit, and the state’s governor is, in the parlance of identity politics, a woman of color — but she is a Republican, too, and therefore there must be shrieking, rending of garments, and gnashing of teeth. (…) What’s going to happen between now and November 8 of next year will be a political campaign on one side of the aisle only. On the other side, it’s going to be something between a temper tantrum and a panic attack. Kevin D. Williamson (24.06. 2015)
The United States and the world appear to be reliving the language, politics, and global instability of 1968 Almost a half-century ago, in 1968, the United States seemed to be falling apart. The Vietnam War, a bitter and close presidential election, antiwar protests, racial riots, political assassinations, terrorism, and a recession looming on the horizon left the country divided between a loud radical minority and a silent conservative majority. The United States avoided a civil war. But America suffered a collective psychological depression, civil unrest, defeat in Vietnam, and assorted disasters for the next decade — until the election of a once-polarizing Ronald Reagan ushered in five consecutive presidential terms of relative bipartisan calm and prosperity from 1981 to 2001. It appears as if 2017 might be another 1968. Recent traumatic hurricanes seem to reflect the country’s human turmoil. After the polarizing Obama presidency and the contested election of Donald Trump, the country is once again split in two. But this time the divide is far deeper, both ideologically and geographically — and more 50/50, with the two liberal coasts pitted against red-state America in between. Century-old mute stone statues are torn down in the dead of night, apparently on the theory that by attacking the Confederate dead, the lives of the living might improve. All the old standbys of American life seem to be eroding. The National Football League is imploding as it devolves into a political circus. Multimillionaire players refuse to stand for the national anthem, turning off millions of fans whose former loyalties paid their salaries. Politics — or rather a progressive hatred of the provocative Donald Trump — permeates almost every nook and cranny of popular culture. The new allegiance of the media, late-night television, stand-up comedy, Hollywood, professional sports, and universities is committed to liberal sermonizing. Politically correct obscenity and vulgarity among celebrities and entertainers are a substitute for talent, even as Hollywood is wracked by sexual-harassment scandals and other perversities. The smears “racist,” “fascist,” “white privilege,” and “Nazi” — like “Commie” of the 1950s — are so overused as to become meaningless. There is now less free speech on campus than during the McCarthy era of the early 1950s. As was the case in 1968, the world abroad is also falling apart. The European Union, model of the future, is unraveling. The EU has been paralyzed by the exit of Great Britain, the divide between Spain and Catalonia, the bankruptcy of Mediterranean nation members, insidious terrorist attacks in major European cities, and the onslaught of millions of immigrants — mostly young, male, and Muslim — from the war-torn Middle East. Germany is once again becoming imperious, but this time insidiously by means other than arms. The failed state of North Korea claims that it has nuclear-tipped missiles capable of reaching America’s West Coast — and apparently wants some sort of bribe not to launch them. Iran is likely to follow the North Korea nuclear trajectory. In the meantime, its new Shiite hegemony in the Middle East is feeding on the carcasses of Syria and Iraq. Is the chaos of 2017 a catharsis — a necessary and long overdue purge of dangerous and neglected pathologies? (…) Is the instability less a symptom that America is falling apart and more a sign that the loud conventional wisdom of the past — about the benefits of a globalized economy, the insignificance of national borders, and the importance of identity politics — is drawing to a close, along with the careers of those who profited from it? Victor Davis Hanson
I had to vote for Obama. I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president. Republican
The recent flurry of marches, demonstrations and even riots, along with the Democratic Party’s spiteful reaction to the Trump presidency, exposes what modern liberalism has become: a politics shrouded in pathos. Unlike the civil-rights movement of the 1950s and ’60s, when protesters wore their Sunday best and carried themselves with heroic dignity, today’s liberal marches are marked by incoherence and downright lunacy—hats designed to evoke sexual organs, poems that scream in anger yet have no point to make, and an hysterical anti-Americanism. All this suggests lostness, the end of something rather than the beginning. (…) America, since the ’60s, has lived through what might be called an age of white guilt. We may still be in this age, but the Trump election suggests an exhaustion with the idea of white guilt, and with the drama of culpability, innocence and correctness in which it mires us. White guilt (…) is the terror of being stigmatized with America’s old bigotries—racism, sexism, homophobia and xenophobia. To be stigmatized as a fellow traveler with any of these bigotries is to be utterly stripped of moral authority and made into a pariah. The terror of this, of having “no name in the street” as the Bible puts it, pressures whites to act guiltily even when they feel no actual guilt. (…) It is also the heart and soul of contemporary liberalism. This liberalism is the politics given to us by white guilt, and it shares white guilt’s central corruption. It is not real liberalism, in the classic sense. It is a mock liberalism. Freedom is not its raison d’être; moral authority is. (…) Barack Obama and Hillary Clinton, good liberals both, pursued power by offering their candidacies as opportunities for Americans to document their innocence of the nation’s past. “I had to vote for Obama,” a rock-ribbed Republican said to me. “I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president.” For this man liberalism was a moral vaccine that immunized him against stigmatization. For Mr. Obama it was raw political power in the real world, enough to lift him—unknown and untested—into the presidency. But for Mrs. Clinton, liberalism was not enough. The white guilt that lifted Mr. Obama did not carry her into office—even though her opponent was soundly stigmatized as an iconic racist and sexist. Perhaps the Obama presidency was the culmination of the age of white guilt, so that this guiltiness has entered its denouement. (…) Our new conservative president rolls his eyes when he is called a racist, and we all—liberal and conservative alike—know that he isn’t one. The jig is up. Bigotry exists, but it is far down on the list of problems that minorities now face. (…) Today’s liberalism is an anachronism. It has no understanding, really, of what poverty is and how it has to be overcome. (…) Four thousand shootings in Chicago last year, and the mayor announces that his will be a sanctuary city. This is moral esteem over reality; the self-congratulation of idealism. Liberalism is exhausted because it has become a corruption. Shelby Steele
For over forty years the left has been successfully reshaping American culture. Social mores and government policies about sexuality, marriage, the sexes, race relations, morality, and ethics have changed radically. The collective wisdom of the human race that we call tradition has been marginalized or discarded completely. The role of religion in public life has been reduced to a private preference. And politics has been increasingly driven by the assumptions of progressivism: internationalism privileged over nationalism, centralization of power over its dispersal in federalism, elitist technocracy over democratic republicanism, “human sciences” over common sense, and dependent clients over autonomous citizens. But the election of Donald Trump, and the overreach of the left’s response to that victory, suggest that we may be seeing the beginning of the end of the left’s cultural, social, and political dominance. The two terms of Barack Obama seemed to be the crowning validation of the left’s victory. Despite Obama’s “no blue state, no red state” campaign rhetoric, he governed as the most leftist––and ineffectual–– president in history. Deficits exploded, taxes were raised, new entitlements created, and government expanded far beyond the dreams of center-left Democrats. Marriage and sex identities were redefined. The narrative of permanent white racism was endorsed and promoted. Tradition-minded Americans were scorned as “bitter clingers to guns and religion.” Hollywood and Silicon Valley became even more powerful cultural arbiters and left-wing publicists. And cosmopolitan internationalism was privileged over patriotic nationalism, while American exceptionalism was reduced to an irrational parochial prejudice. The shocking repudiation of the establishment left’s anointed successor, Hillary Clinton, was the first sign that perhaps the hubristic left had overreached, and summoned nemesis in the form of a vulgar, braggadocios reality television star and casino developer who scorned the hypocritical rules of decorum and political correctness that even many Republicans adopted to avoid censure and calumny. Yet rather than learning the tragic self-knowledge that Aristotle says compensates the victim of nemesis, the left overreached yet again with its outlandish, hysterical tantrums over Trump’s victory. The result has been a stark exposure of the left’s incoherence and hypocrisy so graphic and preposterous that they can no longer be ignored. First, the now decidedly leftist Democrats refused to acknowledge their political miscalculations. Rather than admit that their party has drifted too far left beyond the beliefs of the bulk of the states’ citizens, they shifted blame onto a whole catalogue of miscreants: Russian meddling, a careerist FBI director, their own lap-dog media, endemic sexism, an out-of-date Electoral College, FOX News, and irredeemable “deplorables” were just a few. Still high on the “permanent majority” Kool-Aid they drank during the Obama years, they pitched a fit and called it “resistance,” as though comfortably preaching to the media, university, and entertainment choirs was like fighting Nazis in occupied France. (…) in colleges and universities. Normal people watched as some of the most privileged young people in history turned their subjective slights and bathetic discontents into weapons of tyranny, shouting down or driving away speakers they didn’t like, and calling for “muscle” to enforce their assault on the First Amendment. Relentlessly repeated on FOX News and on the Drudge Report, these antics galvanized large swaths of American voters who used to be amused, but now were disgusted by such displays of rank ingratitude and arrogant dismissal of Constitutional rights. And voters could see that the Democrats encouraged and enabled this nonsense. The prestige of America’s best universities, where most of these rites of passage for the scions of the well-heeled occurred, was even more damaged than it had been in the previous decades. So too with the world of entertainment. Badly educated actors, musicians, and entertainers, those glorified jugglers, jesters, and sword-swallowers who fancy themselves “artists,” have let loose an endless stream of dull leftwing clichés and bromides that were in their dotage fifty years ago. The spectacle of moral preening coming from the entertainment industry––one that trades in vulgarity, misogyny, sexual exploitation, the glorification of violence, and, worst of all, the production of banal, mindless movies and television shows recycling predictable plots, villains, and heroes––has disgusted millions of voters, who are sick of being lectured to by overpaid carnies. So they vote with their feet for the alternatives, while movie grosses and television ratings decline. As for the media, their long-time habit of substituting political activism for journalism, unleashed during the Obama years, has been freed from its last restraints while covering Trump. The contrast between the “slobbering love affair,” as Bernie Goldberg described the media’s coverage of Obama, and the obsessive Javert-like hounding of Trump has stripped the last veil of objectivity from the media. They’ve been exposed as flacks no longer seeking the truth, but manufacturing partisan narratives. The long cover-up of the Weinstein scandal is further confirmation of the media’s amoral principles and selective outrage. With numerous alternatives to the activism of the mainstream media now available, the legacy media that once dominated the reporting of news and political commentary are now shrinking in influence and lashing out in fury at their diminished prestige and profits. Two recent events have focused this turn against the sixties’ hijacking of the culture. The preposterous “protests” by NFL players disrespecting the flag during pregame ceremonies has angered large numbers of Americans and hit the League in the wallet. The race card that always has trumped every political or social conflict has perhaps lost its power. The spectacle of rich one-percenters recycling lies about police encounters with blacks and the endemic racism of American society has discredited the decades-long racial narrative constantly peddled by Democrats, movies, television shows, and school curricula from grade-school to university. The endless scolding of white people by blacks more privileged than the majority of human beings who ever existed has lost its credibility. The racial good will that got a polished mediocrity like Barack Obama twice elected president perhaps has been squandered in this attempt of rich people who play games to pose as perpetual victims. These supposed victims appear more interested in camouflaging their privilege than improving the lives of their so-called “brothers” and “sisters.” The second is the Harvey Weinstein scandal. A lavish donor to Democrats––praised by Hillary Clinton and the Obamas, given standing ovations at awards shows by the politically correct, slavishly courted and feted by progressive actors and entertainers, and long known to be a vicious sexual predator by these same progressive “feminists” supposedly anguished by the plight of women––perhaps will become the straw that breaks the back of progressive ideology. (…) The spectacle of a rich feminist and progressive icon like Jane Fonda whimpering about her own moral cowardice has destroyed the credibility we foolishly gave to Hollywood’s dunces and poltroons. Bruce Thornton
I think one of the healthy things about the United States is precisely this: there’s very little respect for intellectuals as such. And there shouldn’t be. What’s there to respect? I mean, in France if you’re part of the intellectual elite and you cough, there’s a front-page story in Le Monde. That’s one of the reasons why French intellectual culture is so farcical — it’s like Hollywood. You’re in front of the television cameras all the time, and you’ve got to keep doing something new so they’ll keep focusing on you and not on the guy at the next table, and people don’t have ideas that are that good, so they have to come up with crazy stuff, and the intellectuals get all pompous and self-important. Noam Chomsky
L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. André Breton
Il faut avoir le courage de vouloir le mal et pour cela il faut commencer par rompre avec le comportement grossièrement humanitaire qui fait partie de l’héritage chrétien. (..) Nous sommes avec ceux qui tuent. Breton
Éveillées à des ambitions neuves, les générations qui étudient et qui naguère étaient étudiées, n’écoutent pas sans sarcasme ces discours flatteurs où ils croient reconnaître l’accent attendri des riches, quand ils expliquent aux pauvres que l’argent ne fait pas le bonheur. Roger Caillois
Il ne manque pas, parmi nous, de gens à qui ce Bourdieu-là ne manque pas (…) Des gens qui n’ont pas la mémoire courte – ou l’inculture profonde – au point d’avoir oublié que « la pensée au service de l’espace public », ça a donné, entre autres, l’aveuglement stupide de Sartre et de Beauvoir – parangons de l’« intellectuel engagé » – envers l’horreur des camps, nazis ou soviétiques. (…) De cet esprit-là, auquel le grand sociologue que fut, un temps, Pierre Bourdieu, a malheureusement ouvert un boulevard, nous sommes aujourd’hui saturés. Nathalie Heinich
Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. (…) Mais où Obama a-t-il donc appris ces inepties ? D’où vient cet amoncellement de mécomptes du monde, d’idées fausses et difformes? D’où provient ce prurit du je-vous-demande pardon ? On est habitué au Jimmycartérisme, qui se mettait à quatre pattes devant Khomeiny (« un saint »), l’URSS, Cuba, le tiers monde, le terrorisme musulman. D’où vient qu’Obama ait – dirigeant d’une république – courbé la tête devant le roi d’Arabie ? C’est là qu’il convient de se souvenir de l’homme qui fut son pasteur pendant vingt ans, ce qui est très long quand on n’en a pas encore cinquante : le pasteur Jeremy Wright, de l’Eglise de la Trinité à Chicago, dont Obama ne se sépara que contraint et forcé, pour cause de déclarations insupportablement anti-américaines et antioccidentales, délirantes et conspirationnistes, et qui « passaient mal» dans la campagne.(…) C’est Wright qui fait du diplômé de Harvard qui est maintenant un agitateur local (community organizer), un politicien en vue à Chicago. N’oublions pas que la carrière politique locale d’Obama est lancée par les fanatiques de la haine de l’Amérique, les ultragauchistes terroristes des Weathermen, à Chicago, qui répètent et confirment la même antienne idéologique. Tous les aquariums où a nagé le têtard avaient la même eau. Obama est la version manucurée de Wright : il est allé à Harvard. Il n’éructe pas, il ne bave pas, il ne montre pas le poing. Il n’émet pas de gros mots à jet continu comme le fait son gourou. Elégant, Il est tout miel – mais les dragées, même recouvertes de sucre, n’en sont pas moins au poivre. Le fond est identique. Wright insulte l’Amérique, Obama demande pardon : dans les deux cas, elle est coupable. Wright est pasteur, Obama est président. Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. Quelle honte ! Il faut réparer les torts commis. L’Amérique ne trouvera sa rédemption que dans le retrait, la pénitence, la contrition, et une forme de disparition. (…) Il faut, à tout prix, trouver des terrains d’entente avec tous. Il faut aller loin, très loin, dans les concessions : l’autre côté finira bien par comprendre. Kim Jong-Il, Hugo Chavez, l’ayatollah Khamenei, Assad, le Hamas, on trouvera les compromis nécessaires à un deal avec les avocats des partie adverses. Sans entente, on retombe dans les errements de l’Amérique honnie. L’Amérique, quelle horreur, se laisse aller à défendre ses alliés contre ses ennemis. On se bat au Vietnam et en Corée contre le communisme agresseur. On se bat contre le Communisme soviétique. Que croyez-vous que l’Obama de la campagne électorale ait signifié à Berlin, en disant, non sans délire, que le monde avait gagné la Guerre froide « en s’unissant » comme s’il n’y avait un qu’un seul camp dans cette guerre ! L’Amérique doit être réduite dans ses prétentions et dans sa puissance. Le monde doit être réduit à un seul camp, celui des faiseurs de paix, avec lesquels l’entente est toujours trouvable. Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. (…) Notons à propos que la mêlée des «réalistes»de la politique étrangère, qui préconise justement de se débarrasser des alliés afin de s´arranger avec les méchants, est aux anges, et participe à la mise en oeuvre de l´obamisterie. Ah! finalement, on ne s´embarrasse plus d´autre chose que la «stabilité» à court terme. (…) Obama ne sépare ni le blanc du noir, ni l´ami de l´ennemi. Il a gratuitement offensé les Anglais en méprisant la «relation spéciale». Il a offensé le Japon, en ne se souciant pas de lui ni du survol de son territoire par le missile nord-coréen. Il n´a pas eu un mot pour l´allié taïwanais. Il prépare avec acharnement une crise avec Israel. Il a montré à la Tchéquie et à la Pologne, sur l´affaire de la défense anti- missiles, qu´il ne faut pas compter sur Washington et qu´ils seront sacrifiés sur l´autel du «nouveau départ» avec Moscou. Pour tous, la leçon est brutale: à l´ère d´Obama, mieux vaut être un ennemi qu´un ami: ami, on vous jettera aux orties. Ennemi, on fera tout pour vous plaire. Laurent Murawiec
L’établissement entre les deux guerres mondiales, car il faut remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine, et puis après la deuxième guerre mondiale, l’établissement d’un Etat d’Israël soulevait à l’époque un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on se demandait, même chez beaucoup de juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui sont foncièrement hostiles, n’allaient pas entraîner d’incessants, d’interminables frictions et conflits. Et certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, et qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent une fois qu’ils seraient rassemblés dans les sites de son ancienne grandeur, n’en viennent à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis 19 siècles : « l’an prochain à Jérusalem ». En dépit du flot, tantôt montant, tantôt descendant, des malveillances qu’ils provoquaient, qu’ils suscitaient plus exactement, dans certains pays à certaines époques, un capital considérable d’intérêt et même de sympathie s’était formé en leur faveur et surtout il faut bien le dire dans la chrétienté. Un capital qui était issu de l’immense souvenir du testament, nourri à toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la commisération qu’inspirait leur antique valeur et que poétisait chez nous la légende du juif errant, accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subi pendant la deuxième guerre mondiale et grossi depuis qu’il avait retrouvé une patrie, par les travaux, leurs travaux constructifs et le courage de leurs soldats. C’est pourquoi indépendamment des vastes concours en argent, en influence, en propagande que les Israéliens recevaient des milieux juifs, d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur Etat sur le territoire que leur avaient reconnu les puissances, que lui avaient reconnu les puissances, tout en désirant qu’ils parviennent en usant d’un peu de modestie à trouver avec ses voisins un modus vivendi pacifique. Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changé depuis 1956. À la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître en effet, un état d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir, et ensuite l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté pour l’agrandir à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi d’ailleurs, la cinquième république s’était dégagée, vis-à-vis d’Israël, des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noué avec cet Etat et la cinquième république s’était appliquée, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient. Bien sûr, nous conservions avec le gouvernement israélien des rapports cordiaux et même lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter mais en même temps nous lui prodiguions des avis de modération. Notamment à propos des litiges qui concernait les eaux du Jourdain, des escarmouches qui opposaient périodiquement les forces des deux côtés. Enfin nous ne donnions pas notre aval, à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé, et nous maintenions notre ambassade à Tel-Aviv. D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient, la même politique d’amitié et de coopération qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être aujourd’hui une des bases fondamentales de notre action extérieure. Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux arabes que pour nous l’Etat d’Israël était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fut détruit. De sorte que tout compris, on pourrait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement, à ce qu’une paix réelle fut conclue et garantie en Orient pourvu qu’aucun drame nouveau ne vint à la déchirer. Hélas ! le drame est venu, il avait été préparé par une tension très grave et constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés en Jordanie, et aussi d’une menace de destruction prodiguée contre Israël. Le 22 mai, l’affaire d’Aqaba, fâcheusement créée par l’Egypte, allait offrir un prétexte à ce qui rêvait d’en découdre. Pour éviter les hostilités, la France avait dès le 24 mai, proposé aux trois autres grandes puissances, d’interdire conjointement avec elle, à chacune des deux parties, d’entamer le combat. Le 2 juin, le gouvernement français avait officiellement déclaré, qu’éventuellement il donnerait tort à quiconque entamerait le premier, l’action des armes. Et c’est ce qu’il répétait en toute clarté à tous les Etats en cause. C’est ce que j’avais moi-même, le 24 mai déclaré à Monsieur Ebban, Ministre des affaires étrangères d’Israël que je voyais à Paris. Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés que les arabes, je ne doute pas que le cas échéant, vous remporteriez des succès militaires. Mais ensuite, vous vous trouveriez engagés sur le terrain, et au point de vue international dans des difficultés grandissantes d’autant plus que la guerre en Orient ne peut pas manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable et d’avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays. Si bien que c’est à vous, devenu des conquérants, qu’on en attribuerait peu à peu les inconvénients. On sait que la voix de la France n’a pas été entendue, Israël ayant attaqué, s’est emparé en six jours de combat des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant il organise, sur les territoires qu’il a pris l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsion et s’il manifeste contre lui la résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme (…) Pour qu’un règlement quelconque, et notamment celui là, puisse voir le jour, règlement auquel du reste, suivant la France, devrait s’ajouter un statut international pour Jérusalem. Pour qu’un tel règlement puisse être mis en œuvre, il faut naturellement, il faudrait qu’il eut l’accord des grandes puissances qui entraînerait ipso facto, celui des Nations Unies. Et si un tel accord voyait le jour, la France est d’avance disposée à prêter son concours politique, économique et militaire, pour que cet accord soit effectivement appliqué. Mais on ne voit pas comment un accord quelconque pourrait naître tant que l’un des plus grand des quatre ne se sera pas dégagé de la guerre odieuse qu’il mène ailleurs. Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans le drame du Vietnam, le conflit entre Israël et les arabes ne serait pas devenu ce qu’il est. Charles De Gaulle (nov. 67)
La société est devenue d’abord plus tolérante vis-à-vis des déviances mineures. Nous sommes de plus en plus individualistes; le contrôle social s’est affaibli, on ne vit plus sous le regard d’une seule communauté comme autrefois. Et puis, l’opinion des parents sur la conduite de leurs enfants est devenue plus indulgente. Ils sont plus laxistes sur la morale quotidienne, et ce dans tous les milieux. (…) Pour être efficace, la réparation doit être immédiate. Or, dans les lycées, la norme veut que l’on ne répare les casiers abîmés qu’au troisième. Au prétexte que le coût unitaire est trop élevé. De même, tous les offices d’HLM ne sont pas convaincus de l’utilité des poubelles ignifugées ou des produits antitags. Sébastian Roché
N’est-on pas allé jusqu’à interpréter les tags qui maculaient les trains de banlieue comme « une revendication de vie », voire comme « une agression carnavalesque contre l’ordre établi »? Le Point
Avec l’appui de la télévision, les événements ont été instrumentalisés par les ennemis politiques du ministre de l’Intérieur, qui ont ressassé les termes de « racaille » et de « karcher », sans jamais les replacer dans leur contexte (le décès d’un enfant victime d’un règlement de comptes entre bandes à La Courneuve), ni préciser qu’ils ne désignaient qu’une infime minorité de délinquants et non toute une population respectable. Ainsi caricaturés, ces mots sont devenus un cri de ralliement pour des casseurs potentiels déjà fascinés par des images de violences. Le discours de l’excuse s’est alors trouvé survalorisé, les prises de position normatives ont été rejetées comme politiquement incorrectes et les policiers ont fait office de boucs émissaires. Lucienne Bui Trong (mars 2006)
La situation a évolué dans le mauvais sens. Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, non, ce sont des terroristes. Il n’y a pas d’efficacité car il y a une mécompréhension du problème. Au-delà des clivages, la question des banlieues a toujours été vécue comme: ‘Ce sont des quartiers pauvres et modestes, quand l’économie ira mieux, ça ira mieux dans les quartiers’. Or, l’aspect économique n’est pas le coeur du problème, qui est beaucoup plus vaste. Malek Boutih (député socialiste des Essones, ancien président de SOS-Racisme)
Toute notre action est un cri de guerre contre l’impérialisme et un appel vibrant à l’unité des peuples contre le grand ennemi du genre humain : les États-Unis d’Amérique du Nord. Che Guevara
La Corée du Nord est un modèle dont Cuba devrait s’inspirer. Che Guevara (Pyongyang, 1965)
Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons à fusiller tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort. Che Guevara (ONU, 1964)
Il faut mener la guerre jusqu’où l’ennemi la mène : chez lui, dans ses lieux d’amusement; il faut la faire totalement. (avril 1967) Ernesto Guevara
Phnom Penh libéré par les Khmers Rouges Titre du Monde
Le drapeau de la Résistance flotte sur Phnom Penh Titre de Libération
Enfin le communisme peut être un matériau pour l’art. Antoine Vitez (sur l’opera maoiste de Badiou, Le foulard rouge, ecrit en 1972 et joue en 1984)
Les Khmers rouges s’emparent de Phnom Penh : une séquence historique s’achève parce qu’une contradiction est résolue (…). La résolution d’une contradiction exige que quelque chose disparaisse (…). Il n’est de pensée révolutionnaire véritable que celle qui mène la reconnaissance du nouveau jusqu’à son incontournable envers : de l’ancien doit mourir (…). La dialectique matérialiste affronte la perte et la disparition sans retour. Il y a des nouveautés radicales parce qu’il y a des cadavres qu’aucune trompette du Jugement ne viendra jamais réveiller. Au plus fort de la Révolution culturelle, on disait en Chine : l’essence du révisionnisme, c’est la peur de la mort. Alain Badiou
Kampuchea vaincra! Alain Badiou (Le Monde, 17/1/79)
Du temps de Staline, il faut bien dire que les organisations politiques ouvrières et populaires se portaient infiniment mieux, et que le capitalisme était moins arrogant. Il n’y a même pas de comparaison. Alain Badiou
La réalité (souvent déplorable) de la Terreur révolutionnaire doit-elle nous conduire à rejeter l’idée même de la Terreur? Ou existe-t-il un moyen de la répéter (…), de sauver son contenu virtuel de sa réalisation? Slavoj Zizek
Le communisme est une idée, au sens platonicien, indestructible. Le fait même de renoncer à l’utopie d’une société égalitaire, collective, débarrassée de l’Etat, est impensable, sauf à se faire complice des violences inégalitaires du système capitaliste. Alain Badiou
Faire vivre l’Idée communiste est une tâche de caractère idéologique (donc aussi philosophique), et non pas immédiatement une tâche politique. Il s’agit en effet que les individus puissent être préparés à accepter, si possible dans l’enthousiasme, qu’une autre vision du monde, radicalement opposée au capitalo-parlementarisme actuellement hégémonique (notamment sous le nom falsifié de « démocratie ») est non seulement souhaitable, mais possible. (…) Même des mouvements aussi confus que les immenses manifestations de décembre 1995 contre le plan Juppé, avec comme unique mot d’ordre « ensemble ! », portaient cette compatibilité. Il en va de même pour les actions organisées pour le droit des ouvriers sans-papiers, ou pour les manifestations, dans toute l’Europe, soit contre la guerre en Irak, soit contre la guerre à Gaza. Et bien d’autres choses. Je ne dis pas qu’il s’agit de politiques cohérentes inscrites dans l’horizon de l’Idée. Je dis seulement que l’existence de ces processus, prolongés ou sporadiques, atteste que l’Idée communiste n’est pas coupée de tout réel. Le retour actuel de la violence de classe (séquestrations de patrons, bagarres de rue, émeutes de la jeunesse populaire…) est lui aussi tout à fait confus, et parfois même a-politique. Il n’en est pas moins inscrit sous le signe potentiel de l’Idée, parce qu’il rompt avec le consensus parlementaire, et rend de nouveau acceptable qu’on puisse courir des risques au nom de ses convictions, au lieu de toujours s’en remettre à la médiation de l’Etat, lequel, aujourd’hui, est clairement anti-populaire, voire guerrier, tous partis politiques confondus. Alain Badiou
Le mot « communisme » a été durant environ deux siècles (depuis la « Communauté des Égaux » de Babeuf jusqu’aux années quatrevingt du dernier siècle) le nom le plus important d’une Idée située dans le champ des politiques d’émancipation, ou politiques révolutionnaires.
Il faut d’abord dire que ces leçons sur le siècle sont une réaction contre toute une série d’opinions dominantes et de campagnes menées sur la signification du XXe siècle. En France, cette question a été, dans son bilan officiel, dominée par l’idée du totalitarisme, des grands massacres, du communisme comme crime, du communisme identifié au fascisme. Le siècle a été désigné comme celui de l’horreur et du crime de masse. Ces leçons sur le XXe siècle veulent proposer un autre bilan. Différent, mais pas forcément contraire en ce qui concerne les faits. Il ne s’agit pas d’opposer des faits à d’autres faits. Il s’agit de trouver un chemin de pensée pour aborder le siècle. (…) A mon sens, une grande partie de la violence du siècle – l’extrême cruauté politique qui a dominé ses deux premiers tiers – s’enracine dans la conviction que, somme toute, un commencement absolu n’a pas de prix. Si réellement il s’agit de fonder un nouveau monde, alors le prix payé par l’ancien monde, fût-ce en nombre de morts ou en quantité de souffrance, est une question relativement secondaire. Alain Badiou
