Vote Palestine/ONU: Honte à la Patrie autoproclamée des droits de l’homme ! (Can France sink any lower than this ?)

29 novembre, 2012
L’apaisement, c’est nourrir le crocodile en espérant être dévoré le dernier. Churchill
Le peuple palestinien n’existe pas. La création d’un État palestinien n’est qu’un moyen pour continuer la lutte contre l’Etat d’Israël afin de créer l’unité arabe. En réalité, aujourd’hui, il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les Palestiniens, les Syriens et les Libanais. C’est uniquement pour des raisons politiques et tactiques, que nous parlons aujourd’hui de l’existence d’un peuple palestinien, étant donné que les intérêts arabes demandent que nous établissions l’existence d’un peuple palestinien distinct, afin d’opposer le sionisme. Pour des raisons tactiques, la Jordanie qui est un Etat souverain avec des frontières bien définies, ne peut pas présenter de demande sur Haifa et Jaffa, tandis qu’en tant que palestinien, je peux sans aucun doute réclamer Haifa, Jaffa, Beersheba et Jérusalem. Toutefois, le moment où nous réclamerons notre droit sur l’ensemble de la Palestine, nous n’attendrons pas même une minute pour unir la Palestine à la Jordanie.  Zahir Muhsein (membre du comité exécutif du PLO, proche de la Syrie, « Trouw », 31.03. 77)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. (…) Le partage de la Palestine en 1947 et la création de l’État d’Israël sont des événements nuls et non avenus. (…) La Charte ne peut être amendée que par une majorité des deux tiers de tous les membres du Conseil national de l’Organisation de libération de la Palestine réunis en session extraordinaire convoquée à cet effet. Charte de l’OLP (articles 15, 19 et 33)
Je mentirais si je vous disais que je vais l’abroger. Personne ne peut le faire. Yasser Arafat (Harvard, octobre 1995)
Les Palestiniens ont l’intention d’exiger la mise en œuvre de la résolution des Nations Unies concernant les réfugiés palestiniens, octroyant aux 5,5 millions de réfugiés et leurs descendants le droit du retour et leur intégration dans l’état d’Israël. (…) Je suis disposé à accepter un tiers parti comme l’OTAN par exemple, pour contrôler l’exécution de l’accord, mais je n’accepterais pas des juifs parmi les forces de l’OTAN, ou que l’un d’entre eux vive parmi nous. Je ne veux d’aucun Israélien sur le territoire palestinien. Mahmoud Abbas (Le Caire, août 2010)
Aucune partie ne prendra d’initiative qui pourrait changer le statut de la Cisjordanie ou de la bande de Gaza tant que des négociations n’auront pas déterminé les modalités d’un statut permanent. Accords d’Oslo
La France ne prend pas de position car elle attend de voir comment le vent va tourner. Le «oui» pour le vote du 20 septembre n’est pas acquis. Laurent Fabius (14.09.12)
Le président français a rappelé mardi qu’il ne soutenait pas l’initiative du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de faire de la Palestine un Etat non-membre de l’ONU. Sur ce sujet, François Hollande, qui estime que la création d’un Etat palestinien ne passera que par une reprise des négociations, est plus en recul que Nicolas Sarkozy. La position de la France a évolué. Interrogé mardi lors de sa conférence de presse à l’Elysée, François Hollande est resté nuancé sur la question palestinienne, évoquant les « risques » de la démarche de l’Autorité aux Nations unies. A la demande de Mahmoud Abbas, les Palestiniens ont prévu de demander le 29 novembre à l’Assemblée générale de l’ONU une élévation de leur statut, pour passer « d’entité observatrice » à Etat non-membre. Le dirigeant avait revu à la baisse fin septembre ses ambitions par rapport à 2011, où il avait déposé la demande d’adhésion d’un Etat membre, en vain. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la France avait justement encouragé il y a un an les Palestiniens à demander ce statut d’Etat non-membre plutôt que celui de membre à part entière, impossible à obtenir d’un Conseil de sécurité divisé. En octobre 2011, Paris avait aussi voté pour l’admission de la Palestine à l’Unesco. (…) Lors de la visite de Benjamin Netanyahou en France fin octobre, François Hollande s’était déjà fait critique sur la démarche de Mahmoud Abbas aux Nations unies. « Il y a la tentation pour l’Autorité palestinienne d’aller chercher à l’Assemblée générale de l’ONU ce qu’elle n’obtient pas dans la négociation », regrettait-il. (…) C’est dans ce contexte que François Hollande recevra prochainement, probablement en fin de semaine, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. « Je lui dirai que tout doit être fait pour qu’il y ait d’abord la négociation directe », a-t-il affirmé mardi. A l’inverse, le dirigeant palestinien espère convaincre le Français sur sa demande déposée à l’ONU. Car si le vote semble acquis aux Nations unies, une majorité simple étant requise, il aura moins de poids sans appui européen. Le JDD (14.11.12)

A l’heure où, après son vote surprise pour l’admission de l’entité palestinienne à l’UNESCO et son tout récent refus du droit de se défendre à Israël …

Le Pays autoproclamé des droits de l’homme s’apprête, en ce 64e anniversaire jour pour jour du vote d’entrée d’israël dans le concert des nations, à descendre encore plus bas dans l’infamie …

En  joignant, hélas avec d’autres (Italie, Espagne, Suisse ou Danemark), sa voix à l’ensemble des dictatures ou régimes voyous de la planète (Chine et Russie comprises) …

Pour voter, au lendemain de la pantalonnade de l’autopsie du corps d’Arafat demandée huit ans après par celle qui l’avait alors refusée,  l’accession au statut d’observateur à l’ONU pour une entité qui, tout en refusant sytématiquement toutes les offres de négociation comme ses prédécesseurs dès 1947, n’a toujours pas officiellement renoncé au terrorisme et appelle toujours, dans sa charte, à la disparition de l’Etat israélien …

Comment, avec les quelques pays qui refusent la mascarade (Etats-Unis, Grande Bretagne, Canada, Australie ou Corée mais aussi Pays-Bas, Allemagne, République tchèque, Pologne et pays baltes), retenir son dégoût devant tant d’abjection?

Il y a 64 ans, l’ONU votait la partition de la « Palestine ». Les Palestiniens refusaient de créer leur Etat.

Jonathan-Simon Sellem

JSSNews

29 novembre 2011

Le 29 Novembre 1947, soit il y a 64 ans jour pour jour, l’Assemblée générale de l’ONU votait le plan de partition et la résolution 181.

En février 1947, la Grande-Bretagne, mandataire sur la région depuis 1917, décide de poser la question du mandat palestinien aux Nations Unies. L’ONU établit une Commission spéciale sur la Palestine (UNSCOP) qui recommande la création de deux Etats – juif et arabe – et l’internationalisation de Jérusalem.

La population juive est tout de suite satisfaite de ce choix, bien que la petite taille du territoire attribué ne représente qu’un cinquième promis par la Société des Nations en 1922. Et c’est même sans parler de l’internationalisation de Jérusalem. De l’autre côté, les nations arabes ont toutes rejeté le plan de partition, refusant aux Juifs d’avoir un Etat.

Le 29 novembre 1948, l’ONU se réunit pour ce vote historique dont le résultat est connu : 33 pour, 13 contre et 10 abstentions.

Le rejet arabe du plan de partage ne se limitait pas à un acte politique. Les Arabes du territoire du Mandat lancent immédiatement une campagne terroriste à grande échelle contre leurs voisins juifs, suivie par l’invasion d’Israël par cinq armées arabes qui veulent détruire Israël, ce jeune état naissant qui venait à peine de proclamer son indépendance le 14 mai 1948. La population juive se défend contre les Arabes qui déclarent partout « vouloir jeter les Juifs à la mer. » Près de 1% de la population israélienne de l’époque est morte dans ses combats.

La population arabe du territoire du Mandat souffre également en raison de leur refus d’accepter le plan de partition. Beaucoup sont forcés de fuir leurs maisons, après que l’Egypte demande aux Arabes « de partir pour nous laisser détruire les Juifs et revenir en vainqueur. » C’est la naissance du problème des « réfugiés ».À la fin de la guerre, l’Egypte prend le contrôle de la bande de Gaza et la Jordanie annexe la Cisjordanie. Bien entendu, personne ne juge bon de créer un Etat Palestinien dans ces territoires dont ils vont avoir le contrôle pendant 19 ans.

Alors que l’Assemblée Générale et sa résolution 181 exprimait la volonté de la communauté internationale de créer un Etat Juif, Israël doit répondre à toutes les exigences internationales pour adhérer à l’organisation. Après l’approbation du Conseil de sécurité, Israël devient alors le 59ème membre de l’ONU, le 11 mai 1949.

La résolution 181 constituait la reconnaissance par la communauté internationale que le peuple juif méritait son propre Etat, un Etat juif, dans sa patrie historique.

La résolution appelle à la création de deux Etats pour deux peuples – juifs et arabes – entre la Méditerranée et le Jourdain, chacun remplissant les aspirations nationales de ses populations respectives. Cette formule reste la position d’Israël en ce qui concerne les négociations de paix. Toutefois, les Arabes du territoire du mandat britannique avaient refusé d’accepter un Etat parce que cela signifiait « compromettre ». Aujourd’hui, les Palestiniens continuent de refuser de faire des compromis pour obtenir un état. C’est pour cela que la « Palestine » n’existe toujours pas.

Le refus par la population arabe a démontré qu’ils n’étaient pas intéressés à établir leur propre Etat si cela permettait l’existence d’un Etat Juif. Cette opposition à la reconnaissance du droit d’un Etat juif à exister au Moyen-Orient est au cœur du conflit. Même aujourd’hui, la direction palestinienne rejette les appels à reconnaître Israël comme Etat juif, un refus qui empêche toute résolution du conflit

Si les Palestiniens avaient choisi la voie du compromis en 1947, la souffrance des deux côtés aurait pu être évitée. Il n’est pas trop tard pour revenir à des négociations directes, pouvant amener un meilleur avenir pour les deux peuples.

Voir aussi:

Pour la première fois, j’ai honte pour la France !

Arnold Lagémi

Oui, ressentir de la honte pour la France est pour moi, un sentiment nouveau, d’abord étrange et étranger à ma conviction intime, c’est dire s’il m’atteint et me trouble. Il m’oblige à une bien pénible acrobatie. Après m’avoir convaincu de la portée universelle de sa civilisation pour ses actions illustres, il me contraint à l’affligeant spectacle de vérités contraires à ses idéaux proclamés. Cette réalité antinomique s’installe de plus, en m’obligeant au partage d’une culpabilité qui, bien que diffuse, n’en reste pas moins tout aussi pénible qu’inhabituelle.

On apprend tout de ses erreurs certes, mais la désillusion est cruelle parce qu’elle est à la mesure de la considération, du respect et de l’affection pour la culture dans laquelle j’ai appris à penser, à critiquer mais aussi à aimer !

Admettre la Palestine à l’UNESCO, organisme qui recueille les cultures du monde, c’est donner droit de cité à une entité qui est née avec et grâce au sionisme mais ne le reconnaît pas. C’est valider un processus d’usurpation d’identité nationale. C’est enfin officialiser la qualité de Nation à un groupe qui, s’il relève d’une Nationalité, est bien plus une fraction de la Nation Arabe que l’expression d’une réalité autonome. C’est oublier que la Palestine est consécutive au sionisme et demeure, par conséquent, , plus une réaction à la présence juive, que l’aveu d’une identité qui ne s’est jamais exprimée.

Nous sommes confrontés au mensonge édifié en vertu et à la supercherie établie en référence ! Où étaient-ils ces amoureux de la Palestine, quand cette dernière était une province de la Sublime Porte ? Quels furent les porte-paroles, de ses meurtrissures ? Les chantres de sa servitude ? Où sont-elles les œuvres des esprits Palestiniens qui serviront d’assises aux générations futures ?

On ne trouvera rien, car il n’y a rien !

Et c’est cet Etat chimérique né du fantasme antisémite que les Nations admettent en leur sein avec la complicité du pays qui apprit aux hommes qu’ « être debout » était préférable à toute autre attitude » ? La France fait donc collusion avec une association de malfaiteurs qui, avant d’engager des négociations avec Israël, promet l’anéantissement de celui-ci ?

Aujourd’hui, j’ai mal à Paris, source de bien des lumières, et de mes premières joies gaullistes, plongé désormais dans l’imposture ! J’ai mal à Victor Hugo, et à ses « misérables » qu’on nous oblige à devenir. J’ai mal à ma Révolution, à ma liberté, à mon égalité, à ma fraternité. J’ai mal à ma France, devenue aujourd’hui un bien pénible souvenir ! J’ai mal à cette partie de moi qui lui appartient toujours parce qu’elle ne peut s’empêcher d’ espérer en son retour.

Hier j’écrivais qu’il fallait lever l’anathème gaullien. Aujourd’hui, loin d’être levé, il est confirmé !

France, mets tes drapeaux en berne ! Tu portes le deuil de ta dignité et de ta grandeur. Aujourd’hui, certains de tes fils entrent en Résistance, des enfants de Jacob sont à leurs côtés.

http://www.arnoldlagemi.com

 Voir également:

Palestine à l’ONU : qui va voter quoi ?

François Sionneau

Le Nouvel observateur

29-11-2012

L’UE est en ordre dispersé, les Etats-Unis voteront contre… Tour d’horizon avant le moment historique qui devrait voir la Palestine accéder au rang d’Etat-observateur.

C’est une vraie révolution que vont vivre les Etats-Unis, jeudi 29 novembre. Les Palestiniens devraient acquérir une nouvelle stature internationale en accédant au rang d’Etat observateur non-membre à l’ONU. Pour obtenir ce nouveau statut, il faut que le projet de résolution recueille une majorité simple parmi les 193 pays membres – une victoire garantie. L’enjeu est davantage dans l’ampleur de cette victoire palestinienne, et dans les conséquences sur le terrain et au sein de l’ONU.

Il y aura vote et reconnaissance c’est certain. Mais il n’y aura pas d’unanimité. Revue diplomatique des positions des Etats.

Ceux qui voteront pour :

– L’Europe arrive sans position commune. Sur 27 membres, treize voteront en faveur du projet de résolution : Espagne, Autriche, Danemark, Belgique, Chypre, Finlande, Grèce, Irlande, Luxembourg, Malte, Slovénie, Italie et France.

A noter que la France a longtemps hésité. Pour comprendre cette hésitation, lire le papier de notre journaliste René Backmann.

– La Russie va voter en faveur de l’attribution à la Palestine d’un statut rehaussé d' »Etat observateur non-membre » à l’ONU, a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

– La Suisse votera pour le statut d’Etat observateur à l’ONU pour la Palestine, a annoncé le gouvernement. Selon le Conseil fédéral, « ce changement de statut, qui passe d’entité avec un statut d’observateur à celui d’Etat observateur, doit permettre de revitaliser le concept de la solution à deux Etats dans la perspective des négociations de paix israélo-palestiniennes ».

– Sans surprise, les Etats arabes soutiennent la demande de la Palestine

– Une grande partie des Etats africains et Sud-américains sont aussi derrière ce projet de résolution.

Ceux qui voteront contre :

– Israël et les Etats-Unis, évidemment voteront contre. Pour Washington et Israël, seule la négociation directe peut mener à la création d’un Etat palestinien. « Le chemin vers une solution à deux Etats qui satisferait les aspirations des Palestiniens passe par Jérusalem et Ramallah, et non par New York », a réaffirmé la secrétaire d’Etat Hillary Clinton.

Ce qui inquiète Israéliens et Américains, mais aussi les Britanniques, c’est la possibilité qu’auraient désormais les Palestiniens de rejoindre la Cour pénale internationale et d’y porter plainte contre Israël. Des responsables palestiniens ont évoqué cette hypothèse si Israël poursuit sa politique de colonisation en Cisjordanie.

– Le Canada, fidèle allié des USA, votera contre.

Ceux qui vont s’abstenir :

– Dans cette Europe en ordre dispersé, l’Allemagne va s’abstenir lors de ce vote. « L’Allemagne partage l’objectif d’un Etat palestinien (mais) selon nous, on peut douter du fait que l’étape visée aujourd’hui par les Palestiniens serve le processus de paix », a expliqué le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle. « Le gouvernement allemand « craint que (ce vote) mène au contraire à un durcissement » du conflit entre Israël et l’Autorité palestinienne.

– Même discours du côté des Britanniques. Londres s’abstiendra lors du vote sur le statut d’Etat observateur à l’ONU pour la Palestine, à moins que ses conditions ne soient remplies, notamment le retour immédiat des Palestiniens à la table des négociations, a annoncé le chef de la diplomatie britannique.

« Nous sommes ouverts à l’idée de voter en faveur de la résolution si nous voyons que les Palestiniens fournissent publiquement des garanties » sur plusieurs points, notamment leur retour immédiat et sans conditions à la table des négociations, a dit William Hague devant les députés britanniques. « En l’absence de ces assurances, le Royaume-Uni s’abstiendra lors du vote », a-t-il ajouté.

– Les Etats baltes : Lettonie, Lituanie, Estonie. « Il est dommage que l’UE ne soit pas parvenue à une position commune concernant le vote sur un statut d’Etat observateur à l’ONU pour la Palestine. La Lettonie va s’abstenir », a écrit le ministre letton des Affaires étrangères Edgars Rinkevics sur Twitter.

« L’Estonie soutient une solution à deux Etats pour Israël et la Palestine comme beaucoup de pays de l’UE et restera neutre, a déclaré Urmas Paet, le chef de la diplomatie estonienne. La présidente lituanienne Dalia Grybauskaite avait annoncé la même décision mercredi : « Etant donné que l’UE n’a pas adopté de position commune sur le vote – d’après nos informations, quelque neuf pays membres soutiennent le statut d’observateur pour la Palestine et les autres vont s’abstenir, la Lituanie va aussi s’abstenir ».

Menaces de sanctions

Reste encore nombre d’inconnues. Notamment dans l’Union Européenne. Sans position commune, outre ceux qui ont déjà donné la teneur de leur vote, qui s’abstiendra ? Qui votera contre ?

Israël et les Etats-Unis ont, en tout cas, brandi la menace de sanctions en cas de vote positif. Le Congrès pourrait ainsi refuser de verser 200 millions de dollars d’aide promis aux Palestiniens. Israël pourrait bloquer les taxes qu’il perçoit pour le compte de l’Autorité palestinienne, réduire le nombre de permis de travail pour les Palestiniens, voire abroger les accords de paix d’Oslo de 1993.

En compensation, la Ligue arabe a promis aux Palestiniens un « filet de sécurité » de 100 millions de dollars par mois.

Voir également:

Anniversaire à l’ONU

Richard Prasquier

Président du CRIF

Aujourd’hui, 29 novembre 2012 est le 65e anniversaire de la Résolution 181 adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies, qui avait adopté par 33 voix pour, 13 voix contre (notamment tous les états arabes) et 10 abstentions les recommandations de la Commission pour le partage de la Palestine en deux États, un juif et un arabe.

Aujourd’hui l’Assemblée Générale des Nations Unies va voter en faveur de la transformation de la Palestine comme État observateur. Le résultat ne fait pas de doute. La symbolique des dates non plus.

Ce sera une violation des accords d’Oslo de 1995 auxquels l’ONU avait apposé sa signature et dans lesquels toute initiative unilatérale de changement de statut était interdite: “Aucune partie ne prendra d’initiative qui pourrait changer le statut de la Cisjordanie ou de la bande de Gaza tant que des négociations n’auront pas déterminé les modalités d’un statut permanent ».

Ces négociations sont aujourd’hui au point mort. Mahmoud Abbas a systématiquement refusé de les reprendre, en les faisant dépendre d’exigences unilatérales inédites et inacceptables pour la partie israélienne. Il avait refusé il y a quelques années les propositions du Premier ministre Ehud Olmert. Il a choisi de passer par la voie internationale après un échec au Conseil de Sécurité l’an dernier, sans même que le veto américain n’ait eu à s’exercer. Chacun sait que cette voie mènera à l’impasse, au-delà des espoirs suscités par un bref effet d’annonce. Les désillusions opposées seront un boulevard pour les violents d’un côté et les méfiants de l’autre.

Alors à quoi bon ? Acter la nécessité d’un État palestinien ? Réparer l’injustice historique d’un 29 novembre par un autre 29 novembre? Mais c’est uniquement le refus arabe de 1947 et l’occupation par la Jordanie de terres qui auraient dû faire partie de cet État qui ont empêché la création d’un État palestinien, dont Israël a lui-même admis l’existence en tant que résultat d’accords bilatéraux.

Sauver le soldat Abbas, le modéré, face aux « durs du Hamas » en lui donnant, enfin, un succès symbolique ? On a beaucoup entendu cet argument pour justifier certains votes, y compris celui de notre pays. Mais que se passera-t-il quand des élections, retardées depuis longtemps, ou un coup de force amèneront au pouvoir en Cisjordanie, le Hamas, organisation terroriste prônant sans ambages la disparition de l’État d’Israël et, accessoirement, l’extermination des Juifs ? Dégradera-t-on la Palestine du Hamas de son statut d’État observateur ? Évidemment non. On arguera des nécessités de la realpolitik et on tentera de faire passer le Hamas pour une organisation respectable. Une couleuvre de plus… En attendant, la Palestine sera un État sans frontières définies, sans unité de gouvernement, sans doctrine commune, dont le chef officiel n’a pris strictement aucune part aux attaques terroristes orchestrées contre Israël il y a quelques semaines par les dirigeants de Gaza. Qu’en sera-t-il si le conflit se réanime ? Le chef de l’État observateur de Palestine devra-t-il être considéré comme entièrement irresponsable de ce qui se passe sur une partie majeure du territoire qu’il revendique, mais où il ne peut pas mettre les pieds?

Voter pour un État palestinien aujourd’hui, ce n’est pas aider Mahmoud Abbas aujourd’hui pour ne pas avoir le Hamas demain, c’est voter pour se préparer à avoir le Hamas demain.

Mais le soldat Abbas lui-même a-t-il vraiment été si « modéré » ces derniers mois ? A-t-il accepté de mettre un terme à la haine d’Israël, et très souvent à la haine des Juifs, qui se diffuse par ses médias et les déclarations de dirigeants, à commencer par le Mufti de Jérusalem, nommé par lui ? A-t-il reconnu devant son peuple que en dehors des chrétiens et des musulmans, il y avait une autre tradition religieuse pour laquelle Jérusalem jouait un certain rôle ?

A-t-il enfin accepté de mettre un frein aux possibilités que lui donnerait le nouveau statut pour engager des poursuites légales internationales ? Les experts discutent de ces sujets complexes, entre la Cour Internationale de Justice qui ne peut être mise en branle que dans des conflits entre États qui ont ratifié son statut (ce qui n’est pas le cas d’Israël) ou de la Cour Pénale internationale, dont la nouvelle Procureure, la gambienne Fatou Bensouda serait disposée, dit-on, disposée à procéder sans même être mise en action par une initiative du Conseil de Sécurité (où s’exercerait le veto américain).

En tout cas, dans son discours du 21 septembre 2011 à l’Assemblée Générale des Nations Unies, Nicolas Sarkozy avait plaidé en faveur d’un statut d’État pour la Palestine, à condition qu’il soit précédé de négociations sans conditions préalables et à la condition que ce nouveau statut ne soit pas utilisé pour « recourir à des actions incompatibles avec la poursuite des négociations», autrement dit des actions juridiques internationales.

Le Président François Hollande a clairement indiqué que l’important était d’entamer des négociations entre les protagonistes et il a marqué sa réticence devant des actions unilatérales et intempestives. La confirmation que la France exigerait des Palestiniens qu’ils ne s’engagent pas dans des procédures juridiques contre Israël, évidemment incompatibles avec des négociations, a été assurée à plusieurs reprises.

Et maintenant qu’en est-il ? Les promesses n’engagent-elles vraiment que ceux qui y croient ? Les déclarations violentes de Mahmoud Abbas à la tribune de l’ONU l’an dernier, accusant Israël de tous les méfaits et invoquant toutes les instances judiciaires, participaient pleinement d’une option de recherche de délégitimation d’Israël. Rien n’indique évidemment que cette démarche aurait du succès. Mais rien, absolument rien, n’indique que Mahmoud Abbas ait changé et qu’il ait donné la moindre garantie à ce sujet.

Mais tout indique, s’il se confirme que la France votera en faveur de l’admission de la Palestine comme État observateur à l’ONU, que notre politique étrangère se contente de bien peu pour complaire à une doxa qui se prétend pro-palestinienne et qui, en l’occurrence, n’est que anti-israélienne.

Voir aussi:

Les Baltes s’abstiendront sur le statut d’observateur de la Palestine

29 novembre 2012

La Présidente de Lituanie Dalia Grybauskaite avec le Premier ministre irlandais et la chancellière allemande, au sommet européen du 18 octobre 2012.

Prague a de son côté annoncé qu’elle voterait contre la résolution soumise par Mahmoud Abbas.

Les trois pays baltes, la Lettonie, la Lituanie et l’Estonie, vont s’abstenir lors du vote visant à donner un statut d’Etat observateur à l’Onu pour la Palestine, l’UE n’ayant pas réussi a élaborer une position commune sur cette question, ont annoncé jeudi les chefs de diplomatie de ces pays.

«Il est dommage que l’UE ne soit pas parvenue à une position commune concernant le vote sur un statut d’Etat observateur à l’Onu pour la Palestine. La Lettonie va s’abstenir», a écrit le ministre letton des Affaires étrangères Edgars Rinkevics sur Twitter.

«L’Estonie soutient une solution à deux Etats pour Israël et la Palestine comme beaucoup de pays de l’UE et restera neutre», a déclaré Urmas Paet, le chef de la diplomatie estonienne avant le vote à New York.

La présidente lituanienne Dalia Grybauskaite avait annoncé la même décision mercredi. «Etant donné que l’UE n’a pas adopté de position commune sur le vote – d’après nos informations, quelque neuf pays membres soutiennent le statut d’observateur pour la Palestine et les autres vont s’abstenir, la Lituanie va aussi s’abstenir», avait-t-elle déclaré.

La République tchèque votera quant à elle contre la résolution, a annoncé le ministère tchèque des Affaires extérieures.

«Notre objectif qui est d’avoir l’Etat d’Israël et un Etat contigu, indépendant, démocratique et viable de Palestine, vivant en paix et en sécurité, ne peut être atteint que par un processus de négociations directes», a précisé le ministère dans un communiqué. «Nous ne sommes pas d’accord avec des mesures unilatérales qui pourraient entraver ou compromettre le processus de paix conduisant à la solution de deux Etats», a-t-il ajouté.

La République tchèque rejoint ainsi les Etats-Unis, Israël et d’autres pays ayant déjà annoncé qu’ils voteraient contre cette résolution. L’Union européenne a rappelé jeudi qu’elle soutenait la création d’un Etat palestinien, alors que les Européens n’ont pas réussi à adopter une position commune : certains Etats comme la France, l’Italie et l’Espagne voteront oui, d’autres comme l’Allemagne et le Royaume-Uni s’abstiendront.

Le président palestinien Mahmoud Abbas soumettra au vote de l’Assemblée générale de l’ONU, à partir de 20h GMT un projet de résolution octroyant à la Palestine, actuellement «entité» observatrice, le statut «d’Etat observateur non membre».

Les Palestiniens cherchent à recueillir la majorité simple requise pour l’adoption de la résolution parmi les 193 pays membres, malgré l’opposition des Etats-Unis, Israël et certains pays européens. L’enjeu est davantage dans l’ampleur de la victoire palestinienne et dans les conséquences sur le terrain et au sein de l’ONU.

(AFP)

Voir encore:

La France en retrait sur la question palestinienne

Le JDD

14 novembre 2012

Le président français a rappelé mardi qu’il ne soutenait pas l’initiative du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de faire de la Palestine un Etat non-membre de l’ONU. Sur ce sujet, François Hollande, qui estime que la création d’un Etat palestinien ne passera que par une reprise des négociations, est plus en recul que Nicolas Sarkozy.

La position de la France a évolué. Interrogé mardi lors de sa conférence de presse à l’Elysée, François Hollande est resté nuancé sur la question palestinienne, évoquant les « risques » de la démarche de l’Autorité aux Nations unies. A la demande de Mahmoud Abbas, les Palestiniens ont prévu de demander le 29 novembre à l’Assemblée générale de l’ONU une élévation de leur statut, pour passer « d’entité observatrice » à Etat non-membre. Le dirigeant avait revu à la baisse fin septembre ses ambitions par rapport à 2011, où il avait déposé la demande d’adhésion d’un Etat membre, en vain.

Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la France avait justement encouragé il y a un an les Palestiniens à demander ce statut d’Etat non-membre plutôt que celui de membre à part entière, impossible à obtenir d’un Conseil de sécurité divisé. En octobre 2011, Paris avait aussi voté pour l’admission de la Palestine à l’Unesco.

Le statu quo? « Une impasse »

Mardi, François Hollande a exposé une position plus modérée. « S’il y a une résolution, la France la regardera dans son contenu et prendra la position qui lui paraîtra la meilleure, avec des risques que nous dirons à nos amis palestiniens », a déclaré le président à la presse. Ces risques, a-t-il expliqué sans les détailler, « c’est que les Américains peuvent aussi avoir des mesures de rétorsion, et sans que ça fasse avancer la cause de la négociation entre Israël et la Palestine ».

La position de François Hollande a-t-elle elle-même évolué? En juin, à l’issue d’un entretien avec Mahmoud Abbas, le chef de l’Etat avait insisté pour dire que les négociations étaient la seule « démarche ». Lors de son discours à l’Assemblée générale de l’ONU, fin septembre, le chef de l’Etat affirmait encore que « le statu quo que nous connaissons n’est pas une réponse, c’est une impasse ». « La France contribuera de toutes ses forces à restaurer les bases d’une négociation devant déboucher sur la coexistence des deux Etats », avait-il ajouté.

La vidéo (à partir de 8’15 »)

Candidat, Hollande voulait « amplifier les efforts » de la France

Durant sa campagne, le socialiste répétait cette position. « Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l’Etat palestinien », écrivait-il dans son programme électoral. Le candidat avait également promis de prendre « des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine ».

En décembre 2011, lors d’une rencontre avec Mahmoud Abbas, François Hollande avait dit connaître les « efforts de la France aujourd’hui pour permettre à l’Etat palestinien d’être reconnu ». « Si je deviens demain le prochain président de la République, je continuerai les efforts, je les amplifierai pour que nous puissions avoir enfin cet accord de paix qui a trop tardé à être conclu », disait-il. Mais le socialiste était plus sceptique sur la démarche onusienne. « J’ai compris que le président Abbas était plutôt pour une forme de réflexion avant d’aller éventuellement vers l’Assemblée générale des Nations unies. Je pense que cette démarche de réflexion est la bonne », disait-il.

Les négociations au point mort

Lors de la visite de Benjamin Netanyahou en France fin octobre, François Hollande s’était déjà fait critique sur la démarche de Mahmoud Abbas aux Nations unies. « Il y a la tentation pour l’Autorité palestinienne d’aller chercher à l’Assemblée générale de l’ONU ce qu’elle n’obtient pas dans la négociation », regrettait-il. Le socialiste appelait aussi les Israéliens et Palestiniens à se mettre autour d’une table pour une « reprise sans condition des négociations » sur le processus de paix, ce que souhaitait Benjamin Netanyahou.

Pour l’heure toutefois, les pourparlers entre les deux parties sont au point mort, chacun se renvoyant la responsabilité sur le blocage de la situation. La tension s’est même accrue ces derniers jours : l’armée israélienne a tué mercredi dans un raid le chef des opérations militaires du Hamas, Ahmad Jabbari, et a promis une opération militaire contre les groupes armés dans la bande de Gaza.

C’est dans ce contexte que François Hollande recevra prochainement, probablement en fin de semaine, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. « Je lui dirai que tout doit être fait pour qu’il y ait d’abord la négociation directe », a-t-il affirmé mardi. A l’inverse, le dirigeant palestinien espère convaincre le Français sur sa demande déposée à l’ONU. Car si le vote semble acquis aux Nations unies, une majorité simple étant requise, il aura moins de poids sans appui européen.

Arnaud Focraud – leJDD.fr

Voir enfin:

‘No’ to Palestinian Statehood

The U.S. should cut funding to the Palestinian Authority if it proceeds with U.N. statehood.

Brett D. Schaefer & James Phillips

National Review

November 29, 2012

The U.N. General Assembly is expected to vote today on a proposal to elevate the status of the Palestinian Authority. The PA is currently a permanent-observer “entity.” It is seeking to become a permanent-observer “non-member state.” Last year, the Obama administration blocked the PA’s bid for full U.N. membership by threatening to use the U.S.’s Security Council veto, asserting that “efforts to delegitimize Israel will end in failure. Symbolic actions to isolate Israel at the United Nations in September won’t create an independent state.”

A unilateral declaration of Palestinian statehood would undermine all internationally accepted frameworks for peace, including U.N. Security Council Resolution 242 and the U.N.-sponsored Road Map for Peace, as well as other U.N. statements that call for a Palestinian state and delineation of borders through a negotiated mutual agreement with Israel. Diplomatically and rhetorically, the Palestinians would portray elevated status in the U.N. as validation of their unilateral declaration of statehood and use it to circumvent bilateral negotiations with Israel. This effort threatens both U.S. and Israeli interests, and the administration is right to oppose it.

Moreover, if successful, the Palestinians could exploit their status as a non-member state to demand participation in international organizations in a manner consistent with that of other non-member states. The Palestinian Authority could then use the recognition of it by these organizations to launch diplomatic, political, and legal challenges to Israel. For instance, in 2009 the Palestinians asked the International Criminal Court (ICC) to extend its jurisdiction to the Palestinian territories and to investigate crimes allegedly committed by Israel. Earlier this year, the ICC prosecutor concluded that he does not have authority to initiate an investigation because the issue of Palestinian statehood is in question. The Palestinians would likely use their new status in the General Assembly to apply for membership in the ICC, which would obviate the organization’s previous determination. Even without ICC membership, GA recognition of statehood would influence the organization.

Unfortunately, the Palestinian Authority has strong support in the General Assembly, with well over 100 countries publicly recognizing “Palestine” as a state. And its support could be much higher even than that, as countries such as France, which does not currently recognize “Palestine,” have stated that they will also vote in favor.

Even the United Kingdom, one of America’s closest allies, has offered to vote in favor if the Palestinian Authority agrees to resume peace negotiations with Israel without preconditions, immediately, and agrees not to seek membership in the ICC or the International Court of Justice or to pursue war-crimes charges against Israel.

The British tactic is Pollyannaish. Even if the PA agrees to these conditions, there is no way to enforce their compliance once they are granted elevated status. Indeed, history is replete with examples of the Palestinians’ having pocketed a concession while failing to honor their pledges.

The Palestinian effort to use the U.N. to bolster its unilateral statehood claim is a serious threat to U.S. interests and undermines all internationally accepted frameworks for peace. If the vote on elevating the status of the Palestinian Authority in the General Assembly is held today, it is almost certain to succeed.

Over the past few months, the U.S. threatened to cut assistance to the PA in an effort to convince it to pull back. Undaunted, the Palestinians seem determined to proceed. Considering the administration’s efforts to restore funding to UNESCO even after UNESCO granted membership to the PA, the Palestinians likely doubt that the U.S. will follow through.

If the Obama administration proves them right by failing to act, it will encourage the Palestinians to undertake even rasher actions, both in diplomacy and in military affairs .

And so, if the Palestinian Authority proceeds, the Obama administration and Congress should respond immediately, in a direct and targeted fashion. Specifically, the U.S. should cut economic assistance to the Palestinian Authority and all funding for the United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East (UNRWA).

Moreover, the U.S. must maintain and enforce current law prohibiting funding to organizations that grant recognition of the Palestinians in the absence of a peace treaty between the Palestinian Authority and Israel.

Weakening or eliminating current law, as the Obama administration has sought to do, would effectively encourage these organizations to recognize the Palestinians as a state. Representatives Ileana Ros-Lehtinen (R., Fla.) and Brad Sherman (D., Calif.) authored a bipartisan letter of opposition to the administration’s effort to waive or amend the law, arguing that “weakening U.S. law . . . would undermine our interests and our ally Israel by providing a green light for other U.N. bodies to admit ‘Palestine’ as a member.”

The Palestinians’ effort to use the U.N. and its affiliated organizations to bolster its unilateral statehood claims is a deliberate attempt to isolate Israel and avoid concessions that would be necessary in negotiating a peace agreement with it. If the U.S. fails to act, it would send an unmistakable signal of weakness that would undermine its credibility for the remainder of President Obama’s term.

— Brett D. Schaefer is the Jay Kingham Fellow in International Regulatory Affairs at the Heritage Foundation. James Phillips is senior research fellow for Middle Eastern affairs at the Heritage Foundation.


Antisémitisme: La continuation du génocide par d’autres moyens (Academic antisemitism: When in doubt, fabricate)

28 novembre, 2012
Who can challenge the rights of the Jews on Palestine? Good Lord, historically it is really your country. (…) Good Lord, the world is vast enough, there are still uninhabited countries where one could settle millions of poor Jews who may perhaps become happy there and one day constitute a nation. That would perhaps be the best, the most rational solution to the Jewish question. But in the name of God, let Palestine be left in peace. Khalidi Yusuf Dia al-Khalidi (letter to Rabbi Zadok Khan, the chief rabbi of France, 1899)
 The Jews left Palestine 2,000 years ago and should now go to other parts of the world, where there are wide vacant places. Mufti Haj Amin al-Husseini (to the British, November 1936)
There are no more uninhabited islands in the world (…) The whole earth has been allocated (…) [It is said that] if homeless Jewry demands Palestine for itself it is ‘immoral’ because it does not suit the native population. Such morality may be accepted among cannibals, but not in a civilized world. (…) It is an act of simple justice to alienate part of their land from those nations who are numbered among the great landowners of the world, in order to provide a place of refuge for a homeless, wandering people.  Ze’ev Jabotinsky ([i.e., the Jews]. (« The Ethics of the Iron Wall », 1923)
De façon à que nous puissions envoyer un message à toutes les terres où la race juive a été dispersée, un message qui leur indiquera que la Chrétienté n’est pas oublieuse de leur foi, du service qu’ils ont rendu aux grandes religions du monde et surtout à la religion que la majorité de Vous mes Lords professent, et que nous désirons autant que possible leur donner cette occasion de développer… ces grands cadeaux que jusqu’ici ils ont été contraints de faire fructifier dans des pays qui ne connaissent pas leur langue et n’appartiennent pas à leur race ? Tel est l’idéal que je désire voir accompli, tel est le but qui se trouve à la racine de la politique que j’essaie de défendre ; et bien que celle-ci soit défendable en effet à tous les niveaux, tel est le principal motif qui anime mon action. Lord Balfour (Discours à la Chambre des Lords, 1922)
La paix véritable, globale et durable viendra le jour où les voisins d’Israël reconnaîtront que le peuple juif se trouve sur cette terre de droit, et non de facto. (…) Tout lie Israël à cette région: la géographie, l’histoire, la culture mais aussi la religion et la langue. La religion juive est la référence théologique première et le fondement même de l’islam et de la chrétienté orientale. L’hébreu et l’arabe sont aussi proches que le sont en Europe deux langues d’origine latine. L’apport de la civilisation hébraïque sur les peuples de cette région est indéniable. Prétendre que ce pays est occidental équivaut à délégitimer son existence; le salut d’Israël ne peut venir de son déracinement. Le Moyen-Orient est le seul « club » régional auquel l’Etat hébreu est susceptible d’adhérer. Soutenir cette adhésion revient à se rapprocher des éléments les plus modérés parmi son voisinage arabe, et en premier lieu: des minorités. Rejeter cette option, c’est s’isoler et disparaître. Israël n’a pas le choix. Masri Feki
The right of return of the refugees (…) would be the end of a Jewish state in our region. Ghada Karmi
We call for the British government to acknowledge publicly the responsibility of previous British administrations from 1917 to 1948 for the catastrophe that befell the Palestinians, when over threequarters were expelled deliberately and systematically by the zionist army. Most of them remain refugees today without redress. The truth about their expulsions is still not officially established, since Israel officially denies any responsibility for it. Ghada Karmi
The debates about the justice of re-establishing a Jewish state in the Middle East are likely to continue for as long as the Arab-Israeli conflict persists. There is nothing to be gained in such discussions, however, from relying on baseless stories and on fabrications, as have Ghada Karmi and Ingmar Karlsson. The disagreements involving the Land of Israel/Palestine are complex enough without adding unsubstantiated stories into the mix. Shai Afsai
Le livre manque mystérieusement de références. La citation du titre « La mariée est belle mais elle a déjà un mari » n’existe pas dans aucune source primaire sioniste. C’est un un plagiat du titre d’un livre de Ghada Karmi « Mariée à un autre homme. » En 2010 Karmi a admis que l’expression destinée à faire que croire que les sionistes étaient voleurs de terres n’était pas fondée. Lisa Abramowicz

A l’heure où, déniant à Israël le droit de se défendre, la Patrie autoproclamée des droits de l’homme, a de nouveau brillé par son insensibilité à la souffrance tant des populations israéliennes que palestiniennes …

Et se prépare à appuyer la demande d’entrée à l’ONU d’un mouvement revendiquant explicitement la disparition de l’Etat israélien

Retour, au lendemain du 95e anniversaire de la Déclaration Balfour et d’un nouvel épisode d’envoi de roquettes et de missiles, par le mouvement terroriste palestinien Hamas, sur la population israélienne …

Sur deux livres d’intellectuels européens, la Palestino-britannique Ghada Karmi et l’ancien diplomate suédois Ingmar Karlsson

Recourant tous deux, comme le montre bien l’historien israélien Shai Afsai, non seulement à l’utilisation de sources douteuses mais appelant explicitement eux aussi, via le concept d’état unique prétendument « binational » », à ce qui revient de fait à un génocide …

Zionism and the ‘Married to Another Man’ Story

Shai Afsai

August 26, 2012

In the introduction to his popular and influential history of the Arab-Israeli conflict, The Iron Wall: Israel and the Arab World (2000), Oxford University Professor Avi Shlaim tells the following story: « The publication of [Theodore Herzl’s] The Jewish State evoked various reactions in the Jewish com­munity, some strongly favorable, some hostile, and some skeptical. After the Ba­sel Congress [i.e., the First Zionist Congress in 1897,] the rabbis of Vienna sent two representatives to Palestine. This fact finding mission resulted in a cable from Palestine in which the two rabbis wrote, ‘The bride is beautiful, but she is married to another man.' »

While the story lacks a primary source and there has been no basis for recounting it as a historical event that occurred during the early years of the Zionist movement, versions of it continue to appear in a host of books and articles. University of Exeter Professor Ghada Karmi, for instance, based the title of her 2007 Married to Another Man: Israel’s Dilemma in Palestine — in which she argues for the dissolution of the Jewish state — on the story. More recently, former Swedish diplomat Ingmar Karlsson followed suit with his 2012 anti-Israel work, Bruden är vacker men har redan en man: Sionismen — en ideologi vid vägs ände? (The bride is beautiful but there is already a husband: Zionism — an ideology at the end of the road?)

