Histoire des idées: Même l’anti-occidentalisme… est une invention occidentale! (Even anti-westernism is a western invention)

MarxLa révolution iranienne fut en quelque sorte la version islamique et tiers-mondiste de la contre-culture occidentale. Il serait intéressant de mettre en exergue les analogies et les ressemblances que l’on retrouve dans le discours anti-consommateur, anti-technologique et anti-moderne des dirigeants islamiques de celui que l’on découvre chez les protagonistes les plus exaltés de la contre-culture occidentale. Daryiush Shayegan (Les Illusions de l’identité, 1992)
Je suis et demeure un combattant révolutionnaire. Et la Révolution aujourd’hui est, avant tout, islamique. Illich Ramirez Sanchez (dit Carlos)*
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme.  René Girard
Malgré eux, les islamistes sont des Occidentaux. Même en rejetant l’Occident, ils l’acceptent. Aussi réactionnaires que soient ses intentions, l’islamisme intègre non seulement les idées de l’Occident mais aussi ses institutions. Le rêve islamiste d’effacer le mode de vie occidental de la vie musulmane est, dans ces conditions, incapable de réussir. Le système hybride qui en résulte est plus solide qu’il n’y paraît. Les adversaires de l’islam militant souvent le rejettent en le qualifiant d’effort de repli pour éviter la vie moderne et ils se consolent avec la prédiction selon laquelle il est dès lors condamné à se trouver à la traîne des avancées de la modernisation qui a eu lieu. Mais cette attente est erronée. Car l’islamisme attire précisément les musulmans qui, aux prises avec les défis de la modernité, sont confrontés à des difficultés, et sa puissance et le nombre de ses adeptes ne cessent de croître. Les tendances actuelles donnent à penser que l’islam radical restera une force pendant un certain temps encore. Daniel Pipes
Amid all this intellectual and moral confusion, Ian Buruma and Avishai Margalit have deftly proposed the notion of « Occidentalism. » This is a play on « Orientalism, » the formulation advanced by the late Edward Said, whereby a society or its academics and intellectuals can be judged by their attitude to the « other. » Avishai Margalit is a professor at the Hebrew University of Jerusalem and has been very much identified with the secular and internationalist wing of the Israeli peace camp. Ian Buruma is known to a large audience for his witty and profound studies of Asia, Germany and England. Both authors had in common a friendship with, and a strong admiration for, Isaiah Berlin. … The authors demonstrate that there is a long history of anti-Western paranoia in the intellectual tradition of the « East, » but that much of this is rooted in non-Muslim and non-Oriental thinking. Indeed, insofar as the comparison with fascism can be made, it can be derived from some of the very origins and authors that inspired fascism itself. In many areas of German, Russian and French culture, one finds the same hatred of « decadence, » the same cultish worship of the pitiless hero, the same fascination with the infallible « leader, » the same fear of a mechanical civilization as opposed to the « organic » society based on tradition and allegiance. Christopher Hitchens
We generally understand « radical Islam » as a purely Islamic phenomenon, but Buruma and Margalit show that while the Islamic part of radical Islam certainly is, the radical part owes a primary debt of inheritance to the West. Whatever else they are, al Qaeda and its ilk are revolutionary anti-Western political movements, and Buruma and Margalit show us that the bogeyman of the West who stalks their thinking is the same one who has haunted the thoughts of many other revolutionary groups, going back to the early nineteenth century. In this genealogy of the components of the anti-Western worldview, the same oppositions appear again and again: the heroic revolutionary versus the timid, soft bourgeois; the rootless, deracinated cosmopolitan living in the Western city, cut off from the roots of a spiritually healthy society; the sterile Western mind, all reason and no soul; the machine society, controlled from the center by a cabal of insiders, often jews, pulling the hidden levers of power versus an organically knit-together one, a society of « blood and soil. » The anti-Western virus has found a ready host in the Islamic world for a number of legitimate reasons, they argue, but in no way does that make it an exclusively Islamic matter. The Economist
They are not expressions of an outburst in the West of the [Israeli-Palestinian] conflict in the Middle East. It is truly modern, aimed against American imperialism, capitalism, etc. In other words, they occupy the same space that the proletarian left had thirty years ago, that Action Directe had twenty years ago. . . . It partakes henceforth of the internal history of the West. (…) It can feel like a time-warp, a return to the European left of the 1970s and early 1980s. Europe’s radical-mosque practitioners can appear, mutatis mutandis, like a Muslim version of the hard-core intellectuals and laborers behind the aggrieved but proud Scottish National party in its salad days. (…) In the last three centuries, Europe has given birth and nourishment to most of mankind’s most radical causes. It shouldn’t be that surprising to imagine that Europe could nurture Islamic militancy on its own soil. (…) In Europe as elsewhere, Westernization is the key to the growth and virulence of hard-core Islamic radicalism. The most frightening, certainly the most effective, adherents of bin Ladenism are those who are culturally and intellectually most like us. The process of Westernization liberates a Muslim from the customary sanctions and loyalties that normally corralled the dark side of the human soul. (…) It would be a delightful irony if the more progressive political and religious debates among the Middle East’s Muslims saved their brethren in the intellectually backward lands of the European Union. Reuel Marc Gerecht
Wherever it occurs, Occidentalism is fed by a sense of humiliation, of defeat. It is a war against a particular idea of the West – a bourgeois society addicted to money, creature comforts, sex, animal lusts, self-interest, and security – which is neither new nor unique to Islamist extremism. This idea has historical roots that long precede any form of ‘U.S. imperialism’ . (…) Blood, soil, and the spirit of the Volk were what German romantics in the late 18th and early 19th centuries invoked against the universalist claims of the French Enlightenment, the French Revolution, and Napoleon’s invading armies. This notion of national soul was taken over by the Slavophiles in 19th-century Russia, who used it to attack the « Westernizers, » that is, Russian advocates of liberal reforms. It came up again and again, in the 1930s, when European fascists and National Socialists sought to smash « Americanism, » Anglo-Saxon liberalism, and « rootless cosmopolitanism » (meaning Jews). Aurel Kolnai, the great Hungarian scholar, wrote a book in the 1930s about fascist ideology in Austria and Germany. He called it War Against the West. Communism, too, especially under Stalin, although a bastard child of the Enlightenment and the French Revolution, was the sworn enemy of Western liberalism and « rootless cosmopolitanism. » Many Islamic radicals borrowed their anti-Western concepts from Russia and Germany. The founders of the Ba’ath Party in Syria were keen readers of prewar German race theories. Jalal Al-e Ahmad, an influential Iranian intellectual in the 1960s, coined the phrase « Westoxification » to describe the poisonous influence of Western civilization on other cultures. He, too, was an admirer of German ideas on blood and soil. Clearly, the idea of the West as a malign force is not some Eastern or Middle Eastern idea, but has deep roots in European soil. Defining it in historical terms is not a simple matter. Occidentalism was part of the counter-Enlightenment, to be sure, but also of the reaction against industrialization. Some Marxists have been attracted to it, but so, of course, have their enemies on the far right. Occidentalism is a revolt against rationalism (the cold, mechanical West, the machine civilization) and secularism, but also against individualism. European colonialism provoked Occidentalism, and so does global capitalism today. But one can speak of Occidentalism only when the revolt against the West becomes a form of pure destruction, when the West is depicted as less than human, when rebellion means murder. Wherever it occurs, Occidentalism is fed by a sense of humiliation, of defeat. Isaiah Berlin once described the German revolt against Napoleon as « the original exemplar of the reaction of many a backward, exploited, or at any rate patronized society, which, resentful of the apparent inferiority of its status, reacted by turning to real or imaginary triumphs and glories in its past, or enviable attributes of its own national or cultural character. » The same thing might be said about Japan in the 1930s, after almost a century of feeling snubbed and patronized by the West, whose achievements it so fervently tried to emulate. It has been true of the Russians, who have often slipped into the role of inferior upstarts, stuck in the outer reaches of Asia and Europe. But nothing matches the sense of failure and humiliation that afflicts the Arab world, a once glorious civilization left behind in every respect by the post-Enlightenment West. Humiliation can easily turn into a cult of the pure and the authentic. Among the most resented attributes of the hated Occident are its claims to universalism. Christianity is a universalist faith, but so is the Enlightenment belief in reason. Napoleon was a universalist who believed in a common civil code for all his conquered subjects. The conviction that the United States represents universal values and has the God-given duty to spread democracy in the benighted world belongs to the same universalist tradition. Some of these values may indeed be universal. One would like to think that all people could benefit from democracy or the use of reason. The Code Napoleon brought many benefits. But when universal solutions are imposed by force, or when people feel threatened or humiliated or unable to compete with the powers that promote such solutions, that is when we see the dangerous retreat into dreams of purity. Not all dreams of local authenticity and cultural uniqueness are noxious, or even wrong. As Isaiah Berlin also pointed out, the crooked timber of humanity cannot be forcibly straightened along universal standards with impunity. The experiments on the human soul by Communism showed how bloody universalist dreams can be. And the poetic romanticism of 19th-century German idealists was often a welcome antidote to the dogmatic rationalism that came with the Enlightenment. It is when purity or authenticity, of faith or race, leads to purges of the supposedly inauthentic, of the allegedly impure, that mass murder begins. The fact that anti-Americanism, anti-Zionism, anti-Semitism, and a general hostility to the West often overlap is surely no coincidence. Even in Japan, where Jews play no part in national life, one of the participants at the 1942 Kyoto conference suggested that the war against the West was a war against the « poisonous materialist civilization » built on Jewish financial capitalist power. At the same time, European anti-Semites, not only in Nazi Germany, were blaming the Jews for Bolshevism. Both Bolshevism and capitalism are universalist systems in the sense that they do not recognize national, racial, or cultural borders. Since Jews are traditionally regarded by the defenders of purity as the congenital outsiders, the archetypal « rootless cosmopolitans, » it is no wonder that they are also seen as the main carriers of the universalist virus. To be sure, Jews had sound reasons to be attracted to such notions as equality before the law, secular politics, and internationalism, whether of a socialist or capitalist stamp. Exclusivity, whether racial, religious, or nationalist, is never good for minorities. Only in the Middle East have Jews brought their own form of exclusivity and nationalism. But Zionism came from the West. And so Israel, in the eyes of its enemies, is the colonial outpost of « Westoxification. » Its material success only added to the Arab sense of historic humiliation. The idea, however, that Jews are a people without a soul, mimics with no creative powers, is much older than the founding of the State of Israel. It was one of the most common anti-Semitic slurs employed by Richard Wagner. He was neither the first to do so, nor very original in this respect. Karl Marx, himself the grandson of a rabbi, called the Jews greedy parasites, whose souls were made of money. The same kind of thing was often said by 19th-century Europeans about the British. The great Prussian novelist Theodor Fontane, who rather admired England, nonetheless opined that « the cult of the Gold Calf is the disease of the English people. » He was convinced that English society would be destroyed by « this yellow fever of gold, this sellout of all souls to the devil of Mammon. » And much the same is said today about the Americans. Calculation — the accounting of money, interests, scientific evidence, and so on — is regarded as soulless. Authenticity lies in poetry, intuition, and blind faith. The Occidentalist view of the West is of a bourgeois society, addicted to creature comforts, animal lusts, self-interest, and security. It is by definition a society of cowards, who prize life above death. As a Taliban fighter once put it during the war in Afghanistan, the Americans would never win, because they love Pepsi-Cola, whereas the holy warriors love death. This was also the language of Spanish fascists during the civil war, and of Nazi ideologues, and Japanese kamikaze pilots. The hero is one who acts without calculating his interests. He jumps into action without regard for his own safety, ever ready to sacrifice himself for the cause. And the Occidentalist hero, whether he is a Nazi or an Islamist, is just as ready to destroy those who sully the purity of his race or creed. It is indeed his duty to do so. When the West is seen as the threat to authenticity, then it is the duty of all holy warriors to destroy anything to do with the « Zionist Crusaders, » whether it is a U.S. battleship, a British embassy, a Jewish cemetery, a chunk of lower Manhattan, or a disco in Bali. The symbolic value of these attacks is at least as important as the damage inflicted. What, then, is new about the Islamist holy war against the West? Perhaps it is the totality of its vision. Islamism, as an antidote to Westoxification, is an odd mixture of the universal and the pure: universal because all people can, and in the eyes of the believers should, become orthodox Muslims; pure because those who refuse the call are not simply lost souls but savages who must be removed from this earth. Hitler tried to exterminate the Jews, among others, but did not view the entire West with hostility. In fact, he wanted to forge an alliance with the British and other « Aryan » nations, and felt betrayed when they did not see things his way. Stalinists and Maoists murdered class enemies and were opposed to capitalism. But they never saw the Western world as less than human and thus to be physically eradicated. Japanese militarists went to war against Western empires but did not regard everything about Western civilization as barbarous. The Islamist contribution to the long history of Occidentalism is a religious vision of purity in which the idolatrous West simply has to be destroyed. The worship of false gods is the worst religious sin in Islam as well as in ancient Judaism. The West, as conceived by Islamists, worships the false gods of money, sex, and other animal lusts. In this barbarous world the thoughts and laws and desires of Man have replaced the kingdom of God. The word for this state of affairs is jahiliyya, which can mean idolatry, religious ignorance, or barbarism. Applied to the pre-Islamic Arabs, it means ignorance: People worshiped other gods because they did not know better. But the new jahiliyya, in the sense of barbarism, is everywhere, from Las Vegas and Wall Street to the palaces of Riyadh. To an Islamist, anything that is not pure, that does not belong to the kingdom of God, is by definition barbarous and must be destroyed. Just as the main enemies of Russian Slavophiles were Russian Westernizers, the most immediate targets of Islamists are the liberals, reformists, and secular rulers in their own societies. They are the savage stains that have to be cleansed with blood. But the source of the barbarism that has seduced Saudi princes and Algerian intellectuals as much as the whores and pimps of New York (and in a sense all infidels are whores and pimps) is the West. And that is why holy war has been declared against the West. Ian Buruma
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux …Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit

Attention: un anti-occidentalisme peut en cacher un autre !