Le Nouvel Observateur’ et ‘Le Monde’ exercent une influence considérable sur les intellectuels du tiers monde. En prenant position comme collaborateur du Monde, je ne pense pas avoir poussé beaucoup de paysans cambodgiens à la révolte, mais j’ai pu lancer des intellectuels khmers sur une piste sanglante. Si j’ai écrit ce livre, ce n’est pas pour me faire pardonner mais pour appliquer un contre-poison à ce peuple empoisonné et lui faire prendre une tasse de lait après l’arsenic que j’ai contribué à lui administrer (…). Pour le Vietnam, je plaide coupable. Je m’accuse d’avoir pratiqué une information sélective en dissimulant le caractère stalinien du régime nord-vietnamien (…) Je subissais l’influence écrasante de Sartre qui voyait dans toute critique de fond de la Russie soviétique une arme offerte aux réactionnaires et aux Américains. “Il ne fallait pas désespérer Billancourt”. Pendant vingt ans, j’ai participé à cette scandaleuse timidité à l’égard de la Russie communiste, que je considérais comme la capitale de la gauche et de la révolution mondiale. Jean Lacouture (novembre 1978)
Nous avons en Europe de l’Ouest, et particulièrement en France, une mémoire du communisme qui est souvent glorieuse, incontestable, indiscutable. C’est une légende, un véritable mythe, qui confine parfois à l’invraisemblable… (…) Il existe, en effet, chez nous une espèce de gauchisme culturel, très répandu, très bon chic bon genre. Il n’est pas tant le fait des bobos que des «bobobos» – bourgeois, bohèmes, bolchos – qu’on rencontre un petit peu tous les jours, dans l’Université, dans les médias, dans la politique, etc. On est confronté en permanence à ce politiquement correct. Alors le nazisme, c’est abominable, on est d’accord; Le Pen, c’est horrible, on est d’accord. Mais, dès qu’on parle d’autres problèmes, qui sont tout aussi importants, c’est un tollé! Cela tient au fait que la France a eu des expériences très différentes du communisme et du nazisme. Du nazisme, les Français ont conservé, et à juste titre, la mémoire tragique de la défaite de 40 et de l´occupation (fusillades, pillages, déportations etc.). Par contre, depuis 1936, et surtout depuis 1944-1945, les Français ont assez largement conservé une mémoire glorieuse qui repose sur la participation du PCF au front populaire, sur la participation des communistes à la Résistance et à la Libération du pays, et aussi au rôle de l´URSS dans l´écrasement du nazisme. Cette opposition entre mémoire tragique de l´un et mémoire glorieuse de l´autre explique cette « différence de méfiance ». (…) C´est d´ailleurs un des gros problèmes de la réunification européenne : la France, l´Italie, l´Espagne en particulier où l´on entretient une mémoire glorieuse du communisme, et les ex-démocraties populaires qui entretiennent une mémoire tragique (dont témoignent les remarquables films récents en Allemagne avec La vie des autres, ou en Roumanie avec la dernière palme d´or du festival de Cannes). Cela a mené devant le conseil de l´Europe en janvier 2006 à une véritable scission entre socialistes et communistes d´Europe de l´Ouest alliés aux nostalgiques communistes de l´Est pour s´opposer à l´adoption d´une résolution condamnant les crimes des régimes communistes. Stephane Courtois
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux. Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Nous crions d’un bout à l’autre de l’Afrique : Attention, l’Amérique a la rage. Tranchons tous les liens qui nous rattachent à elle, sinons nous serons à notre tour mordus et enragés. Sartre (1953)
La liberté de critique est totale en URSS et le citoyen soviétique améliore sans cesse sa condition au sein d’une société en progression continuelle. Sartre (1954)
Un anticommuniste est un chien, je ne sors pas de là, je n’en sortirai plus jamais. Sartre (1961)
Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. Sartre (1961)
Les Vietnamiens se battent pour tous les hommes, et les forces américaines contre tous. Sartre (1971)
On dit souvent que les définitions du gouvernement islamique sont imprécises. Elles m’ont paru au contraire d’une limpidité très familière, mais, je dois dire, assez peu rassurante. « Ce sont les formules de base de la démocratie, bourgeoise ou révolutionnaire, ai-je dit ; nous n’avons pas cessé de les répéter depuis le XVIIIe siècle, et vous savez à quoi elles ont mené. » Mais on m’a répondu aussitôt : « Le Coran les avait énoncées bien avant vos philosophes et si l’Occident chrétien et industriel en a perdu le sens, l’islam, lui, saura en préserver la valeur et l’efficacité ». Michel Foucault (1978)
A l’aurore de l’histoire, la Perse a inventé l’Etat et elle en a confié les recettes à l’Islam : ses administrateurs ont servi de cadres au Calife. Mais de ce même Islam, elle a fait dériver une religion qui a donné à son peuple des ressources indéfinies pour résister au pouvoir de l’Etat. Dans cette volonté d’un gouvernement islamique, faut-il voir une réconciliation, une contradiction, ou le seuil d’une nouveauté ? (…) J’entends déjà les Français qui rient. Mais je sais qu’ils ont tort. Michel Foucault (1978)
Impossible, disent aujourd’hui certains qui estiment en savoir long sur les sociétés islamiques ou sur la nature de toute religion. Je serai beaucoup plus modeste qu’eux, ne voyant pas au nom de quelle universalité on empêcherait les musulmans de chercher leur avenir dans un Islam dont ils auront à former, de leurs mains, le visage nouveau. Dans l’expression ‘gouvernement islamique’, pourquoi jeter d’emblée la suspicion sur l’adjectif ‘islamique’ ? Le mot ‘gouvernement’ suffit, à lui seul, à éveiller la vigilance. Michel Foucault (1978)
Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. Boumediene (mars 1974)
Un jour, des millions d’hommes quitteront le sud pour aller dans le nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. Houari Boumediene (ONU, 10.04.74)
Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu’Allah nous accordera une grande victoire en Europe, sans épée, sans conquête. Les 50 millions de musulmans d’Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l’Union Européenne. Il y aura alors 100 millions de musulmans en Europe. L’Albanie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. La Bosnie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. 50% de ses citoyens sont musulmans. L’Europe est dans une fâcheuse posture. Et il en est de même de l’Amérique. Elles [les nations occidentales] devraient accepter de devenir musulmanes avec le temps ou bien de déclarer la guerre aux musulmans. Kadhafi (10.04.06) 
Et si Raspail, avec « Le Camp des Saints », n’était ni un prophète ni un romancier visionnaire, mais simplement un implacable historien de notre futur? Jean Cau
[Et tu penses qu’en France le Mossad pourrait attaquer les synagogues …?] Je ne sais pas si c’est le cas. Simplement, ce que je dis, c’est qu’il faut savoir à qui peut profiter le crime. José Bové à Karl Zéro, Canal plus, avril 2002
Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières.Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
A la limite, c’est eux qui l’ont fait, mais c’est nous qui l’avons voulu. Jean Baudrillard
La plus grande oeuvre d’art jamais réalisée … Karlheinz Stockhausen
 J’aurais été bien plus content si, le 11 septembre, le Pentagone avait été mis à terre et s’ils n’avaient pas manqué la Maison Blanche – au lieu de voir s’effondrer les Twin Towers remplies de milliers de travailleurs américains, parmi lesquels, paraît-il, se trouvaient presqu’un millier de clandestins. Toni Negri
Aucun avion ne s’est écrasé sur le Pentagone. Thierry Meyssan
[Est-ce que tu penses que Bush peut être à l’origine de ces attentats (les attentats du 11-Septembre) ?] Je pense que c’est possible. Je sais que les sites qui parlent de ce problème sont des sites qui ont les plus gros taux de visites. (…) Et donc je me dis, moi qui suis très sensibilisée au problème des nouvelles techniques de l’information et de la communication, que cette expression de la masse et du peuple ne peut pas être sans aucune vérité. (…) Je ne te dis pas que j’adhère à cette posture, mais disons que je m’interroge quand même un petit peu sur cette question.(…) C’est la responsabilité de chaque blogueur de se faire son idée. Christine Boutin (Entretien avec Karl Zéro, Canal plus, nov. 2006)
« Je suis allée voir l’ambassadeur iranien à l’époque et il a dit que bien sûr c’était vrai. » (…) Elle affirme donc que la CIA et d’autres agences étaient au courant qu’il y aurait quelque chose le 11 septembre? « Absolument ». Doit-on comprendre qu’il s’agit d’un complot interne US ou que al-Qaïda est le responsable? « Tout le monde est responsable. Si seulement vous en saviez plus, c’est encore plus déprimant. » Juliette Binoche (Entretien pour the Telegraph, sept. 2007, après sa fameuse manifestation pro-palestinienne du 23/03/02 contre la « Juiverie internationale »)
Moi j’ai tendance à être plutôt souvent de l’avis de la théorie du complot.(…) Parce que  je pense qu’on nous ment sur énormément de choses: Coluche, le 11-Septembre. (…) c’était bourré d’or les tours du 11-Septembre, et puis c’était un gouffre à thunes parce ce que ça a été terminé, il me semble, en 73 et pour recâbler tout ça, pour mettre à l’heure de toute la technologie et tout, c’était beaucoup plus cher de faire les travaux que de les détruire. Marion Cotillard
We are stardust We are golden And we’ve got to get ourselves Back to the garden Joni Mitchell (Woodstock, 1970)
Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : « Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses? » Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Daniel Cohn-Bendit (Grand Bazar, 1975)
La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. (…) Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre.Frédéric Mitterrand (”La mauvaise vie”, 2005)
It was actually the first time in the history of movies that it wasn’t safe to be in the movie theatre, and when I walked out into Times Square at noon I felt I had been raped. Peter Bogdanovich
Les femmes occupaient le haut de l’affiche au cours des années 1920 et 1930. Cela s’est évaporé au cours des années 1940, ce qui nous a menés aux années 1950 où les femmes étaient reléguées au second plan. Et c’est ce que le cinéma fait, au fond : il tue les femmes. Peter Bogdanovich
Hitchcock s’est battu pour tourner ce meurtre séparément du reste du film, ce qui veut dire d’une certaine manière que dorénavant, le meurtre allait devenir un élément acceptable au sein d’un divertissement. Il y avait déjà de la violence dans le cinéma américain, mais rien ressemblant à Psycho ; rien d’aussi intime, rien d’aussi soigneusement conçu, rien d’aussi sans remords. Bret Easton Ellis
C’est, je crois, la première expression moderne du corps féminin agressé. Et à certains égards c’en est l’expression la plus pure, parce que c’est dévastateur. Karyn Kusama
DSK, dont tous les médias connaissent le goût pour une sexualité débridée, risquait des ennuis dans un pays qui ne plaisante pas avec la morale, en général, et le harcèlement sexuel en particulier. (…) Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). (…) Or, à la différence de ce qui se passe en France, aux Etats-Unis -où se trouve le siège du FMI – le moindre « comportement inapproprié » peut coûter son poste au titulaire d’un mandat public. Les Américains ne plaisantent pas avec ce genre de chose même si cela nous fait ricaner. Si dans six mois, il y a un scandale (selon les normes US), les médias français vont-ils encore écrire: on le redoutait, mais on ne vous a rien dit ? Notre crédibilité n’en sortirait pas renforcée. (…) Pour bien connaître DSK, je sais qu’il est en séduction permanente, même s’il n’a jamais eu de gestes déplacés. Et que cela choque et a choqué, surtout hors des frontières hexagonales. Tous les journalistes qui ont couvert ses activités publiques –y compris à Marianne- le savent et les anecdotes sont nombreuses. Mais être «pressant» n’est pas un délit pénal, que cela soit clair. En revanche, aux Etats-Unis, c’est tout comme. C’est tout ce que je voulais dire : une fois à la tête du FMI, il faudra que DSK ravale son côté « French Lover » lourdingue. Jean Quatremer (correspondant de Libération à Bruxelles, juillet 2007)
On le baptise « cinq minutes douche comprise », parfois trois, parfois dix, l’expression est presque entrée dans le langage courant. « Lorsqu’il avait un rendez-vous avec une femme, c’était à la minute près. Nous le déposions, il nous donnait un horaire en sortant de la voiture et il revenait à l’horaire exact, il ne fallait surtout pas être en retard », raconte son ancien chauffeur. Des femmes qu’il chevauche, sans plus de préliminaires, parce que le temps presse, parce que la quantité a pris l’ascendant sur la qualité. « Je me souviens d’un voyage à La Réunion, au début de son septennat. Une femme l’aborde et lui demande une dédicace sur l’un de ses livres qu’elle tient à la main. Le président s’approche et lui dit, avec un culot incroyable : “Montez dans ma chambre si vous voulez ?” Et la femme de suivre Jacques Chirac, tout sourire », se souvient l’un de ses gardes du corps à la mairie de Paris. Les anecdotes se succèdent, les témoignages plus ou moins vrais le voient courir, à l’heure du laitier, dans un couloir sombre d’un immeuble du quartier Montparnasse pour rejoindre une femme qui le guette derrière la porte. Un autre jour, on l’aperçoit rue de la Convention dans les bras d’une autre, à qui il rend visite chaque semaine. Il utilise aussi régulièrement une garçonnière dans l’immeuble du 241, boulevard Saint-Germain (dont le premier étage abrite le siège départemental du RPR) pour satisfaire ses plaisirs avec une collaboratrice du RPR ou une jeune ambitieuse qui cherche la chaleur fugace du pouvoir. Il y a les régulières, les coups de cœur, les « amuse-bouches » qui réussissent à franchir les cordons de sécurité pour approcher le président, d’autres qui partagent le même avion que le président et qui attendent, nues, dans son espace privé, brûlantes de désir. Elles sont députées, ministres, conseillères, bourgeoises provinciales, des inconnues qu’on lui apporte sur un plateau, et puis il y a celles avec qui il aura une histoire parallèle, tout cela vécu simultanément, réclamant de grandes qualités d’organisation. […] La nuit où la princesse Diana trouve la mort dans un terrible accident de la circulation sous le pont de l’Alma, le président de la République est introuvable. Nous sommes le 31 août 1997. Toute la République est debout. En désespoir de cause, Jean-Pierre Chevènement, le ministre de l’Intérieur, tente un appel à Bernadette Chirac qui, désappointée, lui répond qu’elle ne sait pas où est son mari. Ce soir-là, on le dit dans les bras d’une autre femme. Jean-Claude Laumond, son inséparable chauffeur, est réveillé alors qu’il dort dans sa voiture au pied de l’immeuble où se trouve le président. Arnaud Ardoin
Il est encore de mode, écrit-il un an après la prise du palais d’Hiver, de parler de la révolution bolchevique comme d’une “aventure”. Eh bien, s’il faut parler d’aventure, ce fut l’une des plus merveilleuses où se soit engagée l’humanité, celle qui ouvrit aux masses laborieuses le terrain de l’histoire et fit désormais tout dépendre de leurs vastes et naturelles aspirations. (…) Quoi qu’on pense du bolchevisme, il est indéniable que la révolution russe est un des grands moments de l’histoire de l’humanité et que la venue au pouvoir des bolcheviks est un fait d’importance mondiale. John Reed
2017 est l’année du centenaire des dix jours qui ébranlèrent le XXe siècle. L’Humanité lui consacre un numéro hors-série auquel ont contribué de nombreux historiens. (…) Il y a cent ans, la guerre n’en finissait pas de décimer les populations européennes, la vie de centaines de milliers de jeunes gens s’abîmait à Craonne, à Verdun ou sur la Somme. Dans ce contexte désespérant, le mouvement ouvrier, trahi par l’Internationale socialiste, qui n’avait pas empêché la tuerie européenne, tournait son regard et ses espoirs vers la Russie. Le vaste et archaïque empire de la dynastie tricentenaire des Romanov était entré en révolution depuis février, quand les ouvriers et les femmes de Petrograd avaient chassé Nicolas II. En cette fin d’octobre, une insurrection populaire renversait le gouvernement provisoire. Parvenu au pouvoir, le parti bolchevik de Lénine se fixait pour tâche la réalisation de la révolution socialiste. Le vieux rêve du monde du travail d’en finir avec l’exploitation capitaliste allait-il se réaliser ? John Reed, dont le livre Dix Jours qui ébranlèrent le monde, tiré à des millions d’exemplaires, a fait connaître l’épopée de 1917, traduit l’enthousiasme qui s’empara des progressistes (…) C’est là le point de départ du numéro hors-série de l’Humanité auquel ont participé de nombreux historiens figurant parmi les meilleurs connaisseurs de cet événement fondateur du XXe siècle. Marc Ferro explique comment « les femmes, les ouvriers et les soldats du front ont réveillé les révolutionnaires ». Nicolas Werth relate cette année décisive de 1917 où « tout a basculé ». Jean-Jacques Marie montre combien la guerre civile déclenchée par les blancs et l’intervention militaire occidentale ont pesé sur le cours ultérieur de la politique bolchevique.« La révolution d’Octobre comprend deux histoires entrelacées : son impact sur la Russie et son impact sur le monde », observait Eric Hobsbawm et d’ajouter : « Sans le second, peu de monde en dehors d’une poignée d’historiens spécialistes s’en serait jamais préoccupé. » Aucun autre événement de l’histoire n’a davantage polarisé les sociétés sur des critères de classe : haine et terreur chez les possédants, sympathie et solidarité dans le prolétariat. Jean Vigreux détaille « l’onde de choc en Europe ». Tous les pays européens et au-delà connurent une recomposition politique. Les partis socialistes se divisèrent durablement entre « révolutionnaires », qui adhérèrent à la nouvelle internationale communiste, et « réformistes », qui, selon l’expression de Léon Blum au congrès de Tours, en décembre 1920, « gardaient la vieille maison ». Les rapports singuliers entre les héritiers de la Commune de Paris et les assaillants du palais d’Hiver sont soulignés dans plusieurs contributions. Sophie Cœuré exhume la mémoire de cette petite communauté de Français installée en Russie avant la révolution, qui choisit de s’engager aux côtés des bolcheviks et constitua le premier groupe communiste français à Moscou. Le modèle soviétique devait s’imposer pour longtemps au sein des partis communistes, d’abord par le biais de l’Internationale communiste, ce parti international pour une révolution mondiale dont traitent Serge Wolikow et Bernard Pudal. Après un siècle écoulé, que reste-t-il du message d’octobre ? Les valeurs émancipatrices portées par les révolutionnaires ont-elles résisté au stalinisme, aux interventions militaires en Hongrie et en Tchécoslovaquie, à la conversion des élites au capitalisme ? « La mort de l’URSS était-elle fatale ? » questionne Andreï Gratchev, l’ancien conseiller de Mikhaïl Gorbarchev. Le XXe siècle fut un siècle de violents affrontements, de génocides, ensanglanté par le fascisme et le nazisme, lesquels furent heureusement écrasés grâce au sacrifice des peuples soviétiques. Ce siècle fut aussi celui de l’émancipation des peuples colonisés, qui trouvèrent leur inspiration dans la révolution de 1917, souligne Françoise Vergès. Mais c’est en invoquant ces mêmes principales valeurs que les dirigeants soviétiques ont prétendu justifier les interventions militaires à Budapest en 1956 et à Prague en 1968. Au-delà des appréciations contradictoires sur la place qu’occupe octobre 1917 dans l’histoire contemporaine, l’occasion est donnée de questionner le sens des révolutions d’aujourd’hui et de demain. Le monde a-t-il toujours besoin de révolutions ? Sujet qui a nourri les réflexions de plusieurs personnalités du monde intellectuel et politique. Le débat n’est pas clos. L’Humanité (19.06.2017)
A cette époque-là, il y avait une conjonction très propice à l’amour libre: une situation économique florissante (en plein milieu des Trente Glorieuses, la France redécouvrait la prospérité), un optimisme délirant (on allait écraser le cancer, liquider l’infarctus du myocarde), une absence de maladies vénériennes… Tout d’un coup, le sujet amoureux pouvait se penser vagabondant à travers ses désirs, sans freins, sans pénalités. La science avait vaincu la vieille idée du péché sexuel. La liberté semblait sans limites. Tel était le climat de l’époque. (…) La contestation était en effet portée depuis un siècle par différentes avant-gardes artistiques et esthétiques, et une envie de plaisir s’était exprimée avec force chez les jeunes de l’après-guerre. A la fin des années 1950, nous sortions d’une société hypocrite où les hommes faisaient la loi dans les familles et les patrons, dans l’entreprise. Nous voulions en finir avec cette France corsetée, rigidifiée, fermée. Tout ce que nous pouvions happer de l’étranger -le rock, le blues, la soul, les hippies, les cheveux longs- était convoqué chez nous avec une avidité sans limite. Les garçons et les filles se regardaient comme deux tribus qui allaient bientôt sauter l’une sur l’autre. Ils restaient encore séparés par quelques vieux tabous: la virginité des femmes avant le mariage (c’était presque une plaisanterie), la non-mixité dans les écoles, un certain ascendant des hommes sur les femmes, une forme de pudeur… (…) C’est parce qu’ils étaient déjà morts, rongés de l’intérieur par toute une mentalité démocratique et égalitaire. On s’était inventé un ennemi formidable et mythique, le judéo-christianisme, pour mieux souligner la singularité de notre temps. Mai 68, c’est l’acte d’émancipation de l’individu, qui sape la morale collective. Désormais, on n’a plus d’ordre à recevoir de personne. Ni de l’Eglise, ni de l’armée, ni de la bourgeoisie, ni du parti… Et puisque l’individu est libre, il n’a plus d’autre obstacle face à son désir que lui-même. « Vivre sans temps morts, jouir sans entraves »: c’est la merveilleuse promesse d’un nouveau monde. S’est alors manifestée une véritable jubilation à l’idée de terrasser l’ordre qui avait marqué notre enfance. Nous allions passer de la répression à la conquête! Mai 68, c’est une révolution antiautoritaire, antitraditionaliste, dans laquelle la sexualité agit comme un phare. Tout d’un coup, l’irruption de la volupté! Au XVIIIe siècle, on disait « je vous aime » pour dire « je vous désire ». Cette fois, on dit « je te désire » au lieu de dire « je t’aime ». (…) C’était le droit au désir pour tous. Auparavant, on vivait des amours interrompues qui s’arrêtaient au dernier stade (« mes parents ne veulent pas », « je veux rester vierge pour le mariage »). Désormais, une jeune fille pouvait choisir qui elle voulait, désobéir à la norme sociale, parentale, familiale… Tout basculait. Le désir ne se résumait pas simplement à la pulsion immonde de l’espèce masculine. On reconnaissait le désir des femmes. Disons-le: ce fut une époque où tout le monde couchait avec tout le monde, par désir autant que par curiosité. On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! Enfin, on pouvait tout avoir, tout goûter! On se disait qu’il ne fallait rien refuser, même pas les expériences homosexuelles. (…) On lisait Freud, bien sûr, mais surtout Wilhelm Reich, dont les idées épousaient à merveille les lubies de l’époque. Selon lui, l’orgasme permettait d’expliquer le double phénomène du fascisme et du stalinisme: c’est parce que les gens ne jouissaient pas qu’ils se choisissaient un Hitler ou un Staline. L’orgasme avait donc des vertus non seulement hédoniques mais aussi politiques. (…) Dans le mouvement Sexpol, dont on ne relit pas aujourd’hui les publications sans éclater de rire, des trotskistes nous expliquaient comment l’émancipation de l’être humain passait par la grève mais aussi par le lit: la nuit, en copulant, l’ouvrier et l’ouvrière devaient atteindre ensemble l’extase pour hâter le grand soir. « Plus je fais l’amour, disait-on, plus je fais la révolution! » Raoul Vaneigem eut même ce jeu de mots, qui paraît consternant aujourd’hui: « Erection, insurrection! » (…) La révolution prolétarienne battait de l’aile, le tiers-monde était loin. La sexualité, elle, était pleine de promesses. Elle était la prolongation de la religion, la forme la plus immédiate et la plus accessible de la rédemption. Elle portait, croyait-on, un amour universel, une forme de franciscanisme. « Aimez-vous les uns sur les autres »: il y avait de la naïveté et de la bêtise dans tout cela, mais aussi une certaine générosité évangélique. On allait fabriquer un nouvel Adam. Le sexe, c’était le jardin d’Eden! Chesterton a eu cette phrase géniale: « Le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. » La révolution sexuelle en était une. (…) Le vent soufflait des Etats-Unis, mais aussi de l’Angleterre, de la Hollande. Le plus riche de 68, ce fut cette révolution désirante, qui sera ensuite théorisée par Foucault, Deleuze, Guattari… On baignait dans une bienveillance généralisée, naïve, mais féconde. (…) Sans s’en apercevoir, on passe d’un dogme à l’autre. Le plaisir était prohibé, il devient obligatoire. L’ambiance est à l’intimidation. Un nouveau tribunal s’installe: non seulement il faut faire l’amour de toutes les façons, avec tout le monde, mais encore faut-il que le plaisir soit conforme. Quiconque s’y soustrait est vu comme une sorte d’épave réactionnaire, un résidu du vieux monde. Quand les filles refusaient de coucher, on avait le moyen de les culpabiliser: « Ben dis donc, tu n’es pas libérée! » Peu à peu s’établit donc ce que nous avions appelé, avec Alain Finkielkraut, la dictature de l’orgasme obligatoire. L’érotisme entre dans le domaine de la prouesse. On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte. (…) Ils ont dit beaucoup de bêtises… Le corps apparaissant comme la métaphore de la subversion, le sentiment est mis sous le boisseau. On se dit que, pendant des siècles, les hommes avaient masqué leur désir derrière le rideau des beaux sentiments. Alors, il faut le déchirer! Le rock’n’roll et la pop poussent des cris d’appétit sexuel sauvage (« I can’t get no satisfaction », « I want you! »). L’inhibition et la frustration sont montrées du doigt; l’amour, avec ses fantômes séculaires (possession, jalousie, secret), devient obscène. D’où le refus de la séduction, considérée comme une survivance du vieux monde: on est supposé aller vers son partenaire en toute franchise, sans recourir aux anciens et misérables stratagèmes. (…) Les gens qui se mariaient nous semblaient pathétiques, on leur faisait honte. La jalousie ne pouvait plus se dire. Si quelqu’un y succombait, le cercle des amis lui exprimait une sorte de compassion: « Pourquoi es-tu jaloux? Analyse bien. » Déjà, la parole thérapeutique se frayait un chemin. Alors, au lieu de creuser sa plaie comme on le fait de nos jours, on se raisonnait: « Après tout, j’ai peut-être tort. Pourquoi m’inquiéter si ma compagne s’envoie en l’air avec le voisin du dessous? Je n’ai qu’à faire les courses pendant ce temps-là. » Le couple était une forme transitoire qu’on empruntait pour aller vers la polygamie ou la polyandrie. A l’époque, il y avait un véritable terrorisme anticonjugal. (…) Les enfants, eux aussi, devaient être élevés dans l’éloge de leur désir. La pédophilie n’était pas admise, mais elle comptait un certain nombre de défenseurs. On se disait que le miracle sexuel était un don qui devait être équitablement distribué entre tous les âges, et toutes les générations. C’était une époque innocente, et naïve… Car le vieux monde restait présent sous les oripeaux du nouveau, comme dans le film Les Bronzés (où ce sont toujours les mêmes qui se tapent les jolies filles). Derrière la parole libératrice et généreuse, il y avait une vraie brutalité, les lois de la sélection amoureuse subsistaient avec force. Petit à petit, on s’est aperçu qu’il y avait des perdants, des victimes, des laissés-pour-compte; on était en train de recréer un univers de mensonge que l’on avait pourtant tant dénoncé chez nos parents. (…) Les femmes se sont senties niées. Tout était calqué sur la mécanique de l’orgasme masculin, sur la satisfaction unique qui balaie la pulsion. Elles ne souhaitaient pas devenir des objets sexuels manipulables à volonté par des hommes en chaleur, mais voulaient la reconnaissance de nouveaux droits: l’avortement, la contraception, le respect de leur propre désir… Et puis, il y avait toujours cette renaissance incessante, à chaque relation, du sentiment, sorte de nostalgie dont on n’osait pas parler. (…) Nous avons voulu faire comprendre que la notion de révolution sexuelle n’avait aucun sens. Que l’amour n’était pas réformable. « Non, l’amour n’est pas honteux! » avance Barthes. Tout à coup, nous revendiquions le sentiment comme plus révolutionnaire que le désir sexuel. Ce qui n’empêchait pas une consommation sexuelle frénétique, notamment dans le monde homosexuel, mais elle n’était plus obligatoire. On s’est mis à redécouvrir Belle du Seigneur, d’Albert Cohen. Le sentiment est revenu par la petite porte. Comme si une deuxième libération avait lieu. (…) Malgré tout, le bilan est positif. La révolution sexuelle que nous avons accomplie reste, pour de nombreux pays au monde, un extraordinaire idéal. Les femmes y ont gagné des droits indéniables… Mais si, depuis le Moyen Age, l’individu s’est lentement affranchi des tutelles féodales, administratives, religieuses, sociales, morales, sexuelles, nous découvrons maintenant en Occident que cette liberté a pour contrepartie la responsabilité et la solitude. Résultat, la sexualité est peut-être libre, mais elle est devenue anxieuse. Sommes-nous de bons amants? De bons époux? De bons parents? La parole est passée du registre du diktat à celui de la plainte. « Nous avons fait Mai 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus », a dit justement Wolinski. (…) L’erreur que nous avons commise en 68, c’est de penser que l’Histoire est un héritage cumulatif et que, en supprimant les peurs d’antan, la nouvelle génération bénéficierait d’emblée d’une sexualité clefs en main. En réalité, le sexe reste un mystère obsédant et angoissant. Ce qui est mort depuis 68, c’est l’angélisme du désir, l’idée que tout ce qui touche au sexe est merveilleux. On sait aujourd’hui que l’amour n’est pas démocratique, qu’il ne répond pas à la justice ni au mérite, qu’il charrie la dépendance, l’abjection, la servitude aussi bien que le sacrifice et la transfiguration. C’est cette complexité de l’amour que nous devons redécouvrir. Pascal Bruckner
Avec le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et celui de notre constitution, 2018 s’annonce riche en célébrations. Ce n’est manifestement pas encore assez pour le Président de la République, qui souhaiterait engager une intense réflexion historico-politique, en vue de commémorer le 50ème anniversaire de mai 1968. Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es. (…) Qui sont donc les héros de cette période que nous serons amenés à célébrer? Les étudiants gauchistes et leurs théories insensées, qui font aujourd’hui sourire mais qui résonnaient autrement dans le contexte géopolitique et idéologique des années 1960? Ou la foule qui défila le 30 mai derrière Malraux, Debré et Schumann pour défendre avec le général de Gaulle, l’État de droit, l’ordre et la liberté? Au-delà des faits, les événements de 1968 sont bien sûr restés comme le symbole d’une émancipation culturelle, et de l’avènement de l’individu roi. Un mouvement entamé bien avant les barricades et dépassant largement nos frontières, mais qu’importe. Sur le plan économique, l’esprit de 68 a favorisé l’essor de la consommation de masse. Il fallait «jouir sans entrave»: une société de consommation et de loisir allait ainsi définitivement supplanter une société de privation et de travail. On pourrait désormais dépenser de plus en plus tout en travaillant de moins en moins, et tout était permis sur le plan politique pour financer la sacro-sainte «consommation des ménages». Le bilan de cette politique est aujourd’hui navrant: une dette gigantesque, qui fait peser sur les générations futures le train de vie de la génération 68. Un modèle économique à bout de souffle, privilégiant la consommation sur l’investissement. Des écosystèmes dévastés, qui nous forcent à imaginer une nouvelle croissance sobre en ressources et circulaire, plus respectueuse de notre santé comme de notre environnement. Sur le plan politique et social, 1968 a bousculé l’ordre ancien d’une société patriarcale et puritaine, et aboutit à de grandes lois mettant l’individu au centre du jeu. La loi Veil, l’abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans, l’abolition de la peine de mort sont sans conteste des lois nées en 1968. Mais cette logique individualiste a déraillé. Puisqu’il était «interdit d’interdire», on a étendu sans cesse le périmètre des droits au détriment des devoirs, le périmètre de la liberté sur celui de la responsabilité, minant progressivement toute idée d’intérêt général ou de bien commun. Mai 68 c’est la victoire de l’individu contre la famille, contre le collectif, contre l’autorité, contre les règles. On se rend compte aujourd’hui combien notre société souffre de la fragilisation des rapports sociaux, de l’isolement social, de l’absence d’autorité et de règles. Sur le plan culturel, enfin, mai 68 qui voulait abattre le «vieux monde» a enfin sapé au nom de l’émancipation individuelle toute notion de transmission historique et culturelle, d’héritage, de valeurs communes. On en mesure quotidiennement les dégâts dans les nouvelles générations, et le déclin de l’éducation nationale, mesuré chaque année par les enquêtes Pisa, témoigne parmi d’autres des méfaits d’une pensée relativiste, qui nie des valeurs aussi fondamentales que l’autorité ou l’excellence. (…) Marx, dont on célébrera également en 2018 le bicentenaire de la naissance, disait que «tous les grands événements se répètent pour ainsi dire deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce». Nous avons déjà eu Mai 68, avec ses fractures et ses échecs. Épargnons-nous la comédie d’une réunion de septuagénaires autocélébrant leur place dans l’histoire.