Regardless of its different details, the « married to another man » story’s central point is often the same. Already in the early years of the Zionist movement, the argument goes, Jews recognized that it would be wrong for them to try to claim the Land of Israel/Palestine, as it was already inhabited by Arabs. Despite this, the Zionists proceeded with their plans for Jewish statehood there. From the outset, therefore, Zionism was resolutely immoral, and at its core the estab­lishment of the state of Israel was an act of willful injustice.

This anti-Zionist potential, inherent in the « married to another man » story, makes it irresistible to certain writers and accounts for much of its literary popularity, despite its lack of historical authenticity. In this way, the sto­ry resembles another commonly repeated anecdote, involving Herzl and his right-hand man Max Nordau, which is meant to demonstrate the Zionist leadership’s early awareness of the immorality of its program: when the prominent Zionist leader Max Nordau first learned that there was a sizable population in Palestine, he ran to Herzl, crying, « I did not know that; but then we are committing an injustice. »

Although the « married to another man » and Herzl/Nordau stories are themselves unsupported, arguments about the justice of Zionism did preoccupy various Jewish and Arab leaders in the late nineteenth and early twentieth centuries, as they do at present. In contrast to much of today’s official anti-Zionist propaganda, Arabs leaders of one hundred years ago or so were quite willing to acknowledge that the Jewish nation had formerly dwelled and thrived in Palestine. Compare that bygone honesty with, for example, former Palestinian Authority Mufti Ikrima Sabri’s May 11, 2012 assertion on Al-Arabiya TV that there are no places holy to the Jews in Jerusalem and that no archeological remains pertaining to Jewish holy places have ever been found there. Those old opponents of Zionism argued, though, that since Arabs currently inhabited the land, Jewish history was immaterial.

In an 1899 letter to Rabbi Zadok Khan (the chief rabbi of France), for instance, Khalidi Yusuf Dia al-Khalidi wrote: « Who can challenge the rights of the Jews on Palestine? Good Lord, historically it is really your country. » Nonetheless, al-Khalidi urged the Jews to look elsewhere for a homeland: « Good Lord, the world is vast enough, there are still uninhabited countries where one could settle millions of poor Jews who may perhaps become happy there and one day constitute a nation. That would perhaps be the best, the most rational solution to the Jewish question. But in the name of God, let Palestine be left in peace. » Even the notorious Mufti Haj Amin al-Husseini later tacitly acknowledged Jewish history in the Land of Israel, urging the British government in November 1936 to look on Palestine as a purely Arab country by arguing that the Jews left Palestine 2,000 years ago and should now go to other parts of the world, where there are wide vacant places.

Zionist leaders, however, argued that Jewish history in the Land of Israel/Palestine was indeed relevant, and that Jews had a right to return to the land of their forefathers and foremothers, and to the cradle of their religion, even if Arabs were currently in the majority there. In his 1923 essay « The Ethics of the Iron Wall, » for example, Ze’ev Jabotinsky wrote: « There are no more uninhabited islands in the world[.] … The whole earth has been allocated[.] … [It is said that] if homeless Jewry demands Palestine for itself it is ‘immoral’ because it does not suit the native population. Such morality may be accepted among cannibals, but not in a civilized world. » Jabotinksy stressed that Arabs possessed immense stretches of land, while the Jews, who were in desperate need of a country, possessed none: « It is an act of simple justice to alienate part of their land from those nations [i.e., the Arab peoples] who are numbered among the great landowners of the world, in order to provide a place of refuge for a homeless, wandering people [i.e., the Jews]. »

The debates about the justice of re-establishing a Jewish state in the Middle East are likely to continue for as long as the Arab-Israeli conflict persists. There is nothing to be gained in such discussions, however, from relying on baseless stories and on fabrications, as have Ghada Karmi and Ingmar Karlsson. The disagreements involving the Land of Israel/Palestine are complex enough without adding unsubstantiated stories into the mix.

Shai Afsai’s article « ‘The bride is beautiful, but she is married to another man’: Historical Fabrication and an Anti-Zionist Myth » appears in the latest issue of Shofar: An Interdisciplinary Journal of Jewish Studies.

Voir aussi:

Le bestseller anti-israélien d’un diplomate et théologien suédois

Philosémitisme

21 août 2012

« Ce livre est l’une des attaques les plus fanatiques et haineuses contre l’Etat juif que j’ai lus ces dernières années. » Annika

Des milliers de livres, essais, articles, reportages, blogs, conférences, cours, colloques, films etc qui attaquent les Juifs, les Juifs israéliens et Israël sont publiés et organisés chaque année en Europe. La communauté juive européenne est incapable d’organiser une parade contre ce tsunami de haine qui défigure l’Europe depuis des centaines d’années.

Source: Ynet, un article (Getting away with anti-Semitism) de Lisa Abramowicz, secrétaire générale du Centre d’information Suède-Israël

Ingmar Karlsson est un ancien diplomate de haut rang (ambassadeur) et un membre éminent de la société suédoise. Il a écrit un livre sur le sionisme farci de citations fausses et tronquées attribuées aux fondateurs du sionisme (La mariée est belle mais elle a déjà un mari. Le sionisme – la fin de la route?). L’auteur fait taire les critiques en utilisant des méthodes antidémocratiques. Cette histoire doit être envisagée dans le contexte de la situation qui prévaut en Suède où des préjugés anti-israéliens et anti-juifs sont très répandus. L’ouvrage est devenu un best-seller.

On a beaucoup glosé sur Ilmar Reepalu, le maire de Malmö, sur ses déclarations antisémites et son incapacité à contrôler le sentiment antisémite dans certains secteurs de l’importante population musulmane de la ville. Or les musulmans extrémistes ont une influence négligeable dans la société suédoise. Par contre ceux qui sont impliqués directement ou indirectement dans la publication de l’ouvrage d’Ingmar Karksson, à savoir ses éditeurs, le ministère des Affaires étrangères, les médias, les milieux universitaires et les leaders d’opinion ont beaucoup d’influence.

Quand le maire Ilmar Reepalu accuse à tort la communauté juive d’être « infiltrée » par un parti ultranationaliste aux racines nazies ou que le social-démocrate Adrian Kaba explique dans un éditorial qu’il y a une « conspiration judéo-européenne d’extrême-droite », ils ne mettent nullement en péril leur situation sociale et professionnelle. En général il suffit de remplacer le mot « Juifs » par « Israël » ou « sionisme » et le tour est joué. L’accent est mis sur le langage plutôt que sur la vision du monde que le langage communique et qui influe grandement sur les décisions politiques comme sur d’autres types d’action.

En revanche, il est pratiquement impossible de publier des analyses sur la manière dont l’antisémitisme est projeté sur le seul pays où vit une majorité juive. Même l’un des éditorisalistes suédois les plus progressistes a éprouvé le besoin de mentionner « les atrocités commises par Israël » dans un article sur l’antisémitisme meurtrier du terroriste français Mohamed Merah.

Cet état d’esprit explique en partie pourquoi les médias n’ont pas interpellé Karlsson, ses éditeurs, le ministère des Affaires étrangères, les établissements universitaire sur ses faux antisémites et ses tentatives éhontées pour étouffer la critique.

Karlsson est un diplomate de haut rang retraité récipiendaire de deux doctorats honorifiques. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et est Senior Fellow et membre du conseil du Centre d’études du Moyen-Orient de l’Université d’État de Lund. Le Centre est partiellement subventionné par le ministère des Affaires étrangères, l’ancien employeur de Karlsson. Son dernier livre couvre la soi-disante l’histoire du sionisme et propose un « Etat parallèle » – bi-national – qui constituerait la solution au conflit israélo-palestinien. Cette solution est également promue par le Centre.

Le livre manque mystérieusement références. La citation du titre « La mariée est belle mais elle a déjà un mari » n’existe pas dans aucune source primaire sioniste. C’est un un plagiat du titre d’un livre de Ghada Karmi « Mariée à un autre homme. » En 2010 Karmi a admis que l’expression destinée à faire que croire que les sionistes étaient voleurs de terres n’était pas fondée. Malgré des lacunes évidentes, l’ouvrage de Karlsson se vend bien et a été favorablement accueilli par la plupart des critiques, alors que d’autres l’ont trouvé déséquilibré, manquant de connaissances, et que le contexte historique est malveillant.

Torbjörn Jerlerup, un blogueur libéral et anti-raciste, a publié une analyse approfondie sur le manque de sérieux de l’ouvrage. Contrairement aux travaux de Karlsson, ceux de Jerlerup sont bien documentés. Il montre hors de tout doute que les propos que Karlsson attribue aux dirigeants sionistes sont des faux glanés sur le Web dans des sites antisémites. Le but de ces falsifications est de faire croire que les anciens dirigeants sionistes ont volontairement sacrifié leurs coreligionnaires à l’antisémitisme donc à la persécution afin d’atteindre leur but – un Etat juif. […] Il y a beaucoup de citations inexactes de Herzl et d’autres sionistes, comme Ben Gourion et Nahum Goldmann, que l’on trouve sur les sites antisémites et que Karlsoon a abondamment utilisées.

De surcroît, dans deux de ses livres précédents, Karlsson a plagié d’autres auteurs. Ses éditeurs, Wahlström & Widstrand, en ont été informés. Néanmoins, ils ont publié le livre sur le sionisme sans tenir compte des objections de leur propre expert. L’éditeur a fait confiance à un auteur peu fiable plutôt qu’à un expert fiable – ou bien ils ont tout simplement décidé qu’un ouvrage attractif (?) de fiction anti-juive serait bien accueilli en termes de ventes par les lecteurs suédois.

En plus de ses falsifications et plagiat, Karlsson a maintes fois utilisé des méthodes non démocratiques pour faire taire ses détracteurs, apparemment en invoquant son « l’immunité diplomatique. »

S’exprimant sur Radio Suède au sujet de son livre, Karlsson a préconisé la « démocratie d’Arafat » par « une majorité arabe » comme la solution préférée au conflit israélo-palestinien. La journaliste indépendante Anna Ekström a répliqué que, compte tenu du niveau de l’antisémitisme dans la région, une minorité juive en Palestine serait en danger de génocide.

Karlsson l’a désapprouvée et accusée de diffamation. Il a demandé ses coordonnées personnelles. Quand l’éditeur d’Anna Ekström a refusé de les lui remettre, il a fait circuler l’idée qu’elle n’existait pas mais qu’elle utilisait un pseudo et faitsait partie d’une conspiration sioniste.

Une ancien correspondant pour le Moyen-Orient de Radio Suède a prétendu que ceux qui critiquaient Karlsson étaient de simples marionnettes d’un leader du « peuple élu ». Dans une entrevue accordée à une publication ultranationaliste raciste, Karlsson a annoncé qu’il était à la recherche d’Ekström. Sans surprise, les lecteurs se sont proposés pour participer à la chasse aux sorcières. Ce mythe a fait le buzz sur des sites extrémistes et Ekström l’objet de menaces. Cependant Ingmar Karlsson n’a déposé aucune plainte contre Anna Ekström.

Karlsson a accusé plusieurs personnes, qui ont défendu le droit de Ekström de ne pas être harcelée par lui, d’être elle-même ou d’écrire en son nom. Les éditeurs d’Ekström ont simplement confirmé qu’elle existait et écrivait sous son propre nom. Mais la réaction dans les médias fut particulièrement faible. C’est la presse norvégienne qui a correctement rapporté cette affaire. Dans Dagens Næringsliv, Bjoern Gabrielsen a souligné le danger que des comportements comme celui de l’ambassadeur Karlsson font peser sur la liberté de la presse, la liberté d’expression et le droit à la sécurité personnelle.

Il y a quelques années, Karlsson a essayé une autre tactique. En 2004, quand il était encore consul général à Istanbul, il a exigé que Cecilia Malmström, l’actuelle commissaire européenne, faisse taire les critiques que son livre sur le Kurdistan avait suscité en « ordonnant » à ses collègues libéraux d’origine kurde de lui présenter des excuses publiques. Aucun suite ne fut donnée.

On aurait pu penser que la manière de procéder peu recommandable de Karlsson serait préjudiciable à sa carrière. Au contraire, sa théorie de la conspiration la plus récente lui a valu un siège au conseil d’administration de l’Union des écrivains suédois. Elle était réservée à un autre écrivain, Torbjörn Elensky. Mais une majorité des membres s’est retournée contre Torbjörn Elensky quand Karlsson a laissé entendre qu’il faisait partie de la « conspiration Ekström », une théorie que certains écrivains ont dû juger crédible.

Ca fait une une semaine que Jerlerup a publié ses conclusions et a envoyé son essai à Ingmar Karlsson, à ses éditeurs, à l’Université de Lund, au ministère des Affaires étrangères et aux principaux journaux suédois, aucun de ces acteurs-clés n’a réagi à ce qui devrait être considéré comme un scandale.


Gaza: Lequel te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ? (Gaza’s latest war shows off French exception in all its misery)

24 novembre, 2012
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https://i1.wp.com/f1.movinstream.com/uploads/videos/GwcSnmYithf.jpg
Et qui est mon prochain ? Jésus reprit la parole, et dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s’en allèrent, le laissant à demi mort. Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre. Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l’ayant vu, passa outre. Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit. Il s’approcha, et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l’hôte, et dit : Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ? C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et Jésus lui dit : Va, et toi, fais de même. Jésus (Luc 10 : 25-37)
Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli;j’étais nu, et vous m’avez vêtu; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi.Les justes lui répondront: Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire?Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli; ou nu, et t’avons-nous vêtu?Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi?Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites.Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. Car j’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger; j’ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire; j’étais étranger, et vous ne m’avez pas recueilli; j’étais nu, et vous ne m’avez pas vêtu; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.Ils répondront aussi: Seigneur, quand t’avons-nous vu ayant faim, ou ayant soif, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne t’avons-nous pas assisté?Et il leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous n’avez pas fait ces choses à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne les avez pas faites. Jésus (Matthieu 25: 35-45)
La charge, ou le poids ou le fardeau de la gloire de mon voisin devrait être portée tous les jours sur mon dos, une charge si lourde que l’humilité seule peut la porter et que le dos des orgueilleux en est rompu. C’est une chose sérieuse de vivre dans une société de possibles dieux et déesses, se rappeler que la personne la plus ennuyeuse et la plus inintéressante à qui vous parlez pourrait un jour être une créature qui, si vous pouviez la voir maintenant, vous seriez fortement tentés de l’adorer, ou bien une horreur et une corruption telle que vous ne pourriez à présent rencontrer, si cela était possible, que dans un cauchemar. Tout au long de la journée nous nous aidons, dans une certaine mesure, à atteindre l’une ou l’autre de ces destinations. C’est à la lumière de ces écrasantes possibilités, c’est avec la crainte et la circonspection propres à celles-ci, que nous devrions considérer tous nos rapports avec l’autre… Il n’y a pas de gens ordinaires. Vous n’avez jamais parlé à un simple mortel. Les nations, les arts, les civilisations sont mortelles, et leurs existences sont par rapport à la notre comme la vie d’un moustique. Mais ce sont avec les immortels que nous jouons, travaillons, que nous épousons, méprisons et exploitons – horreurs immortelles ou splendeurs éternelles…. Cela ne signifie pas qu’il nous faut être perpétuellement solennels. Il nous faut jouer. Mais notre joie doit être de ce genre (et c’est, en fait, le genre le plus joyeux) qui existe entre ceux qui se sont, dès le départ, pris mutuellement au sérieux  — aucune désinvolture, aucune supériorité, aucune présomption. CS Lewis
Ce qui m’a motivé, c’était la parole de Jésus « vous êtes le sel de la terre » qui signifie que vous devez nous engager; vous ne pouvez pas rester dans votre église. Vous devez vous engager dans cette situation; le sel doit être inséré dans la blessure, dans l’endroit qui n’est pas en règle, qui est en difficulté. C’est là où vous devez aller. Cette idée d’engagement dans la politique est une pensée que Jésus a déjà exprimée dans la parabole du bon Samaritain. Quelqu’un a été battu et git là sur le chemin, ceux qui l’ont battu sont partis, et maintenant deux hommes venant du temple s’approchent, détournent la tête et s’en vont. Jésus dit qu’ils sont coupables non parce qu’ils [ont fait quelque chose] – ils n’ont rien fait, ce n’est pas eux qui l’ont battu – mais parce qu’ils ne l’ont pas aidé. Si nous nous contentons de laisser le monde tranquille et ne nous engageons, nous sommes tout aussi coupables que ces deux hommes qui, comme l’a dit Jésus dans cette parabole, se ont détourné les yeux et n’ont pas voulu en entendre parler. Vous devez vous engager parce que vous êtes le sel de la terre. Christian Führer
Je suis heureuse de l’annonce, enfin, d’un cessez-le feu à Gaza, même si la trêve est incertaine et fragile après ces 22 jours d’une riposte israélienne d’une violence inouïe, même si les images insoutenables de ces civils sacrifiés mettront du temps à s’estomper et les blessures innombrables à cicatriser. Puisse le rameau d’olivier l’emporter sur la mitraillette dans cette région abîmée, l’alternative reste indubitablement la même qu’en 1974 lorsque Yasser Arafat prononçait son discours à l’ONU et déclarait « je viens avec un rameau d’olivier dans la main gauche et une mitraillette dans la main droite. Ne faites pas tomber le rameau d’olivier. » Najat Vallaud-Belkacem (18.01.09)
Je suis né dans un pays qui n’existe pas, Je suis né sur une terre qui n’est plus à moi, Une terre occupée, une terre piétinée, Une terre autonome sur le papier, Je suis né sous les You-Yous et les cris de joie, Je suis né après bien d’autres dans le camp trop étroit, La mer était ma frontière, mon sanctuaire, Pour oublier les colons et le blocus et la misère, J’ai grandi bercé au son des récits de l’exil, J’ai grandi au creux des vies suspendues à un fil, Le fil d’un espoir tenace dans l’impasse, Un jour oui la tête haute nous aurons notre place, Nous aurons notre place, nous aurons notre place. J’ai grandi trop, trop, vite entre deuil et oubli, J’ai grandi en tutoyant l’horizon infini, Le sable chaud sous mes pas me portait vers l’au delà, Je serai si grand si fort, on ne verra que moi, J’ai vécu à Gaza sans jamais en sortir, J’ai vécu de jours en jours sans remords ni soupir, Malgré les barbelés le couvre feu les blindés, J’ai chéri au fond de moi le rêve d’en échapper, Le rêve d’en échapper, le rêve d’en échapper. J’ai vécu les vagues humaines de l’intifada, J’ai vécu cortèges et grèves drapeaux à bout de bras, Nous chantions à pleins poumons notre passion, Tandis qu’au dessus de nous paradaient leurs avions, Je suis mort, a-t-on menti, d’une balle perdue, Je suis mort assassiné par un homme inconnu, Qui croyait faire son devoir en tirant dans le brouillard, Sur des ombres ennemies aux armes dérisoires, Je suis mort comme milles autres, mille après mille avant, Je suis mort un soir d’automne, un soir de ramadan, Mais je ne voulais que vivre, vivre libre, Je ne voulais qu’être libre, je ne voulais qu’être libre, Je ne voulais qu’être libre !! Jean-Pierre Filiu (Une vie de moins)
J’étais diplomate, premier conseiller à Damas, et ils avaient fait une tournée régionale avec des dates à Damas et Alep. Nous sommes restés proches depuis cette époque et je leur ai proposé ce texte, qu’ils ont choisi de mettre en musique et en images. C’est une chanson qui raconte l’histoire touchante d’un être humain qui a grandi à Gaza. Chacun y mettra ce qu’il veut. Le seul message, c’est qu’on n’oublie pas Gaza. Pour le reste, il n’y a pas de mode d’emploi. Jean-Pierre Filiu
Le premier symbole auquel s’attaque la chanson est la valeur supérieure de la vie dans le judaïsme avec le titre, « Une vie de moins », qui suggère le peu de cas que les Israéliens feraient de la vie des Palestiniens (comme si une vie de plus ou de moins ne changeait pas véritablement la donne). Ce titre désacralise ainsi l’un des principes fondamentaux du judaïsme en vertu duquel « Celui qui tue un homme tue toute l’humanité ». Richard Pasquier (Crif)
La bande de Gaza accueille aujourd’hui sur 360 km2 un million six cent mille êtres humains. Plus de la moitié des habitants de Gaza ont moins de 18 ans et, dans leur écrasante majorité, ils n’ont jamais pu sortir, même une seule fois, de leur territoire de naissance. Pas une famille n’a été épargnée par la violence : dans chaque foyer de Gaza, au moins un membre a été tué, mutilé, blessé, ou emprisonné en Israël. Malgré cette succession de souffrances, les habitants de Gaza sont d’une hospitalité émouvante et d’une générosité insigne. La seule richesse de Gaza, ce sont ces femmes et ces hommes, attachants et touchants, et cette richesse se livre sans compter.   Les jeunes de Gaza et de Palestine ne veulent au fond rien d’autre que les jeunes de partout ailleurs. Une vie normale, libérée de l’angoisse permanente. Une existence délivrée de l’ombre des milices et de la menace d’Israël. Une vie digne, en sécurité et en paix. Il est temps d’entendre cette génération Palestine et de la comprendre. « Une vie de moins » lui est dédiée. Mediapart
La liberté d’expression a des limites, tout le monde vous le dira. Il est bien sûr légitime de publier des caricatures du Prophète de l’islam, de conspuer l’islam à longueur de colonnes, de considérer les musulmans comme des « ennemis de l’intérieur » qu’il nous faut dénoncer, en revanche, critiquer Israël devient de plus en plus risqué. Dans un article publié le 15 octobre sur le site du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) intitulé « Une chanson qui risque de promouvoir la haine d’Israël chez les jeunes », l’auteur prend à partie la chanson « Une vie en moins », du groupe Zebda, dont les paroles ont été écrites par Jean-Pierre Filiu. Il écrit : « Le premier symbole auquel s’attaque la chanson est la valeur supérieure de la vie dans le judaïsme avec le titre, “Une vie de moins”, qui suggère le peu de cas que les Israéliens feraient de la vie des Palestiniens (comme si une vie de plus ou de moins ne changeait pas véritablement la donne). Ce titre désacralise ainsi l’un des principes fondamentaux du judaïsme en vertu duquel “Celui qui tue un homme tue toute l’humanité”. » Ainsi donc, les auteurs de la chanson ne sont pas seulement des anti-israéliens, mais des antijuifs, soit des antisémites. Accusation qui devient habituelle contre tous ceux qui critiquent la politique de l’Etat d’Israël. L’auteur de ce texte ne réalise pas (ou peut-être, au contraire, le fait-il délibérément) le danger qu’il y a à assimiler Israël aux principes du judaïsme. L’armée israélienne, qui envahit le Liban en juin 1982, qui réprime par la force les Intifadas, qui attaque encore le Liban en 2006, défend-elle les valeurs du judaïsme ? L’Etat qui a utilisé la torture à grande échelle défend-il la valeur supérieure de la vie humaine ? En le prétendant, l’auteur favorise tous les amalgames entre Israël, le judaïsme et les juifs du monde, pris en otage par une politique dont ils ne portent pas la responsabilité. Alain Gresh
C’est le cri d’un enfant de Gaza mort sous les balles d’un soldat israélien. Qui raconte sa vie dans un clip, sous un emballage graphique ciselé. « Je suis né sur une terre qui n’est plus à moi, une terre piétinée, une terre occupée…pour oublier le blocus et la misère, j’ai grandi bercé au son des récits de l’exil. » Et pour finir. « Je suis mort à ce qu’on m’a dit d’une balle perdue, je suis mort assassiné par un homme inconnu qui croyait faire son devoir en tirant dans le brouillard sur des ombres d’ennemis aux armes dérisoires… » Traduisons: Israël, l’occupant qui prend plaisir à piétiner le peuple arabe de Gaza, est un tueur d’enfants. L’accusation des Juifs d’assassiner les enfants trouve ses racines pluriséculaires dans le vieux discours antisémite chrétien, avant de faire les beaux jours du nazisme et d’imprégner aujourd’hui l’islamisme radical. Le martyr Merah, saisissant par les cheveux la petite Myriam Monsonégo, 8 ans, et lui collant le canon de son arme sur le front, rétablit enfin l’injustice faite aux enfants palestiniens. Sylvie Bensaid

Au terme de deux semaines de souffrance du peuple israélien …

Mais aussi, pour le peuple de Gaza, de la part de leurs tortionnaires de dirigeants …

Où, triste exception française, la Patrie autoproclamée des droits de l’homme et sa claque médiatique se sont à nouveau trouvés aux abonnés absents

Quand, intellectuels et artistes en tête, elle ne prend pas part, dans la ville même qui nous donné le tueurs d’enfants juifs Merah, aux pires détournements

Retour, en guise de réponse à la célèbre question du docteur de la loi à Jésus concernant qui était son prochain, sur le fameux sermon du grand apologue du christianisme et disciple de Chesterton CS Lewis

Si vite oublié parce qu’ayant eu la malchance de mourir le même jour que Kennedy et Huxley …

Et dont, surtout du côté français, on ne connait plus que l’oeuvre de fiction pour enfants

The Weight of Glory

C.S. Lewis

Preached originally as a sermon in the Church of St Mary the Virgin, Oxford, on June 8, 1942: published in THEOLOGY, November, 1941, and by the S.P.C.K,

1942

If you asked twenty good men to-day what they thought the highest of the virtues, nineteen of them would reply, Unselfishness. But if you asked almost any of the great Christians of old he would have replied, Love. You see what has happened? A negative term has been substituted for a positive, and this is of more than philological importance. The negative ideal of Unselfishness carries with it the suggestion not primarily of securing good things for others, but of going without them ourselves, as if our abstinence and not their happiness was the important point. I do not think this is the Christian virtue of Love. The New Testament has lots to say about self-denial, but not about self-denial as an end in itself. We are told to deny ourselves and to take up our crosses in order that we may follow Christ; and nearly every description of what we shall ultimately find if we do so contains an appeal to desire. If there lurks in most modern minds the notion that to desire our own good and earnestly to hope for the enjoyment of it is a bad thing, I submit that this notion has crept in from Kant and the Stoics and is no part of the Christian faith. Indeed, if we consider the unblushing promises of reward and the staggering nature of the rewards promised in the Gospels, it would seem that Our Lord finds our desires, not too strong, but too weak. We are half-hearted creatures, fooling about with drink and sex and ambition when infinite joy is offered us, like an ignorant child who wants to go on making mud pies in a slum because he cannot imagine what is meant by the offer of a holiday at the sea. We are far too easily pleased.

We must not be troubled by unbelievers when they say that this promise of reward makes the Christian life a mercenary affair. There are different kinds of reward. There is the reward which has no natural connexion with the things you do to earn it, and is quite foreign to the desires that ought to accompany those things. Money is not the natural reward of love; that is why we call a man mercenary if he marries a woman for the sake of her money. But marriage is the proper reward for a real lover, and he is not mercenary for desiring it. A general who fights well in order to get a peerage is mercenary; a general who fights for victory is not, victory being the proper reward of battle as marriage is the proper reward of love. The proper rewards are not simply tacked on to the activity for which they are given, but are the activity itself in consummation. There is also a third case, which is more complicated. An enjoyment of Greek poetry is certainly a proper, and not a mercenary, reward for learning Greek; but only those who have reached the stage of enjoying Greek poetry can tell from their own experience that this is so. The schoolboy beginning Greek grammar cannot look forward to his adult enjoyment of Sophocles as a lover looks forward to marriage or a general to victory. He has to begin by working for marks, or to escape punishment, or to please his parents, or, at best, in the hope of a future good which he cannot at present imagine or desire. His position, therefore, bears a certain resemblance to that of the mercenary; the reward he is going to get will, in actual fact, be a natural or proper reward, but he will not know that till he has got it. Of course, he gets it gradually; enjoyment creeps in upon the mere drudgery, and nobody could point to a day or an hour when the one ceased and the other began. But it is just in so far as he approaches the reward that be becomes able to desire it for its own sake; indeed, the power of so desiring it is itself a preliminary reward.

The Christian, in relation to heaven, is in much the same position as this schoolboy. Those who have attained everlasting life in the vision of God doubtless know very well that it is no mere bribe, but the very consummation of their earthly discipleship; but we who have not yet attained it cannot know this in the same way, and cannot even begin to know it at all except by continuing to obey and finding the first reward of our obedience in our increasing power to desire the ultimate reward. Just in proportion as the desire grows, our fear lest it should be a mercenary desire will die away and finally be recognized as an absurdity. But probably this will not, for most of us, happen in a day; poetry replaces grammar, gospel replaces law, longing transforms obedience, as gradually as the tide lifts a grounded ship.

But there is one other important similarity between the schoolboy and ourselves. If he is an imaginative boy he will, quite probably, be revelling in the English poets and romancers suitable to his age some time before he begins to suspect that Greek grammar is going to lead him to more and more enjoyments of this same sort. He may even be neglecting his Greek to read Shelley and Swinburne in secret. In other words, the desire which Greek is really going to gratify already exists in him and is attached to objects which seem to him quite unconnected with Xenophon and the verbs in μι. Now, if we are made for heaven, the desire for our proper place will be already in us, but not yet attached to the true object, and will even appear as the rival of that object. And this, I think, is just what we find. No doubt there is one point in which my analogy of the schoolboy breaks down. The English poetry which he reads when he ought to be doing Greek exercises may be just as good as the Greek poetry to which the exercises are leading him, so that in fixing on Milton instead of journeying on to Aeschylus his desire is not embracing a false object. But our case is very different. If a transtemporal, transfinite good is our real destiny, then any other good on which our desire fixes must be in some degree fallacious, must bear at best only a symbolical relation to what will truly satisfy.

In speaking of this desire for our own far- off country, which we find in ourselves even now, I feel a certain shyness. I am almost committing an indecency. I am trying to rip open the inconsolable secret in each one of you—the secret which hurts so much that you take your revenge on it by calling it names like Nostalgia and Romanticism and Adolescence; the secret also which pierces with such sweetness that when, in very intimate conversation, the mention of it becomes imminent, we grow awkward and affect to laugh at ourselves; the secret we cannot hide and cannot tell, though we desire to do both. We cannot tell it because it is a desire for something that has never actually appeared in our experience. We cannot hide it because our experience is constantly suggesting it, and we betray ourselves like lovers at the mention of a name. Our commonest expedient is to call it beauty and behave as if that had settled the matter. Wordsworth’s expedient was to identify it with certain moments in his own past. But all this is a cheat. If Wordsworth had gone back to those moments in the past, he would not have found the thing itself, but only the reminder of it; what he remembered would turn out to be itself a remembering. The books or the music in which we thought the beauty was located will betray us if we trust to them; it was not in them, it only came through them, and what came through them was longing. These things—the beauty, the memory of our own past—are good images of what we really desire; but if they are mistaken for the thing itself they turn into dumb idols, breaking the hearts of their worshippers. For they are not the thing itself; they are only the scent of a flower we have not found, the echo of a tune we have not heard, news from a country we have never yet visited. Do you think I am trying to weave a spell? Perhaps I am; but remember your fairy tales. Spells are used for breaking enchantments as well as for inducing them. And you and I have need of the strongest spell that can be found to wake us from the evil enchantment of worldliness which has been laid upon us for nearly a hundred years. Almost our whole education has been directed to silencing this shy, persistent, inner voice; almost all our modem philosophies have been devised to convince us that the good of man is to be found on this earth. And yet it is a remarkable thing that such philosophies of Progress or Creative Evolution themselves bear reluctant witness to the truth that our real goal is elsewhere. When they want to convince you that earth is your home, notice how they set about it. They begin by trying to persuade you that earth can be made into heaven, thus giving a sop to your sense of exile in earth as it is. Next, they tell you that this fortunate event is still a good way off in the future, thus giving a sop to your knowledge that the fatherland is not here and now. Finally, lest your longing for the transtemporal should awake and spoil the whole affair, they use any rhetoric that comes to hand to keep out of your mind the recollection that even if all the happiness they promised could come to man on earth, yet still each generation would lose it by death, including the last generation of all, and the whole story would be nothing, not even a story, for ever and ever. Hence all the nonsense that Mr. Shaw puts into the final speech of Lilith, and Bergson’s remark that the élan vital is capable of surmounting all obstacles, perhaps even death—as if we could believe that any social or biological development on this planet will delay the senility of the sun or reverse the second law of thermodynamics.

Do what they will, then, we remain conscious of a desire which no natural happiness will satisfy. But is there any reason to suppose that reality offers any satisfaction to it? “Nor does the being hungry prove that we have bread.” But I think it may be urged that this misses the point. A man’s physical hunger does not prove that that man will get any bread; he may die of starvation on a raft in the Atlantic. But surely a man’s hunger does prove that he comes of a race which repairs its body by eating and inhabits a world where eatable substances exist. In the same way, though I do not believe (I wish I did) that my desire for Paradise proves that I shall enjoy it, I think it a pretty good indication that such a thing exists and that some men will. A man may love a woman and not win her; but it would be very odd if the phenomenon called “falling in love” occurred in a sexless world.

Here, then, is the desire, still wandering and uncertain of its object and still largely unable to see that object in the direction where it really lies. Our sacred books give us some account of the object. It is, of course, a symbolical account. Heaven is, by definition, outside our experience, but all intelligible descriptions must be of things within our experience. The scriptural picture of heaven is therefore just as symbolical as the picture which our desire, unaided, invents for itself; heaven is not really full of jewelry any more than it is really the beauty of Nature, or a fine piece of music. The difference is that the scriptural imagery has authority. It comes to us from writers who were closer to God than we, and it has stood the test of Christian experience down the centuries. The natural appeal of this authoritative imagery is to me, at first, very small. At first sight it chills, rather than awakes, my desire. And that is just what I ought to expect. If Christianity could tell me no more of the far-off land than my own temperament led me to surmise already, then Christianity would be no higher than myself. If it has more to give me, I must expect it to be less immediately attractive than “my own stuff.” Sophocles at first seems dull and cold to the boy who has only reached Shelley. If our religion is something objective, then we must never avert our eyes from those elements in it which seem puzzling or repellent; for it will be precisely the puzzling or the repellent which conceals what we do not yet know and need to know.

The promises of Scripture may very roughly be reduced to five heads. It is promised, firstly, that we shall be with Christ; secondly, that we shall be like Him; thirdly, with an enormous wealth of imagery, that we shall have “glory”; fourthly, that we shall, in some sense, be fed or feasted or entertained; and, finally, that we shall have some sort of official position in the universe—ruling cities, judging angels, being pillars of God’s temple. The first question I ask about these promises is: “Why any of them except the first?” Can anything be added to the conception of being with Christ? For it must be true, as an old writer says, that he who has God and everything else has no more than he who has God only. I think the answer turns again on the nature of symbols. For though it may escape our notice at first glance, yet it is true that any conception of being with Christ which most of us can now form will be not very much less symbolical than the other promises; for it will smuggle in ideas of proximity in space and loving conversation as we now understand conversation, and it will probably concentrate on the humanity of Christ to the exclusion of His deity. And, in fact, we find that those Christians who attend solely to this first promise always do fill it up with very earthly imagery indeed—in fact, with hymeneal or erotic imagery. I am not for a moment condemning such imagery. I heartily wish I could enter into it more deeply than I do, and pray that I yet shall. But my point is that this also is only a symbol, like the reality in some respects, but unlike it in others, and therefore needs correction from the different symbols in the other promises. The variation of the promises does not mean that anything other than God will be our ultimate bliss; but because God is more than a Person, and lest we should imagine the joy of His presence too exclusively in terms of our present poor experience of personal love, with all its narrowness and strain and monotony, a dozen changing images, correcting and relieving each other, are supplied.

I turn next to the idea of glory. There is no getting away from the fact that this idea is very prominent in the New Testament and in early Christian writings. Salvation is constantly associated with palms, crowns, white robes, thrones, and splendour like the sun and stars. All this makes no immediate appeal to me at all, and in that respect I fancy I am a typical modern. Glory suggests two ideas to me, of which one seems wicked and the other ridiculous. Either glory means to me fame, or it means luminosity. As for the first, since to be famous means to be better known than other people, the desire for fame appears to me as a competitive passion and therefore of hell rather than heaven. As for the second, who wishes to become a kind of living electric light bulb?