Au moment où la rage de fous furieux comme le heureusement juste éliminé Zarqaoui nous semble la plus étrangère, peut-être ne faudrait-il pas oublier ce que rappelaient brillamment il y a deux ans les universitaires anglo-néerlandais et israélien Ian Buruma et Avishai Margalit dans leur « brève histoire des ennemis de l’Occident » (« L’occidentalisme, une brève histoire de la guerre contre l’Occident – toujours pas sorti en français ?). A savoir la saisissante continuité et même parenté entre le radicalisme islamiste actuel* et… les totalitarismes (européens) du XXe siècle.

Reprenant à rebours la fameuse thèse d’Edward Said sur l’orientalisme** comme construction de la colonisation occidentale, ils rappellent que la vision stéréotypique de l’Occident (‘l’occidentalisme » réduisant l’Occident à l’abomination de la ville, du matérialisme, de l’hyper-rationalisme et de la mécréance) qui sert d’idéologie à ses plus féroces ennemis est non seulement aussi une construction mais qu’en plus elle est issue pour l’essentiel… de l’Occident lui-même!

D’abord par le simple fait, on le sait, que c’est littéralement à l’école du colonisateur que la plupart des leaders de l’indépendance arabe, comme ceux d’Afrique ou d’Asie (les Michel Afleck, Mao, Ho Chi Minh et autres Pol pot) ont appris l’anticolonialisme et que les modèles qui leur ont servi à forger leur anti-occidentalisme étaient directement importés de Moscou, Rome, Berlin ou Paris.*** Mais aussi parce que, comme ils le disent eux-mêmes, « le mouvement révolutionnaire islamiste qui sévit aujourd’hui dans le monde n’aurait jamais vu le jour sans le laïcisme brutal du chah d’Iran ou les expériences malheureuses de socialisme d’Etat en Egypte, en Syrie”…

Petit avant-goût, avant, il faut l’espérer, sa prochaine parution en français, à travers quelques unes des recensions (ou extraits de critiques) dont l’ouvrage a fait l’objet dans la presse anglo-saxonne

Anti-western fanatics
The Economist
Mar 18th 2004

Occidentalism – A Short History of Anti-Westernism

By: Buruma, Ian & Avishai Margalit

Twenty-five years ago, Edward Said’s Orientalism spawned a generation of scholarship on the denigrating and dangerous mirage of « the East » in the Western colonial mind. But « the West » is the more dangerous mirage of our own time, Ian Buruma and Avishai Margalit argue, and the idea of « the West » in the minds of its self-proclaimed enemies remains largely unexamined and woefully misunderstood. Occidentalism is their groundbreaking investigation of the demonising fantasies and stereotypes about the Western world that fuel such hatred in the hearts of others.

We generally understand « radical Islam » as a purely Islamic phenomenon, but Buruma and Margalit show that while the Islamic part of radical Islam certainly is, the radical part owes a primary debt of inheritance to the West. Whatever else they are, al Qaeda and its ilk are revolutionary anti-Western political movements, and Buruma and Margalit show us that the bogeyman of the West who stalks their thinking is the same one who has haunted the thoughts of many other revolutionary groups, going back to the early nineteenth century. In this genealogy of the components of the anti-Western worldview, the same oppositions appear again and again: the heroic revolutionary versus the timid, soft bourgeois; the rootless, deracinated cosmopolitan living in the Western city, cut off from the roots of a spiritually healthy society; the sterile Western mind, all reason and no soul; the machine society, controlled from the center by a cabal of insiders, often jews, pulling the hidden levers of power versus an organically knit-together one, a society of « blood and soil. » The anti-Western virus has found a ready host in the Islamic world for a number of legitimate reasons, they argue, but in no way does that make it an exclusively Islamic matter.

A work of extraordinary range and erudition, Occidentalism will permanently enlarge our collective frame of vision.

Is Terrorists’ Hatred of the West The West’s Own Bastard Child?
Gary Rosen
The NYT
March 27, 2004

OCCIDENTALISM
The West in the Eyes of Its Enemies
By Ian Buruma and Avishai Margalit
165 pages. Penguin Press. $21.95.

As Ian Buruma and Avishai Margalit remind us, the suicide attacks on American targets were carried out by young men who were hardly strangers to the West. University educated and relatively well to do, most of them were quite worldly, but that very worldliness led them to despise the United States, to see Americans as corrupters, comfort-loving cowards, spiritual eunuchs. Boarding the planes that they would turn into deadly missiles, they embraced the prospect of martyrdom in a holy cause.

But these particular suicide pilots were not members of Al Qaeda or even Islamists; they were kamikazes, what the Japanese called Tokkotai, or special attack forces. For Mr. Buruma and Mr. Margalit, the parallels with 9/11 are not accidental. As they see it, imperial Japan and Al Qaeda are variations on one historically tenacious, deeply anti-liberal theme. Occidentalism, as they call it, is not a full-blown ideology but rather a  »cluster of prejudices »: a way of demonizing and inciting violence against the bourgeois West. It is the shared parlance of Maoists and Nazis, Baathists and the Khmer Rouge, 19th-century Slavophiles and today’s jihadists. And paradoxically, it too, they argue, is a creature of the West, the bastard child of Enlightenment rationalism and freedom.

Mr. Buruma (a distinguished observer of Asia) and Mr. Margalit (a professor of philosophy at the Hebrew University of Jerusalem) know better than to push their thesis too far.  »Occidentalism » does not pretend to offer a universal theory of anti-liberalism, and it recognizes the distinctive local ingredients in the poisons spread by the most virulent enemies of the modern West. Still, the connections that Mr. Buruma and Mr. Margalit establish in their elegant, breezily erudite little book are striking. They have written a useful primer on the habits of mind that drive our most implacable foes.

Part of Mr. Buruma and Mr. Margalit’s project is intellectual genealogy. Like Paul Berman in his recent book  »Terror and Liberalism, » they trace the often surprising pathways by which exposure to the West has been transformed into hatred of Western societies. Most Tokkotai volunteers, it turns out, were bookish radicals, readers who took to heart the lessons of Nietzsche, Hegel and Marx. Pol Pot, while a student in postwar Paris, absorbed the polemics of Frantz Fanon and other bloody-minded Western critics of colonialism, with devastating consequences for Cambodia. Sayyid Qutb came to the United States from Egypt in 1948 to study English and went home appalled by the materialism and gross sensuality of American culture; he became a key ideologist in the development of Islamism.

Mr. Buruma and Mr. Margalit’s most valuable contribution, however, is to set out in vivid (if sometimes repetitive) detail the ugly lexicon of Occidentalism. As they show, the fiercest opponents of bourgeois democracy have diverged much more in the alternatives they propose — rule by the Volk, the vanguard, the community of true believers — than in the images and metaphors they use to describe their common enemy. To the Occidentalist imagination, the modern West comes to life as a collection of weak, complacent merchants, slaves to comfort who know nothing of self-sacrifice; or as a cold, mechanical, ruthlessly efficient  »mind, » crushing every higher ideal in the name of commercial and technological advance.

Above all, the West is embodied for its enemies in what Mr. Buruma and Mr. Margalit call  »the Occidental city. » Here the motifs of corruption and degeneracy find a geographic home and a wider cast of sinister characters: Jews, prostitutes, financiers, rootless cosmopolitans of every description. Through the eyes of the Occidentalist, the modern metropolis appears  »inhuman, a zoo of depraved animals, consumed by lust. » It is a problem whose only remedy lies in the redemptive power of revolutionary violence.

The great disappointment of  »Occidentalism » is the reluctance of Mr. Buruma and Mr. Margalit to draw any serious practical conclusion from their  »tale of cross-contamination, the spread of bad ideas. » Their portrait of the West’s enemies, they insist, is not meant to answer present-day critics of the United States and its foreign policy, let alone to serve as  »ammunition in a global ‘war against terrorism.’  » They even warn (in an alarmist mode familiar to readers of The New York Review of Books, where the kernel of  »Occidentalism » first appeared) that we must not  »fall for the temptation to fight fire with fire, Islamism with our own forms of intolerance. »

But there is no mistaking the political implications of Mr. Buruma and Mr. Margalit’s analysis. To argue that the West is reviled today more for what it is than for what it does is to fall on one side of the fractious post-9/11 debate. Here they might have consulted Edward Said, whose hectoring spirit hovers over the pages of  »Occidentalism. » Mr. Buruma and Mr. Margalit claim to be extending — turning  »upside down, » as it were — Mr. Said’s signature idea of Orientalism. But it is easy to imagine what the relentlessly ideological Mr. Said would have seen in their work: yet another supposed instance of Western scholarship whose picture of the hostile, backward Oriental  »Other » invites the exercise of Western power.

This possibility plainly troubles Mr. Buruma and Mr. Margalit, but it shouldn’t. Their account is accurate and fair-minded. More important perhaps, Western power in relation to our current Occidentalist foes takes many forms, not all of them khaki and green. Indeed, what is so glaringly absent from Mr. Buruma and Mr. Margalit’s book is any notion of how our ideas, if not our arms, might be used to counter the violence and propaganda of the Occidentalists.

At a moment when Mao’s China is undergoing a capitalist revolution and Khomeini’s Iran is being swept by demands for democratic accountability, their reticence is puzzling. It suggests not just a failure of political imagination but a lack of confidence in the West itself.

Gary Rosen is the managing editor of Commentary.

John M. Ashbrook Center for Public Affairs
Ashland University

The West and the worst
Christopher Hitchens
The Globe & Mail
27/03/04

Occidentalism:

The West in the Eyes

of Its Enemies

By Ian Buruma and Avishai Margalit

Penguin Press, 165 pages, $33

Well, there certainly ought to be a word for it. « Westerners » can be easily arraigned or lampooned as imperialists or racists, or « Eurocentrics, » and a surprisingly large number of them are more than ready to accept the implied guilt involved here, or at least to submit themselves to the procedure of self-criticism. Yet according to one theory of « racism, » only white people can be guilty of it, since it — « racism » — is a power structure rather than a prejudice. Thus, one also needs a distinct term for a black person who is ethnically bigoted or race-obsessed (« racialist » might do here).

And what about Osama bin Laden, whose expressed desire is for the restoration of a lost empire in the form of the old Muslim Caliphate? It might seem odd to describe him as an imperialist, but not at all wrong to call him a reactionary, say, or an irredentist, or a nostalgist. To say nothing of his sectarian hatred for all Jews, all Christians, most Shia Muslims, Hindus, emancipated women, homosexuals and — the world’s most important minority in my view — secular unbelievers. Here, the rigorously accurate term might be « fascist. » I once proposed the formulation « fascism with an Islamic face » and have found this played back to me in the slightly cruder version of « Islamo-fascism. »

Amid all this intellectual and moral confusion, Ian Buruma and Avishai Margalit have deftly proposed the notion of « Occidentalism. » This is a play on « Orientalism, » the formulation advanced by the late Edward Said, whereby a society or its academics and intellectuals can be judged by their attitude to the « other. » Avishai Margalit is a professor at the Hebrew University of Jerusalem and has been very much identified with the secular and internationalist wing of the Israeli peace camp. Ian Buruma is known to a large audience for his witty and profound studies of Asia, Germany and England. Both authors had in common a friendship with, and a strong admiration for, Isaiah Berlin. (Here is probably the place to disclose that I know and like Ian Buruma, liked but did not so much admire Isaiah Berlin, and was a close friend of Edward Said.)

The book is short to the point of terseness, but by no means superficial. The authors demonstrate that there is a long history of anti-Western paranoia in the intellectual tradition of the « East, » but that much of this is rooted in non-Muslim and non-Oriental thinking. Indeed, insofar as the comparison with fascism can be made, it can be derived from some of the very origins and authors that inspired fascism itself. In many areas of German, Russian and French culture, one finds the same hatred of « decadence, » the same cultish worship of the pitiless hero, the same fascination with the infallible « leader, » the same fear of a mechanical civilization as opposed to the « organic » society based on tradition and allegiance.