Attention: un cinquantenaire peut en cacher un autre !

A l’heure où entre le Brexit, l’élection de Donald Trump et de ses émules à travers l’Europe …

Mais aussi – énième épisode d’hystérie collective ou grande purge cinquantenaire ? – le dévoilement en cours de l’hypocrisie de nos donneurs de leçons professionnels de l’Obamamanie et d’Hollywood ou de Silicon Valley

Le lourd héritage des années 60 commence, entre perte des repères, déficits abyssaux et menaces terroristes et migratoires, à apparaitre pour ce qu’il est vraiment …

Devinez quelle énième commémoration qui était déjà elle-même cinquantenaire à un an près d’une des pires catastrophes de l’humanité …

Et dont s’apprêtent à fêter le centenaire nos habituels thuriféraires de la Révolution

L’auteur du hold up électoral du siècle veut ajouter …

A une année pourtant déjà bien chargée entre fin de la Première guerre mondiale, Déclaration universelle des droits de l’Homme et constitution de la Ve république …

Mais aussi lâche abandon de tant de peuples, de la Tchécoslovaquie au Vietnam et au Cambodge et avant la Chine, Cuba ou la Pologne  aux griffes de l’idéologie aux 100 millions de victimes

Sans compter, par leurs successeurs islamistes et chocs pétroliers obligent, le début du long processus de nettoyage ethnico-religieux des juifs et des chrétiens dans le Monde dit musulman, Iran compris ?

Commémorer mai 68 ? Épargnons-nous cette comédie

Le Figaro

FIGAROVOX/TRIBUNE – Emmanuel Macron envisage de commémorer les 50 ans de mai 68. Pour le candidat à la présidence des Républicains Maël de Calan la célébration officielle d’un événement aussi controversé serait ridicule et inappropriée.


Maël de Calan est conseiller départemental du Finistère et candidat à la présidence des Républicains.


Avec le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et celui de notre constitution, 2018 s’annonce riche en célébrations. Ce n’est manifestement pas encore assez pour le Président de la République, qui souhaiterait engager une intense réflexion historico-politique, en vue de commémorer le 50ème anniversaire de mai 1968.

Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es. De quoi parlons-nous en l’espèce?

Si l’on s’en tient aux stricts événements, mai 1968 est une contestation étudiante et sociale ayant conduit, comme souvent dans notre histoire, à une paralysie généralisée.

Ce mois fut émaillé de grèves, de manifestations, de barricades et de violences, avant de se conclure par la paix sociale des accords de Grenelle, et le triomphe électoral de la droite aux législatives.

Qui sont donc les héros de cette période que nous serons amenés à célébrer?

Les étudiants gauchistes et leurs théories insensées, qui font aujourd’hui sourire mais qui résonnaient autrement dans le contexte géopolitique et idéologique des années 1960? Ou la foule qui défila le 30 mai derrière Malraux, Debré et Schumann pour défendre avec le général de Gaulle, l’État de droit, l’ordre et la liberté?

Au-delà des faits, les événements de 1968 sont bien sûr restés comme le symbole d’une émancipation culturelle, et de l’avènement de l’individu roi. Un mouvement entamé bien avant les barricades et dépassant largement nos frontières, mais qu’importe.

Sur le plan économique, l’esprit de 68 a favorisé l’essor de la consommation de masse. Il fallait «jouir sans entrave»: une société de consommation et de loisir allait ainsi définitivement supplanter une société de privation et de travail.

On pourrait désormais dépenser de plus en plus tout en travaillant de moins en moins, et tout était permis sur le plan politique pour financer la sacro-sainte «consommation des ménages».

Le bilan de cette politique est aujourd’hui navrant: une dette gigantesque, qui fait peser sur les générations futures le train de vie de la génération 68. Un modèle économique à bout de souffle, privilégiant la consommation sur l’investissement. Des écosystèmes dévastés, qui nous forcent à imaginer une nouvelle croissance sobre en ressources et circulaire, plus respectueuse de notre santé comme de notre environnement.

Sur le plan politique et social, 1968 a bousculé l’ordre ancien d’une société patriarcale et puritaine, et aboutit à de grandes lois mettant l’individu au centre du jeu.

La loi Veil, l’abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans, l’abolition de la peine de mort sont sans conteste des lois nées en 1968.

Mais cette logique individualiste a déraillé. Puisqu’il était «interdit d’interdire», on a étendu sans cesse le périmètre des droits au détriment des devoirs, le périmètre de la liberté sur celui de la responsabilité, minant progressivement toute idée d’intérêt général ou de bien commun.

Mai 68 c’est la victoire de l’individu contre la famille, contre le collectif, contre l’autorité, contre les règles. On se rend compte aujourd’hui combien notre société souffre de la fragilisation des rapports sociaux, de l’isolement social, de l’absence d’autorité et de règles.

Sur le plan culturel, enfin, mai 68 qui voulait abattre le «vieux monde» a enfin sapé au nom de l’émancipation individuelle toute notion de transmission historique et culturelle, d’héritage, de valeurs communes.

On en mesure quotidiennement les dégâts dans les nouvelles générations, et le déclin de l’éducation nationale, mesuré chaque année par les enquêtes Pisa, témoigne parmi d’autres des méfaits d’une pensée relativiste, qui nie des valeurs aussi fondamentales que l’autorité ou l’excellence.

Le moins que l’on puisse dire, donc, c’est que le bilan de Mai 68 est tout sauf consensuel.

Que le Président qui a construit son identité politique sur le renouvellement et le dépassement du clivage gauche / droite, le réactive à travers mai 1968 est une contradiction majeure.

Marx, dont on célébrera également en 2018 le bicentenaire de la naissance, disait que «tous les grands événements se répètent pour ainsi dire deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce». Nous avons déjà eu Mai 68, avec ses fractures et ses échecs. Épargnons-nous la comédie d’une réunion de septuagénaires autocélébrant leur place dans l’histoire.

Voir aussi:

It’s 1968 All Over Again

Victor Davis Hanson

National Review

October 16, 2017

The United States and the world appear to be reliving the language, politics, and global instability of 1968.