When I began to look into this matter I was stocked to find such different Christians as Milton, Johnson and Thomas Aquinas taking heavenly glory quite frankly in the sense of fame or good report. But not fame conferred by our fellow creatures—fame with God, approval or (I might say) “appreciation’ by God. And then, when I had thought it over, I saw that this view was scriptural; nothing can eliminate from the parable the divine accolade, “Well done, thou good and faithful servant.” With that, a good deal of what I had been thinking all my life fell down like a house of cards. I suddenly remembered that no one can enter heaven except as a child; and nothing is so obvious in a child—not in a conceited child, but in a good child—as its great and undisguised pleasure in being praised. Not only in a child, either, but even in a dog or a horse. Apparently what I had mistaken for humility had, all these years. prevented me from understanding what is in fact the humblest, the most childlike, the most creaturely of pleasures—nay, the specific pleasure of the inferior: the pleasure a beast before men, a child before its father, a pupil before his teacher, a creature before its Creator. I am not forgetting how horribly this most innocent desire is parodied in our human ambitions, or how very quickly, in my own experience, the lawful pleasure of praise from those whom it was my duty to please turns into the deadly poison of self-admiration. But I thought I could detect a moment—a very, very short moment—before this happened, during which the satisfaction of having pleased those whom I rightly loved and rightly feared was pure. And that is enough to raise our thoughts to what may happen when the redeemed soul, beyond all hope and nearly beyond belief, learns at last that she has pleased Him whom she was created to please. There will be no room for vanity then. She will be free from the miserable illusion that it is her doing. With no taint of what we should now call self-approval she will most innocently rejoice in the thing that God has made her to be, and the moment which heals her old inferiority complex for ever will also drown her pride deeper than Prospero’s book. Perfect humility dispenses with modesty. If God is satisfied with the work, the work may be satisfied with itself; “it is not for her to bandy compliments with her Sovereign.” I can imagine someone saying that he dislikes my idea of heaven as a place where we are patted on the back. But proud misunderstanding is behind that dislike. In the end that Face which is the delight or the terror of the universe must be turned upon each of us either with one expression or with the other, either conferring glory inexpressible or inflicting shame that can never be cured or disguised. I read in a periodical the other day that the fundamental thing is how we think of God. By God Himself, it is not! How God thinks of us is not only more important, but infinitely more important. Indeed, how we think of Him is of no importance except in so far as it is related to how He thinks of us. It is written that we shall “stand before” Him, shall appear, shall be inspected. The promise of glory is the promise, almost incredible and only possible by the work of Christ, that some of us, that any of us who really chooses, shall actually survive that examination, shall find approval, shall please God. To please God…to be a real ingredient in the divine happiness…to be loved by God, not merely pitied, but delighted in as an artist delights in his work or a father in a son—it seems impossible, a weight or burden of glory which our thoughts can hardly sustain. But so it is.

And now notice what is happening. If I had rejected the authoritative and scriptural image of glory and stuck obstinately to the vague desire which was, at the outset, my only pointer to heaven, I could have seen no connexion at all between that desire and the Christian promise. But now, having followed up what seemed puzzling and repellent in the sacred books, I find, to my great surprise, looking back, that the connexion is perfectly clear. Glory, as Christianity teaches me to hope for it, turns out to satisfy my original desire and indeed to reveal an element in that desire which I had not noticed. By ceasing for a moment to consider my own wants I have begun to learn better what I really wanted. When I attempted, a few minutes ago, to describe our spiritual longings, I was omitting one of their most curious characteristics. We usually notice it just as the moment of vision dies away, as the music ends or as the landscape loses the celestial light. What we feel then has been well described by Keats as “the journey homeward to habitual self.” You know what I mean. For a few minutes we have had the illusion of belonging to that world. Now we wake to find that it is no such thing. We have been mere spectators. Beauty has smiled, but not to welcome us; her face was turned in our direction, but not to see us. We have not been accepted, welcomed, or taken into the dance. We may go when we please, we may stay if we can: “Nobody marks us.” A scientist may reply that since most of the things we call beautiful are inanimate, it is not very surprising that they take no notice of us. That, of course, is true. It is not the physical objects that I am speaking of, but that indescribable something of which they become for a moment the messengers. And part of the bitterness which mixes with the sweetness of that message is due to the fact that it so seldom seems to be a message intended for us but rather something we have overheard. By bitterness I mean pain, not resentment. We should hardly dare to ask that any notice be taken of ourselves. But we pine. The sense that in this universe we are treated as strangers, the longing to be acknowledged, to meet with some response, to bridge some chasm that yawns between us and reality, is part of our inconsolable secret. And surely, from this point of view, the promise of glory, in the sense described, becomes highly relevant to our deep desire. For glory meant good report with God, acceptance by God, response, acknowledgment, and welcome into the heart of things. The door on which we have been knocking all our lives will open at last.

Perhaps it seems rather crude to describe glory as the fact of being “noticed” by God. But this is almost the language of the New Testament. St. Paul promises to those who love God not, as we should expect, that they will know Him, but that they will be known by Him (I Cor. viii. 3). It is a strange promise. Does not God know all things at all times? But it is dreadfully re- echoed in another passage of the New Testament. There we are warned that it may happen to any one of us to appear at last before the face of God and hear only the appalling words: “I never knew you. Depart from Me.” In some sense, as dark to the intellect as it is unendurable to the feelings, we can be both banished from the presence of Him who is present everywhere and erased from the knowledge of Him who knows all. We can be left utterly and absolutely outside—repelled, exiled, estranged, finally and unspeakably ignored. On the other hand, we can be called in, welcomed, received, acknowledged. We walk every day on the razor edge between these two incredible possibilities. Apparently, then, our lifelong nostalgia, our longing to be reunited with something in the universe from which we now feel cut off, to be on the inside of some door which we have always seen from the outside, is no mere neurotic fancy, but the truest index of our real situation. And to be at last summoned inside would be both glory and honour beyond all our merits and also the healing of that old ache.

And this brings me to the other sense of glory—glory as brightness, splendour, luminosity. We are to shine as the sun, we are to be given the Morning Star. I think I begin to see what it means. In one way, of course, God has given us the Morning Star already: you can go and enjoy the gift on many fine mornings if you get up early enough. What more, you may ask, do we want? Ah, but we want so much more— something the books on aesthetics take little notice of. But the poets and the mythologies know all about it. We do not want merely to see beauty, though, God knows, even that is bounty enough. We want something else which can hardly be put into words—to be united with the beauty we see, to pass into it, to receive it into ourselves, to bathe in it, to become part of it. That is why we have peopled air and earth and water with gods and goddesses and nymphs and elves—that, though we cannot, yet these projections can, enjoy in themselves that beauty grace, and power of which Nature is the image. That is why the poets tell us such lovely falsehoods. They talk as if the west wind could really sweep into a human soul; but it can’t. They tell us that “beauty born of murmuring sound” will pass into a human face; but it won’t. Or not yet. For if we take the imagery of Scripture seriously, if we believe that God will one day give us the Morning Star and cause us to put on the splendour of the sun, then we may surmise that both the ancient myths and the modern poetry, so false as history, may be very near the truth as prophecy. At present we are on the outside of the world, the wrong side of the door. We discern the freshness and purity of morning, but they do not make us fresh and pure. We cannot mingle with the splendours we see. But all the leaves of the New Testament are rustling with the rumour that it will not always be so. Some day, God willing, we shall get in. When human souls have become as perfect in voluntary obedience as the inanimate creation is in its lifeless obedience, then they will put on its glory, or rather that greater glory of which Nature is only the first sketch. For you must not think that I am putting forward any heathen fancy of being absorbed into Nature. Nature is mortal; we shall outlive her. When all the suns and nebulae have passed away, each one of you will still be alive. Nature is only the image, the symbol; but it is the symbol Scripture invites me to use. We are summoned to pass in through Nature, beyond her, into that splendour which she fitfully reflects.

And in there, in beyond Nature, we shall eat of the tree of life. At present, if we are reborn in Christ, the spirit in us lives directly on God; but the mind, and still more the body, receives life from Him at a thousand removes—through our ancestors, through our food, through the elements. The faint, far-off results of those energies which God’s creative rapture implanted in matter when He made the worlds are what we now call physical pleasures; and even thus filtered, they are too much for our present management. What would it be to taste at the fountain-head that stream of which even these lower reaches prove so intoxicating? Yet that, I believe, is what lies before us. The whole man is to drink joy from the fountain of joy. As St. Augustine said, the rapture of the saved soul will “flow over” into the glorified body. In the light of our present specialized and depraved appetites we cannot imagine this torrens voluptatis, and I warn everyone seriously not to try. But it must be mentioned, to drive out thoughts even more misleading—thoughts that what is saved is a mere ghost, or that the risen body lives in numb insensibility. The body was made for the Lord, and these dismal fancies are wide of the mark.

Meanwhile the cross comes before the crown and tomorrow is a Monday morning. A cleft has opened in the pitiless walls of the world, and we are invited to follow our great Captain inside. The following Him is, of course, the essential point. That being so, it may be asked what practical use there is in the speculations which I have been indulging. I can think of at least one such use. It may be possible for each to think too much of his own potential glory hereafter; it is hardly possible for him to think too often or too deeply about that of his neighbour. The load, or weight, or burden of my neighbour’s glory should be laid daily on my back, a load so heavy that only humility can carry it, and the backs of the proud will be broken. It is a serious thing to live in a society of possible gods and goddesses, to remember that the dullest and most uninteresting person you talk to may one day be a creature which, if you saw it now, you would be strongly tempted to worship, or else a horror and a corruption such as you now meet, if at all, only in a nightmare. All day long we are, in some degree, helping each other to one or other of these destinations. It is in the light of these overwhelming possibilities, it is with the awe and the circumspection proper to them, that we should conduct all our dealings with one another, all friendships, all loves, all play, all politics. There are no ordinary people. You have never talked to a mere mortal. Nations, cultures, arts, civilization—these are mortal, and their life is to ours as the life of a gnat. But it is immortals whom we joke with, work with, marry, snub, and exploit—immortal horrors or everlasting splendours. This does not mean that we are to be perpetually solemn. We must play. But our merriment must be of that kind (and it is, in fact, the merriest kind) which exists between people who have, from the outset, taken each other seriously—no flippancy, no superiority, no presumption. And our charity must be a real and costly love, with deep feeling for the sins in spite of which we love the sinner—no mere tolerance or indulgence which parodies love as flippancy parodies merriment. Next to the Blessed Sacrament itself, your neighbour is the holiest object presented to your senses. If he is your Christian neighbour he is holy in almost the same way, for in him also Christ vere latitat—the glorifier and the glorified, Glory Himself, is truly hidden.

Voir aussi:

Une vie de moins, une chanson pour Gaza
Sylvie Bensaid
Tribune juive
24 octobre 2012

Jean-Pierre Filiu professeur d’histoire à Sciences Po, spécialiste de l’islam et auteur d’une Histoire de Gaza (Fayard, 2012), vient d’écrire une chanson assassine, « Une vie de moins » interprétée par le groupe Zebda, que Mediapart a présenté en avant-première.

C’est le cri d’un enfant de Gaza mort sous les balles d’un soldat israélien. Qui raconte sa vie dans un clip, sous un emballage graphique ciselé. « Je suis né sur une terre qui n’est plus à moi, une terre piétinée, une terre occupée…pour oublier le blocus et la misère, j’ai grandi bercé au son des récits de l’exil. » Et pour finir. « Je suis mort à ce qu’on m’a dit d’une balle perdue, je suis mort assassiné par un homme inconnu qui croyait faire son devoir en tirant dans le brouillard sur des ombres d’ennemis aux armes dérisoires… »

Traduisons: Israël, l’occupant qui prend plaisir à piétiner le peuple arabe de Gaza, est un tueur d’enfants. L’accusation des Juifs d’assassiner les enfants trouve ses racines pluriséculaires dans le vieux discours antisémite chrétien, avant de faire les beaux jours du nazisme et d’imprégner aujourd’hui l’islamisme radical. Le martyr Merah, saisissant par les cheveux la petite Myriam Monsonégo, 8 ans, et lui collant le canon de son arme sur le front, rétablit enfin l’injustice faite aux enfants palestiniens.

Jean-Pierre Filiu

Qui est M. Filiu? C’est un ancien fonctionnaire, un diplomate, un universitaire polyglotte. Il croule sous les diplômes, les reconnaissances universitaires, les publications scientifiques et grand public. Il fait par-tie de l’aristocratie nationale bureaucratique et universitaire. Sa chanson porte à l’incandescence les secteurs les plus sensibles et les plus pathologiques de la nation.. Combien de nouveaux tueurs va-t-on devoir à M. Filiu, à sa chanson et à son clip ?


Mariage pour tous: A quand la gestation et l’accouchement pour tous ! (Pregnancy and childbirth for all !)

23 novembre, 2012
C’est le sens de l’histoire (…) Pour la première fois en Occident, des hommes et des femmes homosexuels prétendent se passer de l’acte sexuel pour fonder une famille. Ils transgressent un ordre procréatif qui a reposé, depuis 2000 ans, sur le principe de la différence sexuelle. Evelyne Roudinesco
Y’a pas d’ovules dans les testicules ! Slogan des anti-mariage pour tous
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
Une chose est d’être élevé par un couple homosexuel quand on connaît sa filiation (son père et sa mère), une autre est d’être élevé par un couple homosexuel et d’être privé de repère soit du père, soit de la mère. Les défenseurs du projet de loi se retranchent toujours derrière la recherche de l’égalité des adultes. Mais que fait-on de l’égalité des enfants devant la filiation ? A-t-on le droit « d’expérimenter » la privation d’un père ou d’une mère ? Pour moi, en conscience, le droit d’un enfant à avoir un père et une mère l’emportera toujours sur le « droit » des adultes à avoir un enfant. Par ailleurs, faut-il modifier tout l’Etat Civil avec des conséquences très lourdes sur la filiation pour satisfaire la volonté de seulement quelques milliers de personnes ? La plupart des couples homosexuels refusent cette chimère de l’adoption et considèrent bien évidemment pour avoir été eux-mêmes l’enfant d’un père et d’une mère, que chacun se construit par l’altérité des sexes. Alors on pourra me répondre que beaucoup d’enfants n’ont justement pas connu l’un de leurs parents et qu’ils s’en sont sortis. Mais justement, toutes celles et tous ceux qui ont manqué d’un père et d’une mère en raison d’un décès, d’un divorce, d’une mésentente, peuvent témoigner du manque et de la douleur que ce fut. Comment notre société peut-elle vouloir généraliser consciemment ce type de souffrance ? Nicolas Dupont-Aignan
Si la revendication homoparentale a pu se frayer un chemin jusqu’à sa quasi-réalisation, c’est parce qu’elle a réussi à incarner le camp de la “culture”, en repoussant ses adversaires dans celui de la “nature”. L’argument final de ces derniers est en effet souvent le suivant : puisque la nature impose l’union d’un homme et d’une femme pour concevoir un enfant, ce dernier doit être élevé par un père et par une mère. Comme le clamaient joyeusement des pancartes de la manifestation parisienne du samedi 17novembre, “Y’a pas d’ovules dans les testicules !” Certes, répondent les promoteurs de l’homoparentalité, mais l’histoire de l’humanité n’est-elle pas celle des avancées de la culture sur la nature ? N’est-ce pas le propre de notre condition que de pouvoir échapper à la tyrannie déterministe de la nature, en regardant le sexe comme une construction culturelle ? Et de pouvoir ainsi proclamer, culture contre nature, qu’il n’existe aucune raison de considérer les couples homosexuels comme différents, tant au regard de la sexualité que de la parenté, des couples hétérosexuels ? (…) Confier un enfant à un couple homosexuel peut d’une certaine manière être regardé comme une faculté de la nature : abstraction faite de ses conséquences psychologiques en matière de troubles de l’identité et de la filiation, cela est “techniquement” faisable, de la même manière que dans la nature, le champ des partenaires sexuels est illimité. En réalité, beaucoup de choses sont possibles dans la “nature”, au sens où nos capacités de modelage de nos comportements, de notre environnement et de notre biologie sont immenses, brouillant la frontière entre ce qui est naturel et ce qui ne l’est pas. Pierre-Henri d’Argenson

A quand la gestation et l’accouchement pour tous !

A l’heure où, par la grâce et le progressisme ô combien éclairé de nos gouvernants actuels  …

L’humanité va enfin pouvoir, entre mamans ou putains prises en charge par le sécu, se libérer des limites intolérables de la tradition et de la nature…

Comme d’une terminologie aussi réactionnaire que ces histoires d’un autre âge faites de « pères » et de « mères » ou de « parenté » …

Et permettre, au-delà de l’incroyable modernité des doux termes de « parent A », « parent B » où d » homoparentalité », l’accès libre et gratuit (remboursé, s’il vous plait, par la sécu!) du mariage et demain de l’adoption pour tous …

Comment, contre tous les esprits chagrins, ne pas se réjouir à l’avance devant l’avenir radieux que laisse espérer une telle avancée ?

Et pourquoi pas demain enfin la gestation et l’accouchement pour tous ?

Et notamment pour cette moitié de l’humanité dont une nature cruelle en avait jusque-là et depuis des millénaires ô combien injustement privé ?

Hétéroparenté, un choix de culture

Pierre-Henri d’Argenson

Valeurs actuelles

22 Novembre 2012

Si la revendication homoparentale a pu se frayer un chemin jusqu’à sa quasi-réalisation, c’est parce qu’elle a réussi à incarner le camp de la “culture”, en repoussant ses adversaires dans celui de la “nature”. L’argument final de ces derniers est en effet souvent le suivant : puisque la nature impose l’union d’un homme et d’une femme pour concevoir un enfant, ce dernier doit être élevé par un père et par une mère. Comme le clamaient joyeusement des pancartes de la manifestation parisienne du samedi 17novembre, “Y’a pas d’ovules dans les testicules !” Certes, répondent les promoteurs de l’homoparentalité, mais l’histoire de l’humanité n’est-elle pas celle des avancées de la culture sur la nature ? N’est-ce pas le propre de notre condition que de pouvoir échapper à la tyrannie déterministe de la nature, en regardant le sexe comme une construction culturelle ? Et de pouvoir ainsi proclamer, culture contre nature, qu’il n’existe aucune raison de considérer les couples homosexuels comme différents, tant au regard de la sexualité que de la parenté, des couples hétérosexuels ?

Sans même s’en apercevoir, beaucoup d’opposants à l’homoparentalité ont accepté ce partage entre nature et culture, qui fragilise leur position dans le champ philosophique. Pourquoi ? Parce que le postulat selon lequel l’homme est avant tout façonné par la culture est vrai. La diversité des civilisations, des modes de vie, des moeurs et des morales sexuelles sur la planète nous rappelle en effet que l’homme est fondamentalement un être de culture.

Et pourtant, il faut refuser cette opposition de façade entre nature et culture, et affirmer que l’hétéroparenté n’est pas seulement une donnée anthropologique “naturelle” mais aussi un choix de culture. Confier un enfant à un couple homosexuel peut d’une certaine manière être regardé comme une faculté de la nature : abstraction faite de ses conséquences psychologiques en matière de troubles de l’identité et de la filiation, cela est “techniquement” faisable, de la même manière que dans la nature, le champ des partenaires sexuels est illimité. En réalité, beaucoup de choses sont possibles dans la “nature”, au sens où nos capacités de modelage de nos comportements, de notre environnement et de notre biologie sont immenses, brouillant la frontière entre ce qui est naturel et ce qui ne l’est pas. La fonction de nos institutions est bien d’opérer un choix culturel en direction de ce que notre société considère comme désirable pour son épanouissement et pour l’idée qu’elle se fait de sa vision de l’homme, une vision qui n’a pas à avoir honte de trouver sa source dans ses racines judéo-chrétiennes. Si tout était donné comme une évidence par la nature, toutes ces questions ne se poseraient pas.

Ce choix de culture de l’hétéroparenté, c’est d’attribuer une haute valeur à l’altérité sexuelle, en tant qu’initiation à l’altérité, c’est-à-dire à l’insuffisance ontologique de soi, qui est d’ailleurs l’une des intuitions fondamentales de la Genèse. Autrement dit, quand bien même nous pourrions naître de la division cellulaire ou de la parthénogénèse, il serait au plus haut point souhaitable que nous soyons élevés par un homme et par une femme. Observons à ce titre que bien des souffrances psychologiques naissent du déséquilibre des rôles père-mère, par hypertrophie ou absence de l’un ou de l’autre. D’une manière ou d’une autre, toutes les utopies ont voulu se débarrasser de l’altérité, en souhaitant dissoudre l’Autre dans le Même, en conjurant l’angoisse existentielle du mystère de notre humanité une et duale, masculine et féminine, que toutes les civilisations ont tenté d’apprivoiser.

Ce choix n’est pas non plus indifférent à la nature : au contraire, celle-ci est porteuse de messages anthropologiques fondamentaux qu’il serait malheureux d’ignorer. C’est bien le cas de l’hétéroparenté : en voulant que nous naissions de l’union d’une différence, la nature a permis que notre filiation soit par essence toujours double, que nous soyons issus de deux généalogies portées par deux sexes, et qu’ainsi nous soyons délivrés du Même : notre plongée dans l’humanité est d’abord accomplie par cette différence des sexes au coeur de notre liberté.

En ce sens, un enfant n’a pas seulement besoin d’un père et d’une mère en tant que pourvoyeurs de diversité psychologique et affective. Il a besoin, en tant qu’homme en devenir, de pouvoir rattacher sa présence sur terre à une filiation qui traverse ses parents, et qui interdit de le traiter comme une page blanche, sur laquelle on pourrait écrire ce que l’on veut. Bien sûr que le poids des origines est parfois lourd à porter, mais dans son essence, c’est d’abord un mécanisme de délivrance. C’est là un point de rencontre entre la nature et la culture que toutes les civilisations ont eu l’intuition millénaire de protéger.

Je n’ignore pas le désir des couples homosexuels qui souhaiteraient élever un enfant, mais il est du devoir de la société de fixer une limite dans le choix de son modèle anthropologique d’éducation et de filiation et, au nom de la nature mais aussi d’un choix de culture, d’affirmer le droit de tout enfant, hors circonstances exceptionnelles, à être élevé par un homme et par une femme.

Pierre-Henri d’Argenson est l’auteur d’Éduquer autrement, le regard d’un père sur l’éducation des enfants, L’OEuvre, 2012.

Voir aussi:

Pourquoi diviser les Français ?

Nicolas Dupont-Aignan

novembre 16 2012

Ce week-end dans toute la France, beaucoup manifesteront contre le projet du gouvernement d’autoriser le mariage homosexuel et l’adoption.

Le gouvernement, impuissant à relever les défis économiques et sociaux, croit rassurer sa base en voulant passer en force des lois dites sociétales qui vont profondément diviser nos compatriotes. C’est un véritable gâchis.

Sur ce thème souvent passionnel, il était pourtant tout à fait possible de trouver un compromis rassemblant les Français.

J’ai toujours gardé la même ligne. Autant je crois légitime de mettre en œuvre une union pour les couples qui veulent solenniser leur amour, autant je suis totalement hostile à la nommer mariage car cela débouche obligatoirement sur l’adoption.

Bien évidemment, un couple homosexuel, et c’est déjà le cas, peut offrir un foyer plein d’amour à un enfant. Mais doit-on en conséquence généraliser ce modèle au risque de « fabriquer » des enfants à 2 pères ou 2 mères ?

Une chose est d’être élevé par un couple homosexuel quand on connaît sa filiation (son père et sa mère), une autre est d’être élevé par un couple homosexuel et d’être privé de repère soit du père, soit de la mère.

Les défenseurs du projet de loi se retranchent toujours derrière la recherche de l’égalité des adultes. Mais que fait-on de l’égalité des enfants devant la filiation ? A-t-on le droit « d’expérimenter » la privation d’un père ou d’une mère ?

Pour moi, en conscience, le droit d’un enfant à avoir un père et une mère l’emportera toujours sur le « droit » des adultes à avoir un enfant.

Par ailleurs, faut-il modifier tout l’Etat Civil avec des conséquences très lourdes sur la filiation pour satisfaire la volonté de seulement quelques milliers de personnes ?

La plupart des couples homosexuels refusent cette chimère de l’adoption et considèrent bien évidemment pour avoir été eux-mêmes l’enfant d’un père et d’une mère, que chacun se construit par l’altérité des sexes.

Alors on pourra me répondre que beaucoup d’enfants n’ont justement pas connu l’un de leurs parents et qu’ils s’en sont sortis. Mais justement, toutes celles et tous ceux qui ont manqué d’un père et d’une mère en raison d’un décès, d’un divorce, d’une mésentente, peuvent témoigner du manque et de la douleur que ce fut.

Comment notre société peut-elle vouloir généraliser consciemment ce type de souffrance ?

Le débat va s’ouvrir. Chacun doit l’aborder en conscience et dans tous les partis politiques des voix différentes s’expriment.

J’ai voulu simplement par ce billet rappeler ma position et mettre en garde la représentation nationale sur les très graves conséquences de ce projet.


Gaza/Bilan: Le Fatah ou la continuation du terrorisme par d’autres moyens (Our aim is the elimination of Zionism in Palestine)

22 novembre, 2012
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Le Mouvement de la Résistance Islamique est un mouvement palestinien spécifique qui fait allégeance à Allah et à sa voie, l’islam. Il lutte pour hisser la bannière de l’islam sur chaque pouce de la Palestine. Charte du Hamas (Article six)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. (…) Le partage de la Palestine en 1947 et la création de l’État d’Israël sont des événements nuls et non avenus. (…) La Charte ne peut être amendée que par une majorité des deux tiers de tous les membres du Conseil national de l’Organisation de libération de la Palestine réunis en session extraordinaire convoquée à cet effet. Charte de l’OLP (articles 15, 19 et 33)
Je mentirais si je vous disais que je vais l’abroger. Personne ne peut le faire. Yasser Arafat (Harvard, octobre 1995)
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point [la « solution finale »], font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun (…) Haj Amin al-Husseini (mufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
J’annonce au monde entier, sans la moindre hésitation, que si les dévoreurs du monde se dressent contre notre religion, nous nous dresserons contre leur monde entier et n’auront de cesse avant d’avoir annihilé la totalité d’entre eux. Ou nous tous obtiendrons la liberté, ou nous opterons pour la liberté plus grande encore du martyre. Ou nous applaudirons la victoire de l’Islam dans le monde, ou nous tous irons vers la vie éternelle et le martyre. Dans les deux cas, la victoire et le succès nous sont assurés. Ayatollah Khomeiny
Les nazis ont probablement tué moins d’un million de Juifs et le mouvement sioniste a participé au massacre. Abou Mazen (alias Mahmoud Abbas, thèse, sous la direction de Ievgueni Primakov, 1982 )
La bataille ne se terminera pas avant que la totalité de la Palestine ne soit libérée. Yasser Arafat (Voice of Palestine, novembre 1995).
Notre but est d’éliminer l’Etat d’Israël et d’établir un Etat qui soit entièrement palestinien. Yasser Arafat (session privée avec des diplomates arabes en Europe, 30 janvier 1996)
La lutte contre l’ennemi sioniste n’est pas une question de frontières, mais touche à l’existence même de l’entité sioniste. Bassam-abou-Sharif (porte-parole de l’OLP, Kuwait News Agency, 31 mai 1996)
Ce n’est pas du tout le mur des Lamentations, mais un sanctuaire musulman. Yasser Arafat (Maariv, 11 octobre 1996)
Abraham n’était pas juif, pas plus que c’était un Hébreu, mais il était tout simplement irakien. Les Juifs n’ont aucun droit de prétendre disposer d’une synagogue dans la tombe des patriarches à Hébron, lieu où est inhumé Abraham. Le bâtiment tout entier devrait être une mosquée. Yasser Arafat, cité dans le Jerusalem Report, 26 décembre 1996)
Tous les événements liés au roi Saul, au roi David et au roi Rehoboam se sont déroulés au Yémen, et aucun vestige hébreu n’a été trouvé en Israël pour la bonne et simple raison qu’ils n’y ont jamais vécu. Jarid al-Kidwa (historien arabe, au cours d’un programme éducatif de l’OLP, en juin 1997)
Il n’y a pas de preuve tangible qu’il y ait la moindre trace ou le moindre vestige juif que ce soit dans la vieille ville de Jérusalem ou dans le voisinage immédiat. Communiqué du ministère palestinien de l’Information (10 décembre 1997)
Il est bien connu que tous les ans les Juifs exagèrent de plus en plus la portée de ce que les nazis leur ont fait. Ils prétendent qu’il y a eu six millions de victimes, mais des recherches précises scientifiques démontrent qu’il n’y en a pas eu plus de 400 000. Télévision palestinienne (25 août 1997)
La Shoah est un mensonge des Sionistes concernant de prétendus massacres perpétrés contre les Juifs. Al Hayat Al Jadeeda (journal de l’Autorité palestinienne, 3 septembre 1997)
Le mur d’Al-Buraq [Mur des Lamentations] et sa place sont une propriété religieuse musulmane…Il fait partie de la mosquée Al Aqsa. Les Juifs n’ont aucun lien avec cet endroit. Mufti de Jérusalem (nommé par Yasser Arafat, Al Ayyam [journal de l’Autorité palestinienne], 22 novembre 1997)
La persécution des Juifs est un mythe mensonger que les Juifs ont qualifié d’Holocauste et ont exploité pour se faire plaindre. Al Hayat Al Jadeeda (journal de l’Autorité palestinienne, 2 juillet 1998)
Le but stratégique est la libération de la Palestine, du Jourdain à la Méditerranée, même si cela signifie que le conflit doive durer encore mille ans ou pendant de nombreuses générations à venir. Faisal Husseini (Al-Arabi [Egypte], 24 juin 2001).
Nous perdrons ou nous gagnerons, mais notre regard restera fixé sur notre but stratégique, à savoir la Palestine du Jourdain à la mer. Marwan Barghouti (chef du Fatah de Cisjordanie, New Yorker, 2 juillet 2001)
J’ai toujours pensé que le Fatah était encore plus dangereux que le Hamas. Ce dernier tient le même discours en arabe et en anglais, il est clair et sincère quant à ses intentions, il est encore catalogué comme organisation terroriste et dès lors, il est plus facile à combattre tant sur le plan militaire qu’idéologique. Tout autre est le Fatah qui a entrepris d’avancer masqué et utilise à merveille l’arme de la takiya, concept islamique qui autorise à mentir dans le but de tromper l’ennemi. On en a vu une illustration magistrale avec l’interview récente d’Abou Mazen à la 2 chaîne de TV israélienne lors de laquelle il faisait en anglais des déclarations agréables à entendre aux oreilles occidentales et aux oreilles gauches israéliennes, pour démentir et dire le contraire le lendemain dans les médias en langue arabe. Il n’est pas facile à deviner quelle était la version authentique ! Inventeur du chantage et du terrorisme à grande échelle contre les populations civiles, le Fatah a quelque peu mis en sourdine le terrorisme physique – provisoirement selon ses propres dires – pour livrer à Israël une lutte plus dangereuse encore que ne le sont les roquettes, les bombes et les missiles : la délégitimation progressive de l’Etat d’Israël dans le monde. Prenant exemple sur les techniques de la propagande nazie, l’Autorité Palestinienne a compris qu’avant de se débarrasser physiquement d’un ennemi, il faut d’abord le mettre au ban de la société et le rendre exécrable et détestable aux yeux du monde. Le terrorisme vise à tuer des personnes, la délégitimation vise à faire disparaître à terme l’Etat d’Israël. Deux tactiques pour un même objectif. Le Fatah est tout simplement plus patient et rusé que le Hamas. Si la communauté internationale « comprend » encore le besoin d’Israël de se défendre contre le terrorisme du Hamas elle se montre par contre complètement autiste face au « terrorisme de velours » que livre le Fatah à Israël depuis l’entrée en fonction d’Abou Mazen. Non seulement elle ferme les yeux sur les procédés pervers utilisés par le successeur d’Arafat et ses sbires, mais elle a pris fait et cause pour le narratif palestinien et met Israël en demeure de généreusement céder sur tous les points en litige. Ainsi lorsque l’Union Européenne exige que la résolution du conflit passe par la négociation, elle indique en même temps quel doit en être le résultat : un Etat palestinien en Judée-Samarie avec Jérusalem comme capitale, soit l’application de la première étape du plan du Fatah pour la « libération de toute la Palestine ». (…) Yasser Arafat et ses successeurs ont réussi le tour de passe-passe d’obtenir un label de respectabilité internationale, avec hélas la collaboration active de dirigeants israéliens irresponsables à l’image des Pérès, Rabin, Beilin, Olmert et autres Livni, ce qui leur permet de poursuivre leur combat sous couvert d’un « processus politique » qu’ils n’ont jamais eu la moindre intention de respecter. Si pour Clausewitz « la guerre était la continuation de la politique par d’autres moyens », pour les terroristes en complet-veston du Fatah, « le processus de paix est la continuation de la guerre par d’autres moyens ». D’où son aspect particulièrement dangereux sur le plan stratégique. Le Hamas, que combat à juste titre Tsahal, exprime sans détours les réelles intentions du mouvement national arabe palestinien et sans doute du monde arabe dans son ensemble : faire disparaître un jour l’Etat d’Israël de la sphère géographique musulmane appelé « Dar El-Islam ». Il faut comprendre que toute souveraineté non-musulmane dans un territoire ayant un jour été sous l’administration des plus grands conquérants de l’Histoire est considérée par eux comme une insulte et une infamie qu’il faut réparer. Sur ce point, le Hamas est en accord avec l’idéologie impérialiste issue du Coran. Mais en affirmant « se contenter » uniquement d’un Etat en Judée-Samarie, le Fatah et l’Autorité Palestinienne trompent le monde en présentant le conflit comme étant de nature exclusivement territoriale ayant pour point de départ la Guerre des Six Jours en 1967. Or, le Fatah a été fondé en…1959 et l’OLP en…1964, donc bien avant que la question des « territoires » ne vienne s’inviter dans les conversations quotidiennes des chancelleries. Et il suffit de se pencher sur les différentes déclarations en langue arabe ou sur les ouvrages scolaires pour voir que l’Autorité Palestinienne fait remonter le conflit aux débuts du sionisme politique et non à la Guerre des Six Jours. Les initiatives de l’AP devant l’ONU, les campagnes de boycott, la propagande effrénée dans les médias et les écoles sont plus dommageables pour Israël que les projectiles du Hamas, car si Tsahal sait comment s’occuper des assassins de Gaza, Israël est largement désavantagé sur le plan international face aux actions de l’Autorité Palestinienne et de la popularité dont elle jouit à travers le monde. De nombreux facteurs convergents, tous plus fallacieux et suspects les uns que les autres, ont porté aux nues la cause palestinienne, devenue le « nouveau Vietnam » des idiots utiles et des chercheurs de causes humanitaires à travers le monde. Le keffieh à carreaux est devenu le point de ralliement romantique de toute une constellation de groupes de populations que tout opposerait par ailleurs. Seuls des naïfs – et ils sont hélas nombreux, même parmi nous – établissent encore la distinction factice entre « modérés » du Fatah et « extrémistes » du Hamas. Un homme politique français s’était un jour indigné de cette différenciation au sein des mouvances terroristes, martelant « qu’il n’y avait pas de terroristes extrémistes d’un côté et de terroristes modérés de l’autre ». Mais il est vrai qu’il s’exprimait après une vague de terrorisme musulman…en France ! Les terroristes musulmans sévissent dans de nombreux points du monde, mais il n’y a que ceux qui s’attaquent à Israël qu’ils sont soudain affublés de titres honorifiques de « militants », « activistes » ou « combattants » quand ils ne sont pas étiquetés comme faisant partie des notables de la « branche politique » de leur organisation. Il est faux, dangereux voire criminel d’affirmer comme le font parfois des hommes politiques et des journalistes israéliens, que la propagande diffusée par l’AP « ne sont que des paroles destinées aux masses ». C’est cette propagande martelée qui forme les esprits et l’opinion, qui crée des illusions, se fixe dans la conscience collective et aboutit à des actes de violences. Parallèlement à son combat contre le Hamas, Israël devra livrer une lutte sans merci concession contre l’Autorité Palestinienne, la démasquer et révéler à la face du monde ses intentions réelles qui sont exactement les mêmes que celles du Hamas et du Jihad.  Shraga Blum
Comme à l’accoutumée, dès lors qu’Israël a enfin entrepris de réagir sérieusement aux longs mois de harcèlement terroriste contre les civils israéliens, les navettes diplomatiques se sont subitement mises en branle avec une rare effervescence. Silencieux depuis des années face au pilonnage du sud d’Israël, Egyptiens, Turcs, Russes, Jordaniens, Qataris, Français, Britanniques, Américains et autres multiplient aujourd’hui leurs efforts pour retenir le bras puissant de Tsahal. Avec un aplomb sans nom, le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague a exprimé dimanche tout haut la position de beaucoup de chancelleries : « Dès que vous déclencherez une opération terrestre, vous ne bénéficierez plus du soutien international ». Autrement dit, c’est nous, la communauté internationale qui décidons quelle doit être la tournure que doit prendre votre campagne militaire, et nous qui voulons en fixer la durée et l’issue! Nous les Américains, qui bombardons l’Afghanistan depuis des années loin des caméras, sans nous soucier des civils, nous les Britanniques, qui avons fait la guerre à l’Argentine jusqu’à la victoire à 15.000 km de notre sol pour une petite ile, nous les Russes, qui trucidons sans pitié les Tchetchènes et quiconque est considéré comme une menace pour notre patrie, nous les Turcs, massacreurs d’Arméniens et de Kurdes, nous pays arabes qui nous entretuons allègrement et pour qui la vie humaine de nos propres fils vaut moins qu’un baril de pétrole ! Au-delà des motifs géopolitiques ou diplomatiques, il y a dans cette attitude une expression d’un antisémitisme pur tel qu’il subsiste encore en occident chrétien et tel qu’il sévit de plus en plus dans le monde musulman : le juif est voué à être une victime, à la limite un protégé, mais en aucun cas un vainqueur. Comme le résume avec justesse Guy Konopnicki dans l’un de ses livres : « On préfère le juif en pyjama rayé qu’en uniforme de Tsahal ». Cette persistance de l’antisémitisme dans l’attitude de pays dont certains se disent pourtant nos amis s’était déjà traduite lors de la Guerre des Six Jours, où la communauté internationale s’était rangée aux côtés de l’Etat d’Israël menacé de toutes parts par les hordes musulmanes, mais qui n’a pas pardonné jusqu’à ce jour la victoire éclair du David juif contre le Goliath arabe. Il y a une constante dans le comportement de la communauté internationale face à Israël avec cette répugnance à voir Tsahal à vaincre de manière décisive, et si c’est tout de même le cas, d’exiger ensuite d’Israël qu’il « paie » cette outrecuidante trangression par des concessions à ses ennemis. Dans les lois de la guerre admises officiellement et officieusement, un pays agressé qui repousse ses agresseurs est en droit de dicter les conditions de la paix. Ceci a été valable en tous lieux et en tout temps, sauf pour un seul cas : Israël. L’exigence de payer sur le plan politique le fait d’avoir vaincu sur le champ de bataille équivaudrait au cas de figure absurde d’une Allemagne nazie vaincue qui aurait posé ses conditions et émis des exigences au lendemain de la fin de la Seconde Guerre mondiale ! Malheureusement, cette pathologie antisémite a également été bien intégrée dans la gauche israélienne. Depuis la création de l’Etat d’Israël et la victoire de la Guerre d’Indépendance, cette gauche non débarrassée de ses scories dhimmiques ressent une culpabilité qu’elle exprime par un soutien à la cause palestinienne, comme si le retour de l’indépendance juive après 19 siècles n’était pas un droit mais une faveur, voire une erreur historique pour laquelle il faudrait payer par une indulgence irrationnelle envers nos ennemis. Et depuis le début de l’opération antiterroriste, des responsables de gauche et d’extrême-gauche qui sont invités sur les plateaux de télévision tiennent ce même raisonnement : s’ils soutiennent du bout des lèvres l’action aérienne de Tsahal (uniquement) ils précisent dans la foulée qu’après la cessation des combats, Israël devra impérativement faire des gestes envers Abou Mazen (le modéré… !) et entamer des pourparlers afin de créer un Etat palestinien en Judée-Samarie. Autrement dit, contrebalancer la victoire militaire par des concessions envers ceux qui poursuivent le même but que le Hamas mais avec d’autres moyens. Ceux que Tsipi Livni appelle les « modérés »… Shraga Blum

Attention: un terrorisme peut en cacher un autre !