I was very struck recently by seeing Tom Cruise’s appalling movie The Last Samurai, where an American adventurer takes the side of feudal and tribal chivalry in Japan, presumably because of its self-annihilating authenticity, but realizes during the course of several destructive massacres that the samurai ethos will not survive in the face of modernity. What is needed, he concludes, is a fusion or synthesis between new weapons and old ideas. It’s bad enough that an American, even a Scientologist, could actually desire to see what Japan eventually got — in the combination of an imperial god-king with a large air force and navy, an evil empire and an absolutely calamitous war. Even more alarming was the cultural myopia that prevented critics and audiences from seeing that precisely this combination of medieval and atavistic ideas with borrowed technology is what threatens Eastern societies no less than our own.

Elements of the same self-hatred are what preoccupy Buruma and Margalit. What is it in the Western soul that thrills to violence and authority and fanaticism? Well, to get one problem out of the way at once, there is no doubt that Jew-hatred, and a morbid suspicion of the Enlightenment, have something to do with it. Behind the apparent self-confidence of the supposedly « organic » racial communities of Europe, there lurks an insecurity that half realizes that the Christian-based nation-state is something of a fiction, or « construct. »

In parallel with this insecurity is the recurrent fear of a secret or invisible government that really pulls all the strings. The paranoid fantasy of The Protocols of the Elders of Zion, which is often wrongly called a « forgery » (it is in fact a whole-cloth fabrication) is the apotheosis of this mentality. One can safely call it a fantasy because it can, to weak or disordered minds, explain everything from godless cosmopolitanism to Judeo-Bolshevism (the secret fear of the Nazi Party) to Judeo-plutocracy (the other secret fear of the Nazi Party and of some others, too, like T. S. Eliot). In his great study of the origins of the Protocols, which was entitled Warrant for Genocide, Norman Cohn also laid stress on the anti-Semite’s hatred and fear of urbanization and modernity.

Counterposed to this sinister conspiracy of the idle and effeminate and intellectual — the very word « intellectual » was coined as a term of abuse by the enemies of Dreyfus — is the assertion of the manly, heroic warrior who fights in the open. The classic text here is Ernst Junger’s Storm of Steel, a paean to the self-sacrifice of German youth on the Western Front in the First World War, and an emotional contributor to the torch-bearing and re-nationalized « youth » movements of the right that succeeded it. Such supposed inspiration breathes contempt for the ideas of comfort, security and democracy, which are the consolations of the mediocre. Buruma and Margalit say that « some of the rhetoric now coming from the United States, specifically in neo-conservative circles, comes close to this vision. » If they are willing to say « specifically, » it would be nice if they could or would specify, which they do not.

A central chapter focuses on the macabre question of suicide, or the belief that death should be loved more than life. This is not a pathology unique to al-Qaeda, and even less is it unique to Islam. The most famous devotees of suicide in antiquity were indeed the Assassins, but they in turn were vanquished by Muslim regimes. The so-called Kamikaze warriors of Imperial Japan were also very frightening until they were defeated, and nearer to our own time the tactic of suicide-murder was further evolved by the Tamil Tigers of Sri Lanka, another non-Islamic group and incidentally another faction whose tactics have proved self-defeating.

The method here is not the important thing. The ideology is what counts. Those who are eager to die are expressing a hatred for the everyday, banal achievements of human society. This may be less scary than it looks: Every second-rate volunteer in a democratic army must in the last resort be just as much prepared to die as to kill, and such forces also have their overwhelming and awe-inspiring victories. (Incidentally, in a book so preoccupied with the suicide question, and with the relationship of the West to Judaism and to Israel, it would have been interesting to know what the authors made of Masada.)

Occidentalism repays study because it reminds us of how much the suicide of our own society has been advocated from within its own citadel, and of how reactionary and counter-humanistic such advocacy has been. The ideas of liberal pluralism are newer in « the West » than we suppose, and could in fact use some ruthless warriors of their own.

Christopher Hitchens is a columnist for Vanity Fair. His most recent book is A Long Short War: The Postponed Liberation of Iraq.

Our Approval Ratings Are Way Down
Philip Bobbit
The NYT
April 4, 2004

OCCIDENTALISM

The West in the Eyes of Its Enemies.

By Ian Buruma and Avishai Margalit.

165 pp. New York:

The Penguin Press. $21.95.

CIVILIZATION AND

ITS ENEMIES

The Next Stage of History.

By Lee Harris.

232 pp. New York:

The Free Press. $26.

THE idea of  »the enemy » is uncongenial to the countries of the post-cold-war West, countries that until recently believed they had no natural predators. Two new titles address the post-Sept. 11 recognition that we do indeed have enemies in the world.

Ian Buruma and Avishai Margalit’s book  »Occidentalism: The West in the Eyes of Its Enemies » is written against the backdrop of the late Edward Said’s influential work  »Orientalism. » Said drew attention to the West’s elaborately constructed accounts of an exotic East, and to the grotesque generalizations of the many writers who depicted an Orient where life was cheap, the mentality inscrutable and people were either hopelessly passive or irrationally volatile.

As Said noted in one of his last essays, however, many in the Middle East had themselves  »slipped into an easy anti-Americanism that shows little understanding of what the U.S. is really like as a society. » They had adopted their own kind of overgeneralizations about  »the Other, » the West of the East. Buruma, a noted British journalist, and Margalit, a professor of philosophy at Hebrew University, call this  »Occidentalism, » and in their fine book they show that although such an image serves the purpose of militant Islamism, its history is far older than Al Qaeda and its influence far wider than Asia.

Occidentalism consists of a complex of assumptions about Western culture — that it is arrogant, materialistic, secular, superficial and rootless, and that the United States, against which such charges are scarcely without foundation, is its chief representative. The authors discover the origin of this stereotype not in the East, however, but in the reaction of elements within the West itself to the universalist ideals of the Enlightenment, a reaction that then spread to non-Western societies.

This claim is the most ambitious and impressive aspect of  »Occidentalism, » and yet as an argument it surely needs further development. Heidegger, Pol Pot and Mao Zedong may all have despised the cosmopolitan city, with its political corruption, loose sexual mores and commercialized glamour. Solzhenitsyn, Osama bin Laden and Herder may all have preached against sterile rationalism and the instrumental, secular view of life. But it is unpersuasive to locate the universalizing goals of Maoism in the ideas of the supremely localist Counter-Enlightenment, and just as unpersuasive to link the blood-and-culture movements of the Counter-Enlightenment to radical, global Islam. Buruma and Margalit are on firmer ground when they show that all these elements are united in their portrayal of the cowardly West as so weakened by its addiction to material pleasures that it is unable to make the sacrifices necessary for its own defense.

If Occidentalism can be found in the minds of Al Qaeda’s supporters, it also makes an appearance in the writings of some of the West’s defenders, like Lee Harris, the author of  »Civilization and Its Enemies: The Next Stage of History. » The title of this work brings to mind classic predecessors: Freud’s  »Civilization and Its Discontents » and Karl Popper’s  »Open Society and Its Enemies. » Unlike Buruma and Margalit, Harris does not strive to complement earlier work so much as to extend it to the contemporary political scene. Bin Laden, the Palestine Liberation Organization and the Iraq of Saddam Hussein are treated to a socio-psychological critique that would not be out of place in a Freudian analysis of a family: by bestowing unearned wealth, status and even statehood on certain groups, Harris argues, the West has encouraged their  »fantasy ideologies, » which intoxicate and decivilize them. As a consequence, we face antagonists who, regardless of our attempts to placate them, have made us their enemies for no other reason than that they profoundly wish to be our enemies. Because we do not appreciate this dynamic, we persist in trying to propitiate rather than confront them.

Much as Popper once attacked illiberal dogmatism, Harris now reproves the liberal West. In its complacency and comfort, it has forgotten the basis of its own existence — namely, a ruthlessness that it once practiced. We need, he says, to attend to the lesson of Kurosawa’s  »Seven Samurai » — that only violent men of honor can save us from the violent thugs who beset us. Unfortunately, he says (in his own display of Occidentalism), we have so debased our virility, our sense of shame and honor, that we risk not being able to produce men who can honorably practice the ruthlessness required to protect our society.

This is a bracing argument. Harris, who writes with considerable clarity and erudition, provides an antidote to the empty claims of some that if we change our behavior in any significant way, then  »the terrorists win »; or that if we become more aggressive toward terrorists by moving away from a law enforcement model toward warfare, we have abandoned any claim to legitimacy; or that we can successfully defeat Al Qaeda if only we have better intelligence.

Nevertheless, the shortcomings of Harris’s approach are pretty considerable. First, as Ariel Sharon has amply demonstrated, ruthlessness is not a policy; it is only a tactic. Despite Harris’s repeated insistence that Clausewitz has nothing to say to policy makers today, we still must learn to calibrate the violence we employ to the long-term political goals it is meant to serve. The successful use of violence, rather than concord with a particular theory of justice, does indeed establish legitimacy, as Harris argues. Violence alone, however, cannot maintain legitimacy.  »The strongest man is never strong enough to be master all the time, unless he transforms force into right and obedience into duty, » Rousseau wrote. Our own people, to say nothing of the allies we must have in order to wage a successful war against terrorism, have to be persuaded that the violence we use will in fact result in a safer, more humane world.

Harris is a conservative essayist whose work has appeared in Policy Review, and this is a polemical book that must be taken on those terms. Even so, it would have profited from a more attentive editor. To take a single example, on one page Harris writes that  »ruthlessness is the great driving motor of human history, » while on the very next page he tells us that the  »pattern of accidents and/or unintended consequences that are subsequently taken up and turned into a deliberate strategy is the driving engine of human history. »

BOTH of these books deal with  »the enemy, » and so both have a good deal to say about fascism, an ideology built on demonizing the Other. It is good to keep in mind that it was fascism’s ruthlessness that ultimately discredited it when it was defeated militarily. Most important, we should recall the words of the fascist Carl Schmitt (no mean Occidentalist himself):  »The enemy, » he wrote,  »is our own question in visible form. » What Harris sees in bin Laden is a reflection of what he sees as wrong in Western culture; what Buruma and Margalit see in Occidentalism is the reaction of elements within our own cultural heritage to the universalizing secular message of the West.

Freud and Popper were shaken by the collapse of the Weimar Republic, an enlightened, cosmopolitan state, and it is true that Weimar fell because too few enlightened liberals were willing to defend it, but I doubt this will be the case with the United States or with the West generally. Rather, it is another aspect of the Weimar experience, its internal lack of confidence, that 21st-century Western states will have to face up to. Confidence can be undermined when some Westerners — read  »Americans » — are held in the contempt that invites aggression or excuses it by those who envy our success and feel powerless to dislodge us from our ever-growing heights of influence and willfulness. It is not our enemies so much as our unpersuaded friends — as well as numbers of our fellow citizens — who will pose the most difficult challenges for leaders at war with terrorism.


Jihad Made In Europe

There may be more to fear from a mosque in Leeds than a madrassa in the Middle East
Reuel Marc Gerecht
07/25/2005

THE JULY SUICIDE BOMBINGS IN London–some or all of whose perpetrators were Muslims born and reared in Britain–are likely to produce in the United Kingdom the same intellectual reflection on Muslim identity in Europe that is already underway in nearby countries. The French began this reflection in earnest ten years ago, after bomb-happy, lycée-educated, French-born Islamic holy warriors terrorized France. The Spanish began it after their own train bombings in March 2004, and the Dutch after the brutal slaying of the film director Theo van Gogh by a Muslim militant in November 2004. Quite likely the British will reach the same conclusion the French already have, to wit: Islamic terrorism on European soil has its roots in the Middle East. « British Islam »–the behavior and spiritual practice of Muslims in the United Kingdom–it will be said, is by and large a progressive force standing against pernicious and retrograde ideas emanating from the Middle East. There are big problems of acculturation at home in mother England, all will confess, but the holy-warrior mentality is imported.

This view, however, may turn out to be dead wrong. What was once unquestionably an import has gone native, mutated, and grown. Some of what the Europeans are now confronting–and for the United States this is very bad news–is probably a locally generated Islamic militancy that is as retrograde and virulent as anything encountered in the Middle East. « European Islam » appears to be an increasingly radicalizing force intellectually and in practice. The much-anticipated Muslim moderates of Europe–the folks French scholar Gilles Kepel believes will produce « extraordinary progress in civilization, » a new « Andalusia » (the classical Arabic word for Moorish Spain) that will save us from Osama bin Laden’s jihad–have so far not developed with the same gusto as the Muslim activists who have dominated too many mosques in « Londonistan » and elsewhere in Europe. Moderates surely represent the overwhelming majority of Muslims in Europe, but like their post-Christian European counterparts, they usually express their moderation in detachment from religious affairs.

Though Europeans often fail to see it, the secularization of the Muslims living in their midst has been, by and large, a great success. It explains why Muslim activists gain so much attention, be they arch-conservatives, like the devotees of the Tabligh movement in Britain and on the continent who espouse segregation in Europe, or « progressives, » like the Switzerland-based intellectual Tariq Ramadan, who refuses forthrightly to declare the Muslim Holy Law null and void as a political testament for Muslims in a European democracy. The moderates have abandoned the field. They have become European. The militants, who perhaps should be seen as deviants from a largely successful process of secularization, are the only ones left ardently praying.