Almost a half-century ago, in 1968, the United States seemed to be falling apart.

The Vietnam War, a bitter and close presidential election, antiwar protests, racial riots, political assassinations, terrorism, and a recession looming on the horizon left the country divided between a loud radical minority and a silent conservative majority.

The United States avoided a civil war. But America suffered a collective psychological depression, civil unrest, defeat in Vietnam, and assorted disasters for the next decade — until the election of a once-polarizing Ronald Reagan ushered in five consecutive presidential terms of relative bipartisan calm and prosperity from 1981 to 2001.

It appears as if 2017 might be another 1968. Recent traumatic hurricanes seem to reflect the country’s human turmoil.

After the polarizing Obama presidency and the contested election of Donald Trump, the country is once again split in two. But this time the divide is far deeper, both ideologically and geographically — and more 50/50, with the two liberal coasts pitted against red-state America in between.

Century-old mute stone statues are torn down in the dead of night, apparently on the theory that by attacking the Confederate dead, the lives of the living might improve.

All the old standbys of American life seem to be eroding. The National Football League is imploding as it devolves into a political circus. Multimillionaire players refuse to stand for the national anthem, turning off millions of fans whose former loyalties paid their salaries.

Politics — or rather a progressive hatred of the provocative Donald Trump — permeates almost every nook and cranny of popular culture.

The new allegiance of the media, late-night television, stand-up comedy, Hollywood, professional sports, and universities is committed to liberal sermonizing. Politically correct obscenity and vulgarity among celebrities and entertainers are a substitute for talent, even as Hollywood is wracked by sexual-harassment scandals and other perversities.

The smears “racist,” “fascist,” “white privilege,” and “Nazi” — like “Commie” of the 1950s — are so overused as to become meaningless. There is now less free speech on campus than during the McCarthy era of the early 1950s.

As was the case in 1968, the world abroad is also falling apart.

The European Union, model of the future, is unraveling. The EU has been paralyzed by the exit of Great Britain, the divide between Spain and Catalonia, the bankruptcy of Mediterranean nation members, insidious terrorist attacks in major European cities, and the onslaught of millions of immigrants — mostly young, male, and Muslim — from the war-torn Middle East. Germany is once again becoming imperious, but this time insidiously by means other than arms.

The failed state of North Korea claims that it has nuclear-tipped missiles capable of reaching America’s West Coast — and apparently wants some sort of bribe not to launch them.

Iran is likely to follow the North Korea nuclear trajectory. In the meantime, its new Shiite hegemony in the Middle East is feeding on the carcasses of Syria and Iraq.

Is the chaos of 2017 a catharsis — a necessary and long overdue purge of dangerous and neglected pathologies? Will the bedlam within the United States descend into more nihilism or offer a remedy to the status quo that had divided and nearly bankrupted the country?

Is the problem too much democracy, as the volatile and fickle mob runs roughshod over establishment experts and experienced bureaucrats? Or is the crisis too little democracy, as populists strive to dethrone a scandal-plagued, anti-democratic, incompetent, and overrated entrenched elite?

Neither traditional political party has any answers. Democrats are being overwhelmed by the identity politics and socialism of progressives. Republicans are torn asunder between upstart populist nationalists and the calcified establishment status quo.

Yet for all the social instability and media hysteria, life in the United States quietly seems to be getting better. The economy is growing. Unemployment and inflation remain low. The stock market and middle-class incomes are up. Business and consumer confidence are high. Corporate profits are up. Energy production has expanded. The border with Mexico is being enforced.

Is the instability less a symptom that America is falling apart and more a sign that the loud conventional wisdom of the past — about the benefits of a globalized economy, the insignificance of national borders, and the importance of identity politics — is drawing to a close, along with the careers of those who profited from it?

In the past, any crisis that did not destroy the United States ended up making it stronger. But for now, the fight grows over which is more toxic — the chronic statist malady that was eating away the country, or the new populist medicine deemed necessary to cure it.

Voir également:

The Exhaustion of American Liberalism
Shelby Steele

The Wall Street Journal

March 5, 2017

The recent flurry of marches, demonstrations and even riots, along with the Democratic Party’s spiteful reaction to the Trump presidency, exposes what modern liberalism has become: a politics shrouded in pathos. Unlike the civil-rights movement of the 1950s and ’60s, when protesters wore their Sunday best and carried themselves with heroic dignity, today’s liberal marches are marked by incoherence and downright lunacy—hats designed to evoke sexual organs, poems that scream in anger yet have no point to make, and an hysterical anti-Americanism.

All this suggests lostness, the end of something rather than the beginning. What is ending?

America, since the ’60s, has lived through what might be called an age of white guilt. We may still be in this age, but the Trump election suggests an exhaustion with the idea of white guilt, and with the drama of culpability, innocence and correctness in which it mires us.

White guilt is not actual guilt. Surely most whites are not assailed in the night by feelings of responsibility for America’s historical mistreatment of minorities. Moreover, all the actual guilt in the world would never be enough to support the hegemonic power that the mere pretense of guilt has exercised in American life for the last half-century.

White guilt is not angst over injustices suffered by others; it is the terror of being stigmatized with America’s old bigotries—racism, sexism, homophobia and xenophobia. To be stigmatized as a fellow traveler with any of these bigotries is to be utterly stripped of moral authority and made into a pariah. The terror of this, of having “no name in the street” as the Bible puts it, pressures whites to act guiltily even when they feel no actual guilt. White guilt is a mock guilt, a pretense of real guilt, a shallow etiquette of empathy, pity and regret.

It is also the heart and soul of contemporary liberalism. This liberalism is the politics given to us by white guilt, and it shares white guilt’s central corruption. It is not real liberalism, in the classic sense. It is a mock liberalism. Freedom is not its raison d’être; moral authority is.

When America became stigmatized in the ’60s as racist, sexist and militaristic, it wanted moral authority above all else. Subsequently the American left reconstituted itself as the keeper of America’s moral legitimacy. (Conservatism, focused on freedom and wealth, had little moral clout.) From that followed today’s markers of white guilt—political correctness, identity politics, environmental orthodoxy, the diversity cult and so on.

This was the circumstance in which innocence of America’s bigotries and dissociation from the American past became a currency of hardcore political power. Barack Obama and Hillary Clinton, good liberals both, pursued power by offering their candidacies as opportunities for Americans to document their innocence of the nation’s past. “I had to vote for Obama,” a rock-ribbed Republican said to me. “I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president.”
For this man liberalism was a moral vaccine that immunized him against stigmatization. For Mr. Obama it was raw political power in the real world, enough to lift him—unknown and untested—into the presidency. But for Mrs. Clinton, liberalism was not enough. The white guilt that lifted Mr. Obama did not carry her into office—even though her opponent was soundly stigmatized as an iconic racist and sexist.

Perhaps the Obama presidency was the culmination of the age of white guilt, so that this guiltiness has entered its denouement. There are so many public moments now in which liberalism’s old weapon of stigmatization shoots blanks—Elizabeth Warren in the Senate reading a 30-year-old letter by Coretta Scott King, hoping to stop Jeff Sessions’s appointment as attorney general. There it was with deadly predictability: a white liberal stealing moral authority from a black heroine in order to stigmatize a white male as racist. When Ms. Warren was finally told to sit, there was real mortification behind her glaring eyes.

This liberalism evolved within a society shamed by its past. But that shame has weakened now. Our new conservative president rolls his eyes when he is called a racist, and we all—liberal and conservative alike—know that he isn’t one. The jig is up. Bigotry exists, but it is far down on the list of problems that minorities now face. I grew up black in segregated America, where it was hard to find an open door. It’s harder now for young blacks to find a closed one.

This is the reality that made Ms. Warren’s attack on Mr. Sessions so tiresome. And it is what caused so many Democrats at President Trump’s address to Congress to look a little mortified, defiantly proud but dark with doubt. The sight of them was a profound moment in American political history.

Today’s liberalism is an anachronism. It has no understanding, really, of what poverty is and how it has to be overcome. It has no grip whatever on what American exceptionalism is and what it means at home and especially abroad. Instead it remains defined by an America of 1965—an America newly opening itself to its sins, an America of genuine goodwill, yet lacking in self-knowledge.

This liberalism came into being not as an ideology but as an identity. It offered Americans moral esteem against the specter of American shame. This made for a liberalism devoted to the idea of American shamefulness. Without an ugly America to loathe, there is no automatic esteem to receive. Thus liberalism’s unrelenting current of anti-Americanism.

Let’s stipulate that, given our history, this liberalism is understandable. But American liberalism never acknowledged that it was about white esteem rather than minority accomplishment. Four thousand shootings in Chicago last year, and the mayor announces that his will be a sanctuary city. This is moral esteem over reality; the self-congratulation of idealism. Liberalism is exhausted because it has become a corruption.

Mr. Steele, a senior fellow at Stanford University’s Hoover Institution, is author of “Shame: How America’s Past Sins Have Polarized Our Country” (Basic Books, 2015).

Voir encore:

The Beginning of the End of Progressive Domination?
The overreach of the Left’s response to Trump’s victory — and its consequences.
Bruce Thornton
October 16, 2017
Bruce Thornton is a Shillman Journalism Fellow at the David Horowitz Freedom Center.

For over forty years the left has been successfully reshaping American culture. Social mores and government policies about sexuality, marriage, the sexes, race relations, morality, and ethics have changed radically. The collective wisdom of the human race that we call tradition has been marginalized or discarded completely. The role of religion in public life has been reduced to a private preference. And politics has been increasingly driven by the assumptions of progressivism: internationalism privileged over nationalism, centralization of power over its dispersal in federalism, elitist technocracy over democratic republicanism, “human sciences” over common sense, and dependent clients over autonomous citizens.

But the election of Donald Trump, and the overreach of the left’s response to that victory, suggest that we may be seeing the beginning of the end of the left’s cultural, social, and political dominance.

The two terms of Barack Obama seemed to be the crowning validation of the left’s victory. Despite Obama’s “no blue state, no red state” campaign rhetoric, he governed as the most leftist––and ineffectual–– president in history. Deficits exploded, taxes were raised, new entitlements created, and government expanded far beyond the dreams of center-left Democrats. Marriage and sex identities were redefined. The narrative of permanent white racism was endorsed and promoted. Tradition-minded Americans were scorned as “bitter clingers to guns and religion.” Hollywood and Silicon Valley became even more powerful cultural arbiters and left-wing publicists. And cosmopolitan internationalism was privileged over patriotic nationalism, while American exceptionalism was reduced to an irrational parochial prejudice.

The shocking repudiation of the establishment left’s anointed successor, Hillary Clinton, was the first sign that perhaps the hubristic left had overreached, and summoned nemesis in the form of a vulgar, braggadocios reality television star and casino developer who scorned the hypocritical rules of decorum and political correctness that even many Republicans adopted to avoid censure and calumny. Yet rather than learning the tragic self-knowledge that Aristotle says compensates the victim of nemesis, the left overreached yet again with its outlandish, hysterical tantrums over Trump’s victory. The result has been a stark exposure of the left’s incoherence and hypocrisy so graphic and preposterous that they can no longer be ignored.

First, the now decidedly leftist Democrats refused to acknowledge their political miscalculations. Rather than admit that their party has drifted too far left beyond the beliefs of the bulk of the states’ citizens, they shifted blame onto a whole catalogue of miscreants: Russian meddling, a careerist FBI director, their own lap-dog media, endemic sexism, an out-of-date

Electoral College, FOX News, and irredeemable “deplorables” were just a few. Still high on the “permanent majority” Kool-Aid they drank during the Obama years, they pitched a fit and called it “resistance,” as though comfortably preaching to the media, university, and entertainment choirs was like fighting Nazis in occupied France. The bathos and ridiculous hyperbole of their whining exposed for all to see their rank egotism and lack of discernment and judgment.

This childish behavior came hard on the whole “snowflake” and “microagression” phenomenon in colleges and universities. Normal people watched as some of the most privileged young people in history turned their subjective slights and bathetic discontents into weapons of tyranny, shouting down or driving away speakers they didn’t like, and calling for “muscle” to enforce their assault on the First Amendment. Relentlessly repeated on FOX News and on the Drudge Report, these antics galvanized large swaths of American voters who used to be amused, but now were disgusted by such displays of rank ingratitude and arrogant dismissal of Constitutional rights. And voters could see that the Democrats encouraged and enabled this nonsense. The prestige of America’s best universities, where most of these rites of passage for the scions of the well-heeled occurred, was even more damaged than it had been in the previous decades.

So too with the world of entertainment. Badly educated actors, musicians, and entertainers, those glorified jugglers, jesters, and sword-swallowers who fancy themselves “artists,” have let loose an endless stream of dull leftwing clichés and bromides that were in their dotage fifty years ago. The spectacle of moral preening coming from the entertainment industry––one that trades in vulgarity, misogyny, sexual exploitation, the glorification of violence, and, worst of all, the production of banal, mindless movies and television shows recycling predictable plots, villains, and heroes––has disgusted millions of voters, who are sick of being lectured to by overpaid carnies. So they vote with their feet for the alternatives, while movie grosses and television ratings decline.

As for the media, their long-time habit of substituting political activism for journalism, unleashed during the Obama years, has been freed from its last restraints while covering Trump. The contrast between the “slobbering love affair,” as Bernie Goldberg described the media’s coverage of Obama, and the obsessive Javert-like hounding of Trump has stripped the last veil of objectivity from the media. They’ve been exposed as flacks no longer seeking the truth, but manufacturing partisan narratives. The long cover-up of the Weinstein scandal is further confirmation of the media’s amoral principles and selective outrage. With numerous alternatives to the activism of the mainstream media now available, the legacy media that once dominated the reporting of news and political commentary are now shrinking in influence and lashing out in fury at their diminished prestige and profits.

Two recent events have focused this turn against the sixties’ hijacking of the culture. The preposterous “protests” by NFL players disrespecting the flag during pregame ceremonies has angered large numbers of Americans and hit the League in the wallet. The race card that always has trumped every political or social conflict has perhaps lost its power. The spectacle of rich one-percenters recycling lies about police encounters with blacks and the endemic racism of American society has discredited the decades-long racial narrative constantly peddled by Democrats, movies, television shows, and school curricula from grade-school to university. The endless scolding of white people by blacks more privileged than the majority of human beings who ever existed has lost its credibility. The racial good will that got a polished mediocrity like Barack Obama twice elected president perhaps has been squandered in this attempt of rich people who play games to pose as perpetual victims. These supposed victims appear more interested in camouflaging their privilege than improving the lives of their so-called “brothers” and “sisters.”

The second is the Harvey Weinstein scandal. A lavish donor to Democrats––praised by Hillary Clinton and the Obamas, given standing ovations at awards shows by the politically correct, slavishly courted and feted by progressive actors and entertainers, and long known to be a vicious sexual predator by these same progressive “feminists” supposedly anguished by the plight of women––perhaps will become the straw that breaks the back of progressive ideology. Just as ultrasounds, Planned Parenthood’s dismemberment of babies to harvest and sell their organs, and murderous ghouls like Kermit Gosnell have turned people against abortion, perhaps the lies, cover-ups, and rationalizations of Weinstein’s creepy assaults on more than 30 women will discredit Hollywood’s pompous posing and smug virtue-signaling on the part of self-proclaimed champions of women’s rights. The spectacle of a rich feminist and progressive icon like Jane Fonda whimpering about her own moral cowardice has destroyed the credibility we foolishly gave to Hollywood’s dunces and poltroons.

So do these signs portend at last the end of the leftist “fundamental transformation” of America? Will we begin to see even more pushback, and more reforms of our cultural and social institutions?

Other signs suggest we shouldn’t start celebrating. The lefts’ demolition of the American social and political order has reached deep into our schools, popular culture, and political policies. There are 66 million Millennials, the worst-educated cohort in American history, steeped in the progressive world-view since kindergarten. The shibboleths, clichés, mythemes, and transparent lies of that world view are second nature to them, signs of intellectual sophistication and class superiority. Their favorite oracles, Facebook, Google, Twitter, and YouTube, are morphing into Big Brother censors and manipulators of information on behalf of progressives. And these Millennials are going to be around for a long time, unlike the aging Boomers, among whom are most of the last remnants of the old America.

More ominous, the progressive redistributionist entitlement state and the habits of dependence it fosters are unlikely to be reformed, even as the increasing debt to finance this “kinder, gentler” Leviathan continues to drive us toward bankruptcy. The vast wealth and physical comfort we Americans enjoy fool us into thinking that all these cultural and political pathologies are affordable, nothing to worry about as long as the shelves of Costco are full, the cat videos keep coming on Facebook and YouTube, the new CGI superhero cartoons are showing at the Cineplex, and new Silicon Valley toys continue to be available. We can keep on enjoying our bread and circuses and not think about the Goths and Vandals gathering on the horizon.

So, beginning of the end of the leftist cultural regime, or a transient, doomed resistance? One thing for sure, we have a couple of national elections coming in 2018 and 2020 that will answer that question.

Voir de même:

We Have Officially Reached Peak Leftism

Kevin D. Williamson

The National Review

June 24, 2015

A progressive panic attack begins as the Obama era wanes. If it seems to you that the Left has, collectively, lost its damned mind as the curtain rises on the last act of the Obama administration, you are not imagining things. Barack Obama has been extraordinarily successful in his desire to — what was that phrase? — fundamentally transform the country, but the metamorphosis is nonetheless a good deal less than his congregation wanted and expected. We may have gone from being up to our knees in welfare-statism to being up to our hips in it, and from having a bushel of banana-republic corruption and incompetence to having a bushel and a peck of it, but the United States of America remains, to the Left’s dismay, plainly recognizable as herself beneath the muck.

Ergo, madness and rage.

We have seen an extraordinary outburst of genuine extremism — and genuine authoritarianism — in the past several months, and it will no doubt grow more intense as we approach the constitutional dethroning of the mock messiah to whom our progressive friends literally sang hymns of praise and swore oaths of allegiance. (“I pledge to be a servant to our president” — recall all that sieg heil creepiness.) There is an unmistakable stink of desperation about this, as though the Left intuits what the Right dares not hope: that the coming few months may in fact see progressivism’s cultural high-water mark for this generation.

If there is desperation, it probably is because the Left is starting to suspect that the permanent Democratic majority it keeps promising itself may yet fail to materialize. The Democrats won two resounding White House victories but can hardly win a majority in a state legislature (seven out of ten today are Republican-controlled) or a governorship (the Democrats are down to 18) to save their lives, while Republicans are holding their strongest position in Congress since the days of Herbert Hoover. The Democrats have calculated that their best bet in 2016 is Hillary Rodham Clinton, that tragic bag of appetites who couldn’t close the deal in the primary last time around. “Vote for me, I’m a lady” isn’t what they thought it was: Wendy Davis, running for governor of Texas, made all the proper ceremonial incantations and appeared in heroic postures on all the right magazine covers, but finished in the 30s on Election Day. With young people trending pro-life, that old black magic ain’t what it used to be.

For the Left, it feels like time is running out.

So it isn’t sufficient that same-sex marriages be legalized; bakers and florists must be locked in prison if they decline to participate in a gay couple’s ceremony. It isn’t sufficient that those wishing to undergo sex-change surgery be permitted to go their own way; the public must pay for it, and if Bruce Jenner is still “Bruce” to you, you must be driven from polite society. It isn’t enough that the Left dominate the media and pop culture; any attempt to compete with it must be criminalized in the name of “getting big money out of politics.” Not the New York Times’s money, or Hollywood’s money, or the CEO of Goldman Sachs’s money — just the wrong sort of people’s money. Every major Democratic presidential candidate and every Democratic senator is on record supporting the repeal of the First Amendment’s free-speech protections — i.e., carving the heart out of the Bill of Rights — to clear the way for putting all public debate under political discipline.

Like it or not, you will be shackled to hope and change. The hysterical shrieking about the fictitious rape epidemic on college campuses, the attempts to fan the unhappy events in Ferguson and Baltimore into a national racial conflagration, the silly and shallow “inequality” talk — these are signs of progressivism in decadence.

So is the brouhaha over the Confederate flag in South Carolina in the wake of the horrific massacre at Emanuel AME Church. For about 30 seconds, the political ghouls of the Left were looking to pick another gun-control fight, swooping in, in their habitually indecent fashion, before the bodies had even grown cold. But that turned out to be a dead end, since the killer acquired his gun after passing precisely the sort of background check that the Left generally hawks after a high-profile crime, regardless of whether it is relevant to the crime. We might have spent some time thinking about whether law enforcement was too lax in the matter of the murderer’s earlier encounters with them — the South Carolina killer had a drug arrest on his record but was able to buy a gun because he had been charged only with a misdemeanor. But the Left isn’t in any mood to talk about whether the cops aren’t being hard-assed enough. So, instead, we had a fight over a completely unrelated issue: the Confederate flag flying at the state capitol in Columbia.

You have to credit the Left: Its strategy is deft. If you can make enough noise that sounds approximately like a moral crisis, then you can in effect create a moral crisis. Never mind that the underlying argument — “Something bad has happened to somebody else, and so you must give us something we want!” — is entirely specious; it is effective. In the wake of the financial crisis, we got all manner of “reform,” from student-lending practices to the mandates of Elizabeth Warren’s new pet bureaucracy, involving things that had nothing at all to do with the financial crisis. Democrats argued that decency compelled us to pass a tax increase in the wake of the crisis, though tax rates had nothing to do with it. A crisis is a crisis is a crisis, and if a meteor hits Ypsilanti tomorrow you can be sure that Debbie Stabenow will be calling for a $15 national minimum wage because of the plight of meteor victims. If you can make enough noise that sounds approximately like a moral crisis, then you can in effect create a moral crisis.

I bear no brief for the peckerwood-trash cultural tendencies that led Fritz Hollings, then governor, and the rest of the loyal Democrats who ran segregation-era South Carolina to hoist the Confederate flag in 1962. My sympathies are more with John Brown than with John Calhoun. Yet Lost Cause romanticism was very much in fashion for a moment, and not only among Confederate revanchists; Joan Baez, no redneck she, made a great deal of money with her recording of “The Night They Drove Old Dixie Down” in 1971. About every third Western of the era had as its hero a conflicted Confederate veteran, his wounded honor and stoicism in defeat compelling him to roam westward in search of a new beginning. That story lives on into our own time: Who are Mal Reynolds and the Browncoats if not another remnant of the Lost Cause relocated from Virginia to the frontier in space?

Of course the Confederate flag is a symbol of Southern racism. It is a good many other things, too, none of which was the cause of the massacre at Emanuel AME. It is strange and ironic that adherents of the Democratic party — which was, for about 140 years, not only the South’s but the world’s leading white-supremacist organization — should work themselves up over one flag, raised by their fellow partisans, at this late a date; but, well, welcome to the party. Yet Democratic concern about racist totems is selective: The Democrats are not going to change the name of their party, cancel the annual Jefferson-Jackson dinner, or stop naming things after Robert Byrd, senator and Exalted Cyclops of the Ku Klux Klan. Hillary Clinton is not going to be made to answer for her participation in a political campaign that featured Confederate-flag imagery.