Antisémitisme médiéval, révisionnisme historique, négationnisme de la Shoah, incitation à la haine et à la violence mais aussi initiatives devant l’ONU, campagnes de boycott, propagande effrénée dans les médias et les écoles …

Au lendemain, pour ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre et malgré la déception de ceux qui auraient espéré que la démonstration dure un peu plus longtemps , de l’éclatante confirmation du statut de culte de la mort du Hamas …

Importante remise des pendules à l’heure du journaliste israélien  Shraga Blum, sur l’autre face, « terrorisme de velours » ou « en complet veston » comme il l’appelle, du terrorisme palestinien …

A savoir, celui encore bien plus dangereux parce que plus facilement légitimable aux yeux des belles âmes occidentales, du mouvement de Mahmoud Abbas de l’Autorité palestinienne ou Fatah

Dont la Charte, on l’oublie souvent, n’a toujours pas abrogé son objectif historique d’annihilation d’Israël …

Fatah : Le terrorisme de “velours”

En ces jours où Tsahal lutte admirablement contre les terroristes du Hamas, il ne faut pas oublier que cette organisation n’est que l’une des deux composantes principales de cet ennemi qui vise à nous faire disparaître, et peut-être pas la plus difficile à vaincre.

Shraga Blum

Aschkel

novembre 21st, 2012

J’ai toujours pensé que le Fatah était encore plus dangereux que le Hamas. Ce dernier tient le même discours en arabe et en anglais, il est clair et sincère quant à ses intentions, il est encore catalogué comme organisation terroriste et dès lors, il est plus facile à combattre tant sur le plan militaire qu’idéologique.

Tout autre est le Fatah qui a entrepris d’avancer masqué et utilise à merveille l’arme de la takiya, concept islamique qui autorise à mentir dans le but de tromper l’ennemi. On en a vu une illustration magistrale avec l’interview récente d’Abou Mazen à la 2 chaîne de TV israélienne lors de laquelle il faisait en anglais des déclarations agréables à entendre aux oreilles occidentales et aux oreilles gauches israéliennes, pour démentir et dire le contraire le lendemain dans les médias en langue arabe. Il n’est pas facile à deviner quelle était la version authentique !

Inventeur du chantage et du terrorisme à grande échelle contre les populations civiles, le Fatah a quelque peu mis en sourdine le terrorisme physique – provisoirement selon ses propres dires – pour livrer à Israël une lutte plus dangereuse encore que ne le sont les roquettes, les bombes et les missiles : la délégitimation progressive de l’Etat d’Israël dans le monde. Prenant exemple sur les techniques de la propagande nazie, l’Autorité Palestinienne a compris qu’avant de se débarrasser physiquement d’un ennemi, il faut d’abord le mettre au ban de la société et le rendre exécrable et détestable aux yeux du monde. Le terrorisme vise à tuer des personnes, la délégitimation vise à faire disparaître à terme l’Etat d’Israël. Deux tactiques pour un même objectif. Le Fatah est tout simplement plus patient et rusé que le Hamas.

Si la communauté internationale « comprend » encore le besoin d’Israël de se défendre contre le terrorisme du Hamas elle se montre par contre complètement autiste face au « terrorisme de velours » que livre le Fatah à Israël depuis l’entrée en fonction d’Abou Mazen. Non seulement elle ferme les yeux sur les procédés pervers utilisés par le successeur d’Arafat et ses sbires, mais elle a pris fait et cause pour le narratif palestinien et met Israël en demeure de généreusement céder sur tous les points en litige. Ainsi lorsque l’Union Européenne exige que la résolution du conflit passe par la négociation, elle indique en même temps quel doit en être le résultat : un Etat palestinien en Judée-Samarie avec Jérusalem comme capitale, soit l’application de la première étape du plan du Fatah pour la « libération de toute la Palestine ».

Il y a 20 ans, une telle faute morale de la part des faiseurs d’opinion et des décideurs aurait encore trouvé des excuses du fait de la difficulté de trouver des sources d’informations fiables. Mais aujourd’hui, avec la globalisation de l’information et l’accès libre et instantané à tous les médias du monde, il est criminel de faire semblant d’ignorer les horreurs qui se disent, s’écrivent, se diffusent et s’enseignent dans la sphère contrôlée par les « modérés » de l’Autorité Palestinienne. Des sites professionnels et fiables tels que http://www.palwatch.org ou http://www.memri.org, relayés par une quantité de sites-transmetteurs, révèlent que l’antisémitisme médiéval, le révisionnisme historique, le négationnisme de la Shoah, l’incitation à la haine et à la violence ne sont pas l’apanage exclusif du Hamas, loin de là.

Yasser Arafat et ses successeurs ont réussi le tour de passe-passe d’obtenir un label de respectabilité internationale, avec hélas la collaboration active de dirigeants israéliens irresponsables à l’image des Pérès, Rabin, Beilin, Olmert et autres Livni, ce qui leur permet de poursuivre leur combat sous couvert d’un « processus politique » qu’ils n’ont jamais eu la moindre intention de respecter. Si pour Clausewitz « la guerre était la continuation de la politique par d’autres moyens », pour les terroristes en complet-veston du Fatah, « le processus de paix est la continuation de la guerre par d’autres moyens ». D’où son aspect particulièrement dangereux sur le plan stratégique. Le Hamas, que combat à juste titre Tsahal, exprime sans détours les réelles intentions du mouvement national arabe palestinien et sans doute du monde arabe dans son ensemble : faire disparaître un jour l’Etat d’Israël de la sphère géographique musulmane appelé « Dar El-Islam ». Il faut comprendre que toute souveraineté non-musulmane dans un territoire ayant un jour été sous l’administration des plus grands conquérants de l’Histoire est considérée par eux comme une insulte et une infamie qu’il faut réparer. Sur ce point, le Hamas est en accord avec l’idéologie impérialiste issue du Coran. Mais en affirmant « se contenter » uniquement d’un Etat en Judée-Samarie, le Fatah et l’Autorité Palestinienne trompent le monde en présentant le conflit comme étant de nature exclusivement territoriale ayant pour point de départ la Guerre des Six Jours en 1967. Or, le Fatah a été fondé en…1959 et l’OLP en…1964, donc bien avant que la question des « territoires » ne vienne s’inviter dans les conversations quotidiennes des chancelleries. Et il suffit de se pencher sur les différentes déclarations en langue arabe ou sur les ouvrages scolaires pour voir que l’Autorité Palestinienne fait remonter le conflit aux débuts du sionisme politique et non à la Guerre des Six Jours.

Les initiatives de l’AP devant l’ONU, les campagnes de boycott, la propagande effrénée dans les médias et les écoles sont plus dommageables pour Israël que les projectiles du Hamas, car si Tsahal sait comment s’occuper des assassins de Gaza, Israël est largement désavantagé sur le plan international face aux actions de l’Autorité Palestinienne et de la popularité dont elle jouit à travers le monde. De nombreux facteurs convergents, tous plus fallacieux et suspects les uns que les autres, ont porté aux nues la cause palestinienne, devenue le « nouveau Vietnam » des idiots utiles et des chercheurs de causes humanitaires à travers le monde. Le keffieh à carreaux est devenu le point de ralliement romantique de toute une constellation de groupes de populations que tout opposerait par ailleurs.

Seuls des naïfs – et ils sont hélas nombreux, même parmi nous – établissent encore la distinction factice entre « modérés » du Fatah et « extrémistes » du Hamas. Un homme politique français s’était un jour indigné de cette différenciation au sein des mouvances terroristes, martelant « qu’il n’y avait pas de terroristes extrémistes d’un côté et de terroristes modérés de l’autre ». Mais il est vrai qu’il s’exprimait après une vague de terrorisme musulman…en France ! Les terroristes musulmans sévissent dans de nombreux points du monde, mais il n’y a que ceux qui s’attaquent à Israël qu’ils sont soudain affublés de titres honorifiques de « militants », « activistes » ou « combattants » quand ils ne sont pas étiquetés comme faisant partie des notables de la « branche politique » de leur organisation.

Il est faux, dangereux voire criminel d’affirmer comme le font parfois des hommes politiques et des journalistes israéliens, que la propagande diffusée par l’AP « ne sont que des paroles destinées aux masses ». C’est cette propagande martelée qui forme les esprits et l’opinion, qui crée des illusions, se fixe dans la conscience collective et aboutit à des actes de violences.

Parallèlement à son combat contre le Hamas, Israël devra livrer une lutte sans merci concession contre l’Autorité Palestinienne, la démasquer et révéler à la face du monde ses intentions réelles qui sont exactement les mêmes que celles du Hamas et du Jihad.

Shraga Blum (hournaliste) Israël pour israel-flash- europe-israel

Voir aussi:

Le peuple qui n’avait pas le droit de vaincre

Shraga Blum

JSSNews

18 novembre 2012

Lors de ses multiples conférences sur le confit israélo-arabe, l’économiste et géopolitologue Guy Millière, ami inconditionnel d’Israël, martèle invariablement cette idée : pour que ce conflit prenne un jour fin, il faut qu’il y ait un vainqueur, et ce vainqueur doit impérativement être Israël car l’inverse aurait des conséquences tragiques. Il est parfois utile de s’entendre dire quelques vérités par quelqu’un de « l’extérieur », même s’il est bien plus à l’intérieur que beaucoup de juifs !

Pour ceux qui se souviennent de la Guerre de Kippour, hormis la terreur existentielle qui a saisi le pays durant les heures qui ont suivi l’attaque « surprise » des armées égyptiennes et syriennes, il y aussi eu cette incompréhension face à la victoire volée deux semaines plus tard par l’intervention conjointe des USA et de l’URSS. Il fallait qu’Israël soit sauvé de la disparition, certes, mais il ne fallait pas que l’Etat d’Israël gagne. Honneur arabe et autre intérêts occidentaux obligent.

Comme à l’accoutumée, dès lors qu’Israël a enfin entrepris de réagir sérieusement aux longs mois de harcèlement terroriste contre les civils israéliens, les navettes diplomatiques se sont subitement mises en branle avec une rare effervescence. Silencieux depuis des années face au pilonnage du sud d’Israël, Egyptiens, Turcs, Russes, Jordaniens, Qataris, Français, Britanniques, Américains et autres multiplient aujourd’hui leurs efforts pour retenir le bras puissant de Tsahal. Avec un aplomb sans nom, le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague a exprimé dimanche tout haut la position de beaucoup de chancelleries : « Dès que vous déclencherez une opération terrestre, vous ne bénéficierez plus du soutien international ». Autrement dit, c’est nous, la communauté internationale qui décidons quelle doit être la tournure que doit prendre votre campagne militaire, et nous qui voulons en fixer la durée et l’issue! Nous les Américains, qui bombardons l’Afghanistan depuis des années loin des caméras, sans nous soucier des civils, nous les Britanniques, qui avons fait la guerre à l’Argentine jusqu’à la victoire à 15.000 km de notre sol pour une petite ile, nous les Russes, qui trucidons sans pitié les Tchetchènes et quiconque est considéré comme une menace pour notre patrie, nous les Turcs, massacreurs d’Arméniens et de Kurdes, nous pays arabes qui nous entretuons allègrement et pour qui la vie humaine de nos propres fils vaut moins qu’un baril de pétrole !

Au-delà des motifs géopolitiques ou diplomatiques, il y a dans cette attitude une expression d’un antisémitisme pur tel qu’il subsiste encore en occident chrétien et tel qu’il sévit de plus en plus dans le monde musulman : le juif est voué à être une victime, à la limite un protégé, mais en aucun cas un vainqueur. Comme le résume avec justesse Guy Konopnicki dans l’un de ses livres : « On préfère le juif en pyjama rayé qu’en uniforme de Tsahal ». Cette persistance de l’antisémitisme dans l’attitude de pays dont certains se disent pourtant nos amis s’était déjà traduite lors de la Guerre des Six Jours, où la communauté internationale s’était rangée aux côtés de l’Etat d’Israël menacé de toutes parts par les hordes musulmanes, mais qui n’a pas pardonné jusqu’à ce jour la victoire éclair du David juif contre le Goliath arabe.

Il y a une constante dans le comportement de la communauté internationale face à Israël avec cette répugnance à voir Tsahal à vaincre de manière décisive, et si c’est tout de même le cas, d’exiger ensuite d’Israël qu’il « paie » cette outrecuidante trangression par des concessions à ses ennemis. Dans les lois de la guerre admises officiellement et officieusement, un pays agressé qui repousse ses agresseurs est en droit de dicter les conditions de la paix. Ceci a été valable en tous lieux et en tout temps, sauf pour un seul cas : Israël. L’exigence de payer sur le plan politique le fait d’avoir vaincu sur le champ de bataille équivaudrait au cas de figure absurde d’une Allemagne nazie vaincue qui aurait posé ses conditions et émis des exigences au lendemain de la fin de la Seconde Guerre mondiale !

Malheureusement, cette pathologie antisémite a également été bien intégrée dans la gauche israélienne. Depuis la création de l’Etat d’Israël et la victoire de la Guerre d’Indépendance, cette gauche non débarrassée de ses scories dhimmiques ressent une culpabilité qu’elle exprime par un soutien à la cause palestinienne, comme si le retour de l’indépendance juive après 19 siècles n’était pas un droit mais une faveur, voire une erreur historique pour laquelle il faudrait payer par une indulgence irrationnelle envers nos ennemis. Et depuis le début de l’opération antiterroriste, des responsables de gauche et d’extrême-gauche qui sont invités sur les plateaux de télévision tiennent ce même raisonnement : s’ils soutiennent du bout des lèvres l’action aérienne de Tsahal (uniquement) ils précisent dans la foulée qu’après la cessation des combats, Israël devra impérativement faire des gestes envers Abou Mazen (le modéré… !) et entamer des pourparlers afin de créer un Etat palestinien en Judée-Samarie. Autrement dit, contrebalancer la victoire militaire par des concessions envers ceux qui poursuivent le même but que le Hamas mais avec d’autres moyens. Ceux que Tsipi Livni appelle les « modérés »…

Sans parler de l’absurdité du linkage entre les deux sujets, il y a dans ces propos l’acceptation inconsciente (dans les deux sens du terme !) de l’attitude des nations envers Israël : si vous gagnez sur le terrain militaire, vous devrez le payer sur un autre plan.

Il est temps de dire haut et fort aux grands de ce monde qu’Israël a la droit de tout faire pour assurer sa défense, après des mois et des années de patience, surtout lorsqu’il le fait avec une précision et une prudence qu’aucun de tous ces pays n’adopteraient en pareil cas ou pour bien moins.

Israël est le seul pays au monde qui a réuni le corps diplomatique pour le prévenir gentiment qu’il allait entamer une opération contre les nids terroristes.

Israël est le seul pays à tenir au courant les pays « amis » du déroulement des opérations.

Israël est le seul pays à rassurer quotidiennement les chancelleries qu’il fait tout pour éviter des pertes civiles chez un ennemi qui utilise quant à lui machiavéliquement sa propre population pour se protéger.

Israël est le seul pays qui poursuit l’acheminement de marchandises humanitaire vers un territoire qui le lui rend en roquettes et missiles.

Israël est le seul aussi à s’être introduit dans les médias des terroristes pour lancer un message en langue arabe à destination des populations civiles : « Eloignez-vous des infrastructures et des terroristes du Hamas afin de ne pas être touchés par nos attaques ».

Israël n’a donc aucune leçon à recevoir de quiconque.

Israël n’a pas seulement le droit de vaincre, il en a le devoir.

Voir enfin:

Charte de l’OLP (extraits):

Article 1 : La Palestine est la patrie du peuple arabe palestinien: elle constitue une partie inséparable de la patrie arabe, et le peuple palestinien fait partie intégrante de la nation arabe.

Article 2 : La Palestine, dans les frontières du mandat britannique, constitue une unité territoriale indivisible.

Article 7 : (…) Tous les moyens d’information et d’éducation doivent être employés pour faire connaître à chaque Palestinien son pays de la manière la plus approfondie, tant matériellement que spirituellement. Il doit être préparé à la lutte armée et au sacrifice de ses biens et de sa vie afin de recouvrer sa patrie et d’œuvrer à sa libération.

Article 9 : La lutte armée est la seule voie menant à la libération de la Palestine. Il s’agit donc d’une stratégie d’ensemble et non d’une simple phase tactique. Le peuple arabe palestinien affirme sa détermination absolue et sa ferme résolution de poursuivre la lutte armée et de préparer une révolution populaire afin de libérer son pays et d’y revenir. (…)

Article 10 : L’action des commandos constitue le centre de la guerre de libération populaire palestinienne, ce qui exige d’en élever le degré, d’en élargir l’action et de mobiliser tout le potentiel palestinien en hommes et en connaissances, en l’organisant et en l’entraînant dans la révolution palestinienne armée. (…)

Article 15 : La libération de la Palestine est, du point de vue arabe, un devoir national ayant pour objet de repousser l’agression sioniste et impérialiste contre la patrie arabe et visant à éliminer le sionisme de la Palestine. (…). Il s’ensuit que la nation arabe doit mobiliser tout son potentiel militaire, humain, moral et spirituel afin de participer activement avec le peuple palestinien à la libération de la Palestine. (…)

Article 16 : La libération de la Palestine, d’un point de vue spirituel, fera bénéficier la Terre Sainte d’une atmosphère de sécurité et de quiétude, ce qui assurera la sauvegarde des lieux saints et garantira la liberté du culte en permettant à chacun de s’y rendre, sans distinction de race, de couleur, de langue ou de religion. (…).

Article 19 : Le partage de la Palestine en 1947 et l’établissement de l’État d’Israël sont entièrement illégaux, quel que soit le temps écoulé depuis lors (…).

Article 20 : La déclaration Balfour, le mandat sur la Palestine et tout ce qui en découle sont nuls et non avenus. Les prétentions fondées sur les liens historiques et religieux des Juifs avec la Palestine sont incompatibles avec les faits historiques et avec une juste conception des éléments constitutifs d’un État. Le judaïsme, étant une religion, ne saurait constituer une nationalité indépendante. De même, les Juifs ne forment pas une nation unique dotée d’une identité propre, mais ils sont citoyens des États auxquels ils appartiennent.

Article 21 : S’exprimant par révolution armée palestinienne, le peuple arabe palestinien rejette toute solution de remplacement à la libération intégrale de la Palestine (…).

Article 22 : Le sionisme est un mouvement politique organiquement lié à l’impérialisme international et opposé à toute action de libération et à tout mouvement progressiste dans le monde. Il est raciste et fanatique par nature, agressif, expansionniste et colonial dans ses buts, et fasciste par ses méthodes, Israël est l’instrument du mouvement sioniste et la base géographique de l’impérialisme mondial, stratégiquement placé au cœur même de la patrie arabe afin de combattre les espoirs de la nation arabe pour sa libération, son union et son progrès. Israël est une source constante de menaces vis-à-vis de la paix au Proche-Orient et dans le monde entier. Étant donné que la libération de la Palestine éliminera la présence sioniste et impérialiste et contribuera à l’instauration de la paix au Proche-Orient, le peuple palestinien recherche l’appui de toutes les forces progressistes et pacifiques du monde et les invite toutes instamment, quelles que soient leurs affiliations et leurs croyances, à offrir aide et appui au peuple palestinien dans sa juste lutte pour la libération de sa patrie.

Article 23 : Les exigences de la sécurité et de la paix, autant que celles du droit et de la justice, requièrent (…) de considérer le sionisme comme un mouvement illégal, d’en interdire l’existence et d’en proscrire les activités.

Article 33 : La présente Charte ne peut être amendée que par une majorité des deux tiers de tous les membres du Conseil national de l’Organisation de libération de la Palestine réunis en session extraordinaire convoquée à cet effet.


Gaza: Le Hamas n’a fait que confirmer qu’il est bien un culte de la mort (We desire death more than you desire life)

22 novembre, 2012
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Le Mouvement de la Résistance Islamique est un mouvement palestinien spécifique qui fait allégeance à Allah et à sa voie, l’islam. Il lutte pour hisser la bannière de l’islam sur chaque pouce de la Palestine. Charte du Hamas (Article six)
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
We desire death more than you desire life. Fathi Hamed (Hamas MP)
We are going to win, because they love life and we love death. Hassan Nasrallah (Hizbullah leader)
We love death. The U.S. loves life. That is the big difference between us. Osama bin Laden
The Americans love Pepsi-Cola, we love death. Maulana Inyadullah (al Qaeda operative)
It is the zenith of honor for a man to be prepared to sacrifice his life in order to serve the interests of his nation and his religion. Ayatollah Ali Khamenei
I believe in death, I wanted to kill fifty Jews. Wafa Biss
I swear by Allah that I will turn my body parts into a fire that will burn the occupation soldiers. Umm Suheib (Hamas operative)
This is the story of the Middle East conflict: Islamists’ death cult vs. Israel’s right to life, epitomized by Professor Reuven Feuerstein, the Israeli pioneer who has dedicated his life to advancing Down’s Syndrome people beyond their supposed limits. He has said that “chromosomes will never have the last word”. On the other side you have those who savor « the vivid and delightfully perverse feeling of the spilled blood », as wrote Varlam Salamov, who spent twenty years in the Gulag. No Western society lives in greater intimacy with death than Israel, where too many parents buried their children, where too many victims are still in a coma, where too much blood has spilled, where innocent people live their lives wheelchair-bound Five major wars and terror attacks since Israel’s founding in 1948 have resulted in thousands of disabled veterans and civilian survivors of suicide attacks. Each morning, these people wake up to the worst nightmares epitomizing Israel’s joy de vivre. They are a microcosm of the unfailing spirit so many of us in the West associate with being Israeli. I remember a security guard at the Kiryat Hayovel supermarket who lost his legs; an Australian-born policeman who lost a leg in Neveh Ya’acov; a girl with shrapnel lodged in her brain from the double bombing at the Ben-Yehuda pedestrian mall; a boy who lost his eyesight at Haifa’s Maxim restaurant, or the pregnant policewoman, Shoshi Attiya, who chased down the terrorist in Netanya. I think of them when I read the Western press saying that Israel is the stronger side in the conflict, with the military, the technology, the money, the knowledge base, the capacity to use force, the alliance with the United States— and that before it stands a pitifully weak people, claiming its « rights » and ready for martyrdom in order to obtain them. This is the greatest lie ever sold to public opinion. Israel is fighting the same evil which in Kigali slaughtered those who wear glasses, which in Algeria cut the throats of monks and intellectuals and which in Tokyo used the Nervin gas in the subway. The line of Israeli mothers and children running for a shelter under the « tzeva adom » alarm remind me of that boy with a hat too big for him, the yellow star on his chest and his hands up in the Warsaw ghetto – and the little human dots who jumped from the Twin Towers. We must not try to escape these pictures. Richard Wagner offered us the terrorists’ final scenario: the twilight of the gods and the burning of the planet. It’s our responsibility that those who, from Gaza to Beslan, hang bombs like garlands above their children, who threaten them with death if they cry, who reduce them to drinking their own secretions, will fail in their attempts to accomplish their apocalypse. Giulio Meotti
A chaque nouvel épisode sanglant dans un pays arabe, le culte de la mort de l’islam que les foules expriment devant les caméras ne peut manquer de nous interpeller. (…) D’un point de vue ethnologique, nous pourrions nous contenter d’observer ces différences sans les juger. Mais cela n’est pas possible, car de ces comportements envers les morts naissent des comportements envers les vivants qu’il n’est pas possible d’ignorer et de ne pas condamner. Le sang appelle la vengeance du sang. La vengeance, ce n’est pas l’action que l’on entreprend pour se débarrasser d’une menace ou d’un ennemi. La vengeance ne trouve pas sa récompense dans l’élimination de l’ennemi, mais dans le sang qu’on lui fait verser. Cette différence est importante, elle explique pourquoi les groupes terroristes n’ont pas d’état d’âme quant à leurs cibles. Leur but n’est pas d’affaiblir la force armée qui les opprimerait, mais de faire couler le sang de l’ennemi. L’armée d’Israël ne cherche pas à tuer des civils innocents, mais à éliminer les donneurs d’ordre des factions terroristes. Le seul but de ses interventions, c’est l’élimination d’une menace. Ceux qui prétendent que les groupes terroristes utilisent les moyens qui sont à leur disposition face à une armée sur-puissante font l’impasse sur l’aspect strictement culturel du mode de fonctionnement de ces assassins. C’est leur rapport à la mort qui dicte leur stratégie, et non pas le contexte du rapport de force. Tirer sur des civils est un acte délibéré qui est directement inspiré par leur psyché. Ceci mis au point, il devient légitime de se demander si ce rapport à la mort est lié à leur religion. Le christianisme envisage la mort des martyrs comme une béatification. En aucune façon le martyr doit entraîner ses persécuteurs dans la mort. Ce qui l’attend est de l’ordre du spirituel, une félicité éternelle qui n’est pas de ce monde. Le judaïsme parle d’un monde futur où règne une paix éternelle où sensualité et contingence terrestre auront disparu au profit d’un rapprochement de Dieu. L’islam, en tout cas celui des foules analphabètes et d’un certain nombre de meneurs psychopathes, imagine un au-delà de stupre et de plaisirs on ne peut plus sensuels. Pour le judaïsme et le christianisme, la mort est le passage vers un état spirituel qui n’a plus rien à voir avec la vie d’ici-bas. Pour cet islam, la mort est le passage vers une vie « idéale » où tous les sens du monde réel seront satisfaits, y compris les plaisirs sexuels qui nous sont interdit dans notre vie terrestre. Comment ne pas comprendre que cette mort fantasmée, cette vision obscène et perverse de l’au-delà a des conséquences directes sur la perception de la mort, de la sienne et de celle qu’on inflige à autrui. Adam Harishon
L’erreur la plus répandue lorsque l’on parle des mouvements islamistes contemporains, et notamment du Hamas, consiste à les envisager à l’aide des concepts et des manières de penser propres à l’Occident. La plupart des analyses occidentales du phénomène islamiste ont souvent tendance à sous-estimer, voire à occulter un aspect fondamental, que l’on retrouve dans toutes les différentes mouvances et organisations islamistes : celui des croyances religieuses musulmanes, et plus précisément de l’eschatologie musulmane. C’est ainsi qu’un islamologue français réputé, auteur d’ouvrages importants sur l’islamisme contemporain, peut expliquer la révolution islamique iranienne de 1979 par « l’alliance de la bourgeoisie pieuse et de la jeunesse urbaine pauvre », et que de nombreux journalistes continuent à décrire les auteurs – palestiniens et autres – des attentats-suicide comme des « désespérés » et des laissés pour compte, alors même que toutes les recherches entreprises sur le sujet démontrent que cette grille de lecture sociologique ou marxisante ne correspond pas à la réalité. Il est impossible de comprendre les succès remportés par le Hamas, depuis les élections palestiniennes il y a presque deux ans, et la persistance de l’islamisme – dont de nombreux observateurs occidentaux annoncent régulièrement l’essoufflement ou même la prochaine disparition – si l’on fait abstraction des croyances des acteurs des mouvements islamistes ou si l’on en diminue l’importance, en les considérant comme des balivernes moyenâgeuses dénuées de signification concrète. Il faut écouter ce que disent les islamistes et accorder du poids à leur discours, si l’on veut tenter de comprendre leurs motivations et leurs stratégies. Il est significatif à cet égard de constater que les médias occidentaux, qui parlent régulièrement des événements du Proche-Orient et de la rivalité entre le Hamas et le Fatah, ne mentionnent presque jamais la Charte du mouvement islamiste. Une analyse courante du mouvement islamiste palestinien consiste à en faire un clone du Fatah, dont il ne différerait que par l’habillage religieux donné à son combat contre Israël. Selon cette conception, répandue dans les chancelleries occidentales, il suffirait d’attendre patiemment pour que le Hamas modère ses ambitions et accepte d’entrer dans le jeu des négociations afin de parvenir à une coexistence avec Israël. Le préambule de la Charte du Hamas affirme pourtant de manière claire la centralité du « combat contre les Juifs », qui doit être mené « jusqu’à ce que [les] ennemis soient vaincus et que la victoire d’Allah soit établie ». Pour saisir la conception de l’islam qui est celle du Hamas, il faut accepter de mettre de côté l’idée occidentale de la religion, conçue comme une sphère bien délimitée de l’existence. L’histoire de l’Occident chrétien est en effet celle d’une relégation toujours plus poussée de la part du religieux dans l’existence. C’est pourquoi il est difficile pour un Occidental de se représenter la manière dont un Musulman non occidentalisé peut concevoir l’islam. Un des aspects essentiels – et méconnus – de l’islamisme contemporain est celui des croyances eschatologiques. La dimension eschatologique de l’islam a souvent été minimisée, parfois pour des raisons polémiques, le christianisme se présentant comme la seule religion tournée vers l’au-delà, en rejetant l’islam dans le domaine des seules préoccupations terrestres. Cette dimension oubliée est fondamentale dans la résurgence actuelle d’un islam conquérant, car elle traverse tous les clivages du monde musulman – entre sunnisme et chiisme, entre islam traditionnel et islamisme contemporain – et permet de comprendre de très nombreux aspects du réveil de l’islam. Comme l’explique un historien français (2), « l’eschatologie représente un des traits fondamentaux de la religion musulmane. L’imminence de la fin des temps et du Jugement dernier est l’un des thèmes coraniques les plus anciens et les plus constants, qui parcourt l’ensemble du texte sacré de l’islam ». Mohammed étant le dernier prophète (le « sceau de la prophétie »), sa venue inaugure la dernière période de l’histoire universelle, c’est-à-dire la période eschatologique. Dans son recueil de Hadiths intitulé « Les grands signes de la fin du monde depuis la mission du prophète jusqu’au retour de Jésus », Abdallah al-Hajjaj cite une parole du prophète, affirmant en levant sa main que sa mission et l’Heure dernière étaient rapprochées comme son majeur de son index. Cette croyance à l’imminence de la fin des temps est un aspect fondamental du réveil de l’islam dans le monde actuel, sous ses formes pacifiques et guerrières. L’islam chiite est parfois présenté comme étant le seul à accorder une importance aux considérations eschatologiques. Il est vrai que le thème du retour de l’Imam caché, élément central des croyances de l’islam chiite, se prête facilement aux interprétations eschatologiques. Depuis la révolution islamique iranienne, en 1979, les aspirations eschatologiques occupent le devant de la scène au sein du monde musulman chiite. La croyance en l’imminence du Jugement dernier permet d’expliquer tant les comportements suicidaires, qui se sont multipliés depuis les années 1980, lors de la guerre Iran-Irak, que l’attitude actuelle du dirigeant iranien Ahmadinejad. Mais l’eschatologie est tout autant présente dans l’islam sunnite, et elle joue un rôle central dans le développement des mouvements islamistes sunnites. Toutes les composantes de la mouvance islamiste contemporaine, depuis les Frères musulmans jusqu’au Hamas et à la nébuleuse Al-Qaida, partagent en effet l’espoir de voir le Califat islamique reconstitué et considèrent le « renouveau de l’islam » comme le signe manifeste de la véracité des prophéties concernant la victoire finale de l’islam et sa propagation dans le monde entier… Paul Landau
Quel est l’objectif véritable de la France quand elle prétend parvenir à un « cessez-le-feu immédiat », qui permettra très probablement au Hamas de se réarmer avec l’aide de l’Iran, jusqu’au prochain et inévitable round de l’affrontement contre Israël ? Israël n’est pas prêt d’oublier les récents propos de M. Fabius, au lendemain de l’élimination du chef terroriste Ahmad Jabari, responsable de l’enlèvement de Guilad Shalit et de centaines d’opérations dirigées contre des civils israéliens, affirmant qu’on « n’arrive à rien en pratiquant un regain de violence ». Ces propos s’inscrivent dans le droit fil des déclarations indignes de plusieurs dirigeants français, depuis le « peuple sûr de lui et dominateur » gaullien et jusqu’à la « parenthèse de l’histoire » de Dominique de Villepin, en passant par le « est-ce une agression que de vouloir rentrer chez soi ? » de Michel Jobert… Ils montrent que la diplomatie française n’a pas changé et qu’elle reste fidèle à sa ligne traditionnelle de soutien aux pires régimes arabes, de Saddam Hussein à Yasser Arafat. En renvoyant dos-à-dos un pays démocratique en lutte pour sa survie et une organisation terroriste, M. Fabius vient de montrer une nouvelle fois le visage hideux d’une diplomatie française qui refuse à Israël le droit élémentaire à se défendre contre ses ennemis. La France ne s’honore pas en venant au secours du régime islamiste fanatique de Gaza, au moment même où Israël tente de constituer une coalition internationale contre le Hamas et le Djihad islamique, bras avancé de l’Iran. Au lieu de soutenir, comme l’ont fait les États-Unis, le Canada et l’Allemagne, la juste riposte israélienne face aux attaques incessantes du Hamas, la diplomatie française s’illustre une fois de plus dans l’ignominie et le mensonge. Bureau de l’UPJF

Roquettes et obus de mortier par centaines, missiles anti-tank (10 novembre) et anti-aériens (16 novembre), nouveaux missiles iraniens à longue portée (jusqu’à Tel Aviv et Jérusalem), percement de tunnels massifs sous la frontière, systématisation des boucliers humains et des manipulations médiatiques, lynchages de rue, rhétorique mortifère …

Alors qu’avec le cessez-le-feu à Gaza, les pompom girls occidentales du culte de la mort islamique ont repris leurs imprécations antisémites (pardon: antisionistes) et leurs appels à la levée d’un blocus imaginaire (le blcus actuel ne concerne que les armes) sur l’un des seuls territoires au monde, entre l’Iran et la Corée du nord, contrôlé par un mouvement explicitement terroriste …

Et que, fidèle à elle-même, la France a à nouveau brillé par son refus d’appeler un chat …

Pendant qu’outre la remarquable efficacité du système anti-missile israélien et la mise hors d’état de nuire d’une trentaine de chefs terroristes dont son commandant militaire et de caches de missiles par les forces israéliennes, ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre ont pu largement vérifier sur le terrain l’évidence du fonctionnement d’un mouvement qui n’utilise les trêves (tout est dit dans le mot lui-même) que pour mieux réarmer …

Comment ne pas voir, avec le journaliste italien Giulio Meotti, la véritable inversion qu’ont fait subir à nos valeurs de vie (mais l’islam dont ils se réclament est-il autre chose qu’une grossière contrefaçon du message judéo-chrétien?), le véritable culte de la mort servant actuellement de motivation aux fanatiques (pardon: « apocalyptiques ») qui dirigent non seulement le Hamas et sa Charte appelant à l’annihilation d’Israël mais la plupart des mouvements censés représenter, au Moyen-Orient, le prétendu « printemps arabe » ?

Gaza is Beslan: « They Love Death, We Love Life »

There is a gap wider than the ocean between the way Israelis look at life and the way the Hamas – and not only the Hamas – do.

Giulio Meotti

Arutz Sheva

November 21, 2012

The writer, an Italian journalist with Il Foglio, writes a twice-weekly column for Arutz Sheva. He is the author of the book « A New Shoah », that researched the personal stories of Israel’s terror victims, published by Encounter. His writing has appeared in publications, such as the Wall Street Journal, Frontpage and Commentary. He is at work on a book about the Vatican and Israel.

Hamas MP Fathi Hamed, addressing Israel, said, “We desire death more than you desire life ».

That SS Death Heads’ cry is the root of the conflict in Gaza and in the Middle East.

« We are going to win, because they love life and we love death, » said Hizbullah leader Hassan Nasrallah in the same vein.

Osama bin Laden declared: « We love death. The U.S. loves life. That is the big difference between us. »

« The Americans love Pepsi-Cola, we love death, » explained al Qaeda operative Maulana Inyadullah.

Ayatollah Ali Khamenei declared: « It is the zenith of honor for a man to be prepared to sacrifice his life in order to serve the interests of his nation and his religion. »

Hamas’s armed wing reported that it has prepared its forces in Gaza to engage the Israeli army by deploying “suicide units », read women. In Arabic it’s the « istishhadiyah », the female version of martyrdom.

When a journalist asked her if she was ready to kill Jewish children too, the [Arab]woman replied: « Yes, all, infants and children ».

My fellow journalists prefer not seeing the dormitories, the schools, the streets, the sports arenas and the events named for these messengers of death by the Palestinian Authority and Hamas.

There are 88 cases of Palestinian women who have so far chosen to die in order to bring death to the Israelis, civilian and military. The Shin Bet, Israel’s internal intelligence service, found that 33 percent of them were college graduates. They are called « the purest of bees ». Hamas founder Ahmad Yassin issued a fatwa justifying the suicide operations for women.

Kahira Saadi, a mother of four, never expressed regret for the role she played in the attack that killed four Israelis, including Zipi Shemesh, a Jewish mother pregnant with twins, and her husband Gad.

Wafa Biss wanted to become a martyr from childhood: « I believe in death, I wanted to kill fifty Jews ». Wafa tried to blow herself up in a hospital with nine kilos of explosives between her legs. When a journalist asked her if she was ready to kill Jewish children too, the woman replied: « Yes, all, infants and children ».

Ayat al Akhras was eighteen years old when she blew herself up in a supermarket in Jerusalem.

Female suicide bombers provided Hamas with an element of surprise and an easier way to pass through Israeli checkpoints. In a video recorded in December 2008, Hamas operative Umm Suheib proclaims: « I swear by Allah that I will turn my body parts into a fire that will burn the occupation soldiers ».

A 57 years Palestinian grandmother blew herself up in Jabaliya, among a group of Israeli soldiers.

In Gaza today there are women who promote a campaign of immolation as human shields. They are the « matriarchs of Hamas, » and some of them even got a seat in Gaza’s Parliament. Their leader is Jamila Shanti, the widow of former Hamas leader, Dottor Rantisi.

Gaza is like Chechnya, where women took part in suicide missions against the Russians. On the passenger list of planes blown up in 2004 there were the names of two Chechen women. They are known as « black widows ». Another two detonated themselves a few meters from the Kremlin. In the siege of the Dubrovka theater in Moscow, half of the terrorists were women. In Chechnya, women led 43 percent of the suicide attacks since 2000. Female terrorists took part in the Beslan’s Apocalypse.

This is also what’s at stake today in Gaza: the Jews’ enemies are willing to die in order to bring death to as many people as possible, while Israeli soldiers are willing to die so as to guarantee life for others.

In Palestinian society, the most famous disabled person was Hamas founder Ahmed Yassin. In Iraq, terrorists used disabled women for suicide attacks. In Israel, Down syndrome youth can ask to be inducted into the army for that purpose.

This is the story of the Middle East conflict: Islamists’ death cult vs. Israel’s right to life, epitomized by Professor Reuven Feuerstein, the Israeli pioneer who has dedicated his life to advancing Down’s Syndrome people beyond their supposed limits. He has said that “chromosomes will never have the last word”.

On the other side you have those who savor « the vivid and delightfully perverse feeling of the spilled blood », as wrote Varlam Salamov, who spent twenty years in the Gulag.

No Western society lives in greater intimacy with death than Israel, where too many parents buried their children, where too many victims are still in a coma, where too much blood has spilled, where innocent people live their lives wheelchair-bound

Five major wars and terror attacks since Israel’s founding in 1948 have resulted in thousands of disabled veterans and civilian survivors of suicide attacks. Each morning, these people wake up to the worst nightmares epitomizing Israel’s joy de vivre. They are a microcosm of the unfailing spirit so many of us in the West associate with being Israeli.

I remember a security guard at the Kiryat Hayovel supermarket who lost his legs; an Australian-born policeman who lost a leg in Neveh Ya’acov; a girl with shrapnel lodged in her brain from the double bombing at the Ben-Yehuda pedestrian mall; a boy who lost his eyesight at Haifa’s Maxim restaurant, or the pregnant policewoman, Shoshi Attiya, who chased down the terrorist in Netanya.

I think of them when I read the Western press saying that Israel is the stronger side in the conflict, with the military, the technology, the money, the knowledge base, the capacity to use force, the alliance with the United States— and that before it stands a pitifully weak people, claiming its « rights » and ready for martyrdom in order to obtain them. This is the greatest lie ever sold to public opinion.

Israel is fighting the same evil which in Kigali slaughtered those who wear glasses, which in Algeris cut the throats of monks and intellectuals and which in Tokyo used the Nervin gas in the subway.

The line of Israeli mothers and children running for a shelter under the « tzeva adom » alarm remind me of that boy with a hat too big for him, the yellow star on his chest and his hands up in the Warsaw ghetto – and the little human dots who jumped from the Twin Towers. We must not try to escape these pictures.