For organizations like al Qaeda, this may mean that the future will be decisively European. From its earliest days, al Qaeda viewed Europe as an important launching platform for attacks against the United States and its interests. Now, Western counterterrorist forces, which have traditionally tried to track Middle Eastern missionaries in Europe, would be well advised to start searching for radical European Muslim missionaries in the Middle East and elsewhere. Some Europeans–and they are mostly French–have seen the future. Always ahead of his time, the French scholar Olivier Roy has written:

When we consider the [Islamic] movements that embrace violence, we can see that they are not expressions of an outburst in the West of the [Israeli-Palestinian] conflict in the Middle East. Most of the young Muslims radicalize in the West: They are « born-again Muslims. » It’s here that they are Islamicized. Almost all separate from their families and many have marriages with non-Muslims. Their dispute with the world isn’t imported from the Middle East: It is truly modern, aimed against American imperialism, capitalism, etc. In other words, they occupy the same space that the proletarian left had thirty years ago, that Action Directe had twenty years ago. . . . They exist in a militant reality abandoned by the extreme left, where the young live only to destroy the system. . . . [This radicalization] isn’t at all the consequence of a « clash of civilizations, » that is to say, the importation of intellectual frameworks coming from the Middle East. This militant evolution is happening, in situ, on our territory. It partakes henceforth of the internal history of the West.

Roy may overstate the autonomy of Islamic radicalism in Europe from the militancy in the Middle East; he surely diminishes too much the religious ingredient in the emerging radical Muslim European identity. But my own visits to numerous radical mosques in Western Europe since 9/11 suggest that he is more right than wrong about the Europeanization of Islamic militancy. The Saudis may pay for the mosques and the visiting Saudi and Jordanian imams, but the believers are often having very European conversations in European languages. In France, Belgium, or Holland, sitting with young male believers can feel like a time-warp, a return to the European left of the 1970s and early 1980s. Europe’s radical-mosque practitioners can appear, mutatis mutandis, like a Muslim version of the hard-core intellectuals and laborers behind the aggrieved but proud Scottish National party in its salad days. These young men are often Sunni versions of the Iranian radicals who gathered around the jumbled, deeply contradictory, religious left-wing ideas of Ali Shariati, one of the intellectual fathers of Ayatollah Ruhollah Khomeini’s « red-mullah » revolution of 1979, and the French-educated ex-Communist Jalal Al-e Ahmad, who became in the 1960s perhaps the most famous theoretician of Muslim alienation in the Western world.

The Shiite parallel is also pertinent since it elucidates the motives of Sunni believers who see murder as a martyr’s expression of devotion to God. The thousands of Iranians who gleefully went to their deaths in suicidal missions against the Iraqis in the 1980-88 Iran-Iraq war did so in part, as the Franco-Iranian scholar Farhad Khosrakhavar has written, because the « liberty to die as a martyr served to maintain the phantasm of revolutionary possibilities. » Death is both the ultimate expression of a very Western idea of individual freedom and self-creation and a very Islamic conception of self-abnegation before God’s will. Talk to young radical Muslims in Europe–young men who in all probability have no desire whatsoever to kill themselves or others for any cause–and you can often nevertheless find an appreciation of the idea of martyrdom almost identical to the Iranian death-wish of yesteryear. In the last three centuries, Europe has given birth and nourishment to most of mankind’s most radical causes. It shouldn’t be that surprising to imagine that Europe could nurture Islamic militancy on its own soil.

In Europe as elsewhere, Westernization is the key to the growth and virulence of hard-core Islamic radicalism. The most frightening, certainly the most effective, adherents of bin Ladenism are those who are culturally and intellectually most like us. The process of Westernization liberates a Muslim from the customary sanctions and loyalties that normally corralled the dark side of the human soul. Respect for one’s father, an appreciation for the human need to have fun, a toleration of eccentricity and naughty personal behavior, the love of art and folk music–all are characteristics of traditional mainstream Muslim society wiped away by the arrival of modernity and the simultaneous spread of sterile, esthetically empty, angry, Saudi-financed Wahhabi thought. In this sense, bin Ladenism is the Muslim equivalent of Western totalitarianism. This cleaning of the slate, this break with the past, is probably more profound in the Muslim enclaves in Europe–what Gilles Kepel called les banlieues de l’Islam–than it is in the urban sprawl of Cairo, where traditional mores, though under siege and badly battered by modernity, nevertheless retain considerable force. Cairo gave us Ayman al-Zawahiri, al Qaeda’s great intellectual; it’s not unreasonable to fear that London or Paris or Berlin will give us his successor.

This view understandably receives a poor reception in Europe. Most intellectuals and politicians would prefer to see Islamic terrorism in Europe as a by-product of accumulated foreign grievances. There are the aftershocks of the second Algerian civil war–the guerre à outrance that started in 1991 between the Islamists and the election-aborting military regime–and especially the Israeli-Palestinian confrontation, which most in the European intelligentsia have viewed as the spur to Islamic radicalism and the cause of the bad blood between the Arabs and the West. The American war against Saddam Hussein in 1990-91 exacerbated the division between Islamic militants in Europe, who for the most part opposed an infidel « invasion » of Iraq, and European governments, which (often tepidly) backed the American-led ejection of Saddam from Kuwait. This view reappeared in Western Europe with the Second Gulf war against Saddam in 2003. European domestic peace was thus increasingly held hostage by American foreign policy, especially America’s wars and its unwillingness to force Israel to make concessions to the Palestinians. Talk to European counterterrorist officials and they go apoplectic enumerating the ways America, notably the Bush administration, has made their work more difficult.

Although some of the reasons put forth by Europeans to explain their Muslim problems are undoubtedly valid, a wise U.S. counterterrorist policy would downplay the external causes of Islamic activism in Europe. We should prepare for the worst-case scenario and assume that European society itself will continue to generate the most lethal holy warriors. In doing so, American officials should be skeptical of their own ability to identify through profiling which Muslim Europeans might engage in terrorism against the United States. Stamps in passports indicating travel to Middle Eastern countries can’t tell you much, since holy-warrior pilgrimages are not required to fortify jihadist spirits and networks. Living in London, Leeds, or Manchester can be more than enough.

This means, of course, that the Bush administration ought to preempt fate and suspend the visa-waiver program established in 1986 for Western Europeans. It is true that consular officers were a poor frontline defense before 9/11 against Muslim extremists trying to enter the United States. But the United States would be safer with some screening mechanism, however imperfect, before Europeans arrive at our borders. The transatlantic crowd in Washington–the bedrock of America’s foreign-policy establishment–might rise in high dudgeon at the damage this could do to U.S.-European relations. The State Department’s European and consular-affairs bureaus might add that they no longer have the staff to handle the enormous number of applicants. Ignore them. American-European relations were just fine when we required all Europeans to obtain visas before crossing our borders. Consular officers are among the most overworked personnel in the U.S. government. So draft poorly utilized personnel from the Department of Homeland Security until the consular corps at the State Department can grow sufficiently. Issuing visas to Europeans would be an annoying inconvenience for all; it would not, however, be an insult. Given the damage one small cell of suicidally inclined radical Muslim Europeans could do in the New York City or Washington metro or on Amtrak’s wide-open trains, it’s not too much to ask.

THERE IS GOOD NEWS from Europe, however. By now, Great Britain and the United States should have been struck repeatedly by cells of Europeanized Muslims. The training and education required for such attacks is minimal. It is difficult not to conclude that we have avoided this calamity because al Qaeda and its allied extremist groups have so far been somewhat lame in recruiting militants in Europe, even though the pool of possible recruits, given the enormous social and economic problems within its Muslim communities, ought to be fairly large. One catastrophic hit (the London attacks don’t qualify) is certainly enough to skewer our entire perspective on what constitutes successful recruitment operations. Nevertheless it is astonishing how poorly al Qaeda and its friends have done in Europe. We have the war in Iraq, which according to most terrorist experts, Republican realists, Democratic senators, and just about every European expert on Islam has been a boon to jihadist recruitment worldwide. We also have the supposed boon to the Islamists from our ignominy at Abu Ghraib and Guantanamo, plus the very evident friendship between President Bush and the villain of all villains, Israeli prime minister Ariel Sharon. And yet the attack on London’s transportation system is the best that the holy warriors can do to punish the Anglo-American infidels for their sins in Afghanistan, Iraq, and elsewhere?

And what isn’t happening in Europe isn’t happening either in Iraq. If the Bush administration weren’t so rhetorically maladroit, it might point out that the Islamist holy war against us in Iraq is going rather poorly. Jihadist suicide bombers have inflicted significant losses upon us and especially upon the Iraqi people, but again what is striking about the Iraq campaign, as about jihadist recruitment efforts in Western Europe, is how few holy warriors have come calling. Historically, Afghanistan was a sideshow, while Mesopotamia is at the center of both Arab and Muslim history. In the fundamentalist imagination, the former Soviet Union was a distinctly smaller devil than insidious America, which has been central to Islamist ideology since the collapse of Britain as a world power. Diehard « Arab Afghans » in the Soviet-Afghan war could regularly complain about how weak support was for the mujahedeen in Muslim, and especially Arab, lands.

Yet if one compares the number of Muslim volunteers who went to fight the Soviets (and let us assume that no more than 10,000 went, most of them after 1984, even though many analysts think the number of « Arab Afghans » was much higher) with the highest figures one hears for foreign holy warriors in Iraq (one to two hundred entering Iraq each month), the result is astonishing, and for would-be jihadists depressing. Traveling to Iraq from anywhere in the Arab world is easy. Language isn’t a problem. Iraqi Sunni Arab fundamentalist groups are much better plugged into the larger Arab Sunni world than were their Afghan Islamist counterparts in the 1980s. The Syrian government, and probably others in the region, would love to help all comers. We should have seen by now thousands of holy warriors coming to Iraq. Suicide bombers have clouded our accounting by magnifying the individual commitment of each jihadist and the damage he can do.

We can only guess why Iraq has been so much less of a draw than Afghanistan. A reasonable guess, however, is that the Muslim, and especially Arab, world doesn’t have its heart in this fight. Although Sunni Arabs rarely rose to denounce Saddam Hussein’s slaughtering of Arab Shiites and Kurds, they knew full well the horrors of his rule. Although many are loath to say so publicly, they know the American invasion of Iraq and George W. Bush’s rhetoric in favor of democracy have shaken the established order in the Arab world, and they are content to see it so. This is probably as true for Arab Sunni fundamentalists as it is for Arab liberals. Both, in their own ways, want to overturn the status quo. Emotions about Iraq, and the rise of democracy within its borders and beyond, are too complicated and conflicted to produce any broadly popular and effective global jihad against the Americans.

There is no satisfying, expeditious answer to Europe’s Muslim problems. If Olivier Roy is right–European Islam, for better and for worse, is now independent of the Middle East–then democracy could come to Muslims’ ancestral homelands even as a virulent form of Islamic militancy persisted for years in Western Europe. But the intellectual and family ties with the Middle East are probably still sufficient to ensure that if the Middle East changes for the better, the ripples will quickly reach Europe. The democratic discussion in the Middle East, which is often broadcast through media headquartered in Europe, is becoming ever more vibrant and powerful. If Hosni Mubarak’s regime in Egypt begins to give way to democracy, it’s a very good bet that the discussion in every single mosque in Western Europe will be about the popular triumph and the democratic experiment beginning in the Arab world’s most important country.

Amid all the ensuing political and religious debates and arguments, in the expectant hope that other dictators would fall, al Qaeda and its allied groups might find it even harder to attract recruits who would incinerate themselves for a revolutionary ideal increasingly at odds with reality. If the Bush administration wants to help Europe, it should back as forcefully as possible the rapid expansion of democracy in the Middle East. It would be a delightful irony if the more progressive political and religious debates among the Middle East’s Muslims saved their brethren in the intellectually backward lands of the European Union.

Reuel Marc Gerecht is a resident fellow at the American Enterprise Institute and a contributing editor to The Weekly Standard.

* tiré de son récent livre (L’islam révolutionnaire) et qui du fond de sa prison parisienne venait alors de se reconvertir à… l’islam ! On sait par ailleurs que ce fils de communiste militant était aussi l’un des nombreux « diplomés » de « l’Université » Patrice Lumumba créée par le KGB pour former les terroristes du Tiers-Monde.

** Confirmation toute récente que la leçon (« terrorisme culturel », « cocacolonisation », « McDonaldisation » ou même « Occidentose », pour reprendre les termes du philosophe iranien, Jalal Al-e Ahmad) a été bien apprise:

« America robs our oil and resources, seeks to ravage the entire globe for the interest of corporate companies, and so kills the sons of Islam in Palestine, Afghanistan, the Balkans, Indonesia, the Caucuses, and elsewhere.”

Zawahiri, Aug. 4, 2005

*** qui terminait d’ailleurs son livre ainsi:

“La vision de l’Occident dans l’occidentalisme n’a rien à envier aux pires aspects de sa contrepartie, l’orientalisme, qui prive ses cibles humaines de leur humanité. L’occidentalisme est au moins aussi réducteur, puisqu’il se borne à renverser le point de vue orientaliste.”