The Confederate flag, and other rebel iconography, is a marker of Southern distinctiveness, which, like American distinctiveness, is inextricably bound up with the enslavement and oppression of black people. But only the South is irredeemable in the Left’s view, and it has been so only since about 1994, when it went Republican. Which is to say, the Confederate flag is an emblem of regional distinctiveness disapproved of by 21st-century Democrats. Their reinvigorated concern is awfully nice: When the South actually was a segregationist backwater that African-Americans were fleeing by the million — when Democrats were running the show — they were ho-hum. Today the South is an economic powerhouse, dominated by Republicans, and attracting new African-American residents by the thousands. And so the Left and its creature, the Democratic party, insist that Southern identity as such must be anathematized. The horrific crime that shocked the nation notwithstanding, black life in Charleston remains very different, in attractive ways, from black life in such Left-dominated horror shows as Cleveland and Detroit, and the state’s governor is, in the parlance of identity politics, a woman of color — but she is a Republican, too, and therefore there must be shrieking, rending of garments, and gnashing of teeth.

This is a fraud, and some scales are starting to fall from some eyes. Americans believe broadly in sexual equality, but only a vanishing minority of us describe ourselves as “feminists.” “Social-justice warrior” is a term of derision. The Bernie Sanders movement, like the draft-Warren movement of which it is an offshoot, is rooted in disgust at the opportunistic politics of the Clinton claque. Young people who have heard all their lives that the Republican party and the conservative movement are for old white men — young people who may be not be quite old enough to remember Democrats’ boasting of their “double-Bubba” ticket in 1992, pairing the protégé of one Southern segregationist with the son of another — see before them Nikki Haley, Bobby Jindal, Susana Martinez, Carly Fiorina, Tim Scott, Mia Love, Marco Rubio, Ben Carson, Elise Stefanik. None of those men and women is bawling about “microaggressions” or dreaming up new sexless pronouns. None belongs to the party that hoisted Dixie over the capitol in South Carolina either. Governor Haley may be sensitive to the history of her state, but she is a member of the party of Lincoln with family roots in Punjab — it isn’t her flag.

What’s going to happen between now and November 8 of next year will be a political campaign on one side of the aisle only. On the other side, it’s going to be something between a temper tantrum and a panic attack. That’s excellent news if you’re Ted Cruz, Scott Walker, Marco Rubio, or Carly Fiorina. It’s less good news if you live in Baltimore or Philadelphia. —

Kevin D. Williamson is roving correspondent at National Review.

Voir encore:

PHOENIX — There are now two definitions of truth in the United States. The first is that a truthful statement is one that conforms to facts or reality. By this standard, President Trump is a serial liar.

The second is that truth is “telling it like it is,” or speaking in a direct, unvarnished way without regard to political correctness or the offense it may give. By this measure, for millions of supporters, Trump is the most honest president ever.

The United States has already become a post-truth society. Telling it like it isn’t has become a form of truth. That’s a nation in which chaos is more plausible because the ability to make rational decisions is diminished. Signal and noise can no longer be distinguished.

The center, where it was long held that elections are won, evaporates. Violence becomes more likely because incomprehension grows across hardening lines of fracture. It may well be that elections, as with the last presidential race, are now won at the extremes.

In Arizona, where Trump’s presidential campaign went from joke to winning proposition in July 2015 with a speech in which Trump said Mexicans were “taking our money” and “killing us,” the honest-man Trump view resonates. Trump was always about language. It didn’t matter that he was a loose cannon. He connected with the widespread disgust at the political class and the media. This was his winning intuition: that he could triumph as the subversive plain-speaking outsider.

Trump had that “kind of bluntness and occasionally even crass language which, if nothing else, at least meant authenticity,” said Jay Heiler, a lawyer considering a run against Senator Jeff Flake of Arizona, a rare Republican critic of Trump. “The president just hit a lot of nerves that a lot of conventional politicians didn’t even know were there.”

Those nerves still tingle. Nine months into the presidency, the support of Trump’s base remains fervid. I am often asked whether I believe that Trump will be impeached. I’ve taken to responding that it’s more likely he’ll be a two-term president. I’d put the chances of impeachment at under 10 percent and of his re-election at about 25 percent.

That’s partly because the Democratic Party has not yet begun a serious reckoning with its defeat last year. It hasn’t grasped the degree to which it lives, still, in a coastal echo chamber of identity politics and Trump-bashing. Just being anti-Trump won’t cut it. As Chuck Coughlin, a Republican political consultant who once worked for Senator John McCain, put it to me, “Somebody who speaks to common-sense American values — that is what the Democrats need.” I’m not sure who that person is, but I am pretty sure she or he does not reside in New York, Massachusetts or California.

Coughlin went on: “A Democratic Party that can’t tell me how many genders there are, that ain’t flying in this country.”

American fracture is the nation’s overriding condition. It keeps widening. Jeff DeWit, the Republican state treasurer of Arizona, picked up Trump at the airport for that 2015 Phoenix rally; he remains an ardent fan of Trump’s “movement of people dying for something different.”

His deputy, Mark Swenson, told me: “America was formed by a bunch of people who just wanted to be left alone.”

For that, guns help. “Bad guys have guns, so good guys should have guns, too,” DeWit said, rejecting my suggestion that the recent American carnage in Las Vegas showed the need for stricter gun laws.

Trump winks at white supremacists, thrives on confrontation and debases the Oval Office. But it would be a huge mistake to conclude from this that his defeat is inevitable; or that his supporters do not include millions of decent, smart Americans who just view the world differently. Americans who feel culturally alienated from the globalized metropolis (and sense that their worldview elicits contempt in a Democratic Party that often seems to have lost touch with ordinary Americans).

Heiler, the pro-Trump lawyer considering a Senate run, turned to the president’s campaign against football players, most of them black, who refuse to stand for the national anthem. “Many African-Americans are focused on a particular set of facts and circumstances” that “drive that conduct, that protest,” Heiler said. “But when many other Americans see it, and Americans of all races,” they think “gosh, these guys all have it pretty good. You know they make a really good living, playing football. This country’s been really good to them. And so, even if they have an ax to grind, they shouldn’t grind it against the country or its symbol or its anthem.”

Heiler said he wouldn’t condemn the protesting players’ choice, even if he disagreed, but “there’s simply no getting around that when you make that choice you’re going to alienate a lot of Americans.”

Now the vague particular “circumstances” alluded to by Heiler includes gross police brutality against black kids and the history of oppression of African-Americans. Players who protest are exercising a fundamental American right. But yes, they are “going to alienate a lot of Americans.” Trump, at some level, is going to win this argument.

An overriding lesson of 2016 for liberals is that without hard-nosed realism about the state of the country and Trump’s talents, you lose. And that’s the truth.

 Voir encore:

Le sexe pendant Mai 68: « On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! »
propos recueillis par Dominique Simonnet
L’Express
28/08/2016 à 11:02

Avec la Révolution sexuelle, la sexualité est portée aux nues. Mais, au-delà de la libération, le sexe est alors, pour le romancier et essayiste Pascal Bruckner, une obligation. « On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte », analyse-t-il. Entretien.

Et soudain, l’explosion! Le lourd couvercle que des siècles de répression avaient posé sur la sexualité éclate sous la pression de Mai 68. Il est interdit d’interdire! Jouissons sans entraves! Du passé puritain faisons table rase! C’est le paradis sur Terre. Voire… La mystique du sexe a son revers. Priorité absolue au plaisir. Orgasme obligatoire. « T’es pas libérée! » oppose- t-on à celles qui se rebellent.

Le sentiment amoureux est nié, le mariage ridiculisé. Osons le dire: certains gentils révolutionnaires étaient de vrais Robespierre. L’écrivain Pascal Bruckner le reconnaît avec une nostalgie émue: de cet épisode angélique et pervers on n’a pas fini de ressentir les effets.
On parle des années 1960 et 1970 comme d’une « parenthèse enchantée » entre la pilule et le sida, un moment de grâce et de liberté sexuelle où tout était possible, tout était permis, comme si l’amour était enfin débarrassé de ses chaînes. La vision est un peu idyllique, non?

Elle est malgré tout assez exacte. A cette époque-là, il y avait une conjonction très propice à l’amour libre: une situation économique florissante (en plein milieu des Trente Glorieuses, la France redécouvrait la prospérité), un optimisme délirant (on allait écraser le cancer, liquider l’infarctus du myocarde), une absence de maladies vénériennes… Tout d’un coup, le sujet amoureux pouvait se penser vagabondant à travers ses désirs, sans freins, sans pénalités. La science avait vaincu la vieille idée du péché sexuel. La liberté semblait sans limites. Tel était le climat de l’époque.

C’était, comme nous le disait Anne-Marie Sohn concernant le sexe à la Belle époque, l’aboutissement d’un mouvement d’émancipation qui avait couvé pendant plusieurs décennies.

La contestation était en effet portée depuis un siècle par différentes avant-gardes artistiques et esthétiques, et une envie de plaisir s’était exprimée avec force chez les jeunes de l’après-guerre. A la fin des années 1950, nous sortions d’une société hypocrite où les hommes faisaient la loi dans les familles et les patrons, dans l’entreprise. Nous voulions en finir avec cette France corsetée, rigidifiée, fermée. Tout ce que nous pouvions happer de l’étranger -le rock, le blues, la soul, les hippies, les cheveux longs- était convoqué chez nous avec une avidité sans limite.

Les garçons et les filles se regardaient comme deux tribus qui allaient bientôt sauter l’une sur l’autre. Ils restaient encore séparés par quelques vieux tabous: la virginité des femmes avant le mariage (c’était presque une plaisanterie), la non-mixité dans les écoles, un certain ascendant des hommes sur les femmes, une forme de pudeur…

Des tabous qui sont tombés en Mai 68.

C’est parce qu’ils étaient déjà morts, rongés de l’intérieur par toute une mentalité démocratique et égalitaire. On s’était inventé un ennemi formidable et mythique, le judéo-christianisme, pour mieux souligner la singularité de notre temps. Mai 68, c’est l’acte d’émancipation de l’individu, qui sape la morale collective. Désormais, on n’a plus d’ordre à recevoir de personne. Ni de l’Eglise, ni de l’armée, ni de la bourgeoisie, ni du parti…

Et puisque l’individu est libre, il n’a plus d’autre obstacle face à son désir que lui-même. « Vivre sans temps morts, jouir sans entraves »: c’est la merveilleuse promesse d’un nouveau monde. S’est alors manifestée une véritable jubilation à l’idée de terrasser l’ordre qui avait marqué notre enfance. Nous allions passer de la répression à la conquête! Mai 68, c’est une révolution antiautoritaire, antitraditionaliste, dans laquelle la sexualité agit comme un phare. Tout d’un coup, l’irruption de la volupté! Au XVIIIe siècle, on disait « je vous aime » pour dire « je vous désire ». Cette fois, on dit « je te désire » au lieu de dire « je t’aime ».

Que recouvrait vraiment ce terme de « révolution sexuelle »?

C’était le droit au désir pour tous. Auparavant, on vivait des amours interrompues qui s’arrêtaient au dernier stade (« mes parents ne veulent pas », « je veux rester vierge pour le mariage »). Désormais, une jeune fille pouvait choisir qui elle voulait, désobéir à la norme sociale, parentale, familiale… Tout basculait.
« On reconnaissait le désir des femmes »

Le désir ne se résumait pas simplement à la pulsion immonde de l’espèce masculine. On reconnaissait le désir des femmes. Disons-le: ce fut une époque où tout le monde couchait avec tout le monde, par désir autant que par curiosité. On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! Enfin, on pouvait tout avoir, tout goûter! On se disait qu’il ne fallait rien refuser, même pas les expériences homosexuelles.

Tout cela était enveloppé dans un discours intellectuel assez fumeux. On théorisait beaucoup la sexualité.

On lisait Freud, bien sûr, mais surtout Wilhelm Reich, dont les idées épousaient à merveille les lubies de l’époque. Selon lui, l’orgasme permettait d’expliquer le double phénomène du fascisme et du stalinisme: c’est parce que les gens ne jouissaient pas qu’ils se choisissaient un Hitler ou un Staline. L’orgasme avait donc des vertus non seulement hédoniques mais aussi politiques.

Dans le mouvement Sexpol, dont on ne relit pas aujourd’hui les publications sans éclater de rire, des trotskistes nous expliquaient comment l’émancipation de l’être humain passait par la grève mais aussi par le lit: la nuit, en copulant, l’ouvrier et l’ouvrière devaient atteindre ensemble l’extase pour hâter le grand soir. « Plus je fais l’amour, disait-on, plus je fais la révolution! » Raoul Vaneigem eut même ce jeu de mots, qui paraît consternant aujourd’hui: « Erection, insurrection! »

L’amour libre s’est alors constitué en véritable idéologie, et même en mystique. Le Graal du sexe allait apporter le bonheur…

… et la paix sur Terre. La révolution prolétarienne battait de l’aile, le tiers-monde était loin. La sexualité, elle, était pleine de promesses. Elle était la prolongation de la religion, la forme la plus immédiate et la plus accessible de la rédemption. Elle portait, croyait-on, un amour universel, une forme de franciscanisme. « Aimez-vous les uns sur les autres »: il y avait de la naïveté et de la bêtise dans tout cela, mais aussi une certaine générosité évangélique. On allait fabriquer un nouvel Adam. Le sexe, c’était le jardin d’Eden!

Chesterton a eu cette phrase géniale: « Le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. » La révolution sexuelle en était une.

Cette folie n’était-elle pas le fait d’une minorité d’intellectuels et de babas cool passablement enfumés?

Il est difficile de le dire aujourd’hui. Le vent soufflait des Etats-Unis, mais aussi de l’Angleterre, de la Hollande. Le plus riche de 68, ce fut cette révolution désirante, qui sera ensuite théorisée par Foucault, Deleuze, Guattari… On baignait dans une bienveillance généralisée, naïve, mais féconde.

Mais cette drôle de révolution avait une face cachée: le discours normatif, la pression du groupe, les culpabilisations perverses… Il fallait adhérer au dogme, donner son corps sans rechigner, ou alors s’analyser, faire son autocritique, s’amender. En fait de libération, c’était aussi un terrorisme.

Absolument. Sans s’en apercevoir, on passe d’un dogme à l’autre. Le plaisir était prohibé, il devient obligatoire. L’ambiance est à l’intimidation. Un nouveau tribunal s’installe: non seulement il faut faire l’amour de toutes les façons, avec tout le monde, mais encore faut-il que le plaisir soit conforme. Quiconque s’y soustrait est vu comme une sorte d’épave réactionnaire, un résidu du vieux monde.

Quand les filles refusaient de coucher, on avait le moyen de les culpabiliser: « Ben dis donc, tu n’es pas libérée! » Peu à peu s’établit donc ce que nous avions appelé, avec Alain Finkielkraut, la dictature de l’orgasme obligatoire. L’érotisme entre dans le domaine de la prouesse. On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte.

Oublié le mariage, méprisé le sentiment! Deleuze et Guattari parlent même de « l’ignoble désir d’être aimé ».

Ils ont dit beaucoup de bêtises… Le corps apparaissant comme la métaphore de la subversion, le sentiment est mis sous le boisseau. On se dit que, pendant des siècles, les hommes avaient masqué leur désir derrière le rideau des beaux sentiments. Alors, il faut le déchirer! Le rock’n’roll et la pop poussent des cris d’appétit sexuel sauvage (« I can’t get no satisfaction », « I want you! »).

« L’amour devient obscène »

L’inhibition et la frustration sont montrées du doigt; l’amour, avec ses fantômes séculaires (possession, jalousie, secret), devient obscène. D’où le refus de la séduction, considérée comme une survivance du vieux monde: on est supposé aller vers son partenaire en toute franchise, sans recourir aux anciens et misérables stratagèmes.

Quant au couple, c’est l’abomination de la désolation.

Les gens qui se mariaient nous semblaient pathétiques, on leur faisait honte. La jalousie ne pouvait plus se dire. Si quelqu’un y succombait, le cercle des amis lui exprimait une sorte de compassion: « Pourquoi es-tu jaloux? Analyse bien. » Déjà, la parole thérapeutique se frayait un chemin. Alors, au lieu de creuser sa plaie comme on le fait de nos jours, on se raisonnait: « Après tout, j’ai peut-être tort. Pourquoi m’inquiéter si ma compagne s’envoie en l’air avec le voisin du dessous? Je n’ai qu’à faire les courses pendant ce temps-là. » Le couple était une forme transitoire qu’on empruntait pour aller vers la polygamie ou la polyandrie. A l’époque, il y avait un véritable terrorisme anticonjugal.

Même la sexualité des enfants est exaltée, jusqu’à, parfois, tolérer la pédophilie.

Les enfants, eux aussi, devaient être élevés dans l’éloge de leur désir. La pédophilie n’était pas admise, mais elle comptait un certain nombre de défenseurs. On se disait que le miracle sexuel était un don qui devait être équitablement distribué entre tous les âges, et toutes les générations. C’était une époque innocente, et naïve… Car le vieux monde restait présent sous les oripeaux du nouveau, comme dans le film Les Bronzés (où ce sont toujours les mêmes qui se tapent les jolies filles).

Derrière la parole libératrice et généreuse, il y avait une vraie brutalité, les lois de la sélection amoureuse subsistaient avec force. Petit à petit, on s’est aperçu qu’il y avait des perdants, des victimes, des laissés-pour-compte; on était en train de recréer un univers de mensonge que l’on avait pourtant tant dénoncé chez nos parents.

Les premières victimes, c’étaient les femmes.

Les femmes se sont senties niées. Tout était calqué sur la mécanique de l’orgasme masculin, sur la satisfaction unique qui balaie la pulsion. Elles ne souhaitaient pas devenir des objets sexuels manipulables à volonté par des hommes en chaleur, mais voulaient la reconnaissance de nouveaux droits: l’avortement, la contraception, le respect de leur propre désir… Et puis, il y avait toujours cette renaissance incessante, à chaque relation, du sentiment, sorte de nostalgie dont on n’osait pas parler.

Et puis, on a osé… Certains, tels Roland Barthes (Fragments d’un discours amoureux), Michel Foucault (Histoire de la sexualité), Alain Finkielkraut et vous-même (Le Nouveau Désordre amoureux), ont commencé à dénoncer cette grande illusion.

Nous avons voulu faire comprendre que la notion de révolution sexuelle n’avait aucun sens. Que l’amour n’était pas réformable. « Non, l’amour n’est pas honteux! » avance Barthes. Tout à coup, nous revendiquions le sentiment comme plus révolutionnaire que le désir sexuel. Ce qui n’empêchait pas une consommation sexuelle frénétique, notamment dans le monde homosexuel, mais elle n’était plus obligatoire. On s’est mis à redécouvrir Belle du Seigneur, d’Albert Cohen. Le sentiment est revenu par la petite porte. Comme si une deuxième libération avait lieu.

Quel bilan tirez-vous de cet épisode pour le moins mouvementé?

Malgré tout, le bilan est positif. La révolution sexuelle que nous avons accomplie reste, pour de nombreux pays au monde, un extraordinaire idéal. Les femmes y ont gagné des droits indéniables… Mais si, depuis le Moyen Age, l’individu s’est lentement affranchi des tutelles féodales, administratives, religieuses, sociales, morales, sexuelles, nous découvrons maintenant en Occident que cette liberté a pour contrepartie la responsabilité et la solitude.

Résultat, la sexualité est peut-être libre, mais elle est devenue anxieuse. Sommes-nous de bons amants? De bons époux? De bons parents? La parole est passée du registre du diktat à celui de la plainte. « Nous avons fait Mai 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus », a dit justement Wolinski.

L’innocence des années 1970 est perdue?

Elle l’est. L’erreur que nous avons commise en 68, c’est de penser que l’Histoire est un héritage cumulatif et que, en supprimant les peurs d’antan, la nouvelle génération bénéficierait d’emblée d’une sexualité clefs en main. En réalité, le sexe reste un mystère obsédant et angoissant. Ce qui est mort depuis 68, c’est l’angélisme du désir, l’idée que tout ce qui touche au sexe est merveilleux. On sait aujourd’hui que l’amour n’est pas démocratique, qu’il ne répond pas à la justice ni au mérite, qu’il charrie la dépendance, l’abjection, la servitude aussi bien que le sacrifice et la transfiguration. C’est cette complexité de l’amour que nous devons redécouvrir.

Voir de même:

Communism Through Rose-Colored Glasses
Bret Stephens
NYT
Oct. 27, 2017

“In the spring of 1932 desperate officials, anxious for their jobs and even their lives, aware that a new famine might be on its way, began to collect grain wherever and however they could. Mass confiscations occurred all across the U.S.S.R. In Ukraine they took on an almost fanatical intensity.”

I am quoting a few lines from “Red Famine,” Anne Applebaum’s brilliant new history of the deliberate policy of mass starvation inflicted on Ukraine by Joseph Stalin in the early 1930s. An estimated five million or more people perished in just a few years. Walter Duranty, The Times’s correspondent in the Soviet Union, insisted the stories of famine were false. He won a Pulitzer Prize in 1932 for reportage the paper later called “completely misleading.”

How many readers, I wonder, are familiar with this history of atrocity and denial, except in a vague way? How many know the name of Lazar Kaganovich, one of Stalin’s principal henchmen in the famine? What about other chapters large and small in the history of Communist horror, from the deportation of the Crimean Tatars to the depredations of Peru’s Shining Path to the Brezhnev-era psychiatric wards that were used to torture and imprison political dissidents?

Why is it that people who know all about the infamous prison on Robben Island in South Africa have never heard of the prison on Cuba’s Isle of Pines? Why is Marxism still taken seriously on college campuses and in the progressive press? Do the same people who rightly demand the removal of Confederate statues ever feel even a shiver of inner revulsion at hipsters in Lenin or Mao T-shirts?

These aren’t original questions. But they’re worth asking because so many of today’s progressives remain in a permanent and dangerous state of semi-denial about the legacy of Communism a century after its birth in Russia.

No, they are not true-believing Communists. No, they are not unaware of the toll of the Great Leap Forward or the Killing Fields. No, they are not plotting to undermine democracy.

But they will insist that there is an essential difference between Nazism and Communism — between race-hatred and class-hatred; Buchenwald and the gulag — that morally favors the latter. They will attempt to dissociate Communist theory from practice in an effort to acquit the former. They will balance acknowledgment of the repression and mass murder of Communism with references to its “real advances and achievements.” They will say that true communism has never been tried. They will write about Stalinist playwright Lillian Hellman in tones of sympathy and understanding they never extend to film director Elia Kazan.

Progressive intelligentsia “is moralist against one half of the world, but accords to the revolutionary movement an indulgence that is realist in the extreme,” the French scholar Raymond Aron wrote in “The Opium of the Intellectuals” in 1955. “How many intellectuals have come to the revolutionary party via the path of moral indignation, only to connive ultimately at terror and autocracy?”