Richard Wagner offered us the terrorists’ final scenario: the twilight of the gods and the burning of the planet. It’s our responsibility that those who, from Gaza to Beslan, hang bombs like garlands above their children, who threaten them with death if they cry, who reduce them to drinking their own secretions , will fail in their attempts to accomplish their apocalypse.

Voir aussi:

La diplomatie française au secours du Hamas

Le Bureau de l’UPJF

18 novembre 2012

Au quatrième jour de l’Opération « Pilier de Défense », lancée par Israël pour protéger ses citoyens exposés aux tirs incessants des missiles du Hamas, la diplomatie française tente d’obtenir un « cessez-le-feu immédiat », qui risque de faire perdre à Israël tout le bénéfice de la guerre défensive déclenchée il y a moins d’une semaine. Cette initiative française soulève de nombreuses questions quant aux motivations profondes du quai d’Orsay et de son actuel occupant : – Où était M. Laurent Fabius ces dernières semaines, quand Israël subissait sans réagir les tirs incessants de roquettes sur les villes du Sud et qu’un million de ses citoyens vivaient quotidiennement dans la peur et l’angoisse pour leur vie et celle de leurs enfants ?

– Pourquoi la diplomatie française ne se réveille que lorsque l’État juif met fin à sa retenue pour frapper sans merci le Hamas, organisation terroriste fanatique qui gouverne la bande de Gaza depuis le retrait israélien en 2005 ?

– Quel est l’objectif véritable de la France quand elle prétend parvenir à un « cessez-le-feu immédiat », qui permettra très probablement au Hamas de se réarmer avec l’aide de l’Iran, jusqu’au prochain et inévitable round de l’affrontement contre Israël ?

Israël n’est pas prêt d’oublier les récents propos de M. Fabius, au lendemain de l’élimination du chef terroriste Ahmad Jabari, responsable de l’enlèvement de Guilad Shalit et de centaines d’opérations dirigées contre des civils israéliens, affirmant qu’on « n’arrive à rien en pratiquant un regain de violence ».

Ces propos s’inscrivent dans le droit fil des déclarations indignes de plusieurs dirigeants français, depuis le « peuple sûr de lui et dominateur » gaullien et jusqu’à la « parenthèse de l’histoire » de Dominique de Villepin, en passant par le « est-ce une agression que de vouloir rentrer chez soi ? » de Michel Jobert…

Ils montrent que la diplomatie française n’a pas changé et qu’elle reste fidèle à sa ligne traditionnelle de soutien aux pires régimes arabes, de Saddam Hussein à Yasser Arafat. En renvoyant dos-à-dos un pays démocratique en lutte pour sa survie et une organisation terroriste, M. Fabius vient de montrer une nouvelle fois le visage hideux d’une diplomatie française qui refuse à Israël le droit élémentaire à se défendre contre ses ennemis.

La France ne s’honore pas en venant au secours du régime islamiste fanatique de Gaza, au moment même où Israël tente de constituer une coalition internationale contre le Hamas et le Djihad islamique, bras avancé de l’Iran. Au lieu de soutenir, comme l’ont fait les États-Unis, le Canada et l’Allemagne, la juste riposte israélienne face aux attaques incessantes du Hamas, la diplomatie française s’illustre une fois de plus dans l’ignominie et le mensonge.

Voir également:

Palestiniens/vidéos : Une insatiable jouissance du sang

Shraga Blum

Israel-flash- europe-israel

Aschkel

novembre 22nd, 2012

Les images insoutenables des corps mutilés des six Palestiniens accusés d’avoir collaboré avec Israël ont déjà fait le tout du monde…Et

Shraga Blum

Le Hamas ne s’est pas contenté de faire exécuter ces six individus sans autre forme de procès, mais leurs corps ont été exposés dans la rue, avant d’être piétinés, mutilés par une foule en liesse hystérique qui pataugeait et crachait dans leur sang.

L’un des cadavres à même été attaché par une corde à une motocyclette qui l’a traînée dans les rues de Gaza, accompagnée de Palestiniens en délire qui tiraient en l’air en signe de joie et de victoire.

Malheureusement pour la propagande du Hamas, généralement plus avisée, les exécutants de ce massacre ont librement laissé les spectateurs comblés – dont de nombreux enfants – filmer et photographier ces scènes avant de les diffuser sur les réseaux sociaux.

Ainsi se retournait contre le Hamas l’arme favorite dont il use et abuse depuis une semaine : la diffusion de clichés de blessés ou morts arabes, de préférence ensanglantés – la plupart pris d’ailleurs en Syrie – destinés à présenter Israël comme étant un pays barbare.

Interrogés par les médias occidentaux, les responsables du Hamas à Gaza et à l’étranger, mis au pied du mur, ont redoublé de ruse et ont une fois de plus menti effrontément en disant « regretter ces scènes » et affirmant « que ces collaborateurs auraient dû bénéficier d’un procès ». Comme c’est le cas en général…

Ces scènes tournées dans la sphère du Hamas sont à relier directement à celles qui avaient choqué le pays lors du terrible lynch de Ramallah, fief du Fatah, le 12 octobre 2000, où une foule en liesse avait massacré et mutilé deux malheureux réservistes israéliens dont le seul tort avait été d’entrer par erreur dans la ville.

Là aussi, des scènes terribles avaient été immortalisées, notamment celle d’un Arabe palestinien faisant le « V » de la victoire depuis les fenêtres du commissariat devant une foule exaltée à la vue du sang sur ses mains. A l’époque, Arafat avait usé de menaces sur les reporters étrangers afin qu’ils renoncent à diffuser ces images, mais aujourd’hui ce genre de procédé n’est plus possible n’importe quel enfant peut désormais diffuser des photos dans le monde entier depuis son téléphone portable.

Les exemples sont encore nombreux de cette fascination morbide et meurtrière pour le sang qui règne dans la culture arabo-musulmane.

Il faut le dire même si cela sort du cadre du politiquement correct : il y a un abîme culturel et civilisationnel entre le Judaïsme et l’Islam notamment sur cette question. Sauf très rares exceptions, jamais les médias israéliens, ni Tsahal ni même les citoyens n’ont diffusé des images choquantes après des attentats, et les scènes d’horreur étaient toujours rapidement nettoyées afin « que la vie reprenne ». Personne au monde n’a vu par exemple sur ses écrans les images des corps des trois victimes de Kiryat Malakhi, car la pudeur juive n’a d’égale que le goût du sang chez nos ennemis.

Israël en paie paradoxalement le prix fort en termes d’image, puisque les foyers de la planète sont inondés d’images à charge contre l’Etat juif, même si elles sont la plupart du temps tronquées, alors qu’Israël enterre ses morts dans la discrétion et le respect qui leur est dû ainsi qu’à leurs familles.

Il suffit de voir les scènes de liesse à Gaza lorsqu’un attentat touche des civils israéliens pour comprendre qu’il s’agit de deux mondes antagonistes, l’un sanctifiant la vie et la morale, l’autre vénérant la violence et la mort.

Une ligne bien rouge relie ceux qui sèment la mort à travers le monde au nom du Coran : un goût ancestral pour la violence, le mensonge, le chantage et le sang.

Voir encore:

Un culte de la mort obscène

Adam Harishon

Adam’s chronicles

novembre 20th, 2012

A chaque nouvel épisode sanglant dans un pays arabe, le culte de la mort de l’islam que les foules expriment devant les caméras ne peut manquer de nous interpeller:

1/ Dans son étalage public, sang, blessés, cadavres : la mort s’exhibe. Elle s’accompagne de l’hystérie collective, des cris, des pleurs, des menaces, de portraits géants comme si la douleur de ceux qui sont touchés par la perte d’un des leurs n’avaient de sens que si chacun pouvait voir, toucher le cadavre. Ce rapport sensuel, voyeur et sans pudeur à la mort est tellement éloigné de notre propre sensibilité à nous qui couvrons nos morts, qui pleurons en silence, qui évitons toutes photos, qu’il est impossible de ne pas s’interroger sur les conséquences de ces différences.

D’un point de vue ethnologique, nous pourrions nous contenter d’observer ces différences sans les juger. Mais cela n’est pas possible, car de ces comportements envers les morts naissent des comportements envers les vivants qu’il n’est pas possible d’ignorer et de ne pas condamner.

2/ Le sang appelle la vengeance du sang. La vengeance, ce n’est pas l’action que l’on entreprend pour se débarrasser d’une menace ou d’un ennemi. La vengeance ne trouve pas sa récompense dans l’élimination de l’ennemi, mais dans le sang qu’on lui fait verser. Cette différence est importante, elle explique pourquoi les groupes terroristes n’ont pas d’état d’âme quant à leurs cibles. Leur but n’est pas d’affaiblir la force armée qui les opprimerait, mais de faire couler le sang de l’ennemi.

L’armée d’Israël ne cherche pas à tuer des civils innocents, mais à éliminer les donneurs d’ordre des factions terroristes. Le seul but de ses interventions, c’est l’élimination d’une menace. Ceux qui prétendent que les groupes terroristes utilisent les moyens qui sont à leur disposition face à une armée sur-puissante font l’impasse sur l’aspect strictement culturel du mode de fonctionnement de ces assassins. C’est leur rapport à la mort qui dicte leur stratégie, et non pas le contexte du rapport de force. Tirer sur des civils est un acte délibéré qui est directement inspiré par leur psyché.

Ceci mis au point, il devient légitime de se demander si ce rapport à la mort est lié à leur religion.

3/ Le christianisme envisage la mort des martyrs comme une béatification. En aucune façon le martyr doit entraîner ses persécuteurs dans la mort. Ce qui l’attend est de l’ordre du spirituel, une félicité éternelle qui n’est pas de ce monde. Le judaïsme parle d’un monde futur où règne une paix éternelle où sensualité et contingence terrestre auront disparu au profit d’un rapprochement de Dieu.

L’islam, en tout cas celui des foules analphabètes et d’un certain nombre de meneurs psychopathes, imagine un au-delà de stupre et de plaisirs on ne peut plus sensuels. Pour le judaïsme et le christianisme, la mort est le passage vers un état spirituel qui n’a plus rien à voir avec la vie d’ici-bas. Pour cet islam, la mort est le passage vers une vie « idéale » où tous les sens du monde réel seront satisfaits, y compris les plaisirs sexuels qui nous sont interdit dans notre vie terrestre.

Comment ne pas comprendre que cette mort fantasmée, cette vision obscène et perverse de l’au-delà a des conséquences directes sur la perception de la mort, de la sienne et de celle qu’on inflige à autrui.

C’est cette vision de la mort qui est responsable de la vision de la vie de ces nazislamistes.

Dans l’univers mental de ces fous, la vie de leurs compatriotes n’a pas plus de valeur que celle de leurs ennemis.

Ces scories de l’islam populaire polluent le monde musulman dans sa totalité.

Ces foules en délire, hystériques dans la douleur quand elles accompagnent leurs morts et hystériques dans la joie quand elles font couler le sang de l’ennemi ne seront pas éduquées avant plusieurs générations tant que de tels leaders les manipuleront.

Nous n’avons pas à hésiter à éliminer les uns après les autres de tels pervers.

Voir de même:

Le Hamas : un mouvement islamiste apocalyptique

Paul Landau

19/11/2012

(Alors que les médias israéliens évoquent l’éventualité d’un « cessez-le-feu » entre Israël et le Hamas, il est essentiel de comprendre la nature profonde du mouvement islamiste palestinien, pour être en mesure d’apprécier ses motivations et ses aspirations. C’est l’objet de l’analyse ci-dessous. Paul Landau.)

L’erreur la plus répandue lorsque l’on parle des mouvements islamistes contemporains, et notamment du Hamas, consiste à les envisager à l’aide des concepts et des manières de penser propres à l’Occident. La plupart des analyses occidentales du phénomène islamiste ont souvent tendance à sous-estimer, voire à occulter un aspect fondamental, que l’on retrouve dans toutes les différentes mouvances et organisations islamistes : celui des croyances religieuses musulmanes, et plus précisément de l’eschatologie musulmane.

C’est ainsi qu’un islamologue français réputé, auteur d’ouvrages importants sur l’islamisme contemporain, peut expliquer la révolution islamique iranienne de 1979 par « l’alliance de la bourgeoisie pieuse et de la jeunesse urbaine pauvre » (1), et que de nombreux journalistes continuent à décrire les auteurs – palestiniens et autres – des attentats-suicide comme des « désespérés » et des laissés pour compte, alors même que toutes les recherches entreprises sur le sujet démontrent que cette grille de lecture sociologique ou marxisante ne correspond pas à la réalité.

Il est impossible de comprendre les succès remportés par le Hamas, depuis les élections palestiniennes il y a presque deux ans, et la persistance de l’islamisme – dont de nombreux observateurs occidentaux annoncent régulièrement l’essoufflement ou même la prochaine disparition – si l’on fait abstraction des croyances des acteurs des mouvements islamistes ou si l’on en diminue l’importance, en les considérant comme des balivernes moyenâgeuses dénuées de signification concrète.

Il faut écouter ce que disent les islamistes et accorder du poids à leur discours, si l’on veut tenter de comprendre leurs motivations et leurs stratégies. Il est significatif à cet égard de constater que les médias occidentaux, qui parlent régulièrement des événements du Proche-Orient et de la rivalité entre le Hamas et le Fatah, ne mentionnent presque jamais la Charte du mouvement islamiste.

Que veut le Hamas?

Une analyse courante du mouvement islamiste palestinien consiste à en faire un clone du Fatah, dont il ne différerait que par l’habillage religieux donné à son combat contre Israël. Selon cette conception, répandue dans les chancelleries occidentales, il suffirait d’attendre patiemment pour que le Hamas modère ses ambitions et accepte d’entrer dans le jeu des négociations afin de parvenir à une coexistence avec Israël.

Le préambule de la Charte du Hamas affirme pourtant de manière claire la centralité du « combat contre les Juifs », qui doit être mené « jusqu’à ce que [les] ennemis soient vaincus et que la victoire d’Allah soit établie ». Pour saisir la conception de l’islam qui est celle du Hamas, il faut accepter de mettre de côté l’idée occidentale de la religion, conçue comme une sphère bien délimitée de l’existence. L’histoire de l’Occident chrétien est en effet celle d’une relégation toujours plus poussée de la part du religieux dans l’existence. C’est pourquoi il est difficile pour un Occidental de se représenter la manière dont un Musulman non occidentalisé peut concevoir l’islam.

L’eschatologie, au cœur du conflit entre l’islam et l’Occident

Un des aspects essentiels – et méconnus – de l’islamisme contemporain est celui des croyances eschatologiques. La dimension eschatologique de l’islam a souvent été minimisée, parfois pour des raisons polémiques, le christianisme se présentant comme la seule religion tournée vers l’au-delà, en rejetant l’islam dans le domaine des seules préoccupations terrestres.

Cette dimension oubliée est fondamentale dans la résurgence actuelle d’un islam conquérant, car elle traverse tous les clivages du monde musulman – entre sunnisme et chiisme, entre islam traditionnel et islamisme contemporain – et permet de comprendre de très nombreux aspects du réveil de l’islam.

Comme l’explique un historien français (2), « l’eschatologie représente un des traits fondamentaux de la religion musulmane. L’imminence de la fin des temps et du Jugement dernier est l’un des thèmes coraniques les plus anciens et les plus constants, qui parcourt l’ensemble du texte sacré de l’islam ». Mohammed étant le dernier prophète (le « sceau de la prophétie »), sa venue inaugure la dernière période de l’histoire universelle, c’est-à-dire la période eschatologique.

Dans son recueil de Hadiths intitulé « Les grands signes de la fin du monde depuis la mission du prophète jusqu’au retour de Jésus », Abdallah al-Hajjaj cite une parole du prophète, affirmant en levant sa main que sa mission et l’Heure dernière étaient rapprochées comme son majeur de son index. Cette croyance à l’imminence de la fin des temps est un aspect fondamental du réveil de l’islam dans le monde actuel, sous ses formes pacifiques et guerrières.

L’islam chiite est parfois présenté comme étant le seul à accorder une importance aux considérations eschatologiques. Il est vrai que le thème du retour de l’Imam caché, élément central des croyances de l’islam chiite, se prête facilement aux interprétations eschatologiques. Depuis la révolution islamique iranienne, en 1979, les aspirations eschatologiques occupent le devant de la scène au sein du monde musulman chiite. La croyance en l’imminence du Jugement dernier permet d’expliquer tant les comportements suicidaires, qui se sont multipliés depuis les années 1980, lors de la guerre Iran-Irak, que l’attitude actuelle du dirigeant iranien Ahmadinejad.

La dimension eschatologique du mouvement islamiste sunnite

Mais l’eschatologie est tout autant présente dans l’islam sunnite, et elle joue un rôle central dans le développement des mouvements islamistes sunnites. Toutes les composantes de la mouvance islamiste contemporaine, depuis les Frères musulmans jusqu’au Hamas et à la nébuleuse Al-Qaida, partagent en effet l’espoir de voir le Califat islamique reconstitué et considèrent le « renouveau de l’islam » comme le signe manifeste de la véracité des prophéties concernant la victoire finale de l’islam et sa propagation dans le monde entier…

A SUIVRE…

http://paullandau.20minutes-blogs.fr/

Note de Menahem Macina

[Pour mémoire, Paul Landau est l’auteur de deux livres sur le sujet :

1. « Le sabre et le Coran : Tariq Ramadan et les Frères musulmans à la conquête de l’Europe »

2. « Pour Allah jusqu’à la mort : Enquête sur les convertis à l’islam radical ».]

 Voir enfin:

Ceasefire Agreement Comes Into Effect

IDF

November 21, 2012

A short while ago, a ceasefire agreement regarding the fighting in the south, came into effect. Following eight days of operations, the IDF has accomplished its pre-determined objectives for Operation Pillar of Defense, and has inflicted severe damage to Hamas and its military capabilities.

As a result of IDF operations, the command and control apparatus of Hamas was significantly struck, beginning with the targeting of the commander of the military wing of Hamas, Ahmed Jabri, continuing with the targeting of broad terrorist infrastructure, facilities and military bases, as well as the destruction of dozens of smuggling and explosive tunnels.

During the operation, the IDF damaged and destroyed significant elements of Hamas’ strategic capabilities, among them. Amongst those capabilities were long-range (over 40 km) and hundreds of short- and medium-range rocket launchers. These actions have severely impaired Hamas’ launching capabilities, resulting in a decreasing number of rockets being fired from the Gaza Strip. The ‘Iron Dome’ defense system has accomplished high rate of successful interceptions (84%) and Hamas’ accuracy with regards to hitting populated areas within Israel remained below 7%.

IDF soldiers, in regular and reserve military service, gathered in assembly areas and prepared for the ground operation. Their time was used for training and improving their operational capabilities.

These operational achievements provided the underlying framework for this evening’s ceasefire agreement.

At this time, Israeli residents are requested to continue to pay attention to Home Front Command’s instructions.

Over the course of Operation Pillar of Defense, the IDF targeted over 1,500 terror sites including 19 senior command centers, operational control centers and Hamas’ senior-rank headquarters, 30senior operatives, damaging Hamas’ command and control, hundreds of underground rocket launchers, 140 smuggling tunnels, 66 terror tunnels, dozens of Hamas operation rooms and bases,26 weapon manufacturing and storage facilities and dozens of long-range rocket launchers and launch sites.

Senior Operatives Targeted:

Ahmed Jabari, head of Hamas’ military wing – targeted on November 14

Hab’s Hassan Us Msamch, senior operative in Hamas’ police – targeted on November 15

Ahmed Abu Jalal, Commander of the military wing in Al-Muazi – targeted on November 16

Khaled Shaer, senior operative in the anti-tank operations – targeted on November 16

Osama Kadi, senior operative in the smuggling operations in the southern Gaza Strip – targeted on November 17

Muhammad Kalb, senior operative in the aerial defense operations – targated on November 17

Ramz Harb, Islamic Jihad senior operative in propaganda in Gaza city – targeted on November 19

Number of Rocket Launches Toward Israel During the Operation:

November 14: 75 rockets

November 15: 316 rockets

November 16: 228 rockets

November 17: 237 rockets

November 18: 156 rockets

November 19: 143 rockets

November 20: 221 rockets

November 21 (Until 21:00): 130 rockets

Rocket Launched Towards Israel:

Total number of rockets launched from the Gaza Strip: 1,506 rockets

Number of rockets hit open areas: 875 rockets

Number of rockets hit urban areas: 58 rockets

“Iron Dome” interceptions: 421 rockets

Failed launching attempts: 152 rockets

Israeli Casualties:

Fatalities: 5

Injuries: 240

Voir encore:

IDF Tracked Rockets From Iran to Hamas

Akhikam Moshe David. Translated from Maariv (Israel).

The smuggling operation was highly complex. The Fajr-5 rockets made in Iran, each six meters long, were transported all the way from their country of origin — dismantled and re-assembled along the way, smuggled via the Gaza Strip tunnels and then hoisted out using cranes — until they were positioned at their launching sites in Gaza.

Summary:

The Israel Defense Forces had been tracking the shipment of Fajr-5 missiles from Iran for over a year before the Israeli strike, reports Akhikam Moshe David.

However, the smugglers were unaware that all that time, for over a year, IDF intelligence, headed by Maj. Gen. Aviv Kochavi, was after them, tracking them down from the moment they left Iran, targeting and destroying the rockets in a matter of minutes.

While Operation Pillar of Defense started with the targeting and killing of Hamas’ military chief in Gaza Ahmed Jabari, the terror organizations in the Gaza Strip were in for an even bigger shock when they realized that virtually the entire lineup of Fajr-5 rockets was eliminated in the space of a few minutes. The Fajr-5 rockets were the most potent weapons in the arsenal of Hamas and the Islamic Jihad. The rockets have a potential range of up to 75 km (47 miles), and they thus may threaten Israel’s central Dan district.

The terror organizations had been stockpiling the Fajr-5 rockets in hidden storage sites over a long period of time, intending to use them on the « day of judgment” as a “tie-breaker” weapon

The smuggling of rockets into the Gaza Strip was foiled, in part, far away from Gaza. According to reports by foreign sources, it was Israel that bombed the weapon-carrying convoys that left Iran on their way to Gaza.

The long rockets were dismantled into several parts by the smugglers before moving them through the tunnels, while storage sites were prepared for them in Gaza. Israeli intelligence operatives detected excavations in various places across the Gaza Strip, mainly near civilian population centers. These column-like holes were dug out, and the rockets transferred through the tunnels and hoisted out by cranes, which then hid the rockets deep down in the holes, ready for launching in their pre-planned directions. To each launching site, a special operator was assigned so that each knew where “his » rocket, the one he was to fire when the day came, was located.

All through that time, IDF intelligence analyzed the data collected and charted the map of rocket deployment, detailing the exact location of each one, its type, where it was pointed and the nature of its immediate surroundings. Once the intelligence elements identified each rocket and its surrounding area, the information was passed on to the Israel air force.

In this way, an accurate bank of targets was prepared in the course of over a year. The innocent-looking launching sites, covered by soil, were supposed to go into action when the time came. However, the IDF was ahead of them: Just a few minutes following the targeting and killing of Jabari, the second wave of air strikes was already underway and within a quarter of an hour, virtually the entire lineup of Fajr-5 rockets was eliminated.


Affaire Petraeus: Attention, un syndrome de Bethsabée peut en cacher bien d’autres (The lesson is that everyone is susceptible to the temptations that come with power and control)

21 novembre, 2012
Au temps où les rois se mettaient en campagne, David envoya Joab, avec ses serviteurs et tout Israël, pour détruire les fils d’Ammon et pour assiéger Rabba. Mais David resta à Jérusalem. Un soir, David se leva de sa couche; et, comme il se promenait sur le toit de la maison royale, il aperçut de là une femme qui se baignait, et qui était très belle de figure.David fit demander qui était cette femme, et on lui dit: N’est-ce pas Bath Schéba, fille d’Éliam, femme d’Urie, le Héthien? Et David envoya des gens pour la chercher. Elle vint vers lui, et il coucha avec elle. (…) David écrivit une lettre à Joab (…) : Placez Urie au plus fort du combat, et retirez-vous de lui, afin qu’il soit frappé et qu’il meure.  (…) La femme d’Urie apprit que son mari était mort, et elle pleura son mari. Quand le deuil fut passé, David l’envoya chercher et la recueillit dans sa maison. Elle devint sa femme, et lui enfanta un fils. Ce que David avait fait déplut à l’Éternel. 2 Samuel 11: 2-27
There is a dispute in the Talmud3 whether or not Bathsheba was technically a married woman at the time. The Talmud rules that she was not. The law was that before a man went out to war he was required to divorce his wife. This was a necessary precaution taken to protect the wife. In case the husband would die in battle and no one could testify to the fact, the wife would not be an « Agunah » (chained to her possibly deceased husband) and would be free to remarry. If, however, the husband did return from the battlefield safe and sound – the couple was free to remarry. Uriah, too, issued this divorce to his wife and thus, according to Jewish law, King David had relations with a divorced woman. Please note, that before King David summoned Bathsheba he « sent and inquired about the woman. » If David, the absolute monarch, desired this woman and was willing to go to any length to fulfill his « fantasy, » why did he first send messengers to inquire regarding Bathsheba? He should have sent messengers to « summon » the woman. It is evident that before David summoned her he wished to determine her marital status. Only after ascertaining that she was, in fact, the (divorced) wife of Uriah, did he make his advance. Furthermore, the verse testifies that David only had relations with Bathsheba after « she had been cleansed [i.e. immersed in the Mikvah] from her [menstrual] impurity. » Would an adulterer be concerned about such details? Ask Moses
Le pays tout entier souffre d’une crise de leadership, dans le monde de la politique, des affaires et de l’église, ainsi que des forces armées (…) Comme les soldats, les officiers des temps de guerre sont séparés de leur famille pendant de longues périodes et le poids des responsabilités – dans un boulot où l’unité de mesure de l’échec est le sac à cadavre – pèse lourdement. Pourtant, avec chauffeurs et personnel, quartiers privés et couverts garantis, le mode de vie de l’échelon supérieur des commandants sur le champ de bataille offre un tampon significatif aux rigueurs permanentes de la ligne de front endurées par les troupes. Ainsi les explications diffèrent-elles pour les défaillances. Lorsque vous extrayez les gens de leur vie familiale, de façon répétée, au cours d’une décennie, vous allez  effilocher leurs relations les plus fondamentales avec leurs conjoints, avec leurs enfants, avec leur propre code personnel. Paul V. Kane
The Bathsheba syndrome is named after King David of Israel and his affair with Bathsheba, the wife of one of his army officers. It describes how a leader’s success can cause unethical acts that the leader knows to be wrong. When the leader becomes successful, that person is given privileged access to information and the control over organizational resources. These are given for a reason. They are tools with which the leader keeps in touch with events in and outside the organization and which the leader uses to set and revise the organization’s strategy. But a leader might come to think that these tools of top leadership are in fact rewards for past successes. The leader may relax and enjoy the privileges and control of the position. When the leader succumbs to temptations that abound at the top, strategic focus may be lost. The job of leader is not being done. Often these unethical actions can be covered up using the power that comes with the position. This then reinforces the leader’s belief in a personal ability to control outcomes. Further unethical actions are then taken. Leaders may come to see themselves as above the law with respect to the rules of the organization. Information about these actions is kept from those lower in the hierarchy. Power is wielded to force others to accept these abuses. Those who complain are likely to be removed from their positions. The lesson in the Bathsheba syndrome is that everyone is susceptible to the temptations that come with power and control. It is not just the unprincipled that take advantage of being on top. To avoid this problem the leader must lead a balanced life of work and family. In this way the leader is less likely to lose touch with reality. It is also critical for leaders to remember that privilege and status were given to do the job and not as a reward. Richard Field
As we are now discovering, many of Petraeus’s closest advisers were very concerned about the “extensive access” that Broadwell had to the general. Many of those individuals may well bear some of the responsibility for the situation that has ensued. The Bathsheba syndrome is usually enabled by a phalanx of loyalists and operatives willing to defend the leader at any cost. The leader thus may come to believe that he is somehow invulnerable, allowing his passions and sensual desires to tyrannize over his reason and good judgment. Mackubin Thomas Owens
These general and flag officers are humans. Faced with stress, and a very complex combat environment, people make mistakes. These incidents do not represent the vast majority of our senior leaders. David S. Maxwell (Georgetown University)
Our military is holding itself to a higher standard than the rest of American society. That is beautiful and noble. But it’s also disconcerting. Sometimes military people talk about being a Praetorian Guard at our national bacchanal. That’s actually quite dangerous for them to consider themselves different and better. Kori N. Schake (associate professor at West Point)
The Navy’s time in the stress tester is coming. The number of ships is dropping. The number of tours will increase. Reliance on the Navy instead of the Army to back up foreign policy will become greater over the next decade than the last. If the Navy is cracking under a past decade of strain, what will it mean for the Navy when it is in the hot seat? Peter D. Feaver (Duke University)
Other national security experts warn that a decade of conflict shouldered by an all-volunteer force has separated those in uniform — about 1 percent of society — from the rest of the citizenry. Such a “military apart” is not healthy for the nation because the fighting force may begin to believe it operates under rules that are different from those the rest of civilian society follows, and perhaps with a separate set of benefits, as well. The NYT

Attention, un syndrome de Bethsabée peut en cacher un autre!

Pour ceux qui auraient oublié la leçon du syndrome de Bethsabée

Au lendemain de la chute du plus prestigieux et probablement du plus méritant des généraux américains de ces dernières années …

Et au moment où, par la faute des plus démagogiques des dirigeants politiques, les troupes françaises se voient non seulement contraintes d’abandonner leur frères d’armes avant la fin de leur mission mais privés d’une expérience qu’ils ne sont probablement pas près de retrouver …

A savoir, au-delà d’une armée américaine qui a payé le prix fort mais que les nécessités du moment ont aussi largement favorisé ces dernières années, que « tout le monde est vulnérable aux tentations qui viennent avec la puissance et le contrôle » …

Petraeus’s Bathsheba Syndrome

Why did a man we so respected succumb to temptation?

Mackubin Thomas Owens

November 13, 2012

General David Petraeus is arguably the most consequential and renowned American military leader since World War II. His resignation because of an extramarital affair with his biographer, Paula Broadwell, has shocked Americans. L’affaire Petraeus has two parts that must be separated: his sexual relationship with Broadwell itself, and the link between the timing of the announcement of his resignation and the Benghazi attacks on September 11.

Here I will focus on the former. What led a successful general at the height of his power and influence to have an affair that undid all he had accomplished?

In 1993, Dean Ludwig and Clinton Longnecker co-authored an article for The Journal of Business Ethics titled “The Bathsheba Syndrome: The Ethical Failure of Successful Leaders.” The name of their piece comes, of course, from the biblical story of King David and Bathsheba, recounted in the Second Book of Samuel. David seduces Bathsheba, the wife of Uriah the Hittite, and impregnates her. He later orders that Uriah be placed in the front ranks of the fighting, where Uriah is killed. Upon word of his death, David marries Bathsheba. God is displeased and sends the prophet Nathan to rebuke the king, who repents but is nonetheless punished by the death of his and Bathsheba’s child, and by the later civil war arising from the insurrection Absalom (David’s beloved third son) leads against David.

Ludwig and Longnecker, as well as others writing subsequently, have argued that the psychological impact of gaining power, despite many positive effects, also may unleash a dark side: the belief that one is too big to fail, that the normal rules do not apply. Thus even a leader of high moral character may succumb to the temptations that accompany the acquisition of power. The findings of Ludwig and Longnecker regarding the moral corruption of the powerful go a long way toward explaining Petraeus’s behavior.

For one, they argue that moral principles are more often abandoned in the wake of success than as a result of competitive pressure. Success tends to inflate a leader’s belief that he has a special personal ability to manipulate or control outcomes, an issue that particularly seems to have applied to Petraeus.

The general clearly seemed to believe that he could control the consequences of his sexual liaison with Broadwell, his biographer. I reviewed her book All In: The Education of General David Petraeus for Foreign Affairs, and wrote that the book portrayed Petraeus as the modern exemplar of the soldier-scholar-statesman. “The Petraeus that emerges from Broadwell’s book,” I wrote, “is educated, committed, competitive, driven, and inspiring.” I noted Broadwell’s “extensive access to the general and his subordinates over a prolonged period” but concluded that All In had avoided the “pitfall of hagiography.” In retrospect, I was wrong.

Not all Davids who fall prey to the Bathsheba syndrome have an actual Bathsheba, but Petraeus did. Although I absolved her of hagiography, it seemed clear that Broadwell, a West Point graduate and Army reserve officer with an M.A. from the University of Denver and an M.P.A. from Harvard, was in awe of Petraeus. Twenty years younger than the general, Broadwell is a very attractive married mother of two young children, but her appeal to Petraeus no doubt went beyond mere sex.

As we are now discovering, many of Petraeus’s closest advisers were very concerned about the “extensive access” that Broadwell had to the general. Many of those individuals may well bear some of the responsibility for the situation that has ensued. The Bathsheba syndrome is usually enabled by a phalanx of loyalists and operatives willing to defend the leader at any cost. The leader thus may come to believe that he is somehow invulnerable, allowing his passions and sensual desires to tyrannize over his reason and good judgment.

This was certainly the case with, say, Bill Clinton. Although General Petraeus has always seemed to possess a moral fiber absent in the case of the former president, he too may have felt that he would be protected by his loyal subordinates. That is the fate of a man who succumbs to the Bathsheba syndrome.

— Mackubin Thomas Owens is a professor of national-security affairs at the Naval War College in Newport, a senior fellow at the Foreign Policy Research Institute, and the editor of Orbis. He is a Marine infantry veteran of Vietnam.

Voir aussi:

Concern Grows Over Top Military Officers’ Ethics

Thom Shanker

The New York Times

November 12, 2012

WASHINGTON — Along with a steady diet of books on leadership and management, the reading list at military “charm schools” that groom officers for ascending to general or admiral includes an essay, “The Bathsheba Syndrome: The Ethical Failure of Successful Leaders,” that recalls the moral failure of the Old Testament’s King David, who ordered a soldier on a mission of certain death — solely for the chance to take his wife, Bathsheba.

The not-so-subtle message: Be careful out there, and act better.

Despite the warnings, a worrisomely large number of senior officers have been investigated and even fired for poor judgment, malfeasance and sexual improprieties or sexual violence — and that is just in the last year.

Gen. William Ward of the Army, known as Kip, the first officer to open the new Africa Command, came under scrutiny for allegations of misusing tens of thousands of government dollars for travel and lodging.

Brig. Gen. Jeffrey A. Sinclair, a former deputy commander of the 82nd Airborne Division in Afghanistan, is confronting the military equivalent of a grand jury to decide whether he should stand trial for adultery, sexual misconduct and forcible sodomy, stemming from relationships with five women.

James H. Johnson III, a former commander of the 173rd Airborne Brigade, was expelled from the Army, fined and reduced in rank to lieutenant colonel from colonel after being convicted of bigamy and fraud stemming from an improper relationship with an Iraqi woman and business dealings with her family.

The Air Force is struggling to recover from a scandal at its basic training center at Lackland Air Force Base, Texas, where six male instructors were charged with crimes including rape and adultery after female recruits told of sexual harassment and sexual assault.

In the Navy, Rear Adm. Charles M. Gaouette was relieved of command of the Stennis aircraft carrier strike group — remarkably while the task force was deployed in the Middle East. Officials said that the move was ordered after “inappropriate leadership judgment.” No other details were given.

While there is no evidence that David H. Petraeus had an extramarital affair while serving as one of the nation’s most celebrated generals, his resignation last week as director of the Central Intelligence Agency — a job President Obama said he could take only if he left the Army — was a sobering reminder of the kind of inappropriate behavior that has cast a shadow over the military’s highest ranks.

Those concerns were only heightened on Tuesday when it was revealed that Gen. John R. Allen, the top American and NATO commander in Afghanistan, is under investigation for what a senior defense official said was “inappropriate communication” with Jill Kelley, the woman in Tampa, Fla., who was seen as a rival for Mr. Petraeus’s attentions by Paula Broadwell, who had an extramarital affair with Mr. Petraeus.

The episodes have prompted concern that something may be broken, or at least fractured, across the military’s culture of leadership. Some wonder whether its top officers have forgotten the lessons of Bathsheba: The crown of command should not be worn with arrogance, and while rank has its privileges, remember that infallibility and entitlement are not among them.

David S. Maxwell, a retired Army colonel now serving as associate director for security studies at Walsh School of Foreign Service at Georgetown University, said that the instances of failed or flawed leadership “are tragic and serious,” but that he doubts there are more today, on a relative scale, than in the past.

Mr. Maxwell noted that Abraham Lincoln and Franklin D. Roosevelt, both wartime presidents, fired many more generals than Presidents George W. Bush or Obama. “These general and flag officers are humans,” he said. “Faced with stress, and a very complex combat environment, people make mistakes. These incidents do not represent the vast majority of our senior leaders.”

Like the troops, wartime commanders are separated from family for long periods, and the weight of responsibility — in a business where the metric of failure is a body bag, not the bottom line — bears heavily.

Still, with drivers and staff, private quarters and guaranteed hot meals, the lifestyle of the top echelon of commanders on the battlefield offers a significant buffer from the hourly rigors of frontline combat endured by the troops. So explanations differ for the lapses.

Paul V. Kane, a Marine Corps Reserve gunnery sergeant who is an Iraq veteran and former fellow of Harvard University’s International Security Program, believes the military is not the only institution facing a problem. “The country is suffering a crisis of leadership — in politics, in business and in the church, as well as in the military,” he said. “We have lots of leaders, but we have a national deficit in true leadership.”

He acknowledged that the post-9/11 stress on the military, from enlisted personnel to commanders, has fractured the very souls of people in uniform. “When you pull people out of family life, repeatedly, over the course of a decade, you are going to fray their most basic relationships with spouses, with children, with their own personal code,” Mr. Kane said.

Other national security experts warn that a decade of conflict shouldered by an all-volunteer force has separated those in uniform — about 1 percent of society — from the rest of the citizenry. Such a “military apart” is not healthy for the nation because the fighting force may begin to believe it operates under rules that are different from those the rest of civilian society follows, and perhaps with a separate set of benefits, as well.

“Our military is holding itself to a higher standard than the rest of American society,” said Kori N. Schake, an associate professor at West Point who has held senior policy positions at the Departments of State and Defense.

“That is beautiful and noble,” she added. “But it’s also disconcerting. Sometimes military people talk about being a Praetorian Guard at our national bacchanal. That’s actually quite dangerous for them to consider themselves different and better.”

In extreme cases, say some military officers and Pentagon officials, the result of this “military apart” is that commanders may come to view their sacrifice as earning them the right to disregard rules of conduct.

They note that if anything positive emerges from an era of increased scrutiny of misbehavior, it will be an invigorated effort to hold the officer corps to account for the way troops are led in combat, for the way the treasury is spent, for the way military leaders wear the mask of command.

And they warn that the problem may get worse before it gets better. While most of the more notable improprieties have been alleged against officers of the ground forces, the Navy, which has not been the fulcrum of the wars of the last decade, is also showing strain. A study by the Navy Times found more than 20 commanding officers were fired this year for inappropriate behavior and misconduct.

“The Navy’s time in the stress tester is coming,” said Peter D. Feaver, a professor of political science at Duke University. “The number of ships is dropping. The number of tours will increase. Reliance on the Navy instead of the Army to back up foreign policy will become greater over the next decade than the last. If the Navy is cracking under a past decade of strain, what will it mean for the Navy when it is in the hot seat?”


Société: Cachez cette différence que je ne saurai voir (When in doubt, sexualize or butcher the quote!)