**** Comme l’ont eux-mêmes reconnu certains des plus lucides ou du moins les plus courageux intellectuels occidentaux:

‘Le Nouvel Observateur’ et ‘Le Monde’ exercent une influence considérable sur les intellectuels du tiers monde. En prenant position comme collaborateur du Monde, je ne pense pas avoir poussé beaucoup de paysans cambodgiens à la révolte, mais j’ai pu lancer des intellectuels khmers sur une piste sanglante. Si j’ai écrit ce livre, ce n’est pas pour me faire pardonner mais pour appliquer un contre-poison à ce peuple empoisonné et lui faire prendre une tasse de lait après l’arsenic que j’ai contribué à lui administrer (…).

Pour le Vietnam, je plaide coupable. Je m’accuse d’avoir pratiqué une information sélective en dissimulant le caractère stalinien du régime nord-vietnamien (…) Je subissais l’influence écrasante de Sartre qui voyait dans toute critique de fond de la Russie soviétique une arme offerte aux réactionnaires et aux Américains. « Il ne fallait pas désespérer Billancourt ». Pendant vingt ans, j’ai participé à cette scandaleuse timidité à l’égard de la Russie communiste, que je considérais comme la capitale de la gauche et de la révolution mondiale. »

Jean Lacouture, Valeurs Actuelles, 13 novembre 1978

« L’intoxication qui, grâce à la vente publique de leur drogue, s’est répandue dans le monde entier, notamment dans les milieux universitaires européens, a été plus profonde et destructrice qu’on ne pouvait le prévoir (…).

Aujourd’hui, dans une Europe où le terrorisme idéologique est passé des mots à la réalité quotidienne, il est permis de penser que ces doctrines troubles, parées de prophéties, ont été, au moins partiellement, co-responsables du sang versé. Les adversaires d’Aron avaient loué la révolution sans la moindre critique, avec toutes ses conséquences atroces, là où elle avait eu lieu, de la Russie de Lénine et Staline à la Chine de Mao. Ils avaient plaidé pour une révolution impossible là où elle n’avait pas encore eu lieu. Ils avaient injecté dans les jeunes générations le culte de la violence, ils avaient promis des choses extraordinaires, suscité de trop grands espoirs suivis de déceptions de plus en plus pathologiques à cause de l’attente excessivement longue. Ils constituent un exemple du pouvoir homicide de la parole. D’admirateurs de la terreur d’Etat en Russie, ils sont devenus les précurseurs involontaires, mais non moins coupables, de la terreur d’opposition en Europe ».

Enzo Bettiza, préface de la réédition italienne de « L’opium des intellectuels », 1979

« Nous avons contribué à promouvoir la violence comme seule arme de justice. Malheureux, on nous a cru et cela a abouti à des dictatures. »

Mario Varga Llosa, Le Monde, 31 janvier 1992

Voir enfin:

L’esprit occidental de l’islam radical

Daniel Pipes

First Things

décembre 1995

Version originale anglaise: The Western Mind of Radical Islam

Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

Fathi ash-Shiqaqi, un jeune Palestinien bien éduqué vivant à Damas, s’est vanté récemment que la littérature européenne lui soit familière. Il a raconté à un journaliste comment il avait lu et aimé Shakespeare, Dostoïevski, Tchekhov, Sartre, et Eliot. Il a parlé de sa passion particulière pour « Œdipe roi » de Sophocle, une œuvre qu’il a lue dix fois dans la traduction anglaise « et chaque fois il a versé des larmes abondantes ». Une telle connaissance du monde de la littérature et une si exquise sensibilité, n’auraient rien de remarquable, si ce n’est sur deux points – à savoir que Shiqaqi était, jusqu’à son assassinat à Malte, il y a quelques semaines, un islamiste (qui est fréquemment appelé musulman « fondamentaliste »[ou encore musulman « intégriste »] et – qu’il avait dirigé le « Islamic Jihad » (le jihad islamique), l’organisation terroriste par excellence qui avait assassiné des dizaines d’Israéliens pendant ces deux dernières années.

La familiarité de Shiqaqi avec tout ce qui a trait à l’Occident correspond au modèle type [de l’islamiste]. Le frère d’Eyad Ismaïl, l’un des auteurs de l’attentat à la bombe du World Trade Center, récemment extradé de Jordanie, dit de lui « il adorait tout ce qui est américain depuis les films de cows-boys jusqu’aux hamburgers». Sa sœur a rappelé son amour pour la télévision américaine et qu’il disait « Je veux vivre en Amérique pour toujours ». La famille a commenté « Il s’est toujours considéré comme fils de l’Amérique ». Sa mère a confirmé qu’il « adorait les Etats-Unis ». Hassan al-Turabi, le dirigeant effectif du Soudan, l’homme qui était derrière les célèbres « maisons fantômes » et la persécution brutale de la large minorité chrétienne de son pays, souvent fait étalage de sa connaissance de l’Occident, racontant à un journaliste français que la plupart des dirigeants appartenant à l’islam militant sont, comme lui-même, « de culture chrétienne, occidentale. Nous parlons vos langues. » Dans une déclaration qui résume entièrement le fait qu’ils soient tournés vers l’Occident, un islamiste à Washington a affirmé : « J’écoute Mozart, je lis Shakespeare, je regarde la Comedy Channel et je crois aussi à l’application de la Charî’a [la loi sacrée islamique]

Ce modèle nous met face à un paradoxe : les intellectuels qui souhaitent renvoyer le monde musulman au septième siècle connaissent fort bien tout ce qui touche à l’occident et ils semblent apprécier au moins quelques aspects. Comment cela peut-il se produire ? Qu’est-ce que cela indique concernant leurs forces actuelles et le futur [de l’islamisme] ?

Les dirigeants islamistes connaissent en général bien l’occident : vu qu’ils y ont vécu, ont appris ses langues et étudié les cultures. Tourabi, du Soudan, a des diplômes supérieurs de l’université de Londres et de la Sorbonne ; il a aussi passé un été aux Etats-Unis, visitant le pays dans le cadre d’un programme gouvernemental financé par le contribuable américain, destiné aux étrangers de haut niveau. Abbasi Madani, un dirigeant du Front Islamique du Salut (FIS), a obtenu un doctorat en éducation de l’université de Londres. Son homologue tunisien, Rashid al-Ghannushi, a passé une année en France et depuis 1993 réside en Grande-Bretagne. Necmettin Erbakan le politicien [ex-premier ministre] de Turquie, a étudié en Allemagne. Mousa Mohamed Abu Marzook, le chef du comité politique du Hamas, a vécu aux Etats-Unis depuis 1980, a un doctorat en ingénierie de l’université de l’Etat de Louisiane et a été classé comme résident permanent aux Etats-Unis depuis 1990. Durant des années il fut capable d’échapper aux pouvoirs de police ; Abu Marzook fut récemment arrêté à l’aéroport de New York en venant enregistrer son fils dans une école américaine.

Effectivement, le fait de vivre en Occident transforme des musulmans indifférents en islamistes. Examinant le cas de Mehdi Bazargan, Hamid Dabashi, un ingénieur iranien qui vécut en France de 1928 à 1935, dissèque le processus d’évolution que de nombreux musulmans subissent :

« En partant du principe conscient ou inconscient, exprimé ou non, qu’ils doivent demeurer fermement attachés à leurs racines islamiques, ils commencent par admirer les réalisations de « l’Occident »…Ils reconnaissent un haut état de conscience de soi idéologique de la part de « l’Occident » qu’ils identifient comme la source et la cause de ses réalisations. Ils se tournent alors vers leur propre société où de telles réalisations technologiques manquent, un fait qu’ils attribuent, alors par retour, à un déficit de conscience de soi. »

La notion clef ici, explique l’analyste français Olivier Roy, est l’idée, plutôt surprenante, que les idéologies sont « la clef du développement technique de l’Occident. Cette hypothèse conduit les Islamistes « à développer une idéologie politique moderne basée sur l’islam, qu’ils voient comme l’unique façon pour eux d’accepter le monde moderne et le meilleur moyen d’affronter l’impérialisme étranger ».

Quelques figures importantes adoptent ce modèle. L’Egyptien Sayyid Qutb alla aux Etats-Unis en 1948 comme admirateur de l’Amérique, puis il est « revenu » à l’islam pendant ses deux années de résident là-bas, devenant un des plus influents penseurs islamistes de notre époque. Ali Shari’ati d’Iran a vécu cinq ans à Paris, de 1960 à 1965 ; de cette expérience sont venues les idées-clef de la Révolution islamique. Dans d’autres cas, les penseurs islamistes ne vivent pas en Occident mais ils absorbent leurs valeurs à distance en apprenant une langue occidentale et en se plongeant dans les idées occidentales, comme l’a fait le journaliste, penseur et politicien indo-pakistanais Sayyid Abul Ala Mawdudi (1903-1979). Dans d’autres cas, ils lisent les œuvres occidentales, cela fait l’affaire. Morteza Motahhari, un des principaux acolytes de l’ayatollah Khomeini, a rédigé, ainsi, en langue persane, une analyse très documentée du marxisme.

Nombre des intellectuels importants de l’islam radical possèdent une formation de base technique certaine. Erbakan est rapidement devenu le top de la profession d’ingénierie en Turquie, où il est professeur titulaire d’une chaire à l’université technique d’Istanbul, directeur d’une entreprise de fabrication de moteurs Diesel et même président de la Chambre de commerce nationale. Layth Shubaylat, un fauteur de troubles jordanien, est aussi président de l’Association des ingénieurs jordaniens. Ces hommes sont particulièrement fiers d’être capables de concurrencer l’Occident dans le domaine où ils sont les plus forts.

Les terroristes eux-mêmes tendent aussi à s’orienter vers les sciences, bien qu’ayant poussé moins loin leur formation. Ramzi Yusuf, accusé d’être le cerveau de l’attentat à la bombe contre le World Trade Center est ingénieur en électronique et expert en explosifs, diplômé de Grande-Bretagne. Nidal Ayyad était un ingénieur chimiste plein d’avenir à Allied Signal ; et Eyad Ismaïl a étudié l’informatique et l’ingéniérie à l’université d’Etat de Wichita. Le même modèle est valable au Moyen-Orient. Salah ‘Ali ‘Uthman, l’un des trois terroristes qui ont attaqué un bus à Jérusalem en juillet 1993, était étudiant en informatique à l’université de Gaza. Le plus célèbre terroriste antisioniste de ces dernières années, Yahya Ayyash était surnommé « l’ingénieur ». De nombreux islamistes égyptiens violemment opposés au régime ont des diplômes scientifiques. Les chefs islamistes ne sont pas des paysans vivant dans une campagne qui ne change pas mais des individus tout à fait urbanisés ; beaucoup d’entre eux sont diplômés de l’université. Bien que tout leur discours tourne autour de recréer la société du Prophète Mahomet, les Islamistes sont des individus modernes à la pointe de tout ce qui touche à la vie moderne.

En contraste avec la familiarité qu’ils ont avec les usages occidentaux, les Islamistes sont éloignés de leur propre culture. Tourabi a déclaré à un journaliste français : je connais l’histoire de France mieux que celle du Soudan ; j’aime votre culture, vos peintres, vos musiciens. » Ayant découvert l’islam alors qu’ils étaient à l’âge adulte, beaucoup d’islamistes ne connaissent rien de leur propre histoire et de leurs propres traditions. Martin Kramer note que certains de « la nouvelle génération » sont des musulmans convertis, born again, connaissant mal la tradition islamique. Le ministre du Culte de la Tunisie Ali Chebbi va plus loin et affirme qu’ils « ignorent les bases mêmes de l’islam ». Comme Mawdudi, ces autodidactes mélangent un peu de ceci et un peu de cela, comme l’explique Seyyed Vali Reza Nasr.

« La formulation de Mawdudi , n’ est pas le moins du monde enracinée dans l’islam traditionnel. Il a adopté des idées et des valeurs, des mécanismes, des procédures, des expressions modernes qu’il a incorporés dans une structure islamique…Il ne cherche pas à ressusciter un ordre atavique mais il cherche à moderniser la conception traditionnelle de la vie et de la pensée islamiques. Sa vision des choses représente une rupture claire avec la tradition islamique et une lecture de l’islam fondamentalement nouvelle qui prend exemple sur la pensée moderne.

A y réfléchir, ce manque de connaissance n’a rien de surprenant. Les islamistes sont des individus éduqués selon des méthodes modernes et qui cherchent des solutions à des problèmes modernes. Le Prophète peut les inspirer mais ils l’approchent à travers le filtre de la fin du vingtième siècle. Et sans le vouloir ils remplacent les usages de l’islam traditionnel par les usages occidentaux.