On Thursday, I noted that intellectuals have a long history of making fools of themselves with their political commitments, and that the phenomenon is fully bipartisan.

But the consequences of the left’s fellow-traveling and excuse-making are more dangerous. Venezuela is today in the throes of socialist dictatorship and humanitarian ruin, having been cheered along its predictable and unmerry course by the usual progressive suspects.

One of those suspects, Jeremy Corbyn, may be Britain’s next prime minister, in part because a generation of Britons has come of age not knowing that the line running from “progressive social commitments” to catastrophic economic results is short and straight.

Bernie Sanders captured the heart, if not yet the brain, of the Democratic Party last year by portraying “democratic socialism” as nothing more than an extension of New Deal liberalism. But the Vermont senator also insists that “the business model of Wall Street is fraud.” Efforts to criminalize capitalism and financial services also have predictable results.

It’s a bitter fact that the most astonishing strategic victory by the West in the last century turns out to be the one whose lessons we’ve never seriously bothered to teach, much less to learn. An ideology that at one point enslaved and immiserated roughly a third of the world collapsed without a fight and was exposed for all to see. Yet we still have trouble condemning it as we do equivalent evils. And we treat its sympathizers as romantics and idealists, rather than as the fools, fanatics or cynics they really were and are.

Winston Churchill wrote that when the Germans allowed the leader of the Bolsheviks to travel from Switzerland to St. Petersburg in 1917, “they turned upon Russia the most grisly of all weapons. They transported Lenin in a sealed truck like a plague bacillus.”

A century on, the bacillus isn’t eradicated, and our immunity to it is still in doubt.

Voir enfin:

Jean-Paul Piérot
19 Juin, 2017
L’Humanité

2017 est l’année du centenaire des dix jours qui ébranlèrent le XXe siècle. L’Humanité lui consacre un numéro hors-série auquel ont contribué de nombreux historiens. Cette publication de 108 pages est disponible chez votre marchand de journaux ou sur commande directement à l’Humanité, au prix de 9 euros.

Il y a cent ans, la guerre n’en finissait pas de décimer les populations européennes, la vie de centaines de milliers de jeunes gens s’abîmait à Craonne, à Verdun ou sur la Somme. Dans ce contexte désespérant, le mouvement ouvrier, trahi par l’Internationale socialiste, qui n’avait pas empêché la tuerie européenne, tournait son regard et ses espoirs vers la Russie. Le vaste et archaïque empire de la dynastie tricentenaire des Romanov était entré en révolution depuis février, quand les ouvriers et les femmes de Petrograd avaient chassé Nicolas II. En cette fin d’octobre, une insurrection populaire renversait le gouvernement provisoire. Parvenu au pouvoir, le parti bolchevik de Lénine se fixait pour tâche la réalisation de la révolution socialiste.

Interroger le sens des révolutions d’aujourd’hui

Le vieux rêve du monde du travail d’en finir avec l’exploitation capitaliste allait-il se réaliser ? John Reed, dont le livre Dix Jours qui ébranlèrent le monde, tiré à des millions d’exemplaires, a fait connaître l’épopée de 1917, traduit l’enthousiasme qui s’empara des progressistes : « Il est encore de mode, écrit-il un an après la prise du palais d’Hiver, de parler de la révolution bolchevique comme d’une “aventure”. Eh bien, s’il faut parler d’aventure, ce fut l’une des plus merveilleuses où se soit engagée l’humanité, celle qui ouvrit aux masses laborieuses le terrain de l’histoire et fit désormais tout dépendre de leurs vastes et naturelles aspirations. (…) Quoi qu’on pense du bolchevisme, il est indéniable que la révolution russe est un des grands moments de l’histoire de l’humanité et que la venue au pouvoir des bolcheviks est un fait d’importance mondiale. »

C’est là le point de départ du numéro hors-série de l’Humanité auquel ont participé de nombreux historiens figurant parmi les meilleurs connaisseurs de cet événement fondateur du XXe siècle. Marc Ferro explique comment « les femmes, les ouvriers et les soldats du front ont réveillé les révolutionnaires ». Nicolas Werth relate cette année décisive de 1917 où « tout a basculé ». Jean-Jacques Marie montre combien la guerre civile déclenchée par les blancs et l’intervention militaire occidentale ont pesé sur le cours ultérieur de la politique bolchevique.

« La révolution d’Octobre comprend deux histoires entrelacées : son impact sur la Russie et son impact sur le monde », observait Eric Hobsbawm et d’ajouter : « Sans le second, peu de monde en dehors d’une poignée d’historiens spécialistes s’en serait jamais préoccupé. » Aucun autre événement de l’histoire n’a davantage polarisé les sociétés sur des critères de classe : haine et terreur chez les possédants, sympathie et solidarité dans le prolétariat. Jean Vigreux détaille « l’onde de choc en Europe ». Tous les pays européens et au-delà connurent une recomposition politique. Les partis socialistes se divisèrent durablement entre « révolutionnaires », qui adhérèrent à la nouvelle internationale communiste, et « réformistes », qui, selon l’expression de Léon Blum au congrès de Tours, en décembre 1920, « gardaient la vieille maison ».

Les rapports singuliers entre les héritiers de la Commune de Paris et les assaillants du palais d’Hiver sont soulignés dans plusieurs contributions. Sophie Cœuré exhume la mémoire de cette petite communauté de Français installée en Russie avant la révolution, qui choisit de s’engager aux côtés des bolcheviks et constitua le premier groupe communiste français à Moscou. Le modèle soviétique devait s’imposer pour longtemps au sein des partis communistes, d’abord par le biais de l’Internationale communiste, ce parti international pour une révolution mondiale dont traitent Serge Wolikow et Bernard Pudal.

Après un siècle écoulé, que reste-t-il du message d’octobre ? Les valeurs émancipatrices portées par les révolutionnaires ont-elles résisté au stalinisme, aux interventions militaires en Hongrie et en Tchécoslovaquie, à la conversion des élites au capitalisme ? « La mort de l’URSS était-elle fatale ? » questionne Andreï Gratchev, l’ancien conseiller de Mikhaïl Gorbarchev. Le XXe siècle fut un siècle de violents affrontements, de génocides, ensanglanté par le fascisme et le nazisme, lesquels furent heureusement écrasés grâce au sacrifice des peuples soviétiques. Ce siècle fut aussi celui de l’émancipation des peuples colonisés, qui trouvèrent leur inspiration dans la révolution de 1917, souligne Françoise Vergès. Mais c’est en invoquant ces mêmes principales valeurs que les dirigeants soviétiques ont prétendu justifier les interventions militaires à Budapest en 1956 et à Prague en 1968.

Au-delà des appréciations contradictoires sur la place qu’occupe octobre 1917 dans l’histoire contemporaine, l’occasion est donnée de questionner le sens des révolutions d’aujourd’hui et de demain. Le monde a-t-il toujours besoin de révolutions ? Sujet qui a nourri les réflexions de plusieurs personnalités du monde intellectuel et politique. Le débat n’est pas clos.

ils Ont contribué à ce numéro exceptionnel

Bertrand Badie, professeur des universités à Sciences-Po Paris, Alain Badiou, philosophe, Bernard Chambaz, écrivain, Maud Chirio, maîtresse de conférences en histoire contemporaine, Sophie Cœuré, historienne, professeur à l’université Paris-VII Denis-Diderot, Alexandre Courban, historien, Pierre Dardot, philosophe, Jean-Numa Ducange, maître de conférences à l’université de Rouen, Jean-François Fayet, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Fribourg (Suisse), Marc Ferro, historien, spécialiste de la Russie, Frédérick Genevée, historien, responsable des archives du PCF, Andreï Gratchev, écrivain, ancien conseiller de Mikhaïl Gorbatchev, Florian Gulli, professeur de philosophie, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, Christian Laval, professeur de sociologie, Olga Lipovskaïa, militante féministe russe, Patrick Kamenka, journaliste, spécialiste de la Russie, Naum Kleiman, historien, ancien directeur du musée du Cinéma de Moscou, Marco Di Maggio, historien, professeur à l’université La Sapienza de Rome, Jean-Jacques Marie, historien spécialiste de l’URSS, Roger Martelli, historien, codirecteur du mensuel Regards, Edgar Morin, sociologue et philosophe, Bernard Pudal, professeur de sciences politiques à l’université Paris-VI Nanterre, Michèle Riot-Sarcey, professeure émérite d’histoire contemporaine et d’histoire du genre à l’université Paris-VIII Saint-Denis, Pierre Serna, historien, Institut d’histoire de la Révolution française, Bernard Stiegler, directeur de l’Institut de recherche et d’innovation, Alexandre Sumpf, maître de conférences à l’université de Strasbourg, Françoise Vergès, politologue et éditrice, Jean Vigreux, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne, Nicolas Werth, historien, directeur de recherche à l’Institut du temps présent, affilié au CNRS, Serge Wolikow, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne.

U FIL DES PAGES…

Nicolas Werth : « Ce coup d’État a pour toile de fond une vaste révolution sociale, multiforme, autonome ; celle-ci s’exprime sous des formes très diverses : une grande jacquerie, une décomposition de l’armée, un mouvement revendicatif ouvrier, une émancipation des nationalités et des peuples allogènes de l’ex-Empire russe. »

Olga Lipovskaïa : « Sous l’influence d’Alexandra Kollontaï et d’Inès Armand, la Russie se dote d’un ensemble de lois qui est le plus avancé en matière de droits de la femme : garantie de conserver son emploi pendant sa grossesse, égalité absolue des conjoints, congés de maternité. En 1920, le droit à l’avortement gratuit est voté. »

Marc Ferro : « Le drame, c’est que les paysans qui avaient des terres se sont vu confisquer leurs récoltes pour nourrir les villes, la classe ouvrière qui était privilégiée car elle devait construire le socialisme. Ce qui a satisfait la classe ouvrière et l’a ralliée au régime, c’est qu’il n’y avait plus de dominants, plus de patrons. »

Alexandre Sumpf : « Opposants politiques, militants révolutionnaires et soldats ont uni leurs forces lors des quelques jours qui ont suffi à faire chuter les Romanov en février. (…) Les grandes crises de 1917 sont toutes liées au conflit mondial. »

Edgar Morin : « La notion de métamorphose est plus riche que celle de révolution. Elle en garde la radicalité novatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, des cultures, des legs de pensées et de sagesse de l’humanité). »

Jean-Numa Ducange : « Les dirigeants bolcheviks sont persuadés que la première révolution socialiste du XXe siècle aura la même portée que la Révolution française au XVIIIe siècle. »

Alain Badiou : « Je voudrais insister sur un point qui aujourd’hui, depuis l’apparent triomphe du capitalisme à l’échelle mondiale, semble oublié : la révolution russe de 1917 est un événement sans précédent dans l’histoire de l’espèce humaine. »

Pierre Laurent : « La nouvelle révolution qui s’avance, ce n’est pas la renaissance d’un héritage glorieux, c’est surtout la conscience que notre monde change ­radicalement sous nos yeux. »

Bernard Pudal : « Ces militants (communistes français) sont profondément internationalistes. Ils le sont en pratique comme en témoignent les mariages blancs contractés avec des militantes immigrées souvent juives afin de les protéger d’une extradition pour cause de militantisme. »

Michèle Riot-Sarcey : « Les échecs révolutionnaires accumulés depuis 1917 ont rendu les militants sceptiques. Le mot même de communisme a perdu sa force émancipatrice telle qu’elle avait été forgée dès 1840. »

Françoise Vergès : « La révolution éclate dans un monde où les puissances européennes se sont enrichies après avoir mené des guerres meurtrières et dévastatrices, mis en place des politiques de dépossession massives, des codes juridiques qui légalisent les discriminations raciales, le travail forcé et la suprématie blanche. »

Roger Martelli : « Ce siècle est clos et, s’il est un modèle dont il faut s’abstraire, peut-être est-ce du bolchevisme, quelle qu’ait été sa grandeur. Non pas se débarrasser du communisme, mais de la forme que le XXe siècle lui donna. »

Andreï Gratchev : « La tentative de Lénine, à la fin de la guerre civile, de réformer le projet initial, à l’aide de la NEP, esquisse de la future perestroïka, a échoué après avoir été sabotée et rejetée par Staline et son entourage. »

 

Jérusalem/50e: Attention, un statu quo peut en cacher un autre ! (Curse in disguise : Could warmer US relations and its new leader’s passion for deal-making paradoxically work against Israel’s best interests ?)

3 juin, 2017
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Pourquoi Jérusalem est bien la capitale d'Israël
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C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (moufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
Depuis les premiers jours de l’islam, le monde musulman a toujours dû affronter des problèmes issus de complots juifs. (…) Leurs intrigues ont continué jusqu’à aujourd’hui et ils continuent à en ourdir de nouvelles. Sayd Qutb (membre des Frères musulmans, Notre combat contre les Juifs)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. Charte de l’OLP (article 15, 1964)
Les nazis ont probablement tué moins d’un million de Juifs et le mouvement sioniste a participé au massacre. Abou Mazen (alias Mahmoud Abbas, thèse, 1982)
Ce sera une guerre d’extermination, un massacre dont on parlera comme des invasions mongoles et des croisades. Azzam Pasha (président de la ligue arabe, le 14 mai 1948)
L’Allemagne national-socialiste lutte contre la juiverie mondiale. Comme dit le Coran : “Tu apprendras que les Juifs sont les pires ennemis des musulmans.” Les principes de l’islam et ceux du nazisme présentent de remarquables ressemblances, en particulier dans l’affirmation de la valeur du combat et de la fraternité d’armes, dans la prééminence du rôle du chef, dans l’idéal de l’ordre. Voilà ce qui rapproche étroitement nos visions du monde et facilite la coopération. Haj Amin al-Husseini
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (mufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. Mahmoud Abbas
Cet accord (…) doit inclure (…) un accès libre aux Lieux saints et aux institutions culturelles et l’utilisation du cimetière du Mont des oliviersAccord entre la Transjordanie et Israël (3 avril 1949)
Les Lieux Saints seront protégés contre la profanation et contre toute atteinte, ainsi que contre tout ce qui peut prévenir la liberté d’accès des croyants des différentes religions à leurs lieux sacrés, et tout ce qui peut heurter leurs sentiments à l’égard de ces lieux. Loi fondamentale sur Jérusalem (30 juillet 1980)
Nous ne sommes pas venus pour conquérir les lieux saints des autres ou restreindre leurs droits religieux, mais pour assurer l’intégrité de la ville et y vivre avec d’autres dans la fraternité. Moshe Dayan
C’est une mosquée depuis mille trois cents ans, les Juifs doivent se contenter de la visiter et de prier devant les tombes. Moshe Dayan
Hezbollah is sponsored by Iran and has become increasingly brazen in the last decade. It is now more militarily powerful than most North Atlantic Treaty Organization members. It has 150,000 missiles and could launch 1,500 of them a day. From the ground, air or sea, it can strike anywhere in Israel. Lebanon’s president, Michel Aoun, hasn’t distanced the Lebanese army from Iran’s proxy. Rather, he has embraced it. “Hezbollah’s weapons do not contradict the national project,” he said in February, but are “a principal element of Lebanon’s defense.” (…) Like many U.N. resolutions, 1701 has been thoroughly ineffective. Hezbollah is 10 times as strong now as it was in 2006, and its military infrastructure permeates Lebanon. Yet Unifil claims ignorance of the terror organization’s arms buildup. Unifil’s March 2017 report reaches new heights of absurdity, even for a U.N. organization: “To date, Unifil has neither been provided with, nor found, evidence of an unauthorized transfer of arms into its area of operations.” As usual, the tab for U.N. failure in Lebanon is being paid by American taxpayers. The U.S. picks up 43% of Unifil’s $488 million annual budget. Congress should make that funding conditional on performance. Ron Prosor (former Israeli ambassador to the U.N)
Tout Jérusalem appartient à l’Islam et qu’aucun Juif ne mettra jamais ses pieds immondes sur l’esplanade des mosquées. Mahmoud Abbas
C’est très intéressant que notre réunion se passe juste après l’horrible soirée de mort pour de jeunes innocents. La paix ne peut pas prendre racine dans un environnement où la violence est tolérée, financée et récompensée. Donald Trump (s’adressant à Mahmoud Abbas)
Vous m’avez menti. Vous me parlez de paix quand les Israéliens m’ont apporté la preuve que vous êtes personnellement responsable de l’incitation à la violence. Donald Trump
Nous pouvons vous donner une liste de toutes les choses que nous avons tenté de faire, les Israéliens sont partout, comme une éruption cutanée. Martina Anderson  (députée européenne d’Irlande du Nord)
They have talked tougher, which isn’t hard because the Obama administration was very appeasing. So yes, there’s tougher talk, and I think the Iranians are being a bit more cautious, but the main thrust of the policy was to get rid of the deal – and it’s still there. (…) again, it’s words rather than actions. It’s talking about radical Islam and terrorism. To be sure, a step forward, but the two efforts to control immigration have both failed. (…) I think so long as he makes the right sounds and has the right tone, he has a lot of time. From the pro-Israel point of view, the right music is key. The words are secondary. If you say nice things about Israel and talk about the strength of the American-Israeli relationship, you have credit that will take you a long way. (…) I co-authored an article with Professor Gunnar Heinsohn of Germany in 2007 in which we had found the total number of Arab-Israeli fatalities at that point since World War II numbered 51,000. Also, the conflict numbered 49th on the list of fatalities in international war. So yes, that’s fewer deaths than in four dozen other conflicts. The Arab-Israeli conflict is the ultimate deal in the sense that this is the most complex and intractable international question. There are so many parties involved, including the great powers, the regional powers, the Islamic states, the Jewish community, and the other religious communities. It is the ultimate prize to get a Nobel Peace Prize. There’s nothing comparable to it, nothing as complex and long lasting. As for Trump not focusing on it [yet], I’m not sure that he won’t because he sees himself as the author of The Art of the Deal, and he has said this he wants to broker this one. He’s got other things on the plate now, as you’ve pointed out – immigration, the wall, the healthcare repeal that didn’t work, taxation, education, and so forth. But I think solving this is a luring prospect, and I wouldn’t be at all surprised if he turns his attention to this at some point. I also wouldn’t be surprised if he turned against Israel, seeing it as the intractable party because that is what often happens. Look at Jimmy Carter and Barack Obama: they make efforts and they get frustrated that the Israelis don’t give more because there is an enduring belief that if only the Israelis gave more, the Palestinians would relent and stop being rejectionists and everything would be fine. So, I am worried. (…) Overall, I worry about this lack of experience. There is a theme in American history going back to World War I, of presidents appointing people who have no knowledge of a topic, with the idea being that they’re unbiased and will bring fresh eyes to the issue. It has never worked. It has always led down rabbit holes. I would rather have people who have been doing this for a while. You know, if you went for heart surgery, would you want someone who’s never done anything like this before or would you prefer one that’s been practicing for a while? I worry about freelancing with amateurs. There’s a lot of experience in this area. It’s a very complex topic. I worry people are wandering in and being considered sudden experts. Daniel Pipes
Despite not moving the U.S. Embassy to Jerusalem, President Trump’s evident affection for Israel during his recent visit understandably cheered Israelis after eight years of cool relations with President Obama. Alas, nothing is simple in the Arab-Israeli conflict: A look at historical patterns suggests that, paradoxically, Israel does best with an Obama-style level of tension with Washington. The explanation of this paradox starts with the observation that all American administrations since 1973, regardless of which party holds the presidency, have been convinced the Arabs are ready for peace with Israel. This problem has been especially acute since the establishment of the Palestinian Authority in 1994. American presidents consistently ignore the authority’s revolutionary nature. In this spirit, after a meeting with PA leader Mahmoud Abbas, Mr. Trump deemed him a “strategic partner” for Israel and “ready for peace.” American leaders often insist that if only Jerusalem handed over yet more money, land and recognition, the Palestinian Authority would be inspired to make peace.​In the face of near-infinite deceit, hostility, bellicosity and violence, this touching faith in Palestinian good neighborliness can be explained only by psychology. Former deputy national security adviser Elliott Abrams helpfully comparesit to Tinker Bell in Peter Pan: “If you believe, clap your hands.” When Israeli governments concur with this fanciful thinking, as has happened under Labor and Kadima prime ministers, U.S.-Israel relations soar: Think of Bill Clinton’s famously warm ties with Yitzhak Rabin. But when Israelis resist such wishful assumptions, as does Prime Minister Benjamin Netanyahu, tensions arise. Washington pushes for more concessions and Jerusalem resists. American presidents then face a choice: moan and criticize, or embrace and encourage. Mr. Obama chose the petulant route, as symbolized by his choice to eat dinner with his family in 2010 while Mr. Netanyahu cooled his heels in the Roosevelt Room. As longtime American diplomat Dennis Ross has said for decades, Israel’s cooperation increases when the White House focuses on building its confidence. Without doubting the sincerity of Mr. Trump’s warmth for Israel, the deal maker in him intuitively seems to understand that wooing Israelis provides the basis for later pressure. During his recent trip to Israel, Mr. Trump took every opportunity to lavish affection on Jerusalem, Jews, Zionism and Israel. (…) This sentimental response provides an opening for Mr. Trump to demand that the Israeli government trust Mr. Abbas and make yet more unilateral concessions, a process that has apparently already begun with pressure to hand over territory on the West Bank. Given their bromance, how can Mr. Netanyahu deny Mr. Trump’s requests? This harks back to a pattern: Israelis and their supporters tend to pay more attention to mood and symbolism than to policies. “Unlike other diplomatic bonds, which pivot on such national interests as trade and security interests, the U.S.-Israeli relationship has an emotional base,” I wrote in 1992. “Feelings, not a cool assessment of interests, drive its every aspect. Tone, style, mood, and perception often matter more than hard facts.” Sadly, good relations cause Jerusalem to accede to Washington’s consistently poor judgment. That’s the peril of warm U.S.-Israel relations and the solace of poor ones. Better for Israel to be chastised by a lousy U.N. Security Council resolution than to relinquish more territory to genocidal thugs. Whereas U.S.-Israel relations blow hot or cold depending on the political winds, Israeli concessions to the Palestinians are unalterable mistakes that encourage irredentism, cost lives, prolong the conflict, and impede U.S. interests. Thus my counterintuitive conclusion: Cool relations are better for Israeli—and by implication, American—security. Daniel Pipes
La problématique, plus délicate qu’elle n’y paraît, remonte à une loi du 23 octobre 1995 votée par le Congrès qui impose le déplacement de l’ambassade, mais laisse au président en exercice la possibilité d’en retarder l’échéance tous les six mois, pour des raisons de sécurité. Israël est le seul pays au monde dont la capitale officielle n’est pas reconnue. Les ambassades de la quasi totalité des pays sont donc établies à Tel Aviv, à quelques soixante kilomètres des ministères. Depuis cette fameuse loi, chaque président américain, de Clinton à Obama en passant par George W. Bush a reconduit l’échéance qui tombe le 1er décembre et le 1er juin. Les raisons en sont toujours les mêmes. Pression du monde arabe, chantage au terrorisme, volonté de trouver une solution au conflit par l’établissement de deux pays pour deux peuples se partageant la capitale, intérêts financiers liés aux hydrocarbures. Cette année, cependant, montre sous un jour nouveau sur ce qui apparaît comme une simple formalité. Il aurait suffi en effet, au président Trump de ne rien faire, autrement dit ne pas signer le document de reconduction, pour que David Friedman, le nouvel ambassadeur américain, établisse son quartier général à Jérusalem plutôt qu’à Tel Aviv. Cela semblerait logique puisque, quel que soit le statut final de la ville trois fois sainte, Jérusalem ouest restera rattachée à Israël. Quant aux Palestiniens, leur centre administratif, y compris l’incroyablement luxueux palais présidentiel de Mahmud Abbas, est établi à Ramallah. (…) Le plan de l’ONU de 1947, qui devait donner naissance à deux pays, l’un Juif et l’autre Arabe dans les 20% restant de la Palestine mandataire, prévoyait l’internationalisation de Jérusalem. Sans le refus arabe, traduit dans les faits par l’attaque des cinq pays limitrophes du tout jeune État hébreu, avec une volonté génocidaire affichée, la fameuse «Naqba» ou «Catastrophe», c’est-à-dire le départ volontaire ou non de quelques centaines de milliers de Palestiniens devenus «réfugiés», n’aurait jamais eu lieu. (…) La Jordanie s’empara de la partie est de la ville, en chassa tous les Juifs, détruisit 60 synagogues, et désacralisa la quasi totalité des cimetières. De ce jour, et jusqu’en 1967, les Juifs n’eurent plus accès à leur lieu saint le plus sacré, le mur des lamentations, désormais sous contrôle jordanien. Il est à noter qu’à peine cette partie de Jérusalem conquise, le royaume s’en désintéressa totalement jusqu’en 67, où elle devient officiellement le «troisième lieu saint de l’Islam». Au cours des dix-neuf années qui suivirent, aucun chef de gouvernement arabe ne s’y rendit en visite officielle, ne serait-ce que pour prier au dôme du rocher ou à la mosquée Al Aqsa. Des photographies d’époque montrent des bâtiments mal entretenus, entourant une esplanade envahie par les herbes hautes. La vieille ville de Jérusalem, Al Quds pour les musulmans, ne présentait plus d’intérêt, puisqu’elle leur appartenait. Un intérêt qui d’ailleurs ne s’est jamais révélé au cours des siècles, si ce n’est au tout début de l’ère islamique, lorsque, 40 ans après la mort du prophète Mahomet, le calife Umar ibn Al-Kattâb, décida de permettre aux fidèles syriens d’y effectuer un pèlerinage, puisqu’ils étaient interdits de séjour à la Mecque. Ainsi que l’indique le professeur Gabriel Barkay, historien et archéologue: «Il substituait ainsi le rocher blanc de la fondation du monde à la Kaaba, la météorite noire d’Arabie». Pour justifier sa décision, Al-Kattâb se servit d’une légende présente dans le Coran, selon laquelle le prophète Mahomet se serait, au cours d’une nuit, envolé vers le Paradis sur sa jument Al Buraq, depuis la «mosquée lointaine» (Al Aqsa). Les historiens, y compris les spécialistes de l’Islam, parmi lesquels le docteur Mordehai Kédar, situent cette mosquée non pas à Jérusalem, mais à Ji’irrana, une petite ville au nord de la Mecque, sur la route de Taaf où Mahomet se rendait régulièrement pour prier. Le nom de Jérusalem, qui apparaît 700 fois dans l’ancien Testament et régulièrement dans les Évangiles, n’est pas cité une seule fois dans le Coran. (…) En 1967, alors en pleine guerre avec l’Égypte et la Syrie, l’État hébreu recommanda au roi Hussein de Jordanie de ne pas intervenir dans le conflit, au risque pour lui de perdre sa mainmise sur la ville sainte. Une recommandation qu’il ne voulut pas entendre. À l’issue de la guerre éclair, Israël, vainqueur, réunifia Jérusalem, pour, plus tard, l’annexer, donnant par la même occasion à la population locale un statut de résident, proche de la citoyenneté. Depuis, toutes les religions sont respectées dans cette ville modernisée et relativement prospère où chacun, Musulman, Juif ou Chrétien, peut accéder librement à ses lieux saints. Enfin, pas tout à fait… Malgré sa victoire écrasante, Israël a continué d’autoriser le Waqf, organisation islamique jordanienne, à administrer l’esplanade des mosquées, pourtant construite sur les restes des Temples de Hérode et de Salomon. Selon la loi coranique, seul un musulman a le droit de prier sur les lieux saints de l’Islam, ce qui conduit à une situation intenable, puisqu’aucun Juif ni Chrétien ne peut donc se recueillir à l’emplacement du Temple détruit par les romains. C’est ce que l’actualité retient sous le nom de «statu quo». Un statu quo de plus en plus difficile à respecter, des deux côtés. Car, comme son prédécesseur Yasser Arafat, le président actuel de l’Autorité Palestinienne, Mahmud Abbas, élu pour quatre ans en 2005 et toujours au pouvoir, trouve aisé d’inciter régulièrement son peuple à la révolte contre Israël par la diffusion de fausses nouvelles, où il apparaîtrait que les Juifs s’apprêtent à détruire la mosquée Al Aqsa pour y construire leur troisième temple. Cette tactique, destinée à unifier les foules contre un ennemi commun, a fonctionné en 1929, entraînant le massacre de la population juive de Hébron, puis en 2000, après qu’Arafat a refusé l’accord de paix qui lui était proposé à Camp David, et plus récemment en 2014 et 2015, tandis que Mahmud Abbas déclarait sur sa chaîne de télévision nationale que «tout Jérusalem appartient à l’Islam et qu’aucun Juif ne mettrait jamais ses pieds immondes sur l’esplanade des mosquées ». Pierre Rehov