21 novembre, 2012
http://vulpeslibris.files.wordpress.com/2009/01/victorians.jpg?w=280&h=443Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. Paul
C’est dingue ! Si on n’est pas branchée sex-toys, si on n’aime pas parler de masturbation en gloussant autour d’un mojito, et qu’on ne cumule pas les amants, on est… nulle. Anonyme
It’s easier to mangle an analogy and ridicule it than grapple with its reality. Volkoh
« Hooking up » is a common phrase among young people today, but as journalist Stepp (author of Our Last Best Shot, 2000) discovered, the term is nebulous in meaning. Covering a range of sexual behavior, hooking up can mean anything from kissing to intercourse, as well as everything in between. Stepp conducted extensive interviews with young women in high school and college to find out how this casual approach to sexual encounters is affecting a generation. What she learned is that in large part hooking up had supplanted dating, with both young men and women eschewing deeper relationships for casual encounters with little or no commitment involved. Stepp looks at how the culture of today fosters these attitudes, noting that when young women are expected to excel at school and have numerous outside activities, many feel they don’t have time to form a deeper bond with a significant other. Eye-opening and powerful, Stepp’s book also offers empowering advice for women as they navigate today’s sexual landscape. Kristine Huntley
What makes hooking up unique is that its practitioners agree that there will be no commitment, no exclusivity, no feelings. The girls adopt the crude talk of crude boys: They speak of hitting it, of boy toys and filler boys, « my plaything » and « my bitch. » Why hook up? According to Stepp, college women, obsessed with academic and career success, say they don’t have time for a real relationship; high school girls say lovey-dovey relationships give them the « yucks ». Stepp is troubled: How will these girls learn how to be loving couples in this hook-up culture? Where will they practice the behavior needed to sustain deep and long-term relationships? If they commit to a lack of commitment, how will they ever learn to be intimate? These questions sound reasonable at first, until one remembers that life just doesn’t work that way (…) In fact, Unhooked can be downright painful to read. The author resurrects the ugly, old notion of sex as something a female gives in return for a male’s good behavior, and she imagines the female body as a thing that can be tarnished by too much use. She advises the girls, « He will seek to win you over only if he thinks you’re a prize. » And goes on to tell them, « In a smorgasbord of booty, all the hot dishes start looking like they’ve been on the warming table too long. » It seems strange to have to state the obvious all over again: Both males and females should work hard to gain another’s affection and trust. And one’s sexuality is not a commodity that, given away too readily and too often, will exhaust or devalue itself. Tell girls that it is such a commodity (as they were told for a number of decades), and they will rebel. The author is conflating what the girls refuse to conflate: love and sexuality. Sometimes they coexist, sometimes not. Loving, faithful marriages in which the sex life has cooled are as much a testament to that fact as a lustful tryst that leads nowhere. In the final chapter, Stepp writes a letter to mothers and daughters, in which she warns the girls: « Your body is your property. . . . Think about the first home you hope to own. You wouldn’t want someone to throw a rock through the front window, would you? » And: « Pornographic is grinding on the dance floor like a dog in heat. It leaves nothing to the imagination. » The ugliness of these images seems meant to instill sexual shame. Stepp is most thought-provoking when she considers the culture at large: All the females she interviews come from reasonably well-off families, we’re told, and all are ambitious. « Hooking up enables a young woman to practice a piece of a relationship, the physical, while devoting most of her energy to staying on the honor roll . . . playing lacrosse . . . and applying to graduate programs in engineering. » In a culture that values money and fame above all, that eschews failure, bad luck, trouble and pain, none of us speaks the language of love and forbearance. But it is not hooking up that has created this atmosphere. Hooking up is either a faithful reflection of the culture, a Darwinian response to a world where half the marriages end in divorce, or it is an attempt at something new. Perhaps, this generation, by making sex less precious, less a commodity, will succeed in putting simple humanity back into sex. Why bring someone into your bed? Maybe because she is brilliant and has a whimsical sense of humor, or he is both sarcastic and vulnerable, and has beautiful eyes. And perhaps as this generation grows up, they will come to relish other sides of an intimate relationship more than we have: the friendship, the shared humor, the familiar and loved body next to you in bed at night. This is the most hopeful outcome of the culture Stepp describes, but no less possible than the outcome she fears — a generation unable to commit, unable to weather storms or to stomach second place or really to love at all. Kathy Dobie
Suppose that everything we think we know about ‘The Victorians’ is wrong? That we have persistently misrepresented their culture, perhaps to make ourselves feel more satisfyingly liberal and sophisticated? What if they were much more fun than we ever suspected? As Matthew Sweet shows us in this brilliant study, many of the concepts that strike us as terrifically new – political spin-doctoring, extravagant publicity stunts, hardcore pornography, anxieties about the impact of popular culture upon children – are Victorian inventions. Most of the pleasures that we imagine to be our own, the Victorians enjoyed first: the theme park, the shopping mall, the movies, the amusement arcade, the crime novel and the sensational newspaper report. They were engaged in a well-nigh continuous search for bigger and better thrills. If Queen Victoria wasn’t amused, then she was in a very small minority . . . Matthew Sweet’s book is an attempt to re-imagine the Victorians; to suggest new ways of looking at received ideas about their culture; to distinguish myth from reality; to generate the possibility of a new relationship between the lives of 19th-century people and our own. Inventing the Victorians (Book presentation)
Butchering quotations or taking things out of context quotes is unfair, but when the butchered text is then ridiculed further, the unfairness tends to be compounded. So it was with great interest that I followed Glenn Reynolds’ « ridicule and ellipsis » link to Eugene Volokh’s take on a WaPo book review which butchered the author’s words until they looked ridiculous enough to ridicule, then ridiculed them for looking ridiculous! (…) Although times have changed (along with, fortunately, the consequences of lost virginity), this is not complicated stuff. To understand it does not involve social conservatism, nor is it necessarily about morality. (I think it’s more about mechanics, laws of physics, coupled with basic self awareness.) It’s just that on this one key point, there is a huge difference between men and women. A Basic. Biological. Difference. (Sorry if I plagiarized your technique, Rachel Lucas, wherever you are.) Mechanically and from a mental perspective, sex is just very different for the two sexes. It’s inherently more special for women than for men, and that’s reflected in the nature of the way the gametes are both presented and delivered. One egg released per month versus hundreds of millions of sperm cells released for every male ejaculation. The rare and precious versus the common; the internal versus the external. Because of the mechanics involved in sexual penetration, the loss of virginity in women is accomplished by the breaking of something which can never be restored as it once was. The « loss » of virginity in men, on the other hand, is not a loss, but a gain. A man’s first sexual experience involves a physical venturing out and a penetration into a hitherto unknown area, into which an invading army of tiny millions is released. The accomplishment of this act for the first time is a demonstration to the man that his reproductive system is functional and working properly. In this regard, it makes no sense to speak in terms of a « loss » of male « virginity »; it is actually a gain of a new skill, one which is required if he is to do it again. Thus, what has been « broken » for the woman has, for the man, been « fixed. » I don’t think it’s complicated at all. I just don’t think most people are comfortable recognizing any reality which goes to the difference between the sexes.(…) It strikes me that shaming virginity is just as bad as shaming the loss of it. And why the refusal to acknowledge that it’s a different thing for men and women? I can’t help but wonder whether the deliberate disregard of the differences between the sexes might be another form of sexual shame. Classical values
In a 2000 lecture dealing with (among other things) the mutation of « virtues » into « values, » Gertrude Himmelfarb asked whether the covering of piano legs by Victorians really involved sexuality: This mutation in the word « virtue » has the effect first of narrowing the meaning of the word, reducing it to a matter of sexuality alone; and then of belittling and disparaging the sexual virtues themselves. These virtues, chastity and fidelity, have been further trivialized by the popular conception of Victorians as pathologically inhibited and repressed. Thus « Victorian values » have been associated with piano legs modestly sheathed in pantaloons, human as well as table legs referred to as « limbs, » and books by men and women authors dwelling chastely on separate shelves in country-house libraries. In fact, these were not the normal (or even abnormal) practices of real Victorians. They were often the inventions of contemporary satirists (writers in Punch, for example), which have been perpetuated by gullible historians. « The woman who draped the legs of her piano », one historian solemnly informs us, « so far from concealing her conscious and unconscious exhibitionism, ended by sexualising the piano; no mean feat ». In fact, it is this historian who has sexualized the piano and has imposed his own sexual fantasies upon the Victorians. Classical values

Refus de la différence, quand tu nous tiens!

Découvert sur le net …

En ces temps étranges de parent 1 (ou A) et de parent 2 (ou B) …

Et en ce bientôt meilleur des mondes de mamans (porteuses) ou de putains remboursées par la sécu

Cet intéressant site de réinformation culturelle (Classical values) qui prétend, ô périlleuse mais louable ambition, « mettre un terme à la guerre culturelle en restaurant les valeurs culturelles » …

Où l’on apprend par exemple comment pour mieux enfoncer un livre déplorant la véritable mise au ban de la virginité dans certains milieux, un critique du Washington post n’hésite pas, au point de la dénaturer complètement voire de lui faire dire le contraire de ce qu’elle disait vraiment, à charcuter une citation …

Ou, alternativement, comment,  pour ridiculiser la prétendue obsession de la même virginité de nos arrières-parents victoriens, certains de nos historiens trop crédules ont pu prendre pour argent comptant les plaisanteries des Victoriens eux-mêmes (sur leurs cousins… américains!) et ainsi, pour des générations après eux, sexualiser malgré eux les pieds de leurs pianos …

Shaming the unshattered?

Classical values

March 03, 2007

Butchering quotations or taking things out of context quotes is unfair, but when the the butchered text is then ridiculed further, the unfairness tends to be compounded. So it was with great interest that I followed Glenn Reynolds’ « ridicule and ellipsis » link to Eugene Volokh’s take on a WaPo book review which butchered the author’s words until they looked ridiculous enough to ridicule, then ridiculed them for looking ridiculous!

The book in question is Laura Sessions Stepp’s Unhooked, and as Volokh makes clear, the butchery of the quote renders her thought almost incoherent.

Here’s the mangled (and subsequently ridiculed) WaPo quote:

Your body is your property…. Think about the first home you hope to own. You wouldn’t want someone to throw a rock through the front window, would you?

Yeah, that makes very little sense. But here’s what’s omitted:

Your body is your property. No one has a right to enter unless you welcome them in. Think about the first home you hope to own. You wouldn’t want someone to throw a rock through the front window, would you? Is your body worth less than a house?

And here’s Eugene Volokh:

The second sentence (the omission of which the Post noted with the ellipses) explains why we’re talking about nonconsensual rock-throwing. In this paragraph, the author seems not to be faulting fully consensual, enthusiastic casual sex, but rather casual sex of the sort that is at least not entirely welcome (a characteristic that I take it the author thinks is not uncommon in casual sex). Many young women, the author is suggesting, let men have sex with them even though they do not fully « welcome them in, » perhaps because they feel pressured by the man or by social expectations. Not-fully-welcome sex is not the same as rock-throwing, but at least the analogy is closer than it is between presumably enthusiastic « hooking up » and rock-throwing.

The fourth sentence (which is also omitted in the Post review, though conventions of quotation allow the omission not to be marked with ellipses) then tries to tie the body with the house: They aren’t the same (for instance, in the sense that they’re both great places to have a party), but rather they’re both valuable, and your body is if anything even more valuable. Again, not a terribly convincing metaphor, but not as zany or worthy of derision as some might think. Among other things, try the lampoon quoted above on the whole paragraph:

I don’t think Stepp’s broken window analogy is either zany or worthy of derision, although I understand why others would. I suspect that those who derided the analogy are only pretending not to understand it, and I think they wouldn’t want to get it (and would claim not to get it if someone explained it). That’s because the broken window analogy goes to the center of the difference between the sexes that people imagine can be dismissed. Therefore, it’s easier to mangle an analogy and ridicule it than grapple with its reality.

The broken window analogy (to a woman’s loss of virginity) is hardly new. Ask anyone who studied art history.

There’s Bouguereau’s Broken Pitcher, Greuze’s Broken Pitcher, and I even found a cute little narrative about the subject coming up in an art history class:

She is actually relieved to be in Art History discussing Greuze’s Broken Pitcher, even if there are idiots in her class. The girl with the jewel-encrusted crucifix obscuring all her other features insistently claims the girl in the painting signifies the masses, and the broken pitcher is their broken relationship with Christ. The cocky guy who has missed half the classes since joining his frat, is spinning the class all off on a tangent somehow connecting the broken pitcher to unemployment rates during the Great Depression. Stupid.

Sighing, she is patient, sighing again and again as she digests her so-called peers’ comments and systematically discards their worth. The class wallows in a pit of circular reasoning. Just as she is about to reach her limit and set them all straight, the teacher says, « What if it’s about sex? What if the pitcher is her virginity? »

Silence blooms. Her classmates look at each other, some giggling.

I don’t know whether the teacher planned on show-and-tell, so I’ll complement her lecture by adding Bouguereau’s Broken Pitcher:

It’s tough to unwrite Art History, but I’m sure they’re working on it.

Although times have changed (along with, fortunately, the consequences of lost virginity), this is not complicated stuff. To understand it does not involve social conservatism, nor is it necessarily about morality. (I think it’s more about mechanics, laws of physics, coupled with basic self awareness.) It’s just that on this one key point, there is a huge difference between men and women. A Basic. Biological. Difference. (Sorry if I plagiarized your technique, Rachel Lucas, wherever you are.) Mechanically and from a mental perspective, sex is just very different for the two sexes. It’s inherently more special for women than for men, and that’s reflected in the nature of the way the gametes are both presented and delivered. One egg released per month versus hundreds of millions of sperm cells released for every male ejaculation. The rare and precious versus the common; the internal versus the external.

Because of the mechanics involved in sexual penetration, the loss of virginity in women is accomplished by the breaking of something which can never be restored as it once was. The « loss » of virginity in men, on the other hand, is not a loss, but a gain. A man’s first sexual experience involves a physical venturing out and a penetration into a hitherto unknown area, into which an invading army of tiny millions is released. The accomplishment of this act for the first time is a demonstration to the man that his reproductive system is functional and working properly. In this regard, it makes no sense to speak in terms of a « loss » of male « virginity »; it is actually a gain of a new skill, one which is required if he is to do it again. Thus, what has been « broken » for the woman has, for the man, been « fixed. »

I don’t think it’s complicated at all. I just don’t think most people are comfortable recognizing any reality which goes to the difference between the sexes.

As to what is going on in the mind in the mental or moral sense, that’s more complicated. The WaPo reviewer touches on a favorite subject of Classical Values, and that is sexual shame:

In the final chapter, Stepp writes a letter to mothers and daughters, in which she warns the girls: « Your body is your property. . . . Think about the first home you hope to own. You wouldn’t want someone to throw a rock through the front window, would you? » And: « Pornographic is grinding on the dance floor like a dog in heat. It leaves nothing to the imagination. » The ugliness of these images seems meant to instill sexual shame.

Look, I’m more against sexual shame than anyone I know. Seriously, I am not kidding; just poke around the blog.

But I have one question for the WaPo writer. Since when is a dog in heat (actually, it should be « bitch in heat ») an ugly image? The reason I’m asking is because I’m harboring a bitch in heat right now, and Coco does not take kindly to being called ugly by the MSM! She’s not ugly, and she leaves plenty to the imagination. Well, maybe not when she’s waving her little vagina around and her tail curls and the coat of hair on her butt gets all wrinkly and slitherers forward in anticipation of a tie-up. But even that is not without it’s charm, at least for a shameless relativist like me. The bottom line is that Coco is not ugly, and I don’t consider any of this shameful. (Although I suspect the WaPo might be trying to shame Ms. Stepp.)

I keep saying that what we call the Culture War is really a war over sex, because I think it is. At the heart of that, though, is a war over sexual shame. While I don’t know whether Ms. Stepp is trying to instill feelings of sexual shame as the Post says, I do know that plenty of people are very frustrated by the absence of sexual shame in others.

The problem is, as I keep saying, you can’t feel what you don’t have, nor can you expect that if you’re disgusted with something, that others will share your disgust. Sometimes, I think there’s on one « side » a demand that others not be disgusted by things which disgust them, while on the other « side » there’s an equally shrill demand that they be disgusted by things that don’t disgust them.

Right now though, I’m feeling a little disgusted by the lack of honesty in the way this argument is being addressed, because it just isn’t being addressed. People yell at each other’s tastes or what they perceive as a lack thereof, and they don’t even seem to realize that what they’re doing is demanding not accommodation or tolerance of their tastes or disgusts, but a sharing of them. While this strikes me as an unreasonable argument, there’s no way to discuss whether it’s a reasonable argument if people aren’t even aware that it is in fact an argument.

Take Leon Kass’s wisdom of repugnance. Please!

No seriously, let’s take it, because I’ve devoted time to it and gotten not very far. There is no question that sexual shame varies from person to person, as do sexual tastes. From a previous post, here’s Martha Nussbaum, interviewed by Reason’s Julian Sanchez:

Unlike anger, disgust does not provide the disgusted person with a set of reasons that can be used for the purposes of public argument and public persuasion. If my child has been murdered and I am angry at that, I can persuade you that you should share those reasons; if you do, you will come to share my outrage. But if someone happens to feel that gay men are disgusting, that person cannot offer any reasoning that will persuade someone to share that emotion; there is nothing that would make the dialogue a real piece of persuasion.

Reason: As a follow up, can you say something about how that cashes out into a critique of communitarian ideals?

Nussbaum: The prominent defenders of the appeal to disgust and shame in law have all been communitarians of one or another stripe ([Lord] Devlin, [Amitai] Etzioni, Kass), and this, I claim, is no accident. What their thought shares is the idea that society ought to have at its core a homogeneous group of people whose ways of living, of having sex, of looking and being, are defined as « normal. » People who deviate from that norm may then be stigmatized, and penalized by law, even if their conduct causes no harm. That was the core of Lord Devlin’s idea, and it is endorsed straightforwardly by Etzioni, and, in a rather different way, and in a narrower set of contexts, by Kass. My study of disgust and shame shows that these emotions threaten key values of a liberal society, especially equal respect for people and for their liberty. Disgust and shame are inherently hierarchical; they set up ranks and orders of human beings. They are also inherently connected with restrictions on liberty in areas of non-harmful conduct. For both of these reasons, I believe, anyone who cherishes the key democratic values of equality and liberty should be deeply suspicious of the appeal to those emotions in the context of law and public policy.

While I think trying to make someone feel shame who does not feel it is a waste of time, my point is that even if you put sexual shame aside, in logic something is being given up by a woman that is not being given up by a man. To deny this denies reality.

Denial of reality has a way of annoying me, but it’s even more annoying when it’s done in the name of reality.

But I think there’s something more going on than denial. I think the attempt to tar Ms. Stepp with the accusation that she’s fostering sexual shame obscures something else which Eugene Volokh mentioned, and that is the pressure of what he calls « social expectations. »

From the Amazon book description:

In Unhooked, Stepp follows three groups of young women (one in high school, one each at Duke and George Washington universities). She sat with them in class, socialized with them, listened to them talk, and came away with some disturbing insights, including that hooking up carries with it no obligation on either side. Relationships and romance are seen as messy and time-consuming, and love is postponed-or worse, seen as impossible. Some young women can handle this, but many can’t, and they’re being battered-physically and emotionally-by the new dating landscape. The result is a generation of young people stymied by relationships and unsure where to turn for help.

If it is true that some of the young women doing this cannot handle it, then I wonder why. I haven’t read the book, but might another form of shame be going on?

Is it possible that not wanting to have sex might be considered shameful in some circles? Might there be a stigma attached to virginity?

Apparently, there is. And it didn’t take me long to find it. Here’s the (U Va) Cavalier Daily’s Kate Durbin:

Having or abstaining from sex is a personal decision. Like drinking alcohol or eating meat, it is a choice that each person must make for him or herself, free from the pressures of peers and society in general. No reason need be given as to why someone chooses to abstain from sex, just as no reason need be given when someone chooses not to consume alcohol. Personal decisions are just that — personal. They should be respected as such. Virgins, angered by the negativity surrounding their choices, should seek to change societal attitudes instead of spending time enumerating the reasons they chose to be a virgin.

[…]

….if society is really so open when it comes to sex, why is it that virginity remains such a curse for those college students choosing it? For whatever reason, abstaining from sex has somehow come to be a socially isolating factor, making virgins feel like their choices are somehow viewed as wrong.

As long as current attitudes about sexual choices persist, refraining from sex will continue to be seen as some kind of problem. Having sex or not having sex is a personal choice. This fact must be accepted and respected by our generation.

Hmmm….Virginity a curse? At the University of Virginia at that!

Oh the irony!

I don’t know how typical the above complaint is (there’s more, of course, and it seems to be a response to another column poking fun at virgins), but as someone who is against sexual shame, I try to at least be consistent about it, and it strikes me that shaming virginity is just as bad as shaming the loss of it. And why the refusal to acknowledge that it’s a different thing for men and women?

I can’t help but wonder whether the deliberate disregard of the differences between the sexes might be another form of sexual shame.

Voir aussi:

Without Victorian modesty, even pianos can get carried away!

Classical values

March 13, 2007

In a 2000 lecture dealing with (among other things) the mutation of « virtues » into « values, » Gertrude Himmelfarb asked whether the covering of piano legs by Victorians really involved sexuality:

This mutation in the word « virtue » has the effect first of narrowing the meaning of the word, reducing it to a matter of sexuality alone; and then of belittling and disparaging the sexual virtues themselves. These virtues, chastity and fidelity, have been further trivialized by the popular conception of Victorians as pathologically inhibited and repressed. Thus « Victorian values » have been associated with piano legs modestly sheathed in pantaloons, human as well as table legs referred to as « limbs, » and books by men and women authors dwelling chastely on separate shelves in country-house libraries.

In fact, these were not the normal (or even abnormal) practices of real Victorians. They were often the inventions of contemporary satirists (writers in Punch, for example), which have been perpetuated by gullible historians. « The woman who draped the legs of her piano, » one historian solemnly informs us, « so far from concealing her conscious and unconscious exhibitionism, ended by sexualising the piano; no mean feat. » In fact, it is this historian who has sexualized the piano and has imposed his own sexual fantasies upon the Victorians.

I have a minor correction. While I must necessarily take no position on the perpetuation of satire by gullible historians (lest I get into a conflict of interest), and I cannot claim to know who is right about sexualizing the Victorian penchant for covering piano legs, I can state with some confidence that the historian Himmelfarb criticized was not the first to sexualize the piano.

Unless the Victorian satirists were first, I’m afraid the credit must go to Salvador Dali, who did a pretty good job of it back in the 1930s:

Once again, here’s « Atmospheric Skull Sodomizing a Grand Piano » (1934):

atmospheric_skull_sodomizing_a_grand_piano.JPG

And from the same year, here’s « Skull with its Lyric Appendage Leaning on a Bedside Table which Should Have the Exact Temperature of a Cardinal’s Nest »:

SkullWithLyricAppendage.jpg

I don’t know whether this means the couple had a child or just merged with each other, but the presence of the bedside table indicates some that some sort of ongoing intimacy occurred.

I scrupulously take no position on whether any of this could have been avoided had the piano been appropriately covered.

And at the risk of being anthropopianomorphic, I have to venture that Dali might have been using the pianos as some sort of substitute for his own libido, or maybe his sex life. Because in the same year he painted the indisputably sexualized pianos, he also painted « Cardinal, Cardinal! »:

cardinal.jpg

Note the same bedside table. The man (IMO) is clearly Dali, and he’s leaning towards the bedside table at the same angle as the skull does. His shirt even looks like a skull! Not only that, he’s holding a pitcher (the breaking of which artistically symbolizes lost virginity), and seems unable to put it back where it belongs. The uncovered woman is of course his wife Gala. (A divorcee who could not be considered virginal by any definition.)

As to what the reference to the « exact temperature of a cardinal’s nest » might mean, I’m tempted to speculate that it might involve a failure of the human fertility cycle, and I’d note that by 1934 Gala seems to have left her fertility cycles behind her.

Whether Dali was making any judgment about virtues or values (or what that judgment might have been) I’ll leave to others.

Politics is surreal enough as it is.

(I’ve tried not to politicize art, but the piano meme seems to have legs.)

MORE: While I wasn’t thinking about her when I wrote the post, a Hot Air commenter named OBX Pete says that Hillary Clinton looks like a piano:

I’ve seen her legs and believe me you don’t want to see them. If you take a picture of her and crop everything above the waist she could be mistaken for a grand piano. Actually she is doing us all a favor by wearing those pantsuits.

On the other hand, she has to work with what she was born with (as we all do) so she can’t help it if she has piano legs. I’m more concerned with that ultra-liberal mind.

I looked into this and discovered that it’s worse than I imagined — to the point where the Urban Dictionary includes Hillary in the very definition of « Piano Legs »:

1. piano legs

Disproportionately thick calves and/or ankles on a woman with otherwise normal body weight.

No wonder Hillary Clinton always wears pant suits. She’s got a humongous set of piano legs.

Voir également:

Unhooked: How Young Women Pursue Sex, Delay Love, and Lose at Both (by Laura Sessions Stepp)

Going All the Way

 By Reviewed by Kathy Dobie

The Washington Post

February 11, 2007

UNHOOKED

How Young Women Pursue Sex, Delay Love, and Lose at Both

By Laura Sessions Stepp

Riverhead. 288 pp. $24.95

Reviewed by Kathy Dobie

Articles, op-ed pieces and radio shows have been devoted to the sexual practice of « hooking up, » but Washington Post reporter Laura Session Stepp’s Unhooked is the first book on the phenomenon and, one hopes, not the last. For when someone takes such a volatile aspect of young people’s lives and puts it under a microscope — or in this case, a concerned, disapproving gaze — you want the large, well-lit view.

Stepp follows three high school girls and six college women through a year in their lives, chronicling their sexual behavior. These girls and women don’t date, don’t develop long-term relationships or even short, serious ones — instead, they « hook up. » Hooking up, Stepp writes, « isn’t exactly anything. » It can « consist entirely of one kiss, or it can involve fondling, oral sex, anal sex, intercourse or any combination of those things. It can happen only once with a partner, several times during a week or over many months . . . . It can mean the start of something, the end of something or the whole something. » If that sounds as if hooking up can mean almost anything but « fried fish for dinner, » Stepp goes on to offer something more definite: What makes hooking up unique is that its practitioners agree that there will be no commitment, no exclusivity, no feelings. The girls adopt the crude talk of crude boys: They speak of hitting it, of boy toys and filler boys, « my plaything » and « my bitch. »

Why hook up? According to Stepp, college women, obsessed with academic and career success, say they don’t have time for a real relationship; high school girls say lovey-dovey relationships give them the « yucks. »

Stepp is troubled: How will these girls learn how to be loving couples in this hook-up culture? Where will they practice the behavior needed to sustain deep and long-term relationships? If they commit to a lack of commitment, how will they ever learn to be intimate? These questions sound reasonable at first, until one remembers that life just doesn’t work that way: In our teens and early twenties, sexual relationships are less about intimacy than about expanding our intimate knowledge of people — a very different thing. Through sex, we discover irrefutable otherness (he dreams of being madly in love; she hates going to sleep alone ), and we are scared and enraptured, frustrated and inspired. We learn less about intimacy in our youthful sex lives than we do about humanity. And of course, there is also lust, something this very unsexy book about sex doesn’t take into account. In fact, Unhooked can be downright painful to read. The author resurrects the ugly, old notion of sex as something a female gives in return for a male’s good behavior, and she imagines the female body as a thing that can be tarnished by too much use. She advises the girls, « He will seek to win you over only if he thinks you’re a prize. »And goes on to tell them, « In a smorgasbord of booty, all the hot dishes start looking like they’ve been on the warming table too long. »

It seems strange to have to state the obvious all over again: Both males and females should work hard to gain another’s affection and trust. And one’s sexuality is not a commodity that, given away too readily and too often, will exhaust or devalue itself. Tell girls that it is such a commodity (as they were told for a number of decades), and they will rebel. The author is conflating what the girls refuse to conflate: love and sexuality. Sometimes they coexist, sometimes not. Loving, faithful marriages in which the sex life has cooled are as much a testament to that fact as a lustful tryst that leads nowhere.

In the final chapter, Stepp writes a letter to mothers and daughters, in which she warns the girls: « Your body is your property. . . . Think about the first home you hope to own. You wouldn’t want someone to throw a rock through the front window, would you? » And: « Pornographic is grinding on the dance floor like a dog in heat. It leaves nothing to the imagination. » The ugliness of these images seems meant to instill sexual shame.

Stepp is most thought-provoking when she considers the culture at large: All the females she interviews come from reasonably well-off families, we’re told, and all are ambitious. « Hooking up enables a young woman to practice a piece of a relationship, the physical, while devoting most of her energy to staying on the honor roll . . . playing lacrosse . . . and applying to graduate programs in engineering. »

In a culture that values money and fame above all, that eschews failure, bad luck, trouble and pain, none of us speaks the language of love and forbearance. But it is not hooking up that has created this atmosphere. Hooking up is either a faithful reflection of the culture, a Darwinian response to a world where half the marriages end in divorce, or it is an attempt at something new. Perhaps, this generation, by making sex less precious, less a commodity, will succeed in putting simple humanity back into sex. Why bring someone into your bed? Maybe because she is brilliant and has a whimsical sense of humor, or he is both sarcastic and vulnerable, and has beautiful eyes.

And perhaps as this generation grows up, they will come to relish other sides of an intimate relationship more than we have: the friendship, the shared humor, the familiar and loved body next to you in bed at night. This is the most hopeful outcome of the culture Stepp describes, but no less possible than the outcome she fears — a generation unable to commit, unable to weather storms or to stomach second place or really to love at all.


Gaza: Pourquoi Israël ne pourra compter que sur lui-même (No war, please, we’re French)

20 novembre, 2012
Avoir la paix’, le grand mot de toutes les lâchetés civiques et intellectuelles. Péguy
La guerre est toujours la pire des solutions. Jacques Chirac (2003)
La guerre n’est (…) jamais une solution. Laurent Fabius (2012)
Depuis 12 années le peuple d’Israël vit sous une pluie de 12 000 roquettes. La menace est de plus en plus lourde contre la population civile par la sophistication et l’abondance de l’armement détenu par les terroristes.Il s’agit clairement d’une agression et de crimes de guerre dans la définition du droit international public, commis par le Hamas terroriste. Le Gouvernement d’Israël vient d’engager une action de défense. Les USA, le Canada, l’Union Européenne, le Royaume Uni, l’Allemagne, la Pologne ont considéré que la responsabilité du conflit en cours est imputable au Hamas.Notre désarroi est grand devant l’attitude du gouvernement français qui par son abstention et son attitude équivoque sur le sujet donne raison à l’action terroriste. Association France-Israël
La victoire d’Obama, indéboulonnable coqueluche des médias, est une défaite pour l’idée libérale qui lutte contre l’emprise du tout Etat, dont peine à se débarrasser l’Europe en faillite.  Sa victoire est aussi la consolidation du politiquement correct, acquis aux exigences des minorités, sexuelles ou ethniques, et à la culpabilisation de l’Occident. Je tiens le président réélu pour responsable de l’aggravation de l’affaiblissement intérieur et extérieur des Etats-Unis. Je constate que la première démocratie du monde n’impressionne plus guère dans les rapports de force internationaux. J’observe qu’elle-même n’a pas été, ces dernières années, à la hauteur de son rôle messianique, en laissant s’essouffler les aspirations à la liberté des peuples révoltés (de l’Iran à l’Egypte). Pour être plus clair, j’estime que le rôle des Etats-Unis ne devrait pas être de soutenir les Frères musulmans et autres prétendus « islamistes modérés », mais au contraire « tous les rebelles du monde islamique », pour reprendre une expression de Pascal Bruckner (Le Monde, 3 novembre). Voilà pourquoi je n’applaudis pas à la réélection d‘Obama. Ivan Rioufol
A cette culpabilité taraudante s’ajoute la deuxième passion de notre continent : la peur. Jadis combattue comme le plus vil des sentiments, elle est désormais élevée, par une certaine intelligentsia, en vertu cardinale. La dégradation d’une grande idée, l’écologie, en catastrophisme routinier, est en soi un désastre, comparable aux ravages infligés à l’environnement. Eriger la sécurité absolue en cause nationale, décréter que le but n’est plus désormais d’inventer le meilleur mais d' »éviter le pire » (Ulrich Beck), c’est entrer dans l’ère du renoncement. Peur de la science, de la technologie, de l’alimentation, de la médecine, du climat, des intempéries : le catalogue de nos terreurs intimes ne cesse de s’allonger. Tous les instruments censés nous servir, du téléphone portable aux médicaments, semblent se retourner contre nous et s’acharner à notre perte. Cette majoration démesurée des risques a pour effet de nous désarmer face au moindre péril. Nous voici mis au pas comme des enfants qu’on terrorise. A la jouissance sans entraves des années 1960 a succédé la poltronnerie sans frontières d’aujourd’hui. Comment s’étonner alors que le défaitisme soit devenu la chose du monde la mieux partagée chez nous et qu’augmente notre allergie à l’adversité ? (…) au moment où la Russie se réarme contre l’Occident, où le djihadisme gagne le coeur de l’Afrique, où les révolutions arabes tournent aux crispations islamistes et aux guerres civiles, l’Europe, même ébranlée, ne peut oublier sa mission : rester la gardienne, aux côtés des Etats-Unis, des valeurs démocratiques. Boussole morale de la planète, elle est dépositaire en effet d’un trésor infiniment périssable et fragile, les droits humains et le respect des principes. Elle est responsable de la perpétuation de la démocratie elle-même. Elle n’a d’autre solution que d’approfondir la richesse subversive de ses idées, la vitalité de ses principes fondateurs. C’est encore vers elle que se tournent l‘assistance à tous les rebelles du monde islamique, libres-penseurs, apostats, athées, de leur apporter notre soutien financier, moral, politique, comme on soutint jadis les dissidents d’Europe de l’Est.. Il serait temps, à cet égard, de former chez nous une grande chaîne d’assistance à tous les rebelles du monde islamique, libres-penseurs, apostats, athées, de leur apporter notre soutien financier, moral, politique, comme on soutint jadis les dissidents d’Europe de l’Est. Pascal Bruckner

En cette journée où une France plus pussilanime que jamais abandonne, deux ans avant ses alliés, sa mission dans un Afghanistan menacé de retourner au chaos de la guerre civile et du totalitarisme taliban …

Et, au moment où est sous le feu des missiles peut-être un jour chimiques la seule véritable démocratie du Moyen-Orient, se refuse toujours à appeler un chat un chat …

Pendant que viennent de triompher aux Etats-Unis, avec la réélection certes courte du président Obama, les pires dérives du politiquement correct et du relativisme culturel …

Comment ne pas se désoler, avec Pascal Bruckner et Ivan Rioufol mais aussi tous les dissidents et persécutés du reste du monde, de ce refus, français mais aussi plus largement européen, d’assistance à peuples en danger qui passe désormais chez nous pour sagesse?

L’Europe doit se défaire de son scepticisme maladif

Pascal Bruckner, essayiste et écrivain, auteur du « Fanatisme de l’apocalypse » (Grasset)

Le Monde

02.11.2012

La crise qui nous frappe n’est pas financière, elle est d’abord spirituelle. Si l’Europe ne s’était pas réduite à sa seule dimension matérielle, le marché au service des jouissances privées, elle n’aurait jamais sombré dans le chaos qui est le sien. L’attribution du prix Nobel de la paix à notre continent a une double signification, élogieuse et ironique.

On croit avoir tout dit en admirant que la France, l’Allemagne, l’Angleterre ne se fassent plus la guerre. Magnifique résultat mais qui relève d’une simple grandeur négative. Pour autant, la disparition d’un fléau ne signifie pas l’éclosion d’un bien. On peut se proclamer postmoderne, post-national, posthistorique, ce sont des cautères sémantiques qui au final ne nous avancent guère. Le mal de notre continent tient en un mot : les Européens ne croient pas en eux-mêmes, ils ont une opinion très faible de leur propre valeur.

Construction désespérément profane, l’Union européenne contemple avec effroi sa propre histoire saturée de massacres et de conquêtes, et jure qu’on ne l’y reprendra plus, dût-elle pour cela s’enfermer dans une modestie fanatique. Elle n’aime plus l’Histoire, ce cauchemar dont elle est ressortie à grand-peine une première fois en 1945, une seconde en 1989, après la chute du Mur, et se prémunit contre ce poison à coups de règles et de procédures. Son rêve est de se mettre en congé anticipé du monde, en s’offrant comme modèle de sagesse sur lequel tous les peuples devraient s’aligner. Mais c’est une sagesse née de la fatigue des hécatombes. Les Etats-Unis, en dépit de leur relatif déclin, restent une nation messianique, l’Europe n’est qu’un chagrin.

A cette culpabilité taraudante s’ajoute la deuxième passion de notre continent : la peur. Jadis combattue comme le plus vil des sentiments, elle est désormais élevée, par une certaine intelligentsia, en vertu cardinale. La dégradation d’une grande idée, l’écologie, en catastrophisme routinier, est en soi un désastre, comparable aux ravages infligés à l’environnement. Eriger la sécurité absolue en cause nationale, décréter que le but n’est plus désormais d’inventer le meilleur mais d' »éviter le pire » (Ulrich Beck), c’est entrer dans l’ère du renoncement.

Peur de la science, de la technologie, de l’alimentation, de la médecine, du climat, des intempéries : le catalogue de nos terreurs intimes ne cesse de s’allonger. Tous les instruments censés nous servir, du téléphone portable aux médicaments, semblent se retourner contre nous et s’acharner à notre perte. Cette majoration démesurée des risques a pour effet de nous désarmer face au moindre péril. Nous voici mis au pas comme des enfants qu’on terrorise. A la jouissance sans entraves des années 1960 a succédé la poltronnerie sans frontières d’aujourd’hui.

Comment s’étonner alors que le défaitisme soit devenu la chose du monde la mieux partagée chez nous et qu’augmente notre allergie à l’adversité ? Rompre l’enfer douillet de la crainte serait une première étape vers l’émancipation. Car le remords autant que l’effroi sont devenus des conforts intellectuels, dans lesquels nous nous lovons comme dans un cocon. L’Européen type se reconnaît à ceci qu’il se flagelle tout en prédisant la fin du monde : nous sommes mauvais, donc nous devons disparaître. Témoin, la baisse de la démographie sur notre continent, qui vient peut-être d’un repli individualiste, mais surtout de la perte de confiance dans l’avenir.

Les vitupérations des ennemis du progrès se coalisent alors avec le lamento des imprécateurs. Ce qu’on appelle le devoir de mémoire, d’un terme détourné de Primo Levi, n’est pas seulement l’incapacité à oublier, c’est la faculté de ne se souvenir que des mauvaises choses, pour mieux s’empêcher d’entreprendre. Mais à quoi devons-nous rester loyaux ? Aux heures noires de notre histoire ou à la manière dont nous en avons tiré les leçons ? Mieux vaut exalter les pages glorieuses que les infamies, car la gloire, c’est l’infamie dénoncée et dépassée et le triomphe du droit qui vient la sanctionner.

L’Europe est unique en ce qu’elle a reconnu sa propre barbarie pour mieux la tenir à distance. Un continent qui a frôlé l’abîme tant de fois et s’en est relevé, qui a émergé de l’apocalypse de la seconde guerre mondiale et du chaos de la décolonisation n’a pas à rougir de lui-même. Il faut inverser notre rapport au passé : ne pas y voir une source de déploration mais de courage.

L’Europe a bien érodé le patriotisme des Etats qui la composent, elle n’a pas su élaborer un patriotisme européen, nous laissant orphelins de toute appartenance. C’est de là que fleurissent les chauvinismes régionaux, qui ont hérité de tous les défauts du nationalisme, à échelle réduite. Sortir de la mauvaise conscience et de la frayeur, c’est d’abord, pour le Vieux Monde, se donner des frontières stables, cesser la fuite en avant dans l’intégration brouillonne de nouveaux membres. La barque est pleine et risque de sombrer. L’Europe doit impérativement se contracter et ne plus envisager de nouvelles candidatures.