L’islam traditionnel- la religion extrêmement gratifiante de presque un milliard de fidèles- a développé une civilisation qui, sur plus d’un millénaire, a fourni des directives d’existence aux jeunes comme aux vieux, aux riches comme aux pauvres, aux érudits comme aux ignorants, aux Marocains comme aux Malais. Détachés de leur tradition, les islamistes semblent vouloir l’abandonner dans un effort chimérique pour revenir aux façons de vivre pures et simples de Mahomet. Pour se rattacher spirituellement aux premières années de l’islam, quand le prophète était vivant et la religion était nouvelle, ils cherchent à sauter par-dessus treize siècles. Les questions les plus banales sont une occasion de rappeler le temps du Prophète. C’est ainsi qu’un auteur décrit les « tactiques de survie » utilisées par les étudiants musulmans dans les universités américaines pour conserver leur identité islamique comme étant « très semblables à celles des premiers musulmans durant l’Hégire [ Exil de Mahomet de la Mecque à Médine] »

Cependant les islamistes se voient non pas rattachés à la tradition mais engagés dans une entreprise tout à fait nouvelle. Selon le leader spirituel de l’Iran, Ali Hoseyni Khamenei « Le système islamique que l’imam [Khomeini] a créé…n’a pas existé au cours de l’histoire, excepté au commencement [de l’islam]. De façon similaire, Ghannushi affirme que « l’islam est ancien mais le mouvement islamiste est récent. » En rejetant un millénaire entier, les islamistes jettent une bonne partie de [l’héritage] de leurs propres sociétés, depuis le grand Corpus de savoir coranique jusqu’aux interprétations finement ciselées des interprétations de la loi.

Au contraire, ils admirent l’efficacité des usines et des armées. Le monde musulman leur semble arriéré et ils cherchent à le remettre à jour en lui appliquant des techniques modernes. Quand les choses vont lentement, ils accusent l’Occident de leur refuser la technologie. Ainsi ‘Ali Akbar Mohtashemi, l’Iranien archi-radical déplore, en se plaignant, que « les Etats-Unis et l’Occident ne nous donneront jamais la technologie » pour poursuivre ce qu’il appelle curieusement « la science de l’industrialisation ».

Le but des islamistes s’avère ne pas être un ordre vraiment islamique mais une version très imprégnée de l’Occident. C’est particulièrement apparent dans quatre domaines : la religion, la vie quotidienne, la politique et la loi. Ce n’était certainement pas leur intention, mais les musulmans militants ont introduit quelques notions clairement chrétiennes dans leur islam. L’islam traditionnel était caractérisé par des organisations informelles. Pratiquement toute décision importante- établir un texte canonique du Coran, exclure la recherche philosophique ou choisir des érudits religieux- était prise de manière déstructurée et consensuelle. Cela a été le génie de cette religion, et cela a signifié que les gouvernants qui ont essayé de contrôler l’institution religieuse ont généralement échoué.

Les islamistes ignorant leur héritage, ont établi des structures comme celles d’une église. La tendance a commencé en Arabie saoudite, où les autorités ont créé un tas de nouvelles institutions. Déjà en 1979, Khalid Duren décrivait l’émergence d’une « hiérarchie de prêtres avec tout leur attirail. »

« Un certain nombre de fonctionnaires religieux ont vu le jour dont les postes étaient inconnus auparavant comme par exemple : le Secrétaire de la Ligue Islamique Mondiale, le Secrétaire Général de la Conférence Islamique, le Recteur de l’Université Islamique de Médine- et j’en passe. Pour la première fois dans l’histoire, l’imam de la Ka’ba a été envoyé en tournée dans les pays étrangers, comme si c’était un nonce apostolique. »

La République islamique d’Iran a bientôt suivi le modèle saoudien et est même allée au-delà comme l’explique Shahrough Aklavi, instituant un contrôle du clergé inspiré du modèle catholique.

« La centralisation qui s’est produite dans l’institution religieuse en Iran est sans précédent, et les actions qui ont été entreprises ressemblent à ce qui existe dans la tradition habituelle ecclésiastique de l’église en Occident. Par exemple, en 1982, Khomeini a tout fait pour que son principal rival l’ayatollah Muhammad Kazim Shari’atmadari (décédé en 1986) soit « défroqué » et « excommunié », alors qu’aucun dispositif d’application de ce genre n’a jamais existé en Islam. D’autres orientations, comme le contrôle centralisé sur les budgets, les salaires du corps professoral, les programmes dans les séminaires, la création de milices religieuses, en monopolisant la représentation des intérêts et en élaborant un combat pour la civilisation (Kulturkampf) dans le domaine des arts, de la famille et d’autres questions sociales, révèlent une tendance croissante à créer un « épiscopat islamique » en Iran. »

De manière encore plus frappante, Akhavi note comment Khomeini s’est fait lui-même pape.

« La pratique de Khomeini d’émettre des fatwas faisant autorité, auxquelles il faut obligatoirement obéir, équivaut à conférer au Guide suprême des pouvoirs qui ne sont pas différents de ceux du Pape dans l’Eglise catholique. Après tout, l’obéissance aux fatwas d’un ecclésiastique dans le passé n’a jamais été obligatoire.

En créant cette fausse hiérarchie chrétienne, les islamistes ont inventé quelque chose de plus occidental qu’islamique. De façon similaire, les islamistes ont transformé le vendredi en Sabbat, ce qui n’avait jamais été le cas auparavant. Traditionnellement, le vendredi était un jour de rassemblement pour la prière, pas un jour de repos. En effet, la notion même de Sabbat est étrangère à l’esprit strictement monothéiste de l’islam, qui considère que la notion de Dieu selon laquelle Dieu aurait besoin d’un repos comme bassement anthropomorphique. Au lieu de cela, le Coran prescrit aux musulmans de « laisser de côté leurs occupations » seulement pour faire la prière, et une fois celle-ci terminée, ils doivent « se disperser et chercher la grâce de Dieu » – en d’autres termes, se livrer au commerce. Un jour de repos rappelle tellement la pratique juive ou chrétienne que certaines autorités islamiques découragent de se reposer le vendredi. Dans la plupart des lieux et des époques, les musulmans ont toujours travaillé le vendredi, interrompu seulement par le service religieux.

Dans les temps modernes, les Etats musulmans ont imité l’Europe et adopté un jour de repos. L’empire ottoman a commencé à fermer les bureaux administratifs le mardi, un jour religieusement neutre, en 1829. Lorsque les impérialistes ont imposé le dimanche comme jour de repos hebdomadaire dans leurs colonies, c’est une pratique que beaucoup de dirigeants musulmans ont adoptée à leur tour. Après l’indépendance, pratiquement tous les gouvernements musulmans ont hérité du repos du dimanche et ils l’ont maintenu. S.D Goiten, le principal érudit sur ce sujet, note que les Etats musulmans ont agi ainsi « pour répondre aux exigences de la vie moderne et pour imiter l’Occident. »

Récemment, comme le Dimanche /Samedi ont commencé à être vus comme trop occidentaux, les chefs d’Etat musulmans ont voulu affirmer leur identité en instituant le vendredi comme jour de repos. Peu d’entre eux réalisent que, ce faisant, ils perpétuaient en fait une coutume spécifiquement judéo-chrétienne. Et comme le vendredi se transformait en jour férié ( pour les excursions familiales, les sports de spectacle etc…) les musulmans ont imité le week-end occidental.

Peut-être la plus frappante des occidentalisations que les islamistes ont introduites est celle qui concerne les femmes. Les islamistes en fait ont un point de vue plus semblable au féminisme à l’occidentale qu’à l’islam traditionnel. Les musulmans traditionnels ne prenaient pas soin de la liberté et de l’indépendance de leurs femmes mais les islamistes le font. Ahmad al-Banna, le Fondateur des Frères musulmans d’Egypte, adopte un point de vue féministe qui le conduit à réinterpréter l’histoire musulmane en fonction des normes occidentales. « Les femmes musulmanes ont été libres et indépendantes depuis quinze siècles. Pourquoi devrions-nous suivre l’exemple des femmes occidentales, si dépendantes de leur mari au niveau matériel ? »

Les hommes musulmans traditionnels étaient fiers que leurs femmes restent chez elles ; dans les ménages nantis, elles ne quittaient pratiquement jamais leur foyer. Hasan al-Tourabi a quelque chose de totalement différent à l’esprit ; « Aujourd’hui au Soudan, les femmes sont dans l’armée, dans la police, dans les ministères, partout, sur un pied d’égalité avec les hommes ». Tourabi fièrement parle du mouvement islamique ayant aidé « à libérer les femmes ». Conformément à l’adage que « la meilleure mosquée pour les femmes est l’intérieur de leur maison » , les femmes traditionnelles priaient chez elles, et la partie de la mosquée réservée aux femmes était mince, mais les femmes islamistes, en revanche, participent au culte et les nouvelles mosquées comportent des sections pour femmes beaucoup plus importantes.

Pendant des siècles, le voile des femmes était censé essentiellement les aider à préserver leur vertu ; aujourd’hui, cela sert le but féministe de faciliter une carrière. Les femmes musulmanes qui portent « une tenue islamique » écrit un chercheur occidental,

« sont en général très instruites, souvent dans les plus prestigieuses facultés de médecines, de sciences sociales, de sciences et leur tenue vestimentaire signale que bien qu’elles fassent des études et mènent une carrière dans la sphère publique, elles sont des femmes religieuses, morales. Alors que les autres femmes sont fréquemment harcelées dans les lieux publics, de telles femmes sont respectées et même craintes. A la fin des années 1980, la tenue islamique était devenue la règle pour les femmes de la classe moyenne qui ne voulaient pas compromettre leur réputation en raison de leurs activités publiques. Les boutiques offrent des articles de style parisien adaptés aux normes de la modestie islamique.

L’instauration d’un ordre islamique en Iran, a, peut-être, comble de l’ironie, ouvert de nombreuses possibilités pour les femmes pieuses, de s’accomplir en dehors de la maison. Elles travaillent comme main d’œuvre et servent dans l’armée. Un leader parlementaire se vante, non sans raison, à propos de l’Iran ayant le record du féminisme au Moyen-Orient et souligne le nombre de femmes dans l’enseignement supérieur. C’est ainsi que pour confirmer cela, l’une des petites-filles de Khomeini a fait des études de droit, puis elle est allée vivre à Londres avec son mari, un chirurgien cardiaque en formation. Une autre organise des rencontres sportives féminines.

Curieusement, certains islamistes considèrent le voile représentant non pas des carrières et l’égalité, mais quelque chose de très différent : la sexualité positive. Shabbir Akhtar, un écrivain britannique voit le voile comme servant « à créer une vraie culture érotique dans laquelle est éliminé le besoin d’excitation artificielle que la pornographie procure. Les musulmans traditionnels –il n’est nul besoin d’insister-ne considéraient pas le voile comme un substitut de la pornographie.

L’islam traditionnel a mis l’accent sur les relations de l’homme avec Dieu, minimisant les relations à l’Etat. La loi apparaissait immense, la politique petite. Au long des siècles, les pieux musulmans ont évité le gouvernement, qui ne signifait la plupart du temps pour eux que des ennuis (impôts, conscription, corvée). D’un autre côté, ils ont fait de grands efforts pour vivre selon la chari’a.

Cependant, les islamistes font de la politique le cœur de leur programme. Ils considèrent l’islam moins comme la structure dans laquelle les individus bâtissent leur vie et plus comme une idéologie servant à gouverner des sociétés entières. Déclarant que « l’islam est la solution », ils affirment avec Khamenei d’Iran que l’islam « est riche de préceptes pour gouverner un Etat, gérer une économie, établir des liens sociaux et des relations entre les individus, et des instructions pour diriger une famille ». Pour les islamistes, l’islam représente la voie vers le pouvoir. Comme un haut dignitaire égyptien le fait observer, pour eux « l’islam n’est ni une loi ni une religion, mais un système de gouvernement ». Olivier Roy trouve que l’inspiration [des islamistes] est de loin plus matérielle que spirituelle. « Pour un grand nombre d’entre eux, le retour à la religion a résulté de leur expérience politique, et non de leur foi religieuse. »

De manière révélatrice, les militants comparent l’islam non pas à d’autres religions mais à d’autres idéologies « Nous ne sommes pas socialistes, nous ne sommes pas capitalistes, nous ne sommes pas islamiques » dit Anwar Ibrahim, le dirigeant islamiste malais. Les Frères Musulmans d’Egypte affirment qu’ils ne sont ni socialistes ni capitalistes, mais « musulmans .» Cette comparaison peut sembler excessive- le socialisme et le capitalisme sont universels, l’islam militant est limité aux musulmans- mais cela n’est pas excessif, car les musulmans entendent inculquer leur idéologie aux non-musulmans aussi. Dans un exemple frappant, Khomeiny en janvier 1989, a envoyé une lettre à Mikhail Gorbatchev affirmant l’universalité de l’islam. Notant l’effondrement de l’idéologie communiste, il implora le président soviétique de ne pas se tourner vers l’Occident mais de remplacer par l’islam.

« J’insiste vivement afin que, ayant abattu les murs des fantasmes marxistes, vous ne tombiez pas dans la prison de l’Occident et du grand Satan..Je vous invite sérieusement à étudier et à conduire des recherches sur l’islam. J’annonce ouvertement que la République islamique d’Iran, étant la base la plus grande et la plus puissante du monde islamique, peut facilement contribuer à combler le vide idéologique de votre système. »

Comme l’a interprété un important fonctionnaire iranien, cette lettre « vise à mettre fin à ..ces vues selon lesquelles nous parlerions seulement du monde de l’islam. Nous parlons pour le monde entier ». Il pourrait même se faire – Khomeiny y fait seulement allusion- que l’islam pour lui était devenu si désincarné de la foi qu’il prévoyait qu’un non-musulman comme Gorbatchev pourrait adopter les coutumes islamiques sans pour autant devenir musulman.