Attention, un statu quo peut en cacher un autre !

Rémunération et glorification du terrorisme, appels à son annihilation et surarmement à ses frontières de ses prétendus partenaires, délégitimation et prières interdites sur les vestiges mêmes de son lieu le plus sacré, déni du droit à avoir sa propre capitale, qualification d’ « éruption cutanée » par une députée européenne, accords fournissant à ses pires ennemis l’arme fatale de sa destruction, demandes et pressions toujours plus fortes y compris de ses alliés les mieux intentionnés  pour des concessions toujours plus risquées …

En ce 50e anniversaire de la réunification de Jérusalem

Où en repoussant sa promesse d’y déplacer l’ambassade américaine …

Le président Trump vient de décevoir ceux qui après son retrait de l’Accord de Paris sur le climat …

Se préparaient à dénoncer de sa part une nouvelle folie et dangereuse perturbation de la situation actuelle …

Devinez ce qui depuis un demi-siècle passe en fait pour le statu quo ?

Pourquoi Jérusalem est bien la capitale d’Israël

Pierre Rehov
Le Figar
02/06/20

FIGAROVOX/TRIBUNE – Face aux résistances arabes, Donald Trump n’honorera pas immédiatement sa promesse de campagne visant à déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem. Le point de vue de Pierre Rehov.


Par Pierre Rehov. Reporter, écrivain, réalisateur de documentaires dont le dernier «Unveiling Jérusalem», retrace l’histoire de la ville trois fois sainte et prend position sur le conflit israëlo-palestinien.


Donald Trump l’avait promis durant sa campagne. À peine élu, il s’empresserait de déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, capitale d’Israël non reconnue par la communauté internationale, et pourtant, dans les faits, son centre administratif. Le président Trump est pourtant, provisoirement, revenu sur sa parole, promettant tout de même de s’exécuter avant la fin de son mandat. Cela peut se comprendre, de la part d’un homme qui a bâti sa carrière sur «l’art de la négociation» et assure être capable de conclure le deal le plus difficile de tous les temps, rien de moins que la résolution du conflit israélo-arabe

La problématique, plus délicate qu’elle n’y paraît, remonte à une loi du 23 octobre 1995 votée par le Congrès qui impose le déplacement de l’ambassade, mais laisse au président en exercice la possibilité d’en retarder l’échéance tous les six mois, pour des raisons de sécurité.

Israël est le seul pays au monde dont la capitale officielle n’est pas reconnue. Les ambassades de la quasi totalité des pays sont donc établies à Tel Aviv, à quelques soixante kilomètres des ministères.

Depuis cette fameuse loi, chaque président américain, de Clinton à Obama en passant par George W. Bush a reconduit l’échéance qui tombe le 1er décembre et le 1er juin. Les raisons en sont toujours les mêmes. Pression du monde arabe, chantage au terrorisme, volonté de trouver une solution au conflit par l’établissement de deux pays pour deux peuples se partageant la capitale, intérêts financiers liés aux hydrocarbures.

Cette année, cependant, montre sous un jour nouveau sur ce qui apparaît comme une simple formalité. Il aurait suffi en effet, au président Trump de ne rien faire, autrement dit ne pas signer le document de reconduction, pour que David Friedman, le nouvel ambassadeur américain, établisse son quartier général à Jérusalem plutôt qu’à Tel Aviv. Cela semblerait logique puisque, quel que soit le statut final de la ville trois fois sainte, Jérusalem ouest restera rattachée à Israël. Quant aux Palestiniens, leur centre administratif, y compris l’incroyablement luxueux palais présidentiel de Mahmud Abbas, est établi à Ramallah.

Pourquoi, dans ce cas, une telle frénésie autour d’un événement qui, tout compte fait, n’aurait d’autre valeur que symbolique? Justement. Au Moyen Orient les symboles ont une force qui surpasse la logique ou le simple pragmatisme.

Mais, tout d’abord, quelques faits historiques et religieux qu’il n’est pas inutile de rappeler.

En 1870, d’après plusieurs études, regroupant, entre autres, celles de Karl Marx, Gerardy Santine, et Nu‘aman Al Qasatli, mais laissant de côté le recensement effectué par l’empire Ottoman, car celui-ci ne tenait compte que ses citoyens officiels, la population de Jérusalem se décomposait de la façon suivante: 11.000 Juifs, 6500 Musulmans, 4500 Chrétiens.

Une grande majorité de Juifs, donc, malgré une réécriture progressive de l’histoire de la région à fins de propagande.

Le plan de l’ONU de 1947, qui devait donner naissance à deux pays, l’un Juif et l’autre Arabe dans les 20% restant de la Palestine mandataire, prévoyait l’internationalisation de Jérusalem.

Sans le refus arabe, traduit dans les faits par l’attaque des cinq pays limitrophes du tout jeune État hébreu, avec une volonté génocidaire affichée, la fameuse «Naqba» ou «Catastrophe», c’est-à-dire le départ volontaire ou non de quelques centaines de milliers de Palestiniens devenus «réfugiés», n’aurait jamais eu lieu. Il est clair que les leaders arabes ne s’attendaient pas à ce que le jeune pays, refuge des survivants des camps de la mort, repousse leurs armées d’invasion.

L’une des batailles les plus acharnées fut celle pour la libération de Jérusalem. La Jordanie s’empara de la partie est de la ville, en chassa tous les Juifs, détruisit 60 synagogues, et désacralisa la quasi totalité des cimetières. De ce jour, et jusqu’en 1967, les Juifs n’eurent plus accès à leur lieu saint le plus sacré, le mur des lamentations, désormais sous contrôle jordanien.

Il est à noter qu’à peine cette partie de Jérusalem conquise, le royaume s’en désintéressa totalement jusqu’en 67, où elle devient officiellement le «troisième lieu saint de l’Islam». Au cours des dix-neuf années qui suivirent, aucun chef de gouvernement arabe ne s’y rendit en visite officielle, ne serait-ce que pour prier au dôme du rocher ou à la mosquée Al Aqsa. Des photographies d’époque montrent des bâtiments mal entretenus, entourant une esplanade envahie par les herbes hautes. La vieille ville de Jérusalem, Al Quds pour les musulmans, ne présentait plus d’intérêt, puisqu’elle leur appartenait.

Un intérêt qui d’ailleurs ne s’est jamais révélé au cours des siècles, si ce n’est au tout début de l’ère islamique, lorsque, 40 ans après la mort du prophète Mahomet, le calife Umar ibn Al-Kattâb, décida de permettre aux fidèles syriens d’y effectuer un pèlerinage, puisqu’ils étaient interdits de séjour à la Mecque. Ainsi que l’indique le professeur Gabriel Barkay, historien et archéologue: «Il substituait ainsi le rocher blanc de la fondation du monde à la Kaaba, la météorite noire d’Arabie». Pour justifier sa décision, Al-Kattâb se servit d’une légende présente dans le Coran, selon laquelle le prophète Mahomet se serait, au cours d’une nuit, envolé vers le Paradis sur sa jument Al Buraq, depuis la «mosquée lointaine» (Al Aqsa).

Les historiens, y compris les spécialistes de l’Islam, parmi lesquels le docteur Mordehai Kédar, situent cette mosquée non pas à Jérusalem, mais à Ji’irrana, une petite ville au nord de la Mecque, sur la route de Taaf où Mahomet se rendait régulièrement pour prier. Le nom de Jérusalem, qui apparaît 700 fois dans l’ancien Testament et régulièrement dans les Évangiles, n’est pas cité une seule fois dans le Coran.

Il est également utile de noter que Jérusalem, tout au long de son Histoire, n’a jamais été la capitale d’aucun pays à part Israël.

En 1967, alors en pleine guerre avec l’Égypte et la Syrie, l’État hébreu recommanda au roi Hussein de Jordanie de ne pas intervenir dans le conflit, au risque pour lui de perdre sa mainmise sur la ville sainte. Une recommandation qu’il ne voulut pas entendre. À l’issue de la guerre éclair, Israël, vainqueur, réunifia Jérusalem, pour, plus tard, l’annexer, donnant par la même occasion à la population locale un statut de résident, proche de la citoyenneté.

Depuis, toutes les religions sont respectées dans cette ville modernisée et relativement prospère où chacun, Musulman, Juif ou Chrétien, peut accéder librement à ses lieux saints.

Enfin, pas tout à fait…

Malgré sa victoire écrasante, Israël a continué d’autoriser le Waqf, organisation islamique jordanienne, à administrer l’esplanade des mosquées, pourtant construite sur les restes des Temples de Hérode et de Salomon. Selon la loi coranique, seul un musulman a le droit de prier sur les lieux saints de l’Islam, ce qui conduit à une situation intenable, puisqu’aucun Juif ni Chrétien ne peut donc se recueillir à l’emplacement du Temple détruit par les romains. C’est ce que l’actualité retient sous le nom de «statu quo».

Un statu quo de plus en plus difficile à respecter, des deux côtés.

Car, comme son prédécesseur Yasser Arafat, le président actuel de l’Autorité Palestinienne, Mahmud Abbas, élu pour quatre ans en 2005 et toujours au pouvoir, trouve aisé d’inciter régulièrement son peuple à la révolte contre Israël par la diffusion de fausses nouvelles, où il apparaîtrait que les Juifs s’apprêtent à détruire la mosquée Al Aqsa pour y construire leur troisième temple.

Cette tactique, destinée à unifier les foules contre un ennemi commun, a fonctionné en 1929, entraînant le massacre de la population juive de Hébron, puis en 2000, après qu’Arafat a refusé l’accord de paix qui lui était proposé à Camp David, et plus récemment en 2014 et 2015, tandis que Mahmud Abbas déclarait sur sa chaîne de télévision nationale que «tout Jérusalem appartient à l’Islam et qu’aucun Juif ne mettrait jamais ses pieds immondes sur l’esplanade des mosquées» (clip diffusé et traduit par Palestinian Media Watch).

La grande question est de savoir jusqu’à quel point les médias, comme les dirigeants occidentaux, se sont laissés berner par ce double langage, pourtant habituel des dirigeants palestiniens.

Récemment, une procédure intégrée dans la loi palestinienne, qui consiste à verser des sommes importantes aux terroristes enfermés dans les prisons israéliennes ainsi qu’aux familles des «martyrs» tués au cours d’une mission, souvent un acte suicidaire visant les populations civiles, a fait réagir le gouvernement américain, ainsi que d’autres pays occidentaux. Il a même été rapporté par les services secrets qu’au cours de sa visite auprès du président de l’autorité palestinienne, Donald Trump se serait emporté contre Mahmud Abbas, pour cette même raison: «Vous m’avez menti, lui aurait-il hurlé. Vous me parlez de paix quand les Israéliens m’ont apporté la preuve que vous êtes personnellement responsable de l’incitation à la violence».

À son tour, la Norvège, ulcérée que des sommes versées à l’Autorité Palestinienne aient servi à financer un centre pour la jeunesse baptisée Dalal Mughrabi, du nom d’une terroriste ayant massacré 38 Israéliens dont 12 enfants en 1978, a annoncé qu’elle se désolidarisait du projet et exigeait la restitution des aides engagées. Les Nations unies ne sont pas en reste, malgré des décennies d’attaques systématiques contre l’État hébreu dues à la majorité arabe automatique. Le nouveau secrétaire général Gutteres a également retiré son soutien à de tels projets, regrettant la glorification du terrorisme qui est de mise sous la responsabilité du Fatah et de l’OLP.

Pour en revenir à Jérusalem, c’est ce courant nouveau, issu d’un peu de réalisme, qui pourrait peut-être pousser, non seulement les États Unis, mais un grand nombre d’autres pays, à reconnaître enfin la capitale d’Israël. C’est d’ailleurs ce qu’a fait la Russie de Poutine, courant avril, en annonçant qu’elle reconnaissait Jérusalem ouest comme capital de l’État Juif mais n’y déplacerait pas son ambassade pour l’instant. Plus récemment, le parlement de la République Tchèque, à son tour, a exigé la même reconnaissance de son exécutif.

Tout a été essayé pour tenter de satisfaire l’Autorité Palestinienne au détriment de l’État hébreu, y compris fermer les yeux sur sa forme de terrorisme promue au titre de «combat contre l’occupation». La paix était à ce prix, selon l’Union Européenne et l’administration d’Obama. Seulement le vent a tourné, et le terrorisme, qu’il soit islamiste ( Isis ) ou palestinien ( Hamas, Jihad Islamique et Fatah ), n’est plus toléré par un occident blessé et révulsé.

Car, si Mahmud Abbas voulait vraiment un pays pour son peuple, mettant ainsi fin à ce qu’il est convenu d’appeler «l’occupation israélienne», il lui aurait suffi d’accepter la main tendue d’Ehud Olmert en 2008. 98% de la Cisjordanie (ou Judée Samarie) ainsi que tout Gaza, lui étaient offerts sur un plateau, y compris le contrôle d’une grande partie de la vieille ville. Il lui aurait également suffi de retourner à la table de négociations, sans pré-condition, après l’échec des pourparlers de 2014, sous la houlette d’Obama et de Kerry.

Il lui suffirait peut-être maintenant d’accepter de reconnaître Israël comme État Juif, de renoncer à l’inonder par des millions de réfugiés non intégrables… Et d’accepter ce que l’Histoire, les guerres, les défaites, la logique territoriale, ont bien voulu lui donner.

Ramallah comme capitale d’un état démilitarisé.

À ce prix, la paix pourrait se faire. Mais il ne faut pas rêver.

Voir aussi:

Israël: la presse dresse le bilan de la visite de Donald Trump

La visite du président américain, Donald Trump en Israël a été diversement appréciée par la presse du pays. Si les journaux de la droite ont été euphoriques, la presse libérale a plutôt pointé du doigt le discours creux du président américain.

C’est une visite qui a fait l’affaire d’une bonne partie de la droite israélienne, et le quotidien Israël Hayom, proche du Likoud, le parti du premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, s’en est bien fait l’écho. « Je serai toujours aux côtés d’Israël », a affirmé le président Trump, et c’est le titre choisi par le quotidien a noté notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. L’éditorialiste du journal le proclame : « voilà le retour de l’Amérique qui nous manquait ». Ouf de soulagement donc pour l’aile droite de la coalition gouvernementale qui parle du New Deal de l’administration Trump.

« Pas de miracle »

Le feu est désormais dirigé vers les Palestiniens. Sarcastique, un commentateur affirme que la menace d’un accord de paix est désormais écartée. C’est ce ton que l’on retrouve ainsi dans plusieurs éditoriaux. Pour beaucoup d’autres journaux, la venue de Trump est une visite qui n’incite pas au respect. « Non ! il n’y a pas eu de miracle », estime une chroniqueuse qui fait remarquer que « rien de concret n’a été décidé ».

Un discours vide de sens

Il y a plusieurs articles particulièrement critiques dans le quotidien libéral Haaretz : un éditorialiste taxe le discours de Trump de « sioniste », mais totalement vide de sens. « Offensive de charme, mais sans plus, ajoute un journaliste. Dans Yediot Aharonot, on s’interroge : Comment peut-on utiliser tant de mots pour ne rien dire ? En gros, estime la journaliste, Trump dit à Netanyahu : « Faites ce que vous voulez. Pas étonnant donc que le Premier ministre israélien se frotte les mains. »

Voir également:

8 questions clés sur la visite de Trump en Israël et en Palestine

Après sa visite en Arabie saoudite, le président américain veut résoudre le conflit israélo-palestinien. Ambitieux.

L’Obs
22 mai 2017

Un déplacement crucial et symbolique. Les actes et les mots de Donald Trump seront scrutés à la loupe, lundi et mardi, lors de sa visite à Jérusalem et à Bethléem, en Cisjordanie occupée. Celui qui affirme vouloir résoudre le vieux conflit israélo-palestinien sera sur un terrain sensible .

Que va faire Donald Trump en Arabie saoudite ?

1Dans quel contexte Trump arrive-t-il ?

Presque soixante-dix ans après la création d’Israël, la paix reste à faire. 2017 marque cinquante années d’occupation par Israël des Territoires palestiniens. Israël et le Hamas islamiste, qui gouverne la bande de Gaza, préparent depuis trois ans leur prochaine confrontation armée et les violences à faible intensité persistent en Cisjordanie. Les dernières négociations de paix, sous les auspices des Etats-Unis, ont capoté en 2014.

2A-t-il un plan ?

Donald Trump se targue de son expérience d’homme d’affaires pour présider à « l’accord ultime » mais la Maison-Blanche déclare de ne pas attendre un vaste plan quatre mois seulement après l’investiture. Le président américain cherche simplement à « faciliter » la reprise de l’effort de paix et à obtenir, des deux bords, des engagements et des mesures de confiance, disent ses collaborateurs. Le scepticisme reste de mise, tant Israéliens et Palestiniens sont éloignés. « Enclencher le début d’un processus ne signifie pas aller jusqu’à sa fin », dit Ali al-Jarbawi, politologue palestinien.

3Réunira-t-il les parties ?