Corollaire de ce principe, l’Union doit autoriser le divorce de ceux de ses membres qui ne veulent plus partager son aventure : si nos amis anglais, par exemple, souhaitent s’affranchir des entraves communautaires, libre à eux. Mais le droit de divorcer doit accompagner le droit de contracter, comme dans tout mariage moderne. Enfin, au moment où la Russie se réarme contre l’Occident, où le djihadisme gagne le coeur de l’Afrique, où les révolutions arabes tournent aux crispations islamistes et aux guerres civiles, l’Europe, même ébranlée, ne peut oublier sa mission : rester la gardienne, aux côtés des Etats-Unis, des valeurs démocratiques. Boussole morale de la planète, elle est dépositaire en effet d’un trésor infiniment périssable et fragile, les droits humains et le respect des principes.

Elle est responsable de la perpétuation de la démocratie elle-même. Elle n’a d’autre solution que d’approfondir la richesse subversive de ses idées, la vitalité de ses principes fondateurs. C’est encore vers elle que se tournent les persécutés et les opprimés de la planète, victimes de l’arbitraire, de l’autocratie, du fanatisme religieux. Il serait temps, à cet égard, de former chez nous une grande chaîne d’assistance à tous les rebelles du monde islamique, libres-penseurs, apostats, athées, de leur apporter notre soutien financier, moral, politique, comme on soutint jadis les dissidents d’Europe de l’Est.

Nous sommes si peu sûrs de nous-mêmes que nous sous-estimons trop l’appétit de liberté des autres peuples : la réaction indignée des Pakistanais après la tentative d’assassinat par les talibans de Malala, cette jeune fille coupable de vouloir aller à l’école, prouve que le cancer de l’extrémisme n’est jamais sûr, même dans une nation en proie aux tensions les plus vives. L’Europe n’est jamais si grande que lorsqu’elle parle au monde entier et oublie ses soucis quotidiens pour se porter au-devant des autres. La voilà muette, empêtrée dans ses déficits, incapable de reformuler un projet autre que la survie. Encore faudrait-il que l’esprit de pénitence n’étouffe pas en elle l’esprit de résistance.

Ce n’est pas d’une extension géographique absurdement étirée jusqu’aux confins qu’elle a besoin, c’est d’une intensification de l’âme, d’une condensation de ses forces. Elle ne peut être si convoitée et si peu s’aimer quand elle est l’exemple d’une sortie réussie de la démence du XXe siècle, d’un mariage harmonieux entre la puissance et la conscience. On peut bien sauver l’euro, alléger ou annuler nos dettes : si nous ne changeons pas de mentalité, nous disparaîtrons au cours du siècle à venir, bousculés par des cultures plus dynamiques. Nous n’avons jamais été aussi près de l’effondrement, jamais aussi près peut-être d’un sursaut.

Pascal Bruckner, essayiste et écrivain, auteur du « Fanatisme de l’apocalypse » (Grasset)


Gaza: France-Qatar, même combat! (In modern warfare, one picture can be worth a thousand weapons)

20 novembre, 2012

Présider la République, c’est ne pas inviter les dictateurs en grand appareil à Paris. François Hollande (janvier 2012, Le Bourget)
Dans la guerre moderne, une image vaut mille armes. Bob Simon
Al-Jazira a mis le feu en Tunisie, au Liban et dans divers pays arabes. Saëb Erakat (principal négociateur palestinien, 2011)
Without TV coverage, the revolutions would never have assumed such proportions. When people followed the revolutions, to what extent did they use the Internet, versus the extent to which they watched them on the TV channels, which gave them continuous coverage? Clearly, there is no comparison…The best proof [of the impact of] the TV channels is that any popular activity that they do not cover, in any country, will die before it can get off the ground. Some Arab countries are currently seeing… protests and the beginnings of a revolution, but these [events] are not getting the necessary TV coverage, because of the focus on the escalating revolution in Libya. As a result, [these protests] will not gain much momentum… but will fade away and be forgotten. Some might argue that the images broadcast on the satellite channels were often taken from the Internet. That is true, but had the [channels] not repeatedly aired these images, their impact would have remained limited. I have yet to hear any [protesters]… complain of insufficient coverage of their activity on the Internet or on Facebook. But [some protesters are] very angry at the satellite channels, which, they claim, are not giving their activity the necessary media coverage… It is [the satellite channels] that truly fuel the revolutions – with image and sound, which remain more powerful than any other weapon… It is no exaggeration to say that one TV report on a certain country has an impact equal to that of all the websites visited by all the Arabs put together – so much so that [activists] have sometimes said, ‘Let’s postpone our protest, because some satellite channel is busy covering another revolution’… Al-Sharq (Qatar,  March 13, 2011)
Lorsque les médias se prêtent au jeu des manipulations plutôt que de les dénoncer, non seulement ils sacrifient les Libanais innocents qui ne veulent pas que cette mafia religieuse prenne le pouvoir et les utilise comme boucliers, mais ils nuisent aussi à la société civile de par le monde. D’un côté ils nous dissimulent les actes et les motivations d’organisations comme le Hamas ou le Hezbollah, ce qui permet aux musulmans ennemis de la démocratie, en Occident, de nous (leurs alliés progressistes présumés) inviter à manifester avec eux sous des banderoles à la gloire du Hezbollah. De l’autre, ils encouragent les haines et les sentiments revanchards qui nourrissent l’appel au Jihad mondial. La température est montée de cinq degrés sur l’échelle du Jihad mondial quand les musulmans du monde entier ont vu avec horreur et indignation le spectacle de ces enfants morts que des médias avides et mal inspirés ont transmis et exploité. Richard Landes
On ne saurait dire que la famille qatarie véhicule une idéologie quelconque en dehors de la protection de ses propres intérêts. Mais comme il lui faut ravir à la famille Séoud son rôle moteur dans le contrôle de l’Islam sunnite à l’échelle mondiale, elle héberge volontiers les imams et prêcheurs de tout poils ( cf Youssef Qardhawi) à condition qu’ils soient plus extrémistes que les oulémas séoudiens de façon à leur rendre des points. Et le Qatar finance partout et généreusement tous les acteurs politico-militaires salafistes (c’est le cas du groupe Ansar Dine), dont la branche la plus enragée des Frères Musulmans, hostiles à la famille Séoud (et bien sûr au chiisme) mais aussi aux régimes « laïcs » et nationalistes arabes susceptibles de porter ombrage aux pétromonarchies Alain Chouet (ancien chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE)
Il est maintenant clair que les assurances données par Chirac ont joué un rôle crucial, persuadant Saddam Hussein de ne pas offrir les concessions qui auraient pu éviter une guerre et le changement de régime. Selon l’ex-vice président Tareq Aziz, s’exprimant depuis sa cellule devant des enquêteurs américains et irakiens, Saddam était convaincu que les Français, et dans une moindre mesure, les Russes allaient sauver son régime à la dernière minute. Amir Taheri
J’appelle à la retenue parce que dans une région qui est déjà très troublée, ce serait une catastrophe qu’il y ait encore une escalade. Israël, bien sûr, a le droit à se défendre, mais on n’arrive à rien en pratiquant un regain de violence. Les Palestiniens ont droit à un Etat, il faut répéter cela, Israël a droit à la sécurité, mais ce n’est pas par la violence qu’on peut régler les problèmes. Laurent Fabius (ministre français des Affaires étrangères)
Nous avons commis une terrible erreur, un texte malencontreux sur l’une de nos photos du jour du 18 avril dernier (à gauche), mal traduit de la légende, tout ce qu’il y a de plus circonstanciée, elle, que nous avait fournie l’AFP*: sur la « reconstitution », dans un camp de réfugiés au Liban, de l’arrestation par de faux militaires israéliens d’un Palestinien, nous avons omis d’indiquer qu’il s’agissait d’une mise en scène, que ces « soldats » jouaient un rôle et que tout ça relevait de la pure et simple propagande. C’est une faute – qu’atténuent à peine la précipitation et la mauvaise relecture qui l’ont provoquée. C’en serait une dans tous les cas, ça l’est plus encore dans celui-là: laisser planer la moindre ambiguïté sur un sujet aussi sensible, quand on sait que les images peuvent être utilisées comme des armes de guerre, donner du crédit à un stratagème aussi grossier, qui peut contribuer à alimenter l’exaspération antisioniste là où elle s’enflamme sans besoin de combustible, n’appelle aucun excuse. Nous avons déconné, gravement. J’ai déconné, gravement: je suis responsable du site de L’Express, et donc du dérapage. A ce titre, je fais amende honorable, la queue basse, auprès des internautes qui ont été abusés, de tous ceux que cette supercherie a pu blesser et de l’AFP, qui n’est EN AUCUN CAS comptable de nos propres bêtises. Eric Mettout (L’Express)
Comment expliquer qu’une légende en anglais qui dit clairement qu’il s’agit d’une mise en scène (la légende, en anglais, de la photo fournie par l’AFP: « LEBANON, AIN EL-HELWEH: Palestinian refugees pose as Israeli soldiers arresting and beating a Palestinian activist during celebrations of Prisoners’ Day at the refugee camp of Ain el-Helweh near the coastal Lebanese city of Sidon on April 17, 2012 in solidarity with the 4,700 Palestinian inmates of Israeli jails. Some 1,200 Palestinian prisoners held in Israeli jails have begun a hunger strike and another 2,300 are refusing food for one day, a spokeswoman for the Israel Prisons Service (IPS) said. »), soit devenue chez vous « Prisonnier palestinien 18/04/2012. Mardi, lors de la Journée des prisonniers, des centaines de détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention », étonnant non ? David Goldstein
Primo s’en voudrait de noircir le tableau à propos de la visite de l’Emir du Qatar à Gaza. Cette volonté de financer les banlieues françaises, de racheter le PSG, de soudoyer les narco-islamistes du Mali témoigne à la fois d’un sens aigu des affaires et d’une interprétation très particulière de l’intérêt général.
Depuis quelques jours, l’opération « pilier de défense » a été qualifiée par la plupart de nos commentateurs de manœuvre politicienne en vue des élections anticipées en Israël. Du Nouvel Obs à France Inter en passant par LCI et Libé, tous ces bons esprits dénoncent la fuite en avant de Netanayu, coupable uniquement, selon eux, de vouloir préparer sa nouvelle majorité. Ces pauvres hères apportent ainsi la preuve de leur profonde méconnaissance du dossier israélo-palestinien. Car premièrement, la gauche israélienne ne pourrait, pas plus que la droite, supporter de telles atteintes à sa population civile sans réagir. Elle a d’ailleurs montré, dans un passé récent, qu’elle pouvait, elle aussi, entamer des guerres et réagir à toutes les agressions extérieures, comme celle du Hezbollah à l’été 2006. Elle n’est du reste pas la seule dans ce cas. Si une enclave ou une principauté bombardait quotidiennement l’Île-de-France ou la Vallée du Rhône, n’importe quel gouvernement français prendrait des mesures appropriées. Et, tout en regrettant les dégâts collatéraux, la population approuverait massivement. Si nos syndicalistes et membres d’EELC, PCF et consorts qui foulent le pavé aux cris de « Halte à l’agression » voyaient leurs maisons menacées par des tirs de roquettes, leurs enfants obligés de se coucher sous leur table à l’école en hurlant de terreur, nul doute qu’ils exigeraient que l’on élimine ces lanceurs de missiles. Ensuite, selon les derniers sondages, Netanyaou dispose, avec les accords entre partis, d’une majorité confortable pour gouverner à nouveau le pays. Il n’a donc pas besoin d’une intervention armée pour emporter les élections. Pierre Lefebvre

Oui, le PSG, ça sert aussi à faire la guerre!

A l’heure où, nouvelle exception bien française et contrairement à leurs homologues américains ou britanniques qu’ils devraient d’ailleurs abandonner aujourd’hui même sur le théâtre afghan, tant l’Elysée que le Quai d’Orsay ne se sont toujours pas résolus à appeler un chat un chat

Et où, pour expliquer l’actuelle situation dans l’enclave que maintient sous sa coupe de fer depuis des années le mouvement terroriste Hamas et sans compter l’habituelle désinformation des images, les médias français et leurs experts demi-habiles rivalisent à nouveau de subtilités pour présenter la même prétendue analyse éculée de « manœuvre électorale » israélienne …

Comment ne pas voir, avec le site Primo Europe, l’étrange collusion qui se dessine …

Entre un Qatar armé de ses pétrodollars et sa chaine satellitaire (et il est vrai, de Washington à Tel Aviv, ses entrées partout) qui, de Tunis à Tombouctou et en passant par Paris (mais aussi, ce que se gardent bien de rappeler nos médias affabulateurs, juste avant le début des premières roquettes à Gaza!), n’en finit pas de mettre de l’huile sur le feu jihadiste …

Et une France coincée dans sa sempiternelle « politique arabe » qui, comme avec l’Irak, n’a toujours pas compris qu’ainsi que l’avait bien expliqué Richard Landes, « lorsqu’on se  se prête au jeu des manipulations plutôt que de les dénoncer, non seulement on sacrifie les (…) innocents qui ne veulent pas que cette mafia religieuse prenne le pouvoir et les utilise comme boucliers, mais on nuit aussi à la société civile de par le monde »?

Et qu’en « nous dissimulant d’un côté les actes et les motivations d’organisations comme le Hamas ou le Hezbollah », on « permet aux musulmans ennemis de la démocratie, en Occident, de nous (leurs alliés progressistes présumés) inviter à manifester avec eux sous des banderoles à la gloire du Hezbollah, on « encourage de l’autre les haines et les sentiments revanchards qui nourrissent l’appel au Jihad mondial » ?

Gaza et la virginité du Hamas

Pierre Lefebvre

Primo

18-11-2012

Ce samedi, une cinquantaine d’associations pro-Hamas ont défilé dans les rues de France pour soutenir leurs amis dans le besoin.

Il faut noter cependant que le Hamas en particulier et que Gaza en général ne sont pas si sans défense que cela. Cela fait des années qu’ils entreposent des armes perfectionnées reçues d’Iran par la frontière avec l’Égypte.

Ces armes passent par les souterrains, tunnels de contrebande utilisés également pour importer des voitures de luxe, au grand dam des concessionnaires légaux qui voient leurs chiffres d’affaires s’effondrer.

L’internationale n’est pas le genre humain

Il est piquant de constater que les organisations qui ont appelé à manifester ce samedi sont également celles qui prétendent militer contre le grand patronat, le capitalisme effréné, les milieux d’affaires.

Or, le Hamas présente toutes les caractéristiques d’une oligarchie richissime qui exploite sans vergogne la misère de ses concitoyens.

Les dirigeants du Hamas vivent dans un luxe ostentatoire et composent la totalité des nouveaux riches de Gaza. Leurs enfants sont envoyés dans les meilleures universités à l’étranger.

Lorsqu’ils étudient le Coran à l’université islamique, ils ont à leur disposition piscines et clubs hippiques.

Leurs épouses hantent les centres commerciaux dont celui d’Al Andalousia sur la place Haidar Abdel Shafi.

Dans ses 3 000 mètres carrés et sur trois niveaux, il bénéficie d’escaliers mécaniques, d’atrium, de jets d’eaux et de l’air conditionné. On y trouve des vêtements de marque, des cosmétiques, des fournitures de bureau, des jouets, des chaussures, des restaurants, des jeux d’arcades et même un cinéma.

Dans le même temps, selon le Programme alimentaire mondial (PAM), le nombre de familles gagnant moins de 1,2 dollar par jour est passé de 55 % à 70 %.

Les enfants issus de cette population sont envoyés creuser les tunnels pour le compte des familles régnantes du Hamas et, pour le cas présent, utilisés comme boucliers humains par les islamistes.

Le Hamas n’a aucun intérêt à favoriser l’ouverture de sa frontière avec l’Égypte car un commerce légal avec le pays voisin, dirigé maintenant par la même mouvance idéologique, ruinerait la plupart de ses cadres dirigeants.

Sharia mal tempérée

Ces organisations françaises qui militent aujourd’hui contre l’intervention israélienne agissent en France contre l’homophobie et ont pris des positions radicales en faveur du mariage pour tous.

Curieusement, ils se soucient peu du sort des homosexuels dans la bande de Gaza, où ceux-ci sont exécutés sommairement. Et en public, c’est plus drôle.

Ils sont souvent, et préalablement, torturés dans les geôles du mouvement islamiste avant leur mise à mort.

Selon Human Rights Watch, le gouvernement du Hamas de Gaza a « intensifié ses efforts pour islamiser Gaza» qui ont été qualifiés par cette organisation de « répression de la société civile » et « de graves violations de la liberté individuelle ».

Le Hamas a imposé des règles strictes aux femmes, opprimé les minorités, imposé la sharia et déployé la police religieuse pour faire respecter ces lois.

Les femmes ne peuvent se baigner, ni découvrir leurs cheveux sous peine d’amende et parfois de brutalité.

Dans un rapport de 2009, le Centre palestinien pour les droits de l’Homme dénonce les violations permanentes des droits de l’Homme dans la bande de Gaza et parle ces « violations criminelles quotidiennes » dont la liberté de la presse.

C’est ainsi qu’il peut retenir en toute illégalité 22 journalistes et les utiliser comme boublier humain sans s’attirer les foudres de la presse bien-pensante. Il a muselé la presse locale, persécutant les journalistes du cru, et n’a jamais reçu la moindre observation à ce sujet. Persevere diabolicum, il est vrai, mais ça paye parfois.

C’est ce mouvement qui est défendu par les manifestants français, lesquels n’ont pas trouvé le temps de manifester contre le régime syrien depuis que celui-ci massacre son peuple.

Les analyses crapuleuses

Depuis quelques jours, l’opération « pilier de défense » a été qualifiée par la plupart de nos commentateurs de manœuvre politicienne en vue des élections anticipées en Israël.

Du Nouvel Obs à France Inter en passant par LCI et Libé, tous ces bons esprits dénoncent la fuite en avant de Netanayu, coupable uniquement, selon eux, de vouloir préparer sa nouvelle majorité.

Ces pauvres hères apportent ainsi la preuve de leur profonde méconnaissance du dossier israélo-palestinien.

Car premièrement, la gauche israélienne ne pourrait, pas plus que la droite, supporter de telles atteintes à sa population civile sans réagir.

Elle a d’ailleurs montré, dans un passé récent, qu’elle pouvait, elle aussi, entamer des guerres et réagir à toutes les agressions extérieures, comme celle du Hezbollah à l’été 2006.

Elle n’est du reste pas la seule dans ce cas.

Si une enclave ou une principauté bombardait quotidiennement l’Île-de-France ou la Vallée du Rhône, n’importe quel gouvernement français prendrait des mesures appropriées.

Et, tout en regrettant les dégâts collatéraux, la population approuverait massivement.

Si nos syndicalistes et membres d’EELC, PCF et consorts qui foulent le pavé aux cris de « Halte à l’agression » voyaient leurs maisons menacées par des tirs de roquettes, leurs enfants obligés de se coucher sous leur table à l’école en hurlant de terreur, nul doute qu’ils exigeraient que l’on élimine ces lanceurs de missiles.

Ensuite, selon les derniers sondages, Netanyaou dispose, avec les accords entre partis, d’une majorité confortable pour gouverner à nouveau le pays.

Il n’a donc pas besoin d’une intervention armée pour emporter les élections.

IGV ou Indignation à Géométrie Variable

Parmi les organisations signataires de l’appel à manifester contre ce qu’ils appellent l’agression israélienne, se trouvent les travailleurs tunisiens, marocains, algériens, les mêmes qui militaient contre les dictatures violentes et qui voyaient d’un bon œil une intervention armée contre leurs régimes sanguinaires lors des « printemps » arabes.

Avec ces manifestations françaises, le PCF, EELV, NPA, MRAP et consorts redonnent une légitimité au Hamas, ce mouvement qui se situe aux antipodes des aspirations des populations arabes, celles qui ont renversé leurs régimes respectifs avant d’être noyées dans l’islamisme le plus rétrograde.

Mais le Hamas a deux autres raisons pour provoquer l’affrontement.

Les observateurs les plus obtus n’ont pu manquer de remarquer que la fréquence des tirs de missiles contre les civils israéliens a considérablement augmenté dès le lendemain de la visite du Qatar et ses fastueuses prodigalités.

(Petite incise : le chèque du Qatar au Hamas en octobre dernier est moins important que ce qu’il a investi dans le football européen, notamment le PSG. Il serait bon de s’en souvenir).

C’est que le Hamas a besoin de se refaire une virginité à propos du conflit syrien.

Car celui-ci a profondément divisé le mouvement islamiste. Des combattants palestiniens s’affrontent également en Syrie, certains étant pro-Assad, d’autres ayant résolument pris le parti des rebelles.

Khaled Meechal, chef du Hamas et hôte du régime Assad durant de longues années, est parti, la queue entre les jambes après avoir volontiers profité des largesses de la dictature alaouite.

Cette profonde division entre Palestiniens commençait à fissurer l’unanimité de facade de ce peuple, qui vient de prouver, une fois de plus, qu’il n’en est pas un.

La deuxième raison, non relevée par les grands experts de nos médias, est la suivante.

Les régimes autoritaires arabes ont besoin d’un peuple palestinien « souffrant » pour détourner l’attention sur leurs propres manquements à la démocratie. Vieille technique utilisée depuis des décennies.

Peinant à recoller les morceaux, le Hamas, avec cynisme et en totale collusion avec les dirigeants arabes, a donc décidé de ressouder les Palestiniens en sacrifiant sa population en déclenchant un conflit avec l’ennemi de toujours, Israël.

Le Hezbollah et son allié indéfectible, le régime syrien, à la veille d’être mis en cause par la justice internationale dans le procès Hariri, avaient usé du même stratagème en déclenchant les combats de l’été 2006.

Ce sont ces gens-là, ces régimes sanguinaires qu’EELV, le PCF et autres nostalgiques des dictatures ont choisi de soutenir en manifestant ce samedi.

Les marches françaises de protestation n’ont pas mobilisé beaucoup de militants.

Le gros de leurs troupes défilaient contre l’aéroport de Nantes. Quand on ne représente que 2 % du corps électoral, il faut savoir choisir ses priorités.

Mais elles n’en restent pas moins inquiétantes pour l’avenir du débat démocratique en France.

Voir aussi:

Euphorie à Gaza

Pierre Lefebvre

Primo

24-10-2012

Le Qatar vient d’offrir gracieusement 500 millions d’euros au gouvernement islamiste de Gaza.

À peine la nouvelle connue des habitants de cette enclave, ils ont bombardé les civils israéliens de roquettes, manière de fêter l’événement. Les islamistes sont espiègles.

Le système « dôme de fer » a intercepté plusieurs fusées, mais pas toutes. Résultat, des blessés graves dans une ferme proche de la frontière.

On aurait bien écrit ‘des victimes sont à déplorer’, mais les médias français auraient plutôt tendance à s’en réjouir pour les plus militants, ou à craindre les représailles et à s’insurger à l’avance devant la future ‘réponse disproportionnée’ d’Israël.

Alors déplorer les victimes ne fait pas partie de l’équation. Surtout si elles sont juives, tout le monde aura compris.

Il faut noter que ces 500 millions représentent à peine ce que dépense Israël chaque mois pour les vivres et les denrées qu’il leur fait parvenir. Les denrées, pas les millions.

Le bateau « Estelle », intercepté au large de Gaza par la marine israélienne, ne transportait, lui, que quelques centaines de kilos de denrées périssables et de produits médicaux. C’est un investissement en communication bien suffisant.

La propagande, relayée en France par le PCF et son organe l’Humanité affirme qu’il transportait « des tonnes de médicaments, des produits alimentaires, des jouets, des poches de sang… ».

Il est vrai que traverser la Méditerranée avec des poches de sang dans les soutes en tablant sur une interception par la marine israélienne et donc, à supposer qu’on espère y parvenir, une arrivée dans les hôpitaux de Gaza au bout de plusieurs semaines, est un geste humanitaire témoignant de peu d’intérêt pour les précautions sanitaires élémentaires…

Et donc pour les futurs usagers de ces prétendues poches de sang.

Heureusement, les ‘activistes’ de l’Estelle n’ont pas la moindre intention de fournir ces dons à des gens qui n’en ont pas besoin.

L’espérance de vie de Gaza fait pâlir d’envie tous les pays arabes alentours et les hôpitaux israéliens soignent les Palestiniens sans discrimination quand leurs chirurgiens n’ont pas la technique ou les moyens nécessaires. Le seul objectif de ces militants navigateurs est de faire du buzz. Et ça marche !

Plutôt que d’accuser les journalistes de l’Humanité de complaisance, faisons semblant de croire que leur reprise in extenso et sans vérification – et a fortiori sans recoupement – des tracts de Solidarité-Palestine et consorts provient de leur seule ignorance.

Après tout, ils sont journalistes, pas gestionnaires, ni spécialistes en action sanitaire, ni diplômés en logistique.

Ah, oui, ils auraient pu se renseigner ? Réveillez-vous, on parle de l’Huma ! Le seul quotidien que feue la Pravda du petit père des peuples aurait pu encore nous envier!

En fait, la cargaison du bateau finlandais représentait un peu moins que l’ensemble des denrées envoyées à Gaza par Israël en une seule journée.

Peu importe, car jamais un journaliste français ne dit un mot de ces expéditions, puisque le mot d’ordre est ‘prison à ciel ouvert et blocus’. Que le blocus ne concerne que les armes ou ce qui peut servir à en fabriquer ne concerne pas les journalistes.

Surtout pas ceux de l’Huma. En plus, ils sont fâchés avec les chiffres.

Depuis des années, ses commissaires aux comptes successifs sont « accro » aux anxiolytiques, tant la trésorerie de ce quotidien est plombée par un déficit abyssal.

On ne va pas leur demander, en plus, de faire l’impasse sur le seul sujet qui fait consensus aussi bien chez leurs lecteurs que chez ceux de http://www.frontnational.com.

Primo s’en voudrait de noircir le tableau à propos de la visite de l’Emir du Qatar à Gaza.

Cette volonté de financer les banlieues françaises, de racheter le PSG, de soudoyer les narco-islamistes du Mali témoigne à la fois d’un sens aigu des affaires et d’une interprétation très particulière de l’intérêt général.

Ces deux notions coïncident difficilement, mais il est de bon ton, chez les intellodegauche (il n’y en a pas ailleurs, on le sait depuis 1981) d’assumer ses contradictions.

L’Huma a, de ce point de vue, des pudeurs qu’aucun de ses confrères ne peut lui envier.

D’ailleurs la presse française est d’une discrétion de bluette sur la froideur de l’accueil fait par la population de Gaza à ses sauveteurs, pourtant porteurs d’un petit pourcent de ce que l’ennemi honni lui fournit chaque jour dans l’indifférence des médias.

Certes le Hamas a déroulé le tapis rouge. Les plus beaux restaurants, les centres commerciaux ont été pavoisés aux couleurs du Qatar (voir quelques photos de Gaza ici). Une grande cérémonie populaire était prévue dans un des grands stades, afin de fêter l’événement.

Mais les Gazaouis savent compter, eux.

Ils savent que ces 500 millions ne sont qu’une poignée de dollars de plus dans la poche de leurs dirigeants. Qu’ils ne leur auraient, de toute façon, pas permis de vivre décemment. Ils savent que cela n’empêchera nullement les trafics souterrains de prospérer au bénéfice d’une poignée de chefaillons sans scrupules.

Ils savent que leur situation personnelle ne risque pas de s’améliorer puisque le seul pays de la région qui a une croissance positive est Israël et qu’ils n’y exportent que des bombes et des roquettes.

Aussi ont-ils préféré décliner l’invitation et la cérémonie a dû être annulée à la dernière minute, faute de spectateurs enthousiastes.

Au-delà de l’aspect purement anecdotique de ce don Qatari au gouvernement islamiste, il importe de souligner que le Hamas a de moins en moins d’emprise sur les habitants de Gaza.

Le peuple, le vrai, pas celui qui est laborieusement défendu par l’Humanité, ne se laisse plus prendre aux mirages de la propagande.

Règner sur les esprits

La gouvernance basée sur l’Islam et sa charia est une forfaiture intellectuelle et les peuples arabes commencent à s’en apercevoir.

Dans la région, les Égyptiens peinent à cacher leur impatience devant les promesses non tenues du gouvernement Morsi.

En Libye, les combats renaissent avec vigueur dans la plupart des grandes villes.

Un peu plus loin, les Tunisiens commencent à s’apercevoir que leurs libertés les plus fondamentales diminuent comme peau de chagrin.

Il y a quelques années, les manifestations « spontanées » faisaient le bonheur des dirigeants autoproclamés et celui des télévisions arabes. Et des nôtres quand lesdites manifestations avaient un rapport même lointain avec Israël.

Aujourd’hui, les grandes soirées publiques à la gloire des dirigeants ne font plus recette.

Le monde arabe prendrait-il conscience qu’il s’est laissé aller à adorer des idoles préfabriquées ?

Ce n’est donc pas pour manifester leur joie de voir le compte offshore de leurs dirigeants crédités de 500 millions supplémentaires, que le peuple a tiré des missiles sur Israël.

C’est par frustration de n’avoir pu organiser leur grande soirée triomphale au stade de Gaza, que quelques islamistes ont succombé à cette tentation.

Le Qatar finance, le Hamas récupère et quels que soient les tireurs, ce sont les civils israéliens qui payent la note.

Simple question d’habitude ! On a les feux d’artifice que l’on peut.

Voir encore:

Nos chers amis les Qataris
Les secrets d’une histoire d’amour et d’argent entre le Qatar et la France. Édifiant.
Christophe Labbé et Mélanie Delattre
Le Point
14/06/2012

Ce matin-là, François Hollande a rendez-vous avec l’un des hommes les plus riches du monde. Hamad ben Jassem al-Thani est arrivé la veille à bord de son Airbus A330 personnel. « HBJ », comme on l’appelle, est à la tête du puissant fonds souverain qatari qui, depuis dix ans, rachète la France par morceaux. Le petit émirat a dépensé des milliards pour entrer dans le capital de nos fleurons industriels : Lagardère, Veolia, Vinci, mais aussi Total, LVMH, France Télécom. Propriétaire des plus beaux joyaux immobiliers de la capitale, il vient d’acquérir pour 400 millions d’euros l’immeuble Virgin des Champs-Élysées. La monarchie du Golfe s’est aussi offert la prestigieuse course hippique de l’Arc de triomphe et, récemment, le club de football du PSG.

Homme d’affaires mais aussi Premier ministre du Qatar, HBJ est comme chez lui à Paris. C’est d’ailleurs en « territoire qatari », au Royal Monceau, propriété de l’émirat, qu’il a passé la nuit. Une infidélité à son hôtel particulier favori de la rue Saint-Dominique. Ce petit palais du XVIIIe siècle, racheté à l’État pour la moitié de sa valeur fin 2006, a vu défiler la plupart des grands patrons français et nombre d’hommes politiques. François Hollande, lui, n’a jamais eu l’occasion d’admirer les plafonds classés de la magnifique demeure actuellement en travaux. Ses deux seules rencontres avec l’homme fort du Qatar se sont déroulées rue de Solferino, au siège du PS, lorsqu’il était premier secrétaire du parti, puis dans un discret hôtel parisien durant la primaire. « Entre le président normal et le Berlusconi du désert, qui mène de front sa carrière de diplomate et d’homme d’affaires, le courant a du mal à passer », s’amuse un observateur privilégié des relations franco-qataries.

À l’Élysée, le 7 juin, HBJ a dû se contenter d’une audience express de quarante-cinq minutes, calée entre deux rendez-vous avec Hervé Morin et Cécile Duflot. Une douche froide pour ce Premier ministre habitué aux effusions d’un Nicolas Sarkozy, grand ami du Qatar. Avec François Hollande, on est loin des débuts enthousiastes du précédent quinquennat. À l’époque, l’émir avait été le premier chef d’État arabe reçu au Château. Un mois et demi plus tard, on le retrouvait à la tribune présidentielle pour le défilé du 14 Juillet. Des marques d’attention qui avaient fait jaser dans les capitales arabes. Désormais, c’est en France que cette proximité fait grincer des dents. L’omniprésence des Qataris, dans notre économie comme notre diplomatie, inquiète. Sous Sarkozy, les relations entre les deux pays se sont enchevêtrées de manière inextricable. Pour le meilleur ou pour le pire ? Enquête sur une drôle d’histoire d’amour et d’argent.

Lune de miel

« Il y a quarante ans, pour les Français, le Qatar était juste un tas de sable avec un peu de pétrole, se souvient un diplomate. L’émirat, qui venait d’arracher son indépendance aux Britanniques, se cherchait un protecteur. Giscard a sauté sur l’occasion et en a profité pour équiper leur armée de pied en cap. » La lune de miel s’est poursuivie avec Mitterrand, même si au départ les Qataris – plutôt conservateurs – craignaient l’arrivée de la gauche. « Lors de leur première rencontre, ils ont bloqué sur le costume bon marché du nouveau président, mais ont fini par s’y habituer », raconte un témoin de l’époque. Tous les étés, l’émir passe prendre le thé à l’Élysée avant de rejoindre la Côte d’Azur. Jusqu’en 1995, où il est débarqué par son fils, le prince héritier ! Jacques Chirac, qui s’était lié d’amitié avec le vieux cheikh, traîne des pieds pour reconnaître le nouveau souverain. Un retard à l’allumage qui vaudra à la France d’être mise à l’index des grands contrats durant presque une décennie.

HBJ, qui a 36 ans à l’époque, fait partie des conjurés. Ministre des Affaires étrangères du père, il a fait allégeance au fils, Hamad ben Khalifa al-Thani, que tout le monde surnomme  » HBK « . Sa mission : avertir en sous-main les chancelleries qu’une révolution de palais se prépare. Il faut s’assurer que le puissant voisin saoudien – qui considère le Qatar comme une de ses dépendances – ne saisira pas ce prétexte pour envahir la péninsule. Ben Jassem va négocier discrètement le soutien du lobby juif américain contre un premier pas vers la reconnaissance d’Israël. Le jour J, Bill Clinton appelle le roi d’Arabie saoudite avec un message clair pour lui dire que les États-Unis approuvent le changement. Le nouvel émir a trouvé son âme damnée. Il sait qu’il peut compter sur le machiavélique HBJ pour orchestrer sa diplomatie secrète.

« Soft power »
Le tandem HBJ-HBK a de grandes ambitions pour le petit émirat. La manne gazière doit permettre au Qatar de peser sur la scène internationale. Le micro-État souffre du syndrome de Lilliput. Sur 2 millions d’habitants, on compte moins de 200 000 nationaux. « Ils vivent dans l’angoisse de disparaître. Cette crainte dicte toute leur stratégie, analyse un diplomate. Avec son armée de 15 000 hommes, le Qatar ne résisterait pas à un éternuement de ses deux puissants voisins. Pour sa survie, il a misé sur le soft power, autrement dit l’influence économique et médiatique plutôt que militaire. » En lançant Al-Jazeera, le CNN arabe, en rachetant les clubs et de grands événements sportifs, en décrochant l’organisation de la Coupe du monde de football, le Qatar cherche à se façonner l’image d’une monarchie éclairée. Un plan réfléchi de longue date par l’émir.

Sous son air indolent accentué par une imposante corpulence, le souverain dissimule un caractère trempé. C’est lui qui, dès son arrivée au pouvoir, a décidé d’exploiter l’or bleu de North Field, le plus grand gisement de gaz naturel au monde. Pour extraire et transporter ce trésor enfoui au large, Hamad ben Khalifa a investi des sommes colossales. « Un risque que son père n’avait pas osé prendre et qui a valu au Qatar une période de vaches maigres », commente un expatrié de la première heure. En 2000, lorsque le prix du baril s’est effondré, l’émirat n’arrivait plus à boucler ses fins de mois. Le pays le plus riche du monde a été sauvé de la banqueroute par Total, qui a accepté de lui faire une avance. Depuis, les cours sont remontés, et le Qatar, devenu 2e producteur mondial de gaz, s’est offert 4 % du pétrolier français. Une goutte d’eau dans l’océan de ses participations. Gorgé de devises par son industrie gazière, le Qatar rachète le monde.

La scène se passe en avril à Doha, dans le hall de l’immense centre des congrès qui accueille pour trois jours le World Investment Forum. Questionné sur son pays, un businessman qatari en keffieh et dishdasha blanche, attaché-case à la main, explique : « Pour nous, tout va bien. On a racheté la moitié de l’Italie et maintenant on rachète la moitié de l’Espagne. Mais moi, ce que je préférerais, c’est qu’on rachète le Barça. » Un souhait qui pourrait bientôt être exaucé. Le petit émirat a déjà obtenu, moyennant 30 millions d’euros, le droit d’apposer le nom de la Qatar Fondation sur les maillots du mythique club catalan.

Compte à rebours
Pourquoi une telle frénésie dépensière ? Les Qataris vivent dans l’angoisse de la fin de l’or bleu. D’ici une cinquantaine d’années, le fantastique gisement de North Field sera à sec. « Ce compte à rebours influence leur politique d’investissement, commente un banquier spécialiste des fonds souverains. Le Qatar n’est pas, comme ses voisins, une éponge à pétrole. Il n’a connu l’opulence qu’après en avoir sué pour récupérer son gaz au fond de la mer. » Les anciens pêcheurs de perles, qui se rêvent aujourd’hui en Singapour du Golfe, veulent perdurer dans le monde post-pétrole. « Dès 2030, les revenus de nos placements étrangers vont dépasser notre rente gazière et pétrolière », assure un haut fonctionnaire qatari. L’objectif fait sourire les investisseurs, notamment ceux de la City, qui ont en tête certains bouillons financiers comme l’OPA ratée de Doha sur la chaîne de supermarchés Sainsbury.

« Contrairement à ce qu’ils affirment, la rentabilité n’est pas leur obsession. Leurs investissements s’inscrivent dans la stratégie de soft power voulue par l’émir », décrypte un expert de la péninsule Arabique. Pas étonnant que l’on retrouve HBJ, l’homme qui tire les ficelles de la diplomatie, aux manettes de la Qatar Investment Authority, une tirelire de 100 milliards de dollars créée en 2003. Le pactole investi en France représente près de 10 %. « L’argent leur sert à nouer des liens avec les élites. Quand ils achètent le PSG ou le Prix de l’Arc de triomphe, ils s’offrent aussi un accès privilégié au Tout-Paris, friand des invitations en loge », observe un habitué de ces rendez-vous mondains.

Pour harponner les Français qui comptent, HBJ s’appuie sur l’ambassadeur du Qatar, son homme lige à Paris. Ce dimanche midi, le très urbain Mohamed al-Kuwari, qui a longtemps été directeur de cabinet du Premier ministre, accueille lui-même le millier d’invités qui se presse au palais d’Iéna. Pour fêter ses quarante ans d’indépendance, le Qatar a annexé un palais de la République. Le siège du Conseil économique, social et environnemental, la troisième assemblée de France, a été privatisé pour l’occasion. On y croise, coupe de champagne à la main, plusieurs ministres de Sarkozy comme David Douillet, Jeannette Bougrab, Thierry Mariani, Maurice Leroy, mais aussi Jean Tiberi. La plupart sont des habitués du 1 rue de Tilsitt, la nouvelle ambassade. Le splendide hôtel particulier de la place de l’Étoile voit défiler les people, qui, pour certains, ne repartent pas les mains vides. Prix Richesses dans la diversité ou prix Doha capitale culturelle arabe, toutes les occasions sont bonnes pour « récompenser » les amis du Qatar. Des dizaines de personnalités, à l’instar des anciens ministres Renaud Donnedieu de Vabres et Jack Lang ou de l’ancien président du CSA Dominique Baudis, se sont vu distinguer avec, pour certains, un chèque de 10 000 euros. C’est aussi le cas de Yamina Benguigui, qui vient de faire son entrée au gouvernement. Pour mener à bien sa mission de grand chambellan des relations publiques, l’ambassadeur du Qatar dispose d’une voiture diplomatique équipée d’un gyrophare.