Bien que les islamistes rendent hommage à la loi sacrée de l’islam, ils en ont fait un code de type occidental, et trois caractéristiques séculaires de la chari’a disparaissent : son élaboration par des érudits indépendants, sa priorité sur les intérêts de l’Etat, et son application aux personnes plutôt qu’à des territoires.

Au fil des siècles, les juristes ont rédigé et interprété la loi islamique entre eux, avec peu de contrôle par les gouvernements. Ces juristes ont tôt établi qu’ils étaient responsables devant Dieu, et non devant le prince. Joseph Schacht, un éminent spécialiste de ce sujet, explique « le calife, bien qu’il ait été le chef absolu de la communauté des musulmans, n’avait pas le droit de légiférer mais seulement d’édicter des règlements administratifs avec des limites fixées par la loi sacrée. Les souverains essayèrent parfois de dicter leurs conditions aux juristes, mais entre 833 et 849 quatre califes successifs ont imposé leur compréhension de la nature du Coran qu’ils disaient créé par Dieu, par opposition à des savants religieux qui disaient que le Coran avait toujours existé [donc incréé et éternel] ; en dépit des efforts énergiques déployés par les califes (Y compris la flagellation d’une autorité religieuse très respectée), l’effort a échoué, et avec lui les prétentions de politiciens pour définir le contenu de l’islam.

Les juristes conservent le contrôle intégral de la loi islamique jusqu’au XIX ème siècle, lorsque dans leurs colonies les dirigeants britanniques, français, européens et d’autres codifient la charia pour en faire des lois étatiques de style européen. Des Etats musulmans indépendants, tels que l’empire Ottoman ont suivi alors l’exemple européen et ont également à leur tour codifié la chari’a. Avec l’indépendance, tous les dirigeants musulmans ont maintenu l’habitude européenne de garder la loi fermement sous contrôle de l’Etat ; dans les années 1960, il n’y avait qu’en Arabie saoudite où la loi était encore énoncée et définie par les juristes religieux.

A partir de 1969, Mouammar al-Qadhdhafi en Libye a voulu rétablir la prédominance de la charia sur les lois de l’Etat (par exemple, dans les lois pénales). Il l’a fait en tant que dirigeant , en utilisant l’appareil d’Etat pour contraindre les juristes musulmans à exécuter ses ordres. Les islamistes dans de nombreux pays se sont mis ensuite à imiter Qadhdhafi, en disant que l’Etat avait l’autorité d’imposer la charia. Ils n’ont fait aucun effort pour revenir au fonctionnement ancien de la loi par les juristes. Ils ont utilisé à leurs fins islamistes des pratiques introduites par les puissances européennes.

Lorsque les islamistes, en de rares occasions, protestent contre cette domination étatique de la loi, ils le font avec peu de conviction. Tourabi remarque que « le gouvernement islamique n’est pas total, car c’est l’islam qui est un mode de vie global, et si vous le réduisez au gouvernement, alors c’est le gouvernement qui serait tout puissant, et ce n’est pas l’islam. »

L’énorme pouvoir exercé par Tourabi au Soudan fait qu’il est difficile de prendre cette critique au sérieux. Les islamistes utilisent les pratiques étatiques de l’Occident parce que, premièrement, ils connaissent le système occidental beaucoup mieux qu’ils ne connaissent le système musulman traditionnel. En second lieu parce que le retour aux méthodes traditionnelles musulmanes – comme l’a souligné Ann Mayer de la Wharton School-« obligerait les gouvernements à l’abandon du pouvoir qu’ils ont acquis sur les systèmes juridiques au moment de l’adoption des codes juridiques de style européen », ce qu’ils n’ont pas intérêt à faire.

La prise de contrôle de la loi provoque immanquablement des problèmes. Dans le système traditionnel, les juristes maintenaient jalousement leur indépendance dans l’interprétation de la loi. Ils insistaient sur la prédominance absolue des impératifs de Dieu sur les règles des gouvernants. Des actes tels que la prière, le jeûne du Ramadan, ou le pèlerinage à la Mecque, affirmaient-ils, ne devaient jamais être soumis aux caprices des despotes. Les juristes ont, globalement, au fil des siècles, vu leurs exigences satisfaites, car pas un seul roi ou président, ni même un laïc aussi ardent que Kemal Atatürk, en Turquie, n’a eu la témérité d’interférer avec les commandements de Dieu.

Mais ce qu’aucun roi ou président n’a fait, l’ayatollah Khomeiny l’a fait. En janvier 1988, il publia un décret qui carrément enfreignait ce principe ancien islamique. Dans un document remarquable mais peu connu, l’ayatollah a affirmé que « le gouvernement est autorisé de manière unilatérale à empêcher tout élément, qu’il soit spirituel ou matériel, qui constituerait une menace à ses intérêts ». Cela signifie que « pour l’islam, les exigences du gouvernement remplacent tous les autres aspects, y compris même la prière, le jeûne et le pèlerinage à la Mecque ». Le fait de subordonner ces commandements de l’islam à la raison d’Etat a pour effet de dénaturer complètement la chari’a .

Khomeiny- un érudit au sens classique du terme, une autorité en matière de loi islamique et une éminente figure religieuse- a justifié ce décret, au motif que les intérêts de la République islamique étaient synonymes des intérêts de l’islam lui-même. Mais ceci explique à peine une mesure si radicale et sans précédent. La vraie raison réside dans le fait que comme d’innombrables autres dirigeants du XXème siècle, Khomeiny a voulu prendre le contrôle de la vie spirituelle de son pays. Khomeiny semble tout droit sorti du Moyen-Age mais c’était un homme de son temps, profondément influencé par les idées totalitaires émanant de l’Occident.

Dans l’islam traditionnel (comme dans le judaïsme), les lois, à la différence de ce qui prévaut en Occident, s’appliquent à l’individu et non pas aux territoires. Il importe peu de savoir si un musulman vit ici ou là , dans la patrie ou dans la diaspora, il doit suivre la chari’a. A l’inverse, un non-musulman qui vit dans un pays musulman n’a pas à suivre les directives de l’islam. Par exemple, un musulman ne peut pas boire du whisky s’il vit à Téhéran ou à Los Angeles, et un non-musulman peut, lui, boire de l’alcool dans ces deux endroits. Cela conduit à des situations complexes, puisque l’ensemble des règles applicables lorsqu’un musulman vole un musulman diffèrent de celles applicables lorsqu’un chrétien vole un autre chrétien, et ainsi de suite. La clef est de savoir qui vous êtes, non pas où vous êtes.

En revanche, la conception occidentale des lois est basée , elle, sur la notion de juridiction. Un crime commis dans un certain Etat donne lieu à une certaine punition, qui ne sera pas la même dans l’Etat d’à côté. Même les routes ont leurs propres règles. L’important en Occident c’est l’endroit où vous êtes, non pas qui vous êtes.

Ignorants de l’esprit qui sous-tend la chari’a, les islamistes prétendent l’appliquer à des territoires et pas seulement aux personnes ; Tourabi a déclaré ainsi que l’islam « accepte le territoire comme base de compétence »[accepte la notion de juridiction territoriale]. Par conséquent, les différences nationales ont vu le jour. Le gouvernement libyen fait donner des coups de fouet à tous les coupables d’adultère. Le Pakistan fait fouetter les célibataires et lapider les femmes mariées. Le Soudan emprisonne certains et pend les autres. L’Iran applique des peines plus diverses encore, y compris le rasage du crâne et le bannissement pendant une année. Dans les mains des islamistes, la chari’a devient tout simplement une variante des lois territoriales qui prévalent en Occident.

Cette nouvelle compréhension [du droit musulman] la plus spectaculaire concerne les non-musulmans dont l’exclusion millénaire de la chari’a n’est plus et ils doivent vivre dans les pays musulmans comme s’ils étaient musulmans. Umar ‘Abdar-Rahman, le cheikh égyptien emprisonné dans une prison américaine, est catégorique à ce sujet : « Il est bien connu que nulle minorité dans un pays ne peut avoir ses propres lois. » ‘Abd al –Aziz ibn Baz, le chef religieux saoudien, a appelé les non-musulmans à jeûner pendant le Ramadan. En Iran, les femmes étrangères n’ont pas le droit de mettre du vernis à ongle car cela les rendrait impures pour la prière (islamique). A leur entrée dans le pays, les autorités leur fournissent des chiffons imbibés d’essence pour nettoyer les ongles vernis. Un parti islamiste en Malaisie entend règlementer la durée que des femmes et des hommes chinois non musulmans et sans liens de parenté peuvent être autorisés à passer seuls ensemble.

Cette nouvelle interprétation de la loi islamique crèe d’énormes problèmes. Plutôt que de laisser les non-musulmans plus ou moins libres de régler seuls leur propre conduite comme le faisait l’islam traditionnel, l’islamisme fait intrusion dans leur vie et fomente un ressentiment énorme générant des dissensions et conduisant parfois à la violence. Les chrétiens palestiniens qui élèvent des porcs trouvent leurs bêtes mystérieusement empoisonnées. Le million ou deux de chrétiens vivant dans le nord du Soudan ; majoritairement musulman, doit se conformer à la quasi-totalité des règles de la chari’a. Dans le sud du Soudan où règne la loi islamique, la loi islamique prévaut partout où le gouvernement central gouverne, quand bien même « certaines » dispositions n’y sont pas appliquées ; si le gouvernement devait conquérir l’ensemble du sud du pays,il est probable que toutes les dispositions entreraient en vigueur, perspective qui contribue beaucoup à entretenir une guerre civile qui dure depuis quarante ans.

Malgré eux, les islamistes sont des Occidentaux. Même en rejetant l’Occident, ils l’acceptent. Aussi réactionnaires que soient ses intentions, l’islamisme intègre non seulement les idées de l’Occident mais aussi ses institutions. Le rêve islamiste d’effacer le mode de vie occidental de la vie musulmane est, dans ces conditions, incapable de réussir.

Le système hybride qui en résulte est plus solide qu’il n’y paraît. Les adversaires de l’islam militant souvent le rejettent en le qualifiant d’effort de repli pour éviter la vie moderne et ils se consolent avec la prédiction selon laquelle il est dès lors condamné à se trouver à la traîne des avancées de la modernisation qui a eu lieu. Mais cette attente est erronée. Car l’islamisme attire précisément les musulmans qui, aux prises avec les défis de la modernité, sont confrontés à des difficultés, et sa puissance et le nombre de ses adeptes ne cessent de croître. Les tendances actuelles donnent à penser que l’islam radical restera une force pendant un certain temps encore.

Voir enfin:

The Origins Of Occidentalism
Wherever it occurs, Occidentalism is fed by a sense of humiliation, of defeat. It is a war against a particular idea of the West – a bourgeois society addicted to money, creature comforts, sex, animal lusts, self-interest, and security – which is neither new nor unique to Islamist extremism. This idea has historical roots that long precede any form of ‘U.S. imperialism’ .
Ian Buruma
Outlook

When the West is under attack, as it was on September 11, it is often assumed — not only in America — that the West means the United States. This goes for those on the left, who believe that U.S. foreign policy (or « imperialism ») and U.S. corporate power (or « globalization ») have brought the suicide bombers and holy warriors upon America by marginalizing and bullying the millions of people who have failed to benefit from the capitalist world order. But it also goes for conservatives, who think that Islamist radicalism, like Communism before, is an attack on « our values, » that is, on the « American way of life. »

There is some truth to those claims. The worldwide reach of Wall Street, Hollywood, and the U.S. armed forces invites resentment. And to the extent that those institutions represent the American way of life, they are indeed targets of the Islamist jihad. It is also true that U.S. foreign policy can be misguided, even brutal. And global capitalism can do a great deal of damage as well as good. Finally, the United States, as the only Western superpower, has indeed come to stand for the West as a whole. And countries, such as Israel, that are looked upon as U.S. proxies provoke violent hostility for that reason alone.

However, the kind of violence currently directed at targets associated with the West, from the World Trade Center to a discothèque in Bali, is not just about the United States. Nor can it be reduced to global economics. Even those who have good reason to blame their poverty on harsh forms of U.S.-backed capitalism do not normally blow themselves up in public places to kill the maximum number of unarmed civilians. We do not hear of suicide bombers from the slums of Rio or Bangkok.

Something else is going on, which my co-author, Avishai Margalit, and I call Occidentalism (the title of our new book): a war against a particular idea of the West, which is neither new nor unique to Islamist extremism. The current jihadis see the West as something less than human, to be destroyed, as though it were a cancer. This idea has historical roots that long precede any form of « U.S. imperialism. » Similar hostility, though not always as lethal, has been directed in the past against Britain and France as much as against America. What, then, is the Occidentalist idea of the West?

That is the problem that vexed a group of prominent Japanese intellectuals who gathered for a conference in Kyoto in 1942. The attack on Pearl Harbor was not the ostensible reason for the conference, but the underlying idea was to find an ideological justification for Japan’s mission to smash, and in effect replace, the Western empires in Asia. The topic of discussion was « how to overcome the modern. » Modernity was associated with the West, and particularly with Western imperialism.