Le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou n’ont pas eu d’entretien direct substantiel depuis 2010. Mahmoud Abbas a rapporté avoir dit à Donald Trump à la Maison-Blanche début mai qu’il était prêt à rencontrer Benjamin Netanyahou sous son « parrainage ». Des sources américaines ont dit dans la presse que l’hypothèse était très improbable, tout en soulignant le caractère imprévisible du président Trump.

4Evoquera-t-il la solution à deux Etats ?

Donald Trump a semé le trouble en prenant initialement ses distances avec la solution dite à deux Etats. La création d’un Etat palestinien coexistant avec Israël est la référence de la communauté internationale. Son conseiller à la Sécurité nationale, le général HR McMaster, a cependant signifié que le président pourrait s’être ravisé depuis. « Quand il rencontrera Mahmoud Abbas, Donald Trump exprimera son « désir de dignité et d’autodétermination pour les Palestiniens« .

5Quel rôle pour les pays arabes ?

Donald Trump arrive d’Arabie saoudite, acteur primordial de l’effort de paix. L’idée dominante de la Maison-Blanche semble « d’impliquer des pays arabes clés :  l’Egypte, la Jordanie, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et d’autres alliés des Etats-Unis dans un processus régional qui créerait ce que Trump appelle un canevas plus large pour parvenir à la paix », dit l’analyste Ghaith al-Omari.

6Quel discours sur la colonisation ?

Sur la colonisation, considérée par la communauté internationale comme illégale et un obstacle majeur à la paix, Donald Trump a déjà réfréné Israël. Mais « nous n’avons aucune exigence de gel », a dit le nouvel ambassadeur américain David Friedman. Une déclaration ferme mettrait sous pression Benjamin Netanyahou, confronté à la surenchère du lobby des colons auquel son gouvernement fait la part belle.

Ces derniers avaient salué l’avènement de Donald Trump comme le début d’une nouvelle ère dans laquelle la colonisation reprendrait sans frein et qui permettrait peut-être même d’annexer une partie de la Cisjordanie.

7Et sur l’ambassade et le statut de Jérusalem ?

Donald Trump a promis, pendant sa campagne électorale, de déménager l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem et de reconnaître Jérusalem capitale d’Israël, rompant avec la diplomatie historique des Etats-Unis et le consensus observé par la communauté internationale du fait du statut disputé de la ville. Renouvellera-t-il cette promesse alors qu’il est tenu par l’agenda politique américain de prendre une décision d’ici à début juin ?

8Avec qui Trump ira-t-il au mur des Lamentations ?

Donald Trump devrait être le premier président américain en exercice à se rendre au mur des Lamentations, situé à Jérusalem-Est, annexé et occupé par Israël. Les préparatifs de cette visite ont suscité une controverse et l’indignation de la droite israélienne : reflétant une position traditionnelle consistant à ne pas se prononcer sur les questions de souveraineté à Jérusalem, l’administration américaine s’est gardée de dire que le mur était en Israël. Elle a précisé qu’aucun responsable israélien n’accompagnerait Donald Trump au mur.

Voir de plus:

L’ambassade américaine à Jérusalem: Trump semble reculer

L’Obs

14 février 2017

Washington (AFP) – Un casus belli pour les Palestiniens, un sujet secondaire pour Israël: le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem pourrait être remis aux calendes grecques par le président Trump, qui en avait pourtant fait une promesse de campagne.

Juste avant de recevoir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu mercredi à la Maison Blanche, Donald Trump avait déjà semblé reculer: vendredi, il affirmait au quotidien israélien Israel Hayom qu’il réfléchissait « très sérieusement » à déplacer la chancellerie américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, mais que cette décision, « pas facile », n’était pas encore prise.

Rompant avec la position historique des Etats-Unis, le candidat Trump avait pourtant promis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y installer l’ambassade, au grand dam des Palestiniens et de la majeure partie de la communauté internationale.

Elu, le 45e président des Etats-Unis avait enfoncé le clou en nommant en décembre comme prochain ambassadeur en Israël un avocat américain juif, David Friedman, partisan de la colonisation et de l’annexion par Israël de parties de la Cisjordanie occupée.

– ‘Capitale éternelle d’Israël’ –

M. Friedman, honni par des associations d’Américains juifs et qui doit être auditionné jeudi par le Sénat en vue d’être éventuellement confirmé à son poste, avait proclamé sa « hâte de travailler depuis l’ambassade américaine dans la capitale éternelle d’Israël, Jérusalem ».

L’Etat hébreu considère l’ensemble de Jérusalem, y compris la partie orientale conquise et annexée en 1967, comme sa capitale indivisible. Quelque 200.000 Israéliens se sont installés dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est. Les Palestiniens, qui représentent environ un tiers de la population de la ville, veulent quant à eux faire de Jérusalem-Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

Officiellement, Benjamin Netanyahu continue d’affirmer que Jérusalem « réunifiée », c’est-à-dire comprenant Jérusalem-Est annexée, est la « capitale éternelle d’Israël ». « L’ambassade des Etats-Unis doit se trouver ici à Jérusalem » et non à Tel-Aviv, avait-il martelé fin janvier.

Mais officieusement, le transfert de l’ambassade ne semble pas être la priorité des priorités du Premier ministre israélien. Experts et commentateurs en Israël et aux Etats-Unis pensent plutôt qu’un feu vert, même tacite, du nouveau président américain à la poursuite de la colonisation en Cisjordanie est bien plus important dans l’immédiat.

D’après le New York Times de lundi, M. Trump a d’ores et déjà reculé sur l’ambassade, M. Netanyahu ayant fait savoir qu’une décision aussi lourde en symboles – avec la réaction qu’elle provoquerait chez les Palestiniens et dans les pays arabes – n’était pas la priorité numéro un.

– Risque d »explosion absolue’ –

L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a en effet menacé la semaine dernière de « révoquer la reconnaissance de l’Etat d’Israël le jour même » de l’éventuel transfert de la chancellerie. Et avant de quitter la tête de la diplomatie américaine fin janvier, John Kerry avait prévenu d’un risque d' »explosion absolue » au Proche-Orient.

De fait, reconnaît Jonathan Schanzer, vice-président du centre de recherche conservateur Foundation for Defense of Democracies, si « les Israéliens sont évidemment favorables » à une ambassade américaine à Jérusalem, « ils veulent avancer lentement » afin de privilégier leur « premier objectif, le soutien des Etats-Unis à la sécurité » de l’Etat hébreu.

Son collègue Robert Satloff, analyste au Washington Institute for Near East Policy et partisan du déplacement de l’ambassade, pense également que Donald Trump temporise. « Le calendrier du déménagement est crucial: si le président s’engage à le mettre en oeuvre, il doit le faire rapidement, dans les prochaines semaines », presse-t-il.

Mais dès le lendemain de l’investiture du président Trump, la Maison Blanche avait exclu toute annonce précipitée sur le sujet.

Un des compromis évoqués par des diplomates à Washington serait plutôt d’installer symboliquement le bureau du prochain ambassadeur des Etats-Unis au consulat américain de Jérusalem-Ouest, tout en conservant l’ambassade à Tel-Aviv.

Voir encore:

Une élue européenne compare les Israéliens à “une éruption cutané »
Le président du congrès juif européen demande une sanction contre l’ancienne terroriste de l’IRA, Martina Anderson
JTA
31 mai 2016

Le Congrès juif européen (EJC) demande qu’une action soit entreprise à l’encontre d’une députée irlandaise au Parlement européen, qui a comparé Israël à une maladie dermatologique.

« Nous pouvons vous donner une liste de toutes les choses que nous avons tenté de faire, les Israéliens sont partout, comme une éruption cutanée », a déclaré Martina Anderson, d’Irlande du Nord, la semaine dernière pendant une réunion au Parlement à Bruxelles le 25 mai.

Le président de l’ECJ, Moshe Kantor, a appelé lundi le président du Parlement européen Martin Schulz à prendre des mesures disciplinaires à son encontre.

« Une fois encore, nous entendons des déclarations profondément offensantes sur les juifs par un personnage public européen, et nous demandons une action, a déclaré Kantor dans un communiqué. La comparaison des Israéliens, ou plus précisément des juifs, à une maladie est de l’incitation [à la haine] et trouve ses racines dans le discours des néo-nazis et de l’extrême-droite. »

« Démontrant ainsi une fois encore que l’extrême-gauche et l’extrême-droite parlent trop fréquemment la même langue et utilisent les mêmes termes pour faire référence aux juifs ou à l’Etat juif. »

Anderson représente le parti Sinn Féin, qui soutient l’indépendance de l’Irlande du Nord du Royaume-Uni et était autrefois affilié au groupe terroriste IRA, à présent démantelé.

Elle a été reconnue coupable de terrorisme au sein de l’IRA.

Elle a purgé une partie d’une condamnation à perpétuité après avoir été jugée coupable d’avoir participé à l’explosion d’une bombe dans un hôtel de Brighton, en Angleterre, en 1984, et d’avoir prévu des attaques massives à la bombe dans 12 villes touristiques anglaises.

« Les opinions d’Anderson sont enracinées dans une idéologie sanglante qui a été façonnée quand l’IRA et l’OLP [Organisation de libération de la Palestine] étaient partenaires dans le terrorisme et les carnages », a continué Kantor.

Ses opinions et ses déclarations « devraient être condamnées et nous appelons les autorités européennes à prendre position aussi fortement que si elles provenaient d’un membre de l’extrême-droite. »

Voir enfin:

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There’s Still Time to Avert War in Lebanon

Hezbollah’s strength has multiplied, and conflict is inevitable unless the world acts.

Donald Trump called out Hezbollah at both stops on his Middle East trip last week. In Saudi Arabia he praised the Gulf Cooperation Council for designating the Iranian-backed Lebanese Shiite militia a terrorist organization and noted that Riyadh had placed sanctions on a senior Hezbollah figure. In Jerusalem Mr. Trump scored Hezbollah for launching rockets “into Israeli communities where schoolchildren have to be trained to hear the sirens and run to the bomb shelters—with fear, but with speed.”

The president and his national-security team must have taken a good look across Israel’s northern border. Lebanon is at a crossroads. Decisions the president makes now could help prevent a devastating war between Israel and Hezbollah. Such a war would severely damage Lebanon and could drag the U.S. into another complex and costly entanglement in the Middle East. Engagement today can prevent risks to American lives tomorrow.

Hezbollah is sponsored by Iran and has become increasingly brazen in the last decade. It is now more militarily powerful than most North Atlantic Treaty Organization members. It has 150,000 missiles and could launch 1,500 of them a day. From the ground, air or sea, it can strike anywhere in Israel. Lebanon’s president, Michel Aoun, hasn’t distanced the Lebanese army from Iran’s proxy. Rather, he has embraced it. “Hezbollah’s weapons do not contradict the national project,” he said in February, but are “a principal element of Lebanon’s defense.”

Yet when Hezbollah acts, it does so with Iran’s interests in mind—not Lebanon’s. Iran would have no qualms spilling Lebanese blood in a war with Israel. Just look at Syria, where under Iranian direction, the Assad regime has unleashed genocide against the Sunni Arab population using Hezbollah as its storm troops.

War between Israel and Lebanon is avoidable, but only if the world acts now—with American leadership. Hezbollah’s ability to destabilize the region stems from the abject failure of U.N. Security Council Resolution 1701 and the peacekeeping force tasked with enforcing it, the United Nations Interim Force in Lebanon, or Unifil.

Resolution 1701 was adopted unanimously after Israel was forced to fight a defensive war against Hezbollah in 2006. It mandated that Unifil keep southern Lebanon “free of any armed personnel, assets and weapons” and prevent the area from being used “for hostile activities of any kind.”

Like many U.N. resolutions, 1701 has been thoroughly ineffective. Hezbollah is 10 times as strong now as it was in 2006, and its military infrastructure permeates Lebanon. Yet Unifil claims ignorance of the terror organization’s arms buildup. Unifil’s March 2017 report reaches new heights of absurdity, even for a U.N. organization: “To date, Unifil has neither been provided with, nor found, evidence of an unauthorized transfer of arms into its area of operations.”

Hezbollah must not be allowed to impose war on the region and tragedy on Lebanon while the Iranian regime rubs its hands. What can Mr. Trump do?

The U.S. should seek a U.N. Security Council resolution amending 1701 and providing Unifil with explicit powers to disarm Hezbollah and demilitarize South Lebanon under Chapter 7 of the U.N. charter, the section that deals with peace enforcement. Currently Unifil derives its legal mandate from Chapter 6, which deals with peacekeeping. Peacekeeping helps local restaurants stay in business but does little to enforce peace.

As usual, the tab for U.N. failure in Lebanon is being paid by American taxpayers. The U.S. picks up 43% of Unifil’s $488 million annual budget. Congress should make that funding conditional on performance.

Now is the time to update Resolution 1701. War between Lebanon and Israel would be detrimental to Russian interests in Syria, so Vladimir Putin could be convinced to help rein in Hezbollah. For the Arab states, led by Saudi Arabia and Egypt, containing Hezbollah and Iran is a priority. Western Europe should be eager to avoid a war that would worsen its refugee crisis. Meanwhile, finding common ground over Lebanon and Syria could strengthen cooperation between Israel and the Sunni Arab states searching for a lasting solution to the Israeli-Palestinian problem.

President Trump and Secretary of State Rex Tillerson have a historic opportunity to do the right thing, at the right time, in the right place: to show that U.S. diplomatic intervention today can prevent the need to make terrible decisions about U.S. military intervention tomorrow.

Mr. Prosor, a former Israeli ambassador to the U.N., is chairman of the Interdisciplinary Center’s International Diplomacy Institute and an executive-in-residence at Liontree.

Voir enfin:

Will Trump Turn Against Israel?
Rebel Media
March 27, 2017

Nikki Haley [recording]: Nowhere has the UN’s failure been more consistent, and more outrageous, than its bias against our close ally, Israel. In the general assembly session just completed, the UN adopted 20 resolutions against Israel and only six targeting the rest of the world’s countries combined.

Ezra Levant: That’s Nikki Haley at her confirmation hearing. She is now Donald Trump’s ambassador to the United Nations, taking a very pro-Israel approach, a marked departure from President Obama’s approach. But other than Nikki Haley, how has Donald Trump done in terms of Israel and the Middle East? Has he kept the promise of being pro-Israel, moving the embassy from Tel Aviv to Jerusalem, backing off of bullying the Israelis about their construction of settlements? Joining us now in the studio to talk about this is our friend, Dr. Daniel Pipes, up here from the Middle East Forum. Great to see you again!

Daniel Pipes: You too, Ezra.

Levant: Welcome to our humble studios. I like what Nikki Haley has done so far. She has kept talking about this anti-Israel bias, even now that she’s within the bosom of the UN, so I don’t think she’s being co-opted by the career diplomats and bureaucrats. How has Trump done on the other aspects?

Pipes: Nikki Haley’s been fantastic. The other aspects are not so good. When you look at the most important issue of all, the Iran deal, the JCPOA, which Trump called the « worst deal in history, » nothing in a little over two months has happened. Nothing at all.

Levant: What could happen? What could he do? What should he do? What did he promise to do?

Pipes: He never exactly said what he would do, but he called it very bad things. And the striking thing about the Iran deal is that it’s not a deal. It’s a one-sided proposal by the United States. No one else signed it, just the US government. No other government. Not the Iranian, not the other five states. So Trump could simply terminate it. He could change the enforcement of it. He could do all sorts of things, but he hasn’t. Nothing’s happened, at least publicly, that we know of.

Levant: As his rhetoric changed, I see that Iran’s rhetoric is getting tougher in the Persian Gulf. Has Trump or his secretary of state said a different kind of language? I noticed a change in language with North Korea. The secretary of state, Rex Tillerson, has basically said there’s no more fruit to be found in negotiation. Have they said the same about Iran?

Pipes: No, but they have talked tougher, which isn’t hard because the Obama administration was very appeasing. So yes, there’s tougher talk, and I think the Iranians are being a bit more cautious, but the main thrust of the policy was to get rid of the deal – and it’s still there.

You mentioned the move of the embassy to Jerusalem. Mike Pence just reaffirmed it, but, in fact, nothing has happened. You also mentioned the Israeli building of housing units in the West Bank: there, it looks like more continuity than change. More importantly, on Israeli-Palestinian negotiations, it looks, at this point, like there’s no real change. Furthermore, a number of key Obama administration personnel on the National Security Council and the State Department are in place and it looks like they have more power than ever. So, overall, other than the United Nations, it looks like continuity more than change.

This points to an interesting pattern that I have been following since the early 90s: that politicians and diplomats in the United States, and presumably elsewhere, who talk warmly about Israel receive such great thanks for this that they don’t have to actually do anything. In fact, they can do things which are otherwise anathema. In contrast, politicians who are not warm toward Israel don’t get any credit even when they do things which are good for it. So, for example, Barack Obama had, from Israel’s point of view, the best-ever weapons delivery, but he got no credit for it because he was nasty to Israel. Trump, because he and his team have been friendly in words, are getting credit even though they haven’t actually done anything.

Levant: Well, it’s only been a couple of months and, obviously, building the wall and the immigration issue are pretty core Trump promises. In their own way, they benefit Israel. Also, they name terrorism and call it Islamic. The word Islamic, Islamist, or political Islam has been said more in the last two-three months by the U.S. administration than in the last ten years.

Pipes: Yeah, but, again, it’s words rather than actions. It’s talking about radical Islam and terrorism. To be sure, a step forward, but the two efforts to control immigration have both failed.

Levant: Well, that’s at the feet of judges. Perhaps the executive orders could be more finely crafted, and I think eventually they will succeed.

But what do you think the time limit is? I mean, you say Pence reiterated America’s plan to move the embassy. (I trust that was said at the AIPAC convention on right now.) How long before people start calling him on that promise? It’s just been a couple, three months.

Pipes: I think so long as he makes the right sounds and has the right tone, he has a lot of time. From the pro-Israel point of view, the right music is key. The words are secondary. If you say nice things about Israel and talk about the strength of the American-Israeli relationship, you have credit that will take you a long way.

Levant: You know, we at Rebel Media just went on a mission to Israel. We took five or six of our team. I had been to Israel before, but no one else had. It was a real eye-opener. I didn’t think I would learn a lot because I had been there before – but one thing I learned that really struck me, and let me run this by you. Our guide said that in the total of modern history, like the last century of Arab-Israeli conflict, all the wars combined, all the terrorism combined, the total death toll, on both sides, he said, and you can correct me if this wrong, was less than a hundred thousand.

Now, that’s still an enormous tragedy. Every one of those is a tragedy, but compare that to the last six months in Syria, or to what ISIS is doing in northern Iraq. Compared to any other crisis in a hundred years, less than a hundred thousand casualties, and I’m not being condescending towards the gravity of that, but I’m thinking this is not the world’s greatest problem. This is not the world’s most intractable problem. This is not, I mean, Donald Trump said this is the deal to end all deals to solve this problem. No, it ain’t. In fact, it’s like a fake, or a distraction, or a placebo. Focus on Israel and lay off of Saudi Arabia, Iran, ISIS, all these other countries. Do you think Trump’s sort of ignoring Israel is a hidden plus because he’s not going to obsess over it like Bill Clinton did, he’s not going to try and push Israel into a deal like other presidents have?

Pipes: Two points. First, you’re absolutely right about the numbers. I co-authored an article with Professor Gunnar Heinsohn of Germany in 2007 in which we had found the total number of Arab-Israeli fatalities at that point since World War II numbered 51,000. Also, the conflict numbered 49th on the list of fatalities in international war. So yes, that’s fewer deaths than in four dozen other conflicts.

The Arab-Israeli conflict is the ultimate deal in the sense that this is the most complex and intractable international question. There are so many parties involved, including the great powers, the regional powers, the Islamic states, the Jewish community, and the other religious communities. It is the ultimate prize to get a Nobel Peace Prize. There’s nothing comparable to it, nothing as complex and long lasting.

As for Trump not focusing on it [yet], I’m not sure that he won’t because he sees himself as the author of The Art of the Deal, and he has said this he wants to broker this one. He’s got other things on the plate now, as you’ve pointed out – immigration, the wall, the healthcare repeal that didn’t work, taxation, education, and so forth. But I think solving this is a luring prospect, and I wouldn’t be at all surprised if he turns his attention to this at some point.

I also wouldn’t be surprised if he turned against Israel, seeing it as the intractable party because that is what often happens. Look at Jimmy Carter and Barack Obama: they make efforts and they get frustrated that the Israelis don’t give more because there is an enduring belief that if only the Israelis gave more, the Palestinians would relent and stop being rejectionists and everything would be fine. So, I am worried.

Levant: Last question. I see criticism of Ivanka Trump and Jared Kushner, Trump’s daughter and son-in-law, because they have an unusual relationship with the president. They have security clearance. They sit in on meetings. We all know that Kushner and Ivanka were parts of Donald Trump’s business empire and they’re trusted counselors. It’s not surprising to me that he would want his trusted advisers admitted. It’s not like Chelsea Clinton tagging along with mom and dad, when she was just a family member and not a deeply engaged adviser.

Kushner’s an observant Jew. Ivanka converted. They seem to identify in that way. They have some ties to Israel. Do you think that they are an important source of advice on Israel, and if so, how would you then classify them on the Israel-issue spectrum? Would they be right-wing? Would they be left-wing? Are they Peace-Now types? Are they Likud types?

Pipes: Allow me to extend your question also to include David Friedman, Trump’s bankruptcy lawyer who’s just been confirmed as U.S. ambassador to Israel, and Jason Greenblatt, a Manhattan real estate lawyer who serves as the president’s special representative for international negotiations. So, four people have no history of involvement in Israeli-Palestinian or other negotiations, are rank amateurs, bringing the freshness of amateurs and also their inexperience.

I don’t know exactly all their views. The only one we really know is Friedman, who has a history of writing about the conflict, and is very much on the Likud side of the spectrum, but the others we don’t really know about. Greenblatt, from what we heard about his negotiations in Jerusalem and Ramallah, seems to be fitting into the same old pattern of « put pressure on Israel and placate the Palestinians. » The daughter and the son-in-law? I don’t know what their views are.

Overall, I worry about this lack of experience. There is a theme in American history going back to World War I, of presidents appointing people who have no knowledge of a topic, with the idea being that they’re unbiased and will bring fresh eyes to the issue. It has never worked. It has always led down rabbit holes.

I would rather have people who have been doing this for a while. You know, if you went for heart surgery, would you want someone who’s never done anything like this before or would you prefer one that’s been practicing for a while? I worry about freelancing with amateurs. There’s a lot of experience in this area. It’s a very complex topic. I worry people are wandering in and being considered sudden experts.

Levant: Well, we’ll keep in touch in the months ahead, and it’s still early days, and the only substantive sign that I see is Nikki Haley. Everything else is a possibility, or a prospect, or a process, but I think we’ll probably know before the end of the year.

Pipes: Yeah, the UN is great, but the rest I worry about.

Levant: Dr. Daniel Pipes of the Middle East Forum, great to have you here in the studio.


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