On ne compte plus les politiques qui ont fait le déplacement à Doha, devenue sous Sarkozy une destination à la mode. « Beaucoup voyagent gratuitement sur Qatar Airways, la compagnie nationale dont le président n’est autre que HBJ », persifle un parlementaire français. Parmi les habitués du Paris-Doha, Dominique de Villepin. L’ancien Premier ministre fréquente assidûment le Qatar depuis qu’il a dirigé le Quai d’Orsay. Sa particule et son élégance naturelle ont tout de suite séduit l’émir et son épouse, la cheikha Mozah. Une amitié généreuse qui ne s’est jamais démentie. Aujourd’hui avocat d’affaires, Villepin a pour client le Qatar Luxury Group, fonds d’investissement personnel de la femme de l’émir. C’est avec cette cassette que la cheikha a pris le contrôle du célèbre maroquinier Le Tanneur implanté en Corrèze, fief de François Hollande. Un pied de nez à son ennemi HBJ, le favori de la sarkozie. Cette relation particulière avec le couple royal, Villepin la défend jalousement. Témoin, cet incident : en 2008, lors d’un dîner de gala en marge d’une conférence, Dominique de Villepin quitte la table avec fracas lorsqu’il découvre que Ségolène Royal, candidate défaite à la présidentielle, occupe la place d’honneur. L’élue de Poitou-Charentes est assise à côté du Premier ministre qatari alors que lui doit se contenter du vice-Premier ministre chargé du pétrole…

Passions

Il y a cinq ans, la plupart des Français étaient incapables de situer le Qatar sur une carte. Aujourd’hui, il suffit de prononcer le nom du micro-État pour déchaîner les passions. Le Qatar aura été l’invité surprise et tape-à-l’oeil du quinquennat écoulé. C’est lorsqu’il est ministre de l’Intérieur que Sarkozy rencontre pour la première fois les Qataris. En décembre 2005, il est à Doha, officiellement pour parler de Milipol, le grand Salon international des forces de police, que le Qatar doit accueillir l’année suivante. Toute « la firme » – comme on appelle sa garde rapprochée – est du voyage : Laurent Solly, Pierre Charon, Franck Louvrier et Michel Gaudin. Son directeur de cabinet à Beauvau, Claude Guéant, a oeuvré en coulisse pour ouvrir les portes du palais à son poulain, déjà en course pour la présidentielle. L’éminence grise de Sarkozy, qui a récupéré une partie des réseaux Pasqua, s’affaire pour trouver des soutiens hors de France. Cette fois, c’est un homme d’affaires israélien formé à Sandhurst, comme le prince héritier Tamim, qui a joué l’entremetteur. « Le Moyen-Orient était alors la chasse gardée de l’Élysée. L’année d’avant, Sarkozy avait dû sur ordre de Chirac annuler un voyage en Arabie saoudite au cours duquel il devait signer un énorme contrat de sécurisation des frontières », rappelle un connaisseur de la région.

Sitôt Sarkozy élu, le Qatar fait une entrée fracassante sur la scène politique française. Quinze jours après l’investiture du nouveau chef de l’État, l’émir signe à l’Élysée un contrat de 16 milliards de dollars portant sur l’achat promis de 80 Airbus. Puis vient l’affaire des infirmières bulgares sorties des geôles de Kadhafi contre une caution de 350 millions d’euros payée par le Qatar. Au dernier moment, le guide libyen a fait monter les enchères. Pour trouver l’argent, Nicolas Sarkozy a tout de suite pensé à son nouvel ami. Et l’émir a chargé son Premier ministre de régler le problème. « C’est moi en personne qui ai négocié, se souvient l’ambassadeur, appelé en pleine nuit par HBJ. Je suis arrivé à Tripoli le 24 juillet à 5 heures du matin. À 6 heures, j’étais dans le bureau du Premier ministre libyen pour signer le chèque. Deux heures plus tard, les infirmières étaient libérées. » Dans les chancelleries européennes, il se murmure que le Qatar n’aurait jamais revu sa caution…

C’est le début d’une relation décomplexée entre Ben Jassem et Sarkozy. Même génération, même côté bling-bling : les deux hommes étaient faits pour s’entendre. « Le richissime Ben Jassem, qui possède un yacht de 119 mètres et l’immeuble le plus cher de Londres, a très vite compris qu’il pouvait être le Hariri de Sarkozy », glisse un initié. Une allusion à peine voilée aux intérêts cachés qui unissaient l’ancien Premier ministre libanais et Jacques Chirac. Lorsqu’il est à l’Élysée, Sarkozy voit tous les mois son ami HBJ. Au menu des discussions, les emplettes de la Qatar Investment Authority en France. Le Château se met en quatre pour satisfaire la fringale d’achats de l’émirat. La convention fiscale qui lie les deux pays est toilettée pour exonérer d’impôt sur les plus-values tous les investissements immobiliers réalisés par les Qataris dans l’Hexagone. Dans le même temps, on les laisse entrer sans sourciller dans le capital d’entreprises aussi stratégiques que le pétrolier Total, le géant de l’eau et des déchets Veolia, ou Lagardère, acteur incontournable des médias et de l’aéronautique. Il s’en faut de peu pour que l’émirat mette aussi la main sur les mines d’uranium d’Areva.

Pour les Qataris, Sarkozy a été un allié précieux sur la scène internationale. En les associant à la politique étrangère de la France au Moyen-Orient – on se souvient de l’irruption du Qatar lors de la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit -, en les enrôlant dans la guerre de Libye, il les a fait exister comme puissance diplomatique. Est-ce en retour pour faire plaisir à Sarkozy que le prince héritier a remis en selle le PSG, club de foot fétiche du président ? Difficile à dire, car Tamim, qui a vécu à Paris, est un fervent supporter du PSG. C’est également le prince héritier, élevé au rang de grand officier de la Légion d’honneur par Sarkozy, qui a récupéré à la barbe de Canal + une partie des droits de retransmission des matchs de foot. Un coup dur pour la chaîne cryptée, dont l’humour grinçant tapait sur les nerfs de l’ancien chef de l’État. Le Qatar a enlevé une autre épine du pied de Nicolas Sarkozy. Quand la France s’est retrouvée en 2011 avec des millions de vaccins antigrippe A dont on ne savait que faire, il a signé sans hésiter un chèque pour 300 000 doses. Pendant cinq ans, la drôle de relation entre la France et le Qatar a nourri la machine à rumeurs. Jusqu’à toucher l’une des plus proches ministres de Nicolas Sarkozy. À l’époque où elle était garde des Sceaux, Rachida Dati enchaînait jusqu’à trois allers-retours Paris-Doha par mois. Il n’en fallut pas plus pour que certains désignent le procureur général du Qatar comme le père de son enfant. Malgré les démentis, la rumeur ne s’est jamais éteinte. Peut-être parce que Rachida Dati avait récupéré comme conseiller Place Vendôme l’ambassadeur en poste au Qatar et que sa soeur, elle, travaillait auprès du haut magistrat qatari.

Victime collatérale
Finalement, qu’aura rapporté à la France sa soudaine passion pour le Qatar ? « On leur a fait la courte échelle sur la scène diplomatique. Mais, en retour, à l’exception des Airbus, les Qataris ne nous ont quasi rien acheté, déplore un industriel. Pire, en fondant nos intérêts avec ceux du Qatar, frère ennemi de l’Arabie saoudite, on s’est fermé les portes du plus gros coffre-fort de la région. » La France est aujourd’hui la victime collatérale de la politique ambiguë dont l’émirat a fait sa marque de fabrique. Après avoir donné aux printemps arabes un porte-voix avec sa chaîne Al-Jazeera, le Qatar est aujourd’hui soupçonné de soutenir un islam radical pour placer ses pions en Tunisie, en Libye et aujourd’hui en Syrie.

Désormais, tout ce qui vient de Doha est suspect. Même en France, on leur prête des arrière-pensées. Quand on annonce que l’émir investit 50 millions d’euros dans un fonds pour les banlieues, le voilà aussitôt accusé par Marine Le Pen de « financer le fondamentalisme ». « Les élus locaux sont venus nous voir en râlant : pourquoi le Qatar, qui investit des milliards dans les fleurons du CAC 40, n’aide pas les petits ? On a dit oui pour un fonds d’investissement destiné à toutes les PME, pas spécifiquement aux banlieues », explique l’ambassadeur, trop poli pour raconter la suite. Les hommes politiques de gauche ont accouru… tout en reprochant à Sarkozy de sous-traiter au Qatar la politique de la ville. Que fera François Hollande de cet ami encombrant mais bien doté qu’il a trouvé dans la corbeille de l’Élysée ? Pour son premier voyage officiel, aux États-Unis, le président français a apporté en cadeau à Michelle Obama un sac Le Tanneur. À Doha, on veut y voir un bon présage…

Le patrimoine immobilier du Qatar à Paris
– L’hôtel Lambert

(ci-dessus) sur l’île Saint-Louis, propriété du frère de l’émir, qu’il a acheté en 2007 à la famille Rothschild pour environ 60 millions d’euros.

– L’hôtel Kinski, rue Saint-Dominique. Il appartient au Premier ministre HBJ. Acheté à l’Etat français en 2006 28 millions d’euros, la moitié du prix estimé.

– L’hôtel Landolfo-Carcano, place de l’Etoile. Une des propriétés les plus chères de Paris, achetée par le Qatar pour y installer son ambassade.

– L’immeuble Virgin, sur les Champs-Elysées, acheté 400 millions d’euros à Groupama.
2e pays
le plus riche du monde selon le PIB par habitant (le Qatar est derrière le Luxembourg).
102 700 dollars
dollars PIB par habitant.
100 milliards de dollars
c’est la tirelire du Qatar pour investir dans le monde via son fonds souverain (voir ci-dessous).
L’argent du Qatar dans le monde
Via la Qatar Investment Authority (QIA), fonds souverain créé en 2003, le Qatar dispose d’une force de frappe de plus de 100 milliards de dollars. Ses investissements sont répartis à part égales entre l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord.

Etats-Unis

– Miramax Films

– General Motors

– Tiffany – Co

Allemagne

– Porsche

– Volkswagen

Espagne

– Club de foot de Malaga  Iberdrola

Suisse

– Credit Suisse

Grande-Bretagne

– Terrain du village olympique londonien

– Harrods

– Intéressé par le circuit automobile de Silverstone

– Shell

– Cadbury Schweppes

– Supermarchés Sainsbury

– London Stock Exchange

– Banque Barclays

Monaco

– Société des bains de mer
Les emplettes du Qatar en France
– Lagardère

Entrée : 2003

Participation : 12,83 % en 2012

– Suez Environnement

Entrée : 2008

Participation : 0,98 % en 2010

– Cegelec

Entrée : 2008

Sortie : 2009 sous forme d’une

participation dans Vinci pour 1,2 milliard

– Vinci

Entrée : 2009

Participation : 5,6 %

– Veolia

Entrée : 2010

Participation : 5 %

– Le Tanneur

Entrée : 2011

Participation : 85 %

– LVMH

Entrée : 2011

Participation : 1,03 %

– Total

Entrée : 2011

Participation : 4 %

– Vivendi

Entrée : 2011

Participation : 1,53 %

– France Télécom

Entrée : 2012

Participation : 1 %.
A l’assaut de Canal +
Avec le coup d’envoi de l’EuroFoot, Al Jazeera Sport, via sa déclinaison française BeIN Sport, se lance à l’assaut des abonnés de Canal +. Une simple bataille commerciale ? Pas vraiment. Nasser al-Khelaïfi, l’émissaire sportif du prince héritier Tamim al-Thani, commence à mesurer la difficulté politique de l’aventure et s’en inquiète. C’est qu’en foulant les plates-bandes de la chaîne cryptée sur le terrain des droits sportifs, l’opulent émirat réveille la vigilance du cinéma français, le meilleur protecteur de Canal + depuis sa naissance. Un lobby culturel qui fonctionne comme une machine politique, connectée depuis toujours au sommet de l’Etat.

Nasser al-Khelaïfi cherche donc à se concilier le monde fermé du septième art. Après tout, s’il faut financer des films tricolores pour se faire accepter, pourquoi pas ? François Hollande a lui-même indiqué que ce nouveau contributeur du cinéma serait le bienvenu si d’aventure le chéquier de Canal + n’y suffisait plus. Al-Khelaïfi consulte, se renseigne…  » Le cinéma ? Mauvaise idée ! lui répondent certains de ses conseillers.Les producteurs français te prendront 200 millions d’euros et continueront à te casser du sucre sur le dos. « 

Autre solution : trouver un terrain d’entente avec Canal +. Bertrand Méheut et Rodolphe Belmer, les deux têtes du groupe français, sont très demandeurs. Sur le long terme, ils savent qu’ils ne pourront lutter face à cet adversaire aux poches si profondes. Lors du Festival de Cannes, des contacts discrets s’établissent via des émissaires. Méheut, et au-dessus de lui, Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance de Vivendi, piaffent de signer l’armistice. Mais Nasser al-Khelaïfi pose des conditions dilatoires et inadmissibles pour Canal +…  » C’est un jeu de dupes. Nasser prend ses ordres auprès du prince Tamim, qui n’a aucune intention de pactiser « , confirme une source en contact avec la famille régnante à Doha.

Et, pendant ce temps, BeIN Sport amasse les droits sportifs. L’escarcelle des événements sportifs est déjà bien remplie, avec plus de 400 millions d’euros. Chez Free, BeIN Sport, commercialisée à 11 euros par mois, aurait déjà conquis plusieurs dizaines de milliers d’abonnés…

L’objectif n’est pas économique, mais diplomatique. En 2022, quand le Qatar organisera la Coupe du monde de football, il faudra que le prince Tamim ait accédé, de manière irréversible, à un trône qui fasse de l’émirat la première puissance mondiale du sport. La France n’est qu’une étape.  » Je ne vois qu’un seul point faible : le danger d’un excès d’arrogance « , conclut l’un des conseillers du futur souverain.
Les maîtres du jeu des relations avec la France
Le tout-puissant.

Le cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani,  » HBK « , émir du Qatar.

L’influente.

Son altesse la cheikha Mozah, première dame du Qatar.

Le Talleyrand.

Hamad ben Jassem al-Thani,  » HBJ « , Premier ministre du Qatar.

Le rival.

Tamim ben Hamad al-Thani, le prince héritier.

Le communicant.

Mohamed al-Kuwari, ambassadeur du Qatar à Paris.

Voir encore:

Au Mali, le Qatar investit dans le djihadisme…
Régis Soubrouillard
Marianne
6 Juillet 2012

Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

Connu pour son gaz, son pétrole, ses fonds d’investissements, ses clubs de foot, le rachat des palaces parisiens et méditerranéens, le Qatar joue actuellement un jeu trouble au Nord-Mali, par le soutien financier et militaire qu’il apporte aux islamistes radicaux qui sèment le chaos dans le pays. Des agissements largement connus des puissances occidentales qui laissent faire tant la manne gazière et la position du pays dans le Golfe est stratégique.

« Le gouvernement français sait qui soutient les terroristes. Il y a le Qatar par exemple qui envoie soit-disant des aides, des vivres tous les jours sur les aéroports de Gao, Tombouctou etc. ». C’est ce qui s’appelle mettre les pieds dans le plat. Invité de la matinale de RTL, Sadou Diallo, le maire de Gao au Mali a lancé un appel à l’aide à la France.

Selon le quai d’Orsay, à Gao, la population est en effet prise en otage. Dans un contexte de guerre et de crise alimentaire ce sont désormais des mines antipersonnels qui auraient été installées tout autour de la cité par le Mujao (Mouvement pour l’unicité et le Jihad en Afrique de l’ouest), les Taibans du Mali, empêchant la population de se déplacer. Ce que le quai d’Orsay qualifie « d’acte de terrorisme ».

Début juin apparaissait une polémique sur le rôle tenu par l’émirat du Qatar dans cette montée en puissance des groupes islamistes radicaux. Sur la base d’informations de la Direction du renseignement Militaire Français, le Canard Enchainé affirmait que l’émir du Qatar avait livré une aide financière aux mouvements armés qui ont pris le contrôle du Nord du Mali. Parmi ces heureux bénéficiaires, le Mujao qui retient en otage sept diplomates algériens depuis le 5 avril dernier. L’Emirat qatari bien connu pour ses fonds d’investissements qui lui donnent une façade pour le moins inoffensive sinon alléchante aurait surtout des visées sur les richesses des sous-sols du Sahel. D’où la nécessité de « subventionner » – si ce n’est armer directement- les mouvements djihadistes. Des pratiques parfaitement connues du Ministère de la Défense.

Des forces spéciales qataries pour entraîner les islamistes radicaux ?

Plus récemment, c’est la présence de quatre membres de l’organisation humanitaire du Croissant rouge du Qatar qui a encore alimenté les soupçons d’un appui du Qatar aux islamistes sous couvert humanitaire. « Nous sommes venus à Gao (nord-est) pour évaluer les besoins des populations en matière de santé et de fourniture en eau et en électricité. Nous allons repartir très bientôt pour revenir avec le nécessaire » expliquait à l’AFP un des humanitaires qataris simplement présenté comme Rachid, joint par téléphone depuis Bamako.
Les humanitaires qataris seraient arrivés par voie terrestre en provenance du Niger et leur sécurité est assurée par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

« De la même façon que le Qatar a fourni des forces spéciales pour entraîner une opposition à Kadhafi, on pense qu’un certain nombre d’éléments des forces spéciales qataries sont aujoud’hui dans le Nord Mali pour assurer l’entraînement des recrues qui occupent le terrain, surtout Ansar dine » affirme Roland Marchal, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales de Sciences-Politiques à Paris. Solidarité islamiste ? Politique d’influence régionale ? Pour toutes ces raisons.

Habitué des fidélités passagères, le pays ne possède pas la puissance militaire nécessaire pour s’imposer au monde arabo-musulman, et ne procède que par soutiens, ingérences et interventions dans d’autres pays, sous le regard averti mais imperturbable de Paris et de Washington. Manne gazière et position stratégique oblige.

Le double jeu dangereux des puissances occidentales
« On ne saurait dire que la famille qatarie véhicule une idéologie quelconque en dehors de la protection de ses propres intérêts. Mais comme il lui faut ravir à la famille Séoud son rôle moteur dans le contrôle de l’Islam sunnite à l’échelle mondiale, elle héberge volontiers les imams et prêcheurs de tout poils ( cf Youssef Qardhawi) à condition qu’ils soient plus extrémistes que les oulémas séoudiens de façon à leur rendre des points. Et le Qatar finance partout et généreusement tous les acteurs politico-militaires salafistes (c’est le cas du groupe Ansar Dine), dont la branche la plus enragée des Frères Musulmans, hostiles à la famille Séoud (et bien sûr au chiisme) mais aussi aux régimes « laïcs » et nationalistes arabes susceptibles de porter ombrage aux pétromonarchies » résume Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE.

Longtemps pays exemplaire, le Mali s’est effondré : une corruption endémique, une démocratie de façade où la « religion est un recours, l’islam une alternative dans une région où de plus en plus de mosquées sortent de terre financées par les pays du Golfe. Je crains que nous ne soyons pas au bout de nos surprises » expliquait Laurent Bigot, sous-directeur Afrique Occidentale au Ministère des Affaires Etrangères dans le cadre d’une conférence de l’IFRI sur la crise malienne. Le résultat d’une lente défragmentation, largement aggravée à la suite de l’épisode libyen et ses conséquences mal maîtrisées.

Si l’Afghanisation du Mali inquiète les pays voisins, à commencer par l’Algérie, les puissances occidentales qui déclarent redouter tout autant la sanctuarisation du Sahel par des groupes terroristes n’en adoptent pas moins un comportement ambigu dont la facture pourrait s’avérer salée.

COMPLEMENT:

Qatar : « S’ils pouvaient, ils achèteraient la Tour Eiffel »
Sophie des Déserts
Le Nouvel Observateur
07-04-2013
L’émirat, qui s’apprête à racheter le Printemps, place des milliards d’euros dans les entreprises tricolores. D’où vient cette passion pour la France ? Et surtout que cache-t-elle ?

Le Qatar, qui s’est déjà offert plusieurs hôtels de luxe français et le Paris-Saint-Germain, s’apprête à finaliser l’acquisition des grands magasins du Printemps. L’origine précise des fonds qataris reste inconnue, et le rachat s’est fait dans la plus grande discrétion… Le 3 janvier, « le Nouvel Observateur » publiait une enquête sur la passion de l’émirat pour la France.

Dans l’antichambre du juge suprême, l’attente est longue, pas franchement conviviale. Une grappe de barbus en dishdasha – l’élégante tunique des Bédouins – devisent à voix basse. Pas un regard, ni pour l’employé indien chargé d’étancher leur soif, ni pour la femme venue, non voilée, interviewer leur patron. Le docteur Ali ben Fetais al-Marri, procureur général du Qatar, quatrième personnage le plus puissant de l’Etat.

Il s’avance dans son bureau vaste comme une salle de bal, cuir et tentures crème et baies vitrées plongeant sur les gratte-ciel de West Bay sortis du désert. Prunelle de Sioux, sourire enjôleur, il prend place sous la photo de l’émir et commande du thé au thym. Au Qatar, il faut tout son temps pour parler de la France. Clermont-Ferrand, Besançon, Saint-Malo, Avignon, Paris, le procureur la connaît par coeur pour y avoir étudié douze ans, jusqu’au doctorat de droit. Il aime tout en elle : « Napoléon, de Gaulle, le Louvre, les fromages… » Il en a rapporté nombre d’ouvrages anciens qui trônent dans sa bibliothèque, à côté d’une kalachnikov en or offerte par Saddam Hussein.

Les amis Juppé, Villepin et Sarkozy
Il s’y est aussi fait beaucoup d’amis, des plus modestes qui, à 20 ans, ignorant tout de son pays, l’appelaient « le Cathare », aux plus célèbres, comme Juppé, Villepin ou Sarkozy qui, en 2008, l’a nommé chevalier de la Légion d’honneur. Son Excellence sait tout : comment les Guignols de Canal+ caricaturent son pays, comment la presse hexagonale l’a soupçonné – « à tort », s’amuse-t-il – d’être le père de Zohra Dati, et comment elle s’émeut ces temps-ci de ce poète qatari emprisonné à vie pour avoir produit quelques écrits appelant à renverser la famille régnante, les Al-Thani. Le docteur Al-Marri veut bien répondre à tout mais demande s’il peut, à son tour, poser une question :

Pourquoi les Français sont-ils comme ça, si méfiants ? Pourquoi avoir peur des gens qui veulent investir chez vous ? »
Les dirigeants qataris n’ignorent rien de la vague de défiance qu’ils suscitent en France. L’argent, l’islam, tout ce qu’ils symbolisent alimentent la machine à angoisses. Dans les cercles intellectuels, économiques, diplomatiques… on s’interroge sur les intentions de cet Etat, guère plus grand que la Corse et peuplé d’à peine 250.000 nationaux wahhabites, qui conquiert de belles enseignes – le PSG, le Royal Monceau, le Martinez (et bientôt peut-être le Crillon) -, mais aussi des fleurons de l’économie : Lagardère (12%), EADS (6%), Total (4%), Vinci (5%), Veolia Environnement (5%), Vivendi… Sans parler de ses projets, contrariés in extremis, de s’immiscer dans Areva et dans les banlieues françaises. Et de son entrée dans l’Organisation internationale de la Francophonie. La presse s’inquiète ; un député UMP, Lionnel Luca, a demandé en vain l’ouverture d’une enquête parlementaire sur le Qatar.

Les infirmières bulgares, le PSG, la grippe A…
Tout ce « bruit politico-médiatique » n’assombrit pas le beau sourire de son ambassadeur en France. « Encore une exception culturelle française, soupire Mohamed al-Kouwari, en sirotant sa tasse de thé. Ni le Royaume-Uni, qui a cédé des pans de son économie aux Qataris (Harrods, 15% du London Stock Exchange, Salisbury, le village olympique…), ni l’Allemagne (où l’émirat a investi dans Volkswagen, Porsche, le géant du BTP Hochtief) ne font de telles manières. Qu’ils geignent, les Français, en oubliant que le Qatar a beaucoup payé pour eux, des infirmières bulgares à la guerre en Libye, duPSG dont personne ne voulait aux vaccins invendus de la grippe A. Qu’ils fassent leurs fiers !

En attendant, le monde entier – et nombre de leurs compatriotes – se presse à Doha pour tenter de décrocher les chantiers pharaoniques lancés par la famille Al-Thani en prévision de la Coupe du Monde de football 2022, discuter du sort de la Palestine ou de la Syrie, assister aux conférences sur l’éducation, l’environnement, la corruption, le dopage, la démocratie… Et tant pis si les leçons professées valent surtout pour les autres.

Ban Ki-Moon, David Guetta, Tariq Ramadan…
Ici, tout est possible. On peut croiser Ban Ki-moon et Moussa Koussa, l’ex-ministre des Affaires étrangères de Khadafi, sulfureux protégé – parmi d’autres – de l’émirat ; David Guetta, qui mixe souvent dans les palaces, et Tariq Ramadan, qui enseigne à la Qatar Foundation ; la fille de Ben Ali et la veuve de Saddam Hussein, toutes deux exilées dans de belles villas. Avant Noël, c’était Nicolas Sarkozy qui paradait au forum Doha Goals, à côté de son ancien rival Richard Attias et de son ex-épouse Cécilia. Et, sur la terrasse du Ritz Carlton, Dominique de Villepin, désormais conseil du fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA), profitait encore de la tiédeur de Doha.

En janvier dernier, pour sa première visite dans le Golfe, François Hollande s’est rendu à Abu Dhabi, mais ne s’est pas arrêté à Doha, soucieux d’en finir avec le « tout Qatar » de son prédécesseur et de renouer des liens forts avec le frère ennemi d’Arabie saoudite. Dans l’émirat, on se fait fort de le séduire. Qui peut résister au charme et à l’argent de la tribu Al-Thani ?

François Hollande et l’émir du Qatar, à l’Elysée, le 22 août 2012. (Jacques Brinon/AP/SIPA)
Dès le 6 mai 2012, avant même l’annonce de la victoire de Hollande, le Qatar a témoigné son empressement au nouveau président français. « Ses proches ont été assaillis de coups de fil, raconte un diplomate. Les Qataris souhaitaient s’assurer de la continuité des liens. » Un mois après, le 7 juin, François Hollande recevait à l’Elysée le Premier ministre Hamad ben Jassem al-Thani, dit « HB J », cousin de l’émir. Les deux hommes s’étaient discrètement rencontrés durant la campagne, grâce à Mohamed al-Kouwari, qui avait bien entendu préparé avec soin l’alternance. Neuf ans que M. l’ambassadeur tisse sa toile dans la vie politique française, à coups de déjeuners au Fouquet’s, de petits cadeaux chez Hermès, de remises de prix de la « diversité », de la « culture », de la « poésie »… avec quelques chèques de 10.000 euros à la clé. Qui, à part Stéphane Hessel [mort le 27 février 2013, NDLR], les a déjà refusés ?

« Il faut mettre le regard sur ce monsieur »
Se créer des obligés, c’est la marque de fabrique des Qataris, l’une des clés de leur succès. Et, à ce jeu-là, Al-Kouwari est un as. Personne n’est jamais négligé, à droite comme à gauche. Et s’il faut convaincre Marine Le Pen, l’ambassadeur s’y attellera (il lui a envoyé une invitation pour rencontrer l’émir). Dès 2006, il est allé rendre visite à François Hollande au siège du Parti socialiste (« J’ai aussitôt dit au gouvernement, se souvient le diplomate : ‘Il faut mettre le regard sur ce monsieur' ») sans réussir à le faire venir à Doha. Mais tous ses camarades socialistes, eux, ont fait le voyage, Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, Najat Vallaud-Belkacem, Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Laurent Fabius… L’un des intimes du président, Me Jean-Pierre Mignard, a même accepté, en 2010, d’être l’avocat de l’ambassade « sur les questions culturelles ».

Ainsi, le Qatar compte presque autant d’amis en hollandie qu’il n’en avait en sarkozie. Et il n’a jamais eu autant de projets pour la France. Outre les150 millions d’euros attribués au fonds PME, 10 milliards d’euros d’investissements sont annoncés dans des groupes tricolores, sans compter des subventions pour des associations à but social, une Maison du Qatar à Paris (que l’émirat confierait bien à … Ségolène Royal), une version d’Al-Jazeera dans la langue de Molière, et pourquoi pas des écoles françaises, dans le Golfe et en Afrique, sur le modèle du lycée Voltaire de Doha.

« La France, c’est l’amour et les investissements »
« La France, pour nous, c’est l’amour et les investissements », jubile M. l’ambassadeur. C’est aussi une liaison de quarante ans, lorsque, en 1971, à peine libéré du joug britannique, l’émirat coincé entre deux géants hostiles, l’Iran et l’Arabie saoudite, décide de se tourner vers Paris. Une aubaine pour la France qui, dans cette région du monde, n’a guère d’influence. La coopération militaire ne cessera de se renforcer.

A cette époque, en 1976, un professeur de lettres, Pierre Larrieu, est contacté par l’attaché culturel de l’ambassade de France à Doha, pour « introduire le français au Qatar ». La ville ne compte alors qu’un hôtel, des maisons de pêcheurs et à peine quelques centaines d’étrangers attirés par les champs de pétrole. La découverte récente du plus grand gisement gazier du monde, North Field, sous les eaux du golfe Persique, n’est encore qu’une promesse de richesse. Pierre Larrieu est présenté au fils de l’émir, un chaleureux gaillard de 25 ans, alors engagé dans l’armée. Hamad ben Khalifa al-Thani veut apprendre le français.

« Il est tombé amoureux de cette langue qui chante », se souvient le professeur. Le prince est francophile, et son coup d’Etat en 1995, contre son père, renforcera encore ses sentiments. Jacques Chirac reconnaît sans sourciller le nouvel émir, et une compagnie française, Total, l’aide à réussir le pari fou qu’il mène pour extraire et exporter l’or bleu de North Field.

L’été dans les Ardennes
Les Al-Thani, cette tribu méprisée du Golfe, retrouve enfin son honneur. Plus personne n’osera demander à Hamad si son pays existe sur la carte. « L’émir m’a encore récemment parlé du rôle que nous avions joué dans la prospérité de son pays, confie Stéphane Michel, directeur général de Total dans l’émirat. Les Qataris sont des gens incroyablement fidèles quand on ne leur fait pas défaut. »

Les liens avec la France se renforcent, ce qui n’empêche pas l’émirat de s’allier avec les Etats-Unis en accueillant, en 2002, la plus grande base militaire américaine en plein désert. Pierre Larrieu continue d’apprendre le français à l’émir, à sa seconde et seule épouse publique, la cheikha Moza, à son Premier ministre, à ses généraux et à une bonne partie de ses vingt-quatre enfants.

L’été, les héritiers sont envoyés dans les Ardennes, chez des professeurs de sport belges exilés au Qatar, avec qui Hamad, jeune, jouait au tennis et qu’il a chargé du « développement de la gymnastique dans l’émirat ». Pierre Larrieu peaufine aussi son enseignement lors des virées des Al-Thani à Paris et de leurs voyages en jet privé entre Rome, Miami et Tahiti. Certains sont doués, en particulier le prince héritier, Tamim, qui dévoilera son excellent français, lors du discours de candidature du Qatar à la Coupe du Monde de football.

Parler français, c’est chic
Parler français, c’est chic, comme de s’habiller en Chanel ou en Dior. C’est aussi un choix politique. « Lorsque l’émir décide, en 2003, d’envoyer son fils Joaan à Saint-Cyr[alors que ses aînés ont été formés à l’Académie royale militaire de Sandhurst, au RoyaumeUni], c’est un signe fort, un moyen de renforcer nos accords militaires », se rappelle Michelle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense. Dans les brumes de Coëtquidan, les premiers temps sont rudes. Le prince ne pense qu’à retrouver son désert, grimper les dunes en 4×4, chasser avec les faucons ou rejoindre, d’un coup de Falcon, les clubs londoniens.

Mathieu Guidère, islamologue réputé, est alors chargé par le ministère de la Défense de « lui faire aimer la France » : « C’est un tournant, explique le professeur agrégé d’arabe. Jusqu’en 2003, les Qataris, très tournés vers la Grande-Bretagne, ne connaissaient pas grand-chose de l’Hexagone. » Joaan n’entend rien à l’histoire de France, mais comme il « s’identifie bien à la période monarchique » son tuteur l’emmène à Versailles et sur les traces des batailles napoléoniennes.

Personne ne sait qui il est : la discrétion est dans l’ADN de ces richissimes Bédouins qui craignent, à chaque instant, pour leur sécurité. Au volant de sa Mercedes McLaren à 1 million de dollars, le jeune Al-Thani découvre aussi les palaces et les restaurants étoilés. Il y reviendra avec le prince héritier Tamim, et sa soeur, la cheikha Al-Mayassa, qui, à son tour, étudiera en France, à Sciences-Po, avant de faire son stage à Canal J, chez Lagardère. Jean-Luc, ami fidèle de l’émir, n’est malheureusement plus là. Mais la princesse a table ouverte chez Marie-Laure et Dominique de Villepin, le héros des Al-Thani depuis son discours sur la guerre en Irak.

Porsche et chameaux
A cette époque, la famille royale achète plusieurs hôtels particuliers dans la capitale, dont l’hôtel d’Evreux, place Vendôme, pour 230 millions d’euros, un château en Loire-Atlantique, quelques somptueuses propriétés à Mouans-Sartoux, près de Grasse… QIA, qui a pour mission de préparer l’après-gaz en injectant ses fonds dans le monde entier, est installé dans l’hôtel de Coislin, place de la Concorde. Là, dans ce bijou du XVIIe siècle, sécurisé comme un coffre-fort, l’émir qui aime tant les déjeuners dans les brasseries parisiennes s’est réservé une pièce pour faire sa sieste.

Le 14 juillet 2007, tandis que son fils Joaan défile sur les Champs-Elysées, il glisse à Sarkozy : « Vous savez, notre fête nationale à nous sera bientôt aussi belle. » Inspiré par les cérémonies tricolores, décidé lui aussi à renforcer le patriotisme dans son petit pays en proie aux divisions tribales, le cheikh Hamad demande que l’on écrive pour son pays un hymne plus long et plus chantant. Désormais, le 18 décembre, jour de la fête nationale qatarie, les militaires aussi paradent sous des pluies de drapeaux… au milieu des Porsche et des chameaux.

L’émir du Qatar assiste avec Nicolas Sarkozy et François Fillon au défilé militaire, le 14 juillet 2007. (WITT/SIPA)
« Le Qatar est sincèrement fasciné par la France, il n’existe aucun équivalent dans le Golfe, insiste la politologue spécialiste de la péninsule Arabique, Fatiha Dazi-Héni. Ils veulent être comme nous, ils tentent de s’acheter une histoire, une culture, un passé. » Dans ce pays capable de reconstituer un souk en prenant le soin de faire pendre de faux fils électriques pour lui donner un semblant d’authenticité, la french touch est le must absolu.

La Maison du Caviar, Lenôtre, Ladurée, Cartier…
La Maison du Caviar, Lenôtre, Ladurée, Cartier, les Qataris désormais ont tout. Et même un Cézanne, « les Joueurs de cartes », acheté 191 millions d’euros. Jean Nouvel construit leur Musée national, Guy Savoy a ouvert un restaurant sur le complexe dont ils sont si fiers, The Pearl ; Laurent Platini, fils de Michel, s’occupe de leurs investissements sportifs, Charles Biétry, l’ancien de Canal+, directeur d’Al-Jazeera Sport France, Djamel Bouras, le judoka, de leur jeunesse – en tant que conseiller du prince héritier -, et un ancien de LVMH, Grégory Couillard, se charge de leur bâtir un empire du luxe. Il dirige aussi Le Tanneur, racheté par la cheikha Moza qui avait, lors d’un thé avec Carla Bruni, apprécié un sac de la marque et écouté l’histoire centenaire de cette entreprise de maroquinerie menacée par la crise.

« Les Al-Thani se prennent pour les rois du monde, observe un diplomate. S’ils pouvaient, ils achèteraient le Louvre, la tour Eiffel, la Bibliothèque nationale… » Lors de son séjour à l’hôtel Meurice, au printemps dernier, la cheikha Moza ne s’est pas contentée d’aller rendre visite à son coiffeur préféré, Christophe Robin, elle a aussi participé à une longue réunion, à SciencesPo. Sa dernière lubie ? Installer, dans l’émirat, une école de droit à la française. C’est la Sorbonne qui devrait finalement remporter la mise. A condition que la faculté s’accroche.

Les nouveaux « rois du monde »
Car les Qataris, jadis peu regardants sur les dépenses, sont devenus durs en affaires. « Ils sont très pro. Ils cherchent l’excellence et la rentabilité », décrypte le directeur de HEC, Bernard Ramanantsoa. Lui seul a réussi à s’implanter à Doha, alors que les autres projets de partenariats avec l’Insead, Saint- Cyr, l’Institut Pasteur n’ont pas abouti. HEC forme chaque année une trentaine d’élèves en master, dont la moitié de Qataris. Une goutte d’eau tricolore au milieu de l’océan de facs américaines qui ont ouvert à Education City, l’immense campus voulu par la cheikha Moza.)

Elle et son mari n’ont qu’une obsession : construire au plus vite une élite qatarie. Car ces nouveaux « rois du monde », comme les appelle, avec un brin d’ironie, un ancien diplomate en poste à Doha, sont pour l’instant dépendants des étrangers, consultants, juristes ou ingénieurs qui, aux côtés des hordes d’ouvriers venus d’Asie, représentent 80% de leur population. Inacceptable pour un pays qui prétend désormais discuter d’égal à égal avec les grandes nations. La « qatarisation » décrétée par l’émir, qui vise à imposer des quotas de nationaux dans les secteurs public et privé en obligeant notamment les entreprises étrangères à les former, prendra du temps.

Les jeunes Qataris, choyés au berceau par leur famille et par l’Etat qui leur offre des dizaines de subventions (à l’occasion de leur naissance, de leurs études ou de leur mariage…), ne sont pas des foudres de guerre. Et malgré tous les efforts des Al-Thani pour les mettre au sport, les éloigner de la junk food et des écrans plats, qu’ils consomment même quand ils partent le week-end, dans le désert, sous leurs tentes climatisées, beaucoup sont diabétiques et obèses. Ils souffrent aussi de nombreux handicaps, dans un pays où plus de 50% des mariages sont consanguins. Un fichier génétique national est en train d’être constitué, pour tenter de limiter les dégâts.

« Vous êtes un pays d’arriérés »
« Vous êtes un pays d’arriérés, a dit la cheikha, un jour de 2010, à un politique français. Vous ne savez pas vous ouvrir au monde. » Le Qatar est-il, lui-même, si tolérant ? Ici, un ouvrier pakistanais n’est qu’un sous-homme. Et un expatrié, soumis à un sponsor qatari qui détient au minimum 51% du business, peut être expulsé du jour au lendemain. Pour un excès de vitesse sur la corniche de Doha, un mot déplacé envers un important, un sujet de recherche délicat. Il y a deux ans, une sociologue française qui s’intéressait aux bidouns, ces apatrides du Golfe exclus de la société qatarie, a été expulsée manu militari.

Les Al-Thani clament : « We are ready for democracy », mais les élections législatives, promises de longue date, n’ont toujours pas eu lieu, la liberté de la presse est une fiction. Au royaume de la cheikha Moza, triomphante épouse d’un mari polygame, les femmes portent sous leur abaya des lingeries fines mais doivent regarder « Titanic » expurgé, par la censure, des baisers de Leonardo. Les chrétiens peuvent aller prier à l’extérieur de Doha, dans l’église spécialement bâtie pour eux, mais les sapins de Noël sont déconseillés dans les lieux publics.

« Dehors les étrangers », clament régulièrement les imams. Dans les majlis, ces conseils où l’on discute entre hommes, l' »activisme » et l' »occidentalisme » d’Hamad et de la cheikha sont régulièrement critiqués. La Coupe du Monde de 2022 fait déjà peur. L’alcool, les prostitués, les dérapages… Doha perdra -t-il son âme ? « Nous ne voulons pas devenir comme Dubaï « , disent nombre de jeunes Qataris. La modernité oui, mais sans abandonner leurs racines. Ils ont raison de s’interroger et d’être vigilants. Au Qatar comme en France, les investissements étrangers ne sont pas sans influence.


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