Westernization, one of the scholars said, was like a disease that had infected the Japanese spirit. The « modern thing, » said another, was a « European thing. » Others believed that « Americanism » was the enemy, and that Japan should make common cause with the Europeans to defend old civilizations against the New World (there would certainly have been takers in Europe). There was much talk about unhealthy specialization in knowledge, which had fragmented the wholeness of Oriental spiritual culture. Science was to blame. So were capitalism, the absorption into Japanese society of modern technology, and notions of individual freedom and democracy. These had to be « overcome. »

All agreed that culture — that is, traditional Japanese culture — was spiritual and profound, whereas modern Western civilization was shallow, rootless, and destructive of creative power. The West, particularly the United States, was coldly mechanical, a machine civilization without spirit or soul, a place where people mixed to produce mongrel races. A holistic, traditional Orient united under divine Japanese imperial rule would restore the warm organic Asian community to spiritual health. As one of the participants put it, the struggle was between Japanese blood and Western intellect.

Precisely the same terms had been used by others, in other places, at other times. Blood, soil, and the spirit of the Volk were what German romantics in the late 18th and early 19th centuries invoked against the universalist claims of the French Enlightenment, the French Revolution, and Napoleon’s invading armies. This notion of national soul was taken over by the Slavophiles in 19th-century Russia, who used it to attack the « Westernizers, » that is, Russian advocates of liberal reforms. It came up again and again, in the 1930s, when European fascists and National Socialists sought to smash « Americanism, » Anglo-Saxon liberalism, and « rootless cosmopolitanism » (meaning Jews).

Aurel Kolnai, the great Hungarian scholar, wrote a book in the 1930s about fascist ideology in Austria and Germany. He called it War Against the West. Communism, too, especially under Stalin, although a bastard child of the Enlightenment and the French Revolution, was the sworn enemy of Western liberalism and « rootless cosmopolitanism. » Many Islamic radicals borrowed their anti-Western concepts from Russia and Germany. The founders of the Ba’ath Party in Syria were keen readers of prewar German race theories. Jalal Al-e Ahmad, an influential Iranian intellectual in the 1960s, coined the phrase « Westoxification » to describe the poisonous influence of Western civilization on other cultures. He, too, was an admirer of German ideas on blood and soil.

Clearly, the idea of the West as a malign force is not some Eastern or Middle Eastern idea, but has deep roots in European soil. Defining it in historical terms is not a simple matter. Occidentalism was part of the counter-Enlightenment, to be sure, but also of the reaction against industrialization. Some Marxists have been attracted to it, but so, of course, have their enemies on the far right. Occidentalism is a revolt against rationalism (the cold, mechanical West, the machine civilization) and secularism, but also against individualism. European colonialism provoked Occidentalism, and so does global capitalism today. But one can speak of Occidentalism only when the revolt against the West becomes a form of pure destruction, when the West is depicted as less than human, when rebellion means murder.

Wherever it occurs, Occidentalism is fed by a sense of humiliation, of defeat. Isaiah Berlin once described the German revolt against Napoleon as « the original exemplar of the reaction of many a backward, exploited, or at any rate patronized society, which, resentful of the apparent inferiority of its status, reacted by turning to real or imaginary triumphs and glories in its past, or enviable attributes of its own national or cultural character. »

The same thing might be said about Japan in the 1930s, after almost a century of feeling snubbed and patronized by the West, whose achievements it so fervently tried to emulate. It has been true of the Russians, who have often slipped into the role of inferior upstarts, stuck in the outer reaches of Asia and Europe. But nothing matches the sense of failure and humiliation that afflicts the Arab world, a once glorious civilization left behind in every respect by the post-Enlightenment West.

Humiliation can easily turn into a cult of the pure and the authentic. Among the most resented attributes of the hated Occident are its claims to universalism. Christianity is a universalist faith, but so is the Enlightenment belief in reason. Napoleon was a universalist who believed in a common civil code for all his conquered subjects. The conviction that the United States represents universal values and has the God-given duty to spread democracy in the benighted world belongs to the same universalist tradition. Some of these values may indeed be universal. One would like to think that all people could benefit from democracy or the use of reason. The Code Napoleon brought many benefits. But when universal solutions are imposed by force, or when people feel threatened or humiliated or unable to compete with the powers that promote such solutions, that is when we see the dangerous retreat into dreams of purity.

Not all dreams of local authenticity and cultural uniqueness are noxious, or even wrong. As Isaiah Berlin also pointed out, the crooked timber of humanity cannot be forcibly straightened along universal standards with impunity. The experiments on the human soul by Communism showed how bloody universalist dreams can be. And the poetic romanticism of 19th-century German idealists was often a welcome antidote to the dogmatic rationalism that came with the Enlightenment.

It is when purity or authenticity, of faith or race, leads to purges of the supposedly inauthentic, of the allegedly impure, that mass murder begins. The fact that anti-Americanism, anti-Zionism, anti-Semitism, and a general hostility to the West often overlap is surely no coincidence. Even in Japan, where Jews play no part in national life, one of the participants at the 1942 Kyoto conference suggested that the war against the West was a war against the « poisonous materialist civilization » built on Jewish financial capitalist power. At the same time, European anti-Semites, not only in Nazi Germany, were blaming the Jews for Bolshevism.

Both Bolshevism and capitalism are universalist systems in the sense that they do not recognize national, racial, or cultural borders. Since Jews are traditionally regarded by the defenders of purity as the congenital outsiders, the archetypal « rootless cosmopolitans, » it is no wonder that they are also seen as the main carriers of the universalist virus. To be sure, Jews had sound reasons to be attracted to such notions as equality before the law, secular politics, and internationalism, whether of a socialist or capitalist stamp. Exclusivity, whether racial, religious, or nationalist, is never good for minorities. Only in the Middle East have Jews brought their own form of exclusivity and nationalism. But Zionism came from the West. And so Israel, in the eyes of its enemies, is the colonial outpost of « Westoxification. » Its material success only added to the Arab sense of historic humiliation.

The idea, however, that Jews are a people without a soul, mimics with no creative powers, is much older than the founding of the State of Israel. It was one of the most common anti-Semitic slurs employed by Richard Wagner. He was neither the first to do so, nor very original in this respect. Karl Marx, himself the grandson of a rabbi, called the Jews greedy parasites, whose souls were made of money. The same kind of thing was often said by 19th-century Europeans about the British. The great Prussian novelist Theodor Fontane, who rather admired England, nonetheless opined that « the cult of the Gold Calf is the disease of the English people. » He was convinced that English society would be destroyed by « this yellow fever of gold, this sellout of all souls to the devil of Mammon. » And much the same is said today about the Americans.

Calculation — the accounting of money, interests, scientific evidence, and so on — is regarded as soulless. Authenticity lies in poetry, intuition, and blind faith. The Occidentalist view of the West is of a bourgeois society, addicted to creature comforts, animal lusts, self-interest, and security. It is by definition a society of cowards, who prize life above death. As a Taliban fighter once put it during the war in Afghanistan, the Americans would never win, because they love Pepsi-Cola, whereas the holy warriors love death. This was also the language of Spanish fascists during the civil war, and of Nazi ideologues, and Japanese kamikaze pilots.

The hero is one who acts without calculating his interests. He jumps into action without regard for his own safety, ever ready to sacrifice himself for the cause. And the Occidentalist hero, whether he is a Nazi or an Islamist, is just as ready to destroy those who sully the purity of his race or creed. It is indeed his duty to do so. When the West is seen as the threat to authenticity, then it is the duty of all holy warriors to destroy anything to do with the « Zionist Crusaders, » whether it is a U.S. battleship, a British embassy, a Jewish cemetery, a chunk of lower Manhattan, or a disco in Bali. The symbolic value of these attacks is at least as important as the damage inflicted.

What, then, is new about the Islamist holy war against the West? Perhaps it is the totality of its vision. Islamism, as an antidote to Westoxification, is an odd mixture of the universal and the pure: universal because all people can, and in the eyes of the believers should, become orthodox Muslims; pure because those who refuse the call are not simply lost souls but savages who must be removed from this earth.

Hitler tried to exterminate the Jews, among others, but did not view the entire West with hostility. In fact, he wanted to forge an alliance with the British and other « Aryan » nations, and felt betrayed when they did not see things his way. Stalinists and Maoists murdered class enemies and were opposed to capitalism. But they never saw the Western world as less than human and thus to be physically eradicated. Japanese militarists went to war against Western empires but did not regard everything about Western civilization as barbarous. The Islamist contribution to the long history of Occidentalism is a religious vision of purity in which the idolatrous West simply has to be destroyed.

The worship of false gods is the worst religious sin in Islam as well as in ancient Judaism. The West, as conceived by Islamists, worships the false gods of money, sex, and other animal lusts. In this barbarous world the thoughts and laws and desires of Man have replaced the kingdom of God. The word for this state of affairs is jahiliyya, which can mean idolatry, religious ignorance, or barbarism. Applied to the pre-Islamic Arabs, it means ignorance: People worshiped other gods because they did not know better. But the new jahiliyya, in the sense of barbarism, is everywhere, from Las Vegas and Wall Street to the palaces of Riyadh. To an Islamist, anything that is not pure, that does not belong to the kingdom of God, is by definition barbarous and must be destroyed.

Just as the main enemies of Russian Slavophiles were Russian Westernizers, the most immediate targets of Islamists are the liberals, reformists, and secular rulers in their own societies. They are the savage stains that have to be cleansed with blood. But the source of the barbarism that has seduced Saudi princes and Algerian intellectuals as much as the whores and pimps of New York (and in a sense all infidels are whores and pimps) is the West. And that is why holy war has been declared against the West.

Since the target of the holy warriors is so large, figuring out how to defend it is not easy. But it is not immediately apparent that a war against Iraq was the most effective way to fight the Islamist jihad. Saddam Hussein’s Ba’ath regime was a murderous dictatorship that deserved to come to an end, but it was not in line with the holy revolution. There is no evidence that Saddam wished to destroy the West. Osama bin Laden clearly does, and he is still at large. It may even be that attacking Iraq, however gratifying in many ways, has made the defense against Islamist revolution harder. Moderate Muslims everywhere are cowed into silence by aggressive U.S. actions, for fear of being seen as traitors or, worse, barbarous idolators.

As even President Bush has been at pains to point out, the battle with religious terrorism is not a war against Islam, or even religion. Violent attempts to force secularism on Muslim societies in the past invited the problem of religious extremism and should not be seen as the solution now. Zealotry was in part a reaction against the aggressive secularism of such regimes as Reza Shah’s in Iran during the 1930s. If political freedoms are to be guaranteed in the Muslim world through popular sovereignty, religion will have to be taken into account. The best chance for democracies to succeed in countries as varied as Indonesia, Turkey, and Iraq is if moderate Muslims can be successfully mobilized. But that will have to come from those countries themselves. Even though Western governments should back the forces for democracy, the hard political struggle cannot be won in Washington, or through the force of U.S. arms.

In the West itself, we must defend our freedoms against the holy warriors who seek to destroy them. But we must also be careful that in doing so we don’t end up undermining them ourselves. In the balance between security and civil liberty, the latter should never be sacrificed to the former. We should also guard against the temptation to fight fire with fire, Islamism with our own forms of intolerance. To think that we are at war with Islamism in the name of Christianity, as some zealots believe, is a fatal error, for that is to conform precisely to the Manichaeistic view of those who seek to defeat us. Muslims living in the West should not be allowed to join the holy war against it. But their rights as Europeans or Americans must be respected. The survival of our liberties depends on our willingness to defend them against enemies outside, but also against the temptation of our own leaders to use our fears in order to destroy our freedoms.

Ian Buruma is a professor of human rights, democracy, and new-media studies at Bard College and a regular contributor to The New York Review of Books. He and Avishai Margalit, a professor of philosophy at the Hebrew University, in Jerusalem, are the authors of Occidentalism: The West in the Eyes of its Enemies, which will be published by the Penguin Press next month.

17 commentaires pour Histoire des idées: Même l’anti-occidentalisme… est une invention occidentale! (Even anti-westernism is a western invention)

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  14. […] Malgré eux, les islamistes sont des Occidentaux. Même en rejetant l’Occident, ils l’acceptent. Aussi réactionnaires que soient ses intentions, l’islamisme intègre non seulement les idées de l’Occident mais aussi ses institutions. Le rêve islamiste d’effacer le mode de vie occidental de la vie musulmane est, dans ces conditions, incapable de réussir. Le système hybride qui en résulte est plus solide qu’il n’y paraît. Les adversaires de l’islam militant souvent le rejettent en le qualifiant d’effort de repli pour éviter la vie moderne et ils se consolent avec la prédiction selon laquelle il est dès lors condamné à se trouver à la traîne des avancées de la modernisation qui a eu lieu. Mais cette attente est erronée. Car l’islamisme attire précisément les musulmans qui, aux prises avec les défis de la modernité, sont confrontés à des difficultés, et sa puissance et le nombre de ses adeptes ne cessent de croître. Les tendances actuelles donnent à penser que l’islam radical restera une force pendant un certain temps encore. Daniel Pipes […]